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Le Covid-19 a constitué un choc majeur pour les perspectives de croissance de l’économie mondiale.

Que ce soit le secteur


de l’industrie, du commerce, du tourisme ou aérien, tous ont été impactés de plein fouet par l’imprévisible virus qui ne
compte pas s’arrêter là !

Impact économique mondial


L’Organisation Internationale du Travail (OIT) compare la hausse du chômage dû au virus, à la crise financière de 2008-2009 qui
avait causé une hausse du chômage de 22 millions. En effet, bien que les causes ne soient pas les mêmes, les conséquences sont
tout aussi déplorables.

Les experts, ont ainsi établis plusieurs scénarios et ont estimé l’impact du Covid-19 allant d’une hausse de 5.3 Millions à 24
Millions. Ce dernier variant selon la santé financière préalable du pays, la capacité d’autofinancement des entreprises, l’état de
leur trésorerie,…etc

Impact de la crise sanitaire sur les entreprises algériennes


Le confinement qui se conjugue à la chute des prix du pétrole décidé par les pays producteurs aggravent la crise économique et
assurent un recul de l’activité économique des entreprises. Ces dernières ont dû faire le sacrifice de +30% de leur chiffre d’affaire
pour faire face aux charges nouvelles qui leur sont imposées : paiement des salaires des employés confinés, baisse des ventes,
baisse de la demande, baisse du pouvoir d’achat des ménages,…etc

Rôle de l’état dans la gestion de la crise


Dans ce contexte, le gouvernement a un rôle primordial à jouer. En effet, la survie des entreprises et la relance économique sont
les conditions sine qua non pour la pérennisation d’un état et l’assurance d’une vie sociale adéquate pour les ménages.

En Algérie, les mesures prises par la banque centrale d’Algérie ayant pour objectif l’amortissement des effets néfastes de la
pandémie sur les entreprises, et qui portent sur le report ou le rééchelonnement des créances, l’augmentation de la capacité des
banques publiques à accorder des financements, ne sont pas jugés suffisamment impactant par les chefs d’entreprises qui jugent
les efforts du gouvernement en deçà des exigences réelles.

Les travailleurs, première victime…


Evidemment, quand les entreprises (PME, TPE) font face à une situation aussi critique que la situation actuelle, elles se mettent à
licencier leurs employés, se trouvant dans l’incapacité de supporter les charges salariales. Aussi, les travailleurs restent les
premières victimes de cette pandémie mondiale.

Selon l’ONS, la population active en Algérie est estimée à 11,048 millions de travailleurs, le secteur privé représente 63% de
l’emploi total, face à 37% pour le secteur public. Selon l’enquête de l’office, 35% de la population active ont un statut précaire
qui risque de s’aggraver en cas de mauvaise gestion de la crise et de non intervention de l’état pour aider les entreprises à encadrer
les salariés et organiser des plans structurelles et légaux de fond.

A titre d’exemple, Dans le secteur du BTP, beaucoup d’entreprises ont déjà mis leurs ouvriers en congé sans solde. L’ENIEM
(Entreprise nationale des industries de l’électroménager) propose la même chose à ses ouvriers si le confinement continue. Dans
les centres commerciaux, comme ARDIS (chaîne d’hypermarchés propriété du groupe Arcofina), le patron demande de réduire le
salaire des travailleurs de l’ordre de 50%.

Suspension des recrutements


Comme expliqué, les difficultés financières rencontrés par les entreprises freinent le processus de recrutement et handicape
l’insertion des jeunes dans le monde du travail. Comme les agents économiques les plus impactés sont les PME et TPE, la sphère
économique est fortement touchée car elle représente plus de 69% des entreprises présentes sur le marché algérien.

Cependant, il est très intéressant de noter que les métiers liés au digital ont connu un bond phénoménal qui traduit une véritable
transition dans nos modes de vies, et nos processus de travail présents et futurs.

Le digital à l’ère du Covid-19


La pression autour des entreprises et des infrastructures est survenue du jour au lendemain, sans marge de préparation. Le Covid-
19 a, en ceci, été un formidable catalyseur dans le processus de transformation digitale pour les entreprises.
Selon une étude menée par Appdynamics, sur 1000 entreprises à travers le monde, les priorités technologiques ont changé pour
95% des organisations interrogées au cours de la pandémie, et 88% des technologues rapportent que l’expérience client
numérique est désormais une priorité. Par ailleurs, et cela peut expliquer la pression ressentie sur les collaborateurs concernés,
près des deux tiers (64%) des technologues expliquent désormais effectuer des tâches et des activités jamais réalisées auparavant.
Dans la même logique, 66% pensent la pandémie a révélé des faiblesses dans la stratégie numérique de leur entreprise, la
poussant à accélère leurs programmes de transformation.

Un autre défi majeur, a été le travail à distance via les médias et plateformes web telles que Zoom, Teams ou encore slack, qui ont
connu un nombre record de téléchargement ces derniers mois.

Une adaptation rapide, forcée et accélérée a dû être gérer par les entreprises qui n’ont eu d’autre choix que celui de s’adapter à
cette nouvelle manière d’appréhender le travail pour assurer les activités d’une entreprise et permettre sa survie face à la menace
permanente d’un virus pandémique.

Les entreprises qui ont connu un boom !


Pour finir sur une note positive, il est primordial de rappeler que certains secteurs d’activités ont été impactés très positivement
par la pandémie. Certaines entreprises ont réalisé un chiffre d’affaire mensuel jamais égalée en plusieurs années, il s’agit ici bien
évidemment des entreprises activant dans le secteur de : l’hygiène, la livraison, la logistique ou encore le e-commerce.

En effet, la demande des ménages algériens se tournant davantage sur des besoins croissants en terme d’hygiène, de produits
sanitaires,…etc influent sur la production croissante des entreprises fournissant les produits répondant à ce besoin.

Pour finir…
Il serait mal venu de voir la pandémie actuelle comme une fatalité pour notre économie. Au contraire, certains experts, à l’instar
de Boufrik Moussa, considèrent la crise sanitaire comme une véritable opportunité de relancer la machine économique du pays et
repenser de fond en comble notre modèle de développement en l’axant davantage sur l’investissement, l’innovation et la
production nationale pour sortir du joug de l’importation et de la dépendance internationale.

Un chemin certes long, mais que les entreprises, que l’état, que la nation est amenée à prendre en ces temps troubles et périlleux
de l’histoire.

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