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Chapitre I : Généralités

I.1Généralités sur le pétrole :

Le pétrole brut est un fluide constitué principalement d’hydrocarbures, il contient également des
composés organiques soufrés, oxygénés et azotés. On le rencontre dans les bassins sédimentaires, ou il
occupe les vides de roches poreuses appelées réservoirs. Les gisements de pétrole correspondent à une
accumulation dans une zone ou le réservoir présente des caractéristiques favorables et constitue un
piège : la fluide du pétrole moins dense que l’eau est rendue impossible vers le haut par la présence
d’une couverture imperméable (argiles, sel) et latéralement par une géométrie favorable (dôme
anticlinal, biseau de sables dans des argiles).

Le pétrole a pour origine la substance des êtres, animaux ou végétaux, vivant à la surface du globe et
particulièrement en milieu aquatique. La matière organique ainsi produite se dépose au fond des mers
et des lacs et elle est incorporée aux sédiments. A mesure que ceux-ci sont enfouis, les constituants
organiques se transforment principalement sous l’action de la température en hydrocarbures dont une
partie vient progressivement se concentrer dans les pièges des réservoirs poreux.

I.2 Origine :

Le pétrole est formé au sein des bassins sédimentaires par transformation des sels organiques animales
ou végétales, notamment ; il provient de la décomposition d’organismes marins (principalement de
plancton) accumulés dans des bassins sédimentaires au fond des océans, des lacs.

D’un point de vu chronologique, la transformation de la matière organique en pétrole s’échelonne dans


des dizaines des millions d’années( environ 20 à 350 millions d’années) en passant par une substance
intermédiaire appelé « kérogène ». Le pétrole produit peut ensuite se trouver piégé dans des
formations géologiques particulières appelés « roches-réservoirs » constituant les gisements
pétrolifères « conventionnels » exploités de nos jours.

I.3 Etapes de formation :

Sans trop s’attarder sur ce point on peut résumer la formation en divers étapes :

A savoir que la majorité du pétrole s’est formé dans les fonds océaniques.

 Le déposement des algues et composées organiques de la surface vers les fonds


océaniques.
 Formation de plusieurs couches successives du fait de ce phénomène continue qui
durée des millions d’années.
 Création d’une pression sur les couches inférieures qui les entraine encore plus
profondeur.
 A partir de 1000m de profondeur une décomposition s’enclenche, sous l’effet des
bactéries anaérobies le reste organique se transforme en kérogène.
 Le kérogène s’enfonce encore plus en profondeur pour donner naissance au pétrole
et gaz sous l’effet de la haute température et pression de l’écorce terrestre.
 Migration du pétrole et gaz formé à travers les couches vers la surface jusqu’à
atteindre des roches imperméable ou il est stocké sous forme de réservoirs.

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I.4 Composition du pétrole brute :

Le pétrole est un combustible fossile composé d'un mélange d'hydrogène et en majorité de carbones.
La composition varie d'un champ à l'autre mais comporte grossièrement 80 % de carbones, 14 %
d'hydrogène et 1 % à 2 % de souffre, d'oxygène et d'azote.

 En général, le brut selon sa provenance, peut contenir du gaz dissous, de l'eau salée, du soufre et des
produits sulfurés (thiols). Il a une composition trop complexe pour être décrite en détails. Il faut
distinguer simplement 3 catégories de bruts :

 les bruts à prédominance paraffiniques.


 les bruts à prédominance naphténiques.
 les bruts à prédominance aromatiques.

 Hydrocarbures paraffiniques (ou alcanes): ce sont des hydrocarbures dont les atomes
de carbone sont reliés entre eux par des liaisons simples qui forment une chaîne
linéaire ou ramifié, mais ne formant pas de cycles. Les alcanes sont des hydrocarbures
saturés, les atomes d'hydrogène occupent toutes les autres liaisons disponibles sur les
atomes de carbone. Ils ont pour formule CnH2n+2 : Le butane (C4H10), le méthane
(CH4) ou encore le propane (C5H12) font partis de ces hydrocarbures.  Ces
hydrocarbures linéaires sont les plus abondants ; ces bruts sont les plus recherchés car
ils donnent directement une grande proportion de produits légers com me l'essence et
le gazole.  
 Les hydrocarbures naphténiques (ou cycloalcanes) : leurs atomes de carbone (C)
sont reliés par une liaison simple qui forme au moins un cycle. Sur celui-ci une ou
plusieurs chaînes linéaires ou ramifiées peuvent être greffées. Les atomes
d'hydrogènes (H) occupent alors les liaisons libres sur les atomes de carbone. Ils
ont pour formule Cn H2n. Dans ce groupe on peut trouver le cyclobutane (C4 H8),
le cyclohexane (C6 H12) ou encore le cyclopropane (C3 H6). Ce sont beaucoup
d'hydrocarbures à cycle saturé.

