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Ecole Nationale Polytechnique

Département de Génie Mécanique


Thermodynamique
Hocine BENNOUR : hocine.bennour@g.enp.edu.dz

MODELISATION
THERMODYNAMIQUE DES
PRINCIPAUX EQUIPEMENTS DES
SYSTEMES ENERGETIQUES
TUYERES ET DIFFUSEURS

Une tuyère est un passage de fluide qui présente une section


d’aire variable dans laquelle la vitesse d’écoulement d’un gaz ou
d’un liquide croît dans la direction de l ’écoulement.
Dans un diffuseur, le gaz ou le liquide ralentit dans la direction
du flux.
Notons que lorsque la vitesse croît, la pression décroît (tuyère)
et inversement, lorsque la vitesse décroît, la pression croît
(diffuseur).
Dans les régimes d’écoulement subsoniques, les tuyères sont
convergentes et les diffuseurs sont divergents.
Pour obtenir un régime d’écoulement supersonique, une tuyère
doit être constituée d’un convergent suivi d’un divergent.
TUYERES ET DIFFUSEURS
Des canalisations comportant des passages convergents et des
passages divergents sont couramment utilisées dans la distribution
d’air frais et d’air chaud au sein des installations de conditionnement
d’air dans les bâtiments divers. Tuyères et diffuseurs sont également
des éléments clés dans les moteurs aéronautiques.

Tuyère Diffuseur
TUYERES ET DIFFUSEURS
Modélisation thermodynamique
 Absence de travail technique 𝑾 = 𝟎
 Variation d’énergie potentielle négligeable ∆𝑬𝒑 ≈ 𝟎
 L’énergie stockée dans la quantité de fluide qui occupe le système
à un instant (t) donné est en général suffisamment faible pour
𝒅𝑬
être négligé ≈𝟎
𝒅𝒕 𝑽𝑪
Le premier principe peut donc s’écrire pour une tuyère (ou un
diffuseur) comme suit
𝑽𝟐𝟏 𝑽𝟐𝟐
𝑸+ 𝒎(𝒉𝟏 + )
= 𝒎(𝒉𝟐 + )
𝟐 𝟐
 Par ailleurs, même si l’échange avec le milieu ambiant est bien
présent, il représentera souvent un effet secondaire négligeable
devant les variation d’enthalpie et d’énergie cinétique à travers la
tuyère ou le diffuseur 𝑸 ≈ 𝟎 . Et l’expression précédente
deviendra donc:
𝑽𝟐𝟏 𝑽𝟐𝟐
𝒉𝟏 + = 𝒉𝟐 + soit encore 𝒉𝟎𝟐 = 𝒉𝟎𝟏
𝟐 𝟐
TUYERES ET DIFFUSEURS
Modélisation thermodynamique

Ainsi donc l’enthalpie totale (h0) du fluide restera


constante à travers une tuyère où un diffuseur:

𝒉𝟎𝟐 = 𝒉𝟎𝟏

Le second principe donne simplement:

𝒔𝟐 ≥ 𝒔𝟏
Exercice d’application
Un écoulement d’air à 1000 K, 200 kPa entre dans une tuyère avec
une vitesse de 40 m/s. A la sortie de la tuyère, où règne une
pression de 90 kPa, sa vitesse est de 500 m/s. En admettant que
l’écoulement est adiabatique à travers la tuyère, calculer la
température de l’air à sa sortie. On donne pour l’air : Cp = 1.005
kJ/kg.K et γ = 1.4.

Premier principe:
𝑉12 𝑉22
ℎ1 + = ℎ2 +
2 2
1
𝑇2 = 𝑇1 − 𝑉22 − 𝑉12
2𝐶𝑝
TURBINES
Une turbine est une machine dans laquelle une puissance est
produite grâce au passage d’un gaz, d’une vapeur ou d’un liquide à
travers un jeu d’ailettes (ou d’aubes) fixées sur un arbre libre en
rotation.
La figure suivante représente le schéma d’une turbine axiale.

