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Le tourisme bio 

: enjeux et perspectives

INTRODUCTION

Depuis la seconde guerre mondiale, les fermiers européens ont axé leur mode de
gestion de leurs exploitations sur des systèmes de production intensifs.
Les résultats en terme de quantité furent incontestables.
Mais aujourd’hui, le revers de la médaille n’apparaît pas aussi brillant : des eaux sont
polluées, des sols dégradés et la qualité des aliments inquiète de plus en plus les
consommateurs.
Face à ces préoccupations, l’agriculture biologique semble à même de proposer une
alternative intéressante aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs.
Les valeurs véhiculées par le « label biologique » s’intègrent alors dans d’autres
secteurs d’activité : le tourisme n’y échappe pas.
Il se développe des structures d’accueil en milieu rural répondant à la demande du
tourisme vert. Cette forme de tourisme relativement récente est porteuse de nouveaux enjeux
et de nouvelles perspectives.
Mais la place du bio dans l’activité touristique, l’interdépendance de ces deux notions,
est à définir afin d’élaborer des stratégies performantes de promotion et de pérennisation de
ces deux concepts.

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Le tourisme bio : enjeux et perspectives

PARTIE 1 : LE BIO, UNE QUESTION DE VISION.

I-LES « PRODUCTEURS » DU BIO : UNE QUESTION DE VALEURS


A) UNE POPULATION SPECIFIQUE.
Dans un premier temps, il est important de définir, de caractériser ceux qui font cette
activité. Comment et pour quelles raisons ont-ils intégré leur méthode de production
respectueuse de l’environnement à une activité touristique, au sein même de leur exploitation.
On parle le plus souvent, notamment en Bretagne, d’agriculteurs avides de productions
intensives où seuls les soucis de rentabilités ne rentrent en compte dans la gestion de leur
exploitation.
A l’heure des dérives observées par de telles pratiques, certains veulent se mettre en
marge de ces modes de gestion.
A leur rencontre, on se rend compte d’ailleurs que de telles préoccupations sont
durablement et profondément enracinées, non seulement dans leur façon de produire, mais
bien plus encore dans un véritable projet de vie. En effet, le plus souvent, le tourisme bio est
un prolongement d’une certaine approche de la vie, voire même d’une certaine philosophie.
Ces convictions sont fortes.
Elles constituent un solide socle aux ambitions de tels projets. Les difficultés d’une
telle activité sont en effet très nombreuses (mises aux normes, papiers administratifs…),
notamment au départ, et il faut donc une motivation inébranlable pour pouvoir les surmonter.
Ces acteurs, les producteurs de l’activité touristique bio, constituent donc une
population bien spécifique. Ces « agri écolos » se veulent donc les porteurs d’une certaine
idée de leur activité, idée qu’ils ont bien l’intention de transmettre.

B) LE SOUCIS DU PARTAGE DES CONNAISSANCES.


De plus en plus isolé dans nos campagnes, et par le fait, des consommateurs du travail
fourni, les producteurs voient apparaître, de plus en plus, le spectre de la méconnaissance de
leur savoir-faire.

Ce sentiment est très vif au sein des exploitants. Le tourisme bio est un vecteur idéal
de rapprochement entre les producteurs et les consommateurs. En effet, la démarche
volontariste des pratiquants du tourisme bio incite à la communication entre les deux parties.

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Par cette activité, les préoccupations précédemment énoncées trouvent écho auprès de
populations sensibilisées à ces problèmes.
Le dialogue peut donc s’installer.
C’est également l’occasion de voire concrètement sur le terrain, le travail quotidien
qu’impose le label d’agriculture biologique. Il n’est d’ailleurs pas rare que des sortes
d’ateliers pratiques fassent partie des brochures touristiques bios. Ils répondent tout autant à la
demande de la clientèle de réellement s’immerger dans le milieu agricole bio qu’aux soucis de
partages des connaissances, des savoir-faire, qui constituent ce mode de production.
C’est d’ailleurs le cadre adéquat, pour faire voler en éclats bons nombres d’idées
reçues véhiculées par les campagnes de communication et de publicité.
Dans ce système clos, que peut représenter le cadre d’une exploitation agricole, c’est
l’exploitant et lui seul qui est en charge de la clientèle.

Outre le souci de mieux faire comprendre et susciter l’intérêt que revêt une telle
démarche, ces structures placent également des enjeux à plus long terme, notamment en ce
qui concerne l’éducation des plus jeunes.

