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ENTRETIEN ET STERILISATION DU MATERIEL

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES :

OBJECTIFS THEORIQUES :

Définir les termes suivants

Asepsie
Antisepsie
Antiseptique
Désinfectant
Désinfection
Décontamination
Etat stérile

-Décrire les étapes du traitement du matériel utilisé


-Citer les principaux avantages d’un bon traitement du matériel
-Préciser le moyen de stérilisation adéquat pour chaque type de matériel
-Citer les temps et les degrés de stérilisation des différents types de matériel
-Expliquer les moyens de contrôle de stérilisation de chaque type de matériel

OBJECTIFS PRATIQUES ET DE COMMUNICATION


-Assurer pour les instruments de chirurgie seringues, aiguilles, verreries et matériel en caoutchouc :
-Entretenir et stériliser le matériel d’endoscopie
-Assurer l’entretien et la maintenance des appareils de stérilisation :
Poupinel
Autoclave
Appareil à formol
PLAN DU CONTENU

I-DEFINITION DES TERMES

1-Asepsie 6-Désinfectant
2-Antisepsie 7-Décontamination
3-Antiseptique 8-Stérilisation
4-Aseptique 9-Etat stérile
5-Désinfection

II-EXEMPLES D’ANTISEPTIQUES ET DE DESINFECTANTS

1-LES ANTISEPTIQUES

1-1 : Soluté de DAKIN


1-2 : Alcool iodé
1-3 : Solution dermique de polyvidone iodé « Bétadine dermique
1-4 : Bétadine gynécologique
1-5 : Solution moussante de polyvidone iodé (Bétadine scrub)
1-6 : Savon chirurgical à la chlorexidine
1-7 : Alcool éthylique dénaturé 70°
1-8 : Soluté d’éosine aqueuse stérile à 2%
1-9 : Eau oxygéné
1-10 : Savon doux haute fréquence à la glycérine

2-LES DESINFECTANTS

2-1 :L’eau de Javel

III-LES ETAPES DU TRAITEMENT DU MATERIEL UTILISE

IV-LES DIFFERENTS PROCEDES DE STERILISATION

1-Procédés physiques

1-1Stérilisation par la vapeur d’eau (autoclave)


1-2Stérilisation par l’air chaud
1-3Stérilisation par les rayonnements

2-Procédés chimiques

2-1Stérilisation à l’autoclave à l’oxyde d’éthylène

4-Autres procédés

3-1Stérilisation du matériel des JNV


3-2 Moyens de fortunes
FICHES TECHNIQUES

1-Traitement de linge
2-Traitement de la verrerie
3-Traitement des caoutchoucs naturels
4-Traitement des articles en matière plastique
5-Traitement des endoscopes
6-entretien et maintenance des appareils de stérilisation

I-DEFINITION DES TERMES :

1-Asepsie

Ensemble des mesures préventives à empêcher tout apport exogène de micro-organismes au niveau
des surfaces inertes ou biologiques ou fluides.
Ensemble de méthodes visant à empêcher tout apport exogène de micro-organismes

2-Antisepsie
Opération au résultat momentané, permettant au niveau, des tissus vivants, dans la limite de leur
tolérance, d’éliminer, ou de tuer les micro-organismes et /ou d’inactiver les virus, en fonction des
objectifs fixés
Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes et/ou virus présent au moment de
l’opération

3-Antiseptique

Préparation ayant la propriété d’éliminer ou de tuer les micro-organismes ou de tuer les virus sur
des tissus vivants (peau saine, muqueuses, plaies).Elle présente une activité anti-bactérienne,
antifongique, antivirale qui indiquée et précisée (ex. : antiseptique à action antifongique)
Elle n’altère pas les tissus sur lesquelles elle est déposée (Tolérance)

4-Aseptique

Contraire des septiques, mais non synonyme de stérile


Etat de d’une surface ou d’un volume dépourvu temporairement de micro-organismes nocif

5-Désinfection

Opération au résultat momentané, permettant d’éliminer ou de tuer, et/ou d’inactiver les virus
indésirables portés par des milieux inertes contaminés, en fonction des objectifs fixés.
Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes présents au moment de l’opération.

II-EXEMPLES D’ANTISEPTIQUES ET DE DESINFECTANTS

1-LES ANTISEPTIQUES
ALCOOL IODE
Antiseptique non moussant de la famille des halogènes

COMPOSITION : soluté alcoolique à 96°contenant 1%d’iode

SPECTRE D’ACTIVITE : bactéricide vis-à-vis des germes à gram +et – des mycobactéries.
Fongicide et virucide actif sur les spores

INDICATIONS : antisepsie de la peau saine : pose de cathéter, ponction lombaire, hémoculture,


pose de perfusion, et virucide actif sur les spores

MODE D’UTILISATION : solution prête à l’emploi

CONDITION D’ACTIVITE : inactivation en présence de matière forte en présence de matières


organiques

PRECAUTION D’EMPLOI :-produit desséchant et tachant


-en raison de la résorption possible de l’iode, les applications sont à éviter sous pansement occlusif,
et sur la peau des enfants de moins de 30 mois.
-Eviter le contact avec les bijoux.

INCOMPATIBILITE : métaux (risque de corrosion)

CONTRE-INDICATION :-hypersensibilité à l’iode
-exploration de la fonction thyroïdienne
-nouveau-né et prématuré
-l’emploi simultané avec d’autres antiseptiques, en particulier les dérivés mercuriels (risque de
brûlure et nécrose

PRESENTATION : flacon en verre teinté de 500ml

CONSERVATION : flacon en verre bien bouché, conservé à l’abri de la lumière et de la chaleur,


ne pas mettre des bouchons en liège inflammable, en cas de traversement, jeter l’excédent utilisé en
fin de journée.

SOLUTE DE DAKIN :

Antiseptique non moussant de la famille des chlores (hypochlorite de sodium)

COMPOSITION : soluté aqueux d’hypochlorite de sodium à la concentration de 0,5% coloré en


rose par les permanganates de potassium.
Il litre 1,5 degré chlorométrique, soit environ 5 grammes de chlore actif par litre.

SPECTRE D’ACTIVITE : bactéricides vis-à-vis des germes gram+et- et des mycobactéries,


Fongicide et virucide

INDICATIONS : antisepsie des plaies superficielles et des muqueuses en gynécologie


MODE D’UTILISATION : solution prête à l’emploi.

CONDITION D’ACTIVITE : inactivation en présence de matières organiques et des savons

INCOMPATIBILITE : métaux (risque de corrosion)

PRECAUTION D’EMPLOI : ne pas utiliser sur les muqueuses oculaires

PRESENTATION : flacon de 500ml

CONSERVATION :-à employer avant la date limite d’utilisation


-à conserver dans son flacon à température ambiante
-après ouverture il est recommandé de l’utiliser dans les 8jours après avoir mentionné la
Date d’ouverture sur le flacon, et ceci malgré la date de péremption après fabrication de 18mois.

1-3SOLUTION DERMIQUE DE POLYVIDON IODE « BETADINE DERMIQUE »

Antiseptique de la famille des halogènes (iode)

COMPOSITION : soluté aqueux à pH 5 de plyvinylpirolidone iodée à la concentration de 10%


(soit 1% d’iode)

SPECTRE D’ACTIVITE : bactéricide vis-à-vis des germes gram +et- et des mycobactéries
Fongicide et virucide
Actif sur les spores

INDICATIONS :-antisepsie de la peau saine (site d’injection)


-antisepsie de la peau lésée : plaies ouvertes, plaies souillée
-antisepsie des champs opératoires
-antisepsie des muqueuses (après dilution) : irrigation vésicale, irrigation pleurale, et péritonéale,
plaies et suppurations profondes.

MODE D’UTILISATION :-solution prête à l’emploi


-peut être diluée extemporanément avec de l’eau ou du sérum physiologique stérile
-plaie : dilution de 1 à 1/10e
-irrigation de vessies, plaies et suppurations profondes : dilution au 2/100e
Irrigation plèvre et péritoine : dilution au 1/100e

CONDITION D’ACTIVITE : inactivation forte en présence de matières organiques

PRECAUTION D’EMPLOI : en raison de la résorption possible de l’iode, les applications sont à


éviter sous pansement occlusif, et sur la peau des enfants de moins de 30mois.
Produit tachant _éviter le contact avec les bijoux.

