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Le Sol

https://formationcivamgard.fr/?GranuloMetrie

Le sol, à la fois support et produit de la vie, est la fine couche de terre superficielle (en moyenne 1m en France)
(source ) se trouvant à la surface de la croûte terrestre. En agronomie, on considère qu'un bon sol agricole est une
terre arable, riche en humus, fertile, dans laquelle des graines ou plantes peuvent se développer facilement, avec
une humidité relative constante ; mais cela peut être influencé par le climat et la position géographique terrestre.
Pour l'humanité, les sols agricoles représentent la Terre nourricière, un réservoir de biodiversité immense, un
régulateur des flux de gaz à effet de serre et tant d'autres choses (source ).

I Formation d’un sol :


Les sols se forment sous l'action du climat (température, précipitations, gel, etc.) et des organismes
(microorganismes, végétaux, champignons, etc.) qui pénètrent la roche, la fissurent et l'altèrent.
En favorisant l'implantation de la vie, il permet l'accumulation de déchets organiques à la surface du sol ce qui
entraîne la formation d'humus. C'est ainsi que née la couche supérieure fertile du sol où la culture devient possible
(couche organe minérale).

Horizon = couche du sol

II La Composition d’un sol :


Nous allons maintenant aborder l'organisation générale d'un sol à travers:
- ses constituants, qu'ils soient solides, liquides ou gazeux
- sa granulométrie; c'est à dire la taille des particules qui le
composent
- sa texture; c'est à dire la proportion de ses différentes
particules de sol
- sa structure; c'est à dire le mode d'assemblage de ses
différents constituants
- sa teneur en humus à travers le complexe argilo-humique
qui est un important structurant du sol.

1 - les constituants d’un sol :


Le sol situé dans l'horizon humifère est généralement constitué
de fractions (voir schéma ci-dessous) :
- Solide (sous forme d'agrégats):
• éléments minéraux: particules de roche + amendements
• éléments organiques: matière organique¹ issue des organismes du sol + fumure
- Liquide (solution du sol):
• eau
• substances dissoutes
- Gazeuse :
• air
• gaz issus de la décomposition de matière organique
2 - la Granulométrie :

La granulométrie est la mesure de la dimension des particules qui


constituent le sol (Plais.-Caill. 1958). Ces particules issues des
roches du sous-sol constituent une grande partie de la fraction
solide du sol.
Il y a trois principales classes de particules du sol (appelées « terre
fine ») catégorisées par taille (voir schéma ci-dessous) :
- les argiles (<2µm)
- les limons (2-50 µm)
- les sables (50-2000µm).
La proportion de ces différentes classes de petites particules
(<2mm) constituants la terre fine est appelée « texture du sol » (Supagro)..
On peut aussi trouver dans le sol les éléments dit « grossiers » : les graviers (de 2mm à 2cm) et les pierres
(>2cm).

3- la Texture du sol :

Définition de la texture du sol : c’est la proportion des différentes particules minérales (<2mm) qui le constitue.

Cette texture du sol est généralement exprimée par un triangle des textures.

La texture du sol se regroupe en 4 classes, qui permettent de définir un ensemble de propriétés par type de
sol :

- Texture argileuse : Les sols argileux sont chimiquement riches mais leur propriété physique provoque une
mauvaise aération, une imperméabilité et une mauvaise pénétration des racines. Le travail du sol y est
difficile du fait de sa compacité³ à l'état sec et de sa plasticité⁴ à l'état humide. Une bonne humification⁵ peut
améliorer sa structure et ainsi corriger ces défauts.

- Texture limoneuse : Les sols riches en limons sont plus sujets à l'érosion que les autres, provoquent la
formation de structure massive et mettent du temps à se restructurer. De même que pour les sols argileux, une
teneur suffisante en humus permet de contrer ces aspects défavorables.

- Texture sableuse : Les sols riches en sable sont bien aéré et ainsi très facile à travailler. Ils retiennent peu l'eau
et sont peu fertiles car les éléments nutritifs sont facilement lessivés. Ils ont cependant l'avantage d'être plus
propice au développement racinaire.

