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‫الجمهـورية الجـزائـرية الديمقـراطيـة الشعبيـة‬

‫وزارة التعليـم العالـي والبحث العلمـي‬

‫جامعة غرداية‬
‫كلية العلوم والتكنولوجيا‬
‫قسم اآللية والكهروميكانيك‬

‫‪Support du cours :‬‬

‫‪Capteurs et Métrologie‬‬

‫‪Par‬‬
‫‪M. MERZOUG Hocine‬‬

‫‪Avril 2020‬‬

‫‪Année universitaire 2019/2020‬‬


Sommaire

1. Notions fondamentales de la mesure ……………………………………………….. 1


1.1 Introduction………………………………………………………………………….. 1
1.2 Métrologie……………………………………………………………………………. 1
2. Généralités sur les capteurs…………………………………………………………. 4
2.1 Mise en situation …………………………..…………………………………………. 4
2.2 Définition d’un Capteur ……………………………………………………………… 4
2.4 Caractéristiques métrologiques d’un capteur…………………………………………. 5
2.2 Constitution d’un capteur……………………………………………………………. 7
2.3 Grandeur d’influence…………………………………………………………………. 8
3. Classification des capteurs………………………………………………………… 8
3.1 Classification par le principe de fonctionnement……………………………………… 11
3.2 Classification par la nature de la mesurande………………………………………….. 11
3.3Classification par La nature du signal de sortie……………………………………….. 11
4. Les Capteurs de température……………………………………………………… 13
4.1 Introduction …………………………………………………………………………... 13
4.2 Généralité sur la thermique ………………………………………….………………. 13
4.3 Capteurs avec contact ……………………………………………………………….. 15
4.4 Capteurs sans contact………………………………………………………………… 21
5. Capteurs de position, de proximité et de déplacement …………………..……….. 22
5.1 Introduction ………………………………………………………………………….. 22
5.2 Capteur de position …………………………………………….……………………. 23
5.3 Capteur de proximité………………………………………………………………… 24
5.4 Capteurs de déplacement……………………………………………………………. 34
6. Capteurs de vitesse …………………………………………………………………… 39
6.1 Introduction……………………………………………………………………………. 39
6.2 Génératrices tachymétriques à courant alternatif …………………………………….. 40
6.3 Génératrices tachymétriques à courant continu………………………………………. 40
6.4 Tachymètres linéaires à fil ………………….………………………………………... 41
7. Capteurs de pression, niveau et debit……………………………………………….. 42
7.1 Capteurs de pression………………………………………………………………….. 42
7.2 Capteurs et détecteurs de niveau…………………………………………………….. 46
7.3 Capteurs de debit…………………………………………………………………….. 52
8. CONDITIONNEURS DES CAPTEURS…………………………………………… 56
8.1 introduction ………………………………………………………….………………. 56
8.2 CONDITIONNEURS DE CAPTEURS ACTIFS…………………………………….. 56
8.3 CONDITIONNEURS DE CAPTEURS PASSIFS……………………………………. 57
8.4 AMPLIFICATEURS………………………………………………………………….. 62
9. Capteurs intégrés……………………………………………………………………… 67
10. Capteurs intelligents………………………………………………………………… 69
Capteurs et Métrologie

1. Notions fondamentales de la mesure


1.1 Introduction
la science cherche à saisir puis à exprimer mathématiquement dans des théories
cohérentes les lois régissant les rapports des grandeurs physiques, la technique utilise ces lois
et les ropriétés de la matière pour créer de toute pièce des dispositifs ou des matériaux
nouveaux qui permettent à l’homme d’accroître ses moyens d’action afin de mieux assurer sa
subsistance, de faciliter ses échanges et de réduire sa peine.
Si, dans un premier temps, la technique fut un recueil de procédés empiriques, fruits de
l’observation, de tâtonnements aléatoires ou d’essais successifs, la connaissance des lois de la
nature a permis à la technique de rationaliser sa démarche et de devenir une science de la
réalisation. La mesure y joue dès lors un rôle capital. La construction d’une machine ou la
mise au point de matériaux nouveaux exigent de donner à leurs éléments constitutifs des
caractéristiques que la mesure permet d’ajuster aux valeurs appropriées. Le fonctionnement
d’une machine ou d’un appareillage doit être contrôlé afin que soient assurées la qualité des
fabrications et la sécurité des hommes et des installations : or, contrôler c’est d’abord vérifier
par la mesure qu’un certain nombre de grandeurs physiques ont les valeurs assignées.
Dans les laboratoires de recherche scientifique comme dans les installations industrielles
l’une des tâches principales du chercheur comme du technicien est donc d’effectuer les
mesures des grandeurs physiques variées qui déterminent leurs expériences ou conditionnent
le déroulement correct de leurs fabrications.
Afin d’être menée à bien, l’opération de mesure nécessite généralement que l’information
qu’elle délivre soit transmise à distance du point où elle est saisie, protégée contre l’altération
par des phénomènes parasites, amplifiée, avant d’être exploitée de diverses manières :
affichée, enregistrée, traitée par calculateur. L’électronique offre à cet égard des moyens
divers et puissants : pour en tirer le meilleur parti et qu’en bénéficient les mesures de tous
types de grandeurs physiques, comme leur traitement et leur exploitation, il est très
souhaitable de transposer immédiatement sous la forme d’un signal électrique chacune des
grandeurs physiques intéressantes.
C’est le rôle du capteur que d’assurer cette duplication de l’information en la transférant,
au point même où se fait la mesure, de la grandeur physique (non électrique) qui lui est
propre, sur une grandeur électrique : courant, tension, charge ou impédance.

1.2 Métrologie
1.2.1 Définition

La métrologie au sens étymologique du terme se traduit par Science de la mesure. Dans le


langage courant des « métrologues », on entend souvent dire mesurer c'est comparer !

Les résultats des mesures servent à prendre des décisions :

- Acceptation d'un produit (mesure des caractéristiques, des performances, conformité à


une exigence),

- Réglage d'un instrument de mesure, validation d'un procédé,


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Capteurs et Métrologie

- Réglage d'un paramètre dans le cadre d'un contrôle d'un procédé de fabrication,

- Validation d'une hypothèse,

- Définition des conditions de sécurité d'un produit ou d'un système.

Un résultat de mesure est écrit sous la forme : X = {X} [X]

Où X est le nom de la grandeur physique, [X] représente l'unité et{X} est la valeur numérique
de la grandeur exprimée dans l'unité choisie.

1.2.2 Quelques termes de métrologie

- Grandeur (mesurable) : définie comme attribut d'un phénomène, d'un corps ou d'une
substance, qui est susceptible d'être distinguée qualitativement et déterminée quantitativement

- Unité de mesure : c'est une grandeur particulière, définie et adoptée par convention, à
laquelle on compare les autres grandeurs de même nature pour les exprimer quantitativement.

- Mesurage : c'est l'ensemble des opérations ayant pour but de déterminer une valeur
d'une grandeur.

- Mesurande : grandeur particulière soumise à mesurage.

- Bruit de fond : C'est une variation parasite, souvent aléatoire, du signal de sortie, dont la valeur
moyenne est nulle et qui vient se superposer à la valeur à mesurer.

- L'incertitude (dx) : Le résultat de la mesure x d'une grandeur X n'est pas complètement défini
par un seul nombre. Il faut au moins la caractériser par un couple (x, dx) et une unité de mesure.
dx est l'incertitude sur x. Les incertitudes proviennent des différentes erreurs
-liées à la mesure.

Ainsi, on a : x-dx < X < x+dx


Exemple : 3 cm ±10%, ou 3 cm ± 3 mm.

- Erreur absolue (e) : Résultat d'un mesurage moins la valeur vraie du mesurande. Une
erreur absolue s'exprime dans l'unité de la mesure.
e=x-X
Exemple : Une erreur de 10 cm sur une mesure de distance.

- Erreur relative (er) : Rapport de l'erreur de mesure à une valeur vraie de mesurande.
Une erreur relative s'exprime généralement en pourcentage de la grandeur mesurée.
er = e/X ; er% = 100 er
Exemple : Une erreur de 10 % sur une mesure de distance (10 % de la distance réelle).

- Etalon de mesure : en métrologie, un étalon est un dispositif auquel on doit se fier pour
contrôler l'exactitude des résultats fournis par un appareil de mesure.
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Capteurs et Métrologie

1.2.3 Les types d'erreurs classiques

 L'erreur de zéro (offset) :

 L'erreur d'échelle (gain) : C'est une erreur qui dépend de façon linéaire de la grandeur
mesurée.

L'erreur de linéarité : La caractéristique n'est pas une droite

 L'erreur due au phénomène d'hystérésis : Il y a phénomène d'hystérésis lorsque le


résultat de la mesure dépend de la précédente mesure

 L'erreur de quantification : La caractéristique est en escalier, cette erreur est souvent


due à une numérisation du signal.

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Capteurs et Métrologie

2. Généralités sur les capteurs

2.1 Mise en situation

Dans de nombreux domaines (industrie, recherche scientifique, services, loisirs ...), on a besoin de
contrôler de nombreux paramètres physiques (température, force, position, vitesse, luminosité...).
Le capteur est l'élément indispensable à la mesure de ces grandeurs physiques.

Acquisition de
l'information par
les capteurs

Figure 2.1 Les capteurs dans la chaine d'information

2.2 Définition d’un Capteur : Un capteur est un organe de prélèvement d'information qui
élabore à partir d'une grandeur physique, une autre grandeur physique de nature différente (très
souvent électrique). Cette grandeur représentative de la grandeur prélevée est utilisable à des
fins de mesure ou de commande.
Grandeur physique (mesurande) (m) Grandeur électrique de sortie (s)
Capteur
• température
• pression
• force...

s = f (m)

Figure 2.2. Exemple d’évolution d’un mesurande m et de la réponse s correspondante du capteur

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Capteurs et Métrologie

 Mesurande : température, force, vitesse, déplacement, … c’est tout simplement la


grandeur qu’on cherche à mesurer.
 Grandeur de sortie : elle est généralement de type électrique. Elle peut être soit : une
charge, une tension, un courant ou une impédance (R, L, C).

La grandeur de sortie est donc un signal électrique qui pourrait être de type analogique ou
numérique

 Exemple : capteur de pression à jauges de contraintes

mesurande : pression

réponse : tension

2.3 Caractéristiques métrologiques d’un capteur


De manière à classer les capteurs en fonction de leurs performances, on est amené à définir des
paramètres qui permettent de les sélectionner en fonction de l’application.
Chaque capteur (ou élément de mesure) présente certaines caractéristiques métrologiques qui
définissent ses limites d'utilisation et de précision. Ces limites dépendent non seulement du
mesurande, mais aussi des grandeurs d'influence qui viennent perturber l'élément de mesure.

 Etendue de mesure

Domaine de mesure pour lequel les indications du capteur ne doivent pas être entachées d’une
erreur supérieure à l’erreur maximale tolérée. On appelle les valeurs limites du domaine,
« portée minimale » et « portée maximale ».

 Sensibilité
C’est le rapport de la variation du signal de sortie à la variation correspondante de la grandeur
à mesurer.
C'est à dire à la pente de la courbe de réponse du capteur pour une valeur donnée :
S=ds/de
ds : variation de sortie
de : variation de l'entrée

Signal de sortie

tgα

Grandeur à mesurer

Figure 2.3. Courbe de sensibilité d’un capteur


 Précision

C’est l’aptitude du capteur à donner des indications proche de la valeur vraie de la grandeur
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Capteurs et Métrologie

mesurée.
 Fidélité et justesse

La justesse est la qualité d’un capteur à fournir des indications précises.


La fidélité est la qualité d'un capteur à fournir des indications identiques pour une même
valeur de la grandeur à mesurer.

a : capteur ni fidèle, ni juste ( erreurs et incertitudes de mesure importantes )


b : capteur fidèle mais non juste
c : capteur juste mais non fidèle
d : capteur juste et fidèle, donc précis ( erreurs et incertitudes de mesure réduites )

Figure 2.4. Degré de précision des capteurs

 Rapidité

C’est l’aptitude du capteur à suivre dans le temps les variations de la grandeur à mesurer. Il faut
donc tenir compte du temps de réponse, de la bande passante et la fréquence de coupure du
capteur.

 Stabilité

La stabilité qualifie la capacité d'un capteur à conserver ses performances pendant une longue
durée ( problème de dérive du zéro par exemple ).

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Capteurs et Métrologie

2.4 Constitution d’un capteur

Grandeur Elément Module Signal de


Signal mesure
physique Corps Réaction de sortie électronique
de
à mesurer d'épreuve électriqu e de
transduction transmissible
conditionnemen t
t
Alimentation
Boîtier
Figure 2.5. Constitution d’un capteur
- Corps d'épreuve : élément mécanique qui réagit sélectivement à la grandeur à mesurer
(appelée aussi mesurande).
But : transformer la grandeur à mesurer en une autre grandeur physique dite mesurable.
- Elément de transduction : élément sensible lié au corps d'épreuve. Il traduit les réactions
du corps d'épreuve en une grandeur électrique constituant le signal de sortie.

- Boîtier : élément mécanique de protection, de maintien et de fixation du capteur.

- Module électronique de conditionnement : il a, selon les cas, les fonctions suivantes :


- alimentation électrique du capteur (si nécessaire)
- mise en forme et amplification du signal de sortie
- filtrage, amplification
- conversion du signal (CAN,...)