INCOMPATIBILITE : métaux (risque de corrosion)

CONTRE-INDICATION :-hypersensibilité à l’iode
-exploration de la fonction thyroïdienne
-nouveau-né et prématuré
-l’emploi simultané avec d’autres antiseptiques, en particulier les dérivés
mercuriels (Risque de brûlure et nécrose)

PRESENTATION : flacon de 50ml et 120ml

CONSERVATION : flacon bouché à l’abri de la chaleur

1-4 BETADINE GYNECOLOGIQUE

Antiseptique moussant de la famille des halogènes (iode)

COPOSITION : soluté aqueux à pH5 acide de polyvinylpyrolidone iodé à la concentration de 10%


(soit 1%d’iode) et d’un tensioactif anionique, le nonoxinole

SPECTRE D’ACTIVITE : bactéricide vis-à-vis des germes gram +et- et des mycobactéries
Fongicide
Actif sur les spores

INDICATIONS : nettoyage et antisepsies des muqueuses génitales

MODE ‘UTILISATION :-solution prête à l’emploi


-peut être extemporanément diluée au 1/20 e avec de l’eau ou du sérum
physiologique pour les irrigations vaginales

CONDITION D’ACTIVITE : inactivation forte en présence de matières organiques

PRECAUTION D’EMPLOI : en raison du caractère desséchant de la PVP iodée, bien humecter la


peau avant l’emploi, produit tâchant, éviter le contact avec les bijoux

INCOMPATIBILITE : métaux (risque de corrosion)

CONTRE-INDICATION :-hypersensibilité à l’iode
-exploration de la fonction thyroïdienne
-nouveau-né et prématuré
-l’emploi simultané avec d’autres antiseptiques, en particulier les dérivés
mercuriels (Risque de brûlure et nécrose)

PRESENTATION :-flacon opaque de 500ml 

CONSERVATION : flacon bouché à l’abri de la chaleur


-après ouverture, il est recommandé de l’utiliser dans les 15jours après avoir
pris soin de dater l’ouverture du flacon

1-5 SOLUTION MOUSSANTE DE POLYVIDONE IODEE « BETADINE SCRUB »

Antiseptique moussant de la famille des halogènes (iode)

COPOSITION : soluté aqueux à pH5 acide de polyvinylpyrolidone iodé à la concentration de 4%


(soit 0,4%d’iode) et d’un tensioactif anionique,
SPECTRE D’ACTIVITE : bactéricide vis-à-vis des germes gram +et- et des mycobactéries
Fongicide
Actif sur les spores

INDICATIONS : nettoyage et antisepsies de la peau saie : douche préopératoire, nettoyage de


plaies.
Lavage chirurgicale et antiseptique des mains

MODE’UTILISATION :-solution prête à l’emploi

CONDITION D’ACTIVITE : inactivation forte en présence de matières organiques

PRECAUTION D’EMPLOI : en raison du caractère desséchant de la PVP iodée, bien humecter la


peau avant l’emploi, produit tâchant, éviter le contact avec les bijoux

INCOMPATIBILITE : métaux (risque de corrosion)

CONTRE-INDICATION :-hypersensibilité à l’iode
-exploration de la fonction thyroïdienne
-nouveau-né et prématuré
-l’emploi simultané avec d’autres antiseptiques, en particulier les dérivés
mercuriels
(Risque de brûlure et nécrose)

PRESENTATION :-flacon opaque de 500ml : lavage chirurgicale et antiseptique des mains


-flacon opaque de 125ml : douche préopératoire

CONSERVATION : flacon bouché à l’abri de la chaleur


-après ouverture, il est recommandé de l’utiliser dans les 15jours après avoir
pris soin de dater l’ouverture du flacon

1-6 SAVON CHIRURGICAL A LA CHLORGEXIDINE

Antiseptique moussant dérive des bi guanidines

COMPOSITION : soluté aqueux à pH6 de gluconate de chlorhexidine à 2%associé à des tensio-


actifs cationiques (ammonium quaternaires) et un agent adoucissant (lanoline)

SPECTRE D’ACTIVITE : bactéricide vis à vis des germes à gram +et- fongicide inactif sur les
spores

INDICATIONS :-lavage antiseptique et chirurgical des mains


-douche préopératoire

MODE D’UTILISATION : solution prête à l’emploi


CONDITION D’ACTIVITE : inactivation partielle en présence de matières organiques

INCOMPATIBILITE : incompatibles avec les dérivés anioniques et avec les autres antiseptiques

CONTRE-INDICATION :-hypersensibilité à la chlorhéxidine et aux ammoniums quaternaires


-ce produit ne doit pas être en contact avec le cerveau et les méninges ni pénétrer dans le conduit
auditif en cas de perforation tympanique

PRESENTATION : flacon de 1 litre muni d’une pompe doseuse de 2ml (possibilité d’un support
mural à coude)

CONSERVATION : dans le flacon d’origine étant donnée le risque de contamination microbienne


de ce soluté et de son instabilité ; le flacon ouvert doit être utilisé dans un délai de 8 jours en prenant
soin de dater l’ouverture du flacon, la pompe doseuse doit être soigneusement lavée à l’eau chaude
entre chaque flacon.

1-7 ALCOOL ETHYLIQUE DENATURE 70°

Antiseptique alcoolique non moussant

COMPOSITION : alcool éthylique à 70° de butanol et 1%d’isopropanol .coloré en bleu par du


bleu patenté.
La dénaturation a pour but de rendre impropre à la consommation

PRODUIT APPARENT :-soluté alcoolique d’essence de lavande 0,5%dans l’alcool à 65%(500ml)


-soluté alcoolique faible à camphre 2,5%dans l’alcool à 60°(500ml)

SPECTRE D’ACTIVITE : bactéricide vis à vis des germes gram+et-


Fongicide
Inactif sur les mycobactéries et les spores

INDICATIONS : antisepsie de la peau saine : prélèvement sanguin, injection, IM, IV, SC


Prévention des escarres

MODE D’UTILISATION : solution prête à l’emploi

CONDITION D’ACTIVITE : inactivation en présence de matières organique

PRECAUTION D’EMPLOI :-produit desséchant


-ne pas utiliser lors des prélèvements pour alcoolémie
-ne pas appliquer sur les plaies et les muqueuses
-ne pas avaler

PRESENTATION : flacon de 1 litre

CONSERVATION : flacon bien bouché à l’abri de la chaleur, dans un endroit ventilé


Inflammable
Pas de 2 litres par poste de soins

1-8 SOLUTE D’EOSIE AQUEUSE STERILE A 2%

COMPOSITON : soluté aqueux d’éosine à la concentration de 2%

SPECTRE D’ACTIVITE : bactériostatique vis à vis des germes gram+ peu antiseptique : aucune
action bactéricide n’a pas pu être mise en évidence.

INDICATIONS :-antisepsie de la peau lésée, surtout utilisée pour son pouvoir asséchant et tannant
-desséchant en cas de dermatose infectée
-en pédiatrie : érythème fessier du nourrisson (effet de tannage de la peau)

MODE D’UTIMISATION : solution stérile prête à l’emploi

PRECAUTION D’EMPLOI :-produit tachant


-risque de photosensibilité

CONSERVATION : étant donné le risque de contamination microbienne de ce soluté,le flacon


ouvert doit être utilisé pour un seul soin

1-9 EAU OXYGENEE


COMPOSITION : solution peroxyde d’hydrogène

SPECTRE D’ACTIVITE : solution faiblement antiseptique, surtout utilisée pour le nettoyage des
plaies et comme hémostatique

INDICATIONS : nettoyage de la peau érodée et des petites plaies


-hémostatique : petites hémorragies des plaies superficielles

MODE D’UTILISATION : solution prête à l’emploi

CONDITION D’ACTIVITE : inactivation en présence des matières organiques

CONTRE-INDICATION : ne pas mettre en contact avec les yeux

PRESENTATION : flacon de 500ml

CONSERVATION : solution à utiliser dans les 8jours après ouverture

MISE EN GARDE : ne pas utiliser pour irriguer des cavités ou sous pansement occlusif

1-10 SAVON DOUX HAUT FREQUENCE DE LA GLYCERINE

COMPOSITION : mélange des différents tensio-actifs et de glycérine

SPECTRE D’ACTIVITE : bactériostatique


INDICATION :-lavage hygiénique des mains
-toilettes des patients

MODE D’UTILISATION : produit prêt à l’emploi

PRECAUTION D’EMPLOI : rincer abondamment après emploi

PRESENTATION :-flacon cylindroconique de 1 L (lavage hygiénique)


-flacon pissette de 250L (toilette générale)

CONSERVATION : étant donnée le risque de contamination microbienne de ce soluté ; le flacon


ouvert doit être utilisé dans un délai de 8 jours en prenant soin de dater l’ouverture du flacon,la
pompe doseuse doit être soigneusement lavée à l’eau chaude entre chaque flacon.

MISE EN GARDE : ne pas utiliser pour irriguer des cavités ou sous pansement occlusif.

2-LES DESINFECTANTS

Ce sont des produits dont l’utilisation peut permettre d’éliminer ou de tuer les micro-organismes ou
d’inactiver les virus portés par les milieux inertes.

2-1 L’EAU DE JAVEL

2.1.1-Définition :
L’eau de javel est un puissant désinfectant, économique et disponible partout.

2.1.2 Propriétés :

-L’eau de javel désinfecte


-Elle est bactéricide, fongicide, sporicide et virucide

2.1.3 Mode d’emploi


-Avant de désinfecter une surface, il faut d’abord la nettoyer puis la rincer.
-L’eau de Javel à 12°est ensuite diluée 1/1e avec de l’eau froide
-L’eau de Javel doit être utilisée seul.
-Il ne faut donc pas la mélanger avec un produit ménager = une réaction chimique entre les produits
diminuerait son efficacité. Le mélange avec un produit acide provoque le dégagement d’un gaz
toxique = le chlore.
L’eau de Javel est utilisée comme désinfectant des surfaces, du mobilier, des instruments, des
éviers, des lavabos, des vidoirs et des sanitaires.

