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Raymond ROULEAU

et Martine CAROL
da

Production P. A. C. - Films PATHÉ


No 239. — 21 Mars 1951.
AVIS IMPORTANT
Cette rubrique est oo verte
à nos lecteurs aux conditions
suivantes:
evel/ ---)Zij2tede
1° Chaque lettre ne doit ,m111
contenir que trois questions (et
non trois séries de questions). Le Fa du rasoir, Capitaine de R m... Memesins Doloris del
2. Toutes les réponses seront Johnny Apollo, Le Char- kawa, Roger Duchesne et Made- Rio, Pedro Armendariz. Arturo
publiées ci-dessous, au men- latan, Scandale en première page, leine Robinson), il parlait lui- de Cordova, Ricardo Montalban.
donyme (court) choisi. Noue Échec d Borgia, La Rose noire. même en français (avec un léger Espagnol José Iturbi.
ne po répondre directe- LOULOU. — Gaby Morlay arcent). — Jacques Semas ANTINSA.— Nous am. publié
ment par I s'appelle Blanche Futmleau. Elle tourné Miroir, La Révoltée, Jean Le Père de la Mariée, dont voici
3. Vu l'abondance des de- habite Bougival, aux environs dc de la lune ; en Italie : Le Moulin la distribution : Spencer Tracy
Paris. Je ne lui connais pas de dit Pd, Jeunesse perdue, Le Loup (Banks), Juan Bennett Ha femme.
mandes, le délai de parution de la Silo ; en Angleterre La
des réponses est actuellement maison de campagne dans la Ellie), Elizabeth Taylor (leur
Som., mais elle a une villa ià Salamandre d'or. fille, Kathy), Dan Taylor (le
de trois mois environ. fiancé) avec Léo G. Carroll, Billie
Nice. PIOUPIOU OU P. T. T. —
4° Nous ne publions pas Burke, Moroni Olten, Melville
d'adresses. Ceux de nos lec- JOST ET RIGI. -- Désolé, gen- Films d'Orane Demazis Marius,
Fanny, Angèle, Regain, César, Cooper, Paul Harvey, Taylor
teurs qui désirent écrire am tilles amies, mais je ne suis pas Holmes, Frank Orth. — Distribu-
marchand de photos d'artistes ! Le SehpouWs, Les Misérables.
artistes (cinéma seulement) Feu de paille, Lu Moulin dans le tion de La Cité sans voiles (1948)
Si vous voulez la photo de Tyroue Barry Fitzgerald (Dan Muldmn),
peuvent nous envoyer leurs Power, achetez-la (c'est très facile) soleil, Le Mistral, Bagarres. —
lettresen inscrivant sim- n'ai pas la distribution détaillée Howard Duff (Robert Niles).
dans le commerce. Ou demandez- Dorothy Hart (Ruth Morris.),
plement sur l'enveloppe le la à l'artiste lui-mime en procé- de La Passante, film qui n'est pas
encore sorti. Maria Mauban et Don Taylor (Jimmy Halloran) et
nom de l'artiste (affranchir dant comme je l'ai souvent dit House Jameson (docteur Sto-
à 15 francs pour les artistes ici. Relisez ma réponse à VÉNUS Henri Vidal en sont les vedettes.
Ce film est tiré du roman Femme neman).
résidanten France et à DE BRONZE, relisez aussi l'avis
important ci-contre ; affranchissez sans passé, de Serge Groussard. ROLANDE HEDOUIN. — Dis-
25 francs pour l'étranger). à 23 francs, et mettez dans la (Rien à voir — une complication tribution de Ma Pomme (1950) :
Cette lettre affranchie, des- lettre so francs au moins en CO. de plus ! —avec Femmes sans Maurice Chevalier (s Ma Pommes),
tinée à l'artiste, doit nous pons-réponse inter.tionaux (qui passé, film dont François Périer Sophie Desmarets (Mos Penchas),
être envoyée sous une autre s'acheent à la poste) puisqu'il et Sophie Desmarets furent les Jean Wall (Peuchat), Raymond
enveloppe à notre ad s'agit' d'une vedette étrangère. interprètes en 1947.) — Manse Bussières (Fricotard), Félix Paquet
affranchie à 15 francs. Nous réponse pour Clara de Montargis, (Valentin). Vera Norman (Claire),
UN ABONNÉ DE SAINT- que nous n'avons pas encore vu Jacte Marken (M Deply) et
transmettonsaussitôt (lettres GAULTIER. — Le filin sur les à Paris. Interprètes principaux Jacques Deum (Jacques Turpin).
exclusivement). pompiers dont vous me parlez, et Ludinilla Tebérina, Espallita Cor- Les chansons ne sont pas de mon
(Nous ne pouvons accepter dont les interprètes sont Larquey, tez et le jeune Michel François ressort. N'importe quel marchand
que les timbres français et les Moelle Norman, Yves Deniaud, (ex-enfant prodige que vous avez de musique vous procurera les
coupons - réponse interna. Armontel (sans oublier Jean pu voir, bébé, puis adolescent, chansons du film Ma Pomme, qui
tionaux.) Gaves, Nicole Maurey, Jean Car- dans des films tels que Satu len- sont éditées, — Il est également
met) s'intitule La Bataille du leu. demain, Le Ciel est si vous, La Cage très facile de se procurer la
Jamais, à ma connaissance, il n'a aux Rossignols et Dernières musique du Troisième boston.
CŒUR DE GITANE. — Dis- porté le titre Les Joyeux conscrds, vacances). dans le commerce. Adressez-vous
tribution du Rosier de Mn. Hus- à moins qu'il ne s'agisse d'un de à la ,,rime source. — C'est Jearum
son (r93o) Bourvil (le s Rosier.), ces changements de titres (ie, PETITE SŒUR DE BRISSAC.
dits) dont certains distributeurs — Gig Young (vrai nom : Bryon
et directeurs de salle ont la manie. Barr) est célibataire, né le 4. no-
Quoi qu'il en soit, je livre cette vembre 1912 à Saint-Cloud (Min-
indication à mon lecteur UN DE nesota) U. S. A. Brun aux yeux
•LA SAHARIENNE, auquel j'ai daim. Nous l'avons vu da.
dit (et cela se comprend) ne pas L'Impossible amour, Air Force,
coanoure le film nommé Les La Charge lantastique, Le Rénal
Joyau conscrits. — Alain Quercy de la Sorcière rouge, Les Trois
(Alain Pineau) est né à Paris le Afousquelaires, Le Démon de l'or,
Je avril 1928. Il a les cheveux Pas de fraie pour les maris. Mais il
blonds, les yeux bleus et mesure ne joue pas dans Le Chevalier
55,26. Il fait du théétre et on l'a Belle-Épée, dont voici la distri-
vu l'écran dans Ce siècle a cirt- bution Larry Packs (David
quinte ans et Les Derniers jours Picard), Marguerite Chapman (Ni-
de Pompéi. — Se femme, Héléne non), George Macready (çl'Es•
Voilier, est la sœur d'Odile Ver- tailles), Victor Jory (le gouverneur)
sois. Elle fait du théâtre, mais n'a avec Edith King et Oslow Stevens.
que peu tourné. Le mâle de Brissac mt interprété
par Michaël Duane, comédien de
DONALD THE DUCK. — second plan sur lequel je n'ai
Nadine Vogel est Française, née à aucun renseignement.
Paris en mu,. Elle a tourné :
Drôle di drame, Alerte en Médi- AMIE DES FRANCAIS. — Le Michaël REDŒRAVE
Deberah KERR terranée et Vidocq. Mariée au manque de fortune n'est nulle- dans
dans risette. en scène Marc Allégret, ment une entrave à une vocation
elle est mère de famille et a artistique sincère. De nombreux Le Secret Perriere Io porte.
Quand oient Vadat,. (Photo llovertal.)
(Photo 11.4.-M.) renoncé au Cinéma. — Le regretté acteurs ont réussi à s'imposer
Conrad Veidt était doublé en sans le secours de l'argent. —
français quand n entendions Avant d'Use s sterlet e, Cécile Moreau, de la Comédie-Française,
Jacqueline Bouvier-Pagnol, Mi- dans notre langue le dialogue de Aubry était élève du cours René qui joue Michèle dans Dernier
reille Perrey, Pauline Carton, ses films étrangers. Mais, dans ce, Simon. Mais une destinée aussi amour. Vous la reverrez da.
Suzanne Dehelly, Germaine De, ains films qu'il tourna en France chanceuse que la sienne est tout
m., Ni. Myral, Germaine Reu- Mairtres et da. Pigalle-Saint-
(Le Jaunir d'échecs, version 1938, à fait exceptionnelle. — Acteur Gcrinain-des-Prés.
ver, Yvette Etiévant, Jeanne ver Paul Cambo et Micheline d'oriene sud-américaine tournant
Veniat, Duvaleix, Jean Dunot, jrancey ; Tempête sur l'Asie, aux Etats-Unis Georges Rigaud BARBE-BLEUE. — Actrices
Vilbert, Ch. Lude et Baronnet. — anglaises e( amer irai nes nées
Après avoir tourné Andalousie en entre 1932 et 5937 : Elizabeth
Espagne, Luis Mariano a tait un
bref séjour â Paris, puis est allé
r aylor (née à Londres, tourne en
Amérique ; née le 27 février 1932) ;
chanter aux États-Unis. Margaret O'Brien (née à Los
MUA. — Georges Marche a
tourné Le Lit d colonnes, Fo-este
alerte, Premier rendes-vous,
MON FILM Angeles le 15 janvier 1937);
Patty Brady (née à Los Angeles
én x9371. — Le metteur en scène
TOUS LES MERCREDIS, S, boul. des Italiens, PARIS (2.). Yves Allégret est le frère cadet
L'Homme qui joue avec le leu, du metteur en scène Marc Allé-
Lumière d'été, puis (en vedette) Contait chiqua peu«, 549249. gret. Principaux films réalisés
Vautrin, Blondine, Pantela, Échec par se dernier : Fanny, Lac-aux-
au Roy, Les Dénions de l'aube, Abonnements, France et Colonies : Daines, Les Beaux Jours, Les
La Septième porte, Torrents, Beth- Yeux noirs, Les Amants terribles,
sabée, Figure do proue, Les Der- 1 an 500 fr. 6 mois 260 fr. Orage, La Belle aventuré, Félicie
niers jours de Pompéi, La Passa- Nous renom à prévenir nos nouveaux abonnés qu'un délai de deux semaine5 Nantend,Lunegarde, L'Arlésienne,
gère, Dernier amour, Au Grand es
notminen
d en jo.« 'éteil.irrmmen
uru ,,. . 51eb.l.
euer.ealedri.
=. roer.ej,'.E;r6r.ir:«!
,e, Parus. Jusqu'il u que mort
Balcon, La Voyageuse inattendue, lottre ut , amanite et aria Chapdelairie
La Soit des hommes, Robinson Vifs de joindre le dernière bande denvoi du Dun. accompagnée de trente francs (semnde vers).non
Crusaf. — Derniers films de en timbres mur établissement du nouveau cliche et fais divers.
Tyrone Power parus en France LE CAMÉRISTE.

