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Master spécialisé : Management des Organisations Financières et Bancaires

Rapport de présentation sous le thème :

Assurance TAKAFUL

Réalisé par : AHNDOUZ Hasna Encadré par : Mme.Bennis

Laila ATKO Salma

MAHDADI Manal

Année universitaire 2020-2021


Sommaire

Introduction............................................................................................................................................4

Chapitre préliminaire : Généralités sur le secteur de l’assurance et de la réassurance conventionnelle. .6

Section1 : La naissance de l’assurance conventionnel........................................................................6

Section 2 : La définition de l’assurance et la réassurance...................................................................7

Section 3 : Les principes de l’assurance.............................................................................................9

Chapitre 1 : Le contexte de l’assurance islamique « Takaful ».............................................................10

Section 1 : Genèse et évolution de l’assurance islamique.................................................................10

Section 2 : Principes et fondements de l’assurance islamiques.........................................................12

Section 3 : Les spécificités de l’assurance Takaful...........................................................................15

Chapitre II : l’assurance islamique TAKAFUL dans le monde............................................................20

Section1 : La comparaison de l’assurance TAKAFUL vs Assurance classique................................20

Section 2 :L’assurance islamique TAKAFUL au monde..................................................................23

Section3 : L’importance de la Retakaful dans l’industrie Takaful....................................................26

Conclusion............................................................................................................................................27

2
Liste des figures

Figure 1: Aperçu schématique de l’histoire du Takaful.........................................................................12


Figure 2: Modèle Wakala......................................................................................................................17
Figure 3 : Le modèle de la Mudaraba...................................................................................................18
Figure 4:Le modèle hybride..................................................................................................................18
Figure 5:Le modèle Waqf.....................................................................................................................19
Figure 6:Répartition des primes 2015 par région.................................................................................25

Liste des tableaux

Tableau 2:La comparaison générale de l’assurance TAKAFUL vs Assurance classique.........................20


Tableau 3: Comparaison Assurance Takaful vs Assurance Classique....................................................21
Tableau 4:Nombre d’opérateurs en 2014.............................................................................................24
Tableau 5:Evolution du marché de 2006-2015.....................................................................................24
Tableau 6:Croissance en % de l’assurance takaful et conventionnelle par région entre 2014 et 2015 25
Introduction

L’activité économique est étroitement liée à la prise de risques, ces derniers


atteignent tous les agents économiques : le capital, l’outil de production, la ressource humaine
et le marché. Les scientifiques ainsi que les professionnels de l’économie sont unanimes,
quant à l’impossibilité d’éliminer les risques de l’activité économique et financière.
L’assurance a été inventée pour atténuer l’impact des sinistres sur les ménages, sur les
entreprises, et sur l’Etat, elle est synonyme de protection, de couverture, et de solidarité, elle
s’étend aux différentes étapes de l’activité économique. Elle est aussi en amont et en aval de
tout investissement.

En effet, l’assurance est classée dans le secteur tertiaire de l’économie, c'est-à-dire celui des
services. Elle permet la collecte de l’épargne, et elle accompagne l’investissement. Elle
permet la régulation de la consommation. Elle incite les ménages à la prudence, et à
l’efficacité. Elle fournit de l’information utile aux autorités économiques. Elle dévoile
l’économie informelle, et participe à la stabilisation du système financier. Les compagnies
d’assurance travaillaient dans le domaine de la couverture des risques depuis leur création, en
s’inspirant des nouvelles théories sur la gestion des risques, entre autre, la loi des grands
nombres, elles ont modernisé leurs produits et prestations. Elles s’engagent dans la couverture
des grands risques dans les secteurs d’activité du primaire, du secondaire, et du tertiaire. Elles
s’intéressent davantage à l’assurance vie. Les crises financières des années quatre-vingt ont
touché les compagnies d’assurance et de réassurance au même titre que les banques.

Après les pertes enregistrées, nombre de compagnies étaient contraintes de déposer leurs
bilans. Les professionnels de l’assurance et de la finance ont mis en évidence le manque
d’efficacité du système financier international. Ayant pu résister aux différentes crises
financières, les assurances éthiques et le TAKAFUL ont eu droit de citer. En se basant sur les
principes de solidarité et du partage des profits et des pertes, et sur les techniques modernes de
gestion des risques, elles réalisent des encours en centaines de millions de dollars et un taux
de croissance annuelle de leurs chiffres d’affaire à deux chiffres.

Les assurances éthiques regroupent les assurances coopératives, les mutuelles d’assurances, le
TAKAFUL et d’autres formes d’organisations. Elles reposent sur la solidarité entre les
sociétaires, sur l’économie réelle, et sur l’équité dans les transactions commerciales. Elles
s’appuient sur l’investissement socialement responsable. Elles s’appuient aussi sur les valeurs
universelles de coopération, de transparence, et d’équilibre. L’équilibre entre les intérêts des
contractants, tout en évitant les externalités négatives sur le marché, et sur les biens publics.

Dans un premier temps nous présenterons dans un chapitre préliminaire le secteur l’assurance
et la réassurance conventionnelle d’une manière générale.

Dans un second temps, dans le premier chapitre nous ferons une présentation approfondie de
l’assurance Takaful, un bref sur l’historique du Takaful, ses fondements qui visent à éviter les
éléments illicites et ses principes.

