Vous êtes sur la page 1sur 25

Formulation locale d’l’électrostatique et de la magnétostatique

A) Champ électrostatique :
I) Propriétés d’invariance et de symétrie du champ électrostatique :
1) Principe de Curie :
La symétrie des causes (que sont les charges, sources de l’électrostatique) se retrouve dans les
effets produits (que sont le champ et le potentiel électrostatiques).
Ce principe est très utile en électrostatique car il permet de prévoir l’allure des lignes du
champ électrique et les surfaces équipotentielles à partir de la symétrie du système chargé.
2) Les invariances et les symétries du champ électrostatique :
a) Invariance par translation :
Il y a invariance par translation parallèlement à un axe ∆
confonduavec l’axe 𝑂𝑧 d’un repère cartésien si la densité
de charges 𝜌 reste inchangée lorsqu’on passe d’un point
𝑀 de coordonnées (𝑥, 𝑦, 𝑧) à un point 𝑀′ de coordonnées
(𝑥, 𝑦, 𝑧 ′ ).
On peut donc écrire, Pour tout 𝑧 et 𝑧′:
𝜌(𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝜌(𝑥, 𝑦, 𝑧 ′ )

1
La densité ne dépend pas de la variable 𝑧. Dans ces conditions, le vecteur champ
électrostatique 𝐸⃗ (𝑀) restent inchangés par translation le long de l’axe 𝑂𝑧, donc il ne dépend
pas de la variable 𝑧 : 𝐸⃗ (𝑀) = 𝐸⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝐸⃗ (𝑥, 𝑦)
b) Invariance par rotation :
Il y a invariance par rotation autour d’un axe ∆
confondu avec l’axe 𝑂𝑧 d’un repère cylindrique si la
densité de charges 𝜌 reste inchangée lorsqu’on passe
d’un point 𝑀 de coordonnées (𝑟, 𝜃, 𝑧) à un point 𝑀′
de coordonnées (𝑟, 𝜃′, 𝑧).
On peut donc écrire, Pour tout 𝜃 et 𝜃′:
𝜌(𝑟, 𝜃, 𝑧) = 𝜌(𝑟, 𝜃′, 𝑧)
La densité ne dépend pas de la variable 𝜃.

Dans ces conditions, le vecteur champ électrostatique 𝐸⃗ (𝑀) reste in changé par rotation
d’angle 𝜃. Donc il ne dépend pas de la variable 𝜃 : 𝐸⃗ (𝑀) = 𝐸⃗ (𝑟, 𝜃, 𝑧) = 𝐸⃗ (𝑟, 𝑧)
c) Règles de symétrie :
 Le champ électrostatique est parallèle à un plan de symétrie.
 Le champ électrostatique est orthogonal à un plan d’anti symétrie.

2
II) Formulation locale du théorème de Gauss :
1) Forme intégrale du théorème de Gauss :
Le théorème de Gauss sous sa forme intégrale est donné par : Le flux sortant, du champ
électrostatique créé par une distribution donnée de charges placée dans le vide, à travers une
surface fermée 𝑆 est égal à la somme algébrique des charges intérieures à la surface divisée
par 𝜀0 :

𝑄𝑖𝑛𝑡
∯ 𝐸⃗ . d𝑆 =
𝜀0
𝑆
2) Forme locale du théorème de Gauss :
On considère une surface fermée 𝑆. La charge totale contenue dans 𝑆 est donnée par :

𝑄𝑖𝑛𝑡 = ∭ 𝜌d𝑣

Avec 𝜌 la densité volumique de charges et 𝑑𝑣 un élément de volume contenu dans 𝑆. Le


théorème de Gauss s’écrit :

𝑄𝑖𝑛𝑡 1
∯ 𝐸⃗ . d𝑆 = = ∭ 𝜌d𝑣
𝜀0 𝜀0
𝑆 𝑣(𝑆)

