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. 385 - Prix au Canada : 10 cts.

— (Imprimé en Franc
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ex:IserioNNEts
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dr%
Il y asezas longtemps que nous dismatous Réponses aux lettres
d. choses Mrieuns, mes chers amis, pour que
n ayons le droit de nous accorder un petit JO BAR.— o Ohé I C. A. I Primo, il faut que
je vous remercie chaleureusement pour notre
.... CO LECTION
.,.
.,
`;JEUNESSE"
entracte. Et notas l'emploierons à taquiner

,e
la Muse. une fois de plus. Comme je vous éditorial qui nia agréablement surprise, ainsi
l'ai dit, jene puis me permettre de paner qua d'autres rép j'avoue que je ne m'y
qu'un seul poème par mois. Aujourd'hui. ce
sera celui d'une charmante amie qui signe
attendais plus I Mes u pinces à sucre e ont
encore la forte, quoique défaillantes, de sai-
- req- , -'' iÉs e
Miss Virgule. Son oeuvre dort dans mes tiroirs
depuis fort longtemps, mai. ce serait vrai-
ment dommage de l'y laisser. je lui passe
donc la rime, après un petit d en si
sir les vôtres pour le baisemain mondain.
Oh I ironie du sert I Avec quelle joie je vous
aurais assommé Je suis en train de monter
ma collection (une collection d' « assommés1
,,,
..4. so4 NTNEoss steN le
totsteAseisrd
bémol métallisé, exécuté par le. hansinn tJt.s elle est terrible, cette petite femme-là I). Une
du n Côté jardin garantie je ne les coupe pas en n'orcgaux.
C'eet pour mon compte personnel I Comme
• 4bs PLUS Get' i
ta Lectrice assidue de votre Film Complet, dirait cette charmante alti.. A bases hommes
je suis donc le courrier si charmant et si gai
Que me vient le désir d'entrer dans la famille
Heeeeeeement qu'elle elle habite l'Algérie, car
complètement oublié la data du ren- Sem la direction artistique
S
Qui réunit gaiement les garçon.. 4. des-vous. Aussi n'ai-je pas fait u le Pied de
de Maurice brequemmt.
grue n, vilain cameraman qui noircit la répu-
Vo., cher Cameraman que l'on dit amoureux, tation d'une petite i comme moi I (Ne les Centras de Perm*, d'Andersen,
Vous êtes, si lest vrai,un homme malheureux vous méprenez pas, charmante «lu Bar s. Cette Grimm et lise meilleure mates ee
Et pourtant vos écrits sont remplis d'ironie. expression « faire le pied de grue o. qui VOUS le littérature univerulle parrainent
Avec les fameux a sic n qui expriment la folle I offusque à tort. vient du fait que l'échassier qu'on Murs cette collectioa.
nomme «grue » a coutume de rester immobile
L'anonymat gardé jalousement par voue Pendant des heures en se tenant sur un seul pied.)
Est vraiment merveilleux pour chacun de nous Mals je mus aime bien tweed mime et J'ai Série :
Nous pouvons lainer notre rêverie trouvé un truc formidable pour que vous nie
Vous parer de tout charme, et rushme de vous répondies écrire trois ou lettres à la
[aimer t fois, d peu près sûre qu'une au moine retien-
dra votre délicate attention. (Pourtant. je n'en " IL ÉTAIT UNE FOIS"
Pour las gars du courrier, j'envoie un grand ai reçu qu'une de vous... et je vous réponds quand Cl;
[bonjour, même I) II faut que je vous dim que rai enrayé 1.—LE CHAT BOITÉ
En souhaitant pour eux du bonheur chaque d'approcher ce mystérieux C. A., et je ne 2.— LA BARBE-BLEUE
Deur. désespère pas d'y arriver un jour (Si vous êtes
Par JEAN DEBUCOURT
,Itl.bniztnôttc,i.rour celai
i.s lein
t...Ngeu Allongés.
d.li'. fakir et que vous vous déguisez en courant d'air,
(de k Comédie-Françoise).
vous y arriverez peut-être I) 111 faut von dire
muni que j'ai aminé à dag prises de vues aux
Il le mérite bien par son si grand courage, mutin de Neuilly et de Billancourt : Amants S. — MÉLUSINE
Et je voudrais bien voir les autre ..... de minuit et Dortoir des grandet, la suis nitrée
Amitiés aussi aux charmants mousquetaires t franco à l'intérieur (entrer à l'extérieur. c'est 4. — LA PETITE FILLE AUX ALLU-
A s'ennuyer, vraiment, tex-là ne bien plus drdlel) et on nem'a rien dits (Ça METTES
[guère I prouve que vous av. une tête à inspirer confiance !) par ANNIE DUCAUX
Jean Marais est du tonnerre à tous les points (de le Comédie-Française).
Souhaitant bienvenue au Cow-Boy du Texas, de vue. l'ai réuni à le prendre en photo et j'ai
dis espoir, ami, la vie s'adoucira
ASaches
tous les oubliée je dis Gardez courage,
des tas d'autographes. le réponds au refera». S.—L'ANGE et LA comETE
être patients, attendez-- mais sons
dum 336. Acteurs 41 plus beaux jean Marais,
bien sûr I Martine Carol, Marilyn Monroe. 6.—
L'ENFANT PRODIGUE et LA
[ r.g• Les plus talentueux Fernandel, Michèle t COUVERTURE COUPÉE
Morgan, Edwige Feuillère. Les plus célébres par FERNAND LEDOUX
luna, beauté fatale, la gràce nt un printemps Jean Marais, Michèle Morgan. Les plus amu-
Qui ne revient jamais lorsqu'eut passé son (de la Comédie-Française).
sants Raymond gantière, Annette Poivre.
[temps 1 Les plus habile. Martine Carol, Françoise
Le même lime conseil est pour la compagnie Arnoul. Les plus aimés Fe del, Edwige 7.— L'OISEAU DE L'ÉTERNITÉ et
De celles qui se Ratte. d'être ses bonnes Feuillera j'aime beaucoup les stars améri- LA PRINCESSE AU POIS
[amies. caines, mais eu» valent toute.. Comment S. — JEANNOT et ANNETTE
Tous les plus chauds soleil. du Texas et voulez .vom départeger entre Neri irn
Jan* Ramon, Lane T , Rite Hayworth,
1
,. par DUSSANE
[d'Afrique (de la Comédie-Françoise)
("Mer Williams, etc. Ce sont toutes des
Inondent le courrier de rayons magnifiques. créatures divines... Mais revenons aux choses
Et de leur beau pays où l'astre luit toujours, sérieuses et adressons-nous aux murriairines. B. — CENDRILLON
Elles sourire, et la nuit, et le jour. Cher Veni. Vidé, Vici, quel nigaude I (et quelle 10.—LA BELLE AU BOIS DOR-
façon de dire o pseudo »). Votre rakonnement
MANT
Bravo i tous les vrais amis du Film Complet t ne dent pas debout. E eeeeee celui-ci si le
mi SUZANNE FLON,
Vous dont les chers écrits si charmants, si créateur a d'abord nié Adam, c'est parce
[coquets qu'il comptait sur lui. Mais déçu Per cette •,
Forment comme un bouquet de radieuse pauvre loque, pour sauver et madras., le Le disque 30 cm., 78 tours : Frs CM
monde futur, il a créé le belle et toute
Et je veux, à vous tous, envoyer ma nen- puissante Ève. Aussi, bainineole que
[d In soyons là Sacré Don Juan, je ne sais s'il fau-
drait nous fouetter ou bien vous traiter en En rente chez tous les bons marchands
Avouez, mes chers arnis, que je me devais mut petit enfant I Vous jouie., cependant de disques ou adressez commande à
de vous faire parvenir ce charmant message. d'un certain prestige... Qu'en dit note chère " SOCIÉTÉ PARISIENNE D'ÉDI-
J'ai malh eeeeeee ment trop tardé à le publier, A bas les hommes 7 jo Bar salue quand mime
TION ", 43, rue de Dunkerque, PARIS
et je crains qua notre poétesse, lassée par ce Don Juan à la gomme, qui doit faire « pile
une trop longue attente, ne lise plus notre pater » le ceux des anglaise. En humble % X*, par virement à notre Compte Chèque
ier ris mon roi Postal, PARIS 259-10.
Si par il en nt autrement, je de- sympa. Pour parler cinéma, car je veux et Exiddilion pm dam diurnes minima.
mande à Miss Virgule dan manifester de nou-
veau à nous, et de devenir une fidèle de la
j'exige une I
demder un tas de
réponse, le vais yuan
ignements. (Suivent
Pott en sus 70 fr., et 10 fr. par disque
supplémentaire.
rubrique, car alla le mérite. J'ajoute qu'elle les questions.) jo Bar voue baise maternellement
a dix-neuf ans, les chevaux châtains et In le front. cher petit C. A. (Merci maman!) est
yeux noirs, sit qu'elle m'a envoyé une photo criant au son des trompettes royalistes :
absolument aravissante n. Mais, hélas I elle rire le Film Complet qui parait deux fois par
ne veut pas la faire publier, et ceci pour des semaine t a
raisons personnelles. Réponse. — Malgré vos intentions meurtrières
De toute façon, merci petite Mi, Virgule, et
à mon égard — et qui sont d'autant plus d
à bientôt j'espère, un point à la ligne. pour moi qua vous cherchez à m'approcher! —
Pour les autres, nnitin diverses avec porto-
je suis quand même très heureux de eee eee un•
....ion appropriée, fois de plus votre agressive pince à .10 vous
LE CAMERAMAN AMOUREUX. (Suite page 8.)

