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COURS 2 : Les protéines plasmatiques

Cours 2 : Les protéines plasmatiques


Les protéines sont des grosses molécules non dialysables de masse moléculaire supérieure à 100 kda constituées par
un enchaînement d’acides aminés globulaires (sauf fibrinogène). Ce sont les constituants les plus abondants du
plasma).
Le plasma humain renferme plus de 125 protéines différentes pour la plupart synthétisée au niveau hépatique Leurs
propriétés sont très variables, mais il faudra différencier les protéines toujours présentes dans le plasma, et celles,
d'origine cellulaire, n'y apparaissant que transitoirement.
Les protéines représentent la plus grande partie des matières solides du Plasma :65 à 75 g/l .
Seule la sérum-albumine est une holoprotéine.
Toutes les autres étant des hétéroprotéines pouvant contenir des lipides (lipoprotéines), des métaux (métalloprotéines)
et surtout des glucides.
La plupart des protéines plasmatiques sont en effet des glycoprotéines. En dehors du fibrinogène, protéine fibreuse, ce
sont toutes des protéines globulaires.

Rôles des protéines plasmatiques


1. Maintien de la pression oncotique.
2. Fonction de transport.
3. Inhibiteurs des protéases.
4. Cofacteur d’enzyme.
5. Facteur de la coagulation.
6. Rôle immunitaire et Inflammation.
1- Rôle de maintien de la pression oncotique
Les protéines étant des macromolécules pouvant s’hydrater fortement et exercer une pression osmotique capable de
retenir l’eau dans le secteur vasculaire. Ce rôle est assuré par l’ensemble des protéines mais principalement par la
sérum-albumine.
L’albumine : Dans le plasma, l'albumine est la protéine dont la concentration est la plus élevée: 33-55g/l
Elle est synthétisée par l’hépatocyte. Holoprotéine masse relative est de 66 400 Da. Sa demi-vie est de 20 jours
environ. Migration électrophorétique rapide.
Les grandes fonctions de l’albumine.
• Maintien de la pression oncotique intravasculaire (pour environ 80 %). Une albuminémie faible favorise la
formation d‘ œdème.
• Elle transporte de nombreuses substances : bilirubine, acides gras libres, bilirubine, cations (Ca++, Ni++,
Cu++), hormones (rôle de réservoir de T4, stéroïdes...), médicaments (ex: diphénylhydantoïne...) et autres.
• tampon pH
2- Rôle de transport
En dehors de la sérum-albumine, on cite : la transferrine, la céruloplasmine ,transcortine(cortisol) ,transthyrétine
(thyroxines) ainsi que les lipoprotéines(transport + ou - spécifique).
Globuline Alpha1 (transporteu Thyroxine TBG, prothrombine), Globuline Alpha2(transporteur vit A,
plasminogène...), Globuline Beta (transport hormones sexuelles...)
La transferrine : La transferrine est une glycoprotéine monomérique de masse moléculaire d'environ 80 000 Da.
La transferrine est la protéine de transport du fer. La synthèse de la transferrine a lieu dans les hépatocytes et est
inversement proportionnelle à la quantité de fer présente dans la cellule. Les taux usuels sont de 1,5 à 3 g/l.
3- Rôle inhibiteur de protéase
Protéines possédant des propriétés inhibitrices vis-à-vis des protéases diverses circulant dans le plasma. Ex:
α1antitrypsine /trypsine,antiplasmine/ plasmine.

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Anti-protéase ou α1-antitrypsine En réalité elle est capable d'inhiber bien d'autres sérine-protéases
le taux normal est de 2 à 4 g/l.
α2-macroglobuline c'est une glycoprotéine volumineuse P.M= 750 000 Da. Elle se combine aux diverses enzymes
protéolytiques circulantes Elle limite les effets néfastes de la réaction inflammatoire en inhibant les enzymes
lysosomiales déversées. Les valeurs de référence sont: 2 à 3,5 g/l.
4- Rôles de cofacteur d’enzymes
Α1-acide glycoprotéine: orosomucoide: Glycoprotéine la plus riche en glucides de faible PM=41KDa. Synthèse et
catabolisme hépatique. Taux : 0.4 a 1.4 g/L. Coenzyme des LPL hydrolysant les TG. Inhibiteur de l’agrégation des
plaquettes. Très bon Marqueur de l’inflammation
5- Roules dans la coagulation
Fibrinogène C'est une glycoprotéine, PM= 330 000 Da. Il est synthétisé essentiellement dans le foie. Les valeurs de
référence chez l'adulte sont 2,5 à 3,5 g/l.
6- Rôles immunitaires
Les immunoglobulines : sont le support de l'immunité humorale, sous forme d'anticorps. Sont fabriquées par les
plasmocytes. Sont formées de 4 chaînes polypeptidiques: 2 chaînes lourdes et 2 chaînes légères. L’Ig (04 chaines
glycosylée) P.M 150 000 Da.
/* EXPLORATION BIOCHIMIQUE DES PROTEINES PLASMATIQUES
Dosage des protéines totales
Elle se fait par la Réaction du biuret ‘’Méthode colorimétrique’’ Le biuret résulte de la condensation de deux
molécules d’uréeH2N-CO-NH-CO-NH2, qui en présence de Cu en milieu alcalin, donne un complexe bleu violet
de même les protéines avec le sulfate de Cu vont réagir par leur liaison peptidique.
L’intensité de la coloration lu à 546nm est proportionnelle à la concentration en protéines dans le milieu.