11111V„-::..11111
LA porte du poste de pilotage s'ouvrit et l'hôtesse de cieusement, vous le trouverez quand même facilement.
l'air dit en souriant Lorsque vous apercevrez une bouteille de whisky, écartez-
— Voulez-vous, s'ilous plaît, mettre vos cein- la... Georges sera sûrement derrière!
tures nous arrivonsàMarignane. Empressé et courtois, il accepta de rendre le service demandé
Comme toujours, il y eut ce petit instant d'émotion et, après l'avoir remercié, Jeanine ajouta
qui précède l'atterrissage et Jeanine Lambert paraissait si — Moi, je suis tellement éreintée que je vais passer chez
nerveuse que son compagnon de voyage, Lionel, lui en fit la moi me reposer un peu.
remarre v..u.. Ils se séparèrent dès que l'avion se frit posé sur le sol, et,
que vous regrettez déjà la féerie orientale, parmi les gens qui attendaient l'arrivée du long-courrier de
Saigon et ses mystères... Saigon, Jeanine ne remarqua point un homme vêtu d'une
— Détrompez-vous, répondit-elle. Trois mois d'exil ont gabardine noire, tenant sous le bras un étui à violon. D'aspect
réveillé chez moi la passion de l'Occident... Vivent les draps parfaitement inoffensif, il semblait, pourtant, s'intéresser à
propres et le bon vin 1 elle, la suivit et ne s'immobilisa qu'en voyant deux jeunes
Toute jeune et d'apparence assez frêle, Jeanine Lambert, gens accoster la voyageuse.
attachée aux services des reportages d'une importante Agence Celle-ci eut d'abord un réflexe de méfiance quand ils se
de Presse qui avait son siège à Marseille, revenait d'Indochine présentèrent, mais qu'avait-elle à redouter ? Ils venaient,
après une longue et minutieuse enquête sur les trafics d'armes disaient-ils, de la part de Georges Masse qui, trouvant l'heure
et de stupéfiants. Pendant des semaines, elle avait observé, d'arrivée un peu matinale, n'avait pas eu le courage de se
étudié l'inquiétant lever.
milieu de la haute pègre — Ça ne m'étonne
internationale et elle pas! dit-elle. Je le recon-
rapportait dans sa ser- nais bien là.
viette de cuir une docu- — Il nous a délégués,
mentation précieuse. MÉFIEZ-VOUS DES BLONDES affirma l'un sur un ton
Réalisation d'André HUNESELLE.
Cette serviette, toute Scénario et dialogues de Michel AUDIARD. jovial.
gonflée de papiers, était — Vous êtes nouveaux
si lourde que la jeune /NTERPRETATION dans la boite ? ques-
femme demanda à Lio- Georges Masse Raymond ROULEAU. tionna Jeanine, complè-
nel s'il voulait bien Olgs Schneider Martine CAROL. tement rassurée.
&manne Wilson. Claude FARELL.
accepter.de s'en charger Luini Costelli Yves VINCENT. — Oh! non... répon-
et de la porter directe- Petit Louis Remua LAJARRIGE. dit l'autre. On s'occupe
ment à. l'Agence, où il Commissaire liesnard Noé! ROQUEVERT. avec Georges de l'affaire
M. Dubois Henrie«ENOEUX.
n'aurait qu'à la remettre Jeanine Lambert. Frtumoise LUGAGNe de trafic d'armes et de
à Georges Masse le M. Dou Ky DU-YEN. stupéfiants. Tandis que
fameux reporter, spécia- Directeur de l'Agence. Robert ARNOUX. vous enquêtiez à Saigon,
Lionel Pierre DESTAILLES.
liste des affaires les plus nous étions à Rome.
Coproduction P. A. C. — Les Mus PAINE.
sensationnelles,en même Réait de F. EIRM. Comme elle était par-
temps qu'animateur des tie depuis trois mois, il
services de rédaction. n'y avait aucune raison
— Si vous ne le con- pour qu'elle s'étonnât de
naissez pas, dit-elle mati- ne les point connaître,
3
et elle pensa qu'il s'agissait de correspondants qui, après Où était-elle ? Que lui voulait-on ? Qui donc était cet
avoir travaillé secrètement pour l'Agence en Italie, venaient homme ?
faire leur rapport. Curieuse ? Qu'à cela ne tienne : sa curiosité allait être
En revanche, ce qui la surprit quelque peu en sortant de satisfaite.
l'aérogare, ce fut de voir les sympathiques et volubiles jeunes — Qui je suis ? dit l'imposant maître de ces lieux : Costelli.
gens se diriger vers une splendide automobile où attendait un Je recueille les petites filles qui tombent du ciel... Voyons, un
chauffeur. Le directeur de l'Agence, qui avait une solide petit effort : mon nom ne vous dit rien ?
réputation de ladrerie, était-il devenu soudain d'une royale Jeanine Lambert ne sourcilla point :
générosité pour offrir un aussi luxueux moyen de déplacement — Absolument rien.
à ses collaborateurs ? Dans l'instant même, Costelli fut debout, et, à toute volée,
Celui qui lui avait parlé le premier, la voyant surprise et sur envoya une magistrale paire de claques à cette petite jour-
le point d'hésiter à monter, observa simplement : naliste entêtée qui avait l'air de ne pas connaître son nom.
— Oui, d'habitude, le patron nous fait prendre le tramway, — Et ça, ça vous dit quelque chose ?
mais, pour la circonstance, il nous a motorisés. Tandis que les deux gardes du corps, qui étaient restés dans
Tous les trois montèrent dans la voiture qui démarra en la pièce, s'esclaffaient et étaient rappelés à l'ordre par le
vitesse, tandis que, non loin de là, « l'homme au violon a patron qui ne supportait chez les autres aucune vulgarité,
attentif, la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle eût disparu. Jeanine, retenant à grand'peine ses larmes, essayait de
donner une vague explication.
a*. — Je n'aime pas être interrompu quand je bavarde, dit
Dès le démarrage, les stores des portières et de la glace Costelli. Pour l'instant, c'est moi qui tiens le micro et j'ai un
arrière furent baissés, et l'auto, roulant à toute allure, prit marché à te proposer : ta liberté contre un petit bout de
Une direction qui n'était pas celle du centre de la ville. papier. Tu n'ignores pas à quel bout de papier je fais allusion ?
Qu'est-ce que cela signifiait ? — Comment voulez-vous que je sache ? murmura la jeune
Inquiète, Jeanine regarda ses compagnons dont le visage, femme de plus en plus angoissée.
où, quelques secondes plus tôt, s'exprimait encore tant de — Tu es dure en affaires : j'aime ça. Voilà ce que je te
cordiale franchise, s'était brusquement durci. propose ta remise en liberté, plus zoo 000 balles. Correct ?
— Mais... où me conduisez-vous ? demanda-t-elle. — Mais, enfin, puisque je vous affirme...
Elle entendit un ricanement et une voix sans douceur qui — zoo 000. Correct?... 300 ose? Avoue que je suis bon
disait prince.
— On va s'occuper un peu de cette affaire de trafic d'armes... Il y eut un silence, puis Costelli revint à la charge en
Ça ne t'intéresse plus ? prenant cette fois un ton qui ne souffrait pas de réplique
La voiture franchit l'entrée d'un jardin et s'arrêta devant — Je vais te mettre les points sur les i... A Saigon, tu as
le perron d'une villa. Solidement encadrée, Jeanine fut conduite fourré ton petit museau dans de vilaines affaires d'armes et de
aussitôt jusqu'à un salon meublé avec goût. drogue. Sois tranquille, ça ne me gêne pas. Mais ce que je ne
Quelqu'un l'attendait qui, pour tromper son impatience, se peux supporter, c'est qu'on s'occupe de ma vie privée. C'est
livrait aux soins de son pédicure: un certain M. Dou, Chinois pourquoi je te demanderai de te souvenir de l'endroit où tu as
malingre, aux traits empreints de cruauté et dont le regard mis la pièce qui m'intéresse celle que tu as sortie d'un gros
oblique se fixa avec intensité sur l'arrivante. bouquin à couverture noire qui porte le nom de Registre
L'homme se libéra du Chinois accroupi devant lui et qui,
involontairement, venait de l'égratigner au pied avec une
lime.
— Ça val Heureusement que tu es meilleur barman que
' pédicure!
Ce petit accès de mauvaise humeur passé, il se leva et vint
vers Jeanine Lambert.
C'était un homme dans la pleine force de l'âge, taillé en
Hercule et qui devait être terrible quand il ne souriait pas.
Mais, pour l'instant, il souriait et se montrait même d'une
exquise courtoisie :
— Prenez la peine d'entrer, mademoiselle Lambert... et la
peine de vous asseoir.
Avec une grâce toute mondaine, il désigna un siège et vint
s'asseoir auprès de la jeune journaliste.
— Votre voyage s'est-il bien passé ? demanda-t-il. Lors-
qu'on part à la dernière minute, on ne trouve pas toujours de
place. J'étais très inquiet... Je suis un anxieux... Enfin, tout
est pour le mieux, puisque vous voilà !
Jeanine, se dominant, cherchait à devi-
ner dans quel piège elle était tombée et
Costelli se mit regrettait, elle si méfiante, de s'être laissée
à frapper pea- entraîner aussi facilement par ces deux
nine avec rage., personnages qu'ellâ n'avait jamais vus.

d'État Civil. —Jeanine nous rapporte


Allons, petite des documents sensation-
amie, cartes nels, annonça Georges.
sur table. Et --
surtout ne me
dis pas que tu n'as jamais mis les pieds à
Saigon et que mon nom ne te rappelle rien.
Devenant soudain agressive, Jeanine Lam-
bert lui lança
— En effet, tout le monde tonnait Cos-
telli. Vous avez suffisamment trafiqué et tué
pour vous rendre célèbre!
Cette apostrophe courageuse ne resterait
pas sans punition. La brute gifla violemment,
ainsi qu'il l'avait fait précédemment, celle
qui osait se rebeller, puis retira son veston
que M. Dou, obséquieux, vint prendre pour
tw aller le ranger soigneusement. Costelli, reti-
rant la ceinture de cuir de son pantalon, allait
s'en servir pour frapper de toutes ses forces,
jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse, la malheu-
reuse sans défense qui avait eu l'audace
de le braver.
Elle voulait se taire ?... Il saurait bien la
r• faire parler!
.**