2
(HUNTED DowN) C'était un gracieux enfant, blond comme les blés;
Présenté par V ICTOR Y FILMS. il était modestement, mais correctement habillé. Son
visage exprimait une intense frayeur, qui devait être
Une sélection de la J. Arthur Rank Org. certainement la cause de cette fuite éperdue.
Un film Independent Artists. Il ne s'arrêta que devant un important immeuble,
Réalisation : Charles CRICHTON. en grande partie éventrée par les bombardements du
« Blitz » allemand. La Tamise coulait non loin de là.
Scénario : Jack WHITTINGHAM. Il s'engouffra dans le sombre sous-sol de la bâtisse, non
• Production : Julian WINTLE. sans s'être assuré d'un regard rapide que personne ne le
poursuivait.
Film raconté par Jacques FAURE. A ce moment, une exclamation de colère le cloua sur
place. Dans la demi-obscurité du lieu, il vit se dresser
DISTRIBUTION :
devant lui un homme d'une vingtaine d'années, grand,
Ctris Lloyd DIRK BOGARDE. robuste, échevelé. A terre, le gamin aperçut le cadavre
Robbie JON COIIITELEY. d'un « monsieur » d'un certain âge, élégamment vêtu.
Magda Lloyd ELISABETH SELLAR6. Furieux de se voir surpris, l'homme se rua sur l'en-
Mmo Sykes KAY WAL6H. fant et l'agrippa nerveusement par le bras.
M. Sykes FREDERICK PIPER. — Que viens-tu faire ici? lui demanda-t-il d'une
Jack Lloyd JULIAN SOMER6. voix rauque.
Inspecteur Deakin GEOFFREY KEEN. — Je me cache, répondit en tremblant le gamin dont
le regard ne pouvait se détkcher du corps étendu sur le
sol. Je ne veux pas rentrer chez moi... jamais! non, plus
jamais I
L'homme demeura perplexe. Il se disait vraisembla-
blement qu'il ne pouvait, sans s'exposer aux pires dan-
gers, laisser repartir cet enfant qui se trouvait à présent
en possession de son tragique secret. Il prit alors une
brusque décision :
— Viens avec moi! ordonna-t-il.
CHAPITRE PREMIER Et, resserrant son étreinte sur le bras du gamin, il
l'entraîna rapidement hors du sous-sol.
« QUEL petit fou, ce gamin! Il va se faire écraser I Le geste fut si brutal que l'enfant ne put reprendre
Pourquoi court-il ainsi ? » l'ours de peluche qu'il avait, dans son émoi, laissé tom-
C'est ce que se demandaient anxieusement ber à ses pieds.
tous ceux qui voyaient, cet après-midi-là, un Ils ne s'arrêtèrent qu'en bordure de la Tamise, derrière
bambin de six à sept ans se faufiler sans les docks, en un coin isolé.
aucune prudence, un petit ours de peluche à la main, — Comment t'appelles-tu ? demanda alors l'homme.
entre les autos et les bus qui sillonnaient en files serrées — Robbie. Et vous, monsieur ?
ce quartier populeux de Londres. — Moi, je me nomme Christian. Mais, dis-moi :

Abonnements : France un an 1 p0 fr. — Six mois 850 fr.


franger : un an 2 250 fr. — Six mois 1 150 fr.
Direction-Administration : 43, rue de Dunkerque. Paris (Xn. — Tél.: TRU. 08-92.
En on de changement de iris du numéro. les abonnés MOU 63,6 jusqu'à ccocurreme de la somme figurent leur crédit.
3
— Peut-étre l'excessive sévé-
rité de mon mari l'a-t-elle
poussé à s'enfuir, dit-elle.

pourquoi ne veux-tu plus


retourner chez tes parents ?
— Ce ne sont pas mes
vrais parents; ils m'ont
adopté : je suis un orphe-
lin de guerre. Mais j'aime
mieux mourir que de ren-
trer chez eux... Ils me
tueraient 1
— Qu'as-tu donc fait ?
— J'ai mis le feu dans
leur appartement... pour
me venger!
L'homme sursauta. Il
fixa avec stupeur son jeune
compagnon. Quel drame
s'était joué, là aussi?
Enfin, après un léger
silence :
— C'est bien, déclara-
t-il. Je te garde avec moi,
Robbie. Nous allons faire
un long voyage... Mais,
je t'avertis, il faudra par-
fois courir très vite pour
ne pas être rattrapés!
Le gamin considéra avec
étonnement son étrange

Et, de nouveau, ils s'éloignèrent à


grands pas.

En regagnant son modeste apparte-


ment, Mme Smith, la mère adoptive de
Robbie, n'eut que le temps d'éteindre
les rideaux — enflammés — de sa
petite salle à manger pour éviter un
désastre total.
Puis elle chercha l'enfant, dont l'ab-
sence inusitée la surprenait. Pendant
plus de deux heures, elle s'enquit fié-
vreusement de lui dans tout le quar-
tier, sans pouvoir cependant obtenir
le moind'e renseignement. Saisie d'un
sombre pressentiment, elle se décida à
aller signaler au commissariat l'insolite
disparition du bambin.
— Je crains que ce ne soit l'excessive
sévérité de mon mari qui l'ait poussé
à s'enfuir, avoua-t-elle au policier.
Nous l'aimions bien, Robbie. Mais mon
« homme » a parfois la main lourde,
surtout quand il a bu un peu trop de
brandy avant de rentrer.
— Soyez sans inquiétude, lui répon-
dirent les policiers, il reviendra! Nous
allons d'ailleurs lancer immédiatement,
par radio, son signalement à tous nos
postes d'observation.
Ce fut fait dans la minute même.

Les amoureux recherchent souvent,


pour s'épancher, la pénombre et l'iso-
lement. Un jeune homme d'une ving-
taine d'années et une fille d'un âge à
peu près égal s'étaient glissés discrè-
tement dans le sous-sol abandonné.
Soudain, la jeune fille poussa un cri de
terreur... Elle venait d'apercevoir, à
quelques pas d'elle, le cadavre qui avait
tant impressionné Robbie quelques ins-
tants plus tôt. Elle s'enfuit précipitam-
Les policiers se persuadaient que l'industriel avait été tué par le mari. ment, suivie par son galant compa-
gnon. Au premier agent qu'ils rencon-
interlocuteur. Sur sa physionomie, que l'angoisse crispait, trèrent sur leur route, ils révélèrent leur macabre
il lut d'instinct une tendresse profonde. Il eut confiance. découverte.
— Bien, répliqua-t-il gravement. Je courrai tant Moins d'une heure plus tard, Scotland Yard, le
qu'il le faudra! grand centre policier d'Angleterre, diffusait urbi et orbi
4
que M. Charles Mills, l'important industriel, venait tement. Retiens bien le numéro : 84, au sixième étage.
d'être assassiné. Aussitôt, les plus subtils limiers de la Tu ouvriras la porte et tu entreras dans la chambre à
célèbre équipe se mettaient en campagne. coucher. Dans le deuxième tiroir de la commode, tu
Il ne fallut pas un grand effort d'imagination au trouveras une grande enveloppe qui contient un certain
directeur du Yard pour se persuader que le grand nombre de livres sterlings. Tu me la rapporteras. Mais
constructeur de navires — qui avait la déplorable habi- évite surtout d'être aperçu!
tude de courtiser, l'une après l'autre, toutes ses dacty- Le gamin, à qui la périlleuse aventure où il était
los — était tombé sous les coups d'un mari (ou d'un entraîné depuis plusieurs heures semblait plaire infini-
amant) jaloux. De là à savoir que la dernière en date ment, obtempéra docilement à l'ordre donné. Il pénétra
des « favorites » de l'opulent industriel était la jolie bientôt dans le petit logement de Lloyd, désert à cette
Magda Lloyd, femme d'un jeune officier-mécanicien de heure. Il se disposait à ouvrir le tiroir de la commode,
la Marine marchande, il n'y avait qu'un pas... qui fut quand un bruit de voix lui parvint. Magda venait d'en-
rapidement franchi par les enquêteurs. Il leur fut même trer, accompagnée de deux détectives. Robbie se cacha
révélé que, revenu de croisière à l'improviste, l'époux précipitamment sous le lit. Puis, avec une véritable
Christian Lloyd était entré, peu après son déjeuner, dans adresse de sioux, il parvint à s'échapper du logis, sans
un pub (r) voisin de son domicile, où il avait ingurgité, qu'on ait soupçonné sa présence.
coup sur coup, trois « doubles » de whisky, sous l'empire Il rejoignit Christian les mains vides. Celui-ci décida
d'une indissimulable nervosité. Enfin — détail signi- alors d'agir lui-même un peu plus tard, en dépit du
ficatif — le sous-sol en ruines où la police avait relevé danger qu'il s'attendait à courir. Après avoir fait dîner
le cadavre était situé à proximité du logement du navi- frugalement son jeune « complice » dans un bouge des
gateur et de sa frivole épouse. Il ne pouvait donc subsis- bords de la Tamise, il revint avec lui devant l'immeuble.
ter, dans l'esprit des policiers, aucun doute sur le mobile Il faisait nuit noire, à présent. Laissant le bambin caché
réel du meurtre : il ne s'agissait, en somme, que d'un sous une porte cochère, il se risqua à pénétrer dans
banal crime passionnel, dont l'auteur présumé ne tar- l'édifice déjà endormi... du moins en apparence, car
derait pas à être appréhendé. tous les escaliers, tous les couloirs, étaient gardés par de
silencieux détectives.
De par sa profession, Lloyd était souple et audacieux.
CHAPITRE II Il connaissait, par surcroît, tous les croisements, toutes
les issues (même les moins visibles) de la vaste maison.
Le bambin paraissait exténué. Ce fut un jeu pour lui de gagner les toits et d'atteindre,
— J'ai faim! gémit-il en s'arrêtant brusquement. en les suivant, la fenêtre principale de son petit apparte-
Christian se sentit ému. Par bonheur, une voiture de ment. Un peu de gymnastique... et il se trouva enfin chez
lui! A sa vue, Magda,
bouleversée, le prit ten-
drement dans ses bras.
— Aie pitié de moi,
balbutia -t -elle. Ne me
fais pas de mal!
— Tu n'en vaux pas
la peine! répliqua-t-il en
larepoussant. Par amour
pour toi, je suis devenu'
aujourd'hui un assassin.
— Ce n'est point ma
faute, mon chéri! reprit
la jeune femme. Si
j'avais repoussé mon
patron, il m'aurait con-
gédiée. Où aurais-je
retrouvé du travail ?
— Tu appréciais sur-
tout les cadeaux qu'il te
faisait! Tu n'avais pas
refusé ces toilettes et ces
bijoux que tu n'avais pas
eu le temps de dissimuler
à ma vue, ce matin,
quand je suis rentré ici
à l'improviste! N'est-il
pas venu, ce saligaud, te
relancer ici, cet après-
midi.., sous mon propre
toit? N'ai-je pas des
excuses de l'avoir abattu,
quand il s'est enfui en
me voyant devant lui ?
— Et maintenant, que
vas-tu faire ?
— Essayer d'échapper
Robbie se cacha précipitamment sous le lit.
à la police... à la mort!
Adieu!
marchand ambulant d'alimentation se trouvait à Il avait pris, dans la commode, sa réserve d'argent.
quelques pas de là. Pour quelques shillings, Lloyd et le Il gagna la fenêtre et la franchit. Puis, dans un « réta-
gamin purent obtenir de solides sandwiches et deux tasses blissement » désespéré, il remonta sur le toit et refit, en
de lait. Réconfortés, ils reprirent leur route indécise. sens inverse, le périlleux trajet qui l'avait amené.
Le marin ne possédait plus grand argent, lui. Il fallait Hélas! il fut malheureusement aperçu par un détec-
à tout prix qu'il allât en chercher chez lui. L'entre- tive aux aguets. Une poursuite émouvante s'organisa
prise, certes, était dangereuse. Il eut alors une idée. alors, dont sa parfaite connaissance des lieux lui permit,
— Écoute bien, Robbie, dit-il au gamin. Je vais te après une collision brutale avec son poursuivant, qu'il
conduire jusqu'à ma maison. Voici la clef de mon appar- put mettre aisément hors de combat, de sortir victo-
rieux.
(s ) Pub désignation d'un bar avec comptoir. — Abré- Il rejoignit Robbie et l'entraîna précipitamment.
viation de Public-House. Dans la nuit, des coups de sifflet stridents apprirent
6
Christian revint avec lui devant l'immeuble.

aussitôt aux habitants du laborieux quartier
que la plus implacable chasse à l'homme
venait de commencer.