3
Le théorème de Green-Ostrogradsky permet de transformer une intégrale double sur une
surface fermée en intégrale triple sur le volume contenu dans cette surface.
Le théorème de Gauss devient :
𝜌 𝜌
⃗ ⃗
∯ 𝐸 d𝑆 = ∭ div(𝐸 )d𝑣 = ∭ d𝑣 ⇒ ∭ (div(𝐸 ) − ) d𝑣 = 0 ⃗
𝜀0 𝜀0
Cette relation est vérifiée quel que soit la surface 𝑆. En particulier, pour une surface 𝑆 réduite
à un point, on obtient :
𝜌 𝜌

div(𝐸 ) − = 0 ⇒ div(𝐸 ) = ⃗
𝜀0 𝜀0
C’est la forme locale du théorème de Gauss (1er équation de Maxwell)
III) Circulation du champ électrostatique le long d’un contour fermé :
1) Forme intégrale :
Soit un contour  fermé la circulation de 𝐸⃗ à travers ce contour est donnée par :

⃗ =0
∮ 𝐸⃗ dℓ
𝑐
2) Forme locale :
On utilisant la formule de Stock. On obtient pour la circulation de 𝐸⃗ :
4
⃗ = 0 = ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗
∮ 𝐸⃗ dℓ rot(𝐴). d𝑆 ⟹ rot(𝐸⃗ ) = ⃗0
⃗⃗⃗⃗⃗
𝑐 𝛴(𝑐)

C’est la forme locale de la circulation de 𝐸⃗ . (2ème équation de maxwell)


rot(𝐸⃗ ) = ⃗0, donc in existe un potentiel 𝑉
La rotationnelle du champ électrostatique est nulle ⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
tel que : 𝐸⃗ = −grad
IV) Équation locale de poisson :
On a :
𝜌 𝜌 𝜌

div(𝐸 ) = ⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
et 𝐸 = −grad𝑉 ⇒ div(−grad𝑉) = ⃗ ⃗ ⃗ 2
⇒ −𝛻 . 𝛻 𝑉 = −𝛻 𝑉 = −∆𝑉 =
𝜀0 𝜀0 𝜀0
Avec ∆𝑉 : Laplacien scalaire du potentiel.
L’équation locale pour le potentiel électrostatique est l’équation de Poisson :
𝜌
∆𝑉 + = 0
𝜀0
Dans le vide𝜌 = 0, on obtient l’équation de Laplace : ∆𝑉 = 0
L’expression de Laplacien en coordonnées cartésiennes :

5
𝜕 𝜕𝑉 𝜕 𝜕𝑉 𝜕 𝜕𝑉 𝜕2 𝑉 𝜕2 𝑉 𝜕2𝑉
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉) =
div(grad ( )+ ( )+ ( )= + + = ∆𝑉
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝜕𝑧 2
V) Relation de passage du champ électrostatique :
1) Composante normale :
Soit une surface chargée 𝒮 de densité de charge 𝜎, séparant deux milieux notés 1 et 2 et
possède une normale portée par le vecteur unitaire 𝑛⃗12, orienté de 1 vers 2.
On construit une surface de Gauss fermée 𝛴, représenté sur la figure du gauche.

L’équation de Maxwell-Gauss donne :

𝜌 𝑄𝑖𝑛𝑡 𝜎d𝑆
div𝐸⃗ = ⟹ ∯ 𝐸⃗ . d𝑆 = ⟹ 𝐸⃗2 . d𝑆2 + 𝐸⃗1 . d𝑆1 + 𝛷𝑙𝑎𝑡é𝑟𝑎𝑙 =
𝜀0 𝜀0 𝜀0
𝛴

6
Pour obtenir la condition de passage nous prenons la limite quand dℎ tend vers 0 de l’égalité
précédente :
𝜎d𝑆
⃗𝐸2 . d𝑆. 𝑛⃗12 + 𝐸⃗1 . d𝑆. (−𝑛⃗12 ) =
𝜀0
Discontinuité de la composante normale du champ électrique :
𝜎 𝜎
⃗𝐸2 − 𝐸⃗1 = 𝑛⃗12 où bien ⃗𝐸2𝑁 − 𝐸⃗1𝑁 = 𝑛⃗12
𝜀0 𝜀0
2) Composante tangentielle :
Considérons un contour infinitésimal 𝒞 autour d’une surface chargée de telle sorte que le
champ soit uniforme au dessus et en dessous.