C) UNE NOTION CLE : LA TRANSMISSION INTERGENERATIONNELLE.


Des études ont démontré que plus les enfants étaient sensibilisés jeunes à des notions
environnementales, plus les comportements avaient des chances de perdurer dans les années
qui suivent.
Les producteurs bio sont très attachés à la situation environnementale actuelle, liée aux
activités agricoles, mais peut-être plus encore aux impacts futurs des pratiques d’aujourd’hui.
La valeur éducative est donc très présente dans la démarche du tourisme bio.
Elle permet non seulement de rapprocher les individus mais pose également les bases
de perspectives d’avenir.

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II- DES ATTENTES DIVERSIFIEES POUR LES CONSOMMATEURS


DE L’ACTIVITE TOURISTIQUE BIO
A) LA PLACE DU BIO DANS LES ATTENTES TOURISTIQUES
A ce niveau, il convient de déterminer la place de la valeur bio en tant que facteur
déterminant de l’attrait touristique.
Le tourisme bio est-il une composante du tourisme vert ou une activité touristique
propre ?
Ces notions semblent étroitement liées.
Ils reflètent tous les deux des espaces reculés, éloignés de l’agitation quotidienne. Un
retour aux sources. C’est dans cette optique que l’attrait de la valeur bio semble prendre toute
sa mesure.
L’appellation bio pourrait donc se résumer à une carte de visite, à un label certifiant le
côté « terroir » de la structure accueillante, jusque dans les pratiques perçues comme
ancestrales et respectueuses de l’environnement.
L’adéquation entre la volonté des producteurs et la demande des consommateurs est
donc vérifiée.
Mais il apparaît abusif de hisser le bio comme facteur déterminant de l’attrait
touristique. En terme de temps, le rapport proprement dit à la valeur bio n’occupe que de
courtes périodes dans un séjour à la ferme. Il ne concerne que les menus travaux de
découvertes, ateliers, ainsi que quelques séances de ramassage dans les cultures.
Le bio est également présent dans les assiettes lors d’éventuels repas en commun entre
les producteurs et les touristes.
Le paradoxe est atteint lorsque, certaines structures d’accueils vantent dans leurs
brochures d’information, la proximité de pôle urbain, ou la facilité d’accès aux plages d’une
grande station balnéaire.
Dès lors, le bio et la structure d’accueil se limitent à une sorte de refuge, un nid
douillet, dans lequel le touriste vient s’isoler le soir, après une journée passée dans la masse
des estivants.

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B) TYPOLOGIE
Mais le lien entre la composition des groupes de touristes et l’attente que chacun
demande, est-il fondé ?
Il semble que oui.
Les rencontres avec les différents acteurs ont permis d’aboutir à une sorte de typologie
des fréquentations.
Il en résulte que ce sont les familles pour qui le bio revêt le plus d’importance. Des
parents, souvent jeunes, déjà sensibilisés par la question de la qualité alimentaire et des
impacts environnementaux, intègrent leurs enfants à ces préoccupations.
C’est la découverte des produits et, à travers la volonté éducative proposée par les
producteurs, que les parents tentent de sensibiliser leurs enfants.
Les attentes de chacun sont donc comblées.
Il résulte également que plus le groupe est important, plus la valeur bio est délaissée au
profit de l'attrait tourisme vert et vie à la campagne. Dans ce cas, la structure accueillante
occupe plus la fonction de dortoirs, souvent à des prix raisonnables, dans des zones où l’offre
d’hébergement peut être limitée. Ceux-là viennent compléter les structures plus « classiques »
comme les gîtes ruraux par exemple.

Enfin, la dualité citadins-ruraux est une nouvelle fois présente. Tandis que les premiers
viennent avant tout chercher un havre de paix, sans se soucier réellement des méthodes de
production utilisées, les autres montrent d’avantage d’importance à la valeur bio.
C’est le retour aux goûts et aux pratiques d’autrefois, une respiration temporelle plutôt
que spatiale.

III - LE ROLE DU BIO DANS LE RENFORCEMENT DE L’IMAGE DU


MONDE RURAL
Nous pouvons nous placer sur deux plans. D’un côté, les crises répétées des dernières
années sur la sécurité alimentaire ont plus qu’écorné l’image des agriculteurs et plus que cela,
leurs méthodes de production.
Parallèlement, chaque crise a renforcé les pratiques alternatives. L’agriculture
biologique profite donc en quelque sorte de ces différences crises.

