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MINISTERE DE LA CULTURE REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE


 
ET DE LA FRANCOPHONIE

Union – Discipline - Travail

I.N.S.A.A.C
ECOLE SUPERIEURE DE MUSIQUE ET DE DANSE

Année académique 2020-2021

COURS
D’INSTRUMENTATION
ET
ORCHESTRATION

LICENCE 1
SOMMAIRE

Première partie : ETUDE THEORIQUE

Chapitre 1 : INSTRUMENTS DE MUSIQUE


1-   Type d’instrument : instruments réguliers, instruments irréguliers
2-   Famille d’instruments : aérophones, cordophones, idiophones,
membranophones, instruments électroniques
3-   Transposition : notion de transposition, instruments transpositeurs

Chapitre 2 : FORMATIONS MUSICALES/TYPES D’ORCHESTRE


1-   Duo, Trio, quatuor, quintet…
2-   Fanfare, harmonie, symphonique, philharmonique
3-   Structure et fonctionnement des ensembles musicaux : le chef, le chef de
pupitre, les pupitres… les répétions les performances (concert, récital…)

Chapitre 3 : NOTIONS D’INSTRUMENTATION


•   Objet d’étude, définitions des termes clés de la discipline : tessiture,
registre, caractère…

Chapitre 4 : NOTIONS D’ORCHESTRATION


1-   Objet d’étude, définition des termes clés de la discipline
2-   Notion d’adaptation et d’arrangement

  3  
Première partie : ETUDE THEORIQUE

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Chapitre 1 : INSTRUMENTS DE MUSIQUE

A la question de savoir ce qu’est un instrument de musique, Le Grand

Larousse indique qu’il s’agit de ‘’tout objet, brut ou fabriqué, capable de produire

des sons utilisés à des fins musicales’’.

On trouve aussi sur Wikipédia.org qu’ : « Un instrument de musique est un

objet pouvant produire un son contrôlé par un musicien — que cet objet soit conçu

dans cet objectif, ou bien qu'il soit modifié ou écarté de son usage premier. La

voix ou les mains, même si elles ne sont pas des objets à proprement parler, sont

considérées comme des instruments de musique dès lors qu'elles participent à une

œuvre musicale ». Partant de ces définitions, deux types d’instruments de musique

se dégagent à savoir les instruments réguliers et les instruments irréguliers.

1-  Type d’instrument : instruments réguliers, instruments

irréguliers

a-  Les instruments réguliers

Un instrument de musique régulier est un objet conçu fondamentalement

dans le but de faire de la musique. Il s’agit entre autres du piano, de la guitare, de

la flûte, de la trompette, de la clarinette, des timpani, etc…

b-  Les instruments irréguliers

Un instrument irrégulier est un objet dont l’usage principal n’est pas de

faire de la musique. Son utilité dans la musique dépend très souvent des

circonstances. Ce sont les cuillères, les fourchettes, la table, la chaise, les cailloux,

la calebasse, etc…

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2-  Famille d’instruments : cordophones, aérophones,

percussions, instruments électroniques

La polémique est de taille quand il s’agit de parler de la classification en

famille des instruments de musique. Certains musiciens penseurs estiment que les

instruments sont classés en cinq (05) familles (la famille des bois, celle des

claviers, des cordes, des cuivres et enfin celle des percussions), pendant que pour

d’autres, les instruments sont classés en trois (03) grandes familles (la famille des

cordophones, celle des aérophones et enfin celle des percussion).

C’est donc cette dernière classification qui retiendra notre attention car il

s’agit ici de distinguer les instruments par la manière dont le son est produit. On

ajoutera tout simplement que ces trois grandes familles précitées génèrent elles

aussi des Sous-familles. Ainsi, on retrouve :

•   La famille des Cordophones (les cordes), avec pour sous familles les cordes

pincées, les cordes frottées et les cordes frappées.

•   La famille des Aérophones (les vents), avec pour sous-familles les bois et

les cuivres.

•   La famille des Percussions avec pour sous familles les membranophones, les

idiophones (le son est produit par leur matériau), et les électrophones

(claviers numériques par exemple).

a-  Les Cordophones

Un Cordophone est un instrument de musique dont le son est obtenu par la

mise en vibration d’une ou plusieurs cordes tendues d’un point à un autre. Les

cordes sont soit frappées, pincées ou frottées. Ce groupe comprend tous les

instruments appelés instruments à cordes de manière générale (violon, violoncelle,

  6  
contrebasse, guitare, harpe, kora, banjo, mandoline, cithare, etc…), ainsi que

certains claviers comme les pianos et les clavecins.

b-  Les aérophones

Un instrument à vent (ou aérophone) est un instrument de musique dont le son est

produit grâce aux vibrations d'une colonne d'air provoquées par le souffle d'un

instrumentiste (flûte, trompette… ), d'une soufflerie mécanique (orgue, accordéon) ou

d'une poche d'air (cornemuse, veuze… ). Ils sont regroupés en deux sous familles :

•   Les bois pour lesquels le son est produit par vibration d'une anche ou à travers un

biseau ;

•   Les cuivres pour lesquels le son est produit par les lèvres du musicien sur une

embouchure.

