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Des économies potentielles

en eau et énergie
en abattoir

L ’IFIP a réalisé un bilan des consommations d’eau et d’énergie (gaz, électricité,


fioul) sur la période 2007 à 2008 dans 3 outils d’abattage-découpe spécia-
lisés porc dans le cadre d’une étude financée par INAPORC et l’Office de l’Elevage. Résumé
Ce travail s’inscrit plus largement dans une étude conduite en partenariat avec l’ADIV Cette première étude conduite
sur l’ensemble de la filière aval : 3 abattoirs-découpes (étude conduite par l’IFIP), par l’IFIP en collaboration
3 salaisons du cuit (ADIV), 3 salaisons du sec (ADIV) ainsi que 3 salaisons multi produits avec l’ADIV et 3 entreprises de
(ADIV). Ne sera présentée dans ce document que la partie relative aux consommations la filière laisse présager des
d’eau et énergie en abattoir-découpe. économies potentielles en énergie
et eau selon les process ou
opérations unitaires d’abattage
Méthodologie terme de nombre de porcs abattus (530 000 et de découpe, de gestion
à 1 650 000 porcs abattus par an) Résumé
et production de froid, d’air
L’arti
Une campagne de mesures sur site de l’uti- comprimée, et de récupération
lisation de l’eau et des énergies a été réa- Niveaux de consommation d’énergie sur site pour pré-ou
lisée dans 3 outils. En collaboration avec le chauffer l’eau sanitaire en cours
d’eau et d’énergie d’abattage. Cette première
Responsable de chaque site ou du Responsable
et coût par porc abattu étude a mis en évidence des
maintenance, un bilan des comptages a été
écarts importants concernant
réalisé selon un guide d’autodiagnostic rédigé Figure au tableau 1 ci-dessous un premier
les niveaux de consommation en
en concertation avec l’ADIV (eau, gaz, fioul et bilan des niveaux de consommation et coût
eau et énergie dans un rapport
électricité). De plus lors de cette phase d’en- par porc abattu relatifs à l’utilisation de l’eau et de 1 à 2. D’autre part l’étude met
quête, l’IFIP disposait de 2 analyseurs d’énergie des énergies. Les écarts laissent présager des en évidence le faible niveau de
électrique (enregistreurs HIOKI 9625 pouvant économies moyennant des investissements comptage électrique en place
mesurer jusqu’à 500 Ampères) loués auprès et la sensibilisation des opérateurs. Les coûts actuellement dans les entreprises
de TECALIMAN. Ce matériel d’enregistrement varient de 1,19 € à 2,17 € par porc abattu et contrairement au comptage de
des puissances électriques, en complément découpé. Des différences de 515 000 € annuel l’eau et du gaz.
des comptages en place, a permis d’estimer la sont observées par tranche de 500 000 porcs
consommation électrique par atelier sur des abattus. Le coût de l’eau et des énergies peut
périodes allant de quelques jours à 2 semai- être très variable selon le type de contrat four-
nes (production de froid et distribution, sta- nisseur et la localisation géographique des
tion de traitement, poste de compression d’air, abattoirs. D’autres éléments peuvent entrer en
chaîne d’abattage et découpe, boyauderie…). ligne de compte : l’historique et la sensibilité
Les 3 unités d’abattage-découpe étudiés font de l’entreprise à la réduction des consomma-
partie des 10 premiers abattoirs français en tions, les types de process en place, d’auto-
Tableau 1 : Niveaux de consommation et coûts en eau et énergie selon l’entreprise

Abattoir 1 Abattoir 2 Abattoir 3


Patrick Chevillon
Consommation d’eau/porc (litre) 273 375 255 Pierre-Henry Devillers1
Prix de l’eau €/m3 0,659 0,743 1,250 Pierre Frotin
Eric Gault
Consommation de gaz kW PCI/porc 8,23 20,20 13,65
Prix €/ kW de Gaz 0,031 0,0279 0,0262
Electricité kW/porc 11,33 20,49 9,90 Cette étude a bénéficié
Prix €/ kW d’électricité 0,067 0,065 0,042 de financements d’INAPORC
et de l’Office de l’Elevage.
PRIX TOTAL en € (eau+ énergie/porc) 1,194 2,174 1,092
1 ADIV

