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DROIT ADMINISTRATIF GENERAL


Vol 9 du Lundi 16 Novembre 2020

SECTION I : LA DEFINITION DE L’ACTE ADMINISTRATIF


UNILATERAL (suite)
- C’est un acte pris par une autorité administrative ;
- C’est un acte qui crée des droits et des obligations pour les particuliers.

Paragraphe 1 : l’acte unilatéral, un acte juridique

Deux aspects ressortent de ce premier point : la notion d’acte juridique comme


l’on clairement démontré les Professeurs EISENMANN et GEORGES DUPUIS.
Le terme « acte » doit être envisagé dans une perspective statique et dynamique.

Dans son 1er sens l’acte est un document dans lequel sont consignés des mentions.
Ainsi, l’acte de naissance de mariage ou de décès sont des documents contenant
des mentions.

Dans le second sens le terme « acte » signifie une action. Ainsi l’acte de mariage
est un document établi à la suite d’une série de mentions et formalités diverses.
Pourtant l’acte juridique ne se limite pas à ce double aspect juridique. En effet, la
Cour Suprême dans son jugement n°43 du 22 février 1979 Moutombi Christophe a
accordé un éclairage supplémentaire sur la notion d’acte administratif. L’acte est
alors considéré non seulement comme un acte positif. Mais une comme une
abstention, une omission de la part de l’administration qui peut ainsi être à l’origine
d’un dommage. Dans cette affaire (Moutombi), le requerant receveur de la post-
dévoudoula avait été victime d’un vole à la suite d’un cambriolage effectué dans
son domicile de fonction.

L’intéressé ayant réclamé à plusieurs reprises et en vain les crédits pour


réceptionner ses locaux. Il considérait que cette abstention de l’administration
constitue un acte fautif de la part de celle-ci.

Le second aspect est le caractère unilatéral de l’acte. Ici, la définition est


incomplète car elle ne met pas en relief le fait que l’acte administratif puisse avoir
pour auteur soit une autorité individuelle soit une autorité collégiale. Si le Préfet,
le Maire, le gouverneur sont des autorités administratives et individuelles, il est
aussi admis que le conseil d’administration, le conseil municipal, le conseil
régional sont des autorités collégiales qui peuvent édités des actes administratifs.

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Ainsi dans son jugement n°06 CS/CA du 29 novembre 1979, société anonyme des
brasseries du Cameroun. La Chambre Administrative de la cour suprême décide
que le recours de la firme requérante devait être dirigé contre la délibération du
conseil municipal de la commune urbaine de Yaoundé et non contre du délégué du
gouvernement ou du Ministre de l’administration territoriale.

Paragraphe II : l’acte unilatéral : l’acte de l’autorité administrative dans


l’exercice du pouvoir administratif

Cette affirmation du juge administratif met en exergue l’organe habilité à prendre


l’acte administratif unilatéral (A). On peut aussi s’interroger sur le problème des
actes émanant des personnes publiques autres que les autorités administratives
d’une part (B), d’autre part les actes émanant des personnes privées (C) mais
participant à l’évolution des services publics.

A- Les auteurs primitifs

Les auteurs primitifs de la décision unilatérale sont les représentants légaux d’une
administration relevant de l’exécutif ou d’une collectivité infra étatique. Il s’agit
de l’arrêt PAUL SABOUNIN, l’individu ou les groupes d’individus remplissant
un certain nombre de conditions d’aptitude et de qualification investis par la loi
pour représenter un personne publique leur permettant de prendre des actes
juridiques au nom et pour le compte de cette dernière dont les conséquences sont
directement imputables à la personne publique.

Ce pouvoir de la personnalité est fondé sur la théorie de la personnalité morale. Ces


autorités primitives sont classées en quatre catégories :

- Les autorités centrales : il s’agit


du Président de la République dans son rôle administratif. L’article de la
Constitution du 02 janvier 1972 révisée par la loi constitutionnelle du 18 janvier
1996 puis du 14 avril 2008 lui attribut :
Le pouvoir règlementaire. Exemple : Décret portant nomination du
Ministre de l’enseignement supérieur
Le pouvoir de nomination aux emplois civils et militaires
Le pouvoir de créer et d’organiser les services publics de l’Etat
Des ministres

- Les autorités déconcentrées : les autorités extérieures des émanations de


l’administration centrale. Ces services extérieurs de l’administration de l’Etat sont
répartis en de circonscriptions administratives qui sont au Cameroun : la Région,
le Département et l’Arrondissement. Les autorités en charge de ces circonscriptions
sont, le gouverneur pour la Région, le Préfet pour département et le Sous-Préfet
pour l’arrondissement.

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- Les autorités décentralisées : il s’agit des maires et des délégués Régionaux.
- Les autorités administratives indépendantes.

B- Les auteurs dérivés


Il s’agit des personnes publiques non exécutives.

1- Les actes émanant des personnes publiques autres qu’administratives

Il s’agit essentiellement des actes pris par les autorités parlementaires, les autorités
judiciaires et les actes de gouvernement. Concernant ces actes, le juge administratif
camerounais, dans l’affaire KONG EMMANUEL cité plus haut écarte les
décisions des autorités législatives et judiciaires sur la base de la séparation des
pouvoirs.

Les actes des autorités parlementaires

La distinction est nette entre les actes qui participent à l’élaboration de la loi et qui
de ce fait ne sont pas des actes administratifs. Le juge administratif camerounais
dans l’affaire société des grands travaux de l’ouest (arrêt n°4/CFJ/AP du 28 octobre
1970) et CLAUDE HALLE (arrêt n°105/CFJ/CAY du 08 décembre 1970) avait
exclu le caractère administratif des actes législatifs. En revanche en France, les
actes émanant des services publics administratifs du parlement concernant le statut
des fonctionnaires, ses marchés publics, ses relations publiques… sont bien des
mesures administratives défavorables au juge administratif s’il vient à faire grief.
Leur caractère administratif tiré de leur objet est reconnu par de textes relatifs aux
règlements intérieurs des assemblées, les actes d’administration courante (gestion
du personnel, gestion des fonds et autres biens matériels). Tous les actes pris dans
cette situation, sont des actes administratifs susceptibles d’être déférés devant le
juge administratif (CE, Association 05 mars 1999, Président de l’association
nationale).

Cet arrêt constitue une avancée remarquable dans le contrôle des actes
parlementaires à propos de la passation d’un marché de rénovation du système
audiovisuel d’association nationale qui n’avait pas respecté les règles de passation
des marchés de l’Etat.

Les actes des autorités judiciaires

A la suite du Conseil d’Etat dans son arrêt l’Association du 17 avril 1953 FALCO
et VIDALLAC et l’arrêt du Tribunal des Conflits du 27 novembre 1952, le juge
administratif camerounais reprend les développements du juge administratif
français dans l’affaire TAGNY Mathieu du 16 mars 1967 et depuis l’affaire Dame
AWA HADJA de 1972 qui distingue entre les actes portant organisation du Service

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Public de la justice (création et suppression des juridictions des charges d’avocat,
d’huissier, de notaire, la carrière des magistrats…) et les actes liés au
fonctionnement des juridictions judiciaires. Ce dernier échappe totalement à la
compétence du juge administratif qui ne leur reconnait pas la finalité d’acte
administratif. En revanche, les actes portant promotions ou sanctions des
magistrats, ceux portant réorganisation de la justice sont comme tels susceptibles
d’être déférés devant le juge administratif.

2- Les actes administratifs émanant des personnes privées.

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