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LES DANGERS DES PRODUITS PETROLIERS

I- LA COMBUSTION (NOTIONS)
La combustion est une réaction chimique au cours de laquelle des substances à pouvoir
calorifique élevé sont retransformées en leurs constituants de base (eau, anhydride oxyde
métalliques et en cas de combustion incomplète oxyde de carbone).

Cette transformation s’opère en présence d’un comburant et libère de la chaleur.


Pour qu’il y’ait combustion tris combustion trois conditions doivent trouver réunies :
1° Présence d’un combustible.
2° Apport d’un comburant
3° Température de combustion suffisante.
Ces trois conditions réunies, la combustion peut être amorcée par une source auxiliaire (étincelle,
feu nu, etc.).
A moins que la température du combustible ne soit portée au delà de son point d’auto
combustion, dans ce cas la combustion s’amorce sans le concours d’une source auxiliaire.
Nous allons examiner chacune de ces conditions :

 Combustibles
Le corps combustible, lorsqu’ils atteignent une certaine température dégagent des vapeurs.
Ce sont ces vapeurs qui brûlent au-dessus du combustible lorsqu’elles se combinent en
proportions correctes avec le comburant. Les hydrocarbures légers (essences etc) dégagent des
vapeurs aux températures habituelles de manutention. D’autres sont gazeux à l’état libre
(méthane, propane, butane, éthylène, acétylène, etc)
C’est une grande affinité avec l’oxygène qui rend combustibles les hydrocarbures.

 Comburant
On désigne sous le nom de comburant, un corps qui en se combinant avec un carburant permet
la combustion de ce dernier c’est le cas de l’oxygène contenu dans l’air.
La loi d’Avogadro-Ampère détermine le volume d’oxygène nécessaire pour assurer la combustion
complète d’un volume d’hydrocarbure à l’état de vapeur.

Soit 2 volumes d’oxygène pour un volume de méthane ;


Ou 21/2 volumes d’oxygène pour un volume d’acétine ;
Ou 11 volumes d’oxygène pour un volume d’heptane…

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L’air contient volume d’oxygène pour quatre volumes d’Azote (21 % oxygène, 79% azote, 1%
argon, 2% d’autres gaz dits rares).
Le volume d’air nécessaire est donc égal à environ 5 fois le volume d’oxygène soit :

10 volumes d’air pour un volume de méthane ;


12,5 volumes d’air pour un volume d’acétylène ;
55 volumes d’air pour un volume d’heptane.

La réaction de combustion complète d’un hydrocarbure obéit aux règles suivantes :


- il se forme autant de molécules CO2 qu’il y a d’atomes C ;
- il se forme un nombre de molécules H2O égale à la moitié du nombre d’atomes H ;
- l’oxygène nécessaire à la combustion représente autant de 2O2 qu’il y a de CH4 (se
reporter loi Avogadro-Ampère).

Ainsi pour le méthane nous écrivons :


CH4+2O2+8N2 Co2+2H2O+8N2+213Kcal

L’Azote (N2) n’intervient pas dans la réaction de combustion.


Si la combustion est incomplète et qu’elle a lieu à très haute température il se forme de l’oxyde de
carbone (très toxique) et l’hydrogène ne brûle pas ( cas des moteurs à explosion dont le mélange
est trop riche en vapeur d’essence et dont la température de combustion est de l’ordre de 1500°C
environ).
La combustion nécessaire au minimum 14 à 18% d’oxygène dans l’air. En dessous de cette
limite, la combustion devient impossible.

Nota : Il existe des corps dans le comburant nécessaire à la combustion se trouve à l’état de
constituant.
Le terme «substance instable» désigne les substances, lesquelles en elles-mêmes et sans
l’apport d’une quantité appréciable de matières secondaires telles que l’air, l’eau, e.tc pourraient
provoquer une réaction exothermique avec, pour conséquence n feu ou une explosion dans les
conditions habituelles de stockage, de manutention, de transport.
On exclut du terme de «substances instables» les matières fabriquées et utilisées comme
explosif.