Aubes fixes (stator) Aubes mobiles (rotor)


TURBINES
De telles turbines sont largement utilisées pour générer de la
puissance dans les centrales thermiques à turbines à vapeur et à
turbines à gaz. On les trouve également dans les moteurs
aéronautiques.
Dans ces applications, la vapeur surchauffée (dans le cas des
turbines à vapeur) ou le gaz, le plus souvent produit d’une
combustion (dans le cas des turbines à gaz), entre à la turbine et s’y
détend pour en sortir finalement à basse pression, pendant qu’une
puissance est développée et mise à la disposition d’une machine
extérieure couplée à la turbine (pompe, compresseur,
alternateur…).
Dans le cas d’une turbine hydraulique, l’eau passe d’un niveau
supérieur vers un niveau inférieur en traversant la turbine qui est
placée dans ce cas juste au-dessus du niveau inférieur, la puissance
produite sera transmise à un alternateur qui va la convertir en
énergie électrique.
TURBINES
De nos jours, l’hydroélectricité représente le gisement d’énergie
renouvelable le plus exploité de part le monde, et également le moins
coûteux .

L’électricité peut aussi être


produite grâce à des turbines
installées au fil de l’eau dans
les courants des rivières et
des océans. Notons enfin que Réservoir

les turbines constituent


Prise d’eau Alternateur
également les éléments
centraux des éoliennes et des Turbine
hydroliennes.
TURBINES A VAPEUR ET TURBINES A GAZ (TURBINES THERMIQUES)
Modélisation thermodynamique
 L’énergie stockée dans la quantité de fluide qui occupe la
machine à un instant (t) donné est en général suffisamment
𝒅𝑬
faible pour être négligé ≈𝟎
𝒅𝒕 𝑽𝑪

 Variation d’énergie potentielle négligeable ∆𝑬𝒑 ≈ 𝟎


 On peut souvent également négliger la variation d’énergie
cinétique des écoulements ∆𝑬𝒄 ≈ 𝟎
Le premier principe peut donc s’écrire pour une turbine comme suit:
𝑸 + 𝒎𝒉𝟏 = 𝑾 + 𝒎𝒉𝟐
 Par ailleurs, à l’instar de ce qui se passe dans les tuyères et les
diffuseurs, même si l’échange de chaleur avec le milieu
ambiant est bien réel, il représentera souvent un effet
secondaire négligeable devant la chute d’enthalpie à travers la
turbine 𝑸 ≈ 𝟎
TURBINES A VAPEUR ET TURBINES A GAZ (TURBINES THERMIQUES)
Modélisation thermodynamique

L’expression du premier principe pour une turbine se


réduit donc à:

𝑾 = 𝒎(𝒉𝟏 − 𝒉𝟐 )

On peut aisément vérifier que le second principe donne


dans le cas de la turbine, comme dans le cas de la
tuyère et du diffuseur:

𝒔𝟐 ≥ 𝒔 𝟏
Représentation d’une détente adiabatique
Entrée 1
d’une vapeur ou d’un gaz à travers une turbine

T
Actuelle
𝑠2 > 𝑠1
Isentropique
𝑠2𝑠 = 𝑠1
Entrée 1
2
Sortie vapeur
2s surchauffée
(ou gaz)

Actuelle
Isentropique 𝑠2 > 𝑠1
𝑠2𝑠 = 𝑠1

2s 2
Sortie vapeur humide s
Rendement isentropique d’une détente adiabatique

On définit le rendement isentropique d’une détente adiabatique à travers une


turbine, afin de tenir compte des irréversibilités qui génèrent l’entropie
(𝑠2 −𝑠1 ) et qui dégradent donc en énergie thermique un travail égal à
ℎ2 − ℎ2𝑠 , par le rapport du travail produit par la détente actuelle ℎ2 − ℎ1
sur celui qui serait produit par la détente isentropique ℎ2𝑠 − ℎ1 :
ℎ2 − ℎ1
𝜂𝑠𝑡 =
ℎ2𝑠 − ℎ1
Dans le cas de la turbine à gaz, et lorsqu’on peut assimiler le fluide à un gaz
parfait à chaleur spécifique constante, l’expression ci-dessus peut se mettre
sous la forme:
𝑇2 − 𝑇1
𝜂𝑠𝑡 =
𝑇2𝑠 − 𝑇1
𝛾−1
𝑝2 𝛾
avec 𝑇2𝑠 = 𝑇1 .
𝑝1
Dans le cas de la turbine à vapeur, on doit utiliser les tables des propriétés
thermodynamiques de la vapeur en notant que l’état (2s) est défini par la
même pression p2 que l’état (2) et la même entropie (𝑠2𝑠 = 𝑠1 ) que l’état (1).
Exercice d’application

Une turbine à vapeur opère en régime permanent avec des


conditions à l’entrée T1 = 320 °C et p1 = 5 bar. La vapeur quitte la
turbine à une pression de 1 bar. On néglige l’échange de chaleur
avec le milieu extérieur ainsi que les variations d’énergie cinétique
et potentielle de la vapeur entre l’entrée et la sortie de la turbine. Si
le rendement isentropique de la turbine est de 75 %, déterminer en
kJ/kg, le travail produit par la turbine. Déterminer la température de
la vapeur à la sortie de la turbine.

