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AUSCULTATION PAR INSTRUMENTATION

1 – Fissurométrie

2 – Convergences
relatives

3 – Nivellement relatif

4 – Critères d’alerte

Cycle INSPECTION des OUVRAGES d’ART – module 5 : tunnels Michel IMBARD


mardi 3 au jeudi 5 octobre 2006
Toute utilisation des supports pédagogiques en d eho rs du cad re d e la fo rm ation ne pou rra êt re réalisée qu’avec l’acco rd ex près de l eur
auteur ©

Le domaine de l’auscultation des ouvrages est immense et la technologie


évolue sans cesse.
A la différence des grands ouvrages d’art, le génie civil des tunnels ne fait pas
l’objet d’une instrumentation ni d’un monitoring très sophistiqué.
Le but de cet exposé est de présenter 3 méthodes simples permettant de
quantifier la vitesse d’une évolution, décelée ou suspectée à la suite d’une
inspection détaillée. Elles font partie de la surveillance renforcée.
Ces 3 méthodes sont « manuelles », sans dispositif automatique d’acquisition
et de télétransmission.
2 de ces méthodes sont toujours utilisées par le CETU dans 5 tunnels du
réseau national.
Certaines de ces auscultations durent depuis une vingtaine d’années.
Elles ont permis de mieux cerner la vitesse d’évolution des voûtes anciennes,
mais aussi de convaincre certains maîtres d’ouvrages qu’ils avaient un risque
potentiel réel à gérer.

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ne pourra être réalisée qu'avec l'accord exprès de leur auteur.
1 – Fissurométrie

Doc. SAUGNAC

Doc. EDF / DTG


Doc. LRPC LYON

Cette jauge SAUGNAC ne peut mesurer qu’une seule dimension.


Le fissuromètre VINCHON permet de mesurer XYZ (pied à coulisse).
Le modèle LRPC est tridimensionnel avec transmission automatique (1000 €
ht).

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1 – Fissurométrie

Fissuromètre LRPC Lyon

Voici un fissuromètre, fabriqué par le LR de Lyon, qui permet de surveiller les


déplacements relatifs des lèvres de la fissure avec une bonne précision et
dans 3 directions. (190 à 250 € ht).
Il est fixé à l’aide de chevilles expansives, complétées, en cas de support très
irrégulier, par un « matelas » de mortier ou de résine.
Les mesures se font à l’aide d’un pied à coulisse (X et Y) muni d’un pied de
profondeur (Z) – la précision est de l’ordre de 0,2 mm.
On distingue les plots d’alignement de l’un des becs du pied à coulisse,
constituant la ligne de référence, garantissant la répétabilité de la mesure.
Les 3 directions XYZ représentées forment le trièdre de référence de
l’appareil.
Suivant la position et l’orientation de l’appareil dans le profil en travers du
tunnel, il est important de définir quels sont les mouvements réels des
panneaux correspondant aux mouvements mesurés en XYZ.
Description des termes consacrés : ouverture, rejet, désaffleurement.
Toujours prendre la température de l’air lors de la mesure.

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1 – Fissurométrie

Cet exemple illustre une corrélation remarquable entre l’ouverture d’une


fissure et la température.
On note une excellente correspondance entre les pics, de même que dans les
amplitudes.

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2 – Convergences relatives
Le matériel de mesure, les repères

Ensemble DO 1 (LRPC Lyon)

Repère DO

Les fils invar géodésique : fabriqués et étalonnés périodiquement par le LR


Lyon (base d’étalonnage) .
On dispose de 17 fils dont la longueur va de 200 mm à 10 000 mm, permettant
la réalisation d'attelages de toutes les longueurs comprises entre 1 m et 20 m,
mais aussi de reconstituer une chaine de mesure en cas d’accident sur l’un
des fils tout en restant dans la plage de lecture de l’appareil (leurs longueurs
varient par pas de n x 50 mm).
L’appareil : entièrement mécanique, il rassemble les fonctions de tension et de
mesure. Il comporte un dynamomètre à ressort taré (15 kg) et une échelle de
lecture équipée d'un vernier. La plage utile de fonctionnement de l'appareil est
de 100 mm.
- orientation variable de la ligne de mesure à partir d'un même repère.
- précision : 1 à 2.10-5 de la longueur mesurée, soit 0,1 à 0,2 mm pour des
bases de l'ordre de 10 mètres.
-Légèreté, rapidité de mise en oeuvre et robustesse (utilisable sous l’eau).
-10 000 € ht réétalonnage 1000 € ht.

Les repères : ils peuvent être en laiton ou en inox ; ils sont scellés à la résine
ou au mortier sans retrait (perçage de Ø 24 mm, profondeur 20 cm).

