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RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix –Travail -Patrie Peace-Work-Fatherland


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MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
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INSTITUT SUPERIEUR D’AGRICULTURE HIGHER INSTITUTE OF AGRICULTURE
ET DE GESTION D’OBALA AND MANAGEMENT OF OBALA
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COURS DE PEDOLOGIE
NIVEAU I
PRODUCTIONS VEGETALES

PAR :
M. BINDOP FRANCK G.
INGENIEUR AGRONOME,
SPECIALISTE EN GESTION DES PROJETS ET PROGRAMMES

FEVRIER 2018
PEDOLOGIE
Introduction:
· Le sol: une interface entre la lithosphère, l'atmosphère, la biosphère.
· Le sol: un système dynamique (altération/érosion), équilibre climacique
ou déséquilibre (discontinuités climatiques, lithologiques, dans
l'usage,..)
· Le sol un système spatialement distribué avec ses lois (cohérentes) de distribution spatiale,
son organisation en trois dimensions, ses échanges entre horizons (version verticaliste) et entre
unités fonctionnelles (version latéraliste) avec prédominance du vertical ou du
latéral selon le contexte.
· Le sol un système dynamique: le facteur temps en pédogénèse.
· Le minéral et le vivant liés.
· En résumé: le sol un milieu très compliqué, très complexe, ne pouvant être étudié ni
uniquement de façon locale, ni uniquement par une branche scientifique (chimie minérale ou
chimie organique, abiotique i.e. Physico-chimique ou biologique, statique ou dynamique,...).
C'est un milieu propice à une analyse pluridisciplinaire. Cependant, il faut bien structurer le
cours et donc les différents chapitres aborderont de manière structurée, divers aspects des
sciences du sol.
I- Les composants du sol
Le sol est un assemblage d'une grande diversité de phases. La phase gazeuse joue un rôle
important par les échanges de dioxygène, de dioxyde de carbone et autres gaz entre la surface
et l'atmosphère. La phase aqueuse est une phase qui représente une faible quantité des éléments
chimiques hormis H et O, cependant elle est le carrefour presque obligé de la plupart des
changement d'état de la matière, des échanges d'éléments chimiques entre phases et des
échanges chimiques entre domaines abiotiques et le système racinaire ou les micro-organismes.
Enfin, les phases minérales présentent une extraordinaire diversité. Lorsque l'on incluse les
phases organiques, cette diversité est telle qu'il devient impossible de les décrire de manière
exhaustive. Ce qui suit s'attachera donc à présenter quelques traits généraux sur les constituants
les plus fréquents du sol.
1) Les composés minéraux
� minéraux primaires/secondaires.
Dans le sol, on distingue les minéraux hérités de la roche mère et qui ont résisté à l'altération.
Dans un certain nombre de sols, ces minéraux sont très abondants. Ces minéraux sont dits «
primaires ». Il convient de remarquer que la solubilité d'un minéral variant selon les conditions
(température, aération du sol,...) les minéraux qui ont une certaine propension à résister à
l'altération sont variables selon les lieux. Les autres minéraux de la roche mère sont altérés.
Leur dissolution enrichit la solution du sol en éléments dissous. La solubilité par rapport à
d'autres minéraux peut être alors dépassée, ces derniers précipitent et s'accumulent. Les
minéraux qui se sont formés dans le sol sont dits « secondaires ». Les éléments chimiques qui
les composent peuvent provenir:
· d'une redistribution de la matière sur place pour s'adapter aux conditions thermodynamiques
de surface,
· d'un apport de zones extérieures, par des circulations latérales de l'eau et dons des éléments
dissous.
Certains minéraux peuvent exister dans la roche mère, être dissous, puis précipiter lors de
l’histoire de la formation du sol. Ces minéraux sont secondaires et coexistent avec des minéraux
primaires de même composition chimique. Ainsi, par exemple, dans un sol se développant sur
une roche mère calcaire, un calcaire ancien bien cristallisé, les sols brun calcaire se développant
à partir de cette roche contiendra:
· des minéraux de calcite primaire, bien cristallisés c’est à dire à la structure cristalline bien
agencée, de grande taille, moins solubles,
· des minéraux de calcite secondaire, issus de la précipitation dans le sol.
Ces derniers sont souvent formés rapidement en condition de sur saturation importante de par
exemple à un changement de teneur en CO2 du sol ou bien d’un dessèchement de l’horizon.
La forte sur saturation qui en résulte favorise une précipitation rapide et désordonnée, pouvant
aussi piéger des éléments/ions autres que Ca++ et CO3--, par exemple lors de phénomènes de
nucléation (voir annexe du cours sur l’introduction la thermodynamique des solutions
aqueuses).
Les minéraux produits (calcite secondaire) se distingueront de la calcite primaire par une
granulométrie plus fine, une moins bonne cristallinité mesurable par l’élargissement des raies
du diffractogramme des rayons X, une certaine « impureté » chimique elle aussi détectable aux
rayons X par déplacement de la position de la raie. La calcite secondaire sera plus soluble, plus
réactive chimiquement du fait de sa pus grande surface de contact avec la phase aqueuse. La
distinction entre minéraux primaires et secondaires n’est donc pas purement académique.
� les argiles et la capacité d’échange cationique: Les argiles jouent un rôle important et
spécifique dans les sols. Les minéraux argileux (phyllo-silicates) lient des liaisons fortes avec
l’humus, argiles et humus présentent quelques similitudes en terme d’échange de cations avec
la solution du sol.
De même, les minéraux argileux peuvent fixer les composer organiques xénobiotiques
(pesticides, herbicides ainsi que certains de leurs produits de dégradation). Les argiles sont
donc chimiquement très réactives tant du point de vue de la chimie minérale que de la chimie
organique. La plupart des minéraux argileux se caractérisent par un déficit de charges positives
dans leur cristal. Pour compenser ce déficit, des cations de la solution du sol sont adsorbés. Ces
cations peuvent à leur tour être échangés contre d’autres cations lorsque la composition de la
solution du sol change. L’humus peut aussi échanger des cations. Cet ensemble de cations
échangeables constitue la Capacité d’Echange Cationique (on utilise couramment l’acronyme
CEC) qui se mesure en laboratoire. Cette CEC constitue un réservoir d’éléments facilement
accessible pour l’alimentation des plantes. Les échanges avec la solution du sol sont réputés
très rapides.
L’humus possède aussi des sites d’échanges anioniques. Certains éléments plutôt présents sous
forme anionique comme les phosphates peuvent aussi être adsorbés sur la CEC grâce à des
ponts calciques. Ainsi, H2PO4- peut former un complexe avec Ca++ : H2PO4- + Ca++ =
CaH2PO4+.
Ce complexe étant chargé positivement, il peut être adsorbé par le complexe argilohumique.
Lors de processus d’oxydoréduction dans les sols, la composition chimique du cristal d’argile
peut évoluer. Ainsi, pour les argiles contenant du fer ferrique dans le cristal, le passage à l’état
ferreux altère la balance électrique du cristal et augmente la CEC. Pour certains sols soumis à
de fortes variations d’aération ce phénomène peut être très important.
Pour terminer, il faut préciser que la capacité d’échange cationique n’est pas aussi importante
selon le type d’argile. Les kaolinites, qui ne présentent pas de déficit de charge, développent
une CEC faible, alors que des argiles de type 2/1 telles que les montmorillonites ont des valeurs
de CEC importantes.
Pour ce qui est du formalisme thermodynamique des échanges cationiques, on se reportera au
cours sur la thermodynamique des solutions aqueuses (cours d’hydrochimie).
Enfin, la présence d’argile dans le sol influe fortement sur de nombreuses caractéristiques
physiques (réserve en eau, distribution de la taille des pores, plasticité à l’état humide,
cohérence à l’état sec,…). La garniture cationique de argiles renseigne sur les caractéristiques
du sol :
· en sol acide le taux de Al+++ et de H+ échangeables renseigne sur le risque de toxicité
aluminique
· en sol hydromorphe, le taux de Mn++ échangeable renseigne sur le risque de toxicité Mn
· dans les sols sodiques, le taux de Na+ échangeable renseigne sur le risque de sodisation.
Lorsque les argiles ne sont pas floculées par les ions divalents, elles sont successibles de migrer
dans le sol. Certains horizons sont alors appauvris en argile (horizons éluviaux) et d’autres sont
enrichis par l’arrivée des argiles (Bt).
� les oxydes/hydroxydes
Les oxydes et hydroxydes du sol peuvent être bien cristallisés ou se trouver à l’état de minéraux
amorphes. Les sols rouges méditerranéens, les sols latéritiques se caractérisent d’ailleurs par
une forte teneur en oxydes et hydroxydes mais surtout par une forte proportion d’amorphes
parmi ces minéraux.
Lors de phases de dessèchement du sol, les hydroxydes peuvent être transformés en oxydes par
déshydratation. Les oxydes et hydroxydes développent des phénomènes de sorption. Ils sont
capables d’adsorber des éléments tels que certains métaux lourds ou éléments toxiques non
métalliques comme As.
Les phosphates peuvent être adsorbés par ces minéraux.
Les propriétés adsorbantes des oxydes et hydroxydes sont dépendantes du pH. En effet selon
le pH de la solution du sol, certains sites d’échange ou de sorption sont libérés ou non.
Les oxydes et hydroxydes jouent un rôle de ciment entre les autres minéraux, contribuant ainsi
à augmenter la stabilité structurale du sol, au même titre que la matière organique.
2) Les composés organiques
· critère de caractérisation, outils méthodologiques
- Les outils isotopiques sont d’un grand secours pour l’étude de la matière organique des sols.
Le delta13C facilite l’origine végétale de l’humus. Il permet notamment de différencier la part
de MO provenant des plantes au cycle photosynthétique en C3 (28 pour mille de delta) de celle
qui sont en C4 (12 pour mille de delta). On peut montrer ainsi que dans un passé récent, la
végétation actuelle est différent de celle qui occupe actuellement le sol.
- La matière végétale, principale source d’humus,
· MO fraîche: humification
· Humus : minéralisation
· MO soluble du sol
· Les propriétés de la matière organique
- Alimentation minérale des végétaux en NO3, phosphates et en oligo-éléments lors de la
minéralisation. Rôle des crucifères.
- détoxification
- amélioration de la stabilité structurale (effet court terme lors de l’humification et effet long
terme de l’humus mais plus atténué que pour la phase d’humification)
II- Organisation du sol à différentes échelles.
Le sol est un milieu géométriquement organisé à des échelles très diverses (étendues) allant de
l’agencement des minéraux, jusqu’à l’organisation des couvertures pédologiques dans le
paysage. C’est pour cette raison que des approches fractales de l’organisation des sols ont été
tentées dans les années 1990, avec des succès divers.

