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t1rOUtyrn EIPtiOUEE

SELON

LE SENS SPIRITUEL

où sont révélés

LES ARCANES QUI Y SONT PRÉDITS, ET QUI JUSQU'A PRÉSENT

ONT ÉTÉ PROFONDÉMENT CACHÉS.

OUVRAGE POSTHUME

D'EM~IANUEL SWEDENBORG
TRADUIT DU LI.TIN

PAR J.-F.-E. LE BOYS DES GUA.YS.

TOME TROISIÈME.
CHAPITRES VII - IX.

N°' ~15 A591.

SAINT-AMAND (CHER),
A la librairie de LA NOUVELLE JÉRUSALEM, chez PORTE, Li1>rairt'.
- PARIS,
III. MINOT, rue du Four-S'-Germain, 40.

T1ŒUTTEL el WURTZ, Libraires, rue de Lille, i 7.

LONDRES,

SWEDENBORG SOCIETY, 36 Bloomsbury Street, Oxford Street.

1857.

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IJ~ SENS SPIRITUEL

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LES ARCANES QUI Y SONT PRÉDITS, ET QUI JUSQU'A PRÉSENT

ONT ÉTÊ PROFONDÉMENT CACHÊS.

OUVHAGE POSTHUME

D'EMMANUEL SWEDENBORG
TRADUIT DU LATIN

PAR J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS.

TOME TROISIÈME.
CHAPITRES VII - IX.
No·.j,15à591.

SAINT -AMAND (CHER),


A la librairie de LA NOUVELTJE JÉRUSALEM, chez PORTE, Libraire.
- PARIS,
1\1. MINOT, rue du Four-S'-Germain, 40.
l'HEUTTEL et WURTZ, Ubraires, rue de Lille, :1.7.

LONDRES,

SWEDENBORG SOCIETY, 36 Bloomsbul'Y Street, Oxford Street.

1857.
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]~'.~POCAL YPSE.

CHAPITRE SEPTIÈME.

1. El après ces choses, je vis quatre Anges qui se tenaient SUI'


les quatl'e angles de la tel're, retenant les quatre vents de la lel'l'e,
alin que ne soufflât point un vent SUI' la terre, ni sur la mer, ni SUI'
aucun arbre.
2. El je vis un autre Ange qui montait du lever du soleil, ayant
le sœau du Dieu Vivant; et il cria d'une voix gl'ande aux quatre
Anges, auxquels il avait été donné de nuire à la terre et à la mel',
3. Disant: Ne nuisez poinl Il la terre, ni à, la mer, ni aux ar­
hres, jusqu'à cc que nous ayons marqué les seniteurs de notre
Dieu sur leurs fronls.
h, El j'entendis le ftornl.lr·e des mal'qués, cent qual'ante-quatl'e
mille marqués de toute tribu des fils d'lsmël.
5. De la ll'ibu de Jehudah douze mille mal'qués; de la tribu de
Ruben douze mille marqués; de la t~il.lu de Gad douze mille mar­
qnés.
• 6. De la Il'ibu d'Ascher douze mille marqués; de la tribu de
Naptali douze mille marqués; de la tribu de Ménasseh douze mille
marqués.
7. De la tribu de Soiméon, <.Iouze mille mal'qués; de la tribu <.le
Lévi douze mille marqués; de la, tribu d'Isaschar douze mille mar­
qués.
8. De la tl'ilm de Zébulon douze 'mille marqués; de la tribu de
Joseph douze mille marqués; de la tribu de Benjamin douze mille
mal'qués.
9. Après ces choses je vis, et voici, une foule nombl'euse, gue
personne ne pouvait compter,' de toulé nation, et tr'ihus, et p~u­
pies, et langues, se tenant de\lant le TrOne et devant l'Agneau,
revêtus de robes hlanches; et des palmes dans leul's mains;
Ill. 1.
2 L' APOCALYPSf<~ EXPLlQUf~E. N· 415.

JO. Et ils cl'iaient d'une voix grande, disant: Le sa.lut à notre


Dieu qui est assis SUl' le trOne, et à l'Agneau.
H. Et tous les Anges se tenaient autolt!· du tl'ône, et des An­
ciens, et des qualI'e Animaux; et ils tombèrent devant le trône SUI'
Jeurs faces, et adorèrent Dieu.
12. Disant: Amen! la bénédiction, et la gloire, et la sagesse,
et l'aetion de grâces, et l'honneur, et la puissance, et la l'ol'Ce il
notre Dieu aux siècles des' siëcles! Amen.
'J 3. Et l'un des Anciens l'épondit, me disant: Ceux-ci, l'erêlu~
de mbes blanches, qui sont-ils, et d'où sont-ils venus?
H. EL je lui dis: Seigneur! toi, Lu le sais. Et il me dit: Ce
sont ceux qui viennent de la tribulation gl'ande, et ils onL lavé leul'l'
robes, et ils ont blanchi leurs robes dans le sang de [' Agneau.
15. C'est pourquoi ils sont devant le trOne de Dieu, et ils Le
~ervent jouI' et nuit dans son temple; ct Celui qui est assis sur le
trOne habitera sur eux.
16. Ils n'anront plus faim, et ils n'auront plus soif; et point ne
tombera sUl'eux le soleil, ni aucune chaleUl'.
17. Parce que l'Agneau, qui (est) dans le milieu du trOne, les
pattra et les conduira vel's de vi\'ante~~ fontaines d'eaux; et Diel!
essuiera toute larme de leurs yeux,

EXPLICATION.

U5. Vers. 1. Et afJr~s


ces choses, je vis quatre Anges qui
,~e tenaient sur les quatre angles de la terre, retenant le$
quatre vents de la terre, afin que ne soufflât point un "ent
sur la terre, ni sur la mer, ni ,~ur aucun arbre. - Et après
ces choses, je vis, signifie une nouvelle peJ'ccption sur l'état du
Ciel avant le Jugement dernier: quatre Anges qui se tenaient
sur les quatre angles de la terre, signifie le ·Divin pl'océdant du
Seigneul' dans tout le Monde spirituel: retenant les quatre vents
de la terre, signifie une modération de son influx: afin que ne
.~oufflât point un vent, signifie afin que les bons ne fussent pas
lésés, et que les méchants ne fussent pas l'ejetés avant le jour : ,~ur
Vers. 1. CHAPITRE SEPTIÈME. 3
la terre, ni sur la mer, ni ,çur aucun arbre, signifie partout dans
le Monde spirituel jusqu'à ses derniers' chez ceux en qui il y a
quelque perception,
U6. Et après, ces choses, je vis, signifie une nouvelle per­
ception sur l'état du Ciel avant le Jugement dernier: on le
"oit d'après les ehoses qui suivent dans ce Chapitre, dans lesquelles
il s'agit de la séparation des bons d'avec les méchants, cal' avant
que le Jugement dernier survienne, les hons sont séparés d'avec
les méchants pal' le Seigneur, et sont emmenés; et comme les
choses qui ont é~é vues enveloppent celles-ci, voilà pourquoi toutes
celles-ci sont signifiées ici pal' Il apl'ès ces choses, je vis. ))
!a'17. Quatre Anges qui se tenaient sur les quatre angle,~
de la terre, ûgnifie le Divin procédant du Seigneur dan,ç
tout le Monde spirituel: on le voit pal' la signification des An­
ges, en ce qu'ils sont le Di\'in procédant du Seiguelll', ainsi qu'il a
été dit ci-dessus, N°' 130, 200, 302; et par la signification des
quatre angles de l(lterre, en ce que c'est tout le Monde spirituel;
en effet, pal' les quatre angles il est signifié le Monde spirituel, pal'
la ,'aison que là il Ya également des terres comme dans notre Globe,
car là il Ya également des montagnes, des collines, des rochel's,
des plaines, des vallées, et plusieurs autres choses, ainsi qu'il a
été dit quelquefois ci-dessus; et comme dans l'Apocalypse il s'agit
du .Jugement Dernier SUI' tous dans le Monde spirituel, et qu'ici
il s'agit de la séparation des bons d'avec les méchants, c'est pOUl'
cela que pal' la Terre il est entendu ce Monde: si par la terre il
est signifié l'Église, ainsi qu'il a été dit déjà bien souvent, c'est
pal'ce que [a face Je la terre dans le Monde spirituel est absolument
~omme la face de l'Église chez les Esprits et chez les Anges qui y
sont, face !l'ès-llOlle où bahitentles Anges des Cieux supérieurs, et
belle aussi où habitent les Anges des Cieux inférieurs, mais laide
où sont les mauvais esprits; cal', où habitent les Anges, il y a des
paradis, des jardius, des pal'tel'l'es émaillés de fleurs, des palais; et.
toutes ces choses sont dans une forme céleste et dans une harmonie,
d'où il effiue des chal'mes ineffables, et eUes l"éjouisseJlt intimement
les mentaIs (animi); mais chez les mauvais espl'its tout est maré­
cageux, pierreux et stérile, et eux hahitèut dans des cabanes d'un
aspect repoU!isant, et aussi dans des cavernes el dans des antres. Ces
!J L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, ;\°417.

choses ont été dites, afin qu'on sache que pal' la Terl'e dans le sens
le plus pl'dChe il est entendu le Monde spirituel; et une autre terre
n'a pas pu appal'aItre à Jean, pal'ce que cette tel're a été vue par lui
10l'squ'il était en esprit; el même, quand l'homme est en esprit, il
ne voit rien de ce qui est sur notre Globe, mais il voit ce qui est
dans le Monde spirituel ; de là vient que Jean a aussi VII quatre 0

Anges, et les a vus se tenant sur les quatre Angles de cette te.rl'e.
Si quatre Anges fUl'ent vus, c'est pal'ce que par ceux-ci, qui se
tenaient ~ans les quatre Angles, il est signifié le Divin procédant du
Seigneur dans tout le Monde spiritutll, car les quatre Plages, à sa­
voir, l'Orientale, l'Occidentale, la Méridionale et la Septentrionale,
constituent lout ce Monde, cal' ce Monde a été divisé ainsi: Ceux
qui sont tians le !.lien de l'amour envers le Seigneul' habitent dans
la plage Orientale, et habitent aussi dans la plage Occidentale; mais
ceux de la plage orientale sont dans le bien de l'amour avec clarté,
parce qu'ils sont dans le bien intél'ieur, et ceux de la plage occi­
dentale sont dans le bien de l'amour avec ObsCUl'ité, parce qu'ils
sont dans le bien extérieur ; dans la plage Mél'idionale habitent
ceux qui sont dans une lumière claire du vrai, dans la Septentrio­
nale ceux qui sont dans une lumièl'e obscure du vrai; mais SUI' ces
Plages, voir dans le Tràité DU ClEL ET DE L'ENFER, les N°' lU à
153, où il en a été question: et comme toutes choses se réfèrent
au bien de l'amour et au vrai pl'océdant de ce bien, ou en génél'al
au bien et au vrai, c'est pour cela que pal' ces quatre plages il est
entendu aussi toutes les choses du Ciel et de l'Église. Ces plages
~ont aussi entendues dans la Parole par les qua~re Vents; ici elles
le sont aussi par les quatre Angles; de là il est évident que les
Anges ont été vus se tenil', non pas sur les quatre angles de la
terre, mais dans les quatre plages. Si les PlageS sont aussi appe­
lées les quatl'e Angles, c'est parce que par les Angles sont signifiés
lës Extrêmes, et que les Extrêmes signilient toutes choses parce
qu'ils renferment tout. Que les Angles signifient les plages, on le
voit par les passages de la Parole où les plages sont décrites par
les Angles, comme dans les suivants; dans Moïse: « Pow' l'If a­
hitacle tu (eras vingt ais pour l'Angle du Midi vers le sud;
et pOlir l'autre (ôté de.r Ifabitacle 1'1'1'05 l'Angle du Septen­
trion n'rt,qt (t'i<~, ete. n - Exod, XXVI. :18, 20. XXVII. 9, 10.
Vers. 1. CHAPITRE SEPTIÈME. a
XXX. 2'1,23, 25;-pour l'angle du midi, c'est pour la plage mé­
ridionale; et ver's l'angle du septentl'ion, c'est vers la plage septen­
trionale, car il y avait vingt ais pOUl' chaque cOté. Pareill.ement
dans Ézéchiel: (( Joignant la limite de Dan depuis l'Angle de
l'Orient jusqu'à l'Angle de l'occident, Ascher l'un (quant à
l'héritage); et de là joignant la limite d'Asrher depuis l'Angle
de l'OrientjuiSqu'à l'Angle vers l'occident, eu. D-XLVlIl.
i il 8; - dans le Même: (( Voici se,ç mesures: L'Angle du
septentrion quatre mille cinq cents; et l'Angle du midi au­
tant, et depuis l'Angle de l'orient autant, l'Angle de l'oc,ci­
dent autant; joignant la limite depuis l'A ngle de l'orient
jusqu'à l'Angle vers f occident, etc. l) - XLVllI. 16, 23 à 28,
33, 3ll; et anssi Chapt XLVII. 17 à 20. - Dans Moïse: I( Vous
mesurerez hors de la ville l'Angle vers le Levant {(eux mille
coudées, et l'Angle du midi autant, et rAngle de l'occident
autant, et l'Angle du septentrion autant. 1 ) - Nomb. XXXV.
5; et en outre dans Josué, XV. 5. XVllI. 12, lh, 15, 20;­
ici par l'Angle de ('ol'ient, du midi, de l'occident el du septentl'ion,
il est entendu le côté vers la plage orientale, méridionale, occiden­
tale et septentrionale: d'après cela il est é\'ident que par les quatre
Anges qui ~e tenaient sur les quatre angles de la terre, il est en­
tendu, non pas sur ses quatl'e angles, mais dans ses quatre plages:
il en est de même ailleUl's dans l'Apocalypse: « Satan sortira
pour séduire les Nations qui (sont) aux quatre Angles de la
terre. Il - XX. 8. - S'il est dit les quatre Angles et non les
quatre plages, c'est pal'ce que par les Angles il est signifié toutes
choses, parce que ce sont les extrêmes; en effet, les extl'êmes
comprennent toutes les choses qui existent depuis le centre jusqu'aux
dernières périphéries, cat' ce sont les dernières limites: c'est pour
cela que sur les quatre Angles de ('Autel étaient placées quatre
comes, et que SUI' elles le sang élait répandu, et qu'ainsi tout l'au­
tel était expié, comme on le voit dans l'Exode, - Chapt XXVII.
2. XXIX. 12. XXX, 2,3,10. XXXVIII. 2. Lévil. IV. ï, 18,
25, 30, 3ft. XVI. 18, 19. Ézéch. XLI. 22. XliII. 20, - Que
pal' les Angles il soit signifié toutes choses, parce que ce sont
les extrêmes, ct œla (lai' la raison, ci-dessus donnée, que les ex­
trêmes l'enferment et comprennent toutes choses, c'est ce qu'on
6 L'APOCALYPSE EXPLIQllÉE. N° !Ji 7.

voit clair'ement d'après certains statuts chez les IHs d'Israël; pal'
exemple, qu' (Ion ne devait pas tondre en rond ou raser l'An­
gIe de sa tête, 1) - Lévit. XIX. '27 : - qu' u on ne devait pas
raser l'Angle de sa barbe, » - TAvit. XIX. 27. XXI. 5 : ­
et qu' (IOn ne devait pas achever l'A ngle de son champ quand
on moissonnait. » - Lévit. XIX. 9. XXIII. 22; - pourquoi
ces statuts leUl' ont été donnés, c'est ce qu'on ne pent pas savaii',
si l'on ignore ce qui est signifié par le poil de la tête, par le poil de
la barbe, par le champ, et en même temps ce qui est signifié par
l'Angle; par le poil de la tête et de la barhe est signifié le dernier
de la vie de l'homme, qu'on nomme le sensuel-corporel, pal' le
champ il est signifié l'Église, et par la moisson le vrai de la doc­
trine; par là il était donc représenté que les extrêmes devaient être
conservés parce qu'ils signifient taules choses; car, à moins qu'il
n'y ait des extrêmes, les moyens ne sont pas conservés, mais se
répandent de côté' et d'autre, de même que, pour me servir d'une
comparaison, s'il n'y avait pas des peaux autour de l'homme, les
intérieurs se répandraient çà et là; pareillement en toute chose, par
conséquent aussi en celles qui sont signifiées par le poil de la tête,
par la barbe, et pal' la moisson du champ; que pal' le poil de la tête
il soit signifié l'extl'ème de la vie de l'homme, qu'on nomme le sen­
suel-col'porel, on le voit ci-dessus, N° 66; et que par la barbe il
soit signifié la même chose, on le voit dans les ARCANES CÉLESTES,
N° 9960: que les extrêmes al! les derniers signifient toutes choses
dans le complexe, pal' conséquent le tout, on le voil, Nos 100lJli,
10329, 10335; et comme le champ signifiait l'Église, et la mois­
son les vrais de l'Église, c'est de là que pal' «( ne pas ache"er l'An­
gie de son champ quand on moissonne, )l il est signifié la conser­
vation de toutes les choses qui sont signifiées par' la moisson du
champ. Que les Angles signifient toutes choses parce qu'ils sont
les extrêmes, on peut encore le voir pal' les passages suivants; dans
Moïse: A l'extrémité des Angles je les rejetterai, je (erai
(c

retirer de l'homme leur mémoire. Jl-Dentér. XXXIl. 26;­


Ctre rejeté 'il. l'ex trémité des Angles signifie être privé de tout bien et
de tout vrai, c'est pourquoi il est dit aussi je ferai retirer de l'homme
leur mémoire; par là il est signifié qu'ils n'auront plus rien de la vie
spirituelle, ce qui arrive qnand l'homme est seulement dans les del'­
Vel'S, 1. CHAPITRE SEPTIÈ~1E. 7
niel's de la vie, qu'on nomme le sensuel-C0J'llOI'el, dans lequel seul
sont la plupart de ceux qui n'ont acquis aucune chose de la vie spi­
rituelle; en effet, ils deviennent alors presque semblahles à des bê­
tes, cal' celles-ci ne sont pas non plus dans une autre vie, avec cette
diffél'ence que l'homme, parce qu'il est né homme, peut parler et
raisonnnel', mais il parle et raisonne d'après les illusions des sens
ou des exll'êmes de la nature du monde et du corps; c'est lu ce qui
est entendu dans ce passage par être rejeté à l'extrémité des an­
gles. Dans .Jérémie : « Leurs chameaux seront au pillage, el
la multitude de leur,~ bestiaux en proie, et je les disperserai
il tout t'ellt, en retrallché.~ de l'Allgle, et par tous ses passa­
ges j'amènerai leur ,'uille, Il - XLIX, 32; - ces paroles ont
été dites de la dévastation de l'Arabie et de Chasor pal' le Roi
de Babel; et pal' l'Ambie et Chasor il est signifié les connais­
sançes du bien et du vrai, et [Jal' le Roi de Babel le mal et le faux
qui dévastent; pal' Il leul's chameaux seront au pillage, et la multi­
tude de leurs bestiaux en pl'Oie, Il il est signifié la vastation de tous
les scientifiques qui confirment et de toutes les connaissances du
bien et du vrai, les chameaux sont les scientifiques qui confit'ment,
et les bestiaux sont les connaissances du bien et du nai; pal' je (1

les disperserai à tout vent, en ['etranchés de l'Angle, il est signifh~


1)

la vastation quant à toutes les choses du bien et du vl'ai jusqu'à ce


qu'il n'en reste den, les rell'anchés de l'angle sont les extl'êmes
où il Il'Y a plus ni bien ni vl'ai; II par tous ses passages j'amènerai
leUl' ruine, Il signifie qu'alors les maux et les faux fel'ont il'l'uption
de tout côté; en effet, dans le Monde ~pirituel, la où sont les mé­
chants, il ya ùe tout côlé des chemins ouverts venant de l'enfer, et
par eux les maux et les faux fonl irt'uplion, et par ces mêmes che­
mins vont tous ceux qui sont dans de semblables maux et de sem­
blables faux, et se consocienl à eux: ces choses ont été dites, alin
qu'on sache ce qui est entendu par « par tous ses passages j'amène­
l'ai leur ruine; 1) par' être en pillage et en pl'oie, et pal' disperser
et amener la ruine, i! est signifié la dévastation, Dans Jérémie:
(1 Voici les jours qui m'ennenl, où je ferai la visite sur tOllf

drconcis dans le prépuce, .'fur l' É fJypte et sur J ehudah IJt SUI'
Édom, et sur les fils d'Ammon et sllr Moab, et sur tOll.Ç le...
retrrmchr-s de l'Angle qui habitent dans le désert; cnr tOl/tel>
8 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 417.

les nations sont prépuciées, et toute la maison d'Üraël est


prép«ciée de cœur. )1 - IX. 2!1, 25; - ici, par les l'eLJ'8nchés
de l'angle sont signifiés ceux qui sont dans les derniers de l'Église
séparés d'avec les intérieurs, les intérienrs sont les spirituels, ainsi
ceux qui sont seulement dans les sensuels, lesquels sont les del'­
niers de l'homme naturel; quant à ceux qui sont purement sen­
suels, qui ils sont et quels ils sont, voir dans,la DOCTRINE DE. LA
NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 50 : si ceux-ci sont signifiés par les l'e­
tranchés de l'angle, c'est parce que par les Angles il est signifié
les plages du Monde spirituel, et par ces plages tous les biens et
tous les vrais du Ciel et de l'Église, comme il a été dit dans les
préliminaires de cet Article; les habitations des esprits et des Anges
se sui\'ent là dans cet OI'dre, à savoir, au milieu habitent ceux qui
sont dans la plus grande sagesse et dans la plus grande intelli..
gence, et du milieu jusqu'aux dernières périphéries ceux qui sont
de moins en moins dans la sagesse et dans l'intelligence; et les dé­
croissements de la sagesse et de l'intelligence sont absolument en
rapport avec les distances dlll11iliell; dans les dernières périphéries
habitent ceux qui ne sont dans aucune sagesse ni dans aucune in­
telligence, et hors des périphéries ceux qui sont dans les maux et
par suite dans les faux; ce sont ceux-ci qui sont entendus pal' les
retranchés de l'angle, et comme il ya là des déserts, il est dit d'eux
Il qui habitent dans le désert; Il sur ces décl'oissements dans le

Monde spirituel, voir dans le Traité DU ClEL ET DE L'ENFER, N°' !I3,


50, 189 : les mêmes sont signifiés pal' les nations qui sont prépu­
ciées, et par la maison d'Israêl qui est prépuciée de cœur; par ceux
qui sont prépuciés sont signifiés ceux qui sont sans amour et sans
charité, ainsi ceux qui sont sans bien, et pal' suite dans les amours
de soi et du monde; et ceux qui sont dans ces amours sont dans les
derniers de l'homme natul'el absolumen{.séparés d'avec les spirituels;
c'est pourquoi, ils sont Cl les retranchés de l'angle qui habitent dans
le désert; )) par l'Égypte, Jehudah, Édom, les fils d'Ammon et
Moab, il est entendu tous ceux qui onL séparé d'avec eux les biens
et les vrais de l'Église pal' ces amours, de là ils sont hors de ces
biens et de ces vrais, par conséquent rell'anchés de l'angle. Pareille
chose est signifiée par les retl'allchés de l'angle, dans Jérémie,
XXV. 23. - Dans Moise: (1 Il sortira une Étoile de Jacob, e1J
Vel's. 1.. CHAPITRE SEPTIÈME. 9
il s'élèvera un sceptre d'Israël, el il brisera les Angles de
Moab. )) - Nomb. XXIV. 17;':'- par les Angles de Moab sont
entendues toutes les choses qui sont signifiées par Moab; par Moab
sont signifiés ceux qui sont dans les demiers de la Parole, de l'É-
glise et du Culte, et dans le sens opposé ceux qui les adu1tèl'ellt en
ce qu'ils se tournent vers eux-mêmes, et regardent en chaque chose
leur propre honlJeu!'; c'est pOUl'quoi, les Angles de Moab sont les
adultérations de la Pa l'ole, et par conséquent de l'l~glise et du culle,
telles qu'elles sont chez de pareils hommes. Les mêmes choses sont
signifiées pal' l'Angle de Moab dans Jérémie, XLVIII. 45. Dans
Séphanie : « J our de t1'ompetle et de clameur sur les villes for-
tifiées, et sur les Angle.s élevés. 1) - 1. '16; - le jour de tl'om-
pette et ùe clameul' signifie le c.ombat spirituel qui a lieu contre les
faux et contre les maux; les villes fOI'lifiées signifient les doctrinaux
faux qui ont confirmé, et les angles élevés signifien~ ces doctrinaux
qui sont favorables il leul's amours; pal' là on voit c1ail'ement ce
qui est signifié par le jour de trompette et de clameul' SUI' les villes
fortifiées, et SUI' les angles élevés. Dans le Même: Cl Je retran-
cherai les nations; dét'astés seront leurs Angles; je désolerai
'leurs places au point que personne n'y ]Ja.~se, et dévastées se-
ront leurs villes au point que per.sonne n'y habite. II - Ill. 6;
- par (( je retl'ancherai les nations, Il et par Il dé\'astés sel'ont leul's
angles, Il est signifiée la deshuction de tous les hiens de l'Église;
.les nations sont les'biens de l'Église, les angles sont toutes les cho-
ses de l'Église, parce qu'ils sont les extrêmes, comme ci-ùessus;
par Il je désolerai les places, Il et pal' (1 dévastées seront leurs villes, Il
est signiliée la destl'uction des vét'ités de la doctl'ine, les places sont
les vérités, et les villes sont les doctl'inaux; par (( au point que per-
sonne n'y passe, et que personne n'y hahite, )l il est signifié une
destruction totale jusqu'à ce qu'il n'y ait aucun vrai ni aucun bien,
car dans la Parole passer se dit des vrais, et habiter se dit des
biens. Dans le Livre des Juges: Il Tous Les fils d'Israël sortirent,
et t'Assemblée fut réunie comme un seul homme depuis Dalt
jusqu'à Béerschébalt; et lie tinrent les Angles de tout le peu-
ple, toutes les tribus d'Israël, dans la réunion du peuple de
.Dieu, Il - XX. '1, 2; - ({ ils se tinrent les Angles de tout le.
peuple dans la réunion du peuple de Dieu, )l signifie tous de tout
10 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N° 4i 7.

côté ou de toute plage, comme on le voit clairement en ce qu'il est


dit que tous les fils et touLes les Iribus d'lsl'aël sortirent, et que
J'Assemblée fut réunie depuis Dan jusqu'à Béerschébah ; mais dans
le sens spirituel par les angles de tout le peuple sont signifiés tous
les vrais et tous les biens de l'~~glise; pal'eillement aussi, pal' toutes
les tribus d'Israël, depuis Dan jusqu'à Béerschébah, sont signifiés
ces vrais et ces biens depuis les del'Oiers jusqu'aux premiel's; et
pal' la réunion du peuple de Dieu est signifiée la consultation SUl'
les choses de l'Église: en effet, dans les Historiques de la Pal'ole
il y a pal'lOllt un sens spil'ituel aussi hien que dans ses Pl'Ophéti­
ques; c'est pOUl'quoi par les Angles dans le sens historique sont
signifiées les plages telles qu'elles sont dans le Monde spirituel,
mais dans le sens spil'ituel sont signifiés tous les vrais et tous les
biens de l'Église, par la raison donnée ci-dessus, D'après ces con­
sidérations, on peut voit' ce qui est signifié par la Piene d'Angle
dans ces passages; dans Ésale : (11 1l'a {onder en Sion une Pierre,
Pierre éprouvée, d'Angle de prix, de fondation (ondée. l) ­

XXVIII. 1.6 : - dans Jérémie: (( On ne prendra point de toi


la pierre pour l'Angle, ni la pierre des (ondements. l) - Ll.
26: - dans Zacharie: (( De Jehudah l'Angle, de lui le clou,
dè lui l'arc de guerre, Il - X. !J : - dans David: (1 La· Pierre
qu'ont N'jetée ceux qui bâtissaient est derenue tête d'Angle. )1
~ Ps. CXVIlI. 22. Mallh. XXI. !J2. Marc, XII, 1.0, il. Luc,
XX. 17, 18; -la Piel'l'e d'Angle signifie tout Divin Vl'ai SUI'
lequel sont fondés le Ciel et l'Église, ainsi tout fondement; el
pal'ce que le fondement est le demier, SUI' lequel est appuyée la
Maison ou le Temple, c'est poql' cela qu'il signifie toutes choses;
comme la Pierre d'Angle signifie toutes les choses sur lesquelles
J'Église est {ondée, c'est pour cela qu'il est dit, (( il va fonder en
Sion une Pierre, Pierre éprou\'ée, d'Angle de prix, de fondation
fondée, )l et qu'il est dit la Piel'fe pOUl' l'Angle, et la Pierre des
fondements; ct comme par la Pierre d'Angle est signifié tout Divin
Vrai sur lequel l'Église est fondée, c'est pour cela qu'il est si­
gnifié aussi le Seigneur quant au Divin Humain, pal'ce que tout
Divin Vrai procède de Lili: ceux qui bàlissaient ou les Archi­
tectes qui ont rejeté celle Piel'fe, eomme on le lit dans les Évan­
gélistes, 60nt ceux de l'Église, là de l'Église Juive qui a rejr.té le
Vel'S, i. CHAPIT1Œ SEPTIÈME. 1-1
Seigneur, et avec Lui tout Divin Vl'ai ; car il n'y avait chez les
Juifs que des traditions vaines d'après le sens de la lettre de la Pa­
l'ole, dans lesquelles les vrais mêmes de la Parole avaient été falsi­
fiés et les biens avaient été adullél'és, Que les Derniers signifient
toutes choses, et d'où vient cela: on le voit dans les ARCANES CÉ­
LESTES, No' 63lt, 5897, 6239, 6451., .6li65, 9S2lt, 9828,9836,
9905, 100lth, 10099, 1032\), 10335, 10548.
!J'lS. Retenant les quatre vents de la terre, signifie UlM
modération de son influx: on le voit par la signification des
quatre 1)ents de la terre, en ce qne c'est tout Divin dans le Ciel,
ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la signification de les retenir,
en ce que c'est en modél'er' l'influx: quant à ce qui est entendu pal'
la modél'ation de l'influx du Divin dans le Ciel, personne ne peut
le savoir, à moins que cela ne lui ail été ('évélé, et par conséquent
on ne peut pas non plus savoir ce qui est signifié par l'action de l'C··
tenir les qual,'e vents de la terre; sans une révélation, qui est-ce qui
ne croira ,pas que dans ce passage pal' les vents il esl entendu des
vents qui ont été retenus par les Anges, puisqu'à la suile il est même
dit « afin que ne soutlhU point tln vent SlII' la tene, ni sur la me(',
ni SUI' aucun arbl'e?) mais là, comme ailleurs ~lans la Parole, par
les vents de la terre il est s,ignifié tout Divin qui procède du Sei­
gneur dans le Ciel, spécialement le Divin Vrai, et cela, parce que
ce Divin inllue du Seigneur comme Soleil dans tout le Ciel, el pal'
suite dans toute la tene; c'est pourquoi, pal' les retenil' il est signifié
modél'el' l'influx: mais, pour que cela soil entendu plus c1ail'ement,
il sel'a dit aussi comment se passé la chose à l'égard de cet influx:
Le Seigneur est le Soleil du Ciel Angélique; de Lui comme Soleil
procèdent toute Lumière et toute Chaleur dans cc Ciel; la Lumière
qui procède est dans son essence le Divin Vrai, pal'ce que c'est une
Lumièr'e spirituelle, el la ChaleUl' qui procède est dans son essence
le Divin Bien, parce que c'est une Chaleur spirituelle; elles effluent
du Seigneur comme Soleil dans tous les Cieux d'une manière ac­
commodée à la réception chez les Anges qui y sont, c'est pourquoi
tantôt avec plus de modération, tantôt avec Illns (j'intensité; quand
c'est avec plus de modél'ation, les bons sont séparés des méchants,
mais quand c'est avec plus d'intensité les méchants sont r'ejetés ;
lors donc qùc le Jugement dernier (~st pl'oche, le Seigneur influe

.,

1.2 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 418.

d'auord avec modération, afin que les bons soient séparés des mé­
chants; comme dans ce Chapitre il s'agit de celle séparation, c'est
pour cela qu'il est d'abord parlé de retenil' les quatre vents de la
terre, ce qui signifie la modération de l'influx du Divin Bien et du
Divin Vrai par le Seigneur; qu'il s'agisse de la séparation des bons
d'avec les méchants, on le voit clairement par la suite de ce Cha­
pitre, cal' il est dit: Il Ne nuisez point à la tel'l'e, ni à la mer, ni
aux arbl'es, jusqu'à ce que nous ayons mal'qué les serviteurs de ­
notl'e Dieu sur leurs fronts, )) - Vers, 3; - et ensuite jusqu'à la
fin du Chapitl'e il s'agit des marqués, c'est-à-dil'e, des bons séparés
d'avec les méchants: quant à cette séparation, il en sera parlé plus
longuement dans la suite; et pareillement des méchants précipités
dans les enfers, ce qui eut lieu plus tat'd. Si les quall'e vents signi­
fient tout Divin procédant, c'est parce que pal' les Vents du Ciel il
est signifié les Plages du Ciel, car tout le Ciel a été distingué en
quatre Plages, à savoir, l'Orientale, l'Occidentale, la Méridionale
et la Septentl'ionale; dans les deux plages Orientale et Occidentale
le Seigneur inllue a\'ec le Divin Bien plus fortement qu'avec le Di­
vin Yl'ai, et dans les deux plages Mél'idionale et SeptentrionaleiJ
influe avec le Divin VI'ai plus fortement qu'avec le Divin Bien; de
là ceux qui sont dans les plages méridionale et septentrionale sont
davantage dans la sagesse et dans l'intelligence, et ceux qui sont
dans les plages orientale et occidentale sont davantage dans l'amoul'
et dans la charité; et puisque tout le Ciel a été distingué en quatre
plages, et que ces plages sont entendues par les quatl'e venlS, c'est
pour cela que par les quatre vents il est signifié tout Divin qui pro­
cède, S'il est dit les quatre Vents de la terre, c'est parce que pal'
la terre il est entendu toute terre dans le Monde spirituel, mais
dans le sens spit'iluel par la terre il est signifié le Ciel et l'Église;
SUl' ce sujet, voir l'A1'ticle précédent. D'après ces explications, on
peut voir ce qui est entendu ailleurs dans la Parole pal' les quatre
Vents; comme dans Ézéchiel: (1 Le Seigneur Jéhovih me dit:
Prophéti,~e sur l'esp"it, prophétise et dis il l'e.~prit : Ainsi a
dit le Seigneur Jéhovih : Des quatre Vents viens, esprit, et

souffle en ces tllés, afin qu' ih vivent; et quand j'eus p"ophé­


tisé, rinCen eux l'esprit, et ils ,·evécurent. Il - XXXVII. 9,

to; - ces paroles ont été dites des os desséchés que vit le Pro­
Vers. t. CHAPITRE SEPTII~ME. 13
phète, pal' lesquels sont entendus les fils d'Isl'aël, comme on le voit
clairement dans le Vers, 11 du même Chapitre, et par cette vision
sont décrites la réformation et l'instaUl'ation de la nouvelle Église
au moyen de ceux qui n'étaient auparavant dans aucune vie spiri­
tuelle; les os desséchés sont ceux qui n'ont rien de la vie spirituelle;
la vie spirituelle que le Seigneur leur a donnée, d'après laquette il
y a chez eux l'Église, est décrite pal' ces paroles; par l'esprit SlU'
lequel il devait prophétiser, et d'apl'ès lequel ils revécurent, est si­
gniliée lil vie spil'ituelle, qui est la vie selon les vl'ais de la Parole;
« de,s quatre Vents viens, esprit, » signifie d'après le Divin du Sei­
gneur dans Je Ciel, les quatl'e vents sont les quatre plages dans le
Ciel, et les quatre plages sont tout Divin dans le Ciel, comme il a
été dit plus haut: là, dans le sens de la lettre, par l'esprit est en­
tendu l'esprit de la l'espiratiol1, qui est un vent, aussi est-il dit:
Cl Viens et souffle en ces tués; Il et l'esprit de la respil'ation signifie

également la vie spirituelle, (1omme on le verra dans ce qui suit;


par les tués il est signifié la même chose que par les os desséchés,
à savoir, ceux qui n'ont aucune chose de la vie spirituelle. Dans
Zacharie: «( Je vis quatre chars sortant d'entre deux monta­
,gnes d'airain; à ces chars il y (l'Cait de.~ chevaux; et l'Ange
dit: Ce sont les quatre Vents des Cieux, sortant d'où ils se
tiennent prés du Seigneur de toute la terre. l) - VI. 1, 5;­
là, il s'agit de l'Église il p'ropager chez ceux qui n'avaient encore
été dans aucune lumière du vrai de l'Église, parce qu'ils n'avaient
point eu la Parol.e; ce que signifient les quatre chars el les quatre
chevaux et plusieUl's autres choses qui les concel'l1ent, on le voit
ci-dessIls, N° 355, et ce que signifient les montagnes d'airain, on
le \'oit aussi ci-dessus, N° 36!J, où l'explication en a été donnée;
là, pal' les quatre vents, il est signifié tout Divin pl'océdant, ou le
Divin Bien et le Divin Vl'ai d'après lesquels il y a Église; c'est
pOUl' cela qu'il est dit «( les Vents des Cieux sortant d'où ils se
tiennent près du SeigneUl' de toute la tel'l'e; » sortir d'où ils se tien­
nent près de Lui signifie procédel'; si les chars et les chevaux sont
dits iltl'e ces vents, c'est parce que les chars signifienlles doctl'inaux
du bien et du vl'ai, et les chevaux ['entendement de ces doctrinaux,
et que cet entendement et ces doctrinaux procèdent du Diviu du
Seigneur. Dans les t~vangélistes : «( Le Fils de !' h01nllu" flmen"f/
'llt L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N· 418,

$es Anges avec une grande 7)oix de trompette, et ils ra.çu.rn­


bleront ses élus, de,~ quatre Venls, depuis l'e.7:tl'émité de,ç
Cieux jusqu'à leur extrémité. ) - Matth. XXIV. 31. Marc,
XIII. 27; -la, le Seigneur prédit tous les 'éLats successifs de l'É­
glise jusqu'à sa fin quand arl'ive le Jugement Derniel', etl'évangé­
Iisatioll sur le Seigneul' est signifiée pal' [es Anges avec uue grande
voix de trompene; et par rassembler les élus des quatre Vents, de­
puis l'exh'émité des Cieux jusqu'à leur eXh'émité, il est signifié
l'instauration de l'Église nouvelle, les élus sont ceux qui sont dans
le bien de l'amoul' et de la foi, les quall'e vents sont tous les élats
du bien et du vrai; « depuis l'extrémité des cieux jusqu'à leul' extré­
mité, Il ce sont les internes et les externes de l'Église; mais on peut
voir ce passage plus c/ait'ement expliqué dans les ARCANES CÉ­
LESTES, N° 4060, Dans Daniel: Cl Le bouc de chevres ,91'a1ld se
fit beaucoup J mais lorsqu'il fut det~enu (art, brisée f'ut la
corne grande, et montèrent quatre cornes ù sa plilce selon les
quatre Vents des Cieux. VIJI. 8; - ce qui est entendu
1) -

dans cef.hapitre par le bouc de chènes et par le béliel., on le voit


. ci-dessus! N° 31.6, à savoir" par le bouc de chèVl'es il est signifié
la t'oi sépal'ée de la charité, par conséquent ceux qui cl'oient-êtl'e
sauvés pal'ce qu'ils savent les doctrinaux et les \'l'ais de la Parole, et
qui ne pensent nullement à la vie selon ces doclrinaux et ces vrais;
pal' les cornes sont signifiés les nais, et dans le sens opposé les
fallx, ici les faux; par la gl'ande corne est signifié [e faux domi­
nant, qui est que la salvation consiste seulement à savoiÎ' et par suite
à croire; Cl brisée fut la cOl'lle grande, et montèrent quall'e comes
il sa place selon les quatre Venls des Cieux, ) siguifie que de ce
seul principe, qui est la foi seule, surgissent un graud nornbl'e de
faux conjoints aux maux ;' la gl'ande corne signifie le faux domi­
nant, qui est que la foi seule sauve; hrisée signifie divisé en un
grand nombre de faux qui en naissent; les quatre comes eu sa
place signifient la conjonction de ces faux avec les maux; selon les
quatre vents des Cieux signilie quant à toutes et à chacnne de."
choses du faux et du mal, car les quatl'e vents des Cieux signifient
tout bien et tout vrai du Ciel et de l'Église, el aussi leUl' conjouc­
tion, et dans le sens opposé tout mal et tout faux, t'lt aussi leur con­
jonction ; si les quall'e vents des Cieux signifient aussi tout mal et
Vers. 1.. CHAPITRE SEPTIÈME. 15
tout faux, c'est pal'ce que dans les quatl'e plages, dans le Monde
spirituel, habitent, non-seulement ceux qui sont dans le hieu de l'a­
moU!' et dans les vrais de ce bièn, mais aussi ceux qui sont dans
les maux et dans les faux du mal, car les enfers sont dans ces mê­
mes plages, nulis profondément sous les Cieux, la plupart dans des
cavernes, des antl'es et des cavités; SUI' ce sujet, voir ci-dessus,
N° HO. Les Vents des Cieux se disent dans ce même sens, dans
Jérémie: J'amènerai sur- /l'lmll quatre Vellts des quat/'e ex­
(1

t"émités des Cieux:, et je les disperserai li tous ces Vents, de


sorte qu'il n'y ait poillt de nation où il ne vienne des expul­
sés d'Élam. Il - XLIX. 36; -là, par Élam sont signifiés ceux
qui sont dans les connaissances appelées connaissances de la foi, et
qui en même temps Ile sont dans aucune charité; pal' les quatl'e
vents des quatre extrémités des Cieux sont signifiés les faux con­
joints aux maux, et pal' les dispel'ser il tous ces vents il est signirié
dans les faux du mal de tout gem'e; « de sorte qu'il n'y ait point
de nation où il ne \'ienne des expulsés d'Élam, II signifie de sorte
qu'il n'y ail pas un mal auquel ne puisse éU'e adapté un faux, la
nation est le mal; en effet, les seules connaissances sans la vie de
la charité eligelldl'ent d'innombrables faux. du mal. Dans Daniel:
1(' Voyant je fu,ç dans ma vision, pendant la nuit, et voici, les

quatre Veltis des Cieux s'élançaient l)el'S la mer grande, et


quatre bêtes grandes montèrent de la mer. Il - VII. 2, 3;­
là aussi, pal' les quatre vents il est signifié les faux conjoints aux.
maux; pal' la mer grande, l'enfer d'où proviennent ces faux; ct
par les quatre bêtes, les maux de tout genre; mais il en sera tl'aité
plus au long dans la suite. Pareille chose est signifiée par les quatl'e
Vents dans Daniel, Xl. h; et aussi dans Zacharie, II. 10. Que
par 1l1S quatl'e Vents soient signifiées les quatre plages, on le roit
clairement dans Ézéchiel, XLII. 16, 1.7, 18, 19, où il s'agit de
la mesure de la maison selon les quatre Vents, c'est-à-dire, les
quatre plages; là, dans la Langue Hébraïque, la plage est aussi
nommée pal' le même mot que le vent et que l'esprit. Mais il en sera
dit davantage sur les vents dans l'Article qui va suivre.
h19. Afin que ne soufflât point un vent, signifie afin que
les bons ne fussent pas lésés, et que les méchants ne (ussent
pftll l't'l'eth (ll'{lflt le jour: on le voit [laI' la signification nu Vent,
16 l' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N' 419.

en ce qu'il est le Divin procédant, qui est le Divin Bien uni au Divin
Vrai; c'est pourquoi, afin que ne soufflât point un vent, signifie
afin que ce Divin influât avec modération et douceur; si afin que
(1

ne soufflât point un vent SUI' la tene ) signifie afin que les bons ne
fussent pas lésés et que les méchants ne fussent pas rejetés avant le
jour, c'est parce que les séparations des bons d'avec les méchants,
et les exclusions des méchants dans le Monde Spil'ituel, se font pal'
divers degrés de modération et d'intensité du Divin qui procède dll
Seigneur comme Soleil; quand ce Divin influe avec modération les
bons sont séparés des méchants, et quand il influe avec intensité.
les méchan ts sont rejetés; en voici les raisons: Quand le Di \'in in­
tIue du Seigneur avec modération, il ya partout une tranquillité et
une sérénité, dans lesquelles tous apparaissent tels qu'ils sont quant
à l'état de leur bien, cal' alOl's tous se tl'ouvent dans la lumière,
alors donc ceux qui sont dans le bien d'origine spirituelle sont sé­
parés de ceux qui ne sont que dans le bien d'ol'igine naturelle, cal'
le SeigneUl' regarde ceux qui sont dans le bien spirituel, et il les
attire et ainsi les sépal'c; ceux qui sont dans le bien d'origine spil'i­
tuelle sont ceux dont il est dit dans ce qui suit, qu'ils ont été mar­
qués sur leurs Fronts, car ce sont des spirituels et des anges du
Ciel; mais ceux qui sont seulement dans le bien d'origine Jlatul't~lIe,
ne sont pas bons, pal'ce qu'ils ne sont pas spirituels; et! effet, le bien
qui apparaH chez eux est un mal, parce qu'il se regarde et regarde
le monde comme fin, cal' ils Font le bien dans la forme externe pOUl'
la gloire d'eux-mêmes, pour l'honneur et ,le lucre, et non pour le
bien du prochain, par conséquent ils font seulement le bien pour
êlre vus des hommes; ceux-ci, qui sont purement nalul'els, sont ceux
qui n'ont pas élé marqués, et qui plus tard sont rejetés: mais quand
le Divin influe du Seigneur a\'ec intensité, les biens qui sont chez
les méchants sont dissipés, puisqu'cn eux-mêmes ils sont des maux
et non pas des biens, et que les maux ne soutiennent pas l'influx du
Divin; de là il. arrive que les externes chez eux sont fermés, et. dès
lors s'ouvrent les intérieurs dans lesquels il n'y a que des maux et
des faux du mal, d'où l'ésullenl pour eux des douleurs, des an­
,goisses et des tortures, en raison desquelles ils se précipitent dans
les enfers où sont de semblables maux. et de semblables faux. Quand
l'influx du Divin est intense, ce qui arrive lorsque les méchants doi­
Vers, L CHAPITRE SEPTIÈME. 'li
vent être rejetés, il existe plus bas dans le Monde spirituel un vent
qui soufile avec l'01' ce, comme une tempête et un ouragan; c'est ce
vent qui, dans la Parole, est appelé Vent oriental, dont il est aussi
parlé dans la suite: de là vient encol'e que le l'ejet des méchants
est décrit dans la Parole pal' des vents véhéments et impétueux, par
des tempêtes et pal' des ouragans. Pal' le vent de Jéhovah il est si­
gnifié la même chose que par l'esprit de Jéhovah, cal' il est entendu
le Vent de la respiration, qui est aussi appelé esprit; c'est de là que
dans la Langue Hélll'alque el dans beaucoup d'autres Langues l'es­
prit est désigné pal' le même mot que le vent: c'est pOUl' cela que
la plupart des hommes n'ont pris de l'esprit et des espl'ils d'aulre
idée que comme d'un vent, lei qu'est le vent de la respil'ation; de
là ces opinions, dans le Monde même savant, que les espl'its ct les
Anges sont comme des Venls (souffies) dans lesquels seulement il y
a le vilal de 1a pensée; c'est même pOUl' cela que peu d'entre eux
se laissent persuadel' que les esprits et les Anges sont des hommes
ayant un COI'pS, une face et des sens comme les hommes SUl' la
terre. Si par le Vent et l'esprit, quand ils se disent de l'homme, est
llignifiée la vie du vl'ai, ou la vie selon Les V1'ais ou les pl'éceptes
du Seigneul', c'est parce que la respil'alïon, qui appartient aux pou­
mon~, correspond à cette vie, et que le cœur et ses mouvemenls
cOl'l'espondent à la vie du bien; il Ya, en effel, deux vies, qui doi­
venl fail'e un chez l'homme, la vie du \'l'ai et la vie du bien, la vie
du vl'ai est la vie' de l'entendement de l'homme, et la vie du bien est
la vic de sa volonté, cal' dans l'entendement résident les vl'ais parce
que les vrais constituent l'entendement, et dans la volonté résident
les biens parce que les hiens constitnent la volonté: pareille chose
est signifiée dans la Parole par l'âme et le cœur, quanù l'un et l'autre
est nommé. D'apl'ès ces explications on peut VOil' ce qui est entendu
par le Vent et pal' l'esprit de Jéhovah, à. savoir, le Divin Vrai, et
pal'Ies quatre Vents, le Divin Vl'3i uni au Divin Bien; comme pal'
le vent il est entendu le \'ent ou l'espl'it de la respiration, el que pal'
lui il est signifié le Divin Vrai ct la vie spiriluelle pour ceux qui
reçoivent ce vrai, c'est pOUl' cela que ce vent est aussi appelé SOU fIle
des narines de Jéhovah, et aussi soufie de la bouche, et respiralion,
comme OIJ peut le voil' pal' les passages suivants; dans Ézéchiel:
( Je vis, el l'oici, sur ('e.~ os dt'sséclth de,. nerf.', el de la c!wit'
111. 2,
'18 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" M9.

i/monta, et s'étendit .çur eux une peau par-dessus; esprit


cependant il n'y avait point en eux; alors il me dit: Prophé­
tise sur l'esprit, prophétise, fils de l'!tomme, et dis à l'esprit:
Ainsi a dit le Seigneur J éhovih : Des quatre vents viens, es­
prit, et souffle en ces tués, afin qu'ils vi?:ent. II - XXXVII.
8, 9; - dans l'Article précédent il a été dit ce qUÎ'est signifié dans
ce passage pal' les os desséchés, à savoil', ceux qui n'ont aucune
chose de la vie spil'itllelle, ou qui n'ont aucune vie par le Divin V,'ai;
l'inspiration de ce Vrai pal' le Seigneur est signifiée pal' Il prophétise
sur ('esprit, e~ dis à l'esprit : Des quatee vents viens, esprit, et
souffle en ces tués, afin qu'ils vivent; llqu'ici par l'espl'it il soit en­
tendu l'espl'it de la respiration, cela est évident, car il y avait des
neefs, de la chair et de la peau, mais il n'y avait pas encore de res­
pll'alion, c'est pourquoi il est dit: «( Dis à l'esprit qu'il souffle en
eux; Il de là on peut voil' que cet espeit ou ce vent signifie la vie
spirituelle: qu'il ne soit pas entendu la respiration commune, on le
voifen ce qu'il est dit que la maison d'Israêl était ces os desséchés,
c'est-à-dire, que les fils d'lsl'3êl étaient sans vie spirituelle, et qu'en­
suite il est dit d'eux: il Je mellrai mon esprit en vous afin que vous
viviez, et je vous placerai SUI' votl'e teree afin que vous viviez, II
Vers. 1lI; ce qui signifie, qu'ils doivent être régénérés, afin que pa,'
eux l'Église soit formée; la régénération se fait par la vie selon le
Divin VI'ai, d'où l'ésulte la vie spil'iluelle, et ramener SUI' la teel'e
signifie afin qu'ils deviennent Église, la terre de Canaan signifie
l'Église. Dans Moïse: Il J éhot'a!t souffla dans ses narine.ç âme
de vil',ç, et {ut {ait t'homme en âme vÏ'wnte. II - Gen. II. 7;
- ici anssi, dans le serrs de la lettre, il est entendu le vent de la
respiration, puisqu'il est dil, il souffla dans ses narines; mais qu'il
soit entendu la vie spirituelle, qui est la vie de l'intelligence et de
la sagesse pal' le Divin Vrai, cela l'ésulte évidemment de ce qu'il est
dit qu'il souffla âme de vies, el que par suite l'homme fut fait en
:1me vivante; l'âme de vies et l'âme vivante, c'est la vie spirituelle,
cal' l'homme sans celte âme est appelé homme mort, quoiqu'il vive
pal' le COl'pS et pal' les sens: de Iil. aussi on peut voir que par l'âme,
l'esprit et le vent dans la Parole il est entendu la vie spil'ituelle.
Dans .Jean : « ./bus dit aux disriples : Paix ri rous! comme le
Père M'li e./lt'O,1jé, de même Moi je I-'Olls enroie, Et dz:~ant
Vers. L CHAPITRE SEPTIÈME. Hl
ceia, il insuffla, et lell1' dil : Rerevez esprit utint. 1) - XX.
21, 22; - (1 le Seignenr insuffla el leur dil : Recevez espl'it
saint, Il signifie la même chose que, Il Jéhovah souilla dans les na-
l'ines d'Adam âme de vies, Il à savoir, la vie spirituelle, car l'es-
prit saint signifie le Divin VI'ai procédant du Seigneur, d'oit pro-
vienlla vie spirituelle; pal' (1 comme mon Père M'a envoyé, de même
Moi je vous envoie, Il il est signifié qu'ils devaient enseigner ce
vl'ai d'après le SeiglleUl'; en effet, quand le SeigneUl' était dans le
Monde, il était le Divin Vrai Même, qu'il a enseigné d'après son
Divin Bien qui était en Lui par conception; c'est ce Divin que le
Seigneur, ici et ailleurs, appelle le Père; et comme, 10rsqu:i1 est
sorti du Monde, il avait uni le Divin Vl'ai au Divin Bien au point
qu'ils étaient un en Lui, et qu'alors le Divin Vl'ai a procédé de Lui,
c'est pOUl' cela qu'il a dit: Il Comme mon Père M'a envoyé, dr.
même Moi je vous envoie. 1"Si le vent de la respiration signifie la
vie spirituelle, c'esl d'après la cOl'I'espondance, voir dans les AR-
CANES CÉLESTES, No' 3883 à 3896; dans le Monde spirituel tous d'a·
près la seule ('espiJ'ation sont même connus tels qu'ils son~; ceux
qui sont dans la vie de la respiration du Ciel sont parmi les Anges,
mais ceux qui ne sont pas dans celle l'espiration, quand ils vien"
nent dans le Ciel, ne peuvent pas y respil'er, il en résulte pour eux
une angoisse comme lorsqu'on est suffoqué; voir anssi sur ce sujet
dans les ARCANES CÉI.ESTES, N°' 11 19,3887,3889,3892,3893:
c'est d'après cette correspondance qu'il est dit inspiration; que les
prophètes sont dits inspirés; et que la Parole est dite Divinement
inspÏl'ée. D'après ces considérations on peut voiJ' ce qui est signifié
par les paroles du Seigneul' dans Jean: (1 Si quelqu'un n' e,~t fn-
gel'uiJ;é d'eau et d'e.çpril, il ne peut entrer drl/1,ç le Royaume d(1
Dieu. Il (aut que vous soyez engendr(ls de nouveau; le vent
.~ouffle où il1'eut, el sa l'oi:r: tu entends, mais tu ne .sais d'où
il vienl, ni où il V(f; ainsi est quiconque a hé engendré de
l'e.~prit. 1) -Ill. 5, ï, 8; - par êlre engend.'é de nouveau il est
~ntendu étr'e l'égénéré; et comme l'homme est régénéré par la vie
selon le J)jvin Vrai, et qne tout Divin Vl'3i, pal' lequel l'homme ()sl.
régénérl\ procède dn Seigneur, et inOue chez l'homme sans qu'il
le sac:hr., c'est de là qu'il est dit: (( Le venl souffle oi! il vcnt, ct sa
voix lu enlf'nds, n1t1is ln Ile s:Jis d'oit il vient, ni oit il va; )} aillsi
20 L'APOCALYPSl~ EXPLIQUÉE. :\' llHI.

est décrite la vie de l'esprit dè l'homme qu'il ohtient au moyen de III


l'égénél'ation, le Vent est le Divin Vrai pal' lequel existe cette vie;
tant que t'homme est dans le Monde, il ignore absolument comment
ce vl'ai influe du Seigneur, puisqu'alors il pense d'après l'homme
naturel, seulement il pel'çoit quelque chose qui influe de l'homme
spirituel dans ['homme naturel, c'est donc Iii ce quiest eutendu pal'
u et sa voix tu entends, et tu ne sais d'où il vient, ni où il va; ')
l'eau d'après laquelle il est engendl'é signifie le Vrai d'après la Pa­
l'Ole, et l'esprit signifie la vie selou ce vrai; que l'eau signifie le
vrai, on le voit ci-dessus, N° 71. Dans les Lamentations: L'es­ (l

prit de nos narines, L'Oint de Jéltowh, a Né priN dalls leurs


fo,~ses, (celui) de qui nous arions dit : Dal1.~ son ombre nou,~
vivrOlls parmi les lUttions. » ~ IV. 20; - par l'Oint de Jého­
vah ici il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, car par
l'Oint de Jéhovah il est signifié la même chose que par le Roi; que
le Roi dans le sens suprême signifie le Seigneur quant au Divin
Vrai, on le voit ci-dessus, N° 3i; et que l'Oint de Jéhovah le si­
gnifie aussi, on le voit ci-dessus, N° 375; c'est de là qu'il est dit
«( l'esprit de nos narines, celui de qui nous avions dit: D:rns son
ombre nous vivrons, » càr l'espl'it ainsi que le vent des narines si­
gnifie dans le sens supl'ème le Divin Vrai, COlUme il a été dit ci-des­
~us; pal' il a été pris dans leurs fosses, » il est signifié que le Di­
(c

vin Vrai a pél'j par les faux du mal, les fosses sont les faux du mal.
Ailleurs dans les Lamentations: (( 111 a voix tu ((S entendu, "Jé­
ho"wh! Ile NIche point ton oreille il ma respiration, à mon
('ri. Il -III. 56; - cacher l'oreille à la respiration et au cri, si­
gnifie au culte, à la confession et aux pl'ières qui proviennent des
\Tais et des biens, car tout culte, toute confession et toute pl'ière
doit provenir des \'l'ais et des biens; ces choses doivent pl'ovenil' des
lins et des autres pour qu'elles soient écoutées, si elles proviennent
lies vrais seuls, elles ne sont pas écoutées, parce qu'elles n'ont pas
la vie, la vie du nai provient du bien; dans ce passage la respira­
t.ion se dit des vrais, et le cri se dit des biens; que le cri se dise des
biens, on le verr'a ailleurs. Dans Moïse: « Tout ce qui avait souf­
fle d' e,~prit de t'ies dans ses nflrille,~, de tout ce qui (était) en
l'aride, mournl. 1 I - Gen. VII. 22; - ee que ces paroles signi­
fient dans le sens de la (cllre, chacun le voit, à savoir, que pal' Je
Vers. i, C.HAPITRE SEPTIi~ME, 21
déluge furent détl'llitcs toutes les choses qui étaient SUl' la letTe,
pal' conséquent tous leS' hommes qui vivaient, excepté Noach et ses
fils; quant à ee qui est signifié par ces pal'oles clans le sens spiri­
tuel, on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, No' 805, 80G, où elles
ont été expliquées, il savoir, que par le souffle d'esp"it de vies dans
les nal'ines il est entendu la vie spirituelle, qui appartenait aux
hommes de la TI'è5-Ancienne Église, car le déluge signifie la fin de
cette Église, et le Jugement Demier, qui fut fait quand le tout de
1'.Église eut été étouffë, Dans David: (( De,~ oreille.~ ils Ollt, et ils
n'entende/lt point, même il n'y (l poin,t de vellt en leur bou­
che. 1) - Ps. CXXXV. 17; - point de veut en leur bouche, si­
gnifie point de vl'ai dans la pensée, cal' la bouche signifie la pensée.
Dans Jérémie: (1 Les onagres ont humé le l'ent comnu~ les ba­
leùu?s, ('olwl1nés oni été leurs yeux, parce que point cl' herbe
(if n'y avait). )) - XIV. 5, 6; - hume.' le vent comme les ba­
leines, signifie qu'il n'y avait point de vrai à puiser; Il parce que
point d'herbe il n'y avait, signifie parce qu'il n'y avait point de
1)

vl'8i dans l'Église. Comme les méchants, ainsi qu'il a été dit Cέ
dessus, sont rejetés au moyen d'un influx plus fort du Divin VI'ai
et du Divin Bien procédant du Seigneur comme Soleil, c'est aussi
pOUl' cela que le l'ejet de ceux qui sont dans les faux du màl est dé­
cril par le souffle des narines de Jéhovah; par exemple, dans Ésaïe:
Il Elle a été préparée dh; hier Toplteth; son bûcher, {eu el
bequcollp de bois, a üé préparé; le souffle de J éhovalt colftme
un torrent de sou{rc les embrase. 1) - XXX. 33, - Dans Da­
vid : « Alors apparureNt les lits des eaux, et fureNt décou­
verts les londement,ç de Irt terre, à cause de la lIIenuet de Jé­
1t00.'uh, par le souffle de l'esprit de ion nez. l) ­ Ils. XVIn,
16.,- Dans Moïse: (1 Par le sou/lle de tes narilll!,~ ont été amon­
celées les eaux. Tu fiS soufflé par ton t'ent, la mer les u cou­
verts, l) - Exod. XV. 8, 10. - Et dans Job: «( Ceux qui ma­
chinent l'iniquité périssent par le souffl·e de Di'eu, par l'esprit
de son nez ils ,~ont conmmés. l) - IV. 8, 9; - dans ces {las­
sages, pal' ~e vent, I~espril et Le souffle des narines de Jéhovah, il
est entendu aussi le Divin procédant pal' lequel les méchants sont
dispersés el rejetés, quand il influe avec intensité ct fOllce; mais il
sera pUt'lé de cel influx dans la suite, llllalld il Sl-'I'a question dc.~
22 L'APOCALYPSE EXPLiQUÉE. t\" 419.

ol\l'agans, des tempêtres et du vent oriental. Si le Veut de la terre


signifie aussi le Divin procédaut, c'est encore d'après la' COfl'es­
pondance avec les Vents dans le Monde spiriluel; cal', dans le
Monde spirituel, il y a aussi des Vents, qui ont lem' origine dans
la détermination de 1'[nOux Divin et existent SUI' les lieux inférieurs
de la tel'I'e qui est là; dans les Cieux il y a l'arement quelques vents,
sinon des vents doux, mais chez ceux qui habitent plus bas SUI' les
len'es il y en a fréquemment, cal' les' vents augmentent à mesure
qu'ils déscendent; leul's déterminations proviennent des plages dans
lesquelles influe le Divin, principalement du septentrion: et comme
les vents y sont d'une ol'igine spirituelle, c'est de là aussi qu'ils si­
gnifient les spil'ituels, en général le Divin Vl'ai d'apl'ès lequel ils
existent; comme dans David: li Jéhovah qui lambrisse avec les
eaux ses chambres hautes, qui fait des nuées son char, qui
marche sur les ailes du t'ent, (aisant de ses Anges des souf­
fles, de ses ministres lUt (eu flamboyant, Il - Ps, CIV, 3, h;
- par les eaux, les nuées et les ailes du vent, il est signifié le Di­
vin Vrai dans les del'lliers, qui est comme le Vl'ai du sens de la
lettre de la Parole; parce que cela est dans les del'Diers, il est dit
qu'il lambl'isse avec les eaux ses chambres hautes, qu'il fait des
nuées son char, qu'il marche sur les ailes du vent; les eaux sont
les Hais dans les derniers, il en est de même des nuées et des ailes
du \'ent, le chal' est le vrai de la doctrine; faisant de ses Anges
(1

des souffles, de ses ministres un feu flamboyant, Il signilie qu'il fait


qu'ils sont des réceptions du Divin Vrai et du Divin Bien; par An­
ges sont entendus ceux qui sont dans le Royaume spiritùel du Sei­
gneul', et comme ceux-ci sont des récipients du Divin Vrai, il est
dit qu'il fait d'eux des souffles; et par ministres sont entendus ceux
qui sont dans le Royaume céleste du Seigneur, et comme ceux-ci
sont des récipients du Divin Bien, il est dit qu'il fait d'eux un feu
t1amboyant; le feu flamboyant signifie le bien de l'amour et pal'
suite le \'l'ai: que ceux qui sont dans le Royaume spirituel du Stli­
gneul' soient des l'écipients du Divin VI'ai, et ceux qui sont dans le
Royaume céleste, des récipients dn Divin Dieu, en le \'oit dans le
Traité DU ClEf. ET DE L'ENFER, No' 20 à 28 : q~e les Anges soient
appelés Anges à cause de la réception du Divin VI'ai, on le voit ci­
dessus, Nos 130, h12 : que les ministres soient appelés ministl'es
Vers. 1. CHAPITRE SEPTIÈME. 23
à cause de la l'éception du Divin Bien, voir aussi ci-dessus, N° 155:
et que le feu signifie le hien de "amoUl', N° 68. Dans le Même:
(( Jéhovah inclina les Cieux, il descendit, et obscurité (il y
avait) sous ses pieds, et il cherauchait sur un Chérubin; il
-colait, et il était pOl'té sur les (files du vent, » - Ps. XVIII.
10, 11;- pal' (( Jéhovah inclina les Cieux, il descendit, Il est si­
gnifiée la visite qui pl'écède le Jugement Dernier; par (1 obscurité
il y avait sous ses pieds, II il est signifié dans les lieux infél'ieurs les
faux du mal; pal' u il chevauchait SUI' un Chérubin, il volait, et il
était porté SUI' les ailes du vent, Il il est signifié la toute-présence
avec le Divin, les ailes du vent sont le Divin Vrai dans les demiers,
comme ci-dessus. Dans Jél'émie : le Facteur de la terre par sa
l'ertu, disposant le globe par sa sagesse; par son intelligence
il étend les Cieux, il la voi,T que Lui il donne, une multitude
d'eaux (est) dans les Cieux, et il fait monter des vapeurs du
bout de la terre; des éclairs pour la pluie il fait, et il tire le
"L'ent de ses trésors. Il - X. 12, 13. LI. 15, 16 : - et dans
David: Il fait monter de,~ vapeurs de l'extrémité de la terre,
(1

des érlairs pour la pluie il {ait, il tire le vent de ses trésors. J)

- Ps. CXXXV. 7; - pal' ces paroles dans le sens spirituel sont


décl'iles la réformation de l'homme et l'inslaul'ation de l'Église; à
cause de celle réfol'mation et de celte instauralion le Seigneur est
appelé Facteur de la lene, et ailleurs For'mateul' et CI'éatelll', la
tene est l'Église; pal' (( disllosant le globe (lai' sa sagesse, » est si­
gnilié le Divin Bien pal' lequel il y a réformation, le globe est l'f.>
glise et se dit du bien; pal' Il à la voix que Lui il donne, une mul­
titude d'eaux est dans les Cieux, JJ est signifié le Divin Vrai pal'
lequel il y a aussi l'éfOl'mation, la voix qu'il donne signilie l'in­
flux du Divin Vl'ai, la multitude des eaux dans les Cieux signifie
la réception, les eaux sonlles vrais; les demiel's vrais, qui sont les
connaissances d'apr'ès le sens de la lettl'e de la Parole, sont signi­
fiés pal' les vapeurs du bout de la tene; les spirituels qui en pro­
viennent sont signifiés pal' les éclairs pOUl' la pluie, les éclairs se
disent de la lumière du Ciel, et la pluie se dit de l'influx; pal' II il
til'e le vent de ses trésors, )) il est signifié pal' suite la réformation
au moyen du Divin Vrai par le SeigneUl' : e'cst ainsi que toutes œs
paroles sont entendues dan~ les Cieux. Dans David: « Il lallcc liU
2lJ L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 419.

grêle comme des balles, devant son froid qui subsistera? il


envoie sa parole, il les {ait fondre; il fait souffler son vent,
le§ eaux coulent; il annonce sa parole à Jacob, ses statuts et
ses jugements à lsraN. Il - Ps. CXLVII. 17, 18, 19; - par
ces paroles est décrite aussi la réformation, mais quant à l'homme
naturel; là, les scientifiques et les connaissances qui sont chez
l'homme avant la l'éformation sont signifiés par li il lance sa gl'ele
comme des halles, devant son froid qui subsistera 7 Il car l'homme
avant la réformation est entièrement fl'oid, ce froid aussi est évi­
demment senti quand le Divin influe du Ciel; et comme ces froids
sont. dissipés par la réception du Di\'in Bien et du Divin Vrai, ainsi
par la réformation, c'est pour cela qu'il est dit li il envoie sa pa­
role, il les fait fondre; il fait soutl1el' son vent, les eaux coulent, Il
pal' la pamle est signifié le Divin Bien uni au Divin VI'ai, par le
vent est signifié le Divin Vrai, et par les eaux coulent est signifiée
la l'éception du vrai; et comme telle est la signification de ces mots,
il est en conséquence ajouté li il annonce sa parole à Jacob, ses
statuts et ses jugements à ISI'aël; 1) pal' Jacob et pal' Israël il est si­
gnifié l'Église, pal' Jacob l'Église qui est dans le bien, et pal' Israël
l'Église qui est dans les vrais, les statuts et les jugements sont les
vrais externes et internes qui procèdent du bien. Dans le Meme:
Il Louez Jéhovah, feu el grUe, neige et vapeur, vent de tem­

pêle exécutant :Hl parole! Il - Ps. CXLVIll. 8; - que pal' fe..


et gl'êle, par neige et vapeur, et par vent, il soil signifié autre chose
que du feu et de la gl'èle, de la neige et de la vapeUl', et du vent,
cela est évident; car à quoi bon, dans la Parole Divine, sel'ait-i1 dit
de ces choses qu'elles doivent louer Jéhovah 7 or, par le feu et la
grêle, et par la neige et la vapeur, sont signifiés les plaisirs des
amours de l'homme natUl'el, et aussi ses scientifiques et ses con­
naissances, cal' ces choses sont du feu et de la grêle, de la neige et
de la vapeur, avant que l'homme ait été l'éfol'mé et soit de\'enu spi­
rituel; la sphère de leur vie, quand elle en effiue, présente des cho­
ses semblables dans le Monde spirituel; adorer le Seigneur d'après
ces choses est signifié en ce qu'elles loueront Jéhovah; louer, c'esl
adorer; mais pal' le vent de tempête est signiOé le Divin Vrai quant
à la l'éception, c'est aussi pOUl' cela qu'il est dit, li vent de tempête
exécutant sa parole; 1) exécuter la parole, c'est recevoil' par la vie
Vers. 1. CHAPITRE SEPTiÈME. 25
les choses qui appartiennent à la doctl'ille. Comme loules les choses
dans la Parole ont aussi le sens opposé, il en est de même du Vent,
et dans ce sens il signifie le faux, comme clans les passages sui­
vants; dans Ésaïe: (( Void, tous sont iniquité; néant, leurs
œ1l1:res; vent et inanité, leurs images de fonte. )) - XLI.
29; - (( vent et inanité, )1 ce sont les faux clu mal et les maux. du
faux, le vent les faux. du mal, et l'inanité les maux du faux, car
là où il yale vain et le vide, c'est-a-dil'e, où il n'y a ni bien ni
vl'ai, il yale mal et le faux; que dans ce passage pal' le vent il
soit signifié les faux, cela est évident en ce qu'il est dit Il tous sont
iniquité; néant, leurs œuvres; II puis, en ce qu'il est dit que les
images de fonte sont vent et inanité, cal' pal' les images de fonle
sont signi6ées les choses que l'homme lire de la pl'Opre intelligence,
qui toutes sont des faux et des maux. Dans Jérémie: (( Les pro­
phètes dedendront du vent, et la parole, point en eux. )) ­
V. 13; - pal' les prophètes sont signifiés ceux qui e03eignent les
vrais, et abstraclivemcnl les vrais de la doctrine, ici les faux de la
doctrine, les faux sont signifiés pal' le vent, c'est aussi pour' cela
qu'il est dit II la parole, point en eux, )) la parole signifie le Di­
vin Vrai. Dans le Même: Je les disperserai comme du chaume
(1

voltigeant au vent du dése"t. )) - XIII. 2lt ; - le vent du dé­


sert signifie où n'est point le \'l'ai, par conséquent ou est le faux;
eD effet, le désel't dans la Parole signifie où il n'y li pas le bien
parce qu'il n'y a pa~ le vrai. Dans le Même: Cl Tous tes pa$leur~,
le l'ent les l'epaz'tra, et tes amants en captivité s'en iront, ))
- XXII. 22; - par les paslelll's dans la Parole sont signiliés
ceux qui enseignent le bien de la "ie et y conduisent, ce qui se fait
pal' les vrais; mais ici par les pasteurs sont entendus ceux qui n'en­
seigncllt pas le bien de la vie, et y conduisent encore moins, parce
qu'ils sont dans les faux; cela est entendu en cc qu'il est dit (( Lous
les pasteurs, le venl les repaltl'a, II le \"enl esl\e faux qu'ils l'echer­
chent et qu'ils aiment; pa.r les amanls qui s'en iront en captivité,
sont signifiés les plaisirs des amours de soi et du monde, et pal"
suite les plaisirs des maux, les amants sont ces plaisirs, et la cap­
tivité est la délention dans les enfers. Dans Hosée : «( Éphraim se
repait de t'ent, et il poursuit l'EllrlU; chaque jour le men­
songe ct la déMstflliol1 il multiplie; ellltliallcc avec l' A'~'~Y"ie1t
26 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 419.

ils traitent, et l' huile en Égypte est portée, Il - XII. 2; -­


par Éphraïm est signifié l'illtellec,Wel de l'Église, pal' l'Assyrien le
raisonnement, et pal' l'Égypte le scientifique; c'est pourquoi pal'
(1 Éphraïm se repaU de vent et pO\ll'suit l'Eul'us, Il il est ~ignifiê

que les intelligents dans l'Église se l'emplissent de faux qui dissi­


pent enlièrementles vrais, le vent est le faux, etl'eUI'us est le faux
qui dessèche et dissipe les vrais; comme pal' le vent et l'eUl'us il
est signifié ces choses, c'est pour cela qu'il est dit aussi, (( chaque
jour le mensonge et la dévastation il multiplie, Il le mensonge aussi
signilie le faux, et la dévastation la dissipation du \'l'ai; l( alliance
avec l'Assyl'ien ils traitent, et l'huile en Égypte est POI'lée, )1 signifie
que pal' les raisonnements d'après les scientifiques faussement ap­
pliqués ils pervertissent les vrais et les biens de l'Église, traiter al­
liance avec l'Assyl'Ïen signifie raisonner d'après les faux et détl'uit'e
les vrais, portel' l'huile en Égypte signifie del1'uil'e le bien de l'É­
glise pal' les scientifiques; en effet, celui qui est dans les principes
du faux y applique les scientifiques qu'il a puisés dès l'enfance,
puisque son entendement ne voit pas autre chose; car l'entende­
ment est fOI'me ou d'apl'ès des vl'ais ou d'après des faux; si c'est
d'après des vrais il voit les vrais, si c'est d'après des faux il voit
les faux; il les voit dans l'homme naturel, dans la mémoire duquel
résiùent les scientifiques d'après lesquels il choisit les choses qui
salit favol'ables, et pervertit ou rejelle celles qui ne sont pas favo­
rables. Dans le Même: li Associé aux idoles, Éphraïm; il s'est
en allé, leur vin; faisant commettre Sl:ortation ils ont (ait
commettre sC()1·tation, il:> ont aimé, ils ont multiplié l'i,qno­
minie, ses boucliers; un vent l'a liée dans ses ailes, et ils se­
rOnt couverts de honte par leurs sacrifices. » - IV. 17, 18,
19; - pal' Éphraïm il est signifié l'Église quant à l'entendement
du \'l'ai, ici, qu'ellecomprelld non le vl'ai mais le faux, les faux de
l'Église sont signifiés pal' les idoles; de là on voit clairement ce qui
est signifié pal' « associé aux idoles, Éphraïm; )) le raisonnement
d'après des illusions, d'où l'ésultent les faux, est signifié I)al' un
vent ùans ses ailes; quant aux autres expressions, on voit ce qu'elles
signifient, ci-dessus, No' 283 et 376, oit elles ont été expliquées.
La même chose est aussi signifiée pal' ttlt vent dans les ailes, dans
Zachal'ie, V. 9. Dans Jérémie: « Leurs dllulleau;r; ,~eront lIll
Vers. 1. CHAPITRE SEPTIÈME. 27
pillage, et la rnultitzùle de lellrs bestiaux en proie, et je les
di,çperse1"lLi à toutvellt, en retranchés de l'angle. l)-XLIX.
32; - par les dispersel' il. tout vent, il est signifié dans tout faux
et dans tout mal après que les vrais et les hiens ont été dissipés; le
J'este a été ex pliqué, t~oir ci-dessus, N° U 7. Dans Ézéchiel: (1 Une
troisièmc partie tu disperser{J)) au vent, et l'épée je tirerai
après eux. Il - V. 2,12; - ceci a été dit des poils de la tête el
de la barbe que le Pl'ophèle reçul ol'dre de tondre avec un rasoir,
el par çes poils esl signifié le dernier du vrai dans l'Église, cal'
toulle Ciel el toute l'Église sonl devant le Seigneur comme un seul
homme; de la toules les choses du Ciel et de l'Église correspondent
à loutes celles de l'homme, lant il celles qui sont au dehors de lui
qu'a celles qui sont a.u dedans de lui, voir SUI' cette correspondance
le Trailé DU CIEL ET DE L'ENFER, No' 87 a 102; c'esl pourquoi,
comme [es \?oils de la tèle el la barhe sonlles derniers de l'homme,
ils cOl'l'espondenl aux derniers dn vrai et du hien ; les derniers du
vrai el du bien sonl tels que sont les vrais derniers du sens de la
lelll'e de la Parole; pal' ce qui est dit ici des poils de la tête et de la
bal'be du prophète, il esl signifié que ces derniers avaient été pet'­
vel'tis, falsifiés et adullérés pal' les Juifs; pal' en disperser la Iroi­
sième partie à tout vent est signifiée la dissipation de tout vrai; et
comme, apl'ès que le vrai a été dissipé, l'on saisit de purs faux,
voilà pOUl'quoi il est dit (e l'épée je til'erai après eux, )) l'épée si­
gnifie la destruclion du vrai par le faux, voir ci-dessus, N° 131 :
si l'on ne savail pas que les choses qui viennenl d'êll'e dites sont
signifiées par les poils, qui est-ce qui pourl'ait comprendre ce que
renferme l'ordre donné ail pl'ophète de raser les poils de sa lête et
de sa barbe, el d'en brOIel' Ulle lroisième pal'tie dans le milieu de
la ville, de frapper pal' l'épée une lroisième pal'lie autour d'elle, et
d'en disperser Ufl(f troisième partie à lout vent, el que l'épée serail
tirée après eux? que la falsilicalion du vrai pal' les Juifs ait élé si­
gnifiée pal' là, on le voit clairemenl pal' les paroles qui suivent dans
ce Chapitl'e, où enll'e aulres choses il est dit: « .C'est Jérusalem;
elle a changé mes jugements en impiélé plus que les nalions, el mes
slatuls plus que les lene's qui sonl aulour d'elle. )) - Vel's. 5, G,
- Dans le Mème : cc Tous ses escadrons, je lf!s disperserai à
foutrcnt, ct l'ép(:e je tirerai après eu:(;. Il - - XlI', '1lI; -- pal'
28 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° H9.

ces pal'oles il est signifié pal'cille chase. Dans Matthieu: La pluie


(1

est descendue et les 'l.lents ont soufflé, et se ,wnl précipités


contre cette rnaùon; ceperutrtnt elle n'est point tombée, car
elle aLlait été (ondée sur le roc. ) - VII. fli, 25, 27; - par
(1 la pluie est descendue et les vents ont soutllé, » il est signilié les

tentations, et pal' suite aussi les faux qui font irruplion, cal' les
tentations spirituelles ne sont autl'e chose que les infestations du
mental pal' les faux et par les maux; c'est pourquoi ici pal' les vents
sont signiliés aussi les faux; le reste a été expliqué ci-dessus, voir
N° liU. Dans le Monde spirituel, ainsi qu'il a élé dit ci-dessus, il
y a, comme dans le Monde naturel, des vents violents et des tem­
pêtes; mais les tempêtes dans le Monde spirituel existent d'apl'ès
l'inlJux du Divin dans les lieux inférieurs où sont ceux qui sont
dans les maux et dans les faux; à mcsul'e que cet influx descend des
Cieux vers les terres qui sonl au-dessous, il devient plus dense et
apparaît comme une nuée, et chez les méchants comme une nuée
dense el opaque selon la quantité et la qualité du mal; ces nuées
sont les apparences du faux du mal, qui tirent leur origine des sphè­
l'es de la vie des méchants, cal' autour de chaque esprit et de chaque
ange il y a la sphère de sa vie; quand le Divin est fortement en­
voyé pal' te Seigneur comme Soleil, et qu'il influe dans ces nuées
épaisses et opaques, il s'élève une tempête que les esprits, en ces
lieux, perçoivent de la même manière que les hommes perç,oivent
les tempêtes SUi' la tene; il m'a même été donné de percevoir'
quelquefois ces tempêtes, et aussi le \'ent oriental, par lequel les
méchants ont été dissipés et jetés dans les enfers, quand le J-uge­
ment Del'nier se faisait: d'après ces considérations, on peut voit'
ce que les oUl'agans, les tempêtes et les vents impétueux signifient
daus les passages suivants; dans Ésaïe: Tu les dislJerSeras de
(1

telle sorte que te Vent le.ç emporte, et que la tempête les dis­
sipe. » - XLI. 16. - Dans Jérémie: (1 Voici, une lempête de
.Jéhovah, une colère est sortie, et un tourbillon, qui menace
tie se précipiter; sur la tUe des impies il se précipitera. » ­
XXI'II. lI}. XXX. 23. - Dans David: (f.Je me hâterai de me
saurer du vent impétueux, de la tempête. » - Ps. LV. 9. ­
Dans le Même: ilion Dieu! poursuis-les par ton ouragan, el
(f

par ta tempNe épolU'ai/te-les. )) - Ps. LXXXI If, 'l(,. - Dans


Vers. L CHAPITRE SEPTn::ME. 29
Ézéchiel: (( Je ferai éclaler UII vent de temp~tes dans mOIl
emportement, et une pluie d'inondation dans ma colere il y
aura pour la consommation, l) - XIII. '13. - Dans Jél'émie:
Il Un mal passera de nation à nation, el une tempête grande .

,~e levera des côtés de la terre. II - XXV. 32. - Dans Ésaïe:


Il Par Jéhovah Sébaotlz tu seras visitée m)ec ouragan et tenz-

pête, et flmnme de {eu dévorant. II-XXIX. 6.- Dans Amos:


(( J'allumerai un feu en la nluraille de Rabbah, qui dtit'orera
.~es palais, aue ouragan au jour de la tempête. 11- 1. 'lll. -
Dans Nahum: Il De Jéhovah dans la tourmente ct la t61npête
(est) le chemin. II - 1. 3. - Dans Zacharie: Il Le Seigneur J é-
Iwvih fera retentir la trompette, et il s'at'ancera dans les tem-
pêtes du midi. Il - IX. 1li. - Dans David: (( Sur les impies
un vent de tempête, portion du calice des impies. II-PS. XI.
6. - Dans le :Mème : Cl Il viendra, Mtre Dieu, et il ne se taira
pas; autow' de Lui une tempête soulflem {mec véhémence. Il
- Ps. L. 3. - Dans Hosée: Il Parce que vent ils shnent, tem-
pête ils moissonneront, II-VIII. ï j - par l'oUl'agan eL la tem-
pête, dans ces passages, est signifiée la dispersion des faux et des
maux; et cela, parce que ceux qui sonl dans les faux du mal sonL
jetés dans l'enfer pal' un vent de lempêle. Dans David: Il Ceux
qui descendent en la mer dans des navires, faisllilt œUV1'e sur
les grosses eaux: Et il dit, et se présmta un vent de tempête,
et en haut il soulevait ses flots; et il (it arrêter la tempête,
afin que "estassent en silence ses flots. 11- Ps. CVII. 23, 25,
29; - ces choses ont été diles des tentalions el de la délivrance
des Lentalior:Js; par le vent de tempête eL par les flots soulevés de
la mer sont signifiées les tentations, puisque les tentations spiri-
tuelles se font par une irruption des faux dans les pensées, d'où l'é-
sultent des remol'ds de la conscience et des douleurs du mental
(mens) et du mental (animus); ees tentations sonL signifiées pal'
(( se présen la un vent de tem pèle, et en haut il soulevail ses flots; II
la délivrance des tentations est signifiée pal' Il il fit arrèLet' la tem-
pête afin que restassent en silence ses flots. Pareille chose est si-
1)

gnifiée pal' ces paroles dans Mal'c : cc 118'éleva une grande tem-
pete de vent, pui.~ des va,ques se jetèrent sur la barque, de
sm-te qlle déjà elle .~'empli.~sait : mais Jélsu.~ étaù (} la poupe,
30 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N°M!}.

dormant sw"le rhevet; et ils Le rél'eillh'cnl, et ils Lui di.~ent:


Ne te soucies-tu point que nous périssions? et s'étant réveillé,
il réprimanda le vent, et dit ci la mer: Tais-toi, reste muette;
et s' apal:~a le vent, et il se fit un ralme grand. 1) - IV. 3ï,
38, 39 : - et dans Luc: « Comme ils voguaient, Jésus s'en­
dormit, et une tel111)~te de vent descendit sur le lac, de sorte
qu'ils en étaient remplis, et étaient en péril: et, s'approchant,
ils Le réveillérent, en disant: Maitre, Maitre, nous péris­
,~on.~; mais Lui, .s'étant réreillé, réprimanda le vent et la va­
gue de la mer, qui s' aprllS(lrent, et il y cut un calme. -VIII.
J)

23, 2!l ; - ce Mil'acle du Seign.eur enveloppe pareillement des al'­


canes du Ciel et des intél'ieurs de l'Église comme tous les autl'es; les
Mil'acles Divins diffèrent des Miracles non Divins, en ce que les Mira­
cles mvins signifient aussi des Divins, parce que le Divin est en eux,
m~is les M.iracles non Divins ne signifient rien, parce qu'intérieure­
ment il n'y a rien de Divin en eux; et en outre dans la description
des Miracles Divins dans la Parole, et dans chaque chose de cette
description, il ya un sens spirituel; ce Mil'acle enveloppe les tenta­
tions spil'ituelles; la gl'ande tempête de vent, tellement que les va­
gues se jetaient sur la barque, de sorte qu'elle s'emplissait, signifie
ces tentations; et «( lorsqu'ils furent saisis d'nne grande crainte, .Jé­
sus s'étant réveillé réprimanda le vent, et dit à la mer: Tais-toi,
l'este muette; et s'apaisa le vent, et il se fit un calme grand, li si­
gnifie la délivaoce des tentations; là, chaque mot contient aussi un
sens spirituel, mais ce n'est pas ici le lieu de le·développer en pal'­
ticuliel', il suffit de dil'e que l'ouragan ou la tempête de vent signifie
les tentations, parce que ce sont des il'l'uptions des faux on des
inondations du menlal par des faux; c'est même ce qu'on voit clai­
rement d'après la l'épl'imande au vent et aux vagues, et d'après les
paroles du Seigneur à la mel' : l( Tais-toi, reste muette, ) comme
s'il les eftt adresséés aux faux ou à ceux qui induisent en Lenta­
Lions. Outre cela, les Vents qui existent dans le Monde spirituel, y
apparaissent s'élevel' dans diverses plages, quelques-uns du midi,
d'autres du septentrion, et d'autl'es de l'ol'iel)t; ceux qui s'élèvent
du midi dispersent les vrais ctfez ceux qui sont dans les faux, et
ceux qui s'élèvent de l'OI'ient dispersent les hir.ns chez ceux qui
SOIlI dans les maux; si Ics Vfmls dispersent les vrais et les biens,
Vers, 1.. CHAPITRE SEPTIÈME 31.
c'est parce qu'ils existent pal' un puissant et fort influx du Divin
a travel's les Cieux dans les lieux infél'ieurs, et là où va l'influx, il
remplit du Divin les vrais et les biens, c'est-a-dire, les mentaIs
(mentes) et les mentaIs (animi) de ceux qui sont dans les vrais
et dans les biens; ceux donc chez qui les intérieurs qui appartien­
nent au mental (mens) et au mental (animus) sont purement des
faux et des maux, et chez qui à l'extérieur il y a des vl'ais mêlés
aux faux et des biens mêlés aux maux, ne supportent pas un tel
influx venant du Divin, ils se retirent ell conséquence dans leurs
faux et leurs maux qu'ils aiment, et rejettent les vrais et les biens
qu'ils n'aiment pas si ce n'est en vue d'eux-mêmes et pour l'appa­
rence : par ces explications, on voit quel effet produit le Vent ve­
nant d'orien~ qui est appelé Vent Oriental, à savoir', que chez les
méchants il dispel'se tous les biens et tous les vrais qui s'étaient
présentés dans la forme externe devant le monde, et qu'ils avaient
prononcés pour se meUre en évidence; c'est de là que la sécheresse
et le tarissement sont attribués à ce Vent; ce qui a été desséché si­
gnifie où il n'y a point le bien, et ce qui a été tari signifie où il n'y
a point le vrai, comme on peut le voir par les passages de la Pa­
role où il est parlé de ce Vent; par exemple, dans Ézéchiel: (( Voici,
le Cep planté, est-ce que, quand l'aura touché le Vent orien­
tal, il ne séchera pa,~ en séchant? Il - XVII. 10. - Dans le
Même: « Le Cep a été arraché dans mfl colère. ri terre il a été
jeté, et le Vent oriental a ,~érhé son {ruit; elles ont été rom­
pues et elles ont séché, les verges de sa {oree. Il ~ XIX. 12.
- Dans Hosée : « Éphraïm parmi ses {rèl·e.~ est sauvage: il
viendra l'Eurus, le Vent de Jéhovah montrlnt du désert, et
sa source séchera, et sa (ontaine tarira; celui-là pillera le
trhor de tous le,~ vases de désir. li - XIII. 15. - Dans Jonas:
I( Il an'ina que, quand se leva le Soleil, Dieu prépara un

Vent oriental desséchant, l) - IV. 8. - Que le Vent Ol'Ïenlal


détruise auss' toutes les choses où sont les méchants, leurs terres,
leurs ha\)itations, lems trésors, on le voit dans l'Opuscule du Ju­
GEMENT DERNIER, N° 51 : la raison de cette destruction, c'est que
les terres, les habitations et les tl'éSOl'S daus le Monde spirituel sont
des cOl'I'espondances; c'est POtll'quoi, eux pél'issant, les choses qui
cOl'l'espondent périssent aussi: de là vient. que quand uue terre, où
32 L'APûCALYPS~ EXPLIQUÉE. N° 419.

habitaient des méchants, y a été détl'Uite, la face d'une nouvelle


, terl'e s'élève pour les bons. Comme le Vent ûl'iental possède une
telle force dans le Monde spil'ituel, c'est pour cela qu'en raison de
la correspondance il fut suScilé « un Vent O,'iental pour dessé­
cher la Mer de Suph, » - Exod. XIV. 21 ; - el que ce vent
(1 apporta la sauterelle; » - Exod. X. 1.3; - el esl appelé
(1 Vent impétueux, 1 1 - Ésaïe, XXVII, 8;·- et « qui brise les

navires de T harsrhiseh, l) - Ps. XLVIII, 8; - « brisant dans


le cœur des mets, 1) - Èzéch. XXVII. 26; - et «( dispersant
devant l'ennemi. -II - Jel'ém. XVlII. 17.
h20. Sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre, si­
gnifie partout dans le Monde spirituel jusqu'il ses derniers
chez ceux ('!lez qui il y a quelque perception: on le voit pal' la
signilication de la terre, en ce qu'elle est tout le Monde spil'ituel,
pal' conséquent tous les Anges et tous les espt'its qui y sont; si la
tene signifie ce Monde dans le sens commun et le plus proche, c'est
pal'ce que dans le Monde spirituel il y a également des tenes, des
montagnes, des collines, des plaines, des vallées, et aussi des mers,
comme sur notre globe, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, No' SOli,
3li2, !J'l3; par la signilicatioo de la mer, en ce que ce sont les
derniers de la terre dans le Monde spirituel, el cela, parce que les
derniers tel'mes ou les dernières limites y sont des mel'S, ainsi qu'il
a été dit ci-dessus, N° 3lJ2; et pal' la signification de l' {(rb,-e, en
ce qu'il est la perception et aussi la connaissance, comme il va Otl'e
expliqué: la tene, la mer et )'arbl'e ayant ces significations, il en
résulle que les tl'ois réunis en un seul sens signifient toutes choses
dans le Monde spÏl'ituel jusqu'à ses del'Oiers chez ceux chez qui il
y a quelque perception. Si l'Arbr'e dans le commun signifie la per­
ception et la connaissance, c'esl parce que le Jal'din signifie l'In­
telligence, et que toute intelligence est en l'aison des connaissances
et de la pel'ception des connaissances; c'est de là que chaque espèce
tl'31'bres signifie quelque chose de la science et de l'intelligence.
Comme [' Ar'bre dans le commun signifie la perception et la con­
naissance, \'oilà pourquoi il signifie encol'e les illlérieUl's qui appal'­
liennent au mental chez l'homme, et aussi J'homme tont entier, car
l'homme est tel que sont les intérieurs qui appal·tiennent à son
mental, ct cellx.ci sont tels qu'est la pCl'ception t1'3111'ès les connais­
Ver". L CHAPITRE SEPTIi~ME: 3 .,"
~ances : que l' Mbl'e signifie les intérieurs qni applll'tiennent ail
mental, ct aussi l'homme, on le voit ci-dessus, No, 109, 110 :
7)oir aussi, dans les ARCANES CÜESTES, que l'AI'lll'e signilie la pel'­
ception et la connaissance, N°' 103, 2163, 2G82, 2722, 2972,
7692 : que les Anciens ont eu un Culte Divin dans des bocages
sous des al'!)['es selon la signiOcation de ces arbl'es, N°' 27'2.2,
[i552: que ce culte a été prohibé chez la Nation Juive, et poul'quoi,
N° 2ï22 : que les Paradis et les .Jardins signilient l'intelligence,
N°' '100, 108, 3220; et dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER,
N° 176; et ci-dessus, N'" 110.
62i. Vers. 2, 3. Et je vis UT/. autre Ange qui montait dll
Ieper du soleil, ayant le sceau du Dieu virant; et il cria
d'ulle VfJi:I: grande aux quatre Anges, au:rquels il avait éli~
donné de mtire il la "erre et il la mer; - disant: LV e Huisez
point à/a terre, ni il la mer, ni aux arbres,jusqu'à ce que 110US
ayons marqué les oYCr1)iteul's de notre Dieu sur leurs (ronts.­
Et je vis un autre Ange qui montait du {erer du soleil, si­
gnifie le Divin Arnoul' sortant du SeigneUl' : ayant le Sf'Cau du
Dieu m'vant, signifie la Divine volonté: et il cria d'une l'oi.r.
!Irandf, signifie le Divin commandement: aux quatre Anges
auxquels il avait été donné de nuire il la terre et à la ma,
signifie encore une défense afi.n qu'il ne se fît {las un influx in­
tense : disant: LV e nuisez point il la te1'1'e, lIi à la mer, ni rw:l'
arbres, signifie de peul' qlle les bons en quelque lieu qu'ils soient
ne pé.risscnt avec les méchants: jUliqU'/l ce que nous ayons mar­
qué les sercitew's de notre Dieu sur leurs (ronts, signifie que
ceux qui sont dans les vrais d'après le bien doivent :tllpal'avant
être séparés.
6'2'2. Et je Vl~~ un autre Ange qui montait du {ct'er du so­
leil, signifie le Divin Amour sortant ·du Seigneur: on le voit
par la signific.ation de l'Auge, en ce que c'est quelque Divin pl'O­
cédant du Seigneur; en effet, dans la Parole, pal' l'Ange dans le
sens le {llus Ill'oche il est entendu une société Angéliqne tout en­
tière, mais dans le c.omn)un sens par l'Ange est. sign ilié quiconque
J'eçoit le Divin VI'ai pal' la doctrine et pal' la vic, et. dans le sens
snprême pal' l'Ange est signifié qnelqlle Divin qni procède dn Sei­
gn(~nr, spérj,lif'IlWnL le Divin Vrai; SUl' Coi~s signifil:atinns dr 1']\flgC,
III. ~.
3h L'APOCALYPSE EXPLIQlJÉE. NU 422,

l)oir ci-dessus, N°' ~)O,130, 200, 302, 307; ici donc par l'Ange,
qui montait du [(mer du soleil, il est signifié le Divin qui procède
de l'amour du Seigneur; le level' du soleil ou l'Orient signifie le
Divin Amour du Seigneur, et monter de là signifie sor'lir et pro­
céder; d'oit ilt'ésulte que l'Ange, qui montait du lever du soleil, si­
gnifie le Divin AmOlli' qui sOl'tail du SeigneUl'; les ehoses qui sui­
vent concernenl aussi le Divin Amour, à savoir, la précaution pOUl'
que les bons ne soient point lésés, Si le leve!' du soleil signifie le
Divin Amour, c'est pal'ce que dans le Ciel Angélique le Seigneur
est le Soleil, et que le Seignel1l' comme Soleil apparaît d'après son
Divin Amoul'; dans le Ciel l'OI'ient est où le Seigneur appal'ait
comme Soleil, et parce qu'il est constamment dans le Ciel, il est
copstammenl anssi à son lever; il y a dans le Monùe spil'ituel quatre
Plages, à savoir, 1'0rienl, l'Occident, le Midi et le Septentl'ion,
toutes ces plages sont déterminées par le Soleil qui est le Seigneur;
el, où est le Soleil, là est l'Orient; à l'opposé pal' conséquent est l'Oc­
cident, à dl'oite le Midi, et à gauche le Septentl'ion; dans la plage
de l'orient habitent les Anges qui sOnt dans l'amour enver's le Sei­
gneur, et cela, parce qu'ils sont sous l'auspice le pIns proche du
SeigncUl', cal' le Seigneur influe ell eux tt'ès-pt'ès et directement par
Il) Divin AmOlli'; de là vienl que par le level' du soleil et par l'Orient
dans la Pal'ole il est signifié le Divin Arnoul' du Seigneur: que dans
le Ciel Angélique le Seigneul' apparaisse eomme Soleil, et que ce
soit le Divin Amoul' dd Seignem qui apparaît ainsi, on le voit dans
le Traité DU CIEL ET DE L'ENf'ER, N°' :116 à 125 : que pal' suite le
Soleil dans la Parole signifie le Divin Amour, on le voit ci-dessus,
N° !JOl : voir aussi, dans le Traité DU ClEL ET DE L'ENFER, que
toutes les Plages dans le Monde spil'iluel sonl déterminées pal' l'O­
rient, oit est le Seigneur comme Soleil, N° t!J1;, el que pal' suite
dans la plage Or'ientale hahitent ceux qui sont dans le hien de l'a­
mour envers le Seigneur', N°' 1!J8, 1!J9. TI'ès-souvenl dans la Pa­
role il est par'lé des plages, à savoir, de l'ol'ient, de l'occident, du
midi el du septentrion, et eelui qui ne sait rien du sens spirituel de
la Parole croit que par elles il est entendu les plages dans noll'e
Monde solait'e, et par suile il s'imagine qu'elles n'enveloppent aucun
arcanc du Ciel et de l'Église, lorsqllf~ cependant par les Plages
nommées dans la Parole il est entenùu les plages dans le Monde
Vl\l'S, 2. CHAPITRE SEPTIÈME. 35
spirituel, lesquelles diffèrent enlièl'ement des plages dans notre
Monde; en effet, tous les Anges et tous les esprits y habitent dans
les Plages selon la qualité de leUl' hien et de leur vrai; ceux qui sont
dans le bien de l'amour em'ers le Seigneur' hauitent dans l'Orient
et dans l'Occident, et ceux qui sont dans les vl'ais d'après ce bien
hauitent dans le Midi et dans le Septentrion; s'ils ont ainsi leur ha­
bitation, c'est parce que là le Seigneur esl le Soleil, et que de Lui
comme Soleil procèdent toute Chaleur et toute LUlllière, ou tout.
bien et tout vrai; la chaleur, là, qui est une Chaleur spirituelle ou
le bien de l'amour, innue dil'ectement de l'Orient dans l'Occident,
et décroil selon la réception par les Anges, par conséquent selon
les distances, cal' toule distance du SeigneUl' dans Je Monde spil'ituel
est selon la réception du bien et du vrai qui procèdent de Lui; c'est
pour celle l'aison que dans l'Orient habitent ceux qui sont dans le
hien intél'ieur de ['amour et par conséquent clair, et dans l'Oc­
cident ceux qui sont dans le hien ex lé rieur de l'amour ct par con­
séquent obscur: la Lumière, qui est la Lumière spirituelle ou le
Divin Vrai, influe de même directement de l'Orient dans l'Occident,
et elle influe aussi Slll' les cOtés de part et d'autl'e, mais avec celle
différence que le Divin Vrai qui innue de l'Orient dans l'Occident
est dans son essence le bien de l'amour, tandis que celui qui innue
de part et d'autre sur les cOtés est en essence le Vrai procédant de
ce bien; de là ceux qui hahitellt d<Jns le Midi et dans le Septen­
lI'ion, plages situées de part et d'autl'e sur le côté, !iont dans la
lumièl'e du l'l'ai, eeux du midi dans une lumièl'e claire ou vrai, et
ceux du septentrion dans une lumiere obscure du vrai, la lumière
du vl'ai est l'intelligence et la sagesse: mais on peut l'oil' plus tl<)
détails SUI' ces Plages dans le l'mité DU ClEL ET DE L'ENI'Ell,
N°' 1.H à 153; ce sont donc ces Plages qui sont entenùues d;iIls la
Pal'ole quanti les Plages y sont nommées; c'est pOUl' cela même
qu'ellcs signifient les Divins tels qu'ils sont dans ces plages, à sa­
VOil', l'Orient le hien ùe l'amour dans la clal'té, l'Occident le bien
de l'amolli' dans l'ohsCUl'ité, le Midi le \Tai d'après ce bien dans la
clarté, et le Septentrion le ITai d'après ce hien dans l'ouscurité. En
outre, dans le Monde spirituel, il y a des Plages qui different des
plages dOllt il vient d'ètre par'lé, et qui en sont distantes d'environ
30 degrés; ell(~s sont sons l'anspicr. du Seigncnr comme Lune, ear
3(j L'APOCALYPSE EXPLlQUItE. N" 422,

le Seigneur apparail comme Soleil à ceux qui sont dans l'amoul'


envers Lui, et comme Lune à ceux qui sont dans la chal'ité à l'é­
gard du pl'ochain et pal' suite dans la foi; 1:oir aussi Sll\' celte appa­
rence dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER; les N°' '11,8, H9,
1.22 : là, dans les plages ol'ienlale et occidentale, habitent ceux qui
S011L dans le bien de la chal'Hé à l'égard du prochain, et dans les
plages méridiollale et septentrionale ceux qui sont ùans les vrais
d'après 'ce bien, vl'uis qui sont appelés vl'ais de la foi : ces plages
aussi sont entendues quelquefois dans la Parole, 10I'squ'i1 s'agit de
ces \'l'ais et rie cc hien, D'apl'ès ces consid61'UÛOIlS on peut voir que
celui qui Ile sait ,'ien des Plages du Ciel, dont il "ient d'être padé,
ne peut pas connaitl'e les spirituels de la Par'ole, IOl'sque ces Plages
sont nommées; pal' exemple, dans Iè-~ passages suivants; dans
]~saïe : c( De l'Orient j'amènerai lfl s(,1nfl/l'e, et de l'Occident
je te 1'ilN,~ernblerai; je di1'ai (lU Septentrion: Donne; et ail
Ji idi : Ne reliens poin t; amhu meN fil,~ de loin, et mes filles
de l'extl'émité de la terre, Il - XLIII. 5, ô; - là, il s'agit de
Jacob ct d'Israël; celui qui ne sait pus que pal' ces plages sont en­
tendus les spirituels dOllt il \'ient d'être (Ial'Ié, peut croil'e qu'il est
entendu que les fils d'Israël et de Jacob seront l'assemblés de toute
part; mais par .Jacob et pal' ISl'aël il est entendu l'Église comrosée
de ceux qui sont dans le hien de l'amOlli' et dans les vrais d'après
ce bien, et pal- leUl' semence tous ceux qui sont de cette Église; pal'
(! de ('Ol'ient j'amènerai ta semence, et de l'occident je te rassem­
hler:lÏ, il est entendu que ceux qui sont dans le bien de l'amour
1)

seront amenés et rassemblt'.'>; et pal' je dirai au septenlrion :


