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Chapitre 1

La logique des propositions


1.1. Introduction
Une proposition est un énoncé déclaratif. C'est donc un énoncé susceptible de prendre la
valeur de vérité vrai ou bien la valeur de vérité faux, mais pas les deux à la fois. Exemple 1.1 :
• La terre est une planète.
• Le soleil est une étoile.
Les deux phrases ci-dessus sont des propositions qui sont toutes les deux vraies.
Une proposition peut prendre une forme affirmative ou négative. Exemple 1.2 :
• La terre est ronde, (forme affirmative)
• La terre n 'est pas ronde, (forme négative).
Une proposition peut être être la composition de plusieurs propositions élémentaires. La
valeur de vérité de l'ensemble est déterminée par la valeur de vérité de chacune des
propositions éléme^SLUCS. Exemple 1.3: Le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. Cette
proposition est la conjonction de deux propositions vraies : "le soleil se lève à l'est"
(proposition 1) et "le soleil se couche à l'ouest" (proposition 2). Elle est donc vraie.
Les énoncés dont on ne peut décider s'ils sont vrais ou faux, ne sont pas des propositions. I l en
est ainsi des énoncés interrogatifs ou impératifs. On peut au demeurant porter une
appréciation ou un jugement sur le bien fondé d'une question (ou d'un ordre), mais on ne peut
dire d'une question (ou d'un ordre) qu'elle est vraie ou fausse. Exemples!.4 :
• La baleine est-elle un mammifère?
• Prenez vos bagages!
Les énoncés déclaratifs ne sont pas tous des propositions. 11 existe en effet des énoncés
déclaratifs dont on ne peut décider de la véracité ou de la fausseté. On les appelle paradoxes.
Exemple 1.5 :
Un mot est autologique s'il possède la propriété qu'il dénote. Un mot est hétérologique s'il ne
possède pas la propriété qu'il dénote. Un mot est soit autologique, soit hétérologique.
Ainsi, le mot "français" est autologique : i l exprime la propriété d'être français et lui-même est
français. Le mot français "Anglais" est un mot hétérologique, car i l ne possède pas la
propriété qu'il exprime : celle d'être anglais. Considérons l'énoncé suivant : "le mot
hétérologique est hétérologique":
1. si l'énoncé est vrai, le mot hétérologique ne possède alors pas la propriété d'être l u i -
même hétérologique. I l est donc autologique (l'énoncé serait donc faux) ;
2. si l'énoncé est faux, le mot hétérologique serait autologique et posséderait par
conséquent la propriété d'être hétérologique, et l'énoncé serait donc vrai.
Nous ne pouvons donc pas décider de la véracité ou de la fausseté de l'énoncé.
Exemple 1.6 :
2 1. La logique des propositions.

Soit A l'ensemble de tous les ensembles qui n'appartiennent pas à e u x - m ê m e s : A : { X | X


g X ) . Considérons l'énoncé : A e A .
1. Si cet énoncé est vrai ( A e A ) , on en déduit que A g A . L'énoncé est donc faux.
2. Si l'énoncé est faux ( A g A ) , alors par définition de l'ensemble A , A e A . L'énoncé est
donc vrai.

1.2. L e langage propositionnel


Le langage propositionnel est c o m p o s é de formules représentant des propositions. A l'instar
des autres langages (le français par exemple), un langage pour le calcul propositionnel est
caractérisé par sa syntaxe et sa sémantique.

1.2.1. La syntaxe du langage propositionnel


La syntaxe d'un langage définit l'alphabet et les règles d'écriture (ou grammaire) des
expressions du langage. Elle ne s'intéresse pas à leurs sens.

1.2.1.1. L'alphabet
L'alphabet est c o m p o s é des symboles du langage. I l comporte :
1
• un ensemble d é n o m b r a b l e de variables propositionnelles ; nous conviendrons de les
désigner par des lettres majuscules éventuellement indicées de l'alphabet latin (P, Q,
••;)
• les connecteurs logiques : 1, A , V , —»,
• les parenthèses : " ( " , " ) " .
On lira les connecteurs de la façon suivante :
l P : se lit «o« P. Indique la négation de P.
P A Q : se lit P et Q . Indique la conjonction de P et de Q .
PvQ : se lit P ou Q. Indique la disjonction de P et de Q.
P - > Q : on peut le lire : "P implique Q", "si ? alors Q", "Q si P", "P seulement si Q". Indique
l'implication de Q par P.
P <-» Q : se lit P si et seulement si Q, ou encore "Q si P et P seulement si Q".

