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AGRONOMIE

La sélection amélioratrice
et conservatrice
des végétaux cultivés

Christine AGUILELLA

CNPR
Sommaire
3 Présentation du livret
4 Quelques clés de lecture
5 Test de connaissances (« prérequis »)

Séquence 1
11 Qu’est-ce que la sélection végétale ?

13 Étape 1 : évolution des espèces cultivées par l’homme


23 Étape 2 : pourquoi peut-on sélectionner ?
Notion de variabilité génétique
29 Étape 3 : objectifs actuels de la sélection végétale amélioratrice
42 Résumé
43 Réponses aux questions
51 Test n° 1

Séquence 2
55 Plantes autogames et plantes allogames
Conséquences sur la sélection

57 Étape 1 : les spécificités des autogames et des allogames


67 Étape 2 : conséquences des deux modes de fécondation sur la
sélection
72 Résumé
73 Réponses aux questions
77 Test n°2

Séquence 3
81 La sélection amélioratrice ou créatrice

83 Étape 1 : comment créer de nouvelles variétés de plantes auto-


games ?
95 Étape 2 : principales méthodes de sélection pratiquées chez les
autogames (exemple du blé)
107 Étape 3 : comment créer de nouvelles variétés allogames ?
Principaux types d’hybrides
114 Résumé

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX 1


117 Réponses aux questions
123 Test n°3

Séquence 4
127 La sélection conservatrice

129 Étape 1 : les deux principaux types de semences agricoles


135 Étape 2 : le catalogue officiel des semences
139 Étape 3 : la production de semences lignées pures d’autogames
(exemple du blé).
145 Étape 4 : la production de semences hybrides (exemple du maïs)
156 Résumé
157 Réponses aux questions
161 Test n°4

167 Bibliographie

2 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Présentation du livret
Ce livret présente les principaux objectifs et schémas de sélection végétale. Il
se décompose en quatre séquences de travail. Après l’étude de chacune
d’elles, vous devez être capable de répondre aux questions listées ci-dessous :

Séquence 1
• Qu’est-ce que la sélection ?
Quel est son lien avec la domestication des espèces naturelles ?
• Pourquoi et comment est-il possible de sélectionner les plantes ?
• Quelles améliorations recherche-t-on actuellement ?

Séquence 2
• Pourquoi les méthodes de sélection ne sont-elles pas les mêmes selon que
les plantes sont ou non autofécondées ?

Séquence 3
• Quelles sont les méthodes de sélection traditionnellement utilisées chez
les plantes autogames et chez les plantes allogames ?

Séquence 4
• Quels sont les intérêts des semences certifiées par rapport aux semences
fermières ?
• Comment ces semences certifiées sont-elles produites ?

Vous vérifierez, après chaque séquence, que vous savez effectivement


répondre à ces questions par un test d’autoévaluation. Mais dès maintenant,
avant de commencer l’étude, il vous faut vous assurer que vous possédez
les connaissances en biologie et en génétique nécessaires à la bonne com-
préhension du livret. Pour cela, faites le test (dit de « prérequis ») pages sui-
vantes.

NB : ce livret a pour objectif de s’intéresser aux plantes cultivées qui se multiplient par repro-
duction sexuée, mais n’aborde pas la sélection des plantes à multiplication végétative.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX 3


Quelques clés de lecture
Au cours de votre lecture, vous allez rencontrer les pictogrammes présentés
ci-dessous. Ceux-ci sont des points de repère qui vous permettront de tra-
vailler plus rapidement. Mémorisez-les dès maintenant.

À retenir Élément d’approfondissement


(« pour aller plus loin »)

Question Réponse

(Utilisés pour les questions interactives inclues dans l’exposé du contenu ; les
réponses sont regroupées sur des feuilles orange en fin de séquence)

Test d’autoévaluation Corrigé du test d’autoévaluation

(Utilisés pour tester vos acquis en fin de séquence ; vous trouverez les tests et leurs
corrigés sur des feuilles de couleur jaune.)

4 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Test de connaissances
(ou « prérequis »)

Le test suivant porte sur les connaissances acquises en génétique mendé-


lienne et en biologie végétale. Ces éléments sont indispensables pour une
bonne compréhension des processus de sélection végétale. Il est donc
nécessaire de vérifier vos acquis dans ces domaines, en répondant aux
questions ci-dessous.

Éléments de génétique mendélienne

1. Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses ?

1) Le génotype, c’est l’ensemble des gènes commandant un caractère


donné.
2) Le caryotype, c’est l’ensemble des caractères observables d’un individu.
3) Le processus au cours duquel les chromosomes homologues se sépa-
rent porte le nom de réduction chronologique.
4) Les allèles correspondent à différents types d’un même gène.
5) Un organisme diploïde possède n paires de chromosomes homologues
dans ses cellules somatiques.
6) La transmission d’un seul caractère avec deux allèles différents porte le
nom de dihybridisme.
7) Les hybrides F1 sont tous identiques entre eux.
8) Les proportions des phénotypes en F2, sont de 3/4 pour les dominants
et 1/4 pour les récessifs, en monohybridisme.
9) Le croisement effectué entre un individu dont on recherche le génotype
et un individu birécessif s’appelle un test-cross.
10) Si un individu possède un phénotype intermédiaire entre ceux de ses
parents pour un caractère donné, on peut conclure que c’est un cas
d’hérédité liée au sexe.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX 5


Biologie végétale

2. Parmi les pièces florales suivantes, cochez celles qui composent l’organe
femelle de la fleur.
Le style ❑
Le carpelle ❑
L’anthère ❑
L’ovaire ❑
Le stigmate ❑

3. Concernant les grains de pollen, cochez les affirmations exactes.


• Ils germent au contact du pistil en émettant un tube pollinique. ❑
• Ils sont produits dans les carpelles de la fleur. ❑
• Ils sont surtout transportés par le vent et les insectes. ❑
• Ils possèdent un noyau haploïde unique. ❑
• Ils peuvent rester fécondants plusieurs années. ❑

4. Complétez la légende du schéma suivant.

{
}

Coupe longitudinale d’une fleur de cerisier

6 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


5. Complétez la phrase suivante.

Les plantes à fleur produisent par ……………… ………… des graines qui
résultent de la ……………… d’un gamète femelle contenu dans l’…………

du pistil, par un ……………… provenant du pollen des étamines d’une fleur


de la même ………… ; cela favorise la ………… des individus au sein de

l’espèce.
Les plantes à fleurs peuvent se reproduire également par …………

………… à partir d’organes végétatifs. Ce phénomène entraîne la


………… des caractères des individus d’une génération à l’autre.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX 7


8 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Corrigé du test
de connaissances
Éléments de génétique mendélienne

1. Vrai ou faux ?
1) Vrai.
2) Faux. Il s’agit du phénotype, et non du caryotype qui correspond à la
mise en ordre des chromosomes extraits des cellules.
3) Faux. Il faut remplacer « chronologique » par « chromatique ».
4) Vrai.
5) Vrai.
6) Faux. Il s’agit du monohybridisme.
7) Vrai.
8) Vrai.
9) Vrai.
10) Faux. On peut en déduire que les allèles parentaux sont codominants.

Biologie végétale

2. Parmi les pièces florales suivantes, cochez celles qui composent l’organe
femelle de la fleur.
Le style ■
Le carpelle ■
L’anthère ❑
L’ovaire ■
Le stigmate ■

3. Concernant les grains de pollen, cochez les affirmations exactes


• Ils germent au contact du pistil en émettant un tube pollinique. ■
• Ils sont produits dans les carpelles de la fleur. ❑
• Ils sont surtout transportés par le vent et les insectes. ■
• Ils possèdent un noyau haploïde unique. ❑
• Ils peuvent rester fécondants plusieurs années. ❑

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX 9


4. Complétez la légende du schéma suivant.

1. Pédoncule floral
2. Réceptacle
3. Sépale
4. Pétale }

{
5. Filet
6. Anthère
7. Étamine
8. Stigmate
9. Style
10. Ovaire
11. Pistil
12. Ovule

5. Complétez la phrase suivante.


Les plantes à fleur produisent par reproduction sexuée des graines qui
résultent de la fécondation d’un gamète femelle contenu dans l’ovule du
pistil, par un spermatozoïde provenant du pollen des étamines d’une fleur
de la même espèce ; cela favorise la diversité des individus au sein de
l’espèce.
Les plantes à fleurs peuvent se reproduire également par reproduction
asexuée (ou végétative) à partir d’organes végétatifs. Ce phénomène
entraîne la stabilité des caractères des individus d’une génération à l’autre.

Si vos réponses sont majoritairement fausses ou si vous


n’avez simplement pas su répondre, il vous faut, avant de
commencer l’étude du livret, revoir vos cours de génétique
mendélienne et de biologie végétale (morphologie et phy-
siologie de la reproduction).

10 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Séquence 1

Qu’est-ce que
la sélection végétale ?

Qu’est-ce que la sélection ? Quel est son lien


avec la domestication des espèces naturelles ?
Pourquoi est-elle possible ? Comment peut-on
procéder ? Que recherche-t-on par la sélection
aujourd’hui ?

C’est à toutes ces questions que cette première séquence


de travail vous invite à répondre.

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 11


12 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Étape 1

Évolution des espèces


cultivées par l’homme

« Daucus Carota » :
un même nom pour deux plantes différentes ?

La carotte sauvage (Daucus caro-


ta), dont vous pouvez observer le
schéma ci-contre, est une plante
plutôt grêle, facile à reconnaître à
ses ombelles blanches et ses
feuilles très finement découpées.
Elle possède une longue racine
pivotante charnue, de couleur
blanchâtre. Elle naît au printemps
à partir d’une graine, se développe
rapidement et fleurit durant l’été.
Elle meurt en principe à l’automne
et ne subsiste que par ses graines.
Cependant, si la plantule naît trop
tard pour fructifier avant l’automne,
elle peut survivre à l’hiver grâce à
ses réserves en sucres et fructifie-
ra au printemps suivant. C’est
donc une plante qui peut être
annuelle ou bisannuelle.

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 13


La carotte cultivée (Daucus carota) est une plante alimentaire bien connue pour ses varié-
tés potagères (à racines rouge-orangées consommées par l’homme), un peu moins pour
ses variétés fourragères (à racines blanchâtres consommées par les animaux). C’est une
plante bisannuelle que l’on doit récolter l’année du semis, sinon après l’hiver, elle monte à
graines en épuisant les réserves de sa racine principale.
Le schéma suivant montre le cycle de vie de cette plante.

Nouveau
semis

semis

Été 1 Hiver Été 2

Question 1
Comparez les carottes sauvages et cultivées ; quelles simili-
tudes et quelles différences présentent-elles ? Ces plantes
portent toutes deux le même nom latin. Pourquoi ?

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14 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


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Réponse page 43

Question 2
Pouvez-vous expliquer l’évolution de la morphologie et du
cycle de vie de la carotte par l’effet de la domestication ?
Comment l’homme a-t-il procédé selon vous ?

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Réponse page 43

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 15


Question 3
Vous venez de voir que l’homme a fait évoluer, par la
domestication, des espèces initialement sauvages ; mais n’y
a-t’il pas d’autres intérêts à cette domestication, que la seule
amélioration des capacités de l’espèce ?

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Réponse page 44

Les buts essentiels de la sélection végétale sont d’ac-


croître la quantité des productions (= rendement) mais
aussi leur qualité. Dès lors que l’homme a domestiqué les
espèces sauvages pour en disposer plus facilement, il a
effectué un choix parmi les individus rencontrés : la
domestication est à l’origine de la sélection.

Question 4
Selon vous, la sélection est-elle la seule méthode utilisée
par l’homme pour accroître quantité et qualité des produc-
tions ? Sinon, comment interviennent les autres méthodes ?

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Réponse page 44

16 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Pour approfondir
Revoyez vos cours sur les « interactions sol-plante » et les
« relations plante-êtres vivants ».

Question 5
Les techniques culturales citées sont-elles durables dans le
temps ? Par quel(s) moyen(s) peut-on faire acquérir dura-
blement une qualité à une espèce cultivée ?
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Réponse page 45

La sélection, effectuée dans le but d’améliorer les perfor-


mances des espèces cultivées, est la seule technique qui
ait des effets durables dans le temps.
Les autres techniques agissant sur le milieu environnant la
plante, comme la fertilisation, les amendements, la protec-
tion phytosanitaire ou l’irrigation, ont des effets positifs,
mais qui s’estompent plus ou moins vite.
Pour qu’une « qualité » soit acquise ou transmise d’une
génération à une autre, il faut qu’elle corresponde à un (ou
des) caractère(s) hériditaire(s).

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 17


Question 6
Comparez maintenant entre elles, les informations sui-
vantes se rapportant à plusieurs « cultivars » (ou « variétés
cultivées ») de carottes (document 1). Quels éléments dis-
tinguent ces variétés ? Qu’ont-elles en commun ?

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Document 1
Carotte. Daucus Carota L. — (Ombellifères). La carotte sauvage, spontanée en
France et à racine de couleur blanche, a donné à la suite de sélections répétées
les types actuels à racine rouge, à racine charnue ± renflée et allongée, à feuilla-
ge, découpé et parfumé, à odeur aromatique. La floraison a lieu la 2e année.
Fleurs blanches, en ombelles composées.
Cultivars — Il existe de nombreux cv. répartis en trois grands groupes.
Les cv à racine courte, 1/2 longue et longue, qui correspondaient autrefois res-
pectivement, aux cultures forcées ou hâtives, de saison et tardives. L’évolution
des techniques culturales et la spécialisation de la production dans certaines
régions fait qu’actuellement les marchés sont pratiquement approvisionnés en
cv. à racine 1/2 longues, d’excellente qualité et faciles à préparer.
Les cv. à racine courte sont néanmoins cultivés pour compléter les besoins du
marché à un moment où les régions maritimes (Loire et Manche) ne produisent
plus ou ne produisent pas encore.
Quelques cv. parmi les plus classiques :
— cv. à racine courte : « rouge à forcer parisienne », « rouge courte de Croissy
améliorée », « rouge courte très hâtive Bellot », « rouge très courte à châssis » ;
— cv. à racine 1/2 longue : « rouge demi-longue de Guérande », « rouge demi-
longue de Chantenay », « rouge demi-longue Nantaise sans cœur », « rouge
demi-longue de Carentan » ;
— cv. à racine longue : « rouge longue de Saint-Valéry », « rouge longue lisse
de Meaux ».

18 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


1. « rouge très courte à châssis ».
2. « rouge courte très hâtive Bellot »
3. « rouge demi-longue Nantaise sans
cœur »
4 . « rouge demi-longue de Carentan »
5 . « rouge demi-longue de
Chantenay »
6. « rouge longue lisse de Meaux »
7. « rouge longue de Saint-Valéry »

Source : le Bon jardinier 1977, tome 2.


Éditions La maison rustique, p. 1030.

Dans une espèce végétale donnée, les individus peuvent


présenter des différences portant sur leur morphologie
(« forme »), leur anatomie (« organisation des organes »)
ou leur physiologie (« fonctionnement interne »).
Tous les individus de l’espèce qui présentent en com-
mun certaines caractéristiques qui les distinguent des
autres individus de l’espèce, constituent une variété.
Les individus de variétés distinctes, de la même espèce,
peuvent s’interféconder (« croisement intraspécifique ») et
produisent alors des hybrides fertiles.

Remarque : lorsque les individus d’une variété portent tous les mêmes
allèles à l’état homozygote pour l’ensemble des caractères, la variété est
dite « lignée pure ». C’est le cas de façon courante chez le blé, l’orge, le riz,
l’avoine ou le sorgho.

Question 7
Quel intérêt le producteur (agriculteur, maraîcher ou arbori-
culteur...) a-t-il à avoir à sa disposition des variétés qui sont
aussi diverses ?

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QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 19


Question 8
D’après ce que vous avez déjà vu pour la carotte et à partir
du document 2, montrez comment l’homme a procédé pour
sélectionner les variétés de plantes cultivées.

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Document 2
« Des plantes sauvages aux plantes cultivées »

Les mutations mises en évidence à l’aube de la génétique, constatées à chaque


instant de nos jours chez les plantes sauvages, et que nous savons provoquer
expérimentalement par l’action d’agents physiques ou chimiques, ces mutations
se sont certainement toujours produites au sein de la flore universelle, consé-
quences de l’action fortuite du milieu, de la chaleur, du froid, de radiations
diverses provoquant dans les cellules des modifications héréditaires. À l’intérieur
d’une même espèce, les plantes porteuses de ces caractères nouveaux ont pu
se croiser, s’hybrider entre elles, accroissant ainsi quasi indéfiniment la variation.
Certaines de ces nouvelles sous-espèces, moins avantagées, ont pu disparaître,
éliminées par la concurrence ; d’autres au contraire, plus vigoureuses, mieux
adaptées aux conditions locales ou à un milieu écologique différent, se sont mul-
tipliés sur place ou bien ont émigré et conquis d’autres territoires. La mutation
pouvant affecter non seulement les caractères morphologiques comme la cou-
leur ou la dimension des fleurs, la taille du végétal, la forme de ses feuilles, mais
aussi des caractères physiologiques comme la résistance au froid ou aux mala-
dies, on conçoit sans peine que ces sous-espèces mutantes aient réussi à s’ins-
taller en des points auxquels l’espèce-mère ne pouvait avoir accès. Par hybrida-
tion sont nés assez souvent des types très originaux (notamment chez les gra-
minées du groupe du maïs et chez les tabacs).

20 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Ces deux mécanismes naturels de la mutation et de l’hybridation, largement
exploités par l’homme moderne sur le plan expérimental, sont à la base de
l’amélioration des végétaux utiles. Pour le moment, constatons que les facultés
d’observation de l’homme primitif s’appliquaient à un monde végétal non seule-
ment fort nombreux, mais aussi soumis à une intense variation intraspécifique. Il
s’ensuit qu’il était en mesure de choisir non seulement les espèces les plus
propres à sa subsistance, mais aussi, au sein de ces espèces, les types hérédi-
tairement les meilleurs.

Avant la naissance de l’agriculture, aux époques de vie nomade, nos ancêtres


se bornaient à collecter les plantes sauvages et à laisser leur troupeaux les choi-
sir eux-mêmes dans la nature. En d’autres points, on a commencé à travailler le
sol, à y planter des bulbes ou des tubercules, à y semer des graines. Dès lors la
chasse et la pêche ont cessé d’être des pourvoyeurs essentiels de la nourriture :
au néolithique l’homme devient surtout agriculteur. Et c’est là une étape impor-
tante du chemin qui conduit de la plante sauvage à la plante cultivée.

Il en est une autre, non moins considérable, d’essence géographique : la plupart


de nos plantes cultivées sont venues de fort loin, par migration naturelle et sur-
tout par le canal des migrations humaines et, plus tard, par celui de l’acclimata-
tion, c’est-à-dire de l’introduction et de la culture systématiques.

L’intervention de l’homme, empirique au début, puis de plus en plus raisonnée


au fur et à mesure de l’avancement des connaissances, a eu pour effets rapides
en premier lieu d’intensifier et d’accélérer la variation, en second lieu de donner
à la sélection un caractère anthropocentrique. On admet à juste titre que la gran-
de majorité de nos plantes cultivées, si elles n’étaient pas maintenues par les
efforts humains, disparaîtraient au profit de la nature sauvage. Ce que fait l’hom-
me, c’est de choisir au sein d’une variation désordonnée, non pas les types les
plus avantageux pour l’avenir de l’espèce en elle-même, mais ceux qui se prê-
tent le mieux à l’usage qu’il prétend en faire.

Ainsi dans bien des cas, il va fabriquer des monstres : pommes énormes des
choux-fleurs (1), réceptables hypertrophiés de l’artichaut, côtes larges et
épaisses du cardon et de la poirée, bourgeons des choux pommés et des choux
de Bruxelles, fleurs dont les organes sexuels sont partiellement ou totalement
transformés en pièces ornementales, melons, pastèques, raisins, tomates sans
graines, systématiquement voués à la stérilité, autant de monstruosités qui
jamais ne se seraient réalisées dans la nature, car leurs premières ébauches
auraient été supprimées impitoyablement par la concurrence vitale.

(1) Les pommes énormes de certains choux ne sont que des bourgeons hypertrophiés.
Les plantes qui les portent ne sauraient survivre sans l’intervention humaine. Sans cette
intervention, les giroflées à fleurs doubles et totalement stériles seraient condamnées,
elles aussi. De tels exemples abondent parmi les fleurs cultivées.