L’étude de substance instable est très complexe.

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 Température

Point d’éclair
La température à laquelle un liquide émet des vapeurs qui prennent feu au contact d’une flamme
et en présence de comburant se nomme point d’éclair.
La tension de vapeur, assez élevée pour former avec l’air un mélange inflammable, ne l’est
toutefois pas suffisamment pour que la combustion se poursuive d’elle-même.

 Point de combustion
La combustion d’un liquide amorcée, c'est-à-dire lorsque la source auxiliaire d’allumage
disparaît, les flammes échauffent la surface du liquide et le portent
A une température telle que la combustion continue à se produire du fait du dégagement
constant des vapeurs.
Cette température se nomme point de combustion (ou point de combustibilité, point
d’inflammation, point de feu, fire test, fire point, selon les auteurs).
Les températures des points de combustion sont bien entendu supérieures à celles des points
d’éclair, plus important en sécurité.
Le méthane, propane, butane, essence, etc ont des points d’éclair et de combustion nettement
inférieurs aux températures de manutention (voir tableau annexé).
Ces hydrocarbures remplissent donc en permanence deux conditions de la combustion
(combustible- température)

 Point d’auto combustion (auto inflammation ou auto ignition) .


C’est la température à laquelle un produit prend feu spontanément sans le concours d’une
source auxiliaire, par simple élévation de température, les trois conditions de combustion se
trouvent réunies combustible, comburant, température). Evidemment le point d’auto combustion
est une température nettement plus élevée que le point d’auto combustion (voir tableau annexé)
On dit qu’un corps est en ignition quand sous l’influence de la chaleur, il brûle sans produire de
flamme.
On dit qu’un corps est incandescent lorsque sous l’influence de la chaleur il devient plis ou moins
lumineux (émission de radiations visibles)

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Nota 1 : Une combustion exothermique est une combustion qui une fois amorcée se poursuit
d’elle-même en fournissant la chaleur nécessaire (dégage de la chaleur).
Une combustion endothermique est une combustion à laquelle il faut, au contraire de la
précédente fournir de la chaleur pour l’entretenir (absorbe de la chaleur).

Nota 2 : La combustion spontanée des chiffons gras s’explique par l’oxydation rapide de l’huile en
présence de l’oxygène de l’air d’où une élévation de température.
En présence de poussière métallique, cette réaction est plus vive. Les chiffons de laine
et de soie sont particulièrement sensibles à ce phénomène.

Limites d’inflammabilité ou d’explosivité (air carburé)


Nous avons retenu que la combustion des vapeurs d’un combustible n’était possible qu’en
présence d’un certain volume de comburant
Lorsque la quantité de vapeurs du combustible est trop importante par rapport au volume
d’oxygène contenu dans l’air (comburant), il ne peut y avoir combustion. On dit que le mélange
est trop riche.
Inversement, lorsque la quantité de vapeurs combustibles est trop faible par rapport au
comburant (oxygène de l’air), il ne peut y avoir combustion. On dit que le mélange est trop
pauvre. Ces proportions sont déterminées par expériences. On cite la limite inférieure et la limite
supérieure de combustion possible.

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Limites d’explosivité ou d’inflammabilité


Air

Zone Dangereuse 3
1 2 mélange trop pauvre en
Mélange trop pauvre oxygène
en gaz

100% L.I.E L.S.E 100%

Nous observons trois zones caractéristiques sur les schémas représentant l’évolution progressive
en % du mélange air/gaz oxydable.
Dans la zone 1 : la teneur en gaz est insuffisante pour être dangereuse.
Dans la zone 2 : le mélange est explosif ou inflammable.
Dans la zone 3 : il n y’a plus assez d’oxygène pour permettre la combustion du gaz .
Les points de délimitation de la zone 2 sont :
- la limite inférieure d’Explosivité ou d’Inflammabilité (L.I.E)
- la limite supérieure d’Explosivité ou d’inflammabilité (L.S.E).

