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LA VILLE AUX PRISES AVEC L'URBAIN

Thierry Paquot

C.E.R.A.S | « Revue Projet »

2003/5 n° 277 | pages 55 à 61


ISSN 0033-0884
Article disponible en ligne à l'adresse :
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https://www.cairn.info/revue-projet-2003-5-page-55.htm
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Dossier
L
55

La ville aux prises avec l’urbain


a ville aux prises
avec l’urbain

Thierry Paquot

L’urbain, la ville à consommer, apparaît comme une négation


de la cité. Pourtant, de multiples expériences, d’interaction
concertée, contribuent à redéfinir des villes habitées, des pro-
jets de territoires.

L
a « France des villes » ne s’oppose pas à la « France des champs ».
Cette distinction n’a plus aucune pertinence, ni statistique, ni éco-
nomique et encore moins sociétale. La France est résolument
urbaine, l’Europe également, quant au vaste monde, il s’urbanise là où
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l’urbain ne s’est pas encore totalement déployé… Mais, s’étonnera l’habi-
tant de La Rochelle, Perpignan, Colmar ou Menton : « Ma ville existe, je
m’y promène, je peux en faire le tour, alors que me répondez-vous ? »
Chaque ville apparaît comme une entité administrative, avec son péri-
mètre géographique bien délimité, sa population dénombrée, ses élus
représentatifs de la diversité des sensibilités politiques, une autonomie fis-
cale et budgétaire, une vie locale rythmée par la Quinzaine commerciale,
le Festival de jazz et la Farandole des enfants des écoles. Elle ne ressemble
à aucune autre : celle-ci est balafrée par une obscène autoroute, celle-là se
donne des airs de cité-jardin et sa voisine exhibe ses grands ensembles déla-
brés comme autant de stigmates sur le corps d’un saint. En ce sens, la ville
est bien, comme l’écrit Antoine Furetière dans son Dictionnaire universel
(1690), l’« habitation d’un peuple assez nombreux ».

Thierry Paquot, philosophe, est professeur des universités (IUP-Paris XII) et éditeur de la revue
Urbanisme.

Dossier—L’air de la ville
projet 277 – 2003, pp. 55-61, 14 rue d’Assas 75006, Paris
56

- De la ville à l’urbain
Pour qu’il y ait de la ville, il faut donc du nombre. Combien ? Deux mille,
pour la France, répond l’Insee. Mais à cette réalité statistique – qui diffère
d’un État à un autre 1 –, il convient heureusement, et Furetière l’écrivait
aussi, d’ajouter un certain « esprit ». Au-delà du quantitatif, la ville, c’est
aussi et surtout un art de vivre et celui-ci est toujours local, lié à un site,
un climat (dans tous les sens du terme), une histoire (attestée ou imagi-
naire), un système relationnel plus ou moins nourri avec d’autres villes et
campagnes et une culture revendiquée. Avec la production de masse, la
mécanisation de l’agriculture, l’extension des réseaux, l’automobilisation
et la généralisation d’un mode de vie entièrement dépendant du marché,
les sociétés contemporaines se sont non seulement urbanisées – exode
rural, accroissement du nombre de villes, expansion des aires métropoli-
taines, villes millionnaires… -, mais sont passées, en une poignée de
décennies, de la ville à l’urbain 2. Conséquences ? Subordination totale des
campagnes à une économie de marché globalisée, concurrence effré-
née entre les villes pour conserver ou attirer des industries, diffusion des
comportements et des valeurs citadins à l’ensemble des populations (via
les migrations, le tourisme, l’école et la télévision), éparpillement de la
ville en des territoires urbains de plus en plus ductiles.

Il n’y a pas disparition de la ville, mais son enveloppement par l’urbain


qui submerge, comme une vague, tous les territoires et y impose, peu ou
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prou, son ordre. Ce processus est à l’œuvre à l’échelle planétaire, de
manière inégale selon les conti-
Il n’y a pas disparition nents (l’Afrique, par exemple, en
de la ville, est au début alors que l’Asie
mais l’urbain submerge entre dans la phase d’achève-
tous les territoires. ment) et avec des manifestations
diverses selon les combinaisons
de ses éléments constitutifs. Aussi constatons-nous une unité du processus
d’urbanisation et une diversité de ses formes de réalisation. Il faut se gar-
der de toute généralisation et surtout accepter les coexistences (mégalopo-
lisation et maintien des petites villes, multiplication des gated communities
sans disparition de la maison individuelle ou du programme de logements
sociaux…), les décalages (telle région s’équipe en NTCI tout en valorisant
ses « traditions », telle global city abrite aussi des taudis à proximité de ses