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 21


Notons-le soigneusement : la nature n’est pas parfaite, elle regorge de méca-
nismes défectueux, d’infirmités, de difformités qu’elle s’efforce d’éliminer, mais
que l’homme a bien souvent au contraire intérêt à isoler et à conserver lorsqu’ils
satisfont les besoins alimentaires ou ses aspirations esthétiques. Sur la chaîne
infiniment variée qui, depuis la plante sauvage, s’est déroulée au cours des
siècles jusqu’à nos végétaux domestiques, se place fréquemment le choix rai-
sonné de l’anomalie, mais de l’anomalie génératrice de progrès.

Pendant la période historique qui s’étend depuis les origines jusqu’au XVIIe
siècle, faute de connaissances scientifiques suffisantes, nos ancêtres se sont
bornés à conserver le patrimoine végétal, à l’accroître par des introductions au
hasard des lointains voyages, et peut-être à isoler les mutants ou les hybrides
fortuits qui présentaient quelques caractères de valeur. Mais ce n’était là qu’em-
pirisme, et les renseignements que nous possédons concordent pour nous
apprendre que les végétaux comestibles ou décoratifs étaient, naguère encore,
fort peu différents des plantes sauvages. L’amélioration conditionnée essentiel-
lement par la sexualité, était de toute évidence impraticable scientifiquement
avant que fussent découverts les mécanismes de la fécondation et les particula-
rités fondamentales de la biologie florale. Ces connaissances une fois acquises,
l’amélioration des végétaux s’opère en deux étapes : prégénétique qui occupe
en gros le XIXe siècle et génétique qui débute en 1900.

En résumé, l’homme, poussé par les nécessités de la substance, n’a pu se satis-


faire des variations réduites et lentes que lui offraient la nature. Il les a multipliées
et accélérées à son profit, transformant empiriquement d’abord, méthodique-
ment ensuite, les plantes sauvages en plantes cultivées, profondément et héré-
ditairement différentes.
Roger de Vilmorin (1905-1980)
ancien président de l’Académie d’agriculture.

Source : « Le jardin des hommes » de J.B. de Vilmorin,


éditions « Le pré aux Clercs », 1991.

22 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Étape 2

Pourquoi peut-on sélectionner ?


Notion de variabilité génétique

Vous avez pu constater lors de l’étape 1 que, dans une


même espèce, des différences existent entre les individus et
entraînent l’apparition des variétés (équivalentes aux
« races » des animaux).

Mais, comment explique-t-on cela, c’est-à-dire, comment


explique-t-on que des individus génétiquement différents
des autres apparaissent ?

Question 9
Puisez dans vos connaissances préalables de génétique,
pour trouver quelle peut être la ou les origine(s) de cette
grande diversité des individus dans une espèce, diversité
appelée « variabilité génétique ».

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QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 23


Au sein d’une espèce, les individus peuvent apparaître
très différents les uns des autres. Cette diversité, ou varia-
bilité génétique dans l’espèce, a plusieurs causes, parmi
lesquelles :
• les mutations qui entraînent l’apparition de nouveaux
caractères,
• la méiose qui est responsable du brassage chromoso-
mique du patrimoine génétique de chaque individu lors
de l’élaboration des gamètes,
• la fécondation croisée qui associe de façon aléatoire les
gamètes.
Cette diversité génétique est à l’origine de l’apparition des
variétés à l’intérieur d’une espèce.

Pour approfondir les notions de « mutation », « méiose »


ou « fécondation », revoyez éventuellement vos cours de
biologie.

Remarque : les mutations naturelles (ou « spontanées ») sont des phéno-


mènes rares (taux de 10–5 à 10–7 mutations par génération) ; le sélection-
neur ne peut se contenter de telles fréquences, aussi différentes tech-
niques ont pour but de l’aider à obtenir de nouveaux allèles.
Il pourra ainsi :
• accroître l’apparition des mutations : en utilisant des agents mutagènes
chimiques ou physiques,
• accélérer le renouvellement des générations, par les cultures in-vitro, pour
détecter plus vite les mutations,
• prendre là où ils se trouvent, les gènes recherchés et les introduire dans
l’espèce désirée par les techniques de génie génétique.

Question 10
Étudiez les documents 3 et 4 (« verger conservatoire des
variétés fruitières anciennes et « la banque de gènes ») et
répondez aux questions suivantes :
1. Quels types de plantes trouve-t-on dans ces structures ?
2. Quel est l’intérêt de ces structures ?
3. Quelles difficultés rencontrent-elles ?

24 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


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QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 25


Document 3
Un verger conservatoire de variétés fruitières anciennes

Photo 1
Le Verger Conservatoire de la
région Nord-Pas-de-Calais dé-
tient près de 1 200 variétés
(600 variétés de pommiers,
dont une centaine à cidre,
300 variétés de poiriers, dont
une centaine produisant des
poires à cuire et quelques-unes
à poiré, 150 variétés de pruniers
et autant de cerisiers).

Photo 2
Ces variétés ont été collectées
près de nombreux agriculteurs,
jardiniers amateurs, pépinié-
ristes, collections botaniques...
Elles font non seulement l’objet
de cultures, mais aussi de tests
destinés à en apprécier les qua-
lités et les caractères culturaux.
Leur diffusion près d’un nom-
breux public donne lieu à des
manifestations remportant un grand succès près des amateurs (par exemple
Pomexpo à Lille, photo 2). De tels conservatoires et associations existent dans
bien d’autres régions.
Le Centre de Ressources Génétiques qui gère ce verger s’intéresse aussi à
beaucoup d’autres espèces, tant végétales qu’animales (races anciennes de
toutes sortes d’animaux domestiques).
(Centre Régional de Ressources Génétiques, Ferme du Héron, Chemin de la
Ferme Lenglet, 59 650 Villeneuve d’Ascq. Tél. 03 20.67.03.51.)

Source : Soltner, « La plante », 1996

26 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Document 4
La banque de gènes
La banque de gènes (germplasm pour les Anglo-saxons) est constituée de
semences qui maintiennent en réserve des gènes correspondant aux divers cri-
tères recherchés en sélection. Ces critères sont variés, dépendent des zones de
culture et varient en fonction du temps.
Une banque de gènes se constitue par échanges de matériel végétal avec
d’autres banques françaises ou étrangères, mais surtout par prospections à tra-
vers le monde dans les différents foyers de différenciation de l’espèce. Pour le
maïs, il existe encore des régions où peuvent être prospectées des populations
intéressantes : Amérique centrale et du Sud, Europe du Sud... Une fois pros-
pecté, le matériel végétal doit être évalué, ses qualités et ses défauts bien réper-
toriés.
Ces deux activités, prospection et évaluation, demandent des efforts et des
moyens importants. Les prospections sur le terrain doivent être préparées à
l’avance ; le matériel végétal recueilli est évalué sous forme de collections où
sont appréciés, de manière précise, les caractères morphologiques et physiolo-
giques du matériel prospecté. Des expérimentations destinées à évaluer le
potentiel de productivité de ces matériels sont menées conjointement sur des
lieux variés et discriminants. Ce travail important est nécessaire, car une banque
de gènes n’a de valeur que si le matériel végétal stocké est connu précisément
pour ses qualités et ses défauts.
Ce matériel est régulièrement multiplié pour éviter de perdre, par vieillissement,
le potentiel génétique disponible.
En France, l’INRA joue un rôle actif au niveau de la constitution d’une banque
nationale de gènes. Son action est malheureusement limitée par le manque de
crédits affectés à ces programmes. Dans le monde, les banques de gènes les
plus célèbres et les plus actives sont celles du CIMMYT au Mexique (plus de
13 000 populations de maïs) et celle de l’USDA aux États-Unis (environ
5 800 populations de maïs).
L’utilisation plus large de la variabilité génétique existant dans l’espèce maïs ou
dans des genres voisins (Tripsacum et Téosinte) devrait permettre de franchir de
nouvelles étapes. Les chercheurs estiment qu’ils travaillent aujourd’hui moins de
5 % de la variabilité totale du maïs : la marge de progrès apparaît donc impor-
tante.

Source : Soltner, « La plante », 1996.

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 27


Il est indispensable de maintenir un maximum de biodi-
versité et, pour cela, il convient de préserver les res-
sources génétiques existantes.
Les « banques de gènes » vont dans le sens de la sau-
vegarde des espèces et variétés actuelles ou anciennes,
cultivées ou sauvages, mais leur tâche est immense et
demande des moyens financiers importants.

28 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Étape 3

Objectifs actuels
de la sélection végétale amélioratrice
Sous-partie 1
Sélection et précocité

Question 11
Observez, ci-dessous, les cartes d’évolution de la précocité
du maïs en France (document 5). Que remarquez-vous ?

Document 5
L’ÉVOLUTION DE LA PRÉCOCITÉ
D’APRÈS LES SURFACES DE MAÏS DE CONSOMMATION

1944

217 000 ha - 15 quintaux/ha


populations

1988

1 973 000 ha - 73 quintaux/ha


variétés hybrides

Source : Le maïs - GNIS

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 29


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Question 12
Expliquez en quoi « l’évolution de la précocité » peut être
responsable de cela ?

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Remarque : la « précocité » d’une variété est un caractère important à étu-


dier pour le sélectionneur, car il présente diverses applications pratiques.
En premier lieu, il est utile de savoir que les variétés tardives sont, en prin-
cipe, meilleures productrices que les variétés précoces (ceci s’explique
par le fait que leur période d’élaboration de réserves est plus longue) ; on
les préférera chaque fois que les conditions climatiques permettront leur
culture.
Mais les variétés précoces peuvent présenter d’autres intérêts : par
exemple :
• on peut rechercher, chez le blé des variétés précoces dans des régions
où les risques d’échaudage physiologique sont grands (rappel : l’échau-
dage provoque une perte de poids des grains, liée à l’excès de chaleur et
au manque d’eau au moment du remplissage des grains en matière
sèche) ;
• chez les fruits ou les légumes, il vaut mieux produire en « primeur », donc
des variétés précoces, car la commercialisation de ce type de productions
est plus avantageuse pour le producteur (intérêt du consommateur pour
la nouveauté, cours élevés, moins de concurrence qu’à la période de plei-
ne production, etc.).

30 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Sous partie II
Sélection et rendement

Question 13
Étudiez les graphiques des documents 6 et 7 concernant le
maïs et le blé. Que pouvez-vous en conclure ?

Document 6

Source : « Le maïs » - GNIS

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QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 31


Document 7

Source : « Les céréales à paille » - Bonjean A. et Picard E., Éditions Softword, 1990.

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32 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Sous partie III
Sélection et environnement

Question 14
Si l’on prend comme préambule le fait que les agriculteurs
sont généralement accusés de rejeter dans l’environnement
un certain nombre de composés chimiques plus ou moins
polluants, mais aussi de prélever excessivement dans les
ressources naturelles en eau, on peut envisager d’essayer
de réduire ces aspects négatifs grâce à la sélection.
Recherchez dans le texte suivant (Document 8) les orienta-
tions à venir de la sélection dans le sens de la protection de
l’environnement.

Document 8
Sélection : la révolution génétique
[...]
Résistant aux stress
La résistance aux stress dans leur ensemble fait aussi partie des principaux
objectifs de sélection. « Contrairement à une idée reçue, les variétés récentes
sont plus rustiques que les plus anciennes », affirme Jean-Paul Renoux respon-
sable de la région Centre-ouest à l’AGPM. Dans sa région, la résistance au
stress hydrique, à la verse... sont des priorités dans le choix des agriculteurs.
Ces critères, les sélectionneurs les ont intégrés depuis longtemps. Pour Rustica
Prograin Génétique, par exemple, la priorité va au rendement et à la précocité.
Mais aussi à la résistance à la verse et à tous les critères d’adaptation au mar-
ché, comme la résistance aux maladies et l’adaptation des variétés à des envi-
ronnements très différents.
« Je crois que nous allons progresser sur la résistance au stress hydrique,
remarque André Gallais, de l’INRA, grâce à des études sur le système racinaire.
Les sélectionneurs ont jusqu’à maintenant beaucoup travaillé sur le développe-
ment aérien du maïs, nous allons maintenant nous intéresser à ses racines. Il est
clair qu’un système racinaire plus développé permet de mieux valoriser l’eau
présente dans le sol. » L’importance du système racinaire intervient aussi sur la
résistance à la verse.
[...] La connaissance du système racinaire va aussi permettre de travailler sur la
valorisation de l’azote par le maïs. « L’objectif des sélectionneurs n’est pas de
produire du maïs avec moins d’azote, mais de cultiver des plantes capables
d’absorber plus d’azote dans le sol, de mieux le stocker et de mieux le transfor-
mer en biomasse et en grain », explique le chercheur de l’INRA. Ces travaux
vont surtout concerner les maïs précoces, car ce sont principalement dans les

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 33


zones d’élevage de la moitié nord de l’Europe que les questions de pollution par
les nitrates se posent. [...]

Plus vite, avec les biotechnologies


Les marqueurs moléculaires et le transfert des gènes sont des outils qui per-
mettent d’accélérer les progrès de la sélection. Les premiers hybrides tolérants
à la pyrale viennent d’obtenir de l’Union européenne, le feu vert pour être com-
mercialisés en Europe. Par transfert de gène ou génie génétique, les chercheurs
ont réussi à franchir la barrière de l’espèce et à introduire un gène qui provient
d’une bactérie. L’intérêt est de pouvoir transférer une toute petite partie de géno-
me. En sélection classique, lorsque l’on est intéressé par un caractère bien pré-
cis sur une lignée, il faut croiser les deux lignées parentales pour le récupérer.
Mais au passage de très nombreux autres gènes sont intégrés. Plusieurs
années de sélection complémentaire (par rétro-croisements successifs) sont
alors nécessaires pour revenir à la variété d’origine.
La deuxième grande série de travaux qui devrait aboutir, est la résistance aux
herbicides, glyphosate (Roundup de Monsanto) et glufosinate d’ammonium
(Liberty d’Agrevo). « Dans ce domaine, nous travaillons aussi sur la résistance
aux maladies, en particulier au charbon nu, précise le chercheur de Limagrain.
Les sélectionneurs n’ont pas encore réussi à isoler le, ou les gènes respon-
sables de cette maladie mais devraient bientôt y parvenir. » [...]

Source : Cultivar hors-série « Guide maïs », février 1997.

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Remarque : on peut noter que ces progrès pourront provenir des tech-
niques traditionnelles de sélection, mais qu’il est clair, aussi que les bio-
technologies vont y prendre une place de plus en plus grande, bien que les
discussions ne soient pas terminées à propos de la réglementation concer-
nant les plantes transgéniques.

À étudier à ce propos l’article ci-joint : « dossier plantes


transgéniques : des gènes à surveiller » extrait de Biofutur
de février 1997.

34 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Dossier : plantes transgéniques

Des gènes
à surveiller

Comment se comporteront les plantes cultivées dans nos régions sont totale-
transgéniques une fois cultivées à ment incapables de survivre dans les
grande échelle ? Vont-elles s’hybrider milieux naturels, et qu’un gène de
avec leurs homologues sauvages, résistance à un parasite, par exemple,
communiquer leur transgène à des ne bouleversera pas leur biologie.
bactéries ou des virus, favoriser Pour autant, cela n’exclut pas une cer-
l’émergence d’insectes résistants aux taine vigilance, en particulier si les
pesticides ? Si les prédictions catas- obtenteurs parviennent à mettre au
trophistes des opposants les plus point des constructions géniques
radicaux relèvent souvent du fantas- complexes susceptibles de modifier
me, certains couples plante-gène doi- radicalement le comportement de
vent être étroitement contrôlés. plantes receveuses.
Plusieurs études évoquent aussi la
Alors que les recherches sur l’impact possibilité d’une dissémination d’un
écologiques des plantes transgé- transgène incorporé dans une plante
niques n’en sont qu’à leur début, les vers les microorganismes du sol (1).
industriels font pression auprès des Après tout, les obtenteurs utilisent
instances officielles pour obtenir rapi- bien une bactérie tellurique,
dement l’autorisation de leurs varié- Agrobacterium tumefaciens, pour
tés. Cette hâte a poussé une centaine « greffer » un gène dans une plante.
de personnalités européennes, dont Pourquoi l’opération inverse ne se
bon nombre de scientifiques, produirait-elle pas ? Des mécanismes
conduites par le botaniste Jean-Marie spontanés de transfert de matériel
Pelt, à publier une demande de mora- génétique existent certes, mais
toire au mois de mai 1996, déclen- comme l’explique Yves Chupeau,
chant de très vives réactions. directeur du laboratoire de biologie
Pourtant, au-delà de leurs différends cellulaire, à la station de l’INRA de
et de l’outrance de certains propos, Versailles (Yvelines), « on n’a encore
les deux parties se rejoignent au jamais vu de gène végétal dans une
moins sur un point : les prises de posi- bactérie, ni l’inverse ». On ne peut
tions globales n’ont aucun sens. Il faut cependant exclure totalement ce
examiner les couples plante-gène au risque, du moins en théorie, car la
cas par cas, en tenant compte de l‘ori- microflore du sol est encore très mal
gine de la plante, de son cycle repro- connue.
ductif et des méthodes culturales. Le gène de résistance à un antibio-
Le risque qu’une plante transgénique tique, l’ampicilline, présent dans le
prolifère au point de devenir envahis- génome du maïs transgénique de
sante n’inquiète pas les agronomes. Ciba cultivé depuis l’an passé aux
Ces derniers savent que les plantes États-Unis, est à l’origine de la polé-

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 35


mique lancée cet automne à propos déjà été observés à plusieurs reprises
de l’importation de graines de ce maïs en laboratoire (2) et au champ, notam-
en Europe. Écologistes et associa- ment sur un tabac cultivé (3). Mais le
tions de consommateurs mais aussi phénomène est encore peu étudié.
certains scientifiques britanniques Des laboratoires, comme celui
craignent que ce gène se transmette d’Y. Chupeau (INRA, Versailles), ten-
aux bactéries qui séjournent dans la tent d’apporter une réponse. « Ces
panse des ruminants. « C’est claire- risques paraissent peu probables,
ment du domaine du fantasme, s’in- estime Patrick Legrand, de la déléga-
surge Y. Chupeau. La probabilité tion permanente à l’environnement de
qu’un gène intact soit intégré par une l’INRA. Mais une surprise est toujours
bactérie de rumen et s’y exprime est possible : le passé regorge d’exem-
infinitésimale. De plus, des gènes de ples de risques balayés d’un revers de
résistance à tous les antibiotiques main et qui se sont avérés par la suite,
existent déjà parmi le nombre astro- bien réels ».
nomique de bactéries contenues dans
une panse ou dans un corps humain. Insectes résistants :
Seul l’emploi abusif de l’antibiotique une apparition inévitable
en question dans la ration des ani-
maux pourrait éventuellement poser Plus préoccupant : depuis un demi-
problème en créant une pression de siècle, la bactérie insecticide, Bacillus
sélection. En définitive, c’est l’utilisa- thuringiensis (Bt) est épandue à haute
tion des antibiotiques en élevage qu’il dose sur les parcelles agricoles et les
faut questionner, pas le transfert de forêts. Si bien que des résistances
gène. » Bernard Courtial, responsable sont apparues chez certains insectes
du marketing chez Ciba affirme pour (4). La culture à grande échelle de
sa part que « la technique employée plantes auxquelles on a incorporé le
pour insérer le gène de résistance à gène d’une des toxines de la bactérie
l’ampicilline dans notre maïs l’em- ne risque-t-elle pas d’aggraver le phé-
pêche de s’exprimer dans une bacté- nomène ?
rie. De toute façon, il ne s’agit que Les obtenteurs de ces « plantes anti-
d’un « gène marqueur » et Ciba a insectes » préconisent la culture
abandonné ce procédé qui remonte d’îlots de variétés traditionnelles. Ces
au début de la transgènèse. derniers, en servant de refuge aux
Les gènes de résistance à un virus, ravageurs, contribueraient à abaisser
« greffés » dans certaines plantes la pression de sélection et donc à limi-
(encore en développement) induisent ter l’émergence de souches résis-
la fabrication de protéines de la capsi- tantes. De plus, des plantes transgé-
de dudit virus à l’intérieur de la cellule niques capables de synthétiser plu-
végétale hôte. On suppose qu’elle sieurs toxines aux modes d’action dif-
agirait alors comme compétiteur du férents, sont en cours de préparation.
véritable virus. Au cas où un virus d’un Elles permettront de réduire considé-
autre type viendrait à pénétrer dans la rablement les possibilités de contour-
plante, de nouveaux virus pourraient nement par l’insecte-cible. Reste que
se former par hétéro-encapsidation beaucoup de scientifiques jugent
(échange de capsides). Des cas ont inévitable l’apparition de ravageurs

