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LEXICOLOGIE

Mme Hind AARAB


Janvier 2021
Semestre 3

BIBLIOGRAPHIE

- Alain Polguère, Lexicologie et sémantique lexicale, Notions fondamentales, Troisième édition,


Québec, Les presses de l’Université de Montréal, 2016.

- Alain Rey, Le lexique : images et modèles du dictionnaire à la lexicologie, linguistique, Paris,


Armand Colin, 1977.

- Elizabeth Calaque, Jacques David, Didactique du lexique, Paris, De Boeck Supérieur, 2004.

- Jean Dubois and all, Dictionnaire de linguistique, Paris, Larousse-Bordas, 2002.

- Martin Riegel, Jean C. Pellat, René Raoul, Grammaire méthodique du français, Paris, Presses
Universitaires de France, 1994.

- Maurice Grevisse et André Goosse, Le bon usage, 14ème édition, Bruxelles, Éditions De Boeck
Université, 2008.

- M. Obadia, R. Dascotte, M. Glatigny, L. Collignon, grammaire, les chemins de l’expression, le


lexique, Paris, Librairie Hachette, 1976.

- Oswald Ducrot / Tzvetan Todorov, Dictionnaire encyclopédique des Sciences du Langage, Paris,
Éditions Seuil, 1972.
LA POLYSÉMIE

Définition

« On appelle polysémie la propriété d'un signe linguistique qui a plusieurs sens. L’unité
linguistique est alors dite polysémique. Le concept de polysémie s'inscrit dans un double
système d’oppositions : l’opposition entre polysémie et homonymie et l’opposition entre
polysémie et monosémie. L’unité polysémique est souvent opposée à l'unité monosémique,
comme le mot (du vocabulaire général) est opposé au terme (d'un vocabulaire scientifique
ou technique). On remarque, en effet, que les vocabulaires spécialisés se constituent souvent
par emprunt et spécialisation d'un terme du vocabulaire général. Ainsi, fer est un terme
monosémique du vocabulaire de la chimie : son symbole Fe lui est toujours substituable, il
peut se présenter sous l'un ou l'autre des états de la matière, etc. ; or, le terme fer de la
chimie est emprunté au vocabulaire général... ». Le bon usage, p 420

La polysémie n’est pas, strictement parlant, une relation de sens entre lexies, mais une
caractéristique d’un vocable.
Un vocable est polysémique s’il contient plus d’une lexie (Unité du lexique : mot, expression)
Nous dérivons de la polysémie une notion importante qui est une relation sémantique véritable : la
copolysémie. Nous pouvons ainsi dire que la lexie VERRE2 [Elle boit dans un grand verre.] est un
copolysème de la lexie VERRE1 [Le verre est un matériau transparent.] au sein du vocable
polysémique VERRE.( Notons qu’il n’existe pas en français de terme courant pour designer le fait
d’être des copolysèmes et copolysémie fait figure de néologisme).
Nous somme amenés à examiner les divers schémas de polysémie qui sont souvent basés sur des
relations sémantiques différentes comme : la causativité.

Donc, nous considérons ; la lexie L1 est un causatif de la lexie L2 si L1 ≡ causer L2.

