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Macroéconomie

Fiche de lecture

RISQUE-PAYS ET STRATÉGIES D’INVESTISSEMENTS


LE CAS DU MAROC
Tarik El Malki

Recherche réalisée par :


Ghita
BENNIS
2ième année G2A C-N ISCAE

Encadrée par :
Pr. Ahmed AZIRAR
A-Fiche introductive
Tarik El Malki est titulaire d’une maîtrise en gestion (spécialité finance
internationale) obtenue à l’Institut de management international de Paris (Groupe
INSEEC) en septembre 2000 et d’un MBA – Profil Recherche obtenu à
l’Université du Québec à Montréal (ESG-UQAM), obtenu en octobre 2005. Il
poursuit actuellement un cycle doctoral en Economie à l’Université d’Aix-Marseille
2. L’auteur a participé à divers travaux sur le risque pays, notamment avec le
Centre interuniversitaire de recherche sur le risque et les politiques économiques
et de l’emploi de Montréal (CIRPEE). Il est actuellement directeur du
Développement et de la Communication au Centre Marocain de Conjoncture
(CMC) depuis avril 2006.
Tarik El Malki

Véritable travail d’investigation, l’ouvrage est le fruit d’une recherche et


d’une analyse économique et social qui a pour finalité de dresser un
Type de
portrait fidèle de la situation des IDE au Maroc à la lumière des grands
l’ouvrage
courants contemporains.

Méthodologie Plan de recherche par déduction


d’analyse

Date de Octobre 2006 aux éditions :OKAD EL JADIDA


parution

B - PLAN

Présentation

I-La problématique de l’investissement direct à l’étranger IDE

a) Définition
b) Avantages de l’IDE
c) Cadre théorique

II- l’IDE au Maroc : état des lieux et perspectives

a) La politique d’attraction de l’IDE effectuée par le l’état du Maroc depuis


1990
b) La politique d’attraction de l’IDE effectuée par le l’état du Maroc depuis
1990
c) Quelques éléments pouvant avoir un impact positif sur l’accroissement des
IDE à destination du Maroc

III- Analyse comparative avec certains courants de pensée

IV- Point de vue personnel


Présentation
De nombreux pays , parce qu’ils avaient empruntés massivement et qu’ils n’avaient pu
respecter les termes de leurs emprunts , ont dû rééchelonner leur dette et accepter des
programmes d’ajustements qui visaient entre autres ,la suppression des contrôles de change et
l’ouverture progressive des frontières d’investissements étrangers , et redynamiser ainsi leurs
économie .Le Maroc , pays émergent , faisant le cas de cet étude entre parfaitement dans ce
cas de figure.

Quel est l’ensemble de facteurs déterminants dans le processus d’internationalisation


d’une FMN ? Quels sont les différents types de risques auxquels Celles-ci sont confrontés en
adoptant une stratégie d’investissement ? En quoi l’IDE contribue à la croissance économique
du Maroc et quel est son impact sur son développement économique ?

Cette recherche s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche international portant sur
l’investissement direct dans certains pays émergent qui a pout but d’exposer un cadre
théorique qui tente d’identifier , à partir de littérature existante , les facteurs affectant la
décision d’une FMN d’investir à l’étranger ,les facteurs déterminants dans le choix du mode
d’expansion internationale d’une firme et enfin tester empiriquement ce cadre d’analyse dans
le contexte des entreprises étrangères implantées au Maroc , afin de déterminer les facteurs
ayant une influence sur leurs décisions d’investissement et sur le choix de leur stratégie
d’investissement et sur leur choix de leur stratégie d’entrée sur le marché.

I-La problématique de l’investissement direct à l’étranger IDE


d) Définition

L’IDE peut être défini comme un flux financier entre un pays et un autre dans l’intention de
contrôler le pouvoir de décision dans la firme étrangère ou dans l’activité dans le pays réel
avec une prise de participation ( supérieure au seuil de 10% à 20% selon les pays).

e) Avantages de l’IDE

Pour le pays hôte :

 redressement de la balance commerciale ,


 productions à valeur ajoutée grâce aux produits semi-finis importés ,
 dynamisation de la compétitivité à l’échelle interne,
 création d’un cadre concurrentiel entre les entreprises locales qui profitera au
consommateur final ,
 Diversifications des activités de la firme
 Création d’emploi et création d’une demande globale,
 Transfert de technologie,
 Augmentation de la productivité

Avantages qui peuvent devenir anodins devant la montée en puissance du e-commerce.