1) Structure et texture
· Les classes granulométriques et la texture.
Les minéraux du sol se répartissent selon une grande diversité de taille. On considère que la «
terre fine » est la partie qui passe au tamis de 2 mm après séchage à l’air (non forcé).
La définition des limites entre les diverses fractions granulométriques varie légèrement d’un
pays à l’autre.
On considère les fractions suivantes :
0< Argiles < 2 μm
2 μm < Limons< 0.02mm (soient 20μm)
0.02 mm < sables < 2 mm
La fraction sableuse peut être scindée en deux sous fractions :
0.2 mm < sables grossiers < 2 mm
0.02 mm < sables fins < 0.2 mm
La proportion des différentes classes granulométriques définie sou un terme générique de
groupe le granulométrie. On définira ainsi un horizon sablo- limoneux, ou bien argileux, ou
bien franc. Plusieurs définitions de textures ont été proposées.
La mesure de la granulométrie d’un sol est réalisée en laboratoire selon un protocole codifié.
Les méthodes encore une fois diffèrent car les choses sont difficiles. Mais il y a toujours deux
étapes. Séparation des grains, puis mesure de leur proportion
En effet, il convient tout d’abord de libérer les particules qui sont cimentées par les
oxydes/hydroxydes, la matière organique, les assemblages d’argiles floculées,… par des
méthodes à la fois douces mais efficaces, ce qui parfois incompatible.
La plupart des méthodes de séparation de minéraux reposent sur une oxydation de la matière
organique (eau oxygénée ou autre réactif), une réduction et solubilisation de ciments
métalliques par réduction et complexation du fer. une défloculation des argiles par des
composés sodiques. En général, une séparation par agitation sous ultrason fini par séparer les
grains. Il faut alors mesurer la proportion entre les grains.
A ce stade, diverses méthodes sont utilisées. Triangle des textures : plusieurs triangles de ce
type existent. En France, celui-ci est très utilisé.
Les plus traditionnelles sont basées sur les lois de l’hydrodynamique. Le mélange violemment
agité est laissé au repos. Les grains sédimentent d’autant plus vite qu’ils sont grossiers. Des
prélèvements à temps et profondeur du mélange bien choisis permettent de déterminer après
séchage et pesée, la fraction granulométrique.
Les méthodes plus modernes reposent sur la diffraction laser d’une suspension eau/grains
agitée ou bien un équivalent par conductimétrie.
Dans ce dernier cas, une cellule conductimétrique enregistre le passage d’un grain par
diminution de la conductivité électrique, sa taille est fonction de la chute de conductivité.
Si on considère le cas des sols calcaires, l’abondance de calcium qui flocule les argiles, conduit
à un dilemme. Soit on détruit les minéraux calciques et la granulométrie n’a plus de sens, soit
on laisse ces minéraux et la défloculation des argiles sera mauvaise, et les résultats de la
granulométrie aussi…. Du travail pour les nouvelles générations!

Des méthodes de terrain permettent aussi d’apprécier qualitativement la texture d’un horizon.
Ces tests sont très utiles mais ne constituent qu’un moyen très approximatif et parfois biaisé.
· Les structures
La structure du sol est relative au mode d’arrangement macroscopique des grains entre eux.
En fait, il est possible d’étudier ce mode d’arrangement à différentes échelles. Avec des lames
minces de sol solidifié par une résine, il est possible d’étudier l’arrangement au microscope
comme on le ferait pour une lame mince de roche. On peut alors y étudie la structure du plasma,
la matrice argileuse, ainsi que la distribution des grains sableux dans cette matrice.
La structure est l’arrangement du matériau à l’échelle macroscopique. Elle détermine des
propriétés importantes du sol car elle génère une porosité grossière. Les agrégats possèdent une
porosité improprement nommée « texturale » et la porosité présente entre les agrégats est
dénommée porosité « structurale ». Cette dernière correspond aux vides laissés entre les
agrégats. Cette porosité structurale joue un rôle majeur dans la perméabilité du sol à l’air et à
l’eau. Enfin ,si la texture ne peut être modifiée que par un apport de matériau de texture
différente à celle du sol, en revanche, la structure d’un sol peut être fortement modifiée par de
nombreuses actions anthropiques (labours, terrassements, passage d’engins chargés comme les
remorques ou les tracteurs, piétinement de troupeaux,…). La texture peut donc être dégradée
par l’action humaine.

