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République du Sénégal

Un Peuple-Un But-Une Foi


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Ministère de l’Aménagement du Territoire


et des Collectivités locales
(MATCL)

« Vers des territoires viables, compétitifs et porteurs de


développement durable»

Note de cadrage pour la mise en œuvre


du Schéma de l’Acte III de la
décentralisation :
la territorialisation des politiques publiques,un
substrat du chemin du véritable
véritable développement

Mai 2013

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Table des matières
1. CONTEXTE ............................................................................................................................................................ 4
2. VISION ................................................................................................................................................................... 7
3. OBJECTIFS............................................................................................................................................................. 8
4. DÉMARCHE DE MISE EN ŒUVRE ..................................................................................................................... 9
4.1. PRINCIPES DE BASE DE LA DEMARCHE ................................................................................................................ 9
4.2. DISPOSITIF DE PILOTAGE, DE COORDINATION ET DE PRODUCTION ......................................................................... 9
4.3. METHODOLOGIE .............................................................................................................................................10
4.4. DISPOSITIF DE SUIVI EVALUATION ....................................................................................................................11
4.5. CHRONOGRAMME ...........................................................................................................................................12

Sigles et Abréviations
ANAT Agence nationale d’Aménagement du Territoire
ARD Agence régionale de Développement
CL Collectivité Locale
CNP Comité national de Pilotage
CRP Cadre régional de Partage
CT Comité technique
DSDT Direction des Stratégies de Développement territorial
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
LODDT Loi d’Orientation pour le Développement durable des
Territoires
LPATDCL Lettre de Politique d’Aménagement du Territoire et de
Développement des Collectivités locales
MATCL Ministère de l’Aménagement du Territoire et des
Collectivités locales
PAS Politique d’Ajustement Structurel
PIB Produit Intérieur Brut
PNDL Programme national de Développement local
PTF Partenaire Technique et Financier
SCA Stratégie de Croissance Accélérée
SNDES Stratégie nationale de Développement économique et
social
SNDT Stratégie nationale de Développement territorial
SRP Stratégie de Réduction de la Pauvreté
TDR Termes de Référence
UEMOA Union Economique et Monétaire de l’Ouest Africain

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Glossaire
Territoire Aire de développement, d’aménagement et de gestion, de taille variable, un
échelon et un cadre de vie, où la responsabilisation des acteurs locaux est
susceptible de fournir, en articulation avec les autres protagonistes, une réponse
aux besoins et aux aspirations de leurs concitoyens.
Territorialisation Elle renvoie au processus de construction d’un projet de société de territoire. Il
s’agit d’une relocalisation des politiques publiques qui s’élaborent au niveau des
territoires. Aujourd’hui, le succès de la notion de territoire est lié à sa conception
accordant plus de place aux acteurs, à l’expérimentation de nouveaux modes de
gouvernance territoriale multi-niveaux.
Territorialité Ensemble des relations qu’une société entretient non seulement avec elle-même,
mais encore avec l’extériorité et l’altérité, à l’aide de médiateurs, pour satisfaire
ses besoins dans la perspective d’acquérir la plus grande autonomie possible,
compte tenu des ressources du système. Elle se construit dans le temps long qui
se charge de l’apprentissage cognitif du processus de cristallisation générant des
relations existentielles que les individus et les groupes entretiennent dans
l’espace.
Aménagement du Ensemble de mesures et d’actions volontaristes visant, par une organisation
territoire prospective de l’espace, à utiliser un territoire de manière rationnelle en fonction
de ses ressources et potentialités, et dans le but de satisfaire les besoins
immédiats et futurs de la population.
Développement Une démarche de mobilisation des acteurs locaux pour l’élaboration et la mise
territorial en œuvre d’un projet commun à un territoire donné en vue de le construire
durablement.
Territorialisation Inscrire les politiques publiques de manière coordonnée et complémentaire au
des politiques sein des territoires et doit aboutir à une meilleure appropriation de celle-ci par
publiques les acteurs concernés au niveau local.
Territorialisation de Tendance à une définition plus localisés des politiques publics et des moyens de
l’action publique prise en charge de ces politiques
Organisation S’inscrit dans un mouvement de coopération entre les collectivités,
territoriale d’intercommunalité qui, à toutes les échelles, implique des logiques
d’organisation négociées, contractualisées et sous-tendues par de nouveaux
modes de gouvernance
Développement Approche volontariste, axée sur un territoire restreint, qui conçoit le
local développement comme une démarche partant du bas, privilégiant les ressources
endogènes.
Pôle de Organisé autour des potentialités du territoire, le pôle est un foyer de
développement concentration économique générateur d’activités motrices avec une forte
puissance d’entrainement d’où sa centralité et son attractivité.