Toute prévention doit de faire avant l’apparition du danger d’explosion. Seule la zone 1 mérite
donc notre attention. Pour se faire linéaire où le point de L.I.E tiendra lieu du repérage 100%.
Au dessus de 7,6% environ de vapeurs d’essence (limite supérieure) par rapport à 100 volumes, il
ne peut y avoir combustion dans l’air (mélange trop riche).

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Conclusion :
Un mélange d’air et de vapeurs combustibles n’est inflammable qu’en des proportions correctes de
mélange, fixés par les limites inférieures et supérieures d’inflammabilité.
Quelques points d’éclair, points d’auto combustion
Et limites inférieurs et supérieures d’explosivité
(en volume % dans l’air) (valeur indicative)

Limites d’explosivité
Produit Point d’éclair Point d’auto–combustion
( °C) (°C) Inférieure Supérieure
LIE LSE
Aétone……….. -18 537 2,6 13
Acetylene…… Gaz 299 2,5 81
Alcool éthylique.... 13 422 4,3 19
Alcool méthylique… 11 464 7,3 36
Ammoniac…….. Gaz 650 16 25
Benzene…………… 11 562 1,4 7
Butane………….. Gaz 405 1,9 8,5
Esssence……….. -43 Dés 280 1,4 7,6
Ethane…………….. Gaz 515 3 12,5
Ethyléne Gaz 450 3 32
Gasoil…………… 70 260 6 13,5
Heptane……….. 4 223 1,2 6,7
Hexane………. -21,7 234 1,2 7,5
Hydrogène…….. Gaz 585 4 75
Hydrogène Gaz 260 4,3 45
sulfuré… 37,8 229 0,7 5
Kérosene……….. Gaz 537 5,3 14
Méthane…………. Gaz 609 12,5 74
Oxyde de carbone.. Gaz 466 2,2 9,5
Propane……….. Gaz 410 2,4 10,3
Propylene………. 4,4 526 1,4 6,7
Toluene…………. 17,2 461 1 6

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Le mélange d’air et de vapeurs combustibles s’appelle air carburé.


Les gaz dégagés par les hydrocarbures liquides produisent avec l’air ambiant des mélanges
inflammables. Il suffit alors d’amorcer la combustion (source auxiliaire ou température d’auto
combustion) pour provoquer soit l’inflammation, soit l’explosion lorsqu’il s’agit d’un mélange
enfermé dans un vase clos ou la déflagration, lorsqu’il s’agit d’un mélange à l’air libre.

La combustion, sous la forme de l’explosion, se propage à une vitesse très grande et l’énergie
dégagée en moins d’un millième de seconde produit une pression considérable sur les parois
du récipient
Un accroissement de la teneur en oxygène augmente considérablement la limite supérieure.

Nota : dans des conditions normales de pression et de température :1 L d’essence= 150 l


environ à l’état gazeux 10 000 L d’air carburé environ dans les limites d’inflammabilité de 1,5%.

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II SOURCES AUXILIAIRES
Lorsque les trois conditions nécessaires à la combustion se trouvent réunies :
- Présence d’un combustible en proportions correctes
- Apport d’un comburant de mélange
- Température du combustible suffisante

La combustion s’amorce à l’aide d’une source auxiliaire (ou si la température du combustible est
portée au-delà de son point d’auto combustion bien entendu).
Les principales sources auxiliaire rencontrées dans l’industrie pétrolière et qu’il faut s’efforcer de
supprimer sont d’origine :

 Mécanique
L’énergie dégagée par le frottement de deux corps se transforme en chaleur. 1 Kgm fournit 425
Kcla ( loi de joule).
A titre d’exemple, citons l’échauffement d’un roulement, d’un palier, d’une transmission etc
Physique par transformation d’une énergie quelconque en énergie calorifique. Citons l’exemple
de l’énergie solaire, les phénomènes optiques etc.