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matisation, le degré d’élaboration nous avons recensé 14 points de Au moment de l’enquête, la part
des produits et besoins en froid comptage différents d’eau froide de l’eau froide et mitigée utilisée
associés, la productivité par opé- ou mitigée (eau à 45, 60 ou 90 °C) à la boyauderie n’était pas connue
rateur qui sont autant de facteurs dans les 3 outils. des 3 entreprises. Les données
qui peuvent influer fortement sur IFIP d’enquêtes dans 15 abattoirs
les niveaux de consommation et Le tableau 2 ci-dessous fait état en 2007 font état de consomma-
les coûts. L’élargissement de cette des niveaux de consommation par tion de 50 à 90 litres d’eau mitigée
Un suivi régulier étude à 5 autres entreprises en entreprise et postes répertoriés. et froide par porc en boyauderie.
permet de limiter les 2008-2009 permettra de disposer Aussi ce poste mérite d’être mieux
d’un échantillon plus représentatif L’eau chaude et mitigée est relative- contrôlé par les entreprises. L’une
dérives et les fuites
d’entreprises. ment bien connue et comptabilisée des 3 entreprises a mis en place le
potentielles sur les par les entreprises car elle coûte à recyclage de l’eau mitigée à 42 °C
circuits d’eau. Analyse des consomma- produire (consommation de gaz au sur la ligne « menus » permettant
tions d’eau par poste niveau des chaudières). L’abattoir 3 de recycler, après filtration, près
se caractérise par la plus faible de 70 à 80 % de l’eau.
Le nombre de points de comptage consommation en eau chaude et
internes réguliers varie de 4 à 12 mitigée. Un procédé de stérilisation Un poste qui mérite une attention
par semaine selon les entreprises. à froid des couteaux et la mise en particulière est le poste du lavage
Un poste qui mérite L’entreprise 2 qui réalise le moins place d’un échangeur d’énergie sur des bétaillères (entre 32 et 50 litres
une attention de comptage consomme nette- une installation de cogénération par porc). Deux entreprises sur 3
ment plus d’eau par porc (375 litres électrique expliquent en partie ce recyclent sur ce poste, soit l’eau
particulière est
contre 255 et 273 litres). résultat. épurée de la station de traite-
le poste du lavage Près de 100 litres par porc ne peu- ment après chloration, soit l’eau
des bétaillères ainsi Un suivi régulier permet de limiter vent être affectés à des postes précis des tours aéroréfrigérantes. Ces
qu’en boyauderie. les dérives et les fuites potentiel- sur les 3 abattoirs soit en moyenne pratiques représentent des éco-
les sur les circuits d’eau. Au total près de 30 % de l’eau utilisée. nomies importantes (10 à 15 % de
Tableau 2 : Répartition de la consommation d’eau par entreprise selon la consommation totale d’eau de
14 postes de comptabilisation recensés (en litres/porc) l’abattoir).

