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JEAN KELLENS

LE VERBE AVESTIQUE

WIESBADEN 1984
DR. LUDWIG REICHERT VERLAG

\
CIP-Kurztitelaufnahme der Deutschen Bibliothek
Rellens, Jean:
Le verbe avestique / Jean Kellens. - Wiesbaden:
Reichert, 1984.
ISBN 3-88226-202-8

A Jacqueline Foidart
26 mars 1938 - 8 mai 1982

HAR,VAIjD UNIVE:. RSI'f'(;1


J..U;I~R~ .

OEC 05 1984

© 1984 Dr. Ludwig Reichert Verlag Wiesbaden


Alle Rechte vorbehalten
Gesamtherstellung: Hubert & Co., Gottingen
Printed in Germany . Imprimé en Allemagne
Schéma général

1. La distinction de voix ...................... :........... 1

II. La distinction de temps ................................ 83


A. Le système du présent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
1. Les thèmes ...................................... 85
2. Les modes: désinences et emploi ................... 198
B. Le système de l'aoriste .............................. 353
1. Les thèmes ...................................... 353
2. Les modes: désinences et emploi ................... 379
C. Le système du parfait .............................. " 400
1. Le thème ........................................ 400
2. Les modes: désinences et emploi ................... 410

III. Conclusion ............................................ 429


Table des matières

Schéma général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. VII

Table des matières ......................................... IX

Introduction .............................................. 1

Avertissements ............................................ 5

1. LA DISTINCTION DE VOIX

1. Racines qui n'ont que les désinences actives. . . . . . . . . . . . . . . . . 13


1.1. Actif tantum 13; 1.1.1. Verbes actifs tantum attestés seulement au
prés. caus. 14; 1.1.2. Verbes actifs tantum attestés seulement au prés.
pas. 15; 1.1.3. Prés. dénom. actifs 15. 1.2. Seul l'actif est attesté 15;
1.2.1. Verbes actifs attestés seulement au prés. caus. 18; 1.2.2. Verbes
actifs attestés seulement au prés. pas. 18; 1.2.3. Verbes actifs correspon-
dant à des moyens tantum indiens 19.

2. Racines qui n'ont que les désinences moyennes .............. 19


2.1. Moyen tantum 19; 2.1.1. Verbes moyens tantum attestés seulement
au prés. caus. 20; 2.1.2. Prés. dénom. moyens 20. 2.2. Seul le moyen
est attesté 21; 2.2.1. Verbes moyens attestés seulement au prés. caus. 23;
2.2.2. Verbes moyens attestés seulement au prés. pas. 23; 2.2.3. Verbes
moyens correspondant à des actifs tantum indiens 23.

3. La distinction de voix non pertinente ...................... 23


3.1. Sens et voix 23. 3.!.:. Voix et thèmes temporels 35; 3.2.1. Prés.
inch. 35; 3.2.2. Prés. dénom. et prés. prim. en -iia- 35; 3.2.3. Prés.
pas. 36; 3.2.4. Prés. rad. protérodynamique 36; 3.2.5. Prés. désid. 36;
3.2.6. Aor. sigm. 37; 3.2.7. Aor. red. 37. 3.3. Voix et temps 38;
3.3.1. Prés. moyen et parf. actif 38; 3.3.2. Prés. actif et aor. moyen 38.

4. La distinction de voix pertinente .......................... 39


4.1. Moyen passif 39; 4.1.1. Sens passif exclusif 42; 4.1.2. Sens passif
exclusif dans des conditions déterminées 45; 4.1.3. Sens passif spora-
dique 47. 4.2. Moyen réciproque 52; 4.2.1. gam 53; 4.2.2. Iras 53;
4.2.3. hac 54; 4.2.4. bar 55; 4.2.5. raz 55. 4.3. Moyen réfléchi 55;
x Table des matières Table des matières XI
4.3.1. Moyen réfléchi intransitif 55; 4.3.2. Moyen réfléchi transitif 59.
2. Avec degré plein de la racine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
4.4. Moyen réfléchi indirect 63; 4.4.1. Obj. ind. implicite 63; 4.4.2. Obj.
ind. renvoyant au sujet 74; 4.4.3. Obj. ind. distinct du sujet 75. 2.1. Type hérité 102. 2.2. Formations sans équivalent indien 107.
4.5. Moyen dynamique 76; 4.5.1. Actif transitif et moyen intransitif 76; 2.3. °kas 110. 2.4. Divergences avec l'indien 110; 2.4.1. Cas parti-
4.5.2. Verbes de précipitation atmosphérique 77; 4.5.3. Verbes de mouve- culiers 110; 2.4.2. Thématisation de présents radicaux 111; 2.4.3. Sup-
ment 77; 4.5.4. Verbes signifiant "croître" 78; 4.5.5. Verbes d'état 78; plétion du prés. inf. 111.
4.5.5.1. Le changement d'état 79; 4.5.5.2. Verbes signifiant "pouvoir" 79;
4.5.5.3. Verbes copules 80. 3. Avec degré long de la racine .............................. 112
3.1. Vocalisme étymologiquement long 112; 3.1.1. °kas 113; 3.1.2. For-
5. Conclusions ............................................ . 80 mations sans équivalent indien 113. 3.2. Vocalisme long secondaire
114. 3.3. Le sens causatif 119.

II. LA DISTINCTION DE TEMPS c. Les présents en -iia- ..................................... 120


A. Le système du présent 1. Présent primaire en -iia- ................................. 120
1.1. Type hérité 120. 1.2. Formations sans équivalent indien 121.
1. Les thèmes 1.3. Divergences avec l'indien 123; 1.3.1. Formes incertaines ou isolées
123; 1.3.2. Flexion hétéroclitique 123; 1.3.3. vax8 123. 1.4. Degré
a. Les présents radicaux .................................... 85 plein irrégulier de la racine 124. 1.5. Racines en -am 124. 1.6. Ca-
ractères du présent en -iia- 125; 1.6.1. Sens du verbe 125; 1.6.2. L'alter-
1. Alternance entre le degré plein et le degré zéro ............. . 85 nance de voix 125; 1.6.3. La terminologie religieuse 125.
1.1. Les deux degrés sont attestés 85; 1.1.1. Le degré plein seul attesté 87 ;
1.1.2. Le degré zéro seul attesté 87. 1.2. Racines sey 87. 1.3. Ra- 2. Présent passif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
cines en -â 88. 2.1. Type hérité 126. 2.2. Degré plein irrégulier de la racine 128;
2.2.1. Idâ 128; 2.2.2. bar et yaz 128; 2.2.3. vaz 128. 2.3. Particularités
2. Alternance entre le degré long et le degré zéro .............. . 89 du prés. pas. 129; 2.3.1. Emploi 129; 2.3.2. Désinences 129.
3. Permanence du degré plein et de la voix moyenne .......... . 91 3. Présent dénominatif ..................................... 130
3.1. Verbes d'état 91; 3.1.1. is 91. 3.2. Verbes d'élocution liturgique 92. 3.1. Matériel 130. 3.2. Particularités 133.
4. Alternance entre le degré long et le degré plein ............. . 92
d. Les présents en -aiia- .................................... 133
5. Inventaire des formes originales .......................... . 93
5.1. L'alternance vocalique 96. 5.2. Les désinences 96. 1. Type grbhayâ- .......................................... 133
1.1. Substitution du degré fort au degré zéro 134.
6. Distorsions et développements secondaires ................. . 97
6.1. Irrégularités du degré vocalique 97. 6.2. La thématisation secon- 2. Type i~âya- ............................................. 135
daire 98.
2.1. Substitution du degré fort au degré zéro 136.

b. Les présents en -a- ...................................... 100


3. Thèmes en -aiia- de racines en -a ......................... . 137

1. Avec degré zéro de la racine .............................. 100 4. Présent de substitution en -aiia- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
4.1. Présent de verbes défectifs 138. 4.2. Substitut du prés. rad. 139.
1.1. Type tuddti 100. 1.2. Type gûhati 101. 1.3. Formations sans
4.3. Substitut du prés. inf. 139.
équivalent indien 101. 1.4. Divergences avec l'indien 102. 1.5. bu}
102.
5 .. Présent en -aiia- de racines purement iraniennes ............ . 139
XII Tablerdes matières Table des matières XIII
6. Présent causatif ......................................... 141 2. Présent à infixe -n- et à suffixe -a- 168
6.1. Avec degré long ou plein de la raoine 141; 6.1.1. Verbes intransitifs 2.1. Imm'd 169.
142; 6.1.2. Verbes transitifs factitifs 148; 6.1.3. Verbes régissant un ace.
de limitation 151. 6.2. Insertion de d/i5 entre la racine et le suffixe 3. Présent en -nao-I-nu- .................................... 169
155. 6.3. Avec degré zéro de la raoine 155. 6.4. tar 155. 3.1. Inventaire des formes originales 172. 3.2. Inventaire des formes
seoondaires 174.
e. Le présent inchoatif en -sa- .............................. . 156 4. Présent en -na-I-n- o ••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 177
1. Degré zéro de la racine .................................. . 156 4.1. Inventaire des formes originales 179.
secondaires 180.
4.2. Inventaire des formes
1.1. yam 157.

2. Degré plein des racines en -a .............................. 158 i. Les présents à redoublement .............................. . 182
2.1. xVap 159. 1. Présent radical à redoublement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
3. Particularité du prés. en -sa- o ••••••••••••••••••••••••••••• 159 1.1. Préservation de la flexion athématique 182; 1.1.1. Type hérité 182;
1.1.2. Formations sans équivalent indien 184; 1.1.3. xsnu et dah 185;
3.1. Formations héritées 159. 3.2. Formations propres au gâthique 1.1.4. Formes originales 185; 1.1.5. Formes originales des thèmes de ra-
159. 3.3. Formations réoentes de sens inchoatif 159. oines en -Ci 186; 1.1.6. Formes thématisées des thèmes de raoines en -Ci
189. 1.2. Présent à redoublement thématisé 192; 1.2.1. Thématisation
f. Le présent futur en *-sya- ................................ . 160 indo-iranienne 192; 1.2.2. Formations héritées 192; 1.2.3. Formations
sans équivalent indien 193.
1. Degré plein de la racine ................................. . 160 2. Présent en -iia- à redoublement ........................... 194
2. bü ..................................................... 161 3. Présent intensif ......................................... 194
3. Particularités du prés. fut. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161 3.1. Redoublement sonantique 194. 3.2. Redoublement en Ci 195.

4. Présent désidératif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196


g. Quelques présents à suffixe rare ........................... 162
4.1. Type régulier 196. 4.2. Absence apparente du redoublement 197.
1. Présent en -uua- de type hérité ............................ 162
1.1. 11'ifJ 163. 1.2. tar 163. 2. Les modes: désinences et emploi
2. Présent en -aniia- ....................................... 163 a. L'indicatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
3. Présent en -da- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 163 1. Première personne .. .................................... 198
4. Présent en -a- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 164 1.1. Sing. A. 198; 1.1.1. En gâthique 198; 1.1.1.1. Formes athématiques
199; 1.1.1.2. Formes thématiques 199; 1.1.1.3. Y 44,7 auuami 199;
5. vaëna- ................................................. 164 1.1.2. En réoent 199; 1.1.2.1. Formes athématiques 200; 1.1.2.2. Formes
thématiques 200; 1.1.2.3. Formes thématiques sans désinenoe 201.
1.2. Sing. M. 201; 1.2.1. En gâthique 201; 1.2.2. En réoent 202.
h. Les présents à infixe nasal ................................ 164 1.3. Duel A. 202. 1.4. Plur. A. 202; 1.4.1. Formes athématiques 202;
1.4.2. Formes thématiques 202; 1.4.2.1. Prédésinentielle précédée de
1. Présent à infixe -na-I-n-. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 164 -ii- 202. 1.5. Plur. M. 203; 1.5.1. Formes athématiques 203; 1.5.2. For-
1.1. Caraotères du matériel avestique 166. 1.2. Inventaire des formes mes thématiques 203; 1.5.2.1. yazamaidé 203; 1.5.2.2. Prédésinentielle
originales 167. 1.3. Inventaire des formes seoondaires 168. préoédée de -ii- 203.
XIV Table des matières Table des matières XV
2. Deuxième personne. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 204 232. 3.5. Duel M. 232. 3.6. Plur. A. 232; 3.6.1. Degré zéro de la
désinence athématique 232; 3.6.2. Degré plein de la désinence athéma-
2.1. Sing. A. 204; 2.1.1. Formes athématiques 204; 2.1.2. Formes théma-
tique 233; 3.6.3. Formes thématiques 233; 3.6.3.1. Prédésinentielle pré-
tiques 204; 2.1.2.1. Prédésinentielle précédée de -ii- 204. 2.2. Sing. M.
cédée d'une palatale 233; 3.6.3.2. Terminaison -aii,m 233; 3.6.3.3. Suf-
204; 2.2.1. Pré désinentielle précédée de -ii- 205. 2.3. Plur. A. 205;
fixe -iia- 233. 3.7. Plur. M. 234; 3.7.1. Formes athématiques 234;
2.3.1. Formes athématiques 205; 2.3.2. Formes thématiques 205.
3.7.2. Formes thématiques 234; 3.7.2.1. Prédésinentielle précédée d'une
2.4. Plur. M. 205; 2.4.1. En gâthique 205; 2.4.2. En récent 205.
palatale 234; 3.7.2.2. Prédésinentielle précédée de -ii- 235; 3.7.2.3. Pré-
3. Troisième personne ...................................... 205 désinentielle précédée de -uu- 235.

3.1. Sing. A. 206; 3.1.1. Formes athématiques 206; 3.1.2. Formes théma- 4. Fonotion syntaxique de l'injonotif ........................ . 235
tiques 206; 3.1.2.1. Prédésinentielle précédée de -ii- 208; 3.1.2.2. Suffixe
4.1. Réel du passé 235; 4.1.1. Les subordonnées 237; 4.1.1.1. Les rela-
-iia- précédé de h 209; 3.1.2.3. d1'uzaiti 210. 3.2. Sing. M. 210;
tives 237; 4.1.1.2. Prop. de temps 237; 4.1.1.3. Prop. de cause 238;
3.2.1. Formes athématiques 210; 3.2.1.1. Désinence -f! 210; 3.2.1.2. Dé-
4.1.1.4. Prop. de manière 238; 4.1.1.5. Prop. de comparaison 238;
sinence -tt! 210; 3.2.2. Formes thématiques 210; 3.2.2.1. Prédésinentielle
4.1.1.6. Prop. de but et de conséquence 238. 4.2. L'injonctif n'ex-
précédée de -ii- 211; 3.2.2.2. Suffixe -iia- précédé d'une palatale 212.
prime pas le passé 239; 4.2.1. Fonction d'indicatif ou de subjonctif 239;
3.3. Duel A. 212. 3.4. Duel M. 212. 3.5. Plur. A. 213; 3.5.1. Dési-
4.2.2. Fonction d'impératif 243; 4.2.2.1. Prescription 243; 4.2.2.2. Pro-
nence -ait! 213; 3.5.2. Racines en -a 213; 3.5.3. Désinence -(a)~tï 213;
hibition 244.
3.5.3.1. Prédésinentielle précédée d'une palatale 214; 3.5.4. Prédésinen-
tielle précédée de -uu- 214; 3.5.5. Prédésinentielle précédée de -ii- 215;
3.5.5.1. Désinence et suffixe -iia- 215. 3.6. Plur. M. 216; 3.6.1. Dé-
5. Le problème de l'imparfait ............................... 244
sinence du parfait 216; 3.6.2. Formes athématiques 217; 3.6.3. Formes 5.1. Relevé des attestations 245. 5.2. Essai d'interprétation 246.
thématiques 217; 3.6.3.1. Prédésinentielle précédée d'une occlusive pa-
latale 217; 3.6.4. Prédésinentielle précédée de -uu- 218; 3.6.5. Prédésinen- o. Le subjonotif .......................................... . 250
tielle précédée de -aii- 218; 3.6.5.1. Suffixe -iia- 219.

4. Fonotion syntaxique de l'indioatif ........................ . 219 1. Première personne ................... ,................... . 250
4.1. Réel du présent 219; 4.1.1. Prop. de lieu 221; 4.1.2. Prop. de temps 1.1. Sing. A. 250; 1.1.1. Désinence -nï 250; 1.1.2. Prédésinentielle pré-
221; 4.1.3. Prop. de conséquence 223; 4.1.4. Prop. de comparaison 223; cédée de -aii- 251. 1.2. Sing.M. 251; 1.2.1. Désinence -ne 252;
4.1.5. Prop. de condition 223; 4.1.6. Irréel du présent 225. 4.2. Pré- 1.2.2. Prédésinentielle précédée de -(a)ii- 252. 1.3. Duel A. 252.
sent historique 226. 1.4. Plur. A. 252; 1.4.1. Prédésinentielle précédée de -(a)ii- 252.
1.5. Plur. M. 252.

b. L'injonotif ............................................. . 227 2. Deuxième personne o ••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 253


1. Première personne .... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 227 2.1. Sing. A. 253; 2.1.1. Désinence primaire 253; 2.1.2. Désinence secon-
daire 253. 2.2. Sing. M. 254. 2.3. Plur. A. 254.
1.1. Sing. A. 227; 1.1.1. Formes athématiques 227; 1.1.2. Formes théma-
tiques 227; 1.1.2.1. Terminaison -aém 227; 1.1.2.2. Terminaison -aom 227. 3. Troisième personne ........................ ~ . . . . . . . . . . . .. 254
1.2. Sing. M. 228; 1.2.1. Forme athématique 228; 1.2.2. Formes théma-
3.1. Sing. A. 254; 3.1.1. Désinence primaire 254; 3.1.2. Désinence secon-
tiques 228. 1.3. Duel A. 228. 1.4. Plur. A. 228.
daire 255. 3.2. Sing. M. 256. 3.3. Duel A. 257. 3.4. Duel M.
2. Deuxième personne ...................................... 228 257. 3.5. Plur. A. 257; 3.5.1. Désinence primaire 258; 3.5.2. Désinence
secondaire 258. 3.6. Plur. M. 259.
2.1. Sing. A. 228; 2.1.1. Formes athématiques 228; 2.1.2. Formes théma-
tiques 228. 2.2. Sing. M. 228. 2.3. Plur. A. 229. 4. Emploi des désinenoes ................................... 260
3. Troisième personne ...................................... 229 5. Fonotion syntaxique du subjonotif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 260
3.1. Sing. A. 229; 3.1.1. Formes athématiques 229; 3.1.2. Formes théma- 5.1. Prop. indép. ou princ. 261; 5.1.1. Première personne 261; 5.1.2. Troi-
tiques 229. 3.2. Sing. M. 231; 3.2.1. Formes athématiques 231; sième personne 262; 5.1.3. Deuxième personne 265; 5.1.4. Eventuel du
3.2.2. Formes thématiques 231. 3.3. Sing. pas. 231. 3.4. Duel A. présent 266; 5.1.5. Futur de constatation 267; 5.1.6. Fonction d'indicatif
XVI Table des matières Table des matières XVII
267; 5.1.7. Fonction d'injonctif 268. 5.2. Prop. inter. 269; 5.2.1. Prop. e. L'impératif 314
inter. directes 269; 5.2.2. Avec particule inter. 270; 5.2.3. Avec pron. ou
adj. inter. 270; 5.2.4. Inter. de manière 271; 5.2.5. Inter. de lieu 271;
1. La deuxième personne .................................. . 314
5.2.6. Inter. de temps 271; 5.2.7. La réponse 272. 5.3. Prop. rel. 272;
5.3.1. Relation conditionnelle d'éventuel du présent 272; 5.3.1.1. Subj. 1.1. Sing. A. 314; 1.1.1. Formes athématiques 314; 1.1.1.1. 2ci 314;
parf. dans la rel. 273; 5.3.1.2. Ind. prés. dans la princ. 273; 5.3.1.3. Action 1.1.2. Formes thématiques 314; 1.1.2.1. Terminaison -iia 315. 1.2. Sing.
principale prescriptive ou interrogative 274; 5.3.1.4. Subj. avec mii 274; M. 315; 1.2.1. En gâthique 316. 1.3. Plur. A. 316. 1.4. Plur. M.
5.3.1.5. Substitution de l'opt. au subj. 276; 5.3.2. Eventuel du présent 316; 1.4.1. En gâthique 316; 1.4.2. En récent 317.
276; 5.3.3. Potentiel du présent 277; 5.3.4. Volitif 278; 5.3.5. Futur de
constatation 278; 5.3.6. Fonction d'indicatif 278. 5.4. Prop. con- 2. La troisième personne ................................... . 317
ditionnelle introduite par yezi 279; 5.4.1. Subj. en princ. et en sub. 279; 2.1. Sing. A. 317; 2.1.1. En gâthique 317. 2.2. Sing. M. 317. 2.3. Plur.
5.4.1.1. Réel du présent et éventuel du présent 281; 5.4.1.2. Distorsions A. 317; 2.3.1. Prédésinentielle précédée d'un son palatal 318.
281; 5.4.2. Action principale non subjonctive 282; 5.4.3. Subj. avec yezi
noii 283. 5.5. Prop. sub. conj. 284; 5.5.1. Prop. introduites par yai 3. Fonotion syntaxique de l'impératif 318
284; 5.5.2. Prop. de but et de conséquence 285; 5.5.2.1. Inj. en princ.
286; 5.5.2.2. Le but négatif 287; 5.5.2.3. Prop. explicatives 287;
f. Le partioipe 318
5.5.3. Prop. de temps 288; 5.5.3.1. Subj. avec yai "quand" 290;
5.5.4. Prop. de lieu 290; 5.5.5. Prop. de comparaison 291; 5.5.5.1. Subj:
1. Partioipe aotif 319
avec yauuai "de la même quantité que" 291; 5.5.6. Prop. de cause 291.
1.1. Formes athématiques 319; 1.1.1. Allongement secondaire du suffixe
319. 1.2. Formes thématiques 319; 1.2.1. Traitement de la suffixale
d. L'optatif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 292 321; 1.2.2. Permanence du suffixe dans la flexion 322.

1. La première personne .................................... . 292 2. Partioipe moyen ........................................ . 322


1.1. Sing. A. 292. 1.2. Sing. M. 292. 1.3. Plur. A. 292. 1.4. Plur. 2.1. Formes athématiques 322; 2.1.1. Abrègement sporadique de l'initiale
M.292. du suffixe 323; 2.1.2. Athématisation secondaire 323. 2.2. Formes
thématiques 323; 2.2.1. Traitement de la suffixale 324; 2.2.2. Présuffixale
2. La deuxième personne .................................. . 292 précédée d'une palatale 324; 2.2.3. Présuffixale précédée de -auu- 324;
2.1. Sing. A. 292. 2.2. Sing. M. 293. 2.3. Plur. A. 294. 2.4. Plur. 2.2.4. Présuffixale précédée de -aii- 325; 2.2.5. Suffixe de prés. -iia- 325.
M.294.
3. Emploi du partioipe présent ............................. . 327
3. La troisième personne ................................... . 294 3.1. Fonction adjective 327; 3.1.1. Objet d'un verbe de perception sen-
3.1. Sing. A. 204. 3.2. Sing. M. 295. 3.3. Duel A. 295. 3.4. Duel sorielle 328; 3.1.2. Rapport logique avec le verbe personnel 328; 3.1.3. Ad-
M. 296. 3.5. Plur. A. 296; 3.5.1. Désinences athématiques 296; jectif pur 329; 3.1.4. Part. prés. fut. 330; 3.1.5. En construction absolue
3.5.1.1. Désinence -n 296; 3.5.1.2. Désinence -ii1'f)(S) 296; 3.5.2. Dé- 331. 3.2. Fonction de verbe personnel 333. 3.3. En locution ver-
sinence thématique 296. 3.6. Plur. M. 297. bale 334; 3.3.1. Avec auxiliaire duratif 334; 3.3.2. Avec auxiliaire in-
choatif 335; 3.3.3. Part. prés. comme auxiliaire de mode 335; 3.3.3.1. Ver-
4. Fonotion syntaxique de l'optatif .......................... . 298 bes de mouvement 335; 3.3.3.2. Part. de xsii 336; 3.3.4. Avec verbe de
représentation mentale 337.
4.1. Allocution 298; 4.1.1. Opt. votif 298; 4.1.2. Opt. postulatif 299;
4.1.3. Opt. suasif 299; 4.1.4. Opt. prescriptif 300; 4.1.4.1. Substitution de
l'imp. à l'opt. 302; 4.1.4.2. Différences secondaires entre imp. et opt. g. L'infinitif .............................................. . 338
303. 4.2. Imaginaire du présent 304; 4.2.1. Y 10,8 306; 4.2.2. En prop.
princ. et rel. 306. 4.3. Eventuel-potentiel du présent 307; 4.3.1. Opt. 1. Situation du problème .................................. . 338
avec yezi 307; 4.3.2. Prop. de temps 308; 4.3.3. Prop. de but 308;
4.3.4. Prop. explicatives 308. 4.4. Itératif du passé 309; 4.4.1. In- 2. Critique du matériel .................................... . 339
ventaire des formes 309; 4.4.2. Inventaire des passages 309; 4.4.3. Inter- 2.1. Inf. en -qm 340. 2.2. Inf. en -0 340. 2.3. Infinitifs datifs 342;
prétation 312. 4.5. Emploi de la négation 314. 2.3.1. Formes à éliminer 342; 2.3.2. Inf. en -iiiii 343; 2.3.3. Inf. en -t'Je/
XVIII Table des matières Table des matières XIX
-taiiaé-ca 343; 2.3.4. Noms-racines 343; 2.3.5. Inf. en -avhë 345; 2.1.5. Le subjonctif en *-sa- 373. 2.2. Remarques 373; 2.2.1. For-
2.3.6. a-nâ8é et raose 345; 2.3.7. Suffixe *-yai 346; 2.3.8. Inf. en -uuanôij mations sans équivalent indien 373; 2.2.2. Matériel exclusivement récent
-uuëiné 346; 2.3.9. Inf. en -miiné 346; 2.3.10. Inf. en -tôij-të 346. 373; 2.2.3. Déformations secondaires 374; 2.2.4. Sens causatif 374.

3. Inventaire et classement ................................. 346 d. L'aoriste à redoublement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 374


3.1. Infinitif sans connotation de diathèse 346; 3.1.1. Infinitif radical
347; 3.1.2. Infinitif présent 348. 3.2. Infinitif moyen en -diiai 349;
e. Les thèmes d'aoriste dans l'Avesta récent. . . . . . . . . . . . . . . . . .. 375
3.2.1. Infinitif radical 349; 3.2.2. Infinitif présent 350.
1. Matériel 375
4. Fonction syntaxique de l'infinitif ......................... . 350
4.1. Emplois inutilisables 350. 4.2. Emplois inspirés du gâthique 2. Analyse 376
351. 4.3. Emplois résiduels authentiques 351. 4.4. Conclusion 352. 2.1. Transposition dans le système du présent 376. 2.2. Caractère
artificiel de la langue liturgique 377; 2.2.1. Calques du gâthique 377;
2.2.2. Imitation de la terminologie gâthique 378; 2.2.3. Aoristes du
B. Le système de l'aoriste Vidëvdàd 378; 2.2.4. Aoristes des fragments 379. 2.3. Conclusion 379.

1. Les thèmes
2. Les modes: désinences et emploi
a. L'aoriste radical 353
a. L'indicatif-injonctif ..................................... . 379
1. Matériel ............................................... . 353 1. La première personne .................................... 379
1.1. Degré plein seul attesté 355. 1.2. Degré zéro seul attesté 357.
1.1. Sing. A. 379. 1.2. Sing. M. 380. 1.3. Duel M. 380. 1.4. Plur.
1.3. Thèmes de racines en -a 357.
A. 380. 1.5. Plur. M. 380.
2. Inventaire des formes originales ........................... . 359 2. La deuxième personne ................................... 380
2.1. Alternance vocalique 361; 2.1.1. Remarques préliminaires 361;
2.1. Sing. A. 380. 2.2. Sing. M. 380. 2.3. Plur. A. 380. 2.4. Plur.
2.1.2. Ind.-inj. 362; 2.1.3. Subj. 362; 2.1.4. Opt. 362; 2.1.5. Imp. 363;
M.380.
2.1.6. Part. 363. 2.2. Désinences 363. 2.3. Remarques complémen-
taires 364; 2.3.1. Formations sans équivalent indien 364; 2.3.2. Aor. rad. 3. La troisième personne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 381
et aor. sigm. 364; 2.3.3. Matériel exclusivement récent 364; 2.3.4. Théma-
tisation secondaire 364; 2.3.5. Sens causatif 365. 3.1. Sing. A. 381. 3.2. Sing. M. 381. 3.3. Sing. pas. 382. 3.4. Duel
A. 382. 3.5. Duel M. 382. 3.6. Plur. A. 382. 3.7. Plur M .. 382.

b. L'aoriste thématique .................................... . 365 4. L'indicatif aoriste ....................................... 382

1. Matériel ............................................... . 365 5. L'injonctif aoriste en récent 383

2. Remarques ............................................. 366 b. Le subjonctif ........................................... 383

c. L'aoriste sigmatique ..................................... 366 1. La première personne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 384


1.1. Sing. A. 384. 1.2. Sing. M. 384. 1.3. Plur. A. 384. 1.4. Plur.
1. Matériel............................................ . . .. 366 M.384.

2. Inventaire des formes originales ........................... 370 2. La deuxième personne ................................... 385
2.1. Typologie 371; 2.1.1. Structure des racines 371; 2.1.2. Alternance 2.1. Sing. A. 385. 2.2. Sing. M. 385. 2.3. Plur. A. 385. 2.4. Plur.
vocalique 371; 2.1.3. Particularités des modes 372; 2.1.4. Désinences 373; M.385.
xx Table des matières Table des matières XXI

3. La troisième personne 385 3. Le participe aoriste en récent ............................. 395


3.1. Sing. A. 385; 3.1.1. Désinence primaire 385; 3.1.2. Désinence secon- 3.1. Formes non significatives 395. 3.2. Yt 19,47. 49 rruJ,Vhano 395.
daire 385. 3.2. Sing. M. 386. 3.3. Duel M. 386. 3.4. Plur. A. 3.3. Part. aor. en locution de but 396; 3.3.1. Yt 13,155 vavh'.n;,tqm 397.
386. 3.5. Plur. M. 386.
f. La fonction aoristique dans l' Avesta récent. . . . . . . . . . . . . . . . .. 397
4. L'emploi des désinences 387
5. Le subjonctif aoriste en récent 387
C. Le système du parfait

c. L'optatif ............................................... 389 1. Le thème


1. La première personne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 390 1. Type traditionnel ....................................... . 400
1.1. Sing. A. 390. 1.2. Sing. M. 390. 1.3. Plur. A. 390. 1.4. Plur. 1.1. bu 404. 1.2. Ivid 404.
M.390.
2. Typologie .............................................. 405
2. La deuxième personne ................................... 390
2.1. Inventaire des formes attestées 405. 2.2. Syllabe de redoublement
2.1. Sing. A. 390. 2.2. Sing. M. 390. 2.3. Plur. A. 390. 406; 2.2.1. Consonne de redoublement 406; 2.2.2. Voyelle de redouble-
ment 406. 2.3. Syllabe radicale 409. 2.4. Désinences 409.
3. La troisième personne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 391
3.1. Sing. A. 391. 3.2. Sing. M. 391. 3.3. Plur. A. 391.
2. Les modes: désinences et emploi
4. L'optatif aoriste en récent. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 391
1. L'indicatif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 410
1.1. Première personne 410; 1.1.1. Sing. A. 410; 1.1.2. Sing. M. 410;
d. L'impératif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 392
1.1.3. Plur. A. 410. 1.2. Deuxième personne 410; 1.2.1. Sing. A. 410;
1.2.2. Sing. M. 410. 1.3. Troisième personne 410; 1.3.1. Sing. A. 410;
1. La deuxième personne ................................... 393
1.3.2. Plusparf. 411; 1.3.3. Sing. M. 411; 1.3.4. Duel A. 411; 1.3.5. Duel
1.1. Sing. A. 393; 1.1.1. Aor. rad. 393; 1.1.2. Aor. sigm. 393; 1.1.3. Aor. M. 411; 1.3.6. Plur. A. 411; 1.3.7. Plur. M. 412. 1.4. Fonction syn-
à suffixe -a- 393. 1.2. Sing. M. 393. 1.3. Plur. A. 393. 1.4. Plur. taxique 412; 1.4.1. En prop. rel. 412; 1.4.1.1. En séries d'opposition
M.393. temporelle 415; 1.4.1.2. Avec attribut superlatif 416; 1.4.2. En sub. conj.
416; 1.4.3. En prop. indép. et princ. 417; 1.4.4. L'aspect achevé 418.
2. La troisième personne ................................... . 393
2.1. Sing. A. 393. 2.2. Sing. M. 393; 2.2.1. Désinence -tqm 393; 2. Le subjonctif ........................................... 419
2.2.1. Désinence -qm 394. 2.3. Plur. A. 394. 2.4. Plur. M. 394. 2.1. Première personne 419. 2.2. Deuxième personne 419. 2.3. Troi-
sième personne 419; 2.3.1. Sing. A. 420; 2.3.2. Sing. M. 420; 2.3.3. Plur.
3. L'impératif aoriste en récent .............................. 394 A. 420. 2.4. Fonction syntaxique 420.

3. L'optatif ............................................... 421


e. Le participe ........................................... . 394 3.1. Première personne 421. 3.2. Deuxième personne 421. 3.3. Troi-
sième personne 421; 3.3.1. Sing. A. 421; 3.3.2. Duel A. 421; 3.3.3. Plur.
1. Participe actif ......................................... . 394 A.421; 3.3.4. Plur. M. 421. 3.4. Fonction syntaxique 421; 3.4.1. Irréel
1.1. Formes athématiques 394. 1.2. Formes thématiques 395. du passé en structure conditionnelle 422; 3.4.2. Irréel du passé et irréel
du présent 423; 3.4.3. Irréel du passé en prop. indép. et princ. 423.
2. Participe moyen ........................................ . 395
2.1. Formes originales 395. 2.2. Formes thématisées 395.
4. L'impératif. ................. '.' . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 424
XXII Table des matières

5. Le participe ............................................ 424


5.1. Participe actif 424. 5.2. Participe moyen 425. 5.3. Fonction
syntaxique 425; 5.3.1. Etat acquis 425; 5.3.2. Passé résultatif 426;
5.3.3. Part. de Ida 427; 5.3.4. Enumérations d'opposition temporelle 427;
5.3.5. Un part. parf. en locution verbale 427. Introduction
6. Survivance du parfait en avestique récent ................. . 427
Deux tâches urgentes s'imposent à la philologie avestique: rem-
placer l'Altiranisches Worterbuch de Bartholomae (1904) par un diction-
III. CONCLUSION naire qui tienne compte des progrès de la science et, à l'exemple du
Worterbuch zum Rig-Veda de Grassmann, mentionne toutes les attesta-
Conclusion ................................................ 429 tions des entités lexicales classées d'après le critère morphologique; écrire
une grammaire fouillée et précise qui soit à l'avestique ce que l'Alt-
Index .............................................•...... 435 indische Grammatik de Wackernagel- Debrunner est à l'indien ou la
Griechische Grammatik de Schwyzer au grec. Tant que ces outils de travail
feront défaut, les études avestiques, incertaines et empiriques, alimen-
teront de fantômes la grammaire comparée, pour laquelle le témoignage de
l'iranien ancien est pourtant essentiel, et l'histoire des religions, en charge
de cerner le caractère du mazdéisme et son apport à la pensée humaine.
La présente étude entend contribuer à une future grammaire aves-
tique. Aborder la tâche par le verbe répond à une urgence. En situant les
faits dans le temps et en fixant leur degré de réalité, le système verbal
joue dans toute langue un rôle central: sans comprendre le contenu
"noématique" des formes, on ne peut comprendre les textes. Plus parti-
culièrement, les analyses du verbe avestique - essentiellement celles que
Bartholomae a données dans le G~'undrifJ et le Worterbuch - sont vieillies
et présentent plusieurs défauts graves:
1. Les racines verbales sont trop souvent créditées de thèmes tem-
porels qui n'existent pas. Ainsi harz produirait, selon Bartholomae (col.
1792sq.), les présents primaires k,wJza-, haraza-, harazaiia- et haraziia-.
Or, des quatre formations, seule la première peut être prise en con-
sidération: elle rend compte de toutes les atGestations claires du verbe et
s'inscrit en toute régularité grammaticale entre le védique sria- et deux
présents moyen-iraniens (moyen-perse hyl- et parthe hyrz-). Les autres
sont fondées sur des erreurs, faute d'orthographe d'un copiste ou analyse
morphologique injustifiée de Bartholomae. En fait, celui-ci n'est pas dupe
de la multiplicité des thèmes qu'il recense: il a tenu à mentionner chaque
conjecture permise par le texte tel qu'il nous a été transmis, mais il a eu
le tort de ne pas faire un usage plus fréquent du point d'interrogation.
En n'exprimant pas plus explicitement son scepticisme, il a donné vie à
beaucoup d'illusions, qu'il faut à présent dissiper.
1 Rellens. Le verbe avest!que
2 Introduotion Introduotion 3
2. Bartholomae n'admet comme aoriste que celui qui se distingue portance pour l'avestique (surtout pour l'étude des thèmes de présent)
des autres thèmes temporels par un suffixe spécifique: l'aoriste sigma- et il faut sans retard les utiliser systématiquement.
tique. Il considère l'aoriste radical et l'aoriste thématique comme des La présente étude est fondée sur un relevé exhaustif des formes
présents, l'aoriste à redoublement comme un plus-que-parfait. Il faut verbales. Cette exhaustivHé telle qu'elle est, subjective, idéale pjus que
rendre à la catégorie de l'aoriste toute sa diversité, reconnue par les com- réelle, imparfaite comme la science de l'auteur, se traduit pleinement
mentateurs des Gathas, depuis l'école de Gottingen (Andreas, Wacker- dans les parties morphologiques de l'ouvrage, où j'ai tenu à mentionner
nagel, Lommel, Paul Thieme) jusqu'à nos jours, et spécialement par tous les thèmes temporels et tous leurs dérivés connus ou supposés avec
Helmut Humbach (Die Gathas des Zarathustra 1-11, Heidelberg 1959). quelque vraisemblance. J'y ai renoncé quand il s'agit de déterminer les
3. Jusqu'à l'étude de Karl Hoffmann sur l'injonctif védique (Der fonctions syntaxiques, trouvant que l'analyse des valeurs temporelles et
Injunktiv im Veda, Heidelberg 1967), la grammaire comparée a méconnu modales devait nécessairement "le limiter, dans un premier temps, aux
le caractère fonctionnel de l'augment. Or, il est évident que l'on jugera textes canoniques de l'Avesta récent, qui forment un échantillonnage
différemment les formes verbales ayant pour seule caractéristique mor- suffisamment significatif et un ensemble synchronique assez homogène,
phologique la désinence secondaire selon que l'on considérera l'augment. pour déboucher, après avoir subi la discussion et la critique, sur une
comme facultatif ou comme la marque nécessaire du passé. interprétation du système verbal qui fasse l'objet d'un consensus au
4. Il n'existe aucune étude détaillée de la syntaxe du verbe aves- moins approximatif. Je crois que nul ne me reprochera de n'avoir pas
tique. On ne peut en ce domaine que se référer à quelques pages de tenté cette analyse pour le gâthique: c'eût été donner une nouvelle inter-
Reichelt (Awestisches Elementarbuch, Heidelberg 1909, 296-349), qui ne prétation des Gathas et on sait ce que cela signifie. Quant aux fragments,
peuvent satisfaire. Le caractère du livre, qui se dénonce dans le titre, dont il est permis de poser en théorie qu'ils ne nous apprendraient rien
exigeait une concision qui va parfois jusqu'à l'insignifiance. De plus, que le canon ne nous eût appris, leur langue est trop irrégulière, leur
l'auteur condense l'enseignement de Bartholomae, qui a les défauts que transmission trop incertaine et l'édition critique n'en a le plus souvent
l'on sait, et aborde le problème d'un point de vue étroitement sémantique pas été faite. J'ai donc préféré - sauf exception - ne pas les utiliser,
(voir, par exemple, la distinction entre subjonctif volitif, délibératif et renvoyant à leur futur éditeur le devoir de justifier la syntaxe qu'il leur
prospectif), qui est impropre à rendre compte des mécanismes dictant attribuera par rapport à celle qui est admise pour les textes canoniques.
l'emploi des temps et des modes. Il est nécessaire d'y substituer une Dans le cadre des textes pris en considération, je ne relève pas toutes
classification fondée sur la nature des propositions où sont attestées les les formes verbales dont l'emploi ressortit à une fonction bien déterminée
formes verbales. et aisément justifiable à l'aide du matériel indien, mais je le fais si la
fonction est exceptionnelle, marginale, curieuse, ou spécifiquement aves-
5. Lorsqu'une forme nominale avestique fait difficulté, on peut
tique. Pour qu'il ne subsiste aucune ambiguïté, le caractère exemplatif ou
toujours l'aborder par le biais de l'indien et se reporter à l'Altindische
exhaustif du matériel est dans chaque cas explicitement noté. La première
Gmmmatik de Wackernagel-Debrunner. Ce recours n'est pas loisible pour
partie, consacrée à la distinction de voix, preild en considération chaque
les formes verbales, tant que le tome IV Das Verbum de cette œuvre
racine et relève toutes les valeurs attestées de son emploi moyen éventuel,
monumentale restera un projet. Il est d'autant plus urgent de faire une
mais pas nécessairement tOlltes les formes qui présentent cette valeur.
analyse spécifique du verbe avestique qui s'inspire des travaux préli-
Le point de vue adopté est en principe celui de la synchronie, mais
minaires au Das Verbum publiés par l'école d'Erlangen (Karl Hoffmann
il n'est ni possible ni souhaitable de s'y tenir exclusivement. La compo-
et Johanna Narten).
sition de l'Avesta s'est étendue sur un bon millénaire. Si sa langue est
6. Le système verbal de plusieurs dialectes moyen-iraniens encore une langue savante, soigneusement préservée au sein d'une tradition
inconnus en 1904 a fait l'objet d'études spécifiques de haute qualité érudite, elle n'en a pas moins évolué à certains égards. Le grammairien se
(Henning pour le moyen-perse, Ghilain pour le parthe, Benveniste et doit de décrire les évolutions discernables. Le matériel qui s'y trouve
Gershevitch pour le sogdien, Henning et MacKenzie pour le chorasmien, consigné est d'autre part si réduit et si incertain qu'il n'est souvent pos-
Emmerick pour Je khotanais). Leurs conclusions sont d'une grande im- sible de le comprendre et de l'expliquer que par la comparaison avec le
1*
4 Introduction

védique et les dialectes moyen-iraniens, c'est-à-dire par le l:ecours à la


diachronie. Enfin, on ne peut faire autrement que signaler l'importance
éventuelle des faits décrits pour la restitution indo-européenne. Cette
étude, sans doute, n'est pas une étude de grammaire comparée: il lui
faut pourtant constater les concordances avec l'indien, qui est le témoin Avertissements
majeur de la branche indo-iranienne, et souligner les divergences de
caractère archaïque ou innovant.
1. Citation des mots et des textes.
Toute étude de grammaire avestique repose nécessairement sur
une certaine conception de la formation du texte et de sa transmission. a. J'ai adopté le seul système vraiment scientifique de transcrip-
J'adopte sans réserve celle que Karl Hoffmann a postulée en 1970 dans tion du texte avestique, celui que Karl Hoffmann utilise depuis 1966 et
le Henning Memorial Volume (188sq. n. 2): période indéterminée de com- qu'il a défini en 1971 (Aufs 1316-326).
position dans un dialecte oriental ou nord-occidental, période indéter- b. Les abréviations des titres de textes sont empruntées au dic-
minée de transmission orale par les soins d'une école liturgique sud- tionnaire de Bartholomae (VIII-X). Toutefois, j'ai substitué Vn (VaMtà
occidentale, fixation et mise par écrit de l'archétype sassanide au moyen Nask, éd. Humbach-JamaspAsa, Wiesbaden 1969) à Nik (Nikàtum),
d'un alphabet phonétique inventé ad hoc (± 4ème siècle), décadence ',de qui s'est avéré en être un court fragment, et j'ai introduit FlA (Fragment
la tradition et de l'élocution liturgiques consécutive à l'invasion musul- Ank1esaria, éd. Klingenschmitt, MSS 29, 1971, 111-174) entre FrBy et
mane, constitution d'un unique manuscrit de base influencé par l'élo- 81. Les fragments des Pursisnihà sont numérotés selon l'édition de
cution décadente (9ème ou 10ème siècle), transmission écrite et orale JamaspAsa-Humbach (Wiesbaden 1971). Pour les inscriptions vieux-
d'une Vulgate (de l'an mil à nos jours). De ce point de vue, une gram- perses, j'adopte le système de Kent (Old Persian, New Haven 1953);
maire avestique ne peut être que la grammaire de la langue de l'arché- pour le védique, celui qui est traditionnel depuis Whitney (Indische
type sassanide, telle qu'on la restitue à l'aide des manuscrits connus, et Grammatik, Leipzig 1879, XXVIII).
dont l'état phonétique, constitué au gré des aléas de la transmission
orale, n'est plus celui de l'avestique vivant, lequel nous est inaccessible. c. Dans chaque paragraphe, les passages figurent dans l'ordre de
Cette conception implique que l'analyse du texte se fonde essentielle- succession des abréviations de Bartholomae, les formes dans l'ordre
ment sur la combinaison de deux méthodes: la philologie de type classique alphabétique des racines dont elles dérivent (et qui sont toujours men-
et le postulat linguistique. Les manuscrits de la Vulgate, examinés sur tionnées en tête du relevé). Cet ordre alphabétique découle logiquement
la base des Pro1egomena de Geldner, permettent théoriquement d'établir du système de transcription adopté (Hoffmann, op. cit. 325).
le texte du manuscrit de base, qui comportait, par rapport à l'archétype d. Les formes qui ne sont attestées qu'une fois, et elles seules, sont
sassanide, des imperfections orthographiques et des déformations dues suivies de la mention du passage témoin. Cette mention suit la racine
à l'influence de l'élocution décadente. Le résultat de l'analyse philologique ou le thème, plutôt que la forme dérivée, selon que c'est l'une ou l'autre
est alors confronté au postulat linguistique fondé sur le védique: s'il y a qui n'est attestée qu'une fois.
concordance, cela tient lieu de preuve, faute de mieux. e. Les formes (éventuellement les racines et les thèmes) peuvent
Je remercie ici deux savants dont la science et la patience m'ont
être précédées de:
été d'un grand secours: Jacques Duchesne-Guillemin, qui a suivi pas à
pas l'élaboration de ce travail, et Karl Hoffmann, avec qui j'ai eu, durant +: forme corrigée par substitution d'une leçon à une
deux mois, des séances de travail quotidiennes. Quant à Helmut Hum- autre.
bach, qui m'a confié le fichier où il avait consigné le matériel lexical x: forme corrigée suggérée par l'analyse des manuscrits,
avestique et m'a demandé de devenir son assistant à l'Université de mais n'y figurant pas telle quelle.
Mayence, qu'il suffise de dire, pour suggérer la gratitude que je lui voue, *. forme restituée (y compris les formes verbales sup-
que, sans lui, cette étude n'eût jamais été entreprise. posées par une forme nominale).
6 Avertissements
Avertissements 7
mss. (manuscrits): forme effectivement transmise par les manuscrits.
r(écent): forme attestée exclusivement en avestique récent. Aufs: Karl Hoffmann, Auf8atze zur 1ndoirani8tik 1-11,
g(âthique): forme attestée exclusivement en gâthique. Wiesbaden 1975.
CommCyrus: Oommémoration Oyru8: Hommage univer8el 1-IIl, Acta
Elles peuvent être suivies de: Iranica 1-3, Téhéran-Liège 1974.
V: forme attestée seulement à partir du Vidévddd (les Dict: Alfred Ernout-Antoine Meillet, Dictionnaire éty-
Yast8 1 à 4 et les Afrinagdn sont assimilés au Vidévddd). mologique de la langue latine. Hi8toire de8 mot8, 4ème
Fr.: forme attestée exclusivement dans les fragments. édition, Paris 1959.
YH.: forme gâthique attestée exclusivement dans le Yasna Dict: Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la
hapta1) hditi. langue g1'ecque 1-IV, Paris 1968-1977.
DonNyb: Donum natalicium H. S. Nyberg oblatum, Uppsala 1954
f. La mention d'un passage peut être suivie de:
(omis par Schlerath).
par(allèle): ce passage et ceux qui lui sont parallèles.
FiO: Gerb Klingenschmitt, Farhang-i oim: Edition und
rép(été): ce passage est répété ailleurs dans le corpus. Kommentar, thèse inédite (Erlangen 1968).
etc: ce passage et les suivants. FIZ: Farhang-e Iran Zamin, Tehran 1955 sq.
C(itation) : texte cité dans la traduction pehlevie de ce passage FSHarmatta: Fe8t8chrift Jém08 Harmatta = ActAntHung 25, 1977.
(traduit PüZ de Bartholomae).
FSLentz: Neue Methodologie in der Irani8tik, Wiesbaden 1974.
H(apax) n'est utilisé que danA la première partie, qui concerne la distinc- Gram: André V aillan t, Grammaire compa1'ée des langue8
tion de voix: le passage ainsi marqué est le seul où la racine verbale est 8lave8 1-V, Paris 1950-1977.
utilisée à la voix dont il est question, ou possède un moyen de la valeur GSGüntert: Antiquitate8 indogermanicae: Gedenk8chrift /ür Hermann
dont il est question. Güntert, Innsbruck 1974.
g. Le point d'interrogation suit la mention douteuse du relevé, la GSolnd: German Scholar8 on 1ndia 1-11, Varanasi 1973-1976.
racine, le thème ou la forme, la personne, le nombre, le mode, le temps
IAL: Ralph L. Turner, A Oomparative Dictionm'y of the
ou la voix. Lorsqu'il précède l'ensemble du relevé, cela signifie qu'il est
Indo-Aryan Language8, London 1966.
douteux que ce relevé ait vraiment sa place dans le paragraphe.
IndGram: Calvert Watkins, 1ndogermani8che Grammatik III l,
2. La littérature secondaire. Heidelberg 1969.
(Insler) 1975: Stanley Insler, The Gdthd8 of Zarathu8tra, Acta
a. Les abréviations sont empruntées aux Vorarbeiten 1 de l'Awe8ta-
Worterbuch de Bernfried Scblerath (Wiesbaden 1968, XI-XXXII), à mon Iranica 8, Téhéran-Liège 1975.
For8chung8be1'icht des études avestiques de 1962 à 1972 (Krat 16, 1971 JIES: The Journal of 1ndo-European Studie8, Washington
[1973], 1-2) et à ses addenda (Krat 18, 1973 [1974], 1). 1972sq.
b. Les ouvrages qui n'y figurent pas sont cités de manière explicite KlSchr: Paul Thieme, Kleine Schriften 1-11, Wiesbaden 1971.
ou sont abrégés comme suit: MélBenveniste: Mélange8 lingui8tique8 offed8 à Emile Benveni8te, Paris
ActAntHung: 1975.
Acta Antiqua Academiae Scientia1'um Hungaricae, Bu-
dapest 1952sq. (Monna) 1978: Maria Cornelia Monna, The Gathas of Zarathu8tra,
Aog: Kaikhusroo M. J amaspAsa, Aogamadaécd. A Zoro- Amsterdam 1978.
astrian Liturgy, Wien 1982. MonNyberg: Monumentum H. S. Nyberg I-IV, Acta Iranica 4-7,
Téhéran-Liège 1975.
8 Avertissements Avertissements 9
Selp: W. B. Henning Selected Papers 1-11, Acta Iranica 14- lat(in) sogd(ien)
15, Téhéran-Liège 1977. lesb(ien) véd(ique)
STH: Studien zur lndologie und lranistik, Reinbeck 1975sq. lit(uanien) vha: vieux-haut-allemand
STIR: Studia lranica, Paris 1972sq. m(oyen)-p(erse) v(ieil)-irl( andais)
VgIGr: Christiaan S. Stang, Vergleichende Gmmmatik der Bal- pehl(evi) v(ieux)-p(erse)
tischen Sprachen, Oslo 1966. r.: avestique récent v(ieux)-prus(sien)
s(ud)-bal(uci) v(ieux)-sl(ave)
(Weissbach) 1930: F. H. Weissbach, Die Keilinschrilten der Achame-
skr.: sanskrit yagh(nobi)
niden, Leipzig 1911.
b. des termes grammaticaux:
c. Je ne mentionne, des ouvrages de référence suivants, que le nom
de l'auteur: A(etif) loc(atif)
abl(atif) M(oyen)
Christian Bartholomae, Altiranisches Worterbuch, Strasbourg 1904.
acc(usaHf) masc(ulin)
Emile Benveniste, Essai de grammaire sogdi~nne, Paris 1929.
adj (eetif) nom(inatif)
Ronald E. Emmerick, Saka Grammatical Studies, London 1968. adv(erbe) nt.: neutre
Karl F. Geldner, Avesta the Sacred Boole of the Parsis l-III, Stuttgart aor(iste) opt(atif)
1896. athém( atique) parf(ait)
Ilya Gershevitch, A Gmmmar 01 Manichean Sogdian, Oxford 1954. caus(atif) part(icipe)
Antoine Ghilain, Essai sur la langue parthe, Louvain 1939. conj (onctionjO onctive) pas(sif)
Hermann Grassmann, Worterbuch zum Big-Veda, Leipzig 1873. dat(if) plur(iel)
dém( onstratif) plusparf.: plus-que-parfait
Walter B. Henning, Das Vel'bum des Mittelpersischen der TU1'fanfrag-
dénom(inatif) prép( osition)
mente, Zeitschrift für Indologie und Iranistik 9, Leipzig 1933, 158-253.
désid( ératif) prés(ent)
Walter B. Henning-Donald N. Mackenzie, A Fragment of a Khwa- dév(erbatif) prév(erbe)
rezmian Dictionary, London 1971. fém(inin) prim(aire)
Julius Pokorny, lndogel'manisches etymologisches Worterbuch, Bern- fut(ur) pron(om)
München 1959. gén(itif) prop( osition)
William D. Whitney, lndische Grammatik, Leipzig 1879. imp(ératif) rad(ical)
impft.: imparfait red(oublé)
3. Abréviations. inch( oatif) rel(atifjOtive)
a. des noms de langues (ceux qui sont brefs ou qui n'app:1l'aissent ind(ieatif) see(ondaire)
qu'exceptionnellement figurent en toutes lettres): indép(endante) sigm (atique)
inf(initif) sing(ulier)
arm(énien) hom(érique) inf(ixé) sub(ordonnée)
av(estique) i(nd.)-e(ur.): indo-européen inj (onetif) subj(onctif)
bactr(ien) ind(ien) instr(umental) subst(antif)
chor( asmien) ion(ien)-att(ique) int(ensif) thém( atique)
cypr(iote) ir(anien) inter(rogatifjOrogative) trans(itif)
g(âthique) irl(andais) intrans(itjf) voc(atif)
got(ique) khot(anais) itér(atif)
1. LA DISTINCTION DE VOIX
Les formes verbales avestiques se répartissent entre la voix active
et la voix moyenne. Au point de vue de la morphologie, cette distinction
se fonde sur l'emploi d'un type spéCIfique de désinences (1); au point de
vue du sens, le passage de l'actif au moyen correspond à une accentuation
du rôle du sujet, par rapport à l'acbion eUe-même dans le cas du moyen
dynamique, par rapport à l'objet direct dans les autres cas (moyen passif,
moyen réciproque, moyen réfléchi, moyen réfléchi indirect) (2).
(1) Notons d'emblée une ambiguïté fondamentale résultant du caractère
de la transmission avestique. Lorsque l'opposition entre actif et moyen correspond
à celle entre -i et -e en finale de désinence - 1ère sing. subj. (-ani/-ane), 2ème sing.
primaire (-hi/-he), 3ème sing. primaire (-ti/-te), 3ème plur. primaire (-'lJti/-'lJte) - ,
les copistes de ce millénaire ont mal conservé la différence. Le plus souvent, pour
chaque forme, la tradition manuscrite comporte les deux désinences. En ce qui les
concerne, il n'y a donc jamais de certitude absolue, bien plutôt une vraisemblance
fondée sur un postulat linguistique. (2) "On pourrait, pour donner la définition
la plus large, indiquer que la voix moyenne entretient avec le sujet un rapport par-
ticulier" (Chantraine, Grammaire homérique II 174).

1. Racines qui n'ont que les désinences actives.


1.1. Actif tantum (1): r. ars "être envieux" Y 52,2; 1ah "être"; (r. 3kar
"disperser" V) (2); r. °xad vi-o "triturer" V 2,31. 32; (xru8 "crier");
(1'. gah "dévorer"); g. ga "marcher" Y 46,6; ? r. yZa1' "couler" (3); ? tar
"surmonter" (4); ? r. °diz "construire" V (6); r. druj "tromper" (6); r. pat
"voler" (7); r. pü "pourrir" V 6,28 (8); r. frit "se décomposer" V 6,28 (8);
r. °ba "briller"; r. bisaz? "guérir" V(9); bü "devenir"; g. nad "crier"
y 33,4; r. nid "maudire"; g. 2mard "négliger" Y 51,13; r. °miv auua-o
"mouvoir" V 18,55. 59 (10); g. °mruc para-am'a-o "s'enfoncer" Y 53,7;
r. yah "bouillir" (11); r. °vam 1 auui-o "vomir" V 5,1 (12); r. 1vah "luire";
r. 1va "souffler"; r. °vio "trier" N 99. 100 (13); r. 4°vid? ni "percer" Yt 10,
113; (r. 1rad "frayer" Yt 10,68); rap "aider"; r. 2ra "glapir" Yt 13,105;
g. 2rad "mener à bien"; r. craz vi-o "faire lefier"Yt 14,47; uruuaj "avan-
cer"; r. uruuï "écraser" Yt 13,33; g. sah "enseigner"; r. sna{} "frapper"
Fr.; r. sris "assembler" V; r. ziia "détruire" (14); r. °sam a "avaler" P 8;
si "habiter"; r. °zgar fra-o "couler" Y 65, 4par; g. hah "dormir"
y 34,5.
(1) Cette catégorie est en partie conjecturale. Elle se fonde sur la compa-
raison avec les faits védiques consignés par Delbrück (Syntax 231-233). D'une part,
ces faits eux-mêmes comportent une part d'incertitude, d'autre part, des di-
14 I. La distinction de voix
l 1. Racines à désinences actives 15
vergences dans l'usage des voix sont clairement attestées entre le védique
et l'avestique. Les verbes qui suivent sont simplement ceux dont rien ne permet yzaraiia-(2); g. rup "avoir la colique" : urüpaiia- Y 48,10. De même,
d'affirmer qu'ils se comportent autrement que leurs équivalents indiens. Les racines g. xrud "s'irriter" n'atteste que l'aor. rad. xraod- de sens causatif.
qui figurent entre parenthèses sont celles qui produisent en védique, et non en
(1) Le prés. caus. est naturellement actif, ~~elle .que soit l.a racine ver~ale
avestique, des formes moyennes isolées. (2) N'a que le thème ka1'aiia-. (3) N'a
sur laquelle il est formé. Mais, transitif par défin~tlOn, il. est toujours su~ceptlble
que le thème de prés. caus. °yzaraiia- si Y 65,4 pal' yzal'qn n'est pas fautif pour
de produire des formes moyennes de valeur passIve, réCIproque, réfléchIe ou ré-
Xyzarqn, mais pour Xyzaraiiqn. (4) Vaut en tout cas pour les présents tauruuaiia-
fléchie indirecte. (2) Voir 1.1.
et tita1'a-. Il est possible que vidiôarJmno H 2,7 pal' soit une déformation du part.
M. du prés. caus. *vi(ti)taraiiamna- (discuté en 3.1). (5) A côté du prés.
1.1.2. r. ubj "retenir" V 7,52C n'est attesté qu'au thème du prés. pas.
°daëzaiia-, diz donne un prés. rad. à désinence moyenne avec V 15,36 yo aëtJm
uzdaëzJm uzdista, qui paraît bien réfléchi indirect: "celui qui s'est construit cette avec désinence moyenne (ubjiiaite).
construction". Mais il peut s'agir aussi d'une création instantanée d'après uzdasta
(de uz-da) qui compose, dans les phrases précédentes, plusieurs expressions paral-
1.1.3. Les présents dénominatifs sont soit des actifs tantum, soit des
lèles (voir d'ailleurs la variante uzdista de L 2), ou d'après le verbal uzdista- moyens tantum (2.1.2). La première catégorie est représentée par: r.
(uzdaëza uzdista V 7,54). (6) Les 3èmes sing. ind. dl'uzaite N 84 et plur. subj. .
aënaiJhiia- "soumettre à la vIOlence " y 9,29; r. arCJZatW-
.. " cornb a tt re "
aifJi.dl·uz&~te Yt 5,90, qui figurent chez Bartholomae, sont illusoires. Il faut cor- Yt 13,33; r. a$aiia- "agir selon A~a"; g. isaiia- "être pourvu de vigueur"
riger la première en xd1'uzaiti et la seconde, d'après J 10, en +aifJi.dl'uM1;!ti.
(7) patJ1;!ta F 4f doit être considéré comme une forme participiale duelle s'ordon-
y 50,9; g. isüidiia- "apporter la vigueur" YH.; r. kii$aiia- "tenir" .Y;
nant avec yaUJ1;!ta. (8) K 1 donne puiietica /l'i1Jiieitica, M f2 Jp 1 puiieteca
r. p(J$ana- "combattre" V 4,49; r. fSuiia- "faire paître"; r. barCJZahtta-
/1'i1Jiieteca. La comparaison avec le védique, le témoignage de apuiia1;!t- et de "frapper" Y 3,20; r. bisaziia-jbaësaziia- "guérir"; g. n<Jmaiiia- "rendre
a/l'i1Jiia1;!t-, le fait que la désinence moyenne suivie de l'enclitique est régulièrement hommage" YH., r. n(JmafJha- V; r. 2n(JmafJha- "faire un prêt" V 4, 1;
notée °taë-ca imposent la leçon active (puiieitica /l'i1Jiieitica). (9) Voir II Ale 3. 1. g. ~maëkaiia- "goutter" Y 38,3; r. mqnatw-. .. 2 " aVOlr. l' apparenc e"(1)·,
(10) Le moyen est indirectement attesté avec le thème du prés. pas. par l'adjectif
g. yaso.iiia- "distribuer la gloire" Y 51,4; va1'(Jzaiia- "conférer la _pr~~pé­
amuiiamna- "inébranlable". (11) Voir note 7. (12) Un oiseau souille un
arbre après avoir dévoré une charogne: upa tqm vanqm vazaite ... auui dim vanta rité"; r. vaso.yaonaiia-? "donner libre habitation" Yt 10,60; g. vadana-?
auui dim ù'ita auui dim paitita. Le V 7,12 permet d'identifier ces termes: y'ezi "frapper, chasser" Y 29,2 (2); g. srauuahiia- "désirer la renommée"
avhal upaëtJm va aifJi.naptim va aifJi.ù·itim va aifJi.vaÎ'~~tim va "s'il y avait (sur ces y 32,6.
vêtements) du sperme, de l'urine, des excréments ou des vomissures". 0vanta
(1) Ou prés. cat..s. de 1man "penser" (2.1.1). (2) Selon l'analyse de
dérive de vam "vomir", °ù·ita de l'i "déféquer" et °paitita est une corruption p~o­
Humbach (MSS 11, 1957, 78 n. 24; IF 63, 1957, 215 n. 17; II 14). Voir vad 1.2.
fonde pour *upaëta ou *napta. Benveniste (Inf 35) remarque qu'on attend, dans ce
passage rédigé à l'indicatif, les 3èmes sing. ind. prés. A. que proposent certains
manuscrits: va~~ta: Ota tous les manuscrits, sauf °ti Mf 2 MI 4; ù·ita: Ota Jp 1 Mf 2 1.2. De nombreux verbes ont exclusivement les désinences actives
B 1. 2 P 2. 10 MI4 L 1. 2 Br 1 Dh 1 M 2, °ti MI3 Pt 2 K 2 L 4; paitita: °t(/, Jp 1 L 1 sans qu'on puisse les considérer comme des actifs tantum: dans leur c.as,
B 2 M 2 Mf 2 MI 4 L 2 Br 1 K 10 Dh 1 PlO, oU M 3 B 1 P 2 Pt 2 L 4a. Si on retient l'absence du moyen ne relève peut-être que du hasard de la préservatIOn
la variante en °ti, quoique la stricte comparaison des manuscrits n'y soit pas
des textes. Les verbes qui figurent ici sont ceux dont les équivalents
favorable, nous avons des indicatifs présents. vai1;!ti est directement comparable
à l'indien vâmiti. Le p initial de paititi ne peut représenter que celui de xupaiti ou indiens produisent régulièrement des formes moyennes ou dont l'origine
celui que forme nab au contact de la désinence. Comme rien n'indique que nab étymologique n'est pas assez évidente pour justifier la diathèse: arj
a pu avoir un présent radical (voir ind. nâbhate) , c'est un argument en faveur "valoir"; g. ard "faire croître" Y 50,11; r. °axs "surveiller" aif3i-o;
d'une restitution xupaiti. Avec son degré zéro, il'iti ne peut guère être un présent li 'aller" (1); r. 2i "nuire à" V 18,61; lkan "aimer"; ? 2kan "creuser" V (2);
radical. Il serait corrompu et vaudrait sans doute, dès lors, pour *il'inaiti (= ind.
r. kamp? "trembler" Yt 10,113; r. 2kar "célébrer" (3); r. kart "couper" (4);
l'i·~riti). Si on retient la variante en -ta, il s'agit de formes nominales _ des loc.
sing. de dérivés en -ti- régissant un pronom personnel ou se combinant avec lui r. °kars "tirer"; r. °kas "regarder" a_O V 22,2. 9; ka "prendre plaisir à" (5);
sur le modèle de la phrase suivante (auui dim janaiti etc ... ). (13) N'a que le r. °kus "égorger" fra-o V 5,34; r. xsub "frémir" Yt 10,113; r. °xVan
thème °vaëcaiia-. (14) Le moyen apparaît avec le prés. pas. (f1'a)ziia-. "résonner" apa-o Yt 14,46; r. xvah "broyer" (6); gu "accroître" (7); r. gram
"irriter" Y 9,28; r. 2jï "anéantir" F 15 (8); r. tap "s'échauffer" (9); r. ta1'p
1.1.1. Ne sont attestés qu'au thème du prés. caus. avec les désinences
"dérober" Y 11,5; tas "façonner " ; r. 2ta- " . 1"
rmsse el' ; r. tUIJX" se VI'd"
el' (10) ,•
actives (1): r. °yzrad "couler" : °yzradaiia- Yt 8,31;? r. yzar "couler" :
r. {}f3qz? "être excité"; {}f3i "effrayer"; r. daj "consumer" (11); r. 2dar
16 I. La distinction de voix l 1. Racines à désinences actives 17

"déchiqueter" V; dars "voir"; r. odars "oser" upa-o Yt 8,44; di "re- serait alors une faute généralisée pour xfmiiei1Jti. Il se peut aussi que la série ad-
garder"; g. °div â "s'efforcer" Y 44,13; g. dü "faire preuve d'habileté" jective qui commence avec humanaVha soit un exemple de l'usage du nom. plur.
en fonction d'acc. plur.: le moyen unanimement transmis et le a du préverbe fra,
y 31,10; (d'iJ)bqz "secourir"; r. °duuaj "flotter" Yt 14,45; r. °duuan
qui serait insolé dans la flexion de fra-i, inciteraient à corriger fraiie'l;!te en 1Jraiie'l;!te
"s'envoler"; duuis "haïr" (2); r. drus "1" P 17; r. pard "péter" V 3,32; "ils protègent" - nous avons la confusion inverse avec Yt 5,62 1Jmosta pour
r. Ipis "broyer" Yt 14,19; g. 2pis1 "1" (13); r. bm'j "saluer"; r. biiah 1 *fmosta (Hoffmann, ap. Thieme, MonNyn III 350 il. 39). (2) L'attestation
"être effrayant" Yt 19,48. 50; r. bram ou bras "pleurer, errer ou s'effon- moyenne du V 15,39 ya aét'iJm auuakan'iJm auuaka'l;!ta "celui qui s'est creusé ce
drer" Y t 19, 34; r. 1 b1Y'iz "briller" (14); na1'p "décliner" (pour la lune); fossé" doit être jugée comme celle de rliz (1.1): elle a valeur de réfléchi indirect
(4.4.1) ou c'est une création instantanée d'après le contexte. (3) En dehors de
1 2nas "disparaître" (5); 1 ni "conduire" (16); r. nij "nettoyer" Yt 8,43;
car'iJk'iJr'iJmahi y 58,4, ne fournit que le thème kamiia-. (4) Le moyen est illu-
g. Imard "détruire"; r. 2man "rester" (7); g. marzd "pardonner" Y 33,11; soire au V 7,38: maca pascaéta mazrlaiiasna vimMascit vimâ6aiia1Jta maca k'iJr'iJ'I;!tu
r . m-~ "d't
e rUIre. "F 6 ; r. m~'t "demeurer; "'f}"
m~ a lterner " ; g. 2miz "prendre mazdaiiasna mâca k'iJr'iJtu irisiiât yezi pascaéta mazdaiiasna vimMascit vimâ6aiiti'l;!te
soin de"; yat "prendre place"; r. °yu ni- "relier" Y 53,7 (8 ); r. yud
o yezi k'iJr'iJ'I;!te mazdaiiasna yezi k'iJr'iJtu ù'isiiât ... Toutes les formes de kart sont cor-
"combattre"; r. yuz "s'agiter"; g. °vap "dévaster" vi-o Y 32,10; vat rompues et la tradition manuscrite n'ouvre la voie à aucune correction. Selon
"h Bartholomae, on attend *k'iJr'iJ'I;!t'iJ~~tu pour k'iJ1''iJ'I;!tu, *k'iJr'iJ'I;!t'iJ1Jte pour k'iJr'iJ'I;!te, le part.
c an t el' " ; r. var). "d'Isposer en Jonc
. hé" e F l'.; vas "vouloir"; 1 r. 2vah
prés. *k'iJ1''iJ~~ta pour k'iJr'iJtu. La première restitution est évidente. A cause de yezi ...
"luire" Fr.; g. viid? "chasser" Y 29,2 ( 9»); r. 2°vi "abattre" V; 3 vid vima6aiiti~~te et de yezi ... irisiiât, k'iJr'iJ1Jte résulte plutôt d'un subj. *k'iJr'iJ'I;!m'l;!ti ou
" serVIr. "., r. O·"v~z l'endre un cuIt e à" n~-. ° y t 14,57; v~zd . v "affermir"; *k'iJ1·'iJ'I;!tqn. Je proposerai de reconnaître, en k'iJr'iJtu, l'instr. sing. de kar'iJtu- "le
1 r. ra1Jj "se mouvoir légèrement" (20); rah "être infidèle"; g. ras 'T' couteau" (= véd. 'crtu-) , déformé d'après l'impératif précédent: "qu'après cela,
y 53,9; r. rqk "être mauvais"; r. cri 1 "couler, mouiller" auui-o V 5,1 (21); ils ne pratiquent plus la médecine en médecins pour les mazdéens, qu'ils n'opèrent
plus les mazdéens, que nul ne subisse plus de dommage du fait de (leur) couteau.
lri{} "mourir" (22); r. 21'if} "mélanger"; r. 1'is "subir un dommage" V;
Si, après cela, ils pratiquaient la médecine en médecins pour les mazdéens, s'ils
l' . ru " " tel'
crepI " ; ~. r. ruc "b1'1'11el' " (23») ; r. u'fuuiid "se réjouir" Yt 13, opéraient les mazdéens, si l'un subissait un dommage du fait de (leur) couteau ... ".
93par; r. urttuid "être condamné" V; r. san "escalader"; r. °sid auua (5) upa . .. ktivhâmairle Vyt 22 est négligeable: Bartholomae ne l'attribue d'ailleurs
"trancher" (24); r. °sit aif3i "frotter"; r. °sizj "pourchasser" tm-o; sü pas à cette racine. (6) N'atteste que le thème xvavhaiia-. (7) En tout cas
günaoiti Yt 10,16. gâus, de Y 32,8 ga1ls baga xVâr'iJmna, en est-il l'aor. sigm.?
"gonfler" (25); suc "être en flamme"; r. sci1Jd "briser" (26); r. 0scinb
(8) Le moyen est indirectement attesté avec le thème du prés. pas. par l'adj.
"étayer" tra-o V 18,74; r. 2star "abattre" V(27); r. spar "triturer;'; ajiiamna- "inépuisable". (9) â.tâpaiieiti (prés. caus.) est sûr contre â.tapaite
l' . spa-".Je t el,"., r. snu d" sangJoter "Yt 19,80; r. 2S l'U "1" V; r. za1' au V 9,41: â.tapaite K 1, â.ta.paiti L 4, a.tapaiieiti Jp 1, a.tâ.paiieiti Mf 2, atapaiieiti
" VIel Ir ; ~. r. ° zarl:ix "t'Irer, tramer'
. '11'" ' " n~-o V 19,30(28); lzii "abandonner"; L 1 M 2, a.tapaiia'l;!ti L 2 Br 1 (voir Kuiper, ActO 17,1939,42). (10) En dehors
de tUS'iJn V 3,32, n'a que le thème du prés. caus. taosaiia-. (11) Véd. rlah n'est
zi "mettre en mouvement"; r. °sam "avaler" â-O P 8; 1 r. '§(ii)â "être que très rarement moyen, et toujours avec le préverbe niZo (Delbrück, Syntax
heureux" (29); r. 2had "1" Yt 14,56; g. hap "tenir"; r. ha1'c "mettre au 242). (12) Véd. dvil? ne produit de moyen qu'en composition avec vi (Delbrück,
rebut"; g. hi "enchaîner" Y 28,1; r. hic "asperger"; g. his "contrôlèr" Syntax 243). Quelle valeur accorder à l'incompréhensible V 7, 52C aétahe 1Jnasat
y 45,4; hü "impulser, engendrer" (30). (Xsna1Ja?) tbisavVha? (13) Posé à tout hasard pour piBiiei'l;!ti Y 44,20 et piBiiasü
y 50,2, au lieu de pâh "voir" (Bartholomae 891). (14) Le Yt 5,129 est trop
(1) i védique ne produit lui-même que secondairement des formes moyennes obscur pour qu'on puisse décider si bl'aZ'iJ~lta est un inj. prés. M. ou une forme parti-
(Delbrück, Syntax 237). Celles qui figurent chez Bartholomae sont sans valeur. cipiale: ca1''iJmti vaén'iJ1)ta braZ'iJ1lta f1'fjna 'iJr'iJzat'iJm za1·anim. Le moyen aurait une
paitiitiiJte P 49 est fautif pour xpai1Jiiti'l;!te de pai1Jiia- "être maître de" (J amaspAsa- valeur dynamique (4.5.5). (15) Le tout est de savoir si le part. nâs'iJmnai Y 9,
Humbach, Purs l 72). paitiiete F 10 est une forme nominale corrompue ou une 30-32 s'explique par lnas "atteindre" (voir 4.4.1, où le passage est examiné) ou
faute pour xpaitiiei'l;!ti, la citation se fondant vraisemblablement sur y 49,11 paiti 2nas "disparaître". Dans la seconde hypothèse, on doit considérer que 2nas produit
~:'~uqna paitiiei'l;!ti (Reichelt, WZKM 14, 1900, 146). iieù;tte, de N 68 mé zao1Jrti un moyen isolé de valeur dynamique (4.5.5.1), (16) Possibilité d'un moyen
~~M'iJte mocahe nait t'iJmahe, relève de la correction de routine: c'est Xyeinti ou passif au Yt 10,42 ime no au,1'uua1)tO aspa para mi1Jra6a naiieiJte "these swift horses
xpâmiiei'l;!ti, qui justifierait la graphie initiale et la rection dative (V 13,8' h1(Ua of ours are being led along safe from Mi&ra" (Hoffmann, Aufs l 314 n. 2). Cette
ur~~a paraiti para.asnâi avVhe). Plus troublant est le Yt 19,95: aflhe haxaiia interprétation se fonde sur v.-p. DB II 73 frava1·tis agçwbi[ya] anayata abiy mâm
frmze'l;!te astuuat·'iJr'iJtahe V'iJr'iJ1Jmyna humanavh6 huuacaVha hudiiao1Jntivh6 hurlaéna "Fravarti a été pris et conduit devant moi" (voir aussi DB l 82 et V 26). Si on fait
naMa.cit xmi1Ja.aojaVh6 aéSqm x Vaépai1Jiia hizuua. L'interprétation que j'ai pro- par contre confiance aux manuscrits J 10 (naiia1)ti), K 15 (naiiei1Jti) et L 18
posée dans les Noms-racines (170sq.) exclut toute difficulté grammaticale: fraiie'l;!te (naiieiJti), on restituera la forme active et on comprendra: "it is before Mi&ra these

2 Kellens, Le verbe avestique


18 I. La distinction de voix 19
I 2. Racines à désinences moyennes

fast horses are taking us" (ainsi Gershevitch, Mi 95 et 195sq.). Ni la désinence


V 4,51; r. pi8 "orner" Yt 17,10; g. 2mrü "maltraiter" :mraoi Y 32,14;
moyenne ni le thème de présent (niia-?) de niiete P 58 n'est explicable: da1''Jsa na
paù'iiaoxtaca uzustanâ adaraiiete niiete ustanauuaitis visptl fraJumaitiS "through g. vary,c "jaillir" : va§iieté y 44,11 (2).
perceiving and ordering, the man takes possession of the inanimate, he leads away (1) Si ce n'est pas une faute pour Xni-ynaire, 3ème plur. ind. prés. P. de
the animate, aIl movable (property)" (JamaspAsa-Humbach, Purs I80-81). ni-jan, comme le propose en dernier l.ieu Insler (KZ 81, 196~, 259sq.) (2) Thème
Serait-ce un moyen réfléchi indirect avec le sens de "emmener comme sa propriété"? de prés. pas. sans signification passive, comme véd. vacya-.
Que représente N 70 franaiiata? (17) Ne fournit que le prés. mqnaiia-/manaiia-.
(18) Pour afslnainiuua'lJ,t- (Hoffmann, Aufs 67). R. lyu "intendere" de Bartho-
lomae ne produit en fait aucune forme personnelle: fraiiauuaii6is y t 1,24 est fautif
1.2.3. Six verbes dont les équivalents indiens sont des mo~~ns .tantum
pour xfraJauuaii6is (fraiiauuaii6is Mf 3 Pd K 36, /1'aiiauu6ii6i8 Lb 6 Ml 2, /1.a.ya. ont exclusivement les désinences actives. On observera que l eqmvalence
uuaii6il J 9, f1'ayauuaii6il Jm 4, /1'aii6il F 1 etc. J 10 etc., fraii6ili L 18). La leçon n'est parfaite pour aucun d'entre eux:
de Jm 4 montre que le premier" (-ii-) est interprété de )'() (-y-), lui-même inter-
prété de yo (-J-). ma t'Jin uruua{};)m xfraJauuaii6i8 signifie "ne laisse pas aller cet
g. isa8a- "réclamer" = véd. tpte: l'étymologie, proposée par Hum:
allié (à la mort)". L'hypothèse de Kuiper (Acta 17,1939,57; IIJ 5,1961,59), qui bach (MSS 9, 1956, 66sq.; II 26), es~ incertaine, mais c'est la seul~ qm
reconnaît le véd. vi-yûcchan "séparer" dans viiusq H 2,7 par, est une possibilité soit phonétiquement plausible. De toute manière, les thèmes de .present
évasive (le passage est analysé sous tm' 3.1). (19) Voir vadaiia- 1.1.3. (20) Voir ne correspondent pas, le véd. ayant un prés. red. (t(!e) , l'avestlque un
2.2.1. (21) Voir vam 1.1. (22) Aux P 24 (sim 35) Jat'Jm da~aiti uruuan'Jm
prés. inch. (*izd-8a-).
a~aon6 iriri{}anahe "il rend heureuse l'âme du juste mort", le part. parf. M.
iriri{}ana- est une création secondaire à partir de l'A. iri1'i{}fJah- (gén. sing. masc.
iz "désirer" : iziia- = véd. thate: les thèmes de présent ne cor-
iriri{}uso V 3,400 Vn 56, gén. plur. masc. iriri{}usqm Y 24,5 par). (23) Analyse respondent pas: on doit noter que le prés. red. avec suffixe -iia- n'atteste
en 4.3.1. (24) Rarement moyen en indien (Delbrück, op. cit. 241). (25) Le pas le moyen en avestique (3.2.2). .
moyen est attesté avec le prés. pas. suiia-. (26) Une forme moyenne vraisembla- g. xrap "être proportionné à": 3ème sing. subJ. a~r. rad .. A.
blement secondaire est attestée dans une énumération de 2èmes plur. imp. prés. M.:
y t 1,27 aësqm lbaéS6 scùy,daiia~fJ'Jm paù'i usi varaiia~fJ'Jm hqm gaU'l-l.a nidar'Jzaiia~fJ'Jm
xrapa2't-2 y 40 , 1 -- véd • âkrpran' étymologie incertaine, malS plausIble
0 •

hqm zanauua z'J'IJ,baiia~fJ'Jm aipi d'Jr'JZuuan'Jm dar'JZaiia~fJ'Jm "brisez leur hostilité, (Johanna Narten, oralement).
bouchez leurs oreilles, ligotez leurs mains, broyez leur mâchoire, liez leur (corps) r. xvid "suer": xVi8a- = véd. 8védate: les thèmes de présent ne cor-
lié". Peut-être réfléchi indirect (4.4.1). (27) Les désinences moyennes sont spo- respondent pas. La visée inchoative va de pair, en avestique, avec la pro-
radiquement attestées avec le thème du prés. pas. °striia- (auua- a-st1'iiata Yt 1,29, duction de formes actives.
us-st·riiamn6 H 1,11). (28) Voir 2.2. (29) Au Y 16,7, la tradition manus-
r. vij "agiter" : vaéjary,t- Yt 19,92 F 8 = skI'. vejate: a~testati~.n mal
crite ne permet pas de décider entre la désinence active et la désinence moyenne:
Yasna sanscrit: Jaiie~~ti S 1, ~tl1J'IJ,te J 3: Yasna pehlevi indien: ~aiia~~te K 5, Jiia'lJ,ti
assurée dans un passage de sens incertain: yat a8tuuat. 'iJr'iJto Iraxsta2te ...
J 2; Yasna pehlevi iranien: Jaiia'lJ,te Pt 4 Mf 1; Vendidad sada: saiie~üe Mf 2 (JP 1 vaéo'Jm vaéjo yat v'Jr'iJ{}rajan'iJm. _ .. 1 '
manque). La forme moyenne aurait une valeur dynamique (4.5.5). (30) Gâthique r. vip "s'agiter": apa-vaépa- V 7,55, vaepana-( ) = ved. vépate
au sens d"'impulser", récent à celui d"'engendrer". "il tremble": la comparaison est rendue caduque par le dévelop~ement,
en avestique, du sens particulier de "sodomiser" pour le causatIf.
1.2.1. Ne sont attestés qu'au thème du présent causatif avec les dési-
nences actives: r. °jsan "?" : vi ... jsanaiieiry,ti Yt 14,56 (1); ban "être (1) Le V 8,26.27 atteste, avec vifiieiti, le thème du prés. pas. Po~r corri~er
en +vifiieite, Bartholomae ne peut s'appuyer que sur L 1. La présence de 1 ép,e~these
malade" : bCf:naiia-(2); r. °barz "grandir" : uz-barazaiieni Yt 10,108.
dans toutes les leçons est un argument supplémentaire en faveur de la desmence
(1) Voir nam 2.2.1. (2) Au V 22,5, le sens impose de corriger ba'lJ,daiieiti active.
en Xbqnaiieiti: auua'lJ,t'Jmcil bqnaiieiti ba'lJ,t'Jmca drüm br'Jnaoiti "il rend malade
l'homme en bonne santé et il rend la santé à l'homme malade".
2. Racines qui n'ont que les désinences moyennes.
1.2.2. N'ont que des formes essentiellement passives, soit dérivées du 2 1 Moyen tantum (1): aoj "déclarer"; r. ah HI!.etre aSSIS ; '/,8 pOUVOlor"·,
."."

thème de prés. pas. en -iia-, soit caractérisées par les désinences du passif • . l b
({J'ra "protéger"); r. nad "être dans e esom' "Yt 13 , ; var "choI'sir" (2).,
66 2

(-i de 3ème sing. ind.-inj. aor. et -aire de 3ème plur. ind. prés.): ? r. 3 0 gar 0
3 vah "être vêtu" (3); (1'. 8i "être couché"); r. 2 za "se lever" ham-o Yt 5,

"asséner" : ni-Y1'aire Yt 10,40 (1); r. °pa8 "lier" : auua. pasat (XOpa8iiatn 34rép.
2*
20 I. La distinction de voix l 2. Racines à désinences moyennes 21

(1) La note sur l'actif tantum (1.1) vaut, mutatis mutandis, pour le moyen 1956, 74sq.; II 95). (3) vast1'iia1Ja Vyt 11 est sans v~leur. (4) Yt 8,15. 17:
tantum. (2) L'équivalent indien manque chez Delbrück (op. cit.): l'actif est 19 ho ifl1'a viiaxmaniieiti "celui-ci interpelle" s'oppose dlrectem.ent à ':t 19,49 .ho
cependant très tardif. (3) Produit un prés. rad. vas- invariablement moyen auua1Ja viiaxmaniiata "il interpelait ainsi": il semble donc bIen qu'Il faut lire
dans toute la tradition avestique - vastè est attesté aussi bien au Y 30,5 qu'au xviiaxmaniiete au Yt 8.
V 4,49. Une forme moyenne thématisée apparaît au moins une fois, avec vavhata,
au Yt 5,129. Dans tous les autres cas (vaVkJ\tti N 91. 92. 94. 95, vavhatu V 3,19), 2.2. De nombreux verbes attestent exclusivement les désinences moyen-
la thématisation va curieusement de pair avec la voix active. Le Yt 10,126 offre
nes sans qu'on puisse les considérer comme des moyens tantum: dans
un texte très incertain: aal hé hauu6iia araôe vazaite razistqm cistqm " . spaëta
vastrtt vavhaiti spaëta "à sa gauche va la plus droite sagesse; blanche, elle revêt leur cas, l'absence de l'actif ne relève peut-être que du hasard de la,pr~­
des vêtements blancs" (Ml 2, vavhuuaiti J 10, vavvhaita F 1 etc., vaVVhiti K 40, servation des textes. Les verbes qui figurent ici sont ceux dont les eqUI-
vaVVhita P 13 H 3). La restitution d'un inj. Xvavhata se heurte à la présence géné- valents indiens produisent régulièrement des form~s ~ctives ~u ~ont
ralisée de l'épenthèse dans les manuscrits. vavhaiti peut être ind. ou part. fém. l'origine étymologique n'est pas assez évidente pour JustIfier la dlathese:
(ainsi Gershevitch, Mi 276). Il reste que l'excellente transmission de -Vvh- est
30·s"~"paù·i-OV(1)·r.uc"parler' , V;r.guz " cachel' " (2) ;g.gusv " e- n
troublante: la meilleure solution consiste peut-être à restituer vavvhaiti, de r. ~ . , V" . " (6) • 0t
vavhuua\tt- "pourvu de vêtement". t endre" (3)., g. yzan "blesser" Y 28,3 (4); r. cas enseIgner V" ,1'. 1 At "
an
"écarter" pairi- o Y 19 7 rép.; r. ta? 'T' Y 8,3 rép.; r. 1JfJaxs se la el' ;
2.1.1. Iman "penser" n'atteste les désinences actives qu'avec le thème 1Jru "engraisser"; g. 2da , "distribuer" Y 29,8; g. 30 d-" a enc1lamer n~- 0
1\ " •

du prés. caus. (g. manaiieiti Y 49,2) (1).


