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Electronique de puissance avancée

Book · October 2017

CITATIONS

1 author:

Chebabhi Ali
Université Mohamed El Bachir El Ibrahimi de Bordj Bou Arréridj
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SEE PROFILE

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Harmonics elimination in HVDC converters View project

Harmonics elimination and reactive power control compensation of electrical network based on
multilevel inverters and advanced controls View project

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République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université de Mohamed Elbachir El-Ibrahimi de Bourdj Bou Arriridj


Faculté des Sciences et de la Technologie
Département d'Electromécanique

Cours
Electronique de puissance avancée
1ère Année Master

En Électromécanique

Préparé et enseigné par :

Dr. CHEBABHI Ali

chebabhiali@gmail.com
AVANT–PROPOS
Ce document est un support de cours d'électronique de puissance avancée destiné aux
ère
étudiants de la 1 année Master en Électromécanique de la Filière Électromécanique, qui
désirent approfondir leurs connaissances dans la matière. Ce document vise particulièrement à
accompagner le travail personnel de l’étudiant et de rendre le travail de l’enseignant plus
efficient. Le but recherché derrière ce cours est de simplifier les idées essentielles contenues
dans ce cours et de les rendre didactique plus simples. En conséquence, l'accent sera mis sur
les explications physiques, les démonstrations, et les exemples lorsqu'ils seront indispensables
à la bonne compréhension des étudiants.
Dans le cadre de ce cours, nous nous intéressons principalement à la présentation du
contenu de la matière d'électronique de puissance avancée en conformité avec le programme
officiel. Le programme est structuré sous forme de cinq chapitres; ces chapitres permettent
d'introduire de façon simple les principaux concepts de l'électronique de puissance avancés.
Le premier chapitre de ce cours sera consacré à l’étude des quatre types principaux des
hacheurs, les hacheurs non réversibles série et parallèle, les hacheurs réversibles en courant,
en tension, et en courant et en tension.
Le deuxième chapitre sera dédié à l’étude des techniques de génération des signaux de
contrôle des convertisseurs statiques, la hystérésis, la pleine onde, la modulation de largeur
d’impulsion calculée (MLI calculée), la modulation de largeur d’impulsion triangulo-
sinusoïdale (MLI), et la modulation de largeur d’impulsion vectorielle (Space Vector
Modulation: SVM).
Dans le troisième chapitre, nous présenterons la définition des perturbations dans le réseau
électrique, les principales charges émettrices des courants harmoniques et leurs effets sur le
réseau électrique, les normes concernant les perturbations harmoniques, ainsi que les solutions
traditionnelles et modernes proposées pour la réduction de ces harmoniques.
Dans le quatrième chapitre, nous représenteront et étudierons les nouvelles topologies des
convertisseurs statiques, les convertisseurs multiniveaux (convertisseur à diodes flottantes clampé
par le neutre (NPC), convertisseurs multicellulaires série dit aussi convertisseur multiniveaux à
capacités flottantes) et les convertisseurs matriciels.
Le cinquième chapitre sera consacré à l’utilisation des convertisseurs statiques dans les
systèmes électriques comme les variateurs de vitesse d’un entraînement électrique, les la
compensateurs de l’énergie réactive, et le filtrage actif des harmoniques des réseaux
électriques.
A la fin de ce document, des références bibliographiques permettant un approfondissement
général sur le thème de l’électronique de puissance avancée.
J’espère que ce cours sera apprécié par les étudiants ainsi que mes collègues et je serais
très heureux de recevoir avec reconnaissance leurs remarques, critiques et suggestions.

Dr : CHEBABHI Ali
SOMMAIRE
Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)
I.1 INTRODUCTION 1
I.2 LES CONVERTISSEURS CONTINU-CONTINU NON ISOLES (LES HACHEURS) 1
I.2.1 Les hacheurs non réversibles 1
I.2.1.1 Hacheur non réversible série (abaisseur, dévolteur ou Buck) 2
I.2.1.1.1 Analyse de fonctionnement 2
Exercice 10
I.2.1.2 Hacheur non réversible parallèle survolteur (élévateur ou boost). 11
I.2.1.2.1 Analyse de fonctionnement 11
I.2.2 Les hacheurs réversibles 19
I.2.2.1 Hacheur réversible en courant 19
I.2.2.1.1 Analyse de fonctionnement 19
Exercice 24
I.2.2.2 Hacheur réversible en tension 2 quadrants 25
I.2.2.2.1 Analyse de fonctionnement 25
I.2.2.3 Hacheur 4 quadrants réversible en tension et en courant 29
I.2.2.3.1 Analyse de fonctionnement 29
Exercice 32
Chapitre 2 Techniques de commande des convertisseurs statiques
II.1 INTRODUCTION 34
II.2 Convertisseur de tension à deux niveaux (Onduleur) : structure, modalisation et 34
commandes
II.3 Techniques de génération des signaux de contrôle 38
II.3.1 Générations des signaux de contrôle par hystérésis 38
II.3.2 Générations des signaux de contrôle par la méthode pleine onde 38
II.3.3 Générations des signaux de contrôle par MLI calculé 41
II.3.4 Générations des signaux de contrôle par MLI Sinus-Triangle 44
II.3.5 Générations des signaux de contrôle par MLI vectorielle 47
Chapitre 3 Qualité d’énergie des convertisseurs statiques
III.1 INTRODUCTION 51
III.2 LES CHARGES LINEAIRES ET NON-LINEAIRES 51
III.3 PERTURBATIONS HARMONIQUES DANS LES RESEAUX ELECTRIQUES 51
III.3.1 Les harmoniques 51
III.3.1.1 Principales origines des harmoniques 52
III.3.1.2 Caractérisation des harmoniques 53
III.3.1.3 Effets des harmoniques sur le réseau électrique 55
III.3.1.4 Normes concernant les perturbations harmoniques 56
III.3.1.5 Solutions de dépollution des réseaux électriques 58
Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs
IV.1 INTRODUCTION 63
IV.2 CONVERTISSEURS MULTINIVEAUX 63
IV.2.1 Topologies des convertisseurs multiniveaux 63
IV.2.1.1 Le convertisseur à diodes flottantes 64
IV.2.1.2 Convertisseurs multicellulaires série ou à cellules imbriquées 64
IV.2.1.3 Convertisseur en cascade (à sources séparées ou en pont H) 65
IV.2.2 L’onduleur à trois niveaux à diodes flottantes NPC 66
IV.2.3 Convertisseurs multicellulaires série ou à cellules imbriquées FCMC (Flying 73
Capacitor Multilevel Converters)
IV.3 Les convertisseurs matriciels sans stockages (variateur de vitesse sans stockages des 86
machines alternatifs)
Chapitre 5 Applications des convertisseurs statiques
V.1 INTRODUCTION 97
V.2 VARIATEURS DE VITESSE 97
V.3 FILTRES ACTIFS (FA) ET CONTROLE COMPENSATION DE LA PUISSANCE 101
REACTIVE
Références bibliographiques 112
Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés


(Les hacheurs)

I.1 INTRODUCTION
Le convertisseur continu-continu est un convertisseur statique capable de transiter l’énergie
électrique d’une source continue vers une autre source continue avec un rendement presque égale à
l’unité. Il a pour fonction de fournir une tension ou un courant continu de valeur moyenne réglable à
partir d'une tension ou un courant continu fixe. La tension ou le courant continu fixe peut être une
batterie d'accumulateurs, un redresseur à diodes connecté à un réseau alternatif, une alimentation
stabilisée, etc.
Les représentations symboliques couramment utilisées pour schématiser un convertisseur DC/DC
sont données par la figure I.1.

Conversion courant tension Conversion tension courant


Fig. I.1. Représentations symboliques d'un convertisseur DC/DC

Selon la connexion entre les deux sources continues, nous distinguons deux types de
convertisseurs continu-continu. Ceux dont les deux sources sont non isolés, appelés hacheurs, et ceux
qui comportent une isolation galvanique réalisée par un transformateur, appelés alimentations à
découpage. Dans ce chapitre, nous allons étudier que les hacheurs.

I.2 LES CONVERTISSEURS CONTINU-CONTINU NON ISOLES (LES


HACHEURS)
Selon l’application de ces hacheurs ou le sens de transfert de l’énergie par ces hacheurs, nous
distinguons deux types des hacheurs. Lorsque le transfert de l’énergie a un seul sens, on parle des
hacheurs non réversibles. Lorsque le transfert de l’énergie est dans les deux sens, on parle alors des
hacheurs réversibles. L’application principale des hacheurs est la variation de vitesse des machines à
courant continu.

I.2.1. Les hacheurs non réversibles


Les hacheurs non réversibles sont des convertisseurs statiques réalisés par des interrupteurs
électroniques non réversibles en courant et en tension (unidirectionnels en courant et en tension).
Selon la valeur de la tension moyenne au niveau des deux sources et la position des interrupteurs
constituant le convertisseur, nous distinguons deux structures des hacheurs non réversibles. Lorsque la
valeur moyenne de la tension de sortie est inférieure à celle de l'entrée, on parle de hacheur non
réversible série (l’interrupteur commandable est en série avec la source d'entrée). Lorsque la valeur
moyenne de la tension de sortie est supérieure à celle de l'entrée, on parle de hacheur non réversible
parallèle (l’interrupteur commandable est en parallèle avec la source d'entrée).

Dr : Chebabhi Ali. Cours électronique de puissance avancée Université de BBA 1


Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

La valeur de la tension moyenne est calculée à partir de la tension de la source d'entrée et la durée
de fonctionnement du hacheur liée au rapport cyclique α. Le rapport cyclique α est défini comme étant
le rapport entre la durée de conduction de l’interrupteur TON et la période de hachage ou de
commutation T de celui-ci :

I.2.1.1 Hacheur non réversible série (abaisseur, dévolteur ou Buck)

Le hacheur série permet la commande de débit d’une source de tension et un récepteur de courant.
La structure du hacheur série non réversible peut être réalisée à partir du système qui est décrit sur la
figure I.2.

Fig. I.2. Hacheur série


Le hacheur série présente deux interrupteurs, dont l’un est commandé à l’amorçage et au blocage
alors que l’autre est une simple diode de puissance. La structure présentée n’est réversible ni en
courant, ni en tension. Pour commencer, la charge (récepteur) adoptée est un moteur à courant continu
(charge active R, L et E).
L’inductance L est dans le rôle de limiter l'ondulation de courant dans la machine.
La diode D de roue libre assure la protection du transistor K et participe au lissage du courant
dans le moteur en assurant la continuité du courant de l’inductance.
I.2.1.1.1 Analyse de fonctionnement
Selon la valeur du courant de sortie (le débit dans la bobine) ou la valeur du rapport cyclique, nous
allons distinguer deux cas de la conduction: la conduction continue (courant non interrompu) et la
conduction discontinue (courant interrompu).
La conduction continue est caractérisée par le fait que le courant dans l'inductance ne s'annule
jamais, même avec la présence d'ondulation due au découpage. Dans ce cas, le courant de sortie est
suffisamment fort et α est supérieur à αlim donné par:
()

Avec la constante de temps électrique.


La conduction discontinue: dans ce cas, le courant moyen de sortie est bien entendu positif, mais, en
raison de sa faible valeur moyenne, l'ondulation du courant dans l'inductance peut amener ce dernier à
s'annuler. Or, les interrupteurs étant unidirectionnels, le courant ne peut changer de signe et reste à 0.
Dans ce régime α est inférieur à αlim.
I.2.1.1.1.1 Conduction continue (α supérieur à αlim)
Dans ce cas, le courant est suffisant et ne s’annule jamais, la conduction est continue (non
interrompue) tout au long de la période T et elle se décompose en deux phases:
0 <t < αT, K fermé (passant), D bloquée, phase active, Fig. I.3-a.
αT< t < T, K ouvert (bloqué), D passante, phase de roue libre, Fig. I.3-b.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

-a- -b-
Fig. I.3. Fonctionnement d’un hacheur série pendant ses deux phases

Phase active : l’interrupteur K relie directement la source avec le récepteur, Fig. I.3-a.
0 <t < αT, K fermé (passant), D bloquée.
Pendant cet intervalle, le courant iD est nul, et le courant ie et is sont identiques.
La tension vk est nulle.
La tension vD= -U.
La tension de sortie est égale la tension de source vs=U.
 Courant dans la bobine
La loi des mailles donne par ailleurs:

L’équation différentielle définissant le courant et la tension aux bornes de l’inductance dans ce cas
est donnée par:

C’est un régime transitoire du 1er ordre, dont on peut mettre l’équation sous sa forme canonique

La résolution de cette équation différentielle permet de donné l'expression qui représente


l’évolution du courant de sortie.
L'expression du courant is est donc:

Avec imin le courant dans l’inductance à instants t=0.


Pendant cet intervalle, le courant is croit de imin jusqu’à imax et l’énergie magnétique stockée dans
l’inductance (0,5Lis2) augmente.
Calcul de
A instants t=αT, le courant is= , donc le courant est donné par:
(1)
Phase de roue libre: la diode de roue libre court-circuite le récepteur, Fig. I.3-b.
αT<t < T, K ouvert (bloquée), D passante.
Pendant cet intervalle, le courant ie est nul et les courants iD, is sont identiques
La tension vk=U.
La tension vD=0.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

La tension de sortie est nulle vs=0.


 Courant dans la bobine
La loi des mailles donne par ailleurs:

L’équation différentielle définissant le courant dans ce cas est donnée par:

A l’instant t=αT, le courant is est égale à imax, donc le courant is est donné par :

Pendant cet intervalle, le courant is décroit et l’inductance se décharge.


 Calcul de

A instants t=T, le courant is=imin, donc le courant imin est donné par :
(2)

 Chronogrammes des tensions et des courants en conduction continue


La figure I.4 illustre les allures de la tension d’entrée Ue(t), de la tension de sortie vs (t), de la
tension aux bornes d’inductance vl(t), du courant d’entrée ie(t), du courant de sortie is(t), et du courant
traversent la diode id(t).

Fig. I.4 Chronogrammes des tensions et des courants en conduction continue

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

 Ondulation du courant dans la bobine

Dans l’étude des hacheurs, il est important d’apprécier l’ondulation du courant.

Durant la conduction est continue, le courant dans la bobine oscille entre imin et imax, ce qui en
résulte une ondulation absolue de valeur:

 Calcul des courants imin et imax

Pour calculer les courants imin et imax, nous utilisons la continuité de is à t=αT et la périodicité de is
(is(t = 0) = is(t = T)).

Par la résolution du système d'équations (1) et (2) on obtient.

L’ondulation du courant est donnée par:

En pratique, la période de fonctionnement T du hacheur est très petite devant la constante de temps
τ (fréquence de hachage élevée). Ce qui rend le rapport très petit.
Quand et sachant que , il vient:

; ;

L’ondulation du courant est maximale pour α = 1/2 et nulle lorsque vaut 0 ou


1. Cette ondulation diminue lorsque la valeur de l’inductance L augmente ou la période de
commutation T diminue c.à.d. la fréquence de commutation f augmente.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

L’ondulation maximale est donné par :


 Valeurs moyennes de vs, vD et is
 les valeurs moyennes Vs et VD

La loi des mailles donne par ailleurs:


vs= - vD
La valeur moyenne de la tension de sortie est calculée par:

Lorsque
Ce qui donne:

Alors
et
Lorsque , la valeur moyenne de la tension de sortie peut-être régler dans , donc le
montage est abaisseur de tension ou dévolteur c.-à-d. la puissance circule toujours de la source qui
possède une tension supérieure vers la source qui possède une tension inférieure.
 la valeur moyenne Is
La loi des mailles donne par ailleurs:

La valeur moyenne d’une somme est la somme des valeurs moyennes et que la moyenne d’un
constant est égal à cette constante.

La valeur moyenne de la tension aux bornes d’une bobine étant toujours nulle en régime
périodique. On obtient donc la valeur moyenne de is comme:

A partir de cette égalité, on peut calculer facilement et lorsque

Donc

 Calcule de la puissance transmise

Dans notre document on considère que les interrupteurs sont idéaux c.-à-d. la puissance de sortie
peut être considérée égale à la puissance d’entrée. En continu et pour une tension de source
parfaitement constant, la relation de la puissance est donné par.
p = Vs .Is= U .Ie

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

I.2.1.1.1.2 Conduction discontinue (α inférieur à αlim)

Lorsque la fréquence f du hacheur est très petit ou bien l’inductance L à une valeur très faible, le
rapport T/τ n’est pas négligeable. Dans ce cas, le courant est faible et s’annule pendant un intervalle
[βT, T], la conduction est discontinue (interrompue) et elle se décompose en trois phases :
0 <t < αT, K fermé (passant), D bloquée, phase active.
αT<t <βT, K ouvert (bloqué), D passante, phase de roue libre.
βT<t < T, K ouvert (bloqué), D bloquée, phase de repos.
Phase active
0 <t < αT, K fermé (passant), D bloquée.
Pendant cet intervalle, le courant iD est nul et les courants ie et is sont identiques.
La tension vk est nulle.
La tension vD=-U.
La tension de sortie est égale la tension de source vs=U>0.
 Courant dans la bobine

La loi des mailles donne par ailleurs:

L’équation différentielle définissant le courant dans ce cas est donnée par:


,
C’est un régime transitoire du 1 ordre, dont on peut mettre l’équation sous sa forme canonique
er

A l’instant t=0, le courant is est égale 0 et la solution est comme suit:

Le courant imax est calculé à t=αT, tel que is=imax

En utilisant l'approximation on obtient:

Le courant is croit pendant cet intervalle et l’énergie magnétique stockée dans l’inductance
(0,5Lis2) augmente.
Phase de roue libre
αT<t < βT, K ouvert (bloqué), D passante.
Pendant cet intervalle, le courant ie est nul et les courants iD, is sont identiques.
La tension vk = -U.
La tension vD=0.
La tension de sortie est nulle vs=0.
 Courant dans la bobine
La loi des mailles donne par ailleurs:

L’équation différentielle définissant le courant dans ce cas est donnée par:

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

L'expression du courant est:

A t=βT, is=0.

En utilisant l'approximation on obtient:

 Ondulation du courant dans la bobine


Dans une conduction discontinue, le courant dans la bobine ondule entre 0 et imax et son ondulation
donnée par:

 la valeur de β

Phase de repos
βT<t < T, K ouvert (bloqué), D bloquée. Dans cet intervalle la tension de sortie est égale le f.e.m E,
vs=E et le courant et la tension de l’inductance sont nuls iL=0, vL=0.
La tension vD=-E.
La tension vk=vD+U=U-E
 Valeurs moyennes de vs, vD et is
 les valeurs moyennes Vs et VD
En régime périodique, la tension moyenne aux bornes d'une inductance est nulle.
La loi des mailles donne par ailleurs:
vs = - vD

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Lorsque

Donc

 la valeur moyenne Is
La loi des mailles donne par ailleurs:

Lorsque la valeur moyenne d’une somme est la somme des valeurs moyennes et que la moyenne
d’un constant est égal à cette constante.

La valeur moyenne de la tension aux bornes d’une bobine étant toujours nulle en régime
périodique. On obtient donc la valeur moyenne de is comme:

 Chronogrammes des tensions et des courants en conduction discontinue


La figure I.5 représente les allures de la tension d’entrée Ue(t), de la tension de sortie vs (t), de la
tension aux bornes d’inductance vl(t), du courant d’entrée ie(t), du courant de sortie is(t), et du courant
traversent la diode id(t).

Fig I.5 Chronogrammes des tensions et des courants en conduction discontinue

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Exercice N°1 :
Soit un moteur à courant continu alimenté par un hacheur série comme indiqué sur la figure I.6.

Fig I.6 Fig I.7


Le moteur est caractérisé par une résistance d’induit: R=0,5Ω et une F.é.m. E=210V. La tension et le
courant nominal du moteur sont Un=230V, In=37 A. K est un interrupteur électronique commandé à
l’ouverture et à la fermeture. Tous les composants du hacheur seront supposés parfaits. K est ouvert
entre t = α.T et t = T. On appelle T période de hachage.
Partie1 : Conduction continu
1- Quel est le nom et le rôle de la diode D?
2. La tension us(t) prend l'allure représentée sur la figure I.7. A partir de cette figure, déterminer :
2-1 La tension U délivrée par la source de tension,
2-2 La fréquence f de fonctionnement du hacheur ainsi que le rapport cyclique α.
2-3 Redessiner le schéma du montage en remplaçant les composants K et D par des interrupteurs
ouverts ou fermés selon la phase de fonctionnement.
3- Montrer que la valeur moyenne de cette tension us(t) peut s’écrire de la forme Us = α.U. Calculer sa
valeur.
4- Déterminer la valeur moyenne du courant is(t) dans la charge.
5- Sachant que l’inductance de la bobine est très grande, tracé l’allure des courants is(t) et iD(t).
6- Exprimer us(t) en fonction de R, L et is (t) dans les deux phases de fonctionnement.
7- Exprimer is(t) en fonction de R, L et α dans les deux phases.
6-1 Calculer l'ondulation du courant is.
6-2 E étant fixée, pour une valeur donnée de Us, sur quel paramètre ou élément du hacheur peut-on
agir, et dans quel sens, pour réduire cette ondulation?
7- A quelle vitesse tourne le moteur lorsque la constante du flux kϕ=0.1?
8- Calculer le rapport cyclique lorsque la vitesse de rotation du moteur est 1000 tr/min, en supposant
que le courant is garde la même valeur moyenne que celle obtenue précédemment dans la question 4.
9- Quelle conversion réalise le hacheur série?
10- A partir de quel composant électronique peut-on réaliser l’interrupteur K ?
Partie2 : Conduction discontinu
11- Sachant que l’inductance de la bobine est faible, tracé les allures des courants is(t) et de iD(t).
12- Calculer l'ondulation du courant is. En déduire la valeur de L lorsque le courant s’annule à t=1.2α.
13- Calculer la vitesse de rotation du moteur.
Partie 3 : Cas d'une charge passive
14- Lorsque le même hacheur avec les mêmes paramètres de la 1ere partie alimente une charge passif
de type RL.
14-1 Déterminer les valeurs moyennes de tension us(t) et du courant is(t) dans la charge.
14-2 Calculer l'ondulation du courant is.
14-3 Tracé l’allure des courants is(t) et de iD(t).
14-4 Sur le même chronogramme, tracé les allures des tensions us(t) et de vL(t).

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Partie 4 : Simulation d’un hacheur série


15- Réaliser l’exercice par l’utilisation des blocs Sim power system de Matlab/Simulink pour tous les
cas précédents.
Exercice N°2 :
Soit un moteur à courant continu alimenté par un hacheur série comme indiqué sur la figure.

K is
ie ik
vk R
U vD D vs L
iD E

Le moteur est caractérisé par une résistance d’induit: R=1Ω et une F.é.m. E=145V. La tension U
délivrée par la source de tension est U=220V. La fréquence f de fonctionnement du hacheur est de
500Hz. K est un interrupteur électronique commandé à l’ouverture et à la fermeture. Tous les
composants du hacheur seront supposés parfaits. K est ouvert entre t = α.T et t = T. On appelle T
période de hachage. Le rapport cyclique est α=0.65.
Sachant que l’inductance de la bobine est très grande (suffisante pour que la forme du courant dans
l'induit soit pratiquement continue) et lorsque le courant est varie linéairement en fonction du temps.
1- Tracé l’allure des tensions vs(t) et de vk(t), et l’allure des courants ie(t), is(t) et iD(t).
2- Montrer que la valeur moyenne de cette tension us(t) peut s’écrire de la forme Vs = α.U.
Calculer sa valeur.
3- Déterminer la valeur moyenne du courant is(t) dans la charge.
4- Exprimer l'intensité I du courant dans le moteur en fonction de U, E, R et α. Calculer sa
valeur.
5- Exprimer les valeurs moyennes des courants <ie> et <iD> en fonction de I et α. Calculer son
valeurs.
6- Calculer l'ondulation du courant Δis lorsque L=1H.
7- Exprimer la vitesse du moteur en fonction de α.
8- Calculer le rapport cyclique lorsque la vitesse de rotation du moteur est 1000 tr/min.
Exercice N°3 : (Examen de Rattrapage 2017)
On désire alimenter une charge de type (RLE) par un hacheur dévolteur, le hacheur est alimenté
par une source de tension continue U comme l’indique la figure suivante:

La tension de la source continue est U=150V et R = 10Ω.