Ces catégories dépendent du mode de production du son d'un instrument et non du

matériau utilisé pour sa conception. Ainsi les instruments à vent peuvent être fabriqués

avec toutes sortes de matières (du bois, du métal, du plastique, du Plexiglas, du cristal,

de l'ivoire ou de l'os), et certains utilisent des technologies mécaniques, électroniques ou

informatiques.

c-  Les percussions

Un instrument de percussion ou encore tout simple une percussion est un

instrument de musique dont l'obtention du son résulte de la frappe ou du grattage

d'une membrane ou d'un matériau résonnant. Les percussions ont probablement

constitué les tout premiers instruments de musique et font partie intégrante de

la plupart des genres musicaux. On les trouve en effet depuis la musique

traditionnelle jusqu'à la musique classique.

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Dans cette catégorie d’instruments, on retrouve les membranophones et les

idiophones.

v   Les membranophones

Un membranophone est un instrument de percussion dont les sons sont

produits par la vibration d'une membrane tendue sur un cadre.

La membrane peut être frappée par une main comme sur un djembé, par un

instrument (baguettes, balais, etc.), comme sur la caisse claire. Elle peut aussi

entrer en vibration par le frottement d'une tige solidaire de la peau tendue sur

un fût résonnant comme la cuica (tambour à friction). Le tambour par exemple, est

un membranophone.

v   Les idiophones

Un idiophone, ou autophone, est un instrument de musique de la famille des

percussions dont le son est produit par le matériau de l'instrument lui-même, lors

d'un impact produit soit par un accessoire extérieur (comme une baguette), soit

par une autre partie de l'instrument (comme des graines sur un filet qui l'entoure).

Les matières — végétales, animales ou minérales, comme le bois, le bambou, la

corne, le verre, le métal, la pierre ou encore le plastique — sont utilisées pour leur

son propre.

Les idiophones sont classés selon deux (02) options différentes à savoir le

mode d’ébranlement et les variétés de son :

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  Classification selon le mode d’ébranlement

Il existe sept modes principaux :

•   Par frappement : ce mode implique un élément frappant et un élément

frappé, en général immobile ;

•   Par raclement ;

•   Par entrechoc : les deux éléments, frappé et frappant, sont jumeaux et

mobiles, l'un va à la rencontre de l'autre (castagnettes, cuillers, kashaka) ;

•   Par pilonnement : il s'agit en général d'un élément frappé par plusieurs

percuteurs ;

•   Par secousse ou secouement ;

•   Par pincement ;

•   Par frottement : certains idiophones à entrechoc peuvent parfois entrer

dans ce mode en fonction de leur utilisation (c'est le cas des cymbales qui

peuvent tout autant être entrechoquées ou frappées que frottées).

  Classification selon les variétés de son

Parmi les instruments les plus représentatifs, on distingue les instruments

mélodiques :

•   Les xylophones :

o   Xylophones européens

o   Marimba

o   Balafon

o   Xylophones d'Asie du Sud-Est

•   Les métallophones :

o   Glockenspiel

  9  
o   Vibraphone

o   Hang

o   Steel-drum

•   Les tambours à fente

•   Le tambour d'eau

•   Les lithophones

Et les autres idiophones qui ne donnent pas plus d'une note. Ils sont plus petits

mais tout aussi connus, même si souvent secondaires dans un ensemble orchestral :

•   Le triangle

•   Les castagnettes

•   Les claves

•   La cymbale

•   Le gong

•   Le güiro

•   La guimbarde

•   Les maracas

•   Le scabellum

•   Le wood-block

Enfin toujours dans cette catégorie des percussions, s’ajoutent d’autres

formes dont certains cordophones (qui sont des instruments de percussion car les

cordes sont frappées en rythme et permettent de produire un son accordé aux

instruments qu'ils accompagnent) et les électrophones (instrument dont le son est

produit par l'oscillation d'un courant électrique et n'est audible que par le biais

d'un haut-parleur. Le vibraphone et la batterie électronique en sont un exemple).

  10  
3-  Transposition : notion de transposition, instruments transpositeurs

a-  La transposition

La transposition est une opération par laquelle une gamme, une mélodie ou

un morceau de musique sont élevés ou abaissés d'un ou de plusieurs degrés dans

l'échelle musicale. Elle est nécessitée quelquefois par la tessiture d'une voix ou

d'un instrument. Elle s'effectue par un changement de ton, sans que le mode soit

modifié.

La transposition d'un morceau de musique consiste donc à

décaler toutes ses notes d'un intervalle fixe vers l'aigu ou le grave.

La transposition peut s'effectuer soit à l'écriture de la partition soit au moment

de l'interprétation.

b-  Instruments transpositeurs

En musique, un instrument transpositeur est un instrument dont les

partitions s’écrivent, par convention, transposées, c’est-à-dire que les sons écrits

sont décalés par rapport aux sons produits selon un intervalle fixe. Concrètement,

l'instrument produit une note différente de celle écrite sur la partition. Par

exemple, lorsqu'un trompettiste joue un do écrit sur sa partition avec une

trompette en si ♭, le son réel est en fait un si ♭ ou, dans le cas du cor en fa,

un do écrit fait entendre un fa, une quinte en-dessous.