2.1.4 Conservation
L’eau de Javel doit être conservée à l’abri de la lumière et de la chaleur. Elle doit être utilisée avant
la date de péremption

2.1.5 Incidents et conduite à tenir :


En cas de projection dans les yeux, sur la peau, laver immédiatement et abondamment à l’eau
courante pendant 10 minutes

III-LES ETAPES DU TRAITEMENT DU MAT2RIEL UTILISE

Le traitement du matériel utilisé est une opération déterminante dans le processus de lutte contre les
infections nosocomiales. Il vise également la protection de l’équipe soignante contre le risque de
manipulation d’un tel matériel. Il se réalise selon des étapes qui ont un objectif précis et qui
s’effectuent selon une chronologie d’exécution.
Les étapes du traitement du matériel utilisé sont :

1-Le tri 5-Le séchage


2-La décontamination 6-La lubrification
3-Le rinçage 7-Le contrôle
4-Le nettoyage et rinçage 8-Le conditionnement
9-La stérilisation

1-Le tri :
C’est une étape nécessaire et fondamentale qui consiste à séparer le matériel par catégorie :
-fragile -immersible ou non
-piquant -à usage unique ou multiple
-tranchant

2-La décontamination :
Elle consiste à diminuer la production de micro-organismes et faciliter le nettoyage ultérieur .Elle
permet également la protection de l’environnement et/ou du personnel

3-Le rinçage
Son effet fait appel à l’action mécanique de l’eau. Il s’effectue après la décontamination et avant le
nettoyage

4-Le nettoyage et rinçage :


Permet de rendre propre le matériel, de pouvoir réaliser l’ultime étape ;la stérilisation et favoriser
l’agent stérilisant

5- Le séchage :
Le séchage permet d’enlever l’humidité qui constitue un milieu favorable au développement des
micro-organismes d’une parte, et optimiser l’action de l’agent stérilisant sur des objets secs. Le
séchage est manuel avec un linge propre et non peluchant.

6-La lubrification :
C’est l’action de graisser les articulations. Elle confère aux instruments une bonne qualité
De fonctionnement et une durée de vie augmentée. Elle s’effectue après l’opération de séchage, la
lubrification peut être réalisée par graissage .Quelque soit le lubrifiant,il doit être fin pour ne pas
constituer un obstacle à l’agent stérilisant .

7- Les contrôles :
Permettant d’évaluer l’efficacité et la qualité des étapes précédentes. Ils se font après le séchage et
avant le conditionnement .Les contrôles touchent quatre aspects.
-contrôle de l’hygiène : contrôle visuel de la propreté
-contrôle technique : état des objets (tâches, corrosion)
-contrôle de fonctionnement : mors s’adaptent, pinces tiennent, …
-contrôle quantitatif : nombre d’instruments dans la boite

8- Le conditionnement :
Il a pour but, mission essentielle de conserver l’état de stérilité des objets stérilisés et permet le
stockage .Il s’agit des tambours, boites, containers, sachets.

9- La stérilisation :
C’est la mise en œuvre d’un ensemble de méthodes et de moyens visant à éliminer par destruction
les micro-organismes vivant portés par un objet parfaitement nettoyé

ON NE STERILISE QUE CE QUI EST PROPRE ET STERILE


IV-LES DIFFERENTS PROCEDES DE STERILISATION :

1°/ PROCEDES PHYSIQUES :

: LA STERILISATION PAR LA VAPEUR D’EAU (AUTOCLAVE)

Dans ce procédé, l’opération de stérilisation est obtenue par l’emploi de la vapeur d’eau saturée à
une température supérieure à 100°C qui ne peut être qu’à une pression supérieure à la pression
atmosphérique

Propriétés de l’agent stérilisant :


L’action conjuguée de l’humidité et de la chaleur permet la dénaturation des protéines bactériennes
par hydrolyse et déstabilisent ainsi leur formation naturelle, inhibant les mécanismes de duplication
moléculaire.
L’intérêt de la vapeur d’eau comme agent stérilisant est dû :
-à sa chaleur latente de vaporisation qui est très élevée
-la vapeur d’eau est le meilleur des fluides caloporteurs
-à son faible coût
-à sa facilité d’obtention
-à l’absence de résidus toxiques
En raison de ces qualités et de son efficacité, ce procédé doit être employé en première intention
.Seuls les objets thermosensibles (matières plastiques ou optiques), les matériels sensibles à
l’humidité (instruments chromés, nickelés) et le produits imperméables à la vapeur d’eau
(compresses vaselinées) ne
Peuvent bénéficier de ce type de stérilisation .comme pour tout procédé de stérilisation, l’efficacité
dépendra de :
- la qualité des germes présents au début de la stérilisation
-au contact de l’agent stérilisant avec les germes à détruire
-du maintien, pendant un temps suffisant, des paramètres de stérilisation
L’opération de stérilisation se déroule d’une enceinte close résistant à la pression appelée
communément et improprement (autoclave)
Ces appareils appelés aujourd’hui stérilisateurs à la vapeur d’eau font l’objet de la norme NFS.90-
320

: Paramètres de stérilisation :

A partir des travaux de pasteurs et de ses élèves, il a été démontré que la destruction de tous les
germes ne pouvait être obtenue qu’à une température supérieure à celle de l’ébullition de l’eau et il
a été conseillé de stériliser au moins à 120°, température ne pouvant être obtenue qu’à une pression
supérieure à la pression atmosphérique dans une enceinte close .les paramètres de stérilisation sont
les suivants :

La vapeur d’eau :
L’eau à l’état gazeux est un excellent caloporteur .La vapeur va céder sa chaleur latente en se
condensant à l’état liquide sur la charge qui va s’échauffer .la vapeur joue un double rôle : apport de
calories et action physico-chimique d’hydrolyse, la vapeur d’eau doit être au voisinage de la
saturation. La vapeur d’eau est saturée lorsqu’elle est en équilibre avec l’eau à l’état liquide .Au
delà des conditions d’équilibre la vapeur est surchauffée .En deçà la vapeur est sursaturée et humide
.Dans le cas de la vapeur surchauffée les conditions se rapprochent de celle de l’air chaud et la
méthode de stérilisation perd rapidement son efficacité à mesure que le degré de surchauffe
s’accroît .La qualité de la vapeur peut être définit par plusieurs critères dont normalement le titre de
la pureté chimique.

La température :

Le 2ème paramètre est la température .En milieu de vapeur d’eau saturée, la température et la


pression sont étroitement liées par les lois de la thermodynamique.
Cette corrélation a été mesurée par REGNAULT elle figure dans un table qui porte son nom.

Pression relative
0 = pression atmosphérique Températures d’ébullition

0 bar 100°C
1 bar 100,06°C
1,05bar 121°C
2bar 133,9°C
2,04 bar 134°C
2,414 bar 138°C
3 bar 144°C

Le temps:

Pour stériliser la charge, on peut agir soit sur la température (donc la pression), soit sur le temps
d’exposition, le temps de stérilisation donc la durée totale du cycle de stérilisation est fonction du
type de stérilisation, de la nature des matériaux à stériliser, de l’emballage et du chargement de
l’enceinte. Le temps nécessaire à la destruction des micro-organismes décroît très rapidement dès
que la température augmente.
Suivant la température du pallier des stérilisations, les durées généralement conseillées pour le
palier sont les suivantes

20 minutes à 121°C
15 minutes à 126°C
10 minutes à 134°C

Pour accroître la marge de sécurité, on a toujours intérêt à stériliser à la température la plus élevée
compatible avec la charge, une minute à 134°C produit même effet stérilisant que 15 minutes à
120°C

1.1.3-Mise en œuvre du procédé :

1.1.3.1 L’appareillage
Un stérilisateur à vapeur d’eau constitué d’une chambre de stérilisation avec des dispositifs
d’ouverture et de fermeture, ainsi que d’accessoire permettant l’alimentation en vapeur ‘ la mise
sous vide est le retour à la pression atmosphérique à travers un filtre à air

(CF figure 1).

La chambre de stérilisation :

Les matières utilisées pour sa construction doivent être résistants à la corrosion et facilement
décontaminables ; ce sont des aciers inoxydables .La plupart es stérilisateurs hospitaliers récents
possèdent une double paroi appelée aussi double enveloppe. Cette paroi additive au stérilisateur
étanche, résiste à la pression. Elle permet une circulation permanente de la vapeur, ce qui évite la
refroidissement à la chambre, autorisant un gain du temps lors du chauffage don une réduction de la
durée des cycles de stérilisation suivant le premier

Le dispositif de production de la vapeur :

La vapeur d’eau est obtenue dans des générateurs autonomes à chauffage électrique par
vaporisation d’eau filtrée et adoucie dont le titre hydrotimétrique doit être compris entre 5 et 8°TH
.l’usage de la vapeur fournie par la chaufferie de l’établissement est également possible après
épuration et purge des condensas.

Le dispositif de production de vide :

Toute opération de stérilisation doit être précédée et suivie de purge d’air. La vapeur et l’air
ne se séparent pas par ordre de densité. Pour éliminer l’air des autoclaves las plupart des
constructeurs utilisent des pompes à anneau d’eau .Ces pompes utilisent pour leur fonctionnement
l’eau qui assure l’étanchéité entre le rotor et le stator dont l’excentricité forme un croissant à
l’intérieur duquel s’exerce le mécanisme de dépression créant le vide. La concentration d’air
résiduel variant, le débit de la pompe n’est pas constant, plusieurs purges successive séparées les
unes des autres par une admission de vapeur assurent rapidement la meilleure évacuation d’air.