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Les éléments qu’elle dénonce dans les pratiques intensives et pour lesquels elle prend le
contre-pied sont d’ailleurs souvent pointés du doigt comme les facteurs déclenchant
des crises.
L’image de marque du label bio semble donc avoir le vent en poupe.
Mais encore très minoritaire, le bio ne peut à lui seul redorer le blason d’une entité
aussi complexe que l’espace rural. Son pouvoir d’attraction n’est donc pas assez fort pour
remplir un tel rôle.
Néanmoins, il faut espérer que les valeurs associés au bio ne soient pas contraintes de
se propager, de se diffuser par le seul fait qu’elles bénéficient du contre balancier des excès
des autres systèmes de production.

Face à un espace urbain confronté à de multiples difficultés, le bio permet de renforcer


certainement moins l’image du rural, que la dualité entre ces deux espaces et donc de ce fait,
apporte une « attractivité » nouvelle.

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PARTIE 2 : LE TOURISME VERT, UN SECTEUR


EN PLEINE MUTATION

I- QU’EST-CE QUE LE TOURISME VERT ?


A) TOUR D’HORIZON
Dans ce secteur, on parle également de tourisme durable, d’écotourisme,
d’agrotourisme ou de tourisme vert. Notons que l’année 2002 a été déclarée année de
l’écotourisme par le secrétariat d’état au tourisme.
Malgré un discours très porteur, les statistiques démontrent que le nombre de
vacanciers en milieu rural a tendance à stagner, cette forme de tourisme arrivant nettement en
3ème position derrière le tourisme balnéaire et le tourisme blanc. Cependant, même si la
progression de ce secteur est lente, elle est globalement positive.
La clientèle de cette forme de tourisme en plein essor se décline en 3 segments :
 les personnes aux racines campagnardes réelles ou imaginaires possédant une
résidence secondaire ou logeant dans leur faille ou chez des amis.
 les adeptes « par défaut » de cette forme de tourisme pour des raisons financières (le
tourisme vert étant meilleur marché que ses concurrents)
 les « amoureux » de la campagne désireux de partager certaines valeurs aux jeunes
générations.
Des évaluations de la clientèle future font émerger les personnes de plus de 60 ans et
les ménages à faibles revenus.
Une analyse de la situation du tourisme vert fait ressortir que la demande est réelle mais
qu’une partie de l’offre set inadaptée, en effet, on remarque que cette offre est atomisée et
qu’il n’existe que quelques structures organisées. On note également que les potentialités de
ce marché sont énormes du fait des clientèles étrangères et surtout des courts séjours dus en
partie à la réduction du temps de travail.

Le tourisme vert est également une opportunité pour le milieu rural en terme de
développement et d’aménagement. En effet, les années 80 ont vu l’apparition de nouvelles
disciplines de loisirs qui ont bouleversé les habitudes et les valeurs sportives qui étaient
dominantes à l’époque. On a vu en effet l’invention du VTT, du canyoning, de l’escalade
libre, du surf des neiges, du parapente…Ces nouvelles disciplines ont permis un élargissement
de la palette classique des sports de plein air (randonnée pédestre, cyclotourisme…).

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Ces innovations ont favorisé le captage d’une nouvelle clientèle pour les espaces ruraux.
B) QUELQUES CHIFFRES
Pour l’année 2000, la France comptait :
 3 millions de randonneurs pédestres circulant sur 120 000 Km de sentiers balisés
 800 000 personnes pratiquant l’escalade
 600 000 licenciés à la Fédération Française d’Equitation et 4200 centres équestres
 1 millions de VTT vendus par an
 438 parcours de golf
 500 bases de loisirs nautiques
 1500 sites équipé pour l’escalade sur murs naturels
 14 millions d’hectares boisés dont 4,5 en forêts domaniales
 10% du territoire occupé par des Parcs Naturels Régionaux

Statistiques pour l’année 2000, concernant la fréquentation touristique de l’espace rural


 29% de l’ensemble des nuitées1 des touristes français et étrangers sur l’ensemble du
territoire national
 les dépenses touristiques à la campagne s’élèvent à 13,72 millions € soit 19% des
dépenses touristiques personnelles sur le territoire national (environ 71 millions €).

Les modes d’hébergement (année 2000 en France métropolitaine)


 284 000 emplacements en campings de passage
 23 000 chambres d’hôtes
 42 000 gîtes d’étape

En plus de ces structures, il faut également prendre en compte les sites du patrimoine qui ne
sont pas tous recensés de façon précise
 50 000 monuments historiques Ces sites contribuent également à l’attractivité du milieu rural
 4 000 musées
 2 000 festivals

1
nuitée : c’est une période où un touriste réside dans un mode d’hébergement marchand pour une durée
équivalente à une nuit.

