Vous êtes sur la page 1sur 14

LES CRISES : L'ANALYSE DES ÉCONOMISTES FRANÇAIS DU XIXE SIÈCLE

Nicolas Gallois

Altern. économiques | « L'Économie politique »

2012/3 n° 55 | pages 14 à 26
ISSN 1293-6146
ISBN 9782352400691
Article disponible en ligne à l'adresse :
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
https://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2012-3-page-14.htm
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


Distribution électronique Cairn.info pour Altern. économiques.
© Altern. économiques. Tous droits réservés pour tous pays.

La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les
limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la
licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie,
sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de
l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage
dans une base de données est également interdit.

Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)


Quelle théorie économique
L’Economie politique
Trimestriel-juillet 2012

d’après-crise ?

p. 14

Les crises : l’analyse


des économistes français
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


du XIXe siècle
Nicolas Gallois, économiste.

« Aucune crise n’éclate comme un coup de tonnerre


par un temps calme. »
Clément Juglar [1889, p. 4]

L
a crise économique actuelle, qui a eu son point
déclencheur lors de l’été 2007, a pris une dimension
plus dramatique après la faillite de Lehman Brothers
le 15 septembre 2008. Elle touche désormais les
Etats européens, avec la peur d’une contagion systémique. Cette
situation inédite depuis la Seconde Guerre mondiale devrait
interpeller l’ensemble des économistes censés disposer des outils
nécessaires à la compréhension des crises. Or, ceux qui analysent
ces phénomènes sont souvent cantonnés à des recherches spéci-
fiques. Il s’agit soit de spécialistes de la finance, soit d’historiens
de la pensée économique. Comme la crise a un fondement finan-
cier, les premiers ont été mobilisé par les plateaux de télévision
ou par l’écriture d’articles ou de livres  [1] afin de décortiquer jour
par jour le déroulement de ce phénomène, prenant en compte les
[1] Cf. par exemple éléments immédiats, comptables et spécifiques de cette situation.
Aglietta [2010], Gayraud
[2011], Orléan [2009]. Les seconds ont cherché dans le passé une explication des phé-

L’Economie politique n° 55
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?
nomènes actuels à travers le fonctionnement général des crises, p. 15
dont celles de 1907 et de 1929 [2].

Notre contribution entre dans cette seconde catégorie. [2] Pour ne citer que
quelques références (qui
Nous n’allons pas chercher des chiffres exacts, des lieux et elles-mêmes fournissent
des noms d’entreprises ou de dirigeants mais un processus, une bibliographie
conséquente sur le sujet),
un fonctionnement du système économique. Ce ne sont pas les cf. Boianovsky [2011],
économistes contemporains qui vont être questionnés ici mais Joshua [2010], Tutin
et Mendez [2010].
ceux qui ont vu apparaître les premières crises industrielles :
[3] Pour plus de détails
les économistes français du XIXe siècle. Le paysage de cette sur cette école, consulter
époque étant très hétéroclite (se côtoient les anarchises, l’ouvrage de Breton
et Lutfalla [1991].
socialistes, utopistes, libéraux, etc.), ce sont les économistes
« officiels »  [3], ceux qui tiennent les places stratégiques dans [4] Lien qui lui permettra
d’obtenir le premier
l’enseignement et le conseil (notamment au sein de l’Académie prix Nobel de la paix
en 1901. Pour la paix [1909]
des sciences morales et politiques), qui vont être analysés. Ils
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


regroupe sa pensée
sont regroupés autour de certaines valeurs (la défense de la sur ce thème.

liberté économique notamment) et ont été désignés par les


historiens de la pensée économique comme les « économistes
de l’école française ».

Cela peut paraître déconcertant d’interroger de tels penseurs


mais leur analyse du phénomène de la crise, conjuguée avec celle
des cycles, est d’une actualité surprenante. Deux optiques vont
être développées. La première revient sur le processus même
des crises économiques. Cette étude sera faite en s’appuyant sur
l’élite financière de cette période à travers une lecture à plusieurs
voix. La seconde partie s’interrogera sur le caractère récurrent
de ce phénomène pour savoir s’il est possible d’y échapper. Ce
sont les grands représentants de l’école française qui seront
alors questionnés, l’objectif étant de sensibiliser l’ensemble de
la discipline sur un sujet qui ne peut laisser indifférent au vu de
ses conséquences humaines catastrophiques. Il s’agit de savoir
si l’histoire peut nous apporter une clé de lecture et surtout des
moyens d’échapper à de futures crises.