  11  
Chapitre 2 : ENSEMBLES MUSICAUX/TYPES D’ORCHESTRE

Un orchestre ou un ensemble musicale est un ensemble de musiciens

instrumentistes réuni pour l'exécution d'une œuvre musicale. Le nombre et la

combinaison des interprètes dépendent du compositeur, de l'époque et du genre

du répertoire abordé. Le plus souvent, il est dirigé par un chef d'orchestre, mais

un des musiciens peut aussi mener le groupe. Ainsi des noms sont attribués aux

orchestres ou aux ensembles musicaux en fonction du nombre de musiciens qui les

constitue.

1-  Duo, Trio, quatuor, quintet…

Un ensemble peut être constituer de deux à dix musiciens sachant qu’au-

delà il n’existe pas de terminologie usuelle. Le nom de la formation ou du groupe

reflètera donc le nombre de parties sollicitées. On aura ainsi les terminologies

suivantes :

•   Un duo — un duet, en jazz — est un ensemble de deux solistes ou deux

pupitres.

•   Un trio est un ensemble de trois solistes ou trois pupitres.

•   Un quatuor — un quartet ou quartette, en jazz — est un ensemble de

quatre solistes ou quatre pupitres.

•   Un quintette — un quintet ou quintette, en jazz — est un ensemble de cinq

solistes ou cinq pupitres.

•   Un sextuor — un sextet ou sextette, en jazz — est un ensemble de six

solistes ou six pupitres.

•   Un septuor — un septet ou septette, en jazz — est un ensemble de sept

solistes ou sept pupitres.

•   Un octuor — un octet ou octette, en jazz — est un ensemble de huit

solistes ou huit pupitres.

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•   Un nonette, ou nonet, est un ensemble de neuf solistes ou neuf pupitres.

•   Un dixtuor est un ensemble de dix solistes ou dix pupitres.

Lorsqu'on a affaire à un ensemble de solistes qui se retrouve accompagné,

l'accompagnement éventuel — un ou plusieurs instruments, par exemple — n'est

généralement pas pris en compte par la terminologie usuelle. Par exemple, le « Trio

des masques » du premier acte du Don Giovanni de Mozart constitue bien un trio

— pour deux sopranos et un ténor — mais ces trois voix sont évidemment

accompagnées par l’orchestre.

2-  Orchestres : symphonique ou philharmonique, Harmonie,

Fanfare, Bagad, Chambre, Variété…

Suivant les familles d'instruments de musique qui le composent (cordes,

bois, cuivres et percussions), un orchestre peut prendre des formes multiples

comme en musique classique :

a-  Le grand orchestre symphonique ou philharmonique

Ensemble musical formé des trois grandes familles d’instruments : cordes,

instruments à vent (bois, cuivres) et percussions. La composition précise de

l'orchestre dépend de l'œuvre exécutée.

Chaque pupitre comprend un premier soliste (pouvant être secondé par un

second ou un troisième soliste) dont le rôle, comme son nom l'indique, est de jouer

les parties solo d'une partition orchestrale, mais aussi de diriger des répétitions

partielles de son pupitre. Les autres musiciens sont appelés des tuttistes.

Le « premier violon solo » (ou super-soliste) a un rôle hiérarchique et

représente souvent l'orchestre devant son chef (qui le salue lors des concerts) et

  13  
devant le public (il commande les levers des musiciens et accueille le chef

d'orchestre). Il est de tradition que ce soit lui qui demande le « La » au hautbois

pour vérifier l'accord des instruments.

La disposition des différents pupitres peut varier notamment si l'orchestre

est caché comme dans le cas d'une fosse d'opéra par exemple.

En règle générale, les cordes sont réparties en demi-cercle de gauche à

droite du chef d'orchestre, et de l'aigu vers le grave (premiers violons, deuxièmes

violons, altos, violoncelles et, derrière ces derniers, contrebasses).

Les vents peuvent être répartis en ligne (de l'aigu vers le grave) :

cors / trompettes / trombones / tubas

flûtes / hautbois / clarinettes / bassons

cordes

ou en carrés (favorisant l'écoute entre les divers pupitres) :

clarinettes / bassons // trombones / tubas

flûtes / hautbois // cors / trompettes

cordes

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  Composition des cordes frottées d'un grand orchestre symphonique moderne

Les cordes sont la partie la plus constante de l'orchestre symphonique. Elles

sont divisées en cinq pupitres, habituellement répartis de la manière suivante, de

gauche à droite (en regardant l'orchestre) :

•   Les premiers violons, au nombre de 16 environ ;

•   Les seconds violons, au nombre de 14 environ ;

•   Les altos, au nombre de 12 environ ;

•   Les violoncelles, au nombre de 10 environ ;

•   Les contrebasses, au nombre de 8 environ.