y 48 7 (6). r. 1du "marmonner"; r. 2°du " al'l'ach el'" V(7) ; r. pad " s 'en -
(1) Et peut-être r. mqnaiia- dans la locution conjonctive de comparaison foncer" (8). r. 4pa?' "combattre" V; r. part com attre "~b
, , " b ; . r. n-0 "t al11el',
mqnaiian ahe/ba ya1Ja (voir 1.1.3). Les formes actives incontestables du prés. maniia- V (11) ,•
raser " pa~n-
.. ° V (9)., ~. l'' mad "s'enlvrer 10., l' . mar " mouIlr
, • "() l " "
(maniia manavha humatam Aog 25, yezi humat9m mainiial Gs 163 et yezi dus-
mat9m mainiial Gs 164) font partie d'énumérations où elles correspondent à des r.omuc "se déshabiller" fra- F 11; r. °yah "ceindre" aifJi-o V(l2); l' va'(Ld
o

formes régulièrement actives de mrü "dire" et de varz "faire". De plus, elles com- "chérir" Y 10 8' l' 3 var "?"; r. vas? 'T'; r. 2vah "demeurer" H 2,1 par;
posent des expressions du type stylistique hub9r9ta- bar, au sein duquel il semble , ,
r. 2va "manquer" VI' 15,1; vis "servir de" (13); ras nUIre
Il'' . à" ; r. . n:
bien que le moyen ne puisse avoir qu'une valeur passive (voir bal' en 4.1.2 et jan "lécher" N 68; ? r. 2sac "passer" V (1; 4)
g. sar '" s umr • à" (15)., g. sa
en 4.1.3): l'emploi de formes actives secondaires permettait d'éviter le malentendu.
"couper'" g. °sparz "rivaliser" a_a y 31,16; r. spa "se gonfler"; r. °Z'iJ'(Lb
Yt 10,106 aal aZ9m mainiia manavh6 semble corrompu et Yt 8,39 mamnüs est
énigmatique. "broyer" , ham-o Yt 1,27; ? r. czarsv " tIrer,• A'" n~- ° V 19 , 30 (16).,
tramer
2 ars "se réJ'ouir" Yt 14,20(17); r. °zus "jouir de" a_a P 43; r. zgad "se
2.1.2. Les présents dénominatifs sont soit des actifs tantum (1.1.3), soit r. ,Z " t (' heval)'" ~ l' 20Xa- "chier" fra-o N 37(l8); r. o/~~Z l' "h h "
C erc el'
preClpi el' a c ,. . ;:;
des moyens tantum. Cette dernière catégorie est représentée par: r. pairi-o V 21,4etc.; r. hus "se dessécher" Yt 13,66(l9).
Xaojaiia- "faire étalage de sa force" Yt 17,13; r. a1Jhuiia- "recevoir les
dons de la vie" A 4,4-6; r. xra1JfJa- 'T' V 4,2; r. pai1Jiia- "disposer (1) Exprime un traitement mal défini du bois ritqel (V 14,7) ou d_es ordu~es
qui souillent la terre (V 6,7. 8). (2) En dehors du Yt 4,4 haom tan~m guzaeta
de" (l); r. fsaoniia- "élever, engraisser" Y 11,1; g. vaziia- "3e troùver sur
"qu'il cache son propre corps", toutes les atte~tation_s de guz appa.rtlen~ent au
le chariot de noce" Y 53,5 (2); r. vMaiia- "tirer un char" Yt 17,12; Yt 17,55 (56 est similaire): yal mqm tÜ1'a pazdana\tt~ .asu.asp"~ naotal~~~ aal ~z9m
x " par1"
r. va;:;a- - t1'ana-
el' ; r. vas .. "donner d es soms . d e pature" V (3);
A
tanüm aguze aôa.ù·i paôiJm giius ... aat mqm fraguza~w\tta yo~ ~piJ~·9nm~u. tautuna
r. vimaC5aiia- "donner des soins médicaux" V 7,38. 40; r. viiaxmaniia- y6i ( !) kainina antlpaëta ma~ii(inqm. Cette petite narration sm~ Immédiatement
"interpeller" (4); r. haomanafJha- "être de bon esprit" Yt 10,34. l'interdiction faite aux êtres stériles, entre autres aux garço~s Impubères ,~t aux
filles vierges, de toucher aux offrandes à A~i. Il est donc vral~emblable qu Il faut
(1) Dès lors, xpa1Jiiete pour pa1Jaiieiti (Bartholomae, col. 844 pai1Jiieiti) au comprendre comme suit: "lorsque les Türas aux chevaux rapIdes. et les Naotaras
N 105. Bartholomae interprète par pad "hineingelangen zu" V 5,62 t9m ahüm m'ont poursuivie, je me suis cachée sous le pied d'une vache, pm~que,~es_garçons
pai1Jiieiti yim d1'uuatqm et V 18,76 yezi azaite t9m ahüm pafliiaite yim a~aonqm. impubères et les filles vierges me gardaient en secret pour eux-mem.~s . aat tend
Il s'agit en fait de pai1Jiia-: V 18,76 "s'il s'applique une peine, il disposera de la vers sa valeur explicative (Bartholomae, col. 306, sens 4) et f1'aguzm~a\tt~ est une
vie des justes". Quelles que soient les leçons transmises ni K 1 Pt 2 Ml4 L 2, 3ème plur. opt. prés. M. avec valeur de passé d'hab~tude. Barth?lomae lm acco~de
Ote Jp 1 Mf 2 L 1 B 2 Br 1 02 M 2), le V 5,62, comme l'a bien vu Geldner, est une le sens de "aus dem Versteck holen", qui ne me paraIt pas pouvOlr résulter du plév.
citation du V 18,76, où le moyen est bien transmis (Ote Jp 1 Mf 2 L 1. 2 Br 1, fr'a (*p1'a-güh n'existe pas en indien). En maintenant le se.r;-s de "cacher", au ~oyen
°ti L 4 K 1). On doit donc y restituer xpaifliiaite. (2) Ainsi Humbach (MSS 8, "garder en secret pour soi", le Yt 17,55. 56 est exemplatIf. Il évoque une Clrcons-
22 I. La distinction de voix 1 3, La distinction de voix non pertinente 23

tance mythico-historique où la déesse s'est refusée à ses fidèles parce que la con- fille et si uruuâno est un nom. plur. en fonction d'ace. plur. (*uruno), le moyen
fm'mité aux prescriptions n'était pas assurée. Ainsi, quoique l'actif ne soit pas nizarsaite n'est pas analysable: "celle-ci entraîne les âmes. dans les ténèbres": Il
attesté, les formes moyennes de guz s'expliquent très bien dans le cadre de l'op- reste que la leçon active nizarsaiti du Vendidad pehlevl (L 4 ~ 1) .peut etre
position de voix: aguze et guzaëta, régissant tanüm, ont valeur réfléchie (4.3.2) et la bonne. (17) Attestation du prés. caus. M. avec valeur refléchle (4.3.1)?
fraguzaiia1J,ta réfléchie indirecte (4.4.1). (3) En véd., ghôt;ati "faire du bruit" (18) isaiti V 5,2 pourrait s'expliquer par cette racine: voir 4.5.1. (19) Moyen
s'oppose à ghôt;ate "être connu". Le glissement de sens en iranien par rapport à réfléchi (4.3.1)?
l'indien ne permet pas d'apprécier le sens de la diathèse. (4) Moyen passif.
(5) En véd., le prés. rad. câkt;- est un moyen tantum, mais le parf. cacâkt;- connaît 2,2.1. N'ont les désinences actives qu'avec le thème du prés. caus.:
la flexion active. L'avestique ne fournit que des thèmes de présent. (6) ni r. dru "courir"; r. nam "aller" (1); °vat "inspirer" (2); r. vart "tourner" Fr.;
aMiJmo ni.diù'ttqm "der Mordrausch solI eingebunden werden" (Humbach, l 140). ? r. raJtj "se mouvoir avec légèreté" (3).
Insler (1975, 288sq.) ne peut traduire "let fury be stopped" qu'en interprétant
(1) jrâ-nâmâiti Yt 19,96 doit être corrigé:)I'â-nâmâite est mentionné dans
ni-diiâtcpn à partir de véd. nî-dhâ et en restituant *ni-dâtqm. Il me paraît que l'ex-
la phrase précédente (F 1 donne la désinence active et J 10. la moyenne). Vyt 26
pression s'explique par le Y 29,1 â mâ aMiJmo ... âhisâiiâ "Aësema m'a enchaînée".
niJmaiti est négligeable. (2) Voir 3.1. Ind. vat est un actIf tantum. , (3) Au
Manière de dire que cet Aësema qui nous enchaîne, nous voulons l'enchaîner à
y 10,8 riJ1J,jaiti haomahe maiJo (J 2. 3 K 4 Mf 1, ~te Pt 4 .Mf 2 ..4).' .tout dep~nd de
notre tour. Le moyen a une valeur passive (4.1.1). (7) Bartholomae (col. 688)
maiJo. Si c'est le nom. sing. de maiJa- "l'ivresse", Il faut hre rfJ1J,Ja~t~ et tra.dmre par
corrige auui·frâiJauuaiti (Geldner, d'après L 1. 2 Br 1 Ml3 B 1 etc . . . . ) en
"l'ivresse de haoma rend léger" (Bartholomae; aussi Kellens, Noms-racmes 184).
+auui.j1·âiJauuaite (Jp 1 Mf 2). Ainsi encore Benveniste (Ossète 132). (8) Bartho-
Le RV IX 100,4 dhttrâ stttâsya ... râ1hhamâ1;lâ incite toutefois à y recom~altr~ le
A

lomae (col. 841-2) donne pour actives - deux 3èmes sing. en -ti - les formes de
nom. sing. thématisé de mad- "l'enivrant (filet de haoma)" - on a pu voulOIr é:ll~er
hqm-pacl "sich einstellen bei" (en fait, les deux passages sont trop obscurs et cor-
le monosyllabe *mas - et, corollairement, à préférer la. variante moyenne l'fJ1J,Ja~t~:
rompus pour que le sens soit décelable). Par référence à l'ind. pâdyate, on lira donc
"l'enivrant (filet de haoma) sautille". Dans ce cas, le moyen a une valeur réfléchIe
Xhqm.pa{}iiete Vyt 35 et hqm-paiiJiiâite Yt 15,53. paifJiiâite V 18,76 V 5,62 relève
(4.3.1).
de paifJiia- (2.1.2). (9) Voir 4.3.2. (10) Voir 3.1. (11) L'attestation
active de Vn 32 yezi ahmâl büiiJi mairiiâiti "if (the son) dies through him by in- 2.2.2. Ne fournissent que des formes intrinsèquement passives: voir
tention" (Humbach -J amaspAsa, VN 28; Bartholomae +miriieiti de. mairiiaiti 1.1.2 et 1.2.2.
Nik 2) est illusoire. Les diverses leçons (mairiiata T 38, mai?'iiëiti A, mairiiâiti
F 8b) ne peuvent dériver que de xmiriiâite. (12) Les formes qui n'ont pas 2.2.3. g. büs "être actif", qui ne produit que l'inf. büzdiiéii y 44, 18, e~t
la finale -ti sont moyennes (aifJiiilvhaiiaëta V 9,32, aifJi ... yâvhaiiavvha V 18,19 le seul exemple de verbe exclusivement moyen correspondant à un actIf
aifJiiâvhaiiamno Yt 1,17): aifJUâvhaiiâ1J,ti N 85. 87. 91-95 doit être corrigé en
tantum indien. Il se construit, comme ce dernier (voir Grassmann,
xaifJiiâVhaiiâl!te. Le sens, "se ceindre" ou "ceindre ses vêtements" (vastra-) , est
clairement celui d'un moyen réfléchi (4.3.1, 4.3.2). (13) Bartholomae donne col. 954, sens 1), avec un datif de but: .. , hiialcéi moi véixs aUo 1 sar~i
les formes actives visaiti Yt 10,46 N 9 P 57, visiJ~~ti Yt 5,95, visâiti N 13 dont büzdiiéii hauruuéitéi am'iJJ"Jtéitéi 1auuéi mct{)réi yfJ réi{)'(Jmo a$éil hacéi "à saVOIr
Klingenschmitt (MSS 29, 1971, 125sq.), notant qu'il s'agit toujours de troisièmes que ma voix soit capable d'être active dans le but de . l'alliance avec
personnes en -ti, a fait la critique. La forme des P 57 survient parmi les moyens Hauruuati1t et Am91'gti1t au moyen de cette strophe qm est un cocher
iJuuisiJmno et visaëte. Au Yt 5,95, visiJ1J,ti suit paiti.visiJ1J,te. On doit donc restituer
selon Asa". La valeur peut être réfléchie indirecte (4.4.1). Les formes
les désinences moyennes. Klingenschmitt justifie toutefois paiti.visiJm, aifJi.visiJm
Yt 7,3 par (dont Bartholomae faisait des inj. aor. sigm. de vid "connaître") et actives 'de IJ'ud "gémir" paraissent secondaires: uJ'u{)al F 9, uru{)'iJn
visal Fr A 1. L'attribution à vis des formes du Yt 7,3 achoppe sur le sens _ signi- V 3,32 et, peut-être, urüdaiiaJtt-, nom propre du Yt 13,151 contre raosta
ficativement, Klingenschmitt ne traduit pas. La meilleure solution consiste à y y 29,9 Y 9, 24, uru{)~Jtta V 19,45, uJ'üdoiiatéi Y 44,20. Faut-il y voir
voir des désidératifs de 3v id "servir, honorer" (voir véd. prâti-vidh): tal mâv7wm l'effet d'une ancienne analogie avec gaJ'z "se plaindre"?
paiti.vaëniJm tal mâvhiJm paiti.visiJm raoxSniJm mâv7wm aifJi.vaëniJm raoxSniJm mâvh'Jm
aifJi.visiJm "je regarde cette lune, je désire honorer cette lune, je contempl~ la lune
3. La distinction de voix n'est pas pertinente. Un verbe peut produire
brillante, je désire rendre hommage à la lune brillante". Privé de cette caution,
FrA 1 yâ ahmâi visal est tout à fait secondaire, ou fautif, pour Xvisata. Il est curieux des formes actives et des formes moyennes sans qu'elles se trouvent en
de noter que les formes moyennes de véd. vis sont rares et particulières (Delbrück, opposition.
op.cit.254). (14) Voir 3.1. (15) Moyen de valeur réfléchie (4.3.1)? (16) Unique
attestation ambiguë: hâ(u) ... ul'uuâno tiJmo.huua nizarsaite. Si ul'uuâno est un
3.1. Sens et voix. L'usage de la voix est lié à un sens particulier du verbe,
nom. plur. pour un nom. sing., rien n'interdit de faire de nizarsaite un médio-passif: correspondant ou non à un thème temporel ou à une combinaison pré-
"cette âme est entraînée dans les ténèbres". Si hâ(u) se rapporte à l'âme - jeune verbiale (1).
24 I. La distinction de voix l 3. La distinction de voix non pertinente 25

lis "désirer, chercher": produit un moyen réfléchi (4.3.1) et réfléchi "et qui, ô Mazda, se plaignent de la famille de ton poète". Il est impos-
indirect (4.4.1, 4.4.2, 4.4.3). L'unique attestation du part. prés. fut. ou sible de savoir si l'opposition de voix correspond à celle entre deux thèmes
aor. sigm. thématisé aM(ii)a- est moyenne: Yt 13,66 ap'Jm aM'Jmna hauuai de présent ou à celle entre emploi transitif et intransitif (voir 4.5.1) (6).
kaci1 na/ai (XaMimna?) "(les frauua~is) ayant l'intention de chercher l'eau, gmb "saisir": le moyen réfléchi indirect (4.4.1) n'apparaît qu'avec
chacune pour sa propre famille", avec le sens d'un moyen réfléchi in- le préverbe ham et est exclusif avec l'aor. ha'ifgr'J/sa- Yt 10,105 Yt 19,47.
direct (4.4.2). 49. 51. Sont-ce deux conditions d'emploi nécessaires à l'expression de
2is "mettre en mouvement": les présents isa- et /ra-iSiia- sont, l'avantage personnel que le sujet retire de son action 1 uz-grab produit
en règle générale, toujours actifs (2). L'unique attestation du prés. caus. un moyen réfléchi au Yt 13,147 (4.3.2).
°aMaiia- est médio-passive: N 68 vispanCf.m zi auuasrasci'iftCf.m xpai1'ica r. 2ci "expier": le prés. red. cikaë-/cici- est exclusivement actif, les
aMaiiamnanCf.m daëuua mërizaite "les daëuuas lèchent toutes ces cho- uniques attestations du prés. caus. a-kaiiaiia- Yt 10,122 et du prés.
ses qui gouttent à terre et (y) sont dispersées" (3). désid. ŒifJi-cicisa- N 63 (7) sont moyennes avec, la première, une valeur
xsnu "entendre, réjouir": l'inventaire des significations tel qu'il réfléchie (4.3.1), la seconde, une valeur réfléchie indirecte (4.4.1).
figure au Worterbuch ne permet pas d'apprécier le sens de l'opposition cis "fournir": le moyen est normalement réfléchi indirect (4.4.1).
de VOlX. L'opt. prés. rad. A. xsnuii& Y 68,9 Yt 10,32 se rapporteraIt au Assez curieusement, caMa- Yt 8,38 Yt 19,93, innovation de l'avestique
sens de "se réjouir", toutes les autres formes, quels que soient leur thème récent ou emploi secondaire d'un aor. rad. thématisé en fonction de thème
temporel et leur diathèse (prés. rad. xsnu-, xsnauuaiia-, red. kuxsnu-, de présent, ne produit que des formes moyennes sans valeur appréciable.
désid. cixsnusa-, aor. sigm. ûnaus-/xsnaos-) à celui de "réjouir". L'op- tar "traverser": peut-être un actif tantum (1.1). Une attestation
position entre l'actif ûnuii& "puisses-tu te réjouir" et le moyen xsn5uui8a médio-passive du prés. caus. (4.1.1) est possible au H 2,7 par: {}ritii&
"puisses-tu réjouir" est complètement atypique. Cette incohérence est XSŒpO x/mostŒ viiusCf. sŒoaiieiti yo nars Œ~aono urUUŒ uruuŒrahuca paiti
un argument, sans plus, en faveur dé l'hypothèse de Humbach (MSS 2, baoioisca vidioar'Jmno sŒoaiieiti. La traduction de Bartholomae (col. 402):
1952, 11 n. 6; MSS 9, 1956, 69sq.; WZKSO 1,1957,93 n. 34, II 8 et 98), "der Seele des Glaubigen ist es so, aIs ob sie auf Wiesengrund (stehe) und
qui postule "entendre" pour trois passages (4) : y 68,9 xsnuii& no yasn'Jm Wohlgerüche empfinde" , et celle de Geldner (RelgLb 43): "im Ausgang
ahurane, Yt 10,32 xsnuii& no mi{}ra yasnahe "entends notre sacrifice, der dritten Nacht, wenn der Morgen graut, glaubt die Seele des Recht-
ô Mi&ra". Cette hypothèse n'est pas recevable au Y 28,1 puisque U1'uuan- glaubigen Mannes untel' Baumen zu sein und sie glaubt vVohlgerüche
n'est pas "la voix", mais "l'âme": va1Jh5us xratüm mana1Jho ya xsn5uuïsa zu unterscheiden" sont improbables: la fonction syntaxique de viiusCf.
g5usca uruuCf.n'Jm "(cet acte) par lequel tu peux satisfaire la force mentale est inexplicable (8), la première mention de sŒoaiieiti ne correspond à
de Vohu Manah et l'âme de la vache". Dès lors, au point de vue de l'op- aucun participe qui régirait le loc. plur. uruuŒrahu-cŒ, le thème de présent
position de voix, la situation serait la suivante: l'actif est exclusif pour et le sens postulés pour dŒr sont parfaitement isolés. En démontrant que
" ent en d re " ; pour " sat'IS faIre
' " ,1'1 S"oppose a un moyen re'fl'ech'1 m
. d'1re ct viiusCf. et saoŒiieiti allaient de concert, Kuiper (ActO 17, 1939, 51sq.;
(4.4.1).
IIJ 5,1961, 59sq.) ne laisse subsister que la dernière objection: "im Aus-
gam "aller": véd. gam et ses variantes de composition sont des gang der dritten Nacht ist es der Seele des Rechtglaubigen Mannes so,
actifs tantum, sam-gam "aller de concert, se rencontrer" est un moyen aIs ob sie si ch (vom Korper) lose und auf Wiesengrund Wohlgerüche
tantum sur base de sens réciproque. La situation paraît semblable en unterscheide". L'interprétation de viiusCf. par l'ind. vi-yuccha- "se séparer
avestique (5), à ceci près que le transitif pai1'i-gam "entourer de soins, de" est le point scabreux de son hypothèse: comment ne pas att:ibuer
servir" oppose, comme beaucoup de termes techniques du rituel, l'actif cette forme à lVŒh "respendir" (Vi.U8Œiti usi V 19,28, viiusŒitim usâ1J h'Jm
au moyen réfléchi indirect (4.4.1). Yt 14,20) alors qu'il est explicitement fait allusion à l'aurore1 Je pro-
garz "se plaindre": le prés. rad. g'J1''JZ- est invariablement moyen poserai de corriger baoioisca en xbaoioisuua, les signes ii (-uu-) et i) (-uc-)
alors que l'unique attestation du prés.red. jig'JrdZ- est active. Y 29,1 se prêtant aisément à la confusion. Pour vidioar'Jmno, deux solutions
xsmaibiia g5us uruua g'Jr'JZda "l'âme de la vache s'est plainte à vous" peuvent être entrevues. Ou la forme s'explique par ldar et elle constitue
s'oppose ainsi Y 32,13 yaëca mazda jig'Jr'JZal ... {}fJahiia mq{}rano dütim le correspondant médio-passif dB l'expression védique RV III 2,10 sa
26 I. La distinction de voix
l 3. La distinction de voix non pertinente 27
garbham e{!u bhuvane{Ju didharat "il dépose son embryon dans les créatu-
désir en Indra comme (on met) le pied dans un char". Par contre, au
res" (9), ou c'est une corruption pour *vi(ti)taraiiamno. vi-taraiia- "faire
y 43,8 hiiat a büstis vasas().xsa{}mhiia diia "puisque je voudrais recevoir
traverser" est attesté sous la forme phonétique moyen-iranienne vit5araiia-
les bienfaits de celui qui en dispose à volonté" (18), a-da, employé au moyen
au V 19,30 M(u) a~aunftm uruuano ... taro cinuuato p,}1"atüm vit5araiieiti avec le sens de "obtenir, recevoir", est l'équivalent exact du véd. â-da:
"elle transporte les âmes des justes au-delà du pont Cinuuat" (voir aussi
RV l 126,5 - purvam anu prayatim â dade vas t1'{n yuktâfi a{Jtâv ctrîdMyaso
Vn 35 et V d 2) (10). La syllabe de redoublement est soit réelle (voir
gâ!~ "à la première obtention, j'ai reçu pour vous trois (chars) attelés (et)
titaraiieiti Yt 8,8. 39), soit due à un bégaiement graphique du type
huit vaches nourricières de l'ari". La remarque de Humbach (II 50) sur
y 12,3 ziiaiienim pour ziienim (11). Seule la restitution d'une finale -aiiamno
ce moyen "mit indirekt-reflexiver Bedeutung" est donc superflue. L'op-
à partir de -amno relève de la correction arbitraire. On arrive à la traduc-
position de voix de av. a-da n'est qu'apparente: elle reflète ~impleme~t
tion suivante: "quand s'éclaire la troisième nuit, 1'âme de l'homme
l'ambiguïté de l'origine étymologique. a-da est toujours actIf quand Il
juste croit resplendir (comme l'aurore) et croit être transportée (ou
représente â-dha, toujours moyen quand c'est â-da. En l'absence de
déposée) parmi les plantes (et) les parfums".
formes actives, la nuance apportée par le moyen ne peut être analysée.
r. tars "trembler": le prés. inch. tarasa- est exclusivement actif,
Des composés non préverbiaux, l'unique attestation de r. zraz-da "croire"
le prés. caus. {}l'ar;haiia- exclusivement moyen.
Yt 9,26 (19) est active, toutes celles de mfJn (mfJfbg?, mftz, maz)-da "mé-
r. {}afbj "tirer, traîner": curieusement, ce verbe est actif quand il
diter" sont moyennes, yaoz-da "donner force vitale, purifier" oppose
définit l'action du cocher, moyen quand c'est celle de la bête de trait.
l'actif au moyen réfléchi (4.3.2).
Yt 5,50 yat vispanftm yuxtanftm azam fratamam {}afbjaiieni "que je con-
drafbj "affermir": r. d1'()fbjaiia- (et dftdl·ftxti? V 4, 10C) est exclusive-
duise le premier de tous les attelages": Yt 10,136 mi{}ram ... yahmai
ment actif, r. draza- (*d1'?}jja-) "tenir" exclusivement moyen, sans doute
aurusa aU1'uuafbta yüxta vMa X{}afbjaiiafbte "Mi.&ra pour qui tirent deux
parce qu'une valeur réfléchie (4.3.2) ou réfléchie indirecte (4.4.1) lui est
coursiers blancs attelés au char" (12).
inhérente. L'unique attestation du prés. désid. didrayza- Y 48,7 est
dab "tromper": toujours actif, mais 1'unique attestation du prés.
moyenne avec sens réfléchi (4.3.1) ou réfléchi indirect (4.4.1).
désid. dif3za- (dif3zaidiiai y 45,4) est médio-passive (4.1.1).
3par "traverser": les deux attestations de l'aor. thém. fra-fra-
ldar "tenir": susceptible de produire un moyen passif (4.1.3),
y 46, 10 V 7,52 sont actives. Le prés. caus. r. °paraiia- oppose l'actif au
réfléchi (4.3.2) et réfléchi indirect (4.4.1). Le Y 44,4 atteste une forme
moyen réfléchi (4.3.2).
moyenne de 1'aor. rad. avec le sens particulier d' "empêcher de + ab!.":
baj/baxs "distribuer": pour le simple, l'opposition est celle de l'actif
kasna dar()ta zftmca adfJ nabasca auuapastois "qui a retenu la terre en bas
et du moyen réfléchi indirect (4.4.1). a-baj "laisser acc. avoir part à loc."
et les nuages de tombed" (13).
est moyen (lnsler, 1975, 217).
Ida "établir, donner": le verbe simple (4.1.3, 4.3.2, 4.4.1, 4.4.2)
bal' "porter": l'opposition de voix apparaît dans le verbe simple
ou composé avec aif3i (4.4.1), uz (4.1.3, 4.4.1), ni (4.3.2, 4.4.1) et vi (4.3.1,
(4.1.2, 4.2.4, 4.4.1) ou composé avec auua (4.3.1), ~tZ (4.3.1, 4.4.1), paiti
4.4.1) est soumis à 1'opposition de voix. Composé avec upa(14), paiti, para,
(4.4.1), fra (4.2.4, 4.4.3), nis (4.4.1) et ham (4.4.1). Sont exclusivement
pairi et fra(16), il n'est attesté qu'a l'actif(16). Les attestations de a-da
actifs le thème de prés. caus. r. °baraiia- et les formes composées (toutes
se répartissent en deux catégories bien typées d'emploi (17). Au Y 31, 18
sont récentes) avec aiti V, apa, afbta1'() N 67, auui, a, upa, para, vi.
d()man()m vis()m va soi{}r()m va daiiiüm va adat dusitaca +mar()kaëca "il
L'unique attestation de pairi-bar Yt 11,7 est moyenne (20).
veut mettre la demeure, le village, la région ou le pays dans la misère
bud "sentir": le prés. baooa- produit un moyen passif (4.1.2) et
et la destruction" et au Y 51,14 yfJ is sfJfbghO apfJm()m drujo d()manë Mat
réfléchi indirect (4.4.1), le prés. caus. r. baooaiia- un moyen réfléchi
"un tel enseignement les placera finalement dans la demeure de la
(4.3.2). büioiia- "se rendre compte, prendre conscience" est exclusivement
tromperie", a-da est employé à 1'actif, il a le sens de "mettre quelque
moyen, comme véd. bitdhyate dans ses plus anciennes attestations.
chose dans" et se construit avec l'accusatif et le locatif. Ce sont les parti-
Inas "atteindre": toutes les attestations du part. aor. sigm. théma-
cularités du véd. â-dM: RV VII 32,2 - indre kâmam jaritâro vasüyavo
tisé nas()mna- (Y 9,30-32? Yt 13,58 Vyt 29) sont moyennes et réfléchies-
rathe na pâdam â dadhuJ;, "les chantres désireux de trésors ont mis leur
indirectes (4.4.1).
28 I. La distinction de voix
l 3. La distinction de voix non pertinente 29
? 2nas "disparaître": voir 1.2. Si nasCJmnai Y 9,30-32 ressortit à Imrü "dire": paiti-mrü "répondre" produit un moyen réfléchi in-
cette racine et non à Inas "atteindre", il faut noter que l'unique attesta- direct quand il a le sens de "répondre à des questions" (4.4.3); fra-mrü
tion du part. aor. sigm. thématisé est moyenne, avec peut-être une valeur "faire connaître, réciter" oppose l'actif au moyen passif (4.1.2) et, peut-
dynamique (4.5.5.1).
être, réfléchi indirect (4.4.3). Le verbe simple mrü "dire" est exclusive-
r. mad "(s')enivrer": dans le ~gveda, selon Grassmann (col. 977 sq.), ment actif, les formes composées avec a'(/,tarCJ "interdire", r. a "appeler
le prés. mada-, presque toujours actif, et le prés. caus. madaya-, presque de ses voeux", r. npa "id." Y 9,27, r. ni "promettre, appeler de ses
toujours moyen, ont indifféremment le sens de "enivrer" et celui, voeux", r. vi "dénoncer" sont exclusivement moyennes (23).
réfléchi, de "s'enivrer". Il reste que, dans le cas du causatif, les formes yam "tenir": exclusivement actif quand il est simple ou composé
moyennes correspondent à la seconde signification et les rares formes avec apa, moyen quand il l'est avec r. ni et g. ham. L'opposition de voix
actives à la première. En ce qui le concerne, il semble y avoir opposition apparaît avec a-yam, le moyen ayant une valellr réfléchie-indirecte
entre l'actif et le moyen réfléchi. Le matériel avestique est trop pauvre (4.4.1).
pour qu'on soit assuré que la situation y est pareille. Le VI' 8,1 atteste
yaz "sacrifier": boujours moyen, avec une valeur réfléchie indirecte,
le prés. caus. au moyen avec le sens réfléchi: aéta vaca maoaiiaf)vha quand il régit l'accusatif du nom de la divinité à qui l'hommage est
"enivre-toi de cette parole" correspond à RV VIn 97,6 madayasva rendu (24). On trouve les désinences actives, outre avec le thème de
1'(ldhasa sünftavaténdra raya pari'(/,asa "enivre-toi de (ta) merveilleuse prés. pas. yaziia-, dans quelques passages du Nirangistan (26) où yaz
générosité, ô Indra, et de (ton) abondante richesse". Dans la restitution régit yasnCJm: yasnCJm yazCJ'(/,ti et yasn'Jm yazCJ'(/,tCJm N 22, yasnCJm ya-
de Bartholomae (21), le N 30 atteste le prés. maoa- au moyen avec le sens
zaiti N 24, yasnCJm haptaf)hiiitim yazCJ'(/,tCJm N 65, yasnCJm haptaf)hiiitim
réfléchi: dahmo hnrrtm xVaraiti ... daitiia draonl1 xVaro maoaite noit
yazaiti N 81.
ga{}anrtm asrniti iistriieiti . . . fraiil1 draonl1 xVaro maoaite . . . ga{}anrt~ ya "demander": le prés. inch. yasa- est exclusivement actif, le
asrniti astriieiti "un orthodoxe boit de la liqueur: (s')il s'enivre en buvant
prés.red. g. a-ii- exclusivement moyen, ce qui correspond au clivage
des quantités convenables, il ne pèche pas en n'écoutant pas les gathas;
entre véd. yâti et tmahe.
(s')il s'enivre en buvant des quantités démesurées, il pèche en n'écoutant
vaéna- "voir": l'opposition est régulièrement celle de l'actif et du
pas les gathas". L'équivalence avec le védiqlle ne peut être postlllée que
moyen passif (4.1.1). r. ham-vaéna- est exclusivement moyen, mais son
si maoaite est fautif pour Xmaoaiti, ce qui n'est pas exclu. Autrement,
sens n'est pas assez clair pour qu'on détermine avec quelle .valeur:
on peut supposer, mais de façon conjecturale en l'absence de formes
y 58,6 da{}nso ... raocfJbis hrtm.vaénoimaidi yais ahnrahe mazda, V 9,1
actives, que l'avestique oppose systématiquement l'act.if au moyen
réfléchi (4.3.1). kn{}a ... ma~iiaka hrtm. vaénl1'(/,te té yoi ... tanüm yaozdaiirtn. Si le sens est
"embrasser du regard, rassembler, choisir", le médio-passif sera postulé:
r. ma'(/,{) "baratter" Fr.: actif avec le prév. vi (N 72), moyen avec
a (F3C). y 58,6 "puissions-nous être contemplés par les étoiles du créateur Ahura
Mazda", V 9,1 "comment seront choisis les hommes qui purifieront ce
2mar "se souvenir": le verbe simple ou composé avec r. fra produit corps?". Si on pose avec Bartholomae (col. 1325) "sich wohin wenden,
un moyen passif (4.1.3) et réfléchi indirect (4.4.1). r. paiti-smar est ex-
zu schauen bekommen", hlfm.vaéna- est isolé, au point de vue de la
clusivement moyen (22). L'unique attestation de npa-mar V 4,45 est
diathèse, dans la flexion de vaéna- et de ses composés.
moyenne, mais le verbe ne présentant pas de signification particulière
vaxs "croître": produit un moyen réfléchi (4.3.2), réfléchi indirect
par rapport au verbe simple, elle doit avoir une valeur réfléchie indirecte
(4.4.1) et dynamique (4.5.4). L'unique attestation du prés. nz-nxSa-
(4.4.1). Le prés. caus. maraiieiti Yt 14,29 par doit être considéré comme
Yt 19,50 et du prés. fut. vaxsiia- Yt 8,48 est moyenne, avec, peut-être,
sûrement actif (Ote F 1, °ti Jm 4 J 10; la transmission du Yt 16,7 donne
unanimement °ti). une valeur dynamique. Le prés. caus. r. vaxSaiia- est exclusivement
actif.
ma "mesurer": fra-mima- "autoriser" y 32,4 est actif, a-maiia-
vat "comprendre": le prés. r . .aipi-vata- est exclusivement moyen,
"montrer ses capacités" V 7,36. 37 moyen. Ce dernier représente vraisem-
le prés. -caus. g. fra-vataiia- YH. et l'aor. red. r. aipi-vaota- Yt 9,26 ex-
blablement un prés. caus. réfléchi (*omtiiia-) "se faire mesurer" (4.3.1).
clusivement actifs (26). Sur ce dernier, voir 3.2.7.
30 1. La distinction de voix l 3. La distinction de voix non pertinente 31
vad" cond UIre' ': 'el ' g. vadY
pres. a- 53,5 est moyen, le prés. r. vâdaiia- copulative (4.5.5.3) et de fra-xsta- "surgir", le seul des composés de stâ
produit un moyen passif (4.1.3) et un moyen réfléchi indirect (4.4.1). qui ait le sens d'un verbe de mouvement. L'aor. sigm. std1)h- n'est attesté
Ivar "couvrir": voir 4.4.1. L'analyse est malaisée dans la mesure qu'à l'actif.
même où cette racine sert de rubrique commode pour des formes hétéro- stu "louer": le verbe simple produit un moyen passif (4.1.3) et
gènes inclassables. Il est au moins sûr que prés. int. g. vâum-, de sens réfléchi indirect (4.4.1). Composé avec r. upa, il est exclusivement actif,
incertain, est exclusivement moyen. C'est peut-être aussi le cas de r. avec r. apa V(34), r. â(36), r. paiti Y 12,3 et r. fra exclusivement moyen.
V;WJnu- "couvrir" avec nuance sexuelle (V 18,32. 35. 41. 47)(27). L'aor. r. spâ "jeter": voir 4.3.2.
rad. g. produit, au Y 53,3, un moyen réfléchi (4.3.1). r. sri "se pencher, fournir": les formes qui ont le sens de "fournir"
Ivid "savoir": le prés. caus. °vaëoaiia- produit un moyen passif (prés. infixé ni-srinao-/srinu-, ni.us-srâraiia, aor. rad. ni-sri-) sont ex-
(4.1.3) et réfléchi (4.3.2). Le parf. vaëd-/vid- est exclusivement actif(28), clusivement actives (36), celles qui ont le sens de "se pencher" (prés.
l'inf. et l'aor. sigm. g. vois- exclusivement moyen. °sraiia-) exclusivement moyennes, avec, sans doute, une valeur réfléchie
. 2vid "trouver": les présents infixés vinad-/vùy,d- et r. viry,da- pro- inhérente (4.3.1).
dUIsent un moyen réfléchi indirect (4.4.1). Les prés. vaëda- (29) et, peut- sru "entendre": produit un moyen passif (4.1.2) et réfléchi in-
être, le prés. int. g. voiuuid( a)- sont exclusivement moyens (30). La seule direct (4.4.1) avec le prés. caus. srâuuaiia-, l'aor. rad. srâu-/srao-/sru- et
attestation du parf. est active (Yt 13,99) et celle du prés. caus. moyenne le pad. r. susru-. Le prés. infixé r. surunao-/surunu- est exclusivement
avec une valeur réfléchie (4.3.1). actif, l'aor. sigm. thématisé smosa- exclusivement moyen (37).
Irâ "offrir": le prés. inch. r. râsa- Y 52,1. 3 est exclusivement r. Izan "donner naissance": voir 4.1.1.
actif, l'aor. sigm. râh- exclusivement moyen. 2zan "connaître": le prés. °zèina- est exclusivement actif, les deux
r. t'ue "briller": il est possible que le prés. caus. mocaiia- produise attestations du prés. désid. zixsnd1)ha- (nom. plur. fém. zixsnd1)hamnd
un moyen réfléchi (4.3.1, 4.3.2). Les deux attestations de moca- A 4 5~7 Yt 13,49. 73) sont moyennes, avec, sans doute, une valeur réfléchie in-
V 19,28 sont actives. ' directe.
3ru d "retenir": sans qu'il y ait modification fondamentale du sens t(ii)u "mettre en mouvement": le prés. inch. r. tüsa- "se mettre
et quel que soit le thème temporel (31), le verbe simple (Y 51,12) et com- en marche" est sans doute exclusivement actif (38), le prés. caus. r.
posé avec r. auua Fr., r. aU1la-â, r. upa~ P 50 et r. vi N 11 est exclusive- °tâuuaiia- "ébranler" produit un moyen passif (4.1.2). Pour t(ii)auua-,
ment actif, r. apa-rud exclusivement moyen. rien ne permet de déterminer ce qui dicte l'emploi de la diathèse. En
ISM "être capable": alors que le prés. désid. r. sixsa- "apprendre" gâthique, t(ii)auua- est moyen et signifie "mettre en mouvement":
et prés. caus. r. sâcaiia- "enseigner" produisent un moyen passif (4.1.1) (32), Y 29,3 yâ tauuaitë âdr{jry,g arasuud1)hO, Y 33,8 a1'a-&â tâ yâ vohü tiiauuâi
le prés. sata- "connaître" et le parf. r. ai{Ji-sasc- "procurer" Yt 8,56 sont man(1)hâ. En récent (V 2 uniquement), tauua- est actif et signifie in-
exclusivement actifs. différemment "mettre en mouvement" et "se mettre en mouvement":
? 2SM "passer" V: l'actif n'est attesté que par pairi-sacâiti N 47-51 V 2,10. 18 hO imqm zqm ai{Ji.tauuat su{Jriia zaranaëniia ... üitiiaojano
(ainsi haeâ hü vaxSât maioiiâi fraiiarâi pairisacâiti "(la récitation) durera fri-&a spary,ta ârmaitë fraca tauua vic a nama1) vha "il mit la terre en mouve-
du lever du soleil au milieu de la matinée)": faut-il l'attribuer à pairi ment avec la pique d'or, (lui) disant: chère sainte Armaiti, avance et
et au sens de "durer" ou restituer la forme moyenne ~ étends-toi" (39).
sary,d "paraître": comme le véd. oppose chadayati "il paraît" à (1) Le matériel avestique est tellement restreint que beaucoup de faits con-
ehandayate "il prend plaisir à", le prés. r. saoaiia- "sembler" est actif(33) signés ici peuvent être le fruit du hasard. L'assurance fondée sur un échantillon-
et l'unique attestation de sa~ldaiia- "prendre plaisir à" (sary,daiia1) vha nage plus ample nous fera toujours défaut. Le catalogue qui suit n'est guère qu'une
VI' 8,1) moyenne. liste de présomptions, au mieux de vraisemblances: j'ai tenu à noter toute éven-
st-"
a se t emr." : l ' caus. r. stcziia- produit un moyen réfléchi
e pres. v tualité où l'usage exclusif d'une voix peut s'interpréter comme déterminé par un
sens particulier du verbe, tout en ayant conscience que ce n'est pas nécessairement
(4.3.1) et réfléchi indirect (4.4.1). hista-rxsta- est soit exclusivement le cas. (2) Le Y 55,6 -énumère plusieurs formes moyennes dont la valeur pas-
actif, soit exclusivement moyen dans le cas du verbe simple en fonction sive est souvent secondaire: staota yesniia yazamaùle ... mar9mna v9r9zimna sixs9mna
32 I. La distinction de voix l 3. La distinction de voix non pertinente 33
sacaiiamna aaarana paitiSana paitiSmaromna Iramar'Jmna Iraiiaz'Jmna "nous sacri- la même structure syntaxique: yfi va xsaiiqs aaqs arita aiia1J,t'Jm uruuatàis va
fions aux staotas yesniias mémorisés en pensée, mis en œuvre, appris, enseignés, huzfi1J,tus mi1Jràibiià va. S'agirait-il de "celui qui a le pouvoir d'exclure celui qui
affermis, mis en action, évoqués dans l'esprit, mémorisés â voix haute, honorés du vient jusqu'à sa maison de l'alliance et des contrats"? (14) Au Yt 5,130 upa
sacrifice". paitiSana-, irrégulièrement athématique, est une création instantanée st'Jr9maëSu var9ma aair5e ... vispqm.hujiiaitim, upa semble la préposition intro-
d'après aadrana-. (3) .Je propose de corriger pm'aca (Bartholomae paraca) en duisant le loc. plur, st'Jr9maë8u. (15) Iraaai1Jisa, au Yt 3,1, est sans valeur
xpairica. Waag (Nir 78) édite isiiamnanqm, se fondant sans doute sur une inter- (Wolff, Av 161, est contraint de le traduire par "ich ... schuf" !). F 1 donne la
prétation par un thème de prés. pas. Pour le reste, voir II Ali 3.1. (4) Hum- leçon Irada1Jis, qui renvoie à Iradahi8 de la phrase suivante: il peut s'agir d'une
bach se fonde bien entendu sur v.-p. a-x.snu "entendre". Il paraît aussi difficile formation analogique instantanée d'après aair5it et, par conséquent, active.
d'étendre cette signification aux aor. sigm. avestiques de X8nU (Herzfeld, Apl 199sq. (16) A l'exclusion de pairi ... aadaiti y 46,1, tout ceci ne concerne que l'avestique
et 238sq.; Lentz, FSMorgenstierne I11sq.) que de la refuser à x8nuii& (Gershevitch, récent. (17) Une fois exclu du matériel de Bartholomae, les parfaits de ad
Mi 324). La traduction de ce dernier par "satisfy our prayer" implique quelque "dire" (Wackernagel, KISchr l 430; Hoffmann, Aufs 1226), et Y 46,5 aaqs, qui
chose de fondamentalement différent de "satisfaire quelqu'un". "entendre" et n'est clair ni pour le sens ni pour la forme - Thieme (Fremdling 152 n. 2) et Hum-
"satisfaire" ont pour base commune "recevoir" (voir, à ce sujet, Brandenstein- bach (MSS 6, 1955, 42sq.; II 69) ont proposé d'y voir un loc. sing. de dam- "la
Mayrhofer, Ap 126sq.). (5) ham-gam est attesté deux fois avec le sens parti- maison". On peut négliger le Vyt 39 huuqm adaste. Dans le commentaire avestique
culier de "s'accomplir, passer". Ainsi V 2, 8. 12. 16 aat yimai xsa{}l'ai {}risatà zima de l'ahuna vairiia (Y 19, 12 yafJa Ira ir5a ammot yat dim ahümca ratümca adadat
ha1J,jas'J1J,ti "alors trois cents hivers passèrent sur le royaume de Yima". Bartho- "par ya.&a, il proclamait ql1-'ils l'avaient institué ahu et ratu"), adaaat se construit
lomae corrige raisonnablement en +ha1J,jas'J1J,ta, non tant parce que la tradition avec deux accusatifs au sens de "instituer comme". Cet usage paraît réservé au
manuscrite recommande la correction, mais parce qu'on attend un injonctif. Dès verbe simple. Dès lors, de deux choses l'une: ou il s'est secondairement étendu
lors ha~~jasaiti N 42. 43 C doit être fautif pour xha1J,jasaite (TD a ha1J,jasa1J,ta). Le à a-da, ou adadat est une forme augmentée. Cette dernière solution est d'autant
rapport entre les deux significations de ham-gam n'est pas clair. Si "passer" s'est plus vraisemblable que l'imparfait est fréquent dans le Y 19: as Y 19, 1. 3; Ira . ..
développé à partir de "se rassembler" ("trois cents hivers se sont l'assemblés, se amraot y 19,12; abauuat, a1J,tar9.amrüta Y 19,15. (18) Aussi Yt 8,14 tar5a aiiaos
sont accumulés, ont passé"), le moyen va de soi. Mais si le sens de "passer" résulte yafJa paoirim vir9m x'Jr9zàis xqm adaste "de cet âge où, pour la première fois,
de la nuance d'accomplissement que comporte parfois le préverbe ham (ha1J,k9r9ti-, l'homme reçoit la source des testicules" (Kellens, MSS 36, 1976, 53sq.). (19) Texte
par exemple, désigne la récitation complète), le moyen ne se justifie plus néces- considéré ici même, sous vat; il semble que ce soit une citation gâthique. (20) N 95.
sairement- mais l'actif non plus- et peut résulter d'une analogie avec les formes 103 attestent paiti-bar (Bartholomae, col. 939). Vn 75 bamsmana pairi.bamiti
de ham-gam qui ont le sens de "se rencontrer". L'attestation du V 7,70 ne s'explique mat.zaofJri doit être corrigé en Xpaiti.bamiti d'après Y 22,1 bar'Jsmana paiti.b'Jr'Jta
par a ucune des deux significations envisagées ici: yezi hë hqm talnà jasat auui har5a.zao{}m. (21) De même Waag (Nir 52). On lit chez San jana (Nir 50):
tanuiië zàisnuiië "et si la fièvre survenait pour son corps tremblant". Tout s~ passe dahmà hurqm xVaraiti ... aaitiia draàn& (TD daitiia draonà) xVarà mar5à xVaraiti
comme si ham ne modifiait pas le sens du verbe simple: lisons donc hqm.talnà, avec nàit ga{}anqm asruiti astriieiti . .. ImM araàn& xVarà mar5aite ... na gafJanqm
un thème °talna-, plus propice à la composition avec un préverbe que le talnah- de asruiti. (22) La nuance sémantique exacte n'est pas décelable. C'est soit "se
Bartholomae, et d'un type morphologique plus fréquent. Le sanscrit classique souvenir avec une intense nostalgie", soit "espérer sur la base d'un heureux
atteste des termes comme sa1?~tapana-, sa~tapta- etc. '" qui se rapportent à souvenir": ainsi Anahita envers un bon sacrificateur (Yt 5,11. 12), les êtres vivants
l'excès de fièvre. Voir encore RV l 105, 8 sâm ma tapant y abhitah sapâtnir iva envers l'étoile TiStriia (Yt 8,5. 41. 48), la vache prisonnière enV61:s son étable
pâ1'savalJ, "les côtes me tourmentent à l'excès, comme des épouses '(leur époux)". (Yt 10,86). Le Y 55,6 (cité ci-dessus sous 2is) emploie secondairement paitiSmar9mna
(6) g9r9zqm g'J1'9zaëta Yt 17,57-59 et, à moins que ta ux6â ne soit un instr. sing., ta avec une valeur médio-passive. Bartholomae (col. 1143) a bien vu qu'il fallait
uxoa ... mazaa a?aica yüsmaibiia g91''Jzë Y 32,9 contiennent un objet interne. Au corriger Y 23, 3par paitismar91J,ti en +paitiSma1''J1J,te. Le Vyt 52, où paitismar'J1J,t9m
y 32,13 l'accusatif aütim occupe la place normalement dévolue au génitif en indien survient après une mention correcte de paitiSmar91J,te, est la traduction active
(MS l 9,5 nâ câkl1ul1o grhe "il ne souffre pas de la vue" - voir Hoffmann, Aufs mécanique du Y 55,6: le passage parallèle des P 12 ne contient pas le terme,
II 441); .(7) Bartholomae attribue cette forme à cis et juge le passage in- peut-être parce qu'une version active de paitiSmar9mna était absurde. (23) De
co mprehenslble. Sans doute. Mais la relation aif3i.cicis9mnai ... cifJqm permet au même véd. ûpa.brü "invoquer". amrütà N 24 et vi-mraol Yt 2,13 sont sans va-
~oins d'identifier la racine verbale. (8) Gershevitch (Mi 221) croit qu'il a été leur. (24) yaz se comporte donc d'une manière plus systématique que véd. yai
mtroduit devant sar5aiieiti en imitation d'autres expressions (comme y9nq sar5aiieiti (Delbrück, Syntax 248). Il faut corriger yaz'J1J,ti en XyaZ91J,te au N 61. 62 et yazaiti
Y~ ~O: 71). _ (9) L'aor. red. du type a-faham- n'étant pas attesté en avestique, en +yazaite au V 18,9 (Ote seulement L 2) et au N 70 (où am'J?fi sp91J,tfi yazaiti est
vzazr5aromno ne peut alors représenter que *viaamiiamnà. (10) Voir Lommel une transposition de Y 35,1 am'iJ?fi sp91J,tfi yazamaidë). (25) Sans doute aussi au
(ap. Henning 192). (11) Voir Hoffmann (Aufs II 513sq.). (12) Discussion Yt 1,24 où yazaiti est attesté pal' F 1 .J 10 0 3 Mb 1 L 11 contre Mf 3 K 36.Jm 4:
chez Gershevitch (Mi 281sq.). La leçon fJa1J,jas&1J,te est absurde (Humbach, MSS 9, yà na mazist9m yasn9m +yazaiti "l'homme qui nous offrirait le plus grand sacri-
195~, 68sq.). (13) Dans un contexte obscur et discuté, qui ne permet pas de fice". (26) Yt 9,26 hutaosqm ... ya më i:laënqm mazaaiiasnim zrasca aat apica
vél'lfier la cohérence d'une tentative de traduction, le Y 46,5 présente curieusement aotat. Si le subj. aotat dérive d'un aor. rad., il a subi une thématisation secondaire;
3 Kellens, Le verbe avestique
34 I. La distinction de voix l 3. La distinction de voix non pertinente 35
s'il dérive d'un aor. thém., son degré plein est irrégulier. Dans un cas commo dans
l'autre, la vocalisation du radical est invraisemblable. Or, deux branches de la
3.2. Voix et thèmes temporels. Le matériel avestique ne permet pas de
tradition contre une (Pt 1 .Jm 4 contre F 1) lisent saotal. Cette initiale s (..,), dont déterminer s'il arrive qu'un thème correspond~ systématiquement à une
rien ne peut expliquer l'introduction secondairo, ost évidemment fautive pour v (~). voix. Il reste que certaines tendances se font jour.
vaota- est l'aor. red. régulier de vat (va-ut-a-). Il est possible, mais bien entendu
conjectural, de lui donner un sens causatif: "Hutaosâ qui met dans le cœur (dos 3.2.1. Le présent inchoabif privilégie dans certains cas la voix active.
hommes) ot (leur) fait comprendre ma religion mazdéenne". Si c'était bien 10 cas, r. 1vah "luire": usa- est un actif tantum (1.1). r. xSub "frémir" Yt 10,113:
les formes de vat sc répartiraient entro le présent primaire moyen et le causatif
xsufsa-; r. xVap "dormir": xVafsa- V; r. tap "s'échauffer": tafsa-; r. tus
actif. (27) Le prés. pas. ni-voiriia- V a les désinences moyennes. (28) Comme,
semble-t-il, son équivalent indien (Delbrück, Syntax 232). (29) N'est attesté "se vider": tusa- V 3,32; r. °duuan "voler": °duuqsa- V; narp "dé-
en récent que par fm-vaë15amnn Yt 5,126. (30) Matériel ambigu: il n'est pas croître" : n,wJfsa- sont exclusivement actifs (1). g. ïzd "réclamer" et r. xvid
interdit de lire, en face de fm-voiuuidë Y 44,11, un subj. A. voiuuidait'i Y 30,8 (on "suer", attestés par les thèmes iSasa- et xVïsa- avec désinences actives,
notera qu'il n'est pas possible de déterminer non plus si le thème est radical ou correspondent à des racines indiennes qui ignorent ce type de formation
thématique): °aitim S 1, °aiti .J 3; °aitë K 5, °aitë .J 2; °aiti Pt 4 Mf 1; °aùi K 4
Mf 2.4, °aitë.Jp 1; °aiti Br 2 Cl K 11 Hl.J 6 L 3. Geldnor, Bartholomae (col. 1319),
et sont des moyens tantum (1.2.3). r. tars "trembler": t,Jr'Jsa-; ya
Andreas- Wackernagel (NGWG 1909, 46) et Humbach (186) optont pour l'actif, "demander": yasa- et ra "offrir": r. rasa- y 52,1. 3 sont invaria-
Insler (1975, 34) pour le moyen. S'il y a opposition entre l'actif et le moyen, blement actifs par opposition à un autre thème invariablement
l'obscurité du sens empêche d'en déterminer la valeur. La tentative d'lnsler pour moyen (3.1).
élucider ces formes d'après RV vévicl- est intéressante, mais se heurte ù, l'ambiguïté
du védique même: il est difficile de juger, dans le passage de vivévidant- "obtenir" (1) Seul xVap produit un moyen avec le thème auua-xvabda- (moyen dyna-
ù, vévidana- "se trouver", d-vevidana- "atteindre" et sâm-vevidana- "être uni à", mique 4.5.5.1). Les autres racines sont répertoriées en 1.2. tap, tus et °duuan
ce qui revient ù, la diathèse et ce qui revient au préverbe. Y 30,8 al mazda taibiio forment en outre un prés. caus., respectivement tapaiia-, °taosaiia-, uz-duuqnaiia-
xsaf}ram vohü mana1Jha voi.vidâiti (ou °të). Y 44,11 aziim toi ais paou1'lâië fmuuoiwuïdë. Yt 5,61.
(31) Prés. r. °mo15a Fr., l'. °rao15aiia-, parf. ul'üraod- Y 51,12, Y 1,21. 22. Aux P 50
ho da150 a~Jm upa.rao15aiieiti yo cll'U'uaitë da15aiti "en donnant, il néglige A~a, celui 3.2.2. Les présents dénominatifs et, dans une certaine mesure, les pré-
qui donne au trompeur", on doit lire upa.mo15aiieiti ou xapa.mo15aiiete: V 7. 78. 79 sents primaires en -iia-, formés à l'aide du même suffixe (1), ignorent
a~am apamo15aiie(i)te est un argument en faveur de la seconde solution (.JamaspAsa- l'opposition de voix: ils sont invariablement actifs ou invariablement
Humbach, Purs 172). (32) Attesté seulement au y 55,6 (voir ci-dessus sous
moyens. Les présenbs dénominatifs, qui fonctionnent sur un thème
2is) , il est toutefois vraisemblablement secondaire. (33) L'aor. sigm. g. sqs-,
qui se rattache à cette signification, est pareillement actif. (34) La restitution unique sans possibilité de composition préverbiale, ont pu être classés
de xapastuuoil (H.J apastoil, TD apastüitis) au N 42 (Bartholomae, col. 1594; à part (1.1.3, 2.1.2).
vVaag, Nil' 58) n'est pas heureuse: ya haca daënaiial mazdaiiasnoil apastuuoil (elle
1. Présents en -iia- exclusivement actifs: r. ars "être jaloux"
implique d'ailleurs une correction de ya en Xyo). La leçon à finale -ail est clairement
influencée par le mot précédent, le thème de prés. °stuua_ est injustifiable et y 52,2: arasiia- (1.1); iz "convoiter": iziia- ? (1.2.3); 2is "mettre en
l'emploi de l'opt. prés. en proposition relative assez invraisemblable en avestique mouvement": fra-isiia- (3.1); xrus "crier": r. xraosiia- (1.1); r. tarp
récent. La lecture ya '" apastüitis constitue peut-être la meilleure solution "dérober" Y 11,5: trafiia- (1.2); duuis "haïr": g. daibisiia- Y 34,4, r.
(Narten, Prat 17sq. n. 55). (35) Bartholomae (col. 1594) corrige astaoite y 10, tbisiia- (1.2); r. druj "tromper" : druza-
y. (1 . 1) ; r. pu- " puer " V 6,28: putta-
..
19 de Geldner en +astaoiti: Ote S 1 .J 3; Ote .J 2, K 5 manque; °ti Pt 4 Mf 1; °ti Mf 2,
(1.1); r. frit "se décomposer" V 6,28: fri1Jiia- (1.1); 2nas "disparaître":
.JP 1 K 4 manquent; Ote L 3 Bb 1; Ote H 1 .J 7 L 13. Le moyen étant bien attesté,
il semble que Bartholomae n'ait corrigé qu'en fonction de la morphologie. 01', nasiia- (3.1); r. yud "rivaliser": yuioiia- (i .2); val "chanter" : ufiia- (1.2);
depuis l'analyse de Narten (Prat 9sq.), on sait que le prés. rad. de stu est d'un type r. 4°vid? "percer" ni- ° Yt 10, 113: ni-vi&iia- (1.1); r. 1ri1J "mourir" : iri{}iia-
qui admet des formes moyennes à degré plein. (36) De même que le prés. (1.2); 2ri{} "se mêler": r. iri{}iia- V (1.2); r. ris "nuire" V: ù'isiia- (1.2);
fut. sraësiia- "s'accrocher" V 8,34. (37) Le prés. pas. sruiia- a les désinences r. uruuid "être condamné" V: uruuioiia- (1.2); lsac "être capable":
moyennes. (38) Yt 13,42 ya ... mainiiu.Jütâ fmtüS9'IJte ne repose que sur Mf 3 .
sa§a- (3.1); r. sid "couper": sioiia- F 12 (1.2); spas "regarder": spasiia-
.J 10 manque et F 1 donne fmsus9.uui, qui n'est pas interprétable. Le moyen ne
pourrait être que dynamique (4.5.3). (39) Dans le RV, cyâva- signifie "mettre (4.1.1).
en mouvement" à l'actif comme au moyen, mais seul celui-ci peut signifier "se 2. Présents en -iia- exclusivement moyens: r. uc "dire": ada- V
mettre en mouvement" (Grassmann, col. 459sq.). (2.2); r. pad "s'écarber": pai1Jiia- (2.2); bud "sentir": r. buioiia- (3.1);

36 I. La distinotion de voix
l 3. La distinotion de voix non pertinente 37
Iman "penser": ma(i)niia- (2.1.1); r. lmar "mourir" V: miriia- (2.2); 3.2.6. L'aoriste sigmatique. On ne peut vérifier pour l'avest.ique les ré-
r. 2va "manquer" Vr 15,1: uiia- (2.2).
sultats de l'enquête menée par Narl;en (Aor passim) sur la diathèse de
3. Présents en -iia- attestant l'opposition de voix: 2ah "lancer": l'aoriste sigmatique védique:
r. aiJha- (4.1.1); r. jad "demander": 1aù'Jiia- (4.1.1); vaxs "croître":
1. Les racines en liquide n'attestent pas d'ind.-inj. aor. sigm.
uxSiia- (4.5.4); varz "agir": viJr'iJZiia- (4.1.3); r. uruuis "tourner":
moyens: Narten (op. cit. 36 n. 64) note que le gâthique a toutefois
uruuisiia- (4.1.2); siZd "écarter": siZdiia- (4.3.1). Les formes moyennes
sariJ8ta Y 49,5, de sar "s'unir à".
ont une valeur passive (2ah, jad, varz, uruuis), réfléchie (sizd) ou dyna-
mique (vaxs) (2); elles sont curieusement limitées au participe; celles de 2. L'ind.-inj. et le subj. aor. en -i~~est beaucoup plus souvent
vaxs et de uruuis sont très probablement secondaires. Seul 2ah : aiJha- actif que moyen. La proportion - respectivement de 90 à 20 et de 24
a un équivalent morphologique exact en indien avec as: asyati, qui est à 2 - est telle qu'il n'y a plus d'opposition directe entre les deux voix
susceptible de produire des formes moyennes non passives. (op. cit. 63). L'avestique n'atteste aucune forme moyenne qui corres-
Les présents redoublés avec suffixe -iia- 1 iz "désirer": iziia- (1.2.3), ponde clairement à un aoriste indien en -i~-.
r. yah "bouillir": yaë8iia- (1.1), rah "être infidèle": rariJ8iia- (1.2) sont 3. L'opt. aor. sigm. est exclusivement moyen (op. cit. 43sq., 67sq.).
tous trois exclusivement actifs. L'avestique n'atteste aucun opt. aor. sigm. qui soit sûrement original.
(1) Il est troublant que oe soit aussi le suffixe du prés. pas., où l'opposition
Les formes actives gam "aller": jarJhoit N 81, Inas "atteindre": nasima
de voix est annulée (3.2.3). (2) vax8 (4.3.2, 4.4.1), varz (4.4.2) et uruuis (4.4.1) y 70,4 et lza "abandonner": fra-zahit y 60,7 appartiennent à l'Avesta
attestent d'autres types de moyen avec d'autres thèmes temporels. récent et peuvent être considérées comme secondaires (1). Il semble toute-
fois que cette particularité de l'opt. aor. sigm. indo-iranien rend compte
3.2.3. Le présent passif en -iia- est indifféremment actif ou moyen. En de la seule forme moyenne évidente (2) de r. ric "abandonner": P 40 maca
ce qui le concerne, l'opposition de voix n'a évidemment aucun sens. . .. manahim ahüm paiti.raéxsisa "ne néglige pas la vie spirituelle" s'oppose
3.2.4. Les verbes d'état et de récitation liturgique qui forment un pré- clairement à P 41 yo zi ... manahim ahüm paiti.irinaxti "celui qui
sent radical à degré plein permanent sont exclusivement moyens: aoj néglige la vie spirituelle" (cité d'après JamaspAsa-Humbach, Purs
"dire": aoj- (2.1); r. ah "être assis": ah- (2.1); r. cas "enseigner": cas- 160sq.).
(2.2); 3 vah "être vêtu": vah- (2.1); r. si "être couché": saé- (2.1). (1) Sur fra-zahil, résultant d'une oollision entre l'opt. aor. rad. *oza-i-l et
le thème d'aor. sigm. °zah_, voir Hoffmann (Aufs 1246sq. n. 4; II 606sq. n.1).
3.2.5. Le présent désidératif privilégie dans certains cas la voix moyenne, (2) L'autre est oelle du prés. désid. iri1'ixSaite Y 65,7, dont la désinenoe est in-
sans doute parce que la nuance désidérative révèle le sens réfléchi in- oertaine (première mention: Ote J 2 K 5; Ote Pt 4 Mf 1; °ti J p 1 K 4; Ote H 1 J 7,
direct inhérent au verbe (1). Sont ainsi exclusivement moyens: r. 2ci °ti J 6 Jm 1 L 13; seoonde mention: Ote J 2 K 5; Ote Pt 4 Mf 1; Ote Jp 1 K 4; °ti Hl
J 6. 7 Jm 1 L 13; °ti L 3).
"fixer une peine": aif3i-cicisa- N 63; Idar "tenir": g. didariJsa- Y 46,7;
Ida "établir, donner": g. vi-disa- Y 51,1; marc: r. mimariJxsa-; 1 r. ric 3.2.7. On peut croire que l'aoriste à redoublement ne produit pas de
"abandonner": iririxsa- Y 65,7 (2); 2zan "connaître": zixsnârJha- Yt 13, formes moyennes. Inas "disparaître" (aor. red. g. nqsa- Y 53,6. 7) est
49.73; han "conquérir": r. isârJha- Yt 19,53. Il semble que la nuance in- exclusivement actif ou ne produit de formes moyennes qu'avec l'aor.
tentionnelle du présent futur et de l'aoriste sigmatique thématisé exerce sigm. thématisé r. nasa- Y 9,30-32 (voir 3.1). vac "dire" a un prés. fut.
parfois la même influence. Ainsi (voir 3.1) grab "saisir": r. ham-griJf8a-; vaxSiia-, un aor red vaow- et un parf. vauuac-jvaoc-: alors que le présent
liS "désirer": r. aë8(ii)a- Yt 13,66; Inas "atteindre": r. nasiJmna-; vaxs et le parfait opposent régulièrement l'actif au moyen passif (voir 4.1.1),
"croître": r. vaxsiia- Yt 8,42 (3); sru "entendre": sraosa-. l'aoriste est exclusivement actif et le point de vue passif ne peut être
(1) Exoepté 2zan , qui n'est moyen qu'aveo le thème du prés. désid. (3.1), exprimé qu'en recourant à des formes de l'aoriste radical g. vac- ((a)uuaci
tous oes verbes produisent un moyen réfléohi indireot avec d'autres thèmes de y 36,6 Y 43,13). L'aoriste à redoublement Yt 9,26 xaipi.vaotat de vat
présent (4.4.1). (2) Voir oi-dessous (3.2.6). (3) Le moyen aurait ioi une "comprendre" correspond à un présent r. aipi-vata- exclusivement
valeur dynamique.
moyen (voir 3.1).
38 I. La distinction de voix
l 4.1. Le moyen passif 39
3.3. Voix et temps. Le matériel avestique ne permet pas d'observer si
yoi uxsano asnqm a'lJh~us dar'J{}rai Ira a~ahiia 11'ar'Jrtté "quand, ô Mazdâ,
certains verbes changent de voix en changeant de temps. L'un ou l'autre
les taureaux des jours se lèveront-ils sur le monde pour soutenir A~a?"
cas particulier peut être prudemment relevé.
(voir aussi uz-ar'J.suua Y 33,12). Thématisé, il est indifféremment actif et
3.3.1. Présent moyen et parfait actif. moyen avec sens réfléchi: Y 43,10 armaiti hacimno il ar'Jm "je me suis
mis en route, accompagné d'Armaiti"; V 15,4 yezica aéte asti datahuua
bi "avoir peur": le matériel est malheureusement très incertain.
ariirtte (Ja1''Jmohuua vioiirtte "et si les os se dressaient dans les dents (et)
On ne peut être sûr que le thème de présent soit baiia- plutôt que biia-,
se fixaient dans la gorge" (4). N'offrant aucune forme de ar qui signifiât
que le sens soit "avoir peur" plutôt que "effrayer", que la construction
s'mettre en mouvement", l'avestique oppose apparemment, avec le même
syntaxique soit transitive plutôt qu'intransitive. Enfin, si Y 34,8 et
'ens réfléchi, un présent actif à un aoriste moyen.
Yt 17,12. 13, avec b(a)iierttl supposent bien un moyen, les P 20 attestent
une forme ni-f3iieiti qui n'est pas nécessairement fautive. Si on admet (1) Voir Wackernagel (K1Schr 1433). (2) L'unique attestation du prés.
caus. r. vi-araiia- est active et non moyenne: V 18,26 u8'Jhista tü viiaraiieiti mqm
la solution de Barr (ap. Duchesne-Guillemin, 1948, 184; aussi Humbach, "lève-toi, (le coq) me fait me lever". Le fait que chaque leçon contienne l'épenthèse
II 45), l'ind. prés. moyen baiiertM "craindre" s'oppose au part. parf. est décisif: Cite L 4 K 1; °iti Br 1 L 1. 2 M 2, Cite Mf 2, °iti Jp 1. (3) nire, au
actif bif3iuuii Yt 11,5 Yt 13,41 comme, en védique, bMyate à bibhâya. y 10,17 ma të ni1'e z'Jmi paiti, n'est pas utilisable. (4) a1·i1~tte est employé en
uruuaz "être de bonne disposition": le présent r. uruuaza- Yt 10, onction de présent, mais son origine aoristique est démonstrée par vir'5i1~te.
34. 73 FrG est moyen par rapport au parfait vaoraz- Y 50,5 N 84.
4. L'opposition de voix est pertinente.
3.3.2. Présent actif et aoriste moyen. 4.1. Le moyen passif. Le passage de l'actif au moyen se caractérise par
lar "mettre en mouvement": en védique, le prés.red. iyar-/ir- la substitution du sujet: l'objet du verbe actif devient le sujet du verbe
signifie "mettre en mouvement" à l'actif, "se mettre en mouvement" moyen, ce qui modifie radicalement le point de vue selon lequel l'action
au moyen: RV X 123,2 samudrdd ü1'mim Ud iyarti vend "le voyant exprimée par le verbe est envisagée.
soulève le flot hors de l'océan" s'oppose ainsi à RV IX 91,3 rusad irte 1. Pal' définition, le moyen passif n'apparaît qu'avec un verbe
payo (Jo(i, "le clair lait de la vache s'est mis en mouvement". L'aor. rad. transitif; mais tous les verbes transitifs ne produisent pas de moyen
ar- n'est attesté qu'au moyen avec le sens de "se mettre en mouvement" passif. On le trouve exclusivement avec (1) a. des verbes de mise en
(par exemple RV IV 1,17 ud devyd u~aso bhiinur arta "le rayon de lu- mouvement: 4.1.1 2ar, 2ah. 2is, prés. c9,us. de tad, lzan, lOzars?; 4.1.2az, bar,
mière de l'aurore divine s'est levé"). Toutefois, il produit secondaire- u1'uuis, prés. caus. de .§u; 4.1.3 ldar H 2,7 pad, uz-bar, ni?, vad, vaz, harz;
ment (1), avec ce même sens réfléchi, des formes thématisées indifférem- b. des verbes déclaratifs: 4.1.1 ad, jad, vac, prés. caus. et désid. de lsac,
ment actives ou moyennes: RV IV 58,1 samudrdd ürmi1' madhumMi ud aif3i-zü; 4.1.2 prés. caus. de sru; 4.1.3 ldarY 55,6, Iras?, 2mar, lmrü, prés.
a1'ad "le flot sacré s'est levé de l'océan"; RV X 73,2 dhvantdt pmpitvdd caus. de lvid, sqh, stu; c. des verbes de perception sensorielle ou mentale:
'l'ld aranta (Jarbha(i, "les embryons ont surgi des ténèbres gonflées". Il 4.1.1 vaéna-, spas; 4.1.2 bud, sru; d. des verbes d'action rituelle: 4.1.1 ü;
semble bien qu'à date ancienne, les choses aient été pareilles en aves- 4.1.3 Ida, varz, hu; e. des verbes exprimant un acte de violence (certains
tique (2). Le gâthique atteste encore l'inf. prés. red. moyen uz-ir'Jidiiai verbes de mise en mouvement comme ni1, lOzars?, az relèvent aussi bien
y 43,12. 14: Y 43,12 uzir'Jidiiai para hiial moi a.jimal / s'Jraoso mqza.raiia de cette catégorie): 4.1.1 yzan, dab, 3°da, van, vi, ziia; 4.1.2 zar; 4.1.3 jan
hacimno "je dois me lever avant que vienne à moi Sraosa, accompagné auxquels on assimilera des racines exprimant l'idée de lier, fixer, main-
de la récompense, qui donne de grandes richesses". En avestique récent, tenir à sa place: 4.1.1 yuj, 4.1.2 Ici, 4.1.3 az, ldar FrW 4,3. Tous les
le degré plein et le degré zéro du prés. rad. ont été thématisés et, sous la verbes qui produisent un moyen passif entrent sans violence dans l'une
forme r. uziiara- ou °im_, ils sont exclusivement actifs avec sens réfléchi (3): ou l'autre de ces catégories.
Yt 8,5. 42 kaoa no auui uziiaral tistriio "quand Tistriia se lèvera-t-il en
2. Il semble bien qu'à l'origine, une même forme moyenne pouvait
face de nous?", V 21,5 uzira huuar'Jxsaéta "lève-toi, soleil". L'aor. rad. avoir tantôt une valeur passive, tantôt une autre valeur. Il est signi-
ar- est moyen et signifie "se mettre en mouvement": Y 46,3 kada mazda
ficatif que beaucoup de verbes dont les attestations sont assez nom-
40 I. La distinction de voix I4.1. Le moyen passif 41
breuses pour constituer un échantillonnage suffisant figurent dans la le thème temporel à suffixe -iia- ne peut s'opposer qu'à un présent
rubrique 4.1.3 consacrée au moyen à valeur passive sporadique: jan, primaire; l'usage de désinences spécifique~ est ;i~ité à l~ 3è;me s~ng. ind.-
Idar, Ida, fras1, uz-bar, vad, varz, vaz, stu. Il reste que cette situation inj. aor. (et, par une extension secondaIre d aIlleurs sIgmficatIve, à la
devait être une source d'ambiguïtés déplaisantes. Aussi semble-t-il bien 3ème sing. inj. prés.), à la 3ème sing. et plur. ind. d'un présent primaire. Il
qu'on ait, pour systémaMser, fait du moyen passif une catégorie ex- est compréhensible qu'on ait recouru à des formules périphrastiques qui de-
clusive. Si on fait abstraction du matériel gâthique (jan, Ida, fras1, varz), vaient s'imposer, à terme, sur l'ensemble du domaine linguistique iranien.
d'emplois syntaxiques (jan) ou sémantiques (vaz) bien typés, de formes
incertaines (Idar H 2,7 par, ni1) ou vraisemblablement secondaires (Idar, 4. Les formes moyennes de racines régulièrement soumises à l'alter-
uz-da, fra-mar, fra-mrü, Ivid, stu, harz, hu), le matériel de 4.1.3 est réduit nance de voix ont toujours une valeur passive dans les expressions du
à peu de chose: Ida n'est plus médio-passif qu'au N 84, az, uz-bar et sqh type hub'Jr'Jta- bar: voir 4.1.1 2ah, 4.1.2 bar, 4.1.3 jan. Cette particulari~é
opposent chacun une seule forme moyenne passive à une seule forme a peut-être contraint, pour éviter tout malenten~u, à donner d~s ~és~­
moyenne d'une autre valeur, on ne connaît de vad qu'une forme médio- nences actives au verbe moyen tantum Iman (VOIr 2.1.1) lorsqu Il etaIt
passive. employé dans des expressions actives de ce type. Mais ce n'est là qu'une
hypothèse: le prés. caus. moyen tantum fJraVhaiia-, de ta~s "tr~mbl~~",
3. Le moyen passif ne fait qu'exceptionnellement double emploi a conservé sa désinence moyenne au Yt 10,101 hafJra.tarsta fJravhanete
avec le thème de présent passif en -iia-: ce n'est clairement le cas que
uuaiia aspa.viraja "tueur d'hommes et de chevaux, il les effraie tous
pour jan et Ida(2). Encore s'agit-il de deux verbes dont le moyen n'a pas
deux tout de suite effrayés". La question mérite toutefois d'être posée:
toujours une valeur passive et jan ne produit-il sûrement de médio-
la formule étymologique n'a-t-elle pas eu une productivité relative parce
passif qu'avec l'infinitif jaidiiai (Y 32,14). Mais il est clair que, pour Ida,
qu'elle permettait de noter, empiriquement, maladroitement, par la
Y 34,1 aé8qmtoi ahurafJhmapourut'Jmais dasté "de ces choses te sont dJnnées
mention redondante du verbal, le caractère passif d'une forme moyenne
par nous, ô Ahura, avec répétition" et Yt 13,50 kahmai no tal dafJr'Jm
autrement ambiguë 1
daiial "à qui de nous ce don va-t-il être donné1" sont en concurrence
directe. Tout le reste indique que ces modes d'expression du passif ne 5. La valeur passive de certaines formes moyennes paraît assez
vont pas de pair. Ainsi dab (4.1.1) et Izan (4.1.1) ont des présents pri- fréquemment tardive ou secondaire. Les seules formes médio-passives ,de
maires (d'Jb,mao-, zizana-) exclusivement actifs auxquels s'opposent des 4.1.1 2is, Isac, Izan; 4.1.2 uruuis, prés. caus. de sru, prés. caus. de su;
thèmes de présent passif (*daoiia-(3), zaiia-) , alors que leurs présents 4.1.3 uz-da, 2mar, Imrü, Ivid, harz, hu qui soient sûrement attestées le
secondaires (prés. désid. di(Jza-, prés. fut. zqhiia-) ont une valeur passive sont dans les textes de technique liturgique du Yasna, du Vispered et de cer-
avec lès désinences moyennes. L'examen de la flexion d'une racine aussi tains fragments. L'exiguïté du matériel ne permet aucune conclusion
fréquente que sru permet de constater que médio-passif et thème de nette, mais ce peut être l'indice d'une tendance propre au "jargon du
présent passif sont deux recours entre lesquels on opte selon les cir- rituel". D'autre part, les formes moyennes de 4.1.1 2ah, 2is, ü, yzan, jad,
constances et dont l'alternance relève d'une gymnastique d'autant plus ta1', van, vi, Isac, spas, Izan; 4.1.2 uruuis, prés. caus. de sru, zar, prés.
incommode que le moyen, pour sa part, est capable d'autres nuances (4). caus. de iu; 4.1.3 uz-da, 2mar, Im1·ü , vad, Ivid, stu, hu n'ont une valeur
Le prés. inf. surunao-jsurunu- est exclusivement actif et s'oppose à un passive sûre qu'au particip3 présent. Autre question à poser prudem-
ment: le participe présent moyen a-t-il tendu à être exclusivement
prés. pas. sruiia- tandis que le prés. caus. s1'auuaiia- et l'aor. rad. srau-j
passif (5) 1 La comparaison entre les deux listes ci-dessus enseigne encore
srao-jsru- ont une valeur passive avec les désinences moyennes. A côté
que les développements secondaires suggérés ici, si développement secon-
de cela, le verbe fournit encore un aor. sigm. thématisé sraosa- qui est
daire il y a, vont de pair: les moyens qui n'ont de valeur passive que dans
exclusivement moyen et un parf. susru- dont le moyen a une valeur
la langue technique du rituel ne l'ont souvent que sous la forme du par-
réfléchie indirecte. Cet exemple montre clairement que l'iranien ancien
ticipe présent.
ne dispose d'aucune expression adéquate du passif. Le moyen, partagé
entre diverses connotations sémantiques, est irrémédiablement ambigu; (1) Le point d'interrogation qui suit la mention de certaines racines indique
que- celles-ci ne produisent pas sûrement de moyen passif. (2) bairiia- de bar
I. La distinction de voix 1 4.1. Le moyen passif 43
42
(4.1.2) ne peut être directement comparé aux formes médio-passives. Il faut rejeter férant attribuer aomna à un hypothétique adjectif aoman-: Yt 13,146 ta
les thèmes de présent passif que Bartholomae attribue à az (voir 4.1.2), à ldar no qzahucit hato {}raiie'iJte aipi.darastais auu§bis aomna ahura mazda ...
(pour FrW 4,3, voir 4.1.3) et à vac (voir va'IJc 1.2.2). Ceux de 2mar (rnairiiat V 3,33) La désinence du participe est de toute manière irrégulière: on ne peut
et de vaz (vaziiiÎ~1te Yt 14,43, voir aussi vaziia- Y 53,5 en 2.1.2) sont hautement sûrement le rapporter au sujet ta (*aomna) ou à l'objet direct no (*aomn~).
incertains. Notons aussi que Bartholomae rapporte inutilement à des thèmes de
présent passif les attestations passives de fad, de ziia et, éventuellement (col. 1574
aomna pourrait être un nom. plur. en foncbion d'ace. plur. C'est done
n.13), V 18, 1. 5 savhaite de sqh, qui sont ici mises au compte du moyen. (3) At- "quand nous sommes en détresse, ces (frauua~is) nous protègent avec des
testé indirectement par aoaoiiarnna- "qu'on ne peut tromper". (4) Les dési- aides visibles, aidées (elles-mêmes) par Ahura Mazda" ou "quand nous
nences passives spécifiques de troisième personne s'intègrent fréquemment à la sommes en détresse, ces (frauua~is) nous protègent avec des aides visibles,
flexion moyenne des verbes qui ont un médio-passif: voir 4.1.1 2ar; 4.1.2 sru;
nous (qui sommes par là-même) aidés par Ahura Mazda".
4.1.3 fan, Iras?, lrnru. (5) Delbrück (op. cit. 264) enseigne que le part. prés.
ou aor. rad. védique en -ana- est fréquemment passif. Une autre de ses remarques
g. yzan "meurtrir": unique attestation média-passive en Y 28,3
(op. cit. 265) n'est pas vérifiable pour l'avestique: le prés. fut. et l'aor. moyens xsa{}ramca ayzaonuuamnam "et xsa&ra, qu'on ne peut meurtrir". Voir 2.2.
seraient extrêmement rares. L'aoriste, qui n'a d'existence' réelle qu'en gâthique, r. jad "demander": Y 9,19 etc. imam {}pqm paoirim yanam haoma
est trop pauvrement représenté par rapport au présent. On peut simplement noter jaioiiemi "je te demande cette première faveur, ô Haoma": Y 68,21
que des prés. fut. et des aor. médio-passifs sont clairement attestés.
jaioiiamna no yuzam dasta xsaiiamna raéSca xVaranasca apo dasta no tam
4.1.1. Produisent un moyen exclusivement passif: ycïnam yo yusmat para frauuisto "(une fois) sollicitées, vous nous avez
2a?' "mettre en mouvement, fournir": Yt 13,46 té abiio fr~rata donné, (ainsi que) vous en avez le pouvoir, la richesse et le xvarenah;
fr~ranu1lai~~ti "ceux-ci leur offrent des oblations": Y 56,3 a$ois ... ya n~ donnez-nous, eaux, cette faveur que vous avez précédemment conquise
araéca aranauuataéca "la récompense qui nous a été offerte et le sera (pour vous-mêmes)" (5). jad se construisant avec deux accusatifs, celui de
encore" (1). la chose demandée et celui de la personne sollicitée, c'est cette dernière
2ah "lancer": Yt 8,37 tiyris ... yim afJhaf araxso "la flèche que qui devient sujet du verbe moyen.
lança 3rexsa": Y 57,28H asiia?Jha huuastaiia afJhimnaiia "(deux cour- 1 tar "traverser": voir 3.1.
siers) plus rapides que deux flèches bien lancées". Le fait que ce thème dab "tromper": Y 32,5 ta dabanaota ma$im hujiiatois amaratatasca
de présent, d'un type qui ignore généralement l'opposition de voix (3.2.2), "c'est ainsi que vous écartez par tromperie l'homme de la santé et de
n'apparaît au moyen qu'avec un participe présent isolé, au sein d'une l'immortalité": Y 45,4 noit dipzaidiiai vispa hisas ahuro "Ahura, qui
expression du type syntaxique hubarata- bar (voir 4.1.2, sous bar), sug- contrôle boute chose, ne peut être trompé" L'unique attesbation du
gérerait un emploi secondaire. Il semble que ce n'esb pas le cas. Le véd. moyen coïncide avec l'unique abtestation du présent désidératif - le
as: âsyati a lui aussi l'opposition de voix (ainsi RV X 30,2 tâm, âsyadhvam seul désidératif qui soit attesté avec une valeur médio-passive (6).
urmim adyâ suhastab "faites jaillir aujourd'hui ce flot, ô (adhvaryus) aux g. 3°da "enchaîner": ni- o Y 48,7: voir 2.2.
belles mains") et le vieux-perse suggère que la valeur médio-passive ap- yuj "atteler": Y 50,7 at v~ yaoja zauuistii~'iJg auruuato "je veux
partient à l'iranien commun: DB 195 aniya api[y]a [a]h[yat]a apisim atteler pour vous les coursiers les plus rapides": Y 30,10 H at asista
parabara "le reste a été jeté à l'eau (et) l'eau l'a emporté" (2). yaoja'iJté "(les coursiers) les plus rapides seront attelés". Que représente
r. cïd "dire": véd. cïh, exclusivement parfait, ne produit que des Yt 4,1 yaoxmaidd
formes actives. Selon Bartholomae (col. 55), son équivalent avestique vaéna- "voir": Yt 19,94 hO vispam ahum astuua'iJtam izaiia vaénat
est attesté trois fois au moyen. V 4,47 N 37 aoaéca uiti "il lui est dit doi{}rabiia "il regardera toute la vie matérielle avec les yeux de la
ceci ... " est incontestable (3). On peut juger que le passif s'est développé vigueur": Yt 13,3 asmanam ... yahmiii noit cahmai naémanqm karana
secondairement, par analogie avec d'autres verbes déclaratifs, surtout vac. paù·i.vaénoi{}e "le ciel, dont les extrémités ne peuvent être embrassées
2is "mettre en mouvement": voir 3.1. du regard par qui que ce soit". Sur le problème parbiculier posé par
u "aider": actif par exemple au Y 44, 7 az~m tais {}Pcï ... a1luami r. ham-vaéna-, voir 3.1.
mazda "moi, c'est par ces choses, ô Mazda, que je t'invigore". Bartho- vac "dire": Y 44,6 tat {}pa parasa ... ya frauuaxsiia yezi ta a{}a
lomae (col. 42) n'a pas reconnu son unique attestation moyenne (4), pré- hai{}iia "voici ce que je te demande: les choses que je m'apprête à déclarer

