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PR NF E04-008

Avant-projet de norme soumis à enquête publique jusqu’au :


20/12/2012

E04-008PR

Spécification géométrique des produits (GPS) - Calcul de tolérance, indications et


critères d'acceptation - Méthodes arithmétique, statistique quadratique,
semi-quadratique et inertielle

Geometrical Product Specifications (GPS) - Tolerance allocation method, indications


and acceptance criteria - Methods based on arithmetics, quadratic, semi-quadratic
and inertial statistics

Informations complémentaires :
Remplace la norme expérimentale XP E 04-008, de septembre 2009.
Si une réunion de dépouillement s'avère nécessaire, celle-ci aura lieu le vendredi 1er février
2013 et sera confirmée ultérieurement par une invitation

Résumé :
Dans le cadre des normes relatives à la spécification géométrique des produits, le présent
document s’applique à la spécification de tolérancement dans le cas où une tolérance
fonctionnelle est assurée par une chaîne de cotes indépendante. Il décrit le calcul des
tolérances des caractéristiques fonctionnelles élémentaires contribuant à l’obtention d’une
exigence fonctionnelle modélisée par une relation linéaire selon les méthodes arithmétique,
statistique quadratique et statistique inertielle. Il fixe l’identification et les critères
d’acceptation de chaque méthode.
La situation du présent document dans la matrice GPS est donnée en annexe.
Norme française

NF E 04-008

Indice de classement : E 04-008

ICS : 17.040.10

T1 Spécification géométrique des produits (GPS)

T2 Calcul de tolérance, indications et critères d'acceptation

T3 Méthodes arithmétique, statistique quadratique, semi-quadratique et inertielle

E : Geometrical Product Specifications (GPS) — Tolerance allocation method, indications and acceptance
criteria — Methods based on arithmetics, quadratic, semi-quadratic and inertial statistics

D:

Norme française homologuée par décision du Directeur Général d'AFNOR le pour prendre effet le .

Remplace la norme expérimentale XP E 04-008, de septembre 2009.

Correspondance

A la date de publication du présent document, il existe des travaux internationaux sur le sujet (voir avant-propos).

Analyse

Dans le cadre des normes relatives à la spécification géométrique des produits, le présent document s’applique à
la spécification de tolérancement dans le cas où une tolérance fonctionnelle est assurée par une chaîne de cotes
indépendante. Il décrit le calcul des tolérances des caractéristiques fonctionnelles élémentaires contribuant à
l’obtention d’une exigence fonctionnelle modélisée par une relation linéaire selon les méthodes arithmétique,
statistique quadratique et statistique inertielle. Il fixe l’identification et les critères d’acceptation de chaque méthode.
La situation du présent document dans la matrice GPS est donnée en annexe.

Descripteurs
Thésaurus International Technique :

Modifications

Par rapport au document remplacé, les principales modifications sont :


⎯ le changement de statut

⎯ la différenciation des caractéristiques individuelles et des caractéristiques de population

⎯ la spécification de la méthode de calcul de tolérance (évolution de l’écriture sur les dessins)

Corrections

H:\Pôle secrétariat\Secteur 4\QUALITY CHECK\E 04-008\EP_NF E_04-008_(F)_pole.doc

Ce document est un projet de norme soumis à l'enquête publique.


NF E 04-008

GPS - SPECIFICATION UNM 08

Membres de la commission de normalisation

Président : MME LORRIERE

Secrétariat : MME DE LUZE - MME YOBA-BAKOTO – UNM

M BALLU I2M

M BELLACICCO ISMEP/SUPMECA

M BLATEYRON DIGITAL SURF

M BOURAHLA ABW CONCEPT

M CHARPENTIER I2M

M COMTE AMETRA

M DERICKXSEN CTDEC

M FALLOUEY BNACIER

M LEROUGE PSA PEUGEOT CITROEN

M LEROY PSA PEUGEOT CITROEN

MME LORRIERE SNECMA- SAFRAN GROUP

M MATHIEU ENS CACHAN

M MORETTI ADES

M PARASCANDOLO SYMOP

MME PELE BNIF

M PILLET POLYTECH SAVOIE/UNIVERSITE DE SAVOIE

MME RAMIREZ AFNOR

M ROHARD RENAULT AUTOMOBILES

M SAMPER POLYTECH SAVOIE/UNIVERSITE DE SAVOIE

M VAN HOECKE SCHNEIDER ELECTRIC INDUSTRIES SAS

M VERDIN RENAULT AUTOMOBILES

M VILLE AXE METROLOGIE

M VINCENT CETIM

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Avant-propos
Le présent document a été élaboré en vue de répondre à une attente industrielle sur la spécification du
tolérancement dans le cas où une tolérance fonctionnelle est assurée par une chaîne de caractéristiques
indépendantes. Au-delà des approches traditionnelles (arithmétique et statistique quadratique), il définit le
tolérancement inertiel qui en corrige certains inconvénients. Il associe également des critères d’acceptation
différents selon les approches de calcul.

La maîtrise de la qualité des produits passe en grande partie par la maîtrise de la variabilité. En mécanique
notamment, pour limiter la variabilité sur une caractéristique, il est d’usage de fixer des limites de tolérances sous
la forme d’un intervalle [Min Max] dans lequel la caractéristique sera jugée conforme [normes ISO GPS]. Une
caractéristique à l’extérieur de cet intervalle conduira à juger la pièce non-conforme. Dans le cas de production non
unitaire, il faut qualifier un lot et non plus une pièce unitaire. On utilise pour cela des indicateurs de capabilité dont
les plus usuellement utilisés sont les indicateurs Cp et Cpk [NF ISO 3534-2:2007]

Cette façon de concevoir la conformité peut être pénalisante aussi bien sur un aspect économique que pour la
qualité des produits.

Dans le cas courant où l’exigence fonctionnelle est une fonction linéaire de caractéristiques élémentaires, deux
pratiques sont habituellement appliquées : le tolérancement arithmétique et le tolérancement statistique
quadratique.

En cas de tolérancement arithmétique, cela conduit à garantir l’exigence fonctionnelle, mais au prix de tolérances
très serrées sur les caractéristiques élémentaires impactant directement le prix du système. L’assemblage de lots
non conformes pourrait garantir l’exigence fonctionnelle.

