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Institut universitaire de la cote (IUC)

Département de Génie informatique


Filière : Génie Logiciel

Par : Ing. YAMENI Fabrice Joël

SPECIALITE : Génie Logiciel

SUPPORT DE COURS : ALGEBRE DE BOOLE ET DES CIRCUITS BTS 1 GL

CHAPITRE 2 : ALGEBRE DE BOOLE ET FONCTIONS LOGIQUES

Introduction
Le fonctionnement des systèmes numériques repose sur la manipulation de variables et fonctions dont les valeurs
sont représentées par des grandeurs binaires. La structure mathématique permettant de formaliser les opérations
de manipulation de ces grandeurs binaires est appelée algèbre de Boole, dont l’étude fera l’objet de ce chapitre.

I. Définitions

Une variable booléenne est tout paramètre ne pouvant prendre que les valeurs 0 (valeur fausse) ou 1 (valeur vrai).

Une fonction booléenne est une fonction prenant en entrée n variables booléennes et donnant en sortie un unique
bit (0 ou 1).

Une porte logique est en fait un circuit combinatoire à une ou plusieurs entrées et à une sortie au moins. C’est
elle qui effectue une opération logique.

Une table de vérité est une table donnant l’état logique de la fonction pour chacune des combinaisons des états
de ses variables. S’il y’a n variables d’entrées, on a une table de vérité à n+1 colonnes et au plus 2n lignes.

II. Les fonctions logiques

II-1. Les fonctions logiques élémentaires

Trois fonctions suffisent pour définir une algèbre de Boole : la complémentation, le produit logique, et l’addition
logique.

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II-1-1. La fonction de complémentation ou fonction NON

Le complément de la variable A se note et se lit « A barre » ou « non A ». vaut 1 (respectivement 0) si et


seulement si A vaut 0 (respectivement. Son équation est : S =

II-1-2. La fonction produit logique ou fonction ET

Le produit logique de 2 variables A et B se note A.B ou AB, et se lit « A et B ». A.B vaut 1 si et seulement si A
et B valent 1. Son équation est : S = A.B

II-1-3. La fonction addition logique ou fonction OU


L’addition logique de 2 variables A et B se note A+B et se lit « A ou B ». A+B vaut 0 si et seulement si A et B
valent 0. Son équation est : S = A+B

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II-2. Autres fonctions logiques
II-2-1. Fonction NON-ET ou NAND
La table de vérité de la fonction NON ET se déduit immédiatement de celle de la fonction ET par inversion du
résultat. Son équation est :

II-2-2. Fonction NON-OU ou NOR


La table de vérité de la fonction NON OU se déduit immédiatement de celle de la fonction OU par inversion du
résultat. Son équation est :

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II-2-3. Fonction OU-exclusif ou XOR

L’addition OU-exclusif de deux variables A et B s’écrit A  B et se lit «A ou-exclusif B». son équation est:

II-2-4. Fonction NON-OU-exclusif ou XNOR

L’addition NON-OU-exclusif de deux variables A et B s’écrit et se lit «A Non-ou-exclusif B». son

équation est :

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III. Théorèmes
III-1. Les théorèmes de Boole

III-2. Les théorèmes de MORGAN

 Le complément d’un produit de variables booléennes est égal à la somme des compléments de ces
variables.

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 Le complément d’une somme de variables booléennes est égal au produit des compléments de ces
variables.

IV. Universalité des portes NAND et NOR


Les portes NAND et NOR sont dites universelles parce qu’à partir d’elles, on peut réaliser toutes les fonctions
logiques de base.

 L’universalité de la porte NAND

 L’universalité de la porte NOR

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CHAPITRE 3 : LOGIQUE COMBINATOIRE
I. Définition
La logique combinatoire est la logique des systèmes numériques qui sont indépendants du temps. Les sorties de
tels systèmes ne dépendent que de l'état des entrées. Un système combinatoire est représenté comme le montre la
figure ci-dessous:

La caractéristique d’entrées-sorties d’un système numérique est appelée fonction logique.

II. Représentation d’une fonction logique

Une fonction logique est une combinaison de variables logiques reliées par les opérateurs ET, OU et NON. Elle
peut être représentée par une expression algébrique, une table de vérité ou un logigramme.

