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Gouvernement de Nissage Saget

Nissage Saget (1810-1880) fut Président d’Haïti, succédant à Sylvain Salnave en 1869.
Nissage Saget est né à Port-au-Prince en 1810. Il rejoint l’armée et commence une carrière d’officier, au
cours de laquelle il deviendra commandant des unités de l’armée de Léogâne. Pendant le règne du
président Faustin Soulouque (1847 à 1859) il fut emprisonné pendant dix ans jusqu’à la chute de
Soulouque, il fut libéré par son successeur, Fabre Geffrard et revint à son ancien poste de commandant à
Léogâne. Il devint sénateur.

Sur le plan politique


Il fut le premier président haïtien à mener fils mandat jusqu’à son terme, du 27 décembre 1869
au 13 mai 1874. Il se retira ensuite volontairement de la vie politique.
Le 19 mars 1870, soutenu par l’Assemblée nationale à Port-au-Prince, il était élu président de la
République pour une durée de quatre ans. La fin officielle de son mandat était fixé par la
Constitution au 15 mai 1874.
La crise des dernières années est encore profondément dans la conscience du peuple haïtien. Le
Président Saget, très respectueux des valeurs de la Constitution de 1867, chercha à la
préserver. Toutefois, il aspira rapidement à diriger le Parti libéral qui tenta, après l’introduction
d’un système parlementaire, de soumettre l’exécutif à l’Assemblée législative. Il était envisagé
de faire les ministres non agréés par les membres de la Chambre des députés. Des points de vue
différents furent rapidement à la source de malentendus et de désaccords avec le président.
Nonobstant furent mises en place d’importantes réformes telles que la loi du 24 août 1872, qui
prévoyait le rachat de papier-monnaie inflationniste. Au lieu de cela, après avoir émis un
emprunt en 1883, les pièces en ou en argent émises sont la monnaie officielle des États-Unis.
Nissage Saget est mort le 7 avril 1880 dans sa ville natale de Saint-Marc dans le département de
l’Artibonite.

Sur le plan economique


 Décrit comme un anti-bourgeois par les manuels d'histoire haïtiens, Salnave mène une politique
sévère à l'égard des possédants, leur imposant des taxes destinées à améliorer le sort de la
population et demandant aux commerçants de faire baisser les prix des produits de première
nécessité. La bourgeoisie se révolte. Salnave ordonne alors de construire des magasins d'État, qui
existent encore de nos jours. Cet acte le fait considérer comme le premier
dirigeant socialiste des Caraïbes. Il engagea aussi de grandes dépenses pour moderniser la flotte
militaire, ce qui contribua à affaiblir l'économie du pays et à appauvrir la population.
L’une des premières mesures prises par son gouvernement a été le remplacement des billets de
cinq gourdes par le visage du président Sylvain Salnave , récemment exécuté, par l’un des
mouvements qui l’avaient porté au pouvoir. Ensuite, une loi du 15 juin interdisait l’émission de
papier-monnaie et à partir de ce moment, les dollars d’un emprunt obtenu avaient été la seule
monnaie légale jusqu’à la réforme monétaire du gouvernement de Louis Salomon dans les
années quatre-vingt.
Le gouvernement de Michel Domingue
Michel Domingue, né en 1813 aux Cayes et mort le 24 mai 1877 à Kingston, est un homme
politique haïtien qui fut président de la République durant une année et demie. Président libéral,
il n'a pas les qualités d'un homme d'État et confie la réalité du pouvoir à Septimus Rameau qui
devient vice-président du conseil d'Etat. Mais Rameau est un homme autoritaire proche de la
dictature qui déclencha ainsi une révolution qui causa ainsi la chute de Domingue et son exil en
1876.

