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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.

L’objectif de ce chapitre est de décrire d’une manière la plus complète possible et la plus
simple possible la technique de la cimentation.

I-1- Introduction
L’opération de forage permet de relier la couche contenant du pétrole ou de gaz à la surface
pour permettre l’exploitation de ces sources, mais les difficultés de terrains imposent de forer les
puits par sections successives. Chaque phase est réalisée suivant deux opérations:
• une opération de Forage,
• une opération de cuvelage et de cimentation pour coffrer et isoler les formations traversées.

I-2-Le principe de la cimentation


La cimentation d’une colonne de tubage s’effectue par pompage d’un laitier de ciment dans
l’espace annulaire existant entre l’extérieur du tubage en place et la paroi de trou foré en injectant
directement à l’intérieur du tubage ou à travers les tiges de forage, de façon à le faire ensuite
remonter dans cet annulaire jusqu’à une hauteur prédéterminée.

Pour préparer une cimentation, il faut avoir des informations sur l’état du puits et
l’historique du forage:
- la coupe lithologique du puits,
- la géométrie du trou,
- les mesures de déviation,
- la température,
- la pression,
- les caractéristiques et le type de la boue. [1], [2]

Pour qu’une cimentation soit correctement effectuée, il faut que:


• le trou doit être propre et régulier (pour ne pas provoquer le changement de régime
d'écoulement),
• le tubage doit être bien centré dans le trou,
• le laitier doit déplacer toute la boue sans se mélanger à elle,
• l'opération ne doit pas provoquer de perte, [3]
• le ciment adhère bien aux parois,
• le volume du laitier soit bien calculé,

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
• le laitier soit de bonne qualité et ait un temps de pompabilité permettant l'achèvement de
l'opération dans de bonnes conditions de sécurité.

I-3-Les objectifs de la cimentation


En outre la nécessité de séparer les niveaux productifs d’huile ou de gaz des formations
contenants des fluides indésirables comme l’eau, la cimentation de tubage a également d’autre buts
tel que:
 Eviter l’éboulement du trou,
 Eviter de dévissage des tubes pendant le forage,
 Encrer les colonnes de tubage sur lesquelles sont fixés les équipements de sécurité en tête de
puits,
 Réduire la corrosion des tubes par les fluides contenus dans les couches traversées,
 La fermeture de l’espace annulaire et son étanchéité pour la mise en production,
 Isoler le trou aux eaux des couches superficielles,
 Protection de la tête de forage contre les éventuelles pollutions par la surface, [3]
 Protège les zones de production de pétrole,
Aide à prévenir les éruptions des zones de haute pression derrière le tubage. [4], [5], [6]

I-4-Les types de la de la cimentation


Il existe trois types principaux d’utilisation du ciment dans le sondage:
• La cimentation des colonnes de tubage,
• La pose des bouchons de ciment,
• Le squeeze ou injection sous pression,

I-5- La technique de la de la cimentation


La cimentation comprend les opérations suivantes:
- Préparation du trou avant l’injection du laitier,
- Cimentation proprement dite,
- Prise de ciment,
- Contrôle de la cimentation.

I-5-1-Préparation du trou avant l’injection du laitier


Cette phase consiste au nettoyage préalable des parois du trou pour assurer une bonne
adhérence du ciment et une bonne étanchéité.
On procède comme suite:

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
 S'assurer que le puits a un diamètre suffisant,
 Aléser tous les points de frottement,
 Circulation préliminaire (pendant 1 ou 2 cycles) à l’aide des pompes de forage jusqu’à
l'évacuation complète des déblais (une à deux heures),
 Pendant cette circulation, manœuvre de la colonne pour gratter le cake avec les racleurs,
 Faire précéder l’injection du ciment d’un bouchon d’eau (1 m3), dans certains cas cette eau
peut devenir une solution désagrégeant de cake par ajout de 5 % d’héscamétaphosphate.

Il est à noter que la circulation se fait aussi pour vérifier l’efficacité des soupapes de
l’anneau et du sabot et vérifier que rien ne bouche l’intérieur des tubes. Elle se fait aussi pour:
- Vérifier la stabilité du puits (pas de pertes, pas de gain),
- Eliminer les bouchons de gaz,
- Diminuer la température de fond et la stabiliser,
- Homogénéiser la boue.

