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18/07/2012

Physiologie
de l’Appareil Digestif
Professeur Bruno BONAZ
Clinique Universitaire d’Hépato‐Gastroentérologie,
CHU de Grenoble

A partir d’un cours effectué en IFSI par R. RIGAL
Institut de Formation en Soins Infirmiers – 1ère Année
Année universitaire 2012 - 2013

Généralités

• La digestion est la fonction qui permet de dégrader les 
aliments d’origine animale ou végétale en éléments simples 
qui seront, après absorption digestive, utilisés soit pour leur 
pouvoir énergétique, soit comme éléments de base de 
construction plastique.
• La dégradation des aliments se fait par des moyens 
mécaniques et par des enzymes (salivaires, gastriques, 
pancréatiques, bactériennes coliques).

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Les différentes fonctions de l’appareil digestif

1. Motricité, grâce à laquelle les aliments subissent des 
transformations mécaniques qui les homogénéisent et les 
mêlent aux sécrétions digestives (notamment enzymatiques).
2. Sécrétion : transport d’eau, d’électrolytes, de substances 
depuis les cellules du tractus digestif vers la lumière digestive.
3. Digestion : située au niveau de l’intestin grêle (siège 
principal). Débute dès la mastication (sécrétion salivaire). 
Classiquement subdivisée en :
‐ digestion intra‐luminale (extra‐cellulaire): par les enzymes salivaires, 
gastriques, pancréatiques,
‐ digestion membranaire: par les enzymes de la bordure en brosse des 
entérocytes (l’entérocyte est la cellule absorbante de l’intestin grêle),
‐ digestion intra‐entérocytaire: par les enzymes situées à l’intérieur des 
entérocytes.

4. Absorption : Intestin grêle (siège principal)
– Résultante de flux permanents et abondants d’H2O et de 
substances dissoutes, de la lumière du tube digestif vers 
le milieu extra‐cellulaire et inversement  régulation 
du milieu intérieur.
– Para‐cellulaire : faible.
– Trans‐cellulaire :
• Pinocytose,
• Diffusion passive ("solvent drag"),
• Transfert par combinaison chimique : transporteur
– Transfert actif : énergie dépendante,
– Diffusion facilitée : énergie indépendante.

5. Immunité
– Muqueuse digestive :
• surface d’échange considérable,
• environnement riche en antigènes d’origine 
alimentaire, microbien ou virale.
– Tissu lymphoide associé à la muqueuse (MALT : "mucosa
associated lymphoid tissu"). 
– Comprend :
• Plaques de Peyer,
• Appendice,
• Nodules lymphoïdes isolés,
• Lymphocytes isolés dans la muqueuse (partie basale 
de la muqueuse) : 1 lymphocyte/ 6 entérocytes.
– IgA sécrétoires.

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Innervation

• Innervation extrinsèque 
motrice :
• Le système nerveux 
Nerf vague parasympathique est 
représenté pour la plus grande 
partie du tube digestif, par le 
nerf pneumogastrique (nerf 
vague ou X). La partie ano‐
rectale reçoit un contingent 
Parasymapthique sacré du parasympathique par 
sacré les nerfs pelviens
• Le système nerveux 
sympathique est représenté 
par les nerfs splanchniques

Le système nerveux 
sympathique : il 
contient des fibres pré‐
ganglionnaires, des 
relais ganglionnaires et 
des fibres post‐
ganglionnaires. Il est 
classiquement 
antagoniste du système 
nerveux para‐
sympathique

D’après Williams et Wilkins

• Innervation intrinsèque :
Le tube digestif contient un système nerveux intrinsèque (SNI) 
encore appelé "Petit Cerveau". Il s’agit d’un réseau nerveux 
continu de l’œsophage au canal anal. Il comprend 2 plexus 
nerveux situés dans la sous‐muqueuse (plexus sous‐muqueux) et 
entre les 2 couches musculaires (plexus myentérique).
Il assure une fonction intégrative au tube digestif c’est‐à‐dire un 
fonctionnement coordonné du tube digestif. Il comprend :
– Des récepteurs mécaniques, thermiques, chimiques,
– Des interneurones,
– Des motoneurones (Plexus) : voie finale commune.
Il assure l’initiation, la prolongation ou l’inhibition d’une activité 
sécrétoire ou motrice.
Le SNI est le support de multiples réflexes courts intra‐muraux.
Le SNI est connecté au système nerveux central par le système 
nerveux extrinsèque sympathique et para‐sympathique
classiquement antagonistes.