Et finalement, dans le deuxième et le dernier chapitre, nous allons comparer les différents
traits de l’assurance Takaful et l’assurance conventionnelle (classique) ainsi que l’évolution
de l’assurance Takaful dans le monde et l’importance de la Retakaful dans l’industrie Takaful.
Chapitre préliminaire : Généralités sur le secteur de l’assurance et
de la réassurance conventionnelle
La couverture des risques par les techniques d'assurance est devenue un phénomène
qui caractérise les économies modernes, surtout de marché, et les populations à niveau de vie
élevé. Bien que le gros de l'activité d'assurance se concentre dans les pays développés en
raison de l'importance grandissante de l'activité économique, les pays islamiques ont eux aussi
besoin de se prémunir contre les divers risques qui caractérisent la vie moderne. Cependant, le
secteur de l'assurance ne joue qu'un rôle marginal dans la plupart des pays musulmans. Outre
les raisons économiques, cette faiblesse s'explique en partie par des facteurs religieux. En
effet, les fouqaha émettent des réserves quant à la validité des contrats d'assurance et de
l'activité d'assurance conventionnelle d'une manière générale. L'importance prise par
l'assurance dans la vie moderne a conduit les agents économiques à chercher, en collaboration
avec les hommes de sciences de la Charia islamique, à dépasser cet obstacle, en préconisant
des formules d'assurance qui soient conformes aux lois islamiques.

Section1 : La naissance de l’assurance conventionnel


L'activité d'assurance trouve son origine à la deuxième moitié du 17ème siècle avec
l'apparition de l'assurance incendie, compte tenu de l'accroissement de la population et le
développement des agglomérations, qui étaient composées d'habitations en bois extrêmement
rapprochées et vulnérables au feu. La date du 2 septembre 1666 reste ancrée dans les esprits
des Londoniens lorsqu'un incendie se déclara dans une boulangerie et s'étendit avec une telle
ampleur qu'il fallut quatre jours pour le maîtriser. Le bilan était très lourd : 13000 maisons
étendues sur 175 hectares et 400 rues furent détruites. Une des rares maisons épargnées fut
une taverne exploitée par un certain Edward Lloyd qui eut l'idée de créer un office d'assurance
couvrant les risques les plus variés, et qui deviendra avec le temps la plus grande organisation
mondiale d'assurance : la Lloyd's de Londres. Mais antérieurement à cette date, la première
forme d'assurance concernait la protection des marchandises et des navires dans le transport
maritime. Ces risques lourds d'avarie, de naufrage ou de capture par les pirates, étaient
supportés par les armateurs de la Ligue hanséatique (c'est-à-dire appartenant à la Hanse
germanique) et de l'Europe du Sud. A l'aube du capitalisme mercantile, les premiers
innovateurs en techniques d'assurance ne semblent pas avoir catalysé l'expansion au même
degré que les grands banquiers de Gênes, de Hambourg, d'Anvers ou de Londres qui ont
animé l'Europe du moyen âge de flux financiers, ébauche de "l'économie-monde" décrite par
Fernand Braudel, c'est pour cela que les techniques et diversification de l'assurance ont été
plus lentes que pour les techniques de crédit et de change. Jadis, dans les civilisations
traditionnelles, l'individu appartenait et dépendait entièrement d'une communauté quelconque
: tribu, famille, l'Homme n'avait pas "d'existence" ni de biens personnels à protéger. La
réalisation du risque était banale et acceptée par la communauté comme relevant de la
"fatalité" dont il pouvait se protéger par des pratiques magiques ou religieuses. Le progrès
technique et économique a permis à la communauté de réduire ou d'éliminer un très grand
nombre de risques vitaux : épidémie, maladie, famine, etc. Dans le même temps, l'Homme
moderne : a constitué autour de lui un "patrimoine" individuel exposé à la perte et à la ruine :
maison, voiture, biens matériels, compte en banque, s'est isolé de sa tribu et de sa famille,
pour intégrer une collectivité beaucoup plus vaste, s'est groupé pour constituer des personnes
"morales" titulaires d'un patrimoine commun exposé à la perte et à la ruine.

Section 2 : La définition de l’assurance et la réassurance


L’assurance est, par définition, un système qui permet de prémunir un individu, une
association ou une entreprise contre les conséquences financières et économiques liées à la
survenance d’un risque (événement aléatoire) particulier. Le moyen mis en œuvre par les
organismes d’assurance pour les prémunir contre ce risque est de les associer à
une communauté de personnes (les assurés), qui cotise pour être en mesure d’indemniser ceux
parmi ses membres qui subiraient des dommages matériels ou corporels en cas de réalisation
du risque. Ainsi, dans la mesure où c’est l’ensemble de la communauté des assurés qui prend
matériellement en charge les dommages subis par ses membres frappés par la réalisation du
risque, l’assurance est un système de gestion des risques basé sur la notion de solidarité.1

L’assurance a pour but la protection des patrimoines et des personnes, mais joue également un
rôle important dans l’économie :

 En fiabilisant les relations commerciales


 En jouant un rôle important d’investisseur de l’économie nationale
 En favorisant l’investissement

L’assurance joue également un rôle social. Les prestations versées aux assurés et aux
bénéficiaires des contrats leur permettent :

1
https://actufinance.fr/actu/assurance-6966033.html
 De maintenir leurs revenus
 De reconstituer leur patrimoine
 De ne pas être à la charge de la collectivité publique pour les victimes d’accidents
 De sauvegarder des emplois, des compétences
 De préserver le tissu économique.

En effet, quel que soit le degré d'évolution technique et économique, l'Homme restera
toujours menacé dans son intégrité physique et patrimoniale, et c'est pour cela qu'on a appris
par le temps que l'activité d'assurance se compose en :

Assurances de personnes, ces assurances peuvent être classées comme suit :

 Assurances vie : qui ont pour objet la couverture des risques dont la survenance
dépend de la survie ou du décès de l’assuré ;

 Assurances des accidents corporels et maladie/maternité : dont l’objet est la


couverture des risques portant atteinte à l’intégrité physique de la personne assurée,
des risques liés à la maladie ou à la maternité ou des risques d’incapacité et
d’invalidité.