Les principales structures rencontrées en pédologie sont:


- structure massive cohérente
Il s’agit d’un assemblage de grains soudés en une masse continue, par exemple lors de
phénomènes de concrétionnement (formation de croûte). Cette structure est peu favorable aux
transferts d’eau et d’air.
- structure particulaire
C’est une coexistence de grains sans relation entre eux, par exemple lorsque la texture est très
sableuse, avec peu de matière organique, des grains non soudés. Cette « non structure » est
habituellement assez fragile mais perméable aux fluides du sol.
- structure grumeleuse
C’est une structure constituée d’agrégats arrondis, poreux. Elle est assez caractéristique des
horizons superficiels et organiques, sous végétation de graminées.
Cette structure facilite les échanges d’eau et d’air, elle est très favorable au développement du
système racinaire des plantes et à l’activité des micro-organismes aérobies.
- structure polyédrique
Les agrégats ont des surfaces planes séparées par des arêtes assez vives. On la rencontre
souvent dans des horizons argileux ufrancs. La taille des agrégats est variable (st. Polyédrique
fine ou st polyédrique fine). La perméabilité est plus importante lorsque la structure est fine,
nettement moins bonne lorsqu’elle est grossière.
Parfois, la structure polyédrique est incluse, comme sous structure, dans une structure
prismatique.
- structure prismatique
Les agrégats prismatiques, souvent de grande taille si on les compare aux agrégats grumeleux,
sont constitués d’ensembles aux surfaces sommairement planes verticales, séparées par des
arêtes moyennement marquées. Ils sont étirés dans le sens de la hauteur.
Cette structure est plus fréquente dans les horizons d’accumulation d’argile.
- structure columnaire
Elle ressemble à la structure prismatique, mais le sommet des agrégats est arrondi. Cette
structure est assez caractéristique des sols de type solonetz et surtout de leur horizon type,
l’horizon columnaire blanchi.
Ces sols posent de nombreux problèmes e mise en valeur ou même de maintient de la fertilité.
Cette structure columnaire est souvent indicatrice de ces sols à problème.
- structure cubique
Les agrégats, souvent couverts de revêtements argileux, sont délimités par des surfaces planes,
mais sans allongement selon unedirection privilégiée de l’espace. Habituellement ce mode
d’agencement des agrégats est extrêmement jointif ce qui ne laisse aucune place pour la
porosité structurale. La perméabilité auxfluides y est réduite. On rencontre cette structure dans
des horizons argileux plus ou moins sodiques.
- structure lamellaire
Il s’agit d’une structure très orientée horizontalement du fait d’une redistribution des matériaux
après désagrégation, par exemple sous l’effet d’une pluie ou d’une irrigation violentes. Les
agrégats sont sous forme de couches horizontales assez continuées. Cette structure s’oppose
évidemment aux échanges d’eau et d’air entre le sol et la surface. Elle est assez défavorable
aussi à la germination des graines qui peuvent être emprisonnées dans de telles couches, mais
aussi à la croissance du pivot des jeunes plantules.
- structure schisteuse
Il s’agit d’une structure horizontale, comme pour la structure laminaire, mais de faible
extension latérale. Cette structure est hérité des débris de roche mère schisteuse non ou peu
altérée. Elle est moins opposée aux transferts d’eau et de gaz.
2) Les horizons
La notion d’horizon est avec la notion de profil, le centre d’une conception « verticaliste » des
sols. Si cette notion d’horizon est très utile, on veillera à toujours considérer les formations
comme des entités tridimensionnelles avec ses lois et sa logique d’évolutions latérales.
L’horizon est une couche apparemment homogène de sol. Selon les pays, plusieurs types de
classification permettent de classer les différents horizons.
Horizon O
C'est l'horizon organique (ou humus) dans lequel les débris végétaux s'accumulent à la surface
du sol.
 OL : Couche de feuilles ou d'aiguilles mortes, encore reconnaissables. Cette couche de
feuilles peut être divisée en deux parties suivant la vitesse de décomposition :
o OLn : feuilles de l'année encore entières ;
o OLv : feuilles vieillies, blanchies par un début de décomposition et commençant
à être fragmentées.
 OF : Couche de fragmentation dans laquelle les débris ne sont plus reconnaissables.
 OH : Couche humifiée, absence de toute structure végétale reconnaissable à l'œil.
Horizon A
L'horizon A , aussi appelé terre arable, est par définition un horizon contenant à la fois de la
matière organique et de la matière minérale. Dans quelques rares cas, il résulte principalement
de la pénétration de la matière organique dans le sol sous forme de constituants solubles. Mais,
en général, il est le résultat d'un brassage mécanique par les organismes vivant dans le sol (vers,
insectes) ou bien matérialise l'intervention de la charrue dans le cas des sols cultivés.
Horizon B
C'est un horizon enrichi ou horizon illuvial. Il est enrichi en divers constituants, selon les cas:
argile, fer, matière organique, carbonate de calcium, etc. Dans certains cas plutôt rares, il s'agit
d'apports en provenance du haut du profil ou bien latéraux (ex: carbonate de calcium). Mais,
bien souvent, il s'agit d'un enrichissement plus apparent que réel. Il résulte pour une part de la
transformation in situ des minéraux primaires issus de la roche sous-jacente et encore présents
dans cet horizon B (argilisation des micas, libération et oxydation du fer...), et d'autre part, il
apparait comme résultant d'un contraste lié au fait que l'horizon E sus-jacent est lui, réellement
appauvri.
Au total il est distingué par sa couleur, sa structure, la nature de ses constituants, sa
granulométrie.
Horizon S
C'est un horizon B peu évolué dans lequel on observe des changements de couleur et
l'apparition d'une structure réellement pédologique remplaçant la structure originelle de la
roche. Mais, il n'y a pas enrichissement net en argile ou autres matières.
Horizon C
C'est un horizon d'altération de la roche-mère dans lequel la transformation de celle-ci reste
limitée si bien que nombre de ses caractères originels (litage, schistosité, minéraux) sont encore
très visibles. Mais l'évolution minéralogique a déjà commencé ainsi que les pertes de matière
sous forme d'ions solubles.
Horizon R
Roche non altérée située à la base du profil. Elle est qualifiée de roche-mère dans le cas où elle
est bien à l'origine du sol. Dans le cas contraire, celui-ci résulte d'un apport de matériaux par
transfert latéral (ex: coulée boueuse) ou bien a une origine fluviatile ou encore éolienne.
La Cameroun a une tradition de classification génétique des sols et des horizons,
alors que d’autres classifications sont plus descriptives sur telle ou telle propriété
de l’horizon. Il est important de noter le type de transition avec les couches. De manière
générale, les sols très évolués, avec une pédogénèse longue et active présentent des profils
différenciés, c'est-à-dire avec des couches très différentes entre elles et différentes de la roche
mère, surtout en surface. A l’opposé, les sols jeunes, ou à pédogénèse peu active, sont souvent
peu différenciés. Leurs caractéristiques varient peu avec la profondeur. Toutefois, de nombreux
contre exemples contredisent cette tendance.
3) Les profils
Le profil, nommé aussi « Pédon », dans le sens d’unité de base des sols, est constitué par la
succession des horizons situés à la verticale du point d’observation, depuis la surface jusqu’à
la roche mère en cours d’altération..

4) les types d’altération du sol

C'est l'altération qui est responsable de l'augmentation de la proportion de quartz (minéral


résistant) dans les sédiments. En effet, les silicates de haute température (péridots, pyroxènes,
plagioclases calciques...) sont vulnérables à l'altération car l'arrangement des tétraèdres de
silice est peu organisé (néso- , soro- inosilicates).. Les minéraux de moyenne et basse
température (inosilicates à deux chaînes, phyllo- et tectosilicates) sont plus résistants. Les
verres, amorphes car figés à très haute température, sont les plus vulnérables. Donc, la
vulnérabilité à l'altération des minéraux issus de la cristallisation d'un magma décroît
proportionnellement à l'ordre de cristallisation précisé, entre autres, dans les séries
réactionnelles de Bowen (autre manière d'exprimer les choses...). Dans le cas du quartz, il faut
ajouter le fait que ce minéral possède aussi une bonne résistance aux chocs car il ne se clive
pas.

