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AL - Membre supérieur : Myologie, névralgie et anatomie dynamique

24/09/2019
BARTOLINI Arthur
CR: BULLEN Marie Diane
Appareil locomoteur
Pr. LE CORROLLER
12 pages

Membre supérieur : Myologie, névralgie et anatomie dynamique

Plan :
A. La pronosupination
I. Morphologie osseuse de l’avant-bras
II. Les conditions articulaires
a. Articulation radio-ulnaire proximale
b. Articulation radio-ulnaire distale
III. Les conditions membraneuses
IV. Les conditions musculaires

B. Le poignet et la main
I. Innervation
II. Ostéologie de la main
a. Le carpe
b. Les métacarpiens
III. Canal carpien

A. La pronosupination

C’est une fonction essentielle qui va permettre de positionner et mobiliser l’organe de la préhension : la main,
pour réaliser la supination (du latin supinare, supporter) ou à l’inverse la pronation (pronare, jurer).
Si on est amputé de ce mouvement, on va ressentir une gêne dans les travaux manuels notamment.

I. Morphologie osseuse de l’avant-bras

Dans la forme même des os de l’avant-bras, est inscrite la fonction de pronosupination.


L’ulna est rectiligne qu’on sent très bien sous la peau, tout comme le radius.
C’est le radius qui bouge lors du mouvement de pronosupination, c’est lui qui s’enroule autour de l’ulna
« comme un drapeau autour de sa hampe », tandis que l’ulna reste fixe.

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1. Tête du radius
2. Circonférence articulaire de la tête du radius
3. Tubérosité radiale
4. Radius
5. Incisure ulnaire du radius
6. Incisure trochléaire (humérale)
7. Incisure radiale de l’ulna
8. Ulna
9. Membrane interosseuse
10. Tête de l’ulna
11. Processus styloïde

• L’ulna est un os long, relativement resserré, étroit. L’axe de l’ulna est légèrement oblique en bas et en-
dehors (valgus physiologique de l’avant-bras, plus marqué chez la femme et l’enfant).
On place l’incisure trochléaire/humérale qui est la surface articulaire qui relie l’ulna à l’humérus (trochlée
humérale).
En arrière se trouve le processus olécranien.
En bas et en dehors de l’incisure trochléaire se trouve l’incisure radiale, beaucoup plus petite et destinée à
s’articuler avec la tête radiale (la circonférence articulaire plus particulièrement).
Au niveau de la partie basse qui s’appelle la tête de l’ulna, se trouve le processus styloïde de l’ulna.

Les surfaces cartilagineuses sont donc :


- l’incisure trochléaire
- l’incisure radiale
- la circonférence de la tête de l’ulna.

Attention le processus styloïde n’est pas une structure encroutée de cartilage, mais qui donne insertion à des
ligaments, en revanche il y a une zone articulaire en dedans.

• Le radius présente une tête radiale avec une cupule à sa partie proximale, une forme en biseau
asymétrique : la partie médiale du biseau est plus longue que sa partie latérale.
La cupule s’articule avec le capitulum huméral, la circonférence articulaire avec l’ulna.
En-dessous se trouve le col du radius, avec sur son versant médial une tubérosité radiale, site d’insertion du
biceps brachial. Celle-ci chevauche presque l’ulna, puis présente un trajet sinueux et on retrouve la
morphologie caractéristique du radius avec une partie distale du radius beaucoup plus large que sa partie
proximale.
Sa forme explique biomécaniquement la pronosupination.

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Les surfaces cartilagineuses sont donc :


- la circonférence articulaire de la tête du radius, sur sa cupule
- l’incisure ulnaire du radius qui reçoit la tête de l’ulna.

Sur le schéma représenté précédemment, les éléments importants à retenir sont d’abord que la
morphologie de ces os va donner leur fonction ; c’est le radius qui bouge lors des mouvements de
pronosupination, il s’enroule tout autour de l’ulna.
L’ulna reste fixe et le radius est constamment mobilisé.

On représente schématiquement le radius (tête, col, tubérosité, partie distale et glène radiale).
Ceci évoque une manivelle : biomécaniquement, le radius se comporte comme une manivelle.

