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Exercices de Mathématiques

Limites et continuité
Énoncés

Énoncés des exercices

Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]


Soit f une application de R dans R. On suppose que f (1) = 1 et que :
 
Pour tout x 6= 0, f (x) f x1 = 1
(
(1)
Pour tous réels x et y, f (x + y) = f (x) + f (y) (2).
1. Montrer que f est impaire.
2. Prouver que pour tout rationnel x, f (x) = x.
3. Vérifier que pour tout réel x, f (x2 ) = f (x)2 .
4. En déduire que f est croissante.
5. Prouver finalement que pour tout réel x, f (x) = x.

Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]


Soit f une application définie sur R, continue, et telle que lim (f (x + 1) − f (x)) = `.
x→+∞
f (x)
Montrer que lim = `.
x→+∞ x

Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]


Soit f une application continue de [a, b] dans R.
1
On suppose que pour tout x de [a, b], il existe εx > 0 tel que f (x) = (f (x + εx ) + f (x − εx )).
2
Montrer que f est une application affine.

Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]


Montrer qu’il n’existe pas d’application continue f de R dans R telle que
– L’image de tout rationnel est un irrationnel.
– L’image de tout irrationnel est un rationnel.

Exercice 5 [ Indication ] [ Correction ]


On définit f : ]0, 1[→ R de la manière suivante :
– Si x est irrationnel, f (x) = 0.
p 1
– Si x s’écrit (fraction irréductible), alors f (x) = .
q q
Montrer que f est continue sur les irrationnels et discontinue sur les rationnels.

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Limites et continuité
Indications, résultats

Indications ou résultats

Indication pour l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]

1. Utiliser la relation f (x + y) = f (x) + f (y), en choisissant bien x et y.


2. Prouver la relation f (na) = nf (a) pour tout n de Z et tout a de R.
 
1
3. Étudier la quantité f x(1−x) .
4. Il suffit d’observer que f reste positive sur R+ .
5. Utiliser des suites adjacentes de rationnels convergeant vers x.

Indication pour l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]

– Traiter d’abord le cas ` = 0.


Pour cela considérer ε > 0 et un réel x0 > 0 tel que x ≥ x0 ⇒ |f (x + 1) − f (x)| ≤ ε.
Se donner x ≥ x0 et introduire la partie entière m de x − x0 .
Evaluer alors f (x) en fonction de f (x − m) et de quantités du type f (x + k + 1) − f (x + k).
– Dans le cas ` ∈ R, introduire une fonction auxiliaire qui ramène au cas précédent.
– Dans le cas ` = ∞, adapter la méthode vue dans le cas ` = 0.

Indication pour l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]

– Traiter d’abord le cas où f (a) = f (b) et montrer que f est constante sur [a, b].
On pourra considérer le plus petit x0 tel que f (x0 ) = min f et supposer a < x0 < b.
– Si f (a) 6= f (b), une transformation simple permet de se ramener au cas précédent.

Indication pour l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Raisonner par l’absurde, et introduire l’application g définie sur R par g(x) = f (x) + x.

Indication pour l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]

– Pour la discontinuité en a ∈ Q, utiliser la densité des irrationnels dans R.


– Pour la continuité en a ∈
/ Q, considérer Aε = {x ∈]0, 1[, f (x) ≥ ε}.

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Limites et continuité
Corrigés

Corrigés des exercices

Corrigé de l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]

1. On pose x = y = 0 dans (2) et on trouve f (0) = 0.


Avec y = −x dans (2), on en déduit 0 = f (0) = f (x) + f (−x).
Il en découle que l’application f est impaire.
2. Pour tout n de N, et tout a de R, l’égalité (2) donne f ((n + 1)a) = f (na) + f (a).
Puisque f (0) = 0 (imparité) une récurrence évidente donne f (na) = nf (a), ∀ n ∈ N.
L’imparité de f donne ensuite f (na) = nf (a) pour tout n de Z.
En particulier, avec a = 1 et f (1) = 1, on trouve f (n) = n pour tout n de Z.
Soit q dans Z∗ . L’égalité (1) donne 1 = f (q)f ( 1q ) = qf ( 1q ) donc f ( 1q ) = 1q .
p
Soit x = q un rationnel. On a f (x) = f (p · 1q ) = p f ( 1q ) = p · 1q = x.
On a donc montré l’égalité f (x) = x pour tout x de Q.
3. Soit x un réel différent de 0 et 1. On a successivement :
       
1
f x(1−x) = f x1 + 1−x 1
= f x1 + f 1−x 1 1
= f (x) 1
+ f (1−x)
1 1 1 1 1
= f (x) + f (1)+f (−x) = f (x) + 1−f (x) = f (x)(1−f (x))
 