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Organisation anatomique du système nerveux intrinsèque (SNI)
(D’après Furness JB et Costa) 

La mastication

• C’est l’ensemble des mouvements volontaires de la mâchoire, 
de la langue, et des joues qui entraîne la dilacération des 
aliments.
• Les aliments sont broyés par les dents et ramollis.
• La langue mélange les aliments à la salive et malaxe les 
aliments, ce qui augmente l’hydratation du bol alimentaire et 
le contact avec les enzymes salivaires (amylase et lipase 
salivaires) qui vont débuter la digestion des aliments.
• Elle joue le rôle d'une spatule naturelle. Constitution du bol 
alimentaire.
• La sécrétion de salives est augmentée par la stimulation du 
para sympathique (X),  le nerf facial (VII), le nerf glosso 
pharyngé (IX) via les baro et chémorécepteurs.

La langue

• Un bourgeon gustatif est 
formé d'un amas de 50 à 
100 cellules de trois types: 
les cellules de soutien, les 
cellules gustatives et les 
cellules basales 

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Les dents

• La salive est produite par 3 paires de 
Sécrétion salivaire glandes : Le volume quotidien de 
salive produite est compris entre 
1000 et 1500 ml.
• Les glandes parotides situées en 
avant et en dessous des oreilles.
• Les glandes sublinguales situées dans 
la partie antérieure du plancher 
buccal.
• Les glandes sous‐maxillaires. situées 
Glande Parotide sous la mâchoire.
• Ces glandes sont formées en 
Langue bouquets d’acini reliés au canal 
Glande 
excréteur : le canal de Sténon pour la 
Sous Maxilaire Glande  parotide (face interne des joues), le 
Sublinguale canal de Wharton pour les glandes 
sous‐maxillaires (plancher de la 
bouche des deux côtés de la langue).
• La sécrétion salivaire est 
essentiellement réflexe nerveuse, 
déclenchée par la présence 
d’aliments dans la bouche.

Le Rôle de la salive

Composée à 99% d’eau (+ électrolytes Na/K et bicarbonates). 
Débit : 1‐1,5l par jour
• Effet lubrifiant sur le bol alimentaire,
• Digestion de l’amidon (amylase salivaire),
• Hydratation du bol alimentaire,
• Solubilisation des substances qui vont donner le goût à 
l’alimentation.
• Rinçage de la bouche et effets antiseptiques.
• Les enzymes salivaires :
‐ L’amylase salivaire : elle agit à un pH optimum de 6,9 
proche du pH salivaire et conserve une certaine activité (de 
courte durée) dans l’estomac. Elle coupe les liaisons 
glucidiques alpha 1‐4 glucosidiques de l’amidon et du 
glycogène,

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Le Rôle de la salive

‐ La Lipase linguale : agit en l’absence de sels biliaires et à pH 
2,2 à 5, c.a.d. conditions qui sont celles de l’estomac. Substrat 
préférentiel : triglycérides à chaîne moyenne abondants dans 
le lait. Digère 10‐30% des lipides de la ration.
• Le lysozyme : petite protéine glycolytique qui a un rôle 
antiseptique. 
• Les mucines salivaires : Grosses molécules qui donnent à la 
salive sa viscosité.
• Les immunoglobulines (IgA)

La déglutition
• C’est l’ensemble des phénomènes 
mécaniques qui conduit les aliments 
de la bouche à l’estomac. Elle 
comprend 3 temps : buccal, 
pharyngien, œsophagien.
• ‐ Temps buccal : phase volontaire, 
bouche fermée, pointe de la langue 
en contact avec la partie antérieure 
du palais. En un mouvement avant 
vers arrière la base de la langue 
s’élève et fait basculer le bol dans le 
pharynx,
• ‐ Temps pharyngien : très court, arrêt 
de la ventilation (apnée), fermeture 
de l’orifice postérieur des fosses 
nasales par élévation du voile du 
palais. Le larynx bascule en haut et en 
avant. L’épiglotte se rabat en auvent 
et les cordes vocales se ferment

L’œsophage
‐ Temps œsophagien : le bol 
alimentaire déclenche un 
mouvement péristaltique 
(contraction simultanée de la 
couche musculaire circulaire et 
longitudinale) propagé sur 4‐8 cm 
de long très efficace.

L’œsophage est fermé par un 
sphincter, le cardia,  qui s’oppose 
au reflux de liquide acide gastrique 
dans l’œsophage (reflux gastro‐
œsophagien).

