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Méthanisation de la biom asse

par R ené MOL E T T A


Directeur de recherche à l’Institut national de recherche agronomique (INRA)

1. Méthanisation de la m atière org anique ............................................. BIO 5 100- 2


1.1 Flux métaboliques de la matière................................................................ — 2
1.2 Aspects microbiologiques........................................................................... — 2
1.3 Caractéristiques physico-chimiques de la méthanisation........................ — 4
1.4 Stabilité de la digestion anaérobie............................................................. — 5
1.5 Production de biogaz................................................................................... — 6
1.6 Contrôle de réacteurs réalisant la digestion anaérobie............................ — 7

2. C arac téristiques de la m éthanisation des solides .......................... — 8


2.1 Caractérisation des substrats solides......................................................... — 8
2.2 Mise en œuvre technologique des digesteurs.......................................... — 9 2.3 Condition de
mise en œuvre de la méthanisation des déchets............... — 10

3. Méthanisation de la frac tion org anique


des ordures m énag ères .......................................................................... — 10
3.1 Principe du traitement des ordures ménagères et déchets assimilés..... — 10
3.2 Technologies appliqués aux fermentations « humides »......................... — 10
3.3 Technologies appliquées aux fermentations « sèches ».......................... — 11
3.4 Performances des digesteurs appliquées aux ordures ménagères........ — 11
3.5 Installations de stockage de déchets.......................................................... — 12
4. Méthanisation des déc hets ag ric oles ................................................. — 16
4.1 Caractéristiques de mise en œuvre............................................................ — 16
4.2 Potentiel méthane des déchets agricoles.................................................. — 16
4.3 Technologies appliquées à la digestion des déchets agricoles............... — 16
5. Méthanisation des boues de stations d’épuration urbaines ........ — 19
5.1 Caractérisation des boues........................................................................... — 19
5.2 Caractéristiques de mise en œuvre............................................................ — 19
5.3 Prétraitements.............................................................................................. — 19
5.4 Digesteurs à boues...................................................................................... — 19
5.5 Biogaz........................................................................................................... — 20
5.6 Destination des boues digérées................................................................. — 20
5.7 Exemple de la station d’Achères................................................................ — 21
P our en savoir plus ...........................................................................................Doc. BIO 5 100
a digestion anaérobie (ou méthanisation) est la transformation de la matière organique
L en biogaz, composé principalement de méthane et de
gaz carbonique. Elle est réalisée en anaérobiose par une communauté microbienne
complexe.
Elle se produit naturellement dans les marais, les lacs, les intestins des animaux, de l’Homme
et de manière générale dans tous les écosystèmes où la matière organique se trouve en
condition anaérobie.
La méthanisation permet donc de transformer des déchets organiques en énergie à travers
la production d’un biogaz riche en méthane. Elle permet ainsi d’agir sur notre environnement
en éliminant des déchets et de plus, produit une énergie « verte » car la matière utilisée est
issue du vivant (animal ou végétal). En utilisant ce biogaz, on économise de l’énergie fossile.
Dans les années 1940, le processus de digestion anaérobie a été utilisé pour produire de
l’énergie à partir des fumiers que l’on dénommait « gaz de fumier ». Aujourd’hui, elle s’est
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principalement implantée dans notre société comme un outil de dépollution intéressant. Le


fait que cela soit couplé à une production d’énergie (le méthane) en a augmenté l’intérêt.
L’application de la digestion anaérobie au traitement des effluents s’est fortement
développée dans les années 1970 et de nombreuses applications industrielles ont vu le jour.
Elle a été appliquée aux effluents des industries agroalimentaires, chimiques, pétroliers,
agricoles.
Elle a vu aussi un important développement dans le cadre du traitement des déchets
municipaux, agricoles et industriels. Les centres d’enfouissement techniques (CET)
appliquaient déjà cette stratégie, mais leurs temps de stabilisation (de plusieurs dizaines
d’années) sans récupération du biogaz laissent aujourd’hui la place à des traitements plus
intensifs de la matière
organique solide. On considère, généralement, qu’environ 70 % du méthane recueilli dans le
biogaz est produit par méthanogenèse acétoclaste.

1.2 Aspects microbiologiques


La population microbienne complexe est constituée de micro-organismes
1. Méthanisation de la m atière anaérobies stricts ou facultatifs, mais on peut trouver des micro-organismes
aérobies apportés par la matière entrante. On considère trois grand groupe de
org anique micro-organismes qui correspondent aux trois phases données sur la figure 1 .

■ Hydrolyse et acidogenèse : ce sont des bactéries hydrolytiques et


1.1 Flux métaboliques de la matière fermentatives. Les matières (les macromolécules) sont hydrolysées en
La transformation de la matière organique complexe passe par une succession monomères puis fermentées principalement en acides gras volatils (AGV) tels
d’intermédiaires métaboliques qui sont transformés par différents types de que les acides acétique, propionique, butyrique, valérique, etc., en alcools, en
population de micro-organismes. Le flux matière est représenté sur la figure 1 . d’autres acides organiques (lactique, succinique, etc.), en H2 et en CO2.
Les premières réactions sont des réactions d’hydrolyse et d’acidogenèse qui Si l’étape d’hydrolyse des macromolécules et des particules organiques est
transforment la matière organique solide en intermédiaires tels que des acides généralement lente, les vitesses d’acidogenèse à partir des monomères sont,
gras volatils (AGV), les alcools, l’acide acétique (CH 3COOH), l’hydrogène (H2) et par contre, très élevées.
le gaz carbonique (CO2, ou dioxyde de carbone). La seconde phase est La dégradation des solides est souvent l’étape limitante. La présence de
lignine, qui n’est pas dégradée dans ces conditions, empêche l’accès des
l’acétogenèse qui conduit à la production d’acide acétique, de CO 2 et de H2. enzymes à la matière fermentescible.
Elle est couplée à l’homoacétogenèse qui consiste en la formation d’acide
acétique à partir d’hydrogène et de gaz carbonique. Dans cette étape, les micro-organismes impliqués sont des bactéries (et parfois
même des champignons) anaérobies strictes ou facultatives. La biodiversité est
Enfin, la dernière étape est la méthanogenèse qui se fait à partir de l’acide importante. Les vitesses de croissance sont rapides avec des temps de
acétique (méthanogenèse acétoclaste) et de la réduction de CO 2 par H2 doublement des micro-organismes de quelques heures parfois.
(méthanogenèse hydrogénophile).

Macromolécules
Hydrolyse Hydrolyse
Monomères et
acidogenèse
Acidogenèse

Acides gras volatils,


alcools...

Acétogenèse Acétogenèse
Acide acétique
H 2 , CO 2
Acétate
Homoacétogenèse
Méthanisation Méthanisation Méthanogenès e
C H4 , CO 2 C H4 , H 2 O
acétoclaste hydrogénophile

Fig ure 1 – Flux m atière et étapes de la dig estion anaérobie de la m atière org anique

Tableau 1 – Bactéries homoacétogènes de la


digestion anaérobie (d’après [1])
Groupe 1 : Fermentation du substrat → acétate
Butyribacterium rettgeri
acidiurici
cylindrospermum
formicoaceticum magnum
thermoaceticum
Peptococcus glycinophilus

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ou H+
Groupe 2 : H2 + CO2 (réduction d’un composé carboné) +
CO2 → acétate
Acetoanaerobiuum noterae
Acetobacterium carbinolicum
malicum
termitida
wieringae woodi
Acetofilamentum rigidum
Acetohalobium arabaticum
Acetomicrobium flavidum
Acetothermus paucivorans
Acetitomaculum ruminis
Clostridium aceticum
ljungdahlii mayombei
thermoautotrophicum
Eubacterium limosum
Sporomusa acidovorans
malonica ovata
paucivorans
sphaeroides
termitida
Thermoanaerobacter kivui

Les bactéries impliquées sont très nombreuses et variées que cela soit en mésophilie ou thermophilie. Elles sont capables de dégrader les celluloses (Clostridium), les
hémicelluloses (Bacteroides), les pectines (Clostridium), l’amidon (Bacillus), les lipides (Bacillus), les protéines (S taphylococcus).

■ Acétogenèse : dans cette étape, les intermédiaires métaboliques sont transformés en acétate CH 3COO–, hydrogène et gaz carbonique grâce notamment à trois
groupes de bactéries : les acétogènes productrices obligées d’hydrogène (qui sont des bactéries syntrophiques), les bactéries homoacétogènes, et des bactéries
sulfatoréductrices qui peuvent avoir une des fonctions précédentes. On distingue deux groupes (tableau 1 ) : celles qui transforment le substrat en acétate (groupe 1)
et celles qui réduisent le dioxyde de carbone avec l’hydrogène (groupe 2).
Les vitesses réactionnelles d’acétogenèse sont généralement faibles et soumises à des problèmes d’inhibition par la présence d’hydrogène qui modifie l’équilibre
thermodynamique de la cinétique globale.
En effet, les bactéries dites syntrophiques ont pour caractéristique d’effectuer des réactions dont les variations d’enthalpie libre standard sont positives. Dans les
milieux naturels, pour pouvoir se réaliser, elles nécessitent une seconde bactérie qui élimine une des molécules produites, permettant ainsi de transformer une
réaction endergonique en réaction exergonique et donc de générer l’énergie nécessaire au micro-organisme.
L’hydrogène est une molécule clé pour la stabilité des digesteurs. Elle est produite par l’acidogenèse et les bactéries syntrophes et elle est consommée par des
bactéries homoacétogènes, méthanogènes hydrogénophiles et sulfatoréductrices principalement. Sa consommation et son maintien à de très faibles pressions
partielles permet la réalisation de ces réactions.
Les bactéries syntrophiques obligatoires, ainsi que la réaction induite sont représentées sur le tableau 2 .

■ Méthanogenèse : les Archées méthanogènes sont des microorganismes apparus très tôt sur Terre. Auparavant, ils étaient classés parmi les bactéries (dites «
méthanogènes »), mais vu leurs grandes différences physiologiques, elles ont été classées dans les « Archées » avec d’autres micro-organismes extrêmophiles.