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II- LES STRUCTURES D’ACCUEIL


A) LES GITES DE FRANCE
« Les Gîtes de France proposent une vraie alternative aux offres habituelles de
l'hébergement de loisirs, en dehors de tout formalisme et standardisation. Au-delà d'un
véritable art de vivre ses vacances, Gîtes de France offre ce que l'on ne peut pas s'acheter :
l'authenticité, l'accueil, le dialogue, toute une palette infinie de sensations et d'émotions pour
redécouvrir la France ».2
Partis d'une idée simple, les Gîtes de France sont devenus les acteurs incontournables
du tourisme vert en France.
Fédérant l'ensemble des relais départementaux des Gîtes de France, La Fédération Nationale
est garante de la mission du Mouvement Gîtes de France :

 Favoriser les séjours touristiques en milieu rural en développant des hébergements de


qualité

 Satisfaire aux exigences et aux besoins d'un tourisme d'authenticité, de convivialité, de


nature, de calme, de découverte et d'espace

 Participer à la valorisation et à la conservation du patrimoine et de l'environnement


rural

 Contribuer à fixer les populations rurales par l'apport de ressources complémentaires

 Participer au développement local par l'augmentation de la capacité touristique

Les deux millions d'adeptes des formules Gîtes de France se caractérisent par leur
fidélité.
En gîte rural, il s'agit avant tout d'une clientèle familiale : couples de 25 à 44 ans avec deux
enfants de moins de 15 ans, citadins, propriétaires de leur habitation, français pour 80%
d'entre eux (première clientèle étrangère, les Britanniques). 50% des clients sont cadres
moyens ou supérieurs, professions libérales, 18% sont des employés. S'ils sont fidèles au
concept, seulement 15% d'entre eux reviennent régulièrement dans le même gîte, tandis que
72% d’entre eux changent de région chaque année. En chambres d'hôtes, il s'agit
majoritairement de couples sans enfants, âgés de 35 à 64 ans, propriétaires de leur maison,
français pour 70% d'entre eux (1ère clientèle étrangère, les Belges). 49% sont cadres moyens

2
source : gîtes de France

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ou supérieurs, professions libérales, 26% sont retraités. S'il s'agit surtout de courts séjours, on
peut noter qu'un client sur deux prolonge son séjour une fois sur place.
Quelques chiffres

En France, une équipe de plus de 600 personnes est au service des propriétaires et des
usagers au travers de la Fédération nationale et de ses 95 relais départementaux.
A l'étranger, les Gîtes de France sont présents depuis près de 20 ans sur les principaux
marchés européens, en collaboration avec de nombreux tour-opérateurs.
38 000 propriétaires, 55 000 hébergements, 30 millions de journées de vacances, pour un
chiffre d'affaires direct de plus de 150 millions d'euros et un apport à l'économie des régions
de 450 millions d'euros dont un tiers en devises (20% de clients étrangers).
C'est aussi 100 millions d'euros investis en rénovation du patrimoine bâti.

B) L’ACCUEIL PAYSAN
La structure de l’Accueil Paysan est composée d’agriculteurs et d’acteurs du monde
rural et son fonctionnement est assuré par des animateurs et des techniciens. Lors de notre
entretien avec l’une des animatrices de l’association, Marie-Eve Taillecours, nous nous
sommes rendus compte que la problématique de l’accueil en milieu rural n’était pas forcément
liée à l’agriculture biologique.
Ce regroupement est né il y a 15 ans de l’initiative d’agriculteurs situés dans les
régions montagneuses françaises qui ont vu leurs revenus baisser et qui ont du se diversifier
afin de compléter ces revenus. Leur objectif était de pouvoir rester sur leurs fermes sans
s’agrandir.
L’Ille et Vilaine compte 60 adhérents et 3 animateurs réunis au sein du pôle INPACT de
Chantepie.
Le réseau aide ses adhérents à différents niveaux :
 financements
 formations
 communication  publications (guide des vacances paysannes…)
 commercialisation  le réseau met en relation les clients et les prestataires en fonction
de la demande et du souhait des clients.
La clientèle de l’Accueil Paysan est différente de ce celle des Gîtes de France dans le sens où
90% de la demande de renseignements émane de travailleurs sociaux.

