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Conséquences de la situation sur la santé mentale: OLJ- Comment

la déprime a gagné les Libanais


Recoupement du constat d'experts en santé mentale; quand nous, libanais(es) ne voyons pas le
bout du tunnel...

Par ailleurs, les politiciens/miliciens corrompus et collabos des agendas étrangers qui ont noyé le
Liban, ne peuvent prendre en charge son redressement. C'est tout simplement psychotisant
d'entendre leurs bourdonnements "constitution d'un front uni d'opposition (de ceux qui font partie
du système)", "Gebran Bassil pense que...", "le premier ministre désigné (qui fait l'affaire du
hezbollah) se réunit en Turquie etc." C'est tout bonnement dissonant. Cela fait fi de la souffrance
que nous endurons tous les jours, c'est une dénégation du 17 Octobre 2019, c'est cautionner le
crime effroyable du 4 Août 2020...
La situation actuelle se vit dans l'angoisse oui, mais ce qui est terrorisant, révoltant, c'est ce rire
au nez de la justice, c'est de voir que, comme si de rien n'était, le régime criminel tient en place,
que le Hezbollah gambade avec ses armes et sa milice iranienne dans les prés libanais, c'est
d'assister au fait que, dans leurs têtes de politiciens, cabossées, perverses et immorales, la
démission n'est pas un devoir, c'est de réaliser que l'hécatombe de la justice ne les emporte
toujours pas à tous et ne nous rétribue toujours pas, même pas quelque peu... 
Zeina Zerbé.

Consecuencias de la situación sobre la salud mental:


Por otro lado, los políticos / milicianos corruptos y colaboradores de agendas extranjeras que han ahogado al Líbano, no
pueden hacerse cargo de su recuperación. Es simplemente psicótico escuchar su zumbido "constitución de un frente de
oposición unido (de aquellos que son parte del sistema)", "Gebran Bassil piensa que...", "el primer ministro designado
(que es el asunto de Hezbollah) se reúne en Turquía, etc. " Es simplemente disonante. Ignora el sufrimiento que
soportamos todos los días, es una negación del 17 de octubre de 2019, está perdonando el espantoso crimen del 4 de
agosto de 2020 ...
La situación actual se vive con angustia, sí, pero lo aterrador, repugnante, es esta risa ante la justicia, es ver que, como si
nada hubiera pasado, el régimen criminal se aferra. En cambio, que Hezbollah retoza. Con sus armas y su milicia iraní en
los prados libaneses, es presenciar el hecho de que, en sus cabezas de políticos, abollados, perversos e inmorales, la
resignación no es un deber, c 'es darse cuenta de que la matanza de la justicia todavía no Gánalas todas y todavía no nos
recompensa, ni siquiera un poquito...
Zeina Zerbé.
https://www.lorientlejour.com/article/1248671/comment-la-deprime-a-gagne-les-libanais.html
Comment la déprime a gagné
les Libanais
« Je crains que cette société libanaise brutalisée et humiliée par la
maladie, la violence et la milice ne recoure à la violence », confie à
« L’OLJ » le politologue Joseph Maïla.
OLJ / Par Anne-Marie El-HAGE, le 19 janvier 2021 à 00h00

« Je suis tellement déprimée ! Je ne vois pas le bout du tunnel. Je n’arrive


même plus à me projeter dans l’avenir, parce qu’en quelques mois, le pays
s’est complètement effondré, son système bancaire, sa monnaie, son
économie, son éducation et maintenant ses hôpitaux. » Ce cri de désespoir,
lancé par Myrna Mezher, épouse et mère de famille, pourrait être celui de
tout Libanais dont le moral est au plus bas face à la superposition, depuis
l’été 2019, des crises politique, financière, sécuritaire et sanitaire.