La causativité est généralement impliquée dans les rapports sémantiques entre lexies d’un même
vocable.
La soupe réchauffe ( depuis quinze minutes) ----------- Je réchauffe la soupe.
Le bébé dort--------------------------------------------------- J’endors le bébé.
La polysémie (s’oppose à l’homonymie) se concrétise lorsque deux mots réalisent leurs paraphrases
définitoires et ne manifestent nullement de trait sémantique comme dans l’exemple :
- la grève : arrêt de travail collectif
- la grève : est une plage de graviers
Il existe deux types de significations qui constituent des traits communs afin de pouvoir composer
une seule unité lexicale. Ainsi le mot opération figure comme :
- l’opération chirurgicale dans le domaine de la médecine
- l’opération d’addition en mathématique
Toutefois, la polysémie se caractérise principalement par un vocable ( terme décrivant une chose)
qui fera l’objet d’étude, ce dernier est polysémique lorsqu’il possède plus d’une lexie (unité du
lexique). En général tous les vocables sont le plus souvent polysémiques.
Tous les schémas de le polysémie sont fondés sur diverses relations sémantiques dont la relation
de causalité :
la causalité est toujours impliquée dans les rapports sémantiques entre lexies d’un même vocable :
Ex : - La table est dressée depuis tout à l’heure → Je dresse la table
La causalité peut concerner même les lexies n’appartenant pas au même vocable :
Ex : - César meurt → Brutus tue César
Deux notions qu’il convient de rapprocher :
Certains mots n’ont qu’un unique sens, il s’agit du de la monosémie.
Exemple : Bicarbonate, un burin...
En parallèle, nous employons beaucoup de termes qui ont plusieurs sens. C’est la polysémie.
Exemple:
- Casserole : 1) ustensile culinaire
2) instrument de musique de mauvaise qualité
La consultation du dictionnaire démontre que : ce sont en général, les mots les plus courants qui
sont polysémiques( comme : petit, mettre…) et que la polysémie d’un mot est en relation directe
avec sa fréquence d’emploi.
Afin de désigner ces nouveaux aspects et pour ne pas alourdir à l’excès la masse du vocabulaire
existant, des sens nouveaux sont venus s’ajouter au sens que le mot pouvait avoir à l’origine.
D’autre part, le désir de s’exprimer de manière imagée a contribué à élargir le sens des mots.
Exemples :
- La crête d’un coq et d’une montagne
- Les dents d’un peigne, d’une scie, et les dents de la mâchoire
Polysémie et Homonymie : deux aspects d’un même phénomène
Rappel :
Les homonymes sont des mots qui ont la même prononciation et disposent d’une définition
différente. En effet, il est question de faire la distinction entre :
a- Les homonymes homophones comme : autel et hôtel
b- Les homonymes homophones et homographes, comme : louer (une maison) et louer ( Dieu)
Il est primordial de faire la distinction entre l’homonymie et la polysémie :
Exemple : le mot glace est -il polysémique ?
Ou nous devons, considérer que glace ( le miroir), glace ( eau à 0% pole Nord) , ou glace ( un
dessert ) sont des homonymes ?
Il y a trois critères linguistiques pour délimiter le moment où l’on passe de la polysémie à
l’homonymie :
a - La structure syntaxique où se trouve inséré le mot-forme
Ex : « apprendre »
1- apprendre ( une leçon) + un complément = étudier

Vs
2- apprendre ( une nouvelle à quelqu’un + 2 compléments = communiquer

b- Certains aspects sémantiques de l’environnement syntaxique ( pour un verbe : son sujet ou


son complément). La différence est très étroite.
Exemple :
1- Quelque chose entraîne quelque chose = provoquer l’agressivité entraîne la faiblesse
2- quelqu’un entraîne quelqu’un = le sportif s’entraîne
il s’agit ici : de l’opposition animé et inanimé

c- La dérivation ( adjonction de suffixes ou de préfixes)


Elle ne fonctionne pas indifféremment avec tous les sens d’un mot.
Exemple : glace ( eau gelée ou entremets) → glacier
glace ( miroir) → miroitier
Exercice :
En lui substituant un équivalent, montrez que le même verbe est employé dans les phrases
suivantes, mais avec des sens différents. Indiquez ce qui dans le contexte , éclaire
éventuellement ces sens.
1- Je suis descendu à la cave.
2- Ne descendez pas avant l’arrêt du train !
3- Les ouvriers en grève sont descendus dans la rue.
4- Nous sommes descendus à l’hôtel.
5- Notre équipe vient de descendre en 2ème division.
6- Il prétend descendre de Saint Louis.
7- J’espère que vous ne descendrez pas si bas
8- Le baromètre descend.
9- Le puits de mine descend à 2000 mètres
10- Nous descendons la Seine jusqu’à l’estuaire.
11- Il a descendu son adversaire au 10ème round.

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