𝑝1 , 𝑇1 → ℎ1 ; 𝑠1
𝑝2𝑠 = 𝑝2 𝑒𝑡 𝑠2𝑠 = 𝑠1 → ℎ2𝑠
ℎ2 = ℎ1 − 𝜂𝑡 ℎ1 − ℎ2𝑠
𝑊 = ℎ1 − ℎ2
𝑝2 ; ℎ2 → 𝑇2
Exercice Supplémentaire 1
Une turbine opérant en régime stationnaire reçoit l’air à p1 = 3.0 bar
et T1 = 390 K. L’air quitte la turbine à une pression de 1.0 bar. Le
travail produit est de 74 kJ/kg d’air. La détente de l’air à travers la
turbine est adiabatique et on peut négliger les variations d’énergie
cinétique et d’énergie potentielle à travers la turbine. Déterminer le
rendement isentropique de la turbine ainsi que le taux de
production d’entropie à travers la turbine en kJ/kg·K.
𝛾−1
𝑝2 𝛾 𝑊 𝑚
𝑇2𝑠 = 𝑇1 𝑒𝑡 𝑇2 = 𝑇1 −
𝑝1 𝐶𝑝
𝑊𝑠
= ℎ1 − ℎ2𝑠 = 𝐶𝑝 𝑇1 − 𝑇2𝑠
𝑚
𝑊
𝜂𝑠𝑡 =
𝑊𝑠
𝑆𝑔𝑒𝑛 𝑇2 𝑝2
= 𝑠2 − 𝑠1 = 𝐶𝑝 ln − 𝑅 ln
𝑚 𝑇1 𝑝1
Exercice supplémentaire 2
Des gaz de combustion portés à une pression de 800 kPa et une
température de 1100 °C subissent une détente adiabatique dans
une turbine, avant de la quitter pour s’échapper dans l’atmosphère
à 100 kPa, 900 K. On donne pour les gaz γ = 1.3 et R = 0.45 kJ/kg.K.
1- Tracer la transformation sur un diagramme T-s puis, calculer le
travail spécifique de la turbine ainsi que son rendement
isentropique.
2- Quel est le débit de gaz nécessaire pour que la turbine puisse
développer une puissance de 40 MW ?
𝑊 𝛾
𝑤= = ℎ1 − ℎ2 = 𝐶𝑝 𝑇1 − 𝑇2 = 𝑅 𝑇1 − 𝑇2
𝑚 𝛾−1
𝛾−1
𝑝2 𝛾 𝑇1 − 𝑇2
𝑇2𝑠 = 𝑇1 𝑒𝑡 𝜂𝑠𝑡 =
𝑝1 𝑇1 − 𝑇2𝑠
𝑊
𝑚=
𝑤
COMPRESSEURS ET POMPES
Les compresseurs et les pompes sont des machines dans lesquelles
un travail est accompli sur la substance qui s’écoule à travers elles,
dans le but de modifier son état, typiquement pour accroître sa
pression et/ou son élévation.
Le terme compresseur est employé lorsque la substance est un gaz
(ou une vapeur), tandis que le terme pompe est employé lorsque la
substance est un liquide.
Les figures ci-après représentent quatre types de compresseurs.
Dans le compresseur à piston, ce dernier exécute un mouvement
alternatif; alors que dans les trois autres types, le mouvement de
l’organe qui travaille sur le fluide est rotatif.
Le compresseur axial est un élément essentiel des moteurs à
réaction. On trouve également les compresseurs dans les systèmes
frigorifiques et les pompes à chaleur.
COMPRESSEURS ET POMPES
Sortie Compresseur
alternatif à piston
Entrée
Impulseur
Entrée