L’équation de Maxwell-Faraday donne :


7

𝜕𝐵 d
rot𝐸⃗ = −
⃗⃗⃗⃗⃗ ⟹ ⃗ =−
∮ 𝐸⃗ . dℓ ⃗ . d𝑆
∬𝐵
𝜕𝑡 d𝑡
𝒞 𝑆(𝒞)

d
⃗ + ∫ 𝐸⃗ . dℓ
∫ 𝐸⃗ . dℓ ⃗ + ∫ 𝐸⃗ . dℓ
⃗ + ∫ 𝐸⃗ . dℓ
⃗ =− (𝐵. dℓ. dℎ)
d𝑡
   
Si on fait tendre dℎ vers 0, on obtient :

⃗ + ∫ 𝐸⃗ . dℓ
∫ 𝐸⃗ . dℓ ⃗ = 0 ⇒ 𝐸⃗1 . dℓ
⃗ + 𝐸⃗2 . dℓ
⃗ = 0 ⇒ (𝐸⃗2 − 𝐸⃗1 ). dℓ𝑢
⃗ =0
 
Continuité de la composante tangentielle du champ électrique :
𝐸⃗2 − 𝐸⃗1 = ⃗0 où bien 𝐸⃗2𝑇 + 𝐸⃗1𝑇 = ⃗0
B) Champ magnétostatique :
I) Propriétés d’invariances et de symétrie du champ magnétique
1) Invariances
a) Invariance par translation
On considère une distribution 𝒟 invariante par toute translation le long de l’axe 𝑂𝑥 alors le
champ magnétique ne dépend pas de 𝑥 : 𝐵 ⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝐵
⃗ (𝑦, 𝑧)
8
Par exemple le cas d’un fil rectiligne infini parcouru par une intensité I : on a invariance par
toute translation le long de l’axe du fil.
b) Invariance par rotation
Si on considère une distribution 𝒟invariante par toute rotation d’angle 𝜃 autour de l’axe 𝑂𝑧.
Le système de coordonnée adopté est le système de coordonnées cylindriques d’axe 𝑂𝑧 alors
le champ magnétique ne dépend pas de  : 𝐵 ⃗ (𝑟, 𝜃, 𝑧) = 𝐵
⃗ (𝑟, 𝑧)
Par exemple le cas d’un fil rectiligne parcouru par une intensité I : on a invariance par toute
rotation autour de l’axe du fil. Les invariances permettent donc de réduire le nombre de
variables utiles.
2) Symétrie :
 Le champ magnétique est perpendiculaire aux plans de symétrie de la distribution qui le
crée.
 Le champ magnétique appartient aux plans d’antisymétrie de la distribution qui le crée.
II) Topographie du champ magnétostatique
1) Définition :
- On appelle ligne de champ magnétostatique une courbe tangente en chacun de ses
points au champ magnétostatique et orientée dans le sens du champ. L’équation d’une
⃗ ∧ dℓ
ligne de champ est donnée par : 𝐵 ⃗ = ⃗0

9
Avec dℓ⃗ un petit élément de ligne de champ.
- On appelle tube de champ l’ensemble des lignes de champ s’appuyant sur une courbe
fermée.
2) Cartes de champ magnétostatique :
a) Champ créé par une spire circulaire :
La figure ci-contre représente les
lignes de champ magnétique créé
par une spire circulaire parcourue
par un courant permanent.
Les lignes de champ encerclent les
sources de courant et se referment
sur elles-mêmes.

b) Champ créé par un ensemble de spires coaxiales :


La figure suivante représente les lignes de champ magnétostatique créé par un ensemble de 4
spires (à gauche) et par un solénoïde circulaire (à droite).