La période de découpage (fonctionnement) du hacheur T= 0.001s et le rapport cyclique est α=0.4.
1- Analyser le fonctionnement du hacheur durant une période de découpage et déterminer les
expressions instantanées de is(t) et vs(t) pendant chaque phase.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

2- Donner les expressions de Ismin et Ismax (valeur minimale et maximale du courant dans la
charge).
3- Représenter l’allure de is(t), vs(t), iK(t), vK(t), iD(t) et vD(t).
4- Donner l’expression de la tension moyenne Vsmoy aux bornes de la charge. Calculer sa valeur.
5- Donner l’expression et la valeur moyenne du courant dans la charge Ismoy. Calculer sa valeur.
L
Sachant que la constante de temps de la charge  est très grande devant la période T ;
R
6- par cette approximative, montrer que l’ondulation de courant is  I s max  I s min peut-être
donné par l’expression suivante
(1  )
is  U
fL
7- Déterminer la valeur de L, lorsque Δis= 0.036A.

I.2.1.2 Hacheur non réversible parallèle survolteur (élévateur ou boost).


Le hacheur parallèle permet la commande de débit d’une source de courant alimentant un
récepteur de tension. La structure du hacheur parallèle non réversible peut être réalisée à partir du
système qui est décrit sur la figure I.8.

Fig. I.8. Hacheur parallèle


Comme le hacheur série, le hacheur parallèle possède deux interrupteurs, dont l’un est commandé
à l’amorçage et au blocage en parallèle avec la source du courant alors que l’autre est une simple diode
de puissance. La structure présentée n’est pas réversible ni en courant, ni en tension. Du côté de la
source d'entrée, on a pris un générateur de tension en série avec une inductance de résistance interne r
pour réaliser une source de courant. Du côté de la charge (récepteur), on a pris une résistante R en
parallèle avec un condensateur. Le condensateur à une capacité suffisante, pour considérer que la
tension de sortie vS comme parfaitement continue.
I.2.1.2.1 Analyse de fonctionnement
Comme le cas d’un hacheur série, le hacheur parallèle fonctionne aussi en deux régimes selon la
valeur l'inductance de la source: la conduction continue (courant non interrompu) et la conduction
discontinue (courant interrompu).
I.2.1.2.1.1 Conduction continue
Dans ce cas, le courant est suffisant et ne s’annule jamais tout au long de la période T et elle se
décompose en deux phases:
0 < t < αT, K fermé, D bloquée, phase d’accumulation, Fig. I.9-a
αT < t < T, K ouvert, D passante, phase active, Fig. I.9-b.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

-a- -b-
Fig .I.9 Fonctionnement d’un hacheur parallèle pendant les deux phases

Phase d’accumulation : l’interrupteur K court-circuite la source, Fig. I.9-a.


0 < t < αT, K fermé, D bloquée.
Pendant cet intervalle, le courant iD=i=0, et les courants ik et iL sont identiques.
Le condensateur assure d'alimentation de la charge, le courant iC =-is.
La tension
La tension vk=0.
La tension vD=-u=-vC=-Ris.
 Le courant iL et la tension vL de la bobine
Par l’application de la loi des mailles sur le circuit de la figure I.9-a on à:

La tension vL aux bornes de l’inductance est alors:

 Courant traversant l’inductance de la source


L’équation différentielle définissant le courant et la tension aux bornes de l’inductance dans ce
cas est donnée par:

La résolution de cette équation différentielle permet de donner l'expression qui représente


l’évolution du courant de source (d’inductance).

Avec imin le courant dans l’inductance à l'instants t=0.


Pendant cet intervalle, le courant iL croit de imin jusqu’à imax comme indiqué la figure I.10 et
l’énergie magnétique stockée dans l’inductance (0,5LiL2) augmente.
 Calcul du courant imax
A l’instant t=αT le courant iL=imax
(1)
Phase active : la diode relié directement la source avec le récepteur, Fig. I.9-b.
αT < t < T, K ouvert, D passante.
Pendant cet intervalle, le courant iD=iL=i
Le courant ik =0
Le courant i = is+ iC
La tension

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

La tension vD est nulle.


La tension vk = ve =-u=-vC= .
 Le courant iL et la tension vL de la bobine
La loi des mailles donne par ailleurs:
La tension aux bornes de l’inductance:

L’équation différentielle définissant le courant et la tension aux bornes de l’inductance dans ce cas
est donnée par:

La résolution de cette équation différentielle permet de donner l'expression qui représente


l’évolution du courant de source (l’inductance).

Le courant iL décroit pendant cet intervalle de imax jusqu’à imin lorsque E<U comme indiqué sur la
figure I.10. Pendant cet intervalle, l’inductance se décharge et l’énergie stockée est transférée au
condensateur et la charge R.
 Calcul du courant imin
Pendant ce phase et dans l’instant t=T le courant iL=imin
(2)

 Chronogrammes des tensions et des courants en conduction continue


Nous désignons les allers suivants : la tension d’entrée ve(t), la tension aux bornes d’inductance
vl(t), le courant traversent l’inductance iL(t) , le courant traversent l’interrupteur K ik(t), la tension vk(t)
aux bornes d’interrupteur K, le courant traversent la diode id(t), la tension aux bornes de diode vd(t), la
tension de sortie u (t), le courant traversent le condensateur ic(t) et le courant is(t) de la charge R.

Fig. I.10 Chronogrammes des tensions et des courants en conduction continue

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

 Valeurs moyennes
 les valeurs moyennes U et Is
En régime périodique, la tension moyenne aux bornes d'une inductance, est nulle.
Lorsque

Si on suppose que le courant de source Ie=IL est parfaitement continu comme indiqué sur la figure
I.11, alors on peut calculer la valeur de U comme suit:

Fig. I.11. Le courant de source ie et de sortie is

 la valeur moyenne de Is et de Ie
Lorsque le courant de source Ie est parfaitement continu, alors on peut calculer la valeur de Is
comme suit:

Donc le courant moyen est :

Donc

La valeur moyenne de U est.

A partir de cet expression, on peut remarquer que la valeur moyenne de la tension et donc du
courant de sortie sont réglables par le rapport cyclique α. Dans ce cas le transfert de la puissance entre
la source et le récepteur est réglable selon l’expression suivante:

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Donc le montage est élévateur de tension ou survolteur c.-à-d. la puissance circule toujours de la
source qui possède une tension inférieure vers la source qui possède une tension supérieure.
 Ondulation de courant dans la bobine
Le courant dans la bobine oscille entre imin et imax, ce qui en résulte une ondulation de valeur:

 Calcul des courants imin et imax

Pour calculer les courants imin et imax nous utilisons la continuité de iL à t=αT et la périodicité de iL
(iL (t = 0) = iL(t = T)).
(1)

(2)
Par la résolution du système d'équations (1) et (2) on obtient.
( )

En utilisant l'approximation on obtient:

L’ondulation de courant est maximale pour α = 1/2 et nulle lorsque vaut 0 ou


1. Cette ondulation diminue lorsque la valeur de l’inductance L augmente ou la période de
commutation T diminue c.à.d. la fréquence de commutation f augmente.
L’ondulation maximale est donnée par :
 Ondulation de tension aux bornes du condensateur

Pour calculer l’ondulation de la tension de sortie aux bornes du condensateur C, on suppose que le
courant iS est parfaitement continu.
0 < t < αT
vC=Ris et iC=-Is
L’équation différentielle définissant la tension aux bornes du condensateur est donnée par:

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

La résolution de cette équation différentielle permet de donner l'expression qui représente


l’évolution de la tension aux bornes du condensateur.
à t=0, vc=umax, l'expression de la tension vC est donc:

à t=αT, vc=umin, l'expression de la tension vC est donc:


α
Et lorsque l’ondulation de tension de sortie Δu= umax- umin on à:
α

α α
L’ondulation de tension de sortie est maximale pour α = et nulle
lorsque vaut 0. Cette ondulation diminue lorsque la valeur de C augmente ou la période de
commutation T diminue c.à.d. la fréquence de commutation f augmente.
L’ondulation maximale est donnée par :
α

I.2.1.2.1.2 Conduction discontinue


La période de commutation dans la conduction discontinue est décomposée en trois phases. La
troisième phase est la phase de repos qui correspondent aux états des interrupteurs K ouvert et D
bloquée (iL = 0) pendent un intervalle de temps [βT,T].
Phase d’accumulation : l’interrupteur K court-circuite la source, Fig. I.9-a.
0 < t < αT, K fermé, D bloquée.
Pendant cet intervalle, le courant iD=i=0, et les courants ik et iL sont identiques
Le condensateur l'alimentation de la charge et le courant iC =-is.
La tension
La tension vk est nulle.
La tension vD=-u=-vC=-Ris.
 Le courant iL et la tension vL de la bobine
Par l’application de la loi des mailles sur le circuit de la figure I.9-a on obtient:

La tension vL aux bornes de l’inductance est alors:

 Courant traversant l’inductance ou de source


L’équation différentielle définissant le courant et la tension aux bornes de l’inductance dans ce cas
est donnée par:

La résolution de cette équation différentielle permet de donné l'expression qui représente


l’évolution du courant d’inductance de la source de courant.
A t=0 iL=0.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Pendant cet intervalle, le courant iL croit de 0 jusqu’à imax et l’énergie magnétique stockée dans
l’inductance (0,5LiL2) augmente en conséquence.
 Calcul du courant imax
A l’instant t=αT, le courant iL=imax
(1)
A l'aide de l'approximation on obtient:

Phase active : la diode relié directement la source avec le récepteur, Fig. I.9-b.
αT < t < βT, K ouvert, D passante.
Pendant cet intervalle, le courant iD=iL=i
Le courant ik =0
Le courant i = is+ iC
La tension
La tension vD est nulle.
La tension vk =u=vC.
 Le courant iL et la tension vL de la bobine.
La loi des mailles donne par ailleurs:
La tension aux bornes de l’inductance :

L’équation différentielle définissant le courant et la tension aux bornes de l’inductance dans ce cas
est donnée par:

La résolution de cette équation différentielle permet de donner l'expression qui représente


l’évolution du courant de la source de courant.

A t=αT, le courant iL=imax


Le courant iL est décroit pendant cet intervalle de imax jusqu’à 0 comme indiqué sur la figure I.12.
Pendant cet intervalle, l’inductance se décharge et l’énergie stockée sera transférée au
condensateur et à la charge R.
 Calcul du courant imax
A l’instant t=βT, iL=0.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Par approximation de on à.

 la valeur de β

 Ondulation du courant dans la bobine


Dans une conduction discontinue, le courant dans la bobine ondule entre 0 et imax et son ondulation
est donnée par:

L’ondulation du courant est maximale pour α = 1 et nulle lorsque vaut 0. Cette


ondulation diminue lorsque la valeur de l’inductance L augmente ou la période de commutation T
diminue c.à.d. la fréquence de commutation f augmente.
L’ondulation maximale est donnée par :
Phase de repos
αT < t < βT, K ouvert, D bloquée.
Pendant cet intervalle, les courants ik =iD=iL=i=0.
La tension vL =0.
Dans cet intervalle la tension de l’interrupteur K est égale le f.e.m E, vk=E, et le courant is est
assuré par le condensateur is= -iC.

 Chronogrammes des tensions et des courants en conduction discontinue


La figure I.12 représente l'évolution des grandeurs suivante: la tension d’entrée ve(t), la tension aux
bornes d’inductance vl(t), le courant traversent l’inductance iL(t) , le courant traversent l’interrupteur K
ik(t), la tension vk(t) aux bornes d’interrupteur K, le courant traversent la diode id(t), la tension aux
bornes de diode vd(t), la tension de sortie u (t), le courant traversent le condensateur ic(t) et le courant
is(t) de la charge R.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Fig I.12. Chronogrammes des tensions et des courants en conduction discontinue

A partir de l’étude des deux structures du hacheur série et parallèle, on peut remarquer de quelques
analogies entre les deux hacheurs. Ces remarques sont justifiés par le rôle de chaque hacheur, puisque
l’hacheur série permet la commande de débit d’une source de tension et un récepteur de courant et le
hacheur parallèle permet la commande de débit d’une source de courant et un récepteur de tension.
Les deux hacheurs série et parallèle permettent la transmission de l’énergie électrique dans un seul
sens, depuis la source vers la charge en utilisant des interrupteurs unidirectionnels en courant et en
tension. Dans le cas d'une charge réversible en courant telle qu'une machine à courant continu, le
hacheur doit être en mesure de véhiculer des courants positifs et négatifs. Dans le cas au la machine
fonctionne comme moteur, le courant de sortie est positif, donc le moteur consomme de l’énergie
électrique, mais dans le cas au la machine fonctionne comme générateur (cas du freinage par
exemple), le courant dans la sortie est négatif, donc le générateur fournie de l’énergie électrique. Cette
dernière situation est impossible avec des structures non réversibles. Il est donc nécessaire d'utiliser
des hacheurs réversibles en courant et/ou en tension.

I.2.2 Les hacheurs réversibles


Les hacheurs réversibles sont des convertisseurs statiques réalisés par des interrupteurs
bidirectionnels soit en courant soit en tension. Selon la nature de réversibilité (réversibilité en courant
ou en tension) et le fonctionnement de la machine, nous distinguons trois structures des hacheurs
réversibles. Lorsque la réversibilité est en courant, on parle de hacheur réversible en courant
fonctionnant dans deux quadrants. Lorsque la réversibilité est en tension, on parle de hacheur
réversible en tension fonctionnant aussi dans deux quadrants. Pour obtenir un fonctionnement dans les
quatre quadrants, il suffit d'associer les des deux structures.
I.2.2.1 Hacheur réversible en courant
Le hacheur réversible en courant permet de commander la transmission de l’énergie électrique
dans les deux sens à partir d’une source de tension débitant sur une source de courant.
La structure du hacheur réversible en courant le plus utilisé est décrit sur la figure I.13.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Fig. I.13. Hacheur réversible en courant


Le hacheur réversible en courant présente deux interrupteurs bidirectionnels en courant formés par
une simple diode de puissance placé en parallèle inverse avec le transistor. La structure présentée
fonctionne comme hacheur série formé par T1 et D2 lorsque le courant de sortie est positif, et comme
hacheur parallèle formé par T2 et D1 lorsque le courant de sortie est négatif.

I.2.2.1.1 Analyse de fonctionnement

Selon le signé du courant de sortie, nous allons distinguer deux cas de fonctionnement:
fonctionnement comme un hacheur série ou comme un hacheur parallèle. La commande des deux
interrupteurs K1 et K2 est complémentaire.
Fonctionnement comme un hacheur série (T1 et D2). Dans ce cas, la machine fonctionne comme un
moteur. Le transfert d’énergie ce fait donc de la source continue vers le moteur, T 2 et D1 ne participent
pas au fonctionnement. Dans ce cas l’interrupteur du hacheur est commandé par un rapport cyclique
α1.
L’analyse de fonctionnement est similaire à celle présentée dans le paragraphe I.2.1.1.1.
Dans ce cas, le fonctionnement se décompose en deux phases comme indiqué sur la figure I.14.
- 0 <t < α1T, T1 fermé, D2 bloquée, phase active, Fig. I.14-a.
- α1T<t < T, T1 ouvert, D2 passante, phase de roue libre, Fig. I.14-b.

-a- -b-
Fig. I.14. Fonctionnement d’un hacheur réversible en courant lorsque is est positif pendant ses deux phases

Lorsque K1 est fermé (0<t<α1T). L’interrupteur T1 relie directement la source avec le moteur, comme
indiqué sur la Fig. I.14-a.
Le courant ik2 est nul, et le courant ik1 = ie =is >0.
La tension vk1 est nulle.
La tension vk2=U=vs.
La tension

 Courant de la bobine
La loi des mailles donne par ailleurs:

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

L’équation différentielle définissant le courant et la tension aux bornes de l’inductance dans ce cas
est donnée par:

C’est un régime transitoire du 1er ordre, dont on peut mettre l’équation sous sa forme canonique

La résolution de cette équation différentielle permet de donné l'expression qui représente


l’évolution du courant de sortie.
L'expression du courant is est donc:

Avec imin >0 le courant dans l’inductance pour les instants t=0 et t=T.
Pendant cet intervalle, le courant is croit de imin jusqu’à imax et l’énergie magnétique stockée dans
l’inductance (0,5Lis2) augmente.
 Calcul de
A l’instant t=α1T, le courant is=imax>0

Lorsque K1 ouvert (α1T<t<T). D2 court-circuite le récepteur comme indiqué sur la Fig. I.14-b.
Le courant ik1 = ie = 0.
Le courant ik2 = -is <0.
La tension vk2=0.
La tension vk1=U.
La tension de sortie est nulle vs=0.
La tension de la bobine

 Courant dans la bobine


La loi des mailles donne par ailleurs:

L’équation différentielle définissant le courant dans ce cas est donnée par:

A l’instant t= α1T, le courant is est égale à imax, donc le courant is est donné par :

Pendant cet intervalle, le courant is décroit de imax jusqu’à imin et l’énergie magnétique stockée dans
l’inductance (0,5Lis2) se décharge.
 Calcul de
A instants t=T, le courant is=imin, donc le courant imin est donné par :

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

 Ondulation du courant de la bobine

En utilisant l'approximation: on obtient:


La valeurs moyennes Vs et Is
Les valeurs moyennes de la tension et du courant de sortie prennent les mêmes expressions que
celles du hacheur série fonctionnant en conduction continue.
La valeur moyenne de la tension de sortie est donc:

La valeur moyenne de Is est

Fonctionnement comme un hacheur parallèle (T2 et D1). Dans ce cas la machine fonctionne comme
une génératrice, le transfert d’énergie ce fait de la génératrice vers la source, T1 et D2 ne participent
pas au fonctionnement. Dans ce cas, l’interrupteur T2 est commandé par un rapport cyclique α2.
Dans ce cas, le fonctionnement se décompose en deux phases comme indiqué sur les figures I.15-a et
b.
0<t<(1-α2)T, T1 fermé, D1 bloquée, phase active, Fig. I.15-a.
((1-α2)T<t<T), T1 ouvert, D1 passante, phase de roue libre, Fig. I.15-b.

-a- -b-
Fig. I.15 Fonctionnement d’un hacheur réversible en courant lorsque is est négatif pendant ses deux phases

Lorsque K1 est fermé (0<t<(1-α2)T). D1 relie directement la source avec la génératrice, Fig. I.16-a.
Le courant ik2=0, et le courant ik1 = ie=is<0.
La tension vk1=0.
La tension vk2=U.
La loi des mailles donne par ailleurs:

La tension aux bornes de l’inductance:

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

L’équation différentielle définissant le courant dans l’inductance est donnée par:

La résolution de cette équation différentielle permet de donner l'expression qui représente


l’évolution du courant dans la génératrice is.
A l’instant t=0, le courant is = imin<0:

A l'instants t=(1-α2)T, le courant is=


(1)
Pendant cet intervalle, le courant is croit de imin jusqu’à imax.
Lorsque K1 ouvert ((1-α2)T<t<T). L'élément T2 court-circuite la génératrice, Fig. I.15-a
Le courant ik1=0, et le courant ik2 = -is>0.
La tension vk1=U.
La tension vk2=0.
La loi des mailles donne par ailleurs:

La tension aux bornes de l’inductance:

L’équation différentielle définissant le courant de l’inductance est donnée par:

A l'instants t=(1-α2)T, is=imax<0

Pendant cet intervalle, le courant is décroit de imax jusqu’à imin dans le singé négatif.
A l’instant t=T le courant is=imin<0

 Valeurs moyennes
 les valeurs moyennes Vs et Is
Nous avons

La valeur moyenne de la tension de sortie:

En régime périodique, la tension moyenne aux bornes d'une inductance, est nulle.
Nous avons:

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

La valeur moyenne de la tension aux bornes de la bobine est:

 Ondulation de courant dans la bobine


Le courant dans la bobine oscille entre imin et imax, ce qui en résulte une ondulation de valeur:

En utilisant l'approximation: , il vient:

Exercice 4:
Soit une machine à courant continu alimentée par un hacheur réversible en courant.
La machine est caractérisée par une résistance d’induit: R=0,5Ω et une F.é.m. E=210V. La tension
et le courant nominal de la machine sont Un=230V, In=37 A.
La tension de la source continue est U=400.
La fréquence f de fonctionnement du hacheur est f=200Hz
Le rapport cyclique est α=0.7.
1- Tracé l’allure de la tension vs(t).
2- Lorsque le courant is(t) est positif. Expliquer le fonctionnement du hacheur.
3- Montrer que la valeur moyenne de cette tension vs(t) peut s’écrire de la forme Vs = αU. Calculer sa
valeur.
4- Déterminer la valeur moyenne du courant is(t) dans la machine.
5- Sachant que l’inductance de la bobine est très grande, tracé l’allure des courants is(t) et iD(t).
6- Exprimer vs(t) en fonction de R, L et is (t). En déduire l'expression de Vs en fonction de R et de is.
6-1 Calculer l'ondulation du courant is.
6-2 On admet que . En déduire la valeur de L.
7- A quelle vitesse tourne la machine lorsque la constante du flux kϕ=0.1?
8- Calculer le rapport cyclique lorsque la vitesse de rotation de la machine est 1000 tr/min, en
supposant que le courant is(t) garde la même valeur moyenne que celle obtenue précédemment dans la
question 4.
9- Sachant que le courant is(t) s’annule dans un intervalle de temps [βT,T] pendant chaque période de
commutation.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

9-1 Déterminer la valeur moyenne du courant is(t) dans la machine.


9-2 Calculer l'ondulation du courant is.
9-3 Déterminer la valeur de β.
10- Sur quel paramètre ou élément du hacheur peut-on agir, pour éviter la conduction discontinue dans
la machine?
11- Lorsque le moteur réalise un freinage par récupération d’énergie.
11-1 Explique le fonctionnement du hacheur et de la machine.
11-2 Calculer l'ondulation du courant is.
11-3 Déterminer les valeurs moyennes de la tension vs(t) et du courant is(t).
12- Tracer les allures des courants is(t) et de ik1(t).

I.2.2.2 Hacheur réversible en tension 2 quadrants

Le hacheur réversible en tension permet de commander la transmission de l’énergie électrique


dans les deux sens à partir d’une source de tension débitant sur une source de courant. La structure du
hacheur réversible en tension peut être réalisée à partir du système qui est décrit sur la Fig. I.17.

Fig. I.17. Hacheur réversible en tension


Le hacheur réversible en tension est formé par deux interrupteurs unidirectionnels en courant et en
tension (T1 et T2) commandes simultanément et deux diodes de puissances (D1 et D2). La structure du
hacheur réversible en tension génère une tension positif +U pendent l’intervalle [0,αT] lorsque les
deux interrupteurs T1 et T2 sont fermés c.-à-d. D1 et D2 bloquées Fig. I.18-a et génère une tension
négatif -U pendent l’intervalle [αT, T] lorsque les deux interrupteurs T 1 et T2 sont ouverts c.-à-d. D1 et
D2 passantes Fig. I.18-b.

-a- -b-
Fig. I.18 Fonctionnement d’un hacheur réversible en tension pendant les deux phases

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

I.2.2.2.1 Analyse de fonctionnement

Selon la valeur du rapport cyclique, le hacheur réversible en tension permet de donner à la sortie
une tension de valeur moyenne soit positive soit négative avec un courant toujours
positive.
Lorsque dans ce cas la machine fonctionne comme génératrice.
Lorsque dans ce cas la machine fonctionne comme moteur.
Comme le hacheur série ou parallèle, selon la valeur du courant (le débit dans la bobine), nous
allons distinguer deux cas de la conduction: la conduction continue (courant non interrompu) et la
conduction discontinue (courant interrompu).

I.2.2.2.1.1 Conduction continue

Dans ce cas, le courant est suffisant et ne s’annule jamais, la conduction est continue (non
interrompue) tout au long de l’intervalle [0 T] et elle se décompose en deux phases, Phase directe [0
αT] lorsque la tension de sortie vs est +U et inverse [αT 0] lorsque la tension de sortie vs est -U:
0 <t < αT, T1 et T2 sont fermés, D1 et D2 bloquées, phase directe, Fig. I.18-a.
αT<t < T, T1 et T2 sont ouvertes, D1 et D2 passantes, phase inverse, Fig. I.18-b.
Phase directe. 0 <t < αT T1 et T2 sont fermés, D1 et D2 bloquées Fig. I.18-a. Dans ce cas, les deux
interrupteurs T1 et T2 relie la source de tension avec la machine, la source d’entrée est une source de
tension et la charge est un moteur sous tension vs est +U.
Les courants ik1 =ik2 = iL=ie >0, et les courants iD1=iD1=0.
Les tensions vk1 =vk2 =0.
Les tensions vD1 = vD2 =-U.
La tension

 Courant de la bobine
La loi des mailles donne par ailleurs (iL=is).

L’équation différentielle définissant le courant et la tension aux bornes de l’inductance dans ce cas
est donnée par:

C’est un régime transitoire du 1er ordre, dont on peut mettre l’équation sous sa forme canonique

La résolution de cette équation différentielle permet de donné l'expression qui représente


l’évolution du courant de sortie.
L'expression du courant is est donc:

Avec imin le courant dans l’inductance à instants t=0.