Des forces viennent s’exercer sur cette manivelle :


- 1 : supination, au niveau de la partie haute ; une force sur ce segment entraîne une rotation
axiale, ici la supination, permise par le biceps brachial sur la tubérosité (le plus important supinateur :
pour visser avec un tournevis par exemple) et le muscle supinateur, inséré au niveau de la même
région, sur le col (beaucoup moins puissant et efficace).
- 2 : pronation, en rotation inverse, permise par 2 muscles également : le rond pronateur (il dessine
une partie du galbe des épicondyliens médiaux) et le carré pronateur (s’insérant beaucoup plus bas),
pour escalader, écrire, peindre, jouer d’un instrument de musique par exemple, en somme impliquée
dans de nombreux actes de la vie quotidienne.

En résumé, il existe 4 muscles dédiés à la pronosupination :

- le biceps brachial +++ SUPINATION


- le muscle supinateur

- le muscle rond pronateur +++ PRONATION


- le muscle carré pronateur

Ce qui les différencie : les muscles supinateurs s’insèrent à la partie haute de la manivelle, en pratique pour
le biceps brachial sur la tubérosité radiale, et pour le muscle supinateur au niveau du col du radius.
Les muscles pronateurs s’insèrent à la partie distale, beaucoup plus bas, au quart distal de l’avant-bras.

En pathologie : certains patients présentent des malformations des os de l’avant-bras. Si ces conditions
osseuses ne sont pas respectées, le mouvement de pronosupination sera alors empêché.

Remarque : le radius est légèrement décalé par rapport à l’ulna : il remonte moins haut et termine plus bas que
l’ulna (inégalité physiologique de longueur entre les deux os).
À la partie basse se trouve la glène radiale, qui est la surface articulaire destinée au carpe (traitée par la suite
avec le poignet). Elle est oblique en bas et en dedans avec un angle de 25°. Spontanément, le carpe est donc
orienté d’une certaine façon par la glène radiale.

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II. Les conditions articulaires de la pronosupination

a. Articulation radio-ulnaire proximale

1. Cupule radiale
2. Ligament annulaire
3. Tubérosité radiale
4. Circonférence articulaire de la tête radiale
5. Ligament carré

On représente l’incisure trochléaire de l’ulna,


l’incisure radiale de l’ulna, le processus olécranien,
la tête radiale avec une morphologie caractéristique,
en biseau avec une cupule radiale sur la partie haute
et la circonférence articulaire, le col et la tubérosité
radiale.

On place le ligament annulaire (2), qui s’enroule autour de tête radiale de manière circonférentielle.
Il stabilise la tête radiale par sa structure ligamentaire et fibro-cartilagineuse (il a la particularité d’être
encroûté de cartilage).
La tête radiale va ainsi tourner sur son axe à chaque mouvement de pronosupination.

Cette articulation a une morphologie de type trochoïde (cylindre plein = tête radiale dans une gouttière =
incisure radiale de l’ulna), avec 1 degré de liberté.

En distalité, on retrouve la tête de l’ulna et l’incisure ulnaire du radius.


En pratique, les surfaces cartilagineuses à retenir sont :

- la tête de l’ulna encroûtée de cartilage


- l’incisure ulnaire du radius (articulation distale)
- la glène radiale, encroûtée de cartilage, non liée à la pronosupination

Une lésion de ce ligament handicapera le mouvement de pronosupination.


b. Articulation radio-ulnaire distale

Au niveau de l’articulation radio-ulnaire distale, on retrouve la glène radiale, extrémité massive du radius,
encroûtée de cartilage, et la tête de l’ulna, aussi encroûtée de cartilage et accompagnée de son processus
styloïde, non articulaire.
L’ulna s’articule avec l’incisure ulnaire du radius.
Un ligament (représenté sur la photo ci-contre) est à connaître, le
disque articulaire radio-ulnaire distal (ligament triangulaire) : c’est
à la fois un ligament et un fibrocartilage. Cette structure naît du
processus styloïde de l’ulna vers le versant ulnaire de la glène radiale.

