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Ministere de Institut

L’ENSEIGNEMENT
universitaire
superieur et de la
recherche SCIENTIFIQUE D’AbIDjAN
Sscientifique

LICENCE 3 ADMINISTRATION DES AFFAIRES


SPECIALITE FINANCE

COURS DE DIAGNOSTIC FINANCIER

NOM & PRENOMS DE L’ENSEIGNANT : OSSONON AHOU CLAUDINE


DOCTEUR EN SCIENCES DE GESTION OPTION FINANCE
CONTACTS : 07 27 71 54 / 05 78 57 25
E-mail : ahouclaudioss@gmail.com

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Institut Universitaire
d'Abidjan
01BP 12159 Abidjan 01, Tél. 22 42 22 65/ 22 42 27 24 / 22 52 55 67 /07 23 18 62 / 05 23 52 35
Année universitaire : 2017-2018

SYLLABUS DU COURS IUA

INTITULE DU COURS : DIAGNOSTIC FINANCIER


Code : ………….
Type : CM ou TD ; CM et TD
Volume horaire : 30 H
UE de rattachement : ……………………………………………………………………….
Niveau du cours : LICENCE PROFESSIONNELLE 3 ADA SPECIALITE FINANCE
Semestre : …………………………1……………………………………..........................
Nombre de crédit : 3 crs
Nom de l’enseignant : DR OSSONON AHOU CLAUDINE
Cel : 07 27 71 54 / 05 78 57 25
E-mail : ahouclaudioss@gmail.com
Les objectifs
L’objectif de ce cours est l’étude de la structure financière de l’entreprise en exploitant les outils du
diagnostic financier. L’ensemble de ces techniques nous permet d’analyser, d’une part la capacité
d’une entreprise à créer de la valeur, autrement dit à dégager de la rentabilité et d’autre part à honorer
ses engagements auprès des partenaires et des apporteurs de capitaux (créanciers, actionnaires…), de
même que diagnostiquer les risques d’exploitation, financier et de faillite de l’entreprise. La théorie
financière nous rappelle, en effet, que seul le profit est source de valeur et que l’on doit financer que
ce qui est rentable. A ce titre, le diagnostic financier poursuit deux objectifs :
 S’assurer que l’entreprise crée de la valeur
 Comprendre le processus de création de la valeur afin de mieux identifier les causes
d’inefficacité
Ce cours vise donc à donner aux auditeurs les arguments et outils nécessaires leur permettant
d’évaluer avec précision les forces et faiblesses de l’entreprise sur la base de ses états financiers.
Acquérir les connaissances et habiletés nécessaires à l'établissement d'un diagnostic financier classique
et complet d'une entreprise. Être capable d'évaluer la rentabilité d'une entreprise, l'efficacité de son
exploitation et sa position financière. Savoir convertir l'information comptable en information
financière.

Les objectifs spécifiques


A l’issue de la formation, l’étudiant doit être capable de :
 convertir l'information comptable en information financière;

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 maîtriser les concepts et les techniques d'analyse financière reliés à
l'établissement du diagnostic financier;
 évaluer la rentabilité d'une entreprise, sa position financière et
l'efficacité de sa gestion;
 utiliser un cadre d’analyse de la performance globale de l’entreprise ;
 apprécier les risques d’exploitation, financier et de faillite de
l’entreprise.
 porter un jugement critique sur la gestion financière et la performance
globale d'une entreprise, afin de pouvoir prendre des décisions
d'investissement et de financement.
Les étudiants devront être en mesure de construire leur propre analyse et
d’étayer leurs commentaires avec une modélisation argumentée d’une situation
d’entreprise particulière.

Les pré-requis

- La comptabilité générale et analytique ;


- L’analyse financière et la gestion financière ;
- La politique et stratégie financière de l’entreprise ;

Le contenu
Introduction Générale
Chapitre 1- les documents comptables de base
Section 1-Les cycles financiers
Section 2-Les états financiers de synthèse
1-Le bilan
2-Le compte de résultat
3-Le TAFIRE
4-L’Etat annexé

Chapitre 2- Diagnostic de la rentabilité : analyse fonctionnelle des résultats de l’entreprise, les


soldes significatifs et les soldes financiers
Section 1-Les soldes intermédiaires de gestion
Section 2-Les ratios de performance
Section 3-Les soldes financiers et la rentabilité globale : La CAFG et l’AF
Cas pratiques

Chapitre 3- Diagnostic du risque d’exploitation et du risque financier


Section1- Analyse de la rentabilité
Section2- Risques d’exploitation de l’entreprise
Section3- Risques financiers de l’entreprise
Cas pratiques

Chapitre 4- Analyse statique du risque de faillite : analyse de la structure financière


Section1- Approche fonctionnelle du bilan

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Section 2- Approche financière du bilan
Section 3- Les autres méthodes
Cas pratiques

Chapitre 5-Analyse dynamique du risque de faillite


Section 1-Tableau de financement (1ère partie)
Section 2- Tableau de financement (2ème partie)

Chapitre 6- Analyse de la structure financière : coût du capital et valeur de l’entreprise


Section1- Coût du capital et valeur de l’entreprise
Section2- Structure financière et théorie des options

Chapitre 7- Approche qualitative du diagnostic financier


I-Historique de l’entreprise
II-La direction et le personnel
III-Le produit, le marché et la stratégie
IV-Les moyens matériels
V-L’ environnement juridique

Chapitre 8-Méthodologie de synthèse d’un diagnostic financier


I-Synthèse sur la santé financière de l’entreprise
II-Synthèse sur le compte de résultat
III-Conclusion générale
IV-Schéma de synthèse de la méthodologie générale

Méthodes et stratégies pédagogiques


C’est une méthode participative qui consiste à éveiller l’attention de l’étudiant pour faciliter
l’appréhension et la compréhension de l’objet de la matière enseignée. A partir d’un support de cours,
les explications appuyées par des exemples pratiques sont données aux étudiants. Certains cas
d’exercices d’entraînement sont résolus sous le contrôle de l’enseignant. En plus de cela les travaux
dirigés donnés et conduits par l’enseignant pour une meilleure familiarisation de la théorie et de la
pratique.
Langue d’enseignement : Français

Modalités d’évaluation

Evaluation continue : 60%


Participation 10%
Interrogations 15%
Devoirs sur table 20%
Travaux à rendre 15%
Examen final en fin de semestre 40%
1ère session : à la fin du cours

Session de rattrapage (2ème session)

Les références bibliographiques

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1) M. Duprez et M. Duvant, Analyse financière, 2ème éd. Techniplus 1995
2) Michel Levasseur, Finance, éd. Economica 1998
3) Alain Mikol, Gestion financière, 5ème éd.1993
4) Hervé Hutin, La gestion financière, éd. Organisation 2000
5) Pierre Gensse et Patrick Topralalian, Ingénierie Financière, 3ème éd. Economica 2004
6) Georges Legros, l’évaluation des entreprises, éd. Dunod 2011
7) Pierre Conso, La gestion financière des entreprises, 7ème éd. Dunod 1985
8) Christine Tremelo et Marie josé Cordier, Outils de gestion commerciale : Mathématiques
appliquées, Ed. Foucher 1992
9) G. Depallens, gestion financière de l’entreprise, tome 1 édition 1974
10) M.Mollet, Gestion Financière, 3ème éd. Foucher 2000
11) Jean BARREAU et Jacqueline DELAHAYE, Gestion financière, Manuel et applications,
Edition Dunod.

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INTRODUCTION GENERALE

Le diagnostic, au sens large, consiste en la formulation d’un jugement sur l’état de santé d’une
personne à partir d’une analyse cohérente. En finance, le diagnostic consiste en l’évaluation des forces
et des faiblesses de l’entreprise à partir de ses états financiers (son carnet de santé). Il porte
généralement sur les questions suivantes :

 L’activité : comment a évolué le chiffre d’affaires ? quelle est la croissance de l’entreprise ?


Quelle est la situation concurrentielle de l’entreprise et son évolution ?

 La rentabilité : quelle est la rentabilité économique des capitaux investis ? quel est le poids de
la dette financière sur l’EBE ? La rentabilité financière est-elle satisfaisante ?

 L’investissement : quel est le volume d’investissement productif ? quelle est la nature des
investissements ? la structure financière est-elle satisfaisante ?

 La trésorerie : d’où vient la trésorerie ? est-elle satisfaisante ? comment est-elle utilisée ?

Le diagnostic situe l’entreprise dans le temps et dans l’espace. La situation dans le temps est réalisée à
l’aide de tableaux de flux rétrospectifs (TAFIRE) et prospectifs (Plan de Financement). La situation
dans l’espace consiste à appréhender l’entreprise dans son secteur grâce aux informations provenant
de la centrale des bilans. Le diagnostic financier s’intègre dans un diagnostic d’ensemble, c’est
pourquoi il est indispensable, avant toute analyse, de situer l’entreprise dans son milieu économique,
social et juridique dont il faut tenir compte sur l’ensemble de la démarche.
L’analyste doit connaître les éléments suivants :

 La nature des marchandises, des produits ou des services vendus ;

 La nature des opérations réalisées : activités industrielles et/ou commerciales, exécution totale
ou partielle du processus de fabrication, modalités d’exécution (sous-traitance…)

 Les conditions d’achat : nature des approvisionnements, nature et nombre des fournisseurs,
contrats juridiques avec les fournisseurs (licence, concession,….)

 Condition de vente : circuit de distribution, classification et nombre des clients, importance


des marchés à l’exportation, liens juridiques avec les clients….

 Moyens d’exploitation : implantations industrielles, conditions juridiques de leur détention


(propriété, crédit-bail, location simple,….)

 Caractéristiques sociales : effectif salarié, répartition fonctionnelle et hiérarchique, grille des


rémunérations, rotation du personnel, climat social,…

 Relations juridiques avec d’autres entreprises : filiale, société mère (dans ce cas tenir compte
des données consolidées), prise de participation,

 Stratégie du groupe : diversification, intégration, spécialisation abandon de pan d’activités, ….

Le Diagnostic financier fait appel à diverses méthodes ou techniques :

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 La méthode des ratios : elle consiste en un calcul de rapports entre deux grandeurs
significatives extraites des documents de synthèse de fin d’exercice établis à un instant t
(analyse statique)

 La méthode de description des flux : elle repose sur une analyse dynamique des documents
comptables

Le but de l’analyse financière est de rechercher dans quelle mesure l’entreprise est assurée de
maintenir son niveau financier à court, moyen et long terme et de faire des prévisions afin d’améliorer
sa santé financière. Les informations que fournit le diagnostic financier sont intéressantes pour
diverses catégories de personnes qui sont des partenaires de l’entreprise. Il s’agit notamment :

 Des dirigeants de l’entreprise pour orienter leurs décisions de gestion ;

 Des prêteurs pour leur permettre de se prononcer sur l’opportunité, les conditions et les limites
des concours financiers qu’ils envisagent consentir à l’entreprise ;

 Des investisseurs pour guider leurs opérations d’achat et de vente des titres ;

 Le personnel pour son information sur le marché de l’entreprise et l’exercice de ses droits en
matière d’intéressement au bénéfice ;

 L’Etat dans le cadre de son rôle économique et de ses actions de contrôle fiscal.

Finalement, tout diagnostic financier s’articulera autour deux dimensions que sont la rentabilité et le
risque.

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CHAPITRE 1: LES DOCUMENTS COMPTABLES DE BASE

Elie Cohen définit l’analyse financière comme un ensemble d’instruments et de méthode de diagnostic
qui visent à énoncer une appréciation concernant la situation financière et les performances de
l’entreprise. Parmi ces instruments certains permettent une analyse statique de la situation de
l’entreprise. Il s’agit essentiellement de compte de résultat et du bilan.
I. Les cycles financiers

Les opérations de l'entreprise peuvent être regroupées en 3cycles:


 le cycle de l'exploitation
 le cycle d'investissement
 le cycle de financement

1. Le cycle d'exploitation

Le cycle d’exploitation regroupe les opérations liées aux activités courantes, donc récurrentes,
de l’entreprise : approvisionnement, production, vente. Ce cycle est connu sous le nom de cycle achat
- production - vente. L’entreprise a de la monnaie ; l’échange contre des matières premières, ensuite
elle transforme ces matières, puis elle commercialise les matières transformées et enfin elle retrouve
aussi de la monnaie. Le schéma ci-dessous reproduit le cycle d’exploitation d’une entreprise
industrielle. Le cycle d'exploitation est le fondement de la richesse de l'entreprise il est constitué par
les activités ordinaires (à court terme) de l’entreprise. Sa durée correspond au temps qui s‘écoule entre
l’approvisionnement et le règlement des clients.
Cette durée peut être plus ou moins longue en fonction de l'activité de l’entreprise.

2. Le cycle d'investissement
Ce cycle désigne toutes les opérations relatives à la création ou à l'acquisition des moyens de
production incorporels, corporels ou financiers. On peut le présenter comme suit : monnaie -
investissement - cash-flows - monnaie.
Pour chaque investissement, une succession d'opérations se produit dans un ordre déterminé. C'est
pour cela que l'expression cycle d'investissement est utilisée. Généralement, ces opérations se
déroulent sur plusieurs années.

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Le cycle d'investissement est donc un cycle long.

Les opérations du cycle d'investissement sont :

• L'acquisition de l'immobilisation auprès d'un fournisseur.

• Les flux économiques générés par l'investissement.

L'investissement permet d'obtenir des encaissements dans le futur ou de baisser les coûts.

3. Le cycle de financement
Le cycle de financement est un processus regroupant l'ensemble des opérations financières
relatives à l'activité de l'entreprise. Le cycle de financement est la contrepartie des cycles
d'exploitation et d'investissement puisqu'il consiste à trouver des capitaux permettant à la fois de
financer le court terme et le long terme.

II – Les Etats financiers


1. Le Bilan
1.1 – Définition
Le bilan fait partie des quatre états financiers obligatoires que doit fournir toute comptabilité à la fin
de chaque exercice. Il présente à un moment donné les biens (emplois) et les dettes (ressources) de
l’entreprise. Photographie de l’entreprise à un moment donné, le bilan permet d’apprécier le
patrimoine de l’entreprise.
1.2 – Présentation du bilan
Le bilan comptable est un tableau à deux parties :
 La partie gauche appelée Actif, regroupe l’ensemble des biens que possède l’entreprise à un
moment donné.
 La partie droite appelée Passif, regroupe l’ensemble des dettes de l’entreprise à un moment
donné.
1.2-1 – L’actif du bilan
L’actif du bilan comprend trois grandes rubriques :

 L’Actif Immobilisé : il regroupe l’ensemble des biens destinés à être utilisés durablement
dans l’entreprise à l’exception des charges immobilisées. Il comprend :
 les charges immobilisées : frais d’établissement ; charges à répartir, primes de
remboursement des obligations ;

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 les immobilisations incorporelles : frais de recherche et de développement, licence, brevets,
fonds de commerce, marque,…
 Les immobilisations corporelles : terrains, constructions, matériels,….
 Les immobilisations financières : titres de participation, prêts et créances à plus d’un an, ….

 L’Actif circulant : il comprend les éléments d’exploitations :


 les stocks
 les créances et comptes rattachés

 La Trésorerie-Actif : elle comprend l’ensemble des disponibilités et quasi disponibilités de


l’entreprise à un moment donné :
 titres de placement
 Banque, Caisse, CECP,…..
1. 2-2 – Le Passif du Bilan
Il regroupe l’ensemble des ressources stables et cycliques de l’entreprise. Le passif comprend les
rubriques suivantes :

 Les Capitaux Propres et Ressources assimilées : cette rubrique regroupe le capital social et
toutes les ressources ayant un caractère de capitaux :
 Capital social
 Réserves et RAN
 Résultat net,
 Subventions d’investissement,
 Provisions réglementées

 Les Dettes Financières et Ressources assimilées : il s’agit des emprunts et autres dettes à
plus d’un an :
 Emprunts
 Dettes de crédit-bail et contrats assimilés
 Dettes financières diverses
 Provisions pour risques et charges

 Le Passif Circulant : il regroupe l’ensemble des dettes cycliques à moins d’un an :


 Fournisseurs,
 Etat et Organismes sociaux
 Autres dettes….

 La Trésorerie-Passif : elle comprend l’ensemble des concours bancaires à très court terme :
 crédit d’escompte ;
 crédit de trésorerie ;

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 découvert, …..

Remarque : Les postes du bilan sont classés suivant deux critères :


 A l’Actif, les postes sont classés suivant le critère de liquidité croissante c'est-à-dire des
moins liquides aux plus liquides
 Au Passif, les postes sont classés suivant le critère d’exigibilité croissante c'est-à-dire des
moins exigibles aux plus exigibles
Présentation Schématique du Bilan Comptable

Exercice N Ex. N - 1
Réf. ACTIF
Brut Amort/Prov Net Net

ACTIF IMMOBILISE (1)

AA Charges immobilisées
AX Frais d'établissement

AY Charges à répartir
AC Primes de remboursement

des obligations

AD Immobilisations incorporelles
AE Frais de recherche et développement

AF Brevets, licences, logiciels


AG Fonds commercial

AH Autres immobilisations incorporelles

AI Immobilisations corporelles
AJ Terrains

AK Bâtiments

AL Installations et agencements

AM Matériel

AN Matériel de transport

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AP Avances et acomptes versés sur

immobilisations

AQ Immobilisations financières
AR Titres de participation

AS Autres immobilisations financières

AW (1) dont H. A. O. :
Brut NET

Exercice N Ex. N - 1
Réf. ACTIF
Brut Amort/Prov Net Net

AZ Report total Actif immobilisé

ACTIF CIRCULANT

BA Actif circulant H. A. O.

BB Stocks
BC Marchandises

BD Matières premières et autres

Approvisionnements
BE En-cours

BF Produits fabriqués

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BG Créances et emplois assimilés
BH Fournisseurs, avances versées

BI Clients

BJ Autres créances

TOTAL ACTIF CIRCULANT


BK
(II)

TRESORERIE-ACTIF

BQ Titres de placement

BR Valeurs à encaisser

BS Banques, chèques postaux, caisse

TOTAL TRESORERIE-ACTIF
BT
(III)

BU Ecarts de conversion-Actif (IV)


(perte probable de change)

TOTAL GENERAL (I + II + III


BZ
+ IV)

PASSIF Exercice Exercice


Réf.
(avant répartition) N N-1

CAPITAUX PROPRES ET RESSOURCES

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ASSIMILEES

CA Capital
CB Actionnaires capital non appelé -

CC Primes et réserves
CD Primes d'apport, d'émission, de fusion

CE Ecarts de réévaluation

CF Réserves indisponibles
CG Réserves libres

CH Report à nouveau + ou -

CI Résultat net de l'exercice (bénéfice + ou perte -)

CK Autres capitaux propres


CL Subventions d'investissement

CM Provisions réglementées et fonds assimilés

CP TOTAL CAPITAUX PROPRES (I)

DETTES FINANCIERES ET RESSOURCES


ASSIMILEES (1)

DA Emprunts
DB Dettes de crédit-bail et contrats assimilés

DC Dettes financières diverses


DD Provisions financières pour risques et charges

DE (1) dont H. A. O. :

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DF TOTAL DETTES FINANCIERES (II)

DG TOTAL RESSOURCES STABLES (I + II)

PASSIF Exercice Exercice


Réf.
(avant répartition) N N-1

Report Total ressources


DG stables

PASSIF CIRCULANT

DH Dettes circulantes et ressources assimilées H.A.O.

DI Clients, avances reçues

DJ Fournisseurs d'exploitation

DK Dettes fiscales
DL Dettes sociales

DM Autres dettes
DN Risques provisionnés

DP TOTAL PASSIF CIRCULANT (III)

TRESORERIE-PASSIF

DQ Banques, crédits d'escompte

DR Banques, crédits de trésorerie

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DS Banques, découverts

DT TOTAL TRESORERIE-PASSIF (IV)

DU Ecarts de conversion-Passif (V)


(gain probable de change)

DZ TOTAL GENERAL (I + II + III + IV + V)

2 - Le Compte de Résultat
2.1 – Définition
Le compte de résultat fait partie avec le bilan et l’état annexé des documents comptables obligatoires
de fin d’exercice. Le compte de résultat permet au dirigeant d’analyser et de comprendre le résultat
réalisé par son entreprise. C’est l’élément central de l’analyse de la performance réalisée par une
entreprise sur une période donnée. Il récapitule pour un exercice donné l’ensemble des charges et
des produits de l’entreprise en vue de déterminer le résultat de la période. Les charges et les produits
sont classés dans le compte de résultat par nature et par fonction.
2. 2 – Présentation du Compte de Résultat
Le Compte de Résultat est un tableau à deux parties :
 la partie de gauche regroupe l’ensemble des charges supportées par l’entreprise au titre de
l’exercice écoulé ;
 la partie de droite regroupe l’ensemble des produits dégagés par l’exploitation de l’entreprise
au titre de l’exercice écoulé.
2.2-1 – Les Charges
Elles sont classées par nature et par fonction. On distingue :

 Les charges d’exploitation : ce sont toutes les charges nées de l’exploitation de l’entreprise
(comptes de 601 à 66 et ; 68 et 69) ;

 Les charges financières : elles sont liées à l’activité financière de l’entreprise


Les charges d’exploitation et les charges financières constituent les charges de l’activité ordinaire de
l’entreprise.

 Les charges exceptionnelles : elles sont liées à l’activité non ordinaire de l’entreprise (HAO)

 Impôts sur les bénéfices et Participation des salariés


2.2.2 – Les Produits

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Ils sont classés également par nature et par fonction :

 Les produits d’exploitation : ce sont les produits d’exploitation courante : chiffre d’affaires,
subvention d’exploitation, autres produits, reprise de provision et transfert de charge.

 Les produits financiers : ils naissent de l’activité financière de l’entreprise


Les produits d’exploitation et les produits financiers constituent les produits de l’activité ordinaire.

 Les produits exceptionnels : ils liés à l’activité non ordinaire (HAO)

Présentation Schématique du Compte de Résultat


Charges Montant Produits Montant

Charges d’exploitation Produits d’exploitation


Achats de marchandises Ventes
……… ………
Charges de personnel
Dotations aux amort&Prov Reprises de provisions

Charges financières Produits financiers


Frais financiers Revenus financiers
……… …………

Charges HAO Produits HAO


Valeur comptable de cession Produit de cession
………………. ………………..

Total Total

Résultat net

3 - L’état Annexé
3.1 – Définition

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L’état annexé fait partie des quatre documents comptables obligatoires de fin d’exercice. L’état annexé
complète et commente les informations fournies par le bilan et le compte de résultat. L'état annexé est
en quelque sorte le mode d'emploi et complément nécessaire à la compréhension des autres états
financiers dont il est une partie intégrante. Il concourt à donner une image fidèle du patrimoine, de la
situation financière et du résultat de l'entreprise en indiquant par exemple les modes d'évaluations,
l'état des provisions et des amortissements.
3.2 – Présentation de l’état annexé
L’état annexé comprend :
 Des informations obligatoires quelle que soit leur importance ;
 Toutes les informations nécessaires à l’obtention d’une image fidèle du patrimoine, de la
situation financière et du résultat de l’entreprise.
L’état annexé comprend d’une manière générale les tableaux suivants :
 Tableau de l’Actif immobilisé
 Tableau d’amortissement des immobilisations
 Tableau des plus ou moins-values de cession
 Tableau des provisions
 Tableau de Biens pris en crédit-bail et contrats assimilés
 Tableau d’Echéance des créances à la clôture de l'exercice
 Tableau d’Echéance des dettes à la clôture de l'exercice
 Tableau des Consommations intermédiaires de l'exercice (les consommations intermédiaires
(CI) sont l'ensemble des biens et services (généralement achetés à d'autres entreprises), qui
sont détruits ou transformés lors du processus de production ou incorporés au produit1. Elles
sont très souvent nécessaires à la production. C'est ainsi qu'une entreprise produisant du
mobilier aura besoin de bois (matière première incorporée dans le produit) mais aussi
d'électricité pour assurer le fonctionnement des machines (dépenses d'énergie détruite au
moment de la production) et des services comptables qui disparaîtront également. La valeur
ajoutée de l'entreprise sera ainsi égale à la valeur de sa production moins la valeur de ses
consommations intermédiaires).
 Tableau de Répartition du résultat et autres éléments caractéristiques des cinq (05) dernières
années.
 Tableau du Projet d'affectation du résultat de l'exercice
 Tableau de l’Effectif, masse salariale, personnel propre à l'entreprise et
Personnel extérieur.
4 – Le TAFIRE
Le TAFIRE fait partie de la méthode d’analyse des flux. Il complète le diagnostic de l’entreprise par
une approche plus globale et plus dynamique. Le TAFIRE est un outil d'analyse stratégique révélatrice
de la politique financière suivie par les dirigeants de l'entreprise. Il permet aussi de visualiser les flux
de trésorerie de l'entreprise au cours de l'exercice. Il fait partie des états financiers annuels
obligatoires. Le TAFIRE participe du désir d’expliquer et d’analyser les mouvements intervenus entre
deux bilans au cours d’une période. Il constitue un état qui décrit la manière dont au cours d’un
exercice, les ressources dont a disposé l’entreprise lui ont permis de faire face à des besoins.

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CHAPITRE 2-DIAGNOSTIC DE LA RENTABILITE : ANALYSE FONCTIONNELLE DES
RESULTATS DE L’ENTREPRISE, LES SOLDES SIGNIFICATIFS ET LES SOLGES
FINANCIERS

L'objectif premier d'une entreprise est d'enrichir ses actionnaires. Comme le disait récemment Antoine
RIBOUD1, PDG de BSN "Ne jamais oublier ceux qui possèdent l'entreprise, les associer à ses
performances, il ne peut y avoir d'autre volonté pour BSN." Tous les autres objectifs, tels que par
exemple, la maximisation de la croissance de l'activité ne sont en fait que des objectifs secondaires,
qui doivent à terme être subordonnés à l'objectif de recherche de rentabilité. Quant à l'objectif de
remboursement des créanciers, il s'agit en fait d'une contrainte. En conséquence, l'aspect qui doit
primer dans le diagnostic financier est celui de la rentabilité, dont l'aboutissement est l'étude de la
rentabilité pour les actionnaires.
Le résultat peut être défini comme la différence entre le montant des charges et les divers produits de
l’entreprise. Selon l'optique comptable, le résultat net est censé exprimer la variation de valeur du
patrimoine des actionnaires mesuré comptablement et sur l'exercice comptable. Lorsqu'on retient
l'ensemble des capitaux investis par les actionnaires et les créanciers financiers, on aboutit de façon
équivalente à la notion d'actif économique, qui est la contrepartie de ces capitaux; les notions de
rentabilité économique et de résultat économique s'apprécient alors à partir de la variation de valeur de
l'actif économique.
Du point de vue de l’analyse financière, le résultat est ce qui va permettre de porter un jugement sur
l’efficacité de la gestion conduite par les dirigeants de l’entreprise ; autrement dit, il permet
d’apprécier la rentabilité de l’entreprise. Cette voie d’appréciation de la rentabilité passe par la
détermination des soldes significatifs de gestion, des surplus monétaires (ou soldes financiers : CAFG,
AF) et des ratios de performance.

SECTION 1 - LES SOLDES SIGNIFICATIFS DE GESTION

Le SYSCOA a introduit à l’image du PCG 82 français, la possibilité d’analyser le résultat grâce à la


décomposition des charges et produits en soldes significatifs de gestion.