En cas de tolérancement statistique quadratique, les tolérances sont élargies, mais en contrepartie, la conformité
seule des caractéristiques élémentaires ne garantit pas la conformité de l’exigence fonctionnelle. L’assemblage de
lots conformes, mais non centrés peut conduire à un lot dont l’exigence fonctionnelle est inacceptable. A partir des
définitions actuelles, des lots ayant individuellement un Cpk acceptable peuvent conduire à un Cpk sur le mélange
des lots, non acceptable. Un mélange de pièces individuellement conformes peut conduire à un lot jugé non-
conforme sur le critère Cpk.

La définition du critère d’acceptation par un intervalle [Min Max] ne tient pas compte de la perte économique
générée par les décentrages par rapport à la cible au sens de Taguchi [1] qui a montré que cette perte
économique était proportionnelle au carré de l’écart entre la valeur constatée et la cible. La définition de la
conformité fondée sur un intervalle [Min Max] fait l’hypothèse implicite que la fonction perte est nulle à l’intérieur de
l’intervalle, et non nulle à l’extérieur.

Le tolérancement statistique inertiel propose une autre façon de définir le critère d’acceptation d’une population de
produits. L’inertie est définie à partir du décentrage par rapport à la cible et de la dispersion. Le critère
d’acceptation est fixé par une inertie maximale de la population en lieu et place du traditionnel intervalle de
tolérance sur le produit.

D’autres méthodes de calcul de tolérance existent, dont la méthode de calcul semi quadratique présentée en
Annexe E.

Les principes établis dans le présent document ont servi de base à l’élaboration d’un projet international
(ISO/CD 18391) qui établit les règles d’indication et d’écriture d’une spécification de population de pièces, mais qui
ne spécifie pas de méthodes de tolérancement. L’intention de ce projet est de définir des outils permettant
d’exprimer les différents besoins ayant des origines diverses (concepteur, fabricant, agents de contrôle, etc.)

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Sommaire Page

Avant-propos.......................................................................................................................................................3 
1  Domaine d'application...........................................................................................................................5 
2  Références normatives .........................................................................................................................5 
3  Termes et définitions .............................................................................................................................5 
4  Symboles et abréviations .....................................................................................................................8 
5  Paramètres et estimateurs associés....................................................................................................9 
6  Calcul des tolérances des caractéristiques fonctionnelles élémentaires .....................................10 
6.1  Généralités ...........................................................................................................................................10 
6.2  Calcul des tolérances selon la méthode arithmétique.....................................................................11 
6.3  Calcul des tolérances selon la méthode statistique quadratique ..................................................13 
6.4  Calcul des tolérances (sur l’inertie) selon la méthode statistique inertielle .................................14 
7  Spécification relative à la méthode de calcul de tolérance .............................................................16 
8  Principes d’évaluation et critères d’acceptation ..............................................................................17 
8.1  Principes d’évaluation d’une caractéristique fonctionnelle élémentaire ......................................17 
8.2  Critères d’acceptation .........................................................................................................................18 
Annexe A (informative) Exemple d’utilisation de l’IT unitaire dans le cas de la méthode de calcul
arithmétique .........................................................................................................................................19 
Annexe B (informative) Exemple de détermination de relation linéaire ......................................................20 
Annexe C (informative) Garantir une inertie sur l’exigence fonctionnelle ..................................................22 
Annexe D (informative) Garantir un indicateur de capabilité sur l’exigence fonctionnelle .......................23 
Annexe E (informative) Méthode de calcul statistique semi-quadratique ...................................................24 
Annexe F (informative) Représentation de l’inertie dans le cas de la méthode de calcul statistique
inertielle ................................................................................................................................................26 
Annexe G (informative) Relation avec la matrice GPS ..................................................................................28 
Bibliographie .....................................................................................................................................................29 

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1 Domaine d'application
Le présent document décrit le calcul des tolérances des caractéristiques fonctionnelles élémentaires contribuant à
l’obtention d’une exigence fonctionnelle modélisée par une relation linéaire. Ce calcul est défini selon les méthodes
arithmétique et statistique (quadratique, semi-quadratique et inertielle).

Les caractéristiques fonctionnelles élémentaires concernent notamment les caractéristiques géométriques (forme,
orientation, position et battement) et dimensionnelles des composants dans un assemblage.

Le présent document prend en compte les exigences fonctionnelles qui sont soumises à des tolérances bilatérales,
et permet d’indiquer sur la documentation technique des spécifications de population et/ou des spécifications
individuelles traduisant les hypothèses prises selon les méthodes de calcul de tolérance utilisées.

Le présent document précise les critères d’acceptation associés aux spécifications individuelle et de population.

2 Références normatives
Les documents de référence suivants, en tout ou partie, sont référencés normativement dans le présent document
et sont indispensables à son application. Pour les références datées, seule l'édition citée s'applique. Pour les
références non datées, la dernière édition du document de référence s'applique (y compris les éventuels
amendements).

NF EN ISO 25378 : 2011, Spécification géométrique des produits - Caractéristiques et conditions - Définitions.

3 Termes et définitions
Pour les besoins du présent document, les termes et définitions de la norme NF EN ISO 25378 et les suivants
s'appliquent.

3.1
exigence fonctionnelle
EF
nom de la caractéristique qui exprime une fonction attendue

EXEMPLE J1 est le nom donné à la caractéristique qui exprime un jeu d’assemblage.

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3.2
caractéristique fonctionnelle élémentaire
CFE
caractéristique exprimée sur une pièce

Note 1 à l’article Elle participe – parmi d’autres CFE – à la satisfaction d’une exigence fonctionnelle.

EXEMPLE Longueur, raideur d’un ressort, angle, masse, etc.

3.3
relation linéaire
somme pondérée de CFE exprimée comme suit

n
Y = c + ∑α j X j
j =1

c est une constante;

n est le nombre de CFE considérées;

αj est le coefficient d’influence ou de sensibilité;

Xj est la caractéristique fonctionnelle élémentaire ;

Y est la caractéristique fonctionnelle résultante.

Note 1 à l’article Cette relation peut être obtenue par modélisation (par exemple, chaîne de cotes) ou de façon expérimentale
(par exemple, régression linéaire).

3.4
conformité
satisfaction d’une exigence

Note 1 à l’article Le terme «compliance» est synonyme mais a été abandonné.

[SOURCE : NF EN ISO 9000:2005, 3.6.1]

3.5
coefficient d’influence ou de sensibilité (dans une relation linéaire)
αj
ratio entre la variation de l’exigence fonctionnelle et la variation d’une caractéristique fonctionnelle élémentaire

Note 1 à l’article Dans le cas d’une relation linéaire de type Y = A − B − C , la constante est égale à 0 et les coefficients
d’influence sont respectivement +1, −1, −1.