(1

Donne; et au midi: Ne retiens point, il est entendu que ceux qui


l)

sont dans les vrais d'apl'es le bien le Sel'Ol1t aussi; pal- Il amène mes
fils de loin, et mes filles de l'extrémité de la tene, il est signifié
l)

que tops ceux qui sont dans ces "rais et dans ces biens jusqu'à ceux
qui sont dans les derniers seront amenés, les fils signil1ent ceux qui
sont dans les vrais, et les filles ceux qui sont dans les hiens; de
loin et de l'extrémité de la terre, signifie ceux qui sont clans les der­
niers vl'ais et dans les derniers biens de l' I~glise. Les mêmes choseR
sont signifiees pal' ces plages dans les passages suivants; dans Da­
\'id : (( JJe,~ 1'ftChell\'~ l/Ut' .1 ti/lovait a rasse1t1blé,~ dl's terres, de
l'Orient ft d" l' OccirlC1lI, du -"'('plelltl'iou et de la lJIer. Il - Ps,
Vers. 2. CHAP1Tl\E SEPTIÈME. ;~7

CVII. 3 : - Ùans Muïse : c( J élw/):tlr dit il J acub ('II :longe .. Ta


semence sera comme la poussiere de la terrl~, et tu te rtipan­
dras vers l'Occident et ·/)el'.~ l'Orient, 1,'ers le Septentrion el
vers le !Ilidi. » - Gen. XXVIII. l!J : - dans Luc: (c Ils vien­
dront des régions d'Orient et d'Occident, et du Septentrion
et du Jlidi, et ils s'assiéront li table dalls le Royaume de
Dieu. » - XIII. 20. - Dans un 'grand nomhre de passages il est
dit seulement d'Orient en Occident, et nou eu 'même temps du Midi
et du Septentrion, et dans ces passages sont entendus Lous ceux qui
sont dans le bien de l'amOlli' envers le Seigneur et dans le hien de
la charité à l'égard du [lrochain; ces plages elll'eloppent aussi les
deux. autres, par la raison que tous ceux qui sont dans le hien sont
aussi dans les nais, cal' le bieu et le nai font partout un; ceux-ci
donc sont entendus lorsqu'il est dit depuis l'Orient jusqu'il l'Occi­
dent; daus Mallhieu : « Plusieurs 1)iendrOilt des régions d'O­
rient et d'Occident, et s'assiéront à table avec Abraham et
bac et Jacob dans le Royaume des Ciell,x. » -- VIII. 1 J ; ­
dans Luc, au passage cité ci-dcssus, Chap. XllI. 29, il est dit de
ceux qui s'assiét'ont à table dans le Hoyaume des cieux, qu'ils vien­
dront des régions d'ol'ient et d'occident, et du septentrion et du
midi, ici il est dit seulement d'Ol'ient et d'Occidellt, et c.ela parce
que par ces déux plages sont enlendues en même temps les deux
autres, ainsi qn'il a été dit: il en est de même daus les passages
suivants;, dans Malachie: « Depuis le Ltl:Cl' du soleilj/uqu' li SOit
Çouc!lel' gmnd (sera) monlVom parmi les l\'alions. -1. 'H: 1)

-dans David: «Depuis Le LellU du soleil jusqu'à son Coucllf.r


loué (sera) le Nom de Jéll.Owlt. » - Ps. CXIlI. ;) : - dans
Ésaïe: « On craindra depuis le Couc/lel' du soleil le l't'mil de
J Nwtlall, et depuis le Lever du soleil sa gloire, Il ­ LIX. Hl :
- dans le Même: cc Afin qu'oll conllaisu depui:l le Lever dit
soleil et depuis le Coucltant, que point d'autre (il n'y a) que
iUoi. li - XLV. 6: - dans David: « Dieu, Dieu Jéhovah par­
Iera, et il convoquera la terre depuis le Lever du soleil jus­
qu'à wn'Coucher. Il - - Ps. L. 1 : - dans Zacharie: « Voici,
je vais délivrer mon peuple de la terre d'Orient et de la terre
d'Occident. » - VII1. 7; - dans ces passages, « du lever et du
couchcl', ) signilic tous ceux qui sont dan:; les hiens et dans les Hais
38 L'APOCALYPSE "~XPLlQUÉE. N"422.

du Ciel et del'Église. Pareilles choses sont signifiées par les Plages


selon lesquelles li le Temple a été mesuré, )l - Ézéch. XLII, ­
et selon l&:quelles (1 la terre devait être donnée en héritage, I l ­
tzéch. XLVII. 13 et suiv., - et li distribuée entre les tribus
d'Israël, )) - ÉZécb. XL VIII; - puis, selon lesquelles li les fils
..d' braël denaùmt camper, )) - Nomb. II, - et selon lesquelles
li ils devaient partir', )) - Nomb, X; - et selon lesquelles (1 de­
t'aient être les Portes de la nouvelle Ville, Il - Ézéch. XL. et
Apoc, XXI. 13;-et en outre pal'eillement ailleul's; si le Templc a
été mesuré selon les plages dans Ézéchiel, et la terre distribuée en­
tre les tribus selon les plages dans le Meme, et aussi dans Josué,
et si les fils d'Israël campaient selon les plages, et partaient aussi
dans le même ol'dre, c'était pal'ce que toutes choses ont été dispo­
sées en ordre selon les plages dans le Monde spirituel, non-seule­
ment dans le commun, mais même dans le particulier; dans le
commun, tous les Anges ct tous les esprits habilent, selon les états.
du bien et du vl'ai chez eux, ùans les Plages correspondantes, ainsi
qu'il a été dit ci-dessus; dans le particuliel', il en est de même, car
dans toutes les assemblées ceux qui y sont occupent des places dans
les plages qui cOl'I'espondent aux états de leul' vie; dans les Tem­
ples on y est assis de mêmc; dans les maisons on habilc aussi
pal'eillement; en un mot, toutes choses, en général et en pal,ticuliel',
y ont été disposées en ol'dre selon les plages du Ciel, car la forme
du Ciel est dans 10ut pal'liculier telle qu'elle est dans le commun:
d'apl'ès ces considératibns on peut voir ce qui est signifié par les
ordinal ions selon les plages dans la Parole, et aussi par les plages
selon lesquelles a été Mti le Tabel'llacle, et selon lesquelles le Tem­
ple a été bâti par Salomon; outl'e plusieUl's autres choses. Ce qui
pl'écède concerne les Plages en général : que l'Orient signifie le
Seigneur quant au Divin Amour, et que par suite chez ceux qui
reçoivent, il signilie le bien de l'amOlli' envers le Seigneul', on peut
le vOÏl' pal' les passages suivants; dans t~zéchiel : (1 Il me conduisit
vel's la porte du Temple qui 1'egarde le chemin de l'Orient;
et voici, III gloi7'e du Dieu d'lsraëI1)enait par le chemin de
l'Orient, et sa voix (était) comme une voix de beaucoup d'eaux,
et la terre resplendissait de sa gloire. La gloire de Jéhovah
entra dan.~. III !If az'son pal' le chemin de la porte dont les {aces
\ Crs, 2, CHAPiTRE SEPTIÈMK ~o

(sonl) l)erS l'Orient: fllors {'esprit m'tmlel.:a, el il nt'iutro-


duisit dans le parvis intérieur; et l:oici, III gloire de J HloLy.tll
remplit la "wisOIl, Il - XUlI, 1, 2, 4, [);- là, il s'agit de la
construclion du nouveau Temple, par lequel est signifiée la nou-
velle l~glise qui devait être inslauréc pal' le Seigneur; et comme
l'inll:oduclion se fait par le bien ùe l'amolli' cm'ers le ScigneUl' et
pal' le vrai ù'après cc bien, e'est pOUl' cela que le prophète vit la
pOI'le qui regardait l'Orient, et le Dieu d'Isl'aël qui venait par le
chemin de l'Orient; pal' la porle il est signifié l'introduclion et l'ac-
cès, pat' le Dieu d' ISI'aël il cst entendu le SeigneUl', par l'O.'ient le
lJien de l'amour envers tui procédant de Lui, et pal' la gloire le
Haï d'apres ce lJien; en effet, le Seigneur entre dans le Ciel et pal'
suite ùans l'l~glise par son Divin Amour qui apparaît dans les Cieux
comme Soleil, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; c'est ùe là quc dans
les Cicux il y a tout Divin Bien et tout J)i\'in V,'ai; sernlJlal:ile chose
est signifiée (lêll' la gloire de Jéhovah qu'il vit enlrer dans la Maison..
pal' le chemin de la pOl'te donlles faces sont \'CI'S l'Orienl, et par la
gloire de Jéhovah qui l'emplit la Maison; pal' la Maison ou le Tem-
ple il esl signifié le Ciel et l'Église; pal' la gloil'e, dans la Parole,
il est signifié le Divin Vrai pl'océdant du Seigneur, pal'Ia gloil'e du
Dieu d'Isl'aëlle Di\'in Vrai illustl'ant ceux qui sont dans le Royaume
spiritucl du Seigneul', ct pal' la gloil'e de Jéhovah le Divin Vl'ai
illustrant ceux qui sont dans le Royaume céleste ùu Seigneur; si le
Divin Vrai est appelé GLoire, c'est pa l'ce que ce Vl'ai est la Lumière
ùu Ciel, et que c'esl pal' celte Lumière qu'il y a dans les Cieux Ioule
splendeUl', Ioule magnificence et toute gloil'e, car tout ce qui se ma-
nife.,le devant la vue dans les Cieux provient de cetlc Lumière; c'est
aussi de la qu'il est dit que la terre resplendissait de Sa gloire, par
la tel'l'e il est entendu L'Église; son influx vers les lieux infél'ieul's
de tout cOté est signifié en ce que (1 sa voix était comme une voix
de heaucoup d'eaux, )) la voix signifie l'influx, et les eaux signifient
les vrais. Dans le Même: « Ensuite il me ramenll par le che-
min de lil porle du sanctuaire eX'lérirur, laquelle regarde
t'O,'ie,ll, et elle (était) lermée; mais Jého1Jah Dieu d']liraël
entrera pm' elle. )) - XLIV, 1, 2 : -- dan~ le Mêmc : Il La porte
dll POl'l:is intérieur, laquelle "('garde t'Orient, sera lel'nlée leli
lii.J: jours de tl'llvail, litai:; le jour dll Sabbalh elle licra Ollverte. ))
hO L'APOCALYPSE EXPLlQUI~E. 1'1" lt22.

- XLVI. 1; - ici aussi, pal' la porte qui ('cgal'de l'orient est si­
~l1jfiée l'intl'oduction dans le Ciel et dans l'Église pal' le SeigneuJ'
au moyen du bien de l'amour qui procède de Lui, ce bien est donc
entendu pal' l'Orient; et pal' li Jéhovah Dieu d'Isl'aël entrel'a pal'
ceLLe pOI'te, )) il est signifié que ce bien pl'ocMe du Seigneur; pal'
(1 elle Sel'a ouverte le jour du Sabbath, 1) il est signilié que l'intl'o­

duction se fait pal' le culte du Seigneur d'apl'ès ce bien; et par


u celle porte sel'a fel'mée les six jours de travail, Il il est signifié que
quand il n'y a pas culte 'd'apl'ès ce bien il ne se fait pas ù'intro­
duction. Dans le Mème : Les Chérubins soulevèrent leurs ailes,
(1

et se tinrent Il l'entrée de la pOl'te de la maison de J élzot'fllt


l'I'l',~ l'Orient, et la gloire du Dieu d'Israël (était) sur eux en
hallt. )1 - X, 19; - pal' les Chérubins est signilié le Seigneul'
quant à la Divine Providence et quant à la protection alin qu'on ne
s'ad l'esse à Lui que par le bien de l'amour', voir ci-dessus, N° '152
f. '277; et puisque pal'Ies Chél'ubins est signifié le Seigneur, et que
du Seigneur comme Soleil, où est l'orient, procèdent tout bicn de
('amoUl' et tout vrai d'après ce bien, c'est pour cela que le pl'ophète
vit lcs Chél'Ubins li se tenir à l'entrée de la porte ùe la maison de Jé­
hovah vers l'Orient, et la gloire du Dieu d'Israël SUI' eux en haut; Il
ici, par la Maison de Jéhovah, pal' l'Orient, et pal' la gloir'e du Dieu
ù'Isl'aël, il est signifié les mêmes choses que ci-dessus. Dans Ésaïe:
Qui a excité de l'Orient celui qu'en justice il a appelé à sa
«(
suite? il il lim'é devant Lui les nations, et sur les l'ois il l'a fait
dominer, Il - XLI. 2; - ceci concerne le Seigneur, qui est dit
exeité de l'Orient, parce qu'il a été conçu du Divin Même qui dans
son essence est le Divin Amoul', d'après lequel aussi le Seigneur est
le Soleil du Ciel Angélique; appeler' en justice signifie pour l'établir
le Ciel et l'Église; en effet, la,Justice du Seigneur dans la Parole
signifie que d'après la p"opre puissance il a sauvé le Genre Humain,
ce qui a été fait en ce qu'il a l'emis toutes choses en ordre dans les
Cieux el dans les Enfers; 'Voir ci-dessus, N° 293 : quant au l'este
du passage, ce qu'il signifie a été expliqué ci-dessus, N° 357,
Dans le Li vl'e II de Samuel : li L'esprit de J éllO'I.:alz a pm'lé en
1/Ioi; il a dit, le Dieu d'Israël; avec moi il fi parlé, le Rocher
d'Israël, Lui comme la Lumière d'un matin, quand se lève le
Suleil, d'ull matin Slll1~ nuages, lorsque par la ~plertdeur après
Vers. ~. CHAPITRE SEPTmME. ld.
la pluie l'herbe tendre (sorl) de la terre. » - XXIII. 2, 3, II;
- le Dieu d'Israël elle Uoeher d'IsraEl, c'est le Sei~neDl'; ct parce
que le Seigneur est le Soleil du Ciel An.gélique, el que de Lui comme
Soleil pl'ocMe et influe lout Divin Vrai qui illuSII"C les Anges et les
hommes, et ùonne l'intelligence et l'éfomle, il est dit li comme la Lu­
mièl'e d'un malin, quand se lève le soleil, d'un matin suns nnages,
lorsque pal' la splendcur apl'ès la p~uie l'hel'he lendl'e sort de la
tene ; » la Lumière d'un matin quand se 1ère le soleil, signilie le
Divin Vrai procédanl du Seigneur comme Soleil; « d'un malin sans
nuages, » signifie ce Vrai pur, la pluie signifie son inOux, ell'hel'be
tendre sorlant de la telTe signilie l'inlelligence et la réformation qui
en résultent; en effet, l'inlelligence et la réfol'll1ation sout signiliées
pal' l'hel'Ile tendl'e, parce que l'herbe tenl\l'e sol'l de la telTe pal' le
soleil du monde après la pluie, et qne ['intelligenc,e vieI1t du Sei­
gnem' comme Soleil par l'inOux ùu Divin VI'ai. Dans Ésale : Il Sw'
Toi sc /(lt.lel'a .f éhovalt, el sa gloire sur Toi se verra; el les
nalions mal'dlCl'Onl il la Lumier'e, et les rois li la splendew'
de ton leller. )) - LX. 2, 3; - ces choses ont été dites du Sei­
gneUl', le Divin cn Lut est entendu pal' u SUI' Toi se lèvel'a Jéhovah,
et sa gloire SUI' Toi se verra, le Divin Bien du Divin Amour est
l)

entendu pal' u SUI' Toi se lèvera Jéhovah, et le Dirin Vrai d'après


1)

ce bien esl entendu pal' « sa gloire SUl' Toi se verra; Il les natiolls
signifient ceux qui sont dans le bien, elles roi:; ceux qui sont dan~
les l'l'ais d'après ce bien; il est dit des nations « elles marcheront à
ta lumièl'e, )) pal' là est signifiée la vie selon le Dirin Vl'3i; ehl est
dit des ,'ois li ils marcheront il la splelldeur de ton leve",I) pal' là est
signifiée la vic de l'intelligence d'après le Divin Bien; marcher si­
gnifie vivl'e; la IUOlièl'e, le Divin Vrai; et la splendeur du lever, le
Divin Vl'ai d'apl'ès le Divin Bien d'où provient l'intelligence. Dans
Ézéchiel: ( Les Chérubins élel'èl'ent leurs ailes, et la gloire du
Dieu d'Israël (élait) sur eux eft haut, el/a gloire de Jéh01'ah
monta par des.~1(s le milieu de la ville, el s'arrêta sur la 11107'1­
laglte, qui (est) à l'Orùmt de la ville, » - Xl. 22, '23; - pal'
les Chérubins esl signifié le Seigneur quant il la Divine Providence
et il la Protection, et pal' la gloire du Dieu d'Israël est siguilié le
Divin Vrai pl'Océdanl du SeigneOl', comme ci-dessus; et parce que
le Divin Vrai, qui est la Lumière, Jll'ocède du Seiguelll' comme 80­
112 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" ft:!:!.

leil dans le Ciel Angélique, c'est pour cela que le prophète vit la
gloil'e de Jéhovah montel' pal' dessus le milieu de la ville, et s'arrêtel'
SUl' la montagne qui est à l'Orient de la ville; pal' la ville est en­
tendue Jérusalem, par laquelle est signiliée l'Église quant il la doc­
trine, et parce que la doctrine de l'Église vient du Divin Vrai, c'est
pour cela qu'il villa gloire de Jéhovah montel' par dessus le milieu
de la ville; et parce que tout Divin Vrai procède du Seigneur comme
Soleil, où est l'OI'ient, c'est pOUl' cela qu'il la vit s'arrêtel' sur la
montagne à l'orient de la ville; la montagne il l'orient de la ville
était la Monlagne des oliviers; que la Montagne des oliviel's signifie
le Divin ArnoUl' du Seigneur, et que ce soit pOUl' cela que le Sei­
gneur avait coutume de s'y arrêter, on le voit ci-dessus, N° 405;
et que la montagne des oliviers ait été devant les faces de Jél'Usalem
il l'Orient, on le voit dans Zacharie, XIV, 4. Dans le Méme :
« Il me l'amena il l'entrée de la JrI al'son, et voici, des eaux sor­
taient de de.ssous le seuil de la Maison vers l'Orient, car la'
(ace de la Maison (est) l'orient, et les eaux descendaient de
de.ssous, du côté droit de la Mm'soll, au midi de l'Autel, Il
me fit sortir par le chemin de la porte vers le septentrion, et
il me mena autour par le chemin extérieur il la pOl·te exté­
rz'eure par le chemin qui l'egarde l'Orient, et voici, les eaux
coulaient du côté droit. II me dit ;. Ces eau.'X qui sortent l)en;
la limite orientale, et descendent dans lfl plaine, et viennent
vers la mer, sont envoyées dans la mer, afin que soient assai­
nies les eaux, afin qu'i{ ((l'rive que toute l'tme 'vivante, qui
rampe, en quelqu'endroit que viennent là torrents, vive; et
det,iFndra le poisson très-nombreux: auprfs du tm'rent s'élève
sur sa rive deçà et delà tout arbre de nourn'ture, dont ne
tombe point la (euille, et dont n'est point consumé le (ruit. Il
-- XLVII. 1, 2, 8, 9, 12; - là est décrite la nouvelle Église dans
les Cieux et dans les tel'l'es, laquelle devait être instaurée par le
Seigneur, lorsque tont Divin pl:océderait de son Divin Humain; cal'
avantl'avénement du Seigneul' le Divin pl'océdait de son Divin qu'il
appr;lle le Pèl'e; mais, apl'èsque l'Église eut été dévastée, ce Divin
ne pal'venait pas jusqu'aux derniers; pal' la maison, dans ce passage,
il est signifié l'Église; par la porte, l'accès ct l'introducLion; pal'
l'Orienl, le Seigneul' là où son Divin Amoul' appal'aîl cornille Soleil;
Vers. 2. CHAPITRE SEPTIÈME. !l3
et pal' les ('aux qui en sortaient est signifié le Divin Vrai qui en
procède; par la plaine et la me., sont signifiés les demiers de l'É­
glise, ou l'endroit où sont ceux qui sont dans les derniel's vrais et
dans les derniel's biens, vel'S lesquels aupal'avant ne parvenaiL pas
le Divin, parce qu'ils étaient naturels et sensuels, et peu spil'ituels;
les eaux de la mer assainies par l'influx du torl'ent qui vieut de l'o­
rient, signifient la vie qu'ils ont, eux aussi, par le Divin après l'avé­
nement du Seigneur; le poisson qui deviendm très-nombreux signifie
l'abondance des connaissances et des scientifiques qui acquierront
aussi chez eux la vie spirituelle; par « SUI' la l'ive du Lonent s'élève
tout arill'e de nourritul'e, dont ne tombe point la feuille, et dont
n'est point consumé le fruil, » il est signifié la fructification du bien
et la multiplication du vrai: d'après cela on peut voir ce que toutes
ces choses y signil1ent en série, et que l'OI'ïent, d'où elles provien­
nent toutes, signifie le SeigneUl' et son Divin Amour. Pal'eille chose
es~ signifiée dans Zachar'ie : (1 Il a7'rivera qu'en ce jour-là sor­
tiront des eaux vi1;e,ç de Jérusalem, dont une partie Vel'S la
Mer orie?1tale. Il - XIV. 8; - là, il s'agiL aussi du SeigneUl';
en ce jour-là signifie son avénemenL, et la mel' orientale signifie la
del'nière limite du cOté de l'orient dans le Monde spil'ituel, où il n'y
avait pas réception du Divin Vrai avant l'avéllement du Seigneur,
et où ensuite il '! euL r'éception lorsque ce vrai procéda de son Di­
vin Humain: que dans le Monde spil'ituelles derniers soient 'comme
des mers, 011 le voit ci·dessus, N° 3lt2; et que là il Yait des séche­
resses et des dévastations, on le voit dans Joêl, Chap. II. 20.
Comme dans le Ciel, où sont les Anges, le Seigneur apparall comme
Soleil, et y est l'Ol'ient, c'est pOUl' cela qu' « Aharon, lorsqu'il
faisait e,7:pialion pour soi-même et pour sa maison, prenait
du sang du jeune taureau, et le répandait sur les {flceli du
Propitiatoire à l'Orient, )1 - Lévit. XVI. H, 15; - et que
Il Moïse et Aharon et ses fils campaient devant la Tente de

. Convention à l'Orient, Il - Nomh. III. 38, - et aussi 1\ la


Tribu de J ehudah, » - Nomb. II. 3; - par Moïse, Ahal'on et
ses fils, et par la Tribu de Jehudah, était l'eprésenté le SeigneUl'
quant au Divin Bien et au Divin Vrai procédant du Divin Amour;
pal' suite leur camp était à l'Orient. C'est aussi pOUl' cela que les
Anciens dans les adorations tournaient leurs fac,cs vel's l'orient du
MI L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, .~"lj:l:!.

soleil; et c'est pour cela qu'ils bàtissaient leurs Temples, de manière


que l'Antérieur où était l'enlr'ée regal'dât l'Orient, ce qoi se fait encore
aujoUl'd'hui d'après le vieil usage. Toot le Ciel Angélique est aussi
toul'llé vel'S le SeigneUl' comme Soleil, ainsi continuellement Vel'S
l'Orient: tOIlS les intérieurs des Anges dans les Cieux y ont aussi
été tournés; de là vient que les Anges du Ciel tournent leurs faces
vers le Seigneur; voù· ùans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER SUi'
celte conver'sion un plus grand nombre de détails dignes d'êll'e l'ail­
pOttés, N°' 'li, 123, 1h2, U3, UlJ, 272. Comme le Seignelll'
est l'OI'ient, voilil pOl1l'quoi il est dit dans Matthieu: « De même
que l'éclair sort de l'Orient et Luit jusqu'il. l'Occident, de
même sera aussi l'avénement du Fils de l'homme. )) - XXIV.
27. - Puisque par l'Orient du soleil, quand il s'agit des hommes,
il est signilié le bien de l'amolli' qui procede du Seigneur comme
Soleil et qui est reçu pal' eux, c'est pour cela qu'il est dit dans le
Livre des Juges: Que périssent tOitS tes ennemis, J éhova~!
(1

mais que ceux qui T'aiment (soient) comme Le soLeiL sc Levant


dans sa force. » - v, 3i; - ces paroles sont dans le Cantique
Prophétique de Débol'ah et de Bal'ak ; et de ceux qui aiment Jého­
vah, c'est-à-dil'e, de ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le
SeigneUl', il est dit qu'ils sont comme le soleil se levant dans sa
force. Duns Moïse: «( J osep ft aura des prémù:es des M ontagne.~
de l'Orient, el des choses précieuses des coLLines dll siècle. 1)
- Deutér. XXXllI. '1 ô; - pal' Joseph dans le sens l'erll'ésentatif,
est signifié le Royaume spirituel du Seigneur, c'est pourquoi il est
dit de lui, qu'il aura des prémices des montagnes lie l'Orient, et
des choses précieuses des collines d,u siède; el pal' les )H'émices des
montagnes de l'Orient sont signifiés les biens J'éels de l'amoUl' envers
le Seigneul' et pal' suite cenx de la charité à l'égal'd du proehain;
les montagnes de l'ol'ient sont les biens de l'amour envers le Sei­
gneur, les prémices sont les réels et les principaux, et les collines
du siècle sont les biens de la charité à l'égal'd du prochain, ceux-­
ci quand ils sont l'reIs sont appelés choses pl'écieuses; le reste dans
la bénédiction àe Joseph a été eX[Jliqué ci-dessus, voir NohOô.
Dans les temps anciens l'Église existait dans un grand nombl'e de
Hoyaumes de l'Asie; par exemple, dans la Ten'e de Canaan, dans
la Syrie cL l'As:;yrie, dans l'At'abie, l'Éthiopie, l'Égypte, la Chal':
Vers. 2. CHAPITRE SEPTJ1~ME, Ml
dée, dans l'Y!' et Sidon, et aillùUl's, mais l'Église chez eux était une
Église "epr6sentative; en effet, les spirituels et les célesles; qui sont
les internes de l'l~glise ct dans le sens suprême le Seigneur Lui­
Même, étaient ('eprns(;ntés dans chaque chose de leur culte et dans
chacun de leurs stalUts; ces repl'ésentatifs ,du culte et des statuts
restèrent chez plusieurs jusqu'à l'avénemr.nt du Seigneur, et pal' là
il Y <Irait connaissance de son avénement, comme on peutie voir
par les Pl'ophétiques de Biléam, qui était de SYI'ie, ct qui a fait une
prédiction sur le Seigneur, en ces tr.mlCS : CI Je Le roil;, quoique
non drjà, je L'aporf:ois quoique non proche; il sortira une
Étoile de Jacob, et il s' élb:era un liceplre d'Israël. l) - Nomb.
XXIV. li; - r-ela est devenu ensuite bien évident en ce que quel­
ques sages d'entre les Orientaux, quand le Seigneur naquit, vil'cnt
de \'ol'ient une étoile qu'ils suivirent; il en est parlé ainsi dans Mal­
thieu : Dans le,~ jours du Roi II érode, des sages des "égions
«(

Orientale.~ arrÎllèrent li J éI'u,~dlem, disant: Où est celui qui


e.~tnâ Roi des .Juifs? nous (mOns vu son étoile dans l'Orient,
et nou,~ somm{'s venus L'adorer: et t'oici, l'étoile qu'ils (traient
'Due dans l'Orient allait devallt eux jusqu'à l'C qu'elle 1JÙlt
~'arrêtel' au-d('ssl~1i du lieu où était l'Enfant, II -Il. 1,2,
g; - comme le Seigneur est l'Orient, c'est pOUl' cela que l'étoile
fut vue par eux de l'Orient; et comme ils étaient dans la connais­
sance à l'égard de l'avénement du Seigneur d'apl'ès les ('cpl'ésenlatifs
qui étaient chez eux, c'est pOUl' cela qu'une étoile fut vue, el qu'elle
allait devant, d'abord l'crs Jél'Usalem, qui l'eprésentait l'Église ~lIc­
même quant à la docll'ine el quant à la Parole, et ensuite vers le
lieu où était le Seigneur enfant; l'étoile signifie aussi les connais­
sance.<; du bien ct du vrai, et dans le sens suprême la connaissance
à l'égard du Seigneul'; que les étoiles dans la Parole signifient les
connaissances du bien el du nai, on le voit ci-dessus, Nos 72, 179,
1102; et comme les Orientaux étaient dans ces connaissances, c'est
pOUl' cela qu'ils sont aussi appelés fils de l'Orient; que ceux qui
sont de l'Arahie aient été appelés ainsi, on le voit dans Jérémie,
XUX, 28; par les fils de l'orient dans la Parole sont aussi si­
gnifiées les connaissances du bien ct du vrai; pareillement pal' Ké­
rial' oU,I' Arahie : que .Job ait été d'entre les fils de l'Orient, on le
voil dans son Li\TC, Chap. 1. R. Comme dans lil Pal'ole la plll­
Itô L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\" 422.

part des expressions ont aussi le sens opposé, il en est de même de


l'Orient; et dans ce sens il signifie l'~mour de soi, pal' la raison
que cet amour est opposé à l'amoUl' envers le Seigneur; l'Ol'ient
est nommé dans ce sens dans Ézéchiel, Chap. VIII. Hi; et dans
Ésaïe, Chap. II. 6. Que l'Orient signifie le Seigneur quant au
Divin AmollI' et pal' suite le bien de "amour envers Lui, on peut le
1
voir encol'e mieux pal' les explications données ci-dessus SUI' le So­
leil et SUI' le Malin; SUI' le Soleil, N° !lOi; et sllr le Matin, N° 17H;
car où est le Soleil dans le Ciel Angélique, là est l'O''jent; et comme
le Matin est où le Soleil se lève, et que dans le Ciel le Soleil est
toujours au Lever et n'est jamais au Coucher, il en résulte que le
Malin aussi signifie la même chose.
623. Ayant le sceau du Dieu vivant, signifie la Divine
Volonté: on le voit pal' la signification d'avoir le sceau de quel­
qu'un, en ce que c'est avoir en commandement, car le comman­
dement est confirmé par le sceau; de là avoir le sceau du Dieu
vivant, c'est avoir le Divin commandement: si le Divin comman­
dement est ici la Divine Volonté, c'est parce que l'Ange, qui mon­
tait du lever du soleil et qui avait le sceau, signifie le Divin Arnoul'
sOl'tant du Seignellr, et tout ce qui sort du Divin Amour est la Di­
vine Volonté: il y a aussi des commandements Divins qui viennent,
non de la Divine Volonté, mais de concession et de pel'mission; il
en a été donné un gr'and nombre aux fils d'Israël; par exemple, il
leUl' était pel'mis d'avoit' plusieurs épouses, et de donner des lettres
de divorce, outee plusieUI's autres semblables; ces commande­
ments étaient pal' pel'missiDn et avaient été donnés à cause ~e la
dureté de leur cœUI', comme on le voit par les paroles du Seigneur
dans Matthieu, Chap. XIX, 8; et dans Marc, Chap. X, !J, [);
mais les commandements qui \;iennent immédiatement du Divin
AmOlli' appartiennent tous à la Divine Volonté; c'est aussi (JOUI'
cela qu'il est dit ( le sceau du Dieu vivant; » en elfet, le Seigneul'
est appelé Dieu vivant d'apl'ès le Divin AmoUl', cal' l'Amoul' est la
vie m~me de l'homme, et c'est du Divin Amour que provient la
vie de lous.
lt2/J. Et il ('ria d'une l'oix grande, signifie le Divin com­
mandement: on le voil par la significalion d'une voix grande,
q~and elle vient du Seigneur, en ce qu'elle est un Divin comman­
Vers. 2. CHAPITRE SEPTltME. !J7
(Jement; le commandement même qu'il donna est aussi à la suite,
il savoir, que les quatre Anges ne devaient nuil'e ni à la terre, ni à
la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que les serviteurs de Dieu eussent
été mar'qués SUI' leurs fronts. S'il est dit « âW1e l'oix grande, » et
que « il cria, » c'cst parce que grand dans la Parole se dit du bien
de l'amour, et le cri aussi; que gl'and se dise du bien rIe l'amou]·.
et que beaucoup se dise des vrais d'après le bien, on le voit ci-des­
sus, Nos 336, 337; et que le cl'i se dise des affections qui appal'­
tiennent à l'amour, on le voit ci-dessus, N° 393; ici donc, comme
ce commandement. venait du Divin AmoU!' et de la Divine Volonté,
il est dit « il cria d'nne \Ioix grande. ))
lJ25. Aux quatre Anges auxquels il avait été donné de nuire
à la terre et li la mer, signifie encore une défense afin qu'il ne
se rit pas un influx:intense : on le voit d'apt'ès ce qui pl'écède, où il
a été que.stion de la sépal'ation des bons d'avec les méchants par un
ilJl1ux modéré ou doux, influx dont il a été tl'aité plus haut, Nos!J13,
11'18, Mg, à savoir, en ce que pal' un inHux modéré et doux les
hons sont sépal'és d'avec les méchants, et que pal' un influx intense
et fort les méchants sont pl'écipités; et comme dans ce qui suit
maintenant il s'agit d'alJOI'd de la séparation des bons (l'avec les
méchants, sépal'ation qui se fait par un influx modéré, c'est pOUl'
cela que par ces paroles il est signifié encore une défense afin qu'il
ne se fasse pas un influx intense; car, pal' les quatre Anges sur les
quatl'e angles de la tene l'eteoant les quatre vents de la terre, il est
signifié le Divin procédant du SeigneUl' et son influx dans tout le
Monde spirituel, voir ci-dessus, N°SlJ17, lt18; et pal' la terre el la
me\' il est signifié parlout jusqu'à ses derniers, N° !J20.
1126, Disant: Ne nuisez point il la terre, ni à la mer, /li
aux arbres, signifie de peur que les bons en quelque lieu qu'ils
soient ne périssent avec les méchants : on le voit pal' la si­
gnification de nuire, ,en ce que c'est déll'uire, ainsi qu'il sera ex­
pliqué; et pal' la signification de la terre, de la mer et des arbres,
en ce que c'est partout dans le Monde spirituel jusqu'à ses derniel's
chez ceux chez qui il y a quelque perception, ainsi qu'il a été dit
ci-dessus. N° lJ20, pal' conséquent les bons avec les méchants en
quelque lieu qu'ils soient; que dans ces paroles il y ait ce sens,
on le voit pat' la sl'l'ie des choses dans le sens spirituel, cal' dansce
a8 L'APOCALYPSE EXPLlQtlÉE. NI> /126.

qui va suivre il s'agit de la séparation des bons d'avec les méchants,


séparation qui est signifiée pal' la mal'que des serviteurs de Dièu
SUl' les fronts, par les douze mille de chaque trihu, et pal' ceux 'qui
apparul'ent revêtus de rolles Illanches; il est question de tous ceux­
là dans ce Chapitre; par' les uns et pal' les autres sont entendus les
bons, qui doivent d'abord être séparés des méchants, avant qne les
méchants soient jetés dans l'enfer: et comme la séparation des bons
d'avec les méchants et le rejet des méchants dans l'enfer se font
pal' un intlux Divin procédant du Seigneur comme Soleil, ,la sépa­
ration des bons d'avec les méchants pal' un influx doux et modéré,
et le rejet des méchants dans l'enfer par un influx fort et intense, .
ainsi qu'il a été l.flontrê ci-dessus, voir N°' 613, fr18, Mg, c'est
pOUl' cela que dans ces tl'ois Versets il s'agit du pl'emier influx par
lequel les bons sont séparés d'avec les méchants, et que dans les
Versels suivants de ce Chapitre jusqu'à la fin il s'agit des bons qui
ont été séparés: mais d'abord il sera dit ici quelque chose SUI' ce
que les hons périraient en même temps que les méchants, si les
bons n'étaient pns séparés des méchants avant que les méchants
soient jetés dans l'enfer; en effet, les bons qui n'a\'aient pas en­
core été élevés dans le Ciel, mais qui devaient être élevés après que
les méchant$ auraient été l'ejelés, avaient eu une communication
extrêmement proche avec les méchants pal'Ieur culte externe; car,
ainsi qu'il a été dit ci-dessus, et ainsi qu'il a aussi été montré dans
l'Opuscule DU JUGEMENT DERNIER, N°s 59, 70, les méchants, qui
avaient été tolérés jusqu'ail Jugement Dernier, étaient dans un culte
externe, sans être cependant dans aucun culte interne, cal; de bon­
che et de gestes ils montraient et simulaient les choses saintes de
ntglise, mais d'àme et ùe cœur ils étaient autres, c'est pourquoi
pal' le culte extel'lle ils communiquaient avec ceux qui intérieure­
ment étaient bons; c'est à, cause de cette communication qlle les
méchants lI'ont pu êtl'e rejetés avant que les bons aient été séparés
d'avec eux, cal' s'ils avaient été rejelés avant cette sépal'ation, cela
alll'ait été nuisible aux bons avec lesquels les méchants avaient été
conjoints pa:' le culte externe, c'est~à-dire, que les bons auraient
péri, car les méchants les auraient entrainés avec eux: c'est aussi
r,e qlle le Seigneur a prédit dans Malthieu : II SembLable est Ir
Rn.llwl1J1e des Cieu:/;, cl 1111 honn11l' qlli tirait M'mf- de bOlll1f' Sf'­
Vers. 3. CHA PITRE SEPTIÈME. h9
mence dans son champ; maz:ç pelldant que les !tommes dor-
nw.ient, son ennemi vint, et sema de J'Ï1)raie, et s'en al/a;
mais quand J'herbe eut poussé, et qu'elie eut (ait du (ruit,
alors parut aus.~i J'ivraie. Or, les sel-viteurs du Maitre d,
maison, s'étant approchés, lui dÙ'mt : Seigneur, n'as-tu pa.~
semé de bonne semence dans ton champ? d'où vient donc qu'il
y ade J'ivraie? Mais il leur dit: Un homme ennemi a (ait cela.
111 ais le.~ sel-vitf'urs lui dirent: Veux-tu donc que nous allions la
cueillir? Et il leur dit: Non, de peur que peut-être en cueil-
lant J'im'aie vous ne db'aciniez avec elle le (roment ; laissez
croitre ensel'nble {'Ult et l'autl'e jusqu'à la moisson; et au
temps de la moisson je dirai aWl: moÎslioltneurs : Cueillez
premièrement l'ùwaie, cl liez-la en (aisceaux pour la brûler,
mais amassez le (roment dans mon grenier. Il - XI)l. 2h à
30; - pal' 'l'homme qui sème il est entendu le Seignem'; par le
champ, le Monde spirituel et l'Église où sont tant les bons que les
méchants; par la bonne semence et par le froment les bons, et pal'
l'ivraie les méchants: qu'ils n'aient pas pu êtl'e séparés avant le
temps du Jugement Demier, à cause de la conjonction dont il vient
d'être pal'Ié, cela est entendu par cette réponse aux scrviteurs qui
voulaient cucillir d'abord l'ivraie, c'cst-à-dil'e, sépal'el'les méchants
d'avec les bons: li Non, de peul' que peut-être en cueillantl'ivI'aie
vous ne dél'acioiez avec elle le froment; laissez cl'oHl'e ensemble l'ull
et l'autl'e jusqu'à la moisson; li la moisson est le Jugement Derniel':
que ce soit là ce qui est signifié, le Seigneur l'enseigne Lui-Même,
en disant: li Celui qui sème la bonne semence est le Fils de
l' homme; le champ est le 1llonde; la semence, ce sont les /il.~
du Royau.me; l'ivraie, ce sonlles /ils du méchant; la moisson
eslla con.,ommation du siècle; de même qu'esl cueillie l'iv7"aie
et qu'au (eu elle e.5t brûlée, de même il elt ura à la r:Ollsom-
mation du ,<;Ïeclc. 1) - Vers.. 37,38,39, bO, dans le mêmc Cha-
pitre; - de là il est hien éviàent quc l'homme MaUI'e de maison
qui sème la bonue semence est le Seignem', qui se nomme là le Fils
de l'homme, et que le champ est le Monde, par' lequel il est entendu
le Monde ,spirituel et l'f~glise, où sont tant les bons que les mé-
chants; que ce soit le Monde spirituel qui est entendu, on le voit
c1ail'cmenl en c.c qu'il (,,'il dit que le l\oyanmc ùes Cieux est scmblahle
m. !J.
50 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N°li26,

à un homme qui avait semé de \)onne semence dans son champ, le


Royaume des Cieux est le Monde spirituel et l'Église; on le voit
encore clairement en ce que cela est dit du Jugement Dernier, et
que le Jugement Derniel' se fait dans le Monde spirituel et non dans
notre Monde, ainsi qu'il a été montr'é dans l'Opuscule DU JUGE­
MENT DERNIER: la bonne semence et le froment, ce sont les bons,
qui y sont appelés fils du· Hoyaume; l'ivraie, ce sont les mé­
chants, qui y sont appelés fils du méchant; et la moisson, quand
se fel'a la séparation, est le temps du Jugement Dernier, car il est
dit la moisson est la consommation du siècle, la consommation du
siècle est le temps du Jugement Dernier', voir ci-dessus, N° 397:
« cueillez l'ivraie et liez-la en faisceaux pour la hrtller, mais amas­
sez le l'l'ornent dans mon grenier, signifie que les méchants, selon
l)

les gent'es et les espèces du mal qui est .cher. eux, sel'ont rassem­
blés ct jetés dans l'enfer; pal' lier en faisceaux il est entendu que
cela arrive ainsi aux méchants quand ils sont rejetés ; et pal' amassel'
le froment dans le grenier il est entendu que les bons doivent être
conservés; le gl'eniel', c'eSl ~ù eslla l'éUllion des hons : d'après ces
explicàtions, on peut voir que la sépal'ation des bons d'avec les
méchants se fait complètement au temps du Jugement Dernier', et
qu'elle ne peut pas êtl'e faite aupal'avant à cause de la conjonction
dont il a été parlé ci-dessus, et qu'aulrement les bons pél'il'aienl
avec les méchants, cal' il esl dit Cl de peul' que peul-être en cueil­
lant ['ivl'aie vous ne dél'aciniez avec elle le froment, Il et il est dit
de plus C( laissez crotLre ensemble l'un et l'aull'e jusqu'à la mois­
son, 1) c'est-à-dire, jusqu'à la consommation du siècle. Maintenant,
comme la séparation des bons d'avec les méchants se fait par un
influx doux et modéré du Divin qui procMe du Seigneur, et que le
rejet des méchants dans l'enfer se fait pal' un influx 1'0I'l et intense
du Divin, on peut voil' comment toutes les paroles, qui sont conte­
nues dans les trois premiers Versets de ce Chapitre, doivent être
'entendues, lorsque d'après le sens spirituel on sait ce qui est si­
gnifié par les vents qui étaient retenus afin de ne nuil'e ni à la terre,
ni à la mer, ni à l'arbl'e, avant que leg sel'viteurs de Dieu aient été
marqués SUI' les fronts, Il sera dit aussi en peu de mots comment
se fait la séparation elle-même: Quand les bons sont séparés des
mœhants, ce qui est fait pal' le Seigneu\' au moyen d'un inflnx mo­
Vel·s,3. CHAPITRE SEPTIÈME. 51
dél'é de son Divin, et d'une inspection dans les choses qui appar­
tiennent à l'affection spirituelle chez les Anges et chez les esprits, le
SeigneUl' alors fait que ceux qui sont bons intél'ieurement, et par
suite aussi extérieurement, se toul'nent vel's Lui, et ainsi se détour­
nent des méchants; el, quand ils se détoument, ils deviennent invi­
sibles pour les méchants, car dans le Monde spil'ituel, il arrive
communément que, quand quelqu'un se détourne d'un autre, il de­
vient invisihle; cela étant fait, les méchants se tl'ouvent séparés des
hons, et en même temps aussi de la sainteté qu'ils avaient simulée
dans les externes, et ainsi ils regardent vel's l'enfer, où ils sont
même bientôt jetés; SUi' cette conversion, voir plus de détails dans
Je Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, No, 17, 123, 1ll2, IMI, 1lJ 5,
151, 153, 251, 255, 272, 510, ou8, 561 : que les méchants,
qui ont pu être dans un culte externe ou dans une piété et une sain­
teté externes sans avoir aucune piété interne ni aucune sainteté in­
terne, aient cerendant été tolérés jusqu'au .Jugement Derniel' el
non plus longtemps, on en voilla raison dans l'Opuscule DU Ju­
GEMENT DERNIER, N°' 59 et 70,
h27. Jusqu'à re que nous ayons marqué les serviteurs de
notre Dieu sur leurs (ronts, signifie que ceux qui sont dans
les vrais d'apres le bien doivent auparavant être séparés: on
le voit pal' la signification de marquer, en ce que c'est distinguer
et séparer, ainsi qu'il sera expliqué; pal' la signification des servi­
teurs de Dieu, en ce qu'ils sont ceux qui sont dans les vl'ais d'a­
près le bien, ci-dessus, N° 6; et rai' la significat1.on du (l'ont, en ce
qu'il est le bien de l'amom' : si le front est le bien de l'amour', c'est
d'après la cOl'I'espondance; en effet, toutes les choses qui sont chez
J'homme dans tout le corps, tant celles qui sont en dedans que celles
qui sont en dehors, conespondent au Ciel, car le Ciel tout enlier
est comme un seul Homme en présence du SeigneUl', et tellement
disposé qu'il correspond à toutes et à chacune des choses de l'homme;
toute la face, où sont situés les sensoria de la vue, de l'odorat, de
l'ouïe et du gOOl, cOl'I'espond aux affections et par suite aux pen­
sées en général, les yeux cOl'l'espondent à l'entendement, les narines
à la perception, les oreilles à la défél'ence et à l'obéissance, et le
goil.l au désir de savoil' Cl de devenÏl' sage; mais le fr'ont COlTes­
pond au bien de l'amonr, tl'où provienne,nt toutes tes choses; il
52 L'APO<.:ALYPSE J:XPLIQUÉE. N" h27.

conslilue même la parlie la plus haute de la face, ct l'enferme im­


médiatement la partie antérieure et la plus .considérahle du Cel'­
\'eau, d'où proviennent les intellectuels de l'homme: de là "ient que
1 le Seigneur l'Cgarde les Allg~ au l'l'ont, et que les Anges l'egal'deJit
le SeigneUl' au moyen des yeux; et cela, parce que le front cOI'I'es­
pond à l'amoUl' d'après lequel le Seigneur les l'Cgarde, et que les
yeux cOI'I'espond~nt à l'entendement d'apl'ès lequel ils l'egardent le
Seigneur, cal' le Seigneur se donne à voil' par' l'influx de l'amour
dans leur entendement; SUI' ce sujt'l, voir dans le Traité DU CIEl.
ET DE L'ENFER, les N°':1 h5, 151; puis aussi, dans le même TI'aité,
que le Ciel entiel' dans tout le complexe présente la ressemhlance
d'un seul Homme, N°' 58 à 86; et que par suite il y a correspon­
dance de toutes les choses du Ciel avec toutes celles de l'homme,
N°' 87 à 102 : d'après cela l'on voit clairement ce qui est signifié
par être marqué SUI' le front; à savoir, que c'est êtl'e pal' le Sei­
gneul' dans le bien de l'amour en\'el's le Seigneur, et pal' là être
distingué et séparé de ceux qui ne sont pas dans cet amour; en
effet, le Seigneur regarde ceux-là au front et il les remplit du bien
de l'amoUl', d'après lequel eux regardent le Seignelll' par la pensée
qui pl'ovient de l'affection; les autl'es ne. peuvent pas êtl'e regard~s
ail front pal' le SeigneUl', pal'ce qu'ils se détournent de Lui, et se
tournent "CI'S l'amour opposé pal' lequel ils sont remplis et entraî­
nés : que chacun dans le Monde spirituel, et aussi l'homme quant
à son esprit, tourne la face vers j'amour régnant, on le "oit dans
le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER, No' 17, 123, 1h2, US, HlI,
153, 552. Ètre mal'qué, ce n'est pas Nl'c marqué, mais c'est être
mis, dans cet état, qu'on puisse être l'econnu tel qu'on est, pal' COIl­
séquent qu'on soit conjoint avec ceux qui sont dans un semhlable
état, et sépal'é de ceux qui sont dans un état dissemblable; cela est
signifié par être marqué et par le signe dans les passages suivants;
dans Ézéchiel : {(.Jéhovah dit li l'homme vêtu de lin : Passe
par le milieu de la ville, par le milieu de Jérusalem, et mar­
que un signe sur les (ronts des hommes qui gémissent et sou­
pirent sur 'toutes les abominations (aites au milieu d'elle: et
passez par la ville après llli, et (rappez; que 1)otre œil n'é­
pargne point, et de dhnence n'usez point; mais d'aucun
homme sw' qui (sera) le .~ignr: n'approcl/ez. li - IX, li, 5,6:
V('l's,3. CHAPiTRE SEPTIÈME, 53
- ici, il s'agit aussi de la séparation des bons d'avec les mtehanls,
et êtl'e mat'qué SUI' le l'l'ont signifie la même chose que dans ce pas­
sàge de l'Apocalypse, à savoil', êtl'e distingué et sépal'é des mé­
chants, el êtl'e conjoint aux 1J0ns; il s'agit ensuite aussi du l'ejet et
de la damnation des méchants; ceux qui sont dans le bien sont dé­
signés pal' ceux qui gémissent et soupirent sur toutes les abomina­
tions l'ailes au milieu de la ville de .Jérusalem ; ceux qui gémissent
et soupil'ent sur les abominations sont ceux qui ne sont ni dans
les maux ni dans les faux du mal, les gémissements et les soupil's
SUI' les ahoniinations signifient !'-a\'erSiOll et la douleur pour elles;
Jérusalem est l'Église, et la ville est la doctrine: le rejet et la dam­
nation des méchants sont ensuite décrits pal' II passez pal' la \'ille
apl'ès lui, et fl'appez; que votre œil n'épargne point; 1) l'l'appel' et
tuel' signiliellt êll'e damné, cal' la mOl't spirituelle, qui est la dam­
nation, est signifiée dans la Parole par la mort naturelle. Dans
Ésaïe: II Il m'endrfl (le temps) de rassembler toules les nalions
et les langues, afin quO elles viennent et voient ma gloire; et
je placerai en elles un ,~igne. J) - LXVI. 18,1 g; - ces choses
ont été dites du SeigneuI', et de la nouvelle tglise qui devail être
instaurée pal' Lui, par conséquent du Nouveau Ciel et de la Nou­
velle Terl'e, comme 0)1 le voit par le Verset 22 de ce Chapitre;
par' rassemblel' routes les nations et les langues il est signiOé la
même chose que par "assembler les élus des quatre vents, MaLLh,
XXIV, 31; rassembler signifie prendre POUl' Soi ceux qui Lui
appartiennent, les nations signilient ceux qui sont dans le bien, et
les langues ceux qui sont dans la vie selon la doctrine; \'enil' et voir
la gloire du Seigneur signil1e êtl'e iilustl'é du Divin Vrai et par
suite joui!' de la joie (~éleste, car la gloil'e du SeigneUl' stgnilie le
Divin Vt'ai et d'après ce vrai l'illustration et la joie; placer en elles
un signe signifie dislinguer et sél1al'el' d'avec les méchants et con­
jeindre aux bons. On lit au sujet de Caïn, que (1 Jéhovah mil sur
lui un signe, afin que pel'somle ne le tuâl.ll-Gen. IV. 15;­
cclui qui ne sail pas cet arcane de la Pa l'ole, que dans les Historiques
pal' les pel'sonnes, qui. y sont nommées, il est entendu des choses dans
1(\ sens spil'ituel, ou que là chaque pel'sonne "eprésenle une chose
de l'Église ct du t:iel ct par suite la signifie, ne peut saroir qun
l' HistOl'iquc seul de la leHI'c, dans lequel il n'appal'aî.l pas plus de
5!l L'APOCALYPSg EXPLIQUÉE. N° 427.

Divin que dans les autres Histoires; et cependant dans la Parole,


tant dans les Pl'Ophétiques que dans les Hislol'iqlles, dans toutes et
dans chacune des cboses qu'elle contient, il yale Divin qui n'appa­
rail dans la leUre qU'à ceux qui sont dans le sens spirituel et le con­
naissent; l'Arcane spirituel dans l'Histol'Ïque de Caïn et d'Abel est
celui-ci : Ahel y l'epl'ésente le bien de la cbarité, et Caïn le vrai de
la foi; ce bien et ce vl'ai sont aussi dans la Parole appelés frères, et
le Vrai de la foi le premiel'-né, par la l'aison que les vrais, qui plus
tard deviennent vrais de la foi, sont d'ahord acquis et mis en réserve
dans la mémoil'e, afin que le bien y puise, comme dans un réser­
voir, pour se les conjoindre et faire qu'ils soient vrais de la foi; en
effet, le vraine devient vrai de la foi que quand l'homme le veut et
le fait, et autant l'homme le fait, autant le Seigneur conjoint l'homme
à Soi et au Ciel, et influe d'apl'ès l'Amour avec le bien, et par le
bien dans les vrais que l'homme a acquis dès l'enfance, et il les con­
joint au bien, et fait qu'ils sont des vrais de la foi; avant cela ils
ne sont que des connaissances et des sciences, auxquelles l'homme
n'a encore foi que comme aux choses qu'il a apprises d'un autre, et
dont il peut se détacher si plus tard il pense autrement; aussi cette
foi est-elle la foi d'un autre en lui, et non sa propre foi, et cepen­
dant sa propre foi doit être chez l'homme, pOUl' qu'eHe reste chez
lui apl'ès la mOI't; or sa foi devient sa propre foi, quand il voit,
veut et fait ce qu'il croit, car alors elle entre dans l'homme et forme
son esprit, et elle devient une chOSe de son affection et de sa pensée,
cal' l'esprit de l'homme, dans son essence, n'est autre chose que
son affection et sa pensée: ce qui appartient à l'affection est appelé
bien, et ce qui par suite appal'tient à la pensée est appelé vrai;
l'homme aussi ne croit comme vl'ai que ce qui appal'tient à son affec­
tion, mais il son affection intérieure laquelle appartient à son esprit;
c'est pourquoi ce qne l'homme pense d'apl'ès l'affection intérieul'e,
cela est sa foi; et toutes les autres choses, quelles qu'elles soient,
qu'il tient dans sa mémoire, soit qu'il les aiL puisées d~ns la Parole,
ou dans la doctrine de l'}~glise pal'la lecture, ou dans la prédication,
ou dans son 11I'0pl'e entendement, ne sont point sa foi, quoiqu'il
s'imagine que cela est la foi, et quoiqu'on dise et qu'on croie au­
jourd'hui que cela est la foi: ce premier-né et ce primitif, c'est ce
que Caïn représente et signifie dans cet Historique, cal' Caïn était
Vers, 3. CHAPITRE SEPTI~~ME, of>

r le pl'emiel'-né : quand on croit qu'un tel vrai est la foi qui sauve
l'homme, et que la foi nc consiste pas à le vouloir et à le faire, c'est­
à-dire, à vivre selon lui, alors existe l'hérésie dangel'euse que la foi
seule sauve, quelle que soit la vie, et que la foi est donnée sans la
frJ vie, 10l'sque cependant cela n'est point la foi, mais n'est qu'une
science qui réside hors de l'homme dans sa mémoil'e, et non au de­
dans de lui dans la vie; et si on l'appelle foi, c'est une foi histori­
que, qui est la foi d'une ault'e chez soi, et ne reçoit pas la vie, avant
qu'on voie soi-même que ce qu'on a puisé est le vl'ai, et on ne le
voit que lorsqu'on le veut et qu'on le l'ail: quand cette hérésie s'af­
fel'mit, la ch3l'ité qui est le bien de la vie est alors anéantie, et enfin
rejetée comme non essentielle au salut: cela a été représenté pal'
Caïn qui tue son frère Ahel, car la foi et la chal'ité, ou le vrai de
la foi et le bien de la chal'ité, sont appelés frères dans la Parole,
ainsi qu'il a été dit ci-dessus: pal' .Jéhovah mit un signe sur Caïn
afin que pet'sonne ne le tuât, il est signifié qu'il J'a distingué d'avec
les autres et conservé, parce que la foi salvifique ne peut être don­
née, si elle n'est pas pl'écédée par la foi historique, qui est la con­
naissance des choses de l'Église et du Ciel pal' d'autres, en un mot,
la science de choses qui dans la suite doivent êtl'e de la foi; en elfet,
~ si l'homme dès l'enfance ne puisait pas les vl'ais dans la Parole,
ou dans la doctrine de l'Église, ou dans la prédication, il serait vide,
et dans l'homme vide il n'y a ni opération ni influx du Seigneul' pal'
t le Ciel, cal' le Seigneur opère et influe par le bien dans les vrais
'.

~.
chez l'homme, et il les conjoint et fait que la charité et la foi soient
un : d'apl'ès ces considërations, on peut voir ce qui est signifié pal'
(1 Jéhovah mit un signe SUI' Caïn, afin que pel'sonne ne le tuât 1) et
pal' « celui qui le tuera sera puni sept fois autant; Il en outre, ceu~
..
qui sont seulement dans la foi historique, c'est-ù":dire, dans la
science des choses qui appartiennent il la foi ,-hommes qui'sont Caïn
ou foi qui est Caïn, - sont conservés aussi, parce qu'ils peuvent
enseignû aux autres les Vl'ais d'après la Pal'Ole, car ils enseignent
de mémoit'e, Puisque le front conespond au bien de l'amour, et
qu'en conséquence le Seigneur d'apres le Divin Amour regarde les
Anges et les hommes au l'l'ont, comme il a ~té dit ci-dessus, c'est
pour cela qu'il a été ordonné qu'une plaque d'or pur, SUI' laquelle on
écrirail (( sainleté il Jéhovah, serail posée, SUI' le tu l'han d' :\lIaron
1)
56 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" !I27.
du côté du l'l'ont; il eu est parlé ainsi dans Moïse: Tu feras une
(1

plaque d'or pur, et tu graveras sur elle en gravw'e de sceau:


Sainteté à Jéhovah; et tu la poseras sur un fU d'hyacinthe,
du côté des {aces du turban elle sera, afin qu'elle soit sur le
{l'ont d'Aharon; et el/e sera sm' son (l'ont li perpétuité, en
bon plaisir pour eux devant Jéhovah. l) - Exod. XXVIII.
36, 37, 38; - en effet, Aharon comme grand Prêtre représentait
le Seigneur quant au bien du Divin AmOlli'; et pal' suite ses Habils
repr'ésentaient des choses qui procèdent de cet amour; le turban
représentait l'intelligence et la sagesse, et son côté de devant l'a­
rnoUl' d'où procèdent l'intelligence et la sagesse; o'est pour cela
qu'on y avait posé sur un tH d'hyacinthe la plaque d'or pur, sur la­
quelle était gl'avé : Sainteté à Jéhovah; l'or pUI' dont était composée
la plaque signifie le bien de l'amour'céleste; l'hyacinthe, dont était
formé le fil SUl' lequel était la plaque, signifie le bien de l'amour
spirituel, l'amour spirituel est l'amolli' du vrai; la gl'avure de sceau
signifie la pel'manence à étemité; Sainteté à Jéhovah signifie le
Seigneur quant au Divin Humain d'où procède tout saint du Ciel
et de l'Église; ces choses étaient SUI' le côté des faces du turban
qui était SUI' la tête d'Aharon, parce que le tlll'ban signifie la même
chose que la tête, à savoir, la Divine Sagesse, et le front le Divin
Bien de l'Amour: qu'Ahal'on ait représenté le Seigneur quant au
hien de l'amour, on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, No' 9806,
99!J6, 1001.7; voir aussi, que l'hyacinthe signifie l'amoul' du vrai,
No' 9!J66, 968ï, 9833; que le tUI'ban signifie l'intelligence et la
sagesse, N° 9827. Comme le front signifie le bien de l'amour, c'est
pour cela qu'il a été commandé aux fils d'Isl'aël d'attacher SUl' leur
front le pl'écepte concernantl'amoul' envers Jéhovah; il cn est parlé
ainsi dans Moïse: (1 Tu aimeras Jéhovah ton Dieu de tout ton
cœur, de toute ton âme, et dt: toute ta force : tu attacheras
ces paroles en signe sur ta main; et qu'el/es soient en fron­
teaux devant tes yeux. Il - Deutél'. VI. 5, 8. XI. 18 : et en
outre dans l'Exod. XlII. 9, 16; - s'il est dit Cl qu'elles soient en
fronteaux devant tes yeux, » c'était pOUl' l'eprésenter' que le Sei­
gneur regarde les Anges et les hommes au front, parce qu'il les r&­
garde d'après le Divin Arnoul', et qu'il accorde aux Anges et aux
hommes de Le regarder d'a(n"es l'intelligence et la sagesse, car les
Vers. 3. CHAPITRE SEPTIÈME 57
yeux signifient l'entendement; tout entendement de l'homme vient
aussi, du bien de son amoUl', et selon ce qu'il reçoit du Seigneur;
ils les allachaient aussi SUl'la main, et cela représentait les derniers,
puisque les mains sont les demiers des (orees de l'âme de l'homme;
ainsi (( SOI' le frollt et SUI' la main, » signifie dans les pl'emiers et
dans les del'llie\'s, or le pl'emier et le derniel' signifient toutes cho­
ses, voir ci-dessus, N° M7 ; s'ils devaient attache l' ainsi ce pré­
cepte, c'était parce que de lui dépendeIll la Loi et les PI'ophètes,
c'est-à-dire, toute la Parole, par conséquent toutes les choses du
Ciel et de l'Église; que la Loi et les Prophètes dépendent de ce ,
précepte, le Seigneul' l'enseigne dans Manhieu, Chap. XXII. 35,
36, 3ï, 38. D'après ces considérations on voit aussi pourquoi les
Rois aulrefois et encore aujourd'hui, quand on les couronne, sont
oints d'huile SUI' le front et SUI' la main, et ce que cela signifie; en
effet, les Rois autrefois ('eprésentaient le Seign~ul' quant au Divin
Vrai, el comme ce nui est \'eçu dans le bien de l'amour qui influe
du Seigneur, c'est pour cela que l'onction se faisait SUl' le f,'ont et
SUI' la main; l'huile aussi, dont ils étaient oints, signifie le bien de
l'amour: c'est de là que les Hois dans la Pal'ole signifient ceux qui
sont dans les Vl'ais d'apl'ès le bien, et abstl'activement les vl'ais d'a­
près le bien; lloir ci-dessus, N° 31. D'après ces explications, on
peut voir ce qui est entendu pal' le signe SUi' les fronts, comme
aussi ailleurs dans l'Apocalypse, par cxemple Chap, IX, h. XIV.
1. XXII. 3, h. - Mais vù:e versâ le front signifie ce qui est op­
posé au hien de l'amoul', à savoil" le mal de j'amou!', et pal' suite
le dur, l'opiniâll'e, l'impudent etl'infel'llal; Je du,', dans Ésaïe:
( Dur, toi; car nerfde fer, ta nuque; et ton front, d'tli1'ain. Il
- XLVIII. h : -l'opiniâtl'e, dans ÉZéchiel: ( La maison d'Is­
raël, ils ne veulent point M'obéir, car toule la maison d'1s­
raël~ eux, opiniâtres de front et durs de cœur. Il - III. 7, 8 :
- l'impudent, dans Jérémie: {( Vn froiu de femme prostituée
t'est "esté, ru as refu.~é d'avoir de la pudez/1', Il -Ill. 3 : ­
l'infel'llal, dans l'Apocalypsc, Chap. XIII. 16, XIV. ~), 10, 11,
XVI. 2, XVII. 5. XIX. 20. XX. ft; - cal', de même que le bien
de l'amoul' est céleste, et pal' suite clément, patient et pudique, de
même le mal opposé à ce hien est infemal, dm', opiniàtl:e et im­
pudent.
58 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 428.

U8. Vers. h. Et J'entendis le nombre des marqués, cent


quarante-quatre mille marqués de toute tribu des fils d'Israël.
- Et j'entendis le nombre des marqués, signifie la qualité de
ceux qui, étant dans le bien, ont été séparés des méchants : cent
quarante-quatre mille marqués de toute tribu des fils d'Is­
raël, signifie tous ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, et
par suite dans l'Église du Seigneur.
lJ29. Et j'entendis le nombre des marqués, signifie la qua­
lité de ceux qui, étant dans le bien, ont été séparés de.ç rné­
chants: on le voit par la signification du nombre, en ce que c'est
la qualité de la chose dont il s'agit, ainsi qu'il va etre expliqué; et
pal' la signification des marqués, en ce qu'ils sont ceux qui, étant
dans le bien, ont été distingués et sépal'és des autres, comme il
vient d'etre dit ci-dessus, N° !J27. Dans beaucoup de passages de
la Pal"ole il est parlé de nombreet de mesure, et l'on croit que par
l'un et par l'autre il est entendu seulement un nombre et une mesure,
mais pal' le nombre et par la mesure dans le sens spirituel il est en­
tendu la qualité de la chose dont il s'agit; la qualité elle-meme est
déterminée par les nombres qui sont exprimés, comme ici, par cent
quarante-quatre mille, et ensuite par douze mille de chaque tribu;
par conséquent, il sera dit, dans ['Article suivant, ce que ces nom­
bres signifient. Si le nombre signifie la qualité de la chose dont il
s'agit, c'est p'arce que la Parole est spirituelle, et que pal' suite
toutes et chacune des choses qu'elle contient sont des spil'ituels; or,
les spirituels ne se comptent ni ne se mesurent, mais néanmoins ils
tombent dans des nOmbl"eS et des mesUl'es, lorsque du Monde spi­
l'itllel ou du Ciel, où sont les Anges, ils parviennent dans le Monde
naturel ou dans la tel're où sont les hommes; pareillement dans la
Pamle, 10l'sque du sens spirituel, où sont les Anges, ils passent dans
le sens naturel où sont les hommes; le sens naturel de la Parole est
le sens de sa lettre: c'est pour cette ('aison que dans ce sens il y a des
nombres, et que les nombres y signifient des spirituels, ou des choses
du Ciel et de l'Église, Que les spirituels du Ciel, tels que sont cenx
que pensent et prononcent les Anges, tombent aussi dans des nom­
bl'es, c'est ce qui m'a été souvent montré; des Anges parlèrent entre
eux, et leur conver'satioll fut fixée dans de purs nombl'es que je vis
sur un papier, et ensuite ils me dirent que leur conversation avait
Vers. 4. CHAPITRE SEPTIÈME. 59
été fixée dans des nombres, et qne ces nombres contenaient en sél'ie
tout ce qu'ils avaient dit; ils m'appril'ent aussi ce que ces nombr'es
signifiaient, et comment ils devaient êll'e entendus; dans la suite il
ell sera souvent question; mais quant à l'écriture dans le Ciel en
purs nombres, voir dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER le
N° 263: que pal' tous les nombi'es dans la Parole il soit signifié des
choses du Ciel et de l'Église, on le voit ci-dessus, N°' 203 et 336.
lJ30. Cent quarante-quatre mille marqués de toute tribu des
fils d' l sraëJ, signifie tous ceux qui sont dans les vrais d'après le
bien, et par suite dans J' Église du Seigneur: on le voit par la
signification de çent quarante-quatre mille, ell ce que c'ést toutes
choses, et en ce que ce nombre se dit de ceux qui sont dans les
vl'ais d'après le bien, ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la signifi-
cation des tribus d' l sraëJ, en ce qu'elles sont ceux qui sont dans
les vrais d'après le bien, et par suite ceux qui sont dans l'J~glise du
Seigneur, cal' les tribus signifient les vl'ais d'après le bien, et Israël
signifie l'Église; que les tribus d'Israël aient ces significations, on
le verra dans l'Article suivant. Si cent quarante-quatre mille, si-
gnifie toutes choses et tous, et si ce nombl'e se dit des vrais d'apl'ès
le bien, c'est parce qu'il pl'ovient du nomhre douze, et que douze
signifie toutes choses et tous, et se dit des vrais d'après le bien; en
effet, les nombres plus grands et formés de nombres plus petits ont
la même signification que les nomb.'es plus petits et simples dont ils
pl'oviennent par multiplication, voir sur ce sujet dans les ARCANES
CÉLESTES les N°' 5291, 5335, 5708, 7973; ainsi cent quarante-
quatre, puis cent qual'ante-quatre mille, signifient la même chose
que douze, car cent quarante-quatre vient de donze multiplié par
lui-même, et 1lJltOOO vient de 12000 multiplié par 12. C'est de
nombres simples, qui sont significatifs plus que tous les autres, que
les nombl'es plus gl'unds tirent leurs significations, à savoil', des
nombres Deux, Tl'ois, Cinq et Sept; Deux signifie l'union et se dit
du bien; Trois signifie le plein et se dit des vrais; Cinq sigllifie
beaucoup et quelque chose; et Sept signifie le Saint: du nombre
2 pl'ovienllent les nombl'es h, 8, Hl, ltOO, 800, 1600, lJOOO,
'8000, 16000, nombl'es qui ont une signification semblable à celle
de deux, parce qu'ils sont formés de ce nombl'e simple multiplié
pal' lui-mème et multiplié pal' 10 : du nombre 3 proviennent 6,
GO L'APOCALYPSE EXPLlQur~E. N° 630.

-1.2, 2lJ, 72, 1U, 1MO, 1!lf1000, nombres qui ont aussi une si­
gnHicalion semblable à celle de trois, parce qu'ils sont fOl'més de ce
nombre simple par multiplication: du nombre fi proviennent 10,
50,100,1000,10000,100000, nombres qui ont aussi une si-,
gnificalion semblable à celle de cinq, parce qu'ils sont formés de ceJI
nombl'e pal' multiplication : du nombre 7 proviennent 1h, 70,
700, 7000, 70000, nomill'es qui ont aussi une signification sem­
blable à celle de sept, parce qu'ils sont formés de ce nombre. Puis­
que 'l'l'ois signifie le plein, et que le plein est le lout, de là vient
que Douze signitie toutes choses et tous; s'il se dit des vrais d'après
le bien, c'est pal'ce qu'il est formé de 3 multiplié pal' !J, et que 3 se
dit des nais, eth du bien, ainsi qu'il a élé exposé ci-dessus. Celui
qui ne sait pas que Douze et les nombres qui en sont formés pal'
multiplication signifient toutes choses, et qui ne sait pas que chaque
Trihu signifie quelque universel et quelque essentiel de l'Église, ne
sait abSolument autre chose, sinon qu'il n'y a eu que douze mille
marqués de chaque Tt'ibu d'Isl'aêl, qu'ainsi il n'yen a que douze
mille qui ont été reçus ou qui doivent êtl'e reçus dans le Ciel, 100's­
que cependant dans ce passage pal' 12000 il n'est pas entendu
1'2000, ni par les Tribus, qui y sont nommées, les Tl'ihus d'Israel,
mais que par 12000 il est entendu tous, et par les Tribus d'Israêl
ceux qui sont dans les vl'ais d'après le bien, ainsi tous ceux qui,
pal'tout dans les terl'es, constiluent l'Église du Seigneul'; que ce
soient de telles choses qui sont signifiées, quiconque pense avec in­
telligence peut le percevoil'; en effet, où sont maintenant ces Tribus?
et ai! étaient-elles quand cela a été écl'il pal' Jean? n'étaient-elles
pas dispersées SUI' une gl'ande pal'tie du Glohe? pel'sonne ne sait oi!
elles sont, excepté la Tribu de Jehuùah, et néanmoins il est dit
q'J'ils doivent être marqués, afin qu'ils soient introduits par le Sei­
gneur' dans le C.iel, et qu'ils soient avec Lui, comme on le voit clai­
rement pal' le Chapitl'e XIV. Vel's. 1, 3,!J, dans l'Apocalypse:
en oull'e, il est notoil'e que Onze des Tribus qui y sont nommées,
ont été chassées de la tel're de Canaan pour des idolatries et pOUl'
d'autr'es abominations; il en a été de même de la Nation Juive,
"voir dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE Jt:RUSAJ.EM, quelle est
cette nation, N° M8; de là il est é\'idenl que par 1.2000 il n'est
pas entendu 12000, ni pal' les Tribus ileS 'l"'ibus, mais qu'il e~
D

Vel's,4, CHAPITRE SEPTIÈME. tH.


entendu tous ceux qui sont dans les vrais d'apl'ès le bien, ainsi tous
ceux qui sont de l'Église du SeigneUl'; cela iieviendra encol'e plus
évident pal' la signification de chaque Tl'ihu dans le sens spirituel;
car chaque Tribu signifie quelqu'universel ou essentiel de l'Église,
dans lequel se trouvent ceux qui sonl de l'Église: l'univer'sel de
chaque tl'ibu se réfère. aussi aux vl'ais d'ap~ès le bien, et ces vrais
1­ sont en grand nombre; cal' tous ceux qui sont dans les Cieux ditrè­
rent entre eux quant au bien et patt suite aussi quant au vrai, at­
tendu que tout \'l'ai qui a vie dans l'homme et dans l'Ange vient du
i bien et est selon le bien; de plus, tous ceux qui sont de l'Église du
Seigneur sont dans les vrais d'après le bien; en etret, ceux qui
sont dans les vl'ais et non dans le bien ne sont pas de l'Église; car,
ainsi qu'il vient d'être dit, toutvrai qui a vie dans l'homme et dans
l'Ange vient du bien; SUl' ce sujet, voir ci-dessus, No' 6, 59, 136,
262,286,292; et dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM,
No' 11 à 27: que les biens et par suite les vl'ais soient d'une variété
infinie, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°s 56,

71, ft05, !li8, ft86, 588; dans l'Opuscule DU JUGEMENT DERNIER,
N° 13; et dans les ARCANES CÉLESTES, N°s 686,690, 32U, 3267,
MiO, 3519, 3ilJft , 3i65, ~7lI6, 3806, 3986, fJ067, !J169,
Il,
6263, 5598, 6917, 7236, 7833, 7836, 9002. Si les biens et
par suite les vrais sont d'une variété infinie, c'est parce que chaque
Ange et chaque homme, en qui est l'Église, est son bien et pal'
suite son vrai; c'est pou l'quoi le Ciel tout enlier a été disposé en ol'dl'c
selon les affections qui appartiennent à l'amOlli' envers le Seigneul',
et à la chal'ité il l'égal'd du prochain el par suite à la foi, eltou! bien
appartient il ces atrections. Que le nombre 1hhOOO, ou le nombl'e
12000 multiplié par 12, signifie tous les vrais d'après le bien quant
à lems genres et à leUl's espèces dans lout le complexe, on peut le
"oir d'après le nombre 166, qui est le nombl'e 12 multiplié par lui­
même, dans les passages suivants de l'Apocalypse, où la ville, la
Nouvelle Jérusalem, est décrite pal' des mesures en nombres; il est
parlé ainsi de la mcsul'e de sa muraille: Il mesura sa muraille,
(1

cent quarante-quatre coudée.~. mesur'e d' homme. qui est (une


mesure) d'Ange. II - Apoc. XXI. 17; - là, par la ville de Jé­
rusalem·il est signifié la Nouvelle }<~glise qui doit être instaurée pal'
le Seigneur el sa doctrine; c'est poul'quoi pal' toutes les choses
62 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 430.

dont il est pal'Ié, par exemple, par la muraille, par les portes et
par les fondements, il est entendu des choses qui appartiennent à
l'Église, par conséquellt des spil'ituels; et comme l'Église et sa
Doctrine sont décrites dans le sens de la lettre par la ville de Jém­
salem, et qu'une ville peut être mesurée, c'est pour cela que les spi­
rituels de cette Église sont désignés pal' des mesures en nombre,
et sa muraille par le nombre lU, ou par 12 multiplié par 12,
nombl'e qui signifie les vrais d'après le biell dans tout le complexe,
car la muraille signifie les vrais qui protégent contre les faux et les
maux; que ce nombre signifie ces vrais, on le voit bien c1ail'ement
en ce qu'il est dit que la mesure de 1ltlt coudées était mesure
d'homme, qui est une mesure d'Ange; ce que cela enveloppe, per­
sonne ne I}eut le savoir', à moins qu'on ne sache que par la mesul'e
dans le sens spil'ituel il est signifié la même chose que par le nom­
bre, à savoir, la qualité de la chose dont il s'agit, et que pal' l'homme
il est signifié la reception du vl'ai d'après l'affection spirituelle, c'est­
à-dire, d'après le bien, et par suite l'intelligence, et la même chose
par l'Ange; ell effet, l'homme est un Ange quand il est dans les
vl'ais d'apl'ès le hien ; il devient aussi Ange après la moi'l. Le nom­
bl'e 1ltltOOO signifie aussi la même chose, car le nombl'e plus grand
et le nombre plus petit, pOUl'VU qu'ils soient d'une même origine,
signifient la même chose; en effet, un n~mbl'e plus grand est em-'
ployé, quand il doit y avoir une plus grande multitude; puis aussi,
quand il embrasse plusieurs gel1l'cs ensemble, comme 1MOOO, qui
embrasse tous les geilres du vrai d'après le bien, lesquels sont signi­
fiés I>al' les 12000 marqués de chaque Tribu; et comme la mesure
de la muraille, qui est dite de 166 coudées, pal'ce qn'elle renferme
tant les POI'les que les fondements, qui sont au nombre qe 12; cm'
il est dit des Portes el des fondements: (1 La Nouvelle Jérusalem
al)ail une Muraille grande et élevée, ayant douze Portes, et
sur'les portes douze Anges, et des noms inscrits qui sont (ceux)
des douze r,'ibus d'lsraël. La Muraille al)ait allssi douze {on­
dements, et sur eux les noms de~' douze Apôtres de l'Agneau:
et les (ondements consistaient en douze pierres précieuses. 1)
-Apoc. XXI. 12, 1ft, 19,20, 21;-quel est ('homme qui, sachant
que pal' ra Nouvelle Jérusalem il est entendu une Nouvelle Églis~,
ne percevra pas que pal' le nombre douze, tant de fois employé,
Vers. 4. CHAPITRE SEPTIÈME. 63
il est entendu le principal et le premier dont se compose l'Église?
or, le pl'incipal et le pI'emie!' de l'Église est le vrai d'après le
bien, car le tout de l'Église en provient; en effet, le vrai appar­
tient à sa doctrine, et le bien appartien t à la vie selon la doc­
trine; mais ce qui est signifié dans ce passage par les Portes et
par les fondements sel'a exposé dans l'explication de ce ChapitI'e.
Comme ce nombre signifie toutes choses, et se dit des VJ'ais d'apI'ès
le bien, et que la nouvelle Jél'usalem signifie la nouvelle Église,
c'est aussi pour cela que la mesul'e de celle ville est désignée en ces
termes pal' un semblable nomhre multiplié : II La ville est qua­
drangulaire. et sa longueur est égale il sa largeur; et il me­
sura la ville à la canne en douze (ois mille stades; la longueur,
la largew' et la hauteur, pareilles. 1) - Apoc, XXI. lU; - ce
-qui est signifié dans le sens SpiI'ituel par la longueut', la largeur et
la hauteur, sera aussi exposé plus bas dans l'explication; pal' la ville
il est entendu dans ce sens la doctrine de l'Église, et par douze fois
mille tous ces vl'ais d'apl'ès le bien. Le nombl'e douze y est aussi
exprimé en parlant des fruits de l'm'bl'e près du fleuve, en ces
tel'mes : (( Au milieu de sa place. et deçà et delà du fleuve était
l' arbre de vie (aisant douze (ruits, selon chaque mois ren­
dant son (ruit. » - Apoc. XXII. 2; - comme pal' les places de
la ville il est signifié les vrais de la doctrine; pal' le fleuve qui ~n
SOl't, l'intelligence; par l'ad.)J'e de vie, la pel'ception du vrai d'après
le bien procédant du Seigneul'; et pal' les fmils, le bien d'où pro­
viennent les vl'ais, de là il est encore évident que douze signifie les
vl'ais d'après le bien, par lesquels il y a intelligence, et d'après
lesquels il y a Église. Comme une Église Représentative devait
être institu.ée chez les fils de Jacob, il avait en conséquence été
pOUl'VU pal' le Seigneur à ce que les !ils de Jacob fussent douze,­
Gen. XXIX. 32 à 35. XXX. 1 à 25. XXXV. 22 à 26, - pour
qu'ainsi tous ensemble représentassent toutes les choses de l'Église,
et que chacun d'eux repl'ésentât sa pal'tie; de là vient que d'apr'ès
eux il y eut douze Tribus, - Gen, XLIX. 28, - et qu'elles signi­
fient toules les choses de l'Église, et chaque Tribu quelque essentiel
de l'Église; c'est aussi pom' cela que dans ce qui va suivre il est dit
que de chaque Tt'ihu il y avait 12000 mal'qués, par lesquels sont
signifiés tous ceux qui sont dans cet essentiel de l'Eglise, ou lous
6lt L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. ~·lJ30.

ceux qui sont dans ce genre du Hai d'après le bien, car le Hai tl'a­
l'l'ès le bien fonne l'Église chez tous; en effet, le vl'ai appartient à
la dOCl1'ine, et le bien appartienl à la vie, comme il a été dit ci­
dessus; ce Que c'est Que le vrai d'après le bien et quel il est, on le
"oit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE Jf:RUSALfiM, N° 2lJ. Comme
les douze Trihus, qui ont tiré leurs noms des douze fils de Jacob,
l'epl'ésentaient l'F;gll~e et toutes les choses de l'Église, voilà pour­
Quoi le nornbl'e dooze, comme significatif de ces choses, a été em­
ployé dans un grand 1l0mhl'e de cil'constances; ainsi (( le.ç prince,~
d' Israël étaient au nombre de douze, Il - Nomb. 1. lJlJ; ­
(( ces douze princes apportèrent pOllr l'initiation de l'Autel
douze plat.ç d'm'gent, douze craares d'orgent, douze ca.~.ço­
lettes d'or, douze taureaux, douze béliers, douze agneaux et
douze boucs, 1) - Nomb, VII. 86, 87; - par chacune de ces
choses, qu'ils apportèrent, sont signifiées des choses qui se réfèl'ent
aux vrais d'apl'ès le bien. C'eslaussi pOUl' cela que douze hommes
{urent envoyés pOUl' épier la terre de Canaan. - Deulér. 1.
23; - car pal' la terre de Canaan esl signifiée l'Église. C'est en­
core pour cela que dans le Pectoral du jugement ou dans l' lJ­
J

1'Ïm elle Tltumin il,1j avait douze pierres prù:ieuses. - Exod,


XXVIII. 2'1. XXXIX. 1lJ; - par les piel'l'es précieuses sont si­
gnifiés les \Tais d'après le bien, C'est encore pOUl' cela qu'Il y
avait douze .pains disposés en deux rang.ç Sllr la table, lt,ç­
quels étaient appelé.~ pains des (aces. - Lévi\. XXIV. 5, 6; ­
pal' les pains il était signilié le bien de l'amollI', et par la table la
réception de ce hien, par conséquent aussi le vrai dans le commun,
puisque ce vl'ai est le récipient du bien. C'est pour cela que lUoïse
bâtit un Autel au b(l$ de la montagne de Sinaï, et érigea
douze statues pour les douze tribll.~ d'J.çraël. - Exod. XXIV.
h; - car pa,r l'Aulel il est signifié le bien de l'Eglise, et par les
statues les vrais de l'Église; de la par l'Autel el les douze statues
ensemble sont signifiés tous les vrais d'apl'ès le bien, pal' lesquels
existe l'Église. C'est pour cela que douze hommes portèrent
douze piel'1'es du milieu du J oUl'dain, lesquelles {urent dres­
.~ées il Gilgal, pour être en mémorial aux /ils d'Israël. El
douze pien'es {urent aussi placée.ç dans le milieu du J ourdaiu
r
où .f ftaifllt arrêtés le,~ ]lieds des prftres qui portaient m·clte.
Vers. il. CHAPITRE SEPTIÈME. 65
-Jos. IV. 1 à 9, 20;-·car par le Jourdain, dans la Pal'ole, il est
signifié l'inll'oduction dans l'ÉgH:)c, et par'les pier'res elle milieu du
Jourdain les vrais de l'Église pal' lesquels il ya introduclion, C'est
aussi pour cela que Elie prit douze pierres et comtruisit un
Autcl.-I Hois, XVIII. 31, 32;-cal"par l'Autd il est signifié le
bien tlo ['Église, et pal' les piel'rcs les vrais de 1'11gHse. C'esl aussi
pour cela que 1ll oïse prit douze mille d'entre le,ç fil,ç d' /srllÏ'l
1
contre .~Jidi{ln, sous la conduite de Pillc!lf/$ qui l'erint {lN'('
Ult grmld butin, Slms qu'il manquât un ilomnU'. - Nomh.
XXXI. 5, 6, lrl); - cal' pal' Midian sont signifiés ceux qui sont
dans los connaissances du vrai, mais non cependant dans la vic
selon ces connaissances, c'est pourquoi douze mille fUl'ent envoyés
contr'e lui; pal' le gl'und butin pris SUI' Midian il est signifié ,la même
chose que pal' les vêtements, l'al'gent et ('01' dont les fils d'Israël
pl'ivèrent les Égyptiens, - Ex.od. III. 22. XII. 35, 3(j; - et la
même chose que par l'injuste Mammon dont on doit se faire des
amis, - Luc, XVI. 9, - ilsavoÏ!', les connaissances du vrai d'a-
près celles qu'ils possèclcnt pal' la doctrine et non pal' la \'je. C'est
aussi pour cela que «( Salomon plaça. .mr douze bœufs la Mcr
d'airain qu'il fil, » -1 Rois, VII. 25, MJ; - pal' la Mel' d'ai-
rain il est signifié le vrai d'après le bien, pal' l'eau dans ceLle mer
le vrai, et pal' l'ail'ain dont ellc était consll'uite le hien; pal' les
douze bœufs sont signifi~s tous les hiens et pal' suite les vrais SUI'
lesquels ils sont fondés. C'est encore pOUl' cela que (1 Salomon fit
un: Trône (t'ivoire, et pour le trône six degrés, et douze Lions
se tenant .sur lc,~ six degrés de chaque côté. 1) - 1 Rois, X. 18,
19,20; - cal' pal'le lI'ône de Salomon était signifié le Jugemellt
qui se fait d'après les Vl'ais pl'o\'enant du bien, et était l'epré.~enté
le Divin Vrai d'apl'ès le Divin Bien; par les Lions étaient signifiés
les vrais du Ciel el de l'}:glisc clans leur puissance, et par doul'.e
tous; voir ci-dessus, N" 253. Il est dit d'Ismaël, (1 qu'il serait
béni, et qu'il croitrait ; ct que douze Princes nafimiellt de
lui. Il - Gen. XVII..20. XXV. 1G; - et cela, parce que par lui
était signifiée l'Église externe avec tous ses vrais d'apl'ès le bien.
,11 est dit d'Élisée, (1 qu'!l'lie le tl'ollva lCllldis.qu'illaIJottrait llvec .
douze r:ouple.~ de bœll(ç, et 1Ili-mê.me au milini.des douze, l'l
qu'alors iljetn .~ml uifll1lnl1l sur lui. Il - 1 Rois, XIX. 19;-
Ill. 5.
G6 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE, 1\" 436,

cela a été fail et a été r3[lporLé, pal'ce que par Êlie et Êlisée élait
représenté le Seigneul' quant à la Parole, dans laquelle sont tous les
vrais d'après le bien; c'est pourquoi, quand cetle l'epl'ésentation a
été transpol'lée d'Élie sur Élisée, ce qui est signifié en ce qu'Élie jeta
sur Élisée son manteau, Élisée fut vu laboul'ant avec douze couples
de bœufs, et lui-même au milieu ùes douze, ce qui signifie la for­
mation de l'Église pal' les Hais d'après le bien tirés <le la P8l'01e;
t'air ci-dessus, N° 395, Il est dit dans les Chapill'es suivants,
Il qu'une (emme (ut vue el/'l.'eloppée du soleil, et la lune Salis

se:; pieds, et sur sa tête une courQn/te de douze étoiles. 1 ) ­


Apoc. XII. 1.; - ce signe fut vu, pal'ce que pal' la femme il est
signifié l'Église, pal' les étoiles les connaissances du vrai, par la
couronne le hien de ces connaissances, et pal' la tête ('intelligence.
Le.., douze ApOll'es du Seigneul' ont aussi l'epl'ésenté la même chose
que les (Iouze Tribus d'Israël, c'cst-à-dil'e que tous ensemble l'e­
présentnienll'Église, et chacun (J'eux quelque essentiel de l'Église;
de là vient qu'ils furent douze. D'après ces considérations, on peut
voir pourquoi il est dit de la Nouvelle Jél'usalem, pal' laquelle il est
signifié l'Église et sa doctrine, Il qu'('Ile avait dou-ze pOl·tes et sur
les portes douze Anges, et des noms inscrits qui sont (ceux)
des douze tribus d'Israël; et que la muraille avalt douze (on­
dements, et SUI" eux le:; noms de:; douze Apôtres de /'Agneau. 1)
-- Apoc, XXI. 12, H, - et ce que cela signifie; là par les douze
Anges, les ùouze Tribus et les douze ApOlres, il est entendu non
des Anges, ni les Tribus, ni les Apûtl'es, mais toutes les choses de
l'I~glise. Pareillement quand il est dit que Il les Apf5tres s'assié­
ront sur douze Trônes, et jugeront les douze Tribus d'Is­
raël. II - MatLh. XIX, 28. Luc, XXII. 30; - pal' là il est en­
tendu, non liaS que les ApOlt'cs s'assiéront SUI" douze tl'Ones et
jugCl'ont les douze tribus d'Isl'ael, mais que le Seigneul' seul jugera
tous les hommes par le Divin Vl'ai d'après le Divin Bien; voir ci­
dessus, N°s 9, 206, 253, 270, 297, 333. Celui qui ne sait pas
que douze signifie toutes choses, ne peut pas non plus savoir l'al'­
cane qui esl signifié en ce qu' il l'esta douze paniers de mor­
(l

('eaux de.~ ânq pains et des deux' poiSSaI/S, aVl!(" lesquels le


Seigneur rassasia dm/mille hommes outre les lemmes et les
el/(altt,~, )1 - MaLth. XIV. 15 à 21. Mal'c, VI. 37 à !J.lI. Luc,
\
Vers, li, CHAPITRE SEPTII~ME. .~­
.ul

IX, 12 il 17, Jean, VI. 9 à 13; -là, toutes les expressions, avec
les nombres eux-mêmes, ont Ulle signification; les cinq mille
hommes oulre les femmes et les cnfants signifient tous ceux qui,
étant dl3 l'I~glise, sont dans les vrais d'apl'ès le bien, les hommes
ceux qui sont dans les vrais, les femmes elles enfants ceux qui sont
dans les biens; les pains les hiens el les poissons les vrais de l'homme
natUl'el; être l'assasié signifie 8tl'e lIoUl'l'i spirituellement par' le
Seigneur; les douze paniers de mOl'ceaux signifient pal' suite lcs
connaissances du vrai et du bien en toute abondance ct en toute plé­
nituùe. Puisque t.Ioùze signifie toutes choses et se dit des vl'ais ù'a­
près le bien, qui constituent l'Église, c'est pour cela que Il le Sei­
gneur, quand il eut douze (li/S, quitta son père et sa mère, et
1'elilll dall,~ le l'emlJle, assis au milieu des docteurs, les écou­
tallt et l('s interrogeallt. Il - Luc, Il. !l2, 46; - par' là il est
entendu l'initiatioll et "introduction de son Humain dans toutes les
choses qui sont du Ciel et de l'i~glise; aussi est-ce pOUl' cela qu'il
dit, lorsqu'il fut tr'ouvé : (( Ne saviez-vous point qu'il me faut éll'e
aux alfail'es de 1ll01l Père. )) - Vel's. hO. - Puisque douze sigllilic
toutes cllOses et se dit des Hais d'après le bien, c'est pOUl' cela que
le Seigneur a dit: iV'y a-t-il pLIS douze heures au ionr? ~i
(1

quelqu'ull marclle pendant le iow:, il J:e se iœurte point, Il - '