Ces effectifs sont à diviser par deux pour un orchestre symphonique de type

« Mozart ».

  Composition des bois d'un grand orchestre symphonique moderne

Disposée le plus souvent en arrière des cordes, la sous famille des bois peut

être d'un effectif très variable suivant le répertoire abordé.

La puissance sonore de la sous famille bois supérieure à celle des cordes,

dans un rapport de 2 à 7 suivant les instruments et les registres, à l'exception

des notes les plus graves de la flûte d'une intensité à peu près équivalente à celle

du violon, explique le nombre réduit des pupitres de bois par rapport à ceux de

cordes et leur rôle fréquemment soliste, particulièrement les flûtes et les

hautbois, un peu moins les bassons qui doublent souvent les violoncelles, au moins

dans les compositions du XVIIIe siècle.

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•   Les flûtes

o   1 piccolo

o   2 à 4 flûtes traversières, l'une d'entre elles pouvant jouer le

deuxième piccolo

o   N.B. : certaines œuvres utilisent une flûte en sol jouée par l'un des

flûtistes

•   Les hautbois

o   2 à 4 hautbois le quatrième pouvant jouer le deuxième cor anglais

o   1 cor anglais

o   1 hautbois d'amour, dans certaines œuvres, peu fréquentes, joué par

l'un des hautboïstes

•   Les clarinettes

o   1 clarinette en mi♭ (dite « petite clarinette »)

o   2 à 4 clarinettes en si♭ ou en la (très rarement en ut), la quatrième

pouvant jouer la deuxième clarinette basse

o   1 clarinette basse

•   Les bassons

o   2 à 4 bassons, le quatrième pouvant jouer le deuxième contrebasson

o   1 contrebasson

•   Le saxophone

o   Né au sein de l'orchestre du XIXème, il a sa place dans certains

chefs-d'œuvre et dans la musique symphonique à partir de 1845.

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  Composition des cuivres d'un grand orchestre symphonique moderne

Disposés en arrière des bois, les cuivres se composent des instruments

suivants. Ils participent à l'orchestre selon les besoins liés au répertoire abordé.

•   2 à 4 trompettes, l'une d'elles pouvant jouer la trompette piccolo

•   2 à 8 cors d'harmonie, quatre d'entre eux pouvant jouer les tubas

wagnériens

•   2 à 4 trombones

•   1 trombone basse

•   1 ou 2 tubas

Leur très grande puissance sonore, de l'ordre du double de celle des bois

et 6 ou 7 fois de celle des cordes, moins écrasante dans le grave mais atteignant

jusqu'à plus de 15 pour la trompette par rapport au violon dans le registre aigu,

impose leur place à l'arrière et leur nombre relativement limité.

  Composition des percussions d'un grand orchestre symphonique moderne

Dans un orchestre symphonique, les instruments de percussion,

généralement placées derrière les cuivres, sont le plus souvent classés en trois

groupes :

•   Les claviers

o   bois : xylophone, marimba

o   métal : vibraphone, glockenspiel, célesta, jeu de cloches ou carillon

tubulaire

•   Les peaux

o   accordables : timbales (le plus souvent par jeu de cinq)

o   grandes : grosse caisse

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o   moyennes : tambour d'orchestre, caisse claire, timbale(è)s

o   petites : tambourin et tambour de basque, bongos, congas, tumbas

•   Les accessoires :

o   bois : wood-block, temple block, castagnettes, fouet, güiro,

maracas...

o   métal : cymbales (frappées, suspendues, charlestons…), triangle,

grelots, chimes, gong, tam-tam...

o   divers : flexatone, sifflet, klaxon, sirène...

b-  L’orchestre d’harmonie

Ensemble musical regroupant la famille des vents (bois, cuivres) et des

percussions, ainsi que la contrebasse à cordes (voire, dans la tradition sud-

américaine, le violoncelle). Il peut également inclure à l'occasion des instruments

particuliers (piano, clavier, guitare, guitare basse, célesta, harpe etc.) et même la

voix.

Les effectifs d'un orchestre à l'autre peuvent être très variables en

nombre de musiciens (d'une petite vingtaine à plus d'une centaine, la moyenne pour

un orchestre complet et équilibré se situant à quarante/quarante-cinq

instrumentistes) et en types d'instruments. Peuvent s'y retrouver :

•   Famille des bois :

o   Flûtes traversières, dont une pouvant jouer du Piccolo

o   Hautbois, dont un pouvant jouer du Cor anglais

o   Bassons dont un pouvant jouer du Contrebasson (rare)

o   Petite Clarinette en mi (optionnelle), Clarinettes en si , en 2 ou 3

voix, pupitre le plus nombreux, Clarinette alto en mi (optionnelle),

Clarinette(s) basse(s) et parfois une Clarinette contrebasse (très

rare)

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o   Saxophone soprano (rare car en principe dédié à l'orchestre de

fanfare), Saxophones altos, en 2 voix, Saxophones ténors,

Saxophone(s) baryton(s) et Saxophone basse (rare)

