Vous êtes sur la page 1sur 159

REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland


--------------- ---------------
MINISTERE DE LA SANTE PU-
MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
BLIQUE
---------------
---------------
SECRETARIAT TECHNIQUE DU TECHNICAL SECRETARIAT
BENEFICIAIRE PRINCIPAL DU OF PRINCIPAL RECIPIENT OF
FONDS MONDIAL DE LUTTE THE GLOBAL FUNDS TO FIGHT
CONTRE LE SIDA, LA TUBERCU- AIDS, TUBERCULOSIS AND
LOSE ET LE PALUDISME MALARIA
-------------------- --------------------
PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE NATIONAL MALARIA CONTROL
CONTRE LE PALUDISME PROGRAMME
--------------- --------------
SECRETARIAT PERMANENT PERMANENT SECRETARIAT
--------------- ---------------

GUIDE DE PRISE EN CHARGE DU


PALUDISME AU CAMEROUN

A L’USAGE DU PERSONNEL
DE SANTE

JUIN 2019

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 1


2 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
TABLE DES MATIÈRES

PREFACE .....................................................................................7
LISTE DES TABLEAUX ............................................................5
LISTE DES FIGURES ................................................................6
PREFACE .....................................................................................7
REMERCIEMENTS ...................................................................9
LISTE DES ABREVIATIONS ................................................11
RESUME ....................................................................................15
1. INTRODUCTION ................................................................25
2. OBJECTIFS DU GUIDE ......................................................25
3. DEFINITION DE CAS ........................................................29
3 .1. Définition du paludisme ...........................................29
3.2. Qu’est-ce qu’un cas de paludisme ? ..........................30
4. COMMENT FAIRE LE DIAGNOSTIC DU
PALUDISME ? ..................................................................35
4.1. Le diagnostic clinique du paludisme ........................35
4.2. Le diagnostic biologique du paludisme....................41
5. ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE DU
PALUDISME .....................................................................49
5.1. Algorithme de prise en charge du paludisme à
partir du symptôme « fièvre » dans une formation
sanitaire ..................................................................49
5.2. Algorithme de prise en charge du paludisme à la
Première visite ............................................................ 52

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 3


6. COMMENT TRAITER UN PALUDISME SIMPLE ?....57

6.1. Les combinaisons Antipaludiques à base


d’Artémisinine..............................................................58
6.2. Les protocoles de traitement .......................................60

6.3. Prise en charge du paludisme simple chez les


populations particulières ..........................................70

7. COMMENT TRAITER LE PALUDISME GRAVE ?......83


7.1. Traitement du paludisme grave ..............................83
7.2. Cas spécifique de la femme enceinte .......................88
8. PREVENTION DU PALUDISME ...................................101
8.1. Chimioprévention.......................................................101
8.2. La lutte antivectorielle selective...............................109
9. GESTION DES INTRANTS, PHAMACOVIGILANCE
ET SUPERVISION SUIVI EVALUATION ...............115
9.1. Approvisionnement et gestion des stocks des
intrants ................................................................115
9.2. Communication pour le changement de
comportement........................................................... 117
9.3. Sepervision, suivi, évaluation ..................................118

ANNEXE ..................................................................................121

4 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Signes et symptômes des causes des fièvres à


rechercher dès le premier examen d’un sujet fébrile............36

Tableau II: Signes cliniques de paludisme grave ................38

Tableau III : Posologie de la combinaison fixe AL en


fonction du poids et de l’âge ..........................................61

Tableau IV: Posologie de la combinaison fixe AS-AQ en


fonction du poids et de l’âge ...................................................62
Tableau V: Posologie de la DHA-PQ en fonction du poids
......................................................................................................63

Tableau VI : Posologie de l’AS-PY en fonction du poids....65

Tableau VII : Posologies du paracétamol 100mg .................67

Tableau VIII: Posologies du paracétamol 500mg ...............68

Tableau IX : Posologies de l’Acide Acétyle Salicylique ......79

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 5


LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Algorithme de prise en charge du paludisme à la


Première visite ...........................................................................52

Figure 1 : Algorithme de prise en charge du paludisme à la


deuxième visite ........................................................................53

Figure 3 : Le cycle de gestion des médicaments (source :


Managing Drug Supply 3) .....................................................116

6 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


PREFACE

Au Cameroun et dans la plupart des pays d’Afrique au sud


du Sahara, l’amélioration de la prise en charge (PEC) des cas est
une stratégie essentielle pour réduire la morbidité et la mortalité as-
sociées au paludisme, en vue de passer à la pré-élimination puis à
l’élimination de cette endémie parasitaire.
Cela exige l’accessibilité de l’ensemble de la population à
un diagnostic précoce, un traitement rapide et une détection adé-
quate des cas sévères ainsi que la reconnaissance des échecs théra-
peutiques pour une référence appropriée.
Le présent guide prend en compte les récentes recomman-
dations internationales en matière de lutte contre le paludisme y
compris les défis rencontrés dans la mise en œuvre de la politique
nationale en matière de PEC du paludisme au Cameroun. Il est ré-
digé pour permettre à tout personnel médical, médico-sanitaire et
aux étudiants en médecine de poser le diagnostic et soigner rapi-
dement tout accès palustre. En se référant à l’initiative de l’OMS
« Faire Reculer le Paludisme » ou « Roll Back Malaria », ce guide prend
en compte les capacités de reconnaissance du paludisme simple et
du paludisme grave dans l’environnement d’un District Santé, unité
de base de notre système de santé.
L’orientation diagnostique à partir de la fièvre constitue à
cet effet l’étape initiale où seront discutées les variantes de patho-
logies fébriles proches du paludisme. La seconde étape consiste à
confirmer le diagnostic par un Test de Diagnostic Rapide ou par
une Goutte Epaisse (GE) et à classer les cas en paludisme simple et
paludisme grave. Les indications concernant la conduite à tenir en
cas d’échec ou d’aggravation viendront par la suite. Au niveau de
chaque maillon ou séquence de l’algorithme, une suggestion ap-
propriée renvoie à un chapitre ou à un tableau précis permettant
de résoudre le problème qui se pose.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 7


Il est à noter que les monothérapies utilisées pour la prise
en charge du paludisme simple ont été retirées du marché à cause
des résistances et que le traitement du paludisme simple actuel-
lement préconisé est la combinaison thérapeutique à base d’Arté-
misinine (ACT). Le Cameroun a choisi quatre ACT pour la prise
en charge du paludisme simple : Artésunate – Amodiaquine (AS-
AQ) et Artéméther – Luméfantrine (AL), Dihydroartémisinine Pi-
péraquine (DHA-PQ), Artésunate Pyronaridine (AS-PR). Pour ce
qui est du paludisme grave, l’Artésunate injectable est la molécule
de première intention, compte tenu de son efficacité ; l’Artéméther
injectable et la quinine sont recommandés en en l’absence de l’Ar-
tésunate injectable pour la prise en charge des cas de paludisme
grave.
Enfin de façon pragmatique, les auteurs ont inséré dans le
texte les définitions et les annotations pratiques avec des exemples
nécessaires à la compréhension des gestes utiles et à la connais-
sance de la composition des formes galéniques des médicaments
antipaludiques. A la fin du guide se trouvent les tableaux intégrant
les posologies et les précautions d’usage des produits disponibles
dans les Formations Sanitaires.
Qu’il me soit permis de leur exprimer ici ma vive recon-
naissance au nom de l’ensemble du Personnel soignant de mon
Département Ministériel.

8 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


REMERCIEMENTS
A l’aube de la mise en œuvre du nouveau Plan Stratégique National
de Lutte contre le Paludisme 2019-2023 et pour s’arrimer aux nou-
velles recommandations en matière de lutte contre le paludisme,
il était indispensable de mettre à jour les Directives Nationales de
Lutte contre le Paludisme au Cameroun. La révision du présent
guide s’est faite grâce au travail minutieux et acharné d’une équi-
pe, avec l’appui des partenaires et des experts chevronnés en la
matière. Qu’il me soit donc permis d’exprimer ici, à l’endroit des
personnalités suivantes notre profonde gratitude.

Il s’agit :
MINSANTE
S.E.M. ALIM HAYATOU, SESP
Prof KOULLA Sinata Shiro, SG
Prof BISSECK Anne, DROS
Prof NKOA Thérèse, CT2
Dr ZOA NANGA, IGSMP
Dr NGONO MBALLA Rose, DG LANACOME
Dr VANDI Deli, DPML
Dr OLINGA Jean, ST-BP
Dr SAMBA Frédéric, CENAME
Dr TJEK Paul, CHU
Dr ACHU Dorothy, SP/PNLP
Dr ATEBA Joël, SPA/PNLP
Dr EKOYOL EWANE Germaine, CSPEC /PNLP
Dr MEDOU Hortense, CSPE/PNLP
Dr FOSSO Jean, CSPSSE/PNLP
Dr NGWAFOR Randolph, CSRF/PNLP
Dr NTANDZY Thierry, HCY
Dr WIRNGO Mohamadou, GTR NW
Dr WAMBA Gaston, GTR SW
Dr PANNA Sandrine, DLMEP
Dr TAKENG, Emilienne HR LIMBE
Dr NJUME Peter,

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 9


Dr NDINGBA DOURBA, FRPS-NO
Dr MOTA Serge, CU GAS / PNLP
Dr TABUE Raymond, CULIV/PNLP
Dr NDONGO Nelly, CUF/SFR
Dr AFOUNDE Jeanette, DSF
Dr BOMBA Dominique, GTR/PALU -CE
Dr METCHOP Armelle,
Dr NDING Patrick, CDS /NO
Dr SOTAKWO KENGNE, CUPEC/SPEC
Dr ONAMBELE Paul, CDS/CE
M. NGAMBE Oumarou, CSIMP /PNLP
Mme OLINGA Blandine, CUP/PNLP
Mme CHUAGAE Adéline, SEC/PNLP
Mlle BOPNING Claudine, PNLP
UNIVERSITES ET INSTITUTS DE RECHERCHE
Prof SAME EKOBO Albert; CNRM
Prof MBACHAM Wilfred, BTC/UY 1
Prof KOKI NDOMBO Paul, FMSB /Fondation Chantal Biya
Prof CHIABI Andreas, FMSB/HGOPY
Prof MAH Eveline; FMSB
Prof BIGOGA Jude, U Y I/BTC
Dr ALI Innocent, BTC/ UY I
PARTENAIRES
Dr TOUGORDI Alexis, OMS
Dr KANANDA Grégoire, UNICEF
Dr KWAKE Simon, Plan Cameroon
Dr Margarida CUNA RODRIGUES, PMI –USAID
Dr HEDJE Judith, PMI-USAID
Dr KOUAMBENG Célestin, PMI-USAID
Dr DICKSON AWA, IM- USAID
M. NGBWA AVEZOO, RESYPAT
Mme NGUELLA Rachelle, MC-CCAM
Mme MBAMBA Louise, Malaria No More

Le Secrétaire Permanent du PNLP


Dr ACHU Dorothy
10 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
LISTE DES ABREVIATIONS

Acronymes Signification
ACT Combinaison thérapeutique à base
d’Artémisinine
AID Aspersion intra Domiciliaires
AL Artemether Lumefantrine
ASAQ Artésunate Amodiaquine
ASMF Artésunate-Méfloquine
ASPY Artésunate –Pyronaridine
ARV Anti retroviraux
AS-SP Artésunate/Sulfadoxine pyriméthamine
CENAME Centrale Nationale d’Approvisionnement en
Medicaments et Consommables médicaux
Essentiels
CI Contre-indication
CMA Centre Médical D’arrondissement
CP Comprimé
CNRBM Comité National Roll Back Malaria
CPS Chimio Prévention du Paludisme Saisonnier
CPN Consultation prénatale
CSI Centre de Santé Intégré
CQE Contrôle Qualité Externe
DHA-PQ DiHydroArtémisinine+Pipéraquine
DOT Directly observed therapy
DS District de Santé
DSF Direction de la Santé Familiale
FEFO First expiry first out
FRPS Fonds Régional pour la Promotion de ma
Santé

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 11


FS, FOSA Formation sanitaire
GE Goutte Epaisse
GTC Groupe Technique Central
Hb Hémoglobine
IM Intra musculaire
ISDC Interventions Sous Directives Communau-
taires
IV Intra veineuse
Kg Kilogrammes
Mg Milligrammes
Ml Millilitre
MILDA Moustiquaire imprégnée d’insecticide de
longue durée d’action
OMS Organisation Mondiale de la Santé
P. Plasmodium
PEC Prise en Charge
PECIME Prise en Charge Intégrée des Maladies de
l’Enfant
PNLP Programme National de lutte contre le Pa-
ludisme
PVVIH Personnes vivant avec le VIH
SP Sulfadoxine-Pyrimethamine
TA Tension artérielle
TDR Test de Diagnostic Rapide
TPP Traitement Préventif périodique
TPI Traitement Préventif Intermittent

12 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


RESUME

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 13


14 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
RESUME

La prise en charge correcte des cas de paludisme se


fonde sur un diagnostic précoce et un traitement rapide au
moyen d’antipaludiques efficaces. Les directives revues en
ce qui concerne le diagnostic et le traitement approprié des
cas de paludisme, au regard des nouvelles recommandations
en la matière sont résumées dans le tableau ci-après :

Définition des cas


En zone endémique dont fait partie le Cameroun
¾¾ Patient avec histoire de fièvre ou Température > 37,5
°C
¾¾ Patient de moins de 5 ans avec pâleur palmo- plan-
taire ou toute autre personne avec Hb<8g/dl.
En zone d’endémicité faible
¾¾ Histoire de fièvre sans autre cause évidente, après ex-
position au paludisme (voyage en zone endémique).
CAS SUSPECT DE PALUDISME : personne présentant des
signes et symptômes au vu desquels, un agent/ personnel
de santé pense au paludisme. Ces signes et symptômes
incluent habituellement la fièvre.
CAS PRESUME DE PALUDISME : cas suspect de palu-
disme sans résultat de test diagnostique pour confirmer la
présence de la maladie ; néanmoins traité de manière pré-
somptive comme un cas de paludisme.
CAS DE PALUDISME CONFIRME  : cas suspect de
paludisme dont l’examen du sang par microscopie ou TDR
a mis en évidence des parasites du paludisme.
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 15
Diagnostic du paludisme
¾¾ Confirmation systématique de tout cas suspect par
un Test de Diagnostic Rapide (TDR) ou par une mi-
croscopie de qualité.
¾¾ Les TDR sont subventionnés et gratuits pour les en-
fants de moins de cinq ans.
¾¾ La réalisation du TDR et de la microscopie doit être
appuyée par la mise en place d’un système opération-
nel de Contrôle Qualité et d’Assurance Qualité.
¾¾ La description des exigences des examens par niveau fi-
gure en annexe et dans le Manuel d’Assurance Qualité.
Traitement du paludisme simple
Dans les 8 Régions du Cameroun en dehors de celles du
Nord et de l’Extrême Nord, le traitement se présente ainsi
qu’il suit

1ère ligne (choix multiples):

¾¾ Artéméther - Luméfantrine (AL) ;

¾¾ Artésunate - Amodiaquine (AS-AQ) ;

¾¾ DiHydroArtémisinine+Pipéraquine (DHA-PQ).

2ème ligne :

¾¾ Artésunate - Pyronaridine (AS-PY)

Seules les formes solides ou dispersibles (AL et AS-AQ)


sont recommandées.

ASAQ et AL sont subventionnés et gratuits pour les en-


fants de moins de cinq ans.

16 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Dans les 2 Régions du Nord et de l’Extrême-Nord où l’on
met en œuvre la CPS :
1ème ligne :
¾¾ Artéméther - Luméfantrine (AL) ;
¾¾ DiHydroArtémisinine+Pipéraquine (DHA-PQ).
2ème ligne :
¾¾ Artésunate -Pyronaridine (AS-PY.
En communauté, pour la prise en charge du paludisme
dans le cadre des Interventions Sous Directives Commu-
nautaires (ISDC) :
¾¾ Artésunate - Amodiaquine (AS-AQ) : pour les régions
autres que celles du Nord et Extrême-Nord
¾¾ Artéméther - Luméfantrine (AL) : pour les régions du
Nord et de l’Extrême-Nord
Seules les formes solides et dispersibles sont recomman-
dées. Les formes sirop et suspension orales ne sont pas
recommandées.
¾¾ Un antipyrétique est conseillé chez les enfants et les
adultes.
Traitement des échecs cliniques
En cas d’échec clinique, refaire la microscopie ou TDR
(pLDH)
Si Positif :
¾¾ Avec une mauvaise prise de l’ACT, la même ACT est
recommandée.
¾¾ En cas d’une bonne prise, administrer une autre ACT
recommandée.
Si négatif :
¾¾ Rechercher une autre cause et traiter.
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 17
Traitement du paludisme grave : traitement pré-référence.
En communauté :
¾¾ Une dose d’Artésunate suppositoire administrée aux
enfants de moins de 5 ans en traitement de pré-réfé-
rence par l’Agent de Santé Communautaire (ASC).
Dans les centres de santé et CSI avant de référer :
¾¾ Première intention : Première dose d’’Artésunate in-
jectable de préférence par voie intraveineuse.
¾¾ Deuxième intention : l’Artéméther par voie intramus-
culaire.
Traitement du paludisme grave
Il devra débuter par voie parentérale (IM ou IV) pendant
au moins 24 heures, suivi d’un relais par voie orale pendant
trois (03) jours quand le malade est capable de boire.

Trois types de traitement sont possibles :


¾¾ Première intention : Artésunate injectable ;
¾¾ Deuxième intention : Artéméther injectable ;
¾¾ Troisième intention : Quinine injectable, par voie IV.

Quelle que soit l’option choisie, le relais est pris par voie
orale quand le malade peut avaler, après avoir observé
au moins 24-48H par voie parentérale. Le relai devra être
soigneusement respecté ; il se fera avec la quinine orale
pendant (07) jours ou une combinaison thérapeutique à
base d’Artémisinine : (AL, AS-AQ, DHA-PQ, ASPY) pen-
dant 3 jours.

18 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Traitement du paludisme chez la femme enceinte
Tout cas de paludisme chez la femme enceinte est consi-
déré comme une urgence et pris en charge le plus tôt pos-
sible.

¾¾ En cas de paludisme simple


Au premier trimestre :

¾¾ 1ère intention: Quinine par voie orale pendant sept


(07) jours ;
¾¾ 2ème intention : ACT, si Quinine non disponible ou
problème d’adhérence au traitement.
Aux deuxième et troisième trimestres : ACT

1ère ligne (choix multiples):

¾¾ Artéméther-Luméfantrine (AL) ;
¾¾ Artésunate- Amodiaquine (AS-AQ) ;
¾¾ DiHydroArtémisinine+Pipéraquine (DHA-PQ) ;
2ème ligne :

¾¾ Artésunate - Pyronaridine (AS-PY).


En cas de paludisme grave chez la femme enceinte, se ré-
férer au traitement du paludisme grave ci-dessus.

Chez les femmes enceintes présentant des contractions


utérines sous traitement à la quinine, il est recommandé
d’associer la tocolyse au Salbutamol ou avec une autre bê-
tamimétique recommandée.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 19


Traitement dans des populations et situations particulières
¾¾ PVVIH sous ARV (Efavirenz, Zidovudine) : ne pas
administrer AS-AQ pour éviter d’aggraver l’hépato-
toxicité. Préférer AL.
¾¾ PVVIH SIDA sous ARV+ Co-trimoxazole : Evitez
Artésunate+ Sulfadoxine-Pyrimethamine (AS + SP).
¾¾ PVVIH traitées avec les anti-protéases, Ritonavir –
Liponavir : éviter la surexposition (traitements répé-
tés) à Artémether-Luméfantrine (AL).
¾¾ PVVIH quel que soit le statut : éviter la sur-exposition
(traitements répétés) à Artésunate+Sulfadoxine-Pyri-
methamine (AS+SP).
¾¾ PVVIH avec antécédents d’effets indésirables (asthé-
nie intense, syndrome extrapyramidal, éruption cuta-
née, etc.) sous Artésunate-Amodiaquine (ASAQ) : trai-
ter avec Artémether-Luméfantrine (AL).
¾¾ L’Artésunate-Amodiaquine (AS-AQ) est contre-indi-
qué chez des patients sous kétoconazole.
¾¾ Prévenir les rechutes du paludisme à Plasmodium vi-
vax et Plasmodium ovale chez les sujets déficients en
G6PD, dans les zones où ces espèces parasitaires se
trouvent, avec la Primaquine / Tafénoquine en cure
de quatorze (14) jours.
¾¾ Enfants malnutris : préférer Artémether-Lumé-
fantrine (AL) administré au cours d’un repas riche
en matière grasse. Eviter DiHydroArtemisinine-Pipe-
raquine (DHA-PQ). Eviter la supplémentation en fer;
donner des multivitamines contenant de la ribofla-
vine en petites doses.