L'altération a pour effet de décomposer une roche en (1) des ions solubles et des grains qui vont
être mobilisés par l'érosion d'une part et (2) un dépôt résiduel d'autre part, demeurant sur place.

Les mécanismes responsables de l'altération, phénomène prenant place aux températures et


pressions "faibles" régnant à la surface de la terre, sont l'altération physique, l’altération
organique, et l'altération chimique.

1. L'ALTERATION PHYSIQUE

Les processus mis en oeuvre dans l'altération physique sont les suivants:

- les alternances de gel-dégel, en climat suffisamment humide, fragmentent les roches


(cryoclastie). L'eau en gelant augmente son volume de 9-10% et agit comme un coin,
élargissant progressivement les fractures;

- les variations répétées de température (40-50°C d'amplitude journalière dans le Sahara) ont à
peu près le même effet que le gel: les différences de dilatation thermique entre les minéraux
d'une roche provoquent l'apparition de fractures;

- la décompression survient lorsque des roches ayant subit un enfouissement sont libérées de
la pression lithostatique par érosion des formations surincombantes. Des joints de
décompression, pratiquement parallèles à la surface du sol se développent progressivement.

- l'usure mécanique par des grains détritiques emportés par le vent, l'eau, la glace.
Altération physique. A: cryoclastie d'un basalte (roche macrogélive), Islande; B: cryoclastie
d'un schiste (roche microgélive), Belgique; C: joints de décompression dans un massif
granitique, Ploumanach; D: glace chargée de sable et de graviers, Pyrénées.

2. L'ALTERATION BIOLOGIQUE

On distingue l'altération provoquée par l'action chimique de composés produits par des
organismes (plantes, microbes,...) de l'action purement mécanique de plantes ou d'animaux (par
exemple: dilatation progressive des racines jouant le rôle de coin dans des fractures de roches).
L'ingestion de matériaux par des animaux vivant dans les sols est un processus faisant
intervenir en même temps les deux types de mécanismes cités.

Un premier processus important est l'oxydation de la matière organique (par la fermentation ou


la respiration), produisant de l'eau et du CO2, lui-même impliqué dans des réactions de mise en
solution:

C6H12O6+ 6 O2  6 CO2+ 6 H2O

La combinaison du CO2 et de l'eau donne naissance à l'acide carbonique (H2CO3), un acide


faible qui peut néanmoins solubiliser la calcite (ou un autre carbonate):

H2CO3+ CaCO3 Ca++ + 2 HCO3-


On a en effet observé que pour une concentration de CO2 équivalente à la concentration
atmosphérique (~3.10-4 atm), la concentration de Ca++ et HCO3- était de respectivement de 20
mg/l et 60 mg/l. Dans un sol où la concentration de CO2 peut atteindre 3.10-2 atm, les
concentrations respectives de Ca++ et HCO3- peuvent augmenter jusqu'à 90 mg/l et 260 mg/l.

L'action des microorganismes est importante et ne se limite pas à la production de CO2. Dès
leur arrivée en subsurface, les minéraux des roches sont soumis à leur métabolisme. Des
colonies microbiennes croissent à leur surface, s'infiltrent dans les fractures à la recherche
d'éléments essentiels à la vie. L'altération microbienne se manifeste surtout sous la forme d'une
dissolution par des acides organiques dont le plus fréquent est l'acide oxalique. L'attaque des
minéraux par ces acides libère des cations métalliques qui, combinés aux anions organiques
donneront naissance à des complexes organo-métalliques (dans le cas des oxalates, combinés
au calcium issu de la dissolution des carbonates, cela donnera naissance à CaC 2O4, fréquent
dans les sols). Beaucoup de microbes possèdent la faculté de produire des molécules
spécifiques en fonction du type de minéral à dégrader. L'exemple de la Fig. II.1 montre la mise
en solution du fer à partir de hornblende par des bactéries.

Outre l'action des acides organiques, la formation de biofilms d'EPS ("exopolymeric


substances" ou polymères extracellulaires) maintient une hydratation constante autour des
minéraux qui favorise les réactions de mise en solution.

Ces processus d'altération microbienne par dissolution de minéraux primaires et précipitation


de nouveaux minéraux d'origine biogénique (comme l'oxalate de calcium) modifient l'aspect
de la roche et méritent le nom de "diagenèse microbienne". Cette diagenèse particulière se
marque souvent par la précipitation de microcristaux en remplacement de cristaux plus
grands. C'est le processus de "micritisation" dans le cas des carbonates, fréquent en particulier
dans les sols.
Figure II.1: mise en solution du fer à partir de hornblende, avec ou sans l'intervention de la
bactérie du sol Streptomyces. D'après Konhauser (2007), simplifié.

3. L'ALTERATION CHIMIQUE

L'altération chimique agit de deux façons: certains minéraux (halite, calcite) sont dissous
totalement et leurs ions sont évacués en solution. D'autres minéraux, comme les micas ou les
feldspaths sont transformés en d'autres espèces minérales (surtout en argiles), souvent de
granulométrie plus fine et plus facilement mobilisables par l'érosion. La plupart des réactions
impliquées dans l'altération nécessitent la présence d'eau et d'air. Passons en revue les réactions
les plus significatives.

3.1. Principales réactions chimiques impliquées dans l'altération

- mise en solution: c'est la réaction la plus simple, faisant intervenir de l'eau, ou un acide.
Envisageons quelques cas concrets:

 la solubilité du quartz est très faible (6 ppm dans les eaux de surface); la réaction de
mise en solution est la suivante: SiO2 + 2 H2O  H4SiO4
 la calcite, par contre est beaucoup plus soluble, parce que que l'eau de pluie se charge
en CO2 et agit comme un acide faible lors de sa mise en contact avec la calcite (environ
2000 ppm). La réaction est la suivante: CaCO3 + H2O + CO2  Ca+++ 2 HCO3-
(bicarbonate en solution).
 la halite et les autres halogénures sont très solubles (solubilités de l'ordre du millier de
ppm).

- hydratation et déshydratation, ou de manière plus concrète: minéral+eau=nouveau minéral


hydraté; la déshydratation étant le processus inverse. Les réactions les plus importantes sont:

 la déshydratation du gypse pour produire de l'anhydrite: CaSO4.2H2O  CaSO4+ 2


H2O;
 l'hydratation de l'hématite pour produire de la limonite: Fe2O3+ 3 H2O  2 Fe(OH)3;
 l'hydratation de la kaolinite pour produire de la gibbsite.

- hydrolyse. Cette réaction est le processus par lequel un cation d'un minéral est remplacé par
le H+ d'une solution acide. Cette réaction a pour conséquence de détruire le minéral (mise en
solution complète) ou de le convertir en une nouvelle espèce. A titre d'exemple, l'olivine et le
pyroxène se dissolvent complètement, alors que les feldspaths se dissolvent partiellement,
produisant de la silice en solution et des minéraux argileux. Comme les eaux météoriques
contiennent du CO2 dissout, les réactions se présentent comme suit:

 Mg2SiO4 (forstérite) + 4 H2 CO3  2 Mg++ + 4 HCO3- + H4SiO4


 4 NaAlSi3O8 (albite) + 4 H2 CO3 + 18 H2O  4 Na+ + 8 H4SiO4 + Al4Si4O10(OH)8
(kaolinite) + 4 HCO3-

(Remarque: ces réactions d'altération des minéraux silicatés sont donc des "pompes" à CO 2
atmosphérique!)