•   Famille des cuivres :

o   Trompettes, Cornets à piston, Bugles en 2 ou 3 voix

o   Cors, Saxhorns altos (ces derniers, assez présents à l'origine des

harmonies, sont de plus en plus rares dans les harmonies modernes),

en 2 ou 4 voix

o   Trombones à coulisse (plus rarement à pistons, car en principe dédiés

à l'orchestre de fanfare), en 3 voix, l'un pouvant jouer du Trombone

basse

o   Euphoniums, Saxhorns barytons

o   Tubas, Saxhorns basses et contrebasses

•   Famille des percussions :

o   Timbales

o   Batterie

o   Grosse caisse, Cymbales

o   Xylophone, Vibraphone, Glockenspiel

o   Cloches tubulaires

o   Accessoires (triangle, maracas, tambourin, etc.)

•   Et également (en option) :

o   Contrebasse à cordes, parfois un ou plusieurs violoncelles

o   Harpe

o   Piano voire Célesta

o   Guitare électrique

o   Basse électrique

o   Synthétiseur

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c-  L’orchestre de fanfare

Ensemble musical formé de la sous famille des cuivres, et de la famille des

percussions. Il est possible d’y adjoindre les saxophones.

d-  Le bagad

Ensemble musical de type orchestre, inspiré à l'origine du pipe band

écossais, interprétant des airs le plus souvent issus du répertoire traditionnel

breton. Il est composé de trois pupitres : bombarde, cornemuse écossaise et

percussions. Le pupitre percussions comporte toujours des caisses claires

écossaises, complétées par diverses percussions non traditionnelles selon

l'importance et l'identité musicale du groupe.

e-  L’orchestre de chambre

Ensemble musical organisé autour du quatuor ou quintette des cordes

frottées : premiers violons (généralement au nombre de trois ou quatre), seconds

violons (généralement trois), altos (deux), violoncelles (deux) et une contrebasse.

Il est dirigé par un chef d'orchestre ou non. Lorsque la musique baroque est à son

répertoire, les violoncelles et contrebasse se renforcent d'un clavecin et font

partie de la basse continue. Il n'est pas rare d'y trouver quelques bois : flûtes,

clarinettes, hautbois et bassons, le plus souvent par deux. Enfin, et selon les

circonstances, quelques instruments d'appoint peuvent le cas échéant compléter

la structure de base : cors, trompettes, parfois des timbales…

f-   L’orchestre de variété

Contrairement à l'orchestre symphonique ou à l'harmonie, l’orchestre de

variété se permet d'interpréter tout genre d'œuvre, qu'importe le répertoire. Il

sera souvent accompagné d'une batterie, des guitares, d'une basse ou de

n'importe quel instrument étranger à l'orchestre symphonique habituel. Les

  20  
violons, grosses caisses, contrebasse et autres seront bien sûr au rendez-vous. Il

est en fait formé de tous les instruments possibles. L'orchestre de variété

interprètera plus souvent du répertoire populaire que du classique. Sa liberté lui

permet de monter à grande échelle des œuvres sinon méconnues ou arrangées plus

modestement.

3-  Structure et fonctionnement des ensembles musicaux : le chef

d’orchestre, le chef de pupitre ou chef d’attaque, le super soliste, le

premier violon solo, les solistes, les tuttistes, les pupitres… les

répétions les performances (concert, récital…)

Les rôles dans un orchestre sont bien définis pour que tout fonctionne.

Certains musiciens ont davantage de responsabilités que les autres et assurent

des rôles importants tant du point de vue de la musique que dans la gestion des

rapports humains.

a-  Le Chef d’orchestre

Un chef d'orchestre est un musicien chargé de coordonner le jeu des

instrumentistes des orchestres symphoniques, de jazz, d'harmonie, de bagad ou

de fanfare et même de variété. Sa tâche consiste, sur le volet technique, à rendre

cohérent le jeu de l'ensemble des musiciens par sa gestuelle, notamment en leur

imposant une pulsation commune. Il règle par ailleurs l'équilibre des diverses

masses sonores de l'orchestre. Sur le volet artistique, c'est à lui que revient la

tâche d'orienter l'interprétation des œuvres, un processus qui s'étend à partir du

choix du répertoire, de la première répétition jusqu'à la représentation finale.

  21  
Le chef d'orchestre peut être « permanent » ou « invité ». Dans le premier

cas, un contrat le lie à l'orchestre, avec lequel il doit effectuer un certain nombre

de concerts ou d'enregistrements dans l'année. Il participe également à

l'administration de la phalange1, aux recrutements des nouveaux membres et

établit son programme. Le chef invité ne l'est que pour une courte période

correspondant aux répétitions et à l'exécution d'un ou de quelques concerts.