Jean, XI. 9; - pal' le jour li est signifié l'illustl'ation dans les


vrais d'apl'ès le bien, pal' les douze heurcs du jouI' toutes les choses
du vrai d'après le bien, et pal'mal'chel' \"ine; de la par ces paroles,
dans le sens spil'jtuel, il est signifié que celui qui vit dans quelque
genre du vrai d'après le bien, est dans ['illustratioll et ne s'égare
point dans les faux. Puisque douze signifie loutes choses, c'est pour
cela que le Seigneur a dit: (( Penses-tu que ie ne puis,~e main­
tenant prier mon Pèl'e, et 1lf e fail'c assister de plüs de douze
légions d'Anges?)l - Mattb. XXVI. 53; - p~I' douze légions
d'Anges il est entendu tout le Ciel; et plus de douze légions d'Anges
signifie la Divine toute-puissance, D'après tout ce qui a été l'ap­
porté on pellt \'oir maintcnant ce qui est signifié par les cent qua­
rante-quatre mille de toute Trihu, à sa\'oil', tous CCLIX Qui sont dans
les vl'ais d'après le hien, et par' les douze mille de chaque Tribu
tous eeux qui sont dans cc genl'e du Vl'ai d'après le bien, qni ~st
signifié par' la TI'Îllu nommée; que pal' conséquent il n'est pas en­
ô8 L'APO<:ALYPSE EXPLIQUÉE. 1\'480.
tendu dOU1.e mille, ni ccux qui sont de la 1'I'ibu ùe Jcbutlab, de
Ruben, de Gad, d'Aschel', de Naphlhali, d.~ l\1t:nasseh, de Siméon,
de Lévi, d'Isasohal', de S~bulon, de Joseilh et de Benjamin. En
outre, il faut savoit' que pal' tous ceux-là, ou pal' las cent quaranle­
quatl'e mille, il est entendu ceux qui ont été élevés au Ciel avant le
Jugement Dernier; et que pal' ceux dont il est pal'Ié ensuitc, dCJluis
le Vers. 9 jusqu'à la fin de ce Chapitre, il l'st entendu ceux qui ont
été résel'vés par le SeigneUl' jusqu'au Jugement Demiel', et alors
élevés au Ciel, ainsi qu'il a déjà été dil, Nol 391, 392, 394, 397;
car ceux qui I:taient dans les vl'ais d'après le hien ont tons été re~us
dans le Ciel avant le Jugement, mais ceux qui étaiMt dans le hien
ct non encore dans les vrais ont été l'~sel'vés: -et pendant ce temps­
, la instl'llits ct préparés pour le Ciel; dans la suite il en ser'a parlé
plus au long. Ceux qui ont élé élevés au Ciel avant le Jugement,
sont aussi entendus pal' ceux dont il est dit dans le Chapitre Xl V de
l'Apocalypse: « L'agl/ca:a se tenait sur la J1{ontagne de 8ioll,
et m'cc Lui les cent quarante-quatre mille qui (wail'1lt le Nom
de .~on Pèt'e écrit sur leurs /i'onts, 1) - Vers. 1; -,il est dit
de ceux-ci, li que personne ne lJOUvflÏt npprendre le cantiqt.~,
,~inon les cent quarante-quatre mille, les aclletrs de la terre .'
re sont ceux qui {wer de,~ femmes ne se sont point souillés, car
vierges il~ sont; achetés d'entre les hmnmcs, prrmices li Dieu
et li l'Agneau, )l - Vers. 3, !J; - les mêmes sont encore en­
tendus pal' ceux qui sont de la UésUl'rection pl'emièl'e, ct les ault'es
par ceux qui sont de la Résurrection seconde, Apoc. XX. 4, 5, 6.
431. Jùsqu'a pl'ésent il a été monll'é que douze signifie toutes
choses et qu'il se dit des vl'ais d'après le bien; mais ici il va être
montré que les douze TI'ibus signifient loutes les choses de l'Église,
et chaque Tribu quelque univel'sel et quelque essentiel de l'Église.
Comme chez les tils de Jacob il devait éll'e institué une Église He­
présentative, il avait en conséquence élé poul'VU pal' le Seigneul' à ce
qu'ils fussent au nombre de douze, et li ce qu'il leUl' fOt donné de.~
noms significatifs, d'après lesquels les douze Tribus désignties par
les mêmes noms signifieraient tOLItes les choses de l'Église qu'elles
l'epl'ésentel'aient, et chaque Tl'ibu quelque lmi\'erscl essentiel de
l'Église; ce que chaque Tl'ibu signifiait et l'opl'ésentait sera donc
dit dans ce qui va SUiVl'C : CI comme toutes les choses de l'Église ~e'
Vers. 6. CIUPITlΠSl~PTIl~MB, (lO

rtirèl'cul aux ",'ais d'après Je bien, c'est nussi pour cela que les tlollze
Tl'ibus signifient les \Tais d'après le bien dans 10utle COUl!)lexe, Si
~Iles onl ét6 appelée!> Trihus, c'est plll'ce que les deux ex Il,'cssions,
d'après leS(IUcllt~s les Tribus sonl nommœs dans la Langue origi-
nale ou Langue Hébl'3ique, signifient. sceptre ct bAlon, cl que pal'
le scepll'e il esl signilié le Divin Vl'ai quanl au gOIl\'CI'nCll1ent, tl
pal' le biHon le Divin VI'ai quant à la puissance; c'est à cause ùe
'clle déri\'ation et de cetle significatiQn que, quand le peuple mUI'-
mUI':lil coutre Moise et Aharon au sujet. du Gouvel'Tlcment ct de la
Puissance qu'ils avaient, il fui ordonné que les prillce.~ de toufes
les Tribus p(}.~eraient leurs bâfvlls daJl.~ III Tente de COllrell-
fiou, et au milieu d'eux le bût·on de Lévi, sW' lequel le nom
d'AJwron m:ait été écrit, et qui fleurit ct porta des amandes.
- Nomh. X VU. 18 à 23; - car les Mtons, comme il a été dit,
siguifienlla' même chose que les tl'ibus, et le bâton de Lévi, SUI' le-
quel avait élé écril le Rom d'Ahal'on, la même chose que la T.'ibu
de Lévi et la même chose qu'Ahal'on comme Gl'and Pl'étl'e, à sa-
VOil', le bien de la charilé à l'égal'd du prochain el le bien de l'a-
moUl' envel's le SeigneUl', la Tl'ibu de Lévi le bien de la charité, ct
Allal'on Pr~tl'e le bien de l'amoul'; c'est pourquoi ce ba.lon fut posé
au milieu el do.ulla des fleurs et des amandes; éll'e placé au milieu
signifie pal' suite toutes choses, 'L'OÙ- ci-dessus, N° 313; el les
amandes signifienl les biens de la vie, Comme les douze Tl'ibus si-
gnifiaienttoutes les choses de l'Église, ou les vrais d'apl'ès le bien
dans loulle complexe, c'est pOUl' cela que « le Pectoral d' A/wron,
qui était nommé Udm et :J:'ltwnim, (ut fait de douze Pien'cs
précieuses, sous lesquellrs aaient les noms des Tribus, ou des
douze (ils d']sl'aël. Il - Exod. XXVIII. 15 à 30. XXXIX. 8
à 21, 29; - que les l'épouses du Ciel aienl élé données par ce
l'ectol'al, cela esl noloi l'e; mais d'après quelle ol'igine, cela n'a
point encol'e élé révélé, cl va pal' conséqnent êll'e dil : TOllle Lu-
mièl'c dans le Ciel Angélique [ll'ocèùe du SeigneUl' comme Soreil,
c'est !,oul'quoi cette Lumièl'e dans son essence·esl le Oivin VI'ai,
d'où pl'Ocèdenl toule intelligence el toule sagesse (JOUI' les Anges,
et aussi poul'leshomllles dans les'ehoses sl>iriluelles; celle [umièl'l~
dans. le Ciel esl modifiée en di\'el'ses cOllleurs selon les nais d'alJl'C~
le !lien lilli SOllt l'e(:us; Ile là viént'luc llans la Parole les CoulcllI's
"
70 L'APOCALYPSE EXPLlQU(m. fol" 481.

par correspondance signilient les nais d'après le bien; c'est pOUl'­


quoi aussi les réponses étaient données pal' l'éclat des couleurs des
pierres de l'Ul"im et Thumim, "et en même temps alors ou de vive
voix ou pal' 1Ine tacile pel'ception qui cOl'I'espondait à l'éclat des
couleurs: de là il est é..-ident que les douze Tribus, dont les noms
avaient été gl'avés, signifient les mêmes choses: mais sur ce sujet,
l)oir ce qui a été dit et montré dans les ARCANES CÉLESTES; à sa­
voir, que les Coulelll's dans le Ciel pl'oviennent de la Lumière du
Ciel, et en sont des modifications et des big:arrures selon la réception,
N°s 1 0112, 101l3, 1053, 16211, 3993, 1I530, 1I922, !J7112: qu'ainsi
elles sont les appal'ences du vrai d'après le bien, et signifient les
, choses qui appal'tiennent à l'intelligence et à la sagesse, N°s 1I530,
1I922, !J6i7, 9!J66; que les Couleurs, en tant qu'elles tiennent du
J'ouge, signifienlle hien, et en lant qu'elles tiennent du blanc, le vl'ai,
N° 9M37 ; que les Pierl'es en général signifient les vrais, Nos 6113,
1298,3720, 6!J26, 8609, 10376; que les Piel'I'es précieuses signi­
fient les vl'ais d'après le bien, ainsi les douze pielTes pl'ééieuses tous
les vrais qui procèden~ du bien dans l'Église et dans le Ciel, N°'9863,
~)865, 98.68, 9873,9905; que le Pectoral du jugement, qui était
sur l'Éphod et se nommait Drim et Thumim, signifie en général le
Vrai qui hrilled'apl'ès le Divin Bien, N° 9823; que Drim est le
feu qui luit, et Thumim l'éclat dans la Larigue Angélique, mais
)'inlégl'ité dans la Langue Hébraïque, -N° 9905; que d'apl'ès cela
l'Drim et Thumim par cOl'l'espondance signifie l'éclat du Divin
Vrai d'après le Divin Bien dans les derniers, N° 9905; que les l'é­
ponses y étaient données pat' les bigal'l'U1'es de lumière des pierl'es
précieuses et en même temps alors ou de vive voix ou pal' une ta­
cite perception, N° 38132; que les noms des douze Tribus y avaieut
été gravés, pal'ce que pal' elles étaient signifiés tous les Vrais-Di­
vins du Ciel et de l'Église, Nos 3858, 6335, 66!JO, 9863, 9865, .
9873, 987!J, 9905 : outl'e plusieUl's autres choses, No' 9863,
98611, 9866, 9891, 9895, Comme toule la puissance appartient
aux \'l'ais d'apl'ès le hien ou au bien par les vrais, c'est aussi pour
cela que c( les noms drs douz.e Tribus avaient été grat'és sur
deux pierres de Schoharn, six sur chacune, et que t'es pierres
étaient placées SIl/' les deux épaules de 1'.Éphod dottt Aharon
était revêtu. n - Exod. XXVlll. {) à H, XXXIX, 6,7; - ce
Vers, 4. CHAPITRE SEP'l'IJ!;ME. il
qui signifiait la puissance du Divin VI'ai tl'après le Divin Bien. ct
par suite la puissance pOlir ceux qui reçoivent le Divin VI'ai dans
le bien de l'amolli'; cal' pal' les pierres de Schohnm étaient signifiés
les vrais d'après 10 bien de l'amolli', flar les épaules la puissance.
et par les douze Tribus tous ceux qui sont dans [es vrais d'après le·
bien: que toute la puissance apparlienne au Divin Vl'ai d'après [e
Divin Bien, et que par suite la puissance soit à ccux qui reçoi­
vent, on le voit ci-dessus, N°' 209, 333, et dans le Tl'ailé DU CIE~
ET DE L'E~FER, N°' 228 à 233; et que les épaules signifient la
puissance de toute manière, on le voit dans les ARCANES CÉLESTES,
NOJ!Jû31 à lt937, \l836. Que les Tribus signilient toules les choses
de l'Église, on peut le voir pal' les passages suivants; dans Mat­
thieu : li AlO1'S apparailra le signe du fil.ç de l'homme, et
alor.s se lamenteront toutes les Tribus de la terre, et elles 'Cer­
l'ont le Fils dr l'hOJnna€ renanl dans les nuées du Ciel arec
puissance el gloire. » - XXIV. 30; - et dans l'Apocalypse:
«( Voici, il rient al'ec les nuées, et Le verra t out œil, ceux
aussi qui L'ont percé; et ,çe lamentn'Olll sur Lui toules les
Tribus de la terre. 1) - J, 7; - par ces paroles il est signifié que
le Seigneur à la fin de l'Église se révélera dans la Parole pal' le
sens interne, ct que lous ceux qui sont dans les vrais d'après le bien
reconnaîtront, et que même ceux qui sont dans les faux d'après le
mal vel'ront, voir ci-dessus, No' 37, 38, 39; (1 toutes les Tribus
de la lerl'e se lamenteront, )1 signifie que tous les vl'ais d'après le
bien péril'ont. et seront l'cm placés pal' les faux d'apl'ès le mal; les
Tr(bus de la tel'l'e sont tous ceux de l'Église, et aussi toules les
choses de l'Église, Dans Matthieu: Il J é.sus dit aux disciples:
En vérité je t'OIlS dis que vous qui M'{wez suivi dans la régé­
nél'alioll, quand sera assis le Fils de l'homme .sur le trône de
sa gloire, vous serez aussi assis, vous, liur douze trônes, ju­
geant les douze Tn·bus d'Israël. Il ~ XIX. 28; - et dans
Luc: (1 Afin que vous manr;iez et 'lue vous buviez sur ma table
dans mon Royaume, et que l'OUS soyez a.çsis Sllr des trônes
jugeant les douze Tribu.ç d'1IiraN. Il - XXII, 30; - personne
ne comprendrait ces paroles, à moins de savoir d'après le sens in­
lCl'ne ce qui est entendu par le:; A.pôtres, pal' les trônes, et par les
TI'ihus d'Isl'aül; fini est-cc qui ne peut savoil' flue tes !\pôll'es nt~
72 L'APOCALYPSE K.XPLlQUÉE. 1'1" 43t.
juger'ont pas, mais que c'est le Seigneur seul qui jugera j' en effet,
chacun est jugé selon sa vie, et il n'y a que le Seigneur seul qui sa­
che la vie de 10us, et les Apôtres ne savent pas même la vie d'ull seul:
mais, dans le sens spirituel, par les douze ApOtl'es sont signiiiés tous
les Yl'ais d'apl'ès le hien, par s'asseoir sur des trOnes il est signifié le
jugement., et pal' les douze Tribus. d'Israel sont signifiés tous ceux
qui sont de l'ltglise; c'est pOUl'quoi pal' ces paroles il est signifié
que le SeigneUl' doit les juger Lous d'après le Divin Vrai et selon la
récepLien 'de ce vrai dans le bien. Que ce soit là ce qui est signifié
par les ApOtl'es et pal' les Tl'ibus d'Isl'aël, on le voit clairement d'a­
pl'ès ces pal'oles da.us l'Apocalypse: (( La Nouvelle Jérusalem
ltl'ailune muraille grande et élevée, ayant douze portes et
sur les portes dOlCe Anges, et des noms inscrits qui sont
(ceux) des douze 1'ribus des fils d'lsrlÛl; et la muraille avait
douze londenumts, e(sul' eux les noms des douze Apôtl'es de
l'Agneau, » -XXI. 12, 1lJ; - pal'Ia Nouvelle Jérusalem il n'est
pas enlendu quelque Jérusalem nouvelle, ni pal' sa muraille et ses
pOl'les une muraille ct des pOI'tes, ni par les douze Tribus et les
douze ApOll'es, les douze Tl'ibus e! les douze ApOtres; que par ces
paroles il soit signifié ahsolument d'autres èho~es, on le' voiL c1ai­
l'ement par cela seul que pal' la nouvelle Jérusalem il est entendu
une nouvelle Église quant à la doctl'Ïne; les Anges, les tribus et les
apOtl'es signifient donc des choses qui appartiennent à cette nouvelle
Église, lesquelles se "éfèrent toutes au vrai et au bien, et à la con­
jonction du vrai et du bien, par conséquent aux vl'ais d'après le
bien :·mais on vel'I'a ces paroles expliquées dans la suile; toutefois
elles l'ont été sommair'ement dans l'Opuscule de la DOCTIIINE DE LA
NOUVELLE JÉUUSALElII, N° 1, Dan.s David: (( Jérusalem qui a été
hûtie comme une rille dont les parties se tiennent ensemble,
où montent les Tribus, les Tribus de Jah, témoignage à Is­
raël, pour confesser le nom de Jéhovah. » - Ps, CXXII. 3,
h; - là aussi pal' Jél'Usalem est signifiée l'Église quant à la doc­
trine; elle est dite batie comme une ville dont les pal'ties se tiennent
ensemble, quand toutes les choses de sa doctrine sont d'accord et
unanimes, et quand mutuellement elles considèl'ent le Seigneur et
l'amour envers Lui pal' Lui comme pl'incipe el fin; elle est dite
bâtie comme une ville, pal'ce que la ville signifie la doctrine; les

Vers. 4. CHAPITRE SEP'flÈME. -3
vl'ais de la doctl'ine qui considèrent le Seigneur sonl signifiés pal'
les tl'ihus, les tl'ibus de Jah ; par les trihus sonl signifiés les vrais,
et pal' les tribus de Jah les vl'ais d'après le bien qui pl'ocèdent du
Seigncm'; le calte qui en provient est signifié par LOnfesser le Nom
de Jéhovà tomme par Isral:l est signillée l'Eglise qui est dans
les ~'l'ais d'après le hien, voilà poul'q110i dal)s la Parole Israël est
nommé« Tribus de l'héritage, 1l-l<:Saïe, LXl'II. 1 ï. Jérém. X.
16, LI. 't9, Ps, LXXIV. 2.- Et comme pal'l'1tgypte sont signifiés
les vl'ais scientifiques qui sont dans l'homme natul'el, et SUI' lesquels
sonl fondés les vrais d'apl'ès le bien qui sont les vl'ais de l'homme
spil'i1oel, voilà pourquoi l'Egypte est appelée Cl Pierre Angu­
laire·des tri/ne:>, li - Ésaïe, XIX. 13; - la pierre angulaire si­
gnifie le fontlement; voir ci-dessus, N° lJ17. Et comme par la tene
de Canaan il est signifié ('Église, et par les douze TI'ihus toutes les
choses de l'Église, eL. pal' chaque Tl'ibu quelque uni\'cl'sel et quelque
essentiel de l'Église, \'oilà' pourquoi celle Tel'I'e a été divisée entre
les TI'ibus, - Nomh. XXVI. 5 à 56. XXXIV. 17 à 28. Jos,
XV et suiv. - C'est même ce que l'on voit c1ail'ement dans l~zé­
chiel, où il s'agit de la nouvelle Teree pal' laquelle est signifiée la
nouvelle Eglise qui devait être instaUl'ée par le Seigneur, et où il
est\lI'édit et désigné comment celle Terl'e serait distl'ibuée en héri­
tage selon les douze Tribus d'Israël, - Chap, XLVII. '13, 20; ­
s Il'ihus sont même recensées quant à lem's noms, - Chap.
XLVnr. 1 à 35 : - que là il ne soit pas entendu que les douze
Tribus d'[sraël auront celte terre en bél'i1age, ni aucune des Tribus
qui y sont nommées, cela est bien évident; en effet, onze Tl'ibus
ont été dispersées et mêlées de tout cOlé avec les Nations, et cepen­
dant il est dit quel Angle ou quelle plage de la lel'l'e sera l'héritage
de la Tribu de Dan, quelle autl'e sera l'héritage d'Aschel', de
Naphtali, de Ménasseh, d'Éphraïm, de Ruben, de Jehudah, de Ben­
jamin, de Siméon, d'Isaschar, de Zéhulon, de Gad, d'oill'on voit
clairement que là par la terre il est entendu l'Jtglise, pal' les douze
Tribus toutes les choses de l'Église, et par chaque Tl'ibu quelque
unÏ\'el'sel-essentiel de l'Église. Il en est de même, dans ce Cha­
pitre de l'Apocalypse, do recensement des douze Tribus, en ce que
douze mille de chaque Tt"ibu sel'aient marqués et sauvés; que pal'
douze mille il y sôit signifié tous et toutes choses, on le voit dans
!J L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"lIal.
l'Article précédent; quant à l'univel'sel-essenLiel de l'Église que
chaque Tribu signifie, cela sera dit dans ce qui suit. Il est dit à l)eu
près la même chose ùe l'Église chez les Anciens, qui précéda l'É-,
glise IS1'aélite, dans Moïse: Cl Souriens-toi des jours d'éternité,
discernez les années de génération et génération; int en'oge
ton père qui te (le) déclarera, tes anciens qui te (le) diront:
Lorsque le Très-Haut donna l'héritage aux nations, lorsqu'il
sépara les fils de l'homme, il établit les bornes des peuples
selon le nombre des fils d'Israël, Il - Deuté." XXXII. 7, 8;
- ces choses ont été dites des Églises qui existèrent avant l'Église
instituée chez les fils d'Israël; ail sujet de ces Églises, l'oir Gans la
DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, le N° 247; \'Égiise Très­
Ancienne qui exista avant le déluge, et qui fut une Église céleste
ou une Église dans le bien de l'amour envers le Seigneur, est en­
tendue par «les jOUl'S d'élemité, lorsque le Très-Haut donna l'M­
l'itage aux nations, 10l'Squ'ii sépara les fils de l'homme, )l pal: les
nations il est signifié ceux qui sont dans le bien, voir ci-dessus,
N° 331, et par les fils de l'homme ceux qui sont dans les vl'8is d'a­
pl'ès le bien, voir aussi ci-dessus, N°' 63, 151 ; et l'Église An­
cienne, qui exista après le déluge et fut une Église spirituelle, est
entendue pal' Cl les années de génération et génél'ation, lorsque le
TI'ès-Hallt établit les bornes ùes peuples selon le "nombre des fils
d'Israël, ) par les peullies il est signifié ceux q~i sont dans le bien
spirituel, lequel est le bien de la charité à l'égard du prochain, voir
aussi ci-dessus, N° 331, et pal' le nom1.JI'e des fils d'Israël il est si­
gnili6 la même chose que par les douze Tribus selon lesquelles les
héritages ont été donn_és, comme ci-dessus dans Ézéchiel. Ici vont
être l'apportés deux Arcanes sur les douze Tribus: I. Que les ordi­
nations des Tribns onneprésenté les ol'dinations des Sociétés An­
géliques dans les Cieux, d'où ill'ésulte qu'elles ont représenté toutes
les choses de l'Église, cal' l'Église et le Ciel font un. 11. Que la re­
présentation du Ciel et de l'Église tombe selon l'ordre dans lequel
elles sont nommées; et que le premiel' nom ou la première Tribu
est l'indice d'après lequel sont déterminées les choses qui suivent,
pal' conséquent les choses du r.iel et de l'Église avec variété. PRE­
MIÈRBIENT : Que les ordinations des douze Tl:ibus d'Israël aient
J'cprésentê les ol'dinations des Sociétés Angéliques dans les Cieux,
\'el'S, h. CHAPITRE SEPTIÈME. 75
par conséquent le Ciel" puisque le Ciel consiste en Sociétés Angé­
liques, on peut le voir en ce 'lue chaque Tl'rbu a l'eprésenté et pal'
_suite signifié quelque universel-essentiel de l'Église, et que les
douze Tribus prises ensemble ont l'eprésenté toutes les choses de
l'Église, et que l'Église chez les fils d'Isl'aël a été instituée Église
l'cprésentative; c'est pourquoi toule la nation distrihuée en ùouze
Tl'ibus a l'epl'ésenté l'Église dans tout le complexe, par conséquent
aussi le Ciel, car les mêmes biens ct les mèmes vrais qui fontl'É­
glise font aussi le Ciel, ou les mêmes biens et les mêmes vrais qui
foht le Ciel font aussi l'Église, voir dans le Traité DU ClEL ET DE
L'ENFER, N° 57 : les orùinations des douze Tribus d'Israel selon
les ordinations des Sociétés Angéliques du Ciel, pal' conséquent
selon la forme du Ciel se montrent dans leurs campements décrits
dans MOïse, il savoil', en ce que Il vers le Let'ant campèrent les
Tribus de J Chudah, d'Isaschar fl de Zébulol!; vers le Midi
les Tribus de llubeu, de SirruJon et de Gad; vel's l'Occident
les Tribus d'Éphraïm, de Ménasseh et de Benjamin: et t'ers
le Septentrion les Tribus de Dau, d'Ascher et de IVaphtali;
et la Tribu de Lévi dans le milieu de Camp: et en cc qu'elles
. partirent aussi dalls le même ordre. Il - Nomb. Il. 1 à lM ;
- celui qui sait qui sont et quels sont ceux qui, dans le Ciel, habi­
tent dans la Plage Orientale, et qui sont et quels sont ceux qui ha­
bitent dans la Plage Méridionale, dans ta Plage Occidentale, dans
la Plage Septentrionale, et qui sait en même temps qui sont et quels
sont ceux que chaque Tl'ibn signifie, peut savoil' cet aI'cane, c'est­
à-dil'e, pourquoi lesTl'ihus de Jehudah, ù'lsaschar' et de Zéhulon
campèrent à 'l'Orient, poul'quoi les Trihus de Ruben, de Siméon et
de Gad campèrent au Midi, et ainsi de suite; pOUl' illustl'ation, il
sel'a seulement parlé des Tl'ilms de Jehudah, d'Isaschar et de Zé­
buton, qui campèrenl à l'Orient: Pal' la Tribu de Jehudah il est
signilié le bien de l'amour envers le Seigneur, par la Tribu d'Isas­
chal' le vrai de ce bien, et pal' la Trihu de Zébulon le mariage du
hien et du vrai, qui est aussi appelé mariage céleste; ceux qui, dans
le Ciel, habitent dans la plagc Ol'ientale, sont aussi tous dans le bien
de l'amOlli' envers le Seigneur et dans les vrais,d'après ce bien, et
par suite dans le Mariage Céleste; pal'eillement doivcnt êtl'c en­
tendues les autres 'fl'ibns, Que dans le Ciel tous hahitenl, ehacun
() L' APOCALYPSE l~XPL1QUEE. N"lt31.

selon sa qualité, dans les quatre plages, et que les plages ne soient
point là' comme les plages dans notre M1lnde solaire, on le voit dans
le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°'141 à 153, Comme les cam·­
pemenls des fils d'Israël repr'ésentaient les ol'dinations des sociétés
Angéliques dans Je Ciel, c'est pOUl' cela que quand Biléam vit leurs
campements, il vit en esprit comme le Ciel, et il pl'ophétisa et les
bénit; il en est parlé ainsi dans Moïse: Biléam dirigea vers le
(l

désert ses races~ et lorsqu'il leva les yeux et vit Israbl habi­
tant selon ses T1'l'bus~ et 1.'int sur Illi l'esprit de Dieu. et il
prononça son énoncé prophétique, et dit" Qu'ils ,ÇOllt bons tes
Tabe1'lwcle,ç, J aCQb! tes H abitacles~ Israël! comme des vallées
ils sont plrmttls~ comme des jardins auprès d'un fleuve~ etc. Il
- Nomb, XXIV, 1, 2, 3, !J, et suiv. ; - qu'alors il ait vu les
campements des fils d'lsraêl placés en OI'dre comme ci-dessus, cela
est évident, car il' est dit qu'il dirigea ses faces vers le désel't, et
. qu'il vit Israël habitant selon ses Tribus; et comme alors il vit l'OI'dre
du ciel dans ces campements, c'est pour cela que vint sU\' lui l'esprit
de Dieu, et qu'il prophétisa et dit: Qu'ils sont. hons tes Taberna­
cles, Jacob! les Habitacles, ISI'aê!! les label'nacles, et les habitacles
signiftent les habilations telles qu'elles sont dans les cieux, les taber­
nacles les habitations de ceux qui sont dans le bien de l'amoUl', et
les habitacles les habitations de ce,ux qui sont dans les vrais d'apl'ès
ce bien; les fl'llctifications du bien el les multiplications du vrai, et
pal' suite l'intelligence et la sagesse sont signifiées par comme des
(l

vallées ils sont -plantés, comme des jardins aupl'ès d'un fleuve; Il
cat' tout bien et pal' suite tout vl'ai coule selon la fOl'me du _Ciel,
comme on peut le voil' d'apl'ès ce qui a tM exposé, dans le Tl'aité
DU CIEL ET DE L'ENFER, SUI' la l'orme ùu Ciel selon laquelle s'y éta­
blissent les consociations et les communications, No' 200 à 212.
SECONDEMENT: Que la repl'ésentation du Ciel et dè l'Église tombe
selon J'QI'dre dans lequel les Tribus sont nommées, et que le pre­
mier nom ou la pl'emièl',e 'l'ribu est l',indice d'apl'ès lequel sont dé­
leI'minées toutes les choses qui suivent, pal' conséquent les choses
. ùu' Ciel et de l'Églist avec variélé; mais cet arcane peut difficilement
tomhel' dans l'entendement de quelqu'un, à moins que ce ne soi.
dans l'idée spirituelle, cepenùant il en sel'a pal'lé cn peu de mots :
Soit, pOUl' exemple, la Tribu de Jljhudah, la 11l'ClUièl'C Tribu qui.
Vers. l,. CHAPITRE SEPTIÈME. 77
est nommée; comme celle Tr'ihu signifie le bien de l'amOur Il en
. ré..'lulte que les significations des autres Tribus qui suivent sont dé­
terminées d'apt'ès le hien de l'amour comme prinoipe, ct cela avec
variété selon l'ord,'e dans lequel eUes sont nommées; en effet" chaque
Tribu si.gnifie quelque unircrsel de l'Église, et l'uni\lersel admet cn
soi des va"jélés spécifiques, pal' consequont une vat'jété conrOl't'rie au
premier d'où il dc!\cend, c'est pourquoi ùans' le cas présent., tous les
universaux dans la série til'CIIt du bien de l'amour, qui e~t signifié
par la TI'iIJu do Jehndah, leur SOIIS spil'ituel spécial: si la Tl'iuu
uommée en premiel' lieu est la Tr'ibu de Ruben, par laquelle est
signifié le Vrai dans la lumière et l'entenùement du "l'ai, toules les
autl'es Tribus, qui suivent, tirent de là des significations qui con­
cordent et coïncident avec l'universel que chacune signifie: il en
'est de cela comme des couleurs qui se présentent avec une teinte .
produite ,pal' une pl'emière oouleul', laquelle se l'épand dans les autl'es
et en val'ie l'aspect: cela éta,nt bien compris, on peut voil' pour'quoi ­
les "éponses à une chose quelconque étaient ùonnées pal' rUrim el
Thumim; c'élait, en effet, pal' l'éclat que pl'oùuisaient les piel'I'cs
pl'écieùses d'apl'ès l'origine de la couleul' pl'ovenalll de cette picl'!'
sous laquelle était la Tl'ibu pal' qui la détel'minalion avait com­
mencé; les couleul's de ces piel'res cOITes]1ondaient aussi aux uni­
vl:i'sels signifiés pal' les Tribus inscr'ites : celui qui sait cela, et qui
sait en même temps l'uilivel'sei que chaque TriIJu signifie, peut
p€I'cevOÎl' un peu, s'il est dans l'illustralion spirituelle, ce que signi­
fient les Tribus dans la série dans laquelle elles sont nommées dans
la Parole; pat' exemple, ce qu'elles signifient dans ta sél'ie, 0(1 sont
nés les fils de Jacob, dans laquelle elles se suivent dans cet ordre:
« Ruben, Siméon, Lévi, Jchudah, Dan, Naphtali. Gad, Aseher',
lsaschar, Zébulon, Joseph, Benjamin, 1) - Gen. XXIX et XXX,
puis XXXV. il;. - Ce qui est signifié dans la sél'ie, ab départ
des fils de Jacob pour l'Égypte; ils y sonll'ecensés dans cet ordl'e;
(1 Ruben, Siméon, Lévi, Jehudah, Isaschar', Zébulon, Gad, Aschel',

Joseph, Benjamin, Dan, Naphtali, Il - Gen. XLVI. 9 à 21. ­


Ce qui est signifié pal' eux dans la série dans laquelle ils sont bénis
pat' leur Père ISI~ël, et oil ils SOllt nommés dans cet ot'dl'e : Ru­
(1

hen, Siméon, Lévi, Jehudah, Zébulon, Isaschal', Dan, Gad, As­


chel', Naphlali, Joseph, Benjamin, II - Gen. XLIX. - Il cn est,
7~ L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. NU lt3!.

autrement quand ils sont bénis pal' Moïse; ils sont placés dans cet
ordl'e : Il Ruben, Jehudah, Lévi, Benjamin, Joseph, ÉphraIm,
Ménasseh, Zébulon, Gad, Dan, Naphtali, Ascher, 1) -Deutér.
XXXIlI;-là, Siméon et Isaschal' manquent et sont remplacés par
Éphl'aïm et Ménasseh; et, ce qui est signifié par ces Tl'ibus en série
ailleurs, comme dans - Geu. XXXV. 23 à 26. Nomb. I. 5 à 16~
VII. 1 à 89. XI11. !.J à 15. XXVI. 5 à 56. XXXIV. 17 à 28.
Deutél'. XXVII. 12,13. Jos. Chap. XV à Chap. XIX. et Ézéch.
XLVllI. 1 à 35. - Que les douze Tribus aient divel'St's significa­
tions selon l'ordre dans lequel elles sont nommées, et que par con­
séquent elles signifient aussi toutes les choses du Ciel avec variété,
on le v.oit dans les ARCANES CÉLESTES, Nos 3862, 3926, 3939,.
h60S, et suiv., 6337, 66!lO, t0335, Mais,quant à ce qu'elles signi­
fient dans la série où elles sont nommées dans la suite de ce Chapi­
tre de ['Apocalypse, cela sel'a expliqué plus bas; en elfet, elles sont
nommées dans cet ordl'e : Jehudah, Ruben, Gad, Aschel" Naphtali,
Ménasseh, Siméon, Lévi, Isaschal', Zéhulon, Joseph, Benjamin;
Dan et Éphraïm sont passés sous silence ou ne sont 'pas 'nommés:
h32. Vers. 5. De la tribu de J elllldall douze mille mar­
qués; de la tribu de Ruben douze mille marqués; de la tribu
de Gad douze mille marqués. - De la tribu de J ehudah douze
mille marqués, signifie l'amour envel's le Seiglleul', et que tous
ceux qui sont dans cet amoUl' sont dans le Ciel et viennent dans le
Ciel: de la t1'ibu de Ruben douze mille marqué,li, signifie la
lumière du vrai d'après ce bien, et que tous ceux qui sont dans cette
lumièl'e sont dans le Ciel et viellnellt dans le Ciel: de la tribu de
Gad douze mille marqués, signilie le bien de la vie qui en pro­
cède.
!l33) De la t1'ibu de J ehudah douze mille marqués, signifie
'--;
l'amour envers le Seigneur, et que tou,~ ceux qùi sont dans cet
amour sont dans le Ciel et viennent dans le Ciel: on le voit par
la représentation et par la signification de J ehudalz et de la Tribu
de J ehudtlh, en ce que c'est ('amour envers le Seigneur, ainsi
qu'il va étl'e expliqué; par la signification de douze mille, en ce
que ce sont tous et toutes choses, comme il a été montré ci-dessus,
N° !t30, ici tous ceux qui sont dans cet amour; et pal' la significa­
tion des 1Julrquéli, en cc qu'ils sont ceux qui ont été distingués et
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 79
séparés de ceux qui sont dans le mal, pal' conséquent ceux qui sont
dans le bien, comme il a aussi été montré, N° b2.7; que ce soient
ceux qui sont dans le Ciel et viennent dans le Ciel, c'en est la consé-
quence, cal' eux étaient marqués sur les fronts, c'est-à-dil'c, sépaJ'és
des méchants; en effet, ce sont ceux dont il est dit dans le Chapitre
XIV de l'Apocalypse: (( L'Agneau se tenait sUI' La montagne
de Sion, et avec Lui cent quarante-quatre mille q/li m'aienl
Le nom de son Père écrit sur Leurs {ronts : ce sont ceux qui
m:ec des femmes ne se sont poillt souiLLés, car 1)icl'fJcS ils sont,
achetés d'entre Les hormnes, prémices ù Dieu et ù L'Agneau. )1
- Vers. 1, 3, b; - pal' la montagne de Sionesl signifié le Ciel,
où est l'amour envers le Seigneur; car tous ceux qui sont signifiés
par les douze mille de chaque Tribu, ou par les cent qllarante-quatt'e
mille marqués sur les fronts, sont ceux qui reconnaissent le Sei-
gneur et l'aiment; c'est pourquoi, la première Tl'ibll qui est lIom-
mée est la Trilm de Jehudah, et par celle Tribu est signifié [' A-
mour envers le Seigneur; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° b3:!,
la représentation du Ciel Iambe selon l'ordre dans lequellcs Tl'ibus
sont nommées; et c'est d'apl'ès le premier nom, ou la premièl'e
Tribu nommée.. que découlent avec variété les déterminations et les
significations des Tribus .qui suivent: outre cela, personne n'est
admis dans le Ciel que pal' le Seigneur, cal' tout le Ciel Lui appar-
tient, c'est pOUl'quoi il n'y a dans le Ciel et il n'y vient que ceux
qui reconnaissent le Seigneur et L'aiment j L'aimer, ce n'est pas
L'aimer quant à la Personne, mais c'est vivre selon ses préceptes,
comme le Seigneur l'enseigne aussi en termes clairs dans Jean:
«( En ce jour-Là vous connaitrez que il'! oi (je suis) dans mon
Père, et vous en il{ oi, et Moi en vous: ceLui qui a mes pré-
(eptes et Les f'ait, c'est celui-lli qui 111' aime: Si queLqu'un
M'aime, ma paroLe il garde, et mon Père L'aimera, et ù Lui
nous viendrons, et derneure chez Lui nous (erons : ceLui qui
ne .M'aime point, mes paroles ne garde point. )) - XIV. 20,
21., 23, 2LJ; - si ceux. qui aiment le Seigneur sont ceux qui font
et gardent ses préceptes et ses paroles, c'est parce que les pré-
ceptes et les paroles du Seigneur signifient les Divins Vrais, et
que tout Divin Vrai pl'ocède de Lui, et que ce qui pl'ocède de Lui
est Lui-Même; c'est pourquoi, lorsque l'homme est dans ee Vrai
80 L'APOCA.LYPSE EXPLIQUÉE. l'l"!l33.

quant àla vie, le Seigneur est alors en Lui ct lui dans le Seigne~r;
de là vient qu'il ,est dit: Il Vous en Moi et Moi en vous" et qu~i1
viendra et que,demeure cbez lui il fera. » C'est donc là aimer le Sei~
gneur; aimel', c'est aussi être conjoint,cal'l'amour eiit la conjonction
spirituelle, et la conjonction s'opère par la réception du Divin Vrai
par la doctrine et r!aJ' la vie. Aval\t de montrer d'après :la Pal'ole
que par Jehudah, ou par la Tl'ibu qui a reçu SOli nom de .Jehudah. il
esl signilié l'amour envel's le Seigneul', il sel'a dit ce que Jehudah
signilie en chaque sens dans la Pal'Oie : Jehudah dans le sens su­
pl'éme signifie le Seigneur quant à l'Amoul' Céleste; dans le sens
interüe. le Royaume céleste du Seigneu!' ct la Parole; et dan~ le
sens extcl'ne, la doctrine d'après la Parole, doctl'ine qui appaI'lient
au Royaume Céleste; et comme il-signifie dans le sens supl'ême le
Seigneur quant à l'amoUl' céleste, et dans le sens interne le Royaume
céleste, il signifie allssi l'amour envel's le Seigneur, car cet amoUl'
est l'amOllI' l'écipl'oque chez l'homme, et règne dans le Royaume Cé­
leste du SeigneUl'. Il ya deux Royaumes, dans lesquels tout le C.iel
a été distingué, le Royaume céleste et le Royaume spil'ituel; le
Royaume céleste se compose de ceux qui sont dans l'amour em'e"1\
le SeigneUl', et le Royaume spirituel, de ceux qui spnt dans l'a­
moUl' à l'égal'd du prochain; de là on voit clairement ce qui est
entendu pal' l'amour céleste el par l'amoul' spirituel; mais au sujet
de ces Royaumes, voir dans le Traité DU 'CIEL ET DE L'ENFE.R,
les N°' 20 à 28. Les Juifs 'et les Israëlites représentaient ces del\~
Royaumes; les Juifs le Royaume c.éleste, et les Israélites le
Royaume spirituel. Si Jehudah signilie aussi la ·Pal'ole, c'est
parce que le Seigneur est la Parole et a pris l'Humain dans cette
Tribu, afin que quant à l'Hum,ain il fm allssi la Pal'ole, selon ces
expressions dans Jean: II Au commencement était la Parole, et
la Parole était chez Dieu. et Dieu elle était, la Parole! Et
la Pm'ole Chair il été faite, et elle a habité pm"Jni nOtl'8. '> ­
J. 1, 14; -:- la Pal~ole signifie le Seigneu\' quant au Divin Vrai
procédant de son Divin ArnoUl'; de là vient que éeux qui aiment le
Divin Vrai dans la Pal'ole et ql!i le font, sont dans l'amoul' ·du Soir
gneul'. Que par Jehudah il soil signifié le Seigneur quant à l'A:"
mour céleste, el pal' sui le .J'Amour covel's le Seigneur, ct ~si la
Parole, on peut le "oil' pal' les passagf'.'i suivants; dans M'Oise:
Vers. 5. CHAPITRE 8EPTIÈMK 8-1
« J eltudah, toi, te cé/t.brl'rOl1t tes rrèl'n; la main sur la
nuque de tes el11zemi,~; t'crs toi se prosterneront le,~ fil" dl: fOIl
père; petit de lion, J ehudah; de la proie, mon fil,~, tu es
monté; il s'est courbé, -il s'est couché ('omme lin {io", et
comme un m'eux lion; qui le (era lefer? Le sceptrl' Ile ura
point retiré de J ehudah, ni le législatell1' d'entre ses pied.~,
jusqu'à ce que vienne Schilolt, ct à lui l'obéiss((Jlt'f de,~ peu­
1Jles : il attache au cep son 11110/1, et {lU cep e:uelll'/11 le fil.~
d8 son ûnesse : il lave dans le vin son t'êtement, et d(lm l(~
sang des railjùls son manteau: rouge d'yeux par le 1.';11, cl
blanc de dents par le lait. II - Gen. XLIX. 8, g, 10, 11,12;
- là par Jehudah est décril dans le sens spiriluel le Royaume cé­
leste du 8eigneul', el le SeigneUl' Lui-Même quant à l'amour cé­
lesle; l'amour céleste est l'ArnoUl' du Seigneur l'eçu dans le
Royaume célesle,et l'amour spirituel est l'Amolli' du Seigneut'
l'eçu dans le Uoyaume spil'iluel; pal' ces paroles sont signifiées les
choses qui suivent: Il Te célélll'el'Ont tes l'l'ères, II signifie que l'É­
glise Céleste est plus émil)enle que Ioules les aull'es, car les l'l'ères,
ou les Tl'ibus qui ont lil'é leul' nom des fils de Jacob, qui étaient
ses fl'èl'eS, signifient l'Église; Il la main SUI' la nuque de les en­
ne-mis, Il signifie que la lt'Oupe infel'Dale et diabolique sel'a chas­
sée et détenue, les ennemis sont ceux qui sont de l'eul'el' ; (1 vel'S
toi se prostel'Deront les fils de ton père, II signifie que tous les Hais
de l'Église se soumeltl'Ont; se (II'oslel'nel', c'est se soumeltl'e, et les
lils de sou père sont tous les ''fais de l'Itglise, CUI' lous les vrais de
l'Église ont été insités dans ceux qui sont dans l'amour envers le
SeigneUJ', el par suite dans le Royaume céleste; Il petit de Lion,
Jehudah, )1 signifie l'innocence avec les forces innées, car l'amoui'
envers le SeigneUl', consideré en lui-même, est l'innor.ence, celle­
ci esl signiliée pal' le petit, et les fOl'ces innée~ avec elle sont signi­
fiées pal' le lion; (1 de la proie, mon fils, lu es monté, li signifie que
plusieUl's sont délinés de l'enfer'; (f il s'esL courbé, il s'est couché
comme un lion, et comme un vieux lion, II signilie le bien de l'a­
mour et le vrai de ce bien dans sa puissance, Cil l' se cOl1\'ber,
quand cela est dit du lion, c'est se mettl'e en puissance; (t qui le
l'cm lever? li signifie (lu'i1 est en sÙl'eté pal'lout où il esl, et qu'il
ne peut pas êtl'c éhranlé pal' les rnfel'S; Il If) scepll'c ne sera poinl
JIl. G.
82 L'APOCALYPSE EXPLIQliÉE. N" 438.
. retil'é de Jehudah, signifie que le pouvoir ne se l'etil'el'a point
1)

du bien de l'amoul' céleste; (( ni le législateUl' d'cntre ses pieds, 1)


signifie que les vl'ais de la Pal'ole ne se l'etireront point non plus de
son dernier sens; (( jusqu'à ce que viénne Schiloh, ) signifie l'a­
vénement du SeigneUl', et alors la tranquillité cie la paix; C( et à
lui l'obéissance des peuples, 1) signifie les vrais procédant du Sei­
gneur, et la conjonction pal' ces Hais; CI il allache au cep son
ânon, ) signifie l'Église externe et les vl'ais de cette Églisè pal' le
Seigneur; CI et au cep excellent le ms de son ânesse, 1) signifie
l'Église interue ct les vrais de cette Église par le Scignem'; « il
lave dans le vin son vêtemenl r signifie que l'Humain extel'lle ou
1)

natul'cl du Seigneul' est le Divin Vl'ai pl'océdant de son Divin


Amour; « et dans le sang des raisins son manteau, ) signifie que
l'Humain interne ou rationnel du Seigneur est le Divin Bien pro­
cédant de son Divin Amour; (( rouge d'yeux pal' le vin, ) signifie
que l'Humain interne ou rationnel est absolument le bien; cc et
blanc de dents pal' le lait, signifie que l'Humain externe ou na­
1)

turel est absolument le bien du vrai: dans celle description, d'a­


près chacune des expl'essions, on peut voir que par Jehudah il est
entendu, non pas Jehudah, mais quelquc céleste éminent, qui est
ainsi décrit: ces pal'oles ont été expliquées en particulier dans les
ARCANES CÉLESTES, voir No' 6363 à 6381.. Dans Ézéchiel: (( Toi,
fils de l'homme, prends-toi un bois, et écris dessus: A J e­
h71dah et aux fils d'1smël ses compagnons; ensuite prends.
un bois et érris de,çS1t.ç: A Joseph, bois d'Éphraïm et de toute
la maison d'Israël; ensuite joins-les l'un arec l'autre pour
toi en un seul bois, en sorte que soient un les deux dans ma
main: Moi, je prendrai le bois de Joseph, qui (est) dans
la main d'Éphraïm et des Tribus d'Israël ses compagnons,
et j'ajouterai ceux qui sont sur lui arec le bois de J ehudah,
et j'en ferai un seul bois. Moi je prendrai les fils d'braël
d'entre les nations où ils sont allés, et je les rassemblerai
d'alentour, et je les amènerai sur leur terre, et j'en ferai
une seule nation sur la tei're dans les montagnes d'braël, et
un seul Roi sera sur eux tous pour Roi; et ils ne seront plus
deux nations, et ils ne seront plus divisés en deux Royaumes
de nouveau; mon serviteur David (sera) Roi sur eux, afin
Vers, 5. CHAPITRE SEPTIÈME, 83
qu'un seul Pa.çteur il y ait pour eWl: tous, et afin que dans
mesjugemellts ils marchent, et que mCfi .~tatuts iL<; gardent
et les (as.<;ent; alors ils habiteront sur la terre que j'ai donnée
à mon serviteur Jacob, dans laquelle ont habité 1)0,' pères, et
ils habiteront sur elle, eux et leurs fils et les fils de leurs fils fi
éternité, et DaL·id mon sel·uiteur sera leur Prince à étel'nité;
et je traiterai avec eu,x une alliance de pai.x, alliance d'éter­
nité il y aura avec eux, et je les donnerai, et je les multi­
plierai, et je placerai mon sanctuaire au milieu d'eux ù. éter­
nité; ainsi ura mon habitacle chez eux, ct je leur serai pOllr
Dieu, et eu.x Me .seront pour peulJle. 1)- XXXVII. 16,17,
19, 2L 22, 2!J, 25, 26, 27; - ce Que signifient ces paroles, on
ne peut le savoir, à moins Qu'on ne sache ce que 'signifient Jehudah
et Israël, et ce que signifient Joseph et Éphr'aïrn; qu'ils ne signifient
ni Jehudah et Israël, ni Joseph et Éphl'aïm, cela est évident cal' il
est dit Que les Tribus d'Israël dispel'sées pal'lni les nat ions sel'ont
rassemblées et amenées SUI' la LelTe de Canaan, et que Da,'id sera
leur Roi et leur Pl'ince, et Qu'elles habiteront avec le Seigneur à
élel'l1ilé; qui est-ce qui ne sait Que les Tribus d'Israêl ne peuvent
point êlr'e rassemblées, et que David ne sem plus Roi SUI' elles? il
fauL donc qu'on sache ce qui est signifié dans le sens spirituel par Je­
hudah, pal' les fils d'lSI'uël, et par Joseph et Éphraïm, et aussi ce qui
est signifié par David et par la terre de Canaan; par Jehudah, dans
le sens spirituel, il est signifié le Royaume céleste du SeigneUl'; par
les fils d'Israël, le Royaume spirituel du Seigneur; par Joseph et
Éphraïm, et pal' les Tribus d'Isl'aël dispel'stes et qui doivent être ras­
semblées, il est entendu ceux qui sont au-dessous de ces Royaumes,
parce qu'ils sonl, non pas Ctlesles, ni spiriluels, mais naturels, el
cependanl dans le hien de la vie selon lenr religiosité; ce sont aussi
'ceux-Ià qui sont entendus pal' le Seignelll' clans Jean: (1 Et d' {lutl'e.~
brebis j'ai, qui Ile sont !Joint de retie bergerie; celles-là aussi
il faut que je les amène; et ma l'oix flIcs e1l.telulront, et il y
(lUl'a un seul Troupeau, un seul Berger. Il - X, 16; - en
effet, ceux-ci n'ont pas été dans le Ciel avant l'avénement du Sei­
gneUl', mais ils y ont été introduits par Lui, après qu'il eut glol'ifié
son Humain; et cela, parce que le Divin procédanl ne poU\'ait pas
anparavant. être étendu jusqu'il eux; celui qui ~nit ces choses, et
8h L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"433.

que pal' David il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai pl'O­
cédant de son Divin Humain, peut savaii' chacune de celles Qui y
sont en série;- si le pl'ophète devait écrire sm' deux hOlS, et si ces
deux bois devaient êt re réunis en un seul bois, c'était parce que lIai'
le bois est signifié le bien de la vie, cl que toute conjonction dans le
ciel s'opère pal' le bien et selon le bien; que le bois signifie le bien
de la vie, on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, Nol M3, 2786,
3720, 835!1; Dans ÉsaIe : « Le Seigneur lèvera unt enseigne
pOUl' les nations, et il assemblera les expulsés d'Israël, et le"
dispersés de J ehudah il réu1lira des quatre aile,~ de la terre:
alors cessera la jalousie d'Éphraïm, et les ennemis de J ehudalt
seront l'et7Yl1lchés; Éphraïm ne jalousera point J ehudah, et
J ehudah ne 7'eSSl't'rera point Éphraïm; mais ils voleront sur
l'épaule des Philistins 't'ers la mer. JI - XI. 12, 13, 1!1; ­
ces choses ont élé dites de la salvalion des nations, qui sont aussi
signifiées par les expulsés d'Jsl'aël et pal' les dispersés de Jehudah,
car il est dil que le SeigneUl' lèrer'a une enseigne pour les nations;
par les expulsés d'Jsl'aël il est entendu ceux qui ne sont pas dans
les vl'ais, mais qui ont cependant le désir de les aPPI'endre, et pal'
. les dtspel'sés de Jehudah ceux qui sont dans le bien de la vie, et
pal' ce hien dans l'amour enVeI'S le SeigneUl', car ceux qui aiment
faire le bien aiment le Seigneul'; en effet, le SeigneUl' est dans ce
hien, puisque le bien vient de Lui; par Éphraïm il est entendu l'in­
tellectuel, ici l'intellectuel qui concorde avec le bien de l'amour;
pal' « alors cessel'a la jalousie d'I~phraïm, Éphl'aïm ne jalousera
point Jehudah, et Jehudah ne ressel'l'era point Éphraïm, 1) il est si­
gnifié que l'un ne sera plus en discorde avec l'autre; pal' (1 ils yole­
l'ont sur l'épaule des Philistins \'ers la mer, II il est signifié qu'ils
seront sépal'és de ceux qui sont dans la foi séparée de la charité;
les PhilislÎl,lS vers la mel' sont ceux Qui séparent la foi d'avec la cha':'
\'ilé ou d'avec le bien de la vie; la mer est le dernier du Ciel, où il
se termine; et volel' SUI' l'épaule, c'est rejeter ct ainsi se séparel',
Dans Zacharie: « Bondis, fille .de Sion; éclate en cris d'allt­
g7'esse, fille de Jérusalem; voici, ton Roi vient à toi, juste et
fidele, lui;je tendrai pour Moi Jehudah, d'arcje remplirai
Éphraïm, et j'exciterai tes fils, Sion, II - IX. ,9, 13; - ces
choses ont élé (liles de l'avénemenl du Seigneul', et de l'instaUl'n­
Vers. 5, CBAPl'flm SEPTIÈPflE, 85
Lion de l'Église pal' Lui chez ceux qui sont dans le bien de l'amoul'
ct par suite dans les vrais de la doctrine; la fille de Sion et la fille
de Jérusalem signifient l'Église qui est cbe~ eux; ton Roi qui vieol
juste ct fidèle, c'est le SeigneUl' de qui pl'ocèdent le hicn de l'amoul'
et le vrai de la doctrine; li je tendrai pOUl' Moi Jehudah, d'arc je
l'emplil'ai Éphl'aïm, » signifie que l'Église doit elre inslaurée chez
ceux qui sont dans le bien de l'amoul' envers le SeigneUl' et pal'
suite dans les vrais de la doctrille; ici, par Jehuoah sont entendus
ceux qui sont dans le bien de l'amoul' em"el'S le Seigueul', et par
Éphl'aïm les vrais de la doctrine, cal' Éphraïm signifie l'inlellectuel
de l'Église, et l'arc la docll'iue du vrai; que l'arc signifie la doc­
Irine, 01\ le voit ci-dessus, N° 3b7, oit ces pal'oles ont aussi été
expliquées; les fils de Sion sont ceux-là: que là pal' Jehudah et
par Éphl'aïm il ne soit entendu ni la Nation Juive ni Épl1l'8ïm, cela
es~ évident, car l'Église du Seigneul' n'y a pas été instaul'oo, puis­
qu'elle n'a pas été l'cçue chez la Nation Juive, et puisqu'alors la
Tl'ibu d'Éphl'aïm n'existait pas. Dans le Mème : li Jéhovah Sé­
baoth t'l'sitcm son troupeau, la maison de J ehadah, et il les
c01lstituera comme son cheval d' h01lneur dalls la gue1'1'e; dc
lui l'angle, de lui le clou, de lui l'arc de guerre: p'uissanteje
rendrai la maison de J ehudah, et la maison de J osephje sau­
rerai, et je les {emi habiter: de là ils seront comme le puis­
sant É pltraim, et da ilS l'allégresse sera leur ('œur tOmme pm'
le vin, JI - X. 3,!J, 6, 7; - ici; pal' la maison de Jehudah, il est
entendu aussi le Royaume céleste du Seigneur', qui se compose de
ceux qui sont dans l'amOlli' envers Lui, et pal' Éphl'aïm ceux qui
sont dans les l'rais ùe la docll'ine d'après cet amouq en effet, lous
ceux qui sont dans le Royaume céleste du Seigneur sont dans les
l'l'ais de la doctrine, car ils ont les vl'ais comme insiLés et insèJ'iLs
dans le cœur, voir dans le Tl'aité DU CIEL E'i' DE L'ENFBR, les
N°' 25, 26; le l'este a été expliqué ci-dessus, voir N°' 35b, 376,
Dans le M~e : « Sois dan.s la jubilation et da118 l'allégresse,
fille de Sion; voici, je viens pour habiter au milieu de toi;
alors s'attacheront des nations numbreuses à Jéhoroh en ce
jour-là, et elles me seront ]Jour peuple; Jéhovah se fera un
héritage de J ehudah, /ja portion sur la terre de sainteté, et
. il dwisira de IIOUl'eau Jérusalem, Il - II. 1ft, 'l5, 16; - qu'ici
86 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 4D3.

par Jehudah il ne soit pas entendu la Nation Juive, ni par Jéru­


salem Jérusalem, cela est bien évident; cal' il y est question de
l'avénement du Seigneur, temps auquel cette nation s'était entière­
ment l'etournée, et Jérusalem a été ensuite détruite; et cependant
il est dit que Jéhovah se fera un hél'itage de Jehudah, sa portion
sur la tene de sainteté, et qu'il choisil'a de nouveau Jél'usalem ;
c'est pourquoi pal' Jehudah il est entendu ceux qui sont dans l'a­
moU!' envers le Seigneur, et par Jérusalem l'Église quant à la doc­
trine chez eux. Dans Nahum :.<\ Voici sur les montagnes les
pieds du messager de bonnes nouvelles, proclamant la paix;
célèbre, J ehudah, tes (êtes; acquitte-toi de tes rœux, parce
qu'il n'arrirera plus que par toi passe bélial, en entier il sel'a
retranché. Il - II, 1; -ces choses ont aussi été dites du Seigneur;
sonavénement est entendll pal' (1 voici SUI' les montagnes les pieds
du message!' de honnes nouvelles, proclamant la paix; Il pal' célé­
l11'er des fètes et s'acquitte!' des \'unix, il est signifié se réjouir de
son avénement et alors L'adorer; pal' Il parce qu'il n'arrivera plus
que pal' Jehudah passe bélial, en entier il sera retranché, Il il est
signifié que le mal ne sera plus chez eux, parce qu'ils seront dans
le SeigneUl'; ces· choses n'ont pas pu être dites de la Nation Juive,
mais elles ont été dites de ceux qui sont dans l'amour envers le
Seigneur, d'où il est évident que ceux-ci sont entendus par Jehu­
dah. Dans Malachie : Voici, j'envoie mon Ange qui prépa­
(1

rera le chemin de1YlIIt JJl' oi, et incontinent viendra t'ers son


Temple le Seigneur: alors agréable sera à Jéhovah la 'min­
chah de Jefmdah et de Jérusalem, comme aux jours du
siècle, et comme dan~ les années premières. Il - III. 1, !J; ­
que ces choses aient été dites de l'avénement du Seigneur, et que
pal' l'Ange qui préparera le chemin devant Lui, il soit entendu
Jean-Baptiste, cela a été connu dans l'Église; (( alol's agréable sel'a
à Jéhovah la minchah de Jehudah et de Jérusalem, )1 signifie qu'a~
lors sera accepté le culte d'après le hien de l'amour enlle!'s le Sei­
gneur, la minchah de Jehudah signifie ce culte; que le cuIte de la
nation Juive et de Jérusalem n'ait point été accepté, cela est cons­
tant, cal' les Juifs n'onl pas reconnu le Seigneur, mais ils L'ont
entièl'ement rejeté; (1 comme aux jours du siècle, et comme dans
. les années premières, » signifie comme le culle dans les Églises
Vers. 5. CHAPl'fR~ SEPTlÈME 87
Ancieimes; la 'fl'ès-Ancienne Église, qui exista avant le déluge et
fut dans l'amoul' enveI's le SeigncUl', est entendue par les jours du
siècle ou d'étel'llité; et l'Église Ancienne, qui exista apt'ùs le délug6
et fut une Église spirituelle, est entendue pal' les annëcs premières.
Dans Joël: « Il arrivera eH cc jour-là que les "wIIlaglll's dù;­
tilleront du moût, et que les collines coulerollt en lait, ('t tOIlS
les ruisseaux de J ehudalt couleront en cal/x; et ulle fontaine
de la maison de J éltovah sortira, et elle arrosera le torrt'Ilt
de Schittim : l'Égypte en désolation sera, et Édom en ((hat
de dévastation, il cause de la violcllee em:ers Ics fils de J r/w­
dah, dOllt ils ont répandu le saltg innocent dalls leur terre:
mais J eltudalt à éternité ,~era assis, et J th'usalcIn pOw' géné­
ration et génération, 1) - IV. 18, Hl, 20; - la, il s'agit aussi
de l'avénement du Seigneut', et alors du nouveau ciel et de la nou­
velle tene; et par (1 les montagnes distilleront du mOfil, Il il est si­
gnilié que tout vrai pl'océdel'a' du bien de l'amour; les montagnes •
signifient le bien de l'amour, voir ci-dessus, N° 110o, le vin ct le
JUoOt signifient le vrai, voir aussi .ci-dessus, N° 376; pal' (\ les col­
lines couleront en lait, 1) il est signifié que du bien de la charité à l'é­
gal'd du pl'ochain procédcl'a la vie spirituelle; et pal' « tous 'les ruis­
seaux de Jehudah couleront en eaux, ') il est signifié que d~ chacune
des choses de la Parole pl'océdel'Ont les vrais Ilal' lesqùels il y a l'in­
telligence; pal' (l une fontaine de la maison de Jéhovah sOI'tira, ct
eUe al'J'osera le torrent de Schitlim, 1) il est signifié que du Seigneul'
pal'Ie ciel pl'océdera le vrai de la doctrine, lequel il1ustrel'a ceux qui
sont dans les connaissances et dans les sciences; l( l'ltgyple en dé­
solation sera, et Édom en désert de dévastation, 1) signifie que les
pl'incipa,ux faux et les pl'incipaux maux de l'amoul' de soi, prove­
nant les uns et les autres de l'homme natUl'el, seront détruils; <1 à
cause de la violence envers les fils de Jehudah, dont ils ont répandu
le sang innocent dans leUl' terre, » signifie à cause des vrais falsifiés
et des biens adultérés de la Parole, qu'ils ont corrompus et détruits;
« Jehudah à éternité sera assis, et Jérusàlem pOUl' généJ'ation ct
génération, » signine que la Parole et par suite la doctrine du vl'ai
1'001 restel'ont à éternité chez ceux qui sont dans l'amolli' envers le
Seigneur: il est donc encore él'ident que là par Jehudah il n'est
pas e/ltendu Jehudah, ni [laI' Jérusalèm Jérusalem, Dam; le Mênlc :
8~ L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. ~. ûa:J.
« Tyr ct Sidon, et vous tOIl,~ les confins de,~ Philistins, je ru­
1Ill:JteJ'lLÏ bit~n t'ite lfll'étribution sw' t'otre tête, parce que mon
argent et mon or vous {{'feZ pris, et me,ç biens désirablest:Ou8
{{1- ez
emporté duns 1;OS temples; el les fils de J eltlldah et lell
'
iil~ de Jh~lfsalem 'COltS ({nez. 'Vendu aux fils des GI'ees, pour il's
repou..çsel' loin de lew's frontières. l) -IV. h, 0,.6; - pal' Tyr
et Sidon' et pal' les Philistins sont entendus ceux qui ont falsilié les
nais et les biens de la Parole; mon ilrgenl et mon 01' signilient ces
Vl'ais el ces biens; el les emporter dans lelll's templcs signilie les
falsifier et les profanel'; vendr'e les fils de Jehudah elles fils de Jé­
rusalem aux fils des Grecs, signifie pen'el'tir et falsifier tous les v['ais
el lous les biens de la Parole, les fils de .Jehudah sonl les biens de
la Parole, les (ils de Jél'usalem en sonlles vl'ais, el les fils des Grecs
soulles faux; les l'epoussel' loin de [eul's frontièl'es, signifie loin des
Vl'ais mêmes: celui qui ne sail pas le sens spil'Huel de la Parole,
peut cl'oire que ceux qui étaient dans Tyr et Sidon, et dans la Phi­
listée, ont vendu les fils de Jehudah el de Jérusalem aux GI"ees,
mais c'esl là un prophétique dans lequel les nalions qui sont nom­
mées signifienl des choses de l'Église. Dans Jél'émie : « En ('Cs
jours-lù, ils iront, la maison de. J ehudah et la maison d'1s­
mël, et il,ç viendront ensemble de la terre du Septentrion sur '
la terre que i' ai fl/it hériter ri t'OS pères, ) -..:... Ill. 18; - ces
choses onl aussi été dites de l'avcnemelll du Seigneul', el de la nou­
velle Église qui devail étl'e insLaul'ée par Lui; son avénement est'
entendu pat' cc en ces joul's-Ià, J) el la nouvelle Église p.a~ « la maison
de ~ehudah et la maison d'Israël; )l l'Église composée de ceux qui
sonl dans l'amour envel's le Seigneul', pal' la maison de Jehudah;
el l'Église composée de ceux qui sont daus la charité à l'égard du
prochain, el appelée Église spirituelle, pal' la maison d'Israël; « ils
viendront ensemble de la terre du Septentl'ion sur la tel'I'e que j'ai
l'ail hériter à. vos pères, Il signifie que de l'ignol'ance et des faussetés,
dans lesquelles ils sont alors, ils viendront dans les connaissances
et dans la lumièl'e du vrdi, qui appartiennent à l'Église, la terre dll
seplepll'ion signifie l'étal de l'ignorance el le faux de la religion, la
ten'e que leurs pèl'es ont héritée signirte l'Église qui est dans les
connaissances el dans la lumièl'e du vl'ai : ces choses out élé dites
des Nations, avcc lesqur.lIcs la nouvelle I~glise devait êll'e illst3Ul'ée;
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 89
que ta maison de Jehudah et la maison d'Israël ne soient (Joint ve-
nues ùe la telTe du septentrion à cette époque, à savoir, quand le
Seigneur élait dans le monde, cela est hien connu, car alol's les
Juifs étaient dans la terre de Canaan, et les ISl'aélites étaient dis-
persés. Dans le Méme: « Void, les jours 11iennent, qucje'sus-
citerai à Darid un germe juste, qui /'(lgn('ra Roi, et il pros-
pérera, et il {era jugement ct justice e;l la terre; dal/$ Ses
jours sera sauvé Jehultah, et IsraN habitera en sécll1'ité, et
voici le Nom dont on L'appellera: J éltova!t notre Justice. Il
- XXlII. 5, 6. XXXIlI. 15, 16; - ici, il s'agit éviùemment
du Seigneur, qui est le germe de David, et qui régnera Roi ~t sera
appelé Jéhovah notre Justice; (1 dans Ses jOUl'S sera sauvé Jehudah,
et Israël habitera en sécuri'té, Il signifie, comme ci-dessus, que ceux
qui sont dans l'amour envel's Lui et dans la charité à l'égard du
pl'ochain sel'ont sauvés: que Jehudah n'ait pas été sauvé, et qu'Is-
raël n'ait pas été et n'ait pas pu être rappelé pour habitel' en sécu-
rité, c'est-à-dire, sans infestation par les maux et les faux, cela est
constant. Dans le Même: <1 Je ramènerai Isl'aN vers sa demeure,
pour qu'il paisse en Carmel et en Baschan, et qu'en la mon-
tagne d'i;pll1'aïm ct ell Giléad soit l'assa~iée son âme: en ces
jours-ft't et en ce teillps-lli on cherchera l'iniquité d'Israël et
les péchés de J ehudah, et ils Ile seront point trouvés. ) - L-
19, 20; - il s'agit aussi de l'instauration de l'Église pal' le Sei-
gneUl' chez les Nations, lesquelles sont entendues par Israël qui ser'a
ramené vers sa demeure, et. pareillement pal' Jehudah dont les pé-
chés ne seront point trollvés; par (1 ils paîtront en Cal'mel et en
Baschan, et en la montagne d'Éphraïm et en Giléad, il est en-
1)

tendu qu'ils sel'ont conduils par le Seigneur et instruits dans le bien


Qe la charité. Dans Zacharie: c( En ce jour-là, je frapperai tout
dt('1J(t! de stupeur, et son cavalier d'égarement; et sur la
1ndison de J ehudalt j'ouvrirai mon œil: en ce jour-là, je pla-
cerai les conducteùrs de J efwdalt comme un foyer de feu dans
du bois,. et conl1ne un {lambeau de feu dans lme gerbe, afin
qrJ.'ils dévorent li droite et ù gauche tous les peuples d' alen~
tour, pourq'/!-'habite encore Jérusalem sous elle-même dan,~
Jérusalem.; et saurera J éftowh le~' tentes de J ehudnft d'a...
bord. Il - XII. I" G, ï; - I~l, il s'agit de la dél'aslation de nt
90 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 433.

glise pl'écédente, et de l'instauration de l'Égli~ nouvelle pal' le


SeigneUl'; la dévastation de l'Église précédente est décl'i!e pal' (( en
ce jOUl'-là, je fl'apperai tout cheval de stupeUl', et son cavaliel' d'é­
garement, 1) cal' par le cheval il est signifié l'entendement du vrai
chez l'homme, et par le cavalier l'intelligence, voir ci-dessus,
N° 355; par la-maison de Jehudah est signifiée l'Église chez ceux
qui sont dans le bien de l'amoUl' envers le Seigneur, 'il est dit d'elle
que Je Seigneur ouvrira son œil sur Jehudah ; par Cl je placel'ai les
conducteurs de Jehudah comme un foyer de feu dans du bois, et
comme un flambeau de feu dans une gerbe, afin qu'ils dévol'ent à
dl'oite et à gauche tous les peuples d'alentour, il est· signifié que
1)

les maux qui proviennent de l'Enfel' sel'ont dispel'sé:; pal' eux et


chez eux, et aussi les faux; pal' « pour qu'habite Jél'usalem sous
elle-même dans Jérusalem, » il est signilié que cette Église sel'a en
slireté contre l'inrestalion des maux et des faux; et pal' (l Jéhovah
sauvera les tentes de Jehudah d'abord, » il est signifié que le Sei­
gneur sauvera entièrement ceux qui sont dans l'amour env61'S Lui.
Dans Ésaïe: (1 La Parole de J élwvah touchant J ehudall et J é­
"usalem : Il (lrd'L'era dans la postérité des jours, que sera
affermie la montagne de Jélwt'llh en Ute des montagnes, et
élevé~ au-dessus de,~ collines; et vers elle afllueront toute,ç les
nations, et iront des peuples nombreux, et ils diront: AllL!z,
et montons à la montagne'de Jéhovah, il la maison du Dieu
de Jacob, qui nous instruira de ses dtemills, pour que nous
allions dans se.~ sentiers, » ~ II, 1, 2, 3; - ces choses ont
aussi été dites de l'instauration de la nouvelle Église par le S,ei­
gneur; pal' la montagne de Jéhovah 'qui sel'a alol's affermie en tête
des montagnes, il est entendu Sion, et il est signilié l'Église céleste
et l'amour envers le Seigneur chez ceux qui sont de cetle Église;
par CI elle sera ell tête des montagnes, et élevée lîu..dessus des col­
lines, » il est signifié qué cela est le principal de l'Église, et s'ac­
cl'oltra et p,'endra des forces; pa,' l( vers cette montagne affiueront
toules les nations, j) il est signifié que ceux qui sont dans le bien
reconnaHl'Ont le Seigneur et s'apPI'ocheront de l'Église, les nations
signifient cellx qui sont dans le bien céleste, qui est le bien de l'a­
moUl' envers le' Seigneur, et les peuples ceux qui sont dans le bien
spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du pl'ochain; de
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 91
ceux-ci il est dit, (1 des peuples nombreux il'ont, et diront: Allez,
et montons à la montagne de Jéhovah, à la maison du Dieu de
Jacob; Il que les nations signiOent ceux qui sont ùans le bien cé­
leste, et les peuples ceux qui sont dans le bien spirituel, on le voit
ci-dessus, N° 331. Dans le Méme : « Jéhovah ton Rédempteur,
et ton Formateur dès t'utérus, qui affermit la parole de b'OI/
se1"Viteur, et accomplit le conseil de ses envoyés, qui dit à Jé­
rusalem : Tu seras habitée; et aux villes de J ehudah : Vous
serez rebdties; et ses ruines je relèverai. Il - XLIV. 2", 26;
-là, il s'agit aussi de l'avénement du SeigneUl', qui est « Jéhovah
ton RédempteUl' et ton Formateur dès l'utérus, Il il est dit Rédemp­
teUI' pal'ce qu'il a déli\'l'é de l'enfer, et Formateur dès l'utérus pal'ce
qu'i1I'égénèl'e l'homme; la pl'édiclion des Pl'ophètes sur Lui, et SUI'
la salvation des hommes, est entendue pal' « il affermit la parole de
son serviteut, et accomplit le conseil de ses envoyés; Il pal' « qui dit
à Jérusalem: Tu sel'as habitée; et aux villes de Jehudah : Vous
sel'ez l'ehâties, II il est entendu que ceux qui sont de son Église se­
l'ont sâuvés, et qu'ils seront instruits dans les nais de la doctrine
céleste, Jél'usalem est l'Église, et les villes de Jehudah sont les
\'l'ais de la doctrine céleste; par (1 ses l'uines je relèverai, Il il est en­
lendu que les faussetés qui détl'uisent l'Église sCl'ont dissipées: il
est bien connu que le Seigneur n'a pas dit que Jél'usalem serait ha­
bitée, ni que les villes de Jehudah seraientl'euâties, mais qu'il a dit
que Jél'usalem sel'ait détl'uite, ce qui est aussi al'l'i vê, Dans le Même:
« Je ferai sortir de J a('ob une semence, et de J ehudah un hé­
ritier de mes montagnes, afin qu'en aient possession mes élus,
et que mes serviteurs y habitent. 1)- LXV. 9; - ici, pal' Jacob
et par Jehudah, il est entendu, non pas le peuple sorti de Jacob, ni
la nation issue de Jehudah, mais l'Église qui devait êtl'e instaul'ée
par le Seigneur; pal' Jacob l'Église qui devait êlre dans le bien de
la vie, et par Jehudah l'Église qui devait êlre dans le bien de l'a­
moul' envers le Seigneur, ainsi par Jacob l'Église externe, et pal'
Jehudah l'Église intemc; par la semence il est entendu la chariLé
et la foi, et par les montagnes les hiens de l'amoul'; ceux qui sont
dans la chal'ité sont appelés élus, et ceux qui sont dans les vrais
d'après le bien de l'amour sont appelés sel'viteuI's; c'est pOUl' cela
qu'il est dit afin flu'cn aient possession mes élus, et que mes
(t
92 L' APOCALYPSE ~XPLlQUÉE. N° 433.

Il Dans Ézéchiel : (1 J eltUda/t et ta terre


sel'vileUl's y habitent.
d'Israël ont été tes négociants en froments de minniLlt et de
pannag. et en miel. et huile et baume. ils ont (ourni ton
conimerce. JI - XXVII. 17; - ces choses ont été dites de TYI',
par qui est signifiée l'Église quant aux connaissances du vrai et du
bien; de là aussi par Tyl' sont signifiées les connaissances du Vl'ai
et du bien qui appartiennent à l'Église; là, il s'agit-de ses mar­
chandises et de ses négoces, par lesquels il est décrit comment ces
connaissances sont acquises, et dans ce passage, il s'agit des mal'­
chandises qu'elle tirait de Jehudah et de la tel're d')sl'aêl; et comme
par Jehudah il est signifié le bien de l'amour, et pal' Israël le vrai
d'après ce bien, c'est poU\' cela qu'il est dil que son commerce était
en froments de minnith et de pannag, en miel, en huile et en baume,
parce que par les fl'oments de minnilh et de pannag il est signifié
les vl'ais et les biens de l'Église de tout gem'e, par le miel le bien
de l'amour dans l'homme naturel, par l'huile le bien de l'amoor
dans l'homme spit'ituel, et par le bàume les vl'ais qui sont agréables
d'apl'ès le bien, voir ci-desSus, N° 375, où ces paroles ont été plus
amplement expliquées: d'après les marchandises mentionnées dans
ce Cbapill'e, et entendues dans le sens spirituel, on voit clairement
ce qui est signifié pal' les diverses nations dont il est pa l'lé, ainsi ce
qui est signifié par Jehudah et par Israël, car les marchandises
l'indiquent. Que par Jehudah il ne soit pas enlendu la Nation Juive,
on peut encor'e le voir dans Ézécbiel, - Chap. XLVIII, - où il
s'agil de la nouvelle terre, qui devl'a être distribuée entre les douze
Tribus d'Israël; ces Tribus y .sonl même nommées, et il est dit
quelle partie de la terl'e chacune devra posséder; et là, il est beau­
coup parlé de la Tribu de Jehudah, et il est dil que le sanctuaÏl'e
sel'a au milieu de cette Tribu, - Vers. 8 il 22; - d'après cela il
bien évident que par les Tribus quiy sont nommées il n'est pas en­
tendu ces Tribus; en effet, onze avaient été dispersées, el s'étaient
confondues avèc les nations dont elles ne pouvaient pas être distin­
guées, car elles furent emmenées dans un exil pel'pétuel; puis, il
est encore évident que là par la terre il est entendu l'Église et non
la terl'e, que par conséquent par les Tribus qui y sont nommées il
est entendu des choses qui appal'tiennent il l'Église, el par Jehodah
l'I~glise céleste 011 l'Église qui est dans l'am OUI' e!ivel's le SeigneUl',
Vers, 5. CHAPITRE SEPTll~ME. 93
et dans laquelle par conséquent il yale Sanctuaire. La m~me chose
est entendue par Jehudah et pal' Israël, dans David: cc Jehudoh
del.:int son Sanctuaire, Israël ses domaines. )) - Ps. CXIV.
2; -le sanctuail'e signifie dans le sens suprême le Seigneur Lui­
Même, et dans le sens respectif le culte du Seigneur d'après le bien
de l'amoul'; par Israël est signifié le vrai de l'Église cl'après ce
bien; et comme toute puissancQ est aux vrais d'après le bien, ou
au bien pal' les vrais, c'est pour cela qu'il est dit qu'israêl devint
ses domaines. Puisque pal' Jehudah il est signifié le Royaume- cê­
leste du Seigneur, et-pal' Israël le Royaume spirituel du Seigneur,
comme il a été dit ci-dessus, et que le Royaume céleste est ce
qui constitue le Sacerdoce du Seigneur dans le Ciel, et le Royaume
spil'ituel ce qui constitue la Royauté du Seigneur, voir dans le
T,'aité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 2fl, 226, c'est de là que le
Seigneur dans la Parole est appelé Roi, et dans les Évangélistes
\ Roi des Juifs, - Matth, II. 2, Jean, XVIII. 33,37. XIX. 19;
- et par le Seigneur comme Roi des Juifs il est entendu le Sei­
gneUl' quant all Divin Vrai procédant du Divin Bien de son Divin
Amour; de là les Rois dans la Par'ole signifient Les vrais qui pro­
cèdent du bien, voir ci-dessus, N° 31. Dans Jérémie: Cl Voici,
les jours viennent, que j'ensemencerai la maison d: Israël et
la maison de J ehudah de semence d' homme et de semence de
bête, et que je traiterai {wec la maison d'Israël et avec la
maison de .Tehudah une alliance nouvelle. Celle-d (sel'a) l'al­
liance que je traiterai arec la maison d' Jsraël après ces jours:
Je mettrai ma loi en leur milieu, et sur teul' cœur je l'écri­
rai, et je leur serai pour Dieu, et ils Me seront pow' peuple. Il
- XXXI. 27,31,33, 3ft; - ici, par (Iles jours viennent, Il il
est entendu aussi l'avénement du SeigncUl', il est donc entendu qu'il
serait alors traité une nouvelle alliance, non pas avec la maison
d'Israël, ni avec la maison de Jehudah, mais avec la nouvelle Église
qui devait êlt'e instaurée pal' le Seigneur, laquelle est entenque pa,'
la maison d'lsl'aël et pal' la maison de Jehudah, et aussi pal' je met­
(1

trai ma loi en leur milieu, et SUI' leUl' cœUl' je l'écrit'ai; Il que cela
n'ait pas été fait avec la maison d'Israël ni avec la maison de Jehu­
dah, c'e.st notoire, car les Juifs ont entièl'ement rejeté l'alliance avec
le Seigneul', èt de m~,me encore aujonrd'hui : l'alliance signifie la
9lt L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"li33,

conjonction avec le Seigneur par l'amour envers Lui, conjonction


d'après laquelle la loi ou le Divin Vrai leUl' est donné, tant dans la
doctrine que dans leur vie, ce qui est la loi en leur milieu et écrite
sur leur cœur; ensemencer la maison d'Israêl et la maison de Je­
budah de semence d'homme et de semence de bête, signifie l'éfor­
mer ceux qui sont de la nouvelle,Église par les vl'ais et les biens
qui appartiennent à l'intelligence ~ à l'affection; la semence est le
vrai, l'homme est l'intelligence, et la bête est le bien de l'affection;
que la bête signilie ce bien, c'est ce qui sera montré dans la suite.
Dans Zachal'ie : I( Il 1)iendra plusieurs peuples et des nation$
nombreuses pour chercher 1 éhovah Sébaoth dan.ç 1 érusalem.
et pour supplier les faces de 1éhoval1.; en ce Jour-là. di,x
hommes de toutes 'langues des nations saisiront le pan de la
J'obe' d'un homme luif. en disant: Nous irons· avec vou.ç•
parce que nous avons entendu que Dieu (est) arec VOliS. Il ­
VllI.· 22, 23; - celui qni ne sait pas que par le Juif il cst entendu
ceux qui sont dans l'amour envcl's le Seigneur, et par suite dans
les vrais de la doctrine, peut facilement être amené à cl'oir'e que ces
choses ont été dites des Juifs, et de leur inlroduction dans la tel're
de Canaan, et qu'alors Lous les autl'cs qui vculent être saU\'é,c; sai­
sir'ont le pan de leur hahiL, en les suppliant de permellre qu'ils les
accompagnent; mais celui qui sait que ces choses n'ont point été
dites d'une introduction dans la ten'e de Canaan vers la Jérusalem
de celte tene, et que par le Juif il n'est pas entendu ceux de celle
nation, mais que par Jérusalem il est enLendu la nouvelle Église
que le Seigneur doit instaurer, ct par le Juif quiconque est dans le
bien de l'amour enve!'s le Seigneur, et par le pan de lu J'ohe du
Juifle vrai procédant de ce bien, peut savoir ce que signifient toutes
les choses qui sont dans ce Chapitre, et ce que signifient en parti­
culier ces paroles; là, en effet, il s'agit de la convocaLion et de
l'accès des nations vers l'Église, et par le Juif il est entendu ceux
qui reconnaissent le Seigneur et qui L'aiment; par saisil' le pan de
sa robe, le désir de savoir le "l'ai qui pl'ocède de Lui; et par les
dix hommes de toutes langues des nations, tous de quelque l'eligion
qu'ils soient; les dix hommes signifient tous, et les langues des
nations signifient les religiosités, D'après ces considél'ations, on
peuL voil' comhien s'ahusent CCliX qui croient qlle les Juif.'1 à la fin
Vers, 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 95
des temps se r.onvel'tiront au Seigneur, et seront illlroduits dans la
telTe de Canaan; ceux-là sont coux qui cl'oient que par la terre,
par Jérusalem, pal' Israël et par Jehudah, dans la Pal'ole, il est en­
tendu la terre de Canaan, la ville de .Jél'usalem, le peuple ISl'aélite
et la nation Juive; mais ceux qui ont cru cela jusqu'à présent sont
dignes de pardon, parce qu'ils n'ont l'ien su du sens spirituel de la
Parole, ainsi ils n'ont pas su que par la ter're il est signifié l'Église,
pal' Jérusalem l'(~glise quant à la doctl'ine, par ISl'aël ceux qui
sont de l'~glise spirituelle, et pal' Jehudah ceux qui sont de l'Église
céleste; ils n'ont pas su non plus que, dans les Prophètes, lorsqu'il
s'agit de l'introduction de ceux-là dans la terre de Canaan, il est
entendu ('introduction des fidèles dans le Ciel et dans l'Église, ce
qui même a été fait quand le Seigneur est venu dans le monde, cal'
alors ont été introduits dans le Ciel tous ceux qui a\'aient vécu dans
le bien de la charité et adoré Dieu sous une forme Humaine; ceux­
ci avaient été réservés sous le Ciel jusqu'à l'avénement du Seigneul',
et ont été intl'oduits après que le Seigneur' eut glOl'ifié son Humain;
ce sont eux qui sont entendus dans plusieur's passages de la Pa­
role Prophétique, quand il s'agit de la captivité des lits d'Isl'aêl et
de Jehudah, et de leur l'établissement dans la ten'e de Canaan;
sont aussi entendus ceux qui sur tel'l'e, après l'avénement du Sei­
gnelll'" devaient être introduits dans l'Église et par' suite dans le
Ciel, non-seulement où la Religion Cllréticnne a été reçue, mais
même pal'tout ailleul's; ce sont ceux-ci et ceux-là qui sont entendu~
dans un grand nomhr'c de passages où Israël, Jehudah et Jérusalem
sont nommés, et où il s'agit de l'introduction dans la tcrre, comme
dans les suivants, - Ésaïe, X. 21,22. XI. 11.,12. XLIll. 5, O.
XLIX. 10 à 26. LVI. 8. LX. !J. LXI. 1 à 5, 9. Jérém. Ill. 12
à 20, XVI. 15, 16. XXIII, 7,8. XXX. 2 à H. XXXI. '1 à H.
23 à hO. XXXIlI. 6 à 18. Ézéch. XVI. 60, 61, 62. XX. 40,
U, 42. XXXIV. 11 à 16. XXXVII. 21 à 28. XXXIX. 21 à
29. Hos. Ill. 5. Joël, Il. 18 à 27. Ill. 5. Arnos, IX. 12 à 15;
et aillelll's. - Soient pour exemples ces deux passages, d'après
lesquels les Juifs se persuadent, et même des Chl'étiens croient,
que la Nation ,Juive doit retournCl' dans la terre de Canaan, et être
sauvée cie pt'éférence aux autres; dans Ésare : « Alors on amèl1~ra
tOI(Il1)O~ (1·è,.e,~ d' (ml/'c toutr,ç I(';.~ nations Cil offrande ù J ého­
96 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 433.

vah sur les chevaux, et sur le dtar, et sur les chariots cou­
verts, et sur les mulets, et sur les dromadaires, il la montagne
de ma sainteté, à Jérusalem: de même que les Cieu,'X nou­
veaux et la terre nouvelle, qlleje vais {aire, se maintiendr01~t
devant Moi, ainsi se maintiendra votre semenre et votre
nom. Il - LXVI. 20, 22; - ce que ces paroles signifient, on le
voit ci-dessus, N° !JOb, où elles ont été ex pliquées : par le nouveau
Ciel et la nouvelle terre il est entendu le Ciel et l'Église composés
de ceux que le Seigneur' devait sauver apt'ès la glorification de son
Humain, comme il a été dit ci-dessus, Dans le Même: (1 Je lëve­
Nd vers les nations ma main, et urs les peuples j'élèl'erai
mon ensl'igne, afin qu'ils apportent tes fils dans leur sein, et
que tes filles sur l'épaule soient transportées: et seront de.ç
1'ois tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices; la {ace
ri terre ils se prosterneront devant Toi, et la poussière de tes
pieds ils lècheront, Il - XLIX. '2.2, 23; - dans tout ce Cha­
pilre, il s'agit de l'avénel}lent du Seigneur, et de la salvation de
ceux qui Le reçoivent, comme on le voit clairement pal' les Vers. 6,
7, 8, 9 de ce Chapitre, et non pal' conséquent de la salvation ues
Juifs, ni à plus forte l'aison de leUl' l'établissement dans la telTe de
Canaan. Que la Nation Juive n'ait point été entendue dans les pas­
sages l'apportés, on peUl encore le voir en ce que c'était unë nation
très-mauvaise et idolâtl'e de cœur; et qu'elle a éle intl'oduite dans
la lel're de Canaan, non pas à cause de quelque honté du cœul' et
de quelque justice, mais à cause de la promesse faile à leUl's pères;
et qu'il n'y a eu chez eux aucun vl'ai ni aucun bien de l'Église,
mais des faux et maux; et que c'est pour cela qu'ils ont été rejetés
et expulsés de la tene de Canaan, comme on peut le voit' d'après
tous les passages de la Pal'ole, où celle Nation est décrite: quelle
a été et quene devaiL être cette nation, et qu'elle était très-mau­
vaise, cela est décrit par Moïse, dans le Cantique, en ces lel'mes :
(1 Je cacherai mes {aces d'eux, je ver~ai quelle sera leur fin;

rar génération de pCl·ver.çions, eux; fils en qui il n'y a point


de fidélité, J'm' dit: A l'ext/'émité des angles je les rrjette­
,rai, je ferai retù'er de l' homme leur mémoire; car nation
pel'due de conseils, eux; et en eux point d'intelligenre; du
re]J de Sodome, leur rel', pt drs f'!/(fmp,ç de Gom01_'rhe; sC,ç
Vcrs. 5. CHAPITRE SI~PTlJ~MK 97
raisins. raisins de fiel. grappes d'amertume pour eux; l.lenin
de dragons. leur vin. et fiel d'aspic,~ crue!. Tout cela lfest-il
pas serré chez ilI oi. scellé dans mes trésor:;? A JIoi la ven­
geance et la rétribution. 1) - Deutér. XXXII, 20 à 35; -là,
i! est décrit quelle est chez eux l'Église, c'est-à - dire q'l'elle est
dans d'affreux faux d'après le mal; par li du cep de Sodome, leur
cep, et des champs de Gomorrhe, il est entendu quelle est chez
1)

eux l'Église; le cep signifie l'Église; par li ses raisins, raisins de


Iiel, grappes d'amertume pOUl' eux; venin de dragons leur vin, et
fiel d'aspics cruel, 1) il est entendu les faux d'après le mal qui sont
chez eux, les raisins signifient les biens de l'Église, mais les J'ai­
sins de fiel et les grappes d'amertume signifient les maux. d'après
d'alft'eux faux; leUl's faux eux-mêmes sont entendus par venin (1

de dragons leur Vill, et fiel d'aspics cl'uel, Il le vin signifie le vl'ai


d'après la PaJ'ole, mais le venin de dl'UgOIlS et le fiel d'aspics si­
gnifient l'énorme faux qui existe d'après les vrais falsifiés de la
Piil'ole'. Cette naLion est pal'eillemcnt décrite ailleurs dans la Pa­
role, ainsi dans le Deutél'onome, dans le Li\'l'c des Juges, dans les
Prophètes, par exemple, dans Jér'émie, V. 20 à 31. VII. 8 à 34.
IX. 1. à 25. XI. ô à17. XIII. 9 à 27. ·XiX. 1. à :t5. ~XXIl.
30 à 35. XLiV. 2 à 2ft. Que celle Nation ait été idolâtl'e de
CroUl', on le voit pal' les passages rappOl'tés, et par plusieurs autres,
comme dal's Jérémie: Il Selon le nombre dé tes villes Ont été
tes dieux. J ehudah! et selml' le uombre des places de J éru­
,5a(em vous avez drnsé des {lllle!:; pour (aire des parfums li
Biwl. Il' - n, 28, Xl. 13. - Qu'ils aient été introduits dans la
tel'l'e de Canaan' Mn pas à cause de quelque honté de cœUl' et de
quelque justice, t'nais à cause de la promesse faite à leurs pères, on
le voit dans Moïse: (1 Ce II.' e:;t poillt à cau,çe de ta justice. ni li
cause de la droiture de ion cœur. que tu niens pO Ill' posséder.
la terre, mai.~ c'est pour affermir la' parole qzu: Jéhovah a
jutée à tes pères. il Ab)'aha?1l. Ù Isac et li Jacob. Sache donc
que ce n'est point li C{[UU de la justice que J ého,/)an ton Dieu
te donné cette bonne terre pOI.11' la posséder; cà,. peuple dur
de cou. toi. Il - Deutél'. IX. 5, 6. - Qu'il n'y ait eu chez eux
aucun vl'ai ni' aucun bien de ['Église, mais des faux et des maux,
on le voit r,laÏl'emellt pal' la Parole, ofl il s'agit de leurs scot'tations
Ill, 7.
D8 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N°M3,
et de leurs adultères, dans Jérémie, III, 1 à 25; et dans Ézéchiel,
XXIII. (à h9 : pal' les scortalions et les adultèl'es dans la Parole
sont enlendues les falsifications du vrai et les adultérations du bien;
voir ci-dessus, No, lU, 161 : c'est pourquoi le Seigneul' les ap­
pelle Cl Génération adultère. 1) - Matth. XII. 39. Marc, VIII.
38; - il dit aussi qu'ils sont (1 pleins d'hypocrisie, d'iniquité
et d'impureté. l) - Matth. XXIII. 27, 28; - el que par leurs
(1

traditions ils ont falsifié la Parole. )) - Matth. XV. 1 à 6.


Marc, VII. i à ilJ ; - et en termes clairs dans Jean : (1 Vous, du
père, (qui est) le diable, vous êtes, et vous voulez faire les dé­
sirs de votre père; lui, homicide il a été dès le commence­
ment, et dans la ?)érité il ne s'est point tenu, pàrce qu'il n'y
a point vérité en lui; quand z'l énonce le mensonge, de son
propre U énonce, parce que menteur il est et le pére du men­
songe. Il - VIII. hli; - pal' le mensonge il est entendu le faux
d'après le mal; par le diable, l'extinction de tout bien; par homi­
cide, l'extinction de tout vrai; par le père sont entendus tant ceux
de l'enfer, que ceux de cette race qui avaient vécu depuis les pre­
miers temps; énoncer de son propre, c'est d'apl'ès ce qui est inné.
Qu'ainsi le tout de l'Église ait été entièrement détruit chez eux,
et que ce soit pour cela qu'ils ont été rejetés, on le voit dans ÉsaIe :
(1 Le Seigneur J éhovill Sébaoth va éloigner de Jérusalem et

de J ehurfah bâton et bâton d'appui, tout bâton de pain et


tout bâton d'eau, (homme) fort et homme de guerre, juge et
prophète, et devin et vieillard: car a tl'ébuché Jérusalem et
Jehudah est tombé, parce que leur langue et leurs action.ç
(sont) contre Jéhovah, pour se révolter aux yeux de sa gloire. Il •
- III. i, 2, 8; - éloigner tout bâton de pain et tout bâton d'eau,
signifie tout bien de l'amour et tout vrai de la foi, pal' lesquels il y
a vie spirituelle, le pain est le bien de l'amour', el l'eau est le vrai
de la foi; le bâton et le bâton d'appui SOllt les puissances, et par .
suite toutes les choses de la vie spirituelle; éloigner l'homme fort
et l'homme de guerre signifie toute résistance contre les maux et
les faux; éloigner le juge et le prophète signifie tout bien et tout
vl'ai de la doctrine; éloigner le devin et le vieillard signifie toule
intelligence et toule sagesse; (1 leur langue et leul's actions contre
Jéhovah, pOUl' se révolter aux yeux de sa gloire, signifie qne tont
J)
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 99
ce qui appartient à lem' doctrine et à leur vie est absolument contre
le Divin Vrai, la langue eslla doctrine, les actions sont la vie, les
yeux de la gloil'e de Jéhovah sont le Divin Vrai, se révolter, c'est
êtl'e contl'e ce VI'ai. Dans le Même: « Qui a-t-il de plu.~ -~} (aire
il ma Vigne? Jugez entre Moi et ma Vigne, qui a-t-il à (aire
il ma Vigne que je n'y aie (ait? C'est pourqu.oi, j'attendais
qu'elle pl'oduirait des raisins, mais elle a produit des (ruits
sauvages; et je vous (erai connaître ce que je vais (aire à ma
Vigne: En ôtant sa haie pOUl' qu'elle soit broutée, en bri-
sant sa clôture pour qu'elle soit (oulée, je la mettrai en dé-
solation, afin qu'y montent la l'once et l'épine; même aux
nuées je commanderai de ne point (aire pleulJoir sur elle la
pluie, )) - V. 3, b, 5, 6; - là, par la vigne est entendue l'É-
glise chez cette nation; par (1 j'attendais qu'elle produit'ait des \'ai-
sins, mais elle a produit des fruits sauvages, )) il est signifié qu'au
lieu Iles biens du vrai, qui appartiennent à l'Église, il y avait che~
elle le~ ,!,an~ du faux; par « ôter ,sa haie pOUl' qn'elle soit broutée, ,
et hriser sa clOture pour qu'elle soit foulée, » est signifiée sa ùes-
tl'nction quant aux biens et aux vrais, afin qu'elle soit envahie pal'
les maux et les faux, lesquels sont la ronce et l'épine qui monte-
ront; par « aux nuées je commandel'ai de ne point faire pleuvoir
sur elle la pluie, )l il est signifié qu'il n'y aura plus chez eux au-
cune !'éception du vrai et du bien procédant du Ciel par la "paroïë.
II s'agit aussi de la destruction de l'Église chez celle nation, dans
Ésale, VII. 17, 18, 19 et suiv, ; dans Jérémie, l, 15; et dans •
beaucoup d'autres passages, C'est même pour ces motifs que cette
nation a été chassée de la terre de Canaan, d'abord la nalion Israé-
lite, et ensuite la nation Juive; et cela, parce que par la te ne de
Canaan est signifiée la Canaan céleste, qui est le Ciel et l'Église.
Quelle a été l'une et l'autre nation, c'est ce qui est pleinemenLdé-
crit, dans le sens interne, dans les Chap. XXXII et XXXIIl de
l'Exode, où il s'agit du Veau d'or qu'ils s'étaient fait, et à cause
drlqllëÎ Jéhovah voulait les consume.' et susciter par Moïse une autl'e
géné\'ation; on en voit l'explication entière dans les ARCANES CÉ-
LESTES, Not 10393 à 10512, et N°s 10523 à 10557. Quelle a été
la Nation Juive, c'est encore ce qui est décrit, dans le sens interne,
ùans le Chap. XXXVlll de la Genèse, Ol! il s'agit de l'origine des
100 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"li33.