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L’estomac
Structure de l’estomac :
L’estomac est une poche en forme 
de « J » constitué de 3 parties :
‐ Grosse tubérosité : (fundus), partie 
supérieure qui correspond à la 
poche d’air,
‐ Corps : partie moyenne, épaisse,
‐ Antre et région pylorique, fibres 
musculaires lisses très développées.
Fonctions de l’estomac :
‐ Sécrétion d’HCl,
‐ Vidange gastrique.
L’estomac assure la distribution 
régulière des aliments à l’intestin    
grêle.

Cardia

• Cellules à mucus
FUNDUS/ • Cellules pariétales (HCl, FIC)
CORPS • Cellules principales (Pepsinogène)
• Cellules endocrines (5 HT, Somatostatine)

Pylore • Cellules à mucus

FUNDUS ANTRE • Cellules à Gastrine (cellules G)


• Cellules à Somatostatine (cellules D)
• Fibres peptidergiques
Cellules à 
mucus ANTRE
Cellules à 
mucus

Muqueuse
Cellules 
principale
s

Cellules 
Cellules 
pariétale à gastrine
s
Muscularis 
mucosae
Sous
Muqueuse

Circulaire interne Glandes
Musculaire
Longitundinale  externe
Musularis
Séreuse
mucosae

Rôle de l’estomac
• Outre sa fonction de rétention des aliments ingérés, 
l’estomac poursuit la dégradation des aliments. Il déverse 
ensuite le chyme ainsi produit dans l’intestin grêle selon le 
rythme approprié.
• La digestion des protéines est pratiquement le seul type de 
digestion à se produire dans cet organe. La plus importante 
enzyme élaborée par la muqueuse gastrique est la pepsine. 
Chez l’enfant une enzyme supplémentaire est présente dans 
l’estomac, le lab‐ferment qui permet la coagulation du lait 
par précipitation de la caséine digérée. 
• L’estomac présente une fonction importante : c’est la 
sécrétion du facteur intrinsèque de Castle (FIC) indispensable 
pour l’absorption de la vitamine B12 au niveau de l’intestin 
grêle terminal (iléon) : indispensable à la maturation des 
globules rouges : anémie pernicieuse. 

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Musculature de l’estomac
• Elle comporte 3 couches de fibres musculaires lisses : 
longitudinale externe, circulaire interne, et une couche 
moyenne oblique qui limite la distension de l’estomac dans le 
plan vertical.

• Au niveau du pylore, un épaississement des fibres constitue 
un sphincter anatomique.

• Le malaxage (mélange et mise en contact du bol alimentaire 
et des sucs digestifs). Le bol séjournera pendant environ 3 
heures dans l'estomac avant de continuer sa route.

Innervation de l’estomac
• La musculeuse de l’estomac est innervée par un système 
nerveux intrinsèque (effet pacemaker).

• Les branches du nerf pneumogastrique (X) constituent 
l’innervation extrinsèque /parasympathique dont l’effet est 
d’accroître la motricité et le tonus.

Physiologie de la digestion gastrique
• Quand l’estomac est vide, les ondes péristaltiques sont de 
faible amplitude. Le pylore est ouvert. Les parois sont 
appliquées l’une contre l’autre.
• Lors d’un repas, l’estomac se laisse distendre. Les aliments 
traversent l’estomac jusqu’à l’antre et s’y déposent selon un 
gradient de densité.
• Quand l’estomac est plein, des contractions superficielles les 
« systoles » antrales poussent une partie du chyme 
alimentaire à travers le pylore. 
• Dès que l’onde passe sur le pylore, celui‐ci se ferme et 
empêche un retour du chyme vers l’estomac. 
• L’évacuation est sélective et biphasique : les liquides et le 
chyme sont évacués rapidement. Les fragments solides sont 
retenus (1 mm) et broyés au niveau de l’antre. Les graisses 
sont évacuées en dernier.

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Physiologie de la sécrétion gastrique

• Contenu cellulaire de l’estomac :
‐ Cellules principales : contiennent le pepsinogène, forme 
inactive de la pepsine, enzyme protéolytique.
‐ Cellules bordantes ou pariétales : sécrètent l’acide 
chlorhydrique et le FIC.
‐ Cellules à mucus : sécrète du mucus, qui protège la paroi 
gastrique et facilite le coulissement des aliments.
‐ Cellules sécrétant la gastrine (cellules G) qui stimule la 
sécrétion d'HCl par les cellules pariétales situées dans le fundus. 
‐ Cellules à somatostatine (cellule D).
‐ Cellules à sérotonine (le facteur entraînant une vasodilatation
des vaisseaux sanguins, neuromodulateur du système nerveux 
central et présent dans le tube digestif).