Sortie
Arbre
moteur Compresseur
centrifuge Sortie

Entrée Rotor
Stator
Sortie

Compresseur
rotatif à lobes
Sortie
Compresseur Entrée
Entrée
Entrée axial
COMPRESSEURS: Modélisation thermodynamique

Pour les compresseurs, la


modélisation est identique à Compresseur
d’air
celle des turbines

L’expression du premier principe pour un compresseur


sera donc en négligeant les déperditions de chaleur vers
le milieu ambiant:
𝑾 = 𝒎(𝒉𝟏 − 𝒉𝟐 )
Et le second principe donnera comme dans le cas de la
turbine:
𝒔𝟐 ≥ 𝒔 𝟏
Représentation d’une compression adiabatique
d’un gaz à travers un compresseur
On définit le rendement isentropique
T
d’un compresseur, pour tenir compte
2 Actuelle
des irréversibilités qui génèrent Sortie gaz
𝑠2 > 𝑠1
l’entropie (𝑠2 −𝑠1 ) et qui dégradent Isentropique 2s
donc en énergie thermique un travail 𝑠2𝑠 = 𝑠1
égal à ℎ2 − ℎ2𝑠 , par le rapport du
travail nécessaire à la compression
dans le cas isentropique sur celui qui
est nécessaire pour accomplir la
compression actuelle:
ℎ2𝑠 − ℎ1
𝜂𝑠𝑐 =
ℎ2 − ℎ1 1 Entrée gaz
Dans le cas où le fluide peut être assimilé à un gaz parfait, s
avec une chaleur spécifique constante, l’expression ci-
dessus peut être réécrite avec les températures: 𝛾−1
𝑇2𝑠 − 𝑇1 𝑝2 𝛾
𝜂𝑠𝑐 = avec 𝑇2𝑠 = 𝑇1
𝑇2 − 𝑇1 𝑝1
Exercice d’application sur les compresseurs

De l’air est admis dans un compresseur opérant en régime


stationnaire à 25°C, 100 kPa. Il en sort à 260°C, 650 kPa.
On néglige tout échange de chaleur avec le milieu
extérieur ainsi que toute variation d’énergie cinétique et
d’énergie potentielle. On donne pour l’air R = 0.287
kJ/kg·K et 𝛾 = 1.4.
1- Calculer le rendement isentropique du compresseur.
2- Calculer le travail spécifique du compresseur.
3- Calculer en kW/K le taux de génération d’entropie dans
le compresseur sachant que sa puissance est de 10 MW.
Air
T 650 kPa
1 P1 = 100 kPa
T1 = 25°C 2
2s
100 kPa
Compresseur (𝜼𝒄 = ? )
𝑾𝒄 = 𝟏𝟎 𝑴𝑾
P2 = 650 kPa 2
T1 = 260°C 1

