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Etude de la transformation digitale

Au Maroc

Rapport de fin d’études pour l’obtention du Master E-Business et Marketing


Digital de l’ENCG SETTAT

Réalisé par :
Firdaous Labssori
E-Business et marketing Digital

Année Universitaire 2019/2020

1Edem David fayo et Michel Tartar


Remerciement
Sommaire
Parti I : Etat de la transformation digitale au Maroc Avant et Post Covid

Chapitre I :
Introduction
Partie I :

Etude conceptuelle de la
transformation digitale au Maroc
Chapitre I : Présentation de l’état de la transformation digitale au Maroc la Pandémie (Covid 19)

Introduction :

Dans ce premier chapitre nous projetons d’abord l’évolution du digital au Maroc avant la pandémie
(COVID 19), une révolution qui se passe ces dernières années. . Ensuite nous allons à la transformation
digitale au sein des entreprises marocaines , en détaillant les piliers de cette mutation, également nous
aborderons les différents outils du marketing mise en place pour la transformation numérique de ces
entreprises.

Section I : La transformation digitale en Entreprise

Le Royaume du Maroc est sur la voie de la transformation numérique depuis les années 2000, où la
digitalisation a fait ses débuts dans les télécommunications avant de s'étendre timidement à d'autres
secteurs.

Malgré ses progrès limités, et l'absence de plusieurs entreprises participant à cette transformation
numérique, d'autres se dirigeaient vers une mutation complète sous l'impulsion du numérique.

1. Place du digital dans la stratégie de l’entreprise


« La transformation numérique passe d’abord par la transformation de la philosophie de l’entreprise,
de sa vision et de celle de ses dirigeants vers le digital. Cela concerne la stratégie commerciale et,
surtout, les ressources humaines. » Amine Azariz, Consultant et Fondateur de Fintech.ma
Décembre,2017.

En effet, les entreprises ne doivent plus considérer le digital comme un simple canal de
communication, mais comme un facteur clé du fonctionnement de l’entreprise, car il ramène des
modifications, des bouleversements sur le fonctionnement et les départements de l’entreprise.

La numérisation est donc au centre de la stratégie de l'entreprise pour : 1

- Améliorer les ventes


- Réduire les coûts
- Améliorer les relations avec les clients
- Fidéliser les clients existants et en attirer de nouveaux
- Donner plus d'autonomie aux employés et aux clients
- Cibler et retenir les talents
- Améliorer la collecte et la diffusion de l'information
1.1 Tendances :

Selon les résultats de l’enquête de l’AUSIM (l’association des utilisateurs des systèmes
d’information au Maroc), fin 2019 , les entreprises marocaines montrent clairement une
2

conscience quant à l’importance opérationnelle et stratégique de la transformation


numérique. Par ailleurs, pour 64 % des personnes interrogées, le processus de transformation
numérique est en cours actuellement dans leur entreprise. En revanche, seuls 16,3 % estiment
être à la pointe de ce processus, il reste donc beaucoup de chemin à parcourir pour parler de
maturité numérique.

Quant aux entreprises déjà en voie de transformation, le résultat est très prometteur. Jusqu'à
93% des entreprises sont engagées dans un processus numérique piloté par le Top
Management / Direction Générale, dans le but de promouvoir l'excellence opérationnelle
(42,7%), d'améliorer l'expérience client (29,3%), de mettre en place de nouveaux usages
(Réinvention d'entreprise) 24,4%...Ce bilan démontre que les directions générales sont
engagées dans la transformation numérique de leurs entreprises. Celles-ci sont tenues de
gérer activement leurs organisations et de mettre en place des modèles agiles, prêts à la
transformation et capables de s'adapter plus rapidement que jamais.

Comme pour la majorité des répondants à cette enquête, la transformation digitale devrait
permettre un meilleur service client puisque les générations " digital native " stimulent les
entreprises à initier un véritable développement de leur relation client, une optimisation des
processus, un gain de temps ainsi qu'une meilleure sécurité des données.

Même si la grande majorité des interrogés estiment que leur entreprise dispose des moyens
nécessaires, cette enquête a également mis en évidence un certain nombre de freins à la
pleine réussite de cette transformation.
Dans un premier temps, la vision stratégique fait défaut. Cela pose pour le moins problème,
quand on sait que cette dernière est le fondement et le point de départ d'une feuille de route
numérique.

