Vous êtes sur la page 1sur 16

2020

Préparation des bords de soudage

Mohamed selmi
Hamdi Gasmi
Ecole Nationale d’ingénieurs de
Monastir
16/06/2020
I- But de préparation des 1- Mode de préparation manuelle :

bords :

- Assurer la pénétration du cordon


de soudure
- Faciliter le soudage
- Augmenter la résistance de
l’assemblage
Figure 3: Un Touret à Meuler
II- Paramètres :
Les formes de chanfreinage dépendent
principalement de :
- L’épaisseur de la tôle 
- La possibilité d’accès pour

réaliser la soudure

- La nature des assemblages

III- Réalisation : Figure 1: Meule Portative au Chalumeau


à l'aide d'un Guide
La préparation d’un chanfrein est très
importante.
Son angle et la dimension du talon
favorisent une régularité de son
épaisseur et un écart constant entre les
pièces qui conditionnent la réussite de
la soudure.

Figure 2: Chanfreineuse
Portative
2- Sur Machine Outils :

Figure 7 : Machine Oxycoupage


Figure 4: Raboteuse

Figure 8 : Tour pour les Tubes

Figure 5: Fraiseuse

Figure 6: Etat Limeur


IV- Types & Critères des joints :
a- Critères de joints   :

On distingue trois principaux types de


2- Préparations requises du cordon de
préparation des joints avec leurs
soudure :
variantes :
La préparation des bords doit prendre
en compte le type de pénétration voulu
– la préparation à bords droits ;
(complète ou partielle), de même que la
– la préparation en demi-V ou en V ;
résilience et la charge de rupture que
– la préparation en J ou en U.
doit posséder le cordon.

Plusieurs critères doivent être


3- Coûts de préparation du joint et du
considérés lors du choix du type de joint
dépôt de la soudure :
à préparer ou du mode de préparation
Lorsque c’est possible, on a recours à
des joints, dont les principaux sont les
des méthodes mécaniques de
suivants :
chanfreinage (notamment la
1- Epaisseur du métal :
chanfreineuse), lesquelles sont plus
On peut souder les tôles minces sur les
économiques. On utilise aussi des
bords droits.
plaques de support ou des renforts pour
Tandis que les tôles d’épaisseur
les joints.
moyenne sont chanfreinées (en V ou en
demi-V).
4- Nature du métal :
Les bords des tôles de grande épaisseur
Les métaux légers tolèrent moins bien
peuvent être préparés en J ou en U.
les préparations en V ou en demi-V. On
Si on soude avec le procédé GTAW
prépare plus souvent ces métaux avec
(Gas Tungsten Arc Welding) : TIG, les
des joints en J ou en U.
bords des tôles minces peuvent être
relevés (à la plieuse ou aux moulinets)
pour éviter l’utilisation de métal
d’apport.
5- Dimensions, forme et type d’assemblage à souder :
Le type d’assemblage (en L, en T, bout à bout) peut influer sur la préparation du joint,
de même que le type de soudure (bout à bout, d’angle, etc.).

6- Autres facteurs ainsi que leur influence principale sur le choix du type de joint :

Facteur Influence Principale


Possibilité de réaliser une purge La possibilité de réaliser une purge permet moins
d’écartement entre les plaques
Position de soudage La distance entre les plaques, la profondeur et l’angle
du chanfrein
Type d’électrode employé Le type d’électrode détermine la possibilité d’insérer
une plaque de support.
Tolérance de l’assemblage La profondeur de pénétration exigée et les dimensions
permises de la soudure limitent le choix du type de
joint à préparer.
b-

c- Types de joints   :

1- A bords droits : (épaisseur : t ≤ 3


mm) 2- Préparation des joints en V, en demi-

Lorsqu’il s’agit de souder bout à bout V :(épaisseur 2 mm≤ t ≤ 20mm)


