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HISTOIRE DE LA PENSEE POLITIQUE


Vol 6 du Mercredi 11 Novembre 2020
SECTION IV : LA PENSEE POLITIQUE HORS D’OCCIDENT

L’exercice du pouvoir en Afrique au regard de son histoire entraine césure qui


amène à analyser d’une part le contexte africain précolonial (Paragraphe 7), et d’autre
part le contexte colonial et post – colonial (Paragraphe 8).

PARAGRAPHE VII : LA PENSEE POLITIQUE AFRICAINE EN CONTEXTE PRECOLONIAL

Nous disons que l’exercice du pouvoir en Afrique est spécifique.


En ce qui concerne le pouvoir précolonial, il prend en compte le droit de la tradition (B)
et la spécificité de son organisation.

A- LA SPECIFICITE DE L’ORGANISATION ET DE L’EXERCICE DU POUVOIR

Première considération : La période précoloniale est caractérisée par empires,


les royaumes et chefferies. Cette diversité d’appellation ne masque les mêmes
caractéristiques intéressant l’accession de l’exercice et la perte du pouvoir. En
s’appuyant sur CHEIK ANTA DIOP, Engelberg MVENG, les caractéristiques ci-après
peuvent être dégagées :

- Il y a hérédité et rotativité du pouvoir dans la mesure où celui-ci se transmet


soit du père au fils, soit du père à la fille ; et lorsque cette hypothèse n’est pas possible
l’on recourt à l’un ou l’autre membre de la famille royale (patriarcat et matriarcat);
- L’exercice du pouvoir africain défie les constructions dans la mesure où le
pouvoir est concentré et exercé par le souverain ; il n’y a pas de séparation des pouvoirs.
Toute l’activité politique, économique, administrative, judiciaire et sociale s’exerce
exclusivement dans la cour royale. Ceci n’exclut pas les négociations entre les chefs et
les notables ; tous gérontocrates respectant l’intérêt de la communauté ;
- La mort ou le décès est la cause principale de la perte du pouvoir : Il n y a donc
pas de mandat, ni d’élection ou de plébiscite ; ce sont les règles coutumières qui
encadrent l’exercice du pouvoir.

Deuxième considération : La colonisation avec la greffe de l’Etat moderne a


profondément bouleversé la structure et l’exercice du pouvoir africain ; Mais la tradition
en constitue un cas.

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B- LE POIDS DE LA TRADITION

Les développements sur la tradition à ce niveau intéressent aussi les contextes


colonial et post colonial. Plusieurs hypothèse confirme l’influence de tradition sur et
dans l’exercice du pouvoir. Nous pouvons citer entre autre :
- Le chef est chef dans tous les domaines de la vie social ;
- Le chef travail avec une équipe de notable voire de nobles s’assimilant à une sorte de
parlement ou de conseil ;
- L’exercice du pouvoir traditionnel est contre la séparation des pouvoirs ;
- Le chef accumule le pouvoir, les richesses parce qu’aucun autre individu ne peut être
plus riche et plus influant que lui ;
- La tradition ne limite pas les mandats et ne consacre pas la transmission du
pouvoir du vivant du chef.
Au regard de ce qui précède, la tradition apparait comme l’un des héritages de
la pensée politique précoloniale.

PARAGRAPHE VIII : LA PENSEE POLITIQUE AFRICAINE COLONIALE ET POST COLONIALE


Le sassement (examen minutieux) de la pensée politique colonial et post
colonial consacre trois idées politiques objet des analyses qui vont suivre :
- L’indépendance ;
- L’unité de l’Afrique ;
- Et le développement de l’Afrique.

A- L’INDEPENDANCE ET L’UNITE DE L’AFRIQUE EN QUESTION

Première considération : L’indépendance en tant que situation dans laquelle


un individu ou une organisation ne reçoit d’injonction, ni d’ordre ou de contrôle d’un
individu ou d’une autre organisation (Jean Bodin), traverse de part en part la pensée
politique africaine. Ladite indépendance est à la fois politique, économique, social,
culturel et scientifique, encore que l’Afrique soit considérer comme le berceau de
l’humanité.
Nous ajoutons que selon ALIOUNE DIOP qualifié de « Socrate africain » et
fondateur de la maison d’édition « présence africaine ». Nous pouvons retenir ce qui
suit : « personne n’a le privilège d’avoir maitrisé l’histoire et le progrès(…) au lieu de
quelques centaines de milliers de cerveaux qui se chargent de penser et de féconder
le monde(…) on souhaite la transformation de ces hommes d’outre-mer en cerveaux