 Exemples

 Exemples

 Exemples des Conditionneurs

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Capteurs et Métrologie

2.5 Grandeur d’influence


Les grandeurs d'influence sont des grandeurs étrangères qui, selon leur nature et leur
importance, peuvent provoqué des perturbations’ sur le capteur. C'est donc une cause d'erreurs
agissant sur le signal de sortie. Les principales grandeurs d'influence sont :
- la température qui modifie les caractéristiques électriques, mécaniques et dimensionnelles
des composants du capteur ;

- La pression, l’accélération et les vibrations susceptibles de créer dans certains éléments


constitutifs du capteur des déformations et des contraintes qui altèrent la réponse ;

- L’humidité à laquelle certaines propriétés électriques comme la constante diélectrique ou la


résistivité peuvent être sensibles et qui risque de dégrader l’isolation électrique entre
composants du capteur ou entre le capteur et son environnement ;

- Les champs magnétiques variables ou statiques ; les premiers créent des f.é.m. d’induction
qui se superposent au signal utile, les seconds peuvent modifier une propriété électrique ;

- La tension d’alimentation : lorsque la grandeur de sortie du capteur dépend de celle-ci


directement (amplitude ou fréquence)

3. Classification des capteurs


La classification se fait par :

1) Leur principe de fonctionnement : passif / actif


2) La nature de la mesurande qu'ils traduisent (capteur de température, de pression, d’humidité...)
3) La nature du signal qu’ils fournissent (capteur analogique, capteur logique Tout ou Rien
(TOR), capteurs numérique (digitaux))

3.1 Classification par le principe de fonctionnement


On classifie les capteurs en deux grandes familles en fonction de la caractéristique électrique
de la grandeur de sortie. On distingue

- Capteurs passifs

Le capteur se comporte en sortie comme un dipôle passif qui peut être résistif, capacitif ou
inductif. Le tableau ci-dessous résume, en fonction du mesurande, les effets utilisés pour
réaliser la mesure.

Il s'agit généralement d'impédance dont l'un des paramètres déterminants est sensible à la
grandeur mesurée. La variation d'impédance résulte :

 Soit d'une variation de dimension du capteur, c'est le principe de fonctionnement d'un grand nombre
de capteur de position, potentiomètre, inductance à noyaux mobile, condensateur à armature
mobile.

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Capteurs et Métrologie

 Soit d'une déformation résultant de force ou de grandeur s'y ramenant, pression, accélération
(armature de condensateur soumise à une différence de pression, jauge d'extensomètre liée à une
structure déformable).

L'impédance d'un capteur passif et ses variations ne sont mesurables qu'en intégrant le capteur dans un
circuit de conditionnement électronique qui permet son alimentation et l’adaptation du signal à la sortie.

Figure 3.1 schéma blocs d’un capteur passif

Effet utilisé (grandeur de


Mesurande Materiaux
sortie)
Température Résistivité Platine, Nickel, cuivre, semi-
conducteurs.
Très basse température Cste diélectrique Verre.
Flux optique Résistivité semi-conducteurs
Déformation Résistivité Alliages nickel
Permiabilité Alliages ferromagnétiques
Position Résistivité Magnétorésistances:
Bismuth, antimoine d'indium
Humidité Résistivité Chlorure de lithium

Tableau 3.1. les effets utilisés pour réaliser la mesure en fonction du mesurande.

Tableau 3.2. Les transformations possibles qu’offrent les grandeurs de traduction.


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Capteurs et Métrologie

- Capteurs actifs :

Fonctionnant en générateur, un capteur actif est généralement fondé dans son principe sur un
effet physique qui assure la conversion en énergie électrique de la forme d'énergie propre au
mesurande : énergie thermique, mécanique ou de rayonnement. Le tableau suivant présente
les principes physiques de base des capteurs actifs :

Mesurande Effet utilisé Grandeur de sortie


Température Thermoélectricité (thermocouple) Tension
Pyroélectricité Charge
Photoémission Courant
Flux de rayonnement optique
Effet photovoltaïque Tension
Effet photoélectromagnétique Tension
Force
Pression Piézoélectricité Charge
Accélération
Vitesse Induction électromagnétique Tension
Position (aimant) Effet Hall Tension

Précision sur les effets utilisés :

a. Thermoélectricité : c’est le principe de tout thermocouple. C’est un circuit constitué de


deux conducteurs de nature chimique différente et dont les jonctions sont à des températures
différentes T1 et T2. Il apparaît aux bornes de ce circuit une tension (force électromotrice) liée
à la différence de température (T1-T2).

b. Pyroélectricité : certains cristaux présentent une polarisation électrique proportionnelle à


leur température. Ainsi, en absorbant un flux de rayonnement, le cristal pyroélectrique va
s’échauffer et ainsi sa polarisation va se modifier entraînant une variation de tension détectable.

c. Piézoélectricité : l’application d’une force sur ce type de matériau engendre l’apparition de


charges électriques crées par la déformation du matériau. C’est un phénomène réversible.

d. Induction : la variation d’un flux magnétique engendre l’apparition d’une force

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Capteurs et Métrologie

électromotrice.

e. Photoélectricité : sous l’influence d’un rayonnement lumineux, le matériau libère des


charges électriques et celles-ci en fonction du rayonnement.

f. Effet Hall : un semi-conducteur de type parallélépipède rectangle, placé dans une induction
B et parcouru par un courant I, voit l’apparition, dans la direction perpendiculaire au courant
et à l’induction, d’une différence de potentiel qui a pour expression :

VH = KH . I . B . sin  où KH dépend du matériau et des dimensions de la plaquette.

3.2 Classification par la nature de la mesurande


Classement en fonction du type de grandeurs physiques à mesurer (mesurande)

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Capteurs et Métrologie

3.3 Classification par La nature du signal de sortie


Classement en fonction du type du signal de sortie du capteur

1- Catégorie la plus répondue. Ils fournissent un signal analogique en fonction d'une grandeur physique,
électrique, mécanique,…

2- Ils présentent 2 états (0 et 1) dont le modèle est le contact ouvert ou fermé (fin de course, capteur de
niveau...). Appelée en anglais «key sensor».

3- Fournissent un signal fréquentiel, c'est à dire un certain nombre d'impulsions par unité de temps
(n) en fonction de la grandeur mesurée (E). Le capteur type de cette catégorie est le tachymètre à
optocoupleur. Facilement incorporable dans une chaîne de mesure et ne nécessitent qu'une électronique
associée réduite.
Interviennent dans les éléments de sécurité.

4- Dispositifs donnant directement des informations binaires combinatoires. Les codeurs optiques sont
l’exemple parfait. Ils sont intéressant car c’est des dispositifs qui peuvent être directement couplés au
système informatique sans la nécessité d'amplification ni de CAN. Peut influençable par les bruits
exterieurs.

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Capteurs et Métrologie

4. Les Capteurs de température


4-1 Introduction :
Sans doute la température est une des grandeurs les plus importante dans le milieu industriel (génie
chimique, industrie agro-alimentaire, analyse de fonctionnement : moteurs, navettes spatiales,
gestion de bains de peinture, …).

Elle est mesurée de façon indirecte, par le biais d’un autre principe physique. Il est donc essentiel
de bien connaître les principales techniques de mesure et les principes physiques qui les permettent.

Du point de vue thermodynamique, la température est une variable d'état intensive. A l'échelle
moléculaire, la température est liée à l'énergie cinétique moyenne des constituants de la matière.
Exemple : l'énergie cinétique d'une molécule de gaz mono-atomique est ec = ½ MV2 = 3/2 kT

Avec : T température absolue en Kelvin.

A l'échelle macroscopique, certaines propriétés des corps dépendent de la température (volume


massique, résistivité électrique, ...).

On peut classer les capteurs de température par rapport à l’existence ou pas de contact avec le corps
dont on cherche à mesurer sa température.

Avec contact:
– Analogique: Thermocouples, thermomètres à résistance métallique; thermomètres à
semi-conducteur, thermomètres à quartz, thermomètres à dilatation de fluide,…
– Logique: Thermostats à dilatation thermique.
Sans contact:
– Analogique: Pyromètres optiques, pyromètres optiques à dilatation de solide,…
– Logique: pyromètre à dilatation de solide.

4-2 Généralité sur la thermique


4-2-1 Mesure thermique

a- Echelle de température
Une échelle de température a été mise au point au niveau international, c’est l’« I.T.S. 90 » (Echelle
Internationale de Température EIT) qui a été défini sur des points de référence fixe de température basés
sur des phénomènes physiques de changement d’état d’un corps. Ces points sont plus particulièrement
des points triples, des points d’ébullition d’un corps et des points de congélation.

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Capteurs et Métrologie

b- Unités de mesure de température


Si le degré Kelvin (K) est l’unité officielle de la température utilisé dans le milieu scientifique, le degré
Celsius (°C) et le degré Fahrenheit (°F) sont plus largement utilisée pour exprimer la température.
Degré Celsius (1742):
Échelle relative: Références à la Fusion de la glace à 0 °C; et à l’ébullition de l'eau distillée à 100 °C.

Échelle Kelvin (1848):


Échelle absolue: Références au zéro thermodynamique 0 k; et au point triple de l'eau (0.01 °C) 273.16 k.
°C = K – 273.15
Échelle Fahrenheit (1707):
Échelle relative: Références à la température minimum solution aqueuse de NaCl 0 °F; à la température du
corps humain 96 °F; à la température d’un cheval sain 100 °F.
T(°F)=9/5 T(°C) + 32
Échelle Rankine:
Échelle absolue du Fahrenheit: Références au zéro thermodynamique 0 °R; et au point triple de l'eau (0.01
°C) 459.7 °F.
T(°F)= T(°R) -459.7

4-2-2 Transmission d’énergie thermique

La mesure de la température implique qu’il y ait un équilibre thermique entre l’objet et le capteur. La
température mesurée est donc celle du capteur (Tc) qui dépend des échanges d'énergie entre le capteur et
le milieu étudié.

Dans le contact thermique entre le capteur et l’objet, 3 phénomènes entrent en jeu: la conduction; la
convection et le rayonnement.

Conduction thermique: exprimé par l’équation de Fourier,

kA
Q  T T 
cond x 1 2

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Capteurs et Métrologie

Avec, Q est la quantité d’énergie thermique, k = conduction thermique W/(m.k), A = Section (m²) et x
= épaisseur d’une couche (m).
Convection thermique :

Qconv  hAT T1 


Avec, h = constante de convection W/(m².k), A = Section (m²).

Rayonnement thermique :

Qrad  σ A  F Tchaud4  T14 

Avec, σ = constante de Stefan-Boltzmann 5.55x10-8 W/(m².k4);  = émissivitée; F = « view factor »

4-3 Capteurs avec contact :


4-3-1 Couples thermoélectriques (thermocouple)

a- Principe : Lorsque deux conducteurs de métaux différents sont connectés ensembles en 2 points, et
que ces jonctions sont à des températures différentes, une F.E.M. apparaît, c’est l’effet Seebeck.

FEM

Soudure Soudure
froide chaude

Comme la F.E.M. dépend de la différence de température entre les 2 jonctions, il faut s'assurer de
connaître la température de l'une d'entre elle pour déduire la température de l'autre.
La jonction dont la température est connue est dite "jonction de référence".

Remarque : L’effet Seebeck est en réalité une combinaison de deux effets, l’effet Thomson « Relier 2
matériaux différents crée une FEM » et l’effet Peltier « Soumettre un conducteur à des différences de
température : création d’une FEM ».

Avec une jonction à 0 °C, les F.E.M. mesurées varient de -10 à +60 mV.
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Capteurs et Métrologie

Métaux non rares et/ou non précieux (-200°C" 1200°C)


Type K Chromel-alumel
Type J fer-constantan
Type E Chromel-constantan
Type N Nicrosil-nisil
Thermocouples platine-rhodium (0°C" 1600°C)
Type S : platine rhodié 10% Rh-platine
Type R : platine rhodié 13% Rh-platine
Type B : platine rhodié 30% Rh-platine rhodié 6% Rh
Thermocouples tungtène-rhénium (0°C" 2200°C)
Version C Tungtène-rhénié 5% Re-tungtène-rhénié 25% Re
Version D Tungtène-rhénié3% Re-tungtène-rhénié 25% Re

Plages des thermocouples Caractéristiques des thermocouples


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Capteurs et Métrologie

b- Méthode de mesure de la FEM (exemple type J) :

Jonction #3
Jonction #1
Voltmètre Métal A: Fer +
V
(CUIVRE) + V3 - 1

+ V2 - Métal B: Constantan - Tj

Jonction #2

• Les 3 jonctions génèrent une tension.

• Donc Vmesurée = V1 +V3 -V2

• Rien ne garanti que les jonctions 2 et 3 sont à la même température.

Solution :

• Le bloc isothermique maintient les jonctions 2 et 3 à la même température.

• Loi des métaux intermédiaires.

• Donc Vmesurée = V1-VREF avec VREF =V2 -V3

Loi des métaux intermédiaires

c- Compensations des thermocouples

Pour s’assurer que la mesure est de qualité, deux types de compensations de la jonction de référence
existent: la compensation "software" ou la compensation "hardware".
La compensation software (ou correction logiciel) consiste à mesure de la température du bloc
isothermique par une sonde RTD (ou une Thermistance) puis suivre l’algorithme ci-dessous :
• (1) Mesurer le RTD et obtenir TREF;

• (2) De TREF, déduire la tension VREF;

• (3) Mesurer la tension VM et soustraire VREF pour obtenir V1;

• (4) De V1, déduire T1.