T ableau 2 – E xem ples de bac téries syntrophiques oblig atoires et réac tions m ises en œuvre
G0
Bactéries Réaction –1
(kJ · mol par réaction)
Organismes « S » (Pelobacter sp.) éthanol + H2O → acétate + 2H2 + 9,6
S yntrophobacter – propionate + 3H2O → acétate + 3H2 + CO2 + 76,1
wolinii
– pfennigii
S yntrophomonas du butyrate (C4) au laurate (C12)
– sapovorans
– wolfei sub.sp.
S aponavida du butyrate (C4) au caprylate (C8)
– wolfei sub.sp. –
wolfei
S yntrophospora bryantii du butyrate (C4) au caprate (C10) butyrate + 2H2O → 2 acétate + 2H2 + 48,1

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S yntrophococcus sucromutans fructose + H2O → H2 + CO2

S yntrophus benzoate + 7H2O → 3 acétate + 3H2 + CO2 + 53,0


– buswelli
– gentianae
S yntrophobotulus glycolicus glycolate → glyoxylate + H2 + 38,0
Thermosyntropha lipolytica du butyrate (C4) aux oléate, linoléate, stéarate (C18)

Clostridium ultunense Eubacterium sp. acétate + H2O → H2 + CO2

T ableau 3 – R éac tions de m éthanog enèse avec l’enthalpie libre standard assoc iée
G o à pH 7 (kJ ·
Réactions
mol–1 de CH4)

4H2 + CO2 → CH4 + 2H2O – 139,2


4HCOO + 2H– + – 126,8
→ CH4 + CO2 + 2HCO−3
– + – 134,3
HCOO + 3H2 + H → CH4 + 2H2O – 185,1
4CO + 2H2O – 102,5
→ CH4 + 3CO2
4CH3OH – 121,1
→ 3CH4 + CO2+ 2H2O
CH3OH+ H2 – 101,6– 86,3
→ CH4 + H2O – 80,2
4CH3NH2 + 2H2O + 4H+
– 70
→ 3CH4 + CO2 + 4NH+4
2(CH3)2NH + 2H2O+ 2H+ – 28,2
4(CH3)3N + 6H2O+ 4H+ → 3CH4 + CO2 + 2NH+4

2CH3CH2 + N(CH3)2 + 2H2O → 9CH4 + 3CO2 + 4NH+4



CH3COO + H2O → 3CH4 + CO2 + 2CH3CH2NH2

→ CH4 + HCO−3

Encadré 1 – Méthanosarcinales cultivées

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Famille Methanosaetaceae
Genre Methanosaeta
concilii
thermophila
Famille Methanosarcinaceae
Genre Methanimicrococcus blatticola
Genre Methanococcoides
burtonii methylutens
Genre Methanohalobium evestigatum
Genre Methanohalophilus
euhalobius
halophilus mahii
portucalensis
Genre Methanolobus bombayensis
oregonensis
taylorii tindarius
vulcani
Genre Methanomethylovorans
hollandica thermophila
victoriae
Genre Methanosalsum zhilinae
Genre Methanosarcina
acetivorans
baltica barkeri
lacustris mazei
semesiae
siciliae
thermophila vacuolata

Les Archées méthanogènes ont la fonction de transformer l’acétate en méthane et gaz carbonique (Archées acétoclastes) et de réduire le dioxyde de carbone avec
l’hydrogène pour former du méthane et de l’eau. Les réactions mises en œuvre sont représentées dans le tableau 3 .
Elles n’ont pu être isolées et étudiées que très tardivement étant donné la difficulté à les cultiver en cultures pures. Celles qui utilisent l’acide acétique pour former du
CO2 et du CH4 sont dites « acétoclastes » et celles qui réduisent le gaz carbonique par l’hydrogène pour produire du méthane et de l’eau sont dites « hydrogénophiles
».
D’autres substrats peuvent être consommés, comme le méthanol, l’acide formique, par ce type de micro-organismes. Le tableau 3 indique les stœchiométries des
réactions réalisées et leur énergie libre standard.
On trouve de nombreux micro-organismes capables de réduire le dioxyde de carbone en méthane [2].

L’énergie libre standard est de – 139,2 kJ · mol –1 de CH4 (tableau 3 ). Ils ont des vitesses de croissance élevées. Par contre, le nombre de micro-organismes capables de
transformer l’acétate en méthane est nettement moins important. Ils appartiennent à l’ordre des Méthanosarcinales (encadré 1 ). Il faut noter que d’autres micro-
organismes non cultivés sont classés aussi dans cet ordre.

1.3 Caractéristiques physico-chimiques de la méthanisation


1.3.1 Anaérobiose
La digestion anaérobie se réalise en anaérobiose stricte. Le potentiel d’oxydoréduction est inférieur à – 250 mV (jusqu’à – 600 mV). Il est bien évident que ce potentiel
est celui mesuré dans la phase liquide et que vu l’hétérogénéité de ces systèmes, le potentiel d’oxydoréduction peut être localement très différent. Une baisse de ce
potentiel peut être signe d’une production d’hydrogène par le consortium microbien.

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1.3.2 Température
La méthanisation de la matière organique par voie microbienne peut intervenir dans des biotopes psychrophiles, (5 à 15 oC), mésophiles (15 à 45 oC) avec un optimum
à 37 oC et thermophiles (45 à 65 oC) avec un optimum à 55 oC. De manière générale, la mise en œuvre de la digestion anaérobie dans des conditions psychrophiles
conduira à la mise en place de technologies extensives. Par contre, les technologies intensives seront plutôt réalisées à des températures
mésophiles ou thermophiles. La masse de déchets en méthanisation peut
générer suffisamment de chaleur pour atteindre des températures élevées.
1.4 Stabilité de la digestion anaérobie
Ceci est principalement vrai pour les centres d’enfouissement technique (CET),
appelés aussi installations de stockage des déchets (ISD). Pour les systèmes
1.4.1 Influence de la pression partielle d’hydrogène
intensifs, une partie du méthane est réutilisée pour chauffer les déchets et Comme pour toute réaction biologique, l’expression des micro-organismes
donc le digesteur, notamment lors de la digestion thermophile. dans un milieu dépend des conditions physico-chimiques qui y règnent. Les
valeurs de pH, de la température, du potentiel d’oxydoréduction, des
concentrations des divers minéraux, métaux et molécules organiques doivent
1.3.3 pH être compatibles avec l’expression du vivant. Des variations brusques de ces
Le pH optimum de fonctionnement est proche de la neutralité et donc à des conditions seront bien plus néfastes sur la stabilité que des variations lentes.
valeurs comprises entre 6,5 et 8,5. Le pouvoir tampon du milieu joue un rôle Parmi ces différents facteurs de stabilité, la pression partielle en hydrogène
important pour maintenir la stabilité du système. Il est parfois nécessaire de joue un rôle fondamental car elle conditionne la valeur de l’enthalpie libre de
corriger ses variations dans l’alimentation par ajouts de produits correcteurs bon nombre de transformations (tableau 3 ). Ceci est dû au fait que H2 est un
(soude ou acide phosphorique par exemple). produit des réactions de dégradation des AGV, généré en grande quantité.
La figure 2 montre l’influence de la pression partielle sur la variation de
1.3.4 Alcalinité l’énergie libre des réactions de dégradation des principales molécules
Lorsque l’on mesure l’alcalinité d’un digesteur, on obtient celle due aux AGV et intermédiaires (éthanol, propionate, butyrate) et de la principale réaction de
celle due aux bicarbonates. L’alcalinité due aux bicarbonates doit être consommation de l’hydrogène (production de méthane à partir de CO 2 et de
relativement élevée pour bien fonctionner. On considère, en général, qu’il est H2). La niche écologique de fonctionnement de la méthanogenèse (zone de la
nécessaire d’avoir au moins 1 000 mg · L –1 d’alcalinité (exprimée en CaCO 3) pression partielle de H2 où l’énergie libre est négative pour toutes les réactions
dans un réacteur qui fonctionne bien. Le carbonate joue non seulement le rôle
impliquées) est donc relativement étroite. Elle est voisine de 10 –4 à 10–6 atm
de pouvoir tampon mais contribue aux équilibres des diverses formes du gaz
carbonique dissous. Un effluent chargé en azote organique va produire dans le de H2 [zone (a) en trait noir épais sur la figure 2 ]. Elle est maintenue à ces
digesteur de l’azote ammoniacal, qui contribue à générer de l’alcalinité et valeurs principalement par la méthanogenèse hydrogénophile. La forte
permet ainsi un fonctionnement plus stable du digesteur. augmentation de l’hydrogène dans le biogaz est un indicateur de déséquilibre
du réacteur.
La stabilité des procédés biologiques de dépollution dépend aussi de
1.3.5 Production de micro-organismes l’adéquation entre la charge organique appliquée (flux du carbone entrant) et
Dans la technique aérobie, le processus biologique, réalisant l’élimination de la de la capacité réactionnelle de la communauté bactérienne du bioréacteur.
pollution organique soluble, utilise la pollution comme substrat de croissance, Cette dernière est conditionnée par la quantité et l’activité des micro-
et cela conduit donc à la production de micro-organismes (boues biologiques). organismes actifs (et notamment ceux qui sont responsables de la réaction
Cette technique produit donc en principe beaucoup de boues. Cette production limitante), et les valeurs des conditions opératoires.
est de 20 à 40 % de la DCO (demande chimique en oxygène, § 1.5.1) éliminée. La vitesse limitante des flux métaboliques de la digestion anaérobie des
Dans la digestion anaérobie, par contre, le processus biologique consiste en la molécules solubles, est généralement l’étape de méthanogenèse acétoclaste
transformation de cette matière organique en méthane et gaz carbonique ou bien l’acétogenèse. Il s’ensuit qu’une charge organique supérieure à ces
principalement. La quantité de micro-organismes issue de la croissance sera capacités de transformation peut entraîner une accumulation d’hydrogène et
donc faible et une petite quantité de boues sera produite. On peut considérer une accumulation d’AGV. Le pH peut diminuer et inhiber les autres
que l’on produit environ 5 % de la DCO consommée en boues biologiques. transformations microbiennes.

1.3.6 Compléments nutritionnels


P H2 (atm)
Les micro-organismes nécessitent pour fonctionner des nutriments variés. En 1 Butyrate
plus des substrats organiques qui serviront de sources d’énergie et qui
apporteront les « briques de construction » de la croissance, les micro-
organismes ont besoin d’oligoéléments comme des vitamines ou des métaux Propionate Éthanol CH 4
10–2
(nécessaires au fonctionnements des coenzymes) par exemple.
Lorsque l’on sait qu’un substrat est carencé, ou alors que certains éléments ne 10–4
sont pas biodisponibles, on peut ajouter des additifs. Ceux-ci contiennent des «
macroéléments » lorsqu’ils font défaut dans l’effluent, comme l’azote, le (a)
phosphore, le soufre... et des micronutriments (Fe, Co, I, Mn, Cu, Zn, Al, Mo, B, 10–6
Ni, W, Se...) qui sont indispensables pour un bon fonctionnement de la
communauté microbienne et notamment pour les Archées méthanogènes. Ils
sont apportés à des teneurs généralement inférieures à 1 mg · L –1. 10 –8
On considère que pour une bonne mise en œuvre de la digestion anaérobie, le 80 40 0 -40 -80 -120
rapport DCO/N/P doit être environ de 600/7/1 [3]. Ces valeurs sont de 100/5/1 ∆G ' (KJ·mol–1 ) à pH 7 ; 25 °C
pour les boues activées.
D’une manière générale, la méthanisation des déchets ne nécessite pas
Fig ure 2 – R elations entre la pression partielle d’hydrog ène sur les variations d’énerg ie
d’addition d’éléments nutritifs.
libre lors de la dég radation de l’éthanol, du propionate, du butyrate et de la form ation
de m éthane à partir du C O2 et du H2 (d’après [2])

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En appliquant la loi des gaz parfaits (1), on peut calculer le volume de biogaz
Tableau 4 – Concentrations de molécules minérales produit :
pouvant être inhibitrices sur les micro-
organismes de la digestion anaérobie
PV = nRT (1)
Substance Concentration inhibitrice avec P pression du gaz (Pa), V volume du gaz à cette
modérément fortement (mg ·
pression (m3), n nombre de moles de gaz (mol),
(mg · L–1) L–1)
R constante molaire des gaz (R = 8,314 510 J · mol –1 · K–1), T
Sodium (Na+) 3 500 à 5 500 8 000
température du gaz (K).
Potassium (K+) 2 500 à 4 500 12,000

Calcium (Ca2+) 2 500 à 4 500 8 000 Exemple : à 298 K (25 oC) et sous 101 325 Pa (1 atm), les 6 molécules de gaz
occuperont un volume de 0,146 71 m 3, soit 146,71 L, donc pour 1 g de DCO
Magnésium (Mg+) 1 000 à 1 500 3 000
consommée, on aura 0,764 1 L de gaz avec 50 % de CH 4 et 50 % de CO2 .
N - ammoniacal 1 500 à 3 000 3 000
En réalité, il y a toujours un écart à la théorie. La quantité de biogaz récupérée
(NH4+) est donc moindre, et ceci pour plusieurs raisons :
Sulfure (S2–) 200 200
– le CO2 produit se trouve sous plusieurs formes dissoutes
2+ 0,5 soluble
Cuivre (Cu )
− 2− ). La proportion de chacune d’elles
50 à 70 total
Chrome (VI) 3,0 soluble (CO2d, HCO3 , H2CO3, CO3
200 à 600 total varie en fonction des conditions physico-chimiques (pH, salinité,
Chrome (III) 180 à 420 total température, type d’effluent...) ;
– la composition du biogaz est généralement 60 % de CH 4 et 40 % de
Nickel (Ni2+) 2,0 soluble 30 CO2. Ces valeurs peuvent varier de plus ou moins 10 % en fonction des
total conditions de mise en œuvre. Un digesteur fonctionnant à pH basique produit
très facilement des teneurs en CH4 plus élevées que les autres. Il en est de
Zinc (Zn2+) 1,0 soluble
même pour les digesteurs à très faible temps de séjour qui éliminent, avec
Soluble : concentration fortement inhibitrice de l’élément sous forme soluble. l’effluent traité, une grande quantité de CO2 sous différentes formes dissoutes.
Total : inhibition totale à cette concentration.