Confirmant ces propos, une étude mondiale récemment publiée par l’institut
américain de sondage Gallup révèle « les ravages émotionnels » des conflits
économiques et politiques sur les Libanais, en 2019. « La tristesse a plus que
doublé au Liban par rapport à l’année 2018, passant de 19 à 40 %. De même,
les personnes en colère ont quasiment doublé, de 23 à 43 % », constate
l’étude qui cherchait à entrevoir l’état d’esprit dans lequel la population
mondiale a appréhendé la pandémie. Si « le stress, l’inquiétude, la douleur
ont atteint des niveaux record » au pays du Cèdre, « les émotions positives
ont reculé, elles, comme les sensations d’être bien reposé, d’éprouver du
plaisir, de rire et de sourire, d’être traité avec respect ». Selon Gallup, le
Liban fait partie de « ces pays qui traversent des montagnes russes
émotionnelles ». « Nous savons pertinemment que l’horizon est bouché au
Liban, affirme Jad H., un père de famille. Nous avons perdu tout espoir,
sauf celui de quitter le pays. » Difficile dans ce cadre de rester positif.
« Nous cherchons pour l’instant à survivre », précise-t-il.

Comme nombre de personnes, Myrna Mezher tente de relativiser malgré la


noirceur ambiante. Mais la perte de son emploi et les restrictions bancaires
drastiques qui l’empêchent d’envoyer l’argent nécessaire à ses enfants
étudiant à l’étranger achèvent d’angoisser cette femme déjà traumatisée par
la double explosion du port de Beyrouth, le 4 août dernier. « Ma mère a été
blessée dans sa maison dévastée de Gemmayzé. En accourant pour la
secourir, j’ai vu l’horreur », confie-t-elle. Et même si « la méditation » l’aide
à soigner ses « crises de panique », celle qui se dit « rationnelle » se
« raccroche aux prédictions du médium Michel Hayek, parce que nos
politiciens sont incapables de nous rassurer, alors que sévit la pandémie ».

« Fatigué d’être Libanais »


L’abattement des Libanais est palpable. Palpable dans les conversations
étalées sur les réseaux sociaux en cette période de confinement total et de
rebond dramatique du virus. On y dénonce la corruption politique, la cherté
de vie, les vies fauchées par le Covid-19. On y affiche son ras-le-bol, sa
colère, ses angoisses. « Nous disons par réflexe que nous allons bien, mais
en fait, nous n’allons pas bien du tout », lance tout de go un écrivain proche
de la contestation populaire, Jean-Marie Kassab. Sur sa page Facebook, il a
posté son ras-le-bol, « celui des Libanais surtout », précise-t-il. « Je suis
fatigué, écrit-il. Fatigué de souffrir sans fin (…). De vivre dans la peur (…).
Fatigué qu’on me mente sans vergogne. Fatigué d’être humilié (…). Fatigué
d’être libanais ». À L’Orient-Le Jour, l’homme « activement impliqué dans
la politique » observe « un pessimisme généralisé mû par la peur du
lendemain, celle de voir les choses empirer et le pays sombrer encore plus,
celle aussi de voir ses proches emportés par le Covid-19 ». « L’anxiété
collective gagne les Libanais, note-t-il encore. Le pire, c’est qu’elle est
contagieuse. »

De temps à autre, des drames éclatent. Des hommes s’immolent par le feu
ou se suicident au moyen d’une arme à feu, parce qu’ils n’ont plus les
moyens de faire vivre leur famille. Mais contrairement à certaines
estimations, « le taux de suicide au Liban n’a pas augmenté dernièrement »,
constate Hiba Dandachli, directrice de la communication au sein de
l’association Embrace, qui apporte une assistance aux personnes en détresse
morale. « La population pourrait encore être en train de gérer ses émotions,
essayé d’être forte », analyse la responsable. Autre raison qui expliquerait la
non-recrudescence des suicides, « un nombre important de personnes ont
quitté le pays ». « Et ceux qui restent cherchent à trouver un moyen de
survivre, dans ces circonstances particulièrement dures », note Mme
Dandachli. « En revanche, si la situation globale ne s’améliore pas, le taux
de suicide risque d’augmenter à l’avenir », met-elle en garde.