/
44 I. La. distinction de voix I4.1. Le moyen passif 45

sont-elles vraies?", Y 65,9 Y(J; ahuro mazaA zaraffustrai fmuuauuaca "(les r. ziia "dérober": Y 11, 5H yo mCJ;m tal draono zinal "celui qui me
paroles) qu'Ahura Mazdâ a récitées pour Zara&ustra": Y 19,10 aétatca déroberait ma part rituelle": Yt 10,38 xrüma, saitaiio frazi'(l,te "les mai-
aèS(J;m uxoan(J;m uxoot<Jm'iJm yais yauua f?'aca vaoce fraca mruiié fmca sons de terre sont réduites à néant" (voir aussi Yt 13,38).
vaxsiiete "c'est la plus efficace de toutes les paroles qui ait jamais été zü "invoquer": produit un moyen réfléchi-indirect. L'unique at-
récitée, qui l'est, qui le sera". A l'encontre du prés. fut. et du parf., testion, participiale, de r. aif3i-zü (Y 8,4 = N 71) est médio-passive:
l'aor. red. vaoca- est exclusivement actif et s'oppose à un passif spécifique yasca . .. mazdaiiasnan(J;m ... aif3i.züzuiia(na)n(J;m "et celui des mazdéens
à désinence -i sur thème radical long var-. Y 45,3 a1Jh5us ahiia paouruuim qui (y) ont été invités".
y(J;m moi viduu&, mazda, vaocal ahuro "le fondement de cette vie, que m'a ? r. harz "laisser aller": voir 4.1.3.
révélé le savant Ahura Mazdâ": Y 43,13 stois ya fff3ahmi xsaffroi vaci
(1) fra-a?' n'est jamais attesté qu'à l'actif. Le seul parfait actif se trouve
"l'existence qui est dite en ton pouvoir" (voir 3.2.7). dans l'incompréhensible N 10 yevhe nisritim f?'ara .. , aat hë nôit nisritim f?'ara.
van "vaincre": le passif est supposé par r. auuan'iJmna- "invaincu" Notons l'existence d'une 3ème sing. passive fmmauui (Y 9,3. 4. 6. 7. 9. 10. 12, 13).
(ainsi Yt 10, 109 sa{h'ascil ... auuan'iJmnahe "même d'un maître invaincu"). (2) La restitution est toutefois incertaine (Brandenstein-Mayrhofer, Ap 101). Il
r. vi "pourchasser": l'unique attestation du moyen s'oppose à reste que le v.-p. confirme peut-être que l'ind, iranien *as: *asja- n'est moyen
l'actif de façon exemplaire au Yt 13,35 ya uua zbaiiato auuaiJhe vii(J;sca qu'en composition avec certains préverbes, notamment a (Delbrück, Syntax 237):
le soupçon rejaillit sur la forme avestique. (3) Incertain au Yt 8,48 tistrim ...
viianasca apat5e zbaiieiti vii(J;sca apagat5e viiano "(les frauua~is) que tous yazamaide yim vispais paitismarwt;/1e yais spf)1;Itahe mainii9us damqn a(jairi z9maisca
deux invoquent à leur aide, celui qui pourchasse et celui qui est pour- upairi z9maisca yaca upapa yaca upasma yaca frapt9?'9jqn yaca rauuasca1'qn yaca
chassé; celui qui pourchasse invoque pour rejoindre, celui qui est pour- upairi tâ akarana anayra a~aonô stis aiM "Tistriia , , . verehren wir, nach dem sich
chassé pour s'échapper". alle Geschopfe des heiligen Geistes sehnen, (die) sich unter der Erde aufhalten, und
1sac "être capable": voir 3.1. P 12 par k'iJmGÏl ... sixS'iJ?y,t'iJm sa- (die) sich auf der Erde aufhalten, und die im Wasser und die auf dem Lande leben,
und die sich fliegend bewegen und die in der Freiheit hausen, und was oben über
caiia?y,t'iJm "celui qui apprend, celui qui enseigne": Y 55, 6H staota yesniia dem (allen) die endlose anfangslose Schopfung des Asaehrwürdigen genannt wird"
yazamaide ya ... sixs'iJmna sacaiiamna "nous sacrifions aux staotas (Wolff, Av 193), Bartholomae lit ai(ji avec F 1 et pose une 3ème sing, passive en -i,
yesniias appris, enseignés". Peut être considéré comme secondaire. ce qui est exclu avec un thème de parfait. Dans le cadre de son interprétation, il
spas "regarder": l'unique attestation du moyen (sur thème de vaut mieux corriger en xai(je, d'après aide de J 10. ai(ji peut aussi représenter le
discours, réduit à un cri d'espoir, qu'implique paitismar91;1te: ce serait la 2ème sing.
prés. red. hisposa-) me paraît avoir une valeur passive: Yt 10,45 vispahu
imp, prés, A, de a-i "viens!". (4) V éd. ü est toujours actif à date ancienne.
paiti bar'iJzahu ... spaso a,1Jhaire miffrahe miffro.druj'iJm hispos'iJmna auue (5) Les formes moyennes non passives sont illusoires. Vyt 8 apa dasta nô t9m
aipi. daioiia?y,to auuü aipi.hismar'iJ~tto yoi pauruua miffr'iJm druzi'(l,ti. La yan9m jaiMiata, visiblement calqué sur le Y 68,21, où jai(jiiata est absent, est sans
leçonmiffro.druj'iJm est secondaire (L 18 P 13). F 1 (J 10 manque) transmet valeur. Au Yt 5,86, 87, les quatre mentions de jai(jiiâ1;lte peuvent être corrigées
miffro.drujim, qui peut être une corruption du gén. plur. *miffro.druj(J;m en +jai(jiiâ1;lti, que transmettent une fois J 10 et K 12. Le Yt 5,98 tqm yaz91;1te
en fonction de complément d'agent: "sur toutes les hauteurs, les épieurs huuôuuâvhô tqm yaz91;1ta naotairiiâvhô i8tim jai(jiia1;lta huuôuuô asu.aspim naotaire
s'explique vraisemblablement par une inversion des finales dans la tradition ma-
de Mi&ra sont assis, vus de ceux qui trompent le contrat, observant, nuscrite, *jai(jiia1;ltô huuôuua devenant jai(jiia~~ta huuôuuô: "les Huu6uuas lui
notant ceux qui, les premiers, trompent le contrat". Supposer que les sacrifièrent, les Naotaras lui sacrifièrent, les Huu6uuas en demandant la prospé-
trompeurs voient ceux-là mêmes qui les observent, c'est matérialiser de rité, les Naotaras la vitesse deL chevaux". (6) Le prés. pas. est indirectement
façon expressive leur présence obsédante, fatale à ceux qui prennent attesté par l'adjectif a(jaoiiamna- "qu'on ne peut tromper", (7) Autrement,
la nuance apportée par le moyen n'est pas décelable.
l'initiative de rompre un contrat (7).
r. 1zan "engendrer": en principe, le prés. red. zizana- "engendrer"
4.1.2. Produisent un moyen passif dans des conditions déterminées de
est exclusivement actif et s'oppose au prés. pas. zaiia- "naître". Il reste
sens ou de construction syntaxique:
que le prés. fut. z(J;hiia- est attesté au moyen avec un sens qui se rapporte
à celui de zaiia- : Y 4,5 par nar(J;mca zatan(J;m z(J;hiiamnan(J;m a$aon(J;m "les az "conduire": Yt 5,34 par uta hé va'(l,ta azani sa1Jhauuaci ar'iJnauuaci
hommes justes qui sont nés et qui naîtront". "et que j'emmène ses deux femmes, Sa'lJhauuac et Arenauuac": Yt 10,38
? r. 10zars "tirer, traîner" ni- o V 19,30: voir 2.2. gaus ya . . . vamÏ'8im pa'(l,t(J;m azaite "la vache qui est conduite sur le
46 1. La distinction de voix 14.1. Le moyen passif 47

chemin de la captivité" (1). Au sens d' "attribuer une peine" (V), l'actif zar "irriter": Y 28,9 H anàis va n6ii ... yànàis zaranaémà "puis-
s'oppose au moyen réfléchi (4.4.1). sions-nous ne pas vous irriter par ces demandes": Yt 10, 47H mi{}r~m ...
Ici "amasser": le thème de présent r. caiia-, incertain et mal zaranimn~m "Mi&ra irrité". Ainsi RV l 132,4 sunvadbhyo randhayà
attesté (caiiC1:n N 1; uruuai caém, uruuai caiiai, uruuai caii~n Yt 13,11. kdrp, cid avratarp, hrttàyantarp, cid avratarp, "livre à ceux qui pressurent
22. 28), est sans doute à l'origine une thématisation de l'aor. rad. caé-/Ai·. tout impie, l'impie irritant": RV V 2,8 hrttiyamàno apa hi mad
L'attestation moyenne du V 9,9 est passive: ka-&a -&rigàim ya-&a gà~n aiyelJ, "irrité, tu t'es séparé de moi". Sur le prés. caus. r. à-zàraiia-,
hattcaiiata ka-&a gàmC1:n hattcaiiata "Wieso: drei Schrittlangen 1 Das heiBt: voir 4.4.1.
die (drei) Schritte müssen aneinander gelegt werden. Was heiBt das: die Au "ébranler": voir 3.1. L'opposition entre actif et moyen passif ap-
Schritte müssen aneinander gelegt werden 1" (Wolff, Av 380-1). Sur vi-ci paraît avec le prés. caus. r. °Aàuuaiia-. Yt 8, 9par àai ta àpo fraAàuuaiieiti
"choisir", voir. 4.4.1. satauuaéso "alors Satauuaësa met les eaux en mouvement": VI' 12, 2H
bar "porter": voir 3.1. L'opposition entre actif et moyen passif hàuuana ... fmAàuuaiiamna "les deux pressoirs mis en mouvement".
apparaît dans deux cas particuliers. 1) Dans les expressions du type syn- Emploi peut-être secondaire.
taxique hub~r~ta-bar. Yt 13,18 yo vo hub~r~tC1: bamiti mi-&ra ... arstàt~mca (1) Il faut donc corriger azaite en Xazaiti au V 5,37 juuo gqm varatqm Xazaiti
"celui qui vous traite bien, vous, Mi&ra et Arstat" (2): Yt 10, 112 mi{h'~m "vivant, il emmène la vache prisonnière". Il faut lire xazoiiJe au lieu de azoit au
... ya-&a h1lb~r~to baraite "Mi&ra, quand il est bien traité" (3). 2) Avec le V 3,11 nâirilca ap~r~nâiiülcasca pa)Jtqm vamiOim azoi{}e "la femme et l'enfant sont
sens de "chevaucher": à l'actif, c'est "porter un cavalier", au moyep emmenés sur le chemin de la captivité" (Hoffmann, Aufs l 315). Bartholomae pose
un prés. pas. aziia- pour rendre compte de Yt 10,86 gaoscit ... yâ var~ta azimna.
"aller à cheval". Yt 10,20H aspacii ... bar~ttto "les chevaux portant Mais azimna n'est sans doute que graphique pour +az~mna (K 15). J 10, qui manque
(leur cavalier)": Y 65,4 par huuaspài naire bar~mnài "pour le cavalier ici, lit azimanqm pour az~mnqm dans la même phrase. (2) D'après l'analyse
ayant de bons chevaux". L'opposition entre actif et moyen passif s'est de Tedesco (ZII 2, 1923, 44sq.) et d'Altheim (ZII 3, 1924, 33sq.). (3) Il est
toutefois estompée pour devenir une différenciation lexicale. Ainsi, le traditionnel (littérature chez Kellens, CommCyrus III137sq.) de corriger ici
verbe moyen avec le sens de "monter" se construit avec l'accusatif du baraiti en xbamite. Autrement Gershevitch (Mi 129,261sq.). Autre exemple du
moyen passif dans les P 25 - la phrase manque dans le matériel de Kellens
nom de la monture au Yt 19,29 yai barata a?Jr~m mainiiüm "quand (op. cit.): yo ... driyümca d1'iuuimca araiJfJiio. b~r~te bar~mne paiti.jasâl "celui qui
(Urupi) chevaucha Al)ra Mainiiu". A cet égard, barata a?Jr~m mainiiüm veut venir vers le pauvre et la pauvresse injustement traités". Faut-il restituer
est exactement parallèle à Yt 5, 11 vM~m vazaite (voir ~'az 4.1.3) (4). xaraiJfJiio.b~r~t{j bar~mn{j7 (4) Même distinction en khotanais (Emmerick 93sq.).
bud "sentir": voir 3.1. L'opposition entre actif et moyen passif appa- (5) Seul le participe l'. est moyen. srâuuaiieir5iiâi Vyt 46 n'est d'aucune utilité.
raît avec le thème de présent baooa-. V 18,67. 69 yo nàirikC1:m cWrauuai- (6) Voir aussi asruuât~m Y 30,3, aifJi-sl'(a)uuano V 3,40, et l'infinitif srüidiiâi
y 34,12 Y 45,5 Y 46, 13. 14. On a aussi la forme essentiellement passive Sl'âuui
tim baooo "celui qui, remarquant que la femme est réglée ... ": Yt 17, 6H y 32,7.8 Y 45,10 Y 53,1.
hubaoiOis baooaite nmàn~rn "la maison est sentie ayant une bonne odeur".
1 Imrü "dire": voir 4.1. 3. 4.1.3. Produisent un moyen dont la valeur passive est sporadique:
r. uruuis "tourner": la seule attestation moyenne du prés. uruuisiia- r. àz "lier": V 13, 13 staman~m hé aMi niiàzaii~n "on doit lui
a une valeur passive: VI' 12,5 hàuuana fmoirisimna "les deux pressoirs attacher (un morceau de bois) à l'estomac" (1). Des deux formes moyennes
dirigés de ce côté". Peut-être secondaire. Sur le prés. caus. uruuaésaiia-, du Yt 5, 127, l'une est clairament passive, l'autre clairement réfléchie:
voir 4.3.2 et 4.4.1. hà hé maiOim niiàzata ya{}aca huk~r~pta fStàna ya{}aca a?Jh~n niiàzana "elle
sru "entendre": voir 3.1. L'opposition entre l'actif et le moyen s'est bandé la taille, afin que ses seins aient une belle forme, afin qu'ils
passif apparaît avec le prés. caus. sràuuaiia- et l'aor. rad. sru-/smo-/ soient bien attachés" (2).
s1·àu-. N 26 yo gà{}a sràuuaiieiti "celui qui récite les gathas": Y 19,5 par jan "tuer, frapper": en dehors des expressions du type hub()r~ta- bar,
gà-&anC1:m sràuuaiiamnanC1:m "les gathas récitées" (6). Y 28,7 yà v~ mC1:{}rà où il est exclusivement passif(3), le moyen est tantôt passif, tantôt
sr~uuimà ràda "la formule par laquelle nous pouvons entendre vos en- réfléchi indirect (4.4.1). Le premier cas est clairement représenté par
seignements": Y 32,8 AiiaomC1:n . . . yàis asrüdüm bümiia haptai-&é "les y 32,14 hiiaicà gàus jaidiiài mraoi "quand la vache est tourmentée pour
actes par lesquels vous êtes renommés sur la terre aux sept parties" (6). être tuée" (4).
48 I. La distinction de voix 14.1. Le moyen passif 49

Idar "tenir": voir 3.1. Produit aussi un moyen réfléchi indirect bar "porter": voir 3.1. uz-bar est médio-passif au V 8,14 yoi pa{}a
(4.4.1). La valeur passive apparaît au Y 55,6 (voir 3.1 sous 2is) avec le uzbarJ'i}te spanasca irista "le chemin par lequel sont emportés les chiens
part. parf. daCJrana- employé comme terme technique de l'apprentissage morts".
des prières. La lecture et la compréhension la plus vraisemblable du 1 r. ni "conduire": voir 1.2.
FrW 4,3 sont les suivantes: vizuuahu paiti tanusu astuua gaiio xdaraiiete 2mar "se souvenir": voir 3.1. Des deux formes moyennes du verbe
"la vie matérielle est maintenue dans les corps privés de vie" (5). vidi- simple, l'une est réfléchie indirecte (4.4.1), l'autre est passive, mais ap-
CJa1"'JmnO H 2,7 par constitue une troisième forme médio-passive éven- partient au Y 55,6 (voir 3.1 sous 2is). r. fra-mar produit un part. prés.
tuelle (voir 3.1 sous tar). Le moyen de valeur passive est représenté par moyen de valeur passive dans les textes liturgiques. N 60 anùe ...
une forme secondaire, une forme tardive et corrompue, une forme in- vacasca framarJ'i}ti "les autres récitent des prières": VI' 18, Opal'
certaine. ustauuaitim ga{}Cfm ... framarJmnCfm "la giithii ustauuaiti mémorisée
Ida "instituer, donner": voir 3.1. Quatre attestations moyennes à voix haute". A 4,5. 7 yo ... rapi{}~inJm ratüm framaraite "celui qui
du verbe simple peuvent être considérées comme passives (les autres sont récite le ratu de midi" contient un moyen réfléchi indirect ou une forme
réfléchies indirectes 4.4.1, 4.4.2): Y 31,14 ya isudo dadJ'i}të dèUJran(pn fautive pour +framaraiti (Pt 1 Jm 5 J 10).
haca a$auno "les apports de vigueur consistant en dons qui seront donnés Imrü "dire": voir 3.1. fra-mrü produit dans les fragments un part.
par le juste" (Humbach, 1 69 n. 98; II 28); Y 34,1 aë8Cfm toi akU1'a ijhma prés. moyen framruuana- de valeur passive: H 1,4 aë80 zi vaxs ...
pourutJmais dastë "de ces choses te sont apportées par nous, ô Ahura, < framruuCfno "cette parole récitée", FrW 9,1 SpJ'i}to mCf{}ro ... framruuano
avec répétition" (Hoffmann, Aufs II 376 n. 6); Yt 19,11 da{}aite frasJm xfranwuuato vJrJ')rajCfstJmÔ "la sainte formule récitée (est) très victo-
vasna ar;hus "wird nach (seinem) Willen die Menschheit neugestaltet rieuse pour le récitant" (8). Yt 10, 119 framruuisa est ambigu: mi{}rJm
werden" (Wolff, Av 286) (6); N 84 zao{}ranCfm ... ya naire a$aone daste yazaë8a spitama framruuisa aë{}riianCfm yazaiia'i}ta {}~Cfm mazdaiiasna.
"la libation qui est donnée à un homme juste". Le tout est de savoir quand le discours cesse de s'adresser à Zara&ustra
Pour r. uz-da, il y a généralement opposition entre l'actif et le mo- pour s'adresser à Mi&ra. Si framruuisa est dit à l'intention du pro-
yen réfléchi indirect (4.4.1). Toutefois, un médio-passif vraisemblablement phète, sa valeur est réfléchie indirecte ("décris-le aux disciples"),
secondaire apparaît dans les textes liturgiques du Vispered: VI' 9,1 (aussi si c'est à l'intention de Mi&ra, il est médio-passif ("sois décrit aux
VI' 9,3) haomanCfm ... uzdahiiamnanCfm "les haomas qui doivent être disciples") (9).
préparés" . vad "conduire": voir 3.1. Participe médio-passif au Yt 15, 52 ya~
1 fras "interroger": produit un moyen réciproque (4.2.2) et réfléchi . .. basto ar;hal vaoaiiamnô "lorsqu'il sera emmené lié".
indirect (4.4.1). Le Y 31,13 est ambigü: ya frasa auuisiia ya va mazda varz "travailler": Y 33,2 yo akJm drJguuaitë ... varJsaiti "celui
pJ1'Jsaëté taiia "Was offenes Gesprach ist, 0 Kundiger, und was zwei für qui fait du mal au trompeur": Y 29,4 ya zi vauuJrJzoi ... yaca varJsaitë
geheime Dinge miteinander besprechen" (Humbach, 1 92; II 28). La "les choses qui ont été accomplies et celles qui le seront". Le Y 51,1
leçon pJrJsaëté (Bartholomae, IF 7,1897,226; col. 999; Humbach, ibid.), atteste toutefois un moyen dont la valeur réfléchie indirecte est incon-
la seule qui permette une interprétation par le moyen réciproque (7), n'est testable (10): tal nij nücil varJsanë "voici ce que je veux maintenant ac-
pas sûre contre pJrJsaitë (Geldner; Andreas- Wackernagel, NGWG 1911, complir à notre bénéfice" (4.4.2).
23; lnsler, 197541,186): °aiti J 3; °aité K 5, °aëté J 2; °aëtë Pt 4 Mf 1; vaz "véhiculer": l'opposition de voix a fondé et fixé une importante
°aité Mf 2 Jp 1 K 4; °aiti S 2; °aiti C 1, °aité H 1 L 13). L'interprétation distinction sémantique. L'actif signifie "véhiculer en tant que bête de
traditionnelle, avec laquelle renoue lnsler ("the open deliberation and trait, tirer dans un char", le médio-passif "être tiré dans un char, aller
the one which is deliberated in secret"), est donc tout aussi vraisem- en char". Y 57,27 sraosJm ... yim ca{}~a1'ô auruua'i}to ... vazJ'i}ti "Sraosa
blable que celle de Humbach. fras se construisant avec deux accu- que tirent quatre coursiers": Yt 10,100 dasinJm hë upa m'JCJJm vazaite
satifs, celui de la personne interrogée et celui de la chose au sujet de yo var;hus sraoso "à son côté droit roule le généreux Sraosa" (11). L'actif
laquelle on interroge, c'est ce dernier qui devient sujet du verbe moyen est évidemment transitif, le moyen intransitif, mais pour "conduire un
passif. char en tant que conducteur", on emploie une forme moyenne régissant
4 KeIJens, Le verbe avestique
50 I. La distinction de voix I4.1. Le moyen passif 51
l'acc. v~am: Yt 5, 11 v~am vazaite et Yt 10, 124 v~am vauuazanam doit être abattu, tout de suite abattu" (aussi Yt 13,48 V 9,56; voir Kellens,
sont à cet égard parallèles à Yt 19,29 barata a1)ram mainiiüm (bar 4.1.2). CommCyrus III143sq.). jan produit aussi des 3èmes sing. passives en -i-: inj.
On doit accorder une valeur réfléchie indirecte à quelques formes moyen- jaini Yt 19,92.93 et ind. ni-l'ne Y 10,2 Y 57,29 Yt 10,104. On assimilera à ces
dernières l'éventuel Xni-ynaire du Yt 10,40 (voir 1.2.2 r. 3 0 ga1.). Le caractère passif
nes transitives, qui ne se réfèrent que métaphoriquement au sens de de la forme du Y 10,2 n'a pas été reconnu par Bartholomae dans la mesure où
"véhiculer" (4.4.1). il en fait une 1ère sing.: frat9m9moit té hauuan9m vaoa upa.staomi huxratuuo yo qsus
Ivid "savoir": voir 3.1. Attestation isolée, et sans doute secondaire, ha1).g9u1'uuaiieiti upar9mcit té hauuan9m vaoa upa staomi huxratuuo yahmi niyne
du médio-passif au Vr 9,3 haoma ... aifJi.vaéoaiiamna "les haomas con- nars aojar;ha "Das erstere (untere Stück) deines Marsers, das die (Haoma-)Zweige
aufnimmt, preise ich mit Gebet, a einsichtsvoller; und auch das obere deines
sacrés". Le prés. caus. °vaéoaiia- produit régulièrement un moyen
Marsers, womit ich hineinstampfe mit Manneskraft, preise ich mit Gebet, 0 ein-
réfléchi (4.3.1). sichtsvoller" (Wolff, Av 35). Le loc. sing. yahmi s'accommode mal de la traduc-
sqh "déclarer": des trois formes personnelles moyennes qui sont tion par "womit". S'il y a rupture de parallélisme, c'est-à-dire si yo se rapporte
attestées (12), deux sont passives (s~r;,ghaitéY32,7, sa1)haite V18,1), une à hauuan9m et yahmi à huxratuuo, tout s'éclaire: "je loue d'une prière ton pressoir
réfléchie indirecte (paiti.sa1)haë8a Yt 14,35). Y 31, 1 agusta vaca s~r;,ghiimahi inférieur, ô sage, lui qui contient (tes) branches, je loue d'une prière ton pressoir
supérieur, ô sage, toi sur qui il est abattu avec la force d'un homme". (4) Deux
"nous prononçons des paroles non entendues": Y 32,7 aéna1)hqm
attestations du moyen ont une valeur ambiguë. V 16,12 xrafstr9m janaéta est in-
... ya joiia sfJr;,ghaitë "les péchés qui sont déclarés devoir être vaincus" (13): différemment "qu'il tue la vermine" ou "que la vermine soit tuée". Au V 8,74
Yt 14,35 ana parana hamara{}am paiti.sa1)haë8a "contre-incante l'ennemi auua aét9m nasupak9m janaéta auua hé janaii9n, la portée stylistique du passage
au moyen de cette plume". du moyen à l'actif, concordant avec celui du singulier au pluriel, n'est pas appré-
stu "louer": voir 3.1. Des deux attestations moyennes du verbe ciable. L'acc. sing. aét9m nasupak9m interdit en principe d'accorder à auua ...
janaéta une valeur passive, mais hé suggère que les cas ne sont pas employés ici
simple, une est passive, l'autre réfléchie indirecte. H 1,3 yo a~am staoiti
de façon cohérente. (5) dariiete K 38, daraiiaiti K 15, daraiitt1).ti les autres;
ho mqm staoiti yim ahuram "celui qui loue A~a, celui-là me loue, moi le sens exclut une désinence active. (6) Incertain: da{}aite F 1, da{}aiti J 10.
Ahura": Y 10,6 haomo uxsiieiti stauuano "le haoma croît quand il est Le tout est de savoir si c'est l'acc. fras9m qui est irrégulier, ou le nom. ar;hus.
loué" : Yt 17,18 zara{}ustro yo paoù'iio ... staota a~am "Zara&ustra qui, (7) Mais pas nécessairement: Bartholomae en fait un passif. (8) Peut-être aussi
le premier, loua A~a" (14). V 4, 1 C yauuat aéte vaoa framruuana? Le passif est encore attesté avec les dé-
sinences particulières de la troisième personne: Y 19,10 aétatca aéSqm ux5anqm
? r. harz "laisser aller": le prés. fut. harasiia- est exclusivement ux5àt9m9m yaiS ... fraoa mruiié "c'est la plus efficace de toutes les paroles qui est
médio-passif. N 75 haomamca ... pairi-harazal "il doit filtrer le haomà": prononcée"; Yt 13,64 vtt masiiehis ... ahmat ya{}a vaca framruuaire "(les frauua~is)
y 27,6 haoma pairi.harasiie~ûe "les haomas doivent être filtrés" ,(voir qui sont plus grandes qu'elles ne sont décrites par la parole". (9) Le gén. plur.
aussi VI' 12,1). V 5,51 aéte daxma upa1)ha1'azaéta ... uru{}fJo.huua est aé{}riianqm ne serait parfaitement régulier que si on traduisait par "sois décrit par
syntaxiquement irrégulier par le nominatif aéte daxma ou par le singulier les disciples". (10) L'infinitif v9r9ziieidiiai est ambigu: Y 33,6 v9r9Ziieidiiai
ma1).ta vastriia "on pense accomplir les soins de pâture" ; Y 43,11 tat v9r9ziieidiiai
upa1)harazaéta. Si c'est par le premier, le moyen a une valeur réflexive: hiiat moi mraota vahist9m "cela est à accomplir que vous m'avez dit le meilleur".
"(la femme) doit asperger les tombeaux (qu'elle a) dans ses entrailles"; Benveniste (Inf 83) leur accorde une valeur réfléchie indirecte. (11) Au Yt 10,
si c'est par le second, il a une valeur passive: "les tombeaux dans ses 128-130 mainiuuastt vaz91).ti mainiuuastt pat91).ti kam91'95e paiti daéuuanqm "les
entrailles doivent être aspergés". (flèches) aériennes vont, les (flèches) aériennes volent à la tête des daëuuas" ,
r. hu "pressurer": produit un moyen réfléchi indirect (4.4.1). vaz91).ti ne peut être que fautif pour xVaZ91).te sous l'influence de pat91).ti. Le cas du
Yt 10,100 est plus complexe: dasin9m hé upa ar959m vazaite yo var;hus sraoso a~iio
L'unique attestation du part. prés. moyen hunuuètna- est passive. VI' 12,2 vai1'iia.star9m hé upa ar959m vazaite raSnus b9r9zo yo amauutt vispii hé upa ar9&m
hauuanaiiasca haomq hunuuair;,tiia "les deux mortiers pressurant les vaz91).ti vtt apo yttsoa uruua1'tt yttsoa a~aonqm frauua~aiio. Si on corrige, comme on
haomas": VI' 9,3 yoi har;,ti haoma ... a~aiia hunuuana "voici les haomas le fait traditionnellement, ar959m en xar95ii, vaz91).ti est fautif pour xVaZ91).te, ou il
régulièrement pressurés". a pour sujet sraoso et raSnus, pour objet apo, uruuartt et frauua~aiio - l'extension
analogique du degré plein à l'acc. plur. de ap- ne peut surprendre (Kellens, Noms-
(1) Le thème de prés. n'est pas clair pour (a)z(a)iiaiti Vn 13. 15, (2) Selon racines 371 sq.): "tout autour de lui, ils véhiculent les eaux, les plantes et les
l'interprétation de Humbach (MSS 33,1975, 53sq.). (3) Ainsi Yt 10,110 kahmai frauua~is des justes". Mais si on le maintient et si on reconnatt Sraosa et Rasnu
asnqmcit frazait;,tim Xha{}ra.jatqm nijanani "à qui tuerai-je la descendance, si noble dans vispii - le pluriel, au lieu du duel, n'est pas plus irrégulier dans ce cas qu'il
soit-elle, aussitôt tuée": V 9,56 c$Jmaoyo haffra.jato nijanaite "le trompeur d'A~a ne le serait dans celui de vispii ... xa1'95ii - , on fait des eaux, des plantes et des
52 I. La distinction de voix l 4.2. Le moyen réciproque 53
Frauua~is les bêtes de trait de ces divinités. Ce n'est pas tellement absurde si on
résulte du passage de la transitivité à l'intransitivité, qui va de pair avec
songe au Yt 13, 26 frauua~aiiô '" aofiSttl vaz~1Jtqm (voir Kellens, MonNyberg
1461). (12) L'infinitif sazcliiai est ambigu: Y 30,2 para mazii ytlVhô ahmai nii le passage de l'actif au moyen.
sazcliiai baocla1Jtô paiti; Y 51,16 a{}a nii sazcliiai usta. (13) Selon l'interprétation 2. Quand le verbe moyen réciproque est transitif (bar, raz, quel-
de Klingenschmitt et de Schindler (ap. Kellens, Noms-racines 239sq.). Voir aussi quefois Iras), il n'y a pas de modifications syntaxiques. Ce n'est pas
lnsler (1975, 204). (14) La nuance est faible pal' rapport à l'actif: Yt 13,89 seulement l'action exprimée par le verbe que plusieurs personnes exercent
zara{}ustmhe . . . yô paoiriiô ... staol ~Jm.
alors l'une envers l'autre, mais un traitement global défini à la fois par
4.2. Le moyen réciproque. A la fois peu fréquent et bien assuré avec des le verbe et son objet direct: conclure un contrat (Yt 10,2 mif}r()m ... yim
verbes typiques dont le sens comporte une nuance réciproque inhérente, ... p()r()sclfJhe), se donner un rendez-vous (F 4d gatüm baraëte), provoquer
le moyen réciproque a cessé d'être une catégorie productive et ne une réunion (V 2,20 ha'(Ljaman'Jm Irabarata), mener une attaque r.lt 10,14
subsiste le plus souvent qu'à titre d'héritage historique. Il implique que ïrcl razaiie'(Lte). En fait, nous avons affaire à une tout autre catégorie,
deux ou plusieurs personnes exercent l'une envers l'autre une même qu'il y aurait avantage à définir comme moyen réciproque indirect.
action et il exige la transitivité du verbe (sauf, bien entendu, dans le cas Qu'il soit transitif ou intransitif, le verbe moyen réciproque ne
d'un moyen réciproque tantum comme ham-gam) (Il. Le passage de l'actif peut être singulier que s'il s'ordonne avec un instrumental d'accompagne-
au moyen s'accompagne ou non de modifications syntaxiques selon que ment (presque toujours), un ablatif (Yt 10,2) ou un ablatif introduit par
le verbe devient ou non intransitif: ha{}ra (V 2,20).
(1) Ceci interdit de considérer M~1cluuar~1Jta, de ham-cluuar, comme un
1. Quand le moyen réciproque est intransitif (hao et, le plus
moyen réciproque: Y 30, 6R al aësJm~m M1Jcluuar~1Jta ya bqnaii~n ahüm mar~tanô
souvent, Iras), il faut distinguer entre les formes verbales à sujet mul- "aussi courent-ils de concert auprès d'Aësma, par lequel les hommes rendent la
tiple (duel ou pluriel) et celles à sujet singulier (2l. Dans le premier cas, le vie malade". Le préverbe ham introduit une nuance qui est celle de l'action com-
sujet et l'objet du verbe actif composent ensemble le sujet du verbe mune et non de l'action réciproque. Ce moyen ne peut être que dynamique (4.5.3).
moyen: Yt 19,68 hacaiti dim aspahe aoji5 "la puissance du cheval l'ac- (2) Dans le cas de hac, on doit assimiler aux formes verbales à sujet singulier celles
qui ont un sujet multiple sans que la réciprocité joue entre les diverses personnes
compagne": Y 45,2 ni5il daëncl ni5il uruuqni5 hacai1/ü "ni nos religions
qui le composent: ainsi Y 60,4par fmuua~aiiô ... a~ôis baësaza hacimna "les
ni nos âmes ne vont de concert"; Y 29,2 ada tasa g'jus p()r()sal a~()m "alors frauua~is accompagnées du remède d'~i".
le façonneur de la vache interrogea A~a": Y 30,6 hiial is a.d()baoma
p()r()sman'j'(Lg upa.jasal "étant donné que l'erreur les prend quand ils se 4.2.1. gam "venir" avec le verbe composé ham-gam "se rencontrer": étudié
concertent". Dans le second, Iras et hac se comportent différemment. en 3.1. Le moyen est exclusif, tout au moins avec le sens de "se ren-
Pour Iras, le sujet du verbe actif reste sujet du verbe moyen et son objet contrer", comme pour véd. sam-gam. Par exemple Y 30,4 a/ca hiial ta
devient instrumental d'accompagnement: Y 45,6 vispanCf:m mazist()m ... h'jm mainiiü jasaët()m "mais quand ces deux tendances se sont ren-
yehiia vahmë vohü lrasi manarJha "le plus grand de tous, dans la prière contrées". Le verbe, intransitif, est toujours duel ou pluriel. On doit con-
duquel je m'entretiens avec Vohu Manah". Pour hac, l'objet du verbe sidérer ham-gam comme un moyen réciproque tantum.
actif devient sujet du verbe moyen et son sujet instrumental d'accom-
pagnement: Y 10,8 par vispe zi aniie maoclrJhi5 aë8ma haci'(Lte xruui.druui5 4.2.2. Iras "interroger" produit un moyen réciproque avec les quatre
aal hi5 yi5 haomahe maOl5 a~a haoaite u1'uuasmana "toutes les autres ivresses configurations syntaxiques qui sont envisagées dans l'introduction:
sont accompagnées par Aësma à la massue sanglante, mais l'ivresse de 1. Verbe intransitif singulier avec instrumental d'accompagne-
haoma est accompagnée par A~a (et) le bonheur (qu'il donne)". Au point ment: voir l'exemple du Y 45,6 cité ci-dessus. Pareillement Y 31,12
de vue syntaxique, ce type de moyen réciproque se confond entièrement Y 44,12 Y 49,2. Appartiennent à ce type une attestation de a-Iras
avec le moyen passif, mais on doit l'en distinguer sur la base des expres- (y 51,11) et les deux attestations gâthiques de ham-Iras (Y 47,3 Y 53,3),
sions à sujet multiple. celle du V 19,3 appartenant à 4.
Il est essentiel de noter que seuls le moyen passif et le moyen réci- 2. Verbe intransitif duel ou pluriel: voir l'exemple du Y 30,6 cité
proque de ce type entraînent des bouleversements syntaxiques: ceci ci-dessus. Aussi Y 12,5. 6 vispaë8ü ha'(Ljamanaë8ü yais ap'Jr'Jsaiiat'Jm
54 I. La distinotion de voix 14.3. Le moyen réfléohi 55
mazditsca zara{}ustrasca "dans toutes les réunions où Mazdâ et Zara&ustra hao produit aussi, avec haoa- et d'autres thèmes de présent, un
se sont entretenus". moyen réfléchi indirect (4.4.1).
3. Verbe transitif singulier avec ablatif ou instrumental d'ac- (1) Ce passage suggère mieux que tout autre que les formes moyennes de
comp~gnement: Yt 10,2 mi{}ram ma janiil1 spitama ma yim druuatal hac, inoontestablement réoiproques dans le oontexte avestique, ont peut-être à
parasafJhe ma yim x viidaénal a~aonal "ne brise pas un contrat, Spitâma, l'origine la valeur réfléohie de "s'intégrer à".
ni celui que tu aurais conclu avec un trompeur, ni celui que (tu aurais
4.2.4. bm' "porter": voir 3.1. Produit aussi un moyen passif (4.1.2),
conclu) avec un juste orthodoxe"; Y 4,48 yadi vohü uxoa lraM manarJha
réfléchi (4.3.1) et réfléchi indirect (4.4.1). Le moyen réciproque est clair
"et les paroles que j'échange avec Vohu Manah". SurY 31,13, voir 4.1.3.
au F 4d ya nara gatüm baraéte "quand deux hommes se fixent un ren-
4. Verbe transitif duel ou pluriel: en tout cas V 19,3 daéuua mé ... dez-vous". Au V 2,20 hat;jamanam lrabarata yo daôuul1 ahu1'o mazdl1 ha{)ra
aosam ham.parasat;te "les daèuuas s'entretiennent de mon anéantisse- mainiiaoibiio yazataéibiio "le créateur Ahura Mazdâ entra en réunion
ment". Toutes les attestations de ham-Iras sont des moyens réciproques. avec les dieux célestes", la nuance réciproque peut être dictée par
Iras produit tardivement, dans l'Avesta récent, un moyen réfléchi in- hat;jamana-.
direct (4.4.1).
4.2.5. ? r. 1'az "mettre en ligne": le prés.caus. peut être moyen réciproque
4.2.3. hac "suivre" produit, avec les thèmes de présent haca- et °hishak-j
au Yt 10,14 yahmiia sastaro ... paoù'ï8 ïrl1 razaiiet;te "là où les chefs
hisc-, des formes moyennes de valeur réciproque exclusivement intransi-
tives: lancent l'un contre l'autre de nombreuses attaques". L 18 et P 13 -
J 10 et H 3. 4 manquent - lisent 1'azaiiet;ti: il n'est donc pas exclu que
1. Verbe pluriel: voir ci-dessus l'exemple du Y 45,2. Aussi Y 33,9
ce passage contienne en fait la forme active razaiieit;ti. Voir aussi 4.3.1
aiil1 aroi hakuranam yaiil1 hacit;té uruuCf:no "mise en mouvement a été
et 4.3.2.
l'alliance de ces deux dont les âmes s'harmonisent".
2. Verbe singulier avec instrumental d'accompagnement: voir ci- 4.3. Le moyen réfléchi. Le sujet fait subir à sa propre personne ou à une
dessus l'exemple du Y 10,8 par. Aussi Y 27,6 par Y 34,2 Y 43,10. 12
de ses composantes le procès exprimé par le verbe.
Y 44, 10 Y 46,16 Yt 5,69 Yt 8,60 Yt 14,44 Vyt 15, auxquels on assimilera
les expressions à sujet pluriel (voir note 2 de l'introduction) de Y 11,3 4.3.1. Le passage de l'actif au moyen correspond syntaxiquement au
Y 19,7 Y 60,4 par VI' 9,1. 2 Yt 10,67. 141 Yt 13,3 Yt 19,54 FrW 1,1. passage du transitif à l'intransitif, étant bien entendu que le sujet lui-
Les deux attestations du prés. red. °hishak-jhisc- sont en op- même devient l'objet implicite du verbe.
position claire. V 5,34 a dim a.hishaxti yauuaéca yauuaétataéca "il l'ac- lar "mettre en mouvement": voir 3.3.2.
compagne pour toujours et à jamais": Y 40,4 a{}a xVaétüs ... xiial yais lis "désirer": le moyen est ordinairement réfléchi indirect (4.4.1,
hiScamaidé "qu'il en soit ainsi de la communauté à laquelle nous ap- 4.4.2, 4.4.3), mais il semble bien qu'il ait une valeur réfléchie simple avec
partenons" (1). la construction en double accusatif. Y 71,3 zara{)ustro uruua{)am {)rataram
On ne sait comment considérer les formes moyennes transitives isoil "Zara&ustra désirerait un ami qui soit protecteur": Y 43, 8H hai{)iio.
du Yt 10,66 yim hacaite a#s varJvhi et 107 noil ma~ïm gaé{}ïm sté masiil1 duuaë811 hiial isoiia draguuaité "afin que je désire être un véritable
hacaite asno xratus. On doit corriger en +hacaiti avec L 18 P 13, qui ont ennemi pour le trompeur" (1).
parfois des leçons communes avec les manuscrits indépendants H 3 H 4, lkar "faire": ordinairement réfléchi indirect (4.4.1, 4.4.3). La valeur
ou y voir des .;moyens réfléchis indirects du type Y 48,12 yoi xsnüm vohü réfléchie n'apparaît qu'au Y 40, 1 ahü al paiti adahü mazda ahura
manarJha hacat;te "ceux qui veulent se vouer à l'accueil selon Vohu mazdCf:mca büirica kara8uua raiti toi ... hiial mizdam mauuai{)im fradada{)a
Manah". La première solution est plus vraisemblable. Il reste quatre daénabiio mazda ahura "hier bei diesen Darbringungen nun, 0 Weiser
attestations du moyen dans des contextes incompréhensibles ou cor- Herr, erweise di ch aufmerksam und mache das reichlich durch dein
rompus: Yt 8,1 (hacl1t;te) , Yt 10,84 (hacimna), Yt 10,117 (hacaite) , N 9 Spenden ... was du aIs für meinesgleichen passenden Lohn bestimmt
(hacarJvha). hast für die religiOsen Anschauungen, 0 Weiser Herr" (Narten, ap.
56 1. La distinction de voix 14.3. Le moyen réfléchi 57

Kellens, Noms-racines 210). Il est curieux de noter que la même forme noil anaipi.par'Jmnai "telle est l'expiation pour le juste qui se soumet à
verbale k'Jr'Jsuua n'a pas, en se composant avec büiri-ca, la valeur ré- l'expiation, non pour celui qui ne s'y soumet pas". Voir aussi 4.3.2.
fléchie qu'elle a avec mazdqm-ca. pa "protéger": le moyen réfléchi est attesté avec les P 20 mqnaii'Jn
r. 2ci "expier": voir 3.1: le prés. primaire, exclusivement actif, ahe ya1Ja na snaif}iS asne niymat'Jm paiti.vaënoil isüm va arstim va
s'oppose au prés. caus., exclusivement moyen avec valeur réfléchie. V 13, fradaxsanqm va auual paiti.(pa)paiiamno "resembling a man who sees
10par cikaiial sünahe raëso baooo.va1'stahe ci{}aiia "il expiera le tort fait a weapon coming down near (him), an arrow, a lance or a sling-stone, and
au chien par la peine du ba036.varsta": Yt 10, 122H visaiti upazananqm who guards against that" (JamaspAsa-Humbach, Purs l 34sq.) et, pro-
pairi. akaiiaiia-ry,ta "qu'ils se fassent expier par une vingtaine de péni- bablement, le Yt 10,19 ahmai naémai uzjasaiti miih'o gm-ry,to upa.lbisto
tences". L'unique attestation du prés.désid. aipi.cicis'Jmna- N 63 est yahmai naémanqm mi1Jro.druxs naé(ja mainiiu paiti.paite "Mi&ra, irrité,
moyenne avec valeur réfléchie indirecte (4.4.1). non reçu, surgit de ce côté où le briseur de contrat ne se protège pas dans
lda "établir, donner": voir en 3.1 comment se répartissent les attes- son esprit". Gershevitch (Mi 177) compare avec le v.-p. de DB IV 37
tations moyennes de lda. Le moyen réfléchi intransitif apparaît avec haca dmuga darsam patipayauva "protège-toi puissamment du men-
l'unique forme personnelle que vi-da produise au sens de "fixer": V 15,4 songe". Toutes les formes moyennes du gâthique ont une valeur réfléchie
yezica aëte asti datahuua arll-ry,te gar'Jmohuua vi(jll-ry,te "et si ces os se dres- indirecte (4.4.1).
saient dans les dents et se fixaient dans la gorge". Le moyen réfléchi r. pi "engraisser": V 3,31 hO imqm daénqm ... fmpinaoiti "celui-là
transitif est par contre assez fréquent (4.3.2). engraisse cette religion": Yt 19,51 H xVar'Jno frapinuuata auui zmiio
? dra-ry,j "affermir": voir 3.1 et, sur le prés. draza-, 4.3.2. Pour le vouru.ka~'Jm "le xvarenah se gonflait en direction de la mer Vouru.ka~a".
y 48,7 yoi a vavhfJus manavhO didmyzo.duiië a~a viiqm, Humbach (II 78) frad "accroître": Y 44,10 daénqm ... ya moi gaé1J1l a~a tradoij
a bien montré que didmyzo.duiië aurait une valeur réfléchie si viiqm était hacimna "la religion qui pourrait, accompagnée d'A~a, accroître mes
un infinitif en fonction impérative ("vous qui désirez vous accrocher à créatures": Yt 13,68 no dœOhus fraMtaéca var'J(jataéca "notre pays va
Vohu Manah; qu'il y ait enveloppement par A~a"), une valeur réfléchie s'accroître et grandir" (4).
indirecte si viiqm en est l'objet direct ("vous qui désirez, selon A~a, bar "porter": voir en 3.1 comment se répartissent les attestations
affermir pous vous l'enveloppement de Vohu Manah")(2). moyennes de bal'. Le moyen réfléchi apparaît avec des formes avestiques
lpar "emplir": l'actif n'est attesté qu'au Y 28,10, où il régit récentes de auua-bar et de uz-bar. V 6,27 irist'Jm uzbaroij apo "qu'on
kam'Jm: aéibiio p'Jrma apanais kam'Jm "à ceux-là, comble leur désir par soulève le cadavre hors de l'eau": Yt 13,65 aaj yaj apo 1tzbar'Jry,te ...
des acquisitions". Le Y 49,1 a été diversement interprété, mais la seule zraiiavhaj haca vouru.k~aj "au moment où les eaux se soulèvent de la
solution qui ne soulève aucune difficulté grammaticale est la suivante (3) : mer Vouru.ka~a" (5). Avec auua au Yt 8,47 aal apo auua.bar-ary,te zraiiavhaj
al ma yauua bfJ-ry,duuo pafré mazisto "mais le chef B8:r;tduua s'est empli de haca vouru.k~aj "alors les eaux se laissent tomber de la mer Vouru.
grain ou de bière". Voir RV II 14,11 Mm ardam'rfb nâ pr-ry,ata yâvenéndra'rfb kasa" (6).
s6mebhi(~ "emplissez Indra de somas comme un silo de blé" et VIII 78,10 r. mad "s'enivrer": voir 3.1.
dinâsya va maghavan sâmbhrtasya va pü1'dhi yâvasya kMtna "emplis °ma "mesurer": voir 3.1.
(nous), ô généreux, à pleine main, de blé fauché ou mis en gerbe". Comme r. °yah "ceindre" aiPi-o V: voir 2.2.
en védique, le verbe se construit avec le génitif (V 4,48 en 4.3.2) ou l'ins- lvar: voir répartition en 3.1: le moyen réfléchi semble attesté au
trumental (Y 28,10 Y 49,1). Voir aussi 4.3.2. Y 53,3 armatois hudanuuar'Jsuua "schirme di ch mit dem aus GemiiBheit
r. 2par "donner en confiscation"?: verbe de sens incertain: voir Segensreichen" (Humbach l 158).
l'analyse de Gershevitch (Mi 245sq.) et la critique qu'en a faite récem- vard "accroître": Y 49,4 yoi dus.xm{}pa aë$'Jm'Jm var'Jd'Jn ram'Jmca
ment Insler (1975, 295sq.). Que la signification soit "engager" ou "con- "ceux qui, par leur mauvaise volonté, ont accru la violence et la colère":
damner", le moyen a une valeur réfléchie. A 3, 10-12H ratus ... mtunaém Yt 13,68 no da'lJhus fra(jataéca var'J(jataéca "notre pays va s'accroître et
var'Jmn'Jm staor'Jm fmp'J1''Jnaoiti "le ratu engage le laïc en ce qui concerne grandir". On retrouve la même opposition avec le prés. caus. val''J(jaiia-.
une tête de bétail": V 8,107 ha hé asti ap'Jr'JtiS aipi.pa1·'Jmnai i(ja a$aone V 2,5 aZ'Jm té gaé1J1l var'J(jaiieni "je veux accroître tes troupeaux": Y 50,3
58 I. La distinction de voix I4.3. Le moyen réfléchi 59
yfJ na a$ois aojarJha varat5aiiaëta "l'homme qui pourrait s'accroître par 10R vispo arJhus astuua ... ' pairi iri{}iiqstëital haraite "toute la vie ma-
la puissance de la récompense". térielle se garde de la mort".
2vid "trouver": voir 3.1: ne concerne que le prés. caus. °vaët5aiia-. ? r. hus "se dessécher" Yt 13,66: voir 2.2.
La valeur réfléchie du Yt 13,88 paoiriiai frau7wët5aiiamnai "(Zara&ustra) (1) Voir Kellens (KZ 90, 1976, 100sq.). (2) Solution retenue par lnsler
le premier qui se soit consacré" est claire. (1975 289), qui traduit viia par "attention". La première solution se fonde sur
? r. raty,i "se mouvoir avec légèreté": voir 2.2.1. l'emploi usuel de rIra~i avec l'ablatif (V 9, 14 a.rIl·~~iaiiois aom s/'um pauruua.naémat
r. raz "mettre en ligne": semble appartenir à cette catégorie "accroche cette cuiller au bout antérieur"). (3) Bartholomae pose, pour rendre
compte de pafl'é un 5par "obstare" qu'aucune étymologie ne justifie. Lommel
Yt 19,47. sim 49 aMt fra§a hqm.razaiiata atars "alors Atar entra en lice".
(NGWG 1935, 140; 1971, 162) et lnsler (1975, 295sq.) y reconnaissent pa,r "con-
Voir aussi 4.2.5 et 4.3.2. damner" en se fondant moins sur un argument grammatical que sur la volonté de
? r. rue "briller": voir 3.1: ne concerne que le prés. caus. raocaiia-. donner à la strophe un sens clair. Comme l'a bien montré Humbach (MSS 10, 1957,
L'analyse est sérieusement compromise par les incertitudes de la trans- 41 sq.; II 80), Ipar est la seule racine qui justifie d'emblée le thème temporel (parf.
mission manuscrite et la syntaxe incertaine des contextes. Il est possible pafl'-) et la construction syntaxique. (4) Les attestations moyennes du prés.
caus. r. fl'a8aiia- sont incertaines. La transmission du Yt 10,14 yahmiia garaiio ...
qu'un actif transitif "allumer, illuminer" s'oppose à un moyen intran-
{Hitail'o gauue fra8aiie~te est trouble: jl'a8aii'Jne F 1, jl'ârIaiia(tti H 4, jrauuaiia~ti
sitif "émettre sa lumière, ses flammes". V 18,19 paiti mqm raocaiia J 10. Dans les additions, Geldner conjecture Xjl·a8aii~n. Le Yt 15,52 basto a'l)hat
aësmanqm yaozdëitanqm "allume-moi avec des bois nettoyés": V 19,23 jrâ8aiiamno, où jl'ârI apparaît hors de son champ sémantique habituel, m'est in-
yal hë stëi1'qm bayo.datanqm aif3i.raocaiiaty,te "de telle sorte que les étoiles compréhensible (voir Wolff, Av 273 n. 6 et Nyberg, MonNyberg IV 338sq.). (5) Aussi
créées par les dieux émettent leur lumière pour lui". L'emploi du génitif, V 8,14 yoi pa1}a uzbal'~~te spânasca irista ressortit peut-être, un peu lâchement
dans la langue tardive, au moyen réfléchi plus qu'au moyen passif (Bartholomae,
pour le cas sujet suggère que hë pourrait avoir une valeur accusative
col. 938). (6) Le Yt 5,15 est similaire. Bartholomae attribue Y 65, 5par Yt 5,15
("de telle sorte que les étoiles ... l'illuminent"): dans ce cas, °raocaiiaty,te Yt 8,47 Yt 13,65 et V 8,4 à 2bm' = véd. bhurati "palpiter", qui ne s'applique toute-
est fautif pour xOraoeaiiaty,ti ou le moyen n'a pas de valeur précise. Le fois jamais au courant des eaux. Il est donc préférable de rapporter ces formes
V 2, 39 aëte raoea . . . yo auuat5a a. raoeaiieite et le V 2, 40 C vispa stiMta à bar "porter" et d'accorder une valeur réfléchie aux formes moyennes attestées
aora araoeaiieiti aty,ta1'ëil sont ambigus. Il ne semble toutefois pas con- dans les Yasts. (7) Si le présent causatif est soumis à l'opposition de voix, on
attend le moyen au Yt 10,142 ya1}a tanûm raocaiieiti "quand (Mi&ra) fait briller son
testable qu'ils contiennent une même forme verbale: ou c'est a.raocaiieiti
corps" - la 3ème en -ti se prête toujours à la correction de principe. De même au
"les lumières ... illuminent" construit absolument, ou c'est a.raoeaiiete Yt 19, 50 zafal'~ paiti uZl'aocaiieni "j'émettrais mes flammes vers ta gueule" et au
"elles émettent leur lumière" (7). Yt 19,48 noit apaiia uZl'aocaiiai zqm paiti ahurarIâtqm "tu ne réussiras plus à brùler
? r. urunis "tourner": voir 4.3.2. sur la terre créée par Ahura". L'actif serait toutefois régulier si paiti était préverbe
? g. sar "s'unir à": voir 2.2. dans le premier passage ("je te brùlerais la gueule"), supplétif dans le second ("tu
ne réussiras plus à illuminer la terre"). (8) nisa'l)hasti, dont Bartholomae fait
sizd "écarter": les deux attestations de ce verbe sont en opposition un prés. rad. de harI "s'asseoir" avec toutes les difficultés morphologiques et séman-
claire. Yt 19,84 dusmainiiüm sizdiio "écartant l'homme de mauvaise ten- tiques que cela comporte, a beau être attesté par tous les manuscrits, c'est une faute
dance": Y 32,4 ma$iiëi ... varJMus sizdiiamna manarJhO "les hommes évidente pour xnishaul'uuaiti. Voir Y 57,16 et Yt 10,103 yo ... nipâiti nishaul'u-
s'écartant de Vohu Manah". uaiti mazrIâ clâmqn.
sta "se tenir debout": voir répartition en 3.1. Le moyen des cau- 4.3.2. Le verbe moyen est transitif: il a pour objet un substitut du sujet
satifs de a-sta et de paiti-sta a parfois une valeur réfléchie. V 3, 18par (pronom dim) ou une de ses composantes, corps (tanü-) ou partie du corps
x V ara{}aëibii6 paseaëta astaiia1Jta aëte yoi mazdaiiasna "que les mazdéens (uru{}f3ar-, usi-, pad-, maësman-, mait5iia- ou mait5iian-, varasa-, srü-,
se mettent alors en place avec les nourritures"; Yt 17,17 paiti.staiiata zasta-), principe physique ou mental (arJhnua-, daënëi-, varami-, varana-,
rai{}iia a$is varJvhi "la généreuse A~i se tenait immobile sur son char". u1'uuan-) , vêtement ou parure (aif3iiarJhana-, 7tpairi.pusëi-, gaosëiuuara-,
r. s1'i "se pencher, fournir": voir 3.1. varJhana-, vastra-) , voire quelque chose qu'il possède (x Va1'anah-, gaë{}a-,
? r. 2zars "se réjouir" Yt 14,20: voir 2.2. ? marzdika-, ? sauuah-, span-, zü- et la liste du V 19,26: zam-, ap-,
l'. har "veiller sur": Y 57,30 sraosam ... yo ... mazda damqn yanuanqm nru{}man-, auuaratëi-). A partir d'ici, le passage au moyen
xnishauruuaiti "Sraosa qui veille sur les créations de Mazdâ" (8): y 19, devient facultatif (1) •
60 1. La distinction de voix 14.3. Le moyen réfléchi 61

r. az "lier": voir 4.1. 3. 1 dra?J-j "affermir": voir 3.1. Le prés. r. draza- « *dry,jja-) "tenir"
r. guz "cacher": voir 2.2. implique-t-ill'idée que le sujet fait de ce qu'il tient sa propriété 1 Il peut
grab "saisir": voir 3.1: produit habituellement un moyen réfléchi tout aussi bien comporter une valeur réfléchie indirecte.
indirect (4.4.1). La valeur réfléchie est évidente au Yt 13,147 ioa Ipar "emplir": voir 4.3.1. Le V 4,48 yo g:aus uru{}{3ara hCfm.péifraite
afJ?'auuano uzgauruuaiie?J-te zast:a ahmakam auuafJhe "ici les prêtres élèvent "celui qui se serait empli l'estomac de viande" ressortit à la catégorie
les mains pour notre aide". étudiée ici. hCfm.pafraite, que le sens exige, est attesté par Jp 1 et les
{}{3ars "tailler": actif par exemple au V 13,32 dasinam hë gaosam meilleurs manuscrits du Vidëvdad sada indien (Br 1 L 1. 2), contre
upa,{}{3ar<Jsaiian "qu'on lui coupe l'oreille droite". Les formes actives du hCfm.pafraiti, qui l'est par Mf 2 et, en l'absence de L 4 K 1, par leurs
V 17,2 yo ... varasasca hCfm.razaiieiti varasasca pairi.brina?J-ti sruuaëca dérivés Pt 2 Ml 3 B 1.
upa.{}{3arasa?J-ti "ceux qui se peignent les cheveux, se coupent les cheveux r. 2par "donner en confiscation" 1: voir 4.3.1. Le V 4,7par tanüm
et se taillent les ongles" sont irrégulières à côté des formes moyennes du frapiriiete "il donne son corps en confiscation" ressortit à la catégorie
V 17,4 aal yal tüm ... varasasca hCfm.razaiia1) v ha varasasca pairi.brina1) v ha étudiée ici (6).
3 par "traverser": voir 3.1: ne concerne que le prés. caus. r.
0
sruuaëca upa.{}{3ar<Jsa1) vha "quand tu t'es peigné les cheveux, coupé les
cheveux et taillé les ongles". Comme il s'agit de 3èmes en -ti, il vaut °paraiia-. y 19,6 ta?'o paratümcil h 3 uruuanam vahistam ahüm fraparaiieni
mieux y voir une faute de transmission qu'une incohérence de la langue "je vais faire passer son âme au-delà du pont, vers la meilleure exis-
tardive (2). {}(3ars produit aussi un moyen réfléchi indirect (4.4.3). tence" : Y 71,16 a?auua fraparaiiafJhe uruuanam taro cinuuato paratüm
Idar "tenir": voir en 3.1 comment se répartissent les formes J "ô juste, tu peux faire passel' ton âme au-delà du pont cinuuat" (7).
moyennes. La valeur réfléchie apparaît au VI' 15,1 par xuua paM xuua r. ba?J-d "lier": V 5,8. 9 asto.viMtus dim ba?J-daiieiti "Astô.viMtu
zast:a xuua us'/, déiraiiao{3am mazdaiiasna "tenez-vous les deux pieds, le ligote": Yt 5, 128H upairi.pusCfm ba?J-daiiata ... anahita "Anahita
tenez-vous les deux mains, tenez-vous les deux oreilles, ô maz- a attaché son diadème".
déens" (3). r. buj "expier, délier, sauver": l'analyse est compromise par l'in-
Ida "établir, donner": voir en 3.1 comment se répartissent les correction des formes transmises et l'extrême diversité de leurs signi-
formes moyennes. Le moyen réfléchi transitif est exclusif avec yaoz-da. fications (voir Kellens, Noms-racines 55sq.). Yt 14,46 vaco yoi pa?amcil
y 65,2par ya vispanCfm arsnCfm xSudra yaoZdaoaiti "(Anahita) qui rend saram bU?J-jai?J-ti "des paroles qui sauvent même la tête perdue" : Yt 1,17
efficace les semences de tous les mâles": V 10,19 daënCfm arazuuo yasca ... ai{3iia1)hanam va büj(a)iiamno "celui qui, déliant sa cein-
yaozdaifJï8a "ô juste, rends efficace ta religion" (4). ni-da produit un ture, ... ".
moyen réfléchi et un moyen réfléchi indirect (4.4.1) (5). V 6,44 kuua narCfm bud "sentir": voir 3.1 et 4.1.2 pour le prés. baooa-. Le prés. caus.
iristanCfm tanüm nida{}ama "où devons-nous déposer le corps des hommes baooaiia- produit un moyen réfléchi. Yt 10,90 yahmai huuara ... dü1'al
morts 1" : Yt 17,6 yefJhe nmane a#s ... pao a nidafJaite "celui dans la namo baooaiieiti "lui pour qui le soleil fait que l'offrande émette au loin
maison duquel A~i pose les pieds". Deux attestations moyennes du verbe son parfum" : V 9, 32H a pascaëta dim a.baooaiiaëta uruuasnaiia "qu'il
simple ont peut-être une valeur réfléchie. Ce qui différencie, au V 13, se parfume ensuite avec (la plante) uruuasna".
20par, yo spanam taro.pi{}{3am daste "celui qui donne à son chien de la r. abri "tailler, raser" rpairi-o V: n'est attesté qu'aux V 17,2 et 4,
nourriture avariée" de ya{}a ... nmano.paitim paiti taro.pi{}{3am daifJiial discutés ici-même sous {}{3a1·s.
"comme s'il offrait au maître de maison de la nourriture avariée", c'est r. miz "uriner" V: V 3,6 yal ba paiti f?'aMtam maëza?J-ti pasuuasca
le fait que le chien, au contraire du maître de maison, est conçu comme staoraca "là où le petit et le gros bétail urinent le plus" : V 8, 13par aëte
la propriété du sujet. Le Y 51,20 tal v:a n:a ... daidiiai sauuo "donnez- maësma maëzaiia?J-ta "qu'ils urinent leur urine". Le moyen est attesté
nous cette prospérité qui vous appartient" ressortit à cette catégorie ou avec l'objet interne.
à celle, réfléchie indirecte, de 4.4.3. La forme énigmatique diiiietë semble r. °yah "ceindre" ai{3i-o V: voir 2.2.
bien avoir une valeur réfléchie: Y 31,11 yafJra var<Jn:aw vasa daiietë "sur vaxs "croître": voir 3.1: le moyen, extrêmement l'are, est réfléchi
quoi l'homme de volonté dirige ses vœux". indirect (4.4.1) ou dynamique (4.5.4). En commentant le Y 33,10 vohü
62 I. La distinction de voix l 4.4. Le moyen réfléchi indirect 63

uxsiia mana'()ha xsaO?'a a~aca usta tanüm, Humbach (MSS 7, 1955, 71; corps, supti- (Hoffmann, ap. Mayrhofer, EW III 358), comme pièces d'habillement,
a8ka-, uzg9r9sna vaydana?, k9r9ti-, xr9.uru.baouris-ca?, car9man-, paiti.vavha-, pairi.
MSS 9, 1956, 74; II 42) a bien vu que le prés. uxsiia- ne pouvait en
urusuuistisca?, na8a-, var9na-, sa8aiia'IJti-, auxquels il faut ajouter asan- et raocah-
aucune manière signifier "erhohen" et être transitif (Bartholomae, col. conçus comme vêtements. (2) On remarquera aussi le mélange de singuliers
1337). Il est toutefois artificiel ne pas lui attribuer la rection de tanüm: et de pluriels. (3) En dépit des accusatifs pluriels (Kellens, Noms-racines
"wachse durch guten Gedanken, durch Macht und Wahrhaftigkeit im 331sq.), il vaut mieux lire Xuua que auua. (4) Le moyen est irrégulier au
Wunsche nach Leiblichkeit" (1 103). La seule solution consiste à faire Ny 4,8 apasca vavvhis yaozda{}ane et au V 8, 100par yezi dim nait yaozdafh'IJte, l'actif
au Vd 15. 19 haom tanüm yaozdaiti. Si chacune de ces formes peut s'expliquer par
d'uxsiia la 1ère sing. opt. M. de l'aor. rad. g. vaxs-fuxs- à valeur causa-
une erreur de transmission, on ne peut éviter d'attribuer à une incohérence le
tive: "je voudrais, par Vohu Manah, Xsa&ra et A~a, faire croître mon V 14,17 duiië nauuaiti ga8{Jqm paiJ·i.yaozaaiffita stiptibiiasca ... "qu'il purifie deux
corps à volonté". fois neuf chiens de leur vermine". (5) Le prés. pas. r. ni-8aiia- a indifférem-
3vah "se vêtir": voir 2.1. ment les désinences actives et moyennes. (6) Aussi V 5,2 aat xV ar9na xfrapiriiete
(mss. °ti) "alors il donne son xVarenah en confiscation". (7) Aussi V 19,26
Ivid "savoir": voir répartition en 3.1. Y 24,1 par ahurai mazdai
haxsane nar;nn a~auuan9m . . . zqm ahura8atqm nipamiia'IJta ap9m taci'IJtqm yauuanqm
haomq auuaëoaiiamahï "nous consacrons les haomas à Ahura Mazdâ" : ul'uffmqn aniiqm hé auuar9tqm nipamiia'IJta "dois-je pousser l'homme juste ...
y 58,2 ahmai n'JmaiJhë auuaëoaiiamaidë gaëOasca tanuuasca nipataiiaëca à transmettre (en héritage?) de sa terre créée par Ahura, de son eau courante, de
"nous consacrons à cet hommage, pour la protection, nos biens et nos sa récolte de grain, à faire don du reste de ses biens". Pour le sens de ni-pamiia-,
corps". voir Darmesteter (ZA II 268 n. 65). (8) D'après l'analyse de Schmeja (IIJ 18,
1976, 229sq.).
r. mz "mettre en ligne": le moyen réfléchi transitif est attesté aux
V 17,2. 4, analysés ici-même sous {}fJars. Voir aussi 4.2.5 et 4.3.1. 4.4. Le moyen réfléchi indirect. Le sujet applique à sa propre personne le
r. ruc "briller": une attestation possible du moyen réfléchi transitif procès que définissent ensemble le verbe et son objet direct, entend faire
au Yt 10,142: voir 4.3.1. de ce dernier sa propriété ou, de façon plus diffuse, s'attend à retirer de
? r. uruuis "tourner": voir aussi 4.1.2 et 4.4.1. On peut considérer son action un avantage personnel (1). Le verbe moyen réfléchi indirect est
comme moyen réfléchi transitif l'attestation du Yt 17,15 : Ira mqm aifJi. nécessairement transitif.
uruuaësaiia'()vha marzdik'Jm "fais se tourner vers moi ton pardon". On (1) Les verbes signifiant "désirer", "obtenir", "atteindre", etc ... , auxquels
ne peut toutefois exclure une construction en anacoluthe qui ressortirait ces nuances sont le plus souvent inhérentes, sont indifféremment actifs ou moyens
alors à la catégorie de 4.3.1: "tourne-toi vers moi et (tourne vers moi)
4.4.1. L'objet indirect, qui n'est autre que le sujet lui-même, est impli-
ton pardon".
cite.
r. spa "jeter": le prés. red. sispa- est exclusivement moyen, avec
az "conduire": produit un moyen passif avec le sens de "conduire"
une valeur réfléchie, alors que les autres thèmes sont exclusivement
(4.1.2) et un moyen réfléchi indirect avec celui d' "appliquer une peine" V
actifs. Yt 10,43 pascaëta diS Imspaiieiti miOro "alors Mi&ra les jette
V 3, 36par pa~ca sata upazananqm upazoi] aspahe astraiia "qu'on ap-
(à terre)" : Yt 5,7 Ira srim züs sispata "la belle a jeté en avant ses
plique une peine de cinq cents coups de cravache" : V 18,75 ta] aëtahe
coursiers" (8).
paiti va?'sta diiaoOna cici{}fJa azaëta "voilà ce que celui qui se rend compte
r. sna "laver": V 17, 12par aëte mazdaiiasna aëta vastra Imsnaoaii'Jn
de son action doit s'appliquer comme peine pour elle".
maësmana gjus "que les mazdéens lavent ces vêtements avec de l'urine
ap "atteindre": comme en védique, le moyen n'est attesté qu'avec
de vache" : V 5,54par us tanüm snaiiaëta us vastra gjus maësmana "lave-
le participe parfait. Yt 5,45 ya{}a aZ'Jm auua] xVar'Jno apaiiemi "afin que
toi le corps (et) les vêtements avec de l'urine de vache".
j'atteigne ce xYarenah" : Y 33,5 H yastë vispj.mazist'Jm s'Jraos'Jm zbaiia
(1) Toutefois, comme dans le cas des verbes védiques construits avec auua'()hanë apano dar'Jgo.jiiaitim "moi qui veux invoquer pour toi, lors
âtmânam (Delbrück, op. cit. 262sq.), le moyen n'apparaît pas systématiquement du détellement, Sraosa le plus grand de tous, ayant obtenu pour moi la
avec tout verbe régissant le nom d'une composante du sujet. Voir, par exemple, longue vie" (1).
y 33,14 ai ratqm zara{}ustl'a ... ustan9m dadaiti "Zara&ustra donne, comme cadeau,
son âme" et V 5,11 vat hë nait ... vay8an9m upa.faniiat "en sorte qu'on ne s'y
lis "désirer": il existe une attestation du moyen réfléchi (4.3.1).
heurte pas la tête". avah "se vêtir" actif ou moyen régit en plus, comme partie du Yt 19,56par ta] xVar'Jno ... ya] isa] mairiio "ce xYanmah que désirait le
64 1. La distinction de voix l 4.4. Le moyen réfléchi indirect 65

vaurien" : Yt 19,53 kasci1 va ma§iianqm ... axvarJtJm xVarana isaéta "celui ruuaiiata "il s'empara de ce xVaranah". Une attestation du moyen
d'entre vous, hommes, qui désirerait pour lui l'intangible xVanmah". réfléchi au Yt 13,147 (4.3.2).
Aussi Y 46,6 Yt 12,1 Yt 14,20 Yt 15,53 Yt 16,15 V 7,78 V 13,36 Vyt 12 lci "amasser": le thème de présent r. caiia- produit un moyen
N 52.53. Voir 4.4.2 et 4.4.3. passif (4.1.2). vi-ci signifie à l'actif "distinguer entre", au moyen "choisir
1 r. 2kan "creuser" V: V 8,8 mazdaiiasna afJM zJma auuakanJm pour soi-même". Y 46,17 yfJ vicinao1 dafJfJmca adafJfJmca "lui qui a dis-
auua.kanaiiJn "que les mazdéens creusent un fossé dans cette terre" : tingué le juste de l'injuste" : Y 30, 3 asca huda1)ho JrJs vi§iiata nai1 duzdaVho
V 15,39 H ya aëtJm auuakanJm auuaka~ta "celui qui s'est creusé ce fossé". "entre ces deux choses, les bienfaisants ont bien choisi, pas les malfaisants".
Peut-être sans valeur: voir 1.2. r. 2ci "expier": voir 3.1.
lkar "faire": une attestation du moyen réfléchi au Y 40,1 (4.3.1). ci-{} "prendre conscience": il est sage d'admettre, avec Humbach
y 9,15 tûm zJmargûza akJrJnuua vispe daëuua "toi, tu as fait se cacher en (WZKSO 1,1957, 86sq.; II 15), que cette racine équivaut d'une manière
terre tous les daëuuas": Yt 19,43 zqm caxrJm kJrJnauuane asmanJm ou d'une autre au véd. cit(6). Elle produit un moyen réfléchi indirect
rafJ"dm kJrJnauuane "je ferais du ciel mon char et de la terre ma roue". avec la construction en double nominatif du type RV VIII 12,1 ya indra
Voir aussi 4.4.3. somapâtamo . .. cétati "à Indra, si quelqu'un se révèle le plus grand buveur
xsnu "satisfaire": voir 3.1. Y 30,5 yaëca xsnaosJn ahurJm haifJiiais de soma ... " et avec celle en simple accusatif du type RV II 14,10
§iiaofJanais IraorJ1 mazdqm "ceux qui veulent satisfaire Ahura Mazdâ védaoom asya nibhrtam ma etad ditsantam bhilyo yajatas ciketa "je le con-
avec zèle, par de saintes actions" (2) : y 46,1 kafJa 1}~a mazda xsnaosai nais, c'est sûr pour moi: ce dieu digne du sacrifice reconnaît celui qui
ahura "comment, à Ahura Mazdâ, pourrais-je te satisfaire". Commentant veut lui offrir le plus" (7). Y 46,9 yfJ ma arJdra caifJa1 paou1'uiia "celui qui,
ce passage, Humbach (II 67) note que le sens du moyen est très exacte- le premier, se révélera un invigoreur" : Y 51,11 kfJ va ... acista magai
ment le suivant: "wie soU ich dich da zu meinem Vorteil aneifern 1". JrJsuua "qui s'est révélé (à son bénéfice) à la hauteur de la cérémonie 1" (8).
Ce sens suggère la récompense que le fidèle obtiendra pour son action Y 32,5 ya Iracinas drJguua~tJm xsaiia "cela à quoi le maître reconnaît le
pieuse. trompeur" : Y 51,5 vastriia . . . yfJ dafJaëibiia JrJs mtûm xsaiiqs a§iuua
r. xVar "manger": la réflexivité indirecte est si naturellement ins- cista "le pâtre qui a pu justement reconnaître la norme des deux récom-
crite dans le sens même du verbe que le moyen n'est pas usuel. Il n'est penses pour les justes (et en faire profit)".
attesté qu'une fois (3), dans un passage où il souligne avec force le béné- cis "attribuer": voir 3.1: le moyen réfléchi indirect est exclusif
fice qui résulte de l'absorption de haoma. Y 8,2 xVarata nara aëtJm pour le thème de prés. inf. cinah-Jcïs- avec la construction, essentielle-
miiazdJm "avalez, hommes, cette nourriture" : Y 9,16 va1)hus haoma ... ment récente, en double accusatif<9): VI' 12,2par humaiia upaVha
ya1}a xVarJ~te "le haoma est bon quand on le boit". cïsmaide ahunahe vairiiehe "nous considérons pour nous comme magique
gam "venir": voir 3.1 et, sur ham-gam, 4.2.1. pairi-gam "entourer, l'usage de la prière ahuna vairiia". Aussi VI' 12,4.
servir" produit un moyen réfléchi indirect. Y 60,12 a§a vahista ... pairi jan "frapper, tuer": voir 4.1.3. Le Yt 13,67 fournit le seul exemple
1}~a jamiiama "puissé-je, excellent A~a, te servir" : Y 51,22 par tq yazai sûr de moyen réfléchi indh'ect: ya1}a na taxma ... hus.hqm.bJ1·Jta1 haca
xvais namfmïs pairica jasai va~ta "je veux leur sacrifier (en les invoquant) saëta1 ... paiti.ynïta "ainsi qu'un homme hardi repousserait par ses
par leur propre nom et les entourer de l'éloge". coups (l'ennemi) de son butin bien rassemblé" (10).
r. 2gar "saluer": le moyen n'est attesté que dans deux passages r. lji "vaincre" V: très pauvrement attesté. L'actif est supposé par
corrompus (Y 70,1 Vr 4,1). VI' 21,1. 2 auui ... yasnJm gJrJtJmahi "nous le composé duSmainiiû. jaiia~t- (Az 7), tandis que le moyen caractérise-
saluons le sacrifice" (4) : Vr 4,1 auui ratûs auui rafJpiia gJrJ~te "il(s) sa- rait la seule forme personnelle possible du verbe: V 18,5 jaiiai cinuua1.
lue (nt ) les ratus et ce qui appartient aux ratus". ustanJm "je veux vaincre celui qui expie pour son âme".
r. guz "cacher": voir 2.2. 2ji "nourrir" 1 : le sens du prés. désid. jijisa- (Y 39,1 V 15,13. 14)
grab "saisir": voir 3.1: seul le verbe composé ham-grab produit un est incertain. Qu'on le rattache, avec H. P. Schmidt (BullDeccColl 20,
moyen réfléchi indirect. Y 10,2 hauuanJm ... ya qsûs ha~gJuruuaiieiti 1960, 331sq.), à ji "gagner" d'après véd. jigi~a- et ses dérivés nominaux
"le mortier qui saisit les tiges"(6) :Yt 19,35.36.38 aom xVarJna ha~gJu- ou, avec Baunack (St 355), à ji '''renforcer, nourrir" qui convient mieux
5 Kellens. Le verbe avestlque
66 J. La distinction de voix l 4.4. Le moyen réfléchi indirect 67

aux contextes, le moyen a une valeur réfléchie indirecte (11). Y 39, 1 o 2. Avec le verbe simple régissant un double accusatif. Y 65,2 yd

pasukanqmca yoi na jijis,ny,ti "le bétail qui nous nourrit" : V 15,13. 14 vispa héii?'isis huzamito daMiti "(Anahita) qui rend toutes les femelles
yezica vaocal aë80 na hanqm aétaë8qm jijisa'()vha p,Jr'osa'()vha aétaoa aë8a ya ayant un bon accouchement" : Y 41,3 humdim {}{3a izim yazat()m ~a'()héicim
kaine hanqm aétaë8qm jijisaiti p()?"osaiti "et si l'homme dit: paie une vieille dad()maidé "nous te considérons pour nous comme prestigieux, prospère,
et interroge-la, et si la fille alors paie une vieille et l'interroge". Les im- digne du sacrifice, compagnon d'A~a". Ainsi Y 11, 17 Y 27, 1 Y 35,9 Y 58, 1
pératifs jijisa'()vha et p()?'()sa'()vha jettent la suspicion sur les 3èmes sing. VI' 12,14 N 105. Voir aussi 4.4.2.
subj. prés. en -ti qui leur correspondent: ceux-ci sont évidemment fautifs 3. Avec le verbe simple régissant l'accusatif et le datif au sens de
pour Xjijisaite Xp'i)?'()saite. Le sens de "payer", entrevu par Baunack "déte;miner pour, soumettre à". V 21,8 vaxSaéca yaon()m daM! ahu?'o
("thue in deinem Interesse einem alten Weibe etwas zu gute (mit irgend- mazdd "Ahura Mazda a déterminé cet endroit pour la croissance" : Y 29,5
welchen Geschenken)"), implique un service rendu en retour. hiial mazdqm duuaidi fmsabiio "lorsque nous deux avons soumis Mazda
1 r. Ba~tj "tirer, traîner": voir 3.1. à nos questions". Ainsi Y 44,201 (17) Y 46,8. 18.
daxs "instruire": g. daxsa- Y 43, 15 est actif. Les deux attestations 4. Avec ai{3i-da. Les deux seules attestations de ce verbe (Y 32,15
de daxSaiia- s'opposent par la voix sans qui'il y ait une différence de sens A 3,13) s'opposent par la voix, mais l'A 3,13 auuaézo dim ... na?'sni
appréciable: Y 33,13 f?'o ... daéna fmdaxsaiia "instruis les consciences" : §iiaoBna ai{3i.daiBïta est malheureusement incompréhensible.
y 12,5 aBa a{}a coil ahu?'o mazda zamBust?'()m aoaxsaiiaéta "ainsi qu'Ahura
5. Avec uz-da. V 5, 10H nmane nmane ... Br'diio kata uzdaiBiiqn
Mazda a instruit Zara&ustra".
. .. ù'istahe "que l'on prépare dans chaque maison trois réceptacles pour
Ida?' "tenir": voir 3.1. Produit aussi un moyen passif (4.1.3) et
le mort" : Yt 10,90 haomo ... yo paoi?'iio hauuana haomq uzdasta "Haoma
réfléchi (4.3.2). Y 31,7 ya da?'aiial vahist()m mana "celui avec lequel on
qui, en tant que premier hauuanan, s'est préparé les haomas". Voir
soutient Vohu Manah" : Y 51,8 usta yfJ a~()m dad?'é "bonheur à celui qui
aussi 4.1.3.
a soutenu A~a pour lui-même".
6. Avec ni-da. Y 45,8 al hai vahmfJ~g d()mané ga?'o nidama "voici
r. da?'z "lier": le moyen n'est attesté que dans des passages douteux
que nous déposons pour lui les prières dans la maison de bienvenue" :
et tardifs. Y t 10,48 par miB?'o .d?'ujqm apqs gauuo da?'naiieiti "(Mi&ra)
Yt 10,32 ni hï8 das7~ua ga?'o.nmane "dépose pour toi nos offrandes dans
lie dans le dos les mains des briseurs de contrat" : Y t 1,27 hqm gauua
la maison de bienvenue". Aussi 4.3.2.
nidarnaiiao{3()m ... aipi d()?'nuuan()m da?'naiiao{3()m "liez leur les mains,
liez-le en sorte qu'il soit lié". Aussi V 9, 49 ha~da?'()zacil ha~da?'()zaii<m 7. Avec vi-dd. La valeur réfléchie indirecte est évidente au Y 51,1
aéte yoi mazdaiiasna zasta hé paoù'im ha~da?'naiia~ta "que les mazdéens vohü xsaB?'()m vai?'im bag()m aibi.bai?'ist()m vidis()mnai "le bon pouvoir
le lient avec des liens, qu'ils lui lient d'abord les mains". A moins qu'il qu'on doit choisir est le meilleur apporteur de part à celui qui veut dis-
ne soit secondaire et inconséquent (12), le moyen peut suggérer l'intérêt tribuer". Voir aussi 4.3.1.
qu'il y a à réduire l'ennemi à l'impuissance. 1 g. dqh "enseigner": les deux attestations du verbe sont en op-
Ida "établir, donner": voir en 3.1 comment se répartissent les position claire. Y 49,9 noil ()?,()s.vaca sa?'fJm didqs d?'()guuata "celui qui a
formes moyennes. Le moyen réfléchi indirect est attesté dans les con- des paroles droites n'enseigne pas l'union avec le trompeur" : Y 43,11
ditions suivantes (13) : hiial xsmd uxMis didafJhé paou?·uuim. didafJhë est réfléchi indirect s'il
1. Avec le verbe simple régissant, à l'actif, un accusatif et un régit paou?'uuim (Humbach l 113: "wenn ich durchAussprüche von eu ch
datif au sens de "instituer pour" ou de "donner à". Y 33,14 al ?'atqm die Lebensgrundlage erfahre"), dynamique par passage de la construc-
zamBust?'o tanuuascil xVaiiia usfan()m dadaiti .,. mazdai "mais Zara- tion transitive à la construction intransitive (4.5.1) si paouruuim es t
&ustra offre en cadeau à Mazda l'âme de son propre corps" : Y 33,12 adverbial ("quand, d'abord, je prends mon enseignement de vos pa-
a?'maiti t()uuisim dasuua ... mazda "par Armaiti, approprie-toi la puis- roles" - Klingenschmitt, MSS 28, 1970, 84).
sance, ô Mazda"(14). Ainsi Y 30,4(15) Y 48,11 (16) Y 50,2 Y 51,6 Yt 5,130 dis "montrer": une attestation du moyen avec le prés. (itér. n
Yt 10,80. Voir aussi 4.4.2 et 4.4.3. r. daésaiia-. Yt 13,53 ya apqm ... s?'ka pa{}jj daésaiiei~ti "(les frauua~is)
68 1. La distinction de voix l 4.4. Le moyen réfléchi indirect 69

qui montrent aux eaux de beaux chemins" :Yt 19,48. 50H auual mais appartiennent à des contextes si différents qu'on ne peut rien en
hat!daésaiia?)vha iitars "représente-toi cela, Atar". déduire. Notons que le moyen définit une attitude rituelle: N 95 paro
1 r. diz "édifier": voir 1.1. vii pasca vii pairi.bar'Jt!ti "ils entourent (le voile) avant ou après" : Yt
~ dranj "affermir": voir 4.3.1. 11,97 ya#aca pasus.hauruua?)hO aétalsraos'Jm ... pairi.bariimaide "nous veil-
~. pa~ "cuire": Yt 8, 58par pasüm hé pacaii'im airiia dœOhiiuuo "que lons sur Sraosa comme des chiens bergers". Yt 4,5 #f3Cfmca drujimca
les peuples aryens cuisent pour lui du bétail" : y 9,11 par H k'ëwiJsiispo niZbar'Jm "je t'ai éliminé, toi et la tromperie" : H 1, 7sq. H frastauuano
aiia?)ha pitüm pacata "Keresaspa cuisit son repas dans le métal". humataca ... nizbar'Jmno dusmataca "louant pour soi les bonnes pensées,
r. pazd "poursuivre": les deux seules attestations sont en oppo- éliminant de soi les mauvaises pensées". V 8,11 hCfm aéte maésma baraii'Jn
sition claire. V 5,5 yo gœ&pCfm ... pazdaiieiti "celui qui pourchasse une "qu'ils rassemblent des urines": Yt 10,32 H hCfm his cimiine bara?)Vha
chienne" : Yt 17,55. 56 yalcil mCfm türa pazdaiiat!ta "lorsque les Türas "rassemble en tas nos offrandes pour toi". Sur fra-bar, voir 4.4.3.
m'ont poursuivie (pour m'obtenir)". bud "sentir": voir 3.1. Moyen réfléchi indirect attesté par V 13,35.
pii "protéger": pour le récent, voir 4.3.1. Le gâthique oppose 37 spii ahCfmbaoo'Jmno "le chien privé d'odorat".
systématiquement pii actif "empêcher de + abl." à ni-pii moyen "con- g. büs "être actif": voir 2.2.3.
server pour soi". Y 32,13 ya i8 piil dar'Jsiil a~ahiiii ~'celui qu~ l~~ a ~~­ Inas "atteindre": voir 3.1. Y 51,16 tCfm kauuii vistiispo magahiiii
pêchés de voir A~a" : Y 49,10 talcii mazdii ~pahm~ adCfm mp~~he et xsaBrii xniisal ... YCfm cistim "par son pouvoir sur la cérémonie, le kauui
voilà, ô Mazdâ, ce que tu conserves pour tOI dans ta demeure . Vistaspa a atteint cette sagesse" (22) : xSaBrii a~iil hacii frCf8tii "ton aide,
fras "interroger": voir 4.2.2. fms et ~aiti-fms p.roduis~nt" d~ns.le dont on prend possession selon A~a, par Vyt 29 yaBa aspa ... u?'uuaé8'Jm
Vidévdad des formes moyennes qui sont SOIt secondaIres, SOIt reflechIes xniis'Jmna "comme des chevaux désireux d'arriver au tournant" (23).
indirectes: Il est possible qu'elles expriment l'avantage qui résulte de 1 r. ni "conduire": voir 1.2.
la demande ou de l'interrogation. Yt 5, 90 par paiti dim p'Jr'Jsal zamBustro 2ma1· "se souvenir": voir 3.1. Produit aussi un moyen passif (4.1.3).
"Zara&ustra lui demanda": V 18, 7 par paiti mCfm 'Jr'JZuuo p'Jr'Jsa?)vha FrW 4, 1 airiiaman'dm iSim marat!ti saosiiat!to "les saosiial).ts réciteront
"ô juste, interroge-moi". Voir, pour le verbe simple, l'exemple du V 15, la prière ii airiiamii isiio" : Yt 5,86 #f3Cfm iiBrauuano mar'Jmno "les prêtres
13. 14 sous 2ji(18). 0 sacrifient pour toi en récitant". N 42 yezi a?)hCfm oiium pe viicim framaraiti
baj, baxs "distribuer": Y 9,22 haomo aéibis ., . ziiuuar'J aojiisca "s'il en récite une seule strophe" : N 26 mao'Jmiia vaca framar'Jmno "ré-
baxsaiti "Haoma leur donne en part la vivacité et les puissances" : citant d'une voix moyenne" (24).
y 10,13 yas'J té baoa haoma ziiire gauua iristahe baxsaite "celui qui te reçoit marc "détruire": l'opposition de voix ne paraît pas très signi-
.
en part, Haoma Jaune, l ' avec du 1al't" (19) .
me'ange . fiante. Y 45,1 noil daibitim du.s.sastis ahüm m'JrCf.§iiiil "puisse l'homme
bar "porter": voir en 3.1 comment se répartIssent les formes de mauvaise doctrine ne pas détruire une seconde fois la vie" : Y 53,6
moyennes. y 38,1 par imCfm zCfm ... yii na baraiti "cette terre qui nous manahim ahüm m'Jr'Jt!g'Jduiié "vous détruisez la vie spirituelle".
porte" : Yt 14,57 haom'Jm baire "je porte sur moi une branche de haoma". marz "frotter": Benveniste (Inf81sq.), Lommel (NGWG 1934 84)
y 62,8 cim haxa hasé , baraiti "qu ,est-ce que l" amI apporte 'a l' a ml' ~"
. .. et lnsler (1975249) attribuent à marc "détruire" l'infinitif m'JrCfzdiiiii du
V 12,2 aiPiio va?)vhibiio zaoB1·a baraéta "qu'il apP?rte des ?ffrandes aux y 44,14 kaBa ~iii drujam diiCfm zastaiio ni him m'JrCfzdiiiii. La 2ème plur.
bonnes eaux" (20). V 20,4 aoa aZ'Jm yo ahuro mazdii uruua1'l'ï ... uzbar'Jm ind. prés. M. m'Jr'J'ttg'Jduiié de marc, d'une part, la 3ème sing. inj. prés. M.
"alors, moi, Ahura Mazda, j'ai créé les plantes" : Yt 5,6 YCfm aZ'Jm yo (J'Jr'Jzdii de garz, d'autre part, indiquent clairement que m'JrCfzdiiiii ne
ahuro mazda ... uzbaÏ1'e "(Anahita) que j'ai créée (à mon bénéfice), moi peut représenter *m'Jr'dt!c-diiiii, mais bien m'Jr'J'ttz-diiiii comme le pro-
Ahura Mazda (aussi 4.3.1). N 67 cuual nii ape ... paiti.bariil paiia?)hCfm posent Bartholomae et Humbach (II 57sq.). RV mrnjata(25) témoigne
"quelle quantité de lait l'homme apportera-t-il à l'eau 1" : Yt 19,33. 34H que marz a pu produire un présent à infixe nasal. La TS 2,2,6, 1 etasmin
para ahmiil yal him aém draog'Jm viicim a?)haiBim cinmiine paiti.barata vâ etau mrjiite y6 vidvi~iit!ayor annam atti "sur celui qui mange la nour-
"avant qu'il n'accumulât pour lui-même le mensonge, la parole ~r­ riture de deux qui se trouvent en conflit, les deux se défont (de leur
ronée" (21). Les deux attestations de pairi-bar s'opposent par la VOlX, faute)", citée par Delbrück (Syntax 247), permet de traduire le passage
1. La distinction de voix l 4.4. Le moyen réfléchi indirect 71
70
gâthique de la manière suivante: "comment livrerais-je la tromperie aux r. uruuis "tourner": produit aussi un moyen passif (4.1.2) et un
mains d'Asa pour m'en débarrassed" (26). moyen réfléchi (4.3.2). Yt 10,86 kaôa no fraouruuaésaiiaiti a~ahe paiti
yam' "tenir": voir 3.1. Y 65,11 naëois wOha yasaiti ziianai "que pary,tqm "quand nous ramènera-t-il sur le chemin d'A~a" : Yt 13,89 H ya
nul ne tienne de cette (descendance) pour la destruction" (27) : N 103 C paoiriia ciOr'Jm uruuaësaiiata daëutlaat,ca "lui qui, le premier, détourna à
yasa1)vha atars baoiôim "ô feu, prends pour toi l'odeur". V 9,14 graom son bénéfice l'offrande du daëuua".
aiiasais "tiens la poignée": Yt 14,35 var'Jry,jinahe par'Jn'Jm aiiasaéSa sqh "déclarer": voir 4.1.3.
"prends pour toi une plume de l'oiseau varl:l:ç.jan". En principe, apa-yam 1 r. sciry,d "briser": voir 1.2.
signifie "retenir" à l'actif, "retenir pour soi" au moyen. Aucune forme r. Istar "répandre": Yt 8,58 par bar'Jsma hë st'Jr'Jnaii'Jn "qu'ils ré-
moyenne n'est toutefois assurée (28). L'unique attestation de ham-yam pandent pour lui le faisceau" : Y 57,6 yo paoiriia ba?''Jsma frast'J?'mata
"peser d'un même poids" (hfJmiiasaité Y 33,1) est moyenne (Klingen- "lui qui, le premier, répandit le faisceau".
schmitt, MSS 30, 1972, 79sq.). sta "se tenir": voir 3.1 et 4.5.5.3. La valeur réfléchie indirecte
yaz "sacrifier": voir 3.1. apparaît avec le prés. caus. r. stliiia-. VI' 3,2 af}rauuan'Jm astaiia "j'ins-
vaxs "croître": voir 3.1. Aussi 4.3.2 et 4.5.4. Le moyen réfléchi talle le prêtre à sa place" : Yt 10,89 yim zaotar'Jm staiiata ahura "lui que
indirect est attesté au Y 32,4 yaat yüstii framima{)a ya ma~iia aoista dary,ta Ahura a installé comme son zaotar".
vaxS'Jnté daëuua.zusta "dans la mesure où vous avez permis ces pires stu "louer": voir 4.1.3.
chose~ que, par leurs dons, les hommes agréables aux daëuuas veulent sru "entendre": voir en 3.1 comment se répartissent les formes
faire croître pour eux-mêmes". moyennes. Le moyen réfléchi indirect n'est attesté qu'au Yt 17,17 avec
vad "conduire": voir 3.1. Les deux attestations de r. upa-vad le thème du parfait: ka ahi . . . yefJhë aZ'Jm fraiia zbaii'Jry,tCkm sraëst'Jm
(V 4,44 V 14,15) sont moyennes. Par exemple, V 4,44 yezi nairi.cina1)ha susruiié vacim "qui es-tu, toi qui as, parmi ceux qui m'invoquent, la plus
jasqn upa va nairikqm vaôaiiaéta "ou bien, s'ils viennent avec le désir belle voix que j'aie entendue".
d'une épouse, qu'on (leur) donne une femme en mariage". 2zan "connaître": voir 3.1.
Ivar "couvrir": voir 3.1. L'actif s'oppose au moyen réfléchi indirect 1 zar "irriter": voir 4.1.2. Le prés. caus. r. a-za?'aiia- a peut-être
quand le verbe a conservé le sens originel. V 5,24 yaOa masiiaiia vana un moyen réfléchi indirect. Fr D 4 ma azaraiiais zamOustra ma POU?'u-
kasiia1)hqm vanqm aifJi.v'Jr'Jn(a)uuaiti "ainsi qu'un arbre plus grand re- sasp'Jm "ne mets pas Pourusaspa en colère, ô Zara&ustra" : Yt 13,30
couvre un arbre plus petit": Y 31,17 katarfJm a~auua va d?''Jguua va m?'obiia ... yai va ... nait pauruua azamiiery,te "pour les hommes qui ne
v'Jr'Jnuuaité maziia "est-ce le juste ou le trompeur qui acquiert la plus vous ont pas d'abord mises en colère contre eux". Il reste que la leçon
grande des deux parts f' (29). azaraiiary,ti de J 10 peut être la bonne.
r. varc "répartir, mettre en pièces" 1 : étymologie et thème de pré- zü "invoquer": le moyen, rare et souvent tardif, s'est peut-être
sent (var'Jca- ou v'Jr'Jca- 1) incertains. Les deux attestations s'oppos~nt par développé par analogie avec d'autres verbes de technique liturgique (30):
la voix, mais avec des sens très différents. N 95 yezi tamsca aifJii(1)hana a-zbaiiai Yt 10,77. 78, zbaiiaéSa Yt 15,49-52 Vyt 24, zbaiia1) vha V 19,13.
aipiuuar'Jcairy,ti ratufriia "s'ils passent (le voile) sous la ceinture, ils satis- 14. 34. Yt 13,28 ta mazda zbaiiat auuafJhé "Mazda les fi, invoquées à
font à la règle: Yt 17,19 nait mqm vispe yazata1)hO anus'Jry,t'Jm fmo?''Jciry,ta l'aide" : Yt 10,77. 78 aca {}fJa zbaiiai auuafJhé "je veux t'invoquer à mon
"aucun dieu ne m'a mis en pièces contre mon gré". aide" .
r. vaz: voir 4.1.3. Le moyen réfléchi indirect est attesté aux P 48: hac "suivre": produit aussi un moyen réciproque (4.2.3). La valeur
hau nait vaoze ... ya nait ... maiia vaoze "il n'a rien amené celui qui n'a réfléchie indirecte apparaît avec le sens de "se consacrer à". Y 53, 2 H atca
pas amené les satisfactions". hai scary,tü ... xsnfJm mazda "qu'ils se consacrent donc à l'accueil de
2vid "trouver": voir 3.1. Yt 15,40 yat nmana.paitim viry,dama Mazda" : Y 48,12 yai xsnfJm ... hacary,té ... {}fJahiia mazda sfJry,ghahiia
"afin que nous trouvions un mari": Yt 17,54 ma cis më a1)hqm "ceux qui ont l'intention, ô Mazda, de se consacrer à l'accueil de ton
zaoOmnqm viry,dita "que nul ne s'approprie l'une ou l'autre de mes enseignement". Aussi Y 48,4. Le prés. r. hacaiia- et l'aor. sigm. haxSa-,
offrandes" . régissant pareillement l'accusatif et le datif au sens de "amener à", ont
72 1. La distinction de voix 1 4.4. Le moyen réfléchi indirect 73