Quand le jour se leva, tous les émetteurs


de radio de la B. B. C. et de la Police britan-
nique diffusèrent cette indication :
« Un homme d'une vingtaine d'années, que
l'on croit être l'assassin de M. Charles Mills,
erre actuellement dans Londres. On pense
l'avoir identifié hier, alors qu'il dînait dans un
caboulot des docks, en compagnie d'un gar-
çonnet de sept à huit ans. D'autre part, un
jouet appartenant à un bambin enfui l'après-
midi même du domicile de ses parents adoptifs
ayant été trouvé près du cadavre de l'industriel,
on suppose que le compagnon du meurtrier
n'est autre que le jeune disparu. Ordre est
donné à tous les agents de les appréhender. »

CHAPITRE III

Il était un peu plus de neuf heures. Un


homme jeune et robuste, tenant un enfant par
la main, s'était arrêté, en bordure de la route,
à la sortie de Northampton, à quelque soixante-
dix miles de la capitale où les avait amenés
au petit matin un camion de transport obligeant
et désintéressé. C'étaient, on le devine, nos
deux fugitifs. Ils avaient ensuite dormi dans
un champ, au pied d'une meule et, après une
légère collation achetée avant le départ de
Londres, ils s'étaient remis en route.
Une camionnette survint. Christian fit les
signaux conventionnels de l'auto-stop. Le véhi-
cule s'arrêta.
— Où allez-vous ? demanda Lloyd au con-
ducteur.
— Vers le Nord, répondit celui-ci, à la
délimitation de l'Écosse. Si cela vous convient,
montez à l'arrière!
Ils ne se firent pas répéter l'invite. La voi-
ture reprit sa marche.
L'espoir était revenu dans l'âme du fugitif. Sans doute Christian régla aussitôt leur dépense, car il avait l'intention
pourrait-il parvenir à atteindre les montagnes écos- de se remettre en route dès les premières heures du
saises, au delà desquelles il comptait trouver, dans la lendemain.
ferme récemment acquise par son frère aîné, un refuge Après avoir fait coucher l'enfant, il se fit indiquer
au moins momentané. Son seul souci était le sort du le bureau de poste de la petite ville. Celui-ci était encore
gamin, que la plus imprévisible des fatalités lui avait ouvert. Lloyd put se mettre en communication avec son
imposé. Il se fût plus aisément tiré d'affaire tout seul frère, à qui il annonça son arrivée prochaine; puis il
qu'avec ce mioche... Mais, t'abandonner à présent, c'était reprit le chemin de l'auberge.
se trahir infailliblement. Il hésitait également devant Pendant son absence, l'obligeante hôtelière avait
le chagrin que causerait son abandon à cet enfant, pris sur elle de préparer, pour Robbie, un bain chaud.
aussi défavorisé que lui par le sort et qui lui témoi- L'enfant ne se prêta pas sans une étrange réticence à
gnait d'instinct la plus profonde affection. Ne symbo- cette affectueuse sollicitude. Mrs. Behring en comprit
lisait-il pas, au fond, pour Lloyd, cette tendresse filiale bientôt la raison : le corps du bambin portait en plusieurs
qu'il avait toujours souhaité connaitre un jour ? Et endroits des marques bien caractéristiques... la trace de
puis, cet orphelin ne le considérait-il pas un peu comme nombreux coups de lanière assenés avec la plus extrême
son père ? brutalité!
Pauvre Robbie!... Le ronronnement du moteur, les Le coeur de l'hôtesse se contracta. Elle évita d'inter-
secousses de la voiture — la fatigue, aussi — l'avaient roger le gamin. Mais, quand son mari rentra, elle ne put
assoupi, la tête appuyée sur la jambe de son compagnon... s'empêcher le mettre au courant. Cela ne nous regarde pas,
Une profonde émotion s'empara malgré lui de Christian. repartit John Behring. Ils ont soldé leur dû; que nous
Non, il ne pouvait pas séparer de lui, à présent, ce pauvre importent les secrets de leur vie privée!
petit être! S'il constituait pour lui un indéniable embarras Quand Christian regagna la petite chambre, il trouva
dans la dramatique situation où il se trouvait, il repré- Robbie éveillé.
sentait cependant pour lui le réconfort d'une présence — Raconte-moi une belle histoire pour me faire
affectueuse, d'une force morale, capable d'éloigner de dormir, demanda-t-il à son « protecteur ». Tu en connais
son âme toute faiblesse et tout découragement. certainement, toi, un marin!
A la tombée de la nuit, la complaisante camionnette Lloyd dut s'exécuter. Il narra au bambin la célèbre
fit définitivement halte à Rothbury, petite cité minière, légende du Navire Géant qui, s'étant amarré à un port
éloignée de Londres de plus de trois cents miles et britannique, subit tout à coup la violence d'une tempête
distante de moins d'une centaine de cette providentielle tellement effrayante qu'il fut entraîné par les vents vers
Écosse, ultime espoir de salut du fugitif. la haute mer. Mais, comme ses amarres tenaient bon,
Llyod se mit en quête d'une modeste auberge. On lui c'est toute une partie du continent qu'il entraîna avec
indiqua celle des époux Behring. Les deux voyageurs y lui vers le large. C'est ainsi, concluait la légende, que
furent accueillis par une hôtelière affable, qui leur l'Angleterre devint une île!
attribua une petite chambre à deux lits. Son mari, qui Un peu avant la fin de l'histoire, Robbie avait sombré
travaillait à la mine locale, n'était pas encore rentré. dans le plus profond sommeil.
Après avoir pris avec Robbie un tonique repas,
6
Christian aperçut soudain Magda devant
lui.

Levé dès l'aube, Lloyd guetta, par la


fenêtre, l'arrivée du facteur, porteur
habituel des journaux du matin. Il
rie tarda pas, en effet, à voir cet homme
glisser un quotidien local dans la boite
aux lettre de l'auberge. Il se précipita...
Mais Mr. Behring s'était déjà emparé
de la gazette. Force fut donc à Chris-
tian de remonter dans la chambre, pour
y préparer son départ.
On devine l'émotion qui s'empara des
deux aubergistes, lorsqu'ils lurent, dans
le journal, la relation du meurtre de
Mr. Charles Mills, suivie des deux signa-
lements du criminel et de son jeune
compagnon que l'on supposait « kid-
nappé » malveillamment par lui.
Ils n'eurent pas de peine à se con-
vaincre qu'ils avaient involontairement
abrité, cette nuit-là, les deux fugitifs.
— Je vais avertir la police, déclara
John Behring. Je ne veux pas qu'on
m'accuse un jour d'avoir favorisé un
assassin!
Quand il s'en fut allé, Mrs. Behring
alla donner, dans son poulailler, le
grain matinal à sa volaille.
Lloyd profita de son absence pour
revenir dans la salle à manger et par-
courir le journal. Une terreur panique
s'empara de lui.
— Je suis perdu! balbutia-t-il.
Et, sans plus attendre, il remonta
chercher Robbie. Puis, tous deux, dans
l'épais brouillard du matin, s'enfuirent
de la bourgade.

Ils arrivèrent près d'une voie ferrée


qu'un pont, à quelques pas de là, sur-

— Attends-moi là! lui


ordonna-t-il.
Puis, enjambant le
parapet, au moment précis
où passait, au-dessous de
lui, la tète du convoi, il se
retrouva, sans aucun mal,
sur la plate-forme, vide,
d'un wagon découvert.
Mais s'il avait compté
sur la passivité du gar-
çonnet, il s'était fâcheu-
sement trompé! Robbie ne
voulait à aucun prix que
le seul être qu'il aimait
au monde l'abandonnât
aussi délibérément... Il
s'empressa, au grand émoi
de Lloyd, d'imiter son
geste. Par le plus heureux
des hasards, c'est dans un
épais tas de sable qu'il
tomba, sur l'un des der-
niers wagons du train.
Angoissé, Lloyd, sautant
d'une voiture dans l'autre,
l'eut bientôt rejoint.
— Je ne veux pas te
quitter... Jamais! lui dé-
clara péremptoirement le
bambin, en l'étreignant
C'était une petite cité minière proche de l'Écosse. avec une irrésistible ten-
dresse.
plombait. A cet instant, un train de marchandises, se Christian dut donc se résigner à conserver auprès de
dirigeant vers le Nord, s'approchait à petite allure. Lloyd lui — jusqu'à quand ? — son encombrant, mais affec-
n'hésita pas : il lui fallait, à présent, sans aucune rémis- tueux compagnon.
sion, se séparer de l'enfant! (Suite page Io.)
7
JO.
FONTRIPIE