Impossible de se projeter dans l’avenir


Ces états d’âme peuvent sembler une lapalissade. Il est toutefois nécessaire
de reconnaître le mal-être des Libanais, d’en comprendre les mécanismes.
« Les gens avaient tellement d’enthousiasme en octobre 2019, lorsqu’a
éclaté le soulèvement populaire. Ils ne voulaient pas croire à une descente
aux enfers, analyse Danielle Pichon, psychologue clinicienne. Et puis tout a
basculé à partir de janvier 2020, lorsque les Libanais ont dû réduire leur
niveau de vie, qu’ils ne trouvaient plus leurs produits essentiels et leurs
médicaments. » Sont alors survenus le Covid-19 et l’explosion du port de
Beyrouth, dans un contexte où « il n’existe plus aucune référence
sécurisante ». « Les Libanais, qui étaient dynamiques, sociables et pleins de
ressources, sont aujourd’hui privés de tout. Ce qui les empêche de se
projeter dans un avenir positif », constate la psychothérapeute. En a découlé
« un délabrement intérieur, une montée dramatique de l’angoisse, de
l’anxiété, des peurs ». « C’est ce qui explique qu’ils sont devenus
imperméables au Covid-19 », explique-t-elle. Même « les adolescents vivent
une dépression masquée, qui se traduit par des troubles du sommeil
notamment, car leur rythme est bouleversé », note la thérapeute qui
travaille principalement avec des adolescents et de jeunes adultes. Les
choses ont atteint un point tel que « les gens sont désormais incapables de
prononcer des mots positifs, comme “Inchallah kheir’’ ou simplement “à
demain’’ ».

Le sentiment d’impunité que renvoie la classe politique participe à renforcer


la déprime collective. « Lorsque le Libanais crie qu’il a faim, nul ne l’écoute.
Et lorsqu’il réclame aux banques les économies qu’il a mises de côté durant
une vie entière, il n’y a personne non plus pour l’écouter », déplore Mona
Charabaty, psychanalyste formatrice. « Une situation qui réveille les
moments traumatiques en chacun d’entre nous », observe-t-elle. « D’où le
mélange de colère et de désespoir, voire de haine aux envies mortifères à
l’égard d’une classe politique qualifiée d’irresponsable », note la présidente
de l’Association libanaise pour le développement de la psychanalyse (affiliée
à l’Association psychanalytique internationale). Connu pour sa résilience
légendaire, le Libanais en est même à se révolter contre ce concept. « Le
traumatisme ne cesse de se répéter. La population n’a pas eu le temps
d’entreprendre le travail nécessaire de métabolisation et de symbolisation,
qu’un nouveau traumatisme l’a touchée », explique la psychanalyste. Se
réveillent alors les douleurs physiques, maux de dos ou d’estomac… « La
demande d’aide explose. Nous assistons à l’éruption de maladies auto-
immunes, à l’aggravation des maladies déjà existantes », souligne Mme
Charabaty. Parallèlement, les personnes en souffrance « manquent
d’énergie », se sentent « incapables d’assumer une tâche ». « Certains
remettent totalement en question leur choix de carrière », constate-t-elle.
Fort heureusement, il reste « la solidarité, l’attention envers l’autre, l’amour
partagé », qui permettent de tenir. Confronté à la crise du Covid-19, le
monde entier traverse des moments difficiles. « Partout dans le monde, les
chiffres des troubles anxieux et de l’humeur ont explosé. Le Liban n’est pas
différent et la prévalence des maladies mentales y est quasi similaire à
l’Europe et l’Amérique du Nord », note le Dr Wadih Naja, professeur de
psychiatrie à l’Université libanaise. « L’impact des traumatismes multiples
ponctués de violence méritent toutefois d’être étudiés », assure-t-il.
« Plusieurs études sont en cours », annonce le psychiatre. Et plusieurs
tendances se dessinent déjà. « L’aggravation des maladies mentales déjà
présentes chez 15 à 20 % de la population, l’apparition de nouvelles
pathologies mentales pour d’autres, alors qu’une partie de la population
dépassera le traumatisme, avec ou sans aide. » Mais en cette période de
confinement où chaque personne se retrouve « seule face à son mal-être »,
le psychiatre adresse un message aux personnes en souffrance. « La
télémédecine existe et se pratique couramment. Il est donc important de ne
pas interrompre le suivi avec son psychologue ou son psychiatre et de
n’arrêter aucune médication sans l’avis de son médecin », indique le Pr
Naja. Le spécialiste invite aussi les familles à respecter l’espace privé de
chacun de leurs membres. « Car le confinement fait des dégâts », reconnaît-
il. Il est aussi nécessaire de « garder le contact avec ses amis », de
« pratiquer un sport, car 30 % de la santé mentale est liée au sport », et,
enfin, de « limiter la consommation d’alcool ».