A. Le compte de résultat SYCOA en liste

La présentation en liste du compte de résultat répond en partie à un besoin d’information en faisant


apparaître le résultat de l’exercice comme la résultante des trois résultats partiels liés aux trois niveaux
d’activité : résultat d’exploitation (RE), résultat financier (RF), résultat hors activité ordinaire
(RHAO). Ce qui permet une analyse précise de la formation du résultat.
Application : CAS SARANA
Travail à faire :
A l’aide des informations données en annexe, présenter le compte de résultat SYSCOA en liste 20N de
la société SARANA (Système normal), en faisant apparaître ses résultats partiels (RE, RF, RAO,
RHAO) et son résultat net.
Annexe : Extrait de la balance des comptes de la société SARANA

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N° Compte Compte de résultat par ordre alphabétique 20N
601 Achats de marchandises 3 246 900
602 Achats de matières premières 18 816 000
604 Achats stockés de matières et fournitures liées 1 800 000
605 Autres achats 6 000 000
836 Abandons de créances (charges HAO) 153 600
66 Charges de personnel 28 218 600
67 Charges financières (sauf 676, 679) 2 244 900
659 Charges provisionnées d’exploitation 60 900
679 Charges provisionnées financières 72 300
681 Dotations aux amortissements d’exploitation 1 810 500
853,854 Dotations aux provisions HAO 581 100
776 Gains de change 4 500
64 Impôts et taxes 4 474 200
891 Impôts sur les bénéfices de l’exercice 4 102 000
6581 Jetons de présence et autres rémunérations d’administrateurs 1 650 000
87 Participation des travailleurs 429 600
676 Pertes de change 300 300
72 Production immobilisée 151 200
707 Produits accessoires 6 248 400
754 Produits de cessions courantes d’immobilisations 923 300
822 Produits de cessions d’immobilisations corporelles (HAO) 4 658 100
758 Produits divers 14 400
84 Produits HAO1 274 800
6521 Quote-part transférée de bénéfices 135 000
7521 Quote-part transférée de pertes 445 000
6029 Rabais, remises et ristournes obtenus 225 000
759 Reprises de charges provisionnées d’exploitation 6 000
779 Reprises de charges provisionnées financières 60 000
86 Reprise HAO2 71 700
13 Résultat de l’exercice 6 178 400
77 Revenus financiers (sauf 776, 779) 1 132 500
62,63 Services extérieurs A et B 6 911 700
706 Services vendus 2 700 000
71 Subventions d’exploitation reçues 60 000
61 Transports 1 885 000
781 Transferts de charges d’exploitation 1 500
787 Transferts de charges financières 75 000
705 Travaux facturés 1 054 200
654 Valeurs comptables des cessions courantes d’immobilisations 874 200
812 Valeurs comptables des cessions d’immobilisations HAO 3 642 900
6033 Variations de stocks d’autres approvisionnements -128 100
736 Variations de stocks de produits finis 6 307 500
7352 Variation de stocks de services en-cours 120 900
5031 Variation de stocks de marchandises 787 200
6032 Variation de stocks de matières premières -2 120 000
701 Ventes de marchandises 2 730 000
702 Ventes de produits finis 67 605 000

(1)
Renvois Dont 848 « Transferts de charges HAO » : 105 000.
Dont 865 « Reprises de subventions d’investissement » : 30 000
(2)

21
Variations de stocks de matières et marchandises = SF-SI
Productions stockées = SF-SI

 Solution

Compte de résultat (Système normal) Exercice 20N Soldes


Ventes de marchandises 2 730 000
Ventes de produits finis 67 605 000
Produits accessoires 6 428 400
Travaux facturés 1 054 200
Services vendus 2 700 000
Chiffre d’affaires 80 517 600
Subvention d’exploitation 60 000
Production immobilisée 151 200
Variations de stocks de produits finis 6 307 500
Variations de stocks de services en-cours 120 900
Autres produits (a) 1 388 700
Transferts de charges d’exploitation 1 500
Total des produits d’exploitation (I) 88 547 400
Achat de marchandises 3 246 900
-Variations de stocks de marchandises (SF-SI) -787 200
Achats de matières premières et fournitures liées net (c) 18 591 000
-Variations de stocks de matières premières (SF-SI) 2 120 000
Autres achats et achats stockés de matières 7 800 000
-Variation de stocks d’autres achats (SF-SI) 128 100
Transports 1 885 000
Services extérieurs 6 911 700
Impôts et taxes 4 474 200
Autres charges (b) 2 659 200
Charges de personnel 28 218 600
Dotations aux amortissements d’exploitation 1 810 500
Charges provisionnées d’exploitation 60 900

Total des charges d’exploitation (II) 77 118 900


Résultat d’exploitation (I) – (II) 11 428 500
Revenus financiers 1 132 500
Gains de change 4 500
Reprises de provisions financières 60 000
Transferts de charges financières 75 000
Total des produits financiers (III) 1 272 000
Frais financiers 2 244 900
Pertes de change 300 000
Charges provisionnées financières (IV) 72 300

Total des charges financières (IV) 2 617 500


Résultat financier (III) – (IV) -1 345 500
Résultat des activités ordinaires (RE + RF) 10 083 000
Produits des cessions d’immobilisations 4 658 100
Produits HAO (d) 169 800
Reprises HAO 71 700
Transferts de charges HAO 105 000
Total des produits (HAO) 5 004 600
Valeurs comptables des cessions d’immobilisations 3 642 900

22
Charges HAO 153 600
Dotations HAO 581 100
Total des charges HAO (VI) 4 377 600
Résultat HAO (V) – (VI) 627 000
Résultat comptable avant impôt et participation (RCAI ?) = RAO + 10 710 000
RHAO
Participation des travailleurs (VII) 429 6000
Impôt sur les bénéfices (VIII) 4 102 000
Total des produits (A) = (I + III + V) 94 824 000
Total des charges (B) = (II + IV+ VI +VII + VIII) 88 645 600
Résultat net (bénéfice ou perte) 6 178 400

(a) 14 400 + 923 300 + 445 000 + 6 000 = 1 388 700


(c) 18 816 000 – 225 000 = 18 591 000
(b) 1 650 000 + 135 000 + 874 200 = 2 659 200
(d) 274 800 – 105 000 = 169 800

Résultat net avant participation = 10 710 000 – 4 102 000 = 6 608 000F
Résultat net = 6 608 000 – 429 600 = 6 178 400

 Les achats consommés et la variation de stocks (V.S) SYSCOA

Le SYSCOA 98 définit la variation de stocks de marchandises, de matières et fournitures liées comme


la différence entre le stock final et le stock initial (V.S = SF – SI)
Ce qui n’est qu’une simple disposition destinée à faciliter la distinction entre :
 Une augmentation de stock (si SF – SI > 0 ou SF > SI)
 Une diminution de stock (si SF – SI < 0 ou SF < SI)

Pour obtenir l’achat consommé, il faut retrancher V.S. SYSCOA :

Achat consommé = Achats – (+/- variation de stock) ; ou tout simplement :


Achat consommé = Achats + [+/- (SI – SF)]
Exemple : Dans l’exemple précédent, la V.S. (« Autres approvisionnements ») = -128 100f.
Achats consommés = 6 000 000 – (- 128 100) = 6 128 100F (voir compte de résultat en liste).
Remarque : Le problème de confusion ne se pose pas pour la production stockée SYSCOA.

B. Les soldes significatifs de gestion

Le SYSCOA généralise cette méthode en définissant, en plus des résultats partiels, d’autres
différences (ou soldes) entre des produits et des charges appelées soldes significatifs de gestion
(S.S.G.). Ces soldes fournissent aux utilisateurs des états financiers des informations de synthèse
capitales pour l’étude de la structure

1- Les marges brutes

La lecture directe du compte de résultat permet de distinguer deux sortes de marges brutes.

1-1. La marge brute sur marchandises

23
La mare brute sur marchandises représente la différence entre les ventes de marchandises et le coût
d’achat des marchandises vendues dans l’exercice.
Elle ne concerne que l’achat et la revente des marchandises en l’état.
Pour ce faire, elle représente le revenu économique de base de l’entreprise commerciale et la branche
de négoce des entreprises industrielles.
Le calcul de la marge brute sur marchandises peut se faire soit à partir de la balance, soit à partir du
compte de résultat.

 A partir du compte de résultat

Marge brute sur marchandises (TB) = Ventes de marchandises (TA)


-Achats de marchandises (RA)
+ Variations de stocks de marchandises (RB) (1)
(1) Variation de stock = Stock initial – Stock final

 A partir de la balance

Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
601 Achats de marchandises 701 Vente de marchandises
6031 Variations de stocks de 6019 Rabais, remises et ristournes
marchandises obtenus (non ventilés)
Total (1) Total (2)
Marge brute sur marchandises = (2) – (1)
La marge brute, élément fondamental du tableau de bord de l’entreprise commerciale, est
généralement exprimée en pourcentage du chiffre d’affaires.

Application : Cas SARANA

 A partir du compte de résultat

Marge brute sur marchandises = 2 730 000 – [(3 246 900 – (+787 200)] = 270 300F

 A partir de la balance

Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
601 Achats de marchandises 3 246 900 701 Vente de marchandises 2 730 000
6031 + Variation de stocks de -787 200
marchandises
Total (1) 2 459 700 Total (2) 2 730 000
Marge brute sur marchandises = 270 300F

 Indicateur : En tant qu’indicateur, la MB/marchandises permet d’apprécier la


performance d’une activité commerciale

1-2. Marge brute sur matières

24
Elle est déterminée dans les entreprises industrielles et de bâtiments, de travaux publics. Elle exprime
la « valeur ajoutée » par l’entreprise au niveau des matières premières ; c’est-à-dire la différence entre
les ventes de produits finis (ou de travaux et services) et le coût de production des produits finis
vendus.

Sa détermination peut être réalisée à deux niveaux :

 A partir du compte de résultat

Marge brute sur matières (TG) = Production vendue (produits fabriqués, travaux et services) (TC, TD)
+ Production stockée (TE)
+ Production immobilisée (TF)
- Achats de matières premières et fournitures liées (RC)
+ (2) Variations de stocks de matières et fournitures liées (RD)
(2) Variation du stock = Stock initial – Stock final

 A partir de la balance

Charges Produits
N° de Intitulés M N° de Intitulés M
compte compte
602 Achats de matières et fournitures liées 702 Ventes de produits finis
6032 + Variation de stocks de matières et 703 Ventes de produits intermédiaires
fournitures liées 704 Ventes de produits résiduels
705 Travaux facturés
706 Services vendus
72 Production immobilisée
73 Production stockée
6029 RRR obtenus sur achats de matières
6049, 6059 premières
6089 RRR obtenus sur autres
approvisionnements
Total (1) Total (2)
Marge brute sur matières = (2) – (1)

Application : Cas SARANA

 A partir du compte de résultat

Marge brute sur matières = (67 605 000 + 1 054 200 + 2 700 000) + (6 307 500 + 120 900)
+ 151 200 – (18 816 000 – 225 000 + 2 120 000)

Marge brute sur matières = 57 227 800F

25
 A partir de la balance
Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
602 Achats de matières et fournitures 18 816 000 702 Vente de produits finis 67 605 000
liées 705 Travaux facturés 1 054 200
6032 + Variations de stocks de matières et 2 120 000 706 Services vendus 2 700 000
fournitures liées 72 Production immobilisée 151 200
735 Variations de stocks de 120 900
services en-cours
736 Variations de stocks de PF 6 307 500
6029 RRR obtenus sur achats de 225 000
matières premières
Total (1) 20 936 000 Total (2) 78 163 800
Marge brute sur matières = 57 227 800F
Indicateur : La MB/matières permet d’apprécier la performance de l’activité

1-3-La valeur ajoutée de gestion du SYSCOA

En tant qu’indicateur, la valeur ajoutée permet de mesurer la création de valeur apportée par
l’entreprise et l’efficacité des facteurs de production qui d’après la conception nouvelle du SYSCOA,
doit comprendre :
 Le personnel (travail)
 Le capital (emprunts, capital technique ou investissement, capitaux propres),
 L’Etat (services publics et institutionnels)

C’est un critère important de mesure de la dimension d’une entreprise et son degré d’intégration.

La valeur ajoutée de gestion du SYSCOA peut être exprimée selon deux approches

1. 3 .1Approche soustractive de la valeur ajoutée

Dans cette même approche, la valeur ajoutée (V.A.) apparaît comme la différence entre la production
au sens économique et les consommations de biens et services.

V.A. = Production de biens et services – Consommations de biens et services

 Production de biens et services

Production de b. et s. = Production vendue (comptes n° 702 à 707)


+ Production stockée (compte n° 73)
+ Production immobilisée (compte n° 72)
+ Subvention d’exploitation (compte n° 71)
+ Autres produits de gestion courante (compte n° 75)

Remarque 1 :
 Selon le SYSCOA, les subventions d’exploitation sont considérées dans l’optique gestion
comme des compléments correctifs des ventes, donc faisant partie intégrante de la production
 Par simplification les autres produits sont inclus dans la « production gestion »

26
Remarque 2 : Dans l’entreprise commerciale, comme dans la branche négoce des entreprises
industrielles (revente en l’état), le SYSCOA considère que la production est égale à la marge brute sur
marchandises.

 Consommations de biens et services

 Dans l’entreprise commerciale, il s’agit des consommations de biens et services autres que les
achats consommés de marchandises (fournitures administratives, énergies, services extérieurs,
…)
 Dans l’entreprise industrielle, cette consommation est formée des achats de matières et
approvisionnements réellement consommés, donc corrigés des variations de stocks ; des divers
achats de services extérieurs marchands y compris les services bancaires (frais sur titres,
commissions, locations de coffres forts, …) ; des impôts et taxes (services publics et
institutionnels non marchands) et des autres charges de gestion (redevances)

Consommations de b. et s. = Achats de matières premières (comptes n° 602 + 6032 – 6029)


+ Achats d’autres approvisionnements (comptes n° 604 à 605 et 608 + 6033 – 6049
– 6059 – 6089)
+ Transports (compte n° 61)
+ Services extérieurs (copte n° 62 et 63)
+ Impôts et taxes (comptes n° 64)
Valeur ajoutée = Production de b. et s. + MB/March. – Consommations intermédiaires
+ Autres charges de gestion courante (compte n° 65)
Remarque :
 Le poste « Autres charges » dont le contenu est défini par le SYSCOA est à l’image du poste
de produits « Autres produits », ajouté à la « consommation » pour simplification et pour
parallélisme de forme. Ces deux postes sont inclus dans la « production de gestion » et
considérés comme des charges décaissables et des produits encaissables de court terme.
 Le personnel extérieur est exclu de la valeur ajoutée.

 Détermination à partir de la balance et du compte de résultat

Charges Produits
N° de Intitulés M N° de Intitulés M
compte compte
604 Achats stockés de matériels et fournitures 1321 Marge brute sur marchandises
consommables 1322 Marge brute sur matières
605 Autres achats 707 Produits accessoires
608 Achats d’emballages 71 Subventions d’exploitation (2)
6033 + Variations de stocks d’autres 75 Autres produits (1)
approvisionnements 6049, 6059 Rabais, remises, ristournes d’autres
61 Transports approvisionnements
62, 63 Services extérieurs
64 Impôts et taxes
65 Autres charges (1)
Total (1) Total (2)
Valeur ajoutée (2) – (1)
(1)
Par simplification ces deux postes sont inclus dans la « production de gestion »

27
(2)
La subvention d’exploitation est considérée comme complément correctif des ventes (optique
gestion)

Application : Cas SARANA

 Production de l’exercice

Eléments Montant
Vente de produits finis 67 605 000
Produits accessoires 6 428 000
+ Variations de stocks de produits finis 6 307 500
Services vendus 2 700 000
+ Variations de stocks de services en-cours 120 900
Travaux facturés 1 054 200
Subventions d’exploitation reçues 60 000
Production immobilisée 151 200
Autres produits 1 388 700
Production de biens et services de l’exercice 85 815 900
 Consommations de l’exercice

Eléments Montant
Achats de matières premières 18 816 000
Rabais, remises, ristournes obtenus -225 000
+ Variations de stocks de matières premières + 2 120 000
Achats d’autres approvisionnements 1 800 000
+ Variations de stocks d’autres approvisionnements + 128 100
Autres achats 6 000 000
Transports 1 885 000
Services extérieures 6 911 700
Impôts et taxes 4 474 200
Autres charges de gestion courante 2 720 100
Consommation de biens et services de l’exercice 44 630 100
V.A. = 85 815 900 – 44 630 100 + 270 300 = 41 456 100 F

Ou à partir de la balance et du compte de résultat

Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
604 Achats stockés de matières et 1 800 000 1321 Marge brute sur marchandises 270 300
fournitures consommables Marge brute sur matières
605 Autres achats 6 000 000 1322 Produits accessoires 57 227 800
6033 + Variations de stocks d’autres 128 100 707 Subventions d’exploitation 6 428 400
approv. 71 Autres produits (1) 60 000
61 Transports 1 885 000 75 1 388 700
62, 63 Services extérieurs 6 911 700
64 Impôts et taxes 4 474 200
65 Autres charges (2) 2 720 100

Total (1) 23 919 100 Total (2) 65 375 200


Valeur ajoutée = 41 456 100 F

28
(1)
923 300+ 14 400 + 6 000 + 445 000 = 1 388 700

1.3.2 Approche additive de la valeur ajoutée

D’après cette approche, la valeur ajoutée déterminée dans la premières approche permet de rémunérer
les facteurs de production ayant contribué à son processus productif :
- Le personnel : salaires, charges sociales, participation
- L’Etat : services publics et institutionnels, rémunérés globalement par les impôts et taxes ;
- Les apporteurs de capitaux
 Le capital étranger (prêteurs divers) ;
 Les capitaux propres (associés, exploitants) : bénéfice ou pertes ;
- L’entreprise elle-même : le capital technique (investissement) par le biais des amortissements.

Elle est donc égale à la somme des coûts des différents facteurs.

Calcul de la valeur ajoutée par la méthode additive :

Eléments Montant
Résultat (rémunération des capitaux propres) X
+ Charges de personnel X
+ Frais financiers (intérêts et pertes de change) X
+ Dotations aux amortissements et provisions X
+ Charges provisionnées financières X
+ Impôt sur le résultat X
+ Participation des travailleurs X
+ Charges HAO X
-Produits financiers (intérêts et gains de change) X
-Produits HAO X
-Reprises de provisions et amortissements (sauf 759) X
-Reprises de subventions X
-Transferts de charges x
Valeur ajoutée x

29
Résultat de l’exercice
Valeur ajoutée
Charges de personnel

Charges financières

Dotations aux
Amortissements et Produits financiers
Provisions

Produits HAO
Participation
Reprises de provisions et
d’amortissements

Impôts sur les sociétés Transferts de charges

Charges HAO

Fig. n° 3.1 : Mise en évidence de la valeur ajoutée par la méthode additive


Application précédente : Cas SARANA

Eléments Montant
Résultat net 6 178 400
+ Salaires et charges sociales + 28 218 600
+ Frais financiers + 2 545 200
+ Dotations aux amortissements (HAO) + 2 391 600
+ Charges provisionnées financières + 72 300
+ Impôt sur le résultat + 4 102 000
+ Participation des travailleurs + 429 600
+ Charges HAO + 3 796 500
-Produits financiers -1 137 000
-Produits HAO -4 932 900
-Reprises de provisions et amortissements -101 700
-Reprises de subventions d’investissement -30 000
-Transferts de charges -76 500
Valeur ajoutée 41 456 100

Remarque : En cas de retraitement, les loyers de crédit-bail sont exclus du calcul de la valeur ajoutée.

1-3. Signification économique de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée mesure la contribution que l’entreprise et son personnel apportent à l’économie du
pays.
Elle représente ainsi un bon indicateur de poids économique de l’entreprise :
 Elle permet de classer les entreprises selon un critère de taille ;
 De mesurer l’importance relative des diverses activités exercées dans l’entreprise ;
 D’apprécier le développement ou la régression de l’activité de l’entreprise

30
1-4. Partage de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée produite par l’entreprise est partagée entre :


- Le personnel de l’entreprise : les charges de personnel représentant la part de la valeur ajoutée
attribuée au personnel de façon directe (salaires) et indirecte (charges sociales) ;
- L’Etat : les impôts sur les bénéfices représentent la valeur de la V.A. attribuée à l’Etat ;
- Les apporteurs de capitaux : la valeur ajoutée rémunère :
 Les prêteurs en leur versant des intérêts ;
Les associations en leur versant des dividendes ;
-l’entreprise elle-même : la part de la valeur ajoutée revenant à l’entreprise permet de compenser
la dépréciation et l’usure des éléments d’actif par les dotations aux amortissements et aux
provisions.

On calcule pour ce faire, les proportions des montants de ces facteurs en prenant pour base la
valeur ajoutée.

Facteurs de production
Le personnel Charges de personnel/V.A.
L’Etat Impôts sur les résultats/V.V. (*)
Les associés Dividendes/V.A. (**)
Les prêteurs Intérêts des dettes/V.A.
L’entreprise elle-même Autofinancement/V.A.
(*)
Selon le SYSCOA l’Etat est à la fois prestataire de service public et facteur de production. Donc
la partie des impôts et taxes au compte 64 est exclue du partage
(**)
Il s’agit des dividendes distribués en cours d’exercice N (ceux en général de N-1)
(***)
Se détermine par différence.

2- L’excédent brut d’exploitation

L’EBE est obtenu après soustraction des « charges de personnel » de la valeur ajoutée.
Comme on le constate l’EBE (ou IBE) est le résultat avant amortissements, provisions, charges
financières, impôts sur le bénéfice.

Il représente ce qui revient à l’entreprise et aux apporteurs de capitaux dans le partage de la valeur
ajoutée.

Il est certainement l’un des concepts les plus importants de l’analyse du résultat car il est engendré par
les seules opérations cycliques d’exploitation et à ce titre il est indépendant de :
 La politique de financement de l’entreprise (charges financières),
 La politique d’amortissement (charges d’amortissement) et de dotations aux provisions (69) et
charges provisionnées (679),
 La politique fiscale (impôt sur les sociétés),
 Des évènements extraordinaires (charges HAO)

 Indicateur : Il indique la performance économique « pure » de l’entreprise car il représente


le résultat « authentique » permettant des comparaisons utiles et significatives entre les
sociétés d’une même branche d’activité ou dans le temps ; l’aptitude de l‘entreprise à
maintenir et à développer son outil de production et à rémunérer les capitaux investis
(capitaux propres et capitaux empruntés). Sa comparaison avec la V.A. souligne la
politique de personnel sur les résultats.

EBE SYSCOA = Valeur ajoutée – Charges de personnel

Remarque :

31
L’EBE du SYSCOA intègre les charges provisionnées d’exploitation (dotations courtes) et les valeurs
comptables nettes des cessions courantes (comme des charges décaissables) d’une part, les reprises de
charges approvisionnées d’exploitation (reprises courtes) et les produits de cessions courantes (comme
des produits encaissables), d’autre part.
- En cas de retraitement du loyer du crédit-bail en amortissement et charge d’intérêt, les
redevances virées au compte 672 sont exclues du calcul de l’EBE.

Application : Cas SARANA

EBE SYSCOA = 41 456 100 – 28 218 600


= 13 237 500 F

3- Les résultats par niveau d’activité et le résultat net après impôt et participation

Les quatre derniers soldes résultent du découpage en quatre niveaux des charges et des produits :
 Niveau d’exploitation : résultat d’exploitation,
 Niveau financier : résultat financier,
 Niveau hors activités ordinaires : résultat hors activités ordinaires,
 Niveau global : résultat net.

3-1. Le résultat d’exploitation (RE)

Le résultat d’exploitation mesure la performance de l’entreprise sur le plan purement commercial et


industriel, indépendamment de la politique financière et fiscale.

Charges Produits
N° de Intitulés M N° de Intitulés M
compte compte
681 Dotations aux amortissements 134 Excédent brut d’exploitation
d’exploitation 791 Reprises de provisions d’exploitation
691 Dotations aux provisions Reprises d’amortissements d’exploitation
d’exploitation 798 Transferts de charges d’exploitation

781
Total (1) Total (2)
Résultat d’exploitation = (2) – (1)

Application précédente : Cas SARANA


Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
681 Dotations aux amortissements 1 810 500 134 EBE 13 237 500
d’exploitation 781 Transferts de charges 1 500
d’exploitation
Total (1) 1 810 500 Total (2) 13 239 000
Résultat d’exploitation = 11 428 500 F

 Indicateur : Il mesure la performance industrielle ou commerciale de la firme, les


ressources dégagées par les opérations d’exploitation ou de gestion courante.

Remarque : Pour être considéré comme représentatif du résultat économique, le R.E. doit incorporer
les produits financiers qui proviennent des actifs financiers (composant de l’actif économique)

32
Résultat économique=Résultat d’exploitation + Produits financiers

3-2. Le résultat financier

C’est la différence entre les produits financiers et les charges financières. Il est calculé à partir de la
balance de la façon suivante

Charges Produits
N° de Intitulés M N° de Intitulés M
compte compte
67 Frais financiers (sauf 676) 77 Revenus financiers (sauf 776)
676 Pertes de change 776 Gains de change
687 Dotations aux amortissements à 787 Transferts de charges financières
caractère financier 797 Reprises de provisions financières
697 Dotations aux provisions à caractère
financier
Total (1) Total (2)
Résultat financier = (2) – (1)

Application : Cas SARANA


Charges Produits
N° de Intitulés M N° de Intitulés M
compte compte
67 Frais financiers 2 244 900 77 Revenus financiers 1 132 500
676 Pertes de change 300 300 776 Gains de change 4 500
679 Dotations aux provisions à 72 300 787 Transferts de charges financières 75 000
caractère financier 779 Reprises de provisions financières 60 000
Total (1) 2 617 500 Total (2)
Résultat financier = -1 345 500

3-3. Le résultat des activités ordinaires (R.A.O)

Le résultat des activités ordinaires comprend le résultat d’exploitation et le résultat financier, c’est-à-
dire les charges et les produits correspondants à une activité permanente. Il est considéré comme le
résultat récurrent normal de l’entreprise

R.A.O = R.E + R.F

Cas SARANA : RAO = 11 428 500 – 1 345 500 = 10 083 000 F

3-4. Le résultat hors activité ordinaire

Ce résultat regroupe :
 Les charges et les produits ne correspondant pas à l’activité courante de l’entreprise en raison
de leur caractère inhabituel,
 Les charges et les produits générés par des évènements extraordinaires (incendie du magasin
de stockage, expropriation d’actif, etc…)

Son calcul est indépendant des soldes précédents


Charges Produits
N° de Intitulés M N° de Intitulés M
compte compte

33
81 Valeurs comptables des cessions 82 Produits des cessions des immobilisations
d’immobilisations Produits HAO (sauf 848)
83 Charges HAO 84 Transferts de charges HAO
85 Dotations HAO 848 Reprises HAO
86 Subventions d’équilibre
88
Total (1) Total (2)
Résultat HAO = (2) – (1)

 Le résultat comptable avant impôt et participation (RCAIP)

RCAIP = R.A.O + R.H.A.O

Application : Cas SARANA

Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
81 Valeurs comptables des cessions 3 642 900 82 Produits des cessions des 4 658 100
d’immobilisations immobilisations
83 Charges HAO 153 600 84 Produits HAO 169 800
85 Dotations HAO 581 100 848 Transferts de charges HAO 105 000
86 Reprises HAO 71 700
Total (1) 4 377 600 Total (2) 5 004 600
Résultat HAO = 627 000 F

RCAIP = 10 083 000 + 627 000 = 10 710 000 F

3-5. Le résultat net après impôt et répartition

Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
1379 Perte A.O 1371 Bénéfice A.O
1389 Perte H.A.O 1381 Bénéfice H.A.O
87 Participation des travailleurs
89 Impôts sur le résultat
Total (1) Total (2)
Total (2) – (1)

 Le résultat fiscal et imposition du résultat (bénéfice)

Le résultat fiscal = RCAIP + Réintégrations – Déductions


Impôt sur les sociétés = taux + Résultat fiscal arrondi.
Résultat net = RCAIP – Impôt

Application : Cas SARANA

Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte

34
87 Participation des travailleurs 429 600 1371 Bénéfice HAO 10 083 000
89 Impôts sur le résultat 4 102 000 1381 Bénéfice AO 627 000
Total (1) 4 531 600 Total (2) 10 710 000
Résultat net comptable = 6 178 400 F

Tableau récapitulatif des soldes significatifs de gestion SYSCOA [Entreprise industrielle]

N° de Charges Montant N° de Produits Montant


compte compte
601 Achats de marchandises (-6019) 701 Ventes de marchandises
6031 + Variations de stocks (SI-SF)
Marge brute sur marchandises (+/-)=
6021 à Achats de matières premières 702 à 704
6024 Et fournitures liées 705 Ventes de produits fabriqués
6029 -RRR obtenus 706 Travaux facturés
6032 +Variations de stocks (SI-SF) 72 Services vendus
73 Production immobilisée
Variation de stocks de b. et s.
produits
Marge brute sur matières (+/-)=
604 Achats stockés (-6049) 1321 Marge brute sur marchandises
605 Autres achats (-6059) 1322 Marge brute sur matières
608 Autres approvisionnements (-6089) 707 Produits accessoires
6033 + Variations de stocks (SI-SF) 71 Subventions d’exploitation
61 Transports 75 Autres produits
62,63 Services extérieurs
64 Impôts et taxes
65 Autres charges
Valeur ajoutée (+/-)=
66 Charges de personnel 133 Valeur ajoutée
Résultat d’exploitation (+/-)=
681 Dotations aux amortissements 134 Excédent brut d’exploitation
d’exploitation 791 Reprises de provisions
691 Dotations aux provisions d’exploitation d’exploitation
798 Reprises d’amortissements
781 Transfert de charges d’expl.
Résultat d’exploitation (+/-)=
67 Frais financiers (sauf 676) 77 Revenus financiers (sauf 776)
676 Pertes de change 776 Gains de change
687 Dotations aux amortissements à caractère 787 Transferts de charges fin
financier 779 Reprises de charges
697 Dotations aux provisions financières provisionnées fin
797 Reprises provisionnées fin
Résultat financier (+/-)=
1359 Perte d’exploitation 1351 Bénéfice d’exploitation
1369 Perte financière 1361 Bénéfice financier
Résultat des activités ordinaires (+/-)=
81 Valeurs comptables de cessions 82 Produits des cessions
83 Charges HAO 84 Produits HAO (sauf 848)
85 Dotations HAO 848 Transferts de charges HAO
86 Reprises HAO
88 Subventions d’équilibre
Résultat hors activité ordinaires (+/-)=
1379 Perte activités ordinaires 1371 Bénéfice activités ordinaires

35
1389 Perte HAO 1381 Bénéfice HAO
Résultat comptable avant impôt et participation (RCAIP) (+/-)=
Perte comptable avant impôt et part Bénéfice comptable avant
87 Participation des travailleurs impôt et participation
891 Impôts sur le bénéfice
Résultat net (+/-)=
701 Ventes de marchandises
702 à 704
705 Ventes de produits fabriqués
706 Travaux facturés
707 Services vendus
Produits accessoires

Chiffre d’affaires =

Tableau récapitulatif des soldes significatifs de gestion SYSCOA : cas SARANA

N° de Charges Montant N° de Produits Montant


compte compte
601 Achats de marchandises (-6019) 3 246 900 701 Ventes de marchandises 2 730 000
6031 + Variations de stocks (SI-SF) -787 200
Marge brute sur marchandises (+/-) = 270 300
602 Achats de matières premières 18 591 000 702 - 704 Ventes de produits fabriqués 67 605 000
6032 +Variations de stocks (SI-SF) 2 120 000 705,706 Travaux, services facturés 3 754 200
72 Production immobilisée 151 200
73 Variation de stocks de b. et s. 6 428 400
produits

Marge brute sur matières (+/-) = 57 227 800


604,605, 1321 Marge brute sur marchandises 270 300
608 Autres approvisionnements 7 800 000 1322 Marge brute sur matières 57 227 800
6033 + Variations de stocks (SI-SF) 128 100 707 Produits accessoires 6 428 400
61 Transports 1 885 000 71 Subventions d’exploitation 60 000
62,63 Services extérieurs 6 911 700 75 Autres produits 1 388 700
64 Impôts et taxes 4 474 200
65 Autres charges 2 270 100
Valeur ajoutée (+/-) = 41 456 100
66 Charges de personnel 28 128 600 133 Valeur ajoutée 41 456 100
Résultat d’exploitation (+/-) = 13 237 500
681 Dotations aux amortissements 1 810 500 134 Excédent brut d’exploitation 13 237 500
d’exploitation 781 Transfert de charges 1 500

Résultat d’exploitation (+/-) = 11 428 500


67 Frais financiers (sauf 676) 2 244 900 77 Revenus financiers (sauf 776) 1 132 500
676 Pertes de change 300 300 776 Gains de change 4 500
687,697 Dotations aux amortissements et aux 72 300 787 Transferts de charges fin 75 000
provisions à caractère financier 779 Reprises de charges provisionnées 60 000
fin

Résultat financier (+/-) = - 1 345 500


1359 Perte d’exploitation 1351 Bénéfice d’exploitation 11 684 700
1369 Perte financière 1 345 500 1361 Bénéfice financier
Résultat des activités ordinaires (+/-)= 10 083 000
81 Valeurs comptables de cessions 3 642 900 82 Produits des cessions 4 658 100
36
83 Charges HAO 153 600 84 Produits HAO (sauf 848) 169 800
85 Dotations HAO 581 100 848 Transferts de charges HAO 105 000
86 Reprises HAO 71 700

Résultat hors activité ordinaires (+/-) = 627 000

1371 Bénéfice activités ordinaires 10 083 000


1381 Bénéfice HAO 627 000
Résultat comptable avant impôt et participation (RCAIP) (+/-)=
87 Participation des travailleurs 429 600 Bénéfice comptable avant impôt
891 Impôts sur le bénéfice 4 102 000 et participation 10 710 000
Résultat net (+/-) = 6 178 400
701 Ventes de marchandises 2 730 000
702 à 704 Ventes de produits fabriqués 67 605 000
705,706 Travaux, services facturés 3 754 200
707 Produits accessoires 6 428 400

Chiffre d’affaires = 80 517 600


18 816 000 – 225 000 = 18 591 000

Tableau récapitulatif des soldes de gestion SYSCOA [Entreprise commerciale]

N° de Charges Montant N° de Produits Montant


compte compte
601 Achats de marchandises (-6019) 701 Ventes de marchandises
6031 + Variations de stocks (SI-SF)
Marge brute sur marchandises (+/-) =
604 Achats stockés de matières et de F.C. 1321 Marge brute sur marchandises
605 Autres achats 707 Produits accessoires
608 Autres approvisionnements (-6089) 71 Subventions d’exploitation
6033 + Variations de stocks (SI-SF) 75 Autres produits
61 Transports
62,63 Services extérieurs
64 Impôts et taxes
65 Autres charges
Valeur ajoutée (+/-) =
66 Charges de personnel 133 Valeur ajoutée
Résultat d’exploitation (+/-) =
681 Dotations aux amortissements d’expl. 134 Excédent brut d’exploitation
691 Dotations aux provisions d’expl. 791 Reprises de provisions
d’exploitation
798 Reprises d’amortissements
781 Transfert de charges d’expl.
Résultat d’exploitation (+/-)=
67 Frais financiers (sauf 676) 77 Revenus financiers (sauf 776)
676 Pertes de change 776 Gains de change
Dotations aux amortissements à caractère 787 Transferts de charges fin
687 financier 779 Reprises de charges
Dotations aux provisions financières provisionnées fin
697 797 Reprises provisionnées fin
Résultat financier (+/-)=
1359 Perte d’exploitation 1351 Bénéfice d’exploitation
1369 Perte financière 1361 Bénéfice financier

37
Résultat des activités ordinaires (+/-)=
81 Valeurs comptables de cessions 82 Produits des cessions
83 Charges HAO 84 Produits HAO (sauf 848)
85 Dotations HAO 848 Transferts de charges HAO
86 Reprises HAO
88 Subventions d’équilibre
Résultat hors activité ordinaires (+/-)=
1379 Perte activités ordinaires 1371 Bénéfice activités ordinaires
1389 Perte HAO 1381 Bénéfice HAO
Résultat comptable avant impôt et participation (RCAIP) (+/-)=
Perte comptable avant impôt et part Bénéfice comptable avant impôt
87 Participation des travailleurs et participation
891 Impôts sur le bénéfice
Résultat net (+/-)=
701 Ventes de marchandises
707 Produits accessoires

Chiffre d’affaires =

SECTION 2 - LES RATIOS DE PERFORMANCE

Ce sont des ratios liés à l’activité et aux résultats de l’entreprise. Ils traduisent la capacité de
l’entreprise à obtenir le meilleur rendement de son exploitation ainsi qu’à utiliser ses actifs de la
manière la plus rationnelle et partant, la plus efficace.