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Afin de maintenir un haut niveau de qualité, une charte a été mise en place. Les structures
labellisées Accueil Paysan se doivent de la respecter.

L'Accueil Paysan
Sa charte

 L'accueil Paysan est partie intégrante de l'activité agricole.


 Le paysan pratiquant cet accueil est désireux de faire connaître son métier et son
environnement (contact avec les animaux, connaissance des plantes, du rythme des
saisons).Là est la spécificité de son accueil.
 L'accueil se fait dans un souci d'échanges et de respect mutuels.
 Cet accueil se veut accessible à toutes les couches sociales.
 L'accueil Paysan est un facteur de développement local; il maintient la vie en milieu rural.
 Le paysan garantit la qualité fermière des produits qu'il offre.
 L'accueil paysan propose un confort adapté à l'habitat local.
 L'accueil paysan est pensé et organisé par ceux qui en vivent.
 D'autres acteurs locaux permettent, en s'affiliant à Accueil Paysan, d'enrichir la
dynamique locale.

Cette charte est très axée sur le développement local et le maintien d’activité dans le
milieu rural. Avant d’obtenir leur agrément, les candidats à l’Accueil Paysan doivent patienter
un an, délai nécessaire pour savoir si cette activité d’accueil convient aux agriculteurs et si les
clients en sont satisfaits.

Outre ces structures importantes, il existe d’autres labels concernant l’accueil de public en
milieu rural comme les Nids Vacances, les Clés Vacances, les gîtes Rando’Plume (dépendants
de Rando Breizh)….ainsi que de nombreuses chambres d’hôtes pas toujours classées.

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III – LE TOURISME EN MILIEU RURAL : UNE TTYPOLOGIE


VARIEE
A) LES DIFFERENTES FORMES D’HEBERGEMENT
La structure gîte de France propose différents modes d’hébergement tournés vers l’accueil
familial :
 les gîtes ruraux
Situé à la campagne, à la mer ou à la montagne, le gîte rural est une maison ou un
logement indépendant comportant une ou plusieurs chambres, un salon/salle à manger, une
kitchenette ou une cuisine ainsi que les sanitaires correspondants. Il peut être loué pour
quelques jours, pour un week-end, et le plus souvent pour une ou plusieurs semaines,
notamment pendant les périodes de vacances scolaires. Le label de qualité Gîtes de France
garantit des normes de confort précises (en 1, 2, 3, 4 et 5 épis) et le respect d'une charte
nationale.
Tous les gîtes ruraux Gîtes de France sont régulièrement inspectés et classés meublés de
tourisme, en application de l'arrêté du 28/12/1976 modifié.

 les chambres d’hôtes


La chambre d'hôtes est le " bed and breakfast " à la française. Située dans un
environnement calme et agréable, au sein de demeures de charme et typiques de la région
visitée, elle permet une découverte des traditions locales (gastronomie, culture…). Cette
formule permet un échange privilégié avec les logeurs.

 les gîtes d’étape


Les gîtes de séjour conviennent particulièrement aux groupes d'amis et aux familles qui
souhaitent séjourner le temps d'un week-end ou de vacances. Ils répondent également aux
groupes à la recherche d'une structure d'accueil pour effectuer un séminaire, des classes
vertes, découvertes... ou encore un stage sportif.
Les gîtes d'étape permettent de faire halte sur un itinéraire de randonnée pédestre, cycliste
ou équestre...

 les gîtes d’enfants


Pendant les vacances scolaires, les enfants sont accueillis au sein d'une famille agréée à la
campagne, à la mer ou à la montagne.
Les Gîtes de France ont sélectionné chaque gîte d'enfants avec le plus grand soin, en fonction

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de la compétence de la famille d'accueil et d'un projet pédagogique adapté. Outre la garantie


du label Gîtes de France et l'adhésion à une charte nationale de qualité, les gîtes d'enfants sont
régulièrement visités et contrôlés, dans le cadre de leur agrément par la DDASS (Direction
Départementale de l'Action Sanitaire et Sociale) ou par la DDJS (Direction Départementale
Jeunesse et Sports).

 le camping a la ferme
Les campings à la ferme permettent d’installer une tente, une caravane ou un camping-car
en pleine nature, le plus souvent à proximité d’une ferme sur des terrains adaptés. Selon les
structures, différents équipements sont proposés tels que des salles de jeux, des piscines, des
terrains de sport ou des garderies pour les enfants. De plus la plupart du temps des produits
fermiers sont vendus aux visiteurs.