1. François Moriconi-Ebrard, L’urbanisation du monde depuis 1950, coll. «Villes», Anthropos, 1993.
2. Thierry Paquot (dir.) « Le XXe siècle de la ville à l’urbain », Urbanisme, n° 309, 1999.
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hôtels de luxe, telle capitale d’un État du sud inaugure de somptueux équi-

La ville aux prises avec l’urbain


pements et légalise du bout des lèvres les bidonvilles qui prolifèrent sur son
territoire), les résistances (la France inscrit dans la loi la « mixité sociale »,
tel élu se bat contre la privatisation de certains services publics…), les
métissages inattendus et les rejets. Le danger d’une uniformisation de la
vie citadine est bien réel et s’y opposer demande beaucoup d’imagination,
d’opiniâtreté et d’actions.
La mégalopolisation du monde semble irréversible : on dénombre
actuellement plus de 400 villes de 500 000 à un million d’habitants, près
de 200 villes d’environ 2 millions d’habitants et plus de 20 qui dépassent
les dix millions d’habitants ! Ces mégalopoles constituent les hauts lieux
de l’économie de production (tant matérielle qu’immatérielle), et au clas-
sement par taille démographique, il convient d’ajouter une classification
par « produit intérieur brut urbain » 3. L’urbanisme de ces gigantesques
conurbations se plie souvent aux dessins des réseaux techniques, contrôlés
par une poignée de multinationales et identiques d’une ville à une autre.
Reem Koolhaas (concepteur d’Euralille) annonce la fin de l’urbanisme et
fait l’apologie du « plateau technique » (tour-bureau, centre commercial,
gare Tgv, rocades autoroutières…) sur lequel on vient se brancher et se
débrancher selon l’offre et la demande. On consomme alors de l’ur-
bain comme on consomme un logement, une voiture ou un rasoir
jetable. Quant à l’architecture des bâtiments publics, des équipements
touristiques (hôtels, musées, parcs de loisirs, quartiers patrimonialisés,
etc.), des centres commerciaux, des aéroports, des logements pour
« riches », elle ne se soucie aucunement du lieu. Elle fait image, image
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d’une surmodernité, enfin libérée de la tyrannie du lieu. Le but recherché
consiste justement à nier le lieu, afin croit-on, de se trouver partout chez
soi ou du moins dans les mêmes représentations ! La screen city n’appar-
tient pas au seul studio de cinéma, elle se construit sous nos yeux en même
temps que se consolide un bidonville ou qu’un quartier privatisé, vidéo
surveillé, s’entoure de lourdes grilles, à Istanbul, Le Caire ou Buenos
Aires…

A côté de cette mégalopolisation que personne ne contrôle vraiment et


qui apparaît comme une négation de toute intervention concertée, de tout
projet politique pour une Cité digne de ce nom, l’on découvre des quar-
tiers autogérés, des expériences d’auto-construction, des chantiers-écoles,
mille et une micro-opérations, modestes, peu spectaculaires, qui néan-

3. Rémy Prud’homme, « Mégavilles : économie et gestion », in Thierry Paquot (dir.) Le monde des
villes, panorama urbain de la planète, éd. Complexe, 1996.

Dossier—L’air de la ville
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moins démontrent que l’humain ne se laisse pas facilement broyer par les
rouages bien huilés de la machine-à-marchandiser toutes les relations entre
l’homme et le monde, entre l’homme et
L’humain l’homme, entre l’homme et la nature. La
ne se laisse pas préoccupation de plus en plus explicite
facilement broyer. pour un « développement durable », no-
nobstant le flou d’une telle notion, son
poids idéologique et sa capacité à récupérer le discours critique des écolo-
gistes et altermondialistes, ne peut que contribuer à une redéfinition de
l’habitabilité de la ville, de ses formes de sociabilité et de sa vocation à fabri-
quer de l’aménité.

- La France urbaine
L’urbain appartient à un autre vocabulaire que « ville », « banlieue », « fau-
bourgs », il ne décrit pas une quelconque unité administrative – du moins
pas encore -, mais un mode de vie, ses territoires et ses temporalités 4. Dans
le cas français, avec les récentes lois (Chevènement en 1999, Voynet en
1999 et Solidarité Renouvellement Urbain en 2000), les municipalités
sont invitées à unir leurs destins en un « projet de territoire » qui satisfasse
un réel « développement durable ». Ainsi la décentralisation (engagée avec
les lois Deferre en 1982) se trouve confortée et renforcée par l’intercom-
munalité (« communautés de
Avec l’intercommunalité,
communes ou d’agglomération »,
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une nouvelle « communautés urbaines »), nou-
échelle des décisions. velle échelle des décisions en
matière de transports en com-
mun, d’urbanisme, de logements sociaux, d’équipements et de services
collectifs, etc. 5. Ce n’est pas la mort des 36 000 communes, mais une pro-
fonde redistribution des cartes du jeu démocratique et administratif.
Simultanément, la plupart des villes et villages en croissance démogra-
phique le sont par leurs franges. Des lotissements pavillonnaires s’instal-
lent à la marge des villes, remplissent les « blancs » entre une ville et un
centre commercial quelque peu distant. L’urbain diffus résulte de nom-
breux facteurs, difficile à hiérarchiser et à mesurer : le désir de nature,