Abattoir 1 Abattoir 2 Abattoir 3


La consommation d’eau froide
Poste contrôlé 273 litres/porc 375 litres/porc 255 litres/porc
utilisée dans les tours aéroré-
Eau chaude et mitigée mesurée à frigérantes peut être réduite en
partir des compteurs en place 120,1 168,8 50,5 récupérant l’énergie grâce à un
(45°C, 60°C, 90°C,...) échangeur avant le passage du
Lavage des bétaillères 32,2 50,7 32,9 liquide frigorigène chaud dans
les tours. Ceci permet de pré-
Lavage des camions frigorifiques 3,3 non mesuré 1,8
chauffer l’eau sanitaire et limiter
Eau froide des tours aéroréfrigérentes 9,6 46,5 24,0 l’eau utilisée, ainsi que la consom-
Eau froide de la porcherie mation électrique des pompes et
4,1 7,5 12,0 ventilateurs des tours nécessai-
(brumisation-abreuvement)
res au refroidissement du fluide
Eau froide de la station de traitement 5,5 non mesuré non mesuré
frigorigène. Seul l’abattoir 1 est
Eau froide pour le sang 1,9 non mesuré non mesuré équipé d’un échangeur à plaque
Eau froide de ressuage humide 2,7 non mesuré 1,8 permettant de récupérer l’éner-
gie sur son groupe froid après
Eau froide surpressée lavage abattoir non mesuré non mesuré 14,3
compression.
Eau froide surpressée lavage découpe non mesuré non mesuré 5,1
Eau froide surpressée lavage caddies non mesuré non mesuré 11,5 En porcherie, les niveaux de
consommation d’eau pour la
Eau pour l’épileuse non mesuré non mesuré 6,1 brumisation et l’abreuvement
Eau pour le stérilisateur à froid non mesuré non mesuré 0,8 des porcs sont variables d’une
entreprise à l’autre et varient d’un
Laveuse des bacs non mesuré non mesuré 1,5
facteur 1 à 3 (4 litres à 12 litres/
Diverses consommations non affectées 93,9 101,6 92,8 porc).