-Les spores

Les spores peuvent être à ouverture manuelle ou automatique, elles coulissent et pivotent,
horizontalement ou verticalement, l’étanchéité de la porte et obtenue soit par un joint plein soit par
un joint gonflable, le joint du couvercle sera conçu et placé de sorte qu’il ne puisse être chassé
accidentellement
Le tableau de commande est généralement placé sur la face d’entrée .le cycle de stérilisation doit
pouvoir être suivi sur les deux faces .Les appareils doivent être isolés thermiquement et
phonétiquement afin d’éviter les pertes thermiques et d’assurer un faible niveau sonore permettant
la présence permanente du personnel
Les valeurs limites retenues par la norme sont

-pour le bruit < 55 décibels

< 60 °C pour les parties métalliques


- pour la température
< 85 °C pour les parties non métalliques

- l’air
L’air utilisé pour la remise à la pression atmosphérique doit être filtré pour empêcher la
recontamination microbienne de la charge qui a été stérilisée, le filtre doit retenir les particules de
diamètre supérieur ou égal à 0,3 micron avec une efficacité de 99,9%

1-1-3-2 conditionnement
Le conditionnement doit permettre le passage de l’agent stérilisant c’est à dire la vapeur,
garantir la conservation de l’état stérile, assurer l’intégrité des caractéristiques organoleptiques,
physiques chimiques et mécaniques du matériel et permettre l’extraction aseptique de l’objet stérile
Les boites et les tambours en acier inoxydables sont progressivement abandonnés au profit des
paniers métalliques, des feuilles d’emballage et des sachets de stérilisation. Les tambours ont un
nombre limité d’orifice permettant la propagation de l’agent stérilisant et ils doivent être obturé dès
la sortie du stérilisateur, l’étanchéité des fermetures n’est pas parfaite. De plus les tambours ont
souvent tendance à être très remplis. La conservation de la stérilité s’interrompt dès la première
ouverture.
L’évolution vers le conditionnement unitaire permet la confection de nécessaire à l’usage
unique ainsi qu’une bonne identification facile de l’article stérilisé .Une attention particulière doit
être apporté à la qualité des soudures .La fermeture ou scellage se fait par thermo-soudure directe si
le matériel est lui même fusible et soudable (PE, PVC) ou si le matériel ne l’est pas (PP
,polyamide,papier,…) par l’incorporation d’un film ou de la pose d’un vernis à base de composés
thermo-soudables

1-1-3-3 Locaux
Les locaux doivent être adaptés aux nécessités particulières du travail de stérilisation .Peu
contaminables et facilement décontaminables, bien ventilés, ils doivent être conçus pour séparer le
plus complètement possible le circuit du matériel souillé de celui du matériel stérilisé.
Quelque soit l’importance de la structure de la stérilisation centrale, trois zones peuvent être
individualisées :

zone « sale »
zone «  propre »
zone « stockage du matériel »

Les circuits de ramassage, de traitement et de distribution doivent être aussi courts que possible
et la séparation entre les zones aussi étanches que possible. La centralisation de la stérilisation
permet un gain de temps considérable pour le personnel infirmier, une standardisation et une
surveillance efficace du matériel et enfin une limitation des infections croisées et surinfection il en
résulte une sécurité accrue pour le malade ce qui est l’essentiel
Dans une stérilisation centrale, les zones se succèdent de la façon suivante (CF figure 2)
1-1-4 le cycle de stérilisation

Le cycle est l’ensemble des opérations permettant de stériliser une charge dans le stérilisateur. Il
comporte différentes étapes

-chargement du stérilisateur

ne pas surcharger l’autoclave (bon équilibre dans les paniers ou boites d’instruments)
ne pas tasser les textiles dans leurs emballages
déposer les paquets, les sachets, les plateaux sur la tranche
utiliser les paniers pour faciliter la pénétration de la vapeur
faire une charge homogène

-fermeture de la porte :
Soigneusement, de façon à assurer une bonne étanchéité du stérilisateur

Prétraitement :
Les opérations réalisées pendant cette première phase du cycle de stérilisation visent à porter la
charge en milieu homogène de vapeur .Elles consistent à :
évacuer l’air : cette évacuation peut se réaliser de différentes manières :
-succession d’admission de vapeur et de détente
- mise sous vide
- alternance de vide et d’injections de vapeur
chauffer la charge :lors d’élévation de température la vapeur se condense .La transformation de la
vapeur en eau s’accompagne d’un apport important de calories .En effet ,en vertu du principe de la
paroi froide ou pricipe de WATT,la vapeur se condense sur un objet froid en lui cédant des
calories ,tant que sa température est supérieure à celle de l’objet

Exposition à la température

Cette 2ème phase comporte un temps de destruction des micro-organismes et un temps de


sécurité .La régulation à partir de la mesure de la température garantit l’efficacité de la stérilisation

Séchage et retour à la pression atmosphérique

En fin de stérilisation, la charge est mouillée par l’eau provenant de la condensation de la


vapeur, il est donc nécessaire de la sécher .Le seul procédé consiste à diminuer la pression ce qui
provoque une vaporisation de l’eau résiduelle, laquelle fait appel aux calories emmagasinées dans la
charge ; c’est donc le mécanisme inverse de celui qui s’est produit lors du chauffage

-pour accroître l’apport d’énergie on fait appel à un chauffage auxiliaire externe .Le rôle du
chauffage externe par une double enveloppe consiste essentiellement à éviter que la charge en soit
mouillée par d’autres condensats que ceux qui se forment sur les objets au cours de chauffage
.L’évaporation étant une opération endothermique, la charge devient sèche et froide
La baisse d pression s’effectue en deux temps :
-abaissement de la pression jusqu’à la pression atmosphérique, par ouverture de la vanne de purge
-mise sous vide du stérilisateur
Soit par un condenseur : la vapeur d’eau en se condensant provoque un vide, l’humidité se
vaporise hors de la charge stérile et se condense sur le condenseur, soit par le fonctionnement de la
pompe à vide, l’eau se vaporise ; la vapeur ainsi produite est aspirée par la pompe à vide
Le traitement se termine par la rentrée d’air à travers un filtre à très haute efficacité remettant
le stérilisateur à la pression atmosphérique
-Vérification et archivage du diagramme d’enregistrement qui porte le numéro du
stérilisateur, la date et le numéro du lot
-Ouverture de la porte du côté décontaminé
- Déchargement du stérilisateur et vérification des indicateurs de stérilisation

1-1-5 Les contrôles

Les contrôles sont de trois types : les contrôles de l’installation, les contrôles de stérilisation qui
vérifient le procédé et les contrôle de stérilité qui concernent le produit lui même

1-1-5-1 contrôle des installations :

A la construction
Un essai hydraulique est pratiqué en présence du service des mines qui poinçonne une médaille
portant le numéro d’ordre de fabrication et le jour de l’essai
Avant livraison le constructeur réalisera des essais à vide et en charge

- A la réception : les essais sont très variés


Essai à vide : vérification des diverses sécurités, des appareils de mesures et de contrôle, de la
correspondance pression / température, éventuellement du niveau acoustique
Contrôle de l’étanchéité : l’appareil est mis sous vide après une période de stabilisation de 5
minutes, la remonté de la pression ne doit dépasser 1,3 m bar / min
Essai en charge : contrôle du fonctionnement du stérilisateur dans les conditions normales de son
utilisation
Contrôle de la bonne évacuation de l’air : test de BOWIE-DICK
Contrôle de la température : celle qui est indiquée par l’organe de régulation placé en dehors de la
charge .On peut placer également un capteur au cœur de la charge
Essai d’efficacité de destruction des spores d’un micro-organisme de référence (bacillus
stéarothermophilus)

La sécurité est primordiale. Elle revêt plusieurs aspects :


Sécurité électrique :
Le circuit électrique de l ‘appareil, lequel comporte des disjoncteurs différentiels

Sécurité d’ouverture des portes : un orifice témoin de mise à l’air libre est prévu sue tous les
appareils
Impossibilité de mise en route en cas de non fermeture d’une porte
Sécurité du générateur de vapeur : ce générateur comporte au moins deux soupapes de sécurité

1-1-5-2 : Contrôles de stérilisation :

-Les enregistrements :
Les stérilisateurs comportent obligatoirement un enregistreur de température et de pression en
fonction du temps. Chaque charge peut être considérée comme un lot, dont les conditions de
stérilisation, enregistrées sont variables

Les graphiques sont le plus souvent circulaires .Ils peuvent aussi être à déroulement linéaire
L’homogénéité de la répartition de la chaleur et la connaissance des températures est
primordiales. Pour vérifier cette homogénéité, on peut placer des capteurs de température
(thermocouples) en plusieurs points d la charge, et notamment au cœur de celle-ci, pour les
comparer à la température de la sonde de régulation

les indicateurs de passage :


Ils apportent seulement la preuve que le produit a été soumis à cycle de stérilisation sans
préjuger de l’efficacité du traitement .Il sont constitués de produits sensibles dont certaines
caractéristiques se modifient pendant la stérilisation.
Ils sont soit imprimés sur les sachets soit des rubans adhésifs indicateurs, ils sont sur chaque
conditionnement

les indicateurs d’évaluation d’efficacité de la stérilisation :

Ils tiennent en compte des paramètres de stérilisation et se traduisent soit :


par un virage de couleur : test de Brown ,test stéri-control
par fusion :thermologue,stérigage