36 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


résistants. Au point que plusieurs se, le colza résistant à un herbicide
équipes universitaires américaines total, dont plusieurs variétés sont en
surveillent les populations d’insectes cours d’homologation en Europe,
autour des cultures transgéniques pose de sérieux problèmes.
mises en place cette année outre- Contrairement aux premières affirma-
Atlantique. tions des obtenteurs, cette crucifère
Et le fameux maïs anti-pyrale (papillon peut s’hybrider avec des espèces
dont la chenille est un redoutable para- sauvages : ravenelle, choux, moutar-
site) de Ciba – objet de tant de polé- de noire, roquette bâtarde, moutarde
miques – qui sera probablement culti- des champs. De plus, les graines tom-
vé en Europe en 1998 ? La firme s’est bées à terre restent fertiles pendant
engagée à participer à la surveillance plusieurs années, d’où les inces-
des populations de ce ravageur en santes repousses dans les parcelles.
soutenant le laboratoire de lutte biolo- La station de malherbologie de l’INRA
gique de la station INRA de Versailles- de Dijon a prouvé que les croisements
La Minière. Malgré les énormes peuvent s’opérer dans un rayon de
dégâts qu’il commet, on sait, en défini- près d’un kilomètre autour des par-
tive, peu de choses de ce lépidoptère, celles expérimentales grâce aux
de la variabilité de ses populations, et insectes pollinisateurs (5). Une équipe
encore moins des insectes collatéraux écossaise (6) a même détecté des
qui partagent la même niche écolo- « voyages » de plusieurs kilomètres,
gique. Mais pour Y. Chupeau « le après une étude menée pendant trois
risque écologique est limité : la pyrale ans autour de cultures de colza. Enfin,
ne se nourrit pas que de maïs. Cela un gène de résistance à un herbicide a
dit, les insectes prélèvent plus de la déjà été transféré à des ravenelles (7).
moitié des récoltes dans le monde, et Selon Pierre-Henry Gouyon, directeur
si le génie génétique permet de limiter du laboratoire d’évolution et systéma-
cette perte, tout en diminuant l’utilisa- tique des végétaux de l’universités
tion de pesticides chimiques, on aura Paris XI (Orsay, Essonne) « le confi-
fait un gros progrès ». nement est illusoire. Les gènes
En fait, c’est le risque de dissémination s’échappent, c’est reconnu. La seule
du transgène vers des plantes sau- solution serait d’établir par décret des
vages qui préoccupe le plus les scien- zones d’utilisation de tel ou tel herbici-
tifiques. Là encore, chaque espèce est de. Il faudrait aussi mieux contrôler les
un cas particulier. Le maïs, plante ori- conditions de transport de semences
ginaire du Mexique, ne se croise avec de colzas transgéniques pour éviter
aucune espèce de la flore européen- que des graines ne se dispersent sur
ne. De plus, ses graines, incapables le bord des routes. Mais rien n’est fait
de dormance, ne peuvent passer l’hi- pour l’instant ».
ver dans le sol. Si bien qu’il n’y a pas Reste que la prolifération de colzas ou
de repousses au printemps. Toute d’adventices résistants n’est pas à
possibilité de dissémination d’un trans- craindre, puisque le gène ne confère
gène incorporé à un maïs, que ce soit un avantage que dans les zones où
par envahissement des parcelles ou l’herbicide est employé. Les industriels
par hybridation avec des graminées font d’ailleurs remarquer qu’il sera tou-
sauvages est donc écartée. À l’inver- jours possible d’éliminer les plantes

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 37


résistantes... au moyen d’un autre her- trois régions différentes (Toulouse,
bicide. Mais on risque de perdre les Dijon et Châlons-sur-Marne). Des
deux seuls herbicides totaux (glypho- résultats partiels seront communi-
sate et glufosinate), respectueux de qués en juin 1997, mais il faudra
l’environnement actuellement dispo- attendre la fin de l’année 1998 pour
nibles et pour lesquels il n’existe pas établir un bilan définitif.
de résistance spontanée. De son côté, la station INRA de
« C’est le couple colza/résistance au Rennes mesurera cette année, en
glyphosate qui est en cause, déclare condition de cultures réelles, l’hybrida-
Y. Chupeau. Si on a le moindre doute tion du colza avec ses parents sau-
sur la dissémination de ce gène, il vages. Enfin, il faut ajouter à cette liste
faut arrêter tout de suite. Sinon nous le modèle informatique mis au point
perdrons le glyphosate pour toutes par l’équipe de Pierre-Henry Gouyon,
les cultures, y compris le maïs, à qui permet de prédire la diffusion des
cause des repousses de colza et de transgènes dans des conditions repré-
crucifères sauvages. » Comme l’écrit sentatives des différentes régions
très diplomatiquement la Commission françaises.
du génie biomoléculaire (CGB) (8) :
« La balance coût/bénéfices à long Un système de biovigilance
terme est donc peu prévisible quanti- autour des cultures
tativement. Si le bénéfice immédiat
en terme écologique est clair, à long Selon Y. Chupeau, « la CGB attend
terme, la « perte » de l’efficacité de des résultats de ces essais avant de
ces herbicides semble inéluctable et prendre une décision quelconque
un bilan est difficile à établir. » Seuls concernant le colza résistant au gly-
des essais prolongés en conditions phosate. Mais il sera difficile de l’inter-
de cultures réelles permettront d’ap- dire, étant donné la formulation de la
porter des réponses définitives à ces directive européenne 90/220 relative
questions environnementales. Le aux nuisances pour l’homme et l’envi-
centre technique interprofessionnel ronnement.
des oléagineux métropolitains La perte du glyphosate sera-t-elle
(Cetiom), l’Institut technique des considérée comme une nuisance
céréales et des fourrages (ITCF), environnementale ? Encore une belle
l’Association générale des produc- polémique en perspective... »
teurs de maïs (AGPM) et l’Institut À ces essais préalables devrait s’ajou-
technique de la betterave industrielle ter une surveillance des premières cul-
(ITB), associés à l’INRA et au CNRS, tures commerciales. Selon Jean-
ont donc lancé en 1995 un essai de Pierre Prunier, chargé de mission
dissémination portant sur un maïs, auprès du directeur scientifique des
une betterave et trois colza résistants productions végétales de l’INRA, au
à des herbicides différents (glyphosa- siège de Paris, « Un système de biovi-
te de Monsanto, glufosinate gilance sera probablement mis en
d’AgreEvo et bromoxynil de Rhône- place autour des parcelles cultivées,
Poulenc). Pendant trois ans, ces sous la houlette du Comité permanent
plantes seront cultivées selon un sys- de la sélection des plantes cultivées
tème de rotation avec jachère dans (CTPS) et de la CGB. » Tous les

38 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


acteurs sont d’accord pour y participer. vier, à l’heure où nous mettions sous
« À une condition : il faudra partager presse, le CTPS s’apprêtait à propo-
les coûts, souligne Antoine messean, ser au ministre français de l’agricultu-
du Cetiom. Si on demande aux indus- re d’inscrire le premier hybride de
triels de les assumer seuls, cela se maïs transgénique de Ciba sur le
répercutera sur le prix des catalogue officiel. PP.
semences. » Et l’Europe ? « Des
réflexions sont en cours pour mettre en
place une surveillance des parcelles
dans chaque État membre de l’Union (1) P. Habert (1994) La recherche 270, 1126
européenne, révèle Gérard Pascal, (2) M. Ravelanandro et al (1994) Chasser la
membre du conseil scientifique de l’ali- sharka des vergers . Biofutur 133. 41-43.
mentation humaine auprès de la (3) AE Greence and RF Allison (1994). Science
Commission de Bruxelles, mais rien 263. 1423.
n’est encore formalisé. Cela a réveillé (4) J. Rjan chapel-Messaï (1993) Bacillus thurin-
le vieux serpent de mer d’une FDA giens. Les insectes font de la résistance.
(Food and Drug Administration) euro- Biofutur 127. 33-38.
péenne ... » (5) H. Darmency and M. Renard (1993) 2nd
Toutefois, cet arsenal de mesures International symposium on the biosafety
n’aura de sens que si les inscriptions results of field tests of genetically modified
au Catalogue officiel sont délivrées à plant and microorganisms.
titre provisoire. Pour l’instant, seules (6) M. Timmons et al (1996) Nature 380. 487.
les plantes potagères sont soumises à (7) TR Mikkelsen et al (1996) Nature 380. 31.
un tel régime. « L’idée fait son chemin, (8) Les plantes transgéniques en agriculture. Dix
indique J-P. Prunier. ans d’expérience de la Commison du génie
La démarche s’apparenterait alors à biomoléculaire (1991). Éditions John Libbey
de la pharmacovigilance ». Le 31 jan- Eurotext, Paris, France.

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 39


40 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Sous partie IV
Sélection et qualité

Question 15
La sélection cherche à faire progresser la qualité, mais ce
terme de « qualité » n’a pas la même signification pour tous.
D’après vous, que peut représenter la qualité pour l’agricul-
teur, pour le consommateur et pour le transformateur ?
Joignez chacun de ces acteurs avec la qualité recherchée.

Acteur Qualité recherchée

Agriculteur • qualité sanitaire


• aptitude à la transformation
• récolte abondante
Consommateur • qualité gustative
• produits supportant bien le transport
et le stockage
Transformateur, • coût de production modéré
distributeur • aptitude à la récolte
• apparence
• adaptation au conditionnement

Réponse page 50

Les principaux objectifs de la sélection amélioratrice


(ou créatrice) visent à :
• améliorer la productivité des cultures (gain en rende-
ment) par exemple grâce à une photosynthèse plus effi-
cace ou à une meilleure utilisation des engrais ou de
l’eau...
• obtenir des plantes mieux adaptées aux conditions dif-
ficiles comme les températures basses ou élevées, la
sécheresse ou l’excès d’humidité, etc. ;
• développer la résistance des cultures à leurs ennemis
naturels en créant des variétés « résistantes » (la plante
n’est pas attaquée) ou « tolérantes » (l’attaque n’entraî-
ne pas de pertes de rendements) ;

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 41


• accroître la qualité des productions :
– meilleure adaptation aux techniques modernes de
culture ou de transformation,
– meilleure apparence ou qualité gustative ;
• réduire les effets négatifs de l’agriculture sur l’envi-
ronnement grâce à des variétés nécessitant moins de
substances chimiques polluantes (produits phytosani-
taires, composés azotés en particulier).

Résumé
En domestiquant des plantes, l’homme a tout naturellement
fait une sélection dans le but d’accroître la quantité et la qua-
lité de la production. Il a créé ainsi de nouvelles variétés en
utilisant la variabilité génétique existant dans l’espèce.

Aujourd’hui, il convient de préserver les ressources géné-


tiques existantes (par des banques de gènes ou des conser-
vatoires) pour conserver un maximum de diversité dans les
caractères. Ces caractères pourront, dans l’avenir, être utilisés
éventuellement par la sélection amélioratrice qui aujourd’hui
cherche à :
• améliorer la productivité des cultures,
• obtenir des plantes mieux adaptées à certaines conditions,
• développer la résistance des cultures à leurs agresseurs,
• accroître la qualité,
• réduire les effets négatifs de l’agriculture sur l’environne-
ment.

42 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Réponses aux questions
de la séquence 1

Question 1
Qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre, ces plantes possèdent :
• une organisation semblable (un système racinaire pivotant
à racine charnue et sucrée, une tige ramifiée portant des
feuilles très découpées, des inflorescences en ombelles) ;
• un cycle de vie proche puisqu’on a pu voir que les diffé-
rentes plantes peuvent toutes être bisannuelles.

Cependant, on peut noter des différences tant du point de


vue morphologique (la couleur de la racine de la carotte
potagère est très différente de celle de la carotte sauvage ;
de plus, la taille de la racine de cette dernière est plus rédui-
te et son feuillage est moins abondant), que du point de vue
du cycle de développement (la carotte sauvage est généra-
lement annuelle).
Enfin si ces deux plantes portent le même nom, c’est qu’il
s’agit de la même espèce ; on peut donc supposer que les
hybridations sont possibles entre l’espèce sauvage et la cul-
tivée.

Question 2
• Pour ce qu’est de l’évolution de la morphologie (taille et
couleur de la racine surtout, mais aussi augmentation de la
surface foliaire), on imagine aisément que l’homme a tou-
jours cherché à obtenir des récoltes plus abondantes donc
de plus grosses racines.
Pour cela, on peut supposer qu’il a conservé les graines des
pieds les plus vigoureux, à grosses racines, qui suppor-
taient sans doute mieux les rigueurs de l’hiver et servaient
donc de « porte-graines. »

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 43


• De même, pour ce qui est de la coloration des racines :
l’homme a toujours recherché les carottes fortement colo-
rées, sans doute plus appétissantes et ayant une « bonne
réputation » (en effet, de nombreuses expressions popu-
laires vantent encore les bienfaits des carottes...).
Remarque : on sait depuis 1831, que la couleur orange des racines est due
à la présence de carotène appelée aussi « provitamine A », substance indis-
pensable à l’élaboration de la vitamine A ou vitamine de croissance. L’intérêt
populaire pour la carotte a donc bien une réalité scientifique établie.

• Concernant l’abondance du feuillage : elle va de pair avec


l’accroissement du volume des racines ; une meilleure pho-
tosynthèse favorisant l’accumulation des réserves en sucre.

• Enfin, pour ce qui est de l’évolution du cycle de déve-


loppement : on peut penser que l’homme a toujours eu inté-
rêt à ne pas conserver les graines des plantes montant trop
vite à graines, et à choisir plutôt celles des plantes capables
de survivre à l’hiver ; seules celles-ci pouvaient lui fournir
des denrées précieuses pour la mauvaise saison. La
domestication a orienté le cycle des plantes sauvages, cycle
annuel ou bisannuel, vers un cycle essentiellement bisan-
nuel chez les plantes cultivées.

Question 3
La domestication des espèces sauvages (végétales) a
accompagné la sédentarisation de l’homme. Elle lui a per-
mis de trouver « à sa porte » les plantes qu’il consommait,
de pouvoir surveiller de près leur croissance, en prendre
soin en les protégeant de leurs ennemis naturels et des
aléas du climat...

Question 4
D’autres techniques vont dans ce sens, ce sont, par
exemple, la fertilisation minérale, les amendements, l’irriga-

44 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


tion et la protection phytosanitaire des cultures ; on parle
pour elles de « techniques culturales ».

Leurs principaux objectifs sont :


• de fournir aux cultures de bonnes conditions de milieu (en
particulier, satisfaire leurs besoins nutritifs en eau et en
éléments minéraux) ;
• de limiter les phénomènes négatifs de concurrence de la
culture avec les autres êtres vivants.

Question 5
Non, ces techniques ne sont pas réellement durables, dans
le sens où elles doivent être répétées régulièrement si l’on
souhaite garder de bons résultats de production.

Seule la transmission de caractères favorables d’une géné-


ration à l’autre, permet une amélioration « définitive » des
espèces cultivées ; la satisfaction des besoins écologiques
(c’est-à-dire liés au milieu) par des techniques culturales
appropriées entraîne des performances qui ne sont pas
transmises aux générations suivantes.

Question 6
La morphologie générale de ces variétés de carottes est glo-
balement semblable. Au premier « coup d’œil », elles sont
identifiées comme des spécimens de carottes.

Elles présentent, après un examen plus détaillé, des parti-


cularités se rapportant :
• soit à la longueur de la racine, à sa forme plus ou moins
effilée et à sa couleur plus ou moins intense,
• soit à la précocité, qui varie en apparence, en liaison avec
la longueur de la racine : les plus courtes sont les plus pré-
coces (à production plus rapide).

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 45


Question 7
Les conditions de culture et les objectifs de production sont
extrêmement variés, et conditionnent le choix de variétés
adaptées (exemple pour les carottes, il faudra choisir des
variétés à racines courtes pour des sols peu profonds, etc.).
D’une manière générale, la mise au point de variétés aux
caractéristiques très différentes permet au sélectionneur de
proposer des plantes mieux adaptées aux besoins de cha-
cun.

Question 8
L’homme a recherché parmi les plantes sauvages, celles
qu’il consommait et les a cultivées. Pour produire les
semences nécessaires, il a choisi parmi les individus ceux
qui possédaient des caractéristiques visibles (« phéno-
types ») particulières, les descendants de ces plantes étant
plus nombreux, en principe, à posséder les mêmes caracté-
ristiques. C’est une méthode très ancienne, qui a permis de
façon simple, d’améliorer les espèces en profitant de la
variabilité génétique naturelle.

Question 9
Trois phénomènes importants sont à l’origine de la variabili-
té génétique des individus au sein d’une espèce.

• Le premier est le phénomène de mutation : il est respon-


sable de l’apparition de nouveaux caractères (nouveaux
allèles). Ce changement du matériel génétique (ADN) peut
concerner toutes les cellules de l’organisme, qu’elles soient
reproductrices ou somatiques. Ceci est particulièrement
intéressant chez les végétaux, étant donné que de nom-
breuses espèces se multiplient par voie végétative et/ou par
voie sexuée. La transmission éventuelle de la mutation
pourra donc se faire lors de la fécondation ou dans d’autres
circonstances, lors de la multiplication végétative.

46 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


• Le deuxième phénomène intervenant dans la variabilité
génétique est la méiose : au cours de ce processus de divi-
sion cellulaire, il est effectué un brassage chromosomique,
qui répartit les chromosomes de façon aléatoire dans les
gamètes.

• La troisième cause de variabilité entre les individus est la


fécondation croisée : la rencontre des gamètes se faisant
« au hasard », cela renforce la diversité génétique dans l’es-
pèce.

Question 10
1. On trouve dans ces structures de nombreuses variétés
d’espèces cultivées, aussi bien actuelles qu’anciennes,
mais aussi d’autres espèces ou genres proches des plantes
cultivées.

2. Plus une espèce est riche en variétés, plus cela signifie


qu’elle renferme des caractères génétiques variés (nom-
breux allèles).

Pour le sélectionneur, une telle diversité lui laisse plus de


possibilité de trouver et choisir les caractères qui présentent
de l’intérêt à une période donnée. En effet, comme nous le
verrons au cours de la prochaine étape, la sélection tente de
répondre aux besoins actuels de l’agriculture mais elle doit
aussi anticiper : quelles caractéristiques recherchera-t-on à
l’avenir ?

On comprend donc que toutes les composantes de la diver-


sité des espèces méritent d’être sauvegardées, et c’est le
rôle des Conservatoires d’espèces ou des banques de
gènes.

3. Les difficultés portent sur le financement de ces structures


(moyens importants nécessaires pour la maintenance et
pour les recherches associées), qui appartiennent souvent à

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 47


des organismes de recherche (exemple : INRA) ou à des
organismes professionnels spécialisés comme les entre-
prises de sélection, parfois aussi à des organismes interna-
tionaux (FAO, OCDE...).

Une autre difficulté porte sur la manière de conserver les


variétés ou espèces (plantes entières cultivées, semences
déshydratées, fragments d’organes in vitro, pollen, etc.).

Question 11
On peut observer que la zone de culture du maïs s’est consi-
dérablement accrue depuis les années 40 : le maïs qui était
alors essentiellement localisé dans le Sud-Ouest, se ren-
contre actuellement sur la presque totalité du territoire
(exception faite des zones montagneuses et du Nord-Est).

Question 12
Tout d’abord, il faut rappeler ce que l’on entend par ce terme
de « précocité » : si l’on sème le même jour deux variétés
d’une même espèce, par exemple, la plus précoce sera
celle qui atteindra sa maturité la première, l’autre est consi-
dérée comme plus tardive ; cela signifie que la variété pré-
coce a un cycle de développement plus court.

On peut donc en déduire que l’extension de la zone de cul-


ture du maïs vers des régions moins favorisées par le climat,
a été rendue possible par l’apparition de variétés plus pré-
coces, donc capables d’effectuer leur cycle complet de
développement dans une période plus réduite. Les variétés
de départ, qui devaient être plus tardives (variétés « popu-
lation » sur le schéma) ne pouvaient pas être cultivées
ailleurs que dans le Sud-Ouest, dans de bonnes conditions.

48 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Question 13
On remarque pour les deux espèces que les rendements
sont en progrès constants ; ceci serait également vrai pour
d’autres espèces cultivées.