3.6
pondération de faisabilité
βj
valeur positive associée à une caractéristique fonctionnelle élémentaire et proportionnelle à sa dispersion de
fabrication prévisionnelle comparativement aux autres caractéristiques

Note 1 à l’article Dans le cas d’une relation linéaire de type Y = f ( A, B, C) , si en raison des technologies d’élaboration
choisies, la CFE (B) est considérée deux fois plus dispersive que les CFE (A) et (C), alors les pondérations de faisabilité sont
respectivement 1, 2, 1. Ainsi, la tolérance sur la CFE B est deux fois plus élevée que sur les autres CFE.

Note 2 à l’article L’intérêt de la pondération de faisabilité est de simplifier le calcul d’une tolérance produit (voir Annexe A).

Note 3 à l’article La pondération de faisabilité est donnée par le retour d’expérience technologique d’un produit/process
comparable et par rapport à l’ensemble des procédés d’élaboration des pièces.
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3.7
valeur cible
VC
valeur optimale d’une caractéristique donnée

3.8
tolérance prédéterminée
tolérance d’une caractéristique fonctionnelle élémentaire que l’on ne souhaite pas modifier dans le processus de
calcul des tolérances

EXEMPLE Réutilisation d’une pièce existante, tolérance sur un élément standard.

3.9
statistique
fonction totalement spécifiée de variables aléatoires

[SOURCE : NF ISO 3534-1:2007, 1.8]

3.10
inertie
I
paramètre de population décrit comme un nombre positif combinant l’effet de décentrage par rapport à la valeur
cible et l’effet de dispersion d’une caractéristique fonctionnelle élémentaire, donné et exprimé comme suit :

I = δ 2 +σ 2

δ est le décentrage de la moyenne de la population μ, par rapport à la valeur cible VC ;

σ est l’écart-type de la population.

Note 1 à l’article La Figure 1 représente différentes combinaisons de moyennes et écarts-types pour une même inertie I =
0,8.

Note 2 à l’article Dans le cas où la population est réduite à une seule pièce, l’inertie est égale à la valeur absolue de l’écart
entre la valeur mesurée et la valeur cible ( σ = 0 ).

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Légende
A Décentrage = 0
B Décentrage = 0,2
C Décentrage = 0,4
D Décentrage = 0,6

Figure 1 — Différentes combinaisons de moyennes et écarts-types pour une même inertie (I = 0,8)

3.11
inertie maximale
IMAX
valeur maximale tolérée de l’inertie sur une CFE

4 Symboles et abréviations
Pour les besoins du présent document, les symboles et abréviations suivants sont utilisés.

CFE Caractéristique fonctionnelle élémentaire

EF Exigence fonctionnelle

I Inertie

IT
IC Indicateur de capabilité potentielle: IC =

NOTE Dans le cas d’une loi normale cet indicateur est un équivalent du Cp (voir NF ISO 3534-2)

ICi I MAX
Indicateur de capabilité inertiel: ICi =
I
ICk min( LSS − μ ; μ − LIS )
Indicateur de capabilité: ICk =

NOTE Dans le cas d’une loi normale, cet indicateur est un équivalent du Cpk (voir NF ISO 3534-2)

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IMAX Inertie maximale

IT Intervalle de tolérance: IT = LSS − LIS

LIS Limite inférieure de spécification

LSS Limite supérieure de spécification

VC Valeur cible

αj Coefficient d’influence ou de sensibilité

βj Pondération de faisabilité

δ Décentrage de la population

σ Ecart-type de la population

µ Moyenne de la population

5 Paramètres et estimateurs associés

Dans les formules du présent document, la moyenne μ et l’écart-type σ d’une population ne sont généralement pas
connus et doivent être estimés par calcul sur un échantillon conformément aux indications du Tableau 1.

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Tableau 1 — Paramètres et estimateurs associés


Description du paramètre ou de Description mathématique
la statistique conformément à la NF ISO 3534-1:2007

Moyenne μ = E( X )

1 n
X = ∑Xj
n j=1
Estimateur de la moyenne

X est l’estimateur de μ

Variance {
V ( X ) = E [X − E ( X )]
2
}
S =
2 1 n
∑ (X j − X )2
Estimateur de la variance n − 1 j=1

S 2 est l’estimateur de V

Ecart-type σ = V (X )

S=
1 n
∑ (X j − X )2
Estimateur de l’écart-type n − 1 j=1

S est l’estimateur de σ

Valeur minimale Min (Xj)

Valeur maximale Max (Xj)

Décentrage δ = μ − VC

6 Calcul des tolérances des caractéristiques fonctionnelles élémentaires

6.1 Généralités

Les tolérances admissibles sur un ensemble de CFE doivent être définies à partir d’une tolérance sur une exigence
fonctionnelle, afin d’assurer la fonctionnalité attendue.

NOTE 1 L’intervalle de tolérance sur l’exigence fonctionnelle soumise à une tolérance bilatérale est une donnée d’entrée
obtenue généralement comme résultat d’une analyse fonctionnelle.

Dans un cadre statistique, l’exigence fonctionnelle doit être une variable aléatoire admettant une moyenne μEF et
un écart-type σEF.

La répartition de ITEF sur les tolérances des CFE, prenant en compte ou non des hypothèses sur les distributions
de celles-ci, doit s’appuyer sur une relation linéaire, décrite, par exemple, par une chaîne de cote (1D, 2D ou 3D).
Pour tenir compte de la difficulté à obtenir une CFE donnée, des pondérations de faisabilité (βj > 0) doivent être
attribuées, le ratio des βj étant proportionnel au ratio des difficultés.

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EXEMPLE Chaîne de cotes comportant trois CFE (A, B et C) : la CFE (A) est réalisée en injection plastique et les CFE (B)
et (C) en usinage de précision. La CFE (A), difficilement réalisable par rapport aux deux autres, a une tolérance 3 fois plus
grande. On affecte alors des pondérations de faisabilité β = 3 pour la CFE (A) et β = 1 pour les deux autres.

NOTE 2 Les pondérations de faisabilité β peuvent prendre n’importe quelle valeur positive, ce sont leurs valeurs relatives qui
sont importantes.

NOTE 3 Une répartition uniforme des tolérances sur tous les éléments de la relation linéaire revient à prendre toutes les
pondérations de faisabilité identiques.

Par défaut, les exigences liées aux dimensions et aux positions doivent être intégrées dans la relation linéaire. Les
exigences de formes, d’orientations et de battement doivent être considérées et intégrées si nécessaire dans la
relation linéaire.