I-5-2-Cimentation proprement dites


Une fois la colonne de tubage descendue au fond du puits, on procède chronologiquement
aux opérations suivantes:

a) Injection d'un bouchon laveur. Ce bouchon laveur de 1 à 3 m3 est un produit chimique


liquide permettant de laver les parois du puits pendant la remontée dans l'annulaire et de
séparer le laitier de la boue.
b) Lancer le bouchon de cimentation inférieur.
c) Pomper le volume de laitier. Lorsque le bouchon inférieur arrive sur l'anneau de retenue, on
doit remarquer une légère augmentation suivie d'une chute de pression. Cela indique que le
laitier a transpercé la membrane du bouchon.
d) Lancer le bouchon de cimentation supérieur.
e) Chasser avec de la boue. Lorsque le bouchon supérieur arrive sur l'anneau de retenue, on
enregistre une augmentation de pression (ou à-coup de pression ou Bump Plug ) qui indique
le contact des deux bouchons.

I-5-3-Prise de ciment

Une fois le pompage est terminé, on maintient la pression finale de refoulement jusqu’à ce
que le ciment soit suffisamment fait prise. Le temps d'attente avant la reprise du forage peut être

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
déterminé par la règle de "FARRIS" qui dit que le forage peut être repris lorsque la résistance à la
traction du laitier atteint 8 psi. Cette résistance de 8 psi est atteinte dans un temps égal à environ 3
fois celui nécessaire pour atteindre une viscosité de 100 poises.

I-5-4- Contrôle de la cimentation


Après cimentation, il est nécessaire de vérifier:

 La hauteur de ciment dans l’espace annulaire,


 La qualité de la cimentation,
 L’étanchéité du tubage et parfois de la cimentation du sabot.

Pourquoi cherche-t-on à évaluer le ciment ?

Pour répondre à cette question, il suffit de savoir qu'une mauvaise cimentation peut engendrer les
problèmes suivants:

 Mélange de l'effluent produit avec des fluides indésirables,


 Migration des fluides en surface à travers les zones mal cimentées,
 La corrosion du tubage,
 La déformation du tubage (casing collapse),
 Cross flow.
Cette évaluation a pour but de:
 Déterminer le top du ciment,
 Vérifier l’intégrité de la gaine de ciment,
 Vérifier l’isolation des couches,
 Déterminer la résistance du ciment,
 Vérifier s’il n’y a pas de channeling,
 Vérifier s’il est nécessaire de restaurer la cimentation et si c’est possible.

Le dégagement de chaleur et l'augmentation de la contrainte d'adhérence du ciment lors de sa


prise permettent d'étudier la cimentation d'un tubage et sa qualité grâce aux diagraphies suivantes:

 Sonic (CBL-VDL (Cement Bond Log-Variable Density Log)),

 Outil d’imagerie du ciment (CET, USIT,…),

 Thermométrie,

 Méthode des traceurs radioactifs.


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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
Notons que les deux dernières méthodes ne sont plus utilisées.

a) Thermométrie (pour le contrôle de la hauteur de ciment dans l’espace annulaire): La prise


de ciment entraine un dégagement de chaleur ce qui élève la température de la boue au
voisinage du ciment. L'enregistrement se fait lors de la descente d'une sonde de mesure de la
température du puits versus la profondeur, une discontinuité dans le gradient de température
indique le top de ciment. Cette mesure ne permet pas d’apprécier la qualité d’une
cimentation. [3], [7]

La lecture du diagramme doit permettre de:

- déterminer la hauteur de ciment dans l’espace annulaire,


- Préciser les zones de mauvaise cimentation (présence de ciment derrière le tubage).

b) Les Sonics : CBL – VDL (Cement Bond Log – Variable Density Log) (pour le Contrôle
de la qualité de la cimentation)

Outils sonique enregistrant l'amplitude d'une onde sonore dans le tubage dont le taux
d'atténuation est fonction de la compression du ciment et du pourcentage de circonférence cimentée.