Electrophorèse des protéines plasmatiques


L'électrophorèse consiste à faire migrer et à fractionner grâce à un champ électrique, au sein d'un milieu variable et
dans un tampon de pH déterminé, les protéines séparées par leur charge électrique.
La migration se fait par une phase liquide imprégnant une phase solide(gel) Séparation sous forme de bandes révélées
par différents colorants.
La technique consiste à déposer quelques microlitres de sérum sur le support, à choisir un tampon, qui est
généralement à pH 8,6 auquel les protéines s'ionisent comme des anions, migrant donc vers l'anode. Laisser migrer
durant un temps fonction du support : 15 à 25 minutes pour l'acétate, 30 à 60 minutes pour le gel de polyacrylamide.
Fixation et coloration par la suite. Cependant le colorant varie avec la nature des composants à révéler. Pour le
protéinogramme standard les colorants les plus utilisés sont l'amidoschwarz, le rouge Ponceau ou le bleu de
Coomassie. Après transparisation du support, la lecture photodensitométrique de la coloration de chaque bande donne
le tracé classique où apparaissent-les 5 pics : Albumine, α1 α2, β et γ-globulines. L'intégration de la surface de
chaque pic conduit enfin à un pourcentage de chaque fraction, traduit aussi en gramme/litre si le taux des protéines
totales a été donné à l'appareil.

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- Interprétation illustrée des principaux profils électrophorétiques anormaux


Un protéinogramme se lit et s'interprète en regardant le tracé et l'ensemble des données qui l'accompagnent. Si la
protidémie est anormale, il est important de tenir compte des pourcentages de chaque fraction afin de voir si la
variation de la protidémie est due à une variation de toutes les fractions ou seulement à une modification importante de
l'une d'entre elles. Ces quelques exemples démontrent l'intérêt du protéinogramme sérique dans l'aide au diagnostic de
certaines pathologies très caractéristiques pour lesquelles la multiplication des dosages de protéines spécifiques ne
ferait que confirmer les anomalies déjà détectées, sans donner d'informations complémentaires autres qu'une
appréciation quantitative précise des perturbations protéiques observées.

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Syndrome cirrhotique Syndrome néphrotique


Cirrhose à un stade avancé : fusion des fractions et Hyper 2 importante liée à l'augmentation de l'2-
(= bloc ) (aspect en “dos de chameau“) liée à macroglobuline, associée à une hypoprotidémie sévère due à la
l’augmentation de la synthèse des IgA et des IgM, qui fuite rénale et à une protéinurie massive.
dépasse celle des IgG et qui se positionne à diminution de l'albumine et de l’ensemble des globulines sauf α2
l’électrophorèse dans la zone entre les et globulines. macroglobuline et les β lipoprotéines responsable d’un pic en α2.
-Une diminution de l’albumine, des α et des β globulines L’hypoprotidemie avec l’hypoalbuminémie provoque
l’abaissement de la pression oncotique et apparition d’oedémes

Syndrome inflammatoire aigu Syndrome inflammatoire chronique


Hyper l 1(α1 antitrypsine, orosomucoide)et hyper Hyper l et hyper 2 liées à l'inflammation, hyper -globulinémie
2(haptoglobine) liées à l'augmentation des protéines de liée à l'augmentation du taux d'immunoglogulines témoignant de
la réaction inflammatoire aiguë. la chronicité de la maladie inflammatoire. diminution de
l’albumine qui masque partiellement l’ hyperprotidémie
réactionnelle (taux des protéines totales normal)

Hypogammaglobulinémie Hypergammaglobulinémie polyclonale


Hypo- liée à une diminution congénitale ou acquise de Hyper -globulinémie polyclonale liée à la stimulation de
la production des IgG. nombreux clones lymphocytaires B (d'où l'aspect "en dôme" du
pic ).

Hypergammaglobulinémie monoclonale Hypergammaglobulinémie monoclonale (pic en )