- Texture équilibrée : Elle correspond à un mélange d'argile, de limon et de sable pour lequel la plupart des
qualités de ces 3 types sont présente, sans en avoir les défauts.
Ex : 15-20% d'argile, 30-35% de limons et 40-50% de sables
(Source: Wikipedia)
LE DIAGRAMME DE TEXTURE

4- La Structure :

La structure d’un sol est le mode d’assemblage


de ses constituants solides (particules du sol,
matières organiques, faune du sol et systèmes
racinaires).

Il existe 3 grands types de structures du sol :

• Compacte (continue) : les constituants sont


noyés dans une argile dispersée.
Exemple : ciment, grès et poudingue

• Particulaire :
- Minérales : cendreux < poudreux < sableux < graveleux < pierreux (par taille)
- Organiques : fibreuses, feuilletées, feutrées

• Fragmentaire (agrégats) :
- Feuilletées : écailleuses, laminaires, schisteuses
- Anguleuses : prismatiques, columnaire, cubique
- Sphériques : grumeleuse, massive, nuciforme
- Mixtes : en plaquettes, polyhédriques
4 - le Complexe argilo-humique :

Le complexe argilo-humique a un rôle


important dans la structuration du sol.

L'humus est obtenu par transformation de la


matière organique par la faune du sol. Les
molécules d'humus et les feuillets d'argile
s'associent en se liant, grâce à des ions
positifs; les cations⁶ (calcium, magnésium, fer,
etc.), formant ainsi ce complexe argilo-
humique solide et organisé (voir schéma ci-
dessous).

Il permet la cohésion du sol, le stockage de


l’eau et des minéraux et une bonne résistance
au tassement. Pour créer de l’humus dans un
sol pauvre, il faut apporter beaucoup de
matière organique (compost, fumier, débris
végétaux,…).
L'argile et l'humus portent des charges
électriques négatives et attirent donc les
cations qui sont chargés positivement tel que
les ions Fe²+, Ca²+, H+, Mg²+, etc. Les ions possédant 2 charges positives permettent de lier l'argile et l'humus
ensemble afin de créer le complexe argilo-humique via des liaisons ioniques.

III La vie du sol :


La vie du sol présente une très grande diversité qui profite
de très nombreux habitats que ce milieu lui procure.

Environ 80% de l’activité biologique est concentrée dans


les 20 premiers centimètres du sol, car plus on s’enfonce et
plus la matière organique (source d’énergie pour les
organismes) et l’oxygène se font rares. Les racines,
principalement dans la partie supérieure du sol, offrent un
excellent habitat pour les organismes vivants.

La faune du sol se développe plus favorablement dans les structures grumeleuses car l’eau et l’air y circulent
facilement et la pénétration des racines est bonne.

1 La classification des organismes vivants dans le sol :

La classification des organismes vivants du sol se fait généralement par taille (voir figure ci-dessous).
• Les bactéries, les archées et les champignons appartiennent au groupe des microorganismes (<10µm).
• La microfaune qui comprend principalement les protozoaires et les nématodes mesure entre 10 et 200µm.
• La mésofaune regroupe les individus de 200µm à 2mm dont dont les acariens, les enchytréides et les
collemboles.
• Ensuite, entre 2mm et 20mm, on trouve les vers de terre, les fourmis, les araignées, les larves d'insectes, les
myriapodes, les limaces appartenant à la macrofaune.
• Pour finir, le groupe de la mégafaune, qui n'est pas toujours pris en compte pour la classification, comprend les
vertébrés comme la taupe, le campagnol, les orvets,...
2- Organismes symbiotiques (Lien vers: http://www.earthdanceorganics.com/finding-mycorrhizae-in-our-
worm-castings/Champignon micorhizien sur racines de pin

Parmi cette foule d'organismes qui gravitent autour des racines des plantes, il y a
également les symbiotes⁷ dont le rhizobium et le mycorhize.
Ces organismes colonisent l'intérieur des racines et permettent des échanges entre la
plante et le milieu extérieur.

Présence de nodules de rhizobium sur des racines

- Les rhizobiums sont le résultat d'une association symbiotique entre


des bactéries fixatrice d'azote atmosphérique et des légumineuses.
Ces bactéries créent des nodules sur les racines des légumineuses qui
sont de véritables usines à fixer l'azote. En échange, la plante leur
fournit des sucres issus de la photosynthèse⁸.