A. Les principaux ratios d’activité

Les ratios d’activité comparent l’activité actuelle de l’entreprise avec :


 Son activité de l’année précédente : c’est le taux de croissance ;
 Ou l’activité des entreprises concurrentes : c’est la part de marché

1- Le taux de croissance

Le taux de croissance exprime l’évolution de l’activité de l’entreprise par rapport à l’année précédente.
Il peut être mesuré par :

 Le taux de variation annuel de la valeur ajoutée :

 Ou le taux de variation annuel du chiffre d’affaires:

2- La part de marché

La part de marché (PM) d’une entreprise compare l’activité de l‘entreprise à l’activité des entreprises
concurrentes. Elle se mesure par le rapport suivant :
38
B. Analyse de la capacité à générer des profits : Les ratios de profitabilité

Les ratios de profitabilité mettent en relation une marge ou un profit avec le niveau d’activité mesuré
par le chiffre d’affaires. Ils permettent d’apprécier le rendement à différents stades de la formation du
résultat.

1- Le ratio de marge bénéficiaire

Utilité: Il mesure la capacité d’une entreprise à générer du bénéfice à partir du chiffre d’affaires

2- Les ratios de profitabilité de l’exploitation

On préfère généralement l’EBE pour mesurer la profitabilité car il est indépendant de la politique de
financement et de la réglementation fiscale. Il mesure bien les performances industrielles et
commerciales de l’entreprise, notamment sa capacité bénéficiaire.

Utilité : Une amélioration de ce ratio traduit une augmentation de la productivité s’il n’est pas simple
conséquence de l’augmentation de la marge brute.
Une baisse de ce ratio face à un taux de marge stable, témoigne d’un alourdissement relatif des coûts
de facteurs.

Pour les entreprises dont l’activité est essentiellement commerciale, on préfère calculer le ratio de
marge brute.

L’examen de ce ratio conduit à :


- L’appréciation de la stratégie commerciale de l’entreprise. Une marge brute faible indique que
les autres charges (salaires, frais généraux, etc…) ne seront couvertes que partiellement et
donc le recours à d’autres formes de distribution permettent une réduction des coûts de main-
d’œuvre et d’économie d’échelle sur les charges de transport, de stockage (libre-service,
grandes surfaces, …). Une marge commerciale importante autorise des frais généraux plus
élevés et donc un meilleur service à la clientèle (grands magasins de centre-ville, boutiques de
luxe, etc.) ;

- L’appréciation de l’influence des contraintes du marché et de la politique de prix de vente.


C’est ainsi qu’une augmentation du prix, du taux de marge accompagnée d’une diminution du
chiffre d’affaires signifie probablement que l’entreprise essaie de préserver ses marges en
augmentant ses prix de vente.

39
Au contraire, un ratio de marge en baisse accompagné d’une forte croissance du chiffre d’affaires
signifie probablement que l’entreprise a choisi une baisse du prix de vente pour augmenter ses parts de
marché. Le cas où l’augmentation du taux de marge est accompagnée d’augmentation du chiffre
d’affaires, signifie probablement que l’entreprise a mis en vente des produits plus performants ou
qu’elle a acquis une position concurrentielle forte.

C. Analyse de la rentabilité : Les ratios de rentabilité

La rentabilité d’un capital est son aptitude à rapporter un profit.


Il se définit comme le rapport entre un profit et les moyens en capitaux ayant permis de l’obtenir.

1- La rentabilité économique

La rentabilité économique exprime la rentabilité moyenne de l’ensemble des capitaux investis dans
l’entreprise (capitaux propres et capitaux empruntés).
La rentabilité économique intéresse les prêteurs car elle conditionne la capacité de remboursement de
l’entreprise.

La rentabilité économique se mesure à partir du ratio suivant :

(1) Résultat économique ou résultat ne considérant que les éléments de l’exploitation (RE, EBE, …)
(2) Ensemble des moyens mis en œuvre (y compris éventuellement le BFE) pour assurer l’activité de
l’entreprise. Ces moyens sont qualifiés d’actif économique ou de capital économique.

La rentabilité économique peut être mesurée par les ratios généraux suivants :

 Rentabilité économique net

Utilité : Ce ratio mesure les performances de l’entreprise après prise en compte des amortissements et
des provisions d’exploitation. Cependant, ce ratio est influencé par les charges calculées (dotations
aux amortissements et aux provisions) dont le montant répond souvent à des considérations fiscales
qu’économiques.
Aussi, préfère-t-on actuellement mesurer la rentabilité économique au moyen de l’EBE (ou rentabilité
brute).

 Ratio de rentabilité économique brute

Utilité : Ce ratio mesure l’aptitude du capital économique à générer des ressources potentielles de
trésorerie.

40
Remarque : Ces deux ratios sont calculés en particulier, quand il s’agit de suivre dans le temps de
l’évolution de l’efficacité économique de l’entreprise ou de comparer rentabilité économique et coût
des dettes.

 Le ratio de rentabilité des capitaux investis

Utilité : Ce ratio mesure l’aptitude du capital économique à assurer son renouvellement et sa


rémunération. Il exprime la performance de l’exploitation et doit permettre des comparaisons dans le
temps et dans l’espace.

NB : La rentabilité économique résulte de l’aptitude de l’entreprise à vendre avec une marge


bénéficiaire et de sa capacité à engendrer du chiffre d’affaires. Elle exprime donc la performance de
l’exploitation. Le ratio de rentabilité économique brute est le meilleur indicateur de comparaison des
entreprises.

RE / capital écono. = [CA HT / capital écono] (1) x [RE / CA HT] (2)

(1) ratio de rotation du capital ; (2) taux de rentabilité d’exploitation

Cette relation permet d’identifier les actions à mener pour améliorer la rentabilité :
- Augmenter la marge bénéficiaire en diminuant les charges
- Diminuer l’investissement économique en optimisant le niveau des stocks, le crédit client, par une
sélection stricte des investissements.
D’autres ratios permettent d’apprécier l’efficacité du capital économique :
- ratio de vitesse de rotation du capital utilisé = CA / Actif Total.
Il exprime l’efficacité de l’utilisation du capital par l’entreprise. Il traduit les conditions dans
lesquelles sont utilisés les moyens mis en œuvre pour assurer la production et les échanges.
On préfère utiliser généralement la vitesse de rotation du capital investi : CA / Capitaux Propres

CA HT / CP = [CA HT / Actif Total] x [Actif Total / CP]

Vitesse rotation = Vitesse rotation x Coefficient d’endettement


du capital de l’Actif

Un ratio de vitesse de rotation de l’Actif (capital économique) traduit une situation satisfaisante.
Un ratio élevé pour la vitesse de rotation du capital investi peut traduire un équilibre financier précaire
du fait de la trop grande importance de l’endettement.

- Taux d’intensité du capital = Actif immobilisé / CA HT.


Il mesure le coût moyen de l’investissement pour obtenir une unité de chiffre d’affaires.
- le Coefficient du capital = Actif Immobilisé / Valeur Ajoutée
Il mesure le coût moyen de l’investissement pour obtenir une unité de valeur ajoutée. Il permet de
mesurer l’apport à la collectivité du fonctionnement de l’entreprise considérée comme créateur de
richesses.

2- La rentabilité financière

41
En général, la rentabilité financière exprime le rendement des capitaux investis par les bailleurs de
fonds de l’entreprise (actionnaires, prêteurs).
Les ratios de rentabilité financière les plus fréquemment utilisés sont les suivants :

 Le taux de rendement des capitaux propres mesure la rentabilité du point de vue des associés.
En effet, le bénéfice représente le profit que les associées (ou l’exploitant) obtiennent de
l’entreprise. Ils sont donc intéressés par le ratio de rentabilité financière :

(*)
Le résultat est exclu du montant des capitaux propres (ou ressources propres)

Si le ratio de rentabilité financière est élevé et, notamment, s’il est supérieur au taux d’intérêt pratiqué
sur le marché financier, l’entreprise n’aura pas si nécessaire, à augmenter ses capitaux propres et
inversement.

 Cependant ce taux risque d’être biaisé par les résultats hors activités ordinaires (exemple : une
plus-value de cession qui ne se reproduira pas à l’avenir).
Aussi peut-on préférer mesurer la rentabilité financière à partir du résultat des activités
ordinaires.

 S’il s’agit d’un épargnant qui place son argent (son capital prêté) en souscrivant un emprunt
obligataire émis par une entreprise ou l’Etat, il attend que ce placement lui rapporte des
intérêts (c’est-à-dire un profit)

D. Les ratios de productivité

Une entreprise industrielle met en œuvre des moyens physiques (machines, personnel) pour assurer la
production. La productivité d’un matériel ou d’un personnel est le rapport existant entre la production
et la quantité de matériels ou de personnels nécessaires pour obtenir cette production.

Parfois la productivité du travail est mesurée d’un point de vue financier car la mesure du facteur de
travail est loin d’être simple.

42
Utilité : C’est un indicateur du rendement apparent de la main-d’œuvre.

Ce ratio est susceptible d’évoluer sous l’effet :


 D’une meilleure qualification du personnel (mesure du rendement apparent de la main-
d’œuvre)
 D’une meilleure augmentation du travail

Ce dernier ratio est susceptible d’évoluer sous l’effet d’une amélioration de la performance de
l’équipement.

SECTION 3 - LES SOLDES FINANCIERS ET LA RENTABILITÉ GLOBALE DE


L’ENTREPRISE : LA CAFG ET L’AUTOFINANCEMENT SYSCOA

L’analyse du résultat conduit à une première approche de l’étude de la rentabilité de l’entreprise par la
détermination de l’EBE qui ne prend en compte que les flux de trésorerie (encaissables et
décaissables) générés par l’exploitation ; mais dans l’étude de la rentabilité globale on s’intéresse aux
surplus de liquidités considérés comme étant générés par la non-rémunération immédiate de deux
facteurs de production :
 L’immobilisation dont les amortissements dans les coûts se retrouvent dans le prix de vente,
puis dans le surplus de liquidité ;
 Les capitaux investis qui, à priori laissent le bénéfice dans l’entreprise

Ce surplus de liquidité qui résulte du déroulement de toute l’activité ; si toutes les opérations
(exploitation, financière et hors activités ordinaires) en suspens étaient réglées (y compris l’impôt sur
les sociétés), l’entreprise disposerait d’un surplus de liquidité potentielle appelé Capacité
d’autofinancement globale (CAFG).

A. La capacité d’autofinancement globale


1- Définition

La CAFG peut être définie comme l’excédent des produits encaissables, générateurs de recettes et
les charges décaissables entraînant les dépenses.

La CAFG correspond donc à un concept de flux de trésorerie qui exprime (en dehors de tout décalage
de temps) le solde des produits encaissés et des charges impliquant une sortie de trésorerie.
En conséquence, la CAFG est une source permanente de financement que l’entreprise sécrète elle-
même, par son activité propre, sans avoir à faire appel aux associés ou aux capitaux empruntés.

2- Principe de détermination de la CAFG

On distingue deux méthodes de calcul possibles :


 A partir des éléments encaissables et décaissables ou méthode soustractive
 A partir du résultat de l’exercice et des éléments calculés (charges et produits calculé) ou
méthode additive.

2-1. La méthode soustractive : calcul à partir de l’EBE

43
Puisque l’EBE est entièrement constitué de produits encaissables et de charges décaissables, le
calcul de la CAFG peut prendre l’EBE comme point de départ.

Il est à observer qu’à propos de la définition de base de la CAFG :


 Tous les produits ne sont pas encaissables
 Toutes les charges ne sont pas décaissables
 Les produits des cessions d’éléments d’actif posent un problème particulier

Les charges non décaissables comprennent :


 Les dotations aux amortissements
 Les dotations aux provisions

Les charges non décaissables sont qualifiées de « charges calculées »

Les produits non encaissables comprennent :


 Les reprises sur amortissements et provisions
 La quote part des subventions d’investissement virée au compte de résultat de l’exercice
 Produits des cessions HAO

Les produits non encaissables qualifiés de « produits calculés »

 Formule générale

EBE
+ Produits encaissables restants
-Charges décaissables restantes (après EBE)
=CAFG

 CAFG SYSCOA

Le SYSCOA, conformément à la pratique internationale, exclut les cessions d’immobilisations ;


mais ces cessions d’immobilisations concernent le hors activités ordinaires. (Comptes 81 et 82) et non
les cessions courantes d’immobilisations (comptes 654 et 754)

En effet, les valeurs comptables nettes des cessions courantes d’immobilisations sont considérées
comme des charges décaissables qui intègrent déjà le calcul de l’EBE. Par contre, il épouse la position
du PCG 82 qui est d’exclure en même temps que les produits des cessions HAO qui font l’objet
d’encaissement, les valeurs comptables nettes des cessions HAO qui ne font pas l’objet de
décaissement.

Il est donc nécessaire de porter des précisions à la formule générale.

EBE SYSCOA
+Produits encaissables restants (après EBE)
-Charges décaissables restantes (après EBE)
= CAFG SYSCOA

A partir du compte de résultat, le calcul de la CAFG se présente comme suit :

Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
67 Frais financiers (sauf 676 (2)) 134 EBE SYSCOA

44
676 Pertes de change 781 Transferts de charges d’exploitation (1)
83 Charges HAO 77 Revenus financiers (sauf 776) (3)
87 Participation 776 Gains de change
89 Impôts sur les résultats 787 Transferts de charges financières
84 Produits HAO (sauf 848)
848 Transferts de charges HAO
Total (1) Total (2)
CAFG SYSCOA = (2) – (1)
(1) Il est assimilé à un flux de produits (son rôle est d’annuler les flux de charges)
(2) A inclure les « charges provisionnées financières » (compte 679)
(3) A inclure les « reprises de charges provisionnées financières » (compte 779)
Les comptes 679 et 779 constituent les dotations et reprises courtes considérées comme des charges
décaissables et des réductions de décaissement dans un proche avenir.

Application : Cas SARANA

Calcul de la CAFG SYSCOA :

Charges Produits
N° de Intitulés Montant N° de Intitulés Montant
compte compte
(1)
67 Frais financiers 2 137 200 134 EBE SYSCOA 13 493 700
676 Pertes de change 300 300 781 Transferts de charges d’exploitation 1 500
83 Charges HAO 153 600 Revenus financiers (sauf 776)
(2)
87 Participation 429 600 77 Gains de change 1 192 500
89 Impôts sur les 4 102 000 776 Transferts de charges financières 4 500
résultats 787 Produits HAO (sauf 848) 75 000
84 Transferts de charges HAO 169 800
848 105 000
Total (1) 7 302 700 Total (2) 15 042 000
CAFG SYSCOA = 7 739 300
(1) 2 244 900 + 72 000 = 2 317 200
(2) 1 132 500 + 60 000 = 1 192 500

Remarque : Si exceptionnellement l’entreprise reçoit une subvention d’équilibre (compte 88), il


faudrait en tenir compte dans le calcul de la CAFG par l’approche soustractive.

2-2. La méthode additive : calcul à partir du résultat net

Le calcul de la CAFG à partir de l’EBE révèle sa nature profonde. L’approche additive par le résultat
constitue un élément de vérification du calcul proposé par l’approche soustractive.

Formule générale de la CAFG

CAFG = Résultat net


+ Charges non décaissables
- Produits non encaissables
- Produits des cessions
+ Valeurs comptables des cessions
45
CAFG du SYSCOA par la méthode additive :

Eléments Montant
Résultat net X
+ Dotations aux amortissements et provisions (68, 69, 85) X
- Reprises d’amortissements et de provisions (798, 86 sauf 865) X
- Produits des cessions HAO d’éléments d’actif (82) X
+ Valeurs comptables des cessions HAO (81) X
-Reprises de subventions d’investissement (865) X
X
CAFG SYSCOA x

NB : Le retraitement des redevances de crédit-bail en intérêts et en amortissements du bien conduit à


prendre en compte dans le calcul de la CAFG SYSCOA par la méthode additive, les dotations des
biens pris en crédit-bail.

Application : Cas SARANA

Détermination de la CAFG SYSCOA par la méthode additive

Eléments Montant
Résultat net 6 434 600
(b)
+ Dotations aux amortissements et provisions + 2 391 600
- Reprises d’amortissements et de provisions (a)
-41 700
- Produits des cessions HAO d’éléments d’actif -4 658 100
+ Valeurs comptables des cessions HAO + 3 642 900
-Reprises de subventions d’investissement - 30 000

CAFG SYSCOA 7 739 300


(a) (71 700 – 30 000) = 41 700
(b) 1 810 500 + 581 000 = 2 391 600

3- La destination de la CAFG

La CAFG ainsi calculée correspond à un « surplus monétaire » potentiellement dégagé par l’activité
de l’entreprise, qui a permis ou permettra de financer plusieurs besoins possibles :
 Rémunérer les actionnaires ou associés ;
 Financer de nouveaux investissements ;
 Rembourser les emprunts en cours.

B. L’autofinancement global
1- Définition

L’autofinancement est le reliquat de la CAFG disponible après distribution des dividendes aux
associés (ou retrait de bénéfices par l’exploitant).
C’est par l’autofinancement que l’entreprise peut s’assurer une croissance dans l’indépendance.

46
B-Calcul de l’autofinancement global (AFG)

L’autofinancement correspond aux ressources secrétées par l’exploitation et conservées par


l’entreprise après distribution des bénéfices aux associés.

En fait, lorsque la société décide de verser des dividendes aux associés, ceux-ci sont prélevés sur
la CAFG.

AFG = CAFG – Dividendes (*) Il s’agit des dividendes mis en paiement au cours
(*)

de l’exercice, donc intéressant le plus souvent le


résultat de l’exercice précédent et le cas échéant les
acomptes sur dividendes de l’exercice.

L’autofinancement global comprend deux parties répondant à des buts différents. Il s’agit de :

 L’autofinancement de maintien
C’est la partie de l’autofinancement global utilisée pour maintenir le patrimoine de l’entreprise au
niveau déjà acquis. En d’autres termes, il permet de renouveler l’outil de production.
Peuvent être considérées comme autofinancement de maintien :
 Les dotations aux amortissements ;
 Les dotations aux provisions pour dépréciation des immobilisations financières ;
 Les dotations aux provisions pour risques et charges (litiges, garanties données aux clients,
etc.) à long terme.

AF de maintien = Dotations aux amortissements et aux provisions de l’exercice

 L’autofinancement d’expansion ou d’enrichissement

C’est la partie de l’autofinancement utilisée pour augmenter le patrimoine de l’entreprise. Cet


autofinancement est constitué sous les formes suivantes :
 Les réserves constituées à partir de bénéfices ;
 Les dotations aux provisions pour risques et charges sans objets réels ou avec un objet très
aléatoire (réserves déguisées) ;
 Les réserves latentes occultes d’une sous-évaluation au bilan des postes d’actif ou d’une
surévaluation de postes de passif ;
 Les dotations aux provisions réglementées (y compris les amortissements dérogatoires).

AF d’expansion = AFG – Dotations aux amortissements et aux provisions de


l’exercice

47
48
CHAPITRE 3-DIAGNOSTIC DU RISQUE ECONOMIQUE ET DU RISQUE FINANCIER

L’examen du résultat et des marges est insuffisant pour apprécier véritablement l’efficacité de
l’entreprise. Elle doit procéder à l’étude de sa rentabilité, et en particulier, de sa rentabilité
économique. L’activité de l’entreprise étant risquée, l’étude de la rentabilité doit être complétée par
celle du risque. La notion de risque est inséparable de celle de rentabilité et de flexibilité. Le résultat
de l’entreprise est soumis aux aléas qui accompagnent son action dans tous les domaines de l’activité
de production et de distribution et qui sont susceptibles de l’influencer.
D’une manière générale, on appelle risque la possibilité que survienne un fait préjudiciable. Pour une
entreprise, le risque se traduit par la variabilité de son résultat qui affecte la rentabilité de l’actif et
incidemment celle des capitaux propres. Cette variabilité est d’autant mieux maîtrisée que l’entreprise
garde un certain degré de flexibilité. Le risque lié à l’activité n’est en définitive que l’incapacité de
l’entreprise de s’adapter à temps et au moindre coût, à une variation de l’environnement. Autrement
dit, il y a risque s'il y a possibilité d'écart entre la valeur anticipée d'une grandeur et sa valeur réalisée.
Ainsi, un actif est dit risqué si la rentabilité qu'il permet d'obtenir peut être différente de la rentabilité
anticipée par son détenteur. Le plus souvent, le caractère risqué d'un actif est évalué en mesurant les
fluctuations de son taux de rentabilité au moyen d'un indicateur statistique telle que la variance ou
l'écart-type; on mesure en fait sa variabilité. On évalue ainsi la possibilité d'être déficitaire ou d'être
dans l'impossibilité de faire face par exemple, à des remboursements d'emprunts. Cette dernière vision
du risque privilégie la prise en compte des cas défavorables, alors qu'une mesure de la variabilité tient
également compte des cas favorables et des cas défavorables.
Ces deux acceptions du risque se retrouvent dans les méthodes de diagnostic financier. Ainsi, sous
l'influence des résultats de la recherche financière, l'étude du risque peut se faire selon la typologie
suivante: risque d'exploitation, risque financier et risque de faillite (ou d'illiquidité). Le risque
d'exploitation peut s'appréhender en évaluant la variabilité du résultat économique (ou du taux de
rentabilité économique), ou la possibilité qu'il soit négatif. Le risque financier s'analyse en étudiant la
variabilité du résultat net (ou du taux de rentabilité des capitaux propres) ou la possibilité qu'il soit
négatif. Enfin, l'étude du risque de faillite consiste en l'analyse de la capacité de remboursement des
dettes financières.
Le fondement de cette typologie réside dans la décomposition qui peut être faite des attentes d'un
apporteur de fonds propres en matière de rentabilité. On constate sur les marchés financiers que le
risque est rémunéré; plus l'investissement est risqué, plus il rapporte en moyenne. La valeur des fonds
propres d'un actionnaire varie en fonction des trois types de risque précédemment identifiés En
conséquence, le taux de rentabilité requis par un actionnaire peut être présenté de la façon suivante:
Taux de rentabilité des capitaux propres = Taux de rentabilité sans risque + Prime de risque
d'exploitation + Prime de risque financier + Prime de risque de faillite
Un créancier financier considèrera quant à lui, le risque de faillite, c'est à dire la possibilité de ne pas
être remboursé et en tiendra compte pour établir le taux de son prêt.
Par conséquent, pour anticiper le risque, l’entreprise doit analyser :
-le risque économique (ou opérationnel) qui exprime la sensibilité de la rentabilité à un changement du
niveau d’activité ;
-le risque financier qui dépend du poids de l’endettement financier.
-le risque de faillite
Une bonne connaissance de ces risques permet à l’entreprise de connaître sa vulnérabilité en cas de
modification du niveau d’activité et de mieux réagir en conséquence. Elle permet aussi éventuellement
d’étudier et d’entreprendre des actions nécessaires à la réduction de cette vulnérabilité.

49
C’est ainsi, nous étudierons le risque économique et le risque financier. L’analyse statique du risque
de faillite ainsi que son analyse dynamique feront l’objet des deux prochains thèmes.

SECTION1-ETUDE DE LA RENTABILITE
1. La rentabilité financière (rf)

La rentabilité financière mesure les résultats dégagés par les capitaux propres engagés pour assurer
l’exploitation de l’entreprise. On utilise généralement le ratio de rentabilité financière:
 Rentabilité nette des capitaux propres = Résultat net / Capitaux Propres

Il mesure la rentabilité globale des capitaux propres. L’importance du ratio sera appréciée par
référence au taux moyen de rendement des placements à revenu fixe. Il est admis généralement que
l’investissement dans une activité commerciale ou industrielle doit être rémunéré sur une base égale au
simple loyer de l’argent, à laquelle s’ajoute une prime de risque qui dépend de l’investissement.
La rentabilité financière dépend de la rentabilité économique, de l’incidence de l’endettement sur le
résultat et du poids du passif total par rapport aux capitaux propres (levier financier).
Résultat net RE Résultat net Total Passif
Capitaux propres = Total Actif ‫٭‬ RE ‫٭‬ Capitaux Propres

Rentabilité Rentabilité Incidence Levier


Financière Economique Financière Financier

Impact de l’endettement

Cette décomposition révèle que, dans certaines conditions, l’endettement permet d’améliorer la
rentabilité des capitaux propres.
Une autre décomposition de la rentabilité financière permet de mieux appréhender l’impact de
l’endettement :
R F = (1-θ) [RE + (RE – i) D / K]
RF: rentabilité financière; RE: rentabilité économique; i : le coût moyen des dettes financières ; θ : le
taux de l’impôt BIC ; D : dettes financières ; K : capitaux propres
Si RE › i, RF est d’autant plus élevé que D/K est grand ; l’effet de levier joue favorablement
Si RE < i, RF est d’autant plus faible que D/K est grand ; l’effet de levier joue défavorablement.
(1-θ) (RE – i) D / K mesure l’effet de levier, c’est à dire la contribution positive ou négative de
l’endettement à la rentabilité financière. D/K : levier financier
Un fort levier financier (beaucoup de dettes) exagère dans les deux sens l'effet des périodes grasses
ou maigres.
Ainsi, les affaires très endettées :
- en période de forte expansion et de taux intérêts faibles, se développent vite,
grâce au crédit. Elles payent des clopinettes à leurs créanciers par rapport aux gros
bénéfices bien joufflus qu'elles amassent. Elles peuvent en oublier de surveiller les
coûts, tentation classique quand la vie est trop facile. Enfants gâtés, …

- Par contre, en période de marasme et de taux élevés, leurs bénéfices deviennent


vite des pertes.

50
Par contre, c'est dans ces périodes maigres que les entreprises qui ont de l'argent dans leurs poches
plutôt que des dettes sont les reines du marché, ou du moins survivent quand les autres tombent.
Elles ont trois atouts :
 Pas de dettes à rémunérer et à rembourser,

 Les intérêts perçus sur leurs placements, qui aident à maintenir un minimum de bénéfices,

 La capacité financière de saisir les opportunités au nez et à la barbe des concurrents aux
poches vides (achats d'actifs à bas prix, investissements dans des domaines prometteurs).

La rentabilité financière intéresse surtout les associés. Si elle est élevée et notamment supérieure au
taux d’intérêt pratiqué sur le marché financier, l’entreprise n’aura pas à augmenter si nécessaire, ses
capitaux propres… et inversement.
2. La Rentabilité économique (re)

Elle permet d’apprécier le résultat obtenu par rapport aux moyens déployés pour assurer l’activité
(actif économique ou capitaux investis).
2.1Définition
Il s’agit d’un taux qui exprime la performance commerciale et industrielle de l’entreprise
indépendamment de son financement et qui doit permettre des comparaisons dans le temps et dans
l’espace. En général, la rentabilité économique est calculée après impôt.
2.2 Principe général du calcul
On fait le rapport entre un résultat pris avant frais financiers et après impôt sur les sociétés (résultat
économique net d’impôt) et les capitaux qu’il a fallu engager pour obtenir ce résultat. D’une façon
générale, on a donc :
re= Résultat économique net d’IS / Capital engagé (ou actif économique ou capital économique)
Le résultat couramment retenu est le résultat d’exploitation net d’IS. Le capital engagé (ou actif
économique) est déterminé en totalisant les immobilisations nettes d’exploitation et le BFR. On admet
généralement qu’il peut également être obtenu en additionnant les capitaux propres et les dettes
financières (ou l’endettement financier net).
Capital engagé (ou actif économique) = Immobilisations nettes d’exploitation + BFR
= Capitaux propres + Dettes financières
NB : L’endettement financier se distingue des dettes financières qui ne tiennent pas comptent des
concours bancaires courants. Il regroupe l’ensemble des dettes à court, moyen et long terme auprès des
associés et des établissements de crédit.
 Endettement financier = Dettes financières + Concours bancaires courants (CBC)
Ou encore :
 Endettement financier = Emprunts à moyen et long termes + CBC
Et :
 Endettement financier net=Endettement financier - (VMP+ Disponibilités)
= Endettement financier – Trésorerie Actif
2.2 Calcul

51
Sous réserve de respecter le principe énoncé plus haut, il existe plusieurs façons d’apprécier la
rentabilité économique en fonction des choix faits au niveau du numérateur (Résultat d’exploitation
net d’impôt ou Résultat net + intérêts après impôt) et du dénominateur.
 Calcul courant

Re = Résultat d’exploitation net d’IS /Capitaux propres +Dettes financières


 Calcul de la centrale de bilans

La centrale de bilans calcule notamment le ratio suivant :


Taux de Rentabilité brute du capital d’exploitation = Résultat brut d’exploitation (RBE)/Capital
d’exploitation.
Capital d’exploitation = Immobilisations incorporelles brutes (sauf frais d’établissement)
+Immobilisations corporelles brutes+ Immobilisations en location-financement +BFRE.
Remarque :
-Si la société exerce une activité financière non accessoire, il est logique de prendre en compte les
produits financiers pour évaluer le résultat économique. Dans ce cas, les immobilisations
financières à l’origine de ces produits financiers doivent être incluses dans le capital économique
(numérateur et dénominateur devant toujours être cohérents).
-Si la société fait appel au crédit-bail, il faut en tenir compte pour le calcul des immobilisations.