20 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


¾¾ En cas d’effets indésirables sous AS-AQ (asthénie
intense, syndrome extrapyramidal, éruption cutanée,
etc) : préférer Artémether-Luméfantrine (AL).
¾¾ Sujets corpulents (surpoids, obésité) : à cause du
risque de sous-dosage, bien suivre l’issue du traite-
ment (évaluation clinique et éventuellement micros-
copique). Adapter le dosage de Dihydroartemisinine
¾¾ Voyageurs non immuns : la prise en charge se fait
selon les directives nationales
¾¾ Troubles du rythme cardiaque (QT) : Eviter la (DHA-
PQ) et Artésunate+-Pyronaridine (ASPY).
¾¾ Atteintes hépatiques chroniques : Eviter Arté-
sunate-Amodiaquine (ASAQ).
¾¾ Antécédents psychiatriques : Eviter Artésunate-Mé-
floquine (ASMF).
¾¾ Autres pathologies des globules blancs (neutropé-
nies) : Eviter Artésunate-Amodiaquine (ASAQ)
¾¾ Les sous-poids (<4kg): adapter le dosage de DiHy-
droArtemisinine-Piperaquine (DHA-PQ) au poids du
patient.
¾¾ Dans tous les cas, éviter de prendre DiHydroArte-
misinine-Piperaquine (DHA-PQ) plus de deux (02)
fois par an.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 21


Traitement Préventif Intermittent chez la femme enceinte
¾¾ La femme enceinte doit prendre au moins quatre
doses de Sulfadoxine-Pyrimethamine (SP), à partir du
4ème mois de grossesse (16 semaines d’aménorrhée).
¾¾ L’intervalle entre deux doses doit être d’au moins un
mois (04 semaines).
¾¾ La dernière dose de TPI peut être administrée sans
risque au moment de l’accouchement, s’il n’y a pas de
contre-indication.
¾¾ L’administration concomitante de SP et d’acide folique
à des doses > 5mg par jour n’est pas recommandée ;
car l’acide folique à forte dose diminue l’efficacité de
la SP dans la prévention du paludisme (administrer
l’acide folique dosé à 2mg).
¾¾ La SP ne doit pas être administrée aux femmes en-
ceintes recevant une prophylaxie au Cotrimoxazole.
Chimio prophylaxie chez le voyageur
¾¾ Voyageurs provenant d’un pays endémique : Res-
pecter les prescriptions (mesures préventives) de son
pays de provenance.
¾¾ Voyageurs provenant d’un pays non endémique : uti-
liser les prescriptions du médecin du pays d’accueil.
¾¾ Suivre les mesures suivantes recommandées par le
PNLP :
- Combinaison chloroquine-proguanil (Savarine),
- Doxycycline 100 mg,
- Atovaquone-Proguanil (Malarone, Malanil)
NB : prendre en compte les contre-indications.

22 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


1. INTRODUCTION

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 23


24 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
1. INTRODUCTION
Le paludisme demeure la principale cause de morbidi-
té et de mortalité au Cameroun, en Afrique sub-Saharienne
et dans le monde. Ce qui fait de cette pathologie un problème
de santé publique. En effet de 2000 à 2016, la lutte contre le
paludisme a permis de réduire considérablement le fardeau
de cette maladie. Cependant, depuis 2016, l’on assiste à une
recrudescence des cas coïncidant avec la réduction des sub-
ventions accordées pour la lutte contre cette maladie. Cet
état de fait a conduit à la révision des politiques, et des outils
jusque-là utilisés ; d’où résulte la réorientation des stratégies
de lutte conformément à l’Initiative : « d’un fardeau élevé à
un fort impact » (‘’High burden to high Impact ‘’).

En effet, le paludisme représente en 2018 dans les for-


mations sanitaires, 25,9% de consultations dont 31,5% chez
les moins de 5 ans et 14,3% des décès dont 28,4% chez les
moins de 5 ans. Ces données sont en nette augmentation en
comparaison de celle des années 2016, 2017 et 2018, (Rap-
ports annuels PNLP 2016-2018). On distingue trois princi-
paux faciès épidémiologiques liés aux variations géo clima-
tiques : faciès soudano-sahélien (Régions de l’Extrême Nord
et du Nord), la grande savane de plateau intérieur (Région
de l’Adamaoua), la grande forêt équatoriale (toutes les 7
régions du Sud). Les conditions climatiques existantes sont
favorables au développement des vecteurs et des parasites.
Plasmodium. falciparum est l’espèce plasmodiale la plus fré-
quente (95%). Les données actuelles de recherche et de sur-
veillance objectivent une recrudescence des autres espèces
plasmodiales (P. malariae et P. ovale et P. vivax) qui demande à
être confirmé.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 25


Grâce aux efforts du Gouvernement et ses Partenaires,
la prise en charge des cas de paludisme simple et grave s’est
considérablement améliorée avec notamment la mise à dis-
position des TDR de qualité répondant aux spécificités lo-
cales et à l’amélioration de l’accessibilité aux combinaisons
thérapeutiques à base d’Artemisinine (ACT).

Le respect des directives nationales en matière de dia-


gnostic et de prise en charge du paludisme dans le contexte
de la nouvelle initiative ’High burden to High Impact’ pourrait
inverser la tendance actuelle en vue d’atteindre la phase de
la pré-élimination de cette importante endémie.

2. OBJECTIFS DU GUIDE
Le présent document comporte 6 objectifs spécifiques :
• Réaliser le diagnostic correct du paludisme
• Différencier le paludisme simple du paludisme grave 
• Traiter le paludisme simple 
• Traiter le paludisme grave 
• Prévenir et traiter le paludisme chez la femme enceinte 
• Prévenir et traiter le paludisme dans les groupes spéci-
fiques  
• Proposer des mesures préventives à tout le monde

26 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


3. DEFINITION
DES CAS

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 27


28 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
3. DEFINITION DE CAS

3 .1. Définition du paludisme

Le paludisme est une maladie parasitaire infectieuse


causée par un protozoaire du genre Plasmodium. Ce pro-
tozoaire est transmis à l’homme par la piqûre d’un mous-
tique femelle du genre Anophèles.

La fièvre, symptôme le plus fréquent, est le critère de


base le plus fiable pour le diagnostic, le traitement et le suivi
du paludisme. Environ 80% des cas de fièvre sont préalable-
ment traités comme paludisme dans les communautés.

Le diagnostic biologique du paludisme repose sur la


mise en évidence du Plasmodium à travers un Test de Dia-
gnostic Rapide (TDR) ou au microscope sur une goutte
épaisse et/ou un frottis sanguin.

Les TDR du paludisme détectent les antigènes spéci-


fiques (protéines) produits par les parasites du paludisme.
Ces antigènes sont présents dans le sang des personnes infec-
tées, que l’infection soit récente ou non.

La microscopie de qualité demeure l’examen de réfé-


rence et permet de mettre en évidence les parasites dans le
sang des personnes infectées. Toutefois, elle requiert la pré-
sence d’un technicien de laboratoire qualifié et un laboratoire
équipé d’un microscope fonctionnel pour obtenir des résul-
tats fiables. Les TDR par contre sont plus faciles et rapides à
réaliser avec des sensibilités et spécificités satisfaisantes.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 29


Les TDR sont désormais mis à la disposition de toutes
les formations sanitaires à travers les Fonds Régionaux pour
la Promotion de la Santé (FRPS). Toutefois, l’absence d’un Test
de Diagnostic Rapide ou d’un laboratoire ne devrait pas empê-
cher la mise en route d’un traitement. Celui-ci doit s’accompa-
gner d’une recherche systématique d’autres causes de fièvre.

Le personnel soignant est confronté au paludisme à


tous les stades de sévérité. Il lui revient d’administrer au plus
vite un traitement conforme au degré de gravité et si le cas
se complique, de référer le malade au niveau approprié au
plus vite et dans les meilleures conditions.

La prévention est une étape incontournable de la prise


en charge du paludisme. Elle permet de réduire le contact
entre l’homme et le vecteur et par conséquent les cas de ma-
ladie.

3.2. Qu’est-ce qu’un cas de paludisme ?

• En fonction de l’endémicité

En zone hyperendémique (prévalence parasitaire ≥5%)


dont le Cameroun fait partie
- Patient avec histoire de fièvre ou température axillaire
>37,5 °C ;
- Patient de moins de 5 ans avec pâleur palmo-plantaire
ou quiconque avec Hb < 8g/dl.

En zone d’endémicité faible (prévalence parasitaire < 5%)


- Histoire de fièvre sans autre cause évidente, après ex-
position au paludisme (séjour en zone endémique).

30 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


• En fonction de la symptomatologie et la clinique

Cas suspect de paludisme :

Il s’agit d’une personne présentant des signes et symp-


tômes au vu desquels, un agent/ personnel de santé pense
au paludisme. Ces signes et symptômes incluent habituelle-
ment la fièvre.

Tous les patients suspectés de paludisme doivent être


soumis à un examen de confirmation, consistant en une mi-
croscopie ou un TDR.

Cette suspicion enclenche le processus de la confirma-


tion parasitologique par microscopie ou TDR puis suivra la
décision subséquente de traiter ou non le cas pour paludisme.

Cas présumé de paludisme :

Il s’agit d’un cas suspect de paludisme sans résultat de


test diagnostique pour confirmer la présence de la maladie ;
néanmoins traité de manière présomptive comme un cas de
paludisme. Le cas devra être rapporté comme cas présumé
de paludisme.

Cas de paludisme confirmé :

Il s’agit d’un cas suspect de paludisme dont l’examen


du sang par microscopie ou TDR a mis en évidence des pa-
rasites du paludisme (adapté de Surveillance du paludisme,
Manuel de référence pour le suivi-évaluation, OMS 2018).

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 31


Définition du paludisme
 Le paludisme est une maladie parasitaire infectieuse
causée par un protozoaire du genre Plasmodium.
Ce protozoaire est transmis à l’homme par la piqure
d’un moustique femelle du genre Anophèle
 La fièvre est le symptôme le plus fréquent
 Epidémiologiquement, la définition de cas diffère
selon que l’on se trouve en zone d’hyperendémicité
ou d’endémicité faible ;
a. En zone hyperendémique (prévalence parasi-
taire ≥5%)
- Patient avec histoire de fièvre ou température axil-
laire >37,5 °C ;
- Patient de moins de 5 ans avec pâleur palmo-plan-
taire ou quiconque avec Hb < 8g/dl.
b. En zone d’endémicité faible (prévalence parasi-
taire < 5%)
- Histoire de fièvre sans autre cause évidente, après
exposition au paludisme (séjour en zone endé-
mique).
On distingue aussi le cas suspect, le cas confirmé et le
cas présumé
NB : Dans le contexte épidémiologique actuel, tout
cas de fièvre ou avec histoire de fièvre est suspect de
paludisme. Il devra toutefois faire l’objet d’un test de
diagnostic pour confirmation avant d’être mis sous
traitement.

32 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


4. DIAGNOSTIC DU
PALUDISME ET SIGNES
CLINIQUES

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 33


34 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
4. COMMENT FAIRE LE DIAGNOSTIC DU PA-
LUDISME ?
Le diagnostic du paludisme est à la fois clinique et bio-
logique

4.1. Le diagnostic clinique du paludisme

La fièvre ou l’histoire de fièvre est le principal signe du


paludisme. Elle peut être déclarée par les parents (même si la
température est normale au moment de l’examen) ou objecti-
vée par la prise de température (supérieure ou égale à 37.5°C
par voie axillaire ou 38°C par voie rectale).

La cause de la fièvre doit être recherchée par un exa-


men clinique complet suivi d’un test parasitologique de pa-
ludisme. Tout cas de fièvre doit bénéficier d’un test de palu-
disme même s’il existe une autre cause. Les résultats des tests
de diagnostic devraient être disponibles dans les 2 heures
qui suivent la demande des soins par le patient. En plus, la
microscopie et le TDR devraient être appuyés par un pro-
gramme d’assurance qualité.

Les causes les plus fréquentes de fièvre à rechercher par


l’interrogatoire du malade ou de la famille et par des exa-
mens simples, sont les suivantes :

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 35


Tableau I  : Signes et symptômes des causes des fièvres à
rechercher dès le premier examen d’un sujet fébrile.

PENSER AUSSI
SIGNES ET SYMPTOMES
A :
Nuque raide
MENINGITE*
Fontanelle bombée (nourrisson)
Nez qui coule
RHUME*
Toux
Toux
Respiration rapide PNEUMONIE*
(sous-costal, intercostal…)
Douleur spontanée de l’oreille
Douleur à la pression du tragus OTITE*
Oreille qui coule
Douleur à la gorge
Gorge rouge avec ou sans points blancs ANGINE*
Ganglions du cou douloureux
Coliques
GASTRO-ENTE-
Diarrhée sanguinolente ou non
RITE
Vomissements
Fièvre prolongée ne répondant pas à un trai-
FIEVRE
tement antipaludique bien conduit.
THYPHOIDE*
Dissociation entre le pouls et la température
Douleurs abdominales INFECTION URI-
Brûlures mictionnelles, urines troubles NAIRE*
MALADIE VI-
Plusieurs cas dans l’entourage
RALE : *Rougeole,
Eruption cutanée caractéristique
Varicelle etc…
Tuméfaction uni ou bilatérale derrière la
OREILLONS
joue
Impotence fonctionnelle OSTEO-AR-
Signes inflammatoires locaux d’un membre THRITE
Fièvre résistant au traitement bien conduit
SEPTICEMIE
Etat général plus ou moins altéré
Ictère, gros foie
HEPATITE
Douleur de l’hypochondre droit
* Se référer aux algorithmes appropriés

36 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


En cas de fièvre toujours penser à la réalisation d’un
TDR car ces maladies peuvent déclencher ou être associées à
un paludisme

Si vous posez l’un des diagnostics ci-contre, traiter la


maladie en question en gardant en esprit que le paludisme
peut être toujours associé à ces causes.
Pour tout cas de fièvre donc, vous pouvez suspecter le palu-
disme et procéder avec un test de confirmation (microscopie
ou TDR).
Si le test est négatif, rechercher une autre cause de
fièvre et la traiter cf. tableau I.
Si le test est positif classer le cas en paludisme simple ou
paludisme grave.

Pour la conduite à tenir en cas de fièvre, voir Algo-


rithme de prise en charge (Page 34 & 35)

4.1.1 Qu’est- ce que le paludisme simple ?


Le paludisme est dit simple lorsque le malade ne pré-
sente aucun signe de gravité. Son tableau peut comporter la
fièvre isolée ou la fièvre et l’un ou plusieurs des symptômes
suivants:
- Frissons
- Maux de tête (céphalées)
- Courbatures
- Douleurs articulaires
- Douleurs abdominales
- Troubles digestifs (perte d’appétit, diarrhée, nausées,
vomissements)

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 37


4.1.2. Qu’est- ce que le paludisme grave ?
Le paludisme est dit grave lorsque le malade
- Présente l’un ou plusieurs des signes dans le tableau
ci-dessous.
- Un TDR positif à P.falciparum (spécifique ou PAN) ou
une parasitémie à Plasmodium falciparum microsco-
pie positive à P. falciparum :

Tableau II: Signes cliniques de paludisme grave

VOMISSEMENTS REPETES : (empêchant un traitement


par la bouche)
TROUBLES DE LA CONSCIENCE (agitation, confusion,
délire, obnubilation, somnolence, coma)
TROUBLE OU DETRESSE RESPIRATOIRE AIGUË :(res-
piration superficielle, respiration rapide, tirage…)
FATIGUE EXTREME : (le malade est incapable de s’asseoir
ou de se tenir debout)
CONVULSIONS : mouvements anormaux, contractions
tonico-cloniques des membres/
DESHYDRATATION : (soif, lèvres sèches, yeux enfoncés,
fontanelle enfoncée, pli cutané abdominal persistant, ab-
sence des larmes chez l’enfant, cutané)
Pâleur extrême : (anémie sévère (regarder les conjonctives,
les paumes de la main et les plantes de pieds), Taux Hémo-
globine < 5g/dl ou Hématocrite <15%)
HYPOGLYCEMIE < 40 mg/dl or 2.2 mmol/l
JAUNISSE : (Ictère), coloration jeune des téguments et des
muqueuses
SAIGNEMENT ANORMAL : (au point d’injection, au
nez (épistaxis), entre les gencives (gingivorragie), y compris
le saignement vaginal chez la femme enceinte etc…)
38 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
URINES NOIRES OU « COCA COLA » :(Hémoglobinurie
massive)
URINES RARES OU ABSENTES :(Insuffisance rénale
aiguë : moins de 400 ml d’urine par jour chez l’adulte et
moins de 12ml/kg/jour chez l’enfant)
ACIDOSE CLINIQUE : (Respiration ample et profonde)
TEMPERATURE ELEVEE : T > 40ºC (prise rectale) ou
39,5°C (axillaire)
CHOC : (TA basse (TA systolique < 70 mmHg chez l’adulte
ou < 50mmHg chez l’enfant) ou imprenable, pouls rapide
et faible, extrémités froides)
- Hypoglycémie (Glycémie<40mg/dl ou glycémie
<2,2mmol/l)
- Acidose métabolique (Bicarbonates plasmatiques
<15mmol/l)
- Anémie sévère (Hb<5g/dl ou Hématocrite <15%)
- Hémoglobinurie
- Hyperparasitémie (parasitémie à plasmodium falcipa-
run >10% de globules rouges parasités ou > 250 000/μl)
- Hyperlactatemie (lactate >5mmol/l)
- Insuffisance rénale (créatininémie > 265 μmol/l)

Si le malade entre dans ce tableau, administrer immédia-


tement par voie parentérale la 1ère dose d’Artésunate injec-
table ou à défaut l’Artéméther injectable et le référer si néces-
saire à l’échelon approprié dans les meilleurs délais.

Sujets neufs : Les sujets doivent être traités comme palu-


disme grave en cas de présence de signes de gravité si non, considé-
rer comme paludisme simple.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 39


Diagnostic clinique du paludisme
Le diagnostic clinique du paludisme pend en compte
de qui suit :
 Tout cas suspect de paludisme doit faire l’objet
d’une confirmation par TDR ou microscopie
 Diagnostic clinique : La fièvre ou l’histoire de
fièvre est le principal signe du paludisme. Elle peut
être déclarée par les parents (même si la tempéra-
ture est normale au moment de l’examen) ou objec-
tivée par la prise de température. On distingue :
Le paludisme simple sans signes de danger
Le paludisme grave avec un ou plusieurs signes
de danger

40 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


4.2. Le diagnostic biologique du paludisme

4.2.1. Qui doit faire l’objet d’un test pour le paludisme ?

Tous les patients présentant les signes cliniques du


paludisme (tel que défini ci-dessus) et cherchant un traite-
ment devraient être soumis à un test de diagnostic de palu-
disme à tous les niveaux de la pyramide sanitaire y compris
en communauté.

Tous les patients, quels que soient les résultats des tests
de dépistage du paludisme, doivent faire l’objet d’une en-
quête approfondie sur les autres causes de fièvre et de ma-
ladie. NB : Un patient présentant de la fièvre peut être at-
teint du paludisme et d’une autre cause de fièvre en même
temps.