1.4.2 Inhibitions 1.5.2 Composition du biogaz


Le « vivant » ne peut s’exprimer que dans une gamme de conditions physico- Le biogaz est composé principalement de méthane et de gaz carbonique à
chimiques bien définies. Il est perturbé, voire détruit, si un produit est en trop hauteur respectivement de 60 à 70 % et de 40 à 30 %. On trouve aussi d’autres
forte concentration ou manquant, ou bien encore s’il est en présence d’une gaz comme de la vapeur d’eau, H2S, H2, CO, NH3... La composition du biogaz
molécule toxique qui agit à de très faibles concentrations. Cette toxicité ou dépend des conditions physico-chimiques appliquées au digesteur mais aussi
inhibition se traduit le plus souvent par des caractéristiques classiques de de la nature du substrat, du système d’agitation (notons que la recirculation du
déstabilisation des digesteurs (accumulation d’hydrogène et des AGV, chute du biogaz dans le digesteur abaisse légèrement le pH du milieu), etc.
pH, diminution ou arrêt de la production de biogaz...). L’utilisation ultérieure du biogaz peut demander un traitement d’épuration
Le tableau 4 reporte quelques concentrations inhibitrices de minéraux [2]. pour éliminer la vapeur d’eau, le CO 2 (utilisation comme carburant pour les
véhicules) ou encore l’H2S (avant utilisation dans les moteurs à explosion
couplés à des générateurs).
1.5 Production de biogaz
1.5.3 Purification du biogaz
1.5.1 Production théorique biogaz
La quantité théorique de biogaz formée lors de la méthanisation peut être 1.5.3.1 Élimination de l’eau
évaluée. On utilisera ici la DCO mais elle peut être transformée en équivalence La température du biogaz baisse quand il sort de digesteur. L’élimination de
de matière volatiles (MV) du déchet à traiter. l’eau se fait souvent naturellement par condensation dans les points bas des
Si l’on considère que la DCO d’une molécule de glucose peut être calculée à tuyauteries.
partir de l’équation suivante :
1.5.3.2 Élimination du gaz carbonique
CH O O CO HO6 126 +6 62 → 2 +6 2 Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour éliminer le gaz carbonique.
On a une mole de glucose théoriquement oxydée par 192 g d’oxygène. Cela
conduit à une valeur de 192 g de DCO. ■ Lavage à l’eau : on utilise la grande solubilité de CO 2 dans l’eau par rapport
au méthane pour les séparer. Le procédé est réalisé sous pression et élimine en
Si l’on néglige la biomasse formée, une molécule de glucose est transformée
partie aussi le sulfure d’hydrogène (ou hydrogène sulfuré) H 2S. Ce procédé
théoriquement en méthane et gaz carbonique par l’équation stœchiométrique
suivante : nécessite de renouveler l’eau et demande donc de grandes quantités.

■ Lavage au polyéthylène glycol : le principe repose aussi sur la plus


CH O CH CO6 126 → 3 4 + 3 2 importante solubilité de CO2 et H2S par rapport au méthane, dans ce produit. Il
On obtient donc 6 moles de gaz. est plus efficace que le précédent mais nécessite aussi la régénération du
solvant. C’est une technique très appliquée aux États-Unis.
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00–7
MÉTHANISATION DE LA BIOMASSE
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■ Tamis moléculaire au carbone : il utilise la différence des caractéristiques


d’adsorption du méthane et du gaz carbonique du carbone. À haute pression, 9,7 kWh
1,7 L d’alcool
le méthane s’adsorbe puis est relargué par diminution de la pression. à brûler
d’électricité
L’élimination de H2S est réalisé auparavant par des filtres à charbon actif
imprégné.
3 1 m3
1,3 kg de
■ Techniques membranaires : elles utilisent deux approches : une séparation 0,94 m de
gaz naturel
de
charbon
classique en portant le gaz à haute pression et une séparation par membrane m éthane
gaz-liquide.
Dans le premier cas, les membranes soumises à un gaz à haute pression 2,1 kg 1,15 L
séparent sélectivement l’hydrogène sulfuré ou le gaz carbonique. Cette de bois 1 L de d’essence
séparation se fait progressivement en trois étages pour atteindre 96 % de mazout
pureté.
Le second cas est une nouvelle application pour le biogaz et elle utilise des Figure 3 – Équivalences énergétiques de 1 m 3 de m éthane
membranes hydrophobes microporeuses qui sont à l’interface entre le gaz et le
liquide. Le gaz carbonique et l’hydrogène sulfuré se dissolvent dans le solvant
liquide alors que le méthane reste dans le gaz et est récupéré.
1.6 Contrôle de réacteurs réalisant la digestion
1.5.3.3 Élimination de l’hydrogène sulfuré
anaérobie
L’hydrogène sulfuré du biogaz provient de la dégradation de protéines et
d’autres composés soufrés. Sa concentration varie de quelques centaines de La mise en œuvre des digesteurs implique que l’on fixe une charge organique
ppm à partir des déchets municipaux à plusieurs milliers de ppm dans les de fonctionnement. Ce paramètre est défini comme étant la quantité de
biogaz issus de fumiers et de déchets industriels riches en acides aminés matière organique apportée par mètre cube de digesteur et par jour. La valeur
soufrés. de cette charge a une influence directe sur les rendements d’élimination de la
matière, et donc mais aussi de production de biogaz (et de méthane).
Il doit être éliminé car il est la cause de corrosions dans les systèmes de
combustion et de pollution où il forme des oxydes de soufre dans les fumées. Dès le démarrage d’un digesteur, la mise en place des conditions de
Pour les moteurs de véhicule, sa concentration doit être inférieure à 10 ppm. fonctionnement opératoires nécessite un minimum de surveillance. De
manière générale, l’acquisition des valeurs des paramètres à contrôler peut
■ Désulfuration biologique : des bactéries sont capables d’oxyder l’hydrogène être manuelle ou automatique.
sulfuré en soufre avec de l’oxygène et du fer. Ces organismes peuvent être Le choix des paramètres contrôlés en routine est en partie conditionné par le
exploités en ajoutant 2 à 5 % d’air dans le biogaz présent dans le « ciel gazeux » type d’influent (eau usée à traiter) ou de matière, la technologie utilisée et la
du digesteur. On a donc la formation de petites particules de soufre natif qui se connaissance acquise sur le traitement. Certains paramètres ne sont que
déposent dans le digesteur. Si cette technique réduit la teneur en H 2S du mesurés mais d’autres sont régulés.
biogaz, elle ne permet pas d’atteindre des valeurs suffisamment basses pour On distingue deux types de paramètres : ceux qui fixent les conditions
l’alimentation directe des moteurs par les biogaz traités. opératoires et ceux qui donnent des informations sur l’état et les
Ce système peut être exploité par la réalisation d’un biofiltre qui reçoit le performances de l’activité biologique. Ils sont mesurés en entrée, en sortie
biogaz dopé à l’air. Les micro-organismes fixés sur le support réalisent la (biogaz ou digestat) ou parfois sur des boucles de recirculation.
réaction biologique. Cette technique doit être utilisée avec précaution pour Pour les premiers, ce sont surtout des mesures de débits matière
rester en dehors des zones de concentration du mélange CH 4/O2 qui peuvent (alimentation, recirculation), de température et des caractéristiques physico-
conduire à des risques d’explosion. chimiques de la biomasse à traiter.
Pour les seconds, on réalise les mesures généralement dans les flux de sortie.
■ Réaction avec le fer ou les oxydes de fer : H2S réagit rapidement avec les Les paramètres surveillés sont : la DCO du soluble, le pH, la température, le
chlorures ou les oxydes de fer. Cette réaction peut être réalisée par addition du potentiel d’oxydoréduction, la masse de matières sèches totales et le
chlorure de fer dans le milieu réactionnel ou en faisant passer du biogaz à pourcentage en matières volatiles, l’alcalinité (due aux AGV et au bicarbonate
travers un lit d’oxyde de fer. La première technique est peu coûteuse mais ne pour les fermentations dites liquides), les concentrations en acides gras volatils,
permet pas d’obtenir des valeurs suffisamment basses pour l’utilisation du celles des différentes formes de l’azote (principalement ammoniaque et azote
biogaz dans les moteurs. L’oxyde de fer peut se présenter sous différentes organique), celles du phosphore et bien sûr les caractéristiques du biogaz
formes : copeaux, particules... Le lit réactionnel doit être régénéré (en produit (débit et composition).
envoyant de l’air). Ce procédé étant fortement exothermique, cet aspect doit
La nature et la fréquence de ces mesures dépendent du temps de séjour
être maîtrisé.
appliqué et de la nécessité, imposée par l’état de fonctionnement du réacteur.
■ Charbon actif : le charbon actif imprégné d’iodure de potassium peut jouer Généralement, le débit d’alimentation, les matières sèches et volatiles en
le rôle de catalyseur de la réaction entre O 2 et H2S pour former de l’eau et du entrée, la température et l’alcalinité dans le digesteur, les matières sèches et
volatiles en sortie, le débit de biogaz et sa composition sont souvent suffisants
soufre. La réaction opère généralement sous 7 à 8 bar et 50 à 70 oC. Si le gaz a pour évaluer la stabilité du fonctionnement en routine.
une forte concentration en H 2S (plus de 3 000 ppm), une régénération
Un digesteur peut être soumis à des perturbations (provisoires ou non) qui
périodique est nécessaire. peuvent être liées à des fluctuations de l’effluent ou à des problèmes sur le
procédé. Comme pour tous les réacteurs biologiques, leur bon fonctionnement
est lié à l’adéquation de la quantité de pollution entrante, à la capacité de
1.5.4 Équivalence énergétique du méthane traitement de la population microbienne. Si celle-ci est trop faible, le réacteur
Le biogaz avec sa composition élevée en méthane peut être considéré comme est sous-alimenté, si elle est trop forte, le réacteur est en surcharge.
une source énergétique intéressante.
La figure 3 indique l’équivalence énergétique du méthane avec d’autre source
d’énergie