Une lecture à trois voix des crises économiques


L’analyse des crises économiques au XIXe siècle est portée par
quelques grands noms. En effet, la plupart des économistes
de cette époque sont des généralistes, spécialisés dans un
ou quelques domaines particuliers. Paul Leroy-Beaulieu était
passionné par les questions coloniales et le fonctionnement
de l’Etat, Frédéric Passy, par les questions des rapports entre
l’économie et la paix  [4], Gustave de Molinari, par les questions ›››

Juillet-août-septembre 2012
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?

p. 16 évolutionnistes et la défense absolue de la liberté  [5], Louis


­Reybaud, par les socialistes, etc.

Trois auteurs se sont spécialisés sur les questions moné-


taires d’ordre général et les crises économiques en particulier [6].
[5] A travers des
propositions libérales Il s’agit de Charles Coquelin, Jean-Gustave Courcelle-Seneuil et,
extrêmes, comme la mise
sous concurrence
son nom est resté dans l’analyse économique actuelle grâce aux
de la sécurité dès 1849 ; travaux de Joseph Schumpeter [1954], Clément Juglar [7]. Ce sont
des idées qui sont
toujours présentes dans ces spécialistes qui vont nous servir de références à l’analyse
les débats économiques des crises au XIXe siècle.
contemporains, depuis
les travaux de Murray
Rothbard et David Tout va bien
Friedman qui ont complété
ses recherches. Dans la période précédant une crise le capital est généralement
[6] Les crises abondant et disponible à bas prix : « le crédit facile permet
économiques portent d’engager des affaires qui se liquident avec la plus grande aisance,
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


au XIXe siècle le nom
de crises commerciales. par suite de la tenue et de la hausse des prix qui activent encore la
[7] Ce médecin de
rapidité des échanges » [Juglar, 1900, p. 642]. De grands projets
formation s’est intéressé sont avancés sans qu’il soit important de savoir lesquels : « peu
à la finance en gérant le
patrimoine de son épouse. importe ; c’est ici que les circonstances peuvent varier à l’infini »
C’est par l’analyse des [Coquelin, 1859, p. 270]. Dans cette ambiance, les bénéfices se
cycles économiques qu’il
a réussi à s’enrichir et à développent et les capitalistes en premier, puis les épargnant,
devenir une référence dans
l’analyse de ce phénomène
vont chercher à obtenir de plus en plus de leur argent, « et la
économique récurrent. spéculation s’éveille » [ibid.].

Si les premiers investissements sont toujours bien encadrés


et dans les règles de l’art de la gestion d’entreprise, les pers-
pectives de profits importants vont avoir pour conséquence
progressive d’« élev[er] des usines mal placées, ou produi[re]
c­ ertaines espèces de marchandises en quantité excessive, eu égard
à la moyenne des habitudes » [Courcelle-Seneuil, 1909, p. 52]. Ces
investissements pour une certaine part peu judicieux vont avoir
une conséquence désastreuse sur l’ensemble de l’économie.

Le retournement
Le renversement de tendance n’est pas totalement inattendu
pour celui qui analyse la société. « Les symptômes qui précèdent
les crises sont les signes d’une grande prospérité ; nous signale-
rons les entreprises et les spéculations de tous genres ; la hausse
des prix de tous les produits, des terres, des maisons ; la demande
des ouvriers, la hausse des salaires, la baisse de l’intérêt, la cré-
dulité du public, qui, à la vue d’un premier succès, ne met plus
rien en doute ; le goût du jeu, en présence d’une hausse continue,
s’empare des imaginations avec le désir de devenir riche en peu

L’Economie politique n° 55
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?
de temps, comme dans une loterie. Un luxe croissant entraîne p. 17
des dépenses excessives, réglées non sur les revenus, mais sur
l’estimation nominale du capital d’après les cours côtés » [Juglar,
1889, p. 4-5].