SECTION 2- ANALYSE DU RISQUE ECONOMIQUE (OU OPERATIONNEL)


1 – Définition
On appelle risque d’exploitation ou risque économique les variations aléatoires du CAHT qui
affectent les prévisions relatives aux différents critères de gestion (résultat d’exploitation, rentabilité
économique et financière, …). Le risque d’exploitation concerne la solvabilité d’une activité et la
sensibilité de son résultat à une baisse d’activité.
2- Le risque d’insolvabilité ou d’illiquidité
2-1 Approche par les ratios
L’étude de la liquidité permet d’apprécier le comportement de chacune des composantes du BFR à
travers le calcul des ratios de rotation.

 Rotation des stocks :

 stock marchandises = CAMV / SM

 stock matières = CAMPU / SM

 produits finis = CPPFV / SM

Ce ratio permet de déterminer le nombre de fois que le stock a été vendu ou consommé au cours de la
période. Plus il est élevé, mieux c’est pour l’entreprise.

 Rotation du crédit client / dette fournisseurs :

 Crédit client : [CA TTC / Clients et cptes rattachés]

52
 Crédit fournisseurs : [Achat TTC / Fournisseurs et cptes rattachés]

La grandeur [1 / coefficient] x 360 représente le temps moyen d’écoulement du poste.


L’utilisation de ces grandeurs en diagnostic consiste à les comparer à la norme du secteur. Si elles sont
au-delà, la situation est défavorable dans le cas contraire, elle est favorable. Une entreprise qui a un
besoin d’exploitation élevé peut le réduire en menant les actions suivantes :
 réduire le temps d’écoulement moyen (trop élevé) des postes de l’actif
circulant ayant un ratio de structure grand.

 Augmenter le temps d’écoulement (trop court) des éléments du passif


circulant ayant un ratio de structure trop grand.

Ratio de structure = [Flux annuels / CA HT]

 Rotation de l’actif immobilisé et des capitaux propres :

 Actif Immobilisé : [CA HT / Actif Immobilisé brut]

 Capitaux Propres : [CA HT / Capitaux Propres]

Ces ratios permettent de mesurer la productivité des immobilisations et des capitaux propres.
2-2 Approche par les flux de trésorerie et de liquidité
3 – Evaluation du risque d’exploitation ou économique
Le risque économique résulte des fluctuations de la rentabilité économique consécutives aux variations
du niveau d’activité. Toutes choses égales par ailleurs, une baisse du CAHT entraîne celle de la
rentabilité économique. Et ce risque est dépendant de la structure des charges d’exploitation. Le risque
d’exploitation étant fonction de la sensibilité du résultat à une variation de l’activité, peut être évalué
par divers outils :
 Le Seuil de Rentabilité

 Le Levier d’exploitation ou opérationnel

 La Dispersion du Résultat

3-1 Le Seuil de rentabilité (ou point mort ou seuil de profitabilité)


3.1.1 Définition
Le SR correspond au niveau de vente à partir duquel une activité devient rentable. En d’autres termes,
c’est le niveau de chiffre d’affaires pour lequel le résultat est égal à zéro. On l’appelle « point mort »,
« point critique », « point d’équilibre » ou « point zéro ».
3.1.2 Calcul
Soit :
Chiffre d’affaires : CA
Charges fixes : CF
Charges variables : CV

53
Taux de marge/CV = (CA-CV)/CA=Tm/cv
On a : R= MSCV-CF=0 ↔ MSCV =CF↔ SR ‫ ٭‬Tm/cv =CF ↔ SR=CF/ Tm/cv

SR (en valeur) = [CA x CF / MSCV] = CF / Tm/cv ;


SR (en quantité) = CF / MSCV unitaire

Exemple :
Soit une entreprise ayant réalisé un chiffre d’affaires de 18.000KFCFA pour l’exercice N. Ses frais
fixes s’élèvent à 6000KFCFA et ses charges variables à 5000KFCA.
TAF : Calculer le seuil de rentabilité et commenter le résultat obtenu.
3.1.3 Représentation graphique du seuil de rentabilité
Plusieurs représentations graphiques basées sur les relations suivantes permettent de visualiser
le seuil de rentabilité :
- MSCV = CF

- CA = CV + CF

- Résultat = 0

Un seuil de rentabilité trop élevé est synonyme de risque pour l’entreprise qui ne réalise pas
facilement un résultat positif.
3.1.4 Seuil de rentabilité et structure des charges
Pour un même montant de chiffre d’affaires et de charges, le seuil de rentabilité, donc le risque
opérationnel est d’autant plus élevé que la proportion des charges fixes est grande.
Exemple :
Reprenons l’exemple précédent en considérant que les charges fixes sont de 5000KFCFA et les
charges variables de 7000KFCFA.
TAF : Calculer le seuil de rentabilité et le représenter graphiquement.
3.1.5 Seuil de rentabilité financier et seuil de rentabilité d’exploitation
Le point mort calculé en incluant les charges financières dans les charges fixes est appelé seuil de
rentabilité financier (ou point mort financier). Si l’on exclut les charges financières des charges
fixes, le point mort trouvé est qualifié de seuil de rentabilité d’exploitation.
3.1.6 Utilité de la notion de seuil de rentabilité
Cette notion complète le diagnostic financier en permettant de mieux évaluer la capacité bénéficiaire
de l’entreprise (qui est d’autant plus grande que son chiffre d’affaires est éloigné du seuil de
rentabilité). En outre, elle permet de comprendre et d’évaluer l’impact d’un changement de la structure
des charges sur le résultat.
3.2 Le levier opérationnel (ou levier d’exploitation)
Une autre mesure du risque opérationnel complète l’analyse précédente. Il s’agit du levier
d’exploitation.

54
3.2.1 Définition
Le levier opérationnel (LO) est un coefficient qui mesure la sensibilité du résultat d’exploitation par
rapport aux variations du chiffre d’affaires. Il permet, alors, de mesurer la volatilité du résultat par
rapport à l’activité. Plus le levier d’exploitation est élevé, plus le risque supporté est grand. Un levier
élevé signifie qu’une variation donnée du chiffre d’affaires exprimée en valeur relative induit une
variation plus forte du résultat d’exploitation (également exprimée en valeur relative).
Exemple :
Soit un levier opérationnel égal à 4. Si le chiffre d’affaires varie de 10%, le résultat d’exploitation
variera de : 10%‫٭‬4 = 40% (à la hausse ou à la baisse).
3.2.2 Calcul du levier opérationnel
a-A partir des variations relatives du résultat d’exploitation (ΔRE) et des variations du
CAHT (ΔCAHT)
Appelé encore coefficient de volatilité, le LO désigne l’élasticité du résultat par rapport au CA.

LO = [∆RE / RE] / [∆CAHT / CAHT]

b- A partir de la marge sur coûts variables (MCV) et du résultat d’exploitation


α étant le taux de marge sur coûts variable et CFe les charges fixes d’exploitation.
RE = α CAHT – Cfe
∆RE = α ∆CAHT
La relation (1) s’écrit: α ∆CAHT/RE × CAHT/∆CAHT= α CAHT/RE=MCV/RE

LO=MCV/RE (2)

3.2.3 Relation avec le seuil de rentabilité


Le niveau du levier dépend de la structure des charges de l’entreprise.
Plus les charges fixes sont élevées, plus le résultat d’exploitation est sensible à une variation du
CAHT, donc plus le risque économique est élevé.
Il en est de même pour le seuil de rentabilité qui dépend de la structure des coûts. On sait que le seuil
de rentabilité d’exploitation (hors frais financiers) s’obtient en divisant le montant des charges fixes
d’exploitation par le taux de marge sur coûts variables α :
SRe=CFe/ α et RE= α CAHT – CFe (marge/cv-charges fixes d’exploitation).
La relation (2) peut être transformée comme suit :
LE=MCV/RE= α CAHT/ α CAHT – CFe= α CAHT/ α (CAHT – α-1CFe) or α-1CFe= CFe/ α=SR
Alors :

LE=CAHT/ (CAHT-SRe)

On en déduit que :
Le risque d’exploitation est d’autant plus grand que le CAHT est voisin du seuil de rentabilité.

55
3.2.4 Relation avec l’Indice de sécurité
L’indice de sécurité calculé à partir du SR ou du résultat permet de mesurer la vulnérabilité de
l’entreprise. IS = [(CAHT – SR) / CAHT] x 100.
Plus l’indice de sécurité est élevé, moins l’entreprise est vulnérable.
1/ IS = Tmscv. [CAHT / RE] = MSCV / RE =LE

LE= 1/IS

Plus le levier opérationnel est élevé, plus le résultat est volatile c'est-à-dire trop sensible à la variation
du CA. Dans ces conditions, une conjoncture défavorable peut entraîner une chute drastique du
résultat.
Exemple :
Soient deux entreprises A et B telles que :
 A présente un taux de marge sur coût variable de 80% et des charges fixes de
1 000 avec un CA annuel de 6 000

 B présente un taux de marge sur coût variable de 40% et des charges fixes de
2 000 avec un CA annuel de 6 000.

Analyser la vulnérabilité de A et B ainsi que la volatilité de leur résultat.


SRA = 1000 / 0,8 = 1 250 ; SRB = 2000 / 0,4 = 5 000
ISA = [6000 – 1250] / 6 000 = 79,17% ; ISB = [6000 – 5000] / 6000 = 16,67%
LOA = 1/ 0,7917 = 1,26 ; LOB = 1/ 0,1667 = 6
Au regard du SR, on constate que l’exploitation de B est plus risqué que celle de A puisqu’elle atteint
difficilement le point d’équilibre.
L’IS indique que B est plus vulnérable que A car une chute relativement faible du CA entraîne un
résultat négatif, ce qui n’est pas le cas chez A.
Le résultat de B est très volatil puisqu’une variation de 1% du CA entraînera une variation de 6% du
résultat.
On peut conclure que l’élasticité du résultat par rapport au CA est d’autant plus forte que :
 les charges fixes sont élevées

 le taux de marge sur coût variable est faible.

3.3 La dispersion du résultat d’exploitation


En Maths, la mesure classique de la dispersion est l’écart type ; la dispersion du résultat, étant le risque
associé à une activité. L’écart-type d’une variable exprime la dispersion de cette variable autour de sa
moyenne appelée Espérance mathématique. Plus l’écart-type de la variable est grand, plus grande est
sa dispersion et donc le risque est plus grand.
NB : L’écart-type est une statistique qui fait état de la dispersion autour d’une moyenne ou
d’un nombre espéré. L’écart-type1 du rendement est souvent utilisé en finance comme mesure
quantitative du risque. Il peut être calculé à partir de données prévisionnelles ou historiques.

56
Si on désigne par X : le CAHT,
X est caractérisé par E(X) et σX ;
soit α : le Tmscv
RE : résultat d’exploitation ;
CF : charges fixes
RE = αX – CF
E(R) = αE(X) – CF
V(R) = α2V(X)
σR = α σX ; si X suit la normale alors R suit la loi normale et dans ces conditions on peut construire un
intervalle de confiance permettant de situer R : pour un niveau d’erreur de α % ; il y a (100 - α %)
chances sur 100 que R se retrouve dans l’intervalle :
IC = [E(R)- t(1- α/2). σR ; E(R) + t(1- α/2). σR] (intervalle de confiance).
On peut ainsi évaluer le risque d’exploitation en calculant la probabilité de ruine et/ou la probabilité
d’obtention du Seuil de Rentabilité.
Probabilité de ruine : P(R< 0) = P [ (R-E(R)) / σR) < (0 - E(R)) / σR]
La probabilité d’obtention du SR correspond à la probabilité d’avoir un résultat supérieur ou égal à
zéro :
P(R › 0) = P [(R – E(R)) / σR › (0- E(R)) / σR] = 1 – P(t)

Exemple : apprécier le risque d’exploitation de A et B à partir de la


Dispersion du résultat en supposant que :
E(CA) = 6 000 et σCA = 2 000.
Entreprise A Entreprise B
TMSCV 0,8 0,4
Charges Fixes 1 000 2 000
CA espéré 6 000 6 000
Espérance mathématique du résultat : 0,8x6000-1000 = 0,4x6000- 2 000 = 400
E(R)
3 800
Ecart type du résultat : σR σ (0,8CA-1000) = σ (0,4CA-2000) =
σ (0,8CA) = 0,8σ(CA) σ(0,4CA)= 0,4σ(CA)=
0,4x2000 = 800
= 0,8x2000 = 1 600
Loi de distribution (normale) N(3800 ; 1600) N(400 ; 800)
Probabilité de ruine :P(R<0) P(R<0) = P(R<0) =

57
P[t< (0-3800) /1600] = P(t<- P[t<(0-400) /800]= P(t<-
2,375) = 0,5) =
1- P(t<2,375) = 0,87% 1-P(t<0,5)=30,85%
Probabilité d’atteindre le SR : P(R>0) P(R>0) = 1- P(R<0) = P(R>0) =1-P(R<0) = 1- 30,
85%
1 – 0,87% = 99,13%
= 69,15%
Intervalle de confiance à 95% : P(-x < -x = 3800 – 1,96x1600 = 664 -x = 400–1,96x800 = -
R< x) 1 168
x = 3800 + 1,96x1600 = 6 936
X = 400+1,96x800 = 1 968
IC = [664 ; 6936]
IC = [-1168 ; 1968]

Conclusion : les résultats confirment les conclusions précédentes. Le risque d’exploitation de B


est sensiblement plus élevé que celui de A.
4. Facteurs influençant le risque d’exploitation
Ayant trait à l’incertitude entourant la rentabilité d’exploitation, c’est-à-dire le bénéfice que
l’entreprise retire de ses ventes, le risque d’exploitation d’une entreprise peut être influencé par une
série de facteurs :
-La variabilité du chiffre d’affaires en fonction du cycle conjoncturel
-La variabilité des prix de vente des produits
-La variabilité des coûts à engager pour produire les biens et (ou) les services
-La structure des coûts (variables ou fixes)
-L’importance de la firme dans son marché
-L’étendue de la diversification de l’entreprise
-La phase du cycle de vie dans laquelle se trouve l’entreprise

SECTION 3-LE RISQUE FINANCIER


1 – Définition
On appelle risque financier l’accroissement du risque d’exploitation dû à l’endettement de l’entreprise.
En d’autres termes, c’est le risque de dégradation de la rentabilité financière (ou rentabilité des
capitaux propres) dû à l’endettement.
Le risque financier est essentiellement évalué au niveau de la rentabilité des capitaux propres
(rentabilité financière).
2 – Evaluation du Risque Financier
2-1 Mesure du risque financier à partir de l’effet de levier
Variation de la rentabilité financière induite par une variation de la rentabilité économique
D’après la formule de l’effet levier :
 RF = (1 – θ)re d’où ∆RF = (1 – θ)∆re ; pour une entreprise non endettée

 RF = (1 – θ)[re + (re – i) D/K] = (1 – θ)re + (1 – θ) (re – i) D/K

= (1 – θ)[1+ D/K]re – i (1 – θ)D/K


58
∆RF = (1 – θ) ∆re + (1 – θ) (D/K)∆re;
∆RF: variation globale de RF;
(1 – θ) ∆re : variation de RF indépendante de l’endettement (risque d’exploitation) ;
(1 – θ)(D/K)∆re : variation de RF liée à l’endettement (risque financier).
Ainsi, l’effet de l’endettement sur la variation de la rentabilité financière a été isolé et l’on voit que cet
effet est d’autant plus grand que l’endettement est plus important.
Exemple :
Analyser les variations de RF en fonction de D/K pour θ = 25% dans les cas suivants : ∆re = 10% ;
∆re = - 10%,
1er cas : ∆re = - 10%,

D/K 0 1 1,5

∆RF indépendante de l’endettement = (1 – θ) ∆re

∆RF liée à l’endettement = (1 – θ) (D/K)∆re

∆RF Totale = (1 – θ) ∆re + (1 – θ) (D/K)∆re

2e cas : ∆re = 10%,


D/K 0 1 1,5

∆RF indépendante de l’endettement


∆RF liée à l’endettement

∆RF Totale

Conclusion : Si RE augmente, l’endettement amplifie l’augmentation correspondante de la RF ; le


phénomène joue aussi en sens inverse c'est-à-dire si RE diminue, l’endettement amplifie la diminution
correspondante de la RF.
2-2 – Mesure de la dispersion de la Rentabilité Financière
La formule de la rentabilité financière d’après l’effet de levier:
RF = (1 – θ)[1+ D/K]re – i (1 – θ)D/K
V(RF) = [(1 – θ)[1+ D/K]2 V(re) d’où σRF = [(1 – θ)[1+ D/K]σre
Cette relation montre que l’endettement de l’entreprise accroît la dispersion de la rentabilité des
capitaux propres. Elle se décompose comme suit : σRF = (1 – θ) σre + (1 – θ)(D/K)σre
σRF : dispersion totale de RF
(1 – θ) σre : dispersion indépendante de l’endettement (risque d’exploitation)
(1 – θ)(D/K)σre : dispersion due à l’endettement (risque financier)
Remarque : le risque supporté par les associés croît avec l’endettement de l’entreprise

59
Exemple : Calculer la dispersion totale de la RF en reprenant les données
de l’exemple suivant avec σre = 5% et σre = 10%
1er cas : σre = 10%

D/K 0 1 1,5

σrf indépendante de l’endettement = (1 – θ) σre

σrf liée à l’endettement = (1 – θ) (D/K) σre

σrf Totale = (1 – θ) σre + (1 – θ) (D/K) σre

2e cas : σre = 5%

D/K 0 1 1,5

σrf indépendante de l’endettement


σrf liée à l’endettement

σrf Totale

2-3 – Le risque financier à partir du MEDAF


Le risque financier d’une entreprise cotée peut être mesuré par le modèle d’équilibre des actifs
financiers (MEDAF).
Soient RT : la rentabilité du titre ; RM : rentabilité du marché ; β : le risque du titre par rapport au
marché ;
β = Cov(RT ;RM ) / Var(RM). Ce coefficient mesure la sensibilité du titre de l’entreprise par rapport au
marché.
Si β > 1 ; le titre est plus volatile que le marché, c'est-à-dire que l’activité de l’entreprise est risquée.
β < 1 ; le titre est moins risqué que le marché, c'est-à-dire que l’activité de l’entreprise est risquée.
Pour un investisseur, le risque lié au titre peut être maîtrisé en constituant un portefeuille composé de
plusieurs titres.

60
CHAPITRE 4- ANALYSE STATIQUE DU RISQUE DE FAILLITE

L'étude du risque de faillite, donc de la capacité d'une entreprise à rembourser ses dettes financières a
donné lieu à l'élaboration de multiples méthodes et est à l'origine même du diagnostic financier. On
peut séparer un peu arbitrairement deux grands types de méthodes, les méthodes fondées sur l'étude du
bilan qu'on peut qualifier de statiques et les méthodes qui s'appuient sur les tableaux de flux,
fréquemment dénommées, méthodes dynamiques. Cette analyse permet de porter un jugement sur les
équilibres financiers fondamentaux. Quoique l'évolution récente de l'analyse financière ait eu tendance
à privilégier les méthodes dynamiques fondées sur les flux, il s'avère en fait que ces deux grandes
catégories de méthodes sont complémentaires et que l'importance accordée actuellement aux méthodes
fondées sur les flux est excessive.
Dans ce chapitre, nous aborderons les méthodes statiques du risque de faillite. Ces méthodes sont
fondées sur l’’étude du bilan qui repose sur deux critères essentiels :
 le critère fonctionnel (classification fonctionnelle des postes du bilan),
 le critère de liquidité (classification suivant les délais de séjour du poste.
En fonction de ces deux critères, nous distinguons deux approches qui permettent de faire le diagnostic
du risque de faillite de façon statique. Il s’agit de :
-l’approche fonctionnelle ou économique,
-l’approche patrimoniale ou financière.
Il existe également deux autres méthodes que sont la méthode des scores et la notation financière pour
apprécier le risque de faillite.

SECTION 1- L’APPROCHE FONCTIONNELLE


I- PRINCIPES DU BILAN FONCTIONNEL

Le bilan fonctionnel est un bilan obtenu à partir du bilan comptable en classant les postes par fonction,
en rattachant chaque poste à la fonction à laquelle il correspond et qui repose sur une approche
économique des flux d’emplois et ressources accumulés par l’entreprise en retenant deux principes
généraux : l’évaluation à la valeur d’origine et le classement d’emplois et ressources selon leur
nature et leur destination.
1. Evaluation à la valeur d’origine
Les flux de ressource proviennent concrètement des ventes et autres produits encaissables, des apports
en capital, des subventions d’investissement, des emprunts ou encore des dettes fournisseur, fiscales et
sociales. Elles ont pour effet d’augmenter la trésorerie disponible. C’est en prélevant sur cette
trésorerie de l’entreprise qu’elle finance les emplois. Parmi les emplois, nous trouvons par exemple les
charges décaissables, les acquisitions d’immobilisation, les remboursements d’emprunt, les stocks ou
les créances client. Le bilan fonctionnel présente le cumul de ces flux de ressources et d’emplois
échangés depuis la création de l’entreprise. Pour rendre compte de ces échanges, le premier principe
qui préside à la construction du bilan fonctionnel est l’évaluation à la valeur d’origine des flux de
ressources et d’emplois.
2. Classement en cycles
Le bilan fonctionnel est un bilan obtenu en classant les postes par fonction c’est en rattachant chaque
poste à la fonction à laquelle il correspond. D’une manière générale, les fonctions dont il est question
sont :
- La fonction financement : elle regroupe les postes de capitaux propres, les dettes
financières (quelles que soient leurs échéances) ainsi que les amortissements et les
provisions des éléments d’actif.
- La fonction investissement : elle concerne les immobilisations, incorporelles,
corporelles et financières (quelles que soient leurs durées de vie), ainsi les charges
à repartir.

61
La fonction d’exploitation : elle regroupe les emplois et ressources circulants, les
-
disponibilités et concours bancaires concourants.
II- STRUCTURE DU BILAN FONCTIONNEL

A-PRESENTATION SYNTHETIQUE DU BILAN FONCTIONNEL


L’actif et le passif du bilan fonctionnel sont séparés en deux grandes masses chacune :
1. Les emplois stables (résultent de la décision d’investissement et correspond à l’actif
immobilisé brut.
2. Les actifs circulants résultent de l’exploitation, on distingue :
a. Les actifs circulants d’exploitation (il correspond au montant brut des stocks,
créances.
b. Les actifs circulants hors exploitation (créances diverses, créances sur
immobilisation….)
c. La trésorerie d’actif (regroupe l’ensemble des valeurs disponibles et liquides)
3. Les ressources stables .Ils résultent de la décision de financement (capitaux propres, les
amortissements et provisions pour dépréciation, les dettes financières. Les amortissements
et provisions pour dépréciation sont assimilés à des ressources de financement car ils
rendent compte d’une dépréciation de l’actif permettant d’en assurer le renouvellement.
4. Les dettes circulantes qui résultent de l’activité de l’entreprise .On distingue :
a. Les dettes d’exploitation (dettes fournisseur, fiscales et sociale, autre dette
d’exploitation…)
b. Les dettes hors exploitation (dettes sur immobilisation, dette Bic …)
c. La trésorerie passive.
La construction du bilan fonctionnel nécessite quelques retraitements de certains postes du bilan.
B-DETAIL DES RETRAITEMENTS DU BILAN FONCTIONNEL
Dans sa recherche de l’image fidèle du patrimoine, le SYSCOHADA effectue des retraitements qui
concernent les postes suivants :
1. Le capital souscrit non appelé (CSNA)
De manière générale tant que ces sommes n’ont pas été libérées, elles ne représentent pas une
ressource pour financer un emploi. Ce poste vient en soustraction des capitaux. Le plan comptable
SYSCOHADA présente une vue générale des comptes et de façon détaillée.
Le poste de capital souscrit non appelé est :
 Eliminé de l’actif du bilan
 Retranché des capitaux propres au passif

2. Les primes de remboursement des obligations ; elles sont considérées comme des non
valeurs .Elles sont donc :
 Retirées de l’actif
 Retranchées des dettes financières au passif

3. Les écarts de conversion (active et passive).


L’écart de conversion-actif est le constat de la perte de change latente (dépréciation d’une créance ou
appréciation d’une dette). Un écart de conversion passif est le constat d’un gain de change latent
(appréciation d’une créance d’une dépréciation d’une dette). Pour rendre pertinente au plan
économique l’analyse des emplois et ressources en respectant le principe de la valeur d’origine les
écarts de conversions sont donc éliminés et réintégrés dans les postes correspondants (dettes
fournisseurs ou créance client).
Ainsi les écarts de conversion actifs :
 Sont éliminés au bas du bilan
 Rajouté aux créances concernées

62
 Ou éliminés des dettes concernées

Les écarts de conversion passifs sont :


 Eliminé du bas du passif et
 Rajoutés soit aux dettes concernées
 Soit retranchés des créances concernées

4. Les effets escomptés non échus,


L’entreprise peut accepter des effets de commerce qu’elle peut escompter auprès de sa banque pour
avoir de la liquidité Juridiquement, l’entreprise reste responsable du paiement des effets escomptés
non échus en cas de défaillance du débiteur. L’OHADA les inclut dans le bilan en les rattachant à
l’actif aux créances client, la contrepartie est rattachée au passif dans les concours bancaires.
Ils sont :
 Ajoutés à l’actif circulant d’exploitation aux créances
 Ajouté en contrepartie aux dettes circulantes dans les soldes créditeurs de banque.

5. Les charges à repartir sur plusieurs exercices


Elles constituent des charges normalement enregistrées en comptabilité et qui sont immobilisées pour
être réparties sur plusieurs exercices. Elles sont donc
 reclassées dans les emplois stables pour leur montant brut reconstitués ; car le
SYSCOHADA les met dans le bilan pour leur valeur nette.
 Le montant cumulé des amortissements sera ajouté également en ressources
stables avec les amortissements pour dépréciation

6. Les concours bancaires courants ou soldes créditeurs de banque


 Retranchés des dettes financières
 Ajoutés aux dettes circulantes à très court terme

7. Les intérêts courus sur emprunt,


Ils sont
 Retranchés des dettes financières
 Ajoutés aux dettes hors exploitation pour les intérêts courus sur emprunt

8. Intérêts courus sur créance d’immobilisation


 Retranchés des immobilisations financières
 Ajouté aux créances hors exploitation

9. TVA déductibles sur les immobilisations sont rangées dans l’actif circulant hors
exploitation

10. Les charges et produits constatés d’avance


En l’absence d’informations spécifiques, il est courant de les reclasser :
 Dans l’actif circulant d’exploitation (CCA)
 Ou dans les dettes d’exploitation pour (PCA)

11. Les comptes courants d’associés


 Rattachés aux dettes financières si les comptes courants représentent des fonds
propres dans l’entreprise
 Assimilés à des dettes hors exploitation si les fonds constituent des dépôts
temporaires.

12. Les provisions pour dépréciation d’éléments d’actif circulant.

63
Dans le respect du principe de prudence, le SYSCOHADA les considère comme ayant un caractère
irréversible donc des charges décaissables :
 Le bilan fonctionnel considère les éléments de l’actif circulant pour leur valeur
nette
 Une autre approche conforme au PCG est le caractère non irréversible qui permet
d’intégrer les provisions dans les capitaux propres et les postes correspondants
sont inscrits à l’actif pour leur montant brut.

13. Les provisions pour risques et charges à long terme considérées comme des dettes
probables figurent en dettes financières.

14. Les valeurs mobilières de placement


Selon leur nature, elles sont considérées comme des éléments de l’actif hors exploitation (en cas de
risques de perte des actions, ou si elles sont peu liquides).Considérées comme un élément de la
trésorerie active (si elles sont liquide et sans risque de perte).
15. Le crédit-bail
Le syscohada pose la règle de présomption de « location financement » pour tous contrats de crédit-
bail. Ainsi les biens financés par crédit-bail peuvent être considérés comme immobilisation acquise
par l’entreprise et financée par emprunt. La valeur d’origine du bien est ajoutée aux immobilisations.
L ‘équivalent du montant des biens figure au passif en dette financière.

C-PRESENTATION DETAILLEE DU BILAN FONCTIONNEL

ACTIF Montant PASSIF Montant


Emplois stables Ressources stables
Actif immobilisé Ressources propres
Immobilisations incorporelles (y compris des Capitaux propres
biens pris en crédit-bail si CB ˃ 5 % TBI +capital social
Immobilisation financière +réserves
-prime de remboursement des obligations +résultat
-intérêt courus non échus sur prêt +provision réglementée
+écart de conversion-actif sur les prêts ou +subvention d’investissement
créances immobilisées +amortissement et provision pour
-écart de conversion passif sur prêt ou créance risques et charges
immobilisée +amortissement comptable
+amortissement éventuelle des frais +provision pour dépréciation de
d’établissements et charges à repartir …. l’actif immobilisé
+provision pour dépréciation de
l’actif circulant d’exploitation

Dettes financières
+Emprunts et dettes (hors intérêt
courus)
+emprunt équivalent de crédit-bail
(hors intérêt courus)
+dette financière divers
+comptes courant associés (bloqué)
+écart de conversion passif sur
emprunt
-écart ce conversion actif sur

64
emprunt
-prime de remboursement des
obligations.
Total emplois stables Total ressources stables
Actif circulant d’exploitation (brut) Passif circulant d’exploiation
+stocks Avances et acomptes reçus sur
Créance client et comptes rattachés commandes
+avances et acomptes versés sur commendes +fournisseurs
+charges constatées d’avance +dettes sociales et fiscales
+écart de conversion actif sur créance +autres dettes d’exploitation
d’exploitation + état tva dues
-écart de conversion passif sur créances +produit constatés d’avance
d’exploitation +compte courant d’associés (non
bloqué)
+écart de conversion passif sur dettes
d’exploitation
+-écart de conversion actif sur dettes
d’exploitation
-impôt sur les sociétés (B.I.C)
Total actif circulant d’exploitation Total passif circualant
d’exploiation
Actif circualnt hors exploitation Dettes hors exploitation
(net ou brut) +Fournisseur d’investissement
+Stock HAO +dette sur acquisition de titre de
+Créance sur cession d’immobilisation placement
+créance sur cession de titre de placement +capital à rembourser
+charges sur constaté d’avance H.E +versement anticipé
+intérêt courus non échus sur prêt +dividende à payer
+valeur mobilière de placement +impôt sur les sociétés (bic)
+participation des salariés
+produit constaté d’avance
+intérêt couru non échu sur emprunts
Total actif circulant hors exploitation Total passif circulant hors
exploitation
+Chèques et coupons à encaisser +banque, crédit d’escompte
+banques, caisse +banque, crédit de trésoreries
-valeur mobilière de placement +banque, découvert
Total de trésorerie actif Total trésorerie passif
Total général Total général
Le bilan fonctionnel est établi avant répartition de bénéfice

Une telle réorganisation du bilan comptable permet alors d'analyser l'équilibre financier de l'entreprise
en faisant apparaître d'une part le Fonds de roulement de l'entreprise ainsi que son besoin en fonds de
roulement.