Lorsque le soudeur n’a accès qu’à une
des tubes d’épaisseurs inferieures à
seule face du joint à souder, une
3mm, le chanfreinage de l’extrémité du
préparation à bords droits non jointifs
tube n’est généralement pas requis. Les
ne permet généralement plus d’assurer
technologies de soudage à l’arc
une pénétration complète pour des
(Electrode enrobée 111, MIG/MAG 13x
épaisseurs supérieures à 2mm. Un
et Fil Fourré114, TIG 141) permettent
chanfrein doit donc être réalisé pour
une pénétration suffisante sur toute
permettre au soudeur de réaliser une
l’épaisseur du tube en une seule passe.
passe « racine » à la base du joint qui
sera ensuite recouverte par une ou
plusieurs passes supplémentaires.

Le plus communément, la passe racine


Lorsqu’une technique de soudage
est réalisée à l’aide du procédé 141 pour
automatisée est utilisée (soudage orbital
assurer la meilleure pénétration possible
automatique, procédés haute densité
(la passe racine servant de base au reste
d’énergie) un dressage de l’extrémité du
de la soudure). Pour des raisons
tube pour assurer une parfaite
économiques, les passes suivantes dites
perpendicularité des bords à souder est
de « remplissage » sont quant à elles
requis. Suivant l’application et le
réalisées à l’aide d’un procédé Fil
procédé utilisés, le jeu entre les pièces
Fourré 114, Électrode Enrobé 111 ou
ira de g=1/2t à g=0 (procédés à haute
MIG/MAG 13x car leur productivité
densité d’énergie notamment)
(quantité de métal déposé, vitesse
d’avance, etc.) est plus importante que 3- Préparation des joints en J et des
le TIG 141. joints en U : (épaisseur 20mm ≤ t)

Lorsque l’épaisseur des pièces à souder


augmente, la quantité de matière à

déposer dans le cordon de soudure


augmente proportionnellement.

Afin d’éviter des opérations de soudage


trop longues et coûteuses d’un point de
vue de la main d’œuvre et des
consommables, une préparation
Les angles les plus communs pour les permettant de réduire le volume du
chanfreins en V sont 60° et 75° (2x30° chanfrein est généralement privilégiée
et 2x 37.5°). Un talon est généralement pour les épaisseurs supérieures à 20mm.
requis d’une épaisseur (s) comprise
entre 0.5 et 1.5mm. Le jeu entre les
pièces à souder (g) se situera entre 0.5 La préparation des joints en J est
et 1mm. effectuée sur des plaques très épaisses
pour des assemblages en T. Celle des
joints en U consiste souvent à une
reprise à l’envers effectuée à l’arc-air.
d- Vérification des
Les chanfreins en J simple sont préparations des joints
composés d’un angle généralement
Une bonne préparation des joints doit
entre 5° et 20°, d’un rayon de fond de
présenter une surface lisse, sans
chanfrein (r) et d’une extension du talon
discontinuité, exempte d’oxydation ou
(e). Cette dernière facilite la réalisation
de scories si elle a été réalisée par
de la passe racine en dégageant l’accès
procédé thermique. L’examen des
au talon pour le soudeur.
joints d’assemblage vise à en vérifier
les dimensions géométriques, la finition
(les bords doivent être lisses), la largeur
et la profondeur du joint, la hauteur du
méplat, etc. On examine aussi le joint
afin de déceler des irrégularités à la
surface des bords qui pourrait nuire à
l’opération de soudage.

On réalise une préparation afin de


diminuer la grosseur du cordon de
soudage.
Généralement, on a recours à ce type de
préparation lorsqu’on travaille avec des
métaux non ferreux ; dans ce cas, on
travaille le métal par usinage ou par
meulage.
Pour les chanfreins en angle, la valeur d’angle doit être bien mesurée. De même, les
joints en J ou en U doivent être préparés suivant le rayon demandé. La dimension du
chanfrein doit aussi correspondre aux spécifications.
Préparation et forme du cordon - NF EN ISO 9692-1

Les recommandations s'appliquent au soudage à l'arc avec électrodes enrobées


(111), aux MIG et MAG (13), au TIG (141) et par faisceau (512).