Pendant cet intervalle, le courant is croit de imin jusqu’à imax et l’énergie magnétique stockée dans
l’inductance (0,5Lis2) augmente comme indique la figure I.19.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

 Calcul de
A l’instants t=αT, le courant is= , donc le courant est donné par:

Phase inverse αT <t < T, T1 et T2 sont ouverts, D1 et D2 passantes Fig. I.18-b. Dans ce cas, les deux
diodes D1 et D2 relie la source de tension avec la machine, la source d’entrée est la machine et est une
source de courant sous tension vs est -U.
Les courants ik1 =ik2 =0, et les courants iD1=iD1= iL= -ie.
Les tensions vk1 =vk2 = U.
Les tensions vD1 = vD2 =0.
La tension

 Courant de la bobine
La loi des mailles donne par ailleurs (iL=is).

L’équation différentielle définissant le courant et la tension aux bornes de l’inductance dans ce cas
est donnée par:

C’est un régime transitoire du 1er ordre, dont on peut mettre l’équation sous sa forme canonique.

La résolution de cette équation différentielle permet de donné l'expression qui représente


l’évolution du courant de sortie.
A l’instant t=αT, le courant is est égale à imax, donc le courant is est donné par :
L'expression du courant is est donc:

Pendant cet intervalle, le courant is décroit et l’inductance se décharge comme indique la figure
I.19.
 Calcul de
A instants t=T, le courant is= , donc le courant est donné par:


Les valeurs moyennes Vs et Is

La valeur moyenne de la tension de sortie est la somme des deux valeurs moyennes dans les deux
cas de fonctionnements du hacheur réversible en tension (la somme de la valeur moyenne dans le cas
d’un hacheur série et dans le cas d’un hacheur parallèle).
La valeur moyenne de la tension de sortie est donc:

Selon la valeur du α, le hacheur réversible en tension permet de donner à la sortie une tension de
valeur moyenne soit positive soit négative. Comme α est réglable entre 0 et 1, la tension de sortie du
hacheur réversible en tension devient réglable entre +U et -U.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Lorsque

 La valeur moyenne Is
En régime périodique, la tension moyenne aux bornes d'une inductance, est nulle.

Lorsque

La valeur moyenne de Is est

 Chronogrammes des tensions et des courants en conduction continue


La figure I.19 illustre les allures suivants : la tension d’entrée U(t), le courant d’entrée Ie(t), la
tension de sortie vs(t), le courant is(t) de sortie, le courant traversent le transistor T iT(t), la tension vk(t)
aux bornes du transistor T, le courant traversent la diode iD(t), la tension aux bornes de diode vD(t).

Fig. I.19. Chronogrammes des tensions et des courants d’un hacheur réversible en tension pendant les deux
phases (conduction continue)

I.2.2.2.1.2 Conduction discontinue

Lorsque la fréquence f du hacheur est très petit ou bien l’inductance L à une valeur très faible, le
rapport T/τ n’est pas négligeable. Dans ce cas, le courant est faible et s’annule pendant un intervalle
[βT,T], la conduction est discontinue (interrompue) et elle se décompose en trois phases:
0 <t < αT, T1 et T2 sont fermés, D1 et D2 bloquées, phase directe.
αT<t <βT, T1 et T2 sont ouverts, D1 et D2 passantes, inverse.
βT<t < T, T1 et T2 sont ouverts, D1 et D2 bloquées, phase de repos.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

I.2.2.3 Hacheur 4 quadrants réversible en tension et en courant

Le hacheur réversible en courant et en tension dit aussi montage en H ou hacheur 4 quadrants joue
vis à vis de la machine à courant continu le rôle d’une source de tension variable réversible en tension
et en courant qui permet le fonctionnement de la machine à courant continu dans les quatre quadrants.
La structure du hacheur 4 quadrants peut être réalisée à partir du système qui est décrit sur la figure
I.20.

Fig. I.20. Hacheur réversible en courant et en tension


Il est composé de deux bras et chaque bras constitué de deux interrupteurs commandés
bidirectionnels en courant formés par une simple diode de puissance placé en parallèle inverse avec le
transistor. La commande des transistors dans le hacheur 4 quadrants est simultanément T1 avec T4 et
T2 avec T3.

I.2.2.3.1 Analyse de fonctionnement

Selon les interrupteurs commandés qui participent au fonctionnement du hacheur 4 quadrants,


nous allons distinguer deux modes de fonctionnement: fonctionnement en Mode A ou en Mode B.
I.2.2.3.1.1 Fonctionnement en Mode A
Les transistors T1 et T4 fonctionnent de manière périodique et les transistors T2 et T3 ne participent
pas au fonctionnement. Dans cette mode, les transistors du hacheur sont commandés par un rapport
cyclique α1 et le fonctionnement se décompose en deux phases comme indiqué sur les figures I.21 a et
b.

-a- -b-
Fig. I.21 Fonctionnement en Mode A d’un hacheur réversible en courant et en tension pendant les deux phases

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

0 <t < α1T, T1 et T4 sont fermés, D2 et D3 bloquées, phase directe, Fig. I.21-a.
α1T<t < T, T1 et T4 sont ouvertes, D2 et D3 passantes, phase inverse, Fig. I.21-b.
Dans cette mode et selon la valeur de α1, le hacheur 4 quadrants permet de donner à la sortie une
tension de valeur moyenne soit positive soit négative avec un courant de signe
toujours positive et de valeur moyenne positive.

Lorsque .

Lorsque .

Phase directe Dans ce cas, les deux interrupteurs T1 et T4 relie la source de tension avec la charge, la
charge sous tension vs est +U avec un courant is croit de imin jusqu’à imax et l’énergie magnétique
stockée dans l’inductance (0,5Lis2) augmente.
Les courants iT1 =iT4 = is=ie >0.
Phase inverse Dans ce cas, les deux diodes D2 et D3 relie la source de tension avec la charge, la
source d’entrée est la charge et est une source de courant sous tension vs est –U avec un courant is
décroit de imax jusqu’à imin et l’énergie magnétique stockée dans l’inductance (0,5Lis2) se décharge.
Les courants ik1 =ik2 =0, et les courants iD2=iD3= iL= -ie.

 Chronogrammes des tensions et des courants en Mode A


La figure I.22 illustre les allures suivants : la tension d’entrée U(t), le courant d’entrée Ie(t), la
tension de sortie vs(t), le courant is(t) de sortie, le courant traversent l’interrupteur K1 iK1(t), la tension
vK1(t) aux bornes de l’interrupteur K1, la tension vK3(t) aux bornes de l’interrupteur K1, le courant
traversent l’interrupteur K3 iK3(t).

Fig. I.22. Chronogrammes des tensions et des courants d’un hacheur réversible en courant et en tension en Mode
A
I.2.2.3.1.2 Fonctionnement en Mode B
Les transistors T2 et T3 fonctionnent de manière périodique et les transistors T1 et T4 ne participent
pas au fonctionnement. Dans cette mode, les transistors du hacheur sont commandés par un rapport
cyclique α2 et le fonctionnement se décompose en deux phases comme indiqué sur la figure I.23.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

-a- -b-
Fig. I.23 Fonctionnement en Mode B d’un hacheur réversible en courant et en tension pendant les deux phases

0 <t < α2T, T2 et T3 sont fermés, D1 et D4 bloquées, phase directe, Fig. I.23-a.
α2T<t < T, T2 et T3 sont ouvertes, D1 et D4 passantes, phase inverse, Fig. I.23-b.
Comme le mode A, dans cette mode selon la valeur de α2, le hacheur 4 quadrants permet de donner
à la sortie une tension de valeur moyenne soit positive soit négative avec un courant
de signe toujours négative et de valeur moyenne négative.

Lorsque .

Lorsque .

Phase inverse Dans ce cas, les deux interrupteurs T2 et T3 relie la source de tension avec la charge, la
charge sous tension vs est -U avec un courant is croit de imin jusqu’à imax.
Le courant iT2 =iT3 = is=-ie<0.
Phase directe Dans ce cas, les deux diodes D1 et D4 relie la source de tension avec la charge, la source
d’entrée est la charge et est une source de courant sous tension vs est –U avec un courant is décroit de
imax jusqu’à imin.

 Chronogrammes des tensions et des courants en Mode A


La figure I.23 illustre les allures suivants : la tension d’entrée U(t), le courant d’entrée Ie(t), la
tension de sortie vs(t), le courant is(t) de sortie, le courant traversent l’interrupteur K 1 iK1(t), la tension
vK1(t) aux bornes de l’interrupteur K1, la tension vK3(t) aux bornes de l’interrupteur K1, le courant iK3(t)
traversent l’interrupteur K3.

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

Fig. I.22. Chronogrammes des tensions et des courants d’un hacheur réversible en courant et en tension en Mode
B
Exercice 5
On désire alimenter une machine à courant continu par un hacheur 4 quadrants de façon à effectué
les quatre possibilités de fonctionnement de la machine dans le plan couple/vitesse, le hacheur 4
quadrants est alimenté par une source de tension continue U comme l’indique la figure suivante :

Fig. I.23 Hacheur réversible en courant et en tension

Les semi-conducteurs Ti et Di sont des interrupteurs de puissance, supposés parfaits (i=1,2…4).


La commande des semi-conducteurs Ti est simultanément sur une période de découpage Td=1/fd,
comme suit : T1 avec T4 et T2 avec T3.
La machine est caractérisée par une résistance d’induit R, l’inductance d’induit l<<L et une F.é.m. E.
Lorsque la force électromotrice E= kΦ.Ω. (Φ Flux inducteur, Ω Vitesse de rotation de lʹarbre de la
machine à courant continu).
1-Donner l’expression de la Vitesse de rotation de lʹarbre Ω, en fonction de la tension de la source
continue U et le courant moyen de la machine Is dans les deux cas de α.
2- Représenter les allures de vs(t) et is(t) et le type de fonctionnement de la machine dans le plan
couple/vitesse pour les quatre points de fonctionnement suivant:
a) Ismoy >0 et Vsmoy >0, pour t0 ; T;
b) Ismoy >0 et Vsmoy >0, pour t T ; T;

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Chapitre 1 Les convertisseurs continu-continu non isolés (Les hacheurs)

c) Ismoy <0 et Vsmoy >0, pour t0 ; T;


d) Ismoy <0 et Vsmoy >0, pour t T ; T;
Lorsque la machine au point de fonctionnement (Ismoy <0 et Vsmoy >0).
La machine est caractérisé par une résistance d’induit: R=0,5Ω et une F.é.m. La tension et le
courant nominal de la machine sont Un=230V, In=37A.
La tension de la source continue est U=400.
La fréquence f de fonctionnement du hacheur est f=2000Hz
Le rapport cyclique est α=0.7.
3- Analyser le fonctionnement du hacheur durant une période de fonctionnement et déterminer
l’expression instantanée de vs(t) et is(t), respectivement courant et tension aux bornes de la charge,
pendant chaque phase.
4- Donner les expressions du courant minimal et maximal de charge ismin et ismax respectivement.
5- Donner l’expression de l’ondulation  du courant de charge is, en fonction de U, , L et f.
6- Sachant que , calculer l'ondulation du courant is.
7- Déterminer les valeurs de ismin et ismax la lorsque la valeur de L=1mH.
8- A quelle vitesse tourne la machine lorsque la constante de flux kΦ =9.5?
9- Déterminer la valeur moyenne du courant is(t) dans la machine lorsque α=0.6.
10- Quelle est la valeur de L, permettant d’obtenir une valeur de l’ondulation du courant égale à 5%
du courant maximum ismax?

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de


contrôle des convertisseurs statiques
II.1 INTRODUCTION
L’objectif de la commande ou de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques
est de générer les ordres d’ouverture et de fermeture des interrupteurs, de sorte que la tension créée par
le convertisseur soit la plus proche de la tension de référence.
II.2 Convertisseur de tension à deux niveaux (Onduleur): structure,
modalisation et commandes
La figure II.1 présente l’onduleur de tension triphasé à deux niveaux. Cet onduleur triphasé est
constitué de 3 bras et chaque bras constitué de deux interrupteurs bidirectionnels en courant. Chaque
interrupteur est réalisé par un semi-conducteur commandable à l’ouverture et à la fermeture monté en
anti-parallèle avec une diode. Les semi-conducteurs utilisés pour les onduleurs sont sélectionnés solen
plusieurs critères; en fonction de la puissance, de la fréquence, de la charge et du type de commande.
En faible et moyenne puissances, les transistors BJT, MOSFET, et IGBT sont utilisés et en fortes
puissances se sont bien les GTO, et les thyristors avec circuit d’extinction qui sont généralement
utilisés.
Pour la structure de la figure II.1, on doit respecter les contraintes suivantes :
- A un instant donné, un seul interrupteur d’un même bras doit conduire afin d’éviter tout
court-circuit de la source de tension,
- Le courant de ligne doit toujours trouver un chemin possible, d’où la mise en anti-parallèle
de diodes au niveau des interrupteurs.
Il est nécessaire donc de commander les deux semi-conducteurs d’un même bras de façon
complémentaire : la conduction de l’un entraîne le blocage de l’autre. Avec cette hypothèse,
l’ouverture et la fermeture des interrupteurs de l’onduleur dépendent de l’état de trois signaux de
commande (S1, S2, S3), définis ci-dessous :
 1 si K1 fermé et K1 ouvert
S1  
0 si K1 ouvert et K1 fermé
 1 si K 2 fermé et K 2 ouvert
S2  
0 si K 2 ouvert et K 2 fermé
 1 si K3 fermé et K3 ouvert
S3  
0 si K3 ouvert et K3 fermé

Fig. II.1. Onduleur de tension triphasé à deux niveaux

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

A partir de la figure II.1, on peut dériver les tensions de l’onduleur en fonction des états des
interrupteurs, les potentielles des nœuds a, b, et c de l’onduleur par rapport au point milieu imaginaire
o sont données par les équations suivantes:

V ao  U c (2S 1  1)

V bo  U c (2S 2  1)
V  U (2S  1)
 co c 3

Vdc
Avec : U c 
2
Les tensions composées et sont obtenues à partir de ces relations :
V ab V ao V bo  2U c (S 1  S 2 )

V bc V bo V co  2U c (S 2  S 3 )
V V V  2U (S  S )
 ca co ao c 3 1

Telles que et sont les tensions d’entrées de l’onduleur ou tensions continues. Elles sont
référencées par rapport à un point milieu « o » d’un diviseur fictif d’entrée.

On peut écrire les relations de Charles, comme suit :


Vao  Van  Vn 0

Vbo  Vbn  Vn 0
V  V  V
 ao cn n0

Et en fonction des tensions simples de l’onduleur :


Vab  Van  Vbn

Vbc  Vbn  Vcn
V  V  V
 ca cn an

Ce qui donne :
Vab  Vca  Van  Vbn  Vcn   Van

Vbc  Vab  Vbn  Vcn  Van   Vbn
V  V  V  V  V   V
 ca bc cn an bn cn

Dans un système de trois tensions équilibrées, la somme des tensions est nulle, alors :
Van  Vbn  Vcn  0

Le potentiel de point n de l’onduleur par rapport au point milieu imaginaire o est donné par
l’équation:
1
Vn 0  (Vao  Vbo  Vco )
3
Les potentielles des nœuds a, b, et c de l’onduleur par rapport au point n sont données par les
équations suivantes:

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

 2 1 1
 Van   Vbn  Vcn   V ao  Vbo  Vco
3 3 3

 1 2 1
Vbn   Vcn  Van    Vao  Vbo  Vco
 3 3 3
 1 1 2
Vcn   Van  Vbn    3 Vao  3 Vbo  3 Vco

Donc, l’onduleur de tension peut être modélisé par une matrice assurant le passage continu-
alternatif.
[V AC ]  T  [V DC ]
Tel que :
[VAC ]  Van Vbn Vcn 
T

[VDC ]  Vao Vbo Vco 


T

Les trois tensions simples de sortie de l'onduleur sont données par l’équation suivante :
Van 
vi   VAC   Vbn 
Vcn 
Donc, pour chaque bras il y a deux états indépendants. Ces deux états peuvent être considérés
comme des grandeurs booléennes.
Commutation supposée idéale : = (1 ou 0) {i=1, 2,3}
La matrice de transfert est la suivante:
 2 1 1 
3 3 3
 
 1 2 1 
T   
3 3 3
 
 1 1 2 
 3 3 3 
Les trois tensions simples de sortie de l'onduleur en fonction des signaux de commande (S1, S2, S3)
sont données par l’équation suivante :

 Vdc
va  3 (2 S1  S 2  S3 )

 Vdc
 vb  (2S 2  S1  S3)
 3
 Vdc
 vc  3 (2 S3  S1  S 2 )

Dans le plan αβ, on aura:
va 
 v   
v   C32  vb 
   vc 
Avec :

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

 1 1 
 1   
2 2 2
C32   
3 3 3
0 2  2 
On désigne par, séquence de niveaux de phase, chaque combinaison des variables S1, S2 et S3
donnant un élément de l’ensemble (S1 , S2 , S3 ) . Vu que, pour l’onduleur à deux-niveaux, ces variables
sont de nature binaire, il y a, au total, 8 séquences de niveaux de phase différentes. La figure II.2
illustre la correspondance entre chaque séquence de niveaux de phase et le vecteur tension. Nous
pouvons constater l’existence de deux séquences de niveaux de phase différentes (0,0,0) et (1,1,1)
donnant origine au même vecteur tension nul.

Fig. II.2. Représentation vectorielle des tensions générées par l'onduleur

Le Tableau II.1 récapitule toutes les combinaisons possibles.

vecteur S1 S2 S3 va vb vc v v
v0 0 0 0 0 0 0 0 0

v1 1 0 0 2Vdc Vdc Vdc 2 V 0


3 3 3 3 dc
v2 1 1 0 Vdc Vdc 2Vdc 1 V 1 V
3 3 3 6 dc 2 dc
v3 0 1 0
Vdc 2Vdc Vdc  1 Vdc 1 V
3 3 3 6 2 dc
v4 0 1 1
2Vdc Vdc Vdc  2 Vdc 0
3 3 3 3
v5 0 0 1
Vdc Vdc 2Vdc  1 Vdc  1 Vdc
3 3 3 6 2
v6 1 0 1
Vdc 2Vdc Vdc 1 V  1 Vdc
3 3 3 6 dc 2
v7 1 1 1 0 0 0 0 0
Tableau II.1 Tensions de sortie de l’onduleur.

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

II.3 Techniques de génération des signaux de contrôle


L’objectif de la commande est de générer les ordres d’ouverture et de fermeture des interrupteurs,
de sorte que la tension créée par l’onduleur soit la plus proche de la tension de référence. Parmi les
techniques de génération des signaux de contrôle on peut citer:
 Technique par hystérésis.
 Méthode pleine onde.
 Modulation de largeur d’impulsion (MLI) calculée
 Modulation de largeur d’impulsion (MLI) triangulo-sinusoïdale.
 Modulation de largeur d’impulsion vectorielle (Space Vector Modulation: SVM).
II.3.1 Génération des signaux de contrôle par hystérésis
Le principe de la génération des signaux de contrôle par hystérésis est basé sur la commande des
interrupteurs de telle sorte que les variations du courant dans chaque phase soient limitées dans une
bande enveloppant les courants de référence. Ce contrôle se fait par une comparaison permanente entre
les courants réels et les courants de références.
Comme l’onduleur à deux niveaux ne possède que deux états de commande possibles pour un bras
j, alors nous utilisons un régulateur à hystérésis à une position comme il est indiqué sur la figure II.3.

+
-

Fig. II.3. Principe de contrôle du courant par hystérésis


II.3.1.1 Algorithme
Nous désignons par l’écart entre le courant de référence et le courant réel tel que :

 i  is*  is
L’algorithme de cette stratégie est donné comme suit :

 si  i   i  S  1

si  i   i  S  0
: Largeur de la bande d’hystérésis

II.3.2 Génération des signaux de contrôle par la méthode pleine onde


Le principe de la génération des signaux de contrôle par la méthode pleine onde dite aussi la
méthode de commande 180 est basée sur la commande des interrupteurs, de telle sorte que chaque
interrupteur de chaque bras prend deux états de commutation égaux en temps pendent un période du
signal de référence c.-à-d. chaque interrupteur conduit pendant une demi-période T/2.
Afin de générée à la sortie de l’onduleur trois tensions triphasés décalée de 2π/3 l’un de l’autre, la
commande de chaque bras est décalée de 2π/3 à l’autre. Dans cette technique la fréquence de la
tension de sortie est égale à la fréquence du courant de charge.
On distingue alors dans chaque période six modes de fonctionnement égaux en temps et le temps
de chaque mode égale T/6 comme indique la figure II.4.

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Fig. II.4 Tensions de références et les états des interrupteurs correspondants générés par la commande pleine
onde
 T
Pour le 1ere mode t  0, 
 6
Dans ce mode, les interrupteurs K1 , K 3 et K 2 sont fermés, donc le vecteur des états de
commutation (S1 S2 S3)=(101), les trois tensions triphasés générées à la sortie de l’onduleur
sont :
 Vdc
 va  3

 2Vdc
vb 
 3
 Vdc
 vc  3

T T 
Pour le 2éme mode t   ,
 6 3 
Dans ce mode, les interrupteurs K1 , K 3 et K 2 sont fermés, donc le vecteur des états de
commutation (S1 S2 S3)=(100), les trois tensions triphasés générées à la sortie de l’onduleur sont :

 2Vdc
 va  3

 Vdc
vb 
 3
 Vdc
vc  3

T T 
Pour le 3éme mode t   ,
 3 2 

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Dans ce mode, les interrupteurs K1 , K 2 et K 3 sont fermés, donc le vecteur des états de
commutation (S1 S2 S3)=(110), les trois tensions triphasés générées à la sortie de l’onduleur sont :
 Vdc
 va  3

 Vdc
 vb 
 3
 2Vdc
vc  3

 T 2T 
Pour le 4éme mode t   ,
 2 3 
Dans ce mode, les interrupteurs K 1 , K 2 et K 3 sont fermés, donc le vecteur des états de
commutation (S1 S2 S3)=(010), les trois tensions triphasés générées à la sortie de l’onduleur sont :
 Vdc
va  3

 2Vdc
 vb 
 3
 Vdc
 vc  3

 2T 5T 
Pour le 5éme mode t   ,
 3 6 
Dans ce mode, les interrupteurs K 1 , K 2 et K 3 sont fermés, donc le vecteur des états de
commutation (S1 S2 S3)=(011), les trois tensions triphasés générées à la sortie de l’onduleur sont :
 2Vdc
va  3

 Vdc
 vb 
 3
 Vdc
 vc  3

 2T 5T 
Pour le 6éme mode t   ,
 3 6 
Dans ce Mode, les interrupteurs K 1 , K 2 et K 3 sont fermés, donc le vecteur des états de
commutation (S1 S2 S3)=(001), les trois tensions triphasés générées à la sortie de l’onduleur sont :
 Vdc
 va 
3

 Vdc
vb 
 3
 2Vdc
 vc  3

Les trois tensions triphasées générées à la sortie de l’onduleur lors de la commande par la
technique pleine onde sont représentées sur la figure suivante:

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Fig. II.5 Tensions de sortie de l’onduleur à commande 180


II.3.3 Génération des signaux de contrôle par MLI calculée
Le principe de la génération des signaux de contrôle par MLI calculée est basée sur le
calcule de largeur d’impulsion à appliquer sur chaque interrupteur dans chaque période de
découpage Td, de telle sorte que la valeur moyenne du signale de sortie (courant ou tension)
dans chaque période de découpage Td égale la valeur moyenne du signale de référence
(courant ou tension) pendent le même période de découpage Td dans chaque phase. Dans cette
technique de commande, chaque interrupteur de chaque bras prend deux états de commutation
pendant une période de découpage Td, c.-à-d. chaque interrupteur conduit pendant un temps
égale à largeur d’impulsion appliquée.
Donc cette technique de commande nous avons.

 Vs Td  v*

Exemple d’application : génération d’une tension sinusoïdale


On désire générer une tension de forme sinusoïdale d’amplitude V et de fréquence f par un
onduleur monophasé en demi-pont comme indique la figure II.6.