10
Les lignes de champ encerclent les sources de courant et se referment sur elles-mêmes. Dans
le cas du solénoïde, les lignes de champ ne peuvent se refermer qu’à l’extérieur du dispositif.
c) Comparaison des lignes de champ électrostatique et magnétostatique
Comparons les lignes de champ électrostatique créé par un doublet de charges et les lignes de
champ magnétostatique créé par une spire circulaire.

11
Au voisinage des sources, les champs se comportent différemment :
- le champ électrostatique converge ou diverge à partir des charges qui lui donnent
naissance
- le champ magnétostatique encercle les courants qui lui donnent naissance.
Cette différence provient du fait que le champ électrostatique est un vecteur polaire tandis que
le champ magnétostatique est un vecteur axial.
III) Bilan :
Contrairement aux lignes de champ électrostatique, les lignes de champ magnétostatique :
 Se referment sur elles-mêmes en encerclant les sources de courant ;
 Ne divergent pas ni ne convergent à partir des sources ;

12
o Deux lignes de champ peuvent se croiser en un point 𝑀, appelé point singulier, si et
seulement si : Le champ est nul en ce point, ou il n’est pas défini.
IV) Circulation et flux de champ magnétique :
1) Circulation du champ magnétostatique :
Calculons la circulation du champ magnétostatique 𝐵 ⃗ le long d’un contour fermé sur un
exemple. Nous connaissons l’expression du champ 𝐵 ⃗ créé par un fil rectiligne infini, d’axe
(𝑂𝑧) et parcouru par un courant permanent d’intensité 𝐼:
𝜇 𝐼
𝐵⃗ (𝑀) = 0 𝑢 ⃗𝜃
2𝜋𝑟
Choisissons deux contours orientés quelconques :
 un contour 𝒞1 encerclant le fil ;
 un contour 𝒞2 n’encerclant pas le fil.
⃗ le long d’un contour
La circulation du champ 𝐵
fermé 𝛤 = 𝒞1 ou 𝒞2 vaut :


⃗ dℓ
∫𝐵
𝛤

13
Où dℓ⃗ = d𝑟𝑢
⃗ 𝑟 + 𝑟d𝜃𝑢⃗ 𝜃 + d𝑧𝑢
⃗ 𝑧 est un déplacement élémentaire le long de 𝛤 exprimé en
coordonnées cylindriques.
⃗ par son expression (cas de fil rectiligne infini), on trouve :
En remplaçant 𝐵

𝜇0 𝐼 𝑢⃗𝜃 𝜇0 𝐼 𝜇0 𝐼
∮𝐵 ⃗ =
⃗ . dℓ ∮ . (d𝑟𝑢
⃗ 𝑟 + 𝑟d𝜃𝑢 ⃗ 𝑧) =
⃗ 𝜃 + d𝑧𝑢 ∮ d𝜃 = (𝜃 − 𝜃𝑖 )
2𝜋 𝑟 2𝜋 2𝜋 𝑓
𝛤 𝛤 𝛤
Où 𝜃 est l’angle de rotation autour de l’axe (𝑂𝑧), variant entre 𝜃𝑖 et 𝜃𝑓 .
Le long de 𝒞1 , l’angle 𝜃 varie de 2𝜋 car 𝒞1 fait le tour de l’axe (𝑂𝑧) dans le sens positif. On
en déduit :

⃗ = 𝜇0 𝐼
⃗ . dℓ
∮𝐵
𝒞1
Le long de 𝒞2 , l’angle 𝜃 prend les mêmes valeurs finale et initiale 𝜃𝑓 = 𝜃𝑖 car 𝒞2 nefait pas le
tour de l’axe (𝑂𝑧). On en déduit :

⃗ =0
⃗ . dℓ
∮𝐵
𝒞2
Théorème d’Ampère :
14
Le résultat précédent se généralise à toute configuration géométrique pour les sources.
La circulation du champ magnétostatique 𝐵 ⃗ le long d’un contour fermé 𝒞 est égale au produit
de 𝜇0 par l’intensité enlacée par 𝒞 :