- Les mycorhizes sont le résultat d’une association symbiotique


généralement non-spécifique entre un champignon et une plante
(arbres, céréales,…). Ces champignons créent des hyphes qui
connectent l’intérieur de la racine au milieu externe via un réseau de
mycéliums qui permet de coloniser une partie plus importante du sol
afin d’apporter eau et nutriments¹⁰ à la plante.
3- Répartition de la matière organique :

A titre d’exemple, pour une prairie tempérée, la partie haute du sol (fig9) contient environ 93% de matière minérale
et 7% de matière organique (MO). Dans ces 7% de matière organique 10% sont des racines, 5 % sont des
organismes vivants et 85% sont de la matière organique fraîche de type débris végétaux et animaux, molécules
organiques, humus, etc.

Les organismes vivants sont répartis de manière suivante :


- 39 % de bactéries et actinomycètes
- 28 % de champignons et algues
- 22 % de vers de terre
- 5.5% de protozoaires et nématodes
- 5.5% d’autres animaux

Horizon = couche du sol

4. La Fertilité du sol :

La matière organique est avant tout composée de carbone (C) (≈50%) et d’azote (N) (7-10%) qui sont les
composantes essentielles des plantes. Bien que d’autres éléments tels que le potassium (K), le phosphore (P), le
calcium (Ca), le magnésium (Mg), le souffre (S), le sodium (Na) aient également une place importante dans la
fertilité des sols.

La fertilité d’un sol dépend directement de la présence de carbone et d’azote.

• Le carbone est indispensable à la vie. Véritable squelette du vivant, le carbone forme la charpente de toutes les
molécules organiques composant les êtres vivants (dont les plantes), en association avec l’oxygène, l’azote, le
phosphate et l’hydrogène. Il permet notamment de créer les sucres, lipides et protéines (Radosta E. 2016). Le
carbone est de loin l’élément le plus important pour la croissance des plantes. Par chance, la plante est capable
de fixer le carbone atmosphérique (CO2) grâce à la photosynthèse.
• Quant à l’azote, sa
disponibilit é à un fort
impact sur la croissance
de la plante. Une
carence en azote
réduit fortement la
croissance,
et, à l’inverse, une
forte disponibilité
en azote permet une forte croissance de la plante. L’azote est un élément essentiel de la constitution des
protéines, des acides aminés, de la chlorophylle et de l’ADN.
a- Cycles simplifiés du carbone et de l’azote :

Nous allons voir plus en détails le cycle du carbone et de l’azote , qui sont étroitement liés (fig11).

Ils servent de matériaux de construction et de ressource énergétique à l’ensemble de la chaîne alimentaire


jusqu’à sa complète minéralisation.

La plante est capable de fixer le carbone atmosphérique (C02) via la photosynthèse pour en fabriquer des
sucres. Elle puise l’azote du sol ou bien le diazote atmosphérique (N2) grâce aux symbioses avec des bactéries
fixatrices d’azote ; les rhizobiums (pour les légumineuses seulement, ils ont des micro-organismes qui se
développent dans leurs racines et qui les aident à fixer l’azote nécessaire à leur développement).

La plante permet de rendre accessible aux autres êtres vivants le carbone et l’azote sous forme organique
qui ne l’était pas sous forme minérale. Le carbone et l’azote traversent l’ensemble de la chaîne alimentaire en
tant que ressources énergétiques pour les herbivores, symbiotes et parasites de végétaux, les carnivores et
parasites d’animaux et finalement les prédateurs.