Par défaut, la valeur cible retenue pour le calcul des tolérances doit être :

⎯ la valeur centrale de l’intervalle relatif aux limites supérieure et inférieure de spécification, dans le cas d’une
spécification dimensionnelle bilatérale ;

⎯ la dimension théorique exacte de position, dans le cas d’une spécification géométrique de position ;

⎯ zéro, dans le cas d’une spécification géométrique de forme, d’orientation, de battement ou d'état de surface
(voir l’Annexe B pour un exemple de détermination de la relation linéaire et de détermination des tolérances
intégrant un défaut d’orientation)

La répartition des tolérances doit prendre en compte la variabilité attendue sur chaque CFE à partir des sources de
variabilité suivantes :

⎯ le décentrage (par exemple, décalage, dérive du centrage) ;

⎯ la dispersion.

Suivant les différents types de calcul de tolérances, le concepteur doit faire ou non des hypothèses sur ces deux
sources. S’il y a lieu, ces hypothèses doivent être vérifiées lors de l’acceptation de la caractéristique (voir 8).

Les limites des tolérances doivent être déterminées à partir de la relation linéaire liant l’exigence fonctionnelle aux
CFE, selon la formule (1), où la constante c est égale à zéro dans le cas d’une chaîne de cote.

n
YEF = c + ∑ α j X j (1)
j =1

Quelle que soit la méthode de calcul de tolérances choisie, la valeur cible doit être calculée selon la formule (2):

n
VCEF = c + ∑ α jVC j (2)
j =1

6.2 Calcul des tolérances selon la méthode arithmétique

Dans la méthode arithmétique (également appelée méthode au pire des cas), les tolérances sur les CFE doivent
être déterminées selon la formule (3) :

n
ITEF = ∑ α j IT (3)
j =1

Aucune hypothèse ne liant ITEF et σ EF ne doit être faite.

La tolérance pour la caractéristique j, connaissant les coefficients α et β (voir Annexe A), doit être calculée
directement à partir de la formule (4) :

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ITEF
ITj = β j × n (4)
∑ α .β
j =1
j j

Dans le cas où un nombre r de CFE parmi n a des tolérances prédéterminées, elles doivent être séparées des
(n − r) caractéristiques sur lesquelles sont déterminées les tolérances. Dans ce cas, la tolérance doit être calculée
à partir de la formule (5) :

r
ITEF − ∑ α j ITj
j=1
ITj = β j × n
(5)
∑α
j= r +1
j × βj

EXEMPLE La Figure 2 et le Tableau 2 illustrent une exigence fonctionnelle dont la relation linéaire est décrite par la
chaîne de cotes suivante : (JEF = A − B − C). La valeur cible de l’exigence fonctionnelle est fixée à 1 mm. L’intervalle de
tolérance de l’exigence fonctionnelle centré autour de sa cible est fixé à 0,8 mm (JEF = 1 ± 0,4). Pour des questions de
faisabilité, la tolérance de la caractéristique A est deux fois supérieure à celles des caractéristiques B et C.

Figure 2 — Illustration d’exigence fonctionnelle dans un assemblage

Tableau 2 — Exemple de calcul des tolérances selon la méthode arithmétique

Caractéristique Coefficient Pondération de Valeur cible Intervalle de tolérance


fonctionnelle d’influence faisabilité
VC IT
élémentaire α β
CFE

0 ,8
A +1 2 6 ITA = 2 × = 0,4
2 +1+1
0,8
B -1 1 2 ITB = 1 × = 0,2
2 +1+1
0,8
C -1 1 3 ITC = 1 × = 0,2
2 +1+1

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Cet exemple permet de vérifier les formules (2) et (3):

n
VCEF = ∑ α jVC j , soit 6-2-3=1
j =1

n
ITEF = ∑ α j ITj , soit 0,4+0,2+0,2=0,8
j =1

6.3 Calcul des tolérances selon la méthode statistique quadratique

Le calcul des tolérances selon la méthode statistique quadratique doit prendre en compte les hypothèses
suivantes :

⎯ les populations de chaque CFE sont centrées sur la valeur cible.


IT
Cette hypothèse doit être vérifiée. Par convention, le décentrage maximal doit être égal à .
6

NOTE 1 Pour l’exigence fonctionnelle et pour les CFE, l’intervalle de tolérance est proportionnel à l’écart-type,
indépendamment de la loi de distribution, avec par défaut le même facteur de proportionnalité ( ITEF = kσ EF ; IT j = k × σ j ;
k étant un nombre réel) ;

⎯ les caractéristiques sont indépendantes (absence de corrélation), ce qui conduit à la relation statistique
représentée par la formule (6):

n
σ EF = ∑α σ
j =1
2
j
2
j (6)

L’intervalle de tolérance sur les CFE, avec l’hypothèse de proportionnalité entre l’écart-type et l’intervalle de
tolérance, doit être calculé selon la formule (7) :

n
ITEF = ∑α
j =1
2
j ITj2 (7)

NOTE 2 Cet intervalle de tolérance est centré autour de la valeur cible.

L’intervalle de tolérance pour la caractéristique j, connaissant les coefficients α et β, doit être calculée directement
à partir de la formule (8):

ITEF
ITj = β j × (8)
n

∑α
j =1
2
j ×β 2
j

Dans le cas où un nombre r de CFE figées existe, les rCFE liées à des tolérances prédéterminées doivent être
séparées des (n−r) caractéristiques sur lesquelles sont déterminées les tolérances. Dans ce cas, l’intervalle de
tolérance pour la caractéristique j doit être calculé à partir de la formule (9) :

ITEF2 − ∑ (α j IT j )
r
2

j=1
IT j = β j × (9)
∑ (α β )
n
2
j j
j= r +1

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EXEMPLE Le Tableau 3 illustre le cas d’une exigence fonctionnelle égale à 1 ± 0,4 (VCEF=1 et ITEF=0,8). Pour
des questions de faisabilité, la tolérance de la CFE (A) est deux fois supérieure à celle des CFE (B) et (C).