1
Puisque f (x(1 − x)) f x(1−x) = 1, il en résulte f (x(1 − x)) = f (x)(1 − f (x)).
On en déduit f (x) − f (x2 ) = f (x) − f 2 (x) donc f (x2 ) = f (x)2 .
Enfin on observe que l’égalité f (x2 ) = f (x)2 est encore vraie si x = 0 ou x = 1.
√ √
4. Pour tout réel z ≥ 0, on a f (z) = f ( z 2 ) = f ( z)2 donc f (z) ≥ 0.
Soient x, y deux réels tels que x ≤ y. On a y − x ≥ 0 donc f (y − x) ≥ 0.
On en déduit f (y) = f (x + (y − x)) = f (x) + f (y − x) ≥ f (x).
Il en découle que l’application f est croissante.
5. Soit x un réel quelconque.
Il existe une suite croissante (un ) de Q, telle que lim un = x.
n→∞
De même, il existe une suite décroissante (un ) de Q, telle que lim un = x.
n→∞
(Pour cela considérer les valeurs approchées de x à 10−n près, par défaut ou par excès.)
Pour tout entier n, on a un ≤ x ≤ vn donc f (un ) ≤ f (x) ≤ f (vn ) car f est croissante.
Puisques les un et vn sont rationnels, on a f (un ) = un et f (vn ) = vn pour tout n.
Par passage à la limite dans un ≤ f (x) ≤ vn , il vient f (x) = x.
Conclusion : f est nécessairement l’identité de R.
Remarque : réciproquement, l’identité est effectivement solution du problème !

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Limites et continuité
Corrigés

Corrigé de l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


L’énoncé ne dit pas si ` est un réel ou si ` est égal à ± ∞.
– Dans un premier temps, on suppose que ` = 0. On se donne ε > 0.
Par hypothèse, il existe x0 > 0 tel que x ≥ x0 ⇒ |f (x + 1) − f (x)| ≤ ε.
Soit x un réel quelconque supérieur ou égal à x0 .
Soit m = [x − x0 ]. On a donc m ≤ x − x0 < m + 1 c’est-à-dire x − m − 1 < x0 ≤ x − m.
On peut écrire :
f (x) = f (x) −f (x−1) + f (x−1) −f (x−2) + · · · + f (x−m + 1) −f (x−m) + f (x−m)
m
P
= f (x−m) + (f (x−k + 1) −f (x−k))
k=1
Dans cette somme on a |f (x−k + 1) −f (x−k)| ≤ ε pour tout k de {1, . . . , m}.
D’autre part x − m ∈ [x0 , x0 + 1] ⇒ |f (x − m)| ≤ M , avec M = sup |f | (f est continue.)
[x0 ,x0 +1]
On en déduit |f (x)| ≤ M + mε ≤ M + (x − x0 )ε.
|f (x)| M + (x − x0 )ε M + (x − x0 )ε
Il en résulte ≤ . Or on constate que lim = ε.
x x x→+∞ x
M + (x − x0 )ε |f (x)|
Il existe donc x1 > x0 tel que x ≥ x1 implique ≤ 2ε donc ≤ 2ε.
x x
|f (x)|
Pour tout ε > 0, on a donc trouvé x1 tel que x ≥ x1 implique ≤ 2ε.
x
f (x)
Autrement dit : lim = 0.
x→+∞ x

– Supposons maintenant ` ∈ R, et considérons l’application x 7→ g(x) = f (x) − `x.


Pour tout réel x, on a g(x + 1) − g(x) = f (x + 1) − f (x) − ` donc lim (g(x + 1) − g(x)) = 0.
x→+∞
g(x)
D’après ce qui précède, il en résulte lim = 0.
x→+∞ x
g(x) f (x) f (x)
Mais on a = − `. On trouve donc lim = `, ce qu’il fallait démontrer.
x x x→+∞ x

– Il reste à traiter le cas où ` est égal à +∞ ou −∞.


Quitte à considérer −f plutôt que f , on peut supposer que ` = +∞.
Soit A un réel strictement positif. Il existe x0 tel que x ≥ x0 ⇒ f (x + 1) − f (x) ≥ A.
On se donne x ≥ x0 et on reprend les notations du cas particulier ` = 0.
m
P
On écrit donc encore f (x) = f (x−m) + (f (x−k + 1) −f (x−k)).
k=1
Cette fois-ci, en notant M = min f (x), on trouve f (x) ≥ M + mA ≥ M + (x − x0 − 1)A.
[x0 ,x0 +1]

f (x) M + (x − x0 − 1)A
Ainsi ≥ et cette dernière quantité tend vers A quand x → +∞.
x x
f (x) A f (x)
Il existe donc x1 > x0 tel que x ≥ x1 ⇒ ≥ , ce qui prouve lim = +∞.
x 2 x→+∞ x

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Limites et continuité
Corrigés

Corrigé de l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]

– Supposons dans un premier temps que f (a) = f b).


