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LES AVULSIONS DENTAIRES 

:
(TECHNIQUES OPERATOIRES)

1 -Introduction Et Définition :
Si les évolutions de la parodontie et de la dentisterie conservatrice, notamment
dans le domaine de l’endodontie, permettent dans bon nombre de cas de
préserver le capital odontologique des patients, les extractions dentaires
demeurent de pratique courante.
Définie techniquement comme l’ensemble des manœuvres qui permettent de
sortir la dent de l’alvéole (logette ou se trouve l organe dentaire).
A la fois c’est un geste thérapeutique et chirurgical, elle obéit à un certain
nombre de règles qu’il convient de respecter ; pour mener à bien la réalisation
d’un tel acte en diminuant autant que possible les risques de survenue de
complications per ou post-opératoires. Toutes les extractions ne présentent pas
le même degré de difficulté dans la réalisation du geste, il y a :
- Les avulsions simples ;
- Les avulsions difficiles ;
- Les avulsions des dents incluses et enclavées.

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2 -Les Différents Types D’avulsions Dentaires :

A/ Les Avulsions Dentaires Simples :


1/ DEFINITION :
C’est un acte chirurgical qui consiste à pratiquer l’avulsion d’un organe
dentaire sans anomalie de structure, ni de forme ni de position et dans un
contexte local et général non susceptible de compliquer sa réalisation.
Un tel acte nécessite le respect d’un certains nombres d’éléments fondamentaux
inhérents ‫ مالزم‬à toute pratique chirurgicale :
- L’installation du patient dans une position confortable.
- L’opérateur doit être habillé d’une blouse propre à manches courtes, après
avoir pratiqué un lavage soigneux des mains.
- Pour l’avulsion simple, la position debout est préférable car elle assure
une meilleure stabilité, une grande mobilité et facilite une bonne
gestuelle.
- L’utilisation d’un champ stérile est recommandée.
- Un bon éclairage (scialytique). Certains praticiens complètent ce type
d’éclairage par le port d’un système de lumière frontale.
- Un bon fonctionnement du fauteuil (aspiration chirurgicale).

2/L’INSTRUMENTATION :
La connaissance du matériel et la maîtrise des techniques de son utilisation
constituent des éléments qui conditionnent la réussite de l’acte opératoire
(l’avulsion dentaire).
2-1- Les syndésmtomes :
Ils permettent de couper la sertissure gingivale tout autour de la dent ; ce qui
évite de provoquer des déchirures de la gencive. On a :
* les syndésmotomes CHOMPRET

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- Le syndésmotome droit.
- Le syndésmotome faucille.
- Le syndésmotome coudé sur le tranchant.
- Le syndésmotome coudé sur le plat.
* le syndésmotome BERNARD.

2-2- Les élévateurs :


Ils servent à mobiliser la dent après syndesmotomie, les plus utilisés sont :
* Les élévateurs droits de PONT.
* Les élévateurs en baïonnette de ROY.

2-3- Les daviers (pinces) : Ils sont formés de trois parties : + Les mors + Les
manches + La charnière
Ils permettent de saisir solidement la dent, complètent activement la luxation et
terminent l’avulsion .On a :

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* Davier pour le maxillaire supérieur :(dent complète).
Ils possèdent des mors parallèles aux manches ou légèrement obliques par
apport à celle-ci. On distingue :
- Davier pour les incisives et les canines : les mors sont arciformes, non
jointifs et symétriques, parfaitement rectilignes (droit) ;
- Davier pour prémolaires : en forme de « S » étiré, mors arciformes
symétriques et non jointifs ;
- Davier pour 1ère et 2ème molaires : en forme de « S » étiré, mors non
jointifs et non symétriques (mors arciforme du coté palatin et présentant
un ergot du coté vestibulaire) ;
- Davier de dent de sagesse : il est en baïonnette, large et symétrique.

* Daviers pour maxillaire inférieur :


Ils possèdent des mors formant un angle droit avec la manche. On a :
- Davier pour les incisives, canines et prémolaires avec des mors
symétriques, arciformes et non jointifs ;
- Davier pour 1ère et 2ème molaires (mors identiques présentant deux ergots
un vestibulaire et l’autre linguale) ;
- Davier pour dent de sagesse présente des mors semblables et volumineux,
contrairement aux autres daviers il s’ouvre dans le plan horizontal.
N.B :
*Les daviers de racine : qu’ils soient maxillaire supérieur ou inférieur, ils
ont comme point commun de posséder des mors long, symétriques et
jointifs.
* Les daviers pour dents lactéales : Ils s’agit de petits daviers adapter au
volume de cette denture.

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2-4- La curette : Son rôle est d’explorer l’alvéole déshabitée afin de retirer
les éventuels débris osseux, dentaires, kystiques ou tissu de granulation. Leur
extrémité est en forme de cuillère. On a :
La curette coudée sur le tranchant à droite et à gauche et curette droite.

2-5- La pince gouge :


C’est une pince qui permet la régularisation des bords alvéolaires saillants,
également réservée à la régularisation des septa inter-radiculaires et inter
dentaires lors des avulsions multiples.