4. Thierry Paquot, « Que savons-nous de la ville et de l’urbain ? », in Marcel Roncayolo, Jacques


Lévy, Thierry Paquot, Olivier Mongin, Philippe Cardinali, De la ville et du citadin, Parenthèses,
Marseille, 2003.
5. Maurice Goze, « Décentralisation et intercommunalité », Informations sociales, n° 104, 2002.
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l’ambition de construire « son » pavillon, le refus de la ville dense –

La ville aux prises avec l’urbain


bruyante, grouillante et violente –, le bon état des routes (80 % des
ménages, en France, sont dorénavant motorisés), le confort relatif des voi-
tures (l’automobiliste « moyen » dépense chaque année 4 880 euros en
frais d’entretien et de transport)… En vingt ans, le temps moyen de trans-
port quotidien n’a guère varié (hors Ile-de-France), mais la distance par-
courue a doublé ! On n’hésite plus à se loger à une heure en train de la
capitale, bénéficiant ainsi d’un emploi bien rétribué, de la possibilité de
faire ses courses à Paris et de profiter de ses spectacles, tout en résidant
dans une ville de taille moyenne (ah, le parfum de la Province…), à la vie
moins agitée et où les enfants se rendent à l’école en bicyclette. Mais cette
image publicitaire de la jeune-famille-dynamique-et-souriante dissimule le
véritable temps de transport (en plus du train et de ses aléas, il y a au
départ un peu de voiture et à l’arrivée, quelques stations de métro !), la
fatigue, les relations sociales distendues, un emploi du temps alourdi, l’en-
tretien du jardin et du pavillon (« Dans une maison, il y a toujours
quelque chose à faire… »). Bref, seules les personnes ayant un métier aux
horaires souples, peu de contraintes familiales et dont l’usage des nouvelles
technologies de l’information et des télécommunications autorise un réel
éloignement de l’entreprise optent pour un tel scénario. Le télétravail n’a
pas connu l’engouement attendu, il est vrai que l’habitat ne l’a pas du tout
intégré (aucune « pièce » étudiée pour, aucune maison domotique…) et
que le « travailleur » ressent l’irrépressible besoin de passer au bureau pour
y rencontrer ses collègues. Rester chez soi pour travailler exige une atten-
tion motivée et une organisation bien particulière de son temps.
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Assemblage de modes de vie
La France urbanisée déménage, avec le vieillissement de sa population, elle
migre vers le sud, le long des côtes et près des Alpes. Mais partout les aires
urbaines s’étalent. Ce phénomène n’est pas nouveau 6. On a parlé de « rur-
banisation » en 1976, de « péri urbanisation » quelques années après, on a
surtout voulu en minorer l’importance afin de légitimer la politique

6. Jean-François Gravier, « L’essaimage urbain en France et en Europe », Vie sociale, n° 10, 1964 ;
Melvin Webber, L’urbain sans lieu ni bornes (1964, traduction de l’anglais), éd. de l’Aube, 1996 ;
« Penser la non-ville et la non-campagne de demain », Françoise Choay, La France au-delà du siè-
cle, éd. de l’Aube-Datar, 1994 ; « L’étalement péri-urbain : perspectives internationales », Gabriel
Dupuy et Patricia Sajous, Données urbaines 3, sous la direction de Marie-Flore Mattei et Denise
Pumain, Anthropos, 2000.