 Chimique
Par réaction de certains corps au contact de l’eau, de l’air ou d’une autre substance.
C’est le cas d’un excès de chlore mélangé aux hydrocarbures ou du chlorate de sodium (Na)
ou de potassium (K) (désherbants) mélangés aux hydrocarbures (cheddite).
Indiquons dans cette catégorie le sulfure de fer pyphorique, lequel résulte d’une réaction
chimique entre l’hydrogène sulfuré contenu dans de nombreux hydrocarbures et le fer.
Exposé au contact de l’air le sulfure de fer s’oxyde en dégageant une forte chaleur qui porte à
incandescence.
Le sulfure de fer crée des conditions particulièrement dangereuses au moment de l’ouverture de
récipients insuffisamment purgés de leurs vapeurs combustibles.
Le risque est d’autant plus grand que le produit contenu dans le récipient est sec.
L’humidification des sulfures de fer, leur évacuation dans des récipients métalliques en dehors
des installations de production et de stockage vers un endroit spécialement préparé, s’impose
dès que l’on entreprend des opérations de nettoyage de récipients, réservoirs, pompes, filtres,
etc.

Nota : Chlorate = sel de l’acide chlorique ; cheddites= explosifs à base de chlorate.

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 Biologique
Il s’agit de l’inflammation de certains végétaux dans certaines conditions humidité). Ce
phénomène résulte de l’action des ferments des bactéries.
D’où la nécessité du désherbage périodique des installations pétrolières.
D’autre part des bactéries qui vivent dans l’eau ont la propreté de réduire le sulfate en sulfure de
fer.

 Electrique
Electricité dynamique
Echauffement d’un conducteur, court – circuit qui donne qui donne souvent lieu à arc électrique,
étanchéité défectueuse ou détérioration d’un appareil, d’une boite de jonction, d’un interrupteur,
etc, utilisation d’appareils et d’outillage électriques non antidéflagrants. Etc

Nota : Le matériel électrique est classé selon des caractéristiques en rapport avec la sécurité
(consulter la réglementation).

 Electricité statique
Dont les dangers sont particulièrement importants dans l’industrie pétrolière.
L’électricité statique est produite par le déplacement, la compression ou l’extension,
l’échauffement ou le refroidissement, in friction ou le frottement d’un fluide liquide ou gazeux ou
d’un solide pulvérisé
La séparation brutale de deux corps, après avoir été en contact intime, comme par exemple un
hydrocarbure et l’eau, produit également des charges importantes.
L’accumulation n’a lieu que si l’un des corps est mauvais conducteur de l’électricité et c’est le
cas des produits pétroliers (résistance électrique de l’essence 10 Ώ/cm)
En raison des différences de potentiel possibles, les charges d’électricité statique sont
susceptibles de provoquer des étincelles
Une énergie de 0,002 à 0,005 J dégage par une étincelle est suffisante pour enflammer un
mélange carburé à 4 %.
A 2% cette énergie devrait être vingt-cinq fois plus importante vitesse d’écoulement dans les
canalisations, les chargements en pluie, l’injection de vapeur d’eau, la présence dans les
hydrocarbures d’oxydes métalliques augmentent les possibilités d’accumulation des charges.
La différence de potentiel entre deux corps est proportionnelle à la différence de leur constante
diélectrique, c'est-à-dire du pouvoir isolant électrique invariable.