Cette amélioration des résultats s’explique, pour une part


importante, par une meilleure maîtrise des pratiques cultu-
rales, mais on voit que le progrès génétique a joué aussi un
rôle essentiel dans cette évolution.

Ainsi, le document sur le maïs met en évidence que la sélec-


tion de variétés moins sensibles à la verse a permis à elle
seule, un gain de rendement de 0,8 q/ha/an sur un total de
1,35 q/ha/an.

Question 14
La sélection devrait dans l’avenir, réduire les effets néfastes
de l’agriculture moderne sur l’environnement en créant des
variétés plus « rustiques », c’est-à-dire demandant moins
d’intrants comme les produits phytosanitaires, l’azote ou
l’eau par exemple.

Pour arriver à consommer moins de produits chimiques,


donc à limiter les pertes vers l’environnement, la sélection
doit mettre au point des plantes résistantes ou tolérantes
aux problèmes phytosanitaires (maladies, ravageurs ou
verse), des plantes capables de mieux utiliser l’eau ou les
engrais (en particulier l’azote) grâce à un meilleur système
racinaire par exemple.

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 49


Question 15

Acteur Qualité recherchée

Agriculteur • qualité sanitaire


• aptitude à la transformation
• récolte abondante
Consommateur • qualité gustative
• produits supportant bien le transport
et le stockage
Transformateur, • coût de production modéré
distributeur • aptitude à la récolte
• apparence
• adaptation au conditionnement

Commentaire
• Pour l’agriculteur : une variété de bonne qualité doit don-
ner une récolte abondante, tout en ayant une apparence
correcte et des coûts de production modérés ; en particu-
lier la qualité d’une variété pourra être de se prêter facile-
ment aux opérations culturales, avoir un développement
homogène dans le champ...
Par exemple : les haricots verts (dits « filets ») sont sélec-
tionnés pour leur aptitude à la récolte mécanique (maturité
groupée sur le pied, détachement facile sans détériora-
tion...).
• Pour le consommateur : pour lui, la qualité peut avoir
diverses significations : cela peut être la qualité « gustati-
ve » des aliments qu’il consomme, ou leur qualité « sani-
taire » : sont-ils bons au goût et bons pour la santé ? cela
peut concerner l’apparence des produits achetés et leur
qualité à bien se conserver après l’achat...
• Pour le transformateur : il a besoin de trouver des produits
capables de supporter transport et stockage avec succès,
il peut rechercher également une composition particulière
du point de vue chimique (par exemple des céréales plus
riches en protéines) ou bien une morphologie adaptée
(facilitant le conditionnement par exemple) etc..

50 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Test d’autoévaluation
de fin de séquence 1
Question 1
Les affirmations ci-dessous sont-elles vraies ou fausses ?
1) On appelle « croisement interspécifique » le croisement fait entre diverses
variétés d’une même espèce.
2) Une lignée pure est constituée d’individus homozygotes.
3) La sélection utilise la variabilité naturelle des espèces.
4) Les mutations chez les végétaux peuvent être transmises par reproduc-
tion végétative.
5) L’accroissement du rendement des cultures n’est plus un objectif actuel
de sélection.

Question 2
Rappelez les principaux objectifs de la sélection amélioratrice.

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QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 51


Question 3
Comment la sélection pourrait-elle participer à la réduction de la pollution
d’origine agricole ?

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52 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Correction du test
de fin de séquence 1
Question 1
1) Faux. Un croisement « interspécifique » a lieu entre espèces différentes ;
quand il s’agit de croisement entre variétés à l’intérieur d’une espèce, on
parle de croisement « intraspécifique ».
2) Vrai
3) Vrai
4) Vrai. C’est par exemple le cas du bouturage ou du greffage.
5) Faux. Le rendement est toujours une préoccupation des sélectionneurs,
mais il n’est pas une préoccupation essentielle.

Question 2
Les principaux objectifs de la sélection amélioratrice (ou créatrice) visent à :
• améliorer la productivité des cultures (gain en rendement) par exemple
grâce à une photosynthèse plus efficace ou à une meilleure utilisation des
engrais ou de l’eau...
• obtenir des plantes mieux adaptées aux conditions difficiles comme les
températures basses ou élevées, la sécheresse ou l’excès d’humidité, etc. ;
• développer la résistance des cultures à leurs ennemis naturels en créant
des variétés « résistantes » (la plante n’est pas attaquée) ou « tolérantes »
(l’attaque n’entraîne pas de pertes de rendements) ;
• accroître la qualité des productions :
– meilleure adaptation aux techniques modernes de culture ou de transfor-
mation,
– meilleure apparence ou qualité gustative ;
• réduire les effets négatifs de l’agriculture sur l’environnement grâce à des
variétés nécessitant moins de substances chimiques polluantes (produits
phytosanitaires, composés azotés en particulier).

QU’EST-CE QUE LA SÉLECTION VÉGÉTALE ? 53


Question 3
La sélection est partie prenante dans la lutte contre les pollutions d’origine
agricole :
• en créant des variétés capables de résister aux attaques de leurs ennemis
naturels, ce qui devrait permettre de réduire l’utilisation des produits phy-
tosanitaires,
• en créant des variétés ayant des besoins moindres en eau ou en fertili-
sants, ce qui limiterait les problèmes de pollution azotée par les nitrates, ou
l’utilisation excessive des ressources naturelles en eau...

54 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Séquence 2

Plantes autogames
et plantes allogames :
conséquences sur la sélection

Quelles différences existe-t-il entre les plantes


autogames et les plantes allogames ? Quelles
conséquences ces modes de reproduction ont-ils
sur la génétique des espèces ? Et quel impact
cela a-t-il sur les méthodes de sélection ?

C’est à toutes ces questions que vous devrez être capable


de répondre en fin de séquence.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 55


56 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Étape 1
Les spécificités des autogames
et des allogames

Question 1
Observez les fleurs du document 9. Quelles pièces repro-
ductrices reconnaissez-vous à l’intérieur de l’ensemble de
ces fleurs ? Sont-elles femelles ou mâles ? Comment appel-
le-t-on de telles fleurs ?

Document 9

Chez la pervenche, étamines et stigmates


sont presque en contact.

Chez de nombreuses Rosacées, ici abri-


cotier, les étamines surplombent le pistil
qui reçoit le pollen par simple pesanteur.

Chez les Berbéridacées, (berbéris, maho-


nia, épine-vinette...) la moindre excitation
(frôlement d’un insecte par exemple) pro-
voque la courbure brusque du filet des
étamines mûres, qui viennent appliquer
leur pollen sur le stigmate.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 57


Chez de nombreuses Composées
(bleuets, centaurées, chardons), le pistil
s’allonge à travers le manchon staminal
(étamines soudées), accrochant au pas-
sage les grains de pollen.

Chez certaines Graminées, comme le


blé, l’avoine, l’orge... les étamines mûris-
sent et émettent leur pollen à l’intérieur
des glumelles qui entourent la fleur.
Lorsqu’elles apparaissent à l’extérieur, la
fécondation est déjà faite.

D’après H. Camefort et H. Boué, Reproduction et biologie des végétaux. Doin, 1985


et H. Camefort, sciences naturelles. Hachette, 1954
Source : Soltner « La plante », 1996 (page 64)

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58 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Question 2
Quelle peut être, selon vous, la conséquence directe d’une
telle organisation florale, sur le mode de fécondation ?

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Question 3
Observez maintenant les fleurs du document 10 (page sui-
vante). Quelles différences ou similitudes anatomiques ont-
elles avec les fleurs autogames déjà vues ?

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PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 59


Document 10

60 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Document 10 suite

Sources : SOLTNER « La Plante », 1996. Camefort et Boué (Reproduction et biologie des


végétaux supérieurs, Doin, 1985).

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PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 61


Question 4
Voici quelques renseignements à propos de plantes allo-
games.
a. Chez le maïs, l’ail ou la carotte, le pollen d’une plante
donnée est mûr avant que les fleurs femelles de cette
plante n’atteignent leur maturité ; on parle de « protan-
drie ».
b. Chez certaines graminées fourragères, comme le pâturin
ou le vulpin, ce sont les ovaires qui mûrissent avant le
pollen ; ce phénomène est nommé « protogynie ».
c. L’asperge, l’épinard ou le houblon, sont des espèces où
les individus (« plants ») sont entièrement mâles ou entiè-
rement femelles ; on dit que ce sont des espèces
« dioïques ».
d. Chez le seigle, le ray-grass ou la luzerne, le pollen d’une
plante ne germe pas correctement lorsqu’il parvient sur le
pistil d’une fleur de la même plante, mais il germe très
bien sur une fleur d’une autre plante de la même espèce.
Dégagez de ces informations diverses, trois causes princi-
pales de l’allogamie des végétaux.

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62 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Remarque : les données précédentes ne mettent pas en évidence une
autre cause de l’allogamie : le phénomène de stérilité mâle. C’est une ano-
malie d’origine génétique qui entraîne l’avortement des pièces florales au
cours du développement de la fleur ; elle peut avoir une origine génique
(allèles entraînant des malformations par exemple) ou une origine cyto-
plasmique (en liaison avec l’ADN des mitochondries) ou les deux à la fois.

L’autofécondation (ou autopollinisation) n’est pas un


phénomène obligatoire chez les fleurs hermaphrodites
(ou bisexuées), cependant certaines dispositions anato-
miques peuvent la rendre plus probable que la fécon-
dation croisée ; en particulier, chez le blé où la période pro-
pice à la fécondation survient tandis que la fleur est enco-
re fermée (non épanouie).
Une espèce qui se reproduit principalement par auto-
fécondation est dite autogame.
Par contre, chez les espèces allogames, la fécondation
croisée est prédominante : l’ovule d’une fleur est fécon-
dé par du pollen issu d’une autre fleur, souvent d’une autre
plante (on parle « d’allopollinisation » ou pollinisation par
du pollen étranger.)

L’allogamie peut avoir des causes diverses parmi les-


quelles :
• la diécie (les plantes sont dioïques, c’est-à-dire que les
fleurs mâles et les fleurs femelles sont portées par des
plantes différentes comme chez l’asperge) ;
• le décalage de la maturité des organes mâles et
femelles (protandrie comme chez le maïs, protogynie
comme chez le pâturin) ;
• les phénomènes « d’autostérilité » où l’autopollen est
« autostérile » comme chez la luzerne (on parle d’auto-
incompatibilité) ;
• les anomalies génétiques de types « stérilités mâles »
qui font que le pollen est inexistant ou stérile comme
chez certains colzas (plante normalement à dominante
autogame).

Remarque : l’autogamie et l’allogamie sont deux processus qui sont


plus ou moins stricts, aussi on classe les espèces en « autogames »
ou « allogames » selon le processus le plus fréquent : voir document 11.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 63


Document 11
Régimes de reproduction des principales espèces cultivées

Plantes autogames
Céréales
Avoine (Avena) Autogamie prépondérante
Orge (Hordeum) Fleurs hermaphrodites souvent
Sorgho (Sorghum) cleistogames

Blé tendre (Triticum aestivum) % accidentel d’allofécondation


Blé dur (Triticum durum) par le vent
Riz (Oryza sativa)

Plantes fourragères
et protéagineuses

¡

Vesce commune (Vicia sativa) Autogamie obligatoire
Mais les étamines libèrent le pollen
lorsque la fleur est en bouton.

Lupin (Lupinus sp.) Autogamie prépondérante.


Tendance à l’autopollinisation
spontanée (6 à 7 % d’allogamie
par les insectes)

Plantes oléagineuses
Colza (Brassica nappus) Autopollinisation majoritaire,
mais se fait par les insectes.
Soja (Glycine max) Autopollinisation spontanée.

Cultures potagères
Tomate (L. esculentum) Autofécondation améliorée
Aubergine (Solanum melongena) par vibrations.
Piment (Capsicum annum)
Haricot (Phaseolus vulgaris)
Petit pois (Pisum sativum L)
Laitue (Lactuca sativa)
Chicorée scarole et frisée (Cichorum endi-
via)

64 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Plantes allogames

¡

Céréales
Seigle (Secale cereale) Allogamie obligatoire par auto-incom-
patibilité. Allopollen transporté par le vent.
Maïs (Zéa maïs) Monoïque - Allofécondation par le vent
prépondérante.

{
Plantes fourragères
Légumineuses Graminées

Ray-grass (Lolium) Allogamie obligatoire par auto-incompati-


Fétuque (Fetuca sp.) bilité. Allopollen transporté par le vent.
Dactyle (Dactylis glomerata) Allofécondation prépondérante par le vent.

{
Luzerne (Medicago sativa) Allogamie obligatoire par auto-incompati-
Trèfles (Trifolium pratense et repens) bilité. Transport de l’autopollen par les
Sainfoin (onobrychis vicia tolia) abeilles domestiques (et bourdons).
Lotier (Lotus corniculatus)

Betteraves
Sucrière (Beta vulgaris)
¡
™ Allogamie obligatoire.
Fourragère (B. maritima) Allopollen transporté par le vent - auto-
Potagère (B. macrocorpa) incompatibilité.

Plantes oléagineuses
Tournesol (Heliantus annuus) Allogamie préférentielle.
Allopollen transporté par les abeilles
domestiques.

Cultures potagères
Melon (Cucumis melo) Autofertile - allogamie préférentielle par
insectes.
Chou (Brassica oleacea) Allogamie obligatoire par auto-incompati-
Radis (Raphanus sativus) bilité. Allopollen transporté par les
insectes
Carotte (Daucus carota) Allogamie par protandrie
Céleri (Apium graveolens) Autoppollen transporté par les abeilles.
Oignon (Allium cepa) Allogamie prépondérante car autopollini-
sation difficile.
Poireau (Allium porrum) Allogamie obligatoire par protandrie.
Apserge (Asparagus officinalis) Allogamie obligatoire par dioécie.
Chicorée sauvage (cichorium intubus) Allogamie obligatoire par auto-incompati-
bilité.
Artichaut (Cynara scolymus) Allogamie dominante.

Source : « Biologie des plantes cultivées », tome 2 – Lafon, Tharaud,


Prayer, Levy, Éditions Tec et Doc.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 65


66 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Étape 2

Conséquences des deux modes


de fécondation sur la sélection

Question 5
Étudiez le tableau suivant (document 12) montrant les résul-
tats des autofécondations successives, réalisées à partir
d’un croisement initial de deux lignées pures (« homozy-
gotes »).

1. Comment évolue le pourcentage d’hétérozygotie, au


cours des autofécondations, de la génération F1 à F4 ?
2. Calculez les pourcentages d’homozygotie des généra-
tions F5 à F8.
3. Sachant qu’une lignée de blé est considérée comme
homozygote lorsque le pourcentage de gènes homozy-
gotes dépasse 96 %, à partir de quelle génération l’ho-
mozygotie est-elle atteinte ?

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Réponse page 74

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 67


68
Évolution des fréquences de génotypes Fréquences des
Génération
(12 gène avec 2 allèles A et a) hétérozygotes homozygotes

AA x aa
Parents 0 100 %
Croisement
Document 12

1 Aa

Hybride F1 100 % 0%

Autofécondation

1 1 Aa 1
AA' aa
Génération 4 2 4
suivante 50 % 50 %
F2
Autofécondation

1 1 1
AA + 1 AA' Aa aa' + 1 aa

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE
4 8 4 8 4 75 %
25 %

{
{
F3
1 1
AA Autofécondation aa
4 4
Régression des hétérozygotes sous l’effet de l’autofécondation

5 1 5 12,5 % 87,5 %
F4 AA Aa aa
16 8 16

Sélection généalogique
Séparation des descendances

ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Source : Techniques agricoles (n° 2341 « Sélection végétale »).
Les autofécondations répétées, chez une espèce quel-
conque, conduisent à une réduction du degré d’hétéro-
zygotie, de moitié à chaque génération.
Par conséquent, les espèces qui ont comme mode naturel
l’autofécondation (espèces autogames) auront un degré
d’homozygotie très élevé (par exemple plus de 96 % chez
le blé).

Question 6
Quel effet peut avoir l’autofécondation, et donc l’homozygo-
tie d’une espèce, sur sa capacité à évoluer au cours du
temps ? Quelle difficulté cela pose-t-il au sélectionneur dési-
reux de créer de nouvelles variétés ?

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Réponse page 75

Les espèces autogames ont un degré d’homozygotie très


élevé et constituent donc des lignées pures naturelles.
La sélection créatrice chez ces espèces aura comme
objectif final la mise au point de variétés lignées pures
nouvelles, et en principe, on les obtient à partir de croi-
sements (hybridations) entre des lignées déjà connues,
afin de bénéficier de la diversité génétique existant entre
les lignées.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 69


Question 7
Chez une plante allogame, comme le maïs, quelle va être la
conséquence directe de la fécondation croisée, sur le patri-
moine génétique de l’espèce ?

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Question 8
Ces caractéristiques des populations allogames sont-elles
compatibles avec les objectifs actuels de l’agriculture, en
particulier la recherche d’homogénéité ?

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Question 9
Mise à part la production de lignées pures, existe-t-il une
autre méthode pour produire des populations totalement
homogènes du point de vue génétique ? Puisez dans vos
connaissances de génétique.

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Réponse page 76

70 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Question 10
Quel procédé vous paraît le plus en accord avec le mode
naturel de multiplication des allogames afin d’obtenir des
lignées homogènes ? Sa mise en œuvre présente-t-elle des
difficultés ?

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Réponse page 76

Chez les espèces allogames, la reproduction se faisant


par fécondation croisée, les populations sont naturelle-
ment constituées d’individus hétérozygotes très diffé-
rents les uns des autres du fait du brassage des gènes.

Pour concilier les objectifs de l’agriculture moderne (popu-


lations performantes et homogènes) et le mode naturel de
reproduction de ces espèces, la sélection s’est orientée
surtout vers la production d’hybrides, principalement
des hybrides F1.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 71


Résumé
Plantes autogames (exemple : blé)
Une espèce qui se reproduit principalement par
autofécondation est dite autogame. Du fait des
autofécondations répétées, cette espèce présente
un degré d’homozygotie élevé et constitue naturel-
lement des lignées pures.
Pour créer de nouvelles variétés, on croisera des
lignées déjà connues.

Plantes allogames (exemple : maïs)


Chez les espèces allogames, la fécondation croisée
est prédominante. Les populations sont donc natu-
rellement constituées d’individus hétérozygotes et
donc très hétérogènes.
Or, l’agriculture recherche des populations homo-
gènes. Elle utilise donc, pour la production, surtout
des hybrides F1.

72 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Réponses aux questions
de la séquence 2

Question 1
Toutes ces fleurs comportent à la fois des étamines (pièces
florales mâles, productrices de pollen), et des pistils (pièces
florales femelles comprenant l’ovaire qui renferme les cel-
lules sexuelles femelles).
Ces fleurs sont à la fois mâles et femelles, on dit qu’elles
sont hermaphrodites (ou bisexuées).

Question 2
Le rapprochement des pièces florales mâles et femelles à
l’intérieur d’une même fleur doit certainement être propice à
l’autofécondation. Et effectivement les fleurs du document 9
sont des fleurs de plantes « autogames » c’est-à-dire qui se
reproduisent par autopollinisation (ou pollinisation directe).

Question 3
Certaines des fleurs du document 10 possèdent des fleurs
hermaphrodites similaires aux autogames (exemple : orchi-
dée ou betterave). D’autres plantes ont une organisation flo-
rale très différente ; en particulier, on remarque que :
• certaines ont des fleurs unisexuées (mâles ou femelles)
portées par la même plante, comme c’est le cas du noise-
tier, du chêne ou du maïs (ces plantes sont dites
« monoïques »),
• d’autres ont des fleurs également unisexuées, mais por-
tées par des plantes qui sont entièrement mâles ou entiè-
rement femelles, comme chez le chanvre ou l’asperge (ces
plantes sont dites « dioïques »).
Pourtant, malgré ces différences, toutes les fleurs du docu-
ment 10 sont des fleurs de plantes « allogames », c’est-à-dire
qui se reproduisent naturellement par fécondation croisée.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 73


Question 4
À partir des éléments cités, trois causes de l’allogamie
apparaissent :
• la plante possède à la fois des organes mâles et femelles,
dans les mêmes fleurs (plantes hermaphrodites) ou non
(plantes monoïques), mais la maturité des pièces mâles et
femelles n’intervient pas en même temps ; il existe un
décalage de maturité entre les organes mâles et femelles
(protandrie ou protogynie) ;
• la plante ne possède pas les deux sexes à la fois : les
plantes sont unisexuées (plantes monoïques) et dans leur
cas, l’autofécondation ne peut pas avoir lieu ;
• le pollen d’une plante donnée (ou « autopollen ») est moins
fécondant que celui d’une plante différente de la même
espèce (« allopollen » ou « pollen étranger ») ; on peut dire
que l’autopollen est « autostérile ».