Test de Bowie Dick


Il consiste à vérifier la qualité de la pénétration de la vapeur dans une charge de textile .Après
avoir constitué un paquet-test, (champs opératoires par exemples) deux longueurs de papier-témoin
placés en forme de croix sont collées sur une feuille de papier insérée au cœur du papier-test.
Les conditions opératoires sont les suivantes :
Pour une température deux palier de stérilisation comprise entre 134°C et 138°C, la durée de
ce pallier a été fixé à 3 minutes 30 secondes
Si la vapeur est parvenue au cœur du paquet, le changement de couleur des bandes est uniforme. Un
assez grand nombre de papiers prêt à l’emploi sont commercialisés, parmi lesquels :
ONCF A DAY, DALLY-RECORD, BOWIE-DICK TEST...
Ils sont revêtus d’un marquage de formes géométriques diverses assez fréquemment des
cercles concentriques (figure 4)

1-1-6 La maintenance

La maintenance est un problème complexe mais essentiel pour la bonne conduite et le suivi du
fonctionnement des appareils
En règle générale, la maintenance des appareils est confiée aux services techniques et dans le cas de
stérilisation centrale, un technicien biomédical sera affecté spécialement à ces tâches
Une fois par an : contrôle des dispositifs de sécurité par le service de la qualité et de la sécurité
industrielle, ou par un organisme spécialisé
Les appareils à vapeur sou pression sont soumis à des contrôles obligatoires par un organisme
agrée
Une fois tous les di ans : épreuve hydraulique et re-timbrage de l’enceinte

Cahier d’entretien
L’utilisateur doit tenir à jour pour chaque appareil, un registre d’entretien où sont notés tous les
essais, l’entretien et les réparations le concernant.

Formation du personnel :

La conduite des autoclaves ne doit être confiée qu’à un personnel expérimenté, instruit des
manœuvres à effectuer sur l’appareillage et des dangers qui lui sont propres .Le fabriquant peut
assurer la formation du personnel d’entretien /De plus, les consignes d’utilisation de l’appareil
doivent être affichées
La stérilisation par la chaleur humide, par son efficacité, par la facilité de contrôle de ses
paramètres et par son faible coût, et doit être procédé de première intention en milieu hospitalier

STERILISATION PAR L’AIR CHAUD (CHALEUR SECHE)

C’est une méthode qui consiste à exposer à l’air les objets à stériliser pendant un temps
relativement long, plus d’une heure, à des températures élevées, comprises entre 160°C et 200°C et
à la pression atmosphérique

Paramètres de stérilisation
Contrairement au procédé par la chaleur humide, la stérilisation par la chaleur sèche n’est régie que
par deux paramètres qui sont le temps et la température

1-2-1-1 Température :
Le thermomètre qui indique et/ou contrôle la température dans l’étuve ne peut être placé que
près des parois et ne donne pas une idée précise de l’homogénéité de la répartition des températures
Pour les essais de validation, les capteurs placés au cœur de la charge donnent une idée plus
précise de la température qu’il y règne

1-2-1-2 temps
La durée d’exposition à l’air est fonction :
-de la nature du matériel à stériliser
-du volume du matériel
-du fonctionnement

Les tems usuels de stérilisation sont

30 min à 180°C
1H à 170°C
2H à 160°C
3H à 140°c

Le temps de stérilisation doit être compté à partir du moment où l’objet atteint la température
désirée

Mise en œuvre du procédé

1-2-2-1 Appareillage :
La stérilisation est effectuée dans des étuves dérivant du four Pasteur et de l’étuve de
Poupinel .Le corps intérieur de l’étuve est généralement en acier inoxydable .L’air est chauffé au
moyen d’une résistance électrique : la chaleur fournie par cette résistance se propage par convection
de l’air et par conduction des boites aux instruments .Le volume des étuves varie de 50 à 400 litres
et leur puissance électrique de 1000 à 5000 watts.
Pour éliminer des risques de surchauffe, assurer une montée en température plus régulière et
une meilleure homogénéité de la température dans l’enceinte, les étuves sont en général équipé
d’une turbine assurant une convection forcée de l’air.
Dans les stérilisations centrales, les étuves sont généralement à double ouverture

1-2-2-2 Conditionnement :

Deux principaux types de conditionnements sont utilisés :


-les boites en acier inoxydables .Celles-ci ne doivent pas être déformées .Leur étanchéité peut
être assurée par l’adjonction d’un adhésif le long des ouvertures
-les sachets et gaines en polyamide thermosoudables. Ils portent des indicateurs qui ne changent
de couleur que lorsque la température a été atteinte

Le cycle de stérilisation :

Le cycle de stérilisation relativement simple, est plus long que celui du stérilisateur à vapeur.
-Chargement : côté préparation
- fermeture de la porte
- affichage d’une température 170°C _ 1h
160°C _ 2h
-montée en température et décompte du temps de stérilisation à la température affichée pendant
le temps affiché
- refroidissement
-ouverture de la porte coté déchargement
- déchargement
-vérification des témoins de passage

contrôles

1-2-4-1 contrôle de l’installation


Il porte sur le fonctionnement correct des résistances électriques, du ventilateur, du thermomètre, et
sur le réglage de la minuterie

1-2-4-2 contrôle des paramètres


-le contrôle des paramètres de fonctionnement, donné par le thermomètre et la minuterie dont sont
équipées les étuves, est très insuffisant car il ne donne pas d’indication sur l’homogénéité de la
répartition de la température et de la durée réelle de la stérilisation.
-Le bon déroulement de la stérilisation est contrôlé par l’examen d’un indicateur de stérilisation
placé au cœur de la charge
-Comme pour la stérilisation par la vapeur, il existe des témoins vérifiant un ou deux paramètres, les
plus intéressants sont ceux qui intègrent les deux paramètres temps et température

1-2-4-2-1 indicateurs de passage

Témoignant qu’une température minimum a été atteinte. Ils sont de deux types :
-tubes témoins : identiques dans leur principe à ceux utilisés pour la chaleur humide,ils
contrôlent des températures plus élevées :
Acide salicylique : température 168°C
Phényl carbazide : température 175°C
- papiers sensibles

Papier fabricant températures minimales


Pour obtenir le virage
DAY HEAT ESCHMAN 160°C
Ruban adhésif ATO 165-170°C
INDAIR 1226 3M 170-180°C

1-2-4-2-2 Contrôle du temps et de la température:

Test de Bowne : point vert virage à 160°C pendant 60 minutes


DRY STAR
STERIGUT

1-2-4-2-3 Test bactériologiques


SPORDI (AMSCO)

inconvénients
Les inconvénients inhérents à ce procédé sont nombreux. Parmi eux :
-l’absence d’un enregistreur
- la durée de la dépense d’énergie importante
-la détérioration par la chaleur :
.des équipements
. Du matériel, noircissement des surfaces, émoussement des tranchants, dilatations
l’ouverture de la porte possible sans remise à zéro de la minuterie

Maintenance :
Elle porte sur un contrôle régulier des résistances électriques, du ventilateur, des thermomètres et de
la minuterie

LA STERILISATION PAR LES RAYONNEMENTS

La stérilisation par les rayonnements ou radio-stérilisation est une technique qui permet de
traiter un article sans élévation de la température et ceci à travers un emballage unitaire étanche,
quelque soient la nature et la technologie de cet emballage
En raison de la nature du procédé, elle n’est réalisée que par des établissements spécialisés
soumis à une législation rigoureuse. De ce fait, la radio-stérilisation est une technique qui ne peut
être utilisée que dans le secteur industriel
2°/ LES PROCEDES CHIMIQUES :

2-1 La stérilisation à l’autoclave à oxyde d’éthylène :

La stérilisation par les gaz est d’abord apparue dans l’industrie puis plus récemment à l’hôpital
répondant à un besoin précis : stériliser le matériel médico-chirurgical qui ne supporte pas les
conditions opératoires provoquées par les températures élevées de la stérilisation par la vapeur
(autoclave) ou l’air chaud (poupine)
En effet ,de plus en plus les matériaux constitutifs des objets de soins des hauts polymères
thermosensibles q doivent être stérilisés à basse température ,inférieure à 70°C,l’oxyde d’éthylène
,employé depuis de nombreuses années comme insecticide,a été retenu par la pharmacopée
française à cause de son pouvoir sporicide et bactéricide,lié à sa grande réactivité chimique.

2-2 Propriétés de l’agent stérilisant :

L’oxyde d’éthylène (OE) peut encore être appelé Epoxyéthane ou oxiranne se présente sous la
forme d’un gaz incolore ,d’odeur éthérée ,pur en se combinant avec l’oxygène de l’air peut former
un mélange explosif dès que sa teneur dépasse 3% en volume en présence d’une flamme ou d’une
étincelle .Lorsqu’il rentre en contact avec les molécules organiques (acides nucléiques,protéines) de
la manière vivante,notamment celle des micro-organismes ,il entraîne le blocage de leur
métabolisme et donc de leur capacité de reproduction .L’oxyde d’éthylène est un gaz toxique pour
l’Homme . La stérilisation à l’oxyde d’éthylène, se réalise dans un stérilisateur approprié lui même
installé dans un local aménagé aux normes requises.

2-3 Mise en œuvre du procédé utilisé

2-3-1 techniques en stérilisation


Deux techniques sont développées (figure 5)

-Technique en dépression :
Cette technique tente de limiter les risques liés à l’emploi de l’O.E, gaz particulièrement toxique,
mais aussi dangereux (risque d’explosion en présence d’air) .Il convient donc d’en protéger les
utilisateurs en évitant tout risque de fuite du gaz vers l’extérieur .Les objets à stériliser sont dans
une enceinte hermétiquement close.