L’élément déclencheur du retournement se trouve alors sans


surprise dans une perte de confiance en l’avenir. « Il suffit, pour
que la crise éclate, que la confiance,
à tort ou à raison, soit diminuée. Car
une diminution de confiance pro- Dans la période précédant une crise,
duit une diminution réelle dans la les capitalistes en premier, puis
somme des capitaux disponibles » les épargnants, vont chercher à obtenir
[Courcelle-Seneuil, 1909, p. 55]. « Il de plus en plus de leur argent, « et la
suffit qu’une grande compagnie ou spéculation s’éveille » [Coquelin, 1859].
qu’une grande institution du cré-
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


dit succombe pour que toutes les
affaires, s’appuyant sur une base aussi fragile, s’écroulent » [8] « C’est un vrai château
de cartes qui s’écroule
[Juglar, 1900, p. 642] [8]. dès qu’on y touche
du bout du doigt parce
qu’il n’a aucune base.
Contrairement à l’utilisation actuelle, le terme de crise est Où se trouve le terrain
utilisé pour désigner une période très courte (quinze à vingt solide ? Il se trouve dans
le prix des marchandises
jours maximum) pendant laquelle « tout est ébranlé et rien ne à leur juste niveau » [Rossi,
1865, vol. 4, p. 323-324].
paraît plus tenir debout ; non seulement les imprudents sont
renversés, mais les plus prudents ne savent même pas à quel [9] « Le jour où les plus
avisés […] se présentent
prix ils sortiront de la bourrasque. Tout crédit, toute confiance à une banque avec une
a disparu, c’est un sauve-qui-peut général » [Juglar, 1900, mine effrayée et demandant
des écus contre des billets,
p. 643]. ce jour-là tout se découvre,
les caves des banques
sont vides, les débiteurs
Pendant cette courte période, plus personne ne trouve de de ces banques,
au lieu d’apporter
nouveaux preneurs pour développer ses activités  [9]. « Le mou­ des valeurs réelles, offrent
vement des échanges, jusqu’ici très rapide, très avantageux, est de renouveler leurs billets,
les commissionnaires
tout à coup arrêté ; ceux qui espéraient vendre et surtout les der- dans les ports des deux
mondes suspendent
niers acheteurs ne savent plus que faire de leurs marchandises ; ni les avances et se mordent
au-dedans ni au-dehors on ne peut les placer, et cependant il faut les doigts des avances
qu’ils ont faites,
faire face aux échéances » [Juglar, 1900, p. 643]. les entrepreneurs effrayés
n’osent plus soutenir
leurs commandes. C’est
Le résultat d’une telle situation « est toujours le même » une liquidation générale
qu’il faut faire » [Rossi,
[Coquelin, 1859, p.  270]. Les fonds commencent à être 1865, vol. 4, p. 325-326].
­retirés. « Ceux qui ont perdu leurs capitaux propres essayent
de les remplacer par des emprunts ; ceux qui ont perdu les
capitaux d’autrui s’efforcent de les remplacer par le même
moyen ; tous accourent sur le marché des disponibles, et y font
hausser les cours » [Courcelle-Seneuil, 1909, p. 53]. Devant ›››

Juillet-août-septembre 2012
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?

p. 18 les retraits progressifs des fonds, les banques se trouvent


prises au dépourvu. « Les propriétaires de disponibles s’alar-
ment et r­ appellent leurs fonds, soit pour les garder, soit pour
les employer dans des opérations que la baisse générale et
­exceptionnelle des marchandises rend lucratives » [Courcelle-
Seneuil, 1909, p. 53].

Les conséquences désastreuses


Si la crise ne dure à proprement parler que quelques jours, la
période de liquidation est une « période longue et pénible, où
[…] rien ne marche plus ». Cette période de liquidation peut durer
« deux à trois et même quatre années » [Juglar, 1900, p. 642].

La banque essaye dans un premier temps « de faire tête à


l’orage. Elle multiplie ses escomptes, tant parce qu’on lui pré-
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


sente en réalité […] un plus grand nombre d’effets, que parce
qu’elle espère satisfaire par ce moyen les nouveaux besoins qui se
révèlent. Elle émet aussi un grand nombre de billets : mais comme
la circulation en a déjà tout ce qu’elle en peut contenir, elle les
rejette : à peine émis, ces billets se présentent au remboursement,
et contribuent avec tout le reste à diminuer la réserve qui décline
toujours » [Coquelin, 1859, p. 270-271].

Le signal d’alarme émis commence à se répandre dans le


public et les établissements bancaires commencent à trembler
pour eux-mêmes. Dans une situation de profond désespoir, les
banques resserrent leurs escomptes « en refusant une grande
partie des effets qu’on [leur] présente. C’est le coup de grâce pour
le commerce. Alors la mine éclate et le sol se couvre de ruines.
La débâcle est générale. Les entreprises nouvelles, commencées
sous de si brillants auspices, avortent, parce que les versements
­s’arrêtent : les avances faites, les travaux commencés sont per-
dus. En même temps un grand nombre de maisons anciennes
s’écroulent : toutes les autres sont ébranlées. C’est un désarroi
universel » [Coquelin, 1859, p. 272].