⃗ = 𝜇0 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒
⃗ . dℓ
∮𝐵
𝒞
Remarque 1 :
Une fois choisie l’orientation de 𝒞, l’intensité enlacée 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒 est comptée algébriquement
suivant la règle du tire-bouchon :
Si tourner le long de 𝒞 fait visser dans le sens du courant, 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒 > 0 ;
Si tourner le long de 𝒞 fait visser dans le sens oppose au courant, 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒 < 0.
Exemple :
Pour le cas de figure présenté ci-dessous, le courant
𝑖1 est enlacé positivement par le parcours 𝒞. Les
courants 𝑖2 et 𝑖4 ne sont pas enlacés (𝑖2 est enlacé
une fois positivement et une fois négativement).
Le courant 𝑖3 est enlacé deux fois négativement.
L’intensité algébriquement enlacée a donc pour
valeur : 𝑖𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒 = 𝑖1 − 2𝑖3
15
Remarque 2 :
Si la distribution de courant n’est pas filiforme, 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒
correspond au flux du vecteur densité volumique de courant
𝑗 a travers une surface définie par le contour :

𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒 = ∬ 𝑗. d𝑆
𝑆
Exemple :
Sur le schéma ci-dessous, le tube de
courant 𝒯1 est totalement enlacé. Le tube
de courant 𝒯2 n’est quant à lui que
partiellement enlacé. Dans la définition du
courant enlacé, la surface S1 est étendue à
la section entière du tube 𝒯1 tandis que la
surface S2 se limite à la zone hachurée.

𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒 = ∬ 𝑗. d𝑆 = 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒
𝑆

=∬ 𝑗. d𝑆
𝑆1 ⨁𝑆2

16
Remarque 3 :
Si le contour 𝒞 choisi enlace 𝑁
fois un conducteur traversé par
l’intensité 𝐼 :

𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒 = 𝑁𝐼 et ∮ 𝐵 ⃗
⃗ . dℓ
𝛤
= 𝜇0 𝑁𝐼

2) Conservation de flux du champ magnétique :


Calculons le flux sortant du champ magnétostatique 𝐵 ⃗ à travers une surface fermée sur un
exemple. Nous connaissons l’expression du champ 𝐵 ⃗ créé par un fil rectiligne infini, d’axe
(𝑂𝑧) et parcouru par uncourant permanent d’intensité 𝐼:
𝜇 𝐼
⃗𝐵 (𝑀) = 0 𝑢 ⃗𝜃
2𝜋𝑟

17
Choisissons comme surface fermée un cylindre  d’axe (𝑂𝑧), de
rayon 𝑟 et de hauteur ℎ. Les normales sortantes 𝑛⃗ associées à
chacune de ces surfaces sont telles que :
𝑆1 ⟷ 𝑛⃗ = 𝑢 ⃗ 𝑧 ; 𝑆2 ⟷ 𝑛⃗ = −𝑢 ⃗ 𝑧 ; 𝑆𝐿 ⟷ 𝑛⃗ = 𝑢 ⃗𝑟
Le flux sortant du champ magnétostatique à travers ce cylindre est
donné par :

⃗ . ⃗⃗⃗⃗
∯ 𝐵 ⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 = ∬ ⏟
𝐵 ⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 + ∬ ⏟
𝐵 ⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 + ∬ ⏟
𝐵 𝑑𝑆 = 0
 𝑆1 =0 𝑆2 =0 𝑆𝐿 =0
Le flux sortant du champ magnétostatique est nul.