s
𝛾−1 1.4−1
𝑝2 650
𝛾 1.4
𝑇2𝑠 = 𝑇1 = 298 = 508.7 𝐾
𝑝1 100
Le rendement isentropique du compresseur sera donc :
𝑇2𝑠 − 𝑇1 508.7 − 298
𝜂𝑐 = = = 0.897
𝑇2 − 𝑇1 533 − 298
Le travail spécifique du compresseur est donné par :
𝛾𝑅
𝑤𝑐 = ℎ2 − ℎ1 = 𝐶𝑝 𝑇2 − 𝑇1 = 𝑇2 − 𝑇1
𝛾−1
1.4
= 0.287 260 − 25 = 236.06 𝑘𝐽/𝑘𝑔
0.4
Le débit d’air se calcule à partir de la puissance et du travail
spécifique :
𝑊𝑐 10 ∙ 103
𝑚𝑎 = = = 42.36 𝑘𝑔/𝑠
𝑤𝑐 236.06
Le taux de génération d’entropie se calcule finalement par
application du second principe :
𝑇2 𝑝2
𝑆𝑔𝑒𝑛 = 𝑚𝑎 𝑠2 − 𝑠1 = 𝑚𝑎 (𝐶𝑝 ln − 𝑅 ln )
𝑇1 𝑝1
𝛾 𝑇2 𝑝2
= 𝑚𝑎 𝑅 ln − ln
𝛾 − 1 𝑇1 𝑝1
1.4 533 650
= (42.36) 0.287 ( ln − ln )
0.4 298 100
= 1.984 𝑘𝑊/𝐾
Exercice supplémentaire sur les compresseurs
De l’air atmosphérique à 27 °C, 100 kPa subit une compression
adiabatique dans un compresseur centrifuge qui le porte à 800 kPa,
612.5 K. On donne pour l’air γ = 1.4 et R = 0.287 kJ/kg.K.
1- Tracer la transformation sur un diagramme T-s puis calculer le travail
spécifique nécessaire à la compression, ainsi que le rendement
isentropique du compresseur.
2- Si la puissance consommée par le compresseur est de 20 MW, de
quel débit d’air est-il capable ?
𝑊 𝛾
𝑤= = ℎ1 − ℎ2 = 𝐶𝑝 𝑇1 − 𝑇2 = 𝑅 𝑇1 − 𝑇2
𝑚 𝛾−1
𝛾−1
𝑝2 𝛾 𝑇2𝑠 − 𝑇1
𝑇2𝑠 = 𝑇1 𝑒𝑡 𝜂𝑠𝑡 =
𝑝1 𝑇2 − 𝑇1
𝑊
𝑚=
𝑤
POMPES
Les pompes jouent un rôle très important dans les installations de
production de puissance à vapeur. Elles sont également assez
largement utilisées pour remplir les châteaux d’eau, pour évacuer
l’eau de soubassements inondés et dans de nombreuses autres
applications domestiques et industrielles
Dans le cas des pompes, le transfert de chaleur avec le milieu
ambiant représente en général un effet secondaire, qui peut donc
être négligé comme dans le cas des turbines et des compresseurs;
mais les termes d’énergie cinétique et d’énergie potentielle peuvent
être significatifs dans certaines applications. La modélisation
thermodynamique d’une pompe se fera donc au cas par cas.
Notons enfin que dans le cas des pompes et des compresseurs, le
travail devra être négatif, étant donné que ces machines doivent
recevoir du travail de l’extérieur pour pouvoir ensuite agir pour le
transmettre au fluide.
ECHANGEURS DE CHALEUR
Les échangeurs de chaleur ont d’innombrables applications
domestiques et industrielles, dont on pourrait citer les systèmes de
chauffage et climatisation, les systèmes automobiles, les systèmes
de production d’énergie électrique et le génie des procédés. En fait,
il n’est presque aucun domaine industriel d’où l’on pourrait exclure
les échangeurs de chaleur.
Un type d’échangeurs très courant
consiste simplement en une chambre où
sera réalisé le mélange entre un
écoulement de fluide chaud et un
écoulement de fluide froid. Un tel
échangeur à mélange se retrouve dans
les installations de production de
puissance à vapeur pour la mise en
œuvre de la technique de régénération.
ECHANGEURS DE CHALEUR
Un autre type d’échangeur, également très répandu, est celui dans
lequel deux écoulements de fluides sont séparés par une paroi, à
travers laquelle ils échangent de l’énergie sous forme de chaleur par
conduction. Ces échangeurs de chaleur dits "à surface" présentent
diverses configurations. On pourrait mentionner les échangeurs à
tubes concentriques à contre-courant et à co-courant
Courants
croisés

Contre-courant Co-courant

D’autres configurations comprennent les échangeurs à courants


croisés, comme les radiateurs utilisés dans les circuits de
refroidissement des moteurs automobiles, les condenseurs et les
évaporateurs à tubes et calandre à plusieurs passes.
ECHANGEURS DE CHALEUR: Modélisation thermodynamique
 L’énergie stockée dans les quantités de fluides qui occupent l’échangeur à
un instant (t) donné est en général suffisamment faible pour être négligé
𝒅𝑬
≈𝟎
𝒅𝒕 𝑽𝑪