Sur le plan politique


Le 11 juin 1874, le général Domingue est élu pour un mandat de huit ans, après une modification
de la constitution, en tant que président de la République succédant ainsi au président Saget qui
lui avait réalisé un mandat de 4 ans. Domingue, qui était avant tout un soldat, n'avait ni le poids
ni le tact d'un homme d'État. Il a donc considéré qu'il était plus approprié de nommer, pour gérer
des fonctions publiques, Septimus Rameau, qu'il nomme par décret du 10 septembre 1874 vice-
président du Conseil des Secrétaires d'État. Rameau est devenu le véritable dirigeant d'Haïti. La
Constitution, qui fut adoptée le 6 août 1874, portait déjà sa signature. Malheureusement, Rameau
était autoritaire et dominateur par nature, de sorte que son point de vue était toujours supérieur
aux autres, tandis que Michel Domingue était plus une figure de proue. Un des premiers actes de
Domingue après son élection à la présidence a été la signature d'un accord avec la République
dominicaine. Le contenu de l'accord était la reconnaissance mutuelle et mit en particulier un
terme au long et sanglant conflit frontalier entre les deux pays. Rameau a également conduit les
négociations avec le président de la République dominicaine Ignacio María González. Le chef de
cabinet du président Domingue, le général N. Léger, a été envoyé à Saint-Domingue pour
préparer et conclure un nouvel accord. À son retour à Port-au-Prince, le 9 novembre 1874, il était
accompagné des négociateurs dominicains, afin de sceller une amitié et un accord commercial et
de navigation. Haïti a reconnu et accepté l'indépendance totale de la République dominicaine, de
sorte que le 20 janvier 1875 fut signé le traité d'amitié entre les deux pays

Sur le plan economique


À côté du succès en politique internationale, la situation financière à l'intérieur était
catastrophique. Il tenta de négocier un emprunt auprès de la France qui gréverait les années
futures. Enfin la corruption et la fraude prenaient une telle ampleur que Domingue émit un
décret, en date du 15 mai 1875, pour l'arrestation des généraux Brice et Pierre Monplaisir-Pierre.
Son adversaire politique Pierre Théoma Boisrond-Canal critiqua cette politique financière et cet
emprunt. Il dut se réfugier à l'ambassade des États-Unis. Rameau tenta de rétablir l'ordre durant
cette période de trouble politique. Brice et Pierre Monplaisir-Pierre furent tués alors que Boisrond-Canal et
d'autres opposants durent fuir à l'étranger. Rameau fut accusé d'être le responsable de la mort des deux
généraux. Il fut lui-même assassiné en pleine rue à Port-au-Prince. Après l'assassinat de Rameau, Domingue
fut immédiatement chassé du pouvoir. Il s'exila le 15 avril 1876 à Kingston en Jamaïque où il mourut un an
plus tard.

Le gouvernement de Boirond Canal


Pierre Théoma Boisrond-Canal (1832-1905), est un homme politique haïtien, qui fut président de la
République d'Haïti à trois reprises : du 19 juillet 1876 au 17 juillet 1879, du 1er septembre au 16 décembre
1888 et du 26 mai au 21 décembre 1902. Il fut l'un des présidents les plus influents de la république haïtienne.
Rêvant de consolider son pouvoir, il ne parvient pas à s'y maintenir dans la durée malgré plusieurs tentatives.
Durant ses différentes prises de pouvoir, il fit d'Haïti une grande puissance économique et militaire.

Sur le plan politique


Le 23 avril 1876, il remplaça Michel Domingue comme premier président du gouvernement provisoire, avant
de devenir finalement le 17 juillet 1876, président d'Haïti. La Constitution de 1867 lui donne un mandat de
quatre ans. Alors que Boisrond-Canal préside, des tensions étrangères et en politique intérieure apparaissent
dans le paysage politique, notamment en raison des divergences de vues entre les partis nationalistes et
libéraux au Parlement. Après un débat houleux à la Chambre des Députés le 30 juin 1879 qui fut suivi par des
émeutes à Port-au-Prince, dans lesquelles le chef du Parti libéral, Jean-Pierre Boyer-Bazelais, a joué un rôle
important, il était en outre le fondateur et le chef du Parti libéral. Bien que le gouvernement ait réussi à rétablir
la loi et l'ordre, Boisrond-Canal, démissionna le 17 juillet 1879 comme président, n'arrivant pas à une
médiation entre les partis libéral et national. Le successeur à la présidence fut Lysius Salomon qui instaura une
présidence autoritaire et solide. Après sa démission, il partit de nouveau en exil en  Jamaïque refusant de
s'incliner devant le président Salomon qui a réussi ce que lui voulut accomplir, instaurer un régime présidentiel
autoritaire et stable sans aucun respect et devoir envers le Sénat.

En 1888, une révolte renverse Salomon et le condamne à l'exil. À ce moment-là, Boisrond-Canal revient d'exil
après la chute de Salomon le 10 août 1888. Boisrond-Canal est alors renommé Président d'Haïti à titre
provisoire. Bien qu'il tente de conserver le pouvoir, le sénat qui n'est pas en sa faveur négocie son départ.
Avant de quitter la présidence, il a choisi son successeur et intronisé le 16 octobre 1888, François Denys
Légitime comme nouveau président de la république.