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Capteurs et Métrologie

Compensation software

La compensation hardware nécessite l’utiliser un pont de résistances avec source de tension et RTD sur
bloc isothermique.

Compensation hardware

En résumé, les thermocouples ont les caractéristiques suivantes :

• Très grande étendue de mesure de -270 à 2700 °C;


• Précision dans l'ordre de ± 0.2 %;
• Temps de réponse rapide;
• N'exigent pas d'alimentation extérieure; (capteur actif)
• Signaux de faible amplitude;
• Prix modéré.

4-3-2 Thermomètres à résistance métallique (RTD)

Le fonctionnement des thermomètres à résistance est basé sur un phénomène physique, à savoir la
variation de la résistance électrique d'un conducteur avec la température.
La résistance R d'un conducteur varie avec la température.

l l
Rρ A avec ρ ρo (1 T ) d’où R  ρo 1 T  A

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Capteurs et Métrologie

Autrement : Lorsque la température varie on a : R = R0 (1 +  T + b T2 + c T3 + …) Plus connue pour

nous comme : R = R0 (1 +  T)

Résistivité à 0 °C Point de fusion Domaine d'emploi


Métal µ.cm °C °C R100/R0
Cuivre 7 1083 -190 à +150 1,427
Nickel 6,38 1453 -60 à +180 1,672
Platine 9,81 1769 -250 à +1100 1,392
Indium 9 153 -269 à +27
Matériaux typiques

Montage et caractéristique

La sonde « Pt100 » est une sonde platine qui a une résistance de 100 Ohms pour une température de 0 °C

Application : calculer la résistance d’une Pt100 à 100°C ?

En résumé, les RTD ont les caractéristiques suivantes :

• Bonnes reproductibilité, stabilité et interchangeabilité;

• Précision de ± 0.2 %;

• Temps de réponse de 0.5 à 5 secondes;

• Influençable par l'humidité et les gaz corrosifs;

• Effet Joule perturbant la mesure.

4-3-3 Thermistance
Une thermistance est un agglomérat d'oxydes métalliques frittés, c'est-à-dire rendus compacts par haute
19
Capteurs et Métrologie

pression exercée à température élevée, de l'ordre de 150 bars et 1000 °C.

CTP CTN

Caractéristiques d’une thermistance en fonction du signe du coefficient de température (positif CTP ou


négatif CTN)

La loi de variation est de la forme :

b
R =a eT
a et b sont deux paramètres de la thermistance.
On remarque que la variation de la résistivité est beaucoup plus importante pour une thermistance. Et que
la thermistance n’est pas linéaire.
En résumé, les thermistances ont les caractéristiques suivantes :

• Étendues de mesure de -110 à +250 °C


• Circuits miniatures, donc temps de réponse très courts;
• précision de l'ordre de ± 0.1 %;
• Échelle non-linéaire et étendue réduite;

Sensible à l'auto-échauffement (CTN) et à la variation des résistances connexes.

4-3-4 Thermomètres à semi-conducteur


La tension aux bornes du semi-conducteur (formant une diode ou un transistor) et le courant qui le
traverse dépendent de la température.

Phénomène de variation de la résistance d’un semi-conducteur avec la température


20
Capteurs et Métrologie

À courant constant I, la mesure de V est linéaire en fonction de la température V = a T + b


a dépend de l'élément sensible; a ≈ −2,5 mV /° C
En résumé, les thermomètres à semi-conducteur ont les caractéristiques suivantes :
- simplicité
- peu coûteux
- non linéarité faible
- étendue de mesure limitée (-50°C à 150° C)

4-3-5 Thermomètres à dilatation thermique


Les bilames sont l’exemple type de thermomètre à dilatation thermique. Ils sont constitués de deux lames
d'alliages tels que leurs coefficients de dilatation sont très différents. Ils sont soudés à plat sur toute leur
surface.
ΔT dilatation des deux lames flexion de l'ensemble

Ils fonctionnent comme interrupteur, exemples : radiateurs électriques à thermostat mécanique,


réfrigérateurs, systèmes de sécurité de moteurs électriques.

4-4 Capteurs sans contact :


4-4-1 Les pyromètres optiques

La pyrométrie optique est une méthode de mesure de la température basée sur la relation entre la
température d'un corps et le rayonnement optique (infrarouge ou visible) que ce corps émet.
Elle permet la détermination de la température sans contact avec l'objet.
Applications : mesure de température élevée (>2000°C), mesures à de grande distance, environnement très
agressif, localisation des points chauds, pièce en mouvement,…

Principe : Tout corps émet spontanément et en permanence un rayonnement électromagnétique dont le


spectre continu a une répartition énergétique fonction de la température. Les lois de cette émission sont
établies pour le corps idéal, le corps noir.

Le corps noir : il est caractérisé par une absorption totale de tout rayonnement incident. Le corps réel : son
rayonnement thermique se rapproche plus ou moins de celui du corps noir suivant son pouvoir absorbant.
En résumé, les pyrométres otiques ont les caractéristiques suivantes :

• Plage de 300 à 3000 °C;


• Précision de ± 5 °C (dépend de l'utilisateur), (Meilleur au niveau des pyromètres électroniques).
• Fonctionnement automatique possible, (Capteur infrarouge avec thermocouple).

4-4-2 Pyromètre à dilatations de solides :


Il Existe en deux versions:

 Pyromètre à tige (mesure de la dilatation d'une tige), mesure jusqu'à 1000 °C.

 Pyromètre à bilame: (voir thermostat à bilame). Mesure de -50 à +500 °C, précision de ± 1 %.

21
Capteurs et Métrologie

5. Capteur de position, de proximité et de déplacement


Dans ce chapitre seront présenté d’une part les détecteurs de position et de proximité et d’autre part les
capteurs de distance.

5-1 Introduction
Un capteur de position est un élément de mesure ayant un contact avec l’objet dont on doit vérifier s’il
occupe une position donnée. Une seule technologie est utilisée, ce sont les interrupteurs de fin de course.

Un capteur de proximité est un élément de mesure détectant si un objet est présent à proximité sans avoir
de contact avec l’objet. La détection s’opère par des effets physiques que l’objet peut produire sur le
détecteur, sans contact. Il existe 4 technologies :
 capteur de proximité inductif : l’objet est détecté par ses effets sur un champ magnétique émis par
le détecteur.
 capteur de proximité capacitif : l’objet est détecté par ses effets sur un champ électrique émis par
le détecteur.

 caplteur de proximité photoélectrique : l’objet est détecté par ses effets sur un faisceau de radiations
optiques.
 capteur de proximité ultrasonique : l’objet est détecté par ses effets sur une onde ultrasonique émise
par le détecteur.

Ces quatre technologies doivent être envisagées dans l’ordre dans lequel elles ont été énumérées. Ainsi, il
faut en premier lieu envisager l’utilisation d’un détecteur de proximité inductif. Si l’objet à détecter est
non‐métallique ou trop loin, il faut utiliser une autre technologie. En second lieu, il faut envisager
l’utilisation d’un détecteur capacitif. Si l’objet est trop loin, ou n’a pas assez d’effet sur un champ
électrique, il faut avancer à la technologie suivante. Celle‐ci sera la technologie optique pour la détection.
Si l’environnement ou l’objet fait en sorte que cette technologie ne fonctionne pas, il reste le dernier et
ultime choix, la détection de proximité ultrasonique. Et, si même cette technologie ne fonctionne pas !!!

L’utilisation d’un capteur de proximité s’avère une bien meilleure solution dans les cas ou la vitesse de
l’objet à détecter est rapide. L’usage d’un interrupteur de fin de course dans ces conditions est difficile, car
l’impact de l’objet risque d’endommager l’interrupteur de fin de course (et l’objet lui‐même).
Dans les cas ou l’objet à détecter est petit et/ou fragile, le capteur de proximité s’avère la seule solution
exploitable. La commutation d’un interrupteur de fin de course exige de l’objet une force minimale qu’un

petit objet de petite masse ne peut atteindre. Et le contact entre l’interrupteur de fin de course et un objet
fragile risque de rayer la surface de ce dernier.
22
Capteurs et Métrologie

Les capteurs de proximité possèdent des portées qui varient de l’ordre de 25 micromètres à un bout de
l’échelle jusqu’à 200 mètres pour l’autre bout. Les signaux générés sont des signaux logiques tout‐ou‐
rien. Ces détecteurs n’ont aucune pièce mécanique mobile contrairement aux interrupteurs de fin de course.
Ils sont utilisés dans une foule d’applications industrielles : contrôle de présence ou d’absence de pièces,
contrôle de fin de course, détection de passage de pièces, positionnement de pièces, comptage de pièces,
barrages de protection, etc…
Les capteurs de déplacement existent en trois grandes technologies :
 Capteurs de déplacement résistifs.

 Capteurs de déplacement inductifs.

o Inductance variable.

o LVDT (Linear Variable Displacement Transformer).
o Synchro‐machine.
 Codeurs de déplacement.

o Codeur absolu.
o Codeur incrémental.
Dans tous les cas, les capteurs de déplacement sont en contact avec l’objet dont il faut mesurer la distance.
Chaque technologie possède une plage de distance sur lequel elle opère bien. Le choix de la technologie
sera donc en partie, basé sur la plage distance à mesurer pour l’application.

5-2 Capteur de position (Interrupteur de fin de course)


Un capteur de position est un détecteur connu sous le nom d’interrupteur de fin de course. Puisque c’est un
détecteur, par définition il fournit en sortie un signal logique évoluant entre deux états (tout ou rien).
L’interrupteur de fin de course exige un contact avec l’objet à détecter. Ce contact à lieu au niveau de
l’organe de commande. Divers organes de commande sont disponibles sur le marché, pour s’adapter aux
divers objets que le capteur doit pouvoir détecter. Ce choix est important, car un mauvais choix d’organe
de commande peut entraîner des dommages sur l’objet à détecter et/ou l’interrupteur de fin de course.

Figure 5.1. Capteur de fin de course Figure 5.2. capteur de fin de course avec organe de commande

Dans l’organe de commande, un mécanisme mécanique transmet les déplacements de l’organe de


commande vers l’élément de contact. Cet élément de contact est un contact sec (relais) commandé

23
Capteurs et Métrologie

mécaniquement. Ce contact a une durée de vie limitée, car les cycles d’ouverture et fermeture du contact
provoque à long terme une fatigue mécanique. Selon les modèles, la durée de vie est variable, mais
généralement c’est autour de 30 millions d’opérations (de cycles).

Le type de contact peut prendre diverses formes au niveau électrique. Le contact peut être à simple action
ou à double action. Un contact à simple action ne fait qu’ouvrir ou fermer un circuit électrique alors qu’un
contact à double action fait une sélection entre deux circuits différents, ouvrant un circuit en fermant l’autre
et vice versa.

Le contact peut être à simple ou à double rupture. Un contact à simple rupture ne comprend qu’un seul
point du circuit qui s’ouvre. Un contact à double rupture comprend deux points du circuit qui s’ouvre,
permettant un plus grand pouvoir de coupure.

Le contact peut être unipolaire, bipolaire et même quadripolaire. Cela correspond simplement au nombre
de contacts qui sont actionnés lors de la commutation de l’interrupteur de fin de course.
Une caractéristique importante des interrupteurs de fin de course, c’est le pouvoir de coupure des contacts.
Elle s’exprime de deux façons. C’est la tension continue ou alternative maximale qui peut être coupé sans
risque de claquage (varie de 1 à 380 volts, selon le relais utilisé). C’est aussi le courant maximal qui peut
être coupé (variant de 1 milliampère à plusieurs ampères).

L’interrupteur de fin de course est utilisé pour détecter qu’un objet est à la fin de course d’un actionneur.
On l’utilise comme sécurité pour s’assurer que certaines composantes de machines restent à l’intérieur de
zones bien précises.
5-3 Capteur de proximité
a- Capteur inductif

Le capteur de proximité inductif détecte tout objet qui a un effet sur un champ magnétique. Donc, le
détecteur de proximité inductif détectera uniquement des objets métalliques. Tout objet non‐métallique
ne sera pas détecté.

Figure 5.3. Capteur de proximité inductif

Ce détecteur comporte un circuit oscillateur qui envoie une tension alternative dans une bobine localisée
au bout du capteur.
24
Capteurs et Métrologie

Figure 5.4. Schéma de principe d’un détecteur de proximité inductif (Turk inc)

Un champ magnétique alternatif est émis au bout du capteur. Si un objet métallique se présente dans ce
champ magnétique, il y aura apparition d’un courant induit, dit courant de Foucault (les anglophones le
désignent sous le nom de d’Eddy currents). Le courant de Foucault qui apparaît dans l’objet métallique
prélève de l’énergie au circuit oscillateur. L’amplitude et la fréquence de l’oscillateur change lorsqu’un
objet est présent. Plus l’objet est près, plus l’amplitude diminue.

À partir de la réponse de l’oscillateur, une tension de sortie est obtenue via l’électronique de détection. Les
niveaux de commutation (on‐off et off‐on) sont décalés pour éviter une oscillation de la sortie lorsque
le signal est près des seuils de commutation.

