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HISTOIRE DE LA PENSEE POLITIQUE


Vol 8 du Mardi 17 Novembre 2020

CHAPITRE IV : LE LIBERALISME COMMUNAUTAIRE : LA


CONCILIATION INDIVIDU ET DU GROUPE
Le libéralisme communautaire consacre l’originalité africaine, notamment
camerounaise dans le développement de la pensée politique. En effet, en regard des
questions de développement d’unité et démocratisation, Paul BIYA dans son
ouvrage pour le libéralisme communautaire (1987/2018), propose une
conciliation entre l’individu et le groupe là où certains auteurs mettent en relief
l’opposition. Il ne s’agit donc plus de mettre dos à dos (opposer) ces deux courants
de pensée politique en raison de leur richesse dans l’exercice et la finalité du
pouvoir. Pour le démontrer examinerons successivement l’économie de cette
pensée (Section 7) et son évolution (Section 7).
Section VII : l’économie du libéralisme communautaire
A ce sujet, retenons cette affirmation de l’auteur : « la société du fédéralisme
communautaire dont nous appelons l’avènement se définit par l’ouverture et
s’intègre dans le monde réel pour une humanité plus solidaire. Cette solidarité
est le fondement de la société politique nouvelle qui nous fait bâtir désormais une
société dont l’économie soit au service de l’homme et ou la justice sociale soit le
principe de règle dans la répartition des biens faits de notre croissance ». Ceci
veut dire que au cœur du libéralisme communautaire se trouvent la liberté
d’entreprendre (paragraphe 13), la fonction régulatrice de l’Etat et le devoir de
solidarité (paragraphe XIV).
Paragraphe 13 : la liberté d’entreprendre
1ère considération : La liberté d’entreprendre en tant que socle du libéralisme se
traduit par la création des biens et services dans une logique de compétition. Les
citoyens ont donc la liberté de créer et d’exercer des activités économiques

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génératrice de l’autonomie et de profit. Mais il ne s’agit pas de céder la place à un
libéralisme sans fin qui engendre une concurrence impitoyable entre individus et
groupes dans une société politique. L’Etat doit lui-même prévoir créer les
entreprises destinées à servir de rigueur et de moralisation dans la gestion des
entreprises en général. L’exercice de ces activités économiques doit se faire
conformément à la règlementation.
Deuxième considération : le libéralisme n’est pas seulement un mouvement de la
pensée politique auxquels les premiers libéraux ont failli le réduire. Il est aussi
l’exigence des libertés dans divers domaines de la vie de l’homme : le social
l’économique, le culturel, l’intellectuel et le religieux.

PARAGRAPHE 14 : LA FONCTION REGULATRICE DE L’ETAT ET LE


DEVOIR DE SOLIDARITE

Première considération : La libre entreprise peut développer un climat


anarchique en ce sens que certains individus et entreprises seraient portés à dévorer
d’autres, à devenir des micro-Etats rivalisant l’Etat lui-même. C’est ce que l’Etat doit
éviter en jouant de sa ‘’main invisible’’ pour intervenir dans l’activité économique,
contribuant ainsi à mieux organiser les rapports entre les agents économique, et, à
réduire conséquemment les écarts de pauvreté.
Pour exercer complètement cette mission, l’Etat a besoin d’être fort et
soutenu par toutes les couches de la population qui lui confèrent la légitimité. Il doit
être neutre c’est à dire ne pas être l’Etat d’un groupe mais un Etat au service des
citoyens et des groupes.
Deuxième considération : La solidarité en termes d’entraide mutuelle
consacre la fonction sociale de l’Etat dans un contexte de démocratie. Elle se traduit
par le développement du sens de la communauté caractérisé par le partage et la
distribution des richesses à tous les citoyens et groupes sociaux. C’est ce qui justifie
la politique de l’équilibre régionale au Cameroun, des discriminations positives aux
USA, la politique des quotas ailleurs comme en France, Canada, Afrique du Sud.
Avec Emile DURKHEIM, on recourt à la solidarité mécanique (tradition, lien de
sang et la parenté) par opposition à la solidarité organique (l’intérêt et le contrat).
Par contre Ferdinand TÖNNIES s’inscrit tout au moins dans le même registre en
distinguant la volonté organique (solidarité mécanique) et volonté réfléchie
(solidarité organique).
Paul BIYA souligne alors que l’esprit communautaire à développer au sein
des populations n’est pas assimilable à un communisme primitif mais s’enrichit d’un

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communisme moderne. Il s’agit d’une solidarité double : d’une part dans l’effort et
d’autre part dans le partage des fruits de cet effort.
On peut néanmoins s’interroger sur la pertinence de cette pensée politique à
l’épreuve de la société politique camerounaise.