Fig. II.6 Onduleur monophasé en demi-pont

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Cette structure de base permet de comprendre le fonctionnement d'un onduleur MLI


calculé et l'influence des grandeurs de réglage.
A partir de la figure II.6, on peut calculer la tension de l’onduleur en fonction de l’état de
l’interrupteur. Le potentiel de nœud « a » va de l’onduleur par rapport au point milieu
imaginaire « o » est égale la tension de sortie van lorsque le potentiel de nœud « n » est égale
0. Dans ce cas, la tension de sortie van est donnée par l’équation:
V dc
v ao  v an  (S 1  1)
2
A partir de cette équation, l’onduleur monophasé en demi-pont génère à la sortie deux
valeurs de la tension en fonction de l’état et de la largeur du signal de commande S1, ces deux
valeurs sont lorsque S1=1 et comme indique la figure II.7.
On note par d la largeur du signal de commande S1.

Fig. II.7 Etats de l’interrupteur supérieur et la tension de sortie de l’onduleur correspondant à une commande
MLI calculée

Solen la figure II.7, la valeur moyenne de la tension de sortie .

Lorsque , la valeur moyenne de la tension de sortie peut être réglée dans .


Dans cette technique de commande, la fréquence de commutation est fixe, le réglage s’effectue par
variation de la largeur des signaux de commande.
Application numérique
V=220V, f=50Hz, Vdc=600V, fd= 12f Hz.
Calcule de d dans chaque période de découpage Td
Le période de découpage Td
1 1 
Td    0.0017 s  rad
f d 12*50 6

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Le période de sinusoïdale T
1 1
T   0.02s   rad
f 50
Donc le période de sinusoïdale T est égale 12 fois le période de découpage T d.
De ce fait et pour générer à la sortie de l’onduleur une forme sinusoïdale, on calcule largeur de
l’impulsion « d » pendent chaque période de découpage Td, de tel sorte que la valeur moyenne de la
signale générer soit égale la valeur moyenne de la signale de référence pendent le même période de
découpage Td.
Vdc
Van moy  (2d  1)
2
Van  moy 1 1 V
d   g  avec g  an  moy
Vdc 2 2 V dc

 
Pour le 1ere période de découpage Td1  0, 
 6
Van moy  60V

g  0.1

Donc d1  0.6

  
Pour le 2éme période de découpage Td 2   , 
6 3
Van moy  160V

g  0.2667

Donc d2  0.7667

  
Pour le 3éme période de découpage Td3   , 
3 2
Van moy  210V

g  0.35

Donc d3  0.85

  2 
Pour le 4éme période de découpage Td 4   , 
2 3 
Van moy  210V

g  0.35

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Donc d4  0.85

 2 5 
Pour le 5éme période de découpage Td5   , 
 3 6 
Van moy  160V

g  0.2667

Donc d5  0.7667

 5 
Pour le 6éme période de découpage Td6   ,  
 6 
Van moy  60V

g  0.1

Donc d6  0.6

Fig. II.8 Signal de référence et les états des interrupteurs correspondants à une commande MLI calculée

Propriétés:
Dans cette technique, la forme du signal de sortie de l’onduleur dépond des valeurs moyennes du
signal de référence sélectionné, c’est à dire du nombre de périodes de découpage sélectionnés dans
chaque période du signal de la référence. Afin d’améliorer la forme du signal de sortie et conserver
une taille du filtre de sortie du convertisseur raisonnable on doit augmenter le nombre de période de
découpage pendant un période du signal de la référence c.-à-d. on doit diminuer la période de
découpage, de tel sorte que la fréquence de découpage des interrupteurs ne dépasse pas une certaine
limite imposée par le constructeur.

II.3.4 Génération des signaux de contrôle par MLI triangulo-sinusoïdale


II.3.4.1 Principe
La méthode de la MLI triangulo-sinusoïdale (En anglo-saxon : Pulse Width Modulation, PWM),
consiste à comparer une onde de référence dite modulatrice avec une onde triangulaire dite porteuse

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

d’une amplitude et d’une fréquence fixées. Ce contrôle peut être met en œuvre par un régulateur qui, à
partir de l’écart entre le courant et sa référence détermine la tension de référence de l’onduleur. Cette
dernière est ensuite comparée avec la porteuse de fréquence élevée comme il est indiqué sur la figure
II.8. La sortie du comparateur fournit l’ordre de commande des interrupteurs. Dans cette technique de
commande, la fréquence de commutation est fixe, le réglage s’effectuant par variation de la largeur des
signaux de commande.

+ Régulateur
-

Porteuse
Fig. II.8 Schéma de principe de la commande MLI triangulo-sinusoïdale

La technique MLI triangulo-sinusoïdale consiste à obtenir après modulation une tension en sortie
égale en valeur moyenne sur une période de découpage (Td) à sa référence.

 Vs Td  v*

Cette équation peut être satisfaite sur une période de découpage avec un signal de commande S1
égale à 1 si la tension de référence est supérieure à la porteuse et -1 dans le cas contraire, on
prend comme exemple le cas de la commande MLI triangulo-sinusoïdale d’un onduleur de tension
triphasé alimenté trois charges de type LR de la figure II.1, les signaux de commande et la tension
simple du 1ere phase sont donnés dans les figures II.9 et 10.

Fig. II.9 Signal de référence, les états d'interrupteur supérieur et la tension de sortie de l’onduleur contrôlé par la
MLI triangulo-sinusoïdale

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Fig. II.10 Signal de référence, les états d'interrupteur supérieur et la tension de sortie de l’onduleur contrôlé par
la MLI triangulo-sinusoïdale (Zoome T/4)

II.3.4.2 Paramètres de la MLI triangulo-sinusoïdale


Cette technique est connue par deux paramèytres:
Vr
- Le coefficient de réglage en tension r  :
Vp
Avec : Vr : Amplitude de la référence. Vp : Amplitude de la porteuse.
- L’indice de modulation m égal au rapport de la fréquence de modulation ou de découpage sur la
fp
fréquence de référence m  .
f
L’amplitude de la porteuse Vp est égale la moitié de la tension de la source d’entrée .
L’amplitude maximal de la tension fondamentale à la sortie vérifié la relation suivante:
Vr
Vsfmax  Vdc
Vp

Equation de la porteuse
Comme indiqué sur la figure II.10, l’équation de porteuse et donnée par ;
  Td  4V p
 t  0,  , v p  t   t  Vp
  2 Td

 t   Td , T  , v  t   4V p t  3V
  2 d  p Td
p

arcsin(sin(2 f pt   / 2))
Ou v p  t   2Vp

Afin de générer à la sortie un signal de forme proche de la référence, il faut un nombre suffisant de
période de découpage dans une période du signal de référence, c’est à dire un nombre suffisant
d’intersections entre la porteuse et le signal de référence. Lorsque la fréquence de découpage est très
grande que la fréquence du signal, le signal de référence peut être considérée quasi-constante pendant
une période de découpage et peut être considérée comme valeur moyenne.

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

II.3.5 Génération des signaux de contrôle par MLI vectorielle


La méthode MLI vectorielle (ou SVM pour Space Vector Modulation) est largement utilisée dans
la commande des onduleurs. Elle peut augmenter la valeur maximale de la tension de sortie de
l’onduleur avec des taux de distorsion harmonique réduits par rapport à ceux obtenus par la méthode
MLI Sinus-Triangle. Il y a plusieurs algorithmes utilisant la MLI vectorielle pour commander
l’onduleur. Le but de toutes les stratégies de modulation est de réduire les pertes de commutation et les
harmoniques, et d’assurer une commande précise.

II.3.5.1 Principe de la commande


La tâche de cette technique de modulation est de combiner les états de commutation pour
approximativement générer le vecteur de référence. Dans un onduleur à deux niveaux, il y a huit
valeurs possibles de tension selon les états des interrupteurs, deux vecteurs nuls et six autres actifs. La
table (II.2), montre les états possibles des interrupteurs et les tensions de sortie de l’onduleur
correspondantes dans le repère stationnaire en fonction de la tension continue.

Vecteur S1 S2 S3 v v
v0 0 0 0 0
v1 1 0 0 2 V 0
3 dc

v2 1 1 0 1 Vdc 1 V
6 2 dc

v3 0 1 0 1 Vdc 1 V
6 2 dc
v4 0 1 1  2 Vdc 0
3

v5 0 0 1 1 Vdc  1 Vdc
6 2

v6 1 0 1 1 Vdc  1 Vdc
6 2
v7 1 1 1 0 0
Tableau II.2 Tensions de sortie de l’onduleur dans le repère stationnaire

Afin de générer un vecteur tension de référence v * connu par ses composantes vα et vβ, la réalisation de
la commande MLI vectorielle de l’onduleur à deux niveaux nécessite d’effectuer les étapes suivantes :
 Identification des secteurs,
 Calcul des temps de commutation ou d’application,
 Génération des signaux de commande.
II.3.5.1.1 Identification des secteurs
Cette étape consiste à déterminer le secteur selon l'emplacement du vecteur tension de référence. Il
existe six secteurs qui peuvent être construits par la combinaison de deux vecteurs d'état de
commutation non nuls et de deux vecteurs d'état de commutation nulle.
Pour déterminer la séquence qui correspond au vecteur de référence, il faut déterminer le module
de cette référence et le secteur dans lequel il se trouve. Pour cela, on utilise les équations suivantes
pour calculer le module v * et l’angle  :

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

v*  v2  v2
v
  arc tan( )
v

Fig. II.11. Vecteur de référence dans le repère stationnaire

L'identification du secteur est basée sur les composantes vsα et vsβ du vecteur de référence dans le
repère (αβ). A partir de ces composantes vsα et vsβ, et de la position angulaire θ de vsréf, on déduit dans
quel secteur se situe le vecteur vsréf (figure II.12).

Fig. II.12. Représentation vectorielle des tensions générées par l'onduleur

Lors de la rotation du vecteur tension de référence dans l’hexagone, l’onduleur génère à la


sortie une tension riche en harmoniques, pour réduire ces harmoniques de la tension, on impose un
cercle délimité par l'hexagone de tel sorte que le vecteur tension de référence tourne à l'intérieur du
cercle avec un module maximal admissible donné par:
2  V
v max  V dc cos( )  dc
3 6 2
La rotation du vecteur tension de référence à l'intérieur du cercle est donné par:
* *
v  v e j
*
v
Le rapport du module v * sur le module maximal admissible m  est nommé le taux de
vmax
modulation qui a une valeur entre 0 et 1. Il est donné par:
*
v
m 2
Vdc

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

II.3.5.1.2 Calcul des temps de conduction (d’application)


*
Pour générer à la sortie de l’onduleur le vecteur tension de référence v , il faut utiliser la
combinaison des vecteurs délimitant le secteur qui contient le vecteur de référence c'est-à dire, les
deux vecteurs nuls et les deux vecteurs actifs adjacents, lorsque l’onduleur n'est pas capable de
*
générer directement le vecteur tension de référence v à partir d’un état de commutation.
Pour déterminer les temps de conduction pour la première séquence t 0 , t1 et t 2 dans une période
de découpage Td, la valeur moyenne du vecteur de référence doit être égale à la valeur moyenne des
trois vecteurs de tension de la séquence. Cela est réalisé par:
1 0 
T t t0 t1 t0 t1 t2
1 d *
Td 0 Td  0  
v dt   v0,7 dt  vi dt  vi 1dt 
t0 t0 t1 
D’où :

Td v *  t0 v0,7  t1vi  t2vi 1

2
Avec vi  Vdc le module du vecteur vi avec i=1,…,6.
3
t 0 , t1 et t 2 : Les temps de conduction sur une période de découpage Td.
Secteur 1 :
Dans le cas où le vecteur de référence est défini dans le secteur , la projection de ceci et des
deux vecteurs actifs v 1 et v 2 définissants ce secteur sur les axes  et  , nous donne :
T d v * cos( )  v 1t 1 cos  0   v 2t 2 cos  60 


 T d v sin( )  v 1t 1 sin  0   v 2t 2 sin  60 

*

La solution de ces deux équations, représente les temps d’application de chaque vecteur actif de la
séquence, définis par:
*
3 Td v
t 1 (v 1 )  ( sin( )  3 cos( ))
2 V dc

Td v *
t 2 (v 2 )  3 sin( )
V dc
Les vecteurs nuls sont appliqués dans le reste de la période, durant le temps défini par :
t0  Td  (t1  t2 )

II.3.5.1.3 Génération des impulsions


Plusieurs méthodes de commande MLI vectorielle sont proposées dans la littérature. Une
commande MLI vectorielle avec séquence alignée à droite (SVM-RAS) (Right Aligned Sequence),
une commande MLI vectorielle avec séquence symétrique et placement des vecteurs zéros (SVM-SS)
(Symmetric Sequence), une commande MLI vectorielle avec séquence alternante de vecteur nul
(SVM-AZVS) (alternating Zero Vector Sequence) et une commande MLI vectorielle avec séquence
non commuté de courant le plus élevé (SVM-HCNSS) (highest Current Not-Switched Sequence).

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Chapitre 2 Techniques de génération des signaux de contrôle des convertisseurs statiques

Pour générer les impulsions des interrupteurs, on choisit la méthode symétrique de placement des
vecteurs zéros (SVM-SS). Cette méthode alterne entre les vecteurs nuls dans chaque cycle et inverse la
séquence après chaque vecteur nul afin de diminuer les pertes de commutation. Les séquences sont
choisies d’une manière permettant d’ouvrir ou de fermer un seul interrupteur pour chaque transition
entre les séquences. Par exemple, dans le cas où le vecteur de référence est dans le secteur N1 , on
utilise la séquence dans la première demi-période Td/2, et la séquence dans
la deuxième demi-période. Dans ce cas, nous appliquons les vecteurs v1 (100) , v 0 (000) , v 7 (111) et
v 2 (110) . Pour cela, nous appliquons le vecteur v0 pour la durée t0/4 puis, nous choisissons l’un des
deux autres vecteurs selon la conservation de la symétrie sur une durée de t 1 2 ou t 2 2 . Il s'agit du
vecteur v1 (100) dans notre exemple. On continue de la même manière jusqu’à Td/2. Après Td/2, on
applique les mêmes séquences symétriquement jusqu’à Td. La figure II.13 représente les durées de
conduction dans le secteur N1.

Fig. II.13. Durées de conduction des interrupteurs dans le secteur N1

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des


convertisseurs statiques
III.1 INTRODUCTION
Il est connu que le niveau de qualité de l’énergie électrique distribuée par les producteurs dépend
directement de la qualité des formes des tensions et des courants au point de la livraison. Toutefois, les
équipements industriels et domestiques modernes emploient, de plus en plus, des charges électriques
liées à des circuits électroniques de puissance ayant un comportement non-linéaire. Ils engendrent
alors dans le réseau de distribution des perturbations harmoniques importantes. Les interférences dues
à ces perturbations harmoniques générées par les appareils électroniques de puissance, deviennent des
problèmes nocifs à la qualité d’énergie électrique si la somme des courants harmoniques est supérieure
à certaines valeurs limites.

III.2 CHARGES LINEAIRES ET NON LINEAIRES


En général, les charges linéaires sont des charges qui absorbent des courants sinusoïdaux à partir
de la source sinusoïdale et ne génère pas d'harmoniques. Les charges non linéaires absorbent des
courants non sinusoïdaux à partir de la source sinusoïdale et génèrent des courants harmoniques dans
le réseau qui circulent à partir de la charge vers la source en empruntant le chemin de la moindre
impédance. Les charges non linéaires les plus courantes sont les appareils qui contiennent, en général,
des redresseurs monophasés ou triphasés comme les appareils d'éclairage fluorescent, variateurs de
vitesse, redresseurs, téléviseurs, ordinateurs, etc.

III.3 PERTURBATIONS HARMONIQUES DANS LES RESEAUX


ELECTRIQUES
III.3.1Les harmoniques
Les harmoniques sont une superposition sur l'onde fondamentale à 50 Hz, d'ondes également
sinusoïdales mais de fréquences multiples entières de celle de la fondamentale, figure III.1. Cette
superposition provoque des formes d'onde non sinusoïdales associées aux charges non linéaires.
En utilisant l’analyse harmonique proposée par Joseph Fourier, il est facile de démontrer que
n’importe quel signal périodique déformé peut s’écrire comme une série de plusieurs signaux
périodiques sinusoïdaux de fréquences discrètes comme indique l’équation suivante:

Cette équation est composée de trois termes. Le terme I0 de la série est un terme constant qui
correspond à l’amplitude de la composante continue c'est-à-dire la valeur moyenne dans le temps
(généralement nulle en distribution électrique en régime permanent), la première composante est un
terme sinusoïdal de pulsationest appelée composante fondamentale ou harmonique de rang 1. Le
reste des composantes de la série sont les harmoniques de rang n, où n est un nombre entier positif
désigne l’ordre de la composante ou le rapport de la fréquence de l'harmonique n à celle de la
fréquence du fondamental (généralement la fréquence du fondamental en industrie est 50 ou 60 Hz).
La figure III.1 illustre la décomposition d’un signal périodique déformée.

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

Fig. III.1Décomposition d’un signal périodique déformée

La décomposition de ce signal permet de donnes trois types de composantes, une composante


fondamentale de fréquence f, un rang des harmoniques pair et un rang des harmoniques impair.
Les harmoniques de type pair sont négligeables en électronique de puissance, du fait qu'ils
s’annulent en raison de la symétrie du signal.
Les harmoniques de rang impair (3, 5, 7,9, …) sont fréquemment rencontrés sur le réseau
électrique et deviennent des problèmes gênants pour la qualité d’énergie électrique.
Comme exemple, le redresseur triphasé à diodes est une charge triphasée non-linéaire équilibrée
qui génère des courants harmoniques aux fréquences (6n ±1) f. Les courants harmoniques de fréquence
(6n +1)f sont d’ordre direct, et tous ceux de fréquences (6n -1)f sont d’ordre indirect. Ces courants
provoquent des distorsions harmoniques de la tension aux mêmes fréquences dans le même ordre. En
générale l'amplitude des harmoniques décroît avec l’augmentation de la fréquence comme indique la
figure III.1.

III.3.2 Principales origines des harmoniques


Les harmoniques sont générées par des charges non linéaires absorbant un courant non sinusoïdal.
Actuellement, les équipements à base de thyristors constituent la principale source de ces
harmoniques. Ces appareils, dont les caractéristiques électriques varient avec la valeur de la tension,
sont assimilables à des générateurs de courants harmoniques.
III.3.2.1 Les charges industrielles à équipements d’électronique de puissance
Les variateurs de vitesse, redresseurs à diodes ou à thyristors, onduleurs, alimentations à
découpage, etc.
III.3.2.2 Les charge utilisant l’arc électrique
Les fours à arc, machines à souder, éclairage (lampes à décharge, tubes fluorescents). Les
démarrages de moteurs par démarreurs électroniques et les enclenchements de transformateurs de
puissance sont aussi générateurs d’harmoniques.
III.3.2.3 Les charges domestiques munies de convertisseurs ou d’alimentation à
découpage
Les ordinateurs, les imprimantes, les téléphones, les téléviseurs, les fours à micro-ondes, etc.

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

III.3.3 Caractérisation des harmoniques


Les harmoniques dans le réseau électrique peuvent être caractérisées par la distorsion en régime
déformé. Le taux de distorsion harmonique (THD pour Total Harmonic Distorsion), le facteur de
distorsion et le facteur de puissance sont les plus employés pour quantifier respectivement les
perturbations harmoniques et la consommation de puissance réactive par différentes grandeurs. Parmi
ces grandeurs, nous citerons les plus importants et les plus utilisés.
III.3.3.1Le taux de distorsion harmonique THD (Total Harmonic Distorsion)
Le taux de distorsion harmonique THD mesure l’influence de l’ensemble des harmoniques ou la
déformation du signal. Il est défini par le rapport de la valeur efficace des harmoniques à celle de la
valeur efficace du fondamental:

La valeur efficace d’un courant périodique i(t) est donnée par:

La valeur efficace du fondamental est donnée par:

Pour un signal sinusoïdal, la valeur efficace est la valeur maximale divisée par la racine de deux.
La valeur efficace des harmoniques est donnée par:

Le taux individuel de distorsion harmonique THDi en % est donné par :

Le taux global de distorsion harmonique THD est donne par :

En général, les harmoniques pris en compte dans un réseau électrique sont inférieurs à2000 Hz, ce
qui correspond au domaine des perturbations basses fréquences au sens de la normalisation. Les
harmoniques de fréquence plus élevée sont fortement atténués par l'effet de peau et par la présence des
inductances de lignes. De plus, les appareils générant des harmoniques ont, en grande majorité, un
spectre d'émission inférieur à 2000 Hz, c'est la raison pour laquelle le domaine d'étude des
harmoniques s'étend généralement de 100 à 2000 Hz, c’est-à-dire des rangs 2à 40.
III.3.3.2Le facteur de puissance
En présence des harmoniques, la tension et le courant sont donnés par:
 

 v  t   2  Vn sin  nt   n 
 n 1
 
 i  t   2 I sin  nt   



n 1
n n

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

La puissance instantanée peut être définie comme étant le produit de la tension instantanée et du
courant instantané:

p  t   v  t  .i  t 
Les puissances active et réactive de sont Q et P respectivement. Ces puissances sont définies comme :
 

 P  Vn I n cos(  n )
 n 0
 
Q  V I sin(  )
 
n 1
n n n

Où θn est le déphasage entre la tension et le nème courant harmonique.

La valeur moyenne de la puissance instantanée sur une période est définie comme étant la
puissance active P.

Cette équation est composée de plusieurs termes:


Le terme défini la contribution de la composante continue,
Le terme défini la contribution de la composante fondamentale,
Le terme défini la contribution des harmoniques de rang n.
En outre, afin de décomposer la puissance apparente, une nouvelle quantité D est appelée
puissance de distorsion (puissance déformante) introduite, de tel sorte que la puissance apparente S est
en trois composantes orthogonales :

SB  PB2  QB2  DB2


Au lieu d'une forme de triangle, la représentation graphique est représentée dans l'espace à trois
dimensions comme le montre la figure III.2.

Fig. III.2. Représentation graphique de la définition de la puissance.

Les équations de base sont les suivantes:

Facteur de puissance active FP : Le facteur de puissance sera toujours inférieur à 1.


P
FP 
S

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

Facteur de déplacement FB :
P
FB 
S PQ
Facteur de distorsion FD :
S PQ
FD 
S

III.3.4 Effets des harmoniques sur le réseau électrique


Les courants harmoniques circulant à partir de la charge vers la source à travers le chemin de la
moindre impédance du réseau créent des tensions harmoniques qui peuvent perturber le
fonctionnement des autres utilisateurs raccordés à la même source.
De nombreux effets des harmoniques sur les installations et les équipements électriques peuvent
être cités. Les effets les plus importants sont l’échauffement, l’interférence avec les réseaux de
télécommunication, les défauts de fonctionnement de certains équipements électriques et le risque
d’excitation de résonance.
Nous pouvons classifier ces effets en trois catégories:
III.3.4.1 Aspect économique
 Dégradation du rendement énergétique de l’installation (pertes d’énergie) ;
 Surdimensionnement des équipements ;
 Perte de productivité (vieillissement accéléré des équipements, déclenchements intempestifs) ;
 Influence sur les transformateurs du réseau (augmentation des pertes à vide à cause de l’effet
particulier des courants harmoniques) ;
 Influence sur les câbles de HT (diminution de la durée de vie du câble, dégradation du
matériel isolant).
 Pertes supplémentaires dans les condensateurs, les transformateurs,…;
 Bruit additionnel des moteurs et d'autres appareils;
 Influence sur le fonctionnement des redresseurs;
 Influence sur la télécommande dans les réseaux;
 Influence sur les condensateurs des réseaux.
III.3.4.2 Effets instantanés
Les effets instantanés apparaissent immédiatement dans certains appareillages.
 Déclenchements intempestifs des protections ;
 Perturbations induites des systèmes à courants faibles (télécommande, télécommunication,
écran d’ordinateur, téléviseur, ...);
 Vibrations et bruits acoustiques anormaux (tableaux BT, moteurs, transformateurs);
 Destruction par surcharge thermique de condensateurs;
 Perte de précision des appareils de mesure.
III.3.4.3 Effets à terme
 Une surcharge en courant provoque des échauffements supplémentaires donc un vieillissement
prématuré des équipements ;
 Echauffement des sources : transformateurs, alternateurs (par augmentation des pertes Joule,
des pertes fer, …);
 Fatigue mécanique (couples pulsatoires dans les machines asynchrones, ...);

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

 Echauffement des récepteurs: des conducteurs de phases et du neutre par augmentation des
pertes Joule et diélectriques;
 Destruction de matériels (condensateurs, disjoncteurs, …);
 Rayonnement électromagnétique perturbant les écrans (micro-ordinateurs, appareils de
laboratoire, …).
Le tableau III.1 résume les effets des harmoniques sur les différents dispositifs utilisés dans le
réseau électrique.
Matériel Effets
Condensateurs de
Echauffement, vieillissement prématuré (claquage), résonance.
puissance
Pertes et échauffements supplémentaires, Nuisances sonores, Réduction des
Moteurs
possibilités d’utilisation à pleine charge, Couple pulsatoire
Vibrations mécaniques, Nuisances sonores, Pertes (ohmique-fer) et
Transformateurs
échauffements supplémentaires.
Déclenchements intempestifs (dépassements des valeurs crêtes de la tension,
Disjoncteurs
…).
Pertes diélectriques et ohmiques supplémentaires (dans le neutre en cas de
Câbles
présence d’harmonique 3).
Ordinateurs Troubles fonctionnels.
Electronique de
Troubles liés à la forme d’onde (commutation, synchronisation)
Puissance
Tableau. III.1 Effets des harmoniques.