Entre autres obstacles, les répondants mentionnent également le manque de compétences et


d'infrastructures. Ces éléments sont souvent soulignés dans les rapports des professionnels du
secteur, aussi bien fournisseurs qu'utilisateurs.
2- Piliers de la transformation digitale de l’entreprise

2.1 La transformation digitale de l’expérience client

La transformation digitale a un impact sur les canaux de vente, la publicité des produits et
divers autres services destinés à attirer les consommateurs. Cette mutation a aussi des
répercussions importantes sur les contacts avec la clientèle, la langue parlée, les prix et les
spécifications des produits et services. Le constat est simple, la clientèle devient de plus en
plus attirée par cet univers virtuel qui a su répondre à ses exigences.

2.2 La transformation des processus opérationnels

Il est effectivement assez courant de résumer la transformation numérique des entreprises à


une meilleure expérience client grâce à l'utilisation de canaux d'achat virtuels et à la mise en
place d'un service client plus réactif et souvent intégré aux réseaux sociaux.

La modélisation des processus internes doit faire en sorte que la valeur du produit augmente
au fur et à mesure qu'il progresse dans la chaîne de production. La transformation digitale a
un impact positif sur les éléments qui augmentent la valeur du produit, tels qu'une meilleure
circulation de l'information, la collaboration et le travail d'équipe.

2.3 La transformation du modèle d’affaires

Les deux piliers précédents permettre d’être attentif à la transformation du modèle


économique de votre entreprise. La transformation digitale est utilisée pour changer la
manière même dont votre organisation produit et valorise son activité tout en gardant les
yeux ouverts sur la concurrence.

Section II : Outils digitaux et solutions mise en place

Dans cette section, nous allons passer en revue les différents outils du marketing, en se
concentrant d’abord sur les concepts dont l’application est déjà entamée, et qui s’imposent comme
une réalité dans le fonctionnement des entreprises.

1- Cloud computing

Également appelé en français, l’informatique en nuage, c’est l’exploitation de la puissance


de calcul ou de stockage de serveurs informatiques distants par l’intermédiaire d’un réseau.
Généralement l’Internet.

Le cloud computing présente une grande flexibilité : en fonction du niveau de compétence


de l'utilisateur client, il lui est possible de gérer lui-même le serveur, ou simplement
d'utiliser des applications distantes en mode SAAS (software as a service - logiciels vendus
sous forme de services d'abonnement).

2- Big DATA

« Les données stockées et disponibles ont connu une augmentation exponentielle durant les
dernières décennies que ce soit les messages que nous envoyons, les données GPS que nos
téléphones collectent ou nos transactions bancaires, différentes industries collectent de plus
en plus de données, ces dernières proviennent de plusieurs sources, sont de différente
nature(texte, image, audio, vidéo, etc) et possèdent de diverses propriétés en terme de
volume et velocité » Oussam Berqi (directeur f engineering- head of data et AI CAREEM

Big data est généralement traduit par « grosse donnée » , « données massives » ou encore
« mégadonnées » . Elle représente l’écosystème autour du stockage et du traitement de
grands volumes de données, en utilisant des technologies adaptées.
Ce phénomène est souvent caractérisé par le principe des trois ‘’V’’ : Volume, Vitesse et
Variété. En effet, les sources de données sont généralement générées en grosses quantités,
sont reçues (et potentiellement traitées) à grande vitesse et sous différents formats.
Afin de contrer le coût de stockage et le traitement de données potentiellement erronées
ou inutiles, deux ‘’V’’ ont été introduits par la littérature : Valeur et Véracité.

2.1 L’utilité des mégadonnées

Selon l’industrie, ces données massives peuvent potentiellement apporter une grande
valeur aux entreprises qui les possèdent pour les raisons suivantes :

- L’exhaustivité et la richesse des données collectées permettent de mieux connaître les


utilisateurs ou clients.
Les services et produits peuvent ainsi être personnalisés et de meilleure qualité.
- L’analyse d’un grand nombre de données aide à augmenter leur fiabilité et permet une
meilleure prise de décision.
- Big Data constitue la fondation pour créer des algorithmeses prédictifs en utilisant des
des algorithmes avancés d’apprentissages automatique (Machine Learning) et
intelligences Artificielle.

3- Cyber Sécurité

Néologisme désignant le rôle de l’ensemble des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts
et mécanismes de sécurité.

Méthode de gestion des risques, actions, formation, meilleures pratiques et technologies


permettant de protéger les personnes et les biens informatiques matériels et immatériels
(connectés directement ou indirectement à un réseau) des États et des organisations (avec
un objectif de disponibilité, d'intégrité et d'authenticité, de confidentialité, de preuve et de
non-répudiation).