II-1. Représentation algébrique


Une fonction logique peut être représentée algébriquement sous deux formes, à savoir :

 La forme disjonctive (somme des produits)



 La forme conjonctive (produit des sommes)

II-1-1. Forme disjonctive


Elle correspond à une somme de produits logiques des variables d’entrée ou leurs compléments. Si chacun des
produits contient toutes les variables d’entrée sous une forme directe ou complémentée, alors la forme est appelée
: « première forme canonique » ou « forme canonique disjonctive ». Chacun des produits est appelé minterme.

II-1-2. Forme conjonctive

Elle correspond à un produit de sommes logiques des variables d’entrée ou leurs compléments. Si chacune des
sommes contient toutes les variables d’entrée sous une forme directe ou complémentée, alors la forme est appelée
: « deuxième forme canonique » ou forme « forme canonique conjonctive ». Chacune des sommes est appelée
maxterme.

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II-2. Table de vérité

II-2-1. Définition

Une fonction logique peut être représentée par une table de vérité qui donne la liste des valeurs de sortie pour
toutes les combinaisons possibles des variables d’entrée, classées selon l’ordre du code binaire naturel.

Exemple : la fonction « Majorité de 3 variables » : MAJ (A, B, C)

A B C S = MAJ (A, B, C)

0 0 0 0

0 0 1 0

0 1 0 0

0 1 1 1

1 0 0 0

1 0 1 1

1 1 0 1

1 1 1 1

II-2-2. Equivalence entre la table de vérité et les formes canoniques

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 Pour établir l’expression canonique disjonctive (la somme canonique) de la fonction : il suffit d’effectuer la
somme logique des mintermes associés aux états pour lesquels la fonction vaut « 1 ». Pour la table de vérité
précédente, nous aurons : 

 Pour établir l’expression canonique conjonctive (le produit canonique) de la fonction : il suffit d’effectuer le
produit logique des maxtermes associées aux états pour lesquels la fonction vaut « 0 ».
Pour la table de vérité précédente, nous aurons :

NB: On s’intéresse généralement à la représentation d’une fonction sous la forme canonique disjonctive.

II-3. Logigramme
Le logigramme est la traduction des expressions logiques en un câblage reliant des portes logiques qui
représentent les opérateurs.

Exemple : La fonction « Majorité de 3 variables » : MAJ (A, B, C)

 

III. Simplification des fonctions logiques

L’objectif de la simplification des fonctions logiques est de minimiser le nombre de termes afin d’obtenir une
réalisation matérielle plus simple donc plus facile à construire. Deux méthodes de simplification sont utilisées:

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 La simplification algébrique.
 
 La simplification graphique par tableau de KARNAUGH.

III-1. La simplification algébrique

Cette méthode consiste à simplifier une expression en utilisant d’une manière adéquate les règles de l’algèbre
de Boole.

Exemple : simplification de la fonction « MAJ (A, B, C) »

III-2. La simplification graphique par Tableau de KARNAUGH

Le tableau de Karnaugh est une représentation particulière de la table de vérité qui permet la visualisation de
tous les mintermes. Il comprend 2n cases (où « n » est le nombre de variables d’entrée). Chaque case correspond
à une ligne de la table de vérité et représente un minterme.

III-2-1. Construction d’un tableau de KARNAUGH (T.K)

Pour construire un TK, il faut :

 Fixer le nombre de colonnes et de lignes ; soit n le nombre de variables d’entrée


 Si n est pair (n = 2p), on aura 2p lignes et 2p colonnes (exemple : si n=2, p=1 ; on a 2 lignes et 2
colonnes)

 Si n est impair (n=2p+1), on aura 2p lignes et 2p+1 colonnes (exemple : si n= 3, p=1 ; on a 2 lignes et
4 colonnes).

 Numéroter les lignes et les colonnes suivant le code binaire réfléchi (code gray)

 Placer les "1"dans les cases correspondantes aux mintermes à l’état logique "1" de la table vérité.