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1. Contexte
Depuis 1872, date de création des communes de Gorée et Saint-Louis, le Sénégal s’est lancé dans
un processus irréversible de renforcement continu de la décentralisation. Ce processus a conduit
essentiellement à deux réformes majeures réalisées respectivement en 1972 et en 1996.

Entre temps, en 1960, à l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale, le statut de


commune de plein exercice est élargi à toutes les communes existantes. En 1964, la loi n° 64-02 du
19 janvier 1964 instituait, pour la première fois, un régime municipal spécial dérogeant au droit
commun. Il s’agissait du statut de la Commune de Dakar que devaient suivre les communes
Chefs-lieux de région. La commune de droit commun, qui est l’autre catégorie de Commune, est,
quant à elle, régie par la loi n° 66-64 du 30 juin 1966 portant Code de l’Administration
communale, qui consacre définitivement le statut communal sénégalais en réunissant, en un seul
texte, les différentes lois qui régissaient l’administration communale. En 1969, la loi n° 69-54 du
16 juillet 1069 relative au statut général de la fonction publique communale a été promulguée.

Par la suite, la première réforme majeure de 1972 pose « l’acte précurseur de libertés locales plus
affirmées, avec la création des communautés rurales, la promotion de la déconcentration et la
régionalisation de la planification ». Ainsi, une approche plus institutionnelle et plus
administrative du développement local imprime la politique de décentralisation. Elle sera
consolidée en 1990 avec la suppression des communes à statut spécial et le retrait de la gestion
des communautés rurales aux Sous-préfets au profit des présidents de conseil rural.

Réalisée en 1996, la deuxième réforme majeure, « dans le souci d’accroitre la proximité de l’Etat
et la responsabilité des collectivités locales », consacre la régionalisation, avec, notamment,
l’érection de la région en collectivité locale, la création de communes d’arrondissement, le
transfert aux collectivités locales de compétences dans neuf domaines, le contrôle de légalité à
posteriori ; cette nouvelle étape de la politique de décentralisation, intègre ainsi la dimension
spatiale qui fut une avancée décisive dans la politique nationale de développement économique
et social avec l’élaboration des schémas régionaux en 1997 articulés au plan national
d’aménagement du territoire ; également, cette réforme a porté les collectivités locales au cœur
des dynamiques territoriales de développement socio-économique, renforçant la responsabilité
de la région, de la commune et de la communauté rurale dans le développement local.

A l’analyse, la pratique effective de cette politique de décentralisation a permis d’engranger des


avancées administratives et institutionnelles indéniables :/i) la libre administration des
collectivités est devenue un principe constitutionnel et le transfert de compétences et de
ressources, ainsi que le développement de la solidarité et de la subsidiarité, sont une réalité ; ii)
les organes des Collectivités locales constituent des instances reconnues et appropriées pour la
prise en charge de l’ensemble des initiatives de développement local ; iii) la participation des
populations à l’identification, à la programmation et à la réalisation des actions de
développement local, à travers les collectivités locales, en partenariat avec les organisations
communautaires de base, est consacrée ; iii) les Collectivités locales constituent des cadres
appropriés pour la mise en œuvre des stratégies et politiques définies par l’Etat ; iv) le contrôle
de légalité supplante le contrôle de tutelle ; v) la mise en place de mécanismes d’appuis
techniques est effective avec la valorisation de la convention type, de l’agence régionale de
développement et des structures locales de la direction d’appui au développement local ; vi) la
mise en place de mécanismes financiers à travers la fiscalité locale et les transferts financiers de
l’état (la compensation) est effective ; vii) la mise en place de projets et programmes d’appui à la
décentralisation et au développement des collectivités locales est promue.

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Cependant, depuis la dernière réforme de 1996, le contexte et les enjeux du développement local
ont sensiblement évolué. Si les préoccupations juridico-institutionnelles ont largement dominé
les réflexions dans les premières années de la régionalisation, aujourd’hui d’autres
problématiques majeures semblent émerger, particulièrement celles relatives aux défis socio-
économiques cruciaux. En effet, malgré les progrès et acquis évoqués ci-dessus, beaucoup de
limites pèsent encore sur la mise en œuvre de la politique de décentralisation, surtout dans sa
composante économique.

