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En quoi consiste l’article 1101 du Code civil ?

Aux termes de l’article 1101 du Code civil, le contrat es t un accord de volonté


entre deux ou plusieurs parties dans le but de créer ou de modifier des
obligations ou encore de transmettre des obligations ou alors d’éteindre des
obligations. Ainsi, à la lecture de l’article 1101 du Code civil, tout contrat
suppose l’existence deux éléments qui sont obligatoires :
 Premier élément : un accord de volonté ou un consentement libre et
éclairé.
 Deuxième élément : tout contrat a pour objet de créer, modifier,
transmettre, ou éteindre des obligations.
Autrement dit, il suffit de manifester son consentement en vue de la création, de
la modification, de la transmission ou de l’extinction des obligations pour créer
un contrat au sens de l’article 1101 du Code civil français.
Mais, certains termes utilisés par l’article 1101 du Code civil méritent une
attention particulière en ce sens qu’ils aident à appréhender la portée et le sens
général de cet article du Code civil.
Dans la suite de notre développement, nous présenterons l’article 1101 du Code
civil en expliquant le contenu que recouvre la formation du contrat et l’accord de
volonté ou le consentement en droit commun des contrats ainsi qu’en droit des
obligations. Nous expliquerons aussi la distinction entre ce type d’accord posé
par l’article 1101 avec les autres accords de volonté non contractuelle.
Dans une seconde partie, nous aborderons l’objet du contrat qui peut être la
création, la modification ou la transmissi on ainsi que l’extinction des obligations
au sens du même article 1101.

L’ACCORD DE VOLONTÉ, AU SENS DE


L’ARTICLE 1101 DU CODE CIVIL
Dans cette partie, il est nécessaire de définir ce qu’est un accord de volonté
emportant la qualification de contrat pour c ontracter et les autres accords de
volonté ne pouvant pas être considéré comme des contrats.

Le sens et la portée de l’accord de volonté fondateur du


contrat : Article 1101 du Code civil
Le premier fait générateur du contrat est la manifestation et la renc ontre de
volontés aboutissant à un accord. Le contrat repose donc sur un accord de
volontés en ce sens qu’il est le produit d’un échange des consentements entre les
parties contractantes.
En effet, le législateur français a apporté substantiellement de pro fondes
modifications au droit des contrats et plus particulièrement en droit des
obligations touchant ainsi au régime général des contrats.
Malgré la réforme introduite par l’ordonnance n° 2016 -131 du 10 février 2016
relative au droit des contrats, du régi me général ainsi que de la preuve des
obligations en droit civil français, celle-ci n’a point modifié cet aspect important
du contrat. Bien au contraire, elle n’a fait que renforcer l’accord de volontés
comme le fait générateur du contrat.
Par ailleurs, cet accord de volonté peut intervenir entre une ou plusieurs
personnes et envers une ou plusieurs autres pour la conclusion du contrat.
À plusieurs occasions, la Cour de cassation a rappelé à travers différentes
jurisprudences que la volonté de s’obliger sup pose bien un lien de nature
contractuelle qui engendre une obligation. Ainsi, la volonté de s’obliger doit être
clairement affirmée en suivant l’accord des parties sous peine de nullité.
Chaque fois que l’accord de volonté n’est pas donné par le contractan t librement
et sans vices, il encourt la nullité (voir : comment on encourt la nullité
relative ?) et engage la responsabilité civile ou la responsabilité délictuelle de
l’autre cocontractant ayant usé des manœuvres dolosives.
C’est la sanction à l’atteinte de la volonté en droit des contrats ou des
obligations. De plus étant un accord de volonté, le non-respect des termes
contractuels emporte la résiliation. C’est le cas des contrats synallagmatiques par
exemple.
Toutefois, l’on peut déduire cette volonté du contrat. C’est pourquoi en vertu de
leur pouvoir d’appréciation, la Cour de cassation admet qu e les juges de fond
peuvent tout à fait estimer que certaines modalités ordinaires et accessoires,
comme la date de paiement du solde du prix ou encore la date de prise de
possession des lieux, ont été tenues par l’une des parties comme des éléments qui
sont constitutifs du consentement et qu’à défaut d’accord sur tous ces points, le
contrat de vente n’est dès lors pas formé.
L’accord de volonté telle qu’évoquer par le nouveau l’article 1101 du Code civil
a pour corollaire de faire ressortir deux éléments c lés :
 Le contrat est un « acte juridique ».
 Le contrat est le produit ou le résultat des « manifestations de volonté
destinées à produire des effets de droit ».
C’est ainsi qu’en appartenant à la catégorie des actes juridiques, le contrat est
soumis au respect d’un certain nombre de conditions de fond et de forme en droit
positif pour sa validité. Il s’agit entre autres du respect du consentement, l’objet
qui doit être déterminé, la capacité et la c ause du contrat. C’est une formalité qui
est prescrite à peine de nullité.
Par ailleurs, la manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit
est considérée en droit des contrats comme un accord de volonté impliquant tout
au moins deux personnes au sens de l’article 1101 du Code civil. Ce qui est bien
entendu contraire à la manifestation de volonté unilatérale pouvant produire des
effets de droits.
Il convient donc de nuancer que le contrat est le produit, non pas d’une
manifestation de volonté unilatérale, mais d’un « accord de volontés » entre tout
au moins deux personnes. C’est l’une des conditions nécessaires et
impérieuses pour honorer les conditions de validité d’un contrat.