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Ces deux petites articulations fonctionnent de manière concomitante. Elles sont de type trochoïde, soit un
cylindre plein dans une gouttière (1 degré de liberté), permettant des mouvements rotatoires selon l’axe
longitudinal de l’os.
En pratique, en-haut et en-bas (en position proximale et distale), on a une double trochoïde inversée, c’est à
dire qu’au niveau du coude, c’est la tête radiale qui représente le segment de cylindre plein alors qu’au niveau
du poignet il s’agit de la tête de l’ulna.
Elle fonctionne des centaines de fois par jour, une lésion dans l’une des deux articulations gène la
pronosupination.

En stage aux urgences lors d’une fracture de l’avant-bras il faut toujours tester la pronosupination :
s’assurer de sa présence et qu’elle soit complète et pas seulement lire la radio, et ce à chaque fois qu’on
revoit le patient. Le délai est important est la prise en charge doit se faire le plus rapidement possible pour
récupérer le mouvement de prono-supination.

II. Les conditions membraneuses

La membrane interosseuse est tendue entre les 2 os de l’avant-bras ; l’ulna et le radius, sur presque toute leur
hauteur.
Elle sert à maintenir les deux os à distance égale pour que le radius puisse s’enrouler correctement autour
de l’ulna. Elle a pour rôle de rigidifier l’ensemble, et assurer l’espace suffisant à l’enroulement du radius
autour de l’axe constitué par l’ulna.
Il faut y penser en traumatologie car si elle est lésée, et qu’il y a des ossifications (cicatrisations), cela peut
gêner et perturber le mouvement. Encore une fois, il est primordial de s’assurer de la présence du mouvement
de prono-supination.

III. Les conditions musculaires

Ce sont les muscles supinateurs et pronateurs. Il existe une vingtaine de muscles dans l’avant-bras, il faut juste
savoir qu’il y a des groupes musculaires (d’une manière schématique ; les épicondyliens médiaux, latéraux
et dorsaux).

Il existe 4 muscles, supinateurs et pronateurs, par couple de 2.

Ainsi, la morphologie des os, la membrane intacte, l’articulation en double trochoïde inversée (proximale et
distale) et la présence des 4 muscles, doivent être respectés pour permettre la pronosupination.

Exemples : écrire sans pronation est très inconfortable ; prendre un objet sans supination est compliqué.

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B. Le poignet et la main

CANAL CARPIEN ET NERFS

I. Innervation

Le pouce n’est pourvu que de 2 phalanges (3 pour les autres doigts).


Chez l’Homme contrairement aux primates, la main n’est pas plate : il y a deux voussures, les éminences
thénar (côté pouce) et hypothénar (cinquième doigt). Leur présence s’explique par les muscles situés en
dessous, qui sont intrinsèques de la main, pour donner de la finesse aux mouvements.
Ceux de l’avant-bras sont des muscles extrinsèques, plus volumineux et puissants (le long fléchisseur du
pouce, fléchisseur commun superficiel ou profond…).
Les 4 doigts longs se détachent ensuite, ils n’ont pas la même longueur. Le plus long est le médius, le plus
court le cinquième. Selon les sujets et le sexe, le deuxième plus long doigt varie. Généralement, c’est l’index
chez la femme, et l’annulaire chez l’homme. Il peut aussi y avoir une petite différence entre les deux mains.
Il y a une certaine harmonie, un alignement relativement régulier entre les doigts, permettant la saisie d’objets.

On remarque également plusieurs plis de flexion palmaire (pas de plis dorsaux).

Sur cette région palmaire est présent le nerf médian, très important fonctionnellement et en termes de
pathologie, et fréquemment l’objet d’anomalies.
C’est un gros nerf qui passe dans le canal carpien puis donne des branches sensitives pour s’étendre de la
région palmaire du pouce à celle du 4ème doigt (bord médial du pouce et bord latéral du 4ème doit).
Le bord médial du 4ème doigt et le 5ème doigt sont sous dépendance du nerf ulnaire.