Ces chanfreins se doivent d’être parfaitement exécutés d’un point de vue géométrique
afin d’éviter, entre autres, des problèmes de fissuration. Outre la précision à garantir
pour ce genre de préparation, la machine-outil utilisée devra également être capable
d’usiner des tubes de forte épaisseur en un temps réduit afin d’être en accord avec les
cadences requises par les industriels.

V- Autre type de préparation : Gougeage 


Le gougeage, une opération appliquée aux aciers au carbone, permet de creuser un
sillon dans le métal de base pour le préparer au soudage (notamment lors du gougeage
de reprise à l’envers), réparer des défauts de soudure externes ou internes (décelés aux
rayons X ou à l’ultrason) ou enlever une soudure. Le gougeage peut être effectué soit à
l’aide de procédés mécaniques (burinage, meulage), soit à l’aide de procédés
thermiques (arc-air, au jet de plasma, oxycoupage).

1- Gougeage à l’arc-air :
Le gougeage à l’arc avec électrode de carbone et jet d’air (ou arc-air) est une technique
de découpage qui détruit le métal localement le long d’une saignée, en créant un bain
de fusion à l’arc électrique puis en éjectant le métal fusionné à l’aide d’un jet d’air (ou
d’oxygène) comprimé. Le procédé est simple et très rapide, mais bruyant.
La plupart du temps, on utilise le courant continu à polarité inversée pour ce type de
travail, mais certaines électrodes sont conçues spécialement pour être utilisées avec un
courant alternatif. Le diamètre de l’électrode de carbone dépend de l’intensité du
courant.

INTENSITÉ – COURANT CONTINU (A)


Diamètre (mm)
Min. Max.
3,96 80 150
4,76 110 200
6,35 150 350
7,93 200 450
8,52 300 550
12,70 400 800
15,80 600 1000
19,05 800 1400

2- Gougeage à l’arc plasma :

Malgré que l’arc plasma est généralement connu pour couper les métaux, il constitue
aussi un très bon procédé de gougeage. Les deux procédés procurent les mêmes
caractéristiques de rapidité, de qualité et de versatilité. De plus, le procédé est moins
bruyant que le gougeage à l’arc-air.
On pratique surtout le gougeage à arc-plasma dans les installations équipées du
matériel nécessaire au coupage à arc-plasma ; les coûts à investir sont autrement
relativement élevés et d’autres méthodes sont favorisées. Lorsque l’équipement pour le
coupage à l’arc plasma est disponible, il suffit de posséder quelques accessoires
spécifiques au gougeage pour utiliser le procédé correspondant. La tuyère pour le
gougeage, notamment, est généralement plus large que pour le coupage. On utilise les
mêmes gaz pour l’un et l’autre des procédés avec sensiblement les mêmes avantages et
inconvénients.
Pour les gouges profondes, on travaille avec des angles larges et des vitesses lentes,
tandis que des angles de petites amplitudes couplées à des vitesses élevées procurent
des gouges étroites.
3- Autres procédés de gougeage
Le gougeage peut être effectué mécaniquement (par exemple, par usinage, meulage ou
burinage) ou par d’autres méthodes de coupage, dont l’oxycoupage. Lors du gougeage
par oxycoupage, il faut utiliser une tête de coupe spéciale qui permet d’effectuer le
gougeage de la pièce. Comme pour le gougeage à arc-plasma, l’angle de la tête
détermine la profondeur du sillon. La vitesse d’avance influe aussi sur l’aspect du
sillon (voir tableau suivant). Le gougeage par oxycoupage ne peut être utilisé que pour
le gougeage de pièces de carbone.

Vitesse d’avance Conséquence


Trop lente Sillon trop large et profond
Trop rapide Sillon étroit et superficiel

Qualité du gougeage  :

Un bon sillon est régulier et sans scories. Ses dimensions (largeur et profondeur)
doivent être conformes aux spécifications. Les principaux défauts survenant lors
du gougeage d’une pièce sont l’irrégularité du sillon et l’inclusion de scories.