Les autres accords de volonté contraires au sens de


l’article 1101 du Code civil
L’accord de volonté au sens de l’article 1101 du Code civil, suppose à minima, la
rencontre de deux volontés. Il est donc contraire à la manifestation unilatérale de
volonté.
En effet, le contrat se distingue alors systématiqueme nt de l’acte juridique
unilatéral et de l’engagement unilatéral de volonté.
L’acte juridique unilatéral
Selon la thèse du Professeur Jacques MARTIN DE LA MOUTTE, par opposition
au contrat, et plus généralement à la convention qui se forme par la rencontre
d’au moins deux volontés c’est -à-dire de deux parties ; l’acte juridique unilatéral
est une manifestation de volonté qui est émise par une personne afin de
déterminer des effets de droit.
Il s’oppose au contrat unilatéral qui un contrat par lequel un ou plusieurs
personnes sont obligées envers une ou plusieurs autres personnes, sans que de la
part de ces dernières il y ait d’engagement.
Dans le cas du contrat unilatéral, des effets de droit ne sont créés qu’à la charge
d’une partie contractante, mais il doit être conclu par le concours de deux
personnes au minimum.
Il y a donc plusieurs critères qui permetten t de distinguer l’acte juridique
unilatéral du contrat et de la convention si possible. On en retient essentiellement
deux à savoir :
 L’acte juridique unilatéral est le produit d’une manifestation
unilatérale de volonté. Ce qui est contraire au contrat au sens de l’article
1101 du Code civil.
 L’acte juridique unilatéral n’est jamais générateur d’obligations. Pour
dire les choses clairement, l’acte unilatéral ne bénéficie qu’à la partie au
profit de laquelle, elle est émise.
L’acte juridique unilatéral a un effet de contrainte dans le sens où l’auteur de
l’acte n’est pas aussi libre de revenir sur la situation juridique qu’il a lui -même
créé. La formation des actes unilatéraux implique certaines solennités. Ils sont
donc entourés de certains formalismes très accrus.
En outre, dans ce système de distinction, l’acte juridique unilatéral ne produit
exclusivement que quatre sortes d’effets de droit :
Un effet déclaratif :
La simple révélation ou déclaration, la reconnaissance d’un droit existant ou plus
largement d’une situation juridique préexistante, est notamment le propre de
l’aveu, la reconnaissance de dette ou la reconnaissance d’enfant, etc ;
Un effet translatif :
Il peut s’agir de transmettre à un tiers un droit dont l’auteur de la manifestation
était jusque-là le titulaire comme par exemple le testament. À l’évidence, et
toujours sous réserve de la création d’obligations, c’est l’effet le plus
énergétique que l’acte unilatéral soit susceptible de produire.
Un effet abdicatif :
L’effet abdicatif que peut pro duire l’acte unilatéral apparait de façon très claire
dans les divers cas de renonciation ;
Un effet extinctif :
L’effet peut être d’éteindre un droit, ou une situation juridique, comme par
exemple la résiliation ;
En somme, l’acte juridique unilatéral n’est pas du tout générateur d’obligations.
Qu’en est-il de l’engagement unilatéral de volonté ?
L’engagement unilatéral de volonté
L’engagement unilatéral peut-être définit comme celui par lequel « une personne
s’oblige à réaliser une prestation au profit de quelqu’un d’autre. Il en résulte
ainsi de la volonté d’une seule personne qui s’engage au profit d’une ou plusieurs
autres sans qu’une quelconque acceptation de la part de celle(s) -ci soit exigée.
L’engagement unilatéral de volonté est bien générateur d’obligation. Mais à la
différence du contrat au sens de l’article 1101 du Code civil, « la validité de
l’engagement unilatéral de volonté n’est pas subordonnée à l’acceptation du
créancier de l’obligation ». Il n’y a donc pas de consentement et le créancier
n’est pas obligé d’accepter. Par contre, le débiteur est tenu de respecter son
engagement.
L’engagement unilatéral de volonté se distingue du contrat, sur le point de la
manifestation unilatérale de volonté.
On en retient donc qu’un contrat unilatéral n’est jamais la manifestation
unilatérale de volonté par définition, mais parce que, dans la formation de ce
contrat, une seule partie s’oblige. À titre illustratif, la donation en est un
exemple. En clair, pour être valable, il n’en reste pas moins nécessaire qu’un
accord de volonté soit intervenu entre les parties en cause dans l’acte. Il faut que
le donataire marque son accord de recevoir le bien objet de la donation.
En dehors de l’accord de volonté, il faut détermin er l’objet du contrat et faire une
étude comparative avec l’objet des autres conventions.
L’OBJET DU CONTRAT AU SENS DE
L’ARTICLE 1101 DU CODE CIVIL
L’objet du contrat implique une étude approfondie et minutieuse de ses
composantes et la distinction de l’objet du contrat au sens de l’article 1101 du
Code civil avec l’objet des autres conventions.