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Ainsi : Constante diélectrique

Air 1
Essences 2 à 2,1
Benzène 2
Huile 3à4
Métaux 3à4
Eau 80

Le corps ayant la plus grand constant diélectrique se chargera d’électricité positive, l’autre négative.
Ex air (1) charge négative et essence (2 à 2,1) charge positive, métal (3à4)
Charge positive et essence (2à 2,1) charge négative)

Ainsi des charges d’électricité statique se produisent au mouvement des produits dans les
canalisations, au remplissage ou vidange des réservoirs, des camions, wagons, chalands, navires
au cours des lavages à l’eau, chasses d’eau, chasses d’air, injection ou fuite de vapeur, etc. Elles
sont d’autant plus élevées que la vitesse d’écoulement et la turbulence sont importantes.
On peut dans certaines circonstances dangereuses limiter la vitesse d’écoulement dans les
conduites à 1m/s (régime laminaire, ce qui réduit considérablement la production d’électricité
statique.
En permettant à l’électricité statique de s’écouler dans le sol (potentiel théorique) la mise à la
terre des récipients, canalisation, véhicules etc évite le danger d’une trop grande accumulation
mais n’empêche pas la formation d’électricité statique, d’où l’importance également des liaisons
équipotentielles entre les différentes masses pour équilibrer leur potentiel ainsi que des autres
mesures présentes
Complémentaires prévues dans chaque cas (chargement des véhicules par exemple).

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La résistance électrique d’une mise à la terre ne doit pas dépasser 20 ohms.
En conclusion les prises de terre mobiles devront être fixées avec soin (contact franc métal sur
métal).

Détail des mises à la terre

1
Les prises de terre fixes seront contrôlées chaque mois et mesurées chaque année ou chaque
six mois si le contrôle annuel laisse apparaître des défectuosités.
Toute détérioration constatée par le personnel sera immédiatement signalée et la réparation
interviendra aussitôt.

Poste de chargement de wagons

Dans certaines conditions on augmente la conductibilité d’un hydrocarbure par injection d’additifs.

 Electricité atmosphérique
L’atmosphère renferme continuellement des ions, atomes gazeux électrisés
Sous l’action de certaines radiations. Ces radiations ont pour origine, dans l’atmosphère le
rayonnement cosmique et le rayonnement solaire, au sol le rayonnement des substances
radioactives (radium ou thorium).
La pulvérisation de l’eau est aussi une source d’ionisation atmosphérique, les pluies sont
généralement électrisées (l’eau pure est mauvaise, conductrice de l’électricité)

1 11
De préférence l’été, en période sèche.
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III. EFFETS DE LA CHALEUR

En rapport avec la sécurité, les effets de la chaleur se manifestent de différentes façons :


 La dilatation et l’augmentation de pression ;
 La conduction………………………………………..
 La convection ………………………………………. Propagation de la chaleur
 Le rayonnement……………………………………..
 La fusion ;
 La vaporisation ;
 L’évaporation ;
 L’ébullition.

Dilatation
Un corps chauffé subit un accroissement de ses dimensions, proportionnel à l’augmentation de
température. La contraction est l’opposé de la dilatation.
La dilatation de gaz obéit aux règles approchées suivants :
Si la pression est constante, l’augmentation de volume est proportionnelle à l’élévation de
température.

Propagation de la chaleur
La conduction (conductibilité) (de contact).
Lorsque l’on chauffe une barre métallique, on constate que la température s’élève
progressivement le long de cette barre.
Dans un ordre décroissant de conductibilité, nous avons : le cuivre, le laiton, le zinc, l’étain, le fer,
l’acier, le plomb, le verre, le bois.
Les premiers cités sont meilleurs conducteurs de la chaleur que les suivants.
C’est par conduction qu’un combustible liquide, lorsqu’il brûle en surface, s’échauffe
progressivement en profondeur.

La convection
La transmission de la chaleur s’opère par les fluides en mouvement (exemple l’eau ou la vapeur
d’un chauffage déplace des calories).
Dans un incendie, la transmission de chaleur par convection s’opère surtout par les gaz issus de
la combustion. Ainsi la transmission de la chaleur peut provoquer l’extension d’un sinistre loin du
foyer initial.