1.2.1.2. Les règles d'écriture


Les règles d'écriture précisent la manière dont nous assemblons les symboles de l'alphabet
pour former les expressions bien formées (ou formules) du langage propositionnel. Dans les
règles suivantes, nous conviendrons de désigner les formules par des lettres de l'alphabet
grec.
r l . toute variable propositionnelle est une formule •
r2. si a est une formule, l a est une formule ;
r3. si a et P sont des formules, les expressions
(a), (p), c t A p , a v p , a—»P, a <-» p sont des formules ;
r4. (règle de clôture) aucune autre expression n'est une formule du langage.

Les formules d'un langage sont celles qui sont écrites conformément aux règles d'écriture de
ce langage. Ainsi, P, Q, sont des formules (règle r l ) ; par application itérée de la règle r2, ~|P,
]Q, 1 ]P, 1 1 lP sont des formules ; par conséquent ]P v ] Q , P V ] R , 1P V 1Q - » P V ~|R sont
des formules (règle r 3 ) . . . . Les expressions (Pi -> (P2 1 P3)) et (P Q v ) ne sont pas des
formules.
I
1
Un ensemble dénombrable est un ensemble soit fini, soit infini dénombrable (un ensemble infini dénombrable
est un ensemble qui peut être mis en correspondance avec N).
m. La logique des propositions.

La règle r4 exclut de l'ensemble des formules du langage propositionnel toute formule qui ne
respecterait pas l'une ou l'autre des trois premières règles, c'est la raison pour laquelle on
l'appelle règle de clôture.
Définition. On appelle formule atomique ou atome une formule c o m p o s é e d'une variable
propositionnelle.

1.2.2. Priorité des connecteurs


On affecte chaque connecteur d'une priorité de manière à pouvoir se débarasser des
parenthèses superflues et améliorer ainsi la lisibilité des formules. Les connecteurs sont
appliqués dans l'ordre suivant : 1, A , V , —>, <->.
Le même connecteur est appliqué de gauche à droite lorsqu'il apparaît plusieurs fois dans une
formule. Exemples 1.7 :
1P A Q se l i t (1P) A Q
P A Q ->R se lit (P A Q) - > R
Pv QA R se l i t P v (Q A R)
Pv Qv R se l i t (P v Q) v R.

1.3. Sémantique du langage propositionnel


La sémantique s'intéresse au sens des mots et des énoncés. L'étude sémantique d'un langage
pour le calcul des propositions a pour but de donner une valeur de vérité aux formules du
langage. Elle est également appelée théorie des modèles.
La sémantique associe une fonction de valuation v: V P -»{V,F} à l'ensemble V P des
variables propositionnelles et une fonction de vérité unique ou fonction d'interprétation à
chaque connecteur logique. Le graphe de cette fonction est décrit par un tableau de vérité
(tableau 1.1 et tableau 1.2).

P PvQ P - > Q

>
Q PAQ P*»Q
p V v V V V V
V F V F F V F F
F V F V F V V F
Tableau 1.1. F F F F V V
Tableau 1.2.

A chaque formule a à « variables propositionnelles, i l correspond une fonction de vérité


unique de { V , F } " —» { V , F } où n désigne le nombre de variables propositionnelles qui
apparaissent dans la formule. Le graphe de cette fonction, est défini par un tableau de vérité à
2" lignes représentant la valeur de vérité de a pour chaque combinaison des valeurs de vérité
des variables propositionnelles. A titre d'exemple, le tableau 1.3 décrit la fonction de vérité de
la formule P v Q ^ R .

P Q R PvQ
V V V V
V V F F
V F V V
V F F F
F V V V
F V F F
/. La logique des propositions.