Il s’agit dans ce cas de montrer que f est constante sur [a; b]. Soit m = min f et M = max f
[a,b] [a,b]
(l’application f est continue.)
Notons Im = {x ∈ [a, b], f (x) = m} et IM = {x ∈ [a, b], f (x) = M }.
Puisque f est continue sur [a, b], ce sont des parties non vides et fermées.
Par l’absurde, supposons m < f (a) = f (b). Soit x0 ∈]a, b[ le plus petit élément de Im .
Par hypothèse, il existe ε0 > 0 tel que f (x0 − ε0 ) + f (x0 + ε0 ) = 2f (x0 ) = 2m.
Mais par définition de m, on a f (x0 − ε0 ) ≥ m et f (x0 + ε0 ) ≥ m.
Il en découle f (x0 − ε0 ) = m, donc x0 − ε0 ∈ Im ce qui est absurde (définition de x0 .)
On en déduit m = f (a) = f (b). On montrerait de même que M = f (a) = f (b).
L’égalité m = M prouve alors que f est constante (donc affine) sur le segment [a, b].
– On suppose maintenant f (a) 6= f (b).
On définit une application g : x 7→ f (x) + λx. L’application g est continue sur [a, b].
Soit x dans ]a, b[, et εx > 0 tel que f (x − εx ) + f (x + εx ) = 2f (x).
On constate que :
g(x − εx ) + g(x + εx ) = f (x − εx ) + f (x + εx ) + λ(x − εx ) + λ(x + εx )
= 2f (x) + 2λx = 2g(x)
L’application g satisfait donc aux conditions de la première partie de la démonstration.
Il s’ensuit que g est constante sur [a, b]. Il existe µ ∈ R tel que : ∀ x ∈ [a, b], g(x) = µ.
On a alors : ∀x ∈ [a, b], f (x) = g(x) − λx = µ − λx. L’application f est affine.

Corrigé de l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Supposons par l’absurde qu’une telle application f existe.
Considérons l’application g définie sur R, par g(x) = f (x) + x.
L’application g est continue et vérifie : ∀ x ∈ R, g(x) ∈
/ Q.
Ainsi g(R) est un intervalle qui ne contient que des irrationnels.
Il en découle que g(R) se réduit à un singleton {a}, avec a ∈
/ Q.
Ainsi il exste un irrationnel a tel que : ∀ x ∈ R, f (x) = a − x.
Ainsi f (2a) = −a. Or −a et 2a sont tous deux irrationnels ce qui contredit l’hypothèse sur f .
Cette absurdité prouve donc qu’il n’y a pas d’application f vérifiant les conditions de l’énoncé.

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Limites et continuité
Corrigés

Corrigé de l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]

– Soit a un rationnel de ]0, 1[. On sait que f (a) > 0.


Par densité, il existe une suite (xn ) d’irrationnels de ]0, 1[ telle que lim xn = a.
n→∞
Pour tout n on a f (xn ) = 0 donc lim f (xn ) = 0 6= f (a).
n→∞
Cela prouve que f n’est pas continue au point a.
– Soit a un irrationnel de ]0, 1[. On sait que f (a) = 0. Donnons-nous ε > 0.
Notons Aε l’ensemble des réels x de ]0, 1[ tels que f (x) ≥ ε.
p
Soit x dans Aε : nécessairement x ∈ Q, donc x = q , sous forme irréductible (1 ≤ p < q).
On a alors f (x) = 1q , et f (x) ≥ ε ⇔ q ≤ 1ε .
Il y a un nombre fini de valeurs possibles pour q, donc un nombre fini d’éléments dans Aε .
Ainsi Aε est un ensemble fini, auquel n’appartient pas le réel a.
Il exite donc un réel α > 0 tel que ]a − α, a + α[∩Aε = ∅.
On en déduit que x ∈ ] a − α, a + α[⇒ x ∈
/ Aε ⇒ 0 ≤ f (x) < ε.
En résumé : ∀ ε > 0, ∃ α > 0, |x − a| < α ⇒ |f (x) − f (a)| < ε.
Autrement dit, l’application f est continue au point a.

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