La vedette incontestée de l'Agence Internationale de Presse,


c'était Georges Masse. Le type même du reporter moderne si
souvent décrit. Un vrai tempérament de journaliste toujours à
l'affût d'événements sensationnels, de crimes mystérieux,
mêlant l'aventure mouvementée du fait divers aux aventures
sentimentales sans cesse renouvelées. Ironique, gouailleur,
lançant, comme Gavroche, la repartie cinglante; affectant de
ne s'intéresser à rien, mais touchant à tout et décidé à réussir
dans toutes ses entreprises.
En dehors de son métier, Georges Masse avait deux fai-
blesses : le whisky et les femmes. Buveur impénitent et
séducteur-né, il n'avait de dédain véritable que pour le
directeur de l'Agence, un bourgeois ventripotent qui vendait

Sans en écouter davantage, le — Faites semblant


reporter s'était emparé de la d'aller au téléphone...
lourde serviette et, s'adressant murmura la jolie blonde.
P'tit Louis :
— Allez, en route!
Son inséparable lui emboîta le pas et fit unegrimace expres-
sive en se retournant vers le « patron s — le e boss s comme il
l'appelait
— Ça y est! On était tranquilleet voilà que ça recommence,
les histoires I...
Avec la voiture de Georges, il ne fallait pas cinq minutes
pour se rendre à l'immeuble qu'habitait Jeanine.
En deux bonds, sans même prendre l'ascenseur, ils furent
devant la porte du petit appartement : la clef était sur la
serrure. Une brève hésitation... puis la même impulsion les fit
pénétrer dans le studio.
Jeanine était étendue sur son lit.
Ouf I
La première réaction de Georges Masse, provoquée par
l'inquiétude ressentie et qu'il avait dissimulée, fut vive et il se
mit à secouer vigoureusement sa collaboratrice :
— Alors, tu affoles tout le monde... et tu dors ? Tu as le
toupet de dormir ?... Tu mériterais une de ces corrections!
— J'ai l'impression qu'elle l'a déjà reçue, observa P'tit
Louis en découvrant les meurtrissures qui zébraient les
épaules et les bras de la jeune femme. Ah, les salauds!
— Vite, téléphonons à un toubib, dit Georges.
Jeanine raconta de la sensation au poids et gagnait
sa mésaventure beaucoup d'argent en spéculant sur
à Georges Masse. le talent de collaborateurs qu'il s'in-
géniait à payer le moins cher possible.
Les discussions entre Masse et ce Comment était-il possible que Jeanine fût chez elle éva-
margoulin étaient épiques, réjouissaient à longueur de jour- nouie, alors que nous l'avions laissée aux prises avec Costelli ?
née la salle de rédaction et il ne se passait pas de semaine Le gangster n'étant pas de ceux qui tachent la proie pour
sans que l'un, sûr de sa supériorité, remit à l'autre une démis- l'ombre, l'explication était simple. C'est M. Dou, le subtil
sion qui n'était jamais définitive. Chinois, à la fois pédicure et barman, qui avait suggéré ceci :
Ce matin-là, le bouillant directeur reprochait à Georges « Qu'on laisse libre la jolie demoiselle — une a liberté très
Masse son apathie, alors que les foules étaient avides de surveillée s, bien entendu — et, avec un peu de patience, elle
nouvelles extraordinaires à titrer en gras sur toute la largeur les conduirait, sans s'en douter, jusqu'au précieux document
de la première page : comment, lui, à la fois chef des services des recherché a. Sur l'ordre du chef, ses acolytes avaient trans-
reportages et grand reporter lui-même, il n'avait pas, depuis porté chez elle, avec, il va sans dire, le maximum de précau-
des semaines, découvert l'affaire sensationnelle qui classe une tions, la journaliste qui avait perdu connaissance.
agence et fait mon ter les tirages I quand elle revint à elle, elle conta a ses deux camarades le
— Mon vieux, soyez chic, implora le directeur trouvez- récit de sa mésaventure depuis sa descente d'avion, sans
moi du nouveau à imprimer. omettre le moindre détail.
Masse avala une gorgée de whisky et dit simplement : — Tu es sûre que Costelli a appelé le Chinois « barman ?
— La petite Lambert rentre après-demain, j'ai reçu un demanda Georges.
télégramme. Avec ce qu'elle rapporte, nous allons sortir un — Certaine.
de ces reportages dont on parlera longtemps, je vous en donne — Il n'y a pas tellement de particuliers qui s'offrent un
l'assurance. barman. Et le fait qu'il soit chinois limite les investigations...
Le directeur s'en alla, satisfait, mais revint quelques ins- On va voir ça!
tants plus tard accompagné d'un photographe que l'on appe- Tout en l'écoutant, Georges avait compulsé les papiers que
lait familièrement P'tit Louis. C'était le meilleur opérateur contenait la serviette et c'est en les rangeant au moment de
de la maison et le préféré de Masse, qui l'emmenait toujours partir qu'il aperçut au fond de celle-ci un revolver. Il le lança
avec lui dans ses enquêtes. sur le lit
— Vous m'avez bien dit que Jeanine vous avait télégraphié — Tiens, garde toujours ça !
qu'elle rentrait après-demain ? demanda le directeur à Georges. Jeanine eut un cri d'angoisse :
Eh bien! regardez... — Georges, emporte cette arme et surtout ne t'occupe pas
P'tit Louis tendait une feuille de papier : c'était la liste des de cette affaire !...
passagers d'Air-France arrivés le matin même et le nom de Elle eût certainement fait d'autres confidences si le docteur,
Jeanine Lambert y figurait. mandé d'urgence, ne s'était trouvé là à ce moment.
Quelques minutes plus tard, Lionel, apportant à l'Agence, Sur le pas de la porte, Georges envoya un baiser à la petite
ainsi qu'il l'avait promis, la lourde serviette de cuir que la Lambert, et, lui laissant le revolver, observa
journaliste lui avait confiée, allait confirmer le retour de celle — Une femme bien armée en vaut deux!
qui n'était pas attendue si tût. Tout ce qu'il savait, c'est que,
très fatiguée, elle était rentrée chez elle pour se reposer. a**
Ce retour prématuré avait certainement une raison. Il
fallait la connaître. Le premier objectif du reporter et de son fidèle P'tit Louis
Sans songer qu'il pourrait troubler le repos de la jeune fille, était de repérer tous les barmen chinois de la grande cité
P'tit Louis l'appela au téléphone et, en vain, il réitéra l'appel. phocéenne, et, dès qu'un visage d'Asiatique passait à portée de
— C'est curieux! remarqua-t-il. Jeanine ne répond pas, son son appareil à lampe éclatron, le photographe opérait.
numéro est toujours aux abonnés absents. Le soir même, ils allèrent au Fleuve Bleu, une boite de nuit

5
à la mode où Georges Masse était déjà venu se délasser après ravissante blonde lui présentait et qui, sans autre préambule,
une journée bien remplie. le pria de la faire danser.
— Ici, dit-il à P'tit Louis en entrant, tu vas pouvoir t'amu- Le prince des, reporters, nous l'avons déjà dit, ne savait
ser tout le personnel est chinois. pas plus résister à une jolie femme qu'à un verre de whisky
Effectivement, on ne pouvait faire un pas dans le cabaret et, l'ayant examinée des pieds à la tête, il l'enlaça, tandis que
sans croiser un représentant de la race jaune. Le barman, lui le regard soucieux de M. Dou ne quittait pas le couple.
aussi. était un « fils du Ciel » et il semblait fort contrarié Georges, avec sa fatuité coutumière, pensait que c'était
chaque fois que P'tit Louis « tirait un portrait ». Malheureuse- à son charme personnel qu'il devait ce charmant prologue
ment, Georges ignorait encore que ce barman énigmatique, à d'aventure. Aussi fut-il quelque peu surpris du langage que
qui rien n'échappait, n'était autre que... M. Dou. lui tint à mi-voix sa cavalière
— Avez-vous un revolver ?
• *4 — Pourquoi?... Votre mari est dans la salle ?
— Faites semblant d'aller au téléphone... Il y a une
Que faire dans une boite de nuit — même quand on est un seconde sortie au fond du couloir.
photographe en mission — sinon écouter d'abord une capti- — J'avoue ne pas très bien comprendre...
vante chanteuse et, ensuite, entrer dans la danse surtout — Continuez, c'est ce qui peut vous arriver de mieux. Et
quand une fille pétulante vous saute au cou, vous embrasse et rentrez chez vous sans vous retourner.
vous entraîne ? P'tit Louis n'y put résister et s'abandonna Dès qu'elle l'eût quitté, il se dirigea ostensiblement vers la
sans arrière-pensée aux plaisirs du be-bop. Pourquoi eût-il cabine téléphonique. A droite, on lisait sur une porte : sortie
hésité ? Ayant utilisé presque toute sa pellicule, il n'avait pas de secours. Il s'y précipita et, quand il fut dehors, s'enfuit au
grand'chose à faire et Masse ne le surveillait plus, car, subis- pas de course. Deux Chinois s'élancèrent à ses trousses. C'est
sant l'attirance du bar, il s'y était installé. une ronde d'agents cyclistes qui lui permit d'échapper à ses
De toute évidence, ces deux nouveaux clients paraissaient poursuivants et d'atteindre sans encombre son domicile au