Figure 5.5. Fonctionnement d'un capteur de proximité inductif

La distance nominale à laquelle la présence d’un objet provoque la commutation est nommée portée
nominale. La portée dépend de la taille de l’objet. Un objet plus volumineux sera le siège d’un courant de
Foucault dont l’intensité totale sera plus grande que dans un objet moins volumineux. Donc, plus d’énergie
sera prélevée de l’oscillateur.

Pour que le fabricant puisse donner des spécifications standard, on exige une cible (un objet) dont
l’épaisseur est égale à un millimètre. Les autres dimensions de la cible (longueur et largeur) sont définies,
25
Capteurs et Métrologie

par exemple, en prenant la plus grande des deux valeurs suivantes : le diamètre du détecteur et le triple de
la portée nominale (3X). Cette méthode utilisée pour déterminer la dimension de la cible standard peut
varier d’un fabricant à l’autre. Il faut donc vérifier l’approche utilisée par le fabricant pour établir la taille
de la cible qui a servi à déterminer la portée du capteur.

Dans l’exemple donné dans la Figure ci-dessous, il faut choisir la plus grande valeur entre 18 millimètres
et 3 x 5 mm = 15mm. Ainsi la cible devra avoir comme dimension minimale 18 mm x 18 mm x 1 mm.

Figure 5.6. Portée nominale d'un capteur

La portée nominale d’un détecteur de proximité inductif est généralement entachée d’une tolérance de ±10
% en raison des composantes électroniques utilisées. Pour un détecteur ayant une portée nominale de 5
millimètres, cela implique que certains capteurs ne détecteront la cible qu’à 4.5 millimètres alors que
d’autres la détecteront à 5.5 millimètres. Le cas le plus pessimiste pour la portée c’est 4.5 millimètres,
distance à laquelle les détecteurs fonctionnent à coup sûr.

Mais, il faut aussi prendre en compte l’effet de la température sur la portée du détecteur. Cet effet provoque
un ±10 % supplémentaire de variation sur la portée du détecteur et il se cumule avec le ±10 % de tolérance.
Cela donne donc au total une portée résultante pouvant varier de 0.81 à 1.21 fois la portée nominale. Donc,
dans notre exemple, de 4.05 à 6.05 millimètres de portée. Le pire cas, c’est la portée minimale de 4.05
millimètres. On ne peut pas garantir la détection de la cible si elle est à plus de 4.05 millimètres de distance.

Donc, la portée nominale donnée par le fabricant ne doit être considérée qu’à titre indicatif, car la portée
réelle peut être inférieure.
Un autre effet à prendre en compte, c’est que le métal dont est faite la cible peut affecter la portée du
détecteur de proximité inductif (Tableau ci-dessous). Les métaux ne sont pas tous égaux dans leur
réaction à un champ magnétique variable. Ainsi, le courant de Foucault généré dans une cible en acier
doux (Mild Steel) sera plus grand que dans une cible en cuivre, ce qui fait que l’acier doux sera plus
facile à détecter que le cuivre.
Pour établir la portée nominale, les fabricants utilisent une cible en fonte (cast iron). Si la cible est d’un
autre métal, il faut corriger la portée pour en tenir compte. Ainsi, une cible en cuivre exige de multiplier la
26
Capteurs et Métrologie

portée par 0.3 (Tableau ci-dessous), ce qui mènerait la portée de détection garantie de notre exemple de
4.05 millimètres à 1.215 millimètres.

Enfin, la portée est aussi affectée par la façon dont se présente la cible par rapport au détecteur de proximité
inductif. Elle diffère selon que la cible se présente de façon axiale ou de façon latérale. Normalement, une
cible qui approche le capteur de façon axiale devrait passer à une distance de 0.4 fois la portée nominale
pour assurer une détection correcte.

Il existe deux types de capteurs de proximité inductifs, blindé (shielded) ou non‐blindé (nonshielded). Un
détecteur non‐blindé à une portée plus grande qu’un détecteur blindé. Toutefois, un détecteur non‐blindé
ne peut être noyé dans le métal, alors qu’un détecteur blindé permet ce genre d’installation.

Détecteur blindé et non‐blindé


Résumé :
Les caractéristiques pricipales des capteurs de proximité inductifs sont :
 Robustes et fiables.

 Ne détectent que les métaux.

 Les portées disponibles sur le marché vont de 25 micromètres à 6 centimètres.

 Ces détecteurs utilisent des principes basés sur le magnétisme, ils sont sensibles aux champs
magnétiques. Il faut donc éviter de les utiliser dans un environnement ou des champs magnétiques
sont présents.

b- capteurs de proximité capacitifs

Le capteur de proximité capacitif détecte tout objet qui a un effet sur un champ électrique. Donc, le capteur
27
Capteurs et Métrologie

de proximité capacitif détectera les objets, dont la constante diélectrique relative est suffisamment
différente de celle de l’air et des objets métalliques qui viennent modifier la géométrie du champ électrique.

Capteur de proximité capacitif (source : directindustry.fr)

Tout comme les capteurs de proximité inductifs, les capteurs de proximité capacitifs ont aussi un circuit
oscillateur. Mais, cette fois‐ci, c’est un champ électrique qui est émis par la face sensible du capteur.
Lorsqu’une cible s’approche de la face sensible, sa présence affecte l’intensité du champ électrique et la
capacitance du condensateur formé par les plaques du détecteur.

Schéma de principe d'un capteur de proximité capactif

Une oscillation apparait en sortie de l’oscillateur lorsque la cible est présente, et cela est utilisé pour générer
un signal de sortie logique indiquant la détection ou la non‐détection d’un objet.

Dans le cas d’un objet non‐métallique, la principale voie de détection est via le changement de la
constante diélectrique du milieu présent dans le champ électrique du condensateur. Par exemple, pour un
condensateur constitué de deux plaques conductrices, la capacitance est :
ε A
C
d
En variant la constante diélectrique ε, cela change la capacitance.

Dans le cas d’un objet métallique, c’est le changement de géométrie de la capacitance qui est détectée. La
portée nominale d’un détecteur de proximité capacitif dépend de la taille de la cible à détecter.
L’épaisseur de la cible est de un millimètre au minimum. La largeur et longueur de la cible doit être trois
fois la portée nominale du capteur. Par exemple, un détecteur de proximité capacitif ayant une portée
nominale de 20 millimètres exige une cible d’au moins 60 mm x 60 mm x 1 mm.

28
Capteurs et Métrologie

La portée est entachée d’une tolérance de fabrication de ±10 %. Donc, un détecteur ayant une portée
nominale de 20 millimètres aura une portée variant de 18 à 22 millimètres. La détection de la cible est
assurée si sa distance au détecteur est de 18 millimètres ou moins. La portée est aussi entachée par les
variations de température qui vient ajouter un ±20 %. Ce qui mène à une fourchette de portée de 0.72 à
1.32 fois la portée nominale. Ce qui pour le détecteur pris en exemple, mène à une portée de 14.4
millimètres. A cette distance, la détection est assurée.

L’importance de l’effet de la cible sur le champ électrique dépend de sa constante diélectrique (si la cible
est non‐métallique). La portée nominale est établie pour une cible ayant une constante diélectrique de
l’ordre de 80. Si la constante diélectrique est différente, alors il faut corriger la portée comme le montre la
Figure ci-dessus. Ainsi, si la constante diélectrique de la cible était de 10, la portée serait 60 % de la portée
nominale et ainsi, si on reprend l’exemple du détecteur avec une portée nominale de 20 millimètres, on
trouve finalement une portée de 8.64 millimètres pour cette cible.

Il n’est pas évident d’établir la constante diélectrique d’un objet à détecter. Pour faciliter la tâche, un
potentiomètre est accessible pour ajuster la sensibilité du capteur. Cela permet d’ajuster la sensibilité du
détecteur pour s’assurer de détecter l’objet à détecter.

Dans certaines applications, l’environnement peut être poussiéreux et/ou humide ce qui peut entrainer des
dépôts de matière ou de condensation sur la face sensible du détecteur. Cette contamination de la face
sensible peut causer une fausse détection de cible par le détecteur. Dans un tel environnement, il est
recommandé d’utiliser un détecteur ayant un champ de compensation.
Le champ de compensation est un champ électrique qui n’a lieu qu’à une très courte distance de la face
29
Capteurs et Métrologie

sensible. Lorsqu’une contamination de la face sensible à lieu, cela influence à la fois le champ de
compensation et le champ électrique principal. Alors que l’objet à détecter n’influence que le champ
électrique principal.

Champ de compensation
Cela permet donc de distinguer entre l’objet à détecter et la contamination, ce qui élimine les fausses
détections.

Tout comme le détecteur de proximité inductif, le détecteur de proximité capacitif vient en deux versions:
blindé et non‐blindé. Pour ce qui est de l’installation de ces détecteurs, des règles similaires à celle des
détecteurs de proximité inductifs s’appliquent. Toutefois, vérifiez les distances avec le fabricant.
Résumé :Les caractéristiques des capteurs de proximité capactifs sont :
 Ils détectent tous les matériaux.

 Ces capteurs peuvent être très sensibles pour détecter une cible.

 Toutefois, ils sont aussi sensibles aux variations de l’environnement, i.e., les variations de
température et d’humidité. Ces deux paramètres changent sensiblement la constante diélectrique.

 La portée de ces capteurs est de l’ordre de quelques centimètres.

c- Capteur de proximité photoélectrique

Capteur de proximité photoélectrique en action

Les capteurs de proximité photoélectriques permettent la détection d’une cible qui affecte la trajectoire
d’un faisceau lumineux.
30
Capteurs et Métrologie

Un détecteur de proximité photoélectrique exige un émetteur et un récepteur à rayonnement lumineux.


L’émetteur assure d’avoir un signal lumineux que le récepteur pourra distinguer de l’ensemble des signaux
lumineux (éclairage, soleil, …) qu’il reçoit.

L’émetteur comprend un oscillateur dont le but est d’envoyer un train d’onde carrée à la diode
électroluminescente (DEL). La DEL émet un signal lumineux oscillant dont la fréquence est de quelques
kilohertz. C’est grâce à cette fréquence particulière que le récepteur sera en mesure de distinguer ce signal
lumineux dans l’ensemble du rayonnement lumineux reçu par le récepteur.

Émetteur et récepteur d'un détecteur de proximité photoélectrique

Le phototransistor du récepteur capte la lumière et elle est amplifiée pour pouvoir détecter plus facilement
le signal lumineux en provenance de l’émetteur. Le démodulateur extrait le signal du l’émetteur, si celui‐
ci est détecté. Il peut ne pas être détecté, soit parce qu’un obstacle bloque le passage du signal lumineux,
soit parce que le signal lumineux est noyé dans l’ensemble des signaux lumineux reçu par le récepteur.

Les DEL utilisés dans l’émetteur émettent dans la bande de 600 à 700 nanomètres pour les DEL rouges et
dans la bande de 850 à 950 nanomètres pour les DEL infrarouges.

Il existe plusieurs configurations possibles pour les détecteurs de proximité photoélectriques :

 La méthode de la barrière;

 La méthode rétro‐réflective;

 La méthode diffuse;

 La méthode convergente;

 La méthode du champ fixe;

 La méthode spéculaire.

Méthode de la barrière :

La méthode de la barrière consiste à mettre l’émetteur et le récepteur face à face. En l’absence d’objet, le
faisceau envoyé par l’émetteur est reçu par le récepteur. Lorsqu’un objet se présente, il coupe le faisceau
et le récepteur ne reçoit plus de lumière. La coupure du faisceau lumineux par l’objet provoque donc sa
détection.
31
Capteurs et Métrologie

Ce système permet des portées (distance émetteur/récepteur) jusqu’à 200 mètres (700 pieds).
Méthode rétro-réflective :
La méthode de la barrière implique d’avoir un récepteur et un émetteur localisés à deux emplacements
différents, avec le câblage nécessaire allant à ces deux endroits. Une approche qui évite ces problèmes,
c’est la méthode rétro-réflective. L’émetteur et le récepteur sont montés dans le même boîtier et un
réflecteur est utilisé pour retourner le faisceau vers le récepteur. Comme la méthode de la barrière, si le
faisceau n’est pas obstrué par un objet alors le faisceau lumineux réfléchit est détecté par le récepteur.
Lorsque l’objet coupe le faisceau le récepteur ne le reçoit plus et l’objet est détecté.
La portée de détecteurs utilisant la méthode rétro-réflective peut aller jusqu’à environ 23 mètres.

Méthode de la barrière
Méthode rétro‐réflective

Méthode diffuse :
Lorsque l’objet est très réfléchissant, cela provoque des problèmes avec la méthode rétro-réflective.
Toutefois, si l’objet est réfléchissant, on peut l’utiliser comme «miroir» pour réfléchir le faisceau
lumineux de l’émetteur vers le récepteur. Cela correspond à une méthode dite méthode diffuse. La
portée est beaucoup plus faible qu’avec les deux méthodes abordées précédemment, elle est d’environ
1.8 mètre maximum. La portée dépend du niveau de réflectivité de la surface de l’objet. Idéalement, il
faudrait que la normale de la surface de l’objet pointe vers le capteur pour maximiser la portée et faciliter
la détection. La portée sera affectée par le niveau de réflectivité de l’objet. Plus la réflectivité de l’objet
est faible, moins il réfléchira de lumière vers le détecteur et plus l’objet sera difficile à détecter.
Méthode convergente :
La méthode convergente s’applique bien aux objets translucides. Le capteur détecte l’objet lorsqu’il est
aux environs du point focal, i.e., dans la zone de détection correspondant à la profondeur de champ du
capteur.