Tableau 3 — Exemple de calcul des tolérances selon la méthode statistique quadratique

Caractéristique Coefficient Pondération de Valeur Cible Intervalle de tolérance


fonctionnelle d'influence faisabilité
élémentaire
CFE α β VC IT

0,8
A +1 2 6 ITA = 2 × = 0,653
4 +1+1

0,8
B −1 1 2 ITB = 1 × = 0,327
4 +1+1

0,8
C −1 1 3 ITC = 1 × = 0,327
4 +1+1

Cet exemple permet de vérifier les formules (2) et (3):

n
VCEF = ∑ α jVC j soit − 2 −3 =1
j =1

n
ITEF = ∑α
j =1
2
j ITj2 soit 0,6532 + 0,327 2 + 0,327 2 = 0,8

6.4 Calcul des tolérances (sur l’inertie) selon la méthode statistique inertielle

Les inerties maximales (tolérances sur l’inertie) sur chacune des CFE doivent être calculées à partir de l’intervalle
de tolérance sur l’exigence fonctionnelle et sous l’hypothèse suivante : «toutes les CFE sont centrées sur leur
valeur cible» (donc IMAX = σ MAX).

Par convention (par homogénéité avec l’indicateur de capabilité IC), l'écart-type maximal doit être déterminé par la
formule suivante :

ITEF
σ EF = (10)
MAX
6

n n
NOTE 1 En situation centrée, l'hypothèse d’indépendance des CFE σ EF = ∑ α j2σ j2
j =1
devient σ EF MAX
= ∑α
j =1
I
2 2
j j MAX

L’inertie maximale pour la caractéristique j, connaissant les coefficients α et β, doit être calculée à partir de la
formule suivante :

ITEF
I j MAX = β j × (11)
n
6 ∑α
j =1
2
j ×β 2
j

Dans le cas d’un nombre r d’inerties figées parmi n, l’inertie maximale doit être calculée à partir de la formule
suivante :

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ITEF2 − 36∑ (α j I j )
r
2

j=1
I jMAX = β j × (12)
n
6 ∑α
j= r +1
2
j ×β 2
j

L’intervalle de tolérance sur la caractéristique individuelle (ITj) doit être défini à partir de l’inertie maximale (Ijmax),
avec par défaut, ITj égal à 6 fois Ijmax.

NOTE 2 L’inertie sur l’exigence fonctionnelle peut être calculée en fonction des inerties de chaque composant Ij et de
leurs décentrages δj à partir de la formule (13). Ce terme est maximal lorsque les décentrages sont tels que tous les αj δj sont
de même signe.

n n
I EF = ∑α j =1
I + 2 ∑ α kα j δ k δ j
2 2
i j
k =1
(13)
j = k +1

NOTE 3 Il est également possible, à partir d’une inertie donnée sur l’exigence fonctionnelle, de définir les inerties maximales
sur les CFE par la formule (13). Les cas décrits en Annexe D sont applicables, par exemple, lorsque l’exigence fonctionnelle
intervient comme CFE dans une autre relation linéaire.

EXEMPLE Le Tableau 4 illustre le cas d’une exigence fonctionnelle égale à 1 ± 0,4 (VCEF=1 et ITEF=0,8). Pour des
questions de faisabilité, la tolérance de la CFE A est deux fois supérieure à celle des CFE B et C.

Tableau 4 — Exemple de calcul des tolérances (sur l'inertie) selon la méthode statistique inertielle
Caractéristique Coefficient Pondération de Valeur Inertie maximale Intervalle de tolérance
fonctionnelle d'influence faisabilité cible sur la caractéristique
élémentaire individuelle
CFE α β VC IMAX ITj

6(IMAX)

0,8
A +1 2 6 I AMAX = 2 × = 0,109 ITA=0,653
6 4 +1+1

0,8
B −1 1 2 I BMAX = 1 × = 0,054 ITB=0,327
6 4 +1+1

0,8
C −1 1 3 I C MAX = 1 × = 0,054 ITC=0,327
6 4 +1+1

Cet exemple permet de vérifier les formules (2) et (3):

n
VCEF = ∑α jVC j soit 6 − 3 − 2 = 1
j =1

n
ITEF = 6 ∑α
j =1
I
2 2
j j MAX soit 6 0,1092 + 0,0542 + 0,0542 = 0,8

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7 Spécification relative à la méthode de calcul de tolérance


Les valeurs de tolérance obtenues par une méthode de calcul arithmétique ou statistique doivent être spécifiées
conformément au Tableau 5.

NOTE La méthode de calcul de tolérance n’est pas nécessairement indiquée sur la documentation technique (dessins de
définition).

Tableau 5 — Types de spécification en fonction de la méthode de calcul

Méthode de calcul Types de spécification


Arithmétique Spécification individuelle uniquement

Statistique Spécification individuelle, suivie de , et une ou plusieurs spécifications de population

Une spécification de population ne peut être indiquée seule : elle doit être précédée d’une spécification individuelle.
Chaque spécification de population doit être décrite au moyen d’une caractéristique de population (paramètres de
population) et d’une condition unilatérale ou bilatérale.

Deux spécifications de population doivent être séparées entre elles par un point-virgule.

La séquence de spécification de population doit être précédée de la spécification individuelle et indiquée comme
suit :

⎯ pour une spécification dimensionnelle, à la droite de celle-ci.

⎯ pour une spécification géométrique, du côté du cadre de tolérance opposé à celui d’où part la ligne repère

La séquence de spécification de population peut être remplacée par un indicateur de population numéroté ou non,
par exemple <ST1> ; <ST2> ; etc. L’indicateur de population doit décrire à proximité du cartouche la séquence de
spécification de population en répétant l’indicateur de population suivi de la séquence décrivant les spécifications
de population comme décrit précédemment.

Des exemples d’indication d’écriture de spécifications individuelle et de population sont donnés dans le Tableau 6.

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Tableau 6 — Exemples d’écriture de spécifications individuelle et de population

Exemples d’écriture Commentaires

Chaque pièce doit satisfaire la spécification


10 ± 0,12 individuelle sans exigence relativement aux
paramètres de population

Chaque pièce doit satisfaire la spécification


10 ± 0,12 ICk ≥ 1 ; δ ≤ 0,04 individuelle et le lot de pièces doit satisfaire les deux
spécifications de population respectivement sur les
paramètres de population ICk et δ

10 ± 0,12 I ≤ 0,04 Chaque pièce doit satisfaire la spécification


individuelle et le lot de pièces doit satisfaire la
spécification de population sur I (inertie)

10 ± 0,12

et à proximité du cartouche :
Chaque pièce doit satisfaire la spécification
individuelle et le lot de pièces doit satisfaire les deux
IT spécifications de population respectivement sur les
ICk ≥ 1 ; δ≤ paramètres de population ICk et δ
6

Chaque pièce doit satisfaire la spécification


individuelle et le lot de pièces doit satisfaire les deux
à proximité du cartouche : spécifications de population respectivement sur les
paramètres de population ICk et δ
IT
ICk ≥ 1,5 ; δ≤
6

8 Principes d’évaluation et critères d’acceptation

8.1 Principes d’évaluation d’une caractéristique fonctionnelle élémentaire

La caractéristique spécifiée doit être la CFE utilisée dans la relation linéaire et dans le calcul de tolérance.