-liellemeeememer ivithopeesimitepi
ememi

Côk
repréeenter l'acteur le plus amusant, habile, Vsmotto aux courriéristes jeff le Tatoué,
talentueux, célèbre et mé, car il est aseez j• voies trouve MM Imm.& malgré que (erreur
a de trouver un acteur qui excelle aussi
rre Mademoiselle! On dit « bien que y. mais jamais
bien dans l'art de faire rire ou pleurer le « que n après « malgré r!) je ne connaisse Pu
public. Pour le physique, Gregory Peck me votre beau physique. Voulez-vous cor
parait le plus beau, Michel Simon le plus laid. pondre avec moi S. M. A bas Inc homme,
Pour les actrices, la question est plus ardue : remise que mue m'acceptez dans clan.
La plus balle, Esther Williams. La plus tales. Vous unes toute ma sympathie. Chyta et ses
célèbre. habile et aimée, Gaby Morley. flirts, vous Ne. très musa. Smith le Taciturne,
(Suite de io page 2.) Quant à la plus laide... ça ne se dit pas I Mon je vous plains, voue qui voulez fonder un clan
cher C. A,, j'aimerais connaitre l'opinion des contre les femmes, vous aurez du boulot,
félicite d'être entrée dans deux studios en vous
courrieriates sur les films u interdits aux et de plus voue n'y arriveras jamais. Houe
présentant « au bidon ». Ce n'est pas toujours si
moins de seize ans ». Cette restriction est sommes et nous rouerons toujours Inc reines
facile que ça! Cela ne m'étonne pas que vous ayez
parfaitement inutile. car les parents pont met du murrier. (Décidément, si le C. A. veut garder
trouvé le metteur en scène Henri Decoin charmant
qualifiés pour autoriser Imre enfants à aller au son prestige, il va falloir qu'il mette un jupon!)
c'est la crème des hommes. Vous me demandez
cinéma. (Oui, mais comment les parents peuvent- Mais malgré .01.0 VO» avez l'air d'étre sympa.
s'ils sont tous aussi gentils ! Hem, hem! Pas tout
ils savoir qu'un film est ou n'est pas pour leurs (Vous. au moins, vous avez de la sympathie à
à fait tous... tout au moins quand on les dérange
enfants 1) D'autre part, l'interdiction sut mal revendre I) Et vous, Don juan, litmvou. toujours
pendant le travail! jean Gabin est né à Paris, le
appliquée. En effet, je umnais beaucoup de aussi eôr de vous I je musenvie de mon paradis
17 mai 1904. Après avoirtourné to. « La Nuit
films « autorisés qui sont pius «és que les des éclairs (au chocolat ?) et du tonnerre (de
blanche ».« Drame eu Verd'Hiv », « Le secret de Brest ?) l vous en étourdir. Et à vous, S. M.
« interdits e. Enfin, l'interdiction ut utilisée
Mayerling » et « Méfiez-vous des blondes ».
dam un but beaucoup plus commercial que Ned I«, une graciasse* révérence et mon plue
Claude Farell s'était arrêtée pendant quelque
moral, et lut là mon grand reproche. Car il adorable sourire. Amitiés b La Garçonne. Un
temps, mais vous allez la revoir incesurnment
met hoMeux d'exploiter l'instinct bestial — diable échappé de l'enfer. Naidyria l'ensorceleuse,
dans de nouvelles productions. A l'heure où récris
pardonnez-moi I — de l'individu pour lui De Taille et d'Est«, Loulou Intrépide Cavalière.
ces lignes, elle est au Festival de C . J'ai déjà
faire digérer met le sourire un formidable Roberto. me p'tite folie, comme ne. avoue
parlé de Marilyn Monroe, la «vedette qui monte o.
navet a, etc. choisi b peu près le mémo geseudo et que je sus
De son vrai nom Norme jean Baker. elle est née à trouve eympa (un de plus!). voulez-vous corres-
Los Angeles le Pr juin 1928. Ayant perdu ses Réponse. — je suis enchanté, mon cher ami
d'Avignon, de vous accueillir dons la rubrique. car pondre av. f Peut-fetre vous mettraLje
parente, elle fut élevée dans un orphelinat, puis la MM à l'envers t (Ça m'étonnerait, car ce cour-
placée dans une famille. Mariée à quinze ans et demi, je suis certain que rom compeeeee bientôt parmi
nos meilleurs courriéristes. D'ailleurs votre photo riériste est du même sexe que vous!) Perle.
divorcée à seize. elle fut vérificatrice de parachutes.
est sympa. Vous m'avez l'air d'un garçon bien u peu cinéma j'aime beaucoup les filme
fit un peu de music-hall, posa pour les photographes,
décidé, volonteire es courageux. qui garde sur tels que « Riz amer » et « Demain il sera trop
et parvint «fin à tourner aux côtés de Groucho
tard ». j'ai vu dernièrermnt « Dieu vous le I
Marx : une simple scène qui durait trente secondes, toute chose des opinions très saines. Vous lies
réfléchi, posé, et certainement très loin de l'esprit rendra », que j'ai trouvé très bien. » (Suivent
qui fit sensation. Marilyn continua à tourner,
quelques questions.)
d 'abor dm rôles second " , puis de, rôles de
ord « vous observateur, travailleur,
• t denatureassez aime. Vous on« sur votre Ripons«. — Ainsi, vous avez perdu votre
44444 te. Elle et •st déjà à con quatorzième film.
Les derniers sont « La Sarabande des Pantins ». entourage une certaine force de rayonnement. paradis, pauvre petite Folie aux pieds gesticulants ?
« Cinq mariages à l'essai », « Chérie, je me sens ne devez pas etre Inès timide. sauf peut-étre Heureumment que vous avez la rubrique pour le
rajeunir ».« Troublez-moi ce soir n, « Niagara ». Is
sur le plan sentimental. qui vous effraie un peu, remplacer! j'ai déjà parlé de Tues Vincent. qui ai.
et deux tttttt productions en « Cinémascope » car mus m mulet pas vous attacher à la légère. né à Thône (Haute-Savoie) le 5 août 1921, mai.
que mus bientôt. Depuis son « précoce » Plus indulgent pour les autres que pourvous-méme. dont toute la jeunesse s'est panée à Alger. Yves y
divorce. Marilyn ne s'est pas remariée. A bientôt. Vous avez une ambition moyenne, d• l'esprit de fit de bonnes études es devint en champion
amie « jo Bar ». mus toujours la bienvenue. suite. et votre plus grand plaisir est de convaincre de natation .II suivit des murs de diction au Conser-
D'abord, une ancienne comme vous se doit de les et de les amenez b vos idées à la longue toire d'Alger, es débuta en 1939 comme speaker
rester parmi les « citoyennes d'honneur » du et « en douceur ». Ceci dit, nous avons déjà parlé l la radio. Mobilisé en 1942, il fit de nombreux
courrier! Affectueuses pensées. ici dm films interdits aux moins de seize ans; reportages à la radio, principalement sur le front
avez-voua suivi nos débats t L'opinion que rsi tunisien. Libéré, il interpréta quelques pièces
SUR LE PONT D'AVIGNON.— « Selon la exprimée sur ce sujet est d'ailleurs identique à la radiophoniques et vint l Paris, où il fit d'abord du
formule H, je voedrai• entrer à mon vôtre. Non. je ne crois pas que Gaby Morley ait thUtre d'am* engagé par Pierre Chenal
tour dans la ronde. Peu importe mon phy- déjà tourné avec Fernandel. Vous me demandez pour son premier film « La Foire aux chimères ».
sique achez seulement que rei quel est l'acteur qui a tourné le plus de films en Depuia, il se partage le Mettre et le cinéma
ans et demi, toutes mes dente. et que je suie France ? Contrairement à ce que vous pourriez et il a tourné de nombreux films parmi lesquels
l'adveniaire du fameux clan ban, j'aime les sont les « seconds rôles » qui, dans ce «La Renégate », «Bal Cupidon o.« La Femme nue »,
fille. simples qui placent l'intelligence avant domaine, l'emportent sur les vedettes, et c'est « La Maternelle e, « La Danseuse de Marrakech ».
la beauté du cora, et je plains sincèrement les assez compréhensible. La vedette est « mobilisée » «Méfiez-vous des blondes ». «Capitaine Ardent »,
en principe pour s la durée d'un film : deux, « Port d'Orient », etc. Yves Vincent est en Ins-
trois. quatre mois. parfois plus. Le second rôde, tance de divorce, .t père d'une petite fille. On
au contraire. tourne pendant quelques semaines avait parlé de ses fiançailles avec Maria Riquet/ne,
seulement; ensuite, il est libre de à une mais ces bruits ont été démentis. Pour finir,
autre production, ce qui lui permet de jouer dans Danielel Gifla pert e on vrai nom, et est né à
de nombreux films. Parmi ceux qui ont le plus Angers le 9 mai 1921. On parle en effet de son
tourné au cours de ces cinq dernières années, je divorce d'avec Danièle Delorme, m rien n'est
relève les noms mirants hommes : Armonsel conclu à l'heure oô j'écris ces lignes. ais A bientôt.
(25 films en cinq ans), jean Brochard (24). Yves charment* petite folie. Vous habitez Ille Maurice.
Deniers' (25). René Génin'(23), Pierre Larquey (31). une comrée ravissante. parsi[-il, et vous ayez le
Félix Oudart (24), Louis Saigner (27). jean Tiseier culot de dire que votre paradis est perdu t Mille
(39 : recordman). Femmes Pauline Carton (23), amitiés en attendant rochaine lettre. Vous
Fusier•Gir (27), fane Marken (30 : recordwoman). aussi, vous étes très o sympa »!
Parmi les « grandes vedettes » qui ont le plus
tourné pendant cette mime période de cinq ans. MARLÈNE me pues un eeeee que je ne
le record va à F del,avec 18 films. Mais voilà suis pas sér de mériter. Car il me semble bien
une réponse-fleuve, mon cher ami, vous Nes ski, avoir répondu entre temps. Mes elle a tout de
pour un « nouveau »! Vite une autre lettre et mime le droit de o rouspéter a, jugez voue-
toutes mes amitiés. A bientôt sur le fameux pont, mimes « Apr.. élue passée truie fois dans les
que je vais revoir presque chaque été : y dmsez- réponses brèves, je me suis vue eix foi. de
mus « tout en rond ». beau monsieur qui fait mie. dans la liste noire. (j'avoue qu'il Y
Sur le Pont d'Avignon. c68666inme ça! un peu d'abus. et je m'en excuse!) Pourtant je ne
crois pus être plus bite qu'un* autre (oui.,
garçons qui rampent aux pieds mignons de ce. SA PTITE FOLIE DU PARADIS PERDU.— cotise! Bien siir que non!), et c'est bien pour don-
« merveilles de la nature a. je m'incline res- « En ce marnent je suis allongée A plot sentre ner marenon« au referendum des artistes
pectueusement devant le roi Ned et j'envoie mer le tapie de ma chambre (vous apprenez à que je vous écris encore. Voici mon rote
me. amitiés • De Taille et d'Estoc, que je trouve nager ?) et je lis : devine: quoi t IP deux Acteurs lm plus beaux Georges Marchai.
trie intéressant Bravo I Grain de Folie et pieds nut gesticulant l'un sur l'autre (sic. Ne Ava Gardner, et mrne co chanteur Georges
Miss Fossette si toutes ia femmes étaient les emmêlez pas, surtout! Les nœuds de pieds, Guétary. Les plus talentueux Fernandel,
comme vous, la vie serait plus agréable c'est très long à défaire!), et Filaila.lasta.ffc de moi Chaplin, Elisabeth Taylor, et plus belle voix
INferendum 354 t Je crois que, en l'absence les F.Ims Complets. Répondemnoi vite, sinon Luis Mariano. Les plus laids Michel Simon,
de Raimu, Fernandel lest tout Indiqué pour gare au bietouri I (Vous êtes chirurgienne?) lette Davis, chanteur : Bob Hope. Lee Pl.