La portée de ce type de détecteur est de 150 millimètres (6 pouces) maximum.

32
Capteurs et Métrologie

Méthode du champ-fixe :
La méthode du champ fixe s’applique bien aux objets minces, ou encore lorsque l’arrière plan peut
perturber la détection de l’objet parce que proche. Le récepteur est équipé de deux détecteurs, l’un détectant
les objets près du capteur, l’autre détectant les objets loin du capteur. Il y a donc une distance (cutoff
distance) à partir de laquelle on considère l’objet trop loin. Il n’est donc pas détecté au delà de cette
distance. À une distance moindre, si l’objet est dans la zone de détection, il sera détecté puisque le détecteur
R1 est celui qui recevra la majorité de la lumière réfléchie.

La portée est de 400 millimètres.

Méthode spéculaire :
La méthode spéculaire permet de détecter un objet mat (comme du tissu) sur une surface réfléchissante.
La portée est de 400 millimètres maximum.

d- Capteurs de proximité ultrasoniques


Les capteurs de proximité ultrasoniques permettent la détection d’un objet, indépendamment de la matière
qui le compose, sa couleur, et sa transparence. Ce détecteur est relativement robuste et fiable dans un
environnement industriel.

Capteur de proximité ultrasonique

33
Capteurs et Métrologie

5-4 Capteurs de déplacement


Il en existe deux grandes familles de capteurs de déplacement : les capteurs résistifs et les capteurs
inductifs.

a- Capteur de déplacement résistif

Il est représenté par les potentiomètres. Les capteurs de déplacement à potentiomètre permettent d’obtenir
une mesure analogique de la distance. La distance est proportionnelle à la valeur de la résistance du
potentiomètre. Les potentiomètres permettent des mesures de distances angulaires ou linéaires. Dans ce
dernier cas, la mesure est faire par un potentiomètre de précision monté sur un système de poulies et un
ressort de rappel, ce qui donne accès à une étendue de mesure pouvant aller jusqu’à 20 pieds (environ 6
mètres). Ce peut être aussi un potentiomètre linéaire, mais dans ce cas, les portées sont beaucoup plus
limitées.

Schéma de principe d’un capteur de déplacement à potentiomètre Capteurs de déplacement à potentiomètre linéaires

Pour mesurer l’impédance du potentiomètre, il faut appliquer une tension d’excitation, au capteur. Dans le
cas du montage le plus simple, constitué seulement d’un potentiomètre. La tension d’excitation V CC est
appliquée entre les entrées +In et Com. La distance mesurée x est déduite par la mesure de la tension de
sortie Vs entre les sorties +Out et Com.
Le potentiomètre agit comme un diviseur de tension et la tension de sortie Vs sera :

avec RPot la résistance totale du potentiomètre et la résistance correspondant à la distance x


: Rx = RPot (x/E.M.), (E.M. est l’étendue de mesure du capteur).

Circuit interne d'un capteur de déplacement à potentiomètre

34
Capteurs et Métrologie

Le module électronique de conditionnement (MEC), qui interprétera, mesurera cette tension Vs, doit être
de bonne qualité. Sinon, une non-linéarité peut être engendrée si le MEC n’a pas une impédance d’entrée
suffisamment grande. Pour montrer cet effet, supposons que l’impédance d’entrée du MEC est représentée
par la variable RL. La connexion du MEC au capteur modifie le circuit diviseur de tension et on obtient
alors :

Si RL >> Rx, alors, on retrouve la relation qui est linéaire avec R x et aussi avec x. Sinon, la caractéristique
entre la tension Vs et la position x devient non-linéaire.

Relation position/tension de sortie pour diverses valeurs de R L vs RPot

Caractéristiques principales :
 Capteur très économique et simple;

 Course relativement étendue;

 Le problème majeur est celui de l'usure;

 Un potentiomètre n'est pas étanche;

 Besoin d'un lien (fil) avec l'objet;

 La vitesse de l'objet est limité.

b- Capteurs de déplacement inductifs

Le capteur à LVDT

Le capteur de déplacement à LVDT (LVDT = Linear Variable Displacement Transformer) utilise le


principe du transformateur pour faire la mesure. Dans un transformateur, il y a un couplage magnétique
entre deux bobines, la bobine primaire et la bobine secondaire. Une tension alternative V1 appliquée au
primaire du transformateur est transformée en une tension alternative V2 au secondaire. Le rapport entre
35
Capteurs et Métrologie

les amplitudes de ces deux tensions dépend du rapport entre le nombre de tours de fils au primaire N1 et le
nombre de tours de fils au secondaire N2. Pour un montage donné dans la figure ci-dessous, ce rapport
dépend aussi du couplage magnétique entre le primaire et le secondaire ainsi que de la distance entre les
deux bobines. Dans un transformateur, pour permettre un bon couplage magnétique (pour que le
transformateur ait un bon rendement), un entrefer métallique est utilisé.

Capteurs de déplacement à LVDT

Principe du couplage entre 2 bobines

Dans le cas ou la tige métallique peut être déplacée, le couplage entre les deux circuits magnétiques sera
modifié et cela modifiera la tension au secondaire. Cette tension sera maximale lorsque la tige métallique
est présente sur toute la longueur des enroulements du primaire et du secondaire. Elle diminuera au fur et
à mesure que la tige est retirée de la zone ou sont localisés les enroulements. Elle sera minimale en l’absence
de tige.

Le LVDT est basé sur ce principe. Toutefois, il est nécessaire de pouvoir déterminer dans quelle direction
la tige est déplacée. Pour ce faire, le LVDT est constitué d’un transformateur comportant un primaire et
deux secondaires. Et, les deux bobinages secondaires sont placés de chaque coté du bobinage primaire.
Une tige métallique se déplace au centre de ces bobinages pour permettre de modifier les couplages
magnétiques entre le primaire et les deux secondaires.

Principe de fonctionnement du LVDT


36
Capteurs et Métrologie

Lorsque la tige métallique est centrée, les couplages magnétiques sont identiques et les tensions de sortie
aux deux secondaires ont la même amplitude. Si la tige est déplacée vers la gauche, le couplage magnétique
avec le secondaire localisé à gauche augmente et le couplage magnétique avec le secondaire de droite
diminue. La tension à la sortie du secondaire de gauche augmente alors que celle du secondaire de droite
diminue. La relation est linéaire avec la position de la tige. On peut donc déduire en observant les tensions
des secondaires la position de la tige, la distance x.
Résumé :
 Etendues de mesure allant de ±1 à ±1000 mm.

 Leur linéarité est de l’ordre de ±0.05 % E.M.

 La résolution est excellente, mieux que 0.1 micromètre.

 Fiabilité et robustesse, certains fabricants ayant déclaré une MTBF de 228 ans!

 Les LVDT sont sensibles aux champs magnétiques.

 Un LVDT‐AC exige un module électronique de conditionnement pour alimenter son primaire
avec une tension alternative et pour convertir les tensions alternatives des secondaires en un signal
standard (par exemple 4 à 20 mA). Il est important de s’assurer que la fréquence de la tension soit
celle définie par le fabricant, car la mesure du déphasage sera rendue difficile si la fréquence
utilisée pour alimenter capteur n’est pas correcte.

 Le LVDT‐DC intègre le module de conditionnement dans le capteur qui est par conséquent plus
volumineux.

Les synchromachines
Les capteurs de déplacement à synchromachines existent en trois versions : les résolvers, les
synchromachines, les Inductosyns. Ils fonctionnent sur des principes similaires au LVDT, i.e., des principes
d’induction magnétiques.
Un résolver est un appareil de mesure de distance angulaire constitué d’un rotor et d’un stator bobiné. Le
rotor comporte un seul bobinage recevant une tension d’excitation :

Schéma simplifié d'un résolver Bobinages dans un résolver

37
Capteurs et Métrologie

Le stator comporte deux bobinages installés de telle façon que leurs axes sont orientés à 90° l’un par rapport
à l’autre. Ainsi, la tension induite dans chacun des bobinages du stator est :

pour la bobine S1‐S3 et :

pour la bobine S2‐S4. Les tensions de sorties dépendent du rapport de transformation a, entre le rotor (qui
est le bobinage primaire) et les bobinages du stator (qui sont les secondaires). Elles dépendent aussi de
l’angle entre le rotor et le stator θ.
Les résolvers étaient utilisés pour calculer le sinus et le cosinus d’un angle de façon totalement mécanique.
Le mot synchromachine désigne de façon générique les équipements présentés dans cette section. Il désigne
aussi un appareil de mesure de distance angulaire constitué d’un rotor et d’un stator bobiné comme le
résolver. Et comme le résolver, le rotor comporte un seul bobinage recevant une tension d’excitation
Vexc=V cos( t)

Bobinages d'un synchromachine

C’est au niveau du stator qu’une différence apparaît au niveau du bobinage. Trois bobines sont montées en
Y, comme pour un moteur à courant alternatif (CA) asynchrone. Les axes des bobines sont décalées de
120° l’une par rapport à l’autre. La tension induite entre S1 et S3 est :

celle entre S3 et S2 :

et enfin, celle entre S2 et S1 :

Les significations de a et θ sont les mêmes que pour le résolver.


L’Inductosyn est un autre système de mesure linéaire ou angulaire permettant la mesure de déplacement
(Inductosyn linéaire). Une tension d’excitation est appliquée sur une base fixe fait avec une bobine telle
que montrée en Figures ci-dessous. Le pas de la bobine dans la base fixe et des bobines dans la glissière
est xp. Dans le cas de l’Inductosyn linéaire, une glissière se déplace sur la base et la tension de sortie
générée par chaque bobinage de la glissière est (pour la sortie u sin) :
38
Capteurs et Métrologie

Et pour la sortie cosinus :

Le déphase du signal est obtenu en décalant la bobine du sinus du ¼ du pas xp par rapport à la bobine du
cosinus.

Schéma de principe de l’Inductosyn Positions relatives des bobines secondaires de l'Inductosyn

Résumé : Ces capteurs à synchromachine ont une course très étendue. Ils sont reconnus pour leur
fiabilité et leur robustesse. La mesure angulaire est excessivement précise, allant jusqu’à 1.5 seconde
d’arc (1° = 3600 secondes d’arc). Comme le LVDT, il faut faire attention aux champs magnétiques et en
raison de leur grande précision, ces capteurs sont coûteux.

6. Capteurs de vitesse :
La mesure de vitesse est nécessaire dans les asservissements de vitesse de machines tournantes.
Elle peut être obtenue via un capteur de déplacement, puisque la dérivée de la position correspond à la
vitesse :

Donc, si un capteur de position est disponible, on peut y avoir recours.

6-1 Introduction
Pour la mesure de vitesse angulaire, il existe trois grandes approches :
 Les tachymètres à impulsion (basés sur les détecteurs de proximité);

 Les génératrices tachymétriques (en CA ou CC);

39
Capteurs et Métrologie

 Les gyromètres (capteur embarqué – ex : application en avionique – sera non couvert ici).
Pour la mesure de vitesse linéaire, il existe deux approches :
 Les tachymètres linéaires (si parcours limités ‐ basés sur les génératrices tachymétriques);
 Les tachymètres linéaires à onde (si parcours illimité, ex : radar de police – sera non-couvert ici).

6-2 Génératrices tachymétriques à courant alternatif (CA)


La génératrice à courant alternatif (CA) permet de mesurer la vitesse d’un mobile tournant.
Le stator est un aimant permanent qui est la source du champ magnétique. Le rotor est soumis à ce champ
magnétique d’intensité B (en Tesla).

Lorsque le rotor est en rotation, le cadre métallique coupera des lignes de champ magnétique et une force
électromotrice (FEM) induite apparaît. L’intensité de cette FEM est obtenue par cette équation :

S est la surface du cadre métallique (m2), N est le nombre de tours de fils du rotor, ω est la vitesse de
rotation angulaire (rad/s). B est l’intensité du champ magnétique en Tesla et 1 Tesla est égale à 1
Volt∙s/m2.
La FEM est donc une onde sinusoïdale de fréquence angulaire ω et dont l’intensité est proportionnelle à la
vitesse de rotation angulaire qui est aussi ω. Puisque la FEM est sinusoïdale, cela entraîne que ce capteur
ne donne pas le sens de rotation du mobile tournant.
Lorsque la vitesse ω est faible, elle est difficile à mesurer, d’autant plus que la fréquence angulaire
est aussi faible. Donc, les mesures à très basses vitesses sont très difficiles. Pour générer une tension
alternative, la génératrice tachymétrique à CA doit prélever de l’énergie de l’objet dont on mesure la
vitesse. Ce qui se traduit à un couple de résistance lorsque l’on essaye de faire tourner la génératrice. Cela
doit être pris en compte si les couples en jeu pour entraîner l’objet sont de faibles amplitudes.

6-3 Génératrices tachymétriques à courant continu (CC)


La génératrice à courant continu (CC) permet de mesurer la vitesse d’un mobile tournant de façon similaire
à la génératrice à CA. La différence entre les deux, c’est au niveau du dispositif pour aller chercher la FEM
générée par le cadre en rotation dans un champ magnétique.