III- LES SOLDES TIRES DU BILAN FONCTIONNEL


L’analyse du bilan fonctionnel permet de mettre en évidence certaines grandeurs caractéristiques :
 Le fonds de roulement net global (FRNG)

65
 Le Besoin en fonds de roulement (BFR)

 La Trésorerie nette (TN)

A – Le Fonds de Roulement Net Global


Le fonds de roulement net global représente la partie des ressources stables qui finance autre chose
que les immobilisations, c'est-à-dire qui concourt au financement de l’exploitation.
Le fonds de roulement constitue une garantie de liquidité de l’entreprise ; plus il est élevé, plus grande
est la garantie.
Le fonds de roulement, pris isolément, n’a pas une grande signification ; il faut toujours le comparer
au besoin en fonds de roulement pour savoir si son niveau est satisfaisant.

1 - Le fonds de roulement et l’équilibre financier


Selon la règle de l’équilibre financier minimum, les emplois stables doivent être financés par des
ressources stables. Le non-respect de cette règle entraînerait des problèmes de trésorerie car le bon
sens voudrait que, les ressources attendues des actifs immobilisés s’étalant sur la durée de leur vie,
celles-ci soient utilisées pour rembourser les financements correspondants.
Le fonds de roulement est un indicateur de l’équilibre financier de l’entreprise. Son intérêt est d’avoir
une signification à l’égard de la solvabilité future.
2 - Mode de calcul
Le calcul du fonds de roulement peut se faire à partir du haut du bilan ou à partir du bas du bilan :
 Par le haut du bilan : F R N G = Ressources Stables – Actif immobilisé

 Par le bas du bilan :

FRNG = (Actif circulant + trésorerie actif) – (Passif circulant + trésorerie passif)


3 - Intérêt du fonds de roulement
Le fonds de roulement sert de base au diagnostic de l’équilibre financier.
L’analyse de l’équilibre financier à partir du fonds de roulement considère 3 cas :
 FRNG = 0 ; dans ce cas RS = AI ; on parle d’équilibre fragile.

Les entrées de fonds garantissent les règlements des emplois à échéance ; la solvabilité à court terme
de l’entreprise semble assurée. La situation de l’entreprise n’est ni alarmante ni préoccupante,
cependant des actions doivent être menées pour corriger l’asymétrie de risque.

 FRNG < 0 ; dans ce cas RS < AI ou (AC +TA) < (PC + TP) ;

on parle d’équilibre financier instable. La situation d’équilibre de l’entreprise est préoccupante. Le


principe d’équilibre financier minimum n’est pas respecté. Cependant avant de s’alarmer, il faut
s’interroger sur le type d’activité de l’entreprise. Les entreprises de négoce et de service peuvent avoir
un fonds de roulement négatif sans être pour autant en difficulté. En effet, dans ces entreprises les
clients règlent essentiellement au comptant, les stocks tournent vite et relativement moins élevés, par
contre les fournisseurs accordent d’importants crédits. Il en résulte que le besoin en fonds de

66
roulement est négatif et peut être assimilé à une ressource permanente susceptible de financer sans
risque des actifs immobilisés.

 FRNG > 0 ; dans ce cas RS > AI ou (AC +TA) > (PC +TP) ; on parle d’équilibre stable. Dans
ce cas on peut dire que l’entreprise respecte le principe d’équilibre financier minimum. La
solvabilité de l’entreprise semble assurée.

Remarque : quel que soit le type d’équilibre de l’entreprise, l’information donnée par le fonds de
roulement doit être complétée par une information sur la maturité des encours de court terme à l’actif
et au passif et cela afin d’avoir une appréciation plus correcte de la situation de solvabilité de cette
entreprise.
4 - L’amélioration du fonds de roulement Net Global
Le fonds ne peut être amélioré que lorsque les postes retenus pour son calcul le sont. Les actions à
mener à partir du haut du bilan :
 Au niveau des ressources stables :

négocier l’augmentation des capitaux

négocier des subventions d’investissement

négocier des emprunts à long terme (obligataires ; indivis ; ..)

 Au niveau de l’actif immobilisé :

céder les immobilisations non indispensables

revoir les modalités d’encaissement des prêts et créances à long terme

B – Le Besoin en Fonds de Roulement


1 - Définition
Le BFR est un besoin financier qui naît du décalage temporel entre les encaissements et les
décaissements liés à l’exploitation de l’entreprise.

Exemple : une opération d’achat à crédit de 4 mois est réalisée le 01/01/2006, la durée moyenne de
stockage de la marchandise est de 1 mois. La marchandise est vendue le 01/02/2006 à crédit de 4 mois.
Le 30/04/2006, au moment il est décidé de rembourser le fournisseur l’entreprise ne dispose pas de
liquidité puis le produit de la vente ne sera encaissé que le 31/05/2006. Il lui faut trouver des
ressources additionnelles pour dénouer cette opération à la date prévue. C’est ce besoin qui est né du
fait du décalage entre les encaissements et les décaissements qu’on appelle besoin de financement de
l’exploitation.
Si le délai fournisseur était plus long que la somme des délais de stockage et clients, l’entreprise aurait
une ressource de financement de l’exploitation.

2 - Mode de calcul
BFE (AO) = Actif Circulant – Passif Circulant
= (Stocks + Créances) – dettes à court terme

67
BF (HAO) = Actif circulant HAO – Passif Circulant HAO

BFG = BFE (AO) + BF (HAO)

3- Intérêt du Besoin de Financement d’Exploitation


Le BFR permet d’apprécier le risque lié à l’exploitation de l’entreprise. La comparaison FRNG et BFR
permet d’avoir la trésorerie nette qui un indicateur essentiel d’appréciation de la liquidité de
l’entreprise.
 Si le BFR > 0, alors l’entreprise a un besoin à financer. Dans ce cas, il est indispensable de
comparer le BFE au fonds de roulement lorsque celui-ci est positif afin d’apprécier le degré
de liquidité de l’entreprise :

un FRNG > BFR est synonyme de liquidité de l’entreprise, c'est-à-dire qu’elle est
capable d’honorer tous ses engagements de court terme. On dit que l’entreprise
dégage une trésorerie nette positive

BFR
600 000 FRNG 1 000
000
TN
400 000
TN = FRNG – BFR = 1 000 000 – 600 000 = 400 000 > 0 (liquidité assurée)
Le BFR est entièrement financé par des ressources permanentes dont l’importance permet de dégager
des disponibilités.
un FRNG < BFR traduit le fait que l’entreprise n’est pas liquide, elle a donc une
trésorerie nette négative.

1er cas : FR > 0


FRNG 600
000
BFR
TN
1000000
- 400 000

TN = FRNG – BFR = 600 000 – 1 000 000 = - 400 000 (liquidité non assurée).
Le BFR set financé en partie par des ressources permanentes en partie par des concours bancaires
courants. Il faut apprécier l’importance du risque bancaire.
2eme cas : FRNG < 0
FRNG

68
-600 000 TN
BFR - 1 000 000
400 000
TN = FRNG –BFR = - 600 000 – 400 000 = - 1000 000 (liquidité non assurée)
Les concours bancaires courants couvrent la totalité du FRNG, du BFR et les disponibilités. C’est une
situation mauvaise qui doit être corrigée très rapidement.
 Si le BFR < O, alors l’entreprise dégage des ressources. Dans ce cas il n’y a pas de besoin à
financer.

Si le FRNG > 0, alors la liquidité est assurée

FRNG 600
000
TN
BFR
1000000
- 400 000

TN = FRNG – BFR = 600 000 – (- 400 000) = 1 000 000


Les ressources induites par l’exploitation s’ajoutent à un excédent de ressources permanentes pour
dégager un excédent de liquidité important.
Si le FRNG < 0 et si le BFR couvre entièrement le FRNG alors la liquidité de
l’entreprise est assuré, autrement dit elle a une trésorerie nette positive.

FRNG
-600 000 BFR
TN - 1 000 000
400 000
TN = FRNG – BFR = - 600 000 – (-1000 000) = 400 000.
Les ressources issues de l’exploitation financent le cycle mais également une partie des
immobilisations. Un renforcement des ressources stables est à examiner.

Si le FRNG < 0, BFR ne couvre pas entièrement le FRNG alors la liquidité de


l’entreprise n’est pas assurée, elle présente dans ce cas une trésorerie nette négative.

BFR
FRNG - 600 000
-1000000 TN
- 400 000
TN = FRNG – BFR = - 1000 000 – (- 600 000) = - 400 000

69
La dépendance financière externe de l’entreprise est grande car elle a recourt aux concours bancaires
pour financer une partie des immobilisations ainsi que le cycle d’exploitation.
4- Comment réduire le besoin de financement d’exploitation
Différentes actions peuvent être menées en vue de réduire le BFE :
 Renégocier les délais contractuels de paiement des clients à la baisse

 Négocier des avances avec les clients notamment lorsque les coûts engagés sont importants

 Relancer les mauvais payeurs à l’aide d’une balance âgée

 Réduire les délais administratifs : le circuit des documents doit être le plus rapide possible à
l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise.

 Confier ses créances à une société d’affacturage : l’entreprise peut céder son poste client à un
factor qui en échange et moyennant une rémunération lui fournit immédiatement la liquidité.
Elle peut utiliser cette liquidité pour négocier des règlements anticipés auprès des fournisseurs
en vue de bénéficier d’escompte.

 Faire intervenir une société de financement auprès de ses clients leur permettant d’obtenir un
financement extérieur pour leurs opérations auprès de notre entreprise.

 Négocier ses délais fournisseurs à la hausse

 Limiter les stocks, on pourrait transférer les stocks chez le fournisseur en prenant en compte le
risque sur la chaîne de production.

C – La Trésorerie Nette
C’est la différence entre le FRNG et le BFR. Elle indique la capacité de l’entreprise à honorer ses
engagements à court terme.
TN = FRNG – BFR
= Trésorerie Actif – Trésorerie Passif

70
Schéma de synthèse de la structuration fonctionnelle du bilan :

71
D-Des exemples de situation divers
 Structure financière schématique

Différent configurations peuvent se présenter en fonction de l’importance respective du fond de


roulement, besoin en fond de roulement, et la trésorerie. Elles traduisent chacune des situations
financières différentes. Nous présentons six situations susceptibles de se présenter dans une analyse
financière.
 Situation 1

Diagnostic : Les BFR constatés sont entièrement financés par les ressources permanentes dont
l’importance permet de dégager des disponibilités .Cette situation est apparemment la plus favorable.
Préconisation : il convient de s’interroger sur la rentabilité des excédents de trésorerie qui peuvent
être trop importants ou mal placés.
 Situation 2

Diagnostic : Les BFR sont financés, en partie par des ressources permanentes, en partie par des
excédents des concours bancaires courants sur les disponibilités. Cette situation est courante au sein
des entreprises.
Préconisation : Il convient d’apprécier l’importance des risques bancaires. Pour réduire le niveau des
concours bancaires, l’entreprise peut augmenter son FR en accroissant les ressources propres ou les
dettes financières. Par ailleurs, elle peut réduire le BFR par une diminution des stocks, une réduction
des créances client ou une augmentation des dettes fournisseurs.
 Situation 3

Diagnostic : Les concours bancaires courants couvrent une partie des actifs fixes, les BFR et les
disponibilités. Cette situation est mauvaise.
Préconisation : l’entreprise doit restructurer son FR en augmentant les financements long et en
améliorant sont autofinancement .Elle peut également diminuer son BFR.
 Situation 4

Diagnostic : les ressources induites par le cycle d’exploitation s’ajoutent à un excèdent de ressources
permanentes pour dégager un excédent de liquidité important. Cette situation est exceptionnelle
(entreprise de distribution).
Préconisation : l’entreprise se doit de surveiller les modalités de gestion de sa trésorerie (existe-t-il un
sous emplois des capitaux).
 Situation 5

Diagnostic : les ressources issues du cycle d’exploitation couvrent un excédent de liquidité


éventuellement excessive mais encore une partie de l’actif immobilisé. Les fournisseurs et les avances
de la clientèle financent le cycle mais aussi une partie des immobilisations (grande distribution)
Préconisation : l’entreprise risque d’être dépendante de ses fournisseurs .Il convient donc de
s’interroger sur l’insuffisance de FR (conjoncturel ou structurel).Un renforcement des ressources
stables est examiné.

72
 Situation 6

Diagnostic : Les ressources permanentes ne couvrent qu’une partie de l’actif immobilisé et leur
insuffisance est compensée par les fournisseurs, les avances clientèle et les concours bancaires
courant.
Préconisation : de manière générale il s’agit d’une situation précaire pour l’entreprise .Elles est
dépendante de ses fournisseurs et de ses banques .Le risque est cependant important dans le cas d’une
entreprise industrielle.
 Croissance de l’entreprise et risque de déséquilibre

L’analyse de la structure financière est rarement indépendante de la situation de l’entreprise au regard


de son cycle de vie. L’analyste doit notamment être attentif à certaines difficultés associées à la
croissance au déclin de l’activité qui peuvent avoir des répercussions importantes sur la structure
financière et son interprétation.
 Risque n° 1 : Croissance trop rapide et non maitrisée

Les productions de biens et services de l’entreprise rencontrent un réel succès. Voulant répondre à la
forte demande qui lui est adressée les dirigeants voient leur chiffre d’affaire augmenté de façon
considérée. Ainsi les besoins en fond de roulement augmentent très rapidement au rythme que le
chiffre d’affaires si aucune action n’est faite sur les délais client et fournisseurs. Si les ressources
stables n’augmentent pas l’équilibre FR/ BFR se détériore et l’entreprise connait des problèmes de
trésorerie.
 Risques n° 2 croissance insuffisante

Pour développer ses ventes et accroitre son volume d’activité, l’entreprise accepte de prolonger les
délais accordés aux clients pour régler leurs factures. Le BFR augmente rapidement et l’entreprise
connait également des problèmes de trésorerie.
 Risque n° 3 retard d’investissement

L’entreprise n’a pas procédé aux investissements qui auraient été nécessaires durant les dernières
années .Confrontés à une diminution de productivité et à une mévente des produits pour cause de
moindre qualité ou devant faire face à une sous capacité de production, les dirigeants décident de
rattraper leur retard technologique en investissant massivement dans l’outil de production. Si
l’investissement est autofinancé, les ressources stables n’augmentent pas alors que les emplois stables
progressent. Le fond roulement net global diminue et entraine des problèmes de trésorerie.
 Risques n° 4 pertes accumulées

L’accumulation des pertes durant plusieurs années consécutives vient diminuer les ressources stables
.Le fond de roulement se dégrade et entraine de problème de trésorerie.

 Risque n° 5 paradoxe du déclin

Pour différentes raisons possibles, l’entreprise voit ses ventes diminuer de manière sensible. Les
composantes du BFR diminuent également mais les créances client diminuent plus rapidement que les
dettes fournisseur. Le BFR diminue, entrainant une amélioration de la trésorerie. Cette amélioration
est illusoire et temporaire dans la mesure où la baisse des résultats va entrainer une diminution des
ressources stables, donc du FRNG et de la trésorerie.

73
SECTION 2: L’APPROCHE FINANCIERE DU BILAN
Encore appelé bilan patrimonial ou bilan de liquidité, le bilan financier est aujourd’hui supplanté par
l’approche fonctionnelle et reste plus simple et complémentaire de la vision économique. L’objectif
est l’étude de la solvabilité immédiate (liquidité) et la solvabilité à long terme de l’entreprise. Il s’agit
donc d’analyser la capacité de l’entreprise à faire face à ses dettes grâce à la liquidation de ses actifs.
I-PRINCIPES DU BILAN FINANCIER

Le bilan financier informe les actionnaires et les tiers sur la solvabilité et la liquidité de l’entreprise.
Actif net = actif réel – dettes. C’est le patrimoine de l’entreprise.
= capitaux propres – actif fictif
De ce fait, le bilan financier est construit selon deux principes fondamentaux :
 L’évaluation à la valeur d’usage
 Et le classement des éléments du bilan selon leur degré de liquidité (actifs) ou
d’exigibilité (passifs)

1. Evaluation à la valeur d’usage


Le bilan financier a pour objectif de déterminer la valeur du patrimoine de l’entreprise dans une
optique de prudence patrimoniale. Les postes sont donc évalués à leur valeur réelle ou d’usage. La
valeur d’usage est la valeur à laquelle un bien est susceptible d’être vendu dans les conditions
normales de marché.
Dans les faits, cela signifie que l’analyste peut être amené à diminuer la valeur nette des stocks par
exemple s’il dispose d’informations lui permettant de juger de l’insuffisance des montants des
montants provisionnés par l’entreprise pour ces stocks.
2. Classement en termes de liquidité et d’exigibilité
Dans une optique liquidative le prêteur cherche à s’assurer qu’en cas d’arrêt d’activité l’ensemble des
dettes de l’entreprise peuvent être remboursé par la réalisation de l’ensemble des actifs.
Le deuxième principe de réalisation du bilan financier est le classement de postes de l’actif en termes
de liquidité et des postes du passif en termes de d’exigibilité. En effet, la liquidité d’un bien se définit
comme l’aptitude d’un bien à être transformé en moyen de paiement sans perte de valeur. L’exigibilité
est le délai courant jusqu’à l’échéance de remboursement d’une dette.
En pratique, il s’agit de classer les différents postes du bilan à plus ou moins un an

3 – Les objectifs du Bilan Financier

Le bilan financier est construit d’un point de vue du prêteur. La préoccupation du prêteur est double :
- Evaluer la solvabilité de l'entreprise : L'entreprise à qui j'ai prêté de l'argent ou à qui j'ai livré des
biens est-elle solvable ? La solvabilité est la capacité d'une entreprise à rembourser la totalité des
dettes d'un coup en vendant tous les actifs (hypothèse de liquidation).
- Evaluer la liquidité de l'entreprise : L'entreprise à qui j'ai prêté de l'argent ou à qui j'ai livré des
biens ou des services est-elle liquide ? La liquidité est la capacité de payer les sommes dues aux
échéances prévues.

4 - Les principes de valorisation des postes du bilan

Le bilan est reconstruit pour qu'il donne des informations sur la solvabilité et la liquidité de
l'entreprise. En conséquence :

74
- Les postes sont évalués à la valeur la plus proche possible de leur valeur de remboursement, de
revente ou de liquidation,
- Les postes de l'actif sont classés par ordre de liquidité croissante et les postes du passif sont classés
par ordre d'exigibilité croissante de telle sorte qu'on pourra facilement comparer les masses d'actif et
de passif d'échéance identique.

II. STRUCTURE DU BILAN FINANCIER

A-PRESENTATION SYNTHETIQUE DU BILAN FINANCIER


L’actif et passif du bilan financier sont séparés en quatre grandes masses chacun
a) Les postes dont l’échéance est à plus d’un an
a1. Il s’agit des actifs à plus d’un an ou actifs immobilisés (pour leur valeur nette)
a2. Les capitaux propres et les dettes à plus d’un an (capitaux permanents)

b) Les postes dont l’échéance est à moins d’un an


b1 .Les actifs à moins d’un an ou actifs réalisables à court terme (les stocks et les en-cours, les
créances à moins d’un an d’échéance pour leur valeur nette et les valeurs disponibles.
b2. Les dettes à moins d’un an d’échéance
Dans tous les cas, une présentation détaillée nous permet d’appréhender l’essentiel des postes
II – LES RETRAITEMENTS DU BILAN FINANCIER

Les retraitements sont des ajustements préalables qui ont pour objet de corriger les insuffisances des
documents comptables de façon à assurer l’homogénéité de l’analyse financière. Le but étant de
vérifier le contenu des postes du bilan comptable, de les évaluer et de les reclasser suivant les critères
de liquidité et d’exigibilité.
Cette analyse vise à obtenir un bilan faisant apparaître des relations significatives entre les grandes
masses en vue du diagnostic financier.

1-Les retraitements de l’Actif

o Les Charges Immobilisées :


Frais d'établissement, Charges à répartir, primes de remboursement des obligations
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif fictif, sans valeur.
Frais d'établissement
Charges à répartir Nulle
A éliminer de l’actif et à déduire des
capitaux propres
Primes de remboursement des
obligations

Quelle est l'origine de ces postes?


Ce sont des dépenses qui ont été effectuées à l'occasion de la création de la société; de l’émission d’un
emprunt ou à d’autres occasions. Ces charges n'ont pas été inscrites en charges dans le compte de
résultat de l'année pour éviter de fausser le résultat de cette année-là. Elles sont inscrites au bilan pour
être réparties par amortissement sur plusieurs années.

75
Quel est leur degré de liquidité ?
Des frais d'établissement, des Charges à répartir et des primes de remboursement des obligations ne se
vendent pas. Elles n'ont aucune réalité concrète et marchande. Ce sont des non-valeurs ou des actifs
fictifs. Valeur = 0.

o Les immobilisations Incorporelles


Les brevets, licences, concessions
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif à long terme
Sauf la partie cessible à moins valeur comptable nette
Brevets, licences, concessions
d'un an est reclassée en Actif ou valeur réelle
Circulant

Quelle est l'origine de ce poste ?


L'entreprise a acheté à un particulier ou une entreprise le droit d'exploiter une invention, un actif
pendant une durée fixée.

Quel est leur degré de liquidité ?


Un brevet ou une licence peut être revendu. Il existe donc une valeur de liquidation. A défaut
d'information particulière, on retient comme valeur le montant net comptable.
Si on a des raisons de penser que la valeur réelle de revente est différente, on retient cette valeur réelle.
Exemple : un brevet qui comptablement a une certaine valeur mais qui correspond à un procédé
obsolète doit être considérée comme ayant une valeur nulle.

Fonds commercial
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif à long terme
valeur comptable nette
Fonds commercial Sauf la partie cessible à moins ou valeur réelle
d'un an est reclassée en Actif
Circulant

Quelle est l'origine de ce poste?


Le fonds commercial figure au bilan quand l'entreprise a acheté une autre entreprise ou fait l’objet
d’évaluation. Il correspond à la valeur monétaire du droit de jouir d'une clientèle déjà constituée, d'un
nom, une réputation, une qualité d'emplacement etc...

Quel est son degré de liquidité ?


A défaut d'information particulière, on prend la valeur comptable nette car on la suppose la plus
proche de la valeur réelle.
Cependant cette valeur comptable est rarement la valeur réelle. D'une part parce que les éléments
constitutifs de la valeur du fonds ont pu changer, d'autre part parce qu'une entreprise qui nait ex-
nihilo (création à partir de rien) n'a rien acheté et donc aucun fonds commercial ne figure au bilan. Il
faudra dans ces cas évaluer la valeur réelle et la prendre en compte dans le bilan financier.

NB : En cas de liquidation de l’entreprise et donc d'arrêt de l'exploitation, la valeur du fonds


commercial est nulle. Dans ce cas on le considère comme un actif sans valeur.

o Les Immobilisations Corporelles


Poste à traiter Classement Valeur retenue
Terrain Actif à long terme
valeur comptable nette

76
Construction Sauf la partie cessible à ou valeur réelle du marché
moins d'un an est reclassée
Matériels et Outillages en Actif Circulant

Quel est leur degré de liquidité ?


Ce sont des actifs à long terme car un terrain, un bâtiment ou un matériel n'est pas destiné
normalement à être revendu dans l'année. S'il y a un projet sérieux de vente, on peut le considérer
comme un actif à court terme.

Leur valeur réelle du terrain est souvent différente de la valeur comptable. Dans le bilan financier on
les évalue à leur valeur de marché si on la peut la connaître. En contrepartie, il faudra également
relever ou diminuer le montant des capitaux propres de l’écart car les propriétaires sont finalement
plus riches ou plus pauvres que ce qu'indiquent les capitaux propres comptables.

o Les Immobilisations Financières

Titres de participation
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif à long terme. Valeur comptable nette
Titres de participation
Sauf la partie destinée à la ou
vente dans l'année qui doit être Cours boursier ou valeur
Titres Immobilisés
reclassée en Actif Circulant intrinsèque

Quelle est l'origine de ces postes?


Ce sont des titres (actions, obligations,…) que l'entreprise possède et qui lui donne un contrôle sur des
sociétés filiales ou un droit de créancier pendant plusieurs années.

Quel est leur degré de liquidité ?


C'est un actif à long terme car ces titres de propriété ne sont pas destinés normalement à être revendus
dans l'année. S'il y a un projet sérieux de vente, on peut le considérer comme un actif à court terme.

Prêts
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif à long terme
Sauf la partie dont
Prêts Valeur comptable nette
l’encaissement est prévue dans
l'année

Quelle est l'origine de ce poste?


Ce sont des prêts consentis à une autre entreprise ou à des salariés. Le prêt accordé à un tiers est
considéré comme une immobilisation.

Quel est son degré de liquidité ?


Tout dépend de l'échéance de remboursement. La part du prêt qu'il est prévu de récupérer dans l'année
est classée dans les actifs à court terme en Actif Circulant.
La part du prêt qui sera encaissée au-delà de 1 an est un actif à long terme.
En l'absence d'informations particulières sur les échéances, on peut considérer la totalité du prêt
comme un actif à long terme.

77
o L’Actif Circulant

Les stocks
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif Circulant
Sauf la partie permanente du
Valeur comptable nette ou Valeur
Stocks stock appelée "stock-outil" qui
Réelle
est reclassée en Actif
Immobilisé

Quel est son degré de liquidité ?


Les stocks sont des actifs à court terme, car normalement un stock est destiné à être vendu à court
terme.
Cependant, on peut quelquefois considérer qu'il existe un niveau de stock en dessous duquel il est
impossible de fonctionner. On l'appelle "stock outil" ou stock de sécurité". Ce niveau a donc un
caractère permanent. On peut considérer ce stock-outil comme un actif à long terme.

Créances clients et comptes rattachés


Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif Circulant
Créances clients Sauf la partie de la créance
doit être récupérée au-delà de Valeur comptable nette
Autres Créances 1 an reclassée en Actif
Immobilisé

Quel est son degré de liquidité ?


Les créances clients résultent des délais de paiement accordés aux clients. Ces créances sont en
général destinées à être encaissées dans les semaines ou les mois suivants leur constatation. C'est du
court terme. La part de la créance qui sera encaissée au-delà de 1 an est un actif à long terme.

Les effets à recevoir


Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif Circulant
Sauf la partie effets
Effets à recevoir Valeur comptable nette
escomptable à tout moment est
reclassée en Trésorerie - Actif

Quel est son degré de liquidité ?


Les effets à recevoir résultent des créances sur les clients formulées sous forme de reconnaissance de
dette. Ces effets sont en général destinés à être utilisés comme instruments de trésorerie. C'est du court
terme. La part des effets qui sera escomptée facilement devient quasi liquidité.

Charges constatées d'avance

Poste à traiter Classement Valeur retenue


Selon l'échéance
Charges constatées d'avance Valeur comptable nette
en actif à LT ou en CT
Quelle est l'origine de ce poste?
Les charges constatées d'avance correspondent à la partie des charges qui ont fait l'objet d'une
facturation au cours de l'exercice et qui seront consommées au cours de l'année suivante.
Ex: une quittance d'assurance annuelle payée d'avance

78
Quel est le degré de liquidité ?
En général, on considère que ces charges constatées d'avance sont des créances à court terme car ce
sont des charges qui sont consommées au cours de l'exercice suivant.

Remarque: certains analystes estiment qu’en cas de liquidation de l'entreprise, il est illusoire de
penser pouvoir récupérer le montant des charges non consommées. Aussi, les considèrent-ils comme
des actifs sans valeur.

o La Trésorerie – Actif

Titres de Placement
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Actif à très court terme en
Valeurs disponibles Valeur comptable nette
Titres de placement Sauf la partie qui ne peut être
vendue dans l’année qui est Ou Cours boursier
reclassée en Actif Immobilisé

Quelle est l'origine de ce poste?


Les valeurs mobilières de placement sont des placements de trésorerie. Ils correspondent à des achats
de titres, des placements en bons de trésor effectués dans un objectif de gestion de trésorerie.

Quel est son degré de liquidité ?


Par définition, il s'agit de placement à court terme destinés à être transformés en liquidité dans les
semaines ou les mois à venir. Les mêmes titres achetés avec un objectif de placement à plus d'un an,
sont classés en immobilisations financières.

Disponibilités
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Trésorerie - Actif
Sauf la partie bloquée
Banque Valeur comptable nette
Qui est reclassée en Actif
Circulant ou Actif Immobilisé

Quelle est l'origine de ce poste?


Ce poste indique le solde des comptes bancaires.

Quel est son degré de liquidité ?


Liquidité parfaite sauf la partie qui fait l’objet d’un dépôt à terme qui devient Actif circulant ou Actif
Immobilisé.

o Ecart de conversion –actif

Poste à traiter Classement Valeur retenue


Ecart de conversion actif actif fictif, sans valeur nulle

Quelle est l'origine de ce poste?


Ce poste intervient quand une entreprise a effectué des opérations qui ont été libellées en devises
étrangères.
L'écart de conversion-actif correspond à une diminution d'une créance ou à une augmentation d'une

79
dette consécutive à une variation du cours de la devise dans laquelle a été libellée cette créance ou
cette dette.

Quel est son degré de liquidité ?


Ce poste ne correspond à aucun actif réel; c'est un actif fictif.

2 - Le Retraitement du Passif
o Les Capitaux Propres
Résultat Net
Poste à traiter Classement
A partager selon les décisions d'affectation du
bénéfice:
- la part non distribuée (réserves) reste dans les
Résultat Net de l'exercice capitaux propres
- la part distribuée est reclassée dans les Dettes
Financières ou au Passif Circulant selon
l'échéance du versement.

Quelle est l'origine de ce poste?


Le résultat de l'exercice mesure l'augmentation du patrimoine net engendrée par l’exercice.

Quel est son degré d'exigibilité ?