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Le rayonnement
La propagation de la chaleur par rayonnement a lieu d’une manière identique à celle de la
lumière, par radiation (rayonnement solaire).
La quantité de la chaleur émis dépend de la température et de la nature de la surface rayonnante.
Contrairement à la transmission de la chaleur par conduction et par convection, la transmission
par rayonnement s’effectue en ligne droite, comme la lumière.

Nota : Le déplacement de matières enflammées est une source importante de propagation de feu
dans l’industrie du pétrole (fuite d’hydrocarbures, boil-over).

Les changements d’états physiques


Si on chauffe un corps solide, il commence à foudre avec consommation de chaleur (chaleur de
fusion en calories par gamme), la température de la masse en fusion reste constante jusqu’à ce
que toute la substance se trouve à l’état liquide (température ou point de fusion).
Si on continue de chauffer le liquide obtenu, il passe à l’état de vapeur également à une
température constante (point d’ébullition).
Si on continue de chauffer la vapeur, les molécules de celles-ci se dissocient en leurs atomes puis
finissent par se décomposer en leurs constituants (noyaux et électrons).

La fusion
Certains corps solides soumis à une température appelée point de fusion deviennent liquides,
quelques-uns en passant par l’état pâteux.
Pendant la fusion, la température reste la même (point de fusion).
Le phénomène de fusion s’accompagne toujours d’une variation de volume.
A l’exception de l’eau et de la fonte, tous les corps augmentent de volume (et diminuent de
densité).
Le phénomène de la fusion absorbe de la chaleur.
La chaleur de fusion est le nombre de calories qu’il faut fournir à 1g d’un corps amené à son point
de fusion pour le transformer de l’état solide à l’état liquide.

Exemple :

Eau 80 cal Nickel 73 cal


Fer 50 cal Zinc 28 cal
Cuivre 41 cal Aluminium 80 cal

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La solidification est le phénomène inverse. Le point de fusion et le point de solidification d’un


corps sont les mêmes.

La vaporisation est le passage de l’état liquide à l’état gazeux.


Cette transformation exige de la chaleur appelée chaleur de vaporisation.
La chaleur de vaporisation d’un corps est le nombre de calories qu’il faut fournir à 1g de ce corps
pour le faire passer de l’état liquide à l’état de vapeur saturante à la même température.

Exemple : 1g d’eau nécessite 537 cal pour passer de l’état liquide à 100°C à l’état de vapeur
saturante. Inversement la liquéfaction restitue 537 cal. 1 l d’eau amené à 100°C sous
pression atmosphérique se transforme en 1 670 l de vapeur.

L’évaporation est la production de vapeur à la surface libre du liquide.


L’évaporation est d’autant plus rapide que :
 La température est plus élevée ;
 La surface du liquide est plus étendue ;
 La pression atmosphérique est plus faible ;
 L’air est plus agité.
La transformation d’un liquide en vapeur exige de la chaleur. L’évaporation est donc une source
de froid lorsque la chaleur est prise au liquide même, si elle s’opère sans l’aide d’une source de
chaleur.

La sublimation est le passage d’un corps directement de l’état solide à l’état de vapeur à l’air
libre sans passage par l’état liquide.

Les produits de pyrogénation


Lorsqu’une combustion se déclare et devient un feu qu’il faut maîtriser et éteindre, il convient,
pour les intervenants, de tenir compte des produits qui se dégagent de cette combustion et vont
constituer des dangers.
Le plus important de ces dangers est, sans aucun doute, l’OXYDE DE CARBONE, qui se dégage
de toute combustion, en quantité plus ou moins importante, selon que la combustion est plus ou
moins compète.