A la mort de ces individus, ou via divers sécrétions, ces composés sous forme organique sont à nouveau
minéralisés et recommencent le cycle.
b- Zoom sur les nitrates :
Dans l’environnement, la formation des nitrates est une étape du cycle de l’azote qui se fait naturellement sous
l’action des microorganismes présent dans ces milieux.
Parmi ces microorganismes, les bactéries fixatrices d’azote sont capables de transformer l’azote gazeux
atmosphérique (N2), en azote ammoniacal (NH4+), utilisable par les plantes, notamment les légumineuses
associées aux bactéries de type rhizobium, comme vu précédemment.
L’azote est absorbé par la plante et est transmis aux animaux via la nutrition. Lorsque les produits animaux et
végétaux se décomposent dans le sol, cet azote organique est à nouveau transformé en azote ammoniacal
(NH4+) ; c’est la minéralisation de la matière organique.
L’azote ammoniacal formé est disponible pour être à nouveau utilisé par les plantes ou pour être transformé par la
nitrification en nitrites (NO2-) puis en nitrates (NO3-). Les nitrates sont des sels minéraux très solubles et mobiles.
Ils sont assimilables par les plantes et servent de base à l’alimentation azotée de nombreuses plantes cultivées. Ils
peuvent être aussi assimilés par les microorganismes du sol en compétition avec les plantes.

En milieu anaérobie (sans oxygène), les nitrates sont utilisés par les bactéries dites « dénitrifiantes » pour leur
respiration en remplacement de l’oxygène. Les nitrates subissent une dénitrification, qui les transforme en nitrites
(NO) puis en oxydes d’azote gazeux (N2O) et pour finir en diazote atmosphérique inerte (N2) revenant ainsi au
début du cycle.

La présence de nitrate dans les milieux naturels est en général faible, et indique que l’azote circule rapidement
du sol vers les plantes et les microorganismes. La quantité d’azote présente est souvent le facteur limitant de la
transformation microbienne et de la croissance des plantes (Germon JC, 2018).

En agriculture, des engrais azotés sont ajoutés dans le milieu pour éviter que l’azote ne soit un des facteurs
limitant la croissance des cultures. L’utilisation de ces engrais est une des causes de la pollution de
l’environnement aux nitrates.

c- Rapport Carbone/Azote

Un déséquilibre entre la quantité de carbone et d’azote dans un sol agricole entraîne une perturbation plus
ou moins importante de ces cycles. Le rapport C/N permet d’avoir une idée de l’équilibre entre le carbone et
l’azote dans un milieu et de prévoir l’évolution de la matière organique.

Le ratio C/N, exprimant le rapport entre la quantité de carbone et d’azote, permet de juger de l’aptitude de la
matière organique à se décomposer plus ou moins rapidement dans le sol.
- Un rapport C/N faible (<15) signifie qu’il y a une quantité importante d’azote dans le sol (ou une quantité
de carbone trop faible) ; la minéralisation de la matière organique par les microorganismes se fait alors
rapidement.

- Un rapport C/N élevé (>25) au contraire, signifie qu’il n’y a pas assez d’azote (ou trop de carbone) et
que, par conséquent, la minéralisation du carbone se fait lentement. Il n’est restitué au sol qu’une faible quantité
d’azote minéral. Cependant, l’humus produit dans ces conditions est très stable.

- Un rapport C/N équilibré (=10) La matière organique possède un rapport C/N proche de 10. Les
microorganismes ont leur propre ratio C/N (≈8) qu’il convient d’équilibrer. Les plantes n’ont plus d’azote disponible
et se retrouvent alors en carence ; c’est ce qu’on appelle une « faim d’azote ».
Ce sont les microorganismes qui dégradent la matière organique du sol, or, pour se faire, ils ont besoin d’azote.
Une nourriture trop riche en carbone conduira les bactéries, archées et champignons à absorber l’azote dans le
milieu environnant. L’azote se retrouve alors bloqué pour une certaine période dans les processus biologiques.

L’équilibre peut revenir progressivement avec le temps, si un nouveau déséquilibre n’apparait pas !

Les symptômes d’une faim d’azote sur la culture sont divers : feuillage pâle, voire jaunissant, retard/arrêt de
croissance, légumes rachitiques ou même récoltes réduites à néant (Gerbeaud).

Pour éviter ce phénomène, il est recommandé d’apporter de l’azote au sol avant que les plantes n’en manquent ou
bien de laisser les matières carbonées se décomposer avant de cultiver. C’est malheureusement souvent le
premier choix qui est fait pour atteindre des objectifs de rendements à court terme.