Et Coquelin d’être réaliste sur les conséquences de la crise :


« Pour la banque, cependant, le remède employé est efficace. Il
semble d’abord qu’elle devrait être entraînée dans le commun
naufrage. Mais non : il n’y a de sacrifiés que les malheureux qui
avaient étendu leurs opérations sur la foi des crédits accordés par
elle, et qui avaient cru pouvoir compter sur la continuité de son
appui » [Coquelin, 1859, p. 272].

L’Economie politique n° 55
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?
« Les emprunteurs qui avaient compté sur le maintien des p. 19
habitudes ordinaires, et sur le renouvellement des prêts, se voient
enlever leurs instruments de travail, ou sont forcés de réaliser à
tout prix ; la valeur relative des capitaux dont la réalisation est
difficile baisse rapidement, ce qui inflige aux débiteurs des pertes
énormes. De là des faillites, des incapacités de travail et la sus-
pension ou la réduction de toutes les affaires dont le crédit était
la base : on sait assez avec quelle facilité une perte en entraîne
d’autres, et comment la ruine enfante la ruine » [Courcelle-Seneuil,
1909, p. 54].

« Les produits ne circulent plus et restent en magasin ou


entrepôt, dans les mêmes mains qui les gardent, après les
avoir payés au prix de reports ou, si ce sont des immeubles,
d’expédients ruineux, espérant que le mouvement de hausse
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


qui a toujours été favorable jusqu’ici ne les abandonnera pas »
[Juglar, 1900, p. 642]. « Puis, les
débouchés venant à manquer, les
prix s’abaissent et les pertes se Ce n’est pas seulement le pays dans
déclarent  » [Courcelle-Seneuil, lequel la première institution s’écroule
1909, p. 52]. qui va être touché, mais « tous
les marchés du monde qui opèrent
« Les crédits deviennent moindres à l’aide du crédit : il y a donc solidarité
ou nuls, et il est difficile aux entre- entre eux » [Juglar, 1900].
preneurs qui en ont besoin pour
leurs opérations de ne pas tomber
dans l’impuissance, ou même de ne pas être obligés de sus-
pendre entièrement, de réaliser à perte. C’est sur eux que la crise
porte de tout son poids, au profit de ceux qui ont à leur dispo­
sition actuelle des capitaux monnayés » [Courcelle-Seneuil,
1909, p. 53].

Ce n’est pas seulement le pays dans lequel la première ins-


titution s’écroule qui va être touché, mais « tous les marchés du
monde qui opèrent à l’aide du crédit : il y a donc solidarité entre
eux » [Juglar, 1900, p. 642].

Face à cette déroute de l’économie, il ne reste plus qu’une


marchandise qui garde une grande stabilité, ce sont les
métaux précieux. « Ce ne sont plus des moyens de crédit que
l’on demande aux banques, des billets ou un compte ouvert pour
opérer des virements ou des compensations, ce sont des espèces
métalliques ou plutôt des lingots » [Juglar, 1900, p. 643]. ›››

Juillet-août-septembre 2012
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?

p. 20 Et après… tout recommence


Charles Coquelin émet pour la première fois l’idée d’une régu-
larité dans les crises. « On va voir comment l’exercice du privi-
lège conduit d’une manière presque inévitable à l’enfantement
des crises périodiques » [Coquelin, 1859, p. 258] ; « Déjà, dès
l’année 1838, M. H.-C. Carey avait montré clairement la cause pre-
mière de ces perturbations, dont le retour est presque périodique »
[Coquelin, 1859, p. 286]. C’est que Coquelin a été confronté aux
crises de 1804, 1810, 1813-1814, 1818, 1825, 1830, 1836-1839,
1847 et 1857, ce qui lui a permis de remarquer la régularité de
ce phénomène. Clément Juglar  [10] va compléter son analyse en
faisant apparaître des périodes (cycles) avec un renouvellement
continu. « On ne saurait trop s’habituer à l’idée du retour pério-
dique de ces tourmentes commerciales qui, jusqu’ici du moins,
paraissent une des conditions du développement de la grande
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