Georges Masse indésirables à M. Dou qui, tout en prépa- moment précis où une grosse Georges emmena Olga
présenta Ber- rant selon les règles de l'art les breuvages voiture américaine démarrait. Il :déjeuner dans une
nard à Olga. commandés, s'efforçait, avec un sourire ne prêta aucune attention à celle- charmante au berge.
contraint, de masquer son inquiétude. ci, ni à un passant qui, dans un
— Monsieur a rendez-vous avec quel- coin d'ombre, le guettait. C'était
qu'un ? demanda-t-il d'un ton faussement aimable à Georges l'homme à la gabardine noire, portant un étui à violon
Masse. sous le bras, celui-là même qui, de loin, avait assisté à
— Avec Confucius, répondit le reporter en se bridant les l'enlèvement de Jeanine Lambert.
yeux. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce mystérieux personnage, après avoir furtivement sur-
Cette irrévérencieuse réponse n'était pas faite pour satis- veillé les alentours et s'être assuré que le journaliste était
faire celui à qui elle était destinée et le décida à agir sans plus bien rentré chez lui, se dirigea vers un petit café et demanda
attendre. Il fallait d'abord détruire certaines « images » à téléphoner.
gênantes, et le barman, fixant du regard le coin de table où Quand il obtint son numéro, il dit lentement : « A118!
P'tit Louis avait posé son appareil, remit un siphon à l'un de Police ?... Ici, Georges Masse, 4oz, avenue du Prado... »
ses compatriotes auquel il dit quelques mots en chinois.
Le résultat de ce bref colloque ne se fit pas attendre : le »*4
serveur, jouant les maladroits, fit un faux pas, trébucha, et,
« accidentellement », le siphon s'écrasa sur l'appareil photo- En entrant dans son studio, Masse n'avait allumé que la
graphique qu'il endommagea. petite lampe de son bureau. Dans la pénombre propice, il
Raccompagnant sa danseuse, P'tit Louis constata les Méditait. Les événements de la journée l'obligeaient à réflé-
dégâts et protesta avec véhémence; mais, heureusement, le chir et les conseils de la jolie blonde le préoccupaient. Pour-
magasin était intact. Masse, qui avait suivi la scène, glissa de quoi cette jeune femme était-elle intervenue ? Qui était-elle ?
son tabouret et, après avoir tancé son collaborateur pris de Que savait-elle ?
frénésie chorégraphique au lieu d'assurer son travail, lui Est-ce qu'un confortable whisky ne faciliterait pas ses
ordonna de filer à l'Agence. déductions ? Verre en main, il s'approcha de sa table de chevet
— Fais développer les clichés d'urgence et porte un exem- pour y prendre des allumettes — car, comme toujours, son
plaire de chacun à Jeanine. Espérons qu'elle reconnaîtra son briquet ne marchait pas — et, soudain, il éclata de rire la
Chinois, mais ça m'étonnerait. tète enfouie sous les coussins, une jeune femme, en une pose
— Pourquoi ? d'abandon, était étendue sur son divan.
— A cause de ton appareil cassé. Laquelle de ses conquêtes s'était endormie là, en
P'tit Louis parti, Georges retourna au bar et, face à M. Dou, l'attendant ?
commanda : Il n'eut point la patience de s'interroger plus longtemps.
— La même chose, Charlie Chan! D'un geste vif, il fit voler les coussins qui dissimulaient le
Impassible, le barman le servit, puis, sans être vu, s'adressa visage et.. ce qu'il vit le laissa comme pétrifié.
encore à l'un des garçons — mais, cette fois, son subordonné La femme était morte.
était un Chinois athlétique — qu'il chargea de monter la Et cette femme... c'était Jeanine Lambert.
garde devant la porte de sortie. Devant le cadavre de sa collaboratrice, le premier réflexe
Son verre étant vide, Georges Masse s'apprêta à quitter la de Georges fut d'alerter le commissariat, mais, au moment ou
salle et porta une cigarette à ses lèvres. Mais 4I n'eut pas le il décrochait l'appareil, des coups redoublés ébranlèrent la
emps de l'allumer une flamme jaillit d'un briquet qu'une porte et une voix cria :

6
— Police I... Ouvrez! — Vous en faites pas, « boss o, je vous sors de là en moins
Suivi de deux inspecteurs et de deux agents, le commissaire de deux!
Besnard entra.
— Ah! c'est vous, dit Georges qui le connaissait bien — et,
d'ailleurs, ne l'aimait pas beaucoup — justement, j'allais Non loin de la maison de Jeanine, l'homme à la gabardine
vous appeler. veillait. Ce n'est que lorsqu'il vit l'inspecteur et le photo-
— M'appeler ? Mais vous l'avez fait il y a exactement graphe disparaltre dans l'entrée qu'il s'éloigna.
cinq minutes pour m'annoncer : « J'ai trouvé un cadavre dans P'tit Louis jubilait intérieurement en songeant à l'étonne-
mon lit. » Je vous préviens, si c'est encore une de vos blagues ment de l'inspecteur devant le studio transformé en caphar-
idiotes... naüm. Mais ce fut lui qui resta bouche bée dès le seuil de
Mais le commissaire n'ajouta pas un mot : il venait d'aper- l'appartement : celui-ci était dans un ordre parfait, tout était
cevoir le cadavre de la malheureuse Jeanine. soigneusement rangé. Avait-il rêvé tout à l'heure ou rêvait-il
— Comme vous voyez, ajouts Masse, ce n'est pas une maintenant ?
blague. — Eh bien! mon gars, dit l'inspecteur sur un ton gogue-
— Alors, reprit Besnard avec une sorte de satisfaction, nard, ça ne va pas?
quel alibi allez-vous nous fournir, cher grand journaliste ? — Pouvez pas comprendre, murmura P'tit Louis, complète-
Quoi ? Le commissaire allait-il le soupçonner ? Ce n'était ment effondré. Et moi non plus, je n'y comprends rien.
pas possible! D'abord, Masse n'avait pas téléphoné, ça il — Vous vous attendiez peut-être à la retrouver dans son
pouvait le jurer et il était facile de contrôler, heure par heure, lit, fit le policier de plus en plus goguenard.
son emploi du temps.
Il se défendait, mais en vain : Besnard était trop heureux
de soumettre à un interrogatoire serré ce reporter qu'il
jugeait prétentieux et qui, déjà, lui avait joué plus d'un tour. Le jour s'était levé depuis longtemps et, dam les locaux de
la brigade criminelle, le commissaire et Masse étaient toujours
aux prises.
— Personne ne se souvient de vous avoir vu au Fleuve
Bleu, disait Besnard. Votre alibi ne tient pas debout!... Avouez
donc! Crime passionnel... La petite Lambert avait refusé de
céder à vas instances. Hier soir, vous êtes rentré chez vous et
vous aviez un verre dans le nez, selon votre habitude...
— Si je tuais une femme chaque fois que j'ai un verre
dans le nez, les Pompes funèbres auraient du travail.
— Monsieur fait le rigolo ?
L'interrogatoire pouvait encore durer longtemps sur ce ton;
un inspecteur vint l'interrompre et, après avoir parlé tout bas
au commissaire, demanda
— Dois-je la faire entrer ?
— Mais naturellement.
Devenant soudain très aimable avec celui
qu'il tenait sur la sellette depuis le début de la
nuit, Besnard lança, tout en rectifiant son noeud (S,,;i r
de cravate : P.ro.)
— Cachottier! Vous ne pouviez pas le dire
plus tôt?... Olga Schneider est ici. Elle affirme
avoir passé la soirée avec vous
au Fleuve Bleu.
— Ah, oui?... fit Georges — Ce que je sais 1...
Masse. Vous le lirez demain
— Saviez-vous que cette dame dans la journal, Costelli I

Las deux bandits «*.


treinèrent Georges
jusqu'à la sortie. Dans le même temps, P'tit Louis,
tout en sifflotant, arrivait chez Jea-
nine pour lui montrer les photos des
Chinois. Il ne devait pas rester longtemps dans l'apparte-
ment, car celui-ci, dès le seuil, laissait voir un désordre
indescriptible : meubles renversés, papiers éparpillés dans
tous les coins. Aucune trace — et pour cause — de la jeune
femme. Affolé, il allait sortir quand son pied buta contre un
objet : c'était le revolver que Masse avait rendu à Jeanine
quand le docteur était arrivé.
P'tit Louis ramassa l'arme, puis bondit au dehors.
A peine eut-il disparu que l'homme au violon, qui guettait
sa sortie, pénétra dans l'immeuble.

•*.
Quand il arriva chez Georges, P'tit Louis faillit tomber
la renverse. En effet, ce qu'il voyait était incroyable : les poli-
ciers emmenaient son patron.
— Eh bien! monsieur le commissaire, vous emmenez le
« boss a en soirée ? s'écria-t-il.
— Au bal de la Préfecture! ricana Besnard.
— Jeanine a été assassinée, dit Masse.
— Dans le lit de votre patron,poursuivit le commissaire.
— Vous ne pensez tout de même pas que le « boss » est
dans le çoup 1 s'exclama P'tit Louis dans un sursaut.
— Je n'ai plus besoin de vous indiquer ce que je dois pen-
ser ou non. Je vous convoquerai si j'ai besoin de vous.
— Sans vouloir vous influencer, monsieur le commissaire,
reprit le photographe, vous pourriez aller jeter un coup d'oeil
chez Jeanine. Vous y découvririez peut-être le fil d'Ariane.
De quoi se mêlait-il, celui-là? Enfin, il ne fallait rien négli-
ger et Besnard fit un signe à l'un de ses inspecteurs.
— Va faire un tour là-bas.
Puis, montrant P'tit Louis :
— Et surveille ce zèbre-là.
Satisfait, le vieux copain fidèle cria à Georges Masse :
/LES AMOURS Di

Peu/ Bi raconte son pi


Confidence recueillie

Ce beau garçon brun est né à Villeneuve-sur-Lot. Excel-


lent acteur, il établit entre le public et lui les liens de l'intérêt
par le naturel de son jeu naturel, qui rend si attachants
certains de ses personnages.

PREMIÈRE ÉTAPE

— Ma mère s'opposait à ma carrière, dit Paul Bernard.


Raymond ROULEAU et quelques blondes" : Martine ARDEN, — Quel métier désirait-elle pour vous ?
Claude WINTER, Monique NICOLAS et Catherine FATH. — Un métier sûr, qui rapporte un salaire mensuel fixe et
(Fm., P. A. C.) une retraite pour les vieux jours. Les parents sérieux désirent
toujours établir leurs enfants.
Et dans votre cas ?
— Dans mon cas, j'ai passé des examens et je suis entré
au ministère des Finances.
— Vous y êtes demeuré combien de temps ?
— Une toute petite année ; celle qui a précédé mon entrée
au Conservatoire.
— Nous voici donc arrivés à ce qui intéresse nos lecteurs.
— Je suis entré au Conservatoire de Paris. J'en suis sorti
plus que jamais amoureux du théâtre.
— Premier prix ?
— Deuxième. J'ai débuté sur la scène, naturellement.
— Rappelez-moi, voulez-vous, vos premiers films ?
— Les Ailes brisées, avec Victor Francen et Jeanne
Provost. Pension Mimosas, de Spaak et Feyder, où Arletty
jouait un petit rôle. Le Greluchon délicat, avec Harry Baur et,
après, tant d'autres...
— Pas de projets ?
numumunommutomuuttnontouttonnummommmummunottmun ..... mmuntuttinum — Non. Pas de projets de films et, bien que je sache
que je vais me faire écorcher par mes pareils, je dois vous
dire que je trouve déloyal de faire à la fois du théâtre et du

7
110
cinéma.
— Voulez-vous exposer vos raisons ?