Car, à l’inverse, une nourriture trop riche en azote nécessite de grandes quantités de carbone lors de sa
décomposition pour être stocké sous forme d’humus. Ce phénomène provoque la minéralisation totale du carbone
du sol. Le surplus d’azote entraîne alors l’appauvrissement du sol en carbone et en matière organique et la
pollution des sols aux nitrates.

Les sols agricoles sont aujourd’hui pauvres en matière organique du à l’utilisation souvent systématique et
massive d’engrais azotés. Contrainte par des objectifs de rendements à court terme, l’agriculture intensive est
responsable de l’appauvrissement des sols en carbone et par conséquent de leur dégradation. Tout l’enjeu est de
créer des écosystèmes agricoles capable de stocker efficacement la matière organique et de compenser les
pertes (production fruits, légumes, céréales, viandes qui est exportée, lessivage, décomposition sous forme de
gaz…) en effectuant des apports réguliers.

Ces apports de matière organique peuvent être réalisés sous différentes formes : compost, couverts végétaux,
paillage, fumure,…
V Dégradation des sols :
Depuis quelques décennies, on peut observer un phénomène de dégradation des sols agricoles de très grande
ampleur. Beaucoup de facteurs en sont la cause : déforestation, urbanisation, pollution, pratiques agricoles non
durables, …
« La dégradation des sols n'est pas un problème isolé : elle affecte de multiples régions et de nombreux habitants
du monde. Elle altère la production de nourriture et la qualité de l’eau. Lorsque la terre se dégrade, souvent les
gens migrent, car il n'y a plus de terres cultivables et donc une perte des moyens de subsistance », a déclaré à
l'AFP le scientifique Robert Watson.

Etat de dégradation des Sols dans le Monde :

Si les terres émergée représentent 29,10% de la Planète soit 15 milliards d'hectares, dont 1,4 sont des Forêts et
11 considérés comme non cultivables (trop secs, trop humides, trop pentus, trop minces ou trop pauvres) et si les
terres cultivées actuelles occupent 1,5 milliard d'hectares (10% des continents), cela signifie que 1,1 milliard
d'hectares sont encore cultivables ; mais en pratique la population mondiale ne cesse de croître à grande vitesse,
la désertification s'étend sur tous les continents et la dégradation des sols est en train de rendre incultes 25% des
terres cultivées actuelles ! Depuis les années 1950 et jusqu'à nos jours, les politiques d'industrialisation des pays
riches et de ceux en voie de développement, l'agriculture intensive avec son lot de produits chimiques, ou
l'élevage intensif (car dans le Monde, 30% des terres émergées non glacées sont occupées par l'élevage et 70%
des terres cultivées le sont pour des productions alimentaires animales, malgrè leur contribution plus élevée en
GES et une consommation d'eau pourtant plus importante que l'agriculture), ainsi que la surexploitation et la
surconsommation ; sont responsables de l'appauvrissement des sols comme de la production et du rejet de
quantités de Gaz à effet de serre (GES) de plus en plus importantes dans l'Atmosphère et qui amplifient le
réchauffement climatique !

Car le sol est une matière vivante qui concentre, sur 30 cm d'épaisseur, 80% des êtres vivants de la planète : vers
de terre, champignons, bactéries et une myriade de micro-organismes qui se nourrissent de matière organique.
En l'espace de 50 ans dans le Monde la surface moyenne cultivable 'disponible' est passée de
- 0,32 Ha en 1961-1963 pour 3,2 milliards d'êtres humains
- 0,21 Ha en 1997-1999 pour une population mondiale de 6 milliards, et
- elle ne sera plus que de 0,16 Ha en 2030 pour un total estimé de 8,3 milliards d’habitants.

En Europe le taux de
matière organique du sol
est passé de 4% à 1,4%
seulement et en France
60% des sols sont déjà
frappés d’érosion.
L’ONU en mai 2007 avait
établi que la solution
résidait en une agriculture
biologique qui permettrait
de redonner aux sols leur
capacité à absorber le
CO2, étant donné que les
rendements des
productions céréalières et
fruitières, mais aussi
forestières ne cessent de
baisser en conséquence
du réchauffement
climatique.
Avec des températures qui battent chaque année des records de chaleur et les canicules qui asséchent le sol ; le
climat tempéré du nord devient petit à petit méditerranéen et celui du sud devient par contre semi-aride !