Tous les patients testés pour le paludisme, en parti-


culier ceux dont le résultat du test est négatif, doivent être
informés de la nécessité de retourner immédiatement en
consultation si les symptômes / la fièvre persiste pendant
plus de 12 heures.

Si, pendant le suivi, le patient répond toujours à la dé-


finition d’un cas suspect de paludisme, il / elle devra être
soumis à un nouveau test de dépistage du paludisme.

 Si les patients fébriles reviennent pour une visite de sui-


vi plus de deux semaines après le traitement antipaludéen,
ils doivent être considérés comme ayant un nouvel épisode
de fièvre et être testés par TDR ou microscopie.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 41


Pour les patients présentant des signes de gravité au ni-
veau périphérique (y compris au niveau de la communauté) et
si aucun établissement hospitalier ou formation sanitaire n’est
disponible, il faudra :

- Effectuer immédiatement un TDR et si le résultat du


test est i négatif,
- Un traitement avant référence devrait être administré
au lieu de perdre du temps pour une confirmation ul-
térieure.

4.2.2. Les tests de diagnostic recommandés


La microscopie et le TDR sont recommandés.

Il existe deux types de TDR pour le diagnostic du palu-


disme.

- Les TDR à HRP-2 (pour la recherche du paludisme à


P. falciparum)
- Les TDR à pLDH (pour la recherche du paludisme à P.
falciparum ou non-falciparum)

• Le TDR à pLDH ne génère pas de résultats positifs per-


sistants après la chimiothérapie contrairement à celui à
HRP2.

4.2.3. Qui devra faire le test ?


- La microscopie

Elle doit être effectuée par du personnel de laboratoire


bien formé et informé sur les procédures de test conformé-
ment aux directives nationales de diagnostic et aux recom-
mandations de l’OMS. Le personnel doit participer à un

42 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


programme de Contrôle Qualité Externe (CQE) en micros-
copie du Paludisme.

- Le TDR

Il peut être effectué par toute personne formée confor-


mément aux directives nationales de diagnostic du palu-
disme.

Au niveau communautaire, le diagnostic de confirma-


tion est fait à l’aide du TDR par les ASC. Dans les formations
sanitaires, le diagnostic se fera par le TDR ou la microscopie
selon le niveau et le plateau technique. En l’état actuel des
choses et en attendant l’opérationnalisation d’un système
d’Assurance Qualité et de contrôle qualité, la microscopie se
fera à partir du niveau district et dans les formations sani-
taires avec équipements adéquats, personnels formé y com-
pris après vérification des bonnes pratiques.

Les TDR seront mis à la disposition des infirmeries


d’écoles et d’établissements secondaires y compris les phar-
macies d’officines pour augmenter le taux de diagnostic des
cas suspects.

4.2.4. Conditions pour la réalisation d’une bonne


microscopie

La microscopie doit être réalisée conformément aux di-


rectives nationales de diagnostic du paludisme et aux procé-
dures opérationnelles standards.

L’équipement nécessaire comporte : un microscope en


bon état, régulièrement entretenu (nettoyé systématiquement
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 43
et bien recouvert après une lecture) des réactifs de bonne
qualité. Le personnel devra être formé à la microscopie du
paludisme et régulièrement recyclé. L’évaluation régulière
des compétences du personnel est nécessaire.

4.2.5. Conditions pour la réalisation d’un TDR

Tous les TDR achetés doivent être conformes aux direc-


tives nationales et de l’OMS en matière d’achat, et doivent
être soumis à des tests de lots avant et après expédition, puis
transportés et stockés dans les conditions environnementales
Indiquées.

Tous les TDR doivent être effectués par du personnel


formé et certifié qui est inscrit à un CQE ou à un système
d’évaluation de compétence pour le TDR.

Tous les TDR doivent être réalisés conformément aux


directives de diagnostic du paludisme du PNLP et confor-
mément aux procédures opérationnelles standards en la ma-
tière, en tenant compte des recommandations du fabricant.

Il est nécessaire d’assurer un programme d’assurance


qualité pour les TDR - y compris des registres et l’analyse des
résultats au quotidiens, puis assurer le suivi de tout nombre
anormal de tests rapides négatifs.


44 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
4.2.6. Où faut-il diagnostiquer le paludisme?

- Microscopie

• Hôpital de référence.

• Hôpital régional

• Hôpital de district

Toutefois, toute autre formation sanitaire de niveau


CMA disposant d’un personnel et d’équipements adéquats,
doit réaliser une microscopie du paludisme après évaluation.

- TDR
• Hôpital de référence
• Hôpital régional
• Hôpital de district
• CMA
• CSI
• ASC

• Officine de pharmacie

L’algorithme pour le diagnostic du paludisme par ni-


veau est repris dans les figures en annexe 1 du document.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 45


DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DU PALUDISME
Le diagnostic biologique pour confirmer le paludisme
est obligatoire :
 Tout cas suspect de fièvre doit bénéficier d’un test
diagnostic
 Le diagnostic du paludisme de fait par TDR ou goutte
épaisse
a) Le TDR peut être fait à tous les niveaux pour les
cas suspects de paludisme
b) Il existe deux types de TDR :
i. Les tests à HRP-2 (paludisme à P. falciparum)
ii. Les tests à pLDH (paludisme à P. falciparum ou
non-falciparum) (Ne génère pas de résultats po-
sitifs persistants après la chimiothérapie)
 En communauté le diagnostic sera fait par le TDR
 La microscopie doit se faire au niveau du district au
moins et dans certaines formations sanitaires avec
équipements et personnel formé après vérification
des bonnes pratiques, à tous les niveaux de la pyra-
mide sanitaire tous les patients doivent bénéficier du
TDR en cas de fièvre supérieure ou égal à 37°5C;
 Actuellement au Cameroun, le TDR utilisé est celui
à HRP2. Il sera question, compte tenu de l’émergence
des autres espèces plasmodiales de choisir d’autres
types de TDR capable de détecter les autres espèces.
 Dans tous les cas ; il faudra mettre sur pied un bon
système d’assurance qualité des TDR et de la micros-
copie

46 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


5. ALGORITHME DE
PRISE EN CHARGE DU
PALUDISME

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 47


48 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
5. ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE DU
PALUDISME

5.1. Algorithme de prise en charge du paludisme


à partir du symptôme «  fièvre  » dans une
formation sanitaire
ƒƒ La fièvre peut être présente (température égale ou
supérieure à 37.5° C par voie rectale ou 37°C par voie
axillaire) au moment où on voit le malade ou à l’in-
terrogatoire (La fièvre peut aussi être objectivée par
un corps chaud au toucher).

ƒƒ Rechercher les signes de danger

a. En cas d’un ou de plusieurs signes de danger :


- Au Centre de santé : faire TDR et/ou Microscopie.

• Si positif, donner la première dose d’Artésunate in-


jectable de préférence par voie intraveineuse ou par
voie intramusculaire ; ou à défaut la quinine ou l’Ar-
téméther injectables et référer immédiatement ;

• Si négatif, suivre l’algorithme de la PCIME ou référer


immédiatement.
- A l’Hôpital : faire TDR et/ou Microscopie.

• Si au moins l’un des deux tests est positif, adminis-


trer l’Artésunate injectable par voie intraveineuse ou
par voie intramusculaire ; ou à défaut la quinine ou
l’Artéméther injectable.

• Si tous les tests sont négatifs, chercher une autre


cause de fièvre et faire un traitement approprié.
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 49
Dans le doute reprendre le test plus tard au moment
du pic thermique.

b. En cas d’absence de signe de danger, faire TDR et/ou


Microscopie.

- Si résultat positif, traiter le paludisme simple par AS-


AQ (régions Extrême Nord et Nord exclues), AL, ou
DHA- PQ ;
- Si résultat négatif, chercher une autre cause de fièvre
et faire un traitement approprié. Dans le doute re-
prendre le test plus tard au moment du pic thermique.

NB : Ne pas traiter comme un paludisme en cas de test né-


gatif.

ƒƒ Réévaluer l’état du malade après 48 heures ou avant


en cas d’aggravation.

ƒƒ En cas d’amélioration, continuer le traitement


jusqu’à son terme.

ƒƒ En cas de persistance ou de retour de fièvre 48h


après le traitement initial,

- Réévaluer le malade à la recherche des signes de


danger ;

- Hospitaliser ou référer en cas de signe de danger ;

- Faire la microscopie et/ou TDR (pLDH) ;

- Rechercher d’autres causes de fièvre et traiter.

50 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Si résultat TDR ou microscopie positif :

¾¾ Enquêter sur la prise des médicaments (effectivité et


conditions des prises, qualité du médicament, doses,
durée).

¾¾ Si traitement mal conduit, reconduire le même pro-


tocole en s’assurant de sa bonne application (AL,
ASAQ, ou DHA-PQ, APYR pour paludisme simple
et Artésunate/ Artéméther /quinine/ injectable si
apparition des signes de danger) ;

¾¾ Si traitement a été bien conduit, utiliser un autre


ACT que celui initialement administré (paludisme
simple) ou une autre molécule (paludisme grave)
veillant à sa bonne prise.

Si résultat négatif :

¾¾ La cause de la fièvre doit être recherchée et traitée


ou, le cas échéant, le patient doit être référé au ni-
veau approprié.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 51


52
5.2. Algorithme de prise en charge du paludisme à la Première visite
Fièvre ou histoire
de fièvre

Signe de
danger

Oui Non

Centre de santé Hôpital Toutes forma-


CSI et CMA Hospitalisation tions sanitaires

TDR TDR
TDR

Positif Négatif Négatif Positif Positif Négatif

CS et CSI : Rechercher Rechercher Faire la microscopie Traitement du Pas d’antipaludique


donner le une autre Traiter selon le chercher les autres
une autre paludisme simple
traitement de cause et protocole causes de fièvres et
cause de Suivre
pré référence et traiter donner le traitement
fièvre et approprié
référer traiter
Demander au patient de revenir
CMA traiter si signe de danger, Re voir après 2
ou référer ou jours si la fièvre persiste
nécessaire Cs
Revoir le patient dans

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


48 h
Visite de suivi après un traitement
5.2.1. Deuxième visite antipaludique

Persistance ou réapparition de la
fièvre après la première visite

Oui Non

Signe de danger Ne pas faire de test de


paludisme
Oui Non Compléter le traitement
du paludisme avec ACT
Centre de Hôpital Toutes les forma-
santé tions sanitaires
Hospitalisation Résultat initial du test de palu-
TDR et Microscopie disme pendant la première visite

NEG + Procéder comme lors Positif Négatif


des première visite Traitement antipaludique dans Pas de traitement antipaludique
Référé immédia- Chercher autre causes de fièvre et de
1ère dose les 2 semaines précédentes
tement traitement
antipaludique et
référer immédia- Oui Non
tement Paludisme simple
TDR
- Administrer un traitement antipa-
Positif ludique adéquat et évaluer les autres
Négatif
cause de la fièvre

Echec de traitement - Maladie fébrile


- Changer l’antipaludique - Paludisme guéri
(ACT) Ne pas donner un antipaludique

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Evaluer pour d’autres Recherche de cause de fièvre et admi-
cause de fièvre et ad- nistrer le traitement approprié
ministrer un traitement
approprié

53
54 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
6. TRAITEMENT DU
PALUDISME SIMPLE

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 55


56 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
6. COMMENT TRAITER UN PALU-
DISME SIMPLE ?
Tous les cas suspects de paludisme devraient faire
l’objet d’un test de diagnostic par TDR et/ou microscopie.
L’objectif thérapeutique est de traiter l’infection palustre le
plus rapidement possible, éliminer des parasites qui causent
l’infection et prévenir la progression de la maladie, réduire
la transmission en diminuant le réservoir infectieux, puis
prévenir l’émergence et la dissémination des résistances aux
médicaments.

Le traitement du paludisme simple repose sur l’utili-


sation d’une combinaison de deux antipaludiques dont un
dérivé de l’artémisinine. Au Cameroun, les combinaisons re-
tenues sont les suivantes :

Première ligne :
- Artéméther + Luméfantrine (AL),

- Artésunate + Amodiaquine (AS-AQ) ;

- Dihydroartémisinine +Pipéraquine (DHA-PQ).

Dans tous les cas se conformer aux orientations du Pro-


gramme National de Lutte contre le Paludisme

Ces combinaisons sont connues sous le sigle ACT


(Combinaison Thérapeutique à base de dérivés d’Artémisi-
nine). Elles sont administrées par voie orale avec un antipy-
rétique en cas de température supérieure ou égale à 38,5°c.

Deuxième ligne :
En cas d’indisponibilité des autres ACT ?

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 57


- Artésunate –pyronaridine (ASPY).

Un protocole thérapeutique devrait être fait d’au


moins 3 jours de traitement avec une ACT.

6.1. Les combinaisons Antipaludiques à base


d’Artémisinine

6.1.1. La combinaison Artéméther + ssLuméfantrine


(AL).

Il s’agit d’une combinaison à dose fixe, chaque compri-


mé contenant 20mg d’Artéméther et 120mg de Luméfantrine
. La dose maximum journalière ne doit pas dépasser 8 com-
primés par jour chez l’adulte. Les comprimés à usage pédia-
trique sont sécables et dispersibles. Elle doit être prise avec
un repas riche en lipides

Il existe désormais des formes pédiatriques dispersible


contenant 20mg d’aartémether et 120 mg de Luméfantrine en
dose fixes d’administration facile.

6.1.2. Combinaison Artésunate + Amodiaquine


Il existe quatre présentations :

- 3 comprimés dosés chacun à 25mg d’artésunate +


67,5mg d’amodiaquine
- 3 comprimés dosés chacun à 50mg d’artésunate +
135mg d’amodiaquine
- 3 comprimés dosés chacun à 100mg d’artésunate +
270mg d’amodiaquine, et

58 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


- 6 comprimés dosés chacun à 100mg d’artésunate +
270mg d’amodiaquine.

6.1.3. Combinaison Dihydroartémisinine +


xxxxPipéraquine (DHA-PQ)

Les comprimés coformulés de dihydroartémisinine


(DHA) / pipéraquine (PPQ), sous blister, pour un traitement
individuel complet

Il existe 5 blisters différents :

• Comprimé à 20 mg de DHA/160 mg de PPQ    blis-


ter de 3 comprimés

• Comprimé à 40 mg de DHA/320 mg de PPQ    blis-


ter de 3 comprimés

• Comprimé à 40 mg de DHA/320 mg de PPQ    blis-


ter de 6 comprimés

• Comprimé à 40 mg de DHA/320 mg de PPQ    blis-


ter de 9 comprimés

• Comprimé à 40 mg de DHA/320 mg de PPQ    blis-


ter de 12 comprimés

6.1.4. Combinaison Artésunate Pyronaridine

Il existe deux formes :

• Les comprimés à 180 mg de Pyronaridine et 60mg


d’Artésunate

• Les sachets à 60 mg de Pyronaridine et 20mg d’Ar-


tésunate
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 59
6.2. Les protocoles de traitement

6.2.1. Combinaison Artéméther + Luméfantrine


(AL)

Il s’agit d’une combinaison à dose fixe, chaque compri-


mé contenant 20mg d’Artéméther et 120mg de Luméfantrine
. La dose maximum journalière ne doit pas dépasser 8 com-
primés par jour chez l’adulte. Les comprimés à usage pédia-
trique sont sécables et dispersibles.

Elle doit être prise avec un repas riche en lipides

Posologie :

Artéméther : 4mg/kg par jour en 2 prises pendant 3 jours

Luméfantrine : 24 mg/kg par jour et en 2 prises pendant 3


jours.

60 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Tableau III : Posologie de la combinaison fixe AL en fonc-
tion du poids et de l’âge

► dose d’artemether – luméfantrine 20mg/120mg


POIDS DU Ma-

1 jour : deux
er
2ème
jour : deux 3e jour : deux
lade (Kg)

prises prises prises


AGE

plus tard)
(8 heures
médiate-
H0 (Im-

Matin

Matin
ment)

Soir

Soir
H8
Moins
¾ cp ¾ cp ¾ cp ¾ cp ¾ cp ¾ cp
de 5 Kg
1mois
5 à < 15 –
2ans

15 à 3–8
< 25 ans

25 à 9–
< 35 11ans

35 et
>11 ans
plus

6.2.2. Combinaison Artésunate + Amodiaquine

Elle doit être administrée en prise unique journalière


pendant 3 jours consécutifs. Elle doit être prise avec le repas
pour une meilleure tolérance. Les comprimés à usage pédia-
trique sont sécables ou dispersibles.
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 61
Tableau IV: Posologie de la combinaison fixe AS-AQ en
fonction du poids et de l’âge
POIDS
1er 2ème 3ème
DU Ma- AGE PRESENTATION
jour jour jour
lade (Kg)
Artésunate + amo-
2–
≥4,5 à <9 diaquine 25mg/67,5mg
11mois blister de 3 comprimés
Artésunate + amo-
≥9 à <18 1 – 5ans diaquine 50mg/135mg
blister de 3 comprimés
Artésunate + amo-
≥18 à < 6 – 13
diaquine 100mg/270mg
36 ans blister de 3 comprimés
Artésunate + amo-
14 ans et diaquine 100mg/270mg
≥ 36
plus blister de 6 comprimés

6.2.3. Combinaison Dihydroartémisinine


+ Pipéraquine 320mg/40mg (DHA-PQ)
Présentation

Des comprimés coformulés de dihydroartémisinine


(DHA)/pipéraquine (PPQ), sous blister, pour un traitement
individuel complet

Il existe 5 blisters différents :

• Comprimé à 20 mg de DHA/160 mg de PPQ blister


de 3 comprimés

• Comprimé à 40 mg de DHA/320 mg de PPQ blister


de 3 comprimés

62 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


• Comprimé à 40 mg de DHA/320 mg de PPQ blister
de 6 comprimés

• Comprimé à 40 mg de DHA/320 mg de PPQ blister


de 9 comprimés

• Comprimé à 40 mg de DHA/320 mg de PPQ blister


de 12 comprimés

Posologie

- Enfant de 5 à 25 kg : 2,5 à 10 mg/kg par jour de DHA


+ 20 à 32 mg/kg par jour de PPQ
- Enfant de plus de 25 kg et adulte : 2 à 10 mg/kg par
jour de DHA + 16 à 27 mg/kg par jour de PPQ

Tableau V: Posologie de la DHA-PQ en fonction du poids

Poids Cp à 20 mg/160 mg Cp à 40 mg/320 mg


5 à < 8 kg 1 cp –
8 à < 11 kg 1½ cp –
11 à < 17 kg – 1 cp
17 à < 25 kg – 1½ cp
25 à < 36 kg – 2 cp
36 à < 60 kg – 3 cp
60 à < 80 kg – 4 cp
≥ 80 kg – 5 cp

– Les comprimés sont administrés une fois par jour pen-


dant 3 jours.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 63


Remarques
- Grossesse  : pas de contre-indication
Allaitement : pas de contre-indication
- Prendre à distance des repas (2-3 heures après ou
avant le repas) avec un verre d’eau.
- Les comprimés peuvent être écrasés et mélangés
dans l’eau.
- Conservation : température inférieure à 25 °C

6.2.4. Combinaison Artésunate + Pyronaridine

Il s’agit d’une combinaison fixe associant: l’Artesunate


(AS), et le Tétraphosphate de pyronaridine, un schizonticide
sanguin.