Outre ces possibilités, Gîte de France, via le Service Loisirs Accueil, offre un large choix
de séjours thématiques :
 accueil des personnes à mobilité réduite en partenariat avec l’Association des
Paralysés de France
 séjours à la neige dans les 5 massifs français
 les gîtes PANDA situés dans les Parcs Naturels régionaux ou Nationaux en partenariat
avec l’association WWF
 accueil au sein d’exploitations viticoles pour découvrir l’œnologie
 séjours équestres permettant la pratique d’activités centrées autour du cheval en
partenariat avec la Fédération Française d’Equitation
 les « gîtes de pêche » situés à proximité d’un site de pêche et aménagés en fonction de
cette activité (appâts…)

L’Accueil Paysan quant à lui est surtout orienté vers l’accueil de public en difficulté. Tout
en ayant des structures proches de celles proposées par Gîtes de France, son offre est
complétée par :
 l’accueil d’enfants dans le cadre de placements familiaux en période de vacances
dans des structures agrées par la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports
et la DDASS. Cette formule permet aux enfants de découvrir un autre mode de vie
dans un environnement différent de celui dans lequel ils ont l’habitude d’évoluer.

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 l’accueil de personnes à mobilité réduite ou souffrant d’un handicap moteur. Ceci


nécessite un encadrement spécifique, très présent et bien formé ainsi que des
infrastructures adaptées.

B) L’EXEMPLE DE LA FERME EQUESTRE DE BEL-AIR

La ferme de Bel-Air est située à Montreuil-le-Gast à quelques kilomètres de Rennes et


est tenue par Gwénola (monitrice d’équitation) et Pascal-Yves (agriculteur) BENIS.
La structure existe depuis 10 ans et est issue de la reprise d’une exploitation de bovin de type
intensif. Cette activité a été stoppée à la suite d’une baisse du prix de la viande…
Au départ, la ferme accueillait des enfants et des adultes à mobilité réduite dans la maison
familiale. Ces groupes étaient accompagnés pendant toute la durée de leur séjour (5 jours) par
des éducateurs spécialisés et des psychologues. Cet accueil « à domicile » a été arrêté à cause
du renforcement des normes de sécurité mais également par souci de préserver une certaine
vie de famille… De plus, c’est en 1996 que l’activité équestre a commencé à émerger au sein
de la ferme.
Jusqu’en 2003, la ferme disposait d’un cheptel de porcs permettant la transformation
des produits sur place (laboratoire de boucherie), la vente directe et la vente sur les marchés
(marché des Lices à Rennes). Après avoir fait une simulation de ce que pouvait rapporter
l’activité équestre, les Bénis se sont tournés définitivement vers ce choix.
A l’heure actuelle l’activité de la ferme de Bel-Air se compose ainsi :
 poney-club
 randonnées à la journée ou plus
 pension de chevaux
 accueil d’écoles avec un projet pédagogique fort (la chaîne alimentaire : participation
des élèves aux semis, à la pousse, aux récoltes puis à l’alimentation des animaux). Les
classes de CP et de grande section, au nombre de 3, viennent 3 fois/an, à chaque
changement de saison.
 accueil de personnes à mobilité réduite par demi-journée. Les groupes sont de 8
personnes maximum et viennent pour l’équivalent de 100 demi-journées par an.
 organisation d’animations sur le site de la ferme : marché de Noël, challenges,
concours…
 activité « spectacle équestre » dont le développement est en cours

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 la culture des produits nécessaires à l’alimentation des animaux (16 chevaux et


doubles poneys, lapins, porcs, brebis…). En effet, la gestion de l’alimentation se fait
en circuit fermé, tout ce qui est produit sur la ferme est consommé par les animaux, il
n’y a aucun apport d’aliments extérieurs. Ceci est fait dans le respect d’une démarche
écologique et économique sans lien particulier avec l’agriculture biologique. Il s’agit
simplement de respecter l’environnement dans lequel on évolue.

Afin de maintenir une certaine stabilité financière, il est nécessaire de conserver des
activités rémunératrices et qui fonctionnent toute l’année. C’est le cas de la pension de
chevaux (10 chevaux de propriétaires), de l’enseignement de l’équitation et de l’accueil des
personnes à mobilité réduite.
Une telle structure demande un investissement et une disponibilité considérables et
nécessaires pour conserver une ambiance familiale et conviviale indispensable au bon
fonctionnement d’une telle entreprise.

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PARTIE 3 : LE LIEN ENTRE LE BIO ET LE


TOURISME

I – POURQUOI CE LIEN EST-IL PEU DEVELOPPE ?