Dans les faits, l’état des lieux montre que le développement local a du mal à afficher les résultats
à la hauteur des espoirs suscités par la décentralisation. Les changements souhaités, s’ils sont
bien appréhendés, sont loin d’être amorcés et sont jusque-là marqués par une concentration sur
les aspects institutionnels (personnalité juridique des Collectivités locales, domaines de
compétences transférés), socio-politique (gouvernance locale, renforcement de capacités des
élus), sociaux (projets de lutte contre la pauvreté) ou encore techniques (exercices de planification
locale). Les limites observées relèvent à la fois de l’Etat, des Collectivités locales et de la Société
civile et s’inscrivent aussi dans la faiblesse des stratégies et politiques de développement
appliquées.

En guise de rappel, les politiques d’ajustement structurel (PAS) ont abouti à la dégradation de la
situation des pays concernés avec la fragilisation des groupes sociaux les plus vulnérables, à
l’aggravation de certains problèmes d’ordre macro-économique, à l’affaiblissement de la capacité
productive des pays et à l’accroissement de leur incapacité à générer de l’emploi.
Par la suite, la crise du modèle de développement ayant conduit aux politiques d’ajustement
structurel des années 80, avait incité à la recherche de l’espace optimal pour mener une action
publique de développement et proposé ainsi l’alternative de la décentralisation. Au Sénégal, le
développement local est mis en selle à la lumière des limites des politiques macro-économiques
mises en œuvre et qui avaient tendance à créer des zones de marginalisation et/ou d´exclusion.
Ainsi, la décentralisation a surtout tenté de servir le développement local, mais n’a pas
systématiquement pris en charge l’approche territoriale du développement.
En 2002, l’Etat du Sénégal a adopté la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP) dont l’un des
objectifs stratégiques est de renforcer le développement local par l’approfondissement de la
décentralisation et la bonne gouvernance. Aujourd’hui, force est de reconnaître que la mise en
œuvre de cette stratégie (phase I et II), associée à la stratégie de croissance accélérée, a donné des
résultats globalement mitigés. Déjà, avant la mise en œuvre de la stratégie, entre 1994 et 2005, la
croissance soutenue de 5 % du produit intérieur brut (PIB) du pays n’avait pas eu des effets
positifs significatifs sur la situation des ménages les plus pauvres. Plus grave, pendant
l’application de la SRP, sur la période 2006-2009, cette croissance a fléchi, pour se situer à moins
de 3 % en moyenne annuelle, ce qui, dans tous les cas, est un taux inférieur aux 7 % nécessaires
pour réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015. Aujourd’hui, au moment où la Stratégie nationale
de développement économique et social prend le relai du document de stratégie de réduction de
la pauvreté (DSRP), 46,7% de la population sénégalaise vit toujours sous le seuil de la pauvreté,
avec des disparités régionales assez criardes (26,1% à Dakar et 76,6% à Kolda).

Au total, la pratique de cette politique de décentralisation au Sénégal, en particulier, entre 1972 et


2012, se heurte encore à beaucoup de limites :

 les faiblesses objectives du cadre organisationnel et fonctionnel de la décentralisation pour


la promotion d’un développement territorial;
 le manque de viabilité des territoires et de valorisation des potentialités de
développement des territoires ;

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 la faiblesse de la politique d’aménagement du territoire limitée par une architecture
territoriale rigide ;
 la faiblesse de la gouvernance territoriale accentuée par une multiplicité d’acteurs avec
des logiques et des préoccupations parfois différentes ;
 l’incohérence et l’inefficience des mécanismes de financement du développement
territorial ;
 la faiblesse de la coproduction des acteurs du développement territorial qui induit
fortement l’inefficacité des interventions.

Le contexte et la faiblesse des politiques et stratégies de développement appliquées jusque-là,


induisent la nécessité d’initier des alternatives susceptibles de corriger les déficiences et
produire simultanément des progrès significatifs à l’échelle nationale et un développement local
harmonieux.

Pour cela, il urge de « s’arrêter et apprécier objectivement la dynamique de décentralisation,


dans tous ses contours » afin d’ouvrir un chemin pour le véritable développement.

Dans ce cheminement, Monsieur le Président de la République indique clairement l’option de


« construire, dans le cadre d’un dialogue consensuel et prospectif, le renouveau de la
modernisation de l’Etat, à travers une décentralisation cohérente dans ses principes, et
performante dans sa mise en œuvre ».

Aussi, le Gouvernement opte t-il pour « la refondation majeure de l’action territoriale de l’Etat,
à travers le projet de réforme dénommé « Acte III de la décentralisation » ». Le projet s’adosse
ainsi à « l’option de territorialisation qui, en revisitant la démarche de conception et de mise en
œuvre des politiques publiques, va permettre de bâtir le développement du Sénégal à partir des
opportunités, atouts et potentialités de chaque terroir ».