Ceci est important, lorsqu’un patient nous décrit des décharges électriques ou fourmis dans la main, il faudra
demander quel doigt, sans l’influencer.
En fonction, on pourra savoir s’il s’agit du nerf médian ou ulnaire qui est affecté.
(Par exemple, si cela concerne les 3 premiers doigts et une partie du 4, ce sera le nerf médian. En revanche,
si les douleurs/décharges concernent les 2 derniers doigts, alors ça sera le nerf ulnaire.)

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• Le nerf médian a également un rameau moteur qui vient innerver les muscles thénariens superficiels. Pour
juger de sa fonction, inspection : il faut regarder le galbe de l’éminence thénar. Si l’éminence thénar est
galbée, il n’y a pas d’anomalie de la trophicité musculaire.
En revanche, si le patient a une main presque plate, il y a une fonte musculaire.
Il faut également lui faire faire une manœuvre : une pince avec le pouce et l’index, et tester la force motrice
avec notre doigt ou une feuille de papier et la tirer, si le patient résiste, le nerf médian est fonctionnel.

• Le nerf ulnaire, sur le bord médial de la main prend un charge un territoire beaucoup plus limité (bord
médial du 4ème doigt et intégralité de la face palmaire du 5ème).
On juge de sa fonction en inspectant la trophicité de l’éminence hypothénar.
On teste le territoire sensitif en demandant s’il a des douleurs/engourdissements au 4ème et 5ème doigt.
Le nerf ulnaire innerve sélectivement certains muscles ; les muscles hypothénariens, qu’il est difficile de
tester, ainsi que des muscles thénariens profonds qui participent à l’innervation de l’éminence thénar.
On peut tester les muscles interosseux, plus spécifiques du nerf ulnaire, qui sont présents entre les
métacarpiens, qui permettent l’écartement et le rapprochement des doigts, qui est uniquement une action liée
au nerf ulnaire.
On demande ainsi au patient de rapprocher ou d’écarter les doigts, on peut aussi emprisonner délicatement les
doigts et lui demander d’ouvrir les siens, ou entrecroiser les notre avec les siens et lui demander de serrer.

Ces deux nerfs passent dans des canaux différents :

Le nerf médian passe dans le canal carpien, ostéofibreux entre le carpe et le retinaculum des fléchisseurs
(des doigts longs). Ce retinaculum plaque les tendons fléchisseurs contre le carpe pour les maintenir.
Il forme une sangle fibreuse quasi inextensible qui va comprimer le nerf médian lors d’une circonstance
générale qui va augmenter la taille des tendons, comme la grossesse ou le post-partum chez la femme jeune.
Ce syndrome s’appelle le syndrome du canal carpien.
On le retrouve également pendant le vieillissement, à partir de la cinquantaine, notamment en période post-
ménopausique.
On retrouvera ainsi au niveau symptomatologie des fourmis au niveau des 3-4 premiers doigts, le matin au
réveil.

Le nerf ulnaire ne passe pas dans le canal carpien ; il passe dans un canal beaucoup plus petit : le canal de
Guyon, recouvert par le retinaculum des extenseurs.
C’est une extension palmaire du retinaculum dorsal de la main, qui plaque les tendons contre le carpe et qui
déborde pour recouvrir le nerf ulnaire.
Ce canal n’est pas habituellement sujet à pathologie (pas de compression), car il n’inclut pas de structure
tendineuse.
Cependant le nerf ulnaire peut être lésé par micro traumatisme à sa sortie du canal car c’est une zone où on
appuie souvent (marteau piqueur, beaucoup de cyclisme…).

En somme, les atteintes du canal carpien sont beaucoup plus fréquentes que celles du nerf ulnaire.

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II. Ostéologie de la main

a. Le carpe

1. Glène radiale
2. Scaphoïde
3. Capitatum
4. Trapèze
5. Trapézoïde
6. Os sésamoïdes
7. Phalange proximale
8. Phalange distale
9. Ulna
10. Lunatum
11. Triquetrum
12. Pisiforme
13. Hamatum
14. Hamulus
15. Premier métacarpiens

Retenir ++ les os du carpe (il faut les reconnaître sur des clichés d’imagerie, en radiologie notamment, c’et
fondamental de le savoir en 3ème année).

On représente la glène radiale, la tête et le processus styloïde de l’ulna.