L’introduction de l’O.E ne se fait qu’après avoir effectué dans l’enceinte un vide suffisant pour
obtenir une pression inférieure à la pression atmosphérique, ce qui assure un « verrouillage
physique » des portes de l’impossibilité de fuite vers l’extérieur du gaz stérilisant

-Technique en suppression :

Cette technique a pour but principal d’éviter à l’inflammabilité de l’O.E dans certaines
proportions, mélangé à un gaz (anhydride carbonique ou Fréon) l’OE n’est plus explosif, pour cette
technique, le vide demeure l’étape initiale, mais les mélanges gazeux sont introduits en quantité
telle que la pression à l’intérieur de l’enceinte soit très supérieure à la pression atmosphérique
(plusieurs bars de pression)
Ces fortes pressions sont nécessaires pour compenser la « dilution » du gaz stérilisant dans le
gaz inerte. Les installations fonctionnent, en général, à 800 mg / l d’OE, soit une pression d’1 bar
pour le premier mélange et de 4 bar pour le second
2-3-2 les paramètres de stérilisation à l’OE

-La concentration en oxyde d’éthylène :

La concentration minimale en OE considérée comme efficace est de 600 mg/L.La


concentration est directement liée à la pression .Ainsi pour une même valeur de concentration en
OE, la pression totale va varier suivant le type de mélange utilisé .Le diagramme ci-après en est
l’illustration (figure 6)
Pour une concentration en OE de 600 mg/L, les pressions (en bar absolu) sont les suivantes :

-100% C2H4O 0,3 bar


-40%C2H4O-60%N2 0,8 bar de pression
-15%C2H4O-85%F12 B1 0,8 bar
-12% C2H4O-88% F12 {1,25 bar
-10%C2H4O-90% CO2 3,3 bar presion

-la température de la charge à stériliser

L’élévation de la température accélère la cinétique de la réaction d’alkylation diminuant d’autant


la durée nécessaire de la phase de stérilisation. Il ne faut pas très élever la température en raison de
la thermo sensibilité du matériel à stériliser .L’apport de calories est réalisée soit par une résistance
chauffante ou un manchon d’eau ou d’huile chaude qui ceinture l’enceinte, soit par des radiateurs
internes ; on obtient ainsi, suivant les équipements, une température comprise entre 37°C et55°C

-Le taux d’humidité relative (THR)

Il est admis que le THR optimal est compris entre 40 et 80 % dans l’enceinte de stérilisation
.certains facteurs liés au conditionnement des objets peuvent le faire varier,la cellulose du papier ou
du carton peut être soit donneur ,soit accepteur de quantités considérables de vapeur d’eau sans
dispositif humidificateur,l’humidité relative à l’intérieur de la charge sera dépendante de la
température .Certains appareils sont équipés de sondes hygrométriques permettant de mesurer
,d’enregistrer et de réguler ,grâce à un vaporisateur en continu,le THR cette humidité est obtenue de
différentes façons selon les appareils
On utilise fréquemment l’injection automatique de vapeur après le vide initial qui établit un
THR de l’ordre de 50%

-Le temps de contact :

Ce 4ème paramètre est fonction des trois précédents et de plus fonction du temps nécessaire pour
parvenir à l’équilibre.
La durée d’exposition et le temps pendant lequel la charge est exposée à l’agent stérilisant
(oxyde d’éthylène), tout l’autre paramètre étant à leur valeur optimal .On doit « se hâter lentement »
car la stérilisation par l’OE n’est pas une cours de vitesse. L’augmentation de concentration en
OE ,dans le but de diminuer le temps d’exposition ,entraîne une plus forte quantité de gaz résiduel
dans le matériel et un allongement du temps de désorption .Les durées d’exposition sont donc
fonction des cycles réalisés et dépendent directement des valeurs choisies pour les autres paramètres
2-3-3 La conduite de la stérilisation

-Le conditionnement :

La stérilisation par l’OE s’opère en autoclave spécifique, l’objet à stériliser dans un sachet
spécifique thermosoudé avec témoin de passage intégré. Le sachet doit être perméable aux gaz,
imperméable aux bactéries ; la durée légale de conservation est de 5 ans

-Les étapes du cycle de stérilisation :


Les différentes phases d’un cycle de stérilisation par l’OE sont les suivantes :
Conditionnement préalable de la charge en température et en humidité relative dans une salle dite de
pré conditionnement dont la température est maintenue à 40°C et l’humidité relative à 50% ou dans
une enceinte présentant des caractéristiques analogues (50°C,HR à 50%)
Chargement du stérilisateur
Fermeture de la porte
Mise sous vide de l’enceinte
Humidification éventuelle
Equilibrage des paramètres à leur valeur optimale (points de consignes)
Introduction de l’agent stérilisant (gaz ou mélange gazeux)
Exposition à la température prévue,à la concentration souhaitée en OE,au THR prévue dans le
temps
Mise sous vide de l’enceinte
Plusieurs rinçages successifs
Retour à la pression atmosphérique
Ouverture de la porte
Vérification du virage des témoins de passage
Vérification des diagrammes de stérilisation
« mise en quarantaine »pour désorption
Contrôle bactériologique et de résorption
Mise en stock pour distribution

-La résorption :
Les matériaux utilisés pour la fabrication du matériel médico-chirurgical fixent plus ou moins
fortement l’OE. La teneur maximale en OE que peut contenir un matériel médico-chirurgical au
moment de son utilisation est de 2PPM (parties par million)
La désorption du matériel est réalisée dans des armoires de désorption ou des locaux aménagés
à cet effet
La désorption n’est accélérée que si la chambre ou armoire est chauffée et ventilée avec
renouvellement d’air .La température choisie est voisine à celle du cycle de stérilisation des unités
d’emploi sont disposer ,sans les tasser ,dans des paniers superposées de telle façon que la circulation
de l’air filtré de rinçage soit facilitée .Un tel traitement permet de réduire de façon importante la
période de dégazage .L’assurance d’une bonne résorption est apportée par le dosage de l’O.E
résiduel sur le matériel .La décroissance de ce taux d’OE dans le temps est l’assurance d’une
désorption efficace

-Les contrôles :
a- Les contrôles de la stérilisation

Les contrôles physiques :


Ils permettent de vérifier que les paramètres (température, hygrométrie, pression, temps)
nécessaires à une bonne stérilisation sont respectés

Les contrôles chimiques :


A l’heure actuelle, il existe deux principaux types d’indicateurs :
-le papier imprégné d’un réactif coloré qui change de couleur au contact de l’OE .Ces papiers sont
appelés « témoin de passage »
Leur principal intérêt est la distinction visuelle immédiate entre un matériel stérilisé ou non
-des bandelettes qui visualisent par virage colorimétrique la pénétration de l’OE .Elles permettent
d’apprécier les conditions de stérilisation en intégrant les paramètres de stérilisation

les contrôles biologiques


Ils permettent de vérifier l’efficacité de la stérilisation
Les spores utilisés sont celles de bacillus subtilis Niger .Leur concentration doit être de 106 spores

Les contrôles de stérilité


c’est le seul contrôle direct permettant de savoir si le matériel est réellement stérile .Il est fait
,soit par ensemencement direct ,soit par filtration sur membrane après rinçage de l’objet par un
soluté isotonique de chlorure de sodium

2-1-3 locaux et ambiance :

2-1-3-1 Hygiène et sécurité des agents qui assurent l’exploitation d’un stérilisateur à l’OE

Les locaux de stérilisation doivent être définis et accessibles aux personnes formées et
informées
Plusieurs règles et principes sont à respecter impérativement :
-obligation pour le directeur de l’hôpital de s’assurer que le personnel connaît le fonctionnement des
appareils et qu’il est instruit des risques de l’OE et des mesures de sécurité à respecter
- désignation nominative d’un responsable des installations éventuellement d’un suppléant
-affichage des consignes de sécurité sur les portes donnant accès aux locaux de stérilisation
-suppression de toutes les installations mobiles de stérilisation
-regroupement des équipements de stérilisation à l’OE dans les stérilisations centrales
-Prévoir des extincteurs (poudre polyvalent, CO2 pulvérisée)

2-1-3-2 installations (figure9)


Les appareils (photo 1 et 2) doivent être situés dans les locaux où il ne peut y avoir ni flammes, ni
étincelle, ni incandescence d’aucune sorte, ce qui impose :
-des éclairages sous verre « dormant », des prises courant et du matériel antidéflagrant
-l’affichage de l’interdiction de fumer
-les locaux de stérilisation et de dégazage doivent être soumis à la réglementation en vigueur

2-1-3-3 contrôle de l’air ambiant :


Etant donné les propriétés toxiques de l’OE, il impensable de pouvoir détecter en permanence
les fuites éventuellement de ce gaz dans l ‘atmosphère des unités de stérilisation .Les pièces doivent
être ventilées et munies de détecteurs d’OE qui déclenchent une alarme dès que le taux de gaz
dépasse une valeur (25ppm, soit 50mg/m3) .Ces détecteurs doivent être placés en partie basse (à
moins d’un mètre d sol) des pièces dans lesquelles le stérilisateur est installé
2-1-3-4 Maintenance