.luifs, laquelle est provenue d'une Canaanite et de la scortation de


Jehudah avec sa bru, Cal' il Y a eu tl'ois souches, l'une par la
femme Canaanite que Jehudah prit pour épouse, et les deux autres
par Thamar qui était. la bru dc Jehudah, et avec laquelle il coucha
comme avec une prostituée; on en voiL aussi-l'ex plië-al ion dans, les
,

ARCANES CfILESTES, No, ll8I3 à llü30. Quelle a été celle nation,


(','est 'aussi ce qui est décrit p~r'kd;lS Ischal'ioth, cal' il a représ~llté
la Nalion Juive quant à l'Église; en effet, les douze disciples du Sei­
gnem' ont repl'ésenté l'Eglise du Seigneur dans le commun, et cha­
cun d'eux l'cprésentait quelque universel-essentiel de l'Église, et
Judas Ischal'iolh l'a représentée telle qu'ellc était chez les Juifs.
Outre cela, on peut voir Ics choses qui ont été écrites, touchant celle
Nation, dans Ics ARCANES CÉLESTES, ce sont les suivantes : Qu'~~e
Église l'epl'ésentative a été instituée chez la Nation Juille, mats
qne dans la Nation elle-même il n'y a eu aucune Itglise, N°' ll899,
ll912,63011, Qu'en conséquence quant à la Nation eÎle-même elle
a été un représentatif de l'l'~glise et non une Église, N°' ll281,
ll288,ll311,ll500,630ll,70ll8,9320,lû396,1û526,10531,
10698. Que la Nalion Israélite et Juire n'a point été choisie, mais
a été reçue pour représenter l'Église, à cause dc l'opiniâtl'eté avec
laquelle lenl's pèl'es et Moïse ont insisté, N°' !l29Û, ll293, 7051,
7h3fl, 10!l13O, '10535, 10632. Que leUl' culte a été entièrement
externe sans aucun culte interne, Nos 1200, ,3U7, 3ll79, 8871.
Qu'ils ne connaissaient nullement les internes du culLe, et ne vou­
laient pas les connallre, N°s 301, 302, 303, 3!l79, M29, hll33,
!l680, !J8!llJ~ 118ll7, 10396, 10ll01, 10ll07, 1069ll, 10701,
10707. Comment ils considèrent les internes du CulLe, de l'Église
et de la Parole, N° ll865. Que leurs intérieurs, qui appal'tiennent
à la pensée et à l'atfecHon, étaient souillés, pleins des amours de
soi et du monde, et d'avarice, No' 3ll80, 9962, 'l0115lt à tO/J57,
10462 à' 10!l66, '1057'5. Que c'est pour cela que les intel'Ois--de
l'Église ne leUl' ont point été découverts, parce qu'ils les amaient
profanés, Np, 2520, 3398, 3!l80, ll289. Que la Par'ole ét!1it eJl­
tièrement fCI'mée pour eux, et qu'elle l'est encore, N° 3769. Qu'ils
voient la Parole pal' le dehors et non par le dedans, Nos 105!J9-,
-,

10550, 1,0551. Que c'est pour cela que leu l' intcme, qnand ils
étaient clans le culte, était fel'lm'~, N°; 8788, 8806, 9320, 9380,
Vers. 5. CfJAPITlm SEPTÜmE. 101
9377, 9962, 10396, 10601, 10607, 1060~, 10h98, 10600,
10575,1.0629, 1069!1. Que cette Nation aussi, 'plus que toules
les antl'es, élailtelle, qu'elle pouvait êlre ùans le Saint externe, l'In­
te~'ne étant fel'mé, No' .'1293, !J3J 1, IJ903, 9373,0377, 9380.
LCll!' élat alor's, N° !J3U. Qu'ils ont été consenés il cause ùe la
PRI'oll} dans la Langue originale, et parce qu'ils ont pu ètl'e tels,
N° S/.7\). Que lcul' Saint cxtel'ne élaitlllÎracuicnsement élevé par
le Seigneur llans le Ciel, Cl qll'ainsi les iutérieul's du Culte, d"
l'J~gllsr ct de la Pamle y élaienl perçus, N°' 3!180, !l307, 4311,
G30lt, 8588, 10lt92, 105,00, 10002. Qu'afin que cela eùt lieu,
ils éLai(:nt contraints par des moyens externes il observer' slricLe­
IIltlnl les riles ct les statuts ùans la forme externe, No' 3147, 6281,
:lOun. (lue, commc ils pouvaient êll'e daus le Saillt externe sans
l'interne, 'ils ont pu représentel' les choses saintes de l'J~glisc el du
Ciel, N°'M79, 38H1, !l20S,6306,6588, ü377,lOft~O, '10500,
10570. Quç.f)..~I!Il\9in . ~.!~, choses sainlcs ne les aficetaient point,
N° 3b 79. Parec que peu imporle quelle est. la pel'sonne qui "e()['é­
sentc, puisque la représentation rcgarLie la chose, mais lion la pet'­
sonne, N"' 665, iO~)ï, 1361, 31lIï, 388'1, lI20S, lI281, 1128~,
lI202,h307,lIlIlI!J,lI500,630h,ïOlI8,7630,8588,S7SS, 8806.
Que celle Nation étail pire que les antr'cs nalions; il est décrit
quclle elle était, même d'après la Parole de l'ull et de l'autre Testa­
ment, N"' 63H, 113'1ô, 11317, MlilI, 11503, 6750, ft75i,.11815,
lI820, lI832, 5057, 5998, 72lI8,881ü, 9320, 10lI5!1à 10lI57,
10662 à 10h66, Qlle la Tribu de Jehudah deviut pirc que les au­
1l'es 1'I'ibus, N° 11815. Avec quelle cruaulé ils traitaient les Nalions
pal' plaisir, No' 5057, 72lI8, 9320. Que cclte Nation élait idolât!:e
de cœur, el plus que les autres adorait d'autt'es dieux, N°' 3732,
h20~lIlI!lh,lI825,5998,6877,Îft01, 8301, 8871,8882. Que
leur Culte aussi a été considéré comme idolâtrique dans la Nation
elle-même, parce qu'il élait externe sans être inteme, No' 6281,
LJ825, 8871, 8882. Qu'elle adorait ,Tého\'ah seulement quant au
nom, N°' 6877,10559,10560,10561,10566; et seulement il
cause des mil'acles, N° lt299. Qu'ils se ll'ompent étrangement ceux
qui croient que les Juifs, il la fin de l'Êgli~e, se converliront et sê­
l'onl I:amenés dans la lel'l'e de Cnnaan, No' 68lJ7, 7051, 8301.
On allègue SUI' ce sujet plusieurs passages ùe la Parole, qui cc-
102 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. l'I·433.

pendant doivent être compris selon le sens interne, ainsi autrement


que selon la leHee, N° ï051. Que_~a Parole, quaEt au sens externe,
a été changée à cause de celle Nation, non cependant quant au seqs
interne, No, 10653, 10A61, 10603, 106û!l. Que Jéhovah sur la
montagne de Sinai leur' a apparu selon leur qualité, dans un feu
consumant, dans une nuée épaisse, et dans urlëfïiIDée comme d'une
fournaise, No, 1861., 6832, 881.!l, 8819, 9A3A. Que le Seigneur'
apparaît à chacun selon la qualité de chacun; comme un feu vivi­
fiant et r'écréant, à ceux qui sont dans le bien; et comme un feu
consnmant, à ceux qui sont dans le mal, N°s 93A, 1861, 6832,
881 A, 8819, 9A3A, 10551.. Que l'une des origines de celle Na­
tion est tirée d'une Canaanite, et les deux autres, de la scortation
de Jehudah avec sa hru, Nos H6ï, A818, A820, A87A, A899,
!l913. Que par ces origines il a été signifié quelle serait leur con­
jonction avec l'Église, à savoir, comme la conjonction avec une Ca­
naanile, el comme la sCOl'talion avec une bm, N°s A868, A874,
A899, A911, A913. Quelques particul'alités SUl' leur état daÏls
l'autre vie, No' 939, 9AO, 5057. Puisque cette Nation, quoique
telle, représentait l'Église, et puisque la Parole a été écrite chez
elle et traitait d'elle, c'est poUl' cela que les Divins Célestes ont ~té
signifiés par leurs noms, par exemple, pal' Ruben, Schiméon, Lévi,
Jehudah, Éphraïm, Joseph, et les autres. Que par_Jehudah <!!!.~s
le sens interne il esl sigÎlifié le Seigneur quant à l'Amour Céleste,
et son Royaume Céleste, N°' 365A, 3881, 5583, 5603, 5i82,
6363, Explication du Prophétique d'Israël sur Jehudah, dans le­
quel il s'agit du Seigneur, - Gen. XLIX. 8 à 12, - N°' 6363 à
6381. Que la, Tr'ibu de Jehudah et la Judée signifient l'Église Cé­
leste, No' 365!l, 636A. Que les douze Tr'ibus ont représenté'et pal'
suite signifié toules les choses de l'amour el de la foi dans le coin­
plexe, N°' 3858, 3926, A060, 6335; par conséquent aussi le Ciel
et l'Église, N°' 6337, 6637, ï836, ï891. Qu'elles signifient se­
lon l'ordre dans lequel elles sont nommées, N°' 3862,3926,3939, .
6603 et suiv., 633ï, 66!l0. Que les douze Teihus ont été divisées
en deux Royaumes, afin que les Juifs représentassent le Royaume
Céleste, el les ISl'aélites le Royaume_Spiri!.!J~I, Nos 87i0~ 9320.
Que pal' la semence d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, sont signifiés
les biens et les vrais de l'Église, N°' 3373, 10665.
Vers, 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 'L03
!J311. De la tribu de Ruben douze mille marqués, signifie
la lumù:re du vrai d'après cet amour, et que tous ceux qui
sont dans cette lumière sont dans le Ciel et 7)iennent dans le
Ciel: on le voit pal' la signification de la tribu de Ruben, en ce
que ce sont ceux qui sont dans la lumière du vrai, ainsi qu'il va
être expliqué; pal' la signification de douze mille, en ce que ee
sont tOlites choses et tous, comme il a été dit ci-dessus, N° 430,
ici tous ceux qui sont dans la lumière du vrai d'apl'ès le bien de
l'amoul' envel'S le SeigneUl', amolli' qui est signifié par la Tl'ihu de
.fehudah, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, N° !J33 ; et pal' la si­
gnification des mal'qués, en ce que ce sont oeux qui sont dans le
Ciel et \'iennent dans le Ciel, comme il a aussi été monll'é ci-des­
sus, N° h33, 11 a été précédemment dit que les douze Tl'ibus d'Is­
raël ont l'eprésenté et par suite signifient dans la Parole toutes les
choses de l'Église; que chaque tribu signifie quelque univel'sel-es­
sentiel de l'Église, et que Jehudah signifie l'amour envel's le Sei­
gneur; quant à ce que Ruben signifie la lumière d'après cet amOUI',
on le verra dans ce qui suit, Ruben, et par suite la Tribu qui a tiré
de lui son nom, signifie dans le sens supl'ême le Seigneul' quant à
la Prévoyance ou Prescience, dans le sens interne la foi spirituelle
et l'entendement du vl'ai, et dans le sens externe la vue; et parce
que Ruben dans le sens intel'De signifie la foi et l'entendement,
il signifie aussi la lumièl'e du \'l'ai, car la foi existe par la lu­
mière du Vl'ai, et l'entendement est illustré .par celte lumière, car
ail est la lumière du vrai, là est l'entendement el là est la foi. Pal'
Ruben ou pal' la Tl'ibu de Ruben il est signifié. la même chose que
par l'Apôtre Pierre; car les douze Apôtres, de même que les douze
Tribus d'Israël, ont l'epl'ésenté toutes {es choses de l'Église, et
chaque Apôtre quelque univel'sel-essentiel de l'Église; et comme
Pie1'l'e représentait la même chose que Ruben, c'est pOUl' cela qu'il
était le premier des Apôtres, comme Ruben était le premier des
fils de Jacob: que Pierre signifie le vrai dans la lumière et la foi,
on le voit ci-dessus, N°s 9, !ti1. Si Ruben est dit le premier des
fils de Jacob, et si par suite la Tl'ibu de Ruben est nommée dans. la
Parole en premier' lieu dans la plupal't des passages, c'est parce
qu'il étail le premier-né, et que le premiel'-né dans la P,arole si­
gnifie le vl'ai d'après le hien, ou, cc qui est la même chose, le \'l'ai
'1 Olt L'A POCAL YPSE EXPLlQ UI~E. !\·434,
dans la lumièl'e, et par suite la foi d'après la cha1'Ïté ;/ln effet, le
vrai, et ce qui appartient à la foi, apparail en premiel'lieu à l'homme,
cal' cela entre pal' l'ouïe dans la mémoil'e, et de là est attiré dans
la pensée, ct ce que l'homme pense il le voit et J'apel'coil par la vue
inléricUl'c, or ce qui est vu et aperçu en premier lieu est le premier
mais seulement en appareuee et non en actualité; le bien est en
actualité Ic pl'cmiel'-né ou le premier de l'Église, puisque le vrai
ex iste d'après le hieu, car lc hien se formc dans les vrais et se fait
vpir par les vrais, c'est pourquoi le vrai est le bien dans une forp.le;
de là vient qu'on dit: Le vrai d'après le bien, et la foi d'apl'ès la
chal'ité; car ce ~ui est d'après quelque chose, est ce quelque chose
ell image; et ce quelque chose, considéré en soi, c'est le bien fonné
et né; Je bien est donc le premier-né dans le sens spirituel de la
Pal'ole; en oull'C, chcz les enfants il yale bien de l'innocence, que
le Seignenr intl'oduit le premier, et d'après lequel t'homme d'abord
devient homme; et parce que le bien appal'lient à J'amour, et qu~
l'homme réfléchit, non SQI' son amoUl', mais SUl' sa pensée d'après
la mémoire, et parce que lc bien n'a pas de qualité avant qu'il ait
été formé dans les vrais, el que sans qualité rien n'est pel'çu, cIe
là vient qu'on ignore que le bien est le l)J'emiel' et le pl'emier-né,
car le tien est conçu le premicl' pal' le Seigneur chez l'homme, et
est engendré par les vl'ais dans lesquels le bien est dalls sa forme
et dans son effigie. De plus, il faut qu'on sache que les vrais que
l'homme puise, pendant le premier et Je second âge de l'enfance,
~

daus la Parole, dans la doctrine tirée de la Par'ole, ct dans la pré­


dication, apparaissent à la vérité comme "l'ais, mais néanmoins ne
sont pas des 'Tais chez lui; ils sont sculernent comme des éco\'cel)
sans l'l!.mande, ou comme la forme d'un corp:; ou d'une face sans
l'âme et ~ans la vie, ils ne deviennent des vrais que quand ils sont
reçus par la volonté, C8l' ainsi pour la première fOis ils sont reçQs
par l'homme et commencent ~ vinc chez lui; en effet, Ill- volonté est
l'homme lui-même, et tout bien appartient à la volonté et tout vrai
appartient à l'entendement : d'après ces considér'ations on peu~
voil' pourquoi la Tribu de Jehl]dah, par laquelle est signifié le biep
de l'amour envel's le Seigneu\', est nommée en premier lieu, et
pourquoi la TriIJu cie lluoen, pal' 100~uelle est signifié le vl'ai dans
la lumièl'e d'après cc bien, est nommée ensuite. 11 faut savoir que
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. ' 105
toute Lumière, dans l,aquelle appal'a1I le vrai, vient de la Lumièl'e
du Ciel, qui procède du Seigneur, et la Lurnièl'c du Ciel vient du
Divin Bien de son Divin Amour; la Lumière du Ciel est le Divin
- Bien dans une forme; ces deux dans le Ciel sont un, et sont reçus
comme un pal' les Anges, et doivent être reçus aussi comme un
par l'homme, pour que l'homme puisse avoil' communion avec les
Anges. Mais on p,eut voir' ces choses amplement exposées dans
les ARCANES CÉLESTES, à savoir', que quand l'homme est régénéré
le vrai est au premier l'ang et le hien au second, non en aClualité
mais en apparence, tandis que qu·and l'homme a été régénéré le bien
est au premier l'ang et le vrai au second, en actualité et d'une ma­
nière pel'ceptible, N°' 3324, 3325, 3330, 33a6, 349lJ, 3539,
3548, 3556, 3563, 3570, 3576, 3603, 3701, !t2lt3, !t245,
!t2!J7, !t337, !t925, !J926, M)28, !J930, !t977, 5351, G256,
6269,6273,851 6, 10110; qu'ainsi le hien est le premier et le der­
llier de la régénél'ation, N° 0337: que, comme le vl'ai pal'all être au
premier rang et le bien an second quand l'homme est régenél'é, ou,
ce qui est la lîlême chose, q/Jand l'homme devient Église, les An­
c,iens ft cause de celte apparence ont été eu contestation SUI' ce point:
Est-ce le vrai de la foi, QU le bien de la charité, qui est le pre­
miel'-né de l'Église? Nos 367, 2!t35 : que le bien de la charité est
le premiel'-né de l'Église en actualité, et le vl'ai de la foi seulement
en apparence, Nos 3325, 3!a9!J, !t925, !t926, Ml28, 4930, SO!t2,
8080: que le Premier-né dans la Parole signifie aussi le premiel' de
l'Église, à qui appal'lientla pl'iorilé et li;l supériorité, N° 3325 : que
c'est pOUl' cela qlle le Seigneur est appelé Premiel'-né, parce que
lout bien de l'amour, de la charité et de la foi est en Lui et par Lui,
N° 3325. Comme le vl'ai est en apparence au premier l'ang, voilà
pourquoi Ruben ~tait le premiel'-né, et a tiré son nom de la vue,
ainsi qu'il est dit cIail'ement dans Moïse: « Léall conçut, et en­
(anta un fils, et elle appe~a son nom Reuben, car elle dit:
Parce qu'a vu Jéhovah mon affliction, car maintenant m'ai­
mera mon 'mari. )) - Gen. XXIX. 32; - ces paroles, quoi­
qu'elles soient historiques, contiennent toujours cependant un sens
spirituel, car' toutes et chacune des choses qui sont dans la Parole
viennent du monde spirituel, pal'ce qu'elles viennent du Seigneur,
el, lorsqu'elles sont descendueii fiu Ciel dans le Monde naturel, elle~,
106 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. NU 434.
se sont revêtues d'un sens naturel correspondant, tel qu'est le sens
de la lettl'e de la Parole; c'est pOUl'quoi, par les Naissances des fils
de Jacob il est signifié des naissances spÏl'ituelles, telles que sont les
naissances du bien et du Vl'ai chez l'homme quand il est régénéré
par' le Seignelll'; ainsi par (( Léah conçut et enfanta un fils, ) il est
signifié une conception spirituelle et un enfantement spÏl'ituel; par
« elle appela son nom Reuben, » il est signifié sa qualité; par (1 car
elle dit: Parce qu'a vu Jéhovah, 1) il est signifié dans le sens
suprême la Prévoyance, dans le sel)S interne la foi, dans le sens in­
térieur l'entendement, et dans le sens externe la vue, ici la foi par
le SeigneUl'; 'pal' (( mon atlliction, J) il est signifié l'état de parvenir
au bien; pal' (( cal' mainlenant m'aimera mon mal'i, 1) il, est signifié
que de là pl'ocMera le bien du Hai; mais ces choses ont été expli­
quées dans les ARCANES CÉLESTES, voir Nol 3800 à 3866. Reuben
dans la Langue originale signifie la Vue, et la Vue dans le sens
,spirituel signifie l'entendement du vrai et la foi, et dans le sens su­
prême la Divine PI'évoyance, comme cela peut être constant d'a­
près ce qui a été dit de la signification de VoÏl' et de la Vue dans
les ARCANES CÉLESTES, à savoir, que la vue dans le sens suprême,
dans lequel il s'agit du Seigneur, signifie la Prévoyance, NOl 2807,
283ï, 2839,3686, 385h, 3863, 10h28; que la vue dans le sens
interne signifie la foi, puisque la vue spirituelle est la vue d'après
la foi, el puisque les choses qui appartiennent il la foi sont vues
dans le Monde spirituel, Nol 897,2325,2807,3863,3869, 5hOO,
10705 : qu'en outre voir signifie comprendre et percevoir le vrai,
N°' 2150, 2325, 2807, 376fJ, 3863, 3869, 10705 : que la vue
interne appartient il l'entendcment, et que l'entendement voit par les
yeux du corps; et que la vue de l'entendement vient de la lumière
du Ciel, Nol 152ft, 3138, 3167, M08, 51H, 6608, 8707,9128,
9399, 10569. Que Reuben signilie le vl'ai d'apl'ès le bien ou la foi
d'après la charité, on peut encore le voil' pal' les Dudaïm qu'il
trouva dans le champ et qu'il donna à sa mèl'e, il en est parlé ainsi
dans Moïse: « Reuben alla dans les Jours de la moisson des
froments, et il LrOllva des du daim dans le champ, et il les ap­
porta il Léah sa mère; eL dit Rachel il Léah : Donne-moi, Je
te prie, des dudaim de Lon fils. Et elle lui dit : Est-ce peu
que Lu aies pris mOIl mari? eL prendraS-lU aussi les duda'im
Yel's.5. CHAPITRE SEPTIÈME. :tOi
de mon fils? Et dit Rachel: Pour cela il couchera avec toi
cette nuit, pour les dudaïm de ton fils. Et vint Jacob du
champ sur le soir, et sortit Léah au devant de lui, et elle dit:
Vers moi tu riendras, car engageant je t'ai ellgagé pour les
duCÛ1.im de mon fils; et il coucha avec elle dans cette nuit; et
elle conçut et elle en(anta à Jacob un fils, Jisaschar. l) ­
Gen. XXX. U à 1.8; - celui qui ne sait pas ce que les dudaïm
signifient, ni ce que Reuhen, Jacob, Léah et Rachel représentaient,
ignorera absolument poul'quoi de telles choses sont arrivées, et ont
été rappol'tées dans la Parole; mais qu'il y ait en elles un Divin qui
ne se monlt'e pas dans le sens de la lettre, on peut le voÏl', par cela
qu'elles sont mentionnées dans la Parole, où toutes et chacune des
choses sont Divines: le Divin qui est dans ces paroles est mis en
évidence pal' leur sens spirituel; dans ce sens les dudaïm signifient
le mariage du bien et du vl'ai; Reubell repl'ésente le vrai d'apl'ès
le bien, Jacob l'Église quant au vrai, Léah et Rachel l'Église quant
au hien, mais Léah l'Église externe, et Rachel l'Église intel'l1e; les
dudaïm trouvés par Reuhen significnt donc le conjugal qui est cc­
lui du vl'ai avec le bien; et comme ce conjugal existe entrc le vrai et
le bien dans l'homme Intel'l1e ou spir'ituel, qui fait l'I~glisc interne,
et que Héanmoins ce vrai est donné le premiel' dans l'homme Ex­
teme ou naturel, qui fait l'Église exteJ'De, c'est pour cela que les
Dudaïm furent trouvés pal' Reuben, qui repl'ésentait le vl'ai d'après
le bien, et donnés d'abord à Léah sa mèl'e, par qui était représentée
l'Église externe, mais ensuite ils furent donnés par Léah il Rachel,
par qui était l'eprésentée l'Église interne, afin que Léah couchât
avec Jacoh; mais ces choses ont été expliquées plus amplcment
dans les AIlCANES CÉLESTES, voir N°' 39lt1 à 3952. Comme Reu­
ben représentait le vrai d'après le bien ou la foi d'apl'ès la charité,
(1 c'est pour cela même qu'il engagea ses (rères à ne point tuer

Joseph, voulant le délivrer de lew' main: et il s'affligea beau­


coup quand Joseph ne (ut point trouvé dans la (osse. II ­
Gen. XXXVII. 21,22,29, 30; - ce passage a aussi été ~xpliqué
dans les ARCANES CÉLESTES, voir Nus lt731 à lt738, lti61 à lt766.
Comme Reuben ou la Tribu de lleuben signifiait le vrai d'après
le bien ou la foi d'apl'ès la charité, c'est pour cela que « le camp
de cette Tribu dans /<! désert était au midi, et que les camps
108 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. ]\''' /JJ/J.

au midi étaient appelés camp de Ileuben. 1) - Nomb. Il. 10 à


1 (l; - en effet, les Campemenls des Tribus eJ'lsl'aël onl \'cprésenté
les .ordinations des Sociétés Angéliques dans le Ciel, el les Sociétés
AngéHques habitent dans les plages selon leur's états quant au bien
el au vl'ai, voir ci-dessus, N° li22, cL ccux qui sont dans la lumièl'e
du vl'ai d'après le bien y habilent dans la plage méridionale; el,
comme la Tr'ibu de Ueuben l'eprésentail le vl'ai d'après le llien ou
le vl'ai dans la lumièl'e, c'est pOUl' cela qu'elle campail au midi.
Comme le Vrai d'après le hicn, que la Tribu de Reuben repl'ésen­
lail, est dans l'homme naturel, \'oilà pOUl'quoi lC il/ut donné à la
Tribu de Reuben un héritage au-ddù dll Jourdain, 1) - 7:oir
Nomb. XXXII. 1 il !l2. Deutér. Ill. ·12 à 20.•Jos. XlII. 1. à 33.
XVIII. 7; -en effet, la ter're de Canaanl'epl'éscnlail el par suile
signifie dans la Parole l'Église, sa région au-delà du Jourdain l'É­
glise ex terne, el sa région en-deçà du Joul'dain l'Église inler'lIe, el
le neuve du Jourdain signifie la limile entre elles; 01', le vrai d'a­
pl'ès le hien ou la foi d'apl'ès la charité fait l'Église, le vl'ai d'apl'ès
le bien dans l'homme natUl'el fail l'f~glisc externe; el comme la
Tl'iblJ de Reuben représentait ce vrai de l'Église, c'est pOUl' cela
IjU'i1 fut donné à cette Tribu un héritage au-delà du JourdaiiJ; dans
la suite il sCl'a dil pourquoi des hél'ilages au-delà du Joul'dain fu­
renl aussi donnés à la Tr'jbu dc Gad el il l'une des demi-Tribus de
Ménasseh. La conjonction de l'une et de l'aut,,c Église, il savoir,
de l'ltglise Extel'ne cl de l'Église Inlerne, conjonction q.ui esl comme
celle de l'homme naturel et de l'homme spil'iluel, étail l'eprésentée
et est décrite. dans le sens spirituel pal' Il l'Autel que les fils de
Reuben, de Gad et de Méllflsseh blÎtirent auprès du .fourdain,
et au sujet duquel il y ellt une contestation entre ce.~ 1'7'ibza
et toutes les azm'es; mais il {ut dit que cet Autel serait pow'
témoin, que, bien qu'eux-mêmes habitent au-delà du J our­
çlain, néanmoÏ1u ils serviraient Jéhovah conjointement avec
tous les autres: c'est pourquoi ils appelèrent ('et Autel: Té­
moin entre nous que Jéhovah (est) Dieu, » - Josué, XXII.
9 à 3!J ; - en effet., le Jourdain signiOait le milieu entre l'extel'De
cl l'iuter'ne de l'Église; la tel're de Cana3l1 cn-deçà du Jourdain
signifiait l'Église interne, el cette lel'rc an-delà du Jourdain l'É­
glise externe, que repl'ésenlaienl aussi les Tl'ibus de Renhen, d(\
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 109
Gad ct ùe l\Iénasseh qui y avaient obtenu leurs héritages; et cet
Autel signifiuit le culte commun il l'une et à l'auU'e :Église, et ainsi
la conjonction. Que Reuhen signifie le vrai dalls l'homme naturel,
on le voit aussi par le Prophétique ùe Déborah et de Bal'3k, dans le
Livre des Juges: « Dans les classes de Reuben (ils sont) grands
(quant aux) résolutions de ('œur; pourquoi es-tu assis' parmi
les bagage.~, pow' entendre les sifflements des troupes? dans
les classes de Reuben, où (sont) les grands (quant aux) recher-
dlCs de cœur; Giléad, dans le passage du Jourdain tu ha-
bites. Il - V. 15,16, 17; - on ne comprendra point ces paroles,
à moins qu'on ne sache ce dont il s'agit dans ce Prophétique, et ce
qui est signifié pal' les classes, Reuben, les bagages, les siftlerncnts
des troupes, et pal' Giléad; la, Il s'agit de l'Église dévastée chez
les fils d'Israël; et pal' les classes de Reuben il est signifié tous
les vrais et tous les biens qui sont dans l'homme lIatul'el; pal' les
bagages, les connaissances et les scientifiques dans cet homme; pal'
les sifflements des troupes, leurs perceptions et leurs pensées; et
pal' Giléad, l'homme naturel; cela bien compri's, 011 voit clairement
ce qui est entendu par ce passage dans le sens spirituel, à savoir,
que, quand l'Église a été détruite, l'homme naturel avec les choses
qui sont en lui a été séparé de ('homme spil'ituel, lorsque cependant
il doit lui être conjoint; et que, quand il a été conjoint, il possède les
\'l'ais d'après le bien, par lesquels il doit combattre contre les faux
provenant ùu mal, cal' l'homme natul'el doit combattre contre ces
faux ù'apr;ès l'homme spirituel; pal' les l'ésolutions de cœuI' et pal'
les l'echerches de cœur sont signifiés les vrais d'après le bien qui y
sont ù'après l'IlOmme spirituel, car le cœur signifie le bien de l'a-
mour, les ('ésolutions et les recherches de CroUl' sont toutes les cho-
ses qui d'apl'ès le bien dans l'homme Spil'ituel sont déterminées et
mises en orùre daus le naturel: ces choses ont été dites de Reuhen,
dont la Tribu habitait an-dela du JOlll'dain dans Giléad, et ne se
joignit IJas il Débol'ah et il Barak, quand ils comhattirent contre
Siséra ; il n'y eut avec ceux-ci qu'Issaschar et ZébuIon ; en eft'et,
par Siset-a dans le sens spirituel il est entendu le faux. d'après le
mal, détruisant l'Église. Pal' Reuben il est signilié la lumière du
vl'ai et pal' suite l'entendement de la Parole, dans Moïse: Cl Que
lJive Reuu(,Il, et qu'il ne lIWll1'e point! il aJ'rÙ'era cepe1ld(fllt
HO L' APOCALYPSE EXPLIQUJ~E. N° 6;5!l.
que ses hommes (seront) de nombre. )) - Deutér. XXXIII. 6;
- là, par Reuben est signifié l'entendement de la Parole i1lustl't::
pal' la lumière venant du Ciel; et, comme il en est.peu qui reçoivent
l'illustration, il est dit en conséquence qu'il arrivera cependant que
ses hommes seront de nombre; de nombre signifie pell et peu
d'hommes. Que Reuben signifie le vrai d'après le bien ou la foi
d'après la charité, on peut encore le voir par le sens oppose, dans
lequel il est aussi nommé; dans ce sens Reuben signifie le vrai sé­
paré d'avec le bien, ou la foi séparée q'avec la charité; et le Hai
sans le bien n'est pas le vrai autrement que quant au mot et au son,
car .c'est un scientifique qui réside dans la mémoire de l'homme
naturel, ainsi seulement dans l'entrée V(',l'S l'homme, et non au de­
dans de lui dans sa vie; la mémoire de l'homme natUl'el est seule­
ment l'entrée vers l'homme, et ce scientifique ne devient ]laS le vrai
chez lui avant qu'il le veuille et le fasse, alors pour la première fois
il entre et reçoit la vie; avant cela la lumière venant du Ciel n'influe
pas et n'illustre pas: il en est de même de la foi séparée d'avec la
charité, car le vrai appart ient à la foi et le bien appartient à la cha­
rité. Que Reuhen, daps le sens oppose, signifie la foi séparée d'avec
la charité, on peutIe voir par l'adultère de Reuhen avec Bilhah, con­
cubine àe son père; il en est parlé ainsi dans Moise: «( II arriva,
comme résidait Israël dans la terre d'Éphrath Bethléchern,
et alla Reuben, et il coucha m:ec Bilhah, concubine de son
père, et l'entendit IS1'aël. » -Gen. XXXV. 22;-par Éphrath
Bethléchem est signifiée l'Église spirituelle qui est dans les vl'ais
d'après le bien ou dans la foi d'après la charité; rejeter des vrais
de la foi le bien de la chal'ité est signifié par l'adultère de Reuhen,
car le vrai est profané quand il n'est pas conjoint a\'ec son bien qui
est le bien de la charité, pal'ce que de celle manière il est conjoint
avec l'amoul' de soi et du monde, ce qui est une adultération: tous
les adultères, dont plusieurs sont recensés dans le Léviliq. Chap.
XVIII. Vers. 6 à 23, correspondent aussi aux adultél'ations du
bien et du vrai; que l'adultère commis par Reuben corresponde à
la foi séparée d'avec la charité, je l'ai su c.t j'en ai eu la fll;euve par
les choses que j'ai entendues et vues dans le Monde spirituel, où
l'on perçoit que la sphère d'un tel adultère sort de ceux qui ont, par
la doctrine et ]laI' la \'ie, séparé la charité d'avec la foi. Comme
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 11.1
cela a aussi été signifié par Reuben 1 voilà pourquoi le droit d'aînesse
lui a été ôté par' son père, et a été donné à Joseph et aux fils de Jo­
seph ; qu'il ait été ôté à Reuben, on le voit clairement par ces pa­
l'oies de son pète: « Reuben, mon premifr-né, toi, ma viguew'
et le commencement de mes forces, excellent en éminence, et
excellent en naleur : lége,r comme l'eau, n'excelle point, Cal'
tu es monté SUl' la couche de ton père; alors tu as pl'ofané;
SUl' mon lit il est monté! )l -Gen. XLIX. 3, il; - par (( Reu­
ben, mon premier-né, )l il est signifié la foi qui est en appal'ence
au premier rang, ou le vrai né du bien; par l( toi, ma vigueur et
le commencement de mes forces, )l il est signifié que par ce vrai la
puissance est au bien, et que la première puissance est au vrai;
par « excellent en éminence, et excellent en valeur, )l il est signifié
que de là viennent la gloire et le pouvoir; par <lIéger comme l'eau,))
il est signifié que la foi séparée d'avec la charité n'est pas ainsi;
pal' c( n'excelle point, )) il est signifié qu'elle Il'aura ni la gloire ni
le pouvoir; par « car tu es monté sur la couche de ton père, )) il
est signifié parce que le vrai de la foi sépal'é du bien de la charité
a une conjonction infâme; par (( alol's tu as pl'ofané, )) il est signifié
qu'ainsi il à été conjoint à l'amour de soi et du monde, et par suite
au mal, ce qui est le profane; par « sur mon lit il est monté, )l il
est signifié qu'il a souillé le bien spirituel dans le naturel: mais
ces pal'oles ont été pleinement expliquées dans les ARCANES Cl~­
LESTES, voir N°' 63ll'l à 6350. Que le droit d'aînesse ait été donné
à cause de cela aux deux fils de Joseph, à Éphraïm et à Ménasseh,
c'est ce qui est entendu par ces paroles d'Israel le père à Joseph:
Ct lI1aintenant, tes deu.x fils, qui te sont nés dans la terre d'É­

gypte avant que je vinsse en Égypte, à moi, eux, Éphl'aim


et Ménasseh; comme Reuben et Siméon ·ils me sel'ont. ))­
Gen, XLVIII. 5 : - et dans le Livl'e des ChronitJues : (1 Reuben
est le premier-né, mais pm'ce qu'il a souillé le lit de son père,
son droit d'aînesse a été donné aux fils de Joseph fils d' 1s­
raël. 1) - V. 1, 2; - en elfet, par Éphraïm, dans la Parole, il
est signifié la même chose que par Reuben, à savoir, l'entendement
du vrai et le vrai dans la lumière; s'il est dit qU'Éphraïm et Mé­
nasseh seront les fils d'Israel comme Reubell et Siméon, c'est parce
que par R~uhen il est signifié l'entendement du vrai, et par Sim60ll
,11 2 L' APOCALYPSE EXPLIQUlÜ,;. N" 434..

la volonté du vrai, les mêmes choses que pal' Éphl'aïm et pal' Mè­
i1asseh. lYapl'ès ces explications, on peut voir maintenant quel est
l'univel'sel-essentîel de l'Église qui est signifié dans la Pal'ole par
Reuben.
!J35. De la tribu de Gad douze mille marqués, signifie le
bien de la vie qui en procède: on le voit par la représentation
de la tribu de Gad, en ce qu'elle est le bien de la vie, ainsi qu'il
va ê~re montré; et par la signification de douze rnz'lle marqués,
en ceAue c'est que tous ceux-la sont dans le Ciel et viennent dans
le Ciel, èomme il vient d'être dit dans les deux Mticles précédents.
Avant qu'il soit montré d'après la Parole ce qui était représenté
dans l'Église par Gad et par la T.'ibn qui tient de lui son nom, il
sC\'a dit quelque chose sur ce qui est entendu par le bien de la vie,
signifié ici par la tribu de Gad: li yale bien de la vie d'origine
céleste, le bien de la vie d'origine spirituelle, et le bien de la vie
d'origine naturelle; le bien de la vie d'origine céleste est le bien de
la vie qui est fait d'après le bien de l'amoUl' envC\'s le Seigneur par
les vrais d'après ce bien, le bien de la vie en est l'effet; ce bien de
la vie est ce qui est signifié ici par la tribu de Gad; c'~t· pour cela
qu'il est dit « le bien de la vie qui en procède, )) à savoil', qui pro­
cède du bien de l'amour envers le Seignenr, que sig'oîfie la tribu de
Jehudah, par les vrais d'après ce bien que signifie la tribu de Reu­
hen; le bien de la vie d'origine spirituelle est le bien de la vie qui
est fait d'apl'ès le bien de l'a charité à l'égard du prochain par les
vrais d'après ce bien, ce bien de la vie est entendu par Mé'nasseh :
en effet, les douze Tribus d'Israêl ont été dh'isées en quatre classes,
eL il y a trois Tribus dans cha'que classe; ces troi's Tl'ibus en sél'ie
signi'fient les choses qui constituent pleinement du commencement
à la fin ou du prel11icl' au dernier l'universel-essentiel même de
l'Église, qui est sigiiifié par la première TI%u; les' trois Tribus
nommées en premiel' lieu, à savoir, les Tribus de Jehudah, de
Reuben et dé Gad, signifient les choses qui consli'tuent pleinement
le bien célesle; les trois Tl'ibus qùi suivent, à savoir; les Tri~us
d'Aschel', de Naphtali et de Ménasseh, signifient les choses qui
constituenl pleinement le bien spil'Ïtuël ; il en est de mêmc des 'flli­
bus qui viennent eusilîle : il y a aussi trois choses qüi constituent
el forment pleinement chaque univel'sel-essentiel, à savoir, ie bicn
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. H.:~

de l'amour, le vl'ai d'après ce bien, et pal' suite le bien de la vie;


le bien de la vie est l'effet des deux pl'emièl'es, cal' s'il n'y a pas
une troisième chose qui est produite, il n'y a pas les deux pre­
mières; c'est-à-dire, s'il n'y a pas le bien de la vie, il n'y a ni le
bien de l'amOlli', ni le vl'ai d'après ce bien: ces trois sont comme
la cause finale, la cause efficiente et l'effet; le bien de l'amour est
la cause finale, le vrai d'après ce bien est la cause efficiente, ou ce
par quoi le bien effectue, et le bien de la vie est l'effet, dans lequel
existent les causes précédentes, causes qui n'existent pas, à moins
qu'il n'y ait un elfet dans lequel elles existent et subsistent: ces trois
sont aussi comme le battement du cœur, la respiration des pou­
mons et l'action du corps, lesquels font un; cal' si le corps n'agit
pas ou ne se laisse pas mettre en action, comme il arrive quand
l'homme meurt, les deux autl'es cessent; il en esi de même du bien
de l'amour, du vl'ai d'après ce bien, et du bien de la vie; le bien
de l'amolli' est comme le cœur, et même il est entendu par le cœur
dans la Parole; le vl'ai d'après ce bien est comme les poumons, et
même il est entendu dans la Parole par l'esprit et par l'âme; et le
bien de la vie est comme le corps, dans lequel les deux antres agis­
sent et vivent; il ya trois choses semblables dans tout ce qui existe,
et quand ces trois existent ensemble, il y a formation pleine. Il va
d'abord être dit ce qui est signifié dans chaque sens pal' Gad ou par
la Tl'ibu de Gad: Par Gad il est signifié dans le sens supl'ême le
Seigneur quant à la Toute-Puissance et à la Toute-Science,' dans
le sens intel'lle le bien du vrai, el dans le sens externe les œuvres
qui en procèdent, lesquelles sont le bien de la vie: si de telles choses
sont signifiées par Gad, c'est parce que dans toutes et dans cha­
cune des choses de la Parole il y a un sens intime, un sens interne
et un sens externe; dans le sens intime il y a Je Seigneur seul, car
il y est question de Lui, de la Glorification de son Humain, de l'or­
dination des cieux, de la subjugation des enfers, et de l'instauration
de l'Église par Lui; c'est pourquoi chaque Tr'ibu dans le sens intime
signifie le Seignelll' quant à l'un de ses atll'ibuts ou à l'une de ses
œuvres; dans le sens interne il s'agit du Ciel et de l'Église, et la
doctrine est enseignée; mais dans le sens externe la Parole est telle
qu'elle est 'dans le sens de la lettre: s'il y a tl'ois sens dans la Pa­
~ole, c'est parce qu'il y a trois Cieux; le sens intime ou céleste est
m. ,8.
11ft L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 435.

pour le Ciel intime ou troisième Ciel; le sens inteme ou spirituel


est pour le Ciel moyen ou second Ciel; et le sens externe ou spiri­
tuel-naturel est pOUl' le premiel'.ou demiel' Ciel. Si la 'fribu de Gad,
dans ce passage de l'Apocalypse où les douze Trihus sont nommées,
signifie le bien de la vie, c'est parce qu'elle vient en ordl'e après
Jehudah et Ruben, et que par Jehudah est signifié le bien de l'a- .
mOUI', et pal' Ruben le vrai d'apl'ès ce bien, d'où ill'ésulte que par
Gad est signifié le bien de la vie, èal' d'après le bien de l'amour par
les vrais de ce bien êxiste le bien de la vie; en effet; le bien de la vie
est le troisième qui suit en ordl'e, cal' il est l'effet des pl'écédents,
ainsi qu'il a été dit ci-dessus. Comme le bien de la vie est le bien de
l'homme naturel, c'est pOUl' cela qu'il a été donné à la Tl'ibu de Gad
Ull hél'itage au-delà du Jourdain, et en même temps à la Tribu de
Ruben et à une moitié de la Tribu de Ménasseh; en effet, la terre qui
était au-delà du JOlll'dain signifiait l'Église ex terne, ainsi qu'il a été
montl'é dans l'Article précédent; et à l'Église extel'ne appartiennent
les choses qui pl'ocèctent de l'homme naturel; l'Église même, con­
sidél'ée en soi, est dans l'homme intel'De ou spir1tuel, mais l'Église
extel'lle est 'dans l'homme extel'lle ou natm'el; cependant elles doi­
vent faire un comme la cause et l'effet. Qu'il ait été donné un héri­
lage à la Tl'ibu d~ Gad au-delà du Joul'dain, on le voit dans Moïse:
(t Un héritage (ut donné il Ruben, à Gad et à une moitié de

la Tribu de Ménasselz au-delà du Jourdain, dans une terre de


bétail; et il (ut donné li la condition qu'ils passeraient en
arme,~ arec les autres pour conquérir la terre de Canaan, l l ­
Nomb. XXXII. 1 à lt2, XXXIV. 1ft : - en outre: c( Aux Ru­
bénites et aux Gadites je donnai Giléad jusqu'au torrent
d'Arnon, eu dedans du torrent et la limite, jusqu'au torrent
de J abok, la limite des fils d'Ammon; puis la plaine et le
Jourdain et la limite depuis Cinnéretlzjusqu'à la mer de la
plaine, la mel' de sel, au-dessous des versants du Pisgalz vers
le levant. l) - Deutél', III. 16,17 : - et dans Josué: (c Moïse
donna aux fils de Gad (un hél'itage), de sorte que (ut leur li­
mite Jaëser, et toutes les mtles de Giléad, et la moitié de la
terre des fils d'Ammon ju,squ'à Aroër, qui (est) eT/. (ace de
Rabbah, et depuis Chesbon jusqu'à Ramalz de Mi:zpah et Bé­
tonim, etc. » - XIII. 2ft à 28: - ce qui est signifié par Gad,
Vers. 5, CHAPITR~ SEPTIÈME· Ho
non-seulement on peut le voir d'apl'ès les passages de la Pal'ole
où Gad est nommé, mais aussi pal' les terres qui furent données en
héritage à celte Tribu, 10l'squ'elles sont aussi nommées dans la Pa­
role, comme lorsque Chesbon, Jaêsel', Rahhah, Ramah de Mizpah,
le tOl'l'ent d'Amon, Cinnéreth, les versants du Pisgah, et autres
localités sont nommées; ~, que signifient ces lenes dans le sens
spil'ituel, on ne lleut le savoil', à moins qu'on ne sache ce que signi­
fient les Tribus de Ruben, de Gad, et la demi-Tribu de Ménas­
seh, auxquelles ces terres ont été don'lIées en possession; en effet,
elles signifient des choses qui dans un sens lal'ge et dans un sens
stl'ict sont signifiées par ces Tribus, comme clans· Jérémie:
Cl Contre les fils d'Ammon: Est-ce qu'Israëln'apoillt des

fils? est-ce qu'il n'a point d'héritier? Pourquoi donc leur


Roi fl-t-il hérité de Gad, et son lJeuple dam ses villes a-t­
il habité? C'est pow'quoi, voici, les jours viennent que je
ferai entendre contre Rabbah des fils d'Ammon un cri de
guerre, et elle deviendra un monceau de désolation, et ses
filles au feu seront brûlées, et Israël héritera de ses héritiers:
Gémis, Chesbon, car dévastée a été Ai; criez, filles de Rab­
bah, ceignez-vous de sacs, lamentez-vous, et courez. çà et là
parmi les masures,. car en exil s'en ira leur Roi avec ses prf­
tres et ses princes. )) - XLIX, 1, 2, 3; - celui qui ne sail pas
ce qui est signifié pal' Gad el par Israël, ne peut pas non plus sa­
voir ce qui est signifié dans ce ·passage pal' les fils d'Ammon, pal'
Chesbon et pal' Habbah, car l\abbah, Chesbon et la moitié de la
t,el'l'e d'Ammon avaient été données en héritage à la Tl'ibu de Gad,
c'est pOUl'quoi pal' ces tel'res il est signifié en pal'ticuliel' des choses
qui sont 'Signifiées en génér'al pal' Gad; car il est dit, li pourquoi
donc le Roi des liIs d'Ammon a-t-il hérité de Gad, et son peuple
dans ses villes a-t-il habité? )) En effet, tous les noms de terl'es, de
régions, de villes, de neuves et de peuples dans la Parole signifient
des choses de l'Église; là, pal' Gad il est signifié le bien de la -vie
selon les vrais de la doctrine, )Jal' ISl'aêl l'Église quant au vrai, par
les fils d'Ammon les falsifications du vl'ai, pal' Chesbon la fructifi­
cation du vl'ai dans l'homme .natul'el, par les filles de Rabbah les
a~ecllons du \'l'ai aussi dans l'homme naturel, et pal' Aï (a doctl'ine
du \'l'ai : de la connaissance de ces significalions résulte le sens
H6 l' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N· 435.
spil'Huel de ces paroles dans cette série: Il Contl'e les fils d'Am­
mOD, Il signifie contI'e les falsilications du vrai; « est-ce qu'Israêl
n'a point des fils, est-ce qu'il n'a point d'héritier? Il signifie est-ce
que dans \'Église il n'y a point de connaissances du vrai et du bien?
Israël est l'Église, ses fils sont les nais, l'héritier est le bien du
vl'ai; « pourquoi donc leuI' Roi a-t-il !rerilé de Gad, et son peuple
dans ses villes a-t-il habité? Il signifie pourquoi le vl'ai falsifié a-t-il
détruit le bien de la vie, et a-t-il aussi pel'verti les doctrinaux selon
lesquels on doit vivre? « voici, les jours "iennent que je fel'ai enten­
dl'e contre Rahbah des fils d'Ammon un cri de guerre, et elle de­
viendra un monceau de désolation, Il signifie la destruction de cette
doctl'ine, à savoil', du vl'ai falsifié, et la destruction de ceux qui sont
dans celte doctrine; « et ses filles au feu seront hrQlées, Il signifie
que ses affections deviendront des convoitises du mal; (c et Israêl
hél'Ïtera de ses héritiel's, Il signifie que l'Église doit péril' quant aux
biens; « gémis, Chesbon, car dévastée a été Aï, Il signifie qu'il n'y
aura plus tle fructification du vrai d'après le bien, parce que la doc­
trine du vrai a été entièrement perdue; « criez, filles de Rabbah,
ceignez-vous de sacs, lamentez-vous, Il signifie qu'il n'y aura plus
d'affections du vl'ai; « et courez çà et là parmi les masul'es, Il si­
.gnifie la pensée et la vie d'apl'ès les faux; « car leur roi en exil
s'en ira, Il signifie car il n'y aura plus de vrai; Il avec ses prêtres
et ses princes, Il signifie qu'il n'y aura plus les biens ni les vrais du
bien: d'après cela il est évident que pal' les terres de ('héritage de
Gad il est signifié en particuliel' des choses semblables à celles qui
sont signi fiées en général par Gad, et que les significations des terres
nommées dans la Parole sont connues par la signification des Tl'ihus
auxquelles elles ont été données en héritage, Peut-il être entendu
autre chose par les terres qui sont dites devoir êll'e données en
héritage à la Tl'ibn de Gad, dans Ézéchiel, XL VIII. 27? que ce
ne soit pas la Trihu de Gad qui ait été entendue, mais que ce soit
quelque chose de l'Église qui est signifié par Gad, cela est évident;
cal' la tribu de Gad n'existait plus alors, et elle n'existera plus.
Que par Gad il soit signifié le bien de la vie d'après les vrais de la
doctrine, on le voit d'apl'ès la bénédiction de cette Tribu par Morse:
« A Gad il dit: Béni (seit) celui q,ui a donné de la latitude à
Gad; comme un lion il habite, et enleve le bras, puis la tête;
Vers. 5. CHAPITRE SEPTIÈME. 11.7
et il a vu les prémices pour lui, car là est la portion du légis­
lateur caché; de là ils sont venus chefs du peuple; la justice
de Jéhovah il a fait, et ses jugements avec Israël. Il - Deutér.
XXXIII. 20, 21; - là, par Gad est décrit le bien de la vie se­
lon les vrais d'après la Parole, et l'influx du ciel dans ce bien;
l'influx du Vl'ai dans ce bien par le Seigneur est signifié par «( Béni
soit celui qui a donné de la latitude à Gad, Il pal' la latitude il est
signifié le vrai, par Gad le bien de la vie, et pal' Béni le Seigneur;
pal' comme un lion il habile, Il il est signifié qu'il est protégé
l(

contre les faux; par «( il enlève le bl'as, puis la tête, Il il est signifié
qu'i! est nouni de vrais externes et internes, cal' le bras et la tête
dans les sacrifices avaient ces 'significations ; pal' «( il a vu les pré­
mices pOUl' lui, )1 il est signifié d'après les principaux vrais; pal'
«( cal' la est la portion du Législateur caché, 1) il est signifié les Vl'ais
Divins qui y sont cachés; par Cl de là ils sont venus chefs du peuple, ))
il est signifié l'intelligence qui en provient; par Cl la justice de Jé­
hovah il a fait, )) il est signillé les honnes œunes qui en résultent;
et pal' « et sés jugements avec Israël, Il il est signifié les vrais de l'É­
glise qui en procèdent. Que par Gad il soit signifié le bien de la vie,
c'est parce que son nom vient de troupe, - Gen. XXX. 10,11,
- cal' Gad dans la Langue Hébmïque signifie une troupe; et par
une troupe dans le sens spirituel il est signifié des œuvres, et le
bien de la vie consiste à faiJ'e les biens qui sont les œuvres; voir
sur ce sujet dans les ARCANES CÉL~STES, N° 393ft. Quant à ce qui
est signifié pal' Gad dans la bénédiction donnée pal' Israël son pèl'e,
en ces termes, dans Moïse: Cl Gad, une troupe le ravagera; et
lui il ravagera le talon. Il - Gen. XLIX. 19, - on le voit ex­
pliqué dans les ARCANES CÉLESTES, N°' 6403 à MOi: puis, ce qui
est signifié par ces paroles, dans Ésaïe: Cl Vous qui abandonnez
Jéhovah, qui oubliez la montagne de ma sainteté, qui dressez
à Gad une table, et remplissez à Méni une libation. Il - LXV.
ii, - on le voit, N° ()405.
636. D'après ce qui a été dit, on peut voir maintenant ce qui
est signilié en particulier par les trois Trihus premièrement nom­
mées, à savoiJ', Jehudah, Ruben et Gad, puis ce qui est signifié
pal' ces tl'ois Tl'ibus dans le complexe; en effet, les noms de per­
sonnes et de lieux dans la Parole signifient des choses, non-seule­
118 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N· 436.
ment chaque nom en pal'ticulier sa chose, mais aussi dans le com­

plexe la chose en série; la chose en série que signifient ces trois

noms, Jehudah, Ruben et Gad, c'est que tous ceux qui sont dans

le bien de l'amour envers le Seigneur, et ù'après ce bien dans les

.vrais,' et par ces vrais dans le bien de la vie, sont dans le Ciel in­
time ou tl'oisième Ciel; car chez eux les trois degrés de vie ont été
ouyerts, le degré intime est où l'éside l'amour envers le Seigneul';
le moyen, où résident les nais d'après ce bien; et le dernier, où est
le bien de la vie: il y a chez chaque homme trois degrés de vie, le
degré intime a été ouvel't chez ceux qui sont dans le troisième Ciel;
il est, en effet, ouvert immédiatement par le Seigneur chez ceux
qui sont ùans l'amOlli' envel's Lui, car pal' l'amour il ya conjonc­
tion et par suite réception, d'où i1I'ésulte qu'ils sont dans tous les
vrais, qu'ils voient en eux, et par ces vrais ils sont dans le bien de la
vie. Que chez chaque Ange il y ait trois degrés de vie, on le voit.
dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 33, 3lt; puis aussi,
que le tl'oisième degré a été ouvert chez ceux qui sont dans le Troi­
sième Ciel, N°' 208, 209; et quels sont les Anges du Troisième
Ciel, Nos 25, 26, 27, 26i, 270, 271.
lt37. Vers. 6. De la Tribu d'Ascller douze mille marqués.
De la Tribu de ]Ilaphtali douze mille marqués. De la Tribu
de Ménasseh douze mille marqués. - De la Tribu d'Aseher
douze mille marqués, signifie la chal'ité à l'égal'd du pl'ochain,
et que tous ceux qui sont dans la charité sont dans le Ciel, et vien­
nent dans le Ciel: de la Tribu de Naphtali douze mille mar­
qués, signifie la régénération et la tentation: de la Tribu de Mé­
~

nasseh douze mille 1nm'qués, signifie les biens de la vie qui en


procèdent; et que tous ceux-là sont dans le second Ciel, et vien­
nent dans ce Ciel.
438. De la Tribu d'Ascher, douze mille marqués, signifie
la charité à l'égal'd du prochain, et que tous ceux qui sont
dans la charité sont dans le Ciel, et viennent dans le Ciel:
on le voit par la signification de la Tribu d'Ascher, en ce qu'elle
est l'affection spirituelle, qui est la chal'ité, ainsi qu'il va être mon­
tré; et par la signification des douze mille marqués, en ce que
ce sont ceux qui sont dans le Ciel et ceux qui viennent dans le Ciel,
comme ci-dessus, N° [133 : que la Tl'ibu d'Ascher signifie l'amour
Vers. 6, CHAPITRE SEPTIÈME. 1.19
à l'égard du pl'ochain, qu'on nomme charité, on le verra dans ce
qui suit, et même on le voit en ce que les douze Tl'ibus prises en-
semble ont représenté le Ciel et l'Église, et par suite les signifient
dans la Parole, et que chaque Tl'ibu a l'eprésenté et par suite si-
gnifie quelque univel'sel-essentiel qui fait le Ciel et l'Église : il y a
en général tl'Ois univel'sels-essenliels qui font le Ciel et l'Église, à
savoir, l'amoUl' euvel'S le Seigneur, la charité à l'égard du pr'o-
chain, et l'obéissance à la foi; l'amour envers le Seigneur est si-
gnifié pal' les trois premières Tribus, il savoir, pal' les Tl'ihus de
Jehudah, de Ruben et de Gad, comme il a été montré ci-dessus;
la charité à l'égal'd du prochain est signifiée pal' ces trois Tribus-
ci, à savoir, pal' les Tribus d'Aselle." de Naphtali el de Ménasseh;
l'obéissance il la foi est signifiée pal' les tl'ois Tribus suivantes, il
savoir, pal' celles de Siméon, de Lévi et d'Isaschar; la conjonction
de tous ceux-là avec le Seigneur est signifiée pal' les trois dernières
Tribus, à savoir', par celles de Zébulon, de Joseph et de Benjamin:
c'est là ce qui est sommairement signifié par toutes ces Tribus
nommées dans cet ordre, cal' les significations des Tl'ihus sont con-
formes à l'ol'dl'e dans lequel elles sont nommées, comme il a été dit
et montré ci-dessus, N°' li3i, li30, li36, Outre cela, pal' les mal'·
qués il esl entendu ceux qui onl été sépal'és des méchants et reçus
dans le Ciel, el pal' les trois pl'emières Tribus, ceux qui ont été
l'eçUS dans le Ciel suprême ou troisième Ciel, oü tous sont dans
l'amour envel's le Seigneur; pal' les trois Tribus suivantes, dont il
s'agit maintenant, il est entendu ceux qui ont été l'eçus dans le
Ciel moyell ou second Ciel, où tous sont dans la charité il l'égard
du prochain; par les lrois Tribus nommées ensuite il est entendu
ceux qui ont été l'eçus dans le dernier ou premier Ciel, où tous sont
dans l'obéissance qui esl appelée obéissance à la foi; et pal' les tl'ois
dernières Tribus il est entendu la réception de tous ceux-là dans
les trois Cieux par le Seigneur; il Ya, en elfet, trois Cieux dis-
tincts l'un de l'autI'e selon les degl'és du hien de l'amour: d'après
toutes ces considérations on peut d'abord VOil' que pal' cette seconde
classe des Tl'ibus,. ou pal' ces tl'ois Tl'ibus, à savoir, par celles
d'Asche!', de Naphtali et de Ménasseh, il est entendu ceux qui sont
dans la chal'ité à l'égard du pl'ochain, pal' la Tl'ibu d'Ascher la
charité à l'égal'd du prochain, par celle de Naphtali leur régéné-
120 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N' 438.
tion, et par celle de Ménasseh le bien de la "ie de ceux qui sont
dans la chal'ité. Mais d'abol'd il sera dit ce que signifie Aschel' dans
le Royaume du SeigneUl' ou dans l'Église: Ascher signifie la béati­
tude des affections spil'ituelles, et pal' suite l'affection spil'ituelle
elle-même, et comme c'est l'affection spirituelle qui est appelée
amoul' à l'égal'd du pl'ochain ou charité, de là vient qu'ici par As­
cher est signifiée la charité, et qu'en conséquence pal' les douze
mille de celle-Tribu il est signifié ici tous ceux qui sont dans la
charité, et' ainsi dans le second Ciel ou Ciel moyen. Qu'Ascher ait
tiré son nom de la béatitude, on le voit, non-seulement p!lr la signi­
fication de ce mot dans la Langue Héh'I'aïque, mais aussi pal' les
paroles que Léah, épouse de Jacoh, prononça quand il naquit; ce
sont celles-ci: « Et enfanta Zilpha, servante de Léah, un se­
cond fils à Jacob; et dit liah : Pour ma Béatitude, parce
qlle me béatifieront des filles; et ell~ appela son nom Ascher.ll
- Gen. XXX. 12, 13; - par les Hiles qui béatifiel'ont sont si­
gnifiées les affections spirituelles du vrai qui font l'Église, et pal'
lesquelles existe toute béatitude interne qui est céleste; dans cette
béatitude sont ceux qui sont dans la charité à l'égal'd du prochain,
cUl'la charité à l'égal'd du prochain est l'affectioll spil'ituelle du vl'ai,
comme il vient d'êtl'e dit; en effet, l'affection spirituelle du vl'ai est
d'aimer le vrai dans son essence, c'est-à-dil'6, d'aimer le vl'ai parce
qu'il est le vl'ai : le prochain aussi dans le sens spirituel n'est pas
autre chose que le bien et le vrai, et la charité est l'amour du pro­
chain, comme on peut le voir par ce qui a été dit et montré, dans
la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, sur l'amour à l'égard
du pl'ochain, qui; est appelé chal'ité, N° 8!l à 107 : le reste a été
expliqué dans les ARCANES CÉLESTES; voir N°' 3936 à 3940.
Qu'Ascher signifie la béatitude qui appartient à l'amour et à la cha­
l'ité, on peut encol'e le voir pal' la bénédiction qu'!sl'aêl son père lui
donna, en ces termes: (1 D' Ascher. gras (sera) son pain; et lui. il
donnera des délices de roi. Il - Gen. XLIX. 20; - « d'Ascher Il
signifie pal' les affections célestes et spil'ituelles, qui :tppartiennent
à l'amour envers le Seigneur et à la chariLé à l'égard du procbain;
« gras sera son pain, )) signifie le plaisir d'après le bien; «( et lui, il
donnera des délices de roi, » signilie le cham1e d'apl'ès le vl'ai; mais
cela a été expliqué plus amplement dans les ARCA~ES CÉLESTES;
VèI'5.6. CHAPITR~ SEPTIÈME. 121
voir No, MûS, M09, 64iO. La même chose est enCOl'e signifiée
par Aschel' dans sa hénédiction par Moïse, à savoir, le plaisir de
l'affection du vrai d'après la Parole; voici cette bénédr6t1ûn : (c A
Ascher il dit: Béni plus que les fils, Ascher; qu'il soit agréa­
ble à ses frères, et qu'il trempe dans l'huile son pied: de fer
el d'airain ta chaussure; et comme les jours ta renommée. )
- Deutér. XXXIIl. :2!1, 25; -- dans la hénédiction des fils d'Is-,
raël pal' Moïse sont contenus des arcanes sur la Parole, et pal' As­
cher, qui y est nommé en dernier lieu, est signifiée l'affection spiri­
tuelle du vrai d'apl'ès la Parole, c'est pour cela qu'il est dit: (1 Béni
plus que les fils, Ascher; qu'il soit agréable à ses frères; Il les !ils
signifient les vrais, et les frères l'Église d'après les vrais; béni et
agréable se disent de l'affection des vrais; par « qu'il trempe dans
l'huile son pied, » il est signifié le hien de l'amour d'où pl'oviennent
les vl'ais de la Parole dans le sens de la lettre; par le pied est si­
gnifié le vrai dans les derniers, qui est le vrai du sens de la lettl'e
de la Parole; et par l'huile est signifié le bien de l'amour; pal' (1 de
fer et d'airain ta chaiJssUl'e, » il est signifié que le demier de la Pa­
role est le vrai naturel et le bien naturel, le vrai natur'el est signifié
par le fer, le bien naturel par l'airain, et le demier par la chaus­
sure; par (c comme tes jours ta renommée, » il est signifié que la
Parole doit dUl'er éternellement: que le fel' signifie le vrai naturel,
on le voil ci-dessus, N° 176; l'airain, le hien naturel, on le voit
aussi ci-dessus, N° 70; et la chaussure, le dernier du natmel, qui
est le sensuel, on le voit dans les ARCA.NES CÉLESTES, No' 17h8,
3761, 6SM. Comme Ascher signifie le plaisir des affections, tel
qu'il est pour ceux qui sont dans les vrais d'apl'ès le sens de la lettre,
Il c'est pour cela que cette Tribu carhpait avec la Tribu de

Dan el la Tribu de N aphtali au Septentrion, 1) - Nomb. II. 25


à 31; - pal' les campements des fils d'Israël dans le désert étaient
représentées les ordinations des Sociétés Angéliques dans les Cieux;
voir ci-dessus, N° !I3'1; et là, au septentrion habitent ceux qui sont
d'après le hien de la chal'ité dans l'affection des c.onnaissances spiri­
tuelles. Qu'Ascher signifie la béatitude spÏl'ituelle, qui est une béa­
titude provenant de l'amour et de la charité, on peut aussi le voir
dans Ézéchiel, où il s'agit de la Nouvelle Tenc et de la Nouvelle
Ville; la terre y est distribuée comme héritage entre toutes les
:122 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 438.

Tribus d'Isral!l, et douze portes sont désignées pour la ville, une


pour eha,q'.Je Tl'ibu; là il s'agit de l'héritage d'Aseher, - Chapt
XLVIIi.~, 3; - et des Portes, en ces termes: « L'angle vers
la mer, quatre mille cinq cents: Portes de la ville, t7'ois;
porte de Gad, une; porte t!'Ascher, une; porte de Naphtali,
une; le circuit, dix-hu.it mille; et le nom de la ville depuis ce
jour, Jéhovah-Schammah. » - 311, 35; - par la telTe qui
sera distribuée en héritage est signifiée l'Église; par les fils d'Israël,
entre lesqu~ls elle doit être distribuée, sont signifiés tous les vrais
d'après le bien qui appartiennent à l'Église dans le complexe; par
la ville est signifi~e la doetl'ine du vrai d'après le bien de l'amour,
c'est pourquoi elle est, appelée Jéhovah-Schammah, ou Jéhovah-là;
pal' les portes sont signifiés les vrais qui introduisent, lesquels sont
les doctrinaux; par le nombre quatre mille cinq cent sont signifiés
aussi tous les Hais d'apl'ès le bien, et par le nombre dix-huit mille
tous les nais de la doctrine qui couvrent et protégent; d'après cela
il est é\lident que non-seulement toutes et chacune des expressions,
jusqu'aux nombres, y signilient des choses de l'Église, mais aussi
qu'aucune Tribu d'Israëlll'Y est entendue, et qu'au lieu de la Tribu
nommée il y est entendu uu universel-essentiel de l'Église: on y
voit aussi que par Asche.' est signifiée l'affection spirituelle du vrai,
laquelle fait un avec ,la charité à l'égard du prochain. Que pal' As­
cher il soit signifié dans le sens suprême l'éternité, dans le sens'
interne la félicité de la vie d'après la béatitude des affections qui
appal'tiennent à l'amour et à la char'ité, et dans le sens externe le
plaisil' naturel qui en provient, on le voit dans les ARCANES CÉ­
LESTES, No' 3938, 3939, Gh08.
h39. De la Tribu de Naphtali douze mille marqués, signifie
la 7'égénération et la tentation : on le voit par la représentation
et par suite pal' la signification de Naphtali et de sa Tribu, en ce
que c'est la Tentation'et l'état après celle tentation; et comme les
Tentations ont lieu pour la régénération, la régénération est signi­
fiée aussi pal' Naphtali; que ceux qui sont régénél'és subissent des
tentations, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSA­
LEM, N°' 187 à 201. Que Naphtali et pal' suite la TI'ibu qui a tiré
de lui son nom signilient la tentation et l'état apl'ès la tentation,
par conséquent aussi la régénél'ation, on peut le voir d'apl'ès les
Vers. 6. CHAPITRE SEPTIÈME. 123
paroles de Rachel; quand Bilhah sa servante l'enfanta; les voici :
Il Et conçut encore et enfanta. Bilhah seJ"Vante de Rachel.

un second /ils à Jacob; et dit Rachel: Des luttes de Dieu/ai


lutté avec ma sœur. aussi ai-je prévalu; et elle appela son nom
JVaphtali. Il - Gen. XXX\ 7, 8; -les luttes de Dieu signifient
les tentations spirituelles; et comme Hachel l'eprésentait l'Église
interne qui est spirituelle, et Léah l'Église externe qui est natu­
relle, on voit clairement ce qui est signifié en ce que Rachel lutta
avec sa sœut' et pl'évalut, à savoir, que l'homme spirituel a com­
battu conl1'e l'homme naturel; CtH' toute tentation est un combat
entl'e l'homme spil'ituel et l'homme naturel; en effet, l~homme spi­
rituel aime eL veut les choses qui sont du ciel, car il est dans le
ciel, eL l'homme naturel aime et veut les choses qui sont du monde,
car il est dans le monde; de là, les désirs de l'un sont opposés aux
désirs de l'autre, d'où résultent une collision et un combat qu'on
nomme tentation. Que Naphtali signifie la tentation et l'état après
la tentation, et pal' suite la régénération, on peut le voir encore p,ar
les passages suivants; par la Bénédiction que lui donna Israël, son
Père: (1 Naphtali. biche lâchée. qui prononce des discours d'é­
légance. » - Gen. XLIX. 21; - là, Nap~tali signifie l'état après
la tentation, état qui est plein de la joie provenant. de l'affection en
ce que le spirituel et le naturel, et aussi le bien et le vl'ai, ont été
conjoints, car ils sont conjoints par les tentations; (1 biche lâchée, l)
signifie le libre de l'affection naturelle; (1 qui prononce des discours
d'élégance, 1) signifie l'allégeesse du mental: mais ce passage a été
expliqué plus amplement dans les ARCANES CÉLESTES; voir
Nol 6U2, 6M3, 6lt1h. Et aussi par la Bénédiction qui lui fut
donnée par Moïse: (1 Et à Naphtali il dit: Naphtali. rassa3ié
du bon plaisir, et plein de la bénédiction de Jéhovah; occi­
dent et midi possède. ) - Deutér. XXXIII. 23; - là est aussi
décrit l'état après la tentation, à savoir, en ce qu'on est l'empli de
tout bien de l'amour et des vrais qui en pl'ocMent, Cal' après les
tentations l'homme est rempli de joie, et chez lui le bien est fructifié
et le vrai est multiplié; être rempli du bien de l'amour est entendu
par Il rassasié du bon plaisir de Jéhovah, Il et êtl'e l'empli des vra,is
qui procèdent de ce bien est signifié par (1 plein de la bénédiction
de Jéhovah; Il l'affection du vrai et l'illuslralïon qui en proviennent
1.2A L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. ~·1139.

sont signifiées par possède l'occident et le midi, l'affection du


vl'ai par l'occident, et l'illustration par le midi; s'il est dit le occi­
dent et midi possède, )l c'est parce que ceux qui après les instruc­
tions sont élevés dans le Ciel sont portés par l'occident vel's le
midi, ainsi pal' l'affection du vrai dans la lumièl'e du vrai. La même
chose est signifiée par Naphtali dans le Cantique de Déborah et de
Bal'ak, au Livre des Juges: (1 Zébulon, peuple qui a dévoué
son âme à mouriry,et Naphtali, sur les hauteurs du champ. Il

-V. 1.8; - c'élaient ces deux Tl'ibus, qui avaient combattu contre
8isél'a chef de l'armée de Jabin Roi de Canaan, et avaient vaincu,
les dix autres Tribus s'étant tenues en l'epos; et par là était repré­
senté le combat spil'ituel contre les maux qui infestent l'Église,
comme on le voit aussi d'après le Cantique pl'ophétique de Déborah
et de Bal'ak, dans lequel il s'agit de ce sujet j s'il n'y a eu que les
Tl'ibus de Zébulon et de Naphtali qui aient combattu, c'était parce
que Zébu Ion sigIt'ifie la conjonction du bien et du vl'ai, qui fait l'É­
glise, et Naphtali le combat contre les maux et les faux qui infes­
tent l'Église et qui s'opposent à la conjonction du bien et du vrai,
et que par suite, pal' l'un et par l'autre il est signifié la réformation
et la régénél'ation; pal' les hauteurs du champ sont signifiés les in­
térieurs de l'Église, d'apl'ès lesquels il y a combat. Par Zébulon et
Naphtali ensemble il est signifié aussi la l'éformation et la régéné­
l'ation par les tentations, dans Ésaïe, VlII. 22, 23. IX. 1. : et
pal' suite dans Matthieu, IV. 12 à 1ô. M.ais dans le sens su­
pl'Cme par Zébulon et Naphtali il est signifié l'union du Divin et de
l'Humain dans le Seigneul', cal' dans le sens suprême il s'agit uni­
quement du Seigneur, en géllér'al de la Glorification de son Hu­
main, et aussi de la subjugation des enfers et de l'ordination des
cieux par Lui : dans ce sens sont nommés Zébulon et Naphtali,
dans David: (( Ils ont vu tes démarches, ô Dieu, les démarches
de mon Dieu; de mon Roi dans le Sanctuaire; devant allaient
des chantres, ensuite des joueuses d'instruments il cordes au
milieu de jeunes filles battant du tambourin; dl~ns les assem,.
blées bénissez Dieu, le Seigneur, (bénissez-le) de la fontaine
d' Israël: là, Benjamin le petit les gouve1'11e; les princes de
lelwdah (sont) leurs troupe.ç; les princes de Zébulon, les
princes de Naphtuli : ton Dieu a commandé ta {oree, revtts
Vers. 6. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.25
la (oree, ô Dieu: tu nous as (ait cela de ton Temple sur Jé­
rusalem; des rois T'apporteront un présent. Réprime la bête
sauvage du roseau. l'assemblée des (orts. parmi les veaux des
peuples. (oulant aux pieds les (ragments d'argent. laquelle
a dispersé les peuples. des guerres ils désirent. Il viendra des
engraissés d'Égypte; l' jj; lhiopie se hâtera ses mains vers
Dieu. 1) - PSt LXVllI. 25 à 32; - là, dans le sens spil'ituel, il
s'agit de l'avénement du Seigneur et de la gloJ'ification de son Hu­
main, et aussi de la subjugation des enfers et de la salvation qui en
est la suite; la céléhration du SeigneUl' à cause de son avénement
est décrite dans ces pal'oles : II Ils ont vu tes démarches, (j Dieu,
les démarches de mon Dieu, de mon Roi dans le Sanctuaire; de­
vant allaient des chantres, ensuite des joueuses d'instruments à
cordes au milieu de jeunes Hiles battant du tambourin; dans les
assemblées hénissez Dieu, le Seigneul', bénissez-le de la fontaine
d'Isl'aël; Il mais ce que chacune de ces paroles signifie a été ex pli­
qué ci-dessus, voù' N° 3lLû : l'Innocence du Seigneur, d'après la­
quelle il a opéré et achevé toutes choses, est signillée pal' II Benjamin
le petit les gouverne; J) le Divin VI'ai d'après le Divin Bien est si­
gnifié pal' « les princes de J ehudah sont leurs troupes; » la glorifi­
cation, ou l'union du Divin et de l'Humain d'après la propre puis­
sance, est signifiée par les princes de Zéhulon et les princes de
Naphtali; par (1 ton Dieu a commandé ta force, l'evéts la fOl'ce, ô
Dieu: tu nous as fait cela de ton Temple.sur Jérusalem, » il est si­
gnifié que pal' suite la Divine puissance appartient à l'Humain du
Seigneur, là par le Témple il est entendu le Divin Humain du Sei­
gneur, et pal' Jérusalem l'Église pour laquelle il a combattu; pal'
u répl'ime la bête sauvage du roseau, l'assemblée des forts, parmi
les veaux des peuples, foulant aux pieds les fragments d'argent,
laquelle a dispersé les peuples, des guerres ils désil'cnt, J) il est si­
gnifié la subjugation des enfel's; la hète sauvage du roseau et l'as­
semblée des forts, c'est le scientifique de l'homme naturel perver­
tissant les vl'ais et les biens de l'Église; les veaux des peuples sont
les biens de l'Église, les fragments d'argent sont les vrais de l'É­
glise; li laquelle a dispersé les peuples, des guel'res ils désirent, IJ si­
gnifie les pervertir et raisonner contl'e eux: pal' la subjugation des
enfers il est entendu la subjugation de l'homme natùreJ, car là sont

'!
126 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 439.

les maux qui proviennent de l'enfer, parce que là il Ya les plaisirs


de l'amour de soi et du monde et les scientifiques qui les cOllfirment,
et 10l'squ'on a pOUl' fin ces plaisil's et qu'ils prédominent, ils sont
CûIltre les biens et les vl'ais de l'Église; par <1 il viendra des en­
graissés d'Égypte, l'Éthiopie se hâtera ses mains vers Dieu, Il il est
signifié que l'homme naturel, quand il a été subjugué, foumit des
scientiliques concol'dants et des connaissances du vrai et du bien,
l'Égypte est l'homme naturel quant aux scientifiques, et l'Éthiopie
l'homme naturel quant aux connaissances du bien et du vl'ai. D'a­
près èe peu d'explications, on peut voil' ce qui est signifié dans la
Parole par Naphtali et par sa Trihu, à savoir, dans le sens suprême
la propre puissance du SeigneUI', d'après laquelle il a subjugué les
Ellfers et glorifié son Humain; dans le sens intel'lle, la tentation,
e't l'état après la tentation; et dans le sens externe, la l'ésistance dé
la pal't de l'homme naturel; de là aussi, par Naphtali il est signifié
la réformation et la régénération, parce qu'elles sont les effets des
tentations.
MO. De la Tribu de lI1énasseh douze mille marqués, si­
gnifie les biens de la vie qui en procèdent: on le voit d'apl'ès la
représentation et par suite d'après la signification de la Tribu de
Ménasseh, en ce qu'elle est le volontail'e de l'Église, et par suite
le bien de la vie; si elle est le bien de la vie, c'est parce que ce hien
fait un avec Je volontaire de l'Église ou des hommes de l'Église;
en effet, ce que l'homme veut, il le fait quand il peut, car le fait
n'est absolument que la volonté agissant, comme on peut le voir en
ce que le fait cesse quand la volonté cesse, et qu'il persiste tant que
la volonté persiste; ce que la volonté de l'homme l'égénéré fait,
cela est appelé le bien de la vie; de là résulte donc que, comme par
Ménasseh et par sa Tribu il est signifié le volontaire de l'Église, il
est signifié aussi le bien de la vie: le bien de la vie d'alll'ès la cha­
rité à l'égard du pl'ochain vient aussi après la régénération qui est
signifiée pal' Ascher et Naphtali, comme l'effet provient de sa cause;
car ceux qui sont dans la charité à l'égard du pr'ochain sont régé­
nérés par le SeigneUl', et ceux qui ont été r'égénérés sont dans le
bien de la vie, car ils agissent d'après la charité, et toute action
d'après la charité est le bien de la vie. Il y a deux choses qui font
l'Église, il savoir, le vrai de la doctl'ine et le bien de la vie, toutes
Vers, 6. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.27
deux doivent être chez l'homme pOUl' qu'il soit homme de l'Église;
ces deux choses ont été rept'ésentées et par suite sont signifiées dans
la Pat'Qle pat' Éphraïm et par Ménasseh, le vrai de la doctrine par
Éphl'aim, et le hien de la vie par Ménasseh : le vrai de la doctrine
est aussi appelé l'Intellectuel de l'Église, et le bien de la vie est
appelé le Volontail'e de l'Église, car le vrai appal'tient à l'Entende­
ment, et le bien appat'lient à la Volonté; de là vient que par Éphraïm
et pal' Ménasseh il est signifié aussi l'Intellectuel et le Volontaire de
l'Église, par Éphraïm l'Intellectuel, el'par Ménasseh le Volontaire.
Afin que de telles choses fussent l'eprésentées et par suite signifié~s
par Éphl'aïm et pal' Ménasseh, ils naquirent à Joseph dans la terre
d'Égypte, car par Joseph est signifié le céleste-spirituel, ou le
Royaume spirituel même qui a été adjoint au Royaume céleste, et
par la tel'l'e d'Égypte est signifié le Naturel, c'est pourquoi le bien
de la volonté dans le naturel né du céleste-spirituel est signifié par
Ménasseh, et le vrai de l'entendement dans le, naturel né aussi ,du
céleste-spirituel est signifié par Éphraïm; il est pal'lé de leur nais­
sance dans Moïse en ces termes: (1 Et à Joseph il naquit deux
fils, avant que vint l'année de la (amine, lesquels lui en(anta
Asenath fille de Potiphèra prêtre de On : et appela Joseph
le nom du premier-né Ménasseh. parce que oublier m'a (ait
Dieu tout mon trm)ail. et toute la maison de mon père: et le
nom du second il appela E'phraïm. parce que (ructifier m'a
(ait,Dieu dans la terre de mon affliction. Il - Gen. XLI. 50,
51, 52; - ce qui est entendu pal' ces paroles dans le sens spirituel,
on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, No' 5367 à 5356, à savoÏl',
que par le nom du pl'emiel'-né Ménasseh il est entendu le nouveail
volontaire dans le naturel et sa qualité, et par le nom du second
Éphralm le nouvel entendement dans le natm'el et sa qualité; ou,
ce qui est la même chose, pal' Ménasseh le bien dù nou\'d homme
naturel, et par Éphraïm son vl'ai; l)oir là même N°s 5351" 535ft.
Que ces choses soient signifiées par Ménasseh et par Éphraïm, on
peut encore le voit' en ce qu'il~ fUl'ent pris pal' Jacob comme Ruben
et Siméon; il en est parlé ainsi dans Moïse: « Jacob dit à Joseph:
Maintenant tes deux fils, qui te sont nés dans la terre d'É­
gyp'te avant que je vinsse vers toi en Égypte. à moi. eux.
Éphraïm et Ménasseh; comme Ruben et Siméon ils me se­
128 L'APOCAl.YPSE EXPLIQUÉE. N°bltO.
ront; par le nom de leurs {rères ils seront appelés en leur
héritage. Il - Gen. XLVIlI. 3, 5,6; - comme pal' Ruben il est
signifié le vrai pal' l'entendement, qui est le vl'ai de la doctrine, et
par Siméon le vrai par la volonté, qui est le bien de la ,'je, c'est
pOUl' cela que Jacob dit qu'Éphl'aIm et Ménasseh étaient pOUl' lui
comme Ruben et Siméon, pal' conséquent tphraïm le vrai intellec­
tuel, et Ménassehle bien volontaire; mais ces paroles ont été plus
amplement expliquées dans les ARCANES CÜF.STES; 1)oir N°' 623!J
à 62!J1. La même chose peu'! aussi êtl'e vue pUI' la bénédiction d'J~­
phraïm et de Ménasseh par Jacob alors Israël; elle est en ces
termes: (1 Israël bénit Joseph. et il dit: Que le Dieu det'altt
qui ont marché me.ç péres. Abraham et Jiuhak. le Dieu qu.i
me repait depuis que moii'existejusqu'tl ce jour; que l'Ange
qui me l'achète de tout mal bénisse ces en{ants; et sera ap­
pelé en eux mon nom, et le nom de mes pères. Ab1'aham et
Jischak. et qu'ils cl'oissent en multitude dans le milieu de la
terre. Il - Gen. XLVIlI. 15, 16; - que là aussi par Éphraïm
il soit entendu le vrai intellectuel, et par Ménasseh le bien volon­
taire, l'un et l'autre dans le naturel, on le voit dans les ARCANES
CÉLESTES, N°' 627!J à 6285. La même chose peut cncol'e être
vue par la bénédiction d'Éphraïm et de Ménasseh pal' MoIse; elle
est en ces termes: li De Joseph il dit: Au premier-né de son
bœuf, honneur à lui. et cornes de licorne ses cornes; avec
, elles les peuples il (rappera· ensemble aux bouts de la tel'l'e:
et eux (sont) les mY"iades d'Éphl'aïm et eu.'?: les milliers de
M éna$$eh. Il - Deutér. XXXIlI. 17; - ces pal'oles ont été ex­
pliquées ci-dessus; voir N°' 316 et 33l). QU'Éphl'aIm signifie
l'entendement du vrai, et Ménasseh la volonté du bien, l'un et
l'autre dans le naturel, on peut aussi le "oil' d'après ces pas­
sages; dans Ésaïe : « Dans l'emportement de J éhoVllh Sé­
baoth a été obscurcie la terre. et est devenu le peuple comme
aliment du {eu; l'homme son {rère ils n'épargneront point.
et s'il tranche à droite. il sera affamé cependant, et s'il
mange à gauche. ils ne seront pas rassasiés; l'homme la
chair de .~on bras ils mangeront, M énasseh Éphraïm. el
Éphraïm !JI énasseh. ensemble eux contre J é/zovah. II - IX.
18,19,20; - qu'ici par Ménasseh mangera Éphl'aïm, et Éphl'aim
Vers. 6. CHAPITRE SEPTIÈME. 129
mangel'a Ménasseh, il soit signifié que tout bien et tout Vl'ai de
J'Église doivent pél'ir, le bien par le faux et le vrai par le mal, on
le voit ci-dessus, N° 386, où toute.'> ces paroles ont été expliquées.
Dans David: « A moi Giléad, et il moi 1lf énasseh, et Éphraim
la force de ma Tête; J elmdah mon Législateur: Il - Ps. LX.
9, et CVIII, 9; - ici par Ménassch il est signifié le bien de l'É-
glise, par :f~phraïm le vrai de l'Église, et pal' Giléad le natul'el ; el
comme la puissance Divine est au Vrai d'après le bien nalUI'el,
voilà pourquoi il est dit « Éphraïm la fOI'ce de ma 'fête; s'il y a
1)

Divine puissance pal' le vrai d'après le bien dans le naturel, c'est


parce que le naturel est le det:niel' dans lequel influent les intérieurs
'qui sont les spil'ituels et les célestes, et où ils sont et suj)siSlent en-
semble; ils sont donc là dans le plein, dans lequel et d'apl'ès lequel
existe toute opération Divine; de là vient que la puissance Divine
est dans le sens littéral de la Parole, pal'ce que ce sens est le natu-
l'el; voir ci-dessus, N° M6; et dans les ARCANES CbLE5TES,
Nog836; d'après cela on peut VOil' pourquoi Éphraïlll est appelé
la fOI'ce de la Tête de Jéhovah: si Jel1udah est appelé son Légis-
lateur, c'est parce que pal' Jehudah a<;t signifié le Divin Vl'ai in-
terne, ou la Parole dans le sens spirituel, el que ce même vrai est
signifié par le léglslateUl' et par la loi. Dans le Même: « Pasteur
d'Israël, prête l'oreille, (toi) qui conduis comme un troupeau
Joseph; (toi), assis sur les Chérubins, l'esplendis avec éclat;
devant Éphraïm, Benjamin et Ji! élla,~seh suscite ta lJuis-
sance, et viens en salvation pour nous. Il - Ps. LXXX, 2, 3;
- d'après le sens spil'ituel il est évident que ces pal'oles contien-
nent une supplication au SeigneUl' pOUl' qu'il instruise ceux qui
sont de l'Église, et les conduise par les vrais au hien, pal' consé-
quent au ciel; le SeigneUl' est appelé Pasteur d'Israël, en ce qu'il
instl'uit et conduit, c'est pourquoi il est dit, Il toi qui conduis
comme un troupeau Joseph, Il par Joseph sont entendus ceux de
l'Église qui sont dans les vrais J'après le bien; « toi, assis Slll' les
Chérubins, Il signifie le Seigneur au-dessus des Cieux, d'où il en-
voie la lurnièl'e qui illustre les mentais, c'est pourquoi il est dit
(1 resplendis avec éclat; ) pal' « devant Éphraïm, Bénjamin el Mé-

nasseh ~uscite la puissance, II il est signifié afin que la lumière du


vrai pénèl,'e jusqu'à ceux qui sont dans le bien et dans le vJ'ai na-
Ill, Û.
130 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N"uuO.
turels, ainsi jusqu'à ceux qui sont les demiers ùans l'Église; par
Éphraïm sont entendus ceux qui sont dans le vrai naturel; le vrai
naturel est tel qu'est le vrai de la Parole dans le sens de la leUre;
par Ménasseh sont ententius ceux qui sont dans le hi en naturel,
lequel est le plaisir de faire le bien et d'apPl'endre le vrai; par Ben­
jamin il est entendu le conjonctif du \'J'ai et du bien, ou le médium
qui conjoint dans le naturel; pal' susciter la puissance il est en­
tendu jusqu'au poiflt de pénéll'er de lumière; par ce viens en salva­
lion pour nous, Il il est signifié aftn qu'ils soient sauvés. Comme
tout bien qui est à l'homme natnrel influe du Seigneur par l'homme
spirituel, et. que sans cet influx il n'y a aucun bien dans le naturel;
et comme Ménasseh représentait et pal' suite signifie le bien dans
l'homme naturel d'après une ol'igine spirituelle, c'est pOUl' cela
qu'il a été donné à cétte Tribu un héritage au-delà ou en dehors du
Jourdain et aussi en-deçà. ou en dedans du Jourdain, à savoir, à
une moitié de la Tribu au-delà ou en dellol's du Joul'dain, et à une
moitié de la Tribu en-deçà ou en dedans du .lourdain; voir Nomb.
XXXII. 33, 39, hO. Deutér. III. 13. Jos. XIII. 29, 30, 31.
XVII, 5 à 13,16 à 18; par la terre au-delà ou en dehol'sdu
Jourdain était représentée et signifiée l'Église externe, qui est chez
les hommes dans l'homme naturel; mais par la terre en-deçà ou
en dedans du Jourdain était représentée et signifiée\'Église interne,
qui est chez les hommes dans l'homme spirituel; l~oir sur ce sujet,
ci-dessus, N° !lM; et le bien est ce qui fait l'Église, et ce bien in­
flue immédiatement de l'homme spirituel dans l'homme naturel, et
sans cet influx il n'y a pas d'Église chez l'homme; voilà pourquoi
il a été donné 'un héritage tant en dedans qu'en dehol's du Jourdain
à la Trihu de Ménasseh par laquelle était signifié le bien de l'É­
glise : que le bien spil'ituel influe immédiatement dans le bien na­
turel; mais médiatement dans -le ''rai .naturel, on le voit dans les
ARCANES CÉLESTES, N° 331h, 3573, 3576,- 3616, 3969, 3995,
h563; et que par suite il y ait pal'allélisme enu.'c le bien spirituel"
et le bien naturel, mais non entre le vl'ai spirituel et le vl'ai naturel,
on le voit, No. 1831, 1832, 351h, 35(jh. Que Menasseh signilie
le bien de l'Église ou le bien de la vie, qui est le même qulfle bieu
de la volon ré, on peut le voir d'après la repl'ésentation et par suite
d'après la signification d'Éphraïm, en ce qu'il est le vrai de l'Église
Vers. 6. CHAPITRg SEPTIJ~ME. 13i
ou le vl'ai de la doctrine, qui eslle même que le vrai de l'entende­
ment, cal' ils étaient l'rares, et dans la Pal'ole le bien ct le vrai sont
appelés l'l'ères; qU'Éphraïm signifie le Vrai de la doctrine, et par
suite l'intellectuel de l'Église, on le voit dans les ARCANES CÉ­
LESTES, N° 53M, où plusieUl's passages de la Pal'ole, dans lesquels
Éphraïm est nommé, ont été rapportés et expliqués, et en outre,
N°' 3969,6222, 623lJ, 6238, 6267, 6296.
!lU. Il a été montl'é que par la Tl'ibu d'Ascher est signiliée la
chal'ité à l'égard du pl'ochain, laquelle est le spirituel interne même
de ceux qU,i SOllt dans le second Ciel ou Ciel moyen, et que par
la Tribu de Ménasseh est signifié le bien de la vie, qui est le Spil'i­
tuel externe découlant de leUl' spirituel interne; 01' la Tentation,
qui est signifiée par la TI'ibu de Naphtali, est le médium qui unit,
car l'interne et l'externe sont unis par les tentations: d'après cela
on voit clairement ce que ces trois Tribus enveloppent dans leur
ordre. Il faut qu'on sache que l'un et l'aull'e, lantl'Înterne que l'ex­
terne, concol'dant l'un avec l'autre, doivent êtl'e chez l'homme et
chez l'Ange, afin qu'ils soient dans le Ciel; personne ne peut êtl'e
seulement dans l'un, et être dans le Ciel, à savoil', être seulement
dans l'interne, ou seulement dans l'extel'lle; en elfet, l'interne est
comme l'Ame et l'ex terne comme le corps, l'âme Ile peut rien opél'el'
sinon pal' le COI'pS, et le COl'pS ne peut rien opé.'er sinon d'apl'ès
l'Ame; c'est pourquoi, si l'externe ne cOl'l'espond pas ou ne concorde
pas d'une manière correspondante, l'intel'De est ~ans fOl'ce et comme
éteint, cal' c'est dans l'exteme et pal' l'externe qu'il doit opél'el',
comme l'Ame opèl'e dans son corps et par son corps; et l'externe
est comme mort, s'il n'y a pas un interne auquel il cOl'I'esponde,
car c'est d'après l'inteme que l'exteme doit opérer: ceci a été dit
afin qu'on sache que l'intel'De est signifié pal' Ascher, et l'externe
corl'espondant pal' Ménasseh; comme aussi ci-dessus, que ('intemc
est signifié par Jehudah, et l'externe cOrl'espondant par Gàd. li en
est de même en toute chose; c'est poul'quoi, dans l'homme il y a un
interne et un extel'Oe, un inlel'ne qui est appelé son spil'ituel, et un
extel'De qui est appelé son naturel, l'un se conjoint avec l'aulre par
les correspondances; de là tel est ['un, tel est l'autre, et tout ce qui
ne fait pas un avec un aulI'e par des correspondances, est dissipé
et périt.
132 L' APOCALYPSE EXPLlQUJ~E. N° 442.

laU. Vers. 7. De la Tribu de Siméon douze mille marqués;


de la Tribu de Lévi douze mille marqué,~; de la Tribu d'[sas­
char douze mille marqués, - De la Tribu de Siméon douze
mille marqués, signifie l'obéissance, et que tous ceux qui sont
dans l'obéissance sont dan~ le Ciel et viennent dans le Ciel: de la
Tribu de Lévi douze mille marqw:s, signifie les bonnes œuvres:
de la Tribu tj' lsaschar douze mille marqués, signifie la foi et
le salut.
laU, De la Tribu de Siméon douze mille marqués, ,~i{/nifie
l' obéis,~ance, et que tous ceux qui sout dans l'obéissance sont
dans le Ciel et viennent dans le Ciel: on le voit d!après la re­
présentation et par suite d'après la sigriification de la Tribu de
Siméon, en ce qu'elle est l'obéissance, ainsi qu'il va être monll'é;
et d'après la signification de douze mille marqués, en ce qu'ils
sont tous ceux qui sont dans le Ciel et qui viennent dans le Ciel,
ainsi qu'il a été dit ci-dessus: les Tribus de Si~léon, de Lévi et
d'Isaschal', qui soIll. maintenant recensées et constituent la troisième
classe des marqués, signifient ceux qui sont dans le Premier ou
Derniel' Ciel eL qui viennent dans ce Ciel; cal', ainsi qu'il a été dit
_ ci-dessus, il s'agit ici de tous ceux qui sont dans le Ciel et viennent
dans le Ciel, et comme il ya trois Cieux, le TI'oisième ou l'Intime,
le Second ou le Moyen, et le Premier ou Dernier, c'est pOUl' cela
qu'il s'agit distinctement de ceux qui sont dans le TI'oisième; de
ceux qui sont dans le Second, et de ceux qui sont dans le Premier;
ceux qui sont dans le Troisième Ciel ou Ciel Intime, et qui y vien­
nent, sont signifiés par Jehudah, Ruben et Gad, qui constituent
par conséquent la première Classe des marqués; ceux qui sont dans
le Second Ciel ou Ciel Moyen, et qui y viennent, sont signifiés pal'
Ascllel', Naphtali et Ménascheb, qui par conséquent constituent la
seconde Classe des marqués; et ceux qui sont dans le Premier ou
Dernief' Ciel, et qui y viennent, sont signifiés par Siméon, Lévi et
Isaschal', qui par' conséquent constituent maintenant la troisième
Classe des marqués: ceux-ci, qui appal'tiennent au Premier ou
Demier Ciel, sont tous dans l'obéissance pOUl' faire les vrais et les'
biens qui ont été commandés dans la Parole, ou ùans la doctrine
de l'i~glise dans laquelle ils sont nés, ou pal' le Maître ou le Prêtl'e
de qui ils ont appris que telle ou telle chose est un vrai et un bien
Vers. 7, CHAPITRE SEPTlÈME. 133
et qu'il faut la faire: la plupart d'entre eux ne sont point dans les
vrais mêmes, mais ils sont rhms des faux pal' ignorance, lesquels
faux sont eependant acteptés par le Seigneur comme des vrais,
parce qu'ils ont pour fin le bien de la vie, et que pal' là ils Ollt effacé
les maux qui ont coutume de s'attacher aux faux; quant à ces faux
et à ceux qui sont dans ces faux,. voir dans la DOCTRINE DE LA
NOUVELLE JÉRUSALEM le N° 21; ceux-ci donc sont dans le Dernier
ou Premier Ciel; ceux qui sont dans le Ciel M.oyen ou Second Ciel,
sont tous dans l'affection spil'ituelle de savoil' et de comprendl'e le
vrai ét le bien, et dans ['affecJion de le fail'e; et ceux qui sont dans
le Ciel Intime ou TI'oisième Ciel, sont tous dans l'amour; mais il
a été traité des uns et des autres ci-dessus, Si par Siméon et par
sa Tribu il est signifié ceux qui sont dans l'Obéissance, c'est parce
que Siméon, père de la Trihu, a tiré son nom d'Entendre, el qu'en­
tendre signifié obéir; on peut le voir par les paroles de Léah sa
mère, quand elle l'enfanta; ce sont celles-ci: «( Et Léalt conçut en­
core, et entanta un fils, et elle dil : Part:e qu'a entendu J ého­
~'alt que haïe U'étais), moi, el il m'a donné aussi celui-ci; et
elle' appela son nom Siméon. » - Gen, XXIX, 33; - ces pa­
roles ont été expliquées dans les ARCANES CÉLESTES; voir les
No' 3867 à 3872; puis aussi qu'entendre signifie obéi)', N°' 25h2,
3869, h653 à h660, 5017, 5h7l, 5hïo, 7216, 8361, 8990,
9311, 9397, 9926, 10061; et ci-dessus, No' U, 108, 2h9.
Puisque pal' Siméon il' est signifié l'obéissance, il est signifié aussi
la foi, car la foi devient foi chez l'homme quand il obéit et fait les
préceptes; avant que cela ait lieu, la connaissance des choses que
l'homme a' puisées dans la Parole, dans la doctrine de l'Église et
dans la p,'édicalion semble être la foi, mais elle n'est pas la foi avant
que l'homme fasse ces choses; avant cela elle appal'tient seulement
d'après la mémoire à la pensée, dans laquelle il n'y a rien de la vo­
lonté, par conséquent rien de l'homme, cal' la volonté est l'homme
lui-même; lors donc que l'homme fait un précepte ou obéit, ce
précepte entre dans la volonté, ainsi dans l'homme même, et devient
foi. Cette foi, qui est l'olléissance, est aussi signifiée par Pierre,
quand il est nommé Simon, et la foi qui est l'affection du vl'ai est
signifiée pal' Pierre, quand il est nommé Simon fils de Jona, comme
dans Matth. XVI. 17, 18,19, el suiv. Marc, 1. Hi, 17, 18, 36.
13ft L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 443.
XIV. 37, 38. Luc, V.3 à U. VII. hO à h3. XXII. 31,32,33,
et suiv, XXIV. 34, Jean, 1. 41, 42, 43, XXI. 15 à 22;­
comme Simon dans la Langue Hébraïque signifie l'audition et la
déférence, et par suite l'obéissance, ainsi qu'il a été dit ci-dessus,
et que fils de Jona signifie le vl'ai d'après le bien, et Piel're le vrai
même, c'est pour cela que cet ApOtre est appelé pal' le Seigneur,
tantOt Pierre, tantOt Simon Piel'I'e, tantôt Simon fils de Jona; que
de telles choses soient signifiées pal' ces noms, chacun peut le voir
en ce qu'il a été appelé par le Seigneur tantôt Pierre, tantOt Simon,
tantOt fils de Jona, ce qui n'a pas été fait sans cause et sans 'signi­
fication; les paroles qui Ini sont alors adressées le montrent claire­
ment; par exemple, quand il confessa que le Seigneur était le Fils
de Dieu, et que pOUl' cela même les clefs du Royaume des cieux lui
furent données, il est appelé Simon fils de Jona,-Matth. XVI. 17
et suiv.; - et il est appelé la Pierre (Petra), co~me le Seigneur
Lui-Même est souvent appelé dans les Prophètes: il est pareillement
appelé Simon fils de Jona, quand le Seigneul' lui dit Cl M'aimes-tu,))
et qu'il répondit Cl Je T'aime; li mais un instant après quand il se dé­
tourna du Seigneur et s'indignâ de ce que Jean, qu! signifie le bien
de la charité, suivait Jésus, il est appelé Pierre, - Jean, XXI. 15
à 21; - par Pierl'e alol's est· signifié le ,'rai sans le bien, ou la foi
séparée d'avec la charité. D'apl'è.c; cela, on peut voir que par Simon,
quand Pierl'e est ainsi nommé, il est signifié la même chose que
par Siméon fils de Jacob, à savoir, l'obéissance, la foi de la chal'ité,
l'affection du vrai, et en génér'al le vrai d'après le bien; en effet,
Simon dans la Langue Héb,'afque signifie l'audition, la déférence
eL l'obéissance, et Jona dans la même' Langue, est le nom de la co­
lombe, qui\dan~ le sens spirituel signifie le bien de la charité, et
fils de Jona signifie le vrai de ce bien, ou la foi de la charit~; mais
la pierre (petra), d'après laquelle Pierre a été nommé, signifie le'
vl'ai et la foi, et clans le sens opposé le faux et la non-foi; voir ci­
dessus, N° hH. Que Siméon fils de Jacob, et la Tribu qui a tiré
de lui son nom, signifient l'obéissance, et aussi le vrai pal' volonté,
et par suite la foi, on peuL encol'e le \loir d'après le sens opposé,
dans lequel il signifie la non-obéissance, el aussi le faux par vo­
lonté, el par suite la foi séparée d'avec la \'olonté, laquelle n'est pas
la fQi; cal' clan~ la Pal'ole la plupart des expres!\ions ont aussi un
Vers. 7. CHAPITRE SEPTIÈME. 185
sens opposé, dans lequel elles signifient les contl'air'es; Siméon est
nommé dans ce sens par Israël son I)èr'c dans 10 prophétie sur ses
ms, cn ces termes : Il Siméon et l....éI'i, li'ères; illst l'uruellts de
violence lew's épées: en leUi' secr('t que ne l'Z"Cllue point
mon ûrlle, en leur {{ssembléc que ne soit point unie mit
gloire; car dans Lellr colère iLs ont tué l'homme, et dlms Lcur
bon plaisir énerré le bœuf: maudite soit leur colère, Cllr
(elle esl) '1:c'lzlimente; et leur emporWllenl, car (il esl) dur! Je
les diviserai en Jacob, et je les disperserai en IsrtlëL. 11- Gen.
XLLX. 5, 6, 7; - Siméon el Lévi, frèl'es, signilienl ici la foi sé­
pal'ée d'avec la chari lé; Il insll'Umenls de violence leurs épées, Il
signifie que les doclrinaux sel'venl à délruire les œuvres de la cha­
rité, ainsi la charilé même; Il en leul' seCl'el que ne vienne point
mon âme, Il signifie que le bien spiriluel ne veul pas savoil'Ies maux
qui appal'liennenl à·leur volonlé; « en leUl' assemblée que ne soit
point unie ma gloire, Il signifie que le vl'ai splriluelne veul pas non
plus savoil' les faux de leUl' pensée; Il cal' dans leur colère ils ont
tué l'homme, Il signifie qu'ils se sonl délournés entièl'ement des
VI'His, et qu'en s'en déloul'llant ils onl éleinlla foi; Il et dans leur
bon pl<lisil' énef\'é le bœuf, Il signifie que pal' une volonté perverse
ils ont enlièremenl affaibli le hien ex Leme qui appar'lient à la cha­
rité; «mauùile soit leur colèr'e, car' elle esl véhémenle, Jlsignifie une
forte avel'sion pOlll' le bien et pal' suile la damnalion; (( el leur em­
porlement, cal' il est dUI', Il signifie une aversion pour le vrai; «je
les diviserai en Jacob, Il signifie que celle foi doil êlr'e exterminée
de l'Église exteme; (( el je les dispel'sel'ai ell Isr3êl, signilie qu'elle
1)

doil êlre extel'minée de ntglise inlerne; mais ces pal'oles ont été
plus pleinement expliquées dans' les ARCANES CÉLESTES; voù'
N°s 6351 à 6361. Si les tl'ois pl'emiel's lils, il savoil', Reubell, Si­
méon, el Lévi, onl été l'ejetés et condamnés par leul' père Israël,
c'est parce que dans celle Pl'ophélie il s'agil de l'instaul'ation de
l'Église; el l'Église n'esl poinl inslallrée pal' la foi séparée d'avec
la charité, mais elle l'esl pal' le nai et pal' le bien qui procèdent du
Seigneur; en effel, il cette époque aussi l'Église élail tombée dans
cette eneur, que l'essentiel de l'Église consistail seulemelll à savoir
la Par'ole el il dire qu'elle est saime, ct nO/l pas dans la vie ou la
charilé; et que le Dien dn Ciel el de la lel'l'e était un auLl'e que le
1.36 L'APOGALYPSE EXPLIQUI'~E. N"443.