Dès lors, il s’agira de « préparer un cadre adéquat pour la territorialisation des politiques
publiques et des offres de services publics et de diligenter l’élaboration et la mise en œuvre du
projet territorial de l’État en Casamance pour faire de cette région le territoire test de cette
nouvelle politique. »

Cette clarification des options gouvernementales en matière de territorialisation des politiques


publiques prépare à des changements majeurs dans le champ du développement local et
territorial. Egalement, la prise en charge de ce nouveau paradigme doit être articulée aux
orientations actualisées de la stratégie nationale de développement territoriale (SNDT), la lettre
de politique d’aménagement du territoire et de développement des collectivités locales
(LPATDCL) et de la stratégie nationale de développement économique et sociale (SNDES) afin de
conduire efficacement les processus de changement engagés.

Parallèlement, d’autres processus de réforme sont engagés au niveau du pays: (i) réforme des
institutions de la République, (ii) réforme foncière ; (iii) réforme de la gestion des finances
publiques conformément au cadre harmonisé de l’union économique et monétaire de l’ouest
africain (UEMOA). Egalement, des projets de concrétisation des directives du Chef de l’Etat
issues des Conseils présidentiels et ministériels sont lancés par différents acteurs au bénéfice des
territoires.

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Dans ce contexte, l’enjeu majeur est de canaliser les énergies en vue d’une bonne articulation des
processus initiés et qui, in fine, visent les mêmes objectifs. Ainsi, pour relever les défis, le
MATCL, suivant les orientations du Chef de l’Etat, a élaboré un schéma de préparation,
d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation de l’acte III de la décentralisation.

La présente note de cadrage synthétise un mode d’intervention consensuel de préparation et


d’élaboration de l’acte III de la décentralisation. Elle est préparée à l’intention du dispositif de
pilotage, de coordination et de production mis en place à cet effet. Il découle d’un partage du
projet de réforme entre le Ministère de l’Aménagement du Territoire et des Collectivités locales,
maîtresse d’œuvre, et les membres du dispositif évoqué ci-dessus.

2. Vision
La vision qui guide la mise en œuvre de l’Acte III de la décentralisation s’inspire de celle du
Chef de l’Etat : « Organiser le Sénégal en territoires viables, compétitifs et porteurs de
développement durable à l’horizon 2022».

Elle plonge ses racines dans une politique d’aménagement du territoire et oriente la
concrétisation des aspirations et des espoirs des acteurs territoriaux, en vue de bâtir un projet de
territoire. Elle offre l’espace adéquat pour construire les bases de la territorialisation des
politiques publiques.

La territorialisation renvoie au processus de construction d’un projet de société de territoire. Il


s’agit d’une relocalisation des politiques publiques qui s’élaborent au niveau des territoires.
Aujourd’hui, le succès de la notion de territoire est lié à sa conception accordant plus de place
aux acteurs, à l’expérimentation de nouveaux modes de gouvernance territoriale multi-niveaux.
Cette considération prend en compte la réalité de la globalisation pour ainsi justifier l’intégration
de la région ouest-africaine comme un objectif stratégique majeur pour promouvoir le
développement des économies de la sous-région et faciliter leur insertion au sein du système
mondial. En effet, la perspective d'un développement soutenable de l'Afrique de l'Ouest nécessite
de gérer les principaux enjeux environnementaux, démographiques, sociaux et sécuritaires à
l'échelle de la sous-région, dans un élan de solidarité en assurant une meilleure coordination des
politiques mises en œuvre par les différents États.

L’aménagement du territoire est une politique visant à faire référence aux politiques et méthodes
pour une meilleure répartition des hommes et de leurs activités dans l’espace en vue de
promouvoir la compétitivité des territoires et la cohésion sociale. Il permet aussi de résoudre les
contradictions spatiales issues des disparités et d’organiser la viabilité des territoires. Il s’agit de
promouvoir une armature urbaine fonctionnelle et des zones de compétitivité territoriale en
renforçant le niveau d’équipement, en les dotant d’outils et de cadre stratégique de gestion
prospective de l’espace. Les services et les équipements structurants les « pôles administratifs »
identifiés devront comporter, en tenant compte des échelons, les catégories suivantes: i)
infrastructures et équipements de services publics non-marchands; ii) Infrastructures et
équipements marchands ; iii) Infrastructures et équipements publics et privés d’accès aux
services sociaux de base. Le territoire est délimité dans l’influence de l’aire urbaine qui présente
aussi une cohérence géographique, socioculturelle, politique et économique. Il est relativement
autonome et prend en compte « la capacité d'attraction des équipements et services publics et
privés (transport, enseignement, santé, action sociale) ».