La cybersécurité permet de protéger les données ainsi que l'intégrité des actifs
informatiques connectés ou installés sur un réseau d'entreprise. Son rôle est de défendre
ces ressources contre les pirates informatiques tout au long du cycle d'attaque.
Les chaînes d'attaques, les vulnérabilités de type "zero-day", les rançons, l'habituation à
l'alerte et les contraintes budgétaires ne sont que quelques-uns des défis auxquels sont
confrontés les professionnels de la cybersécurité. Pour y faire face, les experts doivent
devenir plus compétents dans ces domaines et dans toutes les disciplines connexes.

4- Blockchain

« Un fonctionnement fondé sur le contrôle par la majorité »

La Blockchain est une technologie de stockage et de diffusion de l'information transparente,


sécurisée et qui fonctionne sans unité centrale de contrôle.
Ainsi, une Blockchain est une base de données qui regroupe l'historique de tous les échanges
entre ses utilisateurs depuis sa création.
Cette base de données est sécurisée et distribuée : ses différents utilisateurs la partagent, sans
aucun intermédiaire, ce qui permet à chaque utilisateur de vérifier la validité de la chaîne.

5- Internet des Objets

L'Internet des objets (IOT) constitue l'extension de l'Internet aux objets et aux lieux du monde
physique.

En exploitant la propriété d'identifier, de saisir, de traiter et de communiquer des données, l'IOT


utilise pleinement les objets pour fournir des services à toutes sortes d'applications, tout en veillant à
ce que les exigences de sécurité et de confidentialité soient respectées.
Chapitre II : Transformation digitale post la pandémie

Dans ce deuxième chapitre nous projetons d’aborder la définition du tourisme, une révolution qui se
passe ces dernières années. Ensuite dans la section 2 nous allons voir quel est l’impact de l’essor du
digital sur le secteur du tourisme en Afrique, avant de nous intéresser aux études de marché dans la
section 3.

Section I : Digitalisation à l’ère du Covid 19

1- Accélération de la transformation digitale des entreprises

La grave crise sanitaire que nous connaissons depuis mars dernier a considérablement accéléré le
passage au numérique dans notre pays. Il ne fait aucun doute en effet que l'esprit d'innovation du
Maroc et le déploiement des technologies numériques ont concouru à renforcer la collaboration entre
les agents publics et privés pour assurer la continuité des services offerts à leurs utilisateurs (citoyens
et entreprises).

Désormais, les outils digitaux sont devenus partie intégrante de notre vie quotidienne. Il est très
évident que les avancées technologiques se sont développées dans tous les secteurs
socio-économiques (santé, services publics / e-gouvernement, éducation, formation, etc.) afin de
mettre à la disposition des utilisateurs de nouvelles solutions répondant à leurs attentes.

D'autre la pandémie de Covid-19 et les dramatiques mesures sanitaires mises en œuvre pour limiter sa
propagation ont accéléré le processus de numérisation. En outre, afin de garantir la continuité de ses
services et de venir en aide aux plus pauvres de ses citoyens, l'État marocain a opté pour des solutions
digitales. De ce fait, plusieurs procédés administratifs ont été informatisés et un site web a été
développé afin de procurer une aide financière au plus grand nombre de personnes possible.

Pour le secteur privé, la digitalisation a fait en sorte qu'il est possible de poursuivre des activités,
surtout par le biais du télétravail. Quant au e-commerce, il s'est développé sur le marché marocain
pendant la période de confinement.

Certes, la transformation digitale ouvre plusieurs perspectives de développement et constitue un défi


certain pour l'avenir du Royaume, mais la question demeure de savoir comment mener à bien cette
transformation, tout en cernant ses risques, afin de mieux s'en prémunir.

1.1 La transformation digitale comme outil d'émergence

La digitalisation offre la possibilité de devenir un vecteur d'émergence industrielle, économique et


sociale pour le Maroc. Elle donne de nouvelles voies à l'industrialisation et révolutionne l'activité
économique de notre pays.

La digitalisation a réalisé une percée évidente dans le secteur bancaire et financier. Ces dernières
années ont vu une véritable multiplication des solutions numériques proposées par les banques
marocaines dans leur relation avec les clients. De plus en plus d'opérations peuvent aujourd'hui être
exécutées à distance. La technologie financière (FinTech) est en train de faire une entrée timide dans
notre pays et attire des acteurs imminents des secteurs public et privé.
Dans ce cadre, le Royaume est le seul pays africain à mener une réflexion sur l’adoption d’une loi
ayant pour objectif de faciliter le « financement participatif », appelé également crowdfunding.
L'expérience accumulée dans la gestion des effets économiques de la pandémie de Covid-19 a
certainement révélé à l'État le potentiel que cette technologie peut représenter pour apporter une aide
aux plus démunis, en particulier aux "non-ramedistes" du secteur informel. C'est grâce à un site web -
www.tadamoncovid.ma - que les autorités ont pu localiser ces personnes et les aider. Par ailleurs,
cette expérience nous a démontré qu'il est possible de suivre les opérateurs du secteur informel grâce
à la digitalisation. La transformation qui s'est amorcée pourrait donc ouvrir la voie à un suivi de ce
secteur, en vue de son intégration dans l'économie formelle.