III.3.5 Normes concernant les perturbations harmoniques


Afin de limiter les perturbations et les disfonctionnements causés par la présence des harmoniques
dans le réseau électrique, la Commission Electrotechnique Internationale (CEI) a défini les niveaux
des tensions et des courants harmoniques à ne pas dépasser par une série de norme de compatibilité
électromagnétique CEI 61000-x-x. Ces normes selon les valeurs de x-x sont :
 x-x est 2-1: Environnement électromagnétique.
 x-x est2-2: Niveaux de compatibilité (réseaux publics d’alimentation à basse tension).
 x-x est2-4: Niveaux de compatibilité (installations industrielles basse tension et moyenne
tension).
 x-x est2-5: Classification des environnements électromagnétiques.
 x-x est3-2: Limites pour les émissions de courant harmonique (courant appelé u 16 A).
 x-x est3-3 et 3-5: Limitation des fluctuations de tension et du flicker dans les réseaux basse
tension pour le courant appelé u 16 A.
 x-x est3-6: Evaluation des limites d’émission pour les charges déformantes raccordées au
réseau MT et HT.
 x-x est3-7: Evaluation des limites d’émission des charges fluctuantes sur les réseaux MT et
HT.
 x-x est4-7: Mesures d’harmoniques et d’interharmonique
 x-x est4-11: Essais d’immunité aux creux de tension, coupures brèves et variations de
tensions.
 x-x est4-12: Essais d’immunité aux ondes oscillatoires.
 x-x est4-15: Flickermètre.

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

Autres normes et lois


 European Union « Council Directive 85/374 on the approximation of the laws of the Member
States relating to the liability for defectice products », Official Journal (07.08.1985).
 EN 50160 Caractéristiques de la tension fournie parles réseaux publics de distribution (07-
1994).
 Application Guide to the European Standard
 EN 50160 on « Voltage Characteristics of Electricity by Public Distribution Systems » July
1995 -UNIPEDE.
 IEEE Std 1159-1995: Recommended Practice for Monitoring Electric Power Quality.
 IEEE Std 1000-1992: IEEE Recommended Practice for Powering and Grounding Sensitive
Electronic Equipment.
 CEI 60071-1: Coordination de l’isolement.
 VEI 60050(161): Vocabulaire Electrotechnique International.
On cite, à titre d’exemple, les deux normes suivantes :
III.3.5.1 La norme CEI 61000-2-2
La norme CEI 61000-2-2 définit les niveaux de compatibilité pour les tensions harmoniques sur
les réseaux publics basse tension, moyenne tension et haute tension.
Les valeurs sont indiquées dans le tableau III.2
Harmoniques impairs Harmoniques impairs Harmoniques pairs
Non multiples de 3 multiples de 3
Rang Tension Rang Tension Rang Tension
harmoniques harmoniques(%) harmoniques harmoniques(%) harmoniques harmoniques(%)
BT/MT HT BT/MT HT BT/MT HT
5 6 2 3 5 2 2 2 1.5
7 5 2 9 1.5 1 4 1 1
11 3.5 1.5 15 0.3 0.3 6 0.5 0.5
13 3 1.5 21 0.2 0.2 8 0.5 0.5
17 2 1 >21 0.2 0.2 10 0.5 0.5
19 1.5 1 12 0.2 0.2
23 1.5 0.7 >1 0.2 0.2
25 1.5 0.7
>25 2

Le taux global de distorsion (THD)

8% dans les réseaux BT/MT 3% dans les réseaux HT


Tableau III.2 Niveau de compatibilité pour les tensions harmoniques sur les réseaux Publics de HT, MT, BT
(CEI 61000-2-2)

III.3.5.2 La norme CEI 61000-3-2


Cette norme, représentée sur le tableau III.3, fixe la limitation des courants injectés dans le réseau
public pour des équipements dont le courant par phase est inférieur à 16 A. Il s'agit des appareils du
domaine domestique.
Les valeurs sont indiquées dans le tableau I.2

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

Harmoniques pairs Harmoniques impairs

Rang Courant harmonique maximal Rang Courant harmonique maximal


harmoniques autorisé (A) harmoniques autorisé (A)

Tableau III.3 Limite des composantes harmoniques en courant (norme CEI 61000-3-2).

Les normes citées sont obligatoires mais reste incomplètes et ne permettent pas de garantir
totalement la compatibilité électromagnétique sur les réseaux publics.

III.3.6 Solutions de dépollution des réseaux électriques


Deux types de solutions sont envisageables. La première, consiste à utiliser des convertisseurs
statiques moins ou peu polluants, tandis que la seconde, consiste en la mise en œuvre d’un filtrage des
composantes harmoniques. La première classe de solutions s’intéresse à la conception tandis que la
seconde consiste à compenser les courants ou les tensions harmoniques.
Deux groupes de solutions de dépollution pour compenser toutes les perturbations peuvent être
distingués : les solutions traditionnelles et les solutions modernes.
III.3.6.1 Solutions de dépollution classiques
Il s’agit notamment de mettre en œuvre les moyens suivants:
III.3.6.1.1 Agir sur la structure de l'installation
Il est souhaitable d'alimenter un grand pollueur par un transformateur à part, afin de le séparer d'un
récepteur sensible. Face à un pollueur moyen il est préférable d'effectuer l'alimentation par des câbles
distincts au lieu de les connecter en parallèle. Une distribution en étoile permet le découplage par les
impédances naturelles et/ou additionnelles.
III.3.6.1.2 Augmentation de la puissance de court-circuit
L'impédance de court-circuit en un point du réseau est inversement proportionnelle à la puissance
de court-circuit disponible en ce point. Aussi, l'impact des harmoniques sera d'autant plus réduit si la
puissance de court-circuit est grande.
III.3.6.1.3 Inductance de ligne
Une inductance triphasée est placée en série avec l’alimentation (ou intégrée dans le bus continu
pour les convertisseurs de fréquence). Elle réduit les harmoniques de courant de ligne (en particulier
ceux de rangs élevés) donc la valeur efficace du courant absorbé ainsi que la distorsion au point de
raccordement du convertisseur.
Il est possible de l’installer sans intervenir sur le générateur d’harmoniques et d’utiliser des
inductances communes à plusieurs variateurs.

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

III.3.6.1.4 Rééquilibrage des courants du réseau électrique


Puisque les courants déséquilibrés dans un réseau électrique basse tension résultent, généralement,
des charges monophasées et biphasées mal réparties, la première solution est la répartition égale des
charges sur les trois phases.
Une autre solution est l’installation d’un compensateur passif composé d’inductance et de
condensateur. La figure III.3 montre ce compensateur, appelé montage de Steinmetz. Ce montage
permet de présenter à 50 Hz une impédance équilibrée. Cependant, le montage de Steinmetz provoque
un fort déséquilibre pour des fréquences différentes de 50 Hz, avec des résonances qu’il faut éviter
d’exciter à proximité d’un générateur d’harmoniques.

Réseau triphasé

Fig. III.3 Montage de Steinmetz pour le rééquilibrage

III.3.6.1.5 Surdimensionnement ou déclassement de l'installation électrique


On procède généralement au surdimensionnement des équipements afin d'assurer leurs tenues aux
surcharges harmoniques. Cette solution n'agit pas sur les harmoniques qui ne subissent aucune action
curative de la part de l'utilisateur. Par cette approche, les problèmes liés à la pollution harmoniques
sont résolus pendant une durée limitée.
Le déclassement des équipements de distribution électrique soumis aux harmoniques est utilisé
dans le cas des installations existantes. Cette méthode cause un surcoût de production et ne tire pas
profit du potentiel réel de l'installation.
III.3.6.1.6 Compensation de la puissance réactive
La puissance réactive est majoritairement consommée par les moteurs asynchrones et plus
récemment par des dispositifs à base d’électronique de puissance. Différentes méthodes de
compensation sont utilisées pour relever le facteur de puissance. La plus simple, consiste à placer des
batteries de condensateurs en parallèle avec le réseau. L’inconvénient de cette méthode réside dans le
fait que la puissance réactive fournie par les condensateurs est constante et qu’elle ne s’adapte pas à
l’évolution du besoin.
III.3.6.1.7 Filtrage passif
Le principe du filtrage passif consiste à insérer, en amont de la charge, un ou plusieurs circuits
accordés sur les harmoniques à rejeter. Ainsi, pour filtrer un courant à une fréquence particulière, un
filtre résonnant série est placé en parallèle sur le réseau. Cependant, ce type de filtre est très sélectif.
Pour atténuer toute une bande de fréquences, un filtre passif amorti du second ordre est préférable. Le
dimensionnement de ces filtres dépend des harmoniques à éliminer, des performances exigées, de la
structure du réseau et de la nature des récepteurs. Par cette technique, il est, en général, plus aisé de
rejeter les harmoniques de rang élevé que celles de rang faible.

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

III.3.6.2 Solutions modernes de dépollution


III.3.6.2.1 Dépollution des courants perturbateurs (redresseur dodécaphasé)
Deux redresseurs hexaphasés montés en série composent ce pont. C’est le pont le plus utilisé (cas
des puissances importantes). Donc, toujours dans le souci de repousser le premier harmonique présent
sur un spectre pollué, l’association de deux ponts triphasés en série a été envisagée, comme il est
illustré sur le schéma de la figure III.4.

Y/Y

Réseau

Y/∆

Fig. III.4 Pont dodécaphasé


L’utilisation d’un grand nombre de semi-conducteurs et de transformateurs à deux enroulements
secondaires rend cette solution onéreuse. Elle entraîne un coût supplémentaire et demande plus que le
savoir-faire habituel pour les mettre en œuvre.
Ces solutions ne résolvent pas les problèmes causés par les charges polluantes qui existent sur le
marché.
III.3.6.2.2 Redresseurs à MLI
Grâce à la stratégie de modulation de largeur d'impulsion, un convertisseur AC-DC à absorption
sinusoïdale a été rendu possible.
Dans le cas monophasé, la structure la plus répandue est une mise en parallèle d'un pont redresseur
monophasé à diode et d'un hacheur, tandis que dans le cas triphasé, c'est la structure en pont triphasé à
base de GTO ou IGBT qui est la plus répandue. Cette solution permet de réduire les harmoniques
produits par les convertisseurs AC-DC et il ne peut agir sur les harmoniques créés par d'autres sortes
de charges polluantes.
III.3.6.2.3 Filtres actifs (FA)
Les progrès réalisés durant ces dernières années dans le domaine des composants semi-
conducteurs commandés ont rendu l’utilisation des filtres actifs intéressante. Ce sont aussi des
convertisseurs à commutation forcée, utilisés pour la dépollution harmonique des réseaux.
Cette pollution a pour origine deux sources. Les harmoniques provenant du coté charge qui se
comporte comme des sources de courant harmonique idh et ceux provenant du coté réseau qui sont des
sources de tension harmonique Vrh.
La figure III.5 schématise cette configuration. La première, concerne des charges non linéaires
placées en aval du point de raccordement considéré. La seconde, résulte des charges non- linéaires
connectées en amont sur d’autres départs du réseau.
Selon différentes conditions et différents objectifs, plusieurs approches du filtrage sont
envisageables :
 Dépolluer une source polluée pour alimenter une charge sensible.
 Dépolluer une charge polluante pour protéger les autres utilisateurs du réseau.
 Réaliser simultanément ces deux types de dépollution.

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

Fig. III.5 Sources d’harmoniques de tension et de courant

III.3.6.2.4 Classification des filtres actifs


Les filtres actifs peuvent être classifiés à partir du type de convertisseur qu'ils utilisent, de leur
topologie ou encore de leur nombre de phases. Nous nous limiterons ici à la classification selon leurs
différentes topologies. Suivant leurs topologies, les FA peuvent être en série, en parallèle ou mixtes.
III.3.6.2.4.1 Filtre actif série (FAS)
Le filtre actif série (FAS) est placé en série entre la source et la charge non linéaire pour forcer le
courant de la source à être sinusoïdal. Cette approche est basée sur le principe d'isoler les harmoniques
par le contrôle de la tension de sortie du FAS. En d'autres mots, le FAS présente une impédance élevée
au courant harmonique, ce qui isole ces courants les empêchant ainsi d'aller vers la source ou vers la
charge. Il se comporte donc, comme une source de tension contrôlable. Le FAS est surtout utilisé pour
filtrer les harmoniques générés par les charges de tensions harmoniques.

Fig. III.6 Filtre actif série

III.3.6.2.4.2 Filtre actif parallèle (FAP)


Contrairement au FAS, le filtre actif parallèle (FAP), comme le montre la figure III.7, est surtout
utilisé pour éliminer les courants harmoniques engendrés par les charges génératrices de courants
harmoniques. Le FAP est un onduleur modulé en largeur d'impulsion (MLI) qui est placé en parallèle
avec la charge dans le but d'injecter un courant harmonique de même amplitude et de phase opposée
que celui de la charge. Le FAP agit comme une source de courant harmonique réglable.

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Chapitre 3 Qualité de l’énergie électrique des convertisseurs statiques

Fig. III.7 Filtre actif parallèle


Les inconvénients des filtres passifs (résonances série ou parallèle avec la source et/ou la charge,
détérioration des performances du filtre lors de variations de l’impédance du réseau, …) et des filtres
actifs (coût élevé en raison du dimensionnement des composants de puissance) ont conduit à
l’élaboration d’une nouvelle topologie de filtre actif. Il s’agit du filtre hybride qui est, en réalité,
l’association de filtres actifs de faibles puissances à des filtres passifs. Nous pouvons citer trois
configurations :
 Filtre actif série avec des filtres passifs parallèles,
 Filtre actif série connecté en série avec des filtres passifs parallèles,
 filtre actif parallèle avec un filtre passif parallèle.
III.3.6.2.4.3Filtre hybride
Le filtre hybride est une topologie de filtre qui combine les avantages des filtres passifs et des
filtres actifs. Pour cette raison, il est considéré comme l’une des meilleures solutions pour filtrer les
harmoniques de courant des réseaux de distribution.
De plus, du point de vue économique, le filtre hybride présente un atout majeur : il permet de
réduire le coût du filtre actif, actuellement l’obstacle majeur à l’utilisation de filtres actifs.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs


IV.1 INTRODUCTION
En électronique de puissance, la tension de blocage des semi-conducteurs, la fréquence de
commutation des interrupteurs, la forme de la tension de sortie des convertisseurs statiques et la
compatibilité électromagnétique (CEM) sont des critères très importants pour quantifier
respectivement les performances et le fonctionnement du système électrique.
L’utilisation des convertisseurs statiques conventionnels à deux niveaux dans les domaines des
applications de faibles et de moyennes puissances et basses tensions présente une très bonnes
performances en termes de qualité d’énergie électrique, c'est-à-dire meilleur forme de la tension de
sortie et faible compatibilité électromagnétique avec une tension de blocage des semi-conducteurs
inferieure à la tension admissible. Cependant, pour certaines applications de fortes puissances,
l’utilisation des convertisseurs statiques conventionnels à deux niveaux présente une très fortes
contraintes et inconvénients tels que:
 Forte contrainte en tension sur les interrupteurs de puissance, car elle exige des composants
électroniques capables de supporter de fortes tensions inverses et de forts courants,
 La tension maximale à l'entrée des convertisseurs statiques est beaucoup plus grande que la
tension admissible par les interrupteurs,
 Forte compatibilité électromagnétique engendrée lors de passage de la tension de sortie des
convertisseurs statiques d’une valeur nulle à une forte valeur,
 Forme d’onde de la tension de sortie des convertisseurs statiques plus riche en harmoniques,
 Pertes de commutation et de conduction dans les interrupteurs très importantes.
L'amélioration de la forme du signal de sortie des convertisseurs statiques conventionnels à deux
niveaux nécessite de contourner les problèmes susmentionnés. La solution la plus connue consiste à
utiliser des nouvelles topologies des convertisseurs statiques, comme les convertisseurs multiniveaux
et les convertisseurs matriciels.

IV.2 CONVERTISSEURS MULTINIVEAUX


Le convertisseur multiniveaux a été préféré dans de nombreuses applications à haute tension et
haute puissance, en raison, entre autres des formes d'ondes de sortie de haute qualité, des faibles pertes
de commutation, et de faible compatibilité électromagnétique. La conversion multiniveaux est
commencée à partir des années 60. La structure de première convertisseur multiniveaux développée
est la mise en série de pont en H dit aussi en cascade ou à sources séparées. Puis dans 1981 apparu le
convertisseur à diodes flottantes clampé par le neutre (NPC). Cette structure est considérée comme le
premier convertisseur multiniveaux pour des applications de moyennes puissances. En 1992, les
recherches vers de nouvelles structures se sont portées vers les convertisseurs multicellulaires série dit
aussi convertisseur multiniveaux à capacités flottantes. Ces structures peuvent être considérées comme
des nouvelles topologies des convertisseurs statiques multiniveaux.

IV.2.1 Topologies des convertisseurs multiniveaux


L'idée générale des convertisseurs multiniveaux est de générer une tension alternative de plusieurs
niveaux de tension, typiquement obtenue à partir de sources de tension continues. L’augmentation du
nombre de niveaux produit une vague d'escalier sur la forme d'onde synthétisée qui se rapproche de la
vague sinusoïdale avec le minimum d’harmoniques.
Il existe plusieurs topologies des convertisseurs multiniveaux. Nous allons présenter les

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

topologies principales et les plus utilisables:

 le convertisseur à diodes flottantes,


 le convertisseur multicellulaire ou à capacités flottantes,
 le convertisseur en cascade ou pont en H.
IV.2.1.1 Le convertisseur à diodes flottantes
Les convertisseurs multiniveaux à diodes flottantes NPC ont été introduits par A. Nabae et H.
Akagi en 1981. L’objectif était de réduire l’amplitude des harmoniques injectés par le convertisseur
dans la charge dans des applications telle que les variateurs de vitesse.
La figure IV.1 représente un bras de la structure d’un convertisseur triphasé multiniveaux à diodes
flottantes NPC à N niveaux qui est basé sur la mise en série d’interrupteurs. Les diodes sont utilisées
pour réaliser la répartition de la tension aux bornes des interrupteurs à l’état bloqué. Ces diodes de
clamp permettent d’assurer une tension de blocage égale à Vdc/(N−1). Pour l’obtention d’une tension
de N-niveaux, N −1 capacités sont nécessaires. Les tensions aux bornes des condensateurs sont toutes
égales à Vdc/(N−1), où Vdc est la tension totale du bus continu.

Fig. IV.1 Schéma d’un bras du convertisseur multiniveaux à diodes flottantes NPC à N niveaux.

IV.2.1.2 Convertisseurs multicellulaires série ou à cellules imbriquées

Le convertisseur multicellulaire série est une autre topologie des convertisseurs multiniveaux
introduit au début des années 90. Elle est basée sur la mise en série de cellules d’interrupteurs
similairement à la topologie du convertisseur NPC dont les diodes flottantes sont remplacées par des
capacités, d’où le nom de convertisseur à capacités flottantes. Elle est connue aussi sous le nom de

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

convertisseur à cellules imbriquées du fait que le convertisseur comporte plusieurs cellules


«condensateur et paire d’interrupteurs» imbriquées les unes dans les autres.
Le principe de fonctionnement est identique à celui des convertisseurs NPC avec quelque
avantages liés à l'élimination de quelques inconvénients de la NPC, comme le déséquilibrage dans la
répartition des tensions aux bornes des interrupteurs mis en série et le déséquilibrage dans la
répartition des tensions aux bornes des condensateurs lorsque ces condensateurs n’étant jamais mis en
série entre niveaux différents.
La figure IV.2 représente le schéma d’un bras du convertisseur multicellulaire série à P cellules à
capacités flottantes, constitués de 2P interrupteurs bidirectionnels en courant réalisés par des semi-
conducteurs commandables à l’ouverture et à la fermeture montés en anti-parallèle avec des diodes.
On associe, à chaque cellule, une capacité dit capacité flottante, qui sert à appliquer les différents
niveaux de tension de la source continue.

Fig. IV.2 Schéma d’un bras du convertisseur multicellulaire série à N niveaux.

Malgré leurs avantages, les convertisseurs multicellulaire sont limités du faut que le convertisseur
exige des tensions initiales non nulles aux bornes des condensateurs, pour cela il faut prévoir une
stratégie de pré-charge adéquate dans la partie commande de ces convertisseurs. De plus, ces
convertisseurs nécessitent un nombre élevé requis de condensateurs, ce qui va se répercuter sur le
volume du convertisseur.
IV.2.1.3 Convertisseur en cascade (à sources séparées ou en pont H)
La figure IV.3 représente le schéma d’un bras de la topologie d’un convertisseur multiniveaux en
cascade ou à sources séparées. Cette topologie est basée sur la mise en série de plusieurs
convertisseurs monophasés (d'où le nom de topologie basée sur la mise en série de convertisseurs
monophasés) alimentés par des sources continues de mêmes valeur séparées ou isolées
galvaniquement les unes des autres (d'où le nom de topologie à sources séparées) afin d’éviter le court-
circuit lors de la mise en série de plusieurs convertisseurs.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Fig. IV.3 Schéma d’un bras du convertisseur en cascade à N niveaux.

Dans le cadre de ce document, nous proposons une étude détaillée d'un convertisseur à trois
niveaux à diodes flottantes NPC fonctionnant comme un onduleur et un convertisseur multicellulaire
série à P cellules.

IV.2.2 L’onduleur à trois niveaux à diodes flottantes NPC


La figure IV.4 représente l’onduleur triphasé à trois niveaux à diodes flottantes NPC. Il est
constitué de 12 interrupteurs bidirectionnels en courant réalisés par des semi-conducteurs
commandables à l’ouverture et à la fermeture, de type IGBT dans la majorité des cas, montés en
antiparallèle avec des diodes. On associe, à chaque bras, des diodes appelées diodes flottantes, qui
servent à appliquer les différents niveaux de tension de la source continue.
Dans ce cas, on suppose que la tension Vdc est divisée en égalité entre les deux capacités : Vdc1
=Vdc2 = Vdc /2.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Fig. IV.4 Onduleur à trois niveaux à diodes flottantes (Neutral Point Clamped) NPC.

IV.2.2.1 Modulation du convertisseur à trois niveaux

Dans cette structure chaque interrupteur du convertisseur à trois niveaux


fonctionne en complémentarité avec un autre interrupteur du même bras.

L’état de commutation de chaque interrupteur est défini par :

1 si Kij est fermé


Sij  
0 si Kij est ouvert

On définit, pour chaque bras (j), trois états Fj, correspondants aux trois fonctions de
complémentarité.

 1 ou P si K 1 j et K 2 j sont fermés

Fxj  0 ou O si K 2 j et K 3 j sont fermés
1 ou N si K et K sont fermés
 3j 4j

Avec x: la fonction de complémentarité du bras j.


La fonction de complémentarité est :
S1 j  S 3 j et S2 j  S 4 j
L’onduleur à trois niveaux délivre, en sortie, trois niveaux de tensions. Ces tensions sont
exprimées en fonction des tensions des condensateurs du bus continu –Vdc/2, 0, et Vdc/2, et en fonction
des trois états possibles P, O, N des interrupteurs de chaque bras, de la manière suivante (voir figures
IV.5 et 6) :

Etat P : Les deux interrupteurs du haut K1 j et K 2 j (dans ce cas, j=1, 2 et 3) sont fermés, tandis que
les deux interrupteurs du bas K3 j et K4 j sont ouverts. La tension phase-point milieu fictif
Vdc
est v jo  et le courant ij passe par les deux transistors T1 j et T2 j lorsqu'il est positif, et par les deux
2
diodes antiparallèles D1 j et D2 j lorsqu'il est négatif.

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Etat O : Les deux interrupteurs du milieu K 2 j et K3 j sont fermés, tandis que les deux interrupteurs
des extrémités K1 j et K4 j sont ouverts. La tension phase-point milieu fictif est v jo  0 , c’est le

niveau intermédiaire, et le courant ij passe par le transistor T2 j et la diode de clamp Dc1j lorsqu'il est
positif, et par le transistor T3 j et la diode de clamp Dc2j lorsqu'il est négatif.