 Absence de travail technique 𝑾 = 𝟎


 Les variation des énergies potentielles et des énergies cinétiques des
écoulements sont en général négligeables.
Le premier principe peut donc s’écrire pour un échangeur de chaleur comme suit
𝑸 + 𝒊 𝒎𝒊 𝒉𝒊 = 𝒆 𝒎𝒆 𝒉𝒆
 Là également, même si les taux d’échange d’énergie sous forme de chaleur
entre les fluides au sein d’un échangeur sont élevés, devant eux, les
déperditions vers le milieu ambiant sont en général insignifiantes 𝑸 ≈ 𝟎. Et
l’expression précédente deviendra donc:
𝒎𝒊 𝒉𝒊 = 𝒎 𝒆 𝒉𝒆
𝒊 𝒆
Quant au second principe, il donnera bien sûr:
𝑺𝒈𝒆𝒏 = 𝒎𝒆 𝒔𝒆 − 𝒎𝒊 𝒔𝒊 ≥ 𝟎
𝒆 𝒊
Exercice d’application sur les échangeurs à mélange
On mélange de manière adiabatique et suivant un processus
permanent deux écoulement d’eau (voir figure ci-dessous) : le
premier, (1), est constitué de vapeur saturée à 0.6 MPa et le
deuxième, (2), de vapeur surchauffée à 0.6 MPa, 600°C. Il en résulte
un écoulement unique à la sortie du mélangeur à 0.6 MPa, 400°C. On
néglige toute variation d’énergie cinétique et d’énergie potentielle à
travers le système.
1- Calculer les rapports des débits massiques 𝑚1 𝑚3 et 𝑚2 𝑚3 .
2- Calculer l’entropie générée en (kJ/K) par kilogramme de vapeur
quittant le système en 3. 𝒌𝑱 𝒌𝑱
𝒉( ) 𝒔( )
𝒌𝒈 𝒌𝒈 ∙ 𝑲
1: 𝑝1 = 0,6 𝑀𝑃𝑎
𝑥1 = 1
2756,8 6,7600
Mélangeur 2: 𝑝2 = 0,6 𝑀𝑃𝑎
𝑇2 = 600°𝐶
3700,9 8,2674