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BIOMASSE

Pour identifier un début de perturbation qui pourrait aller, par exemple, Composition
jusqu’à une surcharge organique, certains paramètres sont pertinents. Sur la moyenne MS MS V/MS
Description
fraction liquide, ce sont les baisses du pH et de l’alcalinité due au bicarbonate, (%) (%) (%)
l’augmentation de la concentration en AGV (donc augmentation du carbone
organique total soluble : COTs- et de la DCOs...). Pour le biogaz, ce sont Papiers cartons 32 65 80
généralement l’augmentation de sa teneur en hydrogène, les baisses du débit Fermentescibles 32 40 65
et de sa teneur en CH4 avec une augmentation concomitante de celle du CO2. Plastiques 13 80 85
Bien sûr, les calculs comme ceux des rendements, des charges massiques, des Textiles 3 80 80
charges volumiques, des taux de production de biogaz, de son rapport CO 2/CH4 Métaux 5 95 0
peuvent aussi donner de précieuses informations sur l’état de fonctionnement Inertes/verres 15 95 0
de la population microbienne. MS = matière sèche ; MSV = matière sèche volatile.
Tableau 6 – Composition des déchets ménagers et assimilés de la
S omme en février 2004
2. Caractéristiques de la m (d’après [4])
Répartition (% de la masse
éthanisation des solides Catégories
humide)
Déchets putrescibles 26
2.1 Caractérisation des substrats solides Déchets des jardins 3
Les substrats solides à méthaniser sont de diverses origines. Ce peut être des Papiers 13
déchets (autrement dit « la matière meuble que son propriétaire destine à Cartons 6
l’abandon ») ou des productions végétales destinées à être méthanisées
(cultures énergétiques). C’est bien sûr la fraction organique des déchets qui est Complexes 1
utilisées par les micro-organismes. Textiles 2
Les déchets peuvent être d’origine urbaine, comme les déchets municipaux Textiles sanitaires 6
composés des ordures ménagères, des boues de station d’épuration, des Plastiques 10
déchets verts, des déchets liés aux activités commerciales. Ils peuvent être Combustibles non classés 4
d’origine industrielle et sont produits par les industries agroalimentaires, les Verres 15
agro-industries, et sont composés des coproduits non valorisés, des
Métaux 4
emballages, des défauts de fabrication. La méthanisation de ces déchets est
avant tout justifiée par la nécessité de les éliminer et la méthanisation en est la Incombustibles non classés 8
valorisation ultime. Déchets spéciaux 2
Les déchets agricoles peuvent trouver facilement une destination via Avant d’être méthanisés, les déchets peuvent subir des prétraitements. Ceux-ci
l’enfouissement dans les champs. Donc quand ils sont méthanisés, c’est ont pour but de faciliter l’accès à la matière organique pour les micro-
principalement dans un objectif de production d’énergie, qui sera vendue. Ceci organismes et d’opérer un tri qui sélectionne la matière introduite dans les
a poussé les agriculteurs à lancer la production de cultures énergétiques dont digesteurs.
la finalité est la production de méthane. Ce qui rentre dans le digesteur est donc beaucoup plus riche en matière
fermentescible, ce qui dépend donc aussi de la qualité du tri.
2.1.1 Ordures ménagères
La composition des ordures ménagères (OM) dépend du pays, des saisons et de 2.1.2 Boues de stations d’épuration urbaines
l’organisation de leur collecte. Le tri au niveau de l’usine de traitement des Les boues sont de trois origines :
déchets est une opération coûteuse et le tri a tendance à se généraliser dans – boues issues de traitements primaires ; – boues issues
les pays développés. La récolte sélective des déchets (de marchés, de de traitements biologiques ; – boues issues de traitements
restaurants, des végétaux) conduit aussi à de la matière ayant une faible physico-chimiques.
quantité de minéraux et donc plus facilement méthanisable.
La composition des boues des stations d’épuration urbaines dépend des
Le tableau 5 résume la composition annuelle moyenne d’ordures ménagères techniques utilisées et des additifs, notamment pour les boues physico-
(sans tri à la source) d’une ville moyenne en France (Amiens en 1999). chimiques. Leur composition avant le conditionnement est décrite dans le
Le tableau 6 indique la composition des déchets ménagers et assimilés de la tableau 7 . Des boues d’issues de systèmes à aération prolongée sont plus
Somme en février 2004. Les cinq premières catégories représentent la fraction minéralisées que celles qui sont obtenues avec des charges plus élevées et
fermentescible qui est d’environ 50 %. donc moins intéressantes pour la méthanisation.
En cinq ans, un effort a été fait sur le tri puisque, par exemple, dans les ordures
ménagères, les papiers et cartons sont passés de 32 à 19 %. Les décisions 2.1.3 Déchets agricoles
politiques peuvent avoir une importance énorme dans la composition des
Les déchets agricoles sont composés de cellulose, hémicellulose, lignine, et
ordures ménagères. contiennent plus ou moins d’eau en fonction de
Tableau 5 – Composition des ordures ménagères (brutes) de la
ville d’A miens sans tri préalable en 1999

Exemple : à Bassano, en Italie, en milieu rural, une réduction de taxe a été


mise en place pour ceux qui compostaient leurs déchets verts. Par Tableau 8 – Potentiel méthanogène des déchets
conséquence, les OM ne présentaient plus que 20 % de matières agricoles
fermentescibles.
Matière volatile/matière
Matière sèche
leur nature. S ubstrats sèche (%)
(%)
Le rendement de production de biogaz (méthane produit par rapport aux
matières volatiles consommées) dépend du substrat utilisé. Fumier de bovins 25 à 40 70

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MÉTHANISATION DE LA BIOMASSE
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Lisier de bovins 5 à 12 75 à 85
Lisier de porcins 3à8 70 à 80 Entrée Sortie

Fiente de volailles 10 à 30 70 à 80
Tontes de pelouse 20 à 25 90
Fig ure 5 – S c hém a de princ ipe d’un réac teur à flux « piston »
Paille 70 90
La quantité spécifique de méthane produit dépend de la teneur en matière
organique (communément appelée matière volatile) du déchet. Les déchets
Le positionnement du réacteur peut être vertical ou horizontal. S’il est
agricoles, et notamment les lisiers, présentent un potentiel méthanogène
horizontal, il a besoin d’un système pour faire avancer la matière. Cela peut
intéressant, comme le montre le tableau 8 [1].
être un piston mécanique qui pousse la matière entrante dans le digesteur et
permet ainsi sa sortie ou bien des hélices à l’intérieur du système font avancer
la matière.
2.2 Mise en œuvre technologique des Le réacteur piston est souvent positionné verticalement et ne nécessite
théoriquement pas de système pour faire avancer la matière. Une recirculation
digesteurs du bas vers le haut permet un effet le mélange et une inoculation du déchet à
traiter.
2.2.1 Réacteurs idéaux Les systèmes d’agitation principalement utilisés sont :
La digestion anaérobie des déchets peut être mise en œuvre dans des systèmes – recirculation du digestat de sortie par une pompe extérieure ; – hélices
continus (souvent semi-continus, c’est-à-dire avec des alimentations sur l’axe longitudinal du réacteur piston horizontal ; – pales sur axes
séquentielles par bâchées) ou en discontinu. La gestion de digesteurs, que ce transversaux sur réacteur piston horizontal.
soit en fermentation « humide » ou « sèche » (voir ci-après) nécessite un
appareillage et des conceptions différentes de celles qui sont appliquées aux ■ Méthanisation en une étape ou deux étapes
digesteurs traitant des effluents. Dans le réacteur à une étape, toutes les réactions de la méthanogenèse se
Les deux réacteurs idéaux (ou réacteurs limites) sont les réacteurs mélangés font dans le même réacteur (figure 6 a).
(homogènes) ou à flux pistons. Le principe de l’approche en deux étapes est de réaliser dans un premier
réacteur la phase d’hydrolyse et d’acidogenèse où la matière organique
■ Réacteurs mélangés : le schéma de principe est représenté sur la figure 4 . transformée en monomère, AGV, H2, CO2, est placé en série avec un second
Les systèmes d’agitation utilisés sont : réacteur, dans lequel se réalisera l’acétogenèse et la méthanogenèse. Pour
– pales sur axe vertical dans le digesteur mélangé ; – mettre en œuvre un digesteur transformant des déchets en deux étapes, il faut
recirculation du biogaz par le bas du digesteur ; – imposer des conditions physico-chimiques particulières dans le réacteur
recirculation du digestat par pompe extérieure. d’hydrolyse et d’acidogenèse.
Le lecteur est invité à consulter les articles Agitation. Mélange [J 3 800] [J 3 Le temps de séjour dans le réacteur d’acidogenèse du digesteur en deux étapes
802] [J 3 804] [J 3 805]. étant plus court, il a en général un volume plus petit que le second
(méthanogenèse) (figure 6 b).
■ Réacteurs à flux pistons : le schéma de principe est représenté sur la figure
5.

Entrée Sortie
Entrée Sortie

Entrée Sortie
Hydrolyse et Acétogenèse et
acidogenèse méthanogenèse
a en une étape b en deux étapes
T ableau 7 – C om position des boues de stations d’épuration
Figure 6 – Digesteurs de méthanisation
Type de boues

Primaires
D’une manière générale, on choisit le système en deux étapes quand le
Mélangées (primaires plus biologiques) substrat à traiter est très fermentescible et s’il peut présenter des risques de
Boues activées (fraîches stabilisées) déstabilisation acidogène, c’est-à-dire qu’il y a une acidification du milieu par
Station faible charge, aération prolongée accumulation des acides gras volatils. Cela peut se présenter lorsque la matière
est riche en sucres, facilement métabolisés par les micro-organismes.
Mélangées primaires + lit bactérien (boues fraîches)
Pour imposer cette acidogenèse, plusieurs solutions existent :
Boues physico-chimiques – limiter le temps de séjour à quelques jours (temps court
•décantation statique ou accélérée maissuffisant pour l’hydrolyse) ;
•décantation lamellaire – abaisser le pH à des valeurs de 5,5 à 6.
•aéroflottation Nota : si le temps d’hydrolyse est trop long, les « deux étapes » ne se justifient pas car il y a de toute manière
implantation des méthanogènes acétoclastes dans le réacteur acidogène (si le pH le permet).
Fig ure 4 – S c hém a de princ ipe d’un réac teur m élang é fonc tionnant en c ontinu

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– 10 est strictement interdite. – © Editions T.I.
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BIOMASSE

2.3 Condition de mise en œuvre de la 3.1 Principe du traitement des ordures ménagères et
méthanisation des déchets déchets assimilés
D’une manière générale, les caractéristiques physico-chimiques sont les Le schéma de principe est représenté sur la figure 7 .
mêmes que celles qui concernent la méthanisation des effluents. La densité et La durée de stockage est toujours très courte, moins d’une journée. Les
la teneur en matières sèches des fermentations varient. déchets subissent un prétraitement qui consiste en des opérations de
broyages, de tri plus ou moins poussé en fonction de la nature des déchets
apportés. Les refus sont valorisés en termes de matière (métaux par exemple)
2.3.1 Classification en fonction de la teneur en eau ou énergie (incinération), le reste partant en décharge.
La teneur en eau dans les digesteurs est un aspect important pour la digestion Les déchets issus du tri sont ensuite souvent mélangés avec du digestat issus
anaérobie. Dans la gamme de 5 à 20 % de matière sèche, on dit que l’on est en du digesteur, et humidifiés pour atteindre la teneur en matière sèche désirée,
fermentation « humide » et de 20 à 50 % on est en fermentation « sèche ». En- avant d’entrer dans le digesteur. Après fermentation, le digestat subit une
dessous de 5 %, il s’agit plutôt du domaine de la méthanisation des effluents. séparation liquide-solide. La fraction liquide est dirigée vers la station
Au-dessus de 55 % en matière sèche, le milieu est difficilement traitable par d’épuration et la fraction solide vers le compostage. Le biogaz est valorisé en
voie microbienne. fonction des caractéristiques du site.