Rôle de la sécrétion acide (HCl) gastrique

• Stérilise le contenu gastrique et décontamine l’intestin grêle.
• Transforme le pepsinogène (l’active) en pepsine.
• Transforme le fer ferreux en fer ferrique.
• Ionise le calcium (absorption facilitée).

Mécanisme de la sécrétion acide (HCL)
1. Les cellules pariétales génèrent un gradient de concentration en ions 
H+ considérable entre le plasma et la lumière gastrique.
2. La concentration est constante. Le débit de sécrétion varie en 
fonction de la présence sur les récepteurs situés à la partie basale de 
la cellule pariétale de : l’acétylcholine, la gastrine et l’histamine qui 
tous les 3 stimulent la sécrétion acide.
3. La pompe H+ K+ ATPase dépendante. Elle est située au pôle apicale 
des cellules pariétales. C’est elle qui est inhibée par les inhibiteurs de 
la pompe à protons (IPP), puissants anti‐sécrétoires acides gastriques 
utilisées dans le traitement de l’ulcère gastro‐duodénal et de 
l’œsophagite de reflux (RGO).

Commande de la sécrétion gastrique
Pendant le repas : 3 phases
1. Phase céphalique : réflexe vagal (X). La vue, l’odorat et la mastication 
des aliments stimule la sécrétion acide et de pepsine. Mise en évidence : 
repas fictif.
2. Phase gastrique : la distension du fundus et de l’antre stimule les 
cellules pariétales et les cellules G. Les peptones, issus de la dégradation 
des protéines par la pepsine, stimulent la sécrétion acide. Le nerf vague 
stimule les cellules pariétales et les cellules G (synergie vago‐
gastrinique). Il y a une phase stimulante première puis une phase 
inhibitrice secondaire (l’augmentation d’acide inhibe les cellules 
pariétales). Mise en évidence : gastrostomie.
3. Phase intestinale : stimulante initialement par la libération de gastrine 
duodénale (il y a également des cellules G dans le duodénum) puis 
ensuite essentiellement inhibitrice. La présence d’acide dans le 
duodénum stimule la libération de sécrétine par le duodénum qui inhibe 
la sécrétion acide gastrique.

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Le vomissement

• La présence de toxines bactériennes, d’agents irritants : 
alcool, épices, vont faire naître des influx sensitifs qui gagnent 
le centre du vomissement dans le bulbe rachidien, via le nerf 
vague, ce qui va induire des réactions motrices : 

– contractions des abdominaux et du diaphragme, 

– relâchement du sphincter œsophagien inférieur, 
relèvement du palet mou pour boucher les fosses nasales, 

– le contenu de l’estomac est repoussé vers le haut : 
œsophage, pharynx, bouche. 

L’intestin grêle

Intestin grêle

Anatomie fonctionnelle de l’intestin grêle

• L’intestin grêle comprend :
‐ Le duodénum : 30 cm de long, qui mélange les aliments avec 
les sécrétions pancréatique et biliaire. L’absorption passive 
par équilibration osmotique, rapide et peu régulée et 
intéresse surtout les glucides, l’eau et électrolytes,
‐ Le jéjunum : 3 à 4 m de long, absorption des glucides, des 
lipides et des protides, lieu de mouvements hydro‐
électrolytiques,
‐ L’iléon : 1 m de long, absorption spécifique de la vitamine B12 
et des sels biliaires à la fin de l’intestin grêle (iléon terminal).

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• Généralités
‐ L’intestin grêle est le siège principal de l’absorption des 
nutriments. La cellule absorbante est l’entérocyte,
‐ L’absorption est la résultante de flux permanents et abondants 
d’eau et de substances dissoutes de la lumière vers le milieu 
extracellulaire et vice‐versa,
‐ Le débit liquidien duodénal est de 10 l/jour avec une 
absorption nette de 9l/jour dans l’intestin grêle (1l/jour 
atteint le colon).

• Surface d’échange
‐ Superposition de plis avec 
augmentation de la 
surface d’échange x 600,
‐ Valvules conniventes, 
villosités, microvillosités 
(bordure en brosse des 
entérocytes) : 200 m2,
‐ L’absorption dépend des 
villosités et peu de la 
longueur de l’intestin : 
atrophie villositaire 
(maladie cœliaque) 
versus résection 
intestinale.

Les villosités intestinales

• Les nutriments, molécules


résultantes de la digestion,
traversent la membrane au
niveau des microvillosités
présentes sur une des
faces de ces cellules (pôle
apical),
• Cette traversée de la
membrane cytoplasmique
s'effectue par diffusion
passive ou par des
transports actifs,
nécessitant de l'énergie et
des structures moléculaires
et enzymatiques adéquates.

