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TEXTO 2

POURQUOI LE CRÉDIT AUX MÉNAGES TOURNE À PLEIN RÉGIME

Par Grégoire Pinson

Challenges.

En 2016, 7,4 millions de ménages ont contracté un nouveau crédit. Un dynamisme «


remarquable » qui devrait continuer cette année.

Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université Paris Ouest a présenté ce 31 février le


29ème rapport annuel de l’Observatoire des crédits aux ménages, portant sur l’année 2016,
avec l’appui de la Fédération bancaire française. La demande concerne le crédit conso comme
le crédit immobilier.

Les taux d’intérêt bas ont-ils incité les Français à contracter davantage de crédits l’an passé ?

En 2016, le taux de détention des crédits par les ménages s’est établi à 46,4 % d’après
l’Observatoire des Crédits aux Ménages (1). Il se maintient à ce niveau depuis trois années.
Néanmoins, la demande de crédits à la consommation s’est redressée en 2016 : avec une
progression de 7,8 % du nombre de ménages ayant contracté un nouveau crédit. Il en a d’ailleurs
été de même pour les crédits immobiliers : avec une augmentation de 4,0 % du nombre de
ménages avec un nouveau crédit. Avec 7,4 millions de ménages ayant contracté un nouveau
crédit (6,6 millions, un crédit à la consommation et 1,2 million, un crédit immobilier), l’année
2016 a donc été remarquable en raison du dynamisme de la demande et de l’offre bancaire.

Quelles sont les différentes dynamiques, entre le crédit immo et le crédit conso ?

Après une année de transition, le taux de détention des crédits immobiliers s’est ressaisi en
2016, pour s’établir à 30,7 % (contre 30,2 % en 2015). Cette remontée est principalement portée
par une progression rapide du taux de détention des crédits à l’accession à la propriété qui
retrouve ainsi un des niveaux les plus élevés observés depuis le début des années 2000 ; et, dans
une moindre mesure, par une nouvelle augmentation du taux de détention des crédits pour
financer l’acquisition d’une autre logement (essentiellement, un investissement locatif privé).
En revanche, le taux de détention des crédits à la consommation ne s’est pas redressé : il s’est
établi à 25,5 % (contre 26,0 % en 2015). Mais cette évolution paradoxale au regard de
l’augmentation du nombre de prêts accordés et du nombre de ménages concernés s’explique
principalement par le repli des prêts obtenus auprès de la famille et des amis. Alors que la part
des ménages qui contractent des crédits à la consommation directement auprès d’une banque
ou d’un organisme de crédit s’est maintenue.

Quelle est l’utilisation de ces crédits ?

Les évolutions intervenues depuis 2009 dans les usages des crédits à la consommation ont
accompagné la plus grande prudence des emprunteurs. Mais au-delà des bouleversements
imposés par la conjoncture, les ménages recourent toujours aux crédits à la consommation pour
financer la réalisation de projets patrimoniaux et améliorer leur cadre de vie : pour acheter un
(des) bien(s) d’équipement de la maison, une automobile, une moto ou payer des travaux
d’amélioration du logement. Ils ont par contre allégé leur usage des crédits à la consommation
pour financer des dépenses de consommation courante : les évolutions récentes confirmant
l’inflexion des comportements amorcée avec le déclenchement de la grande dépression et
renforcée par la mise en œuvre des lois Lagarde et Hamon.
Quelles sont les perspectives pour 2017 ?

D’après leurs déclarations, les ménages restent particulièrement optimistes pour 2017. Leurs
intentions de souscriptions de nouveaux crédits immobiliers progressent encore, confirmant le
dynamisme de la demande qui se constate depuis deux années. Alors que si leurs intentions
concernant les crédits à la consommation sont moins ambitieuses, elles illustrent simplement le
recentrage de l’usage de ces crédits sur le financement de la consommation durable. Et au total,
les taux de détention des crédits devraient se redresser en 2017.