très vraisemblablement une valeur causative ("faire se dévouer à"). de Bartholomae: remise en ordre par Klingenschmitt (MSS 29, 1971, 143sq.), qui
montre que le sens de "partager" résulte invariablement de l'actif, celui de "s'ap-
Yt 5, 18par ya{}a aZ'iJm hacaiiene ... zara{}uStram anumat~e daënaiiai "afin
proprier" du moyen. Dans l'exemple du Y 10,13, baxsaite est la leçon de J 2. Au
que j'amène Zara&ustra à se conformer en pensée à ma religion"; Y 46,10 Yt 8,1 val më staro ... narabiio xVarano baxsfl~ti "lorsque mes étoiles distribuent le
yqsca haxsai xsmauuatqm vahmiii.a Ira tais vispais cinuuata Iralra p'iJr'iJtüm xvaranah aux hommes", baxsa~ti Pt 1 J 10 s'impose contre ba.rcsa~ta F 1; au V 5,61
"ceux que je veux amener à prier vos pareils, c'est avec eux tous que je ma~ascik noil baxSaite vahistahe a'OMus "mort, il n'accède pas à la meilleure

veux traverser le pont cinuuat" (31). existence", Jp 1 Mf 2 imposent le moyen contre K 1 Br 1; au V 8,100 rép ffriS-üm
aëtahe Âiiaoffnahe baxsa~te "ils prennent sur eux le tiers de cet acte", bax8a~ti
han "obtenir": l'actif et le moyen (32) s'opposent de manière frap-
n'apparaît que dans des manuscrits secondaires. (20) Vyt 50 barahe est sans
pante au Yt 13,88 paoiriiai ha'()hananai paoiriiai ha'()hanusegqmca valeur et peut-être fautif; FrW 9,2 humnam baraëta raiti est incompréhensible.
~'iJmca "(Zara&ustra), le premier à conquérir (pour lui), le premier à con- (21) Voir Benveniste (Inf 20). (22) Sur la correction de nqsal en xnasat, voir
quérir (pour la communauté) la vache et A~a". Kellens (STIR 4, 1975, 156 n. 24). (23) Au Y 23,3 = Y 67,3 vtt aif3i.nâsa~ti
r. hu "pressurer": aussi 4.1.3. N 68 a{}a hauuana haomq xhunuii al va'Ohüs yasnqsca vahmqsca "(les frauua~is) qui prennent possession des bonnes
prières et des bons sacrifices", la tradition manuscrite ne permet pas de décider
"alors, que le prêtre pressureur pressure les haomas" : Y 9,2 Ira mqm
entre aif3i.nasfl~ti (Geldner) et aif3i.nasa~te (Bartholomae). (24) En A 4,5. 7
hunuua'()vha xVar'iJt~e "pressure-moi pour me boire". Aussi 4.4.2. yo ... rapi{}f3inam ratüm framaraite "celui qui réciterait le ratu rapi&~ina",
(1) lnsler (1975 214) conjecture xapa no, avec *apa, 1ère sing. subj. parf. framaraite est réfléchi indirect ou fautif pour +framaraiti. Le fait que tous les
de ap. (2) jraorflt est discuté chez KeBens (Noms-racines 63 sq.). (3) XVa1'fI~ta-ca, manuscrits cités par Geldner en A 4,7 ont la désinence active suggère qu'il n'a pas
au Vn 96, où l'injonctif serait déplacé, est fautif pour xxvarfl~ti-ca. (4) Ainsi cru bon de citer ceux qui avaient la désinence moyenne. Sur upa-ma1', voir 3.1.
RV 1 15,3 abhi yajnam gr~ihi. (5) Geldner a raison contre Bartholomae: (25) Forme de valeur passive. (26) La faiblesse du sens de sogd. nm'rz- et de
ha~gfluruuaiieiti (J 3 J 2 Mf 1 K 4) est mieux attesté que ha~gfluruuaiiete (Pt 4 khot. nimalys- "caresser" (Benveniste, ibid.; Vl'tra 58 n. 3) n'est donc plus un
Mf 2 Hl). (6) Il est sans doute trop simple de considérer, avec Insler (1975 argument. (27) Pour le sens et la syntaxe, voir Yt 1,24 apaiiat'Je ma yasois
212), que {} a supplanté t dans quelques formes sous l'influence du thème d'optatif aom naram "ne tiens pas cet homme pour le trépas". (28) Bartholomae a bien
*ciffiia-. (7) Au VI' 12,4 cina{}{i,maide est très exactement synonyme de ci8maide vu que le V 19,9 constituait la réponse au V 19,8 kahe vaca apa.yasai ... mana
(voir ci-dessous). (8) Il n'est pas nécessaire d'accorder à acista une valeur dqma "par la parole de qui feras-tu obstacle àma création ?". Dans cette mesure
passive (Insler, 1975 316). (9) L'aor. rad. g. cois- est exclusivement actif et a et sur la base du sens, la variante active (L 4, 1. 2 Br 1 M 2) est préférable à la
une 3ème sing. passive en -i (cauuisi Y 51,15). (10) Aussi Yt 4,5 {}f3qmca variante moyenne (K 1 Jp 1 Mf 2): ana vaca +apa.yasani "au moyen de cette
drujamca ba~ami {}f3qmca drujamca niyne {}f3qmca drujamca nizbaram. V 8,74 et parole, je ferai obstacle (à ta création)". La même correction peut se recommander
V 16,12 sont ambigus (voir 4.1.3). (11) Bartholomae (col. 503) et, implicite- au V 19,12 ku{}a nasus +apa.yasani haca auuafJhal visal "comment retiendrai-je
ment, Lommel (Zn 1, 1922, 23) se prononcent pour la première solution au Y 39, l, la nasu loin de ce village?" (One J p 1 Mf 2 L 2 Br 1, °ni M 2, apaiiasaëti K 1,
pour la seconde au V 15,13. 14. (12) Il n'est pas impossible, par exemple, que apaiiasaëtis L 4). apa.yasaite est attesté trois fois au V 18,63. 64. Par exemple,
le rédacteur de ces passages, pour qui l'avestique était une langue morte, ait cru, {}risüm uruuaranqm ... vaxstt apaiiasaite "elle fait obstacle au tiers des plantes
en se fondant sur les usages relevés en 4.3.2, que le moyen était requis pour toute en ce qui concerne leur croissance". {}riS-üm apqm ... taxmanqm pairistaiieiti "elle
forme verbale régissant le nom d'une partie du corps. Au V 6,47 yezi noil nwara- tarit le tiers du cours des eaux" indique que le sens est plutôt "faire obstacle" que
zaiitt~te "s'ils ne fixaient pas (le corps)", correspondant au V 6,46 aëta(ja hé aëte "mettre de côté pour soi". Dès lors, la forme active (1-2: K 1 M 2; 3: L 1. 2 Br 1)
mazdaiiasna aëtam iristam nidarazaiian ... aiia'Ohaënam "que les mazdéens fixent paraît meilleure que la forme moyenne (1-2: L 4. 1 Mf 2; 3: K 1 L 4. 1 Mf 2). Par
le corps avec du métal", nidarflZaiitt~te est vraisemblablement fautif pour xnidara- contre, au Y 11,5 yo mqm tai draono zinal va trafiial va apa va yasaiti "celui qui
zaiitt~ti. (13) Le sens des formes moyennes de Ida a été analysé par Humbach endommagerait, déroberait ou mettrait à l'écart ma part rituelle", le sens est
(169 n. 78). (14) Sens analysé par Humbach (MSS 7, 1955, 71; WZKSO 1, plutôt "garder pour soi" que "faire obstacle". Faut-il restituer +apa va yasaite
1957, 89 n.22; n 42). (15) Autrement Insler (1975 166sq.). (16) Insler que n'attestent que Mf 2 et quelques manuscrits des deux branches du Yasna
(1975 92) corrige dtt~te en +dtt~ti, mais Jp 1 et Mf 4 sont les seuls bons manuscrits sada? (29) Le Yt 1,27 pairi usi varaiia{jf3f1m "couvre-lui les oreilles" présente
qui donnent la désinence active. (17) Si data est une 3ème sing. ou plur. inj. une valeur réfléchie indirecte par rapport à Y 9,28 pairi Jë usi varanüi(ji, ou con-
aor. M. et non une 3ème duel active (Meillet, BSL 24, 1924, 196). (18) Il n'y tient une forme moyenne secondaire: voir sci~d en 1.2. (30) Mais, en védique,
a pas d'exemple du verbe actif régissant directement l'objet de la demande: on il est attesté au stade le plus ancien. (31) Aucun de ces deux thèmes n'a de
ne peut donc mentionner la contrepartie active du V 3,29par aniiehe duuarfl formes actives sûres. Vyt 47 yezica dim hacaiial ahmakam yasnaica est coupé de
sraiiano xVara~ti8 parasamnaéSuua "appuyé à la porte d'un autre, parmi ceux qui tout contexte. La structure en double datif empêche de discerner avec précision
mendient leur nourriture". C'est aussi le seul passage ou fras signifie "demander le sens et la valeur de upa'Ohacaiieni au Yt 5,8. 124 kahmai azam upa'Ohacaiieni ...
pour avoir". (19) Matériel confus dans l'édition de Geldner et le dictionnaire haomana'Ohaica "wem ... soli Ich willfahren, (da.13 er) ... wohlgemut (sei)" (Wolff,
1. La distinction de voix l 4.4. Le moyen réfléchi indirect 75
74
Av 168). La transmission est de surcroît troublante (Yt 5,8: ~?avhacaiiaëti Fi 4.4.3. L'objet indirect est explicite et ne renvoie pas au sujet. Il faut
J 10, upavhacaiiete K 12; Yt 5,124: upavhacaiien ~ 1, upavhacawane J 10, ::pav~:!: admettre que celui-ci partage avec un autre le bénéfice qui résulte de son
caiiene K 12). L'énumération du Y 62, 10par, qm commence par upa f}~a haxsot~ action.
_ s vqf}{Ja "puisse un troupeau de vaches t'accompagner", ne présente m le sens m lis "désirer": voir 4.4.1 et 4.4.2. Il faut signaler ici deux attesta-
r:ustructure syntaxique habituels. Comment juger haxsat ou hixsat de F 24? Les
formes upa .,. hixsaéSa Vyt 45 et hixsaf}a (pour hixsata?) Vyt 47 sont certes
tions de lis, que Bartholomae attribue à tort à is "pouvoir" (Hoffmann,
moyennes, mais n'ont pas de signification sûre et posent le problèm~ du thème Aufsatze II 608 n. 3). V 8,100-103 isaéta mé yaozdaitim "qu'il désire me
hixsa-. (32) Véd. san n'étant qu'exceptionnellement moyen (Del~ruck, Syntax purifier". Au V 8, 10 duua dim nara isoi1Je ... upa.ska~bam "deux hommes
233), on notera que toutes les attestations gâthiques de han sont actlVes (Y 44,18. cherchent pour lui ce support", comme le note Hoffmann, dim est fautif
19 Y 46,19). pour hé ou proleptique par rapport à upa.ska~bam. Explicitement ou
4.4.2. L'objet indirect est mentionné, mais il renvoie au sujet. O'est le implicitement, il y a quête d'un tombeau pour un cadavre. On doit sup-
datif du pronom personnel, de tanü-, de daéna- ou d'une désignation ~e poser, dans ces deux passages que le sujet retirera un avantage personnel
la communauté dont le sujet fait partie (pronom personnel du plurIel d'une action accomplie au bénéfice d'un autre.
correspondant à un sujet singulier au y 51,21, la série naja-, vis-, za~tu-, 1kar "faire": voir 4.4.1. Au V 2,31 ku1Ja té azam varam karanauuane
"comment ferai-je pour toi un enclos", la combinaison de té et d'une
dafJhu- du Yt 13,66 et gaMJa- Y 9,3 etc.). v"-'
lis "désirer": voir 4.4.1 et 4.4.3. Yt13,66 apam aésamna hauua~ forme verbale moyenne indique très économiquement que, en cons-
Mcil nafai hauuaiiai vise hauuai za~tauue hauuaiiai d~fJhauue "(les truisant un enclos, Yima obéit à un ordre d'Ahura Mazda et, en même
frauuasis) désirant obtenir l'eau, chacune pour sa propre famIlle, son propre temps, se dote d'un royaume et d'un moyen d'échapper aux rigueurs
village: sa propre province, son propre pays". AussiYt 16,17. 19 V 13, 19. du grand hiver.
1da "établir, donner": ce type de moyen réfléchi indirect est attesté xsa "contempler": voir 4.5.1. L'unique attestation récente de ce
verbe, au sens particulier d' "enseigner", est moyenne: Y 65,9 vaco ...
dans les conditions suivantes:
YCf hé caxse aé1Jra.paitis "les paroles que le maître lui a enseignées".
1. Voir 4.4.1 sous 1.: Y 51,19 huuo tal na maidiioi.ma?)ha spitama 1Jpa?'s "tailler": voir 4.3.2. L'interrogation abrupte et angoissée
ahmai dazdé "cet homme, ô Maidiiôi.maIJha Spitama, s'approprie ce qui, au Y 29,1, ouvre la plainte de l'âme de la vache (kahmai ma
pouvoir)". Ainsi taibiio da?)ha y 34,1, taibiio da?)ha y 44,18, ahmiii ... {}~arozdüm "pour qui m'avez-vous façonnée1"), en combinant kahmiii
daité y 44,19, xsmaibiia daduiié y 46,15. Voir aussi 4.4.3. avec une forme verbale moyenne, pose une question d'ordre proprement
2. Voir 4.4.1 sous 2. : Y 44,1 al n§ a~a friia dazdiiai hakurana "mais théologique: quel bénéfice personnel, doublant celui du pâtre à qui la
nous voulons rendre amicales nos alliances avec A~a". vache est destinée, la divinité créatrice retire-t-elle de sa création 1 La
3. Avec le verbe simple régissant l'accusatif et le locatif au sens de formule pourrait bien suggérer que la vache seule est oubliée dans cette
"mettre dans". Y 50, 5 zastaista ya na x Va1Jré daiial "les choses envoyées affaire où chacun se retrouve.
par vos mains, qui nous mettront dans le bien-être" : y 43,2 at ca ahm~i 1da "établir, donner": Y 35,4 gauuoi ... fraéSiiamahi ramaca
vispanCfm vahistam x V a1Jroiia na x V a1Jram daidita "mais l'homme voudrait vastramca dazdiiai surunuuatasca asurunuuatasca xsaiiantasca axsaiian-
mettre pour lui le bien-être, cette meilleure chose entre toutes, dans le tasca "nous invitons ceux qui écoutent et ceux qui n'éc;utent pas, ce~x
bien -être" (1). qui le peuvent et ceux qui ne le peuvent pas à donner à la vache paix et
varz "agir": la valeur réfléchie indirecte est évidente au y 51,1 pâture" correspond à la division 1 de 4.4.1 et de 4.4.2. L'homme retire
un bénéfice des soins apportés au bétail. Au Y 51,20, daidiiai est soit
(voir 4.1.3). ,,_
r. hu "pressurer": voir 4.4.1. y 9,3 etc. kasa {}~Cfm ... ma~t'W réfléchi, soit à ranger ici.
astuuai1Jiiai hunüta gaé1Jiiai "quel homme t'a pressuré au bénéfice du 1bm' "porter": voir 4.4.1. Au Yt 5,94 kam it5a té zao1Jra bauuai~ti
yasa tauua frabara~te druua~to "qu'advient-il des offrandes pour toi quand
monde matérieH".
ce sont les trompeurs qui te les apportent1", frabara~te (F 1) est fautif
(1) xVéiffroiiéi s'explique au mieux comme loc. sing. de xVéif}/'a- (*xVéiff1·ë.éi):
pour +frabara~ti (J 10) ou a une valeur réfléchie indirecte.
ainsi Andreas (ap. Lommel, NGWG 1934, 69).
1. La distinction de voix l 4.5. Le moyen dynamique 77
76
Imrü "parler": voir 3.1. Le moyen de fra-mrü est passif et, peut- m'dr'dyo a{}re aésmCf isaiti "l'arbre que l'oiseau conchie, (arbre qui servira
être, réfléchi indirect au Yt 10,119 (voir 4.1.3). La seule attestation de) bois pour le feu".
moyenne de paiti-mrü est à ranger ici: Yt 5,82 uta hé frasna paiti. (1) Insler (1975 264) fait d'axso un infinitif. (2) Pour le sens, voir Hum-
mmuuane nauuaca nauuaitimca xruzdranCfm lbaë8o.parstanCfm "et que je bach (IF 63, 1957-58, 102; ZDMG 107, 1957, 363; II 68). (3) Yt 17,57-59
lui réponde bien aux nonante-neuf énigmes haineusement posées". Une g'iJr'Jzqm g'ilr'iizaëta contient un objet interne au même titre que Y 32,9 ta ux8a ...
mazrla a~aica yüsmaibiia g'iir'iizë si ta ux8a n'est pas un instr. sing. (4) Véd. grh
faute pour Xpaiti.mrauuani ne peut évidemment être exclue. est toujours moyen et intransitif (Hoffmann, Aufs II 439-441). (5) Au sens
d' "offrir quelque chose (ace.) comme satisfaction à (dat., gén. ou loc.)", r. a-fri est
4.5. Le moyen dynamique. Exprimant l'engagement profond du sujet toujours actif. C'est le type du Y 68,15 rama xVastr'iim avhtt rlavhfius afrinami
dans l'action qu'il a entreprise, il a avant tout une valeur intensive. C'est "j'offre en satisfaction paix et bonne pâture à ce pays".
le seul type de moyen que puisse produire un verbe intransitif. 4.5.2. Verbes de précipitation atmosphérique. Les verbes récents
4.5.1. Verbes actifs en construction transitive et moyens en construc- fiia1Jhuua- "grêler", vara- "pleuvoir", snij "neiger", srasc "ruisseler"
tion intransitive. L'absence d'objet direct concentre l'attention sur l'acti- n'ont les désinences moyennes qu'au Yt 5,120, où ils ont un sujet per-
vité du sujet. sonnel clairement défini. Yt 16,9. 10 aomca sük'dm yim bamiti aspo arsa
xsa "contempler": les deux attestations gâthiques s'opposent claire- yo tCf{}riiascil haca xsafno var'd'(LtiiJ snaéZi'(LtiiJ smsci'(LtiiJ fiia1Jhuuai'(LtiiJ
ment. Y 46,2 axso va1JhfJus ... istim mana1JhO "tu as contemplé la prospé- "cette vue perçante que possède l'étalon, fût-ce dans la nuit la plus
rité de Vohu Manah" (1) : y 28,4 yauua[ isai ... auual xsai aë8é a~ahiia sombre où il pleut, neige, ruisselle, grêle" (1) : Yt 5,120 yefJhe ca{}{3a1'o
"tant que je le pourrai, je veux contempler dans le désir d'A~a" (2). a1'sana xhCfm.tast ahuro mazdJ vat'dmca var'dmca maéy'dmca fiia1Jhumca miSti
garz "se plaindre": pour autant que l'exiguïté du matériel permet zi mé Mm spitama zam{}ustra var'd'(Ltaéca snaézi'(Ltaéca smsci'(Ltaéca fiia1J-
d'en juger, le prés. rad. moyen intransitif g'd1"JZ- (3) s'oppose au prés. red. h7t'(Ltaéca "(Anahita) pour qui Ahura Mazda a façonné quatre étalons: la
actif transitif g. jig'dr'dz- Y 32,13 (4). Y 29,1 xSmaibiia g5us uruua g'dr'dzda pluie, le vent, le brouillard et la grêle; sans cesse, ô Spitama Zara&ustra,
"l'âme de la vache s'est plainte à vous" : Y 32,13 yaéca mazda jig'd1'az al (ces quatre étalons) pleuvent, neigent, ruissellent et grêlent".
... 17{3ahiia mCf{}rano düt5m "et ceux qui, ô Mazda, se plaignent de la (1) Seule attestation active de fiiavhuua-. On trouve, à côté de vara-, un
famille de ton poète". lrud, son synonyme, est indifféremment actif ou prés. caus. vi-varaiia- au V 5,20. Au V 3,29 srascÏ1;tis xVar'ii1Jtt "des nourritures
ruisselantes (de graisse) ", S1'aSC ne désigne plus une précipitation atmosphérique.
moyen.
1 g. dCfh "enseigner": voir 4.4.1. 4.5.3. Verbes de déplacement dans l'espace. Le moyen dynamique met
fri "satisfaire, bénir": offre l'exemple le plus clair d'un moyen l'accent sur la détermination avec laquelle le sujet accomplit un mouve-
dynamique de ce type. fri actif "satisfaire quelqu'un (acc.) au moyen de ment.
(instr.)" s'oppose systématiquement à g. fri moyen "offrir des satis: Ga1' "circuler": en dehors de r. fm-cara- et de r. hCfm.cara- (4.5.5.3),
factions à quelqu'un (dat.) au moyen de (instr.)"(5). Y 38,4 tais va atteste sûrement(1) (Hoffmann, Aufs II 616 n. 14) une forme moyenne
yazamaidé tais friiCfnmahi "nous vous sacrifions par (la récitation de) ces au N 79: ab'd1''dta sraoSa7tUar'dZa vicaraiiat'dm "l'abgrgtar et le sraosauuargza
(noms), nous vous satisfaisons par (la récitation de) ces (noms)" : Y 49,12 doivent se déplacer ici et là".
y5 v5 staotais mazda frinai ahura "moi qui veux vous offrir des satisfactions, r. tac "courir": la seule forme moyenne est attestée au Y 10,17
ô Ahura Mazda, au moyen des éloges". Aussi Y 29,5 al va ustanais ahuua 'dr'dzataéna haca tasta zamnaén'dm auui taxse "tu coules de la coupe
zastais f1'in'dmna ahurai.a "et nous voici tous deux, désireux avec nos d'argent dans celle d'or".
mains tendues d'offrir des satisfactions à Ahura". duuar "courir": voir 4.2.
1 r. 2§a "déféquer": voir 2.2. Les deux attestations du verbe sont l' . fru '" s .envo1"
el' ou " nager ": ,a coAt'e d u moyen de Yt 8,40 aal
en opposition si l'analyse que j'ai donnée du V 5,2 est exacte (KZ 90, maéya us.fmuua'(Lte "alors les nuages prendront leur vol", aucune forme
1976, 93sq.). N 37 yo maézo va f1'a va §aimno srauuaiieiti "celui qui active n'est assurée. On ne peut se prononcer entre fraf1'auuaite (Bartho-
récite (les ga&as) en urinant ou en déféquant" : V 5,2 vanCfm ... YCfm hO lomae d'après J 3 Pt 4 Mf 2) et frafrauuaiti (Geldner d'après J 2 Mf 1
1. La distinction de voix l 4.5. Le moyen dynamique 79
78
K 4 Hl) au Y 9,32 jahikaiù],i ... yefJhe frafrauuaiti mana ya<&a afJriJm r. ram "demeurer en paix": les deux seules attestations d'un pré-
vato,AütiJm "la putain, en qui l'esprit flotte comme un nuage poussé par sent primaire(2) - mais quel est le thème? - s'opposent par la voix.
le vent". J'ai proposé de reconnaître fru, avec le senso figuré de "dispa- y 10,1 aJis va'()vhi ramiial iba "que la généreuse A~i demeure ici en
raître", dans frauuoil du Yt 19,80: vaêniJmniJm maiia frauuoil "(Zara- paix" : Y 65,9 apo gatauua ramaiofJiJm "eaux, demeurez en paix à votre
.&ustra) vu, les satisfactions rituelles (des daéuuas) disparaissaient" (MSS place" .
? r. '§(ii)a "être heureux": voir 1.2.
32, 1974, 90sq.)(2).
r. zbar "boiter": les deux attestations du verbe sont en opposition. (1) Voir toutefois V 2,41 taëca naro sraUta gaiia juuai1,!ti "ces hommes
Yt 15,50. 51 aJiJmaoyiJm .,. zbariJ1JtiJm "le trompeur d'A~a boitant" : vivent de la meilleure vie". Au point de vue morphologique, fiyaUa, de toute
manière une 2ème sing. opt. M., est difficilement explicable. (2) Le prés. caus.
Yt 19,42 ariJzo.samaniJm ... zbariJmniJm "Argz6.samana boitant". ramaiia- est exclusivement actif.
? .§( ii)u "mettre en mouvement": voir 3.1.
(1) Pour N 52 XVa?'M,lta, Bartholomae (col. 449) restitue xcar'Jttta et Waag 4.5.5.1. Le moyen exprime le passage d'un état à un autre. r. xVap et
(Nil' 65) xcar'Jttti. De même, au Yt 5, 8, il faut préférer vi-car'Jttti (J 10) à. Ota (F 1). r. 19ar sont actifs au sens de "dormir" et de "veiller", moyens à celui de
(2) C'est une pure conjecture, mais nous n'avons aucune autre étymologIe à notre "s'endormir" et de "s'éveiller", - avec substitution de thème de pré-
disposition: l'hypothèse de Bartholomae, qui en fait un opt. prés. de fra-M, est
sent(l). V 18,16. 24 xVafsa dariJyo maJiiaka "dors longtemps, homme" :
invraisemblable. Le prés. caus. f?'auuaiia- n'a les désinences moyennes qu'au
Yt 13,70. Les frauua~is viennent au secours d'un homme encerclé: t~ dim auua. Hl,7. 9. 11. 13 na ... auua1JvhabdiJmno "l'homme qui s'endort". Yt 10,
nifrauuaiiettte "elles le font s'envoler". Ou le moyen n'a pas de valeur appréciable, 7 par mi{}riJm ... yazamaide ... jiyauruua.'()hiJm "nous sacrifions à Mi.&ra
ou la leçon °frauuaiiattti de J 10 est la bonne. L'épenthèse de Mf 3 (Oiiei1,!te) qui veille" : H 1, 13H na xvafnaoa frayrisiJmno "l'homme qui sort du
pourrait plaider pour l'actif. sommeil". On peut interpréter de la même manière nasiJmnai de 2nas
4.5.4. Les verbes signifiant "croître" se prêtent naturellement au moyen "disparaître" au Y 9,30-32 (voir 1.2): paiti azois ... kiJhrpiJm na8iJmniii
dynamique. Ainsi vaxs avec l'unique attestation du thème de présent a~aone haoma zaire vadariJ jaioi "frappe sur le corps du dragon, ô Haoma
uz-uxSa- au Yt 19,50 f1'a {}fJCf:m zaoa1Jha paiti uzuxsane "je te grimp~rais fauve, pour le juste qui va disparaître". Il reste que na8iJmnai dérive
au derrière" et avec celle du prés. fut. vaxsiia- au Yt 8,42 kaoa xa ... peut-être de lnas "atteindre": "pour le juste qui veut (l')atteindre".
süra vaxsiie1Jte vaxsa "quand les sources croîtront-elles d'une puissante (1) Les prés. caus. xVabdaiia- V et °garaMa- V sont exclusivement actifs.
croissance" (aussi Yt 4,8 uz-uxsiiamno). Le caractère incongru de la
menace d'Atar et la mention redondante de l'instr. süra ... vaxsa vont 4.5.5.2. Les verbes signifiant "pouvoir". tü, dont l'équivalent védique
de pair avec l'usage du moyen. Voir en 3.1 pour les autres formes est un actif tantum, a une forme moyenne au V 13,8 ya<&a viJhrkO v(a)iioi
moyennes. D'une manière significative, r. 2rud est exclusivement moyen tüite "ainsi qu'un loup est apte à la poursuite" (1). On relève, en gâthique,
quand il a haoma- pour sujet. V 5,19 a{}ra mê uruuara, raooiJ1Jti "alors, treize formes actives de xsa contre quatre moyennes; en récent, la pro-
mes plantes croissent" : Y 10,4 staomi ziJmo ya{}a 1'aooahe hubaoiois "je portion s'inverse: vingt-quatre formes moyennes contre quatre actives (2),
loue les terrains où tu pousses, (haoma), avec une bonne odeur" (1). dont trois sont attestées dans des fragments d'origine inconnue (FrW 4,2
Vyt 23). Tout se passe comme si ces deux verbes tendaient à devenir
(1) Ind. rudh est un actif tantum.
exclusivement moyens. Le phénomène s'explique par l'expansion du
4.5.5. Verbes d'état. Les quatre verbes cités ont une forte connotation moyen dynamique, auquel se prête le sens de "pouvoir", soit par
affective. l'analogie avec le synonyme moyen tantum is. Le Y 65,14 yüziJm yazata
lji "vivre": on reconnaîtra un moyen dynamique au y 62, 10par ... xsaiiamna isana est un argument en faveur de cette dernière hypo-
uruuaxsa1Jha gaiia jiyaë8a ta, xSapano ya, juuahi "puisses-tu vivre d'une thèse.
vie heureuse les nuits que tu vivras". Ce n'est pas un hasard si le moyen (1) Klingenschmitt (ZDMG Suppl 13, 1969, 996sq.). (2) Les passages
est intégré à une figure étymologique comme vaxsiie1Jte au Yt 8,42 (ci- parallèles ne valent qu'une fois. Les attestations récentes de xsaiiattt- (3) et de
dessus) (1). xsaiiamna- (2) en fonction adjective, comme épithètes d'une divinité, ont été
négligées. A noter le curieux Yt 10,35 mi1}ram ... yazamaide xsaiia1,!t'Jm xsaiiamnam.
? r. braz "briller": voir 1.2.
80 I. La distinotion de voix l 5. Conclusion 81

4.5.5.3. Verbes copules. Le thème de prés.red. r. hista- simple, de sta un sens particulier du verbe (3.1) ou de lui accorder trop facilement une
(voir en 3.1 comment se répartissent les formes moyennes) est le plus valeur réfléchie indirecte (4.4). Les irrégularités les plus importantes
souvent moyen lorsque, servant de verbe copule, il relie le sujet à son sont de trois ordres:
attribut ou à une notation locative: V 3,29 baoa ioa histahe aniiehe 1. Développements secondaires observables: les verbes signifiant
duuar'J sraiiano "tu te tiens toujours ici, appuyé à la porte d'un autre", "pouvoir" tendent à devenir moyens (4.5.5.2). Le prés. rad. moyen
y 42, 4 xar'Jmca ... yo histaité maioim zraiia'()h6 vouru.kaJahe "l'âne qui se tantum vah- de 3vah "être vêtu" est parfois actif quand il est thématisé:
tient au milieu de la mer Vouru.kasa". Il l'est même peut-être exclusive- va'()hata Yt 5,129 s'oppose à va'()h'J'ty,ti N 91. 92. 94. 95 et à va'()hatu V 3,19
ment(!). Les formes actives histaiti'Yt 8,9. 32 et hist'J'ty,ti V 5,19 V 13,49 (2.1). Le verbe moyen tantum Iman "penser" produit tardivement d'in-
ne sont sérieusement concurrencées par une leçon active qu'au V 5,19 contestables formes actives (Aog 25 Gs 163. 164), mais toujours dans des
(Mf 2 Br 1, L 4 K 1 manquent), mais ce sont des 3èmes ind. prés. Le cas constructions syntaxiques du type hub'Jr'Jta- bar (2.1.1).
de fra-cara-, de car "circuler" (voir aussi 4.5.3), est exactement celui de 2. Quand l'opposition entre actif et moyen correspond à celle entre
hista-: Y 9,17 yafJa gaéfJahuua vaso.xsafJro fracarane "afin que je circule -i et -e en finale de désinence, il m'est arrivé de proposer une correction
libre parmi les vivants", Yt 13,107 yeiJhe nmane a~i8 ... fracaraéta "celui sans le témoignage d'une leçon sérieuse ou d'un passage parallèle décisif.
dans la maison de qui A~i circulerait". L'attestation active du Yt 18,3. 4 Cette démarche relevant du postulat linguistique, il convient de ras-
fracaraiti a'ty,tar'J ar'Jo'Jm nmanahe "elle circule à l'intérieur de ma maison" sembler les cas litigieux (2). Restitution de l'actif: az "conduire" V 5,37
est donc douteuse (2), mais irréfutable par la tradition manuscrite. Les (4.1.2), li "aller" Yt 19,951 N 68 (1.2), kart "couper" V 7,38 (1.2), jad
deux auxiliaires duratifs (3) hista- et fra-cara-, comportant l'un une nuance "demander" Yt 5,86. 87 (4.1.1), yaoz-da "donner force vitale" Ny 4,8
statique, l'autre une nuance dynamique, sont souvent, voire exclusive- V 8, 100sq., druj "tromper" N 84 (1.1), 1 ni "conduire" P 58 (1.2), yam
ment, moyens. "tenir" Y 11,5 V 19,12. Restitution du moyen (3): yaoz-da l'donner force
(1) Au Yt 6,lpar hist,n;,ti ... yazati1'1)hO et au Yt 7,3par histfJ1;,ti am9~i1 vitale" Vd 15. 19 (4.3.2), paifJiia- "disposer de" N 105 (2.1.2), pad
sp9'(ita, la leçon active (L 18 J 10) a exactement la même valeur que la leçon "s'écarter" Yt 15,53 Vyt 35 (2.2), Iman "penser" N 85 (2.1.1), 1mar
moyerme (F 1), mais hista-, employé absolument, n'est pas un verbe copule. Au "mourir" Vn 32 (2.2), yaz "sacrifier" V 18,9 N 61. 62 (3.1), °yah "ceindre"
Yt 10,36 miffr9m .. , y6 ar9ze paiti histaiti y6 arne paiti hist9mn6 frâ rasman6
sei'(iaaiieiti "Mi-&ra qui se tient dans le combat, qui, se tenant dans le combat,
N 85sq. (2.2), vaz "véhiculer" Yt 10,128-130 (4.1.3), vis "servir de"
brise les ailes (d'armées)", hist9mn6 impose la correction de histaiti en Xhistaite Yt 5,9 Yt 10,46 N 9. 13 P 57 (2.2) (4). A l'exclusion du Y 11,5 (yam) , ces
dans la mesure où le rédacteur ne semble pas jouer sur le contraste entre actif et corrections affectent toutes des passages dont la transmission est mé-
moyen. On doit en conclure soit que paiti.hiSta- peut être copule comme le verbe diocre ou restreinte.
simple, soit que paiti n'est pas préverbe, mais préposition. (2) Voir l'unique
attestation de hqm.eara- au Yt 17,60 ifJa më tüm hqm.cara'l)V}w a'(itar9 ar9c59m nmânahe 3. Si on néglige, comme appartenant à des textes trop tardifs, les
"circule donc ici à l'intérieur de ma maison". L'actif apparaît en construction attestations moyennes de 11'ifJ "mourir" P 24. 35 et de darz "lier", Ivar
absolue au N 53 âal aëte y6i fraCar9'(iti k9r9sqsea gac56.tisea "alors s'avancent les "couvrir", 8ci'ty,d "briser" Yt 1,25 (1.2), il reste deux incohérences évi-
brigands" correspondant à un passage corrompu du Yt 11,6 yal âjasâl k9r9tasca dentes. L'emploi du moyen est inexplicable pour ha'ty,-dar'Jzaiia'ty,ta V 9,49
gac56tusoo (voir Hoffmann, Aufs 1195sq.). (3) Voir Benveniste (ActO 30 =
de darz "lier" (4.4.1) et pairi-yaoz-daifJita V 14,17 de yaoz-da "donner
FSBarr, 1966, 45sq.).
force vitale" (4.3.2), qui appartiennent au Videvdad.
5. D'un bout à l'autre de sa tradition, des Gathas aux pires fragments, (1) On pourrait même conclure, avec toute la prudence nécessaire, qu'à
l'avestique fait un usage cohérent de la diathèse. L'opposition entre côté des flottements et des imprécisions qui se manifestent en grec et en védique,
l'opposition de voix avestique a été l'objet d'une systématisation. (2) A partir
l'actif et le moyen est bien vivante et le demeure jusque dans les textes d'ici, les passages notés sont ceux qui ont fait l'objet d'une correction. (3) Dans
les plus tardifs. Si on fait abstraction de quelques passages trop cor- le cas de rue "briller" Yt 10,142 V 2,39. 40 V 19,23 (4.3.1), la nécessité,de la cor-
rompus, l'immense majorité des attestations du moyen a un sens précis rection n'est pas évidente. (4) Dès lors, visal FrA 1 est sans doute simplement
et analysable (1): on pourrait seulement, à la rigueur, reprocher aux listes fautif pour Xvisata.
ci-dessus d'expliquer la diathèse moyenne, sans analyse suffisante, par
6 Kellens, Le verbe avestlque
II. LA DISTINCTION DE TEMPS
A. Le système du présent

1. Les thèmes

a. Les présents radicaux


Le thème de présent est constitué par la racine elle-même. Les
désinences personnelles lui sont directement ajoutées, précédées, au sub-
jonctif et à l'optatif, du morphème modal. Il apparaît avec les verbes
aoj "dire", 1ah "être", r. ah "être assis", li "aller", is "être maître de",
? r. 2kan "creuser", ? xsnu "satisfaire", garz "se plaindre", r. cas "en-
seigner", jan "frapper, tuer", r. tac "courir, couler", tas "façonner",
r. ta "ruisseler", tü "pouvoir", ? r. diz "construire", duuis "haïr", pa
"protéger", 1 bar "porter", r. ba "briller", 1 r. nid "abominer", 1mrü
"parler", r. vam? ,.vomir", vas "vouloir", 3vah "être vêtu", r. 1va
"souffler", r. vi "pourchasser", g. ras, "1" r. ru "crépiter", 1rud "se
plaindre", g. sah "ordonner", r. si "être couché", stu "louer", 1 r. l'§(ii)a
"se réjouir", 1 r. 2.§a "chier", si "habiter", 1 '§(ii)u "ébranler", 1 hac
"suivre", g. hap "tenir", g. hah "dormir".

1. Le radical est soumis, dans la flexion, à une alternance entre le degré


plein et le degré zéro (1).
(1) L'accent n'étant pas noté, les présents radicaux avestiques ne peuvent
être classés que d'après le type de leur alternance vocalique. Les équivalents indiens
et vieux-perses sont indiqués quand il y en a. Les formes dénotant un développe-
ment secondaire figurent entre parenthèses.

1.1. Ce type apparaît clairement avec les verbes suivants: 1ah: ah-/h-,
ind. asti/santi, v.-p. astiy/ha(n)tiy : ind. ahmt, aM, astt, r. st6, maM, g. sta,
h'J'iJtt; impft.(l) as, g. ahuua1 Y29,5; subj. avhd, r. avhOY71,16/
(1'. avhi1 V 18,7. 13. 60. 66), avhaitt/(r. avhaiti) / avhal, xavhama(2),
avh'Jn; opt. g. xii~m, g. xiia, y 41,3, g. xiial/ r. hiial, g. xiiama, g. xiiata
y 50,7 (3), r. hiiar'J V 17,9(4); imp. g. zdi Y 31,17, astii, g. M'iJtÜ(5); inf.
g. st6i / r. stë; part. ha'iJt-/haiti-; li: aë-/i-, ind. éti/yanti, v.-p. aitiy/
°idiy: ind. aë(i)tt, yei'iJtt; impft.(6) 1 r. °aii upa-o Y 9,1, r. °ait<Jm a'iJtar'J.
pairi.auua-o Yt 13,77, 1 r. cain auua-O Y 57,23rép; subj. aiient, °aiiaif
(1'. °aiiai V), 1 r. °aën auua-o Y 57,23rép; opt. r. °iia, tra-o V 7,52par,
°iiai / (1'. °ii6ii tra-o V 6,27), (1'. °aiial tra-o V 3,15 par); imp. id~,
86 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 a. Les présents radicaux 87
r. ya1'ftu; part. ya1'ft- 1 r. yeiti- Fr.; jan: jan-Iyn-, ind. hântilghnanti, par auua.ynano V 13,51 et, peut-être, par yanan& Vyt 29, mais le passage est sans
v.-p. ja(n)tiyljadiy: ind. 1ère sing. M. r. °yne ni-o Yt 4,5; r. jai1'fti (1'. valeur. (10) Ces formes ne sont rien moins qu'assurées. Si baratü n'est attesté
janaiti V), 3ème sing. M. r. °yne ni-o, r. °yniJ1'fti ni-o Yt 10,133 (7), r. contre bariJtü au Y 33,9 que par des manuscrits négligeables, c'est la leçon la mieux
XOynaire ni-o Yt 10,40(8); inj. g. °jfin a_a Y 48,10 1 (1'. jana!), r. jaini représentée au V 13,28 (K 1 L 4.1.2 Br 1 contre Jp 1 Mf2). De toute manière, les
copistes confondent assez souvent -a?'a- et -ariJ- pour qu'il soit assez vain d'ana-
Yt 19)92.93, (1'. janiJn Yt 14,56); subj. r. janani, (1'. janaitiYt 2,11. 121 lyser la tradition manuscrite. ;rvariJ{}anqm hë biJriJtqm est cité quatre fois: les
r. janat V 1 (1'. jana!) , (1'. janaite ni-o V), r. janama; opt. r. janiia, r. manuscrits donnent bariJtqm et biJriJtqm au H 2, 16, bariJtqm et biJriJtanqm au H 2,36,
janiiat V; r. °ynita paiti-O Yt 13,67 1 (r. °janaëta auua-O) V, (r. janaiim bara{}anqm et baratanqm au Vyt 64, biJriJtqm et biJriJtanqm à l'Aog 16. Grammaticale.
auua-O) V, (r. janaiia1'fta Vn 112); imp. r. jai~i Y 9,30-32, r. ja1'ftu V; ment, les trois solutions possibles sont biJ?'iJtanqm (génitif absolu), biJriJtqm (si ba?'iJta
est fondé) et xbaratqm (déformé d'après xVariJ{}anqm). Si bariJta et biJriJtqm existent
inf. g. jaidiiaiY32,14; part. yna1'ft-Yt1O,71(9), r. ynana-; 1 bar(10):
vraiment, il n'est pas possible de savoir si ce sont des présents ou des aoristes.
bar-IbiJriJ- : imp. bariJtfi, r. biJriJtCfm Fr.; vas: vas-Ius-, ind. v~tilu8anti: L'indien, qui a un prés. rad. et apparemment un aor. rad. de bhr, justifie les deux
ind. g. vasiJmi, vast, g. vasti, g. usuuahi Y 46,16, us(fi)mah't, 2ème plur. A. possibilités. Notons toutefois que l'opposition entre vacim nasÏffla Y 70,4 et vaCiJm
g. usta Y 29,2; subj. g. vasa! y 29,4, r. vaSiJn V; opt. g. usiia! Y 50,2; baraiti Y 31,12 etc. suggère qu'en avestique, le verbe signifiant "porter" ne peut
part. usa1'ft- V 1 usaiti- Fr.; r. lvi "pourchasser" : ind. (vaiiemi) Yt 15,43, passel' du présent à l'aoriste qu'avec substitution de racine. (11) Voir 1.3 l va .
(12) Correction traditionnelle de aifJisaiiamna.
vaë(i)ti F 25a 1 (Oviieiti apa-O) Yt 8,23. 29(11), viiei1'fti Y 57,29; part.
viia1'ft- Yt 13,35, viiana- Yt 13,35; si: saë-lSi-, ind. k~étilk~iyanti : ind. 1.1.1. Seul le degré plein est attesté avec r. tac (1) : tac-, véd.; taktil
saë(i)tt, siiei1'ftt; subj. r. xOsaiiama aifJi-o Yt 10,77 (12); imp. °saëta upa-o atakta : ind. taxSe Y 10, 17; subj. °tacin apa-o V 5, 12.13; g. ras
Yt 13,147; part. g. siia1'ft- 1 g. siieiti- y 53,8. y 53,9 : ind. rasti (2); g. hap (3) : hap- : ind. hafSi Y 43,4, hapti Y 31,22;
g. hah (4) : hah-, véd. sastilsasantu: ind. hahmi Y 34,5.
(1) Hoffmann (Aufs II 375sq.) indique que lah ne produit pas d'injonctif'
Les formes qui en ont l'apparence doivent être interprétées autrement ou cor- (1) Bartholomae n'indique pas le présent radical de tac. taxse a été cor-
rigées: ahuua Y 29,5 est graphique pour xahuua, mais peut aussi être l'instr. sing. rectement analysé pal' Mayrhofer (FSMorgenstierne 142). A moins d'une inconsé-
d'un nom ahuua-. fihma Y 29,1 Y 34,1 Y 43, 10 ne peut être qu'une forme du quence de la langue tardive, apa-tacin V 5,12. 13 est de toute évidence un sub-
pronom de la 1ère plur. et hfm Yt 5,34par une variante de sandhi du préverbe jonctif: vi8p<Jm a ahmal yal I?'a vaiio patqn Ira uruuara uxsiiqn nii&'~co apa.tacin
ham. J'ai moi-même critiqué (STlR 4, 1975, 146sq.) les attestations de a8 pour us vato zqm haëcaiial "jusqu'à ce que les oiseaux prennent leur vol, que les plantes
les éliminer ou les corriger en Xa8 après Humbach (II 27). (2) &vhama (Y 32,1 croissent, que les eaux souterraines s'écoulent, que le vent assèche la terre". La
Y 49,8 et VI' 12,4) n'est pas une forme de parf., mais doit être corrigé en xa'l)OOma, préservation de formes radicales de tac amène à considérer le prés. taca- comme
la faute s'expliquant par une persévération à partir des mots précédents (Y 32,1 : une thématisation secondaire. Il faut alors considérer comme ambigus, mais ori.
aüw''I)hO, Y 49,8: lraësw''I)hO): lnsler, 1975 6. (3) Que représente Vyt 12 xiiM}a? ginaux, ind. taci~ti; inj. °tacin Ira-o Yt 13,78; subj. °tacani a_a Yt 5,38; part.
(4) yasi5.xiifin Y 51,4 s'explique par un présent dénominatif yasi5.xiia- "désirer taca~t-, comme secondaires ind. tacaiti; inj. tacal; subj. tac&'~ti Yt 8,5; opt. tacoil
la renommée" (Humbach, MSS 9, 1956, 71sq.; II 87). (5) kJ~t6 Y 60,11 est V 8, 100-103; imp. taca F 18; part. taci?J,ti-. (2) verbe inidentifiable et in-
le loc. sing. de kJ~ti- = véd. 8aniti- ou de hiJ~tu- = véd. *8anitu- "la prospérité" compréhensible. (3) L'indien n'a pas de prés. rad. de 8ap. a~m hapti cor-
(Hoffmann, ap. KeUens, Noms-racines 341 sq.). (6) Des trois formes qui suivent, respond à RVV 12,2 rtam 8apami. (4) La leçon hahmi (J 2. 3. 6 K 5. 11 Pt 4 Mf2
seule a~tara.pairi.auuaitam est incontestablement un imparfait. upail est ambigu S 2 L 13) est préférable à haxmi (Mf 1 Jp 1 K 4) surtout pour des raisons de sens: ka
et je renonce à en faire résolument un injonctif, dont il serait la seule attestation. i8tiS Siiao{}anai mazaa ya{}a va hahmi "quelle est la possession pour l'action, ô Mazdâ,
Il est au moins sûr que la graphie auuain est la seule qu'il faille retenir. La variante ou quand je dors (= pour la veille ou le sommeil)?" Autrement lnsler (1975222).
auuaën L 4 K 1 Jp 1 Mf 2 est préférable au V 19,13 contre aUUlîn Br 1 L 2, qui
dérive clairement de auuain, mais le passage tout entier, artificiellement inséré 1.1.2. Seul le degré zéro est attesté avec 1 r. diz: diz-, véd. degdhil
dans une énumération, est une citation du Y 57,23 où auuain est sûr. Il reste que, dihânti : inj. 3ème sing. M. °dista uz_O V 15,36 (1); duuis: duuiS-, véd.
pour le sens comme pour la forme, on ne peut décider entre l'imparfait et le sub- dvé~tildvi~anti : ind. g. daibisiJ1'fti Y 32,1; (imp. r. tbisa1Jvha V 7,520).
jonctif: 8raOSiJm ... yevhe amaca ..• auuain amiJ~&' 8piJ~ta aoi hapto.karsuuaù·im
(1) Le caractère original de cette forme est douteux: voir l 1. 1.
zqm "Sra08a, par la puissance de qui les Amg~as Sp9I,ltas sont descendus (ou peuvent
descendre) vers la terre aux sept karsuuars". (7) Ainsi Thieme (BSOAS 23,
1960, 268). (8) Selon une ancienne correction ressuscitée par lnsler (KZ 81, 1.2. L'ancienne laryngale tombant en position intérieure, les racines set
1967, 259sq.): voir l 1.2.2 sous 3 0 gar. (9) Reconnu par Kuiper (AO 17, 1939, qui se caractérisent en védique par le développement d'une voyelle t
53; Benveniste, lnf 16 et 18sq.l'avait pressenti). Le participe moyen est représenté devant les désinences personnelles à initiale consonantique ne se distin-
88 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 a. Les présents radicaux 89
guent pas, en avestique, des verbes cités ci-dessus (1). Ainsi 1 r. 2kan : kan-, vii-a-uua'(LtiJm Yt 8,2, le nom. sing. fém. vii-a-uuaiti Yt 17,6, l'ace. sing.
v.-p. ni-kantuv (2) : ind. °kai'(Lti ou °kiJ'(Lti V 3, 12. 13. 22; (inj. °ka'(Lta auua-o fém. vi-uuaitim Yt 5,62 supposent *ba'(Lt- « *bh't2-ant-) à côté de l'ind.
V 15,39); opt. °kaniiat aipi-o V 14,6; garz: giJriJz-, véd. grhiimahi (3) : bhdnt- (1). r. ta: ta- : comp. tat.ap- (2); pa: pa-, véd. pdti, v.-p. pat'uv : ind.
ind. g. giJriJzoi Y 46,2 et giJriJZë Y 32,9, (1'. giJriJzaite Yt 10,53); inj. 3ème r. °pahi ni-o Yt 10~ 78, paiJM, r. paiti, r. °paite paiti-O Yt 10,19; inj.
sing. M. g. giJriJzda Y 29,1; (opt. r. giJriJzaëta Yt 17,57--59); part. r. g. pal; opt. r. °paiia ni-O Y 57, 25 par, g. paiiat y 46,8; imp. r. °patu ni-o
giJriJZana-; tü: tao-ltü, véd. taviti: ind. r. tüite V 13,8; subj. g. tauua, y 58,2, r. pata V 8,21; part. r. pa'(Lt- Yt 10,45; r. °ha: °ha_, ind.
r. °tauuat fra-o Vyt 51, (1'. tauuCf:n V); opt. °tuiia Y 9,29; part. tuua'(Lt- bhdti: ind. °uuaiti(3); part. °uua'(Lt- Yt 8,2 1°uuaiti- Yt 5,62; r. 1va (4):
V 3,33; 1mrü: mrao-Imrü-, véd. brâvitilbruvânti : ind. mraom~, 1ère sing. va-, ind. vdti: ind. vaiti, va'(Lti; part. vat-; 1 r. 1§(ii)a: §(ii)a-(5) : ind.
M. °mruiië, r. mraoiti Yt 10,106, 3ème sing. M. r. °mruiië fra-o Y 19,10 1 §iieiti, §iiei'(Lti ou §a'(Lti y 16,7; subj. r. §(ii)ama (6); 1 r. 2§a : §a- (7) : 1 ind.
r. mrüite ni-o Yt 8,23 (1'. °mrauuaite ni-o Yt 8,29), r. °mrüto a_a N 24, isaiti V 5,2; (part. o§aimna- fra-o N 37).
r. °mrümaide, r. °mr(a)uuaire fra-o Yt 13,64 (4); impft. r. °amraot , 3ème
(1) Mis en lumière par Hoffmann (Aufs 1241sq, n. 13), L'analyse de
sing. M. r. °amrüta a'(LtariJ-o Y 19,15; inj. r. mraom V 2,3. 4, g. mraos, viiauua1Jt- par le part. vi-a-ba1Jt- et non par une haplologie de l'adj. vi-bit-uant- =
mraot, 2ème plur. A. g. mraota Y 43,11, (1'. °mrauua'(Lta ni-o Yt 13,93); ind. vibhlivan- (Bartholomae, coL 1479) remonte à Lommel (Yt 117 n, 1). "La cor-
subj. r. °mrauua fra-o Yt 13,1 1r. °mrauuani fra-o, r. °mrauuane paiti-O rection de viuuitim F 1 en +viuuaitim J 10 au Yt 5,62 est due à Lommel (ZII 5,
Yt 5,82, r. °mrauuai fra-o Y 71,15, g. mrauuaiti Y 51,8 1 mrauuat (1'. 1927, 77) et à Benveniste (BSL 32, 1931, 86sq.). Insler (Lang 47, 1971, 578) semble
considérer, dans ce passage en tout cas, il comme une graphie secondaire pour a.
mrauuat Gs 163. 164); opt. r. mruiia, r. °mruuisa fra-o Yt 10,119, mruiiat, Sur auuâ'IJt'Jm Yt 8,50 Yt 10,1, que Bartholomae (col. 952) attribue en tout cas à
r. °amruuita vi-o Y 12,6; imp. r. mrüir5i 1 r. °m1'(a)uua fra-o V, mraotît; tort au part. de bit, voir Gershevitch (Mi 152) et Tedesco (Lang 36, 1960, 128).
inf. mrüitë; part. r. mruua'(Lt-, r. °mruuana- Fr. 1 (1'. °mraomna- ni-O); (2) Selon Benveniste (Oss 45). (3) Au moins fra-uuaiti Yt 14,13 et a-uuâiti
r. vam 1 : vam-, véd. vâmitilvamanti : ind. r. °vai'(Lti auui-o V 5,1 (5); 1rud (6) : Yt 14,12 (Bartholomae, coL 149: auua-i): Yt 14,12 xsaffriSuua auuaiti ne peut
raod-1 1u1'ud-, véd. r6ditilrudanti : inj. (1'. uru{}at F 9), (1 3ème sing. M. être séparé, syntaxiquement et conceptuellement, de Yt 14,13 düire jrauuâif.i. Il
peut être préférable d'expliquer paiti.auuaiti Yt 8,20. 26. 30 par paiti-â-ba plutôt
raosta) , r. uruBiJn V 9,32, (1'. uruB"J'(Lta V 19,45). que par paiti-auua-i (Kellens, JIES 5, 1977, 200 n. 7). (4) Bartholomae donne
(1) lah et is, dont les équivalents védiques n'attestent qu'un i sporadique à lvi la forme va(y) en se fondant sur diverses formes avec a radical, 3ème sing.
sont considérés, le premier en 1.1, le second en 3.1.1. (2) Ces formes tardives ind. A. viuuaiti Yt 8,40 et hqm.vaiti Yt 10,41, nom. plur. fém. part. A. viuuaitiS
sont dans une certaine mesure justifiées par le vieux-perse, mais toutes pourraient Yt 13,40 qui, à l'exclusion de la dernière, ont clairement le sens de "chasser". Il
être secondaires. uz-ka'IJta doit être jugé de la même manière que uzdista (voir 1.1.2 est préférable d'y reconnaître lva "chasser (par le souffie)". Le védique atteste une
et l 1.2). Les attestations de °kai'IJti, °k'J1Jti - qui sont syntaxiquement des telle spécialisation du sens du verbe, au moins avec le préverbe vi: RV X 137,3
pluriels - peuvent résulter d'une déformation de *okan'J'lJti d'après le verbal li vata vâhi bhel}ajâ~ vi vâta vahi ydd râpa(. "ô vent, tu apportes (par le souffle) le
°ka'IJta-: le V 3,12 atteste à la fois usk'J'lJti et le nom. plur. irrégulier nika'IJte de remède, ô vent, tu chasses (par le souffle) l'infirmité". v(a)iiemi Yt 15,43 et
nika'IJta-. Le V 3,40C yoi h'J'lJti afJhâ z'Jmo nikam'IJte (ou nikan'J1Jti), où nilcan'J'lJte apa-v(a)iieiti Yt 8,23, pareillement attribués à va(y), sont ambigus: ils dérivent
ne peut être que le verbal xnika'IJte attribut de yoi par l'intermédiaire de h'J~lti, soit d'une thématisation viia- de lvi d'après la 3ème plur. ind. A. viiei1Jti, soit d'un
atteste la confusion inverse. Enfin, aipi.kaniiat suit deux mentions de auua.janiiat thème vâiia- de lva (voir, pour b sens, RV VIII 18,9 vlito vatu ampâ âpa sridhaJ;,
et précède nisirinuiiat. (3) L'indien a bien un présent radical de grh: voir "que le vent qui ne nuit pas écarte (par le souffle) les erreurs"). Le part. prés. est
Hoffmann (Aufs II 439sq.). (4) F 1 J 10 Mf 3 sont unanimes sur fra-mrauuaire, attesté par Yt 13,40 vi-uuaitis, H 2,9 par vataiiâ (Xvâtiiâ: Kuiper ActO 17, 1939,
mais le flottement graphique entre -uua- et -auua- après consonne est si fréquent 58sq.) et, peut-être, par Yt 8,33 vt1tqm (gén. plur. masc.) (5) Ou tm présent en
qu'on peut conjecturer un original xfm-mruuaire. (5) Voir 11.1 et Kellens -iia- J(ii)a-, suggéré par V 7,59 paitisaiti et H 2,2par isaiti où Insler (KZ 84,1970,
(KZ 90,1976, 93sq.). (6) Selon l'interprétation de Meillet (BSL 24,1924,195). Son 191sq.) reconnaît J(ii)a? (6) Correctement analysé, au Yt 17,10, par Ben-
analyse est irréprochable pour uruf}at, urufJ'Jn, urufJ'J1Jta, mais le degré plein interdit veniste (Inf 28sq.; aussi Insler, ibid.). (7) Très incertain: ces formes sont-elles
de faire de raostâ, à moins d'une grave irrégularité, un inj. prés. M. Il ne peut s'agir des corruptions de *(i)Jaiti et de *fra-Jâmna-? fra-Jâimna- paraît relever d'un thème
que d'un aor. sigm., même si cette formation n'est pas attestée pour l'indien rud. °Jâiia- et iSaiti n'appartient pas sûrement à 2Ja (hypothèse de Kellens, KZ 90,1976,
93 sq.): nâ ... upa tqm vanqm aëiti yqm hO m'Jr'Jyo af}re aësmq isaiti auui dim janaiti.
1.3. L'indo-iranien n'a pas conservé l'alternance vocalique du présent
radical des racines en -a: il a généralisé le degré plein. Toutefois, l'aves- 2. Le radical est soumis, dans la flexion, à une alternance entre le degré
tique atteste encore le degré zéro du participe actif de ha: l'ace. sing. masc. long et le degré zéro. Ce type, celui de véd. mârjmilmrjânti (1) et de plu-
90 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 a. Les présents radicaux 91
sieurs racines en -u, est très mal représenté en iranien. On ne peut lui aor. sigm. (5) A moins de considérer, comme Insler (MSS 30, 1975, 63sq.
rattacher avec quelque vraisemblance que r. ru (2): uru-, véd. rauti/ n. 14), que nàismi est écrit pour naësmi (*naëdmi < *naicl-mi) et naist pour naëst
ruvanti : part. uruua'i}-t-/uruuaiti- par restitution comparative ~u degré « *naid-t) "as a result of the basic confusion of the vocalisms -t'ii- and -aë(i)-".
(6) Par ailleurs, dans le cadre même de cette interprétation, il serait préférable
long. ûnu "satisfaire" produit les 2èmes sing.opt. r. xsnuiia Y 68,9 d'expliquer la sifflante de nàismi comme le résultat d'une analogie d'après naist
Yt 10,32 et g. xsn§uui8a Y 28,1 qui s'inscrivent pour la forme, mais non et non comme celui d'une évolution phonétique. (7) Si on reconnaît dans
nécessairement pour le sens et l'origine étymologique (3), entre ind. k~'i}-u naismi et naist un aoriste sigmatique, il faut expliquer nista par un autre thème
"aiguiser" : k~'i}-aumi/k~'i}-va'i}-a et v.-p. a-xsnu "entendre": °ûnautiy/ temporel. Ce serait alors soit *nincl-ta, du thème de prés. inf. *ninacl-f*nincl-
°xsnudiy. Le témoignage du vieux-perse interdit d'affirmer que le degré qui pourrait être à la base de l'ind. ninclati, soit *nincl-s-ta, par introduction
secondaire du radical à degré zéro et à nasale dans la flexion de l'aor. sigm.
zéro attesté en avestique renvoie à un degré long. D'autre part, on ne (ainsi véd. aninclillus). La valeur de la variante avec i nista Jp 1 Mf 2 L 2
peut exclure que xsnuiil1 et ûn§uuisa soient des aoristes radicaux secon- Br 1 contre nista L 4 K 1 constitue un argument en faveur d'une solution de
daires (4) fonctionnant comme ersatz de xsnauS-/xsnaos-, l'aoriste sigma- ce type.
tique étant avare d'optatifs. Il faut évoquer ici le problème de l'. nid,
qui produit une 1ère sing. ind. A. naismi Y 12,1 par, une 3ème sing. inj. 3. Le degré plein et la voix moyenne se maintiennent dans toute la
A. naist Yt 13,89 et une 2ème plur. imp. A. nista V 18,16. Le degré long flexion. Ce type de présent radical apparaît avec deux catégories bien
de naismi et de naist interdit d'expliquer ces formes autrement que pal' définies de verbes.
un présenli radical du type étudié ici (Meillet, MSL 20, 1916, 210sq.) ou
pal' un aoriste sigmatique (Hoffmann, Aufs 1284) (6). La première hypo- 3.1. Avec les verbes d'état l'. ah: ah-, véd. aste, gr. i]arat: ind. aste V,
thèse, s'appuyant sur le participe ind. nidana-, l'end compte de toutes les I11)Mire/(I11)h'iJ'i}-te); opt. ahisa y 68, 9 pal' ; part. l11)hana- V /111)hana- H 2,
formes attestées, mais postule un type de prés. l'ad. qui n'apparaît, en 14rép; 3vah: vah-, véd. vaste, gr. elfJat: ind. vastp" (1'. va1)h'iJ'i}-ti N.); inj.
(1'. va1)hata Yt 5,129); imp. (1'. va1)hatu V 13,19); part. l'. va1)hana-; l'. si :
indien, qu'avec mrj et diverses racines anit en -u (6). La seconde, qui fait
de naismi un ind. prés. créé de toutes pièces d'après l'inj. aor. sigm. saé-, véd. saye/Mte, gr. ?{ÛWt: ind. (saéte) (1), saére/soire(2); inj. saéta
V 3,24; part. saiiana- (3) / (saiiamna- V) (4).
naist, néglige vulontairement nfsta (7).
(1) Sauf au V 18,5, résulte toujours d'une correction. La syntaxe du Yt 5
(1) L'équivalent avestique marz produit un présent thématique mar(lza-. 102 n'est pas claire: k(lm k(lmcil aipi nmàne gatu saite (F 1; saiti J 10) xVaini.star(lt(lm
Il est d'autant plus malaisé de déterminer s'il est original ou s'il résulte d'une ... atacaiti zara{}ustra ar(lcluui (l'inf. *sitë, proposé pal' Gershevitch, Mi 189, n'est
thématisation secondaire que le degré plein est étranger aux formes athéma- pas vraisemblable). F 12 a vaite. Il faut sans doute aussi restituer xpdiri-saëte pour
tiques. (2) N'a pas été reconnu par Bartholomae. Ainsi Humbach (DLZ 89, pdirisaite au Yt 19,1. Que représente Fr D 7 saiiaëti? (2) soire est attesté au
1968, 219) et Kellens (Noms-racines 104sq. n. 1) pour 1-2uruua~tt- (Bartholomae, Yt 10,80 et saëre est corrigé de sabre, saë au Vyt 19. L'hypothèse de Khoroche
col. 1541). (3) On a vu dans x.mu une variante de 2zanfx.mà "connaître" (BSOAS 36, 1973,624), qui fait de saù'i V 3,8.12 V 7,45-49 une faute pour +saëre
(Benveniste, TPS 1945, 47 sq.), l'équivalent du grec ydvVfla! "se réjouir" (Duchesne- (c'est la leçon la mieux attestée au V 7,47. 48) et non l'attestation d'un hypothé-
Guillemin, BSOS 10, 1942, 927) ou du véd. hnu "renier, apaiser" (Mayrhofer, EW tique 3sar _ "le corps", est parffl.itement fondée: V 3,8 yal ba paiti fraMt(lm sairi
III 1 64; Insler 1975, 118sq.). Hollifield (JIES 6, 1978, 175sq.), Mayrhofer (ArchO nika~te spanasca irista naraëca irista "là où, en plus grand nombre, gisent enterrés
47, 1979, 97sq.) et Schwartz (communication inédite ou colloque de Louvain, des chiens morts et des hommes morts". (3) Bartholomae donne seulement
Mai 1982) ont bien vu que cixsnusa- excluait ces hypothèses: x.mu ne peut repré- saiian(lm Yt 14,31 (col. 1571). Il faut ajouter maintenant saiidno FrA 9 et, peut-
senter une racine à initiale sonore. Les deux premiers y voient une confirmation être, N 37 = P 10 en correction de cla{}àno (mais Klingenschmitt, MSS 29, 1971,
de l'hypothèse de Humbach (à partir de MSS 2, 1952, 11 n. 6: voir littérature en 170 n. 18). (4) saiiamano V 3,25 est évidemment fautif pOul' xsaiiamno (Ben-
l 3.1), qui égale xsnu au véd. kll~u "aiguiser"; le troisième y reconnaît une racine veniste, BSL 34, 1933, 8).
xkwsen'l} "faire les dons d'hospitalité", dont l'iranien témoignerait ainsi avec grec
;évoç, ;ewtCw, ;evtrJ. Mayhofer se fonde sur l'opposition entre DNb 21sq. ax.mi1miy 3.1.1. On rattachera commodément (1) à ce type le présent is- de is qui
et XPI 23sq. ax.mauvaiy pour postuler une flexion originale du type 4. (4) D'un n'a jamais le degré plein de la racine, mais dont l'équivalent indien porte
point de vue strictement syntaxique, xsnuiiA, précatif en proposition principale,
serait plutôt un aoriste, x.miiuui8à, potentiel en proposition relative, un présent. toujours l'accent radical. is : is-, véd. {8e/t~te : ind. g. isé Y 50,1, l'. iste
Insler (1975 ibid.) veut reconnaître dans cette dernière forme, correctement élu- N 109 = P 11; subj. g. isai, g. isamaidé Y 35,7; (opt. r. isaéta P 22);
cidée par Humbach (dès MSS 2, 1952, 11 n. 6), une dissimilation de x.mausisa, opt. part. r. isana-.
92 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 a. Les présents radicaux 93
(1) C'est peut-être à l'origine un thème de parfait (voir Mayrhofer, EW (1'. °stauuôis upa-o V 19,22), (1'. °stuiiaj upa-o V 18,43. 44. 49); imp.
I96 et Insler, MSS 30, 1972, 62sq. n. 6). Je ne tiens pas compte ici des formes
(1'. °stüiOi aoi-o Y 9,2), (1'. °stauua'()vha apa-o V 19,6), r. staota V 18,16. 24;
thématiques que Bartholomae ou Insler (KZ 84, 1970, 193sq.) attribuent à is et
qui relèvent en fait de lis (état de la question et critique chez Kellens, KZ 90, part. stauua'(l>t-, r. stauuana-.
1976, 99sq.). (1) Approuvée par Insler (MSS 30, 1972, 55-64; Lang 48, 1972, 557-558),
qui souligne le parallélisme entre cette alternance vocalique et celle de l'aoriste
3.2. Avec les verbes d'élocution liturgique aoj: aoj-, véd. 6hana-, gr. sigmatique. (2) Au moins Y 44,7. Yt 5,120 hqm. tasat me paraît plutôt fautif
evwr:o: ind. g. aojôi Y 32,7, r. aoxte Fr., g. aoglJmadaé-ca Y 41,5, 3ème pour Xhqm.tiist que, comme le propose Narten (1oc. cit. 14 n. 35), le résultat d'une
plur. r. aojaite; inj. g. aoji Y 43,8, g. °aoyza pairi-o Y 43,12, g. aoglJda thématisation secondaire. (3) Jiiauuai étant ambigu, l'existence de ce thème
y 32,10 / r. aoxta; subj. g. aojai Y 50,11; opt. r. aoiita Vyt 11 (1); part. de présent dépend de l'analyse qu'on fait du Y 29,3 ya adra\l{/ Jauuaitë 'JrûuutivhO.
r. aojana- / r. aojana- (1'. aojlJmna- H 2,42rép); r. cas(2): cas-, véd. Jauuaitë est soit un sing. du prés. Jauua- avec le nom. plur. nt. ya pour sujet (Hum-
bach II 14sq.; Strunk, Nasalpr 91 n. 233), soit un plur. de Jao- avec 'Jr'JsuutivhO
ca~te: ind. caste N 17 = P 6; subj. (casaite Fr.); part. casana-.
pour sujet (Bartholomae, col. 714; Narten, ibid.). (4) staumi Mf 2 Jp 1 K 4
(1) Dans aojita zamfJustra, ou aojita est fautif pour Xaofisa ou zarafJustra n'est pas mieux représenté que staomi S 1 Mf 1 J 2 K 5, mais on peut à la rigueur en
pour xZara{}ustro. La seconde solution me paraît évidente. Cette faute, ou cette faire la lectio difficilior. Il est toutefois impossible d'affirmer que l'avestique
incorrection, est si fréquente dans le Vyt que Darmesteter (ZA II 665 n. 2) con- atteste le degré long du prés. rad. d€ stu. (5) Voir I3.1.
clut: "za1'afJustra kauua pu{}ra vistaspa sont des thèmes nus plutôt que des voca-
tifs". (2) Le fait que l'indien cak~ signifie "voir" amène JamaspAsa et Hum- 5. Inventaire des formes originales.
bach (Purs l 16sq.) à se demander s'il ne faut pas accepter les 'variantes ciste,
cisaite et ciSana- qui représenteraient le prés. inf. *cins- de cis "procurer". On peut Indicatif actif
objecter à cela que le moyen serait alors injustifiable et que le rapport entre indien
"voir" et iranien "enseigner" est attesté pour ind. ksa / av. xsa, autre terme du
1ère sing.: 1.1. ahmf, g. vaslJmi, g. hahmi; 1.2. mraomf; 2. ? r. naismi;
jargon d'école. 4. g. staumï1
2ème sing.: 1.1. aM, vaS'~, g. ha/si; 1.3. r. °pahi.
4. Le radical est soumis, dans la flexion, à une alternance entre le degré 3ème sing.: 1.1. astf, aé( i)t~, r. jai'(l>ti, g. vaS'li, r. vaé( i)ti, saé( i)tt,
long et le degré plein. La catégorie précédente, exclusivement composée g. haptï; 1.2. r. °kai'(l>ti ou klJ'(I>ti1, r. mraoiti, r. °vai'(l>ti1;
de verbes moyens tantum, ne diffère pas fondamentalement de celle-ci. 1.3. r. paiti, r. °uuaiti, r. vaiti, 1 r. siieiti, 1'. X(i).§aiti1;
Johanna Narten (Prat 9-19) (1) a mis en lumière ce type de présent 4. r. tasti, g. sastï.
radical "protérodynamique" qui a subi, dès l'époque la plus ancienne, 1ère duel: 1.1. g. usuuahi.
trop de réfections analogiques pour être aisément discernable, mais' qui 3ème duel: 1.1. r. stô; 1.2. r. °mrütô.
est seul à rendre compte de quelques thèmes de présent apparemment 1ère plur.: 1.1. maM, us(5)maM.
anormaux. Ainsi tas: tas-, véd. ta~ti / plur. tak~ati: ind. r. tasti, inj. 2ème plur.: 1.1. g. sta, g. usta.
tast (2); g. sah : sah-, véd. sasti / plu1'. sasati : ind. sasti Y 48,3; opt. sahi~ 3ème plur.: 1.1. hlJ'(I>tf, yei'(l>tt, r. °ynlJ'(I>ti, g. daibislJtdï, r. viiei'(l>ti, siiei'(l>t~
y 50,6; imp. °sastü /rô- y 45,6; " 1 .§(ii)u: g . .§(ii)ao-, nom propre véd. ou .§a'(l>ti; 1.3. r. va'(l>ti.
cyavana-: ind. 3ème plur. 1 .§auuaité Y 29,3(3); subj . .§iiauuai Y 33,8.
Le témoignage de ces trois verbes est faible: le premier n'a que le degré Indicatif moyen
long, le second que des formes obscurcies par un vocalisme étymologique 1ère sing.: 1.1. r. °yne; 1.2. g. glJrlJzoi ou glJrlJZé, °mruiié; 3. g. aojôi,
invariablement long, le troisième est incertain. stu fournit un matériel g. isé.
plus riche, mais particulièrement contaminé par l'analogie en raison de 2ème sing.: 1.1. r. taxse; 1.3. pafJM.
sa synonymie avec 1m1·ü : g. stau-1 / stao-, véd. stauti / M. stave, gr. 3ème sing.: 1.1. r. °yne; 1.2. r. tüite, r. °mruiié / r. °mrüite; 1.3. r. °paite;
Q"ufi'rat: ind. g. staumï1 Y 43,8(4) / (staom~), (1ère sing. M. r. °stuiié), 3. r. aoxte, r. aste, r. iste, r. caste, vast~, r. saéte; 4. r. °staoite.
(1'. staoiti), r. °staoite a-o y 10,19(6), r. °staomaide /1'a-o Fr.; inj. (1'. stao~ 1ère plur.: 1. 2. r. °m1'ümaide; 3. g. aoglJmadaéo; 4. r. °staomaide.
Yt 13,89), 3ème sing. M. r. staota; subj. r. °stauuane apa-o V 19,7, 3ème plur.: 1.1. r. °ynaire1; 1.2. r. °mruuaire; 3. r. aojaite, r. a'()hI1ire,
(1'. stauuaj Yt 5, 8par), (1'. stauuCfn Y 9,2); opt. (1'. °stuiia upa-o P 29) / r. sôire ou saére; 4. 1 g . .§auuaité.
94 Il A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 a. Les présents radicaux 95

Imparfait actif Optatif actif

3ème sing.: 1.1. as, r. ait?, 1.2. r. °arnraot. 1ère sing.: 1.1. g. iii5m.
1ère duel: 1.1. g. ahuua? 2ème sing.: 1.1. g. iiia, r. °iia, r. janiia; 1.2. r. °tuiia, r. mruiia;
3ème duel: 1.1. r. °aitom. 1.3. r. °paiia; 2. ? r. xsnuiia.
3ème phu.: 1.1. r. °ain? 3ème sing.: 1.1. g. iiiat et r. hiiat, °iiat, r. janiiat, g. usiiat; 1.2. r.
°kaniiat, rnruiiat; 1.3. g. paiiat; 4. g. siihit.
1ère plur.: 1.1. g. iiiarnii.
Imparfait moyen
2ème plur.: 1.1. g. iiiiitii.
3ème sing.: 1.2. r. °arnrüta. 3ème plur.: 1.1. r. hiiiiro.