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Le Rôle des entérocytes

• Les entérocytes sont les cellules les plus internes de l'intestin


grêle, celles qui sont en contact avec le chyme. Leur principale
fonction est de permettre le transit sélectif des nutriments de la
lumière de l'intestin grêle vers le milieu intérieur en passant par
le sang,

• Ces cellules forment un épithélium dans lequel les cellules sont


liées entre elles par des jonctions serrées ("tigh junctions").
Puis les nutriments traversent l'entérocyte et sortent au niveau
de la membrane basale dans le milieu intercellulaire, puis ils
passent dans les capillaires sanguins. Les glucides et les
protides passent par le système porte pour aller au foie et les
lipides par le réseau lymphatique pour rejoindre ensuite la
circulation sanguine.

Digestion‐absorption des hydrates de carbone

• Les glucides alimentaires : amidons et cellulose.

• Les processus de digestion. La digestion des sucres débute 
sous l’action des amylases salivaires puis pancréatiques qui 
clivent les amidons en oligosaccharides et disaccharides. La 
cellulose est résistante aux amylases.  Action des 
disaccharidases : hydrolyse en glucose et fructose.

• Absorption et diffusion passive intercellulaire et 
intracellulaire.

Digestion‐absorption des protéines
Origine :
• Exogène : 70 à 100 g par jour.
• Endogène : enzymes et glycoprotéines salivaires, gastriques, 
pancréatiques, intestinaux (35g/j) et biliaires (10g/j).
Digestion intra‐luminale :
• Digestion incomplète par l’action des enzymes gastriques (pepsine) et 
pancréatiques : production d’acides aminés et de peptides.
Digestion entérocytaire
• Au niveau de la bordure en brosse de l’entérocyte (enzyme de la 
bordure en brosse). Clivées en acides aminés et di‐tri‐peptides absorbés 
à travers la membrane. Il y a aussi une digestion intra‐entérocytaire.

Absorption intestinale des acides aminés :
• Au niveau de l’intestin proximal.
Absorption intestinale des peptides
Devenir intra‐cellulaire des peptides et acides aminés, de l’entérocyte 
vers le sang portal (veine porte).

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Digestion‐absorption des lipides

Origine :
• 60 à 150 g par jour de lipides constitués de triglycérides (80%), 
de phospholipides et de cholestérol.

Digestion intra‐luminale :
• Dans l’intestin, les triglycérides sont soumis à l’action de la 
lipase pancréatique, dégradés en mono‐acylglycérol et acides 
gras,
• La digestion des phospholipides est uniquement intestinale, 
• Les esters de cholestérol sont hydrolysés.

Absorption et transformation entérocytaire :
• Diffusion passive des acides gras et des mono‐acylglycérrols.

Absorption des vitamines

Vitamines liposolubles (A D E K)
Vitamines hydrosolubles
‐ Vitamine C
‐ Vitamine B1 B2 B6 avec les protéines
‐ Vitamine B12 : indispensable à l’érythropoïèse +++

Absorption du fer et du calcium

• Seule porte d’entrée : intestin. Perte obligatoire de 1 mg/j 
donc besoin de 1 mg/j. Sous forme de Fe+++ (ferrique)
• Absorption du calcium. Les apports quotidiens varient entre 
400 et 1000 mg. HCl gastrique permet la solubilisation du 
calcium (CaCl2)

Le colon

Colon proximal : Cæcum,


colon droit et moitié du colon
transverse.
Vascularisation : artère
mésentérique supérieure.
Le colon
Rôle : absorption d’eau et
électrolytes.
Colon distal : transverse,
colon gauche, sigmoïde et
rectum.
Vascularisation : artère
mésentérique inférieure.
Rôle : stockage et évacuation
des déchets de l’alimentation.

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Absorption d’eau et d’électrolytes
• Contrôle du volume et composition ionique des selles, 
absorption de Na+ et Cl‐ et sécrétion de K+ et HCO3‐. 
Conséquence : 
Réabsorption d’eau avec concentration des matières fécales : 
– 100mmol/L Na+ dans le cæcum à 10 mmol/L Na+ dans le 
rectum,
– 1 litre de débit liquidien dans le cæcum à 0,1 Litre dans le 
rectum.
• Absorption de Na : Na K ATPase , couplé avec absorption d’eau.
• Sécrétion de K+ : canaux potassiques.