 La capitalisation : qui a pour objet de constituer une épargne avec un rendement


minimum garanti.
Assurances de dommages, elles englobent les deux catégories suivantes :
 Assurances de biens : elles garantissent l’indemnisation des préjudices subis par
l’assuré suite à des dommages et pertes causés aux biens lui appartenant.2

 Assurances de responsabilité : Elles garantissent les conséquences pécuniaires de la


responsabilité civile que l'assuré peut encourir à raison de dommages corporels,
matériels ou immatériels causés aux tiers.
Il existe différents moyens d’assurances : la coassurance et les métas assurances pour les gros
risques à grosses implications financières (les assurances entre elles collectivisent la
mutualisation des risques).
-La coassurance est différente de la réassurance, car plusieurs assurances se répartissent le
risque garanti dès l’origine, elle permet de diviser à la base la mutualisation d’un gros risque.
Plusieurs assureurs s’engagent à garantir un même risque à hauteur d’une fraction déterminée

2
https://www.acaps.ma/fr/l-acaps-et-vous/particuliers/assurance/types-dassurance

8
et sans solidarité chacun étant garant que de la seule fraction ou part de risque qu’il a accepté
d’assumer.
- La réassurance est un secteur de l’économie indispensable à l’activité d’assurance, de plus,
elle constitue un instrument de premier plan pour toute organisation soucieuse de la bonne
gestion de ses risques. Bien qu’utilisée dans tous les secteurs d’activité de l’assurance, elle
demeure fortement orientée vers l’assurance non-vie.

La réassurance est un mécanisme permettant de transférer en tout ou en partie le risque


accepté par un assureur vers un réassureur afin de limiter ses engagements. A ce titre, la
réassurance est familièrement qualifiée d’assurance au deuxième degré dans la mesure où elle
consiste en une véritable assurance des assureurs. En conséquence, elle représente un des
secteurs d’activité les plus méconnus du public en raison d’une absence de relation directe
entre les réassureurs et les assurés. Contrairement aux sociétés d’assurance dont l’exercice de
leurs fonctions est localisé à un niveau régional, provincial ou national, la réassurance se veut
essentiellement internationale. Ainsi, le réassureur acceptant en général des risques de faible
fréquence mais à un coût potentiel élevé peut améliorer la mutualisation de ses risques en les
répartissant à l’échelle mondiale. Cette mutualisation géographique peut même conduire, par
exemple, à la couverture des tempêtes européennes, des tremblements de terre au Japon et des
ouragans aux Etats-Unis à l’intérieur d’un traité de réassurance unique.

Section 3 : Les principes de l’assurance


L'assurance rembourse à un individu tout ou partie d'une perte financière due à un
événement ou à un risque imprévisible, cette protection s'exerce par le biais d'un mécanisme
de mise en commun, basé sur le regroupement dans un pool de risques d'un grand nombre
d'individus vulnérables à un même risque. Chaque individu alimente le fond commun en
versant une petite somme d'argent, la prime, le fond est ensuite utilisé pour dédommager les
membres du groupe qui subissent effectivement une perte. L'assurance réduit la vulnérabilité
en remplaçant la possibilité minime de subir une perte importante par la certitude du paiement
régulier de petites primes, le principe du pool de risque fait de l'assurance un moyen efficace
de protection contre certains types de risque ; il est également à l'origine d'une certaine
complexité au niveau de la conception et de la fourniture de produits d'assurance. Un produit
d'assurance doit explicitement identifier les quatre éléments suivants :
1. L'événement assuré : l'événement déclencheur (par exemple, le décès de l'assuré) qui
provoque le paiement d'une indemnité.

2. La montant de la prestation : le montant de l'indemnité qui devient payable lorsque


l'événement assuré intervient. Grâce au mécanisme de pooling du risque, l'indemnité peut être
largement supérieure aux primes versées par l'individu.

3. Le bénéficiaire : la personne à qui est payé le montant de l'indemnité si l'événement assuré


intervient ;

4. La durée de la couverture : la période pendant laquelle l'événement assuré doit intervenir


pour donner droit au paiement de l'indemnité.

Ces quatre éléments doivent être définis dans toute police d'assurance, le contrat légal établi
entre l'assureur et son client le titulaire de police (parfois appelé l'assuré). 3

Chapitre 1 : Le contexte de l’assurance islamique « Takaful »


Dans ce premier chapitre, on va présenter l’historique du Takaful, sur quoi il se fonde
c'est-à-dire ses sources de légitimité et aussi les principes qu’il implique, puis on va finir par
citer les spécificités de l’assurance Takaful.