3: 𝑝3 = 0,6 𝑀𝑃𝑎
𝑇3 = 400 °𝐶 3270,3 7,7079
Les processus mis en jeu à travers le mélangeur, le principe de conservation
de la masse permet d’écrire :
𝑚1 𝑚2 𝑚2 𝑚1
𝑚1 + 𝑚2 = 𝑚3 → + =1 → =1−
𝑚3 𝑚 3 𝑚3 𝑚3
En considérant le processus de mélange adiabatique et en négligeant toute
variation d’énergie cinétique et potentielle, le premier principe permet
d’écrire en notant qu’aucun travail n’est échangé avec le milieu extérieur :
𝑚1 𝑚2
𝑚1 ℎ1 + 𝑚2 ℎ2 = 𝑚3 ℎ3 → ℎ1 + ℎ2 = ℎ3
𝑚3 𝑚3
𝑚1 𝑚1 𝑚1 ℎ2 − ℎ3 3700,9 − 3270,3
ℎ1 + 1 − ℎ2 = ℎ3 → = = = 0,4561
𝑚3 𝑚3 𝑚3 ℎ2 − ℎ1 3700,9 − 2756,8
𝑚2 𝑚1
=1− = 1 − 0,4561 = 0,5439
𝑚3 𝑚3
Avec les mêmes hypothèses que ci-dessus le second principe donne :
𝑆𝑔𝑒𝑛 𝑚1 𝑚2
𝑆𝑔𝑒𝑛 = 𝑚3 𝑠3 − 𝑚1 𝑠1 + 𝑚2 𝑠2 → = 𝑠3 − 𝑠1 + 𝑠2
𝑚3 𝑚3 𝑚3
𝑆𝑔𝑒𝑛
= 7,7079 − 0,4561 ∙ 6,76 + 0,5439 ∙ 8,2674 = 0,128 𝑘𝐽 𝑘𝑔 ∙ 𝐾
𝑚3
Exercice d’application sur les échangeurs à surface
Soit l’aérocondenseur représenté à la figure ci-dessous et qui est un
échangeur à surface à travers lequel une vapeur d’eau se condense en
cédant de l’énergie sous forme de chaleur à un écoulement d’air. Les
données correspondant à un fonctionnement du condenseur en régime
permanent, dans un environnement où la température est de 27 °C, sont
portées sur la figure. On néglige toute perte de chaleur vers le milieu
ambiant. On néglige également les variations d’énergie cinétique et
d’énergie potentielle. L’air sera assimilé à un gaz parfait avec les
constantes : 𝑹 = 𝟎. 𝟐𝟖𝟕 𝒌𝑱/𝒌𝒈 ∙ 𝑲 et 𝜸 = (𝑪𝒑 /𝑪𝒗 ) = 𝟏. 𝟒.
Quelle est, en kg, la quantité d’air nécessaire pour condenser un
kilogramme de vapeur dans les conditions présentées à la figure ci-dessous.
Calculer, en kJ/kg de vap·K, l’entropie générée au cours du processus.
……………………………………………………………………………………………………….
1- Quantité d’air nécessaire pour condenser 1 kg de vapeur
On applique le premier principe à un volume de contrôle autour du
condenseur :
𝒎𝒂 𝒉𝟏 −𝒉𝟐
𝒎𝒂 𝒉𝟒 − 𝒉 𝟑 = 𝒎𝒗 𝒉𝟏 − 𝒉𝟐 =
𝒎𝒗 𝒉𝟒 −𝒉𝟑
Eau ≡ Substance pure simplement compressible :
ℎ1 − ℎ2 = ℎ𝑓 15 𝑘𝑃𝑎 + 𝑥1 ℎ𝑓𝑔 15 𝑘𝑃𝑎 − ℎ𝑓 15 𝑘𝑃𝑎 = 𝑥1 ℎ𝑓𝑔
Air ≡ Gaz parfait, on applique la loi de Joule pour calculer la différence d’enthalpie.
𝛾 1.4 𝑘𝐽
ℎ4 − ℎ3 = 𝐶𝑝𝑎 (𝑇4 − 𝑇3 ) avec 𝐶𝑝𝑎 = 𝑅 = 0.287 = 1.0045
𝛾−1 0.4 𝑘𝑔∙𝐾
Il vient donc :
𝒎𝒂 𝑥1 ℎ𝑓𝑔 15 𝑘𝑃𝑎 0.95 ∙ 2373.1 𝑘𝑔 𝑎𝑖𝑟
= = = 𝟏𝟒𝟗. 𝟔
𝒎𝒗 𝐶𝑝𝑎 (𝑇4 − 𝑇3 ) 1.0045(45 − 30) 𝑘𝑔 𝑣𝑎𝑝
𝑆𝑔𝑒𝑛 = 𝑚𝑒 𝑠𝑒 − 𝑚𝑖 𝑠𝑖 = 𝑚𝑎 𝑠4 + 𝑚𝑣 𝑠2 − 𝑚𝑎 𝑠3 + 𝑚𝑣 𝑠1
𝑒 𝑖
𝑆𝑔𝑒𝑛 = 𝑚𝑎 𝑠4 − 𝑠3 + 𝑚𝑣 𝑠2 − 𝑠1
𝑠2 − 𝑠1 = 𝑠𝑓 15 𝑘𝑃𝑎 − 𝑠𝑓 15 𝑘𝑃𝑎 + 𝑥1 𝑠𝑓𝑔 15 𝑘𝑃𝑎 = −𝑥1 𝑠𝑓𝑔 15 𝑘𝑃𝑎
𝑇4 𝑝4
𝑠4 − 𝑠3 = 𝐶𝑝𝑎 ln − 𝑅 ln
𝑇3 𝑝3
𝑆𝑔𝑒𝑛 𝑚𝑎 𝑇4 𝑝4
= 𝐶 ln − 𝑅 ln − 𝑥1 𝑠𝑓𝑔 15 𝑘𝑃𝑎
𝑚𝑣 𝑚𝑣 𝑝𝑎 𝑇3 𝑝3
𝑺𝒈𝒆𝒏 318 100
= 149.6 1,0045 ln − 0.287 ln − 0.95 7.2536
𝒎𝒗 303 110
𝑘𝐽
= 𝟒. 𝟒𝟔𝟐
𝐾 ∙ 𝑘𝑔 𝑑𝑒 𝑣𝑎𝑝
ORGANES DEPRIMOGENES
Une forte chute de pression (laminage) dans un écoulement peut être
obtenue simplement en introduisant une restriction dans la conduite.
A cet effet, on utilise couramment des vannes partiellement ouvertes,
ou encore un élément poreux.
Une des applications les plus importantes du
laminage est réalisée dans les systèmes frigorifiques
à compression de vapeur, où une vanne est utilisée
pour réduire la pression du fluide frigorigène et
l’amener de la valeur élevée qu’elle présente à la
sortie du condenseur à celle plus basse qui règne à
l’évaporateur.
Le laminage joue également un rôle important dans la détente de
Joule-Thomson, utilisée dans les procédés de liquéfaction des gaz.
Une autre application qui mérite d’être mentionnée ici est le
calorimètre déprimogène, utilisé pour mesurer le titre d’un mélange
liquide - vapeur
ORGANES DEPRIMOGENES: Modélisation thermodynamique
𝑑𝐸
 ≈0  𝑄≈0
𝑑𝑡 𝑉𝐶