20 Résultats TechniPorc, Vol. 31, N°6, 2008 - la revue technique de l’IFIP


Comment réduire ou en eau (exemple l’échaudage par L’abattoir 1 récupère de l’énergie
optimiser les niveaux condensation vapeur : réduction sur son installation de froid (avant 1,5 à 2 kW par porc
par 10 de la consommation d’eau les tours aéroréfrigérantes, après
de consommation abattu peuvent être
(en Allemagne dans un abattoir compression) ainsi que des fumées
d’eau? de 480 000 porcs/an, passage des fours à flamber les porcs, pour
récupérés à partir
A partir de ces observations de l’échaudage en bac classique préchauffer l’eau sanitaire. Le gain des fumées des fours
5 priorités d’actions pour les (11 litres d’eau/porc) à l’échauda- est important (1,5 à 2 kW par porc à flamber pour
entreprises ont été identifiées. ge à vapeur (0,7 litre d’eau/porc), abattu peuvent être récupérés à préchauffer l’eau
BAT, 2005). partir des fumées des fours à flam- sanitaire.
Priorité 1 : Mettre en place des ber, Figure 1).
comptages ciblés et des relevés Priorité 5 : Etudier la possibilité
hebdomadaires ou journaliers. d’utiliser de l’eau de forage privé Sortie des fumées
entre 100 et 150 °C
Afficher des indicateurs et objec- et éventuellement récupérer des
tifs pour le personnel. Les comp- eaux de pluie en toiture : cette
Vase
tages d’eau doivent porter sur l’eau dernière option dispose d’un faible d'expansion
chaude, mitigée et froide, le lavage potentiel (2 à 3 % de la consomma- Entrée
d'eau
des bétaillères, le lavage en fin de tion totale d’un abattoir). 70°C
tuerie et découpe (poste eau sur-
Vanne
pressée…), le poste boyauderie, les Les utilisations du gaz de
tours aéroréfrigérantes, la station de circulation
en abattoir 10°C
traitement, la porcherie (abreuve-
Échangeur
ment-brumisation-lavage), la chaî- 4 utilisations principales ont été Fumée
ne d’abattage (échaudage, épileuse, identifées : la production d’eau 70°C
poste de saignée, poste d’éviscéra- chaude sanitaire, le flambage des Sortie TC
d'eau
tion), la découpe, le froid humide porcs, la production de vapeur 90°C
Vanne
(cabines de brumisation), les locaux pour l’échaudage et la cogéné- thermostatique
sanitaires (réglage des automatis- ration d’électricité avec récupé-
mes de déclenchement par cellule ration de l’énergie des fumées
Entrée des fumée à 400-450 °C
photoélectrique, du débit et pres- pour préchauffer l’eau sanitaire.
sion, température de l’eau, douches, il existe des utilisations annexes : Figure 1 : Système de récupération de l’énergie des fumées
contrôle des fuites…). lavage de rolls et bacs, stérilisa- des fours à flamber les porcs (système CLAYTON)
tion des couteaux à plus de 80 °C,
Priorité 2 : Récupérer l’énergie du chauffage des bureaux, thermo- L’abattoir 2 qui se caractérise par
liquide frigorigène avant refroi- coagulation du sang. Ne seront la plus forte consommation d’eau
dissement par les tours aéroré- présentées dans ce document chaude et mitigée (Tableau 2) ne
frigérantes (1 seul abattoir sur 3 que les 4 principales utilisations pratique pas la récupération d’éner-
dans cette étude dispose d’une du gaz dans les abattoirs étudiés gie sur les fours à flamber à ce jour.
telle installation). Ceci limite l’eau (Tableau 3).
froide utilisée dans ces tours pour L’abattoir 3 récupère de l’énergie
refroidir le liquide frigorigène. L’abattoir 1 se caractérise par la des fumées des fours à flamber et
plus faible utilisation de gaz, suivi lors de la cogénération, pour pré-
Priorité 3 : Recycler l’eau (eau de de l’abattoir 3 puis 2. chauffer l’eau sanitaire.
refroidissement des rails des fours,
eau chaude des épileuses, eau de Tableau 3 : Consommation de gaz par porc abattu par poste selon les 3 abattoirs (en kW PCI/porc)
nettoyage des balancelles pour
Abattoir 1 Abattoir 2 Abattoir 3
abats blanc, filtration et recyclage 8,2 kW PCI/porc 20,2 kW PCI/porc 14,7 kW PCI/porc
Poste contrôlé
partiel de l’eau à 42 °C en boyau-
Co-génération (production
derie, recyclage de l’eau de station
d’électricité + pré-chauffage de 0 0 4,9
pour le nettoyage-désinfection l’eau sanitaire avant chaudière)
des bétaillères après traitement
Chaudières eau chaude 3,8 12,2 5,4
de l’eau…).
Four 1+ Four 2 4,4 3,7 4,7
Priorité 4 : Investir à l’avenir dans Production de vapeur (échaudage
0 4,3 0
des équipements plus économes + thermo-coagulation du sang)

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Les niveaux de consommation de rendement) et isoler en totalité Les utilisations de
sur les fours à flamber 1 et 2 met- la distribution d’eau chaude. l’électricité
tent en évidence des écarts de
en abattoir-découpe
3,7 à 4,7 kW PCI/porc. L’abattoir 3 Priorité 3 : Préchauffer l’eau sani-
présente la plus faible consom- taire via des échangeurs de cha- La répartition de la consomma-
mation de gaz sur les 2 fours. Le leur : tion d’électricité est peu connue
couple «Temps de flambage» et - au niveau des fours à flamber en en abattoirs.
«Efficacité sur la bactériologie de collectant l’énergie des fumées
surface sur carcasse » mériterait (Système CLAYTON ou FIMAT) L’abattoir 2 se caractérise par une
d’être précisé. - sur le système froid consommation électrique de près
Les réglages des fours - sur la cogénération du double des abattoirs 1 et 3.
(temps de brûlage, Les réglages des fours (temps de - sur le poste compression d’air.
efficacité des flammes, brûlage, efficacité des flammes, L’abattoir 1 et 3 disposent d’une
encrassement encrassement des brûleurs, pres- Priorité 4 : Penser aux énergies comptabilité par postes très récen-
des brûleurs, sions…) sont des éléments à ana- renouvelables en substitution aux te (depuis 2006 pour l’abattoir 1 et
pressions…) sont des lyser attentivement. Une étude en énergies fossiles (panneaux solai- début 2008 pour l’abattoir 3).
2007 conduite dans 15 abattoirs a res, biomasse, graisses). Etudier la
éléments à analyser
montré des variations importantes mise en place de pompes à cha- L’analyse des consommations
attentivement. des temps de flambage des fours 1 leur (STEP, air, sol…). électriques fait apparaître que
et 2 (Figure 2). la production de froid est le poste
Priorité 5 : Limiter les consomma- le plus consommateur d’éner-
25 tions d’eau mitigée à tous les sta- gie électrique (46 à 48 % de la
four 1 four 2 temps total
des dans la mesure du possible consommation totale respective-
Temps de flambage (secondes)