• Le carpe va former le condyle carpien, une structure arrondie, avec une première rangée proximale
constituée de dehors en dedans ;
- du scaphoïde, à cheval sur les rangées proximales et distales du carpe : il est susceptible d’être soumis à des
contraintes maximum lors de traumatismes ;
- du lunatum, petit os appelé autrefois semi-lunaire, reste bien localisé sur la rangée proximale ;
- du triquetrum lui-même articulé avec le pisiforme (lequel sert parfois d’appui lors de l’écriture, on peut
le palper, il peut devenir douloureux, on considère presque, biomécaniquement, que c’est un os sésamoïde du
fléchisseur ulnaire du carpe).
Le fléchisseur ulnaire du carpe s’insère par un tendon qu’on palpe très bien sur le pisiforme.

Sauf le pisiforme, les 3 os de la rangée proximale du carpe cités ci-dessus forment vraiment une arche qui va
pouvoir s’articuler avec la glène radiale.

La glène radiale présente 2 petites fossettes lunaire et scaphoïdienne, les contours du radius sont interrompus.
En dedans on retrouve la tête de l’ulna, plus courte que l’extrémité distale du radius, et enfin le processus
styloïde de l’ulna.

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• La seconde rangée comprend :


- le capitatum (ou grand os), le plus volumineux des os du carpe, plus développé que les autres, d’importance
particulière par son articulation avec le lunatum et le scaphoïde,
- l’hamatum (ou os crochu) surmonté de l’hamulus (qu’on palpe moins que le pisiforme, il peut se fracturer
par impact direct si le patient, souvent sportif, se réceptionne lors d’une chute avec le bord hypothénarien de
la main, ou bien chez le golfeur ou le cycliste),
- puis deux petits os : le trapézoïde et le trapèze, partie de la colonne du pouce qui écarte celui-ci des autres
doigts.
b. Les métacarpiens :

On place ensuite les 5 métacarpiens (qui correspondent au pouce et aux doigts longs) qui s’articulent avec
les os de la rangée distale du carpe, mais également entre eux : articulations carpo-métacarpiennes et inter-
métacarpiennes (contacts inter-métacarpiens).
L’hamatum s’articule avec le 4ème et 5ème métacarpien, le capitatum avec le 3ème métacarpien (l’axe de la main)
et le trapézoïde s’articule au 2ème métacarpien.
Ils ont des bases avec des morphologies différentes et des formes différentes.

Le premier métacarpien a une morphologie particulière, il est plus épais que les autres, trapu et plus court.
Le 2ème, 3ème et 4ème ont des bases avec des morphologies un peu différentes.
Le 3ème correspond à l’axe directeur de la main.
Le 4ème est quadrangulaire.
Le 5ème doit s’adapter à une facette un peu oblique ; il possède un processus allongé, et il est plus fin.
En ce qui concerne la colonne du pouce, le trapèze s’articule avec le 1er métacarpien, suivi des phalanges
proximale et distale.
La colonne du pouce présente des caractéristiques anatomiques : elle ne comporte que deux phalanges, alors
que les autres doigts en présentent trois. Elle est isolée dès le départ des autres doigts par le scaphoïde, à
cheval sur les deux rangées du carpe grâce à sa forme allongée. La fonction de colonne du pouce est la
préhension en particulier la préhension fine, mais également grossière en permettant le verrouillage.

L’articulation trapézo-métacarpienne présente une très grande mobilité, très mobile au cours de la vie, qui
va donc s’user : il y a une très grande fréquence d’arthrose au niveau de cette articulation.
Le 2ème et 3ème métacarpien n’ont pas ou peu de mobilité, tandis que le 4ème et 5ème oui (mobilité relative) :
on peut creuser la pomme de la main avec le pouce et les 4ème et 5ème métacarpiens (ils sont moins enchâssés
que les 2 et 3ème).

La fracture du scaphoïde est la plus fréquente des fractures des os du carpe : chute sur la pomme de la main
du côté thénarien.
Du fait de son trajet à cheval sur les rangées proximale et distale, il y passe un certain nombre de contraintes,
il va se produire une fracture au niveau du col (notion plutôt chirurgicale
car il n’y a pas vraiment de rétrécissement important), complète ou
incomplète.