Défauts Principales causes


Irrégularité du sillon − Vitesse d’avance irrégulière
− Chaleur excessive ou insuffisante
Inclusion de scories − Mauvais ajustement de la chaleur
− Mauvais nettoyage du sillon

VI- Nettoyage des pièces :

Les pièces doivent généralement être nettoyées avant et après les opérations de
préparation (coupage ou préparation des joints). La méthode de nettoyage dépend du
type de saletés présent.
Type de saletés Méthodes de nettoyage
Couche de peinture Brossage à l’aide d’une brosse métallique appropriée
au métal à nettoyer* Enlèvement à l’aide du
chalumeau
Calamine Léger préchauffage
Matière grasse Nettoyage à la vapeur ou à l’aide d’un solvant

Rouille Meulage, brossage ou martelage

Les principales méthodes de nettoyage sont le meulage, le martelage, le burinage et le


limage. On choisit les burins et les limes en fonction du type de travail à effectuer. De
même, on choisit les brosses à utiliser en fonction de leur compatibilité avec le métal
de base.

Méthode Rôles
Meulage − Corriger certaines imperfections des coupes,
notamment la présence de stries irrégulières ou
d’arêtes vives.
Martelage − Déloger les scories après une coupe.
Burinage − Corriger les défauts de perçage.
− Éliminer les aspérités sur les plaques métalliques.
− Séparer des pièces maintenues par l’oxydation ou la
corrosion.
− Nettoyer les coins des rainures et les trous carrés.
Limage − Dégrossir des surfaces.
− Polir des pièces.
Brossage − Éliminer les débris laissés par les autres techniques
de nettoyage, notamment le martelage.
VII- Conclusion :
– Parmi les opérations annexes au soudage, on compte le coupage, le chanfreinage et
le gougage.
– Le coupage peut être réalisé par des moyens thermiques ou mécaniques.
L’oxycoupage et le coupage au jet de plasma sont les deux principales techniques de
coupage thermique. L’oxycoupage permet de couper des pièces d’acier et c’est un
procédé relativement économique. Quant au coupage au jet de plasma, il permet de
couper tous les métaux.
– La préparation des joints ou de la pièce pour l’assemblage nécessite un bon choix
des méthodes et du type de préparation requis. Les tôles minces peuvent être soudées
sur bords droits, mais les joints des pièces plus épaisses doivent être chanfreinés (en
demi-V, en V) ou préparés (en J ou en U) selon le type de métal et l’épaisseur de la
pièce. Cela permet une meilleure soudure. Plusieurs méthodes, tant thermiques que
mécaniques, existent pour la préparation des joints.
– Le gougeage permet de réaliser des sillons dans une pièce, des reprises à l’envers,
d’enlever une soudure ou de préparer une réparation. Les principaux procédés utilisés
par les soudeurs sont le gougeage à l’arc-air et le gougeage plasma. On peut aussi
utiliser l’oxycoupage ou des procédés mécaniques tels que le burinage et le meulage.
– Toutes ces étapes sont essentielles dans la préparation des pièces. Un mauvais choix
de méthode ou de paramètre peut entraîner des pertes de temps importantes, de même
qu’un gaspillage de matériel.
– Lors de la préparation des pièces, les spécifications de préparation doivent être
respectées, sinon la qualité et la dimension de la soudure risquent d’être en dehors des
normes de tolérances permises.
– La présence de scories ou d’oxydation sur une préparation peut entraîner des
inclusions, un manque de pénétration, des soufflures, voire une déformation, etc. Une
mauvaise préparation peut même causer la perte totale d’une pièce ou augmenter le
coût de production avec des soudures trop volumineuses.
– Le nettoyage, avant et après chaque opération, détermine souvent la qualité du
travail obtenue par la suite. Il est important de bien connaître et choisir la méthode de
nettoyage des pièces en fonction de leur nature et du type de saletés à éliminer.