Pour les méthodes de calcul statistique, la CFE doit avoir une évaluation unique :

⎯ signée dans le cas des spécifications dimensionnelles ou de position ;

⎯ non signée dans le cas des spécifications de forme, d’orientation et de battement ;

correspondant à la notion de caractéristique individuelle globale (voir NF EN ISO 22432).

Dans le cas où la CFE est une caractéristique individuelle locale (voir NF EN ISO 22432), dont le résultat de
l'évaluation n'est pas unique, un critère statistique, permettant de définir une caractéristique individuelle globale en
cohérence avec le besoin fonctionnel, doit être appliqué.

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NOTE Pour une tolérance bilatérale, on peut considérer deux statistiques applicables respectivement aux limites inférieure
et supérieure de tolérance, ou une seule statistique applicable aux deux tolérances.

Dans le cas du mode de calcul de tolérance arithmétique, chaque valeur de caractéristiques individuelles globales
ou locales obtenues sur chaque pièce doit être utilisée pour l’évaluation de conformité de la pièce (voir 8.2).

Dans le cas du mode de calcul statistique, un (ou des) paramètre(s) de population doit (doivent) être calculé(s) à
partir des valeurs de caractéristiques individuelles globales obtenues sur chaque pièce du lot considéré et utilisé(s)
pour l’évaluation de conformité du lot (voir 8.2).

8.2 Critères d’acceptation

Les critères d’acceptation d’une CFE, sur une population de pièces, doivent être conformes aux exigences décrites
dans le Tableau 7.

Tableau 7 — Critères d’acceptation d’une CFE en fonction de la méthode de calcul

Méthode de calcul Critères d’acceptation d’une CFE sur la population de piècesa, b

Toutes les valeurs de la caractéristique doivent être situées à l’intérieur des tolérances sur la
Arithmétique
totalité des pièces de la population

IT
Statistique quadratique ICk ≥ ICk exigé et vérification de l’hypothèse de centrage δ = μ − VC ≤
6

I < I MAX

Statistique inertielle c, d ou
ICi ≥ IC i exigé
a Dans le cas du prélèvement d’un échantillon dans une population, la taille de l’échantillon influe sur les risques de première espèce
(risque fournisseur) et de seconde espèce (risque client). Pour plus d’information, voir NF ISO 2859-1, prNF ISO 2859-2 et NF ISO 8422
b On ne tient pas compte ici des incertitudes de mesure lors de l’évaluation des CFE. Indépendamment de la taille de l’échantillon, les
risques de première et seconde espèces sont donc partagés entre le client et le fournisseur. Il convient d’évaluer ce risque avant d’engager la
démarche d’acceptation décrite ici.
c Pour toute pièce observée, l’écart maximal accepté par rapport à la cible d’une caractéristique doit faire l’objet d’un accord entre les
parties intéressées. Le critère d’acceptation pour une pièce du lot est défini par la spécification individuelle pour laquelle il est recommandé de
ne pas excéder 4.IMAX.
d Des exemples de représentation sont donnés en Annexe F.

Dans le cas de la méthode de calcul statistique des tolérances (quadratique ou inertiel) des CFE, le critère
d’acceptation doit porter sur des lots représentatifs des conditions de production et d’utilisation dans le processus
d’assemblage.

EXEMPLE 1 Sur une presse multi-empreintes, si les empreintes sont mélangées lors de l’utilisation, le critère d’acceptation
porte sur l’ensemble des empreintes.

EXEMPLE 2 Dans le cas d’une pièce acheminée par bol vibrant, le critère d’acceptation porte sur un lot de taille inférieure
ou égale à la contenance du bol.

NOTE Les critères indiqués au Tableau 7 sont applicables aussi bien lors de la qualification que lors de la surveillance
d’un processus.

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Annexe A
(informative)

Exemple d’utilisation de l’IT unitaire dans le cas de la méthode de calcul


arithmétique

n
Soit ITEF = ∑ α j ITj pour laquelle les ITj ne sont pas identiques, tel que ITj = β j IT avec IT représentant un
j =1
intervalle de tolérance unitaire et β le coefficient pondération de faisabilité.

Tous les ITj sont proportionnels à cet intervalle unitaire.

n
ITEF
On peut donc écrire ITEF = ∑ α β IT
j j d’où on tire la valeur de la tolérance standard IT = n
j =1
∑α β
j =1
j j

La tolérance sur la caractéristique j peut être calculée en appliquant la pondération de faisabilité :

ITEF
ITj = β j n

∑α βj =1
j j

Cet exemple peut être transposé aux autres méthodes de calcul de tolérance.

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Annexe B
(informative)

Exemple de détermination de relation linéaire

La Figure B.1 illustre, sur un mécanisme, le jeu J1 compris entre 0,2 mm et 1 mm en tout point de la zone
d’interface des pièces 1 et 3. Par hypothèse, les pièces 1 et 2 sont usinées tandis que la pièce 3 est une pièce
moulée.

Figure B.1 — Exemple de jeu (J1) sur un mécanisme

La relation linéaire définissant la relation fonctionnelle entre J1 et les CFE des pièces de l’assemblage est donnée
par la formule suivante, b2 correspondant à la caractéristique de parallélisme:

J 1 = VCb1 − VC a1 − VCc1 ± 3VCb2

La valeur du coefficient d’influence de b2 est directement issue des dimensions du bras levier sur la
pièce 1 (45/15=3) en plus ou en moins soit un coefficient d’influence de 6.
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Le parallélisme n’intervient pas dimensionnellement (VCb 2 = 0) et son influence n’est pas prédéterminée en
direction par rapport à J1 (ce qui explique le ± dans la formule ci-dessus).