Les diagraphies acoustiques (et principalement celles avec émission et réception de signaux)
permettent d'obtenir une meilleure information. On mesure dans le temps la fréquence et
l'amplitude d'ondes sonores revenant à l'outil après émission d'un signal sonore, l'amortissement
étant fonction de la manière dont le cuvelage est "tenu" par la cimentation .

L'interprétation de ces mesures étant liée à de nombreux paramètres (forme du trou, position
du cuvelage, nature de la formation, du cake, de la boue, du ciment . . .), elle n'est pas très aisée.

1- Principe du CBL
L’enregistrement « Cement Bond Long » (C.B.L) permet de déterminer les zones de bonnes
et mauvaises cimentations.

Un train d'onde de fréquence variant entre 15 et 30 KHz selon les appareillages, est
périodiquement généré par un émetteur. Cette onde traverse la boue, passe dans le tubage, le ciment
et la formation si ces divers milieux sont couplés acoustiquement, puis est détectée par un récepteur
qui se trouve sur le corps de l'outil (généralement à 3 pieds de l'émetteur, la figure I-1).

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
Les vitesses des différentes ondes émises et créées lors des passages et des ondes
successives d'un milieu à un autre sont fonction des caractéristiques physiques du milieu. L'énergie
acoustique voyageant le long d'un tube se propage plus rapidement que les ondes de formation
elles-mêmes plus rapides que les ondes de boue. [7]

1 Dans le corps de l'outil

Pas vu, à cause de la conception de


l'outil

2 Dans la boue

Vu mais arrive très tard

3 Dans le casing

Vu et mesuré

4 Dans la gaine de ciment

Pas vu

Figure I-1: Cement Bond Long. [7] 5 Dans la formation

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.

Figure I-2: Cement Bond Long. [8]

2- Principe du VDL
L'étude de la qualité de la cimentation peut être faussée par un certain nombre de
phénomènes. Il s'est avéré utile d'enregistrer l'ensemble du train d'ondes sonores reçues par un
récepteur situé généralement à 5 pieds de l'émetteur.

Enregistré en complément du CBL, le VDL permet de définir l'adhérence ciment-formation. [7],


[8]

Remarque:
a) On peut aussi utiliser les outils suivants:

CET (Cementing Evaluation Tool) cet outil permet une présentation graphique du tubage, vu en
développé. Les niveaux de banc et noir permettent une évaluation de la qualité de la cimentation (
noir : bon, blanc mauvais)

USIT ( ultra sonic imaging tool) cet outil permet une visualisation graphique du tubage développé
des niveaux de couleur permettent d’évaluer la qualité de la cimentation mais aussi d’évaluer la
corrosion d’un tubage.
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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
b) Essais de l’étanchéité de la colonne:
Lorsque le ciment a fait prise, on refore la hauteur de sécurité de ciment restée dans la
colonne jusqu’à 1 m environ au-dessus du sabot. On procède alors au contrôle d’étanchéité de la
colonne, en fermant l’obturateur de sécurité sur tige et en pompant la boue par l’intérieur de
manière à atteindre la valeur des pressions voulues. Cette pression doit être maintenue pendant 30
min.
Il est bon, après cimentation, de vérifier l’étanchéité de la colonne. Cet essai se fait, soit:

Peu après l’arrivée du bouchon supérieur sur l’anneau de retenue. Une fois l’à-coup de pression
obtenu, on branche à nouveau les pompes à la conduite haute pression de cimentation sur la tête de
cimentation et on pompe jusqu’à ce que la pression atteigne la pression-d’essai (de l’ordre de 80%
de la pression d’éclatement du tubage.

c) Essais de l’étanchéité de la cimentation:


Après le reforage, on met à nouveau la colonne sous pression de manière à vérifier si l’anneau
de ciment est bien étanche. La pression d’éprouve doit être limitée à une valeur inférieure à la
pression de rupture du caoutchouc de sabot.