Le contenu de l’objet du contrat au sens de l’article 1101


du Code civil
La théorie de l’objet du contrat est traditionnellement en droit français assez
rigide et paisible. Elle tire sa source ou tient son fondement du Code civil
français.
En effet, au sens du nouvel article 1101 du Code civil, le contrat a pou r objet la
création, la modification et la transmission ou bien encore l’extinction des
obligations (Voir : les bases de l’obligation de moyens et de résultat).
C’est l’une des innovations introduites par le législateur en adoptant
l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 portant la réforme du droit des
contrats qui a substantiellement apporté des modifications à la deuxième
composante de la notion de contrat. Puisque la défin ition édictée par l’ancien
article 1101 du Code civil se limite à l’objet du contrat et à la création
d’obligations, dorénavant le contrat est pourvu d’un objet bien plus large.
Désormais, le contrat pose quatre objets différents à savoir :
 La création d’obligations : ici les parties créées de nouvelles
obligations.
 La modification d’obligations : dans ce cas, les parties modifient leur
obligation d’origine.
 La transmission d’obligations : la transmission d’obligation se fait par
deux mécanismes : la subrogation et la cession.
 L’extinction d’obligations : en ce qui concerne l’extinction des
obligations, deux mécanismes peuvent être également retenus : la novation et
la délégation de créance. Il peut avoir aussi l’extinction par l’effet de la fin
d’obligation contractuelle ou la résiliation ou encore la ré siliation sanction.
Ainsi, les conventions ont vu leur champ se réduire au profit des contrats qui
devient plus élargi au sens du nouvel article 1101 du Code civil consacré par
l’ordonnance de 2016 précitée.
Cet élargissement n’est pas sans conséquence jur idique. C’est pourquoi il est
aussi important de tirer toutes les conséquences du nouvel objet édicté par
l’ordonnance de 2016 par rapport à l’objet des autres conventions de manière
générale.