■ Digestion dite « humide » : pour compléter la teneur en eau des déchets, il


est souvent nécessaire d’ajouter de l’eau et il y a donc davantage d’eau à 3.2 Technologies appliquées aux
traiter au niveau de la station d’épuration.
Le tri doit être très sévère afin d’éliminer les matières lourdes qui risquent de
fermentations « humides »
décanter car la densité du milieu reste faible. ■ Agitation mécanique : l’agitation par pales peut être réalisée dans des
Le mélange solide-liquide est plus homogène. digesteurs à caractère principalement mélangés. Dans les digesteurs à flux
piston, les pales ne sont là que pour faire avancer la matière.
■ Digestion dite « sèche » : le tri peut être moins sévère car la matière à Des pales sur un axe vertical tournent et assurent le mélange (figure 8 ). Cette
haute densité est maintenue en suspension et le milieu réactionnel est de agitation peut être complétée par un agitateur interne fixé sur la paroi.
densité élevée. Un second type d’agitation est réalisé via un réacteur est de type cylindrique,
Le fait que le mélange soit moins sévère implique qu’un toxique entrant soit posé horizontalement avec un axe d’agitation qui est longitudinal ou des axes
moins dispersé dans le milieu. d’agitation qui sont transversaux. Ces technologies peuvent être appliquées en
fermentation humide ou sèche.
Cette mise en œuvre conduit à avoir plus de matières inertes que la
fermentation humide. Le rapport matières organiques/matières inertes est Pour les digesteurs à axes horizontaux, des pales font avancer le digestat. Un
donc plus petit et cela peut conduire à des composts qui respectent plus système de va-et-vient, en bas du réacteur, empêche l’accumulation des
facilement certaines réglementations. matériaux lourds dans le digesteur (figure 9 ). Elle est appliquée dans le
procédé dit « BRV ».
2.3.2 Autres paramètres
Ce sont en général les mêmes que ceux appliqués à la digestion anaérobie des
effluents liquides (pH, température, alcalinité...). De manière générale, les S tockage Prétraitement Refus
charges volumiques appliquées (exprimées en DCO ou en matières volatiles) Tri/Broyage
sont plus faibles et donc les temps de séjour plus longs.
Mélange Digesteur Utilisation biogaz

S t.ep.

3. Méthanisation de la frac tion Compostage S éparation Liquide

org anique des ordures m énag


Fig ure 7 – S c hém a de princ ipe du traitem ent des ordures m énag ères
ères

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0 0 – 11
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Biogaz Mélange
Déchets
Compresseur

Pompe

Fig ure 9 – D ig esteur à m élang e par axes transversaux l’été et l’hiver. Cela exprimées par rapport à la
conduit à des taux de quantité de MV apportée.
réduction de la matière de
Fig ure 1 0 – P rinc ipe de l’ag itation par introduc tion de biog az en tubulure c entrale
40 à 75 % des matières
volatiles. Cette disparité
Figure 12 – Technologie Valorga
est dû en partie au fait que 3.5 Installations
les apports sont plus riches de stockage de
en « déchets verts » en
Figure 13 – Technologie Dranco (OWS)
été, et la lignine (non déchets
biodégradable en
anaérobiose) qui est 3.5.1 Classification
présente empêche l’accès des ISD
■ Agitation par le gaz : le biogaz est ■ Agitation par recirculation du biogaz : de la matière végétale.
injecté dans un tube central. Sur la figure 1 sur le fond du digesteur, des bases Le stockage de la matière
Les temps de séjour des organique en anaérobiose
0 , le biogaz est envoyé dans une tubulure envoient du biogaz sous pression (figure 1
déchets dans les digesteurs conduit à la fermentation
centrale ; en remontant, il entraîne la 2 ). Une séparation interne oblige la
varient de 15 à 50 jours en naturelle anaérobie qui
matière et permet donc une recirculation matière à la contourner. Ce digesteur est
fonction des produit du biogaz. C’est ce
du milieu de fermentation. Le procédé est mélangé dans l’axe vertical et le piston sur
caractéristiques des qui se passe dans les
commercialisé par la société Linde. l’axe horizontal. C’est la technologie
substrats et des décharges, qui ont été
Valorga.
technologies employées. dénommées « centres
3.3 Technologies ■ Agitation par recirculation du digestat : Les charges organiques d’enfouissement
elle est réalisée par une pompe externe appliquées varient de 3 à technique » (CET) pour
appliquées qui remélange le digestat au déchet 10 kg de matières volatiles être maintenant appelées
entrant. C’est un digesteur à caractère par mètre cube de « installations de stockage
aux piston (figure 1 3 ). réacteur et par jour. des déchets » (ISD). Cela
traduit des évolutions
fermentation 3.4 Performances des Les déchets de cuisine par réglementaires, de
s « sèches » digesteurs appliquées
exemple ont 10 % de conception, de technologie
matière sèche (MS), qui est et d’exploitation qui sont
On distingue trois stratégies pour réaliser composée elle de 80 % de
le mélange : des agitations mécaniques, aux ordures ménagères fondamentales dans la
matière volatile (encore gestion des déchets par
par recirculation du biogaz ou par C’est la fraction organique des ordures appelée matière cette filière.
recirculation du digestat. ménagères (FOOM) qui est méthanisée. Le organique) et leur La décision du Conseil de
biogaz produit contient généralement 60 potentiel biogaz est de 500
■ Agitation mécanique : elle est % de méthane et 40 % de gaz carbonique à 600 L/kg de MV éliminée
l’Union européenne du 19
appliquée à des digesteurs de type piston décembre 2002
(d’autres gaz peuvent être présents en (le biogaz est considéré (2003/33/CE) établit des
(figure 1 1 ). faible proportion). comme ayant 60 % de critères et des procédures
Les pales tournent autour d’un axe méthane). d’admission des déchets
longitudinal central. Dans cette Les performances des digesteurs
dépendent avant tout de la composition On ne distingue pas de dans les ISD. Trois
technologie, le mélange ne se fait que sur grande différence entre les catégories existent :
l’axe vertical. C’est la technologie dite du substrat. Par exemple, le rendement en
fermentations humides ou
Kompogas. méthane varie de 170 à 320 Nm 3/t de – clas
sèches au niveau des se I pour les
matières volatiles (présentes dans les rendements de production
déchets) apportées respectivement entre déchets
de biogaz lorsqu’elles sont dangereux ;
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– classe II pour les En 2008, cette recirculation est autorisée à – un géotextile


déchets non dangereux ;– titre provisoire par la législation française. (antipoiçonnant) ;
classe III pour les déchets – une couche du
inertes. sable (pour le drainage) ;
Terre
– une couche de
La loi du 13 juillet 1992 (n o 92-646) Géotextile
Sable graviers (pour se protéger
introduit la notion nouvelle de déchets
Argile de l’intrusiond’animaux) ;
ultimes qui sont définis comme : «
déchets qui ne sont plus susceptibles Gravier
d’être traités dans les conditions Déchets
Couverture

Biogaz
techniques et économiques du moment ».
Dans le terme économique, il faut sous-
entendre « supportable économiquement
». Il est en effet difficile de trouver une
rentabilité dans la gestion des déchets car
ce serait alors les coproduits considérés
comme n’étant pas destinés à l’abandon. Membranes Casiers
Ceci aurait donc dû conduire à la Recirculation
Couches des lixiviats
suppression (à partir du 1er juillet 2002) d’argiles
'
des installations de stockage de déchets
bruts pour n’autoriser que des
Fig ure 1 4 – C onc eption d’une IS D de c lasse 2
installations de stockage de déchets
ultimes. Ce n’est pas encore tout à fait le
cas.
Les déchets dangereux sont des déchets De nombreux textes législatifs décrivent
contenant des matériaux toxiques, comme les éléments indispensables que doivent
cela peut être le cas de boues industrielles comporter ces sites de stockage. Si, aux
trop chargées en métaux lourds. États-Unis, la législation impose de mettre
deux géomembranes lorsque l’on recircule
Les déchets ménagers sont considérés les lixiviats, en France, le principe repose
appartenir à la classe II comme beaucoup sur la mise en place de barrières dites à «
de déchets des industries sécurité active » et celles à « sécurité
agroalimentaires. passive ».
Les déchets inertes sont composés de Pour assurer l’étanchéité avec le sol, les
gravats, de bois..., de produits non différentes couches à mettre en œuvre
toxiques, inertes chimiquement et sous les déchets (d’après l’arrêté du 9
biologiquement. Nous nous focaliserons ici septembre 1997), sont :
sur les déchets ménagers et assimilés qui
représentaient en France, en 2002, 46 – une couche drainante de
millions de tonnes ! Des caractéristiques graviers (contenant les tubes de récu-
spécifiques ont été définies par la pération du lixiviat)
législation pour chaque catégorie de ISD – une membrane géotextile
en fonction de la classe de déchets qu’ils antipoinçonnante ;
reçoivent. – une géomembrane (de
séparation) ;– une couche d’argile de 1 m
Nous aborderons donc principalement les d’épaisseur ; – une
installations de stockage de déchets
ménagers et assimilés (ISDMA) c’est-à-dire couche d’argile de 5 m d’épaisseur
celles qui reçoivent les déchets de classe .
2. Nota : K est un coefficient de perméabilité.

Les couches d’argiles constituent la «


3.5.2 Description technique d’une sécurité passive » et les autres la «
ISDMA sécurité active ».

Le stockage des déchets se fait dans des L’objectif de la couverture des posées sur
casiers étanches qui sont remplis le massif de déchet est avant tout d’éviter
successivement, compactés et recouverts l’introduction intempestive d’eau (de
ensuite par de la terre et des pluie), de récupérer le biogaz formé et de
géomembranes. Des puits sont réalisés permettre une intégration de la décharge
afin de récupérer le biogaz et les lixiviats dans le site paysager. On trouve des
(figure 1 4 ). couvertures imperméables ou semi-
perméables en fonction des choix réalisés.
Les lixiviats peuvent être recirculés en
totalité ou partiellement dans la masse de Par exemple (Ademe et BRGM, 2001), une
déchets. Cela permet d’affiner couverture imperméable peut être
l’élimination de la matière organique composée au-dessus des déchets :
résiduelle. Pour enlever l’azote présent – une couche de graviers (pour
sous forme d’ammoniaque, les lixiviats drainer le biogaz) ;
peuvent passer un traitement – un géotextile (de séparation) ;
intermédiaire aérobie, ce qui permet de – une couche d’argile (pour
nitrifier l’ammoniaque. La recirculation réduire l’infiltration et apporter
dans la masse de déchets permet ainsi la unestabilité mécanique) ;
dénitrification des lixiviats. – une géomembrane (pour
l’étanchéité) ;

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0 0 – 13
MÉTHANISATION DE LA BIOMASSE
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temps de stabilisation important, de 30 à La température diminue et stratégie qu’avaient utilisé


50 ans, car se stabilise entre 30 et 40 Ducellier et Isman quand
o ils ont mis au point la
Fig ure 1 5 – É tapes de dég radation anaérobie C;
des déc hets (d’après [5]) – phase 4 : c’est digestion anaérobie des
la digestion anaérobie qui lisiers pour faire de
s’installe avec la pro- l’énergie dans les années

la teneur en eau joue un rôle essentiel duction de biogaz riche en 1940 !