F F F
Tableau 1.3.

Remarque. La fonction de vérité du connecteur —» demande quelques éclaircissements. Le


"vrai" ne pouvant pas impliquer le "faux", nous comprenons aisément que la valeur de vérité
de P - » Q soit F lorsque les valeurs de vérité de P et Q sont respectivement V et F (ligne 2 du
tableau 1.2). Lorsque j'affirme : "S'il pleut je prends" mon parapluie", le seul cas o ù mon
affirmation est fausse est celui où j e sors sans mon parapluie par un jour de pluie. M o n
affirmation ne peut pas être démentie si l ' o n me voit avec ou sans parapluie par un j o u r où i l
ne pleut pas (lignes 3 et 4 du tableau 1.2).
Exemple 1.8 :

D M D si M D seulement si M
V V V V
V F V F
F V F V
F F v v

La proposition P : "je vais chez le docteur si je suis malade" ( D si M ) traduit le fait que la
proposition D ("je vais chez le docteur") est V si la proposition M ("je suis malade") est V .
Le seul cas o ù la valeur de vérité de P est F est celui o ù la valeur de vérité de M est V et celle
de D est F.
- - C e c i n'exclut pas.le fait que j e puisse aller chez le docteur,&ans que j e sois.malade (i-e dans le
cas où les valeurs de vérité de D et M sont respectivement V et F). Mais ceci exclut le fait que
je n'aille pas voir le docteur si j e ne suis pas malade. Nous traduirons cette proposition par M
->D
La proposition "je vais chez le docteur seulement si je suis malade" traduit le fait que j e ne vais
chez le docteur q u ' à la seule condition que j e sois malade. Cette proposition est démentie si j e
vais chez le docteur alors que j e ne suis pas malade. Nous l'écrirons : D - » M
La proposition " " je vais chez le docteur si je suis malade " et " seulement si je suis malade " ",
autrement dit : " je vais chez le docteur si et seulement si je suis malade " est représentée dans le
langage propositionnel par la formule :
( M - > D ) A ( M - > D ) ou plus simplement M <-> D

1.3.1. Satisfïabilité.
Y
Une formule a est satisfiable si et seulement si son tableau de vérité contient au moins une
ligne où la valeur de vérité de a est V . a est dite non satisfiable sinon. Les formules des
tableaux 1.1 et 1.2 sont toutes satisfiables. La formule ( P A Q ) A 1 ( P <-> Q ) est non satisfiable.
2
On généralise la notion de satisfïabilité à un ensemble de formules. Un ensemble de
formules Y - { a \ , a } est satisfiable, si et seulement si, étant d o n n é le tableau de vérité
n

des formules a i , a , i l existe au moins une ligne où les valeurs de vérité de a i ,


n a n

sont toutes V . U n ensemble de formules peut être assimilée à la conjonction des formules qui
le composent. L'ensemble { a i , a2,, . . . , a } est satisfiable si et seulement si la formule a i A
n

a2 A . . . A a „ est satisfiable.
Exemple 1.9 : l'ensemble { ( P A Q ) , ( P V Q ) , ( P - » Q ) , ( P < - > Q ) } est satisfiable. Considérer pour

Nous désignerons les ensembles de formules par les lettres majuscules de l'alphabet grecque.
5 /. La logique des propositions.

s'en convaincre la première ligne du tableau 1.4.


De ce qui précède, nous pouvons déduire qu'un ensemble de formules { a i , a } est non
n

satisfiable s'il n'existe aucune ligne où les valeurs de vérité de a i , an soient


simultanément à V. Exemple 1.10 : L'ensemble {(P A Q), (P v Q), (P -> Q), (P <-> Q), > } est
Lisatisfiable (tableau 1.4).

P Q PAQ PvQ P-»Q P*»Q lP p Q PAQ PAQ->Q

V V V V V V F V v V V
V F F V F F F V F F V
F V F V V F V F V F V
F F F F V V V F F F V
Tableau 1.4. Tableau 1.5.