40
Capteurs et Métrologie

Dans la génératrice à CA, il y a un collecteur distinct à chaque extrémité du cadre et la FEM est mesurée
via deux balais en graphite. La génératrice à CC possède un seul collecteur séparé en deux parties que l’on
nomme commutateur. Deux balais en graphite placés face à face mesurant la tension au commutateur.
Le but du commutateur, c’est de faire en sorte que la FEM mesurée en sortie soit toujours avec la même
polarité. La Figure ci-dessous montre la rotation du cadre sur 360° avec la FEM obtenue en sortie du
commutateur. Le commutateur agit comme un redresseur de tension. Toutefois, il est important de noter
que si la direction du mobile tournant est inversée, la FEM est aussi inversée.

Le sens de rotation peut donc être obtenu avec la génératrice à CC. Pour limiter l’amplitude de
l’ondulation de la FEM, on peut avoir une génératrice à CC avec plusieurs pôles. Par exemple, la Figure

ci-dessous montre la FEM générée par une génératrice à CC ayant 2 paires de pôles. Le signal de sortie est
le maximum de chaque paire de pôles. Il est facile d’imaginer que le signal ondulera moins avec plus de
pôles.

Tout comme la génératrice à CA, la génératrice à CC tire de l’énergie du mobile.

6-4 Tachymètres linéaires à fil


Les génératrices présentées aux deux sections précédentes mesurent des vitesses angulaires. On peut, via
un système de poulies et de ressorts (comme le potentiomètre linéaire) les transformées en capteurs de
vitesse linéaire. En pratique, c’est une génératrice à CC qui est utilisée sur ce genre d’équipement.

Ce genre de tachymètre permet des déplacements de l’ordre de 12 mètres maximum. La limite est la
longueur du fil qui relie l’objet au tachymètre linéaire. Pour que tout aille pour le mieux au niveau du

41
Capteurs et Métrologie

mécanisme, on limite l’accélération à moins de 100 g. Il faut aussi respecter les limites de vitesse de ce
capteur. La précision de ces capteurs est de l’ordre de ±0.25 % E.M.

7. Capteurs de pression, niveau et débit


7-1 Capteurs de pression
La mesure de pression est une mesure fondamentale, car plusieurs grandeurs physiques sont mesurées par
la variation de pression qu’elles entraînent. Par exemple, le niveau dans un réservoir peut être mesuré par
un capteur au bas du réservoir mesurant la pression hydrostatique. De même, le débit peut être mesuré par
la chute de pression que cause un obstacle dans une conduite. Autre exemple, la température peut être
mesurée en observant la pression d’un gaz soumis à cette température. Bien sûr, la mesure de pression peut
être utilisée pour mesurer la grandeur physique de pression.

Avant d’aller plus avant, rappelons quelques notions de base. En premier lieu, la pression d’un fluide est
la force que ce fluide exerce, par unité de surface, perpendiculairement à cette surface : P=F/A. Si le fluide
est immobile, cette pression est dite pression statique. Si le fluide est en mouvement, il y a apparition de la
pression dynamique. La somme de la pression statique et dynamique est appelée pression totale.

Pour donner une image claire, imaginez une personne au volant d’une voiture circulant sur l’autoroute. Si
elle garde sa main gauche dans la voiture, celle‐ci subit la pression atmosphérique qui est une pression
statique. Si maintenant, elle sort la main par la fenêtre avec la paume vers l’avant, alors la pression ressentie
sur la paume est la pression atmosphérique auquel vient s’additionner une pression dynamique due au
mouvement de l’air étant donné que la voiture est en mouvement. Cette pression dynamique exige de la
personne qu’elle doit user de ses muscles pour que sa main ne change pas de position.

Le principe de Pascal est un autre élément à connaître lorsque l’on aborde le sujet de la mesure de pression.
Ce principe se base sur le fait que la pression exercée sur un fluide est transmise dans tous les sens et est
appliquée perpendiculairement à la surface du fluide.

7-1-1 Introduction
Les unités de mesures utilisées pour quantifier la pression sont diverses et exigent d’être expliquées. Tout
d’abord, il est nécessaire de distinguer entre : la pression absolue, la pression relative et la pression
différentielle.

Figure 7-1 : Différent mode de mesure de pression


42
Capteurs et Métrologie

La pression absolue est la pression thermodynamique, par rapport au vide absolu. La pression ne peut être
qu’une valeur positive ou égale à 0 dans le vide absolu. Puisque nous vivons sur une planète dotée d’une
atmosphère, cette dernière exerce une pression dite atmosphérique. Lorsque la pression est mesurée par
rapport à la pression atmosphérique, on l’identifie sous le nom de pression relative. La pression relative
peut prendre une valeur positive ou négative. La pression relative est négative lorsque l’on mesure la
pression d’un vacuum.
Dans certaines applications, on désire connaître la différence de pression. C’est le cas d’un débitmètre à
organe déprimogème, ou ce qui est mesuré c’est la chute de pression provoquée par un obstacle
intentionnellement introduit dans la conduite. Dans ce cas, c’est une mesure pression différentielle.
Revenons maintenant aux unités de mesure de pression. Dans le système impérial, l’unité la plus
couramment utilisée est la livre par pouce carré, que l’on identifie par l’acronyme psi (pound per square
inch). Pour distinguer si la pression est relative ou absolue, un suffixe est ajouté. Un psig identifie une
pression relative (psi gage) alors qu’un psia identifie une pression absolue. La pression atmosphérique est
de 14,7 psia ou 0 psig.
Dans le système métrique, la pression est mesurée en Pascal. Toutefois, le Pascal est une très petite unité,
car elle correspond à une force de 1 Newton appliquée sur une surface de 1 mètre carré. Ainsi, les pressions
du système métrique sont souvent en kilopascal ou en mégapascal. La pression atmosphérique est de
101325 Pa ou 101,325 kPa. Un psi équivaut à 6894,7 Pa.
D’autres unités sont aussi utilisées :
• La pression en millimètre de mercure (Hg) ou en torr : 1 mm Hg = 1 torr = 133,32 Pa;
• La pression en pouce de mercure : 1 po Hg = 0,4912 psi;
• La pression en pouce d’eau : 1 psi = 27,68 po. H2O;
• La pression en bar : 1 bar = 100 kPa;
• La pression en atmosphère.
Du coté impérial, la pression est aussi souvent identifié en « tête d’eau ». Quand on indique qu’une pompe
à une tête d’eau de 200 pieds, cela implique que la pression fournie par la pompe équivaut à la pression
hydrostatique qu’une colonne d’eau d’une hauteur de 200 pieds.
Sachant qu’il y a 12 pouces dans un pied et qu’un psi est égal à 27,7 pouces d’eau, il est donc possible de
convertir en psi, ou en tout autre unité de mesure.
La tête d’eau représente en fait une pression dite hydrostatique. Cette pression est représentée par
l’expression mathématique suivante :
(II.7.1)
La pression dépend de la densité du fluide ρ, de l’accélération de la pesanteur et de la hauteur de fluide h
au dessus du point de mesure. Et, cette pression est indépendante du volume de liquide au dessus du point
de mesure. Un plongeur nageant à 3 mètres de profondeur ressentira la même pression qu’il soit dans une

43
Capteurs et Métrologie

piscine ou dans un lac (en assumant une densité identique à ces deux endroits pour l’eau). On peut
convenir qu’une piscine a un volume d’eau largement inférieur à celui d’un lac.

Dans un capteur de pression, on distingue,


► la sonde, canal de transmission qui transmet la pression de l’endroit où on veut la mesurer au reste du
capteur. Si le fluide est en mouvement, la pression n’est pas uniforme autour de la sonde, comme le
montre l’équation de Bernoulli (valable seulement pour les fluides parfaits en mouvement
irrotationnel)

v2
 p g z  p constante (II.7.2)
2
Si l’ouverture est tournée vers la direction d’où vient le fluide, la vitesse s’annule sur cette ouverture et
donc la pression y est plus élevée. On dit que la pression mesurée est la somme de la pression statique
(valeur de p à grande distance de la sonde) et de la « pression dynamique » v2/2. A noter que cette
dernière n’est pas une vraie pression !
► Le corps d’épreuve transforme la pression en une autre grandeur physique (force, déplacement,
microdéplacement, déformation). C’est à ce niveau que s’établi la distinction entre capteur absolu,
relatif ou différentiel.
► Un amplificateur mécanique (levier…) peut suivre le corps d’épreuve
► Le traducteur transforme la grandeur obtenue en grandeur électrique.

On distinguera parmi les capteurs de pression ceux qui font appel à un traducteur sensible à la pression
(donc sans corps d’épreuve distinct) et les capteurs comprenant un corps d’épreuve.

7-1-2 Capteur à traducteur de pression


Les capteurs de pression piézoélectriques appartiennent à cette famille. Compte tenu de leur large bande
passante et de leur défaut de réponse en régime, ils sont utilisés pour la mesure de pressions rapidement
variables (ondes de choc, pression dans un cylindre de moteur à explosion, etc…).

7-1-3 Capteurs à corps d’épreuve


La déformation d’un corps d’épreuve relativement rigide sera mesurée par des jauges de d’extensométrie
(piézorésistives ou « de contrainte ») ou un capteur capacitif. Ce sera le cas avec certains diaphragmes.
Certains autres corps d’épreuve (p.ex. : tube de Bourdon...) conduisent à des déformations plus
importantes mesurables à l’aide d’un traducteur de déplacement (potentiomètre, traducteur inductif,
traducteur digital). La fréquence propre de ces corps d’épreuve est généralement plus basse que celle des
corps d’épreuve à forte rigidité. Ils sont donc moins bien adaptés à la mesure de pressions rapidement
variables.
44
Capteurs et Métrologie

a) b)

Figure 7-2

a) b)

Figure 7-3

Les capteurs précédents contiennent un corps d’épreuve traduisant une pression (ou une différence de
pression) en une déformation ou un déplacement. D’autres capteurs de pression contiennent un corps
d’épreuve transformant une pression en force. Il s’agit soit de dispositifs à piston, soit de corps d’épreuve
déformables associés à un dynamomètre à forte rigidité.

Figure 7-4

45
Capteurs et Métrologie

7-2 Capteurs et détecteurs de niveau


Le choix du capteur de niveau dépend de:
 Type d’installation: Cuve, Réservoir, Extérieur.

 Nature du produit: Fluide, Solide.

 Mode de liaison avec le liquide: Avec ou sans contacts.
La mesure du niveau peut se faire par plusieurs méthodes :
Méthodes Hydrostatiques : Flotteur, Plongeur, Palpeur électromécanique, Capteur de
pression,Capteur par bullage
Méthodes basées sur les phénomènes électriques : Sonde conductrice, Sonde capacitive

Méthodes de rayonnement: Rayonnement: Capteur par rayons gamma, Capteur
ultrasonique,Détecteur optique, Capteur par hyperfréquences

7-2-1 Méthodes hydrostatiques


Les premières méthodes de mesure et contrôle de niveaux de liquides sont fondées sur les propriétés
hydrostatiques des liquides (pression hydrostatique, poussée d'Archimède).

La mesure transmise par les capteurs utilisés est une fonction continue de la hauteur de liquide. Elle est
indépendante de ses propriétés électriques mais dépend, sauf dans le cas du flotteur, de la masse volumique
du liquide. On distingue quatre principes de mesure :

a- Le flotteur :

Il se maintient à la surface du liquide, il est rendu solidaire d'un capteur de position qui délivre le signal
électrique correspondant au niveau. La mesure s'apparente ensuite à la mesure d'un déplacement ou la
détection d'une position.
 domaine d'utilisation : C'est une technologie qui convient mal aux liquides très visqueux susceptibles
d'adhérer aux parois du flotteur, modifiant ainsi son poids et par conséquent sa profondeur d'immersion.
Ils sont utilisables aussi bien dans les réservoirs ouverts, fermés, sous pression qu'en extérieur sur les
puits, canaux... La mesure peut être faussée lorsque la densité du fluide varie 
 gamme de mesure : 10 mm à plusieurs mètres (30 m) 

 précision : 0,5 à 5% de l'étendue de mesure 

Le cas le plus répandu est celui des détecteurs de niveau par transmission magnétique. La transmission
est assurée par un système aimant permanent/interrupteur à lame souple (ILS). L'aimant permanent est

46
Capteurs et Métrologie

solidaire du flotteur ou même contenu dans celui-ci. La position du contact est généralement réglable. Pour
un montage vertical, le flotteur est guidé par un tube.
a- Le plongeur :
C'est un cylindre immergé dont la hauteur est au moins égale à la hauteur maximale du liquide dans le
réservoir. Le plongeur est suspendu à un capteur dynamométrique qui se trouve soumis à une force F (poids
apparent), qui est fonction de la hauteur h du liquide.
F = P - rghS
rghS : poussée d'Archimède s'exerçant sur le volume immergé du
plongeur S : aire de la section du plongeur
P : poids du plongeur
 domaine d'utilisation : Comme les dispositifs à flotteur, les dispositifs à plongeur utilise le principe
d'Archimède. Le plongeur subit de la part du liquide, une force qui est dépendante du niveau
d'immersion. Le plongeur de forme cylindrique est peu sensible aux oscillations de niveaux autour d'un
point d'équilibre. Il convient aux liquides très visqueux
 gamme de mesure : 30 cm à 6 mètres maximum

 précision : de l'ordre de 0,5 %

c- Le palpeur électromagnétique
Il est constitué d'un contrepoids suspendu à l'extrémité d'un câble. Un moteur permet de dérouler ce câble
jusqu'à l'obtention que le contrepoids entre en contact avec ce liquide. A cet instant, la tension du câble se
relâche actionnant un commutateur qui inverse le sens de rotation du moteur. Durant la descente du palpeur,
des impulsions sont générées à intervalles réguliers. Le comptage des impulsions permet l'obtention du
niveau.

domaine d'utilisation : utilisés pour les installations sur canal ouvert, réservoir de stockage de raffinerie.