SECTION VIII : L’EVALUATION DE LA PERTINENCE DU


LIBERALISME COMMUNAUTAIRE
Le libéralisme communautaire, comme toutes les autres formes de pensée
politique ouvre le flanc à des critiques nonobstant ses mérites. De là s’indiquent les
orientations de cette section : d’une part des points forts (Paragraphe 15) et d’autre
part les points moues (Paragraphe 16).

PARAGRAPHE 15 : LES POINTS FORTS DU LIBERALISME


COMMUNAUTAIRE
Première considération : Le libéralisme communauté traduit les richesses
en Afrique. Ceci veut dire que la raison n’est pas toujours hellène, mais elle est
aussi nègre.
Deuxième considération : l’autre crédit ou importance à accorder au
libéralisme communautaire se justifie pour plusieurs raisons :
- Il s’agit d’une pensée politique universelle qui intègre des piliers
fondamentaux de l’action politique de tous temps, de toutes années culturelles et
de tous les continents ;
- La liberté d’entreprendre consacre l’épanouissement individuels alors que
le devoir de solidarité révèle l’intérêt général ;
- Il corrige les excès de l’exercice de la liberté (libéralisme à outrance) et la
dilution de l’intérêt général par les intérêts des groupes ;
- Il s’agit d’une conciliation méritoire du libéralisme et du
communautarisme participant du développement de la démocratie.
Parce que chaque médaille a toujours son revers du libéralisme communautaire
n’échappe pas aux critiques.

PARAGRAPHE 16 : LES FAIBLESSES/LES POINTD MOUES DU


LIBERALISME COMMUNAUTAIRE

Première considération : Le libéralisme communautaire doit assumer les


critiques du libéralisme d’une part et le communautarisme d’autre part. En dépit de
ses aspects positifs, le libéralisme communautaire ne met pas fin à l’individualisation,
à l’égoïsme à la corruption, au clientélisme qui se développent de plus en plus et
rendent difficilement applicable cette pensée politique.

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Bien plus, le devoir de solidarité censé développer la justice sociale fait face
au tribalisme et non à la tribalité. Il devient alors difficile de concilier l’intérêt général
aux intérêts des groupes et des individus.
Deuxième considération : Le libéralisme communautaire pose un problème
de contexte et un problème politicien. D’une part, il s’agit d’une production
camerounaise qui pourrait avoir une explication complexe ailleurs. Dans le sens de
Georges BALANDIER et de Jean François BAYART, il y a le problème de
l’historicité de l’Etat et des sociétés. Il y a toujours le relatif ou le spécifique à côté de
l’universel. D’autre part, le libéralisme communautaire s’apparente à l’idéologie d’un
parti politique (RDPC). De ce fait, cette pensée politique ne saurait prétendre de
manière absolue au même titre que les autres pensées politiques, parvenir à construire
exclusivement la cité idéale recherchée par PLATON ou ARISTOTE. Son efficacité
nécessite le recours à d’autres expériences et contributions politiques dans une
perspective de son enrichissement, qui plus est, d’autres partis politiques proposent
les formes des cités idéales.
En conclusion de ce chapitre, il apparait que la finalité du pouvoir politique
ou tout simplement de l’activité politique est une finalité complexe parce qu’elle
oscille entre individu et le groupe. De même, sa pertinence et son effectuation
dépendent de la personnalité des hommes d’Etat, des institutions et d’autres acteurs
de la vie politique en fonction des enjeux, des ressources, des règles et des interactions
collusives et collisives.

CONCLUSION GENERALE
A la fin de cet enseignement, nous pouvons retenir plusieurs éclairages :
Premièrement, l’histoire de la pensée politique s’inscrit entre relativisme et
universalisme, en ce sens que une pensée politique produite dans un environnement
donné s’est valorisée également ailleurs. Elle résiste à l’épreuve du temps et des
sociétés;
Deuxièmement, le pouvoir a une origine duale c’est à dire la fois divine
(conception chrétienne et conception islamique) et humaine, en étant démocratique
(les fondements de la souveraineté/origine populaire) et wébérienne (les types de
domination ou de légitimation) ;
Troisièmement, l’exercice du pouvoir est nourri/ façonnée par la pensée
politique des auteurs à travers l’évolution de l’humanité. Par conséquent, la critique
d’une pensée politique doit d’abord et toujours reconnaître au préalable sa valeur
c’est-à-dire sa pertinence avant de la confronté à l’actualité critique ;
Enfin quatrièmement, la finalité du pouvoir au même titre que son origine
est binaire c’est-à-dire double, l’individu et le groupe ; mais entre les deux il y a
inclusion lorsqu’on prend en compte le sein et le sollen c’est-à-dire ce qui est et ce
qui doit être./-

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