1.3.2. Tautologie

Une formule a est une tautologie (et on note |= a) si et seulement si sa valeur de vérité est V
sur toutes les lignes de son tableau de vérité. La valeur de vérité de a est V indépendamment
de la valeur de vérité des variables propositionnelles qui la composent. Exemple 1.11 : |=
P A Q - » Q (tableau 1.5).

Si a -> P est une tautologie (|= a —> P), on dit de a qu'elle implique logiquement p.
Si a<-»P est une tautologie (|= a<-»p) a et p sont dites logiquement équivalentes et on note : J

a = p.

LemmÊ 1.1. Une formule a est une tautologie si et seulement si l a est non satisfiable.
Démonstration
=>) Si |= a alors 1 a est non satisfiable.
Supposons que 1 a soit satisfiable. I l existerait alors au moins une ligne du tableau de vérité
d e l a où la valeur de vérité de 1 a est V. Sur la m ê m e ligne, la valeur de vérité de a est donc
F. Ce qui est ^nntradict<&#^avec l'hypothèse (|= a).
<=) Si 1 a est non satisfiable alors |= a
Supposons que a ne soit pas une tautologie. I l existerait alors au moins une ligne de son
tableau de vérité o ù sa valeur de vérité est F. Sur la m ê m e ligne, la valeur de vérité de 1 a est
donc V. Ce qui est en contradiction avec l'hypothèse 1 a est non satisfiable.

1.3.3. C o n s é q u e n c e logique

Un énoncé E ' est conséquence logique d'un autre énoncé E si E ' est vrai toutes les fois que E
est vrai. En langage propositionnel, une formule p est conséquence logique d'une formule a
(on note a |= P), si et seulement si, étant d o n n é le tableau de vérité de a et p, la valeur de
vérité de p est V sur toutes les lignes où la valeur de vérité de a est V. De manière générale,
une formule p est conséquence logique d'un ensemble de formules { a l , « 2 , <*n) (on
note a i , a n | P) si et seulement si étant donné le tableau de vérité de a i , ....,a
— n et p,
la valeur de vérité de p est V sur toutes les lignes où les valeurs de vérité de a i , ~..,a n sont

3
A ce stade de notre étude du calcul propositionnel, l'étudiant saura distinguer une expression du langage objet
(le langage propositionnel) et une expression du métalangage. Les symboles que nous avons introduits pour
indiquer qu'une formule est une tautologie, ou que deux formules sont logiquement équivalentes, appartiennent
au métalangage. Par conséquent, les expressions |= a —> p et a = P ne sont pas des formules du langage objet.
6 /. La logique des propositions.

toutes à V . On ne s'intéressera pas aux lignes du tableau de vérité sur lesquelles la valeur de
vérité d'une formules a j au moins est F.
Exemple 1.12 : P - > Q, ] Q |= ] P (Tableau 1.6)

p Q lQ P-+Q IP
V V F V F
V F V F F
F V F V V
F F V v v
Tableau 1.6

Nous pouvons déduire de la définition qui p r é c è d e qu'une formule P n'est pas conséquence
logique d'un ensemble de formules Y = { a i , a } , si étant donné le tableau de vérité de
n

a i , a n et p, i l existe au moins une ligne o ù les valeurs de vérité de a i , a n sont toutes


V et la valeur de vérité de P est F. Ainsi, lQ n'est pas conséquence logique de {P —> Q, 1 P}
(ligne 4 du tableau 1.6) ; sur cette ligne les valeurs de vérité de P - » Q et ] P spnt toutes les
deux V et la valeur de vérité de 1 Q est F.
Nous écrirons T | ^ P pour dire que la formule p n'est pas conséquence logique de Y.

S'il n'existe aucune ligne du tableau de vérité o ù les formules a i , a n de vérité soient
simultanément à V , nous pouvons dire de n'importe quelle formule du langage qu'elle est
conséquence logique de a i , a n .