Question 5

1. Le pourcentage d’hétérozygotie diminue de moitié après


chaque autofécondation (il sera par exemple de 12,5 %
2
soit 6,25 % en génération F6).

2. Le pourcentage (ou « degré ») d’homozygotie sera en F5 de


87,5 + 12,5 % = 93,75 %, et de la même façon, il sera de :
2
• 96,8 en F6,
• 98,4 % en F7.
• 99,2 % en F8.

3. À partir de la génération F6, le pourcentage d’homozygo-


tie a dépassé 96 %, la lignée pure est donc atteinte dès la
F6 chez le blé.
Remarque : dans la pratique, les sélectionneurs considèrent qu’une lignée
pure est « fixée » en 6 à 8 générations.

74 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Question 6
L’homozygotie assure une bonne homogénéité des indivi-
dus mais elle entraîne un très faible pourcentage de bras-
sage entre les individus, ce qui réduit la transmission des
caractères nouveaux, donc sa capacité à évoluer (ce sont
des espèces assez stables).

Pour le sélectionneur, il sera difficile de détecter à l’intérieur


de populations très homogènes, des individus intéressants
susceptibles d’être à l’origine d’une nouvelle lignée. Aussi la
variabilité indispensable devra être recherchée par l’inter-
médiaire de croisements effectués entre des populations
autogames différentes.

Question 7
La fécondation croisée entraîne un brassage génétique
important au sein de l’espèce : les gamètes proviennent de
plantes généralement différentes, parfois très éloignées
dans l’espace et qui sont probablement de génotypes très
différents.

Les individus issus de ces croisements « au hasard » sont


des hétérozygotes, c’est-à-dire des hybrides à des degrés
divers, et ils constituent des populations hétérogènes et non
stables dans le temps.

Question 8
L’agriculture conventionnelle recherchant l’homogénéité à
l’intérieur des parcelles cultivées, ne peut pas se satisfaire
de populations hétérogènes constituées d’individus dont le
développement n’est pas synchrone, ni semblable. Les
populations hétérozygotes, constituées d’individus tous dif-
férents, ne peuvent pas satisfaire l’agriculture actuelle.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 75


Question 9
À part les lignées pures, c’est-à-dire 100 % homozygotes,
on peut obtenir des lignées où les individus sont tous iden-
tiques en croisant les lignées pures afin de produire des
hybrides F1.
On sait en effet (1re loi de Mendel) que les hybrides F1 sont
tous semblables entre eux et donc parfaitement homo-
gènes.

Question 10
Le type naturel de reproduction chez les allogames étant la
fécondation croisée, on peut penser que la production d’hy-
brides F1 est la plus appropriée, cependant pour obtenir des
F1 il faut auparavant sélectionner des lignées homozygotes
par autofécondations successives, ce qui, par contre est dif-
ficile à réaliser chez les allogames.

76 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Test d’autoévaluation
de fin de séquence 2
Question 1
Indiquez par des croix, les affirmations qui vous semblent compatibles avec
ces deux modes de pollinisation.

Autopollinisation Allopollinisation
Plantes à fleurs hermaphrodites
Plantes dioïques
Autostérilité du pollen
Dispositions anatomiques
favorables à l’autopollen
Maturité du pollen
après les organes femelles
Production de lignées
pures naturelles

Question 2
Les affirmations ci-dessous sont-elles vraies ou fausses ?

1. Chez une plante autogame, les fleurs sont toujours bisexuées.


2. La pollinisation croisée peut s’observer aussi chez certaines autogames.
3. Les plantes dioïques possèdent des fleurs bisexuées.
4. Le pourcentage d’homozygotie diminue avec l’autofécondation.
5. Chez les plantes autogames, on sélectionne des lignées pures.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 77


Question 3
Répondez aux questions suivantes.

1. Qu’est-ce qu’une plante allogame ?

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2. Citez-en deux exemples parmi les plantes cultivées.

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3. Trouvez au moins deux causes de l’allogamie.

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78 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Correction du test
de fin de séquence 2
Question 1

Autopollinisation Allopollinisation
Plantes à fleurs hermaphrodites ✘ ✘
Plantes dioïques ✘
Autostérilité du pollen ✘
Disposition anatomiques ✘
favorables à l’autopollen
Maturité du pollen ✘
après les organes femelles
Production de lignées ✘
pures naturelles

Question 2
1. Vrai.
2. Vrai. Il existe toujours un certain pourcentage d’allopollinisation.
3. Faux. Les plantes dioïques sont mâles ou femelles (exemple : asperge,
kiwi).
4. Faux. Le pourcentage d’homozygotie augmente à chaque autoféconda-
tion.
5. Vrai.

PLANTES AUTOGAMES ET ALLOGAMES : CONSÉQUENCES SUR LA SÉLECTION 79


Question 3
1. Une plante allogame se reproduit principalement par fécondation croisée
(le pollen d’une fleur féconde une fleur différente).
2. Voir le tableau du document 11 : maïs, betterave sucrière, tournesol,
carotte...
3. Causes principales :
• la diécie,
• la maturité décalée des organes mâle et femelle dans une fleur,
• l’autostérilité du pollen,
• la stérilité mâle.

80 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Séquence 3

La sélection amélioratrice
ou créatrice

Connaissant les spécificités génétiques des


plantes autogames et allogames (séquence 2),
vous allez maintenant utiliser ces données pour
établir les principaux schémas de sélection.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 81


82 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Étape 1

Comment créer de nouvelles variétés


de plantes autogames ?

Question 1
Comment l’homme a-t-il procédé traditionnellement pour
améliorer les végétaux qu’il cultivait. Élaborez vos hypo-
thèses en vous aidant du schéma suivant (document 13).

Document 13
Schéma représentant le principe de la sélection massale.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 83


Source : « Les céréales à paille » par Bonjean et Picard, Éditions Softword, 1990.

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Réponse page 117

84 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


La méthode utilisée traditionnellement par les agriculteurs
afin de conserver chaque année la semence nécessaire
pour une prochaine culture, consiste à prélever les graines
des meilleures plantes.
Les plantes productrices de semence sont ainsi choisies
sur leur apparence extérieure, c’est-à-dire leur phénotype,
et ceci parmi toute une masse d’individus présents dans le
champ. C’est pourquoi cette méthode ancienne de sélec-
tion, porte le nom de sélection massale ou phénoty-
pique.
L’homme n’intervient pas dans la reproduction et, en
particulier, il n’effectue pas de croisements.

Question 2
D’après le document 13 précédent, qu’advient-il de l’hétéro-
généité globale de la population ? Et qu’en est-il de la fré-
quence du caractère dans la population ?

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Réponse page 117

Question 3
Quelle conséquence aura une telle méthode de sélection
sur la variabilité génétique de la population ? Augmentation
ou diminution ? Pourquoi ?

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Réponse page 117

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 85


De façon traditionnelle, la sélection massale a abouti à la
création de variétés améliorées sur des critères visuels.
En fonction des goûts et des besoins des régions, on a pu
voir apparaître ainsi des variétés locales connues sous le
terme de « variétés, ou populations, de pays » et qui
étaient en fait, constituées de lignées voisines ne diffè-
rant que par un petit nombre d’allèles.

Question 4
Si les caractères d’individus, constituant une population
autogame, sont très proches, peut-on espérer un progrès
par la sélection massale ?

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Réponse page 117

Remarque : la sélection massale est, actuellement, encore utilisée par les


sélectionneurs pour les cultures florales et légumières pour la création de
nouvelles variétés, mais c’est aussi une technique de sélection conserva-
trice (conservation d’une variété fixée).

Question 5
Dans une population où les individus ne diffèrent presque
pas, comment faire pour apporter de la diversité (des gènes
nouveaux) ?

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86 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Question 6
D’après vos acquis de la séquence 2, pensez-vous que l’hy-
bridation entre des individus appartenant à la même espèce
autogame présente des difficultés ?

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Réponse page 118

Question 7
Prenons par exemple le principe de l’hybridation chez le blé.
Observez les schémas du document 14 et dites quelles sont
les différentes opérations que doit réaliser le sélectionneur.

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LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 87


Document 14
Choix des parents

Source : GNIS

Remarques
• Chez le blé, l’hybridation est une opération qui doit être réalisée très tôt
(stade début épiaison), alors que les étamines sont encore vertes afin d’évi-
ter tout risque d’autopollinisation.

88 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


• La castration manuelle est une opération délicate et traumatisante pour
les fleurs, étant donné qu’elle nécessite de supprimer les organes mâles
mais également les enveloppes protectrices des fleurs (glumes et glu-
melles). Ceci explique les échecs fréquents.
Pour pallier cela et pour simplifier l’opération des substances dites « gamé-
tocides » ayant pour objet de stériliser les organes mâles sans porter attein-
te aux pièces florales femelles, ont été mises au point (exemple : hyodrazi-
de maléïque, éthephon ou hybrex) mais elles sont également délicates
d’emploi (voir document 15).
• L’épi femelle doit être protégé des agressions du milieu (l’absence de ses
enveloppes le rendant plus vulnérable) mais aussi du pollen étranger « non
contrôlé ». Il est en permanence recouvert d’un sachet protecteur.

Document 15

Fleur

calice fermé

étamines
• • •• • •• • pollen
•• •• • • • •

ovule

Autofécondation

Les gamétocides agissent de façon très sélective


sur les organes mâles

Les actions peuvent être différentes

Grains de pollen
• non viables
• • •••
• •• • •
•• • •
••

Pas de formation
des organes mâles
Impossibilité de rencontre
du tube pollinique
et de l'ovule

Source : GNIS

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 89


Question 8
Rappelez ce que donnera l’hybridation entre deux lignées
pures. Quelles caractéristiques auront les descendants de
ce croisement ?

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Réponse page 118

Question 9
Comment va, ensuite, devoir procéder le sélectionneur pour
reconstituer des lignées pures à partir des hybrides pro-
duits ? (Ceci est indispensable, puisque vous savez que les
variétés d’autogames sont des lignées pures.)

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90 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Question 10
Le travail du sélectionneur consistant à choisir des individus
pour leurs caractères intéressants, pourquoi doit-il attendre
cependant la génération F2 pour commencer à trier les
lignées ? Utilisez vos connaissances de génétique pour trou-
ver une explication à cela.

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L’hybridation intraspécifique (entre individus d’une


même espèce) entre des lignées distinctes d’une même
espèce autogame permet de créer l’hétérogénéité
nécessaire au travail du sélectionneur.
À partir de la génération F2, cette hétérogénéité entre les
individus, est observable (les F1 étaient eux tous sem-
blables et ne permettaient pas au sélectionneur d’effec-
tuer un choix), aussi dès ce moment le sélectionneur va
éliminer certaines lignées et ne conserver que celles qui
présentent un intérêt particulier. Bien entendu, ce tri
entraîne inévitablement une perte d’une partie de la
diversité apparue auparavant.
Il faut noter, de plus, que l’hybridation intraspécifique ne
permet d’attendre que peu de progrès, si les lignées
parentales choisies sont proches génétiquement
(génotypes voisins car ayant la même origine). C’est pour-
quoi les sélectionneurs cherchent à accroître la variabilité
des espèces grâce à l’introduction de gènes rencontrés
dans des espèces voisines (« hybridation interspéci-
fiques »), ce qui est possible actuellement grâce aux bio-
technologies.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 91


Remarque : pour obtenir un génotype souhaité chez une variété, l’amélio-
ration ne doit pas porter que sur un seul caractère, mais en général sur plu-
sieurs caractères simultanément.

Pour y parvenir, il faudra donc plusieurs croisements successifs en recher-


chant les caractères voulus chez plusieurs géniteurs : on parle « d’hybrida-
tions complexes » selon le schéma suivant.

Année 0 Lignées parentales AxB CxD ExF GxH

Année 1 F1 F1 F1 F1

Année 2 F’1 F’1

Année 3 F’’1
Autofécondation

Année 4 F2 très hétérogène


(départ sélection créatrice)

Source : Semences de céréales à paille, éditions Agri-Nathan

On peut aussi introduire un caractère recherché présent chez une variété


peu intéressante agronomiquement, vers une variété déjà performante
(mais qui ne possède pas ce caractère-là). On utilise pour cela le croise-
ment en retour ou back-cross dont le principe est donné dans le paragraphe
suivant.

Pour approfondir
Le back-cross consiste à introduire un caractère voulu dans
une variété dite « receveuse » ou « récurrente », ce gène pro-
venant d’une variété « donneuse », selon le schéma ci-contre.

92 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Exemple : introduction d’un caractère monofactoriel dominant A d’une variété
« donneuse » D dans une variété « récurrente » R.

Source : Techniques Agricoles n° 2341 - Sélection végétale.

On réalise pour cela cinq croisements successifs, dont on ne retient que les
génotypes présentant le caractère recherché, puis on effectue une sélec-
tion généalogique classique (voir étape 2). De la même façon, on peut
effectuer plusieurs back-cross en parallèle, afin d’introduire plusieurs carac-
tères... on parle d’amélioration convergente ; les techniques sont longues et
coûteuses.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 93


94 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Étape 2

Principales méthodes de sélection pratiquées


chez les autogames. Exemple du blé

L’hybridation ayant été réalisée entre lignées différentes


(hybridation intraspécifique) ou bien entre espèces généti-
quement proches (hybridation interspécifique), les individus
produits devront subir un tri, visant à vérifier qu’ils possèdent
les caractères choisis, que ceux-ci sont bien transmis à
leurs descendants et que ces caractères s’expriment.

Question 11
Comment peut-on être sûr qu’un allèle sera obligatoirement
transmis aux descendants d’un individu donné, et que cet
allèle s’exprimera ?

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La technique de sélection des autogames consiste à étu-


dier la descendance d’individus choisis parmi les F2. Pour
cela, on va les multiplier par autofécondation durant plu-
sieurs générations (6 à 8) dans le but d’obtenir des lignées
homozygotes possédant les caractères recherchés.
On s’intéresse donc au génotype d’individus descendants
les uns des autres ; c’est pourquoi ce type de sélection est
appelé « sélection généalogique ou génotypique ».
Chaque individu de chaque génération doit être parfaite-
ment identifié dans la généalogie, ce qui oblige le sélec-
tionneur à respecter la filiation dans les parcelles d’essais.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 95


Question 12
Étudiez le document 16 traitant de la sélection du blé, et
répondez ensuite aux questions.

1. De quoi est constitué « l’épi-ligne » (ou « ligne-épi ») et la


« famille de lignées » ?
2. Qu’élimine-t-on en F3 ? en F4 et après ? Pourquoi ?
3. Quelle(s) contrainte(s) voyez-vous à ce protocole expéri-
mental ?

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Réponse page 119

96 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Document 16

Source : GNIS

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 97


Schéma de sélection généalogique directe après hybridation

98 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Source : Techniques agricoles n° 2341, Sélection végétale

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 99


Principe de la sélection généalogique
après hybridation (exemple du blé)
Après hybridation, on a obtenu des hybrides F1 qui n’ont
pas pu faire l’objet d’une sélection car ils sont tous sem-
blables.
Sur les F1 autofécondés, on a pu ensuite récolter des épis
F2 ; les plantes F2 qui en sont issues, sont très hétéro-
gènes (disjonction des allèles) et vont faire l’objet d’une
sévère sélection ainsi qu’on peut le voir dans le schéma
ci-contre.

Chaque épi F2 est semé sur une ligne (« ligne-épi ») et on


ne conserve que les semences (F3) des plantes possé-
dant les caractères recherchés (250 plantes sur 5 000 soit
= 5%) : de nombreuses lignées sont éliminées.
Les graines (F4) récoltées sur les plantes F3 vont être pla-
cées en « familles de lignées » dont les grains seront
récoltés en mélange (il convient donc de conserver ou
bien d’éliminer toute une famille).
À partir de la génération F5, les lignées sont plus homo-
gènes et les essais prennent en compte des résultats
quantitatifs (rendements) obtenus sur des « micropar-
celles ».
Les années suivantes (F6 à F8), la sélection va se pour-
suivre dans des milieux très divers (sols et climats
variés) afin d’étudier davantage de caractères (comparai-
son par rapport à des témoins, contamination par des
maladies, résistance aux facteurs climatiques, etc).
Enfin les générations F9 et F10 subiront les tests néces-
saires à l’inscription des nouvelles variétés (voir
séquence 4) ce qui montre qu’il faut au moins une dizai-
ne d’années pour mettre au point une variété.

Remarque : l’objectif initial était de créer de nouvelles variétés lignées


pures donc d’accroître la variabilité génétique. Cependant, le gain en diver-
sité apparu en F2 s’est progressivement estompé puisqu’on peut voir que
le nombre de lignées obtenues en fin de sélection se réduit à 1.

100 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Question 13
On a pu voir qu’en F2, le sélectionneur a beaucoup éliminé
de lignées, et a donc pris le risque de perdre définitivement
des gènes intéressants. Il doit ici résoudre un dilemme : ten-
ter de conserver un maximum de lignées, tout en réduisant
la charge que constitue le travail de suivi.
Deux solutions ont été trouvées à cela ; elles sont résumées
dans les schémas suivants, ce sont la « méthode Bulk » et
la « sélection SSD ».
Étudiez ces deux schémas, comparez-les et résumez ces
deux méthodes de façon simple.

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Réponse page 120

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 101


La méthode Bulk

1982-1983 : F0 Création du matériel de départ


F1
F2
1984 : Surface 2 à 3 m2 Population
Tri hauteur
1985 F3
Surface 10m2 Infections
Tri (ventilation)

1986 : F4
Surface 10 m2 Choix des plantes
intéressantes

1987 : F5
Produit
d’une plante Familles

1988 : F6 + essais
+ qualité

1989 : F7 Même travail qu’en sélection généalogique

1990 : F8

1991 : Dépôt pour l’inscription 1re année de test


au catalogue officiel

1992 : F10 2e année de test

Inscription au catalogue officiel

102 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Sélection SSD

F0 Création du matériel de départ

F1

d’autofécondations
Générations
F2

F3

Le choix du sélectionneur
porte sur des plantes
Fn homozygotes
généalogique
Sélection

Fn+1

+ essais

Source : « Les semences de céréales à paille », Agri-Nathan.

La sélection généalogique peut être améliorée afin de


conserver le plus longtemps, une certaine diversité
(cela doit permettre en particulier au sélectionneur de
détecter les gènes à faible fréquence).

Deux méthodes ont été mises au point pour cela, la


méthode Bulk et la SSD.
La « méthode Bulk » ou « sélection généalogique dif-
férée » a pour objectif de simplifier le travail de suivi
durant les premières années de sélection, puisqu’on lais-
se les plantes se multiplier en mélange dès la généra-
tion F2 à la F5 ; par contre les surfaces de culture néces-
saires sont plus importantes qu’en sélection généalogique
classique.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 103


La SSD (« Single Seed Descent ») ou « filiation mono-
graine » consiste à conserver toutes les lignées F2, mais
pour réduire la surface totale, on ne garde ensuite qu’une
seule graine par plante autofécondée (le nombre de
lignées est, au mieux, stable d’année en année) jusqu’en
génération F5 en général, où la sélection généalogique clas-
sique prend le relais (élimination de lignées, etc.).
Malgré ces améliorations, la sélection généalogique reste
une technique longue ; de plus, l’hybridation intraspéci-
fique réalisée entre lignées ayant en commun de nom-
breux gènes, comme c’est le cas chez le blé tendre,
réduit les progrès envisageables pour l’avenir.
Certains sélectionneurs ont donc envisagé de rechercher
chez des espèces ou même des genres voisins du blé
(voir document 17) des gènes réellement nouveaux pour
cette espèce ; de tels croisements interspécifiques ou
intergénériques ont déjà permis l’apparition de variétés
inscrites (par exemple : la variété de blé Clément possède
un chromosome de seigle).

