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Monsieur le Président de la République,

Citoyens engagés et responsables politiques, nous vous saisissons pour vous demander de
prendre en compte la nécessité et l’urgence d’une loi électorale juste.
Cet engagement figurait explicitement dans votre programme de Président élu en 2017,
comme d’ailleurs dans celui de votre prédécesseur.
La désaffection des citoyens pour les consultations électorales et plus largement pour les
institutions démocratiques est largement liée aux déséquilibres de la représentation, qui
excluent des dizaines de millions d’électeurs en ne leur garantissant pas une
représentation équitable.
De ce fait, le principe constitutionnel de pluralisme et d’équité n’est plus assuré. Le texte
de l’article 4 de notre constitution, « La loi garantit les expressions pluralistes des
opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie
démocratique de la Nation » est devenu vide de sens. Ni le « pluralisme » ni « l’équité »
ne sont aujourd’hui respectés.
La brutalité d’un scrutin intégralement majoritaire appliqué aux élections législatives et la
concomitance de ce scrutin avec l’élection présidentielle empêchent le Parlement de jouer
pleinement son rôle. Le caractère hyper-majoritaire de la représentation ainsi élue freine
la fonction de contrôle et empêche de fait tout dialogue utile entre les sensibilités
politiques.
Or nous avons plus que jamais besoin, non seulement d’une représentation juste et
pluraliste, mais aussi d’un changement de culture politique qui permette, entre les
différents courants politiques, chaque fois que possible, dialogue et coresponsabilité.
C’est un des avantages principaux du choix du principe proportionnel pour notre loi
électorale.
Le risque, souvent décrit par les partisans du système actuel, d’un « retour à la Quatrième
République » et à l’instabilité parlementaire n’existe plus depuis la création de la
Cinquième République. Car le Président de la République élu au suffrage universel forme
lui-même le gouvernement et détient de fait toutes les armes constitutionnelles pour
empêcher l’instabilité.
Tous les pays qui sont nos partenaires au sein de l’Union européenne, sans exception, ont
organisé leur représentation parlementaire selon ce principe de pluralisme et de justice.
Dans le moment historique que nous traversons, la nécessité de donner à notre vie
publique davantage d’ouverture et de possibilités de rassemblement impose une telle
évolution de nos institutions.
Une telle réforme peut être décidée par voie parlementaire, relevant d’une loi simple et
d’application immédiate. Elle peut aussi être adoptée en consultant les Français par un
référendum de l’article 11.
Une telle loi a déjà été votée en 1985, pour les élections législatives de 1986, et donc déjà
expérimentée sous la Cinquième république. Les principes en étaient simples, sièges
attribués à la proportionnelle, avec seuil à 5 %, la circonscription retenue pour respecter
l’enracinement des élus étant le département, évitant en même temps les délais et les
contestations liées à un éventuel découpage.
Ainsi pourra être adoptée et mise en œuvre en temps utile une réforme majeure pour la
démocratie française.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, à l’assurance de nos
sentiments respectueux.

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