a
célèbres Errol Flynn, Danielle Darrieux, Marais (c'est tout). Les plus amusante : Jean
chanteur Ring Crosby. Les plus am :Jean Tissier et Danièle Delorme. (Ça, c'est original!)
Tinter, Marthe Plercadier, chanteur Franck Le plus habile Gary Cooper. Les plus aimés
Sinatra. Les plus habiles : joseph Cote«, Jean Marais et Michèle Morgan. »
Danièle Delorme, chanteur ( ?) Gen. Kelly. Réponse. — Me chère et Tourmentée », vous
Les plus aimés Gregory Peck, Michèle Mor- avez toujours Pair de eeeee mbler à votre pseudo.
gan, Luis Marion. — Si par hasard vous me Quel esprit compliqué! Quand vous lirez ces
passes dans la rubrique, dites à Pompon lite s te
Rouge. Ned la,. Slave ayeuxx verts, De Taille s l rs.e 0a0v0e0t al?sr:à ss e t les proft's s men 1:tru're.
et d'Estoc et Poète inconnu que je leur adresse Aujourd'hui. voua ne me posez guère de questions, A BAS LES PIMBÊCHES t—« Allé allé I... Le
toute ma sympathie, et dites mille bêtises mime pas du tout, si je ne me trompe! Et vous voilà, il arrive et demande * entrer dans la ra-
de ma part aux « Lianettes ». Si j'écrivais
encore au courrier, dites à toms que je serai du
cr oyez que ça va durer comme ça! Vous vous moer:smille d« courriéristes du Filin Complet.
Quiet Moi, parbleu I A bas les pimbêches!.., avec
déclarez pour la reine. mais je ne sais pas si les
Club des filles saines et bons ta des en banettes cous accepteront dans leur clan, car vous non pu liure de jeune premier de l'écran,
compagnie des garçons sympathiques et qui n'iras pas uneconvaincue, et vous montrez pour ce qui «rait trop prétentieux, mais avec
ont certainement de bons copains. » le sexe auquel j'ai l'honneur d'appartenir, une mon I »,7 5, mes yeux bleu. rieurs, mes ch
Réponse. —le vous avoue, ma chère ec Marlène », sympathie très évidente...et peu dans le ligne de ces blonds frisés, mon éternel sourire errant sur
que cela m'a un peu glacé de me voir appeler demoiselles !Ceci dit. pensez un peu plus au cinéma ma bouche »rouelle et irrésistible (en effet,
Monsieur », et de recevoir de vous une lettre la prochaine fois, et recevez mes bonnes amitiés. ça au moins. ça n'est pas prétentieux !)-qu• e
aussi cérémonieuse qu'une lettre de faire-part. J'ai les chétives, tremblotant« et hum-
put-être beaucoup de torts envers vous, mais LÉNIE OTREBOR. — « Lisant depuis long- bles créatures que sont les greluches (sic),
je n'en suis pu absolument sùr, car je ne puis temps déjà votre si passionnante rubrique, mai-dira les femmes t Mon bonjour amical
rappeler toutes les lettres que l'ai remises j désirais faire partie de votre grande famille tous les courriérist«, greluches comprise.,
de puis deux mois à l'imprimerie, et il y en a peut- des courriéristes, mais GOIIM» je suis assez
paresseuse. je remets tout le temps (Moi
et à ro« aussi, cher C. A., notre ami dévoué.
Voici ines goûts : j'adore la danse, la litté-
tee bien une pour vous. Sachez néanmoins que,
depuis que j'ai appris que vous étiez passée six aussi, j'ai un peu «remis n pour vous répondre... rature, le citées«, la musique et les sports.
fois de suite dans la liste noire. j'ai été bourrelé mais ce n'est pas par paresse') Quoiqu'étant par- Trois fois par semaine, je seconde un professeur
de remors au point d'en avoir des cloques sur fois un peu zinzin (sic), votre grande famille de e uns me vanter, je is à la
tout le corps. Vite, vite, écrivez-moi une gentille est très sympa. J'ai dix-sept ans, e perfection les pa. et les enchainements les plus
lettre comme autrefois, sans m'appeler u mon- bruns, yeux noirs, enfin... commune (encore compliqués (et en vous vantant. que connais-
sieur » tout court, une lettre qui me remettra un complexe, mais à rebours!). Mes artistes ez-vous ?). Pendant mes loisirs, je rédige des
du beaume dans le cœur et qui me fera retrouver préférés sont Roberto Benxi, artiste incom- «énarios et des contes pour divers journaux
en vous l'amie d'autrefois. Promis ! Ceci dit, parable dont on parle très peu, jean Marais, (des contes à dormir debout ? Dans quels jour-
comme vous ne me demandez rien, je vous réponds qui est d'une gentillesse adorable, Pies. naux ?). Mon but est de parvenir à être consi-
de mime, mais je garde l'espoir de vous lire encore Angel i, André Claveau. Ceux-ei me plaisent déré comme un écrivain de talent. (Considéré
souvent, très souvent, et de tous assener une telle particul hbrement. Mais je les trouve tous assez salement?) Et maintenant , aux messages :
If quantité de réponses, longues ou brèves, que vous
crierez un jour « Mon cher C. A., de grice...
gentils et ayant assez de talent (assez pour quoi
faire ?). P i dira « je déteste » ou e je
&aima pas » ? Tous les artistes méritent notre
A bas les Hommes!, elut pour combattre votre
clique de «mortelles étourdies et perverses
pouce! Assez! Ne m'écrivez plus autant! » En que j'ai pris ce pseudo : Gare à vous I Dès à
attendant ce beau jour, je vous envoie des amitiés attention et notre sympathie. Quant à vous, présent, je vous en ferai baver des ronds de
aussi repentantes quaffectueuses. M. le C. A. ro« êtes (compliments divers). chape« I (Sic.) Non avis sur votre beauté
Oh I la lat Pour supporter les »mann« un visage zébré de boutons couleur rouge vif
TOURMENTÉE. — e Puisque l'ai la Plume et les prétentiom de cersaines dernobell« I et surmonté d'une mêlée inimaginable de
en main, je «le en profiter pour entrer dans (Ça m'est égal j'ai une cuirasse en béton armé, crin. de cheval parfumés au jute de topinam-
1« débats. je me range deus le clan A bas les et on ne voit même pas quand je rigole !) bour, des yeux hagards cernés de jaune caver-
hommes!, notre in, car il faut avant Origine de mas pelade : Lent. est Te« vrai ne«, des mains crevassé« aux doigts cm-
tout soutenir notre sexe, sans quoi que de. nom, et « Otrebor o l'anagramme de Reberto. chus (etc. j'en passe, et des meilleures ). Mon
viendrions-noue ? En toute franchise, je e -vous me dire le numéro de la rue de chien nous transmet ses hommages. Chyta et
reconnais néanmoins que s'il n'y avait pas Roberto... » etc. s Flirts, vous, la reine du flirt? Vous me
d'hommes pour pi notre vie, elle faites m'esclaffer 1 Votre pseudo n'eut guère
serait plut« fade. (Ah! Quand je vous le disais!) (monade à vos prémuni«. t La Fière Créole,
Bi , I« hommes ont des instincts vous Sait« erreur, Miss Cacahuète I N'est-ce
plus persuasifs (sic) que nous, aussi soet-ils pas plut« vo« et vos amies du clan Liana qui
parfois obligés de ramper à nos pieds, comme étes des nouilles ? Ce nom est du fémi-
vo« dites, eeeee ment quand ils trouvent des nie, ne l'oubliez pas I Naidyria l'Ensorteleuse
filles assez absurdes pour les écouter et qu'ils et Carmen la fière Tzigane ensorceleuse, pour être
arrivent à leurs fins, qui des deux est le plus ainsi lauses vous avez dû faire
absurde dans le fond? (That is the question!) deux un pacte avec Satan. Puisque celui-ci
C'est d'ailleurs pourquoi il faudrait bu règne dans un autre monde et que vous êtes
de filles dans le clan d'A bas les hommes ! pour ses fidèles, n'ennuya plu les vivants. Ned 1.r,
relever notre réputation (t), car si nous avons Don Juan, lo le Dynamite. Corbeau Don Juan et
une piètre opinion d'eu, c'est vice versa, je Le Poste inconnu, vous êtes gym«. Toul
crois. (Et vous croyez qu'en criant « A bas les vous vous rallier à mon clan A bas les pim-
hommes! » vous grandirez à leurs yeux!) D'ail- bécheslt(si chacun veut être chef de clan, on ne va
leurs, pourquoi être aussi exclusifs[ Croyez- plus s'y reconnaitre !) dont le seul but est de
vous qu'une femme aurait le cran de prendre combattre sans cesse ni répit les vipères
la place d'un de nos éminents chirurgiens, et Lénie Otrebor. écervelé« du clan Lian e. Lunion fait la force,
que les avions d'Air-France décolleraient sou- et il est nécessaire que cette race maudite
ent s'il n'y avait que des femmes pour les Reponse. — Je vous réponds avec du retard, disparaisse avant de contaminer les b
p iloter? Il faut tout de mime être justes, «ci
dit pour Laila et Valdarez, Beautés Orientales.
charmante Lénie qui se croit commune. Vous avez
pourtant assez de caractère dans le visage. Vous
gens ducourrier t Tous et toutes sous mon
étendard I Merci d'avance. Avis : je me ferai
(Voilà une « Lianette » qui ne semble pas très devez être une étrange fille une peu fantasque, un plaisir, avec l'accord du C. A., de iller
convaincue!) Pourquoi voit-on moins souvent souvent indécise. Malgré cela vous ites de bonne I« amateurs de danse. Et, pour finir, réponse
De Taille et d'Estoc dans la rubriquet Surtout, composition, très indulgente et n'aimant pas les au referendurn 356 : les plus beaux artistes
qu'il ne abandonna pas t Mes compli- histoires ». Pas beaucoup de volonté, ni d'am- Tony Curtis, Elisebeth Taylor. Les plus «den-
ments à Dal la, je la trouve ravi«ante. Prince bition. Tétue cependant, et par crises. Vous serez : Pierre Fraisas, Ingrid Bergman. Les
Eric, je voin trouve plus bête que vos pieds. sentimentale. jalouse et passionnée, mais tout cela plus laids : Tees Montand ( ?), Edith Piaf.
(Pauvres pieds! Pourquoi, au fait, les trouve-t-on n'est pas encore affirmé en vous. Je vous crois Les plus célèbres : Gary Cooper, Esther
toujours bêtes ?) A-t-on idée de se ridiculiser sussi, malgré vos coups de cite, d'une assez Williams. Les plus séduisants s Errol Flynn,
de la sorte? Enfin, ro« avez touloune amusé grande nonchalance, et mime indolente, nous Elisabeth Taylor. Le. plus amusants
les courriéristes, petite sotte t Que préférez- désintéressant facilement des choses et les aban- nandel, Danièle Godet. Las plus habiles
vous, chers courriétistes, les Sinn en couleur donnant à la moindre difficulté. je vous le répète Gaine Kelly, Marilyn M . Les Plu. aimés :
ou naturels? Moi je préfère naturel pour un vous avez une nature assez curieuse, difficile à Jean Marais, Elisabeth Taylor. Chanteurs
bon film, et en couleurs—ça relève la sauce— déchiffrer, Vous pouvez voir actuellement vos i.e plu. boxez : Luis Mariante, Zsa Zsa Gabor.
pour un filin médiocre. A mon avis : les plus deux artistes préférés dans «La Maison du Silence ». Lei plus cal Bing Crosby, Edith
beaux acteurs : Game« Marchai et Silvana Je ne puis pas donner d'ad d'artistes, et je te Piaf. » (Suivent des questions de cinéma.)
Maegano. Les plus talentueux Pierre F regrette. A bient8t, gentille Lénie. je vois que
ut Danièle Delorme. Les plus célèbres : jean vous habites tout près de chez moi! Amitiés. Cuite page 15.)