P¥ôposîtfôn 1.1. La relation « conséquence logique T»-est-transitives •:


Si Y |= p et si Y, p |= y alors Y \=y
Démonstration en exercice

Théorème 1.1.

au..., a n |= P ¿7' et seulement si a i , a n - i |= a —» P


n

La partie gauche du théorème indique que P est conséquence logique de { a i , a n } ; la partie


droite indique que a —» P est conséquence logique de { a i , a „ . | } .
n

Démonstration (par l'absurde)


=>) si a i , a |= p alors a
n a . i |= a - > p
h n n

On suppose que la partie droite est fausse (i-e a —» P n'est pas conséquence logique de n

ai,...,a -i). Dans ce cas, la valeur de vérité de a —» P serait F sur au moins l'une des lignes du
n n

T V o ù les valeurs de vérité de a i , a - i sont simultanément V . Sur la m ê m e ligne, la valeur


n

de vérité de a „ est donc V et celle de P F. Ce qui est en contradiction avec l'hypothèse (partie
gauche).

'<=)Si a i , a - i | - a - > P alors a i , a


n n |= P n

On suppose q u ' i l existe au moins une ligne du tableau de vérité où la valeur de vérité de P est
F et où celles de a i , a sont toutes V ; sur cette m ê m e ligne, la valeur de vérité de a —> P
n n

est donc F (car a est à V et p à F). Ce qui est en contradiction avec l'hypothèse.
n

Cas particulier
n =1
7 /. La logique des propositions.

a \= B si et seulement si [= a —» P

Corollaire 1.1.

a i , a n |= p si et seulement si \= (...(ai, ...-» (a -i —» (a„ -» P))...) n

La démonstration se fait par récurrence sur n.


• n = 7. (Cas particulier du théorème 1.1).
• Hypothèse de récurrence (on admet le théorème à l'ordre n)
a i , a |= P si et seulement si | = ( . . . ( a i , » ( a . i - > ( a
n n n —> p))...)
• A l'ordre n+1.
Posons P = a +i - » P'
n

=>) De part l'hypothèse de récurrence, nous avons :


Si a i , a |= p alors |= (...(ai,
n (a _i - » ( a „ - > P))...) (hypothèse de récurrence)
n

Remplaçons P par a +i —> P' dans l'hypothèse de récurrence. On obtient:


n

a i , a |= a i - > p ' =s> |= ( . . . ( a i , ( a . i - > ( a


n n + ( a i ->• p'))...) n n n +

a u a , a n + i | = P ' => a i , a „ |= a +i - > P'


n (théorème 1.1). n

a i , a „ , a i |= P' => |= (...(ai, ...-> ( a . i


n + ( a - > ( a + i - » p'))...) (transitivité)
n n n

<t=) |= (...(ai, ( a - i - » (a„ - »


n P))...) => a i , a n |= p (hypothèse de récurrence).
En remplaçant p par a + i - > p', on obtient :
n

|= ( . . . ( a , , ( a . i - » ( a - > ( a „ i
n P")))...) => a
n + a |= a i P'. h n n +

a i , a n|= a - > p' => a i ,


n + ! a , a +i |= P' (théorème 1.1)
n n

|= ( . . . ( a ...-» ( a - i - » ( a - > (a +i - > P')))...) ^> a i , a , a i |= p' (transitivité)


u n n n n n +

Théorème 1.2.

Si r.|= a et T |= a - > p a/or5 T |= p.

Supposons que p ne soit pas conséquence logique de T. Etant d o n n é le tableau de vérité des
formules de T, a, p et a - > p, i l existe alors au moins une ligne où les valeurs de vérité des
formules de T sont simultanément à V et o ù la valeur de vérité de P est F. a - > p étant
conséquence logique de T (hypothèse 2), la valeur de vérité de a est F sur la m ê m e ligne. Ce
qui est en contradiction avec la première hypothèse.
Cas particulier

Si |= a et |= a - > p alors |= p .

Théorème 1 3 .

Si F |= p et r |= Ip alors F est non satisfiable.

Démonstration
Supposons que T |= p (hyp 1) et T |= ]p (hyp 2) et que T soit satisfiable.
Etant donné le tableau de vérité des formules de T, P et ]p, i l existerait alors au moins une
ligne où les valeurs de vérité des formules de r sont simultanément à V . Sur la m ê m e ligne la
valeur de vérité de P est V (hyp 1) et celle de lp est également V (hyp 2). Ce qui est
impossible, r ne peut donc être satisfiable.
8 1. La logique des propositions.