VI Diagnostiquer l’état de son sol : tests sur les sols


1. Test de sédimentation : déterminer la texture du sol

Le test de sédimentation permet de déterminer la texture (c'est-à-dire, la composition en argile, limon et sable) de
son sol.

Protocole:
- Pour commencer, il vous faut un bocal ou une bouteille à gros goulot d’une contenance de 0,5 à 1.
- Remplir la moitié de la bouteille/bocal d'un échantillon de sol sans le tasser. Essayer de prendre un échantillon
représentatif de son sol.
- Compléter avec de l'eau en laissant un petit peu d'air en haut.
- Agiter ensuite énergiquement le mélange pendant plusieurs minutes de manière à casser la structure du sol pour
bien séparer ses composantes.
- Puis, la bouteille doit être laissée au repos pendant 2 jours car les argiles mettent du temps à se déposer.

On finit par obtenir différentes strates qui correspondent aux différentes particules du sol : le sable se dépose dans
le fond, le limon se situe au milieu et l’argile en haut. La matière organique flotte à la surface de l’eau (voir schéma
ci-dessous).

- Mesurer ensuite l’épaisseur de chaque couche à l’aide d’une règle, puis calculer le pourcentage de chaque
élément à l’aide des formules suivantes :
% de sable = (épaisseur de la couche de sable en cm X 100) ÷ épaisseur totale du sol en cm
% de limon = (épaisseur de la couche de limon en cm X 100) ÷ épaisseur totale du sol en cm
% d'argile = (épaisseur de la couche d'argile en cm X 100) ÷ épaisseur totale du sol en cm

Exemple :

Figure 10: Test de sédimentation; Source:


Espacepourlavie Montréal

La bouteille contient 6,8 cm de sol au total, dont 4,5


cm de sable, 1,5 cm de limon et 0,8 cm d'argile.
On calcule le pourcentage de chaque élément :
% de sable : (4,5 X 100) ÷ 66,8 = 66,2%
% de limon : (1,5 X 100) ÷ 6,8 = 22%
% d'argile : (0,8 X 100) ÷ 6,8 = 11,8%

Résultats :
66,2% de sable,
22% de limon
11,8% d'argile,
Il s'agit d'un Sol limon-sableux.

NB : Ce test est approximatif et comporte un certain nombre


de biais, notamment le fait que certains agrégats ne se
délitent pas et faussent ainsi les résultats. Pour réduire ce
biais on peut préalablement malaxer le sol et l'eau dans une
bassine avant de le verser dans la bouteille.
Bien que ce test ne puisse se substituer à des analyses plus
poussées en laboratoire, il permet d'avoir une idée indicative
de la composition de son sol.
On se réfère ensuite au triangle des textures pour déduire la texture du sol.

En traçant les proportions de chaque particule de sol sur le triangle des textures, on obtient la texture du sol.

2. Test du boudin

Le test du boudin, tout comme le test de sédimentation, permet de se faire une idée sur la texture de son sol.

• D’abord, il s’agit de prélever un peu de terre, de la mélanger avec un


peu d’eau puis de la malaxer dans sa main pour en faire une
boule.Si elle colle fortement et salit peu les mains, elle est sûrement
riche en argile et limon fin.Ecrasez la terre entre le pouce et l’index ;
si elle colle peu mais salit les mains, elle est sûrement riche en
limons et moins en argile.

• Puis, il faut essayer de sentir la texture de la terre en écrasant la


terre entre le pouce et l’index. Si la texture est soyeuse et fin, la
terre est probablement riche en argile et limon. La présence de
grains rugueux, de différentes tailles ou non, traduit la présence de
sable plus ou moins grossier.

• Ensuite, il faut rouler la boule dans sa paume afin de réaliser un boudin. Si le boudin se casse quand vous
l’affinez, c’est qu’il manque possiblement d’argile et de limon et que votre sol contient une grande quantité de
sable.
• Enfin, si vous réalisez facilement un cercle avec un boudin fin (environ 2mm de diamètre) sans le casser, c’est
que le sol est à dominance argileuse. S’il se casse avant la création du cercle c’est que la terre est plutôt
limono-argileuse.