9
Le coeur de la femme se contracta doulou•
reusement.

thampton en même temps que le ruck-


sack qu'il portait aux épaules, il y fit
allonger le bambin, qui ne tarda pas à
s'endormir.
Lloyd, lui, ne put d'abord trouver le
sommeil, malgré son extrême lassitude
physique et morale. Il se remémora
amèrement les circonstances qui avaient
fait de lui, issu d'une excellente et
honnête famille, un assassin et un
homme traqué. Non sans une atroce
contraction du cœur, il évoqua la gra-
cieuse silhouette de Magda, qu'il avait
tant aimée et qui, elle, n'avait pas eu
le courage, la probité, après un an de
mariage, de lui demeurer fidèle. Jamais
il ne l'aurait crue capable d'une aussi
vile trahison.
— Si je lui avais résisté, lui avait-
elle dit, mon patron m'aurait congé-
diée!
Lloyd serra les poings. Un lâche qui
abuse de la solitude d'une femme et de
l'absence de son mari pour lui imposer
d'aussi dégradantes conditions méri-
tait-il qu'on l'épargnât ? Il ne l'estimait
pas... Contraindre une épouse à l'adul-
tère, n'était-ce pas aussi un crime 1...
Mais les hommes puissants n'avaient-ils
pas fait la loi à leur profit ? Ils n'éprou-
veraient donc aucune hésitation à
condamner comme un vulgaire mal-
faiteur le mari qui, cédant à un impul-
sif besoin de vengeance, avait abattu
le cynique destructeur de son bonheur.
C'est pourquoi, maintenant qu'il était
obligé, du fait de son acte, d'oublier
l'infidèle — quelque chagrin qu'il en
éprouvât — Lloyd ne devait jamais
tomber entre les mains de la police]

CHAPITRE IV

La prudence exigeait
que les deux fugitifs ne se
déplacent que pendant la
nuit.
Quand le convoi, sur
lequel iis avaient pu
prendre place sans être
remarqués ni par les
mécaniciens ni par le chef
de train (ce qui était véri-
tablement providentiel I)
eut atteint le but de son
déplacement, Lloyd et
Robbie avaient encore
progressé vers l'Écosse
d'une cinquantaine de
miles, c'est-à-dire effectué
la moitié environ de la
distance qu'il leur restait
à parcourir pour se mettre,
comme le croyait le marin,
en lieu sûr.
En abandonnant le con-
voi, ils se dirigèrent tout
de suite vers la pleine
campagne. Robbie sem-
blait à bout de force.
— J'ai faim! déclara-
t-il encore.
Christian sacrifia, pour
leur dîner, les dernières
provisions qu'il avait ache- — Que nous importent les secrets de leur oie prive, , répondii.d.
tées à Londres. Puis, tra-
versant une épaisse forêt, ils choisirent un endroit favo- Il allait donc gagner l'Écosse, puis, après y avoir
rable pour s'y reposer jusqu'à l'aube. Étendant à terre repris haleine, s'efforcer de gagner l'étranger. Une affec-
la couverture de voyage qu'il avait pu acquérir à Nor- tion inattendue lui avait été octroyée par le destin, celle
10
Christian trouva Robbie
encore éveillé.

et une ultime énergie.


Leur nourriture se com-
posait toujours unique-
ment de carottes et de
pommes, auxquelles
vinrent s'ajouter, ce soir-
là, quelques noix tombées
d'un arbre trouvé sur leur
chemin.
La chaîne des Cheviot
semblait, à présent, très
proche. Dans quelques
heures, ils l'auraient fran-
chie, et si cette perspective
ne rendait pas au gamin
exténué les forces qu'il ne
pouvait plus avoir après
une pareille randonnée,
elle remettait dans Pâme
de Lloyd une soudaine
espérance; génératrice
d'un courage accru.
Ayant atteint les pre-
miers contreforts monta-
gneux, ils se blottirent l'un
contre l'autre dans une
anfractuosité qui les met-
tait à l'abri, à la fois, des
intempéries et de la vue
des indiscrets. Les paysans
semblaient d'ailleurs rares,
de ce pauvre gamin. Il devait y trouver la force d'oublier à cette époque de l'année, dans cette partie de la
la perfide responsable de son malheur et il se jura d'y campagne britannique. C'était pour les deux fugitifs un
arriver. inappréciable avantage.
Enfin, vers le milieu de la nuit, l'esprit obscurci, les Une nuit calme et tempérée leur rendit la force de
membres las, il put enfin s'endormir. poursuivre les derniers kilomètres qui leur restaient à
A l'aube, les aboiements d'un chien l'éveillèrent. parcourir avant qu'ils pussent atteindre la ferme de
Quelqu'un venait! Il leur fallait fuir de nouveau! Il Jeremy Lloyd.
réveilla Robbie et l'entraîna précipitamment. Quand le jour disparut de nouveau, le lendemain, ils
Une heure plus tard, s'estimant en sécurité, ils firent avaient enfin franchi la chaîne des Cheviot, dans une
halte. étroite mais courte vallée, et ils foulaient le sol de la
— Où allons-nous, Christian ? lui demanda alors le vieille et pittoresque Écosse. Certes, ils n'y étaient pas
gamin. encore complètement hors d'atteinte, mais la distance
Lloyd désigna du doigt la haute chaîne — les sauvages qui les séparait, à présent, de Londres, était, pour eux,
monts Cheviot — qui se profilait à l'horizon. un gage de sécurité relative. Qui donc, dans cette région
— Tu vois ces montagnes? dit-il. Quand nous les quasi désertique, songerait à voir en eux ces fugitifs
aurons franchies, nous serons arrivés. signalés par la police anglaise ? Qui, d'autre part, parmi
— Alors, dépêchons-nous! répondit Robbie. les détectives mis en éveil, oserait croire que ceux qu'on
Mais les forces du malheureux gosse n'étaient pas à recherchait avaient pu, en dépit des pièges qu'on leur
l'équivalence de son ardente volonté. Après avoir par- avait certainement tendus un peu partout, parvenir aussi
couru une demi-lieue, il s'abattit, exténué, sur le sol. aisément sur cette terre où rien ne semblait devoir les
Puis, de nouveau : attirer ?
— J'ai faim! gémit-il. Ils marchèrent tout le jour, le ventre à peu près vide.
Le problème devenait angoissant. Dans cette cam- Enfin ils atteignirent, la nuit tombée, une petite ville de
pagne aride, peu et mal habitée, il semblait difficile de quelques milliers d'habitants.
trouver — même en l'achetant cher — du ravitaille- — Christian, murmura plaintivement Robbie, je
ment. voudrais tant manger!
— Écoute, déclara Christian, pendant quelques jours Ah! que Lloyd eût souhaité pouvoir imiter, ce soir-là,
encore nous mangerons probablement mal. Mais nous le célèbre pélican du poète français! L'angoisse lui tortu-
nous rattraperons une fois arrivés, je te le promets. rait l'esprit. Comment se procurerait-il sans danger de
Dans la ferme de mon frère, il y a tout ce qu'il faut. quoi apaiser la faim du garçonnet ?
Tu y vivras heureux. Il le fit asseoir sur un banc au coin d'une petite place
Les yeux du gamin brillèrent d'espoir. et, dans la ville apparemment endormie déjà, il s'en alla
— Oh! oui, fit-il, j'aime tant les animaux! Tu verras à l'aventure. Il s'immobilisa soudain devant la vitrine
que je serai bien gentil avec toi... et avec eux! bourrée de victuailles d'une épicerie... Mais le magasin
Momentanément, il ne pouvait être question, pour se était clos et plusieurs autres échoppes, alentour, l'étaient
sustenter, que des quelques carottes que Lloyd avait aussi. Lloyd frissonna. Il compta mentalement les
arrachées dans un champ traversé peu auparavant et de jours : c'était dimanche! Il s'éloigna, désespéré : aucune
quelques pommes cueillies dans un verger côtoyé au force humaine ne pouvait, dans tout le Royaume Uni,
long de leur route. rompre la trêve sacrée du repos dominical!
r Robbie s'en contenta. Puis, la fatigue le terrassant, il Il s'arrêta tout à coup devant une fenêtre dont la
s'endormit sur les genoux de son compagnon, au pied partie inférieure, coulissante, était relevée, vraisembla-
d'une meule. Ils y restèrent jusqu'à la nuit. Quand elle blement, pour aérer la pièce sur laquelle elle s'ouvrait.
fut complètement venue, ils reprirent leur marche haras- Personne n'apparaissant autour de lui, Lloyd passa la
sante. tête sous la vitre. Il étouffa alors une exclamation de
A l'aube, Robbie, à bout de résistance, s'écroula dans joie! La pièce qui s'offrait à sa vue était une cuisine!
la boue d'un large ruisseau qu'ils traversaient. Force Sans aucune prudence, il se glissa rapidement à
fut à Lloyd de le porter dans ses bras. Le malheureux l'intérieur. La clarté de la lune lui désigna une armoire
était lui-même épuisé. Mais la volonté d'atteindre vite de réserves alimentaires. Il l'ouvrit et y prit plusieurs
le but qu'il s'était fixé lui donnait un courage désespéré reliefs, qu'il glissa dans une serviette trouvée à proxi-
11
Robbie, à bout datasses,
trébucha dans le ruis-
seau.