Théorème 1.4.

a i , ct2 ,a m |= B ssi { a i , a2 , a , "|B} non satisfiable.


m

Démonstration
=>) Si a i , a2,.... , a |= P alors { a i , a2, . . . . , a , ]p} est non satisfiable.
m m

Supposons que l'ensemble { a i , a2, . . . . , a , l p } soit satisfiable. I l existerait alors au moins


m

une ligne du tableau de vérité de a i , a2, . . . . , a et l p où les valeurs de vérité de toutes ces
m

formules seraient V . Sur la m ê m e ligne la valeur de vérité de p serait F. Ce qui est en


contradiction avec la première hypothèse.
<=) Si { a i , a2, . . . . , a , l p } est non satisfiable alors ai, a2, . . . . , a |= p.
m m

Supposons que a j , a2, .... , a m p. Dans le tableau de vérité de a i , a2, .... , a et p i l m

existerait alors au moins une ligne o ù les valeurs de vérité de a i , a2, .... , a seraient toutes V m

et où la valeur de vérité de p serait F. Sur la m ê m e ligne la valeur de vérité de l p serait V .


L'ensemble { a i , a2, . . . . , a , l p } serait dans ce cas satisfiable.
m

| £ Proposition 1.2. Si V \= Pi et si Y, p |= p et2 3 et " , Y, p , p ,


t 2 , p |= ô alors Y |= ô.
n

Pour n = 1. Si T |= p et fi Y, p |= Ô alors Y |= ô.
Démonstration (en exercice).

PropjsJdmj_L3. U n ensemble Y est satisfiable si et seulement tout sous-ensemble de Y est


satisfiable.
Démonstration.
=>) Si Y est satisfiable alors tout sous-ensemble de Y est satisfiable.
Supposons qu'il existe un sous-ensemble À non vide de Y tel que À soit non satisfiable.
Chaque ligne du T V des formules de Y contiendrait au moins une case où la valeur de vérité
d'une formule de A serait F. Y serait dans ce cas non satisfiable.
En particulier 0 est satisfiable (l'ensemble vide est inclus dans tous les ensembles).
<=) Si tout sous-ensemble de rest satisfiable alors Y est satisfiable.
Si tous les sous-ensembles non vides de Y sont satisfiables, i l en est de m ê m e de Y {Y çz Y).

Proposition 1.4. Si A |= P et si A e Y alors Y |= p.


Démonstration, (en exercice)

Théorème 1.5 (théorème de substitution)


Soit p une formule o ù figure la variable propositionnelle V, et soit p' la formule obtenue à
partir de p en substituant à P en toutes ses occurrences une formule a. Si |= p alors |= P'.
De manière générale, soit p une formule o ù figurent les variables propositionnelles
Pi, P 2 , P , et P' la formule issue de p en substituant, simultanément, à toutes les
m

occurrences de l'une ou de plusieurs des variables propositionnelles Pi, P 2 , P les m

formules a i , ma respectivement. Alors : si |= p alors |= P '. Exemple 1.13 :


P : P — » ( ( Q - » R) - > P ) . (On vérifie aisément que P est une tautologie.)
P': ( A A B) - » ( ( Q - > ( B v C)) - > ( A A B ) ) obtenue en substituant dans p ( A A B ) à P et
(BvC) à R. On vérifie tout aussi aisément que p' est une tautologie.

Théorème 1.6 (théorème de remplacement)


Soit a une formule dans laquelle apparaît en une ou plusieurs occurrences la formule P (i-e a
est de la forme : p p p ). Soit a' la formule obtenue à partir de a en remplaçant
9 /. La logique des propositions.

P en une ou plusieurs de ces occurrences par une formule P' (a est de la forme 1

: P' p P' on a remplacé ici la première et la d e u x i è m e occurrence de p par


p'). Alors :

<SÏ|=P'<->P alors |=a'<->a.