Document 17
Un exemple de matériel génétique pour le blé
Trois genres : Ægilops, Triticum, Secale
Le genre Ægilops comprend quelques espèces sauvages : Ægilops ovata et
triastata sont des graminées spontanées dans tout le Midi de l’Europe.
Annuelles, en touffes de 20 à 30 cm, elles n’ont que 3 à 4 épillets, donnant des
grains oblongs, velus au sommet. L’Égilops n’a pas donné d’espèces cultivées,
mais l’hybridation avec des espèces du genre triticum est facile, donc intéres-
sante. Le genre Ægilops fait donc partie du pool secondaire du Blé.
Le genre Triticum comprend trois groupes d’espèces :
1. Un groupe diploïde (2 n = 14 chromosomes)
• une espèce cultivée, depuis des siècles : Triticum monococcum, l’Engrain (ori-
gine probable du nom « froment à grain ». Un grain petit, vêtu (glumelle
adhérente), plat, et pointu aux deux bouts. C’était, comme le seigle, le froment
des terres les plus pauvres. Paille très fine, et axe de l’épi très fragile ;
• une espèce sauvage . Triticum bœoticum.
2. Un groupe tétraploïde (2n = 28 chromosomes)
• des espèces cultivées : Tr. dicocoides ou Turgidum, dont les sous-espèces
Triticum spelta, l’épeautre, Triticum amyleum, l’amidonnier, Triticum durum, le blé

104 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


dur. Si aujourd’hui le blé dur est Ægilops Engrain Épeautre Amidonnier
bien connu et comporte de commun blanc blanc
nombreux cultivars, l’épeautre
et l’amidonnier étaient cultivés
autrefois, mais connaissent
aujourd’hui un certain retour,
pour les qualités de leur grain,
mais aussi comme matériel
génétique. Épeautre et ami-
donnier ont, comme l’Engrain,
un rachis très fragile qui se
brise au battage, les glumelles
restant adhérentes au grain, et
nécessitant de ce fait une opé-
ration spéciale de dépellicula-
ge. Les grains ont des enve-
loppes d’une extrême finesse
(presque pas de son). Leur cul-
ture est très rustique : comme
l’engrain, ils s’adaptaient à des
sols pauvres pour le blé ; Blé Blé Seigle
• des espèces sauvages : Tr. dur tendre
timopheevi, Tr. araraticum, Tr.
zhukovsky.
3. Un groupe hexaploïde (2n =
42 chromosomes) ne contient
qu’une espèce cultivée, mais
aux innombrables cultivars,
Triticum aestivum, le blé tendre.
Le genre sécale comprend lui
aussi :
• une espèce cultivée, Sécale
céréale, le seigle (2n = 14
chromosomes) ;
• des espèces sauvages :
Secale montanum, espèce
vivace rencontrée en Anatolie
et au Turkestan, Secale fragi-
le, espèce annuelle d’Asie centrale, dont l’épi se désagrège à maturité comme
celui de l’Égilops, et Secale africanum, espèce annuelle de l’Afrique du Sud.

Source : Soltner, la plante, 1996

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 105


106 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Étape 3

Comment créer de nouvelles variétés


allogames ? Principaux types d’hybrides

Rappel : pour produire des variétés hybrides F1, ce qui est


le but de la sélection chez les allogames, il faut croiser des
lignées parentales pures, elles-mêmes obtenues par des
autofécondations successives, contraires au mode naturel
de reproduction de ces espèces.

Question 14
Observez le schéma ci-joint (document 18) et répondez aux
questions.

Document 18

Sachet Avant émission des soies, l’épi est


protégé de toute fécondation par un
sachet de papier. Quand les soies
sortent, on place un autre sachet sur
la panicule émettant du pollen. On
réalise l’autofécondation avec le pol-
len recueilli 24 heures après.

Sachet

Source : « Semences de maïs, Éditions Agri-Nathan.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 107


1. Pourquoi ensacher l’inflorescence femelle (épi) avant
l’apparition des soies (stigmates) ?
2. Pourquoi ensacher l’inflorescence mâle (panicule) ?
3. Pourquoi apporter le pollen 24 heures après l’avoir
recueilli ? Comment l’apporter de façon pratique ?
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Remarque : chez les allogames subissant des autofécondations répétées,


les lignées pures obtenues présentent souvent une baisse de vigueur (taille
réduite, moindre résistance aux maladies ou aux stress, baisse significati-
ve du rendement) ; parfois ces déficiences sont telles que les lignées dis-
paraissent totalement.

Question 15
Comment peut-on expliquer cette perte de vigueur d’un point
de vue génétique ? Aidez-vous pour cela du document 19.

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108 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Document 19
Évolution de la vigueur dans une population soumise successivement à une
phase de consanguinité (création de lignées) puis à l’hybridation entre les
lignées obtenues.

Vigueur
meilleur hybride
x x x x x x
x x
x
x

x x
x i h
x x x x x
Populations x
x x x x x populations
d'origine d'hybrides
consanguinité hybridation
Population
(i : effet d'inbreeding) de lignées (h : effet d'hétérosis)
(homozygotes) Temps

Source : Techniques agricoles n° 2341, sélection végétale

Question 16
Comment évolue la vigueur lorsqu’on croise entre elles des
lignées pures ? Pouvez-vous expliquer ce phénomène ?

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Question 17
Comment peut-on espérer obtenir le meilleur effet de
vigueur hybride, en fonction du génotype des lignées paren-
tales ?

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LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 109


Pour créer un bon hybride, il faut croiser des lignées
parentales pures entre elles. Celles-ci sont obtenues par
des autofécondations successives (6 à 8) qui provo-
quent une baisse de vigueur : c’est l’effet d’inbreeding.
Si l’on croise des lignées pures, on obtient des hybrides
F1 beaucoup plus vigoureux qu’elles (meilleur rende-
ment, taille accrue, meilleure résistance au milieu), c’est le
phénomène d’hétérosis.
Plus les lignées parentales sont différentes d’un point de
vue génétique (nombreux allèles différents), plus la
vigueur hybride sera susceptible d’être grande.

Remarque : on comprend alors que tous les croisements de lignées pures


ne donnent pas toujours des hybrides intéressants. Pour connaître les croi-
sements les meilleurs, on a recours à des tests d’aptitude à la combinaison
(voir ci-dessous).

Pour approfondir : les tests d’aptitude à la combinaison


On mesure, expérimentalement, les qualités des lignées
parentales à produire des hybrides F1 :
• par des tests avec des variétés connues,
• par des croisements 2 à 2 avec d’autres variétés à tester.
Pour juger des qualités propres à chaque lignée, on va
toutes les croiser avec une variété connue servant de « tes-
teur ». On comparera ensuite les qualités des hybrides
obtenus ; le test est appelé « test d’aptitude générale à la
combinaison » (AGC). Les lignées pures donnant des
hybrides non valables, sont éliminées ici.
Les lignées pures qui ont satisfait aux tests d’AGC, sont
ensuite croisées 2 à 2 (tests diallèles). Toutes les combinai-
sons sont réalisées (pour n lignées, cela fait n (n–1)/2 com-
binaisons distinctes). On contrôle alors la valeur des
hybrides F1. Cela correspond, pour les lignées, aux tests
« d’aptitude spécifique à la combinaison » ou ASC. Les
meilleures combinaisons obtenues donneront lieu à la pro-
duction commerciale d’hybrides F1.
Durant toute la durée de ces tests de valeur en combinaison,
les lignées pures sont maintenues par des autofécondations
ainsi que l’on peut l’observer sur le document 20 suivant.

110 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Document 20
Sélection des lignées parentales de l’hybride F1

Population de départ

Sélection des individus


(sombre) sur leur valeur
propre (6)

I1

I2

I3 Croisement à testeur
Création des lignées par plusieurs
cycles d'autofécondation (I1 à I6)

(T) commun

xT

}
Analyse de la
I4 descendance T x lignées

leur valeur en combinaison (valeur hybride)


et sélection
des meilleurs (3)
I5

Sélection des lignées d'après


I6

croisement diallèle

Analyse de
la descendance
Hybridation
des lignées interfécondées
des deux
deux à deux et sélection
lignées retenues
des deux meilleurs

F
Variété hybride

Source : « Biologie des plantes cultivées, tome 2 »


par Lafon, Tharaud, Prayer, Levy, Éditions Tec et Doc Lavoisier.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 111


Question 18
Nous avons vu précédemment que les lignées pures allo-
games sont caractérisées par une faible vigueur (effet d’in-
breeding) ; pourtant, ce sont elles qui devront fournir les
semences F1 commerciales.
• Pensez-vous que cet effet d’inbreeding a des consé-
quences sur la production de semences F1 ?
• Les hybrides F1 obtenus seraient ppotentiellement de
meilleurs producteurs de semences que les lignées pures,
mais donneraient-ils, par croisement deux à deux, à nou-
veau des F1 ?

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Question 19
Dans quelles conditions peut-on espérer bénéficier d’un cer-
tain effet d’hétérosis, lors du croisement de lignées hybrides
F1 ?

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112 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


L’obtention de variétés hybrides F1 passe obligatoirement
par une phase de production de lignées pures paren-
tales. Or celles-ci se révèlent être de mauvaises produc-
trices de semences, ce qui entraîne un coût élevé des
semences F1.
Pour pallier cet inconvénient, tout en cherchant à conserver,
dans la mesure du possible, un certain effet d’hétérosis, les
sélectionneurs ont mis au point d’autres types d’hy-
brides : les hybrides doubles et les hybrides trois voies,
ainsi qu’on peut le voir sur le document 21 ci-dessous.

Document 21
Principe d’obtention d’une variété hybride
Démarrage de sélection

Brassage
Fécondations croisées de
gènes

★ ★✩ Plantes
✩✩ ❉ ❉ élites
★ ✩★
★✩ ❉

x x x x

x x x x
Autofécondation

★★★

★ Lignées pures

x x
Hybride Hybride Hybridation
simple simple

x x

Hybride Hybride
3 voies double

Source : Vilain M. « la production végétale » tome 2, éditions Tec et Doc Lavoisier).

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 113


« L’hybride double » (HD) est issu du croisement entre
deux F1, tandis que « l’hybride trois voies » provient du
croisement d’un F1 avec une lignée pure (ce type d’hybri-
de est le plus fréquemment utilisé).
La variété choisie comme parent femelle est, en général,
celle qui possède la plus grande vigueur, elle fournit alors
des semences abondantes, ce qui abaisse le coût de pro-
duction.
Cependant, ces deux types d’hybrides seront théorique-
ment moins homogènes et moins productifs que des F1.

Résumé

Plantes autogames (exemple : blé)


On procède en deux étapes : il faut d’abord créer de
nouvelles variétés ; on sélectionne ensuite les varié-
tés intéressantes.

• Création de nouvelles variétés


Traditionnellement, les variétés améliorées sont
apparues par sélection massale ou phénotypique.
Aujourd’hui, pour créer de nouvelles variétés, on
procède à des hybridations intraspécifiques pour
obtenir des plantes hétérogènes (F2). (Rappel : les
populations autogames sont naturellement homo-
gènes). Le sélectionneur fait ensuite son tri.
Pour obtenir de l’hétérogénéité, on peut aussi
introduire des gènes d’espèces voisines.

• Sélection de variétés
Les individus (F2) sont triés en fonction des carac-
tères que l’on veut conserver. Mais il faut s’assurer
qu’ils transmettent ces caractères à leurs descen-

114 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


dants et que ces caractères s’expriment bien chez
les descendants. On recherche donc des descen-
dants homozygotes par sélection généalogique ou
génotypique. 9 à 10 générations sont nécessaires
pour achever la sélection.

Plantes allogames (exemple : maïs)


Pour obtenir l’homogénéité recherchée en agricul-
ture, il faut utiliser des semences F1 obtenues par
croisement de lignées parentales pures. Or l’alloga-
mie entraînant naturellement un fort degré d’hété-
rozygotie, les lignées parentales pures ne peuvent
être produites que par autofécondations succes-
sives (6 à 8).
Ces lignées sont peu vigoureuses (effet d’inbree-
ding) mais en les croisant, on obtient des F1 plus
robustes et productifs (phénomène d’hétérosis).
Remarque : compte tenu du coût élevé de la production des
semences F1 (les lignées pures produisant peu de graines), et pour
garder, malgré tout, un certain effet d’hétérosis, les sélectionneurs
mettent au point des hybrides doubles et des hybrides trois voies.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 115


116 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Réponses aux questions
de la séquence 3

Question 1
Ainsi que nous l’avons vu lors de la séquence 1, l’homme a,
depuis toujours, prélevé la semence nécessaire aux futurs
semis, sur les plantes ayant donné de meilleurs résultats. La
culture obtenue ainsi aura été améliorée dans le sens sou-
haité ainsi qu’on peut l’observer sur les courbes. Le carac-
tère sélectionné est, en moyenne, plus présent dans la
population 1 que dans la population 0.

Question 2
Lors de la sélection massale, on peut voir sur les courbes
que la population reste aussi hétérogène au cours des
cycles de sélection (même forme de la courbe), mais la fré-
quence du caractère recherché (donc sélectionné) croît
dans la population (la moyenne de P1 est supérieure à celle
de P0 pour le caractère voulu).

Question 3
On peut voir qu’un grand nombre d’individus ne sont pas
retenus lors du choix des reproducteurs : la variabilité géné-
tique doit fatalement diminuer.
De plus, le choix se faisant sur le phénotype des individus,
on peut penser que les allèles récessifs non exprimés, sont
plus facilement éliminés que les dominants.

Question 4
Avec la réduction de la variabilité génétique, les possibilités
de créer des variétés réellement nouvelles et différentes des

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 117


précédentes sont réduites ; elles reposent essentiellement,
chez les autogames strictes, sur les mutations spontanées,
et celles-ci sont rares.
La sélection massale a été progressivement abandonnée
pour cette raison.

Question 5
Si l’on persiste à ne sélectionner des individus qu’à l’inté-
rieur d’une même population, on a vu qu’on ne peut qu’avoir
une réduction de la variabilité génétique.
Il faut donc, pour introduire des gènes nouveaux, effectuer
des croisements avec des individus issus de populations dif-
férentes : il s’agit de réaliser des croisements intraspéci-
fiques (à l’intérieur d’une même espèce).

Question 6
Oui, cela pose des difficultés : les autogames sont en prin-
cipe autofécondés. Les hybridations devront être réalisées
par le sélectionneur qui devra empêcher également les
autofécondations.

Question 7
Opérations à réaliser :
• choix des lignées parentales qui devront servir de parents
mâles et femelles,
• castration de la lignée femelle : le blé possédant des fleurs
bisexuées, il est nécessaire de détruire les organes mâles
avant leur maturité afin d’empêcher toute autofécondation,
• collecte du pollen sur la lignée mâle,
• fécondation du parent femelle par le pollen mâle recueilli
auparavant.

Question 8
Les croisements de parents lignées pures donne toujours

118 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


des hybrides vrais ou F1 qui sont hétérozygotes à 100 %,
tous semblables entre eux et, en principe, beaucoup plus
vigoureux que leurs parents, tout en ayant conservé les
principaux caractères de ceux-ci.

Question 9
En favorisant les autofécondations, les hybrides vont donner
des individus de plus en plus homozygotes ; les lignées
pures pouvant être reconstituées en 6 à 8 générations (voir
étape 2 de la séquence 2).

Question 10
Nous savons que les F1 sont tous semblables : par consé-
quent, il n’est pas possible de faire un choix parmi eux.
Par contre en F2, les individus présentent des phénotypes
très variés, parmi lesquels on pourra distinguer ceux qui ont
un intérêt éventuel pour le sélectionneur. L’origine de cette
grande diversité dans les F2 est la disjonction des carac-
tères (2e loi de Mendel ou « loi de ségrégation »).

Question 11
Pour être transmis et s’exprimer obligatoirement, un allèle
doit être à l’état homozygote. Il s’agit donc de trier dans les
individus F2 et leurs descendants, ceux chez qui les allèles
recherchés sont exprimés, et de les autoféconder durant 6 à
8 générations afin d’être sûr de leur homozygotie.

Question 12
1.
« L’épi-ligne » : c’est une ligne où sont semés les grains d’un
même épi.
« La famille de lignées » : pour une année donnée, elle cor-
respond à un ensemble de « lignes-épis » provenant de
plants d’une même « ligne-épi » de l’année précédente.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 119


2. En F3, on élimine les « lignes-épis » qui apparaissent
hétérogènes. De la même façon, en F4 et après, on élimine
les lignes-épis, voir les familles entières, si elles se montrent
hétérogènes.
La raison est qu’on recherche de l’homogénéité, ce qui est
le signe de l’homozygotie des caractères.

3. Il y a plusieurs contraintes d’après le document : tout


d’abord, on remarque que l’implantation des lignes demande
beaucoup de rigueur, ensuite on peut observer que la quan-
tité de semence récoltée s’accroît, la surface nécessaire éga-
lement, mais le suivi doit toujours être aussi sérieux. On com-
prend donc qu’il est impératif, pour le sélectionneur, de
détecter et d’éliminer au plus tôt les lignées non conformes
(plus il attend, plus le préjudice financier est grand).

Question 13

Dans la méthode Bulk : toutes les lignées sont conservées


jusqu’en F4 ; le tri ne commence qu’en F5, puis le travail est
le même qu’en sélection généalogique.
Dans la sélection SSD : toutes les lignées sont conservées
chaque année, mais on ne garde qu’une graine par plante.

Question 14
1. Le sachet placé sur l’épi femelle avant sa maturité a pour
but d’éviter toute fécondation par du pollen non contrôlé,
lorsque la maturité surviendra.

2. Les sachets placés sur les panicules mâles servent à


recueillir le pollen.

3. Le pollen recueilli est apporté 24 h après leur émission,


car cette période correspond au début de la maturité des
organes femelles (nous avons déjà vu que le maïs est une
espèce « protandre »). Pour apporter le pollen on place tout

120 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


simplement le sachet le contenant sur l’épi femelle et éven-
tuellement on le secoue...

Question 15
La réduction de la vigueur est liée à l’homozygotie : des
allèles récessifs qui étaient masqués par des dominants
chez l’hybride (hétérozygote), vont pouvoir s’exprimer. Leurs
effets peuvent être négatifs, ce qui entraîne une moins
bonne croissance : la plante est plus chétive et moins résis-
tante aux facteurs du milieu. Ce phénomène est connu sous
le nom « d’inbreeding » (il peut être assimilé à la « consan-
guinité » et à ses conséquences néfastes chez les ani-
maux).

Question 16
La vigueur est globalement améliorée chez les hybrides, car
les allèles récessifs défavorables d’un des parents seront
« neutralisés » par les dominants éventuellement apportés
par l’autre parent de l’hybride. Ce phénomène est appelé la
« vigueur hybride » ou « phénomène d’hétérosis ». L’hybride
présente alors un gain en rendement ainsi qu’une meilleure
résistance aux maladies, etc.

Question 17
On peut supposer que l’effet d’hétérosis sera d’autant plus
important que le nombre de gènes à allèles différents sera
grand chez les lignées parentales. Autrement dit, plus les
parents auront d’allèles en commun, moins l’hybride aura un
hétérosis prononcé ; il vaudra mieux rechercher des lignées
parentales éloignées.

Question 18
On peut supposer que la faible vigueur des lignées pures fait
que ce ne sont pas de bonnes productrices de semences :
les semences doivent être peu abondantes, sans doute peu
développées, ce qui expliquera leur prix de vente élevé.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 121


Au contraire, les semences produites par des plantes
hybrides F1 doivent bénéficier de la vigueur des plantes-
mères et se révéleront sans doute plus nombreuses et
mieux développées, ce qui entraînera au contraire un coût
de production plus faible... Mais les semences issues de
parents hybrides F1 ne peuvent pas être des F1, puisque par
définition le F1 provient de parents homozygotes.

Question 19
On aura un effet d’hétérosis lorsque les allèles portés par les
parents seront différents. Chaque hybride F1 étant, par défi-
nition, hétérozygote à 100 %, il porte par conséquent deux
allèles différents de chaque gène. Lors du croisement avec
un autre hybride F1, il n’y aura un hétérosis prononcé que si
les allèles apportés par les gamètes de chaque F1 sont dif-
férents de ceux de l’autre F1.
On comprend que les possibilités d’avoir des allèles diffé-
rents seront plus réduites ici, que dans le cas de la produc-
tion d’hybrides F1 vrais, mais elles existent.

122 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Test d’autoévaluation
de fin de séquence 3
Sélection amélioratrice
Question 1
Sélection amélioratrice des autogames. Les affirmations suivantes sont-
elles vraies ou fausses ?

1. Dans la sélection massale, le sélectionneur n’effectue aucun croisement.


2. La disjonction des allèles est observable chez les hybrides F1.
3. Le tri des lignées s’effectue à partir de la F2.
4. Les techniques de génie génétique peuvent accroître la variabilité de l’es-
pèce.
5. La sélection généalogique permet de sélectionner des lignées pures.
6. Les semences F3 sont récoltées sur des plantes F3.
7. La méthode Bulk a l’inconvénient de nécessiter des surfaces importantes.
8. Dans la SSD, on ne conserve qu’une graine par épi de blé.