 Hydrocarbures aromatiques: dans ce groupe d'hydrocarbures, les atomes de carbone


sont reliés entre eux pour former au moins un cycle. Les liaisons simples et doubles y
sont disposées de façon alternée où des chaînes linéaires ou ramifiées peuvent venir
s'y greffer. Les électrons d'une double liaison sont capables de se déplacer d'une
liaison à une autre. Ils ont pour formule Cn H2n-6. Le benzène (C6 H6) est l'élément
le plus connu de ce groupe. Les hydrocarbures présentant un cycle carboné insaturé
sont plus abondants dans les aromatiques.

I.5. Propriétés du pétrole brut :

I.5.1. La masse volumique, la densité et le degré API :

La masse volumique ρ d’une substance est le rapport de la masse sur le volume de la substance à une
température déterminé.

La densité d est le rapport de la masse volumique brut de la substance sur la masse volumique d’un
fluide de référence (l’eau pour les liquides et les solides) ρ réf dans des conditions déterminés de T et
de P : d brut = ρ brut(T) / ρ eau (T).

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Le degré API (du nom de "American Petroleum Institute") est un autre moyen pour exprimer la
densité d’un brut. Plus le pétrole est lourd son degré API est faible
°API=(141.5/d)-131.5 Avec d la densité du pétrole brut par rapport à l’eau mesuré à 15,5°C.

I.5.2. Teneur en sel:

La teneur en sel est exprimée en milligrammes de chlorure de sodium NaCl par litre de pétrole brut ou
en (pounds/baril) de brut, cette teneur représente la quantité de sel dissoute dans l’eau présente dans le
brut. Une teneur élevée de sel dans le brut provoque de graves problèmes de corrosion. Généralement
une teneur de NaCl supérieur à 10lb/1000 baril nécessite un dessalage.

I.5.3. Teneur en soufre :

La détermination de la teneur en soufre du pétrole brut est importante car cette teneur est utilisée pour
la détermination du prix du brut.

I.3.4. Point d’écoulement :

Le point d’écoulement pour un brut est la température la plus basse à la quelle le brut s’écoule (reste
fluide) dans les conditions de test. Le but de ce test est d’indiqué la quantité des longues chaines
paraffiniques (la cire de pétrole ou petroleum Wax) contenues dans le brut. Là que la connaissance du
point d’écoulement est importante pour la détermination des conditions de pompage du brut en hiver .

I.6. Classification des bruts :


I.6.1. Classification selon la densité :
 Pétrole léger "light" : le degré API est supérieure à 31.1 ; API>31.1.
 Pétrole moyen "medium" : °API compris entre 22.3 et 31.1 ; 22.3<API<31.1.
 Pétrole lourd ("heavy") : °API compris entre 10 et 22.3 ; 10<API<22.3.
 Pétrole extra lourd ("extra heavy") : °API inférieur à 10 ; API<10.

I.6.2. Classification selon la teneur en soufre:


Ceci est important car le soufre est un « polluant-corrosif e » que les raffineurs doivent retirer. Ceci a
un coût et il diminue donc la valeur du brut.

I.6.3. Classification selon la composition chimique:


 Les pétroles paraffiniques : le pourcentage des hydrocarbures paraffiniques est supérieur à
50%.
 Les pétroles naphténiques : le pourcentage des hydrocarbures naphténiques est supérieur à
50% dans le brut.
 Les pétroles aromatiques : le pourcentage des hydrocarbures benzéniques est supérieur à 35%.

I.7. Raffinage du pétrole :

Le raffinage du pétrole est une industrie lourde qui transforme un mélange d’hydrocarbures appelé
pétrole brut, en produits énergétiques tels que carburants et combustibles, et en produits non
énergétiques tels que les matières premières pétrochimiques, lubrifiants, paraffine et bitumes. Les
produits sont ensuite acheminés vers le consommateur final, soit directement, soit à travers un réseau
de distribution comprenant notamment des dépôts et des stations-service.

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La transformation des pétroles bruts s’effectue dans les raffineries qui sont plus ou moins complexes
selon la gamme des produits fabriqués et selon la qualité des pétroles bruts comparée aux exigences du
marché.

I.8. Procédés de raffinage :

La complexité d’une raffinerie se traduit par le nombre d’unités de fabrication. Ces unités utilisent des
procédés physiques ou chimiques que l’on classer en trois catégories :

 Les procédés de séparation.


 Les procédés de conversion.
 Les procédés d’épuration.

I.8.a. Procédés de séparation :

 La distillation atmosphérique

Dans les tours de distillation atmosphérique, le pétrole brut dessalé est préchauffé en utilisant la
chaleur recyclée provenant des procédés. Cette charge est ensuite acheminée vers un réchauffeur à
chauffage direct, puis vers le bas d’une colonne de distillation verticale à des pressions légèrement
supérieures à la pression atmosphérique et à des températures allant de 343 °C à 371 °C pour éviter
tout craquage thermique indésirable qui se produirait à des températures plus élevées. Les fractions
légères (à bas point d’ébullition) se diffusent dans la partie supérieure de la tour, d’où elles sont
soutirées en continu et acheminées vers d’autres unités en vue de subir un traitement plus poussé avant
d’être mélangées et distribuées.