Exemple 1.14 :
a : P, v (P - > P ) <-> P v ( P P )
2 3 4 2 3

En remplaçant la première occurrence de (P2 —> P3) par (1 P2 v P3) on obtient une formule a '
logiquement équivalente à a telle que :
a': Pi v ( ] P v P ) <-> P v (P - > P )
2 3 4 2 3

Le tableau 1.7 présente la comparaison du théorème de substitution et du théorème de


remplacement.

Théorème de substitution Théorème de remplacement

La substitution intéresse les tautologies. Le remplacement intéresse des formules


quelconques ;
La substitution est appliquée à des variables Le remplacement est appliqué à des formules ; ^
propositionnelles ; Le remplacement est appliqué à une ou plusieurs
La substitution est appliquée à toutes les occurrences de la même formule.
occurrences d'une même variable
propositionnelle.

Tableau 1.7.

1.3.4; S y s t è m e complet de connecteurs

Le tableau 1.8 représente les 16 fonctions de vérité des deux variables propositionnelles P et
Q. Les colonnes qui apparaissent en gris correspondent aux fonctions de vérité des
connecteurs ] , A , V , f (P,Q) = P v Q, f (P,Q) = Q - > P, f (P,Q) = P, f (P,Q) = P - > Q,
2 3 4 5

f (P,Q) = Q, f (P,Q) = P o Q, f (P,Q) = P A Q, f, ,(P,Q) = l Q , f. (P,Q) = > .


6 7 8 3

Cet ensemble de connecteurs suffit à exprimer les formules logiques dont les fonctions de
vérité pourraient être décrites par toutes les autres fonctions (f|, fg, fio, fi2, fi4, fis, fi6 )•

P Q fl h f 3 f4 f 5 f« Tv :
fo f9 fio fi, f.2 fl3 fu fis fié
V V V V V V V V V V f f f f f f f f
V f V v ' V: V f F f f V V V V f f f f
f V V V f f V V f f V V f 'f V V f f
f f V f V f V F V f V f V f V f V f
Tableau 1.8.

Définition 1.1. Un ensemble S^ de connecteurs est complet, si, étant donnée a une formule
quelconque du langage propositionnel, on peut trouver une formule a' dans laquelle
n'interviennent que les connecteurs de S et telle que a' m a.
Exemple 1.15 : l'ensemble { 1 , A } forme un système complet.
La démonstration consiste à montrer que, étant donnée une formule a o ù peut figurer
10 /. La logique des propositions.

n'importe quel connecteur logique, on peut trouver une formule a' logiquement équivalente à
a et telle que a' ne contienne que les connecteurs ] et A . On procède par récurrence sur le
nombre de connecteurs qui apparaissent dans a .
• n = 1 (tableau 1.9)

a a'
P vQ 1(1 P A I Q )
P-*Q 1 (11 P A ] Q )
P ^ Q 1(11PA1Q) AI(IIQAIP)
Tableau 1.9

• ( Hypothèse de récurrence :
Soient a i et a deux formules contenant respectivement k\ et k connecteurs (kj > 0 et k >
2 2 2

0). On désigne par a'i et a' deux formules ne contenant que les connecteurs 1 et A et telles
2

que a'i ss a.\ et a' a . 2


:
2

Considérons le cas de formules contenant ki + k +1 connecteurs : 2

l a i =1 a ' i ( H R et théorème de remplacement)


ai A a = a ' i A a'
2
( H R et théorème de remplacement)
2

ai v a 2 • a ' i v a' 2 = l(la'iAla' ) 2 ( H R et théorème de remplacement)


a i —> a 2 s a'j —> a 2 = l(a'\ A la 2) (HR et théorème de remplacement)
aj <-> a 2 = a ' i <-> a ' 2 = l ( a ' i A 1 a' ) A l ( a ' A ! a'i) ( H R et théorème de remplacement)
2 2

Pour montrer qu'un ensemble E de connecteurs n'est pas complet, i l suffit d'exhiber un
connecteur n'appartenant pas à E et qui ne puisse pas être e x p r i m é avec les connecteurs de E.

1.3.5. Connecteurs de Sheffer


i Il existe^deux ensembles complets de connecteurs formés chacun d'un seul connecteur.