Etat N : Les deux interrupteurs du bas T3 j et T4 j sont fermés, tandis que les deux interrupteurs du
Vdc
haut sont ouverts. La tension phase-point milieu fictif est : v jo   et le courant ij passe par les
2
deux transistors T3 j et T4 j lorsqu'il est négatif, et par les deux diodes antiparallèles D3 j et D4 j
lorsqu'il est positif.

Fig. IV.5 Etats de conduction des bras d’un onduleur à trois niveaux.

Fig. IV.6 États des interrupteurs dans un onduleur à trois niveaux NPC.
Les trois niveaux de tension de l’onduleur à trois niveaux NPC peuvent être générés comme
présenté dans la figure IV.7.

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Fig. IV.7 Les trois niveaux de tension dans un onduleur à trois niveaux NPC.

Les tensions vjo phase-point milieu fictif « o » sont exprimées en fonction de la moitié de la tension
totale de la source du bus continu Vdc et l’état de bras Fj par :
V
v jo  Fj . dc
2
vjo représente la tension de chaque bras par rapport à la référence de la source continue (o).
Pour chaque bras, on définit trois fonctions de connections en fonction des états des interrupteurs
suivants:
 X 1 j  S1 j S 2 j

 X 2 j  S2 j S3 j
X  S S
 3j 3j 4j

Les tensions phase-point milieu fictif « o » sont exprimées aussi se forme matricielle en fonction
de la moitié de la tension totale de la source du bus continu Vdc et les trois fonctions de connections
par :
 Vdc 
 v1o   X 1 j X2 j X3 j   2 
v    X  
 2o   1 j X2 j X3 j   0 
 v3o   X 1 j X2 j X 3 j   Vdc 
 
 2 
Le tableau IV.1 résume les tensions phase-point milieu fictif vjo en fonction des états des bras et
des états des interrupteurs d’onduleur à trois niveaux.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Etat d'interrupteurs i du bras Tension phase-


Etas du bras j
point milieu fictif
Fj S1j S2j S3j S4j
vjo

P 1 1 0 0
Vdc
2
O 0 1 1 0 0

N 0 0 1 1
Vdc
2
Tableau. IV.1 Etats d'un bras d’onduleur (j =1, 2 et 3)

Chaque bras de l’onduleur à trois niveaux à diodes flottantes NPC peut prendre trois états (P-O-N).
Ainsi l’onduleur triphasé à trois niveaux a 33=27 états de commutation possibles. Ces états sont
identifiés en indiquant les états des trois bras. Par exemple, l'état PON indique que le premier bras est
à l'état P, le deuxième est à l'état O, et le troisième bras est à l'état N.
IV.2.2.2 Tension fournie par le convertisseur à trois niveaux
Afin de déterminer les tensions phases-point neutre (simples) vjn, il faut déterminer les tensions
entre deux phases (composées). Les tensions composées sont exprimées en fonction de la moitié de la
tension totale de la source du bus continu Vdc et les trois fonctions de connections par :

 Vdc 
 v12   v1o  v2o   X 11  X 12 X 21  X 22 X 31  X 32   2 
v   v  v    X  X  
 23   2o 3o   12 13 X 22  X 23 X 32  X 33   0 
 v31   v3o  v1o   X 13  X 11 X 23  X 21 X 33  X 31   Vdc 
 
 2 
D’où:
v12   1 1 0   X 11  X 31 
v    0 1 1  X  X  Vdc
 23     12 32 
2
 v31   1 0 1   X 13  X 33 
A partir de cette équation, les tensions simples par rapport au point neutre N sont exprimées par:

 Vdc 
 v1n   v12  v31   2 X 11  X 12  X 13 2 X 21  X 22  X 23 2 X 31  X 32  X 33   2 
v   v  v    2 X  X  X  
 2n   23 12   12 13 11 2 X 22  X 23  X 21 2 X 32  X 33  X 31   0 
 v3n   v31  v23   2 X 13  X 11  X 12 2 X 23  X 21  X 22 2 X 33  X 31  X 32   Vdc 
 
 2 

ou
 v1n   v1o  vno 
v   v  v 
 2n   2o no 
v3n  v3o  vno 
Avec vno la tension entre le point milieu de l’alimentation continue de l’onduleur et le point neutre de
la charge qui est représentée comme suit:

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1
vno  ( v1o  v2o  v3o )
3
Lorsque les tensions simples est un système triphasé équilibré, on a:
 v1n   2 1 0   X 11  X 31 
v   1  0 2 1  X  X  Vdc
 2n  3    12 32 
2
 v3n   1 0 2   X 13  X 33 
D’où:
 v1n   2 1 0   S11 S21  S31 S41 
v   1  0 2 1  S S  S S  Vdc
 2n  3    12 22 32 42 
2
 v3n   1 0 2   S13 S23  S33 S43 

IV.2.2.3 Commande MLI Sinus-Triangle d’un onduleur NPC à trois niveaux


La commande MLI Sinus-Triangle est basée sur la comparaissent entre le signal de référence et le
signal de porteuse à fréquence élevée, afin de génère les ordres de commande des interrupteurs. Dans
cette technique, la fréquence de commutation est fixe, le réglage s’effectuant par deux paramètres, le
taux de modulation (coefficient de réglage en tension) et l’indice de modulation .

Selon le nombre et la position des porteuses, on a plusieurs cas de la commande MLI Sinus-
Triangle sont utilisés pour la commande des onduleurs NPC à trois niveaux, comme:
 Utilisation d’une seule porteuse positionnée soit dans les alternances positives des trois
signaux de références soit centrée autour de l’axe de temps.
 Utilisation des deux porteuses triangulaires bipolaires positionnées l’une dans l'alternance
positive et l’autre dans l'alternance négative soit symétriquement soit avec déphasage de
demi-période de l’une par rapport à l’autre.
IV.2.2.3.1 Simulation de la commande MLI Sinus-Triangle d’un onduleur NPC à trois
niveaux
Dans ce paragraphe, on opte pour une porteuse positionnée dans l'alternance positive des tensions
de référence.
Equation de porteuse
Comme indiqué sur la figure IV.8, l’équation de la porteuse et donnée par:
  Td  2V p max
 t  0,  , v p  t   t
  2 Td

 t   Td , T  , v  t   2V p t  2V
  2 d  p Td
p

Les signaux de références forment un système triphasé d’amplitude Vrmax et de fréquence f:


 
 sin( 2  ft ) 
v 1 réf   
v  V sin( 2  ft  2  )
 2 réf  r max
 3 
v 3 réf   
2
sin( 2  ft  )
 3 

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Fig. IV.8 Signaux de références et la porteuse utilisés dans la commande Sinus-Triangle (m=40, r=0.8)

Algorithme de la commande
Si abs(Vréfj) <= Vp
S1j=1; S2j=0; S3j=1; S4j=0;
Si abs(Vréfj) > Vp et Vréfj>0;
S1j=1; S2j=1; S3j=0; S4j=0;
Sinon
S1j=0; S2j=0; S3j=1; S4j=1;

Fig. IV.9 Signaux de contrôle de l’onduleur à trois niveaux NPC contrôlé par MLI à une seule porteuse

Tensions de sortie
Les figures IV.10 (a-b et c) illustrent les formes de la tension de sortie entre phase et point milieu
de l’alimentation continue v1o de l’onduleur à trois niveaux NPC contrôlé par MLI à un seul porteuse,
la tension entre phase et neutre v1n, ainsi que la tension de sortie entre phases v12. A noter que, la
tension de sortie v10 prend trois valeurs de tension (Vdc/2, 0, -Vdc/2), la tension de sortie entre phases v12
prend cinq valeurs de tension (Vdc/2, Vdc, 0, -Vdc/2, -Vdc) et la tension de sortie v1n prend neuf valeurs de
tension comme indique les figures.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

a b c
Fig. IV.10 les formes de la tension de sortie de l’onduleur à trois niveaux NPC contrôlé par MLI à un seul
porteuse

IV.2.3 Convertisseurs multicellulaires série ou à cellules imbriquées FCMC


(Flying Capacitor Multilevel Converters)
La figure IV.11 représente le schéma d’un bras du convertisseur multicellulaire série à P cellules à
capacités flottantes et à N=P-1 niveaux, constitués de 2P interrupteurs bidirectionnels en courant
réalisés par des semi-conducteurs commandables à l’ouverture et à la fermeture montés en anti-
parallèle avec des diodes. On associe, à chaque cellule, une capacité dit capacité flottante, qui sert à
appliquer les différents niveaux de tension de la source continue.

Fig. IV.11 Schéma d’un bras du convertisseur multicellulaire série à N=p+1 niveaux.

Les interrupteurs de chaque cellule fonctionnent de façon complémentaire. La fonction de chaque


cellule i est représentée par Fi. Le Fi sera également appelé état de la cellule i. La tension de sortie est
notée vs.
La commande par les Si donne 2P configurations différentes. La tension en régime permanent et de
(P+1) niveaux.
L’avantage major du convertisseur multicellulaire série est la réduction des contraintes en tension
sur les interrupteurs par l’imposition sur chaque cellule de commutation une contrainte en tension
égale à E/P a partir des sources de tension flottantes, et aussi l’amélioration de la forme de tension de
sortie du convertisseur.
IV.2.3.1 Mode de fonctionnement du convertisseur multicellulaire série
La structure du convertisseur multicellulaire série permet d’adaptée pour toutes les configurations,
soit la configuration hacheur ou onduleur demi pont avec point milieu capacitif ou configuration pont
complet.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

IV.2.3.1.1 Fonctionnement en hacheur


La figure IV.12 présente un convertisseur multicellulaire série à P cellules à capacités flottantes
fonctionnant en hacheur dévolteur alimentée une charge R-L.

Fig. IV.12. Hacheur dévolteur à p cellules alimentée une charge R-L

Les interrupteurs de chaque cellule i fonctionnent de façon complémentaire. La fonction de


commutation de chaque cellule i est représentée par Fi. Le Fi sera également appelé état de la cellule i.
La tension de sortie est notée vs.

A partir de la figure IV.12, on peut calculs la tension aux bornes de la charge, le courant dans la
charge en fonction des signaux de commandes ou l’état Fi de chaque cellule i et les tensions flottantes.
L’évolution de la tension aux bornes du condensateur (flottante) vci est liée à l’évolution du courant
dans le condensateur ici par la relation suivent :

Le courant dans le condensateur ici est donné en fonction des signaux de commandes des cellules
adjacentes et le courant dans la charge il par :

L’évolution de la tension aux bornes de chaque condensateur vci est donné par :

Par l’application de la loi des mailles sur la structure du hacheur dévolteur de la figure IV.12, on
remarque que la tension de sortie Vs est une la somme des tensions aux bornes des interrupteurs .
Les tensions aux bornes des interrupteurs sont définies en fonction de signal de commande de
chaque cellule i et les tensions aux bornes des condensateurs adjacents par :

La tension de sortie Vs est la somme des tensions aux bornes des interrupteurs

avec vC0=0 et vCP=E.


La loi des mailles au niveau de la charge donne par ailleurs:

L’équation différentielle définissant le courant dans la charge est donnée par:

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

L’évolution du courant dans la charge est donnée par l’équation suivante :

Et en fonction de signal de commande de chaque cellule i et les tensions aux bornes des condensateurs
adjacents est donnée par :

Et en fonction des signaux de commandes des cellules adjacents et la tension aux bornes du
condensateur est donnée par :

IV.2.3.1.1.1 Cas d’un hacheur dévolteur à deux cellules


La structure de base du convertisseur multicellulaire série fonctionnant en hacheur dévolteur à
deux cellules commence par l’association de deux cellules élémentaires de commutation, comme
présenté sur la figure IV.13.

Fig. IV.13. Hacheur dévolteur à deux cellules de commutation.

La tension de sortie Vs est donnée par:


Vs  F1 EC1  F1( E  EC1 )
Afin d’étudier le fonctionnement du hacheur dévolteur à deux cellules nous considérons que le
condensateur est chargé et reste chargé à sa valeur d’équilibre E/2. La structure de ce hacheur
dévolteur à deux cellules permet de donne une tension multiniveaux à la sortie du convertisseur dont
les valeurs sont égales à 0, E et E/2.
Selon les fonctions de commutation des deux cellules F1 et F2, la structure du hacheur dévolteur à
deux cellules comporte 22 états (configurations) possibles qui sont résumées sur le tableau IV.2 et la
figure IV.14.
F1 F2 vs1 vs2 iC ie Vs
0 0 E/2 E/2 0 0 0
1 0 0 E/2 -il 0 E/2
0 1 E/2 0 il il E/2
1 1 0 0 0 il E
Tableau. IV.2 Caractéristiques principales de l’association de deux cellules.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Fig. IV.14. Les 4 configurations possibles d’un hacheur dévolteur à deux cellules

On peut généraliser la méthode précédente pour exprimer les grandeurs principales d’un hacheur
dévolteur à P cellules de commutation.
Les grandeurs caractéristiques de l’hacheur dévolteur à P cellules de commutation sont définies
dans le tableau IV.4 :
Nombre de cellules associées P
Nombre de condensateurs associés P-1
Nombre d’états possibles 2P
Nombre de niveaux de tension en sortie P+1
Valeur de la tension principale d’alimentation E
Valeur de la source de tension de la cellule i Vci =(i/P)E
Tableau IV.4 Définition des grandeurs caractéristiques de l’hacheur dévolteur à P cellules de commutation

Nous avons, également, les expressions suivantes :


Tension de sortie :
P
Vs  S ( E
i 1
i i  Ei 1 )

Avec : E0 =0
Tensions des interrupteurs :
 P

 si

V 
i 1

S i ( Ei  Ei 1 )
 P
V 


si
i 1

Si ( Ei  Ei 1 )

Les courants débités par les sources de tension sont :


iEi  is ( Si  Si 1 )
En utilisant la relation entre les différentes sources de tension exprimée par :
i
Vci  E
P

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Les expressions des tensions citées ci-dessus peuvent être simplifiées :


Tension de sortie :
P

F
E
Vs  i
P i 1

Tensions des interrupteurs :


 E
 vsi  ( 1  Fi )
 P

v  F E


si
P
i

Nous avons présenté dans les deux figures IV.15 et 16, les fonctions de commutation des deux
cellules (les séquences de commande des deux cellules) F1 et F2 et la tension de sortie Vs obtenues
pour les différents rapports cycliques αi et différents déphasages Δαi entre les commandes des cellules
sur une période de découpage Td.
1ere cas α<0. 5Td

Fig. IV.15. Séquences de commande et la tension de sortie pour α=0.25Td

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

2eme cas α>0. 5Td

Fig. IV.16. Séquences de commande et la tension de sortie pour α=0.75Td

A partir des six essais représenté dans les deux figures IV.15 et 16, on à les remarques suivants:
 Que quelque soit le rapport cyclique avec un déphasage entre les signaux de commande
nul, la tension de sortie pends les deux valeurs 0 et E. Ce type de fonctionnement est
similaire d’un hacheur avec un seul interrupteur en termes de formes d’onde.
 Que quelque soit le rapport cyclique avec un déphasage entre les signaux de commande
est inferieure à Td/4, la tension de sortie pends les trois valeurs 0, E/2 et E.
 Lorsque le rapport cyclique est inferieure au égale Td/2 et le déphasage entre les signaux
de commande est égale à Td/2, la tension de sortie prendra les deux valeurs 0 et E/2.
 Lorsque le rapport cyclique est supérieur Td/2 et le déphasage entre les signaux de
commande est inferieure au égale à Td/2, la tension de sortie prendra les deux valeurs E et
E/2.
Propriétés
Propriété 1: Pour un l’hacheur dévolteur à P cellules de commutation, lorsque les rapports cycliques
sont égaux et des déphasages réguliers de Td/p entre les signaux de commande des cellules alors la
variation de la tension de sortie est la tension E divisée par p avec une fréquence de commutation
apparente de la tension de sortie est multipliée par p.
Propriété 2: Pour un l’hacheur dévolteur à P cellules de commutation, lorsque les déphasages
réguliers de Td/p entre les signaux de commande des cellules et le rapport cyclique est compris entre
(i-1)/p et i/p alors la tension de sortie prendra les valeurs (i-1)E/p et iE/p.
IV.2.3.1.1.2 Commande par MLI Sinus-Triangle de l’hacheur dévolteur à P cellules de commutation

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Dans le cas de la MLI Sinus-Triangle de l’hacheur dévolteur à P cellules de commutation, les


signaux de commande de chaque cellule i, sont obtenus en faisant l’intersection entre les porteuses
triangulaires et le signal modulant, dit signal de référence, comme indiqué sur la figure IV.17.
La commande MLI Sinus-Triangle utilise P porteuses triangulaires pour commander les P cellules
de commutation de l’hacheur dévolteur. De plus, ces porteuses sont toutes régulièrement déphasées
entre elles de 2π/P : la porteuse no2 est en retard de 2π/P par rapport à la porteuse no1. La porteuse no3
est en retard de (3-1).2π /P par rapport à la porteuse no1, … jusqu’à la porteuse noP qui aura un
déphasage de (P-1).2π/P par rapport à la porteuse no1.
La comparaison entre les signaux triangulaires vpi(t) et signal de référence vréf(t), permet d’obtenir
les ordres de commande Fi :
 1 si vréf (t )  v pi (t )
Fi  
0 si vréf (t )  v pi (t )

Fig. IV.17. Porteuses triangulaires et le signal modulant


Les équations permettant de générer les signaux triangulaires notés Tri ou vpi(t) évoluant sur
l’intervalle [0,1] les deux cas de sont:
1 1
v p1( t )  Tr 1   arcsin(cos( 2 f d t ))
2 
1 1 2
v p 2( t )  Tr 2   arcsin(cos( 2 f d t  ))
2  P

1 1 2
v pp( t )  TrP   arcsin(cos( 2 f d t  ( P  1 ) ))
2  P
IV.2.3.1.2 Fonctionnement en onduleur
Comme on dite précédemment, le convertisseur multicellulaire série permet d’adaptée pour toutes
les configurations d’onduleurs, soit la configuration demi pont avec point milieu capacitif ou
configuration pont complet monophasé ou triphasé.
IV.2.3.1.2.1 Cas d’un onduleur monophasé demi pont avec point milieu capacitif
La figure IV.18 présente un convertisseur multicellulaire série à P cellules à capacités flottantes
fonctionnant en onduleur monophasé demi pont avec point milieu capacitif alimentée une charge R-L.

Fig. IV.18. Onduleur monophasé demi pont avec point milieu capacitif

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

A partir de la figure IV.18, on peut calculs la tension aux bornes de la charge Vl, le courant dans la
charge en fonction des signaux de commandes ou l’état Fi de chaque cellule i et les tensions flottantes.
Comme le cas d’un hacheur, la tension Vs est la somme des tensions aux bornes des interrupteurs

avec vC0=0 et vCP=E.


La loi des mailles au niveau de la charge donne par ailleurs:

Avec

L’équation différentielle définissant le courant dans la charge est donnée par:

L’évolution du courant dans la charge est donnée par l’équation suivante:

Et en fonction de signal de commande de chaque cellule i et les tensions aux bornes des condensateurs
adjacents est donnée par :

Et en fonction des signaux de commandes des cellules adjacents et la tension aux bornes du
condensateur est donnée par :

IV.2.3.1.2.1 Cas d’un onduleur monophasé pont complet


La figure IV.19 présente un convertisseur multicellulaire série à P cellules à capacités flottantes
fonctionnant en onduleur monophasé pont complet alimentée une charge R-L. Cette structure
constituée de deux bras multicellulaires (bras1 et bras 2) et chaque bras constituée de P cellules.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Fig. IV.19. Onduleur monophasé pont complet

La tension Vs aux bornes de la charge est la différent entre les deux tensions Vsam et Vsbm aux
bornes des interrupteurs et .

L’évolution du courant dans la charge est donnée par l’équation suivante:

IV.2.3.1.2.3 Cas d’un onduleur triphasé


La figure IV.20 présente la structure d’un onduleur multicellulaire série triphasée à P cellules à
capacités flottantes. Cette structure constituée de trois bras multicellulaires et chaque bras constituée
de P cellules.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Fig. IV.20. Onduleur multicellulaire série triphasée

L’évolution de la tension aux bornes de chaque condensateur vci,j est donné par :

Avec j =1, 2 et 3 : l’indice de phase ou de bras.

Les tensions Vs aux bornes de la charge sont données en fonctions des tensions Vsam, Vsbm et Vscm
par.
 1
va  3 (2Vsam  Vsbm  Vscm )

 1
vb  (2Vsbm  Vsam  Vscm )
 3
 1
 vc  3 (2Vscm  Vsam  Vsbm )

va   2 1 1 Vsam 
 v   1  1 2 1 V 
 b 3   sbm 
 vc   1 1 2  Vscm 

IV.2.3.1.2.3.1 Commande par MLI Sinus-Triangle d’un onduleur

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Dans le cas de la MLI Sinus-Triangle d’un onduleur multicellulaires série, les signaux de
commande de chaque cellule i, sont obtenus en faisant l’intersection entre les porteuses triangulaires et
les signaux modulants, dit signaux de références, comme indiqué sur la figure IV.21.
La commande MLI Sinus-Triangle utilise P porteuses triangulaires pour commander les P cellules
de commutation d’un onduleur multicellulaires série. De plus, ces porteuses sont toutes régulièrement
déphasées entre elles de 2π/P : la porteuse no2 est en retard de 2π/P par rapport à la porteuse no1. La
porteuse no3 est en retard de (3-1).2π /P par rapport à la porteuse no1, … jusqu’à la porteuse noP qui
aura un déphasage de (P-1).2π/P par rapport à la porteuse no1. Ce déphasage régulier des porteuses les
unes par rapport aux autres est utile pour deux raisons:
 D’une part, il permet à la tension multiniveaux de sortie d’atteindre ses niveaux
intermédiaires. En effet, si toutes les porteuses étaient en phase, toutes les cellules
commuteraient en même temps et seraient dans le même état de conduction. La tension de
sortie n’atteindrait alors que ses valeurs extrêmes.
 D’autre part, le déphasage régulier permet aussi de multiplier la fréquence apparente de
découpage de la tension de sortie : Dans le cas d’un convertisseur à P cellules, si l’on note fd la
fréquence de découpage de chaque interrupteur, et Td la période correspondante, alors le
déphasage régulier des P porteuses triangulaires permet d’obtenir une tension multiniveaux de
sortie dont chaque motif élémentaire a une durée Td/P. Autrement dit, la fréquence apparente
de découpage de la tension de sortie vaut P.fd.

Fig. IV.21. Porteuses triangulaires et le signal modulant


Les équations permettant de générer les signaux triangulaires pour la commande de chaque cellule
i de chaque bras j notés Trij ou vpij(t) évoluant sur l’intervalle [0,1]:
2
v p1, j  Tr 1, j  arcsin(cos( 2 f d t ))

2 2
v p 2 , j  Tr 2  arcsin(cos( 2 f d t  ))
 P

2 2
v pp , j  TrP  arcsin(cos( 2 f d t  ( P  1 )
))
 P
IV.2.3.2 Simulation de la commande par MLI Sinus-Triangle d’un convertisseur
multicellulaire série à 7 cellules dans les deux cas de fonctionnements.
Pour voir le comportement du convertisseur multicellulaire série lors de la commande en boucle
ouverte, nous avons réalisé la simulation d’un convertisseur multicellulaire série 7 cellules dans les
deux cas de fonctionnements (hacheur et onduleur), alimentant une charge (R-L), commandé par MLI
Sinus-Triangle. Cette simulation est menée pour mettre en évidence le rééquilibrage naturel des
tensions flottantes.
Paramètres de simulation

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Le convertisseur multicellulaire série


Nombre de cellules (P) : 7
Tension continue (E) : 1000 V
Condensateur flottant (C) : 40 μF
La charge
 La résistance de charge R =10Ω
 L’inductance de la charge L = 0.5mH
Paramètres de MLI par exemple :

 Fréquence de découpage fd=15 kHz


 Taux de modulation m=0.8.
 Le rapport cyclique (identique sur les 7 cellules) α=0.5
IV.2.3.2.1 Fonctionnement en hacheur
Les figures IV.22, 23 et 24 montrent les résultats de simulation dans le cas d’un hacheur dévolteur
à 7 cellules.