La numérisation permettrait de développer considérablement la production nationale et offre une


opportunité d'industrialisation. Dans ce cadre, les operateurs marocains pourraient ouvrir le marché
des semi-conducteurs (tels que les cartes à puce, les SIM, etc.), outils essentiels à l'utilisation du
digital, dont la demande va augmenter significativement dans les prochains mois. Ces produits
seraient développés à la fois pour un usage local et pour l'exportation.

2- Accompagnement de L’ADD

Les efforts déployés par l'ADD ont notamment permis de repérer les obstacles rencontrés lors de la
mise en œuvre des précédentes stratégies digitales et de formuler, en réponse, des recommandations
générales pour le développement du digital pour les 5 prochaines années

Ces travaux ont pris en considération les tendances et les évolutions internationales du domaine
concerné ainsi que les exigences du développement digital et ont ensuite défini ces orientations
articulées autour de trois axes stratégiques :

– « Administration digitale » regroupant les différentes initiatives visant à assurer la


transformation digitale de l’administration marocaine ;

– « Ecosystème Digital et innovation » ayant pour ambition de garantir le développement


accéléré de l’économie digitale au Maroc ;

– « Inclusion sociale et développement humain » a pour but d’améliorer la qualité de vie des
citoyens via le Digital.

La mise en œuvre de cette vision nécessite au préalable de mettre en place un environnement


favorable et propice au développement du digital qui repose sur le développement de quatre
piliers transverses suivants :

– Elaboration d’un programme dédié de formation aux nouveaux métiers du Digital ;

– Mise en place des infrastructures nécessaires ;

– Meilleure adaptation du cadre réglementaire ;

– Instauration d’une culture du Digital dans le pays.

En tant que promoteur de la transformation digitale du pays, l'ADD a déjà entamé la mise en
œuvre de cette ambition à travers sa feuille de route qui comprend 15 projets structurants, dont 5
sont prioritaires, à savoir

– La plateforme d’échange de données entre les administrations qui consiste à mettre en place une
plateforme d’interconnexion des systèmes d’informations des différentes administrations et
institutions publiques au profit des citoyens et des entreprises.
– La mise en place d’une digital factory qui fonctionne en mode agile, et en charge de la
digitalisation rapide des services publics.

– La mise en place d’un écosystème dédié à l’intelligence artificielle qui ambitionne de créer de
nouveaux services, de nouveaux emplois et de nouvelles compétences.

– Le programme génération digitale qui consiste à élaborer et mettre en place un programme


national de formation au digital pour inclure les nouveaux métiers du digital dans l’enseignement
supérieur, la formation continue, la formation professionnelle et la recherche scientifique ainsi
que la promotion de la culture digitale auprès des jeunes et des citoyens.

– L’appui à l’évolution du cadre réglementaire pour la réussite de la transformation digitale au


Maroc, notamment via la promotion des investissements dans le domaine du digital, l’accès des
startups aux marchés publics et la généralisation de la signature électronique et du paiement
électronique au sein de l’Administration.

Enfin, il est clair qu’un accompagnement à tous les niveaux est nécessaire pour favoriser
l’appropriation et la pérennisation de cette dynamique de digitalisation dans notre pays. Cet
accompagnement passe notamment par la mise en œuvre de réels programmes de conduite de
changement permettant la contribution des usagers dans la recherche des leviers de la croissance.

Section II : La digitalisation, Risques et Enjeux

1-

Aux yeux de plusieurs spécialistes des questions de travail et d'emploi, la numérisation menacerait de
faire disparaître un grand nombre d'emplois. En effet, selon une étude de l'Institut Sapiens, la
transformation digitale a provoqué une forte baisse du nombre de salariés dans le secteur de la banque
et de l'assurance en France. Les statistiques présentées dans l'étude montrent clairement que les
effectifs des secteurs précités ont diminué de 39% entre 1986 et 2016, et pourraient disparaître
définitivement d'ici 2051.