Dossier—L’air de la ville
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technocratique impulsée par l’État, avec les grands ensembles, puis les
métropoles d’équilibre et enfin les villes nouvelles. On a même favorisé la
création d’Agences d’urbanisme (la première ouvre à Rouen, en 1963)
dont une des missions consistait à « maîtriser » l’extension des villes. Il ne
s’agit pas de dénigrer l’urbanisme des grands ensembles, critiquer la phi-
losophie de la Datar (créée en 1963) ou contester les villes nouvelles, mais
d’analyser le pourquoi et le comment d’une telle urbanisation et d’en com-
prendre les imperfections, les errements et les rares réussites. La marée
pavillonnaire n’est pas, en soi, inquiétante, comme le croyaient avec obs-
tination et aveuglement les hauts fonctionnaires, à commencer par Paul
Delouvrier 7. Même si les « styles » (!) les plus fréquents sont esthétique-
ment affligeants et si l’on doit regretter l’absence d’architectes bien atten-
tionnés – je connais des maisons en série, à côté d’Eurodisney, avec un pre-
mier étage mansardé et inhabitable pour des adultes et un jardinet
scandaleusement exigu ! –, le plus dommageable vise l’extérieur de ces
constructions, leurs à-côtés. L’habitat, aux yeux des résidents – y compris
ceux des barres et des tours –, concerne non seulement la parcelle et son
habitation mais aussi les cheminements environnants, les services de
proximité, les espaces publics, bref, tout le territoire du quotidien urbain.
Or le promoteur se soucie avant tout de la rentabilité de son opération et
beaucoup moins de son insertion dans un paysage ou de ses relations avec
les bâtiments ou les espaces verts voisins. Il en est de même pour un lotis-
seur qui isole plus qu’il ne raccorde le chapelet de ses nouvelles maisons à
la voirie ou au bâti existants.
L’urbanisation française récente confirme, à la fois, l’éparpillement de
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la ville au-delà de ses limites administrativo-historiques, et la revitalisation
de certains centres, grâce entre autre à
Un tel urbain pose la politique de renouvellement urbain
la question engagée depuis une dizaine d’années et
de sa gouvernance au tracé d’un transport collectif,
démocratique comme le tramway, dont l’impact
dépasse sa fonction première et pro-
et de ses limites.
voque toute une cascade d’embellisse-
ments et d’opérations urbaines.
L’urbain résulte de ces diverses morphologies et de cet assemblage, pas tou-
jours évident, de modes de vie dominés par le paradoxe (je veux être en
ville mais à la campagne, seul mais en contact avec la foule, dans le silence
mais aussi le bruit…). Un tel urbain pose crûment la question de sa gou-

7. Paul Delouvrier, « L’avenir de l’urbanisation : Problème de civilisation », Semaines sociales de


France (Brest, 1965), L’homme et la révolution urbaine, Chronique sociale de France, Lyon, 1965.
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vernance démocratique et donc de ses limites. Le maire de Montpellier

La ville aux prises avec l’urbain


envisageait de faire payer un droit d’entrée au citadin domicilié dans un
village avoisinant mais venant régulièrement utiliser ses services sportifs et
culturels. En tant que banlieusard, fréquentant Paris, je ne serais pas
opposé à élire, non seulement le maire de ma commune, mais celui de
Paris, sachant à quel point les destins de ces deux entités sont liés.

Si les autorités locales et territoriales ne s’en préoccupent pas plus, nous


verrons se multiplier les enclaves sécurisées, repliées sur elles-
mêmes. L’implantation d’un domaine privatisé me paraît la négation
même de l’urbain, de la gratuité et de la liberté qui le caractérisent. Cela
revient à priver le citadin ordinaire d’une déambulation sans interdit. Et,
inversement, cela prive l’habitant de cette petite « forteresse » d’une ren-
contre avec l’Autre. La ville et l’urbain assurent la cohabitation de popu-
lations différentes précisément parce qu’elles favorisent et entretiennent le
brassage. L’étrangeté de l’étranger est la meilleure garantie de mes propres
différences. Tout accès contrôlé engendre une exclusion. Le sentiment
d’insécurité conforte donc la demande d’habitats regroupés et protégés.
Sans contrecarrer totalement cette tendance planétaire, il est possible de
ménager les lieux afin de les rendre plus aimables et sûrs. Une bonne
signalétique, un souci pour le paysage et les plantations, une préférence
affirmée pour les piétons et cyclistes, une attention méticuleuse portée au
site et à son entretien, la redynamisation de mini-centres urbains avec ser-
vices et commerces, constituent quelques ingrédients du confort urbain.
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Si le logement futur ne comportera plus seulement des pièces monofonc-
tionnelles et monogénérationnelles, et deviendra réactif et modelable, l’ur-
banisme des centres denses comme celui de l’urbain diffus devra tenir
compte de la pluralité changeante des usages et de leurs temporalités
désynchronisées.

Un tel urbanisme adapté au cas par cas nécessite des expérimentations,


des quartiers-témoins, des forums d’initiatives habitantes, des débats entre
professionnels, des fêtes, etc. Il ne sera un Bien commun que si et seule-
ment si, il engage chacun envers autrui.
THIERRY PAQUOT

Dossier—L’air de la ville

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