Le flux du champ magnétostatique se conserve le long d’un tube de champ. On dit que le
champ magnétique est à flux conservatif.
V) Formulation locale de la magnétostatique :
1) Conservation de flux du champ magnétique :
Nous avons vu que le flux sortant du champ magnétique à travers une surface fermée
quelconque 𝑆 était nul :

18
⃗ . d𝑆 = 0
∯𝐵
𝑆
D’après le théorème de Green-Ostrogradsky, pour tout champ de vecteur dérivable à
l’intérieur de 𝑆 :

⃗ . d𝑆 = ∭ div(𝐵
∯𝐵 ⃗)=0
𝑆 𝑉(𝑆)
⃗)=0
La conservation du flux magnétique conduit à l’équation locale : div(𝐵
⃗ dérive d’un champ de vecteur 𝐴. On note donc : 𝐵
On conclut donc que le champ 𝐵 ⃗ = rot
⃗⃗⃗⃗⃗ (𝐴)
Par définition, ce champ de vecteur 𝐴 est appelé « potentiel vecteur » associé au champ
magnétique 𝐵 ⃗.
2) Formulation locale du théorème d’ampère
Considérons une distribution de courant caractérisée par une densité volumique de courant 𝑗.
Choisissons un contour fermé orienté 𝐶 pour appliquer le théorème d’Ampère :

⃗ . ⃗⃗⃗⃗
∮𝐵 𝑑ℓ = 𝜇0 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é𝑒 = 𝜇0 ∬ 𝑗. ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆
𝐶 𝑆(𝐶)
19
Où 𝑆(𝐶) est une surface s’appuyant sur 𝐶 et ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 est un vecteur élément de surface orienté à
partir de 𝐶 suivant la règle du tire-bouchon.
En utilisant le théorème de Stokes valable pour un champ de vecteurs dérivable, on
transforme l’intégrale simple sur 𝐶 en une intégrale de surface sur 𝑆(𝐶) :

∮𝐵 ⃗ = ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗
⃗ . dℓ rot(𝐵 ⃗ ). d𝑆
𝐶 𝑆(𝐶)
Le théorème d’Ampère devient ainsi :

⃗ ). d𝑆 = 𝜇0 ∬ 𝑗. d𝑆
⃗⃗⃗⃗⃗ (𝐵
∬ rot
𝑆(𝐶) 𝑆(𝐶)
Cette relation est valable quel que soit le contour choisi. On obtient le théorème d’Ampère
sous sa forme locale : ⃗⃗⃗⃗⃗
rot(𝐵⃗ ) = 𝜇0 𝑗
VI) Relations de passage du champ magnétique :
1) Composante normale :
On reprend la surface fermée 𝛴 imaginée dans le paragraphe précédente, cas du champ
électrique.
On calcule le flux du champ magnétique à travers la surface 𝛴.
20
L’équation de Maxwell flux donne :

⃗ = 0 ⇒ ∯𝐵
div𝐵 ⃗ . d𝑆 = 0 ⇒ ⃗ 1 . d𝑆1 + ∬ 𝐵
∬𝐵 ⃗ 2 . d𝑆2 + 𝜙𝑙𝑎𝑡𝑒𝑟𝑎𝑙 = 0
𝛴
⃗2−𝐵
Lorsque on fait tendre dℎ vers 0 on obtient : (𝐵 ⃗ 1 ). d𝑆𝑛⃗12 = 0

Continuité de la composante normale du champ magnétique : 𝐵 ⃗ 1 = ⃗0


⃗2−𝐵 où bien
⃗ 1𝑁 = ⃗0
⃗ 2𝑁 + 𝐵
𝐵
2) Composante tangentielle :
Soit le contour fermé 𝒞 suivant :

L’équation de Maxwell-Ampère :
21
𝜕𝐸⃗
⃗ = 𝜇0 (𝑗 + 𝜀0 )
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
rot
𝜕𝑡
donne :

𝜕𝐸⃗
∮𝐵 ⃗ = 𝜇0 ∬ 𝑗. d𝑆 + 𝜇0 ∬ 𝜀0
⃗ . dℓ . d𝑆
𝜕𝑡
𝒞 𝑆(𝒞) 𝑆(𝒞)
Quand dℎ tend vers 0 la surface du contour 𝒞 devient nulle, donc :

𝜕𝐸⃗
∬ 𝜀0 . d𝑆 = 0 et ∬ 𝑗d𝑆 = 𝑗𝑠 . dℓ
𝜕𝑡
𝑆(𝒞) 𝑆(𝒞)
Par suite :