Pour la Firme :

 Coûts de productions faibles


 Faible coût de la main d’œuvre
 Proximité géographique et culturelle avec les marchés
 Avantages liés au déséquilibre monétaire du pays Hôte avec une surévaluation de la
monnaie du pays de la firme
 Avantages liés aux rendements sur actifs financiers
 Faible coût d’imposition , avantages fiscaux, exonérations, exemptions et crédits
d’impôts.
 Economie d’échelle
 Création de plateforme régionale

f) Cadre théorique

De nombreuses études portant sur l’investissement étranger , la supériorité technologique , la


qualification et la dimension géographique ressortent comme facteurs activant la mobilité du
capital. Les théories explicatives de l’investissement international tirent leur origine de la
théorie ricardienne des avantages comparatifs améliorée par Hecksher-Ohlin-Samuelson.
Mais l’auteur a choisi la théorie éclectique de Dunning (1981) qui développe une analyse qui
reprend les initiales de trois grands types d’avantages à la multinationalisation (paradigme
OLI : Ownership advantages, avantages spécifiques , localisation et internalisation).

Les avantages spécifiques de la firme étrangère découlent de ses actifs intangibles :


technologie, expertise, expérience internationale, savoir-faire profitant ainsi des imperfections
structurels du pays locale. Quant à la localisation elle peut être définie comme étant un
contrôle plus accru de la qualité, du contrôle effectif de la chaîne de production et du
processus de gestion et une réduction du risque et de l’incertitude. L’internalisation s’explique
par l’existence d’imperfections transactionnelles du marché donnant lieu à des externalités
positives potentielle pour la firme.

La localisation quant à elle découle de l’existence d’un avantage à utiliser ces actifs pour
produire dans plusieurs pays plutôt que d’exporter à partir d’une production dans le seul pays
d’origine. Il est surtout tenu compte des variables de coût (production, transport, distribution).

Mais la décision d’investir ne peut pas s’opérer sans une analyse profonde conjuguant
orientations stratégiques et prise en considérations liés aux risques d’investissement (Risque-
Pays).

En effet les variables stratégiques qui peuvent orienter une décision d’investissement à
l’étranger se résument dans la volonté de créer une synergie mondiale , accroitre sa taille ,
diversifier se positionner à l’échelle mondiale et enfin augmenter sa part de marché dans son
secteur d’activité afin d’être plus compétitives dans son pays d’origine ou la bataille entre
firme devient plus rude.

Cependant , les contraintes qui peuvent accompagner une décision d’investissement sont liés à
une notion fondamentale :le Risque-Pays. Celui ci correspond aux risques économiques
(volatilié du PIB réel, balance de paiements, Chômage, réserves de change) et sociopolitiques qu’encourt
une FMN dans un pays étranger .On peut procéder à la classification suivante de ce risque :
Risque Micro diversifiable et non systématique :

 Risque de gouvernance
 Risque de Change (expropriation, dépréciation, dévaluation de la monnaie)
Mais ce risque peut être diminué en contractant avec des organismes d’assurance
tel que l’OPIC (agence américaine d’assurance en investissement)
 Risque Global (d’origine supranationale)

Risque Macro ou risque de marché non diversifiable et systématique :

 Risque de transfert
 Risque culturel et institutionnel

Le RP peut être évalué de plusieurs manières selon l’approche de l’entreprise : évalué par des
les investisseurs en portefeuille, investisseurs directs, ou via la probabilité de
rééchelonnement de la dette souveraine.