mité. Il se disposa à
s'en aller, mais un
bruit de pas, lourds,
martelés, le retint
effrayé. Dans la rue,
quelqu'un s'appro-
chait de la fenêtre. Il
se dissimula dans un
recoin. Il était temps!
La silhouette d'un
policeman se découpa
dans l'encadrement
de l'issue et la clarté
ronde d'une torche
électrique balaya
toute la cuisine. Par
miracle, il ne fut pas
aperçu.
Il entendit le poli-
cier grommeler :
— Il est incorri-
gible, cet excellent
Mr. Mac Arding! Il
laisse toujours chez
lui quelque fenêtre
ouverte! Heureuse-
ment qu'il n'y a pas
de voleurs, dans notre
ville!
Il fit délicatement
retomber la moitié
coulissante de la
fenêtre et reprit sa
ronde. Christian, relevant aussitôt le châssis, s'empressa ment Jeremy. J'ai appris également pourquoi tu avais
de s'échapper de la pièce. frappé. Je déplore que tu n'aies pas pu dominer ta colère,
Cette nuit-là, Robbie et lui firent un souper substantiel. mais je ne me reconnais pas le droit de te blâmer.
— D'assassin me voici, par surcroît, devenu voleur Ise Lloyd rapporta à son frère ce (lui s'était passé; puis il
dit amèrement Lloyd. Mais pouvais-je laisser le mioche lui confia son projet de fuir à l'etranger.
pleurer la faim ? — J'approuve ta décision, répondit rainé, car je ne
Rassasiés, réconfortés, les deux fugitifs reprirent leur puis malheureusement pas te garder ici. Tu ne connais
marche dans la nuit. Ils s'éloignèrent de la petite ville. pas les Écossais! Ils m'en veulent déjà d'avoir acheter
De gros nuages noirs couraient dans le ciel. Un orage ici cette terre, moi, un « Anglais ». S'ils apprenaient
menaçait. Par bonheur, il n'éclata pas et ils purent passer jamais que je suis ton frère, nous ne pourrions attendre
la fin de la nuit dans une grange abandonnée, enfouis d'eux que la pire malveillance! Je mets ma bourse à ta
côte à côte dans de la paille sèche. disposition, mais je te demande instamment de ne pas
— Encore une journée de marche et nous serons t'arrêter sous mon toit!
arrivés! déclara gaiement Lloyd. Le ton n'était pas brutal, mais il était péremptoire.
— Quelle chance! répondit l'enfant, harassé. Je n'en Lloyd sentit son cœur se contracter douloureusement; il
puis plus! se domina, pourtant.
Lloyd, angoissé, constata que les belles couleurs de — C'est bien, répondit-il en se levant, j'aurais
Robbie avaient, en effet, disparu, que son front et ses souhaité repartir seul, mais puisque tu as tellement peur
mains étaient, à présent, toujours brûlants et que son de tes concitoyens, je vais emmener encore avec moi ce
regard, si clair, il y a trois jours encore et si joyeux, pauvre gosse. Merci pour ton conseil, mon frère... et...
apparaissait soudainement éteint. adieu!
Le gamin avait indiscutablement besoin d'un long, Ayant gagné la porte, il l'ouvrit. L'orage, heureuse-
d'un profitable' repos... ment, s'était éloigné. Christian prit dans ses bras Robbie
toujours endormi et, les yeux emplis de larmes amères,
il s'enfonça lentement, lourdement, dans la nuit noire,
CHAPITRE V accablante.

C'est avec la plus apparente cordialité que Jeremy


Lloyd ouvrit, au début de la nuit suivante, la porte de sa Ils marchèrent encore avec une énergie désespérée
demeure aux deux fugitifs. Ceux-ci étaient trempés pendant les deux nuits suivantes; ils se dissimulaient le
jusqu'aux os, car l'orage que le marin avait redouté jour, pour ne pas être aperçus, dans les abris les plus
la veille ne s'était déclenché que ce soir-là. imprévus qui s'offraient à eux. Enfin, vers le milieu de la
Jeremy était de sept ans l'aîné de Christian. Il vivait seconde nuit, ils firent halte, épuisés, dans les ruines
seul dans cette petite ferme qu'il avait acquise dans cette d'un antique château fort érigé, en bordure de la mer,
partie de la mélancolique Écosse, assez peu hospitalière, au sommet d'une colline. Ils s'endormirent, sur l'herbe
d'ailleurs, pour les Anglais du Sud. haute qui avait envahi le castel, comme deux bêtes
Un repas comme Robbie n'en avait certainement fourbues.
jamais connu de sa vie fut rapidement préparé. La haute Au lever du jour, Lloyd fit quelques pas, seul, en direc-
cheminée de la pièce principale, où brûlait un puissant tion de la mer. Il étouffa alors un cri d'allégresse. Au pied
feu de bois, eut vite asséché les vêtements des deux voya- de la colline, il venait de distinguer une pittoresque
geurs. bourgade, à laquelle attenait un petit port abritant un
Quand son petit estomac tant privé ces derniers jours grand nombre de légers bâtiments actuellement au repos.
se fut copieusement empli, Robbie s'endormit lourde- — Des bateaux de pêche! murmura-t-il, frémissant
ment, les coudes sur la table, la tête sur les bras. Les d'espérance.
deux hommes purent alors converser librement. Il prit une soudaine décision : il fallait à tout prix
— Je connais tes ennuis, Christian, déclara grave- qu'il s'emparât d'un de ces cotres (qui sont toujours
la
pourvus en général, d'une forte quantité
de gaz-oil) et qu'à son bord il s'élançât
vers le large, en direction du Danemark.
Il avait navigué fréquemment dans les
eaux de ce calme petit pays et il estimait
facile pour lui d'y aborder dans une crique
déserte. Il abandonnerait là le bateau, après
y avoir laissé, en évidence, le nom de son
port d'attache, afin qu'il pût être aisément
récupéré par son propriétaire.
Il revint dans le vieux castel, mais
laissa encore Robbie dormir tout son saoul.
Quand les cloches de la petite église du
bourg eurent égrené les douze coups de la
mi-journée, il réveilla l'enfant et tous deux
descendirent vers le port.
Celui-ci était alors désert, les pêcheurs
que Lloyd avait aperçus, le matin, du
sommet de la colline, avaient regagné
leurs logis pour y déjeuner.
— Suis-moi, ordonna Lloyd au gamin,
mais en laissant une certaine distance
entre toi et moi! Si tu me vois monter à
bord d'un bateau, attends que je te fasse
signe avant de venir m'y rejoindre... pas
avant!
Robbie, encore visiblement fatigué,
obtempéra à son désir. Il s'accouda posé-
ment à un parapet du quai principal, sui-
vant attentivement du regard, sans en
avoir l'air, les faits et gestes de son ami.
Il fut soudainement rejoint par un gamin

A droite : — Des bateaux de pêche, murmura-


t-il, frémissant d'espoir.
Le frère de Christian tes accueiFit; ils étaient
trempés jusqu'aux os.

plus âgé que lui d'une ou deux années qui


tenta sur-le-champ d'engager la conversation
avec lui.
— Je ne te connais pas, lui décocha-t-il
avec la méfiance innée des Écossais. Tu ne dois
pas être du pays...
D'instinct, Robbie jugea prudent de ne pas
répondre. Son mutisme surprit son interlocu-
teur.
— Il est peut-être sourd et, sans doute,
aussi, muet! se dit celui-ci. Je vais en parler
à mon oncle Pat.
« Oncle » Patrick n'était autre que cet
imposant policeman qu'on voyait déambuler de
l'autre c8té du port. L'indiscret garçonnet
s'empressa d'aller lui signaler la présence de ce
curieux gamin.
Lloyd, cependant, avait longé le quai auquel
étaient amarrés les cotres, cherchant, en con-
naisseur, celui qui pourrait le mieux tenir la
pleine mer et marcher à la plus grande vitesse.
Son choix se fixa soudain sur un fin bâtiment,
fort bien entretenu. Il sauta à bord et s'appro-
cha du roof de la machinerie. Un coup d'oeil
jeté sur le cadran qui indiquait la contenance
du réservoir de gaz-oil l'assura de son « plein »
total. Il n'eut plus alors d'hésitation : il fit
signe à Robbie d'accourir. En quelques secon-
des, le bambin l'eut rejoint; il sauta à bord et
Lloyd détacha les amarres. Il mit en marche
le moteur, qui obéit docilement ; puis, prenant
en mains la roue du gouvernail, il accéléra
le propulseur et mit directement le cap vers le
large.

Il fallut un certain temps aux habitants de la


bourgade pour comprendre que ce n'était pas
son propriétaire réel qui pilotait le cotre à cette
heure. Quand cet homme fut mis au courant
13
Ils s'écartèrent pour lui don.
ner passage dans leurs rangs.

du vol dont il venait d'être


victime, le bâtiment se
trouvait déjà à plusieurs
miles en mer, et il ne sem-
blait pas vraisemblable-
ment qu'il pût être rat-
trapé.
On se représente aisé-
ment l'émoi que cet «enlè-
vement» imprévisible sus-
cita dans la laborieuse
population I
— Je suis certain, oncle
Pat, déclara au policier le
garçonnet qui avait inter-
pellé Robbie, que le sourd-
muet dont je t'ai parlé
accompagnait l'homme
qui a volé le bateau! Il
avait vraiment un drôle
d'air, ce gosse!
Le premier soin deLloyd
avait été d'allonger Robbie
sur la couchette de l'unique
cabine du bateau. L'enfant
paraissait soudainement
consumé d'une fièvre nou-
velle. Bloquant alors au «point fixe» la roue du gouver- train. « Oncle » Patrick était parmi eux, au sommet de
nail en direction du sud-est; le marin revint auprès du l'escalier de pierre qui réunissait le quai d'amarrage à la
bambin. Robbie dormait, à présent, mais sa respiration terre ferme. Tous les pêcheurs gardaient les yeux fixés
était courte, saccadée, bruyante... A l'appel de son nom, sur le cotre qui s'approchait à vitesse forcée et qui, enfin,
il ne répondit même pas. Lloyd, anxieux, téta le front, atteignit le quai. Guidé par une main indéniablement
les joues, les mains de l'enfant. Il vérifia le pouls... Il experte, il frôla délicatement le pier et, son moteur
frissonna. stoppé, s'immobilisa.
— Il est au plus mal! murmura-t-il. Graves et silencieux, les pêcheurs virent alors un
Entr'ouvrant l'une des paupières de Robbie, il s'effraya homme, très pâle, surgir de la cabine. Dans ses bras, il
de son regard devenu atone et comme inconscient. tenait un enfant inerte, pantelant...
— Pourra-t-il tenir jusqu'au Danemark ? se demanda- — Un homme brun avec un enfant blond m'ont été
t-il, angoissé. Il nous faudra bien huit à dix heures pour signalés par Scotland Yard, se dit soudain le policier.
y arriver ! Est-ce que, par hasard ?...
Hélas! Une sorte de râle, assez inquiétant, sortit tout Il n'acheva pas sa pensée, mais il prit une opportune
à coup de la gorge du malheureux petit être. L'épou- décision.
vante, alors, s'empara de Lloyd. Lloyd sauta sur le quai et se dirigea, avec son précieux
— Je n'ai pas le droit de le laisser sans secours! fardeau, vers l'escalier, dont il commença péniblement
murmura-t-il, bouleversé. l'ascension.
Et, d'un bond, il regagna la cabine de conduite. Déblo- Un silence pesant, presque funèbre, régnait, à présent,
quant précipitamment la roue du gouvernail, il lui fit sur le groupe serré des pêcheurs.
exécuter rapidement plusieurs tours sur elle-même. Ce Quand Lloyd eut atteine la dernière marche, ils
geste eut pour effet de faire décrire au cotre un large s'écartèrent lentement, de part et d'autre, pour laisser à
cercle, mettant son étrave en direction du port. l'inconnu un passage au milieu d'eux.
— Non, je n'ai pas le droit de risquer la vie de Robbie Ce passage, l'homme s'y engagea, les traits crispés, le
se dit-il encore, frémissant... Je n'ai pas ce droit! regard assombri, lointain...
Ouvrant en plein l'admission des gaz, il imprima au Devant lui, il distingua soudain la silhouette raidie,
léger bâtiment le maximum de vitesse qu'il pouvait inquiétante du policier et c'est vers lui qu'il se dirigea,
atteindre. humble, soumis déjà, présentant à bout de bras, comme
un appel désespéré à. la pitié, l'infortuné gamin dont Dieu,
Sur le quai principal du port, voyant le bateau volé en cette minute émouvante, tenait à sa merci la délicate,
revenir soudainement vers eux, tous les hommes du bourg lamentable petite vie...
s'étaient assemblés. Leurs commentaires allaient bon FIN