- oxydation-réduction. Le processus d'oxydation le plus connu est la transformation de Fe2+ en


Fe3+; le Mn se comporte de la même manière que le fer, avec la pyrolusite (MnO2) et la
manganite (Mn2O3.H2O) comme principaux produits d'oxydation.

 (Fe2+)2SiO4+ 1/2 O2+ 5 H2O  2 Fe3+(OH)3 + H4SiO4


 4 FeS2+ 15 O2 + 8 H2O  2 Fe2O3+ 8 H2SO4
constituants
Na+, Ca2+, K+, Mg2+, H4SiO4, HCO3-, SO42-, Cl-
solubles

minéraux quartz, zircon, magnétite, ilménite, rutile, grenat,


résiduels sphène, tourmaline, monazite

kaolinite, montmorillonite, illite, chlorite, hématite,


minéraux
goethite, gibbsite, boehmite, diaspore, silice amorphe,
néoformés
pyrolusite

constituants
acides organiques, acides humiques, kérogène
organiques

Tableau II.1: produits les plus courants de l'altération chimique.

3.2. Les paramètres qui contrôlent l'altération chimique

Le climat est probablement le facteur le plus important dans le contrôle de l'altération chimique.
Si l'on considère en effet l'aspect cinétique des réactions chimiques, il est clair qu'une
température élevée va les favoriser. L'humidité est également importante, puisque beaucoup de
réactions se passent en milieu aqueux. L'altération chimique est donc prééminente en climat
chaud et humide. En climat froid, même si les précipitations sont abondantes, l'eau est à l'état
de neige ou de glace, favorisant plutôt l'altération physique (Fig. II.2). D'autres facteurs
occupent également une place importante, quoique plus indirecte: c'est par exemple le cas du
drainage. Si les ions mis en solution ne sont pas évacués, un équilibre chimique sera atteint et
les réactions d'altération vont s'arrêter. Le relief, également, contrôle la pente des réseaux
fluviatiles et la rapidité des courants, donc l'intensité de l'évacuation des ions: on a pu montrer
par exemple que pour des circulations faibles, l'albite est transformée en kaolinite, alors qu'avec
une circulation plus rapide, elle est transformée en gibbsite (car l'acide silicique est évacué).
Figure II.2: influence du climat sur le profil d'altération. En climat tempéré, l'altération est
surtout mécanique. L'altération chimique est faible et consiste surtout dans le départ de cations
très solubles comme Na+ et Ca++ des minéraux les moins stables; une arène est créée. En
climat tropical, l'altération est surtout chimique. L'eau abondante et chaude provoque une
mise en solution de la plupart des minéraux, avec reprécipitation des ions Fe, Al, Si sur place
(cuirasse). L'horizon riche en argile résulte de processus de néoformation à partir des
minéraux de la roche mère et à partir des ions venant des horizons supérieurs. Enfin, à la base
du profil, on retrouve la roche-mère avec une zone d'arénitisation très peu développée.

L'acidité-alcalinité et le degré d'oxydo-réduction des eaux sont également des paramètres


importants contrôlant l'altération chimique. Si l'on porte en graphique l'Eh en fonction du pH
pour des environnements naturels variés (Fig. II.3), on constate que l'eau pluviale est
légèrement acide, tout comme les sols. Ce sont donc deux environnements où dissolution et
hydrolyse vont jouer un rôle dominant. Par contre, le pH de l'eau de mer est de l'ordre de 8:
peu de réactions d'hydrolyse ont donc lieu en milieu sous-marin. On observe aussi que la
plupart des environnements en contact avec l'atmosphère sont oxydants. Des conditions
réductrices ne sont observées que dans des milieux isolés de l'atmosphère (bassins stratifiés,
nappes profondes,...) ou des milieux dont tout l'oxygène est consommé (par exemple suite à
l'oxydation de la matière organique).
Figure II.3: graphique des propriétés Eh/pH des principaux environnements naturels.

3.3. Exemple: l'altération des roches magmatiques

Ces roches sont en déséquilibre thermodynamique lors de leur arrivée à l'affleurement. Il s'agit
généralement de roches polyminérales et leur sensibilité à l'altération est fonction à la fois de
l'altérabilité des différents minéraux et de la structure de la roche. A sensibilité égale des
minéraux, les roches à gros grains (pegmatites) sont plus vulnérables que les roches à grains
fins (aplites).

L'altérabilité des minéraux constituants des roches magmatiques est en fonction inverse de leur
ordre de cristallisation dans les magmas. Cette relation est également présente dans le groupe
des feldspaths, où l'orthose est peu altérable, alors que les plagioclases le sont plus. Au sein des
plagioclases, la sensibilité à l'altération augmente de l'albite à l'anorthite.

Prenons l'exemple des réactions mises en jeu lors de l'altération de l'orthose:

 les premiers stades de l'altération de l'orthose aboutissent à la formation de minéraux


argileux, l'illite, ou si le drainage est mauvais, les smectites:
orthose + eau  illite + silice + potassium (entraîné en solution)
Ce processus est appelé bisiallitisation car le rapport Si/Al (égal à 3 dans l'orthose) est
de 2 dans l'illite;
 en cas de lessivage plus important de la silice (altération plus poussée), on obtient de la
kaolinite ou le rapport Si/Al est de 1. Il s'agit du processus de monosiallitisation;
 enfin, dans le stade ultime (climat tropical humide), toute la silice est lessivée et il ne
subsiste qu'un hydroxyde d'aluminium, la gibbsite, dans laquelle le rapport Si/Al est
égal à zéro. Ce processus est appelé allitisation et aboutit à la formation de bauxites
mais, comme le plus souvent le produit d'altération contient du fer, on parle de
ferrallitisation ou de latérisation.

Profils d'altération. A: en climat tempéré, . Un sol très peu épais surmonte des sables et argiles
triassiques. B: en climat tropical,. La coloration rouge du sol est due à l'accumulation des
oxydes-hydroxydes de fer; rm: roche-mère ; s: profil d'altération.
III- Physique du sol

1) Porosité (indices vides/eau/air), densité (apparente/réelle)


Le volume du sol se divise en volume des solides et porosité.
Vt= Vs+Vp
La porosité est occupée par les fluides, en général la phase aqueuse et la phase gazeuse dont
les volumes respectifs sont Vg et Ve. Dans certains cas plus rares, cette porosité est aussi
occupée par d’autres fluides (hydrocarbures lors de la pollution des sols par ces produits). Dans
de nombreuses situations le volume de la porosité est constant. Ainsi, les deux fluides sont en
compétition. Tout volume occupé par l’eau n’est pas accessible aux échanges gazeux. Les sols
dont la porosité est saturée d’eau se caractérisent par une faiblesse des échanges gazeux avec
l’atmosphère, ce qui se traduit souvent par des états anoxiques plus ou moins marqués.
L’indice des vides (Ip aussi noté Iv) représente la fraction du volume occupée par la porosité
Ip= Vp/Vt
De même, l’indice de l’eau est :
Ie=Veau/Vt
Cet indice est aussi appelé humidité volumique (noté théta), qu’il ne faut pas confondre avec
l’humidité pondérale Hp (Hp= poids d’eau/poids de sol).
Et Ia=Va/Vt avec Ip=Ie+Ia Et Is=1-Ip Avec Is indice des solides