Enfin, c’est en fonction de tous ces paramètres et des degrés de contrôle souhaité la FMN
choisira son mode d’internationalisation (filiale à 100%, acquisitions fusions, joint venture,
licences, exportation, alliances stratégiques, e-commerce, et autres nouvelles formes
d’investissements) dépendamment du coût contractuel, risque de copie, risque de non-respect
des normes de qualité etc.…

II- l’IDE au Maroc : état des lieux et perspectives


Après la fin du système de Bretton Woods, en 1983 et la mise en place d’un système de
change flottant ,le Maroc s’est trouvé dans l’incapacité à rembourser son emprunt car il ne
s’est pas couvert contre les risques de change , on assiste alors à une dévaluation
phénoménale du cours du MAD. Ce phénomène s’est accru encore plus avec la dégringolade
du prix du phosphate principale moteur de la richesse du Maroc. S’ajoute à cela le Gaspillage
des ressources et la corruption endémique et structurelle que touchait et touche toujours
d’ailleurs notre système.

a) La politique d’attraction de l’IDE effectuée par le l’état du Maroc depuis


1990

Avec la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire favorable au développement ,le
Maroc déploie une panoplie d’efforts afin de stimuler les IDE. Ainsi avec des réformes
financières monétaires et fiscales, la promotion de l’IDE via la charte de l’investissement
adoptée en 1995 été placé au cœur des objectif du Maroc. S’ajoute à cela la création de zones
franches(Tanger Med) dans le nord du Maroc et le recours à la privatisation des entreprises
publiques dans le cadre du PAS.

Ainsi on peut résumer les actions directes en faveur de la promotion de l’IDE par :

 Conversion de la dette étrangère


 Exonération des droits d’import dans le cadre du plan « Emergence »
 Subventions totales ou partiales quant à l’acquisition des terrains
 Accords de LE ( Libre échange)
 Mise en place du Plan Marshall qui a pour but de désenclaver certaines régions
par le lancement de projets de constructions d’autoroutes (Tanger
Méditerranée),d’autoroutes, de ports et d’aéroports
 Adhésion aux structures internationales (OMC , OCDE dernièrement)
 Partenariat entre les différents centres de formations professionnels et les
entreprises (OFPPT, ANAPEC)
 Développement de l’offshoring avec la mise en place de centre d’appels
 Politique d’encouragement des mouvements de délocalisations
 Mise en place de fonds d’investissements (Fond Hassan II pour le
développement économique)

b) Les entraves au développement de l’IDE au Maroc

Le Maroc souffre de carence structurelles au niveau de :

 L’environnement des affaires (obstacles Micro) :


 Problèmes relatifs au fonctionnement de l’administration publique et des
lourdeurs des procédures
 Déficit en termes d’infrastructures
 Absence de culture industrielle
 Système juridique et législatif défaillant
 Difficulté de financement sur le Marché financier Marocain
 Logistique sur l’Europe peu optimale
 L’accès aux Matières premières peu suffisant
 Sous-capitalisation chronique limitant toute perspective d’’investissement
 Absence d’acteurs stimulant du tissu industriel.

 La situation économique générale du pays (obstacles Macro) :


 Etroitesse du Marché intérieur résultat de la faiblesse du pouvoir d’achat
 Risque d’instabilité sociale
 Concurrence déloyale due à la contrebande et à la montée en puissance du
secteur informel
 Le Maroc perd ses atouts face aux pays asiatiques qui emploient une main
d’œuvre plus qualifié et moins cher
 La proximité géographique ne joue plus un rôle aussi important notamment par
le développement des moyens de communication
 Fiscalité trop pesante, pléthore de taxes
 Coûts d’énergie trop élevés

 Obstacles d’ordre sociopolitiques :


 Système éducation-formation défaillant+ taux d’analphabétisme trop élevé
 Bafouement des droits de l’homme ce qui donne pour conséquence un
sentiment d’insécurité dans un état ou les autorités , réformes prétendant
être un état de droit ,de démocratie et de justice.
 Insatisfaction permanente.
 Le Maroc ne peu pas se targuer d’une plateforme régionale ( que ce soit au niveau
du Maghreb ou de l’Afrique noire) en raison du problème politique avec l’Algérie
voisine et les habitants du Polisario c