Injonctif actif Optatif moyen

1ère sing.: 1.2. r. rnraom. 2ème sing.: 1.2. r. °rnruuisa; 2. ? g. xsn5uuisa; 3. r. iihï8a.
2ème sing.: 1.2. g. rnraos. 3ème sing.: 1.1. r. °ynita; 1.2. r. °iirnruuitii; 3. r. aojita.
3ème sing.: 1.1. g. °j5n; 1.2. rnraot; 1.3. g. pat; 2. ? r. naist; 4. tast.
2ème plur.: 1.2. g. rnraota. Impératif actif
3ème plur.: 1.2. r. uru{}on. 2ème sing.: 1.1. g. zdi, °idf, r. jai~i; 1.2. r. rnrüi~i.
3ème sing. pas.: 1.1. r. jaini. 3èmesing.: 1.1. asta, 1 g. barotü; 1.2. mraota; 1.3. r. patu; 4. g. °sastü.
2ème plur.: 1.1. r. °saëta; 1.3. r. pata; 2. ? r. nista; 4. r. staota.
Injonctif moyen 3ème plur.: 1.1. g. h51Jtü, r. ya1Jtu.
1ère sing.: 3. g. aoji. Impératif moyen
2ème sing.: 3. g. °aoyza.
3ème sing.: 1.1. ? r. °dista; 1.2. g. gorozda, raosta; 3. g. aogoda et 3ème sing.: 1.1. 1 r. borotqm?
r. aoxta, r. saëta; 4. r. staota.
Participe actif
Subjonctif actif 1.1. ha1Jt-, °ya1Jt-, r. yna1Jt-, r. usa1Jt-, r. viia1Jt-, g. siia1Jt-; 1.2. r. tuuant-,
r. °rn?'uua1Jt-; 1.3. r. pa1Jt-, r. °uua1Jt-, r. °Va1Jt-; 2. r. uruua~t-;
1ère sing.: 1.1. a1)ha, aiimf, r. janrïni; 1.2. g. tauua, r. °rnrauua et
4. stauua1Jt-.
°rnrauuani.
2ème sing.: 1.1. r. a1)hO; 1.2. r. °rnrauuai. Participe moyen
3ème sing.: 1.1. a1)haitf et a1)hat, °aiiat, g. vasa!.. 1.2. r. °tauuat,
g. mrauuaiti et rnrauuat. 1.1. r. ynana-, r. viiana-; 1.2. r. gor'Jziina-, r. °rnruuiina-; 3. r. aojana-,
1ère phu.: 1.1. a1) harna , r. janarna, r. °saiiama; 1.3. r. §(ii)arna. r. a1)hana-, r. isiina-, r. casiina-, r. va1)hiina-, r. saiiana-; 4. r. stauuiina-.
3ème plur.: 1.1. a1)hon, r. °aën?, r. °tacin, r. vason.
Infinitif actif
Subjonctif moyen 1.1. stoi et stë; 1.2. rnrüitë.
1ère sing. : 1.2. r. °rnrauuane; 3. g. aojai, g. isiii; 4. g. §iiauuai,
Infinitif moyen
r. °stauuane.
1ère plur. : 3. g. isarnaidë. 1.1. g. jaidiiiii.
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 a. Les présents radicaux 97
96

5.1. L'alternance vocalique: elle apparaît avec le type 1, 2 et 4, mais le attestations de cette dernière forme montrent toutefois que l'usage de-
type 2 est trop mal et trop pauvrement attesté pour être décrit avec vient caduc: &1)hliire est non seulement concurrencé par la forme théma-
précision. En règle générale (1), le degré le plus long est requis à l'indicatif- tisée ou analogique &1)h91Jte y 9,22 Yt 17,10.11, mais est encore claire-
injonctif singulier actif et le degré le plus court partout ailleurs (2). Mais ment utilisé en fonction de parfait au Y 9,23 (2). Curieusement, les seules
il faut souligner deux cas particuliers: 3èmes plur. ind. M. attestées pour les présents de type 1 sont °ynaird et
°mr(a)uuaire, de sens passif. On ne peut savoir si elles représentent un
1. Quel que soit le type d'alternance, le subjonctif a invariable- trait archaïque, une extension analogique à partir du type 3 et 4 ou
ment le degré plein. encore l'emploi dévié d'une désinence particulière en fonction exclusive-
2. En cas d'alternance entre le degré plein et le degré zéro, le degré ment passive. La même remarque doit être faite pour les 3èmes sing.
plein est encore requis à la 3ème sing. et à la 2ème plur. imp. A. ind. M. °yne et °mruiië, qui contrastent avec tüite et °mrüite.
(r. °saëta)(3). La 2ème plur. inj. A. n'est attestée que par une forme à
5. On notera l'attestation isolée d'une 3ème sing. inj. passif jaini,
degré plein, g. mraota. La 3ème sing. impft.-inj. M. a régulièrement le
transposée du système de l'aoriste.
degré zéro (r. °amrüta, 1 r. °dista, g. g,wJzda) , mais on ne peut exclure
raostli de façon décisive. Sur 1 r. °ka1Jta, voir 6.1. 6. Les présents du type 3 et 4 ne sont attestés à l'optatif actif que
par saM!, où -if représente -iia! en position inaccentuée (Hoffmann, Aufs
(1) 3.1.1. is et 4. sah ont un vocalisme de base non alternant. Les racines
à finale consonantique sans sonante intérieure ont le degré plein au lieu du degré
l 222 n. 4 et II 606 n. 1)(3).
zéro devant les désinences à initiale consonantique (1.1.1. r. taxse?). (2) Ins- 7. La désinence de la 2ème sing. imp. A. est régulièrement -di.
1er (MSS 30, 1972, 55sq.), se fondant sur le parallélisme avec l'aoriste sig-
matique, croit que le présent radical de type 4 avait aussi le degré long au pluriel 8. Le suffixe du part. A. est -a1Jt-j-at-, celui du part. M. -ana-.
de l'ind.-inj. A. Quoiqu'il en soit, aucune forme indo-iranienne n'atteste plus
(1) -aire ne peut être séparé du latin -ëre, -ërunt (Narten, loc. cit. 10
cette particularité. (3) Pour le présent de type 4, on peut seulement noter
n. 6). (2) haomo ttiscil yâ kainino âvhaù'e aar'Jy'Jm ayruuo paifJim 1'a()'JmCa
que le degré plein de staota correspond à celui de véd. stota (Narten, loc. cit. 16
baxsaiti "Haoma accorde un mari et un soutien aux jeunes filles qui sont restées
n.45). longtemps bréhaignes". (3) Cette forme rompt le parallélisme avec l'aoriste
sigmatique, qui ne produit aucun optatif actif (voir Insler, MSS 30, 1972, 63
5.2. Au point de vue des désinences, le tableau ci-dessus appelle les n. 10). g. saxiial Y 44,1. 9 ne représente pas *saxiial (Kuiper, ActO 12, 1934,
remarques suivantes: 206sq.), mais l'aor. rad. de savh (Bartholomae col. 1578; Humbach II 53; Insler
1975 242).
1. La 3ème sing. subj. M. et la 2ème sing. imp. M. ne sont pas re-
présentées par des formes originales, mais par des formes thématisées.
Ainsi 1.1. jan: r. °janaite et 3. GaS: r. casaite, 1.1. duuis : r. !bisa1) vha et 6. Distorsions et développements secondaires.
4. stu: r. °stauua1)vha. 6.1. Des irrégularités du degré vocalique apparaissent avec les formes
2. La 3ème plur. ind. A. est régulièrement, avec degré zéro du suivantes: indicatif actif: Jtaom~, r. staoiti; indicatif moyen: 1ère sing.
radical (et accent désinentiel), -a1Jti, avec degré plein du radical (ac- r. °stuiië; injonctif actif: r. stao!; injonctif moyen: 1 r. °ka1Jta; optatif
centué), -y,ti. L'avestique est un mauvais témoin en ce sens qu'il n'atteste actif: r. °stuii&, r. °stuiia!; impératif actif: r. °stüiôi. °ka1Jta est une forme
que des formes à accent désinentiel. douteuse: si on la prend en considération, il faut comparer son degré
3. La 3ème plur. ind. M. n'est attestée qu'avec des formes à accent plein à celui de 1 raostli, soit, plus vraisemblablement, l'attribuer à l'in-
radical. fluence du verbal °ka1Jta-. Les seules distorsions sérieuses apparaissent
4. L'alternance, en védique, entre saye et sére, asaya et ase?'an donc avec 4. stu. La rareté des présents du type 4 et l'influence du syno-
(Narten, loc. cit.) reflète un usage ancien: l'emploi des désinences du nyme 1mrü a été prépondérante. Elle a conduit à substituer, peut-être
parfait moyen à la 3ème sing. et plur. ind.-inj. M. des présents du type 3 dès les Gi1thi1s, en tout cas dès les grands Yasts, l'alternance entre degré
et, peut-être, 4 (voir véd. stave). L'avestique confirme ce témoignage plein et degré zéro à cene entre degré long et degré plein. Comme le
pour la 3ème plur. ind. M. avec si5irejsaë?'e et &1)haire Yt 10,45 (1). Les remarque très bien lnsler (MSS 30, 1972, 64 n. 15), les formes moyennes
7 Kellens, Le verbe avestique
98 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 a. Les présents radicaux 99

à degré plein ont mieux résisté que les formes actives parce qu'elles présents thématiques. Ici, la réfection secondaire concerne plus la dé-
pouvaient être assimilées au type 3. rivation nominale que la flexion verbale.
6.2. La thématisation secondaire. Tableau des formes attestées (1): in- 3. Dans le cas de jan, la thématlsation secondaire est en partie
dicatif actif: 7 v(a)iiemi, janaiti, va1jhaitH, v(a)iieiti, va1jka1Jti; indicatif dictée par la volonté d'éliminer un radICal asyllabique (5).
moyen: g,W'azaite, °mmuuaite, a1jh'J1Jte; injonctif actif: janat, uru{}a,t, 4. Il est clair que les réfections les plus fréquentes et les plus
jan'Jn; injonctif moyen: va1jhata, °mrauua~ûa, uru{}'J1Jta; subjonctif actif: anciennes (dès les grands Yasts) affectent le subjonctif. On y verra réso-
a1jha, a1jhaiti, °aiiat, janaiti/ianat, mrauuat, stauuat, tauuqn, stauuqn; lument l'introduction secondaire de cette voyelle longue typique qui,
subjonctif moyen: casaite, janaite; optatif actif: °stauuois, fraiioit, dans la conjugaison thématique, permet commodément de distinguer le
fraiiqn, °janaii'Jn; optatif moyen: isaëta, g'Jr'JZaëta, °janaëta, janaiia1Jta; subjonctif de l'indicatif ou de l'injonctif. Il est donc permis de penser
impératif actif: °mr(a)uua, va1jhatu, fraiiatu; impératif moyen: tbisa1j vha, que la thématisation secondaire avestique s'est le plus souvent développée
0stauua1jvha; participe moyen: aoj'Jmna-, °mraomna-, saiiamna-, xo~amna-1 par analogie, à partir de formes hyper-subjonctives.
Il faut en fait distinguer entre divers types de réfection: 5. Dès lors, la thématisation secondaire proprement dite, celle qui
1. Cas particuliers: a) a1jh'J1Jte n'est pas tant le résultat d'une se développe par analogie à partir de la 3ème plul'. ind.-inj., ne peut être
thématisation secondaire que le résultat d'une analogie d'après le type 1 postulée que pour des formes à degré zéro. Elle est rare et tardive:
(Narten, loc. cit. 10 n. 18). b) li ne fournit de formes thématisées, en tbiSa1jvha V 7,52C, 7 v(a)iiemiYt 15,43, v(a)iieitiYt 8,237 V 15,5, uru{}at
dehors du subj.(2), qu'avec fra-i dans le Vidëvda,d: on opérait donc, dans F 9 et uru{}'Jzûa V 9,45. Les attestations thématisées de ga1'z, g'J1''Jzaite
la langue tardive, avec un thème fraiia-. c) garz produit des formes Yt 10,53 et g'Jr'Jzaëta Yt 17,57-59 peuvent s'expliquer autrement (1 ci-
thématisées dès le Yt 10,53 (g'Jr'Jzaite) , mais véd. m;h ayant aussi un dessus). Les racines qui ne sont connues que par des formes thématisées
prés. garha-, g'Jr'Jza- pourrait résulter d'une collision entre g'Jr'Jz- et (matériel en b 2.4.2), loin de contredire cette conclusion, fournissent un
*gar'Jza- (Kellens, KZ 90, 1976, 99 n.34). d) A l'exclusion de l'imp. témoignage précieux. tac et {}f3axs, thématisés dès les grands Yasts, ont
fra-mr(a)uua V, les seules formes thématisées de lmrü apparaissent avec une composition phonétique qui exclut l'usage du degré zéro (6). C'est
l'expression ustatat'Jm ni-mrü (dès Yt 13,93 Yt 8,29). La thématisation l'indice que l'alternance vocalique a puissamment freiné le développe-
secondaire, correspondant à un fait sémantique précis, relève d'autre ment de la thématisation secondaire et contribué à la préservation de la
chose que d'une simple réfection formelle. e) Pour 3vah, la thématisation catégorie des présents radicaux.
secondaire va de pair avec l'emploi de désinences actives(3).
L'avestique a relativement bien préservé ses présents radicaux.
2. Certaines personnes de certains modes sont particulièrement Si chaque thème radical suffisamment attesté a subi ici ou là une théma-
riches en formes thématisées alors qu'elles sont pauvres en formes origi- tisation secondaire, celle-ci n'est jamais gâthique et, en règle générale,
nales. L'examen des cas particuliers permet toutefois peu de conclusions elle n'apparaît avant la langue du Vidëvdad que si elle équivaut à une
décisives: a) les pressions qui s'exercent sur le subjonctif (voir 4 ci- caractérisation redondante dn subjonctif.
dessous) expliquent sans aucun doute que la 3ème sing. subj. M. ne soit
(1) Toutes appartiennent à l'Avesta récent. La seule "athématisation" est
attestée que par des formes thématisées (6.2). b) Le fait que la 3ème 2is: paitisana- Y 55,6, qui est vraisemblablement très secondaire (voir 13.1).
sing. opt. M. soit fréquente relève vraisemblablement du hasard: isaëta (2) Les formes thématisées du subj. sont us-aiial V 7,2 et paraiial V 9,39 V 15,9
P 22 est tardif, voire fautif, g'Jr'Jzaëta et janaëta relèvent de verbes fréquem- (pour *paraiial, avec redistribution secondaire des voyelles longues). (3) Sauf
ment thématisés. c) La 2ème sing. imp. M. n'est attestée que par les vavhata Yt 5,129. Ce phénomène n'apparaît que dans le Vidëvdâd. (4) véd.
formes thématiques 1bisa1jvha V 7, 52C et apa-stauua1j vha V 19,6 (4), toutes stu a un présent thématisé dès le ~gveda (p. ex. stavate). (5) Il est parfois
difficile de savoir si certaines formes à radical °aiia- de li s'expliquent par a-i ou
deux très tardives. d) La fréquence du participe moyen thématisé est par une thématisation secondaire. Le part. aiia1J,t- V 6,26 V 8,73 N 37, qui ne
toute relative: xo~amna- est une conjecture, sur ni-mraomna-, voir 1 ci- signifie pas "s'avançant", mais simplement "allant", pourrait aussi s'expliquer
dessus. aoj'Jmna- Fr. et saiiamna- V sont tardifs, mais on peut les at- par la volonté d'étoffer un radical trop mince. (6) C'est encore le cas de sna{},
tribuer à une analogie d'après la classe nombreuse et caractéristique des qui n'apparaît que dans les fragments.
7"
100 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en -a- 101

b. Les présents en -a- (Henning 169) et le parthe hyrz- (Ghilain 48), dérivant de *hrza-, montrent
qu'elles ne fondent pas un prés. hm'na-, comme le voudrait Bartholomae (col. 1792),
Le suffixe -a- est inséré entre la racine et les désinences person- mais sont à mettre au compte des négligences de la transmission manuscrite.
nelles. Il se combine avec le morphème modal pour devenir -a- au sub- (7) L'absence d'augment rend Mayrhofer (Ap 124 et 141) et Schmitt (KZ 81, 1967,
64sq.) sceptiques envers cette restitution. Auparavant déjà Weissbach
jonctif, -oi- ou -aë- (*-aj-) à l'optatif. La racine présente un degré non
(1911 43). (8) Les leçons f1'avhar'Jza~tqm K 38 Pt 1 et fravh'Jl''Jzi~tqm Flin-
alternant, qu'il soit nul, plein ou long. L'accent n'étant pas noté, le diquent que la forme originale est *fravh'Jl''Jz'J~tqm. V 5,61 h'Jl''Jziial K 1 ou harniiat
degré vocalique du radical représente, en avestique, le seul critère Jp 1 Mf 2 étant fautif pour xhm''Jcaiial (L 1 a har'Jzaiial, Pt 2 L 2 Br 1 h'Jl''Jzaiial;
possible de classement. voir V 5,60. 61 auui mqm har'Jk'J har'Jcaiial) , le présent h'Jr'Jziia- de Bartholomae
(col. 1792) doit être biffé. Le thème h'Jr'Jzaiia- rend c<?mpte d'une forme en réalité
optative (h'Jrnaii'Jn V 6,2-4 V 8,2). Voir aussi 3.1.2 az.
1. Présents en -a- avec degré zéro de la racine.
1.1. Huit racines représentent clairement le type indien tudati. 2is "mettre 1.2. Deux racines représentent clairement le type indien guhati. r. guz
en mouvement" : isa- (1), véd. i~e : ind. g. isa'fiti y 46,9, ? r. °isa'fite pah'i-o "cacher" : guza-, véd. guhati: impft. aguze Yt 17,55. 56; opt. guzaëta
V 14,7;? inj. r. isal V 2,32; subj. °isat paiti-O, g. isa'fitiY 45,7 1r. °isCfn Yt4,4, °guzaiia'fita f1'a-o Yt17,55. 56; r. miv "se mouvoir" V 18,55.
paiti-O Y 60,6, °isa'fite pairi-o V 6,8; opt. r. °isaiia'fita pairi-o V 6,7; imp. 59 : °miuua- auua-o, véd. mivati : ind. °miuuamahi.
r. °isata paiti-O Y 57,13; part. r. °isa'fit- paiti-O, (1'. °isana- paiti-O Y 55,6); 1.3. Les racines qui n'ont pas d'étymologie sûre ou dont les équivalents
g. marzd "faire grâce" : marazda-, véd. mri!ati : imp. marazdata Y 33,11 (2); indiens ne produisent pas de formes personnelles ne peuvent être rangées
r. °yu ni-o "lier" : °iiuua-, véd. yuvati : part. °iiuua'fit- dans le composé dans l'une ou l'autre des catégories précédentes. Oe sont r. 3is "net-
alsmainiuua'fit- (3); vaxs: r. °UxSa-, véd. uk~ati : subj. °uxsane f1'a ... uz_o toyer"? (1) : °isa- pairi-o : ind. °isa'fite V 14,7; subj. °isa'fite V 6,8; opt.
Yt 19,50(4); vis "servir de": vïsa-(5), véd. visati: ind. r. vise, r. visaite, °isaiia'fita V 6,7; r. °kus fracao "tuer" V 5,34: °kusa- : ind. °kusaiti (2);
r. visaëte P 58, visamaidë, visa'fit~; inj. r. °visam, r. visata, g. visa'fitâ 1J{3ars "façonner" (3) : r. 1J{3a1asa-: ind. 1J{3arasaiti V, 1J{3arasato Y 57,2,
y 32,14; subj. r. visai 1visane V 2,5, r. visai ou visafjhe V 2,4, r. °vïsaite xOf}{3arasa'fite upa-o V 17,2; inj. °f}{3a1'asam fra-o V 1,2 etc, O{}{3araso f1'a-o
Ira-o y 10,8; imp. r. vïsavvha, part. r. visamna-; r. spm' "triturer" : spara-, y 11,7, °1J{3arasavha upa-o V 17,4, of}{3arasat fra-o; subj, O{}{3arasama? fra-o
véd. sphurati: inj. °spara{; opt. sparoit Vyt 35; imp. °spara vi-o V 2,31; Yt 5,50par; opt. °1J(3a1'asois, O{){3arasoit upa-o N 1050, °1J{3arasaëta fra-o
r. harz "laisser aller": haraza- (6), véd. srjati, v.-p. ava-h(a)r[da]? DB V 7,71, °1J{3arasaiian upa-o V; {)(3i: 1J{3(a)iia-(4): ind. g. {){3Oi.ahi, r.
II 94 (7) : ind. °harazami auua-o Y 10,15, °ha1'azaiti V, haraza'fiti Yt 13,43; O{){3(a)iieiti upa-o Vyt 27; part. l', {)(3(a)iia'fit- V 2,23; ? r. part: voir 2.2;
in j. °haraza1 Ira- V 2, 6 0; sub j . °harazat Fr.; opt. °harazoit Im- N 11, r. varc "mettre en pièces" : °va1'aca- : ind. °va1'acai'fiti aipi-o N 95 (5); inj.
°harazaëta upa-o V 5,51, harazaiian V; part. °har'Jza'fit- fra-o Yt 14,12 (8) ~ °va1'aci'fita fra-o Yt 17,19; l', viz ni-o ''?'' Yt 14,57: °viza-: ind. vizaiti
hi "lier" : r. hiia-, véd. syati: subj. hiiCfn Yt 8,55. Le traitement de r Yt 14,57(6); r. °sif auui-o "frotter"(7): °sifa-: inj. °sifal V 2,10 etc;
voyelle devant s en avestique récent empêche de discerner si le présent opt, °sifois Yt 14,35; ? r. czars ni-o "entraîner" V 19,30 : °za1'sa- (voir
karsa- de r. kars "tirer" correspond à Mr~ati ou à kr~ati : ind. °karasa'fiti 2.2); g. his "engendrer" Y 45,4 (8) : hisa- : part. hisa'fit-,
auua-o V 5,5; opt. °karsoil V; opt. °karsaiian apa- Yt 19,80.
(1) Appartient peut-être à 2is (1.1): discussion chez Kellens (KZ 90, 1976,
(1) L'hypothèse d'lnsler (KZ 84, 1970, 187sq.), qui rapporte isa- à lis 91 sq.). (2) Voir m.-p. kws- (Henning 168 kus- "tuer" et 184 kas- "combattre")
"désirer", a été critiquée par Kellens (KZ 90, 1976, 96sq.). isal, paitis'J~~t'Jm Yt 15, et parthe kws- (Ghilain 66 kas- "combattre"), (3) Véd. tva~tar- résulte de
51 et les formes moyennes avec préverbe pai1'i (pairis'J~te V 14,7, pairistl~te V 6,8, *tvar~tar = g, {}f3ar'Jstar-: voir, en dernier lieu, Mayrhofer (FSMorgenstierne
pairisaiia~ta V 6,7) ne sont rattachées à 2i8 que par conjecture. Sur ces dernières, 144sq.). (4) La tradition manuscrite ne permet pas de poser sûrement {}f3iia-
voir aussi 1.3. Khot. hei' - s'explique par *fra-isa- (Emmerick 154sq.). (2) Gra- ou {}f3aiia-. (5) Yt 17, 19 fraor'Jci~ta impose la corrcction de N 95 aipi.var'Jcai~ti
phique pour *m'Jr'Jzdata: voir Humbach l26. (3) Hoffmann (Aufs l67) en xaipi.v'Jr'Jcai~~ti ou xOv'Jr'Jci~ti. Bartholomae (col. 1367) compare varc au grec lfÂ1(w
(4) Le présent usuel de vaxs est uxsiia- (c 1.3.3). *uxsa- survit aussi dans le khot et au lit. velkû (voir aussi Frisk, GEW l 77, qui y ajonte grec a.Âo~ et v,-sI. vlekQ.
hUlp~- "to grow" (Emmerick 154). (5) Pour l'élimination des formes actives Est peut-être représenté par le khot. valj- > *varcya- (Emmerick 120). (6) haom'Jm
voir 12.2. (6) Certaines formes, surtout dans le Vidévdiid et les fragments, yim niuuizaiti niuua~dal apaiieiti. Les leçons sont si diverses et si corrompues qu'elles
sont inévitablement transmises avec un degré plein apparent har'Jzo. Le m.-p. hyl- font douter de l'existence même de ce verbe: niuuizaiti F 1 E 1 K 16, niuuazaiti
102 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en -a- 103
M 4, niuuazait K 36. 37, nijair5i K 40, nizat K 12, niuuizai~i Jm 4 Ml 2, niuuijai& svanadratha- (5); car "circuler": cara-, véd. carati: ind. °carait~ (6), r.
Pt 1 L 18 P 13 0 3, naiuuazaiti J 10, nizai~e L 11. L'analyse de Fris (ArchO 19,
°caraite fra-o, r. carato V 13,49, r. °caraéte fra-o Yt 10,112 / r. °caroif}e
1951, 504-506) ·n'est pas convaincante. (7) Rapproché du skr. sipha- "la
baguette" par Lommel (KZ 50,1922,268). Bailey (BSOS 9,1937,231; 9thC 221) fra-o y 9 15, r. °caraf}f3e fra-o Yt 13,34, r. car'J'lJti; inj. r. °car'J'lJta V 2,
donne les survivances iraniennes. (8) Ne pas lire en composé avec le mot 11 etc; subj. g. carani Y 44,17, r. °carane fra-o Y 9,17, r. cara1 y 9,24;
précédent: vispa hisas ahuro "Ahura, engendrant toutes choses". hisa- est com- ol'G. r. °caraéta fra-o Yt 13,107, r. °caraiiat'Jm vi-o N 79 (7); iml'. r.
parable au latin sero < *siso (Hoffmann, oralement). °cara1J vha hqm-O Yt 17,60, r. °car'J'lJtu vi-o Yt 13,156; part. r. °cara'IJt-
1.4. Les divergences avec l'indien et les autres langues indo-européennes pm'a-oy 62,8; r. 2ji "vaincre" V: jaiia-, véd. jayati: subj. jaiiai V 18,5;
sont rares et incertaines. R. pard "péter" V 3,32: p,W'Joa- : inj. p'Jr'J(YJn part. jaiia'IJt- (dusmainiiü.jaiia'IJt'Jm Az 7); r. daj "consumer": daza-,
ne correspond ni au véd. pardate ni au grec néebofl,w, mais peut relever véd. dahati: ind. dazaiti; inj. daza1 Fr.; subj. °daza1 apa-o V; dab
d'une déficience graphique (1). G. °sparz a_a "rivaliser" Y 31,16: °sp'J1'na- : "tromper": dauua-, véd. dabhati: part. r. da~tua'IJt (S) Y 9,18; g. 2da
inj. °sp'Jr'Jzata(2) doit être original: il s'oppose au grec anéeXoflW (sur "distribuer": daiia-1 Y 29,8, véd. dayate: subj. *daiiai(9); r. °duuaj
"flotter" Yt 14,45: °bf3oza-, skI'. dhvajati (10) : inj. °bf3oz'Jn; (d'J )bqz "soute-
lequel Frisk, GEW II 764), mais justifie le déverbatif indien sprhayati
(Kurylowicz, EtBenveniste 59). nir": (d'J)bqza-, skI'. barrz,hate(11): ind. (d'J)bqzait~, r. Xbqzato V 13,9(12);
1 r. dru "courir": *drauua-1 V 13,8, véd. dravati : part. *draomna- (13);
(1) L'auteur de cette phrase s'est complu, argotiquement ou expressive-
r. pac "cuire": paca-, véd. pacati : ind. °pacaiti hqm-O Y 62,7; inj. pacata
ment, à aligner des formes de types morphologiques divers, mais toujours de
radical réduit: xVisf)n ... tUSf)n ... uruihn ... pf)rf)~f)n. Quoi qu'il en soit, ce verbe Y9,11par; subj. pacat V16,17, °pacqn hqm-O V8,73; opt. pacaii'Jn
se prête aux déformations onomatopéiques. Indien pardate n'est pas attesté que Yt 8,58par; r. pat "aller": pata-, véd. patati, v.-p. ud-apatatii: ind.
dans le Dhiitupat-ha (Mayrhofer, EW III 753). (2) Insler (1975 188), parce °pataiti V, pat'J'lJti; impft. apatat Yt 19,41. 82; inj. pata1; subj. °patai
qu'il refuse une forme augmentée, lit. fradœ&ai.a spf)rf)zata et fait de Spf)I'f)Zata un (a)fra-O Yt 19,50, °pata'IJti fra-o Yt 8,61 par / °patqn fra-o V; opt.
dérivé abstrait en -tao. Nul n'a jamais prétendu que aspf)rnata fût un imparfait:
P 49 aspf)rf)zo.datf)ma- indique clairement qu'il est composé avec le prév. a.
(a)pataii'Jn; imp. °pat'J'lJtu vi(s)-O Y 10,1; part. pata'IJt-; r. fru "s'envoler,
nager": frauua-, véd. p1'avate ou plavate : ind. °frauuaiti ou °frauuaite
1.5. r. buj "sauver": büja- Yt 4,3: inj. büja1 n'est peut-être ni authen- fra-o y 9,32; subj. °frauua~tti ou °frauua'IJte us_o Yt 8,40; opt. frauuoi1
tique ni apparenté à l'ind. bhuj: bhujati "plier" (voir d 2). Yt 19,80 (141; r. f1'Uf) "ronfler": frao1Ja-, véd. prothati : comp. fraof}a1.aspa-
Yt 5,130; baxS "distribuer": r. baxsa- (15), skI'. bhak§ati : ind. r. baxsahi
2. Présents en -a- avec degré plein de la racine. Cette construction, cor- y 11,1, r. baxsaiti, r. baxsaite, r. baxs'J'lJti, r. baxs'J'lJte V 8,100 etc; inj.
respondant au type indien bhavati, est incontestablement la plus pro- r. baxsat F4b; subj. r. baxsani Ytl0,108par, r. xbaxsaat N76(16),
ductive en avestique. r. baxsa'IJti Vyt 34. 46; opt. r. 2ème phu. xbaxsaéta Vyt 8; r. baj "dis-
tribuer": baza- Yt 19,8, véd. bhajati: inj. bazat; bar "porter": ba1'a-,
2.1. Sont clairement hérités arj "valoir": ar'Jja-, véd. arhati: ind. r. véd. bharati, v.-p. a-baratiy : ind. r. barami, r. baire Yt 14,57, r. barahi,
ar'Jjaiti H 1,5 etc; inj. g. ar'Jja1 Y 50,10; az "emmener": aza-, véd. baraitt, r. xbaraite Yt 10,112 (17 ), r. °barato hqm-O Yt 8,22, r. xbaraéte F 4d,
ajati: ind. r. azaiti, r. azaite Yt 10,38, r. xazoi1Je V 3,11, r. °az'J'lJti para-o r. °baramahi hqm-O V 5,39, r. °baramaide pairi-o Yt 11,7, r. bar'J'lJti,
Yt 13,68; r. °aza1 auua-o Yt 19,81 (1), r. aZ'Jn Yt 13,37; subj. r. azani, r. °ba1''J 'lJte (1S); 1 impft. r. ab aire 1 Yt 14,59; inj. r. °bar'Jm V, r. °baire uz_o
r. °azaiti a_a Fr., r. azaite V 18,76, g. aza1Ja Y 50,7; opt. r. °azoi1 V, Yt 5,6par, r. bara1, r. barata, r. ba1''Jn; subj. r. bm-ani, r. °barahi, r. barat,
r. azaéta V 18,75; part. r. aZ'Jmna- Yt 10,86; ü "aider": auua-, véd. r. bm'ato N 64, r. barama V 6, 44par, r. °bara'IJti paiti-O N 54/ r. °barqn V;
avati : ind. g. auuami Y 44,7; subj. r. xauua1 N 3, r. 1 auuqn Yt 8,7. 38 (2) ; opt. r. °barois, r. bm'oit, r. baraéta V, r. °baraii'Jn V; imp. r. bara,
opt. r. auuoit N 2. 3; part. r. aomna- Yt 13,146; r. 2kan "creuser" V: r. °bara1J vha hqm-O Yt 10,32, r. barata N 103C, r. bar'J'lJt~t; part. r. bara'IJt-,
°kana-, véd. khanati, v.-p. °akanam: opt. °kanois auua- V 17,5. 7, r. baramna-; 1 bi "avoir peur" 1 (19): baiia-1, véd. bhayate : ind. r. °baiieiti
°kanaii'Jn (3); 1 r. kars "tirer": km'sa-, véd. kar§ati (voir 1.1); xrus ni-o P 201, baiie'IJt~1; bü "devenir": r. bauua-, véd. bhavati, V.-p.
"crier": °xraosa-, véd. krosati: opt. r. °xraosoi1 fracao A 3,13 (4); part. bavatiy: ind. bauuaiti, bauuai'IJti; impft. °abaom pairi-o Yt 19,57sq.,
g. °xraosa'IJt- upa-o y 53,8; r. xVan: xVana- : comp. xVanat.caxra-, véd. abauua1; inj. bauuat, bauuat'Jm Fr., baon; subj. bauuani, bauuahi Az 2par
104 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en ·a- 105

etc, bauual, bauuama Yt 5,58. 73, bauuâ,'(Ltilbauu~n; part. bauua'(Lt-; "se déplacer": r(}?Jja- Y 10,8, véd. l'ârhhate : ind. r(}'(Ljaiti ou r(}?Jjaite; r. rue
r. bras1 Yt 19,34: brasa-, véd. bhrârhsate(20): inj. brasal; g. nad "pousser "briller": r. moca- A 4,5. 7, véd. rocate : part. l'aoca?Jt-; r. 2rud "croître":
des cris" Y 33,4: nada-, véd. nâdati(21) : part. nada?Jt-; r. nam "plier, raoôa-, véd. r6dhati: ind. raoôahe Y 10,4, raoôCJ?Jti V 5, 19; inj. moôal
aller": nCJma- (22), véd. nâmati : ind. xn(}maite, °n(}ma'(Lte fra-o y 57, 18; inj. y 9,11 par; sqh "déclarer": safjha-, véd. sârhsati, v.-p. afJaha: ind.
°nCJmata apa-o Yt 19,35 etc; subj. °n(})mane fra-o Yt 9,4par, °namaite r. °safjhami paiti-O V 20,7, g. s9'(Lghaiti Y 43,6, g. s9'(Lghaitë Y 32,7 1
fra-o Yt 19,95. 96, °n(}md'(Lte fra-o Yt 9,4par; imp. °n(}mafjvha vi-ca V 2, r. safjhaite V 18,1, g. s9'(LghamahiY 31,1; inj. r. safjhal V 22,8 etc; subj.
10 etc; r. ni "conduire": naiia-, véd. nâyati, v.-p. anaya : ind. naiieiti, g. s9'(LghaniY 46,17 1r. safjhani Vyt 13; opt. r. safjhOis V 22,7, r. °safjhaMa
r. naiiete1 P 59, naiiei'(Lti ou naiie'(Lte Yt 10,42; subj. °naiieni; part. paiti-O Yt 14,35; suc "être en feu": r. saoca- V, véd. socati : part. saoca'(Lt-;
°naiia'(Lt- auua-o P 32; r. mad "s'enivrer": maôa-, véd. mâdati: ind. r. sri "se pencher": °sl'aiia-, véd. srâyati: inj. 3ème sing. M. °sl'aiiata
maôaiti ou mMaite N 30; 2mar "se souvenir": mara-, véd. smârati : ind. upa-o Yt 17,21; imp. °sraiiafjvha upa-o Yt 17,21; part. °sl'aiiamna- apa-o
r. °maraiti fra-o N, marCJ'(Lt~, r. °smar(}'(Lte paiti-O; subj. r. °maraiti fra-o Yt 13,26; zu "invoquer": r. zauua-, véd. hâvate : ind. zauuaiti Y 11,1-3,
A 4,5. 7 1 r. maral y 19,6, r. mara'(Lti FrW 4, 1; opt. r. °maraëta upa- zauuai'(Lti; r. zbal' "boiter": zbara-, véd. hvârate : part. zbam'(Lt- Yt 15,
V 4,45; part. mara'(Lt-, r. marCJmna-; g. 2mard "négliger" Y 51, 13 (23): 50.51, zbar(}mna- Yt19,42; t(ii)u "mettre en mouvement": g. 1 r.
mar(}da-, véd. mârdhati : ind. mar(}daiti; r. miz "uriner" V: maëza-, véd. t(ii)auua-(29), véd. cyâvate: ind. 1 g. tauuaitë Y 29,3; inj. r. xotauual
méhati: ind. °maëzaiti fm- V 18,40, maëz(}'(Lti V 3,6; opt. maëzaiia'(Lta; ai{Ji-o V 2, 10 etc; subj. 1 g. tiiauuai Y 33,8; imp. r. xotauua V 2,10 etc;
part. maëza'(Lt- N 37; g. °mruc para-ca . .. aora-ca "s'enfoncer" Y 53,7: part. tauua'(Lt- Fr.; °zgal' fm-o "couler" Y 65, 4rép: °zgal'a-, véd. lc~ârati :
°mmoca-, véd. mrocati : part. °mraoca'(Lt-; 1 yat "se mettre en place": ind. °zgal'aiti; hac "accompagner": haca-, véd. sâcate: ind. r. hacahi
r. °yata- fra-1 Yt 1,24, véd. yâtati: subj. °yatal1 (24); yaz "sacrifier": Yt 17,6 etc, r. hacaiti, hacait~, haci'(Ltë; inj. r. °hacal upa-o; subj. g. Mca
yaza-, véd. yâjati, v.-p. yadataiy: ind. r. yaze, r. °yazaiti fra-o N 81, y 46,1 (30), r. hacane Yt 5, 69par, r. °hacaiti1 para-o 1r. haca[ Yt 18,4par,
yazait~, yazamaid~, r. yazCJ'(Lti N 24, r. yaz(}'(Lte; inj. r. yazata, r. yaz(}'(Lta; r. hacaite1 pam-o, haca'(Ltë, imp. r. hacafjvha N 9, r. hacatu Vyt 8; part.
subj. yazai 1 r. yazane, r. yazaiti, r. yazaite, r. yaza'(Lte; opt. r. yazaMa, hacimna-.
r. yazail fra-o N 40, r. yazaëta V, r. yazaiia'(Lta; part. r. yaza'(Lt- Fr.,
(1) Et non de auua- 1 za (Bartholomae, col. 1688): voir Hoffmann (Aufs
yaz(}mna-; vat "comprendre": r. °vata- aipi-o, véd. vâtant- : ind. °vatahe 1222 n. 4). (2) Exprime l'aide apportée par les divinités à la flèche d'3raxsa:
y 9,25; subj. °vataite V 9, 2 par ; van "vaincre, être vainqueur": vana- (25), Yt 8,7 taaa dim ahuri) mazdt1 auuqn data tat apo uruuar&sca pairi sé vouru.gaoiiaoitiS
véd. vânati: ind. r. vanami Yt 15,44, r. vanaiti, g. vanai'(Lti Y 39,2 1 miDro jradaiiat pal1tqm; Yt 8,38 auui dim ahuro mazd&- auuqn am9s&- SP911ta
r. °vanCJ'(Lti ni-o; inj. r. vana[; subj. r. vanani 1 r. °vanani ni-o Yt 5,130, vouru.gaoiiaoitiS hë miDro pouru pal1tqm jracaUaét9m. Ces deux phrases sont
r. vana!. 1 r. °vanal ni-o Yt 10,75, r. vanama Yt 10,34; opt. g. vanaëma établies sur la seule base du manuscrit F 1. Elles ne sont pas exactement parallèles
et la seconde au moins est corrompue: le duel jracaUaét9m a pour sujet le singulier
y 31, 4; part. r. vana'(Lt-, r. van(}mna- (auuan(}mna-); r. va?Ja. " souhaiter miDri) et amû&- SPiJl1ta est syntaxiquement de trop. Je ferai deux conjectures.
la bienvenue" Y 10,8: va'(Lda-, véd. vândate: opt. va'(Ldaëta; r. vart auuqn a été introduit fautivement dans le Yt 8,38 d'après le Yt 8,7 et, à sa suite,
"tourner" Fr.: var(}ta- F 8, véd. vârtate : imp. var(}tata; vard "accroître": interprétativement, amiJs&- SPiJ11ta qui permettait de recréer l'expression tradition-
varCJôa-, véd. vârdhati: ind. g. varCJdaiti Y 28,3 1 var(}ôatiO A 4,6; inj. nelle auuain am9s&- SpiJl1taY 57,23 V 19,13: on pourrait ainsi considérer que ahuri)
g. varCJdCJn Y 49,4; subj. r. va1'(}ôataëO Yt 13,68; part. r. varCJôa'(Lt- V 21,1, mazd&- et miDri) sont les deux sujets de jracaUaët9m. Mais pourquoi auuqn est-il,
au Yt 8,7, subjonctif et non injonctif? auuqn pourrait être, dans les deux phrases,
r. var(}ô(}mna- V 4,2; r. vaz "véhiculer": vaza-, véd. vâhati : ind. vazami l'ace. plur. de auua- "l'aide" (= véd. ava-) - on attendrait toutefois *au - : dans
V 5,18, vazaiti, vazaite, vaz(}'(Lti, vazCJ'(Lte; inj. 3ème sing. M. vazata; subj. ce cas, data, moyen réfléchi du type l 4.3.2 régissant auuqn, serait une forme ver-
vazahi V 5,16, vazaite, vaZa'(Lte; imp. °vazafjvha upa-o V 22,7; inf. va- bale, jracaësaét9m aurait deux sujets et deux objets, l'introduction secondaire de
zaiôiiai; part. vaza'(Lt-, vaz(}mna-; r. 2vah "demeurer" H 2,1 par: vafjha-, am9~&- SPiJl1ta s'expliquerait de la même manière que ci-dessus. De toute manière,
poser sur la seule foi de ces passages un verbe an "respirer" sous les formes com-
ind. vâsati: ind. vafjhaiti ou vafjhaite; r. vij1 "agiter" Yt 19,92(26):
posées auua-an et auui-auua-an (Bartholomae, col. 112) ne se recommande pas.
vaëja-, skr. vejate : part. vaëja'(Lt-; r. vip "s'agiter": °vaëpa- apa-ca V 7,55, Sur un dérivé nominal possible de *an "respirer" en P 30 (viiani-), voir JamaspAsa-
ind. vépate (27) : ind. °vaëp(}'(Lti; rap "aider": rapa-, véd. râpati, lâpati (28) : Humbach (Purs 147). (3) Les formes radicales répertoriées en a 1.2 peuvent
opt. g. l'apaiso Y 41,4; imp. g. °mpa a_a y 49, 1; part. mpa?Jt-; r. ra'(Lj être secondaires: il faudrait alors attribuer au thème °kana- au moins une 3ème
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en -a- 107
106
plur. ind. A. *okawJ1;tti. (4) °xraosoi1 doit être pvéféré à °xra?siioi1 (Klingen- embrouillé par influence réciproque. Aussi vaëja1;lt-, encore attesté avec vaiëjo F 8,
schmitt, FiO 227). *xmusa- est supposé par m.-p. xrwh- (Hennmg 185), parthe dont la traduction pehlevie est illisible, doit-il être considéré comme incertain. Une
X1'WS- (Ghilain 64) et khot. grüs- (Emmerick 32), signifiant tous "appeler". racine iranienne *vij est toutefois sûre. Elle rend compte de dérivés nominaux
(5) Mais le prés. thém. n'est pas attesté ailleurs que dans le composé (Narten, avestiques (Benveniste, BSOS 7, 1934, 265sq.; TPS 1945, 75), de verbes moyens
MSS 27, 1970, 78 n. 8-9: voir Wackernagel, AiGr II 1 318 = § 120d3). (6) Selon et modernes (Nyber~, Hb II 210 sous 2vëxtan) et d'emprunts arméniens (Nyberg,
Humbach (II 58 et 86), les formes gâthiques a1;ttar'a.caraiti y 51,1 et carâni Y 44,17 ibid.; Benveniste, REA 1,1964, 32sq.). Il est intéressant de noter que pehl. wyc-
appartiennent à car et non à lkar "faire" (Bartholomae, col. 445 et 447). C'est représente *vaija- = skr. vejate et khot. bijs- (Bailey, JRAS 1953, 99; Emmerick
moins sûr pour la seconde que pour la première. Autrement Insler (1975311) sur 95) *vija- = ind. vijate. (27) Ne peuvent être séparés, malgré le sens du
caram. (7) 3ème duel opt. M. de cam- et non inj. de camiia-: voir Hoffmann causatif iranien (voir Mayrhofer, EW III 260). (28) Ne signifie pas "bavarder",
(Aufs II 616 n. 14). (8) Voir 1 2.2 Idu. Que représente Y 53,1 dab'an? (9~ Voir mais bien "aider": voir J ohnston (JRAS 1934, 535 sq.; aussi Mayrhofer, EW
c 1.1. (10) N'est attesté que dans le Dhàtupàtha. (11) Etymolog16 de II141). (29) Les formes gâthiques tauuaitë et tiiauuâi peuvent représenter
Spiegel (Comm 1300) ressuscitée par Kuiper (AO 17, 1939, 51) ..Sur ~'initiale d'a- des présents radicaux (voir a 4). Pour l'interprétation - et la correction - de
du gâthique, voir Henning (Selp 1 538, II 256) et Duchesne -Gmllemm (BSOS 9, xotauuat et de xotauua, voir Hoffmann (ap. Strunk, Nasalpr 93 n. 241) et Kellens
1939 864). (12) Correction de bqzaiti, influencé par une mention précédente (Noms-racines 359 n. 1). (30) Ou aor. rad. ?
exac~e. (13) Hypothétique: yaf}a v'ahdco viioi tüite *dmomno barniste mzüi1'e
"ainsi que le loup, courant dans la forêt profonde, est capable de poursuite". La 2.2. N'offrent pas de garanties comparatives parce qu'ils n'ont pas
restitution de *draomno pour d1'amne est préférable à celle de *dmmno (Bartho- d'étymologie sûre ou parce que leur équivalent indien, quand ils en ont
lomae, col. 690), qui peut difficilement dériver de Ida1'. Que représente vi-druuânahe un, ne produit pas de formes personnelles r. xVa?' (1) "manger": xVara- :
V 4,45? (14) Hypothèse de Ke11ens (MSS 32, 1974, 92sq.). De toute manière, ind. xVaraiti V, x varJ1}-ti, xvar"J1}-te Y 9,16; subj. xVarat; opt. xVarois,
j1'âuuoi1 ne peut être un optatif de jm-bü comme le propose Bartholomae (col. 932).
(15) Voir 14.4.1 pour la répartition des formes actives et moyennes. (16) N 76
°xvaroit tra-o N 71; imp. xVaratu V 3,19, xVarata Y 8,2, °x var'J1}-tu tra- o
baxsaiiâat-ca semble une corruption de xbaxsâat-ca sous l'influence de mëf}{3aiiâl Yt 5,92. 93; part. xvara1}-t V; r. gram "être furieux" Y 9,28 (2): grama- :
qui précède. Au Vyt 8, la combinaison de baxsaiiata avec la leçon baxsaiiaëti de L 5 part. grama1}-t-; cis "fournir": r. caë8a- (3) : inj. °caë8aët'Jm tra- o Yt 8,38;
suggère la restitution de xbaxsaëta. Le thème baxSaiia- qui serait attesté dans ces part. caë8'Jmna- Yt 19,93; ? r. {}fJetZ "être excité" Yt 19,58. 61 (4):
deux fragments n'inspire aucune confiance. (17) Correction traditionnelle de {}fJetzja-? : ind. {}fJetzjaiti; BfJi "ébranler": {}fJaiia- (5) : ind. g. {}fJoi.ahi
baraiti (voir 14.1.2). (18) Bartholomae (col. 943) attribue sans nécessité les
attestations de cette forme à une racine 2ba1' = ind. bhurati (voir 14.3.1).
Y 34,11(6), O{}fJ(a)iieiti upa- o Vyt 27(7), part. r. BfJ(a)iia1}-t- V2,23; daxs
(19) Matériel incertain (voir 1 3.3.1). (20) Le sens du passage échappe à l'ana- "prendre en considération": g. daxsa- Y 43,15(8): inj. daxSat; r. du
lyse, surtout à cause de jraéSto (Benveniste, Inf 36, a bien décrit la difficulté): "parler" (9): dauua- : impft. adauuata V, adau1}-ta V 19,45.47; inj. dauuata,
auuaëno XVa1'9nO f1'aéSti5 ... brâsat yimo atâto. On ne peut déterminer à quelle action dau1}-ta V 19,45; part. daomna-; g. dü "faire preuve d'habileté" Y 31,
désespérée, exprimée par brâsat, la disparition du xVar'anah conduit Yima. Selon 10 (10): dauua-: part. dauua1}-t-; duuar "courir": duuara- (11) : ind. r.
Geldner (3 Yt 24), Bartholomae (IF 7, 1897, 86), Lommel (ZII 1, 1922, 201) et
Mayrhofer (EvV II 526), il s'effondre: dans ce cas, la forme verbale trouve ici sa duuaraiti, r. duuar''J1}-ti; impft. r. aduuar'J1}-ta V 17,45. 47; inj. r. d1tUarat,
place légitime (voir aussi khot. brass- < *brasya-, Emmerick 107). Mais, comme g. °duuarJ1}-ta hfi1}-_o y 30,6; subj. r. duuarat Yt 3,17, r. duuarti1}-ti Y 9,
on ne peut, avec Lommel, y voir un prés. caus. du type rejeté ci-dessous (3.3), 4par / r. duuaretn tra- O Yt 11,6; imp. r. °duuara V, r. duuarata apa-o
il faut admettre qu'elle est graphique pour *brqsa1. Selon Bartholomae (col. 971),
Yt 3,7-9; part. r. °duuara1}-t- a-ca para-ca Yt 8,54; r. dr'us 'T' P 17 (12):
Scheftelowitz (ZII 6, 1928, 102) et Henning (Selp 1509), brâsa- est le prés. inch.
de bram = ind. bhram: bhramati "errer". L'idée d'une errance apparaît bel et bien draosa- : inj. Xdraosat; l'.? part "se battre": par'Jta-? (13) : ind. pJrJtJ1}-te;
à la fin de cette phrase avec upairi zqm xniduuâtat (sur cette correction de nidâra1, inj. par'Jtata Yt 5,50par; subj. xpar'JtaiBe? Yt 19,46; part. p'Jr'Jt'Jmna-;
voir 3.2). Henning pense toutefois que le sens iranien de cette racine est "pleurer": ? r. °pas paiti?-auua-o "lier" V4,51(14): °paSa-? :subj. °pasat; r. yuz
parthe brm- « *brama-), adj. sogd. mr'wt "crying" « *b1'âma-, Gershevitch 48
"bouillonner": yaoza-, v.-p. ayauda (15) : ind. yaozaiti, yaozJ1}-ti, part.
et 53), Illiot. brem- « *brâmaya-, Emmerick 107). (21) Etymologie par Hoff-
mann (Aufs 1270). (22) Pour l'élimination des formes actives, voir 12.2.1. yaoza1}-t-; vad "conduire" : g. vada- Y 53,5 (16) : part. vadJmna-; r. vas 'T' :
(23) Reconnu par Humbach (II 90). (24) Evidemment sans valeur (Schlerath, vasa-: inj. vasata Yt 14,39 P 48; subj. vasti1}-te Yt 14,39; vizd "tenir
Kgt 38; Thieme, MonNyberg III 342 n. 22). (25) Ce thème d'origine aoristique haut": g. voizda- (17) Y 32,10 : inj. voizdat; r. 2sac "passer" V: sac a- (18) :
(Narten, Aor 235 n. 712; Insler, Sprache 21, 1975, 18) fonctionne d'emblée comme
ind. sacaite V 18,16. 24, °saci1}-te tra-o V 5,10; subj. °sacaiti pairi-o
un présent. (26) ast'uua1.9r9to ... vaëo'am vaëjo yim vâr'af}rayn'am. Le consonan-
tisme intérieur des deux mots qui composent l'expression vaëo'am vaëjo a pu être
N 47-51, sacaite V 6,43, sacti1}-te; ? r. san "monter" (19): sana-: inj.
108 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en -a- 109
sanal; r. snij "neiger": snaëza- (20) : ind. snaëZitftaëO Yt 5,120; subj. aiiavhaënaiS jSiibis azélibis paiti.auua.pasat. Le sens étant assuré par f8âbi8, °pasat
snaëzaJ V 2,22; part. snaëzi'(it-; r. snud "pleurer" Yt 19,80 (21): snaooa- : doit nécessairement être rapproché des noms indiens du lien pâs- et pasa-. Il est
part. snaofJa'(it-; r. srasc "ruisseler" (22): s'rasca- : ind. srasci'(itaëO Yt 5,120; donc vraisemblable qu'il s'agit d'une faute généralisée pour *opasat, qui n'est
attesté que par le manuscrit négligeable P 2. La phrase précédente, avec le passif
part. °srasci'(it- auua-o; r. °zars ni-o "entraîner" V 19,30 (23): °zarsa- : ind. °kfJ1''J{}iiat, suggère que la forme originale pourrait aussi bien être *opasiiat, d'un
°zarsaiti ou °zarSaite; r. zgad "aller à cheval" (24): zgafJa- : ind. zgafJaite; prés. pas. *opasiia-. Enfin, en 50 et 51, paiti est-il un préverbe ou la préposition
inj. zga1}al F 20, °zgafJata a-fra-o Yt 19,56. 82; r. o§am a-o "avaler" régissant azélibi8? (15) Bien attesté en moyen-iranien par m.-p. ywz- (Henning
P 8(25): o§ama-: subj. o§amal; r. 2had "1" Yt 14,56: hafJa-: inj. hafJ()n; 183), parthe ywz- (Ghilain 64), sogd. "ywz- (Gershevitch 87) et khot. ayauys-
r. °har ni-o "veiller sur" (26): °hara-: ind. °haraite Y 19,10; imp. °haratü (Emmerick 9). (16) D'après l'analyse de Humbach (MSS 8, 1956, 75: II 95):
saxvâni vaziiamnabiio kainibiio m1'aomi xsmaibiiaca vaél'Jmno. Bartholomae (col.
y 58,4; r. °hiz pairi-o ''?'' V 21,4 etc(27): °haëza-: imp. °haëza1) vha. 1345) attribue vaélfJmna- à l'équivalent de l'ind. vâélati "parler", dont le sens ferait
(1) Ind.-eur. *syel(-k) n'est attesté qu'en iranien et en germanique (Pokorny ici redondance. Sur l'origine indo-européenne de vaél "conduire", voir Spiegel
1045). M.-p. XW1'- (Henning 174), sogd. XW1'- (Gershevitch 92), chor. xr-jxwr- (KZ 5, 1856, 232), Bartholomae (col. 1344) et Benveniste (Hitt 33sq.). L'équivalent
(Henning-McKenzie 48-49), khot. hVal'- (Emmerick 156) confirment le thème de indien *vaélh est attesté par vaélhû- "fiancée" et, peut-être, par un nom-racine second
présent. (2) Expliqué chez Bartholomae (col. 529) et Pokorny (458sq.) pal' un terme de composé dans *i~uélh- (dénom. i~uélhyâ-) et prk~uélh- (Humbach, II 28:
ind.-eur. *ghrem~ "gronder". (3) cis produit usuellement un prés. inf. cinah-/ Narten, ap. Kellens, Noms-racines 18sq.). (17) Correspond à l'ind. vic! "être
cis- et un aor. rad. cois- (Narten, MonNyberg II 81sq.). Aurait-on affaire à ce fort" (Kuiper, ActO 12, 1934, 281 sq.: Mayrhofer, EW III 236), qui ne fournit que
dernier, thématisé et intégré au système du présent, dans deux passages de le prés. caus. virf,âyati. (18) Voir v.-p. {}akata- "passé" et, pour le thème de
l'Avesta récent? Le fait que caësa- soit exclusivement moyen suggère toutefois présent, m.-p. sz- (Henning 170). (19) sanat est attribué par Bartholomae à
une formation originale, mais sans plus. (4) Bartholomae (col. 798) considère lsalJél (col. 1559) et a-smaoiti à une racine 2haél "arriver" = ind. saél (col. 1755).
qu'il s'agit d'un thème inchoatif. Voir aussi Gershevitch (TPS 1964, 17 n. 1). La première forme a été élucidée par Tedesco (ZII 2, 1923, 39sq.) et la seconde
(5) Expliqué chez Bartholomae (col. 794), Kuiper (ActO 12, 1934, 253sq.) et par Klingenschmitt (MSS 28, 1970, 71-74: aussi Emmerick, AsMaj 16, 1971, 213).
Pokorny (1099) par un L-e. *tyej qui rend compte d'ind. tvi~ "être excité" et de san "monter" est bien attesté en iranien, surtout par les causatifs parthe s'n-/syn-
grec adw "secouer". Ou 1.3: Bartholomae, à qui le témoignage de {}f3oi.ahi faisait (Ghilain 71 et 90), sogd. syn- (Gershevitch 85), chor. 's'ny- (MacKenzie, BSOAS 34,
défaut, donne un prés. {}f3iia- d'après V 2,23 {}f3iiqst'JmaéSu Jp 1 Mf2 Pt 2 contre 1971, 533) et khot. san- (Emmerick 132). Parthe sn- (Ghilain 55), sogd. sn-
{}f3aiiqso du Vidëvdad sada indien. (6) Correctement analysé pal' Lommel (Gershevitch 91), chor. 'sn- (MacKenzie, ibid.) correspondent à sana- ou à °SfJnao-.
(KZ 67, 1940, 14: aussi Humbach, MSS 4, 1954, 65 n. 17: MSS 6, 1955, 43 n. 10: Il résulte de cette ambiguïté que le moyen-iranien ne fournit pas d'argument pour
MSS 7, 1955,70 n. 3: l 17sq.: II 46). (7) Substitué à jasaiti dans une citation ou contre l'hypothèse de Klingenschmitt (loc. cit. 72sq.), qui fait de sana- un
du V 19,29 pa{}qm z1·uuo.élatanqm jasaiti! (8) Le l'apport avec véd. élâk~ati thème d'aoriste. Le parthe "s- "venir" (Ghilain 49) fait problème: voir Davary-
"faire du bien" n'a en général pas été retenu. Il est expressément condamné par Humbach (Irane Bastan 11 2 , 1973, 8-12). (20) Correspond au grec vdcpst et
Pokorny (189), Mayrhofer (EW II 10) et Insler (IF 67, 1962, 55) pour des raisons au vha. sniwit. Sur l'ind. snih et l'ind.-eur. *snejgWh en général, voir Hoffmann
phonétiques et sémantiques. Dans son article sur jraélaxstar-, Humbach (IF 63, (Aufs II 442-454). (21) Rapproché du letton n'auélët "se lamenter" pal' Schefte-
1958, 218) ne se prononce pas, mais un an plus tard (II 52), il met en parallèle lowitz (WZKM 34, 1927,223) et de l'ind. snuh "être humide" du Dhatupatha par
élaxsat usiiai tuma maitis vahiSta et RV VII 32,9 ma sreélhata somino élâk~ata mahé Burrow (Krat 17, 1972[1974], 157). (22) N'a pas d'étymologie claire (voir
"ne r;stez pas à l'écart, filets de Soma, faites du bien au grand (dieu)". L'argument Kuiper, ActO 12, 1934, 237sq.). (23) Kuiper (ActO 12, 1934, 284: ActO 17,
sémantique est sans valeur, puisque le sens exact de élaxs n'est pas connu, mais 1939, 61) en fait un élargissement en -s- de la racine équivalant à l'ind. hâ1'ati
l'argument phonétique est contraignant puisque l'L-e. *ks est représenté en aves- "arracher". Voir aussi Bailey (TPS 1953 36sq.). Sans étymologie sûre, on ne peut
tique par 09- et non par xS. Dès lors, il est impossible d'égaler av. élaxS à véd. élak~. savoir si °za1'sa- repose sur un degré plein *za1'so ou sur un degré zéro *zZ'so.
L'hypothèse d'Insler (loc. cit. 53sq.), comme l'a bien vu Schlerath (OLZ 57, 1962, (24) Produit aussi le dérivé adjectif uzgasta- (uz-zgad-ta-) "monté". La racine est
514), est invraisemblable. En gâthique, le verbal de élis "montrer", fût-il même attestée en sogdien, en khotanais et dans divers dialectes orientaux modernes
devenu élaxsta-, ne pouvait avoir eu le temps de donner naissance, sous cette forme, (matériel et littérature chez Dresden, HenMemVoI135sq.). (25) Des traces
à une racine élaxs. (9) Survivances iraniennes chez Bartholomae (col. 688). iraniennes de cette racine sont rassemblées chez Bartholomae (col. 1706) et Em-
(10) A l'approcher du grec 8uvaftat d'après Hoffmann (oralement), de véd. éluvasyâti merick (41). Le sogd. s'm- et le khot. tsam- supposent toutefois un radical long.
(éluvas-) "honorer" selon Insler (1975185). (11) Equivaut peut-être au véd. L'iranien suppose *cyâma- à côté de véd. camati. (26) Remonte à un L-e. *s61'
élrâvati s'il y a en méthathèse de *w en l'U (Wackernagel, AiGr l 206: aussi Hoff- "veiller sur" (Holthausen, IF 25, 1909, 153: Pokorny 910). Sur le m.-p. h'l'-
mann, StII 5-6, 1980, 95). (12) Correction incertaine de bimosat: discussion "protéger", voir Henning (194). (27) Le Vidëvdad sada indien témoigne pour
chez JamaspAsa-Humbach (Purs 129). (13) Ou 1.3. La tradition manuscrite paù·i.xsaëzavvha. Discussion exhaustive du matériel iranien chez Gershevitch
lit ici P'Jl'fJo, là par'J°. (14) aiiavhaënaiS ka1'fJtaiS azélibis paiti.auua.kfJ1'fJ{}iiat ... (BSOAS 14, 1952, 489sq.).
110 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en -a- 111

2.3. Il est difficile de juger la voyelle radicale brève de r. °kas a_a "re- ment être égalé au grec lb6p,evor;, comme le propose dubitativement Wackernagel
garder" V 22,2. 9. 15: °kasa- : inj. °kasat à côté de véd. kdsate "ap- (KlSchr 1 457). La concordance phonétique avec elb6p,evor; "paraissant" (Humbach,
II 52) est par contre irréprochable, mais le sens fait obstacle et le mot grec semble
paraître" (1). Les verbes parthe pd -gs- "regarder" (Ghilain 51) et khotanais
refait d'après elbor; "l'apparence" (Frisk, GEW 1 451; Chantraine, Dict II 316sq.).
nyas- (*ni-kasa-) "déprécier" (Emmerick 60) reposent aussi sur le degré Seebold (Sprache 19, 1973,20-38 et 158-179) a toutefois présenté une analyse du
plein, mais les dérivés nominaux persans agah "expert" et nigah "l'as- matériel indo-européen où les divergences de sens et de thèmes temporels sont
pect" montrent que le degré long de la racine n'était pas étranger à interprétés de telle sorte qu'un thème de présent *'l,feida- puisse être considéré
l'iranien. Les mots ossètes cités par Bartholomae (col. 459) et Emmerick comme original et hérité en iranien (loc. cit. 36-38) et en grec (loc. cit. 158-160).
(4) Provient par assimilation de *su~ (Meillet, IF 18, 1906, 420sq.; Vendryes,
(ibid.) ont le vocalisme ambigu a. La leçon akasat de Jp 1 Mf 2 L 1. 2
MSL 16, 1910, 58), peut-être préservé par pasai SU8- (Turner, IAL 728a). (5) Le
Br 1 indique qu'une confusion a pu se produire dans la distribution grec a{}w, de même sens, est considéré comme un dénominatif de avor; (Frisk,
graphique des quantités vocaliques. De même r. °xad vi-o "triturer" GEW 1189; Chantraine, Dict 1 141).
V 2,31. 32(2): °xada-: inj. °xada~; imp. xaoa à côté de véd. khâdati. La
voyelle radicale longue est supposée par le parthe x'z- (Ghilain 59). 2.4.2. Plusieurs verbes dont les équivalents indiens produisent des pré-
(1) Le kafiri est sémantiquement plus près de l'iranien que de l'indien
sents radicaux fournissent exclusivement - à l'exclusion de tac - des
(Buddruss, GSoInd 43). (2) La correction de °xaba- en xOxiba- = véd. khid6ti formes thématiques. R. tac "courir, couler": taca-: matériel en a 1.1.1;
(Wackernagel, K1Schr 1350) est sans fondement. r. {}f3axs "se hâter": {}f3axSa-, ind. pt'a-tvak~aruî-, v.-p. ham-ataxsata(l) :
ind. {}f3axS'J1Jte Y t 10, 14; part. {}f3axs'Jmna- Y t 5, 65rép ; ma1'Z' 'frôler,
2.4. Les divergences avec l'indien, relativement rares, s'ordonnent en frotter": r. marna-, mâ1'jmilmrjanti: ind. marnaiti; inj. mar'Jzat, °mar'J-
trois catégories d'inégale importance. zat'Jm anu-O Yt 8,38, °mm''Jz'Jn Yt 14,45; opt. °ma1''Jzoit tra-o V 3,42; imp.
2.4.1. Cas particuliers. a) 2vid "trouver": vaéda-: imp. g. vaédo.düm marna V 2,30; r. sna{} "frapper" Fr.: sna{)a-, véd. subj. snathat: ind.
y 53,5; part. vaéd'Jmna- (1) a été beaucoup discuté et attribué à Ivid sna{)'J1Jti FrW 8,2; inj. sna{)at V 7,52 C. Le fait que ces formes, exclusive-
"savoir" (traditionnellement avec Bartholomae, col. 1316sq.), à 3 vid ment récentes, correspondent globalement à des présents radicaux in-
"servir" (Lentz, Y 28932; aussi Hinz 1963205), ou à 2vid (Humbach, diens suggère qu'elles résultent d'une thématisation secondaire. On lais-
IF 63,1957,102 n. 4 et II 9; H. P. Schmidt, IIJ 1,1957,165-175; lnsler sera ouvert le cas de marz, dont le prés. marna-, ne provenant d'aucun
1975 125sq.)(2). Quels que soient l'étymologie et le sens retenu, le thème terme de l'alternance attestée en indien, est original ou relève d'une
de présent en -a- à degré plein n'est pas étymologiquement explicable (3) réfection plus profonde (2).
et représente un trait particulier à l'iranien et, peut-être, au seul dialecte r. gah "dévorer": ga1Jha-: ind. ga1Jh'J1Jti V; part. °g&1Jha1Jt- ni-o
gâthique. b) r. hus "se dessécher" Yt 13,66: haosa- : subj. haosataéO cor- y 10,15 et bud "sentir": baooa- : ind. r. baooaite Yt 17,6; part. g. °baoda1Jt-
respond à ind. 81'l{Jyati (4). Par son sens et son rapport avec amarsa1Jt- paiti-O Y 30,2 1 r. baooa1Jt-, r. °baoo'Jmna- a-ham-o V 13,35. 37 provien-
"qui n'est pas promis à la mort", le part. supposé par a'lJhaos'Jmna- "qui nent vraisemblablement d'un aoriste radical thématisé (véd. subj. gMsat
ne se dessèche pas" Y 9,4par suggérerait de voir en haosa- un thème de et b6dhati).
prés. fut. (fautif) ou d'aor. sigm. thématisé. Ceux-là ne peuvent toutefois (1) Sur v.-p. taxS, voir Mayrhofer (FSMorgenstierne 141 sq.) et Hoffmann
être employés au subjonctif, dont ils ont intrinsèquement le sens, et le (Aufs 1 595 n. 6). (2) marna-, original ou secondaire, est encore représenté par
khot. hU{J- "devenir sec" (Emmerick 153) renvoie à un présent haosa- le m.-p. m1'Z- "s'accoupler" (Henning 170), le parthe n-mrz- "nettoyer" (Ghilain 53),
propre à l'iranien (5). le sogd. w-mrz- "arracher" (Gershevitch 93) et le khot. ni-malY8- "frotter"
(Emmerick 54).
(1) Le récent n'atteste que frauuaM'Jmna- Yt 5,126. (2) Je me con-
forme ici, avec toutes les réserves nécessaires, à cette dernière hypothèse. La mise 2.4.3. Trois verbes dont les équivalents indiens produisent des présents
en parallèle de Y 28,5 vaëd'Jmno gatümcâ, de V 2,8 noil gâtuuo vi~ld'Jn et de RV
infixés ont des formes thématiques dans les fragments. r. pis "orner":
II 21,5 gâtum viviclrire est le seul argument de poids dont nous disposions. Ivid et
2vid sont sans doute li l'origine identiques, mais on doit les distinguer en védique part. dans a1Jku.paés<Jmna- Yt 17,10 (1); r. ba1Jd "lier": ba1Jda- Yt 4,5 :
et en avestique, comme l'a bien remarqué H. P. Schmidt (loc. cit. 175), dans la ind. ba1Jdami; r. °mud tra-o "laisser tomber" F 11: °maoca-: inj.
mesure où ils ont des thèmes temporels propres. (3) vaëd'Jmna- ne peut évidem- xOmaocata (pour vavcata) (2); r. varj "disposer une jonchée" H 2, 13par(3):
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent
II A 1 b. Les présents en -a- 113
112
uruua{}'i}n de Fi est dès lors préférable à uruuas'Jn de Mf 3 et de J 10. Il faut peut-
varoza- : part. varoza'iJt-; r. 30rud "retenir": °raoôa- Fr. : ind. °raoôêJ'iJti être mentionner ici ind. uruuaz'iJ1',Ite FrG et part. U1'uuaZ'Jmna- Yt 10,34. 73, qui
auua-o N 42, °rosêJ'iJte apa-o FrG; part. °raoôêJmna- apa-o N 54. Ces hapax dérivent d'une racine uruuaz (pour uruuad-s avec Bartholomae, Grdr 21 ?). (5) Ce
tardifs et médiocres suffisent-ils à prouver que la langue tardive tendait thème bien représenté en iranien: m.-p. w'r- (Henning 177), parthe w'r- (Ghilain
à substituer des présents thématiques secondaires aux présents infixés 60), sogd. w'r- (Benveniste 11), chor. w'r- (Henning-MacKenzie 47) et khot. bar-
de flexion trop complexe~ On est tenté de répondre à cette question par (Emmerick 95) paraît une formation dénominative (Bartholomae, col. 1410sq.).
la négative: la complexité des prés. inf. avait conduit, bien plus tôt, 3.1.1. La voyelle brève de r. °kas a-O "regarder" V 22,2. 9. 15: °kasa- :
à la création de présents en -aiia-, dont témoignent ba'iJdaiia- et °raoôaiia- inj. °kasat et de r. °xad vi-O "triturer" V 2,31. 32: °xaôa-: inj. °xaôat;
(d 4.1 et d 4.3). Il reste que le moyen-perse bn- (Henning 17) et le parthe imp. °xaôa est d'origine incertaine (voir 2.3).
bnd- (Ghilain 54) (4) témoignent de l'existence de *banda-. Faut-il voir
dans ba'iJdami, plutôt qu'une faute, un trait dialectal, voire moyen- 3.1.2. On peut assimiler à ce type les trois racines (1) d'étymologie in-
certaine r. az "lier": °aza- ni-o (2) : ind. r. *azaiti Vn (3); inj. °azata Yt 5,
iranien ~
127; opt. °azaiiêJn V 13,30; g. 2x vad 'T' Y 32,8 (4): xVara-: part.
(1) Ml2 et J 10 ont °paëso contre Fi °P'Jso. (2) Klingenschmitt, FiO
§ 484. (3) Hoffmann, Aufs II 611 sq. n. 6. (4) bnt- paraît devoir être restitué xVarêJmna-; frad "accroître": frëiôa- (6) : ind. r. frëiôaW, g. frëidêJ'iJtë y 43,6;
en sogdien (Benveniste 22). inj. g. frëidatY46,13; subj. r. frëièJëiiti 1 r. fraèJëi[Yt13,95, r. fraèJëitaëO
Yt 13,68 (6); opt. r. fraôaësa Y 10,4; g. fradoit Y 44, 10; part. r. frada'iJt-
3. Présents en -a- avec degré long de la racine. Ce type ne constitue pas V 21,1, r. fraôamna- V 4, 2Gl; inf. g. fraôafJhëY 44,20; r. 3var 'T'A 3,10:
vraiment une catégorie grammaticale. Il est le fait de racines dont le vara- : part. varêJmna- (7).
vocalisme est étymologiquement long ou qui ont subi une déformation (1) La racine a{} "détruire" de Bartholomae (col. 322) est fondée sur un
secondaire. Si les premières forment un présent qui ressortit simplement matériel corrompu et incompréhensible: a{}aé5ca Yt 19,12, a{}aiti FrW 8,2, apa{}a
au type 2, les secondes sont assez nombreuses pour mériter un examen Yt 19,48. L'essai d'étymologie de Kuiper (ActO 17, 1939, 38) est donc assez vain.
Il vaut mieux laisser ces formes hors de la discussion et considérer que les subs-
attentif et justifier le chapitre qui suit.
tantifs a{}i- et a{}l'i- ne correspondent à aucun verbe connu. (2) Le rapproche-
3.1. Ont un vocalisme étymologiquement long r. zOdu "frotter, laver" ment de Bartholomae (col. 362) avec qzah- "l'angoisse", accepté par Gonda (IIJ 1,
1957, 54), est purement conjectural. On trouvera une analyse sémantique du mot
V (1): °dauua-, véd. dhdvati: ind. °dauuaite auui- fl'a-o V 5,24; inj.
et de ses survivances moyennes et modernes chez Humbach (MSS 33, 1975,
0dauuata fra-o V 9,29; r. bl'az "briller": braza-, véd. bhrdjati: ind. 53-55). (3) Le Vae%ii Nask a curieusement plusieurs formes verbales en -aiia-
bl'azaiti ou xbrazaite Yt 10,143; inj. ou part. brazêJ'iJta Yt 5,129; r. nad qui ne peuvent être originales. Vn 93 fram'Jr'JZaiiaiti, de ma1'Z, est tiré de V 3,42
"être dans le besoin" Yt 13,66: naôa-, véd. nddhamana- : subj. naèJëitaëO (Z); et V 7,52C qui ont bien fmm'Jr'Jzaiti (pour xfmmar'Jzaiti). Vn 97 fravhar'JZaiiaiti,
r. craz vi-o "briller, se distinguer" Yt 14,47: °raza-, véd. rdjati (3) : ind. de harz, est évidemment fautif pour xfravh'Jl''Jzaiti. yaz n'y est attesté que par
Vn 97. 106. 107 yazaiia'IJti, Vn 100. 102 yezaiiaiti et Vn 104 yezaiia~tti (rien ne
0razaiti; 1'. ul'uuad "s'enorgueillir" Yt 13,93: uruuëi{Ja-, véd. vrddhant- (4) :
justifie l'alternance entre le singulier et le pluriel) ; lis que par Vn 62 pairiaeuuaiiaiti,
inj. uruuëi{JêJn. On peut classer ici r. var "pleuvoir": vara- (6) : ind. varaiti Vn 64 isaiiaiti, Vn 79 aisaiiaiti F 54, Vn 83 aisiiaiti F 54, Vn 95 aisiia'IJti (pluriel
F 8, °varêJ'iJti vi-o V 21,3, °varêJ'iJtaë Yt 5,120; part. vara'iJt -. arbitraire). Toutes ces formes ne peuvent s'expliquer que par une marotte du
(1) La voyelle longue du radical a été abrégée devant -uu- (sur ce phéno- copiste de l'archétype du Vaë%ii Nask. Il est donc vraisemblable que azaiieiti
(Vn 13 a aziiaiti et Vn 15 azaiiaiti, que Humbach-JamaspAsa, VN 22, jugent
mène, voir Henning, TPS 1942[1944], 50). Khot. dav- repose sur *dava- (Emmerick
original) représente simplement *âzaiti. (4) Le Y 32,8 y'J ma~ii'J'lJg cixsnu86
44sq.). J'attribue aussi à cette racine indo-iranienne, qui a été étudiée par Bailey
ahmak5'IJg gaus baga xVar'Jmno pose un problème désespérant. xVar'Jmno a sa place
(FSDumézil 9-13), l'attestation de 2du de Bartholomae (col. 688), sur lequel on
verra Benveniste (Ossète 132sq.), au V 5,24 ya{}a masiiaii& afs kasiiavhqm apqm ici si on retient la comparaison avec l'allemand Schwur "le serment" proposée par
Humbach (ZDMG 107,1957, 366sq.; II 35; FSGüntert 197sq.) et, après lui, Lentz
auui j1'aé5auuaite "ainsi qu'une eau plus grande entraîne avec soi une eau plus
petite". Yt 1,29 duiië est incompréhensible. (2) Bartholomae (col. 722) lit avec (FSTaqizadeh 131sq.) et Insler (1975204). L'interprétation traditionnelle par xVar
"manger" (en dernier lieu Schlerath, FIZ 21 = FSPürdavüd, 1976, 133-136)
Mf 3 nié5ataë-ca, qu'il attribue à ni-da. Correction et analyse par Hoffmann (Aufs
l 269sq.). La syllabe radicale a été abrégée en position initiale par l'adjonction de échoue à rendre compte de la voyelle radicale longue: on attendrait soit *xvar'Jmno
l'enclitique. (3) Considéré comme un ancien dénominatif (Mayrhofer, EW "en mangeant", soit *xva1'aiiamno "en faisant manger" (il est probable qu'en
III 56). (4) Correspondance décelée par Hoffmann (Inj 122 n. 32). La leçon gâthique, le prés. caus. de x V a1' n'avait pas encore subi l'influence de celui des racines
8 Kellens, Le verbe avestique
114 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en -a- 115

anit et avait conservé une voyelle radicale brève). (5) frad a été expliqué par et il pourrait s'agir d'une création instantanée sur para- "la dette".
fra-'(a-)da (traditionnellement, avec Bartholomae, col. 1013), par fra-fJffJd avec dis- 6) r. jru "voler, nager" : rrauua- Yt 19,87 à côté de jrauua-, véd. p?'avate
similation (Thieme, K1Schr 1169sq.) et par le grec nÂryf)w (Johansson, Dhi~HiQ.a
ou plavate 2.1 : opt. frauuoiJ. Cette forme n'est attribuée à jru que par
73 n. 1). Cette dernière hypothèse est celle qui soulève le moins d'objections.
(6) Analysé par Hoffmann (Aufs l 262sq.). On considérera donc aussi fm5al comme conjecture (voir 2.1). Si elle est exacte, la voyelle longue du radical ne
une forme de frad et non de fra-da. La terminaison subjonctive dissyllabique -al a peut être qu'une inconséquence graphique. 7) bar "porter" n'a en prin-
entraîné l'abrègement de l'initiale longue en position antépénultième. (7) Attesté cipe pas de présent *biira-. Abstraction faite d'un éventuel prés. rad.
peut-être avec la voyelle brêve dans le F 3h: varfJmano (Klingenschmitt, FiO bar-lb'Jr'J- (a 1.1), il oppose un prés. primaire ba1'a- = véd. bMrati (2.1)
§ 221). à un prés. secondaire r. °biiraiia- qui, s'il est causatif, n'en a pas le sens.
3.2. Quinze verbes produisent d'une manière secondaire, exclusivement Ce dernier n'apparaît en dehors du Vidèvdad qu'au Yt 8,58 = Yt 14,50
ou sporadiquement, des présents en -a- à degré long du radical. 1) ? xVar et n'est attesté avec quelque fréquence qu'à la 3ème plur. opt. A.
"manger": g. xVara- Y 32,8 à côté de r. xVara- 2.2: part. xvar'Jmna-. La °biiraii'Jn Yt 8,58par V 4,44 '76,29. 31. 37 V 9,39. Les autres formes
forme échappe à l'analyse (voir 3.1.2). 2) r. gah "dévorer": °g&rJha- ni-o sont inj. uz-biiraiiaJ V 19,19 Vyt 23. 28, subj. uz-biiraiiaJ V 18,10 et
y 10,15 à côté de r. garJha- V : part. °g&rJha';Jt-. L'allongement n'a pas hqm-baraiiama V 19,44. 45. Ce déséquilibre et la nécessité d'expliquer
d'explication satisfaisante et résulte peut-être d'une erreur de graphie (1). °biiraii'Jn par une haplologie ou une haplographie engendrent un soupçon
3) r. yzar "couler": yzara- Yt 8,42 : subj. yzarqn s'oppose à r. °zgar fra-o qui se précise quand on remarque que °baraii'Jn est toujours séparé du
y 65, 4par : °zgara-, véd. k~arati 2.1 : kaoa x& ... apqm yzarqn ai(3iyzar'Jm. préverbe par quelques mots et °baraii'Jn toujours en graphie continue
Bartholomae (col. 89) élude la difficulté en faisant de ai(3iyzar'Jm un ab- avec lui. Le présent bara- a-t-il eu une variante rythmique °biira-?
solutif et Benveniste (MSL 23, 1936, 395sq.) explique yza1'qn par la caté- 8) r. nam "aller": °nama- à côté de n'Jma-, véd. namati 2.1 : subj. °namaite
gorie définitivement répudiée des prés. caus. à suffixe -a- avec degré jra-O y 57,18 Yt 19,25. Comme l'a bien vu Kuiper (ActO 17, 1939, 41),
long du radical (3.3). En fait, la forme verbale a subi l'influence de °nama- ne peut s'expliquer par l'influence du moyen-iranien. Celui-ci
ai(3iyzar'Jm et doit être restituée: on lira *yzaraiiqn régissant ai(3iyzar'Jm oppose clairement un thème primaire à voyelle radicale brève « *nama-)
ou, plus vraisemblablement, *yzarqn construit avec un acc. de relation. à un thème causatif à voyelle radicale longue « *namaya-). On a ainsi
4) duuar "courir": °duuara- à côté de r. duuara- 2.2 : inj. r. xOduuaraJ? m.-p. jr-nm- "aller" (Henning 173) à côté de m.-p. ' -n'm- "détourner"
ni-o Yt 19,34 (2), g. °duuar'J';Jta hfI';J_o Y 30, 6; imp. r. °duuara SrB 3 V 18,21 (Henning 190), parthe fr-n'm- "conduire" (Ghilain 73), sogd. pt-n'ym-
V 19,1. Comme le m.-p. dw'r- "se mouvoir" (Henning 193) et le parthe "abaisser" (Benveniste 12) et khot. pa-nem- "élever" (Emmerick 70).
ny-df'r- "se hâter" (Ghilain 74), dérivant probablement de *dvaraya-, Puisqu'une explication par la théorie d'Andreas est exclue, la coexis-
ont un radical long, il est possible que la voyelle longue ait été introduite tence de jra ... n'Jma';Jte et de jranamaite au Y 57,18 suggère que nous
dans le texte avestique sous l'influence du moyen-iranien. 5) r. 2 par avons affaire au phénomène rythmique que nous venons de déceler dans
"soumettre à confiscation pour réparation" (3): °para- aipi-o V 8,107 : la flexion de bara-. apan'Jmata Yt 19,35-38 et jranmane Yt 9,4 = Yt 17,
part. °pa1·'Jmna-. Il s'agit donc d'une forme isolée, mais toutes celles de 25 (4) indiquent toutefois qu'il est sporadique. 9) 2mar "mémoriser":
2 par le sont dans une certaine mesure. Le verbe produit un prés. inf. r. °mara- à côté de mara-, véd. smarati 2.1 n'est attesté qu'au Vyt 52
actif j?'a-p'Jr'Jnao- A 3,10-13 (ratus ... ratunaëm var'Jmn'Jm staor'Jm fra- avec paitismar'J';Jt'Jm. Cette forme isolée dans un texte sans valeur relève
p'Jr'Jnaoiti "le juge soumet le novice, pour réparation, à la confiscation d'une inconséquence graphique (ainsi Bartholomae, col. 1144). Le khot.
d'un bétail de choix") et un prés. pas. piriia- construit avec acc. de re- patii-mar- "rapporter" (Emmerick 67) justifie, s'il en est besoin, le prés.
lation (V 4, 17par tanüm piriiete "il est soumis, pour réparation, à la paiti-smara-. 10) g. °vap vi-o "dévaster" Y 32,10: °vapa- à côté d'ind.
confiscation de son corps"). ° para- paraît la variante moyenne, avec vapati : inj. °vapaJ. La même voyelle longue se retrouve dans le nom-
valeur réfléchie, de °p'Jr'Jnao-: ha hë asti ap'J?''Jtis aipi.pa1·'Jmnai ioa a~aone racine viuuap- Y 12,2. 3 (5). L'expliquer par l'influence du pehl. wyd'p'n
noiJ anaipi.par'Jmnai "telle est la réparation pour le juste qui se soumet "le désert" (aussi parthe wy'b'n et persan biyabiin) et wyd'p'nynytn'
à la confiscation, pas pour celui qui ne s'y soumet pas". Mais pourquoi "dévaster" ne fait que ramener le problème au niveau du moyen-
un thème de prés. en -a- à voyelle radicale longue? Le passage est tardif iranien. S'agit-il d'un allongement expressif ou d'un phénomène rythmi-
8*
116 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en -a- 117

que que l'absence de formes simples ne permet pas d'observed 11) van de la voyelle radicale du présent du type véd. bM?"ati. Aucune expli-
"vaincre, être vainqueur": r. °vana- ni-o à côté de vana-, véd. vanati cation ne rend compte globalement de ce phénomène qui concerne moins
2.1: ind. °van'iny,ti Yt 13,68 Yt 14,41; subj. °vanani Yt 5,130, °vana~ la morphologie verbale que la phonétique générale avestique et l'histoire
Yt 10,75. J'ai montré (Noms-racines 76sq.), d'une part, que rien ne per- de la transmission du corpus. Il faut invoquer selon les cas:
1

mettait de poser en avestique une autre racine que Ivan, d'autre part
1. L'erreur de graphie pure et simple. Elle explique très vraisem-
que °vana- était dû à l'influence du pehl. w'nytn', m.-p. w'n- < *vanaya-
blablement les formes isolées à degré long que produisent gah, tru
(Henning 189). Le fait qu'un thème simple vana- s'oppose, pour ainsi
et 2mar.
dire globalement (6), à un thème composé ni-uuana- laisse toutefois soup-
çonner un phénomène semblable à celui postulé pour bar, nam et vap. 2. L'influence du moyen-iranien. En fait, cette hypothèse extrême-
12) r. ?"ad "paver" Yt 10,68: raoa- à côté de véd. radati : ind. t'aoaiti est ment tentante a priori est toujours incertaine et n'est vraiment défen-
attribué par Bartholomae (col. 1520sq.) à une racine rad "si ch bereit dable qu'avec duuar. On ne peut affirmer avec certitude que l'allonge-
machen" = véd. radhnoti, qui rendrait compte aussi des formes gâthiques ment de la voyelle radicale de certaines formes verbales soit dû à l'intro-
rada~ Y 51,6 et radaty,t- Y 33,2. Si ces deux dernières correspondent en
duction d'un trait moyen-iranien dans le corpus avestique.
effet à l'aor. rad. indien radh-, le parallélisme entre Yt 10,68 yefJhe daëna 3. L'influence d'une catégorie morphologique ou lexicale fondée
mazdaiiasnis xViie pa1Jo t'aoaiti "(Mi&ra) pour qui la religion mazdéenne sur le degré long. On peut reconnaître celle du causatif sur ram, d'un
fraie des chemins pour bien aller" et RV X 75, 2 a?"adad varwy,o ydtave homonyme-synonyme sur rad et ?"am, d'un dérivé nominal en -a- sur
pathal}, "VaruIfa a frayé des chemins pour aller", mis en lumière par yzar et 2par. La question est alors de savoir si cette influence s'est exercée
Schlerath (UnvMemVol 140; Vorarb II 162), contraint à faire de raoaiti sur le rédacteur, sur une école liturgique responsable de la transmission
l'équivalent de l'ind. radati(7). Le problème du vocalisme long est alors orale ou sur un copiste. Le matériel est souvent trop mince pour qu'on
posé: faut-il y voir l'influence de t'ad et de ses dérivés nominaux rada- puisse argumenter et chaque verbe est un cas particulier. yzarCf:n, voisin
et radah- (8) 1 13) r. ?"am "être satisfait": rama- Y 65,9 à côté de véd. direct du mot qui l'a influencé, paraît relever d'un simple fait de graphie.
ramate: opt. ramoiofJ'Jm. Kuiper (ActO 17, 1939, 43) attribue la longue Par contre, °para-, relevant d'une racine qui ne fournit aucune autre
au moyen-iranien, mais le chorasmien oppose clairement pc-t'm- "être attestation d'un présent en -a-, est une invention linguistique de la langue
au repos" au causatif pc-r'm- "apaiser" (MacKenzie, BSOAS 34, 1971, tardive que le substantif pa?"a- a si directement inspirée qu'elle fait, en
533) (9). Il faut peut-être attribuer cette forme avestique isolée à l'in- dernière analyse, figure de dénominatif.
fluence de du causatif ramaiia- ou à celle de raman- "la paix" qui, s'il 4. Un phénomène rythmique. Dans le cas de duuar, ba1', nam,
n'a étymologiquement rien de commun avec ?"am (voir Narten, IIJ 10, °vap et van, le présent à voyelle radicale longue semble la variante
1968, 247sq.), appartient à la même sphère sémantique. 14) g. sar "s'unir rythmique de composition du présent à voyelle radicale brève, Si c'est
à" (lO): sa?"a- : ind. sat''Jty,të Y 51,3, part, sar'Jmna- Y 32,2. En l'absence bien exact, ce phénomène n'a laissé que des traces minces, incohérentes,
de formes attestées, l'influence du moyen-iranien postulée par Kuiper parfois contradictoires. Elles le seraient moins s'il avait appartenu à la
(ActO 17,1939, 43sq.) n'est pas démontrable. La question est de savoir réalité linguistique de l'avestique ou à l'élocution de ceux qui ont mis
si elle s'est exercée en avestique même ou à un moment donné de la l'Avesta par écrit. Tout se passe plutôt comme si ce trait était apparu
transmission du texte et, dans ce dernier cas, si elle est ou non purement à un moment de la transmission orale et avait été éliminé, avec quelques
graphique. Notons que la 3ème sing. inj. aor. sigm. M. sar'Jsta Y 49,5 bavures, à un autre. Faut-il l'attribuer à une école liturgique parti-
a elle aussi une voyelle longue inexplicable. culière, peut-être régionale 1
Il n'est en aucun cas permis de considérer que la relative produc-
tivité du présent de type 4, selon la classification de Bartholomae, soit Cet examen serait incomplet sans deux remarques complémen-
un trait original de l'avestique, qui aurait tendu à doubler le présent en taires:
-a- à degré plein d'un présent en -a- à degré long, Nous n'avons pas 1. La grande majorité de ces racines se terminent par les semi-
affaire à un présent d'un type particulier, mais à l'allongement secondaire consonnes r, n et m. Ce peut-être l'effet du hasard, mais tout aussi bien
118 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 b. Les présents en -a- 119

la condition phonétique du phénomène rythmique évoqué ci-dessus. "abaisser" (Ghilain 73), le khot. tt?'am- "passer au dessus" et na-?'am- "sortir"
Dans le cas des racines à nasale finale nam et ram, il est possible que (Emmerick 40sq. et 49) ne correspondent pas au point de vue sémantique.
(10) Traditionnellement expliqué par l'ind.-eur. *ke?'i! qui rend compte de l'ind.
l'allongement de la voyelle radicale ait été préventif contre l'affaiblisse-
hitldti et du grec "S(!aVvvlt!. Humbach (DLZ 1955 300; MSS 10, 1957, 38;
ment de a en (J. IF 63, 1957, 211sq.; II 31) préfère le rapprocher du véd. sa?'man- et saI'atla-
2. Beaucoup de ces verbes (xVar, gah, duuar, jru, jra-nam, vï-uuap) "la protection" (littérature et examen critique chez Kellens, Noms-racines
ont une coloration daevique ou, tout au moins, expriment une action 391sq.).
négative aux yeux de l'orthodoxie. Etaient-ils plus vulnérables que les 3.3. Un présent causatif en -a- avec degré long du radica11 Le présent 4
autres à un allongement ressenti comme expressif? Bartholomae est secondaire et, comme tel, il ne peut-être à la base d'une
(1) Par répétition fautive inversée du signe pour v? (2) Les manuscrits catégorie grammaticale cohérente. L'hypothèse de Bartholomae (col. 631,
ont nidarat que Bartholomae (col. 691) attribue à ni-ilar "sich verborgen halten": sous tap n. 1), qui lui accorde dans certains cas une valeur causative,
hO (sc. yimo) st<n'fJto niilarat upairi zqm. *niiluuarat pourrait évidemment être la est donc douteuse a priori. Si on fait abstraction de xVar(Jmno Y 32,8,
forme originale. (3) Bartholomae (col. 849-850) pose deux racines distinctes trop obscur pour être utilisable, on aurait ainsi gam "venir": uz-jamoit
lpar "gleich machen" et 3par "Jemanden zum Verlust von ... verurteilen". La
première doit être biffée: au V 8,107, aipi.paromnai appartient à 3par (ici 2par ) et,
V 14,16; r. tap "s'échauffer": a-tapaite V 9,41; r. 2star "devenir pé-
au V 19,27, la leçon pairiiete (Jp 1 Mf 2) est inférieure à paraiiei'l;,ti (le reste), qui cheur" V: a-staraiti V 4,5-10 V 13,20-23 Vyt 37 N 9. 67. 109. Kuiper
s'explique par para-i "sortir" ou 3par "traverser". Le sens exact de 2pa?' a été (ActO 17, 1939, 40 sq.) a bien vu que toutes ces formes relevaient de
établi par Henning (Selp l 503), Gershevitch (Mi 245sq.) et Benveniste (Voc l 181- l'erreur de graphie (1). Quoiqu'on ne puisse s'appuyer sur aucune va-
187). (4) Il s'agit d'une élision graphique pour *jranfJmane, simplement fautive riante, jamaiieiti Yt 17,20. 59 A 4,6 incite à corriger 1J,z-jamoit en xuz-
ou influencée par nmana- (beaucoup de manuscrits lisent jra.nmane). Notons que
J 10 a j?·a.namaiti au Yt 9,4. (5) Sur lequel voir Kellens (Noms-racines 288).
jamaiioit au V 14,16 bis hapta pu1)rqm gaôf3qm Xuzjamaiioit "qu'il élève
(6) Y t 14,58. 60 niuuanani peut avoir subi l'influence des formes vanani et nijanani deux fois sept jeunes chiennes". a.tapaite doit être corrigé en +a.tapaiieiti
qui l'entourent. Yt 13,13 ni ... vaoniiat ne peut évidemment servir à la dis- (voir 1 1.2). Les attestations du prés. pas. °striia- "tomber sous le coup
cussion. (7) Le Yt 10,68 est donc de trop dans l'analyse que Lentz (Y 28 946sq.) d'un péché" et du prés. caus. °staraiia- "mettre en état de péché", tar-
a présentée de ?'ail et de ses dérivés. (8) C'est d'une certaine manière la con- dives et mal transmises, sont souvent corrompues et parfois confondues (2).
clusion que Wüst apporte à son analyse de deux passages difficiles qui nous in-
téressent directement (Altp 258-267). Il propose d'interpréter par rail ?'astam et On ne peut accorder aucune confiance à astaraiti qu'il faut considérer,
avaraila de DNa 58-60 paffim tayam rastam ma avaraila, le premier étant tradition- d'après le sens, comme une corruption du prés. caus. Xastamiieiti(3).
nellement égalé à l'av. ?'asta- = lat. rëctus "droit" et le second à l'ind. ?'ah: rahati Ainsi (4) V 4,5-10 cuuat mi{}ro aif3i.druxto Xastaraiieiti "dans quelle me-
"abandonner". Au Y 9,23 haomo t&cit yll kainino Ilvhaire ilm'fJyfJm ayruuo hai{}im sure le contrat trahi met-il en état de péché1"; V 13,20-23 cuuat aëtaë8qm
rai5fJmca, Bartholomae (col. 821) avait proposé de corriger haiffim en xpaiffim pour
iiiao{}nanqm Xastaraiieiti "dans quelle mesure des actions pareilles
justifier la coordination et satisfaire à la logique en restituant le nom du mari. La
présence de 1'ai5ôm-ca et le fait que l'acc. sing. de paiti- est régulièrement paitim mettent-elles en état de péché"; N 67 a zï dim aëtaë8qm baoôO.jaitis
suggèrent à Wüst de reconnaître ici un composé pai{}im.rail- "Wegbereiter". Xastaraiieiti "le coup qui supprime la conscience le met en état de péché
L'hypothèse de Wüst doit être considérée en substituant chaque fois rail à rail. envers eux".
Elle n'est pas décisive pour le vieux-perse, dont le matériel est parfaitement ambigu,
(1) Avant lui, Andreas (GN 1931, 325sq.) y avait vu un trait moyen
mais elle est tentante pour le Y 9,23, quoique l'av. patlta- n'atteste que l'acc. sing.
iranien. Benveniste (MSL 23, 1935, 395sq.) tente de sauver cette catégorie gram-
patltqm et qu'il soit préférable d'expliquer paiffim rai5ômca par une construction en
maticale par laquelle il explique Yt 8,42 yzarqm (voir 3.2). (2) Ainsi au V 5,3
hendiadys que de faire abstraction de -ca. Si on retient son interprétation de DNa
nasus na?'fJm noit astriieiti "la charogne ne rend pas l'homme pécheur", Bartho-
58-60, le vieux-perse se contredit dans la même phrase sur la quantité vocalique lomae (col. 1597) corrige ast?'iieiti en Xasta?'aiieiti sur la base du sens, alors que cette
du radical des dérivés de ?'ail. Si on sépare les deux mots et si on dérive seulement leçon n'est fournie que par les manuscrits secondaire PlO B 2 Ml4 et B 1.
ava-raila de rail, le présent 1'ai5a- est purement avestique. Notons encore qu'il n'y (3) La variante astét?'aiieiti n'apparaît qu'au V 4,5 (L 4 PlO) et au V 13,22 (K 1
a pas de prés. caus. rai5aiia-. Au Yt 4,9 vispll karôso ?'ai5aiieiti, ?'ai5aiieiti est une L 4 Pt 2). (4) Le Vyt 37 est incompréhensible, le N 9 a en fait astraitlti et il
faute évidente pour x?'azaiieiti: voir le composé ka?'so.?·aza(h)-. (9) La plupart est clair que le N 109 doit être lu, comme l'indique un passage parallèle des P 11
des dialectes moyens n'attestent que la formation causative: pehl. ?"mynytn', (asta.?'aiiaëiti), noit a~auuanfJm ainiStis asta?'aiieiti "l'incapacité ne met pas le juste
m.-p. ?,'myn- (Henning 190), sogd. pt-?,'m- (Gershevitch 91). Le parthe nY-?,'m- en état de péché".
120 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 c. Les présents en -iia- 121

c. Les présents en -iia- ri~yati : ind. irisiieiti; subj. irisiial, ù'isii(fn V 15,48; part. irisi1Jt-; g. sa
"couper": °siia- paiti-O Y 48,7 (10), véd. chyati : imp. °siiodüm; spas "re-
Le suffixe -iia- est inséré entre la racine et les désinences person-
garder": spasiia-, véd. pâsyati: ind. g. spasiia Y 44,11, r. spasiieiti
nelles. Il se combine avec le morphème modal pour devenir -iia- au sub-
Yt 10,82; part. r. spasiia1Jt- Yt 11,14; r. 2za1'S "être excité" Yt 14,20:
j onctif, -ii6i- ou -iiaé- (-*jaj-) à l'optatif. La racine présente un degré
xzar'iJsiia-, véd. hl'~yati (11) : part. zar'iJsiiamna-.
non alternant, en principe le degré zéro. L'accent n'étant pas noté, seuls
(1) Restitution incertaine (voir 14.1.1). (2) ya mqm tat draona zinat va
le sens et la comparaison avec le védique permettent de distinguer le
trafiiat va. Bartholomae (col. 643) rapproche cet hapax du nom-racine indien °trp-
présent primaire (accent radical en indien) du présent secondaire passif "qui dérobe". On pourrait tout aussi bien y voir le véd. trp "jouir à satiété" et l'on
(accent suffixal en indien). traduirait "celui qui endommage ma part rituelle ou s'en régale". Le verbe indien
se construit régulièrement avec le génitif (RV II 16,6 somasya ... t[pnuhi "régale-
1. Le présent primaire en -iia-. toi de soma"), mais la transitivité de trafiiat peut être secondaire et comme em-
pruntée à zinat. On pourrait comparer cette construction à RV VIII 45,22 trl?l-Pd
1.1. Sont clairement d'un type hérité r. a1's "être envieux" Y 52,2: vy asnuhi madam "atteins l'ivresse et fais en ton plaisir". (3) hiiat Mi hudamiim
ar'iJsiia-, véd. tr~yati : part. a1'iJsiia1Jt-; 2ah "lancer": r. œ6ha-, véd. âsyati, diiai vaxa8rahiia. La forme est malaisée à interpréter (voir Schmitt, Dicht 254),
v.-p. [a]h[yat]a? DB l 95(1): ind. œ6hiieiti; inj. œ6hal Yt 8,6. 37, œ6h'iJn Le véd. da ou di "répartir" fournit les présents dayate et dyati. La restitution de
*daiiai (Humbach, II 17) est tentante, mais paraît incompatible avec le mètre. Par
Yt 5,7; part. afJhimna- Y 57,28; 2is "mettre en mouvement": °isiia- contre, si diiai représente dyati, on ne peut plus justifier la voix active. (4) Gra-
tm-o, véd. î~yati : ind. g. °isiia y 49,6, °isiiamaM; ? r. ta1'p "être satis- phique pour *odiiatqm: voir Humbach (126). (5) L'équivalence reste con-
fait" Y 11,5(2): tr'iJfiia-, véd. tfpyati: subj. f1''iJfiial; ? g. 2da "distribuer" jecturale pour des raisons de sens (Humbach, II 57; Insler, 1975 248). (6) La
y 29,8: diia-?, véd. dyâti: subj. diiai(3); g. 3°da ni-o "enchaîner"Y 48,7: comparaison avec le védique et le vieux-perse et le témoignage du g. adrujiia'l;!t-
°diia-, véd. dyati : imp. °diiàt(fm (4); g. °div a_a "se complaire" Y 44,13: "qui ne trompe pas", Y 31,15, montrent que Spiegel (ZDMG 36, 1882, 608) avait
raison de considérer druza- « *d1'uj-ja-) comme un présent en -iia-. (7) L'indien
°diuuiia-, véd. dtvyati (5) : ind. °diu1diei1Jti; r. druj "tromper": d1'uza- (6), et l'iranien ne correspondent pas tout à fait phonétiquement, mais ne peuvent
véd. drûhyati, v.-p, adurujiya : ind. druzaiti, druzi~Lti; subj. d1'uzal Yt 10, être séparés (Geldner, Grdr II 52; Scheftelowitz, ZDMG 59, 1905,700; Mayrhofer,
108, °druzJ1Jti aifJi-o Yt 5,90; part, druzi1Jt-; r. pad "s'enfoncer": paibiia-, EW II 695sq.). (8) Le sens ne permet pas de considérer mriya- comme le
véd. pâdyate : ind. °pa{)iieite h(fm-o Vyt 35, °paibiie1Jte ni-o V 5,27; subj. passif de mara-: l'accent suffixal paraît donc secondaire. Imm' ne peut être consi-
déré comme daevique (voir V 3,33 vispa a'IJhus ... axva~e framù'iiete "toute vie
paibiiaite, pai{)iiii1Jte Yt 10,113; imp. °paibiia1Jvha ni-o Yt 17,57; part.
meurt de ne pas manger"). Sa rareté relative et son rapport privilégié avec les êtres
°paiOiiamna- ni-o Yt 1,17; r. pü "puer" V 6,28: puiia-, véd. puyati : néfastes s'expliquent plutôt par un tabou linguistique (voir Kellens, STII 2, 1976,
ind. puiietiO; r. frit "se décomposer" V 6,28: f1'iOiia-, véd. m1·ityati (7) : 118sq.). (9) Kellens (JIES 5, 1977, 200 n.8). (10) Pourrait à la rigueur
ind. f1'i{)iieitiO; bud "remarquer": r. büiMia-, véd. bûdhyate: opt. büi- rendre compte de g. frasiiat Y 46, 8 et de r. auuasiiat Yt 1, 18 Yt 13, 72, qu'il semble
oiiaéta Y 9,21, büiOii6imaibe y 9,21; part. °büibiiamna- fra-o V; 2n"as toutefois préférable d'expliquer par l'opt. aor. rad. de Inas "atteindre": Y 46,8
"disparaître": nasiia-, véd. nâSyati : ind. r. °nasiiehi apa-o SrB 3, 3par, nait ahiia ma af}l'is diiao1}anais f1'asiiat "puisse aucune destruction ne m'atteindre
par la faute de ses actes"; Yt 1,18 nait dim nara ... auuasiiat ... nait akauua "ni
r. nasiieitiYl0,7. 15; subj. r. nasiialYt3; imp. r. nase SrB3,3par, les ciseaux ... n'atteindraient cet homme"; Yt 13,72 nait ka1'at6 ... auuasiiat "ni
r. °nasiiata apa-o Yt 3,9. 12; part. g. nasiia1Jt- Y 32,4; Iman "penser": l'épée ... ne l'atteindrait". (11) D'un strict point de vue philologique, la leçon
ma(i)niia-, véd. mânyate, v.-p. maniyaiy: ind. r. maniie1 Yt 10,106, zarasiiamna Pt 1 J 10 n'est ni meilleure ni, pire que zarsaiiamna F 1 Jm 4: elle
ma(i)niiet~, r. ma(i)niiamaide VI' 12,4, r. ma(i)niie1Jte; inj. °ma(i)niiatèi, permet de poser un av. zarasiia- directement comparable au véd. hrllya-. Véd.
g. ma(i)niia1Jta; subj. g. ma(i)niiai Y 43,9, r. ma(i)niial Gs 163. 164; opt. ha1'llaya- est transitif.
r. ma(i)niiaéta V 18,28; imp. r. ma(i)niia Aog 25; part. r. ma(i)nimna-; 1.2. Quoiqu'ils ne puissent être directement comparés à une formation
r. Imar "mourir" V: miriia-, véd. mriyâte (8), v.-p. amariyata : ind. mi1'iiete; indienne, on doit assimiler à ce type r. jad "demander": iaibiia- (1), v.-p.
inj. °miriia1Jha aU1la-O H 2,34par; subj. °miriiaite a1lua-o; r. yud "com- jadiyamiy : ind, jaibiiemi, jCLibiiehi Y 11,2, XOjaioiieiti fm-o F 4e (2), jCLi-
battre": yüioiia-, véd. yûdhyati : ind. yüioiieiti y 57,17, yüibiia{}6 Yt 8, oiiei1Jti V 19,29; inj. jaioiiCLt, jaioiiata? Vyt 8, jaibii'iJn; subj. jaibiiii1Jti
22. 26. 28, yüioiiei1Jti Yt 13,63. 67; r. 4°vid? ni-o "percer" Yt 10,113 (9): Yt 5,86. 87; opt. jaibiiois Y 65,10; part. jaibiiCL1Jt-, jaioiiamna-; ? r. tCLrp
°vi{)iia-, véd. vidhyati : °vi{)ii(fn; r. ris "subir un tort" V: ù'isiia-, véd. "dérober"? Y 11,5 (3): tr'iJfiia- : subj. t1''iJtiial; dra1Jj "affermir" (4): r. draza-
122 II A 1. La distinotion de temps: les thèmes de présent II A 10. Les présents en -iia- 123