Ces fractures ne sont pas toujours reconnues, le patient peut mettre du temps
avant de consulter en dépit de sa douleur (elle ne donne pas une impotence
totale). Il est donc important de bien identifier une éventuelle fracture, car si
elle se complète, le patient encourt un risque d’ischémie puis de nécrose
de la partie proximale du scaphoïde du fait de la vascularisation rétrograde
de cet os, ce qui entrainera une arthrose irréversible.
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III. Le canal carpien

Le canal carpien est un canal ostéofibreux.


Il est constitué du carpe et du retinaculum des fléchisseurs, qui se tend entre quatre points fixes : en dedans,
le pisiforme et l’hamulus de l’hamatum et en dehors les tubercules du scaphoïde et du trapèze.
Le terme de « tubercule » désigne des rugosités à la partie latérale de ces 2 os.
Le rétinaculum des extenseurs se trouve par-dessus. Il sert à constituer le canal de Guyon (cf. schémas
précédents).

Des tendons traversent le canal carpien : à chacun des doigts longs, correspond un fléchisseur profond et un
fléchisseur superficiel posés l’un sur l’autre, ce qui signifie qu’on va avoir un faisceau de fibres avec 8
tendons.
Le fléchisseur profond est plus long et se termine sur la phalange distale (P3) ce qui permet la flexion des
phalanges distale et intermédiaire (flexion de l’inter-phalangienne distale), tandis que le superficiel est un peu
plus court et se termine sur la phalange intermédiaire (P2) pour la flexion de l’inter-phalangienne proximale.

N.B : lors d’un examen de la main, pour tester les tendons, il faut demander au patient de poser la main sur
la table, bloquer les doigts et lui demander de fléchir la phalange souhaitée.

Pour le pouce il n’y a qu’un tendon à connaitre : le tendon long fléchisseur du pouce qui s’insère sur sa
phalange distale.
Il permet la flexion inter-phalangienne du pouce (pour appuyer sur une télécommande par exemple).
Pour le tester on demande au patient de fléchir le pouce, dans la réalité lorsqu’on réalise ce mouvement on
fléchit toute la colonne du pouce. Le muscle thénarien est en effet un muscle puissant qui s’insert sur le radius
extrinsèque, c’est le seul muscle qui permet d’effectuer cette flexion inter-phalangienne du pouce.

CR

retinaculum des
fléchisseurs

retinaculum des
extenseurs

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v Il existe 3 muscles à connaître au niveau du poignet :


- le fléchisseur ulnaire du carpe qui s’insère sur le pisiforme
- le fléchisseur radial du carpe qui s’insère sur la base de P2, pratiquement tendineux sur sa partie distale.
- le muscle brachio-radial qui s’insère sur le radius, il permet la flexion du coude en position intermédiaire
(ex : boire un verre).
Le long palmaire n’est pas représenté, c’est le plus superficiel des tendons, impliqué dans la flexion palmaire
du poignet. Il n’est pas vital, on peut le prélever pour certaines chirurgies de reconstruction. Il n’est pas
constant (certains d’entre nous ne l’ont pas).

Pas à savoir : on retrouve aussi les muscles hypothénariens et thénariens :


Court abducteur, Opposant, Court fléchisseur, Adducteur = COCA (thénariens du plus superficiel au plus
profond).
Ces muscles permettent l’abduction du pouce : l’écarter des autres doigts, l’opposant à projeter vers l’avant
pour toucher la pulpe du doigt long, le fléchisseur à fléchir la métacarpo-phalangienne, et l’adducteur à
rapprocher le pouce des autres doigts.
Ce sont des muscles de contrôle précis, de finesse (intrinsèque) contrairement aux muscles de l’avant-bras
qui permettre eux de serrer fort quelque chose (extrinsèque). Ils ajustent précisément les mouvements.