Question 2
Retrouvez l’ordre chrono-
logique des schémas sui-
vants.
Trouvez pour chacun
d’eux une légende simple,
et un titre décrivant le pro-
cessus illustré.
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LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 123


Question 3
À propos de la création variétale chez les allogames, les affirmations sui-
vantes sont-elles vraies ou fausses ?

1. Les autofécondations répétées chez une allogame sont responsables du


phénomène d’hétérosis.
2. La vigueur hybride est particulièrement importante chez les F2.
3. L’hétérosis est plus prononcé lorsque les lignées parentales sont éloi-
gnées d’un point de vue origine.
4. Un hybride double peut être considéré comme un F2.
5. Le parent femelle d’un hybride trois voies est en général un F1.

Question 4
Représentez sous forme d’un schéma légendé le déroulement de l’autofé-
condantion forcée (ou dirigée) du maïs.

124 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Corrigé du test de fin
de séquence 3
Question 1
1. Vrai.
2. Faux. Non, elle apparaît à la F2.
3. Vrai.
4. Vrai. En particulier les techniques dites de « transfert de gènes ».
5. Vrai.
6. Faux. Ce sont les semences F4 que l’on trouve sur les plantes F3.
7. Vrai.
8. Faux. On ne conserve qu’une graine par plante, quel que soit le nombre
d’épis.

Question 2
Ordre chronologique
2 - Fleur entière avant hybridation.
4 - Castration des étamines.
1 - Fleur femelle ensachée pour empêcher les pollinisations non contrôlées.
6 - Apport du pollen par l’homme.
5 - Fleur pollinisée ensachée pendant la fécondation.
3 - Formation des graines hybrides.
Titre : les étapes d’une hybridation artificielle.
1 2 3

Question 3
1. Faux. Elles entraînent un phénomène d’inbreeding.
2. Faux. La vigueur est la plus marquée chez les F1.
3. Vrai.
4. Faux. Un F2 provient de l’autofécondation d’un F1, alors qu’un hybride
double provient du croisement de 4deux F1. 5 6
5. Vrai.

LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE OU CRÉATRICE 125


Question 4
Prendre modèle, par exemple sur le document 18 (étape 3).

Sachet Avant émission des soies, l’épi est


protégé de toute fécondation par un
sachet de papier. Quand les soies
sortent, on place un autre sachet sur
la panicule émettant du pollen. On
réalise l’autofécondation avec le pol-
len recueilli 24 heures après.

Sachet

126 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Séquence 4

La sélection conservatrice
Une variété intéressante étant créée grâce aux
méthodes de sélection vues dans la séquence 3,
il s’agit de fournir aux agriculteurs des semences
présentant les mêmes caractéristiques
que la variété sélectionnée.
C’est l’objet de la sélection conservatrice
dont traite cette séquence.
Après avoir étudié celle-ci, vous pourrez
donc répondre aux questions.

• Qu’est-ce que la sélection conservatrice ?


• Qu’est-ce qu’une semence certifiée ? Quels
sont ses avantages ?
Comment est-elle produite ?

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 127


128 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Étape 1

Les deux principaux types


de semences agricoles

Question 1
Vous êtes agriculteur. Les semences que vous allez utiliser
peuvent avoir deux origines. Lesquelles ?

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Réponse page 157

Question 2
Pour vous aider dans votre choix, comparez les avantages
et les inconvénients des semences des deux types à l’aide
des documents 21 et 22 ci-joints.

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Réponse page 157

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 129


Document 21

Source : GNIS « Le rôle des semences pour l’avenir de la production céréalière ».

130 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Présence de graines de mauvaises herbes : en plus des graines d’autres céréales,
les semences peuvent contenir des graines de nombreuses espèces étrangères.

LA SÉLECTION
Document 22

CONSERVATRICE
131
Source : GNIS « Le rôle des semences pour l’avenir de la production céréalière ».
Les semences certifiées subissent des contrôles en
cours de végétation et après leur récolte, qui garantissent
à l’acheteur certaines caractéristiques, en particulier :
• la pureté spécifique : le pourcentage de graines appar-
tenant à l’espèce prévue doit être supérieur à 98 %, le
reste étant constitué de débris et d’un maximum toléré
de 0,2 % de graines de mauvaises herbes ;
• la pureté variétale : le pourcentage de la variété annon-
cée doit être au moins de 997 ‰ ;
• l’état sanitaire : les semences doivent être indemnes de
maladies (du fait de résistances propres ou de traite-
ments) ;
• l’intégrité des graines : les graines doivent être
entières, non abîmées ;
• la maturité : les graines doivent être récoltées mûres,
donc capables de germer ;
• la faculté germinative : les graines doivent être
vivantes, cette faculté est garantie à 85 % pour les
céréales à paille et à 90 % pour le maïs.

La surveillance est assurée par le SOC (Service Officiel de


Contrôle et de Certification) ; si les contrôles sont satisfai-
sants, le SOC délivre un certificat (étiquette de couleur
bleue), qui est apposé sur les emballages, et qui sert de
garantie à l’acheteur.

Question 3
Observez un modèle de certificat (document 23). Quelles
informations apporte-t-il à l’acheteur ? Les caractéristiques
citées auparavant (celles des semences certifiées) sont-
elles précisées et pourquoi ?

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Réponse page 157

132 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Document 23

SOC SEMENCES CERTIFIÉES


RÈGLES ET NORMES C.E.E.
BLE TENDRE HIVER
FRANCE

050759MR
Espèce TRITICUM AESTIVUM
SOISSONS
Variété
N 001370 AY
0516 Lot n° F0516
CERTIFICAT

Pays de production Poids ou nombre déclaré Échantillonné


OCT
FRANCE 50 kg Net

Chaque emballage de semences certifiées doit présen-


ter un certificat délivré par le SOC, de couleur bleue.
Ce certificat garantit à l’acheteur que les semences
contenues sont conformes aux normes de production
des semences certifiées.

Les indications présentes sur le certificat permettent


d’identifier l’espèce et la variété, mais en cas de litiges, les
numéros indiqués permettent de retrouver l’origine précise
des semences, ainsi qu’il est précisé sur le document 24
page suivante.

Remarque : certaines semences commerciales peuvent présenter un


certificat d’une autre couleur que le bleu :
• c’est le cas des « semences à gazons » par exemple, dont le certificat est
de couleur verte, et une indication « destination non agricole » est ajoutée ;
• c’est fréquent chez les semences fourragères pour lesquelles il est pos-
sible de commercialiser des semences dites de « 2e reproduction R2 »
(correspondant à des G6), dans ce cas, le certificat est de couleur rouge.

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 133


Document 24
Exemple d’un certificat apposé sur un sac de dactyle.
Organisme de contrôle Catégorie
délivrant le certificat de semences

Date de l’analyse
Numéro du certificat
de faculté
germinative
N° du lot
Campagne de certification (codée)
N° de l’établissement producteur
F : pour un lot produit en France et
X : pour un lot produit à l’étranger
Éventuellement numéro de l’établissement reconditionneur

134 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Étape 2

Le catalogue officiel des semences

En France, les semences certifiées sont issues de variétés


inscrites au Catalogue Officiel des Espèces et Variétés cor-
respondant aux seules autorisées à la commercialisation (il
existe aussi un Catalogue Européen depuis 1970).
Pour être inscrite à ce catalogue, une nouvelle variété va
devoir subir avec succès des tests portant sur ses caracté-
ristiques et sur sa valeur agronomique et technologique. Les
résultats seront examinés par une commission chargée de
l’inscription des variétés au catalogue officiel.

Question 4
Examinez les documents 25 et 26 résumant les tests subis
par une variété candidate à l’inscription ; définissez, ensuite,
les garanties apportées à l’utilisateur d’une variété inscrite.

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Réponse page 158

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 135


Document 25
Distinction
Description des caractéristiques de la
variété
Il s’agit d’établir une véritable carte
d’identité de la variété, afin de vérifier
qu’il s’agit réellement d’une nouvelle
variété se distinguant nettement des
autres variétés inscrites au catalogue
officiel.

Homogénéité
Contrôle de l’homogénéité de la
variété
Une variété ne peut être inscrite que
si elle est composée de plantes sem-
blables pour les caractères d’identifi-
cation retenus. L’homogénéité a
cependant une valeur différente pour
les variétés autogames (ex : blé) et
pour les variétés allogames (ex :
luzerne).

Stabilité
Contrôle de la stabilité des caractéris-
tiques de la variété dans le temps
La variété doit être stable, c’est-à-
dire, que ses caractéristiques ne doi-
vent pas se modifier lors de ses mul-
tiplications successives.
Les semences commercialisées doi-
vent produire des plantes identiques
en tous points à celles qui ont été pré-
sentées à l’inscription.

Source : GNIS

136 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Document 26
Test de valeur agronomique et technologique
(exemple du blé tendre)

La valeur agronomique
Le rendement exprimé en indice
de productivité par rapport à un
groupe de variétés témoin.

Les facteurs de la régularité


du rendement
Résistance à la verse,
Résistance aux maladies (rouille,
piétin, oïdium, septoriose, fusario-
se...),
Résistance à l’égrénage,
Résistance au froid,
Résistance à la germination sur
pied.

La valeur technologique
Valeur boulangère,
Teneur en protéines,
Aptitude à la biscuiterie,
et autres tests pour la fabrication
industrielle (farinographe, test
d’élasticité, etc.)

Source : GNIS

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 137


Question 5
Qu’apporte l’inscription de sa variété à l’obtenteur (sélec-
tionneur) ?

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Réponse page 158

L’inscription au Catalogue Officiel des Espèces et


Variétés est une étape obligée pour une nouvelle variété,
faute de quoi sa commercialisation est interdite.
Le catalogue protège alors les droits de l’obtenteur
tout en garantissant aux utilisateurs (agriculteurs ou
transformateurs) une qualité de la variété inscrite.
Pour être inscrite, une variété devra réussir les tests de
DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité) et selon qu’elle
satisfait ou non aux tests de VAT (Valeur Agronomique et
Technologique), elle sera alors inscrite au catalogue en
liste A (« DHS » et « VAT » positifs) ou bien en liste B seu-
lement « DHS » positif).
L’inscription dure 10 ans, puis peut être renouvelée, sur
demande de l’obtenteur, par périodes de 5 ans.

138 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Étape 3

La production de semences lignées pures


d’autogames (exemple du blé)

Les semences certifiées doivent être produites en grand


nombre, tout en restant parfaitement identiques au type de
base de la variété inscrite au catalogue officiel.

Pour obtenir, à partir de la semence d’origine, peu abon-


dante, une quantité suffisante de semences commerciales,
il faudra plusieurs années, au cours desquelles les contrôles
seront permanents.

Étudiez comment se déroule cette multiplication chez les


céréales à paille grâce au document 27, page suivante.

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 139


Document 27
La sélection conservatrice des céréales autogames

140 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


(D’après « sélection végétale », par Yves Hervé, Techniques agricoles n°2342, 1991)
Source Soltner « La plante », 1996.

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 141


Question 6
On peut remarquer sur le document, que la génération de
départ G0) doit être reconstituée chaque année ; pour quelle
raison ? Qu’est-ce qui différencie, en fait, les semences G0
et G1 ?

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Réponse page 158

Question 7
Vous avez pu noter que les semences certifiées sont des
semences G5, c’est-à-dire récoltées sur des plantes G4 (4e
génération de multiplication).
En utilisant le document 27, trouvez quelles catégories de
générations seront produites durant l’été 1998, si les pre-
mières semences de G0 ont été semées en automne 1995.
(NB : on raisonne avec du blé d’hiver, semé à l’automne et récolté à l’été
suivant.)

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Réponse page 159

142 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


La commercialisation de semences certifiées de céréales
demande à l’obtenteur de produire chaque année, une
quantité suffisante de graines parfaitement identiques
à la semence d’origine (inscrite au catalogue).

Le sélectionneur doit en permanence, maintenir la semen-


ce d’origine (G0) conforme, afin de produire, en 5 multi-
plications maximum, les semences certifiées (G5).

Durant toute la durée de la multiplication les contrôles


sont sévères, afin d’éliminer toute lignée non conforme ;
mais ils le sont encore plus pour les premières années de
multiplication.

Par conséquent, les premières et deuxièmes multiplica-


tions (donnant les G1 et G2) sont toujours réalisées par
l’obtenteur lui-même (ou l’établissement producteur).

À partir de la 3e multiplication, la production peut être


effectuée chez des agriculteurs multiplicateurs, mais
c’est le plus souvent à partir de la 4e multiplication, qu’ils
se voient confier le travail de production, sous le contrô-
le et la responsabilité de l’établissement producteur
(en particulier, celui-ci doit vérifier que l’agriculteur respec-
te les règles et techniques culturales adaptées...).

Après la vérification du SOC, la semence commerciale


(G5) sera ensachée et commercialisée sous l’appellation
« semence certifiée ».

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 143


144 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Étape 4

La production de semences hybrides.


Exemple du maïs

Rappel : pour fabriquer de la semence hybride (cas des


allogames), il faut sélectionner des lignées parentales qui
peuvent être des lignées pures ou des hybrides F1, selon le
type de semence hybride souhaité : F1, HD (hybrides
doubles) ou H3V (hybrides trois voies).
C’est en général, l’obtenteur qui se charge de la production
des lignées pures, les hybrides commerciaux étant produits
par des agriculteurs multiplicateurs.
Pour réaliser l’hybridation voulue, il faut castrer une des
deux lignées parentales à l’échelle du champ. Cette opéra-
tion peut être réalisée manuellement ou mécaniquement
chez le maïs dont les inflorescences sont unisexuées. Pour
d’autres espèces, à fleurs bisexuées, comme le colza ou le
blé, l’opération de castration devient autrement complexe.

Question 8
Étudiez le texte du document 28 et résumez brièvement les
deux méthodes envisagées pour « stériliser » les organes
mâles à l’échelle de la parcelle.

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Réponse page 159

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 145


Document 28
Produire la semence
d’hybride de blé
La faisabilité de la production de La seconde, celle qui est actuellement
semence est capitale dans la réussite opérationnelle, est l’utilisation d’agents
du développement commercial des chimiques d’hybridation dits ACH. Ces
hybrides. Si la semence d’hybride est produits sont parfois appelés gaméto-
difficile à produire, son coût sera prohi- cides car leur utilisation permet de pro-
bitif pour l’agriculteur et les risques duire un blé mâle stérile : la femelle. La
(lors des mauvaises années de pro- stérilité engendrée peut revêtir plu-
duction) trop importants pour tous sieurs formes, incapacité du pollen à
ceux qui produisent des semences. féconder l’ovule, non déhiscences des
C’est bien la difficulté à produire des anthères. Les femelles seront fécon-
semences qui n’a pas permis le déve- dées par le pollen produit par le mâle
loppement des hybrides inscrits dans qui est proche (le pollen de blé ne
les années 1985, 1987. Pour pouvoir voyage pas beaucoup). Sur le champ,
produire de la semence de blé hybride, les bandes de mâles et de femelles
il faut pouvoir modifier la biologie flora- sont alternées. La récolte de la partie
le du blé. Le blé est en effet naturelle- femelle assure la production de
ment autogame, la fécondation a lieu semences hybrides.
dans un milieu clos constitué par les Actuellement, deux ACH sont homolo-
glumelles. Après la fécondation, ces gués, Croisor celui d’Hybrinova,
glumelles baillent, les étamines sor- Génésis celui utilisé par Hybritech.
tent, c’est la floraison. En sélection, on Pour que la production de semences
réalise manuellement l’hybridation hybrides soit correcte, il faut que tous
(castration puis pollinisation). Ceci est les grains récoltés soient issus d’une
inenvisageable pour la production de fécondation avec le pollen du mâle
semences à grande échelle, trois mil- choisi, une faculté et énergie germina-
lions de grains sont nécessaires en tive élevée et un rendement en
moyenne pour le semis d’un hectare. semences pour pouvoir assurer un prix
Deux solutions existent : elles utilisent de revient le plus bas possible.
toutes les deux la possibilité qu’a la Pour ce faire, l’ACH et ses conditions
fleur de blé de bailler si la fécondation d’utilisation doivent permettre : une
n’a plus eu lieu. La première est l’utili- stérilité mâle parfaite et une fertilité
sation de système génétique alliant femelle préservée (pour la production
stérilité mâle génétique et restaurateur de semences d’hybrides). De plus,
de fertilité. Cette technique est connue l’ACH ne doit pas perturber la plante
depuis longtemps, des travaux ont été femelle pour que les grains présents
réalisés dès les années 1950, mais se forment et se remplissent dans de
elle n’est pas encore au point. bonnes conditions et pour maintenir
D’importants programmes de une bonne germination des semences.
recherche sont en cours actuellement Des progrès importants ont eu lieu
sur ce thème par des sociétés produc- dans ce domaine par rapport aux
trices d’hybrides. années 1985-1987.

146 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Ceci nécessite également que mâle et dont les parents ont été sélectionnés
femelle fleurissent en même temps (il pour leur aptitude à la production de
faut que la femelle bâille à l’émission semences.
du pollen du mâle), que le mâle émet- Ce système de production est assez
te beaucoup de pollen pendant une contraignant. Il impose au sélection-
longue période, que la femelle baille neur de prendre en compte comme cri-
bien et qu’elle tolère l’ACH utilisée. tère de sélection pour les parents d’hy-
De plus, les conditions climatiques au brides leur aptitude à la pollinisation
moment de la floraison doivent être croisée : ceci est à l’opposé de la
favorables à la pollinisation croisée, sélection classique qui cherche à limi-
des journées pluvieuses et froides sont ter l’allogamie. La production au
défavorables. champ est assez délicate (semis alter-
Les rendements actuellement annon- né, utilisation de l’ACH, récolte alter-
cées par les firmes productives sont de née) et nécessite un contrôle impor-
30 à 40q/ha pour la partie femelle. Des tant. De plus, elle restera toujours tri-
progrès devraient être possibles, des butaire des conditions climatiques lors
60 q sont annoncés pour des hybrides de la floraison.

Source : Perspectives agricoles n°202, mai 1995.

Pour approfondir
Le document 29 suivant montre qu’une difficulté rencon-
trée avec les lignées « mâles stériles » concerne leur mul-
tiplication. En effet, ces lignées ne peuvent pas s’autofé-
conder... puisqu’elles sont mâles stériles.

Il est nécessaire alors d’avoir recours à un croisement


avec une lignée génétiquement très proche mais « mâle
fertile », appelée lignée « mainteneuse de stérilité mâle ».
Une deuxième difficulté réside dans le fait que l’anomalie
de stérilité mâle ne doit pas être transférée aux hybrides
que l’on cherche à produire (sinon cela signifiera qu’ils
seront incapables de produire des graines, ce qui est
contraire à leur rôle initial).

Il faudra donc choisir comme lignée mâle (à croiser avec


la lignée mâle stérile) une lignée dite « restauratrice de
fertilité » qui va conférer aux hybrides la capacité à pro-
duire des graines.

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 147


Document 29
Production de semences d’hybrides avec utilisation de stérilité mâle nucléo-cyto-
plasmique.

Source Techniques agricoles n° 2341, Sélection végétale.

148 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Question 9
Rappelez comment on obtient des plantes femelles de maïs.
Aidez-vous éventuellement du document 10 (séquence 2 -
étape 1), puis imaginez le déroulement de la suite de l’hy-
bridation au champ ; les organes femelles de la lignée ser-
vant de parent mâle doivent-ils être éliminés ?

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Réponse page 159

Question 10
Étudiez le document 30. Tirez-en les principaux points que
doit respecter un agriculteur produisant des semences
hybrides.

