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9- Les turbines thermiques

9-1 Etage d’une turbine axiale

Figure 1

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9-1-1 Le distributeur (grille d’aubes fixes ou directrices)

Figure 2

c1 = Vecteur vitesse absolue a l’entrée de la grille du distributeur.


α1 = Angle que fait la vitesse c1 avec la direction axiale.
c2 = Vecteur vitesse absolue sortant de la grille.
α2 = Angle que fait la vitesse c2 avec l’axiale.
i1 = Angle d’incidence ou angle que fait c1 avec la tangente a la ligne
Moyenne de l’aube au bord d’attaque.
δ2 = Angle de déviation, entre le vecteur c2 et la tangente de la ligne
moyenne de l’aube au bord de fuite.
C1 = Corde de l’aube distributeur.
S1 = Pas de la grille distributeur (distance circonférentielle entre les
sections de deux aubes consécutives par une surface cylindrique, d’un
certain rayon).
S1 = 2 π r / z1
r = Rayon, distance radiale de la section d’aube a l’axe de la machine.
z1 = Nombre d’aubes dans le distributeur.
S1’ = Pas relatif = S1 / C1.
γ1 = Angle de calage des aubes distributeur. C’est l’angle entre la corde
et l’axiale.

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9-1-2 Le rotor (grille d’aubes tournantes).

Figure 3
w2 = Vecteur vitesse relative de l’écoulement a l’entrée du rotor.
β2 = Angle que fait la vitesse relative w2 avec la direction axiale.
w3 = Vecteur vitesse relative de l’écoulement quittant le rotor.
β3 = Angle que fait la vitesse relative w3 avec la direction axiale.
.c2 = Vecteur vitesse absolue de l’écoulement a l’entrée du rotor.
.α2 = Angle que fait la vitesse c2 avec l’axiale.
c3 = Vecteur vitesse absolue de l’écoulement quittant le rotor.
α3 = Angle que fait la vitesse c3 avec l’axiale.
i2 = Angle d’incidence rotor ou angle que fait w2 avec la tangente a la
ligne moyenne de l’aube au bord d’attaque.
δ3 = Angle de déviation, entre le vecteur w3 et la tangente de la ligne
Moyenne de l’aube au bord de fuite.
C2 = Corde de l’aube rotor.
S2 = pas de la grille rotor. S2 = 2 π r / z2
r = Rayon, distance radiale de la section d’aube a l’axe de la machine.
Z2 = Nombre d’aubes dans le disque rotor.
S2’ = Pas relatif = S2 / C2.
γ2 = Angle de calage des aubes rotor. C’est l’angle entre la corde et
L’axiale.

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Figure 4 Notion de la vitesse relative.

C = vitesse absolue de pierre.


U = vitesse de voiture.
W =vitesse relative de la pierre relative a la voiture.

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9-3 Triangles de vitesse

Figure 5

L’équation d’Euler lit :

.
F=m⋅( w θ3 −wθ 2 )
.
C=F .r=m⋅r. . ( w θ3 −wθ 2 )
P=C . ω=m . r . ω⋅( wθ 3 −w θ2 )

Ou, également :

ΔW =U⋅( c θ 3−cθ 2 )
P
ΔW = .
=U⋅( wθ 3−wθ 2 )
m

ou

F = somme de forces aérodynamiques tangentielles sur toutes les aubes.


F=z.f
Z = nombre d’aubes.
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f = force tangentielle sur une seule aube.
C = couple aérodynamique, somme sur toutes les aubes.
P = puissance aérodynamique de l’étage turbine.
ΔW = travail spécifique (par unité de débit massique) de l’écoulement.
U = vitesse tangentielle du rotor.
U= r.ω
Ou r = rayon moyen du segment considéré de l’aube rotor.

ω = 2 π N / 60
N = vitesse de rotation du rotor en tour / minute.