eme — Volontiers ; elles sont très claires le cinéma est,


personne ne peut me contredire, extrêmement fatigant.
Il ne met pas en contact direct avec le public. Le théâtre, au
lteuead contraire, réclame de l'acteur une sin-
cérité absolue et une tenue d'autant plus
Paul BERNARD et Viviane
saitse
iat it parfaite que nos premiers devoirs sont
pour le public, qui a le droit de nous
juger sur la moindre défaillance. Or,
quand on a tourné un film dans la jour-
née, on est trop fatigué pour être tout il
fait soi-même au théâtre le soir.
— Ça me parait évident.
...j'ai commencé d'utiliser la
VELOUTY DE DIXOR.
Ce merveilleux produit gui
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. De plus, grike à son nouveau tube ferme,
le contenu reste doux Jusqu'à la Rn.
en penser. Mon premier amour a été pas-
sionné, éperdu et d'une telle sincérité...
Puce« rouanne. mur. démaquillant et peu.. — Quand cela s'est-il passé ?
emn a mu e. 1,piderm. Voua m'es fner... — Je devais avoir quinze ou seize
efere• ans.
— Où ?
— A Paris, avant que j'entre au Con-
servatoire.
e Ma mère s'opposait encore, de toute
son autorité de mère, à mon désir de
devenir comédien.
— Lui en vouliez-vous ?
— Non, mais, des que je pouvais trom-
per sa surveillance, j'allais dans le quar-
11111144111111111111.11111,11111111111 lllllllllll 111111111111111111 lllllll 1111111111111111111111111111111111111 lllllltll tier des Gobelins, notre quartier, hanter

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préparatoire (classe de onaléme) aux duo, de fin d'études el aux Cours complé-
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elle m'enchantait. Br. N^ 28.831, Eneeignement supérieur Droit (Licence et Capacité); Science.
— Premières illusions ? (P. C. B.. S. P. C. N., M. P. C.); Lettre (Propédeutique et tom certificats),
Bonnes de Licence. Prolessoots (Lettres, Science, Langues. Professa pra-
— Je crois que je l'aurais aimée à n'importe quel instant tiques). 'moellon prinuire.
de ma vie en la rencontrant telle qu'elle était alors. Un être Br. Ny 28.828. Grand« École Normale sup.. Polyechnique. Centrale. Mines.
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moment-là. Elle m'apportait ce climat dans lequel tout le Écoles vétérinaires. Architecture. Beaux-Arts. H. E. C.. H. E. C. F.. St-Cyr.
Navale, St-Cloud, Fontenay. Ens. technique, Chartes, France d'Outre-Mer,
« moi » se réveille et se tend vers un autre univers. École Nationale d'Administration, etc... tanks epécialee • Infirmières,
— Étiez-vous plus heureux que malheureux ? Assistantes sociales. Sages-femmes, Massage. Pédicurie. Agriculture. Sylvi-
culture. Laiterie. Apprentissage. Écoles professionnelle, Commerce, Arts
— Heureux par elle et malheureux, que dis-je, torturé décoratifs. Interarmes. Pelotons. Marine, etc...
rien qu'a la pensée de son mari, que je détestais. Br. N^28.222. Cary' de l'Agriculture , Régisseur. Directeur d'exploitation.
— Ah ! elle était mariée... Assistant. Mécanicien agricole, Géomètre expert (dipl. d'État) Floriculture.
— Précisément, je crois que les grandes amours se conso- Cuit. potager, Arboriculture. Viticulture, Élevage ; Radiesthésie.
Br. N°28.829. Carrâte de l'Induetrie, des Travaux puldice et du Bâtiment
lident vraiment à travers les obstacles comme le cœur se Ingénieur (diplômé d'État). Som-Ingénieur, Secrétaire technique, Conducteur.
forme à travers les épreuves. Contremetre dans toutes les spécialités de l'industrie (Électricité. Méonique.
— Mais... où vous menait donc cette passion ? Automobile. Froid. Chimie. Traçage, Ébénisterie) des T. P. et du figement
— Quand on aime dans son ingénuité, à travers les (Commis d'Architecte. Métreur et Métreur-Vérificateur. Chef de Chantier).
y coishauffage et Ventilation, Serrurerie, etc... ; Dessinateur-calqueur,
premiers élans, on ne se demande jamais où cela peut mener... Dessinateurd'études. Desainateur projeteur tous cote, d'état. — Préparation
On rejoint ainsi, sans avoir franchi la courbe, les femmes de la complète aux C. A. P. et am B. P.
quarantaine qui aiment parce que c'est peut-être leur dernier Br, N^ U.4115. Carrières de la Comptabilité et du Commerce r Caissier, Teneur
de livres, Aide-Cailletet. Comptable. Chef comptable, Expert-Comptable
amour, sans but et sans intérêt. Trop jeune pour songer au d'État) Sténodactylo. Secrétaire de Direction. Secrétaire commercial.
mariage, j'étais seulement tout â ma passion. Aucun raison- Co
CorresPondancier, Représentant. — Publicité. — Banque. Bourse, Assurance.
nement n'entrait en jeu, ni dans son intérêt, ni dans le mien, — Batellerie (Directeur-Gérant, Secrétaire comptable, Gouvernante d'étage);
Interprète commercial (Angl.. Espagnol. Italien, Allemand). — Préparations
— Revenons-en au mari, voulez-vous ? complètes aux C. A. P., B. P. Erainens de la S. C. F.
— Je le détestais de toutes mes forces. Il a créé mes Br. ai^ 29.129. Carrier« adminitetrativos, École nationale d'Administration.
cauchemars, éveillé en moi un complexe d'infalorité. Il m'a Br. N- 29.594. Lee emploie nimr•fe.
révélé la jalousie, cette atroce folie sentimentale et hu- Br. W. 29.830. Orthographe (élémentaire. perfectionnement) t Rédaction courante.
maine. administratee. épistolaire Lettre administrative ; Calcul, Calcul extra-rapide,
Dessin ; Ecriture. Calligraphie.
— Comment vous êtes-vous calmé ? Br. N" 29.824. Cerrigree de la Marine Marchande : Officier au long cours (Élève
— La vie nous a séparés... Je suis devenu un grand garçon. Officier. Capitaine) • Lieutenant au cabotage Capitaine de uMarine mar-
J'ai connu beaucoup de jolies femmes... hande ; Patron mi bOrnage Capitaine el Patron de pèche ; Officier mécanicien
de le,ou de 2' classe ; Officier mécanicien de 3' classe ; Celificats interna-
— L'avez-vous oubliée quand vous êtes arrivé à l'âge tionaux de Radio de ou de 2' cesse (P. T. T.).
d'homme ? Br, N- 28.837. Carrièr« de la ?Avine de Guerre : École Navale École des
— Non. Élèves Officiers ; Cc. des Élève Ingénieursécaniciens ; École du Service
- Alors, c'était vraiment le grand amour. de Santé ; Commissariat et Administration, Écoles de Maistrance ; Écoles
d'Apprentis marine ; Étoles de Pupille ; Étoles techniques de la Marine
— Mais je vous l'ai dit ! s'exclame École d'application du Génie maritime.
Paul Bernard. Br. N» 29.831. Carrières de l'Aviation t Croie et carteres militaire ; Élèves
• ROMANCE dans Panique — L'avez-vous revue ? es; Élèves radionavigant,: Mécaniciens et Télémécaniciens ; Aéronautique
(ph.. Ré sine.) civil Fonctions administratives ; Industrie aéronautique Hôtesses de l'Air.
— Oui. Très longtemps après. Je jouais Br. N. 29.825. Radio ; Brevets internationaux ; Construction. dépannage de pote.
dans Romance, du moins on reprenait Br. N. 29.898. Leen.. civettes (coins de début et de perfectionnement) Anglais
Romance. A quelques temps de la ré- Allemand, Espagnol. Italien. Russe. Arabe. — French* (élémentaire et suPé-
pétition, j'avais demandé « Qui Joue rieur) pour les étrangers de langue anglaise, allemande. italienne .• Examen de
la Chambre de Commerce britannique de Paris. Toutes carrières du tourisme.
avec moi ? — Tu ne les connais pas e, Br. N. 29.892. Piano, Violon, Harmonium, Flet, Clarinette. Accompagnement.
m'avait répondu le directeur du théâtre. Accordéon, Banjo. Chant ; Solfège, Harmonie, Contrepoint. Fugue, Compo-
Enfin, le jour vint où l'on présenta les ition. Instrumentation et Orchestration (symphonie et musiques militaire) ;
acteurs. « Ah I mais, pardon... Il man- C. A. à l'éducation music. dans les eabliss. de l'État, Professorats libres. Admis.
sion à 6 S. A. C. E. M.
que encore Une Telle n, dit le régisseur. Br. N. 29.1126. Initiation au dues.. Cours universel. Composition décorative,
Nous nous mettons â bavarder et voila Figurine de mode. Illustration, Caricature. Publicité, Reliure ; Peinture,
que je vois venir une dame âgée... Une Pastel, Fusain ; Professorats et eineign. super., Anatomie.
émotion, un trouble qui me firent passer Br. N. 29.139. Couturière Petite main. Seconde main. Première main ; Coupear,
Coupeuse, Modéliste. Lingère. Modiste. Corsetière. C. A, P., B. P., Professo-
ma main sur mon front â la manière des rats. Vét. d'enfant, Raccommodage, Figurine. Chemiserie.
somnambules. Elle, elle m'avait aussi Br. N^ 29.1.13. Seréteriete (Secrétaire de direction. Secret., partkulier, Secré-
reconnu. Elle me tendit la main, une taire de médecin, d'avocat. d'homme de lettre. Seoétaire technique) ;
petite main qui était encore très jolie, pas ; l'Art d'écrire (Rédaction littéraire) et l'Art de parler en publie
(Éloquence usuelle).
unemain de Vieille dame.« Me reconnais- Br. te 29.827. Cinéma Technique générale. Décoration, Maquillage. Photogra-
sez-vous ? dit-elle. Je suis M.. X... phie. Prise de vues. Prise de sons.
» Quelques Jours après, je me présentai Br. N. 29.840. L'Art de la coiffure et de .. i .. de beauté (Coiffeuse. Coiffeur.
chez elle. Je lui rappelai les souvenirs... Manucure). Admission aux Écoles de Massage et de Pédicurie.
si lointains. « J'étais encore jolie, malgré La liste ci-deestse ne comprend «dune partie de noir enseignements
mon âge », disait-elle fièrement. Je lui affir • n'h .. i ... à nein demender gretnite et ente efficece toutes
études et culières.
mai que, sous ses cheveux blancs et
travers ses rides de vieille dame, je retrou- DES MILLIERS D'INÉGALABLES SUCCÈS
vais un peu son charme, qui fut Inégalable.
— Vous l'aviez donc aimée vraiment,
malgré votre différence d'âge ?
7=2 d 1Z:eV:el et tP ne °"‘"

— Mais bien sûr... dit Paul Bernard.