Compte tenu des procédés d’obtention et des contraintes liant les caractéristiques, le concepteur a défini les
coefficients d’influence pour chaque caractéristique et les pondérations de faisabilité suivants :

Caractéristique fonctionnelle élémentaire CFE b1 b2 a1 c1

Coefficient d’influence α 1 6 (± 3) −1 −1
a
Pondération de faisabilitéβ 1
1 1 4
3
a la tolérance de parallélisme est toujours plus réduite qu’une localisation ( β b2 ≤ β b1 )

Les valeurs suivantes sont obtenues par la méthode arithmétique de calcul des tolérances pour un jeu J1 objectif
de 1 ± 0,4 mm:

CFE αj βj αj ×βj ITj |αj|.ITj

a1 −1 1 1 0,8 ta1=0,1
1× = 0,1
1+1+ 2 + 4
b1 +1 1 1 0,8 tb1=0,1
1× = 0,1
1+1+ 2 + 4

b2 6 1 2 1 0,8 tb2=0,2
× = 0,033
3 3 1+1+ 2 + 4

c1 −1 4 4 0,8 tc1=0,4
4× = 0,4
1+1+ 2 + 4

∑(|αj|·ITj ) 0,8

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Annexe C
(informative)

Garantir une inertie sur l’exigence fonctionnelle

C.1 Principe
La présente méthode de calcul des inerties des CFE s’applique lorsque l’on veut garantir une inertie sur l’exigence
fonctionnelle.

Le Tableau C.1 donne, sous différentes hypothèses de décentrage, la formule applicable pour calculer l’inertie
maximale des CFE à partir de l’inertie de l’exigence fonctionnelle spécifiée.

Tableau C.1 — Formules de calcul de IMAX en fonction des hypothèses de décentrage

Hypothèse Formules Remarques

I EF
Décentrage moyen nul sur
Ij = βj
MAX n
La répartition sur EF est centrée.
chaque CFE
∑α j=1
2
j β j2

I EF
Décentrage maximum sur
Ij = βj n Décentrages dans le sens et la position les plus
∑α
MAX
chaque CFE j βj défavorables.
j=1

I EF
Ij = La formule n’est valable que pour les cas où les
Décentrage défavorable d’une MAX
⎛ n × k +1⎞ 2 αj = ± 1 et βj = 1
valeur k.σ de toutes les CFE n⎜⎜ ⎟⎟
⎝ 1+ k ⎠
2

La formule n’est valable que pour les cas où les


αj = ± 1 et βj = 1
Décentrage défavorable d’une
valeur k.σ de mCFE sur n Ij = I EF
(1 + k ) 2 Dans cette hypothèse, le concepteur détermine

n(1 + k ) + mk (m − 1)
2 2
le nombre de caractéristiques susceptibles
MAX
(n − m) CFE centrées d’avoir un décentrage systématique
défavorable.

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Annexe D
(informative)

Garantir un indicateur de capabilité sur l’exigence fonctionnelle

La présente méthode permet de calculer les tolérances inertielles sur des CFE afin de garantir un indicateur de
capabilité ICk (ou un taux de non-conformité) sur l’exigence fonctionnelle dans le cas d’une relation linéaire.

Le Tableau D.1 décrit les étapes à suivre pour réaliser le tolérancement inertiel en fonction de ICkEF objectif.

Tableau D.1 — Etapes utilisées pour garantir un ICkEF

Etape Formule Description


La détermination de l’ITEF est déduite de l’analyse
fonctionnelle.
n
Y = c + ∑α j X j
La relation linéaire lie l’exigence fonctionnelle Y
1 aux CFE Xj
j =1
On fixe un objectif sur ICkEF en fonction du niveau
de qualité attendu.

ITEF
I jMAX = β j × Pour chaque Xj choisir une pondération de
n faisabilité β
∑α
2
6 2
j × β j2
Calculer pour chaque Xj l’inertie maximale admise
j =1

I jMAX
I jMAX
ICk
=
IC k
On calcule I jMAX , inerties maximales retenues,
n
+
2
3 IC k EF en fonction de l’objectif sur ICkEF
9
n est le nombre de CFE dans la relation linéaire

EXEMPLE Application de la méthode décrite au Tableau D.1 pour garantir un ICk < 1 sur l’exigence fonctionnelle, n = 3.

Caractéristique Coefficient Pondé- Cible ITEF n I jMAX


I j MAX = β j × ICk EF +
2
fonctionnelle d'influence ration de n
9 I jMAX
ICk
=
élémentaire faisabilité 6 ∑α 2
×β 2
n
ICk EF +
j j 2
CFE j =1

α 9
β

a +1 2 6 0,109 1,154 0,094

b −1 1 2 0,054 1,154 0,047

c −1 1 3 0,054 1,154 0,047

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Annexe E
(informative)

Méthode de calcul statistique semi-quadratique

Le calcul des tolérances selon la méthode statistique semi-quadratique est réalisé à partir des hypothèses
suivantes :

⎯ les populations de chaque CFE sont centrées sur la valeur cible;

⎯ l’intervalle de tolérance est constitué d’une composante de variation de centrage prise en compte dans la
méthode de calcul arithmétique et d’une composante de dispersion définie proportionnelle à l’écart-type
indépendamment de la loi de distribution pour l’exigence fonctionnelle et pour les CFE avec le même facteur
de proportionnalité tels que ;

ITEF = Δδ EF + 6σ EF et ITj = Δδ j + 6σ j

⎯ les caractéristiques sont indépendantes (absence de corrélation).

Les tolérances sur les CFE sont calculées selon la formule suivante :

n
VCEF = ∑α jVCj
j =1

2
n ⎛ ICk j ⎞ n ⎛ α j ⋅ ITj ⎞
ITEF = ∑ α j × IT × ⎜1 − ⎟+ ∑ ⎜ ⎟
⎜ IC ⎟ ⎜ IC ⎟
j =1 ⎝ j ⎠ j =1 ⎝ j ⎠

ITEF
ITj = β j ×
2
n ⎛ IC ⎞ n ⎛ αj × βj ⎞
⎜ ⎟
∑ α j × β j × ⎜⎜1 − kj ⎟⎟ +
IC j ⎠
∑ ⎜ IC ⎟
j =1 ⎝ j =1
⎝ j ⎠

NOTE 1 Lorsque IC j tend vers l’infini, le résultat est équivalent à celui obtenu par la méthode arithmétique.

NOTE 2 Si ICk j = ICk le résultat est équivalent à celui obtenu par la méthode statistique quadratique (hypothèse de
centrage sur le nominal centré).