66
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14
COTÉ COEUR, COTÉ JARDIN ==
JEUDI prochain,
(Suite de la page 9.)
vous pourrez lire
Réponee,- Eh bien! mon ami, comme bagarreur, langage journalistique, m'oblige à les muser
vous êtes un peu là! Votre dynamisme est même si...
agressif que j'ai dé supprimer quelques apostrophes ta
liste noire. Inutile de vous dire que je ne le
s qu'à contre-terrer. Voici let pseudos
dans le n° 386 du
un peu trop violentes à l'égard de ces pauvres sacrifiée! t FRANCESCO, BEAU TROUBA-
o Lianettes »! Il est vrai que ces demoiselles ne DOUR, BOUTON D'OR, CHARLOTTE,
ménagent pas beaucoup plus notre sexe! Enfin. CLAUDE DE EAUZE, DOMINIQUE, SAN-
attendez-roua à des réponses foudroyantes : GLIER ARDENNAIS, LA ROUQUINE AUX
vous avez pris vos responsabilités! Moi, en bon YEUX VERTS, MADAME C. A., ESPOIRS,
Cameraman-Pilate. je m'en lave les mains! j'ai DANT L'EXILÉE, ROSE DE CHINE, CŒUR
parlé du relief dans un précédent éditinrial. Voyez DÉSOLÉ, ARLETTE ET ZÉZETTE, SMITH
le « Film Complet » 362. Voici la biographie de LE TACITURNE, INSENSIBLE AU CHARME,
François Patrice, un artiste charmant. Né le jan- ROGER, SANS VISAGE. POUR MON GÉ-
vier 1924 à Beyrouth, fils du Gouverneur général RARD, LANDES SAUVAGES, MA P'T1TE
français en Syrie, il y resta jusqu'à rage de onze ans. FOLIE, MANON, JO TOURAINE, LE DODO,
Son père mort, il revint à Paris, poursuivit ses BEU TANGO, RIKI, GARY COOP, ANDRÉ J.
études au lycée et bientôt, irrésistiblement attiré DE PARIS, LINE ENNEMIE DES SONNÉES,
vers le théitre, il prit des cours d'art dramatique MÉFIEZ-VOUS DES BLONDES, NA, LINS-
avec recteur Maurice Engrenée, et partit avec lui SAISISSABLE, MADEMOISELLE X..., 140-
e tournée. Revenu à Paris pour passer son bachot, MICA LA VERSAILLAISE, LE PICARD SOLI-
il fut engagé alors par Veluwe. pour jouer « Lez
fat
J-3 » aux Bouffas Parisiens. Par la suite, François
TAIRE, FAUSTA, LA SAINT-BONHEUR,
JAKE, M. PANDDEPUIS, LE PEINTRE SOLI-
Patrice devait jouer une quinzaine de piètes sur TAIRE, GUITOU LE FIER, PLUME AU VENT,
différentes scènes pariai e nate. Remarqué par rec- CAPITAINE PROVIDENCE, CHAMPION DE
teur Pierre F , il fut présenté par celui-ci BOXE, FILLE DU MAQUIS, MAR1E-CFIRIS-
au metteur en ut.. Henri Decoin, qui lui fit TINS D., ROSSIGNOL DE MES AMOURS,
tourner son premier film « La Fille du diable n. SANS SOUCI ET RÉSIGNÉ, MARC OU
Depuis lors, François Patrice a tourné quinze films. L'AMOUR CRUEL, AS DE CŒUR, TERESA,
Les derniers sont n L'Eswdron blanc», o Trois SNE 15 WONDERFUL, RUDOLPH VALEN-
garçons et une fille », « Ils ont vingt ans « Le TINO, NÉNESSE LES PETITES FEUILLES,
grand rendez-vous », « La rue des Saussaies ee, YAMILLÉ SOUS LES CÉDRes, PETITE
« Duel à Dakar », a Les quatre sergent de Fort- MADAME, JACKS LA MARINETTE, GIGI
Carré ». « La Pocharde ». Les projets actuels du LA DANSEUSE ENRAGÉE, LA PLUS INDI-
jeune artiste eont de tourner un nouveau film GNÉE, LE POTINEUR, ALADIN LE SOLI- avec
« Vent Debout.., et de monter une compagnie TAIRE, ESPANA INCENDIDA, LA KABYLIE
thélltrele au chantre Michel. En ce moment, il s• FRANÇAISE.
produit dans un grand cabaret proche des Champs- Réponse.- Surcette soixantaine d'infortunés,
Gary COOPER
Élysées. OÙ il interprète une fantaisie : « Chicago- il yen a environ la moitié d' « anciens». Que ceux-
Digest ». François Patrice, qui s'était marié à là ne s'en fassent pas, ils ont d'autres lettres en
ainsi que la rubrique
vingt ans, a divorcé quatre ans après. II est père réserve. et ils paraitront toujours. Quant aux
d'un petit garçon qui va avoir huit ans. Et pour finir, nouveaux, c'est plus pénible! Je sais bien que ce COTÉ CŒUR, COTÉ JARDIN
date de naissance d'Élisabeth Taylor : 17 fé- n'est pas dreele d'art* condamné à mort quand on
er 1932. Là-desaus, volcanique nouveau, j'attends le courrier du Cameraman meure«.
vient au monde, mais cette mort n'est que provi-
vo tre prochaine bombe explosive. mais attention : soire! je demande dont à tous les nouveaux de •
n'allez pas trop fort, sinon gare à la censure- cette liste de n
e pas se décourager et de m'écrire
maison! Bien cordiales amitiés. une nouvelle lettre en me signalant qu'ils viennent
de « passer à la camerole ». je leur ferai meilleure EN VENTE PARTOUT
LISTE NOIRE 111- ramis mis du côté un part la prochaine fois. Sur ce, à tous, nouveaux et
assez grand nombre de lettres pour des anciens, à biens& et mes amitiés repentantes! Le numéro : 20 francs.
ripantes immédiates, brèves ou longues, mais
Fe abondance dm matières ,,comme ou dit en Le C. A.

280. - Famay. 350. - Adieu! Paris.

FILM
351. - Terre de violence.
282. - Il, rue des Sanglai.. 352. - Appel d'un inconnu.
263. - Jack le Noir. 354. Histoire de détective.
268. - Les Amants Peseiounés. 355. - Vianda, la pécher...

COMPLET
271. - Lien. éternels. 356. - Courrier diplomatique.
- Dakota 308. 357. - Lee amants maudits.
211. - Le belle image. 358. - Le plue heureux des boums..
359. - Sou dernier Noël.
Numéros d 20 francs. 380. - Chérie, je me sen e.
voue pré...ente le liste de ms dormie» numéros 207. - Le dernier voyage. 361. - L'Affaire de Trinidad.
parue ACTUELLEMENT DISPOIRBLES. 286. - Edouard et Caroline. 362. - C'est uriné à Paris.
289. - Coupable. 363. - Une fille à bagarres.
299. - Nom eeeee tous fait la mime chose 364. - L'or de la Nouvelle-Guinde.
Numéros à 10 francs. 304. - Intrigues en Orient. 365. - Le chemin de l'espérance.
201. -- Vient de pendue. 305. - Voyage en Amérique. 366. - Lee du Kilimandjaro.
2112. - La Beauté de diable. 307. - La ecendaleuse ingénue. 367. - Les Géants do ciel.
2M. - La mariée du dimanche. 308. - Angèle. 368. - Un jour avec vous.
213. - Romance à Rio. 310. - Le banni des Bos. 369. - Bonn-Kens.
214. - Maneges. 312. - Voieeati de paradis. 310. - la gaucho.
215. - La dernière course. 313. - Au cœur de la Casbah. 371. - La Reine africaine.
216. - Miquette et mire. 314. - Rudoie Valentino, le grand edam. 372 - Samna, la perverse.
217. - Vacances de Keil. ber. 373. - Lee dente longue.
218. - Ombres sur Pari« 315. - La fille du puisatier. 374. - Le chalet maudit.
219. - Une famille toute simple. 316. - David et Bethsabée. 375. - Plume au vent.
220. - Le juif errant. 317. - Le clochard milliardaire. 378. - Piques sanglant«.
221. - Dominique. 319. - Épousez-moi. chérie. 377. - Rayés des vivants.
222. - Lee amante traqué« 320. - Sur la Rivier., 378. - Bue les maques.
223. - La femme mut dette visage.. 324. - Rio Grande. 379. - Tempéte sur les Meuvent,.
224. - Pièges à homme« 375. - Cet tige cet ante »O. - Menine, la fille «ne voile.
726. - La soif des hommes. 326. - Glume d'or. 361. - L'homme am complet bleue.
217. - Am revoir, M. Grock. 327. - Les surpriges d'une nuit de noces. 312. - Europe 51.
230. - Singoalla. 323. - Le voleur de Venise. 383. - L'agonie dee Aigle..
232. - Raccrochez, c'est one erreur. 339.... Rendez-voue à Grenade. 384. - Tempére sur la colline.
339. - Phis fort que la haine.
Numéros d 12 francs. 331. - Le déni, et l'amour. Adresser taus demandes no
395. - Fre Diavolo.
235. - Rio Escondido. L'affaire Cicéron.
236. - On n'aime qu'une foie.
238. - L. Marie du Port.
248. - M. Wilson perd la tête.
249. - Le Loup de la Silo.
337. - Mara, fille sevra..
338. - L. mère du marié.
339. - Volets dm.
no. - Vive Zapata.
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251. - Se Majesté M. D11{100t. 342. - Adorables créatures.
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