20 (type de buses, déclenchement ment pour l’abattoir 1 et 3) suivi de


de l’arrosage, sensibilisation du la chaîne d’abattage, de la station
15 personnel…). d’épuration puis du poste com-
pression d’air.
Priorité 6 : Filtrer et réutiliser
10
l’énergie et l’eau en boyauderie Lors de cette étude, il a été pos-
(gain potentiel de 70 à 80 % d’eau sible d’analyser dans les 3 outils,
5
mitigée à 42 °C). la consommation électrique
du poste compression d’air
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Priorité 7 : Etudier la possibilité de (Tableau 5).
N° Abattoir vidanger préalablement les chau-
dins à sec avant lavage ou orien- L’ensemble des compresseurs
Figure 2 : Temps de flambage par porc selon 15 abattoirs
(IFIP, 2007)
tation vers l’équarrissage (par est à vis. L’un des abattoirs dis-
rouleaux, cité dans BAT, 2005). pose d’une installation récente à
Variation Electronique de Vitesse
Comment réduire ou Priorité 8 : Optimiser les débits et et d’un séchage d’air avec contrô-
optimiser la consom- pressions dès l’utilisation d’eau le de l’hygrométrie (Abattoir 1). Le
mation de gaz ? chaude sanitaire (réducteurs, type nombre de Watts par m3 produit
de buse et orientation…). est le plus faible pour cette instal-
A partir de ces observations, lation (131 Watts/m3).
10 priorités d’actions pour les Priorité 9 : Valider des méthodes
entreprises ont été identifiées. alternatives de stérilisation à L’abattoir 2 a des besoins impor-
froid des couteaux sur la chaîne tants en air comprimé de par les
La production de Priorité 1 : Mettre en place des d’abattage . process mis en place (9,8 m 3 à
froid est le poste le comptages ciblés et des relevés 6 bars d’air comprimé par porc
hebdomadaires ou journaliers. Priorité 10 : Optimiser les temps contre 3,02 m3 et 3,8 m3 pour les
plus consommateur
Afficher des indicateurs et objec- de flambage (meilleure épila- abattoirs 1 et 3).
d’énergie électrique. tifs pour le personnel. tion préalable et brossage tout
en maintenant l’efficacité sur la Dans cet abattoir, le coût du m3
Priorité 2 : Optimiser le rende- réduction de la flore bactérienne) d’air comprimé est plus élevé. Il
ment des chaudières (viser 90 % et l’entretien des brûleurs. semble important d’appréhender