dans la transformation de la matière méthane et en gaz
organique. On considère que 60 % d’eau carbonique. On est en 3.5.3.2 Recirculation des
sont nécessaires pour que l’activité anaérobiose stricte. La lixiviats
microbienne fonctionne. Le problème concentration en
provient de la répartition qui n’est pas ammoniaque augmente ; Les lixiviats posent un
homogène. Un compactage très important – phase 5 : c’est problème dans la mesure
des déchets est néfaste (cas de la mise en la fin de la vie de la où ils sont très chargés en
balles) car il empêche l’eau de circuler décharge et la matière DCO (notamment quand ils
dans la masse et donc bloque toute subitune maturation finale. sont « jeunes »). La
activité microbienne. stratégie qui consiste à les
La production moyenne de faire recirculer dans la
Pohland et Al-Yousfi [5] proposent un méthane est de 60 à 170 masse filtrante de déchets
schéma (devenu classique) des différentes
m3/t de MS (matière présente plusieurs
étapes qui se produisent dans une masse avantages :
sèche).
de déchets. Ils distinguent cinq phases
Les principaux éléments – elle évite son
(figure 1 5 ) :
inhibiteurs sont traitement en station
– un géotextile (de séparation) ; – phase 1 : les déchets sont d’épuration car la
l’ammoniaque, les métaux,
– de la terre végétale (qui servira déposés dans la décharge, ils massefiltrante sert de
les AGV et donc le pH.
de support à la végétation etde stockage sontlégèrement compactés, ils sont en digesteur ;
de l’eau de pluie) ; présence d’oxygène ; La phase de fermentation – elle permet de
– phase 2, fermentation aérobie a une très grande réhumidifier les déchets et
– une couche végétale (herbes,
arbustes...). aérobie : la matière facilement dégrada- importance dans le bon donc d’améliorer
ble en présence d’oxygène subit une déroulement de la lesvitesses de dégradation
fermentation, l’oxygène emprisonné est stabilisation de la matière. et de réduire la durée de
3.5.3 Mise en œuvre de consommé, la température monte et En effet, elle permet de stabilisation nécessaire ;
transformer la matière très
la méthanisation atteint facilement 60 oC ; – on récupère la
facilement fermentescible DCO des lixiviats pour en
en IS D MA – phase 3 : l’acidogenèse en biomasse microbienne
débute. Les AGV s’accumulent et faire du méthane.
et donc d’éviter les
3.5.3.1 Cycles de fermentation seretrouvent en partie dans le lixiviat, Les problèmes que posent
accidents d’acidification
La mise en œuvre des décharges sans entraînant donc le pH qui baisse, une qui auraient lieu par un cette recirculation sont la
recirculation de lixiviat demande des production de H2 qui n’est pas consommé. démarrage direct en concentration en métaux,
anaérobiose. C’est cette
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BIOMASSE

et surtout l’accumulation d’ammoniaque Cr3+ (mg/L) < 0,001 à 0,9 L’usine a démarré en de 3 000 m3 chacun,
dans la masse de déchets. 2+
février 1998. Sa capacité stockage du biogaz,
Ni (mg/L) de traitement est de 35
Pour cela, il est possible de faire un compression et agitation,
traitement aérobie des lixiviats avant de Cu2+ (mg/L) 000 tonnes par an de extraction gravitaire. La
déchets fermentescibles. digestion s’effectue en
les réintroduire dans la masse de déchets. Zn2+ (mg/L)
Ce traitement consiste à nitrifier régime mésophile. Le
l’ammoniaque et envoyer les lixiviats Cd2+ (mg/L) 3.5.4.1 Caractéristiques des digesteur est divisé en 8
chargés de nitrates dans la masse de Pb2+ (mg/L) déchets secteurs de mélange (40
déchets. La dénitrification se réalise ainsi gaz à effet de serre important. Cela se injecteurs par secteur). Un
La matière organique
dans la masse de déchets en utilisant la produit lorsque la matière organique n’est secteur est agité toutes les
provient d’une collecte
matière organique comme source pas suffisante pour assurer la totalité de la 20 minutes ;
sélective incluant des
d’énergie. On trouve alors de l’azote dans dénitrification. – traitement des
déchets de cuisine (60 %)
le biogaz. Il est important de s’assurer que

Torchère Production électrique


Réception
des déchets
Caisson
Stockage biogaz
d’agitation

Trommel Tri magnétique Compresseur


Refus

Tri magnétique Fer


Digesteur

Broyage Malaxeur Digesteur

2 presses Stockage eau


Séchage et maturation

Filtre bande
Stockage

Fig ure 1 6 – S c hém a du proc édé V alorg a de l’usine d’E ng elk irc hen
la dénitrification aille jusqu’au stade N2 et La composition de lixiviat en phase III et de jardin (40 %). matières digérées :
(d’acidogenèse) et en phase IV (de Ils contiennent 32 à 42 % déshydratation
ne s’arrête pas au stade N2O qui est, lui,
méthanogenèse) sont reportés dans le de MS et 50 à 75 % de mécaniquede la matière
un
tableau 9 . matière solide volatile digérée, élimination des
Tableau 9 – Composition moyenne du lixiviat en phase
Les quantités desIII lixiviats réinjectées (MSV) exprimés sur refus solides contenus
représentent 40 à 70 % du lixiviat produit.
(acidogenèse) et en phase IV (méthanogenèse) matière sèche. dans les boues. Une partie
Les valeurs réinjectées vont de 0,18 à 0,54 des eaux excédentaires est
[6]) 3
Des variations de matière utilisée pour la dilution de
Paramètres Acidogenèse m de lixiviat par an et par tonne de sèche et de matière la matière entrante.
déchets. volatile sont observées en L’excédent est décanté et
pH 4,5 à 7,8 raison de la variation de la
3.5.4 Exemple d’une unité de envoyé vers la station de
Alcalinité en CaCO3 proportion de déchets de traitement des eaux
160 à 15 870 méthanisation cuisine dans les déchets de usées ;
(mg/L)
L’usine est située à Leppe, près jardin en fonction de la – unité d’affinage
Conductivité (mS/m) 47 à 5 200
d’Engelskirchen (40 km de Cologne), en saison. du compost comprenant 7
COT (mg/L) 350 à 29 000
DCO (mg O2/L) 400 à 15 200 Allemagne. Le propriétaire du site est BAV tunnels de 320 m3 chacun.
Aufbereitung Biogener Abfälle GmbH et Co 3.5.4.2 Description de La matière repose sur un
DBO (mg O2/L) 500 à 68 000 KGB. Elle traite les biodéchets d’un SIVOM l’usine tapis poreux qui est tiré en
+ 8,5 à 3 610 de 23 communes représentant 400 000 fin de cycle pour récupérer
N NH− 4 (mg/L) Le schéma de la filière de
habitants. le compost. La première
traitement est représenté
< 0,2 à 18 Le procédé Valorga est à la base de la sur la figure 1 6 . étape de maturation du
N NO− −
(mg/L) partie digestion anaérobie. La maturation compost dure 2 semaines.
3
< 0,01 à 1,4 L’usine est constituée
du compost s’effectue dans des tunnels de Il est ensuite criblé, séché
des unités suivantes :
maturation. permettant l’élimination
− < 0,05 à 22,6 – unité de des inertes (cailloux,
N NO− 2 (mg/L) Les objectifs étaient les suivants : préparation des déchets : plastiques) et stocké
4 à 2 800 – -production d’un compost en réception des déchets, pendant 1 mois. Lors du
2 −
conformité avec la norme alle-mande sépa-ration magnétique tamisage du compost, le
P PO− 4 (mg/L) 29 à 3 000 LAGA-M10 ; des métaux ferreux et refus est recyclé en tête de
8,5 à 5 000 – production d’électricité réduction granulométrique compostage. Ce compost
0,1 à 2 300 couvrant les besoins de l’usine ; ;
SO24− (mg/L) est dans un état de
< 0,01 à 1,5 – prétraitement des eaux usées – unité de maturation de 5 ;
Na+ (mg/L) < 0,01 à 1,8 permettant l’envoi des méthanisation : dilution et Nota : la norme allemande LAGA-
0,003 à 1,1 excédentshydriques en station mélange de la matière M10 mesure la maturité du compost
– par une échelle de 1 à 5 avec des
Cl (mg/L) 0,02 à 200 d’épuration. orga-nique, introduction méthodes d’échauffement et de
Fe2+ (mg/L) < 0,000 2 à 0,1 dans les deux digesteurs respirométrie. À une valeur de 4, il
est semi-mûr, et à 5, il est mûr.
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0 0 – 15
MÉTHANISATION DE LA BIOMASSE
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– unité de traitement d’air : Il était l’équivalent de 16 millions € en


extraction de l’air vicié, lavage acideet 1998. ag ric oles
biofiltre ;
Fig ure 1 8 – S c hém a de la station d’épuration des eaux de la déc harg e (et de la m éth
– unité de production 3.5.4.6 Station d’épuration Stoc3
Les membranes sont des 1 500
d’électricité : le biogaz est envoyé
Les excédents hydriques sont envoyés membranes organiques qui Aliment age m
dansdeux moteurs (750 kW chacun) Stoc3
dans une station d’épuration qui traite ont un pouvoir de coupure ation 1 500
transformé en électricité par deux groupes age
aussi les lixiviats de la décharge. C’est une de 50. Il y a 8 modules m
électrogènes d’une puissance électrique
totale de 940 kW. boue activée, couplée à un système d’UF, soit 320 m2 installés.
d’ultrafiltration (UF). Ce principe de Leur durée de vie est de 3
Les gaz sont traités pour éviter les station est pratiquement installé dans à 5 ans et le perméat sort à Rejet
odeurs. milieu
toutes les décharges d’Allemagne. Le 500 à 600 mg/L. Les boues dans le
naturel
schéma de la station est représenté sur la sont traitées en station
3.5.4.3 Performances figure 1 8 . d’épuration par digestion 4.1
Ces digesteurs fonctionnent avec des anaérobie. Caractéristiques
teneurs de 36 % en matière sèche dont 70 Cette station traite un débit de 650 m3 par
Après traitement par un
% de MSV. jour à 3 000 mg/L de DCO. Les réacteurs
filtre au charbon actif, le de mise en œuvre
biologiques sont des gaz lifts qui sont
Leur temps de séjour est de 25 jours rejet est de 200 mg/L en La digestion anaérobie des
alimentés avec de l’oxygène pur.
minimum et la production de biogaz est de DCO, 80 mg/L en déchets agricoles se
100 à 110 Nm3 par tonne entrant dans les ammoniaque (NH4+) et, 0,5 distingue de celle des
digesteurs, soit un rendement spécifique mg/L d’AOX. ordures ménagères par le
fait que ce sont des
en méthane de 240 à 260 Nm 3 par tonne L’investissement était
considérations
de MVS entrante dans le digesteur. La l’équivalent de 6 millions €
économiques qui motivent
puissance d’électricité installée est de 940 en 1997 ans et le coût de
principalement
kW. fonctionnement est de 6 à
l’agriculteur,
Le rendement spécifique en biogaz qui lui 8 €/m3. contrairement à la
correspond est de 510 m3/t de MSV méthanisation de la
consommée. fraction organique des
ordures ménagères qui,
Au cours de l’année, la production varie
suivant la proportion de déchets de
4. elle, est motivée par des
aspects
cuisine par rapport aux déchets de jardin. Méthanis environnementaux.
La teneur moyenne en méthane est de 56
% à 58 % et il contient 50 ppm d’H2S. ation des Les déchets agricoles
peuvent très souvent