Les fractions ayant les points d’ébullition les plus bas, comme le gaz combustible et le naphta léger,
sont soutirées au sommet de la tour sous forme de vapeurs. Le naphta ou essence de distillation est
repris à la partie supérieure de la tour comme produit de tête. Ces produits sont utilisés comme
matières premières et de reformage, essences de base, solvants et gaz de pétrole liquéfiés.

Les fractions ayant un intervalle d’ébullition intermédiaire, dont le gazole, le naphta lourd et les
distillats, sont soutirées latéralement dans la section médiane de la tour. Elles sont soumises à des
opérations de finition en vue d’être utilisées comme kérosène, carburant diesel, mazout,
carburéacteurs, matières premières des unités de craquage catalytique et essences de base. Certaines de
ces fractions liquides sont débarrassées de leurs produits plus légers.

Les fractions plus lourdes à point d’ébullition plus élevé (résidus de première distillation) qui se
condensent ou qui restent dans la partie inférieure de la tour sont utilisées comme fiouls ou matières
premières pour les unités de production de bitumes, ou sont acheminées vers un réchauffeur et une
tour de distillation sous vide.

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Figure 01 : Tour de la distillation atmosphérique.

 Distillation sous vide :


Dans les tours de distillation sous vide, la pression est suffisamment basse pour empêcher le craquage
thermique lors de la distillation des résidus de première distillation provenant de la tour de distillation
atmosphérique où la température est plus élevée. L’intérieur de certaines tours de distillation sous vide
est différent de celui des tours de distillation atmosphérique; au lieu de plateaux, Une tour sous vide
typique de première phase peut produire des gazoles, des huiles lubrifiantes de base et des résidus
lourds se prêtant au désasphaltage au propane. Une tour de seconde phase fonctionnant sous un vide
plus poussé permet de distiller les résidus excédentaires provenant de la tour de distillation
atmosphérique qui ne servent pas au traitement des huiles lubrifiantes de base, ainsi que les résidus
excédentaires provenant de la première tour de distillation sous vide qui ne sont pas soumis au
désasphaltage.Les queues de distillation sous vide peuvent aussi être acheminées vers un four à coke,

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être utilisées comme base de lubrifiant ou de bitume.

Figure 02 : Tour de la distillation sous vide.

 Le désalphatage :
Le désalphatage   permet de séparer les fractions d’huile lourde et d’obtenir de l’huile lubrifiante
lourde, des produits destinés au craquage catalytique et des bitumes. 
 L’extraction :
L’extraction des aromatiques est un procédé qui par l’action d’un solvant provoque la création de deux
phases liquides grâce à la miscibilité partielle dans ce solvant de certains constituants du produit à
raffiner. Deux produits obtenus : l’extrait et le raffinat.
 La cristallisation :
Un autre procédé de séparation pour la fabrication des lubrifiants consiste à provoquer par
refroidissement des paraffines et à créer ainsi une phase solide et une phase liquide. La séparation de
ces deux phases s’effectue en continu avec l’aide d’un solvant par filtration sous vide.

I.8.b. Procédés de conversion :

 Reformage :
Les procédés de reformage catalytique permettent de convertir les naphtas lourds à faible indice
d’octane en hydrocarbures aromatiques pouvant servir de matières premières pour l’industrie
pétrochimique et en constituants pour l’essence à indice d’octane élevé, appelés reformats, par
réarrangement moléculaire ou déshydrogénation.
 Isomérisation :
L’isomérisation permet de convertir le butane, le pentane et le hexane en leurs isoparaffines
respectives. Certains des constituants des paraffines linéaires du naphta léger obtenu par distillation
directe ont un indice d’octane peu élevé. On peut convertir ces constituants en isomères ramifiés à
indice d’octane élevé en réarrangeant les liaisons interatomiques. Les deux procédés distincts
d’isomérisation sont l’isomérisation du butane (C4) et l’isomérisation du pentane/hexane (C5/C6).

I.8.c. Procédés d’épuration :

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Ces procédés ont pour le but de débarrasser les produits traités ainsi que les effluents liquide ou
gazeux et les composés qui y sont continus en faibles proportions et tous ca pour les opérations de
raffinage :

 Le dessalage :
Le pétrole brut contient souvent de l’eau, des sels organiques et des solides en suspension ; Le
dessalage ou bien la déshydratation c’est la première étape du raffinage consiste à éliminer ces
contaminants pour réduire la corrosion par trois sous procédés : le dessalage chimique, le dessalage
électrostatique et la filtration.

 La désulfuration :
La désulfuration est l'opération consistant à éliminer la plus grande partie du soufre contenu dans un
produit (fumées de combustion, gaz naturel acide ou produits pétroliers). Concernant ces derniers,
l'opération peut être réalisée à hautes pression et température grâce à un apport d’hydrogène, dont les
atomes se substituent au soufre dans les molécules d'hydrocarbures. Le soufre est présent
naturellement en plus ou moins grandes quantités dans tous les combustibles fossiles.

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