2.6- Le matériel de suture (pince porte aiguille, ciseau à couper, fil de


suture) :
Même dans le cadre des avulsions simples, il est indispensable de posséder le
matériel nécessaire pour des sutures (afin de parfaire une hémostase difficile à
obtenir par une simple compression) .les sutures sont indiquées en cas
d’avulsion multiples.

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3- LE PROTOCOLE OPERATOIRE DE BASE :

3-1- La Désinfection péribuccale et endobuccale : elle peut être obtenue :


- Par un simple bain de bouche ;
- Application d’une compresse imbibée d’une solution antiseptique en
badigeonnant les lèvres puis l’intérieur de la bouche.

3.2- L’anesthésie : Sans silence opératoire, il est difficile de mener à bien un


avulsion dentaire. donc l’anesthésie est une étape indispensable.

3-3- La syndésmotomie : Elle se pratique avec le syndesmotome, et le miroir en


main, sur toutes les faces et au contacte de la dent ; avec un point d’appui pour
éviter tout dérapage d’instrument.

3-4- La luxation : L’utilisation prudente ‫ذرة‬KK‫ ح‬de l’élévateur contribue à


mobiliser la dent, elle se pratique au niveau proximal (distal et mesial) de la
dent. Elle contribue à facilité d’action du davier. Parfois seule elle permet
l’avulsion de la dent.

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N.B : La mobilisation est une étape capitale du protocole, elle se
fera toujours du coté vestibulaire.
3.3- L’avulsion : Le choix du davier est prépondérant pour garantir une prise
correcte de la dent à extraire. Les mouvements à imprimer sont variables selon
le type de la dent :
- Des mouvements de rotation pour les dents monoradiculées.
- Des mouvements de version (V.L.V.P) pour les dents pluriradiculées.
- Associer à des mouvements de traction soit en haut soit en bas.

3.4- La Révision alvéolaire ou curetage :


La révision alvéolaire se fera avec une curette, on vérifier l’intégrité des parois
alvéolaires ou la suppression des débris dentaires et /ou de tissus de granulation.

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3.5- L’hémostase : le patient ne sera libéré si l’hémostase n’est pas
satisfaisante. Dans la plus part des cas une compression bidigitale (pouce
et index) ; complétée par une compression axiale suffit à assurer l’arrêt
du saignement
3.6- Les conseils postopératoires : Elles sont :
- Il faut éviter les bains de bouche pendant les 24 premières heures suivant
l’extraction et recommander après;
- Il faut éviter la prise de tabac – alcool et boissons chaudes le jour de
l’extraction ;
- Une bonne motivation à l’hygiène ;
- Pour lutter contre les douleurs postopératoire il est conseillé parfois de
prescrire un antalgique (EX paracétamol).

4- Les Indications Particulières :


Il appartient à l’opérateur de moduler le protocole de base en fonction d’un
certains nombres d’éléments :
- Le secteur dentaire.
- Le* Groupe incisivo-canin  conditions locales ou générales.

4-1- Selon le secteur dentaire :


4.1.1- Au maxillaire supérieure : l’opérateur se place devant et à droite du
patient qui est installé en position semi-allongée ou allongée.

Groupe incisivo-canin :
- La syndesmotomie : Pendant que la main gauche du praticien écarte la
lèvre supérieure, la main droite (droitier) tient le sydesmatome comme un

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stylo en prenant un point d’appui stable, cutané ou muqueux, il réalise une
coupure des ligaments gingivo-dentaires.
- La subluxation : Avec un élévateur droit et au niveau distal et mesial entre
l’os alvéolaire et le cément. on réalise des mouvements d’abaissement
pendant que l’autre main prenne les deux tables (le pouce est palatin,
l’index est vestibulaire).
- L’avulsion : Toujours la main gauche du praticien maintient les tables, les
mouvements indiqués sont des mouvements de rotations horaire et anti-
horaire associes à des mouvements de tractions en bas.

- Révision alvéolaire ; hémostase et conseils post-opératoire. 

* Groupe prémolomolaire :
- Coté droit : le praticien se place du coté droit légèrement en arrière du
patient, c’est le pouce de la main gauche qui écarte la lèvre et la joue,
tandis que l’index est en position palatine (subluxation et avulsion).
- Coté gauche : Le praticien se place du coté droit, légèrement en arrière du
patient, le pouce de la main gauche étant palatin alors que l’index
vestibulaire écarte la lèvre et la joue.

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- La syndesmotomie : même chose que pour le groupe des incisives et
canines.
- L’avulsion :
Pour les prémolaires se sont des mouvements de version vestibulo-palatin
associes à une traction en bas.
Pour les molaires, utiliser le davier approprier (un davier pour le coté gauche et
un autre pour le coté droit).
Trois types de mouvements sont généralement combinés (une version vestibulo-
palatine mais à majoration vestibulaire, circumduction de faible amplitude et
une traction axiale en bas).