industrie » [Juglar, 1862, p. 6]. Ainsi, une fois que la liquidation
[10] C’est grâce au travail est finie, tout recommence  [11]. « Bientôt, après une liquidation
d’Hippolyte Passy
que Juglar aura la carrière partielle des contrats de crédit, l’équilibre s’établit, et les affaires
qu’on lui connaît.
C’est lui qui propose reprennent leur cours » [Courcelle-Seneuil, 1909, p. 53].
un compte rendu de
« Des crises commerciales
et monétaires de 1800 Tous les économistes s’accordent alors sur la source des
à 1857 » aux membres
de l’Académie des sciences
crises économiques : le système bancaire, à travers l’utilisation
morales et politiques du crédit et plus particulièrement son abus. La description du
paru dans le Journal des
économistes. Il proposera, processus des crises d’un point de vue dynamique, telle que
quelque mois après, le prix nous avons souhaité la retracer avec les mots des auteurs de
Bordin sur le même sujet
qui permettra à Juglar non l’époque, reste aujourd’hui captivante de par l’actualité évidente
seulement de développer
ses thèses mais d’acquérir
du discours de ces trois économistes. L’étape suivante consiste
une notoriété sans alors bien évidemment à chercher un remède aux catastrophes
précédent et des places
dans toutes les grandes observées. Au-delà de ces trois spécialistes, l’ensemble des
institutions de la pensée économistes de l’école française du XIXe siècle a contribué au
économique du XIXe siècle.
débat sur les meilleures solutions à apporter pour maîtriser et
[11] « Une période même éviter les crises.
d’atonie plus ou moins
longue succède
au désastre ; puis la
confiance renaît peu
Les crises sont-elles inévitables ?
à peu, des réformes La question de la sortie de crise, fondamentale, ne se trouve
sont introduites dans les
entreprises, le commerce généralement posée que pendant les phases de liquidation. Les
et le crédit apportent
la prudence voulue
maux de la société font ressortir l’horreur de cette période et les
dans leurs opérations et, penseurs de tout bord cherchent alors à trouver une solution
comme la baisse des prix,
résultat de la crise, pour endiguer la situation, y compris, on le verra, à partir des
a développé les habitudes solutions les plus extrêmes.
de la consommation,
une nouvelle période
de prospérité peut
commencer » [Beauregard,
Puisque la crise trouve son origine dans un abus de crédits,
1889, p. 266]. les banques sont les premières visées. Le système des banques,

L’Economie politique n° 55
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?
nous dit Coquelin, « donne tout aux uns et rien aux autres ; il p. 21
dépouille ceux-ci pour enrichir ceux-là : et loin de compenser ce
vice profond en offrant au public une sécurité plus grande, il l’envi-
ronne, au contraire, de pièges et de périls. Il trompe le commerce,
en ne l’excitant aujourd’hui que pour l’abandonner demain […].
Système odieux, inqualifiable, qu’un pays civilisé aurait honte
d’avoir supporté un seul moment s’il en comprenait bien tous les
abus » [Coquelin, 1859, p. 273].

Au-delà, sans pouvoir proposer une étude exhaustive [12] des [12] Au vu du panel choisi,
les économistes de l’école
remèdes à apporter aux crises discutés à l’époque, trois grandes française, un tel travail
solutions ressortent parmi ces économistes. La première, dans serait extrêmement difficile
car la délimitation
la tradition des travaux de Jean-Baptiste Say, consiste à s’inter- de ce courant de pensée
roger sur l’ajustement entre la production et la consommation. est délicate. Voir à ce
propos l’ouvrage de Breton
La d­ euxième préconise un retour de la morale, tandis que la troi- et Lutfalla [1991]. Par
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


ailleurs, trois courants de
sième, qui s’est progressivement imposée dans la seconde moi- pensée apparaissent parmi
tié du XIXe siècle, préconise la libéralisation du milieu bancaire. les plus grands noms
de cette discipline.
Ce sont ces approches
L’ajustement entre la production et la consommation qui sont privilégiées.

Jean-Baptiste Say a profondément marqué les penseurs de


l’école française du XIXe siècle. De ses travaux est ressortie
notamment sa fameuse loi des débouchés. Elle indique qu’un
produit terminé offre, dès cet instant, un débouché à d’autres
produits pour le montant de sa valeur. Si « toute offre crée sa
propre demande », il est donc impossible qu’une crise de sur-
production intervienne. Seules des crises sectorielles peuvent
apparaître, sans porter atteinte à l’équilibre général.