Canaliser la colère dans la politique


Les affects ressentis par les Libanais trouvent aussi leur interprétation
socio-politique. « La grande majorité des émotions sont rentrées. Elles
montrent combien le Libanais se recroqueville », observe le politologue
Joseph Maïla. « Seule la colère est extériorisée. Une passion salutaire, à la
condition qu’elle soit canalisée et organisée dans la politique », prévient-il.
La colère a pris « la forme de la thawra », de « l’accusation et de l’insulte »,
« langages éminemment politiques ». « Car le peuple endure et n’est
toujours pas sorti de la guerre de 1975. Or dans le malheur, il doit
s’exprimer, estime M. Maïla. Il doit surtout traduire sur le plan politique
l’émotion collective, face au mépris qui lui opposent les politiciens. »

Autre réalité, les trois composantes essentielles du projet politique national


se sont désintégrées, hormis celles du Hezbollah : « La vision s’est perdue
du fait de la crise politique et on ne sait plus quel Liban nous voulons. Les
chefs, on les insulte. Et on n’a plus la liberté d’action pour entrer en relation
les uns avec les autres », regrette le professeur de géopolitique, qui insiste
sur la nécessité de reconstituer un corps social. Joseph Maïla met surtout en
garde contre la violence. « Je crains, confie-t-il, que cette société libanaise
brutalisée et humiliée par la maladie, la violence et la milice, qui fait
l’expérience de la frustration et du ressentiment, ne recoure à la violence. »
TRADUCCION:
Cómo la depresión ganó a los
libaneses
"Temo que esta sociedad libanesa brutalizada y humillada por la enfermedad, la violencia y la milicia recurra a la
violencia", dijo el politólogo Joseph Maïla a "L’OLJ".

OLJ / Por Anne-Marie El-HAGE, 19 de enero de 2021 a las 00:00

“¡Estoy tan deprimido! No puedo ver el final del túnel. Ya ni siquiera puedo proyectarme hacia el futuro, porque en unos
meses el país se derrumbó por completo, su sistema bancario, su moneda, su economía, su educación y ahora sus
hospitales. Este grito de desesperación, lanzado por Myrna Mezher, esposa y madre, podría ser el de cualquier libanés
cuya moral esté en su punto más bajo ante la superposición, desde el verano de 2019, de crisis políticas, financieras, de
seguridad y de salud.

Confirmando estas afirmaciones, un estudio global publicado recientemente por el instituto de encuestas
estadounidense Gallup revela "la devastación emocional" de los conflictos económicos y políticos sobre los libaneses en
2019. "La tristeza se ha más que duplicado en el Líbano en comparación con el año 2018, de 19 a 40 %. Asimismo, la
gente enojada casi se ha duplicado, del 23% al 43%”, apunta el estudio, que buscaba vislumbrar el estado de ánimo en el
que la población mundial aprehendía la pandemia. Si "el estrés, la preocupación, el dolor han alcanzado niveles récord"
en la tierra de los cedros, "las emociones positivas han retrocedido, como las sensaciones de estar bien descansado, de
experimentar placer, de reír y reír. Sonreír, ser tratado con respeto”. Según Gallup, Líbano es uno de "esos países que
atraviesan una montaña rusa emocional". "Sabemos con certeza que el horizonte está bloqueado en el Líbano", dice Jad
H., padre. Hemos perdido toda esperanza excepto la de salir del país. “Es difícil en este contexto mantener una actitud
positiva. "Buscamos sobrevivir por ahora", dijo.

Como muchas personas, Myrna Mezher intenta poner las cosas en perspectiva a pesar de la oscuridad circundante. Pero
la pérdida de su trabajo y las drásticas restricciones bancarias que le impiden enviar el dinero necesario a sus hijos que
estudian en el exterior ponen ansiosa a esta mujer, ya traumatizada por la doble explosión en el puerto de Beirut, el 4 de
agosto. “Mi madre resultó herida en su casa devastada en Gemmayzé. Mientras corría para rescatarla, vi el horror”,
dice. Y aunque la "meditación" le ayude a curar sus "ataques de pánico", la que se autodenomina "racional" "se aferra a
las predicciones del médium Michel Hayek, porque nuestros políticos son incapaces de tranquilizarnos, mientras la
pandemia".