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Dans ce sillage, la base de l’action publique s’organise autour du triptyque « territoire,
population, actions » en recherche permanente d’équilibre. Le développement territorial durable
du système prendra ses effets dans un monde qui n’existe pas encore, et se prépare sur les bases
d’une population existante et d’une expression actuelle des besoins de celle-ci, pour une
population qui va évoluer, de même que ses attentes (augmentation/changement). Il est une
démarche de mobilisation des acteurs locaux pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet
commun à un territoire donné en vue de le construire durablement.

3. Objectifs
Objectif général :
Elaborer une nouvelle politique nationale de décentralisation qui permet d’asseoir des territoires
viables et compétitifs, porteurs d’un développement durable.

Objectifs spécifiques :

1. Construire une cohérence territoriale par une réorganisation de l’espace et


l’émergence de pôles de développement

Il s’agit de trouver des réponses adéquates à l’ancrage de la cohérence territoriale pour une
architecture administrative simplifiée, à la reconstruction des dynamiques territoriales à travers
des entités viables ; ainsi, un nouvel ordre des collectivités territoriales sera établi avec un point
d’attention sur l’instauration de la communalisation intégrale au Sénégal ; dans ce sillage, les
mécanismes de valorisation de l’intercommunalité (inter-territorialité) seront à identifier ; enfin,
pour rendre l’Etat davantage orienté vers l’équité sociale et territoriale, des réponses durables et
pertinentes aux cloisonnements territoriaux seront données et de surcroît, les grandes zones éco-
géographiques du Sénégal seront constituées en pôles de développement et des pôles urbains et
périurbains seront créés pour constituer des centres d’animation du développement territorial ;
le pôle de développement étant un espace dynamique caractérisé par la concentration de
ressources et de moyens, de rayonnement et de motricité.

2. Assurer la lisibilité des échelles de la gouvernance territoriale

La gouvernance territoriale consiste en une mise en réseau de divers acteurs sociopolitiques


autour d’un projet de développement d’un territoire. Elle établit un cadre collectif d’action
solidaire, de la coresponsabilité de projet. La valorisation de territoires viables recommande de
réviser le processus de formulation et de mise en œuvre des politiques publiques ; cela requiert
de rendre plus pertinentes et claires les échelles de gouvernance, par une réhabilitation de la
déconcentration, corollaire indispensable de la décentralisation ; également, l’objectif poursuivi
est une coopération étroite entre les élus locaux respectés aux capacités renforcées et les
représentants de l’Etat réhabilités dans leur rôle d’interlocuteurs territoriaux de l’Etat ; cette
coopération sera élargie aux Acteurs Non Etatiques et au Secteur privé ; également, la
valorisation de territoires viables doit être corrélée à la répartition claire des compétences entre
l’Etat et les collectivités territoriales ; ici, les modalités d’exercice des compétences seront
clarifiées en vue de prendre en charge l’attente de libertés accrues et d’autonomie financière
réelle des collectivités territoriales ; enfin, l’architecture territoriale actuelle fera l’objet d’une
reconfiguration aux fins de disposer de cadres organisationnels les plus appropriés et des
ressources humaines de qualité, au regard des nouveaux objectifs de développement.

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3. Améliorer les mécanismes de financement du développement territorial et la
gouvernance budgétaire

Les difficultés financières persistantes des collectivités locales, et qui seraient consécutives à
l’inadaptation des ressources et mécanismes financiers mis en place par l’Etat, au regard de
l’amplitude des compétences transférées, doivent trouver des solutions adaptées ; ainsi, il s’agira
de procéder à la révision des mécanismes de transfert des fonds, du mode de répartition des
ressources Etat/Collectivités territoriales, des mécanismes de péréquation, du cadre juridique
pour l’emprunt des Collectivités territoriales ; également, il faudra réfléchir sur : les mécanismes
de financement des projets de territoire contractualisés, les Collectivités territoriales comme
actrices des services financiers décentralisés, les mécanismes de financement articulés au
partenariat public privé, et aux coopérations décentralisée et transfrontalière, et d’autres
mécanismes de financements nationaux et internationaux innovants du développement durable ;
comme tout aussi, la question de la décentralisation de la fiscalité locale devra être posée. En
particulier, cette réflexion prendra en compte la directive n° 01/2011/CM/UEMOA du 24 juin
2011 portant régime financier des collectivités territoriales.

4. Démarche de mise en œuvre


4.1. Principes de base de la demarche
Les principes qui guideront la démarche de préparation, d’élaboration et de test de l’Acte III de
la décentralisation sont articulés autour de trois types d’exigences :
(i) exigences d’un processus multi-acteurs,
(ii) exigences du développement territorial et
(iii) exigences du suivi-évaluation.