On définit aussi la densité apparente sèche Da, comme la masse volumique du sol sec divisé
par 1 (masse volumique de l’eau). La densité apparente est la masse volumique du sol sec divisé
par 1, avec masse volumique du sol sec égale au rapport du poids du sol sec sur le volume total.
Da=Pds sec/Vt

La densité réelle (dr) du sol est la masse volumique des phases solides divisée
par 1. Il s’agit de la moyenne pondérée des masses volumiques des solides du sol.
En combinant ces définissions, il vient :
Da=dr*(Vs/Vp)= dr/Ip
Dr=Da*Ip

2) L'état de l'eau dans la porosité du sol (potentiel matriciel/total, RFU)


2a) définitions
L’eau et localisée dans la porosité. L’eau se trouve dans plusieurs types de sites et d’états.
- Elle tapisse la surface des solides, qui sont en général hydrophiles, en une surface très fine
représentant deux à trois couches moléculaires (3 * 2.8 E-10m). Ceci représente très peu d’eau
pour les sols sableux, mais pour les sols argileux qui développent une grande surface
spécifique, de l’ordre de 100m² par gramme, l’eau adsorbée est loin d’être négligeable.
- Elle remplit les plus petits pores qui lui sont offerts. C’est l’eau capillaire. Pour des raisons
de physique capillaire, l’eau est retenue avec une énergie d’autant plus importante que le
diamètre du pore est petit. La relation est inversement proportionnelle. Ainsi, extraire l’eau des
petits pores, il faut apporter une énergie très importante. En revanche, pour les pores les plus
grossiers, les forces capillaires sont insuffisantes pour empêcher l’eau de s’échapper sous
l’effet de la seule gravitée.

Lorsque toute la porosité est remplie d’eau, le sol est dit saturé en eau. Alors,
Ie=Ip. En fait il reste toujours un peu d’air piégé et cette égalité n’est pas
strictement respectée. Lorsqu’un sol saturé se ressuye, l’eau contenue dans la porosité grossière
s’échappe, il s’agit de l’eau dite gravitaire. Les pores plus fins retiennent l’eau
par capillarité. L’humidité se stabilise vers une valeur appelée capacité au champ.
Si le sol se dessèche, par
- évaporation, c'est-à-dire par passage de l’eau de la phase liquide à la phase gazeuse
- transpiration, c'est-à-dire prélèvement par les végétaux qui conduisent cette eau en surface où
ils la vaporisent l’humidité diminue. L’eau abandonne les pores les plus grossiers pour se
cantonner aux plus fins. A partir d’une certaine valeur d’humidité l’eau présente est retenue
avec des forces capillaires importantes qui empêchent les plantes de l’extraire. Les végétaux
flétrissent, si la situation se prolonge, le flétrissement est permanent. L’humidité est alors
appelée : Point de flétrissement permanent.
La réserve en eau est définie comme :
réserve en eau = z* ( capacité au champs - point de flétrissement permanent) avec z =
profondeur d’enracinement.
Cette réserve est notée R.U. = réserve utile
Comme le but des cultivateurs n’est pas de conduire les plantes au point de flétrissement
permanent, c'est-à-dire à la mort, on définit la Réserve Facilement Utilisable, R.F.U. avec
RFU=(2/3)*RU.
La loi de Jurin, qui établit la relation entre le diamètre du pore et l’énergie de l’eau (ou hauteur
d’ascension capillaire, ce qui revient au même) permet d’établir un diagramme de la porosité
selon un diamètre équivalent. Ce type de diagramme est très utile, mais dans le détail, il est
critiquable car la tension (définie ultérieurement) qui préside à la désorption d’eau n’est pas
liée au diamètre du pore, mais au diamètre le plus petit par lequel l’eau doit sortir, ce qui est
très différent pour certains types de porosité.
Toutefois, des exemples sont disponibles sur le site afin de vous exercer à ce type de calcul et
à l’interprétation des résultats.
Le potentiel matriciel est l’énergie nécessaire pour extraire la première goutte d’eau d’un sol.
Il représente l’énergie avec laquelle l’eau est retenue par les forces capillaires du sol.
Ce potentiel s’exprime en hauteur d’eau d’ascension capillaire, en centimètres. Le pF est égal
au logarithme décimal du potentiel matriciel. Ainsi, la capacité au champ équivaut
approximativement à pF=2.9 et le point de flétrissement permanent à pF= 4.2.

Les mouvements de l’eau sont provoqués par une différence de potentiel total. Le potentiel
total est la somme du potentiel matriciel et du potentiel gravitaire. Pour les sols salés, il convient
de rajouter le potentiel osmotique. Le flux d’eau dépend alors de la perméabilité du sol à l’eau.
2b) Acquisition des données.
Mesure de l’humidité :
L’humidité pondérale se mesure par prélèvement, pesée à l’état humide puis à l’état sec. Hp =
(Poids humide-Poids sec)/Poids sec. L’humidité volumique peut être mesurée par une sonde à
neutrons, ou par une sonde TDR.
Mesure de densité
La densité apparente peut être mesurée par une sonde gamma.
Mesure de potentiel matriciel.
Les tensiomètres permettent de mesurer le potentiel total tant que ce potentiel n’excède pas 0.8
bars (800 cm d’eau environ), c'est-à-dire jusqu’à pF=2.9.
La presse à membrane ou presse de Richards permet une mesure de potentiel matriciel jusqu’à
20 bars (pF=4.3) ou 100 bars (pF=4) selon le modèle.

3) Perméabilité à l'eau et à l'air (en saturé et sous saturé), lien avec la porosité
3a) Perméabilité des sols saturés en eau
Loi de Darcy.
C’est une loi phénoménologique très utilisée car son domaine de validité est très large. Cette
loi estime que le flux d’eau est proportionnel au gradient de pression qui le génère.
Q= S. Ks.dH/dX
avec:
Q débit (m3.s-1)
S section de sol au travers de laquelle le flux est mesuré. H potentiel total (potentiel matriciel+
potentiel gravitaire ; en saturé le potentiel matriciel est nul). X axe de l’écoulement. Ks
perméabilité ou conductivité hydraulique en saturé. Ks a la dimension d’une vitesse.
Pour une colonne de sol de longueur L,
Perméamètre: La longueur de la colonne de sol est L. Le sol étant saturé d’eau, il a été
représenté en bleu afin de montrer la continuité du cheminement de l’eau, même si l’eau ne
circule pas par toute la section du sol à cause des solides).
La charge hydraulique est représentée par deltaH (ou H). C’est la différence de hauteur entre
l’entrée et la sortie de l’eau de la colonne. Ce type de perméamètre permet d’appliquer des
gradients hydrauliques inférieurs à 1, ce qui n’est pas le cas avec un perméamètre vertical.
Conductivité du sol saturé et vitesse de l’eau lors de l’infiltration.
Lorsque l’eau sature un sol avec un flux entrant par la surface du sol, par exemple lorsqu’une
flaque alimente ce flux, H et L ont la même valeur à l’instant ou la flaque disparaît en
s’enfonçant dans le sol. A cet instant, H=L, H/L=1 et la vitesse d’enfoncement de la surface de
la flaque est égale à Ksat.
Mais attention, il s’agit d’une vitesse fictive de déplacement de l’eau dans le sol. En effet, la
flaque occupe toute la section. En revanche, l’eau ne transite dans le sol que par une partie de
la section (section des pores les plus grossiers). En fait au moment où la flaque disparaît, la
vitesse moyenne de l’eau dans la porosité est égale à Ksat/thétasat. Cette vitesse moyenne est
la moyenne entre de l’eau immobile (vitesse nulle et de l’eau mobile), donc entre des valeurs
extrêmement hétérogènes.
Les propriétés de transport, en particulier la dispersion, sont étroitement dépendantes de la
vitesse réelle de l’eau dans les pores. Ceci fera l’objet de développements dans les cours sur la
physique des transferts d’eau dans les sols (M2).
Perméamètre vertical. La longueur de la colonne de sol est L et la charge hydraulique est H.
Lorsque la lame d’eau surmontant la colonne est très petite, H et L sont quasiment égaux, H/L,
le gradient hydraulique est alors voisin de 1.