Seigneur; c'est pour cela que dans cette Prophétie les trois fils
premiers-nés, Reubell, Siméon et Lévi sont rejetés, puisque par
Reuben il est signifié la foi seule, par Siméon la foi sans la charité,
et par Lévi le non-bien de la charitë, par conséquent par eux trois
en série la non-Église; car lorsque la foi seule est prise pOUl' l'es­
sentiel du salut, la chal'ité est aussitôt l'ejetée, et considérée comme
de nulle essence et de nulle valeUl' quant au salut; et comme ces
trois-là ont signifié ces trois choses, c'est pour cela qu'ils ont été
rejetés par Israel leur pèl'e, pal' qui est signifiée l'Église; ces trois­
là ont aussi perdu le représentatif de l'Église, Reuben parce qu'il
coucha avec Bilhah sel'vante et concubine de son père, - Gen.
XXXV. 22; - et Siméon et Lévi. parce qu'ils tuèrent Chamor, son
fils Séchem, et toute la ville, qui étailla nation de Chamor, par la
seule raison que Séchem aimait leur sœur Dinah, - Gen. XXXIV.
1. à 21 : - pal' ce fait dans le sens spirituel il est signifié que ces
deux fils de Jacob, c'est-à-dire, les choses de l'Église qui étaient
représentées par eux deux, avaient éteint le vrai et le bien de l'É­
glise Ancienne, Église qui était encore sUl'vivante chez la nation de
Chamor, cal' pal' ce fait dans le sens spiI'ituel il était signifié que la
foi séparée d'avec la chal'ité éteint tout vl'ai et tout bien de l'Église;
c'est doné là ce qui est entendu en pal'ticulier pal' ces paroles d'Is;­
l'ael, « en leUl' secret que Ile vienne point mon âtne, en leur assem­
blée que ne soiL point unie ma gloire; car dans leur colère ils ont
tUé l'homme, et dans leur bon plaisil' énel'vé le bœuf; 1) en effet, par
l'homme (vir) dans la Parole il est signifié le vl'ai et l'intelligence,
et pal' le bœuf le bien moral et natUl'el; mais ces choses ont été plus
amplement expliquées dans les ARCANES CÉLESTES; voir N°· !JlI26
à 6522 : et c'est aussi pour cela que Siméon est exclu de la Béné­
diction de Moïse, - Deutér. XXXIIl, - et qU'à sa place il est
parlé d'ÉphraYm et de Ménasseh, par lesquels le vrai et le bien de
l'Église sont signifiés. Mais quoique Siméon et Lévi aient été tels,
toujours est-il qu'àillems ils signifient la foi de la charité et la cha­
rité, Siméon la foi de la charité, et Lévi la charité; bien plus, la
Tribu de Lévi est devenue le Sacerdoce, car peu importe quelle est
la personne qui l'epl'ésente, pOUl'VU que dans le culte extel'ne elle
soit selon les lois et les statuts; en effet, la Repl'ésentation concerne
non la pel'sonne mais la chose, et cllel la personne elle n'exige que
Vera. 7. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.37
l'elterne dans le culte; voir sur ce sujet dans lE):) ARCANES CÉLESTES,
Noo665,1097, 1361, 3147,3670,3881, h208, 6281, !l288,
A292, !l309, MU, MOO, 630h, 70h8, 7!J39, 8588, 8788,
8806, 922g : c'est aussi pour cela que ta Tribu de Siméon, dans
ce passage de l'Apocalypse, et aussi ailleurs dans la Parole, signifie
l'ol'éissance, la foi de la charité, l'affection du vl'ai, et en général le
vl'ai d'après le bien, comme il a été dit ci-dessus. Que Siméon et
sa Tl'ibu, quand ils sont nommés dans un sens hOI1' signifient dans
le sens suprême la Providence, dans le sens interne la foi pal' la
volonté, dans le sens intérieUl' l'obéissance, el dans le sens externe
l'ouïe, ou le v<1\t dans les ARCANES CÉLESTES, N° 3869.
AM. De la Tribu de Lévi douze mille marqué,~, signifie les
bonnes œuvres: on le voit d'apl'ès la l'eprésentalion et par suite
d'apl'ès la signification de Lévi et de sa TI'ibu, en ce que c'est l'a­
mour spiriluel, qui est appelé charité à l'égal'd du prochain; si la
Tribu de Lévi signifie ici les bonnes œuvres, c'est parce que l'amour
spirituel ou la charité consiste à faire des biens, qui sont les bonnes
œuvres; là charité même, considérée en soi, est l'affection du vrai
et du bien; et, où est celle affection, là est la vie selon les vrais et
les bieus, car sans la vie selon les vrais et les biens, pal' lesquels on
est affecté, l'affection n'existe pas; si l'on cl'Oit qu'elle existe et est
présente, il y a affection naturelle et non affection spirituelle, affec­
tions qui diffèl'ent en ce que l'affection naturelle a rom' lin l'homme
lui-même et le monde, c'est pourquoi les vrais et les ~iens, dont
l'homme est affecté, il les aime pour sa propre réputation, afin d'ac­
quérir des honneurs et des richesses, et alors la vie selon les doctri­
naux qu'il avait apPl'is, est seulement employée pal' lui pour se
faire voir, et est ainsi simulée et intérieurement hypocrite; mais
l'affeclion spirituelle a pour fin le Seigneur, le ciel et la vie éter­
nelle, qn'elle regal'de dans les vrais et dans les biens, ainsi elle aime
les vrais et les biens spirituellement; et quand cette affection est
chez l'homme, l'homme ailUe pensel' les vrais et vouloir les biens,
par conséquent vivre selon eux; vivre selon les vrais et les biens est
entendu dans la Parole par fail'e, et la vie même estenJendue par
les failS et les œuvres, si souvent mentionnés dans la Parole: ce sont
donc ces choses qui ont été représentées et signifiées par Lévi et
pal' sa Tl'ibu dans l'Église chez les Juifs. (;olllme celte affection
138 . L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"lJlJlJ.
est l'essentiel même de l'Église, c'est pour cela que la Trihade
Lévi est devenue le sacel'dor-e; et c'est pour cela que le bâton de
Lévi dans la Tente de Convention a fleuri et produit des amandes;
c'est aussi pour cela qu'il n'a pas été donné d'héritage à celle Tribu
comme aux autres Tribus, mais qu'elle en a eu dans chacune des
autres. Que la Tribu de Lévi soit devenue le sacerdoce, cela est
bien connu, car non-seulement Aharon a été fait Grànd-Prêll'e,
mais aussi ses fils après lui, et tous les Lévites leur ont été donnés
pour fail'e le service: que Moïse et Aharon aient été de la TI"ibu de
Lévi, on le voit,- Exod. VI. 20. XVIII. h; - et que les Lévites
aient été faits ministl'es d'Aharon et de ses fils, on le VOIt, dans
Moïse: II La Tribu de Lévi a été prise pour le sacerdoce, afin
de faire la garde devant la Tente de Convention, et de faire
le service de l'Habitacle : et lés Lévites ont été donnés à
Aharon et pris à la place de tout p1'emier-né. Et, en outre,
il est parlé de leurs ministères et de leur~ fonctions, 1) ­
Nomb. 1lI. 1 à 51. - Si le sacerdoce a été donné à celle Trihu~
c'est parce qu'elle représentait l'amolli' et la chal'ité, et par suite
signifiait l'amour et la charité; l'amour et la charité, c'e&t l'af­
fection du bien et du vrai spil'ituels; en effet, l'affection se dit de
l'amour dans son continu, cal' l'affection est le continu de l'a­
mour : la même chose est aussi signifiée dans la Parole par le sa­
cerdoce et pal' le service du sacerdoce; en effet, cette affection est
l'essentiel de l'Église, cal' où est celle affection, là est l'Église, et
où n'est pas celle affection, là n'est pas non plus l'Église, puisque
l'affection du bien et du vl'ai est la "ie spil'ituelle même de l'homme;
en effet, quand l'homme est affecté du bien et· du nai, il est alors
dans le bien et dans le \'l'ai quant à la vie, sa pensée même n'est
alors que l'affection dans une forme différente, car tout ce que
l'hornme pense il te .til·e de son affection; personne ne peut penser
sans une affection: de là vient donc que la Tl'ibu de Lévi esl de­
venue le sacerdo.ce. La même chose est dite des Lévites dans Ézé­
chiel, lorsqu'il s'agit de la nouvelle Tene, de la nouvelle Ville et
du nouveau Temple, - XL. hG. XLllI. 19. XLIV. 15. XLVIII.
11,12. - Comme la Tribu de Lévi représentait et par suite signi­
fiait la charité en acte, ainsi les biens de la charité, qui sont les
bonnes œuvres, c'est pOUl' cela que Il le bâton de Lh'i, sur lequel
Ve,s. 7. CHAPITRE SEPTIÈME, tS9
atVlit été écrit le nom d'Aharon. ayant été placé dans la Tente
de Convention devant le Témoignage, a fleuri' el produit des
anUl1utes, II - Nomb. XVII. 17 à 26; - car par les amandes
SOit signifiés les biens de la charité; en effet, d'aprés ces biens
to~tes les choses de l'Église fleurissent chez l'homme, car lorsque
les biens de la charité sont chez l'homme, il y a l'intelligence et la
foi; en effet, l'homme est dans l'affection de comprendre ce qu'il sait
d'.près la Parole, et dans la volonté de fail'e selon ce qu'il sait.
Ccmme dans toules les choses de l'Église il doit y avoir le bien de
la charilé, afin qu'en elles il y ail l'Église, et comme l'affection
mtme du bien et du vrai, qui est la charité, donne l'intelligence et
inUruil tous ceux de l'ltglise, c'est pour cela que la Tribu de Lévi,
n())-seulement est devenue le sacel'doce, mais aussi n'a reçu ni por-
tim par le sort ni héril.age comme les aull'es Trihus, et en a eu chez
tolles les Bull'es, comme on le voit dans Moise, - Nomb. XXXV.
i l 311; - et dans Josué, - XXI. 1 à h5 : - aussi est-il dit dans
M~ïse : (\ Léni n'a point eu de portion ni d'héritage arec ses
fl'8reS; Jéhovah Lili-Même (est) son héritage. 1) - Deutér. X.
9: - et comme chaque homme, ainsi qu'il a été dit, apprend la
scence, l'intelligence et la sagesse selon l'affection du bien et du
vni qui est chez lui, c'est pour cela qu'il est dit dans Moise:
Il Jéhovah Dieu a choisi les fils de Léd pour (aire son ser-

t'i"e, et pOlir bénir en son Nom; et selon lew' bouche se (era


lOti procès et tout châtiment. Il ~ Deutér. XXI. 5; - pal' ce..c;
ptroles, dans le sens spirituel, il est signifié que l'affection du bien
etdu vrai, qui est la chal'ité, fait le sel'Vice du SeigneUl' et enseigne
lei choses qui appartiennent à l'Église et au culte, et discerne les
faJX des vrais et les maux des biens; cal' par les fils de Lévi, dans
lesens spirituel, il esl signifié l'affection du bien et du nai, qui est·
la charité. D'après cela, on peut voit' que la Tribu de Lévi a été
cloisie pour le sacerdoce, et n'a point reçu d'héritage parmi toutes
l~ Tribus, non pas que celle Tl'ibu f(lt meilleure que les autres,
Iniis parce qu'elle l'epl'ésentail la charité en acte, .et les bonnes
œ.tvres, qui sonlles effets de tout bien et de tout vrai chez l'homme.
QIe la Tribu de Lévi ait signifié, dans la Parole, les biens de la
clarilé, qui sont les bonnes œUVl'es, on peut aussi le voir par les
plssages suivants; dans Jérémie: Il En ces jours-là ct en ce
ihO L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 444.
temps-là jt ferai germer à David un germe juste, et il (era
jugement et justice en la terre; en ces jours-là Jehudah
sera sauvé, et Israël habitera en sécurité; 1)oici le nom par
lequel on L'appellera: Jéhovah notre justice. Poin{ne man­
quera à David homme siégeant sur le trOne de la maison
d'Israël; et, quant aux prêtres Lévites, point ne manquera
homme de devant mes (aces, offrant holocauste et présentant
pa1'(um de minchah, et (aisant sacrifice tous les jours, Si
vaine vous rendez mon all{ance du jour et mon alliance de la
nuit, 1Nâne aussi det'iendra mon alliance avec David mon
serviteur, en sOl'te qu'il n'y ait point pour lui de fils qui rè­
gne, et al'ec les Lévites prêtres mes ministres. De m€me que
point ne se compte l'armée des cieux, et point ne se mesure
le sable de la mer, de méme je multiplierai la semence de
David mon serviteur, et les Lévites mes ministres. Il - XXXIII.
15, il>, 17, 18, 20, 21, 22. XXIII. 5, 6; - là, il s'agit de l'a­
vénement du Seigneur qui est le germe de David, et qui est appelé
Jéhovah notre Justice: (1 alol's Jehudah sera sau1'é, et Israël habi­
tera en sécU\'ité, Il signifie qu'alors seront sauvés ceux qui sont dans
l'amour envers Lui; et qu'alors ceux qui sont dans la çhal'Ïté à l'é­
gard du prochain ne seront poinL infestés pal' les maux et les faux,
est signifié en ce qu'alol's ISl'aël habi~I'a en sécurité; « point ne
manquera à David homme siégeant sur le trOne de la maison d'Is­
raël, Il signifle qu'alors le Divin Vrai procédant du Seigneur régnera
pel'pétuellemenL dans l'Église, le trOne de la maison d'Isl'aêl est
l'Église où il règne; (1 quant aux pl'éll'es Lévites, point ne mllnquera
homme de devant mes faces, offrant holocauste et présentant parfum
de minchah, et faisant sacrifice, Il signifie qu'alors il y aura perpé­
tuellemenL un culte d'apl'ès le bien de l'amoul' et de la chal'ité et
d'apl'ès les vl'ais de la foi; par les Lévites sont signifiés ceux qui
sonL dans ce culte, pal' l'holocauste est signifié le culle d'après le
bien de l'amoul', par la minchah le culte d'après le bien de la cha­
l'ité à l'égal'd du pl'ochain, et pal' le sacrifice le cuIte d'après les
vrais de la foi; c( si vaine vous rendez mon alliance du jour et mon
alliance de la nuit, )) signifie s'ils n'observaient par les deux choses
qui font la conjonction avec le Seigneur ,. à savoir, l'amour et la
foi; l'alliance est la conjonoLioLl, l'alliance du ioU\' cslla conjonct.ion
Vers. 7. CHAPITRE SEPTlf:ME.
161
par l'amour, l'alliance de la nuit est la conjonction par la foi;

Cl vaiQe aussi deviendm mon alliance avec David mon serviteur, en

sorte qu'il n'y ait point pour lui de fils qui règne, et avec les Lé­

vites prêtres mes ministl'es, 1) signifie qu'alors il n'au l'ont pas le

Divin Yrai, ni le Di\'in Bien j les Lévites prêtres mes ministres sont
ceux qui sont dans le bien de ['amoul' envers le seigneur et dans
ne
le culte d'après ce bien; «( de même que point se cpmpte l'armée
des cieux, et point ne se mesure le sable de la mer', Il signifie les
connaissances du \Tai et du hien dans J'homme spirituel et dans
l'homme naturel; l'armée des cieux, ce sont ces connaissances dans
l'homme spirituel, et le sable de la mer, ce sont ces connaissances
dans l'homme naturel; « de même je mullipli~l'ai la semence de
David mon sel'vitem', et les tévites mes ministres, Il signifie la
multiplication du Divin'Yl'ai ct la fructification du Divin Bien chez
ceux qui ont conjonction a\'ec le Seigneur: ici comme ailleurs, pal'
les Lévites prëtl'es sont signifiés ceux qui sont dans le hien de l'a­
moU!' et de la charité, et dans le sens abstrait ce bien même. Dans
Malachie: «( Void, j'envoie 1/Ion Ange qui préparer'a le e/le­
min devant Moi, et incontinent viendra t'ers son Temple le
Seigneur que vous cherchez, et l'Ange de l'allùmce que l'OIlS
désirez: car Lui (sera) comme le j'eu du fondeur et com~ue le
savon des foulons; et il s'assiéra fondant et épurant l'argent,
et il purifiera les fils de Ud, et il les nettoiera comme l'or
et "argent, afin qu'ils apportent il Jéhovah une mincltah en
justice: alors douce sera à Jéhovah la mine/zah de J eftudah
et de Jérusalem, comme aux jours du siècle et comme aux
années premières. Il - Ill. 1, 2, 3, h; - ce que ces choses si­
gnilient dans le sens spirituel, on le voit expliqué ci-dessus, No' 2h2
et!t33, et par les fils de Lévi il y est entendu tous ceux qui sont
dans le bien de la charité et pal' suite dans le bien de la foi: là, il
s'agit du Seigneul' qui doit venir, son Divin Huntain est ce qui est
entendu pal' son Temple vers lequel doit venil' Jéhovah le Seigneur;
Cl il purifiera et nettoiera les fils de Lévi, Il signifie qu'il doit pUI'i­

fier ceux qui son L dans le hien de la chal'ité et par suite dans le bien
de la foi; que ce ne soient pas les fils de Lévi qui sont entendus,
cela est bien évident, cal' il est dit qu'alors il les purifiera et les net­
toiera, et qu'alors la minchah de Jehudah et de Jérusalem sera
U2 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 444.

douce à Jéhovah; et il est bien connu que le Seigneul' n'a ni pUl'ifié


ni nettoyé les Lévites, et que la minchah de Jehudah et de Jéru­
salem n'a pas été donce au Seigueur, car les Lévites ont été abso­
lument contre le Seigneur, et alol's le culte pal' les sacrifices et les
minchahs était abrogé; en effet,'là, par Jehudah il est entendu tous
ceux qui sont dans le hien de l'amour envers le Seigneur, et par
Jél'usalem l'Église qui est dans les vrais de la doctrine; voir ci­
dessus, N° US. Dans Moïse: li Moïse dit de Ut,i : .Tes T hu­
mirn et tes U"Ï1n (sont) à ton homme saint, qUI! tu as tenté à
Massah, avec iequel tu as contesté auprès des eaux de Méri­
bah; qui a dit Li son père et à sa mère: Je Ile l'OUS ai point
vus; et n'a point reconnu ses frères, et n'a point connu ses
fils: ils garderont ta parole, et ton alliance ils conserveront,
ils enseignerollt tes jugements à Jacob, et ta loi à Israël: ils
placeront le parfum pour ton nez, et l'holocauste sur ton
autel; et l'œuvre de ses mains tu accepteras; f7'{/ppe les reins
de ceux qui s'insurgent contre lui, et de cewl' qui le hai,~,vent,
en sorte que point ils ne se relèvent. Il - Deutér. XXXIlI. 8
à 1.~; - ces par.oles sont dans la Bénédiction des lils d'Israel pal'
Moise, dans laquelle il s'agit de la Pal'ole, car par MOï.se, dans le
sens l'eprésentatif,i1 est là signifié la Pa l'Ole, et pal' Ul'im et Thu­
mim il est signifié le Divin Vrai"lwillant pal' le Divin Bien, ain~i la
Pal'ole, et là pal' Lévi il est entendu l'affection spirituelle du nai;
pal' l'Homme saint que tu a5 tenté à Massah eL aux eaux de Méri­
bah, i.1 est entendu le SeigneUl' quanL au Divin Vrai, cal'Ie Hocher,
vers lequel cette tentation eul lieu, signifie le Seigneul', et les eaux
pal' suite signifient les Divins vrais; par le pèl'e et la mère, auxquels
il adit je ne vous ài point vus, il est signifié l'Église Israélite, qui
n'a poiut reconnu le Seigneur, l'Église est appelée père d'apl'ès le
bien et mère d'apl'ès le vrai; pal' ses fl'ères qu'il n'a point reconnus,
et par ses liIs qu'il n'a point connus, sont enLendus les biens et 'Ies
nais de l'Égli5e qui n'étaient point chez eux, les fl'èl'cS sont les
hiens ct les liIs sonL les nais: mais comme les fils de Lévi signi­
fient les biens el les vrais de l'Église, et en génél'all'affec! ion. spÏI'i­
tuelle du vrai et du bien, c'est pour cela qu'il est dit d'eux qu'ils
gardel'ont la Parole, conserveront l'alliance, enseignel'onlles juge­
ments à Jacob et la loi à Israël, ce par quoi il est signifié que ceux
Vers. 7. CHAPITRE SEPTIÈME. U3
qui sont dans l'affection spirituelle du vrai font la Parole et ensei­
gnent les biens ellcs'vl'ais de l'Église; en eft'et, l'aft'ection spirituelle
même du vrai rmt CL enseigne, car le Seigneul' influc en elle et il
fait le bien chez l'homme et enseigne le Vl'ai chez lui; la Parole est
là le Divin Vrai, la gal'der c'est fairc, l'alliance est la conjonction
par elle avec le Seigneur', les jugements sonlles vrais de la doctl'ine
d'après la Parole, la loi est le biel! du nai, Jacob et Israël sont
l'Église; le culte d'après les vrais de la docll'Ïne est signifié pal'
placer le parfum pOUl' le nez, el le culLe d'apl'ès le hien de l'amour
par placer l'Holocauste sur l'autel; la dissipaliOll des faux par les
vl'ais est signiliée pal' frappel' les l'Cins de ceux qui 's'insurgent
contre lui, et la dissipation des maux. pal' frappel' les reins de ceux
qui le haïssent en sorte que point ils ne se relèvent: ces choses ont
été dites de Lévi, parce que le Divin Vrai, qui est la Pal'ole, n'est
point donné chez d'autres que chez ceux qui ont l'affection spiri­
tuelle du Vl'ai; l'affection spirituelle du vrai est d'aimer le vrai
même, et de l'estimeI' au-dessus de tout bien du monde, parce que
par lui l'homme a la vie étel'Oelle, car' la vie éternelle n'est pas inl­
plantée dans l'homme plU' d'autres moyens que pal' les vrais, COII­
séquemment j)al' la Pal'ole, cal' pal' elle le Seigneur enseigllcJ
les
nais; l'affection spil'ituelle du \Tai, qui est d'aimel' les vrais au-
dessus de tout bien du monde, est ainsi décrite pal' le Seigueur
dans Matthieu: (( Semblable est le Royaume des Cieux à un
homme commercallt qui cherche de belles perles, lequel,
.'
ayant trouvé une très-précieuse perle, ,~'en est allé vendre
tout ce qu'il avait, et l'a achetée. l) - XIII, 65, 66; - la
pel'!e signifié le vrai: que la rie éternelle n'al'l'ive il "homme que
par les vrais d'après le bien qui procède du Seigneur, on le voit
dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 26 fin. Que
Lévi signifie l'amoul' et la charité, on le voit pal' les paroles de Léah
sa mère, quand elle l'enfanta; ce sont celles-ci: (( Et liait conçut
encore, et enfanta un fils, et elle dit: M.aintellant cette fois
s'attachera mon mari il moi, parce que je lui ai enfanté trois
fils; c'est pourquoi elle appella son Itom Lévi. » - Gen. XXIX,
3h; - «( ellc conçut encore et enfanta un fil.., » signilie llne con­
ception et un enfantement spirituels i (( et elle dit: Maintenant cette
fois s'attachera- mon mal'i il moi, signifie l'amOllI' spil'iluel par
1)
HlI L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. .N°IJ44.

lequel il Ya conjonction, ou la charité; IC parce que je lui ai enfanté


trois fils, Il signifie le successif; IC c'est pourquoi elle appela son
nom Lévi, Il signifie la conjonction par l'amollI' et sa qualité; mais
ces paroles ont été expliquées plus amplement dans les ARCANES
CÉLESTES; voir N°' 3873 ft 3877, Lévi signifie adhésion, et l'ad­
hésion signifie la conjonction par l'amOllI' spirituel: les trois fils
de Léah dans l'ordre de leur naissance, Reuben, Siméon et Lévi,
signifient en série les premiers et principaux essentiels de l'Église,
à savoir, le vrai par entendement, le vrai pal' volonté e't le vrai pal'
acte; les mêmes essentiels sont signifiés pal' trois disciples du Sei­
gneur, à savoir, par Piene, Jacques et Jean, car Piel're signifie le
vl'ai pal' entendement, Jacques le V1'ai par volonté, et Jean le vrai
par acte, qui est le bien de la vie ou le hien de la charité: et l'ad­
hésion, qui dans la Langue originale est dite Lévi, signifie la con­
jonction par l'amour et par la charité; que l'adhésion signifie cette
conjonction, on le "oit dans les ARCANES C~LESTES, N° 3875, Que
Lévi dans le sens suprême signifitl le Seigneur quant à l'amouI' eL
à la misél'icorde, on le voit dans Malachie: Cl Pour que vous con­
nai,çsiez que je vous ai adressé ce p1'éceptc, afin qu'il soit mon
alliance avec Lévi; mon alliance a été avec lui de la rie et de
la paix, que je lui ai données pm' la crainte, afin qu'il me
craignit; c'est pourquoi à cause de mon nom il a craint pOl/1'
lui: la loi de lJérité a été dans sa bOllche, et de pervcl'liité
point n'a été trouvé dans ses lèues; dans la paix et la droi­
ture il a marché avec Moi, et il en a détouj'né plwieurs de
l'iniquité: les lh.wes du prêtre la loi ('hercheront d'après sa
bouche, )Jarce que Ange de Jého'L'ah Sébaoth, Lui, !Ifais 'L'OUS,
'L'OUS vous etes retil'és du chemin, valU en avez (ait broncher
plusieurs dans la loi, VallS m'ez corrompu l'alliance de LétJi. ))
-IL li, 5, 6, 7, 8; - pal' Lévi ici, dans le sens suprême, il est
entendu le SeigneUl' quant au Divin Humalb, car il est dit de Lévi
que la loi de vérité a été dans sa bouche, et que de pervel'sité point
)l'a été trouvé dans ses lèvl'es; que les lèvres du pl'êtl'e la loi cher­
cheront d'après sa bouche, parce que Ange de Jéhovah Sébaoth,
Lui; c'est pourquoi, par l'alliance de Lévi il est entendu la conjonc­
tion avec le Seigneur pal' l'amOllI' et par la charité; l'alliance de la
vie et de la paix signifie ceUe conjonction; pal' la cl'ainte, qui se
Vers. 7. CIlAPITUE S~PTlÈME, 145
dit aussi de Lévi il est signifié l'amoUl'; li les lèvres du prêtœ la loi
chel'clteront d'après sa bouche, J) signifie que tout vrai d,e la doc­
trine vient ùe Lui. et est chez ceux qui sont dans l'amour envers
Lui; d'apl'ès le Divin Vl'ai que le SeigneUl' enseigne dans. la. Pal'ola
et pal' la Parole il est appelé l'Ange de Jéhovah; li se retirer du che­
min. en fail'e broncher plusieurs dans la loi. con'ompre l'alliance
de Lévi. Il signifie que l'Église. qui élBiL chez les ISl'aélites. a per­
verti les vl'ais de la Pal'ole et pal' suite les biens de la vie. eL
qu'ainsi ils ont perdu la conjonction avec le Seigneur; le cIJemin
signifie les Vl'ais de la doctrine, la loi les biens de la doctrine, et
l'alliance de Lévi la conjonction avec le SeigneUl', D'après cela on
peut voir ce qui est signifié dans le sens repl'ésentatif par Lévi et
pal' sa TI'ibu, à savoir. le bien de la charité. qui est le bien de la
vie. puis l'affection spirituelle du bien et du vrai. et dans le sens
suprême le Seigneur quant à l'amoul' spirituel. Comme la plupal'l
des expl'essions dans la Parole ont aussi un sens opposé, il en est
de même de Lévi et de sa Tribu, et dans ce sens Lévi signifie le
mal du faux, qui est opposé au bien de la chal'ité, et la vie sans la
charité, par conséquent la non-charité à l'égard du prochain; Lévi
a celle sigl1ificalion dans la Prophétie d'Israël sur ses fils: <[ Si­
mEon el Lévi, rrère,~; inslrumentf de violence leurs épées:
en leur secret que ne vielwe point mon dme, en leur assem­
blée que ne s'unisse poinl 'ma gloire; car dans leur colère il,~
ont tué l'homme; et dans leur bon plai.sir énené le bœuf:
maudite soilleur colère, car (elle est) véhémente; et leur em­
portement, car (il est) dur! Je les div.z"serai en Jacob, ft je les
disperserai en Isra~l, Il - Gen. XLIX, 5, 6. 7; - mais œs
pal'olf''s ont été expliquées dans l'Article précédent. où il. a été ques­
tion de Siméon; t'OÙ' N° 443, Cet opposé est aussi signifié par Je
Lévite dans la Parabole du Seigneur sur l'homme blessé pal' deS
voleurs; cette Parabole va être expliquée ici. parce qu'il y est q.ues­
lion de.la charité à l'égal'd du pl'ochain" et pal'ce que. depuis le
commeucement jusqu'à la fin, le Seigneur y a parlé par des cOl'I'es­
pondances qui jusqu'à pl'ésent ont élé ignorées; dans Luc: Il Un aoc­
teur de la loi, voulant se justifier lui-Ulfme, dil il Jésus: El
qui l',~t mon prochain? Jh,'u,ç, l'èpliquant, dit: Un certuin
homme d(!s(,(,lldail de .Jh'/(stJ(enl tt Jéricho, et il fOI'7ba 'Parmi
III. :10.
1â6 l'APOCALYPSJ~ EXPLIQUÉE. N" Mil.

des voleurs, qui même le dépouillèrent, et le CCJU1)rant de


plaies s'en allèrent, le laissant à demi-mort: oi- par ren­
contre un certain prêtre descendait par ce chemin-là; mais,
le voyant, il passa outre; pareillement aussi wi Lévite, qui
arrivait près du tieu,venant et voyant, passa outre; mais un
.certain Samaritain, qui voyageait, vint li lui; et, le voyant,
il fut touché dans les entrailles; c'est pourquoi, s'approchant,
il banda ses blessures, en y versant de t'huile et du vin; et, le
mettant sur sa propre monture, il le conduisit dans ulle hO­
tetterie, et prit soin de lui; puis le lendemain, en partant, il
tira deux deniers et les donna à t'Mte, et il lui dit: Aie soin
de lui, et tout ce que tu dépenseras de plus, moi, quand je
reviendrai, je te le rendrai. Lequel dOllc de ces trois te semble
m)oir été le prochain de celui qui était tombé parmi les vo­
leurs? Il dit: Celui qui a exercé la miséricorde elwers lui. Et
Jésus lui dit : Va, toi aussi {ais de même. II-X. 29 à 37; ­
là y il s'agit de la charité à l'égard du prochain, et des bonnes œu­
vres pal' lesquelles la chal'ité est dans son effet et dans son plein;
Jérusalem y signifie l'Église où est la vraie doctl'ine, et Jéricho
l'Église où sont les connaissances du vrai et du· bien; Je prêtre par
suite signifie ceux qui n'ont aucun amoul' envers le Seigneur, ei le
L~ite ceux qui n'ont aucune charité à l'égard du prochain, tels
qu'ils étaient dans ce temps dans Jél'usalem ; mais le Samaritain
signifie les nations qui étaient dans le bien de la chal'ité; l'homme
descendant de Jél'usalem à Jéricho signifie ceux qui voulaient être
instruits dans les vrais el dans les connaissances de l'Église; les vo­
leurs parmi lesquels il tomba signifient ceux qui alol's étaient dans
l'Eglise pervertie, telle qu'était dans ce temps l'Église Juive; (( qui
le dépouillèl'ent, le couvrit'ent de plaies et le laissèrent à demi­
mOI't, » signifie qu'ils le pl'ivèl'ent des vrais et le remplirent de faux,
et ainsi le blessèrent quant à la vie spirituelle, à un tel point q1l'il
lui resta,it à peine quelque vie spirituelle; dépouiller dans la Parole
signifie priver de vrais, couvrir de plaies signifie blesser par de.o;
faux le mental et la vie spü'ituelle, et à demi-mort signifie quand il
était presque pl'ivé de celte vie; être louché dans les entrailles si­
gnifie la misél'icol'de et la charité par l'intérieur, la miséricorde
aussi et la charité font un; bandel' les blesSlll'eS et verser de l'huile
Vers. 7. CHAPITRE SEPTIÈME. Ui
et du vin, signifie pl'éparer un femède contl'e les faux qui avaient
blessé sa vie, en inslt'uisant par le bi!ln de l'amour et par le vrai de
la foi, l'huile dans la Parole signifie le bien de l'amour, et le vin
le bien eL le v'rai de la foi; le melLre SUI' sa propre monture, signJfie
selon son entendement alitant qu'il pouvait, car le cheval signifie
l'enten~ement, il eu est de même de la montUl'e (jumentum); le
. conduirh'ldans une hôtellerie et prendre soin de lui, signifie vel's
ceux qui sont plus instruits dans les connaissances du bien et du
vl'ai; l'hôtellerie, c'est où l'on achète des vivres et des boissons,
par le.~quels il est signifié les connaissances du bien et du vrai, et
par suite la nourriture spirituelle qui est donnée par l'instt'uction ;
« il donna à l'Mte deux deniers, et il lui dit: Aie soin de lui, car
tout ce que tu dépenseras de ~lus, moi, quand je reviendrai, je te
le relldl'ai, Il signifie toules les choses de la chal'ité en tant qu!il était
capable et qu'il pouvait. D'après ces explications, on peut mainte­
nant voir ce que Lévi, sa Tribu et le Lévite signifient dans l'un et
dans l'autl'e sens : de plus gl'ands détails sur la représentation et
par suite. SUI' la signification de Lévi et de la Tribu, qui a tiré de lui
son nom, se trouvent dans les ARCANES CÉLESTES; 1)oir N°' 38ifl
à 3877, h!19i, 6502, !J503, 6352, fOOli.
lJ!J5. .De la Tribu d'Isa~c1lOr douze mille marqués, s2'gnifie
la fm' et le salut: on le voit d'après la l'eprésenlation et par suite
d'après la signification d'Isaultar et de sa Tribu, en ce que c'est
ce qui fait le ciel et le salut èhez l'homme, car Isaschal' dans la
Langue originale signifie la l'écompense, et ce qui fait le ciel et le
salut chez l'homme, ~'est l'amour et la foi; de là l'un et l'autre est
signifié pal' la Tribu d'Isaschal' : en effet, dans la Parole, la l'é­
compense est plusieUl's fois nommée; par exemple, il y est dit
qu'on l'ecevra une l'écompense, et paf elle il est entendu la vie éter­
nelle, le salut, et pal' la plupal'l la joie céleste; c'est aussi ce qui
est signifié dans le sens le plus proche par la récompensé; mais
comme il est permis à l'homme de penser à la vie étel'Delle, au' salut
el à la joie céleste, s'il vit selon les préceptes du Seigneur, et que
néanmoins il ne lui est pas per'mis d'avoir l'esprit fortement tendu
SUl' la récompense, cal' alol's il a pOUl' fin la l'écompense et tombe
facilement dans la pensée que par sa vie il mér-ite le ciel elle salut,
et celle pensée fait qu'il se contemple en toutes choses, contempln­
168 L'APOCALYPSE ~XPLIQUÉE. N°lJ45,

tion qui l'éloigne du ciel, cal' autant l'homme se conlemple dans


ses actes, autant il ne contemple pas le ciel, c'est pour cela que la
récompense, dans la Parole, signifie ce en quoi il yale ciel et le
salut, ainsi en général l'amour et la foi, et par suite l'intelligence
et la sagesse; en ces choses Uyale salut et le ciel, par conséquent
" la joie céleste, en tant que l'homme ne pense pas à la récompense:
d'après ces con~idél'ations on peut vOir ce qui est signifié J18.r Isas­
char et par sa Tl'ibu. Si ici il est signifié la foi, c'est parce que par
la Tribu de Siméon il est signifié l'obéissance, et pal' la Tribu de
Lévi les bonnes œuvres, el que ceux qui sont dans les bonnes œu­
vres d'après l'obéissance sont dans la foi; mais ceux qui sont dans
les biens de la vied'apl'ès l'affection spirituelle du vrai et du bien
sont dans la chal'ité, et ceux qui sont dans les biens de la vie d'a­
près l'affection céleste sont dans l'amour envel'S le Seigneur; de
même aussi" sont distingués les Anges dans les Cieux, dans le Ciel
intime on troisième Ciel sont ceux qui sont dans les biens de la vie
d'après l'affection céleste; dans le Ciel moyen ou second Ciel ceux
qui sont dans le bien de la vie d'après l'affection spil'ituelle, et dans
le demiel' ou pl'emier Ciel ceux qui ~ont dans les bonnes œuvres
d'aprèS l'obéissance; ceux-ci sont aussi dils être dans la foi, cal' ils
croient selon leur conception les choses qu'ils appl'ennent du sens
littél'al de la Parole et du prédicateul', sans voir ni percevoir si ce
sont des vrais, c'est pourquoi leul' pensée sur les choses qu'il faut
croire est appelée foi; car on appelle proprement foi ce que l'on
croit sans une vue inlellectuelle et sans une perception que cela soit
ainsi; de là l'ésuUe qu'ils peuvent cl'oire le faux lout aussi bien
que le vrai: mais lorsque ce qu'on croit est vu et perçu, cela est
appelé non pas foi mais aperception et perception; cal' l'entende­
ment illustré pal' le Seigneur voit, et la volonté est affectée, et l'acte
d'après l'on et l'aulre vient ensuite. Si la foi est signifiée ici par
Isaschar et par sa Tl'ibu, c'est que par ces lrois Tl'ihus, dont douze
mille de chacune ont"élé marqués, il est entendu tous ceux qui sont
dans le dernier ou premier Ciel, et ceux qui sont dans ce Ciel sont
dits être dans les bonnes œuvres d'après l'ohéissance, et dans la
foi; beaucoup d'entre eux appellent aussi la foi seule l'essentiel du
salut, mais néanmoins ils ne la séparent [ibint des bonnes œuvres,
car ils disent que la foi leur est donnée pal' le Seigneur parce qu'ils
Vers. 7. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.49
sont dans les bonnes œuvl'es, et que s'ils n'y étaient pas,. la foi ne
serllit pas donnée: mais ceux qui séparent la foi des bonnes œuvres,
et disent qu'elle est l'unique moyen de salut et qu'ils sont sauvés
par elle de quelque manièl'e qu'ils vivent, et qui confil'ment cela par
la vie, ne sont pas dans le dernier Ciel, mais ils sont dans l'enfer.
Ceux qui ont en vue la récompense pour les biens qu'ils font, et qui
placent ainsi le mérite dans les ŒHlvres, sont entendus par Isaschar,
dans la Prophétie ù'Isl'aêl SUl' ses fils : (1 lsaschar (est) un dnc,
ossu, couché entre les bagages. Et il l'erra que le r&pos (est)
• bon, et que la terre (est) agl'éable; et il inclinera son épaule
au fardeau, et il sera à tribut asservi. )1 - Gen. XLIX. U,
15; - là, Isaschal' signifie la récompense ou la rémunération
d'après les œuvres; l'âne ossu signifie le service infime; (1 cou-
ché entre les hagages, Il signifie la vie pal'mi les œuvl'es; (1 et il
verra que le l'epos est hon, II signifie que les œuvr-es du hien sans
l'émtinél'ation sontl)leines de félicité; «( et que la terre est agréable, Il
signifie que ceux qui sont dans le Royaume du Seigneur' sont dans
cette félicité; et il inclinera son épaule au far'deau, )1 signifie que
(t

néanmoins pal' tout moyen il travaille; (( ct il sera à tribut as-


sel'vi, Il signifie afin de mériter: mais ces paroles ont été expli-
quées a\'ec heaucoup plus de détails dans les ARCANES CÉLESTES;
voir Nu' 6387 à 639b. Au contl'aire, ceux qui dans les biens qu'ils
font ne placent pas le mérite en portant leUl's regal'ds sur la l'écom-
pense, mais qui placent le Ciel et la félicité de la vie éterneHe à bien
penser et à hien vouloir et pal' suite à bien agir, et dans l'affection
spirituelle du v['ai et ùu bien, laquelle est chez ceux qui sont dans
le mal'iage céleste, c'est-à-dire, dans le mal1age du bien et du
vrai, ceux-là sont entendus par ces paroles, dans Moïse: «( A Zt~
bulon il dit: Réjouis- toi. Zébulo il , dans ta sortie; et (toi),
lsasclwr. dtms tes tcntes; les peuples sur la montagne ils ap-
pelleront; ils y I;acrifieront des sacrifires de justice, l>aree que
r affluence de la rner illi suceront, et les choses cach/es des .~e­
crets du sable, )) - Deutér. XXXIII. 18, 19; - ces choses ont
été dH~ de ceux qui sont dans le mariage du bien et du vrai, à sa-
voir, dans les vrais quant à l'entendement et à la pensée, et dans
les biens quant à la volonté et à l'atfec\ion; Zéhllion signifie ce ma-
riage, et Isaschal' l'affection du vrai ct du bien; se réjouir dans ta
150 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 445.
sortie, signifie qu'ils ont du·plaisit' dans tous les vrais et tous les
biens réels, la sortie signifie tous, parce que c'est le demiel', l'effet et
le conclusum; se réjouir dans les tentes, signifie dans tout culle;
appeler. les peuples sur la montagne, signifie parce qu'ils sont dans
le Ciel où est Je bien de l'amour ; sacrifiel' des sacl'(fices de justice,
signifie le culte d'après les vrais qui proviennent du bien; sucer
l'affluence de la mer, signifie puiser dans la Pal'ole les vrais de la
doctrine, et pal' suite l'intelligence; et sucer les choses cachées des
secl'ets du sable, signifie les spirituels qui sont cachés dans le sens
de la leUre de la Pa l'ole. Comme les Tribus de Jehudah, d'lsas­
chal' et de Zébulon signifiaient le Ciel où est le bien de l'amour, la
Tribu de Jehudah ce bien même, la Tribu d'lsaschar l'affection de
ce bien, et Zébulon la conjonction du bien avec les vrais, Cl c·est
pour cela que ces trois Tribus campaient à l'Orient de la
Tente de c01wention, » - Nomb. II. 3 à 10; - car dans le
Ciel à l'orient habitent ceux qui sont dans le bien de l'amour~ et
par suite dans l'aftection du bien et du vrai, et aussi dans le ma­
riage ou la conjonction du bien et du vrai, à savoir, dans les vrais
quant à la doctrine et dans les biens quant à la vie.
!J!J6. Vel's. 8. De la Tribu de Zébulon douze mille mar­
qués : de la Tribu de Joseph douze mille marqués ( de la
Tribu de Benjamin douze mille marqués. - De la Tribu de
Zébulon douze mille marqués, signifie la conjonction de ceux
qui sont dans le troisième Ciel avec le Seigneur: de la Tribu de
Joseph douze mille mm'qués, signifie la conjonction de ceux qui
sont dans le second Ciel avec le Seigneur: de la Tribu de Ben-.
iamin douze mille marqués, signifie la conjonction de ceux qui
sont dans le dernier· Ciel avec le Seigneur.
!J!J7. De la Tribu de Zébulon douze mille marqués, signifie
la conjonction de ceux qui sont dans le troisième Ciel avec
le Seigneur: on le voit d'après là l'eprésentation et par suite d'a­
pl'ès la signification de Zébulon et de la Tribu qui a til'é de lui son
nom, en ce que c'est la conjonction de ceux qui sont dans le h'oi- .
sième Ciel avec le Seigneur; en effet, ZébuIon dans la Langue Hé­
braïque se disait de cohabitation, et la cohabitation dans le sens
spil'ituel sigllilie la conjonction, telle qu'elle est entre ceux qui s'ai­
ment: si ZébuIon signifie ici la conjonction de ceux qui sont dans
Vers, 8, CHAPITRE SEPTIÈME. 151
le troisième Ciel avec le Seigneur, c'est parce que les neuf Tl'ibus
pl'écédentes signifient tous ceux qui sont dans les Cieux.et viennent
dans les Cieux, et qu'il y.a trois Cieux, l'intime, le moyen et le
dernier, et que personne ne vient dans le Ciel, si le Seigneur rie se
le conjoint pas; c'est pourquoi par ces trois Tribus, nommées en
rlerniel' lieu, il est signifié la conjonction avec le SeigneuI'; par la
Tl'ibu de Zébulon la conjonction de ceux qui sont dans le troisième
Ciel avec le Seigneul', par la Tl'ibu de Joseph là conjonction de ceux
qui sont dans le second Ciel avec le 5eigneUl', et par la Tribu de Ben­
jamin la conjonction de ceux qui sont dans le dernier Ciel avec le
Seigneur, ZébuIon dans le sens supl'eme signifie l'union du Divin
Même et du Divin Humain dans le Seigneur, dans le sens interne
la conjonction du Seigneur avec le Ciel et avec l'Église, et en par­
ticulier la conjonction du bien et du vrai dans le Ciel et dans l'É­
• glise, car celle conjonction-ci fait la conjonction de ceux qui sont
dans les tl'ois Cieux et dans l'Église avec le Seigneur, puisque le
Seigneur influe chez eux avec le bien de l'amOlli' et de la charité, et
le conjoint aux vrais qui sont chez eux, et pal' là se conjoint l'Ange
et l'homme; ce sont là les choses qui sont signifiées par la cohabi­
tation de laquelle Zébulon a til'é son nom; que ces choses soient
signifiées pal' Zébulon, c'est ce qu'on peut voil' dang' les ARCANES
CÉLESTES, N°' 3960, 3961, où ont été expliquées les paroles de
Léah sa mèl'e, quand elle l'enfanta; ce sont celles-ci: « Et Léalt
conçut, et elle enfanta un sixième fils à Jacob; et dit Léàh :
M'a é.otée Dieu d'une bonne dot; cette fois cohabitera avec
moi mon mari, parce que je lui ai enfanté si.x fils; et elle ap­
pela son nom Zébulon, )) - Gen, XXX, 19, 20, - D'après ces
significations de Zéhulon, on peut voil' ce qui est signifié par lui
dans les passages suivants; ainsi, dans la Prophétie d'Isl'aël SUl'
ses fils : « ZébuloTl au port des mers habitera; et lui au port
des navires, et son côté 1)ersSidon, 1 1 - Gen, XLIX, 13;­
la, par Zébu Ion est signifiée la conjonction du bien et du vrai, la­
quelle est aussi appelée mariage céleste; habiter au port des mers,
signifie la conjonction des spirituels avec les vérités naturelles, les
mers sont les scientifiques qui sont des vérités naturelles; habitel'
au port des navires, signifie la conjonction spirituelle a\'ec les doc­
tl'inaux tirés de l,; Pal'ole, les n:lvÏl'es sont les doctrinaux et les
1.52 L' APOCALYPSE EXPLlQUf;:E. N"M7.

connaisStlnces de lous genres; le e(jlé vel's Sidon, signifie l'exten­


SiOD \lers les connaissances du bien et du vrai d'après le Royaume
céleste: mais ces llaroles onl été expliquées plus am~lemenl dans
les AllCANES CÉLESTES; voir No, 6382 à 6386, Pareillement dans
la Prophétie de Moïse sur les fils d'Israêl : IC A Zébulon il dit:
'RéJouis-toi, Zébulon., dans ta sortie; et (loi), Isaschar, dans
tes tentes; les peuples sur la montagne ils appelleront; ils y
sacrifier01lt des sacrifices de Justice,. parce que t'affluence de
la mer ils suceront, et les choses cachées des secrets du sable. Il
- Deulél'. XXXIII. 1.8, 1.9; - que là Zélmlon sïgnifie aussi le
mariage du bien et du vrai, 011 le voit dans l'A,'ticle précédent,
N° M5, où èette prophétie a été expliquée. Pareillement dans la
Prophétie de Débol'ah et de Barak, dans le Livl'e des Juges: IC De
Macllir descendl'ont le.~ législateurs, et de Zébulan ceux qui
tiennent le sceptre de t'érrit'ain : Zébulon., peuple qui a dé­
voué son âme ù moU/'ir, et Naphtali sur les hauteurs du
champ: des rois sont venu,~, ils ont combattu; alors Oltt com­
battu (es l'ois de CanfUm, à Thanach, près des eaux de Mé­
gl'ddo; profit d'(lI'gent ils n'ont point recueilli; du Ciel on a
combauu, les étoiles, de leurs chemins, ont combattu contre
Siséra. l) - v: 1.6,18,1.9,20; - dans ce PropMtique il s'agit
du combat du vl'ai d'après le bien contre le faux d'après le mal;
par le roi de Canaan qui régnait en Chazol', et par Siséra le chef
de son armée, qui combattaient conll'e Bal'ak el Déborah, il est si­
gnifié le faux du mal, et pal' Barak et Déborah le vrai du bien; et
comme les Tribus de Naphtali et de Zébulon signifiaient le combat
d'après le vl'ai qui provient du bien, la trihu de Naphtali le combat,
et la tribu de Zébulon la conjonction du bien et du vrai, c'est pour
cela que ces deux Tribus seulement furent prises pour combattre,
et rion les autres; voir - Jug, IV. 6; - que ce combat ait si­
gnifié de telles choses, on p-eulle voit' par la Prophétie, prononcée .
par Barak eL Débol'ah, qui dans le sens spirituel tl'aite de la vic­
toire du vrai d'après le hien sur le faux d'après le mal, et aussi de
la putificalion et de la réfOl'mation de ['Église: ici donc li 'de . ­
chir descendl'ont les législateurs, ) signifie que les \-'fais du bien
déMulent du bien de la \'ie, car Machil' signifie la même cltE1S11 que
Mén'asséh, puisque Machh' était fils de Mènasseh, - Gen. L. 23.
\,'ers. 8. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.53
Jos. XIlI. Si; - et les législateurs signifient ceux qui sont dans
les vl'ais du bien, et abstraclivementles vrais du bien; l( et de Zé-
bulon ceux qui tiennent le sceptre de l'écrivain, » signifie l'intelli-
gence d'après la conjonclion du vrai et du bien, Zébulon signi1ie
ici comme ci-dessus la conjonction du vrai et du bien, et le sceptre
de ['écl'ivain l'intelligence; « Zébulon, peuple qui a dévoué son âme
à mour'ir, et Naphtali sur les hauteurs du champ, II signifie le
comba~ dans l'homme natur'el pal' les vrais qui pl'oviennent du spi-
rituel et de son influx et de la conjonclion, les hauteurs du champ
signifient les intérieurs qui appartiennent à l'homme spiriluel, d'a-
près lesquels l'homme naturel combat; Il des rois sont venus, ils
ont combattu; alol's ont combattu les rois de Canaan, 1) signifie les
faux du mal contre lesquels il y a combat; « à Thanach, près des
eaux de Mégiddo, II signifie ces faux et leur qualité; II pl'OOt d'ar-
gent ils n'ont point J'ecueilli, II signifie qu'ils n'ont retire ni enlevé
J'ieD du vrai d'apl'ès le bien, l'argent est le vl'ai d'apl'ès le bien;
"« du Ciel on a comballu, les éloiles, de leurs chemins, onl combattu
contre Sisél'a, Il signifie le combat pal' les connaissances du vrai et
du bien, combat que le Seigneur livre pal' le Ciel, les étoiles sont
ces connaissances, et les chemins sont' les vrais. Par Zébulon et
Naphlali il est aussi signifié la conjonction du vrai et du bien par
le combat,contl'e les faux et les maux, et par suite la réformation,
dans MaUhieu: uJésus, quittant JVazal'eth, vint hahiterà Ca-
TJcruaüm la rJUlritime, dans les confins de Zéhulon et de
Naphtali " afin que fiU accompli ce qui a étti dit par Ésaie le
Prophète, disant: La terre de Zébulon et la terre de Naph-
taH, vers le chemin de la mer, au-defil du Jourdain, la Ga-
lilée des nations; le JJeupie qui était assis dans des ténèbre$ a
vu une lueur grande; et quant il ceux qui étaient assis dtl1lS
une région et une ombre de mort, une 11l7nière s!.est levée pour
e?l:r;. Dès lors commença Jésus à prêcher el à dire: Faites
péniteru::e, car s'est approché le Royaume des Cieux. 1) -
IV. 13 à 18. Ésaïe, VlII. 23. IX. 1.; - que ces pal'oles, dsos
Ésale, aient été dites du Seigneur, cela est évident, car il est dit:
Il Aftrr que fQt accompli ce qui a été dit pal' Ésaïe le Prophète; 1) c'est

pourquoi 1a LelTe de Zébulon el la ten'e de Naphlali, Cl la Galilée


dos Illllioos, signifient ('insLalll'alion de l'I~glise chez les naLions
15!l L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° flA'.
qui sont dans le bien de la vie et reçoivent les vrais, ainsi dans la
conjonclion du \Tai et du hien, et dans le combat contre les maux
et les faux; que l'instaul'alion de l'Église et la réfol'malion de ces
nations soient entendues par ces expressions, c'est aussi ce qu'on
voit en ce qu'il est dit Cl au-delà du Jourdain, la ,Galilée des na­
tions, Il et aussi (1 le peuple qui était assis dans 4es ténèbres a vu
une lueur grande; et quant à ceux qui étaient assis dans une J'égion
et une ombre de mort, une lumière s'est levée pour eux. Ill)ar Zé­
bulon et Naphtali dans le sens suprême il est signifié l'Union du
Divin Même et du Divin Humain du SeigneUl' par les Tentations
admises en Lui et par les vict.oires d'après la p.'opre puissance,
dans David, - Ps. XLVIII. 2ï, 28, 29;. - voir l'explicalion,
ci-dessus, N° lt39. Comme Zébu Ion signifie de telles choses, r,'est
pour·cela que l( la Tribu de Jehudah, avec ta Tribu d'bas­
char' et la Tribu de Zébulon, campaient à l' O1:ient de la
Tente de convention, Il - Nomb. Il. 3 à 10; - en effet, les
campements des fils d'Isl'aël autoul' de la Tente de convention
représentaient et par suite signifiaient les Ordinations des Sociétés
Angéliques dans le Ciel, et à l'Orient dans le Ciel sont ceux qui
sont en conjonction avec le Seigneur pal' l'ArnoUl' envers Lui, car
la Tl'ibu de Jehudah repl'ésentait ['amour envers le Seigneur, et
la Tribu de ZébuIon la conjonction avec lui.
4lt8. De la Tribu de Joseph douze milte marqués, signifie
la conjonction de ceux qui sont dans le second Ciel m-ec le
Seigneur: on le voit d'apl'ès la l'epl'ésentatioll et pal' suite d'apl'ès
la signification de Joseph et de sa Tribu, ell ce que c'est le spit'l­
tuel du Royaume et de l'Église du Seigneur; si par Joseph il.est
signifié ici la conjonction de ceux qui sont dans le second Ciel avec
le Seigneur, c'est parce que par Joseph est signifié le Royaume
spir!tuel du Seigneul', et que ce Royaume constitue le second Ciel;.
en effet, il y a deux Royaumes, dont se compose le Ciel, le Royaume
céleste et le Royaume spil'ituel, le Royaume céleste est composé de
ceux qui sont dans le troisième Ciel ou Ciel intime, et le Royaume
spirituel de cellX qui sont dans le second Ciel ou Ciel moyen; si la
conjonction de ceux qui sont dans le second Ciel est signifiée par Jo­
seph, c'est parce que ce Ciel est signifié par Joseph; et comme dans
cette quatrième classe des Tribus il s'agit de la conjonction de tous
VeI'S. 8. CHAPITR~ SEPTIÈME 155
ceux qui sont dans les Cieux et viennent dans les Cieux avec le Sei­
gneur, et qne celte conjonction est signifiée par la Tribu de Zébulon,
qui est la première Tribu de cette classe, et comme la premièl'e Tribu'
de chaque classe eL de chaque série indique la chose dont il s'agit
dans les suivantes, chose que même en génél'al les suivantes retien­
nent, ici donc la conjonction, c'est pOUl' cela que la Tribu de Zébulon
signifie la conjonction de ceux qui sont dans le troisième Ciel avec
le SeigneUl', la Tribu de Joseph la conjonction de ceux qui sont
. dans le second Ciel avec le Seigne~II', et la Tribu de Ben,jamin la
conjonclion de ceux qui sont dans le premiel' Ciel avec le Seigneur.
Que Joseph ait représenté et que pal' suite dans la Parole il signifie
le SeigneUl' quant au pivin Spirituel, et dans le sens l'OSllectif le
Royaume spil'iluel, on peuL le voil' d'après toutes'Ies choses qui ont
été rappo.rtées el dites de lui dans la Parole tant Historique que
Pl'ophétique : dans I~ Pal'ole Histol'ique il est dil de Joseph, Cl qu'il
songea un songe, que onze gerbes se tinrent autour de sa
gerbe et se prosternèrent deMnt elle; puis aussi, que le soleil
et la lune, et onze étoiles se prosternèl'ent devant lui, 1) ­

Gen. XXX VII. !J à 11; - par ces choses dans le sens le plus
proche il esl entendu que ses fl'ères et ses parents viendraient en
Égypte, et que là ib; le vénél'eraient comme le seigneur de la tel'I'e;
mais dans. le sens spirituel pal' elles il esl signifié que l'Église, qui
était l'eprésentée par Jacoh et pal' ses fils, se soumetlrail au 8ei­
1
gneu\'; car pal' Joseph, comme il a élé dit, est représenté le Sei­
gneur quant au Divin spirituel, et dans le sens respectif le Royaume
spirituel du Seigneur dans le Ciel el en la tene; le Royaume spil'i­
tuel du Seigneur en la tene est l'Église spil'ituelte; c'est cette
Église qui dans le sens intel'De est entendue pal' Jacob et pal' ses
fils quand ils ont été en ltgypte, Ensuile pal' Joseph est décl'ite l'in­
stauration de l'Église qui devait être repl'ésentée par les fils d'Israel;
c'est même pour cela que Joseph fut tl'ansporté en Égypte, et obtint
la domination sur toute celle tene, et qu'il y allil'a son père et ses
frères et les nourril; el, lant 'lu'il fut le seigneUl' de la tene, par
la terre d'Égypte étail représentée l'Église sph'iluelle dans lé na­
turel, el par Jacob el ses fils l'Église spil'ituelle; mais la représen­
tation de l'Église spil'ituelle dans le natul'el par l'Égypte cessa
quand Moïse fUl né et qu'il eut commencé à retirel' de l'Égypte les
1.56 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° M8.
fiJs d'Israël; mais ces choses, parce qu'elles sont en grand nombre
el diverses, ont été exposées dans les ARCANES CÉLESTES. Lare­
- . présentation du Seigneur quant au Divin spirituel, et par suite la
représentation du Royaume spirituel du. Seigneut', sont contenues
dans ces paroles dans Moïse:« Et dit Pharaon à ses serviteurs:
Est-ce que nous tl'ouvetions un homme comme celui-ci. en
qui (il y ait) esprit de Dieu. Et dit Pharaon à Joseph: Puis­
que Dieu t'a {ait connaitre tout cela. personne d'intelligent
et sage comme toi. Toi. tu seras sur ma maison. et sur ta
bouc/te. (le) baisera tout mon peuple. seulement par le trône
je ~emi qrand plus que toi. Et dit Pharaon il Joseph: Vois.
je t'ai établi ~ll': toute la terre d'Êgypte, Et retira Pharaon
son anneau de dessus sa main, et il le mil sur la main de J 0­
seph. et il le vêtit d' habits de (in lin. et lui mit le collier
d'or sur son COU. et il le (it monter sw' le second char qui à
11li (était), et l'on criait del.'ant lui: Abrech! (A genoux!) et en
rétablissant sllr toute la terre d'É,r;ypte. Et dit Pharaon à
Joseph: Aloi. Pharaon (je snis); salis toi. homme ne ievera
sa main ni sOllpied. dans toute la terre d'Égypte, Il - Gen.
XLI. 38 à hll; - ces paroles ont été ex pliquées dans les ARC.\NES
CÉLESTES; voir N°' 5306 à 5329, Il est dit que dans le sens su­
pl'ème pal' Joseph est l'eprésenté le Seigneur quant au Divjn spiri­
luel, il sera donc d'abord dit ce qui est entendu par le Divin spirituel
du Seigneur: Le Ciel est distingué en deux Hoyaume->, dont l'un
est nommé Hoyaume céleste, et l'autl'e Royaume spirituel; le Divin
même procédant du Seigneur fait le Ciel, et le Divin procédant du
Seigneur est le Divin Bien uni au Divin V1'ai; tous ceux qui dans
le Ciell'eçoivent le Divin Bien plus que le Divin Vrai constituent
le Royaume céleste du Seigneur, et tous ceux qui reçoivent le
Divin Vl'ai plus que le Divin Bien constituent le Royaume spirituel
du Seignenr; c'est pourquoi le Divin du Seigneu.r qui est J'eçu Ilar
les Anges dans le Hoyaume Céleste du Seigneur est appelé Divin
Céleste, et le Divin du Seigneul' qui egt l'el/u pal' les Anges dans le
Hoyaume spirituel dn Seignel1l' est appulé Divin spil'itllel : mais il
faut qu'on sache que le Divin qui pl'ocède du Seigneur -est ainsi
nommé d'apl'è;; la réception, et qu'il n'y a pas deux Divins, l'un
Céleste et l'autre Spirituel, qui proeèdent; car le Divin Bien qui
Vers. S. CHJU>ITRE SEPTIÈME, :167
d'après la l'éception est appelé Divin Céleste. et le Ditin Vrai qui
d'après la réception est appelé Divin spil'ituel, p"ocèdellt tellement
unis, qu'ils ne sont pas cleux mais sont un : voir ceci exposé plus
amplement dans le Tl'ailé DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 20 à 28,
où il s'agit des deux Royaumes dans lesquels les trois Cieux ont
été distingués; et N°' 13, 133, '139, où il s'agit du Divin procé­
dant, en ce que c'est le Divin Bien uni au Divin Vrai, et en ce qu'ils
sont deux seulement chez ceux qui reçoivent. Que le Seigneur
quant au Divin spil'Huel, et que pal' suite le Uoyaume spirituel,
soient signifiés par Joseph, on le voit encore pal' les passages sui­
vants; dans la Bénédiction des lils d'Israël par leUl' père: (1 Fils
de la féconde Joseph, fils de III féconde près de la fontaine,
de la fille qui s'«vallce sur la muraille; et 'ils l'irritent, et ils
lancent, et ilt; ront en/laine, les archers; et ,'1 sera assis dans
la force de son arc, et urol1t fortifiés le!! bras de ses mains,
par les mains du puissant Jacob; de là le Pastew', la Pierre
d'Israël. Par le Dieu de tOit père, et il t'aidera, et avec
Sc/wddai, el il te bénira des bénédictions du: Ciel en haut,
des bénédictions de l'abime ('ouché en bas, des bénédictions
des mamelles et de l'utérus: les béJlédictions de ton lJère
l'emporteront sur les bi'nédictions de mes ancêtres, jusqu'au
souhait des collines du siècle; elles seront pour la ate de Jo­
seph, pour le sommet de la tête du Naziréen de ses frères. 1)
- Gen. XLIX. 22 à 26; - (f fils de la féconde Joseph, 1) signifie
le Royaume spirituel et l'Église splriluelle du Seigneur, et dans le
sens supl'ême le Seigneut' quant au Divin spirituel; fils de la fé­
(f

conde p"ès de la fontaine, Il signifie la fructilication pal' les vl'ais


qui procèdent de la Parole; /ils de la féconde, c'esl la f,'uctification
par les vrais, el la fontaine est la Parole; Cl de la fille qui s'avance
sur la nHlI'aille, Il signifie pour comballre d'après les vrais qui pro­
cèdent du bien contre les faux qui (ll'o\'iennent du mal, la mUl'aille
est le vrai qui protége; Il el ils l'il'ritent, II signifie la "ésislance de
la part des faux; l( et ils lancent, Il signifie que d'après les faux ils
combaLLI'ont; Cl et ils l'ont en haine, les al'chers, » signifie pal' toute
hostilité de la palt des faux de la docll'ine, car les tl'ails el les Oè­
ches, pal' conséquent ccux qui lancent et les archers, signifient le
c~mbal d'après les vl'ais contre les faux de la doctrine, mais ici
158 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 468.
d'après les faux de la doctrine contre les vl'ais; « et il sera assis
dans la foree de son arc, li signifie qu'il sera en sllreté d'apl'ès les
vrais de la doctl'ine qui combattent contre les faux, l'al'c est la doc­
trine; Il et seront fOl'tifiés les bras de ses mains, 1) signifie la p\.lis­
sance des forces pour combattre; li par les mains du puissant Ja­
cob, signifie pal' la toute-puissance du Divin Humain du Sei­
1)

gneur; I( de là le Pasteur, la Pierl:e d'Israêl, )) signifie de là tout


bien et tout vrai spirituels dans le Royaume;'(( pal' le Dieu de ton
père, 1) signifie le Dieu de l'Ancienne Église; Il et avec SchaddaY, 1)
signifie le Seigneur bienfaiteUl' apl'ès les tentations; li et il te bénira
des bénédictions du Ciel en haut, 1) signiOe de biens et de vrais par
l'intérieul'; I( des bénédictions de l'abîme couché en bas, 1) signifie
de connaissances du vrai' et du bien, et de scientifiques qui confir­
ment, par l'extél'ieur; Il des bénédictions des mamelles et de l'u­
térus, Il signifie leurs affections spil'HueHes et la conjonction; (( les
bénédictions de ton père l'emportel'ont sur les bénédictions de mes
ancêll'es, Il signiOe que celte Église, qui est signifiée par Joseph,
existe par le vl'ai et le bien spirituels; (( jusqu'au ·souhait des col­
Iilles du siècle, li signifie d'après l'amour mntuel céleste; li elles
seront pour la tête de Joseph, li signifie quant aux illlél'ieurs; le et
pour le sommet de la tête du Naziréen de ses frères, )) signifie et
quant aux extérieUl's : mais ces paroles ont été expliquées plus am­
plement dans les ARCANES CÉLESTES; t'oir N°' 61116 à 6638. Dans
la Bénédiction des fils d'Israêl par MoYse: li De Joseph il dit:
Bénie de Jéhoralt (soit) sa terre des chose,~ précieuses du Ciel,
de la rosée, et de l'abi1ne qui gl't en bas, et des choses pré­
cieuses des productions du soleil, et des choses précieuses du
produit des mois, et des prémices des montagnes d'orient, et
des choses précieuSl's des collines du siècle. et de.~ choses pré­
cieuses de la terre et de sa plénitude; et le bon plaisir de ceLui
qui habite dans le buisson; que cela vienne sur la tête de Jo­
seph. et sur le sommet de la tête du N itziréen de ses frères, 1)
- Deutér. Xx..XIII, 13 à 17; -là est décl'ile.l'Église spil'ituelle
du Seigneur chez ceux qui sont dans la doctrine du vrai d'après la
Parole, et dans la vie selon celle doctrine; la terre de Joseph si­
gnifie .celte Église; I( bénie des choses pl'écieuses du Ciel, de ~a
l'OSée, et de )'nbtme qui gtt en bas, )1 signifie d'après 'les Di\'ins
Vers. 8, CHAPITRE SEPTIÈME. 159
Vrais tirés de la Parole dans "homme spirituel, et d'après son influx
dans l'homme natul'el, les choses précieuses du Ciel sont les Divins
Vrais spirituels ou ceux qui sont dans l'homme spirituel, la rosée
signifie l'influx qui en procède, et ('ablme qui glt en bàs signifie
l'homme naturel où sont les connaissances du vrai et du bien pour
la perception, et aussi les scientifiques qui confirment; (( ùes choses
précieuses des pl'oductions du soleil, et des choses précieuses du pro­
duit des mois, Il signifie d'après les vl'ais qui découlent du Royaume
céleste du SeigneUl', et d'aprè.s les vl'ais qui découlent du Royaume
spirituel du Seigneur, les choses précieuses du soleil sont les vl'ais
. provenant du Royaume céleste, les choses préçieuses des mois 1I0nt
les vrais provenant du Royaume spiriluel, les pl'oductions el le pro­
duit sonl ce qui découle; (( des prémices des monlagnes d'orient,
et des choses pl'écieuses des collines du siècle, Il signifie les vrais
réels tels qu'ils ont été dans la Très-Ancienne Église, et tels qu'ils
ont élé dans l'Ancienne Église, les montagnes d'orient signifient la
TI'ès-AncienneÉglise qui a été 'dans l'amoUl' envers le Seigneur;
cette Église est décrite par les montagnes d'Orient, pal'ce que la
montagne signifie l'amour, et l'OrienLie Seignenr; les collines du
siècle signifient l'Andenne Église qui a été dans la charité à l'égard
du pl'ochain, cette Église est décrite par les collines du siècle, parce
que les collines signifient la charité à l'égal'd du prochain; que les
montagnes et les collines aient ces significations, on le voit ci­
dessus, N° !I0ô; « et des choses précieuses de la tel'fe et de sa plé­
nitude, )1 signifie l'Église externe spirituelle, laquelle est chez ceux
qui vivent selon les connaissances du vrai et du bien, la terre est
cette Église, et la plénitude signifie les connaissances dans l'homme
exte\'lle; Il et le bon plaisir de celui qui habite dans le buisson, Il
signifie le Seigneur quant au Divin spirituel, en ce que de Lui Pl'O­
cèdent toutes ces choses; Il que cela vienne sur la tête de Joseph,
et sur le sommet de la tête du Naziréen de ses frères, li signifie
quant aux intérieurs et tiuanl aux extérieurs, comme ci-dessus.
Dans Zacharie: l( Puissante je rendrai la maison de J ehudah,
et la maison de Joseph je sauverai; de là ils seront comme le
puissant Éphraïm, el dans l'allégresse sera leur cœur comme
~r le vin. Il - X. 6, 7; - pal' la maison de Jehudah, ici, il est
c7dendu l'Église qui esl dans l'amour envers le Seigneur et est ap­
160 (.' APOCALYPSE EXPL1QUI~E. NU 4'.8.

pelée Église e6leste, et par Joseph il est entendu l'Église qui est
dans le bien de la charité et dans les vrais de la foi el· est allpeloo
Église spirituelle; comme les vl'ais de cette t~glise ont la puissllPce
d'après le bien, c'est pour cela qu'il est dit «( ils seront comme le
puissant Éphl'aïm,)l car Éphraïm signifie le vrai d'après le bien dans
l'homme naturel, ,'rai auqulll appartient.la puissance; leur joie d'a­
pl'ès les vl'ais est signifiée en ce que «( dans l'allégresse sel'a leur
cœur comme par le vin, II le vin signifie le vrai d'après le bien. Dans
Ézéchiel: «( Jéhovah dit: Toi, fils de l'homme, prtnds-toiun
bois, ei én'is dessus: A J ehudah et aux fils d'Israël ses com­
pagnons; e11Suite pl'end:;-toi un mllre bois, et éfl'is dessus:
A joseph, bois d'Éphrain. et de toute la maison d'Israël; puis
joins-les l'Ull avec {'autl'e pour toi en un seul bois, en sorte
que soient un les deux dans ma main. Moi, je prendrai le
bois de Joseph, qui (est) dans la main d'Éphraïm et des tribus
d' Israël .~es compagnons, et j'ajouterai ceux (qui sont) sur le
bois de J elmdflh, et j'en ferai ·/ln seul bois, et ils seront un
dtlns ma main; et j'en ferai une seule nation sur la terre
dans les montagnes d'IsrIIN, et un ,~eul Roi il y aura sur eux
tous pour Roi; et ils ne seront plus deux natiolLY, et ils ne se­
l'ont plus divisés en deux Royaumes de Ilouveau. Il - XXX VI i.
16, 1. 7, 1.9, 22; - pal' Jebudab ici il est signifié aussi l'Église
céleste qui est dans le bien de l'amour, et par Joseph et Éphraïm,
l'Église spirituelle qui est dans le bien de la chal'ilé et dans les
vrais de la foi; pal' « j'en fel'ai un selll bois, et ils sel'ont un dans
ma main, et j'en remi une seule nation SUl' la tene, et un seul Roi
sel'a sur eux tous pOUl' Roi, et ils ne Sel'ont plus cieux Ilàtions, et
ils ne sel'onl plus divisés en deux Royaumes, Il il est entendu que
ces deux Églises chez le SeigneuI' seront une seule Église, comme
le bien elle vrai sont un; mais ce passage a aussi été expliqué ci­
dessus; voir N° &33. Dans David: « Dieu, tu as /'flC!t( té p,
ton bras ton peuple, les fils de Jacob et de J o.seph, Il - Ps.
LXXVII. 16; - par les lils de Jacob et de Joseph sont entendus
ceux qui sont dans le bien de la vie selon leuI' l'eligiosité; par Jacob
dans la Pal'ole est entendue l'Église externe, laquelle est chez ceux
qui sont dans le bien de la vie, et pal' Joseph ici il est entenl\ll,
Ménasseh et Éphl'aïm, cal' il C!it dit tu as l'acheté les Ols de i~
(l
Vers. 8. CHAPITRE SEPTIÈME. 161.
seph, Il par lesquels sont entendus eeux qui SOllt dans le bien et le
\'rai quant à l'homme exlerne, ainsi quanl à la vie; que Ménasseh
et Éphraïm, qui sonl les fils de Joseph, signiCienl ceux-là, on le
\'oil ci-dessus, N° MO; les l'ac.lleler pal' le bras, signifie les sauver
d'après la TonIe-Puissance, car ceux qui furent lels ont été salivés
par le SeigneUl' par son avénemenl dall~ le monde; en effet, ils
n'onl pas pn être sauvés autremenl, Dans Obadie : Il En la mon­
tagne de Sion il y aura des 1'écÎzappés, et il y aura sainteté;
alor,~ ils hériteront, la maison de Jacob, leurs héritages; et
deviendra la maison de .Jacob un feu, et la 112aison de Joseph
une flamme, et la maison d'Ésaü du chaume, afin qu'ils les
èmbraslJnt et les cOl1summt, en sorte qu'il n'y ait personne
de reste il la mal:~on d'Ésaü. Il - Ver's. 17, 18; - par Ésaü
et par sa maison sont enlendus cellx qui se croient intelligents et
sages non d'après le Seigneur mais d'apl'ès eux-mêmes, car dans
le Vers. 8 de ce Chapitre il esl dil : (( Je perdl'ui les sages d'Édom,
elles intelligenls de la monlagne ri' I;~saü; 1) ce sonl ceux qui se sont
confil'més d'apl'ès le sens liltél'al de la Parole dans les choses qui
favorisenlleurs amours; par la maison de Jacob el pal' la maison
de Joseph il esl enlendu ceux qui sonl dans le bien de la vie selon
les vrnis de la doctrine, par' la maison de Jacob ceux qui sonl daM
le hien de la vie, el pnr la maison ùe Joseph ceux qui sont dans les
vrais de la doctrine; par la montagne de Sion, où il y aura des ré­
chappés cl sainteté, est signifid l'amolli' envers le Seigneur, par
Qui il y a salvation el de Qui procède le Divin Vrai; (( la maison
de Jacob hérilera les héritages de la maison el de la monlagne d']~:
sali, Il el II la maison de Jacob lui sera un feu el la maison de
Joseph une Oamme, Il signifie qU'à la place de ceux qui sont en­
tendus par Ésaü succéderonl ceux qui sorit dans le bien de la vie
selon les vl'ais de la doctrine, car c'est ainsi que les choses se pas­
sent dan§ le Monde spiriluel; ceux qui onl été dans le"faste d'après
la propre intelligence, el se sont confirmés d'apl'ès la Parole dans
les choses qui favorisenl les amours de soi et du monde, occupent
des étendues el des montagnes, et s'y fonl une sorte de Ciel, croyant
que le Ciel leur appartient de préférence aux autres, mais après un
certain Lemps écoulé ils sonl chas"t"s de leurs lieux, et remplacés
~ar eeux qui sonl d'après le Seigneur dans le bien de la vie selon
JII. :1'1.
162 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 448.

les vrais de la docll'ine; voil' sur ce sujet l'Opuscule DU JUGEMENT


DERNIER; d'après cela on peut voir ce qui est signifié dans le sens
interne par (lIa maison de Jacob héritera leurs héritages, et elle sera
un feu, la maison de Joseph une flamme, et la maison d'Ésaü du
chaume.» Dans Arnos: li Qui touchent harmonieusement du psal­
térion, qui comme David inventent pour eux des instntnzenls
de chant, qui boinenl à larges coupes de vin, et s'oignent des
prémices des huiles, mais sur la (racture de Joseph ne sont
point affectés de douleur.n -VI. 5, 6;~là, il s'agit de ceux qui
feignent de bonnes affections dans les,extel'nes, et tirent de la Pal'ole
plusieurs choses pour confirmer, mais cependant sont intél'ieure­
ment méchants; feindre des affections bonnes dans les externes est
signifié par loucher hal'monieusement du psaltérion, in,venter pour
soi des instl'uments de chant et s'oindre des pl'émices ùes huiles;
tirer de la Parole plusieurs choses pour l'appal'ence est signifié
par boire il larges coupes de vin; ne se souciûl' nullement des vrais
de la doctrine de l'Église, quand bien même l'Église périrait pal'
les faux, est signifié par li SUI' la fraclure de Joseph ils ne sont
point affectés de douleur; Il pal' Joseph est enlendue l'Église spil'έ
tuelle, laquelle est chez ceux qui sont dans les vrais de la doctrine,
Dans David: li Pasteur d'Israël, pl'éte l'oreille, (toi) qui COj,­
duis comme lm troupeau Joseph, (toi) qui es assis sur les
Chérubins, resplendis avec éclat; devant }i'phraïm, .Benjamin
et Ménasse/z suscite ta pUlÎ;sance, et viens en salut pour
nous. » - Ps. LXXX. 2, 3; - ici encore, par Joseph est signi-.
fiée l'Église spirituelle, laquelle est chez ceux qui sont dans les
vrais d'apI-ès le bien, c'est-à-dire, dans les vl'ais de la ùocll'ine
aussi quant à la vie; ce qui est entendu là par Éphraïm, Benjamin
et Ménasseh a été expliqué ci - dessus, N° MO. Dans Amos:
li Ainsi a dit JéhOt'ah à la maison d'Israël: Cherchez-Moi,

afin que vous lJiviez; de 'pell1' qu'il n'envahisse comme un/eu


la maison de Joseph, et qu'il ne dévore, et personne qui étei­
gne : haïssez le mal et aimez le bieu, el établissez il la porle
le iugement, peut-être aura pitié Jéh01Jah Sébaoth des l'estes
de Joseph!) - V. !J, 6, 1.5; - par la maison d'Israël il est si­
gnifié l'Église spil'iluelle, et pal' la maison de Joseph celte Églis~
quant aux vrais de la doclriue; par (1 de peur qu'i! n'envahisse
Vers. 8, CRAPITRg SEPTIÈME. 163
comme un fcu la maison de Joseph, Il il est entendu que It's vl'ais
de la doctrine périront, à moins qu'on ne soit daus l'affection du bien
et du vl'ai, et dans la vie selon le bien et le vrai; par « pent-être
:lut'a pitié Jého\'ah des restes de Joseph, Il il est entendu qu'il con-
servera chez eux les vrais de la doctrine qui SOllt de l'este; pal'
(1 haïssez le mal et aimez le bien, et établissez à la porte le juge-

ment, Il il est entendu s'ils vivent selon les biens et les nais d'après
la Parole. Dans Da\'id : Il Élevez le citant, et donnez du tam-
bourin, de la harpe agréable at'et: du nablion; entonnez. pOUl"
le mois la trompette dans la (érie ml jOll1' de notre (ête; car
statut à Israël, celil; en témoignage pour J ouph il l'a établi,
lorsqu'Il ,~ortit contre la telTe d'Égypte; un~ lhJre que je
ne ('ollllois,wis point j'ai entendll. Il - Ps, LXXXI. 3, !J, 5,
6; - élevel' le chant, donner du tambourin, de la hal'pe agréable
avec du nablion, signifie la confession d'après les \'rais spil'ituels et
célestes, et les plaisirs de l'affection du vl'ai et du bien; voir ci-
dessus, N°' 323, 326; « entonnez pOUl' le mois la t1'ompelte dans
la férie au joUi' de notre fête, Il signifie le culte d'après le plaisir de
ces affections; Il statut à Israël, cela; en témoignage pOUl' Joseph
.il l'a établi, Il signifie que ces choses étaient pOUl' la nouvelle Église
instituée chez les fils d'Israêl, laquelle est dans les \Tais de la doc-
trine; « lor'.~qu'lI sortit contre la lerre d'Égypte, une lèv('e que
je ne connaissais point J'ai enteudu, Il signifie quand fut détr'nite
la vieille l:;glise dans Ia.quelle alol's étaient les faux de la doctrine;
une lèvre que je ne connaissais point. signifie les faux de la doctrine;
en effet, l'Égypte, quand Joseph en était le seigneUl', repl'ésentait
l'(.~glise qui est dans les connaissances du vrai et du bien et dans
les sciences qui confirment; mais quand les Égyptiens commen-
cèrent il haïr les fils d'Israël et il les maltraiter, l'Égypte "eprésenta
alors l'Église détruite, dans laquelle il n'y a que des faux 1 car' il
est dit II qu'il s'éleva sur les Égyptiens un roi 1'IOuveau, qui
n'avait point connu Joseph,)) -Exod. I. 8; -- c'est allssi pOUl'
cela que les Égyptiens qui avec Pharaon poursuivirent les fils d'Is-
raêl fUl'ent submergés dans la mel' de Suph. Que pal' Joseph dans
le sens suprême il soit entendu le Seigneur quant au Di\'in ~pirituel,
on le voit encol'e dans David: « PVUI' esr.lave (ut vendu Joseph;
ils (roissh'ent dmu des cnlrm:es son pif'd, dans le (el' l'int ,~on
:t6A L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 448.

time, jusqu'au temps où devait venir sa parole, et le discours


de J lhovah l'a fait cormaftre; le roi envoya et le délia, le do­
minateur des nations le délivra, il l'établit seigneur sur sa
maison et dominateur sur toutes ses possessions, pOUl' assu­
jétir ses princes selon sa volonté, et pour instruire ses anciens:
alors Israël vint en Égypte, et Jacob fut voyageur dallS la
terre de Cham. Il - Ps. CV. :t 7 à 23; - par Joseph il est dé­
crit comment le Seigneur fut reçu quant il vint dans le monde,- et
comment il fut tenté, et qu'ensuite il devint le Seigneur du Ciel et
de la terre, et subjugua les enfel's, mit en ordre les Cieux et ins­
taura une Église; pal' CI pOUl' esclave fut vendu ,Toseph; ils frois­
sèrent dans des entl'aves son pied, dans le fer vint son âme, Il il est
décl'it comment il fut reçu et fut tenté; il fut l'endu pour esclave
signifie qu'il fut estimé il si bas prix, ils fl'oissèrent dans des en­
lI'aves son pied signifie qu'il fut comme enchttlné et en prison, parce
qu'il n'y avait plus'de bien naturel; dans le fel' vint son âme"Signifie
qu'il fut ainsi parce qu'il n'y avait plus le nai naturel mais le
faux; par « jusqu'au temps où devait venir sa parole, et le discours
de Jéhovah l'a fait connaHre, Il il est décrit qu'il a vaincu les enfers
par le Divin Vrai d'après son Divin, sa pal'ole signifie le Divin
Vrai, et le disco~rs de Jéhovah ~e Divin Bien d'où procède le Divin
Vrai; par (1 le roi envoya et le délia, le dominatelll' des nations le
délivra, il l'établit seigneur SUI' sa maison et dominateur SUI' toutes
ses possessions, li il est décrit que le SeignclIl' a ainsi acquis à son
Humain d'après son Divin le pouvoir sur toutes les choses du Ciel
et de la terre; pal' le l'ai qui envoya, et par le dominateur des na­
tions qui le délivra, iLest signifié le Divin Vl'ai et le Divin Bien qui
sont en Lui et viennent de Lui, pal' le roi le Divin VI'ai, et par le
dominateur le Divin Bien.; cal' le Seigneur d'apl'ès le Divin Vrai
est appelé Roi dans la Parole, et d'après le Divin Bien il est appelé
Seigneur et aussi Dominatelll'; par la maison sur laquelle il a été
établi il est signifié le Ciei et l'Église quant au bien, et pal' les pos­
sessions le Ciel et l'Église quant au vl'ai; par ces expressions il est
signifié la même chose que pal' ces paroles du Seigneur Lui-Même,
que toutes les choses du Père sont à Lui et que toutes les siennes
sont au Père, et qu'il Lui a été donné pouvoir sur le Ci~l et sur la
terre, - Jean, XVII. 10. Malth. XXVlll. 16; - par « assujétir
VeJ's, 8. CHAPITRE SF;PTlÈME. 166
ses princes à sa volonté et instruire ses anciens; Il il est décrit que
d'après son Divin il déloul'ne les Cieux des faux et les tient dans
les vrais, et qu'ainsi il leUl' donne l'intelligence et la sagesse, par
les princes sonl signifiés ceux qui sont dans les \Tais, et par les
anciens ceux qui sont dans l'inlelligence et dans la sagesse; pal'
(1 alors Israel vint en Égypte, Il il est signifié qu'alors l'Eglise a été

instaurée pal' Lui dans les telTes, par ISl'aêl est signifiée l'Église,
car l'inslauration ùe l'Église pal' fe SeigneUl' a été représentée pal'
les fils d'Israel en ce qu'ils sont venus en Égypte, et aussi en ce que
le SeigneUl' quand il était enfant fut conduit en Égyple, - Matth.
Il. H, 15. Hos. XI. 1; - pal' «( Jacob fut' voyageur dans la terre
de Cham, Il il est enlendu qu'alol's toutes les choses de l'Église péri­
rent, pal' Jacou il est signifié l'Église che~ tous ceux qui sont dans
le bien de la vie, et par la lelTe de Cham l'Égl!se déll'uite. Ici et
ailleurs, dans la Pal'ole, pal' Israel et par Jacob il n'est pas entendu
les fils d'Israel ni les descendanls de Jacob, mais il est enlendu tous
ceux chez qui il y avait et il y a l')<~glise, en quelque end l'oit qu'ils
aient été el qu'ils soient; de même pal' Jehudah, dans la Parole, il
est enlendu, non pas la Nation Juive, mais l'Église composée de
ceux qui sont dans l'amour enver's le Seigneul' ; SUI' ce suje~, voir'
ci-dessus, N° h33; cal' chez les fils d'Israël, ou descendants de
Jacob, il n'y a eu aucune Église, mais seulement l'Église élait
représentée chez eux; c'est pourquoi, pal' eux sont signifiés lous
ceux qui sont de l'Église, et cela non-se)llement dans les Prophé­
tiques mais aussi dans les Historiques de la Parole, comme il a été
monlré précédemment; c'est pOUl' cela aussi que par Joseph et pal'
sa Trihu il est entendu, non pas Joseph ni sa Tribu, mais dans le
sens suprême le Seigneur quant au Divin Spirituel, et pal' suite
dans le sens respectif le Royaume spiriluel du Seigneul' dans les
Cieux el dans les Terl'es, puis aussi les choses qui constituent ce
Royaume, c'est-a-dire, les v['ais de la doctrine. Comme la nouvelle
Église spirituëlle qui devait être instaurée par le Seigneur est décl'ite
dans ÉZéchiel, et que cette Église avec sa doctrine y est entendue
par la nouvelle ville, le nouveau temple et la nouvelle terre, c'est
pour cela qu'il est dit: (1 Ici (est) le terme jusqu'où vous héri­
terez, de la te1're selon les douze Tribus d' ls1'{/ël, cl Joseph
les cordes. Il - XLVII. 13; - pal' Joseph il est signifié l'Église
166 L'APOCALYPSE EXPLlQUÈE. Nu 448.

spirituelle, et pal' les cordes la conjonction, et là prédication de


celle Tribu aux autl'es et des autres à celle l1'ihu ; el par les douze
Tl'ibus d'Israel SOI)J signifiées toules les choses de celle Église.
M9. De la Tribu de Ben;'amin douze mille marqués, si­
gnifie la con;'ol1cll'on de ceux qui sont dans le dernier Ciel
avec le Seigneur: on le voit par la repl'ésenlation de Benjamin
et de la Tribu qui a til'é de lui son nom, en ce que c'est le sp"iriluel­
céleste dans l'homme naturel, de même que Joseph dans ['homme
spiriluel : le spirituel-céleste est le vl'ai conjoint au bien; car le vl'ai
considéré en lui-même est spirituel, el le bien est céleste; de là par
Benjamin et sa Tribu esl signifiée la conjonction du vrai et du bien
dans le nalmel, ici donc la conjonclion de ceux qui sont dans ·Ie
demiel' Ciel avec le Seigneur; en effet, dans le demiel' Ciel sont
ceux qui sont dans le hien et le vl'ai nalurels d'après le spirituel et
le célesle; ceux qui sont dans le dernier Ciel sont ou spil'iluels­
natUl'els ou célesles-naturels, les spirituels-naturels y appartiennen t
au Royaume Spil'iluel du Seigneur, et les célestes-naturels y appar­
tiennent au Royaume céleste du Seigneur; c'est pourquoi les spiri­
tuels-naturels communiquent avec le second Ciel, où tous sont
spirituels, et les célestes-naturels communiquent avec le troisième
Ciel, où tous sont célestes, comme il a élé dit dans l'Article précé­
dent. D'après cela on peut voir ce qui est signifié lIans la Pal'ole
pal' Joseph et ce qui est signifié pal' Benjamin, lesquels sont frèl'es.
Comme Benjamin signilie le vl'ui conjoint au bien dans l'homme
naturel, et par suite le vl'ai conjoint au hien chez ceux qui sont dans
·le dernier Ciel, c'est aussi pOlll' cela qu'il est né le derniel' à Jacob,
et qu'il a été appelé par lui le fils de la droite, cal' Benjamin dans
la Langue originale signifie lils de la droile, et qu'en outre il est né
dans Bethléchem, villè par laquelle est signifié aussi le vrai conjoint
au bien dans le natUl'el; qu'il soit né dans Belhléchem, on le voit,
·-Gen. XXXV, 16, 17, 18, 19, -11 est né le dernie.', parce que
le naturel, qui consiste dans le vrai conjoint an bien, est le demier
de l'Église chez l'homme: en elfet, il y a chez l'homme trois degrés
de la vie, l'intime, le moyen et le dernier; le degré intime est celui
dans lequel sont ceux qui sont dans le Ciel intime ou tl'oisième Ciel,
le degl'é moyen celui dans lequel sont ceux qùi sont dans le Ciel
moyen ou second Ciel, et le dernier degré eelui dans lequel sont
Vers. 8. CHAPITRE SEprflÈ~rn. 167
ceux qui sont dans le derniet' ou pt'cmieJ' Giel; c'est pourquoi ceux.
qui sont dans le degl'é intime sont appelés célesles, ceux qui sont
dans le degré ,moyen sont appelés spirituels, et ceux qui sont dans
le dernier degr'é sont appelé., ou spirituels-naturels ou célestes-na­
turels, la conjonciion de ceux-ci dans le dernier Ciel est signifiée
pal' Benjamin; SUI' ces trois degl'és de vie chez l'homme et chez
l'Ange, voir dans le Traité nu ClEL ET DE r,!ENFER les No, 33, M,
38, 39,208,209,211, lJ&5; de Iii vient donc que ce lils de Jacoh
est né le derniel'. S'il a été appelé fils ùe la droite, c'est parce'que
par le fils il est signifié le vrai, el pal' la droite la puissance du vrai
d'après le bien, et que 'toute puissance dans le monde spil'itucl
appartlent au vrai qui pl'ovient du hien ùans l'homme natlll'el; que
dans ce Hai soit tuute puissance qui est dans l'homme spirituel,
eest parce que la cause efficiente est dans l'homme spirituel et ('ef­
fet dans l'homme naturel, et que toute la puissance de la cause effi­
ciente se montre pal' l'effet; qlIe toute la puissance de l'homme spi­
rituel soit dans l'homme naturel et pal' le naturel, on le voit dans
les ARCANES C)~LESTES, N° 9836; c'est donc de là qu'il a été appelé
Benjamin, c'est-à-dil'e, fils de la droite; et comme pal' Bethléchem
il est signifié la même chose, à savoir, le \Tai conjoint au bien ùans
l'homme naturel, c'est pOUl' cela aussi que David y est né, et qu'il
y a été oint pour Roi,-1 Sam. XVI. 1 à H, XVII, 12;-car David
comme Roi a l'epl'ésenté le Seigneul' quant au vl'ai d'après le Ilien,
et c'est aussi ce que signifie Le Roi; voir ci-dessus, N°' 29,31,205;
et c'est aussi pour cela que le Seigneur' est né à Bethléchem, ­
Matth, II.1,5, G,-parce qu'il est né Roi, et que chez Lui d'apl'ès
la naiSSance le l'l'ai fut conjoint au bien: en effet, tOllt enfant naH
naturel, et le naturel, parce qu'il est l(plus près des sens externes
et du monde, est ouvert le premier, et ce natul'el chez lous les hom­
mes ignore le vrai et recbel'che avidement le mal, mais chez le Sei­
gneur seul il souhaitait ardemment, le bien et désil'ait le vrai, parce
que l'affection qui règne chez l'homme vient du pèl'e, car elle est
son âme, mais chez le Seigneur l'affection ou l'Ame venant du Père
était le Divin Même, qui est le Divin Bien du Divin Amoul'. Comme
Benjamin et sa Tribu signifient le vrai conjoint au bien dans
l'homme naturel, (( c'est pour cela que dans la ter/'e de Canaan
le sort lui échut entre les (ils de J elmdalt et les (ils de J 0­
168 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 449.
seph, et que Jérusalem, Où étaient alors les Jébusiens, échut
en héritage à cette Tribu, II - Josué, XVIII. '11 à 28, - de
SOl'te que les fils de Benjamin y habitèrent avec les Juifs qui ensuite
occupèl'ent cette ville: si cette Tl'ibu eut par le sort sa portion entre
les fils de Jchudah ct les fils de Joseph, c'est parce qu'elle repl'é­
sentait et par suite signifiait la conjonction du bien eL du vrai, car
pal' Jehudah il est signifié le bien de l'Église, et par Joseph le vrai
de l'Église: si Jérusalem échut en partage à ce.tte Tribu, c'était
parce que Jérusalem devait signifier l'Église quant à la doctl'ine et
quant au culte, et que toute doctrine de l'Eglise est la doctl'ine du
. vl'ai conjoint au bien, et que tout culte selon la do(:lI'ine est fait par
l'homme naturel; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le culte est
l'effet d'apl'ès la cause efficiente ~ans l'homme spirituel. D'apl'ès,
cela, on peut voil' ce qui est signifié pal' Benjamin dans ces pas­
sages; dans Jérémie : «( Si VOll,Ç sanctifiez le Sabbath, on
viendra des villes de J ehudaft, el des dlenloUl's de Jérusalem,
et de la terre de Benjamin, el de la plaine, et de la mon­
tagne, et du midi, apportant holocauste et sacrifice, et min­
chah et encens. II - XVII. 26; - si ces choses avaient lieu à
cause de la sanctification du Sahbath, c'était pal'ce que le Sabbath
signifiait l'u~ion du Divin et du Divin Humain dans le Seigneul',
et dans le sens l'Cspectif la conjonction de son Divin Humain avec
le Ciel et avec l'Église, et ell génél'al la conjonction du bien et du
vrai; voir dans les ARCANES CÉLESTES, N°s 8!J95, 851.0, 10356,
1036i, 103iO, 1037!J, 10668, 1.0/30; pal'les villes de Jehudah,
pat les alentours de Jérusalem, ct par la terre de Benjamin sont si­
gnifiés les vl'ais conjoints au bien dans l'homme naturel, par les
villes de Jehudah les vrais du bien, pal' les alentours de Jél'Usalem
les vrais de la doctrine dans l'homme naturel, et par la telTe de
Benjamin la conjonction de ces vl'ais avec ce hien; car les villes
signifient les vrais, Jehudah le bien de l'Église, Jérusalem la doc­
trine du vrai, les alentours les choses qui sont autoul' ou en bas,
c'est-à-dil'e, les vrais du bien dans l'homme naturel, et la terre de
Benjamin l'Église quant à la conjonction des vrais avec le bien dans
l'homme naturel; « de la plaine, de la montagne et du. midi, Il si­
gnille ~ bien et le vl'ai dans l'homme naturel d'après one origine
çéleste et d'après une ol'igine spirituelle, la plaine signifie le bien
Vel'S.·8. CHAPITUE SEPTIÈME. 169
et le vrai dans l'homme naturel, parce que ·dans des plaines ou au
bas des monlagnes et des 'collines hallilenl ceux qui sont dans le
dernie,' Ciel, c'est-à-dire, les célesLes-nalurels et les spil'ituels~
naturels, dont il a élé parlé ci-dessus, la mon Lagne signifie ceux
qui sonL dans le bien célesle, el le midi ceux qui sonl dans le bien
spil'iluel el par suile dans la lumièl'e du vrai; apporLer holocausle,
sacrifice, mincbah el encens, signifie le culte d'après le llien célesle
el d'après le bien spiriluel dans l'homme nalul'el, l'holocausle le
culle d'après le bien célesle, le sacrifice le culte d'apl'ès le bien spi-
l'ituel, la minchah el l'encens le llien ellc vrai du llien dans l'homme
naLurel : ce sonl là les choses qui sont signiliêespal' ces paroles,
autrelllentpourquoi serait-il dil que s'ils sanctifiaient le Sabbath,
on viendra des villes de Jehudah, des alenlours de Jérusalem,
de la lelTe de Benjamin, de la plaine, de la mon Lagne eL du midi,
et pourquoi ne ser'ail-il pas dit, de louLe la Lerre de Canaan 7 Comme
toules ces expressions signifienl des choses qui appartiennent au
Ciel et à l'Église, c'esL pour cela qu'il en esL aussi employé ailleurs
de semlliables dans le même·PJ'ophète; ainsi: « Dans les villes de
la montagne, dans les villes de la plaine, et dans les villes dit
midi, et dans la terre de Benjamin, et dans les alentours de
Jérusalem, et dans les villes de J ehudah, passeront encore
les troupeaux de menu bétail par les mains de celui qui
compte. II - Jérém. XXXIII. 13; - eL ailleui's : Des champs
(e

avec l'argent ils achèteront, et en écrivant cela Sllr le livret,


et en (aisant attester par des témoins, dans la terre de Ben-
jamin, et dans le,~ alentours de J érusalelll, et dans les villes
de J ehudalz, et dans les villes de la montagne, et da/ls les villes
de la plaine, et dans les villes du midi, parce que je ramènerai
leur captivité. li - Jérém. XXXII. 8, hh;- dans ces passages,
~ par la lelTe de Benjamin, les alenloUl'S de Jérusalem, les villes de
Jehudah, la monlagne, la plaine elle midi, il est signifié les mêmes
choses que ci-dessus; ainsi, par Benjamin la conjonction du \'l'ai
et du llien dans l'homme naturel, par conséquent la conjoncLion du
vrai et du bien chez ceux qui sont dans le derniCl' Ciel. Dans le
Même : Il Rassemblez-vous, fils de Benjamin, du milieu de
Jérusalem, et en sonnant sonnez de la trompette, et sur la
,maison de la vigne allumez un inct'lldie, parce que un mal
170 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N°lill9.