"tenir" (5) : ind. drazahe V 19,4, dmzete Yt 5,11, part. drazimna-; ~ r. *opas (II 97) ont montré que irifJiia- ne justifiait pas une raoine raf} (Bartholomae,
"lier", paiti-auua-o V 4,51: *opasiia- ~ : subj. *opasiiii1 (6); g. 2pis~ 'T' (7): 001. 1521sq.). lrif} n'a pas d'étymologie oonnue. Kuiper (AotO 12, 1934, 200)
l'explique, d'une manière toute oonjeoturale, par un élargissement en -f}- d'une
pisiia- : ind. pisiiei'l'}ti y 44,20; part. pisiia'l'}t- y 50,2; vaf "chanter" (8): raoine équivalant au véd. Uyate "se fondre à". (16) Expliqué depuis Hübsohmann
ufiia-: ind. g. ufiiiio Y 43,8 1 r. ufiiemi Y 17,18par; subj. g. ufiiiini (ZDMG 35,1881,665; IF 11,1900,200) par l'ind.-eur. *'/frei1c (Bartholomae, 001.1534;
y 28,3, r. ufiiii1Yt 13,50; varz "travailler"(9): v'iJr<JZiia-: ind. r. v'iJr'iJziiiimi Pokorny 1158sq.). Voir véd. m'is- "le doigt", vrési- "le tourbillon" et, pour le
Yt 15,44, r. °V'iJr'iJziiehi aif3i-o V 3,26. 28, r. v'iJ1''iJziieiti, g. v'iJr<JZiiiimahi thème de présent, l'anglo-saxon wrigian. (17) Pour °Ù'isi-!;tt~m: aspaëm var~s~m
z~mal auuo.ù·i~1;tt~m vaënaiti "il voit un poil de cheval tomber à terre". (18) Tradi-
y 35,7, r. v'iJr'iJzÏ1y,ti; inj. g. v'iJr'iJziia1 Y 47,2; subj. r. v'iJr'iJziiii1, v'iJr<JZiiqn;
tionnellement oonsidéré depuis Bartholomae (Grdr 77), qui a toutefois renié son
opt. r. v'iJr<JZii6i1 V, r. xOv'iJrCJziiaii'iJn ni-o Yt 19,80 (10); imp. r. V'iJr<JZe hypothèse (col. 1581), oomme un élargissement de la racine correspondant à l'ind.
Aog 27 (11), g. v'iJr<JZii6tüO Y 35,6, v'iJr'iJziiiitqm (12); part. r. v'iJr<JZiia'l'}t-, r. si~: sinasti "abandonner" (littérature chez Mayrhofer, EW III 348). Le thème de
v'iJ1'<JZiiamna-; r. 2vii "faire défaut" VI' 15,1 (13): uiia-: part. uiiamna-; présent est peut-être attesté par le chor. b-szy- "to avoid" (Schwartz, ap. Henning-
r. 1rii} "mourir" (14): iri{}iia-: ind. °Ù'ifJiieiti para-o V, °irifJi'l'}ti para-o MaoKenzie 33). (19) Ou un prés. rad. ? Voir a 1.3.
V 6,1-4; inj. °irifJii6 para-o H 2,16; subj. irifJiiii1 V; part. irifJi'l'}t-
1.3. Quelques racines produisent un présent primaire en -iia- alors que
Yt 5,130; 2ri{} "mélanger": r. irifJiia- V (15) : ind. irifJiieiti V 6,10. 12.
leur équivalent indien ne le fait pas. On doit distinguer:
14.16.18.20.22; subj. irifJiiii1; r. uruuis "tourner": uruuisiia-(16):
ind. uruuisiieiti, uruuisi'l'}ti; inj. uruuisiiat'iJm Yt 19,82; subj. °U?'uuisiiiini 1.3.1. Formes incertaines ou isolées: 1) iz "convoiter": iiiia- : ind. g. iziiâ,
ni-o Yt 17,57. 58, °uruuisiiii1; opt. °U1'uuisii6i1 fra-o V 14,16; imp. r. iziieiti, r. iziiei'l'}ti FrA 10; opt. r. izii6i1 :FrA 11, exclusivement actif,
°uruuise ni-o Yt 17,60; part. auu6.ù·ifJ'iJ'I'}t- Yt 16,10(17), °uruuisimna- à côté de véd. ih : thate, exclusivement moyen (voir l 1.2.3). La diver-
fra-o VI' 12,5; sizd "écarter": sizdiia- (18) : part. r. sizdiia'l'}t- Yt 19,84, gence est évidente, mais il est possible que iziia- soit plutôt un prés. red.
g. sizdiiamna- Y 32,4; ~ r. l'§(ii)ii "être heureux": '§(ii)a- (19) ~ : ind. '§iieiti, i-iz-iia- (Klingenschmitt, MSS 29, 1971, 163). 2) yuj "atteler" est re-
x'§iie'i'l'}ti1 Y 16,17; subj. ,§(ii)iima. présenté par yujiieiti au Yt 10, 52 {}f3ii~'iJm yujiieiti vii~'iJm mifJr6 "Mi&ra
attelle son char rapide", alors qu'on attend théoriquement *yunaxti =
(1) S'explique, avec le greo f}éaauaf}at et le v.-irl. guùJiu, par un ind.-eur.
*gWherIh (Frisk, GEW 1668; Chantraine, Diot II 432sq.; Mayrhofer, Altp 127). Le véd. yunakti. Cette forme, transmise uniquement par F 1 (1), est in-
thème de présent peut être oomparé au greo f}éaawf}at (Hésyoh.) et au khot. vraisemblable: le thème yujiia- aurait, en récent, une 3ème sing. ind. A.
paiiirI- < *pati-iarIya- (Emmeriok 64). (2) Pour fraë~aite. Klingensohmitt (FiO *yuzaiti. Il est préférable de la laisser hors de cause (une hypothèse
§ 348) oonjeoture xfraia~aite, mais l'aor. rad. de oette raoine n'est pas attesté. en d 4.3).
(3) Voir 1.1. (4) Pour d'autres attestations d'un ind.-eur. *rI1'engh, voir Turner
(IAL *rIrangha- 2 "something firm"). (5) Ne fonde pas une racine rirai (Bartho- (1) yujiieite F 1, yujiieiti Pt 1. La présence de l'épenthèse plaide pour la
lomae, 001. 771), mais s'explique par *rI1·lJj-ja-. Khot. rIris- "tenir" représente forme à désinence active.
*rIrja- (Emmeriok 46sq.). (6) Voir b 2.2. (7) Etymologie et sens inoonnus.
y 44,20 ai ii p~r~sa yoi piSiiei-!;tti aëibiio kqm yais gqm karapa usixsca aë8~mai rIata; 1.3.2. Le présent en -iia- compose une flexion hétéroclitique avec duuis
y 50, 2 ~1'~z~ji8 a~a pOU1'USÜ huuara piSiiasü. (8) Le persan battan indique que "haïr": g. daibisiia- 1r.1bisiia- : part. g. daibisiia'l'}t- Y 34,4 Ir.1bisiia'l'}t-.
le sens de base est "tisser" (Bartholomae, 001. 1346). Sur quelques dérivés nominaux
Pour autant qu'on puisse accorder au matériel attesté quelque valeur
sogdiens et khotanais, voir Bailey (AotO 30 = FSBarr, 1966, 25sq.). (9) Re-
présente un ind-eur. *'/ferg (Pokorny 1168sq.). Le thème de présent est oom- statistique, il semble bien que, dès les Gàthàs, le prés. en -iia- a sup-
parable à oelui du greo ééCw, du got. wau1'kjan (Feist 555sq.). (10) Ainsi planté le prés. rad. au participe et au participe seulement.
Tedesoo (ZII 2, 1923, 311) et Hoffmann (Aufs II 612 n. 7) pour niuuar~zaiifm.
(11) La tradition manusorite ne donne pas la variante Va1'~za publiée par Geiger 1.3.3. Le présent primaire en -iia- est, dès le gâthique, le présent usuel
(Aog 24), mais bien v~r~ze et var~z~ (JamaspAsa, Aog 84sq.). (12) Graphique de vaxs: uxSiia- (1) à côté de véd. uk{3amii'l'}a- : ind. uxsiieitt, r. °uxsiiei~Lti (2);
pour *v~r~ziiatqm: voir Humbaoh (126). (13) Voir l'adjeotif ind. üna- "man- inj. g. uxsii6Y 31,7, r. uxsin; subj. r. °UxSiiqn fra- V; part. r. °uxsiia'l'}t-
quant" (Mayrhofer, EW 1115, EW III 190 et 652). Hoffmann (Aufs II 466sq. n. 3)
oonsidère uiia- oomme une oréation seoondaire d'après üna-. (14) Est expliqué
uz_o V 18,63, r. °uxsiiamna- uz- Yt 4,8 et de lsac "être expert en": sa.§a-
depuis Bezzenberger (KZ 22, 1874, 479sq.) par l'ind.-eur. *leit(h) (Bartholomae, à côté de véd. sakn6ti : ind. g. sa.§afJii y 30,11 ; inj. g. sa§'iJn y 53, 1 (3), part.
001. 1481 sq.; Pokorny 672). (15) Lommel (KZ 50, 1922, 269-271) et Humbaoh r. sa.§a'l'}t- Y 19,10(4).
124 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 c. Les présents en -iia· 125
(1) Le Yt 19,50 atteste un prés. °uxsa- (b 1.1)9ui correspond au khot. hUi/lI- y 10,1 de r. ram "être satisfait" est vraisemblablement une forme cor-
"croître" (Emmerick 154). (2) Ainsi Lommel (Zn 1, 1922,208; aussi Kellens,
rompue (en dehors de J 2 K 5b M 1 L 17 Mf 2, tous les manuscrits ont
STIR 5, 1976, 297 n. 7) pour Yt 13,10. 13. 56. (3) Supposé par sa.§'J'IJ,câ K 4,
sa.§qca J 2 K 4, sas!J'IJ,câ Mf 1 et sas'Jncd Mf 2 Jp 1 contre sask'J~1Câ de J 3 (S 1 manque) ramaiia1) qui ne peut tenir lieu de témoignage: ~is va?}Vhi ic5a mi'l9natu
Pt 4 Mf 4 (sask'lJ,ca) et du Yasna sada. Il est évident que le signe pour sk ,.." dérive' ~is va?}vhi ramiial ic5a.
de celui pour .§ yo. (4) Bartholomae (col. 1553) a bien vu que sa.§qs J 2 K 5
Pt 4 Mf 1 Mf2 K 4 (Jp 1 manque) était meilleur que saxaqs du Yasna sanscrit 1.6. Caractères particuliers du présent en -iia-.
et du Yasna sada. -xs- est clairement emprunté à Xâsixaat qui précède.
1.6.1. Comme Whitney (Gram 265sq.) l'avait déjà bien vu pour l'indien,
1.4. Deux verbes ont un degré plein irrégulier de la racine. 1) Bartho- ce thème de présent est le seul qui soit lié au sens du verbe. Il apparaît
lomae (col. 36sq. et 43) pose une racine aoe pour le présent en -aiia- avec:
aowiia- et aos pour le présent en -a- aosa-. Or les formes produites par 1. Des verbes intransitifs définissant un état physique ou mental
ce dernier, ind. aosete V 18,26. 51, aosa1Jte FrW 8,1 et inj. aosa1Jta Vyt 40 d'exaltation pouvant aller jusqu'au tragique: ars, ue, xrus, 1 tarp, °div,
ne peuvent s'expliquer par un présent en -a-, pour lequel on attendrait pad,pu, - 1n,
't 2nas, 1 mar, vaxo'l,
x 2va,
- 2 ·.u •v
n"U", ns.
*aosaite, *aos()1Jte et *aos()1Jta. Telle qu'elle est transmise (1), la voyelle 2. Des verbes transitifs exprimant une convoitise, une appropria-
pré désinentielle ne peut appartenir qu'à un présent en -iia-, donc à un tion réelle ou mentale, un acte Ge violence: 2ah, 1 iz, 2is, jad, 1 tarp, 2da,
thème ao§a- < *ay,eia- de la racine ue. Cette dernière représente vraisem- sOda, duuis, druj, pis1, bud, val, varz, 4°vid?, Iri{}, uruuis, Isae, sa,
blablement un ind.-eur. *euk (Pokorny 347; Mayrhofer, EW 1100) dont sïZd, spas.
le sens va de "enseigner" à "s'habituer" et qui survit encore, en indo-
iranien, avec véd. ue: ueyati "être habitué" et sogd. ywe- "enseigner" Des verbes comme Iman, transitif, ou yud, dont toutes les attes-
(G~rshevitch 92) (2). Il est possible qu'un original *u§a- = ind. ueya- ait tations sont intransitives, mais qui peuvent être transitifs en indien,
subi une action analogique tardive d'après aoj dont toute la flexion re- montrent que ces deux catégories composent en fait une unité. Dans tous
pose sur le degré plein. La réfection était d'autant plus anodine que l'as- les cas, l'action qui fonde le caractère transitif du verbe est inséparable
similation de -ii- par la consonne précédente ne permettait plus de recon- d'un puissant mouvement du corps et de l'esprit.
naître dans ao§a- un présent en -iia-. 2) xrus "crier" fournit, à côté du 1.6.2. Le plus souvent, le présent primaire en -iia- n'est pas soumis à
prés. xraosa-, un prés. r. xraosiia- : ind. xraosiieiti V 15,5 qui survit dans l'alternance de voix. Il est actif tantum ou moyen tantum: voir 1 3.2.2.
le persan xorosïdan (Henning 207) (3). Le sens dramatique du verbe se
prête à cette formation qui est étrangère au véd. krus. On peut penser 1.6.3. C'est peut-être un hasard, mais plusieurs verbes répertoriés en
qu'à une époque tardive, où le degré vocalique n'était plus ressenti comme 1.2 sont des vocables essentiels de la terminologie religieuse du zoroas-
un élement essentiel des catégories grammaticales, et d'une manière trisme (jad, val, varz, uruuis), qui apparaissent dès les plus anciens textes
peut-être dialectale, l'introduction secondaire du degré plein a permis (uliia- et v()r()ziia- dès les Gathas). La dérivation verbale en -iia- peut
commodément de distinguer le présent primaire du présent passif attesté donc avoir été particulièrement productive à l'époque des premiers déve-
par le khot.'f gru88- "être appelé" < *xrusya- (Emmerick 32). loppements de l'orthodoxie.
(1) Seul le V 18,51 a une transmission trouble: aosete L 4, aosaëte K 1,
aosë.të Jm 4, aositi Jp 1 Mf 2, ao?ite L 1 B 2, aosatë L 2 Br 1 K 10 M 2 02. 2. Le présent passif. Le degré zéro est régulièrement requis, sauf si le
(2) Il est donc préférable d'abandonner les hypothèses étymologiques de Bartho- vocalisme de la racine est étymologiquement non alternant (ap : afiia-,
lomae (rapprochement avec got. auhj6n "faire du bruit") et de Kuiper (ActO 12, ind. apyâ-). Le degré zéro des racines en -r a des réalisations phonétiques
1934, 279sq.: élargissement d'une racine correspondant au skI'. avati "entendre" ou graphiques diverses (le groupe phonétique s'analyse en consonne
du Dhatup.). (3) Le témoignage du persan rend caduque l'hypothèse de
Klingenschmitt (FiO § 713), qui propose dubitativement une correction xxraosâiti.
+ +
-()r()- -iia-). La voyelle anaptyctique qui précède r voyelle n'ap-
paraît pas dans 2star : °striia-, elle a la coloration i dans Ikar: kiriia- et
1.5. Rien n'indique sûrement que les racines en -am allongent leur voyelle 2par : piriia-, elle est notée -oi- dans Ivar: ni-voiriia-, graphie complexe
radicale comme font leurs équivalents indiens (type sramyati). ramiial qui rend vraisemblablement compte de son articulation au contact de
II A 1 c. Les présents en -iia- 127
126 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent

(Bartholomae, col. 42). (3) Il Y a une mention isolée de kairiiaeti (*kiriieiti)


la semi-consonne vélaire précédente. Les racines se~ xVar: xvairiia- et "cela est fait" au Vn 72 (Humbach-JamaspAsa, VN 41). (4) Restitution de
2gar : °yairiia- ont régulièrement un degré plein apparent. Hoffmann (Aufs II 398) pour DB II 73 agÇtrbiya anayata abiy mam "il a été pris
et conduit devant moi". (5) Y 57,29 yôi uuaëibiia snairJizôiia fraiiataiieitJti
2.1. On peut considérer comme réguliers et hérités ap "atteindre": r.
vaZ'iJmna yim vohüm sraos'iJm a#m yatcit usastaire hitJduuô ag'iJuruuiiete yateit
aliia-, véd. apyate : ind. al'J1Jte y 57,29; inf. aliieioiiai y 71,13 (1); r. ubj daosataire niyne. Pour s'en tenir aux manuscrits les plus importants, on trouve
"retenir" V 7,52 C: ubjiia-: subj. ubjiiaite (2); 1kar "faire": r. kiriia-, les leçons suivantes: ag'iJuruuaiieite Mf 1 K 4 S 2, ag'iJuruuiiete Pt 1 F 1, ag'iJU1'uuaiieiti
véd. kriyate, v.-p. ak(p'iya: ind. kiriieiti Yt 10,109. 111 (3), kÙ'iiei1Jti Pt 4 J 6, ag'iJruuaiieiti J 2, a.gijuruuaiieiti Jp 1. D'après niyne, on attend théorique-
V 3,9; r. kart "couper": °k'Jr'JfJiia- paiti-auua-o V 4,50, véd. krtyate: ment la 3ème sing. ind. M. à valeur passive du prés. °g'iJu1'uuaiia-, donc °g'lUruuaiiete,
soit la Sème sing. ind. du prés. pas. °g'iJuruuiia-, donc °g'iJU1'uuiiete ou °g'iJuruuiieiti.
subj. °br'JfJiia!; r. xVar "manger": xvaù'iia- V: ind. xvairiiete V 2,26 Comme le moyen de grab n'a jamais une valeur passive, il est raisonnable d'adopter,
V 5,40; r. 2gar "saluer": °yaù'iia- a_a Yt 13,50: subj. °yaù'iia!; grab avec Lommel (ZII 1, 1922, 203sq.), la variante ag'iJuruuiiete de Pt 1 F 1 qui, les
"saisir": r. °g'Jut'uuiia- a-o, véd. grhyate, v.-p. ag~a'bi[ya] (4) : ind. +Og'JU- attestations de g'iJuruuaiia- étant relativement nombreuses, constitue la lectio dif-
ruuiiete Y 57,29 Yt 10,104(5); jan "tuer, frapper": r. janiia-, véd. ficilior. (6) Le Yt 14,43, vraisemblablement très corrompu, n'offre aucune ga-
hanyate, v.-p. ajaniya: subj. janii&1Jti Yt 8,61par Yt 14,43(6); l'. 2ji rantie: vast&vh6 ahmiia nôit vazii&tJti iat&vh6 ahmiia nôit ianiiJtJti "die erfolg-
reichen nicht weiter [zum endgültigen Sieg] kommen ... die geschlagenen keine
"anéantir": jiia-, véd. k§ïyate : part. dans ajiiamna-, almjiiamna-; dab [endgültige] Niederlage erleiden" (Wolff, Av 264)? (7) Pour le sens, voir b 3.2.
"tromper": r. daoiia-, véd. dabhyate : part. dans aoaoiiamna-; dis "mon- (8) Possibilité évasive pour paiti.auua.pasat: voir b 2.2. (9) D'après l'analyse
trer": r. disiia-, slu. disyate: subj. disiia! A 3,7-12 V 9,44 V 18,9; r. 2par de Humbach (MSS 8, 1956, 75sq.; II 56): yaëibiiô mazda rJ{Jôi vdiietë daëna "ceux
"soumettre à confiscation" (7): piriia- V: ind. piriiete V 4,15 V 5, 2C à partir de qui, ô Mazdâ, la religion jaillit vers toi". Le véd. ueyate montre que le
degré zéro de la racine serait seul légitime pour le prés. pas. de vae "dire", que
N 7. 41. 42. 43C F 10. 25b; subj. pirii&1Jte Vyt 40; l'. °pas "lier" paiti.
Bartholomae (col. 1330) postule pour vadiia-. vadiia-, non plus que véd. vaeya-,
auua-o V 4,51: *opasiia-?: subj. *opasiia!(8); marc "détruire": r. mar§a-: n'a un sens passif. (10) La racine 3 var "(se) vertere" de Bartholomae (col.
part. dans amar§a1Jt-; r. miv "mouvoir": muiia- : part. dans amuiiamna-; 1362sq.) n'existe pas. Les formes qui lui sont attribuées doivent être rangées sous
g. va1Jc "jaillir" Y 44,11: va§iia-, véd. vacyate: ind. va§iietë (9); 1var 1var "envelopper", en particulier ni-var, qui n'est attesté qu'avec le thème du prés.
"envelopper": r. °uuoù'iia- ni-o V (10), skI'. vriyate : ind. °uuoiriiete V 8, pas. et qui est directement comparable, pour le sens, au véd. ni-vr "tenir enfermé"
(ainsi RV 157,6 avasrjo nivrtaQ. ... apaJ;, "tu as laissé couler les eaux tenues en-
69. 70. 72 = V 9,24. 25. 26; 1'. vip "agiter": viliia- V 8,26. 27 : ind.
fermées"). V 8,69 a8airi hax'iJm niuuôù'iiete mqnaii'iJn ahe yarJa maxsiiJ par'iJn'iJm
viliieiti (11); r. uruuid "conduire à sa perte" V: ur1tuioiia- : ind. uruuioiieiti "(la nasu) est tenue enfermée SOllS la plante du pied, comme une aile de mouche"
F 9 P 56; subj. °uruuioiia! ni-o V 16,7(12); sü "gonfler": r. suiia-, véd. ou V 9,26 aat ha druxs ya nasus niuuôiriiete apax'iJ8l'aëibiiô naëmaëibiiô maxsi.k'iJhl'pa
suyate : part. suiiamna- Y 55,3 Y 70,4 V 4,2 (13); r. 2star "abattre" V: "alors la druj nasu est tenue enfermée par les régions du nord, sous la forme d'une
°sM'iia-(14), véd. striyate: ind. °striieiti V 9,13 V 13,20-23 V 15,12 N 4. mouche". (11) On a V 8,26 yat anusô vifiieiti vifiieitiea et V 8,27 ya! usô
vifiieiti vifiieitiea. Geldner conjecture à bon droit, pour les deux passages, vifiieiti
10-15. 18.22. 30. 42. 44 F 4f P 57, °striiaëte a_a P 58, °striiei1Jti a_a N 95.
*vaëpaiieitiea. (12) Bartholomae (col. 1553) ne donne que xuruui8iieiti F 9,
96; inj. °sM'iiata auua-o Yt 1,29; subj. °sM'ii&1Jte a_a V 6,3. 29; part. d'après Reichelt (FiO 174) pour u1'u8iMeiti 'ylht, qui est clairement la variante
°striiamna- us_o H 1,11; st·u "entendre": s1'uiia-, véd. sruyate : ind. g. passive de u1'uuaë8q 'ylng. Il faut ajouter P 56 nôit aMiti framii}iianqm uruuitiieiti
s1'uiiëY 33,7; inj. 3ème sing. M. l'. °sruiiata vi-o Yt 13,91; r. 1zan "engen- "il n'est pas conduit à sa perte pour n'avoir pas donné les choses dues" où on doit
drer": zaiia-, véd. jayate(15): ind. zaiieiti Yt 13,16 Vn 26.31, °zaiiei1Jti restituer xU1'uui8iieiti (JamaspAsa-Humbach, Purs 178sq.) et non xuruuisiieiti
(Bartholomae, col. 1533). Enfin, le V 16,7 ne contient pas un problématique présent
us_o V 2,41; inj. °zaiiavha us_o Y 9,13, zaiiata Y 9,4. 7 V 1,17, °zaiioi{}e en -iia- de ni- 2rud avec le sens, tout aussi problématique, de "s'affaiblir", mais
us_o y 9,10; subj. zaiiaite Y 11,6 V 19,5, zaii&1Jte Y 11,9 Az 1. 5 = une autre attestation de ul'uui8iia-: duua danar'iJ ... yezi nôit nail'ika niul'uiMiat
Vyt 1. 3; r. ziia "endommager": °ziia- Ira-o, véd. jïyate: ind. °zi1Jte "(on lui apportera) deux mesures (de nourriture), sans quoi la femme serait con-
Yt 10,38; inj. °zi~da Yt 13,35. duite à sa perte". '(13) Ce verbe intransitif ne peut produire de passif propre-
ment dit. Skr. 8uyate n'existe que chez les grammairiens et suiia- est vraisemblable-
(1) Bartholomae explique â/'iJ~~te par *apuua- (col. 70sq. n. 1) et â/iiei8iiai
ment une création secondaire qui permettait de coordonner sü, sous une forme
par *a-fiia- de pa "protéger". Il est illusoire, depuis Hoffmann (Aufs l 52sq.), de
moyenne, à ses synonymes fra8'iJmna- et var98'iJmna- (voir Kellens, STIR 3, 1974,
chercher dans ces formes autre chose que le prés. pas. afiia- de ap. Le khot. eh-
197sq.). (14) L'origine et le sens passif sont évidents dans le cas de V 9, 13 aat
(aussi peh- et byeh-) < *afiia- (Emmerick 20, 86, 106) n'a pas un sens passif.
ha d1'uXS auuastl'iieiti "alors cette druj est abattue", de Yt 1,29 al'maitois dôifJrabiia
(2) yat hé auual pourum ubjiiaite "wenn ihm jenes erstere niedergedrückt wird"
128 l i A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 c. Les présents en -iia- 129

auuastriiata mairiio "le vaurien est abattu par les yeux d'Armaiti" et de H 1,11 s'il existe vraiment. Sur vazii&1Jti, voir ci-dessus en 2.1 sous jan, et sur
na xVafniMa ustriiamno "l'homme tiré du sommeil". A moins d'être laissé sans vaziiamnabiio, voir 3.1.
étymologie, a-striia- "se mettre en état de péché" représente une spécialisation du
sens de ce prés. pas., le poids de la faute religieuse étant expressivement égalé à 2.3. Particularités du présent passif.
l'anéantissement physique, ou constitue une racine indépendante 3 star. (15) Avec
déplacement de l'accent en indien et abrègement de a devant ii en avestique. En 2.3.1. Le présent passif est relativement rare en avestique (1). Si on compte
iranien, la quantité vocalique originale est attestée par m.-p. z'y- (Henning 202) pour une seule attestation les répétitions et les emprunts formulaires,
et parthe z'y- (Ghilain 87), l'abrègement par khot. ysai- (Emmerick 114). 62 formes verbales seulemènt reposent sur un thème de présent passif.
Plus significativement encore, il n'yen a que 12, dont 3 pour le seul
2.2. Quatre racines semblent former un présent passif à degré plein. Sur
Yt 13,50, dans la langue la plus ancienne, celle des Gathas (2) et des
la possibilité d'un degré plein régulier et généralisé du passif vieux-perse,
grands Yasts (10), si on fait abstraction des formes douteuses et de celles
voir Schmitt (KZ 82, 1967, 59sq.). Il faut distinguer:
qui n'ont plus un sens fondamentalement passif. Il semble bien que
2.2.1. Ida: r. daiia-, véd. diyâte ou dhiyâte (1) : ind. °baiieit~ti ni-o V 3,9. l'avestique a hérité d'une formation dont il n'a d'abord pas fait grand
13 V 7,54; inj. °baiial ni-o Yt 12,17; subj. daiial Yt 13,13.50 V 3,32; usage, mais à laquelle il a recouru de plus en plus fréquemment. Le fait
opt. °baiiaéta ni-o V 16,2. Un degré da- de Ida étant invraisemblable, que les deux grands modes d'expression du passif, la voix moyenne (1 4.1)
daiia- est graphique pour *diia- ou résulte de *daiia- par abrègement et le présent secondaire en -iia-, ne sont pas entrés en concurrence, mais
de a devant ii. La permanence, dans la tradition manuscrite, de la ont eu une extension parallèle croissante, exprime une évolution stylis-
voyelle a devant ii est un argument impérieux en faveur de la seconde tique. En évoluant, l'avestique a de plus en plus fréquemment exprimé
solution (2). *daiia- confirme que les racines en -a - Ida est la seule qui la réalité du point de vue passif.
fournisse un prés. pas. - tendent à fonctionner avec un degré plein (1) Le rapport entre le nombre des racines verbales attestées et celui des
permanent. thèmes de prés. pas. attestés est évidemment beaucoup plus réduit en avestique
qu'en vieux-perse. En plus des formes relevées ici comme ayant un équivalent
(1) Le Yt 13,50 kahmai no tat aafYram aaiiat "à qui de nous ce don sera-toi!
avestique, on a encore kan "creuser": kaniya-, f}ah "déclarer": f}alu1ya-, pif}
donné?" semble contenir une forme de laa correspondant à véd. aa. ni-aa "dé-
"graver" : ni-pi[s]i[ya]-, fraf} "interroger" : fraf}iya- et van "répandre" : vaniya-.
poser" représente bien entendu ni-alto,. (2) La leçon à initiale naiôo qui ap-
paraît pour trois attestations sur cinq de ni-ôaiia- dans de bons manuscrits (Yt 12, 2.3.2. Le thème du présent passif a indifféremment les désinences actives
17 : L 18 P 13; V 3,9 : Pt 2 B 1 P 2 M 3; V 7,54 : K 1) ne suggérerait le contraire
ou moyennes: ceci ressort clairement à la 3ème sing. inj. pour laquelle
que si nous avions d'autres exemples de l'effet de l'épenthèse sur les préverbes.
on a ni-baiial Yt 12,17 à côté de auua-a-striiata Yt 1,29 et de vi-sruiiata
2.2.2. bar "porter": bairiia-, véd. bhriyate: ind. r. baù'iieteO V 5,40, Yt 13,91. La tradition manuscrite hésite toujours sur la voyelle désinen-
r. bai1'iie1Jte V 3,29 = Vyt 35 (1); subj. g, bairii&1Jte Y 32,15; yaz "sacri- tielle des troisièmes personnes à désinence primaire (3ème sing. et plur.
fier": r. yeziia-, véd. ijyâte, v.-p. ayadiya : ind. yazi1Jti Yt 8,11. 23. 24 = ind. et subj.). Le plus souvent, il est impossible de savoir si c'est la
Yt 10,54. 55. 74; subj. °iieziial f1'a-o Yt 13,50 Vd 10; part. yezimna- variante active ou la variar,te moyenne qui est originale. Le cas de V 3,9
Yt 19,52. bairiia- et yeziia- ne sont explicables que si on admet que le kiriiei1Jti est exemplaire. Le Vidëvdad pehlevi transmet kù'iie1Jte, le
degré plein a été substitué au degré zéro pour éviter une trop grande Vidëvdad sada iranien kiriiei1Jte et le Vidëvdad sada indien kairiiei1Jti.
modification de la structure phonétique de la racine (2). Les deux possibilités théoriques, ki1'iie1Jte et kiriiei~di, sont également
(1) Avec introduction de l'indicatif dans une citation du Y 32,15. Le Vn 9 représentées et la variante lciriiei1Jte ne donne l'avantage à aucune d'entre
pascaiti yat iristi aa.'Vmanqm bairii'iy,ti "then they shall carry the dead body to the elles puisqu'on ne sait pas si le copiste qui en est responsable a modifié
Dakhma" (Humbach-JamaspAsa, VN 20) est corrompu et agrammatical. (2) Il la désinence ou introduit une épenthèse incongrue. Dans ce cas précis,
est peut-être significatif qu'un prés. pas. *iziia- de yaz eût été l'homonyme du prés. le recours au postulat linguistique étant exclu, il est parfaitement vain
primaire iziia- de iz "supplier".
d'examiner avec précision les données de la tradition manuscrite: on ne
2.2.3. vaz "véhiculer": vaziia-, véd, uhyâte : subj. r. vazii&1Jti Yt 14,43; peut exclure qu'une leçon minoritaire soit malgré tout originale (1). La
~ part. g. vaziiamna- Y 53,5. vaziia- s'explique comme baù'iia- et yeziia- 3ème sing. subj. n'est attestée qu'avec la désinence active secondaire (2)
1) Kellens, Le verbe avest!que
130 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II Ale. Les présents en -iia- 131

en vertu de deux usages particuliers. L'un est propre à la langue du Vi- P 36; paiti- "maître": r. paifjiia- "disposer de", véd. patyate: ind.
dëvdàd, qui répugne à utiliser les désinences primaires à la troisième per- pafjiiete N 105; subj. pafjiiaite V 18, 76par, pafjiia1Jte Fr.; part. paifjimna-;
sonne du subjonctif, l'autre à l'avestique en général, qui n'emploie pas fsaoni- "petit bétail" (3): r. +fsaoniia- "faire paître" Y 11,1 : ind. fsaoniiehe;
les désinences secondaires moyennes à ces mêmes personnes. Dès lors, le *fsu- "petit bétail": fsuiia- "faire paître" (4) : inj. g. fsuiio y 48,5; part.
recours aux désinences actives est seul possible. Les trois formes attes- fSuiia1Jt-; *bal''Jzah- ',?,': r. ba1''JzafJha- "frapper" V 3,20 : opt. xba1''JzafJ-
tées au Yt 13, 53, a-yaù'iia~, daiia~ et fl'a-iieziia~ démontrent toutefois h'Jn (5); *bisaz- "médecin": r. bisaziia- ! baéSaziia- "guérir" (6), véd.
que l'emploi des désinences actives avec le thème du prés. pas. est rela- bhi§ajyati : ind. xbisaziiatiO ou baë8aziiatiO Yt 8,43; subj. *bisaziieni 1 ou
tivement ancien (3) et n'a pas pour origine le conflit entre les deux usages *baë8aziieni 1 V 22, 6, bisaziia~ ou baë8aziia~ Yt 3,6 V 7,40-431 V 7,44
que nous venons de définir. Le témoignage de l'avestique permet donc V 21,3; opt. bisaziiois ou baë8aziiois V 22,2. 9; n'Jmah- "hommage":
de révoquer en doute l'avis de Whitney (Gram 270), qui voit dans l'usage g. n'Jmaiiia- YH. ! r. n'JmafJha- Fr. "rendre hommage" : ind. g. n'J-
tardif des désinences actives en indien un signe de l'assimilation du pré- maiiiamahi YH. (7), r. n'JmafJh'J1Jti Fr.; 2n'Jmah- "prêt": r. n'JmafJha-
sent passif par les présents primaires en -iia-. Si l'indien et l'iranien ont "faire un prêt" V 4, 1 : part. n'JmafJha1Jt-; maëka- "goutte": g. maëkaiia-
connu, à ce point de vue, une évolution parallèle sans qu'on puisse dé- "gouter" Y 38,3 : part. maëkaiia1Jt- (8); *mana- 1 "apparence": 1 r.
celer, dans l'une et l'autre langue, les causes internes qui feraient de cette m1naiia- "ressembler" (9) : part. m1naiia1Jt-; yasah- "gloire": g. yaso.
convergence un fait fortuit, c'est qu'en se séparant, les deux langues iiia- "distribuer la gloire" Y 51,4(10): part. yaso.iiia1Jt-; vac-!vac- "pa-
emportaient avec elles les bases, au moins théoriques, qui la rendaient l'ole": vaia- "dire" (11) : ind. vaiafJhe V 5,17. 21; impft. °auuaiata paiti-O
possible. V; inj. °vaiata fm-a; 1 va1''Jza- "vigueur": va1''JZaiia- "conférer la pros-
(1) La plupart des présents passifs sont attestés dans le Vidëvdâd, dont la périté", véd. ü1'jayant- : part. va1''Jzaiia1Jt- (12); vaso.yaona- "libre habi-
transmission est médiocre, et dans les Yasts, dont la transmission est exigüe. Ainsi tation": r. vaso.yaonètiia- "donner libre habitation" Yt 10,60 : part.
Yt 10,109. 111 kiriieiti repose sur le seul manuscrit F 1, qui a en 109 kÙ'iieiti et en xvaso.yaonètiia1Jt- (13); vaziia- "chariot": g. vaziia(iia)- "se trouver sur
111 kiriieti. Cette dernière leçon est de toute évidence fautive, mais faut-il con- le chariot de noces" Y 53,5 (14) : part. vaziiamna-; *vada- "hache":
sidérer que le copiste a omis l'épenthèse ou que c'est une trace de l'original
g. vadaiia- "pourfendre" Y 29,2 (15) : opt. vadaiioi~; vastm- "pâture":
*kiriiete, qu'il faudrait alors restituer dans les deux passages? La stricte philologie
n'a de sens que pour le Yasna, où elle permet de poser en théorie l'originalité de la r. vastmiia- "faire paître" V (16) : opt. xvast1'aiiaëta V 14,17; imp.
désinence moyenne de bairii&!J,te Y 32,15 et de a-gauruuiiete y 57,29. (2) Les vastmiia'()vha F 8; *vimaoa- "remède" (17): r. vimaoaiia- "pratiquer la
formes non personnelles du verbe, participe ou infinitif, sont toujours moyennes. médecine sur" V 7,38. 40 : subj. vimaoaiia1Jte V 7,38; opt. vilnii6aiia1Jta
(3) Ou, plus exactement, directement postgâthique. Le gâthique n'a que les dési- V 7,38. 40; viiaxman- "assemblée": r. viiaxmainiia- "interpeller" : ind.
nences moyennes et le vieux-perse presque exclusivement les désinences actives.
A ma connaissance, le seul prés. pas. qui ait une désinence moyenne est DB III 92
xviiaxmaniiete Yt 8,15 (18); inj. viiaxmaniiata Yt 19,43; smuuah- "re-
akç,riyanta. nommée": g. sl'auuahiia- "désirer la renommée" Y 32,6 (19), véd. sm-
vasyati : ind. s1'auuahiieiti; humanah- "bonne pensée" : haomanafJha- "être
3. Le présent dénominatif en -iia-. On construit un thème verbal en ajou- de bonne pensée" Yt 10,34 (20), véd. sumanasyamana-: part. haoma-
tant le suffixe -iia- à n'importe quel thème nominal. nafJhimna-.
(1) Sur le sens de Mua- et de isüiaiia-, voir Humbach (II 28) et Narten
3.1. Ainsi aënah- "acte de violence": r. aënafJha- "soumettre à la vio- (ap. Kellens, Noms-racines 18sq.). (2) N'a pas d'étymologie claire. Néanmoins,
lence" Y 9,29 : ind. +aënafJkaiti; a'()hu- "vie": r. a'()huiia- "mériter les le sens du dénominatif est assuré: V 18,4 astrqm mairim ka~aiieiti "il tient le fouet
bienfaits de la vie" : ind. a'()huiiete A 4,6; subj. a'()huiiaite A 4,4; a'l''JZa- pal' tromperie"; P 36 astarama uruua ka~aiial "his soul shall retain affliction"
"combat": r. a1''Jzaiia- "combattre" Yt 13,33 : part. a1''Jzaiia'fy,t-; a$a- (JamaspAsa-Humbach, Purs 157). (3) Sens établi par Benveniste (BSOS 8,
"ordre": r. a$aiia- "agir selon A~IJ,", véd. rtayant- : ind. a$aiieiti A 4,6; 1936, 407sq.). Le fait que fSaoniia- s'applique à la vache montre que la distinction
entre petit et gros bétail, au moins au niveau des dénominatifs, n'était plus très
subj. a$aiiaiti A 4,4 P 17; imp.1 a$aiiata Vyt 11 ; isud- "apport de rigoureuse. Comme fSaoni- est bien attesté et que rien n'indique qu'un dérivé
vigueur": g. isüidiia- "apporter la vigueur" YH. (1) : ind. isüidiiamahi; *fsaona- ait pu exister, nous sommes contraints de préférer fSaoniiehe de J 2 K 5
*kii$a- "1"(2): r. kii$aiia- "tenir" V: ind. kii$aiieiti V 18,4; subj. kii$aiia~ à fSaonaiiehe de tous les autres manuscrits. (4) Pour le sens, voir Benveniste
132 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 133
(ibid.). (5) Identifié par Humbach (KZ 77,1961, 103 n. 1). (6) Le matériel suffixal (type véd. asvayati). (14) Ainsi Humbach (MSS 8, 1956, 74sq.; II 95)
attesté se répartit apparemment en trois thèmes (voir Mayrhofer, EW II 502sq.): pour saxV{jni vaziiamnabiii5 kainibiii5 mraomi "Unterweisungen erteile ich den
bisaz- = véd. bhi~akti, bisaziia· = véd. bhi~ajyati, qui est proprement dénominatif, Mâdchen auf der Hochzeitsfahrt". Si vaziia- représentait le prés. pas. de vaz
et baMaziia-, qui est une déformation secondaire du précédent sous l'influence de "véhiculer", le degré plein serait irrégulier à côté de l'ind. uhyate. (15) Voir
baësaza- "remède". Bartholomae ne prend en considération que bisaz- (col. 966sq.) 11.1.3. (16) V 14,17 vastriiaëta doit être corrigé sur la base de F 8 vastraiiar:Jvha.
et baMaziia- (col. 915sq.) en interprétant bisaziiat comme un optatif et en pré- Vyt 11 vastriia{}a (pour imp. *vastraiiata?) et Vyt 41 vastriia1;!ta sont sans valeur.
férant la variante à degré plein baMaziiat au Yt 3,6 et baMazii6is au V 22,2. 9. Il est clair que cette dernière forme, dans l'expression gauue huiJti:6he vastriia1;!ta,
Deux solutions peuvent être entrevues: 1) D'un point de vue strictement syn- est une verbalisation instantanée du vastra- de l'expression traditionnelle vâstr'Jm
taxique, biSaziiat paraît un subjonctif en proposition relative ou conjonctive in- gauue hurü1vhe VI' 2,11 etc. . . . (17) Sur cette racine, voir la littérature chez
troduite par yezi au Yt 3,6 = V 7,44 et au V 21,3, un optatif en proposition prin- Kellens (Noms-racines 286-287). (18) Sur la correction, voir l 2.1.2. (19) Re-
cipale au V 7,40-43. Il faut alors distinguer entre bisaz-, qui a produit bisazani connu par Benveniste (Inf 30) et, avec plus de précision, par Humbach (II 34). La
V 22,6 et bisaziiat V 7,40-43, et le prés. dén. bisaziia- ou baMaziia-. 2) biSazani voyelle longue irrégulière de la syllabe initiale ne s'explique pas tant par l'in-
V 22,6, attesté entre deux mentions de biSaziii5iS V 22,2. 9, pourrait être fautif fluence de srauui que par l'analyse fautive de quelques copistes par le prés. caus.
pour *bisaziieni et biSaziiat V 7,40-43 une forme empruntée au V 7,44 sans égard rauuaiia-. (20) On attend *humanaVha-.
pour sa fonction syntaxique. Les passages dont nous nous occupons sont assez s
tardifs et agrammaticaux pour qu'on ne puisse exclure une hypothèse de ce type. 3.2. Les particularités de formation sont rares: l'insertion de a devant
Toutes les formes attestées relèvent alors d'un prés. dén. bisaziia- ou baMaziia-. le suffixe se produit dans is- "vigueur": ~ g. isaiia- "être pourvu de
Dans un cas comme dans l'autre, il est impossible d'évaluer l'originalité du thème vigueur" Y 50,9, véd. i§ayati : part. isaiia1Jt- (1); la chute de la consonne
baMaziia-. La tradition manuscrite s'établit comme suit. baMaziiati-ea Yt 8,43:
pas de variantes; biSazani V 22,6: biso L 4 K 1 J P 1 Mf 2, baMo L 1. 2 Br 1;
finale du thème de base dans aojah- "puissance" : r. aojaiia- ~ "faire étalage de
bisaziiât Yt3, 6: biSO Jm 4, baMo F 1 K36; V7,40: seulsK 1 Pt2 L2 ontbaMo; V7,41: sa force" Yt 17,13, véd. ojayate : ind. Xaojaiie1Jte (2) (Whitney 346 § 1063).
K 1 a seul trois fois baM o; V 7,42. 43. 44: pas de variantes; V 21,3: L 4,1 ont seuls Deux dénominatifs irréguliers sont attestés dans la langue tardive.
trois fois baMo; bisazii6is V 22,2: biso Jp 1 Mf 2, baM o L 4.1.2 K 1; V 22,9: biso po~ana- "combat" est directement fléchi comme un verbe: ind. po~anaiti
Jp 1 Mf 2, baës o L 4.1.2 K 1 Br 1. Ces données ne permettent pas de déterminer
V 4,49 (3). Comme l'a bien vu Bartholomae (col. 537), le part. xra{)#omna-
quand baMaziia- a supplanté bisaziia- sous l'influence de baMaza-, lors de la rédac-
tion du texte, à un moment de la transmission orale ou dans la tradition manus- "sage 1" V 4,2 Gl est construit d'après le superlatif xra{}fJista- sur le
crite. C'est dans ce dernier cas seulement qu'une correction automatique en modèle de {)#axSista-: {)fJaxsomna-. La désinence moyenne intègre le
xbisaziia- serait légitime. L'apparition dans chaque passage (sauf au Yt 8,43) terme à une énumération de synonymes qui comprend fraoomna- et
d'une variante à degré zéro constitue un argument assez mince en faveur de cette varooomna- (voir sü 2.1).
solution. (7) V 20,5 n'Jmaxiiamahi est emprunté à un passage gâthique in-
déterminé. (8) Un thème de présent maëka-, avec gutturale devant la voyelle (1) Ou prés. en -aiia- (d 2). (2) Restitution hypothétique d'un verbe
thématique, n'est pas vraisemblable. Il vaut mieux faire confiance aux variantes qui exprime une démonstration de force des chameaux en rut: F 1 lit aojaiieni,
du Yasna sada, qui supposent maëkaiia-, et y reconnaître un prés. dénom. J 10 uzaiia1;!ti. (3) Ne peut guère représenter un prés. inf. p'J~an(a)- de pm·t
(9) Dans l'expression comparative mqnaii'Jn ahejba ya{}a "de la même manière "combattre" (Bartholomae, col. 868).
que" selon Dresden (HenMemVol137 n. 28) et Humbach (MSS 27, 1969, 71-73).
mqnaiia- serait ainsi comparable à sogd. myn- et khot. mana- (Emmerick 109). On
'ne peut toutefois exclure que mqnaiia- soit bien une forme du prés. caus. de Iman d. Les présents en -aiia-
"penser". (10) Reconnu par Humbach (MSS 9, 1956, 71-74; II 87). L'équiva-
lent indien *yasasya- est indirectement attesté par l'adj. yasasyu-. (11) Il n'est 1. Le type indien grbhaya-, qui se développe parallèlement aux présents
pas possible de donner à vaÂa- une autre étymologie. Bartholomae (col. 1392) y à infixe nasal en -nd-j-ni-(l), est au moins représenté en avestique
voit une variante de la racine us, qui n'existe pas (voir 1.4), et Kuiper (ActO 12, par grab "saisir": r. gouruudiia- à côté de gorofJna-jgorofJn-, véd.
1934, 281) une forme moyenne à sens passif du prés. fut. vaxsiia- de vae. A ma grbhayati à côté de gl-blt~tijgrbh1Jité, v.-p. agg,rbaya : ind. °gou1'uuaiieiti,
connaissance les seuls mots iraniens qui aient été rapprochés de vda- sont s.-bal.
°gouruuaiie1Jte uz_o Yt 13,147; inj. gou1'uuaiiat, 3ème sing. M. °gou1'uuaiiata
gvasag "dire" (Geiger, Grdr 12242) et chor. ws- "id." (Henning, Selpap II 492).
(12) Selon Humbach (IF 63,1957-58, 47sq.). Ou prés. en -aiia- (d 2). (13) Resti- °
ham-o Yt 19,35. 36. 38, °gou1'uuain fora-o y 28, (2); subj. gouruuaiiat,
tution plus que probable, due à Hertel (Sonne Mi 187), de F 1 vasi5 yai5nai ù)tqm, °gouruuaiiqn, opt. gouruuaiioit Yt 8, 59par; imp. gauruuaiia Y 9,28. Le
épithète de Mi&ra. On ne sait toutefois s'il faut postuler une finale xOaiia1;!t'Jm ou y 10,1 var;hus sraoso mitaiiatu a#s var;vhi ioa mi{)natu montre qu'à côté
xoaiia1;!t'Jm. Dans ce dernier cas, ce serait le seul exemple avestique de a pré- de mi{)na-, r. mit "rester" (3) produit un prés. mitaiia- Y 10,1 « *mitaya-) :
134 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 135
imp. mitaiiatu. G. viidiiiia- Y 29,2 : opt. viidiiiioi[, que Bartholomae 2. Le type indien i~âya-, qui se développe parallèlement au présent en -a-
(col. 1410) compare au grec m{}sO) "repousser", ne représente ce type, du type tudâti (1), est représenté par 2is "impulser": g. isaiia- y 50,9
qui requiert le degré zéro de la racine, plutôt que le prés. dénom. d'un à côté de isa-, véd. i~âyati à côté de i~é : part. isaiia'(l,t-; xsii "pouvoir":
hypothétique *viidii- "hache" (voir 1 1.1.3) que si viid "repousser" re- xSaiia-, véd. k~âyati, V.-p. axsayaiy : ind. g. xSaiiehï Y 44,15, r. xsaiiehe
pose sur un degré long étymologiquement non alternant. Yt 10,29, r. xsaiiete, g. xsaiia{Ni Y 48,9, r. xSaiie'(l,te Yt 17,7; inj. r.
(1) Reconnu par Whitney (256 et 369) et Bartholomae (Stud idg S II 9sq.), xSaiiata Yt 19,26. 28. 31; subj. g. xsaiiii, r. xsaiieni FrW 4,2, r. xsaiiii[
il a fait l'objet d'une étude de Kurylowicz (EtBenveniste 51-62), qui le considère FrW 4,2; opt. r. xsaiioit Y 9,5; imp. ? g. xSaiiii Y 28,7; part. xsaiia'(l,t-,
comme le présent déverbatif en -ja- d'un aoriste radical élargi *grbha-. Pour lnsler xSaiiamna- ; r. barj "saluer": b,J1"Jjaiia- (2) : inj. bJl'Jjaëm V 7,52 (3),
(Lang 47, 1971, 574 n. 4), il s'agit plutôt d'une formation directe sur le prés. inf.
bJl'Jjaiia[ Yt 10,90, bJ?'JjaiiJn Yt 10,90; subj. bJl'Jjaiii1'(1,ti V 7,52 1
(*grbh1!~-ia-). Je fais de ce type un présent en -aiia-, ce qu'il n'est pas nécessaire-
ment du point de vue étymologique, par pure commodité, d'après l'apparence du bJl'Jjaiiqn Y 65,11; r. bui "délivrer" V (4): büjaiia- à côté de büja-? : part.
thème en avestique. (2) La longueur de la voyelle initiale du suffixe a été büjaiiamna- Yt 1,17 Vd et, vraisemblablement, avec introduction secon-
préservée par la contraction. (3) Si elle est indo-européenne, cette racine ne daire de l'infixe nasal, subj. b7~'(I,jaiiiit V 7,71 Aog 58; 2va?'Z "invigorer":
produit de formes verbales personnelles qu'en avestique. Le rapprochement avec
val'Jzaiia-, véd. ül'jâyati (5) : part. va?'naiia'(l,t-; sa'(l,d "apparaître": r.
le v.-sl. mesto "endroit", proposé par Bartholomae sous le dérivé nominal maë{}ana-
(col. 1107), n'est pas retenu par Pokorny (715), qui y substitue un matériel saoaiia-, véd. chadâyati, v.-p. imp. {}adaya(6): ind. saoaiiemi H 2,12,
baltique assez abondant. saoaiiehi Fr., saoaiieiti; inj. saoaiia[ F 12; subj. saoaiiii[ V; zü "invo-
quer": zbaiia-, véd. hvâyati à côté de h7Wé, v.-p. °azbayam patiy-O (7) : ind.
1.1. Deux thèmes de présent appartiennent à ce type si le degré long ou r. °zbaiia 1r. zbaiiemi, r. zbaiiehi Yt 17,17, r. zbaiieiti, r. zbaiiatoYt 13,35,
plein du radical a été substitué au degré zéro par analogie avec le cau- r. zbaiiamahi; inj. r. zbaiia[; subj. g. zbaiiii, r. °zbaiiiii ii-oYt 10,77.78; opt.
satif. Autrement, il faut les considérer comme des causatifs proprement r. zbaiiaësa, r. zbaiioi[ Yt 4,2; imp. °zbaiia'(Jvha ni-o V 19; part. zbaiia'(l,t-.
dits. R. °sci'(l,b fl'a-o "étayer" V 18,74: °sci'(l,baiia- : opt. sci'(l,baiioi[, isolé
et tardif, peut ainsi correspondre au véd. skabhnati, skabhiiyâti (1); zal' (1) Etudié par Kurylowicz (ibid.), qui considère i~âya- comme le présent
déverbatif en -ia- de i~â-. Je ne fais de ce type, comme du précédent, un présent
"irriter" (2): r. °ziimiia- ii-o, véd. hr'(l,ïté: ind. °ziimiie'(l,te Yt 13,30 (3); en -aiia- que d'après la forme du thème avestique. (2) L'étymologie de cette
opt. °ziimiiois FrD 4 serait directement comparable au pâli hal'iiyati racine, qui ne fournit en tout cas aucune forme verbale dans les autres langues
"s'irriter" qui, selon Burrow (Sanskrit 46), est à *hr'(l,ati ce que grbhiiyâti indo-européennes est très controversée: voir le résumé des discussions chez Kellens
est à grbh'(l,ati. (Noms-racines 350sq.). Le thème *brjaya- rend compte du khot. bulj- "honorer"
(Emmerick 102). (3) Aussi Vyt 40 b'J1'9jaim? (4) Toutes les formes verbales
(1) Il faut noter que le présent en -aiia- de type "itératif" compose à plu- d'av. buj ont ce sens particulier qui pose un problème étymologique délicat (exposé
sieurs reprises des figures étymologiques. Ainsi 3kar "tirer" (2.1): Yt 4,4 karsaim des diverses hypothèses chez Kellens, Noms-racines 55sq.): exclut-il tout rap-
kamiieiti, Yt 4,6 {}rikars9m fmkaraiieiti, V 9,10 kal'sascit frakaraiiaiS, V 9,11 cluua prochement avec véd. bhuj : bhujâti "plier" (ainsi prudemment Mayrhofer, EW II
clasa karsa fmkamiiais ,V 17, 6 paÏ?·i.ka1"Jm pairi.karaiiais, V 22,20 nauua karst}, 505sq.) ou véd. bhui: bhundkti "être utile" (ainsi prudemment Kellens, ibid.,
frakaraiiat, N 101 tista karsâ fmkaraiieiti; Idar "tenir" (6.1.1): N 67 fraclaritacit d'après l'infixe nasal de buttiaiiat et de Yt 14,46 buttjaittti) et fonde-t-il, comme on
tüirinqm xfraclaraiiait; clarz "affermir" (2.1): Ytl,27 aipi.cl'Jr'Jzuuan'Jm aipi. le veut traditionnellement, une racine indépendante (Geldner, KZ 24, 1879, 142sq.;
clar'JZaiiar5{J'Jm; °cliz "ériger" (4.2): V 3,18par pairi.claëzqn pairi.claëzaiiqn; cluuiS Bartholomae, col. 916sq.; Benveniste, NP l11sq. et Vpc l 136), éventuellement
"haïr" (4.2): V 18,61 ka maziSta tbaUavha tbaësaiieiti; battcl "lier" (4.1): Vd 12 apparentée au grec rp6VyW et au lat. fugio "fuir" (Kretschmer, Glotta 30, 1943,
battd'Jm battdaiiat; bar "porter" (6.1.2): V 19,44. 45 hqm.b'JI''J{}a hqm.baraiiama; vic 138sq.)? Le moyen-iranien ne permet guère de résoudre la question. Le moyen-
"séparer" (4.3): N 99 ya hqm.vaëJiia hqm.vaëcaiieiti; scittb "étayer" (1.1): V 18,74 perse (bwz- et bwxs-, Henning 183 et 197) et le parthe (bwj- et bwxs-, Ghilain 63
{}risat'Jm fl'ascittbananqm frascittbaiiait; harc "laisser tomber (comme déchet)" (5): et 80) opposent *bauia- "délivrer" à *buxsa- "se délivrer" (aussi sogd. bwys-, Ben-
V 5,60. 61 har'Jk'J har'Jcaiiat. Il est tentant de reconnaître un type particulier et veniste 14). En attestant à la fois ha'lTtbujs- "to enjoy" et ha'lTtbujs- "to bow down"
instantané de dénominatif propre à la langue tardive dans les thèmes qui ne sont (Emmerick 143), reposant tous deux sur *ham-bauiaya-, le khot. présente des faits
pas attestés dans d'autres contextes, c'est-à-dire 3kal': kamiia-, cluuis: tbaUaiia, strictement comparables à ceux de l'indien. D'un point de vue strictement morpho-
°cliz: °claëzaiia-, °vic: °vaëcaiia-, °scittb: °scittbaiia- et harc: har'Jcaiia-. (2) Le logique, büja-- qu'il faut peut-être, toutefois, corriger en +Mî.faiiat d'après Jm 4
matériel moyen-iranien a été rassemblé par Bailey (KhotT V 296; HenMemVol bujauuat - et büjaiia- incitent au rapprochement avec bhui: bhujâti, et buttj- à
21sq.). (3) Ou +ozamiieittti d'après J 10 °zaraiiattti (voir l4.4.1). celui avec bhuj: bhunâkti, dont l'équivalent avestique a produit diverses formes
136 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 137

nominales (Geldner, ibid.; B. Geiger, AmSp 175sq.; Humbach, MSS 1, 1952, 23 l'attribue à un prés. prim. en -iia-): ainsi, au Y 8, 3, J 2 K 5 Mf 1 contre dasiiata
et II 28; Benveniste, NP l11sq.; Kellens, ibid.). Une forme comme bU1Jiaiiat, qui du Yasna sada, et, au Vyt 33, J 3 EK contre MU 7 disaiiata. Toutes les formes de
combine les caractéristiques morphologiques de büia-jbüiaiia- et de bU1Ji- ne daësaiia- attestées dans le Vyt. relèvent d'ailleurs d'une 'restitution: Vyt 42 a
suggère-t-elle pas que les deux racines sont confondues dans l'av. bui "délivrer"? daisaiia- et daisiia-, Vyt 32 daisiia-, disiia- et disaiia-. Au Yt 11,14, le copiste de
(5) Equivalence établie par Humbach (IF 63, 1958, 49sq.). Ni av. 2varz ni véd. F 1 substitue erronément tbisiiat à daësaiiat du Khorda Avesta (K 18. 36), mais
ürj n'ont produit d'autres thèmes de présent: il s'agit peut-être d'un prés. dén. cette forme à degré zéro de la racine trouve peut-être un écho dans daisiiat de J 10
(c 3.1). Voir aussi sogd. prwyi- « *pari-varzaya-) "nourrir" (Szemerényi, Sprache et, dans l'expression daënqm daésaiiat, constitue la lectio difficilier. Enfin et surtout,
12, 1966, 219). (6) Véd. *chada- n'est pas attesté, mais l'il'. *sada- est postulé les trois attestations les plus anciennes, celles du Yt 13, ne peuvent être établies,
par le m.-p. sh- (Henning 171) et, peut-être, le parthe sy- (Ghilain 91). Yt 14,56 à défaut de J 10, qu'en confrontant F 1, qui lit daësaiia-, et Mf 3, qui lit disaiia-.
sair5in est une forme trop obscure pour être rapportée sûrement à un thème sair'Hia- Il est possible qu'il faille restituer *disaiia- dans chacun de ces passages.
(Bartholomae, col. 1559) ou considérée comme une corruption de sar5aiia-. sadaiia-,
au lieu de sar5aiia-, apparaît au Yt 10,71 V 2,24 V 3,32 V 9,51 et V 18,19 (voir
Hoffmann, Aufs l 198): cette irrégularité pourrait s'expliquer par une dissimila-
3. La voyelle finale de quelques racines en -a,
en se combinant avec le
tion entre la sifflante s et la spirante r5. (7) Insler (Lang 47, 1971, 580 n. 14) suffixe, produit des thèmes de présent qui se terminent en -diia-. Le
explique ce thème par *ghyeit-e-. matériel védique et l'abrègement de a devant -ii- caractéristique de
l'avestique récent - quoiqu'il soit loin d'être systématique - permet-
2.1. Trois verbes avestiques dont les équivalents védiques ont un présent tent de poser en théorie -aiia- comme original. Ce qui est discutable,
usuel du type tudati ne produisent comme présent primaire qu'un thème pour ce type comme pour les deux précédents, c'est la nature étymo-
formé du suffixe -aiia- sur degré plein ou long de la racine. Il est tentant logique exacte du suffixe. On a (1) ka "prendre plaisir à": g. kaiia-
d'expliquer ce dernier par l'action analogique du présent causatif sur le y 33,6 (2), véd. kayamiina-: ind. kaiia; fh'a "protéger": {)raiia-, véd.
type isaiia- (1). Ainsi r. 3kar "tirer" V: karaiia- (2), véd. kil'ati: ind. tl'ayate(3) : ind. r. {)raiie~te Yt 13,146(4), inf. g. ()raiioidiiai Y 34,7; pa
karaiieiti; inj. °karaiial fra-o V 22,20; opt. °kal'aiiois, ka1'aiicm V 6,2--4; "protéger": r. paiia-, V.-p. apayaiy(5) : ind. °paiiemi ni-o Yt 5,89; opt.
r. darz "attacher": darazaiia-, véd. drrhMti et drrhMyati (3) : ind. dar'J- °paiiois ni-o Yt 1,24; part. xpaiia~t-1 Yt 10,46(6), xOpaiiamna- paiti-O
zaiieiti (4); subj. °darazaiiJ,~tte V (5); opt. °darazaiioil a-o, °da1'azaii'Jn V, P 20 (7); 1 r. 1va "souffler": vaiia- (8), véd. vayati : ind. vaiiemi Yt 15,43,
°dar'Jzaiia~ta ha~-o V 9,49; imp. °da1''JzaiiaofJ'Jm Yt 1,27; dis "montrer": °vaiieiti Yt 8,23. 29 V 5,37; opt. °vaiioit fra-o V 8,75; part. xOvaiia~t­
r. daësaiia-, véd. disati(6) : ind. daësaiiei~ti Yt 13,53. 55; inj. °daësaëm upa-o H 2, 7rép; r. 2ra "glapir": raiia-, véd. rayati : part. dans ga{)ro.
fra-o V 2,2, daësaiio V, daësaiiat, daësaii'Jn Yt 13,57; subj. °daësaiieni raiia~t- Yt 13,105; r. spa "jeter": spaiia- (9) : ind. spaiieiti; inj. °spaiial
auui-o P 37, daësaiial1 Vyt 42, daësaiiama Vyt 32; opt. daësaiinis; imp. auua-o Yt 19,56, 59. 62; subj. °spaiial auui-o V 3,35, °spaiiama auua-o
°daësaiiavvha ham-o Yt 19,48. 50, *daësaiiata Y 8,3 N 71 Vyt 33. Vyt 44; opt. °spaiiois Ira- Aog 28; r. 1t(ii)a "se réjouir": taiia- y 16,7:
(1) V.-p. °gud apa-o "cacher": °gaudaya- à côté de véd. gaha- et av. guza- ind. taiie~ti ou taiie~te (10); 1 r. 2ta "chier" : taiia-1 (11) : ind. isaiti V 5,2;
ne peut être assimilé à ce type. Le thème vieux-perse est d'autant plus surprenant part. o§aimna- Ira- N 37.
que cette racine repose sur un degré zéro étymologiquement non alternant.
(2) Aussi m.-p. k'r- "semer" (Henning 192) et khot. ker- "tirer" (Emmerick 23). (1) Aussi v.-p. °ma jra-O "ordonner": °maya-: impft. °amayata XPg 5.
(3) Aussi parthe drz- "charger (les bêtes de somme)" (Ghilain 52) et khot. dals- (2) Présent usuel. L'abrègement de a postulé par l'équivalent védique peut être
"affermir, charger" (Emmerick 44). Bartholomae (col. 697) pose un thème drJ1"Jzaiia- considéré comme une modernisation du texte gâthique. (3) Présent usuel
d'après Yt 1,27 - la deuxième mention, selon Mf 3 - et N 3.94. Ces formes comme le précédent: peut-on les assimiler à la catégorie 4.1? (4) Peut-être
isolées, dans des textes tardifs et corrompus, ne sont pas dignes de foi. Il vaut aussi Yt 13,95 (voir l 1.2). (5) Le thème pdiia- tend à se substituer au vieux
mieux restituer partout le degré plein. (4) Y compris N 101, pour ha\ldarfJz,n;tti. prés. l'ad. indo-iranien dès l'avestique récent et le vieux-perse: faut-il y voir une
(5) y compris N 94, pour °dr'01;tiaiiaiti. (6) Quelques indices laissent penser substitution du type de 4.2 ou une formation analogique d'après le synonyme Dra?
que le thème disaiia- a été utilisé dans le texte avestique. daësaiia- n'est in- Le problème qui se pose ici est celui du vocalisme original du radical, qui fait
contestable qu'en V 2,1. 2 V 5,14 P 37 F 14 et, peut-être, aux Yt 4,9 Yt 14,46 l'objet de témoignages contradictoires. Le v.-p. a exclusivement un thème paya-
Yt 19,48. 50 dont la transmission est troublée - Bartholomae peut lire fradaxsaiio tandis que toutes les formes moyennes, m.-p. p'y- (Henning 203), parthe p'y-
au Yt 4,9, mais c'est exclu pal' le parallèle du Yt 14,46 - , et ne permet pas une (Ghilain 86), sogd. p'y- (Gershevitch 89), khot. pai- (Emmerick 86) reposent SUI'
analyse précise du vocalisme radical. Pour le l'este, l'imp. *daësaiiata est exclusive- *paya-. En un temps où l'imp. DB IV 38 pati-payauva était seul connu, Meillet-
ment attesté sous une forme qui est plus ou moins disiiata (Bartholomae, col. 672, Benveniste (Gram 35sq.) conjecturaient une faute de gravure pour *pati-payauva,
138 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 139
solution que le témoignage de XPf 39 apayaiy devait interdire (Benveniste, BSL 33,
4.2. Le présent en -aiia- semble un substitut du présent radical (1) dans
1932, 151sq.). Plutôt que de considérer il, comme régulier en tant que résolution
d'un ancien *9 devant i ou u (Brandenstein-[Mayrhofer], Altp 28), je tendrai à
r. 2kan "creuser" V: °kiinaiia- vi-o V 7,51 (2) à côté de r. °kan- : subj.
voir dans paya- un fait vieux-perse non encore résolu. (6) pauuti est peut- °kiinaiiii!; xsnu "réjouir": r. xsniiuuaiia- à côté de xsnu- (3) : ind.
être simplement fautif pour xpaiiti. (7) Voir i 3.2. (8) L'existence d'un xsniiuuaiieiti; r. °diz "ériger" V: °daézaiia- pai1'i-o V 3, 18par(4) à côté
thème vaiia- est incertaine. Les ind. v(a)iierni Yt 15,43 et apa ... v(a)iieiti Yt 8,23. de °diz- uz_o V 15,36: subj. °daézaiù:tn; duuis "haïr": r. Ibaésaiia- V
29 sont peut-être des formes thématisées de vi "pourchasser" (voir a 1.3), j1'ii-
à côté de g. daibis-, r. Ibis- : ind. IbaéSaiieiti V 18,61; subj. IbaéSaiiiil
uuaiieiti V 5,37 et j1'auuaii6il V 8,75 s'expliquent peut-être mieux comme causa-
Yt 3,14-16.
tifs de jnt "disparaître" (Kellens, MSS 32,1974, 92sq.). Hoffmann (AufsIl 466)
attribue ces deux formes à va, bien qu'il soit gênant que celle du V 5,37 soit claire- (1) Le même phénomène semble attesté en v.-p. avec tü "pouvoir": tavaya-
ment transitive. L'incl.-ir. *vaya- a, en contraste avec le prés. rad. *va- "souffler", (DNb 33.47 = XPh 37.52). *pati-tavaya- est postulé pal' m.-p. pt'y- "rester, durer"
le sens de "dahinschwinden, ermatten, verlOschen, verlustig gehen". Le part. (Henning 209). (2) Voir 6.1 pour le degré long du radical. (3) Ainsi sogd.
xupa.vaiia~lt- repose sur une correction conjecturale de upa.vauuo en xupa.vaiio. 'xsn'w- "satisfaire" (Gershevitch 90). Si les opt. r. xSnuiiti et g. xSn9uui8a sont des
(9) spa n'a pas d'étymologie satisfaisante: l'hypothèse de Pagliaro (AGI 39, 1954, aoristes, xsnauuaiia- doit être classé en 4.1. (4) Voir note ci-dessus.
55; aussi Belardi, AION-L 2, 1960, 63), qui Y voit une évolution particulière de
*(u)z-va "rejeter", n'est guère vraisemblable. Son sens ne différant pas fondamen- 4.3. Le présent en -aiia- semble un substitut du présent à infixe nasal
talement de celui du prés. rad. *apa-spa- postulé par le sogd. psp'- "rejeter" (Ben- -na- j -n- d ans ma1'C "d't . " : m91'9'(/,cw/'~a-
e rmre " ,a coAt'e d e m91'9'(/,c- : part. d ans
veniste, TextSo 266) et le h:hot. pass- "laisser aller" (Emmerich: 76sq.), spaiia- ne
peut être considéré comme un prés. caus. Le v.-p. DNb 5. 46. 49 niyasaya "(il)
+m91'9'(/,caiiCf:st9ma- (1) V 7,58; 1 yuj: r. Xyujaiia-1 Yt 10,52 : Xyujaiieiti? (2);
a déposé" (Benveniste, BSL 47, 1951, 24sq.), le parthe nyspy- "déposer (le genou r. °vic "séparer" N 99. 100: °vaécaiia- à côté de véd. vinakti: ind.
en terre)" (Ghilain 87; Benveniste, FSTaqizadeh 41) et le khot. niss- "jeter" °vaécaiieiti; r. 1'ic "abandonner": mécaiia- (3) à côté de ù'inac- : ind.
(Emmerich: 56) reposent sur un présent *ni-spaya qui est issu, selon-Emmerich: (ibid.), °mécaiieiti paiti-O V 5,8, °mécaiiei'(/,ti paiti-O Yt 10,41; inj. mécaiial
de ni-spaya- avec abrègement secondaire. (10) Voir I1.2. (11) Voir a 1.3. Yt5,78; subj. °mécaiiiii paiti-O Vd2; imp. mécaiiaYt5,77; 31'ud "re-
tenir": r. °mooaiia- (4) à côté de véd. 1'u'(/,addhij1'ttndMnti : ind. 0mooaiieiti
4. Le présent de substitution en -aiia- de type causatif. Il apparaît dès
Fr., °mooaiiete apa-o, xOmooaiiei'(/,ti auua- N 42; subj. °mooaiiiii N;
les passages les plus anciens de l'Avesta récent.
opt. °mooaiiaéta apa-° V 13,49; part. xOmooaiiamna apa-o N 54.
4.1. Il sert de présent à des verbes défectifs qui en sont étymologique- (1) rn9r9(tcaiio n'est transmis que par Mf 2, contre m9r9'(wiio, mais s'impose
ment dépourvus. Ainsi iid "dire": r. °iiôaiia- paiti-O V (1) : subj. °éioaiiiii pour des raisons phonétiques, *cj devenant régulièrement t (ainsi opt. m9rqtiial).
N 72. 73; opt. °iioaii6il; iip "atteindre": r. apaiia- (2) : ind. apaiiemi, (2) Conjectural: yujiia- est toutefois inexplicable (c 1.3.1). (3) Aussi khot. rrij-
apaiieiti, apaiiei1:/-ti; inj. °apaiial paiti-o Yt 8,38; imp. °apaiia Yt 16,2; "laisser derrière" (Emmerick 115). (4) Aussi khot. rrüy- "perdre" (Emmerick
116). Il vaut mieux considérer aparos9~lte FrG, auua1'aoo9~ti N 42 et apa1'aoffomnahe
part. apaiia'(/,t- Y 9,31; r. ba'(/,d "lier": ba'(/,daiia- (3) : incl. ba'(/,daiieiti
N 54 comme des corruptions que de fonder sur eux un thème 1'aooa-.
V5,8. 9; inj. ba'(/,daiial, 3ème sing.M. ba~/'daiiata Yt5,128; subj.
ba'(/,daiieni Y t 19, 18, ba'(/,daiiiiiti Vn 96 j ba'(/,daiiiil; han" conquérir" :
r. hanaiia- Y 59,30 (4) : part. hanaiiamna-. 5. Plusieurs verbes qui n'existent pas en indien ou n'y produisent pas de
formes personnelles ont, pour présent usuel et souvent unique, un pré-
(1) L'indien n'a que le parf. aha/ahlÎ?. Voir, peut-être, khot. patay- "dire"
sent en -aiia- de type causatif que l'insuffisance du matériel comparatif
« *pati-adaya-, Emmerick 82). °aoaiia- de Bartholomae (col. 55) ne repose que
SUI' N 72 et est évidemment fautif pour °aoaiia-. La conservation du vocalisme
ne permet pas d'analyser avec précision. Il peut très bien s'agir, selon
long peut être attribuée à -ii- précédent. (2) L'indien forme ap : apnati d'après les cas, de présents primaires du type 1, 2 et 4 (1), de présents causatifs
le synonyme as: asnati (Hoffmann, Aufs l 52). Le khot. byev- "obtenir" « *abi- ou de dénominatifs. A l'exclusion de daxs: daxsaiia-, qui est gâthique,
apaya-, Emmerick 106) démontre que apaiia- résulte de *apaiia- par abrègement ils apparaissent dès les parties les plus anciennes de l'Avesta récent. Ce
d'une initiale trop éloignée de la syllabe finale. (3) L'indien forme bandh:
sont r. °iixs aifJi-o "surveiller" (2): °iixsaiia-: ind. °iixsaiiei'(/,ti; subj.
badhnriti d'après le synonyme si: siniiti (Hoffmann, oralement). Le sogd. bynd-
(Gershevitch 94) et le khot. ba?"i- (Emmerick 92) reposent également sur *bandaya-. °éixsaiiéil N 77; opt. °iixSaii6il Yt 1,19; imp. °iixsaiiatü Y 58,4; r. uc
Yt 4,5 ba~l(larni ou banadami est sans valeur. (4) L'ind. san: sanati est lui aussi "dire" V 22,7: aocaiia- : inj. aocaiiata (3) ; r. xvah "battre": xva'l)haiia- (4) :
secondaire (Narten, Aor 235 n. 712). ind. xva'l)haiieiti; r. {}a'(/,i "tirer, tendre" (5): 1Ja'(/,iaiia- : ind. 01Ja'(/,jaiieiti
140 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 141
fra-o Yt 17,2, 1fa?Jiaiie?Jte Yt 17,12; subj. 1fa?JiaiieniYt 5,50; {}a?Jiaiiâ?Jte (6); khot. tha'l'Jtj- (Emmerick 42). (6) Yt 10,136 #a1J,jasét1J,te est une faute évidente
daxs: daxsaiia- "enseigner" (7) : opt. r. adaxSaiiaëtii Y 12,5; imp. g. pour x#a1J,jaiiét1J,te (Humbach, MSS 9, 1956, 68). (7) Le rapport de daxsaiia-
°daxsaiiii fra-o Y 33,13; r. dra?Ji "affermir, étudier" (S): dr'J?Jiaiia- : ind. avec daxsa-: inj. daxsat "faire du bien"? Y 43, 15 et fradaxstar- "celui qui jette"
est loin d'être clair: voir b 2.2. (8) Produit aussi un présent r. draza- < *drl}jja-
dr'J?Jiaiieiti, dr'J?Jiaiiei?Jti V (9); subj. ? d1''J?Jiaiiâ Yt 4,4 (10), d1''J?Jiaiiiil,
avec le sens particulier de "tenir" (voir c 1.2 avec étymologie). Pour le thème de
dr'J?Jiaiictn V 4,45; opt. dr'J?Jiaiiois; part. dr'J?Jiaiia?Jt-; r. pazd "pour- présent drfJ(1,jaiia-, voir parthe °dryni- (Ghilain 51) et khot. ha'l'Jt-dra'l'Jti- "garder"
chasser": pazdaiia- (11) : ind. pazdaiieiti V 15,5; inj. pazdaiia?Jta Yt 17, (Emmerick 141). (9) V 7,9Gl drfJ1J,jaiti ne peut être qu'une mutilation de
55. 56; r. 2man "rester": miinaiia-, v.-p. amiinaya(12): subj. mctnaiiiil xdrfJ1J,iaiiei1J,ti. (10) Ou forme participiale? (11) Aussi parthe pzd- "effrayer,