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Réponse page 160

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 149


Document 30
La production
des hybrides commerciaux du pollen. La semence est récoltée sur
les plantes femelles uniquement.
LA RÉGLEMENTATION L’une des difficultés réside dans la
Les semences de maïs se produisent nécessité de faire concorder la floraison
en îlots, ensembles de parcelles de des géniteurs mâles et femelles, qui ont
semences contiguës pollinisées par le souvent des précocités de floraison dif-
même mâle et protégées de tout autre férentes : semés à la même date, ils
pollen. Suivant la taille de l’îlot, les arriveraient en floraison à des dates dif-
règles d’isolement varient : pour moins férentes.
de 10 ha, une distance de 300 m doit On utilise donc des procédures permet-
séparer les parcelles de semence de tant d’atteindre cet objectif.
toute autre culture de maïs ; en
revanche pour plus de 10 ha, cette dis- Trois cas peuvent se présenter :
tance est ramenée à 200 m. • les précocités de floraison sont iden-
La vérification du respect de ces règles tiques. On sème le mâle et la femelle
est particulièrement importante et fait en même temps ;
partie du travail des techniciens de • le mâle est plus tardif que la femelle.
semences. Un système complet de On sème d’abord le mâle puis, quand
plans cadastraux est pour eux un outil il a atteint un stade de développement
indispensable. suffisant pour compenser la différence
La résolution des problèmes d’isole- de précocité de floraison, on sème la
ment est heureusement facilitée par femelle. Dans le cas de mâles très tar-
l’existence de certaines zones proté- difs, on peut accélérer artificiellement
gées, dont les limites sont définies par leur croissance en utilisant un paillage
arrêté ministériel. À l’intérieur de ces plastique qui réchauffe le sol par effet
zones, la production de semences est de serre. D’autres moyens comme le
privilégiée. mulch pétrolier existent ;
• le mâle est plus précoce que la femel-
LES TECHNIQUES DE PRODUCTION le. Il sera semé plus tard, toujours de
DU MAÏS SEMENCE manière à compenser la différence de
• Le semis précocité à la floraison.
Une parcelle de maïs semence est
composée de lignes de géniteurs Il faut aussi s’assurer que le pollen émis
femelles semées en alternance avec sera capable de donner une féconda-
des lignes de géniteurs mâles. La pro- tion excellente. Pour cela, on doit veiller
portion entre mâles et femelles consti- à deux points importants :
tue le dispositif du semis. Le rôle du • avoir une quantité de pollen suffisante
géniteur mâle est de fournir le pollen qui par rapport au nombre de plantes
fécondera les fleurs femelles du géni- femelles à féconder. En fonction de
teur femelle. l’aptitude du géniteur mâle à produire
Sur ce dernier, la fleur mâle, ou panicu- du pollen, on fera varier dans les dis-
le, devra être castrée avant d’émettre positifs de semis l’importance des

150 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


lignes mâles : de 4 femelles pour 3 culteur (de 3 500 à 6 000 F/ha en 1985)
mâles (4 x 3) en cas de mauvais polli- et de son influence sur la pureté de la
nisateurs, jusqu’à 6 ou 8 femelles pour semence obtenue (croisements diri-
2 mâles (6 x 2 ; 8 x 2) quand celui-ci gés).
est très bon. En principe, on utilise Elle doit être menée de manière parti-
toujours comme femelle le géniteur le culièrement rigoureuse du début à la fin
plus productif (un hybride simple sur les lignes femelles et consiste à
quand c’est possible) pour des raisons supprimer les panicules.
de rentabilité, mais si la lignée est trop Il existe plusieurs techniques :
mauvaise productrice de pollen, on • la castration manuelle classique ;
peut être amené à inverser le sens de • la castration forcée (on n’attend pas
pollinisation et utiliser un hybride géni- que la panicule soit visible pour l’arra-
teur comme mâle ; cher : dès le premier passage de cas-
Principe de production
tration, plante à plante, on enlève la
des semences de maïs (dispositif 6 X 2) panicule ou le cornet complet si la
panicule n’est pas encore visible) ;
• la castration mécanique, dont les
techniques de conduite se sont amé-
liorées au cours des dernières
etc. années, et qui progresse très sensi-
blement.

Le contrôle est réalisé sous la respon-


sabilité des syndicats régionaux de pro-
Rangées Rangées ducteurs de semences de maïs, par
de plantes de plantes délégation du SOC (Service officiel de
mâles femelles (castrées) contrôle) qui a la responsabilité de l’en-
semble de la certification des
• étaler la production de pollen dans le semences.
temps en décalant légèrement les Certaines normes doivent être respec-
semis de certaines lignes de mâles tées :
pour avoir la meilleure probabilité de • à chaque visite (environ tous les deux
féconder toutes les femelles même si jours), le notateur ne doit pas trouver
leur floraison n’est pas parfaitement plus de 5 ‰ de panicules émettant du
homogène. pollen dans les lignes de géniteur
femelle ;
Ces quelques éléments donnent une • au total de ses visites, le cumul des
idée de la haute technicité requise pour taux des plantes femelles ayant émis
produire des semences de maïs. du pollen ne doit pas excéder 15 ‰ ;
• sur les géniteurs mâles et femelles, le
• La castration taux d’impuretés ne doit pas dépasser
C’est une des phases les plus impor- 2 ‰. En cas de défaillance, la parcel-
tantes de la production de semences de le concernée est impitoyablement éli-
maïs, à cause de son coût pour l’agri- minée.

D’après « Les semences de maïs » - Agri Nathan.

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 151


Rappel sur les hybrides commerciaux : ceux-ci peuvent être
hybrides simples F1 ou hybrides doubles (HD) ou hybrides
trois voies (H3V).

Obtention des hybrides simples de F1

A B A B A

On croise deux lignées pures : A X B ou C X D. Les pieds servant de femelles


sont castrés : on arrache les inflorescences mâles avant l’émission du pollen. On
ne récolte que les épis des plantes femelles. Les rendements sont très faibles à
moyens, selon les lignées employées. Isolement minimum : 400 m.

Obtention des hybrides doubles de F1 ou trois voies de F1

C ou AB C ou AB C ou
CD CD CD

On croise deux hybrides simples différents (AB X CD par exemple) ou un hybri-


de simple comme femelle et une lignée pure comme mâle. Les plantes servant
de femelles sont castrées. On ne récolte que leurs épis : les grains qu’ils don-
nent sont soit des hybrides doubles de F1 (ABCD), soit des hybrides trois voies
(ABC). Ils sont vendus aux producteurs de maïs sous le nom d’une variété.

Source : Soltner « Phytotechnie spéciale »

152 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Pour produire des semences hybrides, il est nécessaire
d’effectuer la sélection des lignées pures par sélection
généalogique puis les hybridations voulues, ainsi qu’on
peut le voir dans le document 31.

Il faut absolument empêcher les autofécondations de la


variété productrice de l’hybride et sa fécondation par du
pollen inconnu :
• contre les autofécondations, on pratique la castration
par des méthodes physiques (castration manuelle ou
mécanique comme chez le maïs), chimiques (comme
chez le blé par l’utilisation de gamétocides) ou géné-
tiques (chez le colza ou le tournesol grâce aux stérilités
mâles) ;
• contre l’action du pollen étranger on « isole » les par-
celles de multiplication en les tenant suffisamment éloi-
gnées des cultures de mêmes espèces, ainsi qu’on peut
le voir dans le document 32.
Enfin, il faut :
• synchroniser les périodes de floraison des deux lignées
parentales ; par exemple chez le maïs, on sème en premier
la variété la plus tardive (cycle long) et on cherche à étaler
la période de floraison mâle en échelonnant les semis
des rangs mâles sur plusieurs jours (l’objectif est d’être sûr
que le pollen soit émis au moment de la maturité femelle) ;
• avoir suffisamment de pollen : le nombre de rangs est sou-
vent de deux mâles pour 4 femelles, mais il peut être diffé-
rents selon la capacité du mâle à produire du pollen.

Durant toute la production des contrôles ont lieu : par


l’agriculteur ou des techniciens de l’établissement produc-
teur de semences et bien entendu le SOC peut effectuer des
contrôles sans préavis.
Si les conditions de production apparaissent incorrectes
(par exemple mauvais état cultural, émission de pollen par
la lignée femelle, etc.) la parcelle est déclassée, ce qui
représente une perte importante pour le producteur (la pro-
duction n’est plus commercialisable en tant que semence).

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 153


Document 31
La sélection conservatrice et la multiplication des semences
Exemple d’un hybride simple

Génération Année Lignée femelle Lignée mâle

moins de 100 épis


semences de départ


Épis issus idem
d’autofécondation 1988 lignée

1re multiplication

idem
en épi-ligne 1989 lignée

semences
de prébase

2e multiplication
en pollinisation 1990 semences
libre de base

3e multiplication
production 1991
d’hybrides
commerciaux

semences
certifiées

Source : GNIS « Le maïs »

154 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Document 32
L’isolement de la parcelle

DISTANCE RÉGLEMENTAIRE

Maïs semence plus de 10 ha contigus


Masse Masse Maïs étranger
pollinique pollinique
polluante

200 mètres

Maïs semence moins de 10 ha e


ss ue
Ma lliniq
po es
mètr
0
30

CAS PARTICULIERS

Barrière pollinique Écran naturel

Écran inefficace

Maïs Maïs semence


Maïs d’isolement Maïs
étranger Hauteur étranger
15 m
100 m incompressibles miimum
Écran hermétique

Source : GNIS « le maïs »

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 155


Résumé

Les semences certifiées garantissent à l’acheteur :


• la pureté spécifique,
• la pureté variétale,
• l’état sanitaire,
• l’intégrité des graines,
• la maturité,
• la faculté germinative.

Les semences sont issues de variétés inscrites obli-


gatoirement au catalogue officiel des espèces et
variétés. Avant leur inscription ces variétés ont subi
des tests : distinction, homogénéité, stabilité, valeurs
agronomique et technologique.

Une fois inscrite, ces variétés devront produire


chaque année une quantité suffisante de graines
commercialisables parfaitement identiques à la
semence d’origine. Cela se fait en 5 multiplications
maximum chez les autogames (blé) par autofécon-
dation naturelle.

Chez les allogames (maïs) on veut des semences


hybrides donc, une fois les lignées pures obtenues, il
faut veiller à ce que la « bonne hybridation » ait lieu :
on empêche l’autofécondation de la variété produc-
trice de l’hybride (castration) et sa fécondation par
du pollen inconnu (isolement de la parcelle). On
favorise la fécondation par le pollen voulu (2 rangs
mâles, 4 rangs femelles en général).

156 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Réponses aux questions
de la séquence 4
Question 1
• Elles peuvent être prélevées dans la récolte : on parle de
semences de ferme (ou semences fermières). L’agriculteur
doit les utiliser pour ses propres besoins uniquement, leur
commerce est interdit.
• Elles peuvent être achetées chez un fournisseur sous l’ap-
pellation de « semences certifiées ».

Question 2
On peut voir que les semences fermières peuvent contenir
des impuretés, comme les graines de mauvaises herbes ou
d’autres graines de céréales que celles voulues, ce qui n’est
pas le cas des semences certifiées.
On peut également constater que la faculté germinative des
semences fermières est plus mauvaise que celle des
semences certifiées.
On peut supposer, en outre, que l’identité variétale n’est pas
aussi garantie pour les semences fermières, et qu’elles peu-
vent être porteuses de maladies...

Question 3
Sur le certificat, on trouve peu de renseignements : le nom
de l’espèce et de la variété, le poids (net ici), la date de
l’échantillonnage (analyses) et le pays de production.
D’autres informations sont inscrites, mais ne sont pas facile-
ment utilisables : des lettres et des chiffres qui identifient le
lot de semences, ainsi que le numéro du certificat.
Aucune des caractéristiques des semences certifiées n’est
inscrite ici, cela paraît normal puisque le certificat atteste
qu’elles sont bien respectées.

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 157


Question 4
L’utilisateur est assuré que la variété est réellement nouvel-
le donc différente des précédentes (« distinction »), que les
plantes auront des caractéristiques similaires entre elles
(« homogénéité ») et que leurs résultats se maintiendront au
cours des années (« stabilité »), ceci grâce aux tests de
DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité).
Avec les tests de VAT (Valeurs Agronomique et
Technologique), l’utilisateur va pouvoir être assuré des
caractéristiques comme la productivité (rendement comparé
à des variétés témoins) ou les résistances propres à des
maladies. Il connaît enfin la valeur technologique qui juge
des qualités de la variété lors de la transformation (par
exemple : panification du blé).

Question 5
L’inscription d’une variété protège les droits de l’obtenteur
de toute copie frauduleuse pendant toute la durée de l’ins-
cription. De plus, c’est la seule solution pour avoir le droit de
commercialiser une variété.

Question 6
Le stock de G0 doit être reconstitué parce qu’on peut voir
que les semences commerciales sont obligatoirement des
G5, c’est-à-dire qu’il ne peut pas y avoir plus de 5 multipli-
cations effectuées à partir des G0.
Cela a pour conséquence qu’il est impératif pour un produc-
teur de semences souhaitant disposer chaque année de
semences G5, de renouveler tous les ans les G0 (et de
semer aussi l’ensemble des générations G0 à G4, tous les
ans).
Les G0 et les G1 sont des semences produites ensemble
dans la même parcelle, cependant les plantes qui donneront
des G0 seront plus surveillées que les autres : pour être sûr
de la pureté des G0, ces plantes sont ensachées afin d’avoir

158 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


une autofécondation obligatoire ; quant aux plantes produc-
trices des G1 elles n’ont pas leurs épis ensachés et peuvent
alors recevoir du pollen d’autres plantes.

Question 7
Si les G0 sont semées pour la première fois en 1995, on
devrait récolter en 1998, les semences des générations G0
à G3.
Année du semis Générations Générations
semées récoltées (à l’été)

1995 G0 G0 + G1 (été 96)

1996 G0, G1 G0 + G1 + G2 (été 97)


1997 G0, G1, G2 G0 + G1 + G2 + G3 (été 98)

Question 8
Deux solutions sont envisagées :
• la castration chimique : une substance gamétocide détruit
sélectivement les grains de pollen, les empêche d’appa-
raître ou de se développer normalement. Cette technique
est utilisée pour le blé (autogame) ;
• la deuxième solution consiste à sélectionner des plantes
dites « mâles stériles » qui présentent des anomalies
génétiques rendant leurs organes mâles inaptes à la repro-
duction. C’est une anomalie qui se rencontre chez de nom-
breuses espèces (colza, tournesol, betterave, sorgho,
carotte...) et qui peut être plus ou moins facilement exploi-
tée pour la production de lignées femelles.

Question 9
Pour obtenir des plantes femelles de maïs, il suffit de sup-
primer la partie terminale (ou panicule) correspondant à l’in-
florescence mâle : cette castration s’effectue manuellement
ou mécaniquement.

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 159


L’hybridation a ensuite lieu naturellement entre les deux
lignées en présence : la deuxième lignée va fournir le pollen
nécessaire aux plantes castrées.
Il n’est pas utile de supprimer les organes femelles de la
lignée pollinisatrice, le pollen étant largement suffisant en
principe pour les deux lignées, l’ensemble des plantes
seront productrices mais seule la lignée castrée fournira les
hybrides commerciaux.

Question 10
Les points à respecter qui ressortent du document 30 sont :
• bon synchronisme des maturités des deux lignées paren-
tales : il faut semer les deux variétés à des périodes adé-
quates pour qu’elles parviennent à maturité en même
temps et cela même si leur rythme de développement est
différent ;
• pollen en quantité suffisante : il faudra que la lignée polli-
nisatrice fournisse assez de pollen pour la fécondation de
toutes les fleurs femelles et pour cela il faudra lui consacrer
suffisamment de rangs dans le champ ;
• pas d’autopollinisation de la lignée femelle, ni de pollinisa-
tion par du pollen provenant d’une autre lignée non contrô-
lée (pollen « étranger »). La castration devra donc être par-
faite, les contrôles devront y veiller. De plus, il conviendra
d’installer la parcelle hors de portée des « pollens étran-
gers ».

160 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Test d’autoévaluation
de fin de séquence 4
Question 1
Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses ?

1. Il est interdit de cultiver des semences non certifiées.


2. La pureté variétale garantit qu’il n’y a pas de graines de mauvaises
herbes dans la semence.
3. La pureté spécifique des semences certifiées est supérieure à 98 %.
4. L’inscription au catalogue officiel se fait pour 5 ans.
5. La présence d’un certificat du SOC sur les emballages de semences cer-
tifiées est obligatoire.
6. Les semences certifiées de céréales à paille sont des G5.
7. Les semences hybrides certifiées ont un certificat bleu.
8. Pour produire des hybrides de maïs, on élimine les organes femelles de
la variété mâle.
9. On doit semer une lignée précoce en premier pour produire des hybrides
de maïs.
10. Un lot de semences déclassées peut être vendu par l’agriculteur à ses
voisins, comme semences de ferme.

Question 2
Rappelez les principales caractéristiques des semences certifiées.
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Question 3
Quelles informations trouve-t-on sur un certificat de semence ?

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LA SÉLECTION CONSERVATRICE 161


Question 4
Expliquez sous forme d’un schéma simple le déroulement de la multiplica-
tion des semences d’une variété de blé de printemps jusqu’à la première
année de production de semences certifiées (le blé de printemps est semé
en début d’année et se récolte en été).

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162 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Correction du test de fin
de séquence 4
Question 1
Vrai ou faux

1. Faux. On n’a pas le droit de les commercialiser, mais on peut les culti-
ver.
2. Faux. La pureté variétale = % de graines de la variété annoncée.
3. Vrai.
4. Faux. Elle se fait pour 10 ans (renouvelables pour 5 ans)
5. Vrai.
6. Vrai.
7. Vrai.
8 Faux. Il faut éliminer les organes mâles de la lignée femelle.
9. Faux. Les lignées précoces ont un cycle court et doivent être semées
après les tardives.
10.Faux. Une semence déclassée, comme une semence fermière ordinai-
re, ne peut pas faire l’objet d’un commerce.

Question 2
Caractéristiques des semences certifiées : puretés spécifique et variétale,
état sanitaire correct, intégrité des semences, maturité et bonne faculté ger-
minative.

Question 3
Principales informations du certificat :
• nom de l’espèce et de la variété,
• poids brut ou net,
• pays de production
• date de l’échantillonnage,
• numéro du certificat SOC,
• numéro du lot, permettant de retrouver l’origine exacte des semences.

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 163


Question 4
S’inspirer du schéma du document 27 (entre les années 1996 et 2 000).

Semis : G0 et G1
Semis : G0

G0, G1, G2
Récolte :

Récolte :
G0 et G1
Année 1

Année 2

164 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX


Année 3
Semis : GO, G1, G2

LA SÉLECTION
Récolte :
G0, G1, G2, G3

CONSERVATRICE
Année 4
Semis : G0, G1, G2, G3

Récolte :
G0, G1, G2, G3, G4

Année 5
Semis
G0, G1, G2, G3, G4
Récolte
G0, G1, G2, G3, G4, G5

165
166 LA SÉLECTION AMÉLIORATRICE ET CONSERVATRICE DES VÉGÉTAUX
Bibliographie

1. AGPM-GNIS – Le maïs – Production de semences hybrides.


2. Bonjean A. et Picard E. (1990) – Les céréales à paille – Agriword -
Softword (205 pages).
3. Camefort H. et Boué H. (1985) – Reproduction et biologie des végétaux
supérieurs – Doin.
4. De Vilmorin J.B. (1991) – Le jardin des hommes – Le pré aux clercs.
5. Dupont P. (1906) – Les semences de maïs – Encyclopédie agricole pra-
tique Limagrain – Agri-Nathan (96 pages).
6. GNIS – Les biotechnologies appliquées à l’amélioration des plantes.
7. GNIS – Génétique et sélection des semences.
8. GNIS – Le maïs.
9. GNIS – Le rôle des semences pour l’avenir de la production céréalière.
10. Heller R., Esnault R. et Lance C. (1993) – Physiologie végétale, tome 2,
Développement, Masson.
11. Lafon JP, Tharaud-Prayer C et Levy G. (1988) – Biologie des plantes
cultivées, tome 2 – Physiologie du développement – Tec et Doc
Lavoisier (176 pages).
12. Le bon jardinier (1977), tome 2 – La maison rustique (1667 pages).
13. Maciejewsi J. (1991) – Semences et plants - Agriculture d’aujourdh’ui –
Sciences Techniques Applications – Tec et Doc Lavoisier (230 pages).
14. Soltner D. (1996) – Les bases de la production végétale, tome III, la
plante et son amélioration – Collection Sciences et Techniques Agricoles
(304 pages).
15. Soltner D ; (1988) – Les grandes productions végétales, 16e édition –
Collections Sciences et techniques agricoles (460 pages).
16. Techniques agricoles – Sélection végétale n° 2341 et 2342.
17. Vespas R. (1984) – Semences de céréales à paille – Encyclopédie agri-
cole pratique – Claeys Agri-Nathan (56 pages).
18. Vilain M. (1989) – La production végétale, volume 2 – La maîtrise tech-
nique de la production – Agriculture d’aujourd’hui – Sciences techniques
applications, Tec et Doc Lavoisier (361 pages).

LA SÉLECTION CONSERVATRICE 167


Document
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Site de Marmilhat, BP 100, 63370 Lempdes

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