- Classement dans les capitaux propres pour la partie du bénéfice qui est affectée aux réserves et au
report à nouveau,
- Classement en dettes pour la part du bénéfice qui est distribuée; généralement classement en dettes à
court terme sauf si des dispositions prévoient que les comptes courants associés sont bloqués.

Les Subventions d’investissement


Poste à traiter Classement
A partager en deux parts:
- La part correspondant à l'impôt latent est
classée dans les Dettes Financières pour la
Subventions d'investissement partie à plus d’un an et au Passif Circulant
pour la partie à moins d’un an
- Les subventions d'investissement nettes
d'impôt latent restent dans les capitaux propres
Quelle est l'origine de ce poste ?

Ce sont les subventions dont bénéficient l'entreprise en vue d'acquérir ou de créer des valeurs
immobilisées (subventions d'équipement) ou de financer des activités à long terme.

Quel est son degré d'exigibilité ?

L'entreprise doit échelonner sur plusieurs exercices la constatation de l'enrichissement que constitue la
subvention d'investissement; le montant de la subvention est viré dans le compte de résultat par
tranche annuelle "quote part de subvention d'investissement viré au compte de résultat". Il en résulte
qu'à chaque virement, le résultat fiscal augmente et donc l'impôt sur le bénéfice.
En définitive, le montant de la subvention d'investissement doit être partagé:
- La part correspondant à l'impôt latent constitue une dette (à CT ou LT selon l'échéance de l'impôt
latent)
- La subvention d'investissement nette d'impôt latent reste dans les capitaux propres.

80
Les provisions réglementées
Poste à traiter Classement
A partager en deux parts:
- La part correspondant à l'impôt latent est
classée dans les dettes (LT ou CT selon
Provisions réglementées
l’échéance)
- Les provisions réglementées nettes d'impôt
latent restent dans les capitaux propres

Quelle est l'origine de ce poste?

Sous leurs diverses particularités, les provisions réglementées ont un point commun: elles ont le
caractère de réserves non libérées d'impôt.
- Elles sont constituées en vertu de textes particuliers destinés à donner "un cadeau fiscal" à certains
types d'entreprise qui s'engagent dans des opérations que l'Etat veut encourager; le cadeau fiscal réside
dans la baisse de l'impôt qui résulte de l'inscription en charge d'une dotation pour provision
réglementée.
- Ce cadeau n'est cependant pas complet ou définitif; en effet, au bout d'un certain temps prévu par les
textes, l'entreprise devra annuler la provision par une "reprise sur provision" qui constitue un produit; à
l'occasion de cette reprise, le résultat augmentera et l'impôt sur le bénéfice augmentera.

Quel est son degré d'exigibilité ?


Le montant des provisions réglementées doit être partagé en deux:
- La part correspondant à l'impôt latent constitue une dette (à CT ou LT selon l'échéance de l'impôt
latent)
- Les provisions réglementées nettes d'impôt latent restent dans les capitaux propres.

Emprunt et dettes auprès des établissements de crédit


Poste à traiter Classement Valeur retenue
Dettes à long terme pour
l'essentiel
Emprunt et dettes auprès
Sauf la partie remboursable Valeur de bilan
d’établissements de crédit
dans l’année qui est reclassée
au Passif Circulant
Quelle est l'origine de ce poste?
Ce poste comprend :
- Le poste "Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit comprend toutes les dettes
financières y compris l'échéance à payer dans l'année qu'il faut considérer comme une dette à court
terme ;
- Les intérêts courus non échus: il s'agit de la part des intérêts sur les dettes financières dues au cours
de l'année et dont l'échéance intervient l'année suivante. Cette part est calculée au prorata du temps. Le
paiement de ces intérêts intervient lors de l'échéance à venir dans l'année; c'est une dette à court terme.
- Les emprunts obligataires

Quel est son degré d'exigibilité ?

C'est du long terme sauf ce qui est du court terme la part à moins d'un an des dettes financières

Provisions pour risques et charges


Poste à traiter Classement
Provisions pour risques et charges - Dettes (à LT ou à CT) pour la part

81
correspondant à un risque réel
- Dettes (à LT ou à CT) pour l'impôt latent lié à
la part de la provision sans risque réel
- Capitaux propres pour la part de la provision
sans objet nette d'impôt latent

Quelle est l'origine de ce poste?

Une provision pour risques et charges est destinée à comptabiliser en charges des risques ou des
charges, nettement précisés quant à leur objet, que des événements survenus ou en cours rendent
probables.

Les provisions pour risques sont inscrites pour diminuer le résultat du montant des risques inhérents
à l'activité de l'entreprises, tels que
- Des garanties données aux clients et qu'il faudra probablement honorer,
- Des amendes ou des pénalités qu'il faudra probablement payer,
- Des litiges qui se concluront probablement au désavantage de l'entreprise,
- Des pertes de change qu'il faudra probablement supporter...

Les provisions pour charges sont inscrites pour diminuer le résultat du montant de charges nettement
précisées quant à leur objet et que des événements survenus ou en cours rendent probables. Les
entreprises inscrivent en charges:
- Les provisions en matière de pensions, compléments de retraite, d’indemnités..
- Les provisions pour impôts
- Les provisions pour renouvellement des immobilisations (entreprises concessionnaires)
- Les provisions pour charges à répartir sur plusieurs exercices
- les provisions pour charges sociales et fiscales sur congés payés.

Quel est son degré d'exigibilité ?

Tout dépend de la réalité du risque ou de la charge.

1- Si la provision correspond à un risque ou une charge réelle, l'entreprise aura à payer le montant du
risque ou de la charge. On peut donc assimiler le montant de la provision à une dette, qu'on classera à
long terme ou à court terme selon l'échéance à laquelle on aura à payer la charge en question.

2- Si la provision ne correspond pas à un risque ou à une charge réelle ou si elle devient sans objet,
l'entreprise aura à réintégrer la provision dans le compte de résultat (annulation de la provision par une
reprise sur provision); le résultat fiscal augmentera; ce qui aura pour effet, d’une part d'augmenter
l'impôt sur le bénéfice et d’autre part d'augmenter les capitaux propres.
Ainsi, la provision pour risque et charge non réelle doit être partagée en deux:
- La part de l'impôt latent sur la provision doit être reclassée en dettes (à CT ou à LT selon l'échéance)
- Le reste (provision nette de l'impôt latent) doit être reclassé dans les capitaux propres.

 Le Passif Circulant
Les dettes fournisseurs
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Dette à court terme
sauf la partie remboursable à
Dettes fournisseurs valeur du bilan
plus d’un an reclassée en
Dettes Financières

82
Quelle est l'origine de ce poste?
Les dettes fournisseurs résultent des délais accordés à l'entreprise par les fournisseurs pour le paiement
des achats de marchandises, matières ou de services.

Quel est son degré d'exigibilité ?


En règle générale, les délais de paiement sont courts. Ce sont des dettes à court terme.

Les Dettes fiscales et sociales


Poste à traiter Classement Valeur retenue
Dettes à court terme sauf
Dettes fiscales et sociales valeur du bilan
indication contraire
Quelle est l'origine de ce poste?
Les dettes fiscales résultent des décalages dans le temps entre la date qui constitue l'obligation de
payer un impôt ou une taxe à l'Etat (taxe, TVA, impôt sur le bénéfice ...) et la date à laquelle cet impôt
ou cette taxe est effectivement payée.
Les dettes sociales résultent des décalages dans le temps entre la date qui constitue l'obligation de
payer une charge de personnel ou une charge sociale (salaire, cotisation sociale ...) et la date à laquelle
cette charge est effectivement payée.

Quel est son degré d'exigibilité ?


En règle générale, ce sont des dettes à court terme

Dettes sur immobilisations


Poste à traiter Classement Valeur retenue
Dettes à court terme sauf
Dettes sur immobilisation Valeur du bilan
indication contraire

Quelle est l'origine de ce poste?


Les dettes sur immobilisation sont des dettes commerciales qui sont dues à des fournisseurs à qui on a
acheté des immobilisations

Quel est son degré d'exigibilité ?


Comme tout fournisseur, le fournisseur d'immobilisation attend à être payé rapidement. C'est une dette
à court terme.

Autres dettes
Poste à traiter Classement Valeur retenue
Dettes à court terme sauf
Autres dettes Valeur de bilan
indication contraire

Quelle est l'origine de ce poste?


Sont notamment portées sur ce poste :
- Les soldes créditeurs des comptes individuels des clients; il s'agit par exemple des dettes dues aux
clients du fait d'avoirs, de rabais, remises et ristournes que l'on doit payer aux clients;
- Les dettes sur acquisitions de valeurs mobilières de placement

Quel est son degré d'exigibilité ?


Sauf indication contraire, ce sont des dettes à court terme

Produits constatés d'avance


Poste à traiter Classement Valeur retenue

83
Produits constatés d'avance Dettes à court terme Valeur du bilan
Quelle est l'origine de ce poste?
Les produits constatés d'avance correspondent à des produits perçus ou comptabilisés au cours de
l'exercice et dont la prestation ou la fourniture aura lieu au cours de l'année suivante.
Ex: un loyer perçu d'avance

Quel est le degré d'exigibilité ?


En général, on considère que ces produits constatés d'avance sont des dettes à court terme car si
l'activité devait s'arrêter, l'entreprise serait tenue de rembourser le produit qui aura été perçu pour un
service qu'en définitive elle ne rendrait pas.

Ecart de conversion Passif


Poste à traiter Classement Valeur retenue
Ecart de conversion Passif
Capitaux propres Valeur comptable nette

Quelle est l'origine de ce poste?

Ce poste intervient quand une entreprise a effectué des opérations qui ont été libellées en devises
étrangères.
L'opération libellée en devise étrangère a été comptabilisée sur la base du cours constaté à la date de
l'opération. Au moment de la clôture de l'exercice, le cours de la devise a pu changer. On modifie alors
la valeur de la dette ou de la créance pour tenir compte de cette modification du taux de change. Le
poste "Ecart de conversion" est la contrepartie de cette modification.
L'écart de conversion-Passif correspond à l'augmentation d'une créance ou à la diminution d'une dette
consécutive à une variation du cours de la devise dans laquelle a été libellé cette créance ou cette dette.

Quel est son degré d'exigibilité ?

C'est un produit latent qui deviendra définitif quand le paiement de la créance ou de la dette
interviendra. A cette date, il sera porté au compte de résultat où il augmentera le résultat fiscal et donc
sera frappé de l'impôt sur le bénéfice.

En définitive, le poste "Ecart de conversion Passif" doit être partagé en deux parties:
- la part correspondant à l'impôt latent doit être considérée comme une dette (à court terme ou à long
terme selon l'échéance attendue)
- le reste "Ecart de conversion Passif, net d'impôt latent" doit être intégré dans les capitaux propres
financiers.

Une analyse plus simple consiste à intégrer le montant dans les capitaux propres.

Remarque: Une attitude plus prudente peut consister à considérer que l'évolution du cours de la
devise peut se retourner; dans ce cas, l'écart de conversion Passif est réintégré dans le montant de la
dette ou déduite du montant de la créance qui en est l'origine. Ce retraitement correspond à une
attitude de prudence.

84
3- Présentation schématique du bilan financier

ACTIF Montant PASSIF Montant

Emplois stables Ressources stables

Charges immobilisées (à plus d’un an ) Capitaux propres


(valeur nette ou réévaluée) +capital social
+Immobilisations incorporelles +réserves
+immobilisations corporelles +report à nouveau
Immobilisations financières +provision réglementée nette d’impôt
-charges immobilisées (actifs fictifs) +subvention d’investissement nette
d’impôt
+créance à plus d’n an
+écart de réévaluation
+stocks à plus d’un (stock outils)
+provisions pour risques et charges à
+valeur mobilières difficilement négociables
plus d’un net d’impôt
-écart de conversion actif
+écart de conversion passif
-charges immobilisées (actif fictifs)
-charges constatées d’avance (actif
fictif)
+produit constaté d’avance passif
fictif
+créances fiscales latentes

Total actif à plus d’un an Total capitaux propres

Actifs réalisables à moins d’un an (valeur Dettes à plus d’un an


nette)
+emprunt à plus d’un an
Actifs circulant HAO (à moins d’un an)
+provision pour risques
+stocks d’exploitation
+dettes fiscales latentes
+Créances et comptes rattachés
-créance fiscale latente
+autres créances
-écart de conversion actif sur prêt et
+immobilisation dont l’échéance est moins d’un emprunt
an
+écart de conversion sur prêt et
-créance à plus d’un an emprunt

85
-stocks à plus d’un an (stocks outils)
-encours d’escompte (remise à l’escompte) Total des dettes à plus d’un an
-effets escomptables facilement (plafond
d’escompte)
-charges constatées d’avance

Total Actif à moins d’un an Total capitaux permanents

Valeurs disponibles (liquide) Dettes à moins d’un an


+VMP facilement négociables +dettes HAO (à moins d’un an)
+disponibilité (banque, caisse, ccp ,effet remise +dettes d’exploitation à moins d’un
à l’escompte ou autres valeurs à encaisser etc … an
+effet escomptable facilement (plafonds +banque, crédit d’escompte
d’escompte)
+banque découvert
-VMP difficilement négociables
+produit constaté d’avance normal
+emprunt à moins d’un an
+provision pour risques et charges à
moins d’un an
+impôt exigible sur provision sans
objet
+dividendes à payer
-produit constaté d’avance
-écart de conversion actif sur client et
fournisseur

Total Valeur disponible Total dette à moins d’un an


Total général Total général

III – LES SOLDES FINANCIERS TIRES DU BILAN FINANCIER


Le fonds de roulement et le besoin de financement peuvent être déterminés à partir du bilan financier.

 Le fonds de roulement financier (FR)

 Le Besoin en fonds de roulement financier (BFR)

86
 La Trésorerie nette (TN)

Tous les commentaires faits sur ces indicateurs dans le fonctionnel sont valables pour le bilan
financier.
1 – Le Fonds de roulement financier
Le fonds de roulement financier (FRF) est issu de la comparaison de «blocs» homogènes au regard de
la liquidité des actifs à plus d’1an et de l’exigibilité des ressources à plus d’1an et de l’exigibilité des
ressources à plus d’1 an et les endettements à moins d’un an. Il est calculé à la fois par le haut et par
le bas du bilan :

 Par le haut du bilan : FR financier = Capitaux permanents – Actif à plus d’un an


 Par le bas du bilan : FR financier = (Actifs réalisables à court terme +Valeurs
disponibles (liquidité)) – Dettes à court terme

Au regard de la liquidité, le FR financier par le bas du bilan est pertinent. Le fonds de roulement
constitue une garantie de liquidité de l’entreprise ; plus il est élevé, plus grande est la garantie.
Le fonds de roulement peut être scindé :
-en fonds de roulement propre (FRP) : il correspond à la partie de l’actif circulant financée par les
capitaux propres. Il permet d’apprécier l’autonomie dont l’entreprise fait preuve en matière
d’investissement physique, financier et immatériel.
FRP= Capitaux propres-Actif à plus d’un an
-en fonds de roulement étranger (FRE) : il correspond à la partie de l’actif circulant financée par les
dettes à long et moyen terme.
FRE=FRF- FRP ou FRE=Dettes à plus d’un an
2-Le besoin en fonds de roulement financier et la trésorerie nette
Le besoin en fonds de roulement financier est dénaturé puisque les opérations de correction le privent
d’une partie des postes d’exploitation et hors activités ordinaires, tandis qu’elles lui imputent une
fraction des postes qui relèvent des fonctions financement et investissement.
BFR financier = Actif à moins d’un an – Passif à moins d’un an (sans l’actif et le passif de
trésorerie).
Trésorerie nette= FR financier – BFR financier
Elle indique la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements à court terme.
IV – DIAGNOSTIC PAR LES RATIOS TIRES DU BILAN
Un ratio est rapport entre deux grandeurs significatives (masse du bilan, compte de résultat indicateur
de gestion ….) ayant pour objectif de fournir des informations utiles et complémentaires aux données
utilisées pour son calcul. Les ratios sont des outils de mesure et de contrôle de l’évolution dans le
temps et dans l’espace d’un phénomène étudié en analyse financière. Pour être révélateur, ses ratios ne
doivent pas être étudiés individuellement mais en batterie.
L’étude des ratios permet :
 de suivre et mesurer l’évolution des performances économique et financière ainsi
que des structures de l’entreprise dans le temps et aussi des défaillances.

87
 d’effectuer des comparaisons interentreprises de secteur d’activité identique ou par
rapport aux usages de la profession

 de se référer à des ratios standards

En analyse financière, les ratios sont classés en général en trois groupes :


 les ratios de structure (ils mettent en relation des données du bilan afin de
d’apprécier les équilibres financiers)

 Les ratios d’activité (ils mettent en rapport les postes du bilan et du compte de
résultat pour analyser l’évolution de l’activité de l’entreprise).

 les ratios de rentabilité (ils mettent en rapport les résultats, le chiffre d’affaire,
les capitaux propres afin de mesurer les rentabilités économique et financière de
l’entreprise.

Le diagnostic à partir du bilan porte sur l’analyse des ressources stables et de l’endettement global de
l’entreprise.
1 – Analyse de la structure de l’Actif
La composition du capital de l’entreprise est étroitement liée à sa nature d’activité et au secteur auquel
elle appartient. La part relative des principales catégories de biens détenus constitue une première série
de ratios appelés ratios de préférence technique ou ratios de structure.

 Ratio des actifs immobilisés = [Total AI / Total Actif] x 100

Il représente le taux des éléments patrimoniaux qui servent à l’entreprise d’une manière permanente. Il
indique l’importance des emplois à long terme par rapport aux emplois à court terme.

 Ratio des immobilisations corporelles =[Immob.Corpo./Total AI] x100

L’importance de ce ratio est fonction de la nature de l’activité. Il donne une idée de l’option
stratégique de l’entreprise.

 Ratio des immobilisations financières = [Immob. Fin / Total AI] x 100

Il exprime l’intensité des liaisons financières avec d’autres entreprises, principalement dans le cas
d’une croissance externe. La valeur peut être fonction de la taille de l’entreprise

 Ratio des actifs circulants = [Actif Circulant / Total Actif] x 100

Il représente le pourcentage des actifs circulants dans le total du bilan.


On pourra calculer en plus les ratios de créances commerciales et de stocks.

 Ratio des disponibilités = [Trésorerie Actif / Total Actif] x 100

En raison des variations journalières de la disponibilité, ce ratio n’est pas trop fiable. Toutefois,
lorsqu’il est élevé, il traduit une situation favorable en termes d’équilibre financier, mais également, le
signe de la détention des ressources insuffisamment utilisées.
2 – Analyse de la structure du passif

88
Cette analyse consiste en un calcul de ratios permettant d’apprécier la politique financière de
l’entreprise, par la mise en évidence de certains aspects concernant la stabilité, et l’autonomie
financière et la capacité d’endettement de l’entreprise.
2-1 – Analyse de la stabilité financière et de l’autonomie financière de l’entreprise
Cette analyse consiste à apprécier l’indépendance de l’entreprise à l’égard de ses prêteurs. Selon
l’orthodoxie financière, le montant des dettes financières ne doit pas excéder celui des capitaux
propres.

 Ratio de la stabilité financière = [Capitaux Permanents/Total Passif] x100


Il reflète le rapport entre le capital permanent dont dispose l’entreprise d’une manière durable et le
total des dettes.
 Ratio d’autonomie financière = [Capitaux propres / Total Passif] x100
Le poids des capitaux propres dans le total du passif est fonction directe de la politique financière de
l’entreprise, de l’efficacité de ses décisions financières.
Un ratio > 1/3 est jugé satisfaisant pour l’entreprise du point de vue de l’équilibre financier. En effet,
l’existence d’un capital propre supérieur ou égal au tiers du passif de l’entreprise constitue
l’expression de son autonomie financière. Ce ratio est calculé également comme suit :
Ratio d’autonomie financière = [Capitaux Propres/Capitaux Permanents] x100
Il est plus significatif que le précédent car il permet des appréciations plus exactes par l’implication de
la structure des capitaux permanents. L’autonomie est assurée si ce ratio est > 50%, dans le cas
contraire, les prêteurs supporteraient la majeure partie du risque de l’entreprise, toute chose qui les
inciterait à avoir un droit de regard sur sa gestion ; ce qui constitue une perte d’autonomie
On peut aussi calculer le ratio de levier = Dettes Financières / Capitaux Propres ;
Il exprime le degré d’indépendance financière de l’entreprise. Cette indépendance est assurée si ce
ratio < 1. Ce ratio (D/K) influence la rentabilité financière : il s’agit de l’effet de levier c'est-à-dire
l’incidence positive ou négative de l’endettement de l’entreprise sur la rentabilité de ses capitaux
propres (sa rentabilité financière).
Cette analyse consiste à apprécier l’indépendance de l’entreprise à l’égard de ses prêteurs. Selon
l’orthodoxie financière, le montant des dettes financières ne doit pas excéder celui des capitaux
propres : R F = (1-θ) [RE + (RE – i) D / K]
Ainsi, le ratio d’autonomie financière [Dettes financières / Capitaux Propres] doit être toujours
inférieur à 1. Dans le cas contraire, les prêteurs supporteraient la majeure partie du risque de
l’entreprise, toute chose qui les inciterait à avoir un droit de regard sur sa gestion ; ce qui constitue une
perte d’autonomie.
Le ratio d’autonomie financière (D/K) influence la rentabilité financière : il s’agit de l’effet de
levier.
On appelle effet de levier, l’incidence positive ou négative de l’endettement de l’entreprise sur la
rentabilité de ses capitaux propres (sa rentabilité financière).
R F = (1-θ) [RE + (RE – i) D / K]
Si l’entreprise n’est pas endettée (D=0), RF = (1-θ) RE
Si l’entreprise est endettée ; (1-θ) (RE – i) D / K, mesure la contribution positive ou négative de
l’endettement à la rentabilité financière.
L’analyse de la structure du passif conduit également à la détermination de la capacité théorique de
l’endettement de l’entreprise. Elle mesure l’aptitude de l’entreprise à obtenir de nouveaux concours
externes de financement à moyen et long terme.
Capacité théorique d’endettement = K – D
Le taux d’autofinancement [AF/ (investissement de l’exercice + variation du BFR)]

89
Mesure la capacité de l’entreprise à financer elle-même ses investissements et son BFR.
2 –2 Analyse de l’endettement Global
Cette analyse vise à comparer l’endettement global aux capitaux propres et à la CAFGG, et à étudier la
fraction des concours bancaires courants dans l’endettement.
Endettement global = Dettes à l’égard des associés + dettes financières classiques + CBC (y
compris les EENE)
[Endettement global / Capitaux propres], indique également l’autonomie financière de l’entreprise.
Il indique l’importance relative de l’endettement global par rapport aux capitaux propres. (Ne pas
excéder 2 fois les capitaux propres)
[Endettement Global / CAFGG] ; indique l’importance de l’endettement global par rapport à la
CAFG. Il ne doit pas dépasser 3 c'est-à-dire que la durée de remboursement de l’endettement global à
partir de la CAFG ne doit excéder 4 ans. Plus il est faible, plus l’entreprise a la possibilité de
s’endetter.
[CBC / Endettement Global]; indique la part des CBC dans l’endettement global.
Une forte proportion des CBC dans l’endettement peut signifier une situation de vulnérabilité qui tient
à la précarité de principe de ce type de ressources et à son coût.
[CBC / BFR] ; il mesure le financement bancaire de l’exploitation. Il permet d’apprécier le risque
bancaire dû au non renouvellement des CBC.
3 – Une Approche Synthétique
L’approche synthétique consiste à calculer les ratios en combinant les éléments de l’actif et du
passif. Elle permet d’apprécier, entre autres, la trésorerie et l’équilibre financier de l’entreprise.
3-1 Les Ratios de liquidité

Actif circulant net (à moins d’un an)


 Ratio de liquidité générale =
Dettes à moins d’un an et CBC

Créances à moins d’un an + disponibilités


 Ratio de liquidité réduite =

Dettes à moins d’un an et CBC


Disponibilités
 Ratio de liquidité immédiate =

Dettes à moins d’un an et CBC


3-2 – L’équilibre Financier
L’équilibre financier d’une entreprise est satisfaisant si :

 Le financement des emplois stables est assuré par les ressources stables (règle de l’équilibre
financier minimum). Le ratio de couverture des capitaux investis permet d’apprécier le respect
de cette règle.

90
Ratio = Ressources Durables / emplois stables. Il indique la nature des ressources destinées au
financement des immobilisations. S’il est supérieur à 1, cela signifie que l’entreprise finance ses
emplois stables par des ressources stables (FR › 0) ; dans le cas contraire, l’entreprise se trouverait en
évidente fragilité, sauf si le BFR est négatif (une ressource) et supérieur en valeur absolue au FR.
Cependant, le fait que ce ratio soit supérieur à 1 ne met pas l’entreprise à l’abri d’éventuels problèmes
de trésorerie.

 Il existe une cohérence entre le niveau du fonds du roulement et celui du BFR.

La cohérence entre le FR et le BFR est appréciée par le biais du ratio de couverture des capitaux
investis. Ratio = Ressources Durables / capitaux investis
(Capitaux investis = emplois stables + BFR).
Si ce ratio est supérieur à 1, cela signifie que l’entreprise dégage un fonds de roulement positif qui
couvre l’ensemble du besoin d’exploitation et lui permet d’avoir une trésorerie nette positive. Dans le
cas contraire, l’entreprise est obligée de recourir aux CBC pour pouvoir financer l’excédent du BFR
non financé par les ressources stables.

V– LES RATIOS DE GESTION


L’évolution du BFR entraîne des conséquences souvent fâcheuses sur la trésorerie de l’entreprise. Le
BFR évoluant avec le niveau d’activité, il est indispensable de gérer au mieux les délais des différents
postes retenus pour son calcul.

1 – Les ratios de rotation des postes de l’Actif Circulant

Rotation des stocks de marchandises = [SM / CAMV] x 360


Rotation des stocks de matières 1ère = [SM / CAMPU] x 360
Rotation des stocks de Produits finis = [SM / CPPFV] x 360
Rotation des créances = [Créances clients / CA TTC] x 360
Plus ces ratios sont élevés, plus l’entreprise est exposée à des difficultés de trésorerie.

2 - Les ratios de rotation des postes du Passif Circulant


Il s’agit essentiellement du crédit fournisseur :
Rotation de la dette fournisseur = [Dettes fournisseurs / Achats TTC] x 100
Plus il est faible, plus l’entreprise est exposée à des difficultés de trésorerie.

3- Tableau de synthèse des ratios

3.1 Les ratios de structure

Nature Formule Interprétation

Financement des Ressources stables /emplois stables Il mesure la couverture des


emplois stables emplois stables par les
ressources stables

Autonomie Capitaux propres/ total dettes Il mesure la capacité de


financière l’entreprise à s’endetter

Capacité de Dette financière /CAF L’endettement ne doit pas


remboursement excéder 4 fois la CAF

91
Autofinancement Autofinancement/valeur ajoutée Il mesure la part de la valeur
ajouté consacrée à
l’autofinancement

Couverture de FRNG/actif circulant Il indique la part de fond de


l’actif circulant roulement net global qui
par le FRNG finance l’actif circulant

Evolution du FRNG/chiffre d’affaire x360 j Il mesure la marge de sécurité


FRNG financière en nombre de jours
de chiffres d’affaire

Solvabilité Total actif /(dette à plus d’un an +dette à Il mesure la capacité de


générale moins d’un an ) l’entreprise à payer l’ensemble
de ses dettes par l’ensemble de
ses actifs

Liquidité Actif à moins d’un /passif à moins d’un an Il mesure la capacité de


générale l’entreprise à payer des dettes à
court termes par ses actifs à
court terme

Liquidité (créance à moins d’un an Il mesure la capacité de


restreinte +disponibles)/passif à moins d’un an l’entreprise à payer ses dettes à
court terme en utilisant les
créances et les disponibles

Liquidité Disponible/passif à moins d’un an Il mesure la capacité de


immédiate l’entreprise à payer ses dettes à
court termes en utilisant les
disponibles

Endettement à capitaux propres /dettes à plus d’un an Il mesure l’autonomie


Long terme financière de l’entreprise

3.2 Les ratios d’activité


Taux de (CAn –CAn-1)/CAn-1 L’évolution du chiffre d’affaire
croissance du permet de mesurer le taux de
CA HT croissance de l’entreprise

Taux de marge Marge commerciale/vente de m/se ht Il mesure l’évolution de la


commerciale performance commerciale de
l’entreprise

Taux de (VAn –VAn-1)/ VAn-1 L’évolution de la valeur ajoutée


croissance de la est indicateur de croissance
valeur ajouté

92
Taux VA/Chiffre d’affaire ht Il mesure le taux de
d’intégration l’intégration de l’entreprise
dans le processus de production
ainsi que le poids des charges
internes

Partage de la Charges de personnel /VA Il mesure la part des richesses


valeur (facteur de qui sert à rémunérer le travail
travail) des salariés

Partage de la EBE/VA Il mesure la part de la richesse


valeur (facteur qui sert à rémunérer les
capital) apporteurs de capitaux et
renouveler le capital investi

Poids de Charges d’intérêt /EBE Il mesure le poids de


l’endettement l’endettement l’entreprise

Rotation des Stocks moyen de marchandise/coût d’achat Il mesure la durée d’écoulement


stocks de m/se vendues x 360 des stocks .Une augmentation
(entreprise de cette durée entraine une
commerciale) augmentation du BFRE.