Il est assez vraisemblable de constater que des effets similaires seront observés au Maroc. De plus, les
employés du secteur bancaire et financier sont non seulement menacés par les conséquences
secondaires de la numérisation. Même si la transition touche l'administration publique, le
gouvernement marocain pourrait devoir supprimer des emplois, notamment dans les préfectures et les
districts.

Il se peut que la solution pour les personnes victimes de la transformation digitale vienne de la
numérisation elle-même. Actuellement, de nombreuses applications sont en train de révolutionner le
mode de fonctionnement de certaines entreprises, notamment dans les secteurs du transport et de la
livraison. Cette digitalisation de l'emploi se développe de jour en jour vers de nouveaux domaines.
C'est ainsi qu'est apparu Fiverr, une application qui permet de mettre en relation employeurs et
travailleurs indépendants du monde entier. Afin de faire face à la vague de chômage qui pourrait
résulter de la transformation numérique, l'État marocain pourrait encourager l'utilisation de ce type
d'application pour stimuler l'emploi.

Le deuxième risque majeur de la transformation digitale pour le Royaume se rapporte donc à la


concurrence étrangère. Il faut noter que le secteur offre une grande opportunité pour le Maroc
d'incuber l'innovation. Ceci se ferait à travers des startups spécialisées dans le secteur digital, dont
l'expansion permettrait au Royaume de créer sa propre marque, exportable à l'étranger, notamment en
Afrique et dans d'autres pays du Sud. Cependant, la concurrence étrangère, avec les années de retard
accumulées par le Royaume, pourrait absorber les PME et TPE marocaines, et faire perdre au pays
une réelle opportunité de se démarquer et de développer sa propre marque.

Pour éviter que le marché digital national ne soit avalé par les produits étrangers, l'Etat marocain doit
favoriser les start-up du secteur. Un plan d'aide financière permettra de renforcer ces dernières
pendant leur phase de démarrage. La baisse des taxes encourage l'expansion des PME et des TPE qui
opèrent dans le domaine de la digitalisation. Finalement, une ouverture vers l'Afrique, garantie et
soutenue par l'Etat, permettrait au Royaume de rayonner à travers une marque marocaine déployée
sur le continent.
Parti II
1-

L’éducation est considérée par plusieurs analystes comme le secteur le plus concerné

par la crise, dans la mesure où il implique presque toute la population mondiale, et où il

est le pourvoyeur par excellence de ressources humaines qualifiées et éduquées, au

sens noble du terme. La décision de cesser d’aller à l’école1, prise par la plupart des

gouvernements, et d’inviter la population à se réfugier chez soi, a généré une situation

nouvelle, autant inattendue que complexe. Face à une telle situation, personne ne

s’attendait à un miracle, en matière de qualité des apprentissages, puisqu’il a fallu

passer du jour au lendemain d’un enseignement qui se déroulait intégralement dans

l’enceinte de ce qu’on appelle l’école à un enseignement entièrement à distance de

celle-ci. C’est un nouvel apprentissage collectif qui s’est mis en place, avec ses réussites

et ses échecs. Le plus important est d’en tirer les leçons nécessaires pour faire changer

l’école, afin qu’elle soit à la hauteur des rêves et aspirations des citoyens du monde.

Le Maroc, comme la majorité des pays, ne disposait pas d’une stratégie préalable pour faire face à cette
situation inattendue, le concept de résilience des systèmes éducatifs n’étant pas encore inscrit dans les
politiques publiques. Le ministère de tutelle, soucieux d’assurer la continuité d’apprentissage pour tous
les apprenants, a cherché des solutions « toutes prêtes » dans le stock disponible de l’enseignement à
distance. Ce qu’il a trouvé a été très insuffisant pour faire face à des besoins aussi énormes, malgré le
programme GENIE, adopté par les pouvoirs publics en 2006, afin de propulser le système éducatif
national dans l’ère digitale. Critiqué par plusieurs acteurs et institutions, ce programme a même fait
l’objet d’un rapport de la Cour des comptes (2014), pointant sa gestion et son manque d’efficacité et
d’efficience. Devant un tel déficit numérique, le ministère a été contraint de produire les ressources
nécessaires à mettre en ligne sur sa plateforme ou à diffuser à la télévision – un moyen encore utile pour
toucher une large population d’élèves, surtout dans les zones rurales et semi-urbaines, peu ou pas
connectées à l’internet.