Un certain nombre d’économistes mettent également en


avant le risque de ce désajustement isolé. Joseph Garnier sou-
ligne qu’« il faut que chaque producteur ne cherche à produire que
ce qu’il sait bien produire et vendre convenablement ; en d’autres
termes, la production, pour être réelle, doit être proportionnée
aux besoins des acheteurs » [Garnier, 1873, p. 266-267]. C’est
dans l’expérience et le coup d’œil, nous dit ce dernier, que les
entreprises parviendront à éviter des désajustements entre leur
offre et la demande. Et Alfred Jourdan de rappeler que les crises
ne viennent pas de l’abondance de production, mais de « la
disproportion entre les divers genres de production » [Jourdan,
1882, p. 651].

Il faudra attendre le XXe siècle, avec notamment les travaux


de John Maynard Keynes, pour que cette approche soit large- ›››

Juillet-août-septembre 2012
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?

p. 22 ment remise en cause et que la question du niveau adéquat de


demande comme fondement de l’équilibre économique soit
mise en avant.

Le retour de la morale
La première catégorie d’économistes qui vient d’être présentée
se cantonne à reprendre l’analyse de Jean-Baptiste Say pour
indiquer que les crises sont a priori… impossibles ! Les seuls
déséquilibres sont liés à des problèmes d’ajustement touchant
quelques secteurs isolés. D’autres, sans remettre en cause le tra-
vail existant, soulignent que les entreprises ont leur part à jouer
afin d’éviter les crises économiques. Ils font référence à la morale
des dirigeants afin de ne pas tomber dans un cycle infernal.

Pour Henri Baudrillart, seule la démesure du crédit, à


Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


la source des crises, est à proscrire. Le crédit doit ainsi
répondre aux préceptes économiques : « Le crédit, dont l’éco-
nomie politique décrit la nature,
mesure la puissance, indique les
« La faute n’en est pas à l’intelligence bornes, est soumis à la loi générale
humaine, la faute en est aux passions de la prudence et de la modéra-
humaines, à la cupidité des hommes, tion, appelées à tempérer ce que
la faute en est à ceux qui aspirent à la nature même a de hardi et ce
d’immenses richesses réalisées du jour que ses applications offrent de
au lendemain » [Rossi, 1865] hasardeux  » [Baudrillart, 1883,
p. 546]. Baudrillart met en avant
l’aspect moral du comportement
des acteurs économiques : « Le plus moralisateur comme le
plus fécond des instruments, quand il obéit aux prescriptions de
la science, devient, dès qu’il s’en éloigne, le plus démoralisant
et le plus ruineux des agents » [ibid.].

Cette règle morale, dictée par la science, provient de « plu-


sieurs économistes [qui] ont dit et surtout répété que la proportion
du tiers de l’encaisse métallique, relativement à la somme des
billets émis, était une proportion convenable » permettant d’éviter
la crise [Baudrillart, 1883, p. 314-315]. « Toute émission de billets
a ses limites, que la science ne peut prévoir en chiffres, mais que
l’expérience fait connaître » [Baudrillart, 1883, p. 315].

« La faute n’en est pas à l’intelligence humaine, la faute en


est aux passions humaines, à la cupidité des hommes, la faute
en est à ceux qui aspirent à d’immenses richesses réalisées du

L’Economie politique n° 55
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?
jour au lendemain, au lieu d’aspirer à cette richesse successive et p. 23
honorable qui est le résultat du travail, le produit réel d’un labeur
puissamment soutenu et honorablement dirigé », complète Rossi
[1865, vol. 4, p. 329].

Malheureusement, l’histoire des crises montre que faire


appel à la raison des entreprises pour les cantonner dans des
actions « raisonnables » n’est pas d’une grande efficacité !

De la liberté des banques


Mais la solution la plus répandue durant le XIXe siècle, surtout
dans sa seconde moitié, est celle qui préconise la liberté des
banques. Cette approche est tout à fait cohérente avec la mou-
vance des économistes de l’école française, qui préconisent la
liberté et la concurrence comme remèdes idéaux aux différentes
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


difficultés économiques. « En thèse générale, la science nous
enseigne que dans tout le domaine du commerce et de l’indus-
trie, le régime de la liberté est plus actif et plus fécond que celui
du privilège et de l’autorisation préalable. C’est un point acquis
désormais et que nul économiste, nul homme de quelque ins-
truction, n’oserait aujourd’hui contester » [Courcelle-Seneuil,
1867, p. 43].

La distribution de crédits de la première moitié du XIXe siècle


est en effet le fruit de compagnies bancaires qui sont presque
en situation monopolistique. La seule solution pour éviter les
crises paraît donc se trouver dans la concurrence, car autrement
« on marchera […] de crise en crise, de chute en chute, jusqu’à la
ruine finale du crédit public et de tous les établissements privés »
[Coquelin, 1859, p. 254].