Marge de sécurité : le colon peut absorber
‐ 2500 ml d’H2O,
‐ 400 mmoles de Na+,
‐ 560 mmoles de Cl‐.

Activité métabolique du colon
importance de la flore microbienne
• 99% des bactéries de l’organisme.

• De 1 millier à 1 million dans le grêle à 1milliard/ml dans le cæcum 
et mille milliard dans le colon gauche.

• Bactéries anaérobies dans le colon et aérobies dans le grêle.
• Les bactéries coliques dégradent les protéines endogènes issues 
de la desquamation cellulaire grâce à des peptidases 
bactériennes : dégradation en acides aminés et désamination ou 
décarboxylation avec production d’ammoniac ou d’amines 
volatiles. 

Activité métabolique du colon

• Les glucides non absorbés par l’intestin grêle sont dégradés 
par fermentation sous l’action des bactéries coliques (gaz 
intestinaux) pour former des acides gras à chaine courte 
(AGCC). 

Les Acides gras à chaînes courte (AGCC) : 
‐ Acide acétique,
‐ Acide propionique,
‐ Acide butyrique.
• Ce sont des anions qui sont absorbés par le colon (en 
favorisant l’absorption de Na+). Ils participent aux besoins 
métaboliques des cellules épithéliales coliques (les 
colonocytes).

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Les fibres alimentaires

• Composants d’origine végétale résistants aux enzymes 
digestives   arrivent dans le colon intacts :
‐ polysaccharides : cellulose, hémicellulose, pectines,
‐ polyphénols : lignine, tanins, gommes et mucilages.
• Ration alimentaire : 0 150 g/j. La quantité ingérée 
inversement proportionnel au revenu social.
• Digestibilité :
‐ apport énergétique négligeable,
‐ hydrolyse dans caecum,
‐ dégradation : 40 % cellulose, 60 % hémicellulose, 30 % 
lignine.
 production H2O, CO2, AGCC

Les fibres alimentaires

• Propriétés physiques :
‐ Rétention d’eau  augmentation du volume fécal,
‐ Echange de cations (liaisons sels métalliques), oligoéléments 
(Fe, Zn),
‐ Adsorption de composés organiques (sels biliaires).
• Propriétés physiologiques :
‐ Augmentation de la vitesse de transit : application 
thérapeutique (son),
‐ Intérêt dans le traitement de la constipation.

Gaz intestinaux

• Volume : nombre  13  6/j ; 200  2000 ml/j,

• Production post-prandiale > production à jeun,

• Origine : air avalé + production in situ


 Azote, H2, CO2, CH4

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Motricité du colon

Résultat global :

• Activité irrégulière de contractions non propagées 
entrecoupées de période de quiescence (permet le tassement 
des matières fécales),

• Avant le réveil et après le repas : contractions segmentaires 
et propulsives durant une à deux heures vers le colon 
sigmoïde, 

• La motricité colique est stimulée par les repas (réflexe gastro‐
colique).

Défécation

• Le rectum est habituellement vide mais quand les matières 
fécales sont poussées par les mouvements de masse, il y a 
déclenchement du réflexe de défécation. Ce réflexe provoque 
la contraction des parois du sigmoïde et du rectum et induit le 
relâchement des sphincters interne de l’anus. 

• Le sphincter externe également relâché par ce réflexe pourra 
être maintenu contracté par le système nerveux volontaire 
(défécation différée). 

Réflexes recto‐sphinctériens

Une distension brève du rectum (5‐40 ml d’air) entraine :
‐ Réflexe recto‐rectal (RRR) : contraction rectale propulsive,
‐ Réflexe recto‐anal inhibiteur (RRAI) : relaxation du sphincter 
interne (muscle lisse). Absent dans la maladie de la 
Hirschsprung (mégacolon aganglionnaire), 
‐ Réflexe recto‐anal excitateur (RRAE) : contraction du 
sphincter externe (muscle strié).
Persiste chez l’Homme spinal (section de moelle).
Disparaît après anesthésie de la muqueuse rectale.
Volume maximal tolérable (VMT) par le rectum = 300 ml  
VMT →  relaxa on sphincter interne et externe  →  déféca on
Voie afférente : nerf pelvien.
Voie efférente : nerf honteux  →  RRAE. 
RRR et RRAI : réflexes intra‐muraux ← dépendent du système 
nerveux intrinsèque (petit cerveau du tube digestif).

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Le foie : généralités
• Le foie est placé comme un filtre sur la circulation sanguine 
avec 2 entrées et 2 sorties. Richement vascularisé, il reçoit 25 
% du débit cardiaque.