Section 1 : Genèse et évolution de l’assurance islamique


A l’époque préislamique à la péninsule arabique, il y avait une pratique commune appelée
Diyya ou Aqila, qui désigne le prix du sang, ou la famille de l’auteur d’un homicide, paie une
compensation financière à la famille de la victime ou à ses ayants-droit, Le montant d'une
Diyya pleine, qui aurait été fixé par Abd-al-Muṭṭalib (m. 580), le grand-père du prophète de
l'islam, s'élève à cent têtes de chameaux, la femme qui a avorté devait aussi payer la Diyya.
La Médina, le premier état islamique, a connu à l’ère de succession d’Omar Ibn Alkhattab, la
constitution d’une caisse appelée « bayt mal almosslimin », qui avait pour but de financer les
affaires de l’Etat, aider les pauvres du pays et aussi compenser les personnes victimes
d’un endommagement. Les premiers concepts de l'assurance islamique, ou « Takaful »,
remonte au 7ème siècle, au cours de l’empire Ottoman, les commerçants naviguent partout le
monde pour effectuer le commerce, c’est au cours de ces voyages qu’ils ont ressenti le besoin

3
Guide technique pour le développement et la prestation des services de micro-assurance/page9
d’assurance pour couvrir leurs pertes à travers les périls de la mer. Pour cela ils ont construit à
partir des contributions collectées, une caisse pour compenser les commerçants qui subissent
des pertes, ainsi en 17éme siècle, Edward Lloyd (1648-1713) a eu l’idée d’assurer le
commerce maritime britannique par la constitution de contrats d'assurance des navires et de
leurs cargaisons. Tous les équipages payaient une mutualisation des risques de naufrage
qui servait à indemniser ceux qui avaient rencontré des difficultés et avaient perdu la totalité
ou une partie de leur cargaison. De nombreux économistes s’accordent à considérer comme
véritable date de naissance de la Finance Islamique moderne le début des années 1970, et
précisément lors de la constitution de l‘OCI, l’Organisation de la Conférence Islamique
regroupant un grand nombre de pays musulmans, elle a remis les préceptes économiques de
l’Islam à l'ordre du jour. L’année 1964, les membres de l’Académie du Fiqh Islamique sont
réunis à Damas pour discuter le sujet de l’assurance, ils ont conclu unanimement à
l’interdiction de l’assurance classique, ils ont opté pour l'assurance coopérative comme
alternatif. La phase des pionniers était à la fin des années 70, par l’établissement en 1979 de
la première assurance takaful au Soudan, en 1980 en Arabie Saoudite. Et à partir de 1984 en
Malaisie, et dans certains pays d'Extrême-Orient. A partir de 2004, suite à la hausse des prix
du pétrole et du boom de la finance islamique, le Takaful a connu un véritable essor, Ainsi, de
nouvelles compagnies Takaful ont vu le jour dans différents pays : Royaume-Uni, Afrique du
Sud, Arabie Saoudite, Koweït, Émirats Arabes Unis et Malaisie.4

4
https://www.academia.edu/33036907/LAssurance_Islamique_TAKAFUL

11
Figure 1: Aperçu schématique de l’histoire du Takaful

*Source : Factiva Coman Websites


Section 2 : Principes et fondements de l’assurance islamiques :

1. Les fondements
L’assurance islamique Al Takaful a évolué vers une alternative viable à l’assurance
classique et pouvant attirer un large éventail de clients, musulmans et non musulmans jusqu’à
ce qu’il soit désormais considéré comme un élément clé du développement de la finance
islamique grâce à sa capacité à mobiliser des capitaux d’une manière similaire à l’assurance
classique, pour cela la pratique du Takaful doit être conforme à la loi ou la règle islamique
qui est la Chariaa, pour éviter quatre éléments considérés illicites dans l’islam ,cette règle
appelée aussi le droit musulman comme nomination moderne, elle a comme source trois
éléments :

Le Coran: Principale source écrite du Droit musulman, parole de Dieu transmise par le
Prophète.

La Sunnah : l’ensemble des paroles et des actes du Prophète, elle comprend, essentiellement,
deux composantes : le Hadith et la Sira.
Le Fiqh : ou la jurisprudence, il définit comme l'interprétation temporelle des règles du Coran
et de la Sunnah. Cette jurisprudence se fait soit par l’Ijmaà (consensus) ou bien le Qiyas (le
raisonnement par analogie) des experts du domaine.

 Concernant les quatre éléments considérés illicites dans l’islam on’a :

L’intérêt : Al Ribaa : Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt.


L’avis qui fait pratiquement un consensus en Islam est que l’idée du Ribaa s’applique à toute
rémunération/croissance de capital réalisée sans effort ni échange commercial. En assurance
Al Ribaa est présent en général dans les opérations d’investissement des primes versées par
les preneurs d’assurance (ex. bons du trésor ou obligations).Également,les sociétés
d’assurances peuvent charger des pénalités de retard dans le paiement des primes sous formes
d’intérêts.

L’incertitude : Al Gharar : ou le caractère incertain associé aux contrats d'assurance


conventionnelle. Il se définit comme toute transaction dans laquelle il y a tromperie ou
ignorance(Jahâla) sur l'objet du contrat. La vente Gharar est celle dont on ne sait pas si l'objet
existe ou non, où on ne connaît pas quelle est sa quantité ou s'il sera possible de la livrer ou
non. Ainsi, lorsque le transfert de propriété de la marchandise (ou de la contrepartie qui est la
couverture dans le cadre de l’assurance) est conditionné à un évènement aléatoire et
hasardeux dont notamment la survenue d’un sinistre. Exemple : dans une assurance auto pour
600 dinars de prime, l’assureur couvre le véhicule à hauteur de 20000 dinars.

Deux scénarios sont possibles :

• Pas de sinistre déclaré durant l’année : L’assuré perd la prime et n’a rien en retour.
L’opérateur s’enrichit de 600 dinars non justifiés selon la Shariaa à cause de l’incertitude (Al
Gharar) dans le contrat de vente.