La distinction de l’objet du contrat avec les autres


conventions
Les dispositions de l’article 1101 du Code civil évoquent dans un second volet
quatre types d’objets du contrat : « la création, la modification, la transmission et
l’extinction des obligations. »
En effet, de cette définition de la notion du contrat, qu atre (04) enseignements
majeurs peuvent être relevés :
Le contrat se rattache toujours à la catégorie des conventions
Selon le Professeur Gérard CORNU, la convention peut être définie comme un
accord de volontés entre deux ou plusieurs parties et qui est d estiné à produire un
effet quelconque. Ainsi, dans la mesure où le contrat est précisément le produit
d’un accord de volonté, il constitue une espèce de conventions.
Toutefois, toutes les conventions ne s’apparentent pas à des contrats. Autrement
dit, toutes les conventions ne sont pas des contrats, mais tout contrat est une
convention.
Elles n’ont pas seulement pour objet la création d’un rapport d’obligations, elles
ont un objet plus large :
 Elles peuvent avoir pour objet la constitution des droits réels. C’est le
cas de l’hypothèque ou du gage en droit des sûretés.
 Elles peuvent avoir pour objet la création d’engagements non
obligatoires. À ce sujet, on peut citer les actes de courtoisie ou de
complaisance, les engagements sur l’honneur.
 Elles peuvent avoir pour objet la création d’engagements sur
l’honneur. Il s’agit d’un engagement que les parties veulent soustraire à
toute sanction juridique. C’est le cas de la délivrance de la lettre d’intention
ou la lettre de confort.
L’élargissement de l’objet du contrat par l’article 1101 du Code civil a également
pour impact direct la réduction de la catégorie des conventions au profit de la
catégorie des contrats.
Avant l’ordonnance n° 2016-131 en date du 10 février 2016 portant réforme du
droit des obligations, le contrat avait pour seul objet « la création d’obligations »
et la « modification, la transmission et l’extinction d’obligations » constituaient
alors l’objet des conventions.
En somme, le champ des contrats s’est élargi au détriment des conventions. Le
contrat constitue en lui-même une espèce de convention, mais l’objet des
conventions demeure indirectement inchangé. L’objet du contrat est de créer,
modifier, transmettre ou alors d’éteindre des obligations comme prévu par
l’article 1101 du Code civil.
Par contre, la convention a pour objet la constitution de droits réels, la création
d’engagements non obligatoires ainsi que la création d’engagements sur
l’honneur.
Par ailleurs, il convient également de rappeler que le contrat se différencie
toujours des actes de courtoisie ou de complaisance. Selon le Professeur
PERREAU, la courtoisie et la complaisance sont contraires aux usages
obligatoires. Autrement dit, elles sont dépourvues d’obligations au sens du
contrat tel qu’énoncé par l’article 1101 du Code civil.
En effet, l’acte de courtoisie ou de complaisance se distingue des contrats par
leur finalité ou l’objet de leur formation qui n’est rien d’autre au final que de
créer des obligations.
Cependant, dans certains cas, la jurisprudence relève dans l’acte de courtoisie ou
de complaisance un quasi-contrat nommé, telle que la gestion d’affaires et
parfois innomée.
Le quasi-contrat est le fait spontané d’une personne (les faits pureme nt
volontaires de l’Homme), d’où résulte un avantage pour un tiers et un
appauvrissement de l’agent : le tiers est obligé d’indemniser l’agent. Le régime
de cette indemnisation se fonde sur celui d’un contrat de référence, comme si un
tel contrat avait uni à tout point de vue, l’enrichi et l’appauvri volontairement.
À la différence de la responsabilité délictuelle en droit des obligations,
l’obligation du débiteur n’est pas fondée sur un fait illicite. Il s’agit d’une source
autonome, dont l’origine se trouve dans l’équité. Ainsi, la formation d’un quasi -
contrat ne suppose pas la rencontre des volontés entre les parties, comme c’est le
cas en matière de contrat tel que défini par l ’article 1101 du Code civil.
Les obligations qui naissent d’un quasi -contrat tirent leurs effets de la loi et non
un produit de la volonté des parties qui l’ont expressément exprimée.
En ce qui concerne les engagements sur honneur, le contrat se distingue toujours
d’eux à de nombreux égards. Il est rencontré principalement dans le monde des
affaires. C’est un accord de volontés que les parties contractantes ont entendu
soustraire aux règles de droit.
Ainsi, l’engagement sur l’honneur se différencie du contr at, en ce que les parties
n’entendent pas lui donner la même portée juridique qu’un contrat . Dans l’esprit
des parties contractantes en cas de non -satisfaction de leur engagement, leur
défaillance ne saurait être assortie d’une sanction juridique, mais une sanction
purement morale.
Toutefois, en certaines circonstances, la Cour de cassation considère néanmoins
que l’engagement sur l’honneur peut s’apparenter à un contrat, notamment s’il en
arbore toutes les caractéristiques
.