"Cansado de ser libanés"

La desesperación de los libaneses es palpable. Palpable en las conversaciones difundidas por las redes sociales en este
período de total contención y el dramático rebote del virus. Denuncia la corrupción política, el alto costo de vida, las
vidas truncadas por el Covid-19. Mostramos nuestro harto, nuestro enojo, nuestras ansiedades. “Decimos por reflejo
que estamos bien, pero en realidad no lo estamos haciendo nada bien”, lanza un escritor cercano a la protesta popular,
Jean-Marie Kassab. En su página de Facebook, publicó su harto, "el de los libaneses especialmente", dice. "Estoy
cansado", escribió. Cansado de sufrir sin fin (…). Vivir con miedo (…). Cansado de que le mientan descaradamente.
Cansado de ser humillado (...). Cansado de ser libanés”. En L'Orient-Le Jour, el hombre "activamente involucrado en
política" observa "un pesimismo generalizado impulsado por el miedo al mañana, el de ver que las cosas empeoran y el
país hundirse aún más, que también de ver llevarse a sus seres queridos por el Covid-19”. “La ansiedad colectiva está
ganando terreno entre los libaneses”, señala. La peor parte es que es contagiosa. "

De vez en cuando, estallan tragedias. Los hombres se prendieron fuego o se suicidaron con un arma porque ya no
pueden pagar a sus familias. Pero contrariamente a algunas estimaciones, "la tasa de suicidios en el Líbano no ha
aumentado últimamente", dijo Hiba Dandachli, director de comunicaciones de la asociación Embrace, que brinda
asistencia a personas con problemas morales. "La población aún podría estar manejando sus emociones, tratando de ser
fuerte", analiza el funcionario. Otro motivo que explicaría el no recrudecimiento de los suicidios, "un número importante
de personas abandonó el país". "Y los que se quedan buscan encontrar una manera de sobrevivir en estas circunstancias
particularmente duras", señala la Sra. Dandachli. "Por otro lado, si la situación general no mejora, es probable que la
tasa de suicidios aumente en el futuro", advierte.

Imposible de proyectar hacia el futuro

Estos estados mentales pueden parecer obvios. Sin embargo, es necesario reconocer el malestar de los libaneses, para
comprender sus mecanismos. “La gente estaba tan emocionada en octubre de 2019 cuando estalló el levantamiento
popular. No querían creer en un descenso a los infiernos, analiza Danielle Pichon, psicóloga clínica. Y luego todo cambió
desde enero de 2020, cuando los libaneses tuvieron que reducir su nivel de vida, cuando ya no pudieron encontrar sus
productos y medicinas esenciales. Luego vino el Covid-19 y la explosión en el puerto de Beirut, en un contexto en el que
"ya no hay ninguna referencia tranquilizadora". “Los libaneses, que eran dinámicos, sociables e ingeniosos, ahora están
privados de todo. Esto les impide proyectarse hacia un futuro positivo”, apunta la psicoterapeuta. Esto resultó en
"decadencia interior, un dramático aumento de angustia, ansiedad, miedos". "Esto explica por qué se han vuelto
inmunes al Covid-19", explica. Incluso "los adolescentes experimentan una depresión enmascarada, que se traduce en
trastornos del sueño en particular, porque su ritmo está alterado", apunta el terapeuta que trabaja principalmente con
adolescentes y adultos jóvenes. Las cosas han llegado a un punto en el que "las personas ahora no pueden pronunciar
palabras positivas, como 'Inshallah kheir'" (“Si Dios quiere”) o simplemente 'nos vemos mañana' ".