Rotation des Stock moyen de matière première/coût Il mesure la durée


stocks entreprise d’achat des matières premières d’écoulement des stocks .Une
industrielle consommées x 360 augmentation de cette durée
entraine une augmentation du
BFRE
Stocks moyen de produits finis /coût de
production des produits vendus x 360

Durée moyenne (Créance client et compte rattachés encours Il mesure la durée moyenne en
de crédit client de production)/CTT ht x360 jour du crédit consenti par
l’entreprise à ses clients

Durée moyenne Dettes fournisseur et comptes rattaché Il mesure la durée moyenne en


de crédit /consommations en provenance des tiers jours du crédit obtenu par
fournisseurs TTC X l’entreprise de la part de ses
fournisseurs .Il doit être
supérieur au ratio crédit client

3. Les ratios de rentabilité


Nature Formule Interprétation

Taux de marge brut EBE /CA ht Il mesure la capacité de


l’entreprise à générer une
rentabilité à partir du CA

Taux de rentabilité financière Résultat net /capitaux propres Il mesure l’aptitude de


l’entreprise à rentabiliser les

93
fonds apportés par les associés

EBE /ressources Il mesure la capacité de


l’entreprise à rentabiliser les
Taux de rentabilité fonds apportés par les associés
économique et les prêteurs

Taux de marge nette Résultat de l’exercice /CA ht Il mesure la capacité de


l’entreprise à générer un
bénéfice net à partir du chiffre
d’affaires

SECTION 3- LES AUTRES METHODES D’ANALYSE STATIQUE DU RISQUE DE


FAILLITE

1. La méthode des scores


C’est une méthode qui consiste à combiner un certain nombre de ratios significatifs en vue d’obtenir
un résultat (score) prédictif de la vulnérabilité de l’entreprise. Elle s’attache à synthétiser l’ensemble
des éléments du diagnostic afin de mesurer le risque de défaillance. Cette méthode apparue aux états
unis dans les années 65 -70 a été développée en France et surtout par la banque de France (82-83) qui
en a proposé un modèle simplifié.
Elle a été conçue pour classer les entreprises emprunteuses en plusieurs catégories :
 les entreprises solvables pour lesquelles une ligne de crédit maximum sera
accordée
 les entreprises non solvables pour lesquelles le crédit sera refusé
 les entreprises ne présentant pas toutes les garanties requises, pour lesquelles un
crédit raisonnable sera accordé moyennant des précautions
L’analyse traditionnelle par les ratios permet un jugement sur la liquidité, la rentabilité, la structure
financière de l’entreprise sans avoir une vue générale. La méthode des scores retient parmi tous les
ratios les plus discriminants, c'est-à-dire qui statistiquement, permettent distinguer les entreprises.
D’une manière générale, la fonction score se présente comme suit :
Z + a1R1 + a2 R2 + …..+ a3R3 + k
Avec ai : coefficient de pondération ; Ri : ratios ; k : une constante
La fonction que nous étudions est celle de la banque de France :
100 Z = -1,255R1 +2,003R2 – 0,824R3 + 5,221R4 – 0,689R5 – 1,164R6 + 0,706R7
+1,408 R8 – 85,544
R1 = [Frais financiers / EBE] x100 ;
R2 = [Ressources Stables / Capitaux Investis] x 100
Capitaux investis = Immobilisations brutes + BFE;(couverture des capitaux investis)
R3 = [CAFG / Endettement global] x 100; (capacité de remboursement)
R4 = EBE / CA HT] x 100 ; (taux d’E B E)
R5 = [Dettes commerciales / Achats TTC] x 360 ; (délai crédit – fournisseur)
Dettes commerciales = fournisseurs + EAP ;
R6 = Taux de croissance de la VA ;
R7 = [Créances clients + EENE / CA HT] x 360 ; (délai découvert – clients)
R8 = Investissements Physiques / VA.
La fonction Z peut être calculée par le biais du tableau suivant :

94
Contribution des
Valeur des ratios ratios au score
Ratios Coefficients des 1 x (2 – 3)
De l’entreprise Valeur pivot
ratios de la
(2) (3)
fonction (1)
R1 - 1,255 62,8
R2 + 2,003 80,2
R3 - 0,824 24,8
R4 + 5,221 6,8
R5 - 0,689 98,2
R6 - 1,164 11,7
R7 + 0,706 79
R8 + 1,408 10,1
100 Z =
Z=

L’utilisation de la fonction conduit à identifier trois zones où l’on pourrait situer l’entreprise par
rapport au risque de défaillance :
 Zone défavorable : Z < - 0,25 ; les entreprises qui se situent dans cette zone présente un risque
de défaillance élevé.
 Zone d’incertitude : - 0,25 ≤ Z ≤ 0,125 ; la situation de l’entreprise n’est pas parfaitement
lisible
 Zone favorable : Z > 0,125 ; l’entreprise se trouve dans une situation normale.

Le tableau suivant indique la probabilité de défaillance associée au score :

Pouvoir prédictif de la fonction Probabilité d’être une entreprise en difficulté (%)

Z < - 1,875 100


- 1,875 ≤ Z < - 0,875 95,6
- 0,875 ≤ Z < - 0,25 73,8
- 0,25 ≤ Z < 0,125 46,9
0,125 ≤ Z < 0,625 33,4
0,625 ≤ Z 9,5

La méthode de score n’est pas un moyen de gestion ; elle offre simplement une indication sur le degré
de vulnérabilité de l’entreprise. Toutefois, cette méthode présente des limites en ce sens qu’elle

95
sélectionne les ratios à utiliser ; elle ne rend donc pas compte de la totalité des phénomènes. Elle doit
toujours être appuyée par un diagnostic d’exploitation, financier,…Le diagnostic des ratios fournit des
informations statiques calculées à une date donnée. L’étude des flux financiers apportera un éclairage
plus dynamique et plus évolutif du diagnostic.

2.La notation financière


La notation financière (rating en anglais) désigne le processus d’évaluation de la solvabilité d’une
entreprise réalisé par un organisme indépendant (une agence de notation). Le rôle des agences de
notation est d’apprécier la capacité d’une entreprise à rembourser ses dettes. Pour ce faire, les agences
de notation réalisent une analyse financière approfondie à partir d’informations comptables fournies
par l’entreprise en intégrant l’éclairage des données sectorielles et concurrentielles. Toutefois, ces
agences n’effectuent pas un travail d’audit financier qui les conduirait à se prononcer sur la fiabilité
des comptes.

96
CHAPITRE 5-L’ANALYSE DYNAMIQUE DU RISQUE DE FAILLITE : LE TABLEAU DE
FINANCEMENT

L’approche patrimoniale et fonctionnelle du bilan nous permet d’évaluer, à un instant donné le


déséquilibre financier. Ces deux approches aboutissent à appréhender la rentabilité et le risque à partir
de la structure du bilan et de la formation du résultat au cours d’une période. Qu’elle soit financière ou
fonctionnelle, l’approche est statique et s’appuie sur l’analyse des stocks, d’actifs et des ressources
permettant de les financer. Les informations fournies par le bilan et le compte de résultat ne permettent
de comprendre l’évolution de l’entreprise. Ces documents classiques ne fournissent pas directement
des informations portant sur : le montant des investissements réalisés ; le montant de l’endettement
contracté ; le montant des dividendes distribués ; …. .
De telles informations qui facilitent l’analyse de la stratégie mise en œuvre par l’entreprise sont
contenues dans le TAFIRE (croissance interne ou externe, financement, distribution de dividendes,
recentrage,…).
L’analyse statique est insuffisante pour comprendre l’évolution de la structure d’un bilan. Il faut donc
compléter une telle analyse par une approche dynamique. Une telle approche s’appuie sur les flux, les
principaux outils que nous examinerons dans ce chapitre sont les tableaux de flux. Le TAFIRE fait
partie de la méthode d’analyse des flux. Il complète le diagnostic de l’entreprise par une approche plus
globale et plus dynamique.

I – Définition et Objectifs
1 - Définition
Le TAFIRE participe du désir d’expliquer et d’analyser les mouvements intervenus entre deux bilans
au cours d’une période. Il constitue un état qui décrit la manière dont au cours d’un exercice, les
ressources dont a disposé l’entreprise lui ont permis de faire face à des besoins. Le TAFIRE, tableau
des ressources et des emplois, explique les variations du patrimoine de l’entreprise au cours de la
période de référence.

2 – Objectifs du TAFIRE
Le TAFIRE permet d’analyser les politiques de financement et d’investissement de l’entreprise. Il vise
à vérifier si au cours d’un exercice les grands principes de l’équilibre financier ont été respectés.
Le tableau de financement (TAFIRE) est par conséquent, l’outil utilisé pour examiner, analyser la
situation de la trésorerie de l’entreprise au cours de plusieurs exercices. Ceci est possible par
confrontation des bilans successifs et surtout par l’évolution des BFR et des fonds de roulement.
L’indicateur de plus en plus utilisé pour diagnostiquer le risque de faillite de façon dynamique est
l’ETE. Il représente le flux de trésorerie secrété par le cycle d’exploitation.

ETE = EBE – Variation du BFE- Production immobilisée

NB :
 L’ETE indique l’impact de l’activité d’exploitation sur la trésorerie de l’entreprise. En tant
qu’indicateur du risque de faillite, la variation de l’ETE renseigne les responsables
d’entreprise sur les difficultés éventuelles qui seraient dues à une croissance du BFE
supérieure à l’EBE.
 Un ETE négatif (ou faiblement positif) traduit une situation dangereuse ; sur plusieurs
exercices des ETE négatif ne peuvent conduire qu’à la cessation des paiements, voire à la
faillite.
 Un ETE important et croissant indique l’entreprise est bien gérée et organisée.
 L’effet de ciseaux
L’ETE rend compte des limites d’une politique de croissance par l’effet de ciseaux. En effet,
l’augmentation du chiffre d’affaires ne conduit pas toujours à un accroissement de l’ETE. Certes, la
croissance du chiffre d’affaires fait croître l’EBE mais elle induit aussi une augmentation du BFE.

97
Dans le cas où le BFE augmente davantage que l’EBE, il existe un seuil au-delà duquel la croissance
du chiffre d’affaires tend à réduire la trésorerie. Ce phénomène est connu sous le nom d’effet de
ciseaux.

II – Elaboration du TAFIRE
L’élaboration du TAFIRE repose sur deux critères :
 un critère de stabilité appliqué pour identifier les emplois et les ressources
concourants à la détermination de la variation du fonds de roulement net global.
 Un critère de rattachement aux cycles fondamentaux de l’activité de
l’entreprise : investissement ; financement et exploitation.
L’application de ces critères gouverne l’établissement du bilan différentiel (qui constitue la première
étape de l’élaboration du TAFIRE) et la détermination des emplois et ressources complémentaires
nécessaires à la construction du TAFIRE.

1 – Le Bilan différentiel
Le TAFIRE est construit sur la base de deux Bilans consécutifs pour lesquels ont fait les différences
poste à poste de manière à dégager les flux correspondant. On obtient ainsi le bilan différentiel.
Eléments N-1 N VARIATIONS
- +
Eléments d’Actif
Emplois stables
- immob. incorpo
- immob. corpo.
- immob. Fin.
Emplois cycliques
- stocks
- créances
- disponibilités
Total Actif
Eléments du Passif
Ressources stables
- capital social
- réserves
- subventions
- dettes financières
Ressources cycliques
- fournisseurs
- Etat
- trésorerie - passif
Total Passif

2 – Le Tableau des Emplois et Ressources


Il est établi à partir du bilan différentiel et permet d’identifier les emplois et ressources de la période
étudiée.
On appelle emploi, toute augmentation d’un élément de l’actif et toute diminution d’un élément du
passif.
On appelle ressource, toute augmentation d’élément du passif et toute diminution d’un élément de
l’actif.

98
Emplois Ressources
Emplois Stables Ressources Stables
Actif Immobilisé Ressources Stables

Ressources Stables Actif Immobilisé


Emplois cycliques Ressources cycliques
Emplois Cycliques Ressources Cycliques

Ressources Cycliques Emplois Cycliques

Total Emplois Total Ressources

3 – Les emplois et Ressources complémentaires à déterminer

Le TER construit à partir d’évaluation poste à poste de 2 bilans consécutifs ne permet pas de
reconstituer tous les flux financiers de la période. Il apparaît nécessaire de compléter ces variations par
les informations contenues dans les états annexés et de calculer certaines fois des ressources et des
emplois en vue de l’établissement du TAFIRE.
Les Ressources Stables à déterminer sont :
 La CAFG
 Les cessions : elles figurent au TAFIRE pour leur prix de cession.
 Les augmentations de capital : seules les augmentations de capital en numéraires apportent
des ressources nouvelles à l’entreprise ; c’est donc deux modalités qui sont inscrites dans le
TAFIRE. La prime d’émission, lorsqu’elle existe est ajoutée au montant du capital appelé.
Au niveau des autres augmentations de capitaux propres, seules les nouvelles subventions
d’investissement obtenues au cours de l’exercice sont prises en compte.
 Les augmentations de dettes financières : sont pris en compte, les emprunts nouveaux à
LMT contractés au cours de l’exercice. Lorsqu’il s’agit d’emprunts obligataires, la somme
retenue est celle versée par les obligataires c'est-à-dire nombre d’obligations x prix
d’émission.

Les Emplois Stables à déterminer :


 Les dividendes : il s’agit des dividendes distribués au cours de l’exercice (dividendes de
l’exercice précédent mis en paiement au cours de l’exercice)
 Les acquisitions d’immobilisations : elles portent sur les immobilisations incorporelles,
corporelles et financières acquises au cours de l’exercice.
 Les réductions de capitaux propres : il s’agit essentiellement des réductions de capitaux
propres se traduisant par des sorties de fonds.
 Les remboursements des dettes financières : il s’agit encore des remboursements des dettes
à LMT effectués au cours de l’exercice.
 Les Charges immobilisées : il s’agit des charges transférées au cours de l’exercice.

La détermination des différents emplois et ressources se fait par le biais des tableaux
suivants :

Eléments Valeur brute au Augmentations Diminutions Valeur brute à la fin de


début de l’exercice
l’exercice

99
III – Structure du TAFIRE
Le TAFIRE version SYSCOHADA, est un tableau à deux parties :
 la 1ère partie du TAFIRE : elle permet de calculer les soldes financiers
 la 2ème partie du TAFIRE : elle regroupe les emplois et ressources stables.

1 – La 1ère Partie du TAFIRE –Détermination des soldes financiers de l’exercice


Cette partie prépare la présentation du tableau lui-même

 Besoin de financement d’exploitation (BFE)


Le BFRE correspond au montant des capitaux investis dans le cycle d’exploitation.

BFE= (stocks + créances d’exploitation) – dettes d’exploitation


 Capacité d’autofinancement globale (CAFG)
C’est la trésorerie potentielle dont l’entreprise peut disposer pour financer l’investissement. La CAFG
est l’expression de l’aptitude de l’entreprise à renouveler ses investissements. La CAFG est le
principal solde financier du Tafire. Elle constitue un indicateur essentiel de performance de l’entrprise.

CAFG=EBE + produits encaissables restants – charges décaissables restantes (à l’exclusion des


reprises et des dotations)

CAS PRATIQUE

En milliers de francs

Frais 8700 EBE 99200


financiers
Perte de Transfert de
change change
d’exploitation
Charges HAO Revenus 3800
financiers
Participation Transfert de
charges
financières
Impôt sur le 26350 Gains de 1200
résultat change
Produits HAO
Transfert de
charges HAO
Total (I) 35230 Total (II) 104 200

CAFG = Total (II) - Total (I) = 104 200 – 35230= 68 970

 Autofinancement
C’est la CAFG diminuée des dividendes distribués au cours de l’exercice.

AF = CAFG - Dividendes distribués au cours de l’exercice N-1


AF= 68970

 Variation du besoin de financement d’exploitation (BFE)


V BFE= variation stocks + variation de créances + variations dettes circulantes (à l’exclusion des
éléments HAO)
(Pour la suite voir tableau)

100
2 – La 2ème Partie

Voir imprimés

IV – TAFIRE et Diagnostic
Le TAFIRE permet d’analyser la politique d’investissement et de financement de l’entreprise et de
vérifier à travers la variation du fond de roulement si les grands principes de l’équilibre financier sont
respectés. Aussi, son importance n’a de sens que si les variations obtenues à partir du bilan différentiel
présentent une signification économique et financière claire.

Variation d’éléments d’actif et passif Opérations correspondantes


Augmentation d’immob. Incorp et corpo Investissement en matériel (croissance interne)
Augmentation d’immob. Financières Investissement en portefeuille (croissance
externe)
Augmentation des dettes financières Contraction d’un crédit supplémentaire
Augmentations des réserves Renforcement des capitaux propres
Diminution des immob. Corpo. et financ. Désinvestissement
Diminution de dettes financières Remboursement des dettes financières.

L’analyse de ces variations permet d’apprécier :


 l’importance relative des dividendes
 l’opportunité de la distribution des dividendes au regard de l’endettement de
l’entreprise
 l’utilisation de la dotation aux amortissements
 l’adéquation entre l’origine des ressources et leur utilisation

101
CHAPITRE 6 - ANALYSE DE LA STRUCTURE FINANCIERE : COUT DU CAPITAL ET
VALEUR DE L’ENTREPRISE

L’un des trois grands principes de la finance d’entreprise est le principe de financement qui pose que
le dosage de dettes et de capitaux propres choisis pour financer un investissement doit permettre de
maximiser la valeur des investissements réalisés. En effet, les entreprises peuvent faire deux types de
choix quand elles ont à financer des projets d’investissements. Toutefois, la question fondamentale qui
se pose est la suivante : « y a-t-il un équilibre optimum entre les dettes et les capitaux propres, si oui
quel est-il ? » En général, le plus gros avantage de l’emprunt est un avantage fiscal car les intérêts sont
déductibles. Le côté négatif est que l’entreprise emprunteuse est vulnérable et les prêteurs peuvent
perdre le contrôle de ses actifs. Par comparaison, la dette est intéressante aussi longtemps que les
recettes marginales générées par les capitaux empruntés excèdent les coûts marginaux. Dans le
contexte du calcul du taux de rentabilité minimum exigé par le principe d’investissement, il faut alors
choisir un dosage des dettes et de capitaux propres qui minimise le taux choisi et qui permette à
l’entreprise de faire plus de nouveaux investissements tout en accroissant la valeur due à l’existence
des investissements actuels. En d’autres termes, il faut choisir la structure financière qui maximise la
valeur de l’entreprise et qui corresponde au mieux aux actifs à financer.
SECTION 1- COUT DU CAPITAL ET VALEUR DE L’ENTREPRISE
1.1 Notion du coût du capital
Le financement d’une entreprise provient de sources internes et externes. Le financement externe est
nécessaire dans la plupart des cas, car les bénéfices de l’entreprise et de l’amortissement ne suffisent
pas à satisfaire ses besoins d’investissements productifs. Le financement externe prend surtout la
forme d’actions ordinaires, d’obligations, de débentures, d’actions privilégiées et de titres
convertibles. La détermination du coût moyen de ces différentes sources de financement est essentielle
au choix des investissements. En fait, le coût du capital est indispensable à une sélection rigoureuse
des projets d’investissement. L’entreprise s’assure ainsi de choisir des projets en comparant le coût du
capital, qui est le taux de rendement minimum exigé, au taux de rendement interne (TRI) du nouveau
projet. Il constitue un des critères les plus fiables de la sélection des projets. Une estimation aussi
précise que possible du coût du capital est très importante, car l’entreprise risque de choisir des projets
dont le taux de rendement est insuffisant pour couvrir les différents coûts du projet si l’estimation du
coût est, par exemple, trop faible avec pour conséquence la baisse de sa valeur marchande.
1.2. Détermination des composantes du coût du capital ou coût moyen pondéré du capital
(CMPC)
Un projet d’investissement ne pouvant être sélectionné que si sa rentabilité est supérieure au coût des
ressources nécessaires à son financement, le choix du taux qui va permettre l’actualisation des flux
monétaires reste une question primordiale.
Ce taux désigne le taux d’actualisation qui est nécessaire pour le calcul de la VAN (très important).
Egalement, il est indispensable pour le TRI (comparé au taux d’actualisation). Le coût d’actualisation
c’est le coût du capital retenu. La théorie financière définit ce taux d’actualisation de différentes
manières, mais préconise de choisir comme de référence le coût du capital dans l’entreprise. Dans
l’entreprise, le capital peut avoir des origines différentes (capitaux propres, emprunts, etc.). Chacune
de ces sources de financement utilisées a un coût. Le coût du capital, c’est le coût des différentes
ressources pour se financer (capital social, emprunt). Il s’agit de la moyenne arithmétique pondérée
des coûts des différentes sources de fonds qui ont été utilisées par l’entreprise.
Le coût du capital est cette notion de taux planché, seuil minimum en-dessous duquel les projets
seront rejetés. Ce taux sert de taux d’actualisation.

102
C’est le coût de la structure de financement qui permet à l’entreprise de financer un portefeuille
d’investissements. Ce coût se calcule de la manière suivante :
Soit :
kD, le taux de rentabilité exigé par les prêteurs pour une société donnée
kCP, le taux de rentabilité exigé par les actionnaires pour cette même société
k, la moyenne pondérée des taux des deux sources possibles de capitaux (capitaux propres et dette)
VD, valeur de marché de l’endettement net
VCP, valeur de marché des capitaux propres, on a :
Is, impôt sur les sociétés

 VCP   VD 
k  kCP    k D (1  Is) 
 VCP  VD   VCP  VD 

Application1 :
On considère qu’une entreprise possède un capital de 3 400 KFCFA pour financer ses
investissements et répartis comme suit :
-2400KFCFA de capitaux propres, coût de 8%
-1000KFCFA de dettes financières, coût de 6%
-Taux d’impôt, 25%
TAF : Déterminer le coût du capital.
Résolution :
Le coût du capital sera la moyenne arithmétique pondérée des coûts des différentes sources de
financement, soit : t =

1.2.1. Le coût des capitaux propres


Le coût des capitaux propres est un coût d’opportunité, c’est-à-dire un manque à gagner subi par les
apporteurs (à la création) du fait de la renonciation aux autres possibilités de placement (exemple :
acheter les actions d’autres sociétés pour obtenir le droit aux dividendes au lieu de faire un placement
bancaire).
1.2.1.1Le coût d’une nouvelle émission d’actions ordinaires
La détermination du coût du capital d’une nouvelle émission d’actions ordinaires se fait sur la base
d’un modèle d’évaluation comme celui de Gordon, qui repose sur la prévision des dividendes, ou
(aussi en utilisant le modèle de l’évaluation des actifs financiers (MEDAF).

a-A partir du modèle actuariel : La formule de Gordon-Shapiro


Pour déterminer la valeur d’une action, il est possible d’utiliser les cours futurs et les dividendes
espérés (supposés certains). En effet, la théorie financière admet que la valeur d’une action est égale à

103
la valeur actuelle de l’ensemble des dividendes espérés et du cours futur de l’action, calculée au taux
de rentabilité exigé par les actionnaires.
On suppose :

 C0, le cours de l’action à la date 0 et Cn le cours de l’action à la date n

 Di= le dividende attendu pour i = 1,...,n ;

 t = le taux de rentabilité exigé par les actionnaires


0 1 2 3 n

C0 D1 D2 D3 Dn + Cn

n
C0 = ∑ Di (1+t)⁻i + Cn (1+t)⁻n
i=1
On peut alors considérer deux cas de figure : le niveau de dividende reste constant dans le temps, ou il
augmente à un rythme constant.
 les dividendes sont constants
Dans ce cas, D1 = D2 =….. = Dn
Et C0 = D (1+t)⁻1 + D (1+t)⁻2 + ………..+ D (1+t)⁻n + Cn (1+t)⁻n

(1-(1+i)-n)
D’où C0 = D + Cn (1+t)⁻n
i
Lorsque le nombre de périodes n tend vers l’infini, (1 + t)-n tend vers 0, d’où
D D
C0 = et t=
t C0
 les dividendes sont croissants
On suppose que les dividendes croissent à un taux annuel constant g.

0 1 2 3 n

C0 D1 D2 D3 Dn + Cn
C’est-à-dire

0 1 2 3 n

C0 D1 D1 (1+g) D1 (1+g) 2 D1 (1+g) n-1 + Cn

104
Ainsi

C0 = D1 (1+t)⁻1 + D1 (1+t)⁻2 (1+g) + ………..+ D (1+t)⁻n (1+g) n-1 + Cn (1+t)⁻n


Les premiers termes sont une progression géométrique de raison (1+g)(1+t)-1
Donc :
(1+g) n (1+t)⁻n -1
C0 = D1 (1+t)⁻1 + Cn (1+t)⁻n
1
(1+g) (1+t)⁻ -1
C’est-à-dire
(1+g) n (1+t)⁻n -1
C0 = D1
(g - t)
Or quand n tend vers l’infini, (1+g) n (1+t)⁻n tend vers 0, (à condition que g > t)
D’où
D1
C0 =
t -g
C’est-à-dire
D1
t= +g
C0
Ceci est la formule de Gordon Shapiro
NB : Les frais d’émission et de souscription doivent être intégrés dans le calcul du coût des actions
ordinaires après impôt, ce coût calculé selon la relation de Gordon, est établi de la façon suivante :

D1
t= +g
C0 (1-f (1-is))

Où :
f = frais d’émission et de souscription en pourcentage du prix d’émission C0 ;
is = taux d’impôt sur les bénéfices de la société
Application 2 :
Le cours d’une action est 10.000 FCFA. Calculer le coût des capitaux propres dans les 2
hypothèses:
-Les dividendes attendus sont constants et égaux à 800FCFA
-Les dividendes sont croissants au taux de 4% par an avec D1= 600FCFA
H1 : t =
105
H2 : t =
Application 3 :
Considérons les données suivantes de l’entreprise Haroux :
Taux de croissance prévu des profits de l’entreprise et des dividendes : 10%
Dernier dividende distribué : 5000 F
Prix de l’action ordinaire aujourd’hui sur le marché 40000F
Frais d’émission et de souscription 5%
Taux d’impôt sur le bénéfice des sociétés 25%
TAF : Calculer le coût d’une nouvelle action ordinaire
b-A partir du modèle d’équilibre des actifs financiers (MEDAF)
Ce modèle permet de déterminer le rendement requis/attendu par le détenteur d’un titre donné en
fonction du risque supporté. En d’autres termes, ce modèle permet d’évaluer le prix du risque.
Deux hypothèses sont établies :

 Les investisseurs se placent dans un marché de capitaux parfait (pas d’impôt, ni frais de
transaction),

 il existe un taux de rentabilité certain pour les actifs non risqués


On admet alors que pour un titre, le taux de rentabilité espéré est uniquement fonction du taux
d’intérêt sans risque et d’une prime de risque. Or pour un investisseur, la rentabilité espérée est
fonction du risque, plus le risque est important, plus la rentabilité exigée sera élevée.
L’investisseur s’expose à 2 types de risques :

 Risque de marché/systématique
On enregistre des fluctuations du marché financier (dû à un changement politique dans le pays,
situation de guerre, des facteurs exogènes à l’entreprise etc.) qui vont avoir des répercussions +/-
systématiques sur le cours de l’action de l’entreprise X. L’investisseur X est exposé à ce risque et ne
peut pas y échapper car c’est une composante du marché ;

 Risque spécifique
Une partie des fluctuations de l’action s’explique par des caractéristiques propres à l’entreprise
émettrice (perspective de développement, volume d’activité, CA, etc.). Ce risque peut être diminué /
éliminé par diversification du portefeuille d’action de l’entreprise. Pour que l’investissement soit
rémunéré à la hauteur de ce qu’il pourrait percevoir par ailleurs avec un même niveau de risque, il
exige de percevoir l’équivalent d’un taux sans risque plus une prime qui va rémunérer le risque
général du marché des actions (le risque systématique).
Cette prime est multipliée par le coefficient « beta » (ß) qui reflète la façon dont l’entreprise réagit
au risque du marché. Ce coefficient exprime la sensibilité de la rentabilité de l’action aux
fluctuations de la rentabilité du marché. Si l’on considère la volatilité ou la sensibilité de la
rentabilité d’un titre par rapport aux fluctuations de la rentabilité du marché, on a dans ce cas,
que :
RX = RF + ß[E(RM)-RF] => [E(R M)-RF] - la prime de risque
Avec :

106
- E(R M) - espérance mathématique de la rentabilité moyenne du marché
- RX - la rentabilité espérée exigée par un investisseur dans l’entreprise
- R F - la rentabilité d’un actif sans risque
Le coefficient ß représente la sensibilité de l’action par rapport au marché. C’est le rapport entre la
rentabilité de l’action - R X, la rentabilité du marché - RM, sur la variance du marché - RM.

Cov (RX, RM)


ß=
Var (RM)

ß >1 – le titre est volatil. L’action = + risquée que la moyenne sur le marché ;
ß <1 – le titre est peu sensible (même déconnecté) de la situation du marché.
Application 4 :
Les actions d’une société sont caractérisées par un ß de 0,8. Sachant que la rentabilité du marché
est de 15% et celle des actifs sans risque de 9%, quel est le taux de rentabilité exigé par les
actionnaires.
RX=0,09 +0,8 (0,15-0,09)= 0,138 soit 13,8%
1.2.1.2 Le coût des actions privilégiées
Tout comme l’action ordinaire, l’action privilégiée est un titre assimilable à un titre de propriété.
Toutefois, contrairement à l’actionnaire ordinaire, le détenteur d’une action privilégiée ne possède
aucun droit de vote et donc aucun contrôle sur l’entreprise (sauf dans certaines circonstances
particulières).
Par rapport à l’action ordinaire, elle est « privilégiée » en ce sens que l’entreprise n’a pas le droit de
verser des dividendes aux actionnaires ordinaires tant que les dividendes privilégiés n’ont pas été
versés. Le « privilège » est donc un droit de priorité sur les actionnaires ordinaires. Toutefois, les
actions privilégiées sont subordonnées aux titres de créance. Le privilège de versement n’implique pas
d’obligation : tant qu’elle ne déclare pas de dividendes ordinaires, l’entreprise n’a pas d’obligation de
déclarer des dividendes privilégiés.
L’autre caractéristique du dividende privilégié est d’être en général fixe. Le montant de dividende
déclaré sur une action ordinaire peut être quelconque et variable. Par contre, le montant d’un
dividende privilégié est fixé par contrat, soit directement en valeur monétaire, soit sous la forme d’un
«taux de dividende privilégié» applicable à la valeur nominale de l’action privilégiée.
Si l’entreprise promet de payer les dividendes prévus, ces derniers s’accumulent et on parle alors de
dividendes en arrérage. Aucun dividende ne pourra être versé aux actionnaires ordinaires tant et aussi
longtemps qu’il y aura des dividendes privilégiés en arrérage.
À cause de son statut spécial, une action privilégiée est considérée plus risquée qu’une obligation du
même émetteur, mais moins risquée qu’une action ordinaire.
Puisque le dividende privilégié est généralement fixe, le prix de l’action privilégiée varie un peu
comme celui d’un titre de créance, plus précisément d’une obligation à coupons. Il est très affecté par
le niveau des taux de rendement requis par le marché pour les divers risques disponibles. En effet,
avec des dividendes fixes, la seule façon d’ajuster le rendement anticipé est à travers le prix.
107
Deux facteurs incitent les investisseurs à acheter des actions privilégiées :
 La bonne régularité et la prévisibilité des dividendes privilégiés.
 La possibilité de réaliser un gain en capital à la revente si les taux ont évolué dans le bon sens,
sans contrainte de date d’échéance.
Il faut distinguer le cas de l’estimation du coût des actions privilégiées, entre celles qui ont une
échéance bien définie et celles qui ne comportent pas d’échéance.