En somme le Maroc ne dispose pas d’un projet économique et social visionnaire et


mobilisateur conjuguant efficacité économique et cohésion sociale.

c) Quelques éléments pouvant avoir un impact positif sur l’accroissement des


IDE à destination du Maroc

Suite à un examen approfondi des principaux pays investisseurs et des principaux


secteurs d’IDE au Maroc nous pouvant dire que :
La situation des IDE au Maroc n’est guère satisfaisante car les principales recettes
d’IDE sont liées à des situations conjoncturelles fortement corrélées au politiques de
privatisations e plus l’IDE est surtout le fait de pays européens proches du Maroc
(France , Espagne, pays bas) dont l’activité est tournée à l’export ce qui ne profite
nullement à la croissance économique Marocaine .

C’est avec la mise en place d’infrastructures économiques ,sociales et industrielles,


avec le renforcement de la Gouvernance ,avec le développement d’un système éducatif
et de formation qui répond aux attentes du marché de Travail, avec la valorisation de la
dimension régionale au sein du Maroc, et avec une meilleure exploitation de certains
secteurs que le Maroc pourra s’élever au Rang de pays Emergents prometteurs.

III- Analyse comparative avec certains courants de pensée


L’ouvrage de Habib El Malki est très imprégné par la logique ricardienne et pas certains
aspects libéraux de l’économie qui vise entre autres à spécialiser dans les secteurs aux quels le
Maroc détient un avantage comparatif, à mettre en place un environnement libéralisé qui est
soumis à la loi du Marché, mettre en place un climat de concurrence afin de dynamiser les
efforts des entreprises locales et ainsi permettre à celles qui s’adaptent le mieux de survivre.

Par opposition aux courants Keynésiens qui tendent vers un régime protectionniste visant à
protéger la production nationale qui vise à mettre des barrières à l’entrée afin de protéger
l’économie nationale. S’ajoute à cela la pensée Marxiste qui ne voit en ce phénomène que
l’exploitation des ressources humaines qui participent à créer une plus-value qui va dans les
mains du pays d’origine de la firme mère. En effet les théories qui s'inscrivaient dans
de le cadre de la promotion de LIDE cachent un optique de dépendance, de
dualisme, d’impérialisme et de néo-colonialisme économique.

IV- Point de vue personnel


L’ouvrage de Habib El Malki est un exposé riche, et consistant, dans la
mesure ou il a su conjuguer cadre théorique qui à permis à l’étudiante que
je suis d’avoir une visibilité des stratégies d’investissement de manière
générale et approfondie et cadre empirique par la présence de plusieurs
exemples concrets. En effet il a su brosser une image fidèle de l’état des
lieux des IDE au Maroc à la lumière des statistiques, des rapports de
recherche, et de l’enquête qu’il a faite au prés de 168 FMN au Maroc.

Cependant l’ouvrage est fortement imprégné d’un aspect académique qui


ne permet pas à l’auteur de connaître sa position personnel de l’auteur. En
effet la vision ricardienne ressurgit à plusieurs moments de la lecture ce
qui laisse croire que c’est une formulation différente et adaptée de la
pensée classique sur le cas Marocain ,or le Maroc a besoin de solutions
adaptées a son contexte culturel, social ,politique et économique qui
permettraient de répondre le mieux possible à ses besoins , et non pas
des solutions calquées sur le modèle nord-américain ou européen.

En effet Habib El Malki ne prend pas en considération les limites de IDE en


général et du plan « Emergence »en particulier sur l’économie marocaine
et des effets pénalisants que ceux –ci peuvent avoir sur l’économie
nationale, et a omis de soulever le déphasage qui existe dans les accords
le libre échange dont certaines clauses de sont pas respectées pour le
grande désolation de l’économie Marocaine qui se voit entrain de brader
ses meilleurs atouts.

Je pense qu’il faut se réorienter vers un investissement interne et régional


afin de consolider un partenariat sud-sud qui pourraient nous profiter le
plus comme cela a été le Cas avec la RAM qui a su se positionner dans le
cadre africain.

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