3b) Perméabilité des sols sous saturés en eau


La loi de Darcy peu être généralisée au sol non saturé. La seule différence est que la
conductivité hydraulique varie avec l’humidité. Habituellement, cette variation est très
importante. Une diminution de quelques pourcent d’humidité engendre une diminution de 1 ou
2 ordres de grandeurs de la conductivité hydraulique.
Différentes méthodes sont utilisées. Les méthodes du drainage interne et la méthode du plan
de flux nul sont parmi les plus fréquentes.
IV Biogéochimie du sol. (voir powerpoint)
1) le complexe argilo-humique:

Définition et rôle

Le complexe argilo-humique est une structure formée d'argile et d'humus. L'humus est la
fraction "stable" de la matière organique du sol, c'est-à-dire qu'elle est peu sujette à la
minéralisation, mais participe davantage à la structuration du sol. Les particules d'argiles et
d'humus étant tous deux chargés négativement, ils retiennent les cations (Ca2+, Mg2+, K+,
Na+...), éléments essentiels à la plante. Des échanges de cations ont lieu entre le complexe
argilo-humique et la solution du sol, ce qu'on appelle la capacité d'échange cationique (CEC).
Plus elle est élevée, moins les cations seront lessivés : ils seront donc plus accessibles aux
plantes. Ces aspects sont développés dans la partie fertilité chimique.

Mais comment deux structures chargées négativement, alors qu'elles devraient se repousser,
peuvent-elle être si étroitement liées ? Par l'intermédiaire de ponts cationiques chargés
positivement et de « colles biologiques » :

 Le calcium a une action stabilisatrice. Il s'intercale entre l'humus et les feuillets des
argiles, formant des ponts calciques très résistants et aérant la structure du sol.
 Le magnésium forme lui aussi des ponts cationiques mais avec une action de
resserrement de la structure.
 Des ponts constitués d'hydroxydes de fer peuvent également se mettre en place, mais
ils sont moins solides que les ponts calciques.
 Enfin, l'activité biologique a un rôle fondamental. La présence de molécules organiques
permet d'"enrober" les complexes, ce qui les stabilise en présence d'eau. Parmi ces
substances, la glomaline, produite par certains champignons. Ces aspects sont
développés dans la partie fertilité biologique.

Le mécanisme de l’échange des cations :


a) Deux exemples d’échange de cations :
 Le remplacement des ions H+ par des cations Ca++ :
Lorsque l’on introduit de la chaux dans un sol, ses molécules se dissocient :
Ca(OH)2  Ca +++ 2 OH-
La concentration d’ions Ca++ augmente dans la solution du sol et cette concentration se
communique au complexe, par exemple un complexe argilo-humique abondamment garni
d’ions H+ : un cation Ca ++ prend la place de deux ions H+, qui se combinent aux anions OH-
apportés par la chaux pour former de l’eau.
Complexe H++ Ca+++ 2 OH-  Complexe Ca +++ 2 H2O
 L’échange de cations Ca++ contre des cations K+:
Si dans ce sol enrichi en calcium par le chaulage, on introduit du chlorure de potassium ( KCl,
engrais potassique ), ce sel se dissout, puis se dissocie en anions Cl- et cations K +.
Ces derniers, augmentant la concentration en ions K+ de la solution, provoquent un échange
avec le complexe : ils prennent sur celui -ci la place d’ions Ca++ , à raison de 2 K+ pour 1
Ca++.
Ces cations Ca ++ remis en solution forment, avec les anions Cl- du CaCl2, sel soluble qui peut
être lessivé : cet apport d’engrais potassique a provoqué une décalcification du sol :
c’est l’action décalcifiante des engrais potassiques.

V- les grandes familles de sol. (voir photocopie)


Unité de sols (FAO) Taxonomie des sols Classification Caractéristiques
(order) française majeures
ACRISOLS ULTISOLS Sols ferralitique Très acides
Très altérés et
typique bruns et
lessivés
bruns jaune Saturation en bases
faible
Surface sableuse
Horizon bt
Forte capacité à
immobilisé le
phospohore
Centre cameroun
FERRASOLS OXISOLS Sols ferralitique Très altérés
Forte contenance en
rouges sur roche
oxides de fer et
acides, aluminium
Acide et faible
moyennement et
saturation en bases
fortement désaturé Faible CEC
Textures argileuses
Forte capacité de
fixation de
phosphore
FLUVISOLS Sols hydromorphes Bon niveau de
matière organique
minéraux
Sols alluviaux
Fertilité élevé
GLEYSOLS HISTOSOLS Sols à gleys Propriétés
hydromorphiques
Sols de côtes,
vegetation de
mangrove,
Inondation fréquente
Haute aptitude pour
le riz
LEPTOSOLS ENTISOLS Sols minéraux bruts Pente raide
Pierreux
et sols peu évolués
Peu profond
Faible fertilité
LUVISOLS ALFISOLS Ferrugineux lessivé Texture sableuse
Faible matière
Sols à pseudo gley de
organique
profondeur Forte saturation en
bases
Bt horizon
NITISOLS Ferralitique typique Sur d'anciennes
roches volcaniques
sur roche basique
basiques
moyennement Très argileux
matière inorganique
désaturé
relativement riche
bon état de fertilité
PLANOSOLS ARIDISOLS Sols hardés sols à Trouvé à l’extrême
nord
pseudo gley solodisé,
Existence de sodium
sols à alcatis et (NA) dans le
complexe
solonetz solodisé
d’échanges
Sous-sols argileux
avec des propriétés
hydromorphiques
REGOSOLS ENTISOLS Sols minéraux bruts -vers les Monts
Mandara et le Nord
d’érosion
Est de Ngaoundéré
Sols peu évolués Peu profond
Sableux
d’érosion
Très sec
Faible teneur en
matière organique
Faible CEC
Faible capacité de
rétention en eau
VERTISOLS VERTISOLS VERTISOLS Moyenne CEC 35-40
cmol(-)kg
Couleur sombre
(organic matter
content)
Faible propriétés
d’ingieurie,
Faibles cond.
Hydrauliques
Riches en bases :
fissuration
CAMBISOLS INCEPTISOLS SOLS BRUNIFIES
VI- Etude su sol :

Les analyses de sol jouent un rôle important en production végétale ainsi que dans la gestion
des éléments nutritifs. Elles constituent en fait le meilleur moyen de bien planifier les
applications d'engrais pour les exploitations agricoles qui utilisent des engrais commerciaux
comme source principale d'éléments nutritifs. Il est particulièrement important, dans le cas des
fermes d'élevage, de connaître la teneur initiale du sol en éléments nutritifs. C'est à partir de
cette dernière qu'on peut alors dresser le plan de gestion des éléments nutritifs qui permettra de
gérer adéquatement à la fois les éléments nutritifs que la ferme produit et ceux qu'elle reçoit
sous forme de biosolides et d'engrais commerciaux.

L'analyse de sol se fait en trois étapes : d'abord le prélèvement d'un échantillon représentatif
dans chaque champ ou parcelle, puis l'analyse de l'échantillon afin de connaître les quantités
d'éléments nutritifs disponibles, et enfin, l'utilisation des résultats pour établir les doses
optimales d'engrais. La tenue de registres fait partie intégrante du processus d'analyse de sol.
Les registres permettent de vérifier si la teneur du sol en certains éléments augmente, diminue
ou demeure stable.