• Un sinistre est déclaré : l’indemnité sera fonction de l’étendue et du type de dommage connu
seulement au moment de l’occurrence. L’assuré pourrait avoir la totalité du montant promis,
moins ou rien si le dommage n’est pas prévu par la police. Il y a donc incertitude sur le
montant.
La spéculation : Al Maysir ou le jeu de hasard, qui désigne dans le domaine économique,
toute forme de contrat dans lequel le droit des parties contractantes dépend d'un événement
aléatoire dont la survenance n’est pas sure. En effet l'Islam condamne toute spéculation, pari
sur l'avenir et interdit les transactions faisant intervenir les jeux de hasard et les incertitudes
extrêmes.
La notion de Maysir va de pair avec Al Gharar puisque dans les deux cas il y a prohibition
due à la survenance aléatoire du Sinistre et du montant à rembourser.
Al Haram ou les placements inacceptables, par exemple le porc, l’alcool, le jeu et la
pornographie. A partir de ces principes on a essayé de concevoir une certaine couverture, dite,
‘ Al Kafala’, qui signifie "se garantir l’un l’autre" ou "garantie conjointe".

2. Les principes de l’assurance Takaful


a. Principe générale

Dans le cadre du Takaful, les souscripteurs payent une cotisation. Celle-ci est déposée dans un
Fonds avec les primes d’autres souscripteurs. En cas de réalisation d’un évènement garantit
(accident ou autres…) c’est ce Fonds qui vient indemniser les victimes. Le Takaful est
comparable à une mutuelle sans but lucratif. C’est ainsi qu’une entreprise peut créer un
fonds Takaful en conformité avec les principes de l’islam et se rémunérer en prenant des frais
de gestion.

Puis une fois appliqué au Takaful, un comité de scholars est formé pour vérifier et contrôler
que le produit est bien charia compatible, c’est à dire Halal

b. Les principes de l’assurance Takaful


Généralement, le système Takaful est caractérisé par la coopération mutuelle et le partage des
risques d’une manière collective et volontaire, le Takaful donc nécessite : 5

A) La séparation des fonds des preneurs d’assurance et des actionnaires :

La séparation des dons et des contributions des sociétaires et les commissions perçus parc les
actionnaires en contre partie de leur service et management

B) La distribution des bénéfices aux preneurs d’assurance :

La compagnie Takaful s’engage à redistribuer les bénéfices à ses sociétaires.

C) L’évitement des actifs non conformes à la Chariaa :

5
www.institutdesactuaires.com
L'investissement doit être essentiellement effectué dans des actions cotées de sociétés dont
l'activité n'est pas incompatible avec la Chariaa. Est ainsi exclu l'investissement dans des
sociétés dont l'activité principale concerne les secteurs du tabac, de l'alcool, des produits à
base de porc, des services de la finance conventionnelle (banque, assurance,...), de l'armement
et de la défense, du jeu et du divertissement (casino, jeu de hasard, cinéma, musique,...). Les
sociétés Takaful doivent également respecter les trois filtres financiers pris en considération à
ce jour par le « Sharia Board du Dow Jones Islamic Market ». Ce système de filtres financiers
permet de ne pas investir dans des sociétés trop endettées

D) Le Conseil de la Chariaa :

La création d’un conseil de surveillance de la Chariaa qui supervise les opérations


d’assurance et contrôle leur conformité à la Chariaa. Ces conseils peuvent être internes à
chaque société, comme c’est le cas dans les pays du Golfe ou centralisés au niveau d’un pays,
comme en Malaisie.

Section 3 : Les spécificités de l’assurance Takaful

Cette section va porter sur les pratiques de l’assurance TAKAFUL, les parties concernées et
leurs responsabilités et obligations dans chacun des modèles, les produits offerts par ces
assurances :

1. Le contrat Takaful
Selon les Oulémas, le contrat de l'assurance conventionnelle entre l’assureur et l’assuré est
non conforme à la Chariaa du fait des 3 pratiques Riba, Gharar et Maysir. Dans l’assurance
islamique, ce contrat est remplacé par un contrat de donation entre l’opérateur et le participant
au lieu d’assureur et assuré, le participant fait don à la compagnie d’assurance, de tout ou
partie de la prime versée en couverture de sinistres. Il partagera ainsi les risques et la prise en
charge commune de la responsabilité en cas de sinistre. Les primes versées restent la propriété
du participant en fonction des besoins de la compagnie. Ainsi, le système des assurances en
Islam doit être libéré de toute forme d’usure qu’il s’agisse du régime selon lequel sont servies
les prestations (capitalisation) ou qu’il s’agisse du placement des fonds d’assurances.

2. Les produits Takaful


Les contrats d’assurance Takaful visent à fournir les mêmes couvertures fournies dans le
cadre des contrats d’assurance conventionnelle, dans la limite de ce qui est permis par la
sharia, et tout en s'abstenant de couvrir tout ce qu’y déroge. On peut classer les produits
d’assurance Takaful en deux grandes catégories à savoir :

Le Takaful général: qui englobe l’assurance des biens et l’assurance des responsabilités, la
plupart des assurances offrent les produits suivants :

-Takaful automobil

-Takaful habitation

-Takaful incendie

-Takaful Multirisques professionnelle

-Takaful Equipement Technique

Le Takaful familial : qui englobe l’assurance sur la vie et la capitalisation, l’assurance


maladie et l’assurance contre les accidents corporels liés à l’assurance Takaful familial, les
assurances Takaful offrent les produits suivants :

- Takaful Maladie ou décès

-Takaful scolaire Imtiez : l’épargne pour les enfants

-Takaful Tamouil : protection des investissements

-Takaful Mounacib des retraites

-Takaful Hajj : épargne et assurance du pèlerinage

3. Les modèles Takaful


Le critère de distinction des différents modèles d’assurance Takaful est la manière dont se
répartissent les bénéfices techniques entre la société et ses assurés.