menace du septentrion, et 1Ine rlline grande. Il - VI. 1; ­


là, dans le sens spil'iluel, il s'agit de l'Église dévastée quant au
vl'ai et au bien, pal'ce que ces pal'oles sont contre Sion ét Jérusalem,
car par Sion il est signifié le hien de l'Église, et par Jerusalcm
le vl'ai de l'Église; el comme les fils de Benjamin signifient la con­
jonction du hien el du vl'ai, c'est pOUl' cela qu'il leur est dil de se
J'assembler du milieu de Jél'Usalem, et de sonner de la trompetle,
el d'allumer un incendie SUl' la maison de la vigne; sonnel' de la
lrompelle signifie le combal d'apl'ès les vrais qui provienllenl du
bien contre celle Église, la maison de la vigne signifie cette Église
même, el allumel' un incendie sig~ifie sa destruction (lal'les amours
mauvais; le septentrion, d'où uu mal menace, signifie le faux du
mal; et une ruine gl'anùe signilie la dissipation du bien et du Hai.
Dans David: (1 Pasteur d'Israël, prête l'oreille, (toi) qui con­
duis comme un troupeau Joseph, (toi) qui es assis sur les Ché­
rubins, resplendis lllJeC éclat; devant Éphraïm, Benjamin et
Ménasseh suscite ta puissance, et viens en salut pOlir nous. l)
- Ps. LXXX. 2,3; - pal' Éphraïm, Benjamin el Ménasseh il
esl entendu, non pas Éphraïm, Benjamin et Ménasseh, mais tous
ceux qui sont dans le \'l'ai el le bien naturels, et chez lesquels il y
a conjonction de ce \'l'ai el de <;e biell; voir ci-dessus, N° !&!l0, où
ces pal'oles onl été expliquées. Dans le Méme : « Dans les assem­
blées bhlissez Dieu, le Seigneur, (bénissez-le) de la fontaine
d'Israël; là, Benjamin le petit les gOllt'erne; les princes de
J ehud.ah, les princes de Zébu Ion et les princes de N aphtali, Il
- Ps. LXVllI. 27, 28; - la, il esl entendu, non pas Benjamin,
ili les princes de Jehudah, de Zëhulon et de Naphlali, mais les
choses de l'Église qui sonl signifiées pal' ces Tribus; el par Ben­
jamin le pelit il y est signifié l'innocence de l'homme naturel; l'in­
nocence de l'homme naturel'esl dans la conjonction du bien el du
vrai, là; mais ces paroles ont aussi été eXllliquées ci-dessus; t'oir
N° h39. Dans la Bénédiction des fils d'Israël par Moïse: li A Ben­
jamin il dit: Bien aimé de Jéhovah, il habitera en sécurité
aapres de llli; il le protégera chaqllejour, et entl'e ses épaules
il habitera. ) - Deutér, XXXIII. 12; - là, pal' Benjamin est
signifiée la Parole dans le dernier sens, qui est le nalul'el; car dans
celle Bénédiction pal' Moïse est décrite la Parole, el pal' chaque
Vers. 8. CHAPITRE SEPTIÈME. lil
'Tribu il est signifié quelque chose de Ta Parole; et comme dans le ,

dernier sens de la Parole, qui est le sens naturel, il yale mariage

du bien et du vrai, ainsi qu'il a été montré dans un grand nombre

de passages, c'est pOUl' cela qu'il est dit« I.)icn aimé de .Jéhovah,) et

li il hahitera en sécurité auprès de lui, et ·il le protegùa chaque

jour, et entre ses épaules il habitera; )) habiter entre les épaules,


c'est clans la sécurité et dans la puissance. Ce qui est signifié par
Benjamin dans la Pl'ophétie d'Israël SUI' ses fils,-Gen, XLIX. 27,
- a été expliqué dans les ARCANES CÉLESTES, No' 6!J39 à G!J!J5 ;
dans celte PI'ophélie il s'agit de Benjamin en dernier lieu, pal'ce
que le derniel' de l'Église et du Ciel est signilié pal' lui; le dernier
est le naturel, dans lequel le vrai a été conjoint. au hien. Comme ces
choses ont été signifiées pat' Benjamin, c'est pOUl' cela que « les
Tribus d'Éphraïm, de 111 éllasse/z et de Benjamin campaient
dans le désert li. l'occident autour de la Tente de convention, )l
- Nomh. Il. 18 à 2h, - ct par ces tl'ois Tribus sont signifiés
tous ceux qui sont dans le vl'ai et le bien naturels, et dans la con­
jonction de ce nai et de ce bien; pal' Éphraïm il y est signifié le
vrai, par Ménasseh le bien, comme il a été montré ci-dessus, et par
Benjamin la conjonction du vrai et du bien; ils campaient à l'occi­
dent, parce que dans le Ciel à l'occident et au septentrion habitent
ceux qui sont dans l'obscur du bien et dans l'obscUl' du \'l'ai, ainsi
ceux qui sont dans le bien naturel et dans le vrai natUl'el, tandis
qU'à l'Orient et au Midi dans le Ciel hahitent ceux qui sont dans la
clarté du bien et du vrai; voir SUI' ce sujet dans le Tl'aité DU ClEL
ET DE L'E1'lFER les No' Hl à 153. D'après ces explications on
peut maintenant ,VOil' ce qui est signifié pal' Benjamin dans la Pa­
role, à savoir, la conjonction du bien et du \'J'ai dans l'hom me
naturel, et par le bien la conjonction avec l'homme spil'it.uel; car
tout bien qui est bien dans l'homme natur-cl influe de l'homme spi­
rituel, c'est-à-dire, du Seigneul' pal' l'homme spirituel; le bien
dans l'homme naturel n'est pas donné sans cet influx.; c'est aussi
pOUl' cela que pal' Benjamin il est signifié la conjonction de ['homme
spil'ituel avec l'homme naturel, et pal' Joseph la conjonction de
l'homme céleste avec ('homme spirituel.
lt50. Parmi ces douze Tribus, dont il est dit que chacune avait
douze mille marqués, il ri'est pas fait mention de la Tl'ihu de Dan;
172 L'APOCALYPSE EXPLlQUÉ~. N° 450.

mais cette Tribu est remplacée par celle de Ménassen : s'il n'a pas
été fait mention de la Tribu de Dan, c'est parce que par celle Tribu
ont été représentés et signifiés ceux dont il va êtl'e pal'lé mainte­
nant dans ce Chapitre; Jean s'exprime ainsi à leur égard: « Après
ces choses, je vis, et void, une {oule nombreuse que personne
ne pouvait compter, de toute naÛon, et tr~'bus, et peuples, et
langues, se tenant devant le Trône et devant l'Agneau, re­
l)ftus de robes blanches; et des palmes dal/s leurs mains, l l ­
Vers. 9; - en effet, ce sont ceux qui ont été, non pas dans les vrais
mêmes du Ciel et lIe l'Église, mais dans le bien de la vie selon les
doctrinaux de leur l'eligion, docl.rinaux qui élaient quant à la plus
gl'ande parlie non des vrais réels mais des faux, et néanmoins ont
été acceptés par le Seigneul' comme des vrais, parce qu'ils étaient
dans le bien de la vie, d'aprèslequelles faux de ,leur religion n'ont
pas été impl'égnés de mal, mais ont été 10uI'nés au bien: que ceux-ci
aient été pris à la place de la Tribu de Dan, c'est parce que la Trihu
de Dan était la demière des TI'ibus, et que par conséquent dans le
'Royaume du Seigneur elle signifie les del'lliCl's, dans lesquels sont
ceux qui sont dans le bien de la vie el de la foi selon leur religiosité,
dans laquelle il n'y a point les vrais 'l'éels : SUI' la Tribu de Dan,
voir dans les ARCANES CÉLESTES les N°' 1710, 3921, 3923,
6396, 10335.
651. Vel's. 0, 10. Après ces choses, je vis, et t'oiei, une
{oule nombreuse que personne ne pouvait compter, de toute
nation, et tribus, et peuples, et langues, se tenant devant le
trône et devant l'Agiuau, revêtus de robes blanches; et des
palmes dans leurs maùzs.-Et ils criai~nt d'une voix grande,
disant: Le salut à notre Dieu qui fst assis .mr le trône, et à
l'Agneau. - Après ces choses, je t'IS, el voici, une {oule nom­
breuse, sign.ific lous ceux qui sont ùans le bien de la vie selon leUl'
religion, dans laquelle il n'y a point les vrais l'éels : que personne
ne pouvait compter, signilie que le Seigneul' seul sait la qualité
et la quantité du bien et du vrai chez eux: de toute nation, et
tribus, signilie tous ceux qui sont dans le bien quant à la vie selon
les doctrinaux de leur religion : et peuples, et langues, signifie
tous ceux qui sont dans des faux d'apl'ès l'ignorance et d'après les
diverses religions : se tenant del'ant le tl'ône et devant l'A­
Vers. 9. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.73
gneau, signifie ceux-là dans le Royaume du Seigneur: revetus
de robes blanches, signifie aIOI'S dans les vl'ais et en sQreté contre
les faux: et des palmes dans leurs maim, signifie et dans le bien
de la vie selon les vrais: et ils criaient d'une voix grallde, si­
gnifie l'adol'ation d'après le bien du vl'ai, et pal' suite d'après la joie du
cœur: disant: Le salut li notre Dieu qui e.st assis sur le trOne,
et à l'Agneau, signifie la confession que la vie éLel'Oelle vient du
Seigneur seul. .
652, Après ces choses, je vis, et voici, ulle foule nombreuse,
signifie tous ceux qui sont dans le bien de la vie selon leur
religion, dans laquelle il n'y a point les vrais réels: on le \'oit
en ce que pal' les douze mille marqués de chaque Trihu il a été en­
tendu ceux qui sont de l'Église, dans laquelle il y a les vrais l'éels;
cal' par les douze Tribus d'Isl'aêl il est entendu ceux qui sont dans
les biens et les vl'ais réels, et par abstl'action tous les vl'ais et tous
les biens de l'Église; c'est pOUl'quoi, pal' ceux dont il s'agit main­
tenant il est entendu ceux qui sont dans le bien de la vie selon leUl'
l'eligion, dans laquelle cependant il n'y a point les vrais réels: que
ceux-ci soient enlendus par Zlne (oule nombreuse, on peut aussi
le voir par ce qui suit dans ce ChapiLI'e, où il est dit que ce sont
ceux qui vieunent ùe la Il'ibulaLion gr'ande, Vers. 16, c'esl-à-dil'e,
des tentai ions, car ceux qui sont dans le bien de la vie selon leur
religion, dan~ laquelle il n'y a point les vrais réels, subissent dans
l'a'llll'e vie des tentations, par lesqnelles sont dissipés les faux de
leur religion, et sont implantés des vrais réels à letH' place; dans la
suite il en sel'a dit da\'antage SUI' ce sujet: d'apr'ès cela, on peut
voil' qui sont ceux qui sont entendus par la foule nombreuse, dont
il s'agit dans ce qui suit jllsqu'à la fin du Chapilre. II faut qu'on
sache que, soit au dedans de l'I~glise où est la Parole, soit au de­
hors de celle Église, aucun de ceux qui mèneut une vie bonne selon
leUl' religion n'est damné, car ce n'est pas leUl' faute s'ils ne savent
pas les vrais réels; c'est pourquoi, comme le bien de la vie l'enferme
en soi l'affection de savoir les vrais l'éels, lorsque ceux-là viennent
dans l'autre vie,~ls reçoivent facilement les vrais et s'en pénétrent;
il en est tout autl'cmcn! de ce~lX qui ont mené une vie mauyaise et
ont regal'dé la religion comme de peu d'importancè : mais quant à
ceux qui sont dans des vrais non-réels, par conséquent dans les
17lJ L'APOCALYPSE EXPLIQlll~E. I\" h52.

faux pal' ignol'ance, et néanmoins dans le bien de la vie, il en a été


question ci-dessus, No, 107, 195, 3;>6; et dans le Traité DU ClET,
ET DE L'ENFER, où il a été parlé des peuples et des nations hors de
l'Église dans le Ciel; et aussi dans·les ARCANES CÉLESTES, où sont
les propositions suivantes: Qu'il y a des faux de religion qui sont
en concordance avec le bien, et qu'il yen a qui sont en discol'dance,
N° 9259; que les faux de rcligion, s'ils ne sont pas en discordance
avec le hien, ne produisent le mal que chez ceux qui sont dans le
mal, N° 831.8; que les faux de ,'eligion ne sont pas imputés à ceux
qui sont dam; le hien, mais le sont à ceux qui sont dans le mal,
N°' 80M , 81lJO; que des vrais non-réels, et aussi des faux, peu\'ent
être consociés avec les \'l'ais réels chez ceux qui sont dans le bien,
mais non c.hez ceux qui saut dans le mal, N°' 3lJ70, 3671, 6551,
a552, 73lJa, 81!J9, 92~8; que les faux etles,nais sont consociés
lIn moyen des appal'ences d'alll'ès le sens de la lelll'e de la Parole,
N° 73lJ6 ; que les faux deviennent des vl'llis par le bien et s'amol­
lissenl, parce qu'ils sont appliqués et conduitsau bien, et que le mal
est détourné, N° 8t!J9; que les faux dc religion, chez.ceux qui sont
dans le bien, sont reçus par le Seignelll' commc vrais, No' 6736,
81!J9; que le bien dont. la qualité vient du faux de la religion est
accepté par le Seigneur, si c'cst par ignorance, et si dans ceUe
ignol'ance il y a ['innocence et une fin bonne, N° 7887; que les
\'l'ais chez l'homme sont des apparences du vrai et du bien imhues
d'illusions, mais que néanmoins le Seigneul' les adapte aux vrais
l'éels chez ('homme qui vit dans le bien, N° 2053; que des faux
. dans lesquels il yale bien existent chez ceux qui sont hors de J'É­
glise et par suite dans l'ignorance du vl'ai, et même chez ceux qui'
sont au .dedans d'une Église oit sont des faux de doctrine, No' 2589
il 260ll, 2861, 2863, 3263, 3i78, lJ189, 6190, lJ197, 6700,
9256.
lt53. Que personne ne pou))ait compter, signifie que le Sei~
gnellr selll sait la qualité et la quantia du bien et du t'raz'
chez eux : on le \"oit pal' la signification du nombre en ce que
c'est la qualité de la chose, d'où il résulte que compter c'est con­
naître la qualité de la chose, id, la qualité du llien et du Hai chez
ceux dont il est maintenant Question; qu'il soit aussi signifié que
c'est le Seigneul' ",eul qui le sail, cela est enLeudu par « que per­
Vers. 9. CHAPITRE SEPTIÈME. 1il)
sonne ne pow:ail compter, » cal' aucun homme ni aucun ange ne
connaIL en toute série et connex ion la qualité du hien et du vl'ai chez
un autre, il sait s.eulement quelque chose de ce qui en apparait dans
les extel'lles; et cependant toute qualité est d'une extension infinie,
cal' elle se conjoint et se consocie avec les choses innomhrahles qui
sonl cachees intél'ieurement, avec celles qui résident extél'ieuremenl,
et avec celles qui sont de toute pal'! SUI' le cOté; ces choses, per­
sonne ne les voil, qlle le Seigneul' seul; c'est poul'quoi le Seigneur
seul met en ordre et dispose tous les hommes et tous les Anges
selon leur qualité; en elfet, il voit la qualité de chacun, ainsi quel il
est, et ce qui doit lui arriver dans toute l'éternité, car la vue du Sei­
gneur, qui cst appelé Toute-Science, Pré\'oyance et Providence,
est étel'nellc; oe là vient qu'il n'y a que le Seigneur seul qui sache
la qualité du bien et du \'l'ai chez quelqu'un, Que pal' compter il
soit signifié sal'oir' la qualité du bien et du vrai, cela semble étrange,
car celui qui lit ces paroles, en restant dans le sens de la leUr'e, ne
peut faire autr'cment que de pensel' qu'il est seulement entendu, que
la multitude était si gr!lnde, qu'elle n'a pu être comptée; mais tou­
jours est-il que dans le sens spirituel le nombre signifie la qualité,
et que par suite comptel' signifie savoil' la qualité,. et aussi meUre
en ol'dre ct disposel' selon cette qualité: comme c'est là la signifi­
. cation de compter, voilà pourquoi une peine fut inOigée parce que
David avait compté le peuple; il en est parlé ainsi dans le Livre
II de Samuel: « La colère de J éftovalz continua de s'enflammer
contre Israël, c'est pourquoi il incita Dam'd contre eux. en
disant: Va, compte Israël et Jehudah. Et il dit El .Joab:
Parcow's toutes les tribus d' 1srrzël depuis Dan jusqu'à B éers-·
c/zéba, et comptez le peuple, afin que je connaisse le nombre
du peuple, Joab {ut d'un avis contraire, maz:~ la parole du
1'oi prévalut, Et David {ut touché en son cœllr, après qu'a­
eut compté le peuple; et Dam'd dit: J'ai b"allcoup péché en
ce que j'ai {ait; toute{ois, JéIz01)f1h! {ais passer l'iniquité de
ton serviteur, car j'ai agi trh-{ollement. C'est pourquoi le
prophète Gad {ut envoyé li David, pour lui signifie1' trois
peines, d'entre lesquelles il choisit la peste, dont moururent
soixante-dix mille hommes. Il - XXIV. 1 à 25; - qni cst-ce
qui ne sait qu'il n'y a aucune iniquité à compter un peuple? et r,e­
1ï6 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\. 1153.

pendant l'iniquité fut si granùe, que pour ce fait tl'ois peines furent
signifiées à David, afin qu'il en choisit une, et que pal' la pesteql,l'il
choisit soixante-dix mille hommes mOUl'urent : mais la raison de
cela, c'est que pal' Israël et Jehudah etait représenté et pal' suite
était signifié le Royaume du Seigneur dans les Cieux et dans les
terres, et que pal' eompter il était signifié connaître la qualité de
ceux qui y sont, et selon cette qualité mettre en ordre et ùisposer,
• ce qui cependant appartient au Seigneur seul: de là il est évident
que compter- a cette signification dans la Parole. La même chose
èst signiliée pal' compter dans Moïse : (( Quand tu lèveras la
somme des fils d'Israël quant il leurs dénombrés, et ils donne­
l'ont chacun l'expiation de son âme il Jéhovah quand on les
comptera, afin qu'il n'y ait point .sur eux de plaie quand on
les comptera.» -Exod. XXX. 12;- ici aussi, pal' comptet' il est
signifié connattl'e leul' qualité ou la qualité de l'Église chez eux, et
selon cette qualité melll'e en ordre et disposer; et comme cela ap­
pal·tieot au Seigneul' seul, voilà pourquoi il est dit que (( chacun
donnera l'expiation de son âme il Jéhovah quand on les comptera,
, afin qu'il n'y ait point sur eux de plaie quand on les comptera; »
mais cela a été plus amplemellt expliqué dans les ARCANES CÉ­
LESTES; voir N°' 10216 iJ. '10232. Dans Daniel: (( Quand Belths­
chassal' but du vin dans les rases d' 07' et d'argent qui avaient
été enlah du Temple de Jérusalem, il sortit une main, et
elle écrivit sur la muraille: Compté, compté, pesé, divisé.
Dieu a compté ton Règne, et il y li mis (in. ) - V,, 2, 5, 25,
26; - là, pal' (1 compté, compté, ) il e5t signifié vu et exploré
quant à la qualité du bien et du vrai; et par' (1 il a compté ton
Règne, ) il est signifié qu'il a mi5 en ordr'e et disposé; ce que si·
gnifientles aulres expressions, on le voit ci-ùe5sus, N° 3n. Pareil­
lement dans Ésaïe: c, Pm" l'émission de mes jours je m'en irai
aux portes de l'enfer (du sépulcre); j'ai été compté, (c'est) le
reste de mes années. 1) - XXXVIII. 10; - ce sont les paroles
du Roi Hizkiah, quand il était malade; et par' compté il est signifié
ex ploré, et le ('cllclusum. Que compter et ~t\'e compté signifient,
dans le sens spirituel de la Parole, autre chose que dans sa lettre
ou dans son sells naturel, on peut aussi le voir en ce que, dans le
Ciel, chez les Anges il u'y a ni nombres ni mesures dans leur' idée
....
Vers. 9. CHAPITRE SEPTiÈME, 177
spiriluelle, c'e&t-à-dirc qu'ils ne pensent point d'apl'ès le compte
ou le mesurage, mais ils pensent d'après la qualité de la chose, et
leur pensée tombe dans des nomlll'es et dans des mesures, quand
elle de~cenù de là. dans la sphère naturelle; et cependant la Parole
a été écrile pOUl' les Anges aussi bien que pour les hommes, c'est
pourquoi par les nombres et pal' compter dans la Parole les Anges
pel'çoivenl la qualilé de la chose dont il s'agit, lorsque les hommes
entendent des nombres et comptel'; c'cst encore ce qu'on peut voir
en ce que chaque nomhre dans la Parole signifie quelque chose du
sujet ou de l'état; t'oir ci-dessus, N°' 203, 336, [129, LJ30. Comme
dans quelques passages de la Parole il est dit compter, et que par
là il est signifié connaltre la qualité de la chose, et selon celle qua­
lité meLlre en ol'dre el disposer, je vais aussi rapporter ces passages
pOl\l' confirmation; dans Ésaïe: Voix' de tumulte des royaumes
(l

des nations a.ssemblées; J élw1:)ah Sébaoth comptant l'(l1'mée


de guerre. ) - XIII, lJ; - pal' les royaumes des nations assem­
blées qui sont en tumulLe, il n'est pas entendu des nalions assem­
blées d'eull'e des l'oyaumes, cal' c'est là un prophétique et non un
historique; mais pal' les royaumes des nations assemblées sont si­
gnifiés les faux du mal qui ont fait qu'ils étaient cohéI'Cnts, et pal'
leur tumulle sont signifiées les menuces elles cupidilés de combattre
contl'e les vrais; en effet, les royaumes se disent des vrais, et dans
le sens opposé ils se disent des faux, et les nations signifient les
biens el dans le sens opposé les maux; voir ci-dessus, N°' 175,
331; et Je tumulle se dit de la cupidité de combattre, ici contl'e les
vrais; (1 Jéhovah Sélmolh complant l'armée, » signifie l'ordination
des vrais d'après le bien par le Seigneur contre les faux d'après le
mal; dans la Par'ole le Seignelll' est appelé Jéhovah Sébaolh d'après
les vrais et les biens qui comballent conlre les faux et les maux;
cal' Sébaoth signifie des Armées, el les Armées signifient les vrais
et les biens du Ciel et de l'Église; comptel' signifie les mettre en
ordre, et la guel'J'e signifie le combal spirituel. Dans le Même:
(l Levez en haut t'os yeux, et voyez; qui a créé ces choses?

Celui qui {ait sortir en nombre leur armée; tous par nom il
appelle. Il - XL. 26; - par l'Armée des Cieux, dans le sens de
la lettre, il est entendu le soleil, la lune et les éloiles, car ces astres
sont appelés dans la Parole l'Armee de Jéhovah; mais dans le sens
III, 12.
:178 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 453.
spiriLuel par l'Armée sont signifiés tous les biens et tous les vrais
du Ciel et de l'Église dans le complexe, car pal' le soleil il est si­
gnifié le bien de l'amour, pal' la lune le bien de la foi, et par les
étoiles les connaissances du bien et du vrai; de là on voit clairement
ce qui est signifié par « levez vos yeux, et voyez; qui a cl'éé ces
choses? II pal' créer, quand il s'agit des biens et des vrais, il est si­
gnifié les' former chez l'homme, et le régénérel'; pal' faire sortir en
nombre leur al'mée, il est signifié me~tre en ordre les vrais et les
biens selon la qualité de ceux chez qui ils sont; Cl 10US par nom il
appelle Il signifie qu'il sait la qualilé de tous, et qu'il dispose selon
cette qualité, cal' par le notil dans la Parole il est signifié la qualité
de la chose et de l'état, comme aussi dans Jean: Cl Les brebis sa
voix clitelldent, et ses p1'opres brebis il appelle par nom, et il
les {ait sortir. Il - X. 3; - là aussi, il est dit faire sOl'lir et ap­
peler par nom, comme çi-dessus dans Ésare, et les memes choses
sont signifiées par ces expressions: que le nom signifie la qualité
de la chose et de l'état, on le voit ci-dessus, N°s 102, 135, U8.
Dans David: (1 Jéhovah qui compte le nombre des étoiles, toutes
par nom il les appelle. )1 - Ps. CXLVII. 4; - compter le
nombre des étoiles, et toutes pal' nom les appeier, signifie connatlre
tous les vrais et tous les biens, et selon leur qualité les disposer
dans le Ciel et dans l'Église; autrement., pOUl'quoi serait-il dit de
Jéhovab qu'il compte les étoiles, et que pal' nom il les appelle? Dans
Jérémie: li Dans les villes de la montogl1e, dans les t'illes de
la plaine, et dalls les villes du midi, ft dans la terre de Ben­
jamin, et dans les alentours de Jérusalem, et dans les villes
.de J ehudah, passeront encore IfS trollpeall,x de menu bétail
par les mains de celui qui compte. II - XXXIII. 1-3; - ce qui
est signifié dans le sens spirituel pal' la montagne, la plaine, le
midi, la terre de Benjamin, les alentoul's de Jél'usalem elles villes
de Jehudah, on vient dr le voir ci-dessus, N° 449, où ces expres­
sions ont été expliquées; par les troupeaux de O1el)1] bétail qui pas­
seront par les mains de celui qui compte, ilesl signifié qu'il y aUl'a
des biens et des vrais intérieurs selon leU!' ol'dl'e et leUt' qualité dans
l'Église, car par les troupeaux de menu bétail (gl'P-ges) sont signi­
fiés les biens et les vrais inlérieurs; en effet, pal' ces tr'oupeaux
sont entendus les agneaux, les bl'ehis, les chèvl'es, les béliers, les
Vers. 9. CHAPITRE SEPTiÈME. 179
chevreaux, pal' lesquels sont siglli6és les"biens et les vrais inté­
rieurs, qui sont les biens el les vrais spirituels, tandis que par les
tl'oupeaux de gros hélail (armel/ta), qui consistenl en vcaux, tau­
l'eaux, vaches et lJœufs, sonl s!gniûés les biens et les \'l'ais exlé­
rieUl's, qui sonl les biens et les vrais nalurels; que cela soit ainsi,
on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, N°' 1565, 2566, 5913,
OOâ8, 8937, 10609. Dans David: « Dall,ç l'allégresse ura la
montagne de Sion, et bondiront les filles de Jehudah à cause
de tes jugements; cntourez Sion, environnez-la, comptez ses
tours, appliquez L'attention de t'otre cœur à son avant-mur,
distinguez se.~ palais, afin que t'Ous le l'aconticz li la géné­
mtionsuÏt'ante. )-Ps. XLVIII. 12,13,1fl;-pal'la mon­
tagne de Sion qui sera dans l'allégresse esl signifiée l'Église céleste,
dans laquelle sont ceux qui sont dans l'amour envel's le Seigneur;
par les filles de Jehudah qui bondir'ont sont signifiées les affections
du hien el LIu vrai, lesquelles appartiennent à ceux qui sont de cette
Église; à cause de tes jugements, 1) signifie à cause des Divins
(t

vl'ais qu'ils onL par le Seigneur; entourer Sion et l'envil'onneJ' si­


gniûe embrassel' par amour les choses qui appal'tiennent à cette
Église; compter ses toul'S signifie examiner les vl'ais supérieurs ou
intérieurs qui appartiennent à cetle j~glise; compler, c'est voir et
examiner leUI' qualiJ.é, el les tours sont les vrais supérieUl's ou inté­
rieurs; appliquer l'attention du cœul' a l'avant-mur signifie aimer
les \'l'ais ex.lél'ieurs qui protégenl celle Église conll'e les faux; dis­
tinguel' ses palais signilie pel'cevoi!' les biens du vrai, cal' les mai­
sons sont les biens, et les pa1ais sonl des biens du vrai plus nobles;
« afin que vous le l'acon liez à la généralion suivante, Il signifie lem'
permanence à étel'l1iLé. Dans Ésaïe: « Celui qui marche dans les
iustices, et prononce des droilw'CS, t'el'l'a le roi dans sa beauté;
tes yeux contempleront la terre d'éloignements; ton cœur
méditera ta terreul'; où (est) l'écrÎ1){tin? où (est) celui qui
pèse? où. (est) celui qui compte les tours? le peuple opiniâtre
tu ne verras point, le peuple des profondeurs de lèvre. Il ~
XXXIlI.-1ô, 17,18, 19;-marchel' dans les justices et pl'O­
noncel' des droitures signifie vivre dans le bien de l'amour et de la
charité, el. penser et percevoir les vrais, car mal'chei' signine vivre,
la justice se dit du bien, elles droitures sonlles Hais; li il vel'l'3'le
180 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉ~. N° 453.

roi dans sa beauté, II signifie qu'ils acquerl'ont la sagesse; eo effet,


le roi signifie le vrai d:après le bien, sa beauté signifie la sagesse,
cal' dans la sagesse le Divin Vl'ai est dans sa belle forme; u tes yeux
contempleront la telTe d'éloignements, II signifie l'extension de la
sagesse dans le Ciel, cal' la terre signifie l'Église et aussi le Ciel,
et l'éloignement l'extension dans le Ciel j « ton cœur méditera la
teneur j oil est l'écrivain? où est celui qui pèse? oit est celui qui
compte les tOUl'S? Il signifie la réminiscence de l'état de l'Église,
quand il n'y a ni intelligence, ni sagesse, ct quand il y a falsification
des vérités intérieures j la tel'l'eUl' est cct état, l'écl'ivain est l'intel­
ligence, celui qui pèse est la sagesse, les tours sont les nais inté­
rieurs, en détruire la qualité par des falsifications est signifié ici par
compter les 101ll's; (( le peuple opiniâtré tu ne velTas point, l) signifie
ceux qui sont dans les faux du mal, et abstractivement ces faux j
(1 le peuple des pl'ofondeurs de lèvre, Il signifie les faux de la doc­

tl'Ïne confirmés jusqu'à l'appal'ence du nai, la lèvre signifie le vrai


de la doctrine, ici le faux qu'ils ne vel'I'ont point. Que comptér si­
gnifie aussi mal dispOsel', par conséquent détl'uire par des falsi fica­
tions, on le voit dans le Même: u Les brèches de la maison de
David, vous· avez vu qu'en grand nombre elles sont, et VOliS
avez rassemblé les eaux de la piscine infériew'e, et les mai­
sons de J éntsalem vous avez compté, afin que. vous démolissiez.
les maisons pour fortifier la muraille. Il - XXII. 9, 10; ­
par la maison de David il est entendu l'Église quant aux vrais de
la doctrine, et par ses brèches sont signifiés les faux qui font irrup­
tion; par rassemblel' les eaux de la piscine infél'ieul'e, il est signifié
recueillir plusieUl's choses d'après le seliS de la letll'e de la Parole
et d'après l'homÎne naturel; les piscines à Jérusalem signifiaient
les vrais tels qu'ils sont dans les sens extérieur et intérieur de la
Parole, les eaux de la piscine Supél'ieUl'e les vrais tels qu'ils sont
dans le sens intérieur de la Pal'ole, el les eaux de la piscine infé­
rieure les Vl'ais tels qu'ils sont dans le sens extél'ieu~, qui est le
sens de la lettre de la Parole, cal' les e:Jux sont les vrais, et les pis­
cines dans Jérusalem signifient la même chose que les lacs et les
mers hors de Jérusalem, à sa VOil', la collection des vrais; par
compter les maisons de Jél'us~lem, il est signifié falsifier les biens
du vrai, cal' les maisons de Jérus~lem signifient les biens du vl'ai
l'ers. 9. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.81
de l'Église, el compter signifie prendre de tl'avel's, mal disposel"
ce qui est inteqll'éter faussement ou falsifier; « afin que vous démo-
lissiez les maisons pOUl' fortifiel' la muraille, II signifie détruire ces
biens pour fonder' une doctrine dans laquelle il n'y a que des faux,
la muraille est le vrai de la doctrine qui pl'otége, ici le vrai falsifié
parce qu'il est sans le hien, D'après ces explications, on peut voir
ce qui est signifié par compter les jours, les pas, les cheveux; par
exemple, dans les passages sUivants; dans David: « A compte!
nos jours. II - Ps. XC. 12, - Dans Job: Il Ne comptes-tu
point mes pas? )) - XIV. 16. - Dans le Même: li Lui, ne
voit-il point mes chemin.~? et ne compte-t-il point tous mes
pas? Il - XXXI. 6. -- Dans Luc: « Les cheveux de votl'e Tête
ont tous été comptés. » - XII. 6, 7; -~ci, par comptel' il est
signifié connaître la qualité depuis le plus petit jusqu'au plus grand,
et selon celte qualité melll'e en ordl'e et disposer, c'est-à-dire,
pourvoir: ce qui est signifié par les jours', les pas et les cheveux,
a été dit et montré ailleUl's.
!15ft. De toute nation et tribus, signifie tous ceux qui sont
dans le bien quant il la vie ,çalon les doctrinaux de lew' l'eli-
gion : on le voit pal' la signification de la nation, en ce que ce sont
ceux qui sont dans le bien, comme il a été montré ci-dessus, N°'1 75,
331, ici cenx qui sont dans le hien de la vie; et pal' la signilication
des Tl'ibllS, ell ce qu'elles sont les biens et les vrais de l'Église dans
tout le complexe, comme aussi ci-dessus, N° lt31 ; mais ici, parce
qu'il s'agit de ceux qui sont dans le bien de la vie selon leur religion,
pal' les TI'ious il est signifié les doctrinaux de la l'eligion qu'ils
croient êtl'e des vrais et de~ biens, ces doctl'inaux sont aussi enlen-
dus dans la Parole par les Tl'ihus, quand il esl queslion de ceux-
là; mais par les Tribus d'Israël, dont il a été lraité ci-dessus, il est
entendu tous ceux qui sont dans les vrais et les biens. l'éels de l'É-
glise, el abslr3ctivemenl ces vl'ais el ces hiens. C'est pourquoi, ici,
pal' « de toule nalion et. !J'ibus, Il il esl signifié tous ceux qui sont
dans le bien quant à la vie scion les doctl'inaux de leul' religion.
lt55. Et peuples et langues, signifie tous ceux qlli sont dans
des {aux d'aprè.5l'ignorance et. d'après les dit1erses religions:
on le voit par la significalion dos peuples, en ce qu'ils sonl ceux
qui sonl dans les vrais de la docll'inc, el dans le sens opposé ceux
182 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N' 455.

qui sont dans des faux de doctrine, comme il a été dit ci:..dessus,
N° 175; mais ici, ceux qui sont dans des faux de doctrine d'apl'ès
l'ignorance, car il s'agit ici de ceux qui sont sauvés, quoiqu'ils
aient été dans des faux d!après la doctrine de leur l'eligion; en effet,
tous ceux qui sont dans le hien de la vie selon les dogmes de leur
religion qu'ils ont cru être des vl'ais, quoiqu'ils ne soient point des
nais, sont sauvés, car le faux n'est imputé à aucun de ceux qui vi­
yent bien selon les dogmes de leur religion, puisque ce n'est pas
leur faute s'ils ne savent pas les vrais; cal' le bien de la vie selon la
religion renrel'me en soi l'affection de savoil' les vl'ais, qu'ils appl'en­
nent même et reçoivent. quand ils viennent dans l'autre vie; en etret,
toutfl affection reste chez l'homme après la mort, et principalement
l'affection de savoir les vrais, parce qlle c'est une affection spiri­
tuelle, et que l'homme quand il devient esprit est sa propre affection;
c'est pourquoi, les vrais qu'ils désirent, ils les puisent alors et ainsi
les reçoivent pl'ofondément dans leurs cœurs; que les faux de la
-religion, quand l'homme vit bien, soient acceptés pal' le Seigneur
comme vrais, on le voit ci-dessus, N° 115~ ; et pal' la significa­
tion des langues, en ce qu'elles sont leurs confessions d'après la
religion, car par les langues il est entendu les langages, et le lan­
gage signifie la confession et la religion, et cela, parce que la langue
énonce et confesse les choses qui appal'tiennent à la religion. Dans
là Parole il est dit très-souvent la lène, la houche et la langue, et
par la lèvre il est signifié la doctrine, pal' la bouche la pensée, et
par la langl)e la confession; si la lèvre, la bouche et la langue ont
de telles significations, c'est parce qu'elles sont les extel'Oes de
l'homme, par lesquels les internes sont exposés, et que ce sont les
intel'Oes qni sont signifiés dans le sens inteme ou spirituel; en effet,
la Parole dans la lettre consiste en externes qui s'offrent aux yeux
et sont perç.us pap les sens; de la, dans la lellre, la Parole est na­
turelle, et cela, afin que le Divin Vrai qu'ella contient y soit dans le
demiel', et ainsi dans le plein: mais ces externes, qui sont naturels,
contiennent en eux les inlel'Oes qui sQnt spil'itnels; ce sont donc
ceux-ci qui sont signifiés. Que les Langues signifienlles confessions
d'après la religion et selon les dogmes de la religion, on peut le
voir par les passages suivants; dans t~saïe : Cl Il viendra, le t ernp8
de 1'assembler toutes les Hat ions el les langlle8, afin qu'elles
Vers, 9. CHAPITRE SEPTIÈM...:. 183
1JÏe1lttcnl et voieut ma gloire. Il - LX VI. 18; - ces paroles
ont été dite..~ de l'avénement du Seigneur; par les nations elles lan­
gues sont signifiés tous ceux qui sont dans le bien de la VIC selon
leur religion; les langues signifient les l'eligions pal' la confession;
c'est pour cela qu'il est dit, li afin qu'elles viennent et voient ma
gloire, » la gloire signifie le Divin Vrai, par lequel il y a Église.
Dans Daniel : Cl Voici (mer: les nllée,~ des cieux le Fils de
l' homme; .et à Lui (ut donné dominotion, et gloire, et
Roynume; et tous les peuples, llatioTlS et langues Le servi­
ront. » - VII, 1.lJ; - que par le Fils de l'homme, qui doit ve­
ni" dans les nuées des cieux, il s.oit entendu le Seigneur, cela est
évident; et par les nuées des cieux il est entendu la Par'ole dans la
lettre, dans laquelle il est dit qu'il viendl'ait, pal'ce que la Parole
Iraite de Lui, et cie Lui Seul dans le sens intime; c'est pOUl' cela
qu'il est appelé Fils de l'homme, cal' le Seigneul' est appelé Fils de
l'homme d'après le Divin Vl'ai qui est la Par'ole; mais SUI' ce sujet
1)oir de plus grands détails ci-dessus, N° 36, où est expliqué ce pas­
sage de l'Apocalypse, - I. 7: - li Voici, il vient avec les nuées,
Cl Le verra tout œil; Il par domination il est entendu son pouvoit'
d'après le Divin Bien, pal' gloire son pouvoir d'après le Divin V,'ai,
et pal' Royaume le Ciel et l'Église; par les peuples, les nations eL
les langues sont signifiés tous ceux qui sont dans la doctrine et dans
la vie selon leurs l'eligions; sont appelés peuples ceux qui sont dans
la doctrine, nations ceux qui sont dans la \'ip., et les langues sont
les l'eligiOfls, Dans Zacharie : li En ces jOll1"s-là, dix Ilomme,ç de
toutes langues des 1wtions saisiront le pan de la robe d'un
homme Juif, en disant: Nous Ù'ons avec vous, pm"ce que nous
avoll.ç entendü que Dieu (est) avec vous, Il - VUI. 23; - quel
est le sens spirituel de ces pal'oles, c'est ce qu'on voit ci-dessus,
N°' 1133, à savoir" que pal' le Juif sont entendus ceux qui sont dans
. "l'amol\l' envers le Seigneur, et d'apl'ès Lui dans les Vl'ais de la doc­
tl'ine; el que par toutes Langues des nations sont entendus ceux ùe
diverses religions, Les mêmes choses sont signifiées par les Lan­
gues dans les passages suivants; dans Moïse: Cl Par ceux-ci ont
été pm"tagées les lIes des nations dami leurs terres, chacun
selon sa Langue, selon Icw's familles dans leurs nation,~, Le,ç
habitations des {ifs de Srhem ,~flon 'C/(r,~ famille,ç, seloTt.leurs
18& L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N"1l55.

Langues, dans leurs terres selon leurs nations, li - Gen. X.


6, 31. - Dans l'Apocalypse: (1 li faut que de nouveau tu pro­
phétises sU" peuples et nations, et Langues et l'OÙ; en grand
nombre. » - X. 11.; - ailleul's : « D'entre les peuples et
tribus, et Langues et nation,y, ils l1ermnt leurs corps tmis
jours et demi, )l - XI. 9; - ailleurs : Cl 1l (ut donné à la
bête de (aire la guerre aux saints, et de" les raincre; et il lui
(ut donné pouvoir sur toute t/'ibu, et Langue et nation, » ­
XIII. 7; - ailleurs : Cl Je vis un Ange qui t'olait par le mi­
lieu du ciel, ayant l'Évangile éternel, pour évangéliser ceux
qui habitent sur la terre, et toute nati01i et tribu et Langue
et peuple, » -XIV, 6; - et ailleurs: (1 Les eaux que tu as vues,
où la prostituée est assise, des peuples et de.y (oules ce sont, et
des natiom et des Langues. ,,- XVII. 15; - la, pal'Ies eaux
sont signifiés les vl'ais de la Parole, cal' par les eaux dans la Parole
sont signifiés les \'l'ais, et dans le sens opposé les faux; c'est pour­
quoi, par peuples, foules, nations et langues, il y est entendu ceux
qui sont dans les \'l'ais falsifiés, lesquels en eux-mêmes sont des
faux, et qui sont par suite dans les maux de la vie, Dans Luc:
Cl Le riche dit à Abraham: Aie pitié de moi, et envoie La­

za/'e, afin qu'il trempe d'eau le bout de son doigt, pour ra­
r/'atehÎ/' ma langue, pm'ce que je suis tourmenté dans cette
flamme. Il-XVI. 2&;-dans cette Parabole, comme dans toutes
les autres, le SeigneUl' s'est exprimé par' des cOI'l'espondances,
comme on peut le \'oil' en ce que par le dche il n'est pas entendu
les J'iches;,ni par Abraham, Abl'aham; ni par l'eau, dont La~are
devait rafraîchir la langue dl! ,'iche, de l'eau et une langue; ili par
la flamme, une flamme, car dans l'enfel' personne n'est tourmenté
par des flammes; mais pal' le riche il est entendu ceux qui sont de
l'tglise où il y a la Parole, d'où leur viennent les richesses spil'i­
tuelles qui sont les \'l'ais de la doctrine; c'est pourquoi, là, par le
riche il est entendu les Juifs chez qui alol's était la Parole; par
Abl'aham le Séigneu,'; par ['eau, dans laquelle Lazare devait trem­
per le bout de son doigt, il est signifié le vl'ai d'après la Pamle; par
la langue la soif ct la cupidité de pCl'vértil' les vrais qui sont dans
la Parole, et pal' la flamme la peine de cette cupidi.té, peine qui est·
val'iée et multiple; d'après cela, on voit clairement ce qui est si­
"crs. 9. CHAPITRE SEPTIÈ~lE. 185
gnifié pal' ces paroles en série, et que pal' ra f,'atch il' d'eau la langue
il est signifié apaise!' la soif et la cupidité de pervertil' les vrais et
de coufir'mer les faux pal' eux; qui est-ce qui ne peut voit' que par
là il n'est pas entendu que Lazal'e trempel'ait d'eau le bout de son
doigt pour lui rafraîchir la langue? Dans Zacharie: li Voici la
plaie dont Jéhovah frappera tOu.s les peuples qui combattront
contre Jérusalem: La chair de chacun se séchera, de· sorte
qu'il s'arrête lui-même sur ses pieds, et ses yeux se sécheront
dans leurs caL'ités, et sa Langue se séchera dans sa bouche. li
- XIV. 1.2; - ces choses ont été dites de ceux qui s'effol'cent de
détruire les vrais de la cloctr'ine pal' des faux, ce qui est signifié par
combattre contl'e Jérusalem, cal' Jérusalem signifie l'Église quant
à la doctrine, et pal' suite les vrais de la doctrine de l'Église; « la
chail' se séchera, li signifie que tout bien de l'amoUl' et de la vie doit
pél'il', cai' la chail' signifie ce bien; par s'al'réter SUI' ses pieds, il
est entendu SUI' les os sans la chail', ce qui signifie qu'ils devien­
dl'ont entièrement natul'els-corporels, les pieds signifient les choses
qui appartiennent à l'homme nalul'el, ici celles qui sont infimes ;
li ses yeux se sécheront dans leurs cavités, signifie que tout enten­
1)

dement du vrai doit périr, cal' les yeux signifient l'entendement;


(1.. sa langue se séchera dans sa bouche, » signilie que toute percep­

tion du \'l'ai et toute affection du bien doivent périr, ta langue aussi


signifie la perception. du vrai et l'affection du bien, la perception
du vl'ai en ce qu'elle parle, et l'atlèction du bien en ce qu'elle a le
pouvoir de gotHer, cal' Je gotlt signifie l'appétit, le désir et J'affec­
tion. Dâns le Livre des Juges: (( Jéhovah dit ù Gidéon: Qui­
conque lappera de sa langue de.~ eaux, comme lappe le chien,
tu le mettras ù part; et quiconque se courbera sur les gerloux
pour boire. Et il Y eut, pour le nombre de ceux qui lappaient
dans leur main, trois cents hommes; ceux-ri furent conduits
contre Midian, et ils le frappèrent. » - VII. 5, 6, 7; - là,
par Midian sont entendus ceux qui ne s'inquiétent point du vrai,
parte qu'ils sont entiel'ement nalUl'els et extel'lles ; c'est pourquoi
ils furent fra.ppés par ceux qui lappèl'ent avec la langue les eaux
dans leur main comme le chien, car par eux sont entendus ceux
qui désirent les \'l'ais, ainsi ceux qui d'après quelque affection natu­
relle aspirent il savoir les vrais; en effet, par le chien il est :<ignitié
1.86 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 455.'

J'appétit et le désil', par les eaux les vrais, et pal' les lapper avec la
langue désirer, et d'après le désil' aspirel'; c'est pOUl' cela que Mi­
-dian fut frappé pal' eux : qui est-ce qui ne peut voir que, sans cette
signification, cela n'eû,t pas été commandé? Dans David: li Tu les
caches dans le secret de tes laces loin des enorgueillissements
de l'homme; tu les couvres dans ton tabernacle hors de la
contestation des langues. 1) - Ps. XXXI. 21 ; - par Je secret
des faces dans lequel Jéhovah les cache, il est signifié le Divin Bien
du Divi.n Amour, car la face de Jéhovah signifie le bien de l'amour,
et le secret signifie intérieurcment chez l'homme; par les eMI'­
gueillissements de l'homme est signifié le faste de la propre intelli­
gence; par le tabel'naclc, dans lequel il COUVI'e, il est signifié le
Divin VI'ai. et par la contestation des langues le faux de' la reli­
gion d'apl'ès lequel ils raisonnent contre les vrais: d'après cela,
on voit clairement ce que signifient ces parol~s en série. Dans Jé­
rémie : li Voici, j'amènerai sur VOllS ulle nation, nation dont
tu ne connaîtras point la langue et /Ie compreridms point ce
qu'elle P"o/JOllee/'a, laquelle mangera ta moisson et ton pain. 1)
- V. 15, 17; - ici, il n'est pas entendu qu'il sera amené une
nation, dont on ne connaîtra pas la langue ou dont le langage sera
inintelligible, mais il est entendu une nation méchante qui serait
d'une religion tout il fait diffél'ente, dont on ne connaitrait pas les
dogmes, et dont on ne compl'endrait pas les l'aisonnements; dans et
le sens abstrait il cst signilié des faux du" mal tout à fait opposés
aux vrais du bien, car la nation dans le sens abstrait est le mal, et
la langue ici est le faux de la religion, el prononcer c'esrt'aisonner
d'apl'ès ce faux; c'est pOUl' cela qu'il est dit ensuite, Il laquelle
m!ingera ta moisson et ton pain; cal' pal' la Il,!oisson il est signifié
1)

les nais par lesquels il yale bien, par le pain le bien qui en pl'a­
vient, et par mangel' consumel' et dépouiller. Dans ÉZéchiel:
(1 Non pas "vers lin peuple profond de lèvre et gl'ave de langue
tu es envoyé, (mais) vers la maison d'Israël; non pas vers des
peuples grands, profonds de IhJre et g/'aves de langue, dont
tu n'entendes point les pal'oles; ceux-ci, si je t'envoyais vers
el/J:, ne t'obéiraient-ils pas? 1) -Ill. 5,6; - par les peuples
profonds de lèvre et g."aves de langue, dont les pal'oles ne sont pas
entendues, il est signifié ceux qui sont dans une doctl'iiJe ininteUi­
\'e1'8. 9. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.87
gible et pal' suite dans une religion difficile à comprendre, dont les
dogmes ne sont point perceptibles; la lèvre signifie la ùocu'ine, la
langue la religion, et les pal'oles les dogmes de la religion; c'est
pourquoi, pal' ces peuples sont entendues les nations qui n'ont point
la Parole, et qui pal' conséquent ne connaissent point Jéhovah,
c'est-il-dire, le Seigneur; par « n'obéi l'aient-ils l)as, s'il était envoyé
vers eux? )) il est signifié que si ce_~ nations étaient instruites, elles
reccl'raienlles Vrais Di\'ins. Dans Ésaïe: (( Un pel/ple opinü1Lre
tu l1e ve,.ra.~ point, peuple de profondeurs de levre (lU poillt
que tu n'entendes pas, barbare de langue sans intelligence. ))
- XXXIll. 19; - pal' un peuple de profondeurs de lè\'I'e et har-
bal'e de langue, il'est signifié les mêmes choses que ci-dessus par
les peuples profonds de lèvl'e et graves de langue; qu'il ne soit pas
enlendu un peuple qui ait un tel langage, qn'on ne puisse le com-
prendre, cela est évident, car il est dit aussi (( barbare de langue
sans intelligence; )) en effet, nntelligence peut être dans leul' langue
ou leur langage, mais elle n'est pas dans leOl' l'eligion. Dans le
Même: « J'ai juré que. devant LU ai fléchira tout glmou, et ju-
rera tOlite langue. )l - XLV. 23; - ces paroles ont élé diles de
l'al'ènement du Seigneur; et pal' « tout genou Oéchil'a, Il il est si-
gniiié que tous ceux qui sont dans le hien naturel d'après le slJiri-
tuel adoreront le Seigneur, le genou signitie la conjonclion du hien
naturel uvec le spiriluel, d'où il est évident que les génuflexions
signifient la reconnaissance, l'action de gl'aces et l'adoraI ion d'après
le bien et le plaisir spiril uel dans le nalurel; (ltoule langue jurera,»
signifie que lous ceux qui sont dans le bien d'après la religion COll-
1'essel'olll le Seigneur, jurer signifie confesscr, el la langue 'signifie
la religion suivant laquelle on vil. Dans David: (( AJa langue
médite sur ta j11..çlice, (out le jOllr SlIl' ta louaI/rie. 1) - Ps.
XXXV, 28; - ici aussi, pal' la langue-est signiliée la confession
d'après la doclrine de l'Églisc, car il est dit !lu'elle médilc; la jus-
tice se dit du bien de la doctrine, et la 'louange sc dit du vl'ai. de la
doctrine, comme aussi ailleurs d<ll1s la P<ll'olc. Pareillement ailleurs
dans le Même: «( Aja langlle /Olll le jouI' mfditem tajll~tice.),
- Ps. LXXI. 2iJ, - Dans le Mème : (( De (i.eI les impies m'en-
tOlu'ent, l'incommodité de leurs lèvres les couvre, des c/trlr-
bons embrasés les acrllbicnt; qUi' pal' le feu il Ie's précipite
188 l' APOCALTISE EXPLlQUltE. .N" 455.

dans des fosses dont iLs ne se reLèvent point; que L'homme de


Langue ne subsiste point dans La tel're, Il - Ps, CXL, 10, H,
12; - par le fiel est signifié le vrai falsifié qui en soi est le faux;
par l'incommodité de lèvres est signifié le faux de la doctrine qui
en pl'ovient, car les lèvres signifient la doctrine; par les charbons
embrasés qui les accableront, et pal' le feu pal' lequel ils sel'ont pré­
cipités dans des fosses, il est signifit\ le faste de la propre intelli­
gence et l'amour de soi, pal' lesquels ils tombe)']t entièrement dans
les faux, les cbal'bons embrasés signifient le faste de la propre in­
tetligenr.e, le feu l'amoul' de soi, et les fosses les faux; tous les faux
de la doctl'ine dans l'Église et toutes les falsilications de la Parole
existent aussi par le fasle de la pl'Opl'e intelligence et pal' l'amour
de soi; d'apl'ès cela, on voit clairement ce qui est signifié par
« que l'homme de langue ne subsiste point dans la terre, 1) à savoir,
la fausse religion, Dans le Mème : « Par mon lime au miLieu des
Lions je couche, Les fiLs de L'homme sont enflammés, Leurs
dents (sont) Lance et dards, et Lew' Langue une épée aiguë. II
- Ps. LVII. 5; - pal' les lions sont signifiés ceux qui dépouillent
1'J<~glise de vl'ais, et ainsi la détnlÎsent ; par les fils de l'homme, qui
sont enflammés, sont signifiés ceux qui sont dans les vrais de l'É­
glise, et abstraclivementles vl'ais mêmes, qui sont dits être ~ntlam­
més par Je faste de la pl'o\we intelligence, de là les faux; « leurs
dents sont lance et dal'ds, signil1e les ,'aisonnements d'après les
1)

sensuels extel'lles et ainsi d'après les illusions et les faux de la l'eli­


gion, pal' lesquels les vrais sont détl'uits, les dents signifient les
del'niers de la vie de l'homme, qui sont les sensuels extel'Des, ici
les l'aisonnements d'après ces sensuels, et la langue signifie les faux
. de la ('eligion; c'est pour cela qu'il est dit Il leUl' langue est une
épée aiguë, car pal' l'épée est signifiée la destl'Uclion du vl'ai par
)1

les faux. Dans Job: Tireras-tu Le Léviathan avec un hame­


(1

çon, et avec une corc(e enfonceras-tu sa Langue. Il - XL. 20;


- dans ce Chapitre et dans le suivant ils'agil de Béhémoth et du
Léviathan, et par l'un et l'aull'e est signifié l'homme naturel, par
Béhémotb l'homme naturel quant aux biens qui sont appelés plaisil's
de l'amour naturel, et pal' le Léviathan l'homme naturel quant aux
vl'ais qui sont appelés scientifiques et connaissances, d'où provient
la lueur' natlll'cllc; ils sont déct'its tons deux pal' de pures cOI'l'es­
Vél'S. 9. CHAPITRE S~PTlÈME 189
pondances, en style anlique; que le l'arsonnemeDl d'apl'ès la Iueul'
de la nature au moyen des scientifiques ne puisse être réprimé que
pal' Dieu, cela est décrit dans ce Chapitre et dans le suivant pal'
le Léviathan, et aussi pal' ces pal'oles : Cl Tirel'as-tu le Lévialllan
avec un hameçon, el avec une coàle enfonceras-tu sa langue;)l par
la langue est signifié le raisonnement d'après les scientiliques : que
le Léviathan signifie l'homme naturel quant aux scienlifiques, on
peutie voir d'après d'aulres passages de la Parole, où il est nommé;
par exemple,--És, XXVlI. 'l. Ps, LXXIV. 1ll. Ps. CIV, 26;-
puis, en cc que la Baleine, qui est entendue par le Léviathan, signi-
fie ('homme natmel quant aux scienlifiques. Dans Ésaïe: Cl Le cœur
des étourdis comprendra pour savoir, et la Langue de.~ bè-
gues sera prompte à parler. )) - XXXII. !J; - par les éloUI'dis
sonl entendus ceux qui saisissent et croient facilement les choses
qui sont dites, pal' éonséquent aussi les faux; il est dit d'eux qu'ils
comprendronl et sauront, c'est-à-dire qu'ils receHont les vrais;
pal' les bègues sont entendus ceux qui peuvent dift1cilement saisil'
les vrais de l'Église; par (1 leur langue sel'a pl'omple à parlel', )l il
est entendu qu'ils les confessel'ont d'apl'ès l'affection; pl'ompt se dit
de l'affection. Dans le Même : Il Alors sautera comme un CCIi
te boiteux, et chantera la langue du muet, parce que se répan-
dront des eaux dans le désert, et des torrents dans la plaine
du dhert. Il - XXXV. ô; - ces paroles ont été dites ùe l'U\'é-
nement du Seigneur; et pal' Je boiteux sont signifiés ceux qui sont
dans le bien, mais dans le bien non réel, parce qu'f1~ sont dans l'i-
gnorance du vrai pal' lequel il yale bien; Il il sautel'a comme un
cerf, )l signifie qu'il aul'U de !a joie d'après la perception du vrai;
pal' le muet sont signifiés ceux qui, il. callse de l'ignol'ance du vrai,
ne peuvent confessel' le Seigneul', ni les vl'ais réels de l'Église; (1 il
chantera, )l signifie la joie d'apl'ès l'intelligence du vl'ai; « des eaux
se l'épand"onl dans le désert, Il signifie que les vrais seront ouverts
là où ils n'étaient pas auparavant; « et des torl'cnts se répandl'ont
dans la plaine du désClt, » signifie que là il Y aura l'intelligence,
car les eaux signifient les vrais, et les tort'cnts l'intelligence, D'a-
près cela, on peul, voil' ce qui est signifié dans le sens spirituel par
le somd qui pal'lait difficilement, et que le Seigneur guérit; il en
est parlé ainsi dans Marc: (( J(IS1IS, prenant le sourd qui parlait
190 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. [\;" 455.
difficilement, llli mit ses doigts dans les oreilles, et ayant
.craché il lui toucha la langue; et regardant vers le ('i('/~ il
soupira, et llli dit: Éphatah, c'èst-à-dire, ouvre-toi. Et
aussitôt (urent ouvertes ses ol'ei{{e~', et fut dégagé le lien de
sa langue, et il parla distinctement. 1) - VII. 33, 3h, 35;­
que les l\'liracles du Seigneur, parce qu'ils étaient Divins, aient
Lous contenu ct signifié des choses analogues appartenant au Ciel et
à l'Église, et que ce soit pOUl' cela qu'ils consistaient en guérisons
de maladies, p:JI' lesquelles étaient signifiées diverses guérisons de
la vie spil'ituclte, on le voil dans les ARCANES CÉLESTES, N°' 7337,
8366,9031; pal'Ie sourd sont signifiés ceux qui ne sont pa5dans
l'entendement du Vl'aï, ni pal' suite dans l'obéissance, et pal' celui
qui par'ie difficilement sont signifiés ceux qui en conséquence sont
difficilement dans la confession du Seigneur et du vrai de l'Église;
pal' les oreilles ouvertes pal' le Seignelll' il esl signifié la perception
du vrai cl l'obéissance ; el pal' la langue, dont le lien a été dégagé
pal' le Seigneur, il est signifié la confession du Seigneur el des l'é­
rités de l'Église. Les ApùLl'cs el d'autres, après la résulTeclion du
Seigneur, parlèrent de nouvelles langues, cela signitlait aussi la
confession du Seigneur el des vérités de l'Église nouvelle; voici sur
ée sujet ce qu'on lil dans Marc: «( Jésus dit: Ces signes suivront
ceux qui croient: En mon Nom les démons ils chasseront, et
des langues nouvelle,ç ils parleront. » -XVI. 17;- par chasser
les démons il est signifié éloigner et rejeter les faux du mal, el par
parler des langues nouvelles il est signifié confesser le Seigneur et
les vr'ais de l'Église qui viennenl de Lui: c'est pourquoi, « les Apô­
tres virent des langues .çéparées, cornme de feu, qui se posè­
rent sur eux; et alO/'s, remplis d'esprit saint, ils commencè­
rent à parler d'autres langue.\', 1) - Act. ApOt. II. 3, h; - pal'
le feu était signifié l'amour du vl'ai, et la réception du Divin Vrai
procédanl du Seigneur était signifiée en ce qu'ils furent remplis
d'esprit saint; par les langues nouvelles étaient signifiées les con­
fessions d'après l'amolli' du vrai ou d'après le zèle; cal', ainsi qu'il
vient d'être dil, Lous les miracles Divins, pal' conséquent lous les
miracles l'apportés dans la Pal'ole, enveloppaient et signifiaient C\es
spil'ituels et des célestes, c'est-à-dire, des c1lOses qui appal'liennent
au Ciel et à l'f~glise; en œla les Miracles Divins sont distingués
Vers. 9. . CHAPITRE SEP'rIÈME. 1.91
des Miracles non Divins. Il sCl'ait superflu de rappol'ler plusieurs
passages de la Parole, qui conl1l'rnent que pal' [es langues il esl en­
tendu, non pas des langages dans le sens ordinaire, mais des con­
fessions d'après les vl'uis de l'Église; et, dans le sens opposé, des
confessions d'après les faux d'une l'eligion,
lt5ô. Se tenant del'{lI1t le tl'ône et devant l'Agneau, si­
gnifie ceux-là dans le lloyauml' du Seigneur: on le \'oit pal'
la signification du Trône, quand il s'agit du Seigneur, en ce que
c'est Je Ciel et l'Église, ainsi qu'il a élé dit ci-dessus, N° 253; que
par l'Agneau il soit entendu le Seigneur quant au Divin Humain,
on le voit aussi ci-dessus, N° 31lt ; en conséquence pal' se tenant
devant le trône et devant l'Agneau, il esl signifié que ceux-là sont
dans le Royaume du Seigneuf; le Royaume du Seigneur est le Ciel
et ['Église, où le Seigneur est adoré, et où le Di\'in dans so'n Hu­
main est reconnu; tous CCliX qui reconnaissent cela de cœm' sont
dans le Ciel et viennent dans le Ciel; il est dit qui reconnaissent
cela de cœm', puisque nul autre ne peul le l'econnaill'e que celui "

qui est dans le bien de la vie, el pal' suite dans les vl'ais de la doc­
trine; dans [es tenes plusieurs peuvent [e dil'e de bouche, mais
non cependant le l'econnatlr'e de cœur, Il moins de vivre hien; mais
après la vie dans le monde, nul autœ que celui qui est dans le Ciel
et qui doit venir dans le Ciel, ne peut le dire de bouche, ni à plus
forte \'aison le reconnaître; mais il en sel'a parlé ailleUl's plus am­
plement.
lt57. Revêtus de robes blallchû, signifie alor$ dans les
vrais et en sûreté contre les l'alt,x : on le voit par la signification
de la robe blanche, en ce qu'elle est la réeeplion du Divin Vrai et
la protection contre les faux, ainsi qu'il a été dit ci-dessns, N° 395.
458. Et des palmes dans leurs maim, signifie dans le bien
de la vie selon ces v1Y/,is : on le voit pal' la signification de la
palme, en ce qu'elle est le bien du \'l'ai ou le bien Spil'iluel, ainsi
qu'il va être expliqué; ct par la signification des maùts, en ce
qu'elles sont la puissance, et pal' suite tout pouvoir chez l'homme,
comme il a été dit ci-dessus, N°' 72, 79; de là pal' « des palmes
dans leurs mains, )l il est signifié que le bien du vrai était en eux,
ou qu'ils étaient dans le bien du vrai: le hien du l'l'ai, quand il est
chez quelqu'un, est le bien de I~ vie, car le vrai devient le bien pal'
192 L'APOCALYPSE I~XPLlQUÉE, N"1I58.

la vie selon ce vrai, a\'ant cela le vrai n'est pas le bien chez quel­
qu'un; en effet, quand le vrai est seulement dans la mémoiI'e et par
suite dans la pensée il n'est pas le bien, mais il devient le bien
quand il vient dans la volonté et par suite dans l'acte; Cal' la vo­
lonté même transfonne le vl'ai en bien; c'est ce qu'on peut voil' en
ce que tout ce que l'homme veut il l'a[)pelle bien, et tout ee que
l'homme pense il l'appelle vrai; en e~et, la volonté intérieure de
l'homme, qui est la volonté de son esprit, est le réceptacle de son
amour, car ce que l'homme aime d'après l'esprit il le veut, et ce
que pal' suite il veut il le fait; le vrai qui appartient à sa volonté
appartient clone aussi à son amour, et tout ce qui appal'lient à l'a­
mOlli' est appelé bien: d'après cela on voit clairement comment le
bien chez l'homme est fOl'mé par les nais, et que tout hien, qui est
hien chez l'homme, est le bien de la vie: on croit que le bien aussi
, appartient à la pensée, quoique n'appartenant pas à la volonté,
puisque l'homme peut penser que telle ou telle chose est un bien;
toutefois, cependant, il n'y a point là le bien, mais il yale vrai;
penser que c'est un bien, c'est le vrai, et cela aussi est rangé parmi
les vrais en ce qu'on sait et que par sllile on pense que c'est un bien;
mais si ce vrai dans la pensée est aimé au point qu'on le veuille, et
que d'après le vouloir on le fasse, alors comme il appartient à l'a- .
mour, il devient le bien: cela peut être illustré par cet exemple: Il
y avait des esprits qui, dans la vie du corps, avaient cru que la cha­
rité était l'essentiel de l'Église, et pal' suite l'essentiel pour le salut,
et non pas la foi seule, et cependant ils n'avaient pas vécu la vie de
la charité, car ils avaient seulement pensé et estimé que cela était
ainsi; mais il leUl' fut dit que penser seulement, et pal' suite croire
que la charité sauve, est la même chose que croire que la foi seule
sauve, à moins que l'homme ne veuille et ne fasse, aussi furent-ils
rejctés : par là je vis clairement que penser seulement le bien, et ne
pas Ic vouloir ni le faire, ce n'est pas le bien chez quelqu'un: il en
semit de même si l'homme connaissait les vrais mêmes et les biens
mêmes et les attestait d'après la pensée seule, sans leur donner la
vie pal' le vouloil' et pal' le faire, Ces choses ont été dites, afin qu'on
sache que le hien du vrai ou le bien spirituel, quaud il est dans
quelqu'un, est le bien de la vie; c'cst donc là cc qui est signifié par
(1 des Jlalme$ dans les mains, Il Comme pal' lp.~ palmes il était si­
Vers. 9. CHAPITRE SEPTIÈME. 193
gnifié le bien spirituel, voilà poul'quoi, dans le Temple bâti par Sa­
lomon, parmi d'autres sculptures il y avait aussi des palmes; selon
ces paroles dans le Liire 1 des Rois: Toutes les murailles de
(l

la maison ri l'entour, Salomon les sculpta de sculptures de


Chérubins et de Palmes et de ,çculplures de (leurs. en dedans
et en deh01's; puis, sur les deux battants de portes. 1) - VI. .
29,32; - par les murailles de la maison sont signifiés les derniers
du Ciel et de l'Église, les derniers sont les effets qui procèdent des
intérieurs, et par les ballants de POl'les est signifiée l'entrée vers le
Ciel et vers l'Église; pal' les Ché,'ubins sculptés dessus il est si­
gnifié le bien céleste, qui est le bien du ciel intime; par les palmes,
le bien spir'ituel, qui est le bien du second ciel; et par les fleurs, le
bien spirituel-natlll't',I, qui est le bien du dernier ciel; ainsi par ces
trois choses sont signiliés les biens des trois cieux 'dans leur ordre:
mais dans le sens suprême par les Chérubins il est signifié la Divine
P,'ovidence du Seigneul' et aussi la protection, pal' les palmes la
Divine Sagesse du Seigneul', el pal' les fleurs sa mvine Intelli­
gence; cal' le Divin Bien uni au Divin Vrai procédant du Seignelll'
est l'eçu dans le troisième Ciel ou Ciel intime comme Divine Pro­
vidence, dans le second Ciel ou Ciel moyen comme Divine Sagesse,
et dans le premier ou derniel' f.iel comme Divine Intelligence. Par
Les Chérubins elles palmes dans le nouveau Temple il est signifié
les mêmes choses dans Ézéchiel: « Dans le IlOll't'mu Temple il
(wait été fait des Chérubin.~ et des pall11e~, de sorte qu'il y
avait une palme entre un Chérubin et un Chérubin, et deu,T
faces au Chérubin; depuù la terre jusqu'au dessus de l' ('1l­
trée; de.~ Chérubins et de,~ palmes avaient été faits sur l('.~
murailles el sur les batlal1t,~ de portes, ) - XLI. 18, 20, 23,
25; - là, pal' le nouveau Temple est signifiée la nouvelle Église
qui devail être instaut'ée pal' le Seigneur, quand il viendrait dans
le monde, car par la desCI'iption de la nouvelle Ville, du nouveau
Temple et de la nouvelle Tene, il est signifié toutes les choses de
la nouvelle Église, el pal' conséquent du nouveau Ciel, lesquelles y
Ollt été décrites pal' de pures correspondances. Comme par la fêle
des TlIhernacles il était signifié l'implantation du bien pal' les vrais,
c'est pour cela qu'il a été commandé qu' « al07's ils prendraient
du frllit d'un arbre d'honneur, d(!,~ bran('h('.~ de p(llmier,~, Wl
III. I~.
'l9h L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N" 458.

rameau d'arbre touffu et des saules d'un torrent. et se ré­


jouiraieJlt devant Jéhovah sept jours, Il - Lévit. XXIII. 39,
hO; - par le fmit d'un al'l)('e d'honneur iJaest signifié le bien cé­
leste, par les palmes le bien spirituel ou le bien du vrai, pal' le ra­
meau d'arbl'e touffu le vrai scientifique avec son bien, et pal' les
saules d'un torrent les vl'ais et les biens infimes de l'homme natUl'el,
lesquels appal'tiennent aux sensuels extel'nes; ainsï par ces quatl'e
choses sont signifiés tous les biens et tous lesvl'ais dans leuI' ordl'e
depuis les pl'emiers jusqu'aux derniers chez l'homme. Comme les
palmes signifiaient le bien spirituel, et que toute joie du cœUl' vien~
du bien spirituel, car le bien spil'ituelest l'affection même ou l'a­
mour spirituel du l'rai, c'est pOUl' cela que des palmes dans les
mains attestaient autrefois la joie du cœUI', et montraient aussi
qu'on agissait d'apl'ès le bien; cela a été signifié en ce que l( une
foule nombreuse. qui était venue cl la fête; ayant appris que
Jésus venait il Jérusalem. prit des branches de palmiers et
alla au devant de Lui; et ils criaieJlt : Béni (SOil) celui qui
vient au Nom du Seigneur. le Roi d'Israël! Il - Jean, XII.
-12, 13. - La palme signilie aussi le bien spirituel ou le bien du
vrai dans les passages SUivants; dans David: Il Le juste comme
le palmier fleurirâ~ comme le cèdre dans le Liban il croitra;
plaJltés dans la maison de Jéhovah. dans les parvü de notre
Dieu ils ,qermeront. Il - Ps, XCII. 13, 1!l; - le juste signilie
ceux qui sont dans le bien, car par' les justes dans la Pal'ole, il est
entendu ceux qui sont dans le bien de l'amoul', et par les saints
ceux qui sont dans les l'l'ais d'apl'ès ce bien; voir ci-dessus, N° 20â;
de là vient qu'il est.dit du juste qu'il fleurira comme le palmiel', et
qu'il crottl'a comme le cèdre dans le Liban, cal' la fructification du
bien chez lui est entendue par (1 comme le palmier il tleUl'ira, Il et
la multiplication du vrai qui en provient est entendue par' « comme
le'cèdre dans le Liban il croltl'a; Il en effet, le palmiel' signilie le
bien sph'ituel, le cèdre le vrai de ce bien, et le Liban l'Église spiri- '
tuelle; par la maison de Jéhovah dans laquelle ils ont été plantés,
et pal' les parvis dans lesquels ils germeront, il est signifié le Ciel
, et l'Église, par la maison de Jéhovah l'Église interne, et par'les
parvis l'Église externe; la plantation se fait dans les intérieUl's de
l'homme, où est le bien de l'amoUl' et de la charité, et la germi­
Vel's.9. CHAPITRE SEPTIÈME. 195
.nation se fait dans les extérieurs de l'homme, où est le bien de la
vie. Dans Joël: li Le rep If .~éclté, et le figuier languît, le grena­
dier, pu.is le palmier et le pommi(;r, tous les arbres da champ
ont été des,~édlt',~; tarie e,~t la joie- parmi les fils de l'/tomme. II
- I. 12; - par ces paroles est décl'ite la désola~ion du "rai el
du bien dans l'Église, el de toute joie du cœur, c'est-à-dire, de la
joie spirituelle; car le cep signifie le bien et le vrai spil'iluels de
l'Église, le figuier le bien et Je vl'ai naturels, ct le gl'enadiel' le "[',Ii
et le hien sensuels, cc qui est le demie!' du naturel; le palmiel' si­
gnifie la joie du cœur d'après le hien spirituel, el le pommiel' la
joie du cœUl' d'après le bien natUl'el pl'ovenant du bien spirituel;
par les ar1JI'es du champ qui onl été desséchés il est signifié que les
perceptions du hien el les connaissances du vrai sont nulles; et
comme la joie ~p'il'iluelle el la joie nal Ul'elle sont signifiées par le
palmier et pal'le pommie!', c'est pOUl' cela qu'il est dit aussi (1 tarie
est la joie parmi les fils de l'homme;» pal' les IiIs de ['homme dans
la Pal'ole sont entendus ceux qui sont dans les vl'ais d'apl'~s le bien,
el pal' la joie est signifiée la joie spil'ituelle qui vient uniquement
du bien pal' les vrais; qui est-ce qui ne peut voir qu'ici il n'est en­
tendu ni cep, ni figuier, ni grenadier, ni palmier, ni pommier, ni
arbres du champ? pourquoi serait-il dit dans la Parole que ces al'­
bres ont séché et ont été desséchés, et de quelle impol'tance cela
serait-il pour l'Église? Dans Jérémie: (1 Bois que de la forêt on
coupe, œuvre de mains d'ouvrier avec la haclte; d'argent et
d'or on L' Mtbellit, anee clous et marteaux on le" arre/'mit,
afin que rela ne vacille point; comme un palmier tout d'une
pù\ce ils sont. » - X. 3, h, 5; - pal' ces paroles est décrit le
bien natul'el sépal'é du bien spiI'ituel, c'est le bien d'après le pl'opre,
mais considél'é en lui-même ce n'est pas le bien, c'est le plaisil' de
la cupidité principalement d'après l'amour de soi et du monde, et
il est senti comme bien; par le bois que de la fOl'èt on coupe, et pal'
,l'ouvrage de mains d'ouv\'iel' avec la hache, il est décrit comment
l'homme le forme chez soi pour le fail'e voir comme bien et pel'­
suader qu'il est le bien; le bois signille le bien et ici un tellJien, la
forêt signifie le naturel et ici le naturel séparé du spirituel, l'œuvre
~e mains d'ouvl'ier avec la haèhe signifie ce bien d'après le propl'e
et d'apr'ès la propre intelligence; sa confi,'malion par les vrais l'\t les
196 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 458.

biens de la Pal'ole, qu'il falsifie ainsi, est décrile par II d'argent et


d'Ol' on l'emhellit, Il l'argent est le vrai qui en provient, et l'or est le
bien qui en provient; la cohérence effectuée par les confir'mations
d'après le propre est décrite par Il avec clous et mal'leuux on les
affermit, afin que cela ne vacille point; Il. par Il comme un palmier
tout d'une pièce ils sont Il il est signifié l'apparence pal' suite comme
un bien formé par les vl'ais. Dans Moise: « Ils 7;inrent à Élim;
et Il}, dpuze fontaines d'eaux, et soixante-dix palmiers; et ils
rampèrent làprè.ç des eaux. Il -Exod. XV. 27. Nomb, XXXIII.
9; - ces Hisloriques aussi contiennent un sens spirituel; cal' dans
tous les Historiques de la' Parole il y a allssi ce sens; ici, par !l ils
vinrent à Élim Il est signifié l'élat d'iIIusll'ation et d'affection, ainsi
de consolation après les tentations; pal' les douze fonlaines d'eaux
il est signifié qu'alors ils avaielJt les vl'ais en toute abondance; pal'
les soixante-dix palmiers il est signifié qu"i1s avaient pareillement
les biens du \'l'ai; et par (( ils cam pèrent pl'ès des eaux, Il il est signifié
qu'après les tentations les vrais fUl'ent mis en ordre pal' le bien;
mais ces paroles ont été plus amplement expliquées dans les AR­
CANES CÉLESTES; voir N°' 8366 à 83iO. Comme Jéricho signifie
le bien du vrai, li c'est pour cela qu'elle a été appelée la ville
des palmiers. Il - Deutér. XXXIV. 3. Jug. I. 16. lU. 13; - .
en effet, tous les noms de lieux et de villes dans la Par'ole signifient
des choses qui appal'tiennent au Ciel et à l'Église, lesquelles sont
appelées des spil'i1uels, et Jéricho signifie le bien du vrai: comme
ce bien est signifié par Jéricho, c'est pOUl' cela que dans la Parabole
du Samaritain le Seigneur a dit Il qu'un homme descendait de
Jérusalem à Jéricho, » - tue, X. 30, - ce qui signifie que
c'était par les vl'ais vers le bien; car par Jérusalem est signifié le
vrai de la doctl'ine, et par Jéricho le bien du vrai, qui est le bien
de la vie, bien que le Samaritain exel'ça aussi envers l'homme blessé
par les voleurs. Et comme Jél'icho signifiait ce bien, voilà pourquoi
Il Josué, étant il Jéricho, vit un homme debout,.ayant à la

main une épée dégafnée, qui dit il Josué: Ote ta chaussure de


dessus ton pied dans le lieu sw' lequel tu te tiens, parce que
saint il est; ce que fit aussi Josué,» -Jos. V.i3, 1ô:-voilà aussi
pourquoi, Il après que les fils d'Israël eurent pris Jéricho, en
portant l'arche autow' de la ville, ils mirent l'argent et for,
Vers. 9. CHAPITRE SEP'Ilf:ME. H>7
et les 'l.Jases d'airain et de fer, qu'ils y trouvèrent, dans le
trtsor de la maison de Jéhorah. 1) - Jos..VI. 24; - d'après
cela, on voit clairement pourquoi JéricllO a été appelée la ville des
palmiers. En outre, dans le Monde spil'Ïtuel, il apparalL des palmiers
en gl'ande quantité dans les Paradis habités pal' les anges qui sont
dans le bien spirituel ou dans le bien du vrai; par là aussi je vis
clairement que la palme signifie le bien du vrai; en effel, toutes les
choses qui appal'aissent dans ce Monde-là sont des l'eprésentatifs
de l'étal de la vie et des affections, ainsi du bien et du vrai, qui sont
chez les Anges.
459. ,Et ils criaient d'une ~'oix grande, signifie l'adoration
d'après le bien du 1)rai et par suite d'après lajoie du cœur: on
le voit pal' la signification de crier d'ulle voix grande, en ce que
c'est l'adorai ion d'après le bien dll \'l'ai et pal' suite d'après la joie du
cœur; en effet, par cl'Ïer il est signifié l'affection intérieure, puisque
le cri en est l'effet, cal' lorsque l'homme est dans l'affection inté­
rieure, et que par suite il vient dans la confession, il cl'ie; c'est de
là que le cri dans la Parole signifie toute affection spil'ituelle, soit
de joie, soit de douleur, soit de toute autl'e chose; roir ci-dessus,
No, 393, lt211; qu'il signifie ici l'adol'ation d'après le bien du vrai,
on le voit pal' ce qui p"écède, et par ce qui suit; pal' ce qui précède,
en ce qu'il est dit qu'ils avaient des palmes dans les mains, ce qui
signifie le bien du vrai chez eux~ comme il vient d'être expliqué;
par ce qui suit, en ce qu'ils cl'ièrent, (1 le salut à notre Dieu qui
est assis sur le trône, et à l'Agneau, 1) et en ce que les anges, les
anciens et les quatre animaux tombèrent devant le tl'One, et adorè­
rent Dieu; et en outre toute adoration, qui est une confession du
Seigneul', vient du bien du vrai, c'est-à-dire, du bien par les vrais;
une voix grande signifie aussi le vl'ai d'après le bien, la voix si­
gnifie le vl'ai, et le grand se dit du bien; que la voix signifie le
vrai, on le voit ci-dessus, N° 261 ; et que le grand et la grandeur
se disent du bien, on le voit aussi ci-dessus, N°' 336, 337, 424.
1160, Disant: Le salut à notre Dieu qui est rusis sur le
tr6ne, et à l'Agneau, signifie que la '/)l'e' étemelle vient du Sei­
gneur s'Cul: on le voit par la signification de dire, en ce que c'est
confesser, car la confession suit; pal' la signification de Celui qui
est {/,~,~is su,. le trOlle. et de l'Agneau, en ce que c'est le Seigneul'
198 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 460.

quant au Divin Bien et quant au Dh'in Vrai;' que pal' Celui qui est
assis sur le trOne il soit enlendu le Seigneur quant au Divin Bien,
et pal' l'Agneau le Seigneur quant au Divin VI'ai, on le voit ci­
dessus, N° 134, 253, 297, 314; et par la significalion du salut,
en ce que c'est la vie élernelle, cal' pal' la vie élernelle dans la Pa­
l'ole il est enlendu le salut élel'Del : s'il est dit que Il le salut est à
Lui signifie que le salut vient de Lui, c'est pal'ce qu'il est Lui­
1)

Même le salut, car le tout du salul et de la vie élernelle vient de


Lui, et Lui appartient chez ('homme et chez l'ange; en effet, tout
bien de l'amour etlout vl'ai de la foi, qui sont chez l'homme, ap­
partiennent non à l'homme mais au Seigneur chez l'homme; car
c'est le Divin procédant qui est le Seignelll' dans le Ciel chez les
Anges et dans l'ltglise chez les hommes, et d'après le bien de l'a­
mour et le vl'ai de la foi il yale salut et la vie éternelle; de là on
peut voir ce qu'il faut enlendre, quand il est dit que le salut est au
Seigneur, et que le Seigneur' Lui-Même est le salut, comme dans
les passages suivanls; dans Ésaïe: Il Voici notre Dieu, Celui-ci,
que nous avons attendu pour qu'il nous' délivre; Celui-ci,
Jéhovah, que nous avons attendu; bondissons et soyons dans
l'allégresse en son salut. ) - XXV. 9. - Dans le Même:
cc Alon salut ne tardera point, et je donnerai en Sion le salut,
en Israël mon honneur. II - XLVI. 13. - Dans le Même:
Il JeT'ai donné pour lumièl'e des nations, afin que tu sois

mon salut jusqu'il l'extrémité de la terre. II - XLIX. 6, ­


Dans le Même :-cc Dites il la fille de Sion: Voici, ton salut
vient. ) - LXII. 11. - Dans David: Il JéhmYlh dOllnera dans
Siol! le salut d' ISI'aiil, quand a ramènera la captivité de son
peuple. 1) - Ps. XIV. 7. Ps. LilI. 7; - ces passages concernent
le Seigneur, qui y est appelé le salut à cause de la salvation, et
pal'ce que Lui-Même est le salut chez l'homme, car aulant il est
Lui-Méme chez l'homme, autant il y a salut pour l'homme: de là
dans Luc, Il Siméon dit: Mes yeux ont tnl ton salut, que tu
as prépm'é del'ant la {((ce de tous les peuples. Il - Il. 30, 3:1;
- c'est aussi pOUl' cela que le Seigneul' a été appelé Jésus, cal'
Jésus signifie salut. Il est dit Celui qui est assis sm' le IrOne, et
l'Agneau, et pal' l'ull cl l'aull'e il est enlendu le Seigneur, par Celui
qui csl assis SUI' le Il'ùne le Seigneur quant au ni\'in Bien, cl (l31'
Vers. iO. CHAPITRE SEPTIÈME. 1.99
l'Agneau le Seigneur quand au Divin Vrai, l'un et l'autre d'après
son Divin Humain, ainsi qu'il a été montré ci-drssus dans les pas-
sages cités; c'est allssi pOUl' cela qu'ailleurs il est nommé seulement
Agneau SUI' le tl'tine, comme Apoc. Chap. V. 6 : (1 Voici, au mi-
lieu du trône un Agneau qui se tena.it là. Il - Chap. VII. 17:
(1 L'Agneau qui est ml milieu du trône le.~ 7){titra : Il et il est

Hussi appelé seulement Dieu dans ce Chapitre, Vers. H, 12 :


(( Ils tombèrent devant le trône et ils adorèrent Dieu, en di-
sant: La force à notre Dieu; Il cela doit êlre entendu de la
même manière que quand le Sei~neUl' a dit le Père et le Fils, comme
s'ils étaient "deux, lorsque cependant par le Père il entendait le
Divin en Lui-Même, et pal' le Fils son Humain d'après ce Divin,
ce que même il enseigne clair'ement en disant que le Père est en Lui
et Lui ùans le Père, et que Lui et le Pèl'e sont un ; il en est de
même de Celui qui était assis su,' le trône et de l'Agneau. Que pal'
l'Agneau aussi il soit entendu le Divin Humain du Seigneur, et
dans le sens respectif le Bien de l'innocence, on le voit ci-dessus,
N° SH.
ft61.. Vel's. 11,12. Et tous les Anges se tenaient autour
du Trône, et des Alicil'lls, et des quatre Animaux; et ils tom-
bèrent devant le Trône sur leurs faces, et adorèrent Dieu. -
Disant: Amen! III bénédiction, ct la gloire, et la sagesse, et
l'action de grâces, et l'honneur, et la puissance, et la force il
notre Dieu aux siècles des siècles! Amen. - Et tous les Anges
se tenaient autour du Trône, et des Anciens, et des quatre
Animaux, signifie la conjonction du Seigneur avec tout le Ciel:
et ils tombh'ent devant le Trône sur lew's faces, el adorè-
rent Dieu, signifie d'après un cœUl' humble l'action de gr'aces de
ce qu'il y en avait tant de sauvés: disant: Amen! signifie le Sei-
gneUl' quant au Divin Vrai d'apl'ès le Divin Bien: la bénédiction,
la gloire, et la sagesse, signifie ces choses pal' le Divin Vrai qui
procède du SeigneUl': et l'action de grâces, et r honneur, signi fie
ces choses par le Divin Bien qui pl'ocède du Seigneur: et la puis-
sance, et la force, signifie la Toute-Puissance d'après le Divin
Bien par' le Divin VI'ai : à notre Dieu allX siècles des siècles!
signifie au Seigneur à éternité: Amen, signifie la confil'mation pal'
le Divin.
200 L'APOCALYPS.E EXPLIQUÉE, N·u62,

462. Et tous les Ange,~ se tenaient autour dl/. Trône, et de3


Anciens, et des quatre Animaux, signifie la conjonction du
Seigneur m'ec tout le Ciel: on le voit par la signification de se
tenir autour du Trône, en ce que c'est la conjonction avec le
Seigneut', cat' par Celui qui était assis sur le trône et par l'Agneau
il est entendu le Seigneut' seul, ainsi qu'il vient d'être dit, N° 460,
et pal' se tenil' autoul' il est signifié la conjonction; cal' dans le
l\1ollde spirituel ceux avec lesquels il y a conjonction apparaissent
présents, et ceux avec lesquels il n'y a pas conjonction sont absents;
et par la signification des Anges, des Anciens et des quat1'e Ani­
maux, en ce qu'ils sont ceux des tl'ois Cieux, ainsi ceux qui sont
dans tout le Ciel, pal' les Anges sont entendus ceux qui sont dans
le pl'emier ou dernier Ciel, par les Ancie'1s ceux qui sont dans le
second Ciel ou Ciel moyen, et par les quatre Animaux ceux qui
sont dans le troisième Ciel ou Ciel intime; que par les vingt-quatre
Anciens et par les quatl'e Animaux il soit entendu en général les
.Cieux supérieurs, et en particulier par les Anciens ceux qui sont
dans le second Ciel ou Ciel moyen, et pal' les quall'e Animaux ceux
qui sont dans le troisième Ciel ou Ciel intime, on le voit ci-dessus,
No' 313, 322, 362; de là l'ésulte qu'ici pal' les Anges il est en­
tendu les Cieux inférielll's : tous ceux qui sont dans les Cieux sont,
i! est \Tai, appelés Anges, mais ceux qui sont dans les Cieux su­
périeUl's, étant plus que les autres dans l'intelligence et dans la
sagesse, sont ici appelés Anciens, et sont entendus pal' les quatl'e
Animaux, anssi est-ce pOUl' cela que les Anciens et ces Animaux se
tenaient le plus près autour du tl'Me, comme Jean le vit ci-dessus.
Il faut qu'on sache que Jean vit des Anges en quantité, et en même
temps vingt-quatre Anciens, et des Chét'ubins ou les quatre Ani­
maux, et qu'il ne vit pas tous les Anges qui sont dans les Cieux,
c'est-à-dire, tout le Ciel; cal' c'était une vision prophétique, qui
est telle, que les choses qui sont vues signifient, ici ce petit nombre
tout le Ciel ou le Ciel entièr, en ce que les vingt-quatre Anciens
signifient le second Ciel ou Ciel moyen, et les quatre Animaux le
u'oisième Ciel ou Ciel intime.
lt63, Et ils tombèrent devant le Trôlle sur leurs faces,
et adorèrent Dieu, signifie d'après un cœU1' humble l'ac­
tion de grâces de ce 'lit 'il y ell amit tant de smœés par le Sei­
.