4
EXEMPLE IC ≥ et ICk ≥ 1 pour toutes les caractéristiques.
3

24
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Tableau E.1 — Exemple de calcul statistique semi-quadratique


2
Caractéristique Coefficient Pondé-
⎛ ⎞ β
2 ⎛ IT ⎞
⎛ ICk ⎞ ⎜α × ⎟ ⎛ ICk ⎞ ⎜α × ⎟
α × β × ⎜⎜ 1 − ⎟⎟ α × IT × ⎜⎜ 1 − ⎟⎟ ⎝ IC ⎠
fonctionnelle d'influence ration de
IT
élémentaire faisabilité
⎝ IC ⎠ ⎝ IC ⎠ ⎝ IC ⎠
CFE α β

9
0,5 ITA=2 × 0,28
A +1 2 4 0,14 0,18
= 0,56

9
ITB =1 × 0,28
B −1 1 0,25 16 0,07 0,04
= 0,28

9 ITC =1 × 0,28
C −1 1 0,25 0,07 0,04
16 = 0,28

27
Somme - - 1 - 0,28 0,27
8
Racine - - - - - - 0,52

0,8
= 0,28
IT équivalent - - 27 - - - -
1+
8
J1 - - - - 0,8 - -

Les critères d’acceptation d’une caractéristique calculée suivant la présente méthode sont les suivants :

2
⎡ IT ( ICcible − ICk cible ) ⎤ ⎛ IT ⎞
δ observé = μ observé − VC < ⎢ ⎥+ ⎜⎜ ⎟⎟ − σ observé 2
⎣ ICcible ⎦ ⎝ 6 ICcible ⎠

et

ICobservé ≥ ICcible

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Annexe F
(informative)

Représentation de l’inertie dans le cas de la méthode de calcul statistique


inertielle

L’inertie peut être représentée :

⎯ par un demi-cercle, l’écart-type σ ne pouvant être que positif (voir Figure F.1) ;

⎯ par une bande de garde sur le décentrage ou sur la dispersion (voir Figures F.2 et F.3).

Légende
1 Inertie maximale égale à 1
2 Inertie résultante égale à 0,72 (décentrage observé δ = 0,4 et écart-type observé σ = 0,6)

Figure F.1 — Exemple de représentation de l'inertie par un demi-cercle

EXEMPLE 2 Domaine d’acceptabilité en fonction du décentrage et de la dispersion de l’échantillon, réalisé à partir de


l’histogramme des valeurs d’un échantillon (voir Figure F.2). La barre centrée sur la cible indique l’excursion possible de la
moyenne compte tenu de l’écart-type observé. La barre centrée sur la moyenne indique l’intervalle ± 3 σ possible compte tenu
de l’excentration de la moyenne observée (voir Figure F.3).

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Légende

1 Décentrage admissible (δMAX) de la moyenne compte tenu de l’écart-type observé σ avec δ MAX = I MAX
2
−σ 2
2 Décentrage observé de la population

Figure F.2 — Exemple de représentation de l’inertie avec décentrage admissible

Légende
1 Dispersion observée (6σ )

2 Dispersion admissible (6σ MAX) compte tenu du décentrage observé avec σ MAX = I MAX
2
−δ 2

Figure F.3 — Exemple de représentation de l’inertie avec dispersion admissible

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Annexe G
(informative)

Relation avec la matrice GPS

G.1 Généralités
Pour de plus amples renseignements à propos de la matrice, voir le fascicule de documentation
FD CR ISO/TR 14638.

G.2 Situation dans la matrice GPS


Le présent document est une norme GPS globale qui influence les maillons 1, 2 et 4 des chaînes de normes. Il
précise les conditions générales à respecter pour matérialiser le calcul des tolérances des CFE contribuant à
l’obtention d’une exigence fonctionnelle modélisée par une relation linéaire.

Normes GPS globales

Normes GPS générales

N° du maillon 1 2 3 4 5 6
Taille
Distance
Rayon
Angle
Normes Forme d'une ligne indépendante d'une référence
Forme d'une ligne dépendante d'une référence
GPS Forme d'une surface indépendante d'une référence
Forme d'une surface dépendante d'une référence
de base Orientation
Position
Battement circulaire
Battement total
Références
Profil de rugosité
Profil d'ondulation
Profil primaire
Défauts de surface
Arêtes
Normes GPS complémentaires

Figure G.1 — Situation dans la matrice GPS

G.3 Normes associées


Les normes associées sont les autres normes des chaînes de normes indiquées sur la Figure G.1.

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Bibliographie

[1] Taguchi — System of experimental design, Engineering Methods to Optimize Quality and Minimize Costs,
Volumes 1 et 2, 1987, American Supplier Institute, INC)

[2] NF E 04-550 (mars 1983), Dessins techniques — Cotation et tolérancement fonctionnels (indice de
classement : E04-550) — annulée en juin 1999

[3] NF EN ISO 8015, Spécification géométrique des produits (GPS) — Principes fondamentaux - Concepts,
principes et règles (indice de classement : E 04-561)

[4] NF EN ISO 9000:2005, Systèmes de management de la qualité — Principes essentiels et vocabulaire


(indice de classement : X50-130)

[5] NF EN ISO 14405-1, Spécification Géométrique des produits (GPS) — Tolérancement dimensionnel —
Tailles linéaires (indice de classement : E 04-563-1)

[6] NF EN ISO 22432, Spécification géométrique des produits (GPS) — Éléments utilisés en spécification et
vérification (indice de classement : E 04-570)

[7] NF ISO 129-1:2005, Dessins techniques — Indications des cotes et tolérances — Partie 1 : Principes
généraux (indice de classement : E 04-521-1)

[8] NF ISO 2859-1, Règles d'échantillonnage pour les contrôles par attributs — Partie 1 : Procédures
d'échantillonnage pour les contrôles lot par lot, indexés d'après le niveau de qualité acceptable (NQA)
(indice de classement : X 06-022-1)

[9] prNF ISO 2859-2, Règles d'échantillonnage pour les contrôles par attributs — Partie 2 : Plans
d'échantillonnage indexés par la qualité limite (QL) pour le contrôle de lot isolé (indice de classement :
X 06-022-2)

[10] NF ISO 3534-1:2007, Statistique — Vocabulaire et symboles — Partie 1 : Termes statistiques généraux et
termes utilisés en calcul des probabilités (indice de classement : X 06-002-1)

[11] NF ISO 3534-2:2006, Statistique — Vocabulaire et symboles — Partie 2 : Statistique appliquée (indice de
classement : X 06-002-2)

[12] NF ISO 8422, Plans d'échantillonnage progressif pour le contrôle par attributs (indice de classement :
X 06-024)

[13] FD CR ISO/TR 14638, Spécification géométrique des produits (GPS) — Schéma directeur (indice de
classement : E 04-000)

[14] Pierre Antoine ADRAGNA — Laboratoire SYMME, Université de Savoie, Thèse « Tolérancement des
Systèmes Assemblés, une approche par le Tolérancement Inertiel et Modal » (décembre 2007)

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