∮𝐵 ⃗ = 𝜇0 𝑗𝑠 . dℓ
⃗ . dℓ ⇒ ⃗ +∫𝐵
⃗ . dℓ
∫𝐵 ⃗ =𝐵
⃗ . dℓ ⃗ +𝐵
⃗ 1 . dℓ ⃗ = 𝜇0 𝑗𝑠 . dℓ
⃗ 2 . dℓ
𝒞  

⇒ 𝐵 ⃗)+𝐵
⃗ 2 . (−dℓ ⃗ = 𝜇0 𝑗𝑠 . dℓ
⃗ 1 . dℓ ⃗ ⇒ ⃗1 −𝐵
(𝐵 ⃗ = 𝜇0 𝑗𝑠 . dℓ. ⃗⃗⃗
⃗ 2 ). dℓ. 𝑢 𝑢′
Or on a : ⃗⃗⃗ ⃗ , avec ⃗⃗⃗
𝑢′ = −𝑛⃗12 ∧ 𝑢 𝑢′, 𝑢
⃗ et 𝑛⃗12 sont des vecteurs unitaires.
⇒ (𝐵 ⃗1 −𝐵⃗ 2 ). dℓ. 𝑢
⃗ = −𝜇0 𝑗𝑠 . dℓ. (𝑛⃗12 ∧ 𝑢
⃗ ) = −𝜇0 dℓ. 𝑢⃗ . (𝑗𝑠 ∧ 𝑛⃗12 )
22
Discontinuité de la composante tangentielle du champ magnétique :
⃗2−𝐵
(𝐵 ⃗ 1 ) = 𝜇0 𝑗𝑠 ∧ 𝑛⃗12 où bien (𝐵⃗ 2𝑇 − 𝐵
⃗ 1𝑇 ) = 𝜇0 𝑗𝑠 ∧ 𝑛⃗12
Le tableau suivant récapitule les lois locales et intégrales de la magnétostatique.

Formes locales Formes intégrales Relations de passage


Flux du champ magnétique 𝐵
⃗ 1𝑁 − 𝐵
(𝐵 ⃗ 2𝑁 ). 𝑛⃗21 = 0
⃗ =0
div 𝐵 ⃗ . d𝑆 = 0
∯𝐵
𝑆
Théorème d’ampère

⃗ 2𝑇 − 𝐵
(𝐵 ⃗ 1𝑇 ) = 𝜇0 𝑗𝑠 ∧ 𝑛⃗12
⃗⃗⃗⃗⃗
rot𝐵 ⃗ = 𝜇0 𝑗 ∮𝐵 ⃗ = 𝜇0 𝐼 (𝐼 = ∬ 𝑗. d𝑆)
⃗ . dℓ
𝐶 𝑆
VII) Analogies entre les champs électrostatiques et magnétostatique

23
Loi locale Loi intégrale
Théorème de Gauss
Equation de maxwell-Gauss
Flux 𝜌 𝑄𝑖𝑛𝑡
div𝐸⃗ = ∯ 𝐸⃗ . d𝑆 =
𝜀0 𝜀0
Electrostatique

Circulation ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ = ⃗0
rot ⃗
∮ 𝐸⃗ . dℓ
𝛤
𝐵

Potentiel ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
Potentiel scalaire : 𝐸⃗ = −grad ⃗
𝑉𝐴 − 𝑉𝐵 = ∫ 𝐸⃗ . dℓ
𝐴
𝜌
Equation de Poisson 𝛥𝑉 + = 0
𝜀0
Magnétostatique

Flux ⃗ =0
div𝐵 ⃗ . d𝑆 = 0
∯𝐵
𝑆
Théorème d’Ampère
Equation de maxwell-Ampère
Circulation ⃗ = 𝜇0 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é
rot𝐸⃗ = 𝜇0 𝑗
⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗ . dℓ
∮𝐵
𝛤

24
25

Vous aimerez peut-être aussi