22 Résultats TechniPorc, Vol. 31, N°6, 2008 - la revue technique de l’IFIP


Tableau 4 : Consommation d’électricité par poste selon l’abattoir (en Kwatt/porc)
Abattoir 1 Abattoir 2 Abattoir 3
11,33 kWatt/porc 20,49 kWatt/porc 9,90 kWatt/porc
Anesthésie au CO2 ou électrique 0,14 Non mesuré Non mesuré
Moteurs des épileuses 0,04 Non mesuré Non mesuré
Ligne d’abattoir 2,21 Non mesuré Non mesuré
Système de collecte et refroidissement du sang 0,04 Non mesuré Non mesuré
Compression d‘air 0,45 1,72 0,48 Un point intéressant
Ligne de boyauderie 0,05 Non mesuré Non mesuré à contrôler sur
Machine lavage bac 0,14 Non mesuré Non mesuré l’installation de
Production de froid et distribution 5,17 Non mesuré 4,75 compression d’air
Pompes de brumisation de ressuage humide 0,08 Non mesuré Non mesuré est la consommation
Station de traitement 1,95 Non mesuré Non mesuré du week end hors
Armoire du camion frigo en parking 0,07 Non mesuré Non mesuré activité.
Local pompe Non mesuré Non mesuré 0,45
Eclairage néons Non mesuré Non mesuré 0,57
Pompes de lavage des bétaillères Non mesuré Non mesuré 0,04
Surpresseur de lavage en abattoir + découpe Non mesuré Non mesuré 0,08
Autres consommations électriques non
1,00 18,77 3,53
affectées sur l‘entreprise

le coût de fonctionnement d’une importante pour l’abattoir 2 (28 %) Comment réduire ou


installation en routine dès l’inves- et moindre pour les abattoirs 1 et 3 optimiser la consom-
tissement initial en estimant la (18 %). mation d’électricité ?
consommation électrique par m3
d’air produit à une pression don- Les BAT (2005) citent un pourcen- A partir de ces observations,
née (exemple : 6 bars). tage à ne pas dépasser de l’ordre 10 priorités à étudier pour les
de 7 à 8 %. L’expertise du poste entreprises ont été identifiées.
Un point intéressant à contrôler sur compression d’air proposée par compresseur d’air et sécheur d’air
l’installation de compression d’air des entreprises spécialisées peut Priorité 1 : Mettre des comptages
est la consommation du week end s’avérer assez vite rentabilisée en ciblés et des relevés hebdoma-
hors activité. On peut ainsi estimer limitant les fuites et en renouve- daires ou journaliers. Afficher
alors le % de fuite en air comprimé lant le matériel usagé par du plus des indicateurs et objectifs pour
de l’installation hors activité. Elle est performant. le personnel.
Tableau 5 : Analyse des caractéristiques des postes de compression d’air dans 3 abattoirs
Abattoir 1 Abattoir 2 Abattoir 3
Type de compresseur: (à vis, piston, autre…) A vis A vis A vis
Variation électronique de vitesse sur compression Oui Non Non
REGENERATION EXTERNE
Type de séchage de l’air (avec contrôle Par adsorption Par adsorption
de l’hygrométrie)
Quantité d’air utilisée par porc 3,02 m3/porc 9,8 m3/porc 3,8 m3/porc
Nombre watts consommés/m3 d’air à 6 bars 131 watts/m3 sur 1 an 179 watts/m3 135 watts/m3
Estimation de la consommation des compresseurs dans
3,97 % 8,40% 4,80 %
la consommation électrique totale de l’abattoir
kWatt par porc pour la compression 0,42 Kwatt/porc 1,75 Kwatt/porc 0,51 Kwatt/porc
Consommation moyenne de 5 jours d’activité (24h à
82 % 72 % 82 %
24h*5jours) par rapport à la consommation sur 7 jours
Consommation moyenne du Week end (48 h) 18 % 28 % 18%