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boulevard Eitel..., Pare (XVI. Chemin de Fabre. Nice (A.-M,):
Et elle fut heureuse que je me sois sou- II, ploc. lules-Ferry, Lyon,
venu...
est une amie intime de lady Wilson, la veuve c'était clair! Elle lui proposait sa liberté contre cette pièce.
de lord Wilson, une des femmes les plus riches Il ne lui restait plus qu'à laisser croire qu'il entrait dans son
de la Côte yacht, écurie de courses et tout le jeu afin de savoir exactement quel rôle elle jouait.
tremblement... Vous ne vous embêtez pas! — Il se peut que je vous remette... cette pièce. Où serez-
La riposte, empreinte de la plus insolente vous ce soir ?
fatuité, ne se fit pas attendre : — Suzanne Wilson et moi avons l'intention d'aller au
— Mais, mon cher, elle non plus! Fleuve Bleu... A propos, si vous faites connaissance avec
Un bruit de porte et Olga Schneider entra : c'était la blonde lady Wilson, pas un mot de notre rencontre, ni de cette
ravissante avec laquelle le reporter avait dansé la veille. conversation...
Elle regarda les deux hommes, dédia un sourire éblouis- Avant de le quitter, elle précisa encore :
sant à Georges, puis, s'adressant à Besnard qui papillonnait — Et ne vous avisez pas de publier quoique ce soit dans
toutes grâces dehors : vos journaux sur l'affaire Lambert... sinon... Vous avez
— Monsieur le commissaire, je voulais simplement compris ?
reconnaître M. Masse afin de ne pas être le jouet d'un impos- et.
teur... mais il n'y a aucun doute...
— C'est bien moi, dit le journaliste en riant.
— Je suis venue aussi vite que j'ai pu. A l'Agence de Presse, c'était le grand branle-bas.
— Cher amour, susurra Georges, qui, simulant la passion, Masse avait mobilisé toutes les sténos et tapé sur le ventre
prit les mains de la jeune femme et les baisa avec em- du— directeur en lui déclarant
Réservez-moi trois colonnes, je vous sors un truc
portement. « fumant !
Olga Schneider, un peu interloquée, se dégagea doucement, Ah! la blonde au regard ensorceleur donnait des ordres
puisse dirigea vers la sortie. pas une ligne dans les journaux. Elle allait être servie quand,
— Au revoir, monsieur le Commissaire. le lendemain, elle lirait ceci
Et, avec une moue adorable, elle ajouta :
— Ce grand fou me manque; rendez-le-moi vite. Notre collaboratrice Jeanine Lambert abattue par des tra-
L'alibi venant d'être reconnu valable, il fallait relâcher fiquants d'armes et de drogue affiliés d l'insaisissable Costelli.
Masse. C'est ce que fit aussitôt Besnard, non sans quelque Ils cherchaient d récupérer un document compromettant ramené
nuance de regret.
Notre Don Juan se retrouva sur le trottoir avec une satis- deUne Saigon.
jeune femme blonde, bien connue de la société londo-
faction évidente et vit que, d'une grosse voiture, une main fine ,sienne, va-t-elle bientôt défrayer la chronique judiciaire ?
lui faisait un geste amical. Il s'approcha :
— Mais, dit-il en persiflant, c'est la petite Olga à son
« grand fou! ***
— Monsieur Masse, j'aimerais vous parler... tranquille-
ment. Le soir même, Masse retourna au Fleuve Bleu. Il avait
— Ça tombe bien; moi aussi, j'ai quelques questions à vous laissé sa voiture non loin de là en disant à P'tit Louis :
poser — Si tu ne me vois pas revenir d'ici une demi-heure, pré-
— Alors, voulez-vous monter ? viens tout de même Besnard.
Ils s'arrêtèrent dans une charmante auberge où ils déjeu- • Avec beaucoup d'assurance, il traversa le cabaret, se dirigea
nèrent agréablement tout en marivau-
dant. Ils en étaient au café quand Olga
aborda enfin le sujet attendu :
— Monsieur Masse, je vous ai tiré
d'embarras. En échange, je vous
demande...
— En mariage?... Accordé.
— Monsieur Masse, tout ce que j'ai
fait n'a qu'un but: vous parler de Jea-
nine Lambert
— Je ne vois pas le rapport...
— Elle a été abattue pour rien. La
pièce d'état civil n'était pas dans ses
bagages.
— Vous m'avez l'air bien rensei-
gnée...
— Vous êtes mieux placé que per- u —
sonne pour retrouver cette pièce dans les
dossiers qu'elle a rapportés de Saigon.
— Et si, très courtoisement, je vous
priais de vous adresser ailleurs ?
— Eh bien ! très courtoisement, je
vous remettrais entre les mains de la
police. J'expliquerais que, bien involon-
tairement, j'ai omis de dire que vous
m'aviez quittée pendant vingt minutes
sous prétexte, par exemple, d'aller télé-
phoner.

I
Est-ce
— .le ne veux pas que vous clair ?
subissiez le sort de leu- Oh! en
sine, assura lady Wilson. vérité,

vers le bar et, voyant —Costelli s irà mi-


M. Dou,manifesta un grand nuit à la villa des Mouettes,
enthousiasme : annonça lady Wilson.
— Tiens, c'est l'oncle
Charlie Chan!... Ça va?
Le Chinois, imperturbable, proposa :
— Un whisky ?
Pourvu qu'il fût bon, Georges ne se faisait pas prier et
l'on sait qu'il ingurgitait ce breuvage comme du petit-lait.
Tout en buvant, il scrutait la salle bruyante et animée,
écartait de trop entreprenantes entraîneuses, et, bien décidé
à ne pas se méfier que des blondes, renvoya à ses choré-
graphies la brune danseuse espagnole qui lui offrait du feu
— comme l'autre la veille — et voulait qu'il l'invitât à
danser.
— Monsieur désire autre chose ? demanda soudain M. Dou
en voyant le verre vide.
Georges se tourna lentement vers lui, le fixa, puis dit — Je vous préviens... je ne porte pas non plus de bretelles.
calmement : Avec la rapidité de l'éclair, il envoya Costelli au sol d'un
— Oui, le numéro de téléphone de Costelli. coup de pied dans le ventre et d'un direct au menton. Ses
Le barman ne parut pas s'émouvoir et questionna d'une acolytes étant prêts à user de leurs armes, le chef leur cria :
voix douce : — Ne le descendez pas! J'ai besoin de lui.
— Costelli? Que fait-il ? Et une furieuse bagarre s'engagea les meubles furent
— Il met des cadavres dans le lit des gens. renversés, les bibelots, les sièges volèrent à travers la pièce,
— Amusant! assommant les uns et les autres; M. Dou lui-même, pourtant
— Question de goût I expert en la matière, fut mis hors de combat par une savante
Maintenant, il n'y avait plus à hésiter. Il lui fallait d'ur- prise de judo due au sportif Georges qui, à son tour, fut
gence, confia-t-il au Chinois, rencontrer Costelli pour lui descendu d'un crochet à la mâchoire par Costelli qui avait
remettre un papier qui l'intéressait et que convoitaient aussi enfin pu se remettre debout.
les journaux. Mais ce papier valait cher il serait vendu au Plus ou moins éclopée, l'équipe, rapidement reformée,
plus offrant. s'apprêta à la vengeance et, devant ses menaces, Georges,
— Alors?... où peut-on joindre ton patron ? Je ne ferai solidement attaché, se demandait quelles affreuses tortures
on allait lui faire subir, lorsque, soudain, on entendit, toute
proche, une sirène... Deux gangsters se précipitèrent vers la
fenêtre.
— Les flics ? demanda Costelli.
— Non... ce sont les pom... les pompiers!
Effectivement, deux voitures de la grande caserne étaient
arrêtées devant la villa et l'on déroulait déjà les tuyaux,
tandis que P'tit Louis guidait le capitaine et ses hommes
dont quelques-uns commençaient à ébranler la porte.
Costelli recommanda le calme : que l'on rentre les armes,
que l'on remette un peu d'ordre et que l'on détache le pri-
sonnier...
Il était temps... Le capitaine, suivi de P'tit Louis, s'avan-
çait vivement vers le groupe :
— Mors, où est-il, ce feu?
— Dans la poche de Monsieur, répondit sans rire Georges,
en désignant Costelli.
Celui-ci contenait à peine sa rage impuissante, et, quand le
capitaine lui fit remarquer que cette « affaire comporterait
des suites, car on ne dérange pas les pompiers — surtout avec
la grande échelle — pour plaisanter », ce fut encore le repor-
ter qui eut le dernier mot
— Vous, dit-il au gangster, vous allez vous faire incendier.
Après quoi, prenant le bras du capitaine :

— Vous êtes toujours avec une pas d'autre proposition


jolie femme quand on assassine et je compte jusqu'à trois:
quelqu'un, observa Besnard. un... deux...
Ce fut M. Dou qui
annonça trois, car des
complices silencieux et précis venaient, en un quart de
seconde, de mettre proprement knock-out le reporter en lui
portant une violente « manchette n à la glotte.
Les consommateurs, occupés à regarder de fougueux
danseurs qu'entraînait un orchestre tonitruant, ne s'aper-
çurent de rien.
Les deux hommes qui avaient envoyé Georges Masse dans
les songes le relevèrent et, comme s'il s'agissait d'un noctam-
bule en état d'ivresse, le traînèrent jusqu'à la sortie, puis,
avec l'aide de M. Ddu, le hissèrent dans une voiture.
Dans un coin sombre de la rue, P'tit Louis qui, en surveil-
lance, attendait patiemment, n'avait rien perdu de la scène
tout naturellement, il prit en filature l'auto qui enlevait son
« boss ».
•*.
Costelli jouait aux dominos avec M. Dou en attendant que
le journaliste eût recouvré ses sens. Les deux gangsters qui
l'avaient assommé s'y employaient à grand renfort de cognac
et, bientôt, Georges reprit ses esprits.
— Alors, monsieur Masse, vous vouliez me voir ? ques- — Vous permettez que je vous I — jamais... se fier...
tionna le trafiquant. accompagne ? ! aux femmes... hoqueta
— Je comptais, en effet, vous rendre visite. Ces messieurs Costelli agonisant.
ne m'ont pas laissé le temps d'acheter les classiques petits •
fours... Je suis confus. Au milieu des dactylos, P'tit
— Vous avez, parait-il, un papier à me remettre ? Je Louis se taillait un brillant succès en racontant comment
suis preneur : que demandez-vous ? on avait pu, grâce à son idée lumineuse, délivrer le « boss n.
— Le nom de l'ilasn.sin de Jeanine Lambert. S'il avait appelé la police, il y aurait eu certainement une
— Pensez-vous que ce soit moi? bagarre; avec les pompiers, il jouait sur le velours. Le
— Non... c'est quelqu'un d'autre. Donnez-moi son nom et récit de son exploit fut interrompu par l'entrée de Masse
lepapier
a
z,itiâi
i, se
estiivous. qui avait le visage marqué de deux croix de sparadrap et
dominant, le harcelait de questions : paraissait un peu las.
— Vous avez trouvé le document ? Vous en êtes bien — Dites donc, patron, dit P'tit Louis, quelqu'un vous
certain ? Mors, vous savez tout ? Qu'est-ce que vous savez attend : une « pin-up s.
exactement, monsieur Masse 7... Ça me passionne. — C'est sûrement Olga I... Elle tombe bien, celle-là!
Comment Masse s'en tirerait-il, puisqu'il ignorait où était Entrant dans son bureau, il lança sur le ton mi-sérieux, mi-
le si précieux document. Il fallait bluffer et, malgré son inquié- ironique qui n'appartenait qu'à lui :
tude, il eut la réplique désinvolte — Comme c'est gentil! Mors, on ne peut déjà plus se
— Ce que je sais ? Mais... vous n'aurez qu'à lire les jour- passer de « son grand fous ?
naux de demain. Vous en aurez pour votre argent. La jeune femme, qu'il ne voyait que de dos, se retourna.
Deux gifles magistrales firent vaciller Georges qui vit les — Oh! pardon! ajouta-t-il aussitôt.
complices sortir leur revolver tandis que, ne se maîtrisant En effet, ce n'était pas Olga, mais une autre blonde fort
plus, Costelli faisait coulisser sa ceinture. élégante et qui, elle aussi, multipliait les séductions.
Georges Masse fit le même geste — Je ne suis sans doute pas celle que vous attendiez ?
II