Les exigences d’un processus multi-acteurs : Les exigences de suivi-évaluation :


Appropriation et participation des acteurs Gestion axée sur les résultats
Valorisation de leviers de changement Performance territoriale
Coproduction des acteurs Capitalisation des expériences
Posture d’apprentissage/Synergie des capacités Genre et Equité
Approche systémique

Les exigences du développement territorial :


Unité nationale
Libre administration des collectivités territoriales
Culture d’aménagement du territoire
Centralité du territoire
Subsidiarité
Différentiation territoriale
Approche projet de territoire
Contractualisation

4.2. Dispositif de pilotage, de coordination et de production

Pour la préparation, l’élaboration et la mise en oeuvre de l’acte III, il est mis en place un dispositif
de pilotage, de coordination et de production.

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Le pilotage
Le Comité national de pilotage de la Réforme de la Décentralisation, créé par décret, est chargé
de superviser les travaux du Comité technique, des Commissions thématiques et des Cadres
régionaux de partage sur la réforme de la Décentralisation. A ce titre, il examine et valide : i) les
termes de références (TDR) de la réforme de la Décentralisation ; ii) le bilan diagnostic de la
Politique de Décentralisation ; iii) les conclusions des différentes Commissions thématiques et
des Cadres régionaux de partage ; et iv) les Avant-projets de texte.

La coordination
Le Comité technique, créé par arrêté ministériel, est chargé de : i) proposer les termes de
références (TDR) de réforme de la Décentralisation ; ii) pré-valider le bilan diagnostic de la
Décentralisation ; iii) coordonner et de suivre les travaux des commissions thématiques et des
cadres régionaux de partage ; iv pré-valider les conclusions des commissions thématiques ; v)
soumettre, au Comité national de pilotage, les avant-projets de texte de la réforme préparé par la
Cellule juridique; vi) mettre en œuvre une stratégie de communication portée par le Cellule de
Communication et vi) rendre fonctionnel un dispositif de suivi-évaluation du projet de réformes.
Le Comité technique s’appuie sur des Commissions thématiques et des Cadres régionaux de
partage de la réforme de la Décentralisation.

La production
Les commissions thématiques, ci-après, chargées de réfléchir et de formuler des propositions sur
les thèmes qui leur sont confiés, sont créées : i) Commission « Cohérence territoriale » ; ii)
Commission « Lisibilité des échelles de gouvernance » ; iii) Commission « Mécanismes de
financement et gouvernance budgétaire ».
En outre, il est créé, dans chaque région, par arrêté du Gouverneur, un Cadre régional de
partage, chargé de discuter et de formuler des avis et observations sur les propositions des
Commissions thématiques.

4.3. Méthodologie
L’option opératoire faite est d’articuler la démarche autour de deux principales phases déclinées
chacune en différentes étapes.

La phase préparatoire et d’élaboration de la nouvelle politique de décentralisation composée


de 5 étapes majeures :

 L’étape préparatoire qui concerne la définition de la méthodologie, la préparation du


dispositif de pilotage et des groupes de travail, le recueil des informations avant de
démarrer la phase d’évaluation et d’analyse. Cette étape est aussi mise à profit pour
s’assurer d’une forte adhésion au processus, grâce à la mise en œuvre d’un plan de
communication institutionnelle et de changement.
 L’étape diagnostique et d’identification des pistes de réforme qui comprend l’analyse du
diagnostic de la mise en œuvre de la décentralisation et de l’application des directives et
lignes directrices d’aménagement, pour la prise en charge des recommandations de
réforme. Cette phase est importante parce qu’elle alimente le travail des commissions et
structure la réforme ;
 L’étape de restitution des scenarii de réforme et de consultation du dispositif de pilotage
et des acteurs au cours de laquelle seront présentés les rapports des commissions de
travail et les propositions de réforme ;
 L’étape de reconstruction de la cohérence territoriale au cours de laquelle seront déclinés
les différents pôles de développement économique et les projets de réorganisation
territoriale ;

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 L’étape de conception et d’élaboration du « Document de politique nationale de
décentralisation et de développement territorial ».

La phase de mise en œuvre de la réforme :

Elle sera lancée quand la politique nationale de décentralisation, communément appelée « acte III
de la décentralisation » sera validée.