Le travail proprement dit du chef d'orchestre s’articule autour de trois

phases : la préparation, la répétition et le concert.

b-  Le Chef de pupitre ou chef d’attaque

Ils assurent un rôle de leader du pupitre et se font porte-parole auprès du

chef ou des autres musiciens. On parlera de chef d’attaque chez les cordes, et

plus précisément au sein des seconds violons. Ceux-ci peuvent décider des coups

d’archets pour les parties de seconds violons sur une partition.

c-  Le super soliste

Certains orchestres font appel à des super solistes. Ces musiciens signent

un contrat spécial, hors catégorie, et comme leur nom l’indique, ils jouent les

parties solos pendant les concerts. Ce sont eux qui accordent l’orchestre et

serrent la main du chef avant l’exécution de l’œuvre, parfois même en répétition.

Ce rôle n’existe pas dans tous les pays, ni dans tous les orchestres.

                                                                                                                       
1
 Phalange, terme parfois utilisé pour désigner un orchestre symphonique de musique classique  

  22  
d-  Le premier violon solo

Rôle clé dans l’orchestre, le premier violon solo a de nombreuses

responsabilités. Si l’orchestre ne dispose pas d’un super soliste, il est le musicien

le plus important pendant les répétitions et les concerts. Outre son rôle de soliste,

il veille sur son pupitre, peut décider des coups d’archet sur une partition et

exerce une autorité morale, faisant le lien entre les musiciens et le chef,

notamment en cas de conflit. C’est un peu le représentant de l’orchestre.

e-  Les solistes (1er soliste, 2ème soliste, 3ème soliste, etc…)

Pour chaque pupitre, il y a un soliste désigné qui joue les parties solos de la

partition. Si le premier soliste est empêché, le deuxième prend sa place et ainsi

de suite. Ces musiciens ont aussi un rôle de porte-parole entre le chef et le pupitre

sur des aspects musicaux, mais aussi humains, comme lors du recrutement d’un

nouveau musicien au sein d’un pupitre.

f-   Les tuttistes

Parfois appelés « musiciens du rang », les tuttistes sont les autres membres

de l’orchestre, toutes familles d’instruments confondues, qui n’ont pas de rôle de

solistes.

Les termes utilisés pour désigner tous ces rôles changent d’un orchestre à

l’autre. On peut par exemple entendre parler de chefs de pupitre pour désigner

les solistes. D’autres changements s’opèrent lorsque l’on passe d’une langue à

l’autre. En anglais par exemple, le premier violon solo s’appelle le « principal player

» ou le « leader ». Un terme qui montre à quel point son rôle va au-delà de l’aspect

purement musical.

  23  
g-  Les pupitres

À l'origine, un pupitre est un élément de mobilier muni d'un plan incliné

permettant de maintenir ouvert un document afin de pouvoir lire, écrire ou tout

au moins faciliter sa consultation. Par extension, en musique, le mot revêt plusieurs

sens : objet soutenant une partition, emplacement du chef d'orchestre, section

d'un orchestre.

  Un support pour la partition

Le pupitre a désigné un meuble servant à soutenir une partition, afin d'en

permettre la lecture, au milieu du Moyen Âge, dès que la musique occidentale

savante a systématisé l'usage de la notation,

Ainsi depuis la naissance de la littérature purement instrumentale, à la

période baroque, le pupitre sert bien évidemment à libérer les mains du musicien,

normalement sollicitées par le jeu instrumental. Le chanteur quant à lui, se passe

habituellement de pupitre : en effet, si un choriste ou un soliste vocal doit utiliser

une partition, celle-ci, désormais individuelle, peut tout à fait être tenue entre

ses mains.

Dans un orchestre symphonique classique, les pupitres (et donc, les

partitions) sont généralement répartis à raison d'une unité pour deux

instrumentistes. Cette proportion garantit un minimum de confort pour la lecture,

préserve un peu l'espace vital des musiciens, et surtout, évite le risque d’une

interruption intempestive du déroulement de la musique au moment où les

interprètes tournent simultanément la page de leur partition.

Il existe des pupitres de toutes tailles, de toutes formes : des pupitres

fixes, des pupitres pliables, des pupitres incorporés à l'instrument lui-même (sur

un piano, par exemple), ou encore, des pupitres pouvant être fixés sur l'instrument

  24  
et qu'on appelle alors lyre (par exemple, sur les instruments d'un orchestre

d'harmonie-fanfare prenant part à un défilé), etc.

  Le poste du chef d'orchestre

Le pupitre peut métaphoriquement désigner la place du chef d'orchestre.

  Un groupe de musiciens

Dans un ensemble musical, un pupitre désigne un groupe de musiciens

exécutant la même partie, comme les ténors dans une chorale ou les deuxièmes

violons dans un orchestre symphonique, mais il désigne aussi un ensemble

d'instruments appartenant à la même famille, les bois d'un orchestre d'harmonie

ou les cuivres d'un big band.

h-  Les répétitions

La répétition en musique, est un exercice d’apprentissage ou de

mémorisation d’une partie ou de la totalité d’une œuvre musicale sous la direction

du Chef d’orchestre. Elle est le lieu où, toutes les remarques et observations sont

portées afin de réussir l’exécution d’une œuvre musicale.