• Deux entrées : 2/3 de la veine porte et 1/3 de l’artère 
hépatique.

• Deux sorties : 3 veines sus‐hépatiques (se jettent dans la VCI) 
et canaux biliaires (voie biliaire principale et cholédoque).

• Trois types de fonctions :
‐ Filtration – détoxification (cellules de Kupffer),
‐ Synthèse – excrétion (dans hépatocytes veine porte 
nutriments vers artère hépatique (02)),
‐ Sécrétion biliaire (digestion).

Vascularisation du Foie

• Le foie est la glande la plus 
volumineuse de l'organisme 
qui assure plusieurs fonctions 
importantes. Il est très 
richement vascularisé, ce qui lui 
confère une couleur rouge 
foncée. Un litre et demi de sang 
traverse cet organe chaque 
minute. Le foie est alimenté en 
sang artériel oxygéné par 
l'artère hépatique, il reçoit en 
outre par la veine porte le sang 
provenant de l'ensemble du 
tube digestif.

• Les hépatocytes sont situés 
dans le foie. Ils assurent de 
nombreuses fonctions 
métaboliques : 
‐ la synthèse et phosphorylation 
du glycogène, 
‐ la néoglucogenèse (synthèse 
du glucose à partir de 
précurseurs non‐glucidiques),
‐ la dégradation de 
l'hémoglobine et la sécrétion 
exocrine de bile, 
‐ le traitement de nombreuses 
substances toxiques dont 
l'alcool.

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Les glucides

• La fonction glycogènique du foie assure le maintien d'une 
glycémie normale (taux normal de glucose sanguin = 1 gr par 
litre); selon les besoins de l'organisme, le glucose sanguin est 
stocké dans l'hépatocyte sous forme de glycogène 
(glycogénogenèse) et, inversement, le glycogène 
intracellulaire peut être catabolisé (glycogénolyse) en glucose 
libéré dans le sang.
• Ces mécanismes biologiques sont régulés par des hormones : 
l'insuline, hormone hypoglycémiante, stimule la 
glycogénogenèse alors que le glucagon, hormone 
hyperglycémiante, favorise la glycogénolyse. 
• La néoglucogenèse est la capacité de transformer les protides 
(acides aminés) et les lipides (acides gras) en glucose. 

Les lipides
• L'hépatocyte transforme les chylomicrons en lipoprotéines 
plasmatiques circulant librement dans le sang et assimilables 
par les tissus de l'organisme.  A partir des lipides provenant 
des chylomicrons et des acides gras apportés par la veine 
porte, il fabrique des "lipides de structure" pour son propre 
compte, mais aussi des lipides utiles à l'organisme, "lipides de 
réserve" et cholestérol
• Les acides biliaires :(taurocholique et glycocholique ): 
l'hépatocyte synthétise les acides biliaires. Ces acides biliaires 
(ou sels biliaires) sont indispensables à la réabsorption des 
lipides dans l’intestin grêle.

Les protides

• Les acides aminés puisés dans les capillaires (<= veine porte)
permettent à l'hépatocyte d'assurer la synthèse de 
nombreuses protéines. Des protéines de structure, 
l'albumine, des facteurs de coagulation tels que le 
fibrinogène et la prothrombine.

• La sécrétion des protéines est un phénomène continu.

• La désamination des acides aminés entraine la formation 
d'urée transportée par voie sanguine jusqu'aux reins. 

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La fonction anti‐toxique de l'hépatocyte

• Outre la formation de l'urée, l'hépatocyte permet la 
détoxication de nombreuses substances. 

• Grâce à des mécanismes biologiques de conjugaison,  sont 
neutralisés divers médicaments (ex. les barbituriques), les 
stéroïdes (hormones génitales). 

La sécrétion exocrine de l'hépatocyte 

• La bile est un liquide légèrement 
alcalin, composé surtout d'eau, 
d'acides biliaires, de pigments 
biliaires et de cholestérol.
• Elle est drainée par les voies 
biliaires intra‐hépatiques 
(canalicules biliaires => passages 
de Hering => canaux biliaires 
périlobulaires => canaux des 
espaces portes) qui se réunissent 
• 1 Artère  à la sortie du foie en deux canaux 
biliaires confluant dans le canal 
• 2 Canaux biliaires  hépatique droit et gauche.