El sentimiento de impunidad que devuelve la clase política contribuye a reforzar la depresión colectiva. “Cuando los
libaneses gritan que tiene hambre, nadie lo escucha. Y cuando pide a los bancos los ahorros que ha reservado para toda
la vida, tampoco hay nadie que lo escuche”, lamenta Mona Charabaty, formadora de psicoanalistas. "Una situación que
despierta los momentos traumáticos en todos nosotros", observa. "De ahí la mezcla de rabia y desesperación, incluso de
odio con deseos mortales hacia una clase política calificada de irresponsable", apunta el presidente de la Asociación
Libanesa para el Desarrollo del Psicoanálisis (afiliada a la Asociación Psicoanalítica Internacional). Conocido por su
legendaria resistencia, el libanés incluso se ha rebelado contra este concepto. “El trauma se sigue repitiendo. La
población no tuvo tiempo para emprender el trabajo necesario de metabolización y simbolización, lo que le tocó un
nuevo trauma”, explica el psicoanalista. El dolor físico, el dolor de espalda o los dolores de estómago luego se
despiertan… "La demanda de ayuda está explotando. Estamos asistiendo a la erupción de enfermedades autoinmunes,
al empeoramiento de las enfermedades existentes ", dice Charabaty. Al mismo tiempo, las personas con dolor "carecen
de energía", se sienten "incapaces de asumir una tarea". “Algunas personas están cuestionando completamente su
elección de carrera”, dice ella. Afortunadamente, todavía hay "solidaridad, cuidado de los demás, amor compartido" que
nos hacen seguir adelante. Frente a la crisis del Covid-19, el mundo entero atraviesa momentos difíciles. “Las cifras de
ansiedad y trastornos del estado de ánimo se han disparado en todo el mundo. Líbano no es diferente y la prevalencia
de enfermedades mentales es casi similar a la de Europa y América del Norte”, señala el Dr. Wadih Naja, profesor de
psiquiatría en la Universidad Libanesa. "El impacto del trauma múltiple marcado por la violencia, sin embargo, merece
ser estudiado", dijo. “Se están realizando varios estudios”, anuncia el psiquiatra. Y ya están surgiendo varias tendencias.
“El agravamiento de las enfermedades mentales ya está presente en el 15-20% de la población, el surgimiento de
nuevas enfermedades mentales para otros, mientras parte de la población superará el trauma, con o sin ayuda. Pero en
este período de encierro en el que cada uno se encuentra "solo frente a su malestar", el psiquiatra envía un mensaje a
las personas que sufren. “La telemedicina existe y se practica ampliamente. Por tanto, es importante no interrumpir el
seguimiento con su psicólogo o psiquiatra y no suspender ningún medicamento sin el consejo de su médico”, dice el
profesor Naja. El especialista también invita a las familias a respetar el espacio privado de cada uno de sus miembros.
“Porque la contención es dañina”, admite. También es necesario "estar en contacto con tus amigos", "practicar un
deporte, porque el 30% de la salud mental está ligada al deporte", y, finalmente, "limitar el consumo de alcohol".

Canalizar la ira hacia la política

Los afectos que sienten los libaneses también encuentran su interpretación sociopolítica. “La gran mayoría de las
emociones han regresado. Muestran cuánto se acurrucan los libaneses”, observa el politólogo Joseph Maïla. “Solo se
exterioriza la ira. Una pasión sana, a condición de que se canalice y se organice en política”, advierte. La ira ha tomado
"la forma de thawra" (revolución), "acusación e insulto", "lenguajes eminentemente políticos". "Porque la gente está
aguantando y todavía no ha salido de la guerra de 1975. Pero en la desgracia, deben hablar", dijo Maïla. Sobre todo,
debe reflejar la emoción colectiva a nivel político, ante el desprecio que los políticos le tienen. "

Otra realidad es que los tres componentes esenciales del proyecto político nacional se han desintegrado, excepto los de
Hezbollah: “La visión se ha perdido debido a la crisis política y ya no sabemos qué Líbano queremos. Los líderes, los
insultamos. Y ya no tenemos la libertad de acción para entablar relaciones entre nosotros”, lamenta el profesor de
geopolítica, que insiste en la necesidad de reconstituir un cuerpo social. Joseph Maïla advierte especialmente contra la
violencia. “Me temo”, dijo, “que esta sociedad libanesa brutalizada y humillada por la enfermedad, la violencia y la
milicia, que experimenta frustración y resentimiento, recurra a la violencia. "