Ainsi par exemple, avant un concert ou une prestation, les musiciens se

rassemblent pour travailler la musique du programme ensemble. Il est rare qu’ils

jouent tout le programme d’un coup pendant une répétition, sauf pour la générale.

Le reste du temps, ils s’exercent sur des petits passages et suivent les conseils

du chef.

  25  
i-   Les performances (Concert, récital…)

Une performance musicale est une action entreprise par un (ou des)

musicien(s), face à un public. Elle se traduit aux moyens de concerts, de récitals,

etc…

Un concert est une représentation musicale d'un ou plusieurs musiciens —

chanteurs ou instrumentistes —, en public, gratuite ou non, dans un lieu aménagé

à cette occasion — une salle, un jardin, une église, une place, etc.

Le but essentiel d'un concert est l'audition de la musique par un auditoire,

mais il peut aussi faire l'objet d'une captation pour une commercialisation

ultérieure sous forme d'enregistrement sonore ou visuel.

Un récital est un concert donné en public ou de façon privée, le plus souvent

par un ou deux musiciens. On parle également de récital dans la chanson et la

poésie.

  26  
Chapitre 3 : NOTIONS D’INSTRUMENTATION

1-   Objet d’étude

En musique, l’instrumentation désigne de façon générale le dispositif,

l'effectif, la nature et la répartition des instruments dans un ensemble,

notamment ceux de l'orchestre. Le terme désigne aussi la discipline étudiant ces

aspects. Elle concerne donc la connaissance des timbres, des registres et des

modes de jeu de chaque instrument de musique..

L'instrumentation ne doit pas être confondue avec l'orchestration, qui elle,

étudie l'art de combiner ensemble tous ces timbres, en fonction de leurs registres

et de leurs modes de jeu.

L'instrumentation est la base servant à orchestrer une œuvre. En effet, le

compositeur ou l'arrangeur va définir à l'avance les instruments qui lui

permettront d'habiller la mélodie et les contre-chants éventuels. Pour pouvoir

orchestrer, il faut connaître parfaitement les possibilités — et les limites — de

tous les instruments de musique.

Pour cela, il existe des traités d'instrumentation, tels que le traité

d'instrumentation de Berlioz , le traité d'orchestration de Charles Koechlin, pour

les plus anciens où sont décrits quelques instruments aujourd'hui disparus, tels le

serpent ou l'ophicléide. La technique des instrumentistes ayant progressé,

certaines possibilités nouvelles font défaut dans ces ouvrages…

Parmi les ouvrages modernes, il faut citer le Traité d'Instrumentation

d'Ivan Jullien (volume III du Traité de l'Arrangement), où figurent toutes ces

nouvelles possibilités et la description de nouveaux instruments apparus. La

classification de l'orchestre ayant évolué, cet ouvrage contient une étude

  27  
complète sur les synthétiseurs, les formes de synthèse, l'échantillonnage sonore

et les instruments virtuels.

L'instrumentation classe les instruments en huit groupes principaux :

1.   Les cuivres (trompette, cornet à pistons, trombone, cor, saxhorn,

euphonium, tuba, etc.)

2.   Les saxophones (sopranino, soprano, alto, ténor, baryton, basse, etc.)

3.   Les bois (flûte traversière, piccolo, clarinette, hautbois, cor anglais, basson,

contrebasson, etc.)

4.   Les cordes (violon, alto, violoncelle, contrebasse, etc.)

5.   Les percussions générales (batterie, timbales, grosse caisse, tam-tam,

tambours, tambourin, congas, bongos, « cuica », etc.)

6.   Les claviers (piano, clavecin, orgue, etc.), le synthétiseur, les percussions-

claviers (célesta, vibraphone, glockenspiel, xylophone, marimba, gongs,

cloches, etc.)

7.   Divers (harpe, guitare, guitare basse, accordéon, mandoline etc.) ; les

instruments anciens (violes, vièles, flûtes à bec, galoubet, flûte de Pan,

cornet à bouquin, cornemuse, biniou, etc.)

8.   Les chœurs (voix de femmes, voix d'hommes, voix d'enfants)

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2-   Définition des termes clés

a-  La Tessiture

S'appliquant seulement au domaine musical, le terme tessiture désigne

l'ensemble continu (l'échelle) des notes qui peuvent être émises par un instrument

de musique de façon homogène : même volume, même qualité de timbre et

d'harmoniques, comme il est d'usage de considérer en « musique classique ». C’est

donc la partie du registre d'un instrument qui est couverte avec un maximum

d'aisance. Tessiture aiguë, grave, moyenne.

L’acquisition de bonnes techniques vocales ou instrumentales peut

permettre d'augmenter cette tessiture par un travail sur la souplesse et le

contrôle de l'instrument.

b-  L’étendue

C'est la distance plus ou moins considérable qu'il y a entre le son le plus

grave et le plus aigu d’un instrument de musique. Autrement dit, il s’agit de la

somme de tous les sons propres à une voix ou à un instrument, compris entre les

deux extrêmes.

c-  Le Registre

Pour la plupart des instruments (bois, cuivres, percussions, cordes), le

registre désigne l'ensemble des notes possédant les mêmes caractéristiques de

sonorité et exigeant la même technique.