3.5.4.4 Bilan matière


déchets trouver un exutoire en
épandage dans les champs.
En conséquence, si
La figure 1 7 présente le bilan matière
l’agriculteur décide de les
pour la capacité annuelle moyenne de
méthaniser, c’est pour en
traitement.
tirer un profit. Le prix du
rachat de l’énergie est un
3.5.4.5 Investissement facteur essentiel dans le
choix des agriculteurs. Il

Déchets de cuisine
et de jardin
(collecte sélective)
35 000 t

Métaux ferreux
Unité de tri
80 t

Biogaz Production
Vapeur d’électricité
Méthanisation 4820 t
1 100 t
3,8 MNm3 6 000 MW/h

Eaux
Eau, floculant excédentaires Chaudière
Déshydratation
4 460 t 20 320 t

Matériau Vapeur d’eau,


structurant Compostage CO2
1 500 t 4 480 t

Refus
Tri
1 050 t
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Compost
11 310 t

Fig ure 1 7 – B ilan m atière de l’unité d’E ng elk irc hen sur un an
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BIOMASSE

est donc évident que les décisions 1 9 ) ou carrément sur le cycle ensuite recommence.
politiques sur l’énergie, comme les
4.2 Potentiel méthane des côté (figure 2 0 ). Le Cette technique est

Vanne
Biogaz
Réserve de gaz
Agitateur à
Grandes pales Biogaz

Digesteur Chambre 2
Alimentation
Chambre 1

Fig ure 1 9 – D ig esteur à ag itation exc entrée et à réserve de biog az a première étape
inc orporé
Vanne
Biogaz

Utilisation Biogaz
du biogaz
Stockage Chambre 2
de biogaz Alimentation
Chambre 1
Chauffage
Digesteur
b deuxième étape
Stockage
Préfosse
Fig ure 2 2 – A g itation par le biog az form é

Fig ure 2 0 – R éac teur m élang é avec ag itation latérale


législations, ont un impact important sur sommet du digesteur peut appliquée aux
l’implantation des digesteurs à la ferme.
déchets agricoles avoir un réservoir de fermentations humides
Ceci n’est cependant pas toujours vérifié : Le rendement de production de biogaz (de biogaz souple au-dessus du principalement.
au Canada, c’est la désodorisation et la méthane) (en matières volatiles digestat.
production d’énergie qui motivent la consommées) dépend du substrat utilisé.
méthanisation des lisiers de porcs. La On distingue le rendement de biogaz (et 4.3.1.2 Digesteur type 4.3.3 Déplacement du
méthanisation de déchets agricoles peut de méthane). piston digestat par
être à la base de la mise en place de sites Les déchets agricoles et notamment les pulsations
Dans cette stratégie, c’est
centralisés de traitement des déchets lisiers présentent un potentiel
un système cylindrique où Il s’agit ici de faire un
comme cela se fait au Danemark. méthanogène intéressant comme le
le substrat avance sous micromélange en obligeant
Les digesteurs à la ferme se réalisent avec montre le tableau 1 0 .
l’influence de pales. Il est le digestat à passer à
les mêmes paramètres physico-chimiques représenté sur la figure 2 1 travers des grilles
que ceux de la méthanisation en général. . perforées. C’est un
Les fermentations « sèches » sont plus 4.3 Technologies réacteur de type « pulsé »
rares, si ce n’est dans les systèmes
(figure 2 3 ). Cette stratégie
discontinus où la digestion se fait en appliquées à la 4.3.2 Agitation par le est appliquée en
cellule. Ce sont principalement des biogaz produit
digestions en fermentations « humides » digestion des fermentation humide.
Le principe consiste à avoir Figure 23 – Digesteur pulsé
(voire liquides avec moins de 5 % de MS) déchets agricoles
qui sont réalisées. deux chambres (figure 2 2
Les technologies appliquées à la digestion ). La vanne qui relie leur
des déchets
Tableau 10 – Composition et potentiel méthanogènesont voisines, voire ciel gazeux est fermée. Le La fosse A est pleine de
identiques, à celles que l’on peut utiliser biogaz formé s’accumule digestat. La pompe
des déchets agricoles
pour les autres déchets [1]. dans la chambre 1, créant l’envoie dans le bas du
Substrats Potentiel méthanogène un mouvement de la digesteur, ce qui fait
Fumier de bovins matière de la chambre 1 remonter le digestat qui
4.3.1 Agitation par action vers la chambre 2. Le est dans B. Quand A est
Lisier de bovins mécanique biogaz sort par le ciel vide, la pompe fonctionne
Lisier de porcins gazeux de la chambre 2. La à l’envers et A se remplit,
4.3.1.1 Digesteur de type mélangé mise en connexion des ce qui entraîne une
Fiente de volailles ciels gazeux des deux descente du digestat qui
Dans cette stratégie, on distingue deux
chambres rééquilibre les passe à travers les grilles.
Tontes de pelouse technologies différentes. La première est
pressions ; le liquide Ce passage à travers les
la mise en œuvre d’un brassage interne
Paille redescend dans la grilles permet un bon
qui conduit à un réacteur dit « mélangé »
chambre 2 et remonte mélange du système. Ce
3
et le second est plutôt du type « piston ».
(1) en m de biogaz à 60 % de CH4 par tonne de matière volatile.
dans la chambre 1. Le mouvement se fait donc en
Les pales d’agitation peuvent être biogaz formé
verticales (voir figure 8 , excentrées (figure précédemment sort. Le

Biogaz

Biogaz

A Sortie

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Alimentation 0 0 Sortie
– 17
Brassage Pompe B

Fig ure 2 1 – D ig esteur type piston pour traiter des déc hets ag ric oles

Sortie sédiments
MÉTHANISATION DE LA BIOMASSE
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remplissant ou vidant un réservoir en haut recirculation du lixiviat (figure 2 4 ). Les fonction de l’accumulation dans le digesteur. Cette stratégie
du digesteur. temps de séjour sont de 2 à 3 mois. ASBR peut être appliquée aussi avec une agitation mécanique.

4.3.4 Digestion sans agitation 4.3.5 Mise en œuvre par ASBR 4.3.6 Performances des digesteurs sur déchets
Cette technologie peut être appliquée en Un exemple de digestion anaérobie sans agricoles
fermentation sèche ou en humide. Pour mélange est celui appliqué avec la Les potentiels méthane des différents déchets agricoles sont
les fermentations sèches, la recirculation stratégie ASBR (Anaerobic S equencing reportés dans le tableau 1 0 . On peut espérer de 200 à 600 m3
du lixiviat permet une distribution du Batch Reactor ). de biogaz à 60 % de méthane par tonne de matière volatile
liquide et des micro-organismes. Nota : les Canadiens du Québec, toujours friands
apportée. Ces rendements de production de méthane
d’expressions françaises, ont traduit SBR par réacteur
La mise en œuvre se fait par plusieurs biologique séquentiel. dépendent de la nature du déchet. La température a un effet
digesteurs disposés en parallèle avec important sur la vitesse de production, donc de la
consommation du substrat méthanisé mais pas sur le
Il s’agit ici
rendement (si le temps de séjour est adapté). Un exemple
d’une mise en
Digesteur 1 d’exploitation est présenté ci-après.
œuvre en
volume
Bâtiment Digesteur 2 Épandage expansé. Les 4.3.7 Exemple d’application de la digestion
d’élevages
déchets anaérobie aux déchets agricoles :
s’accumulent
Digesteur 3 installation à la ferme de
dans le
digesteur et Petersauach
sont traités au fur et à mesure : c’est le remplissage qui peut se faire une fois par jour pendant
Cette installation située à l’ouest de Nuremberg date de 1997
plusieurs jours, voire des semaines. Le principe de la technologie ASBR est représenté sur la (figure 2 7 ) [8]. Elle a été conçue et construite par un
figure 2 5 .
particulier, Christian Schneider, en lien avec l’association
Le problème ici est d’empêcher l’air d’entrer lorsque l’on vide partiellement le digesteur. Pour allemande Fachverband Biogas. Cette ferme possède 800
cela, on réalise un chapeau flottant (ou on pourrait mettre une réserve souple de biogaz). places de porcs à l’engrais et 400 poules pondeuses. Elle traite
Pour le traitement des lisiers de porc au Canada, l’alimentation se fait quo- annuellement 2 200 m3 de lisier, auquels s’ajoutent 400
Fig ure 2 4 – Mise en œuvre de dig esteurs en disc ontinu tidiennement et une couverture flottante tonnes d’ensilage. Les effluents digérés sont épandus sur les
réalis cultures de la ferme (50 ha).
e la
Fig ure 2 5 – Mise en œuvre de l’A S B R Les données techniques de
Addition l’installation sont les suivantes :
de déchets – déchets à traiter :

Sortie biogaz
Mélange
Début du
remplissage Bâche flottante

Alimentation Sortie

Déchets
traités Début du cycle
en excès
Élimination de Fin du • lisier de porcs à 7 % de MS........................................2 000 t/an,
déchets traités remplissage
• fiente de poules..............................................................200
t/an,
• ensilage d’herbe..............................................................200
t/an,
Épuisement du substrat • ensilage de maïs............................................................200
Décantation t/an ;
– volumes :
sépar
ation • digesteur...........................................................................380
avec m3,
l’air
• stockage du gaz (couvertures)........................................300 m 3,
et la
récup • stockage du digestat....................................................1 200
ératio m3 ;
n du – Méthanisation :
bioga
• temps de séjour dans le digesteur..............................1,5 mois,
z
(figur Fig ure 2 6 – A pplic ation de la tec hnolog ie A S B R au traitem entdes
e 2 6 rejets ag ric oles •
) [7]. température....................................................35 oC (30 à 40 oC),
Le
soutir • production de biogaz....................................................350
age m3/j ;
se
fait – cogénération :
en
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BIOMASSE