I-6-Les Types de cimentations


a) La cimentation ordinaire (ex:cimentation du casing 18'' 5/8): Il s’agit d’une cimentation
avec stinger ce dernier est un raccord qui se termine sur les deux extrémités par un filetage
femelle. Ce vissant sur le tiges de forage et l’autre extrémité se termine par un certain
nombre de joint qui s’ancre dans le sabot.
b) La cimentation à deux étages : (ex:cimentation casing 13'' 3/8): C’est une cimentation à
deux étages qui représente les avantages suivants:
- Réduction de risque de craquage de la formation,
- Réduction de la pression finale de refoulement,
- Moins de risque de contamination du laitier,
- Opportunité de cimenter deux zone distinctes, éloignée l’une de l’autre et grâce a DV
(diverter valve) que nous pouvons faire cette cimentation double étage. [3]

I-7- Différentes méthodes de cimentation


Il existe plusieurs méthodes de cimentation :
1. Cimentation par les tiges
2. Cimentation par le tube ancré
3. Cimentation par le tube suspendu
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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
4. Cimentation par canne dans l’annulaire
Les trois premières méthodes de cimentation s’appliquent uniquement pour les forages
en gros diamètres et relativement profonds. La quatrième est utilisée pour les forages de moins de
50 mètres.
I-7-1- Cimentation par les tiges
Le tubage à cimenter est muni d’un sabot destructible équipé d’une balle plastique (de
la grosseur d’une balle de tennis) faisant office de valve. Le ciment injecté sous pression par les
tiges pénètre dans l’espace annulaire par l’orifice du sabot qui est obturé par la balle dès l’arrêt de
l’injection. C’est le cas de la cimentation avec stinger . Cette méthode est appliquée à des gros écho
amortissant diamètres et faibles profondeur.
Les avantages de cette méthode:
- Éviter la contamination du ciment,
- Limiter le « Channelling »,
- Déplacement plus contrôlable.

Figure I-3: Cimentation par les tiges. [6]

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
I-7-2-Cimentation par le tube ancré
A la base du tubage à cimenter des fenêtres ont été préalablement percées pour permettre la
circulation de boue puis de ciment. Le volume théorique de ciment est introduit dans l’ouvrage et
remonte dans l’espace annulaire sous la pression d’un joint séparateur poussé par un volume d’eau
ou de boue et qui vient obturer les fenêtres de pied de tubage lorsque la cimentation est terminée.

Figure I-4: Cimentation par le tube ancré. [6]

I-7-3- Cimentation par le tube suspendu


Sous l’effet d’une chasse d’eau ou de boue, un bouchon destructible (joint séparateur)
pousse dans l’espace annulaire le volume de ciment théorique introduit dans le tubage.

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.

Figure I-5: Cimentation par le tube suspendu. [6]


I-7-4- Cimentation par canne dans l’annulaire
Une garniture de petit diamètre (environ 1’’) est descendue dans l’espace annulaire jusqu’au pied du
tubage (ancré dans le terrain). Le ciment y est injecté sous pression, si nécessaire en remontant
progressivement la canne de cimentation. [6]

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.

Figure I-6: Cimentation par canne dans l’annulaire. [6]

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Chapitre I : Généralités sur la cimentation.
Références bibliographiques
[1] ENSPM., 'Les bouchons de ciment', Formation Industrie-IFP Training, 2005.
[2] ENSPM., 'Les cimentations primaires', Formation Industrie-IFP Training, 2006.
[3] J.N. Furgier.," Manuel de forage à l'usage des géoloques", ELF. Aquitaine production, 1995.
[4] IADC Drilling Manual - Eleventh Edition, International Association of Drilling Contractors,
chapitre T: Cementing.
[5]Dipl.-Ing. Wolfgang F. Prassl.,"Drilling Engineering", Department of Petroleum
Engineering,Curtin University of Technology
[6] Guide d'application de l'arrêté interministériel du 11/9/2003 relatif à la rubrique 1.1.0 de la
nomenclature eau : sondage, forage, puits, ouvrage souterrain non domestique.
[7] 'Drilling Engineering', Institute of Petroleum Engeneering, Heriot-Watt University.
[8] Diagraphies de cimentation, ENSPM.

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