Échantillonnage du sol

L'échantillon de sol envoyé au laboratoire doit habituellement peser autour de 400 grammes
(1 lb). Il doit cependant être représentatif de 20 000 tonnes de sol, soit la quantité contenue
dans 10 ha (25 acres). On comprend donc que l'échantillonnage doit se faire rigoureusement.

Zone d'échantillonnage

Le choix de la zone d'échantillonnage peut influer grandement sur l'exactitude de l'analyse de


sol. Il est relativement simple de prélever un échantillon dans chacun des champs lorsque ceux-
ci occupent une faible superficie. Par contre, les champs très étendus doivent être divisés en
zones d'échantillonnage de plus petite dimension. Il est important, dans la mesure du possible,
de s'assurer que chaque secteur d'échantillonnage est uniforme et distinct de ceux qui sont de
toute évidence différents.
La fertilité du sol peut varier selon la composition de la roche-mère, la texture du sol, la quantité
d'éléments nutritifs prélevés par la culture ou la topographie. La plupart des différences de
fertilité sont toutefois attribuables aux applications antérieures d'éléments nutritifs, sous forme
d'engrais ou de fumier. Si la variabilité est faible, on peut regrouper plusieurs carottes de terre
dans un seul échantillon. Par contre, en présence de fortes variations, il est recommandé de
prélever des échantillons distincts. Si les limites précédentes des champs sont connues, on peut
s'en servir pour diviser les plus grands champs en plus petites parcelles. Lorsqu'on ne connaît
pas ces limites, on peut alors subdiviser ou diviser les champs en fonction du type de sol ou de
la topographie. Aucun échantillon global ne devrait représenter plus de 10 hectares (25 acres).

Il n'existe pas de superficie minimale pouvant être représentée par un échantillon; il est donc
permis, mais non obligatoire aux fins de la gestion des éléments nutritifs, d'avoir recours à
l'échantillonnage de précision, à l'échantillonnage adapté à chaque site ou à l'échantillonnage
en grille.

Les échantillons provenant de parcelles dont la composition diffère de toute évidence du reste
du champ ne doivent pas être regroupés dans l'échantillon composite du champ. On doit donc
éviter de les prélever dans les dérayures, les zones érodées, les allées ou à l'emplacement
d'anciens tas de fumier ou de chaux. Si ces zones sont suffisamment étendues, il est
recommandé d'y prélever des échantillons et de les faire analyser, de façon distincte.

Profondeur d'échantillonnage

Dans le cas des analyses visant la gestion des éléments nutritifs, on prélève normalement les
échantillons à une profondeur d'environ 15 cm (6 po), étant donné que la majorité des racines
se développent jusqu'à cette profondeur et que le travail du sol assure le mélange des éléments
nutritifs jusqu'à environ 15 cm. Comme les couches inférieures du sol contiennent
habituellement beaucoup moins d'éléments nutritifs, un échantillonnage plus profond risquerait
de ne pas être représentatif du champ.

Lorsqu'on souhaite connaître la quantité de nitrates disponibles pour la culture, toutefois, il est
plus précis de prélever un échantillon à une profondeur de 30 cm (1 pi), puisque les nitrates se
déplacent plus facilement dans l'eau du sol que les autres éléments nutritifs.
La profondeur du prélèvement demeure la même dans le cas des systèmes de semis direct, bien
que les éléments nutritifs ne soient plus incorporés mécaniquement au sol. La profondeur peut
cependant varier dans le cas des mesures de pH. Il peut en effet être plus approprié de prélever
un échantillon près de la surface (5 cm ou 2 po), en vue d'évaluer l'acidification de la couche
superficielle du sol lorsque de l'azote est appliqué en surface. Ne pas utiliser ces échantillons
par contre pour les analyses d'éléments nutritifs, sous peine de surestimer la disponibilité des
éléments nutritifs du sol.

Prélèvement des échantillons

Pour qu'un échantillon de sol soit représentatif, il doit contenir suffisamment de carottes de
terre prélevées au hasard un peu partout dans toute la zone échantillonnée. Un nombre
insuffisant de carottes augmente le risque qu'un sous-échantillon non représentatif fausse
l'ensemble des résultats pour tout le champ. Un échantillonnage non aléatoire augmente les
risques que les résultats soient biaisés. Le meilleur moyen de prélever un échantillon aléatoire
(au hasard) est de parcourir le champ en zigzag. Prélever au moins 20 carottes pour obtenir un
échantillon composite et une carotte additionnelle à l'acre pour les champs d'une superficie
supérieure à 20 acres.

On néglige trop souvent, dans le cadre de l'échantillonnage, de mélanger complètement la terre


avant d'en retirer les sous-échantillons. Les carottes de sol échantillonnées doivent être
mélangées dans un seau jusqu'à ce qu'on ne puisse plus distinguer les carottes. Les carottes
d'argile lourde doivent parfois être asséchées avant de pouvoir être mélangées correctement
pour donner un sous-échantillon acceptable. Ce dernier ne doit pas peser plus de 400 g, soit
l'équivalent d'environ une tasse.

Garder les échantillons à température ambiante, à l'exception de ceux qui sont analysés pour
leur teneur en nitrates, qui doivent être conservés au frais (température inférieure à 4 °C) et
livrés au laboratoire en moins d'une journée pour analyse immédiate. Congeler le plus
rapidement possible les échantillons qui ne seront pas analysés tout de suite.

Matériel d'échantillonnage

On peut prélever les échantillons du sol à l'aide d'une pelle ou d'une bêche, mais il est beaucoup
plus efficace d'utiliser une sonde d'échantillonnage ou une tarière. Ces outils doivent être en
acier inoxydable, surtout si les échantillons sont analysés pour leur teneur en oligoéléments.
Bon nombre de fournisseurs de matériel agricole prêteront des sondes d'échantillonnage.

Mettre les carottes du sol dans un seau de plastique propre. Les seaux de métal galvanisé vont
contaminer les échantillons avec le zinc qu'ils contiennent, ce qui rend inutilisables les résultats
d'analyse des oligoéléments. Éviter d'utiliser des seaux qui contenaient des nettoyants ou des
détergents, puisque les phosphates de ces derniers peuvent se retrouver dans les échantillons.

Une truelle solide en acier inoxydable ou en aluminium permet de bien mélanger les carottes
avant de prélever le sous-échantillon. Un tournevis est utile pour déloger les mottes de terre
qui pourraient rester coincées dans la sonde d'échantillonnage.

Fréquence de l'échantillonnage

La fréquence d'échantillonnage doit être suffisante pour permettre de déceler les changements
dans la composition du sol d'un champ avant que les rendements ou l'efficacité du programme
de fertilisation ne soient gravement compromis. Dans la plupart des cas, des analyses tous les
trois ans suffisent, ce qui correspond souvent à la période où la culture revient dans la rotation.

Période d'échantillonnage

Le pH et la composition du sol varient au cours d'une année, en raison surtout de l'humidité


du sol; ces différences, toutefois, ne sont pas suffisamment importantes ni assez constantes
pour avoir un effet sur le plan de gestion des éléments nutritifs. Mais le fait de prélever les
échantillons de sol à la même période de l'année élimine les variations saisonnières dans les
comparaisons des résultats d'analyse d'une fois à l'autre. Par ailleurs, ce qui est encore plus
important, c'est que si les échantillons sont prélevés immédiatement après la récolte, on
obtien-dra les résultats suffisamment à l'avance pour planifier le programme de fertilisation
de la prochaine culture.

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