Électricité • puissance méthanisées dans des réalisant la digestion


Cogénérateurs digesteurs agités à des anaérobie vont de 30 000 à
Eau chaude sur le réseau
chauffage températures mésophiles 6,5 millions d’équivalents
ou thermophiles avec des habitants. Avec les
Stockage temps de séjour de 3 à 4 contraintes liées au
de biogaz semaines. La digestion devenir des boues, le seuil
Préfosse thermophile, permet une minimal tend à s’abaisser.
Réception du meilleure hygiénisation En Suisse, des stations
lisier avec
pompe des boues. Elle est de plus traitant moins de 10 000
hacheuse en plus pratiquée en équivalents habitants
Surverse Europe. pratiquent couramment la
Digesteur Stockage
On observe aussi la mise digestion anaérobie des
électrique................................................15 et 22 kW, en place de digestion en boues.
• puissance thermique.............................................. 30 et 45 kW,• production deux étapes, avec une
d’électricité..........................................240 000 kWh, • production de phase acidogène
thermophile (et un temps 5.3
chaleur.......................................... 400 000 kWh. de séjour de quelques
80 % du biogaz est produit dans le digesteur, le reste provient du stockage du lisier à jours) suivie par une phase Prétraitements
température ambiante. Le biogaz est sommairement épuré avec une petite quantité d’air, ce mésophile. Le taux de Le premier prétraitement
qui permet d’obtenir des concentrations en H2S de 60 ppm. réduction est de 41 % en consiste en une
La valorisation du biogaz permet de produire 650 kWh électriques par jour et 1 100 kWh moyenne pour des boues augmentation de la siccité
thermique. L’électricité est vendue mixtes et de 20 % pour afin de réduire le volume
0,103 €/kWh et 20 % de la chaleur annuelle produite sert à chauffer de boues.
Figure 27 – Installation de Petersauach le digesteur. Alimentation Les boues sont
Décanteur Bassin Décanteur Eau
L’investissement total pour cette – la production d’un digestat primaire généralement
d’aération épaissies
secondaire épurée
installation était équivalent à 128 000 e et pratiquement stabilisé, débarrasséen par décantation (boues
l’exploitant a reçu une aide de 25 %. grande partie de ses germes pathogènes primaires)
Boues et par flottation
biologiques
L’installation procure un revenu annuel de (bactéries, virus, parasites) ; ou centrifugation pour les
Boues primaires
boues biologiques. La
24 000 € (hors comptabilisation du travail) – la réduction de la teneur en
et occasionne des dépenses de 1 800 €. Le composés organiques volatils ;– la concentration des boues
Traitement Digestion Épaississement
temps de retour sur investissement est de production d’énergie sous forme de des boues épaissies est de(facultatif)
anaérobie 40 à 60
6 ans, sans prendre en compte l’économie biogaz. g/L, parfois 80 g/L, de MS.
faite sur les engrais et l’impact Dans l’Union européenne, c’est 60 % des Le second prétraitement
environnemental en évitant la Fig ure 2 8 – C irc uit du traitem possible consiste en une
boues de station d’épuration (step)
déssimination d’odeurs néfastes. ent de l’eau d’une station hydrolyse thermique qui
urbaines qui sont traitées par digestion
d’épuration urbaine améliore la digestibilité
anaérobie. Cela représente 2 millions de
tonnes par an de matière organique qui des boues. Cette
sont convertis en biogaz. On évalue le technique, qui est
5. Méthanisation nombre d’installations à 1 500 (en
ajoutant la Suisse).
des boues d’aération
prolongée (qui sont très
appliquée depuis 1995
dans plusieurs stations
des boues de Or en France, c’est une population de 20
minéralisées). En d’Europe, consiste à
Allemagne, une dizaine chauffer à 150 oC des
stations millions d’habitants qui traite ses boues
par digestion anaérobie, soit une quantité
d’installations (de 14 000 à boues déshydratées à 15
1,6 millions d’équivalents %, ce qui désintègre et
d’épuration de 283 000 t de MS digérée avec un
rendement d’élimination de 40 % de la
habitants) fonctionnent en solubilise la matière
deux étapes, une
urbaines matière (cas des boues mixtes) !
thermophile (2 à 3 j de
biologique.
D’autres prétraitements
La répartition du devenir des boues en temps de séjour
France (hors digestion aérobie) est donc la ont été testés comme le
5.1 Caractérisation des suivante :
hydraulique – TSH – vers
broyage mécanique, les
50 à 55 oC) et une étape ultrasons, l’oxydation à
boues – digestion anaérobie : 14 % ; mésophile (12 à 15 j de l’ozone ou des traitements
Les boues de stations d’épuration urbaines – épandage : 51 % ; TSH à 37 oC). Le taux de enzymatiques.
représentent actuellement en France – mise en décharge : 21 % ; réduction des matières
environ 900 000 tonnes de matière sèche – incinération : 12 % ; volatiles est augmenté de
par an, soit environ 10 millions de tonnes – compostage avec des déchets 25 % dans ce cas.
de matière brute [1]. verts : 2 %.
5.4 Digesteurs à
Dans certains pays comme
On observe trois origines de type de On voit apparaître actuellement une filière la Belgique, l’Irlande, le boues
boues : de compostage des boues avec des Portugal, il existe des Il existe plusieurs formes
– les boues de traitement déchets verts, cela ne représente que digesteurs qui de digesteurs à boues et
primaire ;– les boues de traitement quelques pour-cent de la filière mais en fonctionnent en qui peuvent être conçus
biologique ; très forte expansion. psychrophilies (à des pour servir de stockage de
– les boues de traitement températures de 12 oC) gaz. Ils sont caractérisés
physico-chimique. sans récupération par un rapport
Leurs compositions ont été reportées 5.2 Caractéristiques de mise d’énergie. hauteur/diamètre de 1 et
un fond conique pour
dans le tableau 7 . en œuvre La charge appliquée aux
évacuer les sédiments. En
La méthanisation des boues présente L’intégration de la digestion anaérobie digesteurs est voisine de 1
général, on distingue
divers avantages, comme : dans le circuit du traitement de l’eau à 5 kg de matière volatile
quatre types de digesteurs
– la réduction de 40 à 50 % des d’une step urbaine est représentée sur la par mètre cube de
qui sont représentés sur la
quantités de boues à traiter ; figure 2 8 . réacteur et par jour.
figure 2 9 .
– l’élimination importante des En sortie des décanteurs (après ou sans Dans la pratique, les tailles
En Allemagne, les formes
nuisances olfactives ; épaississement), les boues sont des stations d’épuration
ovoïdes sont développées,
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0 0 – 19
MÉTHANISATION DE LA BIOMASSE
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au Royaume-Uni et en Scandinavie, ce disponible autour du site.


sont plutôt les digesteurs de type
5.6 Destination des boues Digestion
On peut Déshydratation
trouver des Boues digérées
anaérobie Tableau 11 – Composition
déshydratées
cylindrique et le type continental en digérées déchets verts, des déchets
France, notamment ceux qui sont industriels, des graisses, du déshydratées et non chau
construits par la société Degrémont. La digestion anaérobie des boues réduit marc de raisins, des Élément Valeur m
fortement leur volume et présente fumiers..., et parfois aussi
Le brassage des digesteurs se fait différents avantages, notamment : Séchage (g/kg de
principalementa par continental
recirculation du biogaz b ovoïde de la matière qui a une
Compostage Chaulage
thermique
qui est injecté par des cannes au fond du – elles sont plus faciles à
déshydrater car on réduit la teneur Azote total 45
réacteur ou par des turbines installées
dans le digesteur. Parfois, on trouve une enmatière volatile colloïdale et Valorisation Centre de stockage+ 4
Incinération NTraitement
NH− 4
hydrophile ; Bouesagronomique
activées tertiaire Eaux
recirculation de matière par des pompes forte charge Clarificateur de déchets(floculation )
– on obtient un compost plus P2O5 claires 50
externes. Le débit recommandé est de 1
stable et davantage hygiénique :elles sont 30 – Devenir des boues méthanisées
Figure
m3/h et par mètre carré de surface de plus minéralisées que des boues fraîches K2O 3
Eau
digesteur. c cylindrique et sont compostées avec des déchets verts
d anglo-américain MgO 6
(européen ) (à toit
; coulissant ) Eaux Décanteur Centrifugeuse CaOÉpaississeur 80
– le séchage thermique est plus usées primaire
efficace, plus sûr et pluséconome : la Na2O 1
digestion des boues réduit le volume à Boues
Fig ure 2 9 – D ifférentes form es de dig esteurs à traiter, élimine les matières volatiles et SO3 20
boues (d’après [9]) limite donc les risques d’explosion lors du Épaississeur Rapport C/N 8
séchage, tout en fournissant l’énergie
nécessaire ; Remercie
Le brassage peut être aussi mécanique
port à la matière entrante.
par hélice immergée.
Le devenir des boues digérées est Digesteur L’auteur remercie
Digesteur l’association Reco
La charge volumique appliquée est de Stockage
représenté sur la figure 3 0 . primaire secondaire
d’une étude sur la méthanisation des
quelques kilogrammes de MV par mètre
cube de réacteur par jour avec des temps Le devenir des boues digérées est soit sur le site de l’ADEME.
de séjour de 15 à 25 jours. l’incinération, soit l’épandage, soit la mise Déshydratation
en décharge.
En « moyenne charge », on se situe à des
fonction structurante
valeurs de 0,8 à 1,2 kg de MV par mètre
(écorces par exemple).
5.7 Exemple de la
cube de réacteur et par jour et les temps 5.6.1 Incinération des boues
de séjour sont relativement grands. station d’Achères
La digestion des boues brutes avant
En « fortes charges », on peut appliquer incinération présente plusieurs avantages : 5.6.3 Mise Le Syndicat
des valeurs de 2 à 5 kg de MV par mètre en interdépartemental pour
– elle réduit la quantité d’eau à
cube et de réacteur par jour. Elles peuvent l’assainissement de
être à une ou deux étapes. Lorsque l’on
évaporer et donc les besoinsénergétiques ins l’agglomération parisienne
pour le faire ;
réalise la digestion en deux étapes, le tall (SIAAP) possède quatre
– elle réduit le volume de
temps de séjour dans le premier réacteur ati stations : « Seine aval », «
fumées à traiter ;
est de 10 à 15 jours et de 3 à 4 jours dans Seine amont », « Seine
le second. – la digestion anaérobie des on centre » et « Marne aval ».
boues diminue le pouvoir calori-fique et de Les deux premières
La teneur en matière des boues est de 20 peut les rendre non autocombustibles. Ce
à 30 g/L dans les digesteurs. sto traitent les boues par
pouvoir calorifique initial se retrouve dans digestion anaérobie.
Le chauffage est réalisé par une le biogaz. ck
recirculation des boues dans un échangeur La station d’Achères (95,
C’est pourquoi elles sont mélangées à des ag Seine aval) traite les
souvent alimenté par de l’eau chaude, déchets urbains de façon à maintenir un
provenant soit d’une chaudière soit du e effluents d’une population
pouvoir calorifique suffisant. Le biogaz de 6,5 millions d’habitants.
système de refroidissement d’un moteur produit peut servir de combustible de
(cogénération). On peut avoir aussi un Le schéma de principe du
d’appoint si nécessaire. s procédé est représenté sur
chauffage par immersion d’un échangeur
dans le digesteur. dé la figure 3 1 .
5.6.2 Compostage des boues ch La quantité de boues
La méthanisation des boues brutes digérées produite par la
ets
5.5 Biogaz avant compostage : station est de 101 639 t de
La méthanisation des matière brute à 54 % de
– réduit les nuisances olfactives ; boues avant stockage
Il est composé principalement de CH 4 (65 matière sèche.
– contribue à l’élimination des présente les avantages
%) et de CO2 (35 %). La teneur en H2S est agents pathogènes ; La quantité de boues
suivants :
de 0,3 à 0,5 %, ce qui est trop élevé pour – produit des boues plus produite par le SIAAP en
des moteurs à biogaz (maxi. 0,15 %). Pour – transport moins coûteux ; l’an 2000 est reportée
homogènes ;
réduire cette teneur, on peut soit ajouter – production de biogaz est dans le tableau 1 2 .
– augmente la proportion plus faible en ISD.
du chlorure ferrique dans le digesteur et « Seine aval » produit
d’azote sous forme ammoniacale
provoquer la précipitation du sulfate de Cette voie était souvent environ 120 000 t de
etfavorise donc une assimilation plus
fer, soit ajouter de l’oxygène au biogaz utilisée en dernier ressort. matière sèche en boues, ce
rapide des végétaux.
pour oxyder H2S. Cela se fait par un ajout Avec la législation qui qui donne un taux de
Les boues digérées sont généralement impose la mise en
directement dans le ciel gazeux ou avant réduction de 50 % pour la
riches en phosphore, en calcium et décharge dans les ISD des
le traitement du biogaz dans un réacteur digestion anaérobie.
moyennement riches en azote. La déchets ultimes, cette voie
spécifique.
composition des boues mixtes digérées, ne devrait plus être utilisée
La quantité de biogaz produite est de 140 déshydratées et non chaulées est donnée dans le futur sauf si les
à 220 m3/t de MS suivant la dans le tableau 1 1 . boues contiennent des
fermentescibilité des boues. Le compostage des boues méthanisées, produits toxiques et sont
chaulées ou non, se fait en mélange avec donc dirigées en sites de
d’autres déchets suivant le gisement classe I.
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– 20 est strictement interdite. – © Editions T.I.
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