Remarque
La puissance thermique d’un étage turbine = Pth
Pth = ṁ . Cp . ( To2 – To3)
La puissance aérodynamique d’un étage turbine = Paero
Paero = ṁ . U . ( Cθ2 – Cθ3 )
La puissance mécanique d’un étage turbine = Pm
Pm = C . ω
Les trois puissances sont égales. C’est aussi une façon de dire que la
turbine est « la machine thermique » au sens de la deuxième loi de la
thermodynamique. C’est à son niveau que l’énergie de chaleur se
convertit en travail mécanique, en passant d’abord par l’énergie
aérodynamique..

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9-4 Les turbines radiales (centripètes)

Figure 6

ΔW=U2⋅Cθ2−U3⋅Calignl¿θ3 ¿¿ ¿ΔW≈U2⋅Cθ2 ¿
Parce que le terme (U3 . Cθ3) est très petit compare a (U2 . Cθ2).

On aura ainsi :

. .
P=m(U2⋅Cθ2−U3⋅Calignl ¿θ3 ¿¿) ¿ P≈m.U2⋅Cθ2 ¿¿

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9-5 Représentation de l’évolution de détente dans un étage de turbine
sur le diagramme (i-s)

Figure 7

9-6 Rendement de turbine

ㅅ- Le rendement total- total ηTT

i 01−i 03
ηTT =
i 01−i 03 ss

- Le rendement total-statique ηTS

i01−i03
ηTS =
i01−i3 ss
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ηTS caractérise une turbine entière ou le dernier étage d’une turbine
industrielle.

Pour les étages intermédiaires, on utilise ηTT plutôt pour juger le


rendement.

La règle la plus générale c’est que quand l’énergie cinétique a la sortie de


la turbine (ou de l’étage considéré) est récupérée, soit dans l’étage turbine
suivant soit par un diffuseur efficace a la sortie de la turbine, on utilise
ηTT pour juger le rendement. Dans les turboréacteurs “turbojets”, ou
l’énergie cinétique a la sortie de la turbine participe a la production de la
poussée utile, on mesure le rendement de la turbine par ηTT.

Par contre, si trop d’énergie cinétique est perdue à la sortie de la turbine


(ou de l’étage selon le cas), on utilisera ηTS.

9-7 Degré de réaction d’un étage de turbine

Le degré de réaction est défini comme le rapport entre la chute


d’enthalpie dans la roue mobile et la chute d’enthalpie dans tout l’étage.

i2 −i 3
σ=
i 02−i 03

A noter que

i 01=i 02
En pratique 0 < σ < 0.7

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9-7-1 Etage turbine à réaction zéro

Figure 8

i2 −i 3
σ= =0
i 02 −i 03

D’où i2 = i3

d’ou w3 = w2, β3 = β2

Démonstration :

L’enthalpie relative totale est constante à travers le rotor

d’ou

i0r3 = i0r2

w w
32 22
i3 + =i 2 +
2 2

mais on a :

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i3 = i2
d’où :

W3 = W2

et puisqu’on a :

Wax3 = Wax2 (par construction), on aura :

Wθ3 = Wθ2

d’où :

.β3 = β2

-Les deux triangles de vitesse sont fortement dissymétriques.


-L’aube rotor est symétrique.
-L’aube distributeur est fortement inclinée.
-Mauvais rendement rotor et bon rendement distributeur.
-Parce que w3 = w2, il n'y a pas de détente sur les aubes rotor, d’où il n'y
a pas d'accélération.
-La couche limite s'épaissit sur la partie arrière de l'extrados de l'aube
rotor.

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Figure 9

Etage de turbine a impulsion

Dans un étage a réaction zéro, Il y a une chute de pression sur le rotor, de


p2 a p3.

Pour obtenir un étage vraiment impulsif, on doit avoir : p3 = p2

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Il y aura une hausse d’enthalpie sur le rotor. La vitesse relative diminue
sur le rotor. Il y a une sorte de recompression sur le rotor ce qui signifie
une perte de détente. L’étage aura un degré de réaction négatif.

Dans un étage à impulsion, la force axiale sur le rotor résulte seulement


des forces d’impulsion, c'est à dire du changement de quantité de
mouvement et non de différence de pression.