La plupart des sociétés d'assurance Takaful s'organisent selon quatre modèles : Wakala et
Mudaraba, le contrat combinant entre les deux c'est-à-dire Hybride et le Waqf

 Modèle Wakala :

Basée sur la cotisation, l’opérateur perçoit des frais pour la gestion du volet souscription de
ses activités. Tous les bénéfices ou pertes techniques sont imputés aux assurés.

L’opérateur ne reçoit aucun bénéfice technique ou de placement .Il n'encoure aucune perte
technique, ou de placement.
Ce modèle est essentiellement utilisé au Moyen Orient, dont l’opérateur agit comme un agent
et reçoit une commission fixe convenue à l’avance et soumise à l’approbation du conseil de la
Chariaa

Figure 2: Modèle Wakala

*Source : fr.slideshare.net /assurance-takaful

 Modèle Mudaraba :

Le modèle de la Mudaraba est essentiellement un modèle de partage des bénéfices,


l’opérateur reçoit une part prédéfinie des excédents générés par le fonds et des
bénéfices réalisés au moyen des activités de placement, ce qui l’incite à se montrer efficace
en termes de souscription et de placement :
Figure 3 : Le modèle de la Mudaraba

*Source : fr.slideshare.net /assurance-takaful

 Modèle Hybride :
Le modèle hybride est une combinaison des modèles de la Wakala et de la Mudaraba. Et
l’opérateur reçoit une part proportionnelle fixée à l’avance des contributions versées par les
assurés, puis une part des plus-values générées par les activités de placement. Certaines
autorités de réglementation financière et des organisations internationales recommandent le
modèle hybride, car il permet de tirer parti des points forts des deux modèles. C’est d’ailleurs
la pratique la plus courante au Moyen-Orient : Wakala pour la gestion technique et Mudaraba
pour l’investissement

Figure 4:Le modèle hybride

*Source : fr.slideshare.net /assurance-takaful


 Modèle Waqf :

Présent au Pakistan, ce modèle prévoit le versement d’une contribution initiale par l’opérateur
au fonds Takaful. Les assurés y versent des contributions supplémentaires, qui sont ensuite
utilisées pour régler les sinistres. L’opérateur reçoit une commission de souscription fixe.
Quant aux assurés, ils reçoivent les fonds restants dans le pool lorsque tous les sinistres ont
été réglés :

Figure 5:Le modèle Waqf

*Source : fr.slideshare.net /assurance-takaful

A Travers ce premier chapitre qui explique la notion et le principe génerale de


l’assurance Takaful ainsi que ses fondements, on peut dire que : L’assurance Takaful est une
assurance d’un nouveau genre, mêlant principes de l’assurance conventionnelle, islam et
valeurs éthiques. Elle constitue ainsi une alternative séduisante à l’assurance conventionnelle.
En effet, l’assurance Takaful évite les principaux torts de l’assurance conventionnelle interdits
par le droit musulman comme l’aléa, la spéculation, l’intérêt, et les investissements dans les
secteurs interdits. L’assurance Takaful a de ce fait réussi à combiner un produit moderne,
compatible avec la religion alors que les systèmes anciens de l’assurance étaient tous la ques.
De plus, une telle assurance possède des relais de croissance encore sous-estimés, la
population musulmane représentante plus d’un quart de la population mondiale.

Et pour bien comprendre l’importance de cette assurance concernant le principe des banques
islamiques, on va comparer entre l’assurance takaful et assurance conventionnelle dans le
deuxième chapitre.
Chapitre II : l’assurance islamique TAKAFUL dans le monde
Ce chapitre comporte une comparaison entre le Takaful et l’assurance classique, aussi une
comparaison entre quelques produits. Ainsi que l’évolution de cette dernière dans le monde.

Section1 : La comparaison de l’assurance TAKAFUL vs Assurance classique

1. Comparaison Générale

Tableau 1:La comparaison générale de l’assurance TAKAFUL vs Assurance classique

Thème Assurance TAKAFUL Assurance classique


Contrat Donation et/ou contrat mutuel
contrat
mutuel
Responsabilité de la Paiement sur les fonds Paiement sur les
compagnie collectés ; en cas fonds collectés
d’insuffisance

peut emprunter sans intérêt


(Qard
Hassan)
Responsabilité des assurés Paient des contributions Paient des primes

Capitaux Propres Le capital apporté par les Le capital apporté par les
participants actionnaires
Conditions Doivent être conformes à la Pas de restrictions autres
que
d’investissement Chariaa
prudentielles
*Source : mémoire sur la différence entre l’assurance Takaful et l’assurance conventionnelle