Grâce à la concurrence [13], les risques seraient mieux répartis [13] Gustave de Molinari
évoque, par provocation,
et la liberté économique serait la solution miraculeuse : « les les solutions préconisant
crises commerciales n’ont pas en général d’autre source [que le l’isolement économique
de la nation ou l’interdiction
privilège exclusif de la banque], et […] l’unique remède à y appor- du crédit, « ce qui serait
ter est dans cette liberté même que l’on repousse » [Coquelin, à peu près aussi intelligent
que de prohiber les
1859, p. 254]. « A tout prendre, la liberté absolue vaudrait autant chemins de fer pour éviter
les accidents qui résultent
ou mieux que les règlements les plus sages » [Courcelle-Seneuil, du déraillement des
1909, p. 470]. Plus la peine, alors, de s’inquiéter de futures crises convois et de l’explosion
des chaudières des
car « les banques savent bien faire leur propre police, et elles y locomotives » [Molinari,
sont réduites par la nécessité de pourvoir à leur sûreté » [ibid.]. 1863, t. 2, p. 277].

Les banques auraient alors « une limite naturelle et nécessaire »


[Courcelle-Seneuil, 1909, p. 229] à l’émission d’escompte. ›››

Juillet-août-septembre 2012
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?

p. 24 Courcelle-Seneuil précise qu’on ne peut pas incriminer


la banque d’augmenter la somme des capitaux disponibles
« car ce serait lui faire un crime des services qu’elle rend » [Cour-
celle-Seneuil, 1909, p. 231]. S’il existe une multitude d’institu-
tions bancaires, selon une approche de la théorie des grands
nombres, toutes les banques ne pourront pas faire fausse route
collectivement. « Peut-on envisager que toutes les banques se
trompent en même temps ? J’aimerais autant supposer que toutes
les locomotives de nos chemins de fer pouvant sauter le même jour
et à la même heure, nous pouvons nous retrouver privés de grands
moyens de transport » [Courcelle-Seneuil, 1867, p. 69].

Le seul cas de faillite ne peut, dans cette logique, être


envisageable que s’il n’existe qu’une seule banque qui se
trompe et qui fasse tomber tout le système. « Il est souve-
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


rainement injuste d’accuser les banques de causer les crises
commerciales, puisqu’elles sont aussi intéressées que qui que
ce soit à n’escompter que de bon papier, et sont mieux en mesure
de le connaître que qui que ce soit » [Courcelle-Seneuil, 1867,
p. 72-73]. Cet élément vient de la source des crises, qui est dans
les erreurs de production et de commerce, et non de crédit.
Les banques n’interviendraient alors qu’indirectement dans le
développement des crises.

Clément Juglar le premier remettra en cause cette approche.


Ses premières recherches portent sur l’analyse des crises éco-
nomiques en France, en Angleterre et aux Etats-Unis. Dans ce
dernier pays, la liberté des banques a régné pendant tout le
XIXe siècle, ce qui n’a pas empêché les crises périodiques.

Des crises inéluctables


Ces trois propositions émanant des économistes ont le mérite de
prendre place dans les débats de société de l’époque. Mais, de
leur propre aveu, les remèdes sont souvent peu efficaces devant
l’arrivée inexorable des crises. Celles-ci finissent alors par être
considérées comme un mauvais moment à passer, comme « des
accidents inhérents à une prospérité progressive, et mieux vaut la
prospérité, avec ses inconvénients passagers, que le statu quo ou
l’inactivité, qui est une crise permanente » [Garnier, 1873, p. 266].
« Les crises paraissent être une sorte de maladie périodique inhé-
rente à notre état économique » [Levasseur, 1893, p. 260]. « La
crise [est] un mal passager pour un grand bien » [Beauregard,
1889, p. 59].

L’Economie politique n° 55
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?
Finalement, pour ces économistes du XIXe siècle, les crises p. 25
apparaissent comme inéluctables. « Il n’y a pas de remèdes
contre les crises en ce sens que les crises sont inévitables. Aucune
mesure ne saurait les conjurer ; c’est tout au plus si on peut en
atténuer les effets, en abréger la durée, calmer la panique qui en
est inséparable. Une crise est un accident de la vie économique
des peuples comme il s’en rencontre dans la vie individuelle :
c’est l’activité fiévreuse, c’est la fièvre » [Jourdan, 1882, p. 654].
Clément Juglar, qui peut être considéré comme étant celui qui a
le plus travaillé sur ce phénomène au XIXe siècle, évoque dès sa
première édition l’immuabilité des crises économiques : « les
crises se renouvellent avec une telle constance, une telle régularité,
qu’il faut bien en prendre son parti » [Juglar, 1862, p. 6]. L’histoire
lui a malheureusement donné raison. ■
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


Bibliographie

Aglietta, Michel, 2010, La Crise. Paris, Guillaumin.