Il fallait s’en douter, des ressources numériques produites dans l’urgence ne pouvaient

pas respecter les exigences de qualité requises. Si nous y ajoutons le manque, ou

l’insuffisance de formation pédagogique des enseignants, couplés à une insuffisante


maîtrise des outils numériques, les résultats de l’enseignement à distance étaient

prévisibles. Des enseignements ont été loin de satisfaire le minimum requis sur le plan

pédagogique, bien que des efforts louables aient été fournis par les responsables pour

respecter au moins les critères basiques en termes organisationnel et technique. Par

conséquent, les apprentissages se sont avérés totalement ou partiellement défaillants,

qu’il s’agisse d’élèves ou d’étudiants qui, pour des raisons diverses, ont disparu dans

« la nature confinée », ou se sont engagés dans le processus d’enseignement à distance

mais qui, faute d’inputs adéquats – environ 40 % des élèves marocains manquent

d’ordinateurs (OECD, 2019) – et de suivi pédagogique, se sont rapidement aperçus de la

difficulté d’atteindre l’objectif souhaité est affiché de la qualité de l’apprentissage.

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S’agissant de la continuité pédagogique du système éducatif, une première appréciation de l’offre du


Ministère chargé de l’éducation (MENFPESRS), pour la mise en place d’un dispositif
d’enseignement à distance en urgence prévu pour assurer la scolarité de millions de marocains (site
web, chaînes télévisées, réseaux sociaux, Massar, etc.), reste plutôt mitigée au regard du problème de
manque de qualité et de richesse du contenu, mais également du choix de ce mode eu égard aux
inégalités sociales criantes en termes aussi bien de disponibilité des outils numériques et de
connexion à internet, que de conditions sociales pour le suivi et l’assimilation du contenu (logement,
degré d’implication des parents, etc.).

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2.2.2. L’enseignement /formation à distance et ses effets sur les apprenants et les enseignants

La décision prise par le gouvernement marocain d’assurer la continuité pédagogique à travers la


formation à distance a eu plusieurs effets à la fois sur les enseignants, les apprenants, les parents et les
établissements scolaires37. Tout d’abord, la création de classes virtuelles, qui permettent aux
étudiants de s’impliquer dans le processus d’apprentissage pédagogique, a conduit à l’instauration de
nouvelles règles d’échange et un passage à l’auto-formation, principalement pour les étudiants des
cycles supérieurs. Ensuite, la revue du planning journalier des

apprenants a fait ressortir une absence de maitrise de l’emploi du temps, une

accumulation des devoirs, ainsi qu’un manque de suivi pédagogique et d’évaluation


régulière des enseignants, des étudiants et des stagiaires. Enfin, l’apprentissage s’est

effectué dans un environnement familier avec peu ou sans contact humain à la fois

professionnel et/ou personnel.

En outre, ce choix s’est heurté à un manque de disponibilité et d’accès aux outils

de communication digitale (TV, smartphones, tablettes, PC, etc.), à la fois chez les

enseignants au niveau des établissements scolaires/instituts de formation et chez

les

apprenants/parents. Ceci est dû, d’un côté, à la qualité et la nature de l’offre proposée

par le département et, d’un autre côté, à la faiblesse de l’investissement public

engagé en ce sens. Mais le plus révélateur dans cette situation demeure l’impact de

la fracture numérique entre le milieu urbain et rural, mais surtout entre les familles

aisées et pauvres, de même que les répercussions qu’elle entraine sur la continuité

pédagogique et sur l’accès égalitaire au droit à l’éducation. Ces inégalités numériques

ont été davantage accentuées par (1) la cohabitation entre deux systèmes (privé/

public) ne fonctionnant pas toujours de manière complémentaire et (2) l’existence

d’une multiplicité d’acteurs avec des enjeux distincts et différenciés.

Ainsi, il est apparu qu’un nombre considérable d’élèves ne parviennent pas à

respecter les emplois du temps à distance et n’arrivent pas à accéder à internet. En

effet, beaucoup d’apprenants, surtout dans les familles les plus nombreuses et les

plus pauvres, ne possèdent pas les outils technologiques nécessaires pour suivre les

cours au quotidien, n’arrivent pas à partager, avec leurs frères et sœurs, le matériel

technologique disponible, et ne disposent pas d’un espace de travail adéquat (pièce


isolée permettant un minimum de concentration).

S’agissant des enseignant(e)s, plusieurs problèmes spécifiques ont été relevés notamment une
disponibilité insuffisante de l’infrastructure technologique nécessaire pour assurer les cours à
distance, des difficultés d’accéder à la connexion internet (débit et coût) et un manque de
compétences et de formation concernant l’usage des salles virtuelles prévues pour communiquer avec
les élèves. Les parents d’élèves, troisième partie prenante du dispositif d’apprentissage à distance, ont
également été impactés, surtout lorsqu’il s’est agi d’accompagner leurs enfants d’une manière
régulière, avec une bonne partie de ces parents n’ayant pu le faire à cause de contraintes techniques
et/ou sociales. En effet, la crise a métamorphosé le rapport parents-établissements scolaires, en
donnant naissance à une sorte de formalisation de l’espace familial, à travers la modification des
fonctions traditionnelles de l’école. A cet égard, les parents sont dorénavant impliqués dans
l’éducation, l’encadrement, le suivi et la pédagogie.