A) MARGINALITE DU BIO

L’agriculture biologique reste une activité méconnue malgré une croissance non
négligeable ces dernières années. Le bio occupe encore une place modeste dans la
consommation (1,5 % des dépenses alimentaires des français).
Le bio est mal apprécié par la population car il est trop souvent confondu avec d’autres
types de production :
 L’agriculture raisonnée car elle propose une alternative mais n’est pas aussi soucieuse
de l’environnement.
 Les produits diététiques : en grande surface on retrouve très souvent les produits bio
dans les mêmes rayons que les produits diététiques. Cette situation entraîne une
confusion auprès des consommateurs «non avertis».
 Parfois même avec la production du commerce équitable (pour les mêmes raisons que
les produits diététiques).

B) MECONNAISSANCE DES STRUCTURES D’ACCUEIL

Une des raisons pour laquelle le tourisme bio est peu développé est que les structures
permettant d’accueillir les touristes sont mal connues. En effet, seuls les «habitués » du
tourisme rural et du tourisme vert sont réellement au courant des sites d’hébergements et de
production biologique. La publicité pour ce type d’hébergements est quasi inexistante et
seules des associations particulières telles que «bienvenue à la ferme » et «accueil paysan »
offrent un répertoire assez complet de ces hébergements.
Ce type d’associations est encore peu répandu dans les projets touristiques il serai intéressant
que des agences de voyages spécifiques voient le jour ou que les offices de tourisme se
préoccupent plus de la valorisation du tourisme bio. L’étape la plus bénéfique serai d’associer
toutes les offices de tourisme concernées pour créer un organisme destiné à répertorier toutes
les offres en tourisme bio existantes dans tous les domaines (hébergement, restauration,
visites d’exploitations...).

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C) LE BIO : UNE DEMARCHE VOLONTARISTE

Un des problèmes majeurs de cette «ignorance» est que le tourisme bio résulte
exclusivement d’une volonté des producteurs de faire connaître leur activité par le biais d’un
accueil à la ferme. Ils sont forcés de se démarcher seuls pour se faire connaître et attirer des
touristes car ce sont eux qui se signalent auprès des organismes concernés.
Cependant, la quantité et le rythme de travail que demande l’activité agricole ne leur laisse
pas forcément le temps d’effectuer ces démarches. Ceci fait que tous les agriculteurs bio
offrant des structures touristiques ne sont pas répertoriés, l’offre de tourisme bio se voit donc
minimisée. Il serait donc intéressant d’inverser le fonctionnement actuel ; c’est à dire de faire
en sorte que ce soit les associations qui se renseignent auprès des producteurs pour établir une
liste complète des possibilités qui s’offrent aux touristes intéressés parce type de tourisme.

II – QUELLES SOLUTIONS POSSIBLES POUR RENFORCER CE


LIEN?

A) DEVELOPPER L’ACCES A LA PRODUCTION BIOLOGIQUE

La première mesure envisageable serait de développer des subventions et un soutient


technique pour l’installation ou la conversion en bio. La conversion est une phase difficile
pour les producteurs. Ils sont soumis à des difficultés financières car les investissements sont
relativement importants. Ils doivent en plus assimiler les nouvelles techniques de production
et s’adapter à ce mode de production plus environnemental. La simplification des démarches
administratives attirerait certainement de nouveaux agriculteurs qui sont intimidés par ces
démarches laborieuses.
Renforcer les moyens de contrôle du bio pour éviter les fraudes qui ont trop souvent
terni son image (créer des organismes de contrôles privés sous tutelle de l’Etat).
Cette mesure revaloriserait l’agriculture biologique aux yeux des consommateurs
potentiels et redonnerait confiance en ses productions.
Développer les modes de commercialisation des produits biologiques en favorisant les
commerces spécialisés ou la vente en grande surface (en évitant l’amalgame avec les produits
diététiques comme c’est souvent le cas actuellement).
Il est également possible de sensibiliser l’agriculture biologique auprès des futurs
exploitants en l’incluant dans les programmes. Une formation au bio dans les collèges et
lycées agricoles constituerait un progrès considérable et favoriserait son expansion.