Faxiale = m. ( Cax3 – Cax2), mais on essaie d’obtenir une poussée zéro


c’est à dire d’avoir Cax3 = Cax2.

Etage à réaction zéro Etage a impulsion

i3=i2 i3 > i2
p3 < p2 p3 = p2

Figure 10

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Utilisation de l’étage a impulsion :

-Dans l’étage de contrôle de turbine a vapeur (turbine Curtis).


-Dans l’admission partielle en générale, car la condition p2 = p3 donne la
moindre perturbation.
-Dans le turbo démarreur.

Exemple d’utilisation de la turbine a impulsion

Etage de commande à admission partielle, dans une turbine a vapeur.

Figure 11 admission partielle dans un étage de commande d’une turbine à


vapeur.

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9-7-2 Degré de réaction σ = 0.5

Figure 12

En fait, on a un système de 4 équations indépendantes :

i2 −i 3
σ=
i 02−i 03

σ = 0.5

Wax3 = Wax2 ( ou Cax3 = Cax2 )

i0r3 = i0r2

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Figure 13

Apres quelques manipulations mathématiques, on obtient un autre


système de 4 équations équivalentes :

W3 = C2
C3 = W2
α3 = β2
β3 = α2
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Les deux triangles de vitesse sont bien symétriques. Les sections des
deux aubes, distributeur et rotor, sont similaires. La chute d’enthalpie est
repartie d’égalité entre le rotor et le distributeur. Le degré de réaction de
0.5 donne le meilleur rendement d’étage parce que c’est la meilleure
répartition des pertes entre le distributeur et le rotor.

Normalement, on choisit σ = 0.5 à la mi-hauteur. En général, le degré de


réaction σ varie avec la hauteur de l’aube à cause de la torsion (twist) de
la section de l’aube. Le degré de réaction σ diminue vers la racine. Dans
certaines circonstances, σ devient zéro ou même négatif à la section de
racine d’aube.

Remarques

.σ = 0 β2 = β3
.σ > 0 β2 < β3

Figure 14

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9-8 Aérodynamique de cascades

-Il ya une différence majeure entre la performance d’une section en


cascade et sa performance si elle était seule. La déflection de
l’écoulement après un profil unitaire disparait à une certaine distance en
aval. Par contre un profil en cascade produit une déflection qui continue-
théoriquement- jusqu’ à l’infini en aval.
-Si l’on coupe les aubes par une surface cylindrique, coaxiale avec la
machine, puis on développe la section, on obtiendra des profils en
cascade. Cette cascade varie de rayon en rayon.
-Il y a une règle grossière qui contrôle la population des profils. La
longueur du canal inter aube doit –grossièrement –être égale au double la
largeur du canal. Une autre règle c’est le paramètre de solidité (s).
.s = C / S
Ou s = solidité,
C = corde,
S = pas local.
Une valeur commune de solidité – à la section moyenne de l’aube - est
0.667
Cette règle s’applique directement aux aubages fixes. Pour l’aubage
mobile, des fois on ne peut pas augmenter la corde avec le rayon, car
l’aube est fixée d’un seul cote seulement, c.à.d. fixée en porte-à-faux. Les
considérations de vibration obligent de ne pas augmenter la corde pour
garder la solidité constante sur la hauteur de l’aube.
Si la solidité augmente, c’est à dire si le pas relatif diminue, les pertes
dites de paroi augmentent. Le nombre de couches limites augmente et le
nombre de sillages augmente.
Par contre, si la solidité diminue, l’écoulement est moins guidé et l’angle
de déviation augmente. La déflection obtenue du cascade diminue d’ou le
travail obtenue de l’étage diminue.
-Dans un étage a dégrée de réaction 0.5, presque toute la déflection est
réalisée au début du canal inter aube. La partie arrière du canal a des
parois presque droites. Cela réduit le risque d’accélération excédentaire
qui finit tout de suite par un choc soldé de pertes de charges.
- En fait, l’écoulement dans la turbine doit être subsonique. Il peut
devenir sonique a sortie du canal inter aube, ou plus précisément au col,
la section la plus étroite a la sortie. Il faut se rappeler que l’écoulement
est normalement haut subsonique, et l’effet de compressibilité augmente
l’accélération dans la partie arrière du canal.
-Le col sonique impose une condition d’étranglement thermique sur toute
la turbine à gaz. C’est une condition de saturation du col, ou de débit
maximum permis à travers le col.