Vcrs. H. CHAPITRE SEPTIÈME, 201


gncw' : on le voit par la signification de tomber .~llr les (aces et
d'adorer, en ce qu'ici, c'csl d'apl'ès un creul' humble, rend.'e grâces;
car par lo~ber SUI' les faces il est signifié l'humiliation du cœur,
paree que lombel' SUI' les faces cOfl'espond à celte humiliation; ell
effet, Ions les acles du corps cOITespondent aux affections qui ap­
partiennent au mental, au point que par les conespondances ils font
nn avec elles; ainsi tomber' sur les faces devant Dieu dans le culte
fait nn par correspondance avec l'humiliation du creu!'; de là vient
que chez les anciens on avait coulume, et que chez plusieurs nations
on a enCOl'e coulume, dans le culle, de lomber SUI' les faces mêmes,
mais aujourd'hui dans le Chrislianisme on se met seulement à ge­
noux : que pal' adol'el' il soit signifié l'action de gl'âces de ce qu'il
y en avait lanl de sauvés, on le voil par ce qui précède et pal' ce
qui suit, cm' il s'agit de,hl salvation de ceux qui onl vécu dans le
bien selon leurs religions, quoiqu'ils n'.aient point été dans les vrais
l'éels; l'action de gl'fices par le Ciel entier à cause de cela est celle
qui va suivl'e. Il est dit, Cl ils tombèrent'sur leUl's faces, et ado­
rèrent Dicu; » et tombcl' sur les faces esl le lémoignage de,l'hu­
miliation du creul' d'apl'ès le bien ,de l'amour, et adorer Dieu est le
témoignage de l'humilialion du cœlll' pal' les nais d'après ce bien.
lt6lt. Disant: Amen! si,qnifie le Seigneur quant au Divin
Vrai d'après le Divin Bien: on le voit pal' la signilication d'a­
men, en ce que c'esl la vél'ité; el comme le Seigneur est la vérité
même, ainsi qu'il l'enseigne Lui-Même dans Jean, XIV, 6, c'est
pOUl' cela que par Amen dans 'le sens suprême il est signifié le Sei­
gneur quant au Divin Vrai; c'esl donc là ce qui est signifié ici par
Amen, parce que les Anges des ll'ois Cie~lX s'adressenl au Seigneur.
S'il est dit Amen ici en premiel' lieu et aussi en del'nie.' lieu, cela
signifie que le Seigneur quant au Divin Vl'ai d'apl'ès le Divin Bien
est dans les premiers el dans les del'Dier's, ou que le Seigneur Lui­
Même est le Pl'emiel' et le Derniel'; car le Divin Vl'ai uni au DivJn .
Bien est le Seigneul' dans les Cieux, puisque c'est le Divin procé­
dant, d'après lequel existent loutes les choses du Ciel, et le Ciel
lui-même, comme il a été montl'é dans le Traité DU CIEL ET DE
L'ElliFEB; voir N°' 13,126 à 160,275: qU'étl'e dans les premiers
et dàlls les del'Diel's, ce soil êtl'e en toutes choses, on le voit aussi
ci-dessus, N°'!t1., 6i 7, et dans les ARCANES CÉLESTES, N°'1 QOM,
202 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 464.
10329, 1.0335; et qu'Amen signifie le Seigneur quant au Divin
Vrai, on I~ voit ci-dessus, N° 228.
h65. La bénédiction, la gloire, et la sagesse, signifie ces
choses par le Didn Vrai qui procède du Seigneur, dans le.~
trois Cieux: on le voit pal' la signification de la bénédiction, en
ce qu'elle est la réception du Divin VI'ai et par suite la fructification,
d'où résullentla félicité et la vie étel'llelle; que ce soit là ce qul est
entendu dans la Parole par la hênédiction, on le voit ci-dessus,
N° 3ll0; par la signification de la gloire, en'ce qu'elle est la récep­
Lion du Divin Vrai dans les intérieurs, ainsi qu'il a été dit ci-dessus,
N°' 33, 288, 3ll5; et par la signification -de la. sagesse, en ce
qu'elle est la réception du Divin Vrai dans les intimes, car de là
vient la sagesse; s'il est dit ces trois choses, la bénédiction, la gloil'e
et la sagesse, c'est parce qu'elles ont été dites par les Anges des
trois Cieux; voir ci-dessus, N° lt62; et la réception du Divin Vrai
dans le dernier ou premiel' Ciel est appelée Bénédiction; la l'écep­
Lion du Divin Vrai dans le Ciel moyen 011 second Ciel est appelée
Gloire; et la récepiion du I)ivin Vl'ai dans le Ciel intime ou troi­
sième Ciel est appelée Sagesse. Mais s'il est dit que la ~nédiction,
la gloire et la sagesse sont à Dieu aux siècles des siècles, cela si­
gnifie qu'elles sont dans les Cieux pal' le Seignenr, puisque la béné­
diction, la gloire et la sagesse sont dites être à Dieu, alors qu'elles
sont chez ceux qui sont dans les Cieux, cal' ceux-là sont ceux chez
qui il y a la Bénédiction Divine, la Gloire Divine et la Sagesse Di­
vine; c'est même ce que le Seigneur enseigne dans Jean: Il En
ceci mon Père est glorifié, que beaucoup de fruit vous por­
tiez, et que 'Cous deveniez mes disciples. li - XV. 8. - Et
ailleurs: Il Père, tout ce qui est mien est tien, et ce qui est
tien est mien, et j'ai été glorifié en eux. )l -XVII. 10:- cela
est semblable à ce qui a été dit ci-dessus, que le salut est à Dieu;
voir ci-dessus, N° lt60; c'est pOUl'quoi, chez les Anciens on avait
coutume de dire Il Béni soit Dieu; )l el (( Bénédiction soit à Dieu; )l
puis aussi, le Gloire et Sagesse soient à Dieu; )l par là ils n'entendaient
pas qu'il y a pour Lui bénédiction, gloire et sagesse, puisque c'est
pal' Lui qu'il y a toute bénédiction, toute gloil'e et loute sagesse,
mais ils entendaient qu'elles sont par Lui chez tous; ils parlaient
!linsi, afin de reportel' à Dieu seul ce qu'ils recevaient, et de ne s'en
Vers, 12. CHAPITRE SEprfIi~ME. 2.03
den attribuel' il ellx-mCmes, et afin de pal'lcl' ainsi d'après le Divin
et non d'après eux-mêmes,
fa66. Et l'al'tion de grt/ces, et l' h01l1teUr, signifie l'CS choses
pal' te Didn Vrai qui procède du Seigneur, dans lcs trois
Cieux: on le voit en ce que, de même que la bénédiction, la
gloire et la sagesse se disent cie la ('éception du Divin Vl'ai, de
même l'action de 9râce,~ et l'honneur se disent de la l'éception
du Divin Bien; car il y a deux choses qui procèdent du Seigneur,
d'apr'ès lesquelles existent toutes choses dans les Cieux et dans les
ICITes, il savoi", le Divin VI'ai et le Divin Bien; c'est d'apl'ès le Di­
vin Vrai qu'il ya chez les Anges et chez les hommes toute intelli­
gence et taille sagesse, et c'est d'après le Divin Bien qu'il y a chez
eux toute charité et tout amoul'; les deux unis ensemble procèdent
du Seigneul', de sorte que dans l'origine même ils ·sont un, mais
chez les Anges et les hommes, qui reçoivenl, ils sont deux; el cela,
parce que chez eux il y a deux réceptacles de la vie, qui sont ap­
pelés Enlendement et Volonté, l'Enlendemenl est le réceptacle du
Divin Vrai, et la Volonté est le réceptacle du Divin Bien, ou, ce
qui est la même chose, l'Enlendemenl est le ('éccplacle de la sa­
gesse procédant du Seigneur, clla Volon lé le réceplacle de l'amour
procédant du SeigneuI'; mais autant ces deux, le Divin Vrai et le
Divin Bien, et par suite l'Enlendement et la Volonlé, sont un chez
les Anges et chez les hommes, aulant ceux-ci sont en conjonclion
avec le Seigneur', el aulant ils ne sont pas un, aulant eux ne sont
pas en conjonction. Comme la Pal'ole a élé donnée .aux hommes,
afin que pal' elle il y ail conjonction du Seigneur ave.c les Auges et
avec les hommes,_ c'est pOUl' cela qu'en elle partout le Vrai a été
conjoint avec le Bien, el le Bien avec le VI'ai; cal' il y a, SUI'tOUt
dans les PI'ophéliques, deux expl'essions dont l'une se l'éfèl'e au Di­
vin VI'ai et l'aulre au Divin Bien: mais celle conjonction dans la
Parole ne se manifesre qu'aux Anges dans le Ciel, et sur' la terre
qU'à ceux auxquels il a été donné d'y voil' le sens spil'ituel;, en
effet, il y a des mols l1ui se disent du vrai et des mols qui se disent
du bien; c'est pourquoi, là oil il Ya deux expressions qui appal'­
tiennent pl'esqu'au même sujel, l'une'signifie des choses apparte­
nant au vrai, et l'aulre des choses appatlenaul al] hien; il Ya union
dans la Pal'ole, parce que la Parole est Divine, el que du Divill 11I'O­
204 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 466.

cède le Divin Vrai uni an Divin Bien: sur celle union du hien et
du vrai dans la Parole, ou sur ce Mariage, qui jusqu'à présent a été
ignoré dans les terres, voir ci-dessus, NOl 238, 288; et dans les
ARCANES CÉLESTES, NOl 683, 793, 801, 2516, 27i2, 3004,
3005, 3009', 4138, 5138, 5194, 5502, 6343, 7022, 7945,
8339, 9263, 9314. Ces choses ont été rappol'tées, afin qu'on sa­
che que la bénédiction, la gloire et la sagesse se disent des Vrais
d'après le Divin, comme il a été monll'é ci-dessus, N° 465, et que'
l'action de grâces et l'honneur se disent des biens d'après le Divin:
que dans la Parole la gloire se dise du VI'ai, et que l'honneur se
dise du Bien, on le voil ci-dessus, Nol 288, 345, où cela a élé
montré d'apl'ès divers passages de la Parole: que l'action de gl'âces
ici se dise aussi du bien, c'est parce que ci-dessus il est dit la
bénédiction, el la bénédiction se fait' de bouche par les vrais, et
l'action de grâces se fait de cœur d'après le bien,
467. Et la puissance, et la {oree, signifie la Toute-Puis­
sance d'après le Divin Bien par le Dim'n Vrai: on le voit par.
la signification de la puissance et de la {oree, lorsqu'il s'agit du
Seigneur; en ce que c'est la Toute-Puissance, mais la puissance se
dit du Divin Vrai, et la force se dit du Divin Bien; de là, par l'une
al l'autre, la Puissance et la Force, est signifiée la Toute-Puissance
pal' le Divin Vrai d'après' le Divin Bien: que le Pouvoir, quand il
s'agit du Seigneul', soit la Toute-Puissance, on le voit ci-dessus,
N° 338; et que toute puissance soit .aux vrais d'après le bien, ou
au bien pal' les vl'ais, et que la Toule-Puissance soit au Seigneur
d'après le Divin Bien par le Divin Vrai, on le voit aussi ci-dessus,
Nol 209, 333; et dans le TI'aité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nol 228
à 233 : à cause du mariage du vl'ai el du bien dans chaque chose
de la Parole, il est dit « et la puissance et la force, )) autl'ement il
aurait suffit de dire l'une des deux: de même aussi dans plusieurs
autres passages,
468. A notre Dieu aux sih:les des siècles / signifie au Sei­
gneur à éternité: en effet, pal' notl'e Dieu, il est entendu Celui
qU,i est assis sur le trOne, et l'Agneau, et par l'un et l'autre il est
entendu le Seigneur seul, par Celui qui est assis sur le trOne le Sei­
gneur quant au Divin Bien, et pal; l'Agneau le SeigneUl' quant au
Div.in Vrai, comme il a été dit et montré ci-dessus, N° lI60 : et
Vers. 12. CHAPITRE SEPTIÈME. 205
par aux siècles de.~ siècks, quand il s'agit du Seigneur, il est si­
gnifié à étemité : s'il est diL aux siècles des siècles et non pas à
éternité, c'est parce qu'il est naturel de dire les siècles <les siècles,
tandis qu'il est spirituel de dil'e à éLemité; or, le sens de la lettre de
la Pal'ole est natUl'cl, et le sens interne est spirituel, et celui-ci est
conlenu dans celui-là; comme aussi ailleUl's dans la Parole; par
exemple, <.Ians Daniel: li Au Fils de l' homme (ut donné domi­
nation, et gloire et royaume; sa domination, domùwtio1l du
siècle, laquelle ne passera point, 1) - VII. '14. - Dans Ésaïe:
(e Confiez-vous en Jah Jéhovah le Hocher des siècles, Il ­

XXVI. !J. - Dans le Même: li braN a été sauvé pal' Jrl/wvah


d'un salut des siècles, et ils Ile seront point accablés de honte
durant des siècles perpétuels.) - XLV. 1ï. - Dans le Même:
«( ft! on salut pour le siçcle sera, et ma justice ne sera point
en(reinte : ma justire pour le siècle sera, et 111011 salut pour
génération et génération. » - LI. 6, 8. - Dans David:
«( Avant que les monta,qnes (ussent nées, et qu'aient été (ormés
la terre et le globe, de siècle jusqu'en siècle, Toi, (tu cs)
Dieu. » - Ps. XC. 2.- Dans le Même: li La Miséricorde de
. Jéhovah (est) de siècle en siècle sur ceux qui Le craignent. Il
- Ps. cm. 17. - Dans 1'1\ pocalypse : «( A Lui la force aux
siècles des ûèdes: Voici, viwnt je suis aux siècles des siècle.ç. Il
-1. G, i8.-Ailleurs : A Celui qui est {fs.çis su,r le trôlle et à
(e

l'Agneau la bénédiction, et l'honneur, et la {Jloire, et la {orre


aux siècles des siècles: et ils adorèrent Celui qui vit flUX
siècles des siède.ç. Il - V. '13; 1.!J. -:... Ailleurs: li Il jura par
Celui qui vit aux siècles des sù1rles, Leqllelll créé le Ciel. 11­
X. 6. - Et ailleul's : Les rOY((ll11Ul~ dll monde sont devenus
(1

(ceux) de notre Seigneur et de son Chrfst, et il regnera aux


siecles des siècles. Il - XI. 15; - eL en outre dans beaucoup
d'auLt'es passages. De plus, le siècle dans la Parole signifie aussi
le temps dès l'anLiquité; comme aussi le Lemps jusqu'à la fin; et
encOI'e la meme chose que le Monde; mais il ser'a parlé ailleurs de
ces significations du siècle.
469. Amen, signifie la confirmation par le Divin: on le
voit par la signification d'Amen, en ce que c'est la Vérité, et par
suite en ce que c'est le Divin Vrai procédant du Seigneul', comme
206 L'APOCALYPSE EXPLlQU(m. ~" 1.169.

ci-dessus, N° 464; mais ici c'est la confirmation pal' le Di"ill,


parce que c'est la fin de ('adoration des Anges: la confirmation
par le Divin, c'est que cela est le Divin Vl'ai, et qu'en conséquence
cela est ainsi: quand quelqu'un prononce de cœur le Divin Vrai,
le Seigneul' confirme ce Vrai, la con firmation ne peut pas venir
d'autr'e pal't; cela est signifi'é.par Amen à la fin d'une PJ'ière;
qu'Amen soit la confirmation par le Divin, 011 le voit ci-dessus,
N° 34.
470. Vers. 13, llI, 15, 16, 17. Et l'un des Ancien.~ ré­
pondit, me dl:~(mt : Ceux-ci, l~e1J(1tus de robes blanches, qui
,..ont-ils, et d' où sont-il.~ veJ/lt.~ ?-Et je lui dis: Seigneur" toi,
tu (le) sais. Et il me dit: Cc sont ceux qui viennent de la
tri/mill/ion grande, et ils ont laré leurs robes, et ils ont blanchi·
lew',.. robes dans le sang de l'Agneau. :....-C'e,çt pourquoi, ils ,~Ont
devant le trône de Dieu, l't ils Le SCr1)ent four et nuit dans
son temple; et Celui qui est assis sur le trône "abitera sw'
eux. -1 ls n'auront plus j'iÏm, el ils n'auront plus sOll; et poillt
ne tombera .~W· eux le soleil, ni aucune chaleur.-Parce que
l'Agneau, qui (est) dans le milieu du tl'ône, les paitra et les
conduira vers de t'ivantes (ontailles d'eaux; et Dieu essuiera
tottte larme de leur,~ yeux. - Et l'un des Anciens répondit,
me disant, signifie l'inOux venant du SeigneUJ' par le Ciel, et par
suile la perception: ceux-ci, rerUus de robes blanches, qui sont­
ils, et d'où. sont-ils venus? signifie quant il. ceux qui sont main­
tenant dans les vrais et sons'Ia protection du Seignelll', quels sont­
ils, et quels ont-Us été? eUe lui dis: Seigneur, toi, tu (le) sais,
signifie que le SeigneUl' seul le sait: et il me dit: Ce .~ont (eUX
qui t'iennent de la tn'bulation grande, signifie l'infol'mation,
que ce sont ceux qui ont été dans les tentations: et ils ont laré
leurs robes, signifie l'éloignement des faux pal' elles: et ils ont
blanchi leurlS robes dans le sang de l'Agneau, signifie l'implan­
tation du Divin Vl'ai pal' le Seigneur : c'est. pourquoi, il.ç sont
devant le tr~ne de Dieu, signifie que oe là vient qu'ils ont été
conjoints au Seigneur : et ils Le servent jour et nuit dan.~ son
temple, signifie qu'ils sont continuellement tenus dans les vrais
dans le Ciel: et Celui qui est assis sur le trône habitera sur
eux, signilie l'Îl.lflux du Divin Bien dans les vl'ais che? eux : ils
Vers, i3, CHAPITRE SEPTIl~ME. 207
n'auront plus faim, et ils n'llw'OIlI plus sOIf, signifie que le
bien et le vrai, et pal' conséquent la félicité, ne leur manqueront
point : et point ne tombera sur eux le ,~oleil, ni aucune cha­
lellr, signilie qu'il n'y 3ma en eux ni mal ni faux d'après les con­
voitises : parce qlle l'Agneau, (lui (cst) dans le milieu du tl'8ne,
les paitra, signifie que le Seigneur les instrU!I'a pal' le Ciel: et le~
conduira L'ers de vivantes fontaines d'ealu:, signifie dans les
Divins Vrais: et Dieu essuiera Loute 1i11'me de leurs yeux, si­
gnilie l'état de la béatitude par l'affection du vl'ai aprè:i que les faux
ont été éloignés par tes tentations.
h71. Et l'un des Anciens répondit, rue disant, signifie l'in­
flux venant du Seigneur par le Ciel, et par suite la perception:
on le voit par la signification de répoTldr.e et de dire, quand il
s'agit des ancieus par lesquels est signifié le Ciel où est le SeigneUl',
cn ce que c'est l'influx et la perception, l'épondre estTinflllx, et
dil'e est la perception; et pal' la signification des Anriens, en ce
qu'ils sont ceux qui sont dans le second Ciel ou Ciel moyen, où ha­
hilent,ceux qui sont dans l'inlelligence et pal' lesquels se font les
réponses, ainsi qu'il a été dit ei-dessus, N° &62; et comme tout
influx vicnt du Seigneul' seul, quoique pal' les Anges, pal' ces pa-.
roles·iI est signifié l'influx el la pel'ception venant du Seigneur par
le Ciel. Qu'il y ait ce sens dans ces pal'oles, cela semtle étl'ange,
mais toujours est-il que ces paroles ne sont pas perçues aull'e­
ment dans le Ciel; si cela semtle étrange, c'est parce que cela est
rapporté comme un histol'ique, et que les histol'iques cachent le sens
spirituel plus que ne le font les prophétiques purs; mais tous les
historiques de la Pal'ole contieunent aussi un sens Spil'itucl, donc à
plus forte raison encore les bistol'iques-prophétiques, lesquels sont
les choses qui ont appal'U et qui ont été dites aux Prophètes, quand
ils ét.aient dans la vision de l'espl'it, car elles sont toutes des l'epré­
senlatifs et des significatifs; ainsi, lorsque Jean vit les vingt-quall'e
Anciens et les quatre Animaux, cela est un bistol'ique-prophétique,
et il représentait et signifiail les Auges des Cieux supérieul's,
~omme il a été montré ci-dessus; d'où il suit qLJe ce fut pareille­
ment un significatif, quand un des Anciens lui pal'Ia; en effet, cela
signifie l'influx et la perception venant du Seignelll' pal' le Ciel.
Qu'ici Il il répondit l) ne signifie pas l'épondl'e ùans le sens vul­
208 L' APOCALYPSE EXPLIQU I!:E. N" 471.

gaire, on peut le voir 'clail'ement en ce que celle expl'ession est


employée sans qu'il y ait eu interrogation, et c'est il L1ne interro­
gationque 'l'on répond, ici donc c'est à la pensée à l'égard de ceux
qui ont été vus en robes blanches; en oult'e, àans la Parole il est
souvent dit répondre; et cela, qnand il s'agit du Seigneur, signifie
.l'influx, l'inspiration, la perception et l'information, puis aussi la
miséricorde et le secours, comme dans les passages suivants; dans
Ésaïe: Il Au temps du bO/l plaisir je t'ai répondu, et au jour
du .salutje t'ai .~ecouru. Il-XLIX. 8.- Dans David: Il Jého­
1:ah! Sauve-moi; que le Roi nous réponde au jour où nous
l'invoquons! Il - PSt XX. 10. - Dans le Même: Il Quandje
crie, rlponds-moi, a Dieu de ma justice! Il - Ps. IV. 2. ­
Dans le Même: « Regarde, réponds-moi, Jéhowh mon Dieu! Il
- PSt Xl1l. h. - Dans le Même: « Môi je T'invoque, parce
que Tu me réponds, ô Dieu! )) - PSt X VII. 6. - Dans le
Même: J'ai ('herché Jéhovah, et il m'a répondu. Il - PSt
l(

XXXIV. 6. - Dans le Même: Il Il m'inroquera, et je lui ré­


pondrai. )) - PSt XCI. 15. - Dans lù Même: Il A Jéhovah,
quand j'étais dans l'angoisse, j'ai crié; et il m'a répondu. Il
~ PSt CXX. 1; et ailleul's. - Dans ces passages et dans d'au­
t1'es, pal' J'épandre il est entendu, non pas répondre, mais influel'
dans la pensée, donnel' à percevoir, et aussi pOI'ler secours par mi­
sél'icorde; c'est de là que les l'éponses, qui sont dites du Seigueur,
signifient des perceptions d'après l'influx: il faut qu'on sache que
tout ce qui vient du SeigneUl' dans la perception, est appelé influx.
h72. Ceux-ci, revltus de robes blanches, qui sont-ils, et
d'où sont-ils t'enus? signifie quant à ceux quisont maintenant
dans les vrais el sous la protection du Seigneur, quels sont­
ils, et quels ont-ils été? on le voit par la signification des rel'ltl.ls
de robes blanches, en ce que ce sont ceux qui maintenant sont
dans les vraifl et salis la protection du Seigneur, ainsi qu'il a été
dit ci-dessus, No' 395, 457; et par la signification de qui sont­
ils, et d'où sont-ils venus? en ce que c'est quels ils sont et quels
ils ont été; si l( qui sont-ils, et d'où sont-ils venus? Il signiOe quels
ils sont, et quels ils ont été, c'est parce que dans le Monde spirituel,
quand les Anges en voient d'aull'es et viennent vers eux, ils ne re­
cherchent jamais qui ils sont, ni d'où ils viennent, mais ils "echer­

Vers. 13. CHA.PITRE SEPTIÈME. 209


chent quels ,Hs sont; c'est donc ce spil'ituel qui est signifié par ces
paroles: si les Anges ne s'infol'ment que de la qualité de ceux qu'ils
voient, c'est parce que dans le Monde spirituel les habitations de
tous sont selon la qualité des affections qui sont chez eux; et aussi
pal'ce que rechercher qui ils sont enveloppe la personne, et l'echer-
chel' d'où ils viennent enveloppe le lieu, el que dans la pensée el le
langage spirituels, qui appartiennent aux Anges, il n'y a pas l'idée
ùe la personne et du lieu, mais au lieu de cette idée il y a celle de
la chose et de l'étal quant à la qualité; c'est même pOUl' cela que là
chacun reçoit un nom d'apl'ès sa qualité : que les Anges pensent
en faisant abstraction de la personne et du lien, et que de là leur
vienne la sagesse, on le voit ci-dessus, N°s 99, 100, 270, 325.
D'apl'ès ces cOllsidél'ations, il est évident que pal' li qui sont-ils, et
d'où saut-ils venus? Il il est signifié dans le sens spÏ!'ituel quels ils
sont, et quels ils ont été: c'est aussi leur qualité qui est décrite dans
ce qui va suivre.
/173. Et je tui dis: Seigneur, toi, tu le sais, signifie que
le Seigneur seul le sait: on pent le voÏ!' pal' ce qui a été dit ci-
dessus, N° l171, à savaii', que pal' l'un des anciens qui répondit,
et .auquel maintenant il est dit : (( Seigneur, toi, tu le sais; » il
est entendu du Seigneur par le Ciel; cal' tout ce que les Anges ont
dit aux hommes dans la Parole, ils ne l'ont pas dtt eux-mêmes,
mais le Seigneur l'a dit pal' eux; c'est même pour cela que les
Anges, qui ont parlé, y sont çà et là nommés Jého\~ah; et c'est de
là que la Parole, - des Anges aussi l'ont prononcée, - est Divine;
en effet, personne, pas même ('Ange, ne peut prononcel' ·un Oh'in
tel que celui qui est dans la Parole, ni même quelque Vrai qui en
soi est Dh:in, mais c'est le Seigneur seul qui le p"ononce pal' eux:
d'apl'ès cela il est évident que pal' « Seigneul', toi, tu le sais, 1) il
est signifié que le Seigneur seul le sait.
[Oh. Et il me dit: Ce sont ceu:c qui viennent de la tribu-
lation grande, signifie l'information, que re sont ceux qui
ont été dans les tentations: on le voit pal' la signification de il
me dit, en ce que c'est l'information; et par la signification dc la
tribulation ou affiiction grande, en ce que ce sont les tentations,
ainsi qu'il va étl'e expliqué: il sera d'abord dit ici quelque chose
des tentations que subissent, dans le )Ionde spil'illlùl, ccnx qui sqnl
Ill. H.
210 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. " N° 'm.
dans les faux d'après l'ignorance, et dont il s'agit ici; là subissent
des tentations ceux seulement qui ont bien vécu selon lem' religion,
dans laquelle il y avait des faux de doctrine, qu'ils ont crus, car
par les tentations les faux sont dissipés et des vrais sont implantés,
et ainsi ils sont prépal'és pour le Ciel; en effet, tous ceux qui doi­
vent venir dans le Ciel doivent être dans les vrais; c'est p~urquoi,
tant qu'ils sont dans les faux, ils ne peuvent pas venir dans le Ciel;
la .raison de cela, c'est que le Divin Vrai procédant du SeigneUl' fait
le Ciel, et fait la vie des Anges qui y sont; ainsi les faux, pal'ce qu'ils
sont opposés aux vrais et que les opposés dél1'uisent, doivent d'abord
être éloignés, et ils ne peuvent être éloignés que par les Tentations;
que les Tentations remplissent cet usage, on le voit dans la Doc­
TRINE DE LA NOUVELLE" JÉRUSALEIII, N°' 187 à 201, oil ila été
traité des Tentations. S'ils sont mis dans les tentations dans le
Monde spirituel apl'ès la vie dans le co~ps, c'est parce qu'ils n'ont
pas pu être tentés dans le Monde à cause des faux de la l'eligion
dans laquelle ils étaient, lesquels l'égnaient partont. Il faul qu'on
sache que tous ceux qui sont mis dans les tentations sont sauvés;
mais les méchants qui sont dans les faux d'apl'ès le mal ne sont
point tentés, car les vl'ais ne peuvent pas être implantés chez eux,
les maux de leur vie s'y opposent, mais les wail' leUl' sont ôtés; de
là ils restent dans de purs faux, et alors ils sont plong~s profondé­
menl dans l'enfel' selon là qualité du mal d'où p,'ovient le faux:
en un mol, ceux qui doivent venir dans le Ciel sonl dévaslés quant
aux faux, et ceux qui doivenl venir nans l'enfer sonl dévaslé~ quant
aux nais·, c'esl-à-dire que les faux sonl enlevés à céux qui doivent
venil' dans le Ciel, et que les vl'ais sont cnlevés à ceux qui doivent
venir dans l'enfer; car pers01'!ne' ne peul entrer dans le Ciel avec
des faux, ni entrer dans l'en fe l' avec des vrais, puisql,le les vrais
d'après le bien font le Ciel, el que les faux d'après le mal fonll'enfer.
Quant aux Tentations que subissent ceux chez qui les faux doivent
êtl'e dissipés, il en est question dans un grand nombre de passages
de la Parole, et surtout dans David, et elles sont nommées afflictions,
tribulations et vastalîons; mais il n'est pas besoin de rapporter ici
ces passages, parce que sans eux on peul savoir que par les tribu­
lations et les afflictions, quand elles se disent des bons, il est entendu
dans le sens spirituel les tentations.
Vers. il!. CHAPITRE SEPTH~ME. 211
475. Et ils ont lavé leurs robes, signifie l'éloignement des
faux par elles: on le voit pal' la signification de laver, en ce que
c'est pUl'ifiel' de faux et de maux, pal' conséquent éloigner les faux
et les nlaux; car les maux et les faux chez l'homme, chez l'espl'it et
chez l'Ange, ne sont point enlevés, mais ils sont éloignés, et quand
ils ont été éloignés, ils pal'aissent comme enlevés; voir sur ce sujet,
dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, les N°' 166, 170;
de là, par laver il est signifié éloigner les faux, et ainsi purifier; et
pal' la signification des robes. en ce qu'elles sont les vrais qui pl'O­
tégent dans le commun, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 395 ;
mais ici par les l'obes, avant qu'ellcs aient été lavées et blanchies,
sont signifiés les faux dont ils ont été pUl'ifiés; cal' ceux qui sont
dans les faux d'après l'ignorance apparaissent, dans le Monde spi­
rituel, d'abord en vêtements obscurs de diverses couleurs; et, quand
ils sont dans les tentations, ell vêtements sales; mais quand ils sor­
tent des tentations ils apparaissent en ,'obes blanches qui b'rillent
selon la j.JUI'ification des faux: chacun dans l'autre vie apparait
dans des v~tements selon les vrais et selon les faux qui sont chez
lui, c'est de Iii que les vêtements signifient les vrais, et dans le sens
opposé les (aux; voir ci-dessus, N°' 195, 271; d'après cela, on
peut voil' ce qui est signifié en ce qu'ils ont lavé leUl's robes et les
ont blanchies. Dans les temps anciens, quand tous les externes de
l'Église étaient des l'epl'ésentatifs et tles significatifs des spirituels
et des célestes, les àblutions étaient en usage, et pal' elles étaient
représentées les purificatious de faux et de maux; si les ablutions
ont signifié ces purifications, c'était parce que les eaux signifillient
les vrais, et les ol'dm'es les faux et les maux, et que toute plII'i fi­
cation de faux' et de maux se fait parles wais; que les eaux signi­
fient les \'1'ais, on le voit ci-dessus, N° 71 : c:est de là que les
ablutions chez les fils d'Israël ont été instituées d'après un comman­
dement, cal' il y avait chez eux une Église représentative, dont
toutes les choses signiliaient des spil'ituels, et les ablutions signi­
fiaient les purifications de faux et de maux, et par suite la régéné­
ration: dans ce bUI, Cl un Bm;sin d'airain avait été placé li
l'Entrée de la Tente de Convention. ).- Exod, XXX. 18,
'19, 20; - et aussi des B{I.~sin.ç d'airain awient été placés l'n
(l

dehors du Temple; UI! grand. qui était appelé Mer d'Airain.


212 L' APOCAL1'PSE EXPLIQUÉE. ,N" /t75.
et dix plus petits. JI - 1 Rois, VII. 23 à 39. - Comme les
ablutions avaient ces significations, c'est pour cela que, quand
Aharon et ses fils furent inaugUl'és pour le sacerdoce, (( Al oise 1'eçut
ordre de les laver d'eaux rers l'entrée de la Tente, et ainsi
de les sanctifier. )1 - Exod. XXIX, !J. XL. 12. Lévit. VIII.
6; - car les prêtres représentaient le seigneur quant au Divin
Bien, comme les Rois Le représentèrent quant au Divin VI'ai, par
conséquéllt les prêtres représentaient aussi la Sainteté Divine, qui
est pure, sans taches; l'ablution faite par Moïse revêtait Aharon et
ses fils de cette représentation; aussi est-il dit qu'ainsi ils étaient
sanctifiés, quoique par l'ablution aucune sainteté ne se fllt jointe à
eux. C'est aussi pour cela qu'il fut commandé, que (( Aharon et
ses /ils lareraient leU/'s mains et leurs pieds, avant d'entrer
dans la Tente de Convention, et avant de s'approcher de
l'Autel pour exercer le ministère; et il est dit, afin qu'ils ne
meurent point, et que cela leur serait un statût séculaire. II
- Exod. XXX. 18 à 21. XL. 30, 31: - et que (( AilUl'on lave­
rait sa chair, avant de n'vêtir les habits du ministère. )l - ­
Lévit. XVI. !J, 2!J; - par laver' les mains et les pieds il était si­
gnifié pUl'Wer l'homme naturel, et par laver la chair il était signifié
purifier l'homme spirituel. C'est encore pOUl' cela qu'il avait été
commandé, que (( les Lévites seraient sanctifiés, en ce qu'il serait
répandu sur eux de l'eau d'expiation, et en ce qu'ils feraient
passer un rilloir sur leur chair, et laveraient leurs habits. li
- Nomh. VIII. 6, 7; - cela était prescrit aux Lévites, pal'ce
qu'ils faisaient le' service des extel'lles de l'Église sous Aharon et
sous ses fils, et que la pllI'ification des extel'Oes de l'Église était l'e­
présentée par l'aspersion d'eau d'expiation, et par l'action de raser
les poils de la chair et de laver les habits. Outre cela, tous ceux
qui étaient devenus impurs, en touchant des choses impnres, se la­
vaient aussi eux et leurs Vêtements, et il est dit qu'ainsi ils deve­
naient purs; par exemple, (1 ceux qui avaient mangé du cadavre
d'une blte }Jure, ou d'un animal déchiré. » - Lévit. XVII.
15, 16 : - (1quiconque avait touché le lit de celui qui était
affecté il' un -écoulement, et celui qui s'était assis sur urt meuble
sur lequel celui-là s'était assis, ou qui avait touché sa chair. ))
- Lévit. XV. 5 à 12 ; - «( que le lépreux, après avoir été
Vers. il'. CHAPITRE SEPTlÈUE. 213
purifié, devait [{/l'el' ses I Jêlemlmts, riMer tout SOIl poil, et se
laver d' (JfJU. Il - Lévi!. Xl V. 8, 9 : - bien plus, Cl que (es Vi/ses
mêmes, qui étaient dereml8 Ù?I}Jll.rs pm' le fontOl't dell ('hoses
impures, drollienf être passés pllr (es eaux. Il - Lévit. XI.
32; - etc. Celui qui cl'oil que ceux qui avaient lavé leur chair, ou
leul's mains et leurs pieds, ou leurs vêlemenls, étaient purs el sanc­
tifiés, c'est-à-dire, purifiés de leurs péchés, se tl'ompe beaucoup;
en effet, les péchés ne sont ni lavés ni neltoyés comme des ordm'es
avec des eaux, ni par des eaux, mais ils sont lavés, c'est-à-dil'e,
éloignés pal' les vl'ais et pal' la vie selon les Vl'ais; c'est cela seul
qui était l'eprésenlé par les ablutions, cal' les eaux signifient les
vrais, et les nais, quand on y conforme sa vie, purifient l'homme.
Que ces externes ne fassent l'ien pour la pUl'ification' des maux et
des faux; le SeigneUl' l'enseigne clairement dans Matthieu: l( Mal­
heur ft vous! Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous
Ilett()yez l'extérieur de la coupe et du plat, mais les inlérieu'l's
sont pleins de rapine ct d'intempérance. Pharisien aveugle!
nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin
qu'aussi leur extérieur devienne net. )) - XXIlI. 25, 26. ­
Le Seigneur a enseigné les mêmes choses, quand les Juifs et les'
_Pharisiens l'epl'ochaient aux disciples du Seigneur de ne pas lavel'
leul's mains avanloe manger, car il enseigne « que cela ne souille
poillt l'homme, mais que ce qui le souille, c'est tout mal qui
sort. du cœU/'. )) - Matth. XV. 1, 2, 19, 20, Marc, Vil. 1 à
23. Luc. XI. 38, 39; - de là on peut voir que les Juifs n'ont
jamais été sanctifiés ni pul'ifiés des ordul'es spil'HueHes, qui sont les
maux sortant du cœUl', pal' les ablutions, puisque ces maux rési­
dent à l'intérieur et n'ont dans le Monde rien de commun avec les
ordures qui s'attachent au corps. Il est dit qu'il faut nettoyer l'in­
térieur de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'extérieur devienne net;
en efl'et, l'extél'ieul' ne peut pas être neUoyé chez l'homme avant que
premièrement t'intérieur ait été nett.oyé, cal' l'extérieur est nettoyé
par l'intérieUl'; pal' la coupe et le plat sont signifiés les intél'ieUl's
et les ex térieul's de l'homme, qui reçoivent le vrai et le bien, car la
coupe est le contenant du ViD et le plat le contenant de la nourriture,
et par le vin est signifié le vrai et pal' la nourriture la même chose
que pal' le pain, à savoil', le bien; de là on voit c1~irement ce qui est
21ll L'APOCALYPSE EXPLlQUJ;;E, N" [.75,

signilié dans le sens spil'ituel par ((ncttoie premièr'ement l'intél'ieur
ùe la coupe et du plat, afin qu'aussi l'extérieul' dc\'ienne net. li Ce
que le Seigneur dit là est pareillement entendu aussi par l'action de
laver les ,pieds des disciples; à ce s,ujet il pal'Ia ainsi à Piel're, dans
Jean: Il Celui qui est lavé n'a pas besoin, si ce n'est qUallt
aux pieds, d'être lavé, et net il est tout entier. Il - XIII. 10;
- celui qui est lavé, signifie celui qui est intérieUl'ement net; Cl n'a
pas besoin, si ce n'est quant aux pieds, d'être lavé, li signifie qu'alol's
il doit être nettoyé à l'exlérieur, cal' les pieds signifient l'homme
externe ou naturel; voir ci-dessus, N° 69 : mais sur cet arcane il
en a été dit davantage dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRU­
SALEM; l'oir No, 179, 181 ;,et dans le~ ARCANES CÉLESTES, où les
propositions suivantes ont été illustrées, à savoil', que l'un etl'aulre
homme, tant l'interne ou le spirituel que l'exleme ou le nalur~l,
doit êlre purifié, alin que l'homme soit purifié, et que l'homme ex­
leI'ne doit l'être par l'homme inlerne, N°' 3868, 3870, 3872,
3876, 3877, 3882; que ('homme interne est purifié avant que
l'homme externe le soit, puisque l'homme inteme est dans la lu­
\nière du Ciel, et l'homme externe dans la lumière du monde,
Nol 3321, 3325, 3lJ69, 3li93, li353, 8il16, 9325; que l'homme
exteme ou naturel est pUl'ifié par le Seigneur au moyen de l'homme
interne ou spirituel, N°' 3286, 3288, 3321; que I:homme n'a pas
été purifié avant que l'homme exterue ou natul'el ait aussi été pu­
rifié, N°' 87li2 à 87!Jï, 90l13, 90li6, 9061, 9325, 933li; que
l'homme spil'ituel est fermé, si l'homme natul'el n'est pas pU"iflé,
N° 6299; et qu'il est quant aux vl'ais et aux biens de la foi et de
l'amour comme aveugle, N°' 3lJ93, 3969 : l'homme interne est
purifié pal' savoÏl', comprendre et penser les nais de la Pal'ole, et
l'homme exteme pal' les vouloir el le~ faire: d'après cela, on voit
maintenant comment doivent êll'e entendues les paroles du Seigneur
à Piel're : «( Celui qui est la"ê n'a pas besoin, si ce n'est quant aux
pieds, d'être lavé; Il et comment doivent être entendues les pa'roles
du Seigneur aux Pharisiens: (1 Nettoie premièrement l'intérieur de
la coupe et du plat, afin qu'aussi leur extérieur devienne net. Il Que
l'homme inteme soit purifié par les vrais qui appal'tiennent à la
foi, et l'homme extel'De pal' la vie selon ces vrais, cela aussi est
entendu pal' ces paroles du Seigneur: (1 Si quclqu'un n'('st CII­
Vers. ili. CHAPITRE SEPTIÈME. 2'15
gendré d'eau et d'elSpl'it, il ne pellt el/trer drU/s le Royaume
de Dieu. ) - Jean, lU. 5; - "cau signifie les vrais de la foi, et
l'esprit la vie selon ces Hais. D'après ces ex plicalions, on peut
voir maintenant ce que signifie laver dans les passages suivants;
dans Ézéchiel: « Jete lavai d'eaux, (:l je nettoyai tes Stl1l!Js
"de de.~sus toi, et je t'oignis d'huile. )) -XVI. 9; -ces choses
ont été dites de Jél'usalem, par laquelle est signifiée l'I~glise; sa
pUI'ilication des faux et des maux esl signifiée par li je te lavai
d'eaux, et je neUoyai tes sangs ôe dessus toi; )) laver d'eaux signifie
la puri fiel' par les vrais, et nettoyer les sangs la purifier de faux et
de maux; la remplir du bien de l'amour, est signifié par li je t'oi­
gnis ,d'huile; )) l'huile est le bien de 1':mlOur. Dans ÉsaIe: « Lors­
que le Seigneur aura lavé l'excrél1.ent des filles de Sion, et
que les sangs de Jérusalem il aura nettoyé du milieu d'elle,
par un esprit de jugement et par un esprit de purification.))
- IV. !J; - laVe!' l'excrément des filles de Sion, signifie pUl'ifier
des maux de l'amour de soi les affections de ceux qui sont de l'É­
glise céleste, l'excl'ément est le mal de l'amolli' de soi, le.." filles sont
les affections, Sion est l'Église qui est dans l'amour envers le Sei­
gneur, laquelle par suite est appelée Église céleste; nettoyel' les
sangs de Jérusalem, signifie purifier des faux du mal les mêmes
affections, les sangs sont les faux du mal; par un espril de j uge­
ment et par Illl esprit de purification, signifie par l'entendement du
vrai et pal' l'affection du \'l'ai; ['espl'it est le Divin Vrai procédant
du Seigneur, l'espl'j[ de jugement est l'entendement du vl'ai qùi en
provient, et l'esprit de purification esll'affeetion spil'ituelle du vl'ai,
car celte affection purifie. Dans Job : li Quand je me laverais
dans des eaux de neige, et que je nettoierai.~ avec du S{lt'on
mes mains, néanmoins dans la fosse tu me plongerais, et mes
.vêtements me rendraient abominable. Il - IX. 30, 31;­
par là il est entendu que si quelqu'un veul se pUl'ifier soi-même,
quoique ce soit pal' des vrais et des biens qui sont ou paraissent
réels, néanmoins il se conduit dans les faux; se lavel', c'est se pu­
rifier, les eallx de neige sont les vrais qui sont ou paraissent réels,
le savon est le bien dont ils pl'oviennent, la fosse est le faux; par
Il mes vêtements me t'endraient abominable,)) il est entendu que pal'

suite les vrais sont falsifiés, les vêtements sont les vrais, ils sont dits
216 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N· 475.
le rendre ahominable, quand ils sont falsifiés; cela arr'ive quand
l'homme tit'e et conclut d'après la (ll'opre intelligence. Dans MoIse:
(1 Il a lavé dans le vin son t'€tement, et dans le sang des rai­
sins son manteau. Il - Gen. XLIX. H; _. ceci a été dit de
Jehuùah, par lequel ici il est entendu le Seigneur quant au Divin
VI'ai; pal' il a lavé dans le vin son vêtement, et dans le sang des
(1

raisins son manteau, Il il est signifié qu'i1 a entièrement purifié ce


Vrai dans son Humain quand il était dans le Monde; le vêtement
et le manteau signifient son Humain, le vin et le sang des raisins
signifient le Divin Vrai : mais ces pal'oles ont été expliquées dans
les ARCANES CÉLESTES; voir NOl 6377, 6378. Que par laver il
soit signifié pmifiel' de faux et de maux, on Ic' voit clairement
dans Ésaïe: Il Lavez-vous ct purifiez-vous, éloignez la malice
de vos œuvres de devant mes yeux, cessez de {aire le mal. Il
- I. 16; - comme laver signifie éloigner les faux et les maux,
voilà pOUl'quoi il est dit aussi Cl éloignez la malice de vos œuvres,
cessez de fail'e le mal. Il Dans Jérémie: (1 Nettoie de la ma­
lice ton cœur, Jérusalem, afin que tu sois sauvée; combien de
temps demeureront-elles au milieu de tOl~ les pensées de ton
iniquité? Il - IV. 1lJ; - pareillement. Dans David: « Lave­
moi de mon iniquité, et de mon péché nettoie-moi; tu m'ex­
pierll$ par l'hy:wpe, et net je deviendrai; tu me laverll$, et
plus que la neige blanc je serai. Il ~ Ps. LI. li, 9; - ici il est
bien éviùent que lavCl', c'est purifier de faux et de maux, car il est
dit (1 lave-moi de mon iniquité, et de mon péché nettoie-moi, II et en­
suite (1 tu me lavel'as, et plus que la neige blanc je sel'ai; Il laver de
l'iniquité, c'est pUl'ifiel' de faux; nettoyer du péché, c'est pUl'ifiel'
de maux; car l'iniquité se dit des faux, et le péch-é se dit des maux;
comme l'eau d'expiation était aussi préparée avec de l'~ysope, c'est
pour cela qu'il est dit Il tu m'expieras par l'hysope, et net je de­
"iendrai. )) Dans Jérémie: Il Quand tu te laverais avec du nitre,
et que tu multiplierais poûr toi te savon, toujours des taches
retiendrait ton iniquité devant 'Aloi. )) - Il. 22; - ici encol'e
il est bien évident que les ahluti()lls ont seulement représenté et pllt'
suite signifié les ablutions spirituelles, qui sont les purifications de
faux et de maux, Cal' il est dit: Lors même que tu te laverais ai'ec
du nitre, et que tu multipliel'ais le saron, toujoUl's Ion iniquité "e­
Vers. 111. ClIAP1TRE SEPTIÈME. ::Hi
tjendl'ait des taches. Pareillement tians David: « En l:ain j'ai
nettoyé mon cœur et umé dans t'innocence mes mains,j'a~ été
affligé de plaie oltaque jour, et mon attaque (l'evenait) aux
aurores. )) - 1>s. LXXIII. f3, U; - lavel' dans l'innocence ses
mains, c'est attesle.' qu'on est innocent et pur de maux et de faux,
cal' l'action de se laver les mains étail même une allestalion d'in­
nocence, comme on peut aussi le vOil', en ce que (1 Pilate lava ses
rnaz)I.~, et dit : je suis innocent du .mng de ce Juste. )) ­
Matth. XXVII. 2!J. - Comme les ablutions signifiaient les puri­
fications de faux et de maux, el que l'aveugle signiliail ceux qui ne
voient point les vrais et sont par suite dans les faux, c'est pOUl' cela
que le Seigneur a dil à Cl l'aveugle, dont il oignit les yeux d'un
limon fait avec SOI1 crachat, d'aller se lat'er dans la piscine
de Siloé; et, après' qu'il se fut lavé, il revint voyant, )) - Jean,
IX. G, 7, 11, 15; - ici, par l'aveugle étaient représentés ceux
qui ne peuvent l'ien voil' du vl'ai, parce qu'ils sont sensuels, voyant
seulement les choses qui se pl'ésentent devant les sens externes, pal'
conséquent des illusions à la place des Vél'ilés, el appliquant même
le sens de la lettre de la Parole pOUl' les confil'lner; pal' le limon fait
avec un cl'achat il est signifié le sensuel vl'ai, tel qu'il est pour de tels
hommes dans la Parole; pal' les eaux de la piscine de Siloé sont
signifiés les vrais de la Parole, car' dans Jérusalem toutes les choses,
jusqu'aux eaux, signifiaient; et pal' laver il est signifié pUJ'ilie!'
d'illusions, qui en elles~mêmes sont des faux; de là on peut voir ce
que ces choses en sél'ie signifient; en effet, tous les miI'acles et tous
les actes du Seignepr, quand il était dans le Monde, signifiaient des
Divins célestes et spirituels, c'esl-à-dil'e, des choses qui appartien­
nent au Ciel et à l'Église, et cela, parce qu'ils étaient Divins, et que
le Divin opèl'e toujours dans les derniers ù'après les premiers, et
ainsi dans le" plein; les del'lliel's sont les choses qui se mon trent dans
le Monde devanlles yeux; de là vient que le SeigneUl' s'est exprimé,
et que la Parole a été éc\'ite, d'après des choses correspondantes
dans la nature. Il en est de même du Miracle qui eut lieu pour
Naaman le lépreux d'apl'ès l'ordl'e d'Élisée; il en est parlé ainsi
dans le Livre Il des Rois: « Naaman le Syrien, affecté d'une
lèpre, reçut ordre d'Élisée, par un message, d'aller se [{wer
sept fois dml..~ le.f ourdain, et que sa chair reâendl'(lit, el qu'il
218 L'APOCALYPSE EXPLIQUEE, N" !J7a.

serait nettoyé; et Naaman, enfin, descendit et se plu//geadaus


le Jourdain sept fois, et alors sa chair lui revint semblable à
la chair d'un petit enfant, et il fut nettoyé. » - V. 10 t :t4;
- pal' Naaman le lépreux, qui était de la Syrie t étaient représent~
et signifiés ceux qui falsifJentles connaissances dunai et du bien
tirées de la Parole, cal'la lèpre signifie les falsifications t et la Syrie
les connaissances du vrai et du bien; pal' les eaux du Jourdain
étaient signifiés les nais qui introduisent dans l'Église, lesquels
sont les connaissances du vt'ai et du bien d'après la Parole, cal' le
fleuve du Jourdain était la pl'emièt'e limite par laquelle on entrait
dans la tel'l'e de Canaan, et pat' la terre de Canaan était signifiée
l'Église; c'était ùe là que les eaux du Jourdain signifiaient les vrais
qui introduisent, lesquels sont les premièt'es connaissances du vrai
et du bien d'après la Parole; c'est à cause de celte signification des
eaux du Jourdaill, que Naaman reçut ot'dre de s'y laver sept fois,
ce qui signifiait être purifié de vrais falsifiés; sept fois signifie le
complet, et se dit des ciJoses saintes, tels que sont les vrais Divins:
comme sept fois a celte signification, c'est pour cela qu'il est dit que
sa chair lui l'evint semblable à la chair d'un petit enfant; pal' la
chail' revenue il est signifié la vie spiriluell~, telle qu'elle est chez
ceux qui sont régénét'és pat' les Divins vrais. Comme pal' les eaux
du Jourdain étaient signifiés les vrais qui introduisent dans l'Église,
lesquels sont les connaisssances du vrai et du bien d'apl'ès la Pa­
. l'ole, et que par l'ablution. il y était signilié la plu'ification des faux t
el par suite la réformation el la l'égénération pal' le SeigneUl't c'est
pOUl' cela que fut institué le Baplême, qui Il {('abord fut fait dans
le Jourdain par Jean, Il'':-' Mallh. III, 11 à 16, Marc t I. 4 à 13;
- ce qui signifiait que d'apl'ès la Pal'ole on était inilié dans les con­
naissances sur le Seigneur, SUI' son avénemeot t et SUI' la salvalion
pal' Lui; et comme l'homme esl l'éfot'mé ett'égénéré par le Seigneur
au rnoyeI! des vl'ais d'après la Parole, c'est pOUl' cela que le Bap­
tême a été commandé pal' le Seigneur, - Matth, XXVIII. Hl;
- car c'esl au moyen des vl'ais d'après la Pal'ole que l'homme est .
l'éfol'mé et régénél'é, et c'est le Seigueur qui l'éfol'me el régénère;
voir SUI' ce sujet de plus gl'ands délails dans la DOc.IRJNE DE LA
~OUVELLE JÉ.RUSALEl'tI, N°' 202 il 210. l( Jean a dit, que lui,
il baptisait d' ellll, mm:~ que le Se(qllelll' baptiserait d'esprit
Vel's.ll1. CHAPITRE SEPTIÈME 219
saillt el de feu. » - Luc, lll. 16. Jean, I. 33; - par là il est
entendu que Jean les a seulement inaugurés d'après la Parole dans
les connaissances sur le Seigneur, et les a ainsi préparés à Le rece-
VOil', mais que le Seigneur Lui-Même régénère l'homme pal' le
Divin Vr'ai et le Divin Bien qui procèdent de Lui; cal' Jean repré-
sentait la même chose qu'Élie, à savoir, la Parole; les eaux dont
Jean baptisait signifiaient les vrais qui intl'oduisent, lesquels sont
les connaissances sur le Seigneur d'après la Parole; l'esprit Saint
signifie le Dh'in Vl'ai procédant du Seigneur', le feu signifie le Divin
Bien procédant de Lui, et le Baptême signifie la régénération par
le Seigneur au moyen des Divins Vrais d'après la Parole, S'il a été
institué des Ahlutions dans les Églises Anciennes, et si ensuite elles
ont été remplacées par' ~es Baptêmes, qui cependant ne sont que
des rites l'eJll'ésentatifs et signilicatifs, c'était afin que le Ciel fl1t
conjoint avec le Genre Humain, et spécialement avec l'homme de
.l'Église ; en effet, le Giel èst conjoint à l'homme, quand l'homme
est dans les dernier's, c'est-à-dir'e, dans les choses qui sont dans le
Monde quant à son homme nalurel, et dans les choses qui sont dans
le Ciel quant à son homme spil'ituel, autrement il ne peut pas y
avoir' conjonction; c'est pour cette rai~on que le Baptême et aussi
la Sainte Cène ont été institués, et que la Parole a été écrite au
moyen des choses qui sont dans le Monde, et contient en soi un sens
spirituel dans lequel il ya les choses qui sont dans le Ciel, ou llien
que le sens de la lettre de la Parole est naturel ct contient en soi un
sens spir'ituel; que la Parole conjoigne par là les Anges du Ciel
avec les hommes de l'ltglise, on le voit dans le Tr'aité DU CIEL ET
DE L'ENFER, No' 303 à MO; et dans l'Opuscule du CHEVAL BLANC,
du commencement à la fin; puis, dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE
JÉRUSALEM, on voit que la Sainte Cène conjoint, N°' 210 à 222; de
même aussi le Baptême: mais dans ulle grande en'eUl' est celui qui
croit que le Baptême fait quelque chose pour' le salut de l'homme,
si l'homme n'est pas en même temps dans les vrais de l'Église et
dans la vie selon ces vl'ais; car le Baptême est un externe qui sans
l'interne ne faill'ien pour le salut, mais qui agit tOl'sque l'externe a
été conjoint à l'interne; l'interne du Baptême, c'est que pal' les vr:lis
d'après la Parole et pal'la vie selon ces vl'ais les faux et les maux sont
éloignés pal' le Seigneur, cl qu'ainsi l'homme est "égénéré, comme
220 L'APOCALYPSE EXPLiQUEE. 1\°675.

le Seignem' l'enseigne aussi dans Matthieu, Chap. XXIII. 2ô, 26,


pal' les paroles qui ont été expliquées ci-dessus dans cet Article.
lt7G. Et ils ont, blanchi leurs robes dans lesllng de l'A­
gneau. signifie l'implantation dit Divin Vrai par le Sei­
gneur : on le voit par la signification de blanchir le.~ robes, en
ce que c'est dépouiller les faux et revêtit' les vrais, cal' le blanc et
êtl'e blanchi se disent des vl'ais, el les robes signifient les vrais; que
le blanc et êtl'e hlanchi se disent des vl'ais, on ie voit ci-dessus,
N° 196; et que les l'obes signifient les vrais dans le commun, on
Je voit aussi ci-dessus, N° 395; il est dit blanchir les l'obes, parce
que les vêtements de ceux qui sont dans les faux apparaissent obs­
CUl'S dans le Monde spirituel, et même couverts de laches, et les
vêtements de ceux qui sont dans les tentations apparaissent sales;
mais dès qu'ils sortent des lenlations, comme alors ils ont été rem­
plis de Divins Vrais, il appal'att sur eux des vêlemenls blancs et
resplendissanls sans laches, ainsi qu'il vient d'êtl'e aussi l'appOl'té
ci-dessus; c'est de lil que par « ils onl blanchi leurs rohes, il ~st
1)

signifié qu'ils ont dépouillé les faux et ont revêtu les vrais; et pal'
la signification du sang de l'Agneau, en ce que c'est le Divin
Vrai procédant du SeigneUl'"ainsi qu'il a été ditci-dessus, N° 329 ;
et comme dans les tentalions les faux sont dissipés, et que les vrais
sont implantés dans l'homme, c'est pOUl' cela qu'en général pal'
(1 ils ont blanchi leurs ['otes dans le sang de ['Agneau, )) il est si­
gnifié l'implantalion du Divin Vrai par le SeigneUl'. Dans le sens
de la letll'e de la Parole, par le sang de l'Agneau il est entendu la
Passion de la croix, mais dans le sens intel'lle ou spirituel il est en­
tendu le Divin Vl'ai procédant du Seigneur, car par ce vrai l'homme
est pUl'ifié des faux et des maux, c'est-à-dire que ses vêlements
sont blanchis; la Passion de la Cl'oix a été la dernièl'e Tentation du
Seigneur, par laquelle il a pleinement subjugué les enfel's et glorifié
son Humain; après avoir achevé et complété ces choses, le Seigneur
a envoyé le Pal'aclet, l'espl'it de vérité, pal' lequel il est entelldu le
Divin Vrai pl'océdant de son Humain glol'ifié, comme jll'enseigne
Lui-Même dans Jean, VII. 39, et ailleurs; par ce vl'ai, à savoir,
le Divin VI'ai, quand il es~ l'eçu, l'homme est réfol'mé et \'égénéré
pal' le ScigneuJ', et il est sauvé, mais non (laI' le sang l'épandu sur
la cl'oix ; de plus longs détails ont élé donnés sur ce sujet dans la
\'e1's. 14. CHAPITRE SEPTIÈME, 221
DOCTRINE J)E LA Nom'ELLE Jl;'RUSALE·M; voir N~' 293, 294; et
dans ce qui a été recueilli des ARCANES CÉLESTES dans le même
Traité. Cela aussi peut être vu en ce que les Vêtements des Anges
appal'aissent hl'illants de blancheur et d'éclat, non d'après la foi el .
la pensée concernanl le sang du Seigneu~ sur la croix, mais d'a­
près le Divin Vrai procédanl du Seigneul' chez eux; cal', ainsi qu'il
a été dil ci-dessus, leurs vêtements sonl tous selon les vl'ais che
eux; el il n'est pcr'mis il aucun Ange de penser il la Passion du
Seigneur, mais ils pensen~ il sa Glorification, el à la réception du
Divin qui procède de Lui.
477. C'est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, 8i­
gnifie que de lti vient qu'ils Ollt été conjoints au Seigneur: on
le voil pal' 'la signification d'être devmlt le trône de Dieu, en ce
que c'esl êlre conjoinl au Seigneur; que la conjonction a\'ec le Sei­
gneul' soit signifiée par se tenir autour du trOne de Dieu, on le voit
ci-dessus, N° 1162, il en est de même par être devant le lrOne de
Dieu; par Ct devant le lrône de Dieu, Il il esl entendu devant le Sei­
gneur, cal' le Seigneur étail sur le ll'()ne, comme il est dit dans le
Ver'sel suivant, 17 : <c L'Agneau, qui est dal'/,'i le milieu du
trône, les paill'a. Il
1178, Et ils Le servent jour et nuit dans son Temple, si­
gmfie qu'ils sont continuellement tenus dans les vrais dans
le Ciel: on le vOil par la signification de servir, en ce que cela est
dit de ceux qui sont dans les vl'ais, 'ainsi qu'il "a éll'e montré; par
la signification de jour et nuit, en cc que c'est conlinuellcmeOl el
en tout état, comme il va aussi &l'e montl'é; el par la signification
du Temple de Dieu, en ce que c'esl le Ciel où ['ègne le Divin
VI'ai, ainsi qu'il a élé dil ci-dessus, No' 220, 391; d'après cela,
par ces paroles il est signifié qu'ils sonltenus continuellement dans
les vrais dans le Ciel; si elles ont celle signification, c'est pal'ce
qu'elles ont été diles de ceux qui, lorsqu'ils vivaient dans le Monde,
onl été dans les faux d'après l'ignOl'ance, comme il a été montré
ci-dessus; el ceux qui sont dans les faux d'après l'ignorance, et
néanmoins dans le hien de la vie selon lem' religion, ne peuvent
pas être sauvés avant que les faux chez eux aieOl été éloignés, atin
que les vrais soient implantés à la place, et les vrais sonl implantés
pendant les tenlations; c'est pourquoi, quand ils sorlent des lenta­
222 T.... APOCALYPSE EXPLlQU(m, N"478.
Hons, les faux restent néanmoins, quoiqu'éloignés pal' les nais,
car aucun mal ni aucun faux ne peut êtl'e entièrement Oté de
l'homme, de l'esprit el de \'Ange, il ne peut qu'être éloigné; en
effet, ils sont détournés de leurs maux et de leurs faux, et soht
tenus dans Je bien et dans le vrai par le Seigneur, et quand cela est
fait, il lem semble qu'ils sont sans man x et sans faux; de là vient
que si ceux qui ont été dans les faux d'après l'ignorance dans le
Monde, n'étaient pas continuellement tenus dans les \'l'ais par le
SeigneUl', ils ,'etomheraient dans les faux: c'est donc là ce qui est
entendu pal' Cl ils Le servent jour et nuit dans son Temple; II Je
Temple aussi signifie le Ciel où règnent les vrais, D'avoir été dans
le bien de la vie selon leur l'eligion, cela les sa.uve, il est \(rai, mais
ne les sauve pas tant qu'ils sont dans Ic& faux, c'est pour cela qu'a­
près la vie dans le Mond~ les faux chez eux sont éloignés; s'ils ne
peuvent pas être sauvés auparavant, c'est parce que le bien tire son
essence des vrais, cal' le bien est l'f)re du \'l'ai, et le vrai est la
forme du bien, c'est pourquoi tels sQnt les vrais, tel devient le hien;
d'apl'ès cela, il est encore évident que, quoique quelqu'un vive hien,
il ne peut néanmoins venir dans le Ciel avant d'être dans les nais:
dans ce but, il y a des lieux d'instl'uclion pour ceux qui doivent
venit' dans le Ciel, car personne n'y peut venir avant d'avoir été
in~truit; quant à l'instruction et aux liellx d'instruclion pour ceux
qui doivent venir dans le Ciel, voir dans le Traité DU CIEL ET DE
L'ENFER les N°' 512 il 520, Il est dit qu'ils Le sel'vent jour et nuit.
dans son Temple, et pal' là il est entendu, non pas qu'ils sont con­
tinuellement dans un Temple, oU.continuellement dans le culte ct
dans les pl'ières, cal' i111'en est pas ainsi dans les Cieux; là chacun,
comme dans le Monde, est à sa fonction et à son travail, et pal'fois,
comme dans le Monde, dans un Temple; mais cependant ils sont
. dits servir le Seigneur jour et nuit dans le Temple, quand ils sont
continuellement dans les vl'ais, car ainsi ils servent sans cesse inté­
rieurement; en eftet, chaque esprit hon et chaque Ange est son
vrai et son bien, car ils sont <les affections du vrai et du bien,
l'affection ou l'amou\' rait la vie de chacun; c'est pOUl'quoi ceux qui
sont dans l'affection <lu vrai servent continuellement le Seigneur,
même quand ils sont dans leul's fonclions, leurs négoces et lems
tl'llvaux, cal' l'affection au dedans règne continuellement, et elle
Vers. i5. CHAPITRE SEPTIÈME. 223
sel't; c'est aussi ce sen'ice que le SeigneUl'veut, et. non pas qu'on
soit continuellement dans des Temples et dans le culte; être dans
des Temples et là dans le culte, et ne pas être dans les vrais, ce
n'est pas servil' le Seigneur; mais servir le Seigneur, c'est être dans
les vl'ais, et agir en toute chose avec sincérité et' justice, cal' alors
les vrais mêmes, les choses sincères et les ehoses justes, qui sont
chez l'homme, servent le SeiglleUl'; pal' ces choses aussi l'homme
apl'ès la vie dans le Monde peut être dans le Ciel, mais non par le
culte seul, cal' le culte sans ces choses, pal' conséquent sans le's
vrais, est un culte virJe dans lequel l'inOux ne tombe pas. Dans la
Parole il est dit sel'vil' et administrer, et aussi serviteul's et minis­
tres; ceux qui sont dans les vl'ais sont appelés serviteurs du Sei­
gneur, et il est dit qu'ils Le sen'ent ; et ceux qui sont dans le bien
sont appelés ministres du Seigneur', et il est dit qu'ils administl'ent
pour Lui; que dans la Parole ceux qui sont dans les \'l'ais soient
appelés serviteurs, on le voit ci-dessus, N° 6, et que ceux qui sont
dans le bien soient appelés ministres, on le voit, N° 155.
lJ79. Et Celui qui est assis sur le trône habitera ,~u.r eux,
signifie l'ill/lux du Dù:ill Bien dans les vrais chez eux: on le
\'oit pal' la signification de Celu.i qui est assis sur le trône, en ce
que c'est le Seigneur quant au Divin Bien, ainsi qu'il a été dit ci­
dessus, N°' 297, 3lJ3, lJ60; I)t pal' la signification d'habiler sur
eux, en ce que c'est inti uer avec le bien dans leurs vl'ais; car dans
la Parole habite" se dit du hien, d'où il suit que pal' les habitants
sont signifiés eeux qui sont dans le hien; lors donc qu'habilel' se
dit du Seigneur, comme ici habitel' sm' eux, c'est l'intlux du Divin
Bien qui est signifié; que ce soit l'influx dans les vrais, c'est parce
qu'il vient d'être question des vrais chez eux, et aussi pal'ce que
tous ceux qui sont dans les CieLlx sont tenus dans les vrais pal' le
Seigneur au moyen de l'inllux du Divin Bien dans ces nais; en
effet, le Divin Bien ne peut influel' que dans les vl'ais, parce que
les vl'ais ex istent d'apl'ès le hien, cal' ils sont les fOl'mes du bien;
c'est poU\' cela qu'il est nécessaire que l'homme soit dans le bien,
car par le bien le Seigneur influe dans les vrais qui cOI'l'espondent
au bien; celui qui croit que le Seigneur influe immédiatement dans
les vl'ais chez l'homme est dans une grande eI'l'eur; mais il a été
traité de cet influx dans les ARCANES CÉT.ESTES, à savoir, que l'ln­
22ft l' APOCALYPSE EXPLIQUEE. X· 479.

IIJlX du Seigneur est dans le bien cAez l'homme, et pal' le bien dans
les vrais qui sonl chez lui, mais non réciproquemenl, N°' 5482.
5649, 6027, 8685, 8701. 10153; que par le bien il y a Influx
dans les vrais de tout genre, pl'incipalement dans les Vl'ais l'éels,
N°' 2531, 255â ; que dans le bien il y a faculté de recevoir .les
vrais. N° 8321; qu'il n'y a pas influx du Seigneur dans les vrais
séparés du bien, N°' 1831,1832, 351ft, 3564. Maintenant, d'a­
près ces observations, on peut voir comment les choses, qui sont
contenues dans ce Verset et dans le précédent. sont liées ensemble,
c'est-à-dil'e que ceux chez qui le Seigneul' a implanté les yrais pal'
les tentations, sont continuellement tenus dans les vl'ais par l'influx
du Divin Bien dalls ces YI'ais. Que dans la Parole habiter se dise du
bien. on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, No' 2268, 2lJ51,
2712, 3613,8269,8309.10153 : et que l'Hahitacle du Seigneul'
soit le· Ciel et l'Église quant au bien, ainsi le bien du Ciel ctde
l'Église, et respectivement à l'homme le hien chez lui, on le voit,
No' 8269, 8309.
480. Ils n'auront plus (aim el ils n'auront plus soif, si­
gnifie que le bien et le vrai, et par conséquent la félicité, ne
leur manqueront point: on le voit par la signification d'avoir
faim, en ce que c'est le manque de bien. ici donc ils n'auront point
faim, c'est que le bien ne leur manquel'a point; et pal'Ia signification
d'avoir soif, ell ce qlle c'est le manque de vrai, ici donc ils n'au­
ront point soif, c'est que le vrai ne leU!' manquera point; si par les
mêmes pal'oles il est signifié aussi la félicité, c'est pal'ce que toute'
félicité et toute béatitude, dont jouissent les Anges dans le Ciel.
viennent du bien el du vrai qu'ils reçoivent du SeigneUl'. et sont
selon ce bien et ce vl'.ai, c'est-à-dire, selon la l'éceplion du bien et
du vrai; que touLe félicité céleste.. ou que loute joie céleste, soit
dans l'affection du bien et du vrai, par conséquent dans le mariage
du bien et du vrai, dans lequel sont les Anges, on l~ voit dans le
Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, No' 395 à 6U, Si li ils n'aul'ont point
faim)) signifie que le' bien ne leUl' manquera point, c'est pal'ce que
pal' le pain est sig~ifié le bien de l'amolli', cl qu'avoir faim se dit du
pain et de la nourriture; et si li ils n'alll'out point soif signifie que
1)

le vrai ne leul' manquera point, c'est pal'ce que par l'eau et 10 "in il
est signifié le vrai, et qu'alToir soif se dit de l'eau et du vin; de là
Vers. :16. CHAPITRE SEPTIl~ME. 225
vient que ùans la Parole il est dit bien des fois avoir faim el avoir
soif, pal' quoi il est entendu, non pas la faim et la soif naturelles,
mais la faim et la soif spirituelles, qui sont la privation, le manque
el l'ignoranee des counaissances du vrai et du bien, et en même
temps le désir de les avoir; que ce soit là ce qui est signifié dans la
Parole par avoir faim et avoir soif, ou pat' la faim et la soif, on le
voil ci-dessus, N° 386, où plusieurs passages snI' la faim el la soif
ont été rapPol'tés et ex pliqués.
!l81. Et point ne tombera sur eux le soleil, ni aucune ('ha-
leur, signifie qu'il /t'y aura en eux ni mal ni (ma: d'après
[es convoitises: on le voit pal' la signification du soleil, en ce
qu'il est le Seigneur quant au Divin Arllour, et chez les hommes,
les esprits et les anges, le bien de l'amour d'après le Seigneur en-
vers le Seigneur, et en ce que dans le sens opposé, comme ici, c'est
J'amour de soi, et pal'. suite le tnal d'après les convoilisg, ainsi
qu'il a été montré ci-dessus, N° !lOi, et dans le "Traité DU ClEL ET
DE L'ENFER, N°s 116 il 125; et par la signification de la chaleur,
en ce qu'elle est le faux d'après ce mal, par conséquent le f:Îux d'a-
pt'ès les convoitises; en effet, lorsque l'homme est dans l'échauffe-
ment, c'est-à-dire, quand il est échauffé par la chaleur, il désire
hoire pour, dissiper l'échauffement, c,ar il est altél'é; et par se désal-
térel' et boire il est signifié puiser des vrais, et dans le sens opposé
pnisel' des faux, par la raison que l'eau et le l'in, avec lesquels on se
désaltère ou qne l'on hoit, siguifient les nais, Que l'échauffement
(œstus) signifie le faux d'après la convoilise, ou la convoitise pO\ll'
le faux, on peut le voir par les passages suivants; dans Jérémie:
« Heureux l'homme qui se confie en J éhonah! el il sera
comme un arbre planté près des eaux, qui le 100.~g du torrcnt
étend ses racines; el il ne verril point quand m'ent l'échauffe-
ment, mais sa (euille SC1"a verdoyante; et dans l'année de la
sécheresse il ne sera point troublé, el ne cessera point de
porter du (ruit. )) ~ XVII. 7, 8; - l'homme qui se laisse con-
duire pal' le Seigneur est comparé à un urbl'e, à sa croissance el à
sa f1'uctifieation, parce que par l'al'bre dans la Parole il est signifié
la connaissance et la per'ception dn vrai et du bien, par conséquent
l'homme dans lequel il y a celle connaissance et celte perception;
par l'arbre planté prè.c;·des caux, il est entendu l'homme chl',z qui
Ill. 15.
226 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N' 48L

il Ya les vrais par le Seigneul', les eaux sont les vrais; II qui le
long du torrent étend ses racines, ) signifie l'extension de l'intelli­
gence de l'homme spirituel dans l'homoie natUl'el; cela est dit parce
que par le tonent est signifiée l'intelligence, et parce que les racines
sont poussées de l'homme spirituel dans l'homme naturel; (( il ne
vefl'a point quand vient l'échauffement, Il signifie qu'il ne sera point
affecté de la convoitise du faux; mais sa feuille sera vel'doyante, ))
(1

signifie les scientifiques qui vivent d'aprèg les vrais, la feuille si­
gnifie le scientifique, et le vel't ce qui vit d'après les nais; (( et dans
l'année de la sécheresse il ne sera point tl'oublé, et ne cessera point
de portel' du fruil, Il signifie que dans l'état où il n'y a ni vrai ni
bien, il ne craindra point de les perdl'e ni d'en être privé, mais qu'a­
lors même les nais conjoints au bien fr'uctifieront; l'année de la
sécheresse signifie l'état de la perte et de la pl'ivation du vrai; cela
est dit," pa l'ce que chez les espl'its et chez les anges les états alter­
nent; sur celle alternalion, voù' dans le Traité DU CIEL ET DE
L'ENFER, Nos 1M à 161. Dans Ésale : (( Tu es delJenU un rem­
part pour le pauV7'e, un rempm't pOll1' l'indigent, quand il est
dans l'allgois.~e, un refuge contre l'mJerse, llne ombre l'ont/"e
le hâle, car l~esprit des violents (est) comme une inondation
de mumille. Comme la sécheresse en U1l lieu aride, le tumulte
des étmngers tu abattras, (comme) le hâle pm" l'ombre d'une
nurf, le sarment des violents il l'éprimera. )) - XXV. !J, 5;
-- pal' le pauvr'e et l'indigent sont signifiés ceux qui sont dans le
manque de bien d'après l'ignorance du vrai, et qui cependant dési­
rent le hien elle vrai; il est dit averse et hâle (œstus), quand s'é­
lèvent et influent des maux ct des faux d'apt'ès le propre et aussi
d'après les autres qui sont dans le mal; l'esprit des violents signifie
ces maux et ces faux contre les biens et les vrais de l'Église; sont
appelés violents ceux qui s'effol'cent de détl'llire les hiens et les vrais,
et leur esprit signifie la cupidité de détruire; (( le tumulte des étran­
gers tu abattras, Il signifie que le Seigneur apaisera et supprimera
l'irruption des faux d'après le mal, le tumulte signifie l'ifl'uption,
les étranger's signifient les faux d'après le mal, et abattre signifie
apaiser el supprimer; (e le hâle pal' l'ombre d'une nuée il réprimera,l)
signifie qu'il mettl'a à j'abri des convoitises du faux, le hâle est la
-convoitise du faux, et l'ombre d'une nuée est la protection contre
Vel's. 16. CHAPITRI~ SEPTIÈME. 227
elle, car l'omure d'u,ne nutle tempère la chaleur du soleil et en apaise
l'ardeur. Dans Jé/'émie : Il Son cadavre sera exposé li la cha-
leur pendantlejou]', et au (roid pendulItla /luit, l) - XXXVI.
30;-ces paroles ont été dites de Jojakim, Roi de Jehudah, après
qu'il eutllrù.lé le volume écrit par Jérémie, et pal' ce fait il est si-
gnifié que lès vl'ais de l'Église doivent périr par la con.voitise pOUl'
les faux et pal' suite pal' l'aversion pour les vrais; pal' les Rois de
Jehudah étaient repl'ésentés' et pal' suite signifiés dans la Parole les
vl'ais d'après le bien, et ici pal' ce roi est signifié le vl'ai de l'Église,
lequel doit périr; pal' le volume qu'il brùla est signifiée la Pal'ole,
elle est dite être brOlée quand elle est falsillée et adultérée, ce qui
arrive pal' la convoitise du faux d'après le mal;' par le cada\Te est
signifié Vhomme de l'Église sans la vie spirituelle, qu'il possède pal'
les vrais d'après la Pal'ole; quan(l cène vie est éteinte, il ne désire
que les faux et il a en aversion les vrais, de là il devient mort, et
dans le sens spirituel un cadavre; la convoitise pOUl' les faux est si-
gnifiée pal' la chaleur pendant le jour, et l'aversion pOUl' les vl'ais
pal' lé froid pendant la nuit; Cal', pOUl' ceux qui SOllt dans les faux
d'après le mal, quand intluc la lumière du Ciel, qui est dans SOIl
essence le Divin Vrai, il )' a froid, ct ['intensité du froid est en l'ap-
port avec l'ardeul' du faux d'après le mal. Dans le Meme: Cc Quand
ils seront échauffës, je les mettrai en festills, et je lcs cm\re-
rai, afin qu'ils bondiss-ent, et qu'ils s'endorment d'ult som-
meil sticulaire et ne se ré1)eiltent point, Il . - LI, 39; - ces
choses ont été dites ùe Babel, pal' laquelle est signil1ée la profa-
nation du bien et du vraj; u quand ils scront échauffés, Il signifie
l'ardeul' el la convoitise de falsifie" les vl'ais el d'adultérer les biens;
les mettre en festins, les euil'rcr et bondir, signilie d'après les falsi-
ficalions être insensé à Ull extrême degr'é; Icul's festins signifient
les adullél'atiolls du bien el dlt Hai, l'iVl'esse et le bonùissement
signillent les folies au suprême degré, ou des folies extrêmes; s'en-
dormir d'un sommeil séculaire et ne se poinlré\'eiller, signifie qu'à
étel'nité ils ne pel'cevrollt pas les vrais. Dans Rosée: Il Tous Wllt
échauffés comme le (our, et ils dévoreltt leurs juges; tC?ltS lell7's
rois tombent, personne qui cric parmi eux vel'S lI1oi. » -
VIL 7; - êtl'C échauffé comme le l'OUI' signifie convoi leI' le faux
d'après l'amour du failx ; u ils dél'orcnt lellt's juges, ,LOUS /enrs l'Ois
228 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N' IISt.

tombent, Il signifie perdre toute intelligence après avoil' perdu les


vrais qui la constituent, les juges signifient les intr.lligents, et dans
le sens abstrait les choses qui appal'tiennent à l'intelligence, et les
rois sigpifient les vrais; Cl personne qui crie parmi eux vers Moi, Il
signifie que personne ne s'inquiète des vrais d'après le Divin. Dans
.Job : (1 Il ne l'egarde point le chemin' des vignes; la séfheresse
et la chalezll" enlb,eront les faUX de neige. Il - XXIV. 18,
19; - ne point regarder le chemin des vignes, c'est ne point esti­
mel' les vrais de l'Église; Cl la sécheresse et la chaleur enl~veront
les eaux ~e neige, Il signifie qne le manque de Vl'ai et par ,suite la
convoitise pOlir le faux détruiront tous les vl'ais réels, les eaux de
neige sont les vl'ais "éels, Dans l~saïe : Cl Il dira altX pri,~onnieJ's:
Sortez; et à ('eux qui sont dam les {bièbres : Montl'ez-vous;
sur les chemins ils pailront et parmi tous les coteaux leurs
pâturages; et ils n'altl'ont point faim, et ils n'auront point
soif, et ne les frappera point la chaleur, ni le ,wleil, car celui
qlli a pitié d'eux les condwhl, de telle sorte que même à des
fon~aines d'eaux il les cOlldllil'a. Il - XLIX. 9, 10; -- ce que
c.es paroles signilient, il n'est pas besoin de l'exposer en pal'ticnlier,
puisqu'elles sont semblables à celles qni sont maintenant expliquées
dans l'Apocalypse; il est -dit ici: li Ils n'auront plus faim et ils n"au­
l'ont plus soif, et point ne tomber'a sur eux le soleil, ni aucune cha­
leul'; ~al'ce que l'Agneau les paUI'a, et les conduira vers de vivantes
fontaines d'eaux; Il ces paroles dans l'Apocalypse ont été dites du
Seigneur, il en est de même dans le Prophète; par les Iwisonniers,
auxquels il di l'a Il sortez, Il et par ceux qui sont dans les ténèbres,
auxquels il dira Il montrez-vous, sont signifiés aussi les gentils ou
1)

nalions qui ont vécu dans le hien selon leur religion, et ont néan­
moins été dans les faux d'après l'igno/'ance; ceux-ci sont dits pl'i­
sonniers quand ils sont dans les tentations, et les ténèbres sont les
faux d'après l'ignorance; Cl la chaleur ne les fl'appcl'a point, Il si­
gllifie que le faux d'après la convoitise ne les affectera point. Dans
l'Apocalypse: Cl Le quatrième Ange vel'Ul sa fiole sur le so­
leil, et il lui fUl donné d'afllign' df' chalell1' les hommes par
le (ell; et furent échauffés les homme,ç d'une chaleur grande,
et ils blfl8phémèl'ent le nom de Dieu. 1) - XVI. 8, 9; - mais
ces paroles seront expliquées en leur lieu; voù' plus bas. Comme
Vers, 16. CHAPITRE SEPTIÈME. 22\1
le Soleil sigllifie le Divin AmoUl', c'est de là aussi qne la chaleul'
signifie un al'dent désir pOUl' le vrai, cor\lme dans Ésaïe, XVIII.
4; et Zacllal'ie, VllI, 2, où la cJl1~lell1' (œstus) est atll'ihuée à'
, Jéhovah, c'est-à-dire, au Seigneur. Dans beaucoup de passages la
colère et l'emportement sont attribués à Dieu, eL par la colère il est
signifié le zèle poUl' le bien, et pal' l'emportement le zèle pOUl' le
vrai; cal' dans la Langue originale l'empol't(~ment et la chaleul'
(œ,~Lus) sont exprimés pal' le même mot.
482, Parce que t'Agneau, qui es/. dans te milieu du trône,
les paiL1'flJ signifie que le Seigneur les insLruira par le Ciel:
on le voit pal' la signification de l'Agneall, en ce qu'il est le Sei-
gneur quant au Divin Vrai, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N°' 297,
343, 1160; pal' la signification du LI'ône, Cil ce qu'il est le Ciel,
comme aussi ci-dessus, N° 253; dan.~ le mi/ù:it du Ll'ône signilie
dans tout le Ciel, car dans le luilieu signifie dans tous et dans
chacun ou dans le tout; voir ci-dessus, N° 313; et pal' la signifi-
.cation de paîLre, en ce que c'est instl'uire, ainsi qu'il va être ex-
pliqué; il suit de là que par (( l'Agneau, qui esL dans le ,'uilieu du
trOne, les pail l'a, Il il est siguilié que le Seigneur pal' le Ciel les ins-
tl'uÏl'a. Ici il est dit que l'Agneau, qui est dans le milieu du trOne,
les [lalll'a, et plus haut il est dit que Celui qui est assis SUI' le trône
habitel'a SUl' eux, d'où il e~t bien évident que pal' l'un et l'aull'e,
Celui qui est assis SUI' le Il'One et l'Agneau qui est dans Je milieu
du trOne, il est eiltendu le Seigneur, mais que pal' Celui qui est
assis sur le trOne il est enteudu le Seigneur' quant au Divin Bien,
et pm' l'Agneau dans le milieu du tronc le Seigneur quant au Divin
Y~ai; cal' habiter, qui est dit de Celui qui est assis SUI' le trône,
s'emploie à l'égal'd C\U bien; ')oir ci-dessus, N° l1ï9; et paill'e, qui
est dit de l'Agneau, s'emploie à l'égard des vrais, car patlre signifie
instruire dans les vJ'ais : dans la Pal'ole de l'Ancien Testament il
est dit très-souvent Jéhovah et Dieu, et aussi Jéhovah et le Saint
d'Israël, et pal' l'un et J'autre il est entendu le Seigneur seul, par
Jéhovah le Seigneul' qu:;nt au Divin Bien, et par Dieu et aussi pal'
le Saint d'Israël le Seigneur' quant au Divin Vrai; il est dit ainsi à
cause du mariage du Divin Bien et du Divin Vrai dans chaque
chose de la Parole, Que patll'c signine insll'Uire, on peut le VOil'
sans ex (l1ic.alion ultérieure, puisqu'il a été reçu en usage d'après la
2:~O L'A POCALYPSg I~XPL{QUl~K N" 482.
Parole d'appelel' PasteUl's ceux qui instruise.nt, et Troupeau c~ux
qui appl'ennent; mais on ne sait pas encore pourquoi ils sont ainsi
nommés, je vais par conséquent le dil'e : Dans le Ciel oit sont l'e­
présentatives toutes les choses qui apparaissent devant les yeux, car
SOllS IIne nppal'ence naturelle elles représentent les spirituels que les
Anges pensAnt et dont ils sont affectés, les pensées el les affections
des Anges se présentent ainsi devant leurs yeux dans des formes
telles que les formes qui sont dans le monde, ou dans des formes
semblables à celles des choses naturelles; et cela, d'apr'ès la cones­
pondanr..e q~i a été établie pal; le Seigneur entre les choses spirituelles
et les choses natUl'elles, correspondance dont il a élé padé en beau­
coup d'endroits, et dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°s 87
à 102 et N°· 103 à 11 5. C'est d'après celte correspondance qlle
dans le Ciel il apparall des troupeaux de brebis, d'agneaux et de
chèvres, qui paissent dans des lieux pleins de ver'dure et aussi dans
des jardins, :fpparences qui existent d'après les pensées de ceux qui
sont dans les hiens et dans les \'l'ais de l'Église, et eux pensent al'ec
intelligence et sagesse d'après ces apparences; de là vient donc que
dans la Pal'ole il'est dit si souvent troupea.u, puis aussi pâturage,
pailre et pasteur; cal' la Parole dans la lettre se compose de choses
, qui apparaissent devallt les yeux dans le Ciel, pal' lesquelles il est
signifié des spirituels qui correspondent.'puisqli'on sait dans l'Église
que pal' paître il es.l signifié instruire, par le pâturage l'instl'ucHon,
et pal' le pasteu\' celui qui instruit, je vais seulement sans autre
ex plication en l'apporter qnelqnes Pilssages, où pallre et le pâtu­
rage sont nommés; daus Ésaïe : (1 Tes troupeaux paîtront en
ce Jour-là dans une prairie large, » - XXX. 23, - Dans le
Même: (1 Comme un pasteur son troupeau il paîtra, sur son
bras il recueillera les agneaux, doucement il conduira celles
qui allaitent, Il - XL. H. - Dans le Même: (1 Il dira aux
prisimnz'el's : Sortez; et à ceux qui sont dans les ténèbres:
J11 ontrez-vous; sur les chemins ils paill'ont, et parmi tous le,ç
coteaux leurs pâturages. » - XLIX. 9. - Dans Jérémie:
(( Contre les pasteurs qui paissent mon peuple: Vous, vous
m~ez dispersé mon troupeau; ci cause de la malédiction dans
le deuil est la terre, flhris ont été les pâturages du désert. n
- XXIII. 2, JO, - Dans le ~lémc : (( Israël paitraen Carmel
Vers. 17. CHAPITRE SEPTIÈME. 231
et en Basehan. )1 - L. 19. - Dans ÉZéchiel: Cl Moi, je chel'­
citerai mon troupeau, et je les rechercher.ai; je les pailrai
sur les montagnes d'Israël, dtms les litl> des r'ivières rt dans
toutes les habitations de la terre; dans un pâturage bon Je
les paitrai, et dans les mOJltagnel> de hautew' d'Israël ser'a
leur étable; là, ils coucheront dans une étable b07me, et 1111
pâturage gras ils paÎtront sllr les montages d'IsraëL. li ­
XXXIV. 11, '13, ~!J. - Dans Hosée : Cl Je les ai cOlînus dans
Le désert, daus La lerre de sécheresse; lorsqu'iLs ont eu Leur
pâturage. Il - XIII. 5, 6. - Dans Joêl : " Dans le tr'OltbLe ont
été Les bandes de gros bélail, parce qu'elles n.'aMiellt p{(.~ de
pâturage, et Les bandes de menu bélail ont été désoLées. Il ­
l. 18. - Dans Michée: « De Betltlédw/12 d'Éphmtah sortii'a
Celui qui se maintiendra et {era paÎtl'e dans la {oree de J ého­
vah. 1) - V. '1, 3. - Dans le Meme: Cl Pais ton peuple uvee ta
verge, le troupeau de ton IzéI'Ïlag6; qu'il.~ paissent eu Bas­
éhan et. en Giléad. Il - VII. H. ~ Dans Séphanic : Cl Les restes
d'Israël paitront et se reposeront. 1) -Ill. 13. -Dans David:
Cl J éhovalt (est) mon Pfl.Steur, je n'aurai point de dùetle; d(IIt.~

des pâturages d' herbe il me (era COll cher'. Il - Ps. XXlll. 1,


2. - Dans le Même: (1 Le Seignew' choisit David, de derrièr
celles qui allaitent il l'amena pour 'pailre Jacob son peupLe,
et Israël son héritage; il les a (ait paitre dans l'intégrité de
son cœur. Il - Ps. LXXVlll. 70, il, 72. - Dans le Meme:
(1 J élzovalt nous a laits, son peuple, et le troupeau de sa pâ­

ture; c'est pour'quoi, nous (sommes) son peuple et le troupeau


de sa pâtw·e. 1) - Ps. C. 3. - Dans Jean: Cl Jésus dit li Pierre:
M'aimes-tu? Il Lui dit : Tu sais que je t'aime. Il lui dit :
Pais mes agneaux. Une seconde (ois il Lui dit: Pais mes
brebis; et aussi une troisibne {ois: Pais mes brebis. Il ­
XXI. if>, 16, 17; - et dans beaucoup d'autres passages, dans
lesquels pailre signifie aussi instruil'c dans les vrais, et le pAturage
les vrais dont on est instruit.
!l83. ·E t tes conduira vers de vi1){lIlte.~ (ontaines d'ealà,
signifie dans les Divins Vrais: on le voit pal' la signilicalion des
vivantes (ontaines d'eaux, en cc qu'elles sont les Divins Vrais;
pal' vivant il est signilié ce qui vit d'après le Divin, pal' la fon­
·

232 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, JIi"b83.

taine la Parole, et par les eaux les vrais qui en pl'oviennent; dans
la Parole il est souvent dit les eaux vives, et par elles il est enlendu
les Vl'ais qui viennent du Seignelll' et sont reçus; si ces vrais sont
vivants, c'est parce que le Seigneur est la vie même, comme Lui­
Même l'enseigne, et que ce qui vient de la vie même est vivant,
tandis que ce qui vient de l'homme est mort; afin de donner la
vie aux vrais le Seigneur influe par le bien eI? eux, et le bien vi­
vifie; il intlue aussi du supérieur ou de ('inlél'ieul' ei ouvre le mell­
tal spirituel, et H y inlroduit l'affeclion du nai, et l'affection spil'i­
luelle du vl'ai est la vie même du Ciel chez l'homme. C'est celle
vie qui est insinuée dans l'homme par le Seigneur au moyen des
vrais; de là on peul voir cc qui est enlendu pal' les eaux vives, et
ici pal' les vivantes fontaines d'eaux, dans les passages suivants;
dans Ésaïe: « Les paum'es et les indigmts cherchent de l'eau,
mais point; leur langue de soif a défailli; j' oum'i1-ai sur les
coteaux des torrents, et au milieu des vallées des fontaines
je mettrai, le dése'I'l en éiang d'eaux, et la lerre sèche en
sources d'eaux, l) - XLI. 17, Hl; -là, il s'agit de la salvalion
des gentils pal' le Seigneur; ils sont dils plU\'I'es et indigents d'a­
p"ès le manque et l'ignorance du vrai; leur désir de savoir les vJ'ais
pal' ceux qui élaient dans l'Église, où il n'y avait pas de Vl'ais,
est décrit pal' « ils cherchent de l'eau, mais point; leUl' langue de
soif a défailli; 1) l'eau esl te vrai; a\'oir soif, c'est le désirel'; pal'
(( j'ouVl'il'ui sur les cote#;1ux dcs 101'I'Cllls, el au milieu des vallées des
fonlaines je meul'ai, l) il esl signifié qu'ils seronl instl'Uits par le
Seigneur; oU\Tir des lonenls, c'est don lier l'intelligence; dans les
coleaux, c'est dans l'homme intél'ieur; au milieu des vallées, c'est
dans l'homme extérieur; melll'e des fontaines, c'est inslruire dans
les nais; mellI'e le désert en étang d'eaux, el la len'e sèche eR
sou l'ces d'eaux, signifie l'abondance du vrai chez ceux qui aupara­
vant élaient dans le manque ell'ignol'ance du vl'ai; le désert, c'est
où il n'y a pas le bien parce qu'il n'y a pas le \Tai; la lerl'e sèche,
c'esl où il n'y a pas le vrai ni par suite le bien; l'élang d'eaux et
les sources d'eaux signifient l'abondance des connaissances du
vrai: ù'apl'ès cela, il est hien évident qu'ici, par les eaux, les fon­
taines, lcs sounes, les 101'I'cnts el les étangs d'eaux, il est stgDifié,
nOIl pas ces choses, mais les connaissances liu nai el pal' suite
Vers. i7. CHAPITRE SEPTIÈME, 233
l'intelligence, d'où résulle la salvaLion. DUlis le Même: u Voici,
votl'e pieu pour la vengeance viendra, et il vous sauvera;
alors sera le lieu al'ide en étang, el /e desséché en sow'ces
d'eaux, II - XXXV, Il, 7; - ces choses aussi ont été dites de
l'instl'Uction des gentils dans les vrais, et de leur réfol'lnalïon par
le Seigneur, lorsqu'il viendrait dans le monde, et par ces paroles,
li sera le liel~ aride en étang, et le desséché en sources d'eaux, ))

il est signifié les mêmes choses que ci-dessus paru le désel't sera en
étang ou en amas d'eaux, et la tene sèche en sources d'eaux. II
Dans Jérémie: Cl En pleurs ils viendront, et en prières je les
amène1'ai; je les conduirai t'ers des fontaines d'eaux' par lm
chemin de droiture, dans lequel ils ne bronche/'ont point, Il
- XXXI. 9; - ici aussi, il s'agit de la l'éception du Seigneul'
par les gentils; par (1 il les conduira vers des fontaines d'eaux pal'
un chemin de droiture, dans lequel ils ne bl'oncheront point, Il il
est signifié qu'il les instrui('a dans les vrais réels, Dans ]~saïe :
(c Ils n'aUl'ont point faim et ils n'auront point soif, et ne les
frappera point la ('haleur, ni le soleil; cm- celui qui a pitié
d'eux les conduira, de telle sorte que même il des fontaines
d'eaux il les conduira, 1) - XLIX, 10; - ici encore, il s'agit
de l'instl'uction des gentils pal' lè Seigneur; l'instruction dans les
vrais est entendue en ce qu'il les coDduira à des fontaines d'eaux;
ce que signifie avoir faim et avoit' soif, on le voit ci-dessus, N° !J80,
et ce que signifient la chaleur et le soleil, on le l'oit aussi ci-des­
sus, N° l181. Dans Joël: (1 El il arrivera en ce jour-là, que
les montagnes distilleront du moût, et que les collines cou­
leront en lait, et tous les 1'uisseaux de J ehudah couleront
en eaux', et une fontaine de la maison de J élLOt'ah sortira, et
elle w-rosaa le torrent de Schiuim. l) - IV. 18; - ce qui
est signifié pal' les monlagnes distilleront du rnoO~, les collines
(1

couleront en lait, el tous les ruisseaux de Jehudah coulel'ont en


eaux, )1 on le voit expliqué ci-dessus, N° !J33; et (1 une fontaine de
la maison de Jéhovah sortil'a, et elle afl'osel'a le torrent du Scbit­
tim, )) signifie que le Vrai venant du Seigneur par le Ciel illustrera
les scientifiques el les COD naissances qui sont duns le naturel. Dans
David: li Pat' de-t'ant te SeigneUl' tu es en ll'arail d'enfant,
ô ferre! par dewllt le Dieu de Jamb, qui change le rocher
23ft L'APOCALYPSE EXPLIQUÉK N° 483.

en étang d'eaux, le caillou en fontaine d'eaux. Il - Ps. CXI V.


7, 8; - ici, par étang d'eaux et fontaine d'eaux il est entendu
aussi les vrais en abondance, pal' lesquels il y a Église; cal' pal'
« lu es en travail d'enfant, 0 terre Il) il est signifié le commencement
de l'Église, qui est dite êtl:tl en travail d'enfant quand les \irais y
sont produits; la tene est l'Église. Dans le Méme : (( Jéhovah,
qui envoie les fontaines en torrents, POll1' qu'entre les mon­
tagnes elles aillent; à boire elles fournissent li la bête des
champs, les onagres en étanchent leur soif, près d'elles l'oi­
seau des deux habite. )l - Ps. CIV. 10, H, 12; - envoyel'
les fontaines en tOl'l'ents signifie donne.' l'intelligence par les vi'ais
d'après la Pa l'ole ; (1 pOUl' qu'entre les montagnes elles aillent, 1) si­
gnilie qu'ils viendl'ont du bien de l'amour, les fontaines sont les
vrais d'apl't:s la Parole, les torrents sont les choses qui'appar­
tiennent à l'intelligence, et les montagnes sont les hiens de l'amour;
pal' (1 à boi.'e elles foul'llissent à la hête.des champs, 1) il est signilié
l'instruction de ceux qui sont dans le bien de l'Église; pal' Cl les
onagres en étanchent leUl' soif, il est signifié l'insll'uction de ceux
1)

qui dans l'Église désil'CIlt les vrais; par (( pl'ès d'elles l'oiseau des
, cieux habite, 1) il est signifié que par suite l'entendement est per­
fectionné; par les bêtes des champs dans le sens spirituel il est en­
tendu les nations qui sont dans le bien de la vie; par les onagres, ­
le vrai natUl'el; pal' la soif, le désil' pour les vl'ais, et pal' l'oiseau
des cieux sont signifiées les pensées d'après l'entendement. Que
par la fontaine dans le sens supréme il soit entendu le Seigneur
quant au Divin VI'ai, ou le Divin Vl'ai par le Seigneur, par consé­
quent la Pa l'ole, on peut le voil' dans les passages suivants; dans
Jérémie: « Deux maux a fait mon peuple; ils M'ont aban­
donné, Moi, la Fontaine des eaux vives, pour se creuser des
fosses, des' fosses crevassées, qui ne retiennent point les eaux. Il
- II. 12, t3; - ici, Jéhovah, c'est-à-dil'e, le Seigneur, se nomme
la Fontaine des eaux .vives, par laquelle il est signilié la Parole ou
le Divin VI'ai, pal' conséquent le Seigneur Lui-Méme qui est la
Parole, cal' il est dit: Ils M'ont abandonné, Moi, la Fontaine des
eaux vives; « pOUl' se creuser des fosses, des fosses cl'evassées, qui
ne l'etiennent point les eaux, ) signifie pour se forger d'après la
1'1'01'1'0 intelligence des doctrinaux dans lesquels les vrais Ile sont
vers. 17. CHAPITRE SEPTfÈMK 235
point; les fosses sont les doctrinaux, les l'osses crevassées sont les
doctrinaux qui n'ont point de cohérence; «( qui ne retiennent point
les eaux, 1) signifie dans lesquels les vrais ne sont point: de tels
doctrinaux sont ceux qui ne proviennent pas de la Parole, c'est-à­
dire, du Seigneul' pal' la Parole, car le Seigneur enseigne par la
Parole, mais qui pl'oviennent de la propl'e- intelligence; par li ils ont
abandonné la fontaine des eaux vives, » il est entendu que ces doc­
ll'inaux ne pl'oviennent pas du Seigneur par la Parole. Dans le
Mème : li Tous ceux qui 1"(wandollnent serollt con(us, et
ceux qui s'éloignent de iUoi dans la terre seront écrits. parce
qu'ils ont abandonné la Fontaine des eau.x vit'es. J éhovllh. 1)

- XVII. 13; - ici pal'eillement, Jéhovah, c'est-à-dire, le Sei­


gneur, se nomme la Fontaine des eaux vives d'après le Divin Vrai
qui p,'ocède de Lui; être éCI'it dans la terre, signifie être damné;
voir ci-dessus, N° 222, flans David : li 1ts sont remplis de la
graisse de ta maison. et au fleuve de tes délices tu les abreu­
1)es. parce (lU' avec Toi (est) ta Fontaine de vie; dans ta lumière
nous voyons la hnni!:re. 1) - Ps. XXXVI. g, 10; - pal' la
graisse est signiOé le bien de l'amour, et par le neuve des délices le
\Tai d'après ce bien; abreuver,,,c'est enseignel'; avec Toi eslla Fon­
laine de vie, signifie qu'uvec le Seigneur eslle Divin Vrai, et qu'il
procède de Lui; comme cc vrai est stgnifié pal' ta fontaine de vie,
c'est pour cela qu'il est dit aussi (( dans la lumière nous voyons la lu­
mière; par la lumière du Seigneur est signifié le Divin Vrai. Dans
1)

Zacharie: CC:En ce jour-Iii. it y flura une Fontaine ouverte à la


maison dc David. et aux habitants de J érusalcm. pour le
péché ct la ,souillure: et en ce jour-là. je retrancherai de la
terre les noms des idoler;. même les prophètes et l'esprit im­
monde je (erai disparaître de la terre. l) - XIII. 1., 2; - ces
chosc~ ont aussi été diles de l'avénement du SeigneUl'; pal' (( en ce
jour-là, il y aUl'a une fontaine o~verte à la maison de David, el aux
hahitants de Jérusalem,» il est signifié qu'alors ceux qui sont dans
le Royaume du SeigneUl' comprendl'onl la Parole ou le Divin Vrai
qu'elle l'enferme; la fontaine signifie la Parole, la maison de David
et les habilants de Jél'usalem signifient le Uoyaume spirituel du
Seigueur, le Royaume spirituel du Seigneur est chez ceux qui,
dans Icscieux et dans les lerres, sont dans les Divins Vrais; (( pour
236 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 483.

le péché et la souillure, » signifie l'éloignement des maux et des


faux par les vrais d'après la Parole ; comme par la fontaine il est
entendu la Parole ou le Divin Vrai qu'elle renferme, c'est pOUl' cela
qu'il est dit Cl en ce jour-là, je l'etranchemi de la tene les noms
des idoles, même les pl'ophètes et l'esprit immonde je ferai dispa­
l'aitre de la terre; » pal' les idoles il .est signifié la fausse religion,
pal' les prophètes ~a fausse doctrine, et paf' l'esprit immonde les
maux qui jaillissent des faux de la doctrine, car lorsqu'on vit selon
les faux de la religion et de la doctl'Ïne, l'esprit devient immonde.
Que le Divin Vrai qui procède du SeigneuI' soit entendu par la fou­
taine, le Seigneur l'euseigne lui-Même en temles claÏl's dans Jean:
Cl Quand le Seigneur s'assit sur la fontaine de Jacob dans un

champ de Samarie" il dit li la femme Sarnal'Üaine : Qui­


conque boit de ('etU eau aura soif encore; mais qui aum bu
de t'eau. que Moi je lui donnerai. n'aU/'a point soi( durant
t'éternité; mais l'eau que je lui donnerai deviendra en lui
une (ontaine d'eau jaillissant en vie éternelle, » - IV. 5 à
20; - que par' l'eau que le Seigneur lIonne ·il soiL entendu, non
pas de l'eau, ma!s le Divin Vrai, cela est bien évident, cal' il est dit
qu'avec l'eau que la femme Samaritaine venail pour puiser, on aUl'a
soif enCOI'e, mais non avec l'eau que le Seigneur donne; pal' Il cette
eau deviendra en lui une fontaine d'eau jaillissant en vie étemelle, II
il est signifié que la vie est dans ce V.'ai; que la vie soit dans les
vl'ais quand le Seigneur les donne, on le \"oit ci-dessus dans cet
AI'ticie : si le Seigneur a dit ces pal'oles à la femme Samaritaine,
lorsqu'il s'ussil sur la fontaine de .Taeoll, c'était parce que le Sei­
gneuI' par les Samaritains entendait les gentils qui devaient rece­
voir de Lui les Divins VI'ais, et par la femme Samaritaine l'Église
composée d'eux, et parce que pal' la fontaine qe Jacoh il entendait
le Divin Vl'ai provenant de Lui ou la Parole, Dans Moïse: Cl Ainsi
habita Israël avec sécw'ité. solitaire. vers la (ontaine de
Jacob. 1) - Deuté.,. XXXlII, 28; - ces paroles sont dans la
Pl'ophétie de Moïse SUI' les fils d'Israel, prophétie dont elles for­
ment "la fin; comme ISl'uël y signifie l'Église qui est dans les Divins
Vrais d'après la Parole, c'est pOUl' cela qu'il est dit <1 vers la fon­
taine de Jacou, pal' laquelle il est enlendu la Parole, par consé­
1)

quent aussi le SeigneUl' quant à la Parole, cal' il est Lui-Même la


VeJ's. 17. CHAPITRE SEPTIÈME. 237
Parole, parce qu'il est le Divin Vl'ai, comme il l'enseigne Lui­
Même dans Jean, - J. 1, 2, 3, U : - ces paroles ont été dites
à la fin de cette Prophétie, par'ce que dans cetle Prophétie il s'agit
de la Pal'ôle. Parcille chose est aussi entenduc par celle fontaine
dans la Prophétie d'Israël le pèl'e sur Joseph : « Fils de la (t­
ronde, J oscplt, fils de la (éconde près de la fontaine. Il ­

Giln. XLIX. 22; - ici, pal' la fontaine il est entendu la fontaine de


Jacoh, car le champ duns lequel était celte fontaine avait été donné
à Joseph par son père; voir Jean, IV. 5, 6; quant il ce qui est si­
gnifié pal' " 61s de la lëconde, Joseph, fils de la féconde pl'ès de la
fontaine, Il on le voit ci-dessus, N° U8. Pal' la fontaine il est en­
tendu aussi la Parolc, el pH les fontaines les Divins Vl'ais d'après
la Parole, duos David: II Dall,~ les assemblées bénissez Dieu, le
Seigneur, (bénissez-le) de la (on/aine d'1sl'aël. Il - Ps. LXVIII.
27.-Dans l'Apocalypse: Il A celui qui il soi(je donnerai de la
(ontaine de l'eau de la vie gratuitemellt. Il - XXI. 6. ­
Dans Ésaïe: (( Alors vous puiserez des eaux avec 'allrgresse
des fontaines du salut,. Il - XII. 3. - Dans David: (1 Toutes
mes (ontailles (sont) en Toi, Jého/lah! Il - Ps. LXXXVII. 7.
- Comme dans la Parole la plupart des exp.·cssions onl aussi le
SCIIS opposé, il en est de même aussi d~ la fontaine el des fonlaines;
dans ce sens clles significm la doclrine des faux el les faux de la
doctrine, comme dans Jérémie: J e des.~éche1Yli sa mer, et je
(1

tarirai sa (ontaine. 1) -LI. 36; - ces I)aroles onl été dites de


Babel; par sa mer il est sign ifié les faux dans un seul complexe,
el par sa fontaine la doctrine du l'aux. Dans Hosée : Viendra
(1

l' EllI·lI.~, le Venl de J éhoIJah, dll déseI't montant, et sa (on­


taine séchera, et sa source lf11'il'a. )) - XIII. lb; - ces choses
onl élé dites d'Éphraïm, el là pal' lui il est entendu l'entendement
de la Pat'ole perverti, lequel confirme les faux par la Parole; sa
deslruction est signifiée en ce que sa fontaine séchera et sa source
larit'a pat' l'eurus, le vent de Jéhovah, du désel't montant; sa fon­
taine est la doctrine du faux qui en provienL, sa source en eslle
faux, l'eurus montant du désel't en est la destruction d'après les
illusions qui proviennent des sensuels externes; en effet, les sensuels
externes, lorsqu'ils n'ont pas été illustrés par les inlel'nes, détrui­
sent J'entendement de l'homme, parce que toules les illusions en
238 L'APOCALYPSE EXPLlQUltE. "{IS;;,

proviennent. Dans David: « Tu as {endu par ta {oree la mer,


tu as brisé les tetes des baleines sU'" les eaux; tu as {racassé .
les tetes du Léviathan, tu l'as donné pour nourriture ait
peuple des Ziim; tu as rompu {ontaines et torrent, tu as tari
les torrents de {orce, Il -Ps, LXXIV. 1.3, H, 15; -ici aussi,
par les fontaines et les torrents il est signifié la fausse doctl'ine, qui
vient de la pl'opre intelligence; les torrents de force sont par suite
les principes du faux confirmés; par les baleines et le Léviathan
sont signifiés les scientifiques, qui appartiennent à l'homme sen­
suel et natUl'el, et d'après lesquels tout faux existe, quand sur eux
l'homme spil'ituel a été fermé; dans l'homme sensuel et naturel ré­
side le propre de l'homme; c'est pourquoi, lorsque l'on conclut
d'après eux seuls, on conclut d'après le propre ou tl'~rès la propre
intelligence; cal' le Divin influe pal' l'homme spirituel dans l'homme
naturel, et non dans l'homme naturel quand SUI' lui l'homme spiri­
tuel a été fermé, mais l'homme spirituel est ouvert pal' les vrais et
pal' la vie selon les nais; le peuple des Ziim, auquel le Léviathan
a été donné pOUl' nourriture, signifie ceux qui sont dans des faux
infemaux.
686. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, signifie
l'état de la béatitude par l'affection du vrai, après que les
{a1lx ont été éloigrlés par les tentations .' on le voit par la signi­
fication d'essuyer la larme des yeux', en ce que c'est enlever la
douleur du mental à cause des faux et d'a pres le$ faux; et comme
à celte douleur, qui cesse après les tentations qu'ils ont,subies, suc­
cède !a héalitude pal' les vl'ais d'après le bien, voilà pourquoi cela
est aussi signilié; en effet, les Anges possèdent toute béatitude par
les vrais d'après le bien, ou pal' l'affection spirituelle du vl'ai, l'affec­
tion spil'ituelle du vrai vienl dl! bien, car c'est le hien qui la pro­
duit; si par là les Anges possèdent toule héatitude, c'est parce que
le Divin Vrai procedant du Seigneur fait le Ciel dans le commun
et dans le particulier, ceux donc qui sont dans les Divins Vrais sont
dans la vie du Ciel, par conséquent dans la beatitude éternelle.
Que la lal'me des yeux signifie la douleur du mental à cause des
faux et d'après les faux, c'est parce que par l'œil ~t signifié l'en­
tendement r:lu vrai, et que pal' suite la lal'me signifie la douleur à
cause du non-entendement du l'l'ai, pal' conséquent à cause' des
Vers. i7. CHAPITRE SEPTfÈME, 239
fanx : la même chose est aussi signifiée par la lal'me dans ÉsaYe :
« Il engloutira la mort à élel'11ité, et le Seigneur J éhovih
essuiera la larme de des:>us toutes les faces, )) - XXV. 8; -
ce qui signifie que le Seigneur par son avénemenl doit ~Ioignel' les
maux elles faux chez ceux qui vivent d'après Lui, afin qu'ainsi ils
n'aient plus aucune doulclll' du mental il cause d'eux ni d'après
eux; la mort signifie le mal, parce que c'est par le mal qu'il y a
mort spirituelle, et la larme se dit du faux. Il faut qu'on sache que
le larmoiement el les pleul's significnt la douleU!' à cause des faux et
d'après les faux, mais le lal'moiement I,l douleul' du mental, et les
pleurs la douleul' dn cœ~I' à cause de cès faux, la douleur du menlai
est la douleur de la pensée cl de "enlendemenl qui appartiennent
au vl'ai, et la douleur du CŒur est la douleur de l'affection el de la
-~--
volon lé qui appal'liennent au bien; el comme partoul dans la Pa-
J'ole il yale mariage du vrai et du bien, c'est pOUl' cela que dans
la Parole il esl dill'un ell'ault'e, 11 savoil', tuntles pleul's (ou san-
glots) que les lannes, quand la douleur, à canse des faux de la
doclrine ou tle la ,'eligion, est r.xprimée; que les p\eu~s soient la
douleur du cœur, on peut le voir en ce que les pleurs (ou sanglols)
sonl lancées du CŒUI' ct s'échappent pal' la houche en gémisse-
ments; el que le larmoiement soit la donleul' du menlnl, ou peut le
voir, en ce q.u'il sort de la pensée pal' 'les yeux; dans l'un et l'autre
cas, tant dans les pleurs que dans le lal'n10iement, il sorl de l'eau,
mais c'est une eau amère et astl'ingente qni SOl'l pal' l'influx pl'O-
venant du monde spil'ituel dans la ùouleur de "homme, où l'eau
amèl'e cOl'I'espond au manque du vrai à cause des faux et à la ùou-
leul' qui en résulte; c'est pOUl' cela que cbez éeux qui sont dans les
vrais il ya douleur à cause des faux. D'après cela on peut voir d'où
vient que dans la Parole, IOI'Squ'i! esl dit ta rm.e, il est dit aussi
pleurs; c'est à canse du mariage du bien et du vl'ai dans chaque
chosè de la Parole: pour confil'mation je vais rapporter seulement
les passages qui sui\'ent; dans Ésaïe: Je déplorerai de pleurs
(1

J aësér, le cep de Sibmah ; je t'(t1'rosel'ai de mfS larmes, ô


Chesbon, rt Éléaleh! )) - XVI. 9. - Dans Jérémie: « Dans
Ir.ç lieux secrets mon ûme pleurera, et en lannes mon œil
fondra. Il - XIlI. 'l 7, - Dans le Même: Cl Qui donnera () mon
œillme source de larme,ç, aRIl que je plelJ1'e jour et nuil? ) 1 -
2!JO L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 484.,

VIII. 23. - Dans les Lamentations :(( En pleurant elle pleu­


rera pendant la nuit, et sa lm'me sur sa joue (sera), n"- 1. 2.
- Dans Malachie: li Couvrir l'Autel de Jéhovah de larmes,
de pleurs, et de soupirs. 1) - II. 13. - Dans David: (1 Ceux
qui sèment avec larmes, et (celui) qui en pleurant porte le jet
de la semence. » - Ps. CXXVI. 5, 6, - Dans Jérémie: Il Re­
tiens ta voix de pleurer, et tes yeux de verser des larmes. Il
- XXXI. 16. - Dans le Même: (( Que les pleureuus se hâ­
.tent, et éclatent sllr nous en lamentation, et que nos yeux
fondent en larmes. 1) - IX. 17 j - la lamentation au lieu des
pleurs, parce qu'elle est une voix de pleul's. Dans David: li Je
suis abattu par mes sanglots,je baigne pendant toute la nuit
mon lit, de mes larm!!,s je trempe ma couche. Il - Ps. VI. 7 j
- par baigner le lit, il est entendu de pleul's qui concernent la
bouche, car il est pal'lé de sanglots, tandis qu'il est dit tremper la
couche de larmes, ce qui cependant est semblable. Ces passages
ont été l'apportés, afin que pal' eux aussi l'on sache que deux ex­
pressions semblahles dans la Pal'ole, surtout dans la Parole Pro­
phétique, ne sont point de vaines l'épétitions, mais que l'une se
réfère au bien, et l'autre au vrai.
L'.APOCALYP8E.