Exemple : construisons le T.K correspondant à la T.V de la fonction " MAJ (A, B, C)"

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III-2-2. Adjacence des cases et axes de symétrie

 Adjacence

Deux cases sont dites adjacentes lorsque les combinaisons correspondantes des variables d’entrées ne diffèrent
que par la complémentarité d’une et d’une seule variable. Si deux combinaisons adjacentes sont sommées, elles
peuvent être fusionnées et la variable qui en diffère sera éliminée.

Exemple : Les combinaisons ABC et ABC sont adjacentes et leur somme donne AB

 Axes de symétrie

Suivant le nombre de variables d’entrée, le tableau de Karnaugh admet des axes de symétrie principaux et des
axes de symétrie secondaire.

III-2-3. Réunion ou bouclage dans un T.K


La méthode consiste à réaliser des regroupements des cases adjacentes. Ces groupements des cases doivent être

de taille maximale et égale à 2k (c’est-à-dire 2, 4, 8, 16, …). On cesse d’effectuer les regroupements lorsque tous

les uns appartiennent au moins à l’un d’eux.

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 Réunion des doublets : La réunion de deux cases adjacentes contenant "1" chacune, élimine une
seulevariable, celle qui change d’état en passant d’une case à l’autre.
Exemple : cas de la fonction MAJ (A, B, C)

 Réunion des quartets : La réunion de quatre cases adjacentes contenant "1" chacune, élimine les deux
variables qui changent d’états.

Exemple

 Réunion des octets : La réunion de huit cases adjacentes contenant "1" chacune, élimine les trois
variables qui changent d’états.

Exemple

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Remarque :

 Un même ‘1’ peut être utilisé dans plusieurs groupes



 Le nombre de termes de l’expression simplifiée est égales au nombre de couplages et de ‘1’ isolés

 La fonction OU-EXCLUSIF ne se simplifie pas dans la T.K.

 Si à la fin d’une expression simplifiée, il y’a possibilité de mise en facteur, alors il est fort possible
qu’on ait un OU-EXCLUSIF.

En résumé, pour résoudre un problème de logique combinatoire on doit :

 Identifier les variables d’entrée et de sortie.



 Tracer une table de vérité

 Écrire les équations sous leur forme complète.

 Simplifier les équations algébriquement ou par tableau de Karnaugh

 Représenter le logigramme

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ETUDE DE CAS : Monte-charge
Description du fonctionnement
La montée et la descente du container s’effectue en deux vitesses : Lente et rapide. Une boite à deux boutons
poussoirs « S1 ; S2 » et un commutateur « k » permettant la commande de façon à obtenir le fonctionnement
suivant :

 Montée lente commandée par KM1.



 Descente lente commandée par KM2.

 Montée rapide commandée par KM3.

 Descente rapide commandée par KM4.

La commande du système se fait de la façon suivante :


Premier cas : Container plein « k » non actionné (k = 0) :

 L’action sur S2 entraîne la montée lente.



 L’action sur S1 entraîne la descente lente.

 L’action simultanée sur S2 et S1 entraîne la montée lente.

Deuxième cas : Container vide « k » actionné (k = 1) :

 L’action sur S2 entraîne la montée rapide.



 L’action sur S1 entraîne la descente rapide.

 L’action simultanée sur S2 et S1 entraîne la montée rapide.

Dans tous les cas si S1 = S2 = 0 entraîne l’arrêt du moteur.

Travail à faire
1) Établir la table de vérité.

2) Donner les équations des différentes sorties sous leurs formes complètes.

3) Simplifier les équations des sorties KM1 et KM3 par la méthode algébrique.

4) Simplifier les équations des sorties KM1 et KM3 par la méthode graphique.

5) Écrire l’équation de KM1 et KM3 avec les opérateurs NAND à deux entrées.

6) Représenter le logigramme des 04 sorties avec uniquement les opérateurs NAND à deux entrées.

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Bibliographie:
[1] : Circuits Numériques Théorie et Applications. Auteur : Ronald J. Tocci. Editeur :
Reynald Goulet inc. Année : 1996. ISBN : 2-89377-108-4.
[2] : Cours et Problèmes d’Electronique Numérique. Auteur : Jean-Claude Laffont, JeanPaul Vabre. Editeur
: Edition Marketing. Année : 1986. ISBN :

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