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Priorité 2 : Calculer le COP -28 à +8°C) contre une consomma- Conclusion
(Coefficient Opérationnel de tion de 10 kWh/tonne de carcasse
Performance ou rapport entre le pour un froid humide (-5 à 5°C). Cette première étude conduite par
froid produit et l’énergie consom- l’IFIP en collaboration avec l’ADIV
mée) de l’installation de froid avec Priorité 6 : Evaluer le coût et l’ef- et 3 entreprises de la filière laisse
le frigoriste, isoler, fermer les por- ficacité de son poste luminaire présager des économies poten-
tes des chambres froides et de (nombre, qualité, positionnement, tielles en énergie et eau selon les
congélation… durée de vie et consommation, uti- process ou opérations unitaires
lisation lumière naturelle…), durée d’abattage et de découpe, de
Priorité 3 : Etudier la mise en d’éclairement, commandes d’éclai- gestion et production de froid,
place de nouvelles techniques rage par partie d’atelier… d’air comprimée, et de récupéra-
de supervision des installations tion d’énergie sur site pour pré-ou
de froid proposées actuellement Priorité 7 : Investir dans des chauffer l’eau sanitaire en cours
Analyseur HIOKI de la quantité de (Gestion Technique Centralisée, moteurs plus performants d’abattage. Cette première étude a
courant et puissance demandée délestage, écrêtage, Exemple (Variation Electronique de Vitesse mis en évidence des écarts impor-
par l’installation.
Global Economy, System SERIACO, ou VEV) sur compresseurs, pom- tants concernant les niveaux de
MATAL…), les gains escomptés pes, ventilateurs des condenseurs, consommation en eau et énergie
annoncés par les fournisseurs peu- opter pour le renouvellement des dans un rapport de 1 à 2. D’autre
vent être de 10 à 20 % sur la facture moteurs électrique avec label part l’étude met en évidence le
électrique du froid... EFF1. faible niveau de comptage élec-
Ces données d’enquête trique en place actuellement dans
pour les principales Priorité 4 : Préchauffer l’eau sani- Priorité 8 : Auditer le poste com- les entreprises contrairement au
opérations unitaires taire via un échangeur placé avant pression d’air (fuites, intérêt du comptage de l’eau et du gaz.
en abattage et les tours aéroréfrigérantes : éco- VEV sur compresseur), et le sys- L’IFIP va poursuivre ce travail dans
découpe, devraient nomie d’eau, économie d’électri- tème de séchage d’air… 5 autres outils d’abattage-découpe
cité (les pompes et ventilateurs des en 2009 afin d’élargir le panel d’en-
permettre aux
tours fonctionneront moins), moins Priorité 9 : Analyser les consom- treprises diagnostiquées.
entreprises de maintenance sur les tours. mations électriques 10 minutes Ces données d’enquête pour les
d’améliorer leurs (sous exploitées actuellement, principales opérations unitaires
performances Priorité 5 : Le froid négatif lors heures de démarrage machines en en abattage et découpe, devraient
énergétiques et de du ressuage des carcasses coûte activité ou hors activité…). permettre aux entreprises d’amé-
mieux connaître cher par rapport à du froid positif. liorer leurs performances énergé-
Un compromis reste à trouver entre Priorité 10 : Réfléchir aux possibi- tiques et de mieux connaître les
les possibilités
surface au sol des frigos/objectifs lités à l’avenir de production de sa possibilités d’économies d’eau et
d’économies d’eau et bactériologiques/perte de poids propre électricité : Photovoltaïque d’énergie.
d’énergie. des carcasses/coût du froid/qua- (la surface de couverture des bâti- L’IFIP disposera de 2 analyseurs
lité de la viande. Du point de vue ments offre un potentiel intéres- d’énergie électrique pouvant
consommation électrique (BAT sant mais qui reste limité par rap- mesurer jusqu’à 5000 Ampères
2005, Allemagne), un froid choc port aux besoins), méthanisation afin de réaliser un comptage par
négatif consommera 19 kWh/tonne couplée à de la production d’élec- grand poste de consommation
de carcasse (température variant de tricité, utilisation des graisses… électrique (photo ci-contre). ■

Nous tenons à remercier les Directeurs et Responsables de maintenance des 3 entreprises d’abattage-découpe
qui ont consacré du temps à cette étude.

Contact :
patrick.chevillon@ifip.asso.fr
ph.devillers@adiv.fr

24 Résultats TechniPorc, Vol. 31, N°6, 2008 - la revue technique de l’IFIP