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S52 ADF 2013

Observation.— Mme Z.S., âgée de 56 ans, présentait depuis quatre P41


ans des lésions cutanées récidivantes, légèrement prurigineuses. Lupus bulleux généralisé : présentation initiale
L’examen trouvait des plaques érythémateuses à disposition annu-
rare du lupus érythémateux systémique
laire diffuses. La biopsie cutanée objectivait un œdème du derme
I. Hadj , M. Meziane , Z. Douhi , K. Inani , F.Z. Mernissi
papillaire avec un infiltrat inflammatoire polymorphe à prédo-
Service de dermatologie, CHU Hassan, Fès, Maroc
minance éosinophilique sans image en flammèches. Les tests
biologiques et immunologiques étaient normaux. La patiente a été Introduction.— Le lupus bulleux est une entité rare, représentant
mise sous antipaludéens de synthèse (APS) sans amélioration. La moins de 5 % des lupus, nous rapportons un nouveau cas illustrant
disulone a permis par la suite une disparition complète des lésions cette entité.
avec un recul de dix mois. Observation.— Un patient de 31 ans était hospitalisé pour des lésions
Commentaires.— L’EAE et le SW sont deux entités rares, notamment bulleuses évoluant depuis 25 jours dans un contexte d’altération de
l’EAE dont seuls huit cas sont rapportés. Elles appartiennent au l’état général, sans notion de photosensibilité. L’examen trouvait
spectre de dermatoses éosinophiliques, caractérisées cliniquement des placards urticariens diffus surmontés de vésiculobulles grou-
par l’aspect annulaire des lésions. Histologiquement, l’infiltrat éosi- pées par endroit en rosette, et des érosions buccales. Le bilan
nophilique est commun, mais la distinction se fait grâce à la objectivait un syndrome inflammatoire, lymphopénie, un sédiment
présence de l’image en flammèche qui oriente vers le SW. Les APS urinaire actif, une protéinurie de 24 h positive, une hypocomplé-
sont le meilleur traitement pour l’EAE et les corticoïdes systémiques mentémie, et un bilan immunologique positif. L’histologie cutanée
ou la disulone pour le SW. Notre patiente a un tableau clinique d’un et l’immunofluorescence direct étaient en faveur d’un lupus bulleux
EAE mais qui n’a pas répondu aux APS alors que la disulone était effi- et la ponction biopsie rénale en faveur d’une néphropathie lupique
cace. La répétition de biopsies cutanées pourrait-elle permettre de stade III. Le diagnostic de lupus bulleux était retenu. Un traite-
trouver l’image en flammèche ? ment par prédnisolone, hydroxychloroquine, et bolus d’Endoxan
Conclusion.— La distinction entre les deux entités est arbitraire et était introduit avec bonne évolution.
ne peut que refléter le polymorphisme du SW et son dynamisme Commentaires.— Le lupus bulleux est une manifestation rare de
histologique. la maladie lupique. Il touche les jeunes femmes. Il se manifeste
par des bulles ou vésiculobulles généralisées d’installation brutale,
http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2013.01.040 apparaissant sur peau érythémateuse ou saine, sur des zones photo
et non photo-exposées, qui disparaissant sans cicatrice ni grain de
milium, avec souvent une atteinte systémique notamment rénale.
P40
Le diagnostic différentiel se pose avec les autres dermatose bul-
Œdème palpébral bilatéral chronique : penser au leuses surtout l’épidermolyse bulleuse acquise, et les toxidermies
lupus bulleuses. Le dapsone constitue le principal traitement. Chez notre
I. Tirhazouine a , S. Chiheb a , F. Hali a , F. Marnissi b , S. Zamiati b , patient, le choix thérapeutique s’est porté sur les corticoïdes et les
H. Benchikhi a immunosuppresseurs vu l’atteinte systémique.
a Service de dermatologie, CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc
Conclusion.— L’individualisation du lupus bulleux illustre le poly-
b Servie d’anatomopathologie, CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc
morphisme clinique de la lésion lupique.
Introduction.— La localisation palpébrale du lupus est très rare.
Nous rapportons une observation de lupus cutané chronique révélé http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2013.01.042
par un œdème palpébral chronique bilatéral isolé.
Observation.— Une jeune femme âgée de 23 ans, consultait pour P42
un œdème palpébral bilatéral qui évoluait depuis six ans, sans Lupus sur phototype IV
autres signes associés. À l’examen clinique, l’œdème palpébral A. Abdou , N. El Moussaoui , K. Jouid , M. Ait Ourhroui , B. Hassam
était blanc, mou, indolore, non inflammatoire avec fermeture de la Service de dermatologie, CHU Ibn Sina, Rabat, Maroc
fente palpébrale. Par ailleurs, l’examen ne retrouvait pas d’autres
anomalies. La biopsie palpébrale a retrouvé un aspect en faveur Introduction.— Le lupus érythémateux est une pathologie auto-
d’un lupus cutané. L’étude en immunofluorescence directe était immune, comporte souvent une atteinte de la jonction dermo-
positive. La recherche d’une atteinte systémique ou immunologique épidermique. Il revêt des aspects cliniques différents. Nous
était négative. Le diagnostic de lupus cutané chronique était retenu rapportons la particularité clinique des lésions de lupus chronique
et la malade était mise sous chloroquine 200 mg/j. L’évolution était sur phototype foncé posant un problème de diagnostic différentiel.
marquée par une régression très nette de l’œdème après deux mois Observation.— Mme K.L., 47 ans, phototype IV, asthmatique qui
de traitement, le recul actuel étant de neuf mois. présente depuis un an des lésions maculeuses hyperpigmentées pru-
Commentaires.— Le diagnostic de lupus cutané chronique a été rigineuses au niveau du front de la lèvre supérieure et du menton.
retenu chez notre malade après avoir éliminé toutes les autres étio- Le centre de la lésion devient par la suite pâle, certaines lésions
logies d’œdème palpébral chronique et sur l’aspect histologique confluent pour donner un aspect en nid d’abeille. La patiente a été
retrouvé. L’atteinte des paupières au cours du lupus a été décrite mise sous dépigmentant à base d’hydroquinone dans l’arrière pen-
pour la première fois par Kaposi et Hebra en 1875. Le caractère sée d’un mélasma et devant la réponse non satisfaisante une biopsie
isolé et révélateur de l’atteinte palpébrale chez notre patiente a été réalisée avec immunofluorescence direct mettant en évidence
est exceptionnel, et conduit fréquemment à des erreurs ou retards hyperkératose orthokératose et parakaratosique, une clarification
diagnostiques. et une ballonisation des cellules profondes basales et underme très
Conclusion.— Cette observation souligne la nécessité d’intégrer le œdémateux avec un infiltrat inflammatoire très dense. Immunofluo-
lupus cutané chronique à la liste des diagnostics différentiels évo- rescence directe révèle la présence d’une bande lupique réagissant
qués devant un œdème palpébral chronique et montre la place de avec l’anticorps anti IgG.
la biopsie cutanée devant ce symptôme. Discussion.— L’aspect hyperpigmenté (correspondant à l’érythème
sur phototype clair) ainsi que la présence de squames et l’évolution
de la lésion (le centre devenant pâle) permet de suspecter un lupus.
http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2013.01.041
Le traitement des lupus cutanés repose sur la protection solaire et
les antipaludéens de synthèse.
Conclusion.— L’analyse séméiologique rigoureuse des lésions der-
matologiques observées au cours des lupus, au besoin complétée

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