Les voies de sortie, Paris, Michalon.
Courcelle-Seneuil, Jean-Gustave,
Baudrillart, Henri, 1883, Manuel 1909, Les Opérations de banque.
d’économie politique, Paris, Traité théorique et pratique, Paris,
Guillaumin, 5e éd. (1re éd. 1857). Félix Alcan, 10e éd. (1re éd. 1853).

Beauregard, Paul, 1889, Garnier, Joseph, 1873,


Eléments d’économie politique, Traité d’économie politique, sociale
Paris, L. Larose et Forcel. ou industrielle, Paris, Guillaumin,
7e éd. (1re éd. 1846)
Boianovsky, Mauro, 2011, « Wicksell
on the American crisis of 1907 », Gayraud, Jean-François, 2011,
Journal of the History of Economic La Grande Fraude. Crime,
Thought, vol. 33, n° 2, juin. subprimes et crises financières,
Paris, Odile Jacob.
Breton, Yves, et Lutfalla, Michel
(dir.), 1991, L’Economie politique Joshua, Isaac, 2010, « Quand 2009
en France au XIXe siècle, questionne 1929 », L’Economie
Paris, Economica. politique, n° 48, oct.

Coquelin, Charles, 1859, Jourdan, Alfred, 1882, Cours


Le Crédit et les Banques, Paris, analytique d’économie politique,
Guillaumin, 2e éd. (1re éd. 1848). Paris, Arthur Rousseau.

Courcelle-Seneuil, Jean-Gustave, Juglar, Clément, 1857, « Des crises


1867, La Banque libre. Exposé des commerciales et monétaires
fonctions du commerce de banque de 1800 à 1857 », Journal des
et de son application à l’agriculture, économistes, t. 14, 2e série,
suivi de Divers écrits de controverse
sur la liberté des banques,
4e année, nos 40 et 41, avril et mai,
p. 35-60 et p. 255-267. ›››

Juillet-août-septembre 2012
Quelle théorie économique
L’Economie politique
Nicolas Gallois

d’après-crise ?

p. 26 Bibliographie

Juglar, Clément, 1862, Des crises Orléan, André, 2009,


commerciales et de leur retour De l’euphorie à la panique :
périodique en France, en Angleterre penser la crise financière,
et aux Etats-Unis, Paris, Guillaumin. Paris, Rue d’Ulm.

Juglar, Clément, 1889, Des crises Passy, Frédéric, 1909, Pour la paix,
commerciales et de leur retour Paris, Charpentier.
périodique en France, en Angleterre
et aux Etats-Unis, Paris, Guillaumin, Rossi, Pellegrino, 1865,
2e éd. (1re éd. 1862). Cours d’économie politique,
in Œuvres complètes, Paris,
Juglar, Clément, 1900, « Crises Guillaumin, 4e éd., 4 vol.
commerciales », in Nouveau
dictionnaire d’économie politique, Say, Jean-Baptiste [1803],
sous la direction de Léon Say et Traité d’économie politique,
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 196.64.138.69 - 24/02/2020 13:09 - © Altern. économiques


Joseph Chailley, Paris, Guillaumin, ou Simple exposition de la manière
2 vol., 2e éd., p. 641-651. dont se forment, se distribuent,
et se consomment les richesses,
Levasseur, Emile, 1893, Paris, Crapelet, 2 vol.
Précis d’économie politique,
Paris, Hachette. Schumpeter, Joseph Alois, 1954,
History of Economic Analysis,
Molinari, Gustave de, 1849, Oxford, Oxford University Press.
« De la production de la sécurité »,
Journal des économistes, fév. Tutin, Christian, et Mendez, Julien,
2010, « De la crise bancaire
Molinari, Gustave de, 1863, à la régulation : l’expérience
Cours d’économie politique, américaine de 1907 », L’Economie
Paris, Guillaumin, 2 vol., 2e éd. politique, n° 48, oct.
(1re éd. 1854).

L’Economie politique n° 55

Vous aimerez peut-être aussi