- Pour les adultes et les enfants pesant plus de 20


kg:180 mg/60 mg, comprimés pelliculés, 1 à 4 com-
primés, une fois par jour, pendant trois jours, avec
ou sans nourriture

- Pour les enfants pesant de 5 à 20 kg : 60 mg/20 mg,


granulés pour suspension orale adapté à l’enfant,
goût masqué, se délaye dans 2 cuillères à café de li-
quide. 1 à 3 sachets, une fois par jour, pendant 3 jours

La posologie se présente ainsi qu’il suit :

64 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Tableau VI : Posologie de l’AS-PY en fonction du poids

- Formes granules pour suspension buvable pour les moins


de 20 kg
Poids du ma-
Jour 1 Jour 2 Jour 3
lade (Kg)
5kg <8kg 1 sachet 1 sachet 1 sachet
8kg <15kg 2 sachets 2 sachets 2 sachets
15kg <20kg 3 sachets 3 sachets 3 sachets

Etape 1 : verser les granules dans une petite quantité d’eau

Etape 2  : remuer doucement jusqu’à ce que les granules


forment une suspension uniforme

Etape 3  : donner le médicament et s’assurer que l’enfant


boive tout le médicament

- Formes comprimés pour les plus de 20 kg :


Poids du
Jour 1 Jour 2 Jour 3
malade (Kg )
20kg à <24kg 1 comprimé 1 comprimé 1 comprimé
24kg à <45kg 2 comprimés 2 comprimés 2 comprimés
45kg à <65kg 3 comprimés 3 comprimés 3 comprimés
>65kg 4 comprimés 4 comprimés 4 comprimés

Remarques :

- Peut-être pris avec ou en dehors des repas

- Peut-être co-administré avec la Primaquine pour le


traitement radical du paludisme à P. vivax
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 65
- 2 ans de durée de conservation. Des études pour pas-
ser à 3 ans sont en cours

- Stable dans des zones à haute température et humi-


dité (zone IVb).

6.2.5 Antipyrétiques / antalgiques

Indication : température 38.5ºC ou douleur

Les médicaments suivants sont recommandés pour la


prise en charge symptomatique de la fièvre et de la douleur
particulièrement chez l’enfant de moins de cinq ans :

6.2.5.1. Paracétamol  (forme orale ou rectale)

60 mg/kg par jour en 4 prises (toutes les 6 heures), dose


maximale 3g/jour chez l’adulte.

6.2.5.2. Acide acétyl-salicylique (forme orale)

50 mg/kg par jour en 4 prises (toutes les 6 heures) ; dose


maximale 3g/jour chez l’adulte.

6.2.5.3. Ibuprofène (forme orale)

25 mg/kg par jour en 4 prises (toutes les 6 heures) ; dose


maximale 1,5g/jour chez l’adulte.

- Posologies du Paracétamol

a. Comprimé à 100 mg

La forme recommandée est le comprimé de 100 mg

66 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


La posologie est déterminée en fonction de l’âge ou du
poids

Si on dispose d’un pèse-personne,il est préférable d’uti-


liser le poids qui est plus précis, que l’âge.

Tableau VII : Posologies du paracétamol 100mg

Poids du DOSE DE PARACETAMOL 100MG


malade AGE 1er jour : en 4 2ème jour : en 3e jour : en 4
(Kg) prises 4 prises prises
1–2
3à4
mois
3–6
5à7
mois

7 – 11
8 à 10
mois

1–3
11 à 15
ans

4–6
16 à 20
ans

b. Comprimé à 500 mg

La forme à 500mg est surtout indiquée pour l’adulte,


mais en cas d’absence des comprimés de 100 mg on peut
l’utiliser pour l’enfant

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 67


Tableau VIII: Posologies du paracétamol 500mg

POIDS
DU Ma- AGE
lade (Kg) 1er jour : en 2ème jour : 3e jour : en
4 prises en 4 prises 4 prises
1–2
3à4 mois
3–6
5à7 mois
7 – 11
8 à 10 mois
11 à 15 1 – 3 ans
16 à 20 4 – 6 ans
21 à 25 7 – 8 ans
9 – 10
26 à 30 ans
10 – 11
31 à 35 ans
11 – 13
36 à 40 ans

13 – 14
41 à 45 ans

14 – 15
46 à 50 ans

15 – 16
51 à 55 ans

56 et ≥ 16 ans
plus

68 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


- Posologies de l’Acide Acétyle Salicylique
a. Comprimé à 500 mg

La posologie est déterminée en fonction de l’âge ou du poids

Si on dispose d’un pèse-personne, il est préférable d’uti-


liser le poids qui est plus précis, que l’âge.

Tableau IX : Posologies de l’Acide Acétyle Salicylique

POIDS POSOLOGIES
1er jour : en 2ème jour : 3e jour : en 4
DU Ma- AGE
4 prises en 4 prises prises
lade (Kg)
3à4 1 – 2 mois
5à7 3 – 6 mois

8 à 10 7 – 11 mois

11 à 15 1 – 3 ans
16 à 20 4 – 6 ans
21 à 25 7 – 8 ans
26 à 30 9 – 10 ans
31 à 35 10 – 11 ans
36 à 40 11 – 13 ans

41 à 45 13 – 14 ans

46 à 50 14 – 15 ans

51 à 55 15 – 16 ans

56 et plus ≥ 16 ans

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 69


6.3. Prise en charge du paludisme simple chez les
populations particulières

6.3.1. La femme enceinte

Chez la femme enceinte, la gravité du paludisme est


liée aux complications fœtales redoutables qui peuvent sur-
venir au cours de la grossesse. Les symptômes et les com-
plications liés au paludisme pendant la grossesse varient en
fonction de l’intensité de la transmission paludique dans une
zone géographique donnée, ainsi que du niveau individuel
d’immunité acquise. A cet effet, l’on peut distinguer les ma-
nifestations d’un paludisme simple et d’un paludisme grave.

La femme enceinte fébrile doit être considérée comme


une urgence et sa prise en charge doit se faire au niveau de
la formation sanitaire. Le traitement antipaludique dans ce
cas doit se faire selon que les manifestations soient celles du
paludisme simple ou grave.

6.3.2. Reconnaitre le paludisme simple ou grave


chez une femme enceinte

a) Paludisme simple

ƒƒ Les signes et symptômes sont semblables à ceux de


la population générale dans le cadre d’un paludisme
simple

70 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


6.3.2.1. Traitement du paludisme simple cccccc
chez dla femme enceinte

Premièr trimestre
- 1ère intention: Quinine par voie orale (pendant 7 jours)
Posologie

• Quinine orale: 8.3mg/kg de quinine base toutes les 8


heures (durée totale de traitement de 7 jours) dose quo-
tidienne maximale: 1.5g.

- 2ème intention : Autres ACTs (si Quinine non disponible


ou si problèmes d’adhérence au traitement)

Les ACT devront être utilisés quand la Quinine n’est


pas disponible ou s’il y a des problèmes d’adhérence au trai-
tement. Les posologies restent les mêmes selon le poids du
malade.

2ème et 3ème trimestre


1ère ligne (choix multiples):

• Artéméther-Luméfantrine (AL) ;

• Artésunate- Amodiaquine (AS-AQ) ou

• Dihydroartémisinine+Pipéraquine (DHA-PQ) ;

2ème ligne :

• Artésunate - Pyronaridine (AS-PY).

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 71


6.3.3. Les PVVIH

Les malades infectés par le VIH chez lesquels le palu-


disme est diagnostiqué doivent recevoir sans délai un traite-
ment antipaludique efficace conforme aux recommandations
qui figurent dans les sections correspondantes des présentes
directives.

Néanmoins des mesures ci-après doivent être prises en


compte pour leur prise en charge :

• Chez les PVVIH sous ARV (Efavirenz, Zidovudine)


ou équivalents: ne pas administrer Artésunate/
Amodiaquine (ASAQ) pour éviter d’aggraver l’hépa-
totoxicité ; préférer Artémether/Luméfantrine (AL).

• PVVIH SIDA sous ARV + Co-trimoxazole  : Eviter


Artésunate/Sulfadoxine pyriméthamine (AS + SP)

• PVVIH traitées avec les anti-protéases (Ritonavir /


Liponavir)  : éviter la sur exposition à Artémether/
Luméfantrine (AL).

• PVVIH (quel que soit le statut) : éviter la sur exposi-


tion (traitements répétés) à Artésunate/Sulfadoxine
Pyriméthamine (AS+SP).

• PVVIH avec antécédents d’effets secondaires (asthé-


nie intense, syndrome extrapyramidal, éruption cu-
tanée, etc). sous Artésunate/Amodiaquine (ASAQ) :
traiter avec Artémether/Luméfantrine (AL)

72 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


• L’Artésunate/Amodiaquine (ASAQ) est contre-indi-
qué avec le kétoconazole.

6.3.3. Déficit en G6PD

• Prévenir les rechutes du paludisme à P.vivax et


P.ovale chez les sujets déficients en G6PD dans les
zones où ces espèces parasitaires se retrouvent, avec
la Primaquine en cure de 14 jours (0,25-0,5 mg / kg
par jour) ou 0,75 mg base de Primaquine / kg une
fois par semaine pendant 8 semaines sous surveil-
lance médicale étroite.

• Phases de pré-élimination et élimination du palu-


disme : compléter le traitement des ACT avec une
cure de Primaquine

6.3.4. Etats nutritionnels

D’une manière générale :

o Préférer Artémether/Luméfantrine (AL) administré


au cours d’un repas riche en graisse ;

o Eviter Dihydroartémisinine/pipéraquine (DHA-


PQ) ;

o Eviter la supplémentation en fer;

o Donner la Riboflavine en petites doses contenues


dans les multivitamines en convalescence ;

o Conseiller l’allaitement maternel  pour les enfants


non sevrés.;
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 73
6.3.5. Sujets corpulents

• A cause du risque de sous-do-


sage, bien suivre l’issue du traitement
(évaluation clinique et éventuellement microsco-
pique).

6.3.6. Antécédents d’effets secondaires graves sous


ASAQ

• En cas d’effets indésirables sous ASAQ, (asthénie in-


tense, syndrome extrapyramidal, éruption cutanée,
etc.), Préférer Artémether/Luméfantrine (AL).

6.3.7. Voyageurs non immuns :

• Prise en charge du paludisme chez les sujets non im-


muns

Se référer aux directives nationales en cours.

6.3.8. Troubles du rythme cardiaque (QT)

• Eviter la Dihydroartémisinine/Pipéraquine (DHA-


PQ) et Artésunate/Pyronaridine (ASPY)

6.3.9. Atteintes hépatiques chroniques

• Eviter Artésunate/Amodiaquine (ASAQ)

6.3.10. Antécédents psychiatriques

• Eviter Artésunate/Méfloquine (ASMF)


74 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
6.3.11. Autres pathologies des globules blancs
(neutropénies).

• Eviter Artésunate/Amodiaquine (ASAQ)

6.3.12. Les cas de surpoids (>80kg) et de faible poids


(<4kg)

- En cas de Surpoids
• Adapter le dosage de Dihydroartémisinine/pipé-
raquine (DHA-PQ) au poids du patient (sans dépas-
ser 5 comprimés de 40mg/320 mg par jour).

- En cas de sous-poids

• Adapter le dosage de Dihydroartémisinine/pipé-


raquine (DHA-PQ) au poids du patient

• Dans tous les cas, éviter Dihydroartémisinine/pipé-


raquine (DHA-PQ) plus de deux fois par an

6.3.13. La chimioprévention du paludisme


ssaisonnier au Cameroun
La Chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS)
chez les enfants de 3 à 59 mois. La CPS est définie comme
l’administration intermittente d’un traitement complet des
médicaments antipaludiques pendant la saison de forte
transmission du paludisme pour éviter la maladie.

Elle est indiquée dans les Districts de santé ou les condi-


tions suivantes sont réunies :

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 75


• Plus de 60% des cas de paludisme surviennent pen-
dant une courte période d’environ 4 mois

• Le taux d’attaque (incidence) est supérieur à 10%


pendant la saison de haute transmission dans le
groupe cible

• Le médicament SPAQ reste efficace (> 90%)

Ces conditions sont remplies dans les districts des ré-


gions d’Extrême nord et du Nord. La CPS y est mise en œuvre
selon une stratégie faite des principaux points suivants  :
mobilisation et distribution de porte à porte, Marquage des
ménages et des enfants traités, activités Pharmacovigilance
et de Surveillance épidémiologique.

Les protocoles d’administration sont les suivant :

- Pour les enfants de 3 – 11 mois, 1 comprimé de Sul-


fadoxine-pyriméthamine 250/12,5mg + un comprimé
d’Amodiaquine 75mg le premier jour suivi les deux
jours suivant d’un comprimé Amodiaquine 75mg.

- Pour les enfants de 12 – 59 mois 1 comprimé de Sul-


fadoxine-pyriméthamine 500/25mg + un comprimé
d’Amodiaquine 150mg le premier jour suivi les deux
jours suivant d’un comprimé Amodiaquine 150mg.

Ce protocole est répété tous les mois pendant les trois


ou 4 mois couvrant la période de transmission qui va globa-
lement de juillet à octobre au Cameroun.

76 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


NOTES PRATIQUES
• On doit dissoudre les comprimés dispensables dans une
petite quantité d’eau et éventuellement les mélanger avec
du sucre si nécessaire pour faciliter la prise chez les en-
fants ou les patients âgés.
• En cas de fièvre, l’enfant n’est pas éligible à la CPS.
Outre l’antipyrétique, il est conseillé de :

- Déshabiller l’enfant,

- Lui donner beaucoup d’eau à boire,

- Lui appliquer des bains tièdes ou des enveloppements de


linges mouillés d’eau tiède si la fièvre persiste,

Demander d’amener le patient au centre de santé si


des signes de gravité apparaissent ou s’il ne s’améliore pas
après 24 heures.

• L’algorithme de prise en charge doit être disponible auprès de


chaque prescripteur avec la posologie des médicaments adop-
tés dans la politique nationale.

• Les prescripteurs doivent respecter les médicaments validés


dans le document de politique nationale et les posologies par
tranches d’âges. Tous les cas d’exception doivent être justi-
fiés et documentés. Les Directeurs des hôpitaux, les Délégués
Régionaux de la Santé Publique, les Chefs de Service de San-
té de District sont chacun en ce qui le concerne, chargés du
suivi de la mise en œuvre des présentes directives. Toutes
les dérives observées au cours des supervisions doivent être
sanctionnées.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 77


Assurance qualité
- L’assurance qualité doit s’assurer de la bonne gestion
des médicaments, du suivi des dates de péremption et des
conditions de stockage et de transport adéquates, La grille
de supervision doit comporter le contrôle de qualité des
stocks de médicaments.
- Veiller à la mise en place et à la bonne tenue des outils de
gestion des médicaments. Bien ranger les médicaments :
conditions de température, FEFO (first expiry first out)
pour éviter les péremptions
- Mettre un accent sur la pharmacovigilance’ en insistant
sur la formation des prestataires, l’adaptation des fiches de
pharmacovigilance et leur mise à disposition dans les FS,
la collecte, analyse et la retro-information
- La pharmacovigilance doit être intégrée dans le système
national d’information sanitaire.

78 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


TRAITEMENT DU PALUDISME SIMPLE
Dans la population générale
 1ère ligne multiple :
- Artéméther+luméfantrine (AL), Artéméther  : 4mg/kg par
jour en 2 prises pendant 3 jours et Luméfantrine : 24 mg/kg par
jour et en 2 prises pendant 3 jours
- Artésunate + Amodiaquine (AS-AQ) ; (100 mg Artésunate
et 270 mg Amodiaquine): posologie fonction du poids et
de l’âge, prendre au cours des repas
- Dihydroartémisinine +pipéraquine (DHA-PQ).
 2ème ligne :
- Artésunate –Pyronaridine (AS-PY). Pour les adultes et les
enfants pesant plus de 20 kg :180 mg/60 mg ; Pour les en-
fants pesant de 5 to à 20 kg : 60 mg/20 mg
Un protocole thérapeutique devrait être fait d’au moins 3 jours
de traitement avec une ACT
Y associer des Antipyrétiques / antalgiques ; paracétamol, aspi-
rine, ibuprofène
Chez la femme enceinte :
 1er trimestre ;
a. 1ère intention : quinine par voie orale, 8.3mg/kg de qui-
nine base toutes les 8 heures 7 jours,
b. 2ème intention : Artéméther-Luméfantrine (si Quinine
non disponible ou si problèmes d’adhérence au traite-
ment)
 2ème trimestre : (80 mg d’Artéméther et 480 mg de Lumé-
fantrine): 1 comprimé deux fois par jour pendant 3 jours.
Ou ASAQ
 2eme et 3 eme trimestres
 ACT
 AL (80 mg d’artéméther et 480 mg de Luméfantrine) : 1
comprimé deux fois par jour pendant 3 jours.

 ASAQ (100 mg Artesunate et 270 mg Amodiaquine): 2
comprimés par jour pendant 3 jours (de préference pendant
le repas).
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 79
7. TRAITEMENT DU
PALUDISME GRAVE

80 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 81
7. COMMENT TRAITER LE PALUDISME
GRAVE ?
7.1. Traitement du paludisme grave

Après confirmation biologique (TDR positif et / ou mi-


croscopie positive), le traitement du paludisme grave est mis
en route dans l’une ou l’autre des situations suivantes :

ƒƒ Existence d’un ou plusieurs signes de gravité ;

ƒƒ Aggravation avec apparition de signes de danger


sous traitement du paludisme simple.

La prise en charge du paludisme grave doit se faire à


l’échelon de santé approprié. Lorsque le plateau technique
n’est pas approprié, référer le patient.

Le malade doit être REFERE SI NECESSAIRE après


l’administration parentérale de la première dose d’Arté-
sunate, de quinine ou d’Artéméther.

Traitement pré-transfert

- Au niveau de la communauté :

Les ASC devront administrer l’Artésunate en suppo


aux enfants de moins de 5ans avant de les référer sans tarder
à la FOSA la plus proche.

82 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Posologie
Dose (10mg/kg)
Age 2 à 5 mois De 6 mois a De 3 ans à 5
3 ans ans
Poids 5 à 7kg De 8 kg à 14 De 14 kg à 20
kg kg

Suppositoires à 1 2 -
50 mg

Suppositoires à - 1 2
100 mg

Suppositoires à - - 1
200 mg

- Dans les formations sanitaires


Dans les Cantres de santé, si le plateau technique ne
permet pas de prendre en charge de manière adéquate un
cas de paludisme grave le personnel devra référer le patient
à l’échelon supérieur, mais avant il faut lui administrer un
traitement de pré référence ainsi qu’il suit ;

- Chez les moins de 6 ans, une seule dose des médicaments


suivants au choix

a) Artesunate injectable IM

La posologie est la suivante :

- Si poids < 20kg : donner 3 mg/kg de poids corporel

- Si poids > 20kg : donner 2,4mg/Kg de poids corporel

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 83


b) Arteméther inj (IM)

La posologie est la suivante : 3,2mg/Kg de poids cor-


porel

c) Artésunate par voie rectale

La posologie est de 10mg/Kg de poids corporel

- Chez les 6 ans et plus, une seule dose des médicaments


suivants au choix

a) Artesunate injectable IM

La posologie est la suivante : donner 2,4mg/kg de poids cor-


porel

b) Artemether inj (IM)

La posologie est la suivante : 3,2mg/Kg de poids corporel

NB : Le transfert doit se faire immédiatement vers la forma-


tion sanitaire appropriée pour une prise en charge adéquate.

• Traitement curatif

Le traitement doit toujours débuter par voie parenté-


rale au moins pendant 24 – 48H heures (même si le patient
est en mesure de prendre un traitement oral) et suivi d’un
relais par voie orale dès que le malade est capable de boire.

Trois types de traitement sont possibles :


i) Artésunate injectable en première intention ou à dé-
faut ;
ii) Artéméther injectable
iii) Quinine injectable

84 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


La posologie pour la prise en charge du paludisme grave
est présentée ci-dessus.

7.1.1 Première intention  : Traitement avec


Artésunate injectable

Posologie :

Elle est de 2,4 mg/kg (ou 3mg/kg chez l’enfant de


moins de 20 kg) au temps 0, 12h après et 24 heures après
le début de la première dose ; puis une fois toutes les 24 h
jusqu’à ce que le patient puisse suivre le traitement par voie
orale.