Fig. IV.22. La tension Vs aux bornes de la charge

Fig. IV.23. Le courant il dans la charge

Fig. IV.24. Evolution de la tension aux bornes de chaque condensateur flottante

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

IV.2.3.2.2 Fonctionnement en onduleur


Les figures IV.25, 26 et 27 présentent les résultats obtenus après simulation de l’onduleur
monophasé demi-pont multicellulaire série à 7 cellules.
La figure IV.26 donne la forme d’onde typique de la tension découpée (Vs) obtenue en sortie de
l’onduleur monophasé demi-pont multicellulaire série à 7 cellules et son spectre harmonique. Chaque
front montant ou descendant de Vs est d’une amplitude égale à E/7, et la durée de chaque motif
élémentaire vaut Td/7. Il faut noter que le spectre harmonique de Vs possède une onde fondamentale à
la fréquence fo. Les ondes harmoniques qui viennent ensuite sont regroupées en familles centrées sur
des multiples de fd. Ainsi, un déphasage régulier des porteuses les unes par rapport aux autres permet
éventuellement d’éliminer des familles entières d’ondes harmoniques de la tension de sortie du
convertisseur. Seules subsistent les familles d’ordre P et multiples de P. Donc, la première famille se
situe à P.fd.

Fig. IV.25. Evolution de la tension aux bornes de chaque condensateur flottante

Fig. IV.26 Tension de sortie et son THD

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Fig. IV.27 Courant de charge et son THD

IV.3 Convertisseurs matriciels sans stockages


Les convertisseurs statiques matriciels dits aussi cyclo-convertisseurs à commutation forcée ou
convertisseurs statiques CA/CA sans stockages ont été introduits par G. Pelly en 1976. L’objectif était
de transformer l'énergie électrique CA/CA directement avec réversibilité totale sans passage par
l’étage de conversion continue ou intermédiaire. Ces convertisseurs permettent d’obtenir une de
tension monophasée ou triphasée variable en fréquence et en amplitude à partir d’un réseau électrique
d’alimentation de tension fixe en fréquence et en amplitude.
La figure IV.28 représente le convertisseur statique matriciel triphasé, constitués de 9 interrupteurs
(trois bras et chaque bras ayant trois interrupteurs) à quatre segments à commutation forcée permettent
la circulation du courant dans les deux sens ainsi que de bloquer les tensions inverses de deux
polarités.

Fig. IV.28 Convertisseur Matriciel triphasé-triphasé alimentant une charge

Les interrupteurs sont positionnés de telle sorte que chaque phase de sortie du convertisseur est
connectée avec toutes les phases du réseau électrique d’alimentation, tout en évitant le court-circuit
des sources de tensions (lignes d’entrées) et l’ouverture du circuit des sources de courants (lignes de
sorties) comme indique la figure IV.29, c'est-à-dire dans chaque période de découpage nous avons un
seul interrupteur fermé parmi les trois interrupteurs.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

a b
Fig. IV.29 (a) Eviter le court-circuit des sources de tensions.
(b) Eviter l’ouverture des sources de courants.
IV.3.1 Les interrupteurs à quatre segments
Les interrupteurs à quatre segments sont des interrupteurs commandables à l’amorçage et au
blocage en même temps, c'est-à-dire une capacité de bloquer une tension ainsi que de conduire un
courant quel que soit son signe. La caractéristique statique d’un interrupteur à quatre segments est
représentée sur la figure IV.30.

Fig. IV.30. La caractéristique statique d’un interrupteur à quatre segments

IV.3.2 Modulation du convertisseur matriciel

Le convertisseur statique matriciel constitué de trois bras et chaque bras ayant trois interrupteurs),
chaque interrupteur dans chaque bras j ) possède deux états de
commutation dans chaque période de découpage.
L’état de commutation de chaque interrupteur est défini par:
1 si Kij est fermé
fij  
0 si Kij est ouvert
IV.3.1.1 Loi de la commande et vecteurs des états de commutation
Le convertisseur matriciel triphasé est constitué de 9 interrupteurs et chaque interrupteur possède
deux états de commutation, il peut avoir donc 29= 512 états de commutation différents. Cependant, ces
512 états ne sont pas totalement réalisables car il y a plusieurs états qui provoquent soit le court-circuit
des sources de tensions soit l’ouverture du circuit des sources de courants. Afin d'éviter ces contraintes
on doit assurer qu'un seul interrupteur soit fermé parmi les trois interrupteurs dans chaque période de
découpage, donc dans chaque bras il y a trois états de commutation admissibles. Lorsque le
convertisseur statique matriciel triphasé comporte trois bras, il y a donc 33= 27 états de commutation
admissibles.
On définit, en fonction des états de commutation, la loi de commande du convertisseur matriciel,
de tel sorte qu'aucun court-circuit des sources de tensions et aucune ouverture du des sources de
courants ne soit possible, ceci se traduit par les équations suivantes.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

 f11  f 21  f 31  1

 f12  f 22  f 32  1
f  f  f 1
 13 23 33
On définit, aussi pour le convertisseur statique matriciel, la matrice de connexion Fij, décrite par
l’équation suivante.
 f11 f 21 f 31 
Fij   f12 f 22 f 32 
 f13 f 23 f 33 
IV.3.1.2 Comportement instantané du convertisseur statique matriciel
Le vecteur de tension de sortie (vs1n, vs2n, vs3n) est exprimé se forme matricielle en fonction du
vecteur de tension d’entrée (ve1n, ve2n, ve3n) et la matrice de connexion Fij par l’équation suivante:
 vs1n   ve1n 
v    F  v 
 s 2n   ij   e2n 
 vs3n   ve3n 
Le vecteur de courant d’entrée (ie1, ie2, ie3) est exprimé se forme matricielle en fonction du vecteur
de courant de sortie (is1, is2, is3) et la matrice de connexion Fij par l’équation suivante:
 ie1   is1 
i    F  T i 
 e2   ij   s2 
ie3  is3 

IV.3.2 Commande d’un convertisseur statique matriciel


L’objectif de la commande est de générer les ordres d’ouverture et de fermeture des interrupteurs,
de sorte que la tension créée par le convertisseur matriciel soit la plus proche de la tension de
référence.
IV.3.2.1 Modulation scalaire (Venturini)
Cette méthode est basée sur le calcul de la matrice de modulation M(t), c’est à dire des rapports
cycliques des neuf interrupteurs du convertisseur comme il est indiqué sur la figure IV.31.

Fig. IV.31. Circuit de la commande par la méthode de Venturini d’un convertisseur matriciel

Cette dernière est ensuite comparée avec une onde triangulaire symétrique, à fréquence élevée.
Si tij est le temps de la conduction de l’interrupteur i du bras j, les valeurs moyennes des tensions
de sortie (Vs1n, Vs2n, Vs3n) pendant une période de découpage Td suffisamment courte sont exprimées
par :
Vs1   t11 t21 t31   ve1n   v*s1n' 
V   1 t  
 s2  T  12 t22 t32   ve2n   v*s 2n' 
Vs3 
d
t13 t23 t33   ve3n   v*s3n' 

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

La figure IV.32 donne un exemple des rapports cycliques de conduction des interrupteurs pendant
une période de découpage Td du convertisseur matriciel.

Fig. IV.32. Exemple de chronogramme du fonctionnement des interrupteur Sij sur une période de découpage

A partir de cette relation, les rapports cycliques des conductions des interrupteurs qui représentent
la modulation matricielle sont donnés par la relation suivante:
tij
mij 
Td
Ces rapports cycliques sont donnés par la matrice de modulation M suivante:
 m11 m21 m31 
M   m12 m22 m32 
 m13 m23 m33 
Dans une période de découpage Td, on a alors les systèmes d’équations suivants:
Vs1   vs1n'   ve1n   I e1   is1 
V   v   M v   I   M i 
 s2   s2n'   e2n   e2   s2 
Vs3  vs3n'   ve3n   I e3  is3 
et
Les systèmes triphasés des tensions d'entrée et des courants de sortie respectivement sont donnés par
les deux d’équations suivantes:
 
 cos( 2 f et ) 
 ve1n   
 v   V  cos( 2 f t  2 )
 e2 n  e
 e
3 
 ve3n   
2
 cos( 2 f et  )
 3 
 
 cos( 2  f s t  s ) 
i s1   
i  2
 s2   I s cos( 2  f s t  s  )
 3 
 i s 3   
2
cos( 2  f s t  s  )
 3 

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Avec: Ve, Is : amplitudes de la tension d'entrée et du courant de sortie respectivement du convertisseur


matriciel;
fe , fs : fréquences d'entrée et de sortie respectivement du convertisseur matriciel;
 s : déphasage des courants de sortie par rapport aux tensions simples de sortie.
IV.3.2.1.1 Le coefficient de réglage
Le coefficient de réglage en tension dit aussi le rapport de transformation entre l’amplitude de la
tension de sortie et l’amplitude de la tension d'entrée du convertisseur matriciel permet de contrôler les
tensions de sortie et les courants d’entrée. Pour cela en cherche à exprimer la matrice de modulation M
en fonction de r et de trouver la valeur maximale admissible de r. Il s'agit de trouver la tension
maximale admissible à la sortie du convertisseur matriciel de tel sorte que le contenu harmonique des
tensions de sortie et des courants d’entrée soit négligeable.
Lorsque le convertisseur matriciel est un convertisseur sans stockage, les puissances instantanées à
l’entrée et à la sortie sont égales, et aussi lorsque les tensions et les courants sont équilibrés, les
puissances moyennes à l’entrée et à la sortie sont égales, c'est-à-dire :
3 3
P  pe  ps  Ve I e  Vs I s cos s
2 2
Avec
Le rapport r du convertisseur matriciel est donné par l'égalité suivante:
V Ie
r s 
Ve I s cos  s
La valeur maximale admissible de r qui permet de générer à la sortie du convertisseur matriciel sans
stockage une tension maximale admissible sans harmoniques est 0.86.
Les systèmes triphasés des tensions de sortie et des courants d'entrée respectivement du
convertisseur matriciel sont donnés par les deux d’équations suivantes:
 
 cos( 2 f et ) 
Vs1n'   
V  2
 s 2 n'   rVe  cos( 2 f et  )
 3 
Vs 3n'   
2
 cos( 2 f et  )
 3 
 
 cos( 2  f s t  s ) 
 I e1   
I  2
 e2   rI s cos( 2  f s t  s  )
 3 
 I e 3   
2
cos( 2  f s t  s  )
 3 
   
 cos( 2 f et  e )   cos( 2 f et  e ) 
 I e1     
 I   I cos( 2 f t    2 )  rI s cos  s cos( 2 f t    2 )
 e2  e
 e e
3   e e
3 
 I e3     
2 2
 cos( 2 f et  e  )  cos( 2 f et  e  )
 3   3 
e : déphasage entre la tension et le courant d’entrée du convertisseur matriciel.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

IV.3.2.1.2 La matrice de modulation M(t)


Les deux chercheurs Venturini et Alesina introduisent en 1980 une méthode de calcul des rapports
cycliques des conductions des interrupteurs, qui permettent de générer à la sortie une tension
maximale admissible sans harmoniques égale à la tension de référence en fréquence et en valeur
moyenne pendant chaque période de découpage, qui est basé sur la comparaison entre le déphasage à
l’entrée et à la sortie comme suit :
Si e  s
La matrice de modulation M1(t) est donnée par :
 2 4 
 1  2r cos  1 1  2r cos(  1 
3
) 1  2r cos(  1 
3
)
 
4 2
M 1 ( t )  1  2r cos(  1  )
1
) 1  2r cos  1 1  2r cos(  1 
3 3 3 
 
1  2r cos(  1  2 ) 1  2r cos(  1  4 ) 1  2r cos  1 
 3 3 
Avec: α1= 2πfs-2πfe
Si e  s
La matrice de modulation M2(t) est donnée par:
 2 4 
 1  2r cos  2 1  2r cos(  2 
3
) 1  2r cos(  2 
3
)
 
2 4
M 2 ( t )  1  2r cos(  2  
1
) 1  2r cos(  2  ) 1  2r cos  2
3 3 3 
 
1  2r cos(  2  2 ) 1  2r cos  2 1  2r cos(  2 
2
)
 3 3 
Avec: α2= 2πfs+2πfe
A partir de la commande par ces deux matrices de modulation M 1(t) et M2(t), le convertisseur
matriciel génère un courant à la sortie avec déphasage égale ou bien opposé avec le déphasage du
courant à l'entrée ( e  s ou e  s ), c'est-à-dire un facteur de puissance dans le réseau d’entrée
n’est égale pas l’unité, de ce fait une modification est appliquée sur cette méthode pour rendre le
facteur de puissance dans le réseau d’entrée égale l’unité, c'est-à-dire pour rendre le déphasage du
courant à l'entrée nul. Cette modification est donnée par :
M( t )  C1M1( t )  C2 M 2 ( t )
Avec C1  C2  1
Pour que le déphasage du courant à l'entrée est nul on doit choisir C1  C2  0.5 . La modification
dans ce cas permet de donner les rapports cycliques des conductions des interrupteurs par l’équation
suivante:
tij 1 2 2 
mij   1  2r cos( 2 f et  ( i  1 ) ).cos( 2 f s*t  ( j  1 ) )
Td 3 3 3 
tij 1 VeiVsj 
mij   1  2 2 
Td 3 Ve 
Cette solution permet de donner une valeur maximale de r égale à 0.5 comme le présente la figure
IV.33.

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Fig. IV.33 Tensions de phase de sortie pour r égale 0.5

Pour augmenter la valeur de r jusqu’à 0.867 on compense le réseau d’entrée par une harmonique
d’ordre 3 c'est-à-dire une harmonique de fréquence égale à trois fois la fréquence du réseau d’entrée,
et un harmonique d’ordre 3 aussi dans le réseau de sortie.
La compensation du réseau d’entrée est effectuée par l’ajout de l’harmonique d’ordre 3 dans les
tensions de références comme indiqué dans l’équation suivante:
 
 cos( 2 f s* t ) 
v *
  
2
s1n'
  1 1
v
*
  Vs  cos( 2 f s* t  )  cos( 3.2 f s* t )  cos( 3.2 f e* t )
s 2 n'
 3  6 2 3
v *   
 s 3n'  2
 cos( 2 f s* t  )
 3 

Dans ce cas, les rapports cycliques des conductions des interrupteurs sont donnés par l’équation
suivante:
tij 1 2 2 2 
mij   ( 1  r  cos( 8 f et  ( i  1 ) )  cos( 4 f et  ( i  1 ) 
Td 3 3 3 3 3 
2  2 1 1 
2r cos( 2 f et  ( i  1 ) ). cos( 2 f s*t  ( j  1 ) )  cos( 3.2 f s* t )  cos( 3.2 f e* t ) )
3  3 6 2 3 

tij 1 VeiVsj 4r 
mij   1  2 2  sin( 2 f et  i )sin( 6  f et )
Td 3 Ve 3 3 
2 4
Avec i  0, et pour i=1, 2 et 3 déphasage à l'entrée correspondant aux phases d'entrée i.
3 3
A partir de ces données on a les temps de conduction des interrupteurs dans chaque phase:
 1 2V V 4r 
tij  Td   ei 2 sj  sin( 2 f et  i )sin( 6 f et )
 3 3Ve 9 3 
i  3, j  3
Avec dans chaque bras 
i 1, j 1
tij  Td .

IV.3.2.1.3 Algorithme de commande de Venturini


Les durées ou les rapports cycliques de conductions des interrupteurs sont calculés par l’équation

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

de tij .
Le vecteur de tension de sortie (vs1n, vs2n, vs3n) est exprimé se forme matricielle en fonction du
vecteur de tension d’entrée (ve1n, ve2n, ve3n) et la matrice de connexion Fij par l’équation suivante:
 vs1n   ve1n 
v    F  v 
 s 2n   ij   e2n 
 vs3n   ve3n 
L'algorithme de commande permettant de sélectionner les états Fij des interrupteurs est donné par:
Pour la 1ére phase de sortie vs1n (i=1)
 Si iT d  t  t11  iT d  f 11  1

Si t11  iT d  t  t11  t 21  iT d  f 21  1
Si t  t  iT  t  t  t  t  iT  f  1
 11 21 d 11 21 31 d 31

Avec i=1
Pour la 2éme phase de sortie vs2n (i=2)
 Si iT d  t  t12  iT d  f 12  1

Si t12  iT d  t  t12  t 22  iT d  f 22  1
Si t  t  iT  t  t  t  t  iT  f  1
 12 22 d 12 22 32 d 32

Pour la 3éme phase de sortie vs3n (i=3)


 Si iT d  t  t13  iT d  f 13  1

Si t13  iT d  t  t13  t 23  iT d  f 23  1
Si t  t  iT  t  t  t  t  iT  f  1
 13 23 d 13 23 33 d 33

De tel sorte que :


 f11  f 21  f 31  1

 f12  f 22  f 32  1
f  f  f 1
 13 23 33
Et la phase de la tension de sortie est mise à jour pour chaque période de découpage, comme suit :
2 f s t( k )  2 f st( k  1 )  2 f sTd
s t( k )  s t( k  1 )  sTd
Simulation de la commande de Venturini du convertisseur matriciel
La simulation de cette commande du convertisseur matriciel débitant sur une charge de type RL a
été effectuée avec les paramètres suivants.
- Pour les tensions d’entrée
Ve  220 2V
fe  50Hz
- Pour les tensions de sortie
Vs  110 2V
f s  25, 50 et75Hz
- Pour le convertisseur matriciel

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

Période de découpageT d  2 10 4 s

1ere cas f s  25Hz

La figure IV.34 représente l’allure des tensions d’entrée des trois phases ve123, de la tension sortie
de la 1ere phase vs1 et la tension de sortie entre phases vs12 ainsi que le courant d’entrée de la 1ere phase
ie1 et de sortie des trois phases is123 du convertisseur matriciel.

Fig. IV.34. Résultats de simulation de la commande Venturini du convertisseur matriciel débitant sur une charge
de type RL lorsque fs=25Hz

La figure IV.35 représente les rapports cycliques de conductions des interrupteurs sur une période
de découpage lorsque fs=25Hz.

Fig. IV.35 Les rapports cycliques de conductions des interrupteurs lorsque fs=25Hz

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Chapitre 4 Nouvelles topologies des convertisseurs

2éme cas f s  50Hz


La figure IV.36 représente les mêmes allures du convertisseur matriciel que celles obtenues
précédemment pour une fréquence f s  50Hz .

Fig. IV.36 Résultats de simulation de la commande Venturini du convertisseur matriciel débitant sur une
charge de type RL lorsque fs=50Hz

La figure IV.37 les rapports cycliques pour une fréquence fs=50Hz.

Fig. IV.37 Les rapports cycliques de conductions des interrupteurs lorsque fs=50Hz

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Chapitre 5 Applications des convertisseurs statiques

Chapitre 5 Applications des convertisseurs statiques


V.1 INTRODUCTION
Les progrès réalisés durant ces dernières années dans le domaine des convertisseurs statiques de
l'électronique de puissance avancée ont rendu l’utilisation de nombreux procédés industriels
intéressante. De ce fait, nombreux procédés industriels à base des convertisseurs statiques sont
développés pour l’amélioration des performances, les efficacités des systèmes des entraînements
électriques, la dépollution harmonique des réseaux, et l’amélioration du facteur de puissance par la
compensation de l’énergie réactive.

V.2 VARIATEURS DE VITESSE


Dans l'industriel, plusieurs systèmes entraînés par des machines électriques (courant continu,
synchrones, asynchrones ou autres) utilisent le concept de la variation de vitesse pour optimiser les
caractéristiques de fonctionnement de ces machines.
Un variateur de vitesse est un équipement permettant de faire varier la vitesse d’une machine, une
nécessité pour de nombreux procédés industriels à savoirs le contrôle du débit d'une pompe ou d'un
ventilateur (alternateurs, générateurs,…), de la vitesse d'une chaîne de fabrication, de la vitesse d'un
train de papeterie ou d'aciérie, de la vitesse des systèmes de transport des personnes (train,
téléphérique, ...), et de la vitesse de coupe ou d'avance des machines-outils.
Deux natures de variateurs de vitesse utilisés dans l’industrie permettent d'obtenir cette variation
de vitesse, ces deux types sont:
 Les variateurs de vitesse de type mécanique (boîte de vitesse, système poulies courroie,
système pignon-chaine, ...)
 Les variateurs de vitesse de type électronique (convertisseur statique d'énergie).
L’objectif des variateurs de vitesse de type convertisseurs statiques est d’alimenter les machines
utilisés pour les entraînements électriques afin d’obtenir des caractéristiques de fonctionnement des
moteurs radicalement différentes des caractéristiques de fonctionnement des machines alimentés en
direct par le réseau électrique, à amplitude et fréquence constantes.

V.2.1 Entraînement électrique à vitesse variable


Un système entraînement électrique à vitesse variable est un procédé industriel comportant une
machine (courant continu, synchrones, asynchrones ou autres), un convertisseur statique (redresseur,
hacheur, gradateur, onduleur, convertisseur matriciel, ...), un capteur de (vitesse, position, niveau, …),
et une commande pour le contrôle du système.
Dans un système d'entraînement, le convertisseur statique joue un rôle important et offre de
nombreux avantages, tels que:
Coté mécanique
 diminution des pertes mécaniques présentes dans les variateurs mécaniques (poulies et
courroies, engrenages),
 allongement de la durée de vie des constituants mécaniques des systèmes (moins d'à-coups),
 limitation du bruit,
Coté électrique
 limitation du courant de démarrage des machines,
 limitation du courant absorbé à vide,
 limitation de l’influence des variations de tension sur le couple machine
 adaptation précise de la vitesse et modification facile,
 économies d'énergie (la diminution de la puissance du système d’alimentation).

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Chapitre 5 Applications des convertisseurs statiques

Selon le type des moteurs électriques utilisés dans l’industrie (courant continu, courant alternatif),
les procédés industriels peuvent être alimentés par des tensions continues (machine à courant continu),
ou alternatives (machine synchrones ou asynchrones). Ces variateurs ont de nombreux fonctions on
peut citer:
Le démarrage : la vitesse d’une machine passe par une valeur nulle à une valeur établie en un temps
prédéfini et en évitant les pointes critiques.
La variation de vitesse : la modification de la vitesse de rotation de la machine par accélération ou
décélération en un temps donné.
La régulation: la vitesse de rotation de la machine est maintenue dans certaines limites quelles que
soient les variations de la charge.
Le freinage: la vitesse d’une machine passe par une valeur établie à une valeur inférieure
(ralentissement par décélération) ou à la vitesse nulle (pour le freinage total) avec maintien en position
possible.
Variation du sens de rotation: pour faire fonctionner la machine dans les deux sens de rotation.
Une grande variété de l’association des machines avec les convertisseurs statiques on peut citer:
V.2.1.1 Variateurs de vitesse des machines à courant continu
La vitesse d'une machine à courant continu est proportionnelle à la tension d'alimentation. De ce
fait, deux types de convertisseurs statiques peuvent être utilisés pour faire varier la vitesse des
machines à courant continu, les redresseurs commandés et les hacheurs.
V.2.1.1.1 Variateurs de vitesse à base d’un redresseur commandé
La figure V.1 présente le synoptique d’un variateur de vitesse de type redresseur commandé d’une
machine à courant continu (MCC).

Fig. V.1. Synoptique d’un variateur de vitesse de type redresseur commandé

Ce système comprend les éléments suivants:


Réseau électrique: pour la génération de la tension alternative sinusoïdale.
Redresseur commandé: pour la conversion la tension alternative sinusoïdale en une tension redressée
de valeur moyenne variable.
Filtre: pour le filtrage et le lissage de la tension redressée par l’élimination des ondulations.
Récupérateur d’énergie: freinage ou ralentissement du moteur par la transformation de l'énergie
électrique produire par le moteur en chaleur lors de fonctionnement comme génératrice.
Ce type de variateur permet de modifier la valeur moyenne de la tension redressée utilisée pour
l’alimentation de la MCC par le redresseur commandé à partir de la variation de l'angle d'amorçage
des thyristors.
V.2.1.1.1 Variateurs de vitesse à base d’un hacheur
La figure V.2 présente le synoptique d’un variateur de vitesse de type hacheur pour moteur à
courant continu.