— Ça ne fait rien... Je m'adapte très vite, vous savez! — Ces articles sur la jeune femme blonde relèvent de la
— Mon nom est Suzanne Wilson. diffamation. Ou bien vous êtes un mufle, Masse, ou un bour-
Que voulait-elle ? Savoir pour quelles raisons il l'avait reur de crânes!
mise en cause dans son article et lui demander combien il — Bon! Admettons que je sois un mufle! Et puis après ?
voulait pour lui remettre le « documents et faire cesser ce Le commissaire quitta la place en claquant la porte : ce
chantage. n'était pas encore cette fois qu'il obtiendrait des rensei-
Décidément, l'affaire se corsait! Masse ne comprenait pas gnements.
pourquoi la richissime lady Wilson avait le même intérêt que P'tit Louis, la serviette de Jeanine sous le bras et plusieurs
Costelli et Olga à récupérer ce fameux papier d'état civil. feuillets en main, entra à son tour dans le bureau :
Il fallait la laisser parler. — J'ai tout parcouru, « boss a Je n'ai rien trouvé qui res-
— Vous n'avez pas trouvé le document, monsieur Masse, semble à une pièce d'état civil.
reprit la jeune femme. Si vous l'aviez, vous comprendriez — Mais elle existe tout de même, cette pièce!... Allons,
que cette pièce est pour moi d'une telle importance que je examine tout encore une fois : il faut qu'on la retrouve.
n'aurais rien à refuser à celui qui me la remettrait. La sonnerie du téléphone retentit et, curieux, P'tit Louis
Et elle commença un récit qui pouvait se résumer ainsi : essaya de deviner quel était l'interlocuteur du patron. C'était
son père, consul en Extrême-Orient, avait contracté là-bas une femme, à n'en pas douter, à laquelle celui-ci donnait des
une funeste habitude : celle de l'opium, et, par amour filial, indications précises pour qu'elle puisse aller l'attendre chez lui.
elle avait été contrainte de devenir la complice de Costelli Olga ou Suzanne ? Elle ne s'était point nommée et il n'avait
qui usait de son yacht pour ses trafics clandestins. Le docu- pas reconnu la voix.
ment prouvait cette complicité et c'était la l'unique raison — Dix contre un que c'est Olga, dit P'tit Louis. A votre
pour laquelle lady Wilson et Costelli désiraient — chacun place, je mettrais une cotte de mailles.
de son côté — avoir la pièce compromettante. L'un voulait Toute affaire cessante, Georges courut jusqu'à son domi-
faire chanter la veuve du richissime lord; l'autre, effacer cile. Laquelle des deux blondes trouverait-il au rendez-vous ?
toutes les traces d'un passé qu'elle réprouvait. Oui P'tit Louis avait raison ce serait Olga.
Cette histoire, après tout, restait plausible, mais ce qui Niais non, celle qui l'attendait, c'était... Suzanne Wilson.
paraissait suspect, c'était l'insistance de la belle
Suzanne à prier le reporter de ne plus parler de
cette affaire, ni, surtout, de Costelli.
— Je ne veux pas qu'il vous arrive la même
chose qu'à Jeanine Lambert, lui dit-elle avec une
tendresse inquiète.
Il l'invita à déjeuner — ce fut un repas charmant
de jeunes amoureux — et quand ils se quittèrent
et qu'elle lui eût répété :
— Alors, pas une ligne dans les journaux... c'est
promis ?
— Promis, dit-il : pas une ligne.
Au fond, il tint sa promesse : il n'y eut pas une
ligne... mais plusieurs :

En titre : Kidnapping imprévu de notre collabora-


teur Georges Masse ; en sous-titre : Méhez-vous
des blondes, puis : La Jeune femme blonde et le
barman du Fleuve Bleu appartiennent-ils d la même
bande celle de Costelli, dont nous dévoilerons bientôt
les talents de maitre chanteur?

La lecture des journaux avait, ce matin-là,


porté à son comble l'exaspération du commissaire
Besnard, dont l'en-
quête piétinait.
— Pourquoi Jeanine ne Dans les bureaux
s'est-elle pas servie de son de l'Agence, il ton-
revolver ? questionna Olga. nait :

— Voussem- Dubois exigeait


bleu encore de Georges le ta-
déçu ? lui dit- meux document.
elle quand il
entra, l'air un
peu surpris.
— Dites plutôt : rassuré. Je croyais
trouver ici votre amie Olga avec une
mitraillette.
— Alors, si je comprends bien, c'est
Olga que vous mettez en cause main-
tenant dans l'affaire Costelli ? Comment
pouvez-vous écrire tout ça? Vous ne
la connaissez même pas...!
— Qu'est-ce que vous en savez ?
Cette réplique troubla lady Wilson ;
et Masse, devinant l'avantage qu'il
pouvait en tirer, se fit plus insinuant.
Certes, il savait quels liens d'affection
unissaient les deux jeunes femmes,
mais Suzanne ne se trompait-elle
point ?
— Que diriez-vous, si, sous le cou-
vert d'une amitié sincère, Olga faisait
partie du gang de Costelli?
Était-ce possible ?... Sans insister sur
ce point, il poursuivit :
— Si je ne mince pas Costelli, c'est
lui qui me coincera... Allons, un bon
mouvement, otr est-il?
— Oubliez-vous que, si on
l'arrête, je serai moi-même compromise ? là... Derrière une fenêtre du rez-de-chaussée, un homme sur-
— Rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de mettre la police veillait attentivement les policiers qui, sans faire de bruit,
dans le, eup et j'ai un compte personnel à régler avec ce étaient entrés dans le jardin. Cet homme, c'était M. Dubois.
monsiée:' L'intérieur de la villa ressemblait plutôt à un entrepôt qu'à
Elle hésita un moment, puis une maison d'habitation des caisses y étaient empilées avec
— Costelli, dit-elle, sera ce soir, vers minuit, à la villa des mille objets hétéroclites... M. Dubois y circulait comme chez
Mouettes, sur la route de Toulon. lui. Il courut vers une fenêtre, à l'opposé de son poste
d'observation, l'enjamba, sauta dans un chemin creux et se
mit à courir jusqu'à la grand'route où, d'un pas normal, il
se dirigea vers les cars de police arrêtés devant la villa.
Dans sa petite salle à manger bourgeoise, M. Dubois allait — ue se passe-t-il, messieurs 1... demanda-t-il aux chauf-
commencer son dîner lorsque le téléphone sonna. feurs. ne arrestation P... Mon Dieu, quelle époque!
— Encore! dit la femme qui apportait la soupière fumante. Poliment, il salua, puis s'éloigna, tandis que Masse et
Le bref entretien téléphonique se termina sur ces mots : le commissaire, suivis de plusieurs inspecteurs, pénétraient
— J'y vais tout de suite. Soyez tranquille, je ne me fie prudemment dans la maison. Toutes les caisses dissimulaient
jamais au hasard de l'improvisation. des armes, mais l'oiseau que l'on venait chercher avait dû
— Garde-moi le potage chaud, maman. J'en ai pour une s'envoler...
petite heure, dit M. Dubois. Soudain, une porte du premier étage s'ouvrit doucement.
Puis, il passa dans le vestibule... endossa sa gabardine tout doucement... Les inspecteurs braquèrent leurs armes
noire et prit son étui à violon... sur cette porte qui n'en finit pas de s'ouvrir... Encore quelques
Pour qui travaillait donc ce M. Dubois à l'allure effacée, secondes... et Costelli en sortit, se tenant le ventre à deux
dont chaque apparition coïncidait avec un événement dra- mains, se recroquevillant en gémissant, pour venir enfin
matique et que l'on voit ce soir se diriger en trottinant vers s'affaisser dans l'escalier.
le Fleuve 8h,” — Qui t'a descendu ? questionna Besnard.
— Jamais... se fier... aux femmes... Jamais... jamais...
• ••
dit simplement le bandit dans le suprême hoquet de la mort.