CHAPITRE HUITIÈME.

1. Et lorsqu'il eut ouvert le septième sceau, il se fit un silence


dans le Ciel d'environ une demi-heure.
2. Et je vis les sepl Anges, qui devant Dieu se tim'ent; et il leur
fut donné sept trompelles.
3. El un autre Ange vint et se tint vel's l'Autel, ayant un en­
censoir d'or, et il lui fut donné beaucoup de parfums, afin qu'il (les)
donnât aux prières de tous les saints sur l'autel d'or qui (est) de­
vant le trône,
!J. Et monta la fumée des parfums aux priMes des saints, de la
main de l'Ange, devant Dieu.
5. Et l'Ange prit l'encensoir, et il le remplit du feu de l'Autel,
et il le jeta en la tel're ; et il se fit des voix, et des tonnen'es, et des
éclaü's, et Dn lt'emblement de terre.
6. Et les sept Anges, qui avaient les sept tl'ompelles, se pl'épa­
rèrel)l pour sonner de la tl'ompette.
7. Et le premier Ange sonna de la tl'ompette, el il se fit une
grêle et un feu, mêlés de sang, et jetés en la tene, et la tl'oisièrne .
partie des a1'hres fUl br&lée, et toute hel'be vel'le fut brlllée,
8. Et le second Ange sonna de la lrompelle, et comme une
montagne grande, de feu ardente, fut jetée dans la mel'; et devint,
la troisième partie de la mer, du sang.
9. Et mourut la tl'oisièlne partie des créatures, qui ( étal'ent)
dans la mel', ayant des âmes, et la troisième par'lie dés navires fut
abîmée.
10'. Et le troisième Ange sonna de la trompett'e, et it'tomba' du
Ciel ooe étoile gl'ande, ardente comme une lampe, et elle tomba
sur la· troisième paillie· des fleuves, et SUI' les fontaiJles des eaux.
11, l'~t le nom de l'étoile est ditl'absynthe, el devint la troisième
HI. 16.
242 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 485.

partie des eaux absynthe, et beaucoup d'hommes moururent par


les eaux, parce qu'amères elles étaient devenues.
12. EL le quatrième Ange.sonna de la trompelle, el fut frappée
la troisième pal'tie du soleil, el la t!'oisième partie de la lune, et la
troisième partie des étoiles, et en fut obscul'cie la troisième partie,
de sorte que le jour fut privé de lumière dans sa troisième partie,
et la nuit pal'eillement.
13. Et je vis et j'entendis un Auge qui volait dans le milieu du
Ciel, disant d'une voix gl'ande : Malheur! malheul'! malheul' à
ceux qui habitent sui' la tene 1à cause des autl'es.voix de trompette
des trois Anges qui vont en sonner.

EXPLICATION.

485, Vel's. 1, 2, 3,4, Et lorsqu'il eut ouvert le septième


sceau, il se fit un silence dans le Ciel d'environ une demi­
heure. - Et ie 1'is les sept Anges, qui devant Dieu se tin­
rent, et il leur fut donné sept trompettes. - Et un autre
Ange m'nt et se tint vers l'Autel, ayant un encensoir d'or, et
il lui fut donné beaucoup de parfums, afin qu'il (les) donntlt
aux prières de tous Les saints sur l'Autel d'or qui (est) de­
vant le trône. - Et monta la fumée des parfum,~ aux prières
des saint.~, de la main de l'Ange, del'ant Dieu. - Et lors­
qu'il eut ouvert le septième sceau, signifie la pl'édiclion sur le_
demier état de l'Église: il se fit un silence dans le Ciel, signifie
la stupeur de ce que l'Église était telle, et de ce que sa fin était
proche: d'enm'ron une demi-heure, signifie le temps cOl'respon­
dant ou le délai, avant que tout ait été préparé pOUl' subil' les chan­
gements suivants: et ie vis les sept Anges, qui devant Dieu se
tinrent, signifie tous les Cieux intérieurement et plus étro~lement
conjoints au Seigneur : et il leu1· fut donné sept trompettes,
signifie d'après eux l'influx, et pal' suite les changements d'état et
les séparations: et un autre Ange vint et se tint vers l'Autel,
signifie la conjonction du Ciel avec le Seiglleul' par le bien céleste:
ayant un encensoir d'or, signifie la conjonction de ce bien avec
Vers. 1. CHAPITRE HUITIÈME. 2!J3
le bien spirituel, et ainsi la conjonction des Cieux supél'ieurs : et il
lui (ut donné beaucoup de par(ums, signifie des vrais en abon­
dance: afin qu'il (les) donnât az{x prières de tOllS les saints
sur l'Autel d'or qui (est) det'ant le trône, signifie la conjonction
avec ceux qui doivent ê!l'e séparés des méchants et être sauvés :
et monta la (umée des par(ums aux prières des saints, de la
main de l'Ange, devant Dieu, signifie la conjonction de tous
avec le Seigneur.
h86, Et lorsqu'il eut ouvert le septième sceau, signifie la
prédiction sur le dernier état de l' Église: on le voil par la si­
gnification d'ouvrir le sceau, en ce que c'est la prédiction el la
manifestation sm' les éta ts successifs de l'ltglise, comme ci-dessus,
N°' 352, 361, 369, 378, 390, 399; et pal' la signification de
sp.ptième, en ce que c'est le plein et le consommé, ainsi qu'il a été
dit ci-dessus, N°s 257, 300, pal' eonséquen t aussi le demier, eal'
ce qui est plein et consommé, cela aussi est le dernier. C'cst le
dernier état de l'ltglise, quand il n'y a point le Vl'ai parce qu'il n'y
a point le hicll, ou, ce qui est la même chose, quand il n'y a point
la foi parce qu'il n'y 11 point la charité; que ce soit alol's le dernier
étal de l'ltglise, on le voit dans l'Opuscule DU JUGUlENT DER­
NIER, N°' 33 à 39 : cc qui a été fail dans cet état est pl'édit dans
ce qui suit maintenant. Ce qui a été fait, et est pl'édit ici, a été fait
dans le Monde spirituel avant le Jugement: en effet, il y avait alors
dans le l\'londe spirituel un état de l'Église semblable à celui de J'É­
glise dans le Monde naturel, mais sous une autre apparence; dans
le Monde spirituel il y a des sociétés, qui sont distinguées selon
les affections du bien et du vl'ai, et selon leurs val'iétés, sociétés où
après la Iliort chacun vient distingué selon s~n affection; mais cela
n'cst pas ainsi dans le Monde naturel; et comme on est ainsi dis­
tingué dans le Monde spirituel, voilà pourquoi l'Église s'y montre
telle qu'elle est dans les terres, et eu outre l'Église de part et
d'autre fait un pal' les cOI'l'espondances, Quand eut lieu dans le
Monde spirituelle dernier état de l'Église, toutes les choses qui sont
prédites ùans les Ver'sets suivants furent accomplies; l'juelques-unes
vont êll'C l'apportées clans ce qui suit, parce qu'elles ont été vues.
h87. Il se fit un silence dans le Ciel, signifie la stupeur de
ce que l' É gliu était tellr, el de ('~ que sn fin étnit pro('he : on
2114 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 487.

peut le voil' d'après ce qui suit, où il s'agit de sa ruine, et de la


damnation de tous ceux chez qui il n'y avait pas l'Église, c'est-à­
Elire, chez qui il n'y avait aucune conjonction du V1'ai et du hien, ou
de la foi et de la charité, car celle conj~nction fait l'Église chez
chacun. Comme ces choses étaient perçues dans le Ciel, et par suite
examinée.s par les anges, quand le septième sceau fut ouvert, de là
la s.tupeur, et d'après la stupeuI' le silence; le silence signifie plu­
sieurs choses, eT) général toutes celles qui le causent, parmi les­
quelles la stupeur principalement le produit.
!I88.· D'environ une demi-heure, signifie le temps corres­
pondant ou le dél~lÏ, avant que tout ail été préparé pour subir
les changements suivants : il est dit une demi-heure, parce
que la demie ou la moitié signifie la quantité correspondante et
autant qu'il est suffisant, et que l'heure signifie le délai. Dans la
Parole il est lt'ès-souvent dit l'heul'e, et par elle il est signifié une
dUl'ée -plus grande ou plus petite, sans qu'il soit pensé au temps
d'une heure; et, quand un nombl'e est ajouté, comme lorsqu'il est
dit, la pl'emière heure, la seconde, la sixième, la dixième, la dou­
zième, il est signifié la durée de l'état, puis aussi la qualité de l'état
selon la signification dl,l nombl'e ajouté; mais, SUI' la signification
de l'heuI'c, voir ci-dessus, N° 19!1; et quant à ce que la demie si~
gnifie la quantité correspondante et autant qu'il est suffisant, on le
voit dans les ARCANES CÉLESTES, N° 10255.
1189. Et je vis les sept Anges, qui devant Dieu se tinrent,
signifie tous les Cieux intériew'ement et plus étroitement
conjoints au Seigneur: on le voit pal' la signification des sept
Anges, en ce qu'ils sont tous les Cieux, car par sept il est signifié
tous et toutes choses, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, NOl 257, 299;
et par les Anges sont signifiés les Cieux, comme aussi ci-dessus,
No' 90, 302, 307; et par la signification de se tenir devant
Diéu, en ce que c'est être conjoint au Seigneur, ainsi qu'il a été.
dit ci-dessus, No' !I62, 1177. Dans l'AI'ticle suivant il sera expliqué
pourquoi pal' les sept Anges, qui se tinrent devant Dieu, il est si­
gnifié que maintenant tous les Cieux étaient intél'ieurement et plus
étroitement conjoints au Seigneur.
!I89 (bis). Et il leur fut donné sept trompettes, signifie
d'après eux l'influx, et par suite les changements d'état et
Vers. 2. CHAPITRE HUITIÈME. 2la5
les séparations: on le voit par la signification de la trompette ou
du clairon, en ce que c'est le Dh'in Vrai à révéler et révélé claire­
ment et manifestement, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N°' 55, 262,
ici l'influx du Divin Bien et du Divin Vrai venant du Seigneur
par les Cieux; cal' par cet influx ont été faits tons les changements
et toutes les séparations dont il s'agit dans la suite, puisque toutes
les fois qu'un Ange a sonné de la tromllelle un changement est dé­
crit, et une séparation a été l'aile; c'est pOUl'quoi, par sonnet' de
la trompelle dans ce qui suit il est signifié l'influx, Que tous les
changements d'état et toutes les sépal'alions des méchants d'avec
les bons et des bons d'avec les méchants, qui ont eu lieu avant le
jugement et pendant le jugement, aienl été faits par un in/lux in­
térieur du Divin Bien et du Divin Vrai, plus intense ou plus doux,
procédant du Seigneur par le Ciel, cela aété dit et montré ci-dessus,
N°' U3, lai8, H9, 426; puis aussi comment cet influx a lieu, et
quel effet il produit; cela est signifié en ce que l'Ange remplit l'en­
censoir du feu de l'Autel, et le jeta en la lerre, Vers. 5, et ensuite
en ce que les Anges sonnèrent de la trompette: comme cela est fait
par le Seigneur au moyen des Cieux, voilà pourquoi le Seigneur
Se conjoignit d'abord les Cieux intéJ'ieul'ement et plus étroitement,
car autrement il y aurait ell péril imminent même pour les Cieux;
c'est donc 'là ce qui est signifié en ce que les sept Anges se tinrent
devant Dieu; se tenil' devant Dieu, c'est être conjoint il Lui, et
quand les Cieux Lui sont conjoints intérieurement et. plus étroite­
ment, alors ceux chez qui ilu'y a aucun bien spirituel sont séparés,
car le bien spirituel seul conjoint, et non aucun bien externe ou na­
tarel qui ne til'e pas du bien spil'ituel son essence el par suite
l'existence; que les méchants soient séparé~ d'avec les bons, quand
le SeigneUl' conjoint intérieurement et plus éh'oitement les Anges
par un forot influx dans leur bien spirituel et pat' là dans les inté­
rieurs des méchants, cela peut être saisi pal' ceux qui sont dans
quelque intelligence; en effet, pal' cet influx les intél'ieurs sont ou­
verts aussi chez les méchants qui ont seulement simulé le bien dans
les externes, el quand ils Ollt été ouverts les maux et les faux qui
sont intérieurement cachés se montrent à découvert; et cela, parce
qu'il n'y a en eux aucun bien spirituel, et que le bien extel'l1e sans le
bien spirituel n'est qu'un bien appal'ent: en soi simulé et hypocrite;
2!JO L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 489'

que cela soit tel, c'est ce qui ne se manifeste pas avant què les inté­
rieurs aient été dévoilés et ouverts. Le bien spil'Huel est formé chez
l'homme par le"Seigneul' au moyen des vrais et de la vie selon les
vl'ais; mais le bien exlet'ne sépal'é du bien intel'Oe spirituel est formé
pal' I~ vic morale qui li pour fin soi-même et le monde, ou les hon­
nelll's, les lucl'cs et les plaisirs de la chail' ; et, quand ces choses sont
seules considérées, on ne fail aucun cas des Divins Vrais, si ce n'est
seulement comme moyens d'acquérir une réputation qui n'a pour
lin que ces externes dont il vient d'êtl'e padé; mais sur le Bien In­
Leme et le Bien Extel'Oe chez les bons, et SUI' les biens chez .les
méchants, voir dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM
les No' 36 il 53. Ces. préliminaires ont été donnés pour ('intelligence
de ce qui suit; mais 0/1 peut voil' aussi sur ce sujet ce qui a été dit
et montré dans les passages ci-dessus cités, N°' !Ji 3 , 1118,
hig, !J26•
.!J90. Et un autre Ange vint et se tint vers ('Autel, signifie
la conjonction du Ciel (lUC le Se(qneur par le bien céle:>te :
on le voit par la signification de l'Ange, en cc qu'il est le Ciel,
ainsi qu'il sera expliqué; et par la signification de l'Autel, en ce
qu'il est le hien de l'amour envers lc Seigneur, comme il sel'a aussi
expliqué. Si l'Ange signilie le Ciel Angélique, c'est pal'ce que les
choses qui ont été vues par Jean étaient des représentatifs; et
com'me le Ciel n'a [lU être présenté à sa vue, c'est pour cela qu'au
lieu des Cieux il vit des Anges; de même aussi ci-dessus, sept Anges
qui se tinrent devant Dieu, N° !J89; puis aussi vingt-quatl'e an­
ciens, et quatre animaux, qui l'eprésentèrent les Cieux, comme il
a été montl'é ci-dessus, N°' 3'13, 322, 362, lt62 : il en est de
même ici de l'Ange qui se tint vers l'Autel; si les Anges vus pal'
Jean ont ('eprésenté le Ciel, c'est parce que tout le Ciel devant le
Seigneur est comme un seul Ange-homme, pal'eillement chaque
Société du Ciel; puis aussi, parce que l'Ange lire du Ciel entie,'
sa forme Angélique, qui est la fomle humaine; voir sur ce sujet,
dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, les N°' 5'1 à 58, 59 à 67,
68 il 72, 73 à 77, 78 à 86, où cet arcane a été pleillement déve­
loppé : de là vient. que ('Ange, quand il se monll'e d'une manière
repl'ésentatirc, signifie la société du Ciel de laquelle il fail partie,
ou plusieurs sociétés eusemble, ou même le Ciel entier quallt à la
Vers. 3. CHAPITRE HUITIÈME. 2!ai
chose du Ciel et de l'Église, dO~ll il s'agit: que par les Anges, dans
la Parole, il soit signifié des sociétés entières dans le Ciel, et aussi
tout le Ciel, on le voit ci-dessus, N°' 90, 302, 30i : pal' cet Ange,
qui se tint vers l'Autel, il est signifié le Ciel intime ou troisième
Ciel, par'ce que pal' l'Autel est signifié le bien de l'amour' enveJ's le
Seigneur, et que tous ceux qui sont dans le Ciel intime ou troisième
Ciel sont dans ce bien. Si un Autel a été vu dans le Ciel, ce n'est
pas qu'il y ait là quelque Autel, tel qu'il y en avait chez la nation
Is/'aélite, mais comme cet Autel est souvent nommé dans la Parole,
et qu'il y signifie le bien de l'amour envers le Seigneur et le culte
d'apl'ès ce bien, c'est pour cela qu'il fut vu' par Jean, qui devait
aussi écril'e la Pal'ole, afin que la Parole se l'essemblât partout;
il en est de même de l'Autel d'QI', qui servait pour les fumigations,
puis de l'encensoit' et des parfums, dont il va être bientôt parlé,
et allssi de l'arche d'alliance, Chap, XI. 19 : en effet, il apparall
dans le Ciel à ceux qui se tiennent au-dessous plusieurs représen­
tatifs, qui cependant n'y existent pas en actualité; cal' ce sont seu­
lement des formes )'eprésentatives des choses que les Anges y pen­
sent d'apl'ès l'influx du Seigneur, et qui toutes pal' suite signifient
des Divins; par exemple, il apparut des Animaux, qui étaient des
Chérubins; il appal'ut un Livre scellé de sept sceaux, d'où sortirent
~es chevaux à l'ouvertul'e des quatre premiers sceaux, outl'e plu­
sieurs autres choses ailleurs; de même aussi il apparut ici un Antel,
et un encensoir, et des parfums; ces choses ont été ex posées à la
vue de Jean, parce qu'il en est question dans la Pal'ole, et qu'elles
y signifient des Divins, et par'ce que la Parole dans l'Apocalypse
devait être écrite aussi pal' des expressions semblables, Deux Autels
étaient en usage chez la nation Israélite, l'un était apppelé l'Autel
de l'holocauste, et l'autl'e l'Autel du parfum, et comme celui-ci.
était couvert d'or, il était appelé l'Autel d'or; l'Autel de l'holocauste
était repl'ésentatif du Seigneul' et de son Culte d'après le bien cé­ "
leste, et l'Autel du parfum élait repl'ésentatif du Seigneur et de son
Culte d'après le bien spirituel: le bien céleste est le bien de l'amour
envel's le Seigneur, et le bien spirituel est le- bien de la charité à
l'égard du prochain: quant à ce que ces Autels ont représenté et
signifié en général et en particulier, on le voit ci-desils, N° 391.
!a91. Ayant un encensoir d' 01', signifie ta cOl1jonction de
2/18 L''APOCACYPSE EXPLlQUÉÈ. ;Y" 491.

e bie!1 (lvec l() bien spirituel, et ainsi la conjollction des Ciela


supérieurs: on le voit pal' la signi fication de l'encensoir, en ce
qu'il esl le culte d'après le bien spil'iluel, car ce culte étail repré­
senté pal' le parfum des encensqirs, ainsi qu'il a été dil ci-dessus,
N° 324 ; si avoir un encensoir d'or signilie la cenjonction du
bien célesle avec le bien spirituel, c'est parce que l'Ange qui se le­
nail vers l'aulel avait l'encensoir, et que par l'autel il esl signifié le .
C\llle d'après le bien célesle, et pal' l'encensoir d'Ol' le bien spirituel
d'après le bien céleste; ['01' aussi signifie le bien céleste: les encen­
soirs qui élaient en usage chez la nation Juive el Israélite étaient
d'ail'ain, el pal' les fumigalions de ces encensoirs il étail représenlé
le culle d'après le hien spirituel, et en mêRle temps la conjonclion
avec le bien naturel, cal' l'airain signifie le bien nalurel; ici ÙOllC
pal' l'encensoir ù'or il est signifié la conjonction du bien céleste avec
le hien spirituel; s'il est signifié aussi la conjonction des deux Cieux
sl,1périenl's, c'est parce que le bien du Ciel inlime est ~e bien céleste,
et que le bien du Ciel moyen esl le bien spirituel; c'est pourquoi,
quand il esl dil la conjonction de ces hiens, il est entendu aussi la
conjonction des Cieux, puisque le bien fail le Ciel; le bien célesle
est le bien de l'amoUl' envers le Seigneu!', el faille Ciel supl'ême oa
intime, et Le bien spiriluel esl le bien de l'amour à l'égal'ù du pro.­
chain, et fait le Ciel qui esl au-dessous el qui est appelé second
Ciel ou Ciel moyen. Que l'Encens dans la Parole signifie le bien
spirituel, el qu'il en soil de même de l'encensoir qui en était le con­
tenanl, parce que le conlenanl y esl pris pour le contenu, c'esl ce
qu'on peul "oil' par les passages ~uivants; dans Ésaïe: (J. Je ne
t'ai point titit servir pour de la minchah, et je ne t'ai point
fatigué pOlir de l'encens. 1) - XUll. 23; - il est dit de la min.,
chab et de l'encens, parce qpe par la minchab, qui étail de fleur de
farine et par conséquent du pain, est signi,fié le bien céleste, c'esL
poUl'quoi par l'encens esl signifié le, ~ien spirituel; s'ilesl dit l'un"
et l'autre, c'est parce que partout, dflns la Parole il yale mariage
du bien el du Yl'ai, c'esl-à-dil'e que Ilal'toul oü il s'agit du bien il
s'agit auss.i du ~rai" el- le bien spiriluel esl dans son essence le vpai;
de là il est éviùent que l'encens est le bien spÏl'ituel o~ le vrai do
bien céleste; on peut encore le voir pal' d'aulres passages où il est
dit en m~ipe temps, la mincbah et l'encens; comme dlJijs le m~a'
vm.a. CHAPITRE HUlTIF..ME. 249
Propbète: Il Faisant monter la minchah, affrant l'encens. »
- LXVI. 3. - Dans Jérémie: (( Ils apporteront holocauste et
sacrifice, et minchah et encens. Il - XVII. 26; -l'holocauste
aussi signifie le culLe d'allrès le bien àe l'amour céleste, et le sacri-
fice le culle d'après le bien de l'amour spirituel; ces deux biens sont
aussi signifiés par [a minchah eL l'encens. Il en est de même de la
minchah et du parfum, cal' le parfum était principalement composé
d'encens; dans Malachie: (( En tout lieu pm'fum sera offert à
mon Nom, et minchah pU/'e. 1) -1. 11. - Dans David: Il Ac-
ceptéf$ soient mes prièl'es, parfum devant Toi; l'élévation de
mes mains, minchah du soir. )l - Ps. CXU. 2. - C'es~
pourquoi l( sur la minclwh on l'épandait de l'huile, et on met-
tait de r encens. Il - LévH. II. 1, 2, 15; - et cela, afin que la
miochah repl'ésentât la conjonction du bien céleste et du bien spiri-
luel, car l'huile signiftaitle bien céleste, et l'encens le bien spil'Huel.
C'est aussi !Jour cela que « SUI' les pains des faces dans le Ta-
bernacle on mellâit de l'encens: )) - Lévit. XXIV. 7; - et
cela encore pOUl' la conjonclion de l'un et l'auLI'e bien, car les pains
signifiaient le bien céleste, et l'enrens le bien spirituel, lors donc
que l'encens avait été mis SOI' les pains, la conjonction de l'un et de
l'autre bien était représentée: pOlir la représentation de la conjonc-
tioll dn bien céleste et du bien spirituel on avait placé dans le Ta-
bernacle une table pour les pains, et de l'autre côté un au lei pOUl'
les fumigations.. Quand il n'est pas dit minchah el encens, il est dit
hU,ile et encens, ou or et encens, pal'ce que l'huile et l'or, de même
que la mincbab, signifient le bien céleste: il est dit buile et parfum
dans Ézécbiel : Il Tu as pris mon huile et mon parfum, et tu
les as mis devant elles. Il - XVI. 18; - 0\' et encens, dans
Ésaïe: «( T01lsJ:eux de Schéba viendront, or et encens ils por-
termll, et les lou.anges de Jéhovah ils annonceront. )) - LX.
6; - et dans Malthieu : (( Les sages d'orleT/t, qui vinrent vers
le Christ nouveau-né, ouvrirent leurs trésors, et llli" présenté-
1:612t des dons, de l'or, de l'encens et de la myrrhe. 11- II. 11;
- l'or signifiait le bien célesle, l'encens le bien spirituel, et la
mYl'I'be le bien naturel qui en provient, ainsi les lI'ois hiens des trois
Cieux. D'apl'ès ces considél'alions on peut maintenant voir ce qui
est signifié en ce qu'un Ange fUl vu vellS l'Autel, ayant un encensoir
250 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉ-K N° 49!.

d'or, car l'autel était le représentatif du bien céleste, et l'encensoÏl'


le représentatif du bien spirituel, et l'un et l'autre ensemble le re­
présentatif de la conjonction du bien céleste avec le bien spil'ituel,
ou, ce qui est-la même chose, le représentatif de la conjonction des
Cieux supérieurs, ou du Ciel où sont les Anges célestes, avec le
Ciel où sont les Anges spirituels.
â92. Et il lui fut donné beaucoup de parfums, signifie de,ç
vrais en abondance: on le voit par la signification des parfums,
en ce qu'ils sont les vrais du bien spirituel; et d'après la significa­
tion de beaucoup, en ce que c'est une abondance de vrais, car la
multitude dans la Parole se dit des vrais, et la grandeur se dit dll
bien, Si le parfum signifie les vrais, c'e$t parce que par les fumiga­
tions était représenté le culte d'après le bien spil'Uuel, et que pal'
l'encens était signifié ce bien, comme il a été montré dans l'Article
précédent; de là, par les parfums composés d'encens étaient repl'é­
sentées les choses qui en pl'ocèdent, et les choses qui procèdent de
ce bien sont des vrais; car ce bien, c'est-à-dire, l'homme d'apl'ès ce
bien, pense des vrais et prononce des vl'ais : c'est même le bien
spÏl·ituel.formé chez l'homme pal' les vl'ais; en effet, le vrai chez lui
devient le hien spirituel, quand il vit selon ce vrai; voir ci-dessus,
N° 1I58; et ainsi le bien spirituel est dans son essence le vrai; voir
aussi ci-dessus, N° 376 : quant aux fumigations et à leur signifi­
cation, il en a aussi été traité ci-dessus; voir N° 32â.
â93. Afin qu'il les domuît aux prières de tous les saints
sur l'Autel d'or qui est denant le trône, signifie la conjonction
des Cieux avec ceu:r. qui doivent êt1'e séparés des méchants et
~t7'e sauvés: on le voit par la signification de donner les par­
fums aux prières, en cc que c'est conjoindre le bien des Cieux
supél'ieul's par les vrais avec ceux qui sont dans le culte d'après le
bien spirituel, ainsi qu'il va être montré; pal' la signification de
tous les saints, en ce qu'il$ sont ceux qni sont dans le bien par les
vl'ais, ainsi ceux qui sont dans le -bien spirituel, cal' ceux-là sont
dits saints, comme ci-dessus, N°20h; par la signification de l'Autel
d'or, en ce que c'est le C.iel où est le bien spirituel, car cet Autel,
SUi' lequel se faisaient les par'fums, élait appelé l'Autel d'or; et par
la signification de devant le t1·t5ne, en ce que c'est la conjonction
avec le Ciel, cal' être devant le trône signifie celle conjonction; voir'
Vers. 3. CHAPITRE HUITIÈME 251
ci-dessus, No, !J62, !Jï7, !J8!). Que par ces parotes il soit signifié
la conjonction des Cieux avec ceux qui doivent être séparés des
méchants et être sauvés, on peut le voir pal' la série des choses dans
le sens interne, et par la connexion des paroles qui précèdent avec
celles-ci et avec celles qui suivent, et aussi pal' la signification des
mots dans le sens intel'l1e; en effet, dans ce Chapitre et dans les
Chapitres suivants, il s'agit du derniel' état de l'Église, ou quand
elle est à sa fin à l'approche du Jugement; et, avant que cet état soit
décrit, il s'agit de la sépal'ation de ceux qui devaient être sauvés,
lesquels sont tous entendus par les mal'qués SUl' le l'l'ont et par les
revêtus de robes blanches, dont il a été question dans le Chapitre
précédent; et comme ceux-ci étaient alors daus des sociétés avec
ceux qui devaient être damnés, c'est pOUl' cela que dans ce Chapitl'e
est décrit le moyen pat' lequel ils ont été séparés et sauvés, à sa­
voir, en ce que les Cieux supérieurs ont d'abol'd été étroitement
conjoints avec le SeigneUl' pal' l'influx Divin dans le bien céleste et
par ce bien. dans le bien spirituel, et ensuite par ces biens conjoints
en un dans les inférieurs, oil éraient ensemble dans des sociétés
ceux qui devaient être sauvés et ceux qui devaient être damnes:
cet Influx du Seigneur par les Cieux supérieurs fut l'eçu par ceux
qui dans le Monde avaient \'écu dans le bien, cat' ce bien était chez
eux, aussi furent-ils par là conjoints aux Cieux Supél'ieuI's, et aillsi
séparés de ceux qui ne purent pas recevoir l'inllux, parce qu'ils
avaient vécu non dans le bien mais dans le mal, quand ils étaient
dans le monde : c'est aussi ce qui est entendu par les paroles du
Seigneur dans les Évangélistes : « Alors deux seront dans le
champ, l'un sera pris, ('autre sera laissé; deux occupées li
moudre, ('une sera prise, l'autre sera ,Laissée. )) - Mallh.
XXIV. 40, !J1. Luc, XVII. 34, 35, 36; - c'est là la série des
choses dans le sens interne, et la connexion des pal'oles précédentes
avec celles-ci et avec celles qui suivent; sur ce sujet, 'coir plus de
détails ci.;desSllS, No' U3, 418, 419, 426, [.89 (bis). D'après ces
eJ'plications on peut voir maintenant q.uel est le sens spil'ituel de ce,s
paroles, (1 afin qu'il donnl1t les pat'fums aux prières de tous les saints
sur l'Autel d'or qui est devant le trOne, » c'est-à-dir'e que c'est la
conjonction des Cieux supérieurs avec ceux qui doivent être séparés
des méchants et être sauvés: pal' les prières auxquelles les pat'­
252 L' APOCALYPSE EXPLIQUJ~E. N° 493.

fums devaient être'donnés, il est entenl1u non des pl'ièl'es mais des
vrais d'après le bien, par lesquels existent les pl'ières; car cbez
l'homme ce sont ces vrais qui prient, et l'homme est continuelle­
ment dans ces pl'ières quand il est dans la vie selon ces vrais; que
par les prières dans la Pal'ole il soit entendu les vrais d'apl'ès le
bien, qui sont chez l'homme, et non des prières de bouche, on le
voit ci-dessus, N° 325.
A9A. Et monta la fumée des parfums aux prières des .~aints,
de la main de l'Ange, devant Dieu, signifie la conjonction dé
tous avec le Seigneur :' on le voit par la signification de la fumée
des parfums, en ce que ce sont les nais du bien spirituel, ainsi
qu'il va être expliqué; par la signification des prières des saints,
en ce qu'elles sont les vrais d'après le l>iell chez ceux qui doivent
être séparés des méchants et être sauvés, comme il vient d'être dit
ci-dessus, N° 693; et pal' la signification de cet Arige, en ce qu'il
est le Ciel, comme c.i-dessus, N° 690; pal' conséquent de la main
de l'Ange, c'est au moyen du Ciel; et par la signification de de­
vant Dieu, en ce que c'est qu'ils sont conjoints au Seigneur, comme
il a été dit ci-dessus, No' 662, Ai7, 689 : de là, par (c monta la
fumée des pal:fums aux .pl'ières saints, de la main de l'Ange, de:'
vant Dieù, )l il est signifié la conjonction de tous avec le Seigneur
au moyen du Ciel. Si la fumée des pal'fums signifie les vrais d'a­
près le bien spirituel, c'est parce que l'encens, d'où provient la
fumée, signifiait le l>ien .spirituel, et que le feu avec lequel l'encens
était allumé signifiait le bien céleste, d'olt il résullé que la fumée
qui en monta signifie le vrai d'après le bien, car tout vl'ai procède
du bien: par suite la fumée devint ,'eprésentative; la fumée du
parfum, qui était agréable pal'ce qu'elle avait une odeur douce
et suave, était repl'ésentative-du vrai d'après le bien, car par l'o­
deur douce et sua \'e était signifié ce qui est agl'éable et est accepté;
vôz'r ci-dessus, N° 326 : la même chose est signifiée par la fumée,
dans Moise: c( Les fils de Lévi placeront la fumée pOllr ton nez,
et l'holocauste sur ton Autel. 1 1 - Deutér, XXXIII. 1.0; - par
les lils de Lév! sont entendu_s ceux qui sont dans les vra~s du bien
spirituel; ces vrais sont signiliés pal'Ia fumée, et le bien céleste est
signifié par l'holocauste. La fumée des parfums est aussi appelée
nuée du parfum; dans Ézéchiel, Chap. VIII. H. De là aussi la fu- 1
Ver8. h. CHAPITRE HUITIÈME. 253
mée dans le sens opposé signifie le faux d'après le mal, dans Ésaïe,
XXXIV. :10; dans Joël, Ill. 3; dans Nahum, II. 1!J; dans Da­
vid, Ps. XVIII. 9. Ps. XXXVII. 20; parce que le feu, par lequel
existe cette fumée, signifie le m~1 de l'amoul'.
!J9a. Vers. 0,6. Et l'Ange prit l'encensoir, et il le remplit
du (eu de l'Autel, et il le jeta CIl la terre; et il se fit des VOI'X,
et des tonnerres, et des éclairs, et un tl'emblement de terre.
- Et les sept Anges, qui avaient les sept tl'ompettes, se pré­
parb'ent pour sonner de la trompette. - Et l'Ange prit l'en·
cellsoir, et il le remplit du (eu de l'Autel, signifie la conjonc­
Lion de l'amour céleste et de l'amour spirituel: et il le jeta en la
terre, signifie l'influx dans les infé1'Ïeurs, où sont ceux qui doivent
êll'e sépal'és et éloignés: et il se fit des voix, et des tormel'res,
et des éclairs, signifie les ra.ïsonnements d'après le trouble des
affections et des pensées sur le bien et le mal et sur le \frai et le
faux: et un tremblement de terre, signifie les changements de
l'état de l'Église: et les sept'Anges, qui avaient les sept trom­
pettes, se préparèrent pour sonner de la trompette, signifie
les changements produits dans leur ordre pal' les influx procédant
du Ciel.
h96. Et l'Ange prit l'encensoir, et il le remplit dit l'eu de
l'Autel, signifie la conjonction de l'amoul' céleste et de l'a­
mour spirituel: Oll le voit par la signification de l'encensoir,
en ce qu'il est le .bien spirituel, ainsi qu'il a été dit ci-dessus,
N° !J91, par conséquent allssi l'amoul' spirituel, puisque tout bien
appartient à l'amour; et pal' la signification du (eu de l'Alltel,
en ce qu'il est l'amour céleste, cal' le feu ùans la Pal'ole signifie
l'amour dans l'un et l'autre sens, à savoil', l'amoul' céleste et l'a­
mour infernal: par le feu de )'Autel est signifié l'amour céleste,
pal'ce que l'Autel de l'holocauste, SUl' lequel était le feu, a été le
principall'epréselltatif du culle du Seigneul' d'après cet amour; voir
ci-dessus, N° 490. Et comme cet amour du SeigneuI' est perpétuel,
c'est pour cela qu'il avait été statué que le feu bro.lerait continuel­
lement SUI' l'Autel, et qu'il sel'ait pris de ce feu dans les encensoirs
pour faire les fumigations, et cela afin de l'eprésenter la conjonction
de l'amour céleste avec l'amour spirituel. Que le feu bl'o.lAt conti­
nuellement SUI')' Autel, on le voit dans Moise; (( Le feu sur l'Au­
25!l J.:APOCALYPSE EXPLlQUf.:E. N" 496.

tel brûlera, et ne sera point éteint, et le prêtre al/umera SUI'


lui du bois à chaque aurore, et il disposera sur lui l'holo­
causte, et fera fumer de.~su.~ les graisses des paci{tques : du
{eu continuellement brûlera sur l'Autel, et ne sera point
éteint. li - Lévi!. VI. 5, 6; - par là il était, représenté qne le
Divin ArnoUl' du Seigneur est perpétuel et éternel. Que du feu de
l'Autel fCll pris dans les encensoirs 'pour faire les fumigations, on
le voit aussi dans Moïse: (( Aharon prendra des charbons de fcu
de dessus l'Autel derant Jéhovah dans l'encensoir, et il mettra
le parfum sur le (eu devant Jéhovah. Il - Lévil. XVI. 12, 13,
-Et ClAltaron prit du (eu de dessus l'Autel, et y mit·de.~$u$le ­
par(um; et il fit expiation pour le peuple. II - Nomb. XVII.
11, 12; - par là il était représenté que toute propitiation et toute
expiation existaient d'après le Di)'in AmOlli' du Seigneur, et que
tout ce dans quoi il y a cet amoul' était écouté et reçu pal' le Sei­
gneur; l'élévation de la fumée du parfum représentait aussi l'au­
dition et la réception. Et comme Ka,'ach, Dathan et 'Ahiram, et
leUl' assemblée, avaient pris du feu de l'Autel et fait des fllmiga­
'tions, et que par suite leUl's encensoil's avaient été sanctifiés, c'est
pour cela que, 101'squ'i1s eurent été engloutis par la terre, il fut
ol'donné de ramasser leUl's encensoirs qui étaient d'airain, d'en ré­
pandre le feu, et de les étendre en lames pOUl' en couvl'ir l'Autel, .
- Nomb. XVII, 1 à â; - ce qui représentait aussi la sainteté du
Divin Amour du Seigneur, Et comme les fumigations faites avec
le feu de l'Autel étaient saintes, voila pourquoi les fumigations
faites avec nn feu étl'angel' étaient' profanes; c'est pOUl' cela que
Cl Nadab et Abihu, fils d'Aharon, {urent dévorés par le {eu

du Ciel, parce qu'ils araient {ait des {umigations avec un {eu


étranger, Il - Lévit. X. 1., 2; -la fumigation faite avec un feu
éll'anger repl'ésentait le culte d'après unautre amoul' que l'amour
Divin, et le cuIte d'apl'ès un autre amour est profalle. Ces choses
ont été rapportées, afin qu'on sache que par le feu de l'Autel est si­
gnifié le Divin ArnoUl' du Seigneur, AmOlli' qui ,dans le Ciel est
app,.elé Divin AmoUl' céleste et Divin AmOlli' spil'ituel, Divin Amour
céleste celui qui est dans le Royaume céleste du SeigneUl', et Divin
ArnoUl' spil'ituel celui qui est dans le Royaume spÏl'ituel du Sei­
gneul'; cal' il y a deux Royaumes, dans lesquels tous les Cieux ont
Vers. 5. CHAPITRE HUITIÈME. 255
été distingués, le Royaume céleste et le Royaume sph'ituel ; le Divin
Amour céleste constitue le Royaume céleste, et le Divin Amour
spirituel constitue le Royaume spit'iLuel; que tous les Cieux aient
été distingués en ces deux Royaumes, on le voit dans le Traité DU
CIEL ET DE L'ENFER, N°' 20 à 28 : et que ces deux amours cons­
tituent ces deux Royaumes ou tous les Cieux, on le voit, N°' 13 à
19 ibid. : mais il faut savoir que le Divin Amolll' du Seignelll' dans
les Cieux est dit céleste et spirituel pal' la réception qu'en font les
Anges, et non pal'ce que cet amour est en lui-meme divisé; puis
aussi, que l'amour spirituel existe par l'Amour céleste, comme
l'effet par sa cause efficiente, et comme le vl'ai par le bien, cal' le
bien de l'amour spil'ituel dans son essence est le vrai du bien de l'a::
mour céleste; c'est de là que ces deux Royaumes ont éLé conjoints
entre eux, et qu'ils sont un en la présence du Seigneur: mais ces
choses ont éLé diLes pOUt' ccux qu i aiment à scruter les intérieul's.
Que le Feu sigllifie l'amour dans l'un eL l'aulre sens, on le VCITa
cOllfirmé plus bas d'après la Parùle.
!J9i. Et il le jeta en la terre, signifie l'influx dans les in­
férieurs, où sont ceux qui doù;ent être séparés et éloignés: on
le voit pal' la signification de jeter ['encensoir rempli du feu de
l'autel, en ce que c'esL l'influx du Divin AmOlli' d'apl'ès les Cieux,
ainsi qu'il sem expliqué; et pal' la signification de la terre, en ce
que ce sont les inférieurs, où sont ceux qui doivent êLre séparés et
éloignés les uns des autres; en effet, dans le Monde spil'ituel il y a
des terres, il y a des collilles, ct il y a des montagnes; et là, sont ha­
bitées et les terl'es et les collines et les montagnes; sul' les collines
et SUI' les montagnes habitent les Anges et SOli! les Cieux, et SUI'
les tCl'l'es qui sont au-dessous des coUilles et des montagnes habi-:
taient cellX. qui devaient être séparés les uns d'avec les autres, c'est
pOUl' cela que ces tePl'es ici signifient les lieux. inférieurs; que quant
à ces choses l'aspect dans le Monde spirituel soit le même ,que SUI'
notre terre, c'est ce qui a été montré dans le Tl'ailé DU CIEL ET nE
L'ENFER, puis dans l'Opuscule DU JUGEMENT DERNIER, et aussi
quelquèfois ci-dessus dans les ExplicaLions : d'après cela, on peut
voil' que, pal' jeter l'encensoir l'empli du feu de l'A lItel en ln Lerr'e,
il est signifié l'inOux. du Divin Amour d'après les Cieux dans les
infél'ieuI's, où étaient ceux qui devaient être séparés et éloignés; en
256 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N- 497.

effet, en bas ~U1' les lel'l'es il y avait là des sociétés, où étaient en


même temps des bons et des méchants qui devaient être séparés les
uns des aull'es, avant que le Jugement Derniel' eû.t lieu; car depuIs
le temps du Seigneur jusqu'au temps du Jugement Derniel' y avaient
été tolérés tous ceux qui avaient Pll vivre une vie morale exleme,
et ainsi imiter en apparence une vie spirituelle; qu'ils aient êté 10­
lérés jusqll;au Jugement, et pOUl'quoi ils ont élé tolérés, c'est ce
qu'on voit dans l'Opuscule DU JUGEMENT DERNIER, No' 09,69,70;
et qu'ils y aientJol'mé ce Ciel précédent qui a été déll'Uit., on le'voit
dans le même Opuscule, N°' 65 à 72 : et comme dans ces mêmes
sociétés, ou dans ce Ciel précédent, il y avait aussi des simples bons,
quelques-uns là ensemhle avec eux, et d'autres ailleurs mais con­
joints avec eux par un extel'nc sa:int et pieux, el que cependant les
'bons devaient êlr'e séparés des méchants avant le Jugement, afin
que ceux-là fussent éle\'és dalls le Ciel et les méchants jetés dans
l'Enfer, et que la sépal'ation fut faite par l'influx du Divin Bien et
du Divin Vl'ai des Cieux dans les lieux infél'ieurs où tous ceux-là
étaient, 011 peut voir pal' là que, par (( il jeta l'encensoir J'empli du
feô de l'Autel, Il il est signifié cet influx dans les inférieurs: sur
l'opération de cet Influx chez les bons, et sur son opél'ation chez les
méchants, vozrci-dessus, N°s 413, lIt8, !l19, lI26, lt89 (bis), lI93.
lI98. Et il se fi! des voix, et des tonnerres, et des édair$,
,9ignifie les raisonnements d'après le trouble des affections et
des pensées sur le bien el le mal el sur le vrai et le {aux: on
le voit par la signification des voix, en ce qu'elles sont les I~aison­
nements, ainsi qu'il va être expliqué; et pat la signification des
tonnerres et des édaù"s, en ce qu'ils sont les conflits et les trouhles
des affections et des pensées SUl' le bien et le mat et sur le vrai et le
faux; la cause de ces conflits et de ces troubles, c'est que par" l'in­
flux venant des Cieux les externes chez les méchants sont fermés
el les internes ouverts, et que c'étaient les ex ternes qui avaient si­
mulé les biens et les vrais, et les internes q;ui avaient pensé les
maux el les faux; leurs externes étant donc fermés et leurs internes
ouverts il s'élève un conflit et un trouble des affections et des pen­
sées sur le bien elle mal el sur le vl'ai et le faux, et..d~\' là des· rai­
sonnements; de telles choses dans le Monde spipituel sont entendues
comme les voix d'uile multiLude qui mUI'mure, \)oo:vdonne, meuace
Vers, 5, CHAPITnE HUITIÈME. 257
et L'Om bat; et il une ùislaTIce, où elles ne sout point enlendues, elle~
se manifestent comme des lonncn'cs et comme des éclairs. comme
des lonnel'I'es d'après le conflit des affections, el comme ùeli éclail's
d'après le conOiL des pensées. Comme ces choses proviennent de la
d~cente du Divin Bien ct ùu Di'vin Vrai des Cieux supérieurs ùans les
lieux infél'ieUl's, c'est de là que les voix, les lonnerres et les êc1àil'S,
101'sque les bons les entendent et les voient, signifient le Divin Vl'ai
quant à la pel'ceplion et à l'illustration; SUI' celte signilication, t'oi,.
Ci-llcsslIs. N°' 2ï3, 303 : 'mais il en est autrement quand les me­
'chants les enlendent et les voient.
la99. Et p~ tremblement de terre, signifie les cliangculCnl$
de rétllt de l'Église: on le \'OiL par la signification des tremble­
'f1'l(mt,~ de terre, en ce qu'ils sont les changements de l'état de l'É­
• glisc, ainsi qu'il a éll~ dit ci-dessus, N° 400 : que dans le Monde
spirituel les tenes soient agitées, les collines et les montagnes
ébranlées, lorsque l'éLat de l'Église y est changé en pire, et qne le
mal et le faux comnlcncenL il y dominer, on le voiL dans l'Clldroit
maintenant ciLé. Si dans le Monde spirituel il y a ùes Iremblements
cie telTe, c'esL parce que loutes les Lenes y sonL d'origine spiriLuelle,
ct SOIlL changées a\'ec le changement de l'Église chez ceux qui les
habitent; elles sont belles eL pleines de paradis, de par'lerres èmail­
lés de lIem's et de lieux couverts de verdure, lorsque l'(~glise est
/lol'issanLe, mais elles sont aft'l'euses ,et pleines de déserts ct de ('0­
chers, lorsque l'Église est pervertie, et la Lene est entièrement
changée à mesure que l'Église se détolll'lle du bien et du \Tai pOUl'
le mal eL le faux; mais cela se faiL seulemenL dans les licux infé­
rieurs; SUI' ce sujet, voir aussi dans le Traité nu CIEl. ET DE L'EN­
FER, N° '156, eL ailleurs. Puisque là les lel'('eS sonL d'une telle ori­
gine, on peut voir qu'il y existe"des tremhlements de tcne, IOJ'sque
l'état de l'Église est changé.
500. Elles :>ept Anges, qui {(t'aient lcs sept /l'Ompelles, ,Ç(~
préplu'èrent pOUl' sonner de III trompelle, signifie les c/UIIl­
gements produits dans lellr ordre par lc:> influa: procédanl du
'el: on le voit Pllr la signification ùes :>ept,Anges qui se tinrent
de\'ant Dieu, en ce qu'ils sont les Cieux conjoints au Seigneul' inlu­
riclIl'ement et plus étroitement, ainsi qu'il a été dïL. ci-dessus,
N° La89; et pal' la signification de sonller de la [l'om)'('L1l', cn CC
lll. 17.
258 L' APOCALYPSE EXPLIQUËE, N"SOO.

que ce sont les influx et par suite les changements d'état et les 'sé­
parations, ainsi qu'il a été dit aussi ci-dessus, N° lJ89 (ùis) : et comme
dans ce qui suit maintenant il s'agit, en ordre, des changemenls
d'état produits par les influx procédant du Ciel, voilà pourquoi ces
changements sont signifiés par cela que les sept Anges, qui avaient
les sept tl'olJlpettes, se pl'épal'èl'ent pOlll' sonner de la trompette.
501. Vers. 7. Et le premier Ange sonna de la trompette,
et il se fit llne grêl~ et un feu, mêlés de sang, etJetés en la
terre, et la troisième partie des arbres fut brûlée, et toute
Ilfrbe verte fut brûlée. - Et le premier Ange sonna de la
,rQmJ)cttc, 8ignifJe l'influx venant du Ciel, et par suite le pl'emiel'
changement: et iL ~'e fit une gr(Jle et un feu, mêlés de ,çtlng,
signifie le faux inrernal et le mal infernal qui détruisent, mêlés aux
vrais et aux hiens de la Parole auxquels il est fait violence: et jetés
en la terre, signifie la progl'ession "el's les inférieurs: et la troi­
.çihne partÏ'e deI> arbres fut brûlée, signifie que les perceptions
et les connaissances du vrai et du bien péril'ent par les cupidités qui
ont leur sOUl'ce dans les amolll's mauvais: et toute herbe verte
fut brûlée, signifie que tout scientifique vl'ai péril aussi par les
cupidi'tés de ces mêmes amours.
502. Et le pl'cmier Ange sonna de ta trompette, signifie
l'influx venant du Ciel, et par suite le premier changement:
qn le voit pat' la signification de sonner de la trompette, en ce
que c'est l'influx du Divin Vrai venant du Ciel; et comme le pre­
miC!' changement provenant de là est maintenant décl'it, ce chan­
gement est aussi signilJé. Si sonner' de la trompelte signifie l'influx
du Divin VI'ai venant du Ciel, c'est parce que, quand le Divin Vrai,
découle du Ciel, il est parfois entendu dans Je Monde spirituel comme
le son d'un clail'On et comme le son d'une trompette; et aussi
ceux qui se tiennent au-dessous voient comme des Anges avec
des trompettes; mais ce sont des repl'ésentations et des apparences,
telles qu'elles existent au-dessous des Cieux, car c'est le Divin Vrai,
descendant ou découlant du Ciel vers les lieux inférieurs, qui est
aiD,si représenté; de là vient donc que sonner de la trompetle signifie
l'influx du Divin Vrai découlant du Ciel. Cet influx, quand il est
fort, produit un eft'et autl'e chez les hons et autre chez les méchants;
chez les h9ns il illustre l'entendement, les conjoint plus éll'oitement
Vers, 7, CHAPl'.rng HUITIÈME. 25U
\ avec le Ciel et pal' suile l'éjouÎt et vivifie les meulais (i1J/imi); mais
cllez les méchants il trouble l'entendement, sépal'e du Ciel, conjoint
plus étl'oitement à l'enfer, porte la terreur' dans les mentais (fluimi).
et donne enfin la mort spiriluelle : d'après eela, il est hien évident
que par sonnel' de la tl'ompelte quant il l'effet il est signifié la ré-
vélation el la manifestation du Di\'in Vrai, comme ci-dessus, N°· 55,
262; el, dan~ le sens opposé, la privalion du l'l'ai et la désolation.
Puisqu'il e~t mainteoanll'appol'lé que les Anges ont sondé sept fois
de la tl'ompette, il est nécessaire de 1110ntl'el' d'après la {lal'ole ce
que signifie sonner de la tl'ompelle, et ensuile pourquoi il est dit
que l'Ange a ~onné de la tl'ompette, Que sonner de la tl'ompelte et
du c\ail'on signifie la révélation et la manifestation du Divin Vrai,
.on le voil pal' le son ùe la ll'ompelte qui fUl enlendu quand Jéhovah
descendit SUI' la montagne de Sinaï? et pl'ùmulgua la Loi; il en est
padé ainsi dans Moïse: li Il arrira au troisieme jour, quand
était le matin, et il y eut dl).~ 7:oix e! des hlairs et une lIltée
7)e,~(l/lte sur 'la MOl/tagne de SiUllï, et une voix de trompette
trè.~-forte, et tremblait tout le peuple qui (étllil) dallS le mll/",
quand dl'scelldit J éftol'llft sur elle dans le (CIL; et ICl l'oix de
trompelle allait et se fortifiait ri. l'extl'ême. Et Jélzol'llh dit li
Moï.':e: Deucuds, m:ertis le peuple, de peur qu'ils ne j'llssefll
irruption VeI'/j Jéholllllt pour roir, et qll'U n'en tombe bCllll-
coup, » - Exod.. XIX, 16 il 25; - pal' la Loi, qui était alors pro-
. mulguée, est signifié le Divin Vrai; pal' la voix de trompelle élaient
repl'ésenlés l'influx de ce vrai découlant du Ciel el sa manifeslation;
par' la voix ùe trompette, qui allait et se forlifiail à l'extrême, était
repl'ésenté son accroissemenl vers les lieult inférieUl's; cal' il est dit
que le pèuple se tenait au lJas ùe la montagne; le peuple qui Il'em-
blail beaucoup et fut avel'ti de ne pas appl'ochel' plus près de la
montagne, de peul' qu'ils ne périssent, signifiait l'effel ÙU Divin Vl'ai
découlant chez ceux qui sont tels qu'élalenl les fils de Jacob; d'a-
près le culte qu'ils rendirent au Veau d'or' un mois après, on peut
voir qu'intérieul'ement ils étaienl tout à fail méchants, et ils alll'aicnt
péri s'ils ne s'étaient pas tenus au loin, de lil leul' terl'eur de la
morl. Que sonner du clait'on et de la tl'ompelle ait représenté et
pal' suite signifié le Divin Vrai descendanl du Ciel el influant, on
peol le vOir d'après l'inslitution cl l'usage des IrOlllp.~ues (lhez les
260 L'APOCALYPSE EXPLIQllÉE, N" 502,

fils d'Israel; en effet, il avait été statué,. Cl qu'il seraÎt fait des
trompettes d'argent, et que les fils d'Aharon en SOIllleraiellt
pour les convocatiolM, pour les dépal'(s, dans les jours d'allé­
gresse, dans les {êtes, aux commencements des mois, sur les
sacrifices, pour mémorial, et pour la guerre. '11 - Nomb. X.
1 à 11; - si elles étaient faites d'Argent, c'était parce que l'Ar­
gent signifie le \'l'ai d'apl'ès le bien, ainsi le Divin Vl'ai ; que l'ar­
gent signifie ce vl'ai, on le voit dans les ARCANES, CÉLESTES,
Nos 1.551,1.562,295&, 6658; si les fils d'Aharon sonnaient de la
trompette, c'était parce qu'Aharon lui-même, comme gl'and-prêtl'e,
'repl'ésentait le Seigneur quant nu Divin Bien, et ses fils le Sei­
gneur quant au Divin VI'ai; voir aussi dans les ARCANES G)(LESnS,
Nos 9806, U80i, 99!J6, 1001i. S'ils en sonnaient pour les convo­
cations et pour les départs, c'était parce que le Divin VI'ai con­
voque, rassemble, enseigne le chemin ct conduit: s'ils en sonnaient
dans les jOlll's d'allégresse, dans les fêtes, aux commencements des
mois et SUI' les sacrifices, c'était parce que le Divin Vl'ai descen­
dant du Ciel réjouit et constitue le saint du culte: s'ils en sonnaient
aussi pour les guerres et pour les combats, cela signifiait que le
Divin Vrai découlant du Ciel cbez les méchants, qui dans la l~al'oIe
sont les ennemis, porte la terreur de la. mort, met en fuite et dis­
perse; c'est dans ce sens et pOUl' cet effet qu'il est dit ici que les
sept Anges ont sonné de la trompelle à IcUl' rang. Comme il avait
été statué qu'on sonnerait de la trompette pour les convocations,
c'est pOlll' cela que le Seigneur' dit dans Matthieu, (e qu'il ellverra
ses Anges avec une gl"ande voix de trompette, et qu'ils ras­
sembleront ses élus, des quatre vents, depuis les extrémités
des Cieux jusqu'à leurs ext7·émités.» -XXIV, 31 ;-etlà, par
les Anges avec une grande voix de Il'Ompette, il est signifié le Divin
Vrai qui doit être révélé il la consommation du siècle, c'est-il-dil'e,
quand arl'ivel'a la fin de l'Église: et dans Ésaïe: « En ce jour-là,
il sera sonné d'une trompe.lte grande, et 1)iendront ceux qui
périssent dtllU la terre" d'Asclmr, et les expulsés dans la
terre d'Égypte, et ils se prosterneront devant Jéhovah dans
la montagne de sainteté, dans Jérusalem, )1 - XXVlI, 13;
- ces choses ont été dites de l'avénement du Seigneur; la com'o­
. cation il l'Église et la salvation par le Seigneul' sont signifiées plU'
Vers. 7. CHAPITRE HUITIÈME. 261
Cl en ce jour-là il sel'a sonné d'une trompette grande, n el par Cl vien­

dront ceux qui périssent dans la tflrl'e d' Ascbur, et les ex plusés dans
la tet:I'e d'Égypte; Il sonnel' de la Il'ompelte signifie le Divin Vrai
convoquant cl salivant, ceux qui périssent dans la teJTe d'Aschur
sont ceux qui étaient trompés pal' des raisonnements faux, et les
expulsés dans la terre d'ÉgYPle sont ceux qui étaient trompés par
les scientifiques, ainsi les nalions qui ont été dans les faux d'aprèS
l'ignorance du vrai; pal' Cl ils se prosterneront devant Jéhovah dans
la montagne de sainteté, dans Jél'Usalem, Il il est signifié qu'ils ad().
"eront le Seigneul' d'après l'amoul' et dans la vél'ité, pal' la mon­
tagne,de sainteté il est signifié l'Église quant au bien de l'amoUJ',
pal' conséquent aussi le hien de l'amour de l'Église, et pal' Jéru­
salem il est signiné l'Église quant au vl'ai de la doetl'ilJe, pal' con­
séquent le vl'ai de la doctrine de l'Église: d'aprës cela il est encore
évident que par sonner de la trompette il est signifié le Divin VI'ai
descendant du Ciel. tomme le Divin Vrai descendant du Seigneur
pal' les Cieux réjouit les cœurs et y réJland le saint du eulte, et que
c'était pour cela qu'on sonnait de la trompette dans les joul'l'> d'allé­
gl'esse et dans les fêtes, voilà pourquoi il est dit ùans Da\'id :
Cl Chaillez à Jéh01){(!l ((vec la harpe, arec harpe et l'oix de

citant; 'avec trompelle.~ et voixdc clairon éclatez en bruit re­


tentissant deulltl le Roi, J élwvalt. Il - Ps, XCVIII. 5, 6. _.
Dans Séphanie : Il Chante, fille de Sion; éclate en bruit reten.­
tissant, Israël; sois da~~ l'allégresse et bondis de toul cœur,
fille de Jérusalem. 1) -Ill. 1It; - il s'agit de ['instauration de
l'Église par le Seigneur; les tl'Ompetles, la voix de clairon, et éclatel'
en brui-t retentissant, signifient la joie à cause ùu Divin Vrai qui
descend du Ciel. Dans Joli: Cl Lorsque les étoiles du matin chan­
tent, et que tous les fils de Dieu éclatent en bruit retentis­
sant. Il - XXXVlll. 7; - ces choses ont été dites de l'état de
l'Église dans le commencement j .et pal' les éloiles il est signifié les
connaissances du vrai et du bien, et pal' les fils de Dieu les Divins
vrais; leur joie, c'est-à-dire, la joie des hommes d'après ces con­
naissances et ces nais, est signifiée en ce qu'ils chantent et écla­
tent en hruit retentissant. Dans David: Cl Louez Dieu arec son
de trompette. Il - Ps. CL. 3; - et dans le Même: C( Heureux
le peupü', ('t'lIX qui cOll/wissent le bruit l'et CHt ùsallf 1 .Jélto­
262 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" r>o2,

1'{I1t, dfms la lumière de te~ (aces ils marc/,eronl, Il - Ps,


LXXXIX. 16; - par le son de trompette est signifié le Divin
Vrai qui réjouit le cœur, c'est pourquoi i\ est dit aussi ilia lun,ière
de tes faces, ) par laquelle est signifié le Divin Vrai. Que pa.' les
voix de clairon' et les sons de trompettes il soit signifié. les Di­
vins Vrais qui dp.scendent du Cïel, et portent la terreul' chez les
méchants et les dispersent, comme ici dans l'Apocalypse pal' les
tl'ompeues dont les sept Anges ont sonné, on le voit dans Ésaïe:
(1 Jéhoralz comme un Héros sortira, ('omme un homme de

guen'e il éveillera son zNe, il éclatera en bruit retentissant;


el 11lbne il ('l'iem, S/ll' ses enl/emill il!'('Illpurtera. ) - XLII.
i:~ ; - les ennemis sont les méchants. Dans Joël: (l SOilILez de
la trompclle l'n SioJl, ilr/atez en bruit retcl~tissant dans la
mOl/tagne dl' mil Sainteté; que frélJlisf,fllt tous les habitants
de la lerre, pm're qu'il vient le jour de Jéhovah, joUI' de té­
11èbres et de brollittord, )l - Il. 1, 2; - le jour de Jéhovah
est l'avénement du Seigneur, quand aussi le Jugement Demier se
fait sur le,; méchants. Dans Zacharie: Jéhovah sur eux appa­
(1

mUra, et sortira comme l'éclair son trail, et le Seigneur


J êltovilt sonnera de la trompette, et il s'lœancera dans les
telllpêtes du midi. 1) - IX. 1lI; - ces choses ont aussi été dites
de l'avénement du Seigneur, quand les méchants doivent péril'; par
sonnel' de la trompette il est signilié dispel'sel' pal' le Divin V.'ai;
IHll' le tl'ait qui sortira comme l'éclair il est signifié aussi le Vrai
qui disperse et détruit. La mùme chose est signifiée par sonner de
la tl'ompetle clans Jérémie, LI. 27; et dans Hosée, V. 8, Comme
les méchants, dès qu'ils sont l'assemblés ensemble dans le Monde
spirituel, sont, par l'influx du Divin Bien et du Divin VI'ai, pr'ivés
des nais ct des biens qu'ils a\'aient simulés dans les externes, et
sont mis dans leurs maux et dans leurs faux qu'ils avaient entre­
tenus intérieurement, et sont ainsi séparés des bons et jetés dans les
enfers, et comme, lo.'sque cela arrive, ceux qui sont à distance en­
tendent comme des sons de cl~lirons et de trompettes, ainsi qu'il a
déjà été dit quelquefois, c'est pour cela qu'il avait été statué chez
les fils d'Israël qu'on sonnet'ait de la tr'ompelte pour lel! combats;
on lit que cela fut fait pal' Pinchas, puis pal' Guidéon, quand ils
.;ombaltiJ'ent contl'e les Mirlillnilcs, et au~si quand Jéricho fUl pl'ise:
\
\ Vers. 7. CHÂPITUE HllITIÈME. 263
à l'égard de Pinchas, on lil dans MOÏSe, (1 qlle Moise entIQya douze
Illitie hommes ll1'més, mille de chaque Tribu, arec les t'aS es
de f.llintelf et les trQmpettes dall,~ la main de PiJlcha..~, fils
d'Éll'ltIwr le pd/re, contre !Il idùm, et qu'ils (uh'cnt tOU$ les
mâles et aussi les 1'0i,~ des Midianites, 1) NomlJ, XXXI. 1 à
-

8, - Quanl à Guidéon, on lil dans le Livre des Juges, (1 que GlIi­


déon dici-m les trois cents hommes ell trois troupes, cl il dOl/ntt
ulle trompette en lfl main de clWClI/I, et d('.~ ('1'udte,~ l'ides el
de,~ torchc,~ au milieu des cruches; et il leur dit : Quand j
so/ull'rai de la trompelfe, moi et tous ceu:r- qui (sonl) ((rel'
moi, sonnez. de la tr071lpelle aussi, t'OLlS, aulour de tnul le
camp: et lorsqu'ils sonnèrent de la trolllpellr., Jéhovah tOurna
l'épée de l'homme contre 1;011. compagnon, et contre tout le
camp, et lès Midianites s'en(uÏ/'ent, Il - VII, '16 à 22. - Et
à l'égard de Jéricho, quand elle ful prise, on lil dans Josué, (1 qu'il
fut ordonné que sept prêtres porteraient upt trompette:. li
jubilation devant l'arche, et fer«dent le tour de la ville P(!II­
dant six jours, une (ois chaque joUI'; que le septième jour Us
{'eraielit le tour de la ville M:pt (ois et sonneraient dl' 1" tr01ll­
pelle: et lorsq~te le peuple dans J ériclw enlendit la voix de la
trompette et les vociférations du pcuple, la muraille de la ville
toniba SOIlS elle, et le pellple monta dans la ville, et il la prit. Il
- VI. '1 à 20; - pal' là a été l'eprésenlée la dissipation des maux
dans le Monde spiriluel, ce qui a lieu pal' le Divin VI'ai, lequel,
quand il découle du Ciel, est enlendu dans ce Monde comme une
trompelle qui retentil, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; tous les Mira­
cles rapportés dans la Parole sont représentatifs et pal' suite signi­
ficalifs des Divins dans les Cieux; de là, l'effel tlu bl'llil relentissant
des tl'ompelles contl'e les ennemis sur la lelTe fut semblable à l'effet
contre les méchants dans le Monde spiriluel; car par les ennemis
dans la Parole étaient représentés et pal' suiLe signifiés les mé­
chants, par les Midianiles ceux qui élaient tians les faux du mal,
et par' la ville de Jéricho dans ce passage la falsification des con­
naissances du vl'ai. D'après cela, on peut voir ce qui est signifié
par ces paroles, dans Jérémie: u Jetez des cris contre Babel tout
il l'entour; elle a tendu sa main; ils sont tombh, §CS (onde­
mellts, détruites ont été ses mZll"ailles. l) - L. 15; - el dans
264 L'APOCALYPSE EXPLIQlIÉE. N" 1\02.

Séphllnie : (1 Jour de vilslalion et de dh'flstntion, jouI" de te.,


nèbrcs et d'obscurité, jour de ntwge et dl' brouillnrd,jottr d.,
trompette et de bruit retentissant SUl' {('$ villes fortifiées,' et
Iur les angle,ç élevés. 1) - I. 15, 16. - D'après tout ce qui a été
dit, un peut \'oir maintenant ce qui est signifié pal' les sept Anges
sonnant de la trompette, et pourquoi il en est résulté des effets tels
que ceux qui sont déCl'its, el qu'ainsi sonner des Irompeltes signille
l'influx du Divin Vrai descendant du (~iel, et les changements qui
til'ent de là. lelll' origine; cal', dans ce Chapitre de l'Apocalypse et
dans les sui\'ants, il s'agit de l'état de l'i~glise dans le Monde spi­
rituel a\'ant le Jugement, et aussi des ll1é\~hants dispersé!; et jetés
dans l'enfCl'.
f>O:\. Et il,~e fit ltlie grNe t't un {ell, mêlés de sang, signifie
le /mu; in/eJ'1lnl'éf le mal in{ernal qui détruisent, mêlés aux
-7)f'{lis et {li/X bièn.~ de la Parole auxquels il est {ait l:iolence :
on le voit pal' la signification de la gl'fle, en ce qu'elle est le faux
infernal qui détruil, ainsi qu'il va êtI'e expliflué; pal' la significntion
du {Cil, en ce qu'il est le mal infernal qui déll'uit, ainsi qu'il vu
êll'e aussi expliqué; et par la signilication dl! Sallfl, en ce qu'il est
le Divin Vrai, ici auquel on a fait violence, ainsi le Divin Vrai fal­
sifié, pal'ce qu'il est dit une grêle et un feu mêlés de sang; que le
sang signifie le Divin Vrai pl'oc~dant du Seigneur, et l'eçu pal'
l'homme, el dans le sens opposé la destruction de ce Vrai par les'
faux du mal, et ainsi la violence faite à ce vrai, on le voit ci-dessus,
N° 329. Si la gl'êle et le feu signifient le faux el le mal qui détrui­
sent, c'est aussi d'après les apparences dans le Monde spiI'ituel;
quand le Divin VI'ai y d~coule du Ciel, et influe dans la sphère où
sont ceux qui sont dans les faux d'après le mal el désirenl'détl'uire
les \'l'ais et les biens de l'Église, alol'8 il appai'att à ceux qni se
tiennent au loin comme ul)e pluie de gl'êle et de feu, comme une
pluie de grêle d'apl'ès les faux chez ceux-là, et comme une pluie
de feu d'après les maux; cela vient de ce que le DiI'ln Vrai; quand
il inOue dans une sphère où sont les faux et les maux, est changé
cn la même chose que êe qui est dans la sphère, car tout influx est
changé dans le .sujet l'ècipient selon la qualité de ce sujet, comme
la lumière du soleil dMI::> les sujets noirs, et la ehaleur du soleil
dans les snj~ls puants, Ile même le Divin VI'ai, qUi est la lumière
Ver$,7, CR AP1TRE HUITIÈME. 265
du Ciel, et le Divin Bien, qui est la chaleur du Ciel, dans les sujets
mauvais, c'est-à-dire, dans les espl'its qui sont ùans les faux d'a­
pl'ès le mal; cie là vient cette apparence; et cela, parce que la grêle
et le feu dans la Parole signilient de telles choses, car le sens de [a
lelll'c de la Pal'ole, quant à la plus grande partie, I)\'ovienl des appa­
rences dans le Monde Spil'iluel. Que la grele signifie If: faux infel'nal
qui détruit le vrai de l'Église, on peut le ,"Oil' d'après la Parole dans
d'au tees passages, où la destruction du vrai est décrile par la grêle.
comme dans l'I~gypte, lorsque Pharaon ne voulut pas laisser aller
le peuple d'Isl'a!!l; il en est pal'lé ainsi dans Moïse: Il 111 oise dit ù
Pharaon, qu'il {erait pleuvoir une gl'êle {art lourde, tclle qu'il
n'yen {/t'ait point eu en Égypte, Et i(y aura de la grêle sur
l'homme et sur la bête, et sut tout e herbe du champ dans la
terre d'Égypte, Et 111oï,~e étendit son bâton. rers le Ciel; et
J éllO,/)ah donna des '/!oix, et de la grêle, et un leu allait'il terre;
et JNlOvnh /U pleurair de 1!1 gl'P/e sur Il! terre d' É 9ypte; et
il y eut de la gl'êle et du {eu à la fois marchant au milieu de
III gl'ê!e fort lourrje; et III grêle frappa tout ce 'lui ütlit dalls
le champ, depuis l' IzO/llme jusqu'ù la btite; et toute herbe du
rhll1np la gr{!{1' (la) {rappa, et tout arbre du c/zmllp elle (le)
brisa; seulement en Gosclten, oit étaient les (ils d' Israël, il
n'y eut pas de grfle : et le lin et l'orge {urent frappés, paNe
que l'orge (était en) épi mûrissant, et le lin (en) tuyau : et le
froment ct l'épautre 'i.e {urent point (rappés, parce qu'ils
(étaient) cachés, » - Exod. IX. 18 à 35; - par la grêle dans
l'l~gY[lte il est signifié de semblables choses que par la gl'éle ici
dans l'Apocalypse, allssi est-ce pOUl' cela qu'on y l'encontre plu­
sieurs expressions semblables; par exemple, que la gl'êle et le feu
à la fois mal'cbaient, que l'herbe du champ fut fl'appée ct que les
arbl'os furent brisés; si l'on y rencontre plusielll's expressions sem­
blables, c'e$L parce qua par les plaies de l'Égypte il est signifié les
mêmes choses que dans \'1\ pocalypse par les plaies faites quand les
sept Anges sonnèrent de la trompelle; en effet, pal' les Égyptiens
étaient signifiés les hommes purement naturels, par les fils d'Israël
les hommes spil'iluels, pal' les plaies de J't~gypte ces changements
qui sont faits avant le Jugement Demier', de même qu'ici dans J'A­
pooolypsc; cal' par l'imme,'sion de Pharaon et des Égyptiens dans
266 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. ~. 503.
la mer de Suph étaient repl'ésenlés le Jugement Dernier et la dam­
nation; de là vient dOlic que pal' la grêle etle.feu, là aussi, sont si­
gnifiés les faux et les maux qui détruisent l'Église; mais ce pas­
sage a été expliqué dans les ARCANES CÉLESTES; voir N°' 7553 à
7619. La même chose est donc signifiée par la grêle et pal' les
c,bal'bons ardents on le feu, dans David: « 11frappa de g,-Me leur
cep, et leurs sycomores d'une g,-Ue pesante; et il livra li la
grUe leur bete, et leurs troupeaux aux charbons ardents; il
envoya contre eux l'emportement de sa colère, une invasion.
d'Anges Itlaul){lis. ) - Ps. LXXVIII. 67, !l8, !l9; - comme
la grêle signifie Je faux qui détruit les vrais de l'ltglise, c'est pour
cela qu'il est dit « il fl'appa de grêle leUl' cep, et lèurs sycomores
d'ulle grêle pesante, ) car pal' le cep est signifié le vrai spirituel de
l'Église, et pal' le sycomOl'e le vrai naturel de l'Eglise; et comme
par les charbons ardents ou le feu il est signifié l'amour du mal et
son ardeur de détruire les biens de l'Église, c'est pour cela qu'il
est dit (1 il livra à la grêle leur bête, et leurs troupeaux aux
charbons al'dents, ) par la bête et les troupe~ux il est sig6ifié les
affections mauvaises ou les cupidités pl'ovenant de l'amou l' mau­
vais, et pal' les charbons ardents ou le feu la cupidité etl'ardeul' de
détruire; par l'invasion d'Anges mauvais est signifié le faux du
mal pl'Ovenant de l'Enfer. Dans le Meme: « Il donna leurs pluies
en gl-Ue, un leu c(e flammes dans leur terre; et il frappa leur
cep et lellr figuier, et il brisa l'arbre de leur ll'ontière. Il ­
Ps. CV. 32, 33; - là aussi il s'agit de la grêle de l'Égypte, qui
signifie le faux infernal détruisant les vrais de l'Église; et par le cep
et le figuier, ici aussi, il est signifié les mêmes choses que ci-dessus
pal' le cep et le sycomore, par le cep le vrai spirituel, et par le fi­
guiel' le vrai naturel, l'un et l'autre appartenant à l'Église, et par
l'arbre sont signifiées les pel'ceptions et les connaissances du vrai et
du bien. Pareille chose est encorè signifiée par la grêle dans Josué,
quand il comhattit contre les cinq Rois des ÉmolTéens, il en est
parlé ainsi: (\ Il arriva que, lor,~que ces Rois fuyaient devant
Israël, et qu'ils étaient dans la descente de Bethchoron, Jé­
hovah jeta des Cieux sur eux de grandes pierres de gréle
jusqu' li. Azékah; et il y en eut plu.~ de ceux qui moururent
par {es piel're.~ de grêle, que de ('CII:r: que tllèrent les fils d'1s­
Vers, 7. CHAPITRI!: HOPl'lÈMK 2tii
,'oël par l'épé(!. ll, - Josué, X. il ; - comme les Historiques de
la Parole son! des l'epl'ésentalifs et conliennen! nn sens interne de
même que les Prophétiques, par conséqut.mt allssi les choses qui
sont l'apportées SIlI' les cinq Rois des Émol'l'éens, et sur le combat
des IlIs Ù'Isr(lël contre eux; en effet, par les nalions expulsées de la
terre de Canaan élaient signifiés les méchants qui devaienl êrre chas­
sés du Royaume du Seigncul', el par les Ills d'Israël ceux auxquels
.e Royaume serait donné en possession, car pal' la terre de Canaan
il était siguifié le Ciel et l'Église, ainsi le Royaume du Seigneur; de
Iii, par les cinq Rois des Émorréens étaient signifiés ceux qui sont
dans les faux du mal et veulenl détruire les vrais du bien de l'É­
glise; à cause de cela, il al'l'iva qu'ils furent tués pal' des pierres de
grêle tombées du Ciel, c'est-à-dire qne les nléchants fûrent dé!l'uils
et périrenl par lems propres faux, cal' les méchants pél'i.ssenl eux­
mêmes par leurs maux et leurs faux, par lesquels ils veulent dé­
!l'uil'c les vrais et les biens de l')<~glise, Dans 'David: Il Par la
splendeur devant Lui ses nuées passèrent, avec grêle et dUtr­
bons de (eu; Jéhovah tonna des Cieux, "' et le ]'n1s-Haut donna
de sa l'oi,x, de la grêle et des charbons de feu; et il lança ses
traits, et il les dispersa, t'l des fi)Udre,~ en gralld nombre, et
il tes con.j(mdit. ll-PS, XVIII, 1.3, 1lJ, '15; -lil, par la gl'êle
cl le feu il es! signifié les mêmes choses que par la grêle ct le feu
ici dans l'Apocalypse, à savoil', les faux elles maux qui déll'uisent
les vrais et les biens de l'Église: s'il est dit que la grêle et le fcu
furent envoyés pal' Jéhovah, c'est parce que le Divin Vrai qui
descend du Ciel es! tourné en faux infel'naux chez les mechants,
comme il a été dit ci-dessus; de celle conversion résultcnt plusicUl's
appal'ences; pal' exemple, qu'il tombe de la grêle et du feu, lorsque
cependant cela ne vient pas du Ciel pal' le SeiglleUl', mais vient de
ceux ql\i sont dans les faux du mal, lesquels tournent l'influx du
Divin Vl'ai c! du Divin Bien en faux du mal; il m'a même été donné
d'apCI'cevoil' ces conversions; quand le Dh'in Vrai coulait du Ciel
dans quelque Enfer, il était en chemin successivement toul'né en
faux du mal tel qu'était ce faux chez ceux de ce! enfer, absolument
comme la chaleu!, du soleil quand elle tombe SUI' des ordures, et
comme la lumièl'e du soleil quand elle tombe SUl' c1es sujets qui
ehangcllt ses rayons en COllleul':'> sombres; ou, de mMle que la lu­
268 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 503.
mièl'eetla chaleur du soleil, dans des terres marécageuses, pl'oduisent
des herbes nuisibles qui nourrissent des serpents, tandis que dans
les teI'res bonnes elles pl'oduisent des arbl'es et des her1.les qui nour­
l'issent les hommes et les bêtes utiles; la lumière et la chaleur du
soleil ne sont pas cause que de tels effets sont produits dans les tel'rcs
infectes, mais ce sont les terres mêmes qui en sont cause, et cepen­
dant ces e/rets peuvent être attribués au feu et à la chalem' du soleil.
D'apl'ès ces observations on peut voir par quelle origine il appal'att
de la grêle et du feu dans le Monde spirituel, et pourquoi il est dit
que Jéhovah les fait pleuvoit', lorsque cependant Jéhovah n'envoie
que le bien; et quand Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur, rend l'in­
flux fOI't, ce u'est point pour perdre les méchants, mais c'est pour
délivrer et protéger les bons, car il se conjoint ainsi les bons plus
éll'oitement et intél'ieurement, et par suite ils sont séparés des mé­
chants et les méchants périssent, cal' si les méchants n'étaient pas
séparés, les bons périraient, et le Ciel Angélique serait dissipé, Des
choses semhla1.lles sont signifiées p'al' la grêle et pal' une pluie de
grêle dans les passages suivants; dans Ésaïe: « !Ilalheur à la ('o~­
ronne d'orgueil, aux enivrés d'Éph.rllzm! Voici le Seigneur
(ort et robuste comme une inondation de grêle, une tempête
de ravage. 1) - XXVIII. 1, 2, - Dans le Même: « La grete
renversera le re(uge du mensonge, et des eaux ilwnderont le
Hf'u reculé, » -- XXVIll, 1ï, - Dans le Même: «Alors Jého­
vah (era entendre la gloire de sa voix, et son bras (era voir
le repos, dans une ùulignation de colère et une flamme de (eu
dévorant, dl:~pe,.sion, et inondation, et pierre de grêle. Il ­
XXX. 30,31. -Dans le Même: « Il grêlera jusqu'à ce que
soit descendue la (orêt, et qu'avec humilité la vitle se soit hu­
miliée. l l - XXXII. 19, - Dans Ézéchiel: (1 Je disputerai avec
Cog par la peste et par le sang, et une pluie inondante, et
des pierres de .grêle, du (eu et du sou{re je (erai p/euvoi1' sur
lui. l) - X,XXVIlI, 22. - Dans l'Apocalypse: (l Alors (ut ou­
vert le Temple de Dieu dans le Ciel, et lut vue l'An;he de son
allianre darl8 son Temple. et il se fitde.~ éclairs, et de.~ voix,
et des tOllnerres, et wt" tremblemen.t de terre. et une grUe
grande, ) - XI. 19, - Et aillelll'S : « Une grêle grande comme
du 1loids d'un (ali'nl dn(mdit du Cielliw'les Itomm&; c'est
Vers. 7. CHAPITRE HUITIÈME. 269
pourquoi les fwmmes blàspf~émèrent Dieu à cause de la plaie
de la grêle, parce que grallde était sa plaie extrêmement. 1)
- XVI. 21. - Dc là, ceux qui sont dans les faux du mai sont ap-
pelés Piel'\'es de grele dans Ézéchiel: (1 Dis il ceux qui l' e1tdui~
sellt d'inepties, qu'elle tombera; il y aura une pluie inolldttllte,
?Jar laquelle vous, Pù:rres de grêle, l'OIlS tomberez. II -XIlI.
1.1 ; - pal' ceux. qui enduisent d'inepties sont siglli/lé5 ceux qui
confir'menlles l'aux, afin qu'ils paraissent à l'exlérieur' comme \'l'ais;
ceux-là sont appelt's pielTes fie grêle, parce qu'ainsi ils détruiscnt
les vl'ais; la dispersion de ces faux est signifiée pal' la pluie inon-
dante. Dans .Job : « Es-tu lJe/1U vcrs les trésors de fa 7l.eigc, el
les trésor,~ de la grêle as-tu rit, lesquels je retiens pour le
temps du cOlllbat et de la guc1're? par quel chemin se l'âprmd
la lumière? II - XXX VlII. 22, 23, 26. - Jéhovah inten'oge
Job SUI' plusieurs choses ellni demande s'il les sail; nIais les choscs
SUI' lesquelles il l'intel'roge signifienl des choses qui appartiennent
au Ciel et à l'Église; el pal' « ëS-lU venu vers les lrésors de la
neige, el les trésors de la grêle as-lu VU? 1) il esl signifié s'il sait
d'où proviennent la privation du vl'ai et la deslruction du vl'ai pal'
les faux du mal, lesquelles se manifeslent dans le Monde spil'ilUel
par de la neige et de la gl'êle qui y tombent des Cieux; pal' « les-
quels je retiens pour le lemps du combal el de la guerre, Il il est
signifié qu'elles se manifestenl quand les méchants doivent êtl'c dis-
pel'sés; c'est aussi de là qu'il est dit « par quel chemin se l'épand
la lumière? 1) ce qui signiNepal' quelle progression le vrai est-il in-
sinué? la lumière est le vrai. Si la grêle signifie le faux du mal, et
la pluie de gl'êle la destl'uction du vrai, c'est parce que la grêle en
elle-même est froide, et ne soutieRt pas la chaleur du Ciel; or, le
froid sigllifie la privation du bien de l'amolll', el la chaleur dans
le Ciel Angélique esl le bien de l'amour; l)OÙ' dans le Tl'aité DU
CIEL ET DE L'ENFl::R, N°'126 à HO; el comme les pierres dans la
Parole signifienlles vl'ais, et dans le sens opposé les faux, el qu'une
grande grêle semble consister en rier'res lancées du Ciel, qui déll'ui-
senties moissons ctlcs hel'lles des champs, et même les animaux
petits, comme fel'aient des picl'I'es, c'est pOUl' cela qu'il est dit piel'i'e
de grêle: que les Pierres dans la Parole siglliticntles vrais, el dans
le sens opposé les faux, on le voit dans les AncANEs CÉLESTES,
N°' M3, 1298, 3720,6426,8609,1.0376.
270 L'APOCALYPSF~ EXPLIQUÉE. N" 564.

. SOho Jusqu'ici il a été montl'é ce qui est signifié par la Gr~le,


il reste encore à montrel' ce qui est signiOt\ par le feu: Par le Feu
dans la Parole est 'signifié le bien de l'amour céleste, et pal' la
flamme le bien de l'amoUl' spil'ituel ; mais dans le sens opposé pal'
le feu est signifié le mal dont l'origine est dans l'amour de soi, et
par la flamme le mal dont l'origine est dans l'amour du monde;
il fl\ut qu'on sache que tous les biens, quels qu~i1s soient, tirent
leUl',8xiste!lce de J'amour céleste et de l'amoUl' spirituel, et que
touS les maux, quels qu'ils soient, tirent leur existence de l'amoUl'
de soi et de l'amolll' du monde; et comme le feu dans la Parole si­
gnifie l'amonr dans l'un et l'autre sens, c'est pOUl' cela même qu'il
signifie tout bien et tout mal, qui existent d'après ces deux amOlll'S,
Puisque dans la Parole le Feu se, dit et du Ciel et de l'Enfer', eL
qu'on a ignor'é jusqu'à présent que l'amour y est signifié pal' le feu,
je vais r'apporter' plusieurs passages de la Parole pour mellre en
lumière que par le feu il y est entenàu dans le sens bon l'amour
céleste, et dans le sens mauvais l'amOlli' infernal. Que pal' le Feu
dans la Parole il soit signifié l'amour céleste, on le voit d'abord par
la signification du Feu de l'Autel, en ce qu'il est l'amoul' céleste
ou l'amoUl' envers le Seigneur', ainsi qu'il a élé montré ci-dessus,
N° h96; qu'il en soit de même du Feu qui n'appal~tenait pas à l'Au­
tel, on peut le voir par les passages suivants, dans Ézéchiel: Cl Je
vis, et l:oif'i, un vent de tempête vint du septentrion, lIne
nuée grande, et un feu se rerueillant en soi-même avec splel/­
de~lI' alentour, et comme une apparence de chlt1"bon ardent
dans le milieu du feu; et de son milieu une ressemblance de
quatre animaux; i' aspect des animaux, comme des rharbons
de {eu ardents, cormne l'aspect de flambeau.T; il s'arançait
entre les animaux, en sorte que de (a splendeur (il y avait)
dans le {eu, et de ce {eu sortait de l'éclair. Au-dessus de l'É­
tentiue, qui (était) sur leur Tête, une ressemblance de trûne,
et au-dessus l'aspect d'un homme, el je vis comme une ap­
parence de charbon ardent, comme une apparence de feu au
dedans, de toute part, depuis l'aspe{·t de ses reins et au-des­
sus, et depuis i' aspect de ses ,'eins et au-dessous je vis comme
un a;ipect de (ell -avec ~plendeul' alentour.. l) - I. h, 13, 26,
.27. III. 2; -- pal' les Chérubins, qui fUl'ent vus comme Animaux,
Velos. 7. CHAPITRE HUITIÈME. 271
il est entendu le Seigneur' quant à la Divine Providence, et quant il
la Garde afin qu'on ne l'appl'oche que par le hien de l'amour; et
comme la Garde même est dans les Cieux, ct principalement dans
le Ciel intime ou lt'oisiéme Ciel, c'est pOUl' cela aussi que ce Ciel
est signifié par les Chérubins; l'air ci-dessus, N°' 1.52, 277,313,
322, 362, lJ62 : et comme c'est pl'incipalemerlt le TI'oisiéme Ciel
qui est signifié par eux, et que le Seigneul' est au-dessus des Cieux,
c'est pOUl' cela aussi Clue le Seigneul' l'ut vu sur Ull trône au-dessus
des Chérubins: que le Feu donc qui fut vu au milieu des Chéru­
bins, avec splendeur alentour et d'oil sortait de ('éclail', et aussi
autour du trOne, et depuis les reins ùe celui qui était assis dessus
en haut et en bas, signifie le Divin amour céleste, cela est évident,
car le Seigneur Lui-Même est le Dhin Arnoul'; et tout cc qui pro­
cèùe du Seigneur procède de son Divin amOUI', ici donc, c'est le
Fou aveé splendeur alentour, Pareillement' dans Daniel: (( Il t'int
vers l'Anrien des jours; son vêlement comme de la neigl:
(était) blanc, et III chevelure de sa tête comme de la l(fille
d'une pure blancheur; son trône, des flammes de li'lI; ses
ralles, ll1t (eu ardent; un fleunc de feu coulait et sortait ri
Lui. )) - VII. 9, 10; - par l'Ancien des jours il est aussi en­
tendu le SeigneUl'; là, par' le Fils de l'homme le Seigneur quant au
Divin VI'ai, et par l'Ancien des jours le Seigneul' quant au Divin
Bien ou au Divin AmOlli', qui est dit [' Ancien des jours d'après le
temps Tl'ès-Ancien, quand existait l'Église céleste qui fut clans l'a­
mour en-vel's le Seigne_ur- : celte Église el le Ciel composé de ceux
qui ont été de celle f~glise sont entendus pal' le trône qui était
comme des flammes de feu; et par' les roues, qui étaient comme un
feu al'dent, est signifiée la docll'ine de l'amoul' céleste; le Divin
AmOlli' procédant du Seigneur est signifié par le feu qui coulait et
. SOl'lait de devant Lui, Il est aussi ('apporté par Daniel (( qu'il vit
un homme t'êtu de lin, dont les reins étaient ceints d'or d' U­
phaz; son corps était comme de ta Tharschisch, et sa ftire
comme l'a.çpect de l'éclair, et ses yeux comme des flambeaux
de feu, et se.ç bras et ses pieds comme la splendeur de l'ai-.
rain poli. )) - X. 5, 6; - que ce soit le Seigneur' qui ail été
aiusi Vil par Dauiel, cela devient évident d'après l'Apocalypse, ou
le Seigneur' a été représenté d'une manière presque sl)mhlahlc de­
272 I: APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\" 501&.

vant Jean; il est parle de Lui ainsi: (1 DtIIM le liiilÙ1Il Mil t'cpt
Chandelier,\, u.n semblable ml Fils de l'homme, ceint t'crs les
mamelles d'une ceinture d'or; .'Ut tNe et ses r!ln)f,ux., blanr.."
comme de III lnine blanc/w, comme tI,: III nei:te; et lies yeu.",
comme une flamme de (eu; se.~ pieds, semblables il de l'airain.
fin, comme embrasds dans une fournaise; son aspect comme
le soleil. l) - I. 13, 1.h, 1.5, 1.6. Il. 1.8; - d'après la description
presque semblable du Fils de l'homme vu pal' Jean dans le milieu
des sept chandoliers, et de ('Homme vêtu de lin, et de )'Ancien des
jours, \'us par Daniel, il est bien évident que c'est le Seigneur qui
fut vu pal' l'UII et par l'autl'e; Il sa face vue comme l'aspect de l'é­
clail', ct ses yeux-eomme des llambeaux de feu, Il signifie le Divin
ArnoUl' du Seigneur, car la face chez l'homme est l'image l'epré­
sentative de l'affeclioll qui appartient à son amour, et les )'CUX prin­
cipalement, car par eux l'amour brille; cn eft~t, ils lancent"par suite
comme des étincelles de feu. II est dit allssi de Celui qui élait monlé
sur le Cheval blanc, Il que ses yeu:l: {UI'mt vu.ç comme Ulli'
flamme de {eu. Il - Apoc. XIX. 12; - que ce soit le SeigneUl'
quant à la Pal'ole, qui ait été représenté là monté SUI' un Cheval
blanc, cela- est évident, cal' il est dit que Celui qui élait monlé sur
le Cheval blanc s'appelle la Pal'ole de Dieu, et qu'il esL Roi des
rois et Seigneu\' ùes seigneurs. Comme par le feu est signifié le
Diy.in AmOllI', voilà poul'quoi Il le Seigneur fut t'li par Moise
SUl' la !JI ontngne de Clwreb dtms un buùson en feu. Il ­

Exod. Ill. 1., 2, 3 ; - et aussi poul'quoi le Seigneur fut vu SUI' la '


montagne de SinaI, dans le Feu, pal' Moïse et par loul le peuple
ISI'aélile; il en est parlé ainsi dans Moïse: Il lAl mOlltagne de
Sinaï {umait tout entièl'e, parce que nhowh y était des­
ce7ldu dans le Feu, tellement que montait sa fumée comme
la fumée d'une {ournaise, )) - Exod. XIX. IS. Deulér, IV, 36; .
- par le Feu qui y fut vu élait l'eprésenté aussi le Dirin AmoUl'.
Comme le Feu dans le sens suprême signifie le Divin AmOllI' du
Seigneur', c'est pOUl' cela qu'il fut ol'donné que le Feu brl\lerait
continuellement sur l'auLel, et qu'il serait Ill'is de ce feu POUt les
fumigations: c'était de là que, chez les Grer,s et chez les Romains,
il y avait au nombre de leurs riles l'eligieux le Feu perpétuel, au­
quer veillaient les Vierges Vestales; si ces peuples ont adoré le Feu
·Vers. 7. CHAPITRE HUITIÈME. 273
comme saint, ils tenaient cela des Églises Anciennes, qui avaient
existé dans l'Asie, et dont toutes les chose"!> du culte étaient repré­
sentatiyes. Comme le Feu dans le sens suprême signifie le Divin
Amour, yoilà aussi poul'quoi il avait été placé dans la Tente de
Convention un Chandeliel' SUI' lequel il y avait sept Lampes, qui
étaient continuellement allumées; il en est parlé ainsi dans Moïse:
« Ordonne aux fils d' Ismël qu'ils t'apportent de l'huile d'o­
lives broyées pour le Chandelier, pour faire monter les lampes
continuel/ement. Aharon le mellNl en ord1'e depuis le soir
jusqu'au matin devant J é/wvah continuellement: sllr le Chan­
delier pUJ' il mettra en ordre les lampes deumt J éhol1ah rOll­
tilluellenwnt. » - Lé\'it. XXIV. 2, 3, 4 : - et du Chandeliel'
lui-même, - Exod. XXV. 31 à hO. XXXVII. 1ï à 2h. XL.
2ft, 25. Nomb. VIII. 2, 3, ft; - pal'eille chose est signifiée par
(1 les sept lampes de Feu ardentes denant le trône de D(eu. } l ­

Apoc. IV. 5; - mais pal' le Feu de l'Autel était signifi