Voie d’administration :

L’Artésunate injectable est donné de préférence par


voie intraveineuse (IV) ou à défaut par voie intramusculaire
(IM).

7.1.2. Deuxième intention  : Traitement à


l’Artéméther injectable

Ce traitement sera administré en cas d’absence d’Arté-


sunate injectable.

Posologie adulte:

Elle est de 160mg par jour, soit 80mg en deux prises (12
heures d’intervalle), administrés en injection IM le premier
jour. Puis, 80mg une fois par jour en injection IM pendant les
6 jours suivants.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 85


Posologie enfant :

Elle est de 3.2 mg/Kg par jour, en deux prises (12


heures d’intervalle), administrés en injection IM le premier
jour. Puis 1.6 mg/Kg, une fois par jour pendant les 6 jours
suivants.

L’injection est faite au quadrant supéro-externe de la


fesse ou à la face antérieure de la cuisse.

7.1.3. Troisième intention : Traitement à la quinine

Schéma 1:  (voir détails aux annexes 7, 8, 9 et 10)

Ce schéma utilise une dose de charge de quinine :


Dose de charge : 16,6 mg/kg de quinine base (voir annexe
8 pour équivalents en sels de quinine). Dans le sérum glucosé
à 5 % ou 10 % avec électrolytes (NaCl, KCl, Calcium gluconate)
sans dépasser 1 g de quinine base, à passer en 4 heures.

Dose d’entretien : 8 heures après le début de la dose de


charge, donner 8,3mg/kg de quinine base dans le sérum
glucosé à 5 % ou 10 % à passer en 4 heures toutes les 8 heures,
sans dépasser 500mg de quinine base par dose.

Schéma 2 :

Ce schéma n’utilise pas la dose de charge :

Quinine base: 8,3 mg/ kg de quinine base en perfu-


sions de 4 heures, toutes les 8 heures.

• Dose maximale 1,5 g par jour de quinine base.

86 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Si le malade a reçu de la quinine dans les 24 heures précé-
dentes ou de la Méfloquine dans les 7 jours précédents, ou si
le malade a une affection cardiaque, la dose de charge ne doit
pas être administrée, seul le schéma sans dose de charge doit
être suivi dans ce cas.

Quel que soit le schéma choisi, le relais est pris par


voie orale quand le malade peut avaler, à raison de 8,3 mg/
kg de quinine base toutes les 8 heures jusqu’au 7è jour à par-
tir du début du traitement, ou à défaut par une combinaison
thérapeutique à base d’Artémisinine pendant 3 jours.

NB : le traitement du paludisme grave devra être fait


par voie parentérale pendant au moins 24-48H avant de
passer au relais per os.

7.2. Cas spécifique de la femme enceinte

La femme enceinte fébrile doit être considérée comme


une urgence et sa prise en charge doit se faire au niveau
d’une formation sanitaire. Le traitement antipaludique dans
ce cas doit se faire suivant que les manifestations sont celles
du paludisme simple ou grave ;

7.2.1. Reconnaitre le paludisme grave chez une


femme enceinte
Paludisme grave

Une ou plusieurs des caractéristiques suivantes en pré-


sence de parasitémie palustre :

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 87


- Critères cliniques
 Trouble de la conscience / coma
 Prostration / faiblesse généralisée
 Convulsions (une seule suffit)
 Respiration profonde, détresse respiratoire
 Œdème pulmonaire sévère
 Etat de choc (TA systolique < 80 mm Hg)
 Insuffisance rénale aiguë
 Ictère clinique avec signes de dysfonctionnement
d’autres organes vitaux
 Saignements per vaginal
 Douleurs pelviennes ou douleurs lombo-pelviennes
- Critères biologiques
 Hypoglycémie (glycémie < 2.2 millimoles/l ou < 40
mg/décilitre)
 Acidose métabolique (bicarbonate plasmatiques
< 15 mmol/l); hyperlactatémie (acide lactique > 5
mmol/l)
 Anémie normocytaire sévère (Hb < 7 g/dl, hémato-
crite < 20%)
 Hémoglobinurie
 Hyperparasitémie*
 Insuffisance rénale (créatinine sérique de > 265
μmol/l)
 Œdème pulmonaire (radiologique)
 Plasma ou sérum bilirubine >50 micromoles/L (3
mg/dL) densités parasitaires >100,000/microlitre)

88 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


7.2.2. Traitement du paludisme grave chez la femme
enceinte

1éme intention : Artesunate injectable.

Posologie :
- 2,4 mg/kg par dose au temps 0 ; 12 heures et 24 heures
après la première dose, puis une fois toutes les 24 h
jusqu’à ce que le patient puisse suivre le traitement
par voie orale (une certaine souplesse des horaires est
possible pour des raisons pratiques). Dose maximale
200 mg par prise.

- Dans le cas de l’Artésunate Inj, le relais par voie orale


dès que le malade peut avaler va consister à l’adminis-
tration de l’ACT pendant une période de trois jours.

- Voie d’administration  : L’artésunate est donné de


préférence par voie intraveineuse (IV) ou à défaut par
voie intramusculaire (IM).

2éme intention : Artémether injectable.

Ce traitement sera administré en cas d’absence d’arté-


sunate injectable et de contre-indication à la quinine.

Posologie

160mg le premier jour, soit 80mg en deux prises (12


heures d’intervalle), administrés en injection IM. Puis, 80mg
une fois par jour en injection IM pendant les 6 jours suivants.

3ème intention : Quinine injectable.

- Sans dose de charge (Pendant 7 jours)


Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 89
Posologie

• 8,3mg/kg de quinine base toutes les


8 heures, en perfusions de 4 heures.
Dose quotidienne maximale : 1,5 g.

• Dès que le patient peut avaler, passer en soit :

• Quinine orale : 8.3mg/kg de quinine base toutes les 8


heures (durée totale de traitement de 7 jours).

Si la femme enceinte présente des contractions utérines


pendant le traitement à la quinine, Il faut administrer les to-
colytiques. Il s’agit du Salbutamol ou de tout autre béta mi-
métique recommandé.

Protocole de la tocolyse

Traitement initial : Perfusion de Salbutamol (Ventoline).

Préparer une solution de 10 ampoules de 0,5mg/ml,


soit 5mg de Salbutamol dans 250 ml de solution isotonique
salée ou glucosé 5%.

Commencer à 10 gouttes/minute et augmenter de 10


gouttes toutes les 10 minutes jusqu’à l’arrêt des contractions
sans dépasser 60 gouttes/minute.

Le relai oral se fait par le Salbutamol en comprime de


2mg, 1 comprimé toutes les 12 heures.

L’administration de Salbutamol peut entrainer des ef-


fets indésirables chez la femme enceinte (palpitations, tachy-
cardie, arythmie, tremblements). Par conséquent, une sur-
veillance s’avère nécessaire. Elle consiste en :

90 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


• Surveillance du pouls : Ne doit pas dépasser 110 batte-
ments par minute

• Surveillance de la tension artérielle : Ne doit pas dimi-


nuer en dessous de 90/60mmHg ou ne doit pas dépas-
ser 140/90mmHg

Si le pouls dépasse 110 battements par minutes et la


tension artérielle diminue en dessous de 90/60mmHg ou dé-
passe 140/90mmHg, arrêter la tocolyse et continuer le traite-
ment de paludisme.

7.2.3. Traitements associés du paludisme

7.2.3.1. Traitement de la fièvre

Première intention : Paracétamol injectable à 60 mg/kg/


jour divisés en quatre prises chez l’enfant par voie IV

Deuxième intention  : Acétyl-salicylate de lysine injec-


table : 50 mg/ kg par jour en 4 prises, voie I.V. (ou I.M.), en
absence de paracétamol injectable.

Paracétamol suppositoires : 60 mg/kg/jour divisés en


quatre prises chez l’enfant qui ne fait pas la diarrhée.

Paracétamol, Acide acétyl-salicylique ou Ibuprofène


par voie orale  : comme dans le traitement du paludisme
simple.

Cas de la femme enceinte ;


- Paracétamol

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 91


Posologie :

15mg/kg tous les 6 heures si la température supérieure


à 38,5°C (Voie orale si paludisme simple et Voie parentérale
si paludisme grave)

Ne pas administrer les anti-inflammatoires non-sté-


roïdiens (Acide acétyl-salicylique, ibuprofène, etc.) pen-
dant le troisième trimestre de grossesse.

7.2.3.2. Traitement de l’anémie

Devant l’anémie palustre, il faut distinguer le malade


à transfuser des autres qui n’ont pas besoin de transfusion
sanguine.

Le fer est interdit dans le cas de malnutrition sévère ag-


gravé l’infection et septicémie

1. Les malades à transfuser :

Indications de la transfusion

- Hématocrite inférieur à 15% chez l’enfant, < 20% chez


l’adulte ou la femme enceinte ;

- Hémoglobine inférieure à 5 g/dl chez l’enfant, < 7g/dl


chez l’adulte la femme enceinte ;

- Signes de mauvaise tolérance clinique (polypnée très


importante, tachycardie, bruits de galop).

Même en l’absence de l’hématocrite et de l’hémoglo-


bine, le malade présentant une pâleur extrême et des signes
de mauvaise tolérance clinique doit être transfusé.

92 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Modalités de la transfusion :

- Culot globulaire à 10cc/kg en 3 heures.

- En l’absence de culot globulaire, transfuser 20 cc/kg


de sang total en 3 heures, puis administrer 1mg/kg
de furosémide par voie intraveineuse au début ou au
milieu de la transfusion, sauf chez les malades déshy-
dratés ou ayant des signes de collapsus.

- Le sang doit être compatible dans le groupe sanguin


ABO Rhésus et testé aux maladies suivantes (VIH,
hépatite B & C, syphilis).

- En cours de transfusion, il faut surveiller les signes cli-


niques (la coloration des téguments à la recherche de
l’ictère ou d’un saignement des muqueuses ; fréquence
cardiaque à la recherche d’une accélération ; fréquence
respiratoire à la recherche d’une dyspnée ; couleur et
volume des urines à la recherche d’urine coca cola ou à
la diminution de la diurèse ; état de conscience à la re-
cherche d’une agitation, d’un coma ou de convulsions)

- En présence de l’un des signes suivants, il faudrait sus-


pendre la transfusion, refaire le groupage sanguin et le
cross match pour remplacer le sang avec une poche
appropriée. Référer le malade si nécessaire. Il s’agit
de : Eruptions cutanées, prurit, frissons,

- Contrôler l’hématocrite ou le taux d’hémoglobine à la


fin de la transfusion.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 93


Après la transfusion, il est recommandé de supplémen-
ter le malade en fer et en acide folique pendant 2 à 3 mois.

2. Les autres malades anémiques qui n’ont pas besoin


d’une transfusion sanguine

IIs peuvent bénéficier d’une supplémentation en fer et


en acide folique (6 à 10mg/kg en deux prises par jour).

3. Pour ce qui est de la femme enceinte :

- Les patients ne nécessitant pas de transfusion :

• Le fer et acide folique

• Suppléments quotidiens en fer

• Suppléments quotidiens en acide folique

- Indications de la transfusion sanguine

• Hématocrite <20%

• Hb <7g/dl

• Les symptômes de la mauvaise tolérance clinique :

• Polypnée

• Tachycardie

- Anticonvulsivants

• Diazepam : 0,5mg/kg chez les enfants ou une ampoule


au maximum chez l’adulte.

• Repos

94 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


7.2.3.3. Autres traitements

- Prise en charge des convulsions

Commencer par un traitement symptomatique de la


convulsion puis rechercher et traiter la cause.

a. Traitement symptomatique de la convulsion 

Diazépam injectable 0,5mg/kg par voie intra rectale en


une prise à répéter une seule fois 10 minutes après si persistance des
convulsions puis, Phénobarbital aqueux injectable 10mg/Kg en une
prise puis 5mg/Kg 24heures après par voie intraveineuse directe. En cas
de fièvre, déshabiller le malade, donner un bain tiède, et administrer
un antipyrétique. Désobstruer les voies aériennes et ne pas alimenter.

b. Chercher et traiter la cause.


- Corriger la glycémie
- Réanimation hydro-électrolytique
- Nursing du coma

CONSEILS EN MATIERE DE TRAITEMENT CURATIF


DU PALUDISME

• Le paludisme est une maladie qui coûte cher à la fa-


mille et à la société, c’est dire toute l’importance que
revêt le traitement curatif bien conduit.

• Les doses et la durée du traitement doivent être res-


pectées.

• Les médicaments doivent être achetés à la pharmacie.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 95


• Les médicaments doivent être pris au cours des repas.

• Les médicaments doivent être écrasés pour les enfants.

• Les médicaments et intrants seront conservés à l’abri


du soleil et de la chaleur et placés hors de la portée
des enfants.

• Le malade doit revenir au centre de santé dans les


meilleurs délais en cas de persistance de la fièvre ou
d’apparition des signes de gravité.

96 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


TRAITEMENT DU PALUDISME GRAVE
 Dans la population générale
a. 1ère ligne ; Artésunate injectable, IV ou IM : 2,4
mg/kg (ou 3mg/kg chez l’enfant de moins de 20
kg) à temps 0, 12h après et 24 heures après le dé-
but de la première dose ; puis une fois toutes les
24 h
b. 2ème ligne : Artéméther injectable : IM,
i. Adulte  : 160mg par jour, soit 80mg/prise en
deux prises (12 heures d’intervalle), administrés
en injection IM le premier jour. Puis, 80mg une
fois par jour en injection IM pendant les 6 jours
suivants.
ii. Chez les enfants : 3.2 mg/kg par jour, en deux
prises (12 heures d’intervalle), administrés en
injection IM le premier jour. Puis 1.6 mg/kg,
une fois par jour pendant les 6 jours suivants.
c. 3ème ligne : Quinine injectable : deux schémas,
avec dose de charge et dose d’entretien
 Chez la femme enceinte  : idem que chez l’adulte
mais sans dose de charge pour la quinine
 Penser aux traitements associés
 Traiter les autres complications

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 97


8. PREVENTION
DU
PALUDISME

98 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 99
8. PREVENTION DU PALUDISME
La prévention du paludisme revêt deux composantes
qui sont : la chimioprévention et la lutte anti-vectorielle.

8.1. Chimioprévention

• le Traitement Préventif Intermittent (TPI) par l’admi-


nistration de la Sulfadoxine-Pyriméthamine (SP) chez
la femme enceinte et

• La chimioprévention chez les enfants de 03 à 59 mois


(Chimio-Prévention Saisonnier – CPS) et la chimio-pro-
phylaxie chez les sujets neufs ou voyageurs provenant
des pays non endémiques.

8.1.1. Le traitement préventif intermittent du


paludisme chez la femme enceinte (TPIp)

Généralités sur le TPI

A. Définition

Le traitement préventif intermittent du paludisme en


grossesse consiste en la prise par la femme enceinte d’un an-
tipaludéen à dose curative de façon périodique à partir du
deuxième trimestre de grossesse (16ème semaine d’aménor-
rhées), dans le but de prévenir l’infestation palustre.

Au Cameroun, après le retrait de la chloroquine de la


liste des médicaments antipaludiques, la sulfadoxine-pyri-
méthamine (SP) a été retenue comme le médicament du TPI
du paludisme chez la femme enceinte en dehors de toute
100 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
contre-indication et un minimum de 04 doses du SP sont re-
commandées dans toutes les régions où la séroprévalence
au VIH est supérieure à 10% pour une meilleure efficacité,
tout en respectant l’âge de la grossesse et l’intervalle minimal
entre les doses.

L’OMS recommande d’accroître l’accès aux TPI dans


toutes les zones avec transmission modérée et élevée de
paludisme en Afrique, comme partie intégrante des soins
prénataux. Il recommande de planifier 8 CPN pour chaque
grossesse. Pour améliorer la couverture en TPI des femmes
enceintes nous devrons veiller à ce que toute opportunité de
CPN soit utilisée pour administrer le TPI à la femme enceinte
dès le deuxième trimestre de la grossesse (i.e. dès perception
des 1ers mouvements actifs fœtaux).

B. Présentation de la Sulfadoxine-Pyriméthamine
i. Principe actif

C’est une association fixe sous forme de comprimés do-


sés à 500mg de Sulfadoxine et 25mg de Pyriméthamine.

ii. Posologie

03 comprimés à administrer en prise unique.

iii. Effets indésirables

• Troubles gastro-intestinaux

• Réaction allergiques cutanées

• Troubles hématologiques

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 101


• Syndrome de Lyell (éruption cutanée à type de brû-
lure)

• Atteintes rénales et rare élévation des transaminases

iv. Contre- indication

• Premier trimestre de la grossesse,

• Allergie connue aux sulfamides,

• Atteintes hépatiques graves,

• Insuffisance rénale,

• Antécédents allergiques cutanées.

(NB  : chez les femmes enceintes vivant avec le VIH, voir


Précaution d’emploi)

C. Conduite du TPI dans les formations sanitaires

i. Pré requis

• Personnel formé au TPI à la SP,

• Disponibilité en permanence de la SP,

• Disponibilité d’eau potable et du nécessaire pour


boire de l’eau (verre, gobelet)

• Femme enceinte informée et sensibilisée sur le TPI à la


SP.

102 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


ii. Démarrage effectif du TPI

• Dès le deuxième trimestre de la grossesse ou dès la


perception des premiers mouvements fœtaux par la
femme enceinte.

• Il est recommandé à chaque femme enceinte de faire


8 CPN.
• Le TPI n’est pas donné au 1er trimestre.
• A partir de la 16ème semaine de grossesse, (2ème tri-
mestre) ou dès la perception des premiers mouve-
ments actifs fœtaux par la femme enceinte, le TPI
doit être administré lors de chaque CPN. Dans tous
les cas, l’intervalle entre deux doses doit être au
moins de 1 mois.

iii. Lieu et mode d’administration du TPI

• Il est recommandé d’administrer le TPI sous obser-


vation directe par le personnel soignant c’est-à-dire
le (directly observed therapy (DOT).

• La SP peut être administrée chez une femme enceinte


à jeun ou après un repas.
• La SP devra être administrée avec de l’eau potable.

iv. Périodicité du traitement

• Pour améliorer la couverture en TPI des femmes en-


ceintes nous devrons veiller à ce que toute opportu-
nité de CPN soit utilisée pour administrer le TPI à
la femme enceinte dès le deuxième trimestre de la

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 103


grossesse (i.e. dès la 16ème semaine de grossesse ou
dès perception des 1ers mouvements actifs fœtaux).

• La femme enceinte doit prendre au moins 04 doses


pendant la grossesse

• L’intervalle entre deux doses doit être au moins d’un


mois.

• La dernière dose de TPI peut être administrée au mo-


ment même de l’accouchement sans risque

v. Précaution d’emploi

L’administration concomitante de SP et d’acide folique


à des doses > à 5mg par jour n’est pas recommandée car
l’acide folique diminue l’efficacité de la SP dans la préven-
tion du paludisme.

La SP ne devrait pas être administrée aux femmes en-


ceintes recevant une prophylaxie au cotrimoxazole.

vi. Conduite à tenir en cas de contre-indication à la SP

Dans le cas où la patiente présente une contre-indication


à la SP, l’alternative serait l’utilisation de l’association chloro-
quine-proguanil (Savarine®) à prendre tous les jours à la dose
d’un comprimé journalier à partir du deuxième trimestre et
jusqu’à terme. Cependant le coût est une limite importante,
les risques d’allergie sont aussi à prendre en considération.
Dans les cas extrêmes on pourra recourir à l’amodiaquine à
dose curative (35mg/kg repartis sur 03 jours) une fois par
trimestre à partir du deuxième. Tenir compte de la mauvaise
tolérance de cette molécule.

104 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


vii. Conseils à donner à la femme enceinte
Ils porteront sur :

• Les avantages de la prise effective de son traitement

• Les effets indésirables éventuels du traitement

• La nécessité de l’utilisation des moustiquaires impré-


gnées d’insecticide

• L’importance de la consultation prénatale

• Nb  : Il est utile de faire le suivi de la CPS et du TPI


pour détecter au plutôt d’éventuelles résistances aux
médicaments et trouver des alternatives.