Démonstration
La démonstration consiste ( i ) à déterminer la fonction de vérité de chacun des connecteurs
s'ils existent, ( i i ) à montrer que le connecteur correspondant à chacune des fonctions de vérité
trouvées, forme à lui seul un système complet. ^
ip-,-b v
n
\ na i(MÎ
P Q h h\ •A h A' fi A A Ao Ai A fa 7.4 fl5 /.6

V V V V v. V Vi v V v F F F F F F F F
V ¥ V V y V F F F F V V V V F F F F
F V V V F F V V F F V V F F V V F F
F F V F V F V F' V F V F V F V F V F

i) La fonction de vérité d'un connecteur formant à lui seul un système complet (s'il existe), ne
peut pas être V lorsque les valeurs de vérité de P et Q sont toutes les deux V . Car si tel était le
cas, nous ne pourrions pas écrire avec uniquement ce connecteur une formule dont la valeur
de vérité serait F lorsque les valeurs de vérité de P et Q sont toutes les deux V (1 (P<->Q) par
exemple).
il /. La logique des propositions.

De la m ê m e manière, la fonction de vérité de ce connecteur ne peut pas être F lorsque les


valeurs de vérité de P et Q sont toutes les deux à F. Car si était le cas, nous ne pourrions pas
écrire avec uniquement ce connecteur une formule dont la valeur de vérité serait V lorsque les
valeurs de vérité de P et Q sont toutes les deux F (P<->Q par exemple).
Des seize fonctions de P et Q , i l ne nous reste à considérer que les quatre fonctions (en gris)
du tableaul.10.
e t
f 11 (P Q) fi3 ( P J Q )
3 respectivement égales à 1 Q et à 1 P ; aucune des deux ne peut
s o n t

donc correspondre à un connecteur formant à l u i seul un système complet.


ii) Le lecteur peut facilement vérifier que les connecteurs correspondant aux fonctions de
vérité fç et à f^ forme chacun un système complet.

1.3.6. Propriétés des connecteurs logiques

Commutativité du v et du A
ctvBsBvcc a A P = BA a
Associativité du v et du A
( a v P) v y s a v (P v y) (a A P) A y s a A (P A y)
Distributivité du v et du A
a v (P A y) = (a v P) A ( a v y) a A (P v y) s ( a A p) v ( a A y)
a v a sa a A a = a
Loi de De Morgan i
](a v P) s ~|a A ]p ](aAP) = ] a v ] p *0
a v (a A P) = a a A (a v P) = a
l(la) s a * ^5**°

1.3.7. Forme normale disjonctive et forme normale conjonctive

Définition 1.2. Une formule a est sous forme normale disjonctive si elle est de la forme C i v
C v 2 v C„ où chaque Ci est de la forme L | A L2 A .... A L„ (Lj représente le littéral Pj ou
bien le littéral lPj). Exemple 1.16 : P v ( Q A R) V ( ] Q A > )
Définition 1.3. Une formule a est sous forme normale conjonctive si elle est de la forme C i A
C2 A .... A C où chaque Cj est de la forme L] v L2 v .... V L .
n n

Exemple 1.17 : (P v Q v R) A (1Q V ~|P) A ( Q v > )

Théorème 1.7. A toute formule a i l correspond une formule a' sous forme normale
conjonctive (disjonctive) telle que : (|= a'
0
Démonstration JJSy ^
L'obtention d'une formule a' sous forme normale conjonctive logiquement équivalente à a
est obtenue par une utilisation itérée du théorème de remplacement j u s q u ' à obtention d'une
formule sous la forme C i A C Î A . . . . A C „ OÙ chaque C; est de la forme L i v L v .... v L .
2 n

1. Remplacer a <-» p par (a —> P) A (p -> a).


Remplacer a —» p par (a v ]p)
Remplacer l ( a v P) par l a A l p
4. Remplacer l ( a A p) par l a v l p
5. Remplacer Ha par a
6. Remplacer a v (P A y) par (a v p) A ( a v y).

T J ^ j ^ m e 1.8. A toute formule a i l correspond une formule a' sous forme normale disjonctive
telle que : |= a' <-» a.