. ..
DkB 131; opt. °mctnaii'Jn upa-o V; imp. x°miinaiia auui-o Yt 16,2 (13);
r. °yiih aiPi-o "ceinturer" V (14): °iiii/()haiia- : subj. °iiâ'(}haiiâ?Jte N.; opt.
pourchasser" (Ghilain 53) et khot. us-pasd- "to produce", t-vasd- "to transfer"
(Emmerich: 18 et 41). Bartholomae (col. 884sq.; aussi Tedesco, BSL 24,1925, 199)
considère pazdaiia- comme un causatif de (a)pa-had "s'asseoir à l'écart", Kuiper
°iia'(}haiiaëta V 9,32; imp. °iia'(}haiia'(}vha V 18, 19. 21; part. °iia'(}haiiamna- (AO 17, 1939, 28) comme un dénominatif de *paZfla- "verstoJ3en, absitzen".
Ytl,17; vad "conduire": r. vâoaiia-(16):ind. vâoaiieiti V 19,29, (12) L'ind.-eur. *men- "rester" (Pokorny 729) est bien attesté, avec ce même thème
°uuâoaiiei?Jti uz_o Yt 19,59; subj. vâoaiieni Yt 9,18; opt. °vâoaiiaëta de présent, en moyen-iranien: m.-p. m'n- (Henning 177 et 189), parthe mOn_
upa-o V; imp. °uuiioaiia?Jtu vï-o V 18,16-18; part. vâoaiiamna- Yt 15,62; (Ghilain 60), sogd. m(')yn- (Henning, Selp 511), khot. Iman_ (Emmerich: 109).
(13) Pour auui.nmanaiia, qui a subi l'influence de nmana- "maison". (14) Rap-
r. raz "tirer un trait droit, aligner, mettre en ordre": râzaiia- (16) : ind.
proché par Bartholomae (col. 1291) du grec Cwvvv/.lt. Wackernagel (KlSchr 1290)
xrâzaiieiti Yt 4,9, xOrâzaiiete hctm-O V 17,1, razaiiei?Jti, razaiie?Jte Yt 10,14; et Mayrhofer (KZ 76, 1959, 159) cherchent des traces de *f.os en indien. (15) Vrai-
inj. °râzaiia'(}ha hctm-O V 17,4, °1'azaiiata hctm-O Yt 19,47. 49; subj. ou semblablement à côté de g. vada-: vad'amno Y 53,5 (voir b 2.2 avec étymologie).
part. razaiictn V 8,100-103; ras "nuire à" (17): rasaiia- : ind. r. 1'asaiie?Jte vaoaiia- correspond au parthe w'y- (Ghilain 71) et au khot. My- (Emmerick 94).
Yt 10,21; inf. g. riisaiieiJhë; r. sci?Jd: sci?Jdaiia-(lS): ind. sci?Jdaiiehi, (16) L'ind. ri a pour thème de présent 3ème plur. rnjate (Mayrhofer, EW III 654),
3ème sing. rnjati et fJ'yate (Mayrhofer, EW l 121). A riizaiia- correspondent, en
sci?Jdaiieiti, sci?Jdaiiei?Jti; inj. sci?Jdaiial F 12; opt. °sci?Jdaiioil upa-o moyen-iranien, le parthe °r'z_ (Ghilain 69sq.), le khot. rras- "to rule, to make
FrA 8; imp. sci?Jdaiia Yt 10,76, sci?Jdaiiaop'Jm Yt 1,27; part. °sci?Jdaiia?Jt- straight" et bi-l'aS- "to spread, proclaim" (Emmerich: 98 et 115). Comment faut-il
fra-o Yt 13,33; r. han "laisser tomber (comme déchet)" (19): hm''Jcaiia- : juger le thème *raza- que dessinent le parthe pd-rz- "se diriger" (Ghilain 52), le
ind. o'(}har'Jcaiial fra-o Yt 19,46; subj. har'Jcaiial V 5,60. 61 (20). sogdien chrétien pt-I'Z- "être fier" et le khot. bi-rays- "to extend, spread" (Em-
merick 98)? (17) Voir véd. l'ak~as- "le tort" (Mayrhofer, EW III 30sq.).
(1) Avec ou sans réfection du degré vocalique du radical pour le type 1 (18) Voir véd. skandhas- "rameau" (Mayrhofer, EW III 506sq.). Le matériel
et 2. xVah: xVavhaiia-, daxs: daxsaiia- et hare: harfJcaiia- seraient, ou sont, origi- iranien a été rassemblé par Bailey (KhotT VI 383sq.). (19) Bartholomae
naux. (2) Est apparenté d'une manière ou d'une autre au nom ind.-eur. de (col. 1789 sous har'aka-) renvoie au véd. srka- "pointe" (voir Mayrhofer, EW III
l'oeil *okw-s- (Kuiper, ActO 12, 1934, 240). Pour le thème de présent, voir parthe 497 et Wüst, FSNobel 264; PHMA 2, 1956, 17 n. 8). (20) Voir b 1.1.
'xsy- "se faire entendre, être perçu" (Ghilain 87) et chor. ' {Jyxsy- "apprendre"
(Henning-MacKenzie 12). (3) Voir c 1.4. (4) Bartholomae fait de xVah un
élargissement de hü "pousser" = véd. sü: suvati (col. 1875; aussi Tedesco, BSL 6. Le présent causatif.
24, 1925, 151 et Kuiper, ActO 12, 1934, 238). Le sens exact a été établi par Ben-
veniste (Ossète 43sq.), qui répertorie un important matériel moderne, tandis que 6.1. Le suffixe -aiia- est régplièrement ajouté au degré long de la racine.
Bailey (REA 1, 1965, 2) dresse la liste des emprunts arméniens. Le moyen-iranien Le degré plein apparaît avec les racines set et celles qui contiennent une
pose toutefois le problème du degré vocalique original de la racine: m.-p. fr-xw'h- sonante intérieure ou produisent une syllabe radicale fermée. Il convient
"to treat, trample" (Henning, Selp l 562) et sogd. 'n-yw'y- "to infringe" (Gershe- de faire trois remarques subsidiaires:
vitch 84) reposent sur le degré long, khot. hvah- "to strike" (Emmerick 156) sur le
degré plein. Je ne sais pas s'il est possible de postuler, en avestique, un abrègement 1. Par analogie avec les causatifs de racines anit, ceux de racines
de la syllabe initiale devant -Vh-. Si xVah est une racine set, on peut considérer set ont parfois, dans l'Avesta récent, le degré long du radical. Ainsi
*hvahaya- comme original et *hvahaya- comme analogique. Attesté entre autre au
2ka1' : karaiia-, xVar : o'(}vharaiia-, tar : °oaraiia- et titaraiia-, 1par : 0paraiia-,
Yt 14,62 yo ?'asmano scilJdaiieiti yo ?'asmano kfJrfJ1J,taiieiti yo ?'asmano xVavhaiieiti yo
rasmano yaozaiieiti qui énumère quatre thèmes en -aiia-, kfJrfJ~ttaiieiti s'explique 3kar : karaiia- et zar: °zaraiia-. Significativement, sü fait sauuaiia- en
vraisemblablement comme une création instantanée sur les trois autres. (5) Re- gâthique et sauuaiia- en récent. L'allongement est ancien pour le cau-
présente un ind.-eur. *thengh (Pokorny 1067). Pour le thème de présent, voir m.-p. satif des racines en nasale: duuan : °duuctnaiia-, ram : ramaiia-, éventuel-
°hynz_ (Henning 198), parthe °hynj_ (Ghialin 51), sogd. °oync- (Gershevitch 93), lement 2kan : kanaiia- (voir Narten, Aor 155).
142 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 143
2. Il arrive, dans l'Avesta récent, que la voyelle radicale du cau- 42 (6); part. yzaraiia'(/,t-; r. tac "courir, couler": tiieaiia- "faire couler" :
satif des racines ani~ subisse un abrègement. tac oppose clairement ind. tiieaiiei'(/,ti Yt 14,54; inj. *Otiieaiial frii-O(7); imp. °tal.eaiia frii-o
Yt 14,54 tiieaiiei'(/,ti à V 2,34 friital.caiial et V 2,26 fratal.eaiia, yat Yt 10, V 2,26; r. tap "s'échauffer": tiipaiia- "échauffer" (8), véd. tapayati : ind.
78 yataiieiti et N yiitaiiei'(/,ti à Y 57,29 fraiiataiiei'(/,ti et Yt 5,65 rép tiipaiieiti; r. ta?'s "trembler": {}rl1?Jhaiia- "effrayer", véd. triisayati : ind.
f?'aiiataiial, hae Yt 5, 18par hiieaiiene et Vyt 47 hiicaiiiil à Yt 5,8. 124 {}?·I1?Jhaiiete Yt 10; l', tus "être vide": taosaiia- "laisser tomber" (9) : ind.
upa?Jhacaiieni. Il faut vraisemblablement ajouter à ce témoignage la taosaiieiti; 1dar "tenir": daraiia- "avoir, tenir", véd. dharayati, v.-p,
forme isolée pat: Yt 19,44 uzpataiieni. Les raisons de cet abrègement ne darayatiy(10) : ind. r. daraiiehi Y 11,3, r. °8araiieiti vi-a, r. °diiraiiete a_o
pourront être établies de façon précise que par une étude systématique P 59, r. diiraiiei'(/,ti Yt 7,3rép; inj. r. °8iiraém vi-a, g. diiraiio Y 32,1,
de la répartition entre a et a en avestique. En l'occurrence, il semble diiraiial, r. °8iiraii<m; subj. r. °diiraiiaite ii_a FrW 4,3; opt. °8iiraiiois
bien se produire devant consonne occlusive sourde quand il y a graphie vi-o Yt 14,44, xOdiiraiioil fra-o N 67 (11); imp. °diiraiia8{J'Jm auua-o VI' 15,
continue avec le préverbe. Le cas de iip : apaiia- échappe toutefois à la 1. 4. 5; r. duuan "partir en fumée": °duuqnaiia- uz_O "faire s'envoler" (12)
seconde partie de cette définition. Yt 5,61: inj. °duuqnaiiat; r. d?'u "courir": driiuuaiia- "impulser" Y 57,
3. Lcs listes suivantes contiennent quatre causatifs de racines en -a 25par, véd. driivayati(13): subj, drauuaiiiil; r. pat "voler": °pataiia- uz_O
(mii: r. °maiia-, sUi: staiia-, sna: r. °snaiia-, 2zii: r. °zaiia-) qui n'ont "faire sortir en vol" Yt 19, 44, véd. piitayati : subj. °pataiieni; r. fru "voler,
pas été reconnus comme tels par Bartholomae. Les attestations de nager": frauuaiia- "faire s'envoler, faire disparaître" (14), skI'. pliivayati :
sta : staiia- permettent d'établir qu'ils ont à l'origine a du radical, con- ind. °friiuuaiiiimi fra-o V 5,18, ? f?'auuaiieiti V 5,37, °friiuuaiie'(/,te auua-ni-o
servé en gâthique (ou pseudo-gâthique) et abrégé devant -ii- en récent. Yt 13,70(15); subj, °frii1Luaiiiihi fra-o V 5,16; opt. frauuaiioil; l'.ofsan
Le même abrègement devant -uu- est attesté par dab : r. dauuaiia- à vi-O 'T' Yt 14,56 (16): °fsiinaiia- "disloquer" : ind. °fsiinaiiei'(/,ti; ban "être
côté de g. dabaiia-. malade": bqnaiia- "rend malade" (17) : ind. l'. Xbqnaiieiti V22, 5 (18); inj. g. bq-
Le présent causatif est un type hérité, mais le sens de quelques naii'JnY 30,6; r. °barzuz-o "êtregrand"Yt 10, 108: ba?"Jzaiia- "faire grandir",
thèmes n'étant justifiable qu'au sein de la sémantique avestique (l'exem- véd. ba?'hayati : subj. °bar'JZaiieni ; r. nam "aller" : °niimaiia- "faire aller",
ple le plus frappant est celui de 2star : °stiiraiia- dans le Vidévdad), il véd, niimayati (19) : ind. °namaiiei'(/,ti; 2nas "disparaître": r. °nii{}aiia- vi-O
est clair que la formation est demeurée vivante et productive d'un bout "anéantir" V, véd. niisayati, v,-p. vi-nii{}ayatiy (20) : opt. °nii{}aii'Jn; r. mad
"s'enivrer": ma8aiia- VI' 8,1, véd. maelayati (21) : imp. maoaiia?Jvha; yat
à l'autre de la tradition avestique.
"prendre place": r. ydtaiia- "mettre en place" (22), véd. yiitayati: ind,
6.1.1. En ce qui concerne les verbes intransitifs, l'objet de l'action cau- yataiiei'(/,ti; inj. °iiataiial f?'ii-o Yt 5, 65 rép; r. yuz "bouillonner" : yaozaiia-
sative correspond au sujet de l'action primaire: Y 9,11 rép tafsalca ho ' " : IIId , yaoza~~e~
" exCl' tel' .. 't'~; vaxsV" crOlAtre " : l', vaxsa~~a-
V" "f'
aIre grandIr",.
mairiio xVisalea "le vaurien prenait fièvre et suait" s'oppose à Yt 17,20 véd, vak~ayati: ind. vaxsaiiato Y 10,3; subj. °uuaxSaiiiit ai{Ji-o N 73;
tapaiieiti mqm a$a vahista "il (Zara&ustra) me (Aî')ra Mainiiu) donne la opt. °U1Laxsaiioil ai{Ji-o N 81 (23); r. vm't "tourer": °varataiia- ham-o
fièvre au moyen de (la prière) A~a Vahista". Ainsi 1ar "(se) mettre en "enrouler" N 97, véd. va?'tayati: ind. °vm'ataiiei'(/,ti; r. va?' "pleuvoir":
mouvement": r. °araiia- vii-o "faire se lever" V 18,26 (1) : ind. °araiieiti (2); °varaiia- vi-O "faire pleuvoir" V 5,20 (24) : ind. °varaiiemi; r, vip "s'agi-
l', xsuuib "vibrer": xsuuaé{Ja'iia- "faire vibrer" dans xsuuaé{Jaiial.astra- ter": vaépaiia- "sodomiser", véd. vepayati (25) : ind. *vaépaiieiti V 8,26.
Yt 5,130; gam "aller": r. jamaiia- "faire aller" (3), véd. imp. giimaya: 27 (26); imp. vaépaiia Y 10,12; part. vaépaiia'(/,t- V 8,32; vizel "être
ind. fiimaiieiti, °famaiiei'(/,ti ni-o Yt 17,59; opt, xOiamaiioil uz_o V 14, f,el'me " : l', °vo~z-,vd"a~~a- a~'(J'~- ° y 9, 31 "ch'esser " , ve'd . vi.dayat~. (27) : part.
16 (4); r. 19a?' "veiller": °gMaiia- "éveiller" V (5) : ind. °giiraiiemi a_O °voizdaiia'(/,t-; r. ra'(/,j "(se) mouvoir agilement": °r'J'(/,jaiia- f?'ii-o "rendre
Any 2, *Oyaraiieiti fra-o V 18,22 N 19; opt. °giiraiiois fra-o N 19, 190; léger" VI' 7,2, véd. rarhhayati (28) : ind. °r'J'(/,jaiieiti; r. ram "(se) tenir
part. *Oyiiraiia'(/,t- fra-o N 19; 1fi "vivre": r. juuaiia- "faire vivre" tranquille": riimaiia- "apaiser", véd, ?'amayati (29) : ind, riimaiieiti, inj.
Yt 19,11, véd. jivayati: part. juuaiia'(/,t-; r. °yzrad "couler" Yt 8,31: rammiiat V 5,21; rah "être infidèle": g. rl1?Jhaiia- "rendre infidèle" Y 32,
°yzrii8aiia- "faire couler" : ind. °yzra8aiieiti; r. yza?' "couler": °yzaraiia- 12(30) : inj. ?'I1?Jhaii'Jn; l', 1'is "subir un dommage" V: raésaiia- "porter
"faire couler", véd. k~iirayati: ind. °yzaraiieiti; subj. Xyziiraiiqn? Yt 8, tort à", véd. re~ayati(31):ind. *raUaiieiti V 15,12(32); subj. raéSaiiiil;
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent
II A 1 d. Les présents en -aiia- 145
144
r. rUG "briller" : raocaiia- "faire briller" (33), véd. rOGâyati : ind. raocaiieiti; sujet ne provoque pas l'action, mais la permet volontairement ou in-
subj. °raocaiieni uz_O Yt 19,50, °raocaiiai uz_o Yt 19,48, °raocaiia'(Lte volontairement. Ainsi gam Yt 17,59: vat kainiiô uzuual5aiiei'(Lti dar'Jy'Jm
ai{3i-o V 19,23; imp. °raocaiia paiti-O V 18, 19; r. 2rud "croître": °raol5aiia- ayruuô nijamaiiei'(Lti "lorsqu'ils emmènent les filles en mariage (et les)
fra- o "laisser jaillir" V 18,46, véd. rohâyati : ind. +oraol5aiieiti (34); r. u?'uuis laissent aller longtemps bréhaignes"; 2?'ud: V 18,46 vat na xvaptô xsudra
"tourner": uruuaésaiia- "faire tourner" : ind. °uruuaésaiieiti auua-o V 4, framol5aiieiti "quand l'homme endormi laisse jaillir son sperme".
22. 25, °U?'uuaésaiiei'(Lti pai?'i-o Yt 14,56; inj. 3ème sing. M. uruuaésaiiata 3. Nécessairement transitif, le présent causatif est théoriquement
Yt 13,89; subj. °U?'uuaésaiieni fra-o Yt 9,31, °uruuaésaiiaiti fm-o Yt 10, soumis à l'opposition de voix. En fait, il est très rarement employé au
86 1uruuaésaiia[ Yt 5,131 (35) P 20; imp. °uruuaésaiiarJvha ai{3i- Yt 17,15; moyen. Si on fait abstraction de sa'(Ld : s'J'(Ldaiia-, qui est un moyen tan-
sa'(Ld "paraître": r. s'J'(Ldaiia- "prendre plaisir à" VI' 8,1, véd. Ghandâyate : tum hérité (13.1), de mad : mal5aiia-, dont. le moyen intransitif devait
imp. s'J'(LdaiiarJvha; r. sizj "être rapide": °siiazjaiia- fm-o "pour- être usuel, et de f?'u: frauuaiia- (14.5.3), rUG: mocaiia- (14.3.1), dont
chasser" (36) : ind. XO siiazjaiieiti F 25 a; opt. °siiazjaiiôi[ A 3, 13; sü "pros- les formes moyennes sont. fort incertaines, on a seulement quelques
pérer" (37): sauuaiia- "invigorer": inj. g. sauuaiiô Y 51,9; subj. r. formes moyennes réfléchies (14.3.2) avec Idar : daraiia-, uruuis : uruuaé-
sauuaiiat Yt 13,129; SUG "brûler": saocaiia- "mettre en feu", véd. saiia- et sna: °snaiia-, réfléchies indirectes (14.4.1) avec uruuis:
80Gâyati ~ inj. g. saocaiia[ Y 32,14; subj. r. °saocaiiahi fra-o V 8,75; uruuaésaiia- et sta : staiia-. tars: f}rarJhaiia- a ceci de particulier qu'il
r. skar "rouler": skaraiia- "faire rouler" dans le nom propre skaraiia[. est exclusivement moyen sans que ce soit un trait hérité et sans qu'on
mf}a- "qui fait rouler son char" Yt 13,108 (3B); r. 2star "abattre" V: voie les raisons de l'innovation (44).
0stamiia- a_a "mettre en état de péché" (39) : ind. °staraiieiti; opt. (1) Le prés. prim. actif °iiara-fira- est exclusivement intransitif en récent.
0stamiiaéta Vyt 37; part. °staraiia'(Lt- V 5,4. 7; sta "se tenir debout": Historiquement, d'après le védique et le gâthique (Y 53,8 iratü i8: voir Humbach,
r. staiia- "installer", v.-p. °astaya(40) : ind. °staiia a_a, °staiieiti, °staiia- IF 63, 1958, 209), on doit considérer ar comme transitif. Voir, pour le thème, chor.
maide a_a Vr 3,5; inj. staiia[, 3ème sing. M. staiiata; subj. °staiia a_a, 'wz'ry- < *uzaraya- "to establish" (MacKenzie, BSOAS 34, 1971, 533). Voir aussi
le nom propre fl·araiial.ra{}a- "qui met son char en mouvement" Yt 13,108.
staiia[ N 63; opt. °staiia'(Lta a_a V; imp. °staiia auua-o V 2,26; r. sna (2) Le fait que L 4 K 1 et Mf 2, qui ont la désinence moyenne contre Jp 1 et le
"se laver" (41): °snaiia- "nettoyer" : subj. °snaiieni fra-o V, °snaiiii[ a_a Vidëvdad sada indien, notent aussi l'épenthèse est décisif. (3) L'initiale aves-
N 75, °snaiiaite fm-o Vd 4, °snaiia'(Lte fra-o V 8,11-13; opt. °snaiiôi[ tique résulte d'une analogie avec le prés. prim. ja8a-. (4) Pour uzjamoil (voir
fra- o V 19,22, °snaiiaéta us_o V, °snaiiaiia'(Lta fra-o Yt 10,122; imp. b 3.4). (5) Le N 19 accumule les formes suivantes: fl'a ma n9r9 garaiiois ...
0snaiiarJvha f?'a-o V 18,19; r. S1'aSG " rUIsse . 1" el' : °srascatta
.. Vt-- ° "fall'e
. vi8aite rlim fraYI'amiio noit XfraYI'araiieiti (frayrayraiieiti est évidemment fautif)
"homme, éveille-moi ... il doit l'éveiller (et) il ne (l')éveille pas". °yraraiia- fût-il
ruisseler partout "V 9 t t
7,2 e c : op. srascatt'Jn; r. sn se pen e .
0 " • " ch l''''
secondaire, il serait surprenant que la même phrase contienne deux causatifs dif-
0sraraiia- V(42): subj. °sramiia; had "être assis": r. °sal5aiia- ni-o "faire férents de la même racine. Il est clair que °gamiia- apparaît en séparation avec le
s'asseoir", véd. sadâyati, v.-p. niy-asadayam: ind. xOsal5aiieiti Vn 6; inj. préverbe (aussi Any 2) et °yraraiia- en soudure avec lui (aussi V 18,22). Dans ce
°sal5aiia[ y 9,24; opt. °sal5aiiôis H 2, 14rép. dernier cas, la forme attendue est *fm-yaraiia- et fmyral'aiia- en est une corrup-
tion. L'attestation du V 18,22 montre qu'il ne s'agit pas d'une simple faute de
Il faut apporter à cette liste les précisions suivantes: copie, mais d'une déformation due à l'influence du pehlevi gWpl'8- « *inch.
1. Le sens de 2kar: kamiia- : ind. °karaiiemi ha'(L-o Y 1, kamiieiti vi-yra8a-). 19ar n'a pas de présent primaire. (6) Si la restitution du causatif,
pour yzan{n, est fondée (voir b 3.3), yzar n'a pas de présent primaire. (7) Au
y 19,10 Y 20,1; impft. °ô.kiimiia[ ham-o Y 19,15 nous échappe en bonne moins V 2, 34 fratal.caiiat. fmtacat, qui a clairement un sens causatif, doit être
partie et ne peut-être évalué par rapport à celui du prés. int. Y 58,4 fautif pour *frâtâcaiiat au Yt 5,78 armaUtâ aniiâ apo k91'9naol frda aniiâ fratacat
ca?''Jk'Jr'J- (= véd. carkr-) "penser élogieusement à +
gén." (43). husk9m pii~um raëcaiiat taro vaf)vhim vitaf)vhaitim "elle rendit les eaux immobiles,
fit couler les autres en avant (et) laissa un passage sec à travers la généreuse
2. Le sujet de l'action causative est présenté comme la cause d'une
Vital]vhaiti". (8) tap ne produisant pas de prés. prim. en avestique, tapaiia-
action accomplie par un autre. La forme verbale est donc traduite, en s'oppose au prés. inch. intransitif taf8a-. (9) Seul le prés. inch. tU8a- V 3,32
français, par une expression du type "faire faire". Deux verbes de la est encore attesté. (10) L'indien rlhét1'ayati s'oppose au primaire rlhriyate "être
liste ci-dessus, gam et 2rud dénotent toutefois, le premier sporadiquement, ferme" (Thieme, Plusperf 26). L'iranien n'atteste pas d'autre présent primaire.
le second exclusivement, une nuance qui équivaut à "laisser faire": le (11) Correction pour frarlaraiioil. (12) Seul le prés. inch. °rluuq8a- est encore
10 Kellens, Le verbe avestique
146 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 147

attesté. Pour le causatif, voir chor. '~fJ'ny- "to cause to fly" (Henning-MacKenzie correspond nécessairement au prés. caus. indien. (26) Pour la restitution, voir
15). (13) Si dru équivaut au véd. dru: dravati "courir" (voir b 2.1), on lui c 2.1. (27) Voir b 2.2. (28) Historiquement transitif, ra'(!i ne l'est pas sûre-
comparera, en chor., le prés. prim. 'fJzrw- < *abi-dl'ava- "hervorquellen" et le ment en avestique. Le prés. prim. r9'(!ja- n'est vraisemblablement attesté que sous
caus. 'fJzr'wy- "flie13en lassen" < *abi-dravaya-. Mais Schwartz (JRAS 1966, 119sq.) la forme moyenne intransitive r9'(!iaite Y 10,8 (voir l 2.2.1). (29) Le prés. prim.
y voit plutôt, sur la base du moyen-iranien, une racine dru "séduire, tromper" n'est attesté qu'avec le moyen intransitif l'ami5i~f39m Y 65,9. Alors que les autres
qu'on retrouve dans le véd. dMuti- "séduction" et dans le lat. fl'aus "tromperie". dialectes moyen-iraniens n'ont conservé que le thème causatif *l'amaya-, le chor.
Dans ce cas, le verbe serait transitif. (14) V 5,37 frauuaiiei'(!ti et V 8,75 oppose un prés. prim. pc-rm- "se reposer" à un prés. caus. pc-r'my- "apaiser"
frauuaiii5it s'expliquent peut-être par Iva "souffler": fra-uudiia- "éteindre" (voir 3). (MacKenzie, BSOAS 34, 1971,533). (30) Andreas- Wackernagel (NGWG 1931,
(15) La désinence moyenne est incertaine: voir 14.5.3. (16) Rapproché du 327; aussi Lommel, WuS 19, 1938, 247 et 1971, 61) ont bien vu que le prés. prim.
germ. spannan "entraîner" par Bartholomae (col. 1028) qui fait de °f8anaiia- un rar9Siiqn ne pouvait être transitif au Y 32,11 yi5i va.hiStat aqaoni5 mazda ral'9siiqn
itératif et du Yt 14,56 la description des mauvais traitements subis par la vache: manavhi5 "ceux qui, ô Mazda, sont infidèles au juste Vahista Manah". aqaoni5
aat nür9m viiambura daéuua ma#ialca daéuuaiiazi5 fra parstim namaiiei'(!ti vi n'est ni acc. plur. (traditionnellement) ni gén. sing. (Lommel, ibid.), mais abl. sing.
maioiiqn9m f8anaiieù:di vispe ha'(!dama razaiiei'(!ti "wenn jetzt die daëvischen en tant qu'épithète de vahistat ... manavhi5. En ce qui concerne râvhaii9n, Hum-
Vyambura's, die daëvaanbetenden Menschen, das Rückgrat [des Rinds] ein- bach (II 36) s'étonne de l'absence d'objet direct exprimé (Insler, 1975 207, pense
drücken, den Rumpf verrenken, aIle Glieder recken" (Wolff, Av 265sq.). J'en fais le trouver en mal·9tani5). Il semble bien toutefois que l'objet direct du présent cau-
un causatif de verbe intransitif dans la mesure où il est coordonné à fra .,. satif puisse être sous-entendu: ainsi Yt 10,41 milh-i5 auui. ffrâvhaiiete 1'asnus paiti.
namaiiei'l;!ti, qui lui est substitué dans le passage parallèle du Yt 13,39 vi mai~iiqn9m {}râv1!aiiete "Mi&ra effraie (les régiments) par ci, Rasnu (les) effraie par là". viZd:
namaiiei'(!ti lequel se réfère toutefois clairement à une armée disposée en ordre de y 9,31 °vi5iidaiia- et sa'(!d: VI' 8,1 s9'(!daiia- sont aussi employés absolument.
combat. (17) Pour l'étymologie, voir Bartholomae (col. 925sq.; aussi Pokorny (31) Les thèmes verbaux primaires du véd. l'ill sont toujours intransitifs comme
126). (18) Voir l 1.2.1. (19) Quoique nam ne soit pas une racine set, les av. iriSiia- (Hoffmann, oralement). (32) ù'iSiieiti de V 15,12 yezica aë8a ya
plus vieilles attestations du causatif indien ont le degré plein (namayati). En lcaine ... gar9fJ9m irisiieiti "si cette jeune fille détruit son embryon" correspond
avestique, nam est un verbe de mouvement auquel le préverbe apporte des nuances au caus. raë8aiiat de V 15,11 ma ni5 aésa ya lcaine ... gar9fJ9m raë8aiiat "que cette
spécifiques: Vyt 51 a{}l'i5 bao~i5 dürat n9maite "l'odeur du feu s'en va au loin", jeune fille ne détruise pas son embryon". La restitution de *1'aë8aiieiti paraît
Yt 19,35. 36. 38 X VaJ'9ni5 apan9mata ... yimat haca "le xVarenah s'écarta de Yima", s'imposer. (33) La répartition entre formes actives et moyennes et la valeur
Yt 9,4rép ya{}a aZ9m ni5it tarsti5 fran9mane "afin que je ne m'enfuie pas effrayé", éventuelle du moyen ne sont pas aisées à déterminer: voir 14.3.1. (34) Actif
V 2,10 armaite ... vica n9mavvl!a "Àrmaiti, étends-toi dans tous les sens". Le d'après K 1 et l'épenthèse avec désinence moyenne dans L 4 Jp 1 Mf 2. (35) La
prés. caus. correspond clairement aux significations du prés. prim.: Yt 14,56 fra coordination de cette forme verbale avec yi5 avhat permet d'établir que la leçon
pal'stim namaiiei'(!ti "ils enfoncent le flanc", Yt 13,39 vi maioiiqmm namaiiei'(!ti ur!luaésaiial de J 10 est préférable à uruuaésaiial de F 1: il s'agit d'un subjonctif
"elles disloquent le centre". En moyen-iranien, le prés. prim. est attesté par m.-p. en relative potentielle. (36) Puisque frasiiazjaiti F 25a est, selon toute vraisem-
fr-mn- "hingehen" (Henning 173), le caus. par m.-p. '-n'm- "abwenden" (Henning blance, une faute pour xfm<!iiazjaiieiti (Kuiper, ActO 12, 1934, 237), le causatif est
193), parthe fl'-n'm- "conduire" (Ghilain 73), sogd. pt-n'ym- "abaisser" (Benveniste le seul thème verbal attesté. siiazi a été rapproché de l'ind. sigMa- "rapide" par
12) et khot. pa-nem- "élever" (Emmerick 70). (20) Equivalence certaine malgré Kuiper (Nasalpr 40; ibid.). Voir aussi Gershevitch (TPS 1964, 17 n. 1) et Mayrhofer
l'irrégularité phonétique de l'avestique: voir aussi m.-p. w-n'h- (Henning 191), (EW III 349). (37) Sur cette racine, que Bartholomae (col. 1561) considère
parthe 'b-n's- (Ghilain 69), sogd. nyys- "to spoil" (Gershevitch 86), khot. pa-nass- comme transitive en dépit du sens - "gonfler" - de son équivalent védique, voir
"perdre" (Emmerick 70). {} au lieu de s s'explique moins par un persisme (ainsi Kellens (STIR 3, 1974, 195sq.). (38) Voir Szemerényi (Orbis 19, 1970, 512).
Kellens, MSS 34, 1976, 66sq.) que par une confusion entre l'articulation de s et (39) Le prés. caus. correspond a.insi au prés. pas. a-striia- qui passe du sens de
celle de {} dans la transmission orale. (21) Le prés. prim. transitif n'est pas "être abattu" à celui de "se mettre en état de péché". (40) Le rapport entre
attesté en avestique. La syllabe initiale, trop éloignée de la finale, a vraisemblable- le sens intransitif de "se tenir debout" et le sens transitif de "installer" est évidem-
ment été abrégée. (22) L'avestique n'atteste que ce thème de présent (Yt 1,24 ment celui de l'action primaire et de l'action causative. (41) Ne produit pas
fraiiatat est sans valeur) dont la valeur causative est incontestable: voir Thieme d'autre thème verbal (voir toutefois 6.2), mais °snaiia- a un sens clairement cau-
(MonNyb III341sq.) et Kellens (IIJ 19, 1977, 90sq.). (23) frauuaxsi5it de satif par rapport à l'indien sna: snati "se baigner". Le m.-p. 'sn'y- (Henning 203),
V 4,47 aéta~a tdti nairiuuaite zi té ahmat poul'um framraomi ... ya{}a mayattUi5 le sogd. sn'y- (Benveniste 15) et le khot. haysn- (Emmerick 148) indiquent que le
frmluaxsi5it "Dir dem beweibten spreche ich den Vorrang zu ... VOl' dem, da13 thème original est *osnaya-. (42) Justement comparé au v.-p. °çaraya- par
einer unverheiratet altern sollte" (Wolff, Av 339) est obscur pour le sens et pour Brandenstein-Mayrhofer (Altp 113). (43) Y 1, 1 niuuaé~aiiemi ha'(!lcaraiiemi
la forme. (24) ta ha{}ra viuuaraiiemi aZ9m yi5 ahm'i5 mazdâ "sur ces choses en da{}u815 ahu1'ahe mazdâ "ich widme (es), ich vollziehe (es) für den Schopfer Ahura
même temps, je fais pleuvoir (l'eau), moi, Ahura Mazda". Il est curieux que Bartho- Mazda" (Wolff, Av 5): le préverbe ham, le thème de prés. caus. °lcaraiia- et la
lomae (col. 1410sq.) fasse de °varaiia- un itératif et le traduise par "lasse ich es ... traduction pehlevie hng'ltynym suggèrent contre Bartholomae (col. 447: l'hapax
regnen". (25) Malgré le développement particulier du sens, vaépaiia-, transitif, ham-1lcar) une interprétation par ham- 2lcar; Y 19,13 manavhi5 aétauuaitiia im
10·
148 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 149

karaiieiti Âiiaofnnanqm iba ahüm karaiieiti "manavhO "des Sinns": damit weist °vataiia- fra-o YH., véd. vatayati(7): ind. °vatfJiiamahi Y 35,7; imp.
er aufihn hin; Âiiaofnnanqm "Werke" weist auf (ihn aIs) Ahü hin" (Wolff, ibid. 51): °vatoiiotü Y 35,6; 1var "couvrir": r. °varaiia- (8), véd. varayati: ind.
ce commentaire de la prière ya{}a ahü vairiio est mal compréhensible; Y 19,15 °varaiieiti, xOvaraiiei1}ti pairi-o Yt 14,5; imp. °varaiiac5fJ'Jm pairi-o Yt 1,27;
vahisto ahuro mazd& ahun'Jm vairim framraol vahisto hamo.karaiial "der beste Ahura
Mazdâ hat den ahuna vaù'iia kund getan, der selbe beste hat (ihn) dem Gedâchtnis vard l'accroître": g. var'Jdaiia-, r. var'Jc5aiia-, véd. vardhayati: ind. r.
eingeprâgt" (Wolff, ibid. 52): la coordination ave.~ framra?l semble indiqu~r q~e var'Jc5aiiete V 9,48; subj. r. var'Jc5aiieni V 2,5; opt. g. va1''Jdaiiaéta Y 50,3;
hamo.karaiiat, graphique pour l'impft. *ham.akarmwl, exprime un type partICuher imp. r. var'Jc5aiia V 2,4, var'Jc5aiiarJvha Y 10,5; r. °za1}b hqm-O "broyer"
de récitation"; y 20,1 vohu vahist'Jm asti a{}a lkaMam karaiieiti "vohu vahist'Jm asti" Yt 1,27: °Z'J1}baiia-, véd. jambhâyati (9) : imp. °Z'J1}baiiac5fJ'Jm; °zi "con-
"ist das beste Gut": in dieser Weise prâgt er (uns) einen Lehrsatz ein" (Wolff,
duire": r. °zaiiaiia- fra-o V (10) : ind. °zaiiaiiami V 5,18; subj. °zaiiaiiahi
ibid. 53). Il faut évoquer ici le verbe m.-p. hn-g'r- "zâhlen, zâhlen zu, halten für"
(Henning 192), les substantifs m.-p. 'ng'r "pensée" (Henning, ibid.) et part~e V 5, 16; .§(ii)u "ébranler": r. o.§auuaiia- (11), véd. cyavaylJ,ti : ind.
'ngrym "méditation" (Ghilain 73sq.). (44) {}r&vhaiiete est attesté quatre fOlS o.§auuaiieiti, o.§auuaiiei1}ti vi-o V 2,31. 32; inj. o.§auuaiia! vi-o V 2, 11 par;
dans le Mihr Yast (Yt 10,36. 412. 101). Chaque fois, L 18 et P 13 donnent la subj. xo.§auuaiia1 fra-o V 16,7 (12); opt. xo.§auuaiiois fra-o Yt 1,24,
désinence active sans voyelle épenthétique, confirmés au Yt 10,36 par les manus- o.§auuaiioi! V; part. o.§auuaiia1}t- fra-o N 103, o.§auuaiiamna- fra-o VI'
crits indépendants H 3, H 4 et J 10, qui font défaut pour les autres passages.
12. 2; hac "accompagner": r. hacaiia- (13) : subj. °rJhacaiieni upa-o Yt 5,
L'originalité de la désinence active n'est ni exclue ni probable. Il est possible qu'à
un moment donné de la transmission manuscrite, un copiste ait été influencé par 8. 124, hacaiiene Yt 5, 18par, hacaiia1 Vyt 47; r. hic "verser (un liquide),
le quasi homonyme moyen tantum {}ra : {}raiia- "protéger". vider (un récipient)": °haécaiia- us_o V 5, 12par(14), skI'. secayati (tardif) :
subj. °haécaiia1; r. hu "pressurer": hauuaiia- (15), skI'. savayati (tardif) :
6.1.2. En ce qui concerne les verbes transitifs factitifs, l'objet de l'action ind. hauuaiieiti Y 71,8; subj. hauuaiiqn V 8,73.
causative correspond à l'objet de l'action primaire: le thème causatif n'a Ce relevé ne serait pas complet si on n'évoquait la possibilité d'y
pas un sens différent de celui des thèmes primaires et ne produit pas de adjoindre quatre catégories de verbes:
structure syntaxique sui generis. Le fait que cette règle ne souffre pas
d'exception en avestique annule d'une part la catégorie des présents 1. °sci1}b : °sci1}baiia- et zar : °zaraiia- (1.1), 3 kar : 7camiia-, darz :
itératifs de Bartholomae (1), confirme d'autre part l'interprétation de dar'JZaiia- et dis: daésaiia- (2.1) ne sont pas nécessairement des présents
Thieme (Plusperf 19sq.), qui considère comme innovantes les phrases primaires dont le degré vocalique radical résulterait d'une réfection ana-
indiennes où le causatif d'un verbe transitif factitif a pour objet le sujet logique. L'hypothèse qu'il s'agirait d'une formation causative est moins
virtuel de l'action primaire. L'exemple le plus cohérent est fourni par vraisemblable pour dis: daësaiia- que pour les autres verbes dans la
la racine vard "accroître": le V 2,5 aZ'Jm té gaé{}&' var'Jc5aiieni "je veux mesure où disaiia- a laissé des traces crédibles. Il faut encore noter que
accroître tes êtres vivants" ne se différencie pas plus de l'A 4,6 vato ... les équivalents védiques de ces verbes n'ont pas de causatif original.
visp'Jm ahüm astuua1}t'Jm ... var'Jc5atica "le vent accroît toute la vie ma: 2. Il est possible que le présent de substitution en -aiia-, dans la
térielle" que le Y 50,3 yfJ na a~ois aojarJha var'Jc5aiiaéta "cet homme qUl mesure où il appartient à un verbe transitif factitif, résulte du recours
peut s'accroître par la force de la récompense" ne le fait du Yt 13,68 au présent causatif quand l~s thèmes primaires sont défaillants ou in-
xvaépaifJe no daflhus frac5ataéca var'Jc5ataéca "que notre pays grandisse et commodes. Toutefois, ici aussi, on remarquera que les équivalents védi-
s'accroisse" dans la version moyenne (2). Ainsi (3) 2is "mettre en mouve- ques de chacun de ces verbes ne produisent pas de causatifs à date an-
ment": r. °aë8aiia- pairi-o "répandre" N 68 : part. °aë8aiiamna-; dab cienne.
"tromper": g. °dfJbiiuuaiia- aipi-o Y 31,17 (4) 1 g. dabaiia- y 43,6, r. 3. Les présents recensés en 5 ne sont pas analysables, mais quel-
dauuaiia- Y 10,15, véd. dambhâyati: ind. dabaiieiti; inj. dfJbiiuuaiia1; ques-uns d'entre eux sont vraisemblablement des causatifs.
part. dauuaiia1}t-; frad "accroître": r. frac5aiia- (5) : ind. frac5aiie1}te 4. 6.1.1 contient plusieurs verbes dont les thèmes primaires sont
Yt 10,14; inj. frac5aiia1 Yt 8,7; subj. frac5aiieni V 2,5, frac5aii a1 Y 62, historiquement transitifs, mais n'ont jamais cette valeur en avestique.
5par; imp. frac5aiia V 2,4; part. frac5aiiamna- Yt 15,62; bar "porter": Ce sont 1ar: °araiia-, tap: tapaiia-, m1}j: r'J1}jaiia-, mm: ramaiia-. Ces
r. °biimiia-(6): ind. °biiraiiei1}ti ha1}-o Yt 6,1rép; subj. °biiraiia1 V, verbes sont les seuls en avestique, avec frad, vard, '§(ii)u, peut-être darz
0biiraiiama hqm-O V 19,44. 45; ? opt. °biiraii'Jn; vat "inspirer": g. et zar, qui puissent suggérer que le causatif des verbes transitifs factitifs,
150 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 151

apparemment superflu, se serait primitivement développé en opposition hacaiia-, aor. hax.s(a)- et les thèmes primaires hac-Isc-, haca-, hishac-Ihisc .. Voir
avec le moyen intransitif (réfléchi) des thèmes primaires. 14.4.1. (14) yal ... us vato zqrn haëcaiial "jusqu'à ce que le vent assèche la
terre" n'implique pas une racine 2hic "dessécher" (Bartholomae, col. 1728), mais
(1) Bartholomae (Grdr 84) note que le terme "itératif", emprunté à la se réfère à l'idée de vider la terre de son liquide comme un récipient. haëcaiia· se
philologie slave, ne s'applique pas exactement à l'avestique, où les formes verbales rapporte dès lors à la seconde signification primaire, inattestée en avestique, qu'on
qu'il définit admettent tout au plus une valeur intensive. En fait, il attribue systé- peut illustrer par RV l 117,6 sapMd dsvasya vajino jdnaya satd1Jt kurnbMn
matiquement la nuance itérative à toute forme verbale qui a les caractéristiques asificatarn rnddhünarn "du sabot du cheval victorieux, vous avez tiré pour l'homme
morphologiques du causatif sans en avoir le sens, c'est-à-dire à toutes celles qui cent seaux de liqueur". (15) Aussi parthe h'w· "griller" (Ghilain 78). Le sens
sont issues d'un thème recensé en 1.1, 1.2, 4, 5 et 6.1.2. (2) O'est le seul cau- de "réduire en cendres" (Y 71,8 atal's aësrn'Jrn ... hauuaiieiti "le feu consume le
satif de verbe transitif qui soit utilisé au moyen d'une manière cohérente. 2is (1 3.1) bois"; V 8,73 yal ... atr'Jrn ... frajasqn ... nasürn hauuaiiqn "quand ils rencon·
et .§u (14.1.2) ont des formes causatives moyennes de sens passif, mais elles sont trent un feu (qui) consume une charogne") peut être issu de celui de "pressurer".
isolées et peut-être secondaires. L'usage du moyen avec jdld: jriü5aiia- (14.3.1), En brûlant, le bois et la chair n'émettent·ils pas un liquide et celui que le bois
za1Jb: z'J1Jbaiia- (12.2 et ci-dessous) et hac: hacaiia- (14.4.1) fait problème. L'at- secrète sous l'action du feu rituel n'a·t-il pas une valeur mystique? .Adür en montre
testation moyenne de Ivar: °varaiia- paraît sans valeur, mais son équivalent indien en tout cas le réservoir à .Arta Viraz visitant le paradis (AVN X 6-14, cité par
est souvent employé au moyen. (3) Le vieux-perse atteste vraisemblablement Kellens, MonNyb 1469 et n. 32).
ce type de causatif avec °ju "accroître": impft. abiy-ajavayarn qui correspond,
pour le thème et le préverbe, à parthe 'bg'w- (Ghilain 76), sogd. 'flZ"w- (Gershevitch 6.1.3. En ce qui concerne les verbes transitifs avec accusatif "de limi-
90) et chor. 'fly'w- (Henning-MacKenzie 9), à côté d'av. gu: günaoiti. Il est curieux tation" (1) (verbes de mouvement avec accusatif de lieu, verbes de per-
que les causatifs sogdiens et chorasmiens correspondent à des thèmes primaires ception sensorielle ou mentale, verbes d'appropriation), l'objet de j'action
intransitifs, respectivement ' flz'y- "grandir" (Gershevitch 84) et ' flyw- "id." causative correspond au sujet de l'action primaire. Le passage au cau-
(Henning-MacKenzie 10). (4) Oe thème relève de l'état ancien *dhbheu de la
satif implique dès lors une modification du sens du verbe, qui se produit
racine au même titre que le verbal indien ddbhuta-: voir Hoffmann (Aufs l 52 n. 1)
et Strunk (Nasalpr 66sq.). (5) O'est le seul thème encore attesté en moyen- même si cet objet n'est pas exprimé. Le sort réservé à, l'objet de
iranien: m.-p. wy-jr'y- (Henning 176), parthe wy-jr"y- (Ghilain 60), khot. hay- l'action primaire est si divers que chaque attestation mérite un examen
(Emmerick 152). (6) Voir b 3.2: il est possible que ce thème rare et tardif soit détaillé.
interprété de °baraii'Jn, variante rythmique de °baraii'Jn. (7) A fait l'objet ap "atteindre": r. apaiia- Yt 10,86(2), véd. apayati: subj. apaiial:
d'une étude exhaustive de Thieme (FSWeller 656-668). (8) Exprime toujours
Yt 10,86 kaoa na a1'sa gauuai1Jïm apaiial "quand le taureau (Mi&ra) nous
l'annihilation d'une perception sensorielle (uSi Yt 1,27, daërnan- Yt 10,48par) ou
d'une vigueur abstraite (xVar'Jnah- Yt 10,27): il est très proche par là de son équi- fera-t-il atteindre l'étable?" contient une construction en double accu-
valent védique (par exemple RV VIII 81,3 nahi t'Va süra devii na rndrtaso ditsantarn satif, na correspondant au sujet de l'action primaire, gauuai1Jïm à son
bhirnd1Jt na giir~ varétyante "ni les dieux ni les hommes, ô puissant, ne te retielment objet.
quand tu veux donner, comme un taureau effrayant"). D'autre part, le parallé- r. XVa?' "manger": 0f)vharaiia- a-jra-O A 3,4: inj. ? 0f)vharaiial (3) :
lisme entre Y 9,28 pai1'i se usi v'Jr'Jnüioi et Yt 1,27 pairi usi varaiiaofl'Jrn démontre
que présent primaire et présent causatif ont bien le même sens. (9) hqm zanuua
A 3,4 huraii&scil aoa aétauuato daioiial a dil fraf) vha1'aiial sraosal dCfhista
z'J1Jbaiiaofl'Jm est parallèle à AV XIX 47,9 hdnü vfkasya jambhaya (Geldner, KZ 30, "il doit alors donner une certaine quantité de liqueur, il doit par disci-
1890,514 n. 3; Narten, IF 74,1969, 39sq.). Oe verbe n'est donc attesté que par une pline faire boire cela aux plus instruits" atteste lui aussi la construction
forme causative moyenne dans un passage où le moyen n'a pas beaucoup de sens en double accusatif: dqhista représente le sujet de l'action primaire, il
(voir dar'z 14.4.1). (10) Pour le contexte: V5,18: ap'Jrn .,. upa ast'Jm jra- (a dil = *aat iD son objet.
zaiiaiiarni "j'introduis l'eau jusqu'à l'os". (11) L'identité sémantique du pri-
r. 2ci "expier" (4): °kaiia- pai1'i-a-o Yt 10,122 : opt. °kaiiaiia'(tta:
maire et du causatif est démontrée par V 2,10 hO irnqm zqrn xaif1i..§a~lUal suf1r-iia
zaranaëniia "il ébranla cette terre avec la pique d'or" et V 2,11 yim6 imqrn zqrn visaiti upazananCfm pai1'i.akaiiaiia'(tta "qu'ils se fassent expier au moyen
vi.§auuaiiat "Yima étendit cette terre en tous sens". Sinon, le causatif aurait pu de vingt pénitences" est mentionné deux fois au Yt 10,122. visaiti n'est
correspondre au présent primaire intransitif et à l'inch . .§üsa-. (12) La forme pas acc. duel, comme on le veut traditionnellement, mais instr. sing.
verbale de yezi ap'J1''Jnaiùïk6 jr'asnauual "si un enfant s'avance" s'explique mal, Toutes les attestations de l'action primaire correspondent au modèle
au point de vue du sens, par j1'a- Inas "atteindre": j'y vois une corruption de
*jra-.§auuaiial. (13) La grande variété de significations et de constructions syn-
du V 13,10 cikaiialsünahe raMa baooo.va?·stahe ci1Jaiia "qu'il expie le tort
taxiques attestées pour l'av. hac et l'ind. sac (qui ne produit pas de causatif) ne porté au chien par la peine de baooo.va1'sta", où le tort expié apparaît à
permet pas d'analyser avec précision le rapport entre les thèmes causatifs, prés. l'accusatif et le moyen d'expiation à l'instrumental. Dans la version
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 153
152
causative qui nous occupe, l'objet de l'action primaire n'est pas men- Iman "penser": manaiia- no), véd. manâyati: ind. g. manaiieiti
tionné. Si le sujet ne l'est pas non plus, c'est parce que, le verbe moyen Y 49,2; 1 opt. r. mqnaii<Jn ou part. r. mqnaiia'ty,t-: Y 49,2 at ahiia ma
ayant une valeur réfléchie, il se confond avec celui de l'action causative bfJ'ty,dnuahiia manaiieiti tkaë80 dr<Jguna "le mauvais maître de doctrine
elle-même. m'irrite contre ce BÔl,lduua". L'objet de l'action causative correspond
tar "traverser, surmonter": r. °ôaraiia- vi-o "faire passer" V (5), au sujet de l'action primaire et l'objet de cette dernière apparaît au
véd. tarâyati: ind. °ôaraiieiti V 19,30; subj. °ôaraiieni Vn 35. 110, génitif. En ce sens, ahiia ma bfJ'ty,dnuahiia manaiieiti est exactement cons-
*oôiiraiiat Vd 2(6); part. *oôaraiiamna- H 2, 7pad: les présents primaires truit comme l'expression figée mqnaii<Jn ahe, où l'objet est sous-entendu.
tauruuaiia- et titara- signifiant exclusivement "attaquer, vaincre", il 2ma1· "se souvenir": maraiia- Yt 14,29rép, skI'. smarayati: ind.

convient d'examiner les attestations de °ôaraiia- avec celle de °paraiia-. maraiieiti : ahmai da{)al v<J1'<J1Jrayno ... aom sük<Jm yim baraiti karo masiio
Les deux thèmes sont synonymes et régissent les mêmes constructions npapo yo ra'()haiia ... var<Jso.stanua'()h<Jm apo n1'nuaês<Jm maraiieiti. Le
syntaxiques. sens causatif est évident si on fait dépendre yo de sük<Jm plutôt que de
3par "traverser": r. °paraiia-, véd. parâyati : ind. °paraiiei1y,ti ni-o; masiio: "Vgrg&rayna lui donna la vue qui appartient à l'aquatique pois-
sl~bj. °paraiieni fra-o y 19, 6rép, °paraiiafJhe fra-oy 71,16; opt. °paraiia'ty,ta son kara, cette vue qui permet de distinguer un tourbillon d'eau de la
ni-o V 19,6: théoriquement, le verbe primaire peut régir un acc. de direc- largeur d'un cheveu dans la Ra'l)ha". L'objet de l'action causative cor-
tion avec ou sans prép. a et un acc. de passage avec ou sans prép. taro. respond à l'objet de l'action primaire.
En fait, la construction prépositionnelle est seule attestée pour la ~irec­ ma "mesurer": °maiia- a-o V 7,36.37: subj. °maiia'ty,te V 7,36; opt.
tion (V 7,52 i1Jiieja'()vhatat haca a'()haot ai1Jiieja'()h-am a ahüm frafra "tu °maiiaiia'ty,ta V 7,37: par exemple V 7,37 daênuaiiasnaêibiio pan1'nuo
peux passer de la vie de dangers à la vie sans dangers") et la construc- amaiiaiia'ty,ta ya{)a mazdaiiasnaêibiio "ils doivent montrer leurs capacités
tion directe seule attestée pour le passage (Y 46,19 fro tais vispais (de médecins) avec des incroyants avant (de le faire) avec des mazdéens".
cinuuato fraf1'a p,)1'<Jtüm "c'est en compagnie d'eux tous que je veux Le sens de "montrer ses capacités" semble une spécialisation de celui
passer le pont"). Le Y 19,6 1Jriscit taro p<Jr<Jtümcit hê uruuan<Jm vahist<Jm de "se faire mesurer". L'objet de l'action causative, sous-entendu
ahüm fraparaiieni "par dessus le pont, fût-ce trois fois, je ferai passer parce qu'il est identique au sujet, correspond à l'objet de l'action
son âme à la meilleure vie" est construit avec un double accusatif, celui primaire.
du sujet de l'action primaire et celui de son acc. de direction, le lieu de I- 2vid "savoir, trouver": g. °vaêdaiia- YH., r. °vaêôaiia-, véd.
passage étant introduit par taro. Ainsi, avec °ôiiraiia- et sans complément vedâyati : ind. °vaêôaiiemi, r. °nnaêôaiieiti aifli-o N 81, g. °vaêdaiiamahi
de passage, le Vn 110 ahüm ai1Jiieja'()h<Jm vïôaraiieni t<Jm aZ<Jm yo ahuro YH., r. °uuaêôaiiamaidê a-° Y 58, 2. 3; °vaêôaiiei'ty,ti paiti-° V 17, 10; in j .
mazda "moi, Ahura Mazdâ, je le ferai passer à la vie sans danger" .. Le r. °vaêôaêm paiti-O V 2,9 etc; r. °nuaêoaiiat; subj. r. vaêoaiiama F 8,
Y 71,16 fraparaiiafJhe uruuan<Jm taro cinuuato p<Jr<Jtüm "tu peux faire r. °vaêôaiia'ty,te aifli-o Yt 10,20; part. °vaêôaiia'ty,t- aifli-o VI' 9,3, °vaê-
passer ta (propre) âme à travers le pont cinuuat" n'a que l'acc. du ôaiiamna-: signifie "fournir, consacrer à, porter à la connaissance de" (11)
sujet de l'action primaire, celui du lieu de passage étant introduit par et se construit, comme son équivalent indien, avec un accusatif qui cor-
taro (7). Le verbe est moyen parce qu'il y a identité entre son sujet et respond à l'objet de l'action primaire et un datif qui correspond à son
uruuan<Jm (moyen réfléchi). La version active est attestée avec °ôaraiia: sujet. Y 41,1 stüto ... ahn1'ai ... aca annaêoaiiamahi "nous consacrons
au Vn 35 noit taro cinuuat.p<Jr<Jtüm viôiiraiieni t<Jm aZ<Jm yo ahuro mazda les éloges à Ahura" correspond à RV l 162,4 yajfiâ'f(t devébhyaJ;, prati-
"je ne le ferai pas passer, moi Ahura Mazdâ, par dessus le pont vedâyan "consacrant le sacrifice aux dieux". Si l'objet du causatif cor-
cinuuat" (8). respond au sujet de l'action primaire au V 19,5 nznuaêoaiiat zara{)nstro
bud "prendre conscience": r. baoôaiia-, véd. bodhâyati: ind. bao- a'()r<Jm mainiiüm "Zara&ustra menaça A'l)ra Mainiiu", il peut s'agir d'un
ôaiieiti; subj. °baoôaiiqm upa-o V; opt. °baoôaiiaêta a-O V: exprime développement syntaxique secondaire sur le modèle d'autres verbes
toujours la perception par l'odorat (9) et a, pour seul objet, celui de signifiant "dire" (12). °vaêôaiia-, avec valeur de verbe déclaratif, se cons-
l'action primaire. Le moyen (V 9,32par V 19,24) a une valeur ré- truit régulièrement avec un datif: V 2,9. 17 aat yimai paiti.vaêoaêm
fléchie. "alors je fis savoir à Yima".
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 d. Les présents en -aiia- 155
154
laquelle Bartholomae (col. 918sq.) y voit un dénominatif de baor5a- "odeur".
lsac "s'y connaître": r. sacaiia- : part. sacaiia'iJt- Fr., sacaiiamna-
(10) Sur l'expression mqnaii9n ahe yaf}a, voir c 3: mqnaiùm dérive du causatif de
y 55,6: fonctionne comme un thème primaire avec le sens de "enseigner". Iman selon Hoffmann (Aufs l 264sq. n. 3). La construction de manaiieitï avec le
y 55,6 staota yesniia, auquel se rapporte le part. M. de valeur passive, gén. donne raison à ceux qui y voient un causatif de Iman (Gershevitch, oTRAS
représente l'objet de l'action primaire. 1952, 177; Humbach II 80 en alternative; Insler 1975, 297). Mais est-ce "to
sru "entendre": s?'auuaiia-, véd. sravayati : ind. r. srauuaiieiti V, rese~ble" (Gershevitch, Insler) ou "mach mich zürnen" (Humbach)? La première
solutlOn est peut-être trop "moyen-iranienne". (11) Il est assez vain, sur la
r. srauuaiiat6 N 23, r. srauuaiiei'iJti Fr.; inj. r. °srauuaii6 fra-o Y 9,14,
base du sens, de distinguer des formes causatives dérivant de Ivid et de 2vid. Bartho-
r. °srauuaiiat fra-o; subj. r. srauuaiieni Ny 4,8, r. °srauuaiiaiti fm-o N 1 lomae (col. 1319) n'attribue à cette dernière que le part. frauuaër5aiiamnai Y t 13,88.
r. °srauuaiiat fra-o Y 19,6; opt. r. srauuaii6is V, r. srauuaii6it V, g. (12) Sens de "menacer" établi par Benveniste (IloT 3, 1959, 132sq.). (13) Pour
srauuaiiaëma Y 49,6, r. xsrauuaii'iJn N 85 (13); part. r. srauuaiia'iJt-, r. srauuaiiat, dans un contexte où ni l'inj. ni le sing. ne sont justifiables.
sra~tuaiiamna-; inf. g. srauuaiieiJhë Y 29,8, r. s?'auuaiiei~iiai Vyt 46:
6.2. La consonne d/~ est insérée entre le radical au degré plein et le
fonctionne comme un thème primaire avec le sens de "réciter" et régit suffixe de r. xVap "dormir": °xvabdaiia- ni-o "endormir" V 18,16. 24,
toujours un seul accusatif, qui représente l'objet de l'action primaire. véd. svapayati: ind. °xvabdaiieiti et, sporadiquement (voir 6.1.1 sna:
Ces thèmes causatifs attestent, dans l'A vesta récent, trois types de °snaiia-), de r. sna "se baigner": °snaoaiia- fm-o "nettoyer, purifier" V,
moyen: véd. snapayati : opt. °snar5aii'iJn (1). Si ce procédé rappelle celui de l'indien,
1. le moyen passif: le sujet du causatif moyen (représentant l'objet qui insère p entre le radical et le suffixe des causatifs de racines en -a,
de l'actif) correspond à l'objet du verbe primaire dans le cas de 2vid, sac il ne peut lui être rigoureusement comparé. Les formes avestiques sont
et sru, à son sujet dans le cas, très incertain, de tm". tardives, isolées et dérivent de deux racines profondément différentes
2. le moyen réfléchi: l'objet implicite ou explicite qui est assimilé par leur structure phonétique. xVap et sna sont intransitifs (type syn-
au sujet du causatif moyen représente le sujet de l'action primaire pour taxique 6.1.1).
ci et pa?', son objet pour bud et ma. (1) Pour *Osnar5aiiaiirm.

3. le moyen réfléchi indirect avec 2vid. 6.3. Le suffixe -aiia- est ajouté au degré zéro de la racine dans le cas
des verbes intransitifs 1rud "se plaindre" : g. urud6iia- "faire se plaindre"
(1) "Akkusativ der Erstreckung" selon Thieme, dont l'analyse du causatif
indien (Das Plusquamperfektum im Veda, Gottingen 1929) a inspiré le principe de y 44,20, véd. ?'odayati: inj. 3ème sing.lVI. urud6iiata(1) et g. rup "avoir
répartition adopté ici. (2) Le sens, évidemment causatif, a été reconnu par la colique" Y 48,10 : u?'upaiia- "donner la colique", véd. ropayati : ind.
Windischmann (Mi 10), Geldner (KZ 25, 1881, 501), Darmesteter (ZA II 465), urupaiiei'iJti. Ce type de formation, dont Hoffmann (Aufs 171) a reconnu
Lommel (Yt 77) et Gershevitch (Mi 232). Comme le prés. prim., dont il ne se dis- le caractère original, survit exclusivement en gâthique. Ce dernier atteste
tingue que par le sens, le prés. caus. apaiia- résulte de *apaiia- par abrègement
donc deux causatifs à degré zéro contre dix à degré long ou plein
de l'initiale. (3) L'injonctif, correspondant à l'opt. daiMiat, irrégulier pour
*daif}iiat ou dair5it, n'est pas adéquat et recouvre vraisemblablement une cor- (6.1.1 1dar: daraiia-, rah: ra1Jhaiia-, su: sauuaiia- et suc: saocaiia-;
ruption. (4) Doit être considéré comme un verbe d'appropriation. Comme 6.1.2 dab : dâbauuaiia-Idabaiia-, °vat : °vataiia- YH. et vard : var'iJdaiia-;
Benveniste (NP 113sq.) l'a noté à propos de la racine *bhui "jouir, expier", la 6.1.3 Iman: manaiia-, 1- 2vid : °vaëdaiia- YH., et sru : srauuaiia-) (2).
jouissance et l'expiation sont ressenties comme participant d'une même réalité.
(1) .Aussi, comme part., le nom propre r. urüdaiia~t- Yt 13,151, qui se
(5) Voir l 3.1. Reconnu, sous sa forme moyen-iranienne, par Lommel (ap. Henning
réfère vraIsemblablement à la terminologie gâthique. Le composé güsaiiat.uxr5a-
192sq.). Voir m.-p. wy-d'r- (ibid.), parthe wy-d'r- (Ghilain 74), sogd. wy-t'yr- (Ben-
"qui fait entendre ses paroles" Yt 13,16 atteste indirectement la même for~ation
veniste 13), khot. bi-tar- (Emmerick 96). (6) Pour vïr5ariiat. (7) La con-
pour gus "entendre", qui ne produit de formes personnelles qu'en gâthique et qui
struction en double accusatif équivalente est attestée avec °r5amiia- au Vd 2
relève syntaxiquement du type 6.1.3 (le second terme °uxr5a- correspond à l'objet
yahmat haca puf}ro haom uruuan9m cinuuat,p9?'9tüm vïr5amiiat si la phrase est cor-
de l'action primaire). (2) Seul va1'd: va1'9daiia- est attesté au moyen.
rectement transmise. (8) Le V 19,30 semble fait de citations diverses. taro
cinuuato p3r9tüm vïMmiieiti est une expression incomplète. Yt 6,1 rép (tat x V ar9no 6.4. tar "traverser" maintient sporadiquement (voir 6.1.3 tar : °Mraiia- )
niparaiieÏ1;tti) , Yt 17,54 (zaof}ranqm ... ya mat(uoiia niparaiiei~tti) et V 19,26 (zqm au causatif r. titaraiia- : ind. titaraiieiti Yt 8,8. 39; part. *odi~araiiamna­
ahurar5atqm niparaiia~ta) attestent ni-par, qui a le sens de "donner'" (Kuiper,
IndLing 16 = FSChatterji, 1955, 101sq.). (9) C'est sans doute la raison pour
vioc H 2, 7rép? (1) le redoublement du prés. prim. r. Utam-. Ce causatif
II A 1. La distinotion de temps: les thèmes de présent TI Ale. Le présent inohoatif 157
156
appartient syntaxiquement à la catégorie 6.1.3 (2). Le degré long du masata; r. l°vah vi-o "luire": °usa-, véd. uchâti: °usant- (17); r. zar
radical est dû à l'analogie avec les racines anit· "vieillir": zarJsa- : part. dans +azarosa1J-t- (18); .§(ii)u "mettre en mouve-
ment": r . .§üsa- "se mettre en marche" : ind. o.§üsaiti fra-o V, o.§ÜSJ1J-ti
(1) Voir l 3.1. (2) tistrim .,. yo pairik& tauruuaiieiti yo pairiM tita-
raiieiti "Tistriia, qui vaino les pairikiis, qui fait passer (= qui tue) les pairikiis".
fra-o Yt 13,65, o.§üso1J-te~ fra-o Yt 13,42(19); inj . .§üsat; subj. o.§üsani fra-o
Rien ne permet de oorriger titaraiieiti en Xtitaraiti oomme le voudrait Insler (IF 72, Yt 17,57-59; imp. o.§üsa fra-o Yt 17,60; part. o.§üsa1J-t- fra-O.
1967, 251 n. 4). (1) L'aooent est primitivement suffixal (Brugmann, VglG II 3.1 352).
(2) Identifié par Klingensohmitt (MSS 37, 1978, 94). (3) Y oompris Vn 62.
64. 79. 83. 95: voir b 3.1.2 az. (4) Voir l 1.2.3. (5) Voir 11.2. (6) Véd.
e. Le présent inchoatif en -sa- k~ubh: k~ubhyati. (7) SkI'. svùi: svedate. Voir, pour le thème de présent, sogd.
ywys- (Gershevitoh 83), ohor. 'xs- (MaoKenzie, BSOAS 34, 1971, 534) et khot.
1. Le suffixe -sa- est ajouté au degré zéro de la racine (1): li: r. isa- upa-o ahus- (*a-h'ljù-, Emmeriok 13). (8) °yrisa- a été rapproohé du lat. expergiscor,
N 11. 12(2) : subj. °isat; opt. °isait; lis "désirer": isa-, véd. ichâti: ind. pour *ex-pro-griscor, par J. Sohmidt (KZ 37, 1904, 34sq. et 155sq.; aussi Brug-
r. ise Yt 12,1, r. isaiti V (3), r. isaite V 13,19, r. isai{}e V 8,10, r. iS'iY(Lti mann, VglG II 3.1 353, et, plus réoemment, Keller, BSL 75, 1980, 309sq.; autre-
Yt 10,45, r. is~n:de Aog 41; inj. r. isat Yt '19,56. 82, r. iSJn Yt 13,92; subj. ment Persson, Btr 828). En fait, on ne peut rien bâtir de solide sur une forme
attestée sans la moindre variante au .a 1,13. Les dialeotes moyen-iraniens ont in-
r. °isat upa-o N 109; opt. g. isi5iia Y 43,8, r. isait, r. isaëta, r. °isaiiJn
variablement un prés. inoh. dérivé d'une forme refaite *yra de la raoine, qui ap-
upa-o V 13,35; part. r. isa1J-t-, iSJmna-; g. izd "réclamer" : isasa- (4) : subj. paraît déjà avec le verbal av. fra-yrata- V 18,16.24: m.-p. wy-yr"s- (Henning 192),
isasa y 31,4; opt. iSasait Y 50,2; part. isasa1J-t-; ~ r. kamp "vibrer" parthe wy-gr's- (Ghilain 82), sogd. w-yr's- avec yagh. yuras- (Gershevitoh 84) et
Yt 10,113: *kafsa- ~ (5) : subj. *kafsqn; r. xsub "frémir" Yt 10,113 (6): ohor. 'yr's- (Henning-MaoKenzie 21). On peut supposer que frayris'Jmno est fautif
xsufsa- : subj. xsufsqn; r. xvid "suer": xVisa- (7) : inj. xVisatO Y 9, 11rép, pour *frayrasiJmno ou *fr·aY(iJ)riJs'Jmno. (9) Véd. tap: tapati. Le degré zéro de
la raoine ne serait pas phonétiquement supportable. Voir, pour le thème de présent,
xVisJn V 3,32; gam "venir": jasa-, véd. gachati: ind. r. jasaiti, g.
peut-être, chor. bdfs- "become hot" < *apa-tafsa- (MacKenzie, BSOAS 34, 1971,
0jasamaidë paÏ1·t-o YH., r. jasJ1J-ti, °jasJ1J-te V; inj. jasa, jasat, r. jasatJm 533). (10) Véd. tras: trasati. Pour le thème de présent, voir m.-p. et parthe
Yt 19,82, g. °jasaétJm hfJm-o Y 30,4, r. jasJn, r. °jasJ1J- ta ha1J--o V 2,8 etc; tyrs- (Henning 196; Ghilain 80). (11) Apparenté au véd. tucchya- "vide" (Bar-
subj. r. jasani, g. °jasai pair~-o, r. jasahi V, r. jasaiti 1r. jasat~ r. °jasatO tholomae, col. 624; Mayrhofer, EW l 508sq.). (12) Apparenté au véd. dhvan
paiti-O V, °jasaite ha1J--o N 42. 430, r. jasa1J-ti 1r. jasqn, r. °jasa1J-te ha1J--o; (Mayrhofer, EW l 118), dont le sens fondamental est "faire de la fumée" (Narten,
Aor 155sq.) et qui produit, dans le ~gveda, l'aor. en -i~- adhvanit et le thème de
opt. jasait, r. jasaëma; imp. r. jasa, g. °jasata a-o, r. jaso1J-tu; part. r.
prés. caus. dhvanaya-. Le sens avestique de "voler" est peut-être issu, par "séman-
jasa1J-t -; r. 19ar "veiller": °yrisa- ~ fra-o "s'éveiller" H 1,13 (8) : part. tique populaire", de g. duuqnman- / r. dunman "nuage". Ce thème inchoatif repose
0yrisomna-; r. tap "être chaud": tafsa- "devenir chaud" (9) : inj. ta/sat sur le degré plein (aduuqsa- < *dvansa-) ou zéro (aduuqsa- < *duuasa- < *dh'lj'IJ~sko-).
y 9,11rép; subj. tafsqn V 3,32; r. tars "avoir peur": to1JSa-(lO): ind. (13) Faut-il voir un thème secondaire afrasa- dans afrasane V 3,27 (Humbach,
0tJrJsaiti fm-o, tJrJs'J1J-ti; subj. °to1Jsqn fra-o Yt 11,6; imp. torosJ1J- tu MSS 9,1956, 68)? (14) Incertain: voir b 2.1 bras. Le thème inch. brasa- déno-
terait le caractère set; de la racine. (15) N'a pas d'étymologie sûre: propositions
Yt 14,38; r. tus "être vide": tusa- "se vider" V 3,32(11): inj. tuson;
chez Persson (Btr 816 n. 1), pl)korny (975, sous *(s)ner, au sujet duquel Abaev,
r. °duuan "voler" (12): °duuqsa- V: ind. °duuqsaiti; fras: porosa- (13), Oss II 156sq., sous narag). (16) Ou aor. sigm. de mad "s'enivrer": a~im yqm
véd. prchâti , v.-p. parsamiy : ind. g. porJsa, r. pJ10Se Yt 12,1, r. porosahi, isiiqm ahuro masata mazdtt. L'interprétation que je présente prudemment ioi est
pJrJsait~, g. porosaëte Y 31,13, r. °porJso1J-ti fra-o N 61. 62, r. °po1oso1J-te fondée sur la construction en double accusatif, usuelle pour Iman, et sur les thèmes
hqm-O V 19,3; impft. r. *aporJse V 2,2, r. *apJ1oSWV ha V 2,1, r. apo1osat verbaux moyen-iraniens parthe pdms- "comprendre" < *pati-m'IJsa- (Ghilain 80),
khot. vamas- "to experience" < *ava-m'IJsa- (Emmeriok 117). (17) Au moins
V 18,30rép; inj. r. pJ1JSa H 2,17rép, pJ1oSat" r. °po1"iJSata paiti-O V 9,43.
Yt 14,20 et V 19,28. Voir 13.1 taro (18) Identifié par Klingenschmitt (FiO
45; subj. g. porosai Y 44,12, r. po1Jsafjhe, r. porJsat V, r. pWJsaite V 15,14, §220). (19) Voir I3.1.
r. pJrJSa1J-te P 44; opt. aporJsaiiatJm y 12,5. 6; imp. g. porosao Y 43,10,
r. porJsa'l)vha V; part. pJ1osa1J-h porosomna-; ~ r. bram 1 "errer ou pleurer" 1.1. yam "tenir" produit tantôt °yasa-, tantôt yasa- : ind. a-iies~, r. apa-
Yt 19,34: brasa-(H): inj. b1'asat; narp "décroître (pour la lune)"(15): yasaiti V 18,63. 64, g. hfJm-iiasaitë Y 33,1, r. a-iiaso1J-ti N 71; inj. r.
norofsa- : ind. nJrofsait~; part. r. nJrofsa1J-t- dans nJ1Jfsqstat- Yt 7, 2rép; a-iiasata V20,3; subj. r. apa-iiasani V 19,9.12; r. ni-iasafjheYt 19,48.
1.lman "penser": ~ r. masa- "comprendl'e"~ Y 54,1 (16) : inj. 3ème sing. M. 50, r. yasaiti y 65,11 et apa ... yasaiti Y 11,5, r. ni-iasaite Yt 13,95
158 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 e. Le présent inchoatif 159

FrW 8, 1; opt. r. a-iiasois Yt 1,24 V 9,14 V 19,21, r. a-iiasaésa Yt 14,35 démontre que ce type est, sinon original, du moins licite (Schmitt,
Yt 15,55; imp. r. yasa'Ovha N 103C, a .,. yasa'Ovha y 9,2 V 18,19, et IIJ 8,1965, 279sq.). Nous avons ya "demander": yasa-(l) : ind. yasa j
a-iiasa'Ovha Vyt 9; part. r. ni-iasômna- V 19,9. Bartholomae (col. 1288sq.; r. yasami, r. yasaiti V 18,18. 20. 22, r. yasamahi Yt 10,33; inj. g. yasal
aussi Reichelt, FSGeiger 251, pour le matériel sogdien) s'est refusé à y 32,1; part. g. yasa1)-t- y 49, 12; ra "offrir": r. rasa- Y 52,1. 3 (2) : part.
considérer le problème en attribuant les formes à voyelle radicale longue, rasa1)-t-.
en dépit de leur sens, à yas "demander" (en fait ya). L'indien yam: (1) Véd. ya: yttti. La racine avestique (Bartholomae, col. 1288sq., posait
yâchati et l'impft. v.-p. ayasata (a-ayasata) DB l 47, III 4.42 indiquent yas) a été identifiée par Meillet (BSL 24, 1924, 117). Sur le sens de "demander" en
sans ambiguïté que le radical long n'est pas original. Le sogdien, en indien, voir W. P. Schmid (IF 62, 1956, 218sq.). (2) Thème identifié par Hoff-
mann (Aufs 1266 n. 1).
opposant "s- (aussi chor. 's-, Henning-MacKenzie 31) < *a-yasaryt- <
*a-yata- à ny's- < *ni-yasa-jny't- < *ni-yata-, montre qu'il ne faut pas 2.1. Le degré plein de r. xVap "dormir": xvalsa- V (1) : imp. xvalsa V 18,
chercher une solution graphique. Henning (ap. Gershevitch 84) attribue 16. 24, xvafsata H 2,42 rép est d'autant plus irrégulier que le sogd. *w{Js-
ce phénomène au fait que yam avait une forme anit et une forme set· (impft. w'{Js) et le yagh. üfs- reposent sur *hufsa- (Gershevitch 97; khot.
Cette explication semble devoir être exclue. Les caractéristiques set du hüs-, Emmerick 154, est ambigu). Les formes avestiques, très tardives,
véd. yam sont non seulement très secondaires (voir Narten, Aor 204sq., ont peut-être été refaites d'après le substantif xvalna-. Il reste que le té-
mais Mayrhofer, EW III 3), mais surtout, à bien observer le matériel moignage de véd. vaii,chati "désirer" d'une part, d'autre part de duuan :
avestique et sogdien, on s'aperçoit que la distribution entre ii et a obéit duuqsa-, qui pourrait avoir le degré plein, et de {}{Jqz : {}{Jqzja- (voir b 2.2),
à une logique qu'on peut formuler de deux manières: qui est peut-être inchoatif « *t1kengh-sko- 1), contraint à évoquer la
1. a est constant en gâthique (aiiesé Y 53,6, hfJmiiasaité Y 33,1), possibilité d'un degré plein de la racine lorsque le groupe consonantique
en syllabe initiale pure (que le verbe soit simple ou séparé du préverbe (1») initial comporte la sonante 1k.
et en syllabe initiale composée avec le préverbe ni. ii l'est en tout (1) Véd. svap : svapiti.
autre cas.
2. a est constant en syllabe initiale (syllabe initiale pure) et 3. Particularités du présent avestique en -sa-. Les thèmes attestés peu-
lorsque la scriptio continua met en contact le y initial du thème avec vent être classés en -I:,rois catégories.
un son nasal du préverbe (*ni-yasa-, *ham-yasa-; aiies~ étant dans ce 3.1. lis: isa-, gam: jasa-, Iras: pôrôsa-, yam: yasa- et lvah: °usa- sont
cas considéré comme représentant *a-yasa-). ii l'est en tout autre cas. hérités et les racines dont ils dérivent, comme leur équivalent vé-
Je ne suis pas en mesure d'interpréter ce phénomène, qui me paraît une dique, n'ont pas de présent primaire. A l'exclusion de lvah : °usa-, ces
particularité phonétique avestique et sogdienne, voire iranienne, puisque thèmes sont fréquemment attestés et aussi bien en gâthique qu'en
le vieux-perse et le chorasmien n'ont que *a-yasa-. récent.
(1) Cette conclusion n'est possible que si on restaure la scriptio continua
pour V 19,9. 12 apa-yasani et V 19,8 apa-yas&: V 19,8 apaiio Jp 1 Mf 2, apa.yO les
3.2. izd : isasa-, yii: yasa- et ra : ?'asa-, qui s'inscrivent dans la sphère
autres; V 19,9 apaiio L 4 et le Vidëvdâd sâda indien, apa.yO K 1 Jp 1 Mf 2; V 19,12 sémantique de l'échange (prière, cadeau) entre les dieux et les hommes,
apaiio L 4 K 1 L 1, apa.yO Jp 1 Mf 2 L 2 Br 1. Pour Yt 1,24 ma yasois, les choses n'ont pas d'équivalents indiens ni, plus généralement, indo-européens.
sont plus claires: les meilleurs manuscrits (F 1 J 10 J m 4 Pt 1) ont une leçon qui Même s'ils sont parfois attestés en récent, ces trois verbes appartiennent
repose sur maiiasoi8 pour ma aiiasois. de manière exclusive à la terminologie liturgique des Gathàs.

2. Le suffixe -sa- est ajouté au degré plein de la racine. Ce type de for- 3.3. li: °isa-, xsub : xsulsa-, xvap : xvalsa-, xvid : xVisa-, 19a?' : *yôrôsa- ou
mation est régulier avec les racines en -a et avec elles seulement. Quoi- *oY?'asa-, tap: talsa-, tars: tôrôsa-, tus: tusa-, duuan: °duuqsa-, na?'p:
que le matériel védique fasse défaut et que les deux thèmes attestés en nôrôlsa-, zar: zarôsa-, §(ii)u: §üsa- constituent la majorité des thèmes
avestique n'aient pas d'équivalents indo-européens connus, la concor- inchoatifs et possèdent un certain nombre de caractéristiques communes.
dance entre V.-p. xsna "connaître": xsnasa-, grec ytyvwaxw et lat. gnosco A l'exclusion de nôrôlsa-, ils sont exclusivement attestés dans l'Avesta
160 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A lf. Le présent futur 161

récent. Dérivant généralement de verbes d'état, ils sont exclusivement saosiia- : ind. r. saosiieW A 4,6 (5); part. saosiia1Jt- (6); r. sri "se pen-
intransitifs et, néanmoins, à l'exclusion de *Oy'Jr'Jsa- ou *Oyràsa-, actifs. cher": sraUiia- V 8,34, skI'. 81'ayi~yati : ind. sraUiieiti; part. sraUiia1Jt-;
Ces thèmes sont les seuls qui méritent le nom d'inchoatifs, en ce qu'ils r. lzan "engendrer": zqhiia- Y 4,5rép, véd. iani~yati : part. zqhiiamna-;
indiquent l'entrée dans un état nouveau. Brugmann (VglG 354) a bien r. harz "laisser aller": har'Jsiia-, skI'. srak~yati: ind. har'Jsiie1Jte; part.
vu que les présents à suffixe *-sko- n'ont cette valeur qu'en iranien, en ha1''Jsiiamna-; r. hu "pressurer": haoSiia- VI' 9,3, skI'. so~yati: part.
grec et en latin et qu'il faut postuler, pour chacune de ces langues, un haosiia1Jt-.
développement secondaire. Le caractère tardif du matériel avestique
(1) Aucun manuscrit ne permet de corriger aés9mntÎ en *aéSimntÎ: il s'agit
confirme cette vue. Les causes de ce développement iranien ne me pa- peut-être d'un part. aor. sigm. thématisé. (2) Il s'agit, plus que vraisemblable-
raissent pas décelables. Au point de vue synchronique, on doit noter que ment, d'une corruption de *nis(ir'3aiieiti (voir Humbach-JamaspAsa, VN 19).
les racines dont procèdent ces inchoatifs ne produisent pas de présent (3) Peut-être un aor. sigm. thématisé. (4) Véd. la1igh: l(Z1ighati: voir Schefte-
primaire, mais souvent un causatif. xvafsa-: °xvabdaiia-, *Oy'Jr'Jsa- ou lowitz (WZKM 34, 1927, 222), Gershevitch (Mi 181) et Thieme (Mitr 33). Autre-
ment Nyberg (Rel 466 n. 273). N'a plus qu'une valeur adjective. (5) Création
*Oy1'àsa- : gàraiia-, tafsa.-: tàpaiia-, t'Jr'Jsa-: 1h·a'()haiia-, tusa-: taosaiia-, instantanée sur saosiia1Jt- (voir Kellens, STIR 3, 1974, 197sq.), sans valeur gram-
°duuqsa- : °duuqnaiia-, iüsa- : °iàuuaiia- composent ainsi un type nou- maticale. (6) Fonctionne le plus souvent comme un substantif.
veau et particulier d'opposition grammaticale entre un inchoatif in-
transitif actif, de sens réfléchi, et un causatif transitif actif. Le matériel 2. bü "être": r. büsiia- : part. büsiia1Jt- a un degré zéro irrégulier de la
moyen-iranien rassemblé par Henning, Ghilain, Gershevitch, MacKenzie racine à côté de véd. bhü: bhavi~yati.
et Emmerick pour les divers dialectes, et qui a été étudié systématique-
ment par Weber (Die Stellung der sog. Inchoativa im Mitteliranischen,
3. Particularités du présent avestique en *-sya-. Ce type de présent ne
Gottingen 1970), semble indiquer que ce système a connu une extension
possède nécessairement que deux modes, l'indicatif et le participe, et a
considérable, dont l'avestique récent témoigne d'une manière parcimo-
très exactement le sens du subjonctif des présents primaires. Il exprime
nieuse, mais sûre. Le fait est d'autant plus remarquable que deux verbes
surtout le futur rapproché et le futur d'intention ou d'obligation. Il ne
d'action étymologiquement transitifs se conforment à ce système en
peut avoir le sens du futur simple français que s'il est employé dans une
éliminant leurs thèmes primaires (tap) ou en tendant à les éliminer (iiiu).
énumération de formes verbales exprimant l'opposition entre le passé,
xvafsa- est particulier dans la mesure où il n'a pas une valeur inchoative.
le présent et le futur: ce sens est alors comme "précipité" par le con-
Celle-ci est dévolue aux formes moyennes du thème °xvabda- dont l'in,
traste avec les formes présentes et parfaites:
fluence a, par ailleurs, pu être décisive sur *Oy'Jr'Jsa- ou *yràsa-, seul
inchoatif moyen de ce type. 1. L'indicatif, qui fait double emploi avec le subjonctif du présent
primaire, n'est vraiment bien attesté que pour la racine défective vaG,
dépourvue de présent et, par conséquent, de subjonctif présent. G. vaxsiià
f. Le présent futur en *-sya-
apparaît exclusivement en principale avec le sens d'un futur d'intention
1. Le suffixe *-sya- est régulièrement ajouté au degré plein de la racine. (par exemple Y 30,1 al tà vaxsiià ... yà mazdà{)à "je veux à présent dire
Nous avons? lis "désirer": r. aësiia-? Yt 13,66 (1), skI'. e~i~yati: part. ces choses qui doivent être méditées") et r. vaxsiie1Jte Yt 8,42 en pro-
aës'Jmna-; ldà "établir": r. °diihiia- uz_o VI' 9,1. 3; skI'. dhàsyati : part. position interrogative: kaoa xa '" süra vaxsiie1Jte vaxsa "quand les
°dàhiiamna-; 1 r. ni "conduire": naMiia- Vn 6rép (2), skI'. ne§yati : ind. sources vont-elles croître d'une puissante croissance 1". R. har'Jsiie1Jte
naMiieiti; ma?'G "détruire": r. xmar'Jxsiia-: part. xmar'Jxsiia1Jt- dans y 27,6 VI' 12,1 apparaît en relative comme futur de destination: VI' 12,1
xamar'Jxsiia1Jt- Yt 19,94; vaxs "croître": r. vaxsiia- Yt 8,42, skI'. haomanqmea . .. yoi ha?"Jsiie1Jte "les haomas qui doivent être filtrés".
uk~i~yati : ind. vaxsiie1Jte; vaG "dire": vaxsiia-, véd. vak§yati: ind. g. Voir aussi, en principale, V 8,34 noil huskO huskài sraUiieiti "le sec n'est
vaxSiià, r. °vaxsiiete f1'a-o; ? van "vaincre": r. vafjha-? Yt 13,155(3), skI'. pas destiné à s'accrocher au sec". R. fra-vaxsiiete Y 19,10 VI' 15,3 est
vani~yate : part. vafjh'J1Jt-; varz "travailler": r. var'Jsiia- Y 57, 4rép : part. toujours attesté dans une énumération exprimant une opposition tem-
var'Jsiiamna-; r. rqk "agresser": rqxSiia- (4) : part. rqxsiia1Jt-; sü "gonfler": porelle: aëtalca aësqm uxoanqm uxoot'Jm'Jm yàis yauua fraGa vaOGe fraGa
11 Kellens, Le verbe avcst!que
162 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 g. Présents à suffixe rare 163

