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Hiver 2015 - Sys-806/Mécanique/ÉTS/ HenriChampliaud&LêVanNgan /Chap 6/ 1

Chapitre 6
Éléments finis de type « plaque » z

6.1 Introduction y

Une plaque est un corps « plat » dont l’épaisseur est x


beaucoup plus petite que ses autres dimensions.
t
Théorie des plaques minces de Kirchhoff :
 Pas de déformation transversale de cisaillement.
 Une ligne droite initialement  à la surface moyenne
demeure droite et  à cette surface.

Théorie de Mindlin-Reissner
 Déformations transversales de cisaillement non
négligées.
 Une ligne droite initialement  à la surface moyenne
demeure droite, mais pas nécessairement .

N.B. Les deux théories négligent la contrainte normale


dans la direction de l’épaisseur  z  0 .
Z
6.2 Flexion d’une plaque (petits déplacements) t
Vx x
6.2.1 Équilibre surface par unité de Mx
longueur Vy
t
 y
M x    x z dz 
2
t P y

2 
t  Vy
M y   2t  y z dz  Mx

2
 Vx

 My
t
M xy   t  xy z dz 
2 (6.1)

2 
t  My Mxy
Vx   t  xz z dz 
2
 
2
t
 x xy
Vy   t  yz z dz 
2
x
t t
 Mxy
2  y

N.B. En faisant l’hypothèse qu’une ligne droite initialement perpendiculaire à la surface


moyenne demeure droite, cela donne des contraintes qui varient linéairement.

12 12
Exercice 6.1 : Montrer que  x   z 3
Mx et que  xy   z 3 Mxy
t t
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z
y
6.2.2 Déplacements et déformations y
+

uz est le déplacement de la surface moyenne en un point


uz,x
de coordonnées (x, y).
uz
uz,x et uz,y sont les pentes de la surface moyenne au point x x
(x,y) selon x et y respectivement.  x
z
ux   z x
z y
P
P
z
u z, x uz,y

x y
uz
uz x
+

x x

 x et  y sont les rotations des sections droites selon x et y.


u x   z  x
 Les déplacements du point P dans le plan xy  (6.2)
u y   z  y
 Alors pour des petits déplacements et des petites rotations, on obtient les
déformations
 x  ux,x   z x, x

 y  uy,y   z y, y
  xy  ux, y  uy,x   z x,y  y,x 

(6.3)

 yz  uz, y  y
  u  
 xz z, x x

N.B. Les déformations sont exprimées en fonction de uz, x et y et de leurs dérivées.


z
6.2.3 Contraintes
La contrainte z est négligée devant x, y et xy. x
y
La variation de contrainte transversale de cisaillement
est parabolique selon z. Pour un matériau élastique
isotropique linéaire, la relation contrainte déformation
dans une couche parallèle à la surface moyenne est xz
donnée par (similaire à l’état plan de ) : yz y
C  matrice du comportement du matériau x xy yx
 
 
 x  1  0   x 
  E    (6.4)
 y    1 0   y 

  1  
2
  1    xy  xy yx
 xy  0 0  
 2  x y
avec E module d’élasticité et  coefficient de Poisson état plan de
contrainte
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Les contraintes de cisaillement transversal sont données par :

 xz  1 0   xz   xz 
   G 0 1    G   (6.5)
 yz     yz   yz 
E
avec G le module de rigidité en cisaillement G 
2 1  

6.3 Énergie de déformation et fonctionnel

Les relations (6.4) et (6.5) représentent les contraintes dues à la flexion et au cisaillement.

parunité
 
de volume

L’énergie de déformation due à la flexion est donnée par 21 flexion flexion


t

L’énergie de déformation due au cisaillement est donnée par 21 k cis.  cis. où k est une
t

constante pour tenir compte de la non-uniformité de  à travers l’épaisseur k = 5/6 pour une
section rectangulaire.

  pression
1  0   x 
 E   
  2 1E   
t t
  x  y  xy  1 0   y  dz dA    k  xz  yz  dz dA  A p uz dA
(6.6)
2 1 2 1 xz
2 
1 
t 2 t 2
 
 
A A
 1     xy 
2 2 yz

0 0  
 2 

6.4 Élément fini plaque (théorie de Kirchhoff)

Les déformations de cisaillement sont négligées  xz   yz  0

Selon (6.3), on obtient

 y  u z , y et  x  u z , x (6.7)

 x   zuz , xx  x  uz , xx 
    
  y   zuz , yy   y    z uz , yy  (6.8)
   2 zu   2 u 
 xy z , xy  xy  

z , xy 

 u '' courbures

N.B. Les déformations ne dépendent plus que d’une seule variable uz.

Mi j
Comme  i j   z , on obtient la relation entre les moments et les courbures.
12 t 3
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Cb  comportement du matériau en flexion


 
 
 Mx  1  0  uz , xx 
  E t3   
Moments internes  M    My   2 
 1 0  uz , yy   [M]  [Cb ][u''] (6.9)
 M  12 1   1    2 uz , xy 
 xy   0 0  
 2 
module de rigidité en flexion des plaques
(semblable à EI pour les poutres)
Le fonctionnel (6.6) devient

 
A
1
2 u ''t Cb u ''dA   A p uz d A (6.10)

Exercice 6.2 : démontrer l’expression du fonctionnel (6.10)

Typiquement, chaque nœud possède 3 degrés u z 


de liberté, une translation et deux rotations  
u z , x 
u  y
 z, y  uz

Pour un élément plaque à 4 nœuds  12 dofs u z, y   x


x

Base polynômiale proposée  y   u z, x


bp  1 x y x 2 xy y 2 x 3 x 2 y xy 2 y 3 x 3 y xy 3  (6.11)

Alors, le fonctionnel deveint

  D 
t
 1
2 B Cb BdAD   D   N  pd A
t t t
(6.12)

avec N  bp a où [a] est la matrice des coefficients ai tels que uz = a1 + a2x + …

 , xx 
 
et B   , yy  bp a (6.13)
2  
 , xy 

N.B. Cet élément ne peut pas être généralisé à des formes non rectangulaires.

Exercice 6.3 : Construire la matrice [a] et la matrice [B] pour un élément carré de côté c = 10,
t = 1 (utiliser Matlab pour [a]).
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6.5 Élément fini plaque (théorie de Mindlin-Reissner)

L’énergie de déformation des contraintes de cisaillement est prise en compte.

 xz  0  yz  0

À travers la section transversale, l’effort tranchant est proportionnel à la déformation de


cisaillement.

Vx  k E t 1 0   xz 
V      V   C s   (6.14)
 y  2 1   0 1  yz 
 
C s 

N.B. kt représente la section « effective » cisaillée.

Le fonctionnel devient

 1
A 2
u' 't CF  u' 'dA  A 21 k u'C C u'd A  A p u z d A (6.15)

 x,x 
  u z , x   x 
avec u' '    y , y  et u'    (6.16)
    u z , y   y 
 x,y y,x 

Interpolation de 3 variables indépendantes u z ,  x et  y

j s
u zi   xi   yi 
     
u zj   xj   yj 
u z  N   x  N   y  N  (6.17)
 
i
u   
k  zk   xk   yk 
u zm   xm   ym 
r  
m

Développement des matrices [Bb] et [Bs] pour le calcul des matrices de rigidité des éléments
(à venir)