2. D’autres comparaisons :
Tableau 2: Comparaison Assurance Takaful vs Assurance Classique

Thème Assurance TAKAFUL Assurance classique


Nature du contrat entre Contrat de gestion d’une Contrat d’assurance par
L’assuré et les actionnaires Affaire Takaful au nom des lequel, pour
assurés. Les contrats les une
plus courants sont le considération
contrat d’agence (appelée
Wakala et le contrat prime), les actionnaires
Mudaraba. Parce qu’il acceptent d’indemniser
s’agit d’un contrat de les assurés en cas de
gestion, Touteslesdépenses pertes futures découlant
de gestion sont d’un accident ou d’autres
imputées aux actionnaires calamités. Il y a transfert
(Participants) et non aux du risquede l’assuré
assurés. (Il existe une nette aux actionnaires
distinction entre L’actif des pour l’objet assuré. Toutes
assurés et celui des les dépenses sont
actionnaires.) Il n’y a pas supportées par la prime
de transfert du risque de payée par les assurés.
l’assuré aux actionnaires.
Partage des bénéfices et Les assurés conviennent de Assurance à prime fixe
des pertes entre les assurés partager les risques. Les lorsqu’il est précisé que le
et les actionnaires assurés sont à la fois contrat n’est pas un contrat
assurés et assureurs. Les en participation, la
pertes et profits sont prime devient
entièrement partagés par immédiatement un élément
les assurés au moyen des de l’actif
primes accumulées. Pour des actionnaires tandis
faire face à la question du que les dépenses
Gharar en Takaful, la éventuelles liées à un
prime (appelée sinistre futur s’insèrent
contribution en Takaful) dans leur passif. Les pertes
est payée en tant que et profits sont
Tabarru (don). Les assurés entièrement imputés
ne sont pas propriétaires du aux actionnaires.
Fonds Dans le cas d’un contrat en
Tabarru. participation, il y a
partage
des bénéfices entre
les
assurés et les actionnaires.
Toutefois, les pertes
sont
entièrement supportées
par les actionnaires.
Assurance mutuelle Les
pertes et profits sont
répartis entre les assurés En
vertu d’un contrat.

Investissements Tous les placements (des Le placement des fonds des


fonds des assurés aussi assurés et des actionnaires
bien que des fonds des N’est pas régi par la
actionnaires) sont Chariaa. Les placements
conformes à la Charia. comprennent des
instruments
porteurs d’intérêts et
des prises de participation
dans des
affaires interdites par la
Chariaa.
Gouvernance Il existe un conseil Il existe un Directeur
consultatif de la charia Général et un
chargé de veiller au respect Conseil
de la charia d’administration pour les
sociétés d’assurances à
prime fixe. Outre le
Directeur Général et le
Conseil
d’administration
Conditions énoncées dans Les conditions de la police Régie par le droit du travail
les Polices doivent être claires et et soumise à la
transparentes et conformes réglementation (ex :
à la charia (des questions obligation de traitement
telles que celle de savoir si équitable aux assurés au
telle ou telle police est Royaume- Uni)
équitable pour L’assuré
peuvent se poser de Temps
en temps dans le
cadre de la charia)
Garanties Pas de garantie, mais un Les contrats
simple engagement des d’assurance
assurés de payer un don s’accompagnent
suffisant pour payer les ordinairement de
sinistres. Les actionnaires certaines garanties
peuvent être invités à qui sont souscrites par
contribuer au financement l’assuré. En général, ces
du déficit du Fonds garanties visent à s’assurer
Takaful au moyen de prêts que la prime payée
sans intérêts qui seraient est suffisante pour
remboursés grâce à des payer tous les sinistres et
excédents futurs du Fonds. supporter toutes les
dépenses. Pour ce qui est
des produits d’épargne, il
peut être exigé un taux de
rendement sur
investissement
minimum.
*Source : mémoire sur la différence entre l’assurance Takaful et l’assurance conventionnelle

Section 2 :L’assurance islamique TAKAFUL au monde


L’assurance takaful poursuit sa croissance de par le monde. Ce concept qui tend à rendre
conforme la pratique de l’assurance avec les règles islamiques, séduit non seulement les pays
de la zone MENA et de l’Asie du sud-est mais également ceux d’Afrique sub-saharienne. Etat
des lieux et perspectives de cette nouvelle forme d’assurance.6
Présente actuellement dans plus de 75 pays, l’assurance takaful a vu le jour dans les années
1970 dans le sillage du développement du système financier islamique. A ses débuts, le
modèle est resté confiné dans les pays musulmans.

6
www.atlas-mag.net/article/lassurance-takaful
Tableau 3:Nombre d’opérateurs en 2014

*Source: www.atlas-mag.net

C’est à partir de 2006, que l’assurance conforme au concept islamique a pris de l’ampleur et
s’est propagée à d’autres contrées, en Afrique et même en Europe où une importante
communauté musulmane est implantée.

Tableau 4:Evolution du marché de 2006-2015

*Source : www.atlas-mag.net

Selon une estimation établie par le cabinet Deloitte en 2002, le marché mondial de l’assurance
takaful atteindrait 20 milliards USD en 2017. Ces prévisions ont été largement dépassées dès
2014. A fin 2015, le rapport 2016 d’Islamic Financial Services Industry Stability évalue ce
marché à 23,2 milliards USD.

Pour la même année, la croissance des primes se situe à 5% contre une baisse de 4,2% du
marché mondial de l’assurance conventionnelle.

Sur une période de dix ans, c’est-à-dire entre 2006 et 2015, la progression de l’assurance
islamique est de 355%.
Tableau 5:Croissance en % de l’assurance takaful et conventionnelle par région entre 2014 et 2015

*Source : www.atlas-mag.net

Figure 6:Répartition des primes 2015 par région

*Source : www.atlas-mag.net

Avec 44,8% de part de marché, les pays du Conseil de Coopération du Golfe


(CCG) se positionnent comme les leaders de l’assurance takaful. Le chiffre d’affaires cumulé
des six pays du CCG s’établit à 10,4 milliards USD en 2015.

Les pays de la zone MENA, hors CCG, qui comptent pour 30,6% des encaissements, arrivent
en seconde position. Ils sont suivis par l’Asie avec 22,4%. En Afrique sub-saharienne où
l’assurance takaful est encore à ses débuts, l’ensemble des primes s’élève à 0,5 milliard USD,
soit 2,2% du marché total.