Cette phase comprend six étapes :


 L’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de communication sur le processus et les
résultats.
 L’élaboration du plan d’actions de mise en œuvre ;
 L’élaboration d’une loi programme pour la mise en œuvre de la réforme ;
 La révision des textes de la décentralisation et de la déconcentration pour prendre en
charge les changements apportés au dispositif institutionnel et organisationnel des
collectivités locales ;
 L’évaluation financière du dispositif de mise en œuvre de la réforme ;
 L’élaboration et l’application d’un dispositif de suivi-évaluation de la mise en œuvre de
la réforme ;

4.4. Dispositif de suivi évaluation

Un système participatif sera mis en place pour assurer le suivi et l’évaluation du processus de
réforme. Ce système comprendra les composantes suivantes :

La planification
Cette composante concerne la planification des résultats de la phase test à travers les indicateurs
qui seront définis durant la phase d’élaboration du projet de réforme. Les principaux outils
seront la chaine des résultats, le cadre de résultats et la planification des risques.
Le premier outil définit la logique d’intervention basée sur la relation de cause à effet entre les
ressources, les activités, les résultats intermédiaires et le résultat final. Le second outil centralise
les informations essentielles concernant les résultats, les indicateurs, les valeurs de base et l’année
de référence ainsi que les valeurs cibles annuelles du démarrage à la fin de la phase test. Le
troisième outil concerne l’identification et la planification des risques identifiés.
La planification opérationnelle s’appuie sur une matrice qui met en exergue les activités
principales, les sous-activités, les extrants attendus, le calendrier de réalisation, les éléments du
budget, le budget et la partie responsable de la mise en œuvre. Elle sera complétée par un plan
de décaissement et un plan de passation des marchés.

Le suivi
Cette composante concerne la collecte, le traitement des données, la production et la diffusion
des rapports sur le niveau d’atteinte des indicateurs de résultats, l’état de mise en œuvre des
activités planifiées ainsi que la surveillance des risques identifiés. Les principaux outils sont le
cadre de mesure des résultats et les rapports de suivi. Le cadre de mesure des résultats planifie
les procédures de collecte des données pour renseigner les indicateurs retenus. Les rapports
d’étape favoriseront le dialogue, le partage d’expérience.
Les opérations de suivi seront mises en œuvre par le dispositif de Pilotage et de Coordination,
mais aussi par les partenaires Techniques et Financiers (éventuellement).
La réalisation des activités du Projet doit s’inspirer des résultats de la planification initiale en
intégrant obligatoirement les recommandations du suivi et des évaluations périodiques.

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L’évaluation
L’évaluation de l’impact de la phase test de la mise en œuvre de la réforme se fera par la
méthode expérimentale qui a l’avantage de contrôler les facteurs influençant l’expérience. La
méthode consistera à choisir une entité aussi proche que possible de celle ayant bénéficié de la
phase test de la réforme au moment de son démarrage et d’utiliser l’approche de la double
différence pour évaluer l’impact spécifique de la mise en œuvre de la réforme sur les différents
indicateurs retenus. L’application de la double différence permettra de corriger le biais de
sélection lié aux changements temporels afin de pouvoir saisir l’impact de la réforme. L’indice de
pauvreté pourrait être choisi comme variable d’appariement. Réussir à détecter les différences
entre telles entités avant et après la mise en œuvre de la réforme, c’est isoler l’impact de celle-ci.
La variable pauvreté utilisée sera une variable synthétique mesurée par un ensemble
d’indicateurs.
Etant donné que la réforme touche à plusieurs aspects du développement des entités et dans
plusieurs domaines, l’évaluation d’impact de la réforme concernera plusieurs indicateurs de
performance sur la cohérence, la gouvernance et le financement du développement territorial.
Elle s’intéressera aussi à l’accès et l’utilisation des services socio-économiques.
L’évaluation d’impact concernera un échantillon suffisamment représentatif des structures et
cibles considérées et l’unité primaire d’observation sera l’entité mise en place par la réforme.

La capitalisation
Un dispositif de capitalisation sera mis en place et permettra d’alimenter le système de suivi-
évaluation. Il s’appuiera sur l’Observatoire des territoires pour tirer les enseignements majeurs
du processus de la réforme. A la fin du processus, un document de capitalisation systématisera
l’expérience sénégalaise en la matière. Quatre Assistants de recherche seront mis à contribution
pour accompagner les consultants dédiés aux différents axes thématiques.