Naturellement, il existe de nombreux intermédiaires plus difficiles à diagnostiquer, comme la terre riche en sable et
argile, la terre bien «équilibrée » entre argile, limon et sable…
3. Test à la bêche

Le test à la bêche consiste à prélever une bêchée de sol d'environ 20 cm d'épaisseur et d'au moins 25cm de
profondeur) afin de diagnostiquer l'état de sa structure.

Dans un premier temps il s'agit d'observer la tenue du bloc de terre (type, compacité, fissuration, porosité), la
profondeur atteinte (semelle de labour/roche mère/terre compacte).

On peut

également au préalable observer la surface du sol : couverture végétale, proportion de cailloux, présence et
épaisseur de la croute de battance, forme et taille des mottes de surface, présence de turricule de vers de terre,
présence d'autres formes de vie.

Puis, on regarde plus en détails, en


fractionnant le bloc :

o la macrofaune et la partie de la mésofaune


visible : diversité, activité, nombre
o l’activité des vers de terre : galerie, turricule, nombre

o les racines : profondeur de l’enracinement, densité, pivot, forme

o les cailloux : nombre, taille

o la terre fine : fraction de terre sans éléments grossiers et non agrégée en mottes

o les mottes : rugueuse/grumeleuse, tassée, compactée,…

Ce test est visuel et pédagogique et permet de faire connaissance avec son sol.

4. Test de la stabilité structurale

Le test de stabilité est extrêmement instructif au vue de sa simplicité. Il permet de connaître l'état structural de son
sol afin d'adapter ses pratiques.

o Faire sécher entièrement deux mottes de terre différentes afin de pouvoir les comparer (par exemple une de sa
parcelle et de la forêt/prairie/parcelle voisine). Les mottes doivent environ avoir la taille d’un poing fermé.
o Prendre deux bouteilles en plastique dont on aura préalablement coupé et retourné le goulot (cf fig 19)
o Déposer un échantillon de terre dans le goulot retourné et le plonger dans le fond remplit d’eau.

En se ruant dans le réseau poral, l’eau a tendance à faire gonfler le sol et à le disperser.
L’observation du comportement de l’échantillon permet d’appréhender la stabilité structurale de son sol, et ainsi,
sa capacité à résister aux facteurs déstructurants (pluie, vent, pression,etc.).

Un échantillon de sol colorant peu l’eau, très stable, se dispersant peu, traduit de bonnes pratiques agricoles,
favorisant la matière organique, la vie du sol et les champignons, bases de la fertilité du sol. La présence
d’exsudats racinaires et microbiens jouent un grand rôle dans la cohésion du sol. En plus de la matière organique,
un sol argileux et correctement pourvu en calcium sera plus résistant à la dispersion.
Ceux qui « fondent » directement au contact de l’eau sont typiques des sols qui présentent un fort risque de
battance. Plus l’effritement de l’agrégat est lent, plus la structure du sol est satisfaisante (Arvalis).
Attention ce test est difficile à mettre en oeuvre pour les sols très sableux car ils se dispersent très facilement.
5. Test à l’acide : Détermination des besoins calciques du sol

Afin de détecter la présence de calcium dans le sol, l’acide chlorhydrique (27%) est un moyen très simple.

Il faut prélever différents échantillons de sol, en surface et en profondeur.

On applique 1 goutte d’acide chlorhydrique (à 27%) sur l’échantillon de sol.

En présence de calcaire l’acide réagit en produisant un crépitement et une effervescence.

Pour analyser les résultats obtenus se référer au tableau ci-dessous.


6. Test du pH

Le test du pH permet d’estimer le pH de son sol assez


simplement avec des « bandelettes pH » que l’on trouve en
pharmacie et jardinerie:

- Diluez un échantillon de sol dans 5 fois son volume d’eau


distillée dans un bocal ;

- Agitez fortement le bocal pendant 2 mn puis laissez les


particules de sol se déposer au fond ;

- Testez alors le pH dans le liquide


surnageant et comparez la couleur obtenue
avec la grille de référence fournie. Le chiffre
correspondant à la couleur obtenu est le pH.