Licence aménagement 17 mai 2004


Le tourisme bio : enjeux et perspectives

Créer un label bio unique qui regrouperait tous les produits issus de cette agriculture.
Ce label devra être octroyé automatiquement sans financement imposé aux agriculteurs. La
situation actuelle fait qu’on trouve le label AB que les producteurs doivent le payer. On
trouve en plus différents labels selon le produit concerné, cela rend difficile, pour le
consommateur, l’identification de ces différents produits et ne l’incite pas à acheter.
Un des problèmes récurrents de l’agriculture bio reste le prix des produits qui est plus
élevé que les produit conventionnels. Cela ne tient pas uniquement au fait que les rendements
soient moins importants mais également à la marge importante dont profitent les distributeurs
intermédiaires quand il s’agit de bio. Une législation plus sévère dans l’établissement de ces
prix permettrait de rendre les produits bio plus accessibles à la consommation et le nombre
d’acheteurs potentiels s’en verrai grandit.

B) CAMPAGNES DE COMMUNICATION

Des campagnes de communication pour informer les consommateurs potentiels sur ce


qu’est réellement l’agriculture biologique.
Les producteurs bio sont soucieux de maintenir un milieu naturel favorable, leurs méthodes
ont des impacts incontestablement positifs pour l’environnement : les écosystèmes sont
préservés de toute pollution chimique.
De telles campagnes seraient certainement bien accueillies après les problèmes qu’a connu
l’agriculture conventionnelle (vache folle, grippe du poulet...). Elles sensibiliseraient
également les consommateurs car le bio constitue une alternative au OGM et dans un pays
comme la France, où les OGM sont mal perçus et font «peur».
Face à ces activités agricoles il faudrait «médiatiser» l’agriculture biologique en la
différenciant notamment de l’agriculture raisonnée (deux activités très souvent confondues) :
mettre l’accent sur le fait que le bio est naturel (contrairement à l’agriculture raisonnée qui est
une solution alternative mais pas aussi environnementale) et qu’il offre de plus amples
garanties sur la qualité des produits (sécurité, goût...) et sur la santé des consommateurs.
Ces solutions permettraient de développer une «culture bio» en privilégiant une logique
d’image à une logique économique :

Licence aménagement 18 mai 2004


Le tourisme bio : enjeux et perspectives

C) DEVELOPPEMENT A DIFFERENTES ECHELLES

Le tourisme bio reste aujourd’hui existant à des échelles locales (quelques exploitations)
ou nationales (réglementation). Pour qu’il puisse occuper une place plus conséquente dans le
tourisme rural il faudrait le développer à différentes échelles.
Les collectivités locales notamment les «pays» devraient donner plus de considération
au tourisme bio en faisant un objectif prioritaire de leur association. Le tourisme bio doit donc
prendre une place au sein des acteurs locaux en faisant reconnaître son professionnalisme
pour prouver qu’il constitue une activité économique sérieuse et rentable. Au-delà de la
notion financière il doit prouver qu’il résulte de notions de viabilité, de gestion de projet et
d’organisation. Il peut, pour cela, s’appuyer sur le RNO (réseau national d’observation) qui
soutient le tourisme rural depuis une dizaine d’années. A terme le tourisme bio doit répondre
aux deux attentes des consommateurs :
 proximité
 authenticité
Les conseils généraux et régionaux devraient y porter plus de considération : on peut
envisager la création d’un parc régional consacré au tourisme dans lequel le conseil régional
prendrait une part importante pour la communication et le développement.

Licence aménagement 19 mai 2004


Le tourisme bio : enjeux et perspectives

CONCLUSION

Le tourisme bio n’en est qu’à ses débuts et bien que les enjeux soient relativement clairs
les perspectives restent peu évidentes.
En effet, on a pu constater que le bio s’est énormément développé ces dix dernières
années.
Le bio ne donne pas assez l’image d’une activité nouvelle et environnementale. Il est
indispensable qu’il se différencie fondamentalement des autres productions agricoles pour
espérer voir les activités associées se développer. De plus, l’image du monde rural est encore
à améliorer dans la mesure où cet espace est vu par les ruraux comme un espace de vie et de
travail et par les citadins comme un lieu de loisirs et un espace de « retour aux sources » ;
reste à savoir si ces deux visions d’un même espace pourront un jour se rejoindre.
Cette démarche ne se fera pas seule et l’intervention des structures publiques et d’autres
organismes privés est indispensable pour que le bio trouve sa place dans le système
touristique actuel.
Le développement du tourisme biologique comme le développement du tourisme rural
quelques années plus tôt offrirait donc une nouvelle vision (de l’extérieur) de cette activité et
permettrait certainement un nouvel essor pour l’agriculture biologique.

Licence aménagement 20 mai 2004