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Fig. V.2. Synoptique d’un variateur de vitesse de type hacheur d’une MCC

Ce type de variateur permet de modifier la valeur moyenne de la tension à la sortie du hacheur


utilisé pour l’alimentation de la MCC à partir de la variation du rapport cyclique du hacheur.
V.2.1.2 Variateurs de vitesse des machines à courant alternatif (synchrones,
asynchrones)
Dans le monde industriel, l’énergie électrique consommée est 30% de l'énergie consommée dans le
monde, et les moteurs électriques utilisés dans l’industriel consomment environ de 56% de cette
énergie. L'énergie consommée par les moteurs électriques est répartie en trois groupes comme suivant:
 Les moteurs à courant continu consomment environ de 4%,
 Les moteurs asynchrones consomment 54%,
 Les moteurs synchrones consomment 42%.
Pour les entraînements électriques à vitesse variable des machines à courant alternatif, le
convertisseur statique utilisé joue un rôle prépondérant du point de vue performances, fiabilité, et une
solution indispensable pour la variation de la fréquence.
Une grande variété des associations convertisseurs statiques-moteur à courant alternatif sont
utilisés pour varier la vitesse à l'aide de la variation de la fréquence et de la tension d’alimentation. Ces
variateurs permettent d’obtenir un système alternatif à fréquence et tension variables à partir d’un
réseau alternatif à fréquence constante (50Hz ou 60Hz).
Nombreuses structures de convertisseurs peuvent être utilisés, les plus répondus sont:
 Les variateurs de vitesse à base de variateurs de fréquence indirects,
 Les variateurs de vitesse à base de variateurs de fréquence directs.
V.2.1.2.1 Variateur de vitesse à base de variateurs de fréquence indirects (avec stockage)
La figure V.3 présente le synoptique d’un variateur de vitesse pour une machine à courant
alternatif basée sur un variateur de fréquence indirects.

Fig. V.3. Synoptique d’un variateur de vitesse basé sur un variateur de fréquence indirect des machines à courant
alternatif

Le variateur de vitesse ou de fréquence indirect utilise deux étages de conversion pour obtenir un
système demandé. La 1ere étape consiste à convertir la grandeur alternative en une grandeur continue
ou quasi-continue et la 2eme consiste à convertir la grandeur continue en une grandeur alternative à la
sortie du variateur de fréquence indirect. Ce variateur de vitesse est composé des éléments suivants:
Réseau électrique: pour la génération de la grandeur alternative sinusoïdale.

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Redresseur non commandé: pour convertir la grandeur alternative sinusoïdale en une grandeur
continue.
Récupérateur d’énergie: pour assurer le freinage ou le ralentissement du moteur par la transformation
de l'énergie électrique produite par le moteur en chaleur lors de fonctionnement en génératrice.
Onduleur : pour convertir la grandeur continue en une grandeur alternative de fréquence et tension
variables.
Filtre passif: pour filtrer et lisser la grandeur redressée par l’élimination des ondulations, ainsi que le
stockage d'énergie continue. Selon la nature de ce filtre passif on peut citer les deux types de variateurs
de fréquence indirects.
V.2.1.2.1. Le variateur de fréquence à circuit intermédiaire de courant
La figure V.4 présente le schéma synoptique d’un variateur de fréquence à circuit intermédiaire de
courant. Ce variateur comporte trois éléments, le redresseur à MLI, le circuit intermédiaire de courant
et l’onduleur à MLI. Dans ce cas le circuit intermédiaire est une inductance qui a comme rôle;
 lissage du courant redressé,
 impose le courant du circuit intermédiaire aux phases de la charge
 une source de courant de l’onduleur à MLI au moment des commutations des
interrupteurs.

Fig. V.4. Le variateur de fréquence à circuit intermédiaire de courant.

V.2.1.2.1. Le variateur de fréquence à circuit intermédiaire de tension


La figure V.5 présente le circuit synoptique d’un variateur de fréquence à circuit intermédiaire de
tension. Ce variateur comporte un condensateur comme circuit intermédiaire de tension utilisé pour le
lissage de la tension redressé et l’alimentation de l’onduleur à MLI. Ce type de variateur de fréquence
est le plus répandu dans industrie.

Fig. V.5. Le variateur de fréquence à circuit intermédiaire de tension.


Pour les deux types de variateurs de fréquence indirects, le redresseur le plus simple et le plus
utilisé est le redresseur à diodes. Ce type de redresseur présente l'avantage de l’absence des pertes de
conduction ou de commutation du fait que la conduction des diodes est naturelle.
V.2.1.2.1 Variateur de vitesse à base de variateurs de fréquence direct (sont stockage)
La figure V.6 présente le schéma synoptique d’un variateur de fréquence directe. Ce variateur
comporte un convertisseur matriciel qui permet d’obtenir un système de tensions variables en
amplitude et en fréquence à partir de la tension fixe du réseau d’alimentation.

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Chapitre 5 Applications des convertisseurs statiques

Fig. V.6. Le variateur de fréquence direct à base d’un convertisseur matriciel.

V.3 FILTRAGE ACTIF (FA) ET CONTROLE COMPENSATION DE LA


PUISSANCE REACTIVE
Les progrès réalisés durant ces dernières années dans le domaine des composants semi-
conducteurs commandés ont rendu l’utilisation des filtres actifs possible. Ce sont des convertisseurs à
commutation forcée, utilisés pour la dépollution harmonique des réseaux.
La pollution harmonique a pour origine deux sources. Les harmoniques provenant du coté charge
qui se comporte comme des sources de courant harmonique et ceux provenant du coté réseau qui sont
des sources de tension harmonique.

V.3.1 Classification des filtres actifs


Les filtres actifs peuvent être classifiés selon le type du convertisseur utilisé, de leur topologie ou
encore de leur placement ou connexion avec le réseau. Suivant leurs connexions, les filtres actifs
peuvent être en série, en parallèle ou hybride.
V.3.1.1 Filtre actif série (FAS)
Le filtre actif série (FAS) est placé en série entre la source et la charge non linéaire pour forcer la
tension de la source à être sinusoïdale comme indique la figure V.7. Cette approche est basée sur le
principe d'isoler les harmoniques par le contrôle de la tension de sortie du FAS. Il se comporte donc,
comme une source de tension contrôlable. Le FAS est surtout utilisé pour filtrer les harmoniques
générés par les charges de tensions harmoniques.

Fig. V.7. Filtre actif série

V.3.1.2 Filtre actif parallèle (FAP)


Contrairement au FAS, le filtre actif parallèle (FAP), comme le montre la figure V.8, est surtout
utilisé pour éliminer les courants harmoniques engendrés par les charges génératrices de courants
harmoniques. Il peut, cependant, dans certaines conditions, être utilisé pour compenser la puissance
réactive.
Le FAP est un onduleur modulé en largeur d'impulsion (MLI) qui est placé en parallèle avec la
charge dans le but d'injecter un courant harmonique de même amplitude et de phase opposée que celui
de la charge. Le FAP agit comme une source de courant harmonique réglable.

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Chapitre 5 Applications des convertisseurs statiques

Fig. V.8. Filtre actif parallèle

V.3.1.3 Filtre hybride


Les inconvénients des filtres passifs (résonances série ou parallèle avec la source et/ou la charge,
détérioration des performances du filtre lors de variations de l’impédance du réseau, …) et des filtres
actifs (coût élevé en raison du dimensionnement des composants de puissance) ont conduit à
l’élaboration d’une nouvelle topologie de filtre actif. Il s’agit du filtre hybride qui est, en réalité,
l’association de filtres actifs de faibles puissances à des filtres passifs. Nous pouvons citer trois
configurations :
 Filtre actif série avec des filtres passifs parallèles,
 Filtre actif série connecté en série avec des filtres passifs parallèles,
 filtre actif parallèle avec un filtre passif parallèle.
Dans le cadre de ce document, nous proposons une étude détaillée d'un filtre actif parallèle.
V.3.1.4 Filtre actif parallèle ou shunt (FAP)
La structure générale du filtre actif parallèle est représentée dans la figure V.9. Cette structure
comporte deux circuits, le circuit de puissance et de commande. Le circuit de puissance comporte
l’onduleur de tension, l’élément de stockage d’énergie réactive, et le filtre de couplage. Le circuit de
commande comporte la méthode de génération des signaux de références ou d’identification des
courants harmoniques, le régulateur de la tension continue d’élément de stockage d’énergie réactive, et
la technique de génération des signaux de control de l’onduleur de tension ou la technique de
commande de l’onduleur de tension.

Fig. V.9. Structure du filtre actif parallèle


Selon le type de compensation choisi, le filtre actif parallèle permet de compenser soit les courants
harmoniques et l’énergie réactive ou uniquement l’un des deux.

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V.3.1.4.1 Circuit de puissance du filtre actif parallèle


La figure V.10 présente le circuit de puissance du filtre actif parallèle où l’onduleur de tension est
connecté en parallèle sur le réseau via un filtre de découplage (Lf, Rf). La capacité Cdc se comporte
comme une source de tension continue. La tension Vdc aux bornes du condensateur doit être positive et
maintenue constante par la commande. Ses fluctuations doivent être faibles, d’une part pour ne pas
dépasser la limite en tension des semi-conducteurs constituant les interrupteurs et, d’autre part, pour ne
pas dégrader les performances du filtre actif.

Fig. V.10. Circuit de puissance du filtre actif parallèle

V.3.1.4.1.1 Modèle mathématique du filtre actif parallèle


Afin de commander le filtre actif parallèle, il est nécessaire de déterminer son module
mathématique dans les repères naturel, stationnaire et synchrone.
Les équations définissant les tensions du filtre actif parallèle en fonctions des tensions aux points
des raccordements sont données par le système suivant:
 di f 1
v f 1  R f i f 1  L f  vl1
 dt
 di f 2
v f 2  R f i f 2  L f  vl 2
 dt
 di f 3
v f 3  R f i f 3  L f  vl 3
 dt
L’équation du courant continu idc en fonction de la tension continue est donnée par :

dvdc
idc  Cdc  S1i f 1  S2i f 2  S3i f 3
dt
Le module mathématique du filtre actif parallèle dans le repère triphasé est donné par le système
d’équations suivant:

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 di f 1 Rf 1 1
  if 1  vf1  vl1
 dt Lf Lf Lf
 di f 2 R 1 1
   f if 2  vf 2  vl 2
 dt Lf Lf Lf

 di f 3 Rf 1 1
 dt   L i f 3  L v f 3  L vl 3
 f f f

 dVdc
 Cdc  S1i f 1  S 2i f 2  S3i f 3
 dt
On désigne par la fonction de commutation relative à l’état de l’interrupteur haut ou bas de
l’onduleur. Celle-ci prend la valeur 1 si l’interrupteur correspondant est fermé et la valeur 0 si
l’interrupteur est ouvert.
Pour le modèle d’un filtre actif parallèle dans le repère , nous appliquons la transformée de
Concordia directe:
 la transformation de Concordia directe est
 x1 
 x   
 x   C32  x2 
   x3 
 1 1 
1  
2 2 2 
avec C32   
3 3 3
0 2 
2 
 la transformation de Concordia inverse est
 x1 
 x   C  x 
23 
 2
 x 
 x3 
 
 1 0 
 
2 1 3 
avec C23  
3 2 2 
 
 1 
3
 2 2 
 Pour les courants :
i f 1 
i f    
i   C32 i f 2 
 f  i f 3 
 
 Pour les tensions:
vf 1 
v f    
 v   C32  v f 2 
 f  v f 3 
 

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 vl1 
 vl   
v   C32 vl 2 
 l   vl 3 
 vl   S 
ou      Vdc
vl    S  
Avec :
 1
 S  6 (2 S1  S 2  S3 )

 S  1 S  S 

 2
2 3

Le modèle du FAP dans le repère stationnaire est défini par

 di f  R 1 1
   f if  vf  vl
 dt L f L f L f
 di f  R 1 1
   f if   vf   vl 
 dt Lf Lf Lf

 dV
Cdc dc  S i f   S  i f 
 dt


A partir du modèle du filtre actif parallèle dans le repère stationnaire, et en appliquant la matrice
de rotation sur ce modèle, on obtient le modèle du FAP dans le repère synchrone.
La matrice de rotation
 xd   cos(t ) sin(t )   x 
x     
 q    sin(t ) cos(t )   x 
Le modèle du FAP dans le repère synchrone est
 di fd R 1 1
   f i fd  i fq  v fd  vld
 dt Lf Lf Lf
 di fq R 1 1
   f i fq  i fd  v fq  vlq
 dt Lf Lf Lf

 dV
Cdc dc  Sd i fd  Sq i fq
 dt


Avec :
 Sd  cos(t ) sin(t )   S 
S     
 q   sin(t ) cos(t )   S  
V.3.1.4.2 Circuit de commande du filtre actif parallèle
Le circuit de commande comporte trois parties essentielles, la méthode de génération des signaux
de références, le régulateur de la tension continue, et la technique de génération des signaux de
control de l’onduleur de tension.

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V.3.1.4.2.1 Génération des signaux de référence


Le principe est de maintenir le courant instantané de référence proche du signal réel avec une
tolérance raisonnable. Le plus grand défi de cette approche est sans doute l'élimination de la
composante fondamentale pour générer des signaux harmoniques de référence. Le plus connue de ces
stratégies est la méthode des puissances instantanées.
V.3.1.4.2.1.1 Méthode basée sur les puissances réelle et imaginaire instantanées (algorithme
pq)
La méthode des puissances instantanées introduite par H. Akagi est représentée sur la figure V.11.
Elle exploite la transformation de Concordia des tensions simples et des courants de ligne, afin de
calculer les puissances réelle et imaginaire instantanées.

Calcul de Calcul de
FPB
p et q

Fig. V.11. Schéma synoptique de l’algorithme pq


Cette transformation est nécessaire si nous voulons que l’élimination de la composante continue
soit facile à mettre en œuvre. Son principe est énoncé comme suit : Soient respectivement les tensions
simples au point de raccordement et les courants de charge d’un système triphasé, , ,
et , , . La transformation de Concordia permet de ramener ce système
triphasé équilibré en un système diphasé dont les axes sont en quadrature, comme le montrent les deux
relations suivantes:
 il1 
il   
i   C32 il 2 
 l  il 3 
 vl1 
 vl   
v   C32 vl 2 
 l   vl 3 
En négligeant les harmoniques de tension, la puissance réelle p et la puissance imaginaire q sont
exprimées par :
 pl   vl vl   il 
 q    v vl  il  
 l   l
Après une séparation des puissances, les composantes des puissances réelle et imaginaire
instantanées s'expriment comme la somme d’une composante continue et d’une composante
alternative :
 pl   pl  pl 
q    q  q 
 l  l l 

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Avec :
- et les composantes continues de pl et ql.
- et les composantes alternatives de pl et ql.
L’extraction de ces puissances est effectuée par un filtre passe-bas
 Filtre passe-bas
L’ordre de ce filtre passe-bas définit la dynamique et l’efficacité de la méthode d’identification.
Dans notre cours, nous avons appliqué un filtre passe-bas du deuxième ordre de la figure V.12.

--

Fig. V.12. Filtre passe-bas (FPB)


La fonction de transfert d’un filtre passe-bas de deuxième ordre, est définie par :
c2
H FPB 
s 2  2c s  c2
Le filtre actif parallèle permet de compenser soit les courants harmoniques et l’énergie réactive ou
* *
uniquement l’un des deux. Le type de compensation définit les puissances de référence p f et q f
comme indiqué dans le tableau suivant:
Type de compensation Paramètre de contrôle
Courants harmoniques
p*f  pl et q*f  ql
Energie réactive
p*f  0 et q*f  ql
Courants harmoniques et l’énergie réactive en même temps
p*f  pl et q*f  ql
Tableau V.1 : Types de compensation

Dans notre cours, nous avons utilisé le filtre actif parallèle comme compensateur des harmoniques
et de l'énergie réactive, de ce fait les courants de références sont donnés par l'équation suivante:
i*f   1 vl vl   p f 
*

 *  2 2   * 
 i f   vl  vl  vl vl   q f 
Avec : p*f  pl et q*f  ql .
La transformation inverse de Concordia permet de calculer les courants de référence du filtre dans
le repère abc comme suivant:
i*fa 
* i*f  
i fb   C23  i* 
i*fc   f  
 
V.3.1.4.2.2 Génération des signaux de contrôle de l’onduleur de tension
L’objectif de la commande est de générer les ordres d’ouverture et de fermeture des interrupteurs.
Les plus connues de ces techniques de générations des signaux de contrôle sont les suivantes:
 Contrôle par hystérésis de courant,
 Contrôle par MLI triangulo-sinusoïdale,
 Contrôle par MLI vectorielle (SVM).

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V.3.1.4.2.3 Régulation de la tension aux bornes du condensateur


La tension aux bornes du condensateur doit être maintenue à une valeur constante. Les éléments à
l’origine de la variation de la tension moyenne Vdc aux bornes du condensateur sont les suivants :
 Les pertes statique et dynamique dans les semi-conducteurs de puissance de l’onduleur.
 Les pertes dans les inductances de découplage Lf.
 L’injection des courants fondamentaux pendant les régimes transitoires de la charge polluante.
Ceci se traduit par une variation de l’énergie moyenne dans la capacité de stockage et, par
conséquent, par une modification de la valeur de la tension continue. La régulation de cette tension est
nécessaire afin d’assurer le rôle de source de tension continue à l'entrée de l'onduleur. La correction de
cette tension doit se faire par l’adjonction des courants fondamentaux actifs dans les courants de
référence de la partie parallèle afin de fournir la puissance nécessaire pour maintenir la tension
continue.
La figure V.13 représente le schéma du régulateur PI utilisé pour la régulation de tension Vdc aux
bornes du condensateur.

Vdc*2   (Vdc2 ) k Pdc* 2 Vdc2


k pdc  idc
 s Cdc s
Vdc2

Fig. V.13. Régulateurs PI de la tension Vdc.

La figure V.13 montre que la régulation de la tension continue est effectuée par le contrôle du
carré de la tension.
La puissance stockée dans le condensateur Pdc est donnée par:
d 1
Pdc  ( CdcVdc2 )
dt 2
Par l’application de la transformation de Laplace, on obtient:
1
Pdc ( s)  s CdcVdc2 ( s)
2
Le carré de la tension aux bornes du condensateur est donnée par :
2Pdc ( s )
Vdc2 ( s ) 
Cdc s
Suite à un écart entre V2dc-ref et V2dc, la puissance Pdc à la sortie du régulateur s’ajoute à la
puissance active fluctuante et donne lieu à un courant fondamental actif, corrigeant ainsi la tension Vdc.
A partir de la figure V.13, la fonction de transfert de la boucle ouverte est donnée par :
k pdc s  kidc 2
F ( s) 
s Cdc s
La fonction de transfert en boucle fermée sera donc :
2
(k pdc s  kidc )
Cdc
H ( s) 
2 2
s2  k pdc s  kidc
Cdc Cdc
Ainsi, en boucle fermée, la fonction de transfert est du second ordre et son équation caractéristique
peut s'écrire sous la forme:

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G( s)  s 2  2cdc s  cdc 2
En comparant l’équation caractéristique de H(s) avec celle de la forme générale d’une fonction de
transfert de deuxième ordre, on trouve :
 1
kidc  2 Cdcdc
2


k   2C k
 pidc dc idc

Pour réaliser un bon compromis entre les performances dynamique et statique d’un filtre actif, nous
choisirons une valeur de  = 0.7.

V.3.1.5 Simulation du système


Dans un premier temps, nous avons simulé le réseau électrique triphasé, d’une puissance apparente
Sn égale à 400 kVA, et sa charge non linéaire, sans y connecter le filtre actif parallèle comme indique
la figure V.14.

Fig. V.14. Réseau électrique triphasé connecté à une charge non linéaire

Puisque tous les courants de phase (i1, i2, i3) sont d’allures identiques, nous présentons les résultats
de simulation pour une seule phase, en l’occurrence la phase 1.
Les paramètres du système simulé sont les suivants:

220V 50Hz 0.4Ω 2.6µH 10mΩ 0.3mH 15 Ω 2mH 10 µS


Tableau V.2 Paramètres du système simulé

Les figures V.15 (a, b, et c) illustrent les résultats obtenus par simulation, le courant de la
charge de la première phase, la tension source de la 1ere phase et le courant de charge correspondant,
et le spectre harmonique de .

Fig. V.15. Courant de la charge non linéaire (A), la tension de phase et le spectre harmonique du courant de
la charge.

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Chapitre 5 Applications des convertisseurs statiques

Ces résultats montrent que le courant de la charge est riche en harmonique et n'est pas en phase
avec la tension de source correspondante, c.à.d. le facteur de puissance n’est pas unitaire.
Le THD du courant pour cette charge est de 27,70 %. Ce THD est calculé pour les quarante
premiers harmoniques selon la « norme CEI ». Le but du filtrage actif parallèle est de ramener ce THD
à une valeur inférieure à 5 %, comme l'impose la norme CEI.
V.3.1.6 Résultats de simulation du filtre actif parallèle
Dans ce paragraphe, nous allons présenter les résultats de simulation en utilisant le filtre actif
parallèle, en utilisant la commande par hystérésis avec une bande d’hystérésis δ égale à 1A. Les
paramètres du filtre sont les suivants :

700V 5.5mF 18mΩ 2.1mH


Tableau V.3 Paramètres du filtre actif shunt

La figure V.16 montre le schéma bloc du circuit de puissance et de la commande par hystérésis.
Les courants injectés par le filtre actif sont contrôlés dans le repère triphasé en utilisant la méthode des
puissances réelle et imaginaire pour la génération des signaux de référence.

Fig. V.16. Structure générale du système dans le cas de la génération des signaux de contrôle par hystérésis

Les résultats de simulation sont illustrés par les figures V.17 et 18. Les grandeurs affichées sont :
le courant de source is1, la tension source de la 1ere phase et le courant de source correspondant, le
courant if1 injecté par le filtre et sa référence, la tension aux bornes du condensateur, la puissance
réactive de la source, et le spectre d’harmonique du courant de source.

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Fig. V.17. Résultats de simulation du système dans le repère triphasé

Fig. V.18. Spectres harmoniques du courant de source

Les résultats de simulation de la commande par hystérésis du FAP dans le repère triphasé,
montrent que le FAP fonctionne avec succès pour fournir les courants harmoniques et la puissance
réactive dans le réseau. Le courant de source est de forme proche d'une sinusoïdale et en phase avec la
tension de source correspondante, ce qui donne un facteur de puissance unitaire. Le courant du filtre if1
suit bien son référence.
Au niveau de la source, la puissance réactive qs est presque nulle. Ce qui signifie que la source a
un facteur de puissance presque unitaire.
Ce filtre permet une réduction des harmoniques de courant. La valeur du taux de distorsion
harmonique THD est réduite à 0,99 % et est bien en deçà de l'exigence de la norme IEEE Std. 519
(THD < 5%).

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Références bibliographiques

Références bibliographiques

1. G. Seguier, ''Les convertisseurs de l’électronique de puissance. Tome 1 : La conversion alternatif–


continu'', Édition Lavoisier - Tec & Doc 1992.
2. G. Seguier, ''Les convertisseurs de l’électronique de puissance. Tome 2 : La conversion alternatif–
alternatif '', Édition Lavoisier - Tec & Doc 1991.
3. C. Rombaut, G. Seguier, ''Les convertisseurs de l’électronique de puissance. Tome 2 : La
conversion alternatif– alternatif'', Édition Lavoisier - Tec & Doc 1991.
4. R. Bausiere. F. Labrique, G. Seguier, ''Les convertisseurs de l’électronique de puissance. Tome 3 :
La conversion continu–continu'', Édition Lavoisier - Tec & Doc 1997.
5. F. Labrique, G. Seguier, R. Bausiere, ''Les convertisseurs de l’électronique de puissance. Tome 4 :
La conversion continu-alternatif'', Édition Lavoisier - Tec & Doc 1995.
6. H. Bühler, ''Convertisseurs statiques'', Édition Presses polytechniques et universitaires romandes
1991.
7. G .Seguier, « Electronique de puissance » 7em édition Dunod 1999.
8. T. Wildi « Electrotechnique », Edition De Boeck Université, 3em édition 1999.
9. F. Gruson « Modulation naturelle généralisée des convertisseurs matriciels pour la variation de
vitesse », thèse de doctorat du Ecole centrale de lille, 2010.
10. G.Séguier, F. Labrique, P. Delarue «Électronique de puissance ; Structures, commandes,
applications » 10e édition Dunod, Paris, 2015, ISBN 978-2-10-073866-3.
11. M. Venturini, A.Alesina, ″ The generalized transformer: A new bidirectional sinusoidal wave form
frequency converter with continuously adjustable input power factor″, IEEE Proc., Power
electronics specialists Conf. PESC'80, pp.242-252, Jun 1980, New York, USA.
12. A. Chebabhi «Contribution à la dépollution harmonique et à la compensation de l’énergie réactive
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Djillali Liabes de Sidi-Bel-Abbes, 2015.
13. S. Hanafi «COMMANDES NON LINEAIRES D’UN convertisseur multicellulaire», thèse de
doctorat. Universite Djillali Liabes de Sidi-Bel-Abbes, 2016.
14. Ph. Ferracci, « La qualité de l’énergie électrique », Cahier technique n°199, édition octobre 2001.
15. C. Collombet, J.M. Lupin, J. Schonek « Perturbations harmoniques dans les réseaux pollués, et leur
traitement », Cahier technique n°152, édition septembre1999.

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