Ainsi on peut, comme pour tout instrument, distinguer différents registres

depuis le grave vers l'aigu : le registre grave, le registre moyen, le registre aigu,

et parfois, le registre suraigu.

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d-  Le Timbre

En musique, le timbre désigne l'ensemble des caractéristiques sonores qui

permettent d'identifier un instrument. Cette composante essentielle, quoique

longuement étudiée, n'a été que tardivement comprise. Ainsi le « timbre » d'un

instrument de musique est l'ensemble de ses caractères distinctifs.

e-  Le Caractère

Le caractère désigne l’ensemble des possibilités d’un instrument de musique

à exécuter des exécuter des nuances ou des parties expressives dans une œuvre.

f-  L’Echelle

L’échelle musicale est la réunion de tous les sons appréciables à l’oreille,

depuis le plus grave jusqu’au plus aigu, et pouvant être exécutés par des voix ou

des instruments.

On divise cette échelle en trois parties principales ; chacune de ces parties

prend le nom de registre. Le registre du grave qui comprend les sons les plus

graves. (1er tiers de l’échelle). Le registre de l’aigu qui comprend les sons les plus

aigus. (3e ou dernier tiers de l’échelle).

Le registre du médium qui comprend les sons intermédiaires, plus aigus que

ceux du registre grave, et plus graves que ceux du registre aigu. (2e tiers de

l’échelle).

L’échelle musicale ayant une très grande étendue, les sons qu’elle contient

ne pourraient s’écrire sur une seule portée sans le secours d’un grand nombre de

lignes supplémentaires, C’est pour obvier à cet inconvénient qu’on a imaginé les

diverses clés au moyen desquelles on peut placer sur la portée les différents

registres de l’échelle musicale.

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Chapitre 4 : NOTIONS D’ORCHESTRATION

1-  Objet d’étude

L’orchestration est un domaine d’étude qui succède à l’instrumentation,

cette étape préliminaire où l’étudiant explore le fonctionnement des instruments

et réalise ce qui est raisonnablement jouable par un exécutant professionnel. C’est

la science musicale qui décrit les règles de distribution des différentes parties ou

voix à exécuter aux instruments correspondants. Autrement dit, le compositeur

en train d’« orchestrer » distribue consciemment sa musique aux instruments

d'après le rendu qu'il souhaite obtenir.

L’orchestration est donc l’art de composer pour chaque instrument de

l'orchestre, de combiner, d’adapter, d'équilibrer ou d'arranger les parties

instrumentales par leur emploi dans un ordre donné et en fonction du timbre de

chaque instrument. En conséquence, nous définirons l’orchestration comme la

composition à partir de timbres.

2-  Notion d’adaptation et d’arrangement

a-  Adaptation musicale

En composition musicale, l’adaptation consiste à arranger un morceau en vue

d’un but autre que sa destination originale. Autrement dit, il s’agit de procéder à

la transformation d'une œuvre pour la rendre propre à une autre destination que

celle d’origine.

b-  Arrangement musical

En musique, le mot « arrangement » est employé d'une manière vague pour

désigner toutes les adaptations possibles d'une œuvre. Le plus souvent, cette

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adaptation est destinée à faciliter l'exécution, en transcrivant l'œuvre soit pour

un nombre d'instruments plus restreint, soit pour des instruments usuels. Dans

certains cas, l'arrangement aboutit à une véritable caricature du texte original

sous prétexte de le rendre plus facile et plus attrayant, généralement dans un but

commercial. Il n'est donc pas étonnant qu'une connotation plutôt péjorative soit

attachée au mot « arrangement ». Cependant, il arrive aussi que l'œuvre originale

ne soit pas simplifiée, mais au contraire rendue plus riche et plus complexe. Il

existe donc de multiples formes d'arrangement, chacune pouvant être désignée

par un terme plus explicite mais plus restreint : réduction, orchestration,

transcription, paraphrase, etc.

Il est techniquement difficile de faire un arrangement sans quelques

modifications, fussent-elles mineures, du texte original. Mais il en existe toutefois

une grande quantité pour lesquelles on peut remarquer, de la part de l'arrangeur,

une intention évidente de respecter l'essentiel du texte tout en le rendant

accessible à l'exécution par des instruments autres que ceux pour lesquels il avait

été primitivement écrit. De tels arrangements existent, soit dans le sens d'une

diminution des moyens originairement prévus (par exemple, réduction pour piano

d'une œuvre pour orchestre), soit dans le sens d'une augmentation desdits moyens

(par exemple, orchestration d'une œuvre pour piano).

Il existe aussi des arrangements dont le but essentiel est de rendre

différente (plus accessible, ou plus complexe) la manière dont l'œuvre se présente

à l'auditeur. Il s'agira, soit d'une simplification (suppression de certains passages

difficiles, schématisation des enchaînements harmoniques), soit d'un

enrichissement (introduction de variations diverses, d'harmonies plus subtiles, de

motifs mélodiques nouveaux).

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