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b. L’enseignement à distance : la continuité pédagogique comme finalité, des

dysfonctionnements dans la mise en œuvre

Pour ce qui est de la continuité du système éducatif, la réactivité du Ministère de

l’éducation (MENFPESRS), pour la mise en place d’un dispositif d’enseignement à

distance en urgence est certes à saluer.

Toutefois, concernant la couverture du programme pédagogique annuel, les chiffres

du HCP révèlent que seuls 17,3% des élèves ou étudiants, qui suivaient les cours à

distance pendant la période du confinement, considèrent que ces cours ont couvert

entièrement ledit programme, 19,3% parmi les citadins contre 12,9% parmi les ruraux

et 27,2% parmi les élèves ou étudiants du secteur privé contre 15,8% du secteur public.

Pour 2 scolarisés sur 3 (68,3%), ces cours n’ont pas couvert totalement le programme,

contre 14,4% d’indécis. Pour le primaire, près de la moitié des élèves ont considéré

que ce dispositif n’a pas permis de couvrir le programme scolaire dans sa totalité
comparé aux années précédentes (45,8%), tandis que plus du quart (27,9%) ont dû

compter sur le soutien des parents, 13,2% sur les cours de soutien scolaire en mode

présentiel une fois le confinement levé (16,2% parmi les élèves du secondaire) et 4,9%

sur un soutien à distance.

L’expérience de l’enseignement à distance a également mis en relief l’insuffisance de

l’implication des associations de parents d’élèves. Les parents suggèrent de revoir les

contrats qui ne prévoient pas des dispositions dans ce sens et critiquent à la fois la

dispense des examens et du suivi continu, sauf pour les deux niveaux du baccalauréat,

et le manque de textes règlementaires adaptés à ce dispositif.

Le manque de plateformes adaptées capables de supporter le nombre croissant des

modules proposés pour l’enseignement supérieur et la formation professionnelle (+

de 5000 modules selon le département de la formation professionnelle du MENFPESRS

et 115 000 ressources numériques diverses concernant les champs de l’enseignement

supérieur), avec un contenu spécifique à chaque niveau, a provoqué l’arrêt des cours

pratiques. De plus, parmi les ressources disponibles, peu ont été développées en

respectant totalement l’état de l’art en matière de e-learning.

Enfin, les contraintes architecturales de l’habitat, surtout pour les populations les

plus défavorisées, a eu un impact majeur sur la possibilité de profiter de cours à

distance. Le fait d’habiter dans un logement insalubre ou dans un espace restreint ne

permet pas aux familles nombreuses de garantir, dans le contexte du confinement,

à l’apprenant les conditions lui permettant de se concentrer dans un environnement


adéquat, contribuant ainsi à la difficulté de suivre des cours, qu’ils soient diffusés par

Internet ou par les chaînes de télévision.

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a. Les mesures déployées pour la continuité du système éducatif

Au cours de l’année scolaire 2019-2020, 9,2 millions de marocains étaient scolarisés

dont 65% en milieu urbain. Les personnes scolarisées sont à hauteur de 45% au

primaire, 20% au collège, 12% au secondaire, 9% au supérieur, 4% en formation

professionnelle et 10% dans l’enseignement préscolaire (HCP, 2020).

La réactivité immédiate du MENFPESRS pour la mise en place d’un dispositif

d’enseignement à distance en urgence, servant à accompagner ces 9,2 millions

d’élèves et d’étudiants (site web, chaînes télévisées, réseaux sociaux, Teams à travers

Massar), est à saluer, principalement en ce qui a trait à la mobilisation des équipes

et des enseignants pour la création de contenus, avec plusieurs formats et niveaux

de qualité (vidéos pré-enregistrées, kits etc.), ainsi que l’alimentation des différents

canaux numériques mis en place pour la transmission des cours et des contenus

développés.

Le déploiement des canaux de diffusion a été appuyé par des posts sur les réseaux

sociaux. La plate-forme TelmidTICE pour la publication des ressources, disponible sur

le lien telmidtice.men.gov.ma, propose 8000 cours, exercices, et examens corrigés

regroupés par niveau scolaire et par sujet, destinés aux élèves du primaire, secondaire

collège et secondaire qualifiant. En outre, lors de la période du confinement, plusieurs


actions de donation au profit des élèves des milieux défavorisés ont eu lieu, afin

d’assurer la continuité pédagogique à travers l’enseignement à distance72.