 𝑊=0  ∆𝐸𝑝 ≈ 0
Le premier principe s’écrira donc comme dans
le cas des tuyères et des diffuseurs:
𝑉12 𝑉22
ℎ1 + = ℎ2 + soit encore ℎ02 = ℎ01
2 2

S’il est cependant vrai que les vitesses peuvent être relativement
élevées dans le voisinage immédiat de l’élément déprimogène, des
mesures effectuées en amont et en aval de cet élément ont révélé que
dans la plupart des cas, la variation de l’énergie cinétique spécifique
du fluide en écoulement entre ces deux positions peut être négligée.
Le premier principe conduit alors à une détente isenthalpique à
travers l’élément déprimogène:
ℎ1 = ℎ2
Le second principe donnera là également: 𝑠2 ≥ 𝑠1
Exercices Supplémentaires

Exercice 1: Pour obtenir qu’une turbine à vapeur opère à charge


partielle, on a recours à une vanne de laminage (qui est un élément
déprimogène) dans le but de réduire la pression de la vapeur avant
son admission à la turbine. En amont de la vanne, la vapeur arrive à
2 MPa, 400 °C, elle quitte la turbine à 10 kPa. En admettant que la
détente de la vapeur à travers la turbine est adiabatique et
réversible, déterminer le travail spécifique de la turbine à pleine
charge (sans laminage) et à charge partielle si la vapeur est laminée
dans ce cas à 500 kPa avant d’être admise à la turbine. Représenter
les deux processus sur un diagramme T-s.
Arrivée vapeur
2 MPa, 400°C

Vanne de
laminage

Turbine

Sortie vapeur
10 kPa
Exercices Supplémentaires

Exercice 2 : De l’air à 400 kPa, 970 K entre dans une turbine qui
opère en régime stationnaire et la quitte à 100 kPa, 670 K. Un
transfert de chaleur vers le milieu ambiant a lieu a une température
de surface moyenne de 315 K avec un taux de 30 kJ par kg d’air. On
néglige les variations d’énergie cinétique et d’énergie potentielle et
on assimile l’air à un gaz parfait avec Cp = 1.1 kJ/kg.K. Déterminer :
1- Le travail spécifique de la turbine ;
2- L’entropie générée dans la turbine en kJ/kg. K.
Exercices Supplémentaires

Exercice 3 : On procède au remplissage d’un réservoir ayant un


volume de 0.2 m3, initialement vide, à partir d’une conduite de
distribution de vapeur d’eau sous une pression de 500 kPa et à une
température de 200 °C, jusqu’à ce que cesse tout écoulement vers
le réservoir. On admet que le processus de remplissage est
adiabatique. Calculer la masse d’eau et la température finales dans
le réservoir. Quelle est la quantité d’entropie générée au cours du
processus?
Exercices Supplémentaires

Exercice 4 : On procède au remplissage d’un ballon avec de l’air en


provenance d’une ligne de distribution d’air comprimé à 200 kPa;
300 K, jusqu’à ce que les conditions à l’intérieur du ballon soient de
110 kPa; 300 K avec une masse d’air de 0.1 kg. On admet que la
pression dans le ballon évolue proportionnellement à son volume
selon la loi :
𝑃 = 100 𝑘𝑃𝑎 + 𝐶 ∙ 𝑉
Calculer la quantité de chaleur échangée avec le milieu ambiant qui
se trouve à 300 K, ainsi que l’entropie totale générée au cours du
processus,
Exercices Supplémentaires

Exercice 5 : Une certaine pompe doit être en mesure de relever un


débit d’eau de 0.1 m3/s à 15°C à une hauteur de 10 m tout en le
livrant à une vitesse de 20 m/s. Il a été évalué que l’ensemble
pompe-conduite et tuyère a un rendement isentropique de 60%,
exprimé pour la pompe. Quelle est la puissance nécessaire pour
l’entrainement de la pompe?

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