47
Capteurs et Métrologie

Ils sont plus coûteux que les dispositifs à flotteur ou à plongeur. Ils portent également le nom de sondes
affleurantes
 gamme de mesure : jusqu'à 50 mètres
 précision : de l'ordre du millimètre
d- Le capteur de pression 

Il mesure :

 la pression relative au fond du réservoir quand celui-ci est ouvert à l'air libre, cette pression est l'image
du niveau h du liquide
P = rgh

 la pression différentielle quand le réservoir est fermé et sous pression 









 domaine d'utilisation : cette technique est utilisable à la quasi totalité des liquides : toutes viscosités,
neutres ou corrosifs, chargés ou non, inflammables ou non. Toutefois l'indication délivrée est
directement proportionnelle à la densité du fluide. Toute variation de densité fausse la mesure.
Utilisation dans une large gamme de la température ambiante -20 à + 80 °C et de liquide (< 120 °C)
ainsi que de pression hydrostatique (<25 bars) 

 gamme de mesure : depuis 0 à 25 mbar et jusqu'à 25 bars 

 précision : 0,5 à 1 % de l'étendue de mesure selon la technologie employée 

La fixation s'effectue souvent par une bride à la partie inférieure du réservoir, éventuellement à la partie
supérieure si le réservoir est sous pression dans le cas de mesure différentielle.
Dans le cas des puits, on utilise des capteurs montés sur sondes plongeantes fixées au niveau de la paroi
supérieure.
Les technologies utilisées dans les capteurs de pression seront évoquées par la suite. Pour le principe, une
membrane élastique se déforme sous l'effet de la pression. Il y a transformation de cette déformation en
grandeur électrique. On peut mesurer une pression différentielle avec la pression atmosphérique grâce à

48
Capteurs et Métrologie

une cellule reliée à l'air libre par un tube rigide. Différentes technologies sont utilisées parmi lesquelles
les capteurs piézo-résistifs qui sont les plus utilisés dans les eaux usées, les capteurs piézo-électriques, les
jauges de contraintes.
e- Le capteur à bulle (ou limnimètre bulle à bulle)
Le principe consiste à insuffler un débit d'air constant dans un petit tuyau débouchant sous la surface de
l'eau, la pression de l'air est équilibrée par la colonne d'eau. La pression de l'air qu'il faut appliquer pour
produire des bulles est égale à la pression du fluide en bout de canne. La mesure de la hauteur d'eau est
égale à la pression d'air fournie.

Conditions d'installation:
 Extrémité du bullage doit être située sous le niveau minimal de l'eau et au dessus des dépôts possibles 

 Absence de coude et longueur limitée à quelques mètres pour le tuyau d'air (pertes de charge) 

 Éviter les grandes vitesses de l'eau (forces d'aspiration pouvant fausser notablement la mesure) 

 domaine d'utilisation : mesure des hauteurs de liquide jusqu'à 1,5 m de hauteur d'eau environ. Le
système est sensible aux obturations dues aux MES et aux modifications de la température
 précision : 2 % environ

7-2-2 Méthodes électriques de mesure de niveau


Elles utilisent les propriétés électriques des liquides dont on veut mesurer ou contrôler le niveau et sont les
seules à utiliser des capteurs traduisant directement le niveau en signal électrique.

a- Sondes conductives

Elles ne conviennent que pour les produits conducteurs (liquides, pâtes, granuleux...), ne sont pas sujettes
à l'usure et permettent la détection d'un niveau haut, bas ou intermédiaire. Ces sondes sont dotées d'une ou
plusieurs électrodes selon les modèles.

49
Capteurs et Métrologie

Chaque électrode est installée par un passage étanche de telle sorte que leur extrémité inférieure se situe
au niveau à détecter. Elle doit être isolée électriquement de la masse du réservoir quand il est métallique.
Dés que le liquide touche une électrode, il met à la masse un circuit alternatif basse tension. La masse est
constituée soit par le réservoir métallique, soit par une deuxième électrode quand le réservoir n'est pas
métallique. Le faible courant parcourant l'électrode est d'amplitude proportionnelle à la longueur
d'électrode immergée et suffit à actionner un relais. On utilise une basse tension alternative afin d'éliminer
tout risque d'électrolyse du liquide.
Domaine d'utilisation : liquides conducteurs de conductance minimale 25 µA/V entre électrode et masse.
Les températures sont comprises entre -200 et 250°C au niveau de l'électrode. La pression de service peut
être élevée jusqu'à 160 bars. Ce principe est déconseillé dans les milieux agressifs et pour les fluides
contenant des graisses ou des huiles qui peuvent former des dépôts non conducteurs sur les tiges des
électrodes.
b- Sondes capacitives
Elles sont d'un emploi plus répandues que les précédentes et fonctionnent à l'aide d'une électrode
plongeante dans le réservoir.
Pour les produits isolants (huile, pétrole...) la sonde est constituée d'une tige métallique isolée du réservoir.
Quand la sonde est découverte, le diélectrique est alors l'air ambiant (constante diélectrique = 1). En
présence d'un produit isolant, la capacité du condensateur augmente sous l'effet de produits qui possèdent
une constante diélectrique supérieure à 1. Cette variation de capacité est traitée pour actionner un relais ou
fournir un signal de sortie proportionnel au niveau du produit.
Pour les produits conducteurs (eau, solutions salines...) la constante diélectrique ne joue plus aucun rôle.
La tige de la sonde est enrobée d'un matériau isolant, d'épaisseur constante, jouant le rôle de diélectrique.
Les armatures du condensateur sont alors constituées par la tige métallique de la sonde et le liquide
conducteur. Si le réservoir est isolant, on immerge une armature. La capacité du condensateur dépend de
la densité et de la température des produits, pour remédier à ce problème, on utilise une deuxième sonde
capacitive, immergée en permanence et servant de référence.
 domaine d'utilisation : tous types de produits conducteurs ou isolants, liquides, pâtes, granuleux en
évitant les produits solides à granulométrie importante et les abrasifs 
 gamme de mesure : de l'ordre de 10 m, température de -20 à 85 °C, pression de l'ordre de 40 bars

 précision : de l'ordre de 1 %

7-2-3 Méthodes fondées sur l'utilisation de rayonnements


Elles permettent notamment des mesures sans contact avec le produit ce qui constitue un gros avantage.

a- Sondes à ultrasons
50
Capteurs et Métrologie

Le principe est basé sur l'émission d'une onde ultrasonore réfléchie sur la surface de l'eau. On capte l'écho
et on mesure le temps de parcours. Le temps de parcours est indépendant de la nature du fluide et de la
pression. Il faut toutefois respecter une zone dite " morte " à proximité du capteur (30 à 60 cm selon les
sondes).
L'amplitude de l'écho peut être sensiblement plus faible (rapport de 10) dans le cas d'un liquide dont la
surface est agitée.
 domaine d'utilisation : Ils conviennent pratiquement pour tous les produits alimentaires ou chimiques,
fluides liquides ou pâteux de toute température (-190 à 250°C) et pour des pressions jusqu'à 40 bars 
 gamme de mesure : jusqu'à 50 m

 précision : dépend de la température (normalement correctement compensée), des turbulences de l'air,
du taux d'humidité et des corps flottants et vaguelettes. De 1 à 9 mm selon les fournisseurs soit de
l'ordre de 1%

b- Radars
Le principe est similaire à celui des ondes à ultrasons, on utilise une onde lumineuse infrarouge. L'avantage
sur l'ultrason est que le procédé est indépendant de la température, du taux d'humidité et de poussière.

Le transducteur fonctionne successivement en émetteur et en récepteur. Il est placé au sommet du réservoir


et émet dans un cône de faible ouverture l'onde qui après réflexion sur la surface du liquide retourne vers
le transducteur qui les convertit en signal électrique.
Précision : 0,5 % de la distance mesurée, soit 5 à 10 mm dans la plupart des cas.

c- Sonde optique
La sonde contient une diode électroluminescente (émetteur de lumière), un phototransistor (récepteur) et
l'électronique correspondante. La sonde est constituée d'une pointe conique agissant comme un prisme. Le
rayon émis par la diode située d'un côté de la tête de la sonde, est réfléchi vers le phototransistor situé de
l'autre côté de la tête si le prisme est situé dans l'air. Le rayon est réfracté dans le liquide si la sonde est
immergée.
 domaine d'utilisation : liquide calme et non mousseux (huile, essence, pétrole, eau claire et boueuse,
solutions aqueuses, alcool)

gamme de mesure : détection de niveau avec une précision de 2,5 mm, des pressions de 10 bars maxi et
des température de -20 à 80°
51
Capteurs et Métrologie

7-3 Capteurs de débit


Il existe deux concepts différents pour le débit, à savoir le débit en volume (en m3/sec) et le débit en masse
(en kg/sec). Lorsque les caractéristiques du fluide sont constantes, le même débitmètre peut être étalonné
indifféremment selon l’une ou l’autre de ces définitions. Ce n’est pas le cas si les caractéristiques du fluide
sont susceptibles de varier.
La mesure du débit s’effectue de nombreuses façons, ce qui rend difficile leur
classification. Nous allons énumérer quelques-unes des méthodes possibles.

7-3-1 Débitmètre électromagnétique


Dans le cas d’un fluide conducteur, la vitesse d’écoulement dans une conduite peut être mesurée par la
force électromotrice de glissement qui apparaît en présence d’un champ magnétique perpendiculaire au
conduit. Cette f.é.m. s’exerce dans la direction perpendiculaire à la fois au conduit et au champ magnétique,
et est recueillie à l’aide de deux électrodes (voir figure ci-dessous).

Figure 7-5
En supposant la vitesse uniforme dans le conduit, on aurait

E=BLv (II.7.3)

où L est la distance entre les électrodes. Si le courant consommé par le circuit extérieur est insignifiant, la
tension mesurée est égale à E et la mesure ne dépend donc pas des caractéristiques du fluide.
Le débit, en m3/sec, est alors obtenu en multipliant la vitesse déduite de (II.7.3) par la section du conduit.
En pratique, v est une vitesse moyenne (sur un domaine qui dépend de la forme des électrodes) de sorte
que la relation entre E et le débit ne correspond pas exactement à la valeur ci-dessus.
Ces débitmètres ont l’avantage de ne pas comporter de pièces mobiles. Si le fluide a une conduction
métallique, on peut produire le champ B à l’aide d’un aimant permanent et recueillir une force
électromotrice E continue. Le signe de E est lié au sens d’écoulement du fluide.

52
Capteurs et Métrologie

Si la conduction du fluide est de nature ionique, cette solution donne lieu à une polarisation des électrodes
et donc mesure d’une tension U qui n’est pas égale à E. Dans ce cas, il vaut mieux produire le champ
magnétique par un courant alternatif passant dans des bobines (comme indiqué à la figure 7-5). La tension
E est alors alternative et, si l’on veut qu’elle donne une information sur le sens de l’écoulement, il convient
de la redresser de façon synchrone.

7-3-2 Débitmètre à turbine


Dans un débitmètre à turbine, l’écoulement du fluide entraîne la rotation d’une turbine qui peut être une
hélice coaxiale avec le conduit (figure 7-6a), ou une roue munie d’ailettes, dont l’axe se trouve au bord du
conduit et est perpendiculaire à ce dernier (figure 7-6b). Un dispositif semblable aux anémomètres est
également possible.

a) b) Figure 7-6

La vitesse de rotation de la turbine est proportionnelle à la vitesse d’écoulement. Il est possible de mesurer
cette vitesse depuis l’extérieur du conduit en exploitant les propriétés magnétiques (ou conductrices en cas
de détection par courants de Foucault) des pales.

7-3-3 Débitmètre à pression différentielle

Figure 7-7

53
Capteurs et Métrologie

Dans ce type de débitmètre, on exploite la relation de Bernoulli (valable uniquement pour les fluides
parfaits en mouvement irrotationnel ! ). La différence de pression mesurée est proportionnelle au carré du
débit volumique, mais seulement proportionnelle à la masse volumique du fluide. Ce type de capteur
suppose donc que la densité est constante, faite de quoi il ne pourra être étalonné ni en m3/sec ni en kg/sec
!

7-3-4 Rotamètre et débitmètre à palette


Le rotamètre et le débitmètre à palette comportent un obstacle (flotteur pour le premier cas, palette dans le
second) qui subit une force liée au débit du fluide. Comme pour le capteur à pression différentielle, il est
sensible à une grandeur qui n’est ni le débit en m3/sec ni celui en kg/sec.
L’obstacle prend une position (déplacement vertical dans le premier cas, inclinaison dans le second) qui
dépend de la force subie. Un capteur de position complète l’ensemble.

Figure 7-8 : rotamètre

7-3-5 Débitmètre à thermistance


On peut mesurer le débit par l’intermédiaire de mesure de température. Une façon d’y arriver consiste à
disposer dans le conduit une résistance chauffante régulée de façon à dissiper une puissance calorifique
bien connue.
L’élévation de température du fluide lors de son passage dans cette section du conduit est inversement
proportionnelle à sa vitesse. Elle dépend aussi de la capacité calorifique du fluide, de sorte que le dispositif
ne peut être étalonné que pour un seul fluide !
Deux capteurs de température, l’un situé en amont de la résistance chauffante et l’autre en aval, complètent
le dispositif.