v Le nerf médian se situe dans le canal carpien, le plus superficiel par rapport au tendon et souffre donc en
premier. Il donne ses rameaux qui vont prendre en charge une partie de l’innervation sensitive de la main : les
3 premiers doigts, puis le versant médial du 4ème doigt.
Le rameau moteur vient innerver les muscles thénariens superficiels.
Le nerf ulnaire participe un peu au court fléchisseur et à l’adducteur du pouce. Il n’est pas comprimé, il donne
des rameaux sensitifs et moteurs, pour les muscles interosseux ainsi que pour l’éminence thénar.

v Il existe 2 artères pour la main : L’artère ulnaire se trouve dans le canal de Guyon avec le nerf ulnaire
(on peut la palper), et l’artère radiale, quant à elle, se situe en dehors du fléchisseur radial du carpe, elle est
plus grosse que l’artère ulnaire et se divise en deux branches, dont une qui rejoint l’artère ulnaire en passant
par les muscles thénariens pour réaliser l’arcade palmaire superficielle : anastomose termino-terminale (il
en existe également une profonde non représentée ici, collée au carpe).
On peut faire un test de perfusion de ces deux artères en comprimant le pouls radial : la main peut se décolorer
mais ne devient pas ischémique grâce à une reprise en charge de l’artère ulnaire (si elle est fonctionnelle), et
inversement.

Vt

long fléchisseur
D du pouce

COUPE HORIZONTALE DU CANAL CARPIEN


(à mi-chemin entre la rangée proximale et distale)
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Cette coupe du canal carpien est représentée comme une gouttière constituée par les os du carpe, à mi-chemin
entre la rangée proximale et distale ; respectivement le scaphoïde, le capitatum, l’hamatum, le triquetrum et
le pisiforme.
Une gaine synoviale, avec un film liquidien millimétrique, entoure les 8 tendons fléchisseurs des doigts longs
pour leur permettre de coulisser de manière optimale, ainsi que le nerf médian, assez gros, posé sur ces
tendons.

Le nerf et l’artère ulnaire sont un peu à distance, en-dehors du canal carpien, avec l’artère ulnaire en dehors.

Pour les tendons extenseurs et leur rétinaculum délimitant le canal de Guyon, on remarque qu’il n’y a pas de
tendons adjacents donc pas de risque particulier de compression.
De dehors en dedans, respectivement, on a :
- le long abducteur et le court extenseur du pouce ;
- l’artère radiale ;
- le long extenseur du pouce ;
- le long et court extenseurs radiaux du carpe ;
- l’extenseur propre du II (index)
- les extenseurs communs de doigts longs (II, III, IV, VI)
- l’extenseur propre du IV
- l’extenseur ulnaire du carpe.

Seuls 3 groupes tendineux (ceux avec une *) sont à connaître (pour la pratique médicale car ils sont sujets
de maladies, d’atteinte chez le sportif) :

- L’extenseur ulnaire du carpe (partie médiale du poignet) : atteinte chez le sportif (sport de raquette,
microtraumatismes), les personnes atteintes de polyarthrite (chez la femme jeune ++), avec des
douleurs et inflammation (ténosynovite).

- Le long extenseur du pouce : extension et rétropulsion du pouce (demander au patient de coller la


main sur la table et de soulever le pouce). Il peut être lésé en cas de fracture du radius du fait de
l’ostéosynthèse (il faut l’opérer sous un délai de 3 semaines sinon c’est trop tard) ou en cas de
polyarthrite (rhumatoïde) qui entrainera une rupture.

- Le long abducteur et le court extenseur du pouce : donnent des ténosynovites spécifiques de DE


QUERVAIN. Douleurs au niveau de la styloïde radiale. Très fréquent chez la femme enceinte et dans
le post-partum.

Les ruptures tendineuses sont des urgences thérapeutiques.


Attention : différence entre ténosynovite (inflammation de la gaine synoviale du tendon) et tendinite
(inflammation du tendon même).
Tous les tendons n’ont pas de gaines : tendon d’Achille par exemple. Il ne sera pas concerné par une
ténosynovite.
Ici ils en ont tous mais elle n’est pas représentée.

Il y aura 3-4 QCM sur ce cours à l’examen

CR : Merci à Arthur pour son ronéo et ses schémas complets de qualité.

Une grosse dédicace kartanienne et à mes co-orgas. On va le coucher ce WEI.


Cœur sur vous !

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