 Le coût d’une action privilégiée d’une échéance bien définie :


Le calcul du coût d’une action privilégiée d’une échéance donnée s’effectue sur le même modèle que
celui d’une dette, avec toutefois une différence importante résultant du fait que le dividende privilégié
n’est pas déductible d’impôt pour la firme. Il ne doit pas être calculé après impôt.
 Le coût d’une action privilégiée ne comportant pas d’échéance :
Il a été établi que le prix P0 d’une action privilégiée ne comportant pas d’échéance se calculait comme
une perpétuité de la façon suivante :

DP
P0 =
KP
Ou aussi en isolant KP
Dp
Kp =
P0


Dp : Dividende annuel distribué aux actionnaires privilégiés ;
KP : taux de rendement exigé par des actionnaires privilégiés pour une même classe de
risque.
Le coût des actions privilégiées pour l’entreprise est calculé compte tenu des frais d’émission et de
souscription, après impôt, selon la relation suivante :

Dp
Kp =
P0 (1-f (1-is))

NB : L’entreprise s’inspire d’une de ses émissions d’actions privilégiées déjà en circulation, présentant
les mêmes caractéristiques que celles de la nouvelle émission qu’elle projette, pour établir le coût de
cette dernière. A défaut de posséder une émission équivalente déjà en circulation, une moyenne
pondérée des autres émissions d’actions privilégiées en circulation peut constituer un point de départ
pour estimer le coût de la nouvelle émission.

Application 5:
Supposons que la société HAROUX ait déjà en circulation une émission d’actions privilégiées dont
le dividende annuel s’élève à 5000 FCFA et dont le prix de l’action sur le marché est de 40.000

108
FCFA. Les frais d’émission et de souscription sont de 4% de la valeur marchande de l’action
privilégiée et le taux d’impôt sur les bénéfices est de 25%.
TAF : Calculer le coût d’une nouvelle émission d’actions privilégiées.
Résolution
Kp =

1.2.1.3-Le coût des bénéfices non repartis


Ces bénéfices sont retenus par l’entreprise pour y être réinvestis plutôt que d’être distribués en
dividendes aux actionnaires. L’actionnaire qui ne reçoit pas cette partie des profits réalisés par
l’entreprise ne peut les investir ailleurs et, renonce au taux de rendement de placement de risque
équivalent qui représente son coût d’option. En effet, l’entreprise va habituellement réinvestir ses
profits dans des projets dont les taux de rendement sont égaux ou supérieurs au coût d’option ou au
taux de rendement que l’actionnaire pourrait obtenir ailleurs que dans l’entreprise, dans des projets
appartenant à la même classe de risque. Ce coût d’option, qui est le coût des bénéfices non répartis,
est l’une des composantes du coût du capital. Il est inférieur au coût d’une nouvelle émission d’actions
ordinaires, car l’entreprise ne subit pas de frais d’émission car l’entreprise ne subit pas de frais
d’émission et de souscription dans ce cas. On utilise soit le modèle de Gordon, soit le MEDAF pour
estimer le coût des bénéfices non répartis.
Le modèle de Gordon permet de calculer le coût des bénéfices non répartis de la façon suivante :

D1
Kr = +g
C0

1.2.2 Le coût des capitaux empruntés


Le coût d’un emprunt = le taux de revient de cet emprunt, son cout réel qui est calculé en tenant
compte des économies d’impôts réalisés sur des intérêts et sur des charges annexes à l’emprunt en
question. Le taux de revient mesure le coût de l'endettement. D'une manière générale, c'est le taux pour
lequel il y a équivalence entre le capital mis à disposition de l'entreprise et l'ensemble des sommes
réellement décaissées en contrepartie
1.2.2.1- L’emprunt bancaire
Rappel: Les modalités de remboursement de ces emprunts peuvent être de trois sortes:
- remboursement par amortissements constants
- remboursement par annuités constantes
- remboursement in fine.
 Amortissements constants :
Exemple : emprunt = 1000 KFCFA Taux nominal intérêt (annuel) = 10% Remboursement par
amortissement constant sur 4 ans
Frais d’émissions = 30
Taux de l’impôt sur les sociétés= 25%

109
Année Capital Intérêts Amortiss Annuité Economie Décaissements réels
restant ement d’impôt

1 1000 100 250 350 0,25 (100+30)= 350-33= 317
33
2 750 75 250 325 0,25(75)=25 300
3 500 50 250 300 0,25(50)=17 283
4 250 25 250 275 0,25(25)=08 267

Annuité = intérêts + remboursement du capital


Economie d’impôts = (1/3)% x (intérêts + frais d’émission)
Décaissement réels = annuité – économie d’impôts
Capital restant dû = capital initial – montant remboursé du capital
Remboursement = emprunt / 4 (amortissement constant sur 4 ans)
Taux actuariel = 1000 - 30 = 307(1+t)^-1 + 300(1+t)^-2 + 283(1+t)^-3 + 267(1+t)^-4 = 7.64% Le
taux, coût réel de l’emprunt pour l’entreprise.
 Amortissements par annuités constantes
Exemple: Soit un emprunt de 500 KFCFA sur 5 ans au taux de 10%
i 0,1
a= M0 = 500 ~132
(1-(1+i)-n) (1-(1+0,1)-5

Année Capital restant dû Intérêts Amortissement Annuité


1 500 50 82 132
2 418 42 90 132
3 328 33 99 132
4 229 23 109 132
5 120 12 120 132

 Remboursement in fine
Exemple: Soit un emprunt de 500 KFCFA sur 5 ans au taux de 10%
Année Capital restant dû Intérêts Amortissement Annuité
1 500 50 0 50
2 500 50 0 50
3 500 50 0 50
4 500 50 0 50
5 500 50 500 550

Pour le calcul du coût des capitaux empruntés, il faut non seulement prendre en compte le taux
d'intérêt de la dette mais également les économies d'impôt réalisées sur ces charges d'intérêt. Si l'on
pose Rb le remboursement du capital emprunté, FF le paiement des intérêts et Mo le montant de
l’emprunt, on cherche alors le taux t tel que:

110
n Rbi +FFi(1-is)
M0 = ∑
i=1 (1-t)i

Application 7: Soit un emprunt d'un montant de 10.000 KFCFA sur 10 ans, à 6% et remboursable
in fine. Le taux d'imposition est de 25%
TAF : Déterminer le coût de cet emprunt ;
Application 8: Soit un emprunt de 20.000 KFCFA au taux de 12% et remboursables sur 4 ans
(amortissements constants). Impôt sur les bénéfices : 25%

Année Capital Intérêts Amortiss Annuité Economie Décaissements réels


restant dû ement d’impôt

1 20.000

TAF : Déterminer le coût réel de cet emprunt.


1.2.2.2 Le coût de l'emprunt obligataire
Le coût de la dette d’une nouvelle émission d’obligations est égal au taux de rendement promis ou au
taux de rendement à l’échéance exigé par le marché sur des obligations comparables, c’est-à-dire de
même risque et de même échéance.
Pour un emprunt obligataire remboursable in fine, si on appelle
C : le cours coté de l'obligation sur le marché,
c : le coupon, n : la durée de l'emprunt,
VR : valeur de remboursement,
Le taux actuariel t est tel que:

(1-(1+t)-n)
C= c × + VRn (1+t)⁻n
t

NB : la détermination du coût de la dette obligataire se fait en tenant compte des frais d’émission et de
souscription f calculés après impôt.

t (1-is)
Kd =
1-f (1-is)

Où :
Kd = Coût de la dette après frais d’émission et de souscription après impôt ;
t = taux de rendement à l’échéance de l’obligation ou taux actuariel

111
f = frais d’émission et de souscription en pourcentage du prix d’émission
Application 8:
Le 28.10.N, la société VIVO Energy émet un emprunt obligataire dont les caractéristiques sont les
suivantes :
 Prix d’émission : 93%.
 Valeur nominale : 10.000 FCFA ;
 Taux d’intérêt nominal : 7% ;
 Durée : 5ans
 Nombre d’obligations : 5.000
 Remboursement au pair, in fine le 28.10.N+5
 Les frais d’émission et de souscription sont de 4% du prix d’émission.

 Impôt sur les sociétés : 25%


Travail à faire :

1-Déterminer le prix d’émission


2-Quel est le montant du coupon annuel.
3-Calculer le taux de rendement à l’échéance de l’obligation et en déduire le coût de la dette
après frais d’émission et de souscription après impôt.

1.3 Existe-t-il une structure financière optimale ?


La théorie de la structure financière a été toujours un sujet de grande controverse à savoir si la valeur
marchande de l’entreprise peut être affectée par les modalités de financement, notamment par celles de
la dette. L'approche théorique de la structure financière préconise, ainsi, l'optimisation. La structure
financière optimale qui d'une part permet de minimiser le coût du capital et d'autre part maximiser la
valeur de l'entreprise. Cette étude prend son essor depuis 1995 par un article de Modigliani et Miller.
La composition du passif de l’entreprise, c’est-à-dire la proportion relative de dette et de capitaux
propres, détermine la structure financière, ou structure du capital de l’entreprise.
Lorsqu’une entreprise lève des capitaux auprès d’investisseurs externes, elle choisit le type de titres
qui sont émis. En général, les entreprises choisissent de se financer par capitaux propres exclusivement
ou par un mélange de capitaux propres et de dette1. Toutefois, la question centrale posée par la théorie
est la suivante : existe-t-il une structure financière optimale qui permette de minimiser le WACC
et par conséquent de maximiser la valeur de la firme dans l’intérêt des actionnaires ? Rappelons
que le WACC (Weighted Average Cost of Capital) représente le coût moyen pondéré du financement
étranger (Kd) et propre (Ke) de la firme (CMPC). En fait, si l’on accepte l’hypothèse selon laquelle la
solution la moins coûteuse sera celle qui valorise le mieux la firme, on peut se demander s’il existe
une structure de passif optimale. En d’autres termes, peut-on penser qu’une certaine combinaison entre
les capitaux propres et dette est optimale, qu’elle maximise la valeur de l’entreprise ? Modigliani et
Miller (MM)2 ont élaboré, à la suite d’études empiriques, une explication convaincante des effets de la
structure du capital sur la valeur de la firme en 1958 et en 1963 respectivement dans le cadre de
marchés parfaits et de marchés imparfaits. Ces deux auteurs ont été précédés, avant 1958, par les

1
Il est impossible pour une entreprise de se financer exclusivement par endettement : les créanciers
prendraient alors trop de risques. Ceux-ci exigent donc des propriétaires de l’entreprise une prise de risque
sous forme d’une participation au capital de leur entreprise.
2
Franco Modigliani et Merton Miller (1958) « The cost of capital, Corporation Finance and the Theory of
Investment », American Economic Review, vol.48, juin, p.261-296.

112
tenants de la théorie de l’évaluation de la firme basée sur le bénéfice net d’exploitation, d’une part, et
par celle des traditionalistes, d’autre part.

SECTION 2–LES THEORIES DE LA STRUCTURE DU CAPITAL

2.1 La théorie basée sur le bénéfice net d’exploitation


Les caractéristiques de cette théorie sont les suivantes, en considérant les ventes, le bénéfice net
d’exploitation et la dette comme des valeurs perpétuelles :
-le coût moyen pondéré du capital (CMPC) demeure inchangé quel que soit la dette ;
-le coût des fonds propres augmente avec l’emprunt ;
-le coût de la dette reste à peu près inchangé ;
Le CMPC demeure constant en dépit de l’augmentation de la dette, car l’accroissement du coût
des fonds propres est neutralisé par le fait que le coût de la dette est assez stable malgré
l’accroissement de l’emprunt.
-la valeur de l’entreprise n’est pas affectée par un accroissement de la dette puisque le CMPC
demeure inchangé.

Application n°1 :
Considérons les données financières suivantes d’une entreprise :
-le bénéfice net d’exploitation est égal à 60.000KFCFA, par période, jusqu’à l’infini ;
-la dette a une valeur marchande de 80.000KFCFA ;
-le taux d’emprunt est égal à 10%, entraînant une charge financière annuelle de
8.000KFCFA.
-le coût moyen pondéré du capital est égal à 20% ;

A cette question, F. Modigliani & M. H. Miller (1958) répondent NON ! Une structure
financière optimale n’existe pas. Le WACC est constant, quel que soit la répartition des dettes et
des fonds propres. En conséquence, la structure financière n’affecte pas la valeur de la firme.

 Illustration

Voici différentes structures financières :

Dettes (D) - 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000 14 000


Fonds propres (E) 15 000 13 000 11 000 9 000 7 000 5 000 3 000 1 000
Bilan (V) 15 000 15 000 15 000 15 000 15 000 15 000 15 000 15 000
Dettes (D)/ Bilan 0,00% 13,33% 26,67% 40,00% 53,33% 66,67% 80,00% 93,33%
(V) Intérêt (Kd) 0%
Taux 4,00% 5,00% 6,00% 7,00% 9,00% 10,50% 11,80%

Supposons un revenu (EBIT = Bénéfice avant intérêt & impôt) a disposition des actionnaires et des
créanciers de 1'800. Il n’y a pas d’impôts (c’est ce que suppose la théorie de Modigliani
& Miller).

La distribution des revenus est la suivante :

(D / V) 0,00% 13,33% 26,67% 40,00% 53,33% 66,67% 80,00% 93,33%


Revenu 1 800 1 800 1 800 1 800 1 800 1 800 1 800 1 800
- Intérêt - 80 200 360 560 900 1 260 1 652
=Dividende 1 800 1 720 1 600 1 440 1 240 900 540 148

Si l’on exprime les revenus en % des capitaux engagés, la rentabilité pour les créanciers et les
actionnaires est la suivante :

113
Créanciers LT 0,00% 4,00% 5,00% 6,00% 7,00% 9,00% 10,50% 11,80%
(K d)
Actionnaires (Ke) 12,00 13,23% 14,55% 16,00% 17,71% 18,00% 18,00% 14,80%
WACC (Ka) %
12,00 12,00% 12,00% 12,00% 12,00% 12,00% 12,00% 12,00%
%
WACC = Ke . [E/V] + Kd . [D/V]

On constate que le coût du financement étranger (Kd) croît au fur et à mesure que l’endettement
s’accroît. Plus l’endettement est élevé, plus le risque de défaillance s’accroît et la firme se voit
contrainte de payer des taux d’intérêts plus élevés.

Nous constatons également que le Ke diminue à partir d’un niveau élevé d’endettement. Réponse de
M & M : avec un endettement très élevé, le risque est transféré des actionnaires vers les créanciers.

SECTION 3- LA STRUCTURE FINANCIERE

I.1 La structure financière

I.1.1 Approche Historique de la structure financière

L'approche théorique de la structure financière préconise l'optimisation. La structure financière


optimale qui d'une part permet de minimiser le coût du capital et d'autre part maximiser la valeur de
l'entreprise. Cette étude prend son essor depuis 1995 par un article de Modigliani et Miller.

Vers les années 1970, ces analyses furent adaptées à la situation des entreprises. Ainsi, certains
éléments ont été intégrés. La prise en compte de l'imperfection des marchés, des coûts d'agence, de
l'asymétrie d'information et la considération d'autres facteurs liés ou non à l'activité de l'entreprise
constituent un éclairage qui a son importance pour comprendre les déterminants du choix de la
structure financière

I.1.2. Les déterminants de la structure financière

La réflexion sur la structure financière d'une entreprise dans une optique micro-économique nous
amène à rechercher un optimum dans le rapport endettement / capitaux propres qui minimise le coût
moyen pondéré du capital. Plusieurs études sur la structure financière des entreprises ont été faites
depuis Modigliani et Miller, qui considèrent que la structure n'a pas d'impact sur la valeur de
l'entreprise, cette neutralité a été fortement critiquée par les traditionalistes qui soutiennent la thèse de
l'existence d'une structure financière optimale c'est-à-dire que la valeur d'une entreprise dépend de sa
structure financière. Pour maximiser la valeur d'une entreprise, il faudra minimiser le coût moyen des
ressources investies. Becker et Wurgler montrent que les entreprises peu endettées ont été celles qui
ont procédé à des augmentations de capital quand leur valorisation relative (mesurée par le rapport
valeur des capitaux propres / montant comptable des capitaux propres) était généreuse et vice-versa.7(*)

Il n'existe de structure optimale que si le financement des entreprises est intégralement assuré par la
source la moins onéreuse. Le niveau d'endettement judicieusement choisi qui permet d'obtenir le plus
faible coût moyen du capital, est le seul déterminant de la valeur de l'entreprise.

La théorie de Modigliani et Miller repose sur le fait que la valeur d'une firme est fondamentalement
liée à sa capacité bénéficiaire et donc la structure financière n'a aucune incidence sur la valeur de la
firme. Dans un marché parfait Modigliani et Miller ont montré la non-pertinence de la structure
financière :

114
- La structure financière choisie par l'entreprise ne peut pas modifier sa valeur. Peu importe la façon
dont cette structure est partagée entre la dette, les capitaux propres et autres titres de créances, la
valeur du placement se maintient.

- Les investissements sont capables de substituer un endettement personnel à un endettement de


l'entreprise et de reproduire ainsi toute structure financière que la firme pourrait vouloir atteindre.

La valeur d'un actif est conservée intacte indépendamment de la façon dont on subdivise cet actif.
C'est le côté gauche du bilan, les actifs réels qui déterminent la valeur d'une entreprise et non les
proportions des titres d'emprunts et de capitaux qu'elle a émis. Une fois la valeur totale est déterminée,
les actionnaires n'ont pas à se soucier de la façon dont la découpe a été faite.

L'endettement peut augmenter la valeur d'une entreprise et diminuer le coût de ses ressources à travers
la fiscalité. La dette est privilégiée par le fisc, puisque les intérêts sont déductibles du bénéfice
imposable. Selon le principe de l'additivité de la valeur, la valeur d'une entreprise endettée est
supérieure à celle entièrement financée par fonds propres.

L'approche de Modigliani et Miller qui traitent de la structure financière ne permettent pas de bien
saisir et expliquer le comportement des entreprises au niveau du choix du financement tel qu'il est
observé réellement, ni de comprendre et d'appréhender les nouveaux modes de financement de plus en
plus complexes qui ne cessent de se développer et qui peuvent répondre à de nouvelles préoccupations
des entreprises. Une autre analyse effectuée par Modigliani et Miller inclut la présence de l'impôt sur
les résultats et nous permet de déduire que :
- Le financement par emprunts est toujours préféré à celui des capitaux propres ;
- La valeur d'une firme est d'autant plus grande qu'elle est endettée ;
- La stratégie optimale consiste à s'endetter le plus possible, tant que les prêteurs acceptent de lui
fournir des fonds à des taux sans risques.

115
CHAPITRE 7 : L’APPROCHE QUALITATIVE DU DIAGNOSTIC FINANCIER

Elle complète l’étude quantitative et permet de situer l’entreprise dans son secteur d’activité, de
déterminer ses points forts et ses points faibles et d’éclairer ses perspectives d’avenir. En effet,
l’entreprise ne vivant pas dans un contexte isolé du reste du monde, il est indispensable de connaître
l’environnement dans lequel elle évolue. Il s’agit notamment :

 De la Direction et du Personnel
 Des Moyens matériels et financiers
 Du Produit, du Marché, de la Stratégie Commerciale
 De l’environnement juridique

I – L’historique de votre entreprise


Il s’agit de savoir : Qui sont les créateurs de l’entreprise ? Comment a évolué le capital social jusqu’à
ce jour ? Quelles ont été les mutations de l’entreprise ?
L’une des forces de l’entreprise est la force des Hommes qui la composent ; il est donc important de
jeter un regard sur l’effectif de l’entreprise dans sa globalité.

II – La Direction et le Personnel

1 – Le Dirigeant
L’expérience du dirigeant dans son métier peut être un facteur de création de richesse. C’est un critère
primordial dans l’appréciation du banquier. Les questions qu’on se pose sont les suivantes :
Quel est son parcours ? Qu’a-t-il fait dans le passé ? Comment est-il arrivé à la situation actuelle ?
Pour quoi cette entreprise ? A-t-il affronté des virages technologiques ? Des guerres commerciales ?

2 – Le Personnel
La qualification du personnel et son utilisation optimale est la clé du succès de toute entreprise. Il
importe donc dans le cadre d’un diagnostic de faire un bilan social pour connaître :
- Le niveau de formation et de qualification du personnel
- La mobilité des travailleurs
- La structure de l’effectif
- La motivation

III – Le Produit – Le Marché – La Stratégie

 Son secteur d’activité :


Est-il en croissance ? Est-ce un secteur dynamique, lié à l’innovation ?
Comment évolue le marché ? Quel est sa spécificité ?

 Le produit :
Quel est son cycle de vie ? Existe-t-il des produits de substitution ?

 La concurrence :
Avez-vous de nombreux concurrents ? Le niveau des prix est-il orienté à la baisse ?

 Les fournisseurs et les clients


L’entreprise dépend-elle principalement d’un ou de deux fournisseurs ? Sont-ils fiables ? Quels sont
les délais de règlement ?
Les clients sont-ils des particuliers ou des entreprises ? Quelle est la répartition de la clientèle ? Quels
sont les délais de paiement ?

116
 La stratégie :
Quelle stratégie adopte l’entreprise ? Quels sont ses canaux de distribution ? Quels sont les vecteurs de
communication ?

 Vos banques
L’entreprise a-t-elle une ou plusieurs banques ? Quels sont les prêts en cours ? Quelles sont les lignes
de crédit ?

IV – Les Moyens Matériels


Il est question de faire le bilan technologique de l’entreprise pour la situer par rapport à ses
concurrents.
Quel type de matériels utilise-t-elle ? Est–elle en phase avec l’évolution technologique ? Le matériel
n’est – il pas vétuste ?

V – L’environnement Juridique
L’entreprise évolue-t-elle dans un environnement réglementaire spécifique ? L’exercice de l’activité
nécessité t – elle des autorisations administratives spécifiques ? L’activité a-t-elle un impact sur
l’environnement, la nature ? L’entreprise a-t-elle procédé à des licenciements ? Ont – ils été portés
devant les tribunaux ? l’entreprise a-t-elle fait l’objet de contrôle fiscal ?
Les différents contrats de l’entreprise doivent être passés en revue :
- Le Bail : l’entreprise dispose-t-elle d’un bail sécurisant ?
- Les brevets et marques : l’entreprise dispose-t-elle des droits sur les procédés et les marques
utilisés ?

117
CHAPITRE 8 : METHODOLOGIE DE SYNTHESE D’UN DIAGNOSTIC FINANCIER

Selon la théorie financière, l'objectif de la firme est la création de valeur, c'est à dire l'accroissement
de la richesse des actionnaires. Le diagnostic financier doit être mené ou compris à partir de cette
évidence. Il consiste principalement à :
 Vérifier si la firme créée bien de la valeur : la rentabilité doit être suffisante pour
rémunérer les apporteurs de capitaux, compte tenu du niveau de risque encouru.
 Comprendre le processus de création de valeur : quels en sont les éléments
déterminants, les points forts et les points faibles, afin d'améliorer la gestion de
l'entreprise. Pour cela, il doit s'appuyer sur le diagnostic stratégique.
Devant la masse d’informations parfois divergentes qu’apporte l’analyse financière, il faut pouvoir
suivre, en toute rigueur, une grille de lecture de toutes ces données. La synthèse consiste en l’analyse
de chaque aspect financier de l’entreprise ainsi que de son environnement.
La synthèse d’une analyse financière doit être objective. Pour cela, l’opinion doit être structurée pour
en faire une démonstration concise et argumentée.
Une synthèse est une démonstration de votre point de vue sur l’entreprise, vous devez donc
argumenter en vous appuyant sur des faits. Elle doit être brève mais précise. L’analyste financier doit
aller à l’essentiel c'est-à-dire répondre à l’objectif qu’il s’est assigné lorsqu’il a commencé l’analyse
financière.

I – La synthèse sur le compte de résultat


La synthèse sur le compte de résultat doit porter sur l’évolution de l’activité ; la rentabilité de
l’exploitation et les ressources qu’elle engendre.

1 – L’Activité
Cette partie concerne globalement les SIG et leur évolution. On cherche à répondre aux questions
suivantes :
- Quelle est l’évolution du chiffre d’affaires ? Cette évolution est-elle corrélée à l’évolution de
l’activité du secteur ?
- Quelle est l’évolution de la valeur ajoutée ?
- Le taux de valeur ajoutée est-il stable ? si non, peut-on en déterminer la partie des achats
extérieurs qui font la différence ?
- Les marges brutes suivent-elles la même évolution ?
Il est clair qu’à la base, il faut avoir une activité en hausse, mais une baisse passagère d’activité doit
pouvoir s’absorber. Par contre, la valeur ajoutée ne doit pas baisser, sinon il est nécessaire d’adapter
les facteurs de production.
- Comment l’activité est-elle financée ? Une analyse de l’évolution du taux de charges d’intérêts
permet de mesurer l’importance de l’endettement.

2 – La Rentabilité et la performance
La synthèse sur ce point doit porter sur :
 La rentabilité de l’exploitation : elle est appréhendée à travers le calcul des taux des SIG et
l’étude de leur évolution. Quel est le taux de la Valeur Ajoutée ? Comment évolue t- elle ?
quel est le taux d’EBE ? son évolution ? Le taux de résultat d’exploitation ?
Une évolution soutenue de ces indicateurs est signe de performance de l’entreprise.
 La rentabilité des moyens d’exploitation : La rentabilité des capitaux engagés est –elle
suffisante ?

118
 La rentabilité financière : La rentabilité des fonds propres est-elle suffisante ?

3– Les ressources dégagées par l’exploitation


 La CAFG : l’entreprise engendre-t-elle suffisamment de ressources pour s’autofinancer ?
Comment évolue la CAFG ? améliore-t-elle la capacité de remboursement de l’entreprise ?
Quelle est la part qui assure la liquidité de l’entreprise ? est – elle suffisante ?
Si la CAFG est inférieure aux dotations brutes, alors elle est insuffisante pour assurer
le maintien de l’outil de production
Si la CAFG est égale aux dotations brutes, alors elle est juste suffisante pour assurer le
maintien de l’outil de production
Si la CAFG est supérieure aux dotations brutes, alors elle assure non seulement le
maintien de l’outil de production mais elle constitue une source de financement
permettant à l’entreprise d’augmenter ses capacités de production.
 L’Autofinancement : Quelle l’importance des dividendes payés au cours de l’exercice ? le
paiement était-il opportun ?

3 – Conclusion partielle sur l’exploitation de l’entreprise


Les points énumérés ci haut doivent conduire l’analyste à formuler son opinion sur l’activité de
l’entreprise. Est-elle en croissance ? Dégage-t-elle une rentabilité suffisante ? Engendre-t-elle
suffisamment de ressources ?

II– La synthèse sur la santé financière de l’entreprise


Elle repose sur les soldes financiers, les ratios de structure et les ratios de gestion (ratios du BFR).

1 – Le Fonds de Roulement
Quelle est la nature des ressources qui assurent le financement de l’investissement ? L’entreprise
respecte t- elle les principes de l’équilibre financier ? Sa solvabilité est-elle assurée ? Dispose-t-elle
d’un excédent de ressources stables suffisant pour financer le besoin de l’exploitation ?
Un Fonds de Roulement positif et supérieur au BFR est signe d’équilibre financier, de solvabilité et de
liquidité de l’entreprise.
Si le fonds de roulement est négatif, une analyse de la structure de financement et de la nature des
investissements doit permettre d’identifier les anomalies.

2 – Le Besoin en Fonds de Roulement


L’évolution du BFR doit être corrélée à l’évolution du Chiffre d’Affaires ; le ratio BFR/CA devrait
rester constant. S’il évolue, il pourrait être exposé l’entreprise à des problèmes de liquidité. Les raisons
doivent être recherchées dans la détérioration des conditions d’exploitation : augmentation des délais
clients ; la faible rotation des stocks ; la diminution des délais fournisseurs. Une décomposition des
ratios de rotation permet de connaître l’origine du malaise.

3 – Les ratios de structure financière


L’entreprise est-elle financièrement stable ? Autonome ? Dispose-t-elle encore d’une marge
d’endettement ? Quelle est sa capacité de remboursement ?

4– Conclusion partielle sur la santé financière de l’entreprise


Les points énumérés ci haut doivent conduire l’analyste à formuler son opinion sur la santé financière
de l’entreprise. Est-elle en équilibre financièrement ? Est-elle solvable ? Liquide ? Quel est le niveau
de son BFR ? Quelle est la raison de son importance ?

119
III – Conclusion Générale
Toute la démarche menée jusqu’à cette étape doit facilement conduire l’analyste financier à porter un
jugement logique sur l’entreprise en prenant en compte l’environnement dans lequel elle évolue et en
mettant en exergue les points positifs et les points négatifs à corriger:

1 – Les Points positifs


Voici les points qui peuvent être considérés comme positifs :
Un secteur en développement
Une croissance de la part de marché
Une croissance des ventes
Une croissance des résultats
Une amélioration des ratios de rentabilité
Une amélioration de la santé financière
Une augmentation du Fonds de Roulement
Une diminution du besoin en fonds de roulement en % des ventes
Une diminution des délais de règlement des clients
Un faible taux d’endettement
Une capacité d’endettement élevée
Une stratégie de développement claire
La qualité des fournisseurs (produits fournis de qualité, délais de livraison tenus, rapport
qualité/prix correct)
Une clientèle de qualité (pas ou peu de clients douteux).

2 – Point Négatifs à améliorer


Voici les points qui peuvent être considérés comme négatifs ou à améliorer :
Un secteur en déclin,
Une concurrence très vive,
Un endettement élevé par rapport au secteur,
Un financement mal assuré,
Un besoin de fonds de roulement très important,
Une trésorerie tendue,
Des délais de règlement clients en hausse,
Une stratégie mal définie,
La dépendance d’un seul gros fournisseur,
La dépendance de quelque gros clients (Quelques très gros clients assurant une forte part du
chiffre d’affaires (ce qui fragilise la pérennité de l’entreprise si l’un d’entre eux connaît des
problèmes),
Un nombre important de clients douteux.

IV-Schéma de synthèse de la méthodologie générale


Dans l'optique de la théorie financière, le diagnostic s'articule autour de deux axes : la rentabilité
et du risque. Cependant, en fonction de ses objectifs, l'analyse de tel ou tel point peut être plus ou
moins approfondie.

120
On peut cependant s'appuyer sur un schéma plus conventionnel :

Analyse de la formation du résultat, au travers des SIG

Analyse statique de bilan pour étudier la structure financière et la solvabilité.

Analyse dynamique des flux de trésorerie par grandes fonctions.

La centrale des bilans s'appuie sur une démarche bien structurée.


La formulation d'un diagnostic repose sur l'existence de normes (un taux de rentabilité n'a
pas de signification par lui-même) :
Des normes sectorielles :
Des normes fondées sur l'existence d'un modèle explicatif : par exemple le modèle du
M.E.D.A.F. permet de déterminer le taux requis par les actionnaires et d'apprécier la rentabilité
réelle par rapport à ce taux.
Des normes basées sur des modèles de simulation, établis à partir d'un ensemble de relations
financières stables (par exemple l'effet de levier). En fixant plusieurs variables, il devient
possible de prédire la valeur d'une autre variable : en fixant le taux de rentabilité économique, le
taux de distribution des dividendes, le taux d'intérêt et le taux d'endettement, on peut en déduire
le taux de croissance possible.
Des séries chronologiques sont également utilisées en complément de normes

121

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