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2 – Convergences
relatives

Le matériel de mesure,
l’étalonnage

Exemple de fiche d’étalonnage des fils invar établie par le LRPC.


Une fiche équivalente est établie pour l’ensemble « appareil de mesure +
fixation opposée ».
Un étalonnage annuel est recommandé en cas d’utilisation soutenue (environ
1000 €).

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2 – Convergences relatives
Le schéma d’implantation des repères

Tunnel routier Tunnel canal

2 exemples de schémas classiques :


Les traits reliant les repères constituent les bases à mesurer (suivant le
problème soupçonné, on mesure aussi les bases 3-2 et 3-4).
Pour chaque base, on mesure la longueur totale de la base en conservant
toujours les mêmes fils et l’on note la valeur lue au vernier.
Pour un profil à 5 repères en tunnel routier, environ 1h par profil.
Nécessité d’avoir une nacelle pour atteindre le repère de clé.

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2 – Convergences relatives
L’interprétation

Graphe 3
RN 91 - Grand Tunnel du CHAMBON - Mesures de convergences
PM 69

30

20 5-3

1-3

1-4

5-2
10
1-5
mm

1-2

5-4
0
2-4

-10

-20
1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005

Ce type de graphe illustre, pour chaque base, les écarts par rapport à la
longueur d’origine.
Il fait apparaître immédiatement les tendances, ici une accélération qui se
confirme depuis au moins 2 ans.
Il permet aussi de sélectionner les bases les plus sensibles et les plus
représentatives à mesurer en cas d’urgence.

Dans la mesure où un tunnel ancien n’est quasiment pas modélisable, une


interprétation plus fine voire un désir prudent de prédiction devront s’appuyer
sur un modèle de type statistique, qui se bâtit par « apprentissage » des
données déjà recueillies sur une certaine période.

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2 – Convergences relatives
L’interprétation

Les déformées sont une façon claire de visualiser la déformation du polygone


des repères.
Le programme recalcule le profil en fonction des écarts successifs mesurés et
des nivellement relatifs sur les 2 repères inférieurs.
Pour une bonne visualisation, il est nécessaire d’amplifier l’échelle des
déplacements à l’aide d’un coefficient paramétrable.

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3 – Nivellements relatifs
Niveau WILD N3 et mire invar 50 cm

Principe : on procède au nivellement de tous les repères de piédroits, par un


cheminement fermé s’appuyant sur l’un des repères considéré comme stable.
Une sphère calibrée est fixée sur le repère.
Le talon de la mire repose sur la sphère.
La précision théorique du N3 est de 0.2 mm au km.

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3 – Nivellements relatifs
Le cheminement

L’aller et le retour sont fait en même temps – 4 visées à chaque station.


La fermeture se fait sur le dernier profil.
Difficultés en cas de circulation sur la voie adjacente (souplesse de l’enrobé au
passage d’un PL).
18 repères, 430 m de cheminement, environ 2h.

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3 – Nivellements relatifs
L’interprétation

10,00

160-5
5,00 131-1
94-5
80-1
0,00 69-5
3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 55-1
6.5-5
-5,00
2.5-1
2.5-5
6.5-1
-10,00
55-5
69-1
-15,00 80-5
94-1
131-5
-20,00 160-1
198-5
198-1
-25,00

Ce type de graphe illustre, pour chaque repère, les écarts à sa position


d’origine.

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4 – Critères d’alerte
En tunnel, il n'y a pas de critère absolu, de seuil calculable

Le critère d'alerte est alors la vitesse d’évolution de la grandeur


mesurée :
- Inconvénient d’une périodicité trop grande
- Avantage d’une mesure en continu

Les critères d'alerte complémentaires seront alors l'extension ou


l'apparition de désordres liés à l'accelération du phénomène mesuré.

Importance de la surveillance continue dévolue au gestionnaire local

Fissurométrie :
Difficile de définir une alerte fondée sur un seuil d’ouverture. Aucune valeur
n’est « calculable » a priori.
En revanche, une accélération est bien visible sur un graphe.
Dans le cas d'une auscultation en continu, l'accélération est visible presque en
temps réel et les décisions plus rapides.
Dans une auscultation périodique, une accélération nécessite au moins 2
mesures pour être confirmée.
C'est dans un tel cas de figure que l'on mesure toute l'importante de la
surveillance continue, dévolue au gestionnaire local.
La responsabilité de l'alerte ne doit pas reposer uniquement sur le seul
prestataire de l'auscultation.
En cas d’accélération confirmée, les mesures sont alors couplées à des
inspections ponctuelles plus rapprochées.

Convergences, nivellement :
Vitesses, tendances

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ne pourra être réalisée qu'avec l'accord exprès de leur auteur.
Je vous remercie pour votre attention

Place aux questions ?

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