8.1.2. Chimioprophylaxie chez les enfants de 03-59


mois et chez les sujets neufs

8.1.2.1. Chimio-Prévention chez les enfants de a03


- 59 mois
Définition :
La chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS)
est définie comme l’administration intermittente d’un trai-
tement complet des médicaments antipaludiques pendant la
saison de forte transmission (saison de pluie) du paludisme
pour éviter la maladie ».

La CPS vise la réduction de la morbidité et la mortalité


liées au paludisme chez les enfants âgés de 03 à 59 mois dans
les districts de santé des régions du Nord et de l’Extrême
Nord.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 105


Critères d’inéligibilité :

- Paludisme.
- Séropositivité au VIH sous Cotrimoxazole.
- Maladie aiguë ou chronique sévère,
- Incapacité d’avaler.
- Allergie à SP ou AQ.
- Prise de SP et ASAQ ou AQ, médicament avec Sulfa-
mide le mois précédent

Posologie :

Pour les enfants de 03 mois à 11 mois

• Sulfadoxine-pyriméthamine + Amodiaquine
(SP_250/12,5 + AQ_75)

- Jour 1 : 1 Comprimé de SP + 1 Comprimé d’AQ


- Jour 2 : 1 Comprimé d’AQ
- Jour 3 : 1 Comprimé d’AQ

Pour les enfants de 12 mois à 59 mois

• Sulfadoxine-pyriméthamine + Amodiaquine
(SP_500/25 + AQ_153)

- Jour 1 : 1 Comprimé de SP + 1 Comprimé d’AQ


- Jour 2 : 1 Comprimé d’AQ
- Jour 3 : 1 Comprimé d’AQ

106 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Périodicité du traitement :

• Les enfants de 03 – 59 mois doivent prendre un maxi-


mum de 04 doses pendant la saison de transmission
(juillet à octobre, en fonction de la pluviométrie)

• L’administration des médicaments est mensuelle et


l’intervalle entre deux doses doit être au plus 30 jours.

8.1.2.2. Chimio prophylaxie chez les Sujets Neufs


(voyageurs)

• Atovaquone – Proguanil 250 mg (Malarone)

Posologie l’Atovaquone Proguanil chez l’enfant de 11 kg


ou plus de poids corporel
ƒƒ >11 à < 20 kg : 1/4 comprimé par jour.

ƒƒ 20 à < 30 kg : 1/2 comprimés en une prise unique


par jour.

ƒƒ 30 à <40 kg : 1 comprimés en une prise unique par


jour.

Pour les enfants (en absence de pèse personne)

- 1 à 4 ans : 1/4 comprimé par jour


- 5 à 10 ans : ½ comprimé par jour
- plus de 10 ans : 1 comprimé par jour
- Commencé la veille ou le jour du départ.
- Pris pendant la durée du séjour et 4 semaines après le
retour

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 107


N.B : Ce médicament est contre-indiqué chez les nourrissons
de moins d’un an et moins de 11Kg.

Du fait de l’indisponibilité de la forme sirop ou de la


contre-indication de certains médicaments chez le nourris-
son, il faut utiliser l’érythromycine (50 mg/kg/j). Pris pen-
dant la durée du séjour et 4 semaines après le retour

Pour les adultes


• Atovaquone – Proguanil 250 mg (Malarone)
- 1 comprimé par jour

Commencé la veille ou le jour du départ.

Pris pendant la durée du séjour et 4 semaines après le retour

• Doxycycline (monohydrate de doxycycline)

100mg par jour chez les sujets de plus de 40Kg et


50mg par jour pour les poids inférieurs à 40Kg, en débutant
la veille du départ.
Pris pendant la durée du séjour et 4 semaines après le retour
La doxycycline est contre-indiquée avant l’âge de 8 ans

N.B  : Ces médicaments (Malarone et doxycycline) sont


contre-indiqués chez les femmes enceintes

ƒƒ Méfloquine 500 mg cp : 1 cp / semaine (CI : femmes


enceintes ou allaitantes)
ƒƒ Chloroquine-Proguanil (CI  : insuffisance rénale  ;
sujet sous dialyse ; rétinopathie ; épilepsie ; insuffi-
sance hépatique ; déficit G6PD). Ce médicament est
recommandé dans les zones ou la chloroquine reste
efficace.
108 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
ƒƒ Autres options de chimioprévention sera de com-
mencer le TPP (Traitement Préventif Périodique) à
l’arrivée dans les zones endémiques pendant son
séjour pour une dure maximale de 03 mois puis 02
semaines après son retour.

8.2. La lutte antivectorielle selective

Définition : La lutte antivectorielle sélective est l’appli-


cation des méthodes ciblées, adaptées à chaque site et efficace
par rapport à leur coût. Elle vise principalement à réduire la
morbidité et la mortalité dues au paludisme en freinant la
transmission. Dans la lutte antivectorielle il faut distinguer les
mesures de protection individuelles et les mesures collectives.

1. Les mesures individuelles


Elles sont nombreuses mais la mesure qui présente un
bon rapport coût- efficacité est la moustiquaire imprégnée
d’insecticide à longue durée d’action (MILDA). La MILDA
est une toile spéciale traitée dès l’usine avec un insecticide qui
tue et chasse les moustiques mais sans danger pour l’homme.

Pour que cette moustiquaire assure une protection op-


timale il faut :

• Bordée correctement le lit le soir au coucher ;

• Qu’elle ne soit pas trouée ;

• Assurer un bon entretien (lavage au savon de ménage


au maximum 20 fois) ;

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 109


• Dormir dessous chaque nuit.

Au Cameroun, la MILDA est distribuée gratuitement à


toute la population pendant les campagnes de masse et aux
femmes enceintes lors des consultations prénatales (CPN).

2. Les mesures collectives

Parmi ces mesures on peut citer  : l’assainissement de


l’environnement, la pose de grillages aux fenêtres, l’impré-
gnation des rideaux, l’aspersion intra domiciliaires, le trai-
tement des gîtes larvaires ….) . Les aspersions intra domi-
ciliaires d’Insecticide (AID) sont celles qui ont un impact
direct sur la réduction de la transmission du paludisme. Les
insecticides utilisés pendant les AID ainsi que le cycle des
aspersions varient en fonction des faciès épidémiologiques.

110 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


PREVENTION DU PALUDISME
La prévention du paludisme revêt deux composantes ;
1. LA CHIMIOPREVENTION
• Le Traitement Préventif Intermittent (TPI) à l’associa-
tion Sulfadoxine-Pyriméthamine (SP)
Démarrage effectif du TPI
• Dès le deuxième trimestre de la grossesse ou dès la per-
ception des premiers mouvements fœtaux par la femme
enceinte.
• Le TPI n’est pas donné au 1er trimestre.
• A partir de la 16ème semaine de grossesse, ou dès la per-
ception des premiers mouvements actifs fœtaux par la
femme enceinte, le
• La chimioprévention chez les enfants de 03 à 59 mois
(Chimio-Prévention Saisonnier – CPS)
Pour les enfants de 03 mois à 11 mois
• Sulfadoxine-pyriméthamine + Amodiaquine
(SP_250/12,5 + AQ_75)
Jour 1 : 1 Comprimé de SP + 1 Comprimé d’AQ, Jour 2 :
1 Comprimé d’AQ, Jour 3 : 1 Comprimé d’AQ
Pour les enfants de 12 mois à 59 mois
• Sulfadoxine-pyriméthamine + Amodiaquine
(SP_500/25 + AQ_153)
Jour 1 : 1 Comprimé de SP + 1 Comprimé d’AQ, Jour 2 :
1 Comprimé d’AQ, Jour 3 : 1 Comprimé d’AQ
• Chimio prophylaxie chez les Sujets Neufs
o Atovaquone – Proguanil 250 mg (Malarone)
o Doxy cycline (monohydrate de doxycycline)
2. LA LUTTE ANTI VECTOREILLE
o MESURES INDIVIDUELLES : MILDA ; répulsifs
o Mesures collectives : Aspersion intra domiciliaires

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 111


112 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
9. GESTION
DES INTRANTS,
PHARMACOVIGILENCE
ET  
SUPERVISION SUIVI
EVALUATION

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 113


114 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
9. GESTION DES INTRANTS, PHAMACOVIGI-
LANCE ET SUPERVISION SUIVI EVALUA-
TION

9.1. Approvisionnement et gestion des stocks des


intrants

La gestion des intrants pour la lutte contre le paludisme


est intégrée dans le circuit de distribution existant de la CE-
NAME. Le renforcement des stocks se fera dans les forma-
tions sanitaires par la CENAME et les FRPS, sous la coordi-
nation du GTC/CNRBM.

9.1.1. Rappel cycle de gestion du médicament

Le cycle de gestion des produits pharmaceutiques com-


prend trois composantes essentielles qui sont :

- Le Cycle managérial des médicaments : sélection, ap-


provisionnement, réception, stockage, distribution et
usage rationnel.

- Le Support à la gestion : ressources humaines, bud-


get, supervision et système d’information (outils de
gestion et rapportage).

- L’Environnement règlementaire : Politique Natio-


nale, cadre légal, Guide standard de traitement.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 115


Figure 3 : Le cycle de gestion des médicaments (source :
Managing Drug Supply 3)

La sélection des produits est faite au niveau central par


un Comité composé de : la DPML, le CENAME, la DLMEP,
le PNLP, les partenaires.

La sélection devra prendre en compte les directives de


prise en charge du paludisme (protocole) en vigueur, la Liste
Nationale de Médicaments Essentiels, la liste des produits
Homologués. La quantification devrait être un processus
ascendant mais pour l’heure elle est organisée dans les 10
régions du Cameroun au niveau central sur la base des don-
nées épidémiologiques et de consommation. Un plan d’ap-
provisionnement est ensuite élaboré et les réceptions se font
au niveau central et régional. Par ailleurs le stockage se fait
à la CENAME, dans les FRPS dans les DS et dans les FOSA.
Il existe des contrats liant le PNLP à la CENAME et le PNLP

116 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


aux 10 (dix) FRPS. Les inventaires sont effectués trimestriel-
lement au niveau de la CENAME et des FRPS. Un inven-
taire est effectué dans les FOSA tous les mois ou lors des
supervisions. La distribution s’effectue suivant le SYNAME.
Les commandes des FOSA s’effectuent trimestriellement au
niveau des FRPS selon le calendrier validé par la région. Les
livraisons devront être faites sur site. L’annexe 13 présente
le rôle des acteurs du SYNAME sur site. Les tableaux 14 en
annexe présentent le rôle des acteurs du SYNAME.

La SP et la MILDA sont gratuites pour la femme en-


ceinte en CPN Les médicaments et TDR sont gratuits pour la
prise en charge des moins de 5 ans et subventionnés pour les
autres patients.

La femme enceinte recevra gratuitement sa dose de SP


et la MILDA en CPN. Elle prendra la SP devant le personnel
de santé à jeun, pendant ou après avoir mangé.

9.2. Communication pour le changement de


comportement
Le rôle des relais communautaires sera déterminant
pour les visites domiciliaires car ceux-ci devront orienter
toutes les femmes enceintes vers les formations sanitaires
pour les CPN.

Les comités de suivi et de mise en œuvre mettront en


place une équipe pour l’élaboration d’une stratégie de com-
munication adéquate après une analyse de la situation. Les
outils et les techniques de communication les plus appro-
priés seront utilisés dans ce cadre.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 117


Les cibles seront les femmes enceintes, personnels de
santé, les autorités administratives, religieuses, politiques et
traditionnelles, les membres des structures de dialogue, les
accoucheuses traditionnelles, les tradi-praticiens etc.

9.3. Supervision, suivi, évaluation

a. Collecte des données

Les registres de collecte des données de routine notam-


ment en ce qui concerne les consultations prénatales et les
laboratoires seront adaptés pour permettre le suivi et l’éva-
luation des présentes directives.

Le processus de mise œuvre des présentes directives


sera supervisé, suivi et évalué par les comités de suivi aux
différents niveaux de la pyramide sanitaire.

La coordination se fera principalement par le GTC/


CNRBM et la DSF au niveau central. Des enquêtes évalua-
tives seront menées en temps opportun pour donner une vi-
sion d’ensemble de l’évolution.

b. Mise en place d’un système de pharmacovigilance

Le suivi des effets indésirables consécutifs à l’adminis-


tration des antipaludéens nécessité un système de pharma-
covigilance fonctionnel, ceci d’autant plus que l’on est passé
d’une première ligne unique à une première ligne multiple.
Le système national de pharmacovigilance connait plusieurs
insuffisances et demande à être renforcé pour permettre de
disposer de données de qualité utiles à la prise de décision.
Pour renforcer la détection et la notification des cas d’effets
indésirables et renforcer ce système il est utile de :

118 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


• Mettre à la disposition des responsables des formations
sanitaires en charge des CPN des fiches pour la collecte
des manifestations adverses faisant suite à la prise des
médicaments.

• Former ces prestataires au remplissage de ces fiches et


à la notification.

• Il y aura intégration des éléments de pharmacovigi-


lance dans le processus de suivi évaluation qui se fera à
tous les niveaux.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 119


120 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
ANNEXES

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 121


122 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
Annexe 1: ALGORITHME DE DIAGNOSTIC
DU PALUDISME PAR NIVEAU DE LA
PYRAMIDE SANITAIRE

Au niveau des hôpitaux centraux régionaux et


de référence

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 123


Dans les CMA et assimilés

124 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


AU NIVEAU DE LA COMMUNAUTE

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 125


Annexe 2: COMMENT FAIRE LE TEST DE
DIAGNOSTIC DU PALUDISME AVEC UN
TEST DE DIAGNOSTIC RAPIDE

Etape 1 De préférence, ça devrait être, un espace bien éclai-


Organiser ré, avec une surface lavable, un espace suffisant
l’espace de pour placer tous les composants du kit de test, la
travail. boîte de sécurité, la poubelle et le registre.

Etape 2 NOUVEAU paquet de test (cassette) non ouvert


NOUVELLE pipette
Assurez-vous NOUVEAU tampon imbibé d’alcool non ouvert
de disposer NOUVELLE lancette non ouverte
des éléments NOUVELLE paire de gants jetables
suivants Tampon
avant de Minuterie ou horloge
commencer le Boite de sécurité
test : Poubelle
- Avant d’effectuer le test, assurez-vous que
Etape 3 vous de maîtriser toutes les instructions.
- Expliquer au patient l’importance et la pro-
Bien lire le cédure du test.
manuel d’ins- Vérifiez la date de péremption indiquée sur le pa-
tructions quet de test. Un TDR périmé peut donner un faux
résultat.
- Mettez une paire de gants (Utilisez une nou-
velle paire pour chaque patient).
Ouvrez le sachet et retirez la cassette de test. (Re-
Etape 4 marque : Ne pas ouvrir le paquet de TDR jusqu’à
Mettez les ce que vous soyez prêt à l’utiliser. Un test ouvert
gants pendant un certain temps avant d’être utilisé peut
donner un faux résultat.
Écrivez le nom et ou numéro du patient sur la
cassette. (Crayon fonctionne mieux qu’un stylo)

126 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Etape 5 Ouvrez le tampon imbibé
d’alcool.
a) Pré-
levez le sang Demandez si le patient est
en piquant le droitier ou gaucher. S’il est
malade avec droitier, utiliser sa main
la lancette gauche.
Avec la paume vers
le haut ; sélectionnez
le quatrième doigt
(annulaire) de préférence,
ou le cinquième doigt,
Nettoyer avec le tampon
imbibé d’alcool et laisser
sécher.
NB: Le pouce ou l’index ne
doit pas être utilisé. (Le
quatrième doigt est choi-
si parce qu’il est le doigt
le moins utilisé et cause
le moins d’inconvénients
pour le patient).
Pour les nourrissons de <5
kg piquer le talon
Pour les nourrissons de
5-10 kg piquer le gros or-
teil
Pour les enfants> 10 kg
piquer le doigt
Etape 6 (a) Pincez le bout du doigt
avec vos propres doigts
et piquez l’extérieur de
la partie charnue. C’est
moins douloureux que
piquer au milieu ou à la
pointe. Piquer une fois et
fermement pour obtenir
une goutte de sang.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 127


Etape 6 (b) Jetez la lancette dans la
boîte de sécurité immé-
diatement après la piqure
du doigt. Essuyez la pre-
mière goutte de sang avec
la compresse ou du coton
stérile.
Appliquez une légère pres-
sion sur le bout du doigt
jusqu’à obtenir une nou-
velle goutte de sang
Etape 7 Avec la pipette fournie,
prenez l’échantillon, tout
en pressant doucement
le tube en plongeant l’ex-
trémité ouverte dans la
goutte de sang, puis relâ-
chez doucement la pres-
sion pour aspirer le sang
dans la pipette jusqu’à la
ligne noire.
NB: Ne jamais poser la lan-
cette sur la paillasse avant
de la jeter dans un une
boite de sécurité.
Ne jamais utiliser une
lancette sur plus d’une per-
sonne
Etape 8 Tenez le TDR à plat sur la table avec une main. Avec
l’autre main, ajouter prudemment 5 µl de sang total
Procédure du
de la pipette dans le puits d’échantillon (petit puits).
test
Jeter la pipette utilisée dans la boite à sécurité.
Déposez le diluant dans le trou approprié. Respectez
le nombre de gouttes recommandé par le fabriquant.
Vérifiez le temps avant de lire le résultat. Lisez le ré-
sultat du test selon les instructions du fabricant (15
– 20 minutes)

128 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Annexe 3 : CLASSIFICATION DES
PRINCIPAUX ANTIPALUDIQUES

SCHIZONTOCIDES

ANTIPALUDIQUES NATURELS
Alcaloïdes du quinquina : Quinine, Quinidine, Cincho-
nine, Cinchonidine
Dérivés du Qinghaosu (Armoise) : Artémisinine, Artémé-
ther, Artésunate

ANTIPALUDIQUES DE SYNTHESE
Amino-4-quinoléines : Chloroquine, Amodiaquine, Amo-
pyroquine
Aryl-Amino-Alcools : Méfloquine, Halofantrine
Antifoliques, antifoliniques : Sulfamides, Sulfones, Pyri-
méthamine, Proguani, chlorproguanil, atovaquone
Antibiotiques et divers : Cyclines, Macrolides, Fluoro-
quinolones, Hydroxynaphtoquinones

GAMETOCYTOCIDES

Amino-8-quinoléines
Primaquine, tafenoquine

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 129


Annexe 4 : POSOLOGIE ET UTILISATION DE
L’ARTESUNATE INJECTABLE

130 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 131
Annexe 5: ARTHEMETER 80mg / ml
1 ampoule de 1ml = 80 mg

POIDS DU
1er jour : en 2 2ème au 7è jour :
Malade AGE
prises en 1 prise (1,6
(Kg)
(3,2 mg/kg) mg/kg)
3à4 1 – 2 mois 0,14 ml 0,07 ml

5à7 3 – 6 mois 0,24 ml 0,12 ml

8 à 10 7 – 11 mois 0,36 ml 0,18 ml

11 à 15 1 – 3 ans 0, 5 ml 0,25 ml

16 à 20 4 – 6 ans 0,72 ml 0,36 ml

21 à 25 7 – 8 ans 1 ml O,5 ml

26 à 30 9 – 10 ans 1,12 ml 0,55 ml

31 à 35 10 – 11 ans 1,32 ml 0,65 ml

36 à 40 11 – 13 ans 1,52 ml 0,75 ml

41 à 45 13 – 14 ans 1,72 ml 0,85 ml

46 à 50 14 – 15 ans 2 ml 1 ml

51 à 55 15 – 16 ans 2,12 ml 1,06 ml

56 et plus ≥ 16 ans 2,5 ml 1,2 ml


* Si on dispose d’un pèse-personne, il est préférable d’utili-
ser le poids qui est le plus précis, et non l’âge
**L’Arthéméter doit être mesuré avec une seringue de 1 ml
(seringues de vaccination ou à insuline)