mruiië fraca vaxsiiete "c'est, d'entre ces paroles, la meilleure parole qui du RV l 168,7. (3) A côté de hara- (b 2.2). Voir, pour la formation, lat. servare.
Comme l'indique Brugmann (ibid. 271), on ne peut déterminer s'il faut reconstruire
a été dite, qui est dite et qui sera dite".
*se1',!,w- ou *sl'i!!!O-.
2. Le participe est beaucoup mieux attesté. Le thème de présent
futur permet de produire, au participe, une forme nominale colorée d'une 1.1. 2ri{} "mélanger" produit, à côté de irii}iia- (c 1.2), raM}fJa- : subj.
nuance sémantique modale, une sorte de participe subjonctif. A l'ex- r. raë{}fJâ1 V3,14 V7,50; part. g. rOi{}fJa1Jt- Y31,7, et un thème secon-
clusion de 1 aéS'Jmna- (futur d'intention au Yt 13,66 âp'Jm aë8'Jmna "ayant daire r. raë{}fJaiia- : ind. raë{}fJaiieiti, °raë{}fJaiiei1Jti hqm-O N 61. 62; subj.
l'intention de chercher l'eau"), de sraësiia- (futur de destination au °raë{}fJaiieni hqm-O Yt 19,58, raë{}fJaiiâ1 N 76. raë{}fJaiia- est peut-être un
V 8,34 yezi huskO huskâi sraéSiiei1y,tim afJha1 "si le sec était destiné à thème de compromis entre iri{}iia- et raë{}fJa-.
s'accrocher au sec") et de har'Jsiia- (futur d'obligation au Vr 12,1 1.2. tar "surmonter, vaincre": tauruuaiia-: ind. r. tauruuaiieiti Yt 8;
haomanqm ha1''Jsiiamnanqm "les haomas qui doivent être filtrés"), toutes inj. r. tauruuaiiat'Jm Yt 13,78, r. 2ème plur. tauruuaiiata Yt 13,38; subj.
les formes attestées (y compris celles de saosiia- qui n'ont pas une valeur r. tauru1taiieni, r. tauruuaiiâ1, g. tauruuaiiâmâ Y 28,6 / r. tauruuaiiama
substantive) apparaissent dans des formules d'opposition temporelle du Yt 10,34; part. r. tauruuaiia1Jt- est probablement un thème mixte issu
type Yt 13, 21 frauua~aiio . .. haitis hatqm haitis a1Jhusqm haitis büsiia1Jtqm de *tauruua- (véd. tarvati) et de *taraiia- (véd. tud/'ya- de R V turayant-
"les frauuasis, celles de ceux qui sont, celles de ceux qui ont été, celles et v.-p. °taraya- de viy-atarayam DB V 24sq. et viy-atarayâma DB I 88).
de ceux qui seront". Elles sont très souvent médio-passives. *tauruua- apparaît non seulement dans quelques dérivés nominaux, tels
Quelle que soit sa valeur, le présent futur avestique est en voie v'Jr'J{)ra.tauruuan- Y 10,9, mais est vraisemblablement bel et bien at-
d'extinction (1): un seul thème (V 8,34 sraéSiia-) est encore attesté dans testé. Le fait que Y 28,6 yâ daibisuuato duuaéSa tauruuaiiâmâ comporte
le Vidëvdad. Il ne semble avoir eu quelque vitalité que dans la langue 10 syllabes au lieu de 9 incite à voir dans tauruuaiiâmâ une très ancienne
liturgique du Yasna et du Vispered, où il sert surtout à produire des par- modernisation pour Xtauruuâmâ (Meillet, JAs 1920, 196; Insler, 1975,
ticipes médio-passifs. 127). Dès lors tauruuaiia- est un thème exclusivement récent.
(1) Le type n'est pas attesté en vieux-perse.
2. Le présent en -aniia-. Le type védique tar: tura1Jyati n'est attesté en
avestique (1) que par zar "être irrité": r. zaraniia- : part. zaranimna- (2).
g. Quelques présents à suffixe rare zaraniia- représente régulièrement *jhl1-anja- (Bartholomae, Grdr 75
§ 134; Narten, MSS 41, 1982, 142).
1. Le présent en -uua-. Ce type hérité (voir Brugmann, VgIG II 3.1
(1) Yt 8,15. 17. 19 p,wfJsaniieiti ne me paraît pas fonder un présent
269sq.) est représenté en avestique par Iji "vivre": juua-, véd. jtvati, pfJrfJsaniia- de j1'as, mais s'expliquer par une création instantanée d'après
v.-p. ajivatam (1) : ind. r. juuaiti V, g. juuâmahi Y 31,2, r. juuai1Jti V 2,41; viiaxmaniieiti (prés. dénom. viiaxmaniia-) qui le précède directement. (2) Au
subj. r. juuâht Y 62, 10rép, r. juuâuua Yt 15,40; imp. r. juua A 1,12; Yt 10,47 zaranimnfJm, comme l'a bien vu Bartholomae (col. 1669sq.), mais aussi
part. juua1Jt-; r. fiiah "grêler": fiia1Jhuua- (2) : ind. fiia1Jhu1JtaëO Yt 5,120; au Yt 11,5, où zaranumano est fautif pour *zaranimno. zamnimna- ne peut re-
part. fiia1Jhuua1Jt- Yt 16,20; r. har "garder": °shauruua- ni-oy 57,16.30 présenter le véd. hl'~iyamana-, comme le voudrait Insler (1975 130): zaran° ne cor-
respond pas phonétiquement à hl'~o et le mètre indique qu'il est bel et bien dissyl-
Yt 10,103 (3) : ind. °shauruuaiti. labique.
(1) Morgenstierne (NTS 12, 1942, 49sq.) et Henning (Selp II 161) ont
montré que le passage de J'iuu- à ?,uu- était propre à l'iranien oriental: on a en effet, 3. Le présent en -da-. r. xvap "dormir": °xvabda- auua-o V : ind. °xvabd'J1Jte
en plus du v.-p., m.-p. zyw- (Henning 169) et parthe ?,yw- (Ghilain 50) contre sogd. N 52.53; opt. °xvabdaëta V 4,45; part. °xvabd'Jmna- H 1,7.9.11. 13 est
?,w- (Gershevitch 90), khot. ?,uv- (Emmerick 36) et pasto zwanil. Hoffmann (Aufs trop isolé (1) et trop tardif pour être original. Il doit avoir été tiré du prés.
l 65) indique que ce trait n'est pas propre à l'Avesta lui-même, mais à un de ses
caus. °xvabdaiia- (sur le causatif en -daiia-, voir d 6.2).
transmetteurs: la terminologie liturgique a encore ?,iuuiia- (= skr. jivya-), au lieu
de ?,uiia-, dans gqm ?,iuuiiqm. (2) Kuiper (ActO 12, 1934, 236) a identifié le (1) Il n'y a pas non plus d'autre suffixe de présent à élément dental. Vn 80
thème et rapproché la racine du véd. pit;: pinat;ti "broyer". Selon Hoffmann (orale- gfJrfJftaiia~ti
et Vn 38 pfJrfJgfJ1'fJ.ptaiial (XpaÏ1·i.gfJ1'fJptaiia1), de gmb "saisir", sont
ment), l'indien a peut-être une formation presque semblable dans l'hapax pipifJvant- transposés du pehlevi griftan ou directement influencés par l'abl. sing. pairi.
11*
164 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 165
g'Jr'Jptaiial N 17 = Vn 16: voir à ce sujet Humbach-JamaspAsa, VN 23 et 31. sing. A. et à toutes les formes du subjonctif, le degré zéro -n- partout
Vn 112 ja'IJtaiia'IJti, de jan "abattre", également sans valeur, est peut-être une cor-
ailleurs (1). Ce type exclusivement indo-iranien est représenté en aves-
ruption de l'opt. Xjan(a)iia'IJta.
tique par Gif} "reconnaître": cina{}- (2) : inj. g. 3ème sing. °cinas fra-o
4. Le présent en -a-. R. ni-yraire de Y t 10,40 kar'JtaGi[ yo~ niy1'a~re y 32,5(3); subj. r. cina{}amaide Vr 12,4; Gis "fournir" (4): Ginah-Icis-: ind.
sarahu ma$iiakanqm . . . vazracit . . . yôi niyraire sarahu ma~iiakanqm r. cinahmi Y 12,1. 9, r. cinasti, g. cismahi YH., r. ciSmaide; inj. r. 3ème
a été diversement interprété(l). Bartholomae (col. 512) pose une racine sing. cinas Y 44,6; opt. r. cisiiat A 3,6, r. +ocisiiqn vi-o V 8,2 (6); imp.
4gar équivalent au grec f3aÂÂw, ëf3krJ7:o et Bailey (TPS 195697) Y recon- g. ciZdi Y 44,16; r. 1 pis "broyer" Yt 14,19: pis-, véd. pirh§anti : part.
naît le véd. ghar de RV V 48,3 vajram d jigharti mayini "il abaisse le pisa'IJt-; r. buj "sauver": bU'IJj- Yt 14,46, 1 véd. bh1tnakti 1 3ème plur.
foudre sur le détenteur de maya". Dans les deux cas, on peut poser une bhunjate (6) : ind. xQu'IJji'IJti; 1 r. nid "abominer": ni'IJd-1 V 18,16. 24 (7) :
racine r. 30 ga?' ni-o (2) produisant un présent °yra- qui pourrait être com- imp. nista; marc "détruire": m'Jr'J~w- (8) : ind. r. *m'Jr'J?Jte (9) 1m'Jr'J'lJcaite,
paré au parthe gr'y- (aussi persan girayistan) "to incline, slide, fall down" g. m'Jr'J'lJg'Jduiié Y 53,6, r. m'Jr'J'lJci'IJti Yt 6,3rép, g. 3ème plur. °m'Jr'J'lJcaité
relevé par Henning (Selp 1562), mais qui s'explique difficilement. Le vi-o Y 31,1; opt. r. *m'J?''J'lJcisa V 8,21 rép (10), g. m'Jrq§iiat Y 45,1, r.
véd. ghar, s'il s'inscrit dans la même syntaxe que 30 gar, n'offre rien de m'Jr'J'lJcita V 18,55. 59; imp. m'Jr'J'lJGa?Jvha V 19,1. 6; ma1'Z "frotter":
morphologiquement comparable. °yra- peut passer pour l'équivalent g. °m'Jr'J'lJz- ni-oy 44,14, véd. 3ème plur. inj. M. mrnjata(ll): inf. °m'Jrq}diiai
exact du grec f3Â'IJ-, mais l'indo-iranien n'a pas ce type de présent ou y 44,14; g. 2miz1 (12): minaz-Imiz-: inj. 2ème sing. A. minas Y 46,14,
d'aoriste. L'analyse de niyraire en ni-yr-aù'e permet d'attribuer à 3 0 gar miz'Jn Y 44,20; yuj "atteler": r. YU'IJj- F 4f, véd. yunaktilyunjanti : ind.
un présent radical °yr_, qui est plus vraisemblable, même s'il n'a pas *YU'IJji'IJti (13); 2vid "trouver": vinad-Ivi'IJd- (14) : ind. vinast~, r. viste Fr.,
d'équivalents connus. La correction en Xni-ynaire, proposée en dernier r. vi'IJd'J'lJti V 2,9 etc; inj. r. vi'IJdat, r. vi'IJd'Jn V 2,8 etc; subj. r. vi'IJdai
lieu par Insler (KZ 81, 1967, 259sq.), constitue une excellente alter- V 19,6, r. vi'IJdama, r. +vi'IJdlÎ'lJte V 13,36; opt. r. +vi'IJdita Yt 17,54 (15);
native. part. r. vi'IJdana- N 16 1r. vi'IJd'Jmna- V 19,4; r. ric "abandonner": irinac-,
(1) On trouvera les détails bibliographiques chez Kellens (Noms-racines véd. ri'IJakti : ind. irinaxti.
151sq. n. 3). (2) Différente de 2gar "saluer", qui ne correspond en aucun cas (1) Dans la mesure où la 3ème sing. imp. A., qui devrait avoir le degré plein,
au véd. har: harati (voir Kellens, Noms-racines 21sq.). n'est pas attestée. (2) Représente d'une manière ou d'une autre le véd. cit:
cétati (voir 14.4.1). (3) Jiiao{}an'Jm ... ya fracinas ar'Jguua'IJt'Jm xsaiio "cet acte
5. Un thème tout à fait particulier est vaéna- "voir", véd. vénati, v.-p. par lequel le maître a reconnu le trompeur". Comme l'indique Narten (MonNyberg
vainamiy(l) : ind. r. °vaénami pairi-o V 19,3, g. °vaénahi aibi-o Y 31,13, II 83 n. 7), cette forme qui, phonétiquement, peut appartenir à cis (ainsi Bartho-
r. vaénaiti, r. vaénaite, r. °vaénôifJe pairi-o Yt 13,3; impft. r. °auuaéna[ lomae, col. 431) aussi bien qu'à ci{}, doit être résolument attribuée à ci{} pour des
pairi-o Yt 5,68; inj. r. °vaén'Jm Yt 7, 3rép, r. vaéna[ Fr., r. vaénm Yt 10, raisons syntaxiques. ciS ne se construit jamais avec le seul accusatif de la per-
sonne. (4) Cette racine a fait l'objet d'une étude approfondie de J. Narten
92; subj. r. vaéna[, r. vaénaite V 2,24, r. °vaénlÎ'lJte hqm-O V 9,1; opt. r. (MonNyberg II 81-92), qui propose d'y reconnaître un ind.-eur. *kweis, expliquant
auuaénôis H 2, 13rép, r. vaénôi[, r. °vaénoimaidi hqm-O Y 58,6; imp. aussi le lat. curare. (5) La version traditionnelle du passage est la suivante:
g. °uuaéna a_a y 46,2, g. °uuaénata a y 30,2; part. r. vaéna'IJt- Yt 5,129, (u)pairi aaxma aMaiiqn vi aaxma caMaiiqn "qu'ils cherchent un aaxma, qu'ils
vaén'Jmna-; inf. g. vaénœ6hé Y 32,10. fournissent un aaxma". lis: aësaiia- et ciS: caMaiia- ne sont pas attestés ailleurs.
Or Pt 2 K 1 L 1 Mf 2 supposent aMiiqn contre Jp 1 Br 1: c'est l'optatif de l'aor.
(1) Littérature chez Mayrhofer (EW III 259sq. et 796). Voir aussi l'analyse sigm. {tiS-/aM-. Seuls Br 1 et L 1 supposent caMaiiqn. Pt 2 K 1 Mf 2 ont caMiiqn,
de Schmid (MélRenou 613sq.). dont le vocalisme radical a été influencé par aMiiqn, Jp 1 cisiiqn, M 2 02 B 2
cisaiiq. Le texte original était assez sûrement pairi aaxma aMiiqn vi aaxma
ciSiiqn. (6) Le rapprochement avec la formation indienne n'est pas nécessaire-
h. Les présents à infixe nasal ment licite: voir d 2 (aussi pour l'infixe du thème bU'lJjaiia-). F 1 et Jm 4 lisent
1. Le présent à infixe -na-I-n-. L'infixe alternant -na-I-n- est inséré entre bU'lJjai'IJti et leur accord paraît décisif, mais buiia'IJti de Pt 1 suggérerait une cor-
ruption de *bu'lJjaiiei'IJti. (7) C'est seulement une possibilité parmi d'autres:
la sonante voyelle interne et la consonne finale de la racine au degré voir a 2. (8) Le seul thème verbal usuel du véd. marc est le prés. caus. marcayati
zéro. Le degré plein -na- de l'infixe est requis à l'ind. sing. A., à l'inj. (voir J. Narten, Aor 196). A l'avestique correspond le sogd. mrync- (Gershevitch 93).
166 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 167
(9) Bartholomae (col. 1145sq.) indique que mgrgyg'jJte, transmis par tous les manus- 1.2. Inventaire des formes originales.
crits et faisant fonction de singulier, représente *mM·g1;bxte. K. Hoffmann (Aufs
II 188 et 329) a toutefois établi que pavtavVha- "cinquième" témoigne du fai~ Indicatif actif
que le traitement avestique du groupe consonantique *-nkt- est -vt-. (10) Les
manuscrits ont exclusivement mgrg'jJcaini8, où Hoffmann (Aufs II 606sq. n. 1) a vu 1ère sing.: r. cinahmi Y 12,1. 9.
le résultat d'une contamination entre *mgrg'jJcoi8 et le pehlevi mwlncynytn'. Mais 3ème sing.: r. cinasti, vinast't, r. irinaxti.
pourquoi pas plutôt entre *mgrg'jJcisa et mwlncynytn'? (11) Voir l 4.4.1. 1ère plur.: g. cismahi YH.
(12) Les formes cataloguées s'expliquent parfaitement par le thème minaz-jmiz-,
mais que représente la racine? Bartholomae expliquait mizgn par 2miz "hegen"
3ème plur.: r. m9r9'(1-ci'(l-ti, r. xbu'(I-ji'(l-ti Yt 14,46, r. xyu'(l-jÎ1J,ti F 4f,
(col. 1108sq.) et minas par myas "mischen" (col. 1170). L'idée de les réunir vient r. vi'(l-d9'(1-ti V 2,9. 17.
de Humbach (II 72) et a été confirmée par Klingenschmitt (MSS 30, 1972, 91 n. 3),
qui révoque en doute l'existence d'une racine miias "mélanger" en avestique. Indicatif moyen
y 46, 14 yfi'jJgstü mazaa haagmoi minas ahura "ceux dont tu prends soin, ô Ahura
Mazdâ, dans ta demeure". Y 44,20 noil him miziin a?a vast1'9m f1'âaafJhë "ils ne
3ème sing.: r. *m9r9vte, r. viste Fr.
prennent pas soin (de la vache), selon A~a, pour l'accroissement des pâtures". 1ère phu. : r. cismaide.
(13) yüxta pourusaspo YU1;bjiti të yoi puffra ffraëtaonahe. Reichelt (FiO 164) restitue 2ème plur.: g. m9r9'(1-g9duiië Y 53,6.
xyu'jJjaite, ce qui lui permet de traduire les verbes de ce fragment par des réfléchis: 3ème plur.: g. °m9r9'(1-Caitë Y 31,1.
"es rüstete sich Pourusaspa, es rüsteten sich die Si:ihne des &raëtaona". La cor-
rection retenue ici est celle de Klingenschmitt (FiO § 251-252): "Pourusaspa est Injonctif actif
attelleur; ils attellent, les fils de &raëtaona". (14) Voir véd. via: vinariti, m.-p.
wyna- (Henning 199) et parthe wyna- (Ghilain 83). (15) Seul Ml2 a vi'jJaïta 2ème sing.: g. minas Y 46,14.
contre vi'jJaita, mais la correction doit être automatique. 3ème sing.: g. °cinas Y 32,5, g. cinas Y 44,6.
1.1. Caractères du matériel avestique. Assez curieusement, le matériel 3ème phu.: g. miZ9n Y 44,20, r. vi'(l-d9n V 2,8. 16.
avestique(l) n'est presque jamais comparable au matériel indien. Quatre
Subjonctif moyen
thèmes ont un équivalent védique précis: bU'(I-j- et yU'(I-j- sont des hapax
assez incertains; m9r9'(1-Z-, comme mtnj-, n'est plus qu'une relique; irinac- 1ère plur.: r. cina1Jéimaide VI' 12,5.
n'est connu que par la 3ème sing. ind. A. irinaxti et pis- par le part.
pisa'(l-t-. Les thèmes les plus fréquemment attestés n'ont pas de cor- Optatif actif
respondants indiens, soit que la racine dont ils dérivent y soit inconnue 3ème sing.: r. cisiiéit, A 3,6, g. m91'q,}iiéit, Y 45,1.
(cis, 2miz) , soit qu'elle n'y produise pas ce type de présent (ci-&, marc, 3ème plur.: r. °cisiiqn V 8,2.
2vid). On ne peut donc déterminer s'ils sont VI'aiment originaux. Il est
vraisemblable que ci-& : cina-&- est secondaire et analogique de cis : cinah-I Optatif moyen
cis-, dont il est le synonyme: ainsi Vr 12,4 humaiia cismaide ... yat, his 2ème sing.: *m9r9'(1-cisa V 8, 21 rép.
humaiiaca iziiéica cina-&éimaide "nous les désignons comme prestigieux ... 3èmesing.: r. m91'WI;tcita V 18,55.59, r. vi'(l-dita Yt 17,54.
en sorte que nous les reconnaissions comme prestigieux et dignes de
l'oblation". Le rapport entre av. vinad-Ivi'(l-d- et véd. vindâ- est parti- Impératif actif
culièrement intéressant. L'avestique a très probablement conservé le 2ème sing.: g. cizdi Y 44,16.
type original dont vindâ- est issu par thématisation secondaire, mais 2ème plur.: r. nista? V 18,16. 24.
l'inverse ne peut-être complètement exclu: vinad-Ivi'(l-d- fournit à lui seul
la majorité (4 sur 6) des formes qu'on peut considérer comme thématisées; Participe actif: r. pisa'(l-t- Yt 14,19.
et le présent en -na-I-n-, comme le suggère ci-& : cina-&-, a été suffisam-
ment vivant pour s'étendre par analogie. Participe moyen: r. vi'(l-déina- N 16.
(1) Le vieux-perse n'a pas ce type de présent. Infinitif moyen: g. °m9rqzdiiéii Y 44,14.
168 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 169
Remarques: Le suffixe -a- est ajouté à ce radical infixé. Ce type commun à l'indo-
1. Ces formes témoignent de quelques caractéristiques de la flexion iranien et au lituanien paraît original et non le résultat d'une thématisa-
athématique: 3ème plur. ind. M. en g. -aitë < *'(!te, 2e sing. imp. A. en tion secondaire du précédent (Strunk, Nasalpr 34). Le matériel avestique
g. -di et part. M. en r. -ana-. Le morphème de l'optatif est régulièrement est réduit à r. lkart "couper": k()r()r;,ta-, véd. krntati: ind. k()r()ntaiti
-iia- à l'actif et -i- au moyen. °k()r()r;,t().s.r;,ti.; inj. °k()r()r;,tal tra-o; subj. k()r()r;,tal V 7,37. 39, *k()r()r;,tqn o~
2. Lorsque le thème avec degré zéro de l'infixe est suivi d'une con- *k()r()r;,tar;,tt V 7,38. 40 (1); opt. *0 k()r()r;,tois1 pairi-o V 19,19 (2), °k()r()ntaii()n
sonne ou d'une semi-consonne, l'infixe disparaît en nasalisant la voyelle V; imp. *k()r()r;,t()r;,tu V 7,38. 40 (1); r. hic "asperger": hir;,ca-, véd. siricati :
radicale. Cette nasalisation se marque dans la graphie, pour i, par l'utili- ind. hir;,caiti V, °Sicar;,ti tra-o Yt 14,54(3); inj. hir;,cat F 24, °hir;,cin tra-o
sation du signe de i (ciS-, nis-1, miz-), pour 'Jr'J, par l'insertion après 'Jr- N 68; subj. hir;,caiti N 83; opt. °hir;,cois paiti-O V, °hincoit paiti-O V 9 47
°hir;,caii()n para-o V 6,32. .N , ,

de q notant a nasalisé comme signe diacritique (m'Jrqc-, m'Jrqz-). Y 53,6


m'Jr'Jr;,g'Jduiië indique que, dans certains cas, l'infixe se maintient et qu'une (1) Voir 11.2. (2) pairi.kfJnny,tis (Otis Jp 1 Mf 2) est peut-être une cor-
voyelle anaptyctique se développe entre la consonne finale du thème et ruption ~e xpa~i,kfJrfJ1;ttoi~: ma hë barfJsma pairi.kfJrfJtfJm pairi.kfJrfJ1;ttis narô ar;hfJn
a~auuano. Le hen syntaxIque avec les autres propositions est toutefois absent.
celle qui la suit.
(3) L'initiale s ne peut s'expliquer que par une analogie inusitée avec les formes
1.3. Inventaire des formes secondaires. Il s'agit essentiellement de formes composées avec un préverbe en -i (paiti-hic est attesté). Les principales variantes
thématisées. La thématisation secondaire a pu se développer à partir de s~nt jrasica1;tti F 1 Pt 1 Ml 2, jrasfJci1;tta J 10, jrasitilJa1;tti Jm 4 (où on reconnaît
l'mfluence de tacaiiei1;tti précédent), j1'asica1;tti L 11 K 36 et jra~a1;tcfJmti L 18 P 13.
la 3ème plur. ind. A. et se manifeste à partir du Mihr Yast avec Yt 10,2 Les leçons de J 10 et de K 36 montrent que la forme attendue *osincinti peut
m'Jr'Jr;,caite : être postulée. ' ,,'

Indicatif moyen: 3ème sing. r. m'Jr'Jr;,caite 2.1. Andreas- Wackernagel (NGWG 1931, 326) considèrent que l'ind.-ir.
Injonctif actif: 3ème sing. r. vir;,dat *~rd est une racine ani~ et que g. Imard "détruire": mor()r;,da-: inj.
Subjonctif actif: 2ème sing. vir;,dai V 19,6, 1ère plur. r. vir;,dama mor()r;,dat Y 32,9. 10, mor()r;,d()n Y 32,11. 12 (1) est original contre le véd.
Subjonctif moyen: 3ème plur. r. vir;,dar;,te V 13,36 mrd : mrdnati, analogique du synonyme mr : mrr;,ati. Le problème est de
Impératif moyen: 2ème sing. r. m'Jr'Jr;,ca'()vha V 19,1. 6 savoir si mar()r;,da- est original ou représente une thématisation secondaire
de *mrnad- j *mrnd-.
Participe moyen: r. vir;,d'Jmna- V 19,4
(,1) Si môrfJ1;tdat est incontestable, mÔffJ1;tdfJn est concurrencé par des variantes
En principe, ce n'est pas mal: sur trente-cinq formes attestées, six seule- de qualtté: 11. -1;tdfJn J 2 Jp 1 Mf 2 (K 5 S 1 ont -1;tdan), -1;tdqn Mf 3 J 3 et le Yasna
ment ont subi une thématisation secondaire et, sur ces six, on ne sait sada, -1;td1;tn Mf 1 K 4; 12, -1;tdm J 2 K 5 (Mf 1 Pt 4 ont -1;tdan), -1;tdqn S 1 J 3 et le
trop comment considérer celles qui appartiennent à 2vid (voir ci-dessus). Yasna sada, -1;td1;t(n) Jp 1 K 4 Mf2. Je ne crois pas que la variante à finale -ndqn
permette de postuler la restitution de *moffJdnqn et, subsidiairement, de *môffJdnat.
On comprend bien aussi que la version originale de m'J?'()r;,caite et de Il semble que môrfJ~~dfJn, conservé dans quelques bons manuscrits, a été défor~é
m()r()r;,Ga'()vha ait dû faire problème: témoin la graphie perturbée m()r()y()r;,te par une métathèse graphique de l;t apparente dans les variantes à finale -ndnn et
pour *mrnkte > *m()r()'() te. Le présent infixe en -na-j-n- est toutefois con- que ce second 1;t a été ensuite faussement interprété par q. ' ,
currencé, dès les grands Yasts, par un présent en -aiia- du type morpho-
logique du causatif (d 4.3). Ce n'est peut-être pas un hasard si marc et 3. Le présent en -nao-j-nu-. L'élément alternant -nao-j-nu- fonctionne
2vid, qui ont des formes thématisées, ne produisent pas ce thème de sub- comme un suffixe (1) adjoint au degré zéro de certaines racines anit Le
stitution. Si la thématisation secondaire est rare, relativement tardive, degré plein -nao- est requis à l'ind. sing. A., à l'inj. sing. A., à t~~tes
réservée à des formes incommodes, elle ne constitue pas en l'occurrence les formes du subjonctif, à la 2ème plur. inj. A. (g. d()b()naota Y 32,5)
le seul mécanisme de simplification d'une flexion fort complexe. et à la 2ème plur. imp. A. (1'. ni-srinaota Yt 13,34), le degré zéro -nu-
partout ailleurs. On a 2m' "offrir": r. ()r()nao- j r. o()r()nu- tra-o Yt 13,46,
2. Le présent à infixe -r;,- et à suffixe -a-. L'infixe -r;,- est inséré entre la v~d. r~6tijrr;,vanti: ind. o()r()nuuair;,ti tra-o Yt 13,46; inj. o()?'maol tra-o,
sonante voyelle interne et la consonne finale de la racine au degré zéro.
.
3eme smg. pas. ()r()nauuiY 9,3 etc.; subj. ()r()nauuataëoy 56 , 3, ()r()nauuante
170 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 171

y 52,3; r. 2i "nuire à" V 18,61: inao-, véd. in6tijinuhi(2): ind. inaoiti;. part. hunuua1Jt- VI' 12,2, hunuuana- VI' 9,3. Des vingt présents aves-
1kar "faire": k'd1"Jnào- j r. k'd1''dnU-, véd. kr1J6tijkr1Jvanti, v.-p. kunautiy : tiques en -nao-j-nu-, trois n'ont pas d'équivalents en indien (xVan, spas,
ind. r. k'dr'dnaomi V 21, 6rép, r. kJr'JnüSi Y 10,13, r. k'J1''Jnaoiti, r. +k'dr'J- sri) et quatre dérivent de racines qui y sont inconnues (gu, 2par, 2vi, san).
nuuai1Jti Yt 13,26 (3); impft. (4) r. ak'dr'Jn'dm V 22,1. 8. 14, r. ak'Jr'dn(a)uuo spas et sri attestent aussi le présent indo-iranien original avec, respective-
y 9,15, r. °ak'd1''dnaot paiti-O V 2, 6C; inj. r. k'Jr'Jnaot (5); subj. r. k'd1''Jnauuani, ment, spasiia- et °sraiia-. spas: °spasnao-jspasnu-, en tant que verbe
r. k'Jr'dnauuane, r. k'dr'imauuahi V, k'Jr'dnauuat, k'Jr'Jnaon(6) j r. k'd1''dnauuqn; de perception sensorielle, est vraisemblablement analogique de S1'U:
opt. r. k'd1''dnuiiat V (7) j r. k'J1''dnoit V; imp. r. k'd1''JniiiMY 9,28 j r. kJ1''Jna7tUa surunao-jsurunu-. sri oppose le thème moyen smiia- "se pencher" au
V 2,25. 28. 30; part. r. k'J1''Jnuua1Jt- Fr. (8); r. °xVan apa-o "faire dispa- thème actif ni-sirinao- jni-sÎ1'inu- "procurer", sens dérivé de "incliner
raître par le son (des prières)" Yt 14,46: °xvanu- (9) : ind. °x vanuuai1Jti; gu quelque chose vers quelqu'un". Ce développement sémantique suggère
"accroître" (10): r. giinao- Yt 10,16: ind. giinaoiti; g. yzan "menacer" : que le présent infixé est analogique d'autres verbes appartenant à la
yzanu-, véd. daghnuyat: part. dans ayzonuuamna- y 28,3 (11); lei "dis- sphère sémantique du don, comme 2ar et gu. Le présent xVanu- est néces-
cerner": einao-, véd. ein6tijeinuté: inj. g. °einaot vi-o Y 46,17; opt. r. sairement secondaire (puisque xVan est une racine set) (22), mais doit être
°einaëta vi-o V 16,2. 11; part. einuua1Jt-; r. Otan pairi-o "retenir" Y 19,7 considéré comme pré-avestique (Narten, ibid. 77).
= Y 71, 15: tanao- jtanu- (12), véd. tan6tijtanuté : opt. °tanuiia; dab "trom- (1) Sur l'origine de ce type, on consultera la discussion détaillée de Strunk
peri>: g. d'db'dnao- Y 32,5(13), véd. dabhn6tijdabhnuvanti: inj. 2ème plur. (Nasalpr 60sq.). Le fait qu'il s'agisse à l'origine d'un présent infixé de racines
A. d'db'dnaota; r. °da1's upa-o "se risquer à" Yt 8,44: °darznu-, véd. élargies en -u- est d'autant moins décelable en avestique que la voyelle finale de
sru a été secondairement réintroduite dans la syllabe radicale du thème: av. sru:
dhr"1J6tijdhr"1Juhi, v.-p. ada1'snaus; ind. °darznuuai1Jti (14); r. 2par "sou- surunaoiti contraste ainsi avec véd. 8ru: 8tlJOti. dab nous a toutefois conservé, en
mettre à confiscation pour réparation" (15): °p'J1''Jnao- fm-o A 3,10-12 : gâthique, une trace claire du mécanisme ancien. Le prés. inf. d"b"naota Y 32,5, le
ind. p'J1''Jnaoiti; r. pi "gonfler": °pinao- fm-o V 3,31 j °pinu(ua)- fra-o prés. caus. aipi-d'âbauuaiiai Y 31,17 et le dérivé nominal a-d"baoman- y 30,6, avec
Yt 19,51, véd. part. pinvana-: ind. °pinaoiti V 3,31; inj. 3ème sing. M. le verbal négatif indien 6dbhuta-, permettent de restituer un état *dhbey, de la
°pinuuata Yt 19,51; 1nas "atteindre": r. °asnao-, véd. asn6tijasnuté : incl. racine (Strunk, ibid. 66sq.). (2) Thème de présent identifié par Kuiper (IIJ 3,
1959, 137sq.). (3) D'après Mf 3 k"r"nuuaÏ1}-t"m contre k"r"nauuaÏ1}-ti F 1 J 10.
°asnaoiti; inj. °asnaot us-auua-o Yt 10,89; subj. °asnauuat auui-auua-o
(4) ak"1'gn"m et ak"r"n(a)uui5 n'ont pas le prév. a, mais l'augment (Hoffmann, Aufs
P 20; opt. °asnuiiat- fra-o Yt 11,5; Ivar "envelopper": v'Jr'Jnao-jv'Jr'Jnu-, II 617 n. 17). Bartholomae attribue la première forme à la racine kart (col. 453),
véd. vr1J6tijvr1Juté, v.-p. varnavataiy: ind. r. °V'Jr'Jn(a)uuaiti, r. v'Jr'Jniiite ce qui n'est possible ni morphologiquement ni syntaxiquement. On a la construc-
V 18,35. 41. 47, r. v'Jr'Jn(a)uuai1Jti, r. v'dr'Jn'd1Jte V 18,32; inj. r. v'Jr'dn(a)uuat tion en double accusatif usuelle pour lkar: yas'J tai nman"m ak"r"n"m srir'Jm "moi
F 8; subj. g. v'J1''dnauuaitë Y 31,17, r. °V'J1''dna1Jte hqm-O V 5,59par; imp. qui ai rendu belle cette maison". (5) Y compris V 22,2. 9. 14. 21 jrak"r"naoi
qui ne peut morphologiquement appartenir à kart comme le voudrait Bartholomae
r. °V'd1''dniiibi paÎ1'i-o Y 9,28; r. 2° vi "abattre (le bétail)" V (16): °vinao-
(col. 453). (6) Quelle que soit sa valeur philologique (bonne au Y 30,9, presque
auua-o N 57C j °vinu- fra-o V 18,70: ind. °vinaoiti auua-o N 57C; opt. exclusive au Yt 10,51), la variante k'Jr'Jnaun est linguistiquement absurde.
°vinuiiat fra-o V 18,70; r. san "grimper": °S'Jnao- a-o (17) : ind. °S'Jnaoiti; (7) y compris V 18,10 hé pqsti5.jmfJavh'Jm kam"r'JfJ"m k"r"nuiiai "qu'on lui fasse
r. 2star "abattre" V: st'd1''dnaO- P 22, véd. str1J6tijstr1Juté : ind. stm''Jnaoiti; la tête de la largeur de la poussière" (voir Hoffmann, ap. Humbach, KZ 77, 1961,
spas "regarder": r. °spasnao- auui-auua-o Yt 11,5 j g. spasnu- Y 53,6: 103 n). La construction en double accusatif interdit d'attribuer k"r"nuiiai à ka1't
avec Bartholomae (col. 452). (8) H 2, 13rép et Vd 19: k"r"nuua'(tt- est au
ind. g. spasnu{}aY 53,6; inj. r. °spasnaot auui-auua-oYt 11,5; r. sri "in-
moins aussi bien attesté que br"nauua'(tt-. (9) La racine et, subsidiairement,
cliner": °s(i)rinao- ni-o j °s(i)rinu- ni-o "fournir" (18) : ind. °S(i)1'inaomi le thème de présent ont été identifiés pal' J. Narten (MSS 27, 1969, 75sq.).
V 18,51, °sirinaoiti Yt 10,27; subj. °sÎ1'inauuahi Yt 5,87; opt. °sirinuiiat (10) Pour l'étymologie de cette racine bien attestée dans les dialectes iraniens, voir
V; imp. °srinaota Yt 13,34; MU "entendre": r. SU1'unao- j surunu-(19), la synthèse de Kellens (Noms-racines 117 sq.). Le Yt 10,16 a günaoti: la restitution
véd. sr1J6tijsr1Juté: ind. r. surunaoiti j r. sumnuuaiti N 24. 26. 27, r. de l'épenthèse doit être automatique. (11) Klingenschmitt, dans une com-
munication inédite au colloque de la DMG à Erlangen en 1977. La sonore initiale
surunuuai1Jti N 20.21. 60; opt. r. surunuiia; part. g. sU1'unuua1Jt- Y 35,4; exclut le rapprochement avec véd. kI/an. (12) C'est, avec, peut-être, san:
r. hu "pressurer": °hunao- a-o N 72 j hunu-, véd. sun6tijsunute: ind. °s"nao-, la seule racine avestique en -n- qui ait un présent original en -nao-/-nu.
hunuto N108; inj. huniita Y9,3 etc; subj. °hunauuat a-o N72; opt. (le vieux-perse a dan "couler": danu[taiy] = véd. dMnvati). Ce thème s'explique
*hunuiiat N 68 (20), *hunuiiar'Js V 7,55 (21); imp. °hunuuarJvha fra-o Y 9,2; par *t'lt-neu-/*t'lt-nu- (voir Strunk, Nasalpr 72sq.). (13) La syllabe radicale
172 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 173
d'Jb- reflète, contre véd. dabh-, le degré zéro original *dhbh-ney- (Strunk, ibid. Imparfait actif
67sq.). (14) Attribué à tort par Bartholomae à drag (col. 771). (15) Voir
b 3.2. (16) Etymologie inconnue: le sens peut être établi d'après le contexte 3ème sing.: r. °ak'iJr'iJnaot V 2,60.
et la traduction pehlevie kUBtan (V 18,70). (17) Voir b2.2: la racine et le
thème de présent ont été identifiés par Klingenschmitt (MSS 28, 1970, 71-74) et Injonctif actif
Emmerick (AsMaj 16, 1971, 213). La leçon aS'Jnaoiti doit donc être préférée à
asnaoiti. (18) sirio, pour srio, est analogique de surunao- (Narten, MSS 41,
3ème sing.: r. °'iJr'iJnaot, r. k'iJr'iJnaot, g. °cinaot Y 46, 17, r. °asnaot,
1982, 149 n. 11). Les trois formes qui ne comportent pas sûrement l'anaptyxe r. °spasnaot Yt 11,5.
entre s et r sont V 18,51 nis(i)rinaomi, V 3,20 paiti.nis(i)rinuiiat et Yt 13,34 2ème plur.: g. d'iJb'iJnaota Y 32,5.
nisrinaota. La transmission des deux premières est à cet égard assez trouble. On a,
au V 18,51: nisrinaomi L 1. 2 Br 1 K 10, nisir'Jno L 4, nis'Jr'Jno K 1, nisar'Jnaome Injonctif moyen
Jp 1 Mf 2. Les leçons du Vidëvdad pehlevi et du Vidëvdad sada iranien sont sans
3ème sing.: r. hunüta Y 9,3 etc.
doute assez corrompues, mais supposent l'anaptyxe contre le Vidëvdad sada indien.
On a, au V 3,20: nisrinuiiat B 1 Ml 3 M 3 P 2 Pt 2, nisr'Jn° L 4 PlO. 2, nis'Jr'Jno
Subjonctif actif
Jp 1, nisirino Mf 2. Les leçons du Vidëvdad sada indien faisant défaut, nous
trouvons en opposition le Vidëvdad sada iranien, qui a l'anaptyxe, et le Vidëvdad 1ère sing.: r. k'iJr'iJnauuani.
pehlevi, qui ne l'a pas. (19) En avestique récent, la voyelle u de la racine a 3ème sing.: r. °hunauuat N 72.
été introduite dans le thème de présent, *s'Jr'Jnu- devenant *s'Jrunu-, puis surunu-.
Cette forme a été employée dans la récitation des textes gâthiques (Narten,
3ème plur.: k'iJr'iJnaon.
MSS 41, 1982, 147). La voyelle anaptyctique u, entre s et r, est permanente
ailleurs que dans les fragments: curieusement, elle est systématiquement omise
Subjonctif moyen
par les manuscrits du Yasna pehlevi indien, qui reçoivent l'appui du Yasna sanscrit 1ère sing.: r. k'iJr'iJnauuane.
pour y 35,4 asurunuuatasca. (20) Pour huniiat. (21) xVarfJ{}a xVasta huiiarfJB. 3ème sing.: r. 'iJr'iJnauuataëO Y 56, 3, g. v'iJr'iJnauuaitë Y 31, 17.
La restitution, nécessaire du point de vue morphologique, est suggérée par la
leçon huuiiarfJB du Vidëvdad pehlevi (K 1 Pt 2). (22) Un présent *xvana-
3ème plur.: r. 'iJr'iJnauua'iJte Y 52,3.
est indirectement attesté par le composé xVanat.caxra- "aux roues résonnantes".
Optatif actif
3.1. Inventaire des formes originales: 2ème sing.: r. surunuiiâ.
3èmesing.: r. k'iJr'iJnuiiat V, r. °aSnuiiatYt 11,5, r. °vinuiiat V 18,70,
Indicatif actif r. °sirinuiiat V, r. *hunuiiat N 68.
1ère sing.: r. kiJr'anaomi V 21, 6rép, r. °s(i)rinaomi V 18,51. 3ème plur.: r. *hunuiiar'iJs V 7,55.
2ème sing.: r. k'iJr'iJnüSi Y 10,13. Optatif moyen
3ème sing.: r. inaoiti V 18,61, r. k'iJr'iJnaoiti, r. °p'iJr'iJnaoiti A 3,10-12,
r. °pinaoiti V 3,31, r. °asnaoiti, r. °vïnaoiti N 570, r. 1ère sing.: r. °tanuiia Y 19, 7par.
°S'iJnaoiti, r. st'iJ1''iJnaoiti P 22, r. °sirinaoiti Yt 10,27, r.
Impératif actif
surunaoiti.
3ème duel: r. hunuto N 108. 2ème sing.: r. k'iJr'iJnüibi Y 9,28, r. °V'iJr'iJnüibi Y 9,28.
2ème plur.: g. spasnuf}(J, Y 53,6. 2ème plur.: r. °srinaota Yt 13,34.
3ème plur.: r. °'iJr'iJnuuaÏ?:/,ti Yt 13,46, r. k'iJr'iJnuuai'iJti Yt 13,26, r. Participe actif
°xvanuuai'iJti Yt 14,46, r. °darznuuai'iJti Yt 8,44, r.
r. k'iJr'iJnuua'iJt- Fr., cinuua'iJt-, g. surunuua'iJt- y 35,4, r.
v'iJr'iJnuuai'iJti, r. 8urunuuai'iJti N 20. 21. 60.
hunuua'iJt- VI' 12,2.
Indicatif moyen
Participe moyen
3ème sing.: r. v'iJr'iJnüite V 18,35. 41. 47. r. hunuuana- VI' 9,3.
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 175
174
1. On peut distinguer quelques traits de la flexion athématique: Subjonctif actif
désinence -ai1Jti de 3ème plur. ind. A. (avec degré zéro de l'infixe), dé- 2èmesing.: l'. kafanauuahi V21,5 Vyt 3, r. °sifinauuahiYt5,87.
sinence -oi de 2ème sing. imp. A., suffixe A. -a1Jt-, M. -ana- (1) de parti- 3ème sing.: l'. kafanauuat Yt 10,120. 121 Yt 19,89 V 15,15 etc Az 2,
cipe. Le morphème de l'optatif a le degré -iia- à l'actif, -i- au moyen r. °asnauuat P 20.
(seulement °tanuiia). 3ème plur.: r. kafanauuCf;n Yt 19,81 V 5,14.
2. Le degré zéro de l'infixe dans Y 10,13 k<wJnüsi (pour, théorique-
Subjonctif moyen
ment, *kafanaosi) relève nécessairement de l'erreur de transmission.
Hoffmann (Aufs l 71) Y reconnaît une fausse vocalisation, hypothèse à 3èmeplur.: l'. °vafana1Jte V5,59 V 7,5-8.
laquelle il ne croit vTaisemblablement plus. Je tiens les restitutions de
Optatif actif
*kafanaosi, de la 2ème sing. opt. M. *kM'anuui8a et de la 2ème sing. imp.
A. *kM'anûioi comme également possibles. 3èmesing.: r. kafanoit V 19,41. 410 V 8,1030 Vn 73 Vd 15.
3. La voyelle de l'infixe au degré zéro est notée longue (vafanûite, Optatif moyen
hunüto, hunüta, kafanûioi, °vafanûioi) devant occlusive, sauf dans le cas
3ème sing.: l'. °cinaéta V 16,2. 11.
de g. spasnuf}a y 53,6. Faut-il voir dans ce dernier une particularité du
gâthique, de la position devant occlusive sourde aspirée ou le résultat Impératif actif
de la corruption du texte (spasnuf}a est restitué d'après des variantes
2ème sing.: r. ka?'anauua V 2,25. 28. 30.
qui remontent toutes à spasuf}a).
(1) On n'a que le nom. plur. masc. hunuuana Vr 9,3, où la voyelle initiale Impératif moyen
du suffixe est abrégée. 2ème sing.: °hunuua1J vha Y 9,2.

3.2. Inventaire des formes secondaires: 1. La 3ème sing. inj. afanauuiY 9,3 etc, qui est évidemment secon-
daire dans la flexion des présents en -nao-J-nu-, ne figure pas dans ce
Indicatif actif tableau. Transposée du système de l'aoriste, elle est calquée sur les
3ème sing.: r. vafan(a)uuaiti Yt 14,41 V 5,24, l'. sUfunuuaiti N 21. 3èmes sing. passives en -i du type S?·u: g. sfauui.
26. 27. 2. Ne sont attestées que pal' des formes secondaires: la 3ème plut"
ind. M., la 1ère et 2ème sing. impft. A., la 2ème sing. subj. A., la 3ème
Indicatif moyen
sing. opt. M. et la 2ème sing. imp. M.
3ème plur.: l'. Vafana'f;Ü V 18,32. 3. La thématisation se manifeste par l'apparition d'un thème en
-nuua- ou d'un thème en -nauua- qui ne représentent pas le même type
Imparfait actif
de déformation secondaire et qui se sont constitués à des époques dif-
1ère sing.: l'. akafanam V 22,1. 8. 14. férentes. Les particularités de la transmission manuscrite, qui insère
2ème sing.: l'. aka?'an(a)uuo y 9,15. fréquemment a entre une consonne et le groupe -uu- suivant, ne per-
mettent malheureusement pas de les distinguer sûrement. On est con-
Injonctif actif traint de s'en remettre à la valeur philologique théorique des variantes
3ème sing.: l'. vafan(a)uuat F 8. attestées, une méthode qui est en l'occurrence incertaine et qui laisse
subsister quelques ambiguïtés. Pour Y 9,15 akafan(a)uuo, K 5.4 J 3 Mf 1
Injonctif moyen ont -nauuo, J 2 Pt 4 J 6. 7 -nuuo; pour F 8 vafan(a)uuat, M lit -nauua- et
3ème sing.: r. °pinuuata Yt 19,51. K -nuua-. Il semble bien qu'il faut lire °vafanauuaiti au Yt 14,41 (-nauua-
176 II A 1. La distinotion de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 177
F 1 Jm 4 J 10 Pt 1, -nuua- K 36.38) et °v,mmuuaiti au V 5,24 (-nuua- thème vfJrfJnâ-jvfJrfJn- qui ne pourrait être que secondaire avec une racine anit et
Ml3 Li. 2 Jp 1 Mf 2, -nauua- L 4a Pt 2 Br 1). q~i échoue à expliquer ~fJrfJnfJ1;!te. (9) Bartholomae (col. 441) postule un thème
c~n- exolu pour une racme ani~.
a. Le présent thématisé en -uua- rend compte de °v,wanuuaiti
V 5,24, surunuuaiti N 24. 26. 27, ak,wanuuo1 y 9,15, v,mmuual1 F 8, 4. Le présent en -na-j-n-. L'élément alternant -na-j-n- fonctionne comme
°pinuuata Yt 19,51 (1) et °hunuua1J vha Y 9,2(2). Ce type de thématisat~on u,n ~uffi~e .a~joint au ,deg~'é zéro de certaines racines set. Le fait qu'il
secondaire, qui se développe analogiquement à partir de la 3ème plur. s agIt pl'lmltlvement d un mfixe est encore perceptible dans la mesure où
ind. A. (3), est attesté dans le ~gveda (le prés. inf. de pi, par exemple, la syllabe radicale a perdu tout caractère set (1). Le degré plein -na- est
n'est attesté que par le thème pinva-) et, indirectement, dans les requis à l'indicatif singulier actif, à l'injonctif singulier actif et à toutes
gathas, par Y 28,3 ayzaonuuamn'iJm(4). Il remonte donc à l'indo-iranien les formes du subjonctif, le degré zéro -n- partout ailleurs. On a r. 20gar
commun. aif3ijauui-O "saluer": °g'iJr'iJn-, véd. gr1Jdtijgr1Jité: ind. 3ème sing. 0g'iJr'iJnte
b. Le présent thématisé en -nauua- rend compte de °V'iJr'iJnauuaiti
°g'iJr'iJuma
.!1 h'~ (2) ; gra b'" saIsIr: . " r. g('iJ)r'iJf3na- j r. °gr'iJf3n- fra-o Yt 10 104(3) . ,
Yt 14,41, ak'iJr'iJnauuo1 y 9,15, v'iJr'iJnauual1 F 8, k'iJr'iJnauuahi V 21,5 (5) véd. 4 grbh1J~tijgrbh1Jïté : ind. g('iJ)r'iJf3naiti Yt 10, XOgr'iJf3n'iJ1Jti fra-o' Yt 10:
Vyt 3, °sirinauuahi Yt 5,87, k'iJr'iJnauual Yt 10,120. 121 Yt 19,89 V 15, 104( ); subJ. g'iJr'iJf3nat F 21, °g'iJr'iJf3nqn us_o y 57,25par; r. 2ii "anéantir"
15 etc (6) Az 2, k'iJr'iJnauuqn Yt 19,11 V 5,14, r. k'iJr'iJnauua V 2,25. 28. 30. F 15: iina-(5): ind. iinaiti; r. 2dar "déchirer" V: d'iJr'iJn- skr. dmiyat(6):
Ce type de thématisation secondaire est exclusivement iranien. C'est le ind. d'iJr'iJn'iJ1Jti V 19,28(7); part. °d'iJr'iJna1Jt- auua-O V 1~ 19. 22' 1par
seul qui soit attesté en vieux-perse, où vamava- est exclusif pour var et " remp! ' 11' ' ' : g. p'iJr'iJna- Y 28,10, ' ved. pr1Jdtijpr1Janti et pr1Jat"i : imp. p'iJrana;
où kunava- concurrence kunau- pour kar. En ce qui concerne l'avestique,
4par "~,, V(S)
.
-1 .d
: p'iJr'iJna- p'iJr'iJn- : m . p'iJr'iJne, p'iJr'iJ1Jte N 13; subj. p'iJr'iJnai
il est clair qu'il s'est développé dès les grands Yasts à partir d'une hyper- F 10, p'iJ1''iJnane, p'iJr'iJnaite V 9,47; part. xp'iJr'iJn'iJmna- Fr. (9). Iri "satis-
caractérisation des formes subjonctives. faire": frina-jfrin-, véd. pri1Jdtijpri1Jïté: r. frinami a-o, l'.' °frinaiti a_O
y 62,9, g. Iriiqnmahi y 38,4 j r. frinamahi, r. °f?'in'iJ1Jti; subj. r. 0frinani
4. Le présent en -nao-I-nu- est supplanté dans quelques passages
V 22,5, g. frinai y 49,12, r. frinal; imp. °frin'iJ1Jtu a-o Yt 13,157; part.
du Vidévdad et des fragments par un thème en -na- qui en dérive:
g. Irin'iJmna- y 29,5; r. °bri pairi-o V 17,2. 4: °brina-, véd. bhri1Janti : ind.
v'iJr'iJn'iJ'(/,te V 18,32, ak'iJr'iJn'iJm V 22,1. 8. 24(7), °V'iJr'iJna1Jte V 5,59 V 7,5-8(S),
xObrin'iJ'rI-te V 17,2; inj. °brina1Jha V 17,4; r. ma1J{} "secouer" Fr.: 0mana-
k'iJr'iJnoil V 19,41. 41 C V 8, 103C Vn 73 Vd 15 et °cinaéta V 16,2. 11 (9). Ce
vi-o N 72, véd. mathndti : subj. °manal (10) ; r. mit "rester": mi{}na- (11) :
phénomène linguistique tardif (s'il s'agissait d'un fait de transmission,
ind. mi{}naiti; subj. mi{}nal; imp. mi{}natu Y 10,1; mi{} "alterner":
on en trouverait des traces dans des passages plus anciens que le
r. °mi{}na- paiti-O V 3, 20par : ind. °mi{)naiti (12); 2var "choisir": V'iJr'iJn-
Vidévdad) amorce la destruction du présent en -nao-I-nu- en tant que
véd. vr1Jité : ind. v'iJr'iJn~, g. 3ème sing. v'iJr9nté; inj. 3ème sing. 1'. 0V'iJ?''iJntd
catégorie grammaticale et constitue un glissement vers le moyen-iranien
fra-0(13), 3ème pluI'. g. V'iJr9nataY 30,6(14); opt. r. °V'iJr'iJnaéta fra-o V 19'2'
si, appartenant à la langue théologique, il n'est pas largement posthume. . f ° ' ,
m . r. v'iJ?''iJ1Jdiiai f?'a-o VI' 4,2; 1'. U?'uui "écraser" Yt 13,33: uruuin-

surdes.
(1) Forme restituée d'après F 1 frapinuu ... et diverses variantes ab-
(2) Mf 1 seul a -nauua-. (3) La particularité graphique que je
véd. vlinati : part. u?'uuina~i,t- (15); r. Istar "étendre": °st'iJ?''iJna- fra-o N. i
st'iJr'iJn-, véd. str1Jdtijstr1Jïté: ind. °st'iJ?''iJnaiti fra-o N 70, XOst'iJ?''iJnte1 fra- o
viens d'évoquer rend malaisé de déterminer quand les attestations de oette forme N(16) . . 3' . °
; mJ. eme smg. st'iJ?''iJnata fra-o y 57,6; opt. XOst'iJr'iJniia fra-o Yt 12,
.
sont originales et quand elles relèvent d'un thème en -nauua-. La thématisation
3 (17) , 8 t'iJr'iJnae-t a V ,st'iJ?''iJnan'iJn
.. Y t 8,58 par; 2zan "savoir": zana- j r. 0zan-
secondaire est possible dans le cas de krmmuuaÏ1;tti (-nauua- F 1 J 10, -nuua- Mf 3),
de °xvanuuaÏ1Jti (-nauua- Pt 1 J 10, -nuua- F 1 Jm 4) et de V 18,32 etc °varfJnuuaÏ'lJti paiti-O Yt 13,46, véd. iandti/ianité, v.-p. impft. adana (1S) : ind. r. 0zanaiti
o
(32: -nauua- K 1 Jp 1 Mf2 L 1. 2 Br 1, -nuua- L 4 M 2; 35: -nauua- K 1 Jp 1 fra- Fr., r. °zan'iJ1Jti paiti- O Yt 13,46; subj. r. °zanat paiti-O Yt 13 50
Mf2, -nuua- L 4 L 1. 2 Br 1 M 2; 41: -nauua- Jp 1 Mf2 L 1. 2 Br 1, -nuua- L 4 r. °zanqn auua-o V; imp. g. °zanata paiti-O Y 29,11; -l zar "être irri~é'';
K 1; 47: -naUtta- L 4 K 1 Jp 1 Mf 2 Br 1, -nuua- L 1. 2 M 2). (4) Si la racine
n'est pas identifiable, le thème de présent l'est parfaitement. (5) Seul L 4 g. zarana- Y 28,9, véd. hr1Jité: opt. zaranaéma (19); r. ziia "dérober":
a -nuua-. (6) -nuua- apparaît au V 15,39 (L 4). 40 (L 4) et 48 (L 4 K 1). zina~ Y 11,5, véd. jindti, v.-p. adina: subj. zinat; g. 1hü "impulser":
(7) On ne peut exclure que oette forme soit fautive pour *âkfJrfJnum, du thème huna-jhuuqn-(20) : ind. hunaiti Y 31,15, huuqnmahi Y 35,5; r. 2hü "engen-
kfJrfJnuua.-. (8) Bartholomae (col. 1360) postule pour vfJrfJnfJ1;!te et °varm&1;!te un drer" V 18,30. 31: huna- : ind. hunami V 18 , 31 , xhunahi V 18, 30 (21)
.
12 Kellens, Le verbe avestique
178 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 179
(1) La distribution entre i et i, U et ü étant arbitraire dans la graphie de F 1 en première main et trauuarg1Jti de J 10 (Hoffmann, Aufs 1283 n.23).
avestique, il n'y a pas nécessairement de restitution secondaire du caractère set frauuao, pour traoo, dénote l'influence de frauua~i-. (14) De toute évidence
des racines en -i et en -ü comme dans le véd. kri : kri1Jtiti. La voyelle radicale longue graphique pour *vgrgnata (Humbach, 126). (15) Hoffmann (Aufs II 506sq.).
de tri: trin(a)- et de bri: bl'in- n'est pas plus significative que la voyelle radicale (16) tra-stgrg1Jti N 60. 89. 97. 98. 101 est défectueux pour *jra-stgrgnaiti ou *fra-
brève de hü: hun(a)-. (2) Attribué par Bartholomae (col. 514sq.; voir aussi st9r9 1Jte et représente un pluriel en 89. Il est pal' ailleurs impossible de savoir ce
Bailey, TPS 1956, 100) à une racine gar'Jd qui serait apparentée au lat. gradi. La que représentent N 102 st9rgnaëiti et tra-sta1'aitiio, N 103 stgr91Jti et stgraiti.
permanence du préverbe ai{Jijauui est un argument en faveur de 2gar. °g'Jr'J/imahi, (17) Pour tra-stgrmuii&, qui est morphologiquement injustifiable. (18) Strunk
pour *Og'Jr'Jnmahi, est une forme faussement gâthique reconstituée d'après l'op- (Nasalpr 37 avec littérature) considère à juste titre la longueur de la syllabe radicale
position entre g. d'Jm- et r. nm- (ainsi g. d'Jmana- j r. nmana-). (3) Ce thème pose comme secondaire et due à l'influence du verbal ind. jat6- j av. zata-. Yt 13,50
divers problèmes: 1. Il est exclusivement attesté dans le Y 57 et Yt 10 (peut-être paiti.zanat et V 6,45 V 8,2. 3 auua.zanqn lui paraissent témoigner, avec le pasto
aussi dans quelques fragments) qui ignorent par ailleurs g'Jul·uuaiia-. 2. La syllabe pë.zani, de la forme originale du thème. Les formes avestiques ne sont toutefois
radicale est tantôt g'Jr'J{J°, tantôt °gr'J{J°: on doit noter que la première apparaît pas significatives: la voyelle radicale brève n'apparaît qu'au subjonctif, c'est-à-dire
avec les formes simples, la seconde en cas de graphie continue avec le préverbe. quand elle est reléguée à l'antépénuitième, une position susceptible d'entraîner son
3. Les fragments attestent quelques formes trop corrompues pour qu'on ait à leur abr~gement. Il vaut mieux considérer pë.zani comme un cas spécifique et la voyelle
égard quelque certitude (sauf F 21 g'Jl''J{Jna~, qui doit être corrigé en *g'Jr'J{JnaD: radlCale longue comme un fait indo-iranien. Sogd. ptz'n- et khot. paysan- reposent
Vyt 30 g'Jr'J{Jiieiti ... g'Jr'J{Jiiaite, N 65 ha1Jg'Jr'Jta~ H ou ha1Jg'Jr'Jtta~ T (où Bartho- sur *pati-zana-. (19) zaranaëma vaut pour trois syllabes. Narten (MSS 41,
lomae, col. 528, reconnaît dubitativement *ha1J-g'J1''Jf3na~), N 67 ha1Jg'Jr'Jf3iia~, N 71 C 1982, 144sq.) a bien vu que le vocalisme radical de *z'J1·gnaëma avait été refait
upa.g'Jr'Jmbaiiqn, H 2,8. 26 Vyt 55 uzg('J)r'Jmb(a)iio. La consonne finale du thème, analogiquement sur celui de zaraniia- (g 2). L'hypothèse d'lnsler (1975130) qui
f3 ou b, exclut qu'il s'agisse de présents en -iia- (c'est °g'Jul'uuiia-) ou en -aiia- (c'est suppose une contraction de *zar(a)naiiaëma (= véd. hr1Jayci-) entraîne trop de
g'Juruuaiia-). -ii- est peut-être la normalisation d'un -i- fautif pour -no, celui- ci difficultés: la contraction est inédite (tous les exemples évoqués pal' 1nsler (Sprache
ayant par ailleurs subi une métathèse dans upa.g'Jr'Jmbaiiqn et uzgr('J)mb(a)iio. On 21, 1975, 18sq.) sont restitués !), le radical zaro serait emprunté au parfait (zazar-
aurait alors, en plus du matériel ci-dessus, ind. *g'Jl''Jf3naiti Vyt 30; subj. *Ogr'Jf3na~ = véd. juhur-) et il faudrait, pour sauvegarder le mètre, exclure mazda du vers.
han-o N 65. 67, *Ogr'Jf3nqn upa-o N 71C; part. *Ogr'Jf3na~~t- uz_o H 2,8. 26 Vyt 55. (20) C'est avec mit: miifna- et 2hü: huna- le seul présent avestique en -na-f-n- qui
(4)' Pour tragr'Jf39~~ti. L'erreur résulte d'une sorte de dissimilation graphique: ainsi ~'ait pas d'équivalent en indien. Les racines correspondant à 4par et à mi{} y sont
pour °g9r9f3nqn, Pt 1 au Y 57,25 et L 18 P 13 H 3 au Yt 10,93 lisent °g9r9f3qn. lllconnues. (21) Au lieu de hunahi. Il est invraisemblable qu'on utilise la forme
(5) Le sens est assuré par la traduction pehlevie 'psyhynyt. 2ji: jina- ne peut être thématisée dans une phrase et la forme originale dans la suivante. Cette dernière
l'équivalent de l'ind. ji: jintiti, puisque c'est ziia: zina-. Selon Burrow (JAOS 79, constitue la lectio difficilior.
1959, 255sq.), il correspond plutôt, avec khot. jin- (Emmerick 35), à lc~t: lc~i·(~titi.
Le caractère set de kilt paraît toutefois secondaire et s'être constitué par analogie 4.1. Inventaire des formes originales.
avec le synonyme ji (Narten, Aor 104sq. n. 269). Si l'analyse que Burrow fait de Indicatif actif
ce type d'initiales est exacte et si son étymologie est par là fondée, il s'agit d'une
analogie indo-iranienne. (6) Sur le caractère set de dr, voir Narten (Aor 145 1ère sing.: r. °frinami , r. hunami V 18,31.
n.401). (7) Reconnu par Hoffmann (Aufs l 160sq.). (8) Exprime un acte 2ème sing.: r. Xh7tnahi V 18,30.
de violence exercé sur une créature mauvaise. Bartholomae (col. 868sq.) attribue 3ème sing.: r. g(9)r9f3naiti, r. jinaiti F 15, r. mi1Jnaiti, r. °mi1Jnaiti
les formes qui en découlent à Pal·t "combattre", mais ne peut expliquer la dis-
V 3,20par, r °st9r9naiti N 70, g. hunaiti Y 31,15.
parition de t qu'en postulant un thème secondaire *prntn(a)- fort problématique
(Stud II 99sq.). Il vaut mieux, en attendant une solution convaincante, poser une 1ère plur. : r. °g9?'90mahi, g. friiCJ:nmahi Y 38,4, g. huuCJ:nmahio Y 35,5.
racine spécifique. (9) Ainsi Reichelt (WZKM 14, 1900, 149) pour p9r'Jmnai F 4c. 3ème plur.: r. XOgr9f3nwty,ti Yt 10,104, r. d9r9n91}ti V 19,28, r. °f?'in91}ti,
(10) Pour *oma1J{}na~ (Bartholomae, col. 1135). Comment expliquer le degré plein r. °zcïn91}ti Yt 13,46.
de cette forme douteuse, restituée de vaëmanat? Sur la racine ma~~{}, voir Benveniste
(Oss 87sq.; IIJ 7,1964, 307sq.). (11) Malgré Gershevitch (Mi 192), qui explique Indicatif moyen
Yt 10,39. 40 mi{}naiti par mi{}, je crois qu'il vaut mieux attribuer à mit toutes les 1ère sing.: r. p9r9ne V, V9?·9n~.
attestations intransitives du thème miifna-: elles se construisent invariablement
3ème sing.: r. °g9r91}te, r. p9r91}te N 13, g. V91'91}té, r. °st91'91}te? N.
avec un prédicat (gra1Jto apaiti.za1Jto Yt 10,39.40 aiiarg ... juiië Aog 53) ou une
notation de lieu (i/ia Y 10,1 V 3,32, maë{}aine Y 16,10). Sur Aog 53 ami{}naiti, Injonctif moyen
attribué à mi{} par Bartholomae (col. 1105sq.), voir JamaspAsa (Aog 68). (12) Sur
le sens exact de cette forme verbale, voir Kellens (Noms-racines 188sq.). (13) La 3ème sing.: r. °V91'91}ta.
forme thématique Yt 13,89 fraor'Jnata Mf 3 est exclue par les leçons trauuarg1Jta 3ème plur.: g. *v91'9nata Y 30,6.
12·
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 h. Les présents à infixe nasal 181
180
Indicatif moyen
Subjonctif actif
3ème plur.: r. XObrin'iJ1}te V 17,2.
1ère sing.: r. °frinani V 22,5.
N 72, r. mif}na~,
3ème sing.: r. Xg,(Jr'iJ~na~ F 21, r. frina~, r. °mana~ Injonctif moyen
r. °zana~ Yt 13,50, r. zina~ Y 11,5.
2ème sing.: °brina1Jha V 17,4.
3ème plur.: r. °g'iJr'iJ~nCfn y 57,25par, r. °zanCfn V.
3ème sing.: r. °st'iJr'iJnata Y 57,6.
Subjonctif moyen
Optatif actif
1ère sing.: r. p'iJr'iJnai F 10, r. p'iJr'iJnane V, g. frinai Y 49,12.
1ère plur.: g. zaranaëmii Y 28,9.
3ème sing.: r. p'iJr'iJnaite V 9,47.
3ème plur.: r. st'iJr'iJnaii'iJn Yt 8,58par.
Optatif actif
Optatif moyen
2ème sing.: r. xOst'iJr'iJnii& Yt 12,3.
3ème sing.: r. °V'iJr'iJnaëta V 19,2, r. st'iJr'iJnaëta V.
Impératif actif Impératif actif
3ème plur.: r. °frin'iJ1}tu Yt 13,157.
2ème sing.: g. p'iJr'iJna Y 28,10.
3ème sing.: r. mi{)natu Y 10,1.
Participe actif
2ème plur.: g. °zanata Y 29,11.
r. °d'iJr'iJna1}t- V 18,19. 22, r. uruuina1}t- Yt 13,33.
Participe moyen
Infinitif moyen
r. xp'iJr'iJn'iJmna-, g. frin'iJmna- Y 29,5.
r. °V'iJr'iJ1}diiai VI' 4,2.
Les déformations secondaires sont de deux types:
On trouve ici quelques traits de la flexion athématique: désinences
-anti de 3ème plur. ind. A., *-ata de 3ème plur. inj. M. et -a1}tu de 3ème
1. Seul r. frinamahi, contre g. friiCfnmahi pour *frinmahi, témoigne
pl~r. imp. A., morphème -iia- de l'optatif actif (seulement. l': xOst'iJ~'iJnii& d'une extension du degré plein de l'infixe. Le fait qu'il est attesté entre
Yt 12,3 et le moyen n'est pas attesté), suffixe -a'IJ t - du partICIpe actIf. Le autres au V 20,5, qui est très exactement copié sur le Y 38,4, semble
thème avec degré zéro de l'infixe n'est attesté en contact avec une con- indiquer qu'il ne s'agit pas d'un fait d'ordre morphologique. frinamahi
sonne autre que les occlusives dentales (qui entraînent simplement l'im- est un cas d'espèce, qui reflète bien plutôt la manière dont l'avestique
récent a traité une forme difficile, qui posait le problème de la nasali-
plosion de -n-) qu'à la 1ère pl~I'. ind. A. Les for~es gâthiques f~iiCfnm~~i,
pour *frinmahi, et huuCfnmah~o, pour *hunmaht , montrent qu on utIlIs.e sation de la voyelle radicale.
alors le signe Cf (a nasalisé) en fonction diacritique pour noter la nasah- 2. La thématisation est de loin la plus fréquente des déformations
sation de i et de u (Hoffmann, Aufs I70sq.). secondaires. Elle est attestée d'un bout à l'autre de la tradition avestique,
des gathas (huit formes originales contre quatre thématisées) au Vidëvdad
4.2. Inventaire des formes secondaires. et aux fragments. Le parallélisme entre Y 28,10 p'iJr'iJna apanais kam'iJm
et RV l 16,9 Mmam â pr1}a g6bhily, indique bien que le processus de
Indicatif actif thématisation remonte à l'indo-iranien commun (sur la formation des
3ème sing.: r. °f1·inaiti y 62,9, r. °zanaiti Fr. thèmes indiens du type pr'IJa-, voir Whitney, Gram 256). Malgré son an-
cienneté, il n'a pas conduit en avestique à une élimination, même pro-
1ère plur.: r. frinamahi.
182 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent
II A 1 L Les présents à redoublement
183
gressive, du présent en -na-j-n-. Les formes thématisées sont employées
r. adadal y 19,12 (3); inj. r. dabCf:m j r. da1J'dm V, g. dad&, g. dadal et
sporadiquement et, jusque dans les textes les plus tardifs, parallèlement
r. daMl V j r. da{}al, 3ème sing. g. dazda Y 27,13 et r. °dasta, g. dadalj
aux formes originales. Ces dernières doivent vraisemblablement leur rela-
r. °da1J'dn fm-o V 19,9; subj. r. da{}ani, r. °da1Jo yaoz-O V 9,37 etc (4),
tive préservation au fait que la plupart d'entre elles s'établissent sur un
3ème sing. g. dadalY 29,9 et r. da{}aJ / r. °da1Jaiti yaoz-O V d4, 3ème sing.
thème à finale vocalique et, de surcroît, souvent analogue à celle d'un
r. da{}aite Yt 19,11 etc (5), r. °da1Jama ni-o V 6,44 par, g. dad'dn Y 30,8 j
présent aussi fréquent que da : daba-.
r. da{}'dn Yt 19,19.23, g. dad'd'f/ÜY 31,14; opt. r. daibe(6), r. daibis V et
r. °dai1Jii& fm-o V 18,52, r. °dai1Jisa yaoz-O V 10,19, g. daidil et r. daiMJ
i. Les présents à redoublement N 18 (7) j r. °daibiial pam-o V ou °dai1JiiaJ paiti-O V 13,20par, 3ème sing.
g. daidita j r. °dai1Jita V, r. daibit'dm y 57,17par(8), r. °dai1JiiCf:n V et
1. Le présent radical à redoublement. La syllabe de redoublement se
r. dai1Jiia?''ds V 8,22/ r. °da1Jaiim nz-o V 7,74. 75; imp. r. dazdi, dasnna,
compose de la consonne initiale de la racine et de la voyelle i. On trouve
- 1za- e t 2za, g. dadatü Y 53,8, r. dasta, g. °dazdüm mCf:Z-o y 53,5; part. r. daba1Jt- P 50 /
la voyelle a avec certaines racines en -a (avec 1da, - malS
• pas
r. °da1Ja1Jt-, r. da1Jana-; inf. r. daste, g. dazdiiai; di "voir": r. dibaë- /
avec mii, sta et spa) et la voyelle u avec les racines à u final ou interne
g. daidi- Y 44,10 et r. daibi- (9), véd. adhideWdidhiyn?' (10) : ind. r. dibaiti
(xsnu et zus). Le seul type attesté de consonantisme initial complexe de
Yt 10,13. 15. 51. 95. 107 (11); inj. r. °dioaëm anua-o Vyt 43, r. 0dibaiial
racines produisant un présent à redoublement est celui qui comporte
ann-O Yt 1,29, r. daibiiama Vyt 58, g. 3ème plur. daidiial Y 44,10; subj.
s :s + sonante (2ma1· < *smar) et s +occlusive sourde (p: spas et r. °daibiial paiti-O V 16,2(12); opt. r. xOdaibiiois paiti-o Vyt 50(13); imp.
spa(1), t : sta). Dans tous les cas, seuls entre dans la syllabe de redouble-
r. °daibiia upa-o Yt 17,15; part. r. daibiia~û-; ? ma "mesurer"; g. 0mima-
ment, soit que cela représente la formation originale (Brugmann, IF 31,
fm-o "permettre", véd. mimatijmimite : subj. °mima1Ja (14); ya "deman-
1912-13, 89sq.), soit que, dans le cas de sta : hista-, l'iranien ait résolu der": g. °ii_ a-o, véd. tmahe (15) : ind. °iioi Y 31,2; imp. °idüm y 33,7 ;
un ancien *stist(h)a- par une autre dissimilation que l'indien (Hoffmann,
1za "abandonner": r. zaza- / zaz-, skI'. iahatifjahati : ind. r. zazami V 15,17,
Aufs 171). 1ar est la seule racine à initiale vocalique qui ait un présent à
r. zazaiti Yt 5,130 (16), ? r. °zaz'd1Jti ns-O V 3,5 (17); inj. g. 3ème plur. 0zazal
redoublement: la voyelle i constitue à elle seule la syllabe de redoublement.
anna-o y 34,9; subj. r. zazahi V 15,15, g. zaz'd1J ti Y 30,10 et ? r. zaz'dnti
(1) Ces deux racines sont peu significatives. Le s initial de spas, pour L-e. V 3,5 (18); opt. r. xzaziiCf:n V 8,37. 38 (19); r. 20za h'dn-o "se lever" Yt' 5,
*(s)peTc, est mobile et le groupe consonantique initial de spa résulte peut-être d'un 34rép: °zaz-, véd. iihite: ind. °zazaite (20); r. °zns a_o "se réjouir de"
développement phonétique propre à l'iranien.
P 43: °züzns-: ind. °züznste (21); hac "accompagner": r. 0hishac- a_O
1.1. Thèmes pour lesquels la flexion athématique a été, au moins en V 5,34 / g. hisc- y 40,4, vécl. si~akti / plur. sascati : ind. r. 0hishaxti a_o
partie, préservée. La syllabe radicale est soumise à une alternance voca- V 5,34(22); subj. g. hiscamaidëY 40,4.
lique entre le degré plein et le degré zéro. D'après le matériel attesté, le
(1) y6 naù'c aoxte /l'a më ciei "celui qui dit à un homme: paie-moi". Selon
degré plein est requis à l'ind. sing. A., à l'inj. sing. A., à toutes les formes Bartholo~ae. (Grdr 1248; aussi Reichelt, WZKM 14, 1900, 118), il s'agit d'un imp.
du subjonctif et à la 3ème sing. imp. A., le degré zéro partout ailleurs, ~h~ ~~pe md16n kpy,u . .Selon Klingenschmitt, il s'agit d'une forme mutilée pour
y compris à la 2ème phU'. imp. A. (voir 1da : dasta). eMt&. (2) TransmIs sous la forme aaôaiti pal' influence des deux formes
singulières qui précèdent. (3) Reconnu par Kellens (MSS 36, 1977, 57 n.7).
1.1.1. Représentent le type hérité r. 2ci "expier": cikaë- V j cici- F 4d, (4) Peut-être mutilé pour *yaoZda{}6is. (5) Voir 14.1.3: +aa1Jaiti ne peut être
skI'. ciketujcikitam: subj. cikaiial, cikaiiato F 2c. 3c, cikaën; imp. x°cicibi exclu. (6) C'est l'analyse la plus convaincante de Yt 5,130 upa st'Jr'JmaèSu
fra-o F 4d (1); 1da "établir, donner": g. dada-, r. daôii- j dad-, véd. var'Jma aaiôe p'Jrma'l)vhu1y,t'Jm vispqm.hujiiaitim (ainsi Lommel, Yt 44) et de Yt 10,80
dadhiimijdadhmas et dadamijdadmas, v.-p. adada: ind. r. da&tmi, g. °dadë {}fJ~ pa~ti ~i hax'Jô~'Jm aaiôe .vahist'Jm (pour lequel autrement Gershevitch, Mi 229sq.,
qm faIt mtervemr un sUjet Va1''Jzan'Jm non exprimé). (7) Il faut y ajouter
m5n(g)-0 Y 28,4 j r. daifU Y 11,17, r. daoahi Yt 10,30, g. dadaiti Y 33,14 A 3,4, ou J 10 et 0 3 lisent aaiôil contre aaiaiial, qui est absurde. (8) Analysé
et ~. daoaiti j r. da{}aiti V 4,3. 4 Vyt 50, dazd~ et dast~ j r. °da1Jaite ni-o pal' Hoffmann (Aufs II 610). (9) Le vocalisme ai de la syllabe de redouble-
Yt 17, 6par Vyt 50, dad'dmaM j r. dCf:nmahi Y 68, 1, dad'dmaid~, g. dadaiti men~ apparaît avec le degré zéro du radical et s'explique par l'action de l'épenthèse
Y46,1 j r. *dabaiti YtlO,3(2), r. °da1J'J'iJü yaoz-O V 8,100-103; impft. sur t (Bartholomae, Grdr l 155). On peut corriger V 16,2 paiti.aiMial (L 4 K 1 a
Jp 1) en +paiti.aaiMial (Mf 2 L 1. 2 Br 1) et Yt 17,11 aiôiiatqm (F 1, J 10 manque)
184 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent
II Ali. Les présents à redoublement 185
en +rlai~iiatqm (K 12, apparenté au manuscrit indépendant H 3). (10) Ce thème
indo·iranien, correspond au grec ?'t?,'Volla! et au lat. gigno. Seul le part. zizana~t.
indo·iranien est peut.être à l'origine un parfait accomodé à la flexion du présent
représente encore la flexion athématique. Ce dernier, attesté seulement sous la
(Thieme, Plusquamperf 37sq.; Insler, Lang 47, 1971, 583). L'imp. v.·p. rlïrliy est
forme féminine zizanditi· (nom. plur. zizanaitis Yt 5,87, gén. plur. zizanatqm Yt 5,
problématique: haplographique pour *dïdïrliy (Bartholomae, col. 724sq.) ou issu
129, instr. plur. a·zizanaitibis y 9,22), présente un allongement inexplicable du
d'un aoriste radical (Meillet·Benveniste, Gram 110)? *rlhi n'a toutefois produit suffixe participial au degré zéro.
aucun aoriste sur l'ensemble du domaine indo·iranien. Peut·être s'agit.il aussi d'un
imp. sans désinence du type °cid (ci·dessus). (11) Selon Bartholomae (ibid.; 1.1.3. Deux racines qui n'ont pas d'équivalent indien sûr produisent un
aussi Humbach, MSS 10, 1957, 40 n. 13), cette forme démontre le caractère dis·
présent radical à redoublement. Ce sont xsnu "satisfaire" (1): r. kuxsnu :
syllabique de la racine. Tandis que Thieme (ibid. 37sq.) suspecte une innovation
avestique, Insler (ibid. 583sq.) y voit une simple faute de graphie pour *dir5aëiti. opt. xkuxSnuuisa N 48C FrW 7,2(2); part. kuxsnuuqna-; g. dqh "en-
Cette solution est fort vraisemblable: l'erreur a dù se produire sous l'influence de seigner": didans-/dïdah- (3) : ind. 1ère sing. didmjhë Y 43, 11; inj. 3ème
rla: rlar5aiti (rli~aiti est d'ailleurs transmis sous la forme rlar5aiti au Yt 10,107). sing. didqs Y 49,9 (4).
Yt 19,94 rlir5a! (manque chez Bartholomae), qui ne pourrait être qu'une 3ème sing.
(1) Voir a 2. (2) Pour N 48C kuxsnüsa et FrW 7,2 kuxsnisa. (3) lm.
subj., est, selon Insler, fautif pour *rliMia!. En fait, la phrase contient assez de
portantes remarques sur les rapports de ce thème avec le grec Ot~6.auw chez
:ormes verbales pour que celle·ci soit superflue: hO rlir5a! xratfius +rli5i{}rabiia vispa
Klingenschmitt (MSS 28, 1970, 84 n. 5). (4) Forme identifiée pal' Hoffmann
rlamqn paiti.vaëna! . . . 8i5 rlusci{}l'aii& hO visp9m ahüm astuua~t9m izaii& vaëna! (ap. Humbach, IF 63, 1957, 214 n. 13; II 82).
rli5i{}rabiia "il considérera avec l'oeil de la sagesse toutes les créations de la ... à la
mauvaise semence, il regardera toute la vie matérielle avec l'œil de la prospérité". 1.1.4. Inventaire des formes originales, à l'exclusion de celles des racines
rlir5a! pourrait être le conglomérat des particules rli! et a!. (12) Ne peut êtr~
un optatif, comme le voudrait Insler (ibid.). Cette forme est introduite par yezt
en -a. Les seules formes typiquement athématiques sont la 3ème plur.
ni5i! "sans quoi", qui requiert le subjonctif, et est précédée de yezi ni5it inj. A., la 2ème sing. opt. M. et les participes. Elles seront commentées
aifJi.vaënat. (13) Seule correction possible pour rliMs, rlarlai5is (Insler, ibid.). avec les formes équivalentes de 1.1.5.
(14) Ind. thématisé ou subj. à voyelle brève (Humbach, WZKSO 2,1958,27 n. 13;
II 33). Dès lors, la restitution de XOmima{}a ne se recommande pas (Insler, 1975, Indicatif actif
200). (15) L'appartenance à la racine ya a été démontrée par W. P. Schmid 3ème sing.: r. *dibaë(i)ti, r. °hishaxti V 5,34.
(IF 62, 1956, 219sq.). (16) Reconnu par Hoffmann (Aufs 1223). (17) Re·
connu pal' Hoffmann (Aufs II 373sq.): on ne peut toutefois discerner s'il s'agit Indicatif moyen
d'une Sème plur. subj. ou d'une 3ème plur. ind. thématisée. (18) La forme
gâthique a été identifiée par Humbach (MSS 2, 1952, 6 n. 3 et 23; MSS 10, 1957, 1ère sing. : g. didafJhë Y 43,11.
39sq. n. 9; II 23). Sur la forme récente, voir la note précédente. (19) Cor· 3ème sing.: r. °züzuste P 43.
rection nécessaire de zazaiiqn. (20) Identifié par Hoffmann (Aufs II 373-377).
La voyelle de redoublement a de l'avestique est originale contre l'indien ~, qui Injonctif actif
proviendrait d'une assimilation à la voyelle radicale du thème moyen. (21) azizuste 1ère sing.: r. °dibaëm Vyt 43.
(Bartholomae, col. 1656) est repris à Darmesteter (ZA III 72), mais n'apparaît dans
3ème sing.: g. didqs Y 49,9.
aucun manuscrit (JamaspAsa·Humbach, Purs 164sq.). Correspond peut·être à
l'ind. RV jujulltana et représente comme lui un thème de parfait (Thieme, Plus· 3ème phu.: g. daibiia1 Y 4-4,10, g. jig'Jr'Jza1 Y 32,13.
quamperf 36). (22) Mayrhofer (EW III 419) l'approche a.hishaxti du véd. sani:
saiati "s'accrocher" Cette forme correspond toutefois, pour la morphologie, à
Subjonctif actif
sÎljakti et peut simplement signifier "accompagner": a rlim hiShaxti yauuaëca 3ème sing.: r. cikaiia1 V.
yauuaëtataëca "il l'accompagne pour toujours et à jamais". 3ème duel: r. cikaiiatO F 2c. 3c.
1.1.2. Ne correspondent pas à une formation indienne garz "se plain- 3ème plur.: r. cikaën V.
dre"(l): g. jig'iwJz- Y 32,13: inj. 3ème plur. jig'iwJza1; r. zan "engendrer": Subjonctif moyen
zizan-(2): ind. zizan'J'(/>ti Yt 13,15; inj. zizan'Jn Vr 1,3par; subj. zizana1
1ère plur.: g. hiscamaidë y 40,4.
Yt 13,142; part. zizana'(/>t-.
(1) Voir a 1.2. (2) A côté du skI'. jan: ianati auquel correspondent le Optatif moyen
sogd. zn· (Gershevitch 91) et le khot. ysan· (Emmerick 112). L'av. zizan·, isolé en 2ème sing.: r. xkuxsnuuisa Fr.
186 II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 i. Les présents à redoublement 187

Impératif actif 1ère plur. : r. da1Jama V 6,44.


2ème plur.: °mima1Ja Y 32,14.
2ème sing.: r. xOcicioi F 4d.
3ème plur.: g. dad'Jn Y 30,8, r. dalhn Yt 19,19. 23, g. zaz'Jry,ti Y 30,10 1
Participe actif 1 r. °zaz'Jry,ti V 3,5.
r. daioiiary,t-, r. zizanary,t-. Subjonctif moyen
Participe moyen 3ème sing.: r. da1Jaite? Yt 19,11 etc.
3ème plur.: g. dad'Jry,të Y 31,14.
r. kuxsnuuCf:na-.
Optatif actif
1.1.5. Inventaire des formes originales des racines en -a.
2ème sing.: r. daiois V 1 r. °daiBiia V 18,52.
Indicatif actif 3ème sing.: g. daidit, r. daiMt 1r. °daioiiat V, r. °daiBiiat V 13, 20par.
1ère sing.: r. daoCf:mi, r. zazami V 15,17. 3èmeduel: r. daiMt'Jm Y 57,17par.
2ème sing.: r. daoahi Yt 10,30. 3ème plur.: r. °dai1JiiCf:n V 1r. dai1Jiiar'Js V 8,22, r. xzaziiCf:n V 8,37. 38.
3ème sing.: g. dadaiti Y 33,14 1 r. daoaiti, r. zazaiti Yt 5,130.
Optatif moyen
1ère plur.: dad'JmaM 1 r. dqnmahi Y 68,1.
3ème plur.: g. dadaiti Y 46,1 1 r. *daoaiti Yt 10,3. 1ère sing.: r. daioe.
2ème sing.: r. °dai{}isa V.
Indicatif moyen 3ème sing.: g. daidita 1r. °daiBita V.
1ère sing.: g. °dadë Y 28,4 1 r. dail}ë Y 11,17, g. °iii5i Y 31,2.
Impératif actif
3ème sing.: dazdp. et dastp..
3ème duel: zazaite Yt 5, 34rép. 2ème sing.: r. dazdi.
1ère plur.: dad'Jmaidp.. 3ème sing.: r. dadatû Y 53,8.
2ème plur.: r. dasta.
Imparfait actif
Impératif moyen
3ème plur.: r. adadat y 19,12.
2ème sing.: dasuua.
Injonctif actif 2ème plur.: g. °dazdûm Y 53,5, g. °idûm y 33,7.
1ère sing.: l'. daoCf:m.
Participe actif
2ème sing.: g. dada.
3ème sing.: g. dadat 1 r. daoat V. r. daoary,t- P 50 1 1'. da1Jary,t-.
3ème plur.: g. dadat, g. °zazat y 34,9.
Participe moyen
Injonctif moyen r. da1Jana-.
3ème sing.: g. dazda Y 27,13 et r. °dasta.
Infinitif actif
Subjonctif actif r. daste.
1ère sing.: r. da1Jani. Infinitif moyen
2ème sing.: 1'. °da1Jo V 9,37 etc, r. zazahi V 15,15.
3ème sing.: g. dadat Y 29,9 1 r. da1Jat· g. dazdiiai.
188 Il A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 i. Les présents à redoublement 189
1. Les terminaisons de la 3ème plur. ind. A. et de la 3ème plur. gence phoné~ique correspond encore au clivage sémantique: le Y 46,8 y'J
impft.-inj. A. sont respectivement -aitt « *-y,ti) et -al « *-y,t). Cette va moi gaé{}a dazdé aénwohé "celui qui livre mes créatures à la violence"
dernière est originale contre véd. -ur, qui a supplanté l'ind.-ir. *-at s'oppose au Y 34,1 aë8qm toi ahura 'Jhma pourutamais dasté "von diesen
(Hoffmann, Aufs 173 et 222). Sont aussi caractéristiques de la flexion (Dingen) wird dir, ô Ahura, von uns am haufigsten gegeben" (Hoffmann,
athématique la terminaison -di de la 2ème sing. imp. A. et les suffixes du ibid.). En récent, par contre, ces formes sont devenues interchangeables:
participe, -a';Jt-j-at- pour l'actif, -ana- pour le moyen. dasta est produit par uz-da et ni-da qui représentent respectivement
2. Le subjonctif est clairement fléchi sur un thème à voyelle finale Ud-dha et ni-dM.
brève: g. dada- j r. daoa-, zaza-. Ce type, particulièrement fréquent en
védique avec les présents à redoublement et ceux à infixe -na-, s'est 1.1.6. Inventaire des formes thématisées des racines en -a.
développé par analogie avec les présents radicaux comme as : âsani, âsat Indicatif actif
et doit sa productivité au fait qu'il fonde une distinction formelle entre
l'injonctif et le subjonctif avec désinences secondaires (Hoffmann, Aufs 3ème sing.: r. da{}aiti V 4,3. 4 Vyt 50.
l 224 n. 6, II 445 n. 14). 3ème plur.: 1 r. °zaza';Jti V 3,5.

3. L'optatif est régulièrement formé par l'adjonction du morphème Indicatif moyen


spécifique -iia-j-ï- au thème temporel avec degré zéro de la syllabe radi- 3ème sing.: r. da{}aite Yt 17, 6 par Vyt 50.
cale. Le degré -iia- apparaît à l'actif, -ï- au moyen. L'avestique atteste 3ème plur.: r. °da{}a';Jte V 8,100. 103.
toutefois quelques formes curieuses: une 2ème sing. A. r. daioïs V 19,23
Vyt 48 à côté de r. °dai{}iill V 18,52, une 3ème sing. A. g. daidïlj r. daiMl Injonctif actif
à côte de r. °daioiial A 3,7 V 19,27 j r. °dai{}iial V 13,20 etc Vyt 9 et une 1ère sing. : da{}am V 13,39.
3ème duel A. r. daibïtam Y 57, 17par. Selon Hoffmann (Aufs 1222 n. 4; 3ème sing.: r. da{}al.
II 606sq. n. 1; aussi Narten, Prat 15), -iia- se réduit légitimement à -ï- 3ème plur.: r. °dafJan V 19,9.
lorsqu'il ne porte pas l'accent. Le même phénomène se produit avec l'op-
tatif de l'aoriste sigmatique (lza: y 60,7 °zahïn, celui des présents radi- Subjonctif actif
caux du type 4 (sah: Y 50,6 sakin et celui du parfait (Ida: Yt 13,12 3ème sing.: °da{}aiti V d 4.
Xdaibïn). On notera que les quelques formes tardives où on a secondaire-
ment restitué le degré -iia- (aussi la 3ème plur. A. °daifJiiqn V, mais Optatif actif
dai{}iiaras V 8,22 a un type particulier de désinence) sont toutes com- 3ème plur.: °da{}aiian V 7,74.
posées avec un préverbe, alors que -ïs, -ïl et -ïtam n'apparaissent qu'avec
des formes simples à l'exception de V 19,23 nidai{}is. A l'exclusion de la 3ème sing. inj. A. da{}al, toutes ces formes sont tar-
4. dasta Y 68,21 = Vyt 8 Ny 3,10 = Vyt 6 est la seule 2ème plur. dives et isolées. Il est toutefois remarquable que dans chacune, {} s'est
imp. A. attestée. Elle a le degré zéro de la syllabe radicale comme véd. substitué à b comme consonne radicale. On dressera donc utilement le
dhattâ et datta. tableau des formes où cette substitution s'est produite (1):
5. Lorsque le degré zéro -d- du radical entre en contact avec l'oc- Indicatif actif
clusive dentale initiale de la désinence, le groupe consonantique qui en 3ème sing.: °da{}aiti V 4,3. 4.
résulte est tantôt -st- (dast~ et r. dasta) , tantôt -zd- (dazd~ et g. dazda).
Nous avons ici le seul trait qui permette encore d'identifier les formes Indicatif moyen
avestiques qui correspondent au véd. dha "établir" et celles qui corres- 1ère sing.: dai{}é Y 11,7.
pondent au véd. da "donner". *dad-tai devient régulièrement dast~ et 3èmesing.: °da{}aiteYt17,6Yt18,4.
*d(h)adh-tai dazd~ (Hoffmann, Aufs II 376 n. 5). En gâthique, la diver- 3ème plur.: °da{}a';Jte V 8,100-103.
II A 1. La distinction de temps: les thèmes de présent II A 1 i. Les présents à redoublement 191
190
placer 8 que si d intervocalique a été spirantisé. Si c'est un fait de trans-
Injonctif actif
mission, il n'a pas affecté la tradition du texte gâthique en raison de sa
1ère sing.: ndafJ<Jm V 13,39. spécificité.
3ème sing.: dafJa[.
2. A l'intérieur de l'avestique récent, elle est propre à la langue
3ème plur.: °daf}<Jn V 19,9.
du Videvdad et, sans doute, à celle du Yast 19, qui contient quatre formes
Subjonctif actif avec f} (subj. dafJa[, dafJ<Jn, dafJaite et part. dafJana-). Le Yasna et les
1ère sing.: (O)dafJani V 22,3 j Yt 10,109 Ny 4,8 V 11,1. 4. 5-7 Yasts n'ont que daifJé Y 11,7, °dafJaite Yt 17,6 Yt 18,4, °dafJama Yt 10,
V 19,12 V 21,6 Vyt 49. 109, °dafJa1Jt- Y 9,1 et dafJana- Y 55,6. Non seulement c'est peu, mais
3ème sing.: °daf}aiti Vd 4 j (O)daf}a[ Yt 19,94 j V 18,28 N 73.74. y 11,7 daWé entre dans un passage parallèle du V 5,60 (comme 3ème sing.
1ère plur.: °daf}ama V 6,44. 49. ind. parf. M.) et Y 9,1 yaozdafJ<J1Jt<Jm appartient plus précisément au voca-
3ème plur.: dafJ<Jn Yt 19,19. 23. bulaire du Videvdad. On pourrait attribuer toutes ces formes à un co-
piste accoutumé à l'orthographe du Videvdad.
Subjonctif moyen
3. f} n'apparaît jamais devant a représentant le degré plein de la
3ème sing.: daf}aite Yt 19,11. 19. 23. syllabe radicale. Il est significatif que 8 ne soit préservé dans le Videvdad
Optatif actif qu'à la 3ème sing. ind. A. et à la 3ème sing. inj. A., et que f} apparaisse
devant toute autre voyelle (a du subjonctif à voyelle brève ou de la
2ème sing.: °daWii& V 18,52.
thématisation secondaire, a des lères du subj. ou du part. M., ii ou i de
3ème sing.: °daif}iia[ V 13,20. 21. 23 Vyt 9.
l'opt. et é de la 1ère sing. ind. M.) à l'exception de (O)dai8is V 19,23 et
3ème plur.: daif}iia1'<Js V 8,22 j °daifJiù:t:n V 5,10. 12 V 6,29. 31. 34.
Vyt 48 et de °dai8iia[ A 3,7 V 19,27.
37.40. 43 V 7,29. 30. 31. 33-35 V 9,1 j °dafJii<Jn V 7,74. 75.
4. f) apparaît le plus souvent dans des formes composées. La plu-
Optatif moyen part des formes simples qui le contiennent sont justement celles du Yasna
2ème sing.: °daWisa Yt 3,11 V 10,19. et des Yasts (y compris le Yt 19).
3èmesing.: °daifJita A 3,13 V 6,51 V 8,36.37.38.39.76.103 V 9,31 5. Non seulement toutes les formes thématisées, mais aussi toutes
V 14,17. celles qui peuvent le paraître (dafJani, °dafJama, daf}a1Jt-) ont invariable-
Participe actif ment f}. On en conclurait que la substitution de f} à 8 et la thématisation
secondaire vont de pair, autrement dit qu'on a tendu à opérer avec un
°daf}a1Jt- Y 9, 1. thème temporel dafJa-, si on ne trouvait f} avec des optatifs clairement
Participe moyen athématiques et des subjonctifs à voyelle brève (2). Dans la mesure même
(O)daf}ana Y 55,6 Yt 19,58. où ces modes fournissent les seules formes avec f} qui ne soient pas
isolées, il vaut mieux rejeter tout rapport avec la thématisation secon-
La substitution de f) à 8 ne se produit pas seulement dans la flexion du pré- daire.
sent à redoublement da8a-jdad- (Bartholomae, Grdr l 163). C'est un phé- 6. Les remarques 2, 3 et 4 sont compromises par une singulière ex-
nomène sporadique de la phonétique, ou de l'orthographe, avestique qui ception: alors qu'à la 3ème sing. inj. A., le Videvdad oppose daM[ V 21,8.
ne pourrait être expliqué que globalement. Dans le cas précis qui nous 12.16 à da{}a[ V 18,29 V 19,9(3), le Yasna et lesYasts ont exclusivement
occupe, et où Hoffmann (Aufs 165) a proposé de reconnaître une trace dafJa[. Cette forme, aussi souvent simple que composée, en supplante une
de la transmission parthe, on peut faire quelques remarques descriptives autre qui avait le degré plein du radical. Ce phénomène me paraît trop
qui n'ont pas la prétention d'ouvrir la voie à une solution: systématique pour être l'effet du hasard, mais je ne vois pas comment
1. La substitution de f} à 8 est de toute évidence propre à l'aves- l'expliquer. Si la substitution de f} à 8 est un fait phonétique, pourquoi
tique récent. Si c'est un fait linguistique, cela va de soi: f} ne peut rem- s'est-il manifesté d'abord à la 3ème