L’oxyde de carbone se présente sous la forme d’un gaz inodore, incolore, inflammable, qui peut
former avec l’air des mélanges explosifs dans les limites de 12,5% à 74,2% en volume ; il brûle
dans l’air en production du dioxyde de carbone et un dégagement de chaleur notable. La toxicité
est telle que 0,2% d’oxyde de carbone dans l’air est mortelle.
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Le dioxyde de carbone produit, ne l’est toutefois en quantité telle qu’il puisse provoquer une auto
extinction, mais, par contre, il peut ralentir la combustion et faciliter la production d’oxyde de
carbone.

Parmi les autres produits de pyrogénation, l’on peut citer :


 La fumée : composée d’imbrûlés : particules de carbone, gaz nocifs, etc…, qui va gêner
l’action des intervenants et constituer un danger pour les personnes atteintes.
 Les produits de décomposition du combustible : par exemple : production de chlore dans la
combustion de certaines matières plastiques et formation, sous certaines conditions, d’acide
chlorhydrique, d’acide cyanhydrique, etc…
 Les productions de composition sous l’effet de la chaleur.
Bien qu’ils ne soient pas issus de la combustion proprement dite, l’on peut ajouter les produits de
décomposition d’agent extincteurs, qui peuvent être nocifs par eux-mêmes ou permettre la
composition de produits dangereux.

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IV- ASPHYXIE – TOXICITE

 Asphyxie
Le phénomène d’asphyxie apparaît par manque d’oxygène. On admet généralement une teneur
en oxygène dans l’air de 17% minimum. Au-dessous de cette teneur, l’organisme humain ressent
déjà certains troubles.
A 8% la mort survient. L’asphyxie peut être causée par l’air carburé ;
Les vapeurs d’hydrocarbures étant plus lourdes que l’air, le danger d’asphyxie existe même à l’air
libre (fosses, caniveaux, etc).
L’oxyde de carbone (CO), l’azote (N2), l’anhydride carbonique (CO2), l’anhydride sulfureux (SO2)
par diminution de la teneur en oxygène peuvent également être à l’origine de l’asphyxie. L’oxyde
de carbone, l’anhydride sulfureux et l’anhydride carbonique sont également toxiques à des degrés
divers amis l’azote (non toxique) est à l’origine de nombreux accidents mortels car on ne peut
déceler sa présence sans analyse de l’atmosphère, ce qui le rend très dangereux.

 Toxicité
Les hygiénistes admettent généralement les hydrocarbures de la série paraffinique (méthane,
éthane, propane, balane, penlane) ont des propriétés anesthésiques et amènent des troubles
comparables à ceux observés lors de l’ivresse éthylique. Ils ne renferment aucun élément toxique.
Notons toutefois que l’hexane et l’heptane provoquent des convulsions tétaniques.
Les oléfines (butène, pentène, hexène, heptène) ont des propriétés narcotiques et paralysantes,
voire mortelles à forte concentration (éthylène).
Les hydrocarbures dioléfiniques (propadiène, butadiène, pentadiène) entraînent l’anémie par
contact prolongé.
Les cyclo-paraffiniques sont à l’origine d’une modification de la composition du sang ;
Les aromatiques
Des ce bref exposé, il faut retenir qu’une exposition prolongée au contact des vapeurs
d’hydrocarbures est fortement déconseillé. Tous travaux en atmosphère polluée doivent
s’accompagner de mesures propres à protéger le personnel (dégazage, contrôle d’atmosphère,
ventilation, appareils respiratoires à air frais.
La concentration limite à ne pas dépasser s’exprime en ppm (parties par million de parties d’air en
volume) ou en milligrammes par mètre cube, ou en milligrammes par centimètre cube, suivant les
pays (se reporter aux tableaux des données toxicologique et physiques de différents gaz et
vapeurs).

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Les détecteurs appropriés, ou mieux, l’analyse de l’air par un laboratoire, indiquent le degré de
pollution.
Même si le résultat d’une analyse est satisfaisant, il ne dispense pas de l’installation aux endroits
du personnel (fosse, récipients divers), car les conditions peuvent varier (température, vent,
démontage de matériel, etc.)

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