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et bras adaptés à la vie moderne et partageant la liberté de penser et d’améliorer le
sort du genre humain ». Il s’agit donc d’arracher et ou de prendre la liberté soit dans le
combat pacifique (Nelson Mandela), soit par des revendications violentes (Mayo Tsé-
toung : on ne fait de révolution sans casser les œufs).
Deuxième considération : la pensée politique africaine est dominée par le
panafricanisme dont l’objectif est de parvenir aux Etats unis d’Afrique. Selon NKWAME
N’KRUMAH, dans L’impératif de nullité : « tel est le défi lancé aux leaders de l’Afrique.
Nous devons saisir cette occasion pour que le génie de notre peuple nous permette
de dépasser les velléités de séparatisme en une multitude de petits Etats souverains,
mais construire plus rapidement pour la plus grande gloire de l’Afrique et le progrès
de ses populations en une union des Etats africains ».
Julius NYERERE pense pour sa part que : « l’unité africaine doit se renforcer et
prendre forme sous les institutions économiques et politiques, si elle veut réellement
avoir une influence positive sur votre avenir (…) dans l’intérêt de tous les Etats afin de
réaliser une unité réelle. Notre objectif doit être de créer les Etats Unis d’Afrique ».
Entre les partisans de Monrovia et les partisans d’Addis Abeba, l’on aboutit à l’OUA
et l’UA.
Plusieurs raisons expliquent les difficultés qu’il y’a pour les africains à parvenir aux Etats
Unis d’Afrique :
Premièrement : les égoïsmes des chefs d’Etats Africains chacun s’attachant à son
prestiges et à son honneur et voulant devenir le 1er président des Etats Unis
d’Afrique.(perte des prestiges et des honneurs au plan international et la question du
1er Président des Etats Unis d’Afrique ?) ;
Deuxièmement : il y’a la problématique de la monnaie unique du fait de l’existence de
plusieurs monnaies nationales et communautaires contrôlées par l’occident ;
Troisièmement : L’analphabétisation de la population qui est un obstacle à la
compréhension des enjeux liés à la fédération des cultures et des langues officielles
importées (français, Anglais, portugais…..) ;
Quatrièmement : Le nouvel impérialisme occidental et asiatique qui oriente, façonne
et limite le développement l’Afrique. En effet, cette dernière est, était, et sera
probablement toujours une source de matières premières. FRANTZ FANON souligne
que pour les Africains l’Europe a les mains sales. Elle est incapable de faire triompher

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l’homme. Il faut donc une déconnexion économique, politique, culturelle et surtout
scientifique à l’égard de l’occident et de l’Asie. Jean Marc ELA révèle pertinemment à ce
propose « les enjeux de science ne sont pas distinctes des enjeux politiques ».

B- QUE DIRE DU DEVELOPPEMENT ?

Première considération : l’équation démocratie et développement ne traduit pas


toujours la réalité. Tous les pays développés ne sont pas des pays démocratiques. On
peut citer l’exemple des pays arabo-musulmans et de la Chine, qui, très riches ne
pratiquent pas la démocratie.

Bien plus, la démocratie ne pas être saisie comme le meilleur gouvernement propice au
développement.
Deuxièmement, depuis l’enclenchement de la démocratie en Afrique en 1990, la
réalité est celle du sous-développement continu de l’Afrique ; de fortes sommes
d’argent sont dépensées pour organiser des élections alors que celles-ci pourraient
servir à résoudre les problèmes économiques et sociaux. On peut donc comprendre le
Président français Jacques Chirac lorsqu’il affirme que « la démocratie est un luxe pour
les africains ».
Troisième considération : on peut penser le développement à partir de l’Afrique et non
à partir d’ailleurs. C’est ce qu’ont proposé les présidents THABO MBEKI d’Afrique
Abdoulaye Wade, président du Sénégal. En ce qui concerne le Nouveau Partenariat
Economique pour le Développement de l’Afrique : le NEPAD (New Economic
Partnership development of Africa)./-

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