132 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Annexe 6 : ARTHEMETER 40 mg / ml**
1 ampoule de 1 ml = 40 mg

Poids 1er jour : en 2 2ème au 7è jour : en


AGE
(kg) prises 1 prise
3à4 1 – 2 mois 0,28ml 0,14 ml

5à7 3 – 6 mois 0,5 ml 0,24 ml

8 à 10 7 – 11 mois 0,72 ml 0,36 ml

11 à 15 1 – 3 ans 1 ml 0, 5 ml

16 à 20 4 – 6 ans 1,5 ml 0,72 ml

21 à 25 7 – 8 ans 2 ml 1 ml

26 à 30 9 – 10 ans 2,25 ml 1,12 ml

31 à 35 10 – 11 ans 2,65 ml 1,32 ml

36 à 40 11 – 13 ans 3 ml 1,52 ml

41 à 45 13 – 14 ans 3,5 ml 1,72 ml

46 à 50 14 – 15 ans 4 ml 2 ml

51 à 55 15 – 16 ans 4,25 ml 2,12 ml

56 et plus ≥ 16 ans 5 ml 2,5 ml

*Si on dispose d’un pèse-personne, il est préférable d’utiliser


le poids qui est le plus précis, et non l’âge
**L’Arthéméter doit être mesuré avec une seringue de 1 ml
(seringues de vaccination ou à insuline)

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 133


Annexe 7: ARTHEMETER 20 mg / ml
1 ampoule de 1 ml = 20 mg

1er jour : en 2 2ème au 7è jour :


Poids (kg) AGE
prises en 1 prise
3à4 1 – 2 mois 0,64 ml 0,28ml

5à7 3 – 6 mois 1 ml 0,5 ml

8 à 10 7 – 11 mois 1,5 ml 0,72 ml

11 à 15 1 – 3 ans 2 ml 1 ml

16 à 20 4 – 6 ans 3 ml 1,5 ml

21 à 25 7 – 8 ans 4 ml 2 ml

26 à 30 9 – 10 ans 4, 5 ml 2,25 ml

31 à 35 10 – 11 ans 5,3 ml 2,65 ml

36 à 40 11 – 13 ans 6 ml 3 ml

41 à 45 13 – 14 ans 7 ml 3,5 ml

46 à 50 14 – 15 ans 8 ml 4 ml

51 à 55 15 – 16 ans 8,5 ml 4,25 ml

56 et plus ≥ 16 ans 10 ml 5 ml

*Si on dispose d’un pèse-personne, il est préférable d’utiliser le


poids qui est le plus précis, et non l’âge
**Les faibles doses d’Artéméther doivent être mesurées avec une
seringue de 1 ml (seringues de vaccination ou à insuline)

134 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Annexe 8: SCHEMA DETAILLE
D’ADMINISTRATION DE LA QUININE

VOIE INTRAVEINEUSE (Perfusion)

L’administration de la quinine par voie intraveineuse


doit se faire selon l’un des schémas suivants :

Schéma 1 :
Dose de charge :

H 0 à H 4: 16,6 mg/ kg de quinine base sans dépasser 1g


+ glucosé 5% ou 10 % (+ électrolytes)

De H 4 à H 8 : glucosé de 5% ou 10 % seul (+ élec-


trolytes)

Traitement d’entretien : Apres la dose de charge jusqu’à


tolérance du traitement oral

De H 8 à H 12 : 8,3 mg/kg de quinine base dans du


glucosé à 5% ou 10 % + électrolytes

De H 12 à H 16 : glucosé à 5% ou 10% seul (+ électro-


lytes)

De H 16 à H 20 : 8,3 mg/kg de quinine base dans du


glucosé à 5% ou 10% (+ électrolytes)

De H 20 à H 24 : glucosé à 5% ou 10% seul (+ électro-


lytes).

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 135


Schéma 2
Pas de dose de charge
Jour 1 :
De H 0 à H 4 : 8,3 mg/kg de quinine base dans le
glucosé de 5%ou 10% + électrolytes
De H 4 à H 8 : glucosé de 5% ou 10 % seul (+ électro-
lytes)
De H 8 à H 12 : 8,3 mg/kg de quinine base dans du
glucosé à 5% ou 10 % + électrolytes
De H 12 à H 16 : glucosé à 5% ou 10% seul (+ élec-
trolytes)
De H 16 à H 20 : 8,3 mg/kg de quinine base dans
du glucosé à 5% ou 10% (+ électrolytes)
De H 20 à H 24 : glucosé à 5% ou 10% seul (+ élec-
trolytes).

Jour 2 à Jour 7 : même schéma si le traitement ne peut pas


être donné par voie orale

Devant une hypoglycémie, utiliser le glucosé à 10%.


Ajouter les électrolytes aux perfusions. Ne pas perdre de
vue un diabète.

En cas d’impossibilité de perfusion intraveineuse,


administrer la quinine par voie intramusculaire selon le
schéma de la page suivante et référer le malade à l’échelon
approprié.

136 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


VOIE INTRA-MUSCULAIRE

Pour la voie intramusculaire, il est recommandé de


diluer le chlorhydrate de quinine dans le sérum salé à 9‰,
à la concentration de 60 mg/ml et d’injecter la moitié dans
la face antérieure de chaque cuisse.

Pour éviter abcès, tétanos, Hépatite et VIH on n’uti-


lisera que du matériel bien stérilisé, mais de préférence à
usage unique.

PASSER A LA VOIE ORALE DES QUE POSSIBLE ET


CONTINUER LE TRAITEMENT A LA MEME POSOLO-
GIE JUSQU’AU SEPTIEME JOUR

VOIE ORALE

Le traitement oral  doit commencer dès que le malade


se sent mieux  : 8,3 mg/ kg de quinine base ou 10 mg/ kg
de sel de quinine toutes les 8 heures jusqu’à une durée to-
tale de 7 jours ou avec une combinaison thérapeutique à base
d’Artémisinine ACT (Artésunate-Amodiaquine ou Artémé-
ther-Luméfantrine) pendant trois jours.

Toute quinine, injectable ou orale doit être utilisée en


tenant compte de la quantité de quinine base contenue
dans l’ampoule ou le comprimé.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 137


Annexe 9: TRAITEMENT SUR 24 HEURES DU
PALUDISME GRAVE PAR LA QUININE
HYDROCHLORIDE SANS DOSE DECHARGE
Q = Quinine hydrochlorique;
G = glucosé (ou dextrose) 5% ou 10%
12,5mg de quinine base = 0,45 ml de quinine Hydrochlo-
ride/chlorhydrate de quinine. G=Glucosé ou Dextrose
POIDS HEURES
DU Dose de charge Garde veine
AGE DU
MA-
MALADE* H 0-H4 H4-H8 H12-H16
LADE
H8-H12 H16-H20 H20-H24
(Kg)
3 ≤ 1 mois Q = 0,1 ml ; G = 50 ml Q = 0 ; G = 50 ml

4 1 – 2 mois Q = 0,13 ml  ; G = 75 ml Q = 0 ; G = 50 ml

5 2 – 3 mois Q = 0,16 ml  ; G = 100 ml Q = 0 ; G = 70 ml

6 3 – 4 mois Q = 0,20 ml  ; G = 100 ml Q = 0 ; G = 100 ml

7 4 – 6 mois Q = 0,23 ml  ; G = 100 ml Q = 0 ; G = 150 ml

8 7 – 9 mois Q = 0,26 ml  ; G = 150 ml Q = 0 ; G = 125 ml

9 10 – 12 mois Q = 0,30 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 100 ml

10 13 – 15 mois Q = 0,32 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 150 ml

11 – 12 16 – 24 mois Q = 0,37 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 150 ml

13 – 14 2 – 3 ans Q = 0,44 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 200 ml

15 – 16 3 – 4 ans Q = 0,50 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 225 ml

17 – 18 4 – 5 ans Q = 0,56 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 225 ml

138 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


19 – 20 5 – 6 ans Q = 0,63 ml  ; G = 250 ml Q = 0 ; G = 225 ml

21 – 25 6 – 8 ans Q = 0,74 ml  ; G = 250 ml Q = 0 ; G = 250 ml

26 – 30 8 – 10 ans Q = 0,9 ml  ; G = 250 ml Q = 0 ; G = 300 ml

31 – 35 10 – 11 ans Q = 1,1 ml ; G = 300 ml Q = 0 ; G = 300 ml

36 – 40 11 – 13 ans Q = 1,2 ml ; G = 300 ml Q = 0 ; G = 325 ml

41 – 45 13 – 14 ans Q = 1,4 ml ; G =300 ml Q = 0 ; G = 350 ml

46 – 50 14 – 15 ans Q = 1,6 ml ; G = 350 ml Q = 0 ; G = 375 ml

51 – 55 15 – 16 ans Q = 1,7 ml ; G = 400 ml Q = 0 ; G = 400 ml

56 – 60 ≥ 16 ans Q = 1,9 ml ; G = 400 ml Q = 0 ; G = 450 ml

> 60 ≥ 16 ans Q = 1,95 ml ; G = 450 ml Q = 0 ; G = 450 ml

* Si on dispose d’un pèse-personne, il est préférable d’utiliser


le poids qui est le plus précis, et non l’âge
A partir du 3ème jour, si le malade reste comateux, réduire
la quantité totale de perfusions et gaver le malade par sonde
naso-gastrique pour lui apporter des calories.

LES QUANTITÉS DE SOLUTÉ SONT DONNÉES À


TITRE INDICATIF.
IL APPARTIENT AU PRESCRIPTEUR DE MODIFIER CES
QUANTITÉS OU DE PRESCRIRE D’AUTRES SOLUTÉS
EN FONCTION DE L’ÉTAT CLINIQUE DU MALADE.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 139


Annexe 10 : TRAITEMENT SUR 24 HEURES
DU PALUDISME GRAVE PAR LA QUININE
HYDROCHLORIDE PROTOCOLE AVEC
DOSE DE CHARGE
Q = Quinine hydrochlorique;
G = glucosé (ou dextrose) 5% ou 10%

HEURES
POIDS Dose d’enlè- Garde
DU MA- AGE DU Dose de vement veine
LADE MALADE* charge
H12-H16, H4-H-
(Kg) H 0-H4 H0-H4 12-H16
H16-H24
Q = 0,2 ml  ; Q = 0,1 ml  ; Q = 0 ;
3 ≤ 1 mois
G = 50 ml G = 50 ml G = 50 ml
Q = 0,26 ml  ; Q = 0,13 ml  ; Q = 0 ;
4 1 – 2 mois
G = 75 ml G = 75 ml G = 50 ml
Q = 0,32ml  ; Q = 0,16ml  ; Q = 0 ;
5 2 – 3 mois
G = 100 ml G = 100 ml G = 70 ml
Q = 0,40 ml  ; Q = 0,2 ml  ; Q = 0 ;
6 3 – 4 mois
G = 100 ml G = 100 ml G = 100 ml
Q = 0,46 ml  ; Q = 0,23 ml  ; Q = 0 ;
7 4 – 6 mois
G = 100 ml G = 100 ml G = 150 ml
Q = 0,52 ml  ; Q = 0,26 ml  ; Q = 0 ;
8 7 – 9 mois
G = 150 ml G = 150 ml G = 125 ml
Q = 0,60 ml  ; Q = 0,30 ml  ; Q = 0 ;
9 10 – 12 mois
G = 200 ml G = 200 ml G = 100 ml
Q = 0,64 ml  ; Q = 0,32 ml  ; Q = 0 ;
10 13 – 15 mois
G = 200 ml G = 200 ml G = 150 ml
Q = 0,74 ml  ; Q = 0,37 ml  ; Q = 0 ;
11 – 12 16 – 24 mois
G = 200 ml G = 200 ml G = 150 ml

140 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Q = 0,88 ml  ; Q = 0,44 ml  ; Q = 0 ;
13 – 14 2 – 3 ans
G = 200 ml G = 200 ml G = 200 ml
Q = 1 ml  ; G Q = 50 ml  ; Q = 0 ;
15 – 16 3 – 4 ans
= 200 ml G = 200 ml G = 225 ml
Q = 1,12 ml  ; Q = 1,56 ml  ; Q = 0 ;
17 – 18 4 – 5 ans
G = 200 ml G = 200 ml G = 225 ml
Q = 1,26 ml  ; Q = 1,63 ml  ; Q = 0 ;
19 – 20 5 – 6 ans
G = 250 ml G = 250 ml G = 225 ml
Q = 1,48 ml  ; Q = 1,74 ml  ; Q = 0 ;
21 – 25 6 – 8 ans
G = 250 ml G = 250 ml G = 250 ml
Q = 1,8ml  ; G Q = 1,9 ml  ; Q = 0 ;
26 – 30 8 – 10 ans
= 250 ml G = 250 ml G = 300 ml
Q = 2,2 ml ; Q = 1,1 ml ; Q = 0 ;
31 – 35 10 – 11 ans
G = 300 ml G = 300 ml G = 300 ml
Q = 2,4 ml ; Q = 1,2ml ; Q = 0 ;
36 – 40 11 – 13 ans
G = 300 ml G = 300 ml G = 325 ml
Q = 2,8 ml ; Q = 1,4 ml ; Q = 0 ;
41 – 45 13 – 14 ans
G = 300 ml G = 300 ml G = 350 ml
Q = 3,2 ml ; Q = 1,6 ml ; Q = 0 ;
46 – 50 14 – 15 ans
G = 350 ml G = 350 ml G = 375 ml
Q = 3,4 ml ; Q = 1,7 ml ; Q = 0 ;
51 – 55 15 – 16 ans
G = 400 ml G = 400 ml G = 400 ml
Q = 3,8 ml ; Q = 1,9 ml ; Q = 0 ;
56 – 60 ≥ 16 ans
G = 400 ml G = 400 ml G = 450 ml
Q = 3,9 ml ; Q = 1,95 ml ; Q = 0 ;
> 60 ≥ 16 ans
G = 450 ml G = 450 ml G = 450 ml

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 141


POIDS HEURES
DU MA- AGE DU
LADE MALADE* H0-H4 H8-H12 H4-H8 H12-H16
(Kg) H16-H20 H20-H24
3 ≤ 1 mois Q = 0,2 ml ; G = 50 ml Q = 0 ; G = 50 ml
4 1 – 2 mois Q = 0,26 ml  ; G = 75 ml Q = 0 ; G = 50 ml
5 2 – 3 mois Q = 0,32 ml  ; G = 100 ml Q = 0 ; G = 75 ml
6 3 – 4 mois Q = 0,4 ml  ; G = 100 ml Q = 0 ; G = 100 ml
7 4 – 6 mois Q = 0,45 ml  ; G = 100 ml Q = 0 ; G = 150 ml
8 7 – 9 mois Q = 0,5 ml  ; G = 150 ml Q = 0 ; G = 125 ml
9 10 – 12 mois Q = 0,6 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 100 ml
10 13 – 15 mois Q = 0,65 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 150 ml
11 – 12 16 – 24 mois Q = 0,75 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 150 ml
13 – 14 2 – 3 ans Q = 0,8 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 200 ml
15 – 16 3 – 4 ans Q = 1,0 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 225 ml
17 – 18 4 – 5 ans Q = 1,1 ml  ; G = 200 ml Q = 0 ; G = 225 ml
19 – 20 5 – 6 ans Q = 1,25 ml  ; G = 250 ml Q = 0 ; G = 225 ml
21 – 25 6 – 8 ans Q = 1,5 ml  ; G = 250 ml Q = 0 ; G = 250 ml
26 – 30 8 – 10 ans Q = 1,8 ml  ; G = 250 ml Q = 0 ; G = 300 ml
31 – 35 10 – 11 ans Q = 2,1 ml ; G = 300 ml Q = 0 ; G = 300 ml
36 – 40 11 – 13 ans Q = 2,1 ml ; G = 300 ml Q = 0 ; G = 325 ml
41 – 45 13 – 14 ans Q = 2,75 ml ; G = 300 ml Q = 0 ; G = 350 ml
46 – 50 14 – 15 ans Q = 3,1 ml ; G = 350 ml Q = 0 ; G = 375 ml
51 – 55 15 – 16 ans Q = 3,4 ml ; G = 400 ml Q = 0 ; G = 400 ml
56 – 60 ≥ 16 ans Q = 3,7 ml ; G = 400 ml Q = 0 ; G = 450 ml
> 60 ≥ 16 ans Q = 3,9 ml ; G = 450 ml Q = 0 ; G = 450 ml

142 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Annexe 11: TRAITEMENT SUR 24 HEURES DU
PALUDISME GRAVE PAR LE QUINIMAXQ
= Quinimax; G = glucosé (ou Dextrose) 5% ou
10% (+ électrolytes)
12,5 mg de quinine base = 0,1 ml de Quinimax
nouvelle présentation. G = Glucosé ou Dextrose
HEURES
POIDS Dose d’enlè- Garde vei-
DU MA- AGE DU Dose de vement ne
LADE MALADE* charge H12-H16, H4-H-
(Kg) H 0-H4 H0-H4 12-H16
H16-H24
Q = 0,2 ml  ; Q = 0,1 ml  ; Q = 0 ;
3 ≤ 1 mois
G = 50 ml G = 50 ml G = 50 ml
Q = 0,26 ml  ; Q = 0,13 ml  ; Q = 0 ;
4 1 – 2 mois
G = 75 ml G = 75 ml G = 50 ml
Q = 0,32ml  ; Q = 0,16ml  ; Q = 0 ;
5 2 – 3 mois
G = 100 ml G = 100 ml G = 70 ml
Q = 0,40 ml  ; Q = 0,2 ml  ; Q = 0 ;
6 3 – 4 mois
G = 100 ml G = 100 ml G = 100 ml
Q = 0,46 ml  ; Q = 0,23 ml  ; Q = 0 ;
7 4 – 6 mois
G = 100 ml G = 100 ml G = 150 ml
Q = 0,52 ml  ; Q = 0,26 ml  ; Q = 0 ;
8 7 – 9 mois
G = 150 ml G = 150 ml G = 125 ml
Q = 0,60 ml  ; Q = 0,30 ml  ; Q = 0 ;
9 10 – 12 mois
G = 200 ml G = 200 ml G = 100 ml
Q = 0,64 ml  ; Q = 0,32 ml  ; Q = 0 ;
10 13 – 15 mois
G = 200 ml G = 200 ml G = 150 ml
Q = 0,74 ml  ; Q = 0,37 ml  ; Q = 0 ;
11 – 12 16 – 24 mois
G = 200 ml G = 200 ml G = 150 ml
Q = 0,88 ml  ; Q = 0,44 ml  ; Q = 0 ;
13 – 14 2 – 3 ans
G = 200 ml G = 200 ml G = 200 ml
Q = 1 ml  ; G = Q = 50 ml  ; Q = 0 ;
15 – 16 3 – 4 ans
200 ml G = 200 ml G = 225 ml

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 143


Q = 1,12 ml  ; Q = 1,56 ml  ; Q = 0 ;
17 – 18 4 – 5 ans
G = 200 ml G = 200 ml G = 225 ml
Q = 1,26 ml  ; Q = 1,63 ml  ; Q = 0 ;
19 – 20 5 – 6 ans
G = 250 ml G = 250 ml G = 225 ml
Q = 1,48 ml  ; Q = 1,74 ml  ; Q = 0 ;
21 – 25 6 – 8 ans
G = 250 ml G = 250 ml G = 250 ml
Q = 1,8ml  ; G Q = 1,9 ml  ; Q = 0 ;
26 – 30 8 – 10 ans
= 250 ml G = 250 ml G = 300 ml
Q = 2,2 ml ; Q = 1,1 ml ; Q = 0 ;
31 – 35 10 – 11 ans
G = 300 ml G = 300 ml G = 300 ml
Q = 2,4 ml ; Q = 1,2ml ; Q = 0 ;
36 – 40 11 – 13 ans
G = 300 ml G = 300 ml G = 325 ml
Q = 2,8 ml ; Q = 1,4 ml ; Q = 0 ;
41 – 45 13 – 14 ans
G = 300 ml G = 300 ml G = 350 ml
Q = 3,2 ml ; Q = 1,6 ml ; Q = 0 ;
46 – 50 14 – 15 ans
G = 350 ml G = 350 ml G = 375 ml
Q = 3,4 ml ; Q = 1,7 ml ; Q = 0 ;
51 – 55 15 – 16 ans
G = 400 ml G = 400 ml G = 400 ml
Q = 3,8 ml ; Q = 1,9 ml ; Q = 0 ;
56 – 60 ≥ 16 ans
G = 400 ml G = 400 ml G = 450 ml
Q = 3,9 ml ; G Q = 1,95 ml ; Q = 0 ;
> 60 ≥ 16 ans
= 450 ml G = 450 ml G = 450 ml

* Si on dispose d’un pèse-personne, il est préférable d’utiliser


le poids qui est le plus précis, et non l’âge
A partir du 3ème jour, si le malade reste comateux, réduire
la quantité totale de perfusions et gaver le malade par sonde
naso-gastrique pour lui apporter des calories.