La rédaction du cahier des charges, avant commode d’équipement, doit être la plus complète
possible .Le client peut demander une formation des personnels d’exploitation et des personnels de
maintenance
Il est intéressant de posséder la liste et un stock des pièces de rechange et de noter sur un
registre les dates d’intervention et de vérification des appareils
Les appareils fonctionnant à une pression supérieure à 4 bars sont soumis au contrôle du
service des mines. Quelque soit le type d’appareil un entretien annuel (démontage, nettoyage,
remplacement des pièces usagées…° est nécessaire
D’autres interventions ont lieu périodiquement sur différents organes de fonctionnement
(joints, pompes à vide, graisseur…)
Outre la maintenance des appareils de stérilisation, il est bon de vérifier régulièrement les
armoires et pièces de désorption ainsi que les détecteurs de fuites. Il faut se souvenir que la
désorption ne peut se réaliser que si le lieu de désorption est correctement chauffé et ventilé
(renouvellement d’air indispensable)

Conclusion :

La stérilisation à la vapeur d’eau doit rester la méthode utilisée chaque fois que possible .La
stérilisation par l’OE demeure une méthode industrielle, qui lorsqu’elle est utilisée à l’hôpital doit
être effectuée par un personnel compétent et faire l’objet de contrôle complets réguliers.
En outre, c’est une méthode coûteuse, environ 3 fois plus élevée que la stérilisation par la vapeur
d’eau
Les risques et les conséquences liés à l’OE ne visent pas seulement le malade, mais aussi
l’utilisateur (infirmier, chirurgien…) et le personnel des services de stérilisation.
La formation et l’information des manipulateurs est indispensable à une bonne utilisation de ce
procédé afin de respecter les bonnes pratiques de stérilisation

2-2 La stérilisation par le formaldéhyde

2-2-1 PROPRIETES DU FORMALDEHYDE

-caractères physico-chimiques

Le formaldéhyde est un gaz incolore, de poids moléculaire égal à 30,03 à forte odeur
caractéristique et irritante. Il est inflammable pour des concentrations dans l’air compris entre 7 et
72%
Le formaldéhyde est disponible en solution aqueuse (soluté de formaldéhyde à 35 pour 100
inscrit à la pharmacopée française) ou sous forme de polymères solides
A l’état gazeux le formaldéhyde n’est relativement stable à température ambiante et à pression
atmosphérique
Qu’à basse concentration (inférieure à 1,75 mg/L) .Les autoclaves au formol fonctionnent à une
température comprise entre 55 et 88°C et en dépression
Ces conditions permettent d’obtenir de plus forte concentration
Le formaldéhyde est très soluble dans les solvants comme le méthanol et l’eau .Cette
propriété peut être mise au profit pour son élimination en fin du cycle de stérilisation par « rinçage »
des parois intérieures de l’enceinte à l’eau chaude
-Mode d’action et propriété germicides
La stérilisation vapeur d’eau-formaldéhyde utilise l’action synergique bactéricide de la
vapeur d’eau et du formaldéhyde .La vapeur d’eau est un élément majeur pour la destruction des
formes végétatives .Elle pourrait également favoriser la germination des spores, donc leur
fragilisation
Le Formaldéhyde possède une action bactéricide directe par dénaturation des protéines
Toutes les bactéries et leur spores sont tuées par ce gaz et il existe une relation linéaire entre la
concentration en gaz et la vitesse d’action .L’accès aux micro-organismes doit être favorisé par
l’absence de matières protéiques diverses qui s’opposeraient au contact avec le formaldéhyde

2-2-2 CYCLE DE STERILISATION

Déroulement de stérilisation :

Les cycles diffèrent selon les appareils et selon les possibilités de modifier certains paramètres
.Généralement un cycle se déroule de la façon suivante (figure 10)
préchauffage et évacuation de l’air résiduel (grand vide)
phase de stérilisation : amission du mélange vapeur d’eau, formaldéhyde par injections successives
(alternées de vide partiel) dont le nombre peut être très variable selon les appareils
dégazage par alternance de vide et d’injection de vapeur d’eau puis d’air
retour à la pression atmosphérique

Importance des paramètres physiques et techniques

Préchauffage

Le préchauffage de l’enceinte et de la charge doit précéder l’admission du mélange vapeur d’eau-


Formaldéhyde .Le but est d’éviter la condensation de la vapeur d’eau ou d’eau chaude dans la
double enveloppe de la chambre (parois et portes)

Température, pression et vapeur saturante

Le maintien en température est assuré par des injections de vapeur d’eau saturée à basse
température obtenue grâce au fonctionnement en dépression (figure 11)
Toute baisse de température s’accompagne d’une injection immédiate de vapeur d’eau, ce qui
évite la formation de Condensant et diminue le risque de polymérisation du formaldéhyde
Les températures adoptées lors des cycles en dépression varient entre 50 et 80°C .La température
la plus basse, actuellement possible est de 50 à 55°C

Vide et injection du mélange Vapeur d’eau-Formaldéhyde

Les appareils différents par le nombre total d’injections du mélange de vapeur d’eau-
Formaldéhyde (figure 12)
Dans tous les cas, un vide très poussé grand vide doit précéder l’admission du mélange
stérilisant .Cette condition est essentielle pour obtenir une concentration maximale et une bonne
diffusion du formaldéhyde .Il faut donc insister sur la qualité de la pompe à vide équipant les
appareils .Celle-ce doit produire un grand vide indépendant des variations de la pression
atmosphérique
La solution du formol doit être réchauffée avant son évaporation dans le générateur du
formaldéhyde .Le mélange vapeur d’eau-Formaldéhyde est réalisé dans une petite chambre
thermostatée avant son injection dans l’enceinte

Temps de contact :

La durée de la phase de stérilisation est fonction de la température choisie. Elle est d’environ une
heure pour un cycle à 80°C et deux heures pour un cycle à 55°C

Dégazage

L’élimination du formaldéhyde est obtenue par des injections d’eau alternées de vide,
permettant de rouvrir les pores du papier d’emballage par ré humidification de la charge, soit alors
une phase de rinçage alternant air et vide, ayant pour but de soutirer le formol par aspiration et de
sécher les emballages .Enfin, l’admission d’air filtré permet le retour à la pression atmosphérique et
complète la résorption du matériel par balayage de la charge

2-2-3 CONTROLES DE STERILISATION

-Contrôles des paramètres physiques :

Pression et température

Ce contrôle s’effectue par la lecture de l’enregistrement graphique de ces deux paramètres .La
mesure de la température est souvent obtenue grâce sonde située au niveau de la paroi interne de la
chambre et non à l’intérieur même de l’enceinte de stérilisation
Le vide doit être vérifié par l’enregistrement ou par lecture directe sur le cadran d’un
manomètre de contrôle

Durée du cycle :

L’enregistrement graphique permet ce contrôle .En fin du cycle, il faut s’assurer que la totalité
de la solution du formol a été utilisée

-contrôle de l’efficacité de la stérilisation

Pénétration du gaz et conditionnement du matériel

Il n’existe pas actuellement de papier spécialement adapté à la stérilisation par le


Formaldéhyde .Les gammes ou sachets proposés pour la stérilisation par la vapeur d’eau ou par
l’oxyde d’éthylène peuvent être utilisés
Le contrôle de pénétration du gaz est réalisable grâce aux papiers variant en présence d
formaldéhyde, disposés dans les graines et sachets servant à l’emballage des objets

Diffusion de gaz

Le contrôle de diffusion dans la lumière des tubulures peut être réalisé grâce au test
« Hélix » mis au point par LINE et PICKERILL .Il s’agit d’une tubulure métallique de
4,55m de long pour un diamètre de 3mm,ouverte à une extrémité seulement et aboutissant
à une capsule contenant un indicateur chimique ou microbiologique .Il s’agit d’un test très
difficile pour un gaz considéré ,comparativement à l’oxyde d’éthylène ,comme assez peu
diffusible

Contrôle microbiologique

Ces contrôles sont passibles grâce à des indicateurs biologiques du commerce qui sont
des supports sur lesquels sont déposées des spores de Bacillus stéarothérmophillus ou
Bacillus subtiles
La destruction des spores est confirmée après 48 heures d’incubation par l’absence de
culture
Les spores sont placés à l’intérieur d’objets variés et en différents points de la charge
afin d’étudier la diffusion du formaldéhyde et l’efficacité du procédé de stérilisation

2-2-4 EVALUATION DU FORMALDEHYDE RESIDUEL

Les études sur la persistance de résidus de formaldéhyde sur le matériel médico-


chirurgical après stérilisation sont peu nombreuses .De plus, les résultats sont assez
hétérogènes car ils dépendent de la méthode de stérilisation (concentration en formol,
température) ou de la technique de dosage utilisée