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2- Mettre en place une politique nationale intégrée et globale de la transformation digitale

Mettre en place une vision digitale nationale à la hauteur des ambitions du Maroc

136. Disposer d’une vision ambitieuse et d’une véritable feuille de route pour

son opérationnalisation afin de faire du digital un véritable levier pour le

développement économique et sociale. Le CESE estime que cette vision devrait

être articulée autour :

Un gouvernement digital : à travers une stratégie digitale audacieuse des services

publics destinés aux citoyens et aux entreprises.

Une économie digitale et digitalisée : ce pilier consiste à identifier et choisir les

secteurs du digital où le Maroc pourrait se positionner dans les décennies à

venir : Industrie du contenu, Intelligence Artificielle, Cloud Computing, Internet

des objets, industrie 4.0, etc.

Une société formée à l’usage du digital : pour réussir un plan inclusif pour l’usage

du digital, il est primordial de prendre en compte la dimension humaine. De

même, l’intensification de l’usage des procédures digitales par les individus et les

entreprises passe inéluctablement par une formation des fonctionnaires. Aussi,

est-il important d’investir dans la formation, l’information et la sensibilisation de

toutes les couches de la société pour avoir un fort impact de l’usage du digital
sur la société.

137. Mettre en place les prérequis nécessaires à la réussite de la vision digitale

nationale en termes de moyens humains, d’infrastructures et de gouvernance :

Développer une politique de formation des ressources humaines qualifiées, en

nombre suffisant. Cette politique doit être accompagnée par une approche

volontariste dans le domaine de la recherche et le développement scientifique

et technique. Les relations entre le monde académique et celui de l’entreprise

doivent être restructurées pour permettre l’éclosion d’un véritable écosystème

de valorisation de la recherche et développement ;

Renforcer l’infrastructure de base : pour doter le Maroc des infrastructures de télécommunications de


demain capables de répondre aux besoins de volumes

générés par l’accès à Internet par les citoyens et les entreprises. A ce titre, un

plan de fibre optique pour les grandes villes, accompagné de solutions adaptées

pour le monde rural, s’avère nécessaire. Le Maroc doit déployer les infrastructures

nécessaires pour la 5G, sachant que certains pays travaillent déjà sur la 6G ;

Mettre en place les moyens financiers nécessaires : la réussite d’une politique

de digitalisation ambitieuse passe inévitablement par la mobilisation de

moyens financiers conséquents. Ces moyens peuvent être mobilisés selon une

démarche multiple. Les projets de digitalisation des procédures de l’Etat peuvent

être financés sur le budget général ou ceux des principaux établissements et

entreprises publics. De même, une partie peut être réalisée en faisant appel

au PPP avec des financement privés. Par ailleurs, des sources de financement
innovantes doivent être mises en place pour permettre le soutien du tissu des

entreprises agissant dans le domaine du digital (Start-up et autres FinTech) ;

Renforcer la souveraineté numérique du pays par une adaptation continue du

cadre juridique et des dispositifs techniques à même de renforcer la sécurité et la

disponibilité des systèmes d’information et notamment les plateformes vitales ;

Protéger les données et éviter toute atteinte aux libertés des individus et à leur

vie privée.

Adopter une gouvernance transverse : la réussite de la mise en place de la vision

digitale nationale nécessite une gouvernance transversale forte, dotée des

prérogatives juridiques et légales lui permettant le suivi de la mise en œuvre de

la vision dans sa globalité. Ce rôle peut être joué par l’Agence de Développement

du Digital (ADD), en la dotant des pouvoirs de décision nécessaires pour

la préparation de la mise à niveau du cadre légal et réglementaire dans les

domaines concernés par les projets prioritaires.

Renforcer la connectivité numérique, un impératif social et sociétal

138. Réduire la fracture numérique en assurant l’accessibilité pour tous et partout :

déployer une infrastructure numérique permettant une couverture à l’échelle

territoriale à travers, notamment, des connexions satellitaires ;

mettre en place un mécanisme d’aide à l’acquisition d’outils numériques (PC ou

tablettes) pour les étudiants et les apprenants.

139. Institutionnaliser le droit d’accessibilité numérique au niveau des lois


fondamentales, au même titre que les autres catégories de droits (santé,

éducation, etc.) ;

140. Accélérer la mise en place du RSU avec comme application principale le