- Révision alvéolaire et hémostase :


La régularisation septale est quasi systématique pour les molaires ainsi que la
vérification de la table vestibulaire qui que se fracture souvent et par conséquent
doit être éliminer.
Pincer fortement pour faciliter une bonne hémostase.

N.B : pour le groupe prémolo-molaire la manœuvre de


VALSALVA est systématique afin de détecté une éventuelle
communication bucco-sinusienne.

 4-1-2 A la mandibule : Le patient est en position assise ou semi-allongée.

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* Groupe incisivo-canin : Coté gauche.
- Le praticien se place devant le patient, l’index de la main gauche est
lingual, le pouce est vestibulaire écartant la lèvre et la joue alors les doigts
restant maintiennent la mandibule (subluxation et avulsion).
- La sydesmatomie : le praticien légèrement en arrière du coté droit en
écartant avec le miroir, la syndesmatomie est réalisée avec un
syndesmotome faucille.
- Subluxation
- L’avulsion : des mouvements de rotation combinés à une traction
supérieure permettent l’avulsion de la dent.
- Révision alvéolaire ; hémostase et conseils postopératoires.

N.B : Pour les incisives et canine coté droit le praticien et légèrement en


arrière du coté droit, le pouce linguale l’index vestibulaire, le reste des
doigts maintient la mandibule.

* Le Groupe des prémolo-molaires :


- Coté gauche : même chose que pour les incisives et canines du coté
gauche.
- Coté droit : même chose que les incisives et canines coté droit.
- Syndesmotomie.
- Subluxation.
- Avulsion : les mouvements sont combinés (linguo-version molaires alors
que les prémolaires autorisent des mouvements de rotation avec traction).

- Révision alvéolaire hémostase.et conseils post-operatoire.

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4-2- Selon Les Conditions Locales Et Générales :
4-2-1- L’Avulsion dentaire sur terrain local infecté :
Certains auteurs préconisent des avulsions à chaud, d’autres plus nombreux
préfèrent différer l’intervention aune date ultérieure on prescrivant un traitement
médical dans un premier temps et pratiquer un drainage s’il y a une collection
purulente.
Pour les praticiens qui optent pour l’intervention à chaud ; deux contraintes
majeures peuvent être rencontrées : la limitation de l’ouverture buccale gênant
les gestes opératoires, l’anesthésie qui est généralement insuffisante.

4.2.2 -L’avulsion dentaire chez l’enfant :  


L’abord psychologique est primordial pour pouvoir réaliser l’acte dans des
conditions satisfaisantes. Une prémédication sédative paraît parfois nécessaire,
mais généralement c’est le degré de coopération de l’enfant qui sera
déterminant.
Il faudra vérifier la présence du germe de la dent permanente.
4-2-3- L’avulsion dentaire chez le sujet âgé :
Le patient âgé doit être abordé avec prudence car se sont très souvent des sujets
polymédiqués, ne connaissant pas toujours très précisément leurs pathologies.
Le bilan général pré-opératoire trouve toute son importance.
Le vieillissement physiologique aboutit à plusieurs modifications :
- Une résorption osseuse avec l’ostéoporose donnant une fragilité du
squelette.
- La fragilité des parois alvéolaires et vasculaires favorise l’apparition
d’hématomes.
- L’ankylose dento-alvéolaire chez les sujets bruxomanes augmente avec
l’âge.

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B- Les Avulsions Dentaires Difficiles :
Elle se définit comme étant l’avulsion d’une dent en situation normale ou
paranormale, dont l’état pathologique, ou la morphologie coronaire et/ ou
radiculaire, nécessite un geste chirurgicale spécifique complémentaire à la
technique opératoire de base.
On décrit classiquement deux techniques qui peuvent être utilisées séparément
ou complémentairement selon les difficultés aux quelles l’opérateur est
confronté.
Elles ont pour but de faciliter une avulsion dentaire qui s’avère impossible ou
difficile par les méthodes simples.
Ces techniques font appellent à une instrumentation chirurgicales spécifiques
(revoir le cour installation du cabinet dentaire)

1- L’alvéolectomie :
On la définit comme la technique opératoire qui permet d’exposer
partiellement ou totalement la ou les racines de la dent à avulsée.
Elle consiste en une ostéotomie de la table externe intéressant ou non les septa
intermédiaires.

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ALVEOLECTOMIE

2- La séparation des racines :


Par définition, elle concerne les dents pluriradiculées. Sa réalisation permet
de lever l’obstacle constitué par la divergence ou la convergence radiculaire qui
s’oppose mécaniquement à l’avulsion de l’odonte de son alvéole.
Cette technique peut être utilisée seule ou compléter à une alvéolectomie selon
le cas.

Dent maxillaire Dent mandibulaire

SEPARATION DE RACINE

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CONCLUSION 

La réalisation des avulsions dentaires nécessite le respect


d’un certain nombre de règles inhérentes à toute pratique
chirurgicale. Les conditions d’installation, la connaissance
parfaite du matériel et des instruments ainsi que leur utilisation
rationnelle sont des éléments qui déterminent une réussite de
l’acte opératoire.

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