4.5. Chronogramme

La phase préparatoire du projet de réforme

Mars Avril Mai Juin Responsable


Produits Activités
13 13 13 13
Installer le Comité national de pilotage MATCL
1. Dispositif de préparation
Installer le Comité technique CNP
et d’élaboration de la
Installer la Cellule de communication CT
réforme de la
Installer les Commissions thématiques CT
décentralisation installé
Installer les Cadres régionaux de partage Gouverneur de région
Finaliser les TDR pour le recrutement de CT
l’équipe nationale
Lancer une demande de manifestation MATCL/PNDL
2. Consultants d’intérêt pour le recrutement des
accompagnant Consultants
l’élaboration de la Recruter l’équipe nationale CT
réforme recrutés Suivre la finalisation des TDR pour le CT
recrutement des équipes régionales
Suivre le recrutement des équipes CT
régionales
Mettre en place la commission MATCL
d’élaboration de la LODT
3. Avant-projet de la Loi Recruter un facilitateur pour DSDT
d’Orientation pour le accompagner la commission
Développement durable d’élaboration de la LODT
des territoires (LODT) Finaliser le projet d’Avant –projet de Consultant
validé LODT
Organiser l’atelier national de validation MATCL/DSDT
de l’Avant –projet de loi de la LODT
4. Stratégie nationale de Finaliser le projet de SNDT MATCL/DSDT
développement territorial Organiser l’atelier national de validation MATCL/DSDT
validée de la SNDT

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La phase élaboration du projet de réforme
Juin Juil Août Sept Oct Nov Dec
Produits Activités 13 13 13 13 13 13 13
Responsable
Etablir le bilan diagnostic par axe Consultants
5. Bilan diagnostic de thématique
la cohérence, la Produire un rapport consolidé du Consultant
gouvernance et le Bilan diagnostic P.
financement du Comité
Organiser la pré-validation du
développement
territorial validé par
rapport consolidé du bilan technique
diagnostic élargi
les différentes
instances Organiser la validation du rapport CNP élargi
consolidé du bilan diagnostic
Commission
Organiser rencontres sur la
thématique
cohérence territoriale
n°1
6. Configuration de la Commission
Cohérence Produire un rapport sur la
thématique
territoriale du pays cohérence territoriale
n°1
validée par les Organiser la pré-validation du Comité
différentes rapport sur la cohérence Technique
instances (Cadres territoriale élargi
régionaux, Comité
par le Comité
technique et Comité Organiser la validation du rapport
national de
national de pilotage) sur la cohérence territoriale
pilotage élargi
Réviser le plan national MATCL/ANA
d’aménagement du territoire T
7. Avant –projets de Produire les avant-projets de Commission
textes sur la textes juridique
Cohérence Organiser la pré-validation du Comité
territoriale du pays rapport sur les avant-projets de Technique
validés par les textes
autorités Organiser la validation du rapport CNP
compétentes sur les avant-projets de textes
Produire un rapport sur les Commission
échelles de gouvernance thématique
8. Lisibilité des (relations inter-acteurs) n°2
échelles de
Organiser le partage du rapport Cadres
gouvernance
sur les échelles de gouvernance régionaux de
(relations inter-
(relations inter-acteurs) partage
acteurs) validée par
Organiser la pré-validation du Comité
les différentes
rapport sur les échelles de Technique
instances (Cadres
gouvernance (relations inter-
régionaux, Comité
acteurs)
technique et Comité
national de pilotage) Organiser la validation du rapport Comité
sur les échelles de gouvernance national de
(relations inter-acteurs) pilotage
Produire un rapport sur les Commission
échelles de gouvernance thématique
(adéquation compétences et n°2
9. lisibilité des échelles ressources)
de gouvernance Organiser le partage du rapport Cadres
(adéquation sur les échelles de gouvernance régionaux de
compétences et (adéquation compétences et partage
ressources) validée ressources)
par les différentes Organiser la pré-validation du Comité
instances (Cadres rapport sur les échelles de Technique
régionaux, Comité gouvernance (adéquation
technique et Comité compétences et ressources)
national de pilotage) Organiser la validation du rapport Comité
sur les échelles de gouvernance national de
(adéquation compétences et pilotage
ressources)
10. Mécanismes de Produire un rapport sur le Commission
financement du système de financement du thématique
développement développement territorial n°3
territorial identifiés Organiser la pré-validation du cadres
et validés par les rapport sur le système de régionaux de
différentes financement du développement partage
13
instances (Cadres territorial
régionaux, Comité Organiser la pré-validation du Comité
technique et rapport sur le système de Technique
Comité national financement du développement
de pilotage) territorial
Organiser la validation du rapport Comité
sur le système de financement national de
du développement territorial pilotage
Avant-projets de Produire les avant-projets de Commission
textes sur la LODT, textes juridique
les échelles de Organiser la pré-validation du Cadres
gouvernance rapport sur les avant-projets de régionaux de
territoriale et les textes partage
mécanismes de Organiser la pré-validation du Comité
financement rapport sur les avant-projets de Technique
territoriaux validés par textes
les différentes Comité
instances Organiser la validation du rapport
national de
sur les avant-projets de textes
pilotage

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