Une disposition simplifiée utilise une résistance à coefficient de température à la fois comme source de
chaleur et comme élément de mesure. Son échauffement dépend en effet de l’efficacité de son
refroidissement par le fluide, lequel dépend de la vitesse du fluide.

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Capteurs et Métrologie

7-3-6 Débitmètre à vortex


Le passage d’un fluide en mouvement sur un obstacle donne lieu à la création de vortex à un rythme très
régulier, que l’on peut mesurer par différents moyens. La relation entre la fréquence et le débit dépend de
plusieurs paramètres du fluide.

7-3-7 Débitmètre à ultrasons


En mesurant la vitesse de propagation d’un son ou ultrason dans une direction proche de l’axe d’un conduit,
on peut en déduire une information sur la vitesse du fluide puisque la vitesse observée est la somme de la
vitesse de l’onde dans le fluide considéré et de la vitesse du fluide (composition des vitesses de Galilée).

Figure 7-9. : principe de la mesure de débit par ultrason

Malheureusement, la vitesse du fluide dépend de ses propriétés, et notamment de la température. On peut


cependant s’affranchir de cette dépendance en mesurant séparément la vitesse du son tant dans un sens que
dans l’autre entre les deux transducteurs ultrasoniques, qui échangent leurs rôles entre les deux mesures.

Figure 7-10 : principe de l’élimination des caractéristiques du fluide

Une autre façon d’utiliser les ultrasons pour mesurer le débit peut être mise en œuvre si le fluide
comporte des inclusions capables de réfléchir une partie de l’onde. On peut alors placer l’émetteur et le
récepteur côte à côte et déterminer le changement de fréquence subit par l’onde par effet Doppler.

55
Capteurs et Métrologie

8. CONDITIONNEURS DES CAPTEURS


8-1 introduction
Exemple de schéma fonctionnel général d’une chaîne de mesure :

Le conditionneur de signal a pour rôle de :


- extraire l'information relative au mesurande
- linéariser le signal
- amplifier le signal
L’objectif de cette annexe est l’étude de quelques exemples de montages parmi les plus représentatifs
qu'on trouve dans la partie analogique d'une chaîne de mesure.

8-2 CONDITIONNEURS DE CAPTEURS ACTIFS


Les capteurs actifs fonctionnent en générateur en convertissant la forme d’énergie propre au mesurande
en énergie électrique.
Schéma équivalent :

Il existe 3 types de capteurs actifs :


 Capteur générateur de f.e.m : Ne nécessite pas de conditionneur

 Capteur générateur de courant : Nécessite une transformation du courant en tension

 Capteur générateur de charge : Nécessite une transformation de la charge en tension 

 a. Convertisseur courant-tension :

56
Capteurs et Métrologie

b. Convertisseur charge-tension :

(18)
En pratique le convertisseur charge-tension est donné par le montage suivant :

(19)

(20)
Si la fréquence F de q(t) est >> Fc alors V=-q/C
Si la fréquence F de q(t) est << Fc alors V= -R dq/dt

8-3 CONDITIONNEURS DE CAPTEURS PASSIFS


Un capteur passif est un matériau utilisé en tant qu'impédance dont l'un des paramètres est sensible au
mesurande.
La mesure de l'impédance permet de déduire la valeur du mesurande. Cette mesure nécessite l'utilisation

57
Capteurs et Métrologie

d'un conditionneur.
a. Conditionneurs de capteurs résistifs :
Deux types de mesure :
 Mesure d’une résistance R(m) : montage à source de courant constant

 Mesure d’une variation de résistance R(m) : Pont de Wheatstone

Montage à source de courant constant

Rf : résistance des fils de connexion


Ri : résistance d’entrée de l’appareil de mesure

Si Ri>>Rf et Ri >> R(m), alors l’équation (21) devient :

Source de courant à partir d'une source de tension stable

Remarque : si la source de tension est ajustable, on dispose d'une source de courant ajustable
Pont de Wheatstone

58
Capteurs et Métrologie

Cas particulier 1 :
1 résistance variable, 3 résistances fixes

Si R(m) << Ro alors la relation (25) devient linéaire

Cas particulier 2 :
2 résistances variables, 2 résistances fixes

Cas particulier 3 :
Montage Push-Pull : les résistances variables ont des variations égales et opposées.
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Capteurs et Métrologie

R2(m) = - R1(m) = R(m)

Cas particulier 4 : Montage 3 fils :


Il est utilisé dans le cas ou le capteur est éloigné du pont Il permet d'atténuer l'influence des fils de
liaison dont les résistances ne sont pas négligeables

En posant VCD = E' Si R et Rf << Ro

(29)
Cas particulier 5 :
4 résistances variables

Si R2(m) = -R1(m) = R3(m) = -R4(m) =R(m)

b. Conditionneurs de capteurs réactifs :


Deux types de mesure :
 variation d'impédances  variation de tension : utilisation d’un pont d'impédances

 variation d'impédances  variation de la fréquence d'un signal : utilisation d’un oscillateur

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Capteurs et Métrologie

Pont d'impédances

Montage équivalent de Thévenin :


Z0 : impédance équivalente
ed : fem équivalente
id : courant de court-circuit

Zi : impédance d’entrée de l’appareil de mesure

Le signal de mesure V ou I doit être indépendant de Zi


Vm et im dépend de Zi
Si Zi >> Z0 alors V(m)≈ed
Si Zi << Z0 alors I(m)≈id
Oscillateur :
C’est un circuit électronique permettant de délivrer un signal à une fréquence f donnée de type :

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Capteurs et Métrologie

Il transforme l’information liée à l’impédance du capteur à la fréquence du signal de sortie

Avantages :
- immunités aux bruits.
- transmission par voie hertzienne facilitée.

8-4 AMPLIFICATEURS
a. Rôle des amplificateurs :
- Amplification du niveau de tension : protection du signal
- Amélioration de la précision de mesure : adaptation au niveau du dispositif amont de la chaîne
- Transfert optimal du signal : haute impédance d’entrée et faible impédance de sortie.
b. Critères de choix :
Quel est le potentiel de référence de la tension d'entrée?

Cas 1. Même référence que celui de l'amplificateur : amplificateur asymétrique


Cas 2. Référence différente de celui de l'amplificateur : amplificateur
différentiel

c. Amplificateurs asymétriques
: Amplificateur inverseur :

AOP idéal et linéaire :


i+ = i- =0
V+ = V-

62
Capteurs et Métrologie

Amplificateur programmable :
La valeur du gain est commandée par un contrôleur externe

Montage additionneur :
Exemple : réglage du zéro

(36)
Amplificateur non inverseur :

(37)
Amplificateur suiveur :

(38) d. Amplificateurs asymétriques :

Rôle : amplifier une différence de potentiel v2- v1


63
Capteurs et Métrologie

Exemple :
- tension (v2- v1) aux bornes d'un composant,
- pont de Wheatstone,
- différence de potentiel entre la masse du signal et celle de l'amplificateur n'est pas nulle
Définition :
- tension différentielle vd :

- tension de mode commun vmc :

Modélisation :
- 2 ampli de gain G+ et -G-
- 1 sommateur

Gain différentiel :

Gain de mode commun :

Taux de réjection de mode commun :

Cas idéal :

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Capteurs et Métrologie

Cas pratique : ampli dif approprié si

Montage d'amplificateur différentiel :


Montage 1 :

Inconvénients :
- sensible aux impédances des sources d’excitation.
- appariement des résistances R1, R2, R3, R4 pour chaque valeur du gain Gd
Montage 2 :

Inconvénients :
- appariement des résistances R1, R2, R3, R4 pour chaque valeur du gain Gd

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Capteurs et Métrologie

Montage 3 : Montage d'amplificateur d'instrumentation

66
Capteurs et Métrologie

9. Capteurs intégrés

Un capteur intégré est un composant réalisé par les techniques de la Microélectro- nique et qui regroupe
sur un substrat de silicium commun le capteur proprement dit, le corps d’épreuve éventuel, des circuits
électroniques de conditionnement du signal ( figure 9.1).

Figure 9.1 Structure générale d’un capteur intégré.

L’intégration apporte de multiples avantages : miniaturisation, diminution des coûts par la fabrication en
grande série, accroissement de la fiabilité par suppression de nombreuses connexions soudées,
interchangeabilité améliorée, meilleure protection vis-à-vis des parasites, le signal étant conditionné à sa
source.
L’utilisation du silicium impose cependant une limitation de la plage d’emploi de 50 ◦C à 150 ◦C environ.
Le capteur proprement dit met généralement à profit la sensibilité du silicium à diverses grandeurs
physiques ; cette sensibilité, par ailleurs déjà souvent exploitée pour la réalisation de capteurs isolés, peut
être mise en œuvre sous forme de capteurs résistifs, capacitifs ou au moyen de diodes et de transistors.
Exemples de capteurs à base de silicium :
Résistances thermométriques ; jauges extensométriques ; photo- capacités ; plaquettes à effet Hall ;
photodiodes et phototransistors ; diodes de détection nucléaire ; transistors thermométriques ; ISFET ;
GASFET.
Le capteur peut aussi être réalisé en déposant sur le substrat de silicium un film mince d’un matériau
plus approprié que le silicium au mesurande considéré mais compatible avec le processus technologique
de fabrication des circuits intégrés : ZnO piézoélectrique, InSb magnétorésistant, polymères
hygroscopiques, couple thermoélectrique Bi/Sb.
Lorsque le capteur doit être un capteur composite, le corps d’épreuve est réalisé à partir du substrat de
silicium support de l’ensemble du capteur intégré.
L’emploi de corps d’épreuve en silicium est justifié par les propriétés mécaniques excellentes du cristal :
domaine élastique étendu, module d’Young comparable à celui de l’acier et limite de fatigue très élevée.
La fabrication des corps d’épreuve est rendue possible grâce aux techniques de micro-usinage chimique.
Le silicium est attaquable par divers produits chimiques, en particulier :
le mélange éthylène diamine, pyrocatechol et eau (EDP) ;
la solution potasse (KOH) – eau.
La zone à attaquer est délimitée par une ouverture faite dans une couche superficielle de SiO2 qui n’est
pas attaquée. La vitesse d’attaque dépend des directions cristallographiques : pour EDP et KOH, elle est
respectivement 35 et 400 fois supérieure dans la direction 100 que dans la direction 111. La vitesse
d’attaque dépend aussi du dopage : elle est considérablement réduite par un fort dopage de bore ce qui
permet d’arrêter l’attaque au niveau voulu.
Les figures 9.2a et 9.2b représentent la procédure de réalisation d’une poutre et d’un diaphragme par
attaque chimique.
67
Capteurs et Métrologie

Dans ces deux cas, la déformation du corps d’épreuve sous l’action du mesurande (accélération pour la
poutre, pression pour le diaphragme) peut être convertie en signal électrique au moyen d’un pont de jauges
piézorésistives implantées dans des zones adéquates ou au moyen d’un dépôt de ZnO piézoélectrique
subissant une contrainte sous l’action de la déformation du corps d’épreuve ( figure 9.3).
Les circuits électroniques associés au capteur sont réalisés selon les techniques classiques de fabrication
des circuits intégrés : ils comportent selon les cas : des circuits de compensation thermique, de
linéarisation, d’amplification, de transmission par conversion tension-fréquence, ou tension-courant, des
registres de type DTC
Dispositif à Transfert de Charges pour le stockage et le transfert des informations.

Figure 9.2. Phases successives de la réalisation de corps d’épreuve par attaque chimique anisotropique : a) poutre
(accéléromètre) ; b) diaphragme (capteur de pression).

Figure 9.3. Accéléromètre intégré (d’après Chen et al. – référence en Bibliographie).

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Capteurs et Métrologie

La réalisation des capteurs intégrés pose, dans certains cas, des problèmes spécifiques délicats dus à la
proximité du capteur et de l’électronique associée :

- les circuits électroniques doivent être découplés vis-à-vis des contraintes exercées sur le capteur
par un mesurande de type mécanique ;

- l’encapsulage doit permettre le contact du capteur avec un milieu extérieur sou- vent hostile
(mesures de pH, de composition gazeuse, de débit) tout en protégeant efficacement les composants
électroniques.

10. Capteurs intelligents


Le terme de capteur intelligent – on parle quelquefois de capteur smart – désigne un instrument en
technologie numérique. L’appareil est doté :
- d’une cellule de mesure permettant d’acquérir le mesurande ;
- d’un ou de plusieurs capteurs permettant de mesurer les grandeurs d’influence.

Figure 1.9 – Schéma de principe d’un capteur intelligent Rosemount modèle 2051.

Les caractéristiques de la cellule de mesure sont relevées avec précision lors de sa fabrication en usine
; elles ont ensuite stockées dans une mémoire PROM (Programmable Read Only Memory : mémoire
programmable à lecture seule).
Après acquisition des grandeurs analogiques et conversion en informations numériques, le
microprocesseur utilise les données stockées dans la mémoire morte pour corriger la valeur du mesurande
en fonction des grandeurs d’influence.
L’information délivrée par un capteur intelligent peut être, suivant la version :
- analogique 4-20 mA + protocole HART ;
- numérique pour être utilisée dans un contexte bus de terrain.

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