LES QUANTITÉS DE SOLUTÉ SONT DONNÉES À


TITRE INDICATIF.
IL APPARTIENT AU PRESCRIPTEUR DE MODIFIER
CES QUANTITÉS OU DE PRESCRIRE D’AUTRES
SOLUTÉS EN FONCTION DE L’ÉTAT CLINIQUE DU
MALADE.

144 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Annexe 12: LE NOMBRE DE GOUTTES PAR
MINUTE A FAIRE PASSER DANS UNE
PERFUSION SUIVANT LA QUANTITE DE
LIQUIDE
5 à 10 ml/Kg/4heures (Quantité maximale 500ml
par perfusion de quinine)

QUANTITE DE LIQUIDE NOMBRE DE GOUTTES


A PASSER en 4 HEURES PAR MINUTE
50 ml 4
75 ml 7
100 ml 9
150 ml 13
200 ml 17
250 ml 21
500 ml 42

Calcul de la dose à administrer


82 mg/ml= Poids x Dose (mg/kg)/ Quantité à prélever par
dose
Dilution de la quinine
a) 1 ampoule de 600mg/2ml à 82% de quinine base + 4 ml
d’eau stérile c’est à dire 600 mg/ 6ml soit 100 mg de sel
par ml ou 82 mg de quinine base par ml
b) 1 ampoule de 600 mg/2ml à 82,6% de quinine base + 4 ml
d’eau stérile soit 600 mg de sels/6ml ou 82,6 mg de quinine
base par ml
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 145
Annexe 13: CORRESPONDANCE SEL/BASE
DES PRINCIPAUX
ANTIPALUDIQUES HOMOLOGUES

QUININE SEL BASE


Sulfate de quinine cp 362 mg 300 mg
Disulfate de quinine cp 508 mg 300 mg
Chlorhydrate de quinine cp 500 mg 408,5 mg (81,7 %)
(Quinine Lafran*, …) 300 mg (74 %)
405 mg
Dichlorhydrate de quinine cp 82% soit 492
Dicholrydrate de quinine inj. 600 mg/2 ml
600 mg/2ml mg/2ml
Quinine hydrochloride inj.
82% soit
Quinine sulfate inj. 600 mg/2ml
492mg/2ml
Gluconate de quinine, amp 100 mg
(Quinimax*) 82,6% soit 495,6
mg/2ml
100 mg (100 %)
COMBINAISONS THE-
RAPEUTIQUES A BASE
D’ARTEMISININE HO-
MOLOGUEES ET RECOM-
MANDEES
Artésunate + amodiaquine 25mg/67.5mg
25mg/67.5mg
(Coarsucam*, Asaq*,etc) 50mg/135mg
Artéméther + Luméfantrine 100mg/270mg 50mg/135mg
(Coartem*,Artefan*) 20mg/ 120mg 100mg/270mg
20mg/ 120mg
ARTEMETHER INJEC- (20mg,40mg,
TABLE 80mg)
/ml (20mg, 40mg,
80mg)/ml
ARTÉSUNATE INJEC-
60mg/ml
TABLE
60mg/ml

146 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Annexe 14: ROLE ET RESPONSABLES DES
ACTEURS DE LA CHAINE LOGISTIQUE DES
INTRANTS ANTIPALUDIQUES :

a) Niveau central :
Niveau Central
Rôle dans
Gestion des le stockage
Acteur Rôle dans le SIGL
commandes et la distri-
bution
GTC-PN- - Centraliser et analyser les - Rassembler - Elaborer
LP/ Unité informations relatives à la les besoins les plans
de Ges- chaîne d’approvisionnement. exprimés par les de distri-
tion des - En faire un point hebdoma- programmes de bution et
Produits daire au chef de section et à la santé. suivre leur
Pharma- hiérarchie - Déterminer les exécution.
ceutique
- Contribuer au renforcement gaps en matière - Participer
des compétences techniques d’approvision- à la réali-
des acteurs du SIGL à tous les nement et expri- sation des
niveaux du système. mer les besoins inventaires
en ressources à la CE-
- Faciliter la communication
supplémen- NAME
entre les différents acteurs
taires.
et les différents niveaux du
système. - Partager les
besoins conso-
- Assurer la rétro- infor-
lidés et valorisés
mation trimestrielle à tous
avec tous les ac-
les niveaux de la pyramide
teurs dans le but
sanitaire.
d’élaborer des
- Assurer le suivi des opéra- plans d’approvi-
tions et des indicateurs de sionnement par
routine pour mesurer la niveau.
performance du système
logistique et évaluer la chaîne
d’approvisionnement et l’état
des stocks.
- Assurer le suivi des clauses
de contrats pour la gestion
des intrants et le payement
des factures à temps

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 147


GTC-PN- - Centraliser et analyser les - Rassembler - Elaborer
LP/ Unité informations relatives à la les besoins les plans
Chimio- chaîne d’approvisionnement exprimés par les de distri-
prévention pour les MILDA, SP et SPAQ programmes de bution et
En faire un point hebdoma- santé. suivre leur
daire au chef de section et à la - Déterminer les exécution.
hiérarchie gaps en matière
- Partici-
d’approvision-
- Contribuer au renforcement per à la
nement et expri-
des compétences techniques réalisation
mer les besoins
des acteurs du SIGL à tous les des inven-
en ressources
niveaux du système. taires à la
supplémen-
- Faciliter la communication CENAME
taires.
entre les différents acteurs pour les
- Partager les
et les différents niveaux du MILDA,
besoins consoli-
système. la SP et la
dés et valorisés
SPAQ.
- Assurer la rétro- infor- avec tous les ac-
mation trimestrielle à tous teurs dans le but
les niveaux de la pyramide d’élaborer des
sanitaire. plans d’approvi-
- Assurer le suivi des opéra- sionnement par
tions et des indicateurs de niveau.
routine pour mesurer la
performance du système
logistique et évaluer la chaîne
d’approvisionnement et l’état
des stocks.
- Assurer le suivi des clauses
de contrats pour la gestion
des intrants et le payement
des factures à temps
GTC-PN- Coordonner l’action des
LP/ Sec- partenaires du PNLP impli-
tion Prise qués dans la lutte contre le pa-
en charge ludisme et notamment en ce
des cas qui concerne l’approvisionne-
ment et la gestion des intrants
Coordonner la retro informa-
tion trimestrielle fournies par
les chefs d’unité

148 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Superviser l’activité des
chefs d’unités PEC et chimi-
oprévention et leur apporter
une retro information
Superviser le renforcement
des compétences des ac-
teurs aux niveaux régional et
périphérique
Assurer le suivi de la dis-
ponibilité des intrants sur la
base des rapports fournis par
les pharmaciens et données
de suivi évaluation
Valider les propositions faites
par les chefs d’unités et parte-
naires
GTC-PN- Suivre et faciliter les
LP/ Unité procédures de marché en ce
passation qui concerne l’acquisition des
des mar- intrants
chés Assurer le payement des coûts
DAP et autres frais relatifs à la
gestion des intrants
Respon- - Transmettre les données de - Exécuter les com- - Orga-
sable de la stocks (Quantités en début de mandes des FRPS niser des
CENAME mois, quantités reçus, quan- et des Hôpitaux inventaires
de  1ère et 2ème ca-
tités distribuées, quantités tégorie en respec- mensuels
restantes, température des tant les délais ; et trans-
magasins etc…) ; - Participer à la mettre le
quantification des PV signé
- Transmettre les données intrants
d’inventaire ; de l’inven-
- Participer à l’éla-
boration des plans taire au
d’approvisionne- PNLP ;
ment ; - Organiser
- Assurer le Suivi
des niveaux de
les séances
stock de récep-
- Traiter les tion des
commandes intrants.
d’urgences des
produits des
structures sani-
taires
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 149
R e s p o n - - Centraliser et analyser les - Apposer les
sable de la informations relatives à la visas d’entrée
DPML chaîne d’approvisionne- des intrants au
ment ; niveau du port ;
- Participer à la
quantification
des intrants ;
- Participer à
l’élaboration des
plans d’approvi-
sionnement ;
Niveau régional
DRSP/ Pf - Collecte et l’analyse des don- - Approvision- - Partici-
GAS nées logistiques des intrants nement des per aux
antipaludiques ; FOSA à risque inventaires
de rupture dans mensuels
- Elaborer le rapport mensuel
les délais ; au FRPS ;
- Transmettre mensuellement - Participer à
des données des intrants au - Veiller au
la commission
niveau central (GTC, DPML) bon entre-
de réception
des intrants posage des
- Faciliter la communication
antipaludiques intrants
entre les différents acteurs
au niveau du antipalu-
et les différents niveaux du
FRPS ; diques ;
système.
- Participer au - Effectuer
- Assurer la rétro- information
contrôle des le suivi des
trimestrielle à tous les niveaux factures pour les niveaux de
de la pyramide sanitaire. frais de gestion stock
Les res- - Collecte et l’analyse des - Approvisionne- - Partici-
ponsables données logistiques des in- ment des FOSA à per aux
du GTRLP trants antipaludiques ; risque de rupture inventaires
- Transmettre mensuellement dans les délais ; mensuels
des données des intrants au Participer à la au FRPS ;
niveau central (GTC, DPML) commission de
- Veiller au
- Faciliter la communication réception des
intrants antipalu- bon entre-
entre les différents acteurs posage des
et les différents niveaux du diques au niveau
du FRPS ; intrants
système.
- Participer au antipalu-
- Assurer la rétro- infor- diques ;
mation trimestrielle à tous contrôle des
les niveaux de la pyramide factures pour les
sanitaire. frais de gestion

150 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


ANNEXE 15 : CRITERES DE CHOIX ET DE CLASSIFICATION DES ACT UTI-
LISEES POUR LA PEC DU PALUDISME SIMPLE AU CAMEROUN
1. ACT A USAGE DANS LES FOSA
  AL ASAQ DHAP ASPY Commentaires
COUT 1,704 0,498 0,88 1,1453  
Les données disponibles montrent que ces mé-
Desirable Effects (LONG
4 4 4 4 dicaments ont eu une efficacité acceptable entre
TERM EFFICACY)
2006 et 2016.
ASAQ n’est pas indiqué pour les PVVIH, et pa-
tients avec des hépatites chroniques. DHAP est
Undesirable Effects (SIDE
contre-indiqué chez les patients avec déficit pon-
EFFECTS AND CONTRA-
3 1 3 2 déral, surpoids ; de même sa consommation avec
INDICATIONS IN SPECIAL
les aliments gras présente un risque accru de
POPULATIONS)
troubles du rythme cardiaque. Pas assez de recul
pour se prononcer sur ASPY
Certainty of evidence (NUM- Nombre élevé d’études sur AL, ASAQ, DHAP.
BER OF AVAILABLE STUD- 4 4 4 2 Nombre comparativement réduit d’études sur
IES) ASPY
Les prestataires préfèrent l’AL. Une forte tendance
à prescrire le DHAP a été observée dans le sec-
teur privé. Par contre, de nombreuses réticences à
Values (PERCEPTION BY
4 2 3 1 la prescription d’ASAQ ont été rapportées. Nous

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


POPULATION)
n’avons pas assez d’informations sur l’utilisation
d’ASPY dans la population générale et même au
sein des prescripteurs.

151
Il ressort des discussions que les prescripteurs et

152
les populations pensent que les effets indésirables
d’ASAQ supplantent le bénéfice de son utilisa-
Balance of effects 4 2 3 2
tion. La non-utilisation à large échelle de l’ASPY à
ce jour ne nous donne pas un recul suffisant pour
nous prononcer sur ce médicament.
Les coûts communiqués par le Fonds Mondial dé-
Resources required (COST
1 4 3 2 montrent que AL est le médicament le plus cher,
OF ONE TREATMENT)
suivi de ASPY, DHAP et enfin ASAQ.
AL est indiqué pour toutes les régions. ASAQ ne
Equity (COVERAGE FOR peut être utilisé chez les moins de cinq ans un
4 3 3 2
ALL POPULATIONS) mois avant et après la CPS. Pas assez information
pour ASPY
Le fait d’avoir à prendre deux doses d’AL par jour
rend son utilisation plus difficile que celle des
EASE OF USE (ADAPTED autres médicaments. Il en est de même de l’obli-
2 3 3 4
GENERIC FORMS) gation de le prendre avec un repas gras. ASPY
venant sous forme de poudre rend son utilisation
facile.
AL et DHAP sont très largement prescrits dans les
Acceptability (PRESCRI-
4 2 4 2 FOSA, contrairement à ASAQ. Pas assez de recul
BERS AND PATIENT)
pour se prononcer sur ASPY
Utiliser DHAP et ASPY dans les six prochains
Feasibility (EASE OF AP-
mois va demander des activités préalables de for-
PLICATION WITHIN 6 4 4 3 2
mation des prestataires. Cette exigence ne s’im-
MONTHS)
pose pas dans le cas de l’ASAQ et AL.

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Total 34 29 33 23
RANK 1st 3rd 2nd 4th  
2. CLASSIFICATION DES ACT A L’USAGE DES RE-
GIONS DU NORD ET EXTREME-NORD
  AL DHAP ASPY Commentaires
Desirable Effects (LONG Les données disponibles montrent que ces médicaments
TERM EFFICACY) 4 4 4 ont eu une efficacité acceptable entre 2006 et 2016.
ASAQ n’est pas indiqué pour les PVVIH, et patients avec
Undesirable Effects (SIDE EF- des hépatites chroniques. DHAP est contre-indiqué chez
FECTS AND CONTRAINDI- les patients avec déficit pondéral, surpoids ; de même sa
CATIONS IN SPECIAL POPU- consommation avec les aliments gras présente un risque
LATIONS) accru de troubles du rythme cardiaque. Pas assez de recul
3 3 2 pour se prononcer sur ASPY
Certainty of evidence (NUMBER Nombre élevé d’études sur AL, ASAQ, DHAP. Nombre
OF AVAILABLE STUDIES) 4 4 2 comparativement réduit d’études sur ASPY
Les prestataires préfèrent l’AL. Une forte tendance à
prescrire le DHAP a été observée dans le secteur privé.
Values (PERCEPTION BY PO- Par contre, de nombreuses réticences à la prescription de
PULATION) l’ASAQ ont été rapportées. Nous n’avons pas assez d’in-
formations sur l’utilisation de l’ASPY dans la population
4 3 1 générale et même au sein des prescripteurs.
Il ressort des discussions que les prescripteurs et les po-
pulations pensent que les effets indésirables d’ASAQ sup-
Balance of effects plantent le bénéfice de son utilisation. La non-utilisation

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


à large échelle de l’ASPY à ce jour ne nous donne pas un
4 3 2 recul suffisant pour nous prononcer sur ce médicament.

153
154
Les coûts communiqués par le Fonds Mondial démontrent
Resources required (COST OF
que AL est le médicament le plus cher, suivi de ASPY,
ONE TREATMENT)
1 3 2 DHAP et enfin ASAQ.
AL est indiqué pour toutes les régions. ASAQ ne peut être
Equity (COVERAGE FOR ALL
utilisé chez les moins de cinq ans un mois avant et après la
POPULATIONS)
4 3 2 CPS. Pas assez d’information pour ASPY
Le fait d’avoir à prendre deux doses de l’ AL par jour rend
son utilisation plus difficile que celle des autres médica-
EASE OF USE (ADAPTED GE-
ments. Il en est de même de l’obligation de le prendre avec
NERIC FORMS)
un repas gras. ASPY venant sous forme de poudre rend
2 3 4 son utilisation facile.
AL et DHAP sont très largement prescrits dans les FOSA,
Acceptability (PRESCRIBERS
contrairement à ASAQ. Pas assez de recul pour se pronon-
AND PATIENT)
4 4 2 cer sur ASPY
Utiliser DHAP et ASPY dans les six prochains mois va
Feasibility (EASE OF AP-
demander des activités préalables de formation des pres-
PLICATION WITHIN 6
tataires. Cette exigence ne s’impose pas dans le cas de l’
MONTHS)
4 3 2 ASAQ et AL.
Total 34 33 23  
Rank 1st 2nd 3th  

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


3. CLASSIFICATION DES ACT A L’USAGE DES ASC
  AL ASAQ DHAP ASPY Comments
Les données disponibles montrent que ces médi-
Desirable Effects (LONG
caments ont eu une efficacité acceptable entre 2006
TERM EFFICACY)
4 4 4 4 et 2016.
ASAQ n’est pas indiqué pour les PVVIH, et pa-
tients avec des hépatites chroniques. DHAP est
Undesirable Effects (SIDE contre-indiqué chez les patients avec déficit pon-
EFFECTS AND CONTRA- déral, surpoids ; de même sa consommation avec
INDICATIONS IN SPECIAL les aliments gras présente u
POPULATIONS)
n risque accrue de troubles du rythme cardiaque.
3 2 3 2 Pas assez de recul pour se prononcer sur ASPY
Certainty of evidence (NUM- Nombre élevé d’études sur AL, ASAQ, DHAP.
BER OF AVAILABLE STUD- Nombre comparativement réduit d’études sur
IES) 4 4 4 2 ASPY
Nous n’avons pas relevé des réticences à prescrire
Values (PERCEPTION BY l’ASAQ chez les ASC. Nous n’avons pas assez
POPULATION) d’informations sur l’utilisation d’ASPY dans la po-
4 4 2 2 pulation générale et chez les ASC.

Balance of effects Les ASC n’ont pas rapporté d’effets indésirables


4 4 2 2 qui limiteraient son utilisation de l’ASAQ.
Les coûts communiqués par le Fonds Mondial dé-
Resources required (COST
montrent que AL est le médicament le plus cher,

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


OF ONE TREATMENT)
1 4 3 2 suivi de ASPY, DHAP et enfin ASAQ.

155
156
AL est indiqué pour toutes les régions. ASAQ ne
Equity (COVERAGE FOR
peut être utilisé chez les moins de cinq ans un mois
ALL POPULATIONS)
4 3 4 4 avant et après la CPS.
Le fait d’avoir à prendre deux doses de AL par jour
rendrait difficiles d’une part l’explication de la po-
EASE OF USE (ADAPTED
sologie par l’ASC et d’autre part son utilisation par
GENERIC FORMS)
les malades. ASPY venant sous forme de poudre
1 4 4 3 est exposé à des contaminations en communauté.
Acceptability (PRESCRIBERS Les communautés ont manifesté leur satisfaction à
AND PATIENT) 2 4 4 3 l’utilisation d’ASAQ prescrit par les ASC.
Feasibility (EASE OF AP- La prescription d’ASPY et DHAPQ par les ASC a
PLICATION WITHIN 6 comme préalable une cascade de formations qui
MONTHS) 4 4 2 2 s’étalerait probablement sur plus de 6 mois.
Total 31 37 32 26  
RANK 3rd 1st 2nd 4th

Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante


Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 157
158 Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante
Guide de Prise en Charge du Paludisme au Cameroun à l’usage du Personnel de Sante 159