2-2-5 TOXICOLOGIE DU FORMALDEHYDE

La toxicité du formaldéhyde résultant d’une exposition prolongée ou importante ou


d’un contact direct avec la peau et les muqueuses est bien connue en raison de l’usage
ancien des aldéhydes dans le domaine de désinfection
L’odeur du formaldéhyde est perceptible entre 0,2 et 0,5 ppm
Le seuil irritant se situe entre 0,5 et 1 ppm .Cette caractéristique est un avantage par
rapport à l’oxyde d’éthylène et ne rend pas nécessaire l’installateur d’un détecteur de fuite
Le formaldéhyde peut induire des phénomènes allergiques du type dermite de contact
à médiation cellulaire mais aussi des céphalées, nausées et douleurs digestives
Des manifestations asthmatiques peuvent se développer à moins de 0,5 ppm et des
bronchites chroniques sont apparues chez les travailleurs en contact permanent ave 1ppm
Des fourmillements des yeux, du nez et du pharynx apparaissent chez la plupart des
sujets entre 2 et 3 ppm, la dyspnée collective est observée vers 5 ppm
En France, la valeur limite d’exposition (VLE) a été fixée à 2 ppm (3mg /m3) sur 15
minutes
A partir de 10ppm à 20 ppm, les symptômes deviennent sévères et les difficultés
respiratoires augmentent, irréversibles au système respiratoire, comme l’OAP .L’asthme au
formol est inscrit au tableau des maladies professionnelles, de même que d’autres maladies
résultant de l’exposition à ce produit (ulcérations cutanées, dermite eczématiformes
subaiguës ou chroniques)
Le risques pour le malade, dans le cas de stérilisation par le formaldéhyde, sont à
rapporter aux faibles teneurs de formaldéhyde généralement retrouvés sur les matériaux
en fin de stérilisation .Cette toxicité dépend surtout de deux facteurs : quantité de
formaldéhyde résiduel, fonction elle-même de la nature du matériel et de la durée de
contact entre le matériel et les tissus
Conclusion :

L’utilisation du formaldéhyde apporte une nouvelle possibilité de stérilisation à basse


température, le choix entre l’oxyde d’éthylène el le formaldéhyde est complexe, chaque
méthode présentant des avantages et des inconvénients
A côté des différences existant entre les deux procédés, un point commun important doit
être souligné ; l’efficacité paramètre physique parfaitement définis qu’il est nécessaire de
respecter et de contrôler

3°/ AUTRES PROCEDES

3-1 STERILISATION DU MATERIEL DES J.N.V

3-1-1 Présentation du matériel

Ce matériel est composé de :


Un stérilisateur complet avec portoir, couvercle et pince
Une sacoche pour le transport du matériel
Une minuterie
U thermos
Une brosse
Une assiette en plastic pour recevoir les seringues et aiguilles utilisées
Une pierre pour aiguiser les aiguilles
Un récipient en aluminium pour recevoir les portoirs stériles

3-1-2 Description du stérilisateur

C’est un stérilisateur à vapeur sous pression, dérivé du principe de la « cocotte minute »


spécialement conçu pour les services de vaccination et portable .Le principe de stérilisation
est la stérilisation à la vapeur

LA STERILISATION A VAPEUR TUE TOUS LES VIRUS, Y COMPRIS CELUI DE


L’HEPATITE B ET LE VIRUS HTLV III/LAV ET TUE TOUS LES BACILLES, DONT
LA FORME SPORULEE

Il existe deux modèles de stérilisateurs :

-Un petit : avec un portoir pour environ 42 seringues et aiguilles


-Un grand : avec deux portoirs pour environ 84 seringues et aiguilles

3-1-3 Comment stériliser le matériel

3-1-3-1 Source de chaleur

Au niveau du point fixe, utiliser le réchaud à gaz de la formation sanitaire.


Au niveau des points de vaccination couverts par les équipes mobiles, s’assurer de l’appui
de la population pour emprunter une source (camping de gaz ou autres)
3-1-3-2 La stérilisation

-Garnir le stérilisateur avec les seringues et aiguilles

Poser le(s) portoir(s) sur la table


Séparer corps et pistons
Placer les corps de seringues de 5ml dans les 2 plus grands trous plats du milieu .Les
autres corps de seringues sont placés dans les autres trous moins grands
Placer les pistons des seringues de 5ml dans les 2 plus grands trous de rebord
Placer les aiguilles par série dans les petits trous du portoir (aiguilles ID à côté des
seringues BCG et aiguilles S/C à côté des seringues de DTC, Anti-Rougeoleux et Anti-
tétanique)
Remplir le stérilisateur avec de l’eau propre (de préférence de l’eau de pluie) jusqu’au
repère
Remettre le portoir dans la cocotte
Placer le couvercle du portoir, vérifier que c’est bien fermé
Placer la pince à servir sur le couvercle
Vérifier l’étanchéité du couvercle
Placer le couvercle du stérilisateur sur la cocotte
A l’aide des poignets, faire une rotation jusqu’à ce que le couvercle ne tourne plus
Quand le stérilisateur est bien fermé, les poignets du couvercle et du cocotte sont
superposés
Baisser la soupape si elle est dressée

-Mettre en route la stérilisation

poser le stérilisateur sur la source de chaleur


après quelques instants, se produit un son très distinct de la vapeur qui s’échappe du
stérilisateur, c’est le début de l’ébullition .A ce moment là, régler la minuterie à 5min
quand la minuterie sonne les 5 minutes, baiser le feu e régler à nouveau la minuterie à 5
min
S’assurer que la vapeur se dégage pendant tout le temps, de la soupape du stérilisateur
quand la minuterie sonne les 15 minutes
-Eteignez la source de la chaleur
- Soulever la soupape avec une pince pour que la vapeur puisse s’échapper et la
pression diminuer

Pour ouvrir le stérilisateur

tourner les poignets du couvercle dans le sens contraire des aiguilles d’une montre
Ne pas ouvrir tout d’un coup le stérilisateur
incliner le stérilisateur du côté où se trouve le « clip » pour évacuer de l’eau
n’ouvrir le stérilisateur qu’une fois les enfants rassemblés

Auparavant, on aura pris le soin de faire bouillir de l’eau dans le récipient sur lequel sera
déposé le portoir

Utilisation des seringues et aiguilles

prendre un portoir avec un couvercle et le déposer sur un récipient


enlever soigneusement le couvercle du portoir et le déposer face interne vers le haut
utiliser la pince à servir
Prendre le piston et l’adapter à la seringue, ensuite adapter l’aiguille stérile

S’il s’agit d’une grande cocotte, refermer le couvercle, refermer le couvercle, s’il s’agit
d’une petite cocotte, remettre une nouvelle stérilisation en route avec le portoir
supplémentaire qui pourrait été préalablement garni et préparé

-Entretien et stérilisation

Le stérilisateur doit être régulièrement entretenu après chaque usage, il faut le nettoyer
correctement et l’assécher

Si présence de calcaire, faire bouillir un peu d’eau additionnée avec une à deux cuillères de
vinaigre

-Vérifier si le joint est toujours dur, s’il n’a pas été brûlé si oui, il faut le changer
-Vérifier si la soupape fonctionne
-Vérifier si le couvercle du portoir d’adapte bien et ferme correctement

3-1-3-3 Comment organiser la stérilisation


-chaque formation ou équipe sanitaire qui fait face à un débit important par séance, sera
dotée d’un grand stérilisateur grand modèle complet, avec en surplus un portoir et un
support pour recevoir le portoir une fois qu’il est stérilisé

L’équipe doit, la veille des journées, stériliser le matériel, ce qui lui permettra de
commencer rapidement la vaccination une fois sur le terrain

Dès que la séance commence :

-sortir les deux portoirs (si équipe dotée d’un stérilisateur grand modèle), ou un seul portoir
et le déposer sur le support qui aura été auparavant bien nettoyé et ébouillanté

-verser l’eau dans la cocotte jusqu’au niveau indiqué

-placer le portoir supplémentaire en vérifiant préalablement que les seringues et aiguilles


sont placées

Le temps que les seringues déjà stérilisées soient utilisées, la stérilisation du portoir
supplémentaire sera déjà prête, ce qui permettra à l’équipe d’avoir tout le temps un portoir
stérile prêt à l’emploi

3-2 les moyens de fortunes

3-2-1 le flambage
C’est un mauvais procédé, car la flamme abîme les instruments on peut utiliser soit une
lampe à alcool ou un bec bunsen, soit de l’alcool à brûler dans un plateau cet alcool doit
brûler au moins 3 à 4 minutes. La température de la partie basse de la flamme est plus
élevée que celle de la partie haute
il ne faut jamais des ciseaux ni des bistouris
ne jamais souffler sur la flamme pour l’éteindre
pour refroidir ne jamais employer d’éther ni d’alcool, il est possible d’employer du dakin
quand la flamme est totalement détruite

3-2-2 le fer à repasser


Il donne une température de 200°C. On peut utiliser ce procédé pour avoir du linge stérilisé
pour un nourrisson ayant de l’eczéma par exemple ; ou pour un pansement d’urgence

3-2-3 le four de cuisinière ou de boulanger


mettre les seringues et les instruments dans une boite métallique et mettre par dessus une
couche de gaze
il faut laisser chevaucher le couvercle en laissant sortir un peu de gaze
Quand la gaze commence à roussir, fermer les boites encore dans le four et mettre autour
du leucoplast .La stérilisation est suffisante pour les objets de pansement seulement

3-2-4 L’ébullition

Au moyen d’un bouilleur avec plateau perforé et couvercle, mais l’ébullition a


l’inconvénient de former un dépôt de calcaire et de provoquer l’oxydation des instruments.
Il faut toujours avoir deux bouilleurs, un pour les objets septiques : drains, sondes, etc.…,
un pour les objets aseptiques, seringues…
Pour augmenter le point d’ébullition, on ajoute du carbonate de soude à 2% ou du borate :
1g pour 2 litres, une température à 104°ou105° est ainsi obtenue
Pour détruire les spores, maintenir cette ébullition pendant 20 minutes
Si les seringues ou les instruments doivent être stérilisés par ce procédé de fortune, mettre
les seringues dans l’eau froide et les instruments au moment où l’eau commence à bouillir