Une heure plus tard, devant le cabaret dont l'enseigne e*.


n'était plus éclairée, un car de police stationnait. Bientôt,
une voiture de la P. J. stoppa. Masse, escorté de deux ins- Qui avait abattu le trafiquant, et, surtout, pourquoi l'avait-
pecteurs, en descendit et pénétra dans l'établissement alors on abattu ? S'agissait-il d'un règlement de comptes ? S'agis-
que le commissaire Besnard, au milieu de la piste de danse, sait-il d'un plan où, déjà, d'autres victimes étaient désignées ?
terminait l'interrogatoire du personnel chinois. M. Dou venait Que le problème ne fût pas facile à résoudre, c'était l'évidence
d'être découvert derrière son comptoir... avec une balle de méme, mais Masse ne désespérait pas,
neuf millimètres dans la tête. D'ailleurs, au cours de la journée, bien qu'il s'efforçât
De graves présomptions pesaient sur le journaliste qui, d'être flegmatique, ses nerfs allaient être mis à une rude
ainsi que l'affirmaient trois fils du Ciel, s'était querellé la épreuve.
veille avec le barman et Besnard demandait à Georges son Soupçonnant Olga, il avait demandé un nouvel entretien à
emploi du temps entre dix-neuf et vingt heures. lady Wilson et celle-ci lui avait fait répondre par sa soubrette
— J'étais chez moi... avec une dame... Lady Wilson. qu'elle l'attendrait à cinq heures sur son yacht. Exact au
— Décidément, vous êtes toujours avec une femme du rendez-vous, il avait été conduit dans une vedette de luxe
monde lorsqu'on assassine quelqu'un. jusqu'au bateau ancré au large de Marseille; mais, si une
Le commissaire était dépité et, trouvant que Masse dépas- femme se trouvait bien à bord, ce n'était point celle qu'il
sait les limites en le ridiculisant, il ordonna : voulait voir.
— Allez, ouste, embarquez-le! Ce fut Olga qui le reçut.
— Une petite minute, voulez-vous ? dit Georges, qui — Je commence à en avoir l'habitude, dit-il non sans
venait de consulter sa montre et, soudain, paraissait sérieux. humeur, chaque fois que je dois rencontrer l'une, je tombe
J'ai rendez-vous à minuit avec Costelli... Ça devait se passer sur l'autre!
dans la plus stricte intimité, mais, si vous insistez pour être Au fond, ce n'était pas tellement déplaisant et il dut conve-
des nôtres... nir qu'il prenait beaucoup d'agrément à la regarder. En
v •. maillot de bain — elle venait de sortir de l'eau — elle était
plus ravissante que jamais et il n'osait croire définitivement
Dans la banlieue marseillaise, la voiture de qu'elle fût à la source d'abominable
la P. J. et deux cars de police roulaient à toute intrigues.
vitesse... La belle Su zanne Wil- Tous les deux sur la défensive, ils se
L'ombre d'une villa isolée se dessina... C'était ton dut s e rendre. jouèrent une scène d'amour qui se termina
par un long baiser et c'est alors qu'elle Après une lutte angoissante, — A l'Agence, dans le deuxième tiroir
lui posa cette question : Georges et Olga triomphaient. à droite de mon bureau...
— Avez-vous entendu parler d'un petit Dès lors, les événements se précipitèrent.
homme qui se promène avec un étui â violon ? Menaçant toujours de son arme le jour-
— Vous savez, moi, les musiciens ambulantsl... naliste, M. Dubois se fit conduire à l'Agence où, à cette
— Ne plaisantez pas cet homme est un tueur... Souvenez- heure tardive, il n'y avait plus personne si ce n'est P'tit
vous de Jeanine Lambert. Louis, qui allait intervenir au moment précis où « l'homme à
— Tuer une femme sans défense! C'était facile. la gabardines venait de recevoir le papier qu'il convoitait.
— Ce soir-là, Jeanine Lambert avait un revolver à portée Couvrant sa retraite par un tir de mitraillette, le « tueur »
de sa main. Pourquoi ne s'en est-elle pas servie ? put s'enfuir et sauter dans une puissante voiture qu'allait
Mais oui, pourquoi ? se demanda Georges qui, brusquement, suivre à une allure de bolide celle de Masse, hélas! bientôt
se souvenait de cette scène Jeanine le suppliant de reprendre immobilisée, car le fuyard avait criblé de balles le réservoir
cette arme qu'il lui avait restituée justement pour qu'elle d'essence.
pût, à l'occasion, se défendre. On pense bien qu'entre temps P'tit Louis avait fait du bon
Pourquoi ? travail après ce qu'il avait entendu au téléphone. Aussi
Brusquant les adieux, Masse sauta dans le canot et entendit est-ce triomphant qu'il dit à Georges en sortant un papier
Olga qui lui disait sur un ton bizarre — Le vrai document, le voilà; celui qu'emporte « notre
— Ah! j'oubliais... Suzanne m'a chargée de l'excuser petit copain a... c'est une lettre de ma cousine!
elle vous attend chez vous à sept heures. Il fallait faire vite pour confondre les coupables — qui
A sept heures ? Il avait juste le temps... s'étaient réfugiés sur le yacht — et les empêcher de se venger
En rentrant chez lui, ce qu'il aperçut immédiatement, ce sur Olga dont ils connaissaient maintenant la véritable
fut le canon d'un automatique... identité.
Il n'y avait point de visiteuse, mais un visiteur : l'homme Malgré tous les obstacles encore dressés et après maintes
à la gabardine. péripéties — bataille sur le yacht que défendait un équi-
page de farouches Chinois, dramatique et impressionnante
Dans quel guet-apens les deux jolies blondes l'avaient-elles chasse à l'homme en canot-automobile au cours de laquelle
entraîné ? Dubois, le tueur, allait trouver une mort affreuse — Georges
M. Dubois, lui aussi, voulait le fameux document, et, au Masse put enfin atteindre son but. C'est lui-même qui remit
moment où il devenait de plus en plus menaçant, la sonnerie entre les mains du commissaire Besnard, éberlué, lady
du téléphone tinta. Ordonnant à Masse de décrocher, il prit Wilson. Car lady Wilson n'était autre que la femme de
l'autre écouteur. C'était P'tit Louis — il choisissait bien Costelli!... C'est son mariage avec le gangster que mention-
son moment! — qui annonçait deux nouvelles sensation- nait la feuille arrachée au registre d'état civil de Saigon et
nelles : z" Jeanine a été tuée avec la même arme qui a servi qui était dissimulée dans le revolver. Le bandit lui ayant fourni
pour réduire au silence le barman et Costelli une mitrail- de faux papiers, elle avait pu épouser le richissime lord
lette neuf millimètres; 2. Olga appartient à une Compagnie Wilson, dont elle devenait l'héritière après avoir minutieu-
d'assurances anglaise; elle est à Marseille pour enquêter sur sement préparé sa mort.
la mort suspecte de lord Wilson. La blonde Suzanne, voulant liquider tous les témoins
Ce dernier renseignement comblait d'aise M. Dubois et gênants de son passé, avait chargé de cette sinistre besogne
sa joie était si grande qu'elle mit, un court instant, sa vigi- ce M. Dubois qui avait l'air d'un si brave homme... et tirait
lance en défaut il ne s'aperçut pas que Masse, en raccro- avec une si remarquable précision. Sans la ténacité de ses
chant, posait le récepteur de telle façon que la communica- adversaires, nul doute qu'elle eût réussi dans son entre-
tion n'était pas interrompue et que tout ce qu'ils allaient dire prise.
serait entendu à l'autre bout du fil par P'tit Louis. Désormais, Georges Masse se méfierait-il encore des
Masse expliqua donc à M. Dubois qu'Olga, involontaire- blondes?...
ment, lui avait donné une idée. Pourquoi Jeanine ne s'était Ça dépend desquelles!... et la preuve c'est qu'il file mainte-
pas servie du revolver ? Tout simplement, parce que celui-ci nant le parfait amour avec Olga, la seule femme à qui il a dit
contenait autre chose que des balles... Sans doute le document! en toute sincérité
Où était ce revolver ? Élevant la voix et se penchant vers — Je t'aime...
le téléphone, Georges précisa FIN
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Env. c. remb. 95 fr. Carol.: 30 fr. timb. — 143 — D'homme à hommes. 203 — Crame Destin.

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2.04 — Le aime du Bélier.
205 — 30 secondes sur Tokio.
206 — Chéri.
— 147 — L. PM du • Dauphin vert a. 207 — Madame Parking..
POURQUOI Numéros d 8 francs. 148 — La voix du rien,
149 — • Putes blanche. ».
208 — La cave au. fille..
209 — Com mare,
rem:: e.°1= 59 — Centre-Er...A.
66 — Render-vout à Parie.
150 — Aventura en Irlande. 210 — Armure* en fuite.
Jr.V.°2:0? Zig:
tune., effatre, etc, 3oltvez
68 — Dm Femme dam
III — Prisonnier. do destin.
155 — Nuit de démenbra
CI — Tous les chemins mènent à
Rome.
— 156 — Olivier Taie, 212 — Valse brillent*.
Cornv*enlee 158 — Une femme par jour. 213 — Le Voile bleu.
Numéro. d 10 franc., 160 — Ce. Dam". ch '''''' Tom 214 — L'Héritière.
rte gr n'el 79 — La duchemo dee bas-fond, 1.1 — L. F''‘. m. d. l'..... Numéro* d 15 francs.
'eenvIrerz
Blf
Y111 0,80 T.
82 — Shah. à bard.
IR — Hurnrerte.
162 — Fabiola.
163 — Capitaine da Outille, 215 — L. Valse de Parie.
Paiement mollement 85 — Par la fenêtre. DM — farm de la Lune. 218 — Lady Paname.
mtlefartstloss. 87 — lobent/ Apelle, 165 — L'homme sur aboie. 217 — La Valse blanche.
82 — Le trime de Mn' Lent.. 166 — Le Retour. 219 — Au P'tit Zomve.
03 — La blonde incendiaire 117 — Lm Amants d• Pérore.. 219 — La. CompArants d'un mou
00 — Erreur iudivieire. DM — L'appel de. la forêt. veau monde.
Développés, Ro rai .0 01 — Ou Iman durcie me deeba.
' g: —Pour
T.. i'.*.i ...,
i e.:."'"
VA — Acnés de rien.
221 — Mem.
avec app. Amfirleteln triple 02 — Damiette.
03 — L'aveu. 171 — Ainsi finit la nuit. 222 — Bouleverd des Panions.
éo.on ou onguent 172 — Le. Ange. =muta. 223 — Let quatre fille. du damna
scientil. Résult 05 — Kenxi.
173 — Let Tunique. écarlate.. Marck.
rama& g ardro norro. emesIot 0 —_ er.T.I.:..
1 .1.%.,........ 174 — Le man de la terre. 224 — Lee Amante du Capricorne.
du monde entier. Notice liants 175 — Mission à Tanger. 225 — Putman.
grenulte discret. ioind. 2 rimbr. 12 — Shanzbai.
176 — Vengeance de femme. 228 — Madame Bevan.
Inseleuta.PI. Mo entoN e. Seer. Il --L "'" *»7.7" 1""i'''
L...."....dmm, 177 — Une erandefille toute abasie. 227 — La Corde de Sable.
15 — Lee voyages de Satinas. 178 — Scandale an première page. 228 — Orphée-
17 — L'imseccable Henri. 170 — I. Pas ... é .. . 229 — Madame porte la culotte.
160 --. An Royaume des Cieux. 230 — La Permute de Pain.
II — Les IIIIMNIlli d'or. a. 291 —. Lee Chevaliers du Taxa,
20 —Lama d'une Inconnue. 181 — La Femme aux ci
11 — L. .m„..... .... ..d. i — Noria à Mexico.
iltr 232 — Dans sen ile avec mue.
onde. — 1/ne .i jolie "mit* Idem. 233 — La Nuit t'achève.

!ri: ._....-- L.L„.. . 20aibet.....,..


UES 234 — L. Grand Tourbillon.
IDERMOLUM
Nous donnons
22 — La e.r... d.„.u,.. i.
243 -- C r e. dc.
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L. Direc<aur de la publiarion : A, RAYEZ. hep. CRETÉ, Corrodai (S.rot.0.). — 769.2.11. — Chipart légal: le, trimmers 1951.

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