• Les voies biliaires extra‐hépatiques 
sont formées de la voie biliaire 
principale, le cholédoque, et de la 
voie biliaire accessoire (canal 
cystique et vésicule biliaire). 
• La bile arrive dans le duodénum 
par le canal cholédoque au niveau 
de l'ampoule de Vater cernée par 
un sphincter lisse, le sphincter 
d'Oddi.
• La sécrétion hépatique de bile est 
un phénomène continu. La bile est 
emmagasinée et concentrée dans 
la vésicule biliaire. La contraction 
de la vésicule et le relâchement du 
sphincter d’Oddi, sous l’action de 
la cholécystokinine (CCK) 
duodénale, libèrent le flux biliaire 
dans le duodénum. 

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• Ces phénomènes (discontinus) sont sous le contrôle du système 
nerveux autonome et d'une hormone duodénale, la 
cholécystokinine (CCK), dont la libération est provoquée par 
l'apport alimentaire de lipides dans le duodénum. 
• Les acides biliaires émulsionnent les graisses et les vitamines 
liposolubles, émulsion qui va permettre leur digestion par la 
lipase pancréatique.
• Une grande quantité d'acides biliaires est réabsorbée, 
déconjuguée par les entérocytes et ramenée au foie par la veine 
porte = cycle entéro‐hépatique.
• Les pigments biliaires sont déconjugués dans le gros intestin (en 
urobiline) et seront éliminés avec les fèces.

Pancréas exocrine
• Sécrète un liquide clair : environ 
1 à 1,5/jour. 
• Contient de l’eau, des enzymes, 
des électrolytes : ions 
bicarbonates ++++ dans le 
duodénum, par le canal de 
Wirsung.
• Le pH élevé permet de 
neutraliser l’acidité gastrique. 
• Les enzymes protéiques : elles 
sont secrétées sous forme 
inactive (pro‐enzyme) pour ne 
pas digérer le pancréas et elles 
seront activées dans l’intestin 
grêle sous l’effet de la trypsine 
(enzyme pancréatique).

Rôle du pancréas
• Le pancréas contient des enzymes qui vont assurer l’essentiel de 
la digestion des aliments présents dans la lumière de l’intestin 
grêle.
• Il s’agit d’enzymes :
– lipolytiques (lipase et co‐lipase),
– glycolytiques (amylase),
– protéolytiques (trypsine).
• La sécrétion enzymatique pancréatique va être libérée sous 
l’action de la CCK (libérée par l’arrivée duodénale des glucides‐
lipides‐protides en provenance de l’estomac).
• Le pancréas sécrète également une sécrétion hydro‐
bicarbonatée, sous l’action de la sécrétine duodénale, dont le 
but va être de "tamponner" la sécrétion acide gastrique 
déversée dans le duodénum. 

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Pancréas endocrine

• Comme toutes les glandes endocrines, le pancréas synthétise des 
produits de sécrétion qui sont libérés dans la circulation sanguine :
‐ L'insuline : hormone hypoglycémiante, 
‐ Le glucagon : hormone hyperglycémiante.
• Le glucagon et l'insuline sont donc deux hormones nécessaires à la 
régulation de la glycémie. 
• Le glucagon et l'insuline sont produits au niveau des îlots de 
Langerhans, situés au niveau de la queue du pancréas. 
• Le glucagon accélère la glycogénolyse. L'insuline fait l'effet 
contraire, car elle favorise la glycogénogénèse.

Conclusion

• L’appareil digestif a plusieurs fonctions indispensables 
(motricité, digestion, absorption, sécrétion, immunité) qui 
sont liées entre elles.
• Toutes anomalies d’une de ces fonctions retentit sur les 
autres. Par exemple, une anomalie de la motricité de l’intestin 
grêle entraine une pullulation microbienne du grêle, une 
maldigestion et une malabsorption.
• L’estomac a une fonction de sécrétion d’acide, qui sert à 
"décontaminer" l’intestin grêle, et une fonction motrice de 
brassage et de réduction de la taille des aliments ingérés pour 
les délivrer à l’intestin grêle.
• L’intestin grêle est le siège principal de la digestion et de 
l’absorption des aliments mais également de l’absorption 
d’eau, d’électrolytes, de vitamines.

• Le colon assure la réabsorption d’eau et d’électrolytes. Il a 
également une activité métabolique (synthèse d’acides gras à 
chaine courte) et produit les gaz intestinaux.
• Le pancréas a une fonction exocrine, caractérisée par la 
synthèse d’enzymes indispensables à la digestion des 
aliments, et une fonction endocrine intervenant dans la 
régulation de l’équilibre glycémique.
• Le foie a trois fonctions principales : une fonction d'épuration, 
une fonction de synthèse et une fonction de stockage.

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Institut de Formation en Soins Infirmiers – 1ère Année


Année universitaire 2012 - 2013

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