Selon l’Islamic Financial Services Board (IFSB), trois pays à savoir l’Arabie Saoudite (37%),
l’Iran (34%) et la Malaisie (14%), dominent le marché et réalisent 85% des primes.
Section3 : L’importance de la Retakaful dans l’industrie Takaful

Retakaful est une assurance takaful pour les opérateurs takafuls, c’est une manière pour se
prémunir contre les pertes extraordinaires en payant au réassureur une prime convenue au
préalable à partir des fonds de solidarité . Il existe actuellement trois modèles :
 Les opérateurs conventionnels ayant une fenêtre retakaful de manière à maintenir leur
part de marché localement.
 Les opérateurs mixant la retakaful avec le conventionnel.
 Les opérateurs totalement dédiés à l’industrie du retakaful.
L'industrie de la retakaful ou de la réassurance takaful est encore plus récente. Cependant,
takaful et retakaful ont connu depuis le début de ce siècle un boom spectaculaire, et ce pour
plusieurs raisons: économiques, culturelles et d'évolution sociologique.
L'intérêt ou I‘engouement pour la retakaful est né du fait de I‘obligation faite aux compagnies
takaful de céder leurs affaires en priorité à des retakaful.
La retakaful répond à la combinaison de deux impératifs:
Le premier, technique, qui est la nécessite de repartir transférer les risques et la loi des grands
nombres.
Le deuxième, religieux, qui oblige les compagnies takaful de recourir à la retakaful pour
s'assurer que toute opération d'assurance est conforme à la charia.
Le réassureur takaful fonctionne comme une mutuelle pure, il agit en tant que gestionnaire du
pool pour le compte des compagnies qui lui cèdent leurs affaires. Il a pour obligation de faire
en sorte qu'il soit profitable, de manière a ristourner l’ensemble des profits techniques de la
communauté des assurés.
Le réassureur takaful va permettre la réduction des risques encourus par l’opérateur takaful et
d’augmenter son nombre de souscription sur le long terme et enfin permettre à cet opérateur
une plus grande flexibilité financière en lui injectant des capitaux.
 La différence entre la réassurance et le Retakaful est que la réassurance est un moyen
d’atténuer la sinistralité des actionnaires tandis que le Retakaful constitue un partage efficace
du risque entre les participants au Fonds Takaful dans la mesure où les actionnaires, par
essence, ne souscrivent pas, mais gèrent les risques dans le Fonds Takaful au nom des
participants.
Conclusion

En guise de conclusion, nous avons traité le Takaful dans son contexte historique,
ainsi ses principes fondements et modèles de gestion. Aussi, nous avons mis en avant les traits
distinctifs du Takaful, tels que la transparence de la documentation sur les produits, le
principe inhérent de la distribution des bénéfices aux participants, les restrictions sur les
investissements socialement responsables, qui peuvent être attrayants pour d’autres
investisseurs et d’autres marchés n’importe où dans le monde, pour le volet éthique avant
celui religieux qu’ils proposent.

L’assurance Takaful est une assurance d’un nouveau genre, mêlant principes de l’assurance
conventionnelle, islam et valeurs éthiques. Elle constitue ainsi une alternative séduisante à
l’assurance conventionnelle. En effet, l’assurance Takaful évite les principaux torts de
l’assurance conventionnelle interdits par le droit musulman comme l’aléa, la spéculation,
l’intérêt, et les investissements dans les secteurs interdits. L’assurance Takaful a de ce fait
réussi à combiner un produit moderne, compatible avec la religion alors que les systèmes
anciens de l’assurance étaient tous laïques. De plus, une telle assurance possède des relais de
croissance encore sous-estimés, la population musulmane représentante plus d’un quart de la
population mondiale.

Cependant, l’assurance Takaful fait face à de nombreux défis et enjeux concernant son
développement futur.

 Tout d’abord, le marché Takaful reste un marché limité car la réglementation est aussi
variée qu’il existe de pays musulmans, entrainant un cloisonnement des marchés au
niveau national ainsi qu’une absence de visibilité juridique internationale.
 Ensuite, le Takaful souffre d’un manque de connaissance du public musulman et de
critiques communautaires notamment à cause de son caractère religieux.
Table des matières

Sommaire....................................................................................................................................2

Liste des figures..........................................................................................................................3

Introduction.................................................................................................................................4

Chapitre préliminaire : Généralités sur le secteur de l’assurance et de la réassurance


conventionnelle..............................................................................................................................6

Section1 : La naissance de l’assurance conventionnel............................................................6

Section 2 : La définition de l’assurance et la réassurance.......................................................7

Section 3 : Les principes de l’assurance..................................................................................9

Chapitre 1 : Le contexte de l’assurance islamique « Takaful »................................................10

Section 1 : Genèse et évolution de l’assurance islamique.....................................................10

Section 2 : Principes et fondements de l’assurance islamiques.............................................12

1. Les fondements..........................................................................................................12

2. Les principes de l’assurance Takaful.........................................................................14

Section 3 : Les spécificités de l’assurance Takaful...............................................................15

Chapitre II : l’assurance islamique TAKAFUL dans le monde................................................20

Section1 : La comparaison de l’assurance TAKAFUL vs Assurance classique...................20

1. Comparaison Générale...............................................................................................20

2. D’autres comparaisons...............................................................................................20

Section 2 :L’assurance islamique TAKAFUL au monde......................................................23

Section3 : L’importance de la Retakaful dans l’industrie Takaful........................................26

Conclusion................................................................................................................................27

Bibliographie et webographie...................................................................................................29
Bibliographie et webographie

 Code des assurances, ACAPS


 Texte de La loi n°87-18 sur le TAKAFUL
 www.acaps.ma
 www.actufinance.fr
 www.institutdesactuaires.com
 www.leseco.ma
 www.revueassurances.ca
 www.umniabank.ma