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-L’incidence isentropique est l’incidence qui donne les moindres pertes. Il
s’agit normalement de l’incidence zéro. Le fil d’écoulement qui s’arrête
au bord d’attaque du profil, s’arrêtera au bout de la ligne moyenne. La
couche limite va commencer, mince au bord d’attaque. La couche limite
s’épaissit au fur et a mesure. Sur l’extrados, la couche limite est bien
stabilisée par l’accélération de l’écoulement général. Les deux couches
limites, sur extrados et sur intrados, se réunissent derrière le profil pour
former le sillage.
-Si l’incidence varie amplement, positivement ou négativement, et surtout
positivement, il y’aura un décollement de la couche limite tout prés du
bord d’attaque. Mais normalement a cause de l’accélération générale de
l’écoulement, la couche limite se recollera du nouveau.
-L’épaisseur de la couche limite atteint un maximum au bord de fuite en
général. Les deux couches limites d’intrados et d’extrados se réunissent
pour former le sillage derrière l’aube. L’épaisseur du sillage est une
mesure de pertes de profil. Il représente la part d’énergie cinétique perdue
et généralement changée en chaleur. Le sillage commence vif puis il se
dissout dans l’écoulement libre. Cette dissolution ou mélange se solde
elle aussi par une perte de mélange.
-La couche limite sur les aubes turbine sont en général plus stables que
celles sur les aubes compresseur, car l’écoulement s’accélère dans la
turbine alors qu’il se décélère dans le compresseur.
-A la sortie d’un cascade ou d’un aubage, l’écoulement (relatif) se dévie
de la tangente a la ligne moyenne a la sortie de l’aube. Cette déviation est
toujours vers le cote de l’extra dos. L’angle de déviation est une mesure
de pertes de profil.

9-9 L’entassement de sections de l’aube

-La section de l’aube s’amincit du bas en haut. Cela a pour but de réduire
la charge de forces centrifuges sur les sections en bas. Cela est rendu
possible par ce que les charges aérodynamique et centrifuge diminuent
aussi du bas en haut.
-La section de l’aube est généralement tordue du bas en haut. Le bord
d’attaque est tordu du bas en haut dans le sens de rotation de l’aube dans
la machine. En fait, quand le rayon augmente, la vitesse tangentielle
augmente et l’écoulement relatif tourne avec le rayon. Pour garder
toujours une incidence isentropique- au moins au régime nominal- il faut
tourner la section pour rencontrer l’écoulement relatif. En d’autres mots,
l’angle de calage varie avec le rayon pour compenser la variation de
l’angle de l’écoulement relatif.
Il faut faire attention à la position de centre de masse de la section. Cela
affecte le champ de contraintes dans la section. Des fois le constructeur
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cherche à positionner les centres de masse de sections successives de
façon a ce que le moment fléchissant résultant de forces centrifuges
neutralise le moment fléchissant résultant des forces aérodynamiques.
Cela demanderait de décaler le cg de chaque section un peu vers le coté
convexe et vers l’avant- par rapport à la section en bas.
-le pas augmente avec le rayon, c'est-à-dire avec la hauteur de l’aube.
Pour respecter la règle de solidité, la corde d’une section plus haute est
plus grande que celle plus basse. Des fois on découpe la corde pour éviter
des problèmes de vibration.
-On remarque aussi que la déflexion de la section de l’aube diminue avec
le rayon. En fait on cherche normalement à extraire la même quantité
d’enthalpie de l’écoulement quelque soit le rayon pour garder un profil
d’enthalpie presque uniforme sur le rayon. La chute d’enthalpie est
proportionnelle à la vitesse tangentielle et a la déflection de l’aube.
Maintenant